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Liste
1
p. 2267-2275
Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 15 de ce mois, on distribua à l'Imprimerie Royale, un imprimé, intitulé : Motifs [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Pologne, Empereur, République, Prince, Cour de Vienne, Armes, Électeur de Saxe, Europe, Liberté, Troupes, Trône, Élection, Couronne, Paix, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
L
E. 1s de ce mois , on distribua à l'Imprimerie
Royale , un imprimé , intitulé : Motifs
des Résolutions du Roy , dont voici la teneur.
LE ROY a donné depuis son avenement à la
Couronne , des preuves éclatantes de sa modération
et de son amour pour la Paix , peut- être
même pourroit-on lui imputer de les avoir portées
trop loin : Cependant il a préféré le repos et
la félicité de ses peuples , à la funeste ambition
d'étendre les Limites de son Empire. Mais la mo,"
dération a ses bornes comme les autres vertus , ét
l'Europe jouiroit encore d'une tranquillité profonde
, si lès Ennemis de la France n'avoient pas
G vj forcé
·
2263 MERCURE DE FRANCE
forcé Sa Majesté à prendre les armes pour def
fendre la dignité de sa Couronne , la gloire de
la Nation Françoise , l'honneur et la liberté de
la Pologne.
*
Depuis que le Thrône de Pologne a été va
cant , le Roy a constamment, respecté la liberte
Polonoise , il n'a rien cxigé d'un peuple libre , et
seul arbitre de son sort. La République elle- mê--
me a imploré son secours, elle a redoublé ses instances
, à mesure que ses allarmes croissoient ,
et qu'elle se voyoit environnée d'armées ennemies
; elle a cherché dans l'équité et dans les for,
ces de Sa Majesté , un azyle toujours ouvert aux
Puissances qui sont menacées d'être opprimées,
Le Roy, a l'exemple de ses Ancêtres , a assuré sa
protection à la Pologne , il l'a déclaré 1 à tous
fes Souverains, mais dans, les termes les plus mesurez
, et avec cette modération digne des grands .
Princes. Il a même , dès les premiers momens.
fait connoître à la Cour de Vienne ce qui pou
voit seul prévenir les troubles en Europe ; et tou--
tes les démarches qu'il a faites depuis , sont autant
de monumens illustres de son amour pour
le maintien de la tranquillité publique..
Une conduite aussi sage n'a pas empêché la
Cour de Vienne , d'éclater contre un Prince né
dans le sein de la Pologne , et attaché au Roy
par des liens aussi étroits. Cette Cour encoura
gée par tant de mesures antérieures , favorables
a ses projets particuliers, a prodigué pour répondre
2 à la déclaration de Sa Majesté , les termes
les plus offensans , et qui devroient être inconnus
entre Princes que leurs Sceptres rendent égaux.Le
Roy n'est point sorti des bornes que sa sagesse
1. Cette declaration est imprimée N. 1.
2.Cette réponse est imprimée N. a.
lui
OCTOBRE 135 2269
lui avoit prefcrites : Il ne s'est point pressé de
tirer la vengeance que demandoit une insulte qui
lui devenoit personnelle ; et si les préparatifs necessaires
ont annoncé son juste ressentiment , il
en a suspendu les effets jusqu'au moment où il
ne lui a plus été possible de conserver la paix
sans blesser la dignité de sa Couronne , et l'honneur
de son Sang..
Peut-on douter que l'interêt personnel de l'Empereur
n'ait décidé de sa conduite , et n'ait dé◄
terminé les engagemens qu'il avoit pris pour dis
poser d'une Couronne indépendante de l'Empi
re , et qui n'étoit pas même encore vacante ID
prétendoit exclure également le Roy. Stanislaa
par le seul motif de ses liaisons avec la Francel'Electeur
de Saxe , parce qu'il paroissoit alors
avoir des interêts opposez à ceux de la Maison
d'Autriche. La mort du Roy Auguste a donné
lieu à de nouveaux projets : Cet Electeur s'est
hâté d'entrer dans toutes les vûës de l'Empereur,
et dès- lors il a cessé de mériter l'exclusion que
çe Prince et la Czarine lui avoient donnée . Cette
exclusion a été levée ; l'on a promis par un nou
veau Traité , d'élever l'Electeur de Saxe sur le
Thrône de Pologne , et les Troupes ennemies se
sont rapprochées de la République , pour la forcer
à souscrire à ces arrangemens ..
Les Polonois ont crú necessaire à leur liberté ,
d'exclure tout Prince étranger de la Couronne
qui étoit vacante. Cette exclusion a été pronon
cée par la Dictte de convocation , et elle a para
si essentielle , qu'elle a été affermie par un serment
solemnel. La Cour de Vienne a voulu franchir
cette nouvelle Barriere ; il n'est rien qu'elle
n'ait tenté pour procurer l'absolution de ce ser
ment ; comme si les interêts , et les projets sans
bor2270
MERCURE DE FRANCE
bornes ; de la Maison d'Autriche , devoient dé
cider d'un engagement, consacré par la Religion.
L'Empereur a redoublé ses efforts ; il avoit annoncé:
Qu'il ne permettroit jamais que Scanis-
» las remontât sur le Throne , sous prétexee de
sa premiere Election , ou de quelqu'autre ma-
» niere que ce fut. Ses Ministres près de la République
ont agi dans une parfaite intelligence
avec ceux de Saxe et de Moscovie ; il ont même
fait trophée de leur union, ils l'ont publiée avec
éclat à Warsovie ; toutes leurs déclarations ont
été faites dans le même esprit , mêmes insultes
au Roy de Pologne , mêmes ordres à la Répu
blique ; les menaces , les intrigues , les supposi
tions les plus calomnieuses, la marche des Troupes
, tout a été concerté entr'eux , tout leur a été
commun. Les Ministres de Saxe et de Moscovie,
fors de l'Election , se sont retirez chez celui de
l'Empereur ; et afin qu'il ne restår plus aucun
doute de leur union , le Ministre de l'Empereur
s'est joint à celui de Moscovie , pour notifier pus
bliquement au Primat l'entrée des Moscovites en
Pologne , et pour montrer à la République as➡
semblée les Fers qu'on lui avoit préparez. 1
"
La Cour de Vienne a -t-elle pu penser en im
poser à l'Europe , et se flatter de dissiper l'oras
ge, en differant de faire entrer ses Troupes en Po
logne , lors même qu'elle détérminoit les Moscovites
à y faire une irruption ? Elle a esperé que
les armes des Moscovites suffiroient pour intimider
et asservir les Polonois et d'ailleurs les
Troupes Imperiales et Saxones'n'étoient- elles
pas toujours sur les Frontieres de la Pologne
prêtes à y entrer pour soutenir leur violence !
** Cette déclaration est imprimée Nutz& A
A
OCTOBR E. 1733. 2271
A tous ces traits , il est difficile de reconnof
tre l'aggresseur. Les Traitez, par lesquels l'Empereur
a voulu disposer en Maître absolu de la
Couronne de Pologne ; l'exclusion qu'il s'est ef-
' forcé de donner sans authorité et sans pouvoir,
à un Prince que ses vertus rendent digne du
Thrône ; les assurances données à l'Electeur de
Saxe, pour le récompenser de sa docilité; la marche
des Troupes Impériales , de concert avec
celles de Saxe et de Moscovie; l'hoftilité que les
Moscovites ont commise dans le temps même de :
l'Election , pour assûrer par la force des armes
l'execution des projets de l'Empereur; cette hostilité
approuvée , et même annoncée par son Mi--
nistre. Toute cette conduite sera à jamais un té---
moignage public que ce Prince est seul autheur
de la guerre ; qu'il a forcé le Roy à prendre les
armes , par l'outrage qu'il a voulu faire à S. M.
et par les violences exercées ou par lui , on de
-son aveu , contre la République de Pologne.
>
Si tous ces efforts ont été inutiles lors de l'E- -
lection , le Roy et le Royaume de Pologne en
sont uniquement redevables à celui à qui seul
appartient de disposer des Couronnes , et qui
tient en ses mains les coeurs des Peuples, comme
ceux des Rois. Le courage des Polonois les a af
franchis de la servitude dans laquelle la Cour
'de Vienne vouloit les précipiter ; mais le Roy
ne peut demander raison qu'à l'Empereur, de son
opposition au rétablissement du Roy de Pologne
, de ses déclarations injurieuses , répandues
dans toute l'Europe par les Ennemis qu'il a suscitez
à la France et à la Pologne qui ne désiroient
que la paix et la liberté , des conseils qu'il
a donnez à la Cour de Russie des esperances
dont il a flatté celle de Saxe ; enfin de tous less
efforts
»
2272 MERCURE DE FRANCE
1
afforts qu'il fait encore pour soûtenir ses premiers
projets.
Envain la Cour de Vienne espere de cacher ses
intrigues aux yeux de l'Europe. On retrouve par
tout ses conseils , ses principes , ses expressions
indécentes , ses desseins formez contre la liberté
Polonoise.
›
Le Prince respectable contre lequel l'Empereur
s'éleve , est le même en qui la plus grande partie
des Souverains de l'Europe , et nommément
P'Empereur Joseph avoient reconnu le sacré
caractere de la Rayauté . L'alliance que le Roy
Stanislas avoit contractée avec le Roy , a changé
les dispositions et le langage de la Cour de Vienne
: Ce Prince est devenu dèslors,selon l'expics
sion des Alliez , un Citoyen proscrit de sa
Patrie . Cette variation auroit de quoi surpren
dre , si l'on n'en voyoit pas le principe dans le
projet que l'Empereur a formé d'offenser S. M.
dans la personne d'un Prince qui lui est cher , er
de se rendre le dispenrateur des Couronnes.
La République de Pologne n'a point de pré-
10gative plus précieuse que celle de disposer de
son Throne , attribut éminent de sa liberté , et
pour la conservation duquel on l'a vu verser son
sang. L'Empereur a voulu y donner atteinte ; il
n'a pas craint de marquer et le Prince qu'il vou
Toit exclure , et celui qu'il vouloit porter sur le
Throne. Il a entrepris de prononcer sans autho
rité , sur ce qui s'étoit passé dans l'intérieur de
la République au sujet de la premiere Election du
Roy de Pologne , il a décidé en Legislateur sou
verain des Loix qui doivent subsister en Pologne,
et des fondemens de la liberté qu'il a voulu ren-.
verser. Le seul menagement qu'il a cû pour elle ,
a été de déguiser ses entreprises sous les appa
rences
OCTOBRE . 1733. 2273
rences d'une protection trompeuse , et sous le
voile d'un prétendu Traité que le tumulte des
armes enfanta avec précipitation , et que la Republique
rendue à elle- même n'a pas crû devoir
suivre .
1
L'Empereur et la Czarine se sont toujours expliquez
à la République , comme on parle à un
Royaume tributaire , ou à une Nation subjugée .
Leurs menaces ont été accompagnées de la marche
de leurs Troupes jusques sur les Frontieres
P'armée Moscovite est entrée en Pologne . afin
de remplir ses engagemens avec l'Empereur , dans
le temps même de l'Election , dans la vue et pour
étouffer par le bruit des armes les Loix et les suf
frages de la République .
Cependant la Nation Polonoise a délibéré sur
l'Election de son Roy , avec cette tranquillité
que la justice seule peut inspirer au milieu des
dangers . Les voeux de la République avoient prévenu
le retour du Roy de Pologne , sa presence
a réuni les esprits , le Champ d'Election n'a retenti
que d'une voix en sa faveur , et cette déliberation
a été consommée avec une unanimité
dont on n'a pas vû d'exemple dans les Faftes de
la Pologne.
C'est cette unanimité qui devoit imposer un
silence eternel à ses Ennemis , puisqu'elle annonçoit
la volonté du Maître des Rois ; et c'est cependant
ce qui les détermine à se porter aux derniers
excès. Le comble est mis à la violence ; l'ar-'
mée Moscovite,par le concert des Alliez,s'avance
vers Varsovie ; les Troupes de l'Empereur et
de l'Electeur de Saxe sont prêtes à marcher sur
les mêmes traces , si les armes Moscovites ne
suffisent pas pour accabler un Peuple libre , qui
reclame ses droits les plus incontestables , et le
glorieux usage de sa liberté.
•
2174 MERCURE DE FRANCE
Que les Cours de Vienne et de Russie cessent
d'usurper l'auguste titre de Protecteurs de lo Pologne
: A ce titre même auroient - elles le droit
d'ouvrir et de fermer les Barrieres qui deffendent
l'accès du Throne vacant ? Ce n'est point e
touffant les droits d'une Nation , qu'on merite
le nom de son Protecteur , mais en la deffendant
contre ceux qui la voudroient opprimer.Le Roy
en avoit donné l'exemple à l'Empereur : Il no
craint point d'en prendre à témoin la Républi
que même et toute l'Europe : Quoique S. M.
dut souhaiter le rétablissement d'un Prince que
la France avoit reçu dans ses malheurs , et qui
lui est uni par les liens les plus sacrez , Elle n'a
rien exigé des Polonois , persuadée qu'il n'ap
partient qu'à la Nation Polonoise de rappeller
un Prince que les malheurs des temps avoient
long- temps séparé d'elle. La Lettre i de S. M.
au Primat du... ne réspire que la juftice et la
paix : l'Europe y reconnoîtra la droiture des intentions
du Roy; elle y verra combien le Roy
est éloigné d'inspirer au Roy de Pologne des
sentimens opposez aux interêts de la Républi
que ; et que s'il a souhaité avec empressement le
rétablissement de ce Prince , c'est pour concou
rir avec lui à l'observation des Traitez qui interessent
la Pologne, et contribuer en même- temps
à la félicité et à la gloire de cette République
à la tranquillité du Nord .
Ce n'est donc point par des vues d'ambition
ou d'interêt que le Roy prend les armes . Contente
de posseder un Royaume florissant , et de
regner sur un Peuple fidelle , Sa Majesté ne cherthe
point à reculer les bornes de sa domination.
Cette Lettre est imprimée N. 4
Ex
OCTOBRE. 17337 2275
Envain l'Empereur , pour interesser l'Empire
dans ses projets , cherche - t - il à l'allarmer sur
les desseins qu'il attribuë faussement à Sa Marsté.
L'Empereur a voulu la guerre , qu'il a renue
necessaire en outrageant le Roy dans ce qui
doit être le plus sacré parmi les Souverains . S
M. se propose d'effacer jusques aux moindres
traces de l'outrage que la Cour de Vienne a cru
lui faire , et de soutenir l'honneur de la France.
D'aussi justes motifs redoubleront encore l'ar
deur des Troupes Françoises : Elles prennent les
armes avec empressement pour vanger leur
Roy, et pour empêcher d'illustres Alliez de succomber
sous les forces que l'Empereur a suscitées
contre eux.C'est au Dieu des armées à donner
la Victoire. Le Roy peut l'invoquer avec
confiance , et esperer que ses succès respondront
à sa modération , à sa patience et à la pureté de
ses sentimens.
E. 1s de ce mois , on distribua à l'Imprimerie
Royale , un imprimé , intitulé : Motifs
des Résolutions du Roy , dont voici la teneur.
LE ROY a donné depuis son avenement à la
Couronne , des preuves éclatantes de sa modération
et de son amour pour la Paix , peut- être
même pourroit-on lui imputer de les avoir portées
trop loin : Cependant il a préféré le repos et
la félicité de ses peuples , à la funeste ambition
d'étendre les Limites de son Empire. Mais la mo,"
dération a ses bornes comme les autres vertus , ét
l'Europe jouiroit encore d'une tranquillité profonde
, si lès Ennemis de la France n'avoient pas
G vj forcé
·
2263 MERCURE DE FRANCE
forcé Sa Majesté à prendre les armes pour def
fendre la dignité de sa Couronne , la gloire de
la Nation Françoise , l'honneur et la liberté de
la Pologne.
*
Depuis que le Thrône de Pologne a été va
cant , le Roy a constamment, respecté la liberte
Polonoise , il n'a rien cxigé d'un peuple libre , et
seul arbitre de son sort. La République elle- mê--
me a imploré son secours, elle a redoublé ses instances
, à mesure que ses allarmes croissoient ,
et qu'elle se voyoit environnée d'armées ennemies
; elle a cherché dans l'équité et dans les for,
ces de Sa Majesté , un azyle toujours ouvert aux
Puissances qui sont menacées d'être opprimées,
Le Roy, a l'exemple de ses Ancêtres , a assuré sa
protection à la Pologne , il l'a déclaré 1 à tous
fes Souverains, mais dans, les termes les plus mesurez
, et avec cette modération digne des grands .
Princes. Il a même , dès les premiers momens.
fait connoître à la Cour de Vienne ce qui pou
voit seul prévenir les troubles en Europe ; et tou--
tes les démarches qu'il a faites depuis , sont autant
de monumens illustres de son amour pour
le maintien de la tranquillité publique..
Une conduite aussi sage n'a pas empêché la
Cour de Vienne , d'éclater contre un Prince né
dans le sein de la Pologne , et attaché au Roy
par des liens aussi étroits. Cette Cour encoura
gée par tant de mesures antérieures , favorables
a ses projets particuliers, a prodigué pour répondre
2 à la déclaration de Sa Majesté , les termes
les plus offensans , et qui devroient être inconnus
entre Princes que leurs Sceptres rendent égaux.Le
Roy n'est point sorti des bornes que sa sagesse
1. Cette declaration est imprimée N. 1.
2.Cette réponse est imprimée N. a.
lui
OCTOBRE 135 2269
lui avoit prefcrites : Il ne s'est point pressé de
tirer la vengeance que demandoit une insulte qui
lui devenoit personnelle ; et si les préparatifs necessaires
ont annoncé son juste ressentiment , il
en a suspendu les effets jusqu'au moment où il
ne lui a plus été possible de conserver la paix
sans blesser la dignité de sa Couronne , et l'honneur
de son Sang..
Peut-on douter que l'interêt personnel de l'Empereur
n'ait décidé de sa conduite , et n'ait dé◄
terminé les engagemens qu'il avoit pris pour dis
poser d'une Couronne indépendante de l'Empi
re , et qui n'étoit pas même encore vacante ID
prétendoit exclure également le Roy. Stanislaa
par le seul motif de ses liaisons avec la Francel'Electeur
de Saxe , parce qu'il paroissoit alors
avoir des interêts opposez à ceux de la Maison
d'Autriche. La mort du Roy Auguste a donné
lieu à de nouveaux projets : Cet Electeur s'est
hâté d'entrer dans toutes les vûës de l'Empereur,
et dès- lors il a cessé de mériter l'exclusion que
çe Prince et la Czarine lui avoient donnée . Cette
exclusion a été levée ; l'on a promis par un nou
veau Traité , d'élever l'Electeur de Saxe sur le
Thrône de Pologne , et les Troupes ennemies se
sont rapprochées de la République , pour la forcer
à souscrire à ces arrangemens ..
Les Polonois ont crú necessaire à leur liberté ,
d'exclure tout Prince étranger de la Couronne
qui étoit vacante. Cette exclusion a été pronon
cée par la Dictte de convocation , et elle a para
si essentielle , qu'elle a été affermie par un serment
solemnel. La Cour de Vienne a voulu franchir
cette nouvelle Barriere ; il n'est rien qu'elle
n'ait tenté pour procurer l'absolution de ce ser
ment ; comme si les interêts , et les projets sans
bor2270
MERCURE DE FRANCE
bornes ; de la Maison d'Autriche , devoient dé
cider d'un engagement, consacré par la Religion.
L'Empereur a redoublé ses efforts ; il avoit annoncé:
Qu'il ne permettroit jamais que Scanis-
» las remontât sur le Throne , sous prétexee de
sa premiere Election , ou de quelqu'autre ma-
» niere que ce fut. Ses Ministres près de la République
ont agi dans une parfaite intelligence
avec ceux de Saxe et de Moscovie ; il ont même
fait trophée de leur union, ils l'ont publiée avec
éclat à Warsovie ; toutes leurs déclarations ont
été faites dans le même esprit , mêmes insultes
au Roy de Pologne , mêmes ordres à la Répu
blique ; les menaces , les intrigues , les supposi
tions les plus calomnieuses, la marche des Troupes
, tout a été concerté entr'eux , tout leur a été
commun. Les Ministres de Saxe et de Moscovie,
fors de l'Election , se sont retirez chez celui de
l'Empereur ; et afin qu'il ne restår plus aucun
doute de leur union , le Ministre de l'Empereur
s'est joint à celui de Moscovie , pour notifier pus
bliquement au Primat l'entrée des Moscovites en
Pologne , et pour montrer à la République as➡
semblée les Fers qu'on lui avoit préparez. 1
"
La Cour de Vienne a -t-elle pu penser en im
poser à l'Europe , et se flatter de dissiper l'oras
ge, en differant de faire entrer ses Troupes en Po
logne , lors même qu'elle détérminoit les Moscovites
à y faire une irruption ? Elle a esperé que
les armes des Moscovites suffiroient pour intimider
et asservir les Polonois et d'ailleurs les
Troupes Imperiales et Saxones'n'étoient- elles
pas toujours sur les Frontieres de la Pologne
prêtes à y entrer pour soutenir leur violence !
** Cette déclaration est imprimée Nutz& A
A
OCTOBR E. 1733. 2271
A tous ces traits , il est difficile de reconnof
tre l'aggresseur. Les Traitez, par lesquels l'Empereur
a voulu disposer en Maître absolu de la
Couronne de Pologne ; l'exclusion qu'il s'est ef-
' forcé de donner sans authorité et sans pouvoir,
à un Prince que ses vertus rendent digne du
Thrône ; les assurances données à l'Electeur de
Saxe, pour le récompenser de sa docilité; la marche
des Troupes Impériales , de concert avec
celles de Saxe et de Moscovie; l'hoftilité que les
Moscovites ont commise dans le temps même de :
l'Election , pour assûrer par la force des armes
l'execution des projets de l'Empereur; cette hostilité
approuvée , et même annoncée par son Mi--
nistre. Toute cette conduite sera à jamais un té---
moignage public que ce Prince est seul autheur
de la guerre ; qu'il a forcé le Roy à prendre les
armes , par l'outrage qu'il a voulu faire à S. M.
et par les violences exercées ou par lui , on de
-son aveu , contre la République de Pologne.
>
Si tous ces efforts ont été inutiles lors de l'E- -
lection , le Roy et le Royaume de Pologne en
sont uniquement redevables à celui à qui seul
appartient de disposer des Couronnes , et qui
tient en ses mains les coeurs des Peuples, comme
ceux des Rois. Le courage des Polonois les a af
franchis de la servitude dans laquelle la Cour
'de Vienne vouloit les précipiter ; mais le Roy
ne peut demander raison qu'à l'Empereur, de son
opposition au rétablissement du Roy de Pologne
, de ses déclarations injurieuses , répandues
dans toute l'Europe par les Ennemis qu'il a suscitez
à la France et à la Pologne qui ne désiroient
que la paix et la liberté , des conseils qu'il
a donnez à la Cour de Russie des esperances
dont il a flatté celle de Saxe ; enfin de tous less
efforts
»
2272 MERCURE DE FRANCE
1
afforts qu'il fait encore pour soûtenir ses premiers
projets.
Envain la Cour de Vienne espere de cacher ses
intrigues aux yeux de l'Europe. On retrouve par
tout ses conseils , ses principes , ses expressions
indécentes , ses desseins formez contre la liberté
Polonoise.
›
Le Prince respectable contre lequel l'Empereur
s'éleve , est le même en qui la plus grande partie
des Souverains de l'Europe , et nommément
P'Empereur Joseph avoient reconnu le sacré
caractere de la Rayauté . L'alliance que le Roy
Stanislas avoit contractée avec le Roy , a changé
les dispositions et le langage de la Cour de Vienne
: Ce Prince est devenu dèslors,selon l'expics
sion des Alliez , un Citoyen proscrit de sa
Patrie . Cette variation auroit de quoi surpren
dre , si l'on n'en voyoit pas le principe dans le
projet que l'Empereur a formé d'offenser S. M.
dans la personne d'un Prince qui lui est cher , er
de se rendre le dispenrateur des Couronnes.
La République de Pologne n'a point de pré-
10gative plus précieuse que celle de disposer de
son Throne , attribut éminent de sa liberté , et
pour la conservation duquel on l'a vu verser son
sang. L'Empereur a voulu y donner atteinte ; il
n'a pas craint de marquer et le Prince qu'il vou
Toit exclure , et celui qu'il vouloit porter sur le
Throne. Il a entrepris de prononcer sans autho
rité , sur ce qui s'étoit passé dans l'intérieur de
la République au sujet de la premiere Election du
Roy de Pologne , il a décidé en Legislateur sou
verain des Loix qui doivent subsister en Pologne,
et des fondemens de la liberté qu'il a voulu ren-.
verser. Le seul menagement qu'il a cû pour elle ,
a été de déguiser ses entreprises sous les appa
rences
OCTOBRE . 1733. 2273
rences d'une protection trompeuse , et sous le
voile d'un prétendu Traité que le tumulte des
armes enfanta avec précipitation , et que la Republique
rendue à elle- même n'a pas crû devoir
suivre .
1
L'Empereur et la Czarine se sont toujours expliquez
à la République , comme on parle à un
Royaume tributaire , ou à une Nation subjugée .
Leurs menaces ont été accompagnées de la marche
de leurs Troupes jusques sur les Frontieres
P'armée Moscovite est entrée en Pologne . afin
de remplir ses engagemens avec l'Empereur , dans
le temps même de l'Election , dans la vue et pour
étouffer par le bruit des armes les Loix et les suf
frages de la République .
Cependant la Nation Polonoise a délibéré sur
l'Election de son Roy , avec cette tranquillité
que la justice seule peut inspirer au milieu des
dangers . Les voeux de la République avoient prévenu
le retour du Roy de Pologne , sa presence
a réuni les esprits , le Champ d'Election n'a retenti
que d'une voix en sa faveur , et cette déliberation
a été consommée avec une unanimité
dont on n'a pas vû d'exemple dans les Faftes de
la Pologne.
C'est cette unanimité qui devoit imposer un
silence eternel à ses Ennemis , puisqu'elle annonçoit
la volonté du Maître des Rois ; et c'est cependant
ce qui les détermine à se porter aux derniers
excès. Le comble est mis à la violence ; l'ar-'
mée Moscovite,par le concert des Alliez,s'avance
vers Varsovie ; les Troupes de l'Empereur et
de l'Electeur de Saxe sont prêtes à marcher sur
les mêmes traces , si les armes Moscovites ne
suffisent pas pour accabler un Peuple libre , qui
reclame ses droits les plus incontestables , et le
glorieux usage de sa liberté.
•
2174 MERCURE DE FRANCE
Que les Cours de Vienne et de Russie cessent
d'usurper l'auguste titre de Protecteurs de lo Pologne
: A ce titre même auroient - elles le droit
d'ouvrir et de fermer les Barrieres qui deffendent
l'accès du Throne vacant ? Ce n'est point e
touffant les droits d'une Nation , qu'on merite
le nom de son Protecteur , mais en la deffendant
contre ceux qui la voudroient opprimer.Le Roy
en avoit donné l'exemple à l'Empereur : Il no
craint point d'en prendre à témoin la Républi
que même et toute l'Europe : Quoique S. M.
dut souhaiter le rétablissement d'un Prince que
la France avoit reçu dans ses malheurs , et qui
lui est uni par les liens les plus sacrez , Elle n'a
rien exigé des Polonois , persuadée qu'il n'ap
partient qu'à la Nation Polonoise de rappeller
un Prince que les malheurs des temps avoient
long- temps séparé d'elle. La Lettre i de S. M.
au Primat du... ne réspire que la juftice et la
paix : l'Europe y reconnoîtra la droiture des intentions
du Roy; elle y verra combien le Roy
est éloigné d'inspirer au Roy de Pologne des
sentimens opposez aux interêts de la Républi
que ; et que s'il a souhaité avec empressement le
rétablissement de ce Prince , c'est pour concou
rir avec lui à l'observation des Traitez qui interessent
la Pologne, et contribuer en même- temps
à la félicité et à la gloire de cette République
à la tranquillité du Nord .
Ce n'est donc point par des vues d'ambition
ou d'interêt que le Roy prend les armes . Contente
de posseder un Royaume florissant , et de
regner sur un Peuple fidelle , Sa Majesté ne cherthe
point à reculer les bornes de sa domination.
Cette Lettre est imprimée N. 4
Ex
OCTOBRE. 17337 2275
Envain l'Empereur , pour interesser l'Empire
dans ses projets , cherche - t - il à l'allarmer sur
les desseins qu'il attribuë faussement à Sa Marsté.
L'Empereur a voulu la guerre , qu'il a renue
necessaire en outrageant le Roy dans ce qui
doit être le plus sacré parmi les Souverains . S
M. se propose d'effacer jusques aux moindres
traces de l'outrage que la Cour de Vienne a cru
lui faire , et de soutenir l'honneur de la France.
D'aussi justes motifs redoubleront encore l'ar
deur des Troupes Françoises : Elles prennent les
armes avec empressement pour vanger leur
Roy, et pour empêcher d'illustres Alliez de succomber
sous les forces que l'Empereur a suscitées
contre eux.C'est au Dieu des armées à donner
la Victoire. Le Roy peut l'invoquer avec
confiance , et esperer que ses succès respondront
à sa modération , à sa patience et à la pureté de
ses sentimens.
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Résumé : Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1733, un imprimé intitulé 'Motifs des Résolutions du Roy' est distribué à l'Imprimerie Royale. Le roi de France y expose sa modération et son amour pour la paix, tout en soulignant que les ennemis de la France l'ont contraint à prendre les armes. Cette décision vise à défendre la dignité de sa couronne, la gloire de la nation française, ainsi que l'honneur et la liberté de la Pologne. Depuis la vacance du trône de Pologne, le roi a respecté la liberté polonaise et a protégé la Pologne face aux menaces extérieures. Cependant, la Cour de Vienne, encouragée par des mesures favorables à ses projets, a adopté des termes offensants et a incité des troupes ennemies à menacer la Pologne. Le roi de France a suspendu ses préparatifs de vengeance jusqu'à ce qu'il ne puisse plus conserver la paix sans blesser sa dignité. L'Empereur et la Czarine ont tenté d'imposer leurs choix pour le trône de Pologne, malgré les serments et les lois polonaises. Les troupes moscovites, saxonnes et impériales ont menacé et envahi la Pologne pour imposer leurs projets. Le roi de France affirme que ces actions sont la preuve que l'Empereur est l'agresseur et que la France ne cherche pas à étendre son empire mais à défendre la liberté et la paix. Les troupes françaises sont déterminées à défendre l'honneur de la France et à soutenir leur roi. Elles prennent les armes avec empressement pour venger leur souverain et protéger leurs alliés illustres menacés par les forces de l'empereur. La victoire est confiée au 'Dieu des armées'. Le roi peut invoquer ce divin soutien avec confiance, espérant que ses succès refléteront sa modération, sa patience et la pureté de ses sentiments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2275-2276
COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
Début :
No I. Le Roy suspendroit encore son jugement sur l'objet du corps considérable [...]
Mots clefs :
Roi, Pologne, Polonais, Dessein, Contraindre, Liberté, Europe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
COPIE de la Déclaration faite au nom
du Roy , au mois de Mars 1733.
No 1. T E Roy suspendroit encore son juge-
1.LE
ment sur l'objet du corps considérable
de Troupes que l'Empereur fait marcher vers la
Frontiére de Pologne , si les déclarations faites
par la plupart des Ministres Impériaux , pouvoient
permettre de douter du désir et même du
dessein de contraindre les Polonois. A la vûë d'un
-projet aussi hautement déclaré : Sa Majesté ne
peut dissimuler ,,
qu'outre l'interêt commun que
tous les Princes, ont de maintenir la liberté de la
Pologne, sa dignité et le rang qu'elle tient parmi
· les Puissances de l'Europe , la mettent en droit ,
›et l'obligent même à prendre part aux affaires
qui
2276 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent troubler la tranquillité générale,
C'est dans cette vûe que le Roy a déja fait assúrer
les Polonois, qu'il maintiendroit autant qu'il
seroit en lui , la liberté entiere des suffrages , et
il ne se départira jamais de ces principes d'éq
té. Sa Majesté croit donc devoir déclarer qu'Elle
ne pourroit regarder toutes démarches ou entreprises
faites pour contraindre leurs suffrages , que
comme un dessein de troubler le repos de l'Europe:
Sa Majesté ne pourrait donc se dispenser
alors , d'agir avec le zele et la fermeté que l'im:
portance de la matière le requiert.
du Roy , au mois de Mars 1733.
No 1. T E Roy suspendroit encore son juge-
1.LE
ment sur l'objet du corps considérable
de Troupes que l'Empereur fait marcher vers la
Frontiére de Pologne , si les déclarations faites
par la plupart des Ministres Impériaux , pouvoient
permettre de douter du désir et même du
dessein de contraindre les Polonois. A la vûë d'un
-projet aussi hautement déclaré : Sa Majesté ne
peut dissimuler ,,
qu'outre l'interêt commun que
tous les Princes, ont de maintenir la liberté de la
Pologne, sa dignité et le rang qu'elle tient parmi
· les Puissances de l'Europe , la mettent en droit ,
›et l'obligent même à prendre part aux affaires
qui
2276 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent troubler la tranquillité générale,
C'est dans cette vûe que le Roy a déja fait assúrer
les Polonois, qu'il maintiendroit autant qu'il
seroit en lui , la liberté entiere des suffrages , et
il ne se départira jamais de ces principes d'éq
té. Sa Majesté croit donc devoir déclarer qu'Elle
ne pourroit regarder toutes démarches ou entreprises
faites pour contraindre leurs suffrages , que
comme un dessein de troubler le repos de l'Europe:
Sa Majesté ne pourrait donc se dispenser
alors , d'agir avec le zele et la fermeté que l'im:
portance de la matière le requiert.
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Résumé : COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
En mars 1733, le roi de France suspend son jugement sur les troupes impériales se dirigeant vers la frontière polonaise, bien que les déclarations des ministres impériaux laissent peu de doute sur l'intention de contraindre les Polonais. Le roi souligne l'intérêt commun des princes européens à maintenir la liberté de la Pologne et son propre devoir de préserver la tranquillité générale. Il a déjà assuré aux Polonais qu'il soutiendra leur liberté de suffrage et ne dévira pas de ces principes d'égalité. Le roi déclare qu'il considérera toute tentative de contraindre les suffrages polonais comme une menace à la paix européenne et agira avec zèle et fermeté pour y répondre.
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3
p. 2276-2277
DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
Début :
No 2. L'Empereur n'a pas jugé digne de son attention, les insinuations mal fondées, [...]
Mots clefs :
Empereur, République, Pologne, Droits, Alliés
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texteReconnaissance textuelle : DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
·DECLARATION de l'Empereur.
réponse de celle de Sa Majesté.
N° 2.
"
en
L'Empereur n'a pas jugé digne de son
>
dées , qu'on employoit en Pologne pour détourner
les bons Patriotes à mettre leur confiance en
un Prince ami , voisin et allié , qui , à l'exemple
de ses augustes Prédécesseurs , bien loin de permettre
qu'on donne la moindre atteinte à la liberté
de la République , et à sa constitution
telle qu'elle se trouve établie par les Loix , en
sera toujours le plus ferme appuyy..Garant de cette
liberté , en vertu des Pacta conventa qui depuis
deux siécles subsistent entre l'auguste Maison
d'Austriche, et les Sérénissimes Rois de Pologne,
et la République de ce nom , le soin de la maintenir
contre les entreprises de qui que ce soit , le
touche principalement ; et bien loin que ses Ministres
ayent imité ceux qui prétendent borner
les suffrages d'une Nation libre , à un seul sujet,
ils ont déclaré dès le commencement de l'interregne
, tant de vive voix , que par écrit : Que
PEmpereur ne souffrira pas , qu'aucuns moyens.
con-
1
OCTOBRE . 1733 2277
contraires aux droits d'une libre Election , tels
qu'ils se trouvent établis par les constitutions du
Royaume , y soient employez , quand même on
voudroit s'en servir pour faire monter sur le
Trône de Pologne un Candidat , qui d'ailleurs
useroit agréable .
Tels étant donc les sentimens de ce Prince , et
tels étant encore ceux de ses Alliez , dont il est
inséparable , il ne pouvoit qu'être extrêmement
surpris , que par une déclaration conçue en des
termes peu mesurez , et répandue avec une affectation
indécente , on ait voulu faire tomber sur
lui un reproche qui conviendroit mieux à ceux
qui agissent par des voies et des principes opposez.
Souverain dans ses Etats hereditaires , il n'a
à rendre aucun compte de la marche de ses Troupes
en Silesie ; la justice qui regle toutes ses actions
, ne laisse aucun doute sur le but qu'il s'est
proposé , et il fera paroître en cette occasion
comme en toute autre , autant de droiture en ce
qui regarde les droits d'autrui , que de fermeté
à soutenir les siens et ceux de ses alliez.
réponse de celle de Sa Majesté.
N° 2.
"
en
L'Empereur n'a pas jugé digne de son
>
dées , qu'on employoit en Pologne pour détourner
les bons Patriotes à mettre leur confiance en
un Prince ami , voisin et allié , qui , à l'exemple
de ses augustes Prédécesseurs , bien loin de permettre
qu'on donne la moindre atteinte à la liberté
de la République , et à sa constitution
telle qu'elle se trouve établie par les Loix , en
sera toujours le plus ferme appuyy..Garant de cette
liberté , en vertu des Pacta conventa qui depuis
deux siécles subsistent entre l'auguste Maison
d'Austriche, et les Sérénissimes Rois de Pologne,
et la République de ce nom , le soin de la maintenir
contre les entreprises de qui que ce soit , le
touche principalement ; et bien loin que ses Ministres
ayent imité ceux qui prétendent borner
les suffrages d'une Nation libre , à un seul sujet,
ils ont déclaré dès le commencement de l'interregne
, tant de vive voix , que par écrit : Que
PEmpereur ne souffrira pas , qu'aucuns moyens.
con-
1
OCTOBRE . 1733 2277
contraires aux droits d'une libre Election , tels
qu'ils se trouvent établis par les constitutions du
Royaume , y soient employez , quand même on
voudroit s'en servir pour faire monter sur le
Trône de Pologne un Candidat , qui d'ailleurs
useroit agréable .
Tels étant donc les sentimens de ce Prince , et
tels étant encore ceux de ses Alliez , dont il est
inséparable , il ne pouvoit qu'être extrêmement
surpris , que par une déclaration conçue en des
termes peu mesurez , et répandue avec une affectation
indécente , on ait voulu faire tomber sur
lui un reproche qui conviendroit mieux à ceux
qui agissent par des voies et des principes opposez.
Souverain dans ses Etats hereditaires , il n'a
à rendre aucun compte de la marche de ses Troupes
en Silesie ; la justice qui regle toutes ses actions
, ne laisse aucun doute sur le but qu'il s'est
proposé , et il fera paroître en cette occasion
comme en toute autre , autant de droiture en ce
qui regarde les droits d'autrui , que de fermeté
à soutenir les siens et ceux de ses alliez.
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Résumé : DECLARATION de l'Empereur, en réponse de celle de Sa Majesté.
L'Empereur répond à une accusation concernant les événements en Pologne en affirmant qu'il n'a jamais cherché à restreindre la liberté de la République polonaise. Il se présente comme garant de cette liberté, conformément aux Pacta conventa, des accords existants depuis deux siècles entre la Maison d'Autriche et les rois de Pologne. L'Empereur souligne que ses ministres ont toujours soutenu le droit à une élection libre en Pologne, sans favoriser un candidat particulier. Il exprime sa surprise face à une déclaration hostile qui lui attribue des intentions contraires à ses principes. L'Empereur affirme également son droit souverain de déplacer ses troupes en Silésie et assure qu'il agira avec justice et fermeté pour défendre ses droits et ceux de ses alliés.
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4
p. 2277-2279
COPIA Declarationis Imperatoris, ipsiusque Foederatorum.
Début :
No 3. Sperabam, Celsissime Princeps Primas, quod declaratio a me nuper facta, litteraque [...]
Mots clefs :
Respublica, Declaratio imperatoris
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texteReconnaissance textuelle : COPIA Declarationis Imperatoris, ipsiusque Foederatorum.
COPIA Declarationis Imperatoris ,
ipsiusque Foederatorum .
N° 3.
Speraby
Perabam , Celsissime Princeps Primas
quod declaratio à me nuper facta , litteraque
augustissimi Imperatoris Romanorum ad Celsitudinem
vestram directa , non alium, quam clara
verba sonant , interpretabuntur sensum.
Inaudio contrarium ; nam sicut antehac scripto
publicabatur , quod Legati et Ministri aularumèxtranearum
declarationes suas minis et terroribut li
bera electioni inconvenientibus notum faciebant
quod ad Tronum Polonum , alium eligere non per
mis
2278 MERCURE DE FRANCE
missuri sint , nisi talem, qui illis ad placitum esse
ita defacto contrarius spargitur rumor , quod nempe
vicina sibi foederejunctapotentia ab aliis Reipu
blica colligatis timeant , disseminando quid et à quo
quilibet illorum eventurum sit mali , et quod h
vicinarum potentiarum unio brevi dissolvetur ter
pare.
: Hinc denuo declarare necesse duxi , quod vicini
non timeant , sed ament Rempublicam , usi ex nuperá
satis patet declaratione.
Quod libera gentis suffragia in arctos unius suijecti
limites , ad exemplum aliorum restringere nolint
, nec ullâ vi armorum , sed solum quâ veri
amici et confoederati , vi Pactorum conventorum &
fæderum , iis se opponere , qui contra constitutiones.
at leges pacem publicam turbare vellent, bent
enim sufficientes à Deo sibi concessas vires , ut et
contra quoscumque adversariorum conatus liberum
alectionis jus Reipublica propugnent , et se ab iis qui
hoc impedire , illosque contra omnem justitiam offendere
vellent , deffendant.
13
→ Ideoque , nec timent , nec terrent sed amica
consilia et quidem vi Pactorum et Guarantia prabent;
et denuo hortantur , ut liberis ac unanimibus
Polonia suffragiis ejusmodi Rex quiscumque
ille demum sit , eligatur à quo nec Reipublica libertati
periculum , nec vicinis excitandarum metus
immineat, nec necesse sit prudentissima adfuturami
lectionem congregata libertati novas ulteriores faere
declarationes ; sed ut ex nunc ita conveniant"
salva maneat libertas electionis , pax Reipublica
simulque vicinorum ac totius Europa.
t
Quod autem de dissensu cum Augustissime
Imperatore foedere junctarum Potentiarum spargitur
, præsentes declarabunt Ministri , quod inscpa
OCTOBRE. 2279 *
1733 .
separabiles sint, unum idemque sentiant , etRem
publicam nequaquam opprimere , sed illius libertasem
jusque leges ac constitutiones illasas conservare
, sicque pacem et tranquillitatem Reipublica
at vicinorum semper deffenderent velint.
Imputet Respublica sibi et non vicinis , si hac non
conservabitur ; et si hac declaratio non satis clara
est declarabit eventus.
ipsiusque Foederatorum .
N° 3.
Speraby
Perabam , Celsissime Princeps Primas
quod declaratio à me nuper facta , litteraque
augustissimi Imperatoris Romanorum ad Celsitudinem
vestram directa , non alium, quam clara
verba sonant , interpretabuntur sensum.
Inaudio contrarium ; nam sicut antehac scripto
publicabatur , quod Legati et Ministri aularumèxtranearum
declarationes suas minis et terroribut li
bera electioni inconvenientibus notum faciebant
quod ad Tronum Polonum , alium eligere non per
mis
2278 MERCURE DE FRANCE
missuri sint , nisi talem, qui illis ad placitum esse
ita defacto contrarius spargitur rumor , quod nempe
vicina sibi foederejunctapotentia ab aliis Reipu
blica colligatis timeant , disseminando quid et à quo
quilibet illorum eventurum sit mali , et quod h
vicinarum potentiarum unio brevi dissolvetur ter
pare.
: Hinc denuo declarare necesse duxi , quod vicini
non timeant , sed ament Rempublicam , usi ex nuperá
satis patet declaratione.
Quod libera gentis suffragia in arctos unius suijecti
limites , ad exemplum aliorum restringere nolint
, nec ullâ vi armorum , sed solum quâ veri
amici et confoederati , vi Pactorum conventorum &
fæderum , iis se opponere , qui contra constitutiones.
at leges pacem publicam turbare vellent, bent
enim sufficientes à Deo sibi concessas vires , ut et
contra quoscumque adversariorum conatus liberum
alectionis jus Reipublica propugnent , et se ab iis qui
hoc impedire , illosque contra omnem justitiam offendere
vellent , deffendant.
13
→ Ideoque , nec timent , nec terrent sed amica
consilia et quidem vi Pactorum et Guarantia prabent;
et denuo hortantur , ut liberis ac unanimibus
Polonia suffragiis ejusmodi Rex quiscumque
ille demum sit , eligatur à quo nec Reipublica libertati
periculum , nec vicinis excitandarum metus
immineat, nec necesse sit prudentissima adfuturami
lectionem congregata libertati novas ulteriores faere
declarationes ; sed ut ex nunc ita conveniant"
salva maneat libertas electionis , pax Reipublica
simulque vicinorum ac totius Europa.
t
Quod autem de dissensu cum Augustissime
Imperatore foedere junctarum Potentiarum spargitur
, præsentes declarabunt Ministri , quod inscpa
OCTOBRE. 2279 *
1733 .
separabiles sint, unum idemque sentiant , etRem
publicam nequaquam opprimere , sed illius libertasem
jusque leges ac constitutiones illasas conservare
, sicque pacem et tranquillitatem Reipublica
at vicinorum semper deffenderent velint.
Imputet Respublica sibi et non vicinis , si hac non
conservabitur ; et si hac declaratio non satis clara
est declarabit eventus.
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Résumé : COPIA Declarationis Imperatoris, ipsiusque Foederatorum.
L'empereur et les fédérés adressent une déclaration à un prince, clarifiant une précédente déclaration et les lettres de l'empereur romain. Ils réfutent les rumeurs selon lesquelles des légats et ministres étrangers menaçaient d'empêcher l'élection d'un roi de Pologne défavorable. Les puissances voisines affirment qu'elles n'ont pas l'intention de restreindre les suffrages libres du peuple polonais par la force, mais par des accords et traités. Elles déclarent utiliser leurs forces pour défendre le droit à une élection libre et protéger la paix publique. Les puissances encouragent à élire un roi qui préserve la liberté de la République et ne menace pas les voisins, afin de maintenir la paix en Pologne et en Europe. Les ministres présents clarifieront toute divergence avec l'empereur concernant les puissances alliées, affirmant qu'elles cherchent à conserver la liberté, les lois et les constitutions de la République, ainsi qu'à défendre la paix et la tranquillité. La République est invitée à se blâmer elle-même si ces principes ne sont pas respectés.
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5
p. 2279
LETTRE du Roy, au Primat, du 6. Juillet 1733.
Début :
N. 4. MON COUSIN, je vois avec plaisir, &c. Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure [...]
Mots clefs :
Primat, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roy, au Primat, du 6. Juillet 1733.
LETTRE du Roy , an Primat , dis
6. Juillet 1733.
N. 4. MON COUSIN , je vois avec plaisir, &c.
Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure
Août dernier."
6. Juillet 1733.
N. 4. MON COUSIN , je vois avec plaisir, &c.
Cette Lettre est inserée, page 1870. du Mercure
Août dernier."
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6
p. 2279-2280
DECLARATION aux Electeurs et Princes de l'Empire.
Début :
Quoique le Mémoire des motifs qui déterminent les résolutions du Roy, ait suffisamment [...]
Mots clefs :
Corps germanique, Princes, Rhin, Empire, Allemagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DECLARATION aux Electeurs et Princes de l'Empire.
DECLARATION aux Electeurs et
Princes de l'Empire.
Uoique le Mémoire des motifs qui déter
minent les résolutions du Roy , ait suffisamment
montré à l'Europe , la pureté des intentions
de Sa Majesté ; cependant , en mêmetemps
qu'elle fait passer le Rhin à ses Troupes
Elle veut encore faire connoître plus particulierement
à l'Empire ses sentimens es ses principes ;
elle desire de conserver la paix avec le Corps
Germanique , et elle est dans la disposition d'ob
server avec lui les Traitez de Paix , aussi longtemps
que S. M. pourra le regarder comme ami.
Si S. M. en attaquant le Fort de Kel , s'assure des
passages sur le Rhin , ce n'est point par aucune
mauvaise intention contre le Corps Germanique,
dont elle a fait voir en plus d'une occasion que
ics interêts lui étoient chers , elle n'en veut à
aucun de ses Membres ; elle veut même en premant
des passages sur le Rhin, se mettre en état
2280 MERCURE DE FRANCE
de secourir ceux des Princes d'Allemagne que
P'Empereur voudra forcer à servir ses vûës particulieres
, et l'execution de ses projets . le a
donné ses ordres à ses Generaux , pour que les
Etats des Princes qui ne prendront point de par
et qui ne donneront pas de secours contre elle ,
soient traitez avec toute sorte d'attention et de
ménagemens. Sa Majesté , contente de ce qu'elle
possede , et bien éloignée de vouloit faire servir
le succès de ses armes à reculer ses Frontieres ,
n'hésite pas de déclarer solemnellement qu'elle
n'a aucunement en vue de faire des conquêtes ,
ni de conserver des établissemens qui pourroient
interesser la sureté du Territoire Germanique ;
elle veut seulement poursuivre son juste ressentiment
des sujets de mécontentement que l'Empereur
lui a donné à la face de toute l'Europe , elle
ne négligera rien pour que les Prines d'Allemagne
reconnoissent de plus en plus chaque jour ,
Combien elle désire de conserver avec eux cette
bonne intelligence , si nécessaire et si convenable
entre le garant des Traitez de Westphalie
et les Membres nu Corps Germanique ,
Princes de l'Empire.
Uoique le Mémoire des motifs qui déter
minent les résolutions du Roy , ait suffisamment
montré à l'Europe , la pureté des intentions
de Sa Majesté ; cependant , en mêmetemps
qu'elle fait passer le Rhin à ses Troupes
Elle veut encore faire connoître plus particulierement
à l'Empire ses sentimens es ses principes ;
elle desire de conserver la paix avec le Corps
Germanique , et elle est dans la disposition d'ob
server avec lui les Traitez de Paix , aussi longtemps
que S. M. pourra le regarder comme ami.
Si S. M. en attaquant le Fort de Kel , s'assure des
passages sur le Rhin , ce n'est point par aucune
mauvaise intention contre le Corps Germanique,
dont elle a fait voir en plus d'une occasion que
ics interêts lui étoient chers , elle n'en veut à
aucun de ses Membres ; elle veut même en premant
des passages sur le Rhin, se mettre en état
2280 MERCURE DE FRANCE
de secourir ceux des Princes d'Allemagne que
P'Empereur voudra forcer à servir ses vûës particulieres
, et l'execution de ses projets . le a
donné ses ordres à ses Generaux , pour que les
Etats des Princes qui ne prendront point de par
et qui ne donneront pas de secours contre elle ,
soient traitez avec toute sorte d'attention et de
ménagemens. Sa Majesté , contente de ce qu'elle
possede , et bien éloignée de vouloit faire servir
le succès de ses armes à reculer ses Frontieres ,
n'hésite pas de déclarer solemnellement qu'elle
n'a aucunement en vue de faire des conquêtes ,
ni de conserver des établissemens qui pourroient
interesser la sureté du Territoire Germanique ;
elle veut seulement poursuivre son juste ressentiment
des sujets de mécontentement que l'Empereur
lui a donné à la face de toute l'Europe , elle
ne négligera rien pour que les Prines d'Allemagne
reconnoissent de plus en plus chaque jour ,
Combien elle désire de conserver avec eux cette
bonne intelligence , si nécessaire et si convenable
entre le garant des Traitez de Westphalie
et les Membres nu Corps Germanique ,
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Résumé : DECLARATION aux Electeurs et Princes de l'Empire.
La déclaration aux Électeurs et Princes de l'Empire du Roi exprime son désir de préserver la paix avec le Corps Germanique et de respecter les traités de paix tant que l'Empire est considéré comme un allié. Le franchissement du Rhin par les troupes royales a pour but de sécuriser les passages sans intention hostile. Le Roi souhaite protéger les Princes d'Allemagne contre les pressions de l'Empereur et ordonne à ses généraux de traiter avec respect les États des Princes qui ne s'opposent pas à lui. Il affirme solennellement ne pas chercher à faire des conquêtes ou à étendre ses frontières au détriment du Territoire Germanique. Ses actions visent à répondre aux mécontentements causés par l'Empereur et à maintenir une bonne intelligence avec les Princes d'Allemagne, conformément à son rôle de garant des traités de Westphalie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 2280-2281
ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Début :
Sa Majesté depuis son avenement à la Couronne, n'a rien eu plus à coeur que de concourir [...]
Mots clefs :
Déclaration de guerre, Empereur, Roi, Guerre, Dieu, Officiers, Lieutenants généraux, Maréchaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
ORDONNANCE du Roy , du 10
Octobre , portant Déclaration de guerre
contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Sronn
›
A Majesté depuis son avenement à la Couronne
, n'a rien eu plus à coeur que de concourir
à tout ce qui pouvoit contribuer au maintien
de la paix ; mais l'injure que l'Empereur
vient de lui faire en la personne du Roy de Pologne
son beau-pere , interesse trop l'honneur
de S. M. et la gloire de sa Couronne , pour ne
pas employer les forces que Dieu lui a confiées ,
OCTOBR E. 1733. 2281
en tirer une juste vengeance ; dans cette vûë, après
avoir répandu dans toutes les Cours de l'Europe ,
les justes motifs qui la forcent à prendre les armes,
Elle a résolu de déclarer la guerre, comme elle la
clare par la presente, par mer et par terre , à l'Empereur,
persuadée que Dieu qui connoît le desinteressement
et la justice de ses intentions , voudra
bien les favoriser de sadivine protection . Ordonne
et enjoint S.M. à tous ses Sujets, Vassaux et Serviteurs
, de courre sus aux Sujets de l'Empereur;
leur fait très - expresses inhibitions et deffenses
d'avoir cy- après avec eux aucune communication
, commerce ni intelligence , à peine de la
vie ; et en conséquence S. M. a dès - à-present
révoqué et révoque toutes permissions , passe
ports , sauve- gardes , et sauf- conduits qui pourroient
avoir été accordez par Elle , ou par ses
Lieutenans Generaux et autres ses Officiers , contraires
à la présente , et les a déclarez et déclare
nuls et de nulle valeur , deffendant à qui que ce
soit d'y avoit aucun égard. Mande et ordonne
S, M. à M. l'Amiral , aux Maréchaux de France ,
Gouverneurs et Lieutenans Generaux pour S. M.
en ses Provinces et Armées, Maréchaux de Camp,
Colonels , Mestres de Camp , Capitaines , Chefs
et Conducteurs de ses gens de guerre , tant de
cheval que de pied , François et Etrangers et
tous autres ses Officiers qu'il appartiendra , que
le contenu en la presente ils fassent executer ,
chacun à son égard , dans l'étendue de leurs pouvoirs
et jurisdictions ; car telle est la volonté de
Sa Majesté , laquelle veut et entend que la présente
soit publiée et affichée en toutes ses Villes ,
tant maritimes , qu'autres , et en tous ses Ports ,
Havres et autres lieux de son Royaume et terres
de son obéissance , que besoin sera , à ce qu'aucun
n'en prétende cause d'ignorance.
Octobre , portant Déclaration de guerre
contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Sronn
›
A Majesté depuis son avenement à la Couronne
, n'a rien eu plus à coeur que de concourir
à tout ce qui pouvoit contribuer au maintien
de la paix ; mais l'injure que l'Empereur
vient de lui faire en la personne du Roy de Pologne
son beau-pere , interesse trop l'honneur
de S. M. et la gloire de sa Couronne , pour ne
pas employer les forces que Dieu lui a confiées ,
OCTOBR E. 1733. 2281
en tirer une juste vengeance ; dans cette vûë, après
avoir répandu dans toutes les Cours de l'Europe ,
les justes motifs qui la forcent à prendre les armes,
Elle a résolu de déclarer la guerre, comme elle la
clare par la presente, par mer et par terre , à l'Empereur,
persuadée que Dieu qui connoît le desinteressement
et la justice de ses intentions , voudra
bien les favoriser de sadivine protection . Ordonne
et enjoint S.M. à tous ses Sujets, Vassaux et Serviteurs
, de courre sus aux Sujets de l'Empereur;
leur fait très - expresses inhibitions et deffenses
d'avoir cy- après avec eux aucune communication
, commerce ni intelligence , à peine de la
vie ; et en conséquence S. M. a dès - à-present
révoqué et révoque toutes permissions , passe
ports , sauve- gardes , et sauf- conduits qui pourroient
avoir été accordez par Elle , ou par ses
Lieutenans Generaux et autres ses Officiers , contraires
à la présente , et les a déclarez et déclare
nuls et de nulle valeur , deffendant à qui que ce
soit d'y avoit aucun égard. Mande et ordonne
S, M. à M. l'Amiral , aux Maréchaux de France ,
Gouverneurs et Lieutenans Generaux pour S. M.
en ses Provinces et Armées, Maréchaux de Camp,
Colonels , Mestres de Camp , Capitaines , Chefs
et Conducteurs de ses gens de guerre , tant de
cheval que de pied , François et Etrangers et
tous autres ses Officiers qu'il appartiendra , que
le contenu en la presente ils fassent executer ,
chacun à son égard , dans l'étendue de leurs pouvoirs
et jurisdictions ; car telle est la volonté de
Sa Majesté , laquelle veut et entend que la présente
soit publiée et affichée en toutes ses Villes ,
tant maritimes , qu'autres , et en tous ses Ports ,
Havres et autres lieux de son Royaume et terres
de son obéissance , que besoin sera , à ce qu'aucun
n'en prétende cause d'ignorance.
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Résumé : ORDONNANCE du Roy, du 10 Octobre, portant Déclaration de guerre contre l'Empereur, dont la teneur suit.
Le 10 octobre 1733, une ordonnance royale déclare la guerre contre l'Empereur. Le roi exprime son souhait de préserver la paix depuis son accession au trône, mais une offense envers son beau-père, le roi de Pologne, par l'Empereur le contraint à réagir pour défendre son honneur et la gloire de sa couronne. Après avoir informé les cours européennes des raisons de cette décision, le roi proclame la guerre par mer et par terre. Il ordonne à tous ses sujets, vassaux et serviteurs de combattre les sujets de l'Empereur et interdit toute communication ou commerce avec eux, sous peine de mort. Toutes les autorisations contraires à cette ordonnance sont révoquées. Le roi charge ses officiers, de l'Amiral aux simples capitaines, de faire respecter cette ordonnance. La présente doit être publiée et affichée dans toutes les villes et ports du royaume pour éviter toute ignorance.
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8
p. 2282-2283
OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
Début :
LE MARECHAL DE BERWICK, Commandant en chef. Lieutenans Generaux. Mrs [...]
Mots clefs :
Armée d'Allemagne, Comte, Marquis, Général, Généraux, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
OFFICIERS GENERAUX
de Armée d'Allemagne.
LE MARECHAL DE BERWICK
Commandant en chef.
Lieutenans Generaux .
Mrs de Puysegur.
Duc de Noailles .
Marq . de Cilly ,détaché
dans les 3. Evêchez .
Prince de Tingry.
Marquis de Dreuz.
Marquis de Nangis
De Quadt.
Duc de Duras.
De Leuville.
Comte de Bellisle , dang
les 3. Evêchez.
Maréchaux de Camp.
De Siougeat .
Vicomte de Melun .
D'Aubigné.
Balincourt.
De Tarneau .
De la Billarderie.
Chevalier de Givry.
De Guittaud .
La Farre,
Comte de Saxe.
Marquis de Clermon
Brigadiers d'Infanterie.
Comte d'Houtetot, Comte d'Estaing,
De Gensac. De la Javilliere
De Polastron De Varennes .
D'Herouville. De Manville .
De Luteaux , est avec De Ximenez.
son Régiment dans
Nancy .
Comte de Baviere..
De Lenck.
De Chenetette.
De Montflour.
Comte de Middelbourg. Hozannussy.
Philippe.
De Bulkeley.
D'Aremberg
Brigadiers de Cavalerie.
De Curton,
OCTOBRE . 1733. 228
De Castelmoron.
Comte de Cayeux.
De Montmorency.
De Mainville .
De Mercy.
De Cernay.
De Vaudray.
Du Cayla.
Comte Chastelus .
De Saint Saëns.
Chevalier de S. André
De Lerans.
De Puttanges.
Marquis d'Oyse.
D'Harville.
Brigadiers de Dragons.
Marq de Beaufremont. Marquis de Clermont.
Elat Major de l'Armée.
De la Javelliere , Major General.
De Saliers , Aydes - Majors Generaux d'In-
D'Astier , fanterie . }
Marquis de Ximenes, Maréchal General des Legis
de l'Armée .
Chevalier de S. André , Maréchal General des
Logis de la Cavaleria.
De Montal , Ayde- Maréchal General des Logis
de la Cavalerie.
de Armée d'Allemagne.
LE MARECHAL DE BERWICK
Commandant en chef.
Lieutenans Generaux .
Mrs de Puysegur.
Duc de Noailles .
Marq . de Cilly ,détaché
dans les 3. Evêchez .
Prince de Tingry.
Marquis de Dreuz.
Marquis de Nangis
De Quadt.
Duc de Duras.
De Leuville.
Comte de Bellisle , dang
les 3. Evêchez.
Maréchaux de Camp.
De Siougeat .
Vicomte de Melun .
D'Aubigné.
Balincourt.
De Tarneau .
De la Billarderie.
Chevalier de Givry.
De Guittaud .
La Farre,
Comte de Saxe.
Marquis de Clermon
Brigadiers d'Infanterie.
Comte d'Houtetot, Comte d'Estaing,
De Gensac. De la Javilliere
De Polastron De Varennes .
D'Herouville. De Manville .
De Luteaux , est avec De Ximenez.
son Régiment dans
Nancy .
Comte de Baviere..
De Lenck.
De Chenetette.
De Montflour.
Comte de Middelbourg. Hozannussy.
Philippe.
De Bulkeley.
D'Aremberg
Brigadiers de Cavalerie.
De Curton,
OCTOBRE . 1733. 228
De Castelmoron.
Comte de Cayeux.
De Montmorency.
De Mainville .
De Mercy.
De Cernay.
De Vaudray.
Du Cayla.
Comte Chastelus .
De Saint Saëns.
Chevalier de S. André
De Lerans.
De Puttanges.
Marquis d'Oyse.
D'Harville.
Brigadiers de Dragons.
Marq de Beaufremont. Marquis de Clermont.
Elat Major de l'Armée.
De la Javelliere , Major General.
De Saliers , Aydes - Majors Generaux d'In-
D'Astier , fanterie . }
Marquis de Ximenes, Maréchal General des Legis
de l'Armée .
Chevalier de S. André , Maréchal General des
Logis de la Cavaleria.
De Montal , Ayde- Maréchal General des Logis
de la Cavalerie.
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Résumé : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Allemagne.
En octobre 1733, l'Armée d'Allemagne est dirigée par le Maréchal de Berwick. Les lieutenants généraux incluent Puysegur, Duc de Noailles, Marquis de Cilly, Prince de Tingry, Marquis de Dreuz, Marquis de Nangis, De Quadt, Duc de Duras, De Leuville, et Comte de Bellisle. Parmi les maréchaux de camp, on trouve De Siougeat, Vicomte de Melun, D'Aubigné, Balincourt, De Tarneau, De la Billarderie, Chevalier de Givry, De Guittaud, La Farre, Comte de Saxe, et Marquis de Clermont. Les brigadiers d'infanterie comprennent d'Houtetot, d'Estaing, De Gensac, De la Javilliere, De Polastron, De Varennes, D'Herouville, De Manville, De Luteaux, Comte de Bavière, De Lenck, De Chenetette, De Montflour, Comte de Middelbourg, Hozannussy, Philippe, De Bulkeley, et D'Aremberg. Les brigadiers de cavalerie sont De Curton, Comte de Cayeux, De Montmorency, De Mainville, De Mercy, De Cernay, De Vaudray, Du Cayla, Comte Chastelus, De Saint Saëns, Chevalier de S. André, De Lerans, De Puttanges, Marquis d'Oyse, et D'Harville. Les brigadiers de dragons sont le Marquis de Beaufremont et le Marquis de Clermont. Les aides-majors généraux d'infanterie sont De Saliers et D'Astier, avec De la Javelliere comme major général. Le Marquis de Ximenes est le maréchal général des logis de l'armée, le Chevalier de S. André pour la cavalerie, et De Montal est l'aide-maréchal général des logis de la cavalerie.
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9
p. 2283-2284
OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Italie, sous les ordres du Roy de Sardaigne, General de ladite Armée.
Début :
LE MARÉCHAL DE VILLARS, commandant l'Armée, sous les ordres du [...]
Mots clefs :
Armée d'Italie, Marquis, Comte, Armée, Général, Brigadiers
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texteReconnaissance textuelle : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Italie, sous les ordres du Roy de Sardaigne, General de ladite Armée.
OFFICIERS GENERAUX
de Armée d'Italie , sous les ordres du
Roy de Sardaigne , General de ladite
Armée.
LE MARECHAL DE VILLARS ,
commandant l'Armée , sous les ordres du
Roy de Sardaigne .
Lieutenans Generaux.
Mrs le Marquis d'Asfeldt.
Le Comte de Coigny.
Le Comte de Broglio .
Le Prince Charles de
Lorraine.
Le Marq deRavignan.
Le Marquis de Savines.
Hj De
2284 MERCURE DE FRANCE
De Cadrieu.
Comte de Beüil .
Prince de Carignan .
Marquis de Maillebois.
De Contade.
Maréchaux de Camp.
De Sandricourt. De Ferraques.
De Berville.
Marquis de Bonas .
De Chatillon.
Duc d'Harcourt.
D'Affry. Marquis de Pezé ,
De Montal.
Marquis de l'Isle .
De Lannion.
Brigadiers d'Infanterie.
De Louvigny , Du Planty.
Comte de Lautrec
Thomé.
De Mison.
Chevalier de Boissieux.
Cadeville.
Brigadiers de Cavalerie.
Marquis de Valencé.
Marquis de Chaste.
De Montrevel .
Du Chaila.
De Germinon.
Marquis de Segur.
De Ratsky.
De Cheppy.
Comte de Lamotte De Pardeilhan.
Houdancourt.
D'Epinay
Brigadiers de Dragons.
De Vernicourt.
Etat Major de l'Armée.
Marquis de Pezé , Maréchal General des Logis
Duplanty , Major General de l'Infanterie .
Chevalier de Contade , Aydes - Majors Gené
De la Serre ,
Cavalerie.
de Armée d'Italie , sous les ordres du
Roy de Sardaigne , General de ladite
Armée.
LE MARECHAL DE VILLARS ,
commandant l'Armée , sous les ordres du
Roy de Sardaigne .
Lieutenans Generaux.
Mrs le Marquis d'Asfeldt.
Le Comte de Coigny.
Le Comte de Broglio .
Le Prince Charles de
Lorraine.
Le Marq deRavignan.
Le Marquis de Savines.
Hj De
2284 MERCURE DE FRANCE
De Cadrieu.
Comte de Beüil .
Prince de Carignan .
Marquis de Maillebois.
De Contade.
Maréchaux de Camp.
De Sandricourt. De Ferraques.
De Berville.
Marquis de Bonas .
De Chatillon.
Duc d'Harcourt.
D'Affry. Marquis de Pezé ,
De Montal.
Marquis de l'Isle .
De Lannion.
Brigadiers d'Infanterie.
De Louvigny , Du Planty.
Comte de Lautrec
Thomé.
De Mison.
Chevalier de Boissieux.
Cadeville.
Brigadiers de Cavalerie.
Marquis de Valencé.
Marquis de Chaste.
De Montrevel .
Du Chaila.
De Germinon.
Marquis de Segur.
De Ratsky.
De Cheppy.
Comte de Lamotte De Pardeilhan.
Houdancourt.
D'Epinay
Brigadiers de Dragons.
De Vernicourt.
Etat Major de l'Armée.
Marquis de Pezé , Maréchal General des Logis
Duplanty , Major General de l'Infanterie .
Chevalier de Contade , Aydes - Majors Gené
De la Serre ,
Cavalerie.
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Résumé : OFFICIERS GENERAUX de l'Armée d'Italie, sous les ordres du Roy de Sardaigne, General de ladite Armée.
Le document énumère les officiers généraux de l'Armée d'Italie, dirigée par le Roi de Sardaigne et commandée par le Maréchal de Villars. Les lieutenants généraux incluent le Marquis d'Asfeldt, le Comte de Coigny, le Comte de Broglio, le Prince Charles de Lorraine, le Marquis de Ravignan, le Marquis de Savines, le Comte de Cadrieu, le Comte de Beüil, le Prince de Carignan, le Marquis de Maillebois et le Comte de Contade. Les maréchaux de camp sont De Sandricourt, De Ferraques, De Berville, le Marquis de Bonas, De Chatillon, le Duc d'Harcourt, D'Affry, le Marquis de Pezé, De Montal, le Marquis de l'Isle et De Lannion. Les brigadiers d'infanterie comprennent De Louvigny, Du Planty, le Comte de Lautrec, Thomé, De Mison, le Chevalier de Boissieux et Cadeville. Les brigadiers de cavalerie sont le Marquis de Valencé, le Marquis de Chaste, De Montrevel, Du Chaila, De Germinon, le Marquis de Segur, De Ratsky, De Cheppy, le Comte de Lamotte De Pardeilhan, Houdancourt et D'Epinay. Les brigadiers de dragons incluent De Vernicourt. L'état-major comprend le Marquis de Pezé, Maréchal Général des Logis, Duplanty, Major Général de l'Infanterie, le Chevalier de Contade, Aides-Majors Généraux, et De la Serre pour la cavalerie.
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10
p. 2285-2287
Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Comte de Charolois, frere puîné du Duc de Bourbon, qui a fait ses premieres armes dans [...]
Mots clefs :
Comte, Prince, Roi, Armée, Maréchal, Régiment, Compagnies, Siège de Kehl
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texteReconnaissance textuelle : Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
Le Comte de Charolois , frere puîné du Duc
de Bourbon , qui a fait ses premieres armes dans
l'Arhée de l'Empereur , au dernier Siege de Belgrade
, et qui combattit auprès du Prince Eugêne
de Savoye, à la défaite de l'Armée Ottomane,
prit congé du Roy à Fontainebleau le 15. de
ce mois,et partit quelques jours après pour l'Ar- `
mée d'Allemagne.
Le Comte de Clermont , le plus jeune des
Princes de la Maison de Condé , ayant demandé
au Roy la permission de servir , et S. M. après
avoir loué son zele , n'y trouvant d'obstacle que
ses engagemens dans l'Etat Ecclesiastique , ce
Prince a obtenu du Pape un Bref par lequel S. S.
lui permet de porter les armes contre les Ennemis
du Roy et de posseder ses Abbayes . S. A. S.
partit le 15. de ce mois pour l'Allemagne.
Le Prince de Conti partit de Paris au commencement
de ce mois , pour aller servir dans
F'Armée d'Allemagne. Il fut reçû , ainsi que les
autres Princes du Sang , dans toutes les Villes et
les Places de guerre où il passa , avec les honneurs
dûs aux Princes de leur sang.
Le Prince de Dombes et le Comte d'Eu , fils
du Duc du Maine , sont partis aussi au commencement
de ce mois pour l'Armée d'Allemagne.,
Ces Princes firent la Campagne de Belgrade en
Hongrie , sous le Prince , en 17
Le 13. Octobre , les Troupes du Roy , commandées
par le Comte de Bellisle , entrerent dans
Nancy par la Porte N. Dame S.M. avoit envoyé
à la Duchesse de Lorraine , quelques jours auparavant
M. de Verneuil, Secretaire du Cabinet,,
pour lui faire connoître que dans les circonstances
présentes , elle ne pourroit se dispenser de
s'assurer de cette Place , pour ôter à ses enne-
Hij
mis
2286 MERCURE DE FRANCE
mis les moyens de s'en emparer. Il avoit cu ordre
au surplus d'assurer S. A. R. que l'intention
du Roy n'étoit pas de rien entreprendre sur fon
autorité ni sur celle du Duc son fils , qui continuëroit
de jouir de tous les droits de Souveraineté
dans l'étendue de ses Etats.
Le 12. de ce mois , le Maréchal de Berwick
commanda 20. Compagnies de Grenadiers et
2000. Fusiliers , sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , et du Chevalier de
Givry , Maréchal de Camp , pour passer le Rhin
sur le Pont de Bateaux qu'il avoit fait jetter audessous
de Strasbourg. Ce Détachement passa
près du Village d'Avenheim , et il fut suivi le
13. de toute l'Armée , qui acheva de passer le
Rhin le 14. de ce mois sur le Pont qu'on avoit
construit au-dessous du Fort de Kehl ; cette Place
fit aussi-tôt investie ; on travailla les jours suivans
à établir les quartiers de l'Armée et à prépa
rer tout ce qui étoit nécessaire pour le Siege.
Le Quartier general fut établi au Village de
Sundheim ; la droite fut appuyée au Village de
Golthschir, qui couvre un second Pont , jetté sur :
le haut-Rhin , et la gauche à celui d'Audenheim.
La nuit du 19. au 20. la tranchée fut ouverte
sous les ordres du Marquis de Puysegur , Lieutenant
general des Armées du Roy , de M. de la
Billarderie , Maréchal de Camp , et du Marquis
d'Houdetot , Brigadier ; les 2000. Travailleurs
commandez pour la Tranchée , furent soutenus
par les trois Bataillons du Régiment de Navarre,
par les trois Compagnies de Grenadiers du Régiment
de la Marine , deux de celui de Richelieu ,
et une du Régiment de Bourbonnois ; par un
Détachement de 100. Gendarmes , et par 450.
Cavaliers ou Dragons à pied. Pendant cette nuit
82
OCTOBRE. 1733 2237
én forma une premiere parallele entre le Rhin
er la Schoutre , et on poussà trois boyaux en
avant sur les Capitales du front de l'Ouvrage
Corne.
La nuit du 20. au 21. le Duc de Noailles .
Lieutenant General , le Chevalier de Givri , Maréchal
de Camp et M. de Gensac , Brigadier , releverent
la Tranchée avec 1000. Travailleurs ',
les trois Bataillons du Régiment de Piémont ,
six Compagnies de Grenadiers des Régimens de
Bourbonnois , de Tallard , de Royal et de Pons,
100, Gendarmes et 410. Cavaliers ou Dragons
à pied. Pendant cette nuit et la précédente , on
fit 2500. toises d'ouvrage .
Le lendemain la tranchée fut relevée par le
Prince de Tingry , Lieutenant General , le Comte
de Guitaud , Maréchal de Camp , et le Comte
de Middelbourg , Brigadier , avec 1200. Travailleurs
, soutenus par les trois Bataillons du
Régiment de Normandie , par six Compagnies
de Grenadiers des Régimens Royal , de Lyonnois
, de Touraine et d'Artois , par un Détachement
de roo. Gendarmes , et par un de 450.
Cavaliers ou Dragons . Les Assiegez qui depuis
le commencement du Siege n'avoient point tiré ,
firent cette nuit un grand feu d'Artillerie et de
Mousqueterie , mais ils n'empêcherent pas nos
Troupes de se loger sur la Lunette avancée.
M. de Longeville , Ingénieur , fut tué cette nuit
là avec un Soldat , et il y en eut 6. de blessez .
Les derniers avis du Camp devant le Fort de
Kell , du 24. de ce mois , portent que la nuit
précedente on s'étoit logé dans les deux petites
contre-gardes , situées entre la Lunette avancée et
le demi Bastion de la droite de l'Ouvrage à Corne..
La suite pour le Mercure prochain.
de Bourbon , qui a fait ses premieres armes dans
l'Arhée de l'Empereur , au dernier Siege de Belgrade
, et qui combattit auprès du Prince Eugêne
de Savoye, à la défaite de l'Armée Ottomane,
prit congé du Roy à Fontainebleau le 15. de
ce mois,et partit quelques jours après pour l'Ar- `
mée d'Allemagne.
Le Comte de Clermont , le plus jeune des
Princes de la Maison de Condé , ayant demandé
au Roy la permission de servir , et S. M. après
avoir loué son zele , n'y trouvant d'obstacle que
ses engagemens dans l'Etat Ecclesiastique , ce
Prince a obtenu du Pape un Bref par lequel S. S.
lui permet de porter les armes contre les Ennemis
du Roy et de posseder ses Abbayes . S. A. S.
partit le 15. de ce mois pour l'Allemagne.
Le Prince de Conti partit de Paris au commencement
de ce mois , pour aller servir dans
F'Armée d'Allemagne. Il fut reçû , ainsi que les
autres Princes du Sang , dans toutes les Villes et
les Places de guerre où il passa , avec les honneurs
dûs aux Princes de leur sang.
Le Prince de Dombes et le Comte d'Eu , fils
du Duc du Maine , sont partis aussi au commencement
de ce mois pour l'Armée d'Allemagne.,
Ces Princes firent la Campagne de Belgrade en
Hongrie , sous le Prince , en 17
Le 13. Octobre , les Troupes du Roy , commandées
par le Comte de Bellisle , entrerent dans
Nancy par la Porte N. Dame S.M. avoit envoyé
à la Duchesse de Lorraine , quelques jours auparavant
M. de Verneuil, Secretaire du Cabinet,,
pour lui faire connoître que dans les circonstances
présentes , elle ne pourroit se dispenser de
s'assurer de cette Place , pour ôter à ses enne-
Hij
mis
2286 MERCURE DE FRANCE
mis les moyens de s'en emparer. Il avoit cu ordre
au surplus d'assurer S. A. R. que l'intention
du Roy n'étoit pas de rien entreprendre sur fon
autorité ni sur celle du Duc son fils , qui continuëroit
de jouir de tous les droits de Souveraineté
dans l'étendue de ses Etats.
Le 12. de ce mois , le Maréchal de Berwick
commanda 20. Compagnies de Grenadiers et
2000. Fusiliers , sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , et du Chevalier de
Givry , Maréchal de Camp , pour passer le Rhin
sur le Pont de Bateaux qu'il avoit fait jetter audessous
de Strasbourg. Ce Détachement passa
près du Village d'Avenheim , et il fut suivi le
13. de toute l'Armée , qui acheva de passer le
Rhin le 14. de ce mois sur le Pont qu'on avoit
construit au-dessous du Fort de Kehl ; cette Place
fit aussi-tôt investie ; on travailla les jours suivans
à établir les quartiers de l'Armée et à prépa
rer tout ce qui étoit nécessaire pour le Siege.
Le Quartier general fut établi au Village de
Sundheim ; la droite fut appuyée au Village de
Golthschir, qui couvre un second Pont , jetté sur :
le haut-Rhin , et la gauche à celui d'Audenheim.
La nuit du 19. au 20. la tranchée fut ouverte
sous les ordres du Marquis de Puysegur , Lieutenant
general des Armées du Roy , de M. de la
Billarderie , Maréchal de Camp , et du Marquis
d'Houdetot , Brigadier ; les 2000. Travailleurs
commandez pour la Tranchée , furent soutenus
par les trois Bataillons du Régiment de Navarre,
par les trois Compagnies de Grenadiers du Régiment
de la Marine , deux de celui de Richelieu ,
et une du Régiment de Bourbonnois ; par un
Détachement de 100. Gendarmes , et par 450.
Cavaliers ou Dragons à pied. Pendant cette nuit
82
OCTOBRE. 1733 2237
én forma une premiere parallele entre le Rhin
er la Schoutre , et on poussà trois boyaux en
avant sur les Capitales du front de l'Ouvrage
Corne.
La nuit du 20. au 21. le Duc de Noailles .
Lieutenant General , le Chevalier de Givri , Maréchal
de Camp et M. de Gensac , Brigadier , releverent
la Tranchée avec 1000. Travailleurs ',
les trois Bataillons du Régiment de Piémont ,
six Compagnies de Grenadiers des Régimens de
Bourbonnois , de Tallard , de Royal et de Pons,
100, Gendarmes et 410. Cavaliers ou Dragons
à pied. Pendant cette nuit et la précédente , on
fit 2500. toises d'ouvrage .
Le lendemain la tranchée fut relevée par le
Prince de Tingry , Lieutenant General , le Comte
de Guitaud , Maréchal de Camp , et le Comte
de Middelbourg , Brigadier , avec 1200. Travailleurs
, soutenus par les trois Bataillons du
Régiment de Normandie , par six Compagnies
de Grenadiers des Régimens Royal , de Lyonnois
, de Touraine et d'Artois , par un Détachement
de roo. Gendarmes , et par un de 450.
Cavaliers ou Dragons . Les Assiegez qui depuis
le commencement du Siege n'avoient point tiré ,
firent cette nuit un grand feu d'Artillerie et de
Mousqueterie , mais ils n'empêcherent pas nos
Troupes de se loger sur la Lunette avancée.
M. de Longeville , Ingénieur , fut tué cette nuit
là avec un Soldat , et il y en eut 6. de blessez .
Les derniers avis du Camp devant le Fort de
Kell , du 24. de ce mois , portent que la nuit
précedente on s'étoit logé dans les deux petites
contre-gardes , situées entre la Lunette avancée et
le demi Bastion de la droite de l'Ouvrage à Corne..
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : Siége du Fort de Kehl, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs princes français se préparèrent à rejoindre l'armée d'Allemagne. Le Comte de Charolois, frère du Duc de Bourbon, quitta Fontainebleau le 15 octobre pour se rendre en Allemagne. Le Comte de Clermont, le plus jeune des Princes de Condé, obtint une dispense papale pour servir militairement malgré ses engagements ecclésiastiques et partit également le 15 octobre. Le Prince de Conti, ainsi que le Prince de Dombes et le Comte d'Eu, fils du Duc du Maine, partirent au début du mois pour l'armée d'Allemagne. Ces princes avaient déjà participé à la campagne de Belgrade en Hongrie en 1717. Le 13 octobre, les troupes du Roi, commandées par le Comte de Bellisle, entrèrent dans Nancy. Le Roi avait envoyé M. de Verneuil informer la Duchesse de Lorraine que Nancy devait être sécurisée pour empêcher les ennemis de s'en emparer, tout en assurant que l'autorité du Duc de Lorraine et de son fils resterait intacte. Le 12 octobre, le Maréchal de Berwick ordonna à 20 compagnies de grenadiers et 2000 fusiliers de traverser le Rhin près de Strasbourg. L'armée entière passa le Rhin les 13 et 14 octobre et investit la place de Kehl. Les quartiers de l'armée furent établis, et les préparatifs pour le siège commencèrent. La tranchée fut ouverte la nuit du 19 au 20 octobre sous les ordres du Marquis de Puysegur et d'autres officiers. Les travaux se poursuivirent les nuits suivantes, malgré un feu intense des assiégés, qui tua M. de Longeville et blessa plusieurs soldats. Les dernières nouvelles du 24 octobre mentionnaient l'occupation de deux contre-gardes près de la lunette avancée.
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