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1
p. 291-292
ENIGME.
Début :
Voicy une Enigme dont le sens ne doit pas échaper à / Il n'est rien de si grand dans l'Etat, dans la Loy, [...]
Mots clefs :
Anagramme
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy une Enigme dont
le fens ne doit pas échaper à
vos amis
I
ENIG ME.
&
L n'eft rien de figrand dans l'Etat
, dans la Loy
Qui ne foit renversé par moy ;
Bbij
292 MERCURE
Mais auffi quandje fuis heureufe ,
Mon pere en eft comblé de plaifir &
d'honneur ,
Mefme recompensé , quand il a du
bonheur ,
D'une maniere avantageuse.
Me veux-tu deviner ? écoute bien,
Damon,
C'est par moy , par mon artifice
Que la vie eft unjeu , que le Ciel
devient lice ,
Et le Monde , Demon,
le fens ne doit pas échaper à
vos amis
I
ENIG ME.
&
L n'eft rien de figrand dans l'Etat
, dans la Loy
Qui ne foit renversé par moy ;
Bbij
292 MERCURE
Mais auffi quandje fuis heureufe ,
Mon pere en eft comblé de plaifir &
d'honneur ,
Mefme recompensé , quand il a du
bonheur ,
D'une maniere avantageuse.
Me veux-tu deviner ? écoute bien,
Damon,
C'est par moy , par mon artifice
Que la vie eft unjeu , que le Ciel
devient lice ,
Et le Monde , Demon,
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2
p. 68-72
« Le même Mr de Vertron luy envoya dans l'Octave / MADEMOISELLE, Plusieurs Dames de qualité, d'esprit & de merite, [...] »
Début :
Le même Mr de Vertron luy envoya dans l'Octave / MADEMOISELLE, Plusieurs Dames de qualité, d'esprit & de merite, [...]
Mots clefs :
Ouvrages, Anagramme
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texteReconnaissance textuelle : « Le même Mr de Vertron luy envoya dans l'Octave / MADEMOISELLE, Plusieurs Dames de qualité, d'esprit & de merite, [...] »
Le même M de Vertron
luy envoya dans l'Octave de
GALANT. 69
de Sainte Madeleine , la Lettre
& les Vers qui fuivent.
MADEMOISELLE ,
Pluſieurs Dames de qualité ,
d'efprit & de merite , qui me
font l'honneur d'eftre de mes
Amies , ont exigé de moy
commeProtecteur du beau Sexe,
de m'affocier avec elles à differentes
Lotteries , & d'y faire
remplir leurs numero de leurs
Anagrammes. Quelque ingrats
que foient pour l'ordi
naire ces petits Ouvrages , j'ay
anagrammatifé toutes mes illuftres
Affociées , foit Muſes,
70 MERCURE
Amazones , Veſtales , ou Graces.
Je fuis nommé par les premieres
leur Apollon ; par les fecondes
, leur Roy ; par les troifiémes
, leur Gardiens par les dernieres
en nombre , mais qui
font les premieres en beauté,
le nouveau Paris . Celles.cy font
auffi affociées à la Lotterie de
Troye , où j'ay une belle Helene,
& de charmantes Princeffes
, tant Grecques que
Troyennes. J'ay choifi la Lot
terie de Dijon , Ville fertile en
beaux efprits , pour y faire une
efpece de Parnaffe . Je n'ay
ofé, Mademoiſelle, vous pro
GALANT. 71
pofer cette affociation avec
toutes ces Perfonnes choifies ,
qui vous honorent , & qui
meritent toutes voftre eftime,
par la crainte du refus , & d'un
fort contraire à mes inten
tions , vos interefts m'eftant
auffi chers que voſtre gloire
& voftre fanté , de laquelle je
vous demande de fûres nouvelles
. Enfin , mon incomparable
Sapho , quoy que vous
ne foyez d'aucune de ces affociations
, je n'ay pas laiffé de
faire vostre Anagramme . Je
vous fupplie de m'en dire voftre
fentiment , & de la rece
72 MERCURE
voir comme un nouveau Bou
quet de fleurs immortelles
,.
que prend la liberté de vous
envoyer celuy qui a efté , &
qui fera toute fa vie , Voſtre ,
& c.
luy envoya dans l'Octave de
GALANT. 69
de Sainte Madeleine , la Lettre
& les Vers qui fuivent.
MADEMOISELLE ,
Pluſieurs Dames de qualité ,
d'efprit & de merite , qui me
font l'honneur d'eftre de mes
Amies , ont exigé de moy
commeProtecteur du beau Sexe,
de m'affocier avec elles à differentes
Lotteries , & d'y faire
remplir leurs numero de leurs
Anagrammes. Quelque ingrats
que foient pour l'ordi
naire ces petits Ouvrages , j'ay
anagrammatifé toutes mes illuftres
Affociées , foit Muſes,
70 MERCURE
Amazones , Veſtales , ou Graces.
Je fuis nommé par les premieres
leur Apollon ; par les fecondes
, leur Roy ; par les troifiémes
, leur Gardiens par les dernieres
en nombre , mais qui
font les premieres en beauté,
le nouveau Paris . Celles.cy font
auffi affociées à la Lotterie de
Troye , où j'ay une belle Helene,
& de charmantes Princeffes
, tant Grecques que
Troyennes. J'ay choifi la Lot
terie de Dijon , Ville fertile en
beaux efprits , pour y faire une
efpece de Parnaffe . Je n'ay
ofé, Mademoiſelle, vous pro
GALANT. 71
pofer cette affociation avec
toutes ces Perfonnes choifies ,
qui vous honorent , & qui
meritent toutes voftre eftime,
par la crainte du refus , & d'un
fort contraire à mes inten
tions , vos interefts m'eftant
auffi chers que voſtre gloire
& voftre fanté , de laquelle je
vous demande de fûres nouvelles
. Enfin , mon incomparable
Sapho , quoy que vous
ne foyez d'aucune de ces affociations
, je n'ay pas laiffé de
faire vostre Anagramme . Je
vous fupplie de m'en dire voftre
fentiment , & de la rece
72 MERCURE
voir comme un nouveau Bou
quet de fleurs immortelles
,.
que prend la liberté de vous
envoyer celuy qui a efté , &
qui fera toute fa vie , Voſtre ,
& c.
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3
p. 72-73
MAGDELEINE DE SCUDERY. ANAGRAMME. DIGNE MESSAGERE DU CIEL.
Début :
Non, ce n'est pas icy que tu pris la naissance, [...]
Mots clefs :
Vers, Anagramme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MAGDELEINE DE SCUDERY. ANAGRAMME. DIGNE MESSAGERE DU CIEL.
MAGDELEINE DE SCUDERY
ANAGRAMME.
DIGNE MESSAGERE DU CIEL
Non , ce n'est pas icy que tu
pris la naiffance ,
Le Ciel ne t'a mise en ces lieux,
Que comme un gage précieux ,
De l'amour qu'il porte à la
France,
Ef
GALANT.
73
Est il rien icy bas de plus beau , de
plus doux,
Que ces riches trefors que tu répans
fur nous ,
Soit par les Vers, foit par la
Profe ?
Digne Meffagere du Ciel ,
Tu poffedesfur toute chofe,
Et la beauté des fleurs , la douceur
du miel.
ANAGRAMME.
DIGNE MESSAGERE DU CIEL
Non , ce n'est pas icy que tu
pris la naiffance ,
Le Ciel ne t'a mise en ces lieux,
Que comme un gage précieux ,
De l'amour qu'il porte à la
France,
Ef
GALANT.
73
Est il rien icy bas de plus beau , de
plus doux,
Que ces riches trefors que tu répans
fur nous ,
Soit par les Vers, foit par la
Profe ?
Digne Meffagere du Ciel ,
Tu poffedesfur toute chofe,
Et la beauté des fleurs , la douceur
du miel.
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4
p. 176-190
ARTICLE DES LIVRES.
Début :
Mr Richer vient d'enrichir le Public d'une Traduction en Vers, des [...]
Mots clefs :
Livres, Traductions, Poètes, Langue, Auteur, Virgile, Maisons souveraines d'Europe, Géographie, Flûtes traversières, Navigation, Marc Antoine, Écrivain, Anagramme
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES LIVRES.
ARTICLE DES LIVRES.
R Richer vient d'enrichir
le Public d'une Traduction
en Vers , des Eglogues de Virgile .
Il m'a paru que , fi on peut faire
paffer dans nôtre Langue toutes
les Beautés de cePrince des Poëtes,
le nouvel Auteur y a reuffi. Il ne
s'eft pas cependant affervi trop
fcrupuleufement à fon Original ,
ayant bien fenti que rien n'éteigDE
MAY 177
noit plus le feu de l'imagination ,
que cette contrainte : Par-là,il s'eft
mis à fon aife dans les endroits
où fon Auteur le génoit trop. Il a
même hazardé d'ajouter du fien
dans quelques autres . Il a fupprimé
certains termes profcrits dans nôtrè
poëfie , comme les expreffions de
Bouc & de Vache. Il a même en
Poëte pudique , fubftitué dans plufieurs
Eglogues , des noms de
Bergeres à ceux des Bergers, pour
rectifier la paffion. Deplus , il a
ajouté aux dix Eglogues de Vir
gile , trois autres Idylles de fon invention
, qui fe font lire avec plai
fir , malgré la prévention où l'on
le fameux Poëte Manpour
toüan. Peut -on rien de plus délicat
que ce qu'il prêre à deux Ber
geres de fa premiere Eglogue dans
un entretien qu'elles ont enfemble
?
eſt
-Califte qui en eft une , invite
Sylvanire à fe repofer , & lui dit.
Repofons - nous maſoeur , & reſpetons
ces Plantes.
178 LEMERCURE
Ecoutons gazouiller tous ces peties
Oifeaux
Peut être rendons-nous les Nymphe's
mécontentes ,
En moiffonnant les fleurs qui con—
ronnent leurs Eaux.
SYLVANIRE
Helas il m'en souvient , pour une
même caufe
Dryope en arbre verd jadis ſe vit
changer ;
Si vous me puniſſés , que je devienne
Rofe ;
Déeffes , c'est la fleur quiplaît à mon
Berger,
CALISTE.
Et moi , que je devienne une belle
Anemone
Que careffentfouvent les amoureux
Zephirs.
Mon Berger au Printems en porte
une Couronne ,
Et je ferai toujours l'objet de fes
défirs
DEMAY.
-
Ces Eglogues font fuivies de
quelques Poëfies diverfes , dans
lefquelles on remarque , comme
dans les précédentes , une douceur
de Stile qui décéle dans M. Richers
des moeurs auffi douces qu'aimables
་
On vient de finir l'Impreffion
d'un Livre , qu'on affiche fous le
titre d'Introduction à l'Hiftoire des
Maifons Souveraines de l'Europe ,
pour apprendre & retenir aisément
leur Origine & leurs diverses Bran
ches ; leurs Prérogatives & leurs
Domaines; les Changemens arrivez
dans leur état , & le caractere des
Princes qui les ont illuftrées ; avec
le fecours d'un grand nombre de Tables
Genealogiques gravées & imprimées.
Si l'execution de cet Ouvrage
répond à fon titre , il doit ê
tre des plus utiles , & même des
plus neceffaires ; ne fut-ce que pour
être au fait des affaires courantes
de l'Europe ; on ne peut les entendre
fans bien connoître ce qui re
garde les Princes qui en font le fu
180 LE MERCURE
jet & qui y font intereffez . Les Tables
Généalogiques font voir d'un
coup d'oeil , l'ordre des Branches &
des filiations qu'il eft impoffible de
bien démêler fans leurs fecours . Ce
Livre fe vend à Paris chez Coûtelier
, Quai des Auguftins , & chez
Giffart , rue S. Jacques..
Ilferoit à fouhaiter que tous ceux
qui voyagent dans les Pays Etrangers
, s'y appliquaffent avec autant
de foin, que M. l'Abbé de Vayrac ,
pour,en apprendre la Langue , les .
Maurs , les Coûtumes , les Ufages,
& le Gouvernement ; afin de communiquer
à leurs Compatriotes ,
leurs obfervations ; c'est ce que va
faire cet Abbé à l'égard de l'Efpagne
, par un Livre de fa façon , qui
doit paroiftre inceffamment fous le
Titre d'Etat prefent , de l'Espagne,
où l'on voit une Geographie Hiftorique
du Pays , l'Etabl ffement de
la Monarchie , fes Revolutions , fa
Décadence , fon Rétabliffement &
Les Accroiffemens : les Prérogatives
de la Couronne , le Rang des
Princes
DE MAY.
Princes & des Grands : l'Inftitution
& les Fonctions des Officiers de
la Maifon du Roy , avec un Céréa.cnial
du Palais : la Forme du Gouvernement
Ecclefiaftique , Militaire
, Civil & Politique: Les Moeurs,
les Coutumes , & les Ufages des Efpagnols.
Le tout extrait des Loix
Fondamentales du Royaume , des
Réglemens , des Pragmatiques les
plus authentiques & des meilleurs
Auteurs. En quatre Volumes in 12.
enrichis de Cartes Geographiques.
de chaque Royaume & de chaque
Province , qui compofent la Monarchie
Espagnole.
M. Hotteterre le Romain vient
de donner un Livre dePieces , à deux
deffus pour les Flutes Traverfieres,
& autres Inftrumens, avec une Baffe
adjoûtée feparément , c'eft for
fixiéme Oeuvre ; il eft le premier
qui ait fait connoiftre ce genre de
piéces . Le prix eft de as fols. 35
Le St Dantes Capitaine de Vaiffeaux
, a dedié depuis pen à S. A.
R Mr. le Regent , une grande Car182
MERCURE
te , fort utile pour les Perfonnes
qui veulent s'inftruire facilement
de toutes les Parties qui regardent
la Navigation , le Commerce , & les
Changes Etrangers ; elle eft fur
tout remarquable par la Deſcription
qu'ily fait d'un Vaiffeau de nouvelle
conftruction. Cet ouvrage fe
vend dans la Rue faint Jacques à la
Rofe Blanche , vis-à- vis l'Eglife
des Jefuites .
M. de Selincour tnous a donné depuis
peu l'Apologie de la loüange
, fon utilité & les juftes bornes,
avec des médailles fur quelques
actions de Mgr le Duc d'Orleans
Regent de France. L'Auteur a emploié
la forme du Dialogue , comme
la plus propre à traiter fon fujet
. Ses Interlocuteurs font , Clitandre
& Philarque.
Comme l'Auteur a pour objet
principal , de louer ce grand Prince ;
ce feroit bien fa. faure s'il ne rempliffoit
dignement fon Sujet. La matiere
eft des plus abondantes. Il s'eft
cependant contenté d'en prendre
DE MAY.
183 .
la fleur & de la femer de differents
traits Hiftoriques , qui placez à propos
, relevent le merite de fon Ouvrage.
L'éloignement qu'il reconnoiſt
dans le Regent de la France ,
pour tout ce qui s'appelle Louange
, que ce Prince regarde comme
Les effets de la Flaterie, lui en a
fourni d'heureux , tel eft le fuivant..
Marc Antoine entrant en Triom ,
phe dans Athenes , le Tirfe en
main , la Couronne de Pampres fur ,
la tête , avec tous les ornemens
dont étoit revêtu Bachus , lorfqu'il
revint de la Conquête des Indes, fut
reçû des Atheniens comme s'il eût
été le fils de Jupiter; ils le prierent
d'époufer Minerve leur Déeffe Tutelaire
: Antoine accepta le Parti ,
mais il voulut mille Talents pour
la dot. Un d'entr'eux prenant la
Parole , lui dit , Seigneur , nous
n'avons pas oui dire que Jupiter
vôtre Pere en ait exigé autant de
vôtre mere Semelé; lorfqu'il l'époufa
: Le Nouveau Dieu , malgré la
remiontrance
, punit leur lâche adu-
Qij
184 LE MERCURE
lation,en exigeant cette fomme qui
montoit environ à deux millions
de nôtre monnoye.
Pourquoi , ajoute cet Ecrivain , ne
pas s'entenir à la verité ; quand un
Tableau n'est pas reffemblant , les
efforts de l'art font découvrir plus
aifément les défauts della Nature ;
mais, pour faire l'Eloge de Mgr le
Regent , les Ornemens étrangers
font auffi inutils que cette Draperie
dont un mal habile Sculpteur couvrir
autrefois fa Venus : Il ne faut
que reprefenter nôtre Heros tel
'il eft. Qu'on expofe fans flateries
les Journées de Steinkerque ,
de Turin , les Siéges de Mons , Nanaur
& Lerida , où la Vertu de ce
Prince s'eft fi fort diftinguée , &
l'on fera forcé de l'admirer fans
dégoût .
L'Auteur a décoré fon Livre de
differentes Médailles dont l'application
paroift heureufe : Entre plufieurs
autres , on en voit une fort remarquable.
Un côté repreſente le
Prince Regent élevé für un BouDE
MAY.
185
-
clier ; Mars Dieu des Armées , &
Cibelle Déeffe de la Terre , lui
offrent chacun une Couronne dont
l'exedre eft ainfi exprimé : Patri
Patria & exercituum. Au Pere de
la Patrie & des Armées.
Sur le revers, cette même reconnoiffance
fe trouve marquée par
une Anagrame en vers, tirée du
nom du Prince .
Philippes d'Orleans Regent de ce
Royaume.
ANAGRAME.
Aimons ce grand Heros , il eft
Pere du Peuple.
Je finirai cet Extrait par l'interrogation
que fait Clitandre à Philarque.
Le premier voyant une autre
Médaille , demande au fecond.
Que voulez -vous marquer par ce
Neptune fur les Flots .
PHILARQUE répond
Je prétens marquer les foins du
Prince Regent, à calmer les troubles
qui agitent le Vaiffeau de l'Eglife
; les paffions font aux termes
de l'Apôtre , les vents orageux qui
Qiij
186 LEMERCURE
excitent ces tempêtes d'autant plus
dangereufes , que les hommes ayant
pour Guide & pour Pilote que
l'orgueil & l'opiniâtreté , ils courent
rife à tout moment de faire
naufrage : * Afcendunt ufque ad
Celum,& defcendunt uſque ad abiffos
turbati funt & moti funt ficut ebrius
, &c. C'eft la Religion , difent-
ils , qui les conduit. Hélas !
dans leur aveuglement peuvent - ils
la connoiftre ? ils ne fe connoiſſent
pas eux-mêmes. Plus ils voguent ,
plus ils s'écartent , & plus ils trouvent
d'écueils où leur vanité échouë
& fe brife. En effet , la Religion
peut- elle nous induire en erreur par
elle -même , & nous plonger dans
l'abîme Peut -elle être caufe des
excès & des défordres où l'on fe
jette ? Non, elle n'en peut être que
le faux prétexte. On prend pour
zéle de Religion , ce qui n'eſt que
l'effet de l'entêtement de l'interêt ,
ou de l'amour propre . Ce n'eft
Ff. 106.
DE MA Y. 18%
point la caufe de Dieu qu'on défend
, c'ett fa propre querelle qu'
onfoûtient , & qu'on venge par les
voyes les plus contraires à la Religion
même. On fouleve tout l'U-
.nivers pour le mettre dans fon parti
, on entraîne à foy les efprits
flotans & incertains des Peuples.
On fonne le tocfin qui perce juf
qu'aux enfers. Le Démon de la difcorde
excite fes ferpens , ils parcourent
la terre , & s'emparent du
coeur des foibles humains , & y
diftilent le fiel & le poifon. De là
les guerres les plus fanglantes & les
inimitiez les plus irreconciliables,
On n'entend plus la voix de la nature
ni du devoir. Le Sujet fe révolte
contre fon Souverain , porte
fa main facrilege fur l'oing du Seigneur
; & par un motif de pieté &
de Religion , lui enfonce le poignard
dans le fein. Le pere facrifie
fon propre enfant. Le fils , dans fa
*
* Nos Hiftoires n'en fourniſſent
que trop d'exemples.
188 LE MERCURE
fureur, immole fon propre pere, les
freres s'égorgent impitoyablement.
Tout ne refpire que vengeance &
qu'horreur. Eft-ce là cette charité,
fans laquelle la foy eft vaine ? Eftlà
cette concorde & cet amour du
prochain que Dieu nous preferit,
comme la bafe & le fondement de
la Loy ; cependant fi l'on vouloit
s'expliquer ou s'entendre , en viendroit-
on à de fi cruelles extrémitez
? Ce font ces dangers & ces fuites
malheureufes que le Prince Regent
a prévues & qu'il veut écarter
, c'est dans cette idée que je l'ai
peint fous la figure de Neptune armé
de fon Trident , appaifant une
tempête. On lit autour , ces Vers
de Virgile. *
Motos praftat componere "flitus.
Des flots impétueux il calme la fureur.
CLITANDRE.
Qui croiroit qu'une partie de l'E-
* Eneid. 2.
DE MAI. 189
glife * eût été en feu pour la cucule
d'un Moine ? Qui s'imagineroit que
pendant prés d'un fiécle il y ait cû
des Excommunications fulminées ,
des guerres allumées & tant de
fang répandu pour la décifion d'une
queftion auffi frivole, qu'eft celle de
fçavoir, fi les Cordeliers ont l'ufufruit
, ou la proprieté du Pain qu'ils
mangent ? Hélas ! où est la fageffe
des Sages , & la prudence des Prudens
, s'écrie S. Paul ; * Que le
Ciel beniffe & feconde les pieux
deffeins du Prince Regent : Que
cet Ange Tutelaire puiffe,enchaîner
( pourme fervir des paroles de l'E
criture , ) l'efprit de divifion & de
fuperbe , nôtre ancien ennemi qut
necherche qu'à féduire ceux qui
marchent dans la fimplicité.
* Sous les Papes Nicolas IV. &
Jean XXII.
*Jean XXII. excommunia l'Empereur
Louis de Baviere , & mit fes
Etats en interdi&t. Cet Empereur
paffa en Italie, & dépoffeda le Pape .
Aux Corinth.
190 LE MERCURE
>
On trouve chez Pierre Ribou
un Livre Nouveau , fous le Titre
d'Anecdotes du Miniftere du Cardinal
de Richelieu & du Regne de
Louis XIII. Je me propofe d'en
extraire quelques endroits pour le
mois prochain.
Outre le Mercuré de May , l'Aureur
vient de donner feparément un
Extraordinaire,contenant un Abbregé
de l'Hiftoire du Czar , avec une
Relation de l'Etat préfent de la
Mofcovie & de ce qui s'eft paffé
de plus confiderable, depuis fon arrivée
en France , jufqu'à ce jour ,
dedié à S. M. Cz . le prix eft de
20 fols , & fe vend chez Pierre Ri¬
bon , Quai des Auguftins , à l'Ima
ge S. Louis, & Gregoire Dupuis
rue S. Jacques à la Fontaine d'Or.
R Richer vient d'enrichir
le Public d'une Traduction
en Vers , des Eglogues de Virgile .
Il m'a paru que , fi on peut faire
paffer dans nôtre Langue toutes
les Beautés de cePrince des Poëtes,
le nouvel Auteur y a reuffi. Il ne
s'eft pas cependant affervi trop
fcrupuleufement à fon Original ,
ayant bien fenti que rien n'éteigDE
MAY 177
noit plus le feu de l'imagination ,
que cette contrainte : Par-là,il s'eft
mis à fon aife dans les endroits
où fon Auteur le génoit trop. Il a
même hazardé d'ajouter du fien
dans quelques autres . Il a fupprimé
certains termes profcrits dans nôtrè
poëfie , comme les expreffions de
Bouc & de Vache. Il a même en
Poëte pudique , fubftitué dans plufieurs
Eglogues , des noms de
Bergeres à ceux des Bergers, pour
rectifier la paffion. Deplus , il a
ajouté aux dix Eglogues de Vir
gile , trois autres Idylles de fon invention
, qui fe font lire avec plai
fir , malgré la prévention où l'on
le fameux Poëte Manpour
toüan. Peut -on rien de plus délicat
que ce qu'il prêre à deux Ber
geres de fa premiere Eglogue dans
un entretien qu'elles ont enfemble
?
eſt
-Califte qui en eft une , invite
Sylvanire à fe repofer , & lui dit.
Repofons - nous maſoeur , & reſpetons
ces Plantes.
178 LEMERCURE
Ecoutons gazouiller tous ces peties
Oifeaux
Peut être rendons-nous les Nymphe's
mécontentes ,
En moiffonnant les fleurs qui con—
ronnent leurs Eaux.
SYLVANIRE
Helas il m'en souvient , pour une
même caufe
Dryope en arbre verd jadis ſe vit
changer ;
Si vous me puniſſés , que je devienne
Rofe ;
Déeffes , c'est la fleur quiplaît à mon
Berger,
CALISTE.
Et moi , que je devienne une belle
Anemone
Que careffentfouvent les amoureux
Zephirs.
Mon Berger au Printems en porte
une Couronne ,
Et je ferai toujours l'objet de fes
défirs
DEMAY.
-
Ces Eglogues font fuivies de
quelques Poëfies diverfes , dans
lefquelles on remarque , comme
dans les précédentes , une douceur
de Stile qui décéle dans M. Richers
des moeurs auffi douces qu'aimables
་
On vient de finir l'Impreffion
d'un Livre , qu'on affiche fous le
titre d'Introduction à l'Hiftoire des
Maifons Souveraines de l'Europe ,
pour apprendre & retenir aisément
leur Origine & leurs diverses Bran
ches ; leurs Prérogatives & leurs
Domaines; les Changemens arrivez
dans leur état , & le caractere des
Princes qui les ont illuftrées ; avec
le fecours d'un grand nombre de Tables
Genealogiques gravées & imprimées.
Si l'execution de cet Ouvrage
répond à fon titre , il doit ê
tre des plus utiles , & même des
plus neceffaires ; ne fut-ce que pour
être au fait des affaires courantes
de l'Europe ; on ne peut les entendre
fans bien connoître ce qui re
garde les Princes qui en font le fu
180 LE MERCURE
jet & qui y font intereffez . Les Tables
Généalogiques font voir d'un
coup d'oeil , l'ordre des Branches &
des filiations qu'il eft impoffible de
bien démêler fans leurs fecours . Ce
Livre fe vend à Paris chez Coûtelier
, Quai des Auguftins , & chez
Giffart , rue S. Jacques..
Ilferoit à fouhaiter que tous ceux
qui voyagent dans les Pays Etrangers
, s'y appliquaffent avec autant
de foin, que M. l'Abbé de Vayrac ,
pour,en apprendre la Langue , les .
Maurs , les Coûtumes , les Ufages,
& le Gouvernement ; afin de communiquer
à leurs Compatriotes ,
leurs obfervations ; c'est ce que va
faire cet Abbé à l'égard de l'Efpagne
, par un Livre de fa façon , qui
doit paroiftre inceffamment fous le
Titre d'Etat prefent , de l'Espagne,
où l'on voit une Geographie Hiftorique
du Pays , l'Etabl ffement de
la Monarchie , fes Revolutions , fa
Décadence , fon Rétabliffement &
Les Accroiffemens : les Prérogatives
de la Couronne , le Rang des
Princes
DE MAY.
Princes & des Grands : l'Inftitution
& les Fonctions des Officiers de
la Maifon du Roy , avec un Céréa.cnial
du Palais : la Forme du Gouvernement
Ecclefiaftique , Militaire
, Civil & Politique: Les Moeurs,
les Coutumes , & les Ufages des Efpagnols.
Le tout extrait des Loix
Fondamentales du Royaume , des
Réglemens , des Pragmatiques les
plus authentiques & des meilleurs
Auteurs. En quatre Volumes in 12.
enrichis de Cartes Geographiques.
de chaque Royaume & de chaque
Province , qui compofent la Monarchie
Espagnole.
M. Hotteterre le Romain vient
de donner un Livre dePieces , à deux
deffus pour les Flutes Traverfieres,
& autres Inftrumens, avec une Baffe
adjoûtée feparément , c'eft for
fixiéme Oeuvre ; il eft le premier
qui ait fait connoiftre ce genre de
piéces . Le prix eft de as fols. 35
Le St Dantes Capitaine de Vaiffeaux
, a dedié depuis pen à S. A.
R Mr. le Regent , une grande Car182
MERCURE
te , fort utile pour les Perfonnes
qui veulent s'inftruire facilement
de toutes les Parties qui regardent
la Navigation , le Commerce , & les
Changes Etrangers ; elle eft fur
tout remarquable par la Deſcription
qu'ily fait d'un Vaiffeau de nouvelle
conftruction. Cet ouvrage fe
vend dans la Rue faint Jacques à la
Rofe Blanche , vis-à- vis l'Eglife
des Jefuites .
M. de Selincour tnous a donné depuis
peu l'Apologie de la loüange
, fon utilité & les juftes bornes,
avec des médailles fur quelques
actions de Mgr le Duc d'Orleans
Regent de France. L'Auteur a emploié
la forme du Dialogue , comme
la plus propre à traiter fon fujet
. Ses Interlocuteurs font , Clitandre
& Philarque.
Comme l'Auteur a pour objet
principal , de louer ce grand Prince ;
ce feroit bien fa. faure s'il ne rempliffoit
dignement fon Sujet. La matiere
eft des plus abondantes. Il s'eft
cependant contenté d'en prendre
DE MAY.
183 .
la fleur & de la femer de differents
traits Hiftoriques , qui placez à propos
, relevent le merite de fon Ouvrage.
L'éloignement qu'il reconnoiſt
dans le Regent de la France ,
pour tout ce qui s'appelle Louange
, que ce Prince regarde comme
Les effets de la Flaterie, lui en a
fourni d'heureux , tel eft le fuivant..
Marc Antoine entrant en Triom ,
phe dans Athenes , le Tirfe en
main , la Couronne de Pampres fur ,
la tête , avec tous les ornemens
dont étoit revêtu Bachus , lorfqu'il
revint de la Conquête des Indes, fut
reçû des Atheniens comme s'il eût
été le fils de Jupiter; ils le prierent
d'époufer Minerve leur Déeffe Tutelaire
: Antoine accepta le Parti ,
mais il voulut mille Talents pour
la dot. Un d'entr'eux prenant la
Parole , lui dit , Seigneur , nous
n'avons pas oui dire que Jupiter
vôtre Pere en ait exigé autant de
vôtre mere Semelé; lorfqu'il l'époufa
: Le Nouveau Dieu , malgré la
remiontrance
, punit leur lâche adu-
Qij
184 LE MERCURE
lation,en exigeant cette fomme qui
montoit environ à deux millions
de nôtre monnoye.
Pourquoi , ajoute cet Ecrivain , ne
pas s'entenir à la verité ; quand un
Tableau n'est pas reffemblant , les
efforts de l'art font découvrir plus
aifément les défauts della Nature ;
mais, pour faire l'Eloge de Mgr le
Regent , les Ornemens étrangers
font auffi inutils que cette Draperie
dont un mal habile Sculpteur couvrir
autrefois fa Venus : Il ne faut
que reprefenter nôtre Heros tel
'il eft. Qu'on expofe fans flateries
les Journées de Steinkerque ,
de Turin , les Siéges de Mons , Nanaur
& Lerida , où la Vertu de ce
Prince s'eft fi fort diftinguée , &
l'on fera forcé de l'admirer fans
dégoût .
L'Auteur a décoré fon Livre de
differentes Médailles dont l'application
paroift heureufe : Entre plufieurs
autres , on en voit une fort remarquable.
Un côté repreſente le
Prince Regent élevé für un BouDE
MAY.
185
-
clier ; Mars Dieu des Armées , &
Cibelle Déeffe de la Terre , lui
offrent chacun une Couronne dont
l'exedre eft ainfi exprimé : Patri
Patria & exercituum. Au Pere de
la Patrie & des Armées.
Sur le revers, cette même reconnoiffance
fe trouve marquée par
une Anagrame en vers, tirée du
nom du Prince .
Philippes d'Orleans Regent de ce
Royaume.
ANAGRAME.
Aimons ce grand Heros , il eft
Pere du Peuple.
Je finirai cet Extrait par l'interrogation
que fait Clitandre à Philarque.
Le premier voyant une autre
Médaille , demande au fecond.
Que voulez -vous marquer par ce
Neptune fur les Flots .
PHILARQUE répond
Je prétens marquer les foins du
Prince Regent, à calmer les troubles
qui agitent le Vaiffeau de l'Eglife
; les paffions font aux termes
de l'Apôtre , les vents orageux qui
Qiij
186 LEMERCURE
excitent ces tempêtes d'autant plus
dangereufes , que les hommes ayant
pour Guide & pour Pilote que
l'orgueil & l'opiniâtreté , ils courent
rife à tout moment de faire
naufrage : * Afcendunt ufque ad
Celum,& defcendunt uſque ad abiffos
turbati funt & moti funt ficut ebrius
, &c. C'eft la Religion , difent-
ils , qui les conduit. Hélas !
dans leur aveuglement peuvent - ils
la connoiftre ? ils ne fe connoiſſent
pas eux-mêmes. Plus ils voguent ,
plus ils s'écartent , & plus ils trouvent
d'écueils où leur vanité échouë
& fe brife. En effet , la Religion
peut- elle nous induire en erreur par
elle -même , & nous plonger dans
l'abîme Peut -elle être caufe des
excès & des défordres où l'on fe
jette ? Non, elle n'en peut être que
le faux prétexte. On prend pour
zéle de Religion , ce qui n'eſt que
l'effet de l'entêtement de l'interêt ,
ou de l'amour propre . Ce n'eft
Ff. 106.
DE MA Y. 18%
point la caufe de Dieu qu'on défend
, c'ett fa propre querelle qu'
onfoûtient , & qu'on venge par les
voyes les plus contraires à la Religion
même. On fouleve tout l'U-
.nivers pour le mettre dans fon parti
, on entraîne à foy les efprits
flotans & incertains des Peuples.
On fonne le tocfin qui perce juf
qu'aux enfers. Le Démon de la difcorde
excite fes ferpens , ils parcourent
la terre , & s'emparent du
coeur des foibles humains , & y
diftilent le fiel & le poifon. De là
les guerres les plus fanglantes & les
inimitiez les plus irreconciliables,
On n'entend plus la voix de la nature
ni du devoir. Le Sujet fe révolte
contre fon Souverain , porte
fa main facrilege fur l'oing du Seigneur
; & par un motif de pieté &
de Religion , lui enfonce le poignard
dans le fein. Le pere facrifie
fon propre enfant. Le fils , dans fa
*
* Nos Hiftoires n'en fourniſſent
que trop d'exemples.
188 LE MERCURE
fureur, immole fon propre pere, les
freres s'égorgent impitoyablement.
Tout ne refpire que vengeance &
qu'horreur. Eft-ce là cette charité,
fans laquelle la foy eft vaine ? Eftlà
cette concorde & cet amour du
prochain que Dieu nous preferit,
comme la bafe & le fondement de
la Loy ; cependant fi l'on vouloit
s'expliquer ou s'entendre , en viendroit-
on à de fi cruelles extrémitez
? Ce font ces dangers & ces fuites
malheureufes que le Prince Regent
a prévues & qu'il veut écarter
, c'est dans cette idée que je l'ai
peint fous la figure de Neptune armé
de fon Trident , appaifant une
tempête. On lit autour , ces Vers
de Virgile. *
Motos praftat componere "flitus.
Des flots impétueux il calme la fureur.
CLITANDRE.
Qui croiroit qu'une partie de l'E-
* Eneid. 2.
DE MAI. 189
glife * eût été en feu pour la cucule
d'un Moine ? Qui s'imagineroit que
pendant prés d'un fiécle il y ait cû
des Excommunications fulminées ,
des guerres allumées & tant de
fang répandu pour la décifion d'une
queftion auffi frivole, qu'eft celle de
fçavoir, fi les Cordeliers ont l'ufufruit
, ou la proprieté du Pain qu'ils
mangent ? Hélas ! où est la fageffe
des Sages , & la prudence des Prudens
, s'écrie S. Paul ; * Que le
Ciel beniffe & feconde les pieux
deffeins du Prince Regent : Que
cet Ange Tutelaire puiffe,enchaîner
( pourme fervir des paroles de l'E
criture , ) l'efprit de divifion & de
fuperbe , nôtre ancien ennemi qut
necherche qu'à féduire ceux qui
marchent dans la fimplicité.
* Sous les Papes Nicolas IV. &
Jean XXII.
*Jean XXII. excommunia l'Empereur
Louis de Baviere , & mit fes
Etats en interdi&t. Cet Empereur
paffa en Italie, & dépoffeda le Pape .
Aux Corinth.
190 LE MERCURE
>
On trouve chez Pierre Ribou
un Livre Nouveau , fous le Titre
d'Anecdotes du Miniftere du Cardinal
de Richelieu & du Regne de
Louis XIII. Je me propofe d'en
extraire quelques endroits pour le
mois prochain.
Outre le Mercuré de May , l'Aureur
vient de donner feparément un
Extraordinaire,contenant un Abbregé
de l'Hiftoire du Czar , avec une
Relation de l'Etat préfent de la
Mofcovie & de ce qui s'eft paffé
de plus confiderable, depuis fon arrivée
en France , jufqu'à ce jour ,
dedié à S. M. Cz . le prix eft de
20 fols , & fe vend chez Pierre Ri¬
bon , Quai des Auguftins , à l'Ima
ge S. Louis, & Gregoire Dupuis
rue S. Jacques à la Fontaine d'Or.
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Résumé : ARTICLE DES LIVRES.
Le texte présente plusieurs ouvrages récents et événements historiques. R. Richer a traduit en vers les Églogues de Virgile, ajoutant trois idylles originales et adaptant certaines expressions pour la poésie française, ce qui est apprécié pour sa douceur de style. Un autre ouvrage, 'Introduction à l'Histoire des Maisons Souveraines de l'Europe', facilite l'apprentissage des origines des maisons royales européennes et des changements politiques. L'Abbé de Vayrac prépare un livre sur l'Espagne, couvrant sa géographie, histoire, institutions et coutumes. M. Hotteterre a publié un recueil de pièces pour flûtes traversières et autres instruments. Le capitaine Saint-Dante a dédié une carte de navigation à Monsieur le Régent. M. de Selincourt a écrit 'Apologie de la louange', discutant des utilités et limites de la louange à travers des actions du Duc d'Orléans. Le texte évoque également des événements historiques. Marc Antoine, après un triomphe à Athènes, demanda une dot pour épouser Minerve, malgré les remontrances des Athéniens. L'auteur critique la flatterie excessive et préfère une représentation honnête des exploits militaires du Régent Philippe d'Orléans, notamment lors des batailles de Steinkerque, Turin, et des sièges de Mons, Namur et Lerida. Des médailles honorifiques dédiées au Régent symbolisent ses vertus et actions. Une médaille montre Mars et Cybèle offrant des couronnes au Régent, une autre représente Neptune calmant les tempêtes, symbolisant les efforts du Régent pour apaiser les troubles religieux. L'auteur déplore les conflits religieux, souvent motivés par l'orgueil et l'intérêt personnel. Le texte relate aussi des événements politiques. Le pape Jean XXII a excommunié l'empereur Louis de Bavière, qui répondit en déposant le pape. Pierre Ribou annonce la publication de 'Anecdotes du Ministère du Cardinal de Richelieu & du Règne de Louis XIII'. Un supplément extraordinaire contient un abrégé de l'histoire du tsar et des événements notables en Moscovie, dédié au roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 78-79
AUTRE.
Début :
Rien de stable dans l'univers, [...]
Mots clefs :
Anagramme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
>
RIEN de ftable dans l'univers ,
Quand j'en dérange l'harmonie :
Tu peux connoître par ces vers
Jufqu'où je pouffe la manie ,
Difons mieux , la bizarrerie.
Tu dois rire de mes travers ;
Car par moi la marche eft un charme ;
La lune , rien ; la vie , un jeu ;
Le ciel , une riviere , & tout amer eft arme ,
Si tu veux réfléchir un peu .
Saint Luc , moyenant ma magie ,
Deviendra fuivante partie.
Tout rond eft vent ; le monde eft un demon ;
Il n'eft pas chien qui ne traîne fa niche ;
La rufe eft fûre , & fi tu veux mon nom ,
En expédiens je ſuis riche.
Le crâne devient fer ; le hévre eft un reveil ;
Je change en acier le miel ;
JANVIER. 1770 79
C'est moi qui , le premier , rendis la tuile utile ;
Par moi le trône exhale une mauvaiſe odeur ,
Je le rends par mon art la choſe la plus vile.
A ce mot indifcret , tu me tiens , cher lecteur ,
Tu metiens , j'en fuis fûr , adieu je me retire ;
Ne vas pas te fâcher , le plus court eſt d'en rire.
Par M. de la Rozerie.
>
RIEN de ftable dans l'univers ,
Quand j'en dérange l'harmonie :
Tu peux connoître par ces vers
Jufqu'où je pouffe la manie ,
Difons mieux , la bizarrerie.
Tu dois rire de mes travers ;
Car par moi la marche eft un charme ;
La lune , rien ; la vie , un jeu ;
Le ciel , une riviere , & tout amer eft arme ,
Si tu veux réfléchir un peu .
Saint Luc , moyenant ma magie ,
Deviendra fuivante partie.
Tout rond eft vent ; le monde eft un demon ;
Il n'eft pas chien qui ne traîne fa niche ;
La rufe eft fûre , & fi tu veux mon nom ,
En expédiens je ſuis riche.
Le crâne devient fer ; le hévre eft un reveil ;
Je change en acier le miel ;
JANVIER. 1770 79
C'est moi qui , le premier , rendis la tuile utile ;
Par moi le trône exhale une mauvaiſe odeur ,
Je le rends par mon art la choſe la plus vile.
A ce mot indifcret , tu me tiens , cher lecteur ,
Tu metiens , j'en fuis fûr , adieu je me retire ;
Ne vas pas te fâcher , le plus court eſt d'en rire.
Par M. de la Rozerie.
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