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5551
p. 132
CHANSON, Air à boire, par M. de Chassé.
Début :
Adonis expira dans les bras de Venus ; [...]
Mots clefs :
Boire
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON, Air à boire, par M. de Chassé.
CHANSON ,
Air à boire , par M. de Chaffé.
ADonis expira dans les bras de Venus ;
Turenne au ſein de la Victoire ;
Un Bûveur doit mourir dans celui de Bacchus ,
Diſoit le moribond Gregoire.
Amis , pour mériter une immortelle gloire ,
Traînez mes pas tremblans au fond de mon Caveau;
Juſqu'au dernier ſoupir j'y veux teſter à boire ,
Et le verre à la main périr ſur mon Tonneau.
Air à boire , par M. de Chaffé.
ADonis expira dans les bras de Venus ;
Turenne au ſein de la Victoire ;
Un Bûveur doit mourir dans celui de Bacchus ,
Diſoit le moribond Gregoire.
Amis , pour mériter une immortelle gloire ,
Traînez mes pas tremblans au fond de mon Caveau;
Juſqu'au dernier ſoupir j'y veux teſter à boire ,
Et le verre à la main périr ſur mon Tonneau.
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5552
p. 133-143
Voyages du Capitaine Lade, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
VOYAGES du Capitaine Robert Lade en differentes parties de l'Afrique, [...]
Mots clefs :
Anglais, Mer, Commerce, Continent, Pays, Lecteurs, Voyages, Europe, Amérique, Colonies, Abbé Prévost, Robert Lade
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texteReconnaissance textuelle : Voyages du Capitaine Lade, Extrait, [titre d'après la table]
V
DES BEAUX- ARTS , &c.
OYAGES du Capitaine Robert Lade
en differentes parties de l'Afrique ,
de l'Afie & de l'Amerique , contenant
l'Histoire de ſa fortune & fes obfervations
fur les colonies & le commerce des Eſpagnols
, des Anglois , des Hollandois , &c.
AParis , chés Didot , Quai des Auguſtins ,
à la Bible d'or , 1744 , 2 vol. in - 12 .
:
Ce Livre eſt traduit de l'Anglois parM.
P'Abbé Prevoſt , Auteur de pluſieurs excellens
Ouvrages. Ce n'eſt pas la premiere fois
que cet Ecrivain célébre enrichit ſon Pays
des tréſors de la Litterature Angloiſe. Le
Public a lû avec plaifir la Vie de Ciceron ,
&pluſieurs autres Traductions que M. Prevoſt
lui a préſentées ; c'eſt ſurtout à l'égard
des relations de Voyages qu'un Traducteur
peut faire chés les Anglois une moiffon:
abondante :la moitié deleurNation eſt ſans
ceffe en mouvement vers les parties du
monde les plus éloignées ,& Londres eſt
la Ville de l'Univers , où il paroît le plus
1
134 MERCURE DE FRANCE.
de Relations & de Journaux de Mer
Notre Litterature le céde donc en ce point
à la Litterature Angloiſe , qui à tout autre
égard ne peut pas lui être comparée. J'ai
remarqué que les Voyages font les Livres
qui intéreſſent plus généralement toutes fortes
de Lecteurs. La curioſité qu'ils piquent
& qu'ils fatisfont ſoûtient l'attention de
ceux qui ne liſent que pour s'amufer ; ceux
qui craindroient de paroître frivoles en ſe
livrant à des lectures purement agréables ,
trouvent dans les Voyageurs dequoi s'inftruire
,& ce prétexte les empêche de dédaigner
l'agrément qu'ils trouvent dans cette
lecture. Quoi de plus digne en effet d'un
eſprit éclairé , que de confiderer les differentes
manieres dont la Nature a traité les
hommes , & combien ces traitemens differens
changent ce qu'elle leur adonné à tous
de ſemblable ? Malheureuſement ce n'eſt
pas dans cet eſprit que liſent la plupart des
hommes , même de ceux qu'on reconnoît
pour gens ſenſes & raisonnables. Des faits
finguliers , des Deſcriptions de Pays , de
Peuples , des Phénoménes extraordinaires ,
ſouvent incroyables , font l'attrait qui engage
le plus grand nombre des lecteurs.
Cependant la lecture des Voyages n'eſt pas
fans utilité pour ceux qui abandonnent les
vûës Philoſophiques ; elle apprend mille
.
NOVEMBRE. 1744. 13
choſes qu'il eſt fort avantageux de ſçavoir
&qu'il feroit honteux d'ignorer ; ſi cette
lecture eſt auſſi utile qu'agréable pour tou
tes fortes de lecteurs , elle est abfolument
néceſſaire à ceux qui ſe deſtinent ou à voyager
eux mêmes , ou à faire de leur cabinet
le commerce de la Mer ; il faut qu'ils connoiſſent
les differentes poſitions des lieux
de commerce , & qu'ils en poſſedent l'Hiftoire
, comme il est néceſſaire à nos Ambaffadeurs
de connoître la Topographie de
l'Europe , & l'Hiſtoire des Traités qui ont
été faits depuis 1 go ans. :
On ne voit point dans les Voyages de
Robert Lade ces fingularités incroyables ,
qui n'exiſtent ſouvent que dans l'imagination
des Voyageurs , plus attentifs à pi
quer la curiofité des lecteurs , qu'à refpecter
la vérité ; mais on y trouve des détails
fort judicieux & fort inſtructifs fur les colonies
Eſpagnoles &Angloiſes. Les ſtratagêmes
dont lesAnglois ſe ſont ſervis fi longtems
pour faire la contrebande dans les Indes
Occidentales,malgré les précautions des
Eſpagnols , font ici peints au naturel , &
l'ony voit les fémences des diffenfions &
des quérelles qui ont enfin allumé entre les
deuxNations une guerre dont l'embrafement
s'eſt communiqué au reſte de l'Europe.
Le ſouvenir de ce qui s'eſt paffé à Car136
MERCURE DE FRANCE.
thagene il y a 3 ans , rend bien intéreſſant
le Mémoire qui eſt inféré ici ſur cette Place
célébre & importante. C'eſt dans le Livre
même qu'il faut lire ce que dit l'Auteur
du Cap de Bonne-Efperance , de Batavia ,
de la Jamaïque , de la Georgie , de la Barbade
, des Bermudes , de Juan d'Ulva , & de
VeraCruz , où les négocians ſont ſi riches
que l'on regarde commepauvre un homme
dont le bien n'excede pas cent mille livres
ſterlings ; c'est- à-dire , environ deux millions
trois cent mille livres de notre monnoye.
2
Robert Lade ne ſe contente pas de donner
au public la relation de ſes voyages ; it
a ramaffé les Mémoires de fon fils , & de
pluſieurs autres , & l'on trouve ici rapprochées
beaucoup de particularités ſur les
tentatives qui ont été faites pour trouver
un paſſage de la Mer Glaciale dans laMer
du Sud ;cette collection forme une eſpece
d'Hiſtoire de cette navigation , qui juſqu'à
préſent a fi peu réüfli , & quoiqu'en diſe le
Voyageur , vraiſemblablement ne réüffira
jamais. Cette recherche importante a longtems
occupé les Anglois & les Hollandois
qui par ce moyen auroient été à la Mer du
Sud fans paffer ſous les Forts des Eſpagnols ,
&parconféquent auroient partagé avec eux
ce riche commerce .
>
3
NOVEMBRE. 1744 . 137
En 1576 , le Capitaine Martin Frobisher
entreprit ſon premier voyage par le Nord-
Eſt , & le 12 de Juin ayant découvert la
Terre de L. brador, à 63 degrés 8 min. il
entra dans le détroit auquel il a donné fon
nom. Il eſſaya fans ſuccès de lier quelque
commerce avec les naturels du Pays , qui
penſerent le faire périr ; cependant il ne fut
point découragé ; trois fois il tenta ce dangereux
voyage , mais toujours avec autant
de danger , & aufli peu de fruit.
Jean David , qui forma fix ans après ,
( en 1585 ) la même entrepriſe ne fut ni
moins conftant , ni plus heureux. Il alla dans
ſon ſecond voyage juſqu'à 66 deg. 26 m.
Ce deffein paroiſſoit abandonné lorfqu'en
1607 le Capitaine Henri Hudfon
s'avança juſqu'à 80 deg. 23 m. il palla encore
cent lieuës plus loin dans un troifiéme
voyage en 1610 ; l'excès du froid & l'abondance
des glaces le forcerent de s'arrêter
; il fallut qu'il paſſât l'hyver dans ces
terribles lieux , mais il y périt enfin avec
tous ſes gens , payant bien cher l'honneur
d'avoir donné fon nom à cette Baye qu'on
appelle la Baye d'Hudſon .
Les Danois ont revendiqué l'honneur de
cette découverte ; ils avoient navigué de ce
côté vers l'entrée du détroit avant Henri
Hudſon , mais celui-ci eſt le premier qui
138 MERCURE DE FRANCE.
ait pénétré au fond de cette Baye.
A l'égard des Danois , ils aborderent la
Terre ferme près d'une riviere que l'on a
nommée riviere Danoiſe , & que les Sau
vages nomment Manotcouſibi ou riviere des
Etrangers , mais ils périrent tous de mifere
&de froid pendant l'hyver ; les Sauvages
qui habitent les terres furent extrêmement
furpris , lorſqu'arrivant dans ce lieu l'Eté
ſuivant , ils virent tant de corps morts , &
des hommes d'une figure ſi differente de la
leur. Malheureuſement il y avoit de la poudre
parmi les proviſions des Danois , dont
les débris ſubſiſtoient encore , ils y mirent
le feu qui les fit tous fauter .
Les Anglois , les Hollandois , & les Danois
ne font pas les ſeuls qui ayent cherché
à paſſer dans la Mer du Sud par le Nord. M.
de la Salle François tenta cette entrepriſe
en 1668 , mais il y périt malheureuſement.
Quelques Anglois de la Virginie ont prétendu
avoir traverſé tout le continent au
travers des terres ; mais ce n'eſt pas là ce
dont il s'agit , il eſt queſtion de trouver une
voye qui ſoit propre au commerce , ſans
quoi il ſert pen de nous apprendre qu'à
force de marches & de fatigues on peut
traverſer le continent de l'Amerique.
Cequ'ils ont raconté de la fertilité des
terres&dela multitude des Nations qu'on
NOVEMBRE. 1744. 139
trouve dans ce Continent doit flater d'autant
plus la curioſité des lecteurs , qu'il
s'accorde parfaitement avec les relations
de pluſieurs autres Voyageurs ; notre Anglois
cite de longs & intéreſſans détails de
celle du P. Hennequin , Miſſionnaire Jefuite.
>>Ce ne ſont point des Pays déſerts &
>>fans culture , tels que les François & les
>>>Anglois ont trouvé ceux où ils ont planté
>>leurs premieres colonies. Des fruits &
>> des grains de toute eſpece y enrichiffent
>>les campagnes ; pluſieurs peuples y font
>>policés juſqu'à ſe vêtir d'étoffes très- fines,
>>ils ont l'uſage des chevaux avec des ſel-
>> les ; leurs Villes font bien bâties & régu-
>>>lierement fortifiées ; enfin la Nouvelle
>> France , la Virginie & la Caroline ſeme
>> blent n'être ſuivant ces relations que des
>> limites ſtériles & défertes d'une immenfe
> étenduë de Pays auquel toutes les fa-
>> veurs de la Nature ont été prodiguées , à
>>peu près comme la Mofcovie & la Tarta-
>>rie à l'égard des autres parties de l'Eu-
>rope.
Entre plufieurs obfervations , nous choifiſſons
celle-ci qui peut donner quelque
idée aux lecteurs de l'intérieur du Conti
nent.
>>On trouva des peuples qui n'ont riende
140 MERCURE DE FRANCE.
Barbare * que le nom : un de ces Sauva
>> ges , qui fut le premier qu'on rencon-
>>>tra , revenoit de la Chaffe avec ſa famille ,
>>>il fit préfent au Chefdes François d'un de
>> fes chevaux , & de quelque viande , le
priant par ſignes d'aller chés lui avec tous
>> ſes gens ; enfin pour les mieux engager ,
il leur laiſſa ſa femme , ſa famille & fa
>> chaffe , comme pour leur ſervir de gages ,
"& cependant il ſe rendit au Village, pour
faire ſçavoir leur arrivée ; au bout de deux
> jours il revint avec des chevaux chargés
>>de proviſions , & pluſieurs Chefs des Sau-
>> vages qui l'accompagnoient ; ils étoient
>> ſuivis de guerriers , habillés fort propre-
>ment de peaux paſſées , & ornées de plu-
>>>mes ; on les rencontra à trois lieuës de
>>l'habitation. Les François y furent reçus
>comme en triomphe & furent logés chés.
>> le grand Capitaine ; c'étoit un concours
• ſurprenant de peuple , dont la jeuneſſe
>>étoit rangée fous les armes. Elle ſe releva
>jour&nuit pour les garder , les comblant
>>de biens , & de toutes fortes de vivres.
Ce Village qu'on appelle le Cenis , eſt un
>>des plus confiderables de l'Amerique par
>>ſa grandeur , & par le nombre de ſes ha-
>>bitans ; il a bien 20 lieuës de long au
*Nous les appellons Sauvages & non pas Barbares.
NOVEMBRE. 1744. 141
moins ; ce n'eſt pas qu'il ſoit contigûment
>>>habité ; les maiſons font diftribuées par
» dix ou douze , qui font comme des Can-
>> tons , & qui ont chacun des noms diffe-
> rens. Elles font belles , longues de 40 ou
» 50 pieds , dreffées en maniere de ruches
» àmiel , & environnées d'arbres qui ſe
» rejoignent en haut par les branches ; nous
>>trouvámes chés ces Cenis pluſieurs chofes
>>qui viennent indubitablement des Eſpa-
>>gnols , comme des piastres , & d'autres
»monnoyes , des cuilliers d'argent , de la
>>dentelle ,des habits , &c. Nous y vîmes
» entr'autres une Bulle du Pape , qui exemp-
» te du jeûne les Eſpagnols du Mexique
>> pendant l'Eté. Les chevaux y ſont ſi com-
>>>muns , qu'on en donnoit un à nos gens
» pour une hache ; un Cenis voulut donner
»un cheval pour le capuchon d'un Récollet
>>de la troupe dont il avoit envie.
Les obſervations que cite l'Auteur ſur les
Ianchus , ne font ni moins curieuſes ni
moins capables de donner une idée avantageuſe
du Continent; ſon deſſein en donnant
ces extraits , a été de faire remarquer
qu'il pourroit bien être du Continent de
>>l'Amerique , comme de celui de l'Europe ,
>>>ouplus ou peut- être plus on trouve d'o-
>>pulence & de politeſſe , deſorte que de
2
l'aveu de tout le monde , la France , l'An
142 MERCURE DE FRANCE.
>>gleterre , la Hollande & l'Allemagne qui
>>font réellement au centre , l'emportent
»affés clairement ſur les autres Nations. Si
cette comparaiſon étoit la ſeule preuve de
l'aſſertion du Voyageur , elle feroit bientôt
renverſée ; en effet , peut-on dire que la
France , l'Italie , la Hollande , &c. font au
centre du Continent de l'Europe , lorſque
cesdifferentes Régions font toutes bordées
par la Mer ? Un Voyageur qui aborderoit à
Veniſe , & qui de-là tirant vers le Nord gagneroit
la Suéde ou la Moſcovie , ſeroit
bien éloigné de trouver plus d'opulence ,
àmeſure qu'il avanceroit dans le Continent
de l'Europe ; cette legere remarque n'empêche
pas que dans le fond la réflexion de
l'Auteur ne foit fort judicieuse ,& il a fans
doute raiſon de dire >> que quand l'eſperan-
> ce de trouver la Mer du Sud par la com-
> municationdes rivieres , comme on a déja
>>>trouvé le Golphe du Mexique par celle
>>d'Ouabache & de Miffiffipi , ne fuffiroit
>> pas pour faire entreprendre ſérieuſement
>>de pénétrer cette vaſte étenduë de Pays.
>D'autres vûës , preſqu'aufli importantes
» pour le commerce ,& la ſeule curiofité
>>même devroient porter les François & les
>>>Anglois , que cette entrepriſe ſemble re-
>garder par la ſituation de leurs colonies
> à pouffer de ce côté-là leurs découvertes.
NOVEMBRE. 1744. 143
On trouve à la ſuite de cette relation une
Deſcription de la Nouvelle Eſpagne , depuis
Panama juſques vers le quarantiéme
degré de Latitude vers le Nord , fort curieuſe
, & bien détaillée. J'obſerverai qu'il
s'y eſt gliſſé une très-legere erreur. Le Voyageur
dit que les pluyes commencent à
Gouayaquil au mois de Janvier & durent
juſqu'aumois deMai ; il auroit dû dire que
ces pluyes commencent en Novembre , c'eſt
ainſi que l'a rapporté M. Bouguer , l'un des
Académiciens qui ont été au Pérou , pour
déterminer la figure de la Terre,
La relation de Robert Lade eſt ornée de
deux Cartes qui étoient néceſſaires pour lire
ce Livre avec fruit , & même avec agrément,
DES BEAUX- ARTS , &c.
OYAGES du Capitaine Robert Lade
en differentes parties de l'Afrique ,
de l'Afie & de l'Amerique , contenant
l'Histoire de ſa fortune & fes obfervations
fur les colonies & le commerce des Eſpagnols
, des Anglois , des Hollandois , &c.
AParis , chés Didot , Quai des Auguſtins ,
à la Bible d'or , 1744 , 2 vol. in - 12 .
:
Ce Livre eſt traduit de l'Anglois parM.
P'Abbé Prevoſt , Auteur de pluſieurs excellens
Ouvrages. Ce n'eſt pas la premiere fois
que cet Ecrivain célébre enrichit ſon Pays
des tréſors de la Litterature Angloiſe. Le
Public a lû avec plaifir la Vie de Ciceron ,
&pluſieurs autres Traductions que M. Prevoſt
lui a préſentées ; c'eſt ſurtout à l'égard
des relations de Voyages qu'un Traducteur
peut faire chés les Anglois une moiffon:
abondante :la moitié deleurNation eſt ſans
ceffe en mouvement vers les parties du
monde les plus éloignées ,& Londres eſt
la Ville de l'Univers , où il paroît le plus
1
134 MERCURE DE FRANCE.
de Relations & de Journaux de Mer
Notre Litterature le céde donc en ce point
à la Litterature Angloiſe , qui à tout autre
égard ne peut pas lui être comparée. J'ai
remarqué que les Voyages font les Livres
qui intéreſſent plus généralement toutes fortes
de Lecteurs. La curioſité qu'ils piquent
& qu'ils fatisfont ſoûtient l'attention de
ceux qui ne liſent que pour s'amufer ; ceux
qui craindroient de paroître frivoles en ſe
livrant à des lectures purement agréables ,
trouvent dans les Voyageurs dequoi s'inftruire
,& ce prétexte les empêche de dédaigner
l'agrément qu'ils trouvent dans cette
lecture. Quoi de plus digne en effet d'un
eſprit éclairé , que de confiderer les differentes
manieres dont la Nature a traité les
hommes , & combien ces traitemens differens
changent ce qu'elle leur adonné à tous
de ſemblable ? Malheureuſement ce n'eſt
pas dans cet eſprit que liſent la plupart des
hommes , même de ceux qu'on reconnoît
pour gens ſenſes & raisonnables. Des faits
finguliers , des Deſcriptions de Pays , de
Peuples , des Phénoménes extraordinaires ,
ſouvent incroyables , font l'attrait qui engage
le plus grand nombre des lecteurs.
Cependant la lecture des Voyages n'eſt pas
fans utilité pour ceux qui abandonnent les
vûës Philoſophiques ; elle apprend mille
.
NOVEMBRE. 1744. 13
choſes qu'il eſt fort avantageux de ſçavoir
&qu'il feroit honteux d'ignorer ; ſi cette
lecture eſt auſſi utile qu'agréable pour tou
tes fortes de lecteurs , elle est abfolument
néceſſaire à ceux qui ſe deſtinent ou à voyager
eux mêmes , ou à faire de leur cabinet
le commerce de la Mer ; il faut qu'ils connoiſſent
les differentes poſitions des lieux
de commerce , & qu'ils en poſſedent l'Hiftoire
, comme il est néceſſaire à nos Ambaffadeurs
de connoître la Topographie de
l'Europe , & l'Hiſtoire des Traités qui ont
été faits depuis 1 go ans. :
On ne voit point dans les Voyages de
Robert Lade ces fingularités incroyables ,
qui n'exiſtent ſouvent que dans l'imagination
des Voyageurs , plus attentifs à pi
quer la curiofité des lecteurs , qu'à refpecter
la vérité ; mais on y trouve des détails
fort judicieux & fort inſtructifs fur les colonies
Eſpagnoles &Angloiſes. Les ſtratagêmes
dont lesAnglois ſe ſont ſervis fi longtems
pour faire la contrebande dans les Indes
Occidentales,malgré les précautions des
Eſpagnols , font ici peints au naturel , &
l'ony voit les fémences des diffenfions &
des quérelles qui ont enfin allumé entre les
deuxNations une guerre dont l'embrafement
s'eſt communiqué au reſte de l'Europe.
Le ſouvenir de ce qui s'eſt paffé à Car136
MERCURE DE FRANCE.
thagene il y a 3 ans , rend bien intéreſſant
le Mémoire qui eſt inféré ici ſur cette Place
célébre & importante. C'eſt dans le Livre
même qu'il faut lire ce que dit l'Auteur
du Cap de Bonne-Efperance , de Batavia ,
de la Jamaïque , de la Georgie , de la Barbade
, des Bermudes , de Juan d'Ulva , & de
VeraCruz , où les négocians ſont ſi riches
que l'on regarde commepauvre un homme
dont le bien n'excede pas cent mille livres
ſterlings ; c'est- à-dire , environ deux millions
trois cent mille livres de notre monnoye.
2
Robert Lade ne ſe contente pas de donner
au public la relation de ſes voyages ; it
a ramaffé les Mémoires de fon fils , & de
pluſieurs autres , & l'on trouve ici rapprochées
beaucoup de particularités ſur les
tentatives qui ont été faites pour trouver
un paſſage de la Mer Glaciale dans laMer
du Sud ;cette collection forme une eſpece
d'Hiſtoire de cette navigation , qui juſqu'à
préſent a fi peu réüfli , & quoiqu'en diſe le
Voyageur , vraiſemblablement ne réüffira
jamais. Cette recherche importante a longtems
occupé les Anglois & les Hollandois
qui par ce moyen auroient été à la Mer du
Sud fans paffer ſous les Forts des Eſpagnols ,
&parconféquent auroient partagé avec eux
ce riche commerce .
>
3
NOVEMBRE. 1744 . 137
En 1576 , le Capitaine Martin Frobisher
entreprit ſon premier voyage par le Nord-
Eſt , & le 12 de Juin ayant découvert la
Terre de L. brador, à 63 degrés 8 min. il
entra dans le détroit auquel il a donné fon
nom. Il eſſaya fans ſuccès de lier quelque
commerce avec les naturels du Pays , qui
penſerent le faire périr ; cependant il ne fut
point découragé ; trois fois il tenta ce dangereux
voyage , mais toujours avec autant
de danger , & aufli peu de fruit.
Jean David , qui forma fix ans après ,
( en 1585 ) la même entrepriſe ne fut ni
moins conftant , ni plus heureux. Il alla dans
ſon ſecond voyage juſqu'à 66 deg. 26 m.
Ce deffein paroiſſoit abandonné lorfqu'en
1607 le Capitaine Henri Hudfon
s'avança juſqu'à 80 deg. 23 m. il palla encore
cent lieuës plus loin dans un troifiéme
voyage en 1610 ; l'excès du froid & l'abondance
des glaces le forcerent de s'arrêter
; il fallut qu'il paſſât l'hyver dans ces
terribles lieux , mais il y périt enfin avec
tous ſes gens , payant bien cher l'honneur
d'avoir donné fon nom à cette Baye qu'on
appelle la Baye d'Hudſon .
Les Danois ont revendiqué l'honneur de
cette découverte ; ils avoient navigué de ce
côté vers l'entrée du détroit avant Henri
Hudſon , mais celui-ci eſt le premier qui
138 MERCURE DE FRANCE.
ait pénétré au fond de cette Baye.
A l'égard des Danois , ils aborderent la
Terre ferme près d'une riviere que l'on a
nommée riviere Danoiſe , & que les Sau
vages nomment Manotcouſibi ou riviere des
Etrangers , mais ils périrent tous de mifere
&de froid pendant l'hyver ; les Sauvages
qui habitent les terres furent extrêmement
furpris , lorſqu'arrivant dans ce lieu l'Eté
ſuivant , ils virent tant de corps morts , &
des hommes d'une figure ſi differente de la
leur. Malheureuſement il y avoit de la poudre
parmi les proviſions des Danois , dont
les débris ſubſiſtoient encore , ils y mirent
le feu qui les fit tous fauter .
Les Anglois , les Hollandois , & les Danois
ne font pas les ſeuls qui ayent cherché
à paſſer dans la Mer du Sud par le Nord. M.
de la Salle François tenta cette entrepriſe
en 1668 , mais il y périt malheureuſement.
Quelques Anglois de la Virginie ont prétendu
avoir traverſé tout le continent au
travers des terres ; mais ce n'eſt pas là ce
dont il s'agit , il eſt queſtion de trouver une
voye qui ſoit propre au commerce , ſans
quoi il ſert pen de nous apprendre qu'à
force de marches & de fatigues on peut
traverſer le continent de l'Amerique.
Cequ'ils ont raconté de la fertilité des
terres&dela multitude des Nations qu'on
NOVEMBRE. 1744. 139
trouve dans ce Continent doit flater d'autant
plus la curioſité des lecteurs , qu'il
s'accorde parfaitement avec les relations
de pluſieurs autres Voyageurs ; notre Anglois
cite de longs & intéreſſans détails de
celle du P. Hennequin , Miſſionnaire Jefuite.
>>Ce ne ſont point des Pays déſerts &
>>fans culture , tels que les François & les
>>>Anglois ont trouvé ceux où ils ont planté
>>leurs premieres colonies. Des fruits &
>> des grains de toute eſpece y enrichiffent
>>les campagnes ; pluſieurs peuples y font
>>policés juſqu'à ſe vêtir d'étoffes très- fines,
>>ils ont l'uſage des chevaux avec des ſel-
>> les ; leurs Villes font bien bâties & régu-
>>>lierement fortifiées ; enfin la Nouvelle
>> France , la Virginie & la Caroline ſeme
>> blent n'être ſuivant ces relations que des
>> limites ſtériles & défertes d'une immenfe
> étenduë de Pays auquel toutes les fa-
>> veurs de la Nature ont été prodiguées , à
>>peu près comme la Mofcovie & la Tarta-
>>rie à l'égard des autres parties de l'Eu-
>rope.
Entre plufieurs obfervations , nous choifiſſons
celle-ci qui peut donner quelque
idée aux lecteurs de l'intérieur du Conti
nent.
>>On trouva des peuples qui n'ont riende
140 MERCURE DE FRANCE.
Barbare * que le nom : un de ces Sauva
>> ges , qui fut le premier qu'on rencon-
>>>tra , revenoit de la Chaffe avec ſa famille ,
>>>il fit préfent au Chefdes François d'un de
>> fes chevaux , & de quelque viande , le
priant par ſignes d'aller chés lui avec tous
>> ſes gens ; enfin pour les mieux engager ,
il leur laiſſa ſa femme , ſa famille & fa
>> chaffe , comme pour leur ſervir de gages ,
"& cependant il ſe rendit au Village, pour
faire ſçavoir leur arrivée ; au bout de deux
> jours il revint avec des chevaux chargés
>>de proviſions , & pluſieurs Chefs des Sau-
>> vages qui l'accompagnoient ; ils étoient
>> ſuivis de guerriers , habillés fort propre-
>ment de peaux paſſées , & ornées de plu-
>>>mes ; on les rencontra à trois lieuës de
>>l'habitation. Les François y furent reçus
>comme en triomphe & furent logés chés.
>> le grand Capitaine ; c'étoit un concours
• ſurprenant de peuple , dont la jeuneſſe
>>étoit rangée fous les armes. Elle ſe releva
>jour&nuit pour les garder , les comblant
>>de biens , & de toutes fortes de vivres.
Ce Village qu'on appelle le Cenis , eſt un
>>des plus confiderables de l'Amerique par
>>ſa grandeur , & par le nombre de ſes ha-
>>bitans ; il a bien 20 lieuës de long au
*Nous les appellons Sauvages & non pas Barbares.
NOVEMBRE. 1744. 141
moins ; ce n'eſt pas qu'il ſoit contigûment
>>>habité ; les maiſons font diftribuées par
» dix ou douze , qui font comme des Can-
>> tons , & qui ont chacun des noms diffe-
> rens. Elles font belles , longues de 40 ou
» 50 pieds , dreffées en maniere de ruches
» àmiel , & environnées d'arbres qui ſe
» rejoignent en haut par les branches ; nous
>>trouvámes chés ces Cenis pluſieurs chofes
>>qui viennent indubitablement des Eſpa-
>>gnols , comme des piastres , & d'autres
»monnoyes , des cuilliers d'argent , de la
>>dentelle ,des habits , &c. Nous y vîmes
» entr'autres une Bulle du Pape , qui exemp-
» te du jeûne les Eſpagnols du Mexique
>> pendant l'Eté. Les chevaux y ſont ſi com-
>>>muns , qu'on en donnoit un à nos gens
» pour une hache ; un Cenis voulut donner
»un cheval pour le capuchon d'un Récollet
>>de la troupe dont il avoit envie.
Les obſervations que cite l'Auteur ſur les
Ianchus , ne font ni moins curieuſes ni
moins capables de donner une idée avantageuſe
du Continent; ſon deſſein en donnant
ces extraits , a été de faire remarquer
qu'il pourroit bien être du Continent de
>>l'Amerique , comme de celui de l'Europe ,
>>>ouplus ou peut- être plus on trouve d'o-
>>pulence & de politeſſe , deſorte que de
2
l'aveu de tout le monde , la France , l'An
142 MERCURE DE FRANCE.
>>gleterre , la Hollande & l'Allemagne qui
>>font réellement au centre , l'emportent
»affés clairement ſur les autres Nations. Si
cette comparaiſon étoit la ſeule preuve de
l'aſſertion du Voyageur , elle feroit bientôt
renverſée ; en effet , peut-on dire que la
France , l'Italie , la Hollande , &c. font au
centre du Continent de l'Europe , lorſque
cesdifferentes Régions font toutes bordées
par la Mer ? Un Voyageur qui aborderoit à
Veniſe , & qui de-là tirant vers le Nord gagneroit
la Suéde ou la Moſcovie , ſeroit
bien éloigné de trouver plus d'opulence ,
àmeſure qu'il avanceroit dans le Continent
de l'Europe ; cette legere remarque n'empêche
pas que dans le fond la réflexion de
l'Auteur ne foit fort judicieuse ,& il a fans
doute raiſon de dire >> que quand l'eſperan-
> ce de trouver la Mer du Sud par la com-
> municationdes rivieres , comme on a déja
>>>trouvé le Golphe du Mexique par celle
>>d'Ouabache & de Miffiffipi , ne fuffiroit
>> pas pour faire entreprendre ſérieuſement
>>de pénétrer cette vaſte étenduë de Pays.
>D'autres vûës , preſqu'aufli importantes
» pour le commerce ,& la ſeule curiofité
>>même devroient porter les François & les
>>>Anglois , que cette entrepriſe ſemble re-
>garder par la ſituation de leurs colonies
> à pouffer de ce côté-là leurs découvertes.
NOVEMBRE. 1744. 143
On trouve à la ſuite de cette relation une
Deſcription de la Nouvelle Eſpagne , depuis
Panama juſques vers le quarantiéme
degré de Latitude vers le Nord , fort curieuſe
, & bien détaillée. J'obſerverai qu'il
s'y eſt gliſſé une très-legere erreur. Le Voyageur
dit que les pluyes commencent à
Gouayaquil au mois de Janvier & durent
juſqu'aumois deMai ; il auroit dû dire que
ces pluyes commencent en Novembre , c'eſt
ainſi que l'a rapporté M. Bouguer , l'un des
Académiciens qui ont été au Pérou , pour
déterminer la figure de la Terre,
La relation de Robert Lade eſt ornée de
deux Cartes qui étoient néceſſaires pour lire
ce Livre avec fruit , & même avec agrément,
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Résumé : Voyages du Capitaine Lade, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente 'Voyages du Capitaine Robert Lade', traduit de l'anglais par l'abbé Prévost, qui relate les expéditions du capitaine Robert Lade en Afrique, Asie et Amérique. Cet ouvrage se distingue par ses observations réalistes et pratiques sur les colonies et le commerce des Espagnols, Anglais et Hollandais. Prévost souligne la popularité des récits de voyages pour leur capacité à divertir et instruire. Lade fournit des détails précieux sur les colonies espagnoles et anglaises, ainsi que sur les stratégies de contrebande des Anglais dans les Indes Occidentales. Le livre inclut des mémoires sur des lieux tels que le Cap de Bonne-Espérance, Batavia, la Jamaïque et Vera Cruz. Il aborde également les tentatives de trouver un passage par la mer Glaciale vers la mer du Sud, mentionnant les expéditions de Martin Frobisher, Jean David et Henri Hudson dans l'Arctique. Henri Hudson est crédité comme le premier à avoir pénétré au fond de la baie d'Hudson. Le texte évoque aussi les explorations de René-Robert Cavelier de La Salle et la fertilité des terres américaines, soulignant la richesse et la diversité des nations locales. Des missionnaires comme le Père Hennequin rapportent des détails sur des peuples policés et des villes bien bâties. Le texte compare l'opulence des régions américaines à celle de l'Europe et suggère que les Français et les Anglais devraient explorer davantage cette région pour des raisons commerciales et de curiosité. Il corrige également une erreur sur les pluies à Guayaquil et inclut deux cartes essentielles pour comprendre le livre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5553
p. 143-149
Dissertations sur la Fondation de Marseille, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATIONS sur la fondation de la Ville de Marseille, sur l'Histoire des Rois [...]
Mots clefs :
Ville, Marseille, Phocéens, Félix Cary, Fondation, Histoire, Médailles, Médaille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertations sur la Fondation de Marseille, Extrait, [titre d'après la table]
DISSERTATIONS ſur la fondation de la
Ville de Marſeille , ſur l'Hiſtoire des Rois
du Boſphore Cimmerien , & ſur Leſbonax
Philoſophe de Mytilene ; à Paris , chés Jac
ques Barrois , Quai des Auguſtins , à la
Ville de Nevers , in 12. 1744.
Ce Livre est dédié à feu M. l'Abbé de
Rothelin , qu'une vaſte érudition , un goût
délicat , & des moeurs auſſi douces que pures
rendoient ſi cher à la République des
Lettres qui l'a perdu trop tôt.
- L'Epitre dédicatoire nous apprend que
M. Cari eſt l'Auteur de ces Differtations ,
44 MERCURE DE FRANCE.
&dans celle dont l'époque de la fondation
de Marſeille eſt l'objet , il ne laiſſe pas ignorer
qu'il eſt natif de cette Ville ; ainſi c'eſt
l'amour de la Patrie qui lui a mis la plume
à la main. Il eſt certain que la matiere eſt
furtout intéreſſante pour les Marſeillois
quoiqu'elle ne ſoit pas indifferente pour le
reſte des lecteurs. Il étoit néceſſaire d'éclaircir
cette queſtion , ſi l'on veut avoir une
bonne Hiſtoire de Marſeille , travail que
P'Auteur regarde avec raiſon comme digne
de l'émulation de l'Académie de Marseille ;
cet Ouvrage eſt de la nature de ceux qui
peuvent& doivent même être faits en ſociété;
& Mrs de l'Académie de Marſeille
poſſedent tous les talens néceſſaires pour le
conduire à ſa perfection. Deux opinions
diviſent les Chronologiſtes au ſujet de la
fondation de cette Ville , l'une des plus anciennes
de la France ; les uns , & Ufferius
eſt de ce ſentiment , la placent la premiere
année de la quarante-cinquiéme Olimpiade,
l'an de Rome 154 , avant J. C. 599 .
L'Auteur est auli de ce ſentiment. Le P.
Petau a embraſfé l'opinion oppoſée , & renvoye
cette époque à la foixantiéme Olimpiade.
Les Auteurs anciens font auffi partagés
, & s'il ne falloit que compter les fuffrages
, peut- être s'en trouveroit-il plus en faveur
du P. Petau , mais un Critique éclairé
péfe
NOVEMBRE. 1744. 145
péſe les voix , & ne les compte pas ; c'eſt ce
qu'a fait M. Cari , & plufieurs des preuves
qu'il employe , prouvent invinciblement
fonopinion.
L'Hiſtoire de la Fondation de Marſeille
trouvoit ici néceſſairement ſa place. C'eſt le
premier Chapitre d'une Hiſtoire de cette
Ville , qui n'en ſeroit pas le moins intéreſfant.
Les Phocéens accoutumés à courir la
Mer vinrent juſqu'à l'embouchure du
Rhône ; frappés de la beauté du Pays , lorfqu'ils
furent de retour dans leur Patrie ,
ils engagerent pluſieurs de leurs Compatriotes
à venir avec eux , pour fonder une
Colonie dans le Pays qu'ils avoient découvert
; ils ſe mettent en Mer & au moment
qu'ils abordent au lieu déſiré , ils trouvent
un Pêcheur , à qui ils jettent une corde
pour attacher leur Navire. Cette circonftance
donna le nom à la Ville qu'ils fonderent
; elle fut appellée Maffilia du mot
Grec μάσσειν , qui fignifie lier , & de celui
de άλιους ; Pêcheur.
Les Phocéens penſerent à ſe mettre ſous
la protection du Peuple qui étoit le plus
voifin , & les Chefs allerent à la Cour de
Nannus , Roi des Segobrigiens ; on croit
que cette Cour étoit à Aix .
Le jour où ils arriverent , étoit le même
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
1
où ſuivant l'uſage des Segobrigiens , la fille
du Roi choiſiſſoit elle-même ſon époux ;
la cérémonie étoit fingulière ; les Seigneurs
étoient aſſemblés , la Princeſſe promenoit
ſes regards ſur eux , & lorſqu'elle avoit fait
fon choix , elle le déclaroit en allant préſenter
de l'eau à celui que ſon coeur ou ſes
yeux avoient choiſi. Les Phocéens furent
invités à cette Fête , & Protis , l'un de leurs
Chefs , fut le fortuné à qui la Princeſſe préſenta
la Coupe. Ainſi tout ſeconda l'établiſſement
des Phocéens,& ils bâtirent Marſeille
dans l'endroit même où cette Ville eſt
encore aujourd'hui. Soixante ans après , les
Phocéens épouvantés des progrèsde Cyrus ,
abandonnerent leur Pays , & firent ce ſerment
ſi fameux de n'y revenir que lorſqu'une
maſſe de fer qu'ils jetterent au fond de la
Mer furnageroit ; une partie alla chercher
un aſile chés les Marſeillois leurs anciens
Compatriotes , & c'eſt ce qui a donné lieu
àl'erreur ; on a pris cette fuite des Phocéens
vers Marſeille , pour la véritable époque
de la Fondation de cette Ville.
M. Cari a très bien démêlé le principe
de la mépriſe des Auteurs qu'il combat ; le
départ , dit- il , » des Phocéens qui vinrent
>>fonder Marſeille , n'avoit rien de fameux
>> ou de frappant , c'étoit des Ioniens que
• leur Ville ne pouvoit plus contenir , &
NOVEMBRE . 1744 147
qui cherchoient un lieu pour s'établir ,
>>événement ſimple & commun dans ce
>> tems là. Mais la fuite des Phocéens de-
>> vant Cyrus eſt une époque conſidérable;
>> elle arrive ſous un Prince fameux par ſes
>>>Conquêtes , & qui fixe les yeux del'Uni-
>>v>ers. La crainte de tomber entre les mains
>> des Perfes , fait prendre une réſolution
>> violente aux Phocéens ; ils embarquent
>> leurs femmes , leurs enfans , & tout ce
>> qu'ils poffédent. Ces evenemens & les
>>circonſtances qui les cauſerent , ſont bien
>> autrement frappantes que la ſimple Fon-
>> dation de Marſeille.
Il ſeroit bien avantageux pour les Lettres
que tout lemonde ſuivît la méthode de M.
Cari , & qu'en réfutant des Auteurs , on
cherchat ſoigneuſement par quelle route
ils ſe ſont égarés ; quelle utilité ne procureroient
pas ceux qui démêleroient ainſi le
labyrinthe ou ſe perd ſi ſouvent l'eſprithumain
? On leur devroit bien plus qu'à ces
Pilotes qui ont obſervé exactement les
écueils des Mers , & en ont dreſſé des Cartes
pour apprendre aux Navigateurs à les
éviter . Mais Hoc opus , hic labor est.
Deux Médailles , que M. Cari a décou
vertes , & qui avoient échapé juſqu'à ce
jour aux recherches des Antiquaires , ont
donné licu aux deux autres Differtations..
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Le Public verra avec plaiſir qu'un homme,
comme M. Cari , qui a de la ſagacité & de
la lecture , s'attache aux Médailles , Genre
que l'on commence à trop négliger .
La premiere des deux Médailles eſt celle
d'unTeiranes Roi du Boſphore , inconnu
juſqu'à préſent , que M. Cari place l'an de
Rome 833 , de JESUS - CHRIST 130 , entre
Rheſcuporis I. & Cotys II .
On voit d'un côté la tête de Teiranes
avec ces mots FACΙΛΕΩΣ TΕΙΡΑΝΟΥ & au
revers la tête d'un Empereur avec ces Lettres
re qui ſignifient 573. Cette Médaille
a fourni l'occaſion à M. Cari de donner
une ſuite Chronologique des Rois du Bofphore
, & de combattre pluſieurs fois le
ſentiment de M. Vaillant , qui a fait unbon
Livre ſur cette matiere .
La Médaille qui fait le ſujet de la troi.
fiéme Differtation , eſt une Médaille de
L'eſbonax Philoſophe célébre de Metylene ,
mais moins fameux que Potamon ſon fils ,
dont il eſt beaucoup plus queſtion que du
pere dans la Diſſertation de M. Cari . Ce
Potamon Aoriſſoit ſous Tibere & en
étoit fort aimé. Lorſqu'il retourna dans ſa
Patrie , comblé des bienfaits de ce Prince
il en reçut une eſpèce de paſſeport conçû
ences termes ſinguliers : Si quelqu'un ose
faire infulte àPotamonfils de Leſbonax , qu'il
د
NOVEMBRE. 1744. 149
confidere auparavant s'il eſt en état de me réfister.
La Médaille repréſente une tête avec ces
mots ΛΕΣΒΩΝΑΞ ΕΡΩΣ ΝΕΟΣ . On voit fur
le revers un homme couvert fimplement
d'un Manteau , tenant un bâton de la main
gauche , & de la droite quelque choſe qu'il
n'eſt pas aiſé de déterminer , avec l'inſcription
ΜΥΤΙΛΗΝΑΙΩΝ .
Ville de Marſeille , ſur l'Hiſtoire des Rois
du Boſphore Cimmerien , & ſur Leſbonax
Philoſophe de Mytilene ; à Paris , chés Jac
ques Barrois , Quai des Auguſtins , à la
Ville de Nevers , in 12. 1744.
Ce Livre est dédié à feu M. l'Abbé de
Rothelin , qu'une vaſte érudition , un goût
délicat , & des moeurs auſſi douces que pures
rendoient ſi cher à la République des
Lettres qui l'a perdu trop tôt.
- L'Epitre dédicatoire nous apprend que
M. Cari eſt l'Auteur de ces Differtations ,
44 MERCURE DE FRANCE.
&dans celle dont l'époque de la fondation
de Marſeille eſt l'objet , il ne laiſſe pas ignorer
qu'il eſt natif de cette Ville ; ainſi c'eſt
l'amour de la Patrie qui lui a mis la plume
à la main. Il eſt certain que la matiere eſt
furtout intéreſſante pour les Marſeillois
quoiqu'elle ne ſoit pas indifferente pour le
reſte des lecteurs. Il étoit néceſſaire d'éclaircir
cette queſtion , ſi l'on veut avoir une
bonne Hiſtoire de Marſeille , travail que
P'Auteur regarde avec raiſon comme digne
de l'émulation de l'Académie de Marseille ;
cet Ouvrage eſt de la nature de ceux qui
peuvent& doivent même être faits en ſociété;
& Mrs de l'Académie de Marſeille
poſſedent tous les talens néceſſaires pour le
conduire à ſa perfection. Deux opinions
diviſent les Chronologiſtes au ſujet de la
fondation de cette Ville , l'une des plus anciennes
de la France ; les uns , & Ufferius
eſt de ce ſentiment , la placent la premiere
année de la quarante-cinquiéme Olimpiade,
l'an de Rome 154 , avant J. C. 599 .
L'Auteur est auli de ce ſentiment. Le P.
Petau a embraſfé l'opinion oppoſée , & renvoye
cette époque à la foixantiéme Olimpiade.
Les Auteurs anciens font auffi partagés
, & s'il ne falloit que compter les fuffrages
, peut- être s'en trouveroit-il plus en faveur
du P. Petau , mais un Critique éclairé
péfe
NOVEMBRE. 1744. 145
péſe les voix , & ne les compte pas ; c'eſt ce
qu'a fait M. Cari , & plufieurs des preuves
qu'il employe , prouvent invinciblement
fonopinion.
L'Hiſtoire de la Fondation de Marſeille
trouvoit ici néceſſairement ſa place. C'eſt le
premier Chapitre d'une Hiſtoire de cette
Ville , qui n'en ſeroit pas le moins intéreſfant.
Les Phocéens accoutumés à courir la
Mer vinrent juſqu'à l'embouchure du
Rhône ; frappés de la beauté du Pays , lorfqu'ils
furent de retour dans leur Patrie ,
ils engagerent pluſieurs de leurs Compatriotes
à venir avec eux , pour fonder une
Colonie dans le Pays qu'ils avoient découvert
; ils ſe mettent en Mer & au moment
qu'ils abordent au lieu déſiré , ils trouvent
un Pêcheur , à qui ils jettent une corde
pour attacher leur Navire. Cette circonftance
donna le nom à la Ville qu'ils fonderent
; elle fut appellée Maffilia du mot
Grec μάσσειν , qui fignifie lier , & de celui
de άλιους ; Pêcheur.
Les Phocéens penſerent à ſe mettre ſous
la protection du Peuple qui étoit le plus
voifin , & les Chefs allerent à la Cour de
Nannus , Roi des Segobrigiens ; on croit
que cette Cour étoit à Aix .
Le jour où ils arriverent , étoit le même
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
1
où ſuivant l'uſage des Segobrigiens , la fille
du Roi choiſiſſoit elle-même ſon époux ;
la cérémonie étoit fingulière ; les Seigneurs
étoient aſſemblés , la Princeſſe promenoit
ſes regards ſur eux , & lorſqu'elle avoit fait
fon choix , elle le déclaroit en allant préſenter
de l'eau à celui que ſon coeur ou ſes
yeux avoient choiſi. Les Phocéens furent
invités à cette Fête , & Protis , l'un de leurs
Chefs , fut le fortuné à qui la Princeſſe préſenta
la Coupe. Ainſi tout ſeconda l'établiſſement
des Phocéens,& ils bâtirent Marſeille
dans l'endroit même où cette Ville eſt
encore aujourd'hui. Soixante ans après , les
Phocéens épouvantés des progrèsde Cyrus ,
abandonnerent leur Pays , & firent ce ſerment
ſi fameux de n'y revenir que lorſqu'une
maſſe de fer qu'ils jetterent au fond de la
Mer furnageroit ; une partie alla chercher
un aſile chés les Marſeillois leurs anciens
Compatriotes , & c'eſt ce qui a donné lieu
àl'erreur ; on a pris cette fuite des Phocéens
vers Marſeille , pour la véritable époque
de la Fondation de cette Ville.
M. Cari a très bien démêlé le principe
de la mépriſe des Auteurs qu'il combat ; le
départ , dit- il , » des Phocéens qui vinrent
>>fonder Marſeille , n'avoit rien de fameux
>> ou de frappant , c'étoit des Ioniens que
• leur Ville ne pouvoit plus contenir , &
NOVEMBRE . 1744 147
qui cherchoient un lieu pour s'établir ,
>>événement ſimple & commun dans ce
>> tems là. Mais la fuite des Phocéens de-
>> vant Cyrus eſt une époque conſidérable;
>> elle arrive ſous un Prince fameux par ſes
>>>Conquêtes , & qui fixe les yeux del'Uni-
>>v>ers. La crainte de tomber entre les mains
>> des Perfes , fait prendre une réſolution
>> violente aux Phocéens ; ils embarquent
>> leurs femmes , leurs enfans , & tout ce
>> qu'ils poffédent. Ces evenemens & les
>>circonſtances qui les cauſerent , ſont bien
>> autrement frappantes que la ſimple Fon-
>> dation de Marſeille.
Il ſeroit bien avantageux pour les Lettres
que tout lemonde ſuivît la méthode de M.
Cari , & qu'en réfutant des Auteurs , on
cherchat ſoigneuſement par quelle route
ils ſe ſont égarés ; quelle utilité ne procureroient
pas ceux qui démêleroient ainſi le
labyrinthe ou ſe perd ſi ſouvent l'eſprithumain
? On leur devroit bien plus qu'à ces
Pilotes qui ont obſervé exactement les
écueils des Mers , & en ont dreſſé des Cartes
pour apprendre aux Navigateurs à les
éviter . Mais Hoc opus , hic labor est.
Deux Médailles , que M. Cari a décou
vertes , & qui avoient échapé juſqu'à ce
jour aux recherches des Antiquaires , ont
donné licu aux deux autres Differtations..
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
Le Public verra avec plaiſir qu'un homme,
comme M. Cari , qui a de la ſagacité & de
la lecture , s'attache aux Médailles , Genre
que l'on commence à trop négliger .
La premiere des deux Médailles eſt celle
d'unTeiranes Roi du Boſphore , inconnu
juſqu'à préſent , que M. Cari place l'an de
Rome 833 , de JESUS - CHRIST 130 , entre
Rheſcuporis I. & Cotys II .
On voit d'un côté la tête de Teiranes
avec ces mots FACΙΛΕΩΣ TΕΙΡΑΝΟΥ & au
revers la tête d'un Empereur avec ces Lettres
re qui ſignifient 573. Cette Médaille
a fourni l'occaſion à M. Cari de donner
une ſuite Chronologique des Rois du Bofphore
, & de combattre pluſieurs fois le
ſentiment de M. Vaillant , qui a fait unbon
Livre ſur cette matiere .
La Médaille qui fait le ſujet de la troi.
fiéme Differtation , eſt une Médaille de
L'eſbonax Philoſophe célébre de Metylene ,
mais moins fameux que Potamon ſon fils ,
dont il eſt beaucoup plus queſtion que du
pere dans la Diſſertation de M. Cari . Ce
Potamon Aoriſſoit ſous Tibere & en
étoit fort aimé. Lorſqu'il retourna dans ſa
Patrie , comblé des bienfaits de ce Prince
il en reçut une eſpèce de paſſeport conçû
ences termes ſinguliers : Si quelqu'un ose
faire infulte àPotamonfils de Leſbonax , qu'il
د
NOVEMBRE. 1744. 149
confidere auparavant s'il eſt en état de me réfister.
La Médaille repréſente une tête avec ces
mots ΛΕΣΒΩΝΑΞ ΕΡΩΣ ΝΕΟΣ . On voit fur
le revers un homme couvert fimplement
d'un Manteau , tenant un bâton de la main
gauche , & de la droite quelque choſe qu'il
n'eſt pas aiſé de déterminer , avec l'inſcription
ΜΥΤΙΛΗΝΑΙΩΝ .
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Résumé : Dissertations sur la Fondation de Marseille, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente une dissertation de M. Cari, publiée à Paris en 1744 et dédiée à l'Abbé de Rothelin. M. Cari, natif de Marseille, explore la date de la fondation de sa ville natale, un sujet important pour les Marseillais. Deux opinions principales s'opposent : Usserius propose 599 av. J.-C., tandis que le Père Petau suggère une date plus tardive. M. Cari défend la première opinion, soutenue par des preuves convaincantes. Selon M. Cari, Marseille a été fondée par les Phocéens, séduits par la beauté du pays. Ils rencontrèrent un pêcheur et nommèrent la ville Massalia. Les Phocéens obtinrent la protection des Segobrigiens, dont le roi était Nannus. Lors d'une cérémonie, Protis, un chef phocéen, fut choisi par la fille du roi. Soixante ans plus tard, face à l'avancée de Cyrus, les Phocéens quittèrent leur pays et certains trouvèrent refuge à Marseille, ce qui a créé une confusion sur la date exacte de la fondation. Le texte évoque également deux médailles historiques. La première appartient à Teiranes, roi du Bosphore, identifié comme ayant régné en 833 de Rome et 130 après Jésus-Christ. Cette médaille permet à M. Cari de proposer une chronologie des rois du Bosphore et de contester certaines opinions de M. Vaillant. La deuxième médaille concerne Lesbonax, un philosophe de Mytilène, moins connu que son fils Potamon, apprécié de l'empereur Tibère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5554
p. 149
Voyages & Avantures du Comte de, &c. [titre d'après la table]
Début :
VOYAGES & Avantures du Comte de *** & de son fils. 3 Volumes in-12, à [...]
Mots clefs :
Voyages, Aventures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyages & Avantures du Comte de, &c. [titre d'après la table]
VOYAGES & Avantures du Comte de
*** & de fon fils. 3 Volumes in- 12 ,
Amſterdam chés Pierre Marteau , & fe
trouvent à Paris chés Barois fils. On en
parlera plus au long.
*** & de fon fils. 3 Volumes in- 12 ,
Amſterdam chés Pierre Marteau , & fe
trouvent à Paris chés Barois fils. On en
parlera plus au long.
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5555
p. 149
Mémoires de Melvil, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES de Melvil, traduits de l'Anglois avec des Additions en 3. Volumes [...]
Mots clefs :
Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires de Melvil, [titre d'après la table]
MEMOIRES de Melvil , traduits de
l'Anglois avec des Additions en 3 Volumes
in - 12 , dont le dernier contient les
Lettres de Marie Stuart. On en parlera dans
le premier Volume.
l'Anglois avec des Additions en 3 Volumes
in - 12 , dont le dernier contient les
Lettres de Marie Stuart. On en parlera dans
le premier Volume.
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5556
p. 149-150
Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
Début :
LES ELEMENS de la Médecine Pratique, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de [...]
Mots clefs :
Béziers, Académie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
LES ELEMENS de la Médecine Pratique
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
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Résumé : Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les Éléments de la Médecine Pratique', écrit par M. Bouillet, correspondant de l'Académie Royale des Sciences, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, professeur royal des mathématiques, secrétaire de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Béziers, et médecin des hôpitaux de cette ville. Publié en 1744 par François Barbut, imprimeur du Roi et de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres, cet ouvrage aborde les maladies courantes en fonction des âges, saisons, constitutions de l'air et climats, avec un accent sur Béziers. Il contient des remarques théoriques et pratiques destinées à introduire une histoire générale des maladies. L'auteur est reconnu pour ses connaissances, et l'ouvrage est présenté comme extrêmement utile.
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5557
p. 150
Nouveau Livre d'Ecriture, [titre d'après la table]
Début :
NOUVEAU Livre d'Ecriture, d'après les plus belles Piéces de Rossignol, pour [...]
Mots clefs :
Écriture, Louis Rossignol
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Livre d'Ecriture, [titre d'après la table]
NOUVEAU Livre d'Ecriture , d'après
les plus belles Piéces de Roffignol , pour
l'Inſtruction de la jeuneſſe & la fatisfaction
des curieux , gravé par Aubin , ſe vend à
Paris , chés Feffard Graveur , ruë de la
Harpe , vis- à- vis la ruë Serpente ; chés le
Clerc , Libraire au Palais , dans la Grande
Sale ; & chés Poirion , Libraire ruë S. Jacques
, à l'Empereur .
les plus belles Piéces de Roffignol , pour
l'Inſtruction de la jeuneſſe & la fatisfaction
des curieux , gravé par Aubin , ſe vend à
Paris , chés Feffard Graveur , ruë de la
Harpe , vis- à- vis la ruë Serpente ; chés le
Clerc , Libraire au Palais , dans la Grande
Sale ; & chés Poirion , Libraire ruë S. Jacques
, à l'Empereur .
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5558
p. 151
OUVERTURE du Collége Royal.
Début :
LES Professeurs du Collége Royal de France, fondé à Paris par le Roi François I, le Pere & [...]
Mots clefs :
Collège royal de France, Langue
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texteReconnaissance textuelle : OUVERTURE du Collége Royal.
OUVERTURE du Collège Royal.
L
Es Profeſſeurs du Collége Royal de France ,
fondé à Paris par le Roi François I , le Pere &
le Reſtaurateur des Lettres , reprirent leurs exercices
le Lundi 23 Novembre. Voici les noms des
Sçavans qui rempliffent aujourd'hui lesChaires de
ce fameux College , ſous l'Inſpection de M. l'Abbé
Vatry , de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , Profeſſeur Royal en Langue Grecque.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs Sallier & Henry.
Pour la Langue Grecque .
Mrs Vatry & Capperonier.
Pour les Mathématiques.
Mrs deCury & de Montcarville.
Pour la Philofophie.
Mrs Terraſſon &de Gua de Malves.
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs Souchay & Piat .
Pour la Médecine. ;
MrsBurette , Aſtruc , Dubois & Ferrein.
Pour la Langue Arabe .
Mrs Fourmont , & Petis de la Croix , Confeiller &
Interpréte ordinaire du Roi pour les Langues
Orientales .
Pour le Droit Canon.
Mrs Capon & le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
Mr l'Abbé Fourmont.
L
Es Profeſſeurs du Collége Royal de France ,
fondé à Paris par le Roi François I , le Pere &
le Reſtaurateur des Lettres , reprirent leurs exercices
le Lundi 23 Novembre. Voici les noms des
Sçavans qui rempliffent aujourd'hui lesChaires de
ce fameux College , ſous l'Inſpection de M. l'Abbé
Vatry , de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , Profeſſeur Royal en Langue Grecque.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs Sallier & Henry.
Pour la Langue Grecque .
Mrs Vatry & Capperonier.
Pour les Mathématiques.
Mrs deCury & de Montcarville.
Pour la Philofophie.
Mrs Terraſſon &de Gua de Malves.
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs Souchay & Piat .
Pour la Médecine. ;
MrsBurette , Aſtruc , Dubois & Ferrein.
Pour la Langue Arabe .
Mrs Fourmont , & Petis de la Croix , Confeiller &
Interpréte ordinaire du Roi pour les Langues
Orientales .
Pour le Droit Canon.
Mrs Capon & le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
Mr l'Abbé Fourmont.
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Résumé : OUVERTURE du Collége Royal.
Le Collège Royal de France, fondé par François Ier, a rouvert le 23 novembre sous la direction de l'Abbé Vatry. Les chaires sont occupées par des savants spécialisés en langues anciennes, mathématiques, philosophie, éloquence latine, médecine, droit canon et langues orientales.
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5559
p. 152
ESTAMPES NOUVELLES.
Début :
HYACINTE RIGAUD, Ecuyer, Noble Citoyen de Perpignan, Chevalier de l'Ordre de S. [...]
Mots clefs :
Hyacinthe Rigaud, Jean Mabillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES NOUVELLES.
ESTAMPES NOUVELLES .
HYACINTE RIGAUD , Ecuyer , Noble
Citoyen de Perpignan , Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , Recteur & ancien Directeur de l'Académie
Rovale de Peinture & Sculpture , né le 25
Juillet 1663 , mort à Paris le 29 Décembre 1744-
Cette Eſtampe eſt gravée par Ficquet , d'après
P'Original peint par M. Rigaud lui - même , dont on
a vú l'éloge au commencement de ce Volume , &
elle ſe vend chés Odieuvre , rue d'Anjou , la derniere
porte cochere en entrant par la ruë Dauphine.
DOM JEAN MABILLON , Religieux Bénédictin
de la Congrégation de S. Maur , né à Saint
Pierre-Mont Diocèse de Rheims le 23 Novembre
1632 , & mort à Paris à l'Abbaye de S. Germain
Deſprez le 27 Décembre 1707 , âgé de 76 ans.
Les excellens Ouvrages qu'a compoſés ce ſçavant
Bénédictin , font aflés ſon éloge , & nous n'apprendrions
rien aux Lecteurs à cet égard , qu'ils ne
ſcachent depuis long tems .
L'Eſtampe eft gravée par Gaillard , & ſe vend
chés Odieuvre , qui a un très-beau Recueil de toutes
fortes d'Eſtampes.
HYACINTE RIGAUD , Ecuyer , Noble
Citoyen de Perpignan , Chevalier de l'Ordre de S.
Michel , Recteur & ancien Directeur de l'Académie
Rovale de Peinture & Sculpture , né le 25
Juillet 1663 , mort à Paris le 29 Décembre 1744-
Cette Eſtampe eſt gravée par Ficquet , d'après
P'Original peint par M. Rigaud lui - même , dont on
a vú l'éloge au commencement de ce Volume , &
elle ſe vend chés Odieuvre , rue d'Anjou , la derniere
porte cochere en entrant par la ruë Dauphine.
DOM JEAN MABILLON , Religieux Bénédictin
de la Congrégation de S. Maur , né à Saint
Pierre-Mont Diocèse de Rheims le 23 Novembre
1632 , & mort à Paris à l'Abbaye de S. Germain
Deſprez le 27 Décembre 1707 , âgé de 76 ans.
Les excellens Ouvrages qu'a compoſés ce ſçavant
Bénédictin , font aflés ſon éloge , & nous n'apprendrions
rien aux Lecteurs à cet égard , qu'ils ne
ſcachent depuis long tems .
L'Eſtampe eft gravée par Gaillard , & ſe vend
chés Odieuvre , qui a un très-beau Recueil de toutes
fortes d'Eſtampes.
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Résumé : ESTAMPES NOUVELLES.
Le document présente deux figures historiques : Hyacinthe Rigaud et Dom Jean Mabillon. Hyacinthe Rigaud, écuyer et noble, était citoyen de Perpignan, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, recteur et ancien directeur de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Né le 25 juillet 1663, il est décédé à Paris le 29 décembre 1744. Une estampe le représentant, gravée par Ficquet d'après un autoportrait, est disponible chez Odieuvre, rue d'Anjou. Dom Jean Mabillon, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, est né à Saint-Pierre-Mont, diocèse de Reims, le 23 novembre 1632, et est mort à Paris à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés le 27 décembre 1707, à l'âge de 76 ans. Ses œuvres témoignent de sa sagesse et de son érudition. Une estampe le représentant, gravée par Gaillard, est également vendue chez Odieuvre, qui possède un vaste recueil d'estampes.
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5560
p. 152-154
Essence Balsamique, [titre d'après la table]
Début :
L'ESSENCE BALSAMIQUE, Aromatique, & Anti-Vermineuse de M. de Pasturel, continuë [...]
Mots clefs :
Maladies, Remède, Vapeurs, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : Essence Balsamique, [titre d'après la table]
L'ESSENCE BALSAMIQUE
que, & Anti- Vermineuse de M.de Paſturel , continuë
à ſe diſtribuer avec fuccès ; plusieurs Médecins
qui en ont fait des épreuves dans les Hôpitaux ont
écrit au Miniſtre , pour qu'il leur en procurât , се
qui a déterminé beaucoup d'Officiers de la premiere
diſtinction d'en emporter à l'Armée , & le prenner
Médecin du Roi y en a auſſi porté .
Cette Quinteffence eſt bonne pour prévenir les
NOVEMBRE. 1744. 153
Maladies , fortifier les principales parties du corps ,
ranimer la nature affoiblie ou éteinte , elle paſſe
d'une maniere preſque inſenſible par les premieres
voyes , & guérit les Maladies qui ont leur fiége
dans ces parties ; ce Réméde eſt inmanquable contre
les indigeſtions , qui font l'origine de preſque
toutes les Maladies , contre toutes fortes de coliques
, dégoûts , maux de coeur , diarrhées & cours
de ventre , cette vertu le rend très-utile dans les
Armées, ou ces dernieres Maladies ſont ordinaires
&caufent la mort à beaucoup de braves gens qui
font utiles à l'Etat .
>
Elle eſt ſouveraine contre les Maladies caufées
par les obſtructions des vifceres , contre les pâles
couleurs , la jauniffe , l'hydropiſie , les vapeurs hyfteriques
& hypocondriaques , les palpitations de
coeur, les ventofités , la mauvaiſe halaine caufée
parde mauvaiſes digestions : elle facilire les accouchemens
cau- appaife les ddoouulleurs des reins
ſées par des glaires , ôte les dégoûts qu'on peut
avoir après avoir bû avec excès , abbat les vapeurs
du vin , & c'eſt un très-puiſſant apéritif , & quelque
fois purgatif.
C'eſt un préſervatif contre le mauvais air ,&
dans ce cas il est très-utile pour ceux qui voyagent
tant par Mer que par Terre , parce qu'il empêche
le fang de s'arrêter , ou de ſe corrompre ,& par fon
moyen on peut ſe garantir de la peſte , du ſcorbut
de Mer , & le guérir de la piqûre , on morſure de
toutes bêtes vénimeules ; on peut en toute fûreté en
faire uſage contre les fiévres malignes , putrides ,
vermineuſes & intermittentes.
Ce Reméde eſt également ſouverain contre toutes
les bleſſures , foit de fer , ſoit de feu ,& il les
garantitde la gangrene.
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui ſouhaiteront de plus grands éclairciſſemenspourront
écrire à l'Auteur , qui leur fera
exactement réponſe , on aura ſoin d'affranchir les
Lettres ; il demeure à Paris ruë des Gravilliers
chés M. de Clermont ; il y a des Bouteilles de 6
liv. 12 liv. & 24 liv.
On diftribuë avec les Bouteilles un imprimé pour
inſtruire ſur la maniere d'employer le Réméde.
que, & Anti- Vermineuse de M.de Paſturel , continuë
à ſe diſtribuer avec fuccès ; plusieurs Médecins
qui en ont fait des épreuves dans les Hôpitaux ont
écrit au Miniſtre , pour qu'il leur en procurât , се
qui a déterminé beaucoup d'Officiers de la premiere
diſtinction d'en emporter à l'Armée , & le prenner
Médecin du Roi y en a auſſi porté .
Cette Quinteffence eſt bonne pour prévenir les
NOVEMBRE. 1744. 153
Maladies , fortifier les principales parties du corps ,
ranimer la nature affoiblie ou éteinte , elle paſſe
d'une maniere preſque inſenſible par les premieres
voyes , & guérit les Maladies qui ont leur fiége
dans ces parties ; ce Réméde eſt inmanquable contre
les indigeſtions , qui font l'origine de preſque
toutes les Maladies , contre toutes fortes de coliques
, dégoûts , maux de coeur , diarrhées & cours
de ventre , cette vertu le rend très-utile dans les
Armées, ou ces dernieres Maladies ſont ordinaires
&caufent la mort à beaucoup de braves gens qui
font utiles à l'Etat .
>
Elle eſt ſouveraine contre les Maladies caufées
par les obſtructions des vifceres , contre les pâles
couleurs , la jauniffe , l'hydropiſie , les vapeurs hyfteriques
& hypocondriaques , les palpitations de
coeur, les ventofités , la mauvaiſe halaine caufée
parde mauvaiſes digestions : elle facilire les accouchemens
cau- appaife les ddoouulleurs des reins
ſées par des glaires , ôte les dégoûts qu'on peut
avoir après avoir bû avec excès , abbat les vapeurs
du vin , & c'eſt un très-puiſſant apéritif , & quelque
fois purgatif.
C'eſt un préſervatif contre le mauvais air ,&
dans ce cas il est très-utile pour ceux qui voyagent
tant par Mer que par Terre , parce qu'il empêche
le fang de s'arrêter , ou de ſe corrompre ,& par fon
moyen on peut ſe garantir de la peſte , du ſcorbut
de Mer , & le guérir de la piqûre , on morſure de
toutes bêtes vénimeules ; on peut en toute fûreté en
faire uſage contre les fiévres malignes , putrides ,
vermineuſes & intermittentes.
Ce Reméde eſt également ſouverain contre toutes
les bleſſures , foit de fer , ſoit de feu ,& il les
garantitde la gangrene.
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui ſouhaiteront de plus grands éclairciſſemenspourront
écrire à l'Auteur , qui leur fera
exactement réponſe , on aura ſoin d'affranchir les
Lettres ; il demeure à Paris ruë des Gravilliers
chés M. de Clermont ; il y a des Bouteilles de 6
liv. 12 liv. & 24 liv.
On diftribuë avec les Bouteilles un imprimé pour
inſtruire ſur la maniere d'employer le Réméde.
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Résumé : Essence Balsamique, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'Essence Balsamique de M. de Pasturel, un remède anti-vermineux recommandé par plusieurs médecins. Ce produit prévient les maladies, fortifie le corps et traite divers maux tels que les indigestions, les coliques, les diarrhées, les pâles couleurs, la jaunisse, l'hydropisie, les palpitations cardiaques et les mauvaises haleines. Il est particulièrement utile dans les armées pour soigner les diarrhées. L'Essence Balsamique est aussi efficace contre les obstructions viscérales, les vapeurs hystériques et hypocondriaques, et facilite les accouchements. Elle protège les voyageurs contre la peste, le scorbut et les morsures d'animaux venimeux. Le remède est également souverain contre les blessures et prévient la gangrène. Pour plus d'informations, contacter l'auteur à Paris, rue des Gravilliers chez M. de Clermont. Des bouteilles de différentes tailles sont disponibles, accompagnées d'un imprimé explicatif.
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5561
p. 154
« ON a continué à l'Opera les représentations d'Acis & Galatée précédées des [...] »
Début :
ON a continué à l'Opera les représentations d'Acis & Galatée précédées des [...]
Mots clefs :
Opéra, Pantomime
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texteReconnaissance textuelle : « ON a continué à l'Opera les représentations d'Acis & Galatée précédées des [...] »
0
l'Opera les repréſentations
d'Acis Galatée précédées des
Auguftales. Mlle Romainville , & Mlle
Metz ont alternativement exécuté le rôle
deGalatée en l'absence de Mlle le Maure..
Cette derniere quitte le Théâtre & ne jouera
point dans Theſée. C'eſt une grande
perte , fur-tout pour les anciens Opera.
Une nouvelle Pantomime exécutée parMlle
André & Mlle Guerardi a terminé agréablement
le Spectacle : on a placé à la fin du
Prologue celle de Mile d'Allemant& du
Signor Pietro Soli , que l'on voit toujours
avec plaiſir .
l'Opera les repréſentations
d'Acis Galatée précédées des
Auguftales. Mlle Romainville , & Mlle
Metz ont alternativement exécuté le rôle
deGalatée en l'absence de Mlle le Maure..
Cette derniere quitte le Théâtre & ne jouera
point dans Theſée. C'eſt une grande
perte , fur-tout pour les anciens Opera.
Une nouvelle Pantomime exécutée parMlle
André & Mlle Guerardi a terminé agréablement
le Spectacle : on a placé à la fin du
Prologue celle de Mile d'Allemant& du
Signor Pietro Soli , que l'on voit toujours
avec plaiſir .
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Résumé : « ON a continué à l'Opera les représentations d'Acis & Galatée précédées des [...] »
Les représentations de l'opéra 'Acis et Galatée' ont été précédées des 'Auguftales'. Les rôles de Galatée ont été joués par Mlle Romainville et Mlle Metz, remplaçant Mlle le Maure absente. Cette dernière a quitté le théâtre, ce qui est une perte pour les anciens opéras. La soirée s'est terminée par des pantomimes interprétées par Mlle André, Mlle Guerardi, Mlle d'Allemant et le Signor Pietro Soli.
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5562
p. 154-160
« Les Comédiens François ont toujours continué avec succès les représentations de [...] »
Début :
Les Comédiens François ont toujours continué avec succès les représentations de [...]
Mots clefs :
Roi, Avocat, M. Argante, Fille, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François ont toujours continué avec succès les représentations de [...] »
Les Comédiens François ont toujours.
continué avec ſuccès les repréſentations de
Heureux Retour ; les Auteurs de cette PiéNOVEMBRE.
1744. 15.5
ce n'ont point eu deſſein de lui donner la
forme d'une Comédie , leur but étoit d'amener
trois divertiſſemens , & de placer
convenablement pluſieursdétails fur laconvaleſcence
du Roi.On ne peut leur refufer
l'éloge d'avoir ſuivi le précepte d'Horacedans
le choix du fujet , le ſuccès en a été
le prix. Cette piéce n'eſt gueres ſuſceptible
d'une analyſe exacte , ainſi nous nous contenterons
d'en donner une légere idée , &
de rapporter quelques morceaux qui ont le
plus réuffi .
M. Argante , bon Bourgeois , veut fignaler
fon zéle au retour da Roi par une Fête.
Un Officier & un Avocat font amoureux
de ſa fille ; il promet de la donner à
celui des deux qui imaginera la plus jolie
Fête . Au reſte , ces deux Acteurs ne font
pas ſur la Scéne ſeulement pour amener des
divertiſſemens , & l'on a beaucoup applaudi
quelques tirades récitées par Damon , c'eſt
le nom de l'Avocat ; voici une des meil
leures , il parle des Médécins.
L'autre ſiècle , la mode
Fut de les ridiculifer .
و Alors apparammentquelque fauſſe méthode
Outeur exterieur pedanteſque , incommode ,,
Donna lieude les mépriſer ;
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
Mais malgré la critique , à nous tromper facile ,
L'Art mérita toujours d'être en foi reſpecté ;
Lorſqu'aux premiers humains le Deſtin irrité
Refufa l'immortalité
IMeur laiſſa du moins cette ſcience utile ,
Qui fait que l'homme , après avoir bien médité ,
Par une conjecture habile ,
De ſa vie entrevoit les cauſes , les refforts ,
Et pour les rétablir va puiſer les tréſors
Qu'offre à ſon docte choix la Nature fertile ,
Cet Art a reçû des Mortels
Tantôt l'exil , & tantôt des Autels ;
Souvent il n'a paru qu'un hazardeux ſyſtème ,
Mais qu'on ſoit détrompé , puiſque cet Art enfin
A ſervi notre Roi dans ſon péril extrême ,
Il ne reſte plus de problême ,
'Ajamais on dira , c'eſt un Art tout divin.
Les habitans d'Auteuil forment la premiere
Fête . Voici le Vaudeville .
VAUDEVILD E.
Une jeune fille.
Que l'infidele Colin
M'abandonne pour Lifette ,
Que j'éprouve ſon dédain ;
Que je perde ſa fleurette ;
L
NOVEMBRE. 1744. 157
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ?
Je vois ce que je ſouhaite ;
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Un jeune Garçon.
Que facile à mes rivaux ,
Liſon pour moi ſoit farouche ,
Ames foupirs , à mes maux
Que fon oreille ſe bouche ;
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi,
Plus qu'elle mon Roi me touche ,
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Une jeune fille.
Que la noce de ma ſoeur
Dans le carnaval ſoit faite ;
Que l'on faffe ſon bonheur ,
Sans fonger à la cadette ,
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ?
Je n'en ſuis point inquiéte ;
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Le Maître d'Ecole.
Que tout mon champ ſoit battu
SS MERCURE DEFRANCE.
Par les vents & par la grêle ;
Que l'on trouve la vertu
De notre femme un peu frêle ;
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Ma foi , très-peu je m'en mêle ;
Eh qu'est-ce que ça me fait àmoi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Une Vieille.
Bienloinde mes jeunes ans
Je ſens que mon terme arrive ,
Sans doute dans peu de tems
J'irai voir la fombre rive ;
Mais qu'est- ce que ça me fait àmoi ,
Pourvû que mon Prince vive ?
Mais qu'est-ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Le Parterre a beaucoup applaudi ces couplets
, & a exigé que pluſieurs fuſſent répétés
, mais il a fait encore plus d'honneur
au Vaudeville du ſecond divertiſſement . II.
a chanté lui-même le refrain , & s'eſt libéralement
applaudi.
Le ſecond divertiſſement , qui eſt celui
que l'Avocat a imaginé , eſt une Entrée de
Bergers & de Bergeres.Une Bergere chante
ce Vaudeville.
NOVEMBRE. 1744. 159
Par nos jeux & par nos chanſons
Témoignons notre allégreſſe ;
LeRoi charmant que nous fervons
Pournous eſt rempli de tendreſſe.
Dans ce beau jour célébrons
Tout ce qui l'intéreſſe ;
Réuniffons dans le même refrain
Le Roi , la Reine & le Dauphin.
Chés notre Roi tour eft grandeur ,
Noble orgueil , feu guerrier , vaillance
Chés la Reine tout eſt ardeur
Agrément , bonté , bienveillance ;
Chés le fils tout est ardeur ,
Reſpect & déférence :
Que de raiſons pour célébrer ſans fin
Le Roi , la Reine & le Dauphin !
Les jours de ce Roi généreux
Intéreſſent l'Europe entiere ;
Son fort ne pourroit être heureux
Sans une Compagne fi chere;
Au bonheur de tous les deux
Le fils est néceſſaire ;
Dieux immortels , faites vivre ſans fin
Le Roi , la Reine & le Dauphin !
La Fête de l'Officier ne le céde point à
celle de l'Avocat, mais Agathe , c'eſt la fille
60 MERCURE DE FRANCE.
de M. Argante , donne la préférence au
premier ; l'amour de la Patrie dicte ſon
choix , & ne pouvant ſuivre le Roi à la
guerre , je veux du moins , dit- elle ,
Que la moitié de moi-même
Soit occupée à le ſervir.
:
Lucas , Jardinier de M. Argante, trouve
encore un autre raiſon de cette préférence.
Oüi , dit- il ,
Oüi , vive un Officier , ça fait bian plus d'éclat ,
C'eſt plus vif, plus léger, tambour battant ilmene,
Et pis , c'eſt qu'on a tant de peine
A d'venir veur d'un Avocat.
:
Cette Piéce a eu quinze repréſentations;
le rôle de M. Argante étoit rempli par M.
de la Thorilliere ; celui de Liſidor , c'eſt
l'Officier , par M. Roſeli ; Damon, Avocat,
par M. Grandval ; Aminte, foeur de M. Argante
, par Mlle la Motte ; Agathe, fille de
M. Argante, par Mlle Gauffin ; Lucas, Jardinier
, par M. Paulin ; le Maître d'Ecole ,
par M. Poiffon ; le Carillonneur , par M.
leGrand.
continué avec ſuccès les repréſentations de
Heureux Retour ; les Auteurs de cette PiéNOVEMBRE.
1744. 15.5
ce n'ont point eu deſſein de lui donner la
forme d'une Comédie , leur but étoit d'amener
trois divertiſſemens , & de placer
convenablement pluſieursdétails fur laconvaleſcence
du Roi.On ne peut leur refufer
l'éloge d'avoir ſuivi le précepte d'Horacedans
le choix du fujet , le ſuccès en a été
le prix. Cette piéce n'eſt gueres ſuſceptible
d'une analyſe exacte , ainſi nous nous contenterons
d'en donner une légere idée , &
de rapporter quelques morceaux qui ont le
plus réuffi .
M. Argante , bon Bourgeois , veut fignaler
fon zéle au retour da Roi par une Fête.
Un Officier & un Avocat font amoureux
de ſa fille ; il promet de la donner à
celui des deux qui imaginera la plus jolie
Fête . Au reſte , ces deux Acteurs ne font
pas ſur la Scéne ſeulement pour amener des
divertiſſemens , & l'on a beaucoup applaudi
quelques tirades récitées par Damon , c'eſt
le nom de l'Avocat ; voici une des meil
leures , il parle des Médécins.
L'autre ſiècle , la mode
Fut de les ridiculifer .
و Alors apparammentquelque fauſſe méthode
Outeur exterieur pedanteſque , incommode ,,
Donna lieude les mépriſer ;
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
Mais malgré la critique , à nous tromper facile ,
L'Art mérita toujours d'être en foi reſpecté ;
Lorſqu'aux premiers humains le Deſtin irrité
Refufa l'immortalité
IMeur laiſſa du moins cette ſcience utile ,
Qui fait que l'homme , après avoir bien médité ,
Par une conjecture habile ,
De ſa vie entrevoit les cauſes , les refforts ,
Et pour les rétablir va puiſer les tréſors
Qu'offre à ſon docte choix la Nature fertile ,
Cet Art a reçû des Mortels
Tantôt l'exil , & tantôt des Autels ;
Souvent il n'a paru qu'un hazardeux ſyſtème ,
Mais qu'on ſoit détrompé , puiſque cet Art enfin
A ſervi notre Roi dans ſon péril extrême ,
Il ne reſte plus de problême ,
'Ajamais on dira , c'eſt un Art tout divin.
Les habitans d'Auteuil forment la premiere
Fête . Voici le Vaudeville .
VAUDEVILD E.
Une jeune fille.
Que l'infidele Colin
M'abandonne pour Lifette ,
Que j'éprouve ſon dédain ;
Que je perde ſa fleurette ;
L
NOVEMBRE. 1744. 157
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ?
Je vois ce que je ſouhaite ;
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Un jeune Garçon.
Que facile à mes rivaux ,
Liſon pour moi ſoit farouche ,
Ames foupirs , à mes maux
Que fon oreille ſe bouche ;
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi,
Plus qu'elle mon Roi me touche ,
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Une jeune fille.
Que la noce de ma ſoeur
Dans le carnaval ſoit faite ;
Que l'on faffe ſon bonheur ,
Sans fonger à la cadette ,
Eh qu'est-ce que ça me fait à moi ?
Je n'en ſuis point inquiéte ;
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Le Maître d'Ecole.
Que tout mon champ ſoit battu
SS MERCURE DEFRANCE.
Par les vents & par la grêle ;
Que l'on trouve la vertu
De notre femme un peu frêle ;
Eh qu'est- ce que ça me fait à moi ,
Ma foi , très-peu je m'en mêle ;
Eh qu'est-ce que ça me fait àmoi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Une Vieille.
Bienloinde mes jeunes ans
Je ſens que mon terme arrive ,
Sans doute dans peu de tems
J'irai voir la fombre rive ;
Mais qu'est- ce que ça me fait àmoi ,
Pourvû que mon Prince vive ?
Mais qu'est-ce que ça me fait à moi ,
Quand je vois notre bon Roi ?
Le Parterre a beaucoup applaudi ces couplets
, & a exigé que pluſieurs fuſſent répétés
, mais il a fait encore plus d'honneur
au Vaudeville du ſecond divertiſſement . II.
a chanté lui-même le refrain , & s'eſt libéralement
applaudi.
Le ſecond divertiſſement , qui eſt celui
que l'Avocat a imaginé , eſt une Entrée de
Bergers & de Bergeres.Une Bergere chante
ce Vaudeville.
NOVEMBRE. 1744. 159
Par nos jeux & par nos chanſons
Témoignons notre allégreſſe ;
LeRoi charmant que nous fervons
Pournous eſt rempli de tendreſſe.
Dans ce beau jour célébrons
Tout ce qui l'intéreſſe ;
Réuniffons dans le même refrain
Le Roi , la Reine & le Dauphin.
Chés notre Roi tour eft grandeur ,
Noble orgueil , feu guerrier , vaillance
Chés la Reine tout eſt ardeur
Agrément , bonté , bienveillance ;
Chés le fils tout est ardeur ,
Reſpect & déférence :
Que de raiſons pour célébrer ſans fin
Le Roi , la Reine & le Dauphin !
Les jours de ce Roi généreux
Intéreſſent l'Europe entiere ;
Son fort ne pourroit être heureux
Sans une Compagne fi chere;
Au bonheur de tous les deux
Le fils est néceſſaire ;
Dieux immortels , faites vivre ſans fin
Le Roi , la Reine & le Dauphin !
La Fête de l'Officier ne le céde point à
celle de l'Avocat, mais Agathe , c'eſt la fille
60 MERCURE DE FRANCE.
de M. Argante , donne la préférence au
premier ; l'amour de la Patrie dicte ſon
choix , & ne pouvant ſuivre le Roi à la
guerre , je veux du moins , dit- elle ,
Que la moitié de moi-même
Soit occupée à le ſervir.
:
Lucas , Jardinier de M. Argante, trouve
encore un autre raiſon de cette préférence.
Oüi , dit- il ,
Oüi , vive un Officier , ça fait bian plus d'éclat ,
C'eſt plus vif, plus léger, tambour battant ilmene,
Et pis , c'eſt qu'on a tant de peine
A d'venir veur d'un Avocat.
:
Cette Piéce a eu quinze repréſentations;
le rôle de M. Argante étoit rempli par M.
de la Thorilliere ; celui de Liſidor , c'eſt
l'Officier , par M. Roſeli ; Damon, Avocat,
par M. Grandval ; Aminte, foeur de M. Argante
, par Mlle la Motte ; Agathe, fille de
M. Argante, par Mlle Gauffin ; Lucas, Jardinier
, par M. Paulin ; le Maître d'Ecole ,
par M. Poiffon ; le Carillonneur , par M.
leGrand.
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Résumé : « Les Comédiens François ont toujours continué avec succès les représentations de [...] »
La pièce 'Heureux Retour' a été représentée avec succès par les Comédiens Français en novembre 1744. Initialement, les auteurs n'envisageaient pas de créer une comédie, mais plutôt trois divertissements pour célébrer la convalescence du roi. La pièce respecte le précepte d'Horace sur le choix du sujet, contribuant à son succès. L'intrigue principale tourne autour de M. Argante, un bourgeois, qui organise une fête pour le retour du roi et promet sa fille à celui de ses deux prétendants — un officier et un avocat — qui proposera la meilleure idée de divertissement. Les personnages expriment des sentiments patriotiques, notamment Damon, l'avocat, qui prononce des tirades appréciées du public, dont une sur les médecins. La pièce inclut plusieurs divertissements musicaux, comme un vaudeville chanté par divers personnages, soulignant leur joie de voir le roi en bonne santé. Ces moments musicaux ont été particulièrement appréciés par le public, qui a répété certains couplets. Le second divertissement, conçu par l'avocat, présente des bergers et bergères chantant un vaudeville en l'honneur du roi, de la reine et du dauphin. Agathe, la fille de M. Argante, choisit finalement l'officier, motivée par son amour pour la patrie. Le jardinier, Lucas, justifie ce choix par l'éclat et la vivacité associés à la carrière militaire. La pièce a été jouée quinze fois, avec des acteurs notables tels que M. de la Thorilliere dans le rôle de M. Argante, M. Roseli en tant qu'officier, et Mlle Gauffin en tant que fille de M. Argante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5563
p. 160-162
« La petite Piéce, intitulée le Génie de la France, s'est soûtenuë avantageusement sur [...] »
Début :
La petite Piéce, intitulée le Génie de la France, s'est soûtenuë avantageusement sur [...]
Mots clefs :
Comédie-Italienne, Amour français, Roi, Poète, Musicien, Coraline
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La petite Piéce, intitulée le Génie de la France, s'est soûtenuë avantageusement sur [...] »
La petite Piéce , intitulée le Génie de la
France , s'eſt ſoûtenuë avantageuſement ſur
le Théatre des Italiens ; cette Piéce eſt de la
compoſition de M. Minst, fils , Auteur d'uNOVEMBRE.
1744.
ne autre Piéce fur la Convalefcence du
Roi , repréſentée par les mêmes Comédiens
Ie 17 Septembre dernier ; il n'y a point
d'intrigue noiiée dans celle ci , ce ſont des
divertiſſemens variés & couſus légérement
enſemble. L'Amour François occupe le
Théatre pendant preſque toute la Comédie.
Ce rôle eſt executé avec beaucoup de fineſſe
& d'intelligence par Mlle Aſtrodi , jeune
Actrice qui a dix ans, quichante avec goût ,
&jouë fortbiendu Violoncelle;ſa ſoeur cadette
eſt auſſi applaudie dans un Couplet
unique qu'elle débite .
Il y a autant de chant que de récit dans
cette petite Comédie , & M. Rochard y eſt
fort applaudi & comme Acteur & comme
Chanteur ; il paroît en Muſicien dans une
Scéne qui est vraiment theatrale. M. Defhayes
, qui le ſeconde bien dans ſes lazzis ,
repréſente un Poëte nommé Carminant. Il
vient réciter à l'Amour François des Vers
qu'il a fraîchement compoſés à la loüange
du Roi. Le Muficien , préſent à cette lecturre,&
entraîné par l'enthouſiaſmede la compoſition
, met les Vers en Muſique à mefure
que Carminant les récite. Ce tableau
comique & fingulier donne lieu d'eſperer
beaucoup de l'Auteur , qui eſt encore fort
jeune. Il n'a négligé dans cette Piéce aucun
de ſes avantages , il a ſçû y placer la brillan162
MERCURE DE FRANCE.
te Coraline , qui y jouë pour la premiere
fois une Scéne entierement Françoiſe , elle
y danſe avec beaucoup de légereté & avec
les mêmes graces qu'elle met dans ſon jeu.
La Mufique de cette Piéce eſt fort jolie ,
elle eſt de M. Blaife , accoûtumé à mériter
de pareils éloges ; les rôles de la Piéce font,
Le Génie de la France ,
L'Amour François ,
Carminant , Poëte ,
Arlequin .
Coraline.
Harmonile , Muſicien ,
La Victoire ,
Palés , Déeſſe des Forêts ,
M. Rochard.
Mlle Astrodi.
M.Deshayes.
M. Rochard.
MlleTherese.
Mile Deshayes.
France , s'eſt ſoûtenuë avantageuſement ſur
le Théatre des Italiens ; cette Piéce eſt de la
compoſition de M. Minst, fils , Auteur d'uNOVEMBRE.
1744.
ne autre Piéce fur la Convalefcence du
Roi , repréſentée par les mêmes Comédiens
Ie 17 Septembre dernier ; il n'y a point
d'intrigue noiiée dans celle ci , ce ſont des
divertiſſemens variés & couſus légérement
enſemble. L'Amour François occupe le
Théatre pendant preſque toute la Comédie.
Ce rôle eſt executé avec beaucoup de fineſſe
& d'intelligence par Mlle Aſtrodi , jeune
Actrice qui a dix ans, quichante avec goût ,
&jouë fortbiendu Violoncelle;ſa ſoeur cadette
eſt auſſi applaudie dans un Couplet
unique qu'elle débite .
Il y a autant de chant que de récit dans
cette petite Comédie , & M. Rochard y eſt
fort applaudi & comme Acteur & comme
Chanteur ; il paroît en Muſicien dans une
Scéne qui est vraiment theatrale. M. Defhayes
, qui le ſeconde bien dans ſes lazzis ,
repréſente un Poëte nommé Carminant. Il
vient réciter à l'Amour François des Vers
qu'il a fraîchement compoſés à la loüange
du Roi. Le Muficien , préſent à cette lecturre,&
entraîné par l'enthouſiaſmede la compoſition
, met les Vers en Muſique à mefure
que Carminant les récite. Ce tableau
comique & fingulier donne lieu d'eſperer
beaucoup de l'Auteur , qui eſt encore fort
jeune. Il n'a négligé dans cette Piéce aucun
de ſes avantages , il a ſçû y placer la brillan162
MERCURE DE FRANCE.
te Coraline , qui y jouë pour la premiere
fois une Scéne entierement Françoiſe , elle
y danſe avec beaucoup de légereté & avec
les mêmes graces qu'elle met dans ſon jeu.
La Mufique de cette Piéce eſt fort jolie ,
elle eſt de M. Blaife , accoûtumé à mériter
de pareils éloges ; les rôles de la Piéce font,
Le Génie de la France ,
L'Amour François ,
Carminant , Poëte ,
Arlequin .
Coraline.
Harmonile , Muſicien ,
La Victoire ,
Palés , Déeſſe des Forêts ,
M. Rochard.
Mlle Astrodi.
M.Deshayes.
M. Rochard.
MlleTherese.
Mile Deshayes.
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Résumé : « La petite Piéce, intitulée le Génie de la France, s'est soûtenuë avantageusement sur [...] »
En novembre 1744, la pièce 'Le Génie de la France' de M. Minst, fils, a été bien reçue au Théâtre des Italiens. Le 17 septembre, une autre pièce célébrant la convalescence du roi a été jouée par les mêmes comédiens. Cette pièce, sans intrigue structurée, offrait divers divertissements. Le rôle principal, 'L'Amour Français', était interprété par Mlle Astrodi, une jeune actrice de dix ans, qui chantait et jouait du violoncelle. Sa sœur cadette a également été applaudie pour un couplet. La pièce alternait entre chant et récit. M. Rochard a été acclamé pour son jeu d'acteur et son chant, notamment dans une scène musicale. M. Defhayes incarnait Carminant, un poète récitant des vers en l'honneur du roi, mis en musique en temps réel par le musicien Harmonile. La danseuse Coraline a interprété une scène entièrement française pour la première fois, avec légèreté et grâce. La musique, composée par M. Blaise, a été très appréciée. Les rôles principaux comprenaient 'Le Génie de la France', 'L'Amour Français', Carminant, Arlequin, Coraline, Harmonile, la Victoire et Palès, déesse des forêts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5564
p. 162
« Le 19 Novembre, les Comédiens François représenterent à la Cour la Tragédie [...] »
Début :
Le 19 Novembre, les Comédiens François représenterent à la Cour la Tragédie [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 19 Novembre, les Comédiens François représenterent à la Cour la Tragédie [...] »
Le 19 Novembre , les Comédiens François
repréſenterent à la Cour la Tragédie
de Manlius , & la Comédie de l'Etourderie.
Le Mardi 24 , les mêmes Comédiens repréſentérent
l'Andrienne & Crispin bel efprit
, & le Jeudi 26, la Mort de Pompée
& les Précieuses ridicules.
repréſenterent à la Cour la Tragédie
de Manlius , & la Comédie de l'Etourderie.
Le Mardi 24 , les mêmes Comédiens repréſentérent
l'Andrienne & Crispin bel efprit
, & le Jeudi 26, la Mort de Pompée
& les Précieuses ridicules.
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5565
p. 162
« Le 25, les Comédiens Italiens y joüerent l'Esprit Follet, Comédie Italienne, dans [...] »
Début :
Le 25, les Comédiens Italiens y joüerent l'Esprit Follet, Comédie Italienne, dans [...]
Mots clefs :
Comédie-Italienne, Coraline, Majestés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25, les Comédiens Italiens y joüerent l'Esprit Follet, Comédie Italienne, dans [...] »
Le 25 , les Comédiens Italiens y joüerent
l'Esprit Follet , Comédie Italienne , dans
laquelle Mlle Coraline joüa pour la premiere
fois devant leurs Majestés , qui en
furent très-fatisfaites ,& confirmerent par
leurs fuffrages les applaudiſſemens du Pu
blic.
l'Esprit Follet , Comédie Italienne , dans
laquelle Mlle Coraline joüa pour la premiere
fois devant leurs Majestés , qui en
furent très-fatisfaites ,& confirmerent par
leurs fuffrages les applaudiſſemens du Pu
blic.
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5566
p. 163
TURQUIE.
Début :
ON a appris que l'armée du Grand Seigneur a remporté une victoire complette sur les Persans [...]
Mots clefs :
Victoire complète, Persans
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
Optimi
a appris que l'armée du Grand Seigneur a
fans , qui l'ont attaquée près de Kars , & qui ont
perdu plusde 12000 hommes.
Optimi
a appris que l'armée du Grand Seigneur a
fans , qui l'ont attaquée près de Kars , & qui ont
perdu plusde 12000 hommes.
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5567
p. 163
RUSSIE.
Début :
ON apprend de Moscou, que le Baron de Neuhauff, Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Baron, États d'Allemagne, Traité d'union de Francfort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
;
N apprendde Moſcou, que le Baron de New apprendeu quele de l'Empereur
, & le Baron de Mardefeldt , Miniſtre du Roi
de Pruffe , ont invité le Duc de Holſtein par les ordres
de leurs Majeſtés Impériale & Prufſienne d'acceder
pour ſes Etats d'Allemagne au Traité d'Union
de Francfort.
;
N apprendde Moſcou, que le Baron de New apprendeu quele de l'Empereur
, & le Baron de Mardefeldt , Miniſtre du Roi
de Pruffe , ont invité le Duc de Holſtein par les ordres
de leurs Majeſtés Impériale & Prufſienne d'acceder
pour ſes Etats d'Allemagne au Traité d'Union
de Francfort.
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5568
p. 163-164
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 2 de ce mois, que le Roi après avoir passé la Moldaw, avoit fait [...]
Mots clefs :
Roi, Charles de Lorraine, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
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Résumé : PRUSSE.
Le texte décrit des opérations militaires impliquant la Prusse et ses adversaires. Après avoir traversé la Moldau, le roi de Prusse a échoué à provoquer une bataille générale, ses ennemis préférant se retrancher. Craignant une rupture de ses lignes de communication, il a abandonné la rive opposée. L'armée prussienne, sous le commandement du prince Charles de Lorraine et renforcée par des troupes saxonnes, s'est positionnée près de Benischau. Le roi a rejoint cette armée le 25 du mois et préparé ses troupes pour une confrontation. Le prince Charles a envoyé le comte de Nadasti avec la cavalerie hongroise, dispersée par le feu prussien. Le prince Charles s'est ensuite retiré vers les montagnes le long de la Sazawa. Le roi, anticipant une manœuvre du prince Charles pour traverser la Sazawa, a occupé le camp de Pischeli. Par ailleurs, 1500 soldats capturés à Prague ont été intégrés dans l'armée prussienne, tandis que le reste de la garnison de Prague a été transféré à Spandau.
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5569
p. 165-167
ALLEMAGNE.
Début :
ON a appris de Bohême, que le Roi de Prusse, après cinq jours & demi de tranchée [...]
Mots clefs :
Armée, Troupes, Prague, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
a
Na appris de Bohême que le Roi de
Prufle , après cinq jours & demi de tranchée
ouverte , eſt entré dans la Ville de Prague.
La garniſon étoit composée de 22 Batail-
Jons, de 1000 Croates , de 400 Cavaliers, & de 300
Huſſards ; elle s'eſt renduë prifonniere de guerre ;
cette Place , défenduë par 16000 hommes , n'a pas
arrêté long-tems ſon vainqueur , qui de- là partic
avec ſon armée pour allerréduire les poſtes de Budſeiws
& Tabor, où il laiflé ſes gros bagages ; il
s'eſt campé très avantageuſement , ſa droite appuyée
à la riviere de la Moldaw , & fa gauche à
Keſtrzan , le centre à Tzernau. Sa pofition couvroit
ſes ponts de Teyn, ainſi que les Cercles de Kzelſin
&de Czaflau. S. M. Pr. toujours attentive à remplir
les fonctions d'un parfaitGénéral, n'a point ceſſéde
viſiter ſes quartiers &d'y donner des ordres, qui en
établiſſant leur sûreté , prouvent ſon intelligence
ſupérieure. Le Baron d'Enſiedel , Lieutenant Général
, eſt reſté à Prague pour y commander.
Il a fait publier différentes Ordonnances qui con
cernent la Police & la tranquillité publique , &
ſurtout unedéfenſe très rigoureuſe d'entretenir au
cune correſpondance avec les ennemis de l'Empereur.
La Ville lui a demandé d'être déchargée des
fortes taxes impoſées par la Cour de Vienne ; ce
Commandant a répondu que cela ne dépendoit
pas de fon Souverain , mais de l'Empereur. Il a été
ordonné que les Etudians de l'Univerſité , qui ont
pris les armes pendant le ſiége , ſeroient traités en
priſonniers de guerre , à moins qu'ils ne s'incorporaffant
dans les troupes de l'Empire ou de Pruſle .
Le 6 Octobre , le Baron d'Enfiedel célébra par
une Fête , où la Nobleffe & les Officiers furent ins
(
166 MERCURE DE FRANCE.
vités, les promptes victoires de ſon Roi.
La Princeſſe Royale de Pruſſe eſt accouchée le 25
Septembre à Berlin d'un Prince qui a été baptisé le
premier Octobre ,& nommé Frederic Guillaume.
On a appris depuis que leRoi de Pruſſe avoit repafſé
laMoldaw avec toute ſon armée,& que le Prince
Charles de Lorraine avoit détaché un Corps de
troupes ſous les ordres du Comte de Nadaſti & du
Général Ghilani , pour obſerver les mouvemens des
troupes Pruffiennes .
Les avis reçûs de Prague du 18 du mois dernier
portent que les mouvemens de l'armée de la Reine
de Hongrie , ayant donné lieu au Roi de Pruffe de
conjecturer que les ennemis vouloient ſe pofter entre
Prague & les troupes Pruſſiennes , ce Prince
s'étoit déterminé à ſe rap rocher de cette Ville ;
qu'il avoit retiré en même tems les Détachemens
qu'il avoit mis dans differens poſtes , particulierement
dans ceux de Tabor & de Budweiff , mais
que la garniſon qui étoit à Teyn n'ayant pas reçû
affés tôt l'ordre d'aller rejoindre l'armée, elle avoit
été attaquée par un Corps de troupes Hongroifes
fort ſupérieures en nombre , qui avoit fait prifonniers
pluſieurs Officiers & Soldats & mis le reſte en
fuite.
L'armée Pruſſienne par ſa nouvelle poſition a
confervé non ſeulement la communication avec
Prague , mais encore elle s'eſt maſe plus à portée
des magaſins établis dans les Cercles de Glatz & de
Buntzlau , & des ſubſiſtances qu'elle peut tirer par
l'Elbe & par la Sazawa.
Le 14 , un Corps de Cavalerie des troupes de la
Reine deHongrie paſſala Moldaw, & la plusgrande
partie de cette armée eſt reftée de l'autre côté de
cette riviere .
Ily a eu quelques eſcarmouches entre desDé
NOVEMBRE. 1744. 167
tachemensde la Cavalerie Légere des deux armées,
&la perte a éré à peu près égale de part& d'autre .
On mande de Vienne du 24 du mois dernier ,
que le 17 on y reçût avis que l'armée commandée
par le Prince Charlesde Lorraine avoit
paflé le 1s la Moldaw fur fix ponts , & que
cette armée n'étoit qu'à une petite diſtance de
celle du Roi de Pruſſe , qui étoit campé ſur le
bord de la Sazawa , & qui paroiſſoit déterminé à
riſquer une bataille.
Le Prince Charles de Lorraine a détaché un Corps
de 1000 hommes de Cavalerie fous les ordresduGé.
néral Kuſtein & du Comte da Collowrath , pour
obſerver les mouvemens des troupes Pruſſiennes.
On a appris depuis que l'armée Prufſienne fit
le 25 du mois dernier un mouvement pour s'approcher
de celle de la Reine de Hongrie, & qu'elle
s'eſt poſtée ſur des hauteurs dans une ſituation fort
avantageuſe.
Deux Corps de troupes Prufſiennes ont pénetré
en Moravie , l'un par le Pas de Mora , l'autre par
Lanzaron & par Gegerſberg , & ils ont mis à contribution
les Villes de Goldſtein , de Triban , de
Hohenfſtadt & de Schildberg.
a
Na appris de Bohême que le Roi de
Prufle , après cinq jours & demi de tranchée
ouverte , eſt entré dans la Ville de Prague.
La garniſon étoit composée de 22 Batail-
Jons, de 1000 Croates , de 400 Cavaliers, & de 300
Huſſards ; elle s'eſt renduë prifonniere de guerre ;
cette Place , défenduë par 16000 hommes , n'a pas
arrêté long-tems ſon vainqueur , qui de- là partic
avec ſon armée pour allerréduire les poſtes de Budſeiws
& Tabor, où il laiflé ſes gros bagages ; il
s'eſt campé très avantageuſement , ſa droite appuyée
à la riviere de la Moldaw , & fa gauche à
Keſtrzan , le centre à Tzernau. Sa pofition couvroit
ſes ponts de Teyn, ainſi que les Cercles de Kzelſin
&de Czaflau. S. M. Pr. toujours attentive à remplir
les fonctions d'un parfaitGénéral, n'a point ceſſéde
viſiter ſes quartiers &d'y donner des ordres, qui en
établiſſant leur sûreté , prouvent ſon intelligence
ſupérieure. Le Baron d'Enſiedel , Lieutenant Général
, eſt reſté à Prague pour y commander.
Il a fait publier différentes Ordonnances qui con
cernent la Police & la tranquillité publique , &
ſurtout unedéfenſe très rigoureuſe d'entretenir au
cune correſpondance avec les ennemis de l'Empereur.
La Ville lui a demandé d'être déchargée des
fortes taxes impoſées par la Cour de Vienne ; ce
Commandant a répondu que cela ne dépendoit
pas de fon Souverain , mais de l'Empereur. Il a été
ordonné que les Etudians de l'Univerſité , qui ont
pris les armes pendant le ſiége , ſeroient traités en
priſonniers de guerre , à moins qu'ils ne s'incorporaffant
dans les troupes de l'Empire ou de Pruſle .
Le 6 Octobre , le Baron d'Enfiedel célébra par
une Fête , où la Nobleffe & les Officiers furent ins
(
166 MERCURE DE FRANCE.
vités, les promptes victoires de ſon Roi.
La Princeſſe Royale de Pruſſe eſt accouchée le 25
Septembre à Berlin d'un Prince qui a été baptisé le
premier Octobre ,& nommé Frederic Guillaume.
On a appris depuis que leRoi de Pruſſe avoit repafſé
laMoldaw avec toute ſon armée,& que le Prince
Charles de Lorraine avoit détaché un Corps de
troupes ſous les ordres du Comte de Nadaſti & du
Général Ghilani , pour obſerver les mouvemens des
troupes Pruffiennes .
Les avis reçûs de Prague du 18 du mois dernier
portent que les mouvemens de l'armée de la Reine
de Hongrie , ayant donné lieu au Roi de Pruffe de
conjecturer que les ennemis vouloient ſe pofter entre
Prague & les troupes Pruſſiennes , ce Prince
s'étoit déterminé à ſe rap rocher de cette Ville ;
qu'il avoit retiré en même tems les Détachemens
qu'il avoit mis dans differens poſtes , particulierement
dans ceux de Tabor & de Budweiff , mais
que la garniſon qui étoit à Teyn n'ayant pas reçû
affés tôt l'ordre d'aller rejoindre l'armée, elle avoit
été attaquée par un Corps de troupes Hongroifes
fort ſupérieures en nombre , qui avoit fait prifonniers
pluſieurs Officiers & Soldats & mis le reſte en
fuite.
L'armée Pruſſienne par ſa nouvelle poſition a
confervé non ſeulement la communication avec
Prague , mais encore elle s'eſt maſe plus à portée
des magaſins établis dans les Cercles de Glatz & de
Buntzlau , & des ſubſiſtances qu'elle peut tirer par
l'Elbe & par la Sazawa.
Le 14 , un Corps de Cavalerie des troupes de la
Reine deHongrie paſſala Moldaw, & la plusgrande
partie de cette armée eſt reftée de l'autre côté de
cette riviere .
Ily a eu quelques eſcarmouches entre desDé
NOVEMBRE. 1744. 167
tachemensde la Cavalerie Légere des deux armées,
&la perte a éré à peu près égale de part& d'autre .
On mande de Vienne du 24 du mois dernier ,
que le 17 on y reçût avis que l'armée commandée
par le Prince Charlesde Lorraine avoit
paflé le 1s la Moldaw fur fix ponts , & que
cette armée n'étoit qu'à une petite diſtance de
celle du Roi de Pruſſe , qui étoit campé ſur le
bord de la Sazawa , & qui paroiſſoit déterminé à
riſquer une bataille.
Le Prince Charles de Lorraine a détaché un Corps
de 1000 hommes de Cavalerie fous les ordresduGé.
néral Kuſtein & du Comte da Collowrath , pour
obſerver les mouvemens des troupes Pruſſiennes.
On a appris depuis que l'armée Prufſienne fit
le 25 du mois dernier un mouvement pour s'approcher
de celle de la Reine de Hongrie, & qu'elle
s'eſt poſtée ſur des hauteurs dans une ſituation fort
avantageuſe.
Deux Corps de troupes Prufſiennes ont pénetré
en Moravie , l'un par le Pas de Mora , l'autre par
Lanzaron & par Gegerſberg , & ils ont mis à contribution
les Villes de Goldſtein , de Triban , de
Hohenfſtadt & de Schildberg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, le roi de Prusse a conquis la ville de Prague après un siège de cinq jours et demi. La garnison, comprenant 22 bataillons, 1000 Croates, 400 cavaliers et 300 hussards, s'est rendue prisonnière de guerre. Le roi a ensuite dirigé ses troupes vers les postes de Budweis et Tabor. Le baron d'Ensiedel, lieutenant général, a été désigné pour commander Prague. Il a émis des ordonnances visant à maintenir l'ordre public et à interdire toute communication avec les ennemis de l'empereur. Les étudiants ayant combattu pendant le siège seront traités comme prisonniers de guerre, sauf s'ils rejoignent les troupes impériales ou prussiennes. Le 6 octobre, le baron d'Ensiedel a organisé une fête pour célébrer les victoires du roi. La princesse royale de Prusse a donné naissance à un prince nommé Frédéric Guillaume. Par la suite, le roi de Prusse a traversé la rivière Moldau avec son armée. Le prince Charles de Lorraine a envoyé des troupes pour surveiller les mouvements prussiens, ce qui a conduit à des escarmouches entre les deux armées. Les Prussiens ont réussi à maintenir la communication avec Prague tout en se rapprochant des dépôts de Glatz et de Buntzlau. Le prince Charles de Lorraine a déplacé son armée près de la Sazawa, se préparant à une bataille. Parallèlement, deux corps de troupes prussiennes ont pénétré en Moravie, pillant plusieurs villes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5570
p. 167-171
SAXE.
Début :
ON a appris de Dresde, du 19 du mois dernier, que la Régence de cet Electorat ayant refusé [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Reine de Hongrie, Ennemis, Saxe, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAXE.
SAXE.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
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Résumé : SAXE.
En novembre 1744, des tensions diplomatiques et militaires s'intensifièrent entre la Prusse et la Saxe. La Prusse demanda à la Saxe le passage de 30 000 soldats, mais la Saxe refusa et renforça ses défenses. Le roi de Prusse adressa un rescrit au roi de Pologne, également électeur de Saxe, affirmant que le traité de 1732 n'obligeait pas la Saxe à fournir des troupes à la reine de Hongrie. Il menaça de mesures militaires si la Saxe soutenait la reine de Hongrie. Le roi de Pologne répondit que, bien que le traité ne l'obligeât pas à envoyer des troupes, il avait conclu une convention avec la reine de Hongrie. Les troupes prussiennes, dirigées par le général Marwitz, se déplacèrent vers Breslau. Le roi de Prusse publia un décret ordonnant à ses sujets servant dans les troupes hongroises de revenir, menaçant de confiscation ceux qui refuseraient. Sur le front militaire, les troupes prussiennes tentèrent d'engager l'armée de la reine de Hongrie, mais des obstacles naturels empêchèrent une confrontation majeure. Le comte de Nassau attaqua un corps ennemi près de Cammersbourg. Le prince Esterházy abandonna son camp et retira la garnison de Cammersbourg, permettant au comte de Nassau d'occuper ce poste ainsi que celui de Sazawa. Le 19 du mois précédent, un détachement ennemi tenta de prendre d'assaut la ville de Parduwitz, mais fut repoussé par le bataillon prussien commandé par le colonel Zimmernow, subissant des pertes significatives.
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5571
p. 171-174
HAMBOURG.
Début :
LE 28 Août, le Comte de Flemming, Grand Général d'Artillerie de Lithuanie, obtint une [...]
Mots clefs :
Comte, Charles de Lorraine, Reine de Hongrie, Général, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HAMBOURG.
HAMBOURG.
E 28 Août , le Comte de Flemming , Grand
Général d'Artillerie de Lithuanie , obtint une
audience de la Czarine à Kiovie , où il la complimenta
fur fon heureuſe arrivée de la part du Roi
&de la République de Pologne.
Le Comte de Roſemberg, Miniſtre de la Reine
deHongrie est arrivé à Moſcou , mais il n'a point
encore vû leComte de Beſtuchef.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
On a diftribué des quartiers aux Troupes Ruf
fiennes revenues de Suéde . Le Général Keith & le
Major Général Lapuchin étoient campés à Revel
avec quatre Régimens. Perna étoit occupé par un
ſemblable nombre de Régimens , commandés par le
Lieutenant Feldt Maréchal Solkiow & par le MajorGénéral
Stuart. Ils devoient remplir ainſi pluſieurs
Villages près de Dorpt. Le Régiment de Cajan ,
ſous les ordres du Brigadier Général Czernichow ,
étoit à Nerva, & le Régiment des Grenadiers s'étoit
tranſporté ſur dix Galeres à Peteſbourg : on a défarmé
dans le Port de Cromſtadt la Flotte de Ruffie.
On apprend de Coppenhague qu'on eſpéroit que le
Négociation dont le Comte de Hoften étoit chargé
auprès de la Czarine pour les affaires du Holftein
ſeroit ſuivie d'un heureux ſuccès . S. M. Czar . a
envoyée l'Ordre de S. Alexandre Newſki au Baron
de Korff , ſon Miniſtre à la Cour de Dannemarc ,
On réparoit avec activité les Fortifications de
Vienne , & la Reine de Hongrie a dépêché des Lettres
Circulaires pour ordonner à la Nobleſſe de ce
Royaume d'aller joindre le Prince Charles de Lorraine,&
on prétendoit que divers Comtes ont pro
mis d'entretenir un corpsddeeTroupes pour le ſervice
de leur Souveraine.
La premiere colonne de l'Armée du Prince
Charles de Lorraine arriva le 16 Septembre à Dietf.
furth. Le même jour , la ſeconde colonne campa
Althmuhl .
La Ville de Neumarch a été ſurpriſe par le Partiſan
Geſchrei , qui a taillé en piécès la garniſon
miſe par la Reine de Hongrie.
Les troupes de cette Princeſſe , qui bloquoient
la Fortereffe de Roſemberg , ſe ſont rétirées précipitamment
ſur la nouvelle de l'approche du Marquis
de S. Germain , détaché par le Baren de
NOVEMBRE. 1744. 173
Seckendorf pour les attaquer avec un corps de
troupes Impérialesí
Ondifoit que le Prince Lubomirſki , Caſtellan
de Cracovie a promis au Miniſtre de la Reine de
Hongrie auprès de la République de Pologne ,
qu'il leveroit dans ſes terres douze mille hommes
àſon ſervice.
Le 22 Septembre , une violente tempête fit périr
ou échouer cent cinquante Vaiſſeaux , qui le jour
précédent étoient partis de Hambourg pour la Hollande.
Le 15 Septembre , le Marquis de Lanmari , Ambaſſadeur
de France en Suéde , célébra à Stoxolm
le rétabliſſement de la ſanté du Roi ſon Maître ,
par un Te Deum , chanté avec la plus éclatante ſolemnitédans
la Chapelle de ſon Hôtel , & le lendemain
il paya les Comédiens François & la Troupe
Suédoiſe , pour donner gratis au Peuple des Comédies
, précédées d'un Prologue & mêlées d'In
termedes.
On affûre que la Suéde a accédé au Traité de
Francfort, pour les Domaines qu'elle pofféde dans
le Duché de Pomeranie.
Dès que le Prince Charles de Lorraine eut joint
le 27 Septembre l'armée de la Reine de Hongrie
, leComte de Traun en céda le commandement
à ce Prince , & les corps commandés par les
Généraux Feſtetits & Bathiany ſe ſont répliés .
On mande de Hambourg du 16 de ce mois ,
qu'on y a reçû avis de Boheme , que le 30 du mois
dernier l'armée commandée par le Prince Charles
de Lorraine étoit décampée , & qu'elle s'étoit avancée
à Tanawitz ſur la Frontière du Cercle de
Czaſlau ; que les Troupes Saxonnes qui étoient reftées
à Biftritz , n'avoient pû réjoindre que quelques
jours après cette armée , & que le Prince
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Charles de Lorraine avoit détaché le Comte de
Nadaſti & le Général Ghilani , pour obſerver les
mouvemens des Troupes Pruſſiennes.
E 28 Août , le Comte de Flemming , Grand
Général d'Artillerie de Lithuanie , obtint une
audience de la Czarine à Kiovie , où il la complimenta
fur fon heureuſe arrivée de la part du Roi
&de la République de Pologne.
Le Comte de Roſemberg, Miniſtre de la Reine
deHongrie est arrivé à Moſcou , mais il n'a point
encore vû leComte de Beſtuchef.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
On a diftribué des quartiers aux Troupes Ruf
fiennes revenues de Suéde . Le Général Keith & le
Major Général Lapuchin étoient campés à Revel
avec quatre Régimens. Perna étoit occupé par un
ſemblable nombre de Régimens , commandés par le
Lieutenant Feldt Maréchal Solkiow & par le MajorGénéral
Stuart. Ils devoient remplir ainſi pluſieurs
Villages près de Dorpt. Le Régiment de Cajan ,
ſous les ordres du Brigadier Général Czernichow ,
étoit à Nerva, & le Régiment des Grenadiers s'étoit
tranſporté ſur dix Galeres à Peteſbourg : on a défarmé
dans le Port de Cromſtadt la Flotte de Ruffie.
On apprend de Coppenhague qu'on eſpéroit que le
Négociation dont le Comte de Hoften étoit chargé
auprès de la Czarine pour les affaires du Holftein
ſeroit ſuivie d'un heureux ſuccès . S. M. Czar . a
envoyée l'Ordre de S. Alexandre Newſki au Baron
de Korff , ſon Miniſtre à la Cour de Dannemarc ,
On réparoit avec activité les Fortifications de
Vienne , & la Reine de Hongrie a dépêché des Lettres
Circulaires pour ordonner à la Nobleſſe de ce
Royaume d'aller joindre le Prince Charles de Lorraine,&
on prétendoit que divers Comtes ont pro
mis d'entretenir un corpsddeeTroupes pour le ſervice
de leur Souveraine.
La premiere colonne de l'Armée du Prince
Charles de Lorraine arriva le 16 Septembre à Dietf.
furth. Le même jour , la ſeconde colonne campa
Althmuhl .
La Ville de Neumarch a été ſurpriſe par le Partiſan
Geſchrei , qui a taillé en piécès la garniſon
miſe par la Reine de Hongrie.
Les troupes de cette Princeſſe , qui bloquoient
la Fortereffe de Roſemberg , ſe ſont rétirées précipitamment
ſur la nouvelle de l'approche du Marquis
de S. Germain , détaché par le Baren de
NOVEMBRE. 1744. 173
Seckendorf pour les attaquer avec un corps de
troupes Impérialesí
Ondifoit que le Prince Lubomirſki , Caſtellan
de Cracovie a promis au Miniſtre de la Reine de
Hongrie auprès de la République de Pologne ,
qu'il leveroit dans ſes terres douze mille hommes
àſon ſervice.
Le 22 Septembre , une violente tempête fit périr
ou échouer cent cinquante Vaiſſeaux , qui le jour
précédent étoient partis de Hambourg pour la Hollande.
Le 15 Septembre , le Marquis de Lanmari , Ambaſſadeur
de France en Suéde , célébra à Stoxolm
le rétabliſſement de la ſanté du Roi ſon Maître ,
par un Te Deum , chanté avec la plus éclatante ſolemnitédans
la Chapelle de ſon Hôtel , & le lendemain
il paya les Comédiens François & la Troupe
Suédoiſe , pour donner gratis au Peuple des Comédies
, précédées d'un Prologue & mêlées d'In
termedes.
On affûre que la Suéde a accédé au Traité de
Francfort, pour les Domaines qu'elle pofféde dans
le Duché de Pomeranie.
Dès que le Prince Charles de Lorraine eut joint
le 27 Septembre l'armée de la Reine de Hongrie
, leComte de Traun en céda le commandement
à ce Prince , & les corps commandés par les
Généraux Feſtetits & Bathiany ſe ſont répliés .
On mande de Hambourg du 16 de ce mois ,
qu'on y a reçû avis de Boheme , que le 30 du mois
dernier l'armée commandée par le Prince Charles
de Lorraine étoit décampée , & qu'elle s'étoit avancée
à Tanawitz ſur la Frontière du Cercle de
Czaſlau ; que les Troupes Saxonnes qui étoient reftées
à Biftritz , n'avoient pû réjoindre que quelques
jours après cette armée , & que le Prince
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Charles de Lorraine avoit détaché le Comte de
Nadaſti & le Général Ghilani , pour obſerver les
mouvemens des Troupes Pruſſiennes.
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Résumé : HAMBOURG.
En août 1744, le Comte de Flemming, Grand Général d'Artillerie de Lituanie, rencontra la Czarine à Kiovie pour la féliciter au nom du Roi et de la République de Pologne. Le Comte de Rosemberg, Ministre de la Reine de Hongrie, arriva à Moscou sans avoir encore vu le Comte de Bestuchef. Les troupes russes revenues de Suède furent réparties : le Général Keith et le Major Général Lapuchin étaient à Revel avec quatre régiments, tandis que Perna accueillait autant de régiments sous les ordres du Lieutenant Feldt Maréchal Solkiow et du Major Général Stuart. Le Régiment de Cajan, dirigé par le Brigadier Général Czernichow, était à Nerva, et le Régiment des Grenadiers fut transporté à Pétersbourg par galères. La flotte russe fut désarmée à Cromstadt. À Copenhague, on espérait une issue favorable aux négociations du Comte de Hoften auprès de la Czarine concernant les affaires du Holstein. La Czarine décerna l'Ordre de Saint-Alexandre Nevski au Baron de Korff, son ministre à la cour de Danemark. Les fortifications de Vienne étaient en cours de réparation, et la Reine de Hongrie ordonna à la noblesse hongroise de rejoindre le Prince Charles de Lorraine. Le 16 septembre, les colonnes de l'armée du Prince Charles de Lorraine arrivèrent à Dietfurt et Althmuhl. La ville de Neumarch fut surprise par le partisan Geschrei, dispersant la garnison de la Reine de Hongrie. Les troupes hongroises se retirèrent face au Marquis de Saint-Germain, envoyé par le Baron de Seckendorf avec des troupes impériales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5572
p. 174
POLOGNE.
Début :
LE cinq Septembre le Roi donna l'audience de congé à l'Envoyé du Kan des Tartares de Krimée, [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Tsarine, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Ecinq Septembre le Roi donna l'audience de
Longeàl'envoyé duKandes Tartares deKri
mée , qui enfuite dîna chés le Comte Poniatouſki
Palatin de Maſovie.
Dans le Senatus Confilium tenu par le Roi le
30 Août dernier , il a été réſolu qu'à la prochaine
Diette on repréſenteroit la néceſſité de recommencer
les Conférences avec les Miniſtres Etrangers
, de régler avec ceux du Roi de Pruffle tout ce
qui regarde le paſſage que la République s'eſt engagée
par le Traité de Velau d'accorder aux Troupes
Pruffiennes toutes les fois qu'elle en ſeroit
requife.
On propoſera à la même Aſſemblée d'accorder
àla Czarine le titre d'Impératrice , demandé depuis
long- tems par cette Princeſſe.
Le Comte de Keizerling ,Envoyé extraordinaire
de la Czarine , doit aller inceſſamment réſider en
cette qualité auprès de l'Empereur , & il fera remplacé
à Varſovie par le Comte de Beſtuchef , qui
eft actuellement à Berlin .
L'Empereur a nommé le Baron de Vezel fon Plénipotentiaire
en cette Cour.
Les Comtes Charles & Gustave Biron , & le Genéral
Biſmark ſont arrivés de Siberie ; & le bruit
court que les deux premiers ſe retireront en Curlande.
Ecinq Septembre le Roi donna l'audience de
Longeàl'envoyé duKandes Tartares deKri
mée , qui enfuite dîna chés le Comte Poniatouſki
Palatin de Maſovie.
Dans le Senatus Confilium tenu par le Roi le
30 Août dernier , il a été réſolu qu'à la prochaine
Diette on repréſenteroit la néceſſité de recommencer
les Conférences avec les Miniſtres Etrangers
, de régler avec ceux du Roi de Pruffle tout ce
qui regarde le paſſage que la République s'eſt engagée
par le Traité de Velau d'accorder aux Troupes
Pruffiennes toutes les fois qu'elle en ſeroit
requife.
On propoſera à la même Aſſemblée d'accorder
àla Czarine le titre d'Impératrice , demandé depuis
long- tems par cette Princeſſe.
Le Comte de Keizerling ,Envoyé extraordinaire
de la Czarine , doit aller inceſſamment réſider en
cette qualité auprès de l'Empereur , & il fera remplacé
à Varſovie par le Comte de Beſtuchef , qui
eft actuellement à Berlin .
L'Empereur a nommé le Baron de Vezel fon Plénipotentiaire
en cette Cour.
Les Comtes Charles & Gustave Biron , & le Genéral
Biſmark ſont arrivés de Siberie ; & le bruit
court que les deux premiers ſe retireront en Curlande.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le 5 septembre, le roi a accueilli l'envoyé des Tartares de Crimée, qui a ensuite dîné chez le comte Poniatowski, palatin de Mazovie. Lors du Sénat du 30 août, il a été décidé que la prochaine Diète examinerait la reprise des conférences avec les ministres étrangers et la régulation du passage des troupes prussiennes, selon le traité de Velau. La Diète discutera aussi de l'attribution du titre d'impératrice à la czarine, une demande ancienne de celle-ci. Le comte de Keyserling, envoyé extraordinaire de la czarine, quittera bientôt la Pologne pour rejoindre l'empereur, et sera remplacé par le comte de Bestuchef, actuellement à Berlin. L'empereur a nommé le baron de Vezel comme plénipotentiaire en Pologne. Les comtes Charles et Gustave Biron, ainsi que le général Bismarck, sont revenus de Sibérie, et il est possible que les deux premiers se retirent en Courlande.
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5573
p. 175
FRANCFORT.
Début :
ON a appris de cette Ville du 8 de ce mois, que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à [...]
Mots clefs :
Troupes, Empereur, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FRANCFORT.
FRANCFORT .
N a appris de cette Ville du 8 de ce mois ,
que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à
Eberſberg la revûë générale de ſon armée , & que
S. M. I. alla enſuite avec une nombreuſe eſcorte
reconnoître les environs de ſon Camp juſqu'à
Waſſeſbourg , dont la garniſon fit un grand feu
ſur les Troupes qui accompagnoient l'Empereur.
Ce Prince s'avança le lendemain à Hagg , & le
.29 à Mulhdorf, dont il ſe rendit maître. Il continua
les jours ſuivans ſa marche , & fur la nouvelle
qu'on reçût que les troupes qui avoient été laifſéesdans
Waſſeſbourg par le Comte de Bathiany ,
avoient abandonné ce poſte , la plus grande partie
de l'armée Impériale marcha de l'autre côté de
l'Inn.
Les Payſans de pluſieurs Villages , ſitués le long
de la Salza , ayant pris les armes ,ils ont ſurpris la
Ville de Reichenhall , dont ils ont taillé en piéces
lagarniſon. :
,
Un corps de troupes Palatines a joint l'armée
de l'Empereur avec huit piéces de canon & l'en
y attendoit un train d'Artillerie de vingt canons &
de dix nortiers .
LeComte de Bathiany s'eſt retiré ſous Braunau
avec les troupes qu'il commande , & il avoit un
poſte avancé à Burekhauſen.
N a appris de cette Ville du 8 de ce mois ,
que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à
Eberſberg la revûë générale de ſon armée , & que
S. M. I. alla enſuite avec une nombreuſe eſcorte
reconnoître les environs de ſon Camp juſqu'à
Waſſeſbourg , dont la garniſon fit un grand feu
ſur les Troupes qui accompagnoient l'Empereur.
Ce Prince s'avança le lendemain à Hagg , & le
.29 à Mulhdorf, dont il ſe rendit maître. Il continua
les jours ſuivans ſa marche , & fur la nouvelle
qu'on reçût que les troupes qui avoient été laifſéesdans
Waſſeſbourg par le Comte de Bathiany ,
avoient abandonné ce poſte , la plus grande partie
de l'armée Impériale marcha de l'autre côté de
l'Inn.
Les Payſans de pluſieurs Villages , ſitués le long
de la Salza , ayant pris les armes ,ils ont ſurpris la
Ville de Reichenhall , dont ils ont taillé en piéces
lagarniſon. :
,
Un corps de troupes Palatines a joint l'armée
de l'Empereur avec huit piéces de canon & l'en
y attendoit un train d'Artillerie de vingt canons &
de dix nortiers .
LeComte de Bathiany s'eſt retiré ſous Braunau
avec les troupes qu'il commande , & il avoit un
poſte avancé à Burekhauſen.
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Résumé : FRANCFORT.
Le 27 du mois précédent, l'empereur a inspecté son armée à Ebersberg et exploré les environs jusqu'à Wassesbourg, où la garnison a tiré sur ses troupes. L'empereur a ensuite avancé vers Hagg le lendemain et a pris Mulhdorf le 29. Après avoir appris que les troupes du comte de Bathiany à Wassesbourg avaient abandonné leur poste, l'armée impériale a traversé l'Inn. Simultanément, des paysans des villages le long de la Salza se sont rebellés, capturant et massacrant la garnison de Reichenhall. Un corps de troupes palatines, accompagné de huit canons, a rejoint l'armée impériale, qui attendait également un train d'artillerie supplémentaire de vingt canons et dix mortiers. Le comte de Bathiany s'est retiré à Braunau avec ses troupes, laissant un poste avancé à Burekhausen.
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5574
p. 175-177
BAVIERE.
Début :
ON mande de Munich du 23 du mois dernier que les Troupes de la Reine de Hongrie, [...]
Mots clefs :
Munich, Armée impériale, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BAVIERE.
BAVIERE.
Nmande de Munich du 23 du mois dernier
que les Troupes de la Reine de Hongrie
ſous les ordres du Baron de Berencklau
, campetont
le 12 dans les environs de cette Ville ; que le
H ilij
176 MERCURE DE FRANCE.
Général Bathiany en ayantpris le commandement ;
elles ſe remirent en marche le 15 , pour ſe rendre
vers l'Inn , & que le lendemain un détachement
de 1500 hommes , que le Général Bathiany avoit
Jaiflé à Munich ſous les ordres du Colonel Litfch ,
ſe retira auſſi dès la pointe du jour , après avoir
mis le feu au pont ſur l'Ifer .
Les Huſſards de l'Armée Impériale parurent une
heure après à une petite diſtance de Munich , &
ayant donné la chaffe à ce détachement , ils tuerent
ou firent priſonniers pluſieurs des Soldats dont
il étoit compoſé.
Le méme jour , le Comte de S. Germain ſe ren-
'dit à Munich avec mille Cuiraffiers & un pareil
nombre de Dragons des troupes Impériales , & il
reprit poſſeſſion de la Ville au nom de l'Empereur.
L'Armée Impériale s'avança le 17 à Augfbourg ,
dont les Magiftrats envoyerent des Députés au
Maréchal de Seckendorf , pour le complimenter.
Le 21 , l'Empereur arriva au Château de Nimphenbourg
; S. M. I. fit le 22 ſon entrée dans Munich
, & le 23 elle ſe mit à la tête de ſon armée ,
avec laquelle elle ſe diſpoſoit à paſſer l'Iſer .
On apprend de Munich du 10 de ce mois , que
l'Armée Impériale , au lieu de ſuivre le Comte de
Bathiany , qui s'étoit rétiré du côté de Braunau
avec les troupes qu'il commande , marcha le 6 de
ce mois à l'Abbaye d'Eggenfeldt , où l'Empereur a
établi ſon quartier général , & qu'il a été réſolu
dans le dernier Confeil de Guerre , que S. M. I ,
a tenu , de ne point s'arrêter au Siége de Braunau
mais de s'avancer vers Paffan , afin de s'emparer
de la Fortereffe d'Oberhaus , &de ſe rendre maître
du cours du Danube.
S. M. I. a accordé une Amniſtie à tous ceux de
ſes Sujets qui ont pu manquer à la fidélité qu'ils lui
NOVEMBRE. 1744. 177
devoient , & elle a promis par une déclaration parțiculiere
de ne faire aucune recherche ſur ce qui
s'eſt paſſé pendant que les ennemis étoient en pofſeſſion
de la Baviere.
,
Les ennemis ont abandonné non-feulement la
Ville de Wafferbourg mais encore le Château
de Roſenheim , & le Prince de Saxe Hildbursghaufen
s'eſt emparé de New Bayern , où il y avoit
300 hommes , dont 100 ont été faits prifonniers &
les autres taillés en piéces ou mis en fuite.
Nmande de Munich du 23 du mois dernier
que les Troupes de la Reine de Hongrie
ſous les ordres du Baron de Berencklau
, campetont
le 12 dans les environs de cette Ville ; que le
H ilij
176 MERCURE DE FRANCE.
Général Bathiany en ayantpris le commandement ;
elles ſe remirent en marche le 15 , pour ſe rendre
vers l'Inn , & que le lendemain un détachement
de 1500 hommes , que le Général Bathiany avoit
Jaiflé à Munich ſous les ordres du Colonel Litfch ,
ſe retira auſſi dès la pointe du jour , après avoir
mis le feu au pont ſur l'Ifer .
Les Huſſards de l'Armée Impériale parurent une
heure après à une petite diſtance de Munich , &
ayant donné la chaffe à ce détachement , ils tuerent
ou firent priſonniers pluſieurs des Soldats dont
il étoit compoſé.
Le méme jour , le Comte de S. Germain ſe ren-
'dit à Munich avec mille Cuiraffiers & un pareil
nombre de Dragons des troupes Impériales , & il
reprit poſſeſſion de la Ville au nom de l'Empereur.
L'Armée Impériale s'avança le 17 à Augfbourg ,
dont les Magiftrats envoyerent des Députés au
Maréchal de Seckendorf , pour le complimenter.
Le 21 , l'Empereur arriva au Château de Nimphenbourg
; S. M. I. fit le 22 ſon entrée dans Munich
, & le 23 elle ſe mit à la tête de ſon armée ,
avec laquelle elle ſe diſpoſoit à paſſer l'Iſer .
On apprend de Munich du 10 de ce mois , que
l'Armée Impériale , au lieu de ſuivre le Comte de
Bathiany , qui s'étoit rétiré du côté de Braunau
avec les troupes qu'il commande , marcha le 6 de
ce mois à l'Abbaye d'Eggenfeldt , où l'Empereur a
établi ſon quartier général , & qu'il a été réſolu
dans le dernier Confeil de Guerre , que S. M. I ,
a tenu , de ne point s'arrêter au Siége de Braunau
mais de s'avancer vers Paffan , afin de s'emparer
de la Fortereffe d'Oberhaus , &de ſe rendre maître
du cours du Danube.
S. M. I. a accordé une Amniſtie à tous ceux de
ſes Sujets qui ont pu manquer à la fidélité qu'ils lui
NOVEMBRE. 1744. 177
devoient , & elle a promis par une déclaration parțiculiere
de ne faire aucune recherche ſur ce qui
s'eſt paſſé pendant que les ennemis étoient en pofſeſſion
de la Baviere.
,
Les ennemis ont abandonné non-feulement la
Ville de Wafferbourg mais encore le Château
de Roſenheim , & le Prince de Saxe Hildbursghaufen
s'eſt emparé de New Bayern , où il y avoit
300 hommes , dont 100 ont été faits prifonniers &
les autres taillés en piéces ou mis en fuite.
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Résumé : BAVIERE.
En novembre 1744, les troupes de la reine de Hongrie, dirigées par le baron de Berencklau puis par le général Bathiany, se déplacèrent vers l'Inn depuis Munich. Un détachement de 1500 hommes, commandé par le colonel Litfch, fut attaqué par des hussards impériaux après avoir incendié un pont. Le comte de Saint-Germain reprit Munich avec des cuirassiers et des dragons impériaux. L'armée impériale avança vers Augsbourg, où elle fut accueillie par les magistrats. L'empereur arriva au château de Nimphenbourg le 21 novembre et entra à Munich le lendemain. Il décida de ne pas assiéger Braunau mais de marcher vers Passau pour contrôler le Danube. Il accorda une amnistie aux sujets ayant manqué de fidélité et promit de ne pas enquêter sur les événements passés. Les ennemis abandonnèrent Wasserbrug et le château de Rosenheim, tandis que le prince de Saxe-Hildburghausen captura New Bayern, faisant 100 prisonniers.
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5575
p. 177-178
ITALIE.
Début :
LE 2 Octobre, l'Infant Don Philippe fut averti que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer & [...]
Mots clefs :
Chevaux, Roi de Sardaigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 2 Octobre , l'Infant Don Philippe fut averti
que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer &
fecourir Coni , il laiſſa pour la garde de ſon camp
18 Bataillons des deux Nations alliées , & avec 20
Bataillons Eſpagnols & 18 François , & 60 Efcadrons
, dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il
arriva au Convent de la Madonna del Ulmo . Sa
droite fut appuyée,à ce Convent , ſa gauche à une
Caffine ; une autre Caffine fortifiée couvroit le
centre de ſon armée ; on renforça la premiere ligne
trop foible avec de la Cavalerie , tant Françoiſe
qu'Eſpagnole; le 30 Septembre, l'es Entremis s'avan
cerent fur deux colonnes paralleles. Le Roi de Sardaigne
porta ſon Infanterie le long d'une chauſſéebordée
deNavilles& couvrit les flancs de ſes troupes
de chevaux de friſeşil en plaça de même au frontde
ſon armée, après une violente canonade, à une heure
après midi , les Grenadiers Piemontois attaquerent
les Caffines qui défendoient les retranchemens des
François&des Eſpagnols&le Portde laMadonnadel
Ulmo.Ils furent repouffés dans toutes leurs attaques
fucceſſives;vers less heures du ſoir,le combat devint
général entre l'Infanterie des deux armées ; celle
Hy
178 MERCURE DEFRANCE.
des ennemis fut repouffée de toutes parts &dans
toutes ſes tentatives réitérées , & fur les dix heures,
le Roi de Sardaigne s'appercevant de la perte confidérable
qu'il avoit faite & qu'il ne pouvoit plus
réſiſter aux vainqueurs , abandonna une partie de
fon artillerie & fes innombrabies chevaux de friſe ,
&ſe retira en laiſſant des détachemens de Grenadiers
, qui tirerent pendant deux heures ſur nos
troupespour cacher ſa retraite ; leur feu ceſſa à minuit
, & dès la pointe du jour l'Infant les fit ſuivre
par le Marquis de Corbulan à la tête de 1000 chevaux.
Les Piémontois ont perdu plus de sc00
hommes , tués ou bleſſes , & cinq piéces de canon.
L'armée Françoiſe & Eſpagnole ne compte que
près de 900 morts & 1200 bleffés. Les principaux
Officiers François bleſſes ſont le Marquis de Sennecterre,
Lieutenant Général ; le Chevalier Chauvelin
, Brigadier , & le Marquis de la Force , à qui
un boulet de canon a emporté l'épaule. Deux chevaux
tués ſous le Prince de Conty , & deux coups
dans ſa cuiraffe , prouvent les dangers que ſa valeur
a furmontés.
Les différentes diſpoſitions faites par le Prince de
Lobckowitz font juger qu'il ne penſe qu'à ſe retirer
de l'Etat Eccléſiaſtique avec les troupes qu'il
commande.
Le Comte de Gages , depuis les renforts qu'il a
reçûs d'Eſpagne , eſt fort ſupérieur en forces à ce
-Général..
E 2 Octobre , l'Infant Don Philippe fut averti
que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer &
fecourir Coni , il laiſſa pour la garde de ſon camp
18 Bataillons des deux Nations alliées , & avec 20
Bataillons Eſpagnols & 18 François , & 60 Efcadrons
, dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il
arriva au Convent de la Madonna del Ulmo . Sa
droite fut appuyée,à ce Convent , ſa gauche à une
Caffine ; une autre Caffine fortifiée couvroit le
centre de ſon armée ; on renforça la premiere ligne
trop foible avec de la Cavalerie , tant Françoiſe
qu'Eſpagnole; le 30 Septembre, l'es Entremis s'avan
cerent fur deux colonnes paralleles. Le Roi de Sardaigne
porta ſon Infanterie le long d'une chauſſéebordée
deNavilles& couvrit les flancs de ſes troupes
de chevaux de friſeşil en plaça de même au frontde
ſon armée, après une violente canonade, à une heure
après midi , les Grenadiers Piemontois attaquerent
les Caffines qui défendoient les retranchemens des
François&des Eſpagnols&le Portde laMadonnadel
Ulmo.Ils furent repouffés dans toutes leurs attaques
fucceſſives;vers less heures du ſoir,le combat devint
général entre l'Infanterie des deux armées ; celle
Hy
178 MERCURE DEFRANCE.
des ennemis fut repouffée de toutes parts &dans
toutes ſes tentatives réitérées , & fur les dix heures,
le Roi de Sardaigne s'appercevant de la perte confidérable
qu'il avoit faite & qu'il ne pouvoit plus
réſiſter aux vainqueurs , abandonna une partie de
fon artillerie & fes innombrabies chevaux de friſe ,
&ſe retira en laiſſant des détachemens de Grenadiers
, qui tirerent pendant deux heures ſur nos
troupespour cacher ſa retraite ; leur feu ceſſa à minuit
, & dès la pointe du jour l'Infant les fit ſuivre
par le Marquis de Corbulan à la tête de 1000 chevaux.
Les Piémontois ont perdu plus de sc00
hommes , tués ou bleſſes , & cinq piéces de canon.
L'armée Françoiſe & Eſpagnole ne compte que
près de 900 morts & 1200 bleffés. Les principaux
Officiers François bleſſes ſont le Marquis de Sennecterre,
Lieutenant Général ; le Chevalier Chauvelin
, Brigadier , & le Marquis de la Force , à qui
un boulet de canon a emporté l'épaule. Deux chevaux
tués ſous le Prince de Conty , & deux coups
dans ſa cuiraffe , prouvent les dangers que ſa valeur
a furmontés.
Les différentes diſpoſitions faites par le Prince de
Lobckowitz font juger qu'il ne penſe qu'à ſe retirer
de l'Etat Eccléſiaſtique avec les troupes qu'il
commande.
Le Comte de Gages , depuis les renforts qu'il a
reçûs d'Eſpagne , eſt fort ſupérieur en forces à ce
-Général..
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Résumé : ITALIE.
Le 2 octobre, l'Infant Don Philippe apprit que le Roi de Sardaigne se préparait à attaquer Coni. Il rassembla 20 bataillons espagnols, 18 français et 60 escadrons, dont 24 français, pour défendre la ville. Le 30 septembre, les Autrichiens avancèrent en deux colonnes parallèles. Le Roi de Sardaigne déploya son infanterie le long d'une chaussée protégée par des navires et des chevaux de frise. Après une intense canonade, les grenadiers piémontais attaquèrent les redoutes franco-espagnoles mais furent repoussés. Le combat devint général vers 18 heures, et l'infanterie ennemie fut repoussée à plusieurs reprises. À 22 heures, le Roi de Sardaigne, face aux lourdes pertes, abandonna une partie de son artillerie et des chevaux de frise, et se retira en laissant des grenadiers pour couvrir sa retraite. Les Piémontais perdirent plus de 500 hommes et cinq pièces de canon. L'armée franco-espagnole comptabilisa environ 900 morts et 1200 blessés, incluant plusieurs officiers français notables. Pendant ce temps, le Prince de Lobckowitz envisageait de retirer ses troupes des États ecclésiastiques, tandis que le Comte de Gages, renforcé par des troupes espagnoles, devenait supérieur en nombre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5576
p. 178-179
ESPAGNE.
Début :
L'escadre Espagnole, qui a pour Commandant M. d'Auteuil, a pris dix Vaisseaux Hollandois [...]
Mots clefs :
Roi, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L
'Eſcadre Eſpagnole , qui a pour Commandant
M. d'Auteuil , a pris dix Vaiſſeaux Hollandois
qui faisoient partie d'un convoi deſtiné pour la
Flotte que le Roi de la Grande-Bretagne a dans la
NOVEMBRE. 1744.- 179
Méditerranée ; ils étoient chargésd'agrès & de munitions
de guerre , le reſte du convoi , eſcorté de
deux Vaiſſeaux de guerre , s'eſt ſauvé , & a été
pourſuivi du côté de l'Afrique.
M. Greffein , Sécretaire d'Ambaſſade , chargé
dans cette Cour des affaires de la République de
Hollande , a préſenté au Miniſtere un Mémoire au
ſujet de la priſe de ces Vaiſſeaux, il prétend qu'ils
faifoient ſeulement voile de conſerve avec les
Vaiſſeaux Anglois .
Onmande de Madrid du 27du mois dernier que
le Roi a pris le deüil pour trois ſemaines à l'occa
fion de la mort de Madame de France , fixiéme fille
de S. M. T. С.
Le 21, Don Antoine Alos, Brigadier des armées
du Roi d'Eſpagne , arriva du Camp devant Coni ,
d'où il avoit été dépêché par l'Infant Don Philippe
, pour informer S. M. du détail de l'action qui
s'eſt paffée le 30 Septembre dernier entre les troupes
combinées de France & d'Eſpagne & celles du Roi
deSardaigne.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé au Roi
que la Galere le Prince des Afturies, commandée par
Don Paulde Larrea , s'étoit emparée le 4 du mois
dernier du Brigantin Anglois les deux Freres , de 70
tonneaux , dont la charge confiftoit en 115s quinteaux
de Moruë , & en dix barriques de Saumon.
L
'Eſcadre Eſpagnole , qui a pour Commandant
M. d'Auteuil , a pris dix Vaiſſeaux Hollandois
qui faisoient partie d'un convoi deſtiné pour la
Flotte que le Roi de la Grande-Bretagne a dans la
NOVEMBRE. 1744.- 179
Méditerranée ; ils étoient chargésd'agrès & de munitions
de guerre , le reſte du convoi , eſcorté de
deux Vaiſſeaux de guerre , s'eſt ſauvé , & a été
pourſuivi du côté de l'Afrique.
M. Greffein , Sécretaire d'Ambaſſade , chargé
dans cette Cour des affaires de la République de
Hollande , a préſenté au Miniſtere un Mémoire au
ſujet de la priſe de ces Vaiſſeaux, il prétend qu'ils
faifoient ſeulement voile de conſerve avec les
Vaiſſeaux Anglois .
Onmande de Madrid du 27du mois dernier que
le Roi a pris le deüil pour trois ſemaines à l'occa
fion de la mort de Madame de France , fixiéme fille
de S. M. T. С.
Le 21, Don Antoine Alos, Brigadier des armées
du Roi d'Eſpagne , arriva du Camp devant Coni ,
d'où il avoit été dépêché par l'Infant Don Philippe
, pour informer S. M. du détail de l'action qui
s'eſt paffée le 30 Septembre dernier entre les troupes
combinées de France & d'Eſpagne & celles du Roi
deSardaigne.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé au Roi
que la Galere le Prince des Afturies, commandée par
Don Paulde Larrea , s'étoit emparée le 4 du mois
dernier du Brigantin Anglois les deux Freres , de 70
tonneaux , dont la charge confiftoit en 115s quinteaux
de Moruë , & en dix barriques de Saumon.
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Résumé : ESPAGNE.
En novembre 1744, l'escadre espagnole dirigée par M. d'Auteuil a capturé dix vaisseaux hollandais destinés à la flotte britannique en Méditerranée. Ces navires transportaient des agrès et des munitions de guerre. Le reste du convoi, escorté par deux vaisseaux de guerre, a pu s'échapper et a été poursuivi vers l'Afrique. M. Greffein, secrétaire d'ambassade représentant la République de Hollande, a protesté auprès du ministère espagnol, affirmant que les vaisseaux hollandais naviguaient avec des vaisseaux anglais. De Madrid, une ordonnance du 27 novembre annonçait que le roi d'Espagne portait le deuil pendant trois semaines suite au décès de Madame de France, huitième fille du roi de France. Le 21 novembre, Don Antoine Alos, brigadier des armées espagnoles, est arrivé de Coni pour informer le roi des détails de l'action militaire du 30 septembre entre les troupes franco-espagnoles et celles du roi de Sardaigne. Par ailleurs, l'intendant de la marine à Ferrol a informé le roi que la galère 'Prince des Asturies', commandée par Don Paul de Larrea, avait capturé le 4 novembre le brigantin anglais 'Les Deux Frères' de 70 tonneaux, chargé de 115 quintaux de morue et de dix barriques de saumon.
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5577
p. 179-180
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON mande de Gênes du 2[6] du mois dernier, qu'on y a appris que les obstacles de la saison [...]
Mots clefs :
Gênes, Armée combinée, Prince de Conti
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texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE..
N mande de Gênes du 25 du mois dernier ,
appris que les obstacles de la faifon
n'ayant pas permis à l'armée combinée de France
&d'Eſpagne de continuer le Siége de Coni , l'Infant
Don Philippe & le Prince de Conty étoient
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
décampésle 21 , & que les troupes Françoiſes &
Eſpagnoles , qui n'ont été nullement inquiétées
dans leur retraite par les Piemontois , étoient fous
Demont , où elles devoient demeurer juſqu'au retour
des deux couriers , qui ont été dépêchés , l'un
par le Prince de Conty au Roi de France , & l'autre
par l'Infant en Eſpagne.
On a appris de Gênes du 2 de ce mois , que le
dernier courier qui est arrivé, de Turin a rapporté
que depuis que l'armée combinée de France
&d'Efpagne eft retournée dans ſon Camp ſous Démont,
le Roi de Sardaigne a établi fon quartier général
à Vignolo , entre cette Forterefle & la Ville
de Coni .
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléſiaſtique , on
ne croit pas que le Prince de Lobckowits demeu-.
re encore long- tems dans ſon Camp de Nemi , &
l'on affûre que les troupes qui font tous les ordres
font fort inférieures à l'armée des Eſpagnols &
des Napolitains.
N mande de Gênes du 25 du mois dernier ,
appris que les obstacles de la faifon
n'ayant pas permis à l'armée combinée de France
&d'Eſpagne de continuer le Siége de Coni , l'Infant
Don Philippe & le Prince de Conty étoient
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
décampésle 21 , & que les troupes Françoiſes &
Eſpagnoles , qui n'ont été nullement inquiétées
dans leur retraite par les Piemontois , étoient fous
Demont , où elles devoient demeurer juſqu'au retour
des deux couriers , qui ont été dépêchés , l'un
par le Prince de Conty au Roi de France , & l'autre
par l'Infant en Eſpagne.
On a appris de Gênes du 2 de ce mois , que le
dernier courier qui est arrivé, de Turin a rapporté
que depuis que l'armée combinée de France
&d'Efpagne eft retournée dans ſon Camp ſous Démont,
le Roi de Sardaigne a établi fon quartier général
à Vignolo , entre cette Forterefle & la Ville
de Coni .
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléſiaſtique , on
ne croit pas que le Prince de Lobckowits demeu-.
re encore long- tems dans ſon Camp de Nemi , &
l'on affûre que les troupes qui font tous les ordres
font fort inférieures à l'armée des Eſpagnols &
des Napolitains.
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Résumé : GENES ET ISLE DE CORSE.
Le texte décrit des opérations militaires en Italie impliquant les armées française et espagnole. Le 25 du mois précédent, des problèmes logistiques ont empêché l'armée franco-espagnole de continuer le siège de Coni. L'Infant Don Philippe et le Prince de Conti se sont retirés le 21, et les troupes se sont repliées à Demont sans être poursuivies par les forces piémontaises. Elles y attendent le retour de messagers envoyés respectivement par le Prince de Conti au Roi de France et par l'Infant en Espagne. Le 2 du mois courant, un courrier de Turin a signalé que l'armée combinée s'était repliée sous Demont, tandis que le Roi de Sardaigne avait installé son quartier général à Vignolo, entre la forteresse et la ville de Coni. Selon des informations de l'État ecclésiastique, le Prince de Lobkowitz pourrait quitter bientôt son camp de Nemi, où les troupes des différents ordres sont jugées inférieures à celles des Espagnols et des Napolitains.
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5578
p. 180-181
GRANDE BRETAGNE.
Début :
LE 17 Septembre, le Roi tint à Kensington un Conseil d'Etat, & ensuite fit partir des couriers [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Vaisseaux, Tonneaux
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 17 Septembre , le Roi tint à Kensington un
Conſeil d'Etat , & enſuite fit partir des couriers
pour Vienne, pour Bruxelles & pour la Haye.
L'Eſcadre qui va relever en Amérique celle du
Chevalier Chaloner-Ogle, eſt commandée par PAmiral
Dawers,& est compoſée de deux Vaifleaux de
90 canons , de deux de 80 , de trois de 70 , de quatre
de 60 , & de quatre de 40.
Les revenus des Douannes ont produit cette année
90000 livres ſterlings de moins que l'année
derniere.
NOVEMBRE. 1744. 181
1
On apprend de Londres du 16 de ce mois , que
le Vaiſſeau de guer le Jerſey , commandé par le
Capitaine Hardy , conduifit le 8 à Plymouh les
Vailleaux François l'Espérance , l'Intrépide, le Mentor
& la Marie-Théreſe, dont les deux derniers venoient
de la Martinique & de S. Domingue , &
étoient richement chargés .
Un Armateur de l'iſte d'Antigoa s'eſt rendu
maître d'un Vaiſſeau de la même Nation , à bord
duquel en a trouvé 200 barriques de Sucre , 54
tonneaux de Caffé & pluſieurs tonneaux d'lu
dīgo .
E 17 Septembre , le Roi tint à Kensington un
Conſeil d'Etat , & enſuite fit partir des couriers
pour Vienne, pour Bruxelles & pour la Haye.
L'Eſcadre qui va relever en Amérique celle du
Chevalier Chaloner-Ogle, eſt commandée par PAmiral
Dawers,& est compoſée de deux Vaifleaux de
90 canons , de deux de 80 , de trois de 70 , de quatre
de 60 , & de quatre de 40.
Les revenus des Douannes ont produit cette année
90000 livres ſterlings de moins que l'année
derniere.
NOVEMBRE. 1744. 181
1
On apprend de Londres du 16 de ce mois , que
le Vaiſſeau de guer le Jerſey , commandé par le
Capitaine Hardy , conduifit le 8 à Plymouh les
Vailleaux François l'Espérance , l'Intrépide, le Mentor
& la Marie-Théreſe, dont les deux derniers venoient
de la Martinique & de S. Domingue , &
étoient richement chargés .
Un Armateur de l'iſte d'Antigoa s'eſt rendu
maître d'un Vaiſſeau de la même Nation , à bord
duquel en a trouvé 200 barriques de Sucre , 54
tonneaux de Caffé & pluſieurs tonneaux d'lu
dīgo .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 17 septembre, le roi de Grande-Bretagne convoqua un Conseil d'État à Kensington et envoya des courriers vers Vienne, Bruxelles et La Haye. Une escadre, dirigée par l'Amiral Dawers, fut envoyée en Amérique pour remplacer celle du Chevalier Chaloner-Ogle. Cette flotte comprenait deux vaisseaux de 90 canons, deux de 80, trois de 70, quatre de 60 et quatre de 40. Les revenus des douanes avaient diminué de 90 000 livres sterling par rapport à l'année précédente. En novembre, il fut rapporté à Londres que le vaisseau de guerre Jersey, sous le commandement du Capitaine Hardy, avait escorté jusqu'à Plymouth les vaisseaux français L'Espérance, L'Intrépide, Le Mentor et La Marie-Thérèse. Les deux derniers navires provenaient de la Martinique et de Saint-Domingue et étaient lourdement chargés. Par ailleurs, un armateur de l'île d'Antigua s'était emparé d'un vaisseau français transportant 200 barriques de sucre, 54 tonneaux de café et plusieurs tonneaux d'huile d'olive.
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5579
p. 181-182
FLANDRE.
Début :
L'Armée des Alliés décampa le 9 Août ; quelques jours auparavant un de ses détachemens [...]
Mots clefs :
Comte, Archiduchesse, Alliés
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texteReconnaissance textuelle : FLANDRE.
FLANDRE.
'Armée des Alliés décampa le 9Août ; quelques
jours auparavant un de ſes détachemens
de 400 Anglois & de 200 Hanoveriens fut mis en
déroute par un détachement François , qui tua
plus de 80 hommes & emmena prifonniers pluſieurs
Officiers & Soldats.
: Le Comte Maurice de Naſſau , Général des trou
pes Hollandoifes n'étoit pas encore rétabli de fa
ladie.
Le 17 Octobre , le Comte de Kaunits,Conſeiller
Intime de la Reine de Hongrie ,& nommé par,
elle Grand-Maître de la Maifon ,& Premier Miniſtre
de l'Archiducheſſe Gouvernante , arriva de
Vienne à Bruxelles , & reçut le lendemain les
complimens des Conſeils & des Tribunaux .
Les troupes des Alliés , fort incommodées par
les ouragans impétueux qu'elles ont eſſuyés près
de Gand au Camp de S.Denis, ſe ſont retirées dans
les quartiers qui leur étoient deſtinés.
La garniſon de la Ville de Conſtance a abandon
182 MERCURE DE FRANCE.
donné cette Ville au ſeul bruit de l'approche du
Comte de Clermont, qui y eſt entré, & a fait l'Etat
Major prifonnier de guerre ; on y a trouvé une
nombreuſe artillerie&des magaſins appartenants à
la Reinex de Hongrie.
Le 3 Octobre , l'Archiducheſſe Gouvernante de
Flandre reffentit une fiévre violente & des douleurs
très-aiguës , ce qui la détermina à ſe confeffer
&à recevoir le Viatique , le 6 à cinq heures dư
matin l'enfant fut jugé mort & tiré par l'opération
uſitée. L'Archiducheſſe la ſouffrit courageuſement.
'Armée des Alliés décampa le 9Août ; quelques
jours auparavant un de ſes détachemens
de 400 Anglois & de 200 Hanoveriens fut mis en
déroute par un détachement François , qui tua
plus de 80 hommes & emmena prifonniers pluſieurs
Officiers & Soldats.
: Le Comte Maurice de Naſſau , Général des trou
pes Hollandoifes n'étoit pas encore rétabli de fa
ladie.
Le 17 Octobre , le Comte de Kaunits,Conſeiller
Intime de la Reine de Hongrie ,& nommé par,
elle Grand-Maître de la Maifon ,& Premier Miniſtre
de l'Archiducheſſe Gouvernante , arriva de
Vienne à Bruxelles , & reçut le lendemain les
complimens des Conſeils & des Tribunaux .
Les troupes des Alliés , fort incommodées par
les ouragans impétueux qu'elles ont eſſuyés près
de Gand au Camp de S.Denis, ſe ſont retirées dans
les quartiers qui leur étoient deſtinés.
La garniſon de la Ville de Conſtance a abandon
182 MERCURE DE FRANCE.
donné cette Ville au ſeul bruit de l'approche du
Comte de Clermont, qui y eſt entré, & a fait l'Etat
Major prifonnier de guerre ; on y a trouvé une
nombreuſe artillerie&des magaſins appartenants à
la Reinex de Hongrie.
Le 3 Octobre , l'Archiducheſſe Gouvernante de
Flandre reffentit une fiévre violente & des douleurs
très-aiguës , ce qui la détermina à ſe confeffer
&à recevoir le Viatique , le 6 à cinq heures dư
matin l'enfant fut jugé mort & tiré par l'opération
uſitée. L'Archiducheſſe la ſouffrit courageuſement.
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Résumé : FLANDRE.
En août, l'armée des Alliés quitta la Flandre. Précédemment, un détachement de 400 Anglais et 200 Hanovriens fut vaincu par des forces françaises, causant la mort de plus de 80 hommes et la capture de plusieurs officiers et soldats. Le comte Maurice de Nassau, général des troupes hollandaises, était convalescent. Le 17 octobre, le comte de Kaunitz, conseiller de la reine de Hongrie et nommé Grand-Maître de la Maison et Premier Ministre de l'Archiduchesse gouvernante, arriva à Bruxelles et reçut les hommages des conseils et des tribunaux. Les troupes alliées, perturbées par des tempêtes près de Gand et au camp de Saint-Denis, se retirèrent dans leurs quartiers. La garnison de Constance se rendit au comte de Clermont, qui prit la ville, captura l'État-major et découvrit une artillerie nombreuse et des magasins appartenant à la reine de Hongrie. Le 3 octobre, l'archiduchesse gouvernante de Flandre contracta une fièvre violente et des douleurs aiguës, la conduisant à se confesser et à recevoir le viatique. Le 6 octobre à cinq heures du matin, elle accoucha d'un enfant mort-né après une opération, qu'elle supporta avec courage.
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5580
p. 182-183
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
DON Gabriel Bernard de Quiros Velasco y Cueva, Marquis de Montéal, Capitaine Général de [...]
Mots clefs :
Baron, Troupes, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
.
On Gabriel Bernard deQuiros Velasco y Cueva,
د
la Province d'Eſtramadoure , mourut à Badajos le
5 Septembre , âgé de 66 ans.
Don François Lobato d'Ocampo , Conſeiller des
Finances , mourut à Madrid le 8 , à l'âge dess
ans.
Les Marquis de Guendica &de Garcia , LieutenantGénéraux
des troupes d'Eſpagne en Italie, ont
été bleffés , & M. de Kindelan , Aide-Major Général
de ces troupes , a ététué au Combat donné
près de la Madonna del Ulmo .
Don Manuel de Toledo , Conſeiller du Conſeil
des Finances , ci-devant Régent de l'Audience de
Valence , mourut à Madrid le 23 du mois dernier ,
agé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1744 . 183
le Marquis d'Olias , Corregidor & IntendantGé
néral de Tolede , y mourut au commencement du
même mois , dans la 65 année de ſon âge.
Mre Leopold-Antoine-Eleuther , Baron de Firmian
, Archevêque Prince de Saltzbourg , y mourut
le 27 du même mois , âgé de 65 ans , cinq mois &
unjour. Il étoit fils de François , Baron de Firmian,
Commandant de Trieste & Colonel d'un Régi
ment d'Infanterie dans les troupes de l'Empereur
Leopold , & il avoit été nommé Chanoine de
Saltzbourg en 1702 , Evêque de Lavant en 1718 ,
Evêque de Seckau & de Laubach en 1725 , &
Archevêque de Saltzbourg le 4 Octobre 1727.
Le Baron de Plettemberg , ci-devant Miniſtre de
la Reine de Hongrie à la Diette de l'Empire ,
mourut à Ratifbonne le 29 du mois dernier.
.
On Gabriel Bernard deQuiros Velasco y Cueva,
د
la Province d'Eſtramadoure , mourut à Badajos le
5 Septembre , âgé de 66 ans.
Don François Lobato d'Ocampo , Conſeiller des
Finances , mourut à Madrid le 8 , à l'âge dess
ans.
Les Marquis de Guendica &de Garcia , LieutenantGénéraux
des troupes d'Eſpagne en Italie, ont
été bleffés , & M. de Kindelan , Aide-Major Général
de ces troupes , a ététué au Combat donné
près de la Madonna del Ulmo .
Don Manuel de Toledo , Conſeiller du Conſeil
des Finances , ci-devant Régent de l'Audience de
Valence , mourut à Madrid le 23 du mois dernier ,
agé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1744 . 183
le Marquis d'Olias , Corregidor & IntendantGé
néral de Tolede , y mourut au commencement du
même mois , dans la 65 année de ſon âge.
Mre Leopold-Antoine-Eleuther , Baron de Firmian
, Archevêque Prince de Saltzbourg , y mourut
le 27 du même mois , âgé de 65 ans , cinq mois &
unjour. Il étoit fils de François , Baron de Firmian,
Commandant de Trieste & Colonel d'un Régi
ment d'Infanterie dans les troupes de l'Empereur
Leopold , & il avoit été nommé Chanoine de
Saltzbourg en 1702 , Evêque de Lavant en 1718 ,
Evêque de Seckau & de Laubach en 1725 , &
Archevêque de Saltzbourg le 4 Octobre 1727.
Le Baron de Plettemberg , ci-devant Miniſtre de
la Reine de Hongrie à la Diette de l'Empire ,
mourut à Ratifbonne le 29 du mois dernier.
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
En septembre 1744, plusieurs personnalités notables sont décédées. Don Gabriel Bernard de Quiros Velasco y Cueva, âgé de 66 ans, est mort à Badajos. Don François Lobato d'Ocampo, Conseiller des Finances, a péri à Madrid à 56 ans. Les Marquis de Guendica et de Garcia, ainsi que M. de Kindelan, ont été blessés lors d'un combat près de la Madonna del Ulmo. Don Manuel de Toledo, Conseiller du Conseil des Finances et ancien Régent de l'Audience de Valence, est décédé à Madrid à 74 ans. En novembre, le Marquis d'Olias, Corregidor et Intendant Général de Tolède, est mort à 65 ans. Monseigneur Leopold-Antoine-Éleuthère de Firmian, Archevêque Prince de Salzbourg, est décédé à Salzbourg à 65 ans, 5 mois et 1 jour. Il était fils de François de Firmian et avait occupé divers postes ecclésiastiques avant de devenir Archevêque en 1727. Le Baron de Plettemberg, ancien Ministre de la Reine de Hongrie à la Diète de l'Empire, est mort à Ratisbonne le 29 du mois précédent.
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5581
p. 184-191
COPIE de la Lettre de M. le Ch. P***, à M. le Ch. S**, à Malte le 27 Octobre.
Début :
Depuis que j'habite notre Rocher, mon cher Chevalier, je vous ai souvent [...]
Mots clefs :
Roi, Grand maître, Charles de Tubières de Caylus, Escadre, Vaisseaux, Commandant, Magnifique, Te Deum, Illumination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. le Ch. P***, à M. le Ch. S**, à Malte le 27 Octobre.
COPIE de la Lettre de M. le Ch. P ***
àM. le Ch. S ** , à Malte le 27 Octobre .
Depuisque
j'habite notre Rocher , mon
cher Chevalier , je vous ai ſouvent
écrit que je n'avois rien à mander , fur tout
à un habitant de Paris ; il n'en fera pas de
même aujourd'hui , écoutez -moi.
L'Eſcadre du Roi , commandée par le
Chevalier de Caylus , parut devant Malte
le premier Octobre & nous apprit à la fois
la maladie & la convalefcence du Roi ; le
danger fit fur nous une impreflion que la
nouvelle de fon rétabliſſement n'effaçoit
pas ; nous eûmes beſoin des affurances pofitives
qui nous vinrent de tous les côtés de
fon entiere guériſon pour refpirer en liberté
, & quoique notre affliction fut diminuée
, nous ne laiſſions pas d'éprouver
un ferrement de coeur qui nous rendoit
beaucoup plus douces les larmes de joye que
nous répandions.
On ne penſa plus qu'à remercier Dieu , &
à faire éclater ſa reconnoiſſance.
Les Trois Langues de France en Corps &
le Bailly du Bocage , chargé des affaires du
Roi auprès du G. M. firent chanter ſéparéi
:
NOVEMBRE. 1744. 185
ment des Te Deum , aufquels le Grand Maî
tre aſſiſta dans l'Egliſe de S. Jean à l'iſſue
d'une grandeMeſſe en Pontifical.
Notre ami le Chevalier N * * s'eſt chargé
de vous mander le détail de ces deux fêtes ;
je m'en tiens à celle qu'avoit fait préparer
le Chevalier de Caylus ; il n'avoit rien négligé
comme vous le verrez , pour ſignaler
fon zéle & fon attachement pour le Roi ;
aufli il s'en eft acquitté de la façon la plus
nouvelle & la plus magnifique , du moins
je vous aflûre qu'on n'avoit jamais rien vû
de pareil àMalte.
L'Eſcadre du Chevalier de Caylus , compoſée
de cinq Vaiſſeaux , & à laquelle ſe
joignit un fixiéme Vaiſſeau François , commandé
par le Comte de Vaudreuil , entra
dans le Port le 19 , & la fête fut indiquée
au 26 ; le 25 au matin , les Vaiſſeaux furent
pavoiſés & parés de flames & de pavillons
de toutes les couleurs & de toutes les Na-.
tions ; au Soleil couchant , le Commandant
fit une ſalve de 21 coups de canon , & les
s autres Vaiſſeaux une de 19 chacun ; quand
la nuit fut venuë , les Navires parurent abſolument
illuminés jusqu'aux manoeuvres
les plus déliées ; tout étoit formé par des
lumieres ; ces fix Batimens placés avantageuſement
dans le Port & brillans de tous
les côtés , produifurent le plus beau coup
186 MERCURE DE FRANCE.
d'oeil que l'on puiffe imaginer , pendant
deux heures que dura cette ſuperbe illumination
.
Le 26 au lever du Soleil , ces Vaiſſeaux
parurent pavoiſés comme ils l'avoient été la
veille , ſans que l'on pût rien découvrir de
tout ce qui avoit porté les lumieres ; ce
fut alors qu'une décharge générale de la
mouſqueterie , fuivie d'un falut de 21 coups
duCommandant& de 19 des autres Vaifſeaux
avertit toute la Ville de la fêre
qu'on devoit célébrer. Avant midi toutes
les fenêtres & les terraſſes ſur le Port furent
remplies d'un monde infini ; le peuple
couvroit le môle & les baſtions dans l'attente
du Te Deum qui devoit ſe chanter ſur.
le Vaiſſeau Commandant , & de l'illumination
qui devoit le ſuivre , mais ce qui redoubloit
encore l'affluence des Spectateurs ,
c'étoit le Grand Maître , qui a fait en cette
occaſion ce qu'aucun de ſes prédéceſſeurs
n'a pratiqué ; jamais il n'y en a eu qui ait
été viſiter ſes propres Vaiſſeaux , encore
moins qui ſoit monté fur un bord étranger
; le Chevalier de Caylus qui n'ignoroit
par cet article de l'étiquette , ne laiſſa pas
d'aller à la tête des Capitaines& des Officiersde
ſon Eſcadre , prier ſon Eminence
d'honorer la fête de ſa préſence ; le Grand
Maître charmé de témoigner ſa vénération
NOVEMBRE. 1744. 187
pour le Roi , oublia les uſages les plus anciennement
établis ; il fortit à quatre heures
& demie de fon Palais , précédé de tous les
Chevaliers qui font à Malte & fuivi de
preſque tous les Grand'Croix , des Baillifs
& des Seigneurs du Conſeil des differentes
Nations. Environné de cette Cour refpectable
, il vint à pied juſques à la Marine ;
tous les canots de l'Eſcadre allerent au- devant
du Grand - Maître , qu'une ſuperbe
Gondole attendoit &dans laquelle il monta
avec les Seigneurs de la Grand'Croix
& fon grand Ecuyer en habit de cérémonie
; les principaux Officiers du Palais également
en habits de cérémonie , le précédoient
dans une autre Gondole . Les Chevaliers
avoient rempli les canots & tous les
petits bâtimens que le Commandant avoit
fait trouver au mole. Le Grand-Maître vo
guoit lentement au bruit des tymbales &
trompettes,& les Vaifleaux François devant
leſquels il paſſa , le ſaluerent de ſept Vivé
le Roi.
Quand fon Alteſſe fut arrivée au Commandant
, elle trouva fur une eſpéce de perron
que l'on avoit ajouté au pied de la
grande échelle , tous les Capitaines de l'Efcadre
& le Chevalier de Caylus à leur tête ;
il donna le bras au Grand- Maître & l'aida a
monter , tandis que les équipages faifoient
و
188 MERCURE DEFRANCE.
retentir l'air de cris redoublés de Vive le
Roi. Son Eminence trouva au haut de l'échelletes
troupes ſous les armes , & fut faluée
par leurs Officiers ; elle paſſa ſur le
gaillard , où les Officiers de la Compagnie
des Gardes de la Marine la faluerent également
; quarante de ces Mrs étoient ſous les
armes ; ils les préſenterent avec tant de grace
que le Grand-Maître en fut charmé ; il
s'arrêta quelques momens pour voir & admirer
cette jeune nobleſſe , dont pluſieurs
fontde notre Ordre , enfuite le Grand-Maî
tre entra dans la chambre du Conſeil , à la
porte de laquelle un Garde Marine étoit en
faction l'épée nuë ; ſon Eminence s'aflit fur
un fauteiiil placé ſur un tapis de pied ; tous
lesGrand'Croix étoient affis autour de lui ;
une décharge de moufqueterie fut le ſignal
d'une ſalve générale de toute l'artillerie
des Vaiſſeaux ; S. E. après quelques momens
d'une converſation polie & agréable, voulut
viſiter l'intérieur du Vaiſſeau ; tout y étoit
diſpoſé comme pour le combat ; le Grand-
Maître alla par tout , examina & parut charmé
de l'ordre &de la propreté de ce beau
Navire , il vint enfuite ſur le Gaillard & fe
plaça fous unDais qu'on lui avoit preparé à
Tribord. Ce Gaillard formoit alors un falon
magnifique , au fond duquel les Gardes de
la Marine étoient ſous les armes , & deux
• NOVEMBRE . 1744. 189
de ces Mrs étoient en faction aux côtés du .
Dais ; les Grand'Croix étoient affis , & les
Chevaliers avec les Officiers de l'Eſcadre
étoient debout. Le Pere de Leſpinaffe , Jefuite
, Aumônier du Commandant , vint à
la tête des Aumôniers de l'Eſcadre complimenter
le Grand Maître , avant que de lui
preſenter l'Eau-Bénite , enſuite il alla devant
un Autel richement paré , & il entonna
le Te Deum qui fut chanté par toute la
Muſique de Malte , que le Chevalier de
Caylus avoit placée ſur la Dunette.
Au fronteau de la Dunette & dans l'endroit
le plus apparent , on avoit placé le
Portrait du Roi . Vous ne pouvez imaginer
, mon cher Chevalier , l'effet que cette
vûë produifit en nous ; c'étoit pour lui que
nous étions aſſemblés , c'étoit pour lui que
nous venions intéreſſer le Ciel ; nos coeurs
en furent remués ; les differentes Nations
qui étoient avec nous , s'en apperçûrent&
convinrent que jamais aucune Nation n'a
aimé ſon Roi comme les François aiment le
leur. Nous cherchâmes dans nous-mêmes la
raifonde cet amour fi tendre & fi vif ; voici
celle que nous trouvames ; je crois que c'eſt
la véritable , du moins nous la donnâmes à
des Portugais étonnés de la vivacité de nos
fentimens. Toutes les Nations , même les
plus fidelles , ne voyent que leur Maître
190 MERCURE DE FRANCE.
dans la perſonne de leur Roi , les François
vont plus loin , ils y voyent un Pere , auquel
ils doivent tout , & un ami pour lequel
ils mourroient. Ces Mrs avouerent
qu'il falloir que cela fut ainſi , pour furprendre
les François dans les mouvemens
involontaires de crainte ou de triſteſſe dont
on voitbien qu'ils ne ſont pas les Maîtres ,
d'abord qu'il s'agit de leur Roi.
Quandles prieres furent finies , le Grand-
Maître revint dans la chambre du Conſeil
où le Commandant lui ſervit lui-même des
rafraîchiſſemens ; on en préſenta à tous les
Seigneurs , parmi leſquels étoit l'Evêque
deMalte & le Prieur de l'Eglife ; ces deux
Prélats ont affifté à toutes les prieres qu'on
a fait pour le Roi , & ſe ſont trouvés à
toutes les fêtes dont ce Monarque étoit
l'objet.
Tous les Officiers s'approcherent auſſi de
ſon Eminence ; ce Prince les reçut avec une
politeffe & un air de fatisfaction , qui flatoit
plus que l'honneur même qu'il avoit
prétendu faire par ſa préſence ; il fit donner
75 Piéces de Portugal valant mille écus
à l'équipage ; il accorda la demi-Croix au
premier Nocher , au premier Pilote & au
premier Canonnier; enfin au coucher du Soleil
, leGrandMaître parût fortir à regret
du Vaiſſeau ; il fut conduit avec les mêmes
NOVEMBRE.
1744. 191
cérémonies & le Commandant lui donna le
bras pour l'aider à deſcendre & à entrer
dans ſaGondole;à peine fut-elle débordée,
qu'une ſalve générale d'artillerie &demoufqueterie
ſe fit entendre.
Le Grand- Maître , pour ne rien perdre
de cette fête , vint débarquer à ſon jardin
de la Marine , dont il avoit fait illuminer le
beau ſalon , pour répondre en quelque façon
aux illuminations des Vaiſſeaux dont il n'avoit
pû joüir: la veille & ce jour-là tout
concourut à luidonner un magnifique ſpectacle
; après avoir demeuré deux heures
dans ſon jardin , S. E. retourna ſur les neuf
heures à ſon Palais , mais pour joüir plus
long-tems de la beauté du coup d'oeil que
fourniſloit cette brillante Eſcadre , ce Prince
paſſa à pied le long du rempart du côté
de la Baraque de Caſtille ; ſa Cour étoit un
peu moins nombreuſe qu'en arrivant à fon
jardin ; 70 Chevaliers ou Baillifs de diffe
rentes Nations qui l'avoient ſuivi, revinrent
au Vaiſſeau du Chevalier de Caylus , où il
les attendoit avec le plus grand & le plus
magnifique ſouper , qu'il appelloit un ambigu
; la gayeté, la bonne chere , les vins
précieux & la Muſique firent durer jufqu'au
jour un ſouper qui lui ſeul eut été
une fête magnifique.
àM. le Ch. S ** , à Malte le 27 Octobre .
Depuisque
j'habite notre Rocher , mon
cher Chevalier , je vous ai ſouvent
écrit que je n'avois rien à mander , fur tout
à un habitant de Paris ; il n'en fera pas de
même aujourd'hui , écoutez -moi.
L'Eſcadre du Roi , commandée par le
Chevalier de Caylus , parut devant Malte
le premier Octobre & nous apprit à la fois
la maladie & la convalefcence du Roi ; le
danger fit fur nous une impreflion que la
nouvelle de fon rétabliſſement n'effaçoit
pas ; nous eûmes beſoin des affurances pofitives
qui nous vinrent de tous les côtés de
fon entiere guériſon pour refpirer en liberté
, & quoique notre affliction fut diminuée
, nous ne laiſſions pas d'éprouver
un ferrement de coeur qui nous rendoit
beaucoup plus douces les larmes de joye que
nous répandions.
On ne penſa plus qu'à remercier Dieu , &
à faire éclater ſa reconnoiſſance.
Les Trois Langues de France en Corps &
le Bailly du Bocage , chargé des affaires du
Roi auprès du G. M. firent chanter ſéparéi
:
NOVEMBRE. 1744. 185
ment des Te Deum , aufquels le Grand Maî
tre aſſiſta dans l'Egliſe de S. Jean à l'iſſue
d'une grandeMeſſe en Pontifical.
Notre ami le Chevalier N * * s'eſt chargé
de vous mander le détail de ces deux fêtes ;
je m'en tiens à celle qu'avoit fait préparer
le Chevalier de Caylus ; il n'avoit rien négligé
comme vous le verrez , pour ſignaler
fon zéle & fon attachement pour le Roi ;
aufli il s'en eft acquitté de la façon la plus
nouvelle & la plus magnifique , du moins
je vous aflûre qu'on n'avoit jamais rien vû
de pareil àMalte.
L'Eſcadre du Chevalier de Caylus , compoſée
de cinq Vaiſſeaux , & à laquelle ſe
joignit un fixiéme Vaiſſeau François , commandé
par le Comte de Vaudreuil , entra
dans le Port le 19 , & la fête fut indiquée
au 26 ; le 25 au matin , les Vaiſſeaux furent
pavoiſés & parés de flames & de pavillons
de toutes les couleurs & de toutes les Na-.
tions ; au Soleil couchant , le Commandant
fit une ſalve de 21 coups de canon , & les
s autres Vaiſſeaux une de 19 chacun ; quand
la nuit fut venuë , les Navires parurent abſolument
illuminés jusqu'aux manoeuvres
les plus déliées ; tout étoit formé par des
lumieres ; ces fix Batimens placés avantageuſement
dans le Port & brillans de tous
les côtés , produifurent le plus beau coup
186 MERCURE DE FRANCE.
d'oeil que l'on puiffe imaginer , pendant
deux heures que dura cette ſuperbe illumination
.
Le 26 au lever du Soleil , ces Vaiſſeaux
parurent pavoiſés comme ils l'avoient été la
veille , ſans que l'on pût rien découvrir de
tout ce qui avoit porté les lumieres ; ce
fut alors qu'une décharge générale de la
mouſqueterie , fuivie d'un falut de 21 coups
duCommandant& de 19 des autres Vaifſeaux
avertit toute la Ville de la fêre
qu'on devoit célébrer. Avant midi toutes
les fenêtres & les terraſſes ſur le Port furent
remplies d'un monde infini ; le peuple
couvroit le môle & les baſtions dans l'attente
du Te Deum qui devoit ſe chanter ſur.
le Vaiſſeau Commandant , & de l'illumination
qui devoit le ſuivre , mais ce qui redoubloit
encore l'affluence des Spectateurs ,
c'étoit le Grand Maître , qui a fait en cette
occaſion ce qu'aucun de ſes prédéceſſeurs
n'a pratiqué ; jamais il n'y en a eu qui ait
été viſiter ſes propres Vaiſſeaux , encore
moins qui ſoit monté fur un bord étranger
; le Chevalier de Caylus qui n'ignoroit
par cet article de l'étiquette , ne laiſſa pas
d'aller à la tête des Capitaines& des Officiersde
ſon Eſcadre , prier ſon Eminence
d'honorer la fête de ſa préſence ; le Grand
Maître charmé de témoigner ſa vénération
NOVEMBRE. 1744. 187
pour le Roi , oublia les uſages les plus anciennement
établis ; il fortit à quatre heures
& demie de fon Palais , précédé de tous les
Chevaliers qui font à Malte & fuivi de
preſque tous les Grand'Croix , des Baillifs
& des Seigneurs du Conſeil des differentes
Nations. Environné de cette Cour refpectable
, il vint à pied juſques à la Marine ;
tous les canots de l'Eſcadre allerent au- devant
du Grand - Maître , qu'une ſuperbe
Gondole attendoit &dans laquelle il monta
avec les Seigneurs de la Grand'Croix
& fon grand Ecuyer en habit de cérémonie
; les principaux Officiers du Palais également
en habits de cérémonie , le précédoient
dans une autre Gondole . Les Chevaliers
avoient rempli les canots & tous les
petits bâtimens que le Commandant avoit
fait trouver au mole. Le Grand-Maître vo
guoit lentement au bruit des tymbales &
trompettes,& les Vaifleaux François devant
leſquels il paſſa , le ſaluerent de ſept Vivé
le Roi.
Quand fon Alteſſe fut arrivée au Commandant
, elle trouva fur une eſpéce de perron
que l'on avoit ajouté au pied de la
grande échelle , tous les Capitaines de l'Efcadre
& le Chevalier de Caylus à leur tête ;
il donna le bras au Grand- Maître & l'aida a
monter , tandis que les équipages faifoient
و
188 MERCURE DEFRANCE.
retentir l'air de cris redoublés de Vive le
Roi. Son Eminence trouva au haut de l'échelletes
troupes ſous les armes , & fut faluée
par leurs Officiers ; elle paſſa ſur le
gaillard , où les Officiers de la Compagnie
des Gardes de la Marine la faluerent également
; quarante de ces Mrs étoient ſous les
armes ; ils les préſenterent avec tant de grace
que le Grand-Maître en fut charmé ; il
s'arrêta quelques momens pour voir & admirer
cette jeune nobleſſe , dont pluſieurs
fontde notre Ordre , enfuite le Grand-Maî
tre entra dans la chambre du Conſeil , à la
porte de laquelle un Garde Marine étoit en
faction l'épée nuë ; ſon Eminence s'aflit fur
un fauteiiil placé ſur un tapis de pied ; tous
lesGrand'Croix étoient affis autour de lui ;
une décharge de moufqueterie fut le ſignal
d'une ſalve générale de toute l'artillerie
des Vaiſſeaux ; S. E. après quelques momens
d'une converſation polie & agréable, voulut
viſiter l'intérieur du Vaiſſeau ; tout y étoit
diſpoſé comme pour le combat ; le Grand-
Maître alla par tout , examina & parut charmé
de l'ordre &de la propreté de ce beau
Navire , il vint enfuite ſur le Gaillard & fe
plaça fous unDais qu'on lui avoit preparé à
Tribord. Ce Gaillard formoit alors un falon
magnifique , au fond duquel les Gardes de
la Marine étoient ſous les armes , & deux
• NOVEMBRE . 1744. 189
de ces Mrs étoient en faction aux côtés du .
Dais ; les Grand'Croix étoient affis , & les
Chevaliers avec les Officiers de l'Eſcadre
étoient debout. Le Pere de Leſpinaffe , Jefuite
, Aumônier du Commandant , vint à
la tête des Aumôniers de l'Eſcadre complimenter
le Grand Maître , avant que de lui
preſenter l'Eau-Bénite , enſuite il alla devant
un Autel richement paré , & il entonna
le Te Deum qui fut chanté par toute la
Muſique de Malte , que le Chevalier de
Caylus avoit placée ſur la Dunette.
Au fronteau de la Dunette & dans l'endroit
le plus apparent , on avoit placé le
Portrait du Roi . Vous ne pouvez imaginer
, mon cher Chevalier , l'effet que cette
vûë produifit en nous ; c'étoit pour lui que
nous étions aſſemblés , c'étoit pour lui que
nous venions intéreſſer le Ciel ; nos coeurs
en furent remués ; les differentes Nations
qui étoient avec nous , s'en apperçûrent&
convinrent que jamais aucune Nation n'a
aimé ſon Roi comme les François aiment le
leur. Nous cherchâmes dans nous-mêmes la
raifonde cet amour fi tendre & fi vif ; voici
celle que nous trouvames ; je crois que c'eſt
la véritable , du moins nous la donnâmes à
des Portugais étonnés de la vivacité de nos
fentimens. Toutes les Nations , même les
plus fidelles , ne voyent que leur Maître
190 MERCURE DE FRANCE.
dans la perſonne de leur Roi , les François
vont plus loin , ils y voyent un Pere , auquel
ils doivent tout , & un ami pour lequel
ils mourroient. Ces Mrs avouerent
qu'il falloir que cela fut ainſi , pour furprendre
les François dans les mouvemens
involontaires de crainte ou de triſteſſe dont
on voitbien qu'ils ne ſont pas les Maîtres ,
d'abord qu'il s'agit de leur Roi.
Quandles prieres furent finies , le Grand-
Maître revint dans la chambre du Conſeil
où le Commandant lui ſervit lui-même des
rafraîchiſſemens ; on en préſenta à tous les
Seigneurs , parmi leſquels étoit l'Evêque
deMalte & le Prieur de l'Eglife ; ces deux
Prélats ont affifté à toutes les prieres qu'on
a fait pour le Roi , & ſe ſont trouvés à
toutes les fêtes dont ce Monarque étoit
l'objet.
Tous les Officiers s'approcherent auſſi de
ſon Eminence ; ce Prince les reçut avec une
politeffe & un air de fatisfaction , qui flatoit
plus que l'honneur même qu'il avoit
prétendu faire par ſa préſence ; il fit donner
75 Piéces de Portugal valant mille écus
à l'équipage ; il accorda la demi-Croix au
premier Nocher , au premier Pilote & au
premier Canonnier; enfin au coucher du Soleil
, leGrandMaître parût fortir à regret
du Vaiſſeau ; il fut conduit avec les mêmes
NOVEMBRE.
1744. 191
cérémonies & le Commandant lui donna le
bras pour l'aider à deſcendre & à entrer
dans ſaGondole;à peine fut-elle débordée,
qu'une ſalve générale d'artillerie &demoufqueterie
ſe fit entendre.
Le Grand- Maître , pour ne rien perdre
de cette fête , vint débarquer à ſon jardin
de la Marine , dont il avoit fait illuminer le
beau ſalon , pour répondre en quelque façon
aux illuminations des Vaiſſeaux dont il n'avoit
pû joüir: la veille & ce jour-là tout
concourut à luidonner un magnifique ſpectacle
; après avoir demeuré deux heures
dans ſon jardin , S. E. retourna ſur les neuf
heures à ſon Palais , mais pour joüir plus
long-tems de la beauté du coup d'oeil que
fourniſloit cette brillante Eſcadre , ce Prince
paſſa à pied le long du rempart du côté
de la Baraque de Caſtille ; ſa Cour étoit un
peu moins nombreuſe qu'en arrivant à fon
jardin ; 70 Chevaliers ou Baillifs de diffe
rentes Nations qui l'avoient ſuivi, revinrent
au Vaiſſeau du Chevalier de Caylus , où il
les attendoit avec le plus grand & le plus
magnifique ſouper , qu'il appelloit un ambigu
; la gayeté, la bonne chere , les vins
précieux & la Muſique firent durer jufqu'au
jour un ſouper qui lui ſeul eut été
une fête magnifique.
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Résumé : COPIE de la Lettre de M. le Ch. P***, à M. le Ch. S**, à Malte le 27 Octobre.
En octobre 1744, l'escadre royale française, sous le commandement du Chevalier de Caylus, arrive à Malte. La nouvelle de la maladie puis de la guérison du roi de France provoque une grande émotion parmi les habitants, qui organisent des actions de grâce, notamment des Te Deum. Le 26 octobre, une fête est organisée pour célébrer la guérison du roi. Le 25 octobre, les vaisseaux français sont pavoisés et illuminés. Le Grand Maître de Malte, dérogeant à la tradition, visite les vaisseaux français, accompagné de nombreux dignitaires. Il est accueilli avec des honneurs militaires et navigue jusqu'au vaisseau amiral, où il est reçu par le Chevalier de Caylus et les officiers. En novembre, le Grand Maître visite à nouveau un vaisseau, impressionné par l'ordre et la propreté. Un Te Deum est chanté en présence d'un portrait du roi, suscitant une vive émotion. Le Grand Maître distribue des récompenses à l'équipage et offre un somptueux souper à bord du vaisseau du Chevalier de Caylus, prolongé jusqu'au matin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5582
p. 192-194
COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
Début :
ON a oublié d'insérer ces Complimens dans le premier Volume ; ils sont / AU ROI, SIRE, Après tant d'éclatans témoignages de respect, [...]
Mots clefs :
Joie, Roi, Peuple, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
COMPLIMENS adreſſés au Roi , à
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
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Résumé : COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
Le 15 novembre 1744, les six corps des marchands ont adressé des compliments au Roi, à la Reine, au Dauphin et à Mesdames. Ces compliments, rédigés par un écrivain célèbre, expriment le zèle et l'amour du peuple pour leurs souverains. Les marchands mettent en avant leur contribution à l'abondance grâce à leurs travaux, soutenus par la sagesse et les conquêtes du Roi. Ils affirment que tous les ordres de l'État partagent le même zèle et bénéficient des bienfaits royaux. Les cris de victoire des guerriers, les actions de grâce du clergé, et les harangues des compagnies illustres, ainsi que leurs propres voix, témoignent de la bonté du Roi. À la Reine, ils déclarent que sa vertu inspire joie et fidélité. Au Dauphin, ils expriment leur espoir et leur bonheur. Enfin, ils offrent leurs respects et leur joie à Mesdames, en complément des nombreux hommages déjà reçus.
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5583
p. 194-198
ETAT des personnes qui sont allées sur la frontiere d'Espagne recevoir Madame la Dauphine.
Début :
Une Dame d'honneur, Madame la Duchesse de Brancas. 3 Dames de Compagnies. Mad. la Duchesse de Caumont. [...]
Mots clefs :
Chambre, Roi, Sommier, Bouche, Garde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT des personnes qui sont allées sur la frontiere d'Espagne recevoir Madame la Dauphine.
ET AT des perſonnes qui font allées ſur la
frontiere d'Espagne recevoir Madame la
U
Dauphine.
Ne Dame d'honneur , Madame la Ducheſſe
3Dames de Compagnies.
Mad la Ducheſſe de
deBrancas.
Caumont.
Mad. la Marquiſe du Roure.
Mad. la Marquiſe de Pons.
Une premiere femme de Chambre , la Dame de
4 Autres .
Une Coëffeufe .
Une Blanchiſſeuſe ou Empeſcuſe.
Une fille de Garderobe.
Four.
NOVEMBRE. 1744.
195
LeChevalier d'honneur de la Princeſſe , M. le Marquis
de la Farre.
Le premier Ecuyer , M. le Comte de Rubempré.
1
Un Sécretaire du Cabinet ,
M. de Verneuil.
Un Maître des Cérémonies ,
M. Delgranges.
Un Ecuyer du Roi ,
M. de la Rivoyre.
Chapelle.
:
M. l'Abbé Daydie , Aumônier.
Un Chapelain , M. l'Abbé Paigné.
Un Clerc de Chapelle , M. l'Abbé de la Vallée,
Un Sommier.
Faculté.
Le Médecin ordinaire du Roi ,
M. Marcor.
Un Chirurgien.
UnApotiquaire .
Un Aide-Apotiquaite.
Chambre & Garderobe.
2Huiffiersde la Chambre du Roi.
Id.
Id
Garçons de la Chambre de Madame la Dauphine.
2 Valetsde Chambre ,
2 Valets de Garderobe ,
I Portemanteau du Roi.
2 Valets de Chambre Tapiſſiers ,
2 Portemeubles ,
2 Portefaix ,
Gardes du Corps.
rd
Id.
Id.
Un Chefde Brigade ,
Deux Exempts.
Deux Brigadiers.
Deux Sous-Brigadiers.
soGardes.
M. le Bailly de S. André
Lij
I196 MERCURE DE FRANCE.
1Trompette.
zClerc du Guet.
Maréchal ferrant.
Cent Suiffes.
xFourier.
■Caporal.
12Suiffes.
Gardesde la Porte,
Lieutenant.
4Gardes.
Prévôté de l'Hôtel,
2Officiers.
4Gardes.
Maréchaux&Fouriers,
2Maréchaux.
8Fouriers,
Officiers pour le traitement.
Le Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , M. le Mar
Contrôleur Clerc d'Office.
quis deCoulanges,
Commis du Contrôleur Général.
Commis de la Chambre aux deniers.
2Gentilshommes ſervans.
Waguemestre.
Aide Waguemeſtre.
Sous Aide Waguemestre.
Huiſſierde Sale.
Chefs de Panncteric.
Aide.
Bouche.
■Sommier,
i
NOVEMBRE. 1744. 197
' Chefd'Echanſonnerie , bouche.
1 Ayde.
2Sommiers.
Garde vaifſſelle , gobelet .
Lavandier de Panneterie , bouche.
2Ecuyers de la bouche.
1 Maître Queux.
1Hâteur.
1 Potager.
2Enfans deCuiſine.
Patiffier.
I Porteur.
Huiffier.
z Avertiſſeur.
■ Sommier du garde manger.
1 Sommier des broches.
Garde vaiſſelle , bouche.
Grand Commun
Chef de Panneteric.
1Aide.
1 Sommier,
2Chefs d'Echanſonnerie.
1Aide.
2 Sommiers.
2Ecuyers de Cuiſine , Commun.
2 Maîtres Queux .
■ Hâteur.
• Potager.
• Patiffier.
1 Garde vaiſſelle extraordinaire.
1 Verdurier.
1 Huiffier.
2 Enfans de Cuiſine .
2 Porteurs .
Sommier du garde-manger.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1 Sommier des broches.
■ Falotier.
2 Huiffiers du Bureau.
3 Chefs de Fruiterie.
2Aides.
2 Sommiers.
Chef de Fouriere.
■Aide.
I Lavandier de Cuiſine , bouche & commun.
I Portetable
1Bouteillier du Chambellan.
Lavandier de Panneterie commun.
6Pages du Roi.
Ecurie.
6Grands Valets de pied.
5 Petits .
2Cochers.
2l'oftillons.
2 Fouriers.
Maître Palfrenier.
sGarçons d'attelages.
6Aides aux chevaux de Selle.
I Maréchal.
1 Charron.
• Bourlier- Sellier.
2Muletiers.
aPorteurs.
frontiere d'Espagne recevoir Madame la
U
Dauphine.
Ne Dame d'honneur , Madame la Ducheſſe
3Dames de Compagnies.
Mad la Ducheſſe de
deBrancas.
Caumont.
Mad. la Marquiſe du Roure.
Mad. la Marquiſe de Pons.
Une premiere femme de Chambre , la Dame de
4 Autres .
Une Coëffeufe .
Une Blanchiſſeuſe ou Empeſcuſe.
Une fille de Garderobe.
Four.
NOVEMBRE. 1744.
195
LeChevalier d'honneur de la Princeſſe , M. le Marquis
de la Farre.
Le premier Ecuyer , M. le Comte de Rubempré.
1
Un Sécretaire du Cabinet ,
M. de Verneuil.
Un Maître des Cérémonies ,
M. Delgranges.
Un Ecuyer du Roi ,
M. de la Rivoyre.
Chapelle.
:
M. l'Abbé Daydie , Aumônier.
Un Chapelain , M. l'Abbé Paigné.
Un Clerc de Chapelle , M. l'Abbé de la Vallée,
Un Sommier.
Faculté.
Le Médecin ordinaire du Roi ,
M. Marcor.
Un Chirurgien.
UnApotiquaire .
Un Aide-Apotiquaite.
Chambre & Garderobe.
2Huiffiersde la Chambre du Roi.
Id.
Id
Garçons de la Chambre de Madame la Dauphine.
2 Valetsde Chambre ,
2 Valets de Garderobe ,
I Portemanteau du Roi.
2 Valets de Chambre Tapiſſiers ,
2 Portemeubles ,
2 Portefaix ,
Gardes du Corps.
rd
Id.
Id.
Un Chefde Brigade ,
Deux Exempts.
Deux Brigadiers.
Deux Sous-Brigadiers.
soGardes.
M. le Bailly de S. André
Lij
I196 MERCURE DE FRANCE.
1Trompette.
zClerc du Guet.
Maréchal ferrant.
Cent Suiffes.
xFourier.
■Caporal.
12Suiffes.
Gardesde la Porte,
Lieutenant.
4Gardes.
Prévôté de l'Hôtel,
2Officiers.
4Gardes.
Maréchaux&Fouriers,
2Maréchaux.
8Fouriers,
Officiers pour le traitement.
Le Maître d'Hôtel ordinaire du Roi , M. le Mar
Contrôleur Clerc d'Office.
quis deCoulanges,
Commis du Contrôleur Général.
Commis de la Chambre aux deniers.
2Gentilshommes ſervans.
Waguemestre.
Aide Waguemeſtre.
Sous Aide Waguemestre.
Huiſſierde Sale.
Chefs de Panncteric.
Aide.
Bouche.
■Sommier,
i
NOVEMBRE. 1744. 197
' Chefd'Echanſonnerie , bouche.
1 Ayde.
2Sommiers.
Garde vaifſſelle , gobelet .
Lavandier de Panneterie , bouche.
2Ecuyers de la bouche.
1 Maître Queux.
1Hâteur.
1 Potager.
2Enfans deCuiſine.
Patiffier.
I Porteur.
Huiffier.
z Avertiſſeur.
■ Sommier du garde manger.
1 Sommier des broches.
Garde vaiſſelle , bouche.
Grand Commun
Chef de Panneteric.
1Aide.
1 Sommier,
2Chefs d'Echanſonnerie.
1Aide.
2 Sommiers.
2Ecuyers de Cuiſine , Commun.
2 Maîtres Queux .
■ Hâteur.
• Potager.
• Patiffier.
1 Garde vaiſſelle extraordinaire.
1 Verdurier.
1 Huiffier.
2 Enfans de Cuiſine .
2 Porteurs .
Sommier du garde-manger.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
1 Sommier des broches.
■ Falotier.
2 Huiffiers du Bureau.
3 Chefs de Fruiterie.
2Aides.
2 Sommiers.
Chef de Fouriere.
■Aide.
I Lavandier de Cuiſine , bouche & commun.
I Portetable
1Bouteillier du Chambellan.
Lavandier de Panneterie commun.
6Pages du Roi.
Ecurie.
6Grands Valets de pied.
5 Petits .
2Cochers.
2l'oftillons.
2 Fouriers.
Maître Palfrenier.
sGarçons d'attelages.
6Aides aux chevaux de Selle.
I Maréchal.
1 Charron.
• Bourlier- Sellier.
2Muletiers.
aPorteurs.
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Résumé : ETAT des personnes qui sont allées sur la frontiere d'Espagne recevoir Madame la Dauphine.
En novembre 1744, une liste détaillée du personnel chargé d'accueillir Madame la Dauphine à la frontière d'Espagne a été établie. Cette liste inclut divers rôles et fonctions au sein de la maison de la Dauphine et de la cour. Les membres notables comprennent Madame la Duchesse d'honneur, la Duchesse de Brancas, la Marquise du Roure, et la Marquise de Pons. Le personnel se compose de dames de compagnie, femmes de chambre, une coiffeuse, une blanchisseuse, et une fille de garde-robe. Les fonctions cérémonielles et administratives sont assurées par le Chevalier d'honneur, le premier Écuyer, un secrétaire du cabinet, un maître des cérémonies, et un écuyer du roi. La chapelle est représentée par un aumônier, un chapelain, et un clerc. Les services médicaux incluent un médecin, un chirurgien, un apothicaire, et un aide-apothicaire. La chambre et la garde-robe sont supervisées par des huissiers, garçons de chambre, valets, et porte-manteaux. La sécurité est assurée par des gardes du corps, exempts, brigadiers, et sous-brigadiers. D'autres rôles incluent des maréchaux, fouriers, gentilshommes servants, et divers officiers pour le traitement. La cuisine et la panneterie comptent plusieurs chefs, aides, sommiers, et autres personnels spécialisés. L'écurie comprend des valets de pied, cochers, palefreniers, et maréchaux.
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5584
p. 199-203
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
Début :
MON Cousin, le moment que j'attendois avec tant d'impatience est arrivé, où je puis [...]
Mots clefs :
Dieu, Paris, Roi, Fribourg-en-Brisgau, Sujets, Gloire, Bonté, Actions de grâces, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
COPIE de la Lettre du Roi écrite à Mon
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
Seigneur l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le TE DEUM en Actions de
graces des heureux ſuccès de la Campagne
du Roi , & en particulier de la Priſedé la
Villede Fribourg.
MOnOn Cousin , le moment que j'attendois
avec tant d'impatience eſt arrivé , où je puis
rendre à Dieu , au milieu de tout mon Peuple ,les
Actions de graces que nous lui devons pour les
bienfaits dont il nous a comblé . Il lui a plú de ſeconder
mes efforts & de me faire triompher à la
tête de mes Armées : il a daigné récompenfer l'amour
que je porte à mes Sujets , & couronner , par
des ſuccès , le déſir que j'avois de contribuer moimême
à leur ſureté & à leur gloire. Mes Conquêzes
en Flandres ont été auſſi rapides qu'elles
étoient importantes ; nul effort n'a été vain. Enfin
mes ennemis déconcertés , reconnoiſſant leur foibleſſe
, n'oſant pas ſe préſenter à force ouverte , &
croyant au moins pouvoir entreprendre aux lieux où
je n'étois pas , ont ſurpris des paſſages pour pénétrer
dans mes Etats , mais la valeur de mes Troupes
m'a donné le tems de voler à leur ſecours. Ni
le regret d'interrompre mes Conquêtes , ni l'éloignement
des lieux ne m'ont point retenu , & Dieu
qui m'en donnoit la force &la volonté , paroiſſoit
approuver mes deſſeins. Si alors ſa grace toute-puiffante
a paru m'abandonner un moment ; fi après
m'avoir protegé dans des entrepriſes difficiles , il a
voulu me faire voir la mort ailleurs que dans les
I iiij
200 MERCURE DE FRANCE.
ま
dangers , ce moment d'allarme n'a ſervi qu'à me
faire ſentir plus vivement l'excès de fa bonté , &
j'ai reconnu qu'il ne m'avoit mis à cette épreuve ,
que pour m'accorder la faveur la plus touchante
qui puiſſe être pour un Roi. Sa Providence a voulu
que je jouiffe de tout l'amour de mes Sujets ,
ſans que les marques en fuſſent ſuſpectes , & que
me ſurvivant àmoi -même , je viſſe les regrets que
je laiſſfois après moi : voilà de tous ſes dons , unde
ceux qui m'a le plus touché. Ce Dieu qui lit dans
moncoeur , ſçait combien le prix d'être aimé , y
prévaut ſur un vain défir de gloire , qui coûteroit
trop à mes Sujets. Que fa bonté daigne achever
fon ouvrage , que ce ne ſoit pas vainement que
monPeuple me ſoit cher ; que ſa protection me
fourniſſe les moyens de rendre ce Peuple heureux
par la Paix , & que mes Victoires ne me ſervent
qu'à éteindre pour jamais dans mes ennemis , la
moindre eſpérance de pouvoir me nuire. La priſe
de Fribourg dont je viens de me rendre maître pour
l'Empereur mon Frere , les places de l'Autriche
'Antérieure que je lui ai ſoumiſes , tout acheve de
les convaincre , que les efforts les plus grands ne
peuvent rien contre une Armée que Dieu protége
viſiblement. Qu'ils entendent donc la voix du
Très-Haut ; qu'ils ſe laſſent des maux de leurs
Pays , s'ils ne font pas touchés de ceux de l'Europe;
qu'ils ſe ſouviennent que la France , en poffeffion
de défendre les Souverains opprimés , n'a jamais
foutenu que des cauſes juſtes , & qu'ils soient
enfin convaincus , qu'une Nation guerriere , qui
n'a qu'une langue & qu'un coeur , qui aime fon
Maître autant qu'elle en eſt aimée , & qui combat
pour l'équité, doit tôt ou tard ,par la Miféricorde de
Dieu, triompher de tous ſes ennemis. Pénétré de plus
en plus de tout ce que je dois à ſa divine bonté,je
NOVEMBRE. 1744. 201
,
ne puis que lui en redoubler mes Actions de graces
,& je vous écris cette Lettre pour vous dire
que mon intention eſt , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans votre Egliſe Métropolitaine & autres
de votre Diocèſe , avec les ſolemnités requiſes , au
jour & à l'heure que leGrand Maître , ou le Maître
des Cérémonies vous dira de ma part , & que
vousy invitiez tous ceux qu'il conviendra d'y affifter
: ſur ee , je prie Dieu , qu'il vous ait , mon
Couſin, en ſa fainte & digne garde. Ecrit à Verſailles
le vingt- un Novembre mil ſept cent quarantequatre.
Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHILYPEAUX.
Et au dos est écrit : A mon Coufin l'Archevêque
de Paris , Duc de Saint Cloud , Pair de France ,
Commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit.
:
M. l'Archevêque de Paris , donna ſon Mandement
en conféquence , dont la teneur fuit.
CHARLES - GASPARD - GUILLAUM
DE VINTIMILLE , & C.
Pourrions nous ne pas regarder comme un effet
fenſible de la protection du Ciel , cette ſuite d'événemens
avantageux , qui , depuis que le Roi s'eſt
rendu à la tête de ſes Troupes , ont relevé la gloire
de ſes. Armes , & entre lesquels l'un des plus importans
eſt la priſe de la Villede Fribourg , & des
Forts quila comunandent.
Le premier ſoin de Sa Majesté au retour de ſes
expéditions , a été de remercier le Dieu des Armées
des lecours qu'il en a reçus , & de lui rendre ſes
voeux devant tout son Peuple , dans ce Temple Augufte
, où l'on a offert tant de Sacrifices pour le
ſuccèsde ſes entrepriſes , au milien de cette Capitale
,comme dans le lieu le plus propre pour faire
éclater les ſentimensde Religion & de gratitude .
dont fon coeur étoit pénétré.
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Aujourd'hui ce même Monarque , par laLettre
que nous vous communiquons , & qui ſera à jamais
un monument précieux de ſa piété envers
Dieu & de ſa tendreſſe pour ſes Sujets , nous ordonne
de rendre de notre part au Très- Haut de ſolemnelles
Actions de graces pour les différentes faveurs
dont il l'a comblé , & en particulier pour l'innportante
conquête que ce Prince , revenu à peine
des portes de la mort , a entrepriſe avec tant de
courage , & qui a ſignalé glorieuſementla fin de fa
campagne.
Animés par un exemple fi édifiant , ſoumis àdes
ordres ſi reſpectables , faiſons retentir le lieu Saint
duchantde ces Cantiques conſacrés par l'Eglife à
la reconnoiſſance des bienfais que Dieu répand fur
nous : allons aux pieds des Autels faire à celui que
nous y adorons , l'hommagé de nos proſpérités &
denos triomphes : reconnoffons que nous en fommes
redevables à ſa main bienfaiſante , & loin de
les attribuer uniquement à l'induſtrie & au courage
de l'homme , écrions- nous avec cette multitude
d'Eſprits Célestes , qui environnent le Trône de
l'Agneau : A notre Dieu , Bénédiction , Gloire , Sageffe,
Actions de graces , honneur , Puissance& force
dans les fiécles des fiécles.
,
Après l'avoir remercié de ce que ſa divine bonté
a fait pour nous , prions-le de nous donner de nouvelles
preuves de ſa protection en calmant les
troubles dont l'Europe eſt agitée , & en nous rendant
un bien que nous avons long-tems poſſédé ,
fans en connoître affés le prix : demandons lui qu'il
diffſipe les jaloufies & les défiances qui ont enfanté
les cruelles diviſions d'où naiſſent chaque jour
nant de malheurs & de défordres : conjurons- le
d'éloigner de nos Frontiéres l'un des plus redoutables
fléaux de ſa colere ; de briſer dan de mettre exz
NOVEMBRE. 1744. 203
pièces , ou du moins de rendre inutiles ces Armes
meurtrieres , que les hommes ont inventées pour
leur mutuelle deſtruction .
Puiffions-nous , par une heureuſe réunion des
Puiſſances diviſées , jouir dans peu du fruit de nos
Prieres , voir bien-tôt ſuccéder aux horreurs d'une
Guerre ſanglante , les douceurs de la Paix , & n'avoir
plus que des voeux à former en faveur de ceux ,
contrequi nous implorons avec ardeur l'aſſiſtance
duCiel!
A ces cauſes , après en avoir conferé avec nos
vénérables Freres les Doyen , Chanoines & Chapi--
tre de notre Egliſe Métropolitaine , Nous ordonnons
: que le Te Deum , avec le Verſet , Benedica
mus Patrem & Filium , &c . & l'Oraiſon Pro gratiarum
actione ; l'Antienne Domine ſalvum fac Regem
, &c. le Verſet Fiat manus tua , &c. & l'Oraifon
Pro Rege or ejus Exercitu , ſera chanté Mercredi
prochain deux du préſent mois de Décembre , dans
notredite Eglife , en actions de graces des heureux
ſuccès de la Campagne du Roi , & en particulier de
la priſe de la Ville & des Forts de Fribourg. Que
Dimanche fix du même mois , il fera pareillement
chanté dans toutes les Abbayes, Chapitres, Paroif
fes & Communautés Séculieres& Régulieres de la
Ville& des Fauxbourgs de Paris ; & le Dimanche
qui ſuivra la réception de notre préſent Mandement
, dans toutes les autres Egliſes de notre Dio
cèſe. Si vous mandons , que ces Préſentes vous
ayez à notifier à tous Abbés , Prieurs , Curés , Su
perieurs & Superieures des Communautés exemp
res& non exemptes , à ce qu'ils n'en ignorent
Donné à Paris en notre Palais Archiepifcopal , le
premier Décembre mil ſept cent quarante- quatre..
Signé CHARLES , Archevêque de Paris,
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Résumé : COPIE de la Lettre du Roi écrite à Monseigneur l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le TE DEUM en Actions de graces des heureux succès de la Campagne du Roi, & en particulier de la Prise de la Ville de Fribourg.
En novembre 1744, le roi de France envoie une lettre à l'archevêque de Paris pour ordonner le chant du Te Deum afin de célébrer les récentes victoires militaires, notamment la prise de la ville de Fribourg. Le roi exprime sa reconnaissance envers Dieu pour son soutien et sa protection durant les campagnes en Flandres, où les troupes royales ont réussi à repousser les attaques ennemies. Il souligne un incident où il a échappé à la mort, qu'il interprète comme une manifestation de la bienveillance divine. Le souverain souhaite que Dieu continue de protéger la France et de garantir la paix et le bonheur du peuple français. Les succès obtenus en Autriche antérieure, incluant la prise de Fribourg, sont vus comme des signes de la protection divine. L'archevêque de Paris est donc chargé d'organiser des prières et des chants de gratitude, notamment le Te Deum, dans les églises du diocèse. Ces cérémonies doivent se dérouler le 2 décembre à la cathédrale, le 6 décembre dans les abbayes et paroisses de Paris, et le dimanche suivant dans tout le diocèse. Le document appelle également à une paix durable et à l'union des puissances divisées en Europe.
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5584
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p. 204
MANDEMENT de M. le Cardinal de Tencin, Archevêque & Comte de Lyon pour faire chanter le Te Deum, en Actions de graces de la prise de Fribourg.
Début :
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN, &c. Vous voyez, mes très chers Feres, dans la Lettre [...]
Mots clefs :
Roi, Gloire, Convalescence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de M. le Cardinal de Tencin, Archevêque & Comte de Lyon pour faire chanter le Te Deum, en Actions de graces de la prise de Fribourg.
MANDEMENT de M. le Cardinal de
Tencin , Archevêque &Comte de Lyon
pour faire chanter le Te Deum , en Astions
degraces de la prisede Fribourg.
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN ,
1
Vous voyez , mes très chers Freres , dans la Lettre
que le Roi nous a fait l'honneur de nous adreſfer
, les motifs de la reconnoiſſance que vous devez
au Seigneur pour les ſuccès de la Compagne de Sa
Majefté , & en particulier pour la priſede Fribourg
qui l'a fi avantageuſement terminée ; mais ce qui
doit vous rendre cette Conquête plus chere & plus
précieuſe encore , c'eſt la nouvelle gloire dont elle
couvre le Roi , & la nouvelle preuve qu'elle fournit
de ſon amour pour ſon Peuple. Elle est l'ouvrage
des premiers momens de fa convalefcence. A
peine échappé , comme par miracle , de la inaladie
Ja plus dangereuſe , il s'eft hâté de reprendre les
Javaux qu'elle avoit interrompus , & de courir à
de nouveaux dangers. Touché des marques fi
vrayes que ſes Sujets lui ont données de leur tendreſſe
, il a voulu la mériter , pour ainſi dire , encore
davantage , & les en récompenfer. Qu'elle croifſe
donc auffi encore , s'il eſt poſſible , cette tendreffepour
un Monarque qui en eſt fi digne , dès
qu'il en fait fon bonheur& fa gloire ! A ces caufes
, &c.
Tencin , Archevêque &Comte de Lyon
pour faire chanter le Te Deum , en Astions
degraces de la prisede Fribourg.
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN ,
1
Vous voyez , mes très chers Freres , dans la Lettre
que le Roi nous a fait l'honneur de nous adreſfer
, les motifs de la reconnoiſſance que vous devez
au Seigneur pour les ſuccès de la Compagne de Sa
Majefté , & en particulier pour la priſede Fribourg
qui l'a fi avantageuſement terminée ; mais ce qui
doit vous rendre cette Conquête plus chere & plus
précieuſe encore , c'eſt la nouvelle gloire dont elle
couvre le Roi , & la nouvelle preuve qu'elle fournit
de ſon amour pour ſon Peuple. Elle est l'ouvrage
des premiers momens de fa convalefcence. A
peine échappé , comme par miracle , de la inaladie
Ja plus dangereuſe , il s'eft hâté de reprendre les
Javaux qu'elle avoit interrompus , & de courir à
de nouveaux dangers. Touché des marques fi
vrayes que ſes Sujets lui ont données de leur tendreſſe
, il a voulu la mériter , pour ainſi dire , encore
davantage , & les en récompenfer. Qu'elle croifſe
donc auffi encore , s'il eſt poſſible , cette tendreffepour
un Monarque qui en eſt fi digne , dès
qu'il en fait fon bonheur& fa gloire ! A ces caufes
, &c.
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Résumé : MANDEMENT de M. le Cardinal de Tencin, Archevêque & Comte de Lyon pour faire chanter le Te Deum, en Actions de graces de la prise de Fribourg.
Le cardinal de Tencin, archevêque et comte de Lyon, publie un mandement pour célébrer la prise de Fribourg par les troupes royales. Il invite les fidèles à exprimer leur reconnaissance envers Dieu pour les succès militaires du roi, soulignant que cette victoire marque la fin avantageuse d'une campagne. La prise de Fribourg est particulièrement significative car elle reflète la gloire du roi et son amour pour son peuple. Le roi, récemment rétabli d'une grave maladie, a rapidement repris les opérations militaires, prouvant ainsi son dévouement et sa bravoure. Ému par l'affection de ses sujets, il aspire à la mériter davantage et à les récompenser. Le cardinal appelle donc à renforcer la tendresse et la loyauté envers un monarque soucieux du bonheur et de la gloire de son peuple.
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5586
p. 205-207
MORTS.
Début :
LE 7 Septembre, D. Anne Marie-Thérese Spinola, née Princesse du S. Empire & Epouse de [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Paris, Régiment, Roi, Madame d'Estouteville
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
L E7 Septembre , D. Anne Marie-Théreſe Spinola,
née Princeſe du S. Empire & Epouse de
M. Paul-Edouard d'Eſtouteville , en poffſeſſion des
nom & titre de Duc d'Eſtouteville en vertu de la
Charte d'Erection de ce Duché par François I. en
1534 , ci -devant Mestre de Camp Lieutenant dur
Régiment du Roi Dragons , & actuellement Maréchal
des Camps & armées de S. M. & c. mourut
à Paris , & fut tranſportée le 9 de la Paroiſſe de S..
Sulpice en celle de S. Eustache , pour y être inhumée
dans la Chapelle de Colbert & au tombeau de
M. Colbert Miniſtre d'Etat , ayeul paternel de M.
d'Eſtouteville , de qui elle ne laiſſe point d'enfans.
Madame d'Eſtouteville avoit été mariée le 25 Juin
1714 , & étoit âgée de 58 ans. Elle étoit foeur cadetre
de feuë Madame la Duchefſe de Nevers ,
morte le II Janvier 1738 , & comme elle fille de
Jean- Baptiste Spinola , Prince du S. Empire & de
Vergagne dans l'Etat de Génes ,Grand d'Eſpagne
de la premiereClaſſe , Lieutenant Général des armées
de S. M. Catholique , &c. & de D. Françoiſe
Corerel du Bois de Leſſines .
-
Si l'on veut s'inſtruire plus particulierement de
cequi regarde la Généalogie de Mad. d'Eſtouteville&
de la feuë Ducheſſe de Nevers , on peut
voir 1º . l'Hiſtoire de la Maiſon Spinola , donnée
au Public en 1696 , par le Pere Maximilien Déza:
2º. l'Ouvrage d'Augustin Franzone Chevalier Génois
, ſur les vingt-huit premieres Maiſons de la
République de Genes , à la tête deſquelles il mer
206 MERCURE DE FRANCE,
celle de Spinola :& 3 °. l'Abregé Manuſcrit de la
Généalogie de çette même Maiſon dreffée ſur titres
par Lucas Salazar Chronologiſte du Roi d'Eſpagne,
Conſeiller au Confeil des Ordres Militaires , Commandeur
de Calatrava.
LeMarquis de Leuville , fils du Lieutenant Généxal
de cenom , & neveu du Bailly de Givri , mort
ilyaquelque tems à Embrun des bleſſures qu'il a
reçûës à l'attaque duChâteau Dauphin , a été tué
par un Parti de Vaudois , en allant joindre les troupes
commandées par le Prince deConty.
Jean Baptiste Du Tillet ,
Conſeiller d'honneur
au Parlement de Paris , & cy-devant Prédent
d'une des Chambres des Enquêtes , mourut à
Paris le huit , âgé de 59 ans.
Mre Jean Bouhier , Ancien Evêque de Dijon ,
mourut dans ce Diocèſe le quinze , âgé de près de
79 ans ; il avoit été le premier Evêque de cette Capitale
de la Bourgogne .
Charles Marquis de Ste Maure , Vice Amiral
du Levant , Grand Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 23 , âgé de 92
ans.
, Jerôme Auguſtin Boiſſel de Darville Brigadier
des armées de France , & Gouverneur de la
Ville de Roye , mourut à Paris le même jour dans
ſa ſoixante& quatrième année.
Madame de France , fixieme Fille du Roi , mourut
à l'Abbaye de Fontevrault le 28 , âgée de huit
ans, 4 mois & 12.jours ; elle étoit née à Verſailles
le 16 Mai 1736 .
Dame Marie Claude Cahouet de Beauvais , épouſe
du Comte de Chabanes , Lieutenant Général des
armées du Roi , Lieutenant Colonel du Régiment
des Gardes Françoiſes , & Grand Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut à Paris le
29 , âgée de so ans..
NOVEMBRE. 1744. 207
K
M. de Solemi , Brigadier & Lieutenant Colone
du Régiment de Cavalerie de Conty , a été tué en
Italie , en marchant ſur les traces de ſon Prince, au
Combat donné près du Convent de la Madonna
del Ulmo .
Le Marquis de Benſe, Capitaine dans le Régiment
de Dragons du Roi , a été tué à l'attaque du fort
de Rhinfeldt , ſur le Rhin , emporté par les troupes
commandées par le Chevalier de Belle-Ifle .
Le Chevalierde Courtomer & le Marquis d'Avernes,
tous deux Lieutenans au Régiment des Gardes
Françoiſes , ont été tués en ſignalant leur valeur au
Siége de Fribourg .
Mre Leon de Beaumont , Evêque de Saintes , &
Prieur de S. Etienne de Mortagne , mourut dans.
ſon Diocèſe le 10 Octobre , âgé d'environ 93 ans.
M. de Boëhmer , Miniſtre du Landgrave de Heffe
Darmſtadt , mourut les Novembre dans la ss. an
néede ſonâge.
L E7 Septembre , D. Anne Marie-Théreſe Spinola,
née Princeſe du S. Empire & Epouse de
M. Paul-Edouard d'Eſtouteville , en poffſeſſion des
nom & titre de Duc d'Eſtouteville en vertu de la
Charte d'Erection de ce Duché par François I. en
1534 , ci -devant Mestre de Camp Lieutenant dur
Régiment du Roi Dragons , & actuellement Maréchal
des Camps & armées de S. M. & c. mourut
à Paris , & fut tranſportée le 9 de la Paroiſſe de S..
Sulpice en celle de S. Eustache , pour y être inhumée
dans la Chapelle de Colbert & au tombeau de
M. Colbert Miniſtre d'Etat , ayeul paternel de M.
d'Eſtouteville , de qui elle ne laiſſe point d'enfans.
Madame d'Eſtouteville avoit été mariée le 25 Juin
1714 , & étoit âgée de 58 ans. Elle étoit foeur cadetre
de feuë Madame la Duchefſe de Nevers ,
morte le II Janvier 1738 , & comme elle fille de
Jean- Baptiste Spinola , Prince du S. Empire & de
Vergagne dans l'Etat de Génes ,Grand d'Eſpagne
de la premiereClaſſe , Lieutenant Général des armées
de S. M. Catholique , &c. & de D. Françoiſe
Corerel du Bois de Leſſines .
-
Si l'on veut s'inſtruire plus particulierement de
cequi regarde la Généalogie de Mad. d'Eſtouteville&
de la feuë Ducheſſe de Nevers , on peut
voir 1º . l'Hiſtoire de la Maiſon Spinola , donnée
au Public en 1696 , par le Pere Maximilien Déza:
2º. l'Ouvrage d'Augustin Franzone Chevalier Génois
, ſur les vingt-huit premieres Maiſons de la
République de Genes , à la tête deſquelles il mer
206 MERCURE DE FRANCE,
celle de Spinola :& 3 °. l'Abregé Manuſcrit de la
Généalogie de çette même Maiſon dreffée ſur titres
par Lucas Salazar Chronologiſte du Roi d'Eſpagne,
Conſeiller au Confeil des Ordres Militaires , Commandeur
de Calatrava.
LeMarquis de Leuville , fils du Lieutenant Généxal
de cenom , & neveu du Bailly de Givri , mort
ilyaquelque tems à Embrun des bleſſures qu'il a
reçûës à l'attaque duChâteau Dauphin , a été tué
par un Parti de Vaudois , en allant joindre les troupes
commandées par le Prince deConty.
Jean Baptiste Du Tillet ,
Conſeiller d'honneur
au Parlement de Paris , & cy-devant Prédent
d'une des Chambres des Enquêtes , mourut à
Paris le huit , âgé de 59 ans.
Mre Jean Bouhier , Ancien Evêque de Dijon ,
mourut dans ce Diocèſe le quinze , âgé de près de
79 ans ; il avoit été le premier Evêque de cette Capitale
de la Bourgogne .
Charles Marquis de Ste Maure , Vice Amiral
du Levant , Grand Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de S. Louis , mourut à Paris le 23 , âgé de 92
ans.
, Jerôme Auguſtin Boiſſel de Darville Brigadier
des armées de France , & Gouverneur de la
Ville de Roye , mourut à Paris le même jour dans
ſa ſoixante& quatrième année.
Madame de France , fixieme Fille du Roi , mourut
à l'Abbaye de Fontevrault le 28 , âgée de huit
ans, 4 mois & 12.jours ; elle étoit née à Verſailles
le 16 Mai 1736 .
Dame Marie Claude Cahouet de Beauvais , épouſe
du Comte de Chabanes , Lieutenant Général des
armées du Roi , Lieutenant Colonel du Régiment
des Gardes Françoiſes , & Grand Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , mourut à Paris le
29 , âgée de so ans..
NOVEMBRE. 1744. 207
K
M. de Solemi , Brigadier & Lieutenant Colone
du Régiment de Cavalerie de Conty , a été tué en
Italie , en marchant ſur les traces de ſon Prince, au
Combat donné près du Convent de la Madonna
del Ulmo .
Le Marquis de Benſe, Capitaine dans le Régiment
de Dragons du Roi , a été tué à l'attaque du fort
de Rhinfeldt , ſur le Rhin , emporté par les troupes
commandées par le Chevalier de Belle-Ifle .
Le Chevalierde Courtomer & le Marquis d'Avernes,
tous deux Lieutenans au Régiment des Gardes
Françoiſes , ont été tués en ſignalant leur valeur au
Siége de Fribourg .
Mre Leon de Beaumont , Evêque de Saintes , &
Prieur de S. Etienne de Mortagne , mourut dans.
ſon Diocèſe le 10 Octobre , âgé d'environ 93 ans.
M. de Boëhmer , Miniſtre du Landgrave de Heffe
Darmſtadt , mourut les Novembre dans la ss. an
néede ſonâge.
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Résumé : MORTS.
En septembre et octobre 1744, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le 7 septembre, Dame Anne Marie-Thérèse Spinola, épouse du Duc d'Estouteville, est décédée à Paris à 58 ans. Elle était la sœur cadette de la Duchesse de Nevers et a été inhumée dans la chapelle de Colbert. Le Marquis de Leuville a été tué par des Vaudois. Jean-Baptiste Du Tillet, Conseiller d'honneur au Parlement de Paris, est mort le 8 septembre à 59 ans. Monseigneur Jean Bouhier, ancien Évêque de Dijon, est décédé à près de 79 ans. Charles Marquis de Sainte-Maure, Vice-Amiral du Levant, et Jérôme Augustin Boissel de Darville, Brigadier des armées de France, sont morts à Paris le 23 septembre, respectivement à 92 et 64 ans. Madame de France, sixième fille du Roi, est décédée à l'Abbaye de Fontevrault le 28 septembre à 8 ans, 4 mois et 12 jours. Dame Marie Claude Cahouet de Beauvais, épouse du Comte de Chabanes, est morte à Paris le 29 septembre à 50 ans. En novembre, M. de Solemi est mort en Italie, le Marquis de Bense lors de l'attaque du fort de Rhinfeldt, et les Lieutenants Courtomer et d'Avernes au siège de Fribourg. Monseigneur Léon de Beaumont, Évêque de Saintes, est décédé dans son diocèse le 10 octobre.
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5587
s. p.
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES en Vers & en Prose. Imitation de l'Ode vingt-uniéme du troisiéme [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE .
P
Profe IECES FUGITIVES GITIVES en Vers&en
Imitation del'Ode vingt-uniéme du troifiéme
Livre d'Horace , O nata me cum Confule Manlio
, 3
Effai fur la Vie & les Ouvrages de M. Rigaud ,
&c. 6
Épitre à M. de Voltaire , II
Réponſe du P. Texte ſur l'Angelus, 16
L'Ami parfait , 24
Expériences de Phyſique , 31
Imitation de l'Ode troifieme du ſecond Livre d'Horace
, Æquam memento , &c. 34
Nouvelle découverte ſur les Notes des Abbreviations,
36
Stances fur l'Air d'Iſſe , les doux Plaiſirs ,&c. 45
Lebaifer , 46
Vers à M. de Voltaire , ibid.
Séance publique de l'Académie des Sciences , Extrait
, 47
Epitre à M. Bouguer , &c .
81
Manuscrit traduitde l'Arabe par M. Jacques , ٢
-Nouvelle Epitre au Roi par M. de Voltaire , 114
Huitain ſur Louis le Bien- aimé , 116
Epitre au Roi , 117
Extrait d'un Ecrit intitulé , Refutations , &c . 120
Explication de PEnigme & du Logogryphe de Novembre
, premier Volume ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanſon notée ,
130
131
132
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS , & c.
Voyages du Capitaine Lade , Extrait , 133
Diflertations ſur la Fondation de Marſeille , Ex
trait , 143
Voyages & Avantures du Comte de , &c.
Mémoires de Melvil ,
149
ibid.
Les Eléinens de la Médecine Pratique, ibid.
Nouveau Livre d'Ecriture , 150
Ouverture du Collége Royal , ISI
Eſtampes nouvelles , 152
Effence Ballamique , ibid.
Spectacles , 154
Nouvelles Etrangeres , Turquie , Ruffie , Pruffe ,
163
Allemagne , 165
Saxe ,
167
Hambourg ,
171
Pologne ,
174
Francfort , Baviere , 175
Italie 177
Eſpagne ,
178
Génes & Iſle de Corſe , 179
GrandeBretagne ,
180
Flandre , ISI
Morts des Pays Etrangers . 182
Fête donnée à Malte par le Chevalier de Caylus,
184
Complimens adreſſés au Roi , à la Reine , &c.
192
Etat des perſonnes qui ſont allées recevoir Madame
la Dauphine , 194
Lettre du Roi à M. l'Archevêque de Paris & fon
Mandement en conféquence , 199
Mandement du Cardinal de Tencin , 204
Morts, 205
Bréver & Privilege du Roi pour leMercure.
P
Profe IECES FUGITIVES GITIVES en Vers&en
Imitation del'Ode vingt-uniéme du troifiéme
Livre d'Horace , O nata me cum Confule Manlio
, 3
Effai fur la Vie & les Ouvrages de M. Rigaud ,
&c. 6
Épitre à M. de Voltaire , II
Réponſe du P. Texte ſur l'Angelus, 16
L'Ami parfait , 24
Expériences de Phyſique , 31
Imitation de l'Ode troifieme du ſecond Livre d'Horace
, Æquam memento , &c. 34
Nouvelle découverte ſur les Notes des Abbreviations,
36
Stances fur l'Air d'Iſſe , les doux Plaiſirs ,&c. 45
Lebaifer , 46
Vers à M. de Voltaire , ibid.
Séance publique de l'Académie des Sciences , Extrait
, 47
Epitre à M. Bouguer , &c .
81
Manuscrit traduitde l'Arabe par M. Jacques , ٢
-Nouvelle Epitre au Roi par M. de Voltaire , 114
Huitain ſur Louis le Bien- aimé , 116
Epitre au Roi , 117
Extrait d'un Ecrit intitulé , Refutations , &c . 120
Explication de PEnigme & du Logogryphe de Novembre
, premier Volume ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanſon notée ,
130
131
132
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS , & c.
Voyages du Capitaine Lade , Extrait , 133
Diflertations ſur la Fondation de Marſeille , Ex
trait , 143
Voyages & Avantures du Comte de , &c.
Mémoires de Melvil ,
149
ibid.
Les Eléinens de la Médecine Pratique, ibid.
Nouveau Livre d'Ecriture , 150
Ouverture du Collége Royal , ISI
Eſtampes nouvelles , 152
Effence Ballamique , ibid.
Spectacles , 154
Nouvelles Etrangeres , Turquie , Ruffie , Pruffe ,
163
Allemagne , 165
Saxe ,
167
Hambourg ,
171
Pologne ,
174
Francfort , Baviere , 175
Italie 177
Eſpagne ,
178
Génes & Iſle de Corſe , 179
GrandeBretagne ,
180
Flandre , ISI
Morts des Pays Etrangers . 182
Fête donnée à Malte par le Chevalier de Caylus,
184
Complimens adreſſés au Roi , à la Reine , &c.
192
Etat des perſonnes qui ſont allées recevoir Madame
la Dauphine , 194
Lettre du Roi à M. l'Archevêque de Paris & fon
Mandement en conféquence , 199
Mandement du Cardinal de Tencin , 204
Morts, 205
Bréver & Privilege du Roi pour leMercure.
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'une publication littéraire et scientifique. Elle inclut divers genres littéraires tels que des poèmes, des épîtres, des extraits de séances académiques et des traductions. Parmi les œuvres notables figurent des imitations des odes d'Horace, des expériences de physique, des stances et des lettres adressées à des personnalités comme Voltaire et le roi. La section 'Nouvelles Littéraires, des Beaux-Arts, etc.' contient des extraits de voyages, des mémoires, des discussions sur la médecine et des comptes rendus de spectacles. Les nouvelles étrangères couvrent plusieurs pays européens, incluant la Turquie, la Russie, la Prusse, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne et la Flandre. Le document se conclut par des annonces de décès, des fêtes officielles et des correspondances royales, notamment une lettre du roi à l'archevêque de Paris et des mandements ecclésiastiques.
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5588
s. p.
Errata du premier Volume.
Début :
Page 2, ligne 4, à publier. lisez, à publier ! P. 12, l. 16, n'y, l. ni. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata du premier Volume.
Errata du premier Volume.
PAge 2, ligne4,
, à publier . liſez , à publier !
P. 12 , 1. 16 , n'y , l. ni .
P. 17 , 1. antepenultiéme , créance , l. croyance.
P. 20 , 1.3 , Stuard , l. Stuart.
P. 22 , 1. 2 , les Dominiquin,l. les Dominiquains.
P.31 , 1.2 , caprice ; l. caprice ,
Ibid. 1. 26 , doit , l. il doit.
P, 31 , 1.7 du bas , guai , l. gai.
P. 10 , 1
4
8, ces mots ſont compoſés , l. ce mot eft
compoſé.
P.50 , 19 , Pentiévre , l. Penthiévre.
:
P. 54, 1. 14 , Le Poiſſon , même qui s'élance , l. Le
Poiſſon même , qui s'élance .
P. 58 , 1. 14 , n'avoient , l. n'ont.
P. 65 , 1. 3 & 4 du bas , Prieur , l. Prieure. ec, l. ce
P. 93 , 1. 13 , ôtez la virgule après préfére.
P. 100 , 1.1 , Prddeſſeur ; 1. Prédéceſſeur.
P. 105 , 1. 14& 15 , rendues , 1. rendus.
PAge 2, ligne4,
, à publier . liſez , à publier !
P. 12 , 1. 16 , n'y , l. ni .
P. 17 , 1. antepenultiéme , créance , l. croyance.
P. 20 , 1.3 , Stuard , l. Stuart.
P. 22 , 1. 2 , les Dominiquin,l. les Dominiquains.
P.31 , 1.2 , caprice ; l. caprice ,
Ibid. 1. 26 , doit , l. il doit.
P, 31 , 1.7 du bas , guai , l. gai.
P. 10 , 1
4
8, ces mots ſont compoſés , l. ce mot eft
compoſé.
P.50 , 19 , Pentiévre , l. Penthiévre.
:
P. 54, 1. 14 , Le Poiſſon , même qui s'élance , l. Le
Poiſſon même , qui s'élance .
P. 58 , 1. 14 , n'avoient , l. n'ont.
P. 65 , 1. 3 & 4 du bas , Prieur , l. Prieure. ec, l. ce
P. 93 , 1. 13 , ôtez la virgule après préfére.
P. 100 , 1.1 , Prddeſſeur ; 1. Prédéceſſeur.
P. 105 , 1. 14& 15 , rendues , 1. rendus.
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Résumé : Errata du premier Volume.
Le document liste les errata du premier volume d'un ouvrage, corrigeant des erreurs typographiques et grammaticales. Par exemple, 'Stuard' devient 'Stuart' à la page 20, et 'les Dominiquin' devient 'les Dominiquains' à la page 22. Des ajustements de ponctuation et de genre sont également effectués, comme l'ajout d'une virgule à la page 93 et la correction de 'Prieur' en 'Prieure' à la page 65.
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5589
s. p.
BREVET qui accorde le Mercure de France aux Sieurs Fuselier & la Bruere.
Début :
AUJOURD'HUI trente-un Octobre mil sept cent quarante quatre, le Roi étant au [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Mercure de France, Brevet, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : BREVET qui accorde le Mercure de France aux Sieurs Fuselier & la Bruere.
BREVET qui accorde le Mercure de
France aux Sieurs Fuſelier & la Bruere..
A au
UJOURD'H UI trente-un Octobre mil
ſept cent quarante quatre , le Roi étant
Camp devant Fribourg , voulant que le Mercure
de France , que le défunt Sieur de la Roque compoſoit
tous les mois , foit continué avec toute l'attention
convenable à un Ouvrage auffi utile qu'ag
éable au Public. Sa Majesté bien informée des
talens & de la ſageſſe des Sieurs Louis Fuſelier
&Charles-Antoine le Clerc de la Bruere , les a
choiſis & nommés pour compoſer à l'avenir leMercure
de France excluſivement à tous autres , & ce
tant qu'il plaira à Sa Majesté , laquelle veut & ordonne
à cet effer que toutes Lettres de Privilege
leur en ſoient expédiées , aux conditions neanmoins
de ne pouvoir céder ni tranſporter leur
part dans ledit Privilege à quelque perſonne que ce
puifle être , l'intentionde Sa Majeſté étant que le
ſurvivant des deux en joüiffe en entier Veut en
outre Sa Majesté que leſdits Sieurs Fuzelier &
la Bruere partagent entre eux le travail pour la
compoſition dudit Ouvrage , & les émolumens
qui proviendront d'icelui par égale portion , le
tout à commencer au mois de Novembre prochain
, & pour aſſurance de ſa volonté , Sa Majesté
m'a commandé d'en expédier le préſent Brévet ,
qu'elle a ſigné de ſa main & fait contre- figner par
moi Confeiller , Sécretaire d'Etat & de ſes Commandemens
& Finances .
Signé LOUIS.
Et plus bas , PHELYPPEAUX
Et au dos eſt écrit :
Registré sur leRegiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris ,
Nº 394 , folio 233 , conformément aux anciensRoglemens
, confirmés par celui du 28 Février 1723 .
AParis le dixDécembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic.
France aux Sieurs Fuſelier & la Bruere..
A au
UJOURD'H UI trente-un Octobre mil
ſept cent quarante quatre , le Roi étant
Camp devant Fribourg , voulant que le Mercure
de France , que le défunt Sieur de la Roque compoſoit
tous les mois , foit continué avec toute l'attention
convenable à un Ouvrage auffi utile qu'ag
éable au Public. Sa Majesté bien informée des
talens & de la ſageſſe des Sieurs Louis Fuſelier
&Charles-Antoine le Clerc de la Bruere , les a
choiſis & nommés pour compoſer à l'avenir leMercure
de France excluſivement à tous autres , & ce
tant qu'il plaira à Sa Majesté , laquelle veut & ordonne
à cet effer que toutes Lettres de Privilege
leur en ſoient expédiées , aux conditions neanmoins
de ne pouvoir céder ni tranſporter leur
part dans ledit Privilege à quelque perſonne que ce
puifle être , l'intentionde Sa Majeſté étant que le
ſurvivant des deux en joüiffe en entier Veut en
outre Sa Majesté que leſdits Sieurs Fuzelier &
la Bruere partagent entre eux le travail pour la
compoſition dudit Ouvrage , & les émolumens
qui proviendront d'icelui par égale portion , le
tout à commencer au mois de Novembre prochain
, & pour aſſurance de ſa volonté , Sa Majesté
m'a commandé d'en expédier le préſent Brévet ,
qu'elle a ſigné de ſa main & fait contre- figner par
moi Confeiller , Sécretaire d'Etat & de ſes Commandemens
& Finances .
Signé LOUIS.
Et plus bas , PHELYPPEAUX
Et au dos eſt écrit :
Registré sur leRegiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris ,
Nº 394 , folio 233 , conformément aux anciensRoglemens
, confirmés par celui du 28 Février 1723 .
AParis le dixDécembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic.
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Résumé : BREVET qui accorde le Mercure de France aux Sieurs Fuselier & la Bruere.
Le 31 octobre 1744, pendant que le roi était en campagne devant Fribourg, un brevet royal attribua à Louis Fuselier et Charles-Antoine Le Clerc de La Bruère le privilège de composer le Mercure de France, succédant ainsi au défunt Sieur de La Roque. Le roi reconnut leurs talents et leur sagesse, les chargeant de poursuivre la publication mensuelle du Mercure de France à partir de novembre 1744. Ils ne pouvaient ni céder ni transférer leur part du privilège, et le survivant des deux devait hériter entièrement du privilège. Les deux hommes devaient partager équitablement le travail et les revenus générés par l'ouvrage. Le brevet, signé par le roi Louis et contresigné par Philippeaux, conseiller secrétaire d'État, fut enregistré le 10 décembre 1744 par Vincent, syndic de la Chambre Royale Syndicale des Libraires et Imprimeurs de Paris.
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5590
s. p.
« De l'Imprimerie de JOSEPH BULLOT 1744. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de JOSEPH BULLOT 1744. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de JOSEPH BULLOT 1744. [...] »
De l'Imprimerie de JOSEPH BULLOT 1744-
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5591
s. p.
PRIVILEGE DU ROI.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarre : A nos amés & féaux Conseillers, [...]
Mots clefs :
Mercure de France, Imprimeurs, Libraires, Paris, Livres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROI.
PRIVILEGE DU ROI,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
OUIS par la grace de Dieu , Roi de France
&de Navarre : A nos amés & féaux Conſeillers
, les Gens tenans nos Cours de Parlement ,
Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,
GrandConfeil , Prévôt de Paris , Baillifs , Sénéchaux
, leurs Lieutenans Civils & autres nos jufticiers
qu'il appartiendra. SALUT , nos chers &
bien amés Louis Fuzelier & Charles Antoine le Clerc
de la Bruere , Nous ont fait remontrer , que l'applaudiſſement
que reçoit le Mercure de France,
Nous a fait croire que le ſieur de la Roque titulaire
dudernier Brevet étant décédé , il ne convient pas
que le Public ſoit privé à l'avenir d'un Ouvrage
auſſi utile qu'agréable , tant à nos Sujets qu'aux
Etrangers ; c'eſt dans cette vûë que bien informés
des talens& de la ſageſſe des ſieurs Fuzelier & le
Clerc de la Bruere,Nous les avons choiſis pour com.
poſer à l'avenir excluſivement à tous autres ledit
Ouvrage , ſous le titre deMercure de France , &
Nous leur en avons accordé à cet effet notre Brevec
en datte du trente-un du mois dernier , à condition
que le ſurvivant des deux jouira ſeul de la faculté
& Privilége,pour l'exécution duquel ils Nous
ont très-humblement ſupplié de leur accorder nos
Lettres ſur ce néceſſaires. A CES CAUSES ,
Voulant traiter favorablement leſdits ſieurs Expofans
, Nous leurs avons permis & permettons par
ces Préſentes de compoſer & donner au Publicà
l'avenir tous les mois ,à eux ſeuls excluſivement à
tous autres ledit Mercure de France , qu'ils pourront
faireimprimer enun ou pluſieurs Volumes conjoin,
,
,
tement ou ſéparément & autant de fois que bon
leur ſemblera chaque mois, & de le faire vendre &
débiter par tout notre Royaume , Pays Terres &
Seigneuries de notre obeſſance ,pendant le tems
&eſpace de vingt années confécutives , à compter
dujour de ladatte des Preſentes , à condition néanmoins
que chaque Volume porte ſon Approbation
exprefle de 1 Examinateur qui aura été commis à
cet effet , & en outre Nous avons revoqué & revoquons
tous autres Priviléges qui pourroient avoir
été donnés ci-devant à d'autres qu'audits ſieurs
Expoſans faiſons défenſes à toutes perſonnes
de quelque qualité & condition qu'elles foient
d'enintroduire d'Impreffion ou Gravure Etrangere
dans aucun lieu de notre obéillance , comme aufli
àtous Libraires - Imprimeurs Graveurs Imprimeurs
, Marchands en Taille douce & autres d'imprimer
, faire imprimer , graver ou faire graver ,
vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre
ou Planches en tout ni en partie , ni d'en faire
aucuns Extraits ſous quelque prétexte que ce foit
d'augmentation , correction, changement de Titres
ou autrement ſans la permiffion ex refle ou par
écrit deſdits ſieurs Expoſans ou de ceux qui auront
droit d'eux , le tout à peine de confiſcation tantdes
Planches que des Exemplaires contrefaits & des uf
tenciles qui auront ſervi à ladite contrefaçon que
Nous entendons être ſaiſis en quelque lieu qu'ils
foient trouvés , de fix mille livres d'amende contre
chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un
tiers à l'Hôtel- Dieu de Paris , & l'autre tiers auldits
fieurs Expoſans,& de tous dépens dommages & intérêts
, à la charge que ces Préfentes feront en regiftrées
tout au long fur le Regiſtre de la Communauté
des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois
de ladatte des Préſentes ,& que l'impreffion de ce
:
Livre fera faite dans notre Royaume & non ailleurs
, & que les Impetrans ſe conformeront en
tout aux Réglemens de la Librairie & notamment à
celui du dix Avril mil ſept cent vingt-cinq , &
qu'avant de les expoſer en vente, les Manufcuitsou
Imprimés quiauront ſervi de copie à l'impreſſion
deſdits Livres ſeront remis dans le même état ou les
Approbations y auront été données ès mains de nôtre
très-cher & féal Chevalier Chancelier de France,
le ſieur Dagueſſeau , Commandeur de nos Ordres
, & qu'il en ſera enſuite remis deux Exemplaires
de chacun dans notre Bibliothéque Publique,
un dans celle notre Château du Louvre,&un
dans celle de notre très cher & féal Chancelier de
France , le tour à peine de nullité des Préſentes , du
contenu deſquelles vous mandons & enjoignons
de faire jouir leſdits ſieurs Expoſans ou leurs ayants
cauſe,pleinement& paiſiblement,ſans ſouffrir qu'il
leut ſoit fait aucun trouble ni empêchement. Voulons
que la copie des Préſentes qui fera imprimée
au commencement ou à la fin deſdits Livres ſoit
tenuë pour dûëment ſignifiée, & qu'aux copies collationnées
par un de nos amés & féaux Conſeillers
Sécrétaires , foi ſoit ajoutée comme à l'Original.
Commandons au premier notre Huffier ou Sergent
ſur ce requis de faire pour l'exécution d'icelles
tous Actes requis & néceſſaires , fans demander
autre permiffion & nonobſtant Clameur de
Haro , Charte Normande& Lettres à ce contraires
, car tel eſt notre plaiſir. Donné à Paris , le
treizieme jour de Novembre , l'an de grace mil
ſept cent quarante-quatre & de notre Régne le
trentiéme.
Par leRoi enfon Confeil , NOBLET.
Régistréſur le Régiſtre onze de la Chambre Royale
Syndicale des Libraires & Imprimeurs , ſous le
même Numero & le même folio que le Brévet attaché
ſous le préſent contre-ſcel ( N°. 394 , fol. 233 , )
conformément au Reglément de 1723 , qui fait défense
Art. 4, à toutes perſonnes de quelque qualité qu'elles
foient, autres qquuee les Libraires & Imprimeurs ,de
vendre , débiter & faire afficher aucuns Livres pour
les vendre en leurs noms , soit qu'ils s'en disent les
Auteurs ou autrement , & à la charge de fournirà
ladite Chambre Royale & Syndicale des Libraires
Imprimeurs de Paris huit Exemplaires de chacun &
par chacun mois , preſcrits par l'Article 108 duméme
Reglement.A Paris le 10 Décembre 1744.
Signé, VINCENT , Syndic,
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Résumé : PRIVILEGE DU ROI.
Le document est un privilège royal émanant du roi de France et de Navarre, accordé à Louis Fuzelier et Charles Antoine Le Clerc de La Bruère. Ces derniers ont demandé au roi la permission de continuer la publication du 'Mercure de France' après le décès du précédent titulaire du brevet. Le roi, ayant reconnu l'utilité et l'agréabilité de cet ouvrage pour ses sujets et les étrangers, a désigné Fuzelier et Le Clerc pour composer et publier le 'Mercure de France' de manière exclusive. Un brevet leur a été octroyé pour une durée de vingt années consécutives à partir de la date des présentes lettres. Chaque volume publié doit obtenir une approbation expresse d'un examinateur. Le roi révoque tous les privilèges antérieurs et interdit toute contrefaçon ou importation de versions étrangères du livre, sous peine de confiscation et d'amendes. Les libraires et imprimeurs doivent se conformer aux règlements de la librairie, notamment celui du 10 avril 1725. Les exemplaires des manuscrits utilisés pour l'impression doivent être remis au chancelier de France, et deux exemplaires de chaque livre doivent être déposés dans les bibliothèques publiques. Le document doit être enregistré auprès de la Chambre Royale Syndicale des Libraires et Imprimeurs de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5592
s. p.
« La Planche gravée doit regarder la page 44 La Chanson notée, la page 132. [...] »
Début :
La Planche gravée doit regarder la page 44 La Chanson notée, la page 132. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Planche gravée doit regarder la page 44 La Chanson notée, la page 132. [...] »
La Planche gravée doit regarder la page
LaChanson notée , la page
44
132
LaChanson notée , la page
44
132
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5593
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE générale est à Monsieur DE LA BRUERE, à l'Hôtel de Pontchartrain. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
L'ADRESSE générale està Monsieur
DELA BRUERE , à l'Hôtel de Pontchartrain
. On prie très - instamment ceux qui
nous adreſſeront des Paquets par la Poſte ,
d'en affranchir le Port, pour nous épargner
le déplaisir de les rebuter , & à eux celui de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages .
Les Libraires des Provinces ou des Pays
Etrangers , qui souhaiteront avoir le Mercure
de France de la premiere main , & plus promptement
n'auront qu'à écrire àl'adreſſe cideſſus
indiquée ; on se conformera très exactement à
leurs intentions,
PRIX XXX . SOLS,
L'ADRESSE générale està Monsieur
DELA BRUERE , à l'Hôtel de Pontchartrain
. On prie très - instamment ceux qui
nous adreſſeront des Paquets par la Poſte ,
d'en affranchir le Port, pour nous épargner
le déplaisir de les rebuter , & à eux celui de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages .
Les Libraires des Provinces ou des Pays
Etrangers , qui souhaiteront avoir le Mercure
de France de la premiere main , & plus promptement
n'auront qu'à écrire àl'adreſſe cideſſus
indiquée ; on se conformera très exactement à
leurs intentions,
PRIX XXX . SOLS,
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Résumé : AVIS.
L'avis concerne la distribution du 'Mercure de France'. Les paquets doivent être envoyés à Monsieur Dela Bruere, Hôtel de Pontchartrain. Les expéditeurs doivent affranchir les paquets pour éviter leur rejet. Les libraires provinciaux ou étrangers peuvent commander le journal à cette adresse. Le prix est de trente sols.
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5594
p. 3-6
Imitation De l'ode 24e. du 3e. livre d'Horace
Début :
Quand tout l'or de l'Arabie [...]
Mots clefs :
Horace, Intérêt, Fortune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation De l'ode 24e. du 3e. livre d'Horace
Imitation
De lode 244. du. 3º livre d'Horace
Quandtoutl'or de l'Arabie
Enfleroit vos magasins,
Quandnouveau Roide Phrygie
Toutseroitor sous vos mains,
Sile tems que rien n'arrête
Sur vôtre superbe tête
Graveles traits de lamort,
Rien ne sçauroitvous defendre;
L'or estegal a la cendre
Dans la balance du Sort .
4 MERCURE DEFRANCE ,
O toi Peuple heureux * & ſage
Qu'Alexandre reſpecta
Conſerve à jamais l'uſage
Que la raiſon te dicta , :
Qu'en ta courſe vagabonde
L'interêt de ce Dieu du Monde
Te laiſſe ignorer fa loi ;
Qu'une richeffe commune
T'aſſerviſſant la fortune ,
En fixe le juſte emploi.
Là l'Orphelin trouve un Pere
Et la Veuve fans dégoûts
Ne voit rien qu'elle préfere
Aux cendres de fon Epoux.
L'appas d'une dot immenfe
Au caprice , à la licence
N'acquiert pas l'impunité.
La femme ſimple & timide
N'aque la vertu pour guide ,
Et pour dot la chaſteté.
François , quelle ame affez belle
Enfantera le deſſein
D'appeller fur ce modéle
Les Vertus dans votre ſein ?
Afon génereux courage
J'ofe affurer le ſuffrage
* Les Scythes,
DECEMBRE. 1744. 5
Et l'amour de l'avenir :
Tous les Temps pleins de ſa gloire
Dreſſeront à ſa mémoire
Les Autels du ſouvenir .
Severe , mais équitable
La ſeule poſterité
Eft l'organe reſpectable
Qu'a choiſi la vérité.
Sans ceffe en proieà l'envie
Les Heros pendant leur vie
Gemiſſent ſous ſon effort :
C'eſt ainſi qu'elle ſe venge
De l'éternelle louange
Que leur affure la mort.
Nous parlons contre les vices ,
Mais nous flattons les forfaits ,
Les crimes ſont ſans ſuplices ,
Et les Loix ſans effets .
La fraude , la violence
Conduiſent à l'opulence ,
Qui bien-tôt leur ſert d'appui ;
Le pauvre ſeul eft coupable ,
Et le crime eft reſpectable
Si la fortune eſt pour lui.
Rougiffons de la baſſeſſe ,
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE.
1
Où ſans crainte du mépris ,
L'intérêt & la molleſſe
Aviliffent nos eſprits.
Dans ſa naiſſante avarice
Le Fils pour toute exercice
Ne connoît que l'art des jeux ;
Tandis que plus lâche encore ,
Son Pere ſe deshonore
Pour enrichir ſes Neveux.
C'eſt ainſi que les ravages
D'une indigne paſſion
Ftendent fur tous les âges
Leur fatale impreffion ;
Mais une jufte diſgrace
Des biens que l'avare entaffe
Sçait écarter les plaiſirs ;
Et la céleste vengeance
Au ſein de la jouiſſance
Lui laiſſe encor les defirs.
De lode 244. du. 3º livre d'Horace
Quandtoutl'or de l'Arabie
Enfleroit vos magasins,
Quandnouveau Roide Phrygie
Toutseroitor sous vos mains,
Sile tems que rien n'arrête
Sur vôtre superbe tête
Graveles traits de lamort,
Rien ne sçauroitvous defendre;
L'or estegal a la cendre
Dans la balance du Sort .
4 MERCURE DEFRANCE ,
O toi Peuple heureux * & ſage
Qu'Alexandre reſpecta
Conſerve à jamais l'uſage
Que la raiſon te dicta , :
Qu'en ta courſe vagabonde
L'interêt de ce Dieu du Monde
Te laiſſe ignorer fa loi ;
Qu'une richeffe commune
T'aſſerviſſant la fortune ,
En fixe le juſte emploi.
Là l'Orphelin trouve un Pere
Et la Veuve fans dégoûts
Ne voit rien qu'elle préfere
Aux cendres de fon Epoux.
L'appas d'une dot immenfe
Au caprice , à la licence
N'acquiert pas l'impunité.
La femme ſimple & timide
N'aque la vertu pour guide ,
Et pour dot la chaſteté.
François , quelle ame affez belle
Enfantera le deſſein
D'appeller fur ce modéle
Les Vertus dans votre ſein ?
Afon génereux courage
J'ofe affurer le ſuffrage
* Les Scythes,
DECEMBRE. 1744. 5
Et l'amour de l'avenir :
Tous les Temps pleins de ſa gloire
Dreſſeront à ſa mémoire
Les Autels du ſouvenir .
Severe , mais équitable
La ſeule poſterité
Eft l'organe reſpectable
Qu'a choiſi la vérité.
Sans ceffe en proieà l'envie
Les Heros pendant leur vie
Gemiſſent ſous ſon effort :
C'eſt ainſi qu'elle ſe venge
De l'éternelle louange
Que leur affure la mort.
Nous parlons contre les vices ,
Mais nous flattons les forfaits ,
Les crimes ſont ſans ſuplices ,
Et les Loix ſans effets .
La fraude , la violence
Conduiſent à l'opulence ,
Qui bien-tôt leur ſert d'appui ;
Le pauvre ſeul eft coupable ,
Et le crime eft reſpectable
Si la fortune eſt pour lui.
Rougiffons de la baſſeſſe ,
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE.
1
Où ſans crainte du mépris ,
L'intérêt & la molleſſe
Aviliffent nos eſprits.
Dans ſa naiſſante avarice
Le Fils pour toute exercice
Ne connoît que l'art des jeux ;
Tandis que plus lâche encore ,
Son Pere ſe deshonore
Pour enrichir ſes Neveux.
C'eſt ainſi que les ravages
D'une indigne paſſion
Ftendent fur tous les âges
Leur fatale impreffion ;
Mais une jufte diſgrace
Des biens que l'avare entaffe
Sçait écarter les plaiſirs ;
Et la céleste vengeance
Au ſein de la jouiſſance
Lui laiſſe encor les defirs.
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Résumé : Imitation De l'ode 24e. du 3e. livre d'Horace
Le texte, inspiré par Horace, traite de la vanité des richesses et de la sagesse des peuples anciens. Il souligne la fragilité de la vie et l'inutilité de l'or face à la mort. Les Scythes, respectés par Alexandre, sont loués pour leur usage modéré des richesses, leur protection des orphelins et des veuves, ainsi que leur valorisation de la vertu et de la chasteté. Le texte exhorte les Français à adopter ces vertus et à manifester un courage généreux. Il critique la société contemporaine où les vices sont tolérés et les criminels prospèrent grâce à la fortune. L'avarice et la mollesse y corrompent les esprits, affectant toutes les générations. Enfin, il souligne que la véritable justice et la postérité reconnaissent les vrais héros, souvent méconnus de leur vivant.
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5595
p. 7-22
SUITE DU MANUSCRIT Arabe, traduit par M. Jacques, Marchand Evantailliste, rue Mouffetar.
Début :
UN Ours d'une grandeur prodigieuse se lança un jour sur moi ; mais loin de [...]
Mots clefs :
Fils, Eritzine, Calife, Bornéo, Roi, Parelin, Palais, Génie, Prince, Courage, Époux, Toupie, Diamant, Sylphe, Ours, Magicien, Bagdad
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU MANUSCRIT Arabe, traduit par M. Jacques, Marchand Evantailliste, rue Mouffetar.
SUITE DU MANUSCRIT
Arabe , traduit par M. Jacques , Marchand
Evantailliste , rue Mouffetar .
U
N Ours d'une grandeur prodigieuſe
ſe lança un jour ſur moi; mais loin de
me faire aucun mal , il ſe contenta d'arracher
mon fils de mes bras , & l'emporta
en fuyant d'une courſe précipitée. Parelin
courut après le raviffeur un épieu à la main.
Je voulois le ſuivre , mais la frayeur m'avoit
oté la force de marcher , & d'ailleurs Parelin
& l'ours couroient avec tant de viteſſe,
qu'il m'eût été impofſible de les atteindre.
J'attendis le dénouement de cette avanture
avec la plus vive inquiétude. Chaque inſtant
redoubloit mes allarmes , & la nuit qui
arriva ſans que j'euſſe revû ni mon mari ni
mon fils , mit le comble à ma déſolation .
Je ne doutai plus que l'inſtant fatal prédit
par le Silphe ne fut enfin arrivé , & que
nous ne futlions ſéparés pour jamais. J'attendis
pluſieurs jours auſſi vainement : enfin
ayant perdu toute eſperance , je réſolus de
me donner la mort. J'allois me précipiter
dans une fontaine qui couloit au milieu du
و
Aiiij
• MERCURE DE FRANCE.
bois : je ſentis que quelqu'un me retenoir,
je me retournai ,& je vis le Silphe qui m'arrêtoit.
Eritzine , me dit-il , ſubiſſez votre
fort ſans murmurer , c'eſt le ſeul moyen
d'obtenir le pardon de votre déſobéiſſance.
Ranimez votre courage , vous en aurez encore
beſoin long-tems , mais peut-être quelque
jour vous ferez heureuſe. Je reverrai
Parelin , m'écriai-je : Ah ! dites-moi s'il vit,
&quel eft fon fort. Il vit , répondit le Silphe,
mais il n'eſt plusde Parelinpour vous.
S'il eſt ainfi , repris-je , qu'ai-je beſoin de
la vie ? C'eſt l'arrêt du deſtin , continua le
Silphe , & vous attenteriez à vos jours ſans
fuccès.
Vous pouvez juger enquel écat me laifferent
ces dernieres paroles du Silphe; il eſt
inutile de vous ennuyer du détail de mes
chagrins daus la Forêt. J'y paffai un an à
faire retentir les antres les plus fourds de
mes gemiſſemens; je demandois mon époux
&mon fils aux arbres , aux rochers, à toute
la nature.
Je n'avois point encore vû de créature
humaine dans ce defert , mais la ſolitude
m'étoit chere , & toute ſociété m'auroit embarraſſée.
Les premiers hommes que j'y apperçus
furent des Matelots qui venoient
faire de l'eau à la fontaine qui étoit au milien
dubois. J'étois trop malheureuſe pour
DECEMBRE. 1744. 9
avoir rien à redouter ; ainſi je ne me détournai
pas de mon chemin pour les éviter :
mais dès qu'ils m'apperçurent , ils me faifirent
, & m'emmenerent à leur bord. J'étois
affez tranquille , & la captivité m'affligeoit
peu ; mais mon courage m'abandonna
à la vue du Capitaine du Vaiſſeau. C'étoit
le même Sideni à qui ma mere m'avoit déja
livrée par une trahiſon ſi cruelle. Ce barbare
déſeſperant de pouvoir rien obtenir par
la douceur , en vint d'abord aux dernieres
extrémités ; il eut lieu de s'en repentir , &
fut déconcerté du courage avec lequel je le
reçus. Je rendis long - tems ſes efforts inutiles
, & pluſieurs bleſſures que je lui fis le
punirent de ſa brutalité. Ma réſiſtance changea
fon amour en rage ; furieux de voir fon
fang couler , il tira ſon poignard , m'en
frappa , & me jetta dans lamer.
Ma perte paroiſſoit afſſurée: mais leCiel étoit
tropjalouxde me punir , pour finir ſitôt mes
fouffrances. Un Dauphin me porta juſqu'au
rivage. Une vieille femme , qui s'y trouvoit
alors meprit dans ſes bras , & me tranſporta
dans ſa petite cabane,qui n'étoit pas éloignée.
J'avois perdu connoiffance , &je n'ai ſcu ce
détail que par la vieille charitable qui me
fecourut; quelques ſimples qu'elle appliqua
fur ma playe , la guérirent en peu de jours.
Elle n'oublia rien de ce qu'elle crut propre
Av
IO MERCURE DE FRANCE.
à me confoler , & tant de bonté & d'huma
nité auroient remis le calme dans mon ame ,
ſi quelque choſe eût pû le faire. Elle m'enſeigna
la demeure d'un Magicien , qui , difoit-
elle , me donneroit un reméde à mes
maux , s'il y en avoit un poffible. Je comptois
peu ſur un pareil fecours. Cependant je
partis pour aller trouver le Magicien avec la
même précipitation que ſi j'euſſe eſperé quelque
choſe de ſes foins. Dès qu'il m'apperçut :
Princeſſe , me dit-il , je ſçais le ſujet qui vous
amene ; ſi vous avez le courage d'aller chercher
la Toupie de Diamant du Roi des Génies
, vous verrez finir vos malheurs. Il m'apprit
alors que cette Toupie lumineuſe étoit
dans un lieu inacceſſible , que la difficulté
d'en approcher , quoique très-conſidérable ,
étoit cependant le moindre des dangers que
j'aurois à effuyer ; que pluſieurs monftres
défendoient l'accès du lieu où étoit le tréfor.
Je vous donnerai le moyen , continua le Magicien
, de ſurmonter tous ces obſtacles,pourvũ
que de votre côté vous ayez affez de force
pour fortir victorieuſe de la derniere épreuve.
Quelque choſe qu'on vous diſe , il ne faut
ni parler ni tourner la tête , & avancer toujours
versla Toupie lumineuſe. Prenez , me
dit-il , ce poinçon d'or , il vous ouvrira le
paſſage au travers des rochers qui entourent
le lieu où eſt la Toupie de diamant ,& yous
DECEMBRE. 1744. 11
garantira des monſtrés qui la défendent . Le
Magicien m'enſeigna enſuite le chemin que
je devois prendre , la route étoit fort longue
, &j'ai conſumé un an à la ſuivre ; enfin
après des fatigues incroyables j'arrivai aux
rochers qu'on m'avoit indiques ; à peine euje
frappé la roche avec le poinçon , qu'elle
s'ouvrit pour me laiſſer paſſer ,& ſe referma
aufli-tôt.
Je me trouvai dans une campagne délicieuſe
, au bout de laquelle paroiſſoit un palais
ſuperbe. Dès que j'approchai ,je fus attaquée
par une infinité de bêtes feroces..
Mais le poinçon d'or les diſſipa ſans peine
, & j'entrai victorieuſe dans le palais .
Je vis qu'au fond d'une galerie à perte de
vûe , étoit une Table d'or , ſur laquelle étoit
poſée laToupie de diamant; mille voix m'appelloient
, & ne réuſſiffoient ni à me faire
répondre ni à me faire tourner la tête. Je
crus entendre le Silphe qui me crioit que je
prenois unmauvais chemin , & que je devois
retourner en arriere. Au lieu de répondre ,
je tenois les yeux fixés ſur le diamant que
je venois chercher , & cette vùe me rafſuroit
contre tous les preſtiges. Mais j'eus à foutenir
les combats les plus rudes, lorſque
j'entendis la voix de mon époux & celle de
mon fils , ils pouſſoient des cris lamentables ,
& ſe plaignoient qu'on les livroit à des ſup
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
plices cruels , parce que j'allois ravir laTou
pie de diamant. Leurs cris perçoient mon
coeur; & quelque prévenue que je fuffe fur
la nature de ce preſtige , je fus tentée cent
fois de tourner la tête ou de leur répondre.
J'eus pourtant aſſez de courage pour obferver
la condition preſcrite. J'avançai ſans
m'arrêter , ſans détourner la tête , ſans répondre
, mais non ſans verſer bien des larmes.
Dès que je fus prèsde la Table laToupievintd'elle-
même ſe placer dans ma main,
&je lus ces mots gravés ſur la Table d'or:
Ton courage a réparé ta premiere foibleſſe,
tu mérites d'être heureuſe , & tu le feras.
Emporte la Toupie de diamant , elle eſt à
toi ,&prends le chemin de Bagdad, c'eſt-là
que tu ſçauras ton fort. Je fortis au pa
lais plus tranquille que je n'y étois entrée,
un filence profond avoit fuccedé à ce tumulte
des voix,qui m'avoient affaillie d'abordi
Le poinçon d'or rouvrit la roche ,& je
pris la route de Bagdad. J'abordai hier à ce
Caravanſerail ,, où au lieu du bonheur que
j'attendois , j'ai trouvé mon plus dangereux
ennemi; mais fans doute leCiel ne m'apas
trompée : puiſqu'il m'a procuré l'honneur
d'embraſſer les genoux du Souverain Commandeurdes
Croyans , il m'a miſe du moins
à l'abri de toute injustice..
DECEMBRE. 1744.
Le Calife qui s'étoit d'abord intéreſſé
pour Eritzine prévenu par ſa beauté ſeule ,
lui offrit ,dès qu'il la connut mieux , tous les
fecours que ſa puiſſance le mettoit en état
d'offrir; que ne puis-je , lui diſoit-il , vous
aider à retrouver votre amant ; mais du
moins je punirai le Barbare qui a voulu
vous deshonnorer. Le Calife ordonna qu'on -
traînât à l'inſtant Sideni au ſuplice. Il ſe
diſpoſoit à conduire Eritzine à ſon Palais
lorſqu'on entendit un grand bruit à la porte
du Caravanſerail.
L'hôte avoit renvoyé avec brutalité des
gens qui venoient demander un logement
pour la nuit. Ils avoient répondu à ſes injures
, & des injures on en étoit venu aux
coups. Le Calife envoya Giafar pour apaifer
le défordre ,& commanda en même tems
que l'on préparât le plus bel apartement du
Palais pour Eritzine. Giafar revint un moment
après ; tout avoit été apaiſé par l'arri
vée du maître de ces gens qui avoient excité
le tumulte. Ils apartenoient au Roi de
Borneo , ce Prince arrivoit à Bagdad , &
entrant dans la ville à une heure fi indue , il
avoit voulu coucher dans un Caravanſerail
la premiere nuit , & remettre au lendemain
à ſaluer le Calife. Sans doute , ajouta Giafar
, qui inſtruiſoit le Calife de toutes ces
circonstances , l'intention de votre Majefté
14 MERCURE DE FRANCE.
n'eſt pas que ce Prince couche dans un Caravanferail
. Le Calife ordonna à Mefrour
de conduire Eritzine au Palais & alla trouver
le Roi de Borneo auquel il ſe plaignit
obligeamment du deſſein qu'il avoit eu. Ils
retournerent tous au Palais du Calife où ils
paſſerent la nuit,
Le Calife impatient d'apprendre le ſujet
du voyage du Roi de Borneo , palla dès
le matin dans l'apartement de ce Prince. II
le trouva trifte & inquiet. Je ſuis venu ici ,
dit le Roi de Borneo , avec des eſpérances
qui ſe changent en inquiétudes depuis que
l'inſtant aproche , où elles doivent le véri
fier. Je ſuis Souverain d'un Royaume florifſant;
mais ce n'eſt pas l'éclat du trône qui
fait le bonheur , les Rois ne font heureux
ou malheureux qu'en qualité d'hommes , &
non en qualité de Rois , & par des cauſes
qui leur font communes avec le reſte de
leurs ſujets : fans cela la Nature ſeroit trop
injuſte.
J'ai eu un fils unique , fruit de mon union
avec une épouſe charmante ; mais ce fils
fi cher que j'aimois autant que ſa mere
me fut enlevé dès le berceau. J'ai toujours
foupçonné de cet enlevement , un miferable
qui ſçavoit un peu de magie , que j'avois
fait punir , qui avoit juré de s'en vanger
, & qui difparut dans lemême tems où
DECEMBRE. 1744. 15
Borje
perdis mon fils. Je n'épargnai aucuns
foins pour retrouver l'un & l'autre ; mes
foins furent inutiles. Lorſque le Roi de
neo mourut fans poſtérité , je montai au
trône où ma naiſſance m'appelloit. Je
pleurois encore mon fils , quoique je l'euffe
perdu depuis pluſieurs années. Je renouvellai
mes recherches avec plus d'ardeur que
jamais , & auſſi peu de ſuccès. Mais du
moins le perfide Abdelec tomba entre mes
mains ; la force des tourmens lui fit avouer
qu'il étoit le raviſſeur de mon fils ; mais il
n'étoit plus en ſa puiſſance ; il s'étoit échapé
de chez lui depuis environ 3 ans. Je fis
punir le coupable , & je pris le parti de
parcourir moi-même les Royaumes voiſins,
après avoir confié l'adminiſtration du mien
à mon épouſe. J'ai commencé mes courſes
par Bagdad, heureux ſi le Ciel prend pitié
de mes peines & daigne les abreger.
Voilà , Seigneur , continua le Roi de
Borneo le ſujet de mon voyage , de ma trifteffe
, & de mes inquiétudes. Le Calife offrit
généreuſement à ce Prince de le ſeconder
dans une recherche ſi juſte. Il fit appeller
tous ſes Vifirs & leur ordonna ſous peinede
la vie de lui donner dans huit jours des nou
velles du fils de Borneo. Giafar eſſaya quel
ques remontrances ſur l'impoſſibilité d'exé
cuter cet ordre,
16 MERCURE DE FRANCE.
S'ilne paroît dans huit jours,reprit le Calife
en colere , vous périrez tous ,& toimalheureux
, dit-il à Giafar , ſi tu oſes repliquer
encore , je te ferai étrangler à l'inſtant par
les Muets. Les Viſirs s'en retournerent fort
conſternés. Le Calife ordonna une partie
de chaffe pour amufer Eritzine & le Roi de
Borneo.
Le Roi de Borneo à qui cette Princeſſe
fut préſentée , fut auſſi ébloui de ſa beauté
que le Calife l'avoit été , & prit le même
intérêt à fon fort, Les deux Monarques ne
la quitterent point pendant la chaffe , &
veilloient fur elle avec une attention inquiéte.
Un orage affreux diſperſa tous lesChafſeurs
. Eritzine , le Calife , & le Roi deBorneo
furent obligés de chercher un abri dans
une caverne qu'ils trouverent au milieu de
laforêt.
Eritzine tira la Toupie lumineuſe pour
guider leurs pas dans cet antre obfcur à la
faveur de la clarté que ce Taliſman répandroit.
La caverne fut en effet auſſi éclairée
que ſi l'on eût vu luire le ſoleil le plus brillant.
Ils aperçurent à la faveur de cette luz
miere une grande porte d'or qui étoit au
fondde la caverne. Ils n'avoient pas encore
eu le tems d'aſſeoir leurs conjectures ſur le
ſpectacle qui les frappoit , lorſque la TouDECEMBRE.
1744 17
pie dediamans échapa des mains d'Eritzine
qui fit de vains efforts pour la retenir , &
s'élanca d'elle-même contre la porte d'or.
A peine elle l'eut frapée que la porte
s'ouvrit , & laiſſa voir un Palais ſuperbe , où
tous les tréſors des Fées &des Génies paroifſoient
raſſemblés. Une troupe de Génies de
tous les élémens entouroit un trône d'éméraudes
ſurlequel étoit aſſis un Vieillard ref
pectable. Le Palais retentiſſoit d'une harmonie
flateuſe , qui répandoit un doux calme
ſur les ſens. Le Vieillard ſe leva de
ſon trône , dès qu'il vît entrer les deux Princes
& Eritzine : après avoir ſalué les deux
Monarques , il ſe jetta dans les bras de la
Princeſſe : Ma fille , lui dit- il , embraſſez
votre pere : vos malheurs ſont finis. C'étoit
eneffet le pere d'Eritzine , qui après ſa mort,
débarafſfé de l'enveloppe périſſable de fon
ame , avoit été , pour prix de ſa ſcience &
de ſes vertus , reçu au rang des Génies immortels
qui commandent aux efprits élémentaires.
Après que la vivacité des premiers
embraſſemens fut rallentie , le Génie apprit
àſa fille , qu'obligé par le Deſtin à la punir
de ſa défobéiſſance , il l'avoit du moins fecourue
dans ſes malheurs ; que c'étoit lui
qui lui avoit envoyé le Silphe qui l'avoit
ſervie , la Vieille &- le Magicien, Prince
18 MERCURE DE FRANCE.
ajouta t- il s'adreſſant au Calife , tout mon
pouvoir ne fuffiroit pas pour m'acquitter
envers vous des ſecours généreux que vous
offriez à ma fille : Je ſçai que la gloire eſt
ce qui vous touche le plus , la vôtre brillera
dans tous les âges , & votre nom célébré
par des Hiſtoriens dignes de vous , ira à
l'immortalité avec leurs ouvrages. Le Roi
de Borneo ne me trouvera pas ingrat ; je
vais lui rendre ſon fils. Il le reveira couronné
par la Victoire ; mais pour prix d'un
ſi grand ſervice , je lui demande de le donner
pour époux à ma fille.
Un bruit éclatant de trompette annonça
alors l'arrivée du Prince de Borneo. La Prin -
cefle tourna la tête & fit un cri de joye en
reconnoiffant Parelin. C'eſt vous , s'écria-telle
, en ſe jettant dans ſes bras; c'eſt vous ,
cher Epoux que je retrouve. Elle ne put en
dire davantage ; la voix étoit étouffée par
fes tranſports , & quand elle auroit pû parler,
elle n'auroit pas trouvé de termes pour les
exprimer.
La joye d'avoir retrouvé un époux qu'elle
adoroit , ne l'empêcha pas de fonger à fon
fils. Elle le demanda; il parut plus brillant
que la plus belle aurore. Telle étoit la figure
de cet aimable enfant que Parelin y retrouvoit
tous les traits de fa mere , & qu'E
DECEMBRE. 1744. 19
ritzine voyoit en lui le portrait de Parelin;
car elle ne s'étoit point encore accoutumée
à le nommer autrement , & elle voulut qu'il
conſervât toujours ce nom ſous lequel il
avoit commencé à lui être cher. Le Roi
de Borneo prodiguoit tour à tour ſes carefſes
à ſon fils , à Eritzine & à leur aimable
enfant. Eritzine étoit ſi enyvrée du plaifir
de revoir Parelin , qu'elle avoit peu
d'empreſſement d'apprendre parquel miracle
ce bonheur arrivoit. Le Roi de Borneo
fut plus curieux , & demanda à ſon fils ce
qui lui étoit arrivé depuis ſa féparation d'avec
Eritzine ; car il avoit apris du Calife toutes
les avantures de cette Princeſſe .
Je ſuivis juſqu'à la nuit , dit Parelin , l'Ours
qui emportoit mon fils. Je fus fort étonné
de voir au milieu de l'obſcurité la forêt
éclairée par une lumiere brillante. L'Ours
fuioit du côté d'où partoit la clarté , je le
ſuivis , & je découvris le Palais où nous
fommes. L'Ours y entra , j'entrai ſans héſiter
après lui ; il alla remettre mon fils au
Génie qui étoit aſſis ſur le trône. Ah Seigneur
, lui dis-je en me profternant à ſes
pieds , ferez-vous affez barbare pour faire
mon malheur & celui d'une épouſe adorable
? Le Génie ſourit & me dit qu'il falloit
que les arrêts du Deſtin s'accompliſſent. Le
fon de ſa voix, ſes traits qui me paroiffoient
20 MERCURE DE FRANCE .
abſolument les mêmes que ceux de votre
pere me rempliſſoient d'un juſte étonnement.
Je ne ſçavois que penſer de ce que
je voyois. Il s'apperçut de mon embarras.
Parelin , me dit-il en m'embraſſant , oui je
fuis Eritzin , le pere de celle que tu adores,
& je veux être le tien. Il m'aprit qu'inſtruit
plus poſitivement après ſa mort de ce qu'il
n'avoit auparavant découvert que fort confuſément
ſur votre fort & fur le mien , notre
amour lui avoit paru digne d'être heureux ,
que ma naiſſance n'étoit pas indigne d'Eritzine
, puiſque je devois le jour au Roi de
Borneo ; que le perfide Abdelec m'avoit
enlevé , & que ſéduit par quelques graces
qu'il avoit ru voir en moi , il m'avoit fait
paffer pour fon fils. Le Génie ajouta que
quoiqu'aalloorrss il eût défiré notre mariage, la
loi du Deftin l'avoit forcé d'éprouver fi
Eritzine exécuteroit ſes dernieres volontés.
Que n'avez-vous eu moins de pitié de moi,
dit Parelin à Eritzine , vous vous ſeriez épargnéebiendes
peines. Je ne regrette pas ma
complaiſance, interrompit-elle , ſi elle vous
a prouvé l'excès de mon amour. C'eſt le
Genie, continua le Prince de Borneo , qui a
empêché l'effet des Philtres d'Abdelec. A
l'égard de votre mere , elle eſt morte de
douleur en aprenant mon évaſion. Ainfi je
ſuis reſté dans ce Palais que le Génie tranf
DECEMBRE. 1944. 24
porte à ſon gré dans tous les lieux de l'U
nivers. J'y trouvois tous les plaiſirs , mais
votre abſence raſſemble toutes les peines
Le Génie me diſoit que je ne méritois pas
d'être puni , que vous ſeule aviez déſobéi ,
mais il me racontoit ce que vous fouffriez,
&portoit à mon coeur les coups les plus
terribles , étoit - ce là m'épargner ? Il m'a
envoyé détrôner l'Ufurpateur qui régnoit à
Céilan: une armée de Silphes , ſous la figure
d'hommes , & marchoit fous mes ordres ,
m'a aiſément rendu maître de l'Empire ; mais
que m'importoit de conquérir un grand
Royaume , vous ſeule me fuffifiez. Je retrouve
mon pere , mon épouſe , & mon fils ,
voilà tous les biens dont mon coeur ſçait
jouir , & les ſeuls qui puiſſent me rendre
heureux.
Pardonnez - moi , ma fille , dit alors le
Génie, les peines que j'ai été contraint de
vous cauſer ; vos plaiſirs vous en paroîtront
plus doux. J'ai ſouffert autant que vous ;
je nevousperdois pas de vue , mais il m'étoit
défendu de paroître à vos yeux. Le Génie
en diſant ees mots ferroit dans ſes bras ſa
fille &Parelin. Le Rei de Borneo l'imitoit,
Tous verſoient des larmes de joye , & le
Calife étonné , attendri de ce qu'il voyoit,
partageoit leurs larmes & leurs plaiſirs . Le
Géniedonna à ce Prince une caffette pleine
22 MERCURE DE FRANCE.
des plus beaux Diamans , & le fit recon
duire à Bagdad par quatre Silphes , qu'il
avoit à perpétuité à ſon ſervice. Il tranſporta
auffitôt fon Palais dans l'ifle dc Céilan. Eritzine
& Parelin furent couronnés avec l'applaudiſſement
de tous leurs Sujets. La félicité
pure dont jouiſſoient ces époux fortunés
, fut pour eux un nouveau motif de travailler
au bonheur de leurs peuples. Ils auroient
voulu les rendre auſſi heureux qu'ils
l'étoient eux-mêmes. Leur gouvernement
fut le modele de celui des Princes qui les
ſuivirent , leur amour inaltérable celui de
tous les coeurs ſenſibles , & leur bonheur
l'objet des deſirs de tous les amans. Après
avoir fourni leur carriere , la mort leur en
ouvrit une nouvelle. Ils furent reçus , ainſi
que leur pere , parmi les Génies , & l'immortalité
qu'on leur accordoit ne leur parut
flateuſe , que parce qu'elle leur donnoit le
moien de s'aimer à jamais.
Arabe , traduit par M. Jacques , Marchand
Evantailliste , rue Mouffetar .
U
N Ours d'une grandeur prodigieuſe
ſe lança un jour ſur moi; mais loin de
me faire aucun mal , il ſe contenta d'arracher
mon fils de mes bras , & l'emporta
en fuyant d'une courſe précipitée. Parelin
courut après le raviffeur un épieu à la main.
Je voulois le ſuivre , mais la frayeur m'avoit
oté la force de marcher , & d'ailleurs Parelin
& l'ours couroient avec tant de viteſſe,
qu'il m'eût été impofſible de les atteindre.
J'attendis le dénouement de cette avanture
avec la plus vive inquiétude. Chaque inſtant
redoubloit mes allarmes , & la nuit qui
arriva ſans que j'euſſe revû ni mon mari ni
mon fils , mit le comble à ma déſolation .
Je ne doutai plus que l'inſtant fatal prédit
par le Silphe ne fut enfin arrivé , & que
nous ne futlions ſéparés pour jamais. J'attendis
pluſieurs jours auſſi vainement : enfin
ayant perdu toute eſperance , je réſolus de
me donner la mort. J'allois me précipiter
dans une fontaine qui couloit au milieu du
و
Aiiij
• MERCURE DE FRANCE.
bois : je ſentis que quelqu'un me retenoir,
je me retournai ,& je vis le Silphe qui m'arrêtoit.
Eritzine , me dit-il , ſubiſſez votre
fort ſans murmurer , c'eſt le ſeul moyen
d'obtenir le pardon de votre déſobéiſſance.
Ranimez votre courage , vous en aurez encore
beſoin long-tems , mais peut-être quelque
jour vous ferez heureuſe. Je reverrai
Parelin , m'écriai-je : Ah ! dites-moi s'il vit,
&quel eft fon fort. Il vit , répondit le Silphe,
mais il n'eſt plusde Parelinpour vous.
S'il eſt ainfi , repris-je , qu'ai-je beſoin de
la vie ? C'eſt l'arrêt du deſtin , continua le
Silphe , & vous attenteriez à vos jours ſans
fuccès.
Vous pouvez juger enquel écat me laifferent
ces dernieres paroles du Silphe; il eſt
inutile de vous ennuyer du détail de mes
chagrins daus la Forêt. J'y paffai un an à
faire retentir les antres les plus fourds de
mes gemiſſemens; je demandois mon époux
&mon fils aux arbres , aux rochers, à toute
la nature.
Je n'avois point encore vû de créature
humaine dans ce defert , mais la ſolitude
m'étoit chere , & toute ſociété m'auroit embarraſſée.
Les premiers hommes que j'y apperçus
furent des Matelots qui venoient
faire de l'eau à la fontaine qui étoit au milien
dubois. J'étois trop malheureuſe pour
DECEMBRE. 1744. 9
avoir rien à redouter ; ainſi je ne me détournai
pas de mon chemin pour les éviter :
mais dès qu'ils m'apperçurent , ils me faifirent
, & m'emmenerent à leur bord. J'étois
affez tranquille , & la captivité m'affligeoit
peu ; mais mon courage m'abandonna
à la vue du Capitaine du Vaiſſeau. C'étoit
le même Sideni à qui ma mere m'avoit déja
livrée par une trahiſon ſi cruelle. Ce barbare
déſeſperant de pouvoir rien obtenir par
la douceur , en vint d'abord aux dernieres
extrémités ; il eut lieu de s'en repentir , &
fut déconcerté du courage avec lequel je le
reçus. Je rendis long - tems ſes efforts inutiles
, & pluſieurs bleſſures que je lui fis le
punirent de ſa brutalité. Ma réſiſtance changea
fon amour en rage ; furieux de voir fon
fang couler , il tira ſon poignard , m'en
frappa , & me jetta dans lamer.
Ma perte paroiſſoit afſſurée: mais leCiel étoit
tropjalouxde me punir , pour finir ſitôt mes
fouffrances. Un Dauphin me porta juſqu'au
rivage. Une vieille femme , qui s'y trouvoit
alors meprit dans ſes bras , & me tranſporta
dans ſa petite cabane,qui n'étoit pas éloignée.
J'avois perdu connoiffance , &je n'ai ſcu ce
détail que par la vieille charitable qui me
fecourut; quelques ſimples qu'elle appliqua
fur ma playe , la guérirent en peu de jours.
Elle n'oublia rien de ce qu'elle crut propre
Av
IO MERCURE DE FRANCE.
à me confoler , & tant de bonté & d'huma
nité auroient remis le calme dans mon ame ,
ſi quelque choſe eût pû le faire. Elle m'enſeigna
la demeure d'un Magicien , qui , difoit-
elle , me donneroit un reméde à mes
maux , s'il y en avoit un poffible. Je comptois
peu ſur un pareil fecours. Cependant je
partis pour aller trouver le Magicien avec la
même précipitation que ſi j'euſſe eſperé quelque
choſe de ſes foins. Dès qu'il m'apperçut :
Princeſſe , me dit-il , je ſçais le ſujet qui vous
amene ; ſi vous avez le courage d'aller chercher
la Toupie de Diamant du Roi des Génies
, vous verrez finir vos malheurs. Il m'apprit
alors que cette Toupie lumineuſe étoit
dans un lieu inacceſſible , que la difficulté
d'en approcher , quoique très-conſidérable ,
étoit cependant le moindre des dangers que
j'aurois à effuyer ; que pluſieurs monftres
défendoient l'accès du lieu où étoit le tréfor.
Je vous donnerai le moyen , continua le Magicien
, de ſurmonter tous ces obſtacles,pourvũ
que de votre côté vous ayez affez de force
pour fortir victorieuſe de la derniere épreuve.
Quelque choſe qu'on vous diſe , il ne faut
ni parler ni tourner la tête , & avancer toujours
versla Toupie lumineuſe. Prenez , me
dit-il , ce poinçon d'or , il vous ouvrira le
paſſage au travers des rochers qui entourent
le lieu où eſt la Toupie de diamant ,& yous
DECEMBRE. 1744. 11
garantira des monſtrés qui la défendent . Le
Magicien m'enſeigna enſuite le chemin que
je devois prendre , la route étoit fort longue
, &j'ai conſumé un an à la ſuivre ; enfin
après des fatigues incroyables j'arrivai aux
rochers qu'on m'avoit indiques ; à peine euje
frappé la roche avec le poinçon , qu'elle
s'ouvrit pour me laiſſer paſſer ,& ſe referma
aufli-tôt.
Je me trouvai dans une campagne délicieuſe
, au bout de laquelle paroiſſoit un palais
ſuperbe. Dès que j'approchai ,je fus attaquée
par une infinité de bêtes feroces..
Mais le poinçon d'or les diſſipa ſans peine
, & j'entrai victorieuſe dans le palais .
Je vis qu'au fond d'une galerie à perte de
vûe , étoit une Table d'or , ſur laquelle étoit
poſée laToupie de diamant; mille voix m'appelloient
, & ne réuſſiffoient ni à me faire
répondre ni à me faire tourner la tête. Je
crus entendre le Silphe qui me crioit que je
prenois unmauvais chemin , & que je devois
retourner en arriere. Au lieu de répondre ,
je tenois les yeux fixés ſur le diamant que
je venois chercher , & cette vùe me rafſuroit
contre tous les preſtiges. Mais j'eus à foutenir
les combats les plus rudes, lorſque
j'entendis la voix de mon époux & celle de
mon fils , ils pouſſoient des cris lamentables ,
& ſe plaignoient qu'on les livroit à des ſup
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
plices cruels , parce que j'allois ravir laTou
pie de diamant. Leurs cris perçoient mon
coeur; & quelque prévenue que je fuffe fur
la nature de ce preſtige , je fus tentée cent
fois de tourner la tête ou de leur répondre.
J'eus pourtant aſſez de courage pour obferver
la condition preſcrite. J'avançai ſans
m'arrêter , ſans détourner la tête , ſans répondre
, mais non ſans verſer bien des larmes.
Dès que je fus prèsde la Table laToupievintd'elle-
même ſe placer dans ma main,
&je lus ces mots gravés ſur la Table d'or:
Ton courage a réparé ta premiere foibleſſe,
tu mérites d'être heureuſe , & tu le feras.
Emporte la Toupie de diamant , elle eſt à
toi ,&prends le chemin de Bagdad, c'eſt-là
que tu ſçauras ton fort. Je fortis au pa
lais plus tranquille que je n'y étois entrée,
un filence profond avoit fuccedé à ce tumulte
des voix,qui m'avoient affaillie d'abordi
Le poinçon d'or rouvrit la roche ,& je
pris la route de Bagdad. J'abordai hier à ce
Caravanſerail ,, où au lieu du bonheur que
j'attendois , j'ai trouvé mon plus dangereux
ennemi; mais fans doute leCiel ne m'apas
trompée : puiſqu'il m'a procuré l'honneur
d'embraſſer les genoux du Souverain Commandeurdes
Croyans , il m'a miſe du moins
à l'abri de toute injustice..
DECEMBRE. 1744.
Le Calife qui s'étoit d'abord intéreſſé
pour Eritzine prévenu par ſa beauté ſeule ,
lui offrit ,dès qu'il la connut mieux , tous les
fecours que ſa puiſſance le mettoit en état
d'offrir; que ne puis-je , lui diſoit-il , vous
aider à retrouver votre amant ; mais du
moins je punirai le Barbare qui a voulu
vous deshonnorer. Le Calife ordonna qu'on -
traînât à l'inſtant Sideni au ſuplice. Il ſe
diſpoſoit à conduire Eritzine à ſon Palais
lorſqu'on entendit un grand bruit à la porte
du Caravanſerail.
L'hôte avoit renvoyé avec brutalité des
gens qui venoient demander un logement
pour la nuit. Ils avoient répondu à ſes injures
, & des injures on en étoit venu aux
coups. Le Calife envoya Giafar pour apaifer
le défordre ,& commanda en même tems
que l'on préparât le plus bel apartement du
Palais pour Eritzine. Giafar revint un moment
après ; tout avoit été apaiſé par l'arri
vée du maître de ces gens qui avoient excité
le tumulte. Ils apartenoient au Roi de
Borneo , ce Prince arrivoit à Bagdad , &
entrant dans la ville à une heure fi indue , il
avoit voulu coucher dans un Caravanſerail
la premiere nuit , & remettre au lendemain
à ſaluer le Calife. Sans doute , ajouta Giafar
, qui inſtruiſoit le Calife de toutes ces
circonstances , l'intention de votre Majefté
14 MERCURE DE FRANCE.
n'eſt pas que ce Prince couche dans un Caravanferail
. Le Calife ordonna à Mefrour
de conduire Eritzine au Palais & alla trouver
le Roi de Borneo auquel il ſe plaignit
obligeamment du deſſein qu'il avoit eu. Ils
retournerent tous au Palais du Calife où ils
paſſerent la nuit,
Le Calife impatient d'apprendre le ſujet
du voyage du Roi de Borneo , palla dès
le matin dans l'apartement de ce Prince. II
le trouva trifte & inquiet. Je ſuis venu ici ,
dit le Roi de Borneo , avec des eſpérances
qui ſe changent en inquiétudes depuis que
l'inſtant aproche , où elles doivent le véri
fier. Je ſuis Souverain d'un Royaume florifſant;
mais ce n'eſt pas l'éclat du trône qui
fait le bonheur , les Rois ne font heureux
ou malheureux qu'en qualité d'hommes , &
non en qualité de Rois , & par des cauſes
qui leur font communes avec le reſte de
leurs ſujets : fans cela la Nature ſeroit trop
injuſte.
J'ai eu un fils unique , fruit de mon union
avec une épouſe charmante ; mais ce fils
fi cher que j'aimois autant que ſa mere
me fut enlevé dès le berceau. J'ai toujours
foupçonné de cet enlevement , un miferable
qui ſçavoit un peu de magie , que j'avois
fait punir , qui avoit juré de s'en vanger
, & qui difparut dans lemême tems où
DECEMBRE. 1744. 15
Borje
perdis mon fils. Je n'épargnai aucuns
foins pour retrouver l'un & l'autre ; mes
foins furent inutiles. Lorſque le Roi de
neo mourut fans poſtérité , je montai au
trône où ma naiſſance m'appelloit. Je
pleurois encore mon fils , quoique je l'euffe
perdu depuis pluſieurs années. Je renouvellai
mes recherches avec plus d'ardeur que
jamais , & auſſi peu de ſuccès. Mais du
moins le perfide Abdelec tomba entre mes
mains ; la force des tourmens lui fit avouer
qu'il étoit le raviſſeur de mon fils ; mais il
n'étoit plus en ſa puiſſance ; il s'étoit échapé
de chez lui depuis environ 3 ans. Je fis
punir le coupable , & je pris le parti de
parcourir moi-même les Royaumes voiſins,
après avoir confié l'adminiſtration du mien
à mon épouſe. J'ai commencé mes courſes
par Bagdad, heureux ſi le Ciel prend pitié
de mes peines & daigne les abreger.
Voilà , Seigneur , continua le Roi de
Borneo le ſujet de mon voyage , de ma trifteffe
, & de mes inquiétudes. Le Calife offrit
généreuſement à ce Prince de le ſeconder
dans une recherche ſi juſte. Il fit appeller
tous ſes Vifirs & leur ordonna ſous peinede
la vie de lui donner dans huit jours des nou
velles du fils de Borneo. Giafar eſſaya quel
ques remontrances ſur l'impoſſibilité d'exé
cuter cet ordre,
16 MERCURE DE FRANCE.
S'ilne paroît dans huit jours,reprit le Calife
en colere , vous périrez tous ,& toimalheureux
, dit-il à Giafar , ſi tu oſes repliquer
encore , je te ferai étrangler à l'inſtant par
les Muets. Les Viſirs s'en retournerent fort
conſternés. Le Calife ordonna une partie
de chaffe pour amufer Eritzine & le Roi de
Borneo.
Le Roi de Borneo à qui cette Princeſſe
fut préſentée , fut auſſi ébloui de ſa beauté
que le Calife l'avoit été , & prit le même
intérêt à fon fort, Les deux Monarques ne
la quitterent point pendant la chaffe , &
veilloient fur elle avec une attention inquiéte.
Un orage affreux diſperſa tous lesChafſeurs
. Eritzine , le Calife , & le Roi deBorneo
furent obligés de chercher un abri dans
une caverne qu'ils trouverent au milieu de
laforêt.
Eritzine tira la Toupie lumineuſe pour
guider leurs pas dans cet antre obfcur à la
faveur de la clarté que ce Taliſman répandroit.
La caverne fut en effet auſſi éclairée
que ſi l'on eût vu luire le ſoleil le plus brillant.
Ils aperçurent à la faveur de cette luz
miere une grande porte d'or qui étoit au
fondde la caverne. Ils n'avoient pas encore
eu le tems d'aſſeoir leurs conjectures ſur le
ſpectacle qui les frappoit , lorſque la TouDECEMBRE.
1744 17
pie dediamans échapa des mains d'Eritzine
qui fit de vains efforts pour la retenir , &
s'élanca d'elle-même contre la porte d'or.
A peine elle l'eut frapée que la porte
s'ouvrit , & laiſſa voir un Palais ſuperbe , où
tous les tréſors des Fées &des Génies paroifſoient
raſſemblés. Une troupe de Génies de
tous les élémens entouroit un trône d'éméraudes
ſurlequel étoit aſſis un Vieillard ref
pectable. Le Palais retentiſſoit d'une harmonie
flateuſe , qui répandoit un doux calme
ſur les ſens. Le Vieillard ſe leva de
ſon trône , dès qu'il vît entrer les deux Princes
& Eritzine : après avoir ſalué les deux
Monarques , il ſe jetta dans les bras de la
Princeſſe : Ma fille , lui dit- il , embraſſez
votre pere : vos malheurs ſont finis. C'étoit
eneffet le pere d'Eritzine , qui après ſa mort,
débarafſfé de l'enveloppe périſſable de fon
ame , avoit été , pour prix de ſa ſcience &
de ſes vertus , reçu au rang des Génies immortels
qui commandent aux efprits élémentaires.
Après que la vivacité des premiers
embraſſemens fut rallentie , le Génie apprit
àſa fille , qu'obligé par le Deſtin à la punir
de ſa défobéiſſance , il l'avoit du moins fecourue
dans ſes malheurs ; que c'étoit lui
qui lui avoit envoyé le Silphe qui l'avoit
ſervie , la Vieille &- le Magicien, Prince
18 MERCURE DE FRANCE.
ajouta t- il s'adreſſant au Calife , tout mon
pouvoir ne fuffiroit pas pour m'acquitter
envers vous des ſecours généreux que vous
offriez à ma fille : Je ſçai que la gloire eſt
ce qui vous touche le plus , la vôtre brillera
dans tous les âges , & votre nom célébré
par des Hiſtoriens dignes de vous , ira à
l'immortalité avec leurs ouvrages. Le Roi
de Borneo ne me trouvera pas ingrat ; je
vais lui rendre ſon fils. Il le reveira couronné
par la Victoire ; mais pour prix d'un
ſi grand ſervice , je lui demande de le donner
pour époux à ma fille.
Un bruit éclatant de trompette annonça
alors l'arrivée du Prince de Borneo. La Prin -
cefle tourna la tête & fit un cri de joye en
reconnoiffant Parelin. C'eſt vous , s'écria-telle
, en ſe jettant dans ſes bras; c'eſt vous ,
cher Epoux que je retrouve. Elle ne put en
dire davantage ; la voix étoit étouffée par
fes tranſports , & quand elle auroit pû parler,
elle n'auroit pas trouvé de termes pour les
exprimer.
La joye d'avoir retrouvé un époux qu'elle
adoroit , ne l'empêcha pas de fonger à fon
fils. Elle le demanda; il parut plus brillant
que la plus belle aurore. Telle étoit la figure
de cet aimable enfant que Parelin y retrouvoit
tous les traits de fa mere , & qu'E
DECEMBRE. 1744. 19
ritzine voyoit en lui le portrait de Parelin;
car elle ne s'étoit point encore accoutumée
à le nommer autrement , & elle voulut qu'il
conſervât toujours ce nom ſous lequel il
avoit commencé à lui être cher. Le Roi
de Borneo prodiguoit tour à tour ſes carefſes
à ſon fils , à Eritzine & à leur aimable
enfant. Eritzine étoit ſi enyvrée du plaifir
de revoir Parelin , qu'elle avoit peu
d'empreſſement d'apprendre parquel miracle
ce bonheur arrivoit. Le Roi de Borneo
fut plus curieux , & demanda à ſon fils ce
qui lui étoit arrivé depuis ſa féparation d'avec
Eritzine ; car il avoit apris du Calife toutes
les avantures de cette Princeſſe .
Je ſuivis juſqu'à la nuit , dit Parelin , l'Ours
qui emportoit mon fils. Je fus fort étonné
de voir au milieu de l'obſcurité la forêt
éclairée par une lumiere brillante. L'Ours
fuioit du côté d'où partoit la clarté , je le
ſuivis , & je découvris le Palais où nous
fommes. L'Ours y entra , j'entrai ſans héſiter
après lui ; il alla remettre mon fils au
Génie qui étoit aſſis ſur le trône. Ah Seigneur
, lui dis-je en me profternant à ſes
pieds , ferez-vous affez barbare pour faire
mon malheur & celui d'une épouſe adorable
? Le Génie ſourit & me dit qu'il falloit
que les arrêts du Deſtin s'accompliſſent. Le
fon de ſa voix, ſes traits qui me paroiffoient
20 MERCURE DE FRANCE .
abſolument les mêmes que ceux de votre
pere me rempliſſoient d'un juſte étonnement.
Je ne ſçavois que penſer de ce que
je voyois. Il s'apperçut de mon embarras.
Parelin , me dit-il en m'embraſſant , oui je
fuis Eritzin , le pere de celle que tu adores,
& je veux être le tien. Il m'aprit qu'inſtruit
plus poſitivement après ſa mort de ce qu'il
n'avoit auparavant découvert que fort confuſément
ſur votre fort & fur le mien , notre
amour lui avoit paru digne d'être heureux ,
que ma naiſſance n'étoit pas indigne d'Eritzine
, puiſque je devois le jour au Roi de
Borneo ; que le perfide Abdelec m'avoit
enlevé , & que ſéduit par quelques graces
qu'il avoit ru voir en moi , il m'avoit fait
paffer pour fon fils. Le Génie ajouta que
quoiqu'aalloorrss il eût défiré notre mariage, la
loi du Deftin l'avoit forcé d'éprouver fi
Eritzine exécuteroit ſes dernieres volontés.
Que n'avez-vous eu moins de pitié de moi,
dit Parelin à Eritzine , vous vous ſeriez épargnéebiendes
peines. Je ne regrette pas ma
complaiſance, interrompit-elle , ſi elle vous
a prouvé l'excès de mon amour. C'eſt le
Genie, continua le Prince de Borneo , qui a
empêché l'effet des Philtres d'Abdelec. A
l'égard de votre mere , elle eſt morte de
douleur en aprenant mon évaſion. Ainfi je
ſuis reſté dans ce Palais que le Génie tranf
DECEMBRE. 1944. 24
porte à ſon gré dans tous les lieux de l'U
nivers. J'y trouvois tous les plaiſirs , mais
votre abſence raſſemble toutes les peines
Le Génie me diſoit que je ne méritois pas
d'être puni , que vous ſeule aviez déſobéi ,
mais il me racontoit ce que vous fouffriez,
&portoit à mon coeur les coups les plus
terribles , étoit - ce là m'épargner ? Il m'a
envoyé détrôner l'Ufurpateur qui régnoit à
Céilan: une armée de Silphes , ſous la figure
d'hommes , & marchoit fous mes ordres ,
m'a aiſément rendu maître de l'Empire ; mais
que m'importoit de conquérir un grand
Royaume , vous ſeule me fuffifiez. Je retrouve
mon pere , mon épouſe , & mon fils ,
voilà tous les biens dont mon coeur ſçait
jouir , & les ſeuls qui puiſſent me rendre
heureux.
Pardonnez - moi , ma fille , dit alors le
Génie, les peines que j'ai été contraint de
vous cauſer ; vos plaiſirs vous en paroîtront
plus doux. J'ai ſouffert autant que vous ;
je nevousperdois pas de vue , mais il m'étoit
défendu de paroître à vos yeux. Le Génie
en diſant ees mots ferroit dans ſes bras ſa
fille &Parelin. Le Rei de Borneo l'imitoit,
Tous verſoient des larmes de joye , & le
Calife étonné , attendri de ce qu'il voyoit,
partageoit leurs larmes & leurs plaiſirs . Le
Géniedonna à ce Prince une caffette pleine
22 MERCURE DE FRANCE.
des plus beaux Diamans , & le fit recon
duire à Bagdad par quatre Silphes , qu'il
avoit à perpétuité à ſon ſervice. Il tranſporta
auffitôt fon Palais dans l'ifle dc Céilan. Eritzine
& Parelin furent couronnés avec l'applaudiſſement
de tous leurs Sujets. La félicité
pure dont jouiſſoient ces époux fortunés
, fut pour eux un nouveau motif de travailler
au bonheur de leurs peuples. Ils auroient
voulu les rendre auſſi heureux qu'ils
l'étoient eux-mêmes. Leur gouvernement
fut le modele de celui des Princes qui les
ſuivirent , leur amour inaltérable celui de
tous les coeurs ſenſibles , & leur bonheur
l'objet des deſirs de tous les amans. Après
avoir fourni leur carriere , la mort leur en
ouvrit une nouvelle. Ils furent reçus , ainſi
que leur pere , parmi les Génies , & l'immortalité
qu'on leur accordoit ne leur parut
flateuſe , que parce qu'elle leur donnoit le
moien de s'aimer à jamais.
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Résumé : SUITE DU MANUSCRIT Arabe, traduit par M. Jacques, Marchand Evantailliste, rue Mouffetar.
Le texte relate les aventures d'une femme confrontée à plusieurs épreuves. Son fils est enlevé par un ours géant, et son mari, Parelin, échoue à le secourir. Désespérée, elle envisage le suicide mais est arrêtée par un Silphe, qui lui apprend que son mari est vivant mais transformé. Après un an de solitude, elle est capturée par des matelots et reconnue par le capitaine Sideni, traître à sa mère. Elle résiste à ses avances violentes et est jetée à la mer, sauvée par un dauphin et soignée par une vieille femme. Cette dernière lui parle d'un magicien capable de l'aider. Le magicien lui confie la mission de récupérer la Toupie de Diamant du Roi des Génies, gardée par des monstres. Eritzine, en quête de la Toupie de Diamant, franchit divers obstacles et atteint un palais où elle doit résister à des tentations, y compris celles de son époux et de son fils. Elle parvient à la Table d'or, qui lui confirme qu'elle mérite d'être heureuse et lui ordonne de se rendre à Bagdad. À Bagdad, elle rencontre le Calife, qui lui offre son aide pour retrouver son amant et punir Sideni. Une altercation éclate au caravansérail, impliquant le Roi de Borneo, qui cherche son fils enlevé. Le Calife promet de l'aider à retrouver son fils dans les huit jours, sous peine de mort pour ses vizirs. Après une chasse interrompue par un orage, ils trouvent refuge dans une caverne où Eritzine utilise une toupie lumineuse pour éclairer leur chemin. Ils découvrent une porte d'or menant à un palais magnifique, gardé par des génies. Le père d'Eritzine, devenu un génie, les accueille et révèle qu'il a aidé sa fille malgré sa désobéissance. Le Roi de Borneo retrouve son fils, Parelin, qui raconte avoir suivi un ours jusqu'au palais. Le père d'Eritzine explique que Parelin est en réalité le fils du Roi de Borneo, enlevé par un traître. Il bénit l'union entre Eritzine et Parelin et rend le fils au Roi de Borneo. Dans une conversation ultérieure, le Génie explique que le destin a forcé l'exécution des dernières volontés d'Eritzine. Parelin reproche à Eritzine sa complaisance, mais elle affirme que son geste était motivé par son amour excessif. Le Prince de Borneo révèle que le Génie a empêché les effets des philtres d'Abdelec et mentionne la mort de la mère d'Eritzine. Le Génie demande pardon à Eritzine et explique qu'il ne pouvait se montrer à elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5596
p. 23-29
ODE Tirée du Pseaume 67 Exurgat Deus, & dissipentur inimici ejus, & fugiant qui oderunt eum à facie ejus.
Début :
C'est de tous les Psaumes celui dont le sens littéral a le plus embarrassé les / Dieu se leve : tombez, Roi, Temple, Autel, Idole. [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Roi, Rois, Gloire, Voix, Lieux, Terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Tirée du Pseaume 67 Exurgat Deus, & dissipentur inimici ejus, & fugiant qui oderunt eum à facie ejus.
ODE
Tirée du Pſeaume 67 Exurgat Deus ,
diſſipentur inimici ejus , & fugiant qui
oderunt eum à facie ejus.
جرم
'Eſt de tous les Pſeaumes celui dont le
le plus embarraflé les
Interprêtes, Pluſieurs ont cru qu'il fut compoſé
par David pour être chantéependant
la cérémonie de la tranſlation de l'Arche
dans la ville de Jérusalem. Leur ſentiment
eſt fondé ſur ce qu'il paroît par le dixiéme
Chapitre des Nombres, que lorſqu'on élevoit
l'Arche pour la transferer d'un lieu dans un
autre , on chantoit les premiers mots de ce
Pſeaume. Cumque elevaretur Arca , dicebat
Moyses,SurgeDomine , & diſſipentur inimici
tui , &fugiant qui oderunt te àfacie tuâ. Mais
le ſens ſpirituel de çe Cantique regarde inconteſtablement
la Réſurrection & l'Afcenfion
du Fils de Dieu , la deſtruction de l'idolâtrie
, & le triomphe de l'Eglife. Le Cardinal
Bellarmin trouvoit ce Preaume admirable
par les figures , les métaphores , &les
deſcriptions Poëtiques dont il eſt rempli.
On peut dire en effet après leP. Hardouin,
24 MERCURE DE FRANCE.
1
qui l'a traduit un peu fingulierement , que
c'eſt un chef-d'oeuvre de la PoëſieHébraïque,
&l'undesplus beaux Pſeaumes de David.
Dieu ſe leve : tombez , Roi , Temple , Autel
Idolę.
Au feude ſes regards , au ſon de ſa parole
Les Philiftins ont fui,
Tel le vent dans les airs chaſſe au loin la fumée
Telunbrafier ardent voit la cire enflamée
Bouillonner devant lui.
Chantez vos faintes conquêtes ,
Iſraël , dans vos feftins ,
Offrez d'innocentes fêtes
A l'Auteur de vos deſtins ,
Jonchez de fleurs ſon paſſage ,
Votre gloire eſt ſon ouvrage ,
Et le Seigneur eſt ſon nom.
Son bras venge vos allarmes
Dans le ſang & dans les larmes
Des familles d'Aſcalon .
Ils n'ont på ſoutenir ſa face étincelante.
Du timide orphelin , de la veuve tremblante
Il protege les droits.
Dufond du Sanctuaire il nous parleà touteheure :
Il aime à raffembler dans la même demeure
Ceux qui ſuivent ſes loix.
1
وا
* 11
1
DECEMBRE. 1744.
Il brife , il met en pouſſiere
Lejoug terrible & les fers
Qu'il forgea dans ſa colere
Pour ſes enfans les plus chers.
Il délivre ces rebelles
Qui chez des Rois infidéles
Mouroient noyés dans les pleurs a
Ou traînoient leur vie affreuſe
Dans la priſon tenebreuſe
De leurs barbares vainqueurs.
お楽
Souverain d'Iſraël , Dieu vengeur , Dieu ſuprême
Loin des rives du Nil tu conduiſois toi- même
Nos ayeux effrayés :
Parmi les eaux du Ciel , les éclairs & la foudre ,
Le Mont de Sinaï prêt à tomber en poudre
Chancela ſous tes pieds.
De l'humide ſein des nuës
Le painque tu fis pleuvoir
Anos tribus éperduës
Rendit la vie & l'eſpoir ;
Tu veilles ſur ma Patrie
Comme ſur ſa bergerie
Veille un Pasteur diligent ,
Et ta Divine Puiſſance
Répand avec abondance
Ses bienfaits ſur l'indigent,
B
26 MERCURE DE FRANCE,
Sur l'abîme desflots , ſur l'aîle des tempêtes
Le Seigneur fait voler la voix de ſes Prophetes
Aux lieux les plus lointains ;
Son peuple bien-aimé vaincra toute la terre ,
Et les Sceptres conquis par le droit de la guerre
Pafferont dans ſes mains,
Ses moindres efforts terraſffent
Ses ennemis furieux ;
Des périls qui le menacent
Il fort toujours glorieux.
Roi de la terre & de l'onde
Il éblouira le monde
De ſa nouvelle ſplendeur.
Ainſi du haut des montagnes
La neige dans les campagnes
Répand fa vive blancheur.
O monts délicieux ! ô fertile heritage !
Lieux cheris du Seigneur , vous êtes l'heureux gage
De ſon fidéle amour.
Demeure des faux Dieux , montagnes étrangeres ,
Vous n'êtes point l'azile où le Dieu de nos Peres
A fixé ſon ſéjour.
Sion , quelle auguſte fête !
Quels tranſports vont éclater !
Juiqu'à ton fuperte faite
:
1
1
DECEMBRE. 1744. 27
Le char de Dieu va monter.
Pour célébrer ſes louanges
Je vois accourir les Anges ,
Pénétrés d'un faint effroi.hdt
Sa gloire fut moins brillante
Sur la montagne brulante
Où ſa main grava ſa loi
Seigneur , tu vas régner au ſeinde nos Provinces:
Tu reviens entouré de Peuples&de Princes,
Chargés de fers peſans .
L'Idolâtre a fremi quand il tavû paroître ,
Et quoiqu'il n'oſe encore t'avouer pour ſonMaître,
Il t'offre des préfens .
Ce Dieu , fi grand , fi terrible ,
Anos voixdaigne accourir ;
Sabonté toujours viſible
Se plaît à nous fecourir.
Prodigue de récompenſes ,
Malgré toutes nos offenfes
Il eſt lent dans ſa fureur , وک
Mais les carreaux qu'il apprête ,
Tôt ou tard briſent la tête
Del'impie&du pécheur".
Dieu m'a dit : De Bazan pourquoi crains-tu le
pieges?
Bij
28 MER CURE DE FRANCE.
La mer engloutira ces mortels facrileges
Dans fon horrible flanc:
Tu fouleras aux pieds leurs veines déchirées ,
Et les chiens tremperont leurs langues altérées
Dans les flots de leur fang.
Les ennemis de ſa gloire
Sont vaincus de toutes parts :
La pompe de ſa victoire
Frappe leurs derniers regards.
Nos Chefs enflamés de zèle
Chantent la force immortelle
Du Dieu qui ſauva leurs jours ,
Et nos filles triomphantes
Mêlent leurs voix éclatantes
Au fonbruyantdes tambours.
Béniſſez le Seigneur , béniſſez votre Maître.
Defcendans de Jacob , ruiſſeaux que firent naître
Les ſources d'Ifraël .
Vous , jeune Benjamin,& vous Tribus guerrieres,
Nepthali , Zabulon , Juda , Roi de vos freres ,
Adorez l'Eternel .
Rempli , Seigneur , lapromeſſe
Que tu fis à nos Ayeux ;
Que les Rois viennent ſans ceffe
Te rendre hommage en ces lieux ,
DECEMBRE 1744 29
Dompte l'animal ſauvage
Qui contre nous plein de rage
S'élance de ſes Marais.
Pour éviter ta pourſuite
Qu'il cherche envain dans ſa fuite
Les roſeaux les plus épais .
Diſſipe des méchans la fureur conjurée ;
Nous verrons accourir dans ta Ville facrée
Les Envoyés des Rois .
Chantez le Dieu vivant , Royaumes de la terre.
Vous entendez ces bruits , ces éclats de tonnerre ;
:
C'eſt le cri de ſa voix.
O Ciel !
慈溪
vaſte étendue !
Les attributs de ton Dieu
Sur les Aftres , dans la nuë
Sont écrits en traits de feu.
Les Saints que fon ordre employe
Sont les heros qu'il envoye
Pour conquérir l'Univers .
Sa clémence vons appelle ,
• Nations ; que votre zêle
Serve le Dieu que je fers.
Tirée du Pſeaume 67 Exurgat Deus ,
diſſipentur inimici ejus , & fugiant qui
oderunt eum à facie ejus.
جرم
'Eſt de tous les Pſeaumes celui dont le
le plus embarraflé les
Interprêtes, Pluſieurs ont cru qu'il fut compoſé
par David pour être chantéependant
la cérémonie de la tranſlation de l'Arche
dans la ville de Jérusalem. Leur ſentiment
eſt fondé ſur ce qu'il paroît par le dixiéme
Chapitre des Nombres, que lorſqu'on élevoit
l'Arche pour la transferer d'un lieu dans un
autre , on chantoit les premiers mots de ce
Pſeaume. Cumque elevaretur Arca , dicebat
Moyses,SurgeDomine , & diſſipentur inimici
tui , &fugiant qui oderunt te àfacie tuâ. Mais
le ſens ſpirituel de çe Cantique regarde inconteſtablement
la Réſurrection & l'Afcenfion
du Fils de Dieu , la deſtruction de l'idolâtrie
, & le triomphe de l'Eglife. Le Cardinal
Bellarmin trouvoit ce Preaume admirable
par les figures , les métaphores , &les
deſcriptions Poëtiques dont il eſt rempli.
On peut dire en effet après leP. Hardouin,
24 MERCURE DE FRANCE.
1
qui l'a traduit un peu fingulierement , que
c'eſt un chef-d'oeuvre de la PoëſieHébraïque,
&l'undesplus beaux Pſeaumes de David.
Dieu ſe leve : tombez , Roi , Temple , Autel
Idolę.
Au feude ſes regards , au ſon de ſa parole
Les Philiftins ont fui,
Tel le vent dans les airs chaſſe au loin la fumée
Telunbrafier ardent voit la cire enflamée
Bouillonner devant lui.
Chantez vos faintes conquêtes ,
Iſraël , dans vos feftins ,
Offrez d'innocentes fêtes
A l'Auteur de vos deſtins ,
Jonchez de fleurs ſon paſſage ,
Votre gloire eſt ſon ouvrage ,
Et le Seigneur eſt ſon nom.
Son bras venge vos allarmes
Dans le ſang & dans les larmes
Des familles d'Aſcalon .
Ils n'ont på ſoutenir ſa face étincelante.
Du timide orphelin , de la veuve tremblante
Il protege les droits.
Dufond du Sanctuaire il nous parleà touteheure :
Il aime à raffembler dans la même demeure
Ceux qui ſuivent ſes loix.
1
وا
* 11
1
DECEMBRE. 1744.
Il brife , il met en pouſſiere
Lejoug terrible & les fers
Qu'il forgea dans ſa colere
Pour ſes enfans les plus chers.
Il délivre ces rebelles
Qui chez des Rois infidéles
Mouroient noyés dans les pleurs a
Ou traînoient leur vie affreuſe
Dans la priſon tenebreuſe
De leurs barbares vainqueurs.
お楽
Souverain d'Iſraël , Dieu vengeur , Dieu ſuprême
Loin des rives du Nil tu conduiſois toi- même
Nos ayeux effrayés :
Parmi les eaux du Ciel , les éclairs & la foudre ,
Le Mont de Sinaï prêt à tomber en poudre
Chancela ſous tes pieds.
De l'humide ſein des nuës
Le painque tu fis pleuvoir
Anos tribus éperduës
Rendit la vie & l'eſpoir ;
Tu veilles ſur ma Patrie
Comme ſur ſa bergerie
Veille un Pasteur diligent ,
Et ta Divine Puiſſance
Répand avec abondance
Ses bienfaits ſur l'indigent,
B
26 MERCURE DE FRANCE,
Sur l'abîme desflots , ſur l'aîle des tempêtes
Le Seigneur fait voler la voix de ſes Prophetes
Aux lieux les plus lointains ;
Son peuple bien-aimé vaincra toute la terre ,
Et les Sceptres conquis par le droit de la guerre
Pafferont dans ſes mains,
Ses moindres efforts terraſffent
Ses ennemis furieux ;
Des périls qui le menacent
Il fort toujours glorieux.
Roi de la terre & de l'onde
Il éblouira le monde
De ſa nouvelle ſplendeur.
Ainſi du haut des montagnes
La neige dans les campagnes
Répand fa vive blancheur.
O monts délicieux ! ô fertile heritage !
Lieux cheris du Seigneur , vous êtes l'heureux gage
De ſon fidéle amour.
Demeure des faux Dieux , montagnes étrangeres ,
Vous n'êtes point l'azile où le Dieu de nos Peres
A fixé ſon ſéjour.
Sion , quelle auguſte fête !
Quels tranſports vont éclater !
Juiqu'à ton fuperte faite
:
1
1
DECEMBRE. 1744. 27
Le char de Dieu va monter.
Pour célébrer ſes louanges
Je vois accourir les Anges ,
Pénétrés d'un faint effroi.hdt
Sa gloire fut moins brillante
Sur la montagne brulante
Où ſa main grava ſa loi
Seigneur , tu vas régner au ſeinde nos Provinces:
Tu reviens entouré de Peuples&de Princes,
Chargés de fers peſans .
L'Idolâtre a fremi quand il tavû paroître ,
Et quoiqu'il n'oſe encore t'avouer pour ſonMaître,
Il t'offre des préfens .
Ce Dieu , fi grand , fi terrible ,
Anos voixdaigne accourir ;
Sabonté toujours viſible
Se plaît à nous fecourir.
Prodigue de récompenſes ,
Malgré toutes nos offenfes
Il eſt lent dans ſa fureur , وک
Mais les carreaux qu'il apprête ,
Tôt ou tard briſent la tête
Del'impie&du pécheur".
Dieu m'a dit : De Bazan pourquoi crains-tu le
pieges?
Bij
28 MER CURE DE FRANCE.
La mer engloutira ces mortels facrileges
Dans fon horrible flanc:
Tu fouleras aux pieds leurs veines déchirées ,
Et les chiens tremperont leurs langues altérées
Dans les flots de leur fang.
Les ennemis de ſa gloire
Sont vaincus de toutes parts :
La pompe de ſa victoire
Frappe leurs derniers regards.
Nos Chefs enflamés de zèle
Chantent la force immortelle
Du Dieu qui ſauva leurs jours ,
Et nos filles triomphantes
Mêlent leurs voix éclatantes
Au fonbruyantdes tambours.
Béniſſez le Seigneur , béniſſez votre Maître.
Defcendans de Jacob , ruiſſeaux que firent naître
Les ſources d'Ifraël .
Vous , jeune Benjamin,& vous Tribus guerrieres,
Nepthali , Zabulon , Juda , Roi de vos freres ,
Adorez l'Eternel .
Rempli , Seigneur , lapromeſſe
Que tu fis à nos Ayeux ;
Que les Rois viennent ſans ceffe
Te rendre hommage en ces lieux ,
DECEMBRE 1744 29
Dompte l'animal ſauvage
Qui contre nous plein de rage
S'élance de ſes Marais.
Pour éviter ta pourſuite
Qu'il cherche envain dans ſa fuite
Les roſeaux les plus épais .
Diſſipe des méchans la fureur conjurée ;
Nous verrons accourir dans ta Ville facrée
Les Envoyés des Rois .
Chantez le Dieu vivant , Royaumes de la terre.
Vous entendez ces bruits , ces éclats de tonnerre ;
:
C'eſt le cri de ſa voix.
O Ciel !
慈溪
vaſte étendue !
Les attributs de ton Dieu
Sur les Aftres , dans la nuë
Sont écrits en traits de feu.
Les Saints que fon ordre employe
Sont les heros qu'il envoye
Pour conquérir l'Univers .
Sa clémence vons appelle ,
• Nations ; que votre zêle
Serve le Dieu que je fers.
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Résumé : ODE Tirée du Pseaume 67 Exurgat Deus, & dissipentur inimici ejus, & fugiant qui oderunt eum à facie ejus.
Le Psaume 67, intitulé 'Exurgat Deus', est l'un des plus difficiles à interpréter. Il est attribué à David et célèbre la translation de l'Arche à Jérusalem, comme mentionné dans le livre des Nombres. Sur le plan spirituel, il traite de la Résurrection et de l'Ascension du Christ, de la destruction de l'idolâtrie et du triomphe de l'Église. Le Cardinal Bellarmin loue ce psaume pour ses figures, métaphores et descriptions poétiques, tandis que le Père Hardouin le considère comme un chef-d'œuvre de la poésie hébraïque. Le psaume décrit Dieu se levant contre ses ennemis, protégeant les faibles et délivrant les captifs. Il évoque les miracles accomplis pour Israël, tels que la traversée de la mer Rouge et la manne dans le désert. Il souligne la victoire du peuple de Dieu sur ses ennemis et l'établissement de son règne sur les nations. Le texte met en avant la puissance et la miséricorde de Dieu, qui punit les impies tout en étant lent à la colère et généreux en récompenses. Le psaume se conclut par un appel à bénir le Seigneur et à adorer l'Éternel, invitant toutes les nations à reconnaître sa souveraineté. Le poème décrit également une vision céleste où les étoiles sont représentées comme des traits de feu dans les nuages. Les saints, qualifiés d'héros, sont envoyés pour conquérir l'univers. La clémence divine est invoquée pour appeler les nations à servir Dieu. Le texte exhorte les nations à manifester leur zèle en servant cette divinité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5597
p. 30-38
EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
Début :
Ceux qui se sont appliqués à l'étude de l'Histoire Naturelle, ont vu dans le [...]
Mots clefs :
Médecin, Effet, Sieur Arnoult, Topiques, Apoplexie, Remèdes, Accidents, Sachet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
EXTRAIT d'une Differtation en forme de
Lettre , fur l'effet des Topiques dans les maladies
internes , & en particulier fur celuis
du Sieur Arnoutt , écrite par un Médecin
deParisà un Médecin de Province .
C
Eux qui ſe ſont appliqués à l'étude de
l'Hiſtoire Naturelle , ont vu dans le
cours de leurs recherches tant de Phénoménes
finguliers , & fi peu analogues aux
opérations communes de la Nature , que le
récit de l'expérience la plus extraordinaire
n'excite plus en eux , au lieu d'étonnement ,
que l'envie d'approfondir par un examen fé-
⚫vére la vérité des obſervations qu'on leur
communique. Les autres hommes font moins
traitables à cet égard; avides du merveilleux
quand on ne s'adreſſe qu'à notre imagination
, nous devenons incrédules pour tout
ce qui eft extraordinaire dès qu'on interroge
notre raiſon , les gens peu inſtruits refuſent
de croire ce qu'ils ne comprennent pas , &
cela eſt ſans doute moins embarafſant que
de chercher à l'expliquer , & ils font d'autant
plus affermis dans leur erreur , qu'étant trop
peu inftruits pour difcuter les preuves , il eſt
impoſſible de les convaincre , l'effet des To
DECEMBRE. 1744 . 3 .
piques , leur efficacité , ſoit en bien , foit
en mal , eſt un de ces jeux de la Nature ſi
finguliers , qu'on ajouteroit peu de foi à leur
vertu ſi l'on n'étoit accablé par une foule
depreuves.
L'Auteur de cette Lettre a rafſſemblé un
grand nombre d'expériences , qui font des
témoins autentiques de l'effet des Topiques.
Il ne lui auroit pas été difficile d'en ramaffer
encore un plus grand nombre , mais il
auroit groſſi infructueuſement ſa Lettre , &
il en a dit affez pour perfuader les plus incrédules
. Les garants des faits qu'il rapporte
font de ſçavans Phyficiens , d'habiles Médecins;
M. Boyle le reſtaurateur de la vraie
Phyſique , ordonne pour guérir la crampe ,
de remplir de poudre de racines de Méchoacan
un petit ſachet de damas , & de le
porter pendu au col , enforte qu'il defcende
au creux de l'eſtomac , & qu'il touche
immédiatement à la peau. Diction. Botan .
Pharmaceut.
Cette précaution recommandée de faire
deſcendre le ſachet au creux de l'eſtomac
n'eſt point ſans fondement'; ce vifcere prefque
tout nerveux , a des communications
avec toutes les parties du corps ; les émanations
des remédes pénétrans y parviennent
très- aiſément , & rétabliſſent promptement
la circulation du ſang interrompue dans
Bij
32 MERCURE DE FRANCE,
les défaillances , comme l'application des lis
queurs ſpiritueuſes le prouve évidemment,
fans doute parce que leurs parties volatiles
s'inſinuent dans le fang dont le viſcére eft
arrofé , & rendent aux nerfs la tention qu'ils
avoient perdue.
Le même Boyle, dans ſon Traité De infigni
effluviorum efficacia , donne à tous les
mixtes une atmosphere , dont il prouve l'exiſtence
par beaucoup d'expériences , & notamment
par l'effet des cantharides , qui appliquées
àà des parties éloignées , &méme
tenues dans la main, lui ont caufé de grandes
douleurs dans les conduits urinaires. Les
remédes antihyſteriques , portés ſous le nés ,
ou appliqués ſur le nombril , calment les
accidens vaporeux. On apprend de Bartholin
, que Henri II. ſe préſerva de la peſte ,
en portant au col une coquille d'Aveline
pleine de vif argent .
Quels éloges Vanhelmont n'a-t-il pas donnés
à un autre Amulette contre cette même
maladie ! C'eſt l'Arſenio porté ſur la région
du coeur , ou ſous l'aiſſelle gauche dans un
petit ſachet d'une double étoffe de ſoye. Il
eſt vrai que ſi au ſujet de cet Amulette ,
beaucoup de Naturaliſtes ont été les échos
de Vanhelmont , pluſieurs autres l'ont jugé
dangereux , mais qu'importe cela pour la
queſtion préſente ? les effets bons ou mauDECEMBRE.
1744. 33
vais prouvent également l'efficacité des Topiques.
M. Turner fameux Médecin rapporte
la mort tragique de deux enfans , cauſée par
une ſuperpurgation que produifit un onguent
qu'on leur avoit appliqué fur le nombril , à
deffein de tuer les vers. If croit avec affez
de fondement , que cet onguent eſt celui
qu'on appelle , Arthanila , &on lit en effet
dans Fenel , qu'il purge fortement appliqué
fur le ventre. Cela paroîtra moins étonnant
à ceux qui ſçavent que les Anciens ſe purgeoient
en ſe lavant les pieds dans une décoction
d'Ellebore.
M. Hoffman , premier Médecin du Roi
de Pruffe , & fi eſtimé des Naturaliſtes , a
rapporté que la Confection Hamech , qui
n'eſt pas un purgatif fort violent , adoucie
par le mélange de l'onguent de Guimauve ,
remédie à la conſtipation , étant appliquée
fous les pieds.
Une flanelle trempée dans une décoction
chaude de Menthe , d'Abſynthe , & de quel .
ques Aromates , & appliquée ſur l'eſtomac ,
a guéri des envies de vomir rebelles aux remedes
les plus actifs. Des remedes analogues
font des miracles dans la colique , la
paſſion iliaque , la dyſſenterie. L'Abfynthe
porté ſous les pieds , calme les vomiſſemens
au rapport d'Horftius. M , Turner rapporte
By
34 MERCURE DE FRANCE.
qu'il a vu une iſchurie opiniâtre céder dan
le moment à une embrocation d'une huile
qui lui eſt inconnue , faite ſur la région de
la veffie , du pubis , & du perinée.
L'Hiſtoire de D. Thomas Taffard , Bénédictin,
eſt l'effet des Topiques le plus fingulier
qu'on ait encore vu ; à l'âge de 29 ans il étoit
déja depuis pluſieurs années devenu d'une
foibleſſe inouie , il étoit tourmenté de convulfions
fréquentes,& ce qu'il ya de remarquable,
il ſe trouvoit plus mal immédiatement après
le repas & le ſommeil. On l'envoya à Bourbon,
mais le foulagement que les eaux lui
apporterent dura peu ; il y alla une feconde
ſaiſon ſans aucun fuccès , & même y
éprouva de nouveaux accidens. On lui conſeilla
de porter une pierre d'Aiman , qu'on
dit bonne contre les convulfions , & on lui
en donna une bonne & bien armée , groſſe
comme un oeuf de pigeon. A peine l'eut-il
dans la main , que ſes convulfions ceſſerent ,
&depuis elles ne font point revenues , quoique
Dom Taflard ait quelquefois été trois
ou quatre jours fans porter ſa pierre d'Aiman.
Le récit de cette finguliere guériſon ſe
trouve dans le Mercure de Juillet 1726.
Dom Nicolas Alexandre , Bénédictin &Auteur
du Dictionnaire Botanique & Pharmaceutique
, conſeilla d'après Ettmuller ce reméde
, auquel il avoit peu de confiance ,
DECEMBRE. 1744. 35
mais qu'il croyoit innocent ; il voulut d'abord
le faire porter ſuſpendu au col, poſé
fur la peau , & tombant fur la foſſette du
coeur , mais il cauſa au malade des inquiétudes
ſi fortes , qu'il fut obligé d'abord de
le mettre par - deſſus ſa chemiſe , puis pardeffus
fa veſte , & enfin par- deſſus ſa robe.
L'Auteur a appris cedétail de D. Alexandre
même.
Après une expérience auſſi bien atteſtée ,
qui peut nier l'efficacité des Topiques , &
quel préjugé avantageux ne doit-on pas fe
former pour celui du Sieur Arnoult , qui ,
de l'aveu de ſes Contradicteurs , ne pou- ..
vant faire de mal , doit par conféquent faire
beaucoup de bien ? En vain objecte - t-on
que le ſpécifique a manqué quelquefois ſon
effet; l'Auteur le juſtifie d'une façon inconteſtable
contre ces imputations calomnieufes
, qui d'ailleurs ne ſuffiroient pas pourdétruire
une foule d'expériences favorables , &
très-bien conſtatées.
M. de Blagnes , & M. Habert , dont on
rapporte la mort pour décrier le ſpécifique ,
n'ont jamais porté le ſachet ; c'eſt ce que
l'Auteur de la Diflertation a vérifié par les
Regiſtres du Sieur Arnoult. M. du Cholet ,
qui le portoit , n'eſt pas mort d'apopléxie ,
mais d'épilepfie , à ce qu'ont décidé Meffieurs
Silva & du Moulin,
Bvj
36 MERCURE DE 1FRANCE.
Enfin on juſtifie le ſieurArnoult à l'égard
du Comte de Froulai d'une façon inconteftable
, en rapportant un Certificat de treis
ce ſes Domeſtiques , qui ne laiſſe aucun
ſcrupule fur cet article. En voici la teneur :
Nous ſouſſignés Guiard , Douillet , &Bizel
, certifions à qui il appartiendra , que moi
Guiard , il y a 40 ans que j'ai l'honneur d'être
attaché à fon E. M. le Comte de Froulai ,
ci-devant Ambassadeur du Roi à Venise ; que
moi Douillet , j'ai le même honneur depuis
30 ans , ainsi que moi Bizel depuis 10 ans ,
que nous ne l'avons point quitté depuis ce tems
jusqu'à sa mort , & que nous avons une parfaite
connoiſſance de deux accidens d'apopléxie
qui lui font arrivés à Venise il y a deux
ans & demi , & qualors il ne faisoit point
d'usage du Sachet du ſieur Arnoult ; que dans
le tems & après ces deux accidens d'apoplexie ,
Son E. M. le Comte de Froulai écrivitàM.
Thieriot , Marchand de drap à Paris , &fon
homme de confiance , qui lui envoya auſſuot
le reméde du ſieur Arnoult , que mondit Seigneur
en a fait usage depuis , & qu'il eſt trèsconftant
que depuis l'uſage qu'il a fait dudit
reméde , il ne lui eſt arrivé aucun accident
d'apopléxie. Nous croyons devoir rendre ce
témoignage en confcience & en honneur , d'antant
plus que le reproche que l'on a fait an
fieur Arnoult dans le Journal des Sçavans ,
DECEMBRE. 1744 .
du mois d'Août 1743 , P. 1529 , par forme
d'Extrait d'une Lettre anonyme , porte préci-
Sément que son E. M. le Comte de Froulai a
eu quatre atteintes d'apoplexie , quoique depuis
la premiére il ait été bien attentifà porter le
Sachet , ce qui est une accusation des ennemis
duſieur Arnoult très -fauffe , & tout àfait contraire
à la vérité. En foi de quoi nous en
donnons la préſente déclaration en notre ame
confcience , & telle que nous la ferions en
Justice , fi nous en étions requis ; le tout pour
Servir & valoir ce que de raiſon . AParis le
17 Mars 1744. Signé Bizel, François Guiard,
&Douillet .
Voilà donc le ſieur Arnoult parfaitement
juſtifié ; mais d'ailleurs combien de fuffrages
reſpectables s'élévent en ſa faveur ! On cite
dans cet Ecrit le feu Cardinal de Polignac,
le Duc de Geſvres , M. Merault , Procureur
Général du Grand Confeil , l'Abbé Franchini
, ci-devant Envoyé de Florence , des
Médecins mêmes , tels que Meſſieurs Garnier
, Médecin de la Faculté de Paris , aujourd'hui
premier Medecin du Roi à la Martinique
, Mauran , Médecin à Bergerac , le
Mercier , Médecin du Roi dans l'Hôpital
d'Huningue.
Les Journaux ont été remplis juſqu'à préfent
d'une multitude de Certificats , par lefquels
il étoit atteſté que de gens attaqués d'a
38 MERCURE DE FRANCE.
poplexie avant que de porter le ſachet , n'a
voient éprouvé ancun accident depuis qu'ils
en faifoient uſage. On cite encore ici pluſieurs
témoignages qui n'ont pas encore été
rendus publics , & qui font de la même natureque
les premiers.
L'Approbateur , qui eſt un Médecin , dé
clare qu'on lui a communiqué les Originaux
de toutes ces Piéces. Il faut donc ſe rendre
à ces preuves , ou ſe déclarer Phyrronien in
corrigible.
Lettre , fur l'effet des Topiques dans les maladies
internes , & en particulier fur celuis
du Sieur Arnoutt , écrite par un Médecin
deParisà un Médecin de Province .
C
Eux qui ſe ſont appliqués à l'étude de
l'Hiſtoire Naturelle , ont vu dans le
cours de leurs recherches tant de Phénoménes
finguliers , & fi peu analogues aux
opérations communes de la Nature , que le
récit de l'expérience la plus extraordinaire
n'excite plus en eux , au lieu d'étonnement ,
que l'envie d'approfondir par un examen fé-
⚫vére la vérité des obſervations qu'on leur
communique. Les autres hommes font moins
traitables à cet égard; avides du merveilleux
quand on ne s'adreſſe qu'à notre imagination
, nous devenons incrédules pour tout
ce qui eft extraordinaire dès qu'on interroge
notre raiſon , les gens peu inſtruits refuſent
de croire ce qu'ils ne comprennent pas , &
cela eſt ſans doute moins embarafſant que
de chercher à l'expliquer , & ils font d'autant
plus affermis dans leur erreur , qu'étant trop
peu inftruits pour difcuter les preuves , il eſt
impoſſible de les convaincre , l'effet des To
DECEMBRE. 1744 . 3 .
piques , leur efficacité , ſoit en bien , foit
en mal , eſt un de ces jeux de la Nature ſi
finguliers , qu'on ajouteroit peu de foi à leur
vertu ſi l'on n'étoit accablé par une foule
depreuves.
L'Auteur de cette Lettre a rafſſemblé un
grand nombre d'expériences , qui font des
témoins autentiques de l'effet des Topiques.
Il ne lui auroit pas été difficile d'en ramaffer
encore un plus grand nombre , mais il
auroit groſſi infructueuſement ſa Lettre , &
il en a dit affez pour perfuader les plus incrédules
. Les garants des faits qu'il rapporte
font de ſçavans Phyficiens , d'habiles Médecins;
M. Boyle le reſtaurateur de la vraie
Phyſique , ordonne pour guérir la crampe ,
de remplir de poudre de racines de Méchoacan
un petit ſachet de damas , & de le
porter pendu au col , enforte qu'il defcende
au creux de l'eſtomac , & qu'il touche
immédiatement à la peau. Diction. Botan .
Pharmaceut.
Cette précaution recommandée de faire
deſcendre le ſachet au creux de l'eſtomac
n'eſt point ſans fondement'; ce vifcere prefque
tout nerveux , a des communications
avec toutes les parties du corps ; les émanations
des remédes pénétrans y parviennent
très- aiſément , & rétabliſſent promptement
la circulation du ſang interrompue dans
Bij
32 MERCURE DE FRANCE,
les défaillances , comme l'application des lis
queurs ſpiritueuſes le prouve évidemment,
fans doute parce que leurs parties volatiles
s'inſinuent dans le fang dont le viſcére eft
arrofé , & rendent aux nerfs la tention qu'ils
avoient perdue.
Le même Boyle, dans ſon Traité De infigni
effluviorum efficacia , donne à tous les
mixtes une atmosphere , dont il prouve l'exiſtence
par beaucoup d'expériences , & notamment
par l'effet des cantharides , qui appliquées
àà des parties éloignées , &méme
tenues dans la main, lui ont caufé de grandes
douleurs dans les conduits urinaires. Les
remédes antihyſteriques , portés ſous le nés ,
ou appliqués ſur le nombril , calment les
accidens vaporeux. On apprend de Bartholin
, que Henri II. ſe préſerva de la peſte ,
en portant au col une coquille d'Aveline
pleine de vif argent .
Quels éloges Vanhelmont n'a-t-il pas donnés
à un autre Amulette contre cette même
maladie ! C'eſt l'Arſenio porté ſur la région
du coeur , ou ſous l'aiſſelle gauche dans un
petit ſachet d'une double étoffe de ſoye. Il
eſt vrai que ſi au ſujet de cet Amulette ,
beaucoup de Naturaliſtes ont été les échos
de Vanhelmont , pluſieurs autres l'ont jugé
dangereux , mais qu'importe cela pour la
queſtion préſente ? les effets bons ou mauDECEMBRE.
1744. 33
vais prouvent également l'efficacité des Topiques.
M. Turner fameux Médecin rapporte
la mort tragique de deux enfans , cauſée par
une ſuperpurgation que produifit un onguent
qu'on leur avoit appliqué fur le nombril , à
deffein de tuer les vers. If croit avec affez
de fondement , que cet onguent eſt celui
qu'on appelle , Arthanila , &on lit en effet
dans Fenel , qu'il purge fortement appliqué
fur le ventre. Cela paroîtra moins étonnant
à ceux qui ſçavent que les Anciens ſe purgeoient
en ſe lavant les pieds dans une décoction
d'Ellebore.
M. Hoffman , premier Médecin du Roi
de Pruffe , & fi eſtimé des Naturaliſtes , a
rapporté que la Confection Hamech , qui
n'eſt pas un purgatif fort violent , adoucie
par le mélange de l'onguent de Guimauve ,
remédie à la conſtipation , étant appliquée
fous les pieds.
Une flanelle trempée dans une décoction
chaude de Menthe , d'Abſynthe , & de quel .
ques Aromates , & appliquée ſur l'eſtomac ,
a guéri des envies de vomir rebelles aux remedes
les plus actifs. Des remedes analogues
font des miracles dans la colique , la
paſſion iliaque , la dyſſenterie. L'Abfynthe
porté ſous les pieds , calme les vomiſſemens
au rapport d'Horftius. M , Turner rapporte
By
34 MERCURE DE FRANCE.
qu'il a vu une iſchurie opiniâtre céder dan
le moment à une embrocation d'une huile
qui lui eſt inconnue , faite ſur la région de
la veffie , du pubis , & du perinée.
L'Hiſtoire de D. Thomas Taffard , Bénédictin,
eſt l'effet des Topiques le plus fingulier
qu'on ait encore vu ; à l'âge de 29 ans il étoit
déja depuis pluſieurs années devenu d'une
foibleſſe inouie , il étoit tourmenté de convulfions
fréquentes,& ce qu'il ya de remarquable,
il ſe trouvoit plus mal immédiatement après
le repas & le ſommeil. On l'envoya à Bourbon,
mais le foulagement que les eaux lui
apporterent dura peu ; il y alla une feconde
ſaiſon ſans aucun fuccès , & même y
éprouva de nouveaux accidens. On lui conſeilla
de porter une pierre d'Aiman , qu'on
dit bonne contre les convulfions , & on lui
en donna une bonne & bien armée , groſſe
comme un oeuf de pigeon. A peine l'eut-il
dans la main , que ſes convulfions ceſſerent ,
&depuis elles ne font point revenues , quoique
Dom Taflard ait quelquefois été trois
ou quatre jours fans porter ſa pierre d'Aiman.
Le récit de cette finguliere guériſon ſe
trouve dans le Mercure de Juillet 1726.
Dom Nicolas Alexandre , Bénédictin &Auteur
du Dictionnaire Botanique & Pharmaceutique
, conſeilla d'après Ettmuller ce reméde
, auquel il avoit peu de confiance ,
DECEMBRE. 1744. 35
mais qu'il croyoit innocent ; il voulut d'abord
le faire porter ſuſpendu au col, poſé
fur la peau , & tombant fur la foſſette du
coeur , mais il cauſa au malade des inquiétudes
ſi fortes , qu'il fut obligé d'abord de
le mettre par - deſſus ſa chemiſe , puis pardeffus
fa veſte , & enfin par- deſſus ſa robe.
L'Auteur a appris cedétail de D. Alexandre
même.
Après une expérience auſſi bien atteſtée ,
qui peut nier l'efficacité des Topiques , &
quel préjugé avantageux ne doit-on pas fe
former pour celui du Sieur Arnoult , qui ,
de l'aveu de ſes Contradicteurs , ne pou- ..
vant faire de mal , doit par conféquent faire
beaucoup de bien ? En vain objecte - t-on
que le ſpécifique a manqué quelquefois ſon
effet; l'Auteur le juſtifie d'une façon inconteſtable
contre ces imputations calomnieufes
, qui d'ailleurs ne ſuffiroient pas pourdétruire
une foule d'expériences favorables , &
très-bien conſtatées.
M. de Blagnes , & M. Habert , dont on
rapporte la mort pour décrier le ſpécifique ,
n'ont jamais porté le ſachet ; c'eſt ce que
l'Auteur de la Diflertation a vérifié par les
Regiſtres du Sieur Arnoult. M. du Cholet ,
qui le portoit , n'eſt pas mort d'apopléxie ,
mais d'épilepfie , à ce qu'ont décidé Meffieurs
Silva & du Moulin,
Bvj
36 MERCURE DE 1FRANCE.
Enfin on juſtifie le ſieurArnoult à l'égard
du Comte de Froulai d'une façon inconteftable
, en rapportant un Certificat de treis
ce ſes Domeſtiques , qui ne laiſſe aucun
ſcrupule fur cet article. En voici la teneur :
Nous ſouſſignés Guiard , Douillet , &Bizel
, certifions à qui il appartiendra , que moi
Guiard , il y a 40 ans que j'ai l'honneur d'être
attaché à fon E. M. le Comte de Froulai ,
ci-devant Ambassadeur du Roi à Venise ; que
moi Douillet , j'ai le même honneur depuis
30 ans , ainsi que moi Bizel depuis 10 ans ,
que nous ne l'avons point quitté depuis ce tems
jusqu'à sa mort , & que nous avons une parfaite
connoiſſance de deux accidens d'apopléxie
qui lui font arrivés à Venise il y a deux
ans & demi , & qualors il ne faisoit point
d'usage du Sachet du ſieur Arnoult ; que dans
le tems & après ces deux accidens d'apoplexie ,
Son E. M. le Comte de Froulai écrivitàM.
Thieriot , Marchand de drap à Paris , &fon
homme de confiance , qui lui envoya auſſuot
le reméde du ſieur Arnoult , que mondit Seigneur
en a fait usage depuis , & qu'il eſt trèsconftant
que depuis l'uſage qu'il a fait dudit
reméde , il ne lui eſt arrivé aucun accident
d'apopléxie. Nous croyons devoir rendre ce
témoignage en confcience & en honneur , d'antant
plus que le reproche que l'on a fait an
fieur Arnoult dans le Journal des Sçavans ,
DECEMBRE. 1744 .
du mois d'Août 1743 , P. 1529 , par forme
d'Extrait d'une Lettre anonyme , porte préci-
Sément que son E. M. le Comte de Froulai a
eu quatre atteintes d'apoplexie , quoique depuis
la premiére il ait été bien attentifà porter le
Sachet , ce qui est une accusation des ennemis
duſieur Arnoult très -fauffe , & tout àfait contraire
à la vérité. En foi de quoi nous en
donnons la préſente déclaration en notre ame
confcience , & telle que nous la ferions en
Justice , fi nous en étions requis ; le tout pour
Servir & valoir ce que de raiſon . AParis le
17 Mars 1744. Signé Bizel, François Guiard,
&Douillet .
Voilà donc le ſieur Arnoult parfaitement
juſtifié ; mais d'ailleurs combien de fuffrages
reſpectables s'élévent en ſa faveur ! On cite
dans cet Ecrit le feu Cardinal de Polignac,
le Duc de Geſvres , M. Merault , Procureur
Général du Grand Confeil , l'Abbé Franchini
, ci-devant Envoyé de Florence , des
Médecins mêmes , tels que Meſſieurs Garnier
, Médecin de la Faculté de Paris , aujourd'hui
premier Medecin du Roi à la Martinique
, Mauran , Médecin à Bergerac , le
Mercier , Médecin du Roi dans l'Hôpital
d'Huningue.
Les Journaux ont été remplis juſqu'à préfent
d'une multitude de Certificats , par lefquels
il étoit atteſté que de gens attaqués d'a
38 MERCURE DE FRANCE.
poplexie avant que de porter le ſachet , n'a
voient éprouvé ancun accident depuis qu'ils
en faifoient uſage. On cite encore ici pluſieurs
témoignages qui n'ont pas encore été
rendus publics , & qui font de la même natureque
les premiers.
L'Approbateur , qui eſt un Médecin , dé
clare qu'on lui a communiqué les Originaux
de toutes ces Piéces. Il faut donc ſe rendre
à ces preuves , ou ſe déclarer Phyrronien in
corrigible.
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Résumé : EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
Le texte explore l'efficacité des remèdes topiques pour traiter les maladies internes, soutenue par diverses expériences et observations. Les auteurs s'appuient sur les témoignages de savants et médecins renommés pour démontrer cette efficacité. Robert Boyle, par exemple, recommande la poudre de racines de Méchoacan pour traiter la crampe en agissant sur les communications nerveuses. D'autres remèdes, tels que les cantharides et les amulettes, montrent des effets variés sur différentes parties du corps. Des cas spécifiques incluent l'utilisation de l'Arsenio contre la peste et l'onguent Arthanila, qui peut être mortel chez les enfants. La Confection Hamech et des décoctions de menthe et d'absinthe sont également mentionnées pour traiter divers maux. Un cas notable est celui de Dom Thomas Taffard, guéri de convulsions par une pierre d'aimant. Une autre guérison miraculeuse est rapportée avec une pierre d'Aïman, recommandée par Dom Nicolas Alexandre. Le texte défend l'efficacité des remèdes topiques malgré certains échecs, en citant de nombreuses expériences favorables. Des personnalités influentes et des médecins soutiennent ces remèdes, et de nombreux certificats attestent leur efficacité. Par exemple, le Comte de Froulai n'a plus souffert d'apoplexie après avoir utilisé un remède topique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5598
p. 39-50
DISCOURS sur l'utilité des fluides.
Début :
LES Atomes d'Epicure, les parties rameuses, angulaires, ou les globules des Cartésiens [...]
Mots clefs :
Eau, Air, Corps, Fluide, Fluidité, Parties, Mouvement, Fluides, Ballons, Animaux, Poids, Terre, Force, Action, Pores
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS sur l'utilité des fluides.
DISCOURS fur l'utilité des fluides. "
L
EsAtomes d'Epicure , fes parties rameuſes
, angulaires , ou les globules des Cartéfiens
ne fuffifent pas pour nous donner
une idée nette & préciſe des fluides. L'expérience
nous apprend que les parcelles qui
entrent dans la compoſition de ces forresde
corps ſont défunies , qu'elles ont une certaine
activité , au moyen de laquelle elles ſe
preffent mutuellement , en tout ſens & avec
égale force. Il feroit bien difficile qu'un amas
de parties crochuës , entortillées les unes
dans les autres , put nous donner cette admirable
élafticité , cette preſſion en tout
fens , cette diviſibilité qu'on admire dans les
fluides.
Mallebranche a démontré qu'il étoit impoſſible
d'expliquer l'équilibre des liqueurs ,
àmoins que d'en concevoir les parties comme
autant de tourbillons qui exercent les
uns contre les autres une action mutuelle
qui tire ſon origine de la tendance qu'ils
ont à s'éloigner d'un centre commun autour
duquel ils roulent.
M. de Molieres dans ſes Leçons de Phyfique
appuya le ſentiment de Mallebranche
40 MERCURE DE FRANCE.
de démonstrations Mathématiques , de raiſonnements
fondés ſur l'expérience. Il têcha
méme de découvrir l'origine des fluides;
il crut avoir réuſſi en nous les repréſentant
comme un afſemblage de petits ballons ,
ayant une force centrale commune , & uns
autre particuliere , qui toutes deux croiffent
en raiſon réciproque du quarré des diſtances.
Cette double action des fluides qui eft
propre à quelques - uns comme à l'air , à
l'eau , &c. & empruntée dans d'autres , com
me dans les métaux que le feu liquefie , nous
fournit d'heureuſes explications dont ſe trouvent
dépourvus ceux qui ne font entrer dans
la compoſition des liquides que des parties
rondes fans aucun mouvement autour de leur
centre. En effet , un tas de pareils globes
n'auroit aucun reſſort , n'exerceroit aucune
action contre ceux qui l'environnent , puifque
les parties qui le compoſent n'ont aucunmouvement
particulier ; d'où il fuit , contre
le ſentiment de Borelli , que la fluidité
ne dépend pas ſeulement de la configura.
tion des parties , & que des parties rondes
miſes en mouvement conſervant entr'elles
leur union , peuvent bien n'avoir aucune
fluidité autrement on devroit donner le
nom de liquide à une livre de Cendrée renfermée
dans une boëte , & que l'on feroit
mouvoir dans une fronde ,
د
DECEMBRE. 1744. 4
Après avoir expoſé l'idée qu'on doit fe
former d'un corps liquide , nous allons en
trer dans un détail abregé , autant qu'il fera
poſſible,des principaux avantages que l'homme
retire de la fluidité. Le plus grand fans
doute eſt celui de vivre , primum vivere ,
deinde philofophari. Or après Dieu , c'eſt au
fluide qui nous environne que nous devons
le jour , puiſque c'eſt lui qui nous procure la
reſpiration.
Les poumons d'un foetus font affaiſſfés
d'où l'on conclud qu'il ne reſpire pas dans
la matrice. Il vit cependant, mais ce n'eſt qu'à
la circulation du ſang de celle qui le porte
en ſes entrailles , qu'il eſt alors redevable de
la vie.
A peine l'enfant eſt dégagé de ſes enve
loppes , que les ballons d'air qui font preffés
de tout côté entrent par les ouvertures dunés
qua data porta ruunt , le mouvement irrite
la membrane pituitaire (de là les enfants
éternuent en naiffant) , l'air qui trouve un
paſſage libre , deſcend par la trachée-artère
dans le poumon, qui eſt compoſé de véſi
cules qui ſe dilatent ; voilà le myſtere de
l'inspiration. La poitrine qui s'étoit ouverte ,
preſſée par le reffort du poumon , chaffe
l'air quiy étoit contenu ; c'eſt ce qu'on nomme
expiration. Tant que ce mouvement al
ternatif dure , le ſang circule ; s'il ceffe , l'a
42 MERCURE DE FRANCE .
nimal meurt. De- là , felon M. Arbuthnot
l'état flafque & la peſanteur des poumons
des animaux morts dans la machine du vuide,
démontrent que le ſang s'eſt arrêté dans les
vaiſſeaux poulmonaires;aucun animal ne peut
vivre ſans reſpiration ; quelques uns croyent
que ce ſont les ouïes qui la procurent aux
aquatiques.
L'élaſticité des liquides ne provient que
de leur fluidité , ainſi les parties fulphureuſes
qui diminuent la fluidité de l'air en le
furchargeant , lui otent une partie de ſa vertu
élaſtique , deforte qu'etant corrompu ,
il n'a pas aſſez de force pour faire agir les
poumons. De-là vient la ſuffocation des animaux
dans les mines; dans ce principe on
trouve auffi la raiſon de l'expérience de M.
Hales , qui prouve que 74 pouces cubes
d'air ſuffiſent à peine à l'homme pour refpirer
pendant une minute. Notre haleine pro.
pre infecte & corrompt l'air , deſorte que fi
on renfermoit un homme dans une chambre
où nos petits ballons ne trouvaſſent point
d'entrée , il tomberoit dans d'affreuſes convulfions
, & expireroit en peu de tems ,
ainſi les habits de laine font utiles à la ſanté ,
parce qu'ils abſorbent les exhalaiſons & les
mauvaiſes humeurs .
Non ſeulement la fluidité de l'air ſert au
mouvement alternatif des poumons & à no
DECEMBRE. 1744. 43
tre ſanguification , mais encore, ſelon l'expérience
du Docteur Walternecdham , faite à
Oxford , elle peut faire revivre des animaux.
Ce Docteur pend un chien , qu'il laiſſe
dans cet état jufqu'à ce que le mouvement
du coeur entiérement ceffat enfuite il
ouvre l'animal , lui ſouffle dans le canal du
pecquet , le ſang ſe remet en mouvement ,
le coeur bat , le chien reſpire.
M. D. F. dans ſa Lettre 442 ſur les Ecrits
des Modernes , rapporte la façon dont M.
Arbuthnot prouve la propoſition d'Hypocrate
, qui prétend que les tailles des hommes
dépendent des différentes conftitutions
de l'air. Voici ſes termes : La taille des
animaux eſt modifiée par l'air ; les fibres
d'un animal qui croît s'y étendant comme
dans un fluide , qui par une douce pref
fion réſiſte au mouvement du coeur dans
• la dilatation& l'allongement de ces mêmes
fibres ; l'atmosphere réſiſtant par ſa
>> preffion comme un doux moule où le
>> corps eft formé durant ſon accroiſſement.
Outre cettepreffion extérieure, l'air fe mêec
30 lant avec les fluides animaux , détermine
→ leur être quant à la raréfaction , la conden-
→ſantion , la viſcofité , la ténuité , &c .
La fluidité de l'air eſt donc néceſſaire à
thomme pour vivre ; nous allons démontrer
que la ſeule fluidité de l'eau ſuffit pour la
végétation.
44 MERCURE DE FRANCE.
Où l'expérience décide , le raiſonnement
doit ſe taire , furtout en matière de Phyfique.
On a obſervé par le moyen du Titlfimale
, que dans la végétation il ſe fait une
circulation du ſuc de la terre , comme il s'en
fait une du ſang dans le corps des animaux ,
mais la terre y contribue-t-elle de telle forte
, qu'elle perde de ſa ſubſtance ? c'eſt ce
que nous allons examiner.
Si on met une branche de baume dans
un vaſe rempli d'eau ſeulement , elle pouffs
des racines , des branches , acquiert méme
juſqu'à des feuilles; l'eau peut donc fuffire à
la végétation , & contribue principalement à
l'accroiſſement des plantes ; voyons ſi la
terrey opére quelque choſe.
Onprend de la terre ſéche que l'on péfe
, on l'enferme dans une terrine , on a foin
qu'il ne s'en perde aucune parcelle , on y
met un arbriſſeau dont on connoît le poids ,
après l'avoir arrofé , toutes les fois qu'il en
a beſoin , & lorſque la plante a pouffé , on
laiſſe ſécher la terre , on la péſede nouveau ,
elle a toujours fon même poids , cependant
l'arbre a cru , il ajetté des racines , des feuilles
, des branches; où a- t-il pris de la matiére
pour croître ? Ce n'est pas de la terre ,
puiſqu'elle est toujours aufi péſante . M.
Harris fait là-deſſus pluſieurs obſervations ;
il rapporte des expériences faites en Angle
DECEMBRE. 1744 . 45
terre, qui toutes favoriſent ce ſentiment. Ce
qui paroît difficile à comprendre , c'eſt que
l'eau en montant dans les plantes , n'entraîne
pas avec elle quelques parcelles de terre ;
du moins il réſulte du fait , qu'elle n'en enleve
pas une quantité conſidérable.
Ce n'eſt pas affez d'avoir prouvé que l'eau
contribue preſque ſeule à la végétation ; il
me reſte à démontrer que c'eſt à ſa fluidité
que les plantes font redevables de leur accroiſſement.
Il eſt à remarquer que l'eau ne marche
pas ſans huile dans le ſyſteme de M. de Moliere
, ou felon l'opinion la plus commune ,
fans un air beaucoup plus ſubtil que celui
que nous reſpirons ; elle doit même une partie
de ſa fluidité à cette matiére ſubtiliſée .
Les plantes ont des tuyaux vuides que Malpighi
a découverts à l'aide de fes microſcopes .
L'eau par ſa fluidité monte dans ces foupiraux
comme dans des tubes capillaires , où
elle ne trouve aucune réſiſtance . Le Printems
vient-il ? la chaleur augmente le mouvement
de l'eau , deſſére la matière contenue
dans ſes pores. L'eau agitée porte dans
laplante les ſels dont elle a beſoin , & que
cet Elément renferme toujours lui-même ,
comme M. de Woodwars l'a démontré dans
fon Traité de la Végétation .
Plus l'eau eft pure , plus elle eſt ſaine
46 MERCURE DE FRANCE.
par conféquent plus elle est fluide , plus elle
s'accommode avec notre eſtomac ; de-la vient
que le pain de Goneſſe eſt ſi eſtimé , parce
que les eaux y font toujours bonnes. En
effet, l'eau eſtd'autant meilleure , qu'elle est
plus légere. Or l'eau eft d'autant plus légere,
qu'elle eſt plus fluide , parce qu'alors elle
eſt moins furchargée ; c'eſt peut- être par
cette raiſon que M. Lemeri ne donne la préférence
à l'eau de riviére , que pourvû quơn
la laiſſe repoſer avant que d'en boire , &
qu'on laprenne au deſſus des grandes Villes ,
où il eſt à préſumer qu'elle contiendra moins
d'immondices . D'ailleurs on juge de la légereté
des eaux , non par leur différente péfanteur,
mais par leur fubtilité à deſcendre
dans l'eſtomac ; or plus l'eau eft fluide , plus
elle eft fubtile.
En un mot , il n'eſt point de corps grave
qui ne doive ſon exiſtence au fluide qui l'environne;
s'il eſt quelque différence entre les
corps ſolides la variété des fluides qui entrent
dans leur compofition , leurs diverſes forces
centrifuges en ſont les ſeules & véritables
cauſes. L'or par exemple eſt le plus lourd
de tous les métaux , parce qu'il eſt le moins
poreux , d'où je concluds que ſous un pareil
volume , il renferme plus de parties ſolides ,
ſes pores ſont ſi étroits , qu'ils ne peuvent
tre remplis que de la matière éthérée qui
DECEMBRE. 1744. 47
eſt répandue dans l'air ; voilà pourquoi le
feu liquefie les métaux , car les ballons renfermés
dans leurs pores ſont ſi fluides , que
l'action de la chaleur les dilate; étant plus
ferrés , parce qu'ils font les plus petits , leur
débandement eſt plus fort , & ne ſe peut
faire ſans qu'il oblige les parties métalliques
de tourner autour d'un même centre . Des
ſels plus ou moins purs dominent dans les
pierres plus ou moins précieuſes; voilà la
cauſe de leur fragilité ; voilà pourquoi le feu
les calcine. Si le marbre eſt plus léger que
le plomb , c'est qu'il renferme dans ſes pores
plus de petits tourbillons qui font en équilibre
avec l'air extérieur , le fluide par conſéquent
exerce moins ſa force centrale ſur
lapierre que ſur le métail.
•Dans la décompoſition des corps où l'air ,
la lumière , le feu , le ſel élémentaire trouvent
un libre paffage , la Chymie découvre
leurs principes; tous les ſolides renferment
de la boue & du ſable : l'or cependant eſt
excepté , un grain d'or eſt toujours le même ,
il peut ſe diviſer en parties métalliques ,
mais ce ſera toujours de l'or. La cauſe de
cette différence eſt bien ſenſible dans la plupart
des corps ; il eſt des pores plus ou moins
larges qui laiſſent au fluide un libre paſſage
dès que les premiers ont été détruits par
La collifion. Alors nos ballons s'infinuent
1
8 MERCURE DE FRANCE.
de telle forte , qu'ils changent la configura,
tion des parties internes , & felon leur différente
preffion ils laiffent des corps plus ou
moins lourds. L'Or au contraire ne renfermant
dans fes pores que les ballons les plus
ſubtils , ce dérangement n'a pas lieu.
C'eſt la fluidité de l'eau qui empéche que
les créatures qui vivent dans ces Eléments
ne foient accablées du poids énorme de
ces ballons. Comme leur action eſt égale
en tout ſens , il y a une certaine preffion
de bas en haut qui ſoutient les animaux qui
y vivent , les empêche d'enfoncer , & leur
facilite le libre exercice de leurs fonctions .
Telle eft la nature des fluides,qu'un corps
plus lourd qu'un pareil volume de liquide
va au fond , parce qu'il preſſe plus le fluide
qu'il n'en eſt preffé. Si le corps eſt plus léger,
il ſurnage la preſſion du fluide qui eft
de bas en haut , étant plus forte que la gravité
du ſolide. Enfin ſi le corps hétérogéne
eſt d'égale peſanteur qu'un pareil volume
de fluide , l'action de l'un & de l'autre eſt
égale ; le ſolide doit donc alors garder la
place qu'on lui donne dans le liquide , d'où
il fuit qu'un corps plongé dans un fluide
doit perdre autant de ſon poids que péſe
un pareil volume de liquide ; de-là , deux
corps de différents poids perdront d'autant
plus de leur force dans l'eau , que leur vo
lume
DECEMBRE. 1744. 49
lume eſt plus grand. Ainſi au moyen de l'Hydrométre
, on découvre les faux Louis d'avec
ceux qui font de poids ; voyez M. Rivard
dans fon Abregé d'Algébre, Traité des Equations
, Probl. 8. où connoiſſant le poids d'un
corps composé de deux Métaux d'Or & d'Argent
, il apprend à trouver la quantité de
Por, & celle de l'Argent mélés dans le corps..
Voyez auffi M. Trabau dans ſes principes
ſur le mouvement & l'équilibre , Liv. 5 .
De-là l'on explique le vol des Oiseaux ;
comment des maſſes métalliques peuvent
flotter ſur l'eau ; pourquoi tels Vaiſſeaux enfoncent
dans les Riviéres qui ſurnageoient
fur les Ondes de la Mer , qui étant chargées
de ſels , leur oppoſoient plus de réſiſtance.
De-là vient que nous ne ſommes point accablés
du Cilindre ou Colomne d'air qui eſt
au deſſus de notre tête ,& qui ſelon le calcul
de M. Pluche , péſe au moins 20000 liv.
De - là auſſi cette admirabie propriété de
l'eau de ſe mêler avec une infinité de choſes
auſquelles elle s'unit ſi étroitement , qu'elle
enprend la couleur , la force , & la vertu.
L'admirable propagation de la lumiére
qui ſe fait dans un inftant Phyſique ; l'extréme
activité du feu , le ſon dont l'air eſt le
véhicule , font autant d'avantages , dont la
fluidité eſt la cauſe. Je ſerois infini fij'entrois
dans le détail de toutes les utilités de
C
,
50 MERCURE DE FRANCE.
leau ſeulement. On peut conſulter là-deſſus
la Théologie de l'eau par M. Fabricius , Je
ne puis cependant taire que le fluide qui
nous environne eſt la cauſe de notre odorat.
Les cavités du nés font remplies de lames
offeuſes , couvertes d'une membrane femée
d'un grand nombre de nerfs. Plus les animaux
ont de ces fortes de lames , plus la
membrane eſt étendue. Cette membrane eft
l'organe de l'odorat; l'air par le mouvement
commun à tous les liquides , détaché des
particules des corps , il entre par les ouvertures
du nés pour aider la reſpiration.
Chargé des corpufcules des corps odorants
, il frappe cette membrane , qui felon
qu'elle eſt plus ou moins étendue , reffent
plus ou moins l'impreſſion que fait le fluide
en allant à la trachée-artère. Voilà pourquoi
les Chiens de Chaffe ont l'odorat plus
fin , c'eſt aufli pourquoi ceux qui ne refpirent
que par la bouche en font dépourvus.
Cette invention des petits ballons n'eft
pas récente; il eſt honorable à M. de Moliéres
de l'avoir perfectionnée , mais on voit
dans Lucrece , Liv. 2 de la Nature des choſes
, que les Anciens en avoient quelque idée.
Illa equidem debent ex laribus atque rotundis
Eſſe magis fluido que corpore liquida conftant
Nec retinentur enim inter se glomeramina quæque
Et procurſu item in proclive volubilis extat.
LACOSTEle Cadet , à Dijon.
L
EsAtomes d'Epicure , fes parties rameuſes
, angulaires , ou les globules des Cartéfiens
ne fuffifent pas pour nous donner
une idée nette & préciſe des fluides. L'expérience
nous apprend que les parcelles qui
entrent dans la compoſition de ces forresde
corps ſont défunies , qu'elles ont une certaine
activité , au moyen de laquelle elles ſe
preffent mutuellement , en tout ſens & avec
égale force. Il feroit bien difficile qu'un amas
de parties crochuës , entortillées les unes
dans les autres , put nous donner cette admirable
élafticité , cette preſſion en tout
fens , cette diviſibilité qu'on admire dans les
fluides.
Mallebranche a démontré qu'il étoit impoſſible
d'expliquer l'équilibre des liqueurs ,
àmoins que d'en concevoir les parties comme
autant de tourbillons qui exercent les
uns contre les autres une action mutuelle
qui tire ſon origine de la tendance qu'ils
ont à s'éloigner d'un centre commun autour
duquel ils roulent.
M. de Molieres dans ſes Leçons de Phyfique
appuya le ſentiment de Mallebranche
40 MERCURE DE FRANCE.
de démonstrations Mathématiques , de raiſonnements
fondés ſur l'expérience. Il têcha
méme de découvrir l'origine des fluides;
il crut avoir réuſſi en nous les repréſentant
comme un afſemblage de petits ballons ,
ayant une force centrale commune , & uns
autre particuliere , qui toutes deux croiffent
en raiſon réciproque du quarré des diſtances.
Cette double action des fluides qui eft
propre à quelques - uns comme à l'air , à
l'eau , &c. & empruntée dans d'autres , com
me dans les métaux que le feu liquefie , nous
fournit d'heureuſes explications dont ſe trouvent
dépourvus ceux qui ne font entrer dans
la compoſition des liquides que des parties
rondes fans aucun mouvement autour de leur
centre. En effet , un tas de pareils globes
n'auroit aucun reſſort , n'exerceroit aucune
action contre ceux qui l'environnent , puifque
les parties qui le compoſent n'ont aucunmouvement
particulier ; d'où il fuit , contre
le ſentiment de Borelli , que la fluidité
ne dépend pas ſeulement de la configura.
tion des parties , & que des parties rondes
miſes en mouvement conſervant entr'elles
leur union , peuvent bien n'avoir aucune
fluidité autrement on devroit donner le
nom de liquide à une livre de Cendrée renfermée
dans une boëte , & que l'on feroit
mouvoir dans une fronde ,
د
DECEMBRE. 1744. 4
Après avoir expoſé l'idée qu'on doit fe
former d'un corps liquide , nous allons en
trer dans un détail abregé , autant qu'il fera
poſſible,des principaux avantages que l'homme
retire de la fluidité. Le plus grand fans
doute eſt celui de vivre , primum vivere ,
deinde philofophari. Or après Dieu , c'eſt au
fluide qui nous environne que nous devons
le jour , puiſque c'eſt lui qui nous procure la
reſpiration.
Les poumons d'un foetus font affaiſſfés
d'où l'on conclud qu'il ne reſpire pas dans
la matrice. Il vit cependant, mais ce n'eſt qu'à
la circulation du ſang de celle qui le porte
en ſes entrailles , qu'il eſt alors redevable de
la vie.
A peine l'enfant eſt dégagé de ſes enve
loppes , que les ballons d'air qui font preffés
de tout côté entrent par les ouvertures dunés
qua data porta ruunt , le mouvement irrite
la membrane pituitaire (de là les enfants
éternuent en naiffant) , l'air qui trouve un
paſſage libre , deſcend par la trachée-artère
dans le poumon, qui eſt compoſé de véſi
cules qui ſe dilatent ; voilà le myſtere de
l'inspiration. La poitrine qui s'étoit ouverte ,
preſſée par le reffort du poumon , chaffe
l'air quiy étoit contenu ; c'eſt ce qu'on nomme
expiration. Tant que ce mouvement al
ternatif dure , le ſang circule ; s'il ceffe , l'a
42 MERCURE DE FRANCE .
nimal meurt. De- là , felon M. Arbuthnot
l'état flafque & la peſanteur des poumons
des animaux morts dans la machine du vuide,
démontrent que le ſang s'eſt arrêté dans les
vaiſſeaux poulmonaires;aucun animal ne peut
vivre ſans reſpiration ; quelques uns croyent
que ce ſont les ouïes qui la procurent aux
aquatiques.
L'élaſticité des liquides ne provient que
de leur fluidité , ainſi les parties fulphureuſes
qui diminuent la fluidité de l'air en le
furchargeant , lui otent une partie de ſa vertu
élaſtique , deforte qu'etant corrompu ,
il n'a pas aſſez de force pour faire agir les
poumons. De-là vient la ſuffocation des animaux
dans les mines; dans ce principe on
trouve auffi la raiſon de l'expérience de M.
Hales , qui prouve que 74 pouces cubes
d'air ſuffiſent à peine à l'homme pour refpirer
pendant une minute. Notre haleine pro.
pre infecte & corrompt l'air , deſorte que fi
on renfermoit un homme dans une chambre
où nos petits ballons ne trouvaſſent point
d'entrée , il tomberoit dans d'affreuſes convulfions
, & expireroit en peu de tems ,
ainſi les habits de laine font utiles à la ſanté ,
parce qu'ils abſorbent les exhalaiſons & les
mauvaiſes humeurs .
Non ſeulement la fluidité de l'air ſert au
mouvement alternatif des poumons & à no
DECEMBRE. 1744. 43
tre ſanguification , mais encore, ſelon l'expérience
du Docteur Walternecdham , faite à
Oxford , elle peut faire revivre des animaux.
Ce Docteur pend un chien , qu'il laiſſe
dans cet état jufqu'à ce que le mouvement
du coeur entiérement ceffat enfuite il
ouvre l'animal , lui ſouffle dans le canal du
pecquet , le ſang ſe remet en mouvement ,
le coeur bat , le chien reſpire.
M. D. F. dans ſa Lettre 442 ſur les Ecrits
des Modernes , rapporte la façon dont M.
Arbuthnot prouve la propoſition d'Hypocrate
, qui prétend que les tailles des hommes
dépendent des différentes conftitutions
de l'air. Voici ſes termes : La taille des
animaux eſt modifiée par l'air ; les fibres
d'un animal qui croît s'y étendant comme
dans un fluide , qui par une douce pref
fion réſiſte au mouvement du coeur dans
• la dilatation& l'allongement de ces mêmes
fibres ; l'atmosphere réſiſtant par ſa
>> preffion comme un doux moule où le
>> corps eft formé durant ſon accroiſſement.
Outre cettepreffion extérieure, l'air fe mêec
30 lant avec les fluides animaux , détermine
→ leur être quant à la raréfaction , la conden-
→ſantion , la viſcofité , la ténuité , &c .
La fluidité de l'air eſt donc néceſſaire à
thomme pour vivre ; nous allons démontrer
que la ſeule fluidité de l'eau ſuffit pour la
végétation.
44 MERCURE DE FRANCE.
Où l'expérience décide , le raiſonnement
doit ſe taire , furtout en matière de Phyfique.
On a obſervé par le moyen du Titlfimale
, que dans la végétation il ſe fait une
circulation du ſuc de la terre , comme il s'en
fait une du ſang dans le corps des animaux ,
mais la terre y contribue-t-elle de telle forte
, qu'elle perde de ſa ſubſtance ? c'eſt ce
que nous allons examiner.
Si on met une branche de baume dans
un vaſe rempli d'eau ſeulement , elle pouffs
des racines , des branches , acquiert méme
juſqu'à des feuilles; l'eau peut donc fuffire à
la végétation , & contribue principalement à
l'accroiſſement des plantes ; voyons ſi la
terrey opére quelque choſe.
Onprend de la terre ſéche que l'on péfe
, on l'enferme dans une terrine , on a foin
qu'il ne s'en perde aucune parcelle , on y
met un arbriſſeau dont on connoît le poids ,
après l'avoir arrofé , toutes les fois qu'il en
a beſoin , & lorſque la plante a pouffé , on
laiſſe ſécher la terre , on la péſede nouveau ,
elle a toujours fon même poids , cependant
l'arbre a cru , il ajetté des racines , des feuilles
, des branches; où a- t-il pris de la matiére
pour croître ? Ce n'est pas de la terre ,
puiſqu'elle est toujours aufi péſante . M.
Harris fait là-deſſus pluſieurs obſervations ;
il rapporte des expériences faites en Angle
DECEMBRE. 1744 . 45
terre, qui toutes favoriſent ce ſentiment. Ce
qui paroît difficile à comprendre , c'eſt que
l'eau en montant dans les plantes , n'entraîne
pas avec elle quelques parcelles de terre ;
du moins il réſulte du fait , qu'elle n'en enleve
pas une quantité conſidérable.
Ce n'eſt pas affez d'avoir prouvé que l'eau
contribue preſque ſeule à la végétation ; il
me reſte à démontrer que c'eſt à ſa fluidité
que les plantes font redevables de leur accroiſſement.
Il eſt à remarquer que l'eau ne marche
pas ſans huile dans le ſyſteme de M. de Moliere
, ou felon l'opinion la plus commune ,
fans un air beaucoup plus ſubtil que celui
que nous reſpirons ; elle doit même une partie
de ſa fluidité à cette matiére ſubtiliſée .
Les plantes ont des tuyaux vuides que Malpighi
a découverts à l'aide de fes microſcopes .
L'eau par ſa fluidité monte dans ces foupiraux
comme dans des tubes capillaires , où
elle ne trouve aucune réſiſtance . Le Printems
vient-il ? la chaleur augmente le mouvement
de l'eau , deſſére la matière contenue
dans ſes pores. L'eau agitée porte dans
laplante les ſels dont elle a beſoin , & que
cet Elément renferme toujours lui-même ,
comme M. de Woodwars l'a démontré dans
fon Traité de la Végétation .
Plus l'eau eft pure , plus elle eſt ſaine
46 MERCURE DE FRANCE.
par conféquent plus elle est fluide , plus elle
s'accommode avec notre eſtomac ; de-la vient
que le pain de Goneſſe eſt ſi eſtimé , parce
que les eaux y font toujours bonnes. En
effet, l'eau eſtd'autant meilleure , qu'elle est
plus légere. Or l'eau eft d'autant plus légere,
qu'elle eſt plus fluide , parce qu'alors elle
eſt moins furchargée ; c'eſt peut- être par
cette raiſon que M. Lemeri ne donne la préférence
à l'eau de riviére , que pourvû quơn
la laiſſe repoſer avant que d'en boire , &
qu'on laprenne au deſſus des grandes Villes ,
où il eſt à préſumer qu'elle contiendra moins
d'immondices . D'ailleurs on juge de la légereté
des eaux , non par leur différente péfanteur,
mais par leur fubtilité à deſcendre
dans l'eſtomac ; or plus l'eau eft fluide , plus
elle eft fubtile.
En un mot , il n'eſt point de corps grave
qui ne doive ſon exiſtence au fluide qui l'environne;
s'il eſt quelque différence entre les
corps ſolides la variété des fluides qui entrent
dans leur compofition , leurs diverſes forces
centrifuges en ſont les ſeules & véritables
cauſes. L'or par exemple eſt le plus lourd
de tous les métaux , parce qu'il eſt le moins
poreux , d'où je concluds que ſous un pareil
volume , il renferme plus de parties ſolides ,
ſes pores ſont ſi étroits , qu'ils ne peuvent
tre remplis que de la matière éthérée qui
DECEMBRE. 1744. 47
eſt répandue dans l'air ; voilà pourquoi le
feu liquefie les métaux , car les ballons renfermés
dans leurs pores ſont ſi fluides , que
l'action de la chaleur les dilate; étant plus
ferrés , parce qu'ils font les plus petits , leur
débandement eſt plus fort , & ne ſe peut
faire ſans qu'il oblige les parties métalliques
de tourner autour d'un même centre . Des
ſels plus ou moins purs dominent dans les
pierres plus ou moins précieuſes; voilà la
cauſe de leur fragilité ; voilà pourquoi le feu
les calcine. Si le marbre eſt plus léger que
le plomb , c'est qu'il renferme dans ſes pores
plus de petits tourbillons qui font en équilibre
avec l'air extérieur , le fluide par conſéquent
exerce moins ſa force centrale ſur
lapierre que ſur le métail.
•Dans la décompoſition des corps où l'air ,
la lumière , le feu , le ſel élémentaire trouvent
un libre paffage , la Chymie découvre
leurs principes; tous les ſolides renferment
de la boue & du ſable : l'or cependant eſt
excepté , un grain d'or eſt toujours le même ,
il peut ſe diviſer en parties métalliques ,
mais ce ſera toujours de l'or. La cauſe de
cette différence eſt bien ſenſible dans la plupart
des corps ; il eſt des pores plus ou moins
larges qui laiſſent au fluide un libre paſſage
dès que les premiers ont été détruits par
La collifion. Alors nos ballons s'infinuent
1
8 MERCURE DE FRANCE.
de telle forte , qu'ils changent la configura,
tion des parties internes , & felon leur différente
preffion ils laiffent des corps plus ou
moins lourds. L'Or au contraire ne renfermant
dans fes pores que les ballons les plus
ſubtils , ce dérangement n'a pas lieu.
C'eſt la fluidité de l'eau qui empéche que
les créatures qui vivent dans ces Eléments
ne foient accablées du poids énorme de
ces ballons. Comme leur action eſt égale
en tout ſens , il y a une certaine preffion
de bas en haut qui ſoutient les animaux qui
y vivent , les empêche d'enfoncer , & leur
facilite le libre exercice de leurs fonctions .
Telle eft la nature des fluides,qu'un corps
plus lourd qu'un pareil volume de liquide
va au fond , parce qu'il preſſe plus le fluide
qu'il n'en eſt preffé. Si le corps eſt plus léger,
il ſurnage la preſſion du fluide qui eft
de bas en haut , étant plus forte que la gravité
du ſolide. Enfin ſi le corps hétérogéne
eſt d'égale peſanteur qu'un pareil volume
de fluide , l'action de l'un & de l'autre eſt
égale ; le ſolide doit donc alors garder la
place qu'on lui donne dans le liquide , d'où
il fuit qu'un corps plongé dans un fluide
doit perdre autant de ſon poids que péſe
un pareil volume de liquide ; de-là , deux
corps de différents poids perdront d'autant
plus de leur force dans l'eau , que leur vo
lume
DECEMBRE. 1744. 49
lume eſt plus grand. Ainſi au moyen de l'Hydrométre
, on découvre les faux Louis d'avec
ceux qui font de poids ; voyez M. Rivard
dans fon Abregé d'Algébre, Traité des Equations
, Probl. 8. où connoiſſant le poids d'un
corps composé de deux Métaux d'Or & d'Argent
, il apprend à trouver la quantité de
Por, & celle de l'Argent mélés dans le corps..
Voyez auffi M. Trabau dans ſes principes
ſur le mouvement & l'équilibre , Liv. 5 .
De-là l'on explique le vol des Oiseaux ;
comment des maſſes métalliques peuvent
flotter ſur l'eau ; pourquoi tels Vaiſſeaux enfoncent
dans les Riviéres qui ſurnageoient
fur les Ondes de la Mer , qui étant chargées
de ſels , leur oppoſoient plus de réſiſtance.
De-là vient que nous ne ſommes point accablés
du Cilindre ou Colomne d'air qui eſt
au deſſus de notre tête ,& qui ſelon le calcul
de M. Pluche , péſe au moins 20000 liv.
De - là auſſi cette admirabie propriété de
l'eau de ſe mêler avec une infinité de choſes
auſquelles elle s'unit ſi étroitement , qu'elle
enprend la couleur , la force , & la vertu.
L'admirable propagation de la lumiére
qui ſe fait dans un inftant Phyſique ; l'extréme
activité du feu , le ſon dont l'air eſt le
véhicule , font autant d'avantages , dont la
fluidité eſt la cauſe. Je ſerois infini fij'entrois
dans le détail de toutes les utilités de
C
,
50 MERCURE DE FRANCE.
leau ſeulement. On peut conſulter là-deſſus
la Théologie de l'eau par M. Fabricius , Je
ne puis cependant taire que le fluide qui
nous environne eſt la cauſe de notre odorat.
Les cavités du nés font remplies de lames
offeuſes , couvertes d'une membrane femée
d'un grand nombre de nerfs. Plus les animaux
ont de ces fortes de lames , plus la
membrane eſt étendue. Cette membrane eft
l'organe de l'odorat; l'air par le mouvement
commun à tous les liquides , détaché des
particules des corps , il entre par les ouvertures
du nés pour aider la reſpiration.
Chargé des corpufcules des corps odorants
, il frappe cette membrane , qui felon
qu'elle eſt plus ou moins étendue , reffent
plus ou moins l'impreſſion que fait le fluide
en allant à la trachée-artère. Voilà pourquoi
les Chiens de Chaffe ont l'odorat plus
fin , c'eſt aufli pourquoi ceux qui ne refpirent
que par la bouche en font dépourvus.
Cette invention des petits ballons n'eft
pas récente; il eſt honorable à M. de Moliéres
de l'avoir perfectionnée , mais on voit
dans Lucrece , Liv. 2 de la Nature des choſes
, que les Anciens en avoient quelque idée.
Illa equidem debent ex laribus atque rotundis
Eſſe magis fluido que corpore liquida conftant
Nec retinentur enim inter se glomeramina quæque
Et procurſu item in proclive volubilis extat.
LACOSTEle Cadet , à Dijon.
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Résumé : DISCOURS sur l'utilité des fluides.
Le texte 'Discours sur l'utilité des fluides' explore les propriétés des fluides et leur importance pour la vie humaine. Les auteurs rejettent les théories atomiques d'Épicure et de Descartes, privilégiant une vision des fluides comme des tourbillons ou des assemblages de petits ballons avec des forces centrales. Cette conception permet de mieux expliquer l'élasticité, la pression et la divisibilité des fluides. La respiration est cruciale pour la survie et dépend de la fluidité de l'air. Les poumons se dilatent et se contractent pour permettre l'inspiration et l'expiration, assurant ainsi la circulation sanguine. L'air corrompu ou confiné peut entraîner la suffocation, tandis que l'air pur est vital. Des expériences montrent l'impact des fluides sur la respiration et la réanimation. Le texte examine également les rôles de l'air et de l'eau dans la croissance des organismes. L'atmosphère influence le mouvement du cœur et la circulation des fluides dans le corps humain. Pour les plantes, la fluidité de l'eau est essentielle à leur croissance. Des expériences démontrent que l'eau suffit à la végétation, et que la matière nécessaire à la croissance provient principalement de l'eau. Les propriétés des fluides dans les corps solides sont aussi discutées. La densité et la fragilité des matériaux dépendent de la structure de leurs pores et de la présence de fluides. L'or est exceptionnel car il conserve ses propriétés même lorsqu'il est divisé. Les fluides influencent la flottabilité des objets en fonction de leur densité relative. L'hydrométrie utilise cette propriété pour détecter les faux Louis d'or. Le texte mentionne diverses applications de la fluidité, comme le vol des oiseaux et la flottabilité des vaisseaux. Enfin, il explique que l'air transporte les particules odorantes vers les membranes nasales.
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5599
p. 51
MADRIGAL.
Début :
Trop hautement ne peut s'apprécier [...]
Mots clefs :
Amour, Attributs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
T Rop hautement ne peut s'apprécier
Lejuſte los , de qui ſçût nous pourtraire
L'Enfant Amour , & circonftancier
Par attributs , tous les tours qu'il ſçait faire.
Arc& bandeau lui donna ſagement ,
Aîles auſſi : j'en eufſe fait autant ;
Je porte au coeur l'empreinte toute telle ;
Toute , c'eſt trop , çar le mien n'a point d'aîle.
T Rop hautement ne peut s'apprécier
Lejuſte los , de qui ſçût nous pourtraire
L'Enfant Amour , & circonftancier
Par attributs , tous les tours qu'il ſçait faire.
Arc& bandeau lui donna ſagement ,
Aîles auſſi : j'en eufſe fait autant ;
Je porte au coeur l'empreinte toute telle ;
Toute , c'eſt trop , çar le mien n'a point d'aîle.
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5600
p. 51-52
ODE ANACREONTIQUE.
Début :
Iris, Themire & Danaé [...]
Mots clefs :
Iris, Thémire, Danaé, Aglaé, Coeur, Volage
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texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE.
ODE ANACREONTIQUE.
IRis, Themire & Danaé
Ont en vain reçu men hommage ;
N'en doutez poirt , belle Aglaé ,
Jamais mon coeur ne fut volage.
Iris parle ſi tendrement ;
Moncoeur eft fi foible & fi tendre ,
Que je croyois, même en l'aimant ,
Your voir , vous parler , vous entendre.
Un fourire engageant & doux
M'enflamma bien-tôt pour Themire ;
Cij
52 MERCURE DE FRANCE,
J'ignorois qu'une autre que vous
Pût auſſi finement fourire .
Danaé s'offrit dans le bain :
Qu'on eft aveugle quand on aime !
Aux lys répandus ſur ſon ſein
Je ne crus voir qu'Aglaé même .
Ainſi ,dans les plus doux plaiſirs
Je cédois à vos ſeules armes ;
Mon coeur ne formoit de deſirs
Que par l'image de vos charmes.
Iris , Themire , & Danaé
Ont envain reçu mon hommage;
N'en doutez point , belle Aglaé ,
Jamais moncoeur ne fut volage,
IRis, Themire & Danaé
Ont en vain reçu men hommage ;
N'en doutez poirt , belle Aglaé ,
Jamais mon coeur ne fut volage.
Iris parle ſi tendrement ;
Moncoeur eft fi foible & fi tendre ,
Que je croyois, même en l'aimant ,
Your voir , vous parler , vous entendre.
Un fourire engageant & doux
M'enflamma bien-tôt pour Themire ;
Cij
52 MERCURE DE FRANCE,
J'ignorois qu'une autre que vous
Pût auſſi finement fourire .
Danaé s'offrit dans le bain :
Qu'on eft aveugle quand on aime !
Aux lys répandus ſur ſon ſein
Je ne crus voir qu'Aglaé même .
Ainſi ,dans les plus doux plaiſirs
Je cédois à vos ſeules armes ;
Mon coeur ne formoit de deſirs
Que par l'image de vos charmes.
Iris , Themire , & Danaé
Ont envain reçu mon hommage;
N'en doutez point , belle Aglaé ,
Jamais moncoeur ne fut volage,
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE.
Dans l''Ode Anacréontique', le poète exprime son amour constant pour Aglaé malgré des rencontres avec Iris, Themire et Danaé. Chaque femme évoque Aglaé : la voix tendre d'Iris, le sourire de Themire, et les lys sur le sein de Danaé. Cependant, son cœur reste fidèle à Aglaé, seule source de ses désirs.
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