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Liste
1851
p. 56-57
Distique Latin à la loüange du Roy, traduit en quatre Vers François. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. de ce mois, le Sieur Crin, natif de Compiegne, [...]
Mots clefs :
Roi, Estampe
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texteReconnaissance textuelle : Distique Latin à la loüange du Roy, traduit en quatre Vers François. [titre d'après la table]
Le I2. de ce mois,le Sieur
Crin,natif de Compiegne,
âgéd'environ25. ans, étant
a Versailles, eut l'honneur
(de l'agrément de M.le Duc
de Noailles, Pair de France,
Capitaine des Gardes du
Corps du Roy) de preienter
à Sa Majelté3 à l'issuë de sa
Kieffw, l'histoire entierede,
loaRegne jusqua present
ôc sa louange ktr la paix,
renfermées en deux vers
Latins,jqu'il a traduits en 4.
vers François, & placez en
formfc d'inscription au bas
d'une estampe du Portrait
du Roy, qui les a très bkn
reçus. Les voici.
GeJJit Jceptra puer, crcjcentis
fama voLvît,
Vir njkit
>
gmdet denique
pace senex.
Ce Roy des son enf-ance a
porcé la couronne; La gloire en sa jeunessea.
marché sur ses pas; A
En son âge viril-vainqueur
dans les combats;
Blanchi fous les lauriers le
repos l'environne.
Crin,natif de Compiegne,
âgéd'environ25. ans, étant
a Versailles, eut l'honneur
(de l'agrément de M.le Duc
de Noailles, Pair de France,
Capitaine des Gardes du
Corps du Roy) de preienter
à Sa Majelté3 à l'issuë de sa
Kieffw, l'histoire entierede,
loaRegne jusqua present
ôc sa louange ktr la paix,
renfermées en deux vers
Latins,jqu'il a traduits en 4.
vers François, & placez en
formfc d'inscription au bas
d'une estampe du Portrait
du Roy, qui les a très bkn
reçus. Les voici.
GeJJit Jceptra puer, crcjcentis
fama voLvît,
Vir njkit
>
gmdet denique
pace senex.
Ce Roy des son enf-ance a
porcé la couronne; La gloire en sa jeunessea.
marché sur ses pas; A
En son âge viril-vainqueur
dans les combats;
Blanchi fous les lauriers le
repos l'environne.
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Résumé : Distique Latin à la loüange du Roy, traduit en quatre Vers François. [titre d'après la table]
Le 12 du mois, le Sieur Crin, natif de Compiègne, obtint l'agrément du Duc de Noailles pour offrir au roi une histoire de son règne et une louange pour la paix. Cette histoire était résumée en deux vers latins traduits en quatre vers français. Les vers furent placés sur une estampe du portrait du roi, qui fut bien accueillie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1852
p. 244-245
CHANSON.
Début :
Et en attendant tranquillement tout ce qui pourra m'en / Mardy gras, Mardy gras, Mardy gras, [...]
Mots clefs :
Mardi gras
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
Et en attendant tranquille
ment tout ce qui pourra m'en
arriver, je cbanteray à bon
compte, ou plus tost nous
chanterons ensemble, Mes
lieurs, Mesdames & Mesemoifelles
(si vous estes modernes
) laChanson suivante.
CHANSON.
MARDYgras,Mardygas, MATdygras,
QniL1.1.' h d' a ce nom chacun 5armed'un
verre,
Festons
-
feflonscet heureux
jour.
Amis il n'en eflpoint depareil en
amour,
Et Bacchus dans ce temps regne
seulsur la terre ;
Mais que je crains ton maigre
é
lendemain,
Ah tu ferois ma foy mes dejirs
les plus tendres,
Si tu n'ejlois pas si voisîn
Du trisse Mercredy des Cendres.-
ment tout ce qui pourra m'en
arriver, je cbanteray à bon
compte, ou plus tost nous
chanterons ensemble, Mes
lieurs, Mesdames & Mesemoifelles
(si vous estes modernes
) laChanson suivante.
CHANSON.
MARDYgras,Mardygas, MATdygras,
QniL1.1.' h d' a ce nom chacun 5armed'un
verre,
Festons
-
feflonscet heureux
jour.
Amis il n'en eflpoint depareil en
amour,
Et Bacchus dans ce temps regne
seulsur la terre ;
Mais que je crains ton maigre
é
lendemain,
Ah tu ferois ma foy mes dejirs
les plus tendres,
Si tu n'ejlois pas si voisîn
Du trisse Mercredy des Cendres.-
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Résumé : CHANSON.
Le texte décrit une chanson dédiée au Mardi Gras, fête célébrée avec enthousiasme. L'auteur souhaite la partager avec ses amis, hommes, femmes ou modernes. Il invite à lever un verre pour ce jour unique sous la domination de Bacchus. Il exprime aussi une crainte pour le lendemain, le mercredi des Cendres, marquant la fin des festivités et le début du carême.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1853
p. 285-287
ENIGME.
Début :
La matiere dont on me forme [...]
Mots clefs :
Écriture
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
EN I G M E.
La matiere dont on me
forme
EJlchangeante
, débile
3 jnforme,
MAis. mon corps, plus
dtjlinéï n'efiantplus
renfirml,
Comme on letient toujours
dans un lieu creux (7
jombre,
Tout aaiu,jji-toj'i est formé qu'il e,~
A des proprieteZ sans
nombre,
Quoy qu'il ne foit pas
anIme.
Jerode par toute la Terres
On m*employéàla Paix,
à la Guerre,
Je marchesansfeinte avec lisvrzys amis,
Quelquefoisonmhabdle
-
enmafqm,
D'une maniéré assez., ftn
tafqne,
LorJque ton craintles
ennemts;
Mais quoyque nettement
jeparle C7je m'explique
Tel ria pas l'esprit des
plus lourds,
A des ye-tx bien voyansr
tela
-
fort bonne oreille,
Entend & conçoit à
merveille,
Qui comprend bien moins
mes discours,
Que le plus sourd de tons ksfmnds*
La matiere dont on me
forme
EJlchangeante
, débile
3 jnforme,
MAis. mon corps, plus
dtjlinéï n'efiantplus
renfirml,
Comme on letient toujours
dans un lieu creux (7
jombre,
Tout aaiu,jji-toj'i est formé qu'il e,~
A des proprieteZ sans
nombre,
Quoy qu'il ne foit pas
anIme.
Jerode par toute la Terres
On m*employéàla Paix,
à la Guerre,
Je marchesansfeinte avec lisvrzys amis,
Quelquefoisonmhabdle
-
enmafqm,
D'une maniéré assez., ftn
tafqne,
LorJque ton craintles
ennemts;
Mais quoyque nettement
jeparle C7je m'explique
Tel ria pas l'esprit des
plus lourds,
A des ye-tx bien voyansr
tela
-
fort bonne oreille,
Entend & conçoit à
merveille,
Qui comprend bien moins
mes discours,
Que le plus sourd de tons ksfmnds*
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1854
p. 288-289
AUTRE.
Début :
Nous faisons dans le monde assez belle figure, [...]
Mots clefs :
Cartes à jouer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A".UT RE.
Nous faisons dans le
monde a1JebellefigureJ
Quelquefois en triomphe,
on nous Doit parmi vous:
Nousnavons jamais eû
quunesimple parure>
Quoyque l'or & l'agent
brtllent Jouventsur nous: Et lom lten valoir davantage,
Nous navons plus le mêmeprixs
Mais
.Mais nous avons cet acvan
tage,
D'avoirporréles Fleurs-de*
Lys„
On nous juge dignes de
- plaIre
Et tel nohs aime à hi
fureur,
Qm nous maltraite avec
colere,
Sans avoir contre nous
aucunfijet d'aigreur.
Nous faisons dans le
monde a1JebellefigureJ
Quelquefois en triomphe,
on nous Doit parmi vous:
Nousnavons jamais eû
quunesimple parure>
Quoyque l'or & l'agent
brtllent Jouventsur nous: Et lom lten valoir davantage,
Nous navons plus le mêmeprixs
Mais
.Mais nous avons cet acvan
tage,
D'avoirporréles Fleurs-de*
Lys„
On nous juge dignes de
- plaIre
Et tel nohs aime à hi
fureur,
Qm nous maltraite avec
colere,
Sans avoir contre nous
aucunfijet d'aigreur.
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1855
p. 60-127
PARALELLE de deux Tragedies nouvelles, dont la mort de Caton est le sujet ; l'une est Angloise de Monsieur Addison ; l'autre Françoise de Monsieur Deschamps. LETTRE à Mylord ***
Début :
Je vous promis le mois passé un examen de la Tragedie / Vous vous plaignez, Mylord, fort vivement, que M. [...]
Mots clefs :
Tragédie, César, Amour, Rome, Théâtre, Vertu, Coeur, Troupes, Liberté, Auteur, Scènes, Paix, Pompée, Poème, Poètes, Romains, Dieux, Sentiments, Public, Corneille, Reine, Parallèle, Mépris, Homme, Ambition, Hymen, Aristote, Père, Frère, Princesse, Théâtre anglais, Théâtre français, Parthes, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARALELLE de deux Tragedies nouvelles, dont la mort de Caton est le sujet ; l'une est Angloise de Monsieur Addison ; l'autre Françoise de Monsieur Deschamps. LETTRE à Mylord ***
Je vous promis le mois paffé
un examen de la Tragedie
de Caton , j'avois déja même
fait fur cette piece prefque autant
de remarques qu'il en fal
GALANT. 64
loit pour vous apprendre ce
que le public en penfe ; &
j'étois enfin déterminé à les
faire imprimer , lorſque j'ay
receu la Differtation ſuivante.
Quoyque j'aye ſenti des differences
affez confiderables entre
mes ſentimens & ceux
qu'on vient de m'envoyer ,
j'aime cependant mieux vous
faire part des raiſonnements
des autres que des miens. Sauf
neanmoins à vous , Meffieurs,
àm'ordonner de vous entretenir
à ma mode , quand il
vous plaira m'obliger à le faire .
Vouspourrez en attendant re
62 MERCURE
cevoir comme vous lejugerez
à propos , le Paralelle que je
vous preſente.
PARALELLE
de deux Tragedies nouvelles ,
dont la mort de Caton est le
Sujet : l'une est Angloise de
Monsieur Addison ; l'autre
Françoise de Monfieur Defchamps
.
r
LETTRE
à Mylord * * *
Vous vous plaignez , Mylord,
fort vivement , que M.
GALANNTT.. 63
Dacier ait decidé qu'il ne faut
pas attendre des Anglois une
bonne Tragedie ; & qu'il les ait
crû incapables d'obſerver les
regles d'Ariftote : comme les
jugemens de M. Dacier ne
ſont pas ſouverains , qu'on en
peut appeller ,& qu'on en appelle
ſouvent ; touché de vos
plaintes , Mylord , j'ay examinécette
déciſion, elle m'a paru
auſſi fauſſequ'elle eſt injuricuſe
à la Nation Angloiſe. Les
Anglois ſçavent la plupart
affez de François pour profiter
des remarques de M. Dacier
fur la Poëtique d'Ariftote.
64 MERCURE
Ceux à qui la connoiſſance diu
François manqueroit ou qui
feroient détournez de ſe ſervir
de cesſçavantesremarques par
la diſgrace du pauvre de Trie,
ont le Commentaire Latin de
Goulſton , un de leurscompatriotes
, qui peut aſſurement
leur tenir lieu de celuy du
Grammairien François.
Vous ne ſçavez pas peuteſtre
ce qu'il en coûta à de
Trie pour s'eſtre rempli de
l'eſprit de M. Dacier : fitoft
que ſa Poëtique parut , de
Trie quitta tout autre Livre, il
conçût d'abord ungrand mépris
GALANT. 65
pris pour Corneille , ilmepriſa
Racine un peu moins ; mais il
mépriſa extrêmement la France,
qui les avoit admirez tous
deux.Le Diſciple de M. Dacier
diſoit des François ce que ſon
Maître a ditdes Anglois ; nous
manquions à ce qu'il afſuroit
d'une bonne Tragedie , & par
pitiépour ſa Nation il voulut
luy en donner une parfaite ;
il choiſit pour ce ſujet les Heraclides
: tout fat reglé , compaſſe
ſur les remarques de M.
Dacier , la piece fut joüéc ;
mais elle ne fut joüée qu'une
fois,& le public gâté parCor-
Mars 1718. F
66 MERCURE
neille n'eût mall z d'érudition
pour goûter la nouvelleTragedie
, ni affez de patiencepour
la ſouffiir. De Trie ſe plaignic
de ſon guide , il ne ſe plaignoit
pas d'Ariftote , Corneil
le l'avoit lû ; mais Corneille
n'avoit point lû M. Dacier
&de Trie l'avoit trop lû.
Vos Poëtes , Mylord, évite
ront un pareil malheur , ils
fontchoquez du mépris que le
Grammairien François a fait
deleur Nation ,& ils ont raifon
d'en eſtre choquez ; appartient
il à un homme fans
gouft pour le Theatre ,fans
GALANT. 67
connoiffance du Theatre Anglois
deprononcer qu'il nefaut
pas attendre des Anglois une bonne
Tragedie ; s'il avoit penetré
legenieAnglois , il ſeroit convaincu
qu'il eſt tout tragique ,
&qu'il n'y a pas peut eſtre de
Nation plus capable de donner
aux pieces de Theatre , le
terrible des pieces Grecques ;
d'ailleurs la Langue Angloiſea
une force ,une abondance ,
une liberté qui convient au
Theatre; il faudra, je l'avouë ,
queles Anglois captivent un
peu leur imagination fougueude
ſous le joug des regles ,
Rij
68 MERCURE
qu'ils ne ſe permettent plus
de Metaphores outrées , qu'ils
prennent garde de tomber
dans certaines baffeffes que les
Poëtes Grecs n'ont pas affez
évitées ; qu'ils ſe défaſſent des
idées romaneſques , s'ils parviennent
àſe corriger de ces
défauts ,&ils y parviendront:
le Theatre Anglois égalera le
Theâtre François , il ne l'a pas
encore égalé , ſouffrez que je
lediſe , ſouffrez même que je
le prouve par un Paralelle du
Caton Anglois de M. Addiſon
*&du.Caton de M.Deschamps.
Le Caton François a cité favor
-
GALANT. 6,
rablement receudu public, jamais
piece n'a eu en Angleterreun
fuccés pareil à celuy du
Caton Anglois.
Je ne puis done mieux établir
la ſuperiorité du Theâtre
François fur le Theatre Anglois
qu'en montrant que M.
Addiſondoit ceder à M. Defchamps.
Je ſuis ſi perfuadé de
la bonté de la cauſe que je
deffens & de voſtre équité
Mylord , que je ne veux point
d'autre Juge que vous.
Caton eſt un nom fameux ,
ce grand homme adonné des
exemples fi éclatants de l'a
د
70 MERCURE
mourde la patrie&de la liberté
, qu'on fouff oit avec peine
qu'il n'eût point encore paru
fur aucunTheatre . M. l'Abbé
Abeille a choiſi ſa mort pour
le ſujetd'uneTragedie:tous les
connoiffeurs qui l'ont luë , ou
entendu lire en parlentaveode
grands éloges ; mais l'Auteur
s'obſtine à la refufer au public.
M. Addiſion & M. Defchamps
ont formé en même
temps le deffein de travailler
fur ce beau fujet , & d'abord
ils en ont apperceu la ſecherefſe
Caton enfermé dans les
murs d'Utique ſe tua pour ne
GALANT. 71
,&
pas tomber entre les mains de
Cefar . L'Histoire ne fournit
rien de plus ,& pour remplir
l'étendue d'une Tragedie , il
faut de la fiction& des épiſodes:
nos deux Poëtes ont feinc
en effet ; mais avec cette difference
avantageuſe pour le
François que les épiſodes tiennent
au ſujet , qu'ils en font le
noeud , & qu'ils en produiſent
le dénoüement. Les Epiſodes
du PoëreAnglois ſont abſolu
ment détachez de l'action prin
cipale , ils la cachent,il la
fontdiſparoiſtre affez ſouvent,
en unmot ils ne fervent qu'à
72 MERCURE
fournir des Scenes qui rempliffent
les vuides de la Tra
gedie.
UnecourteAnalyſe desdeux
pieces fera voir ſenſiblement
de défaut dans le Poëme Anglois
, cette beauté dans le
Poëme François.
:
Dans le PoëmeAnglois,Ca
ton eſt renfermé dans Utique
avec peu de Romains &quelque
Cavalerie Numide , qui as
☐ſuivi le jeune Juba. Cefar envoye
propoſer la Paix on la
refufe : il fait marcher ſcs
,
troupes. Caton ſe voyant hors
d'état de refifter,ſe tue.Voilà
coute
GALANT. 73
toute l'oeconomie de l'action .
Voicy les Epiſodes.
Portius & Marcus fils de
Caton aiment Lucie fille d'un
Senateur Romain : Portius
confident de ſon frere qui ne
le connoiſt pas pour fon rival
ſe comporte en homme genereux
fans vaincre ſon amour
&fans trahir ſon frere. Marcus
eſt tué , Portius épouſe
Lucie.
Autre Epiſode également
détaché du ſujet & du premier
Epiſode.
Le jeune Juba aime Marcie
fille de Caton, que Sempronius
Mars 1715 . G
74 MERCURE
Romain aime aufli . Sempronius
eſt un perfide qui veur
trahir Caton. Syphax , Numide,
conſpire avec luy ; ils font
foulever les Romains : Caton
les appaiſe. Syphax propoſe à
Sempronius d'enlever Marcie,
& de prendre les Habits
Royaux de Juba pour executer
ce crime avec moins d'obſtacle,
Juba ſurvient , il tuë
Sempronius , Syphax s'enfuir.
Le Poëme Anglois , comne
on le voit , n'a plus d'unité;
ce font trois Tragedies l'une
dans l'autre , & l'Auteur a fenGALANT.
75
ti luy-même que l'action principale
luy échappoit ; illa rappelle
de tems en tems par les
reflexions que font les Amans
qu'ils auroient autre choſe à
faire que l'amour ,&que dans
un ſi grand peril ils ont tort
de s'amuſer à des converſa
tions galantes..
Le Poëte François a micux
imaginé ſa fable ; il l'a diſpofée
plus habilement.
Caton eſt dans Utique ca
état de ſe deffendre, fi un accident
imprevû ne rompoit
fes meſures ,& par- là ſa fermeté
n'eſt plus un deſeſpoir 1
Gij
76 MERCURE
1
comme dans le Poëme Anglois
; il peur , il doit même
refuſer la Paix. Caton a dans
le Port d'Utique les Vaifleaux
du Roy de Pont ; il a ſesTroucampées
avec les fiennes
pprroocchhee llee Port. Ce n'eſt pas
dans Utique que ſe paſſe l'action
, c'eſt dans un Palais des
Rois deNumidie aſſez éloigné
des murs , pour que Cefar y
puiffe venir en ſeureté fur la
parole de Caton ; l'entrepriſe
de mettre Cefar & Caton en
ſemble ſur la Scene a été une
entrepriſe hardie ; elle a réüli
à M. Deſchamps. Cefar y paGALANT.
77
reſt auſſi grand que le peint
l'Histoire ; incapable d'obéïr ,
digne de commander même
aux Romains Maiſtres de l'Univers;
affez brave , affez ſage,
affez heureux pour les foumettre
par les Armes , affez politique
pour vouloir les foumertre
fans combat; intrepide ennemy
, vainqueur genereux ,
vertueux autant que l'ambition
le permet , ſenſible àl'amour
, mais plus ſenſible à la
grandeur qu'à l'amour.Caton
l'efface un peu , il doit l'effacer
; la vertu doit briller plus
que le vice ,& l'infortune ſou-
Giij
78 MERCURE
tenue avec courage, donneun
nouveau luſtre à la vertu.Phar
nace ce fils de Mithridate fi fa
meuxpar ſes crimes, étoit propre
à ſervir d'ombre à Cefar ,
&à Caton. Le choix de ces
trois caracteres ſibien contraf
tez eſt d'un grand art , l'en
chaînement de la fable mar
queencoremieux l'habileté du
Poëte. Pharnace chaſſe de ſes
Etats par Cefar vient joindre
les reſtesdu party de Pompée.
Arfene crûe Reine des Parthes
attachée au même party par
les engagements qu'avoit pris
fon pere , y vient auffi pour
GALANT. 79
rompre fon mariage projetté
avec Pharnace , & pouffée par
un ſecres instinct qui la porte
vers Caton; c'eſt par leur entreveue
quela piece commence..
La prétendueë Reine des
Parthes est bientoſt reconnuë
pour Portie fille de Caton .
Quand l'Auteur, auroit
hazardé cette fiction fansluy
donnerune exacte vray - femblance,
elle produitde fi beaux
effets,qu'on nepourroit la condamner
; mais l'imagination
de M. Deschamps eſt toûjours
reglée parun jugement ſolide:
tout ce qu'il ſuppoſe pofe convient convi
Giiij
80 MERCURE
à ce que les Hiltonens nous
apprennent : il feint que la
femme de Crafſus avoit emmené
avec elle Portie ſa niéce
encore enfant , que dans la
déroute de Craſſus , Portie devenuë
Eſclave , fut preſentée
au Roy des Parthes ; le rapport
des traits de ſon viſage
avec ceuxde la Princeſſe ſa fille,
ſeul enfant quiluy reſtoit ,luy
inſpire pour Portie une tendreffe
preſque paternelle : la
Princeſſe meurt & le Roy auquel
il étoit important de ne
pas paroiſtre manquer d'heri.
tiers , fait paffer Portie pour ſa
GALANT. 881
fille. Cefar à qui il n'eſtoit pas.
moins important de s'affurer
du Roy des Parthes , vient àla
Cour de ceMonarque , ſans ſe
faire connoiſtre , pour le détourner
d'embraſſer le parti de
Pompée , il ne réüffit pas : mais
il voit la Princeſſe , il l'aime
fans la connoiſtre pour Portie ,
elle l'aime fans le connoiſtre
pour Cefar : on arrête leMariage
de la fauſſe Princeſſe des
Parthes avec Pharnace,le coeur
de Portie n'y peut conſentir :
les crimes de Pharnace & fur
tout l'affaffinat de Pacorus
Princedes Parthes ſon frere ,
82 MERCURE
;
de
dont elle découvre qu'il eſt
auteur,luy ſerventde pretexte
pour rompre : elle a beſoin
L'aveu des chefs du parti de
Pompée , elle vient l'obtenir ,
&elle retrouve ſon pere dans
Caton , & fon amant dans
Cefar. Son Mariage rompu
détermine Pharnace à faire
affaffiner Caton: il le faitpropofer
à Cefar ,l'illustre Romaina
horreur de la perfidic,
du fils de Mithridate,& il avertit
Caton :Pharnace au defefpoir
veut perdre Caton &
Cefar , ſe rendre maître du
lieu dela conference de Por- C.
GALANT. 83
tie & d'Utique. Le peril de
Cefar fait accourir ſes troupes,
Pharnace eft chaſſé : mais les
Romainsqui ſuivoient Caton
ſe teiniffent aux troupes de
Cefar , & Caton n'a plus de
parti à prendre que celuy de
fléchir devant l'ufurpateur
oudeſe tuer :Caton ne poùvoitdans
ces circonstances , en
prendre un autre que celuyde
llaamort.
2
Il faut remarquer , que la
liaiſon des évenemens eft fi
bien menagée , que tout fe
réünit à l'action principale ; fi
l'arrivée de la Reine des Par84
MERCURE
thes ,eſt la cauſe des entrepri
ſes de Pharnace , qui mettent
Caton dans la neceffité de fe
tuër ; c'eſt encore la Reine des
Parthes qui attire Gefar dans
le lieu de la Conference , &
qui l'engage dans le peril. Co
peril , comme onl'avû , attire
dans Ucique les Troupes de
Cefar, & ôre toute refſſource à
Caton; il n'y a pas un évenement
qui n'amene le denoücment
, tousles pas des Acteurs
y tendent , ſi j'oſe m'exprimerainfi.
M. Deschamps l'emporte
donc pour la juſteſſe des EpiGALANT.
85
fodes, il l'emporte encore par
le bel effet qu'ils produiſent ;
le mépris que fait Caton d'un
des premiers Trônes du monde
, Thorreur avec laquelle il
Voit une Couronne dans ſa famille,
font des traits bienpropres
à faire connoître cette
grande Ame : l'amour de Ce
far &de Portie , de la fille de
Caton& du Tyran de Rome ,
intereſſe autrement que la froide
galanterie de Portius & de
Lucie , de Sempronius & de
Marcie ; Caton obligé de la
vie à Cefar , Cefar combattant
pour Caton, font des fi
86 MERCURE
tuations , s'il ſe peut , encore
plus intereſſantes que l'amour
de Cefar &de Portie.
Vous en conviendrez ,Mylord
, la conſtitution de la Fabledans
laTragedie Françoiſe
eſt reguliere , merveilleuſe ,
vray-femblable, intereſſante ,
grande ; a-t- elle ces perfections
dansle Poëme Anglois ?
>Comparons maintenant
nos deux Poëtes par la maniere
dont ils ont ſoûtenu le
caractere de Caton , & ceux
des autres Acteurs ; nous les
comparerons enſuite par les ſituations&
par les ſentiments,
GALANT. 87
car pour l'expreſſion , je ſuis
aſſez équitable pour ne pas juger
de celle de M.Addiſon ſur
une Traduction en profe.
M. Addiſſon & M. Defchamps
ont peint tous deux
Catonau naturel. Dans la piece
Angloiſe l'admiration de
Juba pour Caton, les cenfures
que Sempronius & Syphax
font de l'auſterité de ſa vertu ,
en donnent une grande idée ;
il la ſoûtient par la fermeté au
milieu de la revolte de ſes
Troupes ;par la maniere dont
il parle de ſon fils mort pour
la patrie , par ſa mort ; mais
88 MERCURE
l'oppofition de Cefar neceffaire
pour rehauſſer ſon éclar ,
luy manque dans la Tragedie
Angloiſe , & il y paroît trop
peu ſur la Scene. On ne le
perd point de vûë dans la
Tragedie Françoiſe. Tout ce
qu'il dit porte ſon caractere ,
& tout ce qu'on dit de luy releve
l'idée qu'on s'en eſt formé
dés la premiere Scene. Le
Trône des Parthes mepriſé , la
Paix offerte en vain parCefar ,
Caton abandonné& envelop.
pé des Troupes de Cefar, font
des occaſions où toute ſa vertu
doit paroître , & où elle paroît.
Achevons
GALANT. 89
Achevons le paralelle des
deux Tragedies par la compa.
raiſon des ſituations&des ſentimens.
Commençons par
mettre dans tout leur jour les
beaux endroits de la piece Angloiſe.
Le premier ſe trouve
au commencement de la cin
quiéme Scene du troiſieme
Acte: on arrive juſques là par
des Scenes galantes, inutiles au
ſujet , par des converſations
morales de Portius & de Marcus
, fils deCaton , de Juba&
de Syphax ; par une froideDeliberation
du Senat ; mais il
faut avoüer qu'on eft. frappé
Mars 1715. H
9. MERCURE
de voir le Theatre plein des
Chefs revoltez par Sempronius
, rendus immobiles, atterez
, deſarmez par la preſence
intrepide & le ſage difcours
deCaton.
CATON.
Où ſont ces intrepides fils de
Mars, qui avec tantde bravoure
tournent ledosà l'ennemi ,
qui avec tant d'audaceſe revoltent
contre leur General
SEMPRONIUS à part.
Que le Ciel confondeces ames
laches ! comme ils font étonnez
éperdus!
GALANT 21
CATON.
Perfides ! est- ce ainsi , que
vous voulezflécrir vos lauriers
ternir vostre reputation ? rene
connoiffez vous donc que ce
toit ny zele pour la Patrie, ny
l'amour de la liberté , ny le defir
de la gloire ; mais feulement l'avidité
du butin & l'esperance
de partager les dépoüilles des Villes
,&des Provinces conquifes
qui vous ont conduits ici? Animez
de tels motifs , vous faites
bion de vous joindre aux ennemis
de Caton,&de vous ran
gerſous les Etendars de Cefar.
Pourquoy aije échappé àla mor
Hij
92 MERCURE
fure fatale de l'afpic , & aux
mortelles atteintes des monstres de
l'Afrique pour voir ceque je vois
aujourd'huy ? pourquoy Caton
n'est- il pas mortſans que vous
fuffiez criminels ? voilà ingrats ,
voilàmonfeinpreſtà recevoir vos
coups: que celuy àquij'ayfaitinjustice
frappe le premier. Parlez
.. quel de vous croit avoirſujet
de ſe plaindre , ou s'imagine qu'il
Souffre plus que Caton ? ya t-il
quelque distinction entre vous
moy; sice n'estdans les travaux,
dans les soins dans les veilles ,
dont j'ay la plus grande part?
n'estce pas là toute lafuperiorité
GALANT. 93
que j'ay ſur vous ?
SEMPRONIUS à parr.
Le coeur leur manque : maudits
foient ces traitres ! tout eft
perdu.
CATON.
fr
Avez vous oublié les deferts
brûlans de la Lybie,ſes rochers
Steriles ,ſes montagnes de fable ,
Son air infecté &ſes diverſes
efpeces de ferpens ? qui a été le
premier à frayer un chemin lorfque
la mortſe preſentoit àchaque
pas dans une route inconnie ? ou
qui est-ce quidans une longue&
penible marche étoit le dernier de
L'Arméeàétancherſaſoif, lors94
MERCURE
que ſur les bords d'un ruisseau
que la fortune nous avoir fair "
rencontrer , vous tarifſſiez le conrant
, en beuvant à longs traits.
SEMPRONIUS.
Sipar hazard on trouvoit quelque
petite ſource , & que vous
offriffiez à Caton l'eau vive,
dontàpeine vous aviezpû remplir
un casque , ne la repandoit il
pasfansy toucher ? n'a- t-ilpas
marchéàvoſtre teſte pendant les
plus ardentes chaleurs du jour,
&à travers les müages de pouf-
•fiere ?fon front a-t- il efté moins
exposé que le vostre aux traits du
foleil&àlafueur.
:
GALANT. 25
CATON.
Loin d'ici infames , loin dici .
Allez vous plaindre à Cefar ,
que vous ne pouviezpasfoutenir
les travaux er les fatigues que
vostre General effuye... T
On conviendra que cette
Scene feroit belle,fi Sempronius
n'y jettoit pas un Comique
qui en bannit le ſerieux&
legrandicen'eſtpas ſeulement
en cetendroit que le Poëtes'abaiffe
, la converſation de Juba
& de Syphax , & la mafearade
de Sempronius fentent
un peu la farce. Cette mafcarade
amene une ſituation fort
1
MERCURE
,
,
touchante ; Marcie voyant
Sempronius reveltu desHabits
Royaux étendu mort , le
prend pour Juba ; ce Prince
qui ſurvient eſt témoin de la
douleur de fa maîtreffe , &
par là il apprend qu'il eſt aimé
; mais il ne le connoît qu'a .
prés s'eſtre trompé quelques
moments , & avoir crû que
Sempronius faifoit couler les
larmesde Marcie. Tout ce jeu
de Theatre eſt conduit avec
art , les ſentimens font vifs ,
&l'expreſſiondans laTraduc
tion même paroît ſerrée , animée
&touchante. :
T
GALANT. 97
La Scene douziéme du quatriéme
Acte preſente encore
une belle ſituation : On apporte
à Caton le corps de
Marcus ſon fils, mort pour la
Patric; Caton le plaint , mais
enCaton.
CATON rencontrant le corps
Mort
Te voilà mort, mon fils , mais
zel que je t'embraße ! arrestezmes
amis : placez le devant moy , afin
que mesyeux se repaiffentde ce
Sangtant objet , &que je compte
•Ses bleßures. Quela mort eſt belle,
lorſque la vertu l'accompa-
- gne? qui est ce qui ne voudroitpas
Mars 1715 . I
98 MERCURE
estre à la place de ce jeune homme
? Ab! que ne peut on mourir
plus d'unefois pourſapatrie?mais
pourquoy vous afftigez vous,
mes amis ? je rougirois de hontefi
la maison de Caton eftait tranquille
&floriſſante pendant les
horreurs d'une Guerre Civile..
Portius regarde ton frere, &fouviens-
toy que ta vie n'est pas à
toy , lorſque Rome la demande.
JUBA àpart
Jamais moriel a- t- il fait paroître
tant de fermeté
CATON ば
Helas ! mes amis , pourquoy
pleurez vous une pente particu-
HEQUE DE
-
LYON
ے ہ
GALANT.
liere .C'eft Rome qui deman
larmes : Rome! la Maiſtreſe de
l'Univers; Rome ! Mere feconde
des Heros , & les delices des
Dieux; Romequi humilioit l'orguëildes
Tyrans de la Terre,&
qui briſoit lesfers des Nations ..
Helas! Rome n'est plus .. O liberte
!O vertu !O Patric!
JUBA à part. Il pleure.
Dieux ! quelle integrité! quel
amour de la Patrie ! il a veu
d'un oeil ſec un fils couchédans
les bras dela mort,&ilfonden
larmes pour Rome.
٢٠٠ CATON. 1
Toutceque la vertu Romaine
I ij
100 MERCURE
a dompté , tout ce que le Soleil
éclaire , tout est à Cefar. C'est
pourluyque les Decius fe font
devoüez ; c'est pour luy que les
Fabiusfont morts les armes à la
main; c'est pour luy que legrand
Scipion a fait des conquestes ;
que Pompée même a combattu.
Helas, mes amis ! qu'est devenu
le travaille des Deſtinées ? qu'est
devenu l'ouvrage de tant de
fiecles ?où est l'Empire Romain ?
funeste ambition ! tout est éva
noi, tout estabsorbé dans Cefar !
nos illuftres Ancestres ne luy
avoient rien laiſſé à vaincre que
faPatric!
GALANT. For
L'Auteur Anglois a diſpoſé
fort habilement ſon cinquiéme
Acte :laſeule mort deCa.
ton le semplit , il la fufpend
avec beaucoup d'art ; le commencement
de cet Acte eft
magnifique.
CATONfeul , affis &reveur,
tenant enſamain le Livre
dePlaton de l'Immortalité
de l'Ame , une épée nuëfur la
table.
Cela ne peut être autrement...
Platon tu raiſonnesjuſte! .. Car
enfind'où nous vient cetteflatteufe
esperance , cet ardent defir de
I iij
102 MERCURE
l'immortalité d'où nous vient
cette craintefecrete& cette horreur
interieure du néant ? d'où
vient que l'ameſe revolte contre
cette pensée ? c'eſtlaDivinitéqui
agit en nous ; c'est le Ciel même
qui nous fait entrevoirun avenir
une Eternité. Une Eternité!
idée agreable , og terrible en même
temps ! dans quels mondes divers
& inconnus devons-nous
paffer? quels changemens devonsnous
fubir dans ce vaste infini ?
ce grand objet , cet espace fans
bornes , eft dervant moy : mais des
ombres , des nuages , &des te
nebres le cachent àma venë....
GALANT. 103
de
Jem'en tiens à cecy : s'ily aune
Puißance au deffus de nous ( eg
les merveilles que les ouvrages
lanature étalent à nos yeux ne
nous permettentpas d'en douter )
il faut que cette Puißance aime
la vertu , & ce qui est l'objet de
fon amour ne sçauroit manquer
d'être heureux : mais quand ?
comment?ce monde a étéfaitpour
Cefar!...Jeſuis las de mes incertitudes
: ceci les finira , (mettant
la main fur l'épée ) me
voilà doublement armé ; la mors
&la vie , le poison & Antidotefonten
mes mains : l'un dans
un inſtant tranche le fil de mes
Liiij
104 MERCURE
jours ; l'autre m'apprend que je
fuis immortel. L'ame feure de
fon existence , mepriſe te poignard
brave la mort. Les Aftres perdront
leur fplendeur , la brillante
lumiere du Soleil s'éreindra avec
le tems ; toute la naturefuccomberaſous
le poids des années;mais
mon ame joüira d'une jeunesse
éternelle , & elle ne reffentira
cune atteinte , parmi le furieux
chocdes Elemens , le naufrage de
aula
matiere , &la diſſolution de
l'Univers.
Oppoſons maintenant les
beaux endroits de la piece
Françoiſe aux beaux endroits
ALANT. τος
de la piece Angloiſe. Je vous
avoie que le choix de ces
beaux endroits m'a embarraf
ſe , & que j'en omets beaucoup
qui m'ont charmé , &
qui plairont auxLecteurs peutêtre
autant que ceux que j'oppoſe
aux beautez de la piece
Anglorſe.
Je vous ay fait regarder le
mépris de Caton pour la Couronne
des Parthes , comme
unedes belles ſituations de la
piece Françoiſe. Ecoutez Caton
l'exprimer.
نم
Quoymonfang offre encore un
objet àma haine ?
106 MERCURE
Quoy l'ennemi des Rois eft pere
d'une Reine ?
Dieux !justifi z- vous les crimes
de Cefar?
Voulez-vous attacher les Romains
àfon char?
Mafille par vos foins ne m'estelle
renduë
Que pour marque de haine ,
pour bleßer ma vue ?
Si je ſens du plaisir à rappeller
fes traits,
Son deftin le détruit
en regrets.
le change
Comment me plairoit- elle avee
une Couronne?
Rome me le défend ,fi lefang
GALANT. 107
me l'ordonne.
La nature feroit en ce moment
cruct
D'un pere trop fenſible un Romain
criminel.
Que ma fille renonce à la gran.
1. deurSuprême !
Hatons- nous de fouleraux pieds.
fon Dradéme.
Le reste de la Scene eſt de
même force : le commencement
de la feconde Scene du
fecond Acte ſuffiroit pour faire
connoiſtre Caron.
CATON
Eh bien , Domitius , qu'avezvous
àme dire ?
108 MERCURE
DOMITIUS .
Cefar m'a commandé , Seigneur,
de vous inftruire ....
CATON.
L
Quoy Cefar vous commande?
vous obéiffez!
}
DOMITIUS.
Oüy , Seigneur.
CATONI
Vil esclave , arrêtez , c'ef
affez
C'est trop deshonorer vos glatieux
Ancêtres
Qui n'avoient comme moy ,
qu'eux & les Dieux pour
Maistres.
GALANT. 109 .
Deux vers de la premiere
Scene du troifiéme Acte donnent
la veritable idée de Cefar
Amant.
:
L'amour n'enchaîne pas les
Herosàfon char ,
EtCefar en aimant n'en estpas
moins Cefar.
La Scene ſeconde du troifiéme
Acte , où Portie reconnoît
ſon Amant dans Cefar ,
met l'un & l'autre dans une
fituation touchante . La conference
de Cefar & de Caton
qui ſuit , étoit un endroit perilleux
pour l'Auteur. La conference
deSertorius&dePomHO
MERCURE
2
pée eſt un modele qu'il eſt
preſque impoſſible d'égaler ;
il eſt même plus difficile de
faire parler Cefar & Caton ,
que de faire parler Sertorius
& Pompée : la conference de
Caton & de Cefar a plû cependant
, & plû fi generalement
, que les Critiques les
plus impitoyables n'ont ofé y
toucher : je ne la tranfcriray
pas, vous l'aurez lûë, Mylord,
plus d'une fois , &mille gens
la ſçavent par coeur. 1
Quand on ſe plaint que
M. Deſchamps n'a pas faitCcfar
affez grand , fait- on refleGALANT.
xion à ces fix vers que dit Caton
dans la premiere Scene du
quatrieme Acte.
: S'il nous étoit permis de nous
choifir un Maistre ,
Peut-être Cesar ſeul meriteroit
de l'être;
د
Mais il veut s'éleverſur le débrisdes
Loix.
Afferuir des Heros qui détrânent
lesRois,
Et cette ambition , ce penchant
detestable
Du plus grand des Mortels en
faitleplus coupable.
Quelles fituations que cel
les des deux Scenes fuivantes!
J
112 MERCURE
4
Portie reconnoît qu'elle eft
fine de Caton. Caton reconnoît
que fa fille aime Cefar.
Cefar reconnoît que ſa Maîtreſſe
eſt fille de ſon plus grand
ennemy; que leurs ſentimens
ſont conformes à leur caractere.
Ecoutons- les.
PORTIΑ .
Il est vray , ma naißance &
droit de te ſurprendre ,
Jel'ignoray toûjours , &je viens
de l'apprendre ;
Voy, Cefar , à quel point mon
deftin est affreux ,
Tu m'aimois &mon coeur répondoitàtes
voeux.
Fe
GALANT 13
Je dois en fremißant rougir de
ma victoire,
Etje trouve ma honte où je met-
1
tois ma gloire.
Ah ! devois -je éprouver en ce
funestejour ,
Que l'innocence est peu d'accord
avec l'amour ?
२
CESAR.
MOTAS
Et pourquoy regarder noſtre
amour comme un crime ?
De la haine pourquoy le rendre
la victime ?
C'est unpreſentdu Ciel qui veut
nous reunir.
Mars 1715. K
14 MERCURE
à Portia.
Loinde le mépriſer ,ilfaut l'enà
Caton.
tretenir.
71
Pourquoy nous séparer quandle
Ciel nous affemble ?
àl'un &àl'autre.
Que la paix & Phymen nous
uniffent enſemble.
CATON.
Jedonnerois plutoſt en Sacrifi
ce aux Dieux
Etlefang de ma fille&le mien
àtesyeux.
Cefar ,par cet hymen ne croy
-pas mefurprendre
GALANT5
DinfortuvePompée en devenant
Nepútſegarantir des traits de ta
fureur
Et ce lien facré commenga fon
Mais quandà cet hymen Caton
pourroit foufcrire
Ton coeur infatiable affamé de
N'enferoit pas moins fier , ny
moins ambitieux
Etje me chargerois d'un forfais
Το Πο Daodieux.
La nouvelle de la perfidie
de Pharnace qui veut s'emparet
du licu de la conference
Kij
16 MERCURE
finit ecete belle Scene. Cefar
court s'y oppofer , ce qu'il dit
peint au naturel ſon intrepide
generofité.
CESAR Portia
Ne vous allarmez pas du fors
qui nous menace ,
Fay puni Prolomée&puniray
Pharnace
LeCielferoit en vain des mortels
S'il ne
genereux
les rendoit pas
pas quelquefois
malheureux
Le cinquiéme Acte eſt affûrement
le plus beau de la
piece ; l'action y eft vive ,&
comme Horace le preferit,
GALANT. 117
elle va rapidementà la fin.Ceffaarrrreevviieennttaapprrèéssaavvoir
repouffé
Pharnace : Portic le recoit en
luy demandant : 09
Cefar, est- ce un Romain qui
paroist en ces lieux,
Ou n'est-ce qu'un Tiran qui ſe
montre à mes yeux ?
thaToure cette Scene eft.comparable
aux plus belles Scenes
des Tragedies les plus eftimécs.
Portic offre à Cefar de
l'épouſer , pourvû qu'il laiſſe
Rome libre: Cefar a de la peine
à facrifier ſon ambition à
fon amour. Portie s'en irrite ;
fon tranſport n'est pas fort
18 MERCURE
inferieur àla fureur deCamille
dans l'Horace de Corneille,&
il eſt mieux placé.
PORTIA pul
C'en esttrop , il est remps que
mon courroux éclate ,
Moy- même je rougis de l'espoir
qui te flatte :
S
N'attend pas que t'hymen d'un
que voy
Soüille lapuretédufang qui con
le en moy
Mon coeur defonamour ne triom
phoir qu'à peine
Mais tes cruels refus me livrentà
la barneol
Si ton bras deftructeur met my
GALANT9
jougl'Univers, ١٠
Par uneprompte mortje previendray
tes fers.
Tu ne commanderas qu'àces ames
1
ferviles
Qui t'ont prêté leurs bras dans
lesGuerres Civiles.
Aces perfecuteurs des vertus de
Aces ingrats Romains , quin'en
ontque lenom.
Puißent tes Succeffeurs pour
monteràl'Empire
Chercher avidemment l'un l'autre
àse détruire',
Dufer& du poison emprunter
120 MERCURE
D'un pere vieilliſſant precipiter
les jours ;
Exercerdans lapaix les fureurs
de la guerre ;
Faire un bucher de Rome , un
८
defert de la terre ;
Unir étroitement par un crime
nouveau
Les vivans & les morts dans
le même tombeau ; ८
Par un hymen prophane &des
Liens impies
Epouvanterles Cieux,
lesfuries
&
Et pour voir àplaifir laſource
deteurSang
D'une mere immolée ouvrir le
srifte
GALANT. 121
trifte flanc!
Puiffent tous leurs forfaits eftre
peints dans l'Histoire !
Puiſſeàjamais le monde abhorrer
ta memoire !
Puisse-t- il indigné contre tant
de fureurs
N'accuſerque toyſeul de toutes
ces horreurs !
Cependant les Troupes de
Cefar qui croïent qu'on a
manqué à la parole donnée à
leurGeneral ,& qui imputent
àCaton la perfidie de Pharnace
, fondent fur le peu de
Troupes qui reſtoient àcet illuſtre
Romain ; prêt de tom-
Mars 171,5.
L
122 MERCURE
ber entre les mains des ennemis
il ſedonne la mort. Cefar
arrive trop tard pour l'empê
cher; on apporteCatonmourant
fur le Theatre , ſes dernieres
paroles ſont dignes de
luy ; on les comparera fans
doute avec ceque dit Mithridate
mourant , & Racine
peut-être ne l'emportera pas
fur M. Deschamps de toutes
les voix.
PORTIA.
Ab mon pere ..
CATON
Etouffezd'inutiles douleurs ;
Romeſeuleen cejour doit exciter
GALANT. 123
vos pleurs
Rome preste à perir , noftre chere
Patric
Qui d'un cruel Tiran éprouve la
furic.
PleurezRome ... pour moy mon
destin est trop beau ,
La liberté me ſuit dans la nuit
du tombeau :
Le trépas de Gaton est un choix
volontaire
Le Ciel n'en a pas fait un malheur
neceßaine.
Au milieu des horreurs du plus
cruel destin ,
Fay vêcu glorieux , &j'expire
enRomain.
Lij
124 MERCURE
Souvenez-vous toûjours de qui
vous êtes née.
PORTIA .
Amourir avec vous je mesuis
condamnée.
Vivez.
t
CATON.
PORTIA .
Quoy dans les fers je traînerois
monfort ?
Queje vous doive tout
la mort ?
CATON.
Tous estes libre encor د
nex Utique ,
la vie
abandon
achezde foutenir la liberté publique:
GALANT. 125
Vivez pour fervir Rome ,
que vos pas errans
Cherchent tous les climats ennemis
des Tirans.
L'Espagne maintenant doit eftre
: voſtre azile.
Ereignezàjamais uneflamefervile.
AuSalut del Esatdévoñezvosre
caur,
Que Rome en vostre Epoux trouveun
Liberateur.
Que je revive en vous , que ma
haine implacable
Soit toujours par vos foins aux
Tirans formidable.
Mafille ,approchez vous : dans
Liij
126 MERCURE
८ cet embraſſement
Si nouveau pour mon coeur , fi
doux &ficharmant ,
D'un pere qui des Cieux va quitterlalumiere
د
Mafille, recevez la veriu toute
L entiere.
Leprocés eſt inſtruit , prononcez
Mylord ; je l'ay dit ,
& je ne m'en répens pas , je
confens d'être jugé même par
un Anglois. Au reſte , je n'ay
point eu d'autre intention que
d'exciter entre M. Addiſſon ,
& M. Defchamps , une émulation
qui anime le dernier à
marcher ſur les pas de Cor
GALANT. 127
neille , & qui pouffe le premier
à donner un Corneille à
l'Angleterre.
un examen de la Tragedie
de Caton , j'avois déja même
fait fur cette piece prefque autant
de remarques qu'il en fal
GALANT. 64
loit pour vous apprendre ce
que le public en penfe ; &
j'étois enfin déterminé à les
faire imprimer , lorſque j'ay
receu la Differtation ſuivante.
Quoyque j'aye ſenti des differences
affez confiderables entre
mes ſentimens & ceux
qu'on vient de m'envoyer ,
j'aime cependant mieux vous
faire part des raiſonnements
des autres que des miens. Sauf
neanmoins à vous , Meffieurs,
àm'ordonner de vous entretenir
à ma mode , quand il
vous plaira m'obliger à le faire .
Vouspourrez en attendant re
62 MERCURE
cevoir comme vous lejugerez
à propos , le Paralelle que je
vous preſente.
PARALELLE
de deux Tragedies nouvelles ,
dont la mort de Caton est le
Sujet : l'une est Angloise de
Monsieur Addison ; l'autre
Françoise de Monfieur Defchamps
.
r
LETTRE
à Mylord * * *
Vous vous plaignez , Mylord,
fort vivement , que M.
GALANNTT.. 63
Dacier ait decidé qu'il ne faut
pas attendre des Anglois une
bonne Tragedie ; & qu'il les ait
crû incapables d'obſerver les
regles d'Ariftote : comme les
jugemens de M. Dacier ne
ſont pas ſouverains , qu'on en
peut appeller ,& qu'on en appelle
ſouvent ; touché de vos
plaintes , Mylord , j'ay examinécette
déciſion, elle m'a paru
auſſi fauſſequ'elle eſt injuricuſe
à la Nation Angloiſe. Les
Anglois ſçavent la plupart
affez de François pour profiter
des remarques de M. Dacier
fur la Poëtique d'Ariftote.
64 MERCURE
Ceux à qui la connoiſſance diu
François manqueroit ou qui
feroient détournez de ſe ſervir
de cesſçavantesremarques par
la diſgrace du pauvre de Trie,
ont le Commentaire Latin de
Goulſton , un de leurscompatriotes
, qui peut aſſurement
leur tenir lieu de celuy du
Grammairien François.
Vous ne ſçavez pas peuteſtre
ce qu'il en coûta à de
Trie pour s'eſtre rempli de
l'eſprit de M. Dacier : fitoft
que ſa Poëtique parut , de
Trie quitta tout autre Livre, il
conçût d'abord ungrand mépris
GALANT. 65
pris pour Corneille , ilmepriſa
Racine un peu moins ; mais il
mépriſa extrêmement la France,
qui les avoit admirez tous
deux.Le Diſciple de M. Dacier
diſoit des François ce que ſon
Maître a ditdes Anglois ; nous
manquions à ce qu'il afſuroit
d'une bonne Tragedie , & par
pitiépour ſa Nation il voulut
luy en donner une parfaite ;
il choiſit pour ce ſujet les Heraclides
: tout fat reglé , compaſſe
ſur les remarques de M.
Dacier , la piece fut joüéc ;
mais elle ne fut joüée qu'une
fois,& le public gâté parCor-
Mars 1718. F
66 MERCURE
neille n'eût mall z d'érudition
pour goûter la nouvelleTragedie
, ni affez de patiencepour
la ſouffiir. De Trie ſe plaignic
de ſon guide , il ne ſe plaignoit
pas d'Ariftote , Corneil
le l'avoit lû ; mais Corneille
n'avoit point lû M. Dacier
&de Trie l'avoit trop lû.
Vos Poëtes , Mylord, évite
ront un pareil malheur , ils
fontchoquez du mépris que le
Grammairien François a fait
deleur Nation ,& ils ont raifon
d'en eſtre choquez ; appartient
il à un homme fans
gouft pour le Theatre ,fans
GALANT. 67
connoiffance du Theatre Anglois
deprononcer qu'il nefaut
pas attendre des Anglois une bonne
Tragedie ; s'il avoit penetré
legenieAnglois , il ſeroit convaincu
qu'il eſt tout tragique ,
&qu'il n'y a pas peut eſtre de
Nation plus capable de donner
aux pieces de Theatre , le
terrible des pieces Grecques ;
d'ailleurs la Langue Angloiſea
une force ,une abondance ,
une liberté qui convient au
Theatre; il faudra, je l'avouë ,
queles Anglois captivent un
peu leur imagination fougueude
ſous le joug des regles ,
Rij
68 MERCURE
qu'ils ne ſe permettent plus
de Metaphores outrées , qu'ils
prennent garde de tomber
dans certaines baffeffes que les
Poëtes Grecs n'ont pas affez
évitées ; qu'ils ſe défaſſent des
idées romaneſques , s'ils parviennent
àſe corriger de ces
défauts ,&ils y parviendront:
le Theatre Anglois égalera le
Theâtre François , il ne l'a pas
encore égalé , ſouffrez que je
lediſe , ſouffrez même que je
le prouve par un Paralelle du
Caton Anglois de M. Addiſon
*&du.Caton de M.Deschamps.
Le Caton François a cité favor
-
GALANT. 6,
rablement receudu public, jamais
piece n'a eu en Angleterreun
fuccés pareil à celuy du
Caton Anglois.
Je ne puis done mieux établir
la ſuperiorité du Theâtre
François fur le Theatre Anglois
qu'en montrant que M.
Addiſondoit ceder à M. Defchamps.
Je ſuis ſi perfuadé de
la bonté de la cauſe que je
deffens & de voſtre équité
Mylord , que je ne veux point
d'autre Juge que vous.
Caton eſt un nom fameux ,
ce grand homme adonné des
exemples fi éclatants de l'a
د
70 MERCURE
mourde la patrie&de la liberté
, qu'on fouff oit avec peine
qu'il n'eût point encore paru
fur aucunTheatre . M. l'Abbé
Abeille a choiſi ſa mort pour
le ſujetd'uneTragedie:tous les
connoiffeurs qui l'ont luë , ou
entendu lire en parlentaveode
grands éloges ; mais l'Auteur
s'obſtine à la refufer au public.
M. Addiſion & M. Defchamps
ont formé en même
temps le deffein de travailler
fur ce beau fujet , & d'abord
ils en ont apperceu la ſecherefſe
Caton enfermé dans les
murs d'Utique ſe tua pour ne
GALANT. 71
,&
pas tomber entre les mains de
Cefar . L'Histoire ne fournit
rien de plus ,& pour remplir
l'étendue d'une Tragedie , il
faut de la fiction& des épiſodes:
nos deux Poëtes ont feinc
en effet ; mais avec cette difference
avantageuſe pour le
François que les épiſodes tiennent
au ſujet , qu'ils en font le
noeud , & qu'ils en produiſent
le dénoüement. Les Epiſodes
du PoëreAnglois ſont abſolu
ment détachez de l'action prin
cipale , ils la cachent,il la
fontdiſparoiſtre affez ſouvent,
en unmot ils ne fervent qu'à
72 MERCURE
fournir des Scenes qui rempliffent
les vuides de la Tra
gedie.
UnecourteAnalyſe desdeux
pieces fera voir ſenſiblement
de défaut dans le Poëme Anglois
, cette beauté dans le
Poëme François.
:
Dans le PoëmeAnglois,Ca
ton eſt renfermé dans Utique
avec peu de Romains &quelque
Cavalerie Numide , qui as
☐ſuivi le jeune Juba. Cefar envoye
propoſer la Paix on la
refufe : il fait marcher ſcs
,
troupes. Caton ſe voyant hors
d'état de refifter,ſe tue.Voilà
coute
GALANT. 73
toute l'oeconomie de l'action .
Voicy les Epiſodes.
Portius & Marcus fils de
Caton aiment Lucie fille d'un
Senateur Romain : Portius
confident de ſon frere qui ne
le connoiſt pas pour fon rival
ſe comporte en homme genereux
fans vaincre ſon amour
&fans trahir ſon frere. Marcus
eſt tué , Portius épouſe
Lucie.
Autre Epiſode également
détaché du ſujet & du premier
Epiſode.
Le jeune Juba aime Marcie
fille de Caton, que Sempronius
Mars 1715 . G
74 MERCURE
Romain aime aufli . Sempronius
eſt un perfide qui veur
trahir Caton. Syphax , Numide,
conſpire avec luy ; ils font
foulever les Romains : Caton
les appaiſe. Syphax propoſe à
Sempronius d'enlever Marcie,
& de prendre les Habits
Royaux de Juba pour executer
ce crime avec moins d'obſtacle,
Juba ſurvient , il tuë
Sempronius , Syphax s'enfuir.
Le Poëme Anglois , comne
on le voit , n'a plus d'unité;
ce font trois Tragedies l'une
dans l'autre , & l'Auteur a fenGALANT.
75
ti luy-même que l'action principale
luy échappoit ; illa rappelle
de tems en tems par les
reflexions que font les Amans
qu'ils auroient autre choſe à
faire que l'amour ,&que dans
un ſi grand peril ils ont tort
de s'amuſer à des converſa
tions galantes..
Le Poëte François a micux
imaginé ſa fable ; il l'a diſpofée
plus habilement.
Caton eſt dans Utique ca
état de ſe deffendre, fi un accident
imprevû ne rompoit
fes meſures ,& par- là ſa fermeté
n'eſt plus un deſeſpoir 1
Gij
76 MERCURE
1
comme dans le Poëme Anglois
; il peur , il doit même
refuſer la Paix. Caton a dans
le Port d'Utique les Vaifleaux
du Roy de Pont ; il a ſesTroucampées
avec les fiennes
pprroocchhee llee Port. Ce n'eſt pas
dans Utique que ſe paſſe l'action
, c'eſt dans un Palais des
Rois deNumidie aſſez éloigné
des murs , pour que Cefar y
puiffe venir en ſeureté fur la
parole de Caton ; l'entrepriſe
de mettre Cefar & Caton en
ſemble ſur la Scene a été une
entrepriſe hardie ; elle a réüli
à M. Deſchamps. Cefar y paGALANT.
77
reſt auſſi grand que le peint
l'Histoire ; incapable d'obéïr ,
digne de commander même
aux Romains Maiſtres de l'Univers;
affez brave , affez ſage,
affez heureux pour les foumettre
par les Armes , affez politique
pour vouloir les foumertre
fans combat; intrepide ennemy
, vainqueur genereux ,
vertueux autant que l'ambition
le permet , ſenſible àl'amour
, mais plus ſenſible à la
grandeur qu'à l'amour.Caton
l'efface un peu , il doit l'effacer
; la vertu doit briller plus
que le vice ,& l'infortune ſou-
Giij
78 MERCURE
tenue avec courage, donneun
nouveau luſtre à la vertu.Phar
nace ce fils de Mithridate fi fa
meuxpar ſes crimes, étoit propre
à ſervir d'ombre à Cefar ,
&à Caton. Le choix de ces
trois caracteres ſibien contraf
tez eſt d'un grand art , l'en
chaînement de la fable mar
queencoremieux l'habileté du
Poëte. Pharnace chaſſe de ſes
Etats par Cefar vient joindre
les reſtesdu party de Pompée.
Arfene crûe Reine des Parthes
attachée au même party par
les engagements qu'avoit pris
fon pere , y vient auffi pour
GALANT. 79
rompre fon mariage projetté
avec Pharnace , & pouffée par
un ſecres instinct qui la porte
vers Caton; c'eſt par leur entreveue
quela piece commence..
La prétendueë Reine des
Parthes est bientoſt reconnuë
pour Portie fille de Caton .
Quand l'Auteur, auroit
hazardé cette fiction fansluy
donnerune exacte vray - femblance,
elle produitde fi beaux
effets,qu'on nepourroit la condamner
; mais l'imagination
de M. Deschamps eſt toûjours
reglée parun jugement ſolide:
tout ce qu'il ſuppoſe pofe convient convi
Giiij
80 MERCURE
à ce que les Hiltonens nous
apprennent : il feint que la
femme de Crafſus avoit emmené
avec elle Portie ſa niéce
encore enfant , que dans la
déroute de Craſſus , Portie devenuë
Eſclave , fut preſentée
au Roy des Parthes ; le rapport
des traits de ſon viſage
avec ceuxde la Princeſſe ſa fille,
ſeul enfant quiluy reſtoit ,luy
inſpire pour Portie une tendreffe
preſque paternelle : la
Princeſſe meurt & le Roy auquel
il étoit important de ne
pas paroiſtre manquer d'heri.
tiers , fait paffer Portie pour ſa
GALANT. 881
fille. Cefar à qui il n'eſtoit pas.
moins important de s'affurer
du Roy des Parthes , vient àla
Cour de ceMonarque , ſans ſe
faire connoiſtre , pour le détourner
d'embraſſer le parti de
Pompée , il ne réüffit pas : mais
il voit la Princeſſe , il l'aime
fans la connoiſtre pour Portie ,
elle l'aime fans le connoiſtre
pour Cefar : on arrête leMariage
de la fauſſe Princeſſe des
Parthes avec Pharnace,le coeur
de Portie n'y peut conſentir :
les crimes de Pharnace & fur
tout l'affaffinat de Pacorus
Princedes Parthes ſon frere ,
82 MERCURE
;
de
dont elle découvre qu'il eſt
auteur,luy ſerventde pretexte
pour rompre : elle a beſoin
L'aveu des chefs du parti de
Pompée , elle vient l'obtenir ,
&elle retrouve ſon pere dans
Caton , & fon amant dans
Cefar. Son Mariage rompu
détermine Pharnace à faire
affaffiner Caton: il le faitpropofer
à Cefar ,l'illustre Romaina
horreur de la perfidic,
du fils de Mithridate,& il avertit
Caton :Pharnace au defefpoir
veut perdre Caton &
Cefar , ſe rendre maître du
lieu dela conference de Por- C.
GALANT. 83
tie & d'Utique. Le peril de
Cefar fait accourir ſes troupes,
Pharnace eft chaſſé : mais les
Romainsqui ſuivoient Caton
ſe teiniffent aux troupes de
Cefar , & Caton n'a plus de
parti à prendre que celuy de
fléchir devant l'ufurpateur
oudeſe tuer :Caton ne poùvoitdans
ces circonstances , en
prendre un autre que celuyde
llaamort.
2
Il faut remarquer , que la
liaiſon des évenemens eft fi
bien menagée , que tout fe
réünit à l'action principale ; fi
l'arrivée de la Reine des Par84
MERCURE
thes ,eſt la cauſe des entrepri
ſes de Pharnace , qui mettent
Caton dans la neceffité de fe
tuër ; c'eſt encore la Reine des
Parthes qui attire Gefar dans
le lieu de la Conference , &
qui l'engage dans le peril. Co
peril , comme onl'avû , attire
dans Ucique les Troupes de
Cefar, & ôre toute refſſource à
Caton; il n'y a pas un évenement
qui n'amene le denoücment
, tousles pas des Acteurs
y tendent , ſi j'oſe m'exprimerainfi.
M. Deschamps l'emporte
donc pour la juſteſſe des EpiGALANT.
85
fodes, il l'emporte encore par
le bel effet qu'ils produiſent ;
le mépris que fait Caton d'un
des premiers Trônes du monde
, Thorreur avec laquelle il
Voit une Couronne dans ſa famille,
font des traits bienpropres
à faire connoître cette
grande Ame : l'amour de Ce
far &de Portie , de la fille de
Caton& du Tyran de Rome ,
intereſſe autrement que la froide
galanterie de Portius & de
Lucie , de Sempronius & de
Marcie ; Caton obligé de la
vie à Cefar , Cefar combattant
pour Caton, font des fi
86 MERCURE
tuations , s'il ſe peut , encore
plus intereſſantes que l'amour
de Cefar &de Portie.
Vous en conviendrez ,Mylord
, la conſtitution de la Fabledans
laTragedie Françoiſe
eſt reguliere , merveilleuſe ,
vray-femblable, intereſſante ,
grande ; a-t- elle ces perfections
dansle Poëme Anglois ?
>Comparons maintenant
nos deux Poëtes par la maniere
dont ils ont ſoûtenu le
caractere de Caton , & ceux
des autres Acteurs ; nous les
comparerons enſuite par les ſituations&
par les ſentiments,
GALANT. 87
car pour l'expreſſion , je ſuis
aſſez équitable pour ne pas juger
de celle de M.Addiſon ſur
une Traduction en profe.
M. Addiſſon & M. Defchamps
ont peint tous deux
Catonau naturel. Dans la piece
Angloiſe l'admiration de
Juba pour Caton, les cenfures
que Sempronius & Syphax
font de l'auſterité de ſa vertu ,
en donnent une grande idée ;
il la ſoûtient par la fermeté au
milieu de la revolte de ſes
Troupes ;par la maniere dont
il parle de ſon fils mort pour
la patrie , par ſa mort ; mais
88 MERCURE
l'oppofition de Cefar neceffaire
pour rehauſſer ſon éclar ,
luy manque dans la Tragedie
Angloiſe , & il y paroît trop
peu ſur la Scene. On ne le
perd point de vûë dans la
Tragedie Françoiſe. Tout ce
qu'il dit porte ſon caractere ,
& tout ce qu'on dit de luy releve
l'idée qu'on s'en eſt formé
dés la premiere Scene. Le
Trône des Parthes mepriſé , la
Paix offerte en vain parCefar ,
Caton abandonné& envelop.
pé des Troupes de Cefar, font
des occaſions où toute ſa vertu
doit paroître , & où elle paroît.
Achevons
GALANT. 89
Achevons le paralelle des
deux Tragedies par la compa.
raiſon des ſituations&des ſentimens.
Commençons par
mettre dans tout leur jour les
beaux endroits de la piece Angloiſe.
Le premier ſe trouve
au commencement de la cin
quiéme Scene du troiſieme
Acte: on arrive juſques là par
des Scenes galantes, inutiles au
ſujet , par des converſations
morales de Portius & de Marcus
, fils deCaton , de Juba&
de Syphax ; par une froideDeliberation
du Senat ; mais il
faut avoüer qu'on eft. frappé
Mars 1715. H
9. MERCURE
de voir le Theatre plein des
Chefs revoltez par Sempronius
, rendus immobiles, atterez
, deſarmez par la preſence
intrepide & le ſage difcours
deCaton.
CATON.
Où ſont ces intrepides fils de
Mars, qui avec tantde bravoure
tournent ledosà l'ennemi ,
qui avec tant d'audaceſe revoltent
contre leur General
SEMPRONIUS à part.
Que le Ciel confondeces ames
laches ! comme ils font étonnez
éperdus!
GALANT 21
CATON.
Perfides ! est- ce ainsi , que
vous voulezflécrir vos lauriers
ternir vostre reputation ? rene
connoiffez vous donc que ce
toit ny zele pour la Patrie, ny
l'amour de la liberté , ny le defir
de la gloire ; mais feulement l'avidité
du butin & l'esperance
de partager les dépoüilles des Villes
,&des Provinces conquifes
qui vous ont conduits ici? Animez
de tels motifs , vous faites
bion de vous joindre aux ennemis
de Caton,&de vous ran
gerſous les Etendars de Cefar.
Pourquoy aije échappé àla mor
Hij
92 MERCURE
fure fatale de l'afpic , & aux
mortelles atteintes des monstres de
l'Afrique pour voir ceque je vois
aujourd'huy ? pourquoy Caton
n'est- il pas mortſans que vous
fuffiez criminels ? voilà ingrats ,
voilàmonfeinpreſtà recevoir vos
coups: que celuy àquij'ayfaitinjustice
frappe le premier. Parlez
.. quel de vous croit avoirſujet
de ſe plaindre , ou s'imagine qu'il
Souffre plus que Caton ? ya t-il
quelque distinction entre vous
moy; sice n'estdans les travaux,
dans les soins dans les veilles ,
dont j'ay la plus grande part?
n'estce pas là toute lafuperiorité
GALANT. 93
que j'ay ſur vous ?
SEMPRONIUS à parr.
Le coeur leur manque : maudits
foient ces traitres ! tout eft
perdu.
CATON.
fr
Avez vous oublié les deferts
brûlans de la Lybie,ſes rochers
Steriles ,ſes montagnes de fable ,
Son air infecté &ſes diverſes
efpeces de ferpens ? qui a été le
premier à frayer un chemin lorfque
la mortſe preſentoit àchaque
pas dans une route inconnie ? ou
qui est-ce quidans une longue&
penible marche étoit le dernier de
L'Arméeàétancherſaſoif, lors94
MERCURE
que ſur les bords d'un ruisseau
que la fortune nous avoir fair "
rencontrer , vous tarifſſiez le conrant
, en beuvant à longs traits.
SEMPRONIUS.
Sipar hazard on trouvoit quelque
petite ſource , & que vous
offriffiez à Caton l'eau vive,
dontàpeine vous aviezpû remplir
un casque , ne la repandoit il
pasfansy toucher ? n'a- t-ilpas
marchéàvoſtre teſte pendant les
plus ardentes chaleurs du jour,
&à travers les müages de pouf-
•fiere ?fon front a-t- il efté moins
exposé que le vostre aux traits du
foleil&àlafueur.
:
GALANT. 25
CATON.
Loin d'ici infames , loin dici .
Allez vous plaindre à Cefar ,
que vous ne pouviezpasfoutenir
les travaux er les fatigues que
vostre General effuye... T
On conviendra que cette
Scene feroit belle,fi Sempronius
n'y jettoit pas un Comique
qui en bannit le ſerieux&
legrandicen'eſtpas ſeulement
en cetendroit que le Poëtes'abaiffe
, la converſation de Juba
& de Syphax , & la mafearade
de Sempronius fentent
un peu la farce. Cette mafcarade
amene une ſituation fort
1
MERCURE
,
,
touchante ; Marcie voyant
Sempronius reveltu desHabits
Royaux étendu mort , le
prend pour Juba ; ce Prince
qui ſurvient eſt témoin de la
douleur de fa maîtreffe , &
par là il apprend qu'il eſt aimé
; mais il ne le connoît qu'a .
prés s'eſtre trompé quelques
moments , & avoir crû que
Sempronius faifoit couler les
larmesde Marcie. Tout ce jeu
de Theatre eſt conduit avec
art , les ſentimens font vifs ,
&l'expreſſiondans laTraduc
tion même paroît ſerrée , animée
&touchante. :
T
GALANT. 97
La Scene douziéme du quatriéme
Acte preſente encore
une belle ſituation : On apporte
à Caton le corps de
Marcus ſon fils, mort pour la
Patric; Caton le plaint , mais
enCaton.
CATON rencontrant le corps
Mort
Te voilà mort, mon fils , mais
zel que je t'embraße ! arrestezmes
amis : placez le devant moy , afin
que mesyeux se repaiffentde ce
Sangtant objet , &que je compte
•Ses bleßures. Quela mort eſt belle,
lorſque la vertu l'accompa-
- gne? qui est ce qui ne voudroitpas
Mars 1715 . I
98 MERCURE
estre à la place de ce jeune homme
? Ab! que ne peut on mourir
plus d'unefois pourſapatrie?mais
pourquoy vous afftigez vous,
mes amis ? je rougirois de hontefi
la maison de Caton eftait tranquille
&floriſſante pendant les
horreurs d'une Guerre Civile..
Portius regarde ton frere, &fouviens-
toy que ta vie n'est pas à
toy , lorſque Rome la demande.
JUBA àpart
Jamais moriel a- t- il fait paroître
tant de fermeté
CATON ば
Helas ! mes amis , pourquoy
pleurez vous une pente particu-
HEQUE DE
-
LYON
ے ہ
GALANT.
liere .C'eft Rome qui deman
larmes : Rome! la Maiſtreſe de
l'Univers; Rome ! Mere feconde
des Heros , & les delices des
Dieux; Romequi humilioit l'orguëildes
Tyrans de la Terre,&
qui briſoit lesfers des Nations ..
Helas! Rome n'est plus .. O liberte
!O vertu !O Patric!
JUBA à part. Il pleure.
Dieux ! quelle integrité! quel
amour de la Patrie ! il a veu
d'un oeil ſec un fils couchédans
les bras dela mort,&ilfonden
larmes pour Rome.
٢٠٠ CATON. 1
Toutceque la vertu Romaine
I ij
100 MERCURE
a dompté , tout ce que le Soleil
éclaire , tout est à Cefar. C'est
pourluyque les Decius fe font
devoüez ; c'est pour luy que les
Fabiusfont morts les armes à la
main; c'est pour luy que legrand
Scipion a fait des conquestes ;
que Pompée même a combattu.
Helas, mes amis ! qu'est devenu
le travaille des Deſtinées ? qu'est
devenu l'ouvrage de tant de
fiecles ?où est l'Empire Romain ?
funeste ambition ! tout est éva
noi, tout estabsorbé dans Cefar !
nos illuftres Ancestres ne luy
avoient rien laiſſé à vaincre que
faPatric!
GALANT. For
L'Auteur Anglois a diſpoſé
fort habilement ſon cinquiéme
Acte :laſeule mort deCa.
ton le semplit , il la fufpend
avec beaucoup d'art ; le commencement
de cet Acte eft
magnifique.
CATONfeul , affis &reveur,
tenant enſamain le Livre
dePlaton de l'Immortalité
de l'Ame , une épée nuëfur la
table.
Cela ne peut être autrement...
Platon tu raiſonnesjuſte! .. Car
enfind'où nous vient cetteflatteufe
esperance , cet ardent defir de
I iij
102 MERCURE
l'immortalité d'où nous vient
cette craintefecrete& cette horreur
interieure du néant ? d'où
vient que l'ameſe revolte contre
cette pensée ? c'eſtlaDivinitéqui
agit en nous ; c'est le Ciel même
qui nous fait entrevoirun avenir
une Eternité. Une Eternité!
idée agreable , og terrible en même
temps ! dans quels mondes divers
& inconnus devons-nous
paffer? quels changemens devonsnous
fubir dans ce vaste infini ?
ce grand objet , cet espace fans
bornes , eft dervant moy : mais des
ombres , des nuages , &des te
nebres le cachent àma venë....
GALANT. 103
de
Jem'en tiens à cecy : s'ily aune
Puißance au deffus de nous ( eg
les merveilles que les ouvrages
lanature étalent à nos yeux ne
nous permettentpas d'en douter )
il faut que cette Puißance aime
la vertu , & ce qui est l'objet de
fon amour ne sçauroit manquer
d'être heureux : mais quand ?
comment?ce monde a étéfaitpour
Cefar!...Jeſuis las de mes incertitudes
: ceci les finira , (mettant
la main fur l'épée ) me
voilà doublement armé ; la mors
&la vie , le poison & Antidotefonten
mes mains : l'un dans
un inſtant tranche le fil de mes
Liiij
104 MERCURE
jours ; l'autre m'apprend que je
fuis immortel. L'ame feure de
fon existence , mepriſe te poignard
brave la mort. Les Aftres perdront
leur fplendeur , la brillante
lumiere du Soleil s'éreindra avec
le tems ; toute la naturefuccomberaſous
le poids des années;mais
mon ame joüira d'une jeunesse
éternelle , & elle ne reffentira
cune atteinte , parmi le furieux
chocdes Elemens , le naufrage de
aula
matiere , &la diſſolution de
l'Univers.
Oppoſons maintenant les
beaux endroits de la piece
Françoiſe aux beaux endroits
ALANT. τος
de la piece Angloiſe. Je vous
avoie que le choix de ces
beaux endroits m'a embarraf
ſe , & que j'en omets beaucoup
qui m'ont charmé , &
qui plairont auxLecteurs peutêtre
autant que ceux que j'oppoſe
aux beautez de la piece
Anglorſe.
Je vous ay fait regarder le
mépris de Caton pour la Couronne
des Parthes , comme
unedes belles ſituations de la
piece Françoiſe. Ecoutez Caton
l'exprimer.
نم
Quoymonfang offre encore un
objet àma haine ?
106 MERCURE
Quoy l'ennemi des Rois eft pere
d'une Reine ?
Dieux !justifi z- vous les crimes
de Cefar?
Voulez-vous attacher les Romains
àfon char?
Mafille par vos foins ne m'estelle
renduë
Que pour marque de haine ,
pour bleßer ma vue ?
Si je ſens du plaisir à rappeller
fes traits,
Son deftin le détruit
en regrets.
le change
Comment me plairoit- elle avee
une Couronne?
Rome me le défend ,fi lefang
GALANT. 107
me l'ordonne.
La nature feroit en ce moment
cruct
D'un pere trop fenſible un Romain
criminel.
Que ma fille renonce à la gran.
1. deurSuprême !
Hatons- nous de fouleraux pieds.
fon Dradéme.
Le reste de la Scene eſt de
même force : le commencement
de la feconde Scene du
fecond Acte ſuffiroit pour faire
connoiſtre Caron.
CATON
Eh bien , Domitius , qu'avezvous
àme dire ?
108 MERCURE
DOMITIUS .
Cefar m'a commandé , Seigneur,
de vous inftruire ....
CATON.
L
Quoy Cefar vous commande?
vous obéiffez!
}
DOMITIUS.
Oüy , Seigneur.
CATONI
Vil esclave , arrêtez , c'ef
affez
C'est trop deshonorer vos glatieux
Ancêtres
Qui n'avoient comme moy ,
qu'eux & les Dieux pour
Maistres.
GALANT. 109 .
Deux vers de la premiere
Scene du troifiéme Acte donnent
la veritable idée de Cefar
Amant.
:
L'amour n'enchaîne pas les
Herosàfon char ,
EtCefar en aimant n'en estpas
moins Cefar.
La Scene ſeconde du troifiéme
Acte , où Portie reconnoît
ſon Amant dans Cefar ,
met l'un & l'autre dans une
fituation touchante . La conference
de Cefar & de Caton
qui ſuit , étoit un endroit perilleux
pour l'Auteur. La conference
deSertorius&dePomHO
MERCURE
2
pée eſt un modele qu'il eſt
preſque impoſſible d'égaler ;
il eſt même plus difficile de
faire parler Cefar & Caton ,
que de faire parler Sertorius
& Pompée : la conference de
Caton & de Cefar a plû cependant
, & plû fi generalement
, que les Critiques les
plus impitoyables n'ont ofé y
toucher : je ne la tranfcriray
pas, vous l'aurez lûë, Mylord,
plus d'une fois , &mille gens
la ſçavent par coeur. 1
Quand on ſe plaint que
M. Deſchamps n'a pas faitCcfar
affez grand , fait- on refleGALANT.
xion à ces fix vers que dit Caton
dans la premiere Scene du
quatrieme Acte.
: S'il nous étoit permis de nous
choifir un Maistre ,
Peut-être Cesar ſeul meriteroit
de l'être;
د
Mais il veut s'éleverſur le débrisdes
Loix.
Afferuir des Heros qui détrânent
lesRois,
Et cette ambition , ce penchant
detestable
Du plus grand des Mortels en
faitleplus coupable.
Quelles fituations que cel
les des deux Scenes fuivantes!
J
112 MERCURE
4
Portie reconnoît qu'elle eft
fine de Caton. Caton reconnoît
que fa fille aime Cefar.
Cefar reconnoît que ſa Maîtreſſe
eſt fille de ſon plus grand
ennemy; que leurs ſentimens
ſont conformes à leur caractere.
Ecoutons- les.
PORTIΑ .
Il est vray , ma naißance &
droit de te ſurprendre ,
Jel'ignoray toûjours , &je viens
de l'apprendre ;
Voy, Cefar , à quel point mon
deftin est affreux ,
Tu m'aimois &mon coeur répondoitàtes
voeux.
Fe
GALANT 13
Je dois en fremißant rougir de
ma victoire,
Etje trouve ma honte où je met-
1
tois ma gloire.
Ah ! devois -je éprouver en ce
funestejour ,
Que l'innocence est peu d'accord
avec l'amour ?
२
CESAR.
MOTAS
Et pourquoy regarder noſtre
amour comme un crime ?
De la haine pourquoy le rendre
la victime ?
C'est unpreſentdu Ciel qui veut
nous reunir.
Mars 1715. K
14 MERCURE
à Portia.
Loinde le mépriſer ,ilfaut l'enà
Caton.
tretenir.
71
Pourquoy nous séparer quandle
Ciel nous affemble ?
àl'un &àl'autre.
Que la paix & Phymen nous
uniffent enſemble.
CATON.
Jedonnerois plutoſt en Sacrifi
ce aux Dieux
Etlefang de ma fille&le mien
àtesyeux.
Cefar ,par cet hymen ne croy
-pas mefurprendre
GALANT5
DinfortuvePompée en devenant
Nepútſegarantir des traits de ta
fureur
Et ce lien facré commenga fon
Mais quandà cet hymen Caton
pourroit foufcrire
Ton coeur infatiable affamé de
N'enferoit pas moins fier , ny
moins ambitieux
Etje me chargerois d'un forfais
Το Πο Daodieux.
La nouvelle de la perfidie
de Pharnace qui veut s'emparet
du licu de la conference
Kij
16 MERCURE
finit ecete belle Scene. Cefar
court s'y oppofer , ce qu'il dit
peint au naturel ſon intrepide
generofité.
CESAR Portia
Ne vous allarmez pas du fors
qui nous menace ,
Fay puni Prolomée&puniray
Pharnace
LeCielferoit en vain des mortels
S'il ne
genereux
les rendoit pas
pas quelquefois
malheureux
Le cinquiéme Acte eſt affûrement
le plus beau de la
piece ; l'action y eft vive ,&
comme Horace le preferit,
GALANT. 117
elle va rapidementà la fin.Ceffaarrrreevviieennttaapprrèéssaavvoir
repouffé
Pharnace : Portic le recoit en
luy demandant : 09
Cefar, est- ce un Romain qui
paroist en ces lieux,
Ou n'est-ce qu'un Tiran qui ſe
montre à mes yeux ?
thaToure cette Scene eft.comparable
aux plus belles Scenes
des Tragedies les plus eftimécs.
Portic offre à Cefar de
l'épouſer , pourvû qu'il laiſſe
Rome libre: Cefar a de la peine
à facrifier ſon ambition à
fon amour. Portie s'en irrite ;
fon tranſport n'est pas fort
18 MERCURE
inferieur àla fureur deCamille
dans l'Horace de Corneille,&
il eſt mieux placé.
PORTIA pul
C'en esttrop , il est remps que
mon courroux éclate ,
Moy- même je rougis de l'espoir
qui te flatte :
S
N'attend pas que t'hymen d'un
que voy
Soüille lapuretédufang qui con
le en moy
Mon coeur defonamour ne triom
phoir qu'à peine
Mais tes cruels refus me livrentà
la barneol
Si ton bras deftructeur met my
GALANT9
jougl'Univers, ١٠
Par uneprompte mortje previendray
tes fers.
Tu ne commanderas qu'àces ames
1
ferviles
Qui t'ont prêté leurs bras dans
lesGuerres Civiles.
Aces perfecuteurs des vertus de
Aces ingrats Romains , quin'en
ontque lenom.
Puißent tes Succeffeurs pour
monteràl'Empire
Chercher avidemment l'un l'autre
àse détruire',
Dufer& du poison emprunter
120 MERCURE
D'un pere vieilliſſant precipiter
les jours ;
Exercerdans lapaix les fureurs
de la guerre ;
Faire un bucher de Rome , un
८
defert de la terre ;
Unir étroitement par un crime
nouveau
Les vivans & les morts dans
le même tombeau ; ८
Par un hymen prophane &des
Liens impies
Epouvanterles Cieux,
lesfuries
&
Et pour voir àplaifir laſource
deteurSang
D'une mere immolée ouvrir le
srifte
GALANT. 121
trifte flanc!
Puiffent tous leurs forfaits eftre
peints dans l'Histoire !
Puiſſeàjamais le monde abhorrer
ta memoire !
Puisse-t- il indigné contre tant
de fureurs
N'accuſerque toyſeul de toutes
ces horreurs !
Cependant les Troupes de
Cefar qui croïent qu'on a
manqué à la parole donnée à
leurGeneral ,& qui imputent
àCaton la perfidie de Pharnace
, fondent fur le peu de
Troupes qui reſtoient àcet illuſtre
Romain ; prêt de tom-
Mars 171,5.
L
122 MERCURE
ber entre les mains des ennemis
il ſedonne la mort. Cefar
arrive trop tard pour l'empê
cher; on apporteCatonmourant
fur le Theatre , ſes dernieres
paroles ſont dignes de
luy ; on les comparera fans
doute avec ceque dit Mithridate
mourant , & Racine
peut-être ne l'emportera pas
fur M. Deschamps de toutes
les voix.
PORTIA.
Ab mon pere ..
CATON
Etouffezd'inutiles douleurs ;
Romeſeuleen cejour doit exciter
GALANT. 123
vos pleurs
Rome preste à perir , noftre chere
Patric
Qui d'un cruel Tiran éprouve la
furic.
PleurezRome ... pour moy mon
destin est trop beau ,
La liberté me ſuit dans la nuit
du tombeau :
Le trépas de Gaton est un choix
volontaire
Le Ciel n'en a pas fait un malheur
neceßaine.
Au milieu des horreurs du plus
cruel destin ,
Fay vêcu glorieux , &j'expire
enRomain.
Lij
124 MERCURE
Souvenez-vous toûjours de qui
vous êtes née.
PORTIA .
Amourir avec vous je mesuis
condamnée.
Vivez.
t
CATON.
PORTIA .
Quoy dans les fers je traînerois
monfort ?
Queje vous doive tout
la mort ?
CATON.
Tous estes libre encor د
nex Utique ,
la vie
abandon
achezde foutenir la liberté publique:
GALANT. 125
Vivez pour fervir Rome ,
que vos pas errans
Cherchent tous les climats ennemis
des Tirans.
L'Espagne maintenant doit eftre
: voſtre azile.
Ereignezàjamais uneflamefervile.
AuSalut del Esatdévoñezvosre
caur,
Que Rome en vostre Epoux trouveun
Liberateur.
Que je revive en vous , que ma
haine implacable
Soit toujours par vos foins aux
Tirans formidable.
Mafille ,approchez vous : dans
Liij
126 MERCURE
८ cet embraſſement
Si nouveau pour mon coeur , fi
doux &ficharmant ,
D'un pere qui des Cieux va quitterlalumiere
د
Mafille, recevez la veriu toute
L entiere.
Leprocés eſt inſtruit , prononcez
Mylord ; je l'ay dit ,
& je ne m'en répens pas , je
confens d'être jugé même par
un Anglois. Au reſte , je n'ay
point eu d'autre intention que
d'exciter entre M. Addiſſon ,
& M. Defchamps , une émulation
qui anime le dernier à
marcher ſur les pas de Cor
GALANT. 127
neille , & qui pouffe le premier
à donner un Corneille à
l'Angleterre.
Fermer
Résumé : PARALELLE de deux Tragedies nouvelles, dont la mort de Caton est le sujet ; l'une est Angloise de Monsieur Addison ; l'autre Françoise de Monsieur Deschamps. LETTRE à Mylord ***
Le texte compare deux tragédies sur le thème de Caton : celle de Joseph Addison en anglais et celle de Deschamps en français. L'auteur critique l'avis de M. Dacier, qui estimait que les Anglais ne pouvaient pas produire une bonne tragédie selon les règles d'Aristote, et mentionne l'échec de 'Les Héraclides' de de Trie, malgré son respect des règles de Dacier. L'auteur espère que les poètes anglais puissent améliorer leur théâtre en suivant les règles et en évitant certains défauts. Dans la tragédie anglaise, Caton se retranche à Utique, refuse la paix proposée par César et se suicide face à l'inévitable défaite. Cette tragédie inclut deux épisodes secondaires qui dispersent l'unité de l'action principale. En revanche, la tragédie française de Deschamps offre une structure plus cohérente, avec Caton défendant Utique par fermeté. César y est dépeint comme un leader romain capable et politique, tandis que Caton, bien que vertueux, est quelque peu éclipsé. Pharnace, fils de Mithridate, sert de contrepoint à César et Caton. La tragédie française est louée pour sa gestion habile des événements convergeant vers la mort de Caton, avec des sentiments et des situations plus intéressants et authentiques, notamment l'amour entre César et Porcia, fille de Caton. La pièce explore les thèmes de la politique, de l'amour et des conflits entre devoir et passion. Caton est tourmenté par l'amour de sa fille Portia pour César, son ennemi. Il critique Domitius pour sa loyauté envers César, qu'il voit comme une trahison des valeurs romaines. César et Portia avouent leur amour malgré leurs affiliations opposées. Caton s'oppose fermement à leur union, considérant César comme une menace pour Rome. Portia propose à César de l'épouser à condition qu'il laisse Rome libre, mais César hésite à sacrifier son ambition. La pièce se termine par la fureur de Portia face au refus de César, qui menace de se donner la mort. Caton, confronté à la chute de Rome et à la tyrannie, choisit de se suicider pour éviter de tomber aux mains des ennemis. Ses dernières paroles rappellent celles de Mithridate, soulignant sa dignité et son courage. Portia souhaite mourir avec lui, mais Caton l'encourage à vivre pour servir Rome et combattre les tyrans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1856
p. 127-133
Discours sur l'origine du mois, pièce curieuse, mais precedée d'un assez mauvais prélude. [titre d'après la table]
Début :
Même beauté, tant soit exquise, [...]
Mots clefs :
Mois de mars, Fêtes, Romains, Diversité
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'origine du mois, pièce curieuse, mais precedée d'un assez mauvais prélude. [titre d'après la table]
Même beauté ,tantfoit exquiſe,
Raffafie & foule à la fin.
Il me faut d'un d'autre pain .
Diverſité c'eſt ma deviſe.
Dans les Livres qui netraitent
que d'un même ſujet ,les
Auteurs ontraiſon d'allonger
la courroye'autant qu'ils peu
vent ,pour remplir leut Volume.
Il n'en est pas demême du
mien, les ſujets les plus oppolez
s'y aſſemblent en foule ,
&maintenant chacun à l'envi
Liiij
128 MERCURE
y veut avoir ſa place , il n'y a
pasjuſqu'à la Lune qui y a rétenu
la fienne ,& qui prétend
que Mercure luy rende au
moins douze fois hommage ,
en confideration des douze
viſites que tous les ans elle
rendà noſtre Hemisphere.J'y
confens , Madame la Lune ,&
c'eſt pour l'amour de vous
que je vais à mon ordinaire
conter l'Histoire de ce mois.
S'il faut s'en rapporter à
l'autorité de Fulvius&de Junius,
ces deux Auteurs pretendent
que Romulus impoſa le
nom aux dix premiers mois de
1
GALANT. 129
l'année, dont le premier commençoit
par Mars & finiſſoit
par Decembre. Il l'appella
Martius en memoire de Mars
fon Pere , comme Avril en
l'honneur de Venus Aphrodite,
à laquelle il attribuoit
l'origine de ſes Aycux.
Varroncependant acruque
ce premier mois del'annéeRomaine
n'a reçu le nom de
Martius qu'à cauſe que Mars
étant le Dieu de la guerre ,ils
luydonnoient la premiereplace
par inclination. Ovide en
rend même la raiſon dans les
deux vers ſuivants.
130 / MERCURE
Mars Latio venerandus erat ,
quia prafidet armis ,
Armafera genti, remque, decusque
dabant.
Le premier jour de ce mois
les Dames Romaines fervoient
à table leurs Domeſtiques,
imitant en cela leursMaris,
qui , en Decembre , en
uforene ainſi envers leurs Efclaves
,pendans les Feſtes Sa
turnales.
Elles celebroient cette Fefte
fort religieusement , parceque
felon Feftus, ce fut en ce jour
qu'elles rendirent leur premier
culte dans un Temple dedié à
GALANT. 131
Junon Lucine , Divinité qui
preſidoit à l'accouchementdes
femmes. Selon Servius ce fut
à cauſe de la Paix jurée entre
les Romains & les Sabins ,
par la mediation des Sabines
qui avoient été enlevéespar les
premiers. Les Romains fetoient
également ce jour en
memoirede cettePaix 1
Ce jour & les ſuivans font
encore connus par la feſte dos
Anciles ou Boucliers facrez
que l'on croyoit être tombez
duCiel,du RegnedeNuma,&
que l'on regardoircomme un
gage tutelaire de la Ville de
132 MERCURE
Rome : comme l'on danſoit
beaucoup en cejour , on l'ap
pelloit auffi la feſte des Saliens.
Ces peuples avoient la fuperstition
dene ſe point marier
en ce mois , ou s'ils le
faifoient , ils n'en auguroient
pas favorablement, par la raiſon
que Mars n'avoit pu
feduire Minerve , qui pour
avoir conſervé ſa virginité ,
fut nommée Nerine.
Le 17. de Mars arrivoient les
feſtes des Bacchanales quine le
cedoient point en folies à celles
de noſtre Carnaval.
GALANT. 133
Ceux qui voudront paſſer
pourErudits ,apprendront ici
que ce mois ſe nommoit chez
les Grecs, Munichion.
Raffafie & foule à la fin.
Il me faut d'un d'autre pain .
Diverſité c'eſt ma deviſe.
Dans les Livres qui netraitent
que d'un même ſujet ,les
Auteurs ontraiſon d'allonger
la courroye'autant qu'ils peu
vent ,pour remplir leut Volume.
Il n'en est pas demême du
mien, les ſujets les plus oppolez
s'y aſſemblent en foule ,
&maintenant chacun à l'envi
Liiij
128 MERCURE
y veut avoir ſa place , il n'y a
pasjuſqu'à la Lune qui y a rétenu
la fienne ,& qui prétend
que Mercure luy rende au
moins douze fois hommage ,
en confideration des douze
viſites que tous les ans elle
rendà noſtre Hemisphere.J'y
confens , Madame la Lune ,&
c'eſt pour l'amour de vous
que je vais à mon ordinaire
conter l'Histoire de ce mois.
S'il faut s'en rapporter à
l'autorité de Fulvius&de Junius,
ces deux Auteurs pretendent
que Romulus impoſa le
nom aux dix premiers mois de
1
GALANT. 129
l'année, dont le premier commençoit
par Mars & finiſſoit
par Decembre. Il l'appella
Martius en memoire de Mars
fon Pere , comme Avril en
l'honneur de Venus Aphrodite,
à laquelle il attribuoit
l'origine de ſes Aycux.
Varroncependant acruque
ce premier mois del'annéeRomaine
n'a reçu le nom de
Martius qu'à cauſe que Mars
étant le Dieu de la guerre ,ils
luydonnoient la premiereplace
par inclination. Ovide en
rend même la raiſon dans les
deux vers ſuivants.
130 / MERCURE
Mars Latio venerandus erat ,
quia prafidet armis ,
Armafera genti, remque, decusque
dabant.
Le premier jour de ce mois
les Dames Romaines fervoient
à table leurs Domeſtiques,
imitant en cela leursMaris,
qui , en Decembre , en
uforene ainſi envers leurs Efclaves
,pendans les Feſtes Sa
turnales.
Elles celebroient cette Fefte
fort religieusement , parceque
felon Feftus, ce fut en ce jour
qu'elles rendirent leur premier
culte dans un Temple dedié à
GALANT. 131
Junon Lucine , Divinité qui
preſidoit à l'accouchementdes
femmes. Selon Servius ce fut
à cauſe de la Paix jurée entre
les Romains & les Sabins ,
par la mediation des Sabines
qui avoient été enlevéespar les
premiers. Les Romains fetoient
également ce jour en
memoirede cettePaix 1
Ce jour & les ſuivans font
encore connus par la feſte dos
Anciles ou Boucliers facrez
que l'on croyoit être tombez
duCiel,du RegnedeNuma,&
que l'on regardoircomme un
gage tutelaire de la Ville de
132 MERCURE
Rome : comme l'on danſoit
beaucoup en cejour , on l'ap
pelloit auffi la feſte des Saliens.
Ces peuples avoient la fuperstition
dene ſe point marier
en ce mois , ou s'ils le
faifoient , ils n'en auguroient
pas favorablement, par la raiſon
que Mars n'avoit pu
feduire Minerve , qui pour
avoir conſervé ſa virginité ,
fut nommée Nerine.
Le 17. de Mars arrivoient les
feſtes des Bacchanales quine le
cedoient point en folies à celles
de noſtre Carnaval.
GALANT. 133
Ceux qui voudront paſſer
pourErudits ,apprendront ici
que ce mois ſe nommoit chez
les Grecs, Munichion.
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Résumé : Discours sur l'origine du mois, pièce curieuse, mais precedée d'un assez mauvais prélude. [titre d'après la table]
Le texte aborde divers aspects du mois de mars dans la mythologie et les traditions romaines. Il compare les ouvrages traitant d'un seul sujet à ceux couvrant plusieurs thèmes. La Lune est mise en avant pour ses visites annuelles à la Terre, recevant douze hommages de Mercure. L'origine des noms des mois romains est discutée : Fulvius et Junius attribuent la nomination de mars à Romulus en l'honneur de Mars, son père, tandis que Varron et Ovide soulignent le rôle de Mars, dieu de la guerre. Le premier jour de mars, les femmes romaines servaient leurs domestiques, imitant les Saturnales de décembre. Cette fête honorait Junon Lucine ou commémorait la paix entre Romains et Sabins. Elle incluait aussi les cérémonies des Anciles et des Saliens. Les mariages étaient évités en mars en raison de l'échec de Mars à séduire Minerve. Le 17 mars, les Bacchanales étaient célébrées, comparables au carnaval moderne. En Grèce, mars était appelé Munichion.
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1857
p. 133-154
L'INTERPRETE GALANT. Nouvelle.
Début :
Il est des filoux qu'on ne peut haïr ; on doit même sçavoir [...]
Mots clefs :
Interprète, Excellence, Lettre, Ambassadeur, Plaisir, Héros, Honneur, Roi de Perse, Ambassadeur du roi de Perse, Dames, Orient, Talents
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texteReconnaissance textuelle : L'INTERPRETE GALANT. Nouvelle.
L'INTERPRETE GALANT ,
Nouvelle.
Il eſt des filoux qu'on ne
peut hair ; on doit même ſça134
MERCURE
voir bongré à celuy qui cherche
depuis deux mois àmeri
ter l'altime de Mademoiselle
Lheritier connue ſous le nom
de Thelefille , & par les jolies
choſes qu'ellea donnéesau pu
blic. Les AcademiesdePadoüc
& de Toulouſe luy ont envoyé
avec diſtinction des Let
tresd'Academiciene , quiren
dent ſon fortglorieux. Un inconnu
ſous le nom de M. de
Courpuis qui a voyagé pandant
plus de dix ans dans l'Aſie
, luy a écrit depuis fix femaines
deux Lettres accompagnéesde
petits preſens qu'-
GALANT. 135
elle a reçus comme envoyez
de la partde l'Ambaſſadeur du
Roy de Perſe , & certifiez du
feing contrefait de M. de
Courpuis , Interprete& Secre
taire de ſon Excellence ,&ancien
amy de Mademoiselle
Lheritier , qui feroit fort aife
de ſçavoir à qui elle a l'obli
gation&des Preſents ,&des
Lettres galantes que le faux de
CCoouurrppuuiiss lluuyy a écrites de la
part du Seigneur Ochus. La
premiere Lettre commencée
en ſtile Perfan eft datée du fix
Fevrier. Voicy ce qu'elle con
tient.
136 MERCURE
MADEMOISELLE,
Que la prunellede mesyeux
foit le centierde vos pieds . &
que vôtre renommée brille &augmente
de jour en jour , ainsi que
fait tous les ans le Soleil dansſa
course.
Le grand Sophi , monfouverain
Seigneur&Maistre, ayant
entendu de toutes parts de magnifiques
recits de Loüis leGrand vôtre
Roy , m'a envoyé l'enfeliciter
, &luy rendre les témoignages
d'eftime que meriteſon long
glorieux Regne , &luy en
Souhaiter
GALANT. 157
fouhaiter une longue continuation.
Il m'a chargé de plus de faire
choifir les meilleurs Peintres de
Paris pour avoir les Portraits de
toutes les Dames qui s'ysignalent
par les talens de leur efprit ; il a
déja les Portraitsde feu Meſdames
de la Suſe ,de Villedieu ,des
Houtieres ,&de Mademoiselle
de Scudery , & il attend avec
impatience le vôtre ,Mademoifelle,
&ceux de Mesdames Da
cier , Barbier , &de Mademoifelle
des Houlieres ; ces Tableaux
feront honorez de fiecle en fiecle
dans la Galerie des Sophis , dont
Mars 1715 .
M
138 MERCURE
les fujets naiſſent toûjours avec
une eſtime infinie pourlesMuses.
Lefucre &le caffé étant en
usage chez les Européens comme
chez les Perfans ,j'ay efperé que
vous voudriez bien , Mademoi
felle, en accepter de la part du
plus humble du plus obéiffant
de tous vos ferviteurs ,
Ochus ,Ambaffadeur
duRoy dePerfe.
Par Monseigneur Ochus , de
Courpuis , Interprete
tairedefon Excellence.
Secre-
Mademoiselle Lheritier qui
ne manque à rien , remercia
par lePoëme qui fuit: leCour
GALANT. 139
rier de M.de Courpuis s'engagea
à repaſſer dés le lendemain
chez elle ſur les dix heures
du matin , parce que fon
Maiſtre tres occupé aux dépêches
de Monseigneur Ochus,
ne pourroit pas venir luy même
apprendre le ſort de laLettre
de fon Excellence.
AU ROY DE PERSE.
Augustesouverain des climats
que l'Aurore
Seme defes premiers rubis ,
Lorsquefousfes pompeux habits,
De mille feux divers Phorifon
elte dore
Mij
140 MERCURE
Succeffeur du vaillant Cirus ,
Honneur de l'Orient ; ô Ciel le
puis -je croire?
Quoy mes foibles talens , grand
Roy,voussont connus ;
Du Trône où vous brillez environné
de gloire
Dois-je meflatterpuißant Roy ,
Que vous daignez penseràmoy.
Ilest vray que l'amour que j'ay
pour la Science
Qu'à tout autre plaisir mon coeur
Sçait preferer ,
Peut me permettre d'esperer
La glorieuse bienveillance ,
Dont voſtre ame fublime a daigné
m'honoreri
GALANT. 141
Cettegrande ame encoreafçu confiderer-
Le zele vif , ardent , plein de
tendreffe
Qui m'anime fans cefße
Pour ce Roy modele des Rois ,
Dont nos heureux climats fuivent
les douces loix ;
Heros par fes exploits , comme
par sa fageffe ,
Etqui lefrontornédes couronnes
de Mars
د
1
- Fait triompherla Paix ,les Misſes,&
les Arts ;
Je meflatte donc que le zele,
Que pour un tel Heros mon coeur
fit toûjours voir,
142 MERCURE
Et l'amour ardent &fidele
me fait en tous lieux honorer Quime
le fçavoir ,
Seuls ontformépour moyquelque
bruitpropre àplaire
AuRoy leplusfameuxque l'Orient
reveres
Ces deux justes penchants que
j'ayrecen desCieux
Uniſſent monnomàvosyeux ,
Avecceux deces Heroines ,
Dont les Vers font fi gracieux ,
Dont les lumieres ſont divines .
Daignant ainſi m'unir aux Saphos,
auxCorinnes,
Grand Roy, que vous rendez
mon deftin glorieux
GALANT. 143
Vous, illuftres Dacier, Barbier,
erdes Houlieres, 1
Pour vos doctes pinceaux quelles
riches matieres,
Parun rare avantage on verra
nos portaits
Dansle magnifiquePalai.
D'unRoy de qui leDiademe
Eclate dans tout l'Univers :
Mon eſprit enchantéde cethonneurSuprême
,
6 Vafaire mille efforts divers
Pour s'éleverfans ceffeau-dessus
de luy-même
Et tracerparde brillans traits
De ce Roy genereux l'auguste
bienveillance
:
144 MERCURE
Etla magnificence.
Oüy digne poffeffeur du Trône de
Cirus,
Quand vostre Ambaßadeur ,
tres galant Ochus ,
le
M'enaauurrooiitt uunnppeeuuffaaiirt accroire,
Ma Lyre avec éclat racontant
voſtre Histoire
Fera voiraux mortels parde nobles
accens ,
Que dans le divin art des Filles de
Memoire,
Onaugmentebienſes talens ,
Alors qu'on a cuëilly les doux
fruits de laGloire.
Le faux de Courpuis informé
que fon jeu n'avoit pas
déplû
GALANT. 145
déplû à Mademoiselle Lheritier
, s'en eſt attiré un Remerciment
par les vers qu'elle fir ,
aprés avoir receu de fa partun
ſecond Preſent avec la Lettre
ſuivante datée du deuxiémo
MarsDS
MADEMOISELLE
Il est bien juste quefon Excellencefoit
des premiers à vous affurer
qu'on trouve mille beautez
dans lePoëme que vous avezfait
pour le Roy de Perfe ; il s'écria
dés queje luy en eut rendu leſens
en Perfan. O Kaia verras miris
Mars 1715 . N
146 MERCURE
fordhain Brux gonce , Klos
triſnil hinius s'Rein di Perſas ,
paroles qui veulent dire : O fille
vertueuſe& ſcavantequi connoiſſez
comme moy , la puif.
fance& les belles qualitez du
Monarque qui gouverne le
vaſte Empire des Perſes: Il me
commanda dans le même inftant
de le traduire à la lettre en
Perfan, diſantqu'il n'auroit rien
manqué au plaisir que vous luy
avezfait , si vous euffiez bien
voulu le traduire vous-même ,
vous dont la connoissance pour
toutes les Langues est telleque les
Académies étrangeresſeſontfait
GALANT. 147
honneur de vous donner le premier
rang entre ceux qu'ony reçoit
; c'estfans doute dans vostre
bel ouvrage , Mademoiselle, que
fonExcellence a trouvé des lumieres
& des inſtructions pour
complimenter Loüis le Grand; car
dés qu'il vit ce Heros , il le reconnut
aux traits dont vous l'avez
deſigné dans vostre Poëme,
ſaiſi d'admiration àſa vûë ,
il s'humilia devant luy , en couurantfes
yeux ébloüis de l'éclat
qui l'environnoit : il finit fon
Compliment en difant que l'heritier
du Roy de Perſe luy envieroit
le plaifir &l'honneur qu'ilavoit
Nij
48 MERCURE
d'avoir été nommé Ambafſſadeur
auprés d'un Prince qui ſurpaße
tout ce que nos peres ont vû de
plus grand deplus magnifique.
Ce Compliment , que la verité
foûtient , a plû àtoute la Cour ,
&eft au gré de toutes les perfonnes
qui en ont connoiffance. Son
Excellence, Mademoiselle, vous
prie de vouloir bien accepter la
caßette qui vousferapreſentée de
Sapart par l'Envoyé que vous
depute,MADEMOISELLE,
Vostre tres-humble & tresobéiſſant
ferviteur de Cour-
-puis , Interprete& Secretaire
de Monseigneur Ochus.
GALANT. 149
On ne doute pas que MademoiselleLheritier
deſabusée
de tout ce que le faux Interprete
luy a voulu faire croire ,
& du Roy de Perſe , &de ſon
Ambaſſadeur , n'ait fait malgré
les innocentes ſupercheries
du faux de Courpuisl, o
Poëme qui fuit en fa faveur ,
affectant neanmoins toûjours
la même credulité , & pour
joüer juſqu'à la fin le même
rôlle , elle l'a donné ſous le
nom de l'Ambaſladeur duRoy
de Perfe.
Niij
150 MERCURE
A L'AMBASSADEUR
OCHUS .
Ambaſſadeur du Roy leplus
puiffant d'Afie
Habile &genereux Ochus
Malgré tout le plaisir dont mon
ame estfaifie
Fay l'esprit interdit ,confus:
Etje nepuis qu'à peine exprimer
maſurpriſes
Neferois-je point de mépriſe
Si j'allois aujourd'huy croire de
bonne foy ,
Que le fameux Sopbi ſucceſſeur
deCambife
GALANT. 131
Si gratieusement s'aviſe
De penser quelquefois à moy :
Quoy donc le Souverain de vostre
vafte Empire ,
Sçauroit que dansParis Thelefile
respire ,
Aimant l'Histoire&lePlan
De Perfepolis, d'Ispahan :
Maispour ſçavoir enfin ce qu'il
faut quej'enpense ,
DaignezbientoftSeigneurOchus,
Par l'honneurde vostre prefence ,
Eclaircir monfort là deſſus ;
Et de grace daignez de plus
Montrer vos Lettres de creance ;
Vous écrivez d'un tourſi rempli
d'éloquence ,
Niiij
152 MERCURE
Que vous féduiriez aiſement
Uncoeur lemien remmoins
que le
pli de défiances
Mais enfin ce tour fi charmant ,
Soi qu'iill vienne d'Ochus , ou
d'une amic illuftre ,
Del'Orient a tout le fre
O vousdonc qui joignez à defi
doux encens
Encor de gratieux preſens ,
Paroiffezànos yeux , calmez la
Faloufie
Ou de l'Europe , ou de l'Afie ;
Ab que l'une des d'ux enviera
vos talens.
La Cafferte que le faux de
Courpuis avoit envoyée avec
1
GALANT. 153
fa ſeconde Lettre fut annoncée
dés le même jour aux meilleures
amies de Mademoiselle
Lheritier , &toutes furent invitées
de venir dés le lende
main partager avec elle les
choſes rares qu'elle pouvoit
contenir ; chacune à ſon gre
s'y deſtina un bijoux , ou en
bague , ou en Croix ; les rubis
&les perles étoient leurs moindres
eſperances , & Mademoifelle
Lheritier qui affura àtou
tes les Dames qui entroient
chez elle , qu'elle avoit une
caffette tres lourde à partager
avec elles ; leur fit enfin ſervir
154 MERCURE
un bon ambigu , oùla caffette
devenuë pâté de canards d'Amiens
, étoit en beau point de
vûë , ſur un ſurtout , au milieu
de la table ; on avoit faim , &
tous dirent d'une voix queM.
de Courpuis faifoit fes preſents
tres à propos ; les Dames
opinerent , & affurerent
toutes que le faux de Courpuis
étoit preſent; celuyqu'elles
nommerent ne s'en défendit
point trop ; on bût à fa
ſanté , on le remercia , & on
l'aſſura fort que pareilles fupercheries
Leroient toujours
bien receuës.
Nouvelle.
Il eſt des filoux qu'on ne
peut hair ; on doit même ſça134
MERCURE
voir bongré à celuy qui cherche
depuis deux mois àmeri
ter l'altime de Mademoiselle
Lheritier connue ſous le nom
de Thelefille , & par les jolies
choſes qu'ellea donnéesau pu
blic. Les AcademiesdePadoüc
& de Toulouſe luy ont envoyé
avec diſtinction des Let
tresd'Academiciene , quiren
dent ſon fortglorieux. Un inconnu
ſous le nom de M. de
Courpuis qui a voyagé pandant
plus de dix ans dans l'Aſie
, luy a écrit depuis fix femaines
deux Lettres accompagnéesde
petits preſens qu'-
GALANT. 135
elle a reçus comme envoyez
de la partde l'Ambaſſadeur du
Roy de Perſe , & certifiez du
feing contrefait de M. de
Courpuis , Interprete& Secre
taire de ſon Excellence ,&ancien
amy de Mademoiselle
Lheritier , qui feroit fort aife
de ſçavoir à qui elle a l'obli
gation&des Preſents ,&des
Lettres galantes que le faux de
CCoouurrppuuiiss lluuyy a écrites de la
part du Seigneur Ochus. La
premiere Lettre commencée
en ſtile Perfan eft datée du fix
Fevrier. Voicy ce qu'elle con
tient.
136 MERCURE
MADEMOISELLE,
Que la prunellede mesyeux
foit le centierde vos pieds . &
que vôtre renommée brille &augmente
de jour en jour , ainsi que
fait tous les ans le Soleil dansſa
course.
Le grand Sophi , monfouverain
Seigneur&Maistre, ayant
entendu de toutes parts de magnifiques
recits de Loüis leGrand vôtre
Roy , m'a envoyé l'enfeliciter
, &luy rendre les témoignages
d'eftime que meriteſon long
glorieux Regne , &luy en
Souhaiter
GALANT. 157
fouhaiter une longue continuation.
Il m'a chargé de plus de faire
choifir les meilleurs Peintres de
Paris pour avoir les Portraits de
toutes les Dames qui s'ysignalent
par les talens de leur efprit ; il a
déja les Portraitsde feu Meſdames
de la Suſe ,de Villedieu ,des
Houtieres ,&de Mademoiselle
de Scudery , & il attend avec
impatience le vôtre ,Mademoifelle,
&ceux de Mesdames Da
cier , Barbier , &de Mademoifelle
des Houlieres ; ces Tableaux
feront honorez de fiecle en fiecle
dans la Galerie des Sophis , dont
Mars 1715 .
M
138 MERCURE
les fujets naiſſent toûjours avec
une eſtime infinie pourlesMuses.
Lefucre &le caffé étant en
usage chez les Européens comme
chez les Perfans ,j'ay efperé que
vous voudriez bien , Mademoi
felle, en accepter de la part du
plus humble du plus obéiffant
de tous vos ferviteurs ,
Ochus ,Ambaffadeur
duRoy dePerfe.
Par Monseigneur Ochus , de
Courpuis , Interprete
tairedefon Excellence.
Secre-
Mademoiselle Lheritier qui
ne manque à rien , remercia
par lePoëme qui fuit: leCour
GALANT. 139
rier de M.de Courpuis s'engagea
à repaſſer dés le lendemain
chez elle ſur les dix heures
du matin , parce que fon
Maiſtre tres occupé aux dépêches
de Monseigneur Ochus,
ne pourroit pas venir luy même
apprendre le ſort de laLettre
de fon Excellence.
AU ROY DE PERSE.
Augustesouverain des climats
que l'Aurore
Seme defes premiers rubis ,
Lorsquefousfes pompeux habits,
De mille feux divers Phorifon
elte dore
Mij
140 MERCURE
Succeffeur du vaillant Cirus ,
Honneur de l'Orient ; ô Ciel le
puis -je croire?
Quoy mes foibles talens , grand
Roy,voussont connus ;
Du Trône où vous brillez environné
de gloire
Dois-je meflatterpuißant Roy ,
Que vous daignez penseràmoy.
Ilest vray que l'amour que j'ay
pour la Science
Qu'à tout autre plaisir mon coeur
Sçait preferer ,
Peut me permettre d'esperer
La glorieuse bienveillance ,
Dont voſtre ame fublime a daigné
m'honoreri
GALANT. 141
Cettegrande ame encoreafçu confiderer-
Le zele vif , ardent , plein de
tendreffe
Qui m'anime fans cefße
Pour ce Roy modele des Rois ,
Dont nos heureux climats fuivent
les douces loix ;
Heros par fes exploits , comme
par sa fageffe ,
Etqui lefrontornédes couronnes
de Mars
د
1
- Fait triompherla Paix ,les Misſes,&
les Arts ;
Je meflatte donc que le zele,
Que pour un tel Heros mon coeur
fit toûjours voir,
142 MERCURE
Et l'amour ardent &fidele
me fait en tous lieux honorer Quime
le fçavoir ,
Seuls ontformépour moyquelque
bruitpropre àplaire
AuRoy leplusfameuxque l'Orient
reveres
Ces deux justes penchants que
j'ayrecen desCieux
Uniſſent monnomàvosyeux ,
Avecceux deces Heroines ,
Dont les Vers font fi gracieux ,
Dont les lumieres ſont divines .
Daignant ainſi m'unir aux Saphos,
auxCorinnes,
Grand Roy, que vous rendez
mon deftin glorieux
GALANT. 143
Vous, illuftres Dacier, Barbier,
erdes Houlieres, 1
Pour vos doctes pinceaux quelles
riches matieres,
Parun rare avantage on verra
nos portaits
Dansle magnifiquePalai.
D'unRoy de qui leDiademe
Eclate dans tout l'Univers :
Mon eſprit enchantéde cethonneurSuprême
,
6 Vafaire mille efforts divers
Pour s'éleverfans ceffeau-dessus
de luy-même
Et tracerparde brillans traits
De ce Roy genereux l'auguste
bienveillance
:
144 MERCURE
Etla magnificence.
Oüy digne poffeffeur du Trône de
Cirus,
Quand vostre Ambaßadeur ,
tres galant Ochus ,
le
M'enaauurrooiitt uunnppeeuuffaaiirt accroire,
Ma Lyre avec éclat racontant
voſtre Histoire
Fera voiraux mortels parde nobles
accens ,
Que dans le divin art des Filles de
Memoire,
Onaugmentebienſes talens ,
Alors qu'on a cuëilly les doux
fruits de laGloire.
Le faux de Courpuis informé
que fon jeu n'avoit pas
déplû
GALANT. 145
déplû à Mademoiselle Lheritier
, s'en eſt attiré un Remerciment
par les vers qu'elle fir ,
aprés avoir receu de fa partun
ſecond Preſent avec la Lettre
ſuivante datée du deuxiémo
MarsDS
MADEMOISELLE
Il est bien juste quefon Excellencefoit
des premiers à vous affurer
qu'on trouve mille beautez
dans lePoëme que vous avezfait
pour le Roy de Perfe ; il s'écria
dés queje luy en eut rendu leſens
en Perfan. O Kaia verras miris
Mars 1715 . N
146 MERCURE
fordhain Brux gonce , Klos
triſnil hinius s'Rein di Perſas ,
paroles qui veulent dire : O fille
vertueuſe& ſcavantequi connoiſſez
comme moy , la puif.
fance& les belles qualitez du
Monarque qui gouverne le
vaſte Empire des Perſes: Il me
commanda dans le même inftant
de le traduire à la lettre en
Perfan, diſantqu'il n'auroit rien
manqué au plaisir que vous luy
avezfait , si vous euffiez bien
voulu le traduire vous-même ,
vous dont la connoissance pour
toutes les Langues est telleque les
Académies étrangeresſeſontfait
GALANT. 147
honneur de vous donner le premier
rang entre ceux qu'ony reçoit
; c'estfans doute dans vostre
bel ouvrage , Mademoiselle, que
fonExcellence a trouvé des lumieres
& des inſtructions pour
complimenter Loüis le Grand; car
dés qu'il vit ce Heros , il le reconnut
aux traits dont vous l'avez
deſigné dans vostre Poëme,
ſaiſi d'admiration àſa vûë ,
il s'humilia devant luy , en couurantfes
yeux ébloüis de l'éclat
qui l'environnoit : il finit fon
Compliment en difant que l'heritier
du Roy de Perſe luy envieroit
le plaifir &l'honneur qu'ilavoit
Nij
48 MERCURE
d'avoir été nommé Ambafſſadeur
auprés d'un Prince qui ſurpaße
tout ce que nos peres ont vû de
plus grand deplus magnifique.
Ce Compliment , que la verité
foûtient , a plû àtoute la Cour ,
&eft au gré de toutes les perfonnes
qui en ont connoiffance. Son
Excellence, Mademoiselle, vous
prie de vouloir bien accepter la
caßette qui vousferapreſentée de
Sapart par l'Envoyé que vous
depute,MADEMOISELLE,
Vostre tres-humble & tresobéiſſant
ferviteur de Cour-
-puis , Interprete& Secretaire
de Monseigneur Ochus.
GALANT. 149
On ne doute pas que MademoiselleLheritier
deſabusée
de tout ce que le faux Interprete
luy a voulu faire croire ,
& du Roy de Perſe , &de ſon
Ambaſſadeur , n'ait fait malgré
les innocentes ſupercheries
du faux de Courpuisl, o
Poëme qui fuit en fa faveur ,
affectant neanmoins toûjours
la même credulité , & pour
joüer juſqu'à la fin le même
rôlle , elle l'a donné ſous le
nom de l'Ambaſladeur duRoy
de Perfe.
Niij
150 MERCURE
A L'AMBASSADEUR
OCHUS .
Ambaſſadeur du Roy leplus
puiffant d'Afie
Habile &genereux Ochus
Malgré tout le plaisir dont mon
ame estfaifie
Fay l'esprit interdit ,confus:
Etje nepuis qu'à peine exprimer
maſurpriſes
Neferois-je point de mépriſe
Si j'allois aujourd'huy croire de
bonne foy ,
Que le fameux Sopbi ſucceſſeur
deCambife
GALANT. 131
Si gratieusement s'aviſe
De penser quelquefois à moy :
Quoy donc le Souverain de vostre
vafte Empire ,
Sçauroit que dansParis Thelefile
respire ,
Aimant l'Histoire&lePlan
De Perfepolis, d'Ispahan :
Maispour ſçavoir enfin ce qu'il
faut quej'enpense ,
DaignezbientoftSeigneurOchus,
Par l'honneurde vostre prefence ,
Eclaircir monfort là deſſus ;
Et de grace daignez de plus
Montrer vos Lettres de creance ;
Vous écrivez d'un tourſi rempli
d'éloquence ,
Niiij
152 MERCURE
Que vous féduiriez aiſement
Uncoeur lemien remmoins
que le
pli de défiances
Mais enfin ce tour fi charmant ,
Soi qu'iill vienne d'Ochus , ou
d'une amic illuftre ,
Del'Orient a tout le fre
O vousdonc qui joignez à defi
doux encens
Encor de gratieux preſens ,
Paroiffezànos yeux , calmez la
Faloufie
Ou de l'Europe , ou de l'Afie ;
Ab que l'une des d'ux enviera
vos talens.
La Cafferte que le faux de
Courpuis avoit envoyée avec
1
GALANT. 153
fa ſeconde Lettre fut annoncée
dés le même jour aux meilleures
amies de Mademoiselle
Lheritier , &toutes furent invitées
de venir dés le lende
main partager avec elle les
choſes rares qu'elle pouvoit
contenir ; chacune à ſon gre
s'y deſtina un bijoux , ou en
bague , ou en Croix ; les rubis
&les perles étoient leurs moindres
eſperances , & Mademoifelle
Lheritier qui affura àtou
tes les Dames qui entroient
chez elle , qu'elle avoit une
caffette tres lourde à partager
avec elles ; leur fit enfin ſervir
154 MERCURE
un bon ambigu , oùla caffette
devenuë pâté de canards d'Amiens
, étoit en beau point de
vûë , ſur un ſurtout , au milieu
de la table ; on avoit faim , &
tous dirent d'une voix queM.
de Courpuis faifoit fes preſents
tres à propos ; les Dames
opinerent , & affurerent
toutes que le faux de Courpuis
étoit preſent; celuyqu'elles
nommerent ne s'en défendit
point trop ; on bût à fa
ſanté , on le remercia , & on
l'aſſura fort que pareilles fupercheries
Leroient toujours
bien receuës.
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Résumé : L'INTERPRETE GALANT. Nouvelle.
Mademoiselle Lheritier, connue sous le nom de Téléphile, est impliquée dans une série d'événements avec un individu se faisant passer pour M. de Courpuis, prétendu interprète et secrétaire de l'ambassadeur du roi de Perse, Ochus. Cet inconnu envoie à Mademoiselle Lheritier deux lettres et des présents, prétendant qu'ils proviennent de l'ambassadeur. Les lettres, rédigées en style persan, expriment l'admiration du roi de Perse pour Louis XIV et demandent des portraits de dames françaises distinguées par leurs talents, incluant Mademoiselle Lheritier. Elle reçoit également des cadeaux tels que du sucre et du café. En réponse, elle compose des poèmes de remerciement. Les académies de Pau et de Toulouse lui envoient également des lettres académiques. Simultanément, un individu se fait passer pour l'interprète et secrétaire Courpuis, adressant à Mademoiselle Lheritier une lettre en persan, prétendument traduite. Cette lettre loue les qualités du monarque perse et mentionne que ce dernier a reconnu Louis XIV grâce à un poème de Mademoiselle Lheritier. L'ambassadeur fictif exprime son admiration et son honneur d'être nommé ambassadeur auprès d'un prince aussi grand. Bien que consciente de la supercherie, Mademoiselle Lheritier accepte une cassette offerte par Courpuis et organise une réception où elle partage avec ses amies un pâté de canards, présenté comme la fameuse cassette. Les invitées, croyant à la ruse, complimentent Courpuis et apprécient sa supercherie. Le texte se conclut par cette scène où les dames célèbrent la fausse générosité de Courpuis, qui ne se défend pas des accusations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1858
p. 253-257
A MADEMOISELLE Maximilienne Emmanuelle Marie-Anne de Tavannes. Sur l'Air : Tout cela m'est indifferent, ou vostre jeu fait icy grand bruit.
Début :
Que de regrets va remporter [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Tavannes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE Maximilienne Emmanuelle Marie-Anne de Tavannes. Sur l'Air : Tout cela m'est indifferent, ou vostre jeu fait icy grand bruit.
A MADEMOISELLE
Maxinulienne Emmanuelle
Marie-Anne de Tavannes .
Sur l'Air : Tout cela m'eſt indifferent ,
ou voſtre jen fait icy grand brait.
Que de regrets waremporter
LePrince preſt à nous quitter !
Pour confoler un peu la France
Il veut bienylaiſſerſon nom ,
Tavannes a cette preference :
Quel nouveau lustre enfa Mai-
4 fon!
ॐ
Digne filleulle d'un Cefar
Aquels honneur n'as tu point
part ?
254 MERCURE
De Vendofme le coeur confpire
A te faire un fort plein d'attraits?
Puiſſe-tujuſques dans l'Empire
Publier un jour ſes bien-faits.
Si tu peux du moins l'imiter
Je te prédis fans beziter ,
Autant de vertu , de fazeſſe
De bonté, de charmes divers
Que le nomde cette Princeffe
Ade gloire en tout l'Univers.
Baviere aime trop lesHeros
Pournepas cherirceux de Saulx,
Ilſcait qu'ils brillent dans l'Hif
toire :
GALANT. 255
h
1
Déja ton afrerefou fesyeux ,
Promet de voler à la gloire
Deſes plus triomphants ayeux.
Dans ton Parrain quel protecteur
Qu'unſimagnanime Electeur !
Pourfuivrefon Auguste trace
Tonfangse retrouve igermain :
b Le jeume Marquis de Tavannes,
frere de la nouvelle Baptifée ſçait l'Aflemand
quoy qu'il n'ait pas encore 9.
ans ; & il eût l'honneur de parler fibiencette
Langue à S. A. E. au furet de
ce Baptefme , qu'elle en a témoigné
beaucoup de fatisfaction .
iCe fût la mere du Maréchal de
Tavannes,duquel font iffus tous lesMrs
de Tavannes d'aujourd'huy ; laquelle
eſtant Allemande , & ſe nommant
256 MERCURE
Iln'est de cadet dans ta race
Qui n'ait l'ame d'un vieuxRomain.
J'ay appris que ces Couplets
que ces Couplets
font de M.de Solleyne , Subdelegué
de M. l'Intendant de
Bourgogne au département
Marguerite de Tavannes , vint époufer
en Bourgogue Jean de Saulx ,& commença
à faire prendre , il y a plus de
deux Siecles , le far-nom de Tavannes
àſesdeſcendans,qui l'ont toûjours porté
depuis qu'Elle & fon frere Jean de
Tavannes , Chevalier Seigneur de
Dello , natif du Comté de Ferrette
en Allemagne , qui en amena pour
lors les bandes noires au ſervice de la
France , & duquel elle fût heritiere ,
eurent apporté d'Allemagne le ſurnom
de Tavannes en la Maiſon de
Saulx.
d'Auxerre ,
GALANT. 257
d'Auxerre , & fils de M. Mar- .
tineau , cy-devant Seigneurde
Marnay , quatriéme Préſident
de pere en fils en cette Ville.
Maxinulienne Emmanuelle
Marie-Anne de Tavannes .
Sur l'Air : Tout cela m'eſt indifferent ,
ou voſtre jen fait icy grand brait.
Que de regrets waremporter
LePrince preſt à nous quitter !
Pour confoler un peu la France
Il veut bienylaiſſerſon nom ,
Tavannes a cette preference :
Quel nouveau lustre enfa Mai-
4 fon!
ॐ
Digne filleulle d'un Cefar
Aquels honneur n'as tu point
part ?
254 MERCURE
De Vendofme le coeur confpire
A te faire un fort plein d'attraits?
Puiſſe-tujuſques dans l'Empire
Publier un jour ſes bien-faits.
Si tu peux du moins l'imiter
Je te prédis fans beziter ,
Autant de vertu , de fazeſſe
De bonté, de charmes divers
Que le nomde cette Princeffe
Ade gloire en tout l'Univers.
Baviere aime trop lesHeros
Pournepas cherirceux de Saulx,
Ilſcait qu'ils brillent dans l'Hif
toire :
GALANT. 255
h
1
Déja ton afrerefou fesyeux ,
Promet de voler à la gloire
Deſes plus triomphants ayeux.
Dans ton Parrain quel protecteur
Qu'unſimagnanime Electeur !
Pourfuivrefon Auguste trace
Tonfangse retrouve igermain :
b Le jeume Marquis de Tavannes,
frere de la nouvelle Baptifée ſçait l'Aflemand
quoy qu'il n'ait pas encore 9.
ans ; & il eût l'honneur de parler fibiencette
Langue à S. A. E. au furet de
ce Baptefme , qu'elle en a témoigné
beaucoup de fatisfaction .
iCe fût la mere du Maréchal de
Tavannes,duquel font iffus tous lesMrs
de Tavannes d'aujourd'huy ; laquelle
eſtant Allemande , & ſe nommant
256 MERCURE
Iln'est de cadet dans ta race
Qui n'ait l'ame d'un vieuxRomain.
J'ay appris que ces Couplets
que ces Couplets
font de M.de Solleyne , Subdelegué
de M. l'Intendant de
Bourgogne au département
Marguerite de Tavannes , vint époufer
en Bourgogue Jean de Saulx ,& commença
à faire prendre , il y a plus de
deux Siecles , le far-nom de Tavannes
àſesdeſcendans,qui l'ont toûjours porté
depuis qu'Elle & fon frere Jean de
Tavannes , Chevalier Seigneur de
Dello , natif du Comté de Ferrette
en Allemagne , qui en amena pour
lors les bandes noires au ſervice de la
France , & duquel elle fût heritiere ,
eurent apporté d'Allemagne le ſurnom
de Tavannes en la Maiſon de
Saulx.
d'Auxerre ,
GALANT. 257
d'Auxerre , & fils de M. Mar- .
tineau , cy-devant Seigneurde
Marnay , quatriéme Préſident
de pere en fils en cette Ville.
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Résumé : A MADEMOISELLE Maximilienne Emmanuelle Marie-Anne de Tavannes. Sur l'Air : Tout cela m'est indifferent, ou vostre jeu fait icy grand bruit.
Le texte est un poème et un récit historique sur la famille de Tavannes. Il commence par une dédicace à Marie-Anne de Tavannes, fille de Maximinienne Emmanuelle, et mentionne le départ imminent d'un prince, probablement Louis XIV, qui laisse son nom pour consoler la France. Le texte loue les qualités de Marie-Anne, prédisant qu'elle pourrait imiter les bienfaits d'une princesse célèbre, et souligne l'amour de la Bavière pour les héros. Il évoque également le frère de Marie-Anne, le jeune Marquis de Tavannes, qui maîtrise déjà l'allemand et a impressionné un électeur auguste lors de son baptême. La famille de Tavannes est décrite comme ayant une lignée noble et courageuse, avec des ancêtres allemands ayant servi en France. Marguerite de Tavannes, mère du Maréchal de Tavannes, était allemande et a apporté le nom de Tavannes à sa famille en épousant Jean de Saulx. Leur frère, Jean de Tavannes, a introduit les bandes noires au service de la France. Le texte mentionne aussi des couplets composés par M. de Solleyne, subdélégué de l'intendant de Bourgogne, et souligne la continuité du nom de Tavannes depuis plus de deux siècles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1859
p. 258-261
SONNET en bouts-rimez.
Début :
mais en verité d'une vingtaine de Sonnets que j'ay / Le Villageois formé pour le sec & en la ... herse [...]
Mots clefs :
Époux, Femme, Passions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET en bouts-rimez.
mais
en verité d'une vingtaine de
Sonnets que j'ay receus , il ne
s'en eſt trouvé que les cinq
que jevous donne, où la Rime
deRazibus ait été franchied'une
maniere qui ne pût pas m'épouvanter
, quoyque je ne me
pique pas d'eſtre fort timide.
Ce diable de mot étoit orné
dans tous les autres , de Poëfies
figaillardes , que j'ay jugé
à propos de les fupprimer tous
àl'exception ( comme je vous
▼
GALANT. 259
difois fortbientout àl'heure )
des cinq que voicy. Le premier
de ces Sonnets eſt de la
compoſition d'un jeunehomme
de douze on treize ans ,&
qui m'abien la mine d'en avoir
quinze , ou peu s'en faut. Qu'
importe ? il eſt plein de bonne
volonté,& promet beaucoup."
2
SONNET
enbouts-rimez.
Le Villageois formé pour lefoc 1
ba herfe
2
Aujourd'huy trouve accés chezla
5
Bourgeoisean bain
Et l'époux mal-heureux dont il
Yij
260 MERCURE
percele
tour le
fein
D'un trait aussi cuisant, àson
traverſe
Aux puiſſans Souverains comme
aux gensde commerce . *
Le chef se voit paré du bonnet
de Vulcain
Et le Mary par tout même a
climat lointain
Se reconnoist Souvent dans les
tableaux de Perfe
Ainsi donc pour avoir lefront
à rafibus
Alcipeneprendpoint pour femme
une Venus
Contraint tes passions comme fit
Origene
Ou bien dansce lien fi fertile en
Laïs
GALANT. 261
Tu te verras bien-tôt par quelque
beau Paris
Ainsi que Menelas privé de ton
Helene
en verité d'une vingtaine de
Sonnets que j'ay receus , il ne
s'en eſt trouvé que les cinq
que jevous donne, où la Rime
deRazibus ait été franchied'une
maniere qui ne pût pas m'épouvanter
, quoyque je ne me
pique pas d'eſtre fort timide.
Ce diable de mot étoit orné
dans tous les autres , de Poëfies
figaillardes , que j'ay jugé
à propos de les fupprimer tous
àl'exception ( comme je vous
▼
GALANT. 259
difois fortbientout àl'heure )
des cinq que voicy. Le premier
de ces Sonnets eſt de la
compoſition d'un jeunehomme
de douze on treize ans ,&
qui m'abien la mine d'en avoir
quinze , ou peu s'en faut. Qu'
importe ? il eſt plein de bonne
volonté,& promet beaucoup."
2
SONNET
enbouts-rimez.
Le Villageois formé pour lefoc 1
ba herfe
2
Aujourd'huy trouve accés chezla
5
Bourgeoisean bain
Et l'époux mal-heureux dont il
Yij
260 MERCURE
percele
tour le
fein
D'un trait aussi cuisant, àson
traverſe
Aux puiſſans Souverains comme
aux gensde commerce . *
Le chef se voit paré du bonnet
de Vulcain
Et le Mary par tout même a
climat lointain
Se reconnoist Souvent dans les
tableaux de Perfe
Ainsi donc pour avoir lefront
à rafibus
Alcipeneprendpoint pour femme
une Venus
Contraint tes passions comme fit
Origene
Ou bien dansce lien fi fertile en
Laïs
GALANT. 261
Tu te verras bien-tôt par quelque
beau Paris
Ainsi que Menelas privé de ton
Helene
Fermer
Résumé : SONNET en bouts-rimez.
Le texte évoque la sélection de sonnets reçus par l'auteur, dont seuls cinq ont été retenus pour leur qualité rhymée. Les autres, jugés inappropriés et qualifiés de 'poésies figaillardes', ont été écartés. Le premier sonnet choisi, intitulé 'Le Villageois formé pour le foc', est l'œuvre d'un jeune garçon de douze ou treize ans, paraissant en avoir quinze. Ce sonnet aborde divers thèmes sociaux et humains. Il décrit comment un villageois, préparé pour la guerre, accède aux milieux bourgeois et comment un époux malheureux éprouve une douleur intense, comparable à celle des souverains ou des commerçants. Le texte utilise des métaphores impliquant Vulcain, Mars, ainsi que des figures mythologiques telles qu'Alcipène, Origène, Laïs et Ménélas, pour illustrer différentes situations humaines et morales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1860
p. 261-263
SONNET en bouts-rimez à Mademoiselle de S.
Début :
L'Auteur de celuy-cy est un jeune homme de vingt-deux / Sur la fin d'un beau jour Licas quittant la .. herse [...]
Mots clefs :
Amant, Berger
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texteReconnaissance textuelle : SONNET en bouts-rimez à Mademoiselle de S.
L'Auteurde celuy cy eſt un
jeune homme de vingt- deux
ans, Auteur auffi d'ailleurs . Auteur
primo , de l'Histoire & des
Avantures galantesdu fameux
Maréchal de Boucicault , &depuis
peu de l'Histoire tragique
& veritable du Czar Demetrius
, qu'on aſſure être fort
intereſſante & fort curieuſe ;
j'en diray mon ſentiment ,ou
plutôt celuy de ceux qui l'auront
lûë , quand je l'auray lue
262 MERCURE
moy-même , en attendant
voicy leSonnet dont ilm'a fait
preſent. C'est un Sonnet.
SONNET
en bouts-rimez à Mademoifelle
de S.
t
Sur lafin d'un beau jour Licas
quittant la herfe
Rencontra fon Iris qui revenoit
du bain
Une tendre rougeur qui parut fur
fein fon
Promit à ce berger un bonheur
Sans traverſe
Ils étoient faits tout deux pour
L'amoureux commerce
GALANT. 4 263
Licas estoit de taille à desoler
Vulcain
Son Irisſembloit née en ce climat
lointain
QQuuiippeenuple les Serails de Turquie
de Perfe
Sur un gazon naiſſant & tondu
rafibus
Croyez vous qu'au mépris des
plaisirs de Venus
Ils pratiquoient alors les leçons
d'Origene
Pourquoy les Suivre seule
adorable Laïs
Vostre amant est plus beau que
Licas,que Paris
Serez vous plus cruelle &
qu' Iris . qu'Helene
jeune homme de vingt- deux
ans, Auteur auffi d'ailleurs . Auteur
primo , de l'Histoire & des
Avantures galantesdu fameux
Maréchal de Boucicault , &depuis
peu de l'Histoire tragique
& veritable du Czar Demetrius
, qu'on aſſure être fort
intereſſante & fort curieuſe ;
j'en diray mon ſentiment ,ou
plutôt celuy de ceux qui l'auront
lûë , quand je l'auray lue
262 MERCURE
moy-même , en attendant
voicy leSonnet dont ilm'a fait
preſent. C'est un Sonnet.
SONNET
en bouts-rimez à Mademoifelle
de S.
t
Sur lafin d'un beau jour Licas
quittant la herfe
Rencontra fon Iris qui revenoit
du bain
Une tendre rougeur qui parut fur
fein fon
Promit à ce berger un bonheur
Sans traverſe
Ils étoient faits tout deux pour
L'amoureux commerce
GALANT. 4 263
Licas estoit de taille à desoler
Vulcain
Son Irisſembloit née en ce climat
lointain
QQuuiippeenuple les Serails de Turquie
de Perfe
Sur un gazon naiſſant & tondu
rafibus
Croyez vous qu'au mépris des
plaisirs de Venus
Ils pratiquoient alors les leçons
d'Origene
Pourquoy les Suivre seule
adorable Laïs
Vostre amant est plus beau que
Licas,que Paris
Serez vous plus cruelle &
qu' Iris . qu'Helene
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Résumé : SONNET en bouts-rimez à Mademoiselle de S.
Le texte parle d'un jeune auteur de vingt-deux ans ayant écrit 'L'Histoire & des Avantures galantes du fameux Maréchal de Boucicault' et récemment 'L'Histoire tragique & veritable du Czar Demetrius'. L'auteur prévoit de donner son avis sur cette dernière œuvre après l'avoir lue. En attendant, il partage un sonnet dédié à Mademoiselle de S. Ce sonnet relate la rencontre de Licas et Iris, promettant un bonheur sans tracas. Licas est décrit comme capable de rendre jaloux Vulcain, tandis qu'Iris est comparée aux beautés des sérails de Turquie et de Perse. Le poème suggère que, malgré leur beauté, ils ne pratiquent pas les plaisirs de Vénus mais plutôt les leçons d'Origène. L'auteur conclut en comparant l'amant de Laïs à Licas et Paris, se demandant si elle sera plus cruelle qu'Iris et Hélène.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1861
p. 264-266
SONNET en bouts-rimez.
Début :
J'aimerois volontiers celuy qui suit autant que le second, / Quand de mon Pont-levis j'ay fait lever . herse [...]
Mots clefs :
Époux, Dames, Persans
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texteReconnaissance textuelle : SONNET en bouts-rimez.
J'aimerois volontiers celuy
qui fuit autantque le ſecond ,
&mieux que le premier , il eſt
de la façon d'uneDame pleine
de merite & d'eſprit , &qui Fa
fait en un tourde main ; mais
dites-vous, le tempsnefait rien
àla chose ; elle ſçait cela comme
nous , Meſſieurs , & fair
bien de ne s'en mettre guere
en peine, Voicy à telle fin de
raiſon le Sonnet pour qui je
parie.
SONNET,.
GALANT . 265
SONNET
en bouts- rimez.
Quand de mon Pont-levis j'ay
• fait lever la herfe
Seule avec mon époux ,jeris , je
prens le bain
Jeluy montrefans art ce que j'ay
dansle fein
Sans craindre des jaloux la plus
Simple traverſe
Là nous ne parlons point de ce
maudit commerce
Qui trouble le repos du malhenreux
Vulcain
Nous voyons ces horreurs comme
dans un lointain
Et croyonsque ce gout ne reſide
qu'en Perfe
Mars 1715 . Z
266 MERCURE
Si ce n'est dans ce lieu , c'est du
moins rafibus
Car nombrede Perfans quifont ici
venus
Conviennentque chez eux il estpeu
t
d'Origene
Que les Dames y sont presque
toutes Laïs
Et qu'on fait sans façon tout ce
quefit Paris
Quand il cut triomphe de la
beauté d'Helene
qui fuit autantque le ſecond ,
&mieux que le premier , il eſt
de la façon d'uneDame pleine
de merite & d'eſprit , &qui Fa
fait en un tourde main ; mais
dites-vous, le tempsnefait rien
àla chose ; elle ſçait cela comme
nous , Meſſieurs , & fair
bien de ne s'en mettre guere
en peine, Voicy à telle fin de
raiſon le Sonnet pour qui je
parie.
SONNET,.
GALANT . 265
SONNET
en bouts- rimez.
Quand de mon Pont-levis j'ay
• fait lever la herfe
Seule avec mon époux ,jeris , je
prens le bain
Jeluy montrefans art ce que j'ay
dansle fein
Sans craindre des jaloux la plus
Simple traverſe
Là nous ne parlons point de ce
maudit commerce
Qui trouble le repos du malhenreux
Vulcain
Nous voyons ces horreurs comme
dans un lointain
Et croyonsque ce gout ne reſide
qu'en Perfe
Mars 1715 . Z
266 MERCURE
Si ce n'est dans ce lieu , c'est du
moins rafibus
Car nombrede Perfans quifont ici
venus
Conviennentque chez eux il estpeu
t
d'Origene
Que les Dames y sont presque
toutes Laïs
Et qu'on fait sans façon tout ce
quefit Paris
Quand il cut triomphe de la
beauté d'Helene
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Résumé : SONNET en bouts-rimez.
Le texte présente un sonnet intitulé 'GALANT' et un poème en bouts-rimés. Le sonnet dépeint une scène intime entre une femme et son époux, où elle expose ses charmes sans crainte des jaloux. Ils évitent de discuter du 'maudit commerce' perturbant Vulcain, le dieu forgeron, et considèrent les horreurs de l'infidélité comme éloignées, croyant que ce penchant n'existe qu'en Perse. Le poème, daté de mars 1715, souligne que certaines pratiques, bien que non présentes dans un lieu spécifique, existent ailleurs. Il mentionne que beaucoup admettent que chez eux, il y a peu d'originalité, que les femmes y sont presque toutes libertines, et que l'on y pratique ouvertement ce que Paris fait après avoir triomphé de la beauté d'Hélène.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1862
p. 266-268
SONNET.
Début :
Pour celuy cy il me paroît assez bien raisonné jusqu'au / Entreprendre un Sonnet c'est tirer à la .. herse [...]
Mots clefs :
Apollon, Sonnet, Grand Louis, Ambassadeur de Perse
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texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Pour celuy cy il me paroît
affez bien raiſonné juſqu'au
premier Tiercet , où il commence
à s'embroüiller : les Rimes
difficiles l'embarraſſent :
mais il finitbien.
GALANT . 167
SONNET.
Entreprendre un Sonnet c'eft tirer
àla herfe
De l'eau de mes fueurs onrempliroit
un bain
Effet de l'incendie allumé dans
mon fein
O de l'art d'Apollon la penible
traverſet
Pourpayer ceux quifont exceller
ce commerce
Cent fois plus fatiguant que l'employde
• Vulcain ,
Seroit peu des tresors que d'unpays
lointain
Apporte au Grand Louis , l'Am
baffadeur de Perfe
Zij
268 MERCURE
Maisdanscefiecle ingrat ilsvivent
Razibus
Ils n'ont que peu depart aux plaifirs
de Venus.
On les verra bientoft Disciples
d' Origene.
C'est en vain qu'un Rimeurfoupire
pour Laïs ,
que Paris ,
Quand ilferoit encor plus galant
Sans argent il n'est point de Laïs
ni d. Helene.
affez bien raiſonné juſqu'au
premier Tiercet , où il commence
à s'embroüiller : les Rimes
difficiles l'embarraſſent :
mais il finitbien.
GALANT . 167
SONNET.
Entreprendre un Sonnet c'eft tirer
àla herfe
De l'eau de mes fueurs onrempliroit
un bain
Effet de l'incendie allumé dans
mon fein
O de l'art d'Apollon la penible
traverſet
Pourpayer ceux quifont exceller
ce commerce
Cent fois plus fatiguant que l'employde
• Vulcain ,
Seroit peu des tresors que d'unpays
lointain
Apporte au Grand Louis , l'Am
baffadeur de Perfe
Zij
268 MERCURE
Maisdanscefiecle ingrat ilsvivent
Razibus
Ils n'ont que peu depart aux plaifirs
de Venus.
On les verra bientoft Disciples
d' Origene.
C'est en vain qu'un Rimeurfoupire
pour Laïs ,
que Paris ,
Quand ilferoit encor plus galant
Sans argent il n'est point de Laïs
ni d. Helene.
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Résumé : SONNET.
Le texte décrit la difficulté de composer un sonnet, comparée à des tâches ardentes et pénibles. Les poètes, malgré leur effort, sont mal récompensés et vivent dans la pauvreté. Ils risquent de renoncer aux plaisirs terrestres. Sans argent, même les figures mythologiques comme Laïs et Hélène deviennent inaccessibles.
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1863
p. 268-271
L'AMANT IMPATIENT. SONNET.
Début :
Celuy-cy est d'un de mes amis, que je ne connois pas, / Vos rigueurs, belles Iris, pour moi sont une . herse, [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : L'AMANT IMPATIENT. SONNET.
Celuy- cy eſt d'un de mes
amis , que je ne connois pas ,
le titre en fait l'éloge , & je répondrois
à ſa Lettre , s'il m'avoit
écrit plutôt ; mais je le
GALANT. 269
prie , comme tout le monde ,
de m'adreſſer ce qu'on m'enverra
d'orénavant , chez D.
Jollet ,& J. Lamefle , au Livre
Royal , au bout du Pont S.
Michel , du cofté du Marché-
Neuf.
L'AMANT IMPATIENT.
SONNET.
Vosrigueurs,belleIris,pourmož
Sont une herſe,
Vouspensezquemespleursmefourniront
un bain,
Que je vais m'enfoncer un poignard
dans le fein
Zij
270 MERCURE
Non:j'en veux arracherle trait
qui le traverſe.
Je cherchois prés de vous un aimable
• commerce
Mais vosfers trop pesans , même
pour un
Vulcain
M'ontfait appercevoir un martire
en lointain
Plus cruelàfouffrir qu'un esclavageen
Perfe
Vos coups contre mon coeurpafferont
Razibus
Qui voit dans les tourmens des
charmes en Venus,
Peut prendre fans effroyle party
d Origene.
Suivezdedouces loix ,Sans imiter
Lais ,
GALANT 278
t
Voulez-vous un amant plus tendre
que
Paris
Montrez-luy de l'amour ,fans le
foibled' Helene.
amis , que je ne connois pas ,
le titre en fait l'éloge , & je répondrois
à ſa Lettre , s'il m'avoit
écrit plutôt ; mais je le
GALANT. 269
prie , comme tout le monde ,
de m'adreſſer ce qu'on m'enverra
d'orénavant , chez D.
Jollet ,& J. Lamefle , au Livre
Royal , au bout du Pont S.
Michel , du cofté du Marché-
Neuf.
L'AMANT IMPATIENT.
SONNET.
Vosrigueurs,belleIris,pourmož
Sont une herſe,
Vouspensezquemespleursmefourniront
un bain,
Que je vais m'enfoncer un poignard
dans le fein
Zij
270 MERCURE
Non:j'en veux arracherle trait
qui le traverſe.
Je cherchois prés de vous un aimable
• commerce
Mais vosfers trop pesans , même
pour un
Vulcain
M'ontfait appercevoir un martire
en lointain
Plus cruelàfouffrir qu'un esclavageen
Perfe
Vos coups contre mon coeurpafferont
Razibus
Qui voit dans les tourmens des
charmes en Venus,
Peut prendre fans effroyle party
d Origene.
Suivezdedouces loix ,Sans imiter
Lais ,
GALANT 278
t
Voulez-vous un amant plus tendre
que
Paris
Montrez-luy de l'amour ,fans le
foibled' Helene.
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Résumé : L'AMANT IMPATIENT. SONNET.
Le document se compose de deux parties. La première est une note administrative où l'auteur demande à un ami inconnu de lui adresser toute correspondance future chez D. Jollet et J. Lamefle, au Livre Royal, près du Pont Saint-Michel, côté Marché-Neuf. La seconde partie est un sonnet intitulé 'L'Amant impatient'. Dans ce poème, le locuteur exprime son désespoir face à la cruauté de sa bien-aimée, Iris. Il compare les rigueurs d'Iris à une herse et affirme préférer arracher la flèche qui le blesse plutôt que de continuer à souffrir. Il décrit ses pleurs comme un martyre plus cruel qu'un esclavage et ses coups comme des tourments insupportables. Le locuteur conseille à ceux qui trouvent du charme dans la souffrance amoureuse de suivre des lois douces et de ne pas imiter Lais. Il invite Iris à montrer de l'amour sans faiblesse pour trouver un amant plus tendre que Pâris.
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1864
p. 271-272
« Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...] »
Début :
Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : « Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...] »
Aprés vous avoir dit naturellement,&
en peu de mots ,
ce que jepenſe de ces Sonnets,
trouvez bon que j'en prie les
Auteurs de ne pas me ſçavoir
mauvais gré , ſi , en ſuivant
toûjours le texte de la Scenedu
Sonnet du Myſantrope , je
{
leur avoue que les quatre petits
vers qu'on valire ,meplaiſent
autant que tous les Sonnets
du monde. Ils font de la
façon d'une belle& fpirituelle
Ziiij
272 MERCURE
Dame qui les a faits par impromptu
à la loüange de Son
AlteſſeMademoiselle de Clermont
, Princeſſe de l'auguſte
Maiſon de Bourbon , & fe
chantent ſur l'air : Vivons comme
le Voisin vit.
L'Amour dit qu'il n'a plus
befoin
De carquois ni d'adreſſe
Il prendra ſeulement lefoin
Demontrer la Princeffe.
en peu de mots ,
ce que jepenſe de ces Sonnets,
trouvez bon que j'en prie les
Auteurs de ne pas me ſçavoir
mauvais gré , ſi , en ſuivant
toûjours le texte de la Scenedu
Sonnet du Myſantrope , je
{
leur avoue que les quatre petits
vers qu'on valire ,meplaiſent
autant que tous les Sonnets
du monde. Ils font de la
façon d'une belle& fpirituelle
Ziiij
272 MERCURE
Dame qui les a faits par impromptu
à la loüange de Son
AlteſſeMademoiselle de Clermont
, Princeſſe de l'auguſte
Maiſon de Bourbon , & fe
chantent ſur l'air : Vivons comme
le Voisin vit.
L'Amour dit qu'il n'a plus
befoin
De carquois ni d'adreſſe
Il prendra ſeulement lefoin
Demontrer la Princeffe.
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Résumé : « Aprés vous avoir dit naturellement, & en peu de mots, [...] »
L'auteur apprécie quatre vers composés spontanément par une dame en hommage à la Princesse de Clermont. Ces vers, chantés sur l'air 'Vivons comme le Voisin vit', sont jugés supérieurs à tous les sonnets. Ils évoquent l'Amour sans besoin de carquois ni d'adresse. L'auteur demande aux auteurs de sonnets de ne pas lui en vouloir pour cette préférence.
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1865
p. 272-276
RONDEAU sur un baiser.
Début :
MONSIEUR, je vous assure que je suis tres-sensible à la Lettre obligeante que / Ce doux baiser que je vous ay surpris, [...]
Mots clefs :
Baiser, Amant, Sonnet, Rondeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU sur un baiser.
MONSIEUR ,
Je vous affure que jefuis tresſenſibleà
laLettre obligeante que
GALANT. 273
vous me faites l'honneur dem'écrire
;permettez moy neanmoins
de vous direqueje ne donne quere
dans l'écüeildes loüanges : com.
meje n'ensuis pointprodiguepour
les autres ,j'en diſpenſe tout le
monde à mon égard. Je me contente
de paſſer doucement mon
chemin , &des routes naturelles
quejjee!fuis,poureffayerde metirer
d'affaire au bout de chaque mois.
Les bellesparoles nyles promeſſes
n: me tententpas ,&rien ne peut
m'engager àfacrifier la réputation
que m'a acquiſe ma modeſtic
, au plaisir d'écrire un équi.
voque quelque fpirituel qu'il
r
274 MERCURE
puiße estre. Vostre Sonnet eftplein
d'art de genie , mais vous
avezdonnécomme les autres dans
la Rime de Razibus. Cela me
determine à prononcer contre luy ,
il y a abus. Pour vostre Rondeau
, vous l'allez voir traiter
avec moins de rigueur. Jefuis ,
Monfieur ,&c.
RONDEAU
fur un baifer.
Cedoux baifer queje vous ay
Surpris ,
Devoit- il tant vous faſchers
belle Iris,
GALANT. 275
Vostre veriu fans doute est trop
auftere:
Helas !d'étoit le moins que pouvoit
faire ,
De vos appas l'Amant le plus
épris.
C'eſt , dites-vous , la marque
d'un mépris ,
Mais ce n'estpas comme je l'ay
compris,
Fay crú pouvoir volerfans vous
déplaire ,
Ce doux baifer.
Si je ne peux appaiſer vos
efprits .
276 MERCURE
Contre mes feux injustement
aigris ,
Je vousdiraydu crime le mystere,
N'en accusez que l'enfant de
Cythere,
Sansfon confeil je n'aurois jamais
pris
: Ce doux baifer.
Je vous affure que jefuis tresſenſibleà
laLettre obligeante que
GALANT. 273
vous me faites l'honneur dem'écrire
;permettez moy neanmoins
de vous direqueje ne donne quere
dans l'écüeildes loüanges : com.
meje n'ensuis pointprodiguepour
les autres ,j'en diſpenſe tout le
monde à mon égard. Je me contente
de paſſer doucement mon
chemin , &des routes naturelles
quejjee!fuis,poureffayerde metirer
d'affaire au bout de chaque mois.
Les bellesparoles nyles promeſſes
n: me tententpas ,&rien ne peut
m'engager àfacrifier la réputation
que m'a acquiſe ma modeſtic
, au plaisir d'écrire un équi.
voque quelque fpirituel qu'il
r
274 MERCURE
puiße estre. Vostre Sonnet eftplein
d'art de genie , mais vous
avezdonnécomme les autres dans
la Rime de Razibus. Cela me
determine à prononcer contre luy ,
il y a abus. Pour vostre Rondeau
, vous l'allez voir traiter
avec moins de rigueur. Jefuis ,
Monfieur ,&c.
RONDEAU
fur un baifer.
Cedoux baifer queje vous ay
Surpris ,
Devoit- il tant vous faſchers
belle Iris,
GALANT. 275
Vostre veriu fans doute est trop
auftere:
Helas !d'étoit le moins que pouvoit
faire ,
De vos appas l'Amant le plus
épris.
C'eſt , dites-vous , la marque
d'un mépris ,
Mais ce n'estpas comme je l'ay
compris,
Fay crú pouvoir volerfans vous
déplaire ,
Ce doux baifer.
Si je ne peux appaiſer vos
efprits .
276 MERCURE
Contre mes feux injustement
aigris ,
Je vousdiraydu crime le mystere,
N'en accusez que l'enfant de
Cythere,
Sansfon confeil je n'aurois jamais
pris
: Ce doux baifer.
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Résumé : RONDEAU sur un baiser.
Dans cette lettre, l'auteur exprime sa sensibilité face à une lettre reçue, tout en refusant les louanges et les promesses vides. Il critique l'usage excessif des rimes dans un sonnet, le qualifiant d'abus. La lettre contient également un rondeau où l'auteur s'excuse pour un baiser volé, justifiant ce geste par l'amour plutôt que par le mépris. Il attribue cet acte à l'influence de l'amour, personnifié par l'enfant de Cythère.
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1866
p. 277-284
IL LUSTRISSIMO ac nobilissimo viro D. D. Danieli Francisco VOYSIN, Domino du Mesnil, Regiorum Ordinum Commendatori & Franciae Cancellario. Juridica supremi Galliarum Senatus Comitia tenenti.
Début :
Le 14. de ce mois M. le Chancelier vint prendre séance / Quem nos Augusto spectamus stare sedentem [...]
Mots clefs :
Parlement de Paris, Chancelier, Avocat au parlement
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texteReconnaissance textuelle : IL LUSTRISSIMO ac nobilissimo viro D. D. Danieli Francisco VOYSIN, Domino du Mesnil, Regiorum Ordinum Commendatori & Franciae Cancellario. Juridica supremi Galliarum Senatus Comitia tenenti.
Le 14. de ce mois M. le
Chancelier vint prendre ſéance
au Parlement de Paris ; & le
même jour fut jugé le procés
deHenryGervais,Joüeur tresrenommé
, appellant comme
d'abus de ſon mariage avec
Gertrude Boon , fameuſe &
fage Tourneuſe ; & par Arrêt
en l'Audiancede la grand'-
Chambre tenue par M. Voifin
, Chancelier de France ,
contre les concluſions de M.
de Lamoignon , AvocatGeneral
, la Cour a declaré qu'IL
NY AVOIT ABUS , plaidants
M. Guillet de Blaru pour l'ap
278 MERCURE
pellante , M. Arrault pour
Gervais intervenant , M. Chevalier
pour l'Intimée. Onm'a
afſuré que la Cour ne s'étoit
determinée à prononcer ,que
fur ce que les Baladins &gens
deTheatre n'ontpoint de vray
domicile.
Cette Audiance finie , M. le
Sas de Rochermine , Avocat
au Parlement , cût l'honneur
de preſenter à M. le Chancelier
les Vers Latins que voicy.
GALANT. 279
ILLUSTRISSIMO
ac nobiliffimo viro D. D.
Danielı Franciſco VOYSIN ,
Domino du Meſnil , Regiorum
Ordinum Commendatori&
Franciæ Can
cellario. Juridica ſupremi
Galliarum SenatusComitia
tenenti.
Quemnos Auguſto ſpectamus
Starefedentem
In Themidos folio , &facro velut
ore , fideli
Francorum Gentipandentem oraculaRegis
,
180 MERCURE
Moribusille fibi meritos devinxithonores
,
Gloria &immensi merces fuit
... aqua laboris.
Gentis ut avertas vicinaperi-
7
cula,miffum
Te ,VICINE , putant nobis
ex athere cives
Applaufu quorum festivo perſonatAula.
Prefectum annona per te recreatus
opima :
Quot Belga &Batavi audaces
audacior urbes
Ferro expugnaffet miles , nutricia
Regno
Ryfwicea LODOIX dederat
nê
GALANT. 281.
nî femina pacis ?
Felices tunc nos pax fi longeva
fuißet ,
Nec citoſavißet toto Mars impius
orbe ?
Quidqueror ? Invicti fancta
+ in penetralia Regis
Admiffus ,quoties hoftilia mente
Sagaci
Confilia evertit prænuncius ?
Omnia vidit
Subverſa , Europamftammis ,
ferroque cadentem;
Sed penitus noftrasVICINUS
reftituit res.
Gallica multiplici dudum memorata
triumpho
Mars 1715. Aa
282 MERCURE
Suftinuit prudens arma ingenio ,
atque peripfum
Impofita eft confanguineo ultima
bello
Quodſociâ noftros bruma vastaverat
agros ,
Centuplicem nuncqui referunt
cala auspice,frugem.
Gracia tanta , tui donum regale
manebat
Mercedem meriti ; nec enim te
dignior usquam
Quifacrajuratogaregeret ,popu-
Loque benignus
Justitia&pacisſociales fundere
poffer
Fructus ,&fontum miferatus
GALANT. 283
flectere fortes.
Refpicit Ajtream tecum Bellona
jocantem
Invida , non ultro victriciaſcuta
reponens ,
Ettingendafuritferrugine , dextra
tenebit
Dum tua continuo Lancis mode
ramen ,er Enfis.
Jura colens Themidis ,dam-
***nofas destrue lites :
Destruat pietas tua bella domeſtica
,nuper 150
Que vefanus amor zelo excandefcere
fecit.
VICINO dignos, cives , de
cernite honores
Aaij
284 MERCURE
EtRegem longos tandem comiteturin
annos.
Chancelier vint prendre ſéance
au Parlement de Paris ; & le
même jour fut jugé le procés
deHenryGervais,Joüeur tresrenommé
, appellant comme
d'abus de ſon mariage avec
Gertrude Boon , fameuſe &
fage Tourneuſe ; & par Arrêt
en l'Audiancede la grand'-
Chambre tenue par M. Voifin
, Chancelier de France ,
contre les concluſions de M.
de Lamoignon , AvocatGeneral
, la Cour a declaré qu'IL
NY AVOIT ABUS , plaidants
M. Guillet de Blaru pour l'ap
278 MERCURE
pellante , M. Arrault pour
Gervais intervenant , M. Chevalier
pour l'Intimée. Onm'a
afſuré que la Cour ne s'étoit
determinée à prononcer ,que
fur ce que les Baladins &gens
deTheatre n'ontpoint de vray
domicile.
Cette Audiance finie , M. le
Sas de Rochermine , Avocat
au Parlement , cût l'honneur
de preſenter à M. le Chancelier
les Vers Latins que voicy.
GALANT. 279
ILLUSTRISSIMO
ac nobiliffimo viro D. D.
Danielı Franciſco VOYSIN ,
Domino du Meſnil , Regiorum
Ordinum Commendatori&
Franciæ Can
cellario. Juridica ſupremi
Galliarum SenatusComitia
tenenti.
Quemnos Auguſto ſpectamus
Starefedentem
In Themidos folio , &facro velut
ore , fideli
Francorum Gentipandentem oraculaRegis
,
180 MERCURE
Moribusille fibi meritos devinxithonores
,
Gloria &immensi merces fuit
... aqua laboris.
Gentis ut avertas vicinaperi-
7
cula,miffum
Te ,VICINE , putant nobis
ex athere cives
Applaufu quorum festivo perſonatAula.
Prefectum annona per te recreatus
opima :
Quot Belga &Batavi audaces
audacior urbes
Ferro expugnaffet miles , nutricia
Regno
Ryfwicea LODOIX dederat
nê
GALANT. 281.
nî femina pacis ?
Felices tunc nos pax fi longeva
fuißet ,
Nec citoſavißet toto Mars impius
orbe ?
Quidqueror ? Invicti fancta
+ in penetralia Regis
Admiffus ,quoties hoftilia mente
Sagaci
Confilia evertit prænuncius ?
Omnia vidit
Subverſa , Europamftammis ,
ferroque cadentem;
Sed penitus noftrasVICINUS
reftituit res.
Gallica multiplici dudum memorata
triumpho
Mars 1715. Aa
282 MERCURE
Suftinuit prudens arma ingenio ,
atque peripfum
Impofita eft confanguineo ultima
bello
Quodſociâ noftros bruma vastaverat
agros ,
Centuplicem nuncqui referunt
cala auspice,frugem.
Gracia tanta , tui donum regale
manebat
Mercedem meriti ; nec enim te
dignior usquam
Quifacrajuratogaregeret ,popu-
Loque benignus
Justitia&pacisſociales fundere
poffer
Fructus ,&fontum miferatus
GALANT. 283
flectere fortes.
Refpicit Ajtream tecum Bellona
jocantem
Invida , non ultro victriciaſcuta
reponens ,
Ettingendafuritferrugine , dextra
tenebit
Dum tua continuo Lancis mode
ramen ,er Enfis.
Jura colens Themidis ,dam-
***nofas destrue lites :
Destruat pietas tua bella domeſtica
,nuper 150
Que vefanus amor zelo excandefcere
fecit.
VICINO dignos, cives , de
cernite honores
Aaij
284 MERCURE
EtRegem longos tandem comiteturin
annos.
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Résumé : IL LUSTRISSIMO ac nobilissimo viro D. D. Danieli Francisco VOYSIN, Domino du Mesnil, Regiorum Ordinum Commendatori & Franciae Cancellario. Juridica supremi Galliarum Senatus Comitia tenenti.
Le 14 du mois, le Chancelier a présidé une séance au Parlement de Paris. Le procès de Henry Gervais, un joueur connu, a été examiné. Gervais avait contesté l'abus présumé de son mariage avec Gertrude Boon, une célèbre artiste. La Cour, dirigée par Monsieur Voisin, a conclu qu'il n'y avait pas eu abus, malgré l'avis contraire de Monsieur de Lamoignon, Avocat Général. Les avocats présents étaient Monsieur Guillet de Blaru pour l'appelant, Monsieur Arrault pour Gervais intervenant, et Monsieur Chevalier pour l'intimée. La décision de la Cour reposait sur le fait que les baladins et gens de théâtre n'ont pas de domicile fixe. Par la suite, Monsieur le Sas de Rocherpine, Avocat au Parlement, a offert au Chancelier des vers latins en son honneur. Ces vers mettaient en lumière la sagesse du Chancelier, son rôle dans le maintien de la paix et de la justice, ainsi que ses efforts pour protéger le royaume. Ils soulignaient également ses succès militaires et son dévouement à la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1867
p. 290-292
CHANSON.
Début :
Voyons maintenant ce que nous ferons du reste de ce Livre, / Je ne veux sortant de la vie, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Bouillon, Cérémonie, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
Voyons maintenant ceque
nous ferons du reſte de ce Livre
, qui me paroît déja bien
GALANT. 291
avancé , ſinon , je vous avouë
qu'il me paroît bien long , &
que la plume me tombe des
mains. L'Histoire entiere &
nouvelle de Mehemet Riza
Beg , Ambaſſadeur de Perſe ,
& que je vous donneray dans
dix jours , revûë , augmentéc
de la moitié , & toute corrigée,
aépuisé en verité ma tête
, mes yeux , & mes doigts ,
&il ne me reſte à preſent de
courage tout au plus,que pour
vous propoſer de chanter ma
Chanfon & de deviner mes
Enigmes , que je vais , avec
voſtre permiffion , vous don-
Bb ij
292 MERCURE
ner ſans ceremonie.
CHANSON.
Je ne veuxfortant de la vie .
Nilugubreceremonie ,
Ni tenture , ni carillon ;
Maisque mon beritier digne fils
d'un yurogne ,
Dans unmuidde vinde Bourgogne
,
$
Mefaffe mettre au courtboüillon.
nous ferons du reſte de ce Livre
, qui me paroît déja bien
GALANT. 291
avancé , ſinon , je vous avouë
qu'il me paroît bien long , &
que la plume me tombe des
mains. L'Histoire entiere &
nouvelle de Mehemet Riza
Beg , Ambaſſadeur de Perſe ,
& que je vous donneray dans
dix jours , revûë , augmentéc
de la moitié , & toute corrigée,
aépuisé en verité ma tête
, mes yeux , & mes doigts ,
&il ne me reſte à preſent de
courage tout au plus,que pour
vous propoſer de chanter ma
Chanfon & de deviner mes
Enigmes , que je vais , avec
voſtre permiffion , vous don-
Bb ij
292 MERCURE
ner ſans ceremonie.
CHANSON.
Je ne veuxfortant de la vie .
Nilugubreceremonie ,
Ni tenture , ni carillon ;
Maisque mon beritier digne fils
d'un yurogne ,
Dans unmuidde vinde Bourgogne
,
$
Mefaffe mettre au courtboüillon.
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Résumé : CHANSON.
L'auteur exprime sa fatigue face à l'écriture de son ouvrage, déjà bien avancé. Il a terminé l'histoire de Mehemet Riza Beg, ambassadeur de Perse, et prévoit de la réviser et l'augmenter dans dix jours. Épuisé, il propose ensuite des chansons et des énigmes. Une chanson souhaite une fin de vie simple, cuit dans un bouillon de vin de Bourgogne par un berger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1868
p. 293-295
ENIGME.
Début :
En voicy de nouvelles, les devinera qui voudra, pour moy / Je suis utile au sujet comme au Roy ; [...]
Mots clefs :
Parasol
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
En voicy de nouvelles , les
devinera qui voudra , pour
moy je les ay devinées du pro
mier coup.
ENIGME.
JeSuis utileau sujet comme
au Roy ;
Désqueje nefers plus ,je change
Bb iij
294 MERCURE
FT de figure ,
Demême que de nom ,selon la
conjoncture p
Du temps auquel on vient àfe
fervir de moy.
Jugez de ma maigreur on me
voit les arrêtes ;
Je ne fuis pas un Monstre ,
pourtantſous mon corps ,
Il s'est trouvé jusqu'à ordistéves ,
Quise gardoient toujours de paroiftre
en dehors.
Parles noms queje porte , on peut
affez connoistre ,
Qu'en Automne , en Hyver ,
en Printemps , en Eté ,
Jeſuis degrande utilité.
GALANT . 295
-
Lecteurrêve àpreſentfur ce que
je puis eftre ?
devinera qui voudra , pour
moy je les ay devinées du pro
mier coup.
ENIGME.
JeSuis utileau sujet comme
au Roy ;
Désqueje nefers plus ,je change
Bb iij
294 MERCURE
FT de figure ,
Demême que de nom ,selon la
conjoncture p
Du temps auquel on vient àfe
fervir de moy.
Jugez de ma maigreur on me
voit les arrêtes ;
Je ne fuis pas un Monstre ,
pourtantſous mon corps ,
Il s'est trouvé jusqu'à ordistéves ,
Quise gardoient toujours de paroiftre
en dehors.
Parles noms queje porte , on peut
affez connoistre ,
Qu'en Automne , en Hyver ,
en Printemps , en Eté ,
Jeſuis degrande utilité.
GALANT . 295
-
Lecteurrêve àpreſentfur ce que
je puis eftre ?
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1870
p. 311-323
Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Début :
Le 30. de ce mois M. de Bose y fut receu, son Discours [...]
Mots clefs :
Madame Dacier, Modernes, Hommes, Anciens, Anciens et Modernes, Électeur de Bavière, Mercure, Désordre, Messager des dieux, Maison de Bourbon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Le 30. de ce mois M. da
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
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Résumé : Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Le texte discute de divers événements et réflexions liés au Mercure, une publication périodique. Le 30 du mois, M. da Bose a été accueilli et a prononcé un discours, auquel M. Dacier a répondu sobrement. M. de la Motte a ensuite narré l'apologue de l'écrevisse, dont la publication reprendra l'article le mois suivant. Le texte mentionne également des écrits intéressants, tels qu'un discours sur la querelle entre les Anciens et les Modernes, une lettre d'un proche de M. de la Motte, et un parallèle des deux Catons. L'auteur exprime sa gratitude envers l'Électeur de Bavière, un prince apprécié du roi de France et des Français, qui vient de quitter la France. Il souligne les bienfaits de ce prince et souhaite lui voir de longues années de bonheur. Le Mercure, personnifié, compare sa situation à celle du messager des dieux, soulignant ses difficultés et son besoin de secours. Il espère continuer ses publications grâce à la générosité de quelques grands hommes et affirme son droit de raisonner et de s'exprimer librement. Le texte présente une réflexion philosophique sur la sagesse et la modération. L'auteur critique les philosophes qui admettent des concepts complexes sans pleine compréhension et prône une approche équilibrée basée sur l'étude des mœurs et la recherche de la vertu. Enfin, le texte annonce une nouvelle joyeuse : le 27 du mois, Madame la Princesse de Conti a donné naissance à un prince. L'auteur exprime sa joie et son intention de célébrer cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1871
p. 204-208
FABLE.
Début :
Dés qu'il eût cessé de parler, M. de la / L'Ecrevisse, dit-on, a sa façon d'aller [...]
Mots clefs :
Esprit, Écrevisse, Philosophe, Descartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FABLE.
M. de
la Motte quine laisse rien tomber,
prit modestement la parole
J
& récita avec le flegme
que vous luy connoissez
la fable qui suit: je la fais
imprimer sans son aveu;mais
je ne croy pas en avoir bésoin,
ny devoir m'exposer à un refus
de sa part, pendant que je
peut profiter d'un larcin. que
luy a fait ma memoire.
FABLE.
L'Ecrevisse, dit-on
3 a sa
façon d'aller
Etsa marcheest dereculer.
Une EcrevissePhilosophe
Oui sans raison n'adoptoitrien,
Et qui danssonespriteûtl'esprit
de l'étoffe
Dont parmy nous Descartes eût
le sien ;
Cette Ecrevisse donc examina /4
chose
, Latrouvaridicule en soy.
Etn'enput trouver d'autre cause
Qu'un usage ancien mais voiL
bien de quoy
Autoriser unesotise,
Dit-elle,ejjayons l'autre guift:l
Elle lefit,s'en trouva bien,
Puismoulut enseigner les autres
Messoeurs je n'ay d'interejl qu
les vostres,
Ecoutez-moy pour vostrebien:
Quittons nostre marche incertaine
J'ensçais une qui convientmieux
Faisonssuivre la queuë, &qu
la tête mène
Et pourguides prenons nosyeux
LagentEcrevisseestbien bonne
D'allersanscesse se heurter
Ne sçavoir où l'on va , dans
quels pieges l'on donne,
Je sçaisce quejedis,&moy même enpersonne
J'ay fait l'essay, regardez-moy
trotter.
Bon, dit une vieille obstinée
Celle-cy veut sçavoirplus qut
nosanciens:
allons comme on alloit, quant à
moyjem'y tiens,
Pournous régirse croit-elle donc
net.
Petit esprit, mettez ses rtliflns
boutà bout
Vous trouverez orgüeil,rêverie,
Cr cesi tout.
La vieille dit
, &sesinjures
L'emporterentsur lesraisons,
La Philosophe essuya les murmures
;.-
Dusotpeuple&lestêtes dure
Firent gloire d'allertoujours a
reculons.
Pour les vieilles erreurs poin
derespectbizare,
Examinons la,nouveauce,
Par les deux excès l'on s'égare
Mais la raison va droit, mar
chons de son côte.
la Motte quine laisse rien tomber,
prit modestement la parole
J
& récita avec le flegme
que vous luy connoissez
la fable qui suit: je la fais
imprimer sans son aveu;mais
je ne croy pas en avoir bésoin,
ny devoir m'exposer à un refus
de sa part, pendant que je
peut profiter d'un larcin. que
luy a fait ma memoire.
FABLE.
L'Ecrevisse, dit-on
3 a sa
façon d'aller
Etsa marcheest dereculer.
Une EcrevissePhilosophe
Oui sans raison n'adoptoitrien,
Et qui danssonespriteûtl'esprit
de l'étoffe
Dont parmy nous Descartes eût
le sien ;
Cette Ecrevisse donc examina /4
chose
, Latrouvaridicule en soy.
Etn'enput trouver d'autre cause
Qu'un usage ancien mais voiL
bien de quoy
Autoriser unesotise,
Dit-elle,ejjayons l'autre guift:l
Elle lefit,s'en trouva bien,
Puismoulut enseigner les autres
Messoeurs je n'ay d'interejl qu
les vostres,
Ecoutez-moy pour vostrebien:
Quittons nostre marche incertaine
J'ensçais une qui convientmieux
Faisonssuivre la queuë, &qu
la tête mène
Et pourguides prenons nosyeux
LagentEcrevisseestbien bonne
D'allersanscesse se heurter
Ne sçavoir où l'on va , dans
quels pieges l'on donne,
Je sçaisce quejedis,&moy même enpersonne
J'ay fait l'essay, regardez-moy
trotter.
Bon, dit une vieille obstinée
Celle-cy veut sçavoirplus qut
nosanciens:
allons comme on alloit, quant à
moyjem'y tiens,
Pournous régirse croit-elle donc
net.
Petit esprit, mettez ses rtliflns
boutà bout
Vous trouverez orgüeil,rêverie,
Cr cesi tout.
La vieille dit
, &sesinjures
L'emporterentsur lesraisons,
La Philosophe essuya les murmures
;.-
Dusotpeuple&lestêtes dure
Firent gloire d'allertoujours a
reculons.
Pour les vieilles erreurs poin
derespectbizare,
Examinons la,nouveauce,
Par les deux excès l'on s'égare
Mais la raison va droit, mar
chons de son côte.
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Résumé : FABLE.
Le texte relate une fable de Jean de La Fontaine, narrée par M. de la Motte. Une écrevisse philosophe critique la marche à reculons des écrevisses et propose d'avancer tête la première, guidée par ses yeux. Elle juge cette méthode plus logique et efficace. Une vieille écrevisse s'oppose à ce changement, préférant les traditions. La discussion tourne à la dispute, la vieille écrevisse insultant la philosophe sans écouter ses arguments. La philosophe insiste sur la nécessité de la raison et du progrès, soulignant que les extrêmes sont nuisibles. La fable conclut en mettant en avant l'importance de la raison et en critiquant l'obstination face au changement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1872
p. 214-218
ARREST DU CONSEIL d'Apollon rendu au sujet du Procés d'entre M. de la Motte Houdart, & Madame Dacier.
Début :
Veu par le blond Phoebus étant en son Conseil, [...]
Mots clefs :
Procès, Madame Dacier, M. de la Motte Houdart, Apollon, Arrêt, Auteur
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texteReconnaissance textuelle : ARREST DU CONSEIL d'Apollon rendu au sujet du Procés d'entre M. de la Motte Houdart, & Madame Dacier.
ARREST DU CONSEIL
d'Apollon rendu au sujet
du Procès d'entre M. de la
Motte Houdart, & Madame
Dacier.
Veupar le blondPhoebus étant
en sonConseil,
L'Iliaded'Homere~& celle de la
-
Motte :
Lepremierestimé Poëte sans pareil,
Quoyqu'à nenpoint mentir ,
fort
souvent il radotte.
Lesecond regardé comme un an~
dacieux
Qui de l'art, n'eut jamais la moindre
connoissance,
Bien que par des écrits solides,
précieux,
Saplumetrès-souventaitenchanté
la France. -
Veu de même à loisir & non en
unseul jour,
Leprolixe Faélum de l'Avocat
femelle
Qui contrecet Auteur,maisd'un
fiile ajjèzc lourd,
Débité chaquepage une injure
nouvelle.
Entendu le rapport, le tout confideré,
-
Et voulant decider cette. importante
affaire
Sans attendrequ'Houdart à ce
fadenarré
Aitfait une réponse, en cas qu'il
daigneenfaire;
Phoebus en son Conseil jugeant
les deux Auteurs,
A dit que l'Iliade étoit tres-mal
ecrite.,
Et que malgré les cris deses adorateurs,
Ses trois mille ans faisoientpresque
toutsonmérité.
Que la Motte pouvoitjouir dés à
present
Des honneurs decernez aux Poë-
'; tessublimes)
Et
Et devoit mépdriseir lse caaqunet mtE.
Del'Auteurféminin qui censure
sesrimes.
Etpour punitiorn diueLivureinxju-
Composé contre luy par ladite
Femelle,
Où,pat m attentat aussï grand
, j. >J qu'odieux
Elle J noozeudu bvon geoût flailreeleç.on LeditSeigneurPhoebus
,
seul
ayant qualité
Pour juger les procès mûs sur
cette matiere
Descejourl'acondamne,àperpe:
tuité 'i
De ne parler que GREC
même à sa Chambriere
d'Apollon rendu au sujet
du Procès d'entre M. de la
Motte Houdart, & Madame
Dacier.
Veupar le blondPhoebus étant
en sonConseil,
L'Iliaded'Homere~& celle de la
-
Motte :
Lepremierestimé Poëte sans pareil,
Quoyqu'à nenpoint mentir ,
fort
souvent il radotte.
Lesecond regardé comme un an~
dacieux
Qui de l'art, n'eut jamais la moindre
connoissance,
Bien que par des écrits solides,
précieux,
Saplumetrès-souventaitenchanté
la France. -
Veu de même à loisir & non en
unseul jour,
Leprolixe Faélum de l'Avocat
femelle
Qui contrecet Auteur,maisd'un
fiile ajjèzc lourd,
Débité chaquepage une injure
nouvelle.
Entendu le rapport, le tout confideré,
-
Et voulant decider cette. importante
affaire
Sans attendrequ'Houdart à ce
fadenarré
Aitfait une réponse, en cas qu'il
daigneenfaire;
Phoebus en son Conseil jugeant
les deux Auteurs,
A dit que l'Iliade étoit tres-mal
ecrite.,
Et que malgré les cris deses adorateurs,
Ses trois mille ans faisoientpresque
toutsonmérité.
Que la Motte pouvoitjouir dés à
present
Des honneurs decernez aux Poë-
'; tessublimes)
Et
Et devoit mépdriseir lse caaqunet mtE.
Del'Auteurféminin qui censure
sesrimes.
Etpour punitiorn diueLivureinxju-
Composé contre luy par ladite
Femelle,
Où,pat m attentat aussï grand
, j. >J qu'odieux
Elle J noozeudu bvon geoût flailreeleç.on LeditSeigneurPhoebus
,
seul
ayant qualité
Pour juger les procès mûs sur
cette matiere
Descejourl'acondamne,àperpe:
tuité 'i
De ne parler que GREC
même à sa Chambriere
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Résumé : ARREST DU CONSEIL d'Apollon rendu au sujet du Procés d'entre M. de la Motte Houdart, & Madame Dacier.
L'arrêt du conseil d'Apollon porte sur le litige entre M. de la Motte Houdart et Madame Dacier concernant l'Iliade d'Homère. Apollon a jugé que l'œuvre est mal écrite, malgré son ancienneté qui lui confère une certaine valeur. Il a accordé à la Motte les honneurs réservés aux poètes sublimes et lui a conseillé de mépriser les critiques de Madame Dacier. Pour sanctionner le livre injurieux de Madame Dacier, Apollon l'a condamnée à ne parler qu'en grec, même avec sa chambrière. Cette décision a été rendue sans attendre la réponse de la Motte, en raison de la gravité des attaques dirigées contre lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1873
p. 268-272
CHANSON.
Début :
De Paris jusqu'au Missipi, [...]
Mots clefs :
Vénus, Triompher, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
DE Parisjusqu'au Miffit*>
- Est-ilrien qui charmeautant
que Pipi,
horfqueïAmour se sent assoupi
,
Pour se rcvùllcr il va voir
Pipi;
Elle le tente3
Elle l'enchante,
- pour peu-quiente,
Sa flamme tente,
Pour se reveiller il va voir
Pipi.
Dame Venus a beaucoupglapi,
De puis quesonFilsfréquente
pipi»
Dansfes beauxyeux ensecret
tapi
Il fait sur , Venus triompher
pipi.
Tousjours chezelle,
Grace nouvelle,
Et l'immortelle ,
En a dans ïaifie ,
Il faitsur Venus triompher
pipi. Z iij
Le blancsifin qui naist dans
l'Epi,
Le cede en blancheur au teint
de pipi:
Le lait, loeuffrais,lapomme
d,Api
Perdent leurcouleu, rauprès de
Pipi,
Lejasminmesme,
Y paroiss blesme,
Le Lys, la Rose,
A peine eclose
Perdent leurs coul,eurs auprès
de pipi.
Le coeur ria ni quartier, ni repi,
Quand lesyeux on vu l'aimable
Pipi ;
Cbe% la Guerbois, ni chez la
Cressy,
Nonrien ne ragouste autant
ctucpipiy
Perdrix, Poularde,
Faisans, Outarde
,
Soit qu'on les barde,
Ou qu'on les larde,
Non,rien ne ragouste autant
que Pipi.
La belle Pipi doit être
assez contente de ces couplets
, mais avec sa permission,
il m'arrive un Sonnée
qui s'écoit apparemment
égaré en chemin le mois
passé
; je sçai bien le rang
que je lui aurais donné s'il
estoit venu avec les autres;
mais il n'a rien perdu pour
attendre. SONNET
DE Parisjusqu'au Miffit*>
- Est-ilrien qui charmeautant
que Pipi,
horfqueïAmour se sent assoupi
,
Pour se rcvùllcr il va voir
Pipi;
Elle le tente3
Elle l'enchante,
- pour peu-quiente,
Sa flamme tente,
Pour se reveiller il va voir
Pipi.
Dame Venus a beaucoupglapi,
De puis quesonFilsfréquente
pipi»
Dansfes beauxyeux ensecret
tapi
Il fait sur , Venus triompher
pipi.
Tousjours chezelle,
Grace nouvelle,
Et l'immortelle ,
En a dans ïaifie ,
Il faitsur Venus triompher
pipi. Z iij
Le blancsifin qui naist dans
l'Epi,
Le cede en blancheur au teint
de pipi:
Le lait, loeuffrais,lapomme
d,Api
Perdent leurcouleu, rauprès de
Pipi,
Lejasminmesme,
Y paroiss blesme,
Le Lys, la Rose,
A peine eclose
Perdent leurs coul,eurs auprès
de pipi.
Le coeur ria ni quartier, ni repi,
Quand lesyeux on vu l'aimable
Pipi ;
Cbe% la Guerbois, ni chez la
Cressy,
Nonrien ne ragouste autant
ctucpipiy
Perdrix, Poularde,
Faisans, Outarde
,
Soit qu'on les barde,
Ou qu'on les larde,
Non,rien ne ragouste autant
que Pipi.
La belle Pipi doit être
assez contente de ces couplets
, mais avec sa permission,
il m'arrive un Sonnée
qui s'écoit apparemment
égaré en chemin le mois
passé
; je sçai bien le rang
que je lui aurais donné s'il
estoit venu avec les autres;
mais il n'a rien perdu pour
attendre. SONNET
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Résumé : CHANSON.
La chanson célèbre les charmes et la beauté d'une femme nommée Pipi. Le narrateur affirme qu'elle est particulièrement enchantante lorsque l'Amour est endormi et qu'elle a le pouvoir de raviver la passion. Vénus pleure car son fils est séduit par Pipi, qui triomphe grâce à ses beaux yeux secrets. La blancheur de Pipi est comparée à celle du lin et surpasserait celle du lait, du beurre frais et de la pomme d'Api. Les fleurs comme le jasmin, le lys et la rose semblent pâles à côté d'elle. Après avoir vu Pipi, le cœur ne trouve pas de repos et aucune nourriture, même les mets délicats comme la perdrix, la poularde, le faisan ou l'outarde, ne peut rivaliser avec elle. La chanson mentionne également un sonnet égaré que le narrateur aurait placé différemment s'il était arrivé à temps.
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1874
p. 272-273
SONNET en bout rimez, par le Suisse.
Début :
Qu'un manan la main à la ... herce [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET en bout rimez, par le Suisse.
SONNET
en bout rimez
) par
le SuiÊre. ~U~
manan la main à
la herce
Quun galant toutsortant du
bain
D'attaquer une Iris tous deux
ayentdes- sein
Le manan l'or en main bientosll'autre
traverse.
Nos belles nefont plus pour un
tendre commerce
Telle a Mars pour espoux qui
cherira Vulcatn,
Qui mesme le suivra dans un
pays lointain
S'il étale àfesyeux les trésors
de la.. Perse.
Maigre l'ennui que cause un hommerasibus,
Cent mille écus de re venus
Feront aimer un Origene.
Le Sexe a pris desLeçons
de Laïsj
Et maintenant le beau Pâris
Vnide d'argent degouste- roit Helene.
en bout rimez
) par
le SuiÊre. ~U~
manan la main à
la herce
Quun galant toutsortant du
bain
D'attaquer une Iris tous deux
ayentdes- sein
Le manan l'or en main bientosll'autre
traverse.
Nos belles nefont plus pour un
tendre commerce
Telle a Mars pour espoux qui
cherira Vulcatn,
Qui mesme le suivra dans un
pays lointain
S'il étale àfesyeux les trésors
de la.. Perse.
Maigre l'ennui que cause un hommerasibus,
Cent mille écus de re venus
Feront aimer un Origene.
Le Sexe a pris desLeçons
de Laïsj
Et maintenant le beau Pâris
Vnide d'argent degouste- roit Helene.
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Résumé : SONNET en bout rimez, par le Suisse.
Le sonnet dépeint une société où les relations amoureuses sont dictées par l'argent. Les femmes suivent des hommes riches, même à l'étranger, attirées par leurs trésors. Un homme laid peut être aimé s'il est riche, comme Origène. Laïs, une courtisane célèbre, incarne cette motivation financière. Pâris refuserait Hélène sans argent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1875
p. 279-280
ENIGME.
Début :
On me cache à demy, pour me faire paroître, [...]
Mots clefs :
Diamant monté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
ON me cache à demy,
pour me faire paroître,
Je fuis alors comme en
prison :
Peu degens sçavent me &::A3 connoitre. ; ->
CertainAnimal mâle a
quelquefois mon nom,
'~r~.
Qu'on nemecherche pas
dans l'onde,
J'habite en un autre élement.
Onm'estime par tout le
monde;
Mais avec le bas peuple
on me voit rarement:
Qui ne me connoîtpas,
bien souvent me méprise,
Et me prend pour celui
qui porte un nom
;.
d'Eglise.
ON me cache à demy,
pour me faire paroître,
Je fuis alors comme en
prison :
Peu degens sçavent me &::A3 connoitre. ; ->
CertainAnimal mâle a
quelquefois mon nom,
'~r~.
Qu'on nemecherche pas
dans l'onde,
J'habite en un autre élement.
Onm'estime par tout le
monde;
Mais avec le bas peuple
on me voit rarement:
Qui ne me connoîtpas,
bien souvent me méprise,
Et me prend pour celui
qui porte un nom
;.
d'Eglise.
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1876
p. 281-282
AUTRE.
Début :
Pour remplir nôtre employ, nous nous faisons la guerre, [...]
Mots clefs :
Billes de billard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AVTAE.
P Our remplir nôtre
empIoy, nous nous -
faisons la guerre,
Etnous nous donnons de
si grands coups,
Qu'on n'oseroit alors
mettre un doigt entre
nous.
Notre combat n'est pas
a terre.
Nous faisons mille tours,
*
lorsque nous nous
battons;
Pendant nôtre combat
nous ne sommes pas
quatre,
Chacun se plaît à nous:
voir battre;
Et pour nous battre trop
nous nous précipitons.
P Our remplir nôtre
empIoy, nous nous -
faisons la guerre,
Etnous nous donnons de
si grands coups,
Qu'on n'oseroit alors
mettre un doigt entre
nous.
Notre combat n'est pas
a terre.
Nous faisons mille tours,
*
lorsque nous nous
battons;
Pendant nôtre combat
nous ne sommes pas
quatre,
Chacun se plaît à nous:
voir battre;
Et pour nous battre trop
nous nous précipitons.
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1877
p. 282-284
SONNET.
Début :
Vous m'envoyez bien tard vos ouvrages, Messieurs, / Enfin je suis aux champs où je plante & je .. herse [...]
Mots clefs :
Sonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Vous m'envoyez bien
tard vos ouvrages,lVIeL:
sieurs, mais n'importe,
ils arriveront toûjours
assez tôt quand ils seront
aussi bons que ce Sonnet.
--)
SONNET.
^^Nfinjefuisauxchamps où
jeplante&je.. herse
Je consensqu'un Rival mene
Lais au bain
Querridufol amour qui regnoitdansmon
<
fein
Jejouis d'un repos qu'aucun
foin ne. traverse.
Npussommes quatre amis d'un
js.!I"!f,\ bpn• commerce état exempt des soucis
de.. Vulcain
Nous allonsquelquefois dans
un Chasteàu lointain
Digne de recevoirl'Ambassadeurde
Perse.
Là nous faisons grand'chere
& bûvons rasibus
Nous préferons la table aux
plaisirs de Venus
Et Nous moralisons sur le
ton d' Origene
Ainsi libre des fers de lingrate
Laïs
-
Je nefuispointjaloux du bon*
heur de.. Pâris
Et je laisse a chacun posseder son..Heleaci
tard vos ouvrages,lVIeL:
sieurs, mais n'importe,
ils arriveront toûjours
assez tôt quand ils seront
aussi bons que ce Sonnet.
--)
SONNET.
^^Nfinjefuisauxchamps où
jeplante&je.. herse
Je consensqu'un Rival mene
Lais au bain
Querridufol amour qui regnoitdansmon
<
fein
Jejouis d'un repos qu'aucun
foin ne. traverse.
Npussommes quatre amis d'un
js.!I"!f,\ bpn• commerce état exempt des soucis
de.. Vulcain
Nous allonsquelquefois dans
un Chasteàu lointain
Digne de recevoirl'Ambassadeurde
Perse.
Là nous faisons grand'chere
& bûvons rasibus
Nous préferons la table aux
plaisirs de Venus
Et Nous moralisons sur le
ton d' Origene
Ainsi libre des fers de lingrate
Laïs
-
Je nefuispointjaloux du bon*
heur de.. Pâris
Et je laisse a chacun posseder son..Heleaci
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Résumé : SONNET.
L'auteur accepte des ouvrages tardifs pour leur qualité. Un sonnet évoque son retrait des champs et son contentement auprès de quatre amis. Ils se rendent dans un château pour festoyer et discuter moralement. Libéré des contraintes amoureuses, il n'envie pas le bonheur d'autrui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1878
p. 285-288
RONDEAU.
Début :
J'aurois peur de déclarer trop ouvertement / Par un bonheur je connus Alizon [...]
Mots clefs :
Bonheur, Rondeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
J'aurois peur de déclarer
trop ouvertement
ce qirî je sens, si j'avoüois
ingenuëment ce que je
pense du Rondeau qui
fuit. Cependant je ne
peux m'empêcher de
vous dire que je letrouve
bien joly.
RONDEAU.
PArun bonheurje connus
Ilizon
Pour qui j'étois brulant
commeun tizon.
Sa taille autant que sa
beauté m'excite,
Mais plus je l'aime ~S
je lasollicite;
Moins de mon mal fobtiens
laguerison.
Cela viendra, dis-je,dans
sa,faison
Sa mereunjour lalaisse
à lamaison,
Va du matinfaire longue
viJite;
Par un bonheur!
Ie visl'objet qui troubloit
ma raison,
AJJîs aufrais sur un tendregazon
,
Au jeu d'Amour doucement
je ¡Sjnvite,.
Et je parviens enfin ait
but que je médite,
Ainsi finit ma peineLf
ma prison ,
Par un bonheur.
trop ouvertement
ce qirî je sens, si j'avoüois
ingenuëment ce que je
pense du Rondeau qui
fuit. Cependant je ne
peux m'empêcher de
vous dire que je letrouve
bien joly.
RONDEAU.
PArun bonheurje connus
Ilizon
Pour qui j'étois brulant
commeun tizon.
Sa taille autant que sa
beauté m'excite,
Mais plus je l'aime ~S
je lasollicite;
Moins de mon mal fobtiens
laguerison.
Cela viendra, dis-je,dans
sa,faison
Sa mereunjour lalaisse
à lamaison,
Va du matinfaire longue
viJite;
Par un bonheur!
Ie visl'objet qui troubloit
ma raison,
AJJîs aufrais sur un tendregazon
,
Au jeu d'Amour doucement
je ¡Sjnvite,.
Et je parviens enfin ait
but que je médite,
Ainsi finit ma peineLf
ma prison ,
Par un bonheur.
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Résumé : RONDEAU.
Le narrateur exprime sa crainte de révéler ses sentiments pour une personne appelée 'le Rondeau qui fuit', qu'il trouve 'bien joly'. Dans un rondeau, il décrit son amour passionné pour Ilizon, comparant sa passion à un tison brûlant. Il est attiré par sa beauté et sa taille, mais souffre de ne pas obtenir de soulagement. Un jour, profitant de l'absence de la mère d'Ilizon, il parvient à ses fins, mettant fin à sa peine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1879
p. 303-315
Stances à la loüange de M. de **. [titre d'après la table]
Début :
Quoyque les fonctions de Commissaires départis dans / [...]
Mots clefs :
Vertus, Cour, Stances, Intendant, Justice, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Stances à la loüange de M. de **. [titre d'après la table]
Quoyque les fonctions
de Commissairesdépartis dans
- les Provinces du Royaume
pour l'exécution des ordres de
la Cour soient difficilesà rempliràlalasatisfaction
generale,
plusieurs grands hommes
neanmoins se sont rendus si
recommandables par leurtalens
en cette administration
)
qu'ils s'y sontconciliél'estime
du Souverain & la bienveillance
des peuples.
S'ilétoit besoin de preuve
le seul nom de Voyfin
,
celuy
de Bignon ,&. les familles de
Daguesseau
,
de Harlay
,
de Lamoignon,
Chauvelin, dOrmesson
,
Trudaine, le Bret,
Ferrand
,
Roujaut & autres
quiont donnéàl'Etat & luy
fournissent encore de si illustres
sujets en ce genre d'exercice
en serviroient, les seules
idées de leur mérité en cet
cmploy suffisentpour vous
aider à croire que celuy dont
les
les vertus ont donné lieu
aux vers suivants
,
loin d'êert-
un objet imaginé, peut
paffcr pour y estre peint d'aprésson
naturel.
L'admiration qu'il excite sans
cesse dans son poste ,où sa
capacité ne le distingue pas
moins que ses moeurs, luy
attire avec l'affection des Provinces
confiées à ses foins,
l'applaudissement universel
dont ces vers font une espece
d'écho. &
Sa modestie singuliere empêche
dele nommer ; mais fes1
qualitez personnelles le marquent
assez
,
sa réputation le
décele & l'on n'aura pas de
peine à le reconnoistre à ces
traits particuliers qui le défi.
gnenc en ces Stances.
A MONSIEUR
L'INTENDANT
?-
en la Généralité de
STANCES.
Quelle estl'intelligence
Qui surveille en ces lieux
Etfaitparsa prudence
Toutfleurirà nosyeuxf
C'est drisse,modele
Des parfaitsMagistrats
Qui signale son zele
Pour ces heureux climats.
Son fage ministere
Pour nos secours ardent
En luy nous montre un pere
Sous le nom d'Intendant
Il hâte en nos demeures
Les douxfruits de la Paix.,
Et -n'y conte ses heures
Queparsesseulsbienfaits.
Themis qui le contemple
Seplaît du haut des Cieux
A le 'Voir dans son Temple
Répondre à tous nos 'Voeux:
Faire en Ministre habille
Plus grand queson employ
Le bien de chaque Ville
Et l'interst du Roy.
Lesort par un caprice
N'a point fait sa grandeur;
DuseindelaJUSTICE
Il tiresa splendeur;
Sasagesse profonde
En estl'appuycertain;
On croit qu'ilvint au monde
La balance à la main.
Le poids du Sanctuaire
Estson uniquepoids.
C'estl'Ange tutelaire
Qui conserve nos droits.
Ilfait pleuvoirdesgrâces;
Et par les contre-coups
Qu'ilfent de nos disgraces
Itjoujfre plus que nous.
Tendreenson caractere
Qu'il en coûte à son coeur
Quand il nesçauroitfaire
Nostre commun bonheur!
Il plaint sa destinée Et , ce coeurgenereux
Croit petdn une journée
S'il n'yfait des heureux.
-, .,
sursonfront regne un charme
Qui tient tout en refpeél;.
La discorde en allarme
Expireàsonaspect;
Sa douceurprévenante
Rend légers les tributs,
S'il n'accorde,il contente #
^Jufcjucs dansses refus.
%m-
De tout piegeilse garde
Flatteurs& Partisans,
De mêmeoeil il regarde
Vostre encens,vos presens;
-
Sa noble vigilante
Pourprixdeses travaux,
Ne veut de recompense
Que lafin de nos maux.
A travers milleobftacks
Au Conseil ses avis
Non moins que des oracles
Sont reçus (ysuivis
Par un rare assemblage
Ilsçait dans Jes projets
Ménagerl'avantage
Du Prince & des Sujets.
Les vertus , en cortell,
Marchent ases cosse;c
Les foibles qu'il protege
Celebrentses bontez;
L'innocence à sa fuite
Triomphepar sesLoix;
Il met le crime en fuite
Et lafraude auxabois.
££
Millefaveurs qu'ilverse
Sur les Arts en langueur
Ranimentle Commerce
Dont ilsfont lavigueur;
.Mules, il vous preserve
Des dllins ennemis,
TTaannttoostsit lil eefsitMTahienmeirsv. e ,
Ospectacleagréable!
Il réunit l'éclat
grea
DuJuge irréprochable
Et de l'Hommed'état.
Sousson heureux aufpkc
Au desir de la Cour,
Ici, tout le service
N'est fait que par monr!
Pour
-
Pour l'honneur de sa place
Tour nous du qu'il eflné, Ilfait changer deface
Au Peuple infortuné.
- La joye en la Contrée
Sous luj reprend l'ejjor;
Et par ses soins,Astrée
Fait naistre un Siecled'or.
de Commissairesdépartis dans
- les Provinces du Royaume
pour l'exécution des ordres de
la Cour soient difficilesà rempliràlalasatisfaction
generale,
plusieurs grands hommes
neanmoins se sont rendus si
recommandables par leurtalens
en cette administration
)
qu'ils s'y sontconciliél'estime
du Souverain & la bienveillance
des peuples.
S'ilétoit besoin de preuve
le seul nom de Voyfin
,
celuy
de Bignon ,&. les familles de
Daguesseau
,
de Harlay
,
de Lamoignon,
Chauvelin, dOrmesson
,
Trudaine, le Bret,
Ferrand
,
Roujaut & autres
quiont donnéàl'Etat & luy
fournissent encore de si illustres
sujets en ce genre d'exercice
en serviroient, les seules
idées de leur mérité en cet
cmploy suffisentpour vous
aider à croire que celuy dont
les
les vertus ont donné lieu
aux vers suivants
,
loin d'êert-
un objet imaginé, peut
paffcr pour y estre peint d'aprésson
naturel.
L'admiration qu'il excite sans
cesse dans son poste ,où sa
capacité ne le distingue pas
moins que ses moeurs, luy
attire avec l'affection des Provinces
confiées à ses foins,
l'applaudissement universel
dont ces vers font une espece
d'écho. &
Sa modestie singuliere empêche
dele nommer ; mais fes1
qualitez personnelles le marquent
assez
,
sa réputation le
décele & l'on n'aura pas de
peine à le reconnoistre à ces
traits particuliers qui le défi.
gnenc en ces Stances.
A MONSIEUR
L'INTENDANT
?-
en la Généralité de
STANCES.
Quelle estl'intelligence
Qui surveille en ces lieux
Etfaitparsa prudence
Toutfleurirà nosyeuxf
C'est drisse,modele
Des parfaitsMagistrats
Qui signale son zele
Pour ces heureux climats.
Son fage ministere
Pour nos secours ardent
En luy nous montre un pere
Sous le nom d'Intendant
Il hâte en nos demeures
Les douxfruits de la Paix.,
Et -n'y conte ses heures
Queparsesseulsbienfaits.
Themis qui le contemple
Seplaît du haut des Cieux
A le 'Voir dans son Temple
Répondre à tous nos 'Voeux:
Faire en Ministre habille
Plus grand queson employ
Le bien de chaque Ville
Et l'interst du Roy.
Lesort par un caprice
N'a point fait sa grandeur;
DuseindelaJUSTICE
Il tiresa splendeur;
Sasagesse profonde
En estl'appuycertain;
On croit qu'ilvint au monde
La balance à la main.
Le poids du Sanctuaire
Estson uniquepoids.
C'estl'Ange tutelaire
Qui conserve nos droits.
Ilfait pleuvoirdesgrâces;
Et par les contre-coups
Qu'ilfent de nos disgraces
Itjoujfre plus que nous.
Tendreenson caractere
Qu'il en coûte à son coeur
Quand il nesçauroitfaire
Nostre commun bonheur!
Il plaint sa destinée Et , ce coeurgenereux
Croit petdn une journée
S'il n'yfait des heureux.
-, .,
sursonfront regne un charme
Qui tient tout en refpeél;.
La discorde en allarme
Expireàsonaspect;
Sa douceurprévenante
Rend légers les tributs,
S'il n'accorde,il contente #
^Jufcjucs dansses refus.
%m-
De tout piegeilse garde
Flatteurs& Partisans,
De mêmeoeil il regarde
Vostre encens,vos presens;
-
Sa noble vigilante
Pourprixdeses travaux,
Ne veut de recompense
Que lafin de nos maux.
A travers milleobftacks
Au Conseil ses avis
Non moins que des oracles
Sont reçus (ysuivis
Par un rare assemblage
Ilsçait dans Jes projets
Ménagerl'avantage
Du Prince & des Sujets.
Les vertus , en cortell,
Marchent ases cosse;c
Les foibles qu'il protege
Celebrentses bontez;
L'innocence à sa fuite
Triomphepar sesLoix;
Il met le crime en fuite
Et lafraude auxabois.
££
Millefaveurs qu'ilverse
Sur les Arts en langueur
Ranimentle Commerce
Dont ilsfont lavigueur;
.Mules, il vous preserve
Des dllins ennemis,
TTaannttoostsit lil eefsitMTahienmeirsv. e ,
Ospectacleagréable!
Il réunit l'éclat
grea
DuJuge irréprochable
Et de l'Hommed'état.
Sousson heureux aufpkc
Au desir de la Cour,
Ici, tout le service
N'est fait que par monr!
Pour
-
Pour l'honneur de sa place
Tour nous du qu'il eflné, Ilfait changer deface
Au Peuple infortuné.
- La joye en la Contrée
Sous luj reprend l'ejjor;
Et par ses soins,Astrée
Fait naistre un Siecled'or.
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Résumé : Stances à la loüange de M. de **. [titre d'après la table]
Le texte traite des défis rencontrés par les commissaires envoyés dans les provinces du royaume pour exécuter les ordres de la Cour. Malgré ces obstacles, plusieurs personnalités se sont distinguées par leur talent et leur dévouement, gagnant ainsi l'estime du souverain et la bienveillance des peuples. Parmi ces figures notables, on trouve Voyfin, Bignon, Daguesseau, Harlay, Lamoignon, Chauvelin, Ormesson, Trudaine, Le Bret, Ferrand et Roujaut. Un intendant particulier, dont la modestie empêche de le nommer, est également mis en avant. Cet intendant est reconnu pour son intelligence, sa prudence et son zèle. Il est décrit comme un père pour les habitants, œuvrant sans relâche pour le bien de chaque ville et l'intérêt du roi. Sa sagesse et sa justice sont comparées à celles d'un ange tutélaire, protégeant les droits des citoyens et apportant des grâces même dans les moments de disgrâce. Sa douceur et sa prévenance rendent les tributs légers, et il reste impartial face aux flatteries et aux présents. Ses avis au Conseil sont suivis comme des oracles, bénéficiant à la fois au prince et aux sujets. Il protège les faibles, célèbre les bons, et combat le crime et la fraude. Ses faveurs raniment les arts et le commerce, et il préserve la région des ennemis. Sous son administration, la joie et la prospérité reviennent, transformant la contrée en un âge d'or.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1880
p. 153-157
Vers Latins à la loüange de son Ayeul & à la sienne. [titre d'après la table]
Début :
Le même jour de M. Mallet luy presenta les vers Latins qui [...]
Mots clefs :
Nicolas Le Camus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers Latins à la loüange de son Ayeul & à la sienne. [titre d'après la table]
Le même jour M. Maller
luypreſenta les vers Latins qui
ſuivent.
154 MERCURE
Piis Manibus
NICOLAI LE CAMUS
Equitis ,.
Regi ab omnibus Confiliis ,
Nec non
Supremæ Subfidiorum Curiæ
Principis ,
Qua die meritiffimus Nepos , ut
nominis atque Dignitatis ,fic
virtutumheres , in locum
avifato functi,jubenteRege,
ac plaudente Curia,fuffectus ,
primâ vice pro Tribunali fedit
,&avito more facra Themidis
oracula Legum interpres
fudit:
GALANT.
SYMBOLUM .
Phænix è buſti cineribus renovatus
evolans.
Sicpoftfata refurgit.
In idem argumentum.
Ad fupremam Subſidiorum
Curiam,
TETRASTICHUM .
Raptum recenti funere Prafidem
Lugere mittat Curia ; namfibi
Postfata ( ceuPhænix )ſuperſtes,
Splendidior micat in nepote.
J. J. Maler , Confultiffimæ
Facultatis Licentiatus.
MERCURE
NICOLAO LE CAMUS
Equiti' ,
Regi ab omnibus Confiliis,
Supremæ Subfidiorum Curiæ
Principi ,
Nec non
Regiorum Ordinum noviſſimè
Præfecto .
DISTICHUM.
Quot tibi Rex addit decora immortalia
, Prafes ,
Virtutis radiant tot monimenta
GALANT 157
८
RUMAALIUD.
Fauftum omen ! Themidis cùm
facra oraculafundes ,
Extra qui radiat , Spiritus intus
aget.
Offerebat humillimus ac
obſequentiffimusCliens
MALET.
luypreſenta les vers Latins qui
ſuivent.
154 MERCURE
Piis Manibus
NICOLAI LE CAMUS
Equitis ,.
Regi ab omnibus Confiliis ,
Nec non
Supremæ Subfidiorum Curiæ
Principis ,
Qua die meritiffimus Nepos , ut
nominis atque Dignitatis ,fic
virtutumheres , in locum
avifato functi,jubenteRege,
ac plaudente Curia,fuffectus ,
primâ vice pro Tribunali fedit
,&avito more facra Themidis
oracula Legum interpres
fudit:
GALANT.
SYMBOLUM .
Phænix è buſti cineribus renovatus
evolans.
Sicpoftfata refurgit.
In idem argumentum.
Ad fupremam Subſidiorum
Curiam,
TETRASTICHUM .
Raptum recenti funere Prafidem
Lugere mittat Curia ; namfibi
Postfata ( ceuPhænix )ſuperſtes,
Splendidior micat in nepote.
J. J. Maler , Confultiffimæ
Facultatis Licentiatus.
MERCURE
NICOLAO LE CAMUS
Equiti' ,
Regi ab omnibus Confiliis,
Supremæ Subfidiorum Curiæ
Principi ,
Nec non
Regiorum Ordinum noviſſimè
Præfecto .
DISTICHUM.
Quot tibi Rex addit decora immortalia
, Prafes ,
Virtutis radiant tot monimenta
GALANT 157
८
RUMAALIUD.
Fauftum omen ! Themidis cùm
facra oraculafundes ,
Extra qui radiat , Spiritus intus
aget.
Offerebat humillimus ac
obſequentiffimusCliens
MALET.
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Résumé : Vers Latins à la loüange de son Ayeul & à la sienne. [titre d'après la table]
M. Maller présente des vers latins en l'honneur de Nicolas Le Camus, célébrant sa nomination à une haute fonction judiciaire. Le poème 'MERCURE' salue Le Camus comme chevalier, conseiller du roi et prince de la cour suprême des aides, soulignant sa succession méritée. Le poème 'SYMBOLUM' le compare à un phénix renaissant de ses cendres, symbolisant sa renaissance professionnelle. Un 'TETRASTICHUM' exprime la tristesse de la cour après le décès du prédécesseur de Le Camus, mais se réjouit de le voir comme un successeur éclatant. Un 'DISTICHUM' loue les honneurs immortels accordés par le roi à Le Camus, reflétant ses nombreuses vertus. Ces poèmes sont offerts par un client humble et dévoué, Malet.
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1881
p. 165-168
CELINE AUX CYNTHIENS,
Début :
Il est bon de vous faire remarquer en passant, que, dans / Rome à ses Dictateurs accordoit, tous les droits, [...]
Mots clefs :
Dictateurs, Cynthiens, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CELINE AUX CYNTHIENS,
supIl estbon de vous faire remarquer
en paſſant , que , dans
cet illuftre Corps , les noms ,
les emplois& les dignitez ſe
conferent , comme autrefois
on les confcroit à Rome ; on y
fait des Senateurs , des Senatrices
, des Confuls , des Confuleſſes
, des Dictateurs , des
Dictatrices , &c. Une Dame
de cette Académie ayant eſté
élûë Dictatrice il y a quelque
tems , & ayant appris la veille
d'une nouvelle élection qu'on
1
166 MERCURE
-
vouloit la continuer dans le
rang éclatant où on l'avoit élevée,
prononçale lendemain en
pleine aſſemblée les vers que
voicy
CELINE AUX CYNTHIENS,
Rome àfes Dictateurs accordoit
tous les droits,
Et les honneurs qu'on rend aux
Roix ;
Arbitres qu'ilsétoientde laPaix,
delaGuerre ,
Ils regnoientfouverainnement,
Etleur pouvoir indépendant ,
Les renditpar degrez les Maîtres
4
GALANT. 167
de la Terre.
En imitant cesſages Citoyens ,
Vous m'avez honorée, illuftres
20. Cynthiens ,
Du titreglorieux de vostre Dic-
Metatrice;led ilason
F'en ay fenti l'appas , mais l'édat
de ce rang
N'a riendontmon efpritfe charme
, & s'ébloüiffe ,
C'est pour luy , je l'avoie , un
fardeau trop pefant.
Cette Charge en mes mains est
trop malfoûtenuë,
FeSuccomberoisſous le poids ,
Et pour lebien public contente de
ma voix
re8 MERCURE
Ainsi que Lucius je reprens ma
charrue
en paſſant , que , dans
cet illuftre Corps , les noms ,
les emplois& les dignitez ſe
conferent , comme autrefois
on les confcroit à Rome ; on y
fait des Senateurs , des Senatrices
, des Confuls , des Confuleſſes
, des Dictateurs , des
Dictatrices , &c. Une Dame
de cette Académie ayant eſté
élûë Dictatrice il y a quelque
tems , & ayant appris la veille
d'une nouvelle élection qu'on
1
166 MERCURE
-
vouloit la continuer dans le
rang éclatant où on l'avoit élevée,
prononçale lendemain en
pleine aſſemblée les vers que
voicy
CELINE AUX CYNTHIENS,
Rome àfes Dictateurs accordoit
tous les droits,
Et les honneurs qu'on rend aux
Roix ;
Arbitres qu'ilsétoientde laPaix,
delaGuerre ,
Ils regnoientfouverainnement,
Etleur pouvoir indépendant ,
Les renditpar degrez les Maîtres
4
GALANT. 167
de la Terre.
En imitant cesſages Citoyens ,
Vous m'avez honorée, illuftres
20. Cynthiens ,
Du titreglorieux de vostre Dic-
Metatrice;led ilason
F'en ay fenti l'appas , mais l'édat
de ce rang
N'a riendontmon efpritfe charme
, & s'ébloüiffe ,
C'est pour luy , je l'avoie , un
fardeau trop pefant.
Cette Charge en mes mains est
trop malfoûtenuë,
FeSuccomberoisſous le poids ,
Et pour lebien public contente de
ma voix
re8 MERCURE
Ainsi que Lucius je reprens ma
charrue
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Résumé : CELINE AUX CYNTHIENS,
Dans une académie aux titres inspirés de l'Antiquité romaine, une dame nouvellement élue dictatrice prononce un discours lors d'une assemblée. Elle compare son élection à celle des dictateurs romains, qui exerçaient des pouvoirs souverains en temps de paix et de guerre. La dame exprime sa gratitude pour cet honneur mais déclare préférer renoncer à cette charge, la trouvant trop lourde. Elle cite Lucius Quinctius Cincinnatus, un dictateur romain qui abandonna son pouvoir pour revenir à ses activités agricoles. Elle conclut en souhaitant simplement contribuer au bien public par sa voix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1882
p. 168-170
AU ROY.
Début :
Elle se desista ainsi de sa dignité dont l'assemblée honora / Grand Roy lorsque tu fais succeder au Laurier [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Elle fe deſiſta ainfi de fa
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
dignité dont l'aſſemblée honora
la belle &modefte Madame
Policrite , qui aprés
avoir fait l'Eloge de fon Predeceffeur
,prononça cesVers:
AURO Υ.
Grand Roy lorſque tu fais
fucceder au Laurier
Par une utile Paix la precieuse
Olive;
The fais plus mille fois que ce
fameux
GALANT. 169
fameux Guerrier
Qui ſouvent de l'Euphrate ensanglanta
laRive.
Quand on ne veut regner que
par lefeu, lefang
Un Potentat devient indigne de
fon rang;
Le pouvoir fouverain n'est pas
donnépour nuire ,
Cefont lesfeulsTyrans qui veulent
tout détruire :
Mais quand on sçait bomer la
plus juſte valeur
Pour donner le repos ſur la terre
&fur l'onde
L'on imite enregnantsurl'esprit,
le coeur
May 1715 . P
170 MERCURE
De l'estre independant la ſageſſe
profonde.
Pour affermir partout cette felicité,
Et rendre nostre fort le plus
digne d'envie 1
Puiffe- tu ,Grand Heros ,par la
plus longue vie ,
Imiter de cet estre encor l'éternité.
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Résumé : AU ROY.
Madame Policrite rend hommage à son prédécesseur et loue le roi pour sa préférence pour la paix. Elle estime que le pouvoir souverain doit servir la justice et non la violence. Elle critique les tyrans destructeurs et loue ceux qui promettent la paix. Elle souhaite au roi sagesse et longévité pour assurer le bonheur et la stabilité du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1883
p. 170-172
ENVOY D'UN RUBAN jaune à Mademoiselle Philinire, & d'un Ruban à Mademoiselle Climene, par un volage qui donne quelquefois des preferences, & jamais d'exclusions.
Début :
Depuis peu un Candidat de cette Académie, attentif à / Le merite chez moy souvent par preference [...]
Mots clefs :
Ruban
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY D'UN RUBAN jaune à Mademoiselle Philinire, & d'un Ruban à Mademoiselle Climene, par un volage qui donne quelquefois des preferences, & jamais d'exclusions.
Depuis peu un Candidat de
ectte Académie , attentif à
faire ſa Cour à deux des principales
Muſes dont il poſtule
les voix , leur fit cet Envoy.
GALANT. 171
છ છ ????????????
ENVOY D'UN RUBAN
jaune à Mademoiselle
Philinire , & d'un Ruban verd.
à Mademoiselle Climene ,
par un volage qui donne
Aquelquefois des preferences
,& jamais d'exclufions .
Le merite chez moy ſouvent
parpreference
Determinemon coeurfur le choix
d'un objet;
Ainsi de Philinire admirant la
fcience
Seule elle est de mes chants aujourd'huy
leſujet.
Pij
172 MERCURE
Et par deux neuds divers expliquant
ma pensée, prod
Dujaune à Philinire , à Climene
du verd,
Je donne de moy- même une
Image tracée
Pour l'une un coeur d'été , pour
l'autre un coeur d'hiver.
ectte Académie , attentif à
faire ſa Cour à deux des principales
Muſes dont il poſtule
les voix , leur fit cet Envoy.
GALANT. 171
છ છ ????????????
ENVOY D'UN RUBAN
jaune à Mademoiselle
Philinire , & d'un Ruban verd.
à Mademoiselle Climene ,
par un volage qui donne
Aquelquefois des preferences
,& jamais d'exclufions .
Le merite chez moy ſouvent
parpreference
Determinemon coeurfur le choix
d'un objet;
Ainsi de Philinire admirant la
fcience
Seule elle est de mes chants aujourd'huy
leſujet.
Pij
172 MERCURE
Et par deux neuds divers expliquant
ma pensée, prod
Dujaune à Philinire , à Climene
du verd,
Je donne de moy- même une
Image tracée
Pour l'une un coeur d'été , pour
l'autre un coeur d'hiver.
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Résumé : ENVOY D'UN RUBAN jaune à Mademoiselle Philinire, & d'un Ruban à Mademoiselle Climene, par un volage qui donne quelquefois des preferences, & jamais d'exclusions.
Le poème 'Envoi d'un ruban' est adressé à deux muses, Mademoiselle Philinire et Mademoiselle Climène, par un candidat de l'Académie. Le poète exprime ses préférences changeantes, admirant la science de Philinire. Il utilise des rubans jaunes pour Philinire, symbolisant un 'cœur d'été', et verts pour Climène, représentant un 'cœur d'hiver'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1884
p. 172-176
SYLVAINS Air de Couperin. Parodie de M. D.
Début :
Puisque je suis en train de vous donner des vers, à la bonne / Le Dieu d'amour, le Dieu du vin [...]
Mots clefs :
Amour, Dieu, Amants, Sylvains, Couperin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SYLVAINS Air de Couperin. Parodie de M. D.
Puiſque je ſuis en train de
vous donnerdes vers , àlabonneheure
, je ne veux pas laiſſer
échapper l'occaſion que j'ay
à preſent de gliſſer dans la foule
, ceux qui me font tombez
entre les mains pendant le
cours de ce mois cy. D'abord
GALANT! 173
je vais vous amener ſur la
Scene deston
SYLVAINS
Airde Couperin.
Parodie de M. D.
Le Dieu d'amour , le Dieu
du vin
- Reglent nostre deftin :
15. Dans ces retraites yuandam
Toûjours amants , toûjours bu-
Leurs faveurs Al
siambrBour nos coeurs
brodi G.Sonefaves, ob 21000
Piij
174 MERCURE
Icy Bacchus ton jus charmant
Soulage en aimant
Lepoids de nos chaînes
Et ia liqueur ſuſpend les peines
D'un tendre malheureux
Amant :
Regne à jamais
Regne en nosforefts.
LeDieu d'amour, &c.
Bu
Au bord de ces ruisseaux
L'Amantfortuné qui ſommeille ,
An chant des Oiseaux
Se reveille.
GALANT. 175
Les chaînes de l'amour
Dans ce charmantSéjour
Semblent toûjours nouvelles ,
Les plaisirs amoureux ,
Ennous rendant heureux ,
Nous rendentplusfidelles.
LeDieu d'amour , &c.
ॐ
Milleplaiſirs ont droit icy de
nous charmer ,
Les ris , les jeux préſidentà nos
festes ,
Le verre en main au nom du
Dieuqui fait aimer
Dejeunesfleurs nous couronnons
nos teftes ;
Piiij
176 MERCURE
Anous feruir ces Dieux char-
१८
(
mans
Mettent leurgloire.
ॐ
L'amourluy-même àtousmoments
Nous verſe à boire.f
Aimable yoreffe ,
Douce tendreffe ,
La volupté
Nous fuitfans ceffe ,
La liberté,
Les ris , &lajeuneſſe
Regnent avec nous
Dans des lieux fidoux.
vous donnerdes vers , àlabonneheure
, je ne veux pas laiſſer
échapper l'occaſion que j'ay
à preſent de gliſſer dans la foule
, ceux qui me font tombez
entre les mains pendant le
cours de ce mois cy. D'abord
GALANT! 173
je vais vous amener ſur la
Scene deston
SYLVAINS
Airde Couperin.
Parodie de M. D.
Le Dieu d'amour , le Dieu
du vin
- Reglent nostre deftin :
15. Dans ces retraites yuandam
Toûjours amants , toûjours bu-
Leurs faveurs Al
siambrBour nos coeurs
brodi G.Sonefaves, ob 21000
Piij
174 MERCURE
Icy Bacchus ton jus charmant
Soulage en aimant
Lepoids de nos chaînes
Et ia liqueur ſuſpend les peines
D'un tendre malheureux
Amant :
Regne à jamais
Regne en nosforefts.
LeDieu d'amour, &c.
Bu
Au bord de ces ruisseaux
L'Amantfortuné qui ſommeille ,
An chant des Oiseaux
Se reveille.
GALANT. 175
Les chaînes de l'amour
Dans ce charmantSéjour
Semblent toûjours nouvelles ,
Les plaisirs amoureux ,
Ennous rendant heureux ,
Nous rendentplusfidelles.
LeDieu d'amour , &c.
ॐ
Milleplaiſirs ont droit icy de
nous charmer ,
Les ris , les jeux préſidentà nos
festes ,
Le verre en main au nom du
Dieuqui fait aimer
Dejeunesfleurs nous couronnons
nos teftes ;
Piiij
176 MERCURE
Anous feruir ces Dieux char-
१८
(
mans
Mettent leurgloire.
ॐ
L'amourluy-même àtousmoments
Nous verſe à boire.f
Aimable yoreffe ,
Douce tendreffe ,
La volupté
Nous fuitfans ceffe ,
La liberté,
Les ris , &lajeuneſſe
Regnent avec nous
Dans des lieux fidoux.
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Résumé : SYLVAINS Air de Couperin. Parodie de M. D.
Le texte présente une parodie musicale intitulée 'SYLVAINS' sur un air de Couperin, dédiée aux plaisirs de l'amour et du vin. Il célèbre les dieux de l'amour et du vin, qui gouvernent le destin des amants. Bacchus, dieu du vin, apaise les souffrances des amants malheureux et invite à régner éternellement dans les forêts. Le poème décrit les joies des amants dans des retraites champêtres, où les chaînes de l'amour semblent toujours nouvelles et renforcent la fidélité. Les festivités incluent des rires, des jeux et des couronnes de fleurs, honorant les dieux charmants. L'amour est personnifié comme un serviteur constant, offrant à boire et permettant à la volupté, à la liberté, aux rires et à la jeunesse de régner dans des lieux paisibles.
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1885
p. 177-179
LES ONDES.
Début :
Je sens fremir les airs, [...]
Mots clefs :
Amour, Onde, Mère
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texteReconnaissance textuelle : LES ONDES.
LES ONDES.
FeSensfremirles airs ,
Un doux Zephir s'éleve ,
Erfouleve
L'Empire des Mers. bis.
Je vois l'onde en repos ,
Je la vois s'agiter le long de ces
rivages,
F'entend retentir les échos
Des bocages
Du murmuredesflots.
JeSens ,&c.
2
ॐ
Les plaisirs , &les jeux ,
Les Tritons amoureux
:
L
لمحلا
478 MERCURE
Nagentfur l'Onde ,
Tout annonce au monde
En cejour
Le regne heureux de la mere d'amour.
Fefens , &c.
La jeuneDriade
Sort des forests ,
La vive Nayade
Chante ſes attraits,
Déja Neptune l'aime ,
Ilfuit fon char ,
Et luy vient luy même
Verferle nectar.
FeSens ,&c.
ॐ
GALANT. 179
Mais tout tremble ,
4
L'Ondese raffemble ,
Desfombres cavernesd'Eole ,
Le vent
S'envole ,
L'Onde
Gronde,
La nature à son tour
Par ce leger orage
Rend hommage4
A la mere d'amour , 17
Rend hommage
Afontour
Ala mere d'amour.
FeSensfremirles airs ,
Un doux Zephir s'éleve ,
Erfouleve
L'Empire des Mers. bis.
Je vois l'onde en repos ,
Je la vois s'agiter le long de ces
rivages,
F'entend retentir les échos
Des bocages
Du murmuredesflots.
JeSens ,&c.
2
ॐ
Les plaisirs , &les jeux ,
Les Tritons amoureux
:
L
لمحلا
478 MERCURE
Nagentfur l'Onde ,
Tout annonce au monde
En cejour
Le regne heureux de la mere d'amour.
Fefens , &c.
La jeuneDriade
Sort des forests ,
La vive Nayade
Chante ſes attraits,
Déja Neptune l'aime ,
Ilfuit fon char ,
Et luy vient luy même
Verferle nectar.
FeSens ,&c.
ॐ
GALANT. 179
Mais tout tremble ,
4
L'Ondese raffemble ,
Desfombres cavernesd'Eole ,
Le vent
S'envole ,
L'Onde
Gronde,
La nature à son tour
Par ce leger orage
Rend hommage4
A la mere d'amour , 17
Rend hommage
Afontour
Ala mere d'amour.
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Résumé : LES ONDES.
Le texte décrit une scène où les éléments naturels et les divinités marines célèbrent l'amour. Une douce brise anime les mers et les rivages, accompagnée des échos des forêts et du murmure des flots. Les Tritons jouent et annoncent le règne de la mère d'amour. Une Driade et une Nayade attirent l'attention de Neptune. Soudain, une tempête éclate, mais la nature continue d'honorer l'amour.
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1886
p. 181-183
SONNET AU ROY sur la Paix.
Début :
O l'aimable saison pour les fruits de la Herse, [...]
Mots clefs :
Roi, Paix
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texteReconnaissance textuelle : SONNET AU ROY sur la Paix.
SONNET AU ROY
fur la Paix.
O l'aimable ſaiſon pour les fruits
de la
A
۱۰ Herfe,
Où tout rit dans nos champs , où
chacun court au bain.
L'abondance&la Paix vont nous
ouvrir leur fein
>
182 MERCURE
Et LOUIS redouté n'aura plus
do traverſe,
Il va dans ses Etats rétablir
le Commerce
Qu'avoit interrompu le rival
de Vulcain *
Sa gloire qui s'étend jusqu'au
climat lointain,
Vient d'attirer icy l'Ambassadeur
de Perfe.
Le peuple à sa Santé boit déja
rafibus ,
Le Sexe pour luy plaire effacera
Venus ,
L'Auteur pour le loüer abandonne
Origene.
Et l'Amant pour le voir quittera
** Mars .
GALANT. 183
I
Sa Lays,
j'étois Paris,
Fen juge par mon coeur, car fi
Pour avoir ce plaisir ,je quitterois
Helene.
fur la Paix.
O l'aimable ſaiſon pour les fruits
de la
A
۱۰ Herfe,
Où tout rit dans nos champs , où
chacun court au bain.
L'abondance&la Paix vont nous
ouvrir leur fein
>
182 MERCURE
Et LOUIS redouté n'aura plus
do traverſe,
Il va dans ses Etats rétablir
le Commerce
Qu'avoit interrompu le rival
de Vulcain *
Sa gloire qui s'étend jusqu'au
climat lointain,
Vient d'attirer icy l'Ambassadeur
de Perfe.
Le peuple à sa Santé boit déja
rafibus ,
Le Sexe pour luy plaire effacera
Venus ,
L'Auteur pour le loüer abandonne
Origene.
Et l'Amant pour le voir quittera
** Mars .
GALANT. 183
I
Sa Lays,
j'étois Paris,
Fen juge par mon coeur, car fi
Pour avoir ce plaisir ,je quitterois
Helene.
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Résumé : SONNET AU ROY sur la Paix.
Le sonnet 'Sonnet au Roy' célèbre la paix et la prospérité sous le règne de Louis. Une saison abondante permet à tous de jouir des bienfaits de la nature. Le roi rétablit le commerce, interrompu par un rival. Sa renommée attire un ambassadeur perse. Le peuple, les femmes, les auteurs et les amants louent le roi. Le poète exprime son admiration, prêt à préférer Paris à Hélène.
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1887
p. 184
BOUTS-RIMEZ à remplir.
Début :
Cloche. sapin. vilain. poche. broche. lapin. Martin. accroche. sanglant. talent. [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ à remplir.
184 MERCURE
BOUTSRIMEZ
remplirterya ahov
Cloche.
fapin.
Vilain
pocho
broche.
lapin.
Martin,
accroche
fanglant
talent.
divine.
malheureux
amoureux
coquine.
Voila
BOUTSRIMEZ
remplirterya ahov
Cloche.
fapin.
Vilain
pocho
broche.
lapin.
Martin,
accroche
fanglant
talent.
divine.
malheureux
amoureux
coquine.
Voila
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1888
p. 275-276
CHANSON.
Début :
Habitans de ces bois, chantez, chantez sans craindre [...]
Mots clefs :
Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Habitans de ces bois, chantez,
chantezfans craindre
Quej'envie aujourd'huy vosplai.
firs les plus doux,
L'Amour vous rendheureux , je
1
276 MERCURE
n'ensuis point jaloux
Petits oyfcaux, j'aurois tort de
whome plaindre ling
Puisque je suis auffi content
vous.
Habitans de ces bois, chantez,
chantezfans craindre
Quej'envie aujourd'huy vosplai.
firs les plus doux,
L'Amour vous rendheureux , je
1
276 MERCURE
n'ensuis point jaloux
Petits oyfcaux, j'aurois tort de
whome plaindre ling
Puisque je suis auffi content
vous.
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1889
p. 276-280
Discours où l'Auteur rit du bout des dents. / Epigramme contre l'Auteur. [titre d'après la table]
Début :
Mais voicy bien d'autres affaires qui me tombent sur le [...]
Mots clefs :
Épigramme, Auteur, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours où l'Auteur rit du bout des dents. / Epigramme contre l'Auteur. [titre d'après la table]
Mais voicy biend'autresaffaires
qui me tombent fur le
corps,unfaifeur de Comedies,
que vous eſtes dans l'uſage de
fifler cent fois plus que moy
(& ce n'est pas peu dire ) m'a
depuis quelques jours regalé
d'une Epigrame , dont je ne
vous fais part , que parce que
je vous ay promis de vous
donner juſqu'aux pieces qui
ne feront pas à ma loüange.
GALANT. 277
Ce Monfieur m'égratigne vivement
; mais je luy annonce
en paſſant que je le mordray.
Au reſte j'avoue qu'il n'a pas
tort de me pincer , je lui ay
déja donné ſi ſouvent ſur les
doigts , que je ne blâme pas
fon reſſentiment. Maisje commençois
à m'aſſoupir ſur ſon
compte , je me fatiguois mê
me déja de mon attention à
mettre équitablement ſes out
vrages en paralelle , avec ce
que je lis de plus mauvais ,
lorſque cette Epigramme eft
venuë juſqu'à moy. Je ſuis
bien aiſe qu'il ſcache que je
78 MERCURE
barboüille du papier aumoins
auffi-bien que lui ,& puiſqu'il
veut la guerre , que je lui declare
guerre & demie. Je ne
lui diray pasde groffesinjures,
commecelles qu'ilme dit , je
n'attaquerai ni ſa plate figure,
ni fes moeurs , je ne ferai pas ,
pour lut détailler ſes petites veritez
, de miferable alluſion fur
fon nom , ni fur ſon emploi ;
mais je lui ferai plus de vingt
fois , le parolli de l'Epigramme
que voicy.
Le Feure cherchant lafortune,
Depuis un an, en a faite une,
Etde Mercure de ... malheur,
1
CALANT. 279
Eft devenu Mercure Autheur.
Jay dans fon Epigramme
ſubſtitué un mot à la place
d'un autre , parce que la perſonne
qu'il deſigne mal-à-propos&
contre la verité,n'y avoir
nullement affaire , j'eſtois le
maiſtre , & je croy que pere
ſonne n'endoute , de fuppri
mer l'Epigramme entiero.
Auſfil'aurois-je fait , ſi je m'y
étois reconnu aux beaux noms
qu'il medonne ;mais j'ayvoulu
la rendre publique exprés ,
pour m'acquerir le droit de
ne le plus épargner. Je feray
doreſnavant , fi je peux , de
30 MERCURE
cet article, l'article le plusba
din & le plus réjoüiſſant du
Mercure. Je l'entreprendrois
même dés à preſent , fi quelques
nouvelles ombres plaintives,
ne m'attendoient pas pour
les aider à paffer le tenebreux
rivage.
qui me tombent fur le
corps,unfaifeur de Comedies,
que vous eſtes dans l'uſage de
fifler cent fois plus que moy
(& ce n'est pas peu dire ) m'a
depuis quelques jours regalé
d'une Epigrame , dont je ne
vous fais part , que parce que
je vous ay promis de vous
donner juſqu'aux pieces qui
ne feront pas à ma loüange.
GALANT. 277
Ce Monfieur m'égratigne vivement
; mais je luy annonce
en paſſant que je le mordray.
Au reſte j'avoue qu'il n'a pas
tort de me pincer , je lui ay
déja donné ſi ſouvent ſur les
doigts , que je ne blâme pas
fon reſſentiment. Maisje commençois
à m'aſſoupir ſur ſon
compte , je me fatiguois mê
me déja de mon attention à
mettre équitablement ſes out
vrages en paralelle , avec ce
que je lis de plus mauvais ,
lorſque cette Epigramme eft
venuë juſqu'à moy. Je ſuis
bien aiſe qu'il ſcache que je
78 MERCURE
barboüille du papier aumoins
auffi-bien que lui ,& puiſqu'il
veut la guerre , que je lui declare
guerre & demie. Je ne
lui diray pasde groffesinjures,
commecelles qu'ilme dit , je
n'attaquerai ni ſa plate figure,
ni fes moeurs , je ne ferai pas ,
pour lut détailler ſes petites veritez
, de miferable alluſion fur
fon nom , ni fur ſon emploi ;
mais je lui ferai plus de vingt
fois , le parolli de l'Epigramme
que voicy.
Le Feure cherchant lafortune,
Depuis un an, en a faite une,
Etde Mercure de ... malheur,
1
CALANT. 279
Eft devenu Mercure Autheur.
Jay dans fon Epigramme
ſubſtitué un mot à la place
d'un autre , parce que la perſonne
qu'il deſigne mal-à-propos&
contre la verité,n'y avoir
nullement affaire , j'eſtois le
maiſtre , & je croy que pere
ſonne n'endoute , de fuppri
mer l'Epigramme entiero.
Auſfil'aurois-je fait , ſi je m'y
étois reconnu aux beaux noms
qu'il medonne ;mais j'ayvoulu
la rendre publique exprés ,
pour m'acquerir le droit de
ne le plus épargner. Je feray
doreſnavant , fi je peux , de
30 MERCURE
cet article, l'article le plusba
din & le plus réjoüiſſant du
Mercure. Je l'entreprendrois
même dés à preſent , fi quelques
nouvelles ombres plaintives,
ne m'attendoient pas pour
les aider à paffer le tenebreux
rivage.
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Résumé : Discours où l'Auteur rit du bout des dents. / Epigramme contre l'Auteur. [titre d'après la table]
Un auteur reçoit une épigramme critique d'un faiseur de comédies. Reconnaissant sa propre tendance à critiquer cet individu, il décide de répondre en déclarant une guerre littéraire. Il précise qu'il évitera les attaques personnelles et se concentrera sur les œuvres de son adversaire. L'auteur publie une épigramme en réponse, modifiant un mot pour ne pas impliquer une personne non concernée. Il annonce qu'il continuera à critiquer sévèrement cet adversaire dans le Mercure, bien qu'il doive d'abord aborder d'autres sujets urgents.
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1890
p. 300-302
ENIGME.
Début :
Sortant du lieu de ma naissance, [...]
Mots clefs :
Diamant brut
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Sortant du lieu de ma naif-
Sance ,
L'on me voit privé de beauté:
Mais qui connoît mon excellence
GALANT 30%
Excuse ma brutalité
८ Forne les Têtes Couronnées,
Les Grands recherchent ma vawhiteary
Les Princeſſes les mieux ornées
Parmoy relevent leur grandeur.
Mon luftre naît dans mapouffiere
On me fait porter bien desfaces,
Accompagnéde la lumiere ,
Par tout je ſçais remplir mes
places
د Fe Jereçois même plus d'éclat
Quandon m'exposesur la rouë,
302 MERCURE
Je refifte quandon me bat,
Mafermetéfait qu'on me lovë.
J'aimefur tout la netteté,
Ilmefaut de la politeffe ,
Jeſuis par tout decredité ,
Si l'on me voitde la tendreffe.
Sortant du lieu de ma naif-
Sance ,
L'on me voit privé de beauté:
Mais qui connoît mon excellence
GALANT 30%
Excuse ma brutalité
८ Forne les Têtes Couronnées,
Les Grands recherchent ma vawhiteary
Les Princeſſes les mieux ornées
Parmoy relevent leur grandeur.
Mon luftre naît dans mapouffiere
On me fait porter bien desfaces,
Accompagnéde la lumiere ,
Par tout je ſçais remplir mes
places
د Fe Jereçois même plus d'éclat
Quandon m'exposesur la rouë,
302 MERCURE
Je refifte quandon me bat,
Mafermetéfait qu'on me lovë.
J'aimefur tout la netteté,
Ilmefaut de la politeffe ,
Jeſuis par tout decredité ,
Si l'on me voitde la tendreffe.
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1891
p. 302-304
AUTRE.
Début :
Nous allons trois communement, [...]
Mots clefs :
Trois dés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Nous allons trois communement
,
Environnez d'un plus grand
nombre ,
Nous nous poſonsfolidement ,
Sortant d'un endroit affezfombre.
と
GALANT. 1303
Nous sommes ſouvent bien.
battus ,
Nous caufons des gains& des
pertes,
Nous rendons des gens bien confus,
Quand nos loix deviennent ouvertes.
On voit en nous plus d'une
face ,
Une ſeule regle de tout ,
Quelquefois on faitla grimace ,
Nôtre demarche étant au bout.
Soixante & trois font notre
escorte,
304 MERCURE
Dix-huit au plus peuvent paroître
,
Vingt & un chacun de nous
porte ,
C'est dire affz pour nous connoistre.
Nous allons trois communement
,
Environnez d'un plus grand
nombre ,
Nous nous poſonsfolidement ,
Sortant d'un endroit affezfombre.
と
GALANT. 1303
Nous sommes ſouvent bien.
battus ,
Nous caufons des gains& des
pertes,
Nous rendons des gens bien confus,
Quand nos loix deviennent ouvertes.
On voit en nous plus d'une
face ,
Une ſeule regle de tout ,
Quelquefois on faitla grimace ,
Nôtre demarche étant au bout.
Soixante & trois font notre
escorte,
304 MERCURE
Dix-huit au plus peuvent paroître
,
Vingt & un chacun de nous
porte ,
C'est dire affz pour nous connoistre.
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1892
p. 304-308
Rondeau Enigmatique.
Début :
Je m'ennuye de ne pas faire plus d'effort pour vous amuser, / En noirs cachots, & hideuse clôture, [...]
Mots clefs :
Huître à l'écaille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rondeau Enigmatique.
Jem'ennuye de ne pas faire
plus d'effort pour vous amufer
, que mes Predeceffeurs en
ont fait , je veux me furpaffer
moy-même ,& les ſurpaffer
generoſité ; en un mot vous
donner ce mois- ci trois Enigmes
au lieu de deux , pourvû
que vous ne me faffiez pasune
dette de cette grace ; celle-ci
eft
GALANT. 305
eſt tres-difficile,c'eſt unSphinx,
& il faut ,Dieu me pardonne ,
être un Oedipe pour la deviner.
Aureſte je vous la donne avec
le petit billet preliminaire qui
a donné occaſion à l'acquiſition
que j'en ay faite.
Demain matin , Monfieur
mon cher ami , je veux vous
regaler avec de bonnes huitres
qu'un excellent vin de Palme
arrofera. Deux de nos bons
amis m'ont donné leur parole
de ſe trouver chez moy ,
fur ce que je leur ay promis
voſtre compagnie.
Mais il me prend je ne ſçais
May 1715. Cc
306 MERCURE
quelle fantaifie , de ne vous
donner cepetit regal qu'à con.
ditionqu'en arrivant chez moi
fur les neuf heures,vous commencerez
par expliquer l'Enigmeque
je vous envoye. Sans
cela , moncher , point de dé
jeuner. Vous avez de l'eſprit.
Vous déjeunerez.
Rondeau Enigmatique.
En noirs cachots ,&hideufe
clôture ,
Vite amenezpar normande voiture
Sont àParis prifonniers innocens :
هللا
GALANT. 307
Si que pourets dans la Geole
gißans
Attendent , las ! leur derniere
avanture.
Dignes Canforts de leur déconfiture
,
Vieux Montagnards de traiſtreſſe
nature
Jadévouez,font auſſi croupiſſans
En noirs cachots.
Les bons Caprifs , Ami , fi
d'avanture ,
Ton defir eft voir mettre à
ود
la tor-
Viens : &soudain tu les verras
iffans
De leur prifon , aux Accoints
Ceij
308 MERCURE
1 gaudiſſans
Faire allegreffe , &prendre fepalture
En noirs cachots.
plus d'effort pour vous amufer
, que mes Predeceffeurs en
ont fait , je veux me furpaffer
moy-même ,& les ſurpaffer
generoſité ; en un mot vous
donner ce mois- ci trois Enigmes
au lieu de deux , pourvû
que vous ne me faffiez pasune
dette de cette grace ; celle-ci
eft
GALANT. 305
eſt tres-difficile,c'eſt unSphinx,
& il faut ,Dieu me pardonne ,
être un Oedipe pour la deviner.
Aureſte je vous la donne avec
le petit billet preliminaire qui
a donné occaſion à l'acquiſition
que j'en ay faite.
Demain matin , Monfieur
mon cher ami , je veux vous
regaler avec de bonnes huitres
qu'un excellent vin de Palme
arrofera. Deux de nos bons
amis m'ont donné leur parole
de ſe trouver chez moy ,
fur ce que je leur ay promis
voſtre compagnie.
Mais il me prend je ne ſçais
May 1715. Cc
306 MERCURE
quelle fantaifie , de ne vous
donner cepetit regal qu'à con.
ditionqu'en arrivant chez moi
fur les neuf heures,vous commencerez
par expliquer l'Enigmeque
je vous envoye. Sans
cela , moncher , point de dé
jeuner. Vous avez de l'eſprit.
Vous déjeunerez.
Rondeau Enigmatique.
En noirs cachots ,&hideufe
clôture ,
Vite amenezpar normande voiture
Sont àParis prifonniers innocens :
هللا
GALANT. 307
Si que pourets dans la Geole
gißans
Attendent , las ! leur derniere
avanture.
Dignes Canforts de leur déconfiture
,
Vieux Montagnards de traiſtreſſe
nature
Jadévouez,font auſſi croupiſſans
En noirs cachots.
Les bons Caprifs , Ami , fi
d'avanture ,
Ton defir eft voir mettre à
ود
la tor-
Viens : &soudain tu les verras
iffans
De leur prifon , aux Accoints
Ceij
308 MERCURE
1 gaudiſſans
Faire allegreffe , &prendre fepalture
En noirs cachots.
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1893
p. 81-89
La veritable Noblesse consiste dans la vertu. ODE.
Début :
Aux yeux de l'ignorant vulgaire [...]
Mots clefs :
Vertu, Noblesse, Prince, Monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La veritable Noblesse consiste dans la vertu. ODE.
La veritable Nobleße confifte
dans la vertu .
ODE.
Aux yeux de l'ignorant vulgaire
Soyez le plus heureux mortel
Quelefort s'attache àvous plaire
Habitez un fuperbe Hoſtel
Ayz un nombreux Domestique ,
Brillezpar un train magnifique ,
Etpar desfomptueux repas ,
Fuffiez- vous du fang des Monarques,
Vous croirai je noble à ces marques
?
82 MERCURE
Non , cefaste ne ſuffitpas.
N'enviſageons point la Nobleffe
Par tous ces dehorsſpecieux :
Méprisons-lesfilaſageſſe
N'y jointſes trésors precieux.
Cefameux Roide laJudée
N'eutétéqu'un Prince en idée
Sans cet inestimable bien :
A- t-ilperdu ce bien (upreme!
Tout l'éclat defon Diademe
Nedoit être compté pour rien.
Prudent , égal , doux , charitable
,
Fidele obfervateur des loix,
GALANT 83
Toûjours droit , toûjours équitable
Au deſſus de tous vos emplois :
Pour les Saints Autels plein de
zele,
Courant où l'honneur vous appele,
Vainqueurdes trompeuſes Circés :
Fier au combat , ailleurs modefte,
Ah ! vous êtes Noblede reſte ,
Vousſeul , vous , vous ennobliffés.
Mais vous , qui , s'il faut
vous en croire
Descendez d'un illustrefang,
84 MERCURE
Pour en retirer quelque gloire ,
Soyez digne de vôtre rang
C'eſten vainque l'orguëil étale
Au tourdes murs de vôtre Sale
Les vieuxportraitsde vos Ayeux,
Si leur memoire reverée
Par vos vices deshonorée
Vous rend roturier à nosyeux.
ॐ
Quoi ! parmi ces grands perfonnages
Je vous voifierementplacé,
Vous dont les moeurs font tant
d'outrages
1
Au beau nom qu'ils vous ont
laiffé
Que veut dire cette cuiraffe
GALANT. 85
1
:
Que le vaillant Dieu de la Thrace
Jamais ne vous a vû porter ?
Qu'un prompt pinceau vous en
depoüille ,
Etqu'il vous mette la quenoüille,
Qu'Omphale vient vous prefen-
1
ter?
ॐ
Ce n'est point ausein des delices
Quesefontformez ces Heros :
C'estàde rudes exercices a
Qu'est dû le fruit de leurs travaux
:
Ennemis de toute moleffe ,
Vrais amateurs de laſageſſe
Prudens Magistrats , grands
Guerriers :
46 MERCURE
Les uns l'honneur de leur Province
,
Les autres l'appui de leur Prince ,
Ils ontjoint l'olive aux lauriers.
ॐ
Mais quelsfont vos exploits
deguerre ?
Par quel endroit vousloûronsnous?
Surquelle mer , dans quelle terre,
Avez- vous fait parler de vous ?
parler de vous
Vous gardez un honteuxfilence :
Pourquoi donc avec infolence
Vous vanterdes hautsfaits d'autrui!
Voulez- vous qu'en vous je revere
Les vertus d'un Ayeul d'unpere,
1
GALANT. 87
Tel qu'eux montrez vous aujourd'huy
?
La g'oire brille d'avantage
Quanddupere ellepaffe aufils ;
Mais ce n'estpoint un heritage,
Denosfueurs elle est le prix :
Noble objet des coeurs magnanimes,
Element des eſpritsfublimes ,
Rayon de lafplendeur des Cieux,
Elle est l'immortel : Couronne
Qu'àses amis la vertu donne,
Et qui les place au rang des
Dieux.
ॐ
Loin d'elle ces ames hautaines ,
87 MERCURE
Quefeduit leur propre fierté;
Etqui , fans merite , font waines
D'unfantôme de qualité:
Loin ces hommes dontles richeſſes
Sont l'inftrument de leursfoibleffes
:
Victimes deleurs paſſions :
Quele vin , la table abrutißent ;
Et qui leur nobleſſe aviliſſent
Parmille indignes actions.
ॐ
Tellequ'en la route azurée ,
Vertu , parois encesbas lieux ;
Etde tous tes attraits parée ,
Fais-les éclaterà nosyeux ,
Redui ces vains géans en poudre :
Pour
GALANT. 89
Pour eux ton aspectestunfoudre :
Sur leur frontſe peint la pafleur:
Privéz, de tes chaſtes delices
En proyeà l'horreurde leurs vices,
Ledeſeſpoirfuit leur douleur.
dans la vertu .
ODE.
Aux yeux de l'ignorant vulgaire
Soyez le plus heureux mortel
Quelefort s'attache àvous plaire
Habitez un fuperbe Hoſtel
Ayz un nombreux Domestique ,
Brillezpar un train magnifique ,
Etpar desfomptueux repas ,
Fuffiez- vous du fang des Monarques,
Vous croirai je noble à ces marques
?
82 MERCURE
Non , cefaste ne ſuffitpas.
N'enviſageons point la Nobleffe
Par tous ces dehorsſpecieux :
Méprisons-lesfilaſageſſe
N'y jointſes trésors precieux.
Cefameux Roide laJudée
N'eutétéqu'un Prince en idée
Sans cet inestimable bien :
A- t-ilperdu ce bien (upreme!
Tout l'éclat defon Diademe
Nedoit être compté pour rien.
Prudent , égal , doux , charitable
,
Fidele obfervateur des loix,
GALANT 83
Toûjours droit , toûjours équitable
Au deſſus de tous vos emplois :
Pour les Saints Autels plein de
zele,
Courant où l'honneur vous appele,
Vainqueurdes trompeuſes Circés :
Fier au combat , ailleurs modefte,
Ah ! vous êtes Noblede reſte ,
Vousſeul , vous , vous ennobliffés.
Mais vous , qui , s'il faut
vous en croire
Descendez d'un illustrefang,
84 MERCURE
Pour en retirer quelque gloire ,
Soyez digne de vôtre rang
C'eſten vainque l'orguëil étale
Au tourdes murs de vôtre Sale
Les vieuxportraitsde vos Ayeux,
Si leur memoire reverée
Par vos vices deshonorée
Vous rend roturier à nosyeux.
ॐ
Quoi ! parmi ces grands perfonnages
Je vous voifierementplacé,
Vous dont les moeurs font tant
d'outrages
1
Au beau nom qu'ils vous ont
laiffé
Que veut dire cette cuiraffe
GALANT. 85
1
:
Que le vaillant Dieu de la Thrace
Jamais ne vous a vû porter ?
Qu'un prompt pinceau vous en
depoüille ,
Etqu'il vous mette la quenoüille,
Qu'Omphale vient vous prefen-
1
ter?
ॐ
Ce n'est point ausein des delices
Quesefontformez ces Heros :
C'estàde rudes exercices a
Qu'est dû le fruit de leurs travaux
:
Ennemis de toute moleffe ,
Vrais amateurs de laſageſſe
Prudens Magistrats , grands
Guerriers :
46 MERCURE
Les uns l'honneur de leur Province
,
Les autres l'appui de leur Prince ,
Ils ontjoint l'olive aux lauriers.
ॐ
Mais quelsfont vos exploits
deguerre ?
Par quel endroit vousloûronsnous?
Surquelle mer , dans quelle terre,
Avez- vous fait parler de vous ?
parler de vous
Vous gardez un honteuxfilence :
Pourquoi donc avec infolence
Vous vanterdes hautsfaits d'autrui!
Voulez- vous qu'en vous je revere
Les vertus d'un Ayeul d'unpere,
1
GALANT. 87
Tel qu'eux montrez vous aujourd'huy
?
La g'oire brille d'avantage
Quanddupere ellepaffe aufils ;
Mais ce n'estpoint un heritage,
Denosfueurs elle est le prix :
Noble objet des coeurs magnanimes,
Element des eſpritsfublimes ,
Rayon de lafplendeur des Cieux,
Elle est l'immortel : Couronne
Qu'àses amis la vertu donne,
Et qui les place au rang des
Dieux.
ॐ
Loin d'elle ces ames hautaines ,
87 MERCURE
Quefeduit leur propre fierté;
Etqui , fans merite , font waines
D'unfantôme de qualité:
Loin ces hommes dontles richeſſes
Sont l'inftrument de leursfoibleffes
:
Victimes deleurs paſſions :
Quele vin , la table abrutißent ;
Et qui leur nobleſſe aviliſſent
Parmille indignes actions.
ॐ
Tellequ'en la route azurée ,
Vertu , parois encesbas lieux ;
Etde tous tes attraits parée ,
Fais-les éclaterà nosyeux ,
Redui ces vains géans en poudre :
Pour
GALANT. 89
Pour eux ton aspectestunfoudre :
Sur leur frontſe peint la pafleur:
Privéz, de tes chaſtes delices
En proyeà l'horreurde leurs vices,
Ledeſeſpoirfuit leur douleur.
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Résumé : La veritable Noblesse consiste dans la vertu. ODE.
Le texte 'La véritable Noblesse consiste dans la vertu' distingue la véritable noblesse des apparences extérieures. Il critique ceux qui se vantent de leur richesse et de leur statut sans posséder les qualités morales nécessaires. La véritable noblesse repose sur la vertu, contrairement à celle basée sur les biens matériels et les titres. Les qualités telles que la prudence, la droiture, la charité et le respect des lois sont présentées comme les vrais marqueurs de noblesse. Le texte insiste sur l'importance des actions et des mérites personnels plutôt que sur l'héritage familial. La vertu est décrite comme la seule voie pour atteindre une véritable noblesse, capable de placer les individus au rang des dieux. Il condamne les âmes hautaines et les riches utilisant leur fortune pour des actions indignes, soulignant que la vraie noblesse est inaccessible sans mérite et vertu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1894
p. 189-192
Modeste repartie de l'Auteur à l'Epigramme que l'Auteur du Vert galant a eu la bonté de lui adresser le mois passé. [titre d'après la table]
Début :
Vous venez de faire une lecture singuliere, Madame, que je [...]
Mots clefs :
Lecteurs, Madame
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texteReconnaissance textuelle : Modeste repartie de l'Auteur à l'Epigramme que l'Auteur du Vert galant a eu la bonté de lui adresser le mois passé. [titre d'après la table]
Vous venez de fare une
lecture fi finguliere , Madame ,
190 MERCURE
que je ſuis fûr que vous eftes
ſur le point d'avoüer qu'il faut
que je vous aime , pour vous
conter de ſi jolies choſes. N'en
faites pas de myſtere , je vous
en conjure :&declarez , fi vous
le pouvez à tout le monde ,
que vous ne vous offenſez pas
de m'avoir pour ami. Dites
publiquement qu'on ne court
aucun riſque à m'honorer de
ce titre,& determinez , s'il eſt
poffible , tous mes Lecteurs à
m'aimer. J'excepte neanmoins
l'Auteur du Vert galant du
nombre de ceux dont l'indulgence
& l'eſtime me font ne
GALANT. 191
ceſſaires : Ce que j'ay l'honneur
de vous dire icy n'eſt pas
un effet du reſſentiment que
me fournit contre luy l'E.
pigramme qu'il a faite contre
moy , mais une preuve de la
bonne foy avec laquelle je
foumets à ſon égard mes
* idées à celle du public. Je croy
enmêmetemsqueperſonne ne
trouvera mauvais que je releve
ſon Epigramme , & que je
luy diſe en paſſant:
Damon. Quoy ? ta muſe babille
Contre Mercure,adreſſe ailleurs
tes coups ?
Ingrat, menage unDieu , qui , de
l'aveu de tous ,
192 MERCURE
4
Donnedupainàttaa famille.
Certe petite réponſe eſt
modeſte , il eſt vray ; vous
me direz ſans doute que je me
vange avec trop de retenue ,
j'en conviens encore : mais je
fuis bien aiſe de me montrer
leplus ſage. D'ailleurs les raifons
que j'ay de me menager
ſur ſon chapitre ,doivent ſubfifter
longtemps , ou il faut
qu'on medégagedema parole:
j'en ſuis tellement eſclave,
Madame , qu'un des plus
grands plaifirs qu'on puiffeme
faire , eſt de me faire ſouvenir
des endroits où j'y manque.
lecture fi finguliere , Madame ,
190 MERCURE
que je ſuis fûr que vous eftes
ſur le point d'avoüer qu'il faut
que je vous aime , pour vous
conter de ſi jolies choſes. N'en
faites pas de myſtere , je vous
en conjure :&declarez , fi vous
le pouvez à tout le monde ,
que vous ne vous offenſez pas
de m'avoir pour ami. Dites
publiquement qu'on ne court
aucun riſque à m'honorer de
ce titre,& determinez , s'il eſt
poffible , tous mes Lecteurs à
m'aimer. J'excepte neanmoins
l'Auteur du Vert galant du
nombre de ceux dont l'indulgence
& l'eſtime me font ne
GALANT. 191
ceſſaires : Ce que j'ay l'honneur
de vous dire icy n'eſt pas
un effet du reſſentiment que
me fournit contre luy l'E.
pigramme qu'il a faite contre
moy , mais une preuve de la
bonne foy avec laquelle je
foumets à ſon égard mes
* idées à celle du public. Je croy
enmêmetemsqueperſonne ne
trouvera mauvais que je releve
ſon Epigramme , & que je
luy diſe en paſſant:
Damon. Quoy ? ta muſe babille
Contre Mercure,adreſſe ailleurs
tes coups ?
Ingrat, menage unDieu , qui , de
l'aveu de tous ,
192 MERCURE
4
Donnedupainàttaa famille.
Certe petite réponſe eſt
modeſte , il eſt vray ; vous
me direz ſans doute que je me
vange avec trop de retenue ,
j'en conviens encore : mais je
fuis bien aiſe de me montrer
leplus ſage. D'ailleurs les raifons
que j'ay de me menager
ſur ſon chapitre ,doivent ſubfifter
longtemps , ou il faut
qu'on medégagedema parole:
j'en ſuis tellement eſclave,
Madame , qu'un des plus
grands plaifirs qu'on puiffeme
faire , eſt de me faire ſouvenir
des endroits où j'y manque.
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Résumé : Modeste repartie de l'Auteur à l'Epigramme que l'Auteur du Vert galant a eu la bonté de lui adresser le mois passé. [titre d'après la table]
Dans une lettre adressée à une dame, l'auteur exprime son affection et demande qu'elle déclare publiquement qu'elle n'est pas offensée par son amitié. Il invite également ses lecteurs à l'apprécier, sauf l'auteur du 'Vert galant'. L'auteur nie toute rancune envers cet individu suite à une épigramme écrite à son encontre. Il explique avoir répondu avec modération pour se montrer sage et respecter la sacralité de sa parole. Sa réponse à l'épigramme est décrite comme modeste, bien qu'elle puisse sembler trop mesurée. L'auteur choisit délibérément la sagesse plutôt que la vengeance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1895
p. 250-252
SONNET MODERNE.
Début :
L'un pasme sur Homere, & l'autre veut qu'il . cloche, [...]
Mots clefs :
Homère, Poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET MODERNE.
SONNET MODERNE.
L'un pasmefurHomere ,& l'autre
veut qu'il cloche ,
L'autre dit qu'il raisonne ainsi
qu'un vieux • fapin ,
Ceſſons tous ces débats , n'est-il pas
fort vilain
GALANT. 251
Qu'à ſonſujet ainsi l'onsepeigne,
onse poche.
Quant àmoy de bon coeur je confens
qu'on l' embroche ,
Etqu'on l'écorche ainsi qu'on écorche
un Lapin ,
انا
Qu'on se chauffe àSon feu quand
vient la S. Martin
Ou que du moins au croc pour cent
anson l' accroche.
N
On aura beau crier n'est-il pas bien
fanglant
De voir traiter ainsi , Heros d'un
tel talent
ch Et dont la Poësie est si noble ,&
divine.
D'accord ; maisjesoutiens qu'il est
bien malheureux
252 MERCURE
Que pour un vieux Payen dont on
eft amoureux
Afe chanter injure ainſi l'on s'ac-
: coquine.
L'un pasmefurHomere ,& l'autre
veut qu'il cloche ,
L'autre dit qu'il raisonne ainsi
qu'un vieux • fapin ,
Ceſſons tous ces débats , n'est-il pas
fort vilain
GALANT. 251
Qu'à ſonſujet ainsi l'onsepeigne,
onse poche.
Quant àmoy de bon coeur je confens
qu'on l' embroche ,
Etqu'on l'écorche ainsi qu'on écorche
un Lapin ,
انا
Qu'on se chauffe àSon feu quand
vient la S. Martin
Ou que du moins au croc pour cent
anson l' accroche.
N
On aura beau crier n'est-il pas bien
fanglant
De voir traiter ainsi , Heros d'un
tel talent
ch Et dont la Poësie est si noble ,&
divine.
D'accord ; maisjesoutiens qu'il est
bien malheureux
252 MERCURE
Que pour un vieux Payen dont on
eft amoureux
Afe chanter injure ainſi l'on s'ac-
: coquine.
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Résumé : SONNET MODERNE.
Le texte discute de la perception divergente d'Homère, poète ancien. Certains le vénèrent comme un génie, d'autres le critiquent. Le narrateur reste indifférent aux débats, acceptant même qu'Homère soit dénigré ou utilisé trivialement. Il reconnaît son talent mais déplore les injures faites à son œuvre par amour pour un 'vieux païen'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1896
p. 252-253
AUTRE.
Début :
En mariage, amy, toûjours quelque fer . . cloche, [...]
Mots clefs :
Mariage, Épouse
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
En mariage , amy , toûjours quelque
fer : cloche ,
Ariste est bon mary ,mais il fent le
いfapin ,
Le riche , & jeune Oronte est un
archi- vilain,
Son Epouse gemit d'avoir pris that
en poche.
L'hymen veut qu'on y pense , &
Souvent on le broche ,
On voit souvent unir la chate , &
le Lapin ,
Tels nes'étoientpas veus, avantla
GALANT. 253
terpas
Saint Martin,
Qu'en rentrant au Palais un noeud
fatal J
accroche.
Ce principe produit I from teplus
L'Epouse nepriſe le talent,
Elle n'ecouterpas même la voix
১
fanglant ,
divine.
! que lefort d'Eraste est unfort
malheureux ,
Il est de plus en plus de safemme
amoureux .
Safemme est pour tout autre amu-
Sante& . coquine.
En mariage , amy , toûjours quelque
fer : cloche ,
Ariste est bon mary ,mais il fent le
いfapin ,
Le riche , & jeune Oronte est un
archi- vilain,
Son Epouse gemit d'avoir pris that
en poche.
L'hymen veut qu'on y pense , &
Souvent on le broche ,
On voit souvent unir la chate , &
le Lapin ,
Tels nes'étoientpas veus, avantla
GALANT. 253
terpas
Saint Martin,
Qu'en rentrant au Palais un noeud
fatal J
accroche.
Ce principe produit I from teplus
L'Epouse nepriſe le talent,
Elle n'ecouterpas même la voix
১
fanglant ,
divine.
! que lefort d'Eraste est unfort
malheureux ,
Il est de plus en plus de safemme
amoureux .
Safemme est pour tout autre amu-
Sante& . coquine.
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Résumé : AUTRE.
Le texte discute du mariage et des relations conjugales. Ariste, un bon mari, a une odeur d'ail. Oronte, riche mais vilain, est regretté par son épouse. Les mariages mal assortis sont fréquents, comparés à une chatte et un lapin. Saint Martin se retrouve pris dans un nœud fatal. Eraste, malheureux en amour, a une femme infidèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1897
p. 253-255
AUTRE.
Début :
Faire de ses amours sonner la grosse cloche, [...]
Mots clefs :
Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
Fairedeses amours Sonner la groſſe
1
cloche ,
1
254 MERCURE
Sans fonger qu'il faudra tomber
dans le ſapin,
Filonter le Bourgeois , l'Ecolier ,le
vilain ,
En tirant to douzain de l'une&
l'autre poche.
Tourner an prenier vent plus vite
qu'uxt
broche,
Ne jonger qu'à manger Fai ,
rerdrix , Lapis,
battre unpauvre mary, comme l'âne
à Martin ,
Quand il trouve mauvais que le
Galant s' accroche.
Les engager tous deux dans un
combat
1
ſanglant ,
Faire d'un coeur pourryfonplus riche
talent,
Et mépriser Souvent la parole
GALANT . 255
3
divine.
Faire de Ses Amans autant de
malheureux ,
Ne refuser jamais de billets
amoureux ,
Voilà le beau métier que fait une
Fairedeses amours Sonner la groſſe
1
cloche ,
1
254 MERCURE
Sans fonger qu'il faudra tomber
dans le ſapin,
Filonter le Bourgeois , l'Ecolier ,le
vilain ,
En tirant to douzain de l'une&
l'autre poche.
Tourner an prenier vent plus vite
qu'uxt
broche,
Ne jonger qu'à manger Fai ,
rerdrix , Lapis,
battre unpauvre mary, comme l'âne
à Martin ,
Quand il trouve mauvais que le
Galant s' accroche.
Les engager tous deux dans un
combat
1
ſanglant ,
Faire d'un coeur pourryfonplus riche
talent,
Et mépriser Souvent la parole
GALANT . 255
3
divine.
Faire de Ses Amans autant de
malheureux ,
Ne refuser jamais de billets
amoureux ,
Voilà le beau métier que fait une
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Résumé : AUTRE.
Le texte présente une femme, probablement une entremetteuse ou courtisane, qui encourage les amours et les conflits pour son profit. Elle incite à la luxure et à la violence, manipule les sentiments amoureux et accepte des billets amoureux. Elle provoque le malheur de ses amants et méprise la parole divine, soulignant son comportement immoral et égoïste.
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1898
p. 255-256
AUTRE.
Début :
Que mon corps annoncé par le son de la . cloche, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
coquine.
Que mon corps annoncépar lefon
Que n
dela cloche ,
Soit vêtu pourjamais d'un ſurtout
de ſapin ,
Qu'on me traite en tous lieuxd'efcroc&
de vilain ,
Qu'unvuide deſolant s'empare de
ma poche.
Qui pis est quejamais l'on n'en256
MERCURE
tende de broche ,
Pour moy tourner Poulets , Veau ,
Perdrix, ni Lapin ,
Qu'on me chargede coups plus que
l'âneà Martin,
Que dis-je , je confens qu'an gibet
l'onm accroche.
Par de nouveaux tourmens qu'un
Bourreau tout fanglant
Etale à mes dépens son funeste
•
talent,
Que je sois écrasé de la foudre
divine.
Que jefois s'ilse peut encor plus
malheureux ,
Plûtôt queje devienne un instant
. amoureux
De la fauße douceur d'une telle
ה
2 coquine.
coquine.
Que mon corps annoncépar lefon
Que n
dela cloche ,
Soit vêtu pourjamais d'un ſurtout
de ſapin ,
Qu'on me traite en tous lieuxd'efcroc&
de vilain ,
Qu'unvuide deſolant s'empare de
ma poche.
Qui pis est quejamais l'on n'en256
MERCURE
tende de broche ,
Pour moy tourner Poulets , Veau ,
Perdrix, ni Lapin ,
Qu'on me chargede coups plus que
l'âneà Martin,
Que dis-je , je confens qu'an gibet
l'onm accroche.
Par de nouveaux tourmens qu'un
Bourreau tout fanglant
Etale à mes dépens son funeste
•
talent,
Que je sois écrasé de la foudre
divine.
Que jefois s'ilse peut encor plus
malheureux ,
Plûtôt queje devienne un instant
. amoureux
De la fauße douceur d'une telle
ה
2 coquine.
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Résumé : AUTRE.
Le locuteur exprime sa volonté d'éviter divers malheurs, tels que la pauvreté, les mauvais traitements, et les supplices. Il redoute de manquer de nourriture fine et d'être maltraité. Il préfère subir ces épreuves plutôt que de tomber amoureux d'une femme qualifiée de 'coquine'.
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1899
p. 257-258
AUTRE.
Début :
Je compte les momens que le son de ma . . cloche [...]
Mots clefs :
Amis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Je compte les momens que lefon de
ma cloche
M'appelle pour dinerſurun bois de
fapin ,
On ne me voitjamais , commefait
un vilain ,
Manger, comme l'on dit , mon morceau
dansma poche.
Jeprefere aux Chansons le doux
bruit dema broche ,.
Mes amis avec moy mangeront mon
Lapin ,
Nous festons tour à tour le jour de
Saint Martin ,
Au Mardy gras , aux Rois , tout
bon buveur s accroche. •
Juin1715.. Y
258 MERCURE
qu'ilfoit
Quand je mange Mouton je veux
Que mon Maistre d'Hostel faſſe
fanglant ,
voirfon talent
Pour me fairefervir d'une liqueur
>divine.
Qui renonce aux amis , vit toû-
Jours malheureux ,
Ce n'est que des parfaits quejesuis
amoureux ,
Et de femme ne veux nifage , ni
coquine.
Je compte les momens que lefon de
ma cloche
M'appelle pour dinerſurun bois de
fapin ,
On ne me voitjamais , commefait
un vilain ,
Manger, comme l'on dit , mon morceau
dansma poche.
Jeprefere aux Chansons le doux
bruit dema broche ,.
Mes amis avec moy mangeront mon
Lapin ,
Nous festons tour à tour le jour de
Saint Martin ,
Au Mardy gras , aux Rois , tout
bon buveur s accroche. •
Juin1715.. Y
258 MERCURE
qu'ilfoit
Quand je mange Mouton je veux
Que mon Maistre d'Hostel faſſe
fanglant ,
voirfon talent
Pour me fairefervir d'une liqueur
>divine.
Qui renonce aux amis , vit toû-
Jours malheureux ,
Ce n'est que des parfaits quejesuis
amoureux ,
Et de femme ne veux nifage , ni
coquine.
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Résumé : AUTRE.
L'individu préfère manger seul dans un bois de hêtres, appréciant la discrétion. Il partage des repas avec ses amis lors de fêtes comme la Saint-Martin, le Mardi gras et l'Épiphanie. En juin 1715, il souhaite du mouton préparé par un maître d'hôtel expert. Il valorise l'amitié et rejette les relations avec des femmes malhonnêtes.
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1900
p. 259-260
BOUTS-RIMEZ.
Début :
attelage Parain serein volage. pillage frain refrain feüillage. brin crin [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ.
BOUTS - RIMEZ.
২
attelage
Parain
ferein
volage.
pillage
frain
refrain
feüillage.
Yij
260 MERCURE
brin
crin
tendre.
marin
ſurprendre.
২
attelage
Parain
ferein
volage.
pillage
frain
refrain
feüillage.
Yij
260 MERCURE
brin
crin
tendre.
marin
ſurprendre.
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