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Liste
1
p. 191-195
DE STOKHOLM, le 24 Décembre.
Début :
La Diette a repris ses Séances, & le bruit court qu'il a été résolu dans le Committé secret, [...]
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texteReconnaissance textuelle : DE STOKHOLM, le 24 Décembre.
DE STOKHOLM, le 24 Décembre.
La Diette a repris ses Séances, & le bruit
court qu'il a été résolu dans le Committé secret,
d'employer de nouvelles instances auprès
du Comte de Tessin, pour l'engager à ne point se
démettre de ses emplois. Les Députés de la Com-
pagnie des Indes Orientales sons retournés à Got-
tembourg, aprés avoir eu une seconde audience
du Roi, qui leur a promis de ne négliger rien de
ce qui pourroit contribuer aux progrès du Com-
merce de cette Compagnie.
Lorsque les Etats du Royaume se présenterent
devant le Tiône pour rendre leur soi & hommage
au Roi, le Comte de Tessin, coutinuant d'ex-
ercer la dignité de Président du Collége de la
Chancellerie, leur adressa le discours suivant.
»Exhorter les Suédois à la soumission & à la fideli-
»té pour leur Souverain, ce seroit paroître avoir
„oublié à quel point ils ont toujours portés ses
aOO
192 MERCURE DE FRANCE.
„sentimens, le sang qu'ils ont répandu en tant
»d'occasions, & toutes les circonstances, soit
» passées, soit présentes, consirment sussisam-
„ment, qu'il n'y a aucune considération humai.
nne, qui puisse faire balancer la Nation sur l'ac-
„complissement de pareils devoirs. Ces mêmes
„ sentimens se lisent dans vos ye ix, aujourd'hui
„que les Couronnes de Suéde, des Goths & des
„Vandales, sont sur la tête d'un Prince, dont
»la Maison est si étroitement liée avec celle des
„Gustaves, & qui pendant huit années en-
„tieres, & dans les tems les plus difficiles, a don-
„né des preuves reiterées de son dévouement
„pour le Royaume. Quelque difficiles qu'avent
»été ces tems; quelque compliqués qu'ayent
»été les soins qu'il a falu se donner, le Roi y a
„trouvé cette satisfaction, que chaque moment
„lui a fourni les moyens de nous convaincre de
uson amour paternel. Si-je voulois entrer dans
l'énumération des marques que nous en avons
„ reçues, & des vertus qui compolent le caractere
»de Sa Majesté, je ne ferois que rappeller ce qui
„ depuis long-tenis est gravé dans vos tœeurs.
„Qu'il me soit permis cependant de tracer en peu
„de mots, une légere esquisse du portrait d'un
„Monarque né pour la gloire de la Suéde L'ob-
»jet unique des désirs de ce Prince, est de nous
»renddre heureux, & il veut devoir son autorité
„beaucoup moins aux loix qu'à notre affection
» & à notre reconnoissance. Tel est le Roi que les
»Etats réverent sur le Trône, où l'a placé un
„choix libre & unanime, & où l'appelloient
»ses qualités éminentes. Appprochez donc, &
venez lui rendre vos hommages; prêtez pour
„vous, & pout la Nation qui vous autorise à
»cet effet, le serment d'une fidélité inébranla-
»ble.
FEVRIER. 1752.
193
oble Promettez que dans tous les tems, & dans
»quelques reveis que vour plissiez essuyer, vous
„ demeurerez soumis, suivant les Loix du Royau-
»me, & su vent la forme du Gouvernement
»au Très Puissant Prince Adolphe Fréséric, Roi
»de Suéde, des Goths, & des Vandales. Liez
„vos ames à celles du Roi, & posez vos mains
»dans celles de Sa Majesté, vouez-lui & confir,
»mez-luivotre obéissance & votre dévouement
„tant en votre nom, qu'au nom de vos conci-
»toyens, de vos enfans & de leur postérité.
Voici le sermant que le Roi a prété le jour
de son Couronnement Moi, Adolphe-Frederie.
»promets & jure devant Dieu & sur son saint
» Evangile: 1. que je veux aimer Dien & sa
»sainte Fglise; conserver & maintenir tous les
„ Etats du Royaume dans la pratique & l'obser.
»vance de la pure Doctrine, suivant l'afsuran-
„ce que j'en ai donnée; défendre l'Eglise & ses
„ droits, & proteger avec la même attention les
»droits de la Couronne & ceux de la Nation Sué-
„doise: 29. que je veux aimer, garder & ob-
»server la justice & la vérité; réptimer l'iniqui-
»té & l'injustice, faire servir à ces deux fius l'u-
„sage de ma puissance Royale: 3. que je veux
»être le même pour tous mes sujets, tellement
„ qu'aucun d'entre eux, soit pauvte, soit riche,
»de haute ou de basse condition, qui tomberoit
»dans quelque faute, n'ait rien à craindre pour
„ sa personne ni pour ses biens, sans avoii été
„convaincu & jugé de la maniere que les Loix
„ du Royaume & les fo mes juridiques le pres-
„crivent : 4. que je veux gouverner le Royau-
„ me avec l'avis & l'assistance des Senateurs, &
»d'autres personnes nées en Suède, & attachées
nau pays pat leur naissance & par leur serment,
194 MERCUREDE FRANCE.
„sans agit autrement qu'avec seur participation:
»5°. que je veux maintenit l'Etat & la Nation
dans la possession de ses frontieres, & dans la
o jonissance de ses revenus annuels; en sorte
„qu'il n'en soit rien distrait ou diminué au préju-
„dice de mes Succcsseurs: 6°. comme par l'Acte
o d'assurance donnée à mon avenement au Trô-
»ne, j'ai rejetté le pouvoit arbitraire & despo-
ntique, & que je ne l'introduitai jamais, ni ne
u souffiirai qu'il soit introduit par d'autres, je
o promets & jure aussi de protéger les Etas du
Royaume dans leurs personnes & dans la jouis-
»sance de leurs privilèges duement acquis; de
nconserver les Loix & les Reglemens établis du
»commun consentement des Etats; de ne pas
"souffrir que l'injustice prévale jamais sur la
„justice, & de ne point permettre que ni Droit
»Etranger, ni Loix nouvelles, soient introduits
„dans le Royaume que sous le bon plaisir des
„mêmes Etats : 7° je n'entreprendrai jamais de
»guerre, & n'imposerai aucune charge à mes
» Sujets, qu'avec la participation desdits Etats,
„dans des choses de cette nature, ou autres sem-
»blables, je me conformerai au contenu de
„ de l'Acte d'assurance, ainsi qu'au Réglement
»par lequel la forme de Régence a été établie
"en 1710: 8 de plus, je défendrai & proté-
"gerai tout le Corps des Citoyenes en général
"parriculiérement ceux, qui étant d'un caracte-
"re pacisique, mettent leur bonheur à vivre en
»paix & suivant la Loi. Je les protégerai contre
"tous esprits inquiers & torbulens, soit du
»Pays, soit Etrangers. Et comme la paix & la
a concorde sont des biens inestimables, je m'at-
»tacherai à faire tégner & à fortifier l'une &
»l'autre dans l'Eglise, dans les Conseils, dans
FEVRIER.
1752.
195
les familles, dans l'administration publique &
» & particuliere. J'employerai avec la même ap-
plication tous mes soins à réprimer sévérement
»tout ce ce qui pourroit être un sujet de trou-
ble.
La Diette a repris ses Séances, & le bruit
court qu'il a été résolu dans le Committé secret,
d'employer de nouvelles instances auprès
du Comte de Tessin, pour l'engager à ne point se
démettre de ses emplois. Les Députés de la Com-
pagnie des Indes Orientales sons retournés à Got-
tembourg, aprés avoir eu une seconde audience
du Roi, qui leur a promis de ne négliger rien de
ce qui pourroit contribuer aux progrès du Com-
merce de cette Compagnie.
Lorsque les Etats du Royaume se présenterent
devant le Tiône pour rendre leur soi & hommage
au Roi, le Comte de Tessin, coutinuant d'ex-
ercer la dignité de Président du Collége de la
Chancellerie, leur adressa le discours suivant.
»Exhorter les Suédois à la soumission & à la fideli-
»té pour leur Souverain, ce seroit paroître avoir
„oublié à quel point ils ont toujours portés ses
aOO
192 MERCURE DE FRANCE.
„sentimens, le sang qu'ils ont répandu en tant
»d'occasions, & toutes les circonstances, soit
» passées, soit présentes, consirment sussisam-
„ment, qu'il n'y a aucune considération humai.
nne, qui puisse faire balancer la Nation sur l'ac-
„complissement de pareils devoirs. Ces mêmes
„ sentimens se lisent dans vos ye ix, aujourd'hui
„que les Couronnes de Suéde, des Goths & des
„Vandales, sont sur la tête d'un Prince, dont
»la Maison est si étroitement liée avec celle des
„Gustaves, & qui pendant huit années en-
„tieres, & dans les tems les plus difficiles, a don-
„né des preuves reiterées de son dévouement
„pour le Royaume. Quelque difficiles qu'avent
»été ces tems; quelque compliqués qu'ayent
»été les soins qu'il a falu se donner, le Roi y a
„trouvé cette satisfaction, que chaque moment
„lui a fourni les moyens de nous convaincre de
uson amour paternel. Si-je voulois entrer dans
l'énumération des marques que nous en avons
„ reçues, & des vertus qui compolent le caractere
»de Sa Majesté, je ne ferois que rappeller ce qui
„ depuis long-tenis est gravé dans vos tœeurs.
„Qu'il me soit permis cependant de tracer en peu
„de mots, une légere esquisse du portrait d'un
„Monarque né pour la gloire de la Suéde L'ob-
»jet unique des désirs de ce Prince, est de nous
»renddre heureux, & il veut devoir son autorité
„beaucoup moins aux loix qu'à notre affection
» & à notre reconnoissance. Tel est le Roi que les
»Etats réverent sur le Trône, où l'a placé un
„choix libre & unanime, & où l'appelloient
»ses qualités éminentes. Appprochez donc, &
venez lui rendre vos hommages; prêtez pour
„vous, & pout la Nation qui vous autorise à
»cet effet, le serment d'une fidélité inébranla-
»ble.
FEVRIER. 1752.
193
oble Promettez que dans tous les tems, & dans
»quelques reveis que vour plissiez essuyer, vous
„ demeurerez soumis, suivant les Loix du Royau-
»me, & su vent la forme du Gouvernement
»au Très Puissant Prince Adolphe Fréséric, Roi
»de Suéde, des Goths, & des Vandales. Liez
„vos ames à celles du Roi, & posez vos mains
»dans celles de Sa Majesté, vouez-lui & confir,
»mez-luivotre obéissance & votre dévouement
„tant en votre nom, qu'au nom de vos conci-
»toyens, de vos enfans & de leur postérité.
Voici le sermant que le Roi a prété le jour
de son Couronnement Moi, Adolphe-Frederie.
»promets & jure devant Dieu & sur son saint
» Evangile: 1. que je veux aimer Dien & sa
»sainte Fglise; conserver & maintenir tous les
„ Etats du Royaume dans la pratique & l'obser.
»vance de la pure Doctrine, suivant l'afsuran-
„ce que j'en ai donnée; défendre l'Eglise & ses
„ droits, & proteger avec la même attention les
»droits de la Couronne & ceux de la Nation Sué-
„doise: 29. que je veux aimer, garder & ob-
»server la justice & la vérité; réptimer l'iniqui-
»té & l'injustice, faire servir à ces deux fius l'u-
„sage de ma puissance Royale: 3. que je veux
»être le même pour tous mes sujets, tellement
„ qu'aucun d'entre eux, soit pauvte, soit riche,
»de haute ou de basse condition, qui tomberoit
»dans quelque faute, n'ait rien à craindre pour
„ sa personne ni pour ses biens, sans avoii été
„convaincu & jugé de la maniere que les Loix
„ du Royaume & les fo mes juridiques le pres-
„crivent : 4. que je veux gouverner le Royau-
„ me avec l'avis & l'assistance des Senateurs, &
»d'autres personnes nées en Suède, & attachées
nau pays pat leur naissance & par leur serment,
194 MERCUREDE FRANCE.
„sans agit autrement qu'avec seur participation:
»5°. que je veux maintenit l'Etat & la Nation
dans la possession de ses frontieres, & dans la
o jonissance de ses revenus annuels; en sorte
„qu'il n'en soit rien distrait ou diminué au préju-
„dice de mes Succcsseurs: 6°. comme par l'Acte
o d'assurance donnée à mon avenement au Trô-
»ne, j'ai rejetté le pouvoit arbitraire & despo-
ntique, & que je ne l'introduitai jamais, ni ne
u souffiirai qu'il soit introduit par d'autres, je
o promets & jure aussi de protéger les Etas du
Royaume dans leurs personnes & dans la jouis-
»sance de leurs privilèges duement acquis; de
nconserver les Loix & les Reglemens établis du
»commun consentement des Etats; de ne pas
"souffrir que l'injustice prévale jamais sur la
„justice, & de ne point permettre que ni Droit
»Etranger, ni Loix nouvelles, soient introduits
„dans le Royaume que sous le bon plaisir des
„mêmes Etats : 7° je n'entreprendrai jamais de
»guerre, & n'imposerai aucune charge à mes
» Sujets, qu'avec la participation desdits Etats,
„dans des choses de cette nature, ou autres sem-
»blables, je me conformerai au contenu de
„ de l'Acte d'assurance, ainsi qu'au Réglement
»par lequel la forme de Régence a été établie
"en 1710: 8 de plus, je défendrai & proté-
"gerai tout le Corps des Citoyenes en général
"parriculiérement ceux, qui étant d'un caracte-
"re pacisique, mettent leur bonheur à vivre en
»paix & suivant la Loi. Je les protégerai contre
"tous esprits inquiers & torbulens, soit du
»Pays, soit Etrangers. Et comme la paix & la
a concorde sont des biens inestimables, je m'at-
»tacherai à faire tégner & à fortifier l'une &
»l'autre dans l'Eglise, dans les Conseils, dans
FEVRIER.
1752.
195
les familles, dans l'administration publique &
» & particuliere. J'employerai avec la même ap-
plication tous mes soins à réprimer sévérement
»tout ce ce qui pourroit être un sujet de trou-
ble.
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2
p. 195-197
DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
Début :
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé à ses Ministres dans les Cours Etrangeres, [...]
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texteReconnaissance textuelle : DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé
à ses Ministres dans les Cours Etrangeres,
touchant l'affaire qui regarde les Ports de Sainte
Croix & de Saffia. Cet exposé porte que Sa Ma-
jesté, toujours attentive à favoriser le commerce
de ses Sujets, accorda il y a quelques mois une
escorte de deux de ses Fregates aux Navires des-
tinés pour les deux Ports ci dessus nommés; qu'en
même tems elle chargea le sieur de Longueville,
Lieutenant Colonel dans ses troupes, de négocier
à la Cour de Maroc un traité de commerce, &
d'y sollicitet les permissions néceessaires pour que
les Danois pusseat trasiquer librement dans les Etata
de l'Empereur de Maroc; que les instructions du
sicur de Longueville étoient simples & positives.
& qu'il étoit charge seulement d'obtenir pour les
Sujets du Roi, les mêmes avantages dont jouis-
soiens d'autres Nations, que telles ont été les vues de
SaMajesté, & tels ont été ses commandemens, qu'elle
n'a donc pû qu'être extrêment surprise, en appre-
naut que le sieur de Longueville, entraîné par un
zéle inconsidéré, s'étoit écarté de l'obéissance
exacte dûc aux ordres qu'elle lui avoit donnés, &
qu'il avoit conclu avec le Prince Sidy-Mahomet
fils de l'Empereur de Maroc, & Commandant
dans les Ports de Sainte-Croix & de Saffia, un
Traité en vertu duquel les Danois devoient pren
Iij
ad by Goc
196 MERCUREDEFRANCE.
dre à ferme le commerce de la premiere de ces
deux Places, & le faire exclusivement à tous les
autres Peuples de l'Europe; que le Roi n'a point
ratifie ce Traité, dont il n'etoit pas difficile de pré.
venn les conséquences, que Sa Majesté étoit oc-
cupée du soin de les prévenir, losqu'elle fut infor-
mée par une lettre du sicur de Longueville, dattée
du 27 Sepembre detnier, que l'Empereur de Ma-
roc, non seulement avoit désaprouvé le Traité
signé par le Prince son fils, mais même avoit fait
signifier les ariêts au sieur de Longueville, & sé-
questier les effers des Danois qui sont à Sainte-
Croix
Depuis quelque tems la Reine étoir incommo-
dée d'une liernie, le mal étant devenu d'autant
plus dangereux que cette Princesse approchoit de
la fin de sa grossesse, les Médecins & les Chirurgiens
firent le 11 une consultation; Ils jugerent qu'il
ne restoit d'aurte ressource que de faire à Sa Ma-
jeste une incision latérale pour temettre les instins
dans leur plaee. Quelque douloureuse que dût
etre cette opération, la Reine se détermina à la
souffrir. L'operation fut faite le même jour au soir
aussi heureusement qu'on pouvoit le souhiaiter, &
le 17 on commençoit à augurer favorablement
de l'état de Sa Majesté, mais la nuit du 18 au 19,
on perdit toute espérance, & vers les quatre
heures du matin la Reine mourut, ayrès avoir
donné les marques de la piété la plus solide & de
la plus parfaite résignation. Cette Princesse, qui
se nommoit Louise Suphie Magdelaine étoit agee
de vingt six ans, onze mois & vingi jours, étant
née le 19 Décembre 1714. Elle étoit la cinquiéme
fille de Georges II, Roi de la Grande Bietagne
& Electeur de Hanover, & de Guillelmine Do-
rothée de Brandebourg-Anspach, morte le pre-
zed by Goc
FEVRIER. 1752.
197
mier Décembre 1737. Le 9 Novembre 1743 elle
avoit épousé le Roi, & de lent mariage sont
nés le Prince Royal & les Princesles Sophie-Ma-
gdelaine, Louise Guillelmine Caroline, & Louise.
La Reine réunissoit toutes les qualités les plus
propres à la faire chérir & respecter. En ouvrant
son corps, on a reconnu que l'enfant, dont elle
étoit enceinte, étoit un Prince. Cette circonstance
redouble l'affliction du Roi, sur qui la mort de la
Reine a fait une telle impression, qu'il en est tombé
malade, & qu'il a deja eu deux accès de fievre.
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé
à ses Ministres dans les Cours Etrangeres,
touchant l'affaire qui regarde les Ports de Sainte
Croix & de Saffia. Cet exposé porte que Sa Ma-
jesté, toujours attentive à favoriser le commerce
de ses Sujets, accorda il y a quelques mois une
escorte de deux de ses Fregates aux Navires des-
tinés pour les deux Ports ci dessus nommés; qu'en
même tems elle chargea le sieur de Longueville,
Lieutenant Colonel dans ses troupes, de négocier
à la Cour de Maroc un traité de commerce, &
d'y sollicitet les permissions néceessaires pour que
les Danois pusseat trasiquer librement dans les Etata
de l'Empereur de Maroc; que les instructions du
sicur de Longueville étoient simples & positives.
& qu'il étoit charge seulement d'obtenir pour les
Sujets du Roi, les mêmes avantages dont jouis-
soiens d'autres Nations, que telles ont été les vues de
SaMajesté, & tels ont été ses commandemens, qu'elle
n'a donc pû qu'être extrêment surprise, en appre-
naut que le sieur de Longueville, entraîné par un
zéle inconsidéré, s'étoit écarté de l'obéissance
exacte dûc aux ordres qu'elle lui avoit donnés, &
qu'il avoit conclu avec le Prince Sidy-Mahomet
fils de l'Empereur de Maroc, & Commandant
dans les Ports de Sainte-Croix & de Saffia, un
Traité en vertu duquel les Danois devoient pren
Iij
ad by Goc
196 MERCUREDEFRANCE.
dre à ferme le commerce de la premiere de ces
deux Places, & le faire exclusivement à tous les
autres Peuples de l'Europe; que le Roi n'a point
ratifie ce Traité, dont il n'etoit pas difficile de pré.
venn les conséquences, que Sa Majesté étoit oc-
cupée du soin de les prévenir, losqu'elle fut infor-
mée par une lettre du sicur de Longueville, dattée
du 27 Sepembre detnier, que l'Empereur de Ma-
roc, non seulement avoit désaprouvé le Traité
signé par le Prince son fils, mais même avoit fait
signifier les ariêts au sieur de Longueville, & sé-
questier les effers des Danois qui sont à Sainte-
Croix
Depuis quelque tems la Reine étoir incommo-
dée d'une liernie, le mal étant devenu d'autant
plus dangereux que cette Princesse approchoit de
la fin de sa grossesse, les Médecins & les Chirurgiens
firent le 11 une consultation; Ils jugerent qu'il
ne restoit d'aurte ressource que de faire à Sa Ma-
jeste une incision latérale pour temettre les instins
dans leur plaee. Quelque douloureuse que dût
etre cette opération, la Reine se détermina à la
souffrir. L'operation fut faite le même jour au soir
aussi heureusement qu'on pouvoit le souhiaiter, &
le 17 on commençoit à augurer favorablement
de l'état de Sa Majesté, mais la nuit du 18 au 19,
on perdit toute espérance, & vers les quatre
heures du matin la Reine mourut, ayrès avoir
donné les marques de la piété la plus solide & de
la plus parfaite résignation. Cette Princesse, qui
se nommoit Louise Suphie Magdelaine étoit agee
de vingt six ans, onze mois & vingi jours, étant
née le 19 Décembre 1714. Elle étoit la cinquiéme
fille de Georges II, Roi de la Grande Bietagne
& Electeur de Hanover, & de Guillelmine Do-
rothée de Brandebourg-Anspach, morte le pre-
zed by Goc
FEVRIER. 1752.
197
mier Décembre 1737. Le 9 Novembre 1743 elle
avoit épousé le Roi, & de lent mariage sont
nés le Prince Royal & les Princesles Sophie-Ma-
gdelaine, Louise Guillelmine Caroline, & Louise.
La Reine réunissoit toutes les qualités les plus
propres à la faire chérir & respecter. En ouvrant
son corps, on a reconnu que l'enfant, dont elle
étoit enceinte, étoit un Prince. Cette circonstance
redouble l'affliction du Roi, sur qui la mort de la
Reine a fait une telle impression, qu'il en est tombé
malade, & qu'il a deja eu deux accès de fievre.
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