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p. 104-164
LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Début :
Mr Comiers est universel. Vous avez vû au commencement / Je suis persuadé, Monsieur, qu'on n'a pas besoin de [...]
Mots clefs :
Eau, Baguette, Corps, Métaux, Sources, Corpuscule, Mines, Assassins, Effets, Trouver, Parties, Pores, Animaux, Terre
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texteReconnaissance textuelle : LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Mr Comiers est univr":!
tel Vous avez vû au commencement de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
,
& le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e
ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations que je vous ay
,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
,
car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez si parfaitementle vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardi-
nent que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
,
pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans
; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,, & demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse, sinon qu'ils estoient diaboliques; & comme j'apprehende que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope, Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
,
imprime
à Leiphe en l'année 11684
y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détromper
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre A stronome,& grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques
Aixiiar»aussî bien que Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un parle
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy Seneque le Tragique
disoit
,
Parte alterâ inauditâ
justum licetftatuaty haud œquum
judicat. Pourquoy donc accuser d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Ar-
menta àttbent tjJe sole meriAYIO clariora
,
outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi. Ce fut surce,principe à desDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc de la bclltPhyfiquc,
:
fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés des deux personnes assas-
, nés dans leur cave à Lyon,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay
rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats de profession;ainsi l'homme d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte De occultisNaturtoe miraculist tout ce que le gran d
Medecin Fernel a
dit, De abdi-
ris rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
»
routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum, dont le Sçavanc Tenczelius & le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette.Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur d'une aiguille d'Horloge ,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s
interieurs du verre,&
ors qu'on a
compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet
;
c'est
pourquoy les vibrations finissent, & la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a
donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat. De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée Enfin je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMunJus Mathematicus, que les Baguettes prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes à recevoir les corpuscules
de même métal
,
autour duquel il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere
,
qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage des Baguettes, pour trouver les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette de Moïse, qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a
parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette de Coudre,& de renvoyer les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a
intitulé Philosophia
Mosaica
;
ils seront satisfaits
u
sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc) a
présquelleaura esté
res bien échaufée
,
car l'humidité du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au
montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau, les
Mines & les Tresors
,
ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a
remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi poursuivre lesVoleurs &
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,ayant suivy par orre de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere fois qu'il pouvoit trouver les corps assassinez & cachez sous terre
,
& poursui-
vre&reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a
SaintVeran,présdeS. Marcellin en Dauphiné) le 8. Septembre 1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent un logement dans les petites Maisons, je veux dire
les A strologues, font charitablement avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent. Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla Medecine,dans
l'Agriculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa il année cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette, se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y
avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparuil y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite. Ce fut donc par hazard
,
queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,ay-
manté au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,& cette agitation interieure est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a
dans les mains, la Baguet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome Mr Galet, grand Penitencicr à Carpentras
;
la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains corpuscules
,
fingu-
liers à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main, cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,attire de
plus loin, & retient plusfortement le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce, que celuy qu'on a
dans les
mains, laBaguette ne fait aucun mouvement, parce que lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent leurs effets font differens ; ce qui paroist visiblement par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës plus grossieres, font dans
les larges pores de l'or, l'esset des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ;
ffl par une raison contraire, comme les parties acides de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1
Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l,
se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a
fente, quand elle n'est pas
rop seche
,
ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant, ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&agite. En voicy la manière. Ces mouches font premièrement fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions ,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des diffe-
rentes terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,& que les pores de leurs esprits animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez. Pour la preuve de cela
j'employe l'exemple de l'Eauforte, qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux po-
res de l'or
,
en font la dissolution, & ne pouvant s'insinuer dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a
plusieurs personnes qui tombent en défaillance à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes à d'autres. Enfin
qu'il y a
des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J
principalement des vieilles
Femmes mal saines, font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy l'eau qui est à découvert ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton. ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose du mois de May, & le Seein du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature des terres qu'ils traversent en montant. Cette diffeente modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,desfleurs, & desfruits.
Demême la différente modi-
fication des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions, de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
,
ne peuvent alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1'or
& l'argentmonnoyé, en quelque part qu'ils soient cachez
en terre
,
ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
Métaux'tau forgez, for font durs, gez
,
font durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
)
peuvent fubfiner sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême
que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez du Lièvre & du Cerfsubsistent sur les Rivieres & furles Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
,
ces
corpusculescausant des effervescences semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J
ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien ne pùt l'emp
êcher de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules & leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles, ce que
Moyfc assure dans le Levitique. A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune, raclent religieusement les
murailles des chambres habitées par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
,
lesquellesen furent de livrées
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,oula Dissenterie,
il y
demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions & alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corromm corrompt d'une d UMe érrarre C{r<1J'rr.ïortc nn
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets, même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique,lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets sur undrap,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes ont de la peine à expliquer c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens objets setrouvent confonduës,& après s'estre entrecroisées se debarassent à cerraine distancesuivant la longueur du foyer solaire du verre
convexe
,
qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a
de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes, & de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste, lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route, par laquelle estant vivement poursuivispar lesVaisseaux Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Macha-
ont faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice de jalousie
,
ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance de Moyfc
,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus.-
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PœIJæ.qu graves in cœlibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
,
& par ce
noyen il vivroit tranquillement dans son ménag) pourvu que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture, &par les agiémens du
mariage
,
parce que leurtempérament venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,oula presence d'une personne aimée, causent. Les Anciens nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa BelleMere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plu-
sieurs personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain letronc de la Baguette, & de l'autre la longue corne, la paume des mains toutnée vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche
de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation par la Baguette. M
Geofroy
,
un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J
a
hez luy un Garçon
,
nomae Pierre Tonnelier, de Noent sur Seine, né le 14. Serembre de l'année 1669. Ce
Garçon a
les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, rte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
uc )L0~' 'i.d.
-1
,
.-;.t. ées 1 en,.sera-,
Il
MMr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a
quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie ; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure après, puis qu'il trouva plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a
encorclétffiLtns
hesiter
,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ;
je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite, dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..& artefter que la Divination par la Baguette a
sescauses Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite
tel Vous avez vû au commencement de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
,
& le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e
ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations que je vous ay
,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
,
car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez si parfaitementle vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardi-
nent que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
,
pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans
; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,, & demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse, sinon qu'ils estoient diaboliques; & comme j'apprehende que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope, Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
,
imprime
à Leiphe en l'année 11684
y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détromper
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre A stronome,& grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques
Aixiiar»aussî bien que Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un parle
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy Seneque le Tragique
disoit
,
Parte alterâ inauditâ
justum licetftatuaty haud œquum
judicat. Pourquoy donc accuser d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Ar-
menta àttbent tjJe sole meriAYIO clariora
,
outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi. Ce fut surce,principe à desDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc de la bclltPhyfiquc,
:
fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés des deux personnes assas-
, nés dans leur cave à Lyon,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay
rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats de profession;ainsi l'homme d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte De occultisNaturtoe miraculist tout ce que le gran d
Medecin Fernel a
dit, De abdi-
ris rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
»
routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum, dont le Sçavanc Tenczelius & le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette.Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur d'une aiguille d'Horloge ,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s
interieurs du verre,&
ors qu'on a
compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet
;
c'est
pourquoy les vibrations finissent, & la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a
donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat. De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée Enfin je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMunJus Mathematicus, que les Baguettes prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes à recevoir les corpuscules
de même métal
,
autour duquel il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere
,
qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage des Baguettes, pour trouver les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette de Moïse, qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a
parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette de Coudre,& de renvoyer les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a
intitulé Philosophia
Mosaica
;
ils seront satisfaits
u
sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc) a
présquelleaura esté
res bien échaufée
,
car l'humidité du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au
montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau, les
Mines & les Tresors
,
ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a
remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi poursuivre lesVoleurs &
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,ayant suivy par orre de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere fois qu'il pouvoit trouver les corps assassinez & cachez sous terre
,
& poursui-
vre&reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a
SaintVeran,présdeS. Marcellin en Dauphiné) le 8. Septembre 1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent un logement dans les petites Maisons, je veux dire
les A strologues, font charitablement avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent. Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla Medecine,dans
l'Agriculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa il année cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette, se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y
avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparuil y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite. Ce fut donc par hazard
,
queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,ay-
manté au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,& cette agitation interieure est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a
dans les mains, la Baguet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome Mr Galet, grand Penitencicr à Carpentras
;
la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains corpuscules
,
fingu-
liers à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main, cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,attire de
plus loin, & retient plusfortement le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce, que celuy qu'on a
dans les
mains, laBaguette ne fait aucun mouvement, parce que lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent leurs effets font differens ; ce qui paroist visiblement par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës plus grossieres, font dans
les larges pores de l'or, l'esset des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ;
ffl par une raison contraire, comme les parties acides de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1
Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l,
se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a
fente, quand elle n'est pas
rop seche
,
ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant, ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&agite. En voicy la manière. Ces mouches font premièrement fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions ,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des diffe-
rentes terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,& que les pores de leurs esprits animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez. Pour la preuve de cela
j'employe l'exemple de l'Eauforte, qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux po-
res de l'or
,
en font la dissolution, & ne pouvant s'insinuer dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a
plusieurs personnes qui tombent en défaillance à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes à d'autres. Enfin
qu'il y a
des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J
principalement des vieilles
Femmes mal saines, font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy l'eau qui est à découvert ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton. ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose du mois de May, & le Seein du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature des terres qu'ils traversent en montant. Cette diffeente modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,desfleurs, & desfruits.
Demême la différente modi-
fication des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions, de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
,
ne peuvent alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1'or
& l'argentmonnoyé, en quelque part qu'ils soient cachez
en terre
,
ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
Métaux'tau forgez, for font durs, gez
,
font durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
)
peuvent fubfiner sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême
que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez du Lièvre & du Cerfsubsistent sur les Rivieres & furles Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
,
ces
corpusculescausant des effervescences semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J
ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien ne pùt l'emp
êcher de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules & leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles, ce que
Moyfc assure dans le Levitique. A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune, raclent religieusement les
murailles des chambres habitées par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
,
lesquellesen furent de livrées
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,oula Dissenterie,
il y
demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions & alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corromm corrompt d'une d UMe érrarre C{r<1J'rr.ïortc nn
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets, même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique,lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets sur undrap,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes ont de la peine à expliquer c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens objets setrouvent confonduës,& après s'estre entrecroisées se debarassent à cerraine distancesuivant la longueur du foyer solaire du verre
convexe
,
qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a
de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes, & de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste, lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route, par laquelle estant vivement poursuivispar lesVaisseaux Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Macha-
ont faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice de jalousie
,
ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance de Moyfc
,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus.-
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PœIJæ.qu graves in cœlibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
,
& par ce
noyen il vivroit tranquillement dans son ménag) pourvu que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture, &par les agiémens du
mariage
,
parce que leurtempérament venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,oula presence d'une personne aimée, causent. Les Anciens nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa BelleMere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plu-
sieurs personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain letronc de la Baguette, & de l'autre la longue corne, la paume des mains toutnée vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche
de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation par la Baguette. M
Geofroy
,
un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J
a
hez luy un Garçon
,
nomae Pierre Tonnelier, de Noent sur Seine, né le 14. Serembre de l'année 1669. Ce
Garçon a
les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, rte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
uc )L0~' 'i.d.
-1
,
.-;.t. ées 1 en,.sera-,
Il
MMr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a
quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie ; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure après, puis qu'il trouva plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a
encorclétffiLtns
hesiter
,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ;
je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite, dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..& artefter que la Divination par la Baguette a
sescauses Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite
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Résumé : LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Le texte présente une correspondance et des observations concernant la divination par la baguette, un sujet controversé à l'époque. Le marquis de Chamlay, confiseur du roi et maréchal général des camps et armées de Sa Majesté, défend l'usage de la baguette contre les critiques des pères Le Brun et Malebranche. Chamlay affirme que les effets de la baguette sont naturels et non diaboliques, citant plusieurs savants et exemples historiques pour appuyer ses arguments. Il mentionne notamment Jacques Aymar Vernay, connu pour son talent à trouver des sources d'eau et des corps cachés. Chamlay explique que la baguette amplifie les mouvements imperceptibles, similaires à ceux d'une aiguille d'horloge ou d'une bague suspendue dans un verre. Le texte aborde également les propriétés des corpuscules émanant des métaux et des corps vivants. Jacques Aimar utilise une baguette pour détecter les métaux cachés en exploitant les tourbillons de corpuscules spécifiques à chaque métal. L'eau-forte dissout les métaux moins nobles que l'or, tandis que l'eau régale, enrichie en esprit de sel commun, dissout l'or en raison de la taille de ses pores. Les corpuscules peuvent altérer les humeurs et les esprits vitaux des devins, et les émotions ressenties varient en fonction de la configuration de leurs pores et de leur sensibilité. Le texte mentionne Pierre Tonnelier, un jeune homme capable de détecter l'or sans baguette, en ressentant des palpitations du cœur. Monsieur Geofroy, un apothicaire savant, a observé ce talent. Tonnelier a démontré ses capacités devant plusieurs personnalités influentes, réussissant même malgré des tentatives de tromperie. L'auteur, après avoir examiné Tonnelier, le déclare honnête et prêt à approuver la divination par la baguette comme ayant des causes physiques naturelles, sans implication de pacte explicite ou implicite.
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2
p. 44-48
Division du Mercure [titre d'après la table]
Début :
Je souhaite pouvoir vous donner tous les mois des extraits [...]
Mots clefs :
Parties, Curieux, Livre, Division du Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Division du Mercure [titre d'après la table]
Je foulante pouvoir
vous donner tous les mois
des extraits auffi curieux
que celuy- cy & que ceGALANT.
45
tuy quifuitfur les coquillages
, jay refolu dans la
fuite de raffembler tous
・ceux que j'auray en un
feul endroit du Livre ,
afin que ceux qui en font
curieuxpuiffentmefmeles
faire relier tous dans un
petit volume au bout de
l'année: ainfi je diftribueray
le Mercure en 4.
partie Lune pour toutes
les Pieces qui regarderont
les Sciences , la Litterature
, les Arts , &
146 · MERCURE
L'autre partie fera pour
les Nouvelles , les Marts,
les Mariages , &l'autre
pour les pieces de Poefies,
l'autre pourles Hifto-
C
'
riettes, Contes , & autres
amufements quifont pour
le plus grand nombre ,
Peffentiel d'un Mercure
Galant
Par cette divifion que
jobferveray autant qu'il
-fera poffible , on pourra
fame relier auffi feparement
ces quatres Parties
GALANT . 3:47
les
3
les
du Livre , chacun felon.
goust qu'il aura M
pour les Sciences , ou pour.
La Poefie , ou pour les
Nouvelles , ou pour.
Hiftoriettes , Enigmes ,
Queftion, 5.c.Mais.comme
il peut entrer dans la
compofition
d'un Mercure
une infinité de chofes
qui n'ont pas un rapport
bien juste à chacune de
ces quatres Claffes où je
reduis cette divifion , on
me pardonnera
a'en pla
48 MERCURE
cer quelques-unes ou je
pourray, même defaire
ces parties feparees plus
groffes ou plus petites ,par
rapport a la quantité €5
à lefpece des materiaux
qui me viendront.
vous donner tous les mois
des extraits auffi curieux
que celuy- cy & que ceGALANT.
45
tuy quifuitfur les coquillages
, jay refolu dans la
fuite de raffembler tous
・ceux que j'auray en un
feul endroit du Livre ,
afin que ceux qui en font
curieuxpuiffentmefmeles
faire relier tous dans un
petit volume au bout de
l'année: ainfi je diftribueray
le Mercure en 4.
partie Lune pour toutes
les Pieces qui regarderont
les Sciences , la Litterature
, les Arts , &
146 · MERCURE
L'autre partie fera pour
les Nouvelles , les Marts,
les Mariages , &l'autre
pour les pieces de Poefies,
l'autre pourles Hifto-
C
'
riettes, Contes , & autres
amufements quifont pour
le plus grand nombre ,
Peffentiel d'un Mercure
Galant
Par cette divifion que
jobferveray autant qu'il
-fera poffible , on pourra
fame relier auffi feparement
ces quatres Parties
GALANT . 3:47
les
3
les
du Livre , chacun felon.
goust qu'il aura M
pour les Sciences , ou pour.
La Poefie , ou pour les
Nouvelles , ou pour.
Hiftoriettes , Enigmes ,
Queftion, 5.c.Mais.comme
il peut entrer dans la
compofition
d'un Mercure
une infinité de chofes
qui n'ont pas un rapport
bien juste à chacune de
ces quatres Claffes où je
reduis cette divifion , on
me pardonnera
a'en pla
48 MERCURE
cer quelques-unes ou je
pourray, même defaire
ces parties feparees plus
groffes ou plus petites ,par
rapport a la quantité €5
à lefpece des materiaux
qui me viendront.
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Résumé : Division du Mercure [titre d'après la table]
Le projet éditorial présenté vise à compiler et organiser des extraits mensuels dans un ouvrage intitulé 'Mercure Galant'. À la fin de l'année, ces extraits seront réunis en un seul volume, divisé en quatre parties distinctes. La première partie couvrira les sciences, la littérature et les arts. La deuxième partie traitera des nouvelles, des naissances et des mariages. La troisième partie sera dédiée à la poésie, tandis que la quatrième partie inclura des historiettes, des contes et d'autres amusements pour un large public. Cette structure permettra aux lecteurs d'acheter séparément les sections qui correspondent à leurs intérêts. L'auteur se réserve le droit de placer certaines contributions dans des catégories appropriées ou d'ajuster la taille des sections en fonction du contenu disponible.
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3
p. 95-96
« Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...] »
Début :
Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...]
Mots clefs :
Parties, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me vient d'arriver quelques nouvelles que je ne [...] »
Il me vient d'arriver
quelques nouvelles que
je ne puis plus placer
icy,parce que la seconde
Partie, que j'ay
deftinéeaux nouvelles,
n'est pas à la fin du
Mercure, c'est un desfaut,
& l'ordre que je
croy le plus convenable
, & que j'observeray
dans la fuite.
Litterature. 1. Partie.
Amusemens. 11. Partie.
Pieces Fugitives, III.
Partie.
Nouvelles. IV. Partie.
quelques nouvelles que
je ne puis plus placer
icy,parce que la seconde
Partie, que j'ay
deftinéeaux nouvelles,
n'est pas à la fin du
Mercure, c'est un desfaut,
& l'ordre que je
croy le plus convenable
, & que j'observeray
dans la fuite.
Litterature. 1. Partie.
Amusemens. 11. Partie.
Pieces Fugitives, III.
Partie.
Nouvelles. IV. Partie.
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4
p. 1775-1776
L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ANATOMIE GENERALE DU CHEVAL, contenant une ample et exacte [...]
Mots clefs :
Cheval, Parties, Figures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
L'ANATOMIE GENERALE DU CHEVAL :
contenant une ample et exacte Description de la forme , situation et usages de
toutes ses Parties. Leurs differences et
leurs correspondances avec celles de
l'homme. La generation du Poulet et
celle du Lapin. Un Discours du mouvement du Chile et de la circulation du
sang. La maniere de dissequer certaines
parties du Cheval , difficiles à anatomiser
Et quelques Observations Physiques, anacomiques et curieuses sur differentes parties du corps et sur quelques Maladies.
Le tout enrichi de figures. Traduit de
Anglois, par F. A. de Garsault, Capitaine du Haras du Roy, en survivance . A
Paris , chez Barth. Laisnel , ruë S. Jacques Alex, Mesnier, au Palais. Ant. Gandouin , Quay des Augustins , et la V.
Pissot,QuaydeConty, 1732. in 4. de 3 3 2,
pag. sans les Tables , les Figures , les Préfaces de l'Auteur et du Traducteur , et
l'explication des Termes pour l'intelligence de ce Livre, divisé en cinq Parties,
où il est traité du Bas- ventre , de la Poitrine on Ventre du milieu , de la Tête ou
E iiij Ventre
}
1776 MERCURE DE FRANCE
F
Ventre superieur , des Nerfs , des Muscles, et des Os. Differens Chapitres composent les differentes Parties.
Cet Ouvrage est fort méthodique et
nous paroît d'une grande utilité ; il est
écrit d'un stile simple et aisé ; les Planches répandent encore une grande clarté.
Elles sont gravées avec soin et précision.
Avec l'utile on trouve souvent dans ce
Livre des choses curieuses qui en rendent la lecture agréable. Nous croyons.
que les Peintres et les Sculpteurs , que
fAuteur n'a , sans doute , pas eu en vûë,
en peuventtirer des secours considerables
contenant une ample et exacte Description de la forme , situation et usages de
toutes ses Parties. Leurs differences et
leurs correspondances avec celles de
l'homme. La generation du Poulet et
celle du Lapin. Un Discours du mouvement du Chile et de la circulation du
sang. La maniere de dissequer certaines
parties du Cheval , difficiles à anatomiser
Et quelques Observations Physiques, anacomiques et curieuses sur differentes parties du corps et sur quelques Maladies.
Le tout enrichi de figures. Traduit de
Anglois, par F. A. de Garsault, Capitaine du Haras du Roy, en survivance . A
Paris , chez Barth. Laisnel , ruë S. Jacques Alex, Mesnier, au Palais. Ant. Gandouin , Quay des Augustins , et la V.
Pissot,QuaydeConty, 1732. in 4. de 3 3 2,
pag. sans les Tables , les Figures , les Préfaces de l'Auteur et du Traducteur , et
l'explication des Termes pour l'intelligence de ce Livre, divisé en cinq Parties,
où il est traité du Bas- ventre , de la Poitrine on Ventre du milieu , de la Tête ou
E iiij Ventre
}
1776 MERCURE DE FRANCE
F
Ventre superieur , des Nerfs , des Muscles, et des Os. Differens Chapitres composent les differentes Parties.
Cet Ouvrage est fort méthodique et
nous paroît d'une grande utilité ; il est
écrit d'un stile simple et aisé ; les Planches répandent encore une grande clarté.
Elles sont gravées avec soin et précision.
Avec l'utile on trouve souvent dans ce
Livre des choses curieuses qui en rendent la lecture agréable. Nous croyons.
que les Peintres et les Sculpteurs , que
fAuteur n'a , sans doute , pas eu en vûë,
en peuventtirer des secours considerables
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Résumé : L'Anatomie generale du Cheval, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'L'Anatomie générale du cheval', publié en 1732 à Paris, offre une description détaillée de la forme, de la situation et des usages des parties du cheval, ainsi que leurs différences et correspondances avec celles de l'homme. Il traite également de la génération du poulet et du lapin, du mouvement du cheval et de la circulation du sang. Le livre inclut des instructions sur la dissection de certaines parties difficiles à anatomiser et des observations physiques et anatomiques sur diverses parties du corps et certaines maladies. Traduit de l'anglais par F. A. de Garsault, capitaine du Haras du Roy, l'ouvrage est divisé en cinq parties : le bas-ventre, la poitrine, la tête, les nerfs, les muscles et les os. Il est écrit dans un style simple et aisé, enrichi de figures gravées avec soin et précision. L'ouvrage est utile non seulement pour les anatomistes, mais aussi pour les artistes comme les peintres et les sculpteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 222-232
SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
Début :
ART. 4. / pag. 24 / Mr de la Baïsse avoit résolu de suivre, s'il étoit possible, [...]
Mots clefs :
Circulation de la sève dans les plantes, Suc, Écorce, Plantes, Sève, Fibres ligneuses, Feuilles, Canaux, Parties, Utricules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
SUITE de la Lettre de M. D. B. ***
contenant l'Analyse de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , &c.
ART. 4.
pag. 24
R de la Baïsse avoit résolu
Mde suivre, s'il étoit
possible,
dans les Plantes le cours de la Séve d'une
maniere
FEVRIER 1734. 223
>
maniere aussi précise qu'on fait le cours
du Chyle dans les animaux , il vouloit en
déterminer les visieres , les veines , les ar--
teres , les glandes , et les vaisseaux , parce
qu'il avoit cru les voir distinctement
dans quelques Plantes ; il entreprit pour
executer ce projet plusieurs dissections ;
mais comme il ne retiroit de ce travail
aucun fruit , il jugea l'entreprise impossible
, du moins de la maniere dont il avoit
arrangé son plan , c'est pourquoi il l'abandonna
entierement , et il se contenta
d'examiner en general comment et ent
quelles parties de la Plante se dégorgent
les premiers tuyaux par lesquels monte
d'abord le suc nourricier ; notre Auteur
a toûjours mis tremper dans une liqueur.
colorée les parties des Plantes qu'il a voulu
examiner , et cette voye lui a paru suffisante
pour découvrir la route de la
séve.
La premiere partie de la Plante dans laquelle
il a observé le cours de la liqueur, a
été les fleurs ; il a jugé par ses observations
que le suc monte fort vîte et fort aisément
jusqu'au sommet des tiges , mais qu'il se
trouve ensuite arrêté aux plis et extrê
mitez des fleurs ; il pense que c'est peutêtre
en ces Endroits que le suc dépose ce
qu'il a de plus grossier ; il a aussi remar-
Bij qué
224 MERCURE DE FRANCE.
qué que le suc passe de ces premiers canaux
dans les parties charnues de la fleur
comme au travers d'un filtre , ce qui fait
qu'il n'y a que la portion du suc la plus
subtile qui y puisse être ; il prétend que les
sacs , ( il entend par sacs les utricules de
Malpighi ) tirent le suc immédiatement
de ces vaisseaux le long desquels ils sont
apparemment attachez ; peut- être bien ,
ajoûte-t'il , le suc nourricier se filtre par
côté , et passe dans de petits canaux collateraux
qui servent de communication
pour le porter dans les Kistes charnus , les
mêmes que ce qui vient d'être appellez
sacs. M. de la Baïsse seroit fort embarrassé
de trouver ces vaisseaux de communication
, même avec le secours du microscope.
.ART. 5. p. 30. Art . 6. ibid. Notre Auteur
n'ayant pû observer la route du suc
dans les fruits , passa la distribution de la
liqueur dans les feuilles , il a découvert
que les canaux destinez à porter la premiere
nourriture dans les feuilles sont situez
dans les nervures , que ces canaux ne
sont qu'une continuation des fibres de la
portion Higneuse , que le suc passe de
ces tuyaux dans les parties charnuës des
feuilles de la même maniere que dans celles
des fleurs , enfin qu'à mesure que le
Suc
FEVRIER. 1734. 225
suc monte dans les nervures , il s'y débarasse
de sa portion la plus grossiere. Pour
ne rien avancer gratis , voici la preuve de
cette derniere proposition , mettant une
feuille tremper par le pidicale dans une liqueur
colorée , la teinture devenoit moins
chargée à proportion qu'elle montoit plus
haut dans les tuyaux de la feiiille ; il falloit
donc qu'elle se dépoüillât de ses parties
heterogenes , par consequent la même
députation doit arriver à la seve qui
se meut dans ces canaux . Il faut avouer
qu'il est impossible de se refuser à de telles
preuves
.
ART. 7. p. 34. M. de la Baïsse mit pendant
deux ou trois jours en experience
dans la liqueur colorée l'écorce de quelques
Plantes , il observa que dans la partie
superieure et inferieure de l'écorce , la
teinture s'étoit répandue , et que la couleur
étoit très- visible vers le bas environ
jusqu'à la hauteur où s'élevoient en dedans
de la Plante des veines sensiblement rouges
, et vers le haut dans l'endroit où le suc
continuellement poussé avoit eu le loisir
de se ramasser jusqu'à répandre une couleur
rougeâtre dans presque tout l'interieur
de la plante ; il n'apperçût aucune
alteration de couleur au milieu de la tige,
et il conclut que ce n'est que quand la
B iij partie
226 MERCURE DE FRANCE
partie ligneuse de la plante a été imbuë de
la couleur du suc dont elle s'est nourrie ,
que l'écorce s'en est aussi trouvée colorée
quelque temps après , et par consequent
que c'est immédiatement du bois que l'écorce
tire sa premiere nourriture ; enfin
comme notre Auteur n'a pû distinguer
de rameaux rouges dans la substance de
l'écorce comme dans celle du bois , quoique
la teinture se répandit dans l'écorce toujours
assez uniformement , il lui a paru démontré
que la seve qui nourrit l'écorce passe immédiatement
des fibres de la portion ligneuse
dans les utricules de l'écorce.
Ordinairement le signe caracteriastique
d'un systême vrai est la facilité qu'il donne
pour expliquer tous les faits qui se présentent
, c'est pourquoi M. de la Baïsse
tâchá de rendre raison selon ses principes
de plusieurs phénomenes qui appartiennent
à la Physique des Plantes. Comme
je crois , Monsieur , que vous ne serez pas
fâché de voir un essai des applications de
son systême à differens cas particuliers , je
vais vous en rendre compte en peu de
mots.
P. 35. M. de la Baïsse se propose d'abord
d'examiner d'où vient cette abondance
de suc qu'on trouve au Printems
entre l'écorce et le bois des Arbres , et
l'explication
FEVRIER 1734 227
l'explication de ce fait lui paroît plutôt
une consequence qu'une nouvelle preuve
de son sentiment , tant elle est ( selon
lui ) naturelle ; au renouvellement de la saison
les premiers canaux situez dans la portion
ligneuse de l'arbre abondent en sucs,
dont ils se déchargent par tous leurs dégorgemens
; bientôt les vessicules de l'écorce
en sont remplies ; et ne pouvant plus
contenir celui qui survient , il faut de necessité
qu'il sorte hors de ses vaisseaux , et
qu'il se jette entre l'écorce et le bois dans
les endroits où l'écorce est trop adhérente
au bois , les fibres ligneuses se replient sur
elles -mêmes, et poussées au dehors par l'effort
continuel des sucs nouveaux , elles
fendent l'écorce et forment de nouveaux
jes. Notre auteur ajoûte que s'il est permis
de se livrer aux conjectures , il dira
encore que cet excès de séve venant à
rompre , les petites attaches qui lioient
les utricules de l'écorce aux fibres les plus
voisines de l'écorce , presse par dehors
ces letricules et les force à s'étendre suivant
la direction la plus facile , c'est- à dire
, selon la longueur de l'Arbre , bientôt
ces utricules ainsi pressez et étendus
en longueur s'ouvrent les uns dans les autres
et deviennent par - là des canaux
longs et contigus ; en un mot , de vrayes
و
B iiij
fibres
228 MERCURE DE FRANCE
fibres ligneuses , c'est aux approches de
l'hyver que le froid doit le presser ,
assez pour les faire coller au corps de
l'Arbre.
et
M. de la Baïsse après cette explication
qui est certainement toute neuve , employe
encore une preuve de fait qui lui
paroît décisive pour démontrer que le
nouveau bois se forme de l'écorce , et il
termine cet article par une question qu'il
se propose , et qu'il résout ensuite ; on lui
demandera peut être , dit-il , comment
l'écorce répare la perte qu'elle fait chaque
année de la portion de substance qui devient
partie ligneuse , il répond qu'il se
travaille dans l'interieur même de l'écorce
une substance propre à reparer ses pertes
et il appuye cette réponse par une obser
vation à peu près aussi juste et aussi concluante
que la réponse elle -même est instructive.
ART. 8. p. 41. La moëlle , selon notre
Auteur , tire sa nourriture de la partie
superieure de la portion ligneuse , et un
de ses usages lui paroît être de filtrer et de
préparer les sucs qui doivent nourrir l'embryon
, parce que dans la dissection des
fruits de plusieurs Arbres on voit une
communication sensible du coeur du jeune
fruit avec la moëlle du nouveau jet.
ART.
FEVRIER. 1734. 229
ART. 9. p. 43. ART. 10. p. 44. Il ne
suffit pas de connoître que la séve monte
jusqu'aux extrêmitez des Plantes , il faut
sçavoir encore si cette séve redescend , les
Plantes poussent des racines de la même
maniere qu'elles poussent des feuilles et
des branches ; ainsi comme il y a un suc
•qui en montant fait rejetter les plantes par
le haut , il doit y en avoir un autre qui en
descendant les fasse croître par le bas . M.
de la Baïsse n'a regardé ce Phénomene que
.comme une simple indication , et afin de
découvrir la verité il s'est engagé dans
plusieurs experiences que je vais rappor
ter dans le même ordre qu'il les a exposées.
1 °. Dans les fleurs et branches opposées
qui ont trempé dans la liqueur de
Phytolaus par une de leurs extrêmitez superieures
et dans une situation renversée
le premier suc ne s'est élevé que très- peu ,
quoique les parties inferieures , les bran
ches et les fleurs collaterales se soient bien
conservées , ce qui fait penser à M. de la
Baisse( et qui peut le penser que lui ? )qu'il
faut qu'il se fasse dans les feuilles et
sommitez où s'arrête ce premier suc une
digestion qui donne naissance à un suc - secondaire
, propre à porter en descendant
la fraîcheur dans les parties inferieures et
collaterales de la fleur ou de la branche
By
230 MERCURE DE FRANCE
-2 ° . Il monte du suc des racines des jeunes
Plantes aux feuilles seminales , et il en
descend des feuilles seminales aux racines,
comme il est facile de le prouver par les
experiences de Malpighi qui démontrent
la nécessité de ses feuilles seminales pour
la vegetation de la tige et des racines naissantes.
3 ° . Si on fait une ligature à une
tige de titrimale , il se forme un bourelet
au dessus de la ligature. Preuve sensible .
d'un suc descendant , et de la verité de
cette experience faite par M. Perrault. 4° .
Dans un gros tronc de noyer vers le couronnement
, sous une des plus considerables
branches , M. de la Baïsse a vû une
grande carité du milieu de laquelle sortoit
une racine de quatre lignes de diametre
à sa naissance , et longue de huit
ces , cette racine n'a pû être formée que
par un suc descendant . 5 ° . Dans les Greffes
la direction des fibres ligneuses est irréguliere
, du moins suivant notre Auteur ,
et à la pluspart il se forme des bourelets ,
les fibres du sujet au contraire ne sont
que peu ou point dérangées , ce qui lut
paroît prouver qu'il descend de la greffe
au sujet un suc qui ne pouvant passer alsement
dans le sujet est repoussé dans la
greffe , où il se replie sur lui même . M. Du
amel a avancé dans les Memoires de l'A
poucadémi
FEVRIER. 1734. 231
cadémie Royale des Sciences 1728. que la
qualité des fruits se perfectionne par la
greffe , parce que le suc se travaille dans
les plis et replis qui se forment au-dessus
de la jonction , M. de la Baïsse pensant
que les observations de cet Academicien
pourroient faire contre son sentiment une
obection assez forte , du moins en apparence
, a jugé à propos pour y répondre
de faire observer que le premier suc montant
se façonne très peu dans les tuyaux
par lesquels il passe et qu'il faut de necessité
que ce suc ait fait plusieurs circulations
dans la Plante , ce qui est alors supposer
un suc descendant. M. de la Bisse
pour prouver que ce n'est pas sans fondement
qu'il prétend qu'il y a des fibres voisines
, dont les unes portent le suc montant
, et les autres le descendant , se sert
de l'experience suivante qu'il croit bien
écisive dans le cas present ; il mit au
Printemps dans la teinture de Phytolacca
une branche de Tilleul longue d'environ
trois pieds la cinture s' leva jusqu'au
haut de la branche , il coupa cette bran
che obliquement en differens endroits , il
en regard less ctions avec une loupe , et
il distingua dans toutes des cercles concentriques
alternativement rouges et
blancs. 6. Si on coupe l'éclaire,le suc jau-
B vj
ne
232 MERCURE DE FRANCE
ne , suivant notre Auteur , sort en plus
grande abondance de la partie superieure
que
de l'inferieure , souvent même il n'en
découle pas une seule goutte de la section
inferieure , ce qui lui semble prouver que
ce suc vient des parties superieures de la
Plante , et par consequent que c'est au suc
descendant . M. de la Baïsse avoue que cette
experience ne lui a pas toujours également
réussi. 7. Enfin notre Auteur a fait
les mêmes observations sur le suc des tithimales
que sur celui de l'éclaire .
ART. II . p. 55. Il s'agit présentement
de déterminer d'où vient ce suc descendant
, et de découvrir si c'est la séve de
la Plante , ou un suc fourni par l'air , M.
de la Baïsse adopte le premier sentiment
et dit que le dernier ne mérite pas qu'on
s'arrête à le refuter par de longs raisonnemens
, et en consequence il conclut qu'il
ya dans les Plantes une vraye circulatio
de la séve ; au reste , s'il entre à rebours
par les extrêmitez des fibres ligneuses des
feuilles ou des tiges , quelques sucs étrangers
, notre Auteur pense qu'ils y reçoivent
bientôt une digestion, qui en les faisant
passer dans d'autres canaux , les réduit
au cours naturel des liquides ordinaires.
contenant l'Analyse de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , &c.
ART. 4.
pag. 24
R de la Baïsse avoit résolu
Mde suivre, s'il étoit
possible,
dans les Plantes le cours de la Séve d'une
maniere
FEVRIER 1734. 223
>
maniere aussi précise qu'on fait le cours
du Chyle dans les animaux , il vouloit en
déterminer les visieres , les veines , les ar--
teres , les glandes , et les vaisseaux , parce
qu'il avoit cru les voir distinctement
dans quelques Plantes ; il entreprit pour
executer ce projet plusieurs dissections ;
mais comme il ne retiroit de ce travail
aucun fruit , il jugea l'entreprise impossible
, du moins de la maniere dont il avoit
arrangé son plan , c'est pourquoi il l'abandonna
entierement , et il se contenta
d'examiner en general comment et ent
quelles parties de la Plante se dégorgent
les premiers tuyaux par lesquels monte
d'abord le suc nourricier ; notre Auteur
a toûjours mis tremper dans une liqueur.
colorée les parties des Plantes qu'il a voulu
examiner , et cette voye lui a paru suffisante
pour découvrir la route de la
séve.
La premiere partie de la Plante dans laquelle
il a observé le cours de la liqueur, a
été les fleurs ; il a jugé par ses observations
que le suc monte fort vîte et fort aisément
jusqu'au sommet des tiges , mais qu'il se
trouve ensuite arrêté aux plis et extrê
mitez des fleurs ; il pense que c'est peutêtre
en ces Endroits que le suc dépose ce
qu'il a de plus grossier ; il a aussi remar-
Bij qué
224 MERCURE DE FRANCE.
qué que le suc passe de ces premiers canaux
dans les parties charnues de la fleur
comme au travers d'un filtre , ce qui fait
qu'il n'y a que la portion du suc la plus
subtile qui y puisse être ; il prétend que les
sacs , ( il entend par sacs les utricules de
Malpighi ) tirent le suc immédiatement
de ces vaisseaux le long desquels ils sont
apparemment attachez ; peut- être bien ,
ajoûte-t'il , le suc nourricier se filtre par
côté , et passe dans de petits canaux collateraux
qui servent de communication
pour le porter dans les Kistes charnus , les
mêmes que ce qui vient d'être appellez
sacs. M. de la Baïsse seroit fort embarrassé
de trouver ces vaisseaux de communication
, même avec le secours du microscope.
.ART. 5. p. 30. Art . 6. ibid. Notre Auteur
n'ayant pû observer la route du suc
dans les fruits , passa la distribution de la
liqueur dans les feuilles , il a découvert
que les canaux destinez à porter la premiere
nourriture dans les feuilles sont situez
dans les nervures , que ces canaux ne
sont qu'une continuation des fibres de la
portion Higneuse , que le suc passe de
ces tuyaux dans les parties charnuës des
feuilles de la même maniere que dans celles
des fleurs , enfin qu'à mesure que le
Suc
FEVRIER. 1734. 225
suc monte dans les nervures , il s'y débarasse
de sa portion la plus grossiere. Pour
ne rien avancer gratis , voici la preuve de
cette derniere proposition , mettant une
feuille tremper par le pidicale dans une liqueur
colorée , la teinture devenoit moins
chargée à proportion qu'elle montoit plus
haut dans les tuyaux de la feiiille ; il falloit
donc qu'elle se dépoüillât de ses parties
heterogenes , par consequent la même
députation doit arriver à la seve qui
se meut dans ces canaux . Il faut avouer
qu'il est impossible de se refuser à de telles
preuves
.
ART. 7. p. 34. M. de la Baïsse mit pendant
deux ou trois jours en experience
dans la liqueur colorée l'écorce de quelques
Plantes , il observa que dans la partie
superieure et inferieure de l'écorce , la
teinture s'étoit répandue , et que la couleur
étoit très- visible vers le bas environ
jusqu'à la hauteur où s'élevoient en dedans
de la Plante des veines sensiblement rouges
, et vers le haut dans l'endroit où le suc
continuellement poussé avoit eu le loisir
de se ramasser jusqu'à répandre une couleur
rougeâtre dans presque tout l'interieur
de la plante ; il n'apperçût aucune
alteration de couleur au milieu de la tige,
et il conclut que ce n'est que quand la
B iij partie
226 MERCURE DE FRANCE
partie ligneuse de la plante a été imbuë de
la couleur du suc dont elle s'est nourrie ,
que l'écorce s'en est aussi trouvée colorée
quelque temps après , et par consequent
que c'est immédiatement du bois que l'écorce
tire sa premiere nourriture ; enfin
comme notre Auteur n'a pû distinguer
de rameaux rouges dans la substance de
l'écorce comme dans celle du bois , quoique
la teinture se répandit dans l'écorce toujours
assez uniformement , il lui a paru démontré
que la seve qui nourrit l'écorce passe immédiatement
des fibres de la portion ligneuse
dans les utricules de l'écorce.
Ordinairement le signe caracteriastique
d'un systême vrai est la facilité qu'il donne
pour expliquer tous les faits qui se présentent
, c'est pourquoi M. de la Baïsse
tâchá de rendre raison selon ses principes
de plusieurs phénomenes qui appartiennent
à la Physique des Plantes. Comme
je crois , Monsieur , que vous ne serez pas
fâché de voir un essai des applications de
son systême à differens cas particuliers , je
vais vous en rendre compte en peu de
mots.
P. 35. M. de la Baïsse se propose d'abord
d'examiner d'où vient cette abondance
de suc qu'on trouve au Printems
entre l'écorce et le bois des Arbres , et
l'explication
FEVRIER 1734 227
l'explication de ce fait lui paroît plutôt
une consequence qu'une nouvelle preuve
de son sentiment , tant elle est ( selon
lui ) naturelle ; au renouvellement de la saison
les premiers canaux situez dans la portion
ligneuse de l'arbre abondent en sucs,
dont ils se déchargent par tous leurs dégorgemens
; bientôt les vessicules de l'écorce
en sont remplies ; et ne pouvant plus
contenir celui qui survient , il faut de necessité
qu'il sorte hors de ses vaisseaux , et
qu'il se jette entre l'écorce et le bois dans
les endroits où l'écorce est trop adhérente
au bois , les fibres ligneuses se replient sur
elles -mêmes, et poussées au dehors par l'effort
continuel des sucs nouveaux , elles
fendent l'écorce et forment de nouveaux
jes. Notre auteur ajoûte que s'il est permis
de se livrer aux conjectures , il dira
encore que cet excès de séve venant à
rompre , les petites attaches qui lioient
les utricules de l'écorce aux fibres les plus
voisines de l'écorce , presse par dehors
ces letricules et les force à s'étendre suivant
la direction la plus facile , c'est- à dire
, selon la longueur de l'Arbre , bientôt
ces utricules ainsi pressez et étendus
en longueur s'ouvrent les uns dans les autres
et deviennent par - là des canaux
longs et contigus ; en un mot , de vrayes
و
B iiij
fibres
228 MERCURE DE FRANCE
fibres ligneuses , c'est aux approches de
l'hyver que le froid doit le presser ,
assez pour les faire coller au corps de
l'Arbre.
et
M. de la Baïsse après cette explication
qui est certainement toute neuve , employe
encore une preuve de fait qui lui
paroît décisive pour démontrer que le
nouveau bois se forme de l'écorce , et il
termine cet article par une question qu'il
se propose , et qu'il résout ensuite ; on lui
demandera peut être , dit-il , comment
l'écorce répare la perte qu'elle fait chaque
année de la portion de substance qui devient
partie ligneuse , il répond qu'il se
travaille dans l'interieur même de l'écorce
une substance propre à reparer ses pertes
et il appuye cette réponse par une obser
vation à peu près aussi juste et aussi concluante
que la réponse elle -même est instructive.
ART. 8. p. 41. La moëlle , selon notre
Auteur , tire sa nourriture de la partie
superieure de la portion ligneuse , et un
de ses usages lui paroît être de filtrer et de
préparer les sucs qui doivent nourrir l'embryon
, parce que dans la dissection des
fruits de plusieurs Arbres on voit une
communication sensible du coeur du jeune
fruit avec la moëlle du nouveau jet.
ART.
FEVRIER. 1734. 229
ART. 9. p. 43. ART. 10. p. 44. Il ne
suffit pas de connoître que la séve monte
jusqu'aux extrêmitez des Plantes , il faut
sçavoir encore si cette séve redescend , les
Plantes poussent des racines de la même
maniere qu'elles poussent des feuilles et
des branches ; ainsi comme il y a un suc
•qui en montant fait rejetter les plantes par
le haut , il doit y en avoir un autre qui en
descendant les fasse croître par le bas . M.
de la Baïsse n'a regardé ce Phénomene que
.comme une simple indication , et afin de
découvrir la verité il s'est engagé dans
plusieurs experiences que je vais rappor
ter dans le même ordre qu'il les a exposées.
1 °. Dans les fleurs et branches opposées
qui ont trempé dans la liqueur de
Phytolaus par une de leurs extrêmitez superieures
et dans une situation renversée
le premier suc ne s'est élevé que très- peu ,
quoique les parties inferieures , les bran
ches et les fleurs collaterales se soient bien
conservées , ce qui fait penser à M. de la
Baisse( et qui peut le penser que lui ? )qu'il
faut qu'il se fasse dans les feuilles et
sommitez où s'arrête ce premier suc une
digestion qui donne naissance à un suc - secondaire
, propre à porter en descendant
la fraîcheur dans les parties inferieures et
collaterales de la fleur ou de la branche
By
230 MERCURE DE FRANCE
-2 ° . Il monte du suc des racines des jeunes
Plantes aux feuilles seminales , et il en
descend des feuilles seminales aux racines,
comme il est facile de le prouver par les
experiences de Malpighi qui démontrent
la nécessité de ses feuilles seminales pour
la vegetation de la tige et des racines naissantes.
3 ° . Si on fait une ligature à une
tige de titrimale , il se forme un bourelet
au dessus de la ligature. Preuve sensible .
d'un suc descendant , et de la verité de
cette experience faite par M. Perrault. 4° .
Dans un gros tronc de noyer vers le couronnement
, sous une des plus considerables
branches , M. de la Baïsse a vû une
grande carité du milieu de laquelle sortoit
une racine de quatre lignes de diametre
à sa naissance , et longue de huit
ces , cette racine n'a pû être formée que
par un suc descendant . 5 ° . Dans les Greffes
la direction des fibres ligneuses est irréguliere
, du moins suivant notre Auteur ,
et à la pluspart il se forme des bourelets ,
les fibres du sujet au contraire ne sont
que peu ou point dérangées , ce qui lut
paroît prouver qu'il descend de la greffe
au sujet un suc qui ne pouvant passer alsement
dans le sujet est repoussé dans la
greffe , où il se replie sur lui même . M. Du
amel a avancé dans les Memoires de l'A
poucadémi
FEVRIER. 1734. 231
cadémie Royale des Sciences 1728. que la
qualité des fruits se perfectionne par la
greffe , parce que le suc se travaille dans
les plis et replis qui se forment au-dessus
de la jonction , M. de la Baïsse pensant
que les observations de cet Academicien
pourroient faire contre son sentiment une
obection assez forte , du moins en apparence
, a jugé à propos pour y répondre
de faire observer que le premier suc montant
se façonne très peu dans les tuyaux
par lesquels il passe et qu'il faut de necessité
que ce suc ait fait plusieurs circulations
dans la Plante , ce qui est alors supposer
un suc descendant. M. de la Bisse
pour prouver que ce n'est pas sans fondement
qu'il prétend qu'il y a des fibres voisines
, dont les unes portent le suc montant
, et les autres le descendant , se sert
de l'experience suivante qu'il croit bien
écisive dans le cas present ; il mit au
Printemps dans la teinture de Phytolacca
une branche de Tilleul longue d'environ
trois pieds la cinture s' leva jusqu'au
haut de la branche , il coupa cette bran
che obliquement en differens endroits , il
en regard less ctions avec une loupe , et
il distingua dans toutes des cercles concentriques
alternativement rouges et
blancs. 6. Si on coupe l'éclaire,le suc jau-
B vj
ne
232 MERCURE DE FRANCE
ne , suivant notre Auteur , sort en plus
grande abondance de la partie superieure
que
de l'inferieure , souvent même il n'en
découle pas une seule goutte de la section
inferieure , ce qui lui semble prouver que
ce suc vient des parties superieures de la
Plante , et par consequent que c'est au suc
descendant . M. de la Baïsse avoue que cette
experience ne lui a pas toujours également
réussi. 7. Enfin notre Auteur a fait
les mêmes observations sur le suc des tithimales
que sur celui de l'éclaire .
ART. II . p. 55. Il s'agit présentement
de déterminer d'où vient ce suc descendant
, et de découvrir si c'est la séve de
la Plante , ou un suc fourni par l'air , M.
de la Baïsse adopte le premier sentiment
et dit que le dernier ne mérite pas qu'on
s'arrête à le refuter par de longs raisonnemens
, et en consequence il conclut qu'il
ya dans les Plantes une vraye circulatio
de la séve ; au reste , s'il entre à rebours
par les extrêmitez des fibres ligneuses des
feuilles ou des tiges , quelques sucs étrangers
, notre Auteur pense qu'ils y reçoivent
bientôt une digestion, qui en les faisant
passer dans d'autres canaux , les réduit
au cours naturel des liquides ordinaires.
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Résumé : SUITE de la Lettre de M. D. B.*** contenant l'Analyse de la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, &c.
Le texte relate les travaux de M. de la Baïsse sur la circulation de la sève dans les plantes, initiés en février 1734. Initialement, il visait à tracer le parcours de la sève avec la même précision que celle du chyle chez les animaux, mais il abandonna cette approche après plusieurs dissections infructueuses. Il se concentra alors sur l'observation générale du parcours de la sève nourricière. M. de la Baïsse utilisa des liquides colorés pour suivre la sève dans différentes parties des plantes. Il observa que la sève monte rapidement dans les tiges et se dépose dans les fleurs, où elle se filtre dans les parties charnues. Il nota également que les utricules de Malpighi tirent directement le suc des vaisseaux. Dans les feuilles, la sève circule dans les nervures et se débarrasse de ses parties grossières au fur et à mesure de son ascension. Lorsqu'il trempa l'écorce de certaines plantes dans des liquides colorés, il constata que la teinture se répandait dans les parties supérieure et inférieure de l'écorce, confirmant que l'écorce tire sa nourriture directement du bois. Il expliqua l'abondance de sève au printemps par le débordement des sucs dans les canaux ligneux, qui finissent par se répandre entre l'écorce et le bois. M. de la Baïsse examina également la moelle, qui tire sa nourriture de la partie supérieure ligneuse et filtre les sucs pour nourrir l'embryon. Il s'intéressa aussi à la descente de la sève, notant que les plantes poussent des racines de manière similaire aux feuilles et branches. Il réalisa plusieurs expériences pour prouver l'existence d'un suc descendant, notamment en observant la formation de bourrelets après des ligatures ou des greffes. Enfin, il conclut qu'il existe une véritable circulation de la sève dans les plantes, bien que des sucs étrangers puissent entrer par les extrémités des fibres et être digérés pour suivre le cours naturel des liquides.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 495-507
COMPARAISON des deux Philosophies de Descartes et de Newton, avec des Remarques sur l'une et sur l'autre.
Début :
La Philosophie Péripatéticienne avoit remporté une entiere victoire sur le Platonisme et [...]
Mots clefs :
Matière, Mouvement, Corps, Descartes, Newton, Élément, Force, Parties, Matière subtile, Terre, Philosophie, Tourbillon, Nature, Principe, Aimant, Lois, Mouvements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPARAISON des deux Philosophies de Descartes et de Newton, avec des Remarques sur l'une et sur l'autre.
COMPARAISON des deux
Philosophies de Descartes et de Newton,
avec des Remarques sur l'une et sur l'autre.
Lportéuns avoitsteer
A Philosophie Péripatéticienne avoit remsur
tous les autres Sectes de l'Antiquité .L'Empire
d'Aristote étoit despotique . Les raisons qui sont
les Loix de la Philosophie , n'étoient point écou
tées , des veritez nouvelles étoient traitées de séditieuses
, et cette Philosophie , après avoir été
long- temps proscrite par le concours des deux
autoritez , ( Launoi , de fortun . Aristot . ) avoit sçû
les engager si bien dans son parti , que ceux qui
prétendoient secouer le joug des préjugez, étoient
punis comme perturbateurs. Malgré tous ces obstacles
, il parut un homme qui joignit la fermeté
du courage à l'élevation du génie . Toutes ses
vûes ne tendoient qu'à la verité ; plein d'ardeur
pour la tirer d'esclavage , il osa établir pour
principe , ( Cartes. Méditat. 1. ) que le commencement
de la Philosophie est de rejetter toutes les
opinions reçues jusqu'alors , de remonter à un
Scepticisme general , non pour demeurer dans
cet état de Pyrrhonien , incompatible avec les
lumieres naturelles , mais pour n'admettre au
pombre des veritez , que celles qui sont fondées
sur
496 MERCURE DE FRANCE
sur des notions claires , certaines et évidentes.
René Descartes , par ce seul principe , porta le
coup mortel aux décisions philosophiques for
dées sur les préjugez ; par cette voye d'un doute
general , il s'éleva ( Cartes . Méditat. 2. 3. 6. )
aux veritez primitives , de sa propre existence
de l'existence de Dieu , de la distinction de l'ame
et du corps ; des veritez les plus simples il passa
aux plus composées , il entreprit de connoître et
de dévoiler même la Nature ; et développant
quelques germes obscurs , informes et peu connus
, qui étoient enfermez dans les Livres des
Anciens sans explication suffisante , il en forma
un Systême Physique ( Cartes , Princip . part. 3. )
si étendu et si brillant , qu'il surpasse de bien
loin tout ce qu'on avoit imaginé jusqu'à lui de la
magnificence de l'Univers. Descartes n'est pas
bien d'accord avec lui- même sur la réalité de
l'Edifice qu'il a construit. Tantôt reconnoissant
tout ce que ses idées ont d'incertain.et de vague, il
les traite de Fables ( Trait . de la Lum. ) et de Romans
; tantôt paroissant rempli de confiance pour
ses découvertes , il n'hésite point à dire , que
persuadé par des notions si claires et si distinctes ,
il ne croit pas ( Princip . part . 4. et Epist. t. z .
Epist. 37. ) que la plupart des choses qu'il a
écrites , puissent être autrement.
Toute la Physique de Descartes se rapporte
aux loix generales du mouvement, établies par Ie
souverain Etre , en même - temps qu'il a créé la
matiere. C'est conformément à ces Loix que la
Providence Divine a construit le Monde , et
qu'elle le conserve ; Descartes définit la Nature ;
(Méditat. 6. ) l'ordre et la disposition que Dieu
a donnez aux choses créées. Quelqu'un peut- il
nier que la Physique ne consiste dans la recherche
MARS. 1734
497
che et la connoissnce de ces loix prescrites à la
Nature par son Auteur ? L'harmonie et la régularité
de l'Univers sont des témoignages continuels
de la sagesse infinie , dont elles sont émanées .
Aucune étude ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , que la contemplation de la Nature.
C'est en quoi le Cartésianisme excelle , et jamais
aucune Philosophie ne fut plus diamétralement
opposée auSpinosisme qui, par l'hypothèse de tou- ,
tes la plus absurde , ne reconnoît dans les effets'
naturels qu'une matiere aveugle , privée d'intelligence
et de sentiment, et coufond les substances
spirituelles et corporelles ; ou à la Philosophic
Epicurienne , qui donne pour principe general
, des accrochemens d'admes unis fortuitement
par un mouvement de déclinaison , dont
l'Antiquité s'est mocquée . C'est uniquement à la
gloire du Cartesianisine et à l'envie des autres
Sectes , qu'on doit attribuer les accusations si
dénuées de toute vraye - semblance au sujet des
liaisons supposées de cette Philosophie avec les
absurditez de Spinosa et d'Epicure ; il est même
impossible de lire les Ouvrages de Descartes sans
être autant édifié de sa picté , qu'on est charmé
de sa modestie .
Descartes pose pour principes trois regles de
mouvement ( Princip. part. 2. ) qu'il appelle génerales
; la premiere , que tout corps persiste naturellement
dans l'état où il se trouve de mouvement
ou de repos , et il fonde cet axiome sur
une pensée fort juste , que rien ne se porte de soimême
et par sa nature à son contraire ou à sa
destruction. La seconde regle est que le mouvement
est proportionnel à l'impression de la force
qui le produit , er que tout corps qui se meut ,
tend à continuer son mouvement en ligne droite.
La
298 MERCURE DE FRANCE
La troisiéme est que si un corps qui se meut ên
rencontre un autre auquel il ne communique
aucune partie de son mouvement, il rejaillit avec
une force égale , et que , s'il lui communique une
partie de son mouvement , il en perd autant qu'il
en communique. De cette . Loi generale , Descartes
déduit les loix particulieres des rencontres
des corps à proportion des differens degrez de
vitesse et de masse ; loix particulieres , qui ne
peuvent , suivant son aveu , avoir une application
entierement juste , qu'en supposant que les deuxcorps
qui se rencontrent , fussent parfaitement
durs , et tellement séparez de tous les autres
corps , qu'aucun ne pût contribuer ou nuire à
leur mouvement , et il remarque au même en
droit que cela est impossible. Nous aurons plusieurs
observations à faire sur cette troisiéme loi
de mouvement.
La matiere est une , suivant les Principes de
Descartes , et toutes ses differences ne consistent
que dans les divisions , figures , situations et
mouvemens de ses parties . Il soutient que comme
il est impossible que la matiere soit sans étenduë
, l'espace ou l'étenduë ne peuvent aussi être
sans matiere ; qu'il y a la même contradiction à
concevoir un lieu sans un corps qui le remplisse ,
qu'à imaginer la rondeur sans une matiere qui
soit ronde , la blancheur sans un sujet qui soit
blanc , ou une montagne sans vallée . Puisque
tout est plein dans l'Univers , un corps qui se
meut , ne peut avancer , que la matiere qui est à
ses côtez ne passe en arriere , poussée par celle de
devant , qui est obligée de refluer aux côtez , ce
qui arrive avec une extrême facilité , lorsque le
corps , qui fait effort pour se mouvoir , a plus de
force que la matiere qui se trouve au -devant de
lui
MARS. 1734. 499
lui , n'en a pour résister. Le mouvement direct ,
le plus simple et le plus naturel , est moins
commun dans la Nature, que le mouvement circulaire
produit par les obstacles de la mutuelle
action et réaction des corps , mais le mouvement
circulaire retient toujours de son origine , que
tout corps qui se meut en rond , tend à s'échapper
dès qu'il est libre , par un mouvement direct ;
ce que les Géometres expriment en disant , que
tout corps qui par son mouvement décrit un
cercle , s'efforce continuellement d'en parcourir
la tangente.
La pression et le mouvement brisent les parties
de la matiere , qui sont divisibles à l'infini ,
leur fragilité ou leur disposition à s'unir , rend
les Elemens toujours conversibles l'un dans l'autre.
Descartes en admet trois ; la matiere subtile
ou le premier Element composé des partiès les
plus atténuées par le froissement; la matiere globuleuse
ou le second élement dont les particules
ont été arrondies et ont conservé une figure sphérique
dans le froissement ; et la matiere compac
te ou le troisiéme élement dont les particules
branchuës et de figures irrégulieres , ont le mieux
résisté au froissement . Ces trois élemens sont
imperceptibles ; et pour imaginer avec plus de
facilité leur effet dans la composition de tous les
corps matériels , représentez - vous un amas de
fruits ayant des figures fort irregulieres , comme
grenades , poires , pommes, concombres , nêfles,
grappes de raisins ; voilà la matiere compacte
ou le troisième élement . Répandez sur ce monceau
de fruits , des coriandes ; toutes ces petites
boules rondes se répandront de côté et d'autre
pour remplir les interstices des figures irrégulie
ICS c'est la matiere globuleuse ou le second
élement
38618 )
300 MERCURE DE FRANCE
élement. Versez enfin de la poudre à canon sur
le tas de fruits , elle ira s'insinuer dans les interstices
les plus petits , échappez aux dragées , et
elle représentera ici la matiere subtile ou le premier
élement . Si cette poudre à canon domine
assez dans les interstices des fruits et qu'elle y
ait assez de force pour leur communiquer la rapidité
de son mouvement en chassant les dragées ,
et les repoussant de toutes parts , l'amas tout entier
devient enflammé et lumineux , et ce feu est
d'autant plus violent , que la solidité des parties
les plus grossieres du troisiéme élement y est
jointe à la rapidité du mouvement du premier ,
et que la force de masse , comme disent les Physiciens
, accompagne la force de vitesse. Si la matiere
compacte reçoit dans ses interstices les globules
du second élement qui y temperent l'extrême
mouvement du premier ou de la matiere
subtile , le corps est opaque et plus ou moins solide
, suivant la grossiereté des parties du troisiéme
élement. Si la matiere globuleuse trouve
les pores disposez à lui laisser un passage libre
pour traverser de part en part , le corps est transparent.
On ne peut donner des images trop sensibles
des principes qu'on explique , sur tout dans
un temps où il s'est introduit un usage presque
general , de ne traiter les Sciences que par quelques
caracteres Algebriques et d'une manière si
abstraite , qu'elle ne donne aucune prise à l'imagination.
Passons à l'application que Descartes a faite
de ses Principes . Les mouvemens directs de la
matiere ont été changez en mouvemens circulaires
par les obstacles de l'action et de la réaction
des corps. Des tourbillons de grandeur inégales
se sont formez , ils en ont aussi contenu d'autres,
comme
MARS. 1734.
501
•
comme on voit des torrens qui se traversent ,
être agitez circulairement et renfermer au-dedans
d'eux - mêmes des courants plus petits , qui
tournant sur leur propre centre , sont emportez
par le mouvement circulaire du plus grand. Le
froissement de la matiere l'ayant divisée en trois
élemens , Descartes suppose qu'il s'est fait au centre
du tourbillon un amas de matiere subtile ,
dont ce Philosophe a composé les Etoiles , qu'il
a regardées comme autant de Soleils . Le prodigieux
mouvement de la matiere subtile qui repousse
de toute part les globules du second éle
ment , rend les globes des étoiles enflammez et
lumineux par eux- mêmes. Mais il est arrivé â
quelques- uns de ces globes que leurs mouvemens
se sont , rallentis , que leurs interstices ont été
differemment disposez , et que le globe , d'enflammé
et de lumineux , est devenu dense et
opaque , qu'alors privé de la force et de l'activité
de son mouvement , il n'a pû deffendre
son tourbillon contre la pression des tourbillons .
voisins qui ont envahi son atmosphere ; et le
globe lui- même a passé dans un autre tourbillon,
au mouvement duquel il a été assujetti après s'y
être mis en équilibre. C'est l'origine que Descar
tes donne ( Cartes . Princip . part. 3. ) à la Terre
et aux autres Planétes , qui ont commencé , suivant
son Systême , par être des Soleils ou des
Etoiles. Il donne la même explication des Cométes
comme de Soleils récemment éteints et
encroûtez , qui traversent les espaces éthérées
jusqu'à ce qu'ils ayent rencontré dans quelque
tourbillon un fluide d'une épaisseur et d'un mouvement
proportionnez , et propres à les fixer en
équilibre.
La lumiere consiste dans l'impulsion des parties
582
MERCURE
DE FRANCE
ties globuleuses du second élement répandues de »
toutes parts , à peu près comme un grain de poudre
à canon en se développant , chasse de tout
côté les corps qu'il rencontre. La prodigieuse rapidité
de la lumiere est causée parce que tous les
globules du second élement sont contigus et que,
Pimpression qui agit sur le premier , se fait sentir
en même- temps sur tous les autres , comme
un bâton ne
ne peut être remué par un bout , que le
mouvement ne soit aussi - tôt communiqué à
l'autre extremité , quelque éloignée qu'elle soit.
Cette rapidité de la lumiere transmise par la continuité
des globules du second élement , est une
des preuves d'experience , qu'il n'y a point de
vuide dans la Nature
Le mouvement circulaire des tourbillons est
dans le Systême Cartésien , la cause de la pesanteur.
Ce qu'on appelle pesanteur est proprement
une moindre legereté . Les trois élemens ont dif
ferens degrez de, force centrifuge ; la matiere'
subtile du premier élement a plus d'action
( Cartes. Princip . part . 4 ) pour s'éloigner du
centre , que pareille quantité du second élement,
parce que la matiere subtile se meut plus vîte ; etpar
la même raison le second élement a plus de
force centrifuge que pareille quantité des parties
du troisième , et le corps qui à plus de force cen
trifuge , répercute et chasse vers le centre celui
qui en a moins ; ce qui cause la chute des corps
massifs et produit toutes les apparences auxquelles
on a donné le nom de legereté et de pesanteur.
Ainsi jettez de l'huille dans un vase qui est
vuide , ( Tr. de l'Opin Liv . 4. Ch. 2. ) c'est- àdire
, rempli seulement d'air , l'huile est forcée
de descendre au fond et de ceder au mouvement
plus agite de l'air ; sur l'huile versez de l'eau , les
parties
MARS. 1734. 503
les parties de l'huile plus déliées que celles de
l'eau et qui par consequent ont plus de force
pour s'éloigner du centre , s'élevent au- dessus de
l'ean ; si vous y jettez ensuite du sable , l'eau
chasse au- dessous d'elle les parties plus compactes
du sable , ce dernier a le même avantage sur
le vif- argent encore plus solide ; et enfin l'or
fondu , le plus massif de tous les corps , sera
précipité au - dessous de tous les autres .
Descartes a apperçû la contrarieté ( Trait. de
la Lum. Chap. 11. ) qui se rencontre ici dans le
méchanisme, sur lequel il a fondé son Systême ,
ayant dit plus haut que la matiere subtile s'est
amassée au centre pour y former le Soleil , au
lieu que pour expliquer la pesanteur , il donne
ici cette raison , que les corps massifs ayant
moins de mouvement , ont moins de force que
la matiere subtile n'en a pour s'élever à la circonference.
Cette objection qu'il s'est faite à
lui- même , ne l'a pas engagé à corriger la contradiction
de son méchanisme , et il s'est contenté
de répondre que lorsqu'il a placé les corps
solides à la circonference , est parce qu'il a
supposé que dès le commencement ils étoient
agitez du mouvement genefal du tourbillon , et
à l'égard de la pesanteur , il se restraint à soutenir
que les corps les plus massifs qui sortent
du repos et qui commencent à se mouvoir , ont
moins de force centrifuge , et doivent être renvoyez
vers le centre .
Descartes ( Princip . part. 4. ) attribuë le flux
et le reflux à la pression des eaux de la Mer par
le globe Lunaire , lorsque dans la révolution que
la Terre fait sur son axe en vingt - quatre heures,
les eaux de la Mer se trouvent directement sous
la Lune . Les Phénomenes quadrent à merveilles
To4 MERCURE DE FRANCE
à cette hypothese ; car la Lune décrivant
une ellipse autour de la Terre , c'est - à - dire
une orbite plus ovale que ronde , lorsqu'elle est
en conjonction ou en opposition avec le Soleil ,
elle se trouve en même-temps dans son perigée
ou dans sa plus grande proximité de la Terre
et dans le plus étroit de l'oval ; ainsi la Mer se
trouvant beaucoup plus pressés par les nouvelles.
et pleines Lunes , les marées doivent être alors
plus hautes , ce qui est conforme à l'Experience,
au lieu que les quadrats de la Lune se rencontrant
dans son apogée ou dans son plus grand
éloignement de la Terre et dans le plus large
de l'ellipse , la pression est moindre et les marées
plus basses ; et ce qui paroit encore d'une
justesse extrême , c'est que les marées retardent
tous les jours d'environ quarante- neuf minutes ,
comme le retour de la Lune au même méridien .
Les deux proprietez de l'Aiman d'attirer le fer
et de se tourner vers l'un des Poles , ont , suivant
Descartes , un même principe dans le tourbillon
magnétique , qui traverse et entoure la
Terre. Ce tourbillon doit être regardé comme
une file de matiere disposée en forme de visses qui
ne penetre que dans de petits écroux propres
la recevoir , n'entrant par cette raison que par
un des Poles de la Terre , et sortant toujours par
l'autre. Les poles de l'Aiman disposez de même ,
ne donnent entrée à cette matiere que d'un côté,
et son issue , comme dans le Globe Terrestre ,
est à l'opposite ; ce qui a fait dire que la Terre
est un grand Aiman , et qu'un Aiman sphérique
est une petite Terre . Si la matiere magnétique
sortant d'un Aiman , trouve du fer ou un autre
Aiman , qui ayent les mêmes dispositions à la
recevoir , elle s'y insinue avec vitesse , et chassant
MARS. 1734. 505
sant l'air intermediaire plus grossier et moins;
agité qu'elle , cet air , par la force de son ressort
, revient sur lui- même , et pressant les côrez
oposez de l'Aiman et du fer , les pousse
l'un contre l'autre . La matiere magnétique conservant
toujours sa direction vers le même pole ,
tourne du même côté l'aiguille aimantée , dans
laquelle elle s'insinuë.
Descartes explique d'une maniere qui n'est pas
moins ingenieuse , la formation.des corps particuliers
par leurs particules roides ou fléxibles ,
par leurs interstices plus ou moins ouverts, par
les differens degrez de leurs mouvemens ; mais
les bornes que nous nous sommes prescrites ne
nous permettent pas de le suivre dans ces differens
détails . Nous observerons seulement qu'il
fait consister la densité ou la rarefaction des
corps dans des particules plus ou moins déliées
et agitées , soutenant que la quantité de matiere
dépend uniquement de l'étendue , et que dans un
lingot d'or il n'y a pas plus de matiere que dans
une éponge d'un pareil volume . La difference des
couleurs , des odeurs , des saveurs , du chaud et
du froid , du sec et de l'humide , de la dureté et
de la mollesse , &c. n'est attribuée dans cette
Philosophie qu'aux situations , figures et mouvemens
des particules ; et les qualitez occultes ,
vertus sympathiques, formes substantielles et autres
expressions Péripatéticiennes , qui ne signifioient
rien et qu'on recevoit neanmoins pour
des explications , ont été proscrites par le Cartesianisme.
La Géometrie a fait plus d'honneur.
encore à Descartes que la Physique. Il est le premier
qui ait fait l'application de l'Algebre à la
Géometrie , et il a étendu fort loin les limites de
Fune et de Pautre.
I Cette
5c6 MERCURE DE FRANCE
'Cette Philosophie avoit à peine surmonté les
obstacles qui avoient traversé ses progrès , lorsqu'une
rivale , par des voyes entierement contraires
, a prétendu lui disputer la préference ;
et même l'emporter entierement sur elle. Descartes
se met à la portée des plus simples , conduisant
l'esprit des veritez primitives aux plus
composées ; Newton ne daigne parler qu'aux
plus sçavans Géometres et aux plus patiens Algebristes.
L'un descend des principes aux Phénomenes,
et des causes à leurs effets ; l'autre renfer
me toute sa théorie dans la liaison des Phéno
menes. Descartes vous engage par des idées
brillantes et des conjectures vrai- semblables ;
Newton prétend vous soumettre par des démonstrations
obscures et des calculs effrayants. L'un
tâche de vous faire connoître la Nature ; l'autre
connoît parfaitement l'esprit humain , toujours.
disposé à admirer ce qu'il ne comprend pas.
Descartes ne cherche qu'à éclairer l'esprit , Newton
mérite le surnom de Tenebreux, donné autrefois
à Héraclite. Descartes a paru dans un
temps où les nouveautez étoient haies et suspectes
; Newton a débité les siennes dans les circonstances
les plus favorables pour elles ,
lorsque
le génie des sciences étoit entierement tourné
du côté des nouveautez . Descartes se propose
davantage de découvrir pourquoi les choses sont
telles ; Newton paroît plus occupé d'examiner
comment elles sont . Le premier a tiré moins d'avantage
de la connoissance du Ciel , beaucoup
moins étendue de son temps ; le second plus aidé
par l'Astronomie , n'en a répandu dans sa Physique
que des nuages plus épais . Descartes établit
une hypothèse , il explique les Phénomenes ,
le plus qu'il lui est possible , par des loix generales
,
MARS. 1734. 507
sans
atrales , constantes et uniformes Newton
Nevvt. Princip . Mathem. in fin. Libr. 3 .
pag. 483. Edition 172.3 . ) déclare qu'il ne
forme aucune hypothese , il explique les Plénomenes
par la force de la gravité , et il attribue
cette gravité à quelque cause qui penetre
jusqu'aux centres du Soleil et des Planettes ,
diminution , et qui agit , non pas relativement
aux superficies des particules , comme les causes
méchaniques , mais à proportion de la matiere
solide, et dont l'action étendue jusqu'à des distances
immenses , va toujours décroissant en raison
doublée de ces distances. Tâchons de déve→
lopper ce qu'il nous a été possible de concevoir
de cette Philosophie Newtonienne , et en mê
me temps de réparer plusieurs deffectuositez justement
imputées au Systême Cartésien .
L
La suite pour le Mercure prochain.
Philosophies de Descartes et de Newton,
avec des Remarques sur l'une et sur l'autre.
Lportéuns avoitsteer
A Philosophie Péripatéticienne avoit remsur
tous les autres Sectes de l'Antiquité .L'Empire
d'Aristote étoit despotique . Les raisons qui sont
les Loix de la Philosophie , n'étoient point écou
tées , des veritez nouvelles étoient traitées de séditieuses
, et cette Philosophie , après avoir été
long- temps proscrite par le concours des deux
autoritez , ( Launoi , de fortun . Aristot . ) avoit sçû
les engager si bien dans son parti , que ceux qui
prétendoient secouer le joug des préjugez, étoient
punis comme perturbateurs. Malgré tous ces obstacles
, il parut un homme qui joignit la fermeté
du courage à l'élevation du génie . Toutes ses
vûes ne tendoient qu'à la verité ; plein d'ardeur
pour la tirer d'esclavage , il osa établir pour
principe , ( Cartes. Méditat. 1. ) que le commencement
de la Philosophie est de rejetter toutes les
opinions reçues jusqu'alors , de remonter à un
Scepticisme general , non pour demeurer dans
cet état de Pyrrhonien , incompatible avec les
lumieres naturelles , mais pour n'admettre au
pombre des veritez , que celles qui sont fondées
sur
496 MERCURE DE FRANCE
sur des notions claires , certaines et évidentes.
René Descartes , par ce seul principe , porta le
coup mortel aux décisions philosophiques for
dées sur les préjugez ; par cette voye d'un doute
general , il s'éleva ( Cartes . Méditat. 2. 3. 6. )
aux veritez primitives , de sa propre existence
de l'existence de Dieu , de la distinction de l'ame
et du corps ; des veritez les plus simples il passa
aux plus composées , il entreprit de connoître et
de dévoiler même la Nature ; et développant
quelques germes obscurs , informes et peu connus
, qui étoient enfermez dans les Livres des
Anciens sans explication suffisante , il en forma
un Systême Physique ( Cartes , Princip . part. 3. )
si étendu et si brillant , qu'il surpasse de bien
loin tout ce qu'on avoit imaginé jusqu'à lui de la
magnificence de l'Univers. Descartes n'est pas
bien d'accord avec lui- même sur la réalité de
l'Edifice qu'il a construit. Tantôt reconnoissant
tout ce que ses idées ont d'incertain.et de vague, il
les traite de Fables ( Trait . de la Lum. ) et de Romans
; tantôt paroissant rempli de confiance pour
ses découvertes , il n'hésite point à dire , que
persuadé par des notions si claires et si distinctes ,
il ne croit pas ( Princip . part . 4. et Epist. t. z .
Epist. 37. ) que la plupart des choses qu'il a
écrites , puissent être autrement.
Toute la Physique de Descartes se rapporte
aux loix generales du mouvement, établies par Ie
souverain Etre , en même - temps qu'il a créé la
matiere. C'est conformément à ces Loix que la
Providence Divine a construit le Monde , et
qu'elle le conserve ; Descartes définit la Nature ;
(Méditat. 6. ) l'ordre et la disposition que Dieu
a donnez aux choses créées. Quelqu'un peut- il
nier que la Physique ne consiste dans la recherche
MARS. 1734
497
che et la connoissnce de ces loix prescrites à la
Nature par son Auteur ? L'harmonie et la régularité
de l'Univers sont des témoignages continuels
de la sagesse infinie , dont elles sont émanées .
Aucune étude ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , que la contemplation de la Nature.
C'est en quoi le Cartésianisme excelle , et jamais
aucune Philosophie ne fut plus diamétralement
opposée auSpinosisme qui, par l'hypothèse de tou- ,
tes la plus absurde , ne reconnoît dans les effets'
naturels qu'une matiere aveugle , privée d'intelligence
et de sentiment, et coufond les substances
spirituelles et corporelles ; ou à la Philosophic
Epicurienne , qui donne pour principe general
, des accrochemens d'admes unis fortuitement
par un mouvement de déclinaison , dont
l'Antiquité s'est mocquée . C'est uniquement à la
gloire du Cartesianisine et à l'envie des autres
Sectes , qu'on doit attribuer les accusations si
dénuées de toute vraye - semblance au sujet des
liaisons supposées de cette Philosophie avec les
absurditez de Spinosa et d'Epicure ; il est même
impossible de lire les Ouvrages de Descartes sans
être autant édifié de sa picté , qu'on est charmé
de sa modestie .
Descartes pose pour principes trois regles de
mouvement ( Princip. part. 2. ) qu'il appelle génerales
; la premiere , que tout corps persiste naturellement
dans l'état où il se trouve de mouvement
ou de repos , et il fonde cet axiome sur
une pensée fort juste , que rien ne se porte de soimême
et par sa nature à son contraire ou à sa
destruction. La seconde regle est que le mouvement
est proportionnel à l'impression de la force
qui le produit , er que tout corps qui se meut ,
tend à continuer son mouvement en ligne droite.
La
298 MERCURE DE FRANCE
La troisiéme est que si un corps qui se meut ên
rencontre un autre auquel il ne communique
aucune partie de son mouvement, il rejaillit avec
une force égale , et que , s'il lui communique une
partie de son mouvement , il en perd autant qu'il
en communique. De cette . Loi generale , Descartes
déduit les loix particulieres des rencontres
des corps à proportion des differens degrez de
vitesse et de masse ; loix particulieres , qui ne
peuvent , suivant son aveu , avoir une application
entierement juste , qu'en supposant que les deuxcorps
qui se rencontrent , fussent parfaitement
durs , et tellement séparez de tous les autres
corps , qu'aucun ne pût contribuer ou nuire à
leur mouvement , et il remarque au même en
droit que cela est impossible. Nous aurons plusieurs
observations à faire sur cette troisiéme loi
de mouvement.
La matiere est une , suivant les Principes de
Descartes , et toutes ses differences ne consistent
que dans les divisions , figures , situations et
mouvemens de ses parties . Il soutient que comme
il est impossible que la matiere soit sans étenduë
, l'espace ou l'étenduë ne peuvent aussi être
sans matiere ; qu'il y a la même contradiction à
concevoir un lieu sans un corps qui le remplisse ,
qu'à imaginer la rondeur sans une matiere qui
soit ronde , la blancheur sans un sujet qui soit
blanc , ou une montagne sans vallée . Puisque
tout est plein dans l'Univers , un corps qui se
meut , ne peut avancer , que la matiere qui est à
ses côtez ne passe en arriere , poussée par celle de
devant , qui est obligée de refluer aux côtez , ce
qui arrive avec une extrême facilité , lorsque le
corps , qui fait effort pour se mouvoir , a plus de
force que la matiere qui se trouve au -devant de
lui
MARS. 1734. 499
lui , n'en a pour résister. Le mouvement direct ,
le plus simple et le plus naturel , est moins
commun dans la Nature, que le mouvement circulaire
produit par les obstacles de la mutuelle
action et réaction des corps , mais le mouvement
circulaire retient toujours de son origine , que
tout corps qui se meut en rond , tend à s'échapper
dès qu'il est libre , par un mouvement direct ;
ce que les Géometres expriment en disant , que
tout corps qui par son mouvement décrit un
cercle , s'efforce continuellement d'en parcourir
la tangente.
La pression et le mouvement brisent les parties
de la matiere , qui sont divisibles à l'infini ,
leur fragilité ou leur disposition à s'unir , rend
les Elemens toujours conversibles l'un dans l'autre.
Descartes en admet trois ; la matiere subtile
ou le premier Element composé des partiès les
plus atténuées par le froissement; la matiere globuleuse
ou le second élement dont les particules
ont été arrondies et ont conservé une figure sphérique
dans le froissement ; et la matiere compac
te ou le troisiéme élement dont les particules
branchuës et de figures irrégulieres , ont le mieux
résisté au froissement . Ces trois élemens sont
imperceptibles ; et pour imaginer avec plus de
facilité leur effet dans la composition de tous les
corps matériels , représentez - vous un amas de
fruits ayant des figures fort irregulieres , comme
grenades , poires , pommes, concombres , nêfles,
grappes de raisins ; voilà la matiere compacte
ou le troisième élement . Répandez sur ce monceau
de fruits , des coriandes ; toutes ces petites
boules rondes se répandront de côté et d'autre
pour remplir les interstices des figures irrégulie
ICS c'est la matiere globuleuse ou le second
élement
38618 )
300 MERCURE DE FRANCE
élement. Versez enfin de la poudre à canon sur
le tas de fruits , elle ira s'insinuer dans les interstices
les plus petits , échappez aux dragées , et
elle représentera ici la matiere subtile ou le premier
élement . Si cette poudre à canon domine
assez dans les interstices des fruits et qu'elle y
ait assez de force pour leur communiquer la rapidité
de son mouvement en chassant les dragées ,
et les repoussant de toutes parts , l'amas tout entier
devient enflammé et lumineux , et ce feu est
d'autant plus violent , que la solidité des parties
les plus grossieres du troisiéme élement y est
jointe à la rapidité du mouvement du premier ,
et que la force de masse , comme disent les Physiciens
, accompagne la force de vitesse. Si la matiere
compacte reçoit dans ses interstices les globules
du second élement qui y temperent l'extrême
mouvement du premier ou de la matiere
subtile , le corps est opaque et plus ou moins solide
, suivant la grossiereté des parties du troisiéme
élement. Si la matiere globuleuse trouve
les pores disposez à lui laisser un passage libre
pour traverser de part en part , le corps est transparent.
On ne peut donner des images trop sensibles
des principes qu'on explique , sur tout dans
un temps où il s'est introduit un usage presque
general , de ne traiter les Sciences que par quelques
caracteres Algebriques et d'une manière si
abstraite , qu'elle ne donne aucune prise à l'imagination.
Passons à l'application que Descartes a faite
de ses Principes . Les mouvemens directs de la
matiere ont été changez en mouvemens circulaires
par les obstacles de l'action et de la réaction
des corps. Des tourbillons de grandeur inégales
se sont formez , ils en ont aussi contenu d'autres,
comme
MARS. 1734.
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•
comme on voit des torrens qui se traversent ,
être agitez circulairement et renfermer au-dedans
d'eux - mêmes des courants plus petits , qui
tournant sur leur propre centre , sont emportez
par le mouvement circulaire du plus grand. Le
froissement de la matiere l'ayant divisée en trois
élemens , Descartes suppose qu'il s'est fait au centre
du tourbillon un amas de matiere subtile ,
dont ce Philosophe a composé les Etoiles , qu'il
a regardées comme autant de Soleils . Le prodigieux
mouvement de la matiere subtile qui repousse
de toute part les globules du second éle
ment , rend les globes des étoiles enflammez et
lumineux par eux- mêmes. Mais il est arrivé â
quelques- uns de ces globes que leurs mouvemens
se sont , rallentis , que leurs interstices ont été
differemment disposez , et que le globe , d'enflammé
et de lumineux , est devenu dense et
opaque , qu'alors privé de la force et de l'activité
de son mouvement , il n'a pû deffendre
son tourbillon contre la pression des tourbillons .
voisins qui ont envahi son atmosphere ; et le
globe lui- même a passé dans un autre tourbillon,
au mouvement duquel il a été assujetti après s'y
être mis en équilibre. C'est l'origine que Descar
tes donne ( Cartes . Princip . part. 3. ) à la Terre
et aux autres Planétes , qui ont commencé , suivant
son Systême , par être des Soleils ou des
Etoiles. Il donne la même explication des Cométes
comme de Soleils récemment éteints et
encroûtez , qui traversent les espaces éthérées
jusqu'à ce qu'ils ayent rencontré dans quelque
tourbillon un fluide d'une épaisseur et d'un mouvement
proportionnez , et propres à les fixer en
équilibre.
La lumiere consiste dans l'impulsion des parties
582
MERCURE
DE FRANCE
ties globuleuses du second élement répandues de »
toutes parts , à peu près comme un grain de poudre
à canon en se développant , chasse de tout
côté les corps qu'il rencontre. La prodigieuse rapidité
de la lumiere est causée parce que tous les
globules du second élement sont contigus et que,
Pimpression qui agit sur le premier , se fait sentir
en même- temps sur tous les autres , comme
un bâton ne
ne peut être remué par un bout , que le
mouvement ne soit aussi - tôt communiqué à
l'autre extremité , quelque éloignée qu'elle soit.
Cette rapidité de la lumiere transmise par la continuité
des globules du second élement , est une
des preuves d'experience , qu'il n'y a point de
vuide dans la Nature
Le mouvement circulaire des tourbillons est
dans le Systême Cartésien , la cause de la pesanteur.
Ce qu'on appelle pesanteur est proprement
une moindre legereté . Les trois élemens ont dif
ferens degrez de, force centrifuge ; la matiere'
subtile du premier élement a plus d'action
( Cartes. Princip . part . 4 ) pour s'éloigner du
centre , que pareille quantité du second élement,
parce que la matiere subtile se meut plus vîte ; etpar
la même raison le second élement a plus de
force centrifuge que pareille quantité des parties
du troisième , et le corps qui à plus de force cen
trifuge , répercute et chasse vers le centre celui
qui en a moins ; ce qui cause la chute des corps
massifs et produit toutes les apparences auxquelles
on a donné le nom de legereté et de pesanteur.
Ainsi jettez de l'huille dans un vase qui est
vuide , ( Tr. de l'Opin Liv . 4. Ch. 2. ) c'est- àdire
, rempli seulement d'air , l'huile est forcée
de descendre au fond et de ceder au mouvement
plus agite de l'air ; sur l'huile versez de l'eau , les
parties
MARS. 1734. 503
les parties de l'huile plus déliées que celles de
l'eau et qui par consequent ont plus de force
pour s'éloigner du centre , s'élevent au- dessus de
l'ean ; si vous y jettez ensuite du sable , l'eau
chasse au- dessous d'elle les parties plus compactes
du sable , ce dernier a le même avantage sur
le vif- argent encore plus solide ; et enfin l'or
fondu , le plus massif de tous les corps , sera
précipité au - dessous de tous les autres .
Descartes a apperçû la contrarieté ( Trait. de
la Lum. Chap. 11. ) qui se rencontre ici dans le
méchanisme, sur lequel il a fondé son Systême ,
ayant dit plus haut que la matiere subtile s'est
amassée au centre pour y former le Soleil , au
lieu que pour expliquer la pesanteur , il donne
ici cette raison , que les corps massifs ayant
moins de mouvement , ont moins de force que
la matiere subtile n'en a pour s'élever à la circonference.
Cette objection qu'il s'est faite à
lui- même , ne l'a pas engagé à corriger la contradiction
de son méchanisme , et il s'est contenté
de répondre que lorsqu'il a placé les corps
solides à la circonference , est parce qu'il a
supposé que dès le commencement ils étoient
agitez du mouvement genefal du tourbillon , et
à l'égard de la pesanteur , il se restraint à soutenir
que les corps les plus massifs qui sortent
du repos et qui commencent à se mouvoir , ont
moins de force centrifuge , et doivent être renvoyez
vers le centre .
Descartes ( Princip . part. 4. ) attribuë le flux
et le reflux à la pression des eaux de la Mer par
le globe Lunaire , lorsque dans la révolution que
la Terre fait sur son axe en vingt - quatre heures,
les eaux de la Mer se trouvent directement sous
la Lune . Les Phénomenes quadrent à merveilles
To4 MERCURE DE FRANCE
à cette hypothese ; car la Lune décrivant
une ellipse autour de la Terre , c'est - à - dire
une orbite plus ovale que ronde , lorsqu'elle est
en conjonction ou en opposition avec le Soleil ,
elle se trouve en même-temps dans son perigée
ou dans sa plus grande proximité de la Terre
et dans le plus étroit de l'oval ; ainsi la Mer se
trouvant beaucoup plus pressés par les nouvelles.
et pleines Lunes , les marées doivent être alors
plus hautes , ce qui est conforme à l'Experience,
au lieu que les quadrats de la Lune se rencontrant
dans son apogée ou dans son plus grand
éloignement de la Terre et dans le plus large
de l'ellipse , la pression est moindre et les marées
plus basses ; et ce qui paroit encore d'une
justesse extrême , c'est que les marées retardent
tous les jours d'environ quarante- neuf minutes ,
comme le retour de la Lune au même méridien .
Les deux proprietez de l'Aiman d'attirer le fer
et de se tourner vers l'un des Poles , ont , suivant
Descartes , un même principe dans le tourbillon
magnétique , qui traverse et entoure la
Terre. Ce tourbillon doit être regardé comme
une file de matiere disposée en forme de visses qui
ne penetre que dans de petits écroux propres
la recevoir , n'entrant par cette raison que par
un des Poles de la Terre , et sortant toujours par
l'autre. Les poles de l'Aiman disposez de même ,
ne donnent entrée à cette matiere que d'un côté,
et son issue , comme dans le Globe Terrestre ,
est à l'opposite ; ce qui a fait dire que la Terre
est un grand Aiman , et qu'un Aiman sphérique
est une petite Terre . Si la matiere magnétique
sortant d'un Aiman , trouve du fer ou un autre
Aiman , qui ayent les mêmes dispositions à la
recevoir , elle s'y insinue avec vitesse , et chassant
MARS. 1734. 505
sant l'air intermediaire plus grossier et moins;
agité qu'elle , cet air , par la force de son ressort
, revient sur lui- même , et pressant les côrez
oposez de l'Aiman et du fer , les pousse
l'un contre l'autre . La matiere magnétique conservant
toujours sa direction vers le même pole ,
tourne du même côté l'aiguille aimantée , dans
laquelle elle s'insinuë.
Descartes explique d'une maniere qui n'est pas
moins ingenieuse , la formation.des corps particuliers
par leurs particules roides ou fléxibles ,
par leurs interstices plus ou moins ouverts, par
les differens degrez de leurs mouvemens ; mais
les bornes que nous nous sommes prescrites ne
nous permettent pas de le suivre dans ces differens
détails . Nous observerons seulement qu'il
fait consister la densité ou la rarefaction des
corps dans des particules plus ou moins déliées
et agitées , soutenant que la quantité de matiere
dépend uniquement de l'étendue , et que dans un
lingot d'or il n'y a pas plus de matiere que dans
une éponge d'un pareil volume . La difference des
couleurs , des odeurs , des saveurs , du chaud et
du froid , du sec et de l'humide , de la dureté et
de la mollesse , &c. n'est attribuée dans cette
Philosophie qu'aux situations , figures et mouvemens
des particules ; et les qualitez occultes ,
vertus sympathiques, formes substantielles et autres
expressions Péripatéticiennes , qui ne signifioient
rien et qu'on recevoit neanmoins pour
des explications , ont été proscrites par le Cartesianisme.
La Géometrie a fait plus d'honneur.
encore à Descartes que la Physique. Il est le premier
qui ait fait l'application de l'Algebre à la
Géometrie , et il a étendu fort loin les limites de
Fune et de Pautre.
I Cette
5c6 MERCURE DE FRANCE
'Cette Philosophie avoit à peine surmonté les
obstacles qui avoient traversé ses progrès , lorsqu'une
rivale , par des voyes entierement contraires
, a prétendu lui disputer la préference ;
et même l'emporter entierement sur elle. Descartes
se met à la portée des plus simples , conduisant
l'esprit des veritez primitives aux plus
composées ; Newton ne daigne parler qu'aux
plus sçavans Géometres et aux plus patiens Algebristes.
L'un descend des principes aux Phénomenes,
et des causes à leurs effets ; l'autre renfer
me toute sa théorie dans la liaison des Phéno
menes. Descartes vous engage par des idées
brillantes et des conjectures vrai- semblables ;
Newton prétend vous soumettre par des démonstrations
obscures et des calculs effrayants. L'un
tâche de vous faire connoître la Nature ; l'autre
connoît parfaitement l'esprit humain , toujours.
disposé à admirer ce qu'il ne comprend pas.
Descartes ne cherche qu'à éclairer l'esprit , Newton
mérite le surnom de Tenebreux, donné autrefois
à Héraclite. Descartes a paru dans un
temps où les nouveautez étoient haies et suspectes
; Newton a débité les siennes dans les circonstances
les plus favorables pour elles ,
lorsque
le génie des sciences étoit entierement tourné
du côté des nouveautez . Descartes se propose
davantage de découvrir pourquoi les choses sont
telles ; Newton paroît plus occupé d'examiner
comment elles sont . Le premier a tiré moins d'avantage
de la connoissance du Ciel , beaucoup
moins étendue de son temps ; le second plus aidé
par l'Astronomie , n'en a répandu dans sa Physique
que des nuages plus épais . Descartes établit
une hypothèse , il explique les Phénomenes ,
le plus qu'il lui est possible , par des loix generales
,
MARS. 1734. 507
sans
atrales , constantes et uniformes Newton
Nevvt. Princip . Mathem. in fin. Libr. 3 .
pag. 483. Edition 172.3 . ) déclare qu'il ne
forme aucune hypothese , il explique les Plénomenes
par la force de la gravité , et il attribue
cette gravité à quelque cause qui penetre
jusqu'aux centres du Soleil et des Planettes ,
diminution , et qui agit , non pas relativement
aux superficies des particules , comme les causes
méchaniques , mais à proportion de la matiere
solide, et dont l'action étendue jusqu'à des distances
immenses , va toujours décroissant en raison
doublée de ces distances. Tâchons de déve→
lopper ce qu'il nous a été possible de concevoir
de cette Philosophie Newtonienne , et en mê
me temps de réparer plusieurs deffectuositez justement
imputées au Systême Cartésien .
L
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : COMPARAISON des deux Philosophies de Descartes et de Newton, avec des Remarques sur l'une et sur l'autre.
Le texte compare les philosophies de Descartes et de Newton, en se concentrant sur la philosophie cartésienne. La philosophie péripatéticienne, dominée par Aristote, réprimait les nouvelles idées et punissait ceux qui remettaient en question les préjugés. René Descartes, avec une ferme détermination et un génie élevé, a proposé de rejeter toutes les opinions reçues pour adopter un scepticisme général, afin d'accepter uniquement les vérités fondées sur des notions claires et évidentes. Cette approche a permis à Descartes de découvrir des vérités primitives, telles que l'existence de Dieu et la distinction de l'âme et du corps, et de développer un système physique étendu et brillant. La physique de Descartes repose sur les lois générales du mouvement établies par Dieu lors de la création de la matière. Ces lois gouvernent l'ordre et la disposition des choses créées, témoignant de la sagesse infinie de Dieu. Descartes a formulé trois règles générales du mouvement : la persistance des corps dans leur état de mouvement ou de repos, la proportionnalité du mouvement à la force qui le produit, et la conservation du mouvement lors des rencontres entre corps. Il a également proposé que la matière est unique et que ses différences résident dans les divisions, figures, situations et mouvements de ses parties. Descartes a décrit trois éléments de la matière : la matière subtile, la matière globuleuse et la matière compacte. Il a expliqué les phénomènes naturels, comme la lumière et la pesanteur, par les interactions de ces éléments. La lumière est due à l'impulsion des particules globuleuses, tandis que la pesanteur résulte du mouvement circulaire des tourbillons. Descartes a également proposé une origine des planètes et des comètes, les décrivant comme des étoiles ou des soleils éteints et encroûtés. Descartes explique la chute des corps en fonction de leur masse et de leur mouvement. Il attribue le flux et le reflux des marées à la pression exercée par la Lune sur les eaux de la mer, en fonction de la position de la Lune par rapport à la Terre. Les propriétés de l'aimant sont expliquées par un tourbillon magnétique entourant la Terre. Descartes décrit la formation des corps en fonction de la densité et de la rarefaction des particules, rejetant les qualités occultes et les formes substantielles au profit d'une explication basée sur les mouvements et les figures des particules. Il est également reconnu pour avoir appliqué l'algèbre à la géométrie. En comparaison, Newton introduit la notion de gravité comme une force agissant proportionnellement à la masse et décroissant avec le carré de la distance. Descartes rend la science accessible en partant des principes fondamentaux pour expliquer les phénomènes, tandis que Newton s'adresse aux savants en se basant sur des démonstrations mathématiques complexes. Descartes cherche à comprendre pourquoi les choses sont telles qu'elles sont, tandis que Newton se concentre sur comment elles sont.
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7
p. 136-137
ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
Début :
CET Ouvrage, qui s'est d'abord donné par distributions, & pour lequel il [...]
Mots clefs :
Parties, Planches, Couleurs, Coupes
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texteReconnaissance textuelle : ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
ANATOMIE.
EXPOSITION AN ATOMIQUE
ftructure du corps humain , en vingt
grandes Planches imprimées en couleurs
naturelles , avec des Tables explicatives
très détaillées , par M.
GAUTIER , Penfionnaire du Roi ,
de l'Académie de Dijon , avec privilége
de Sa Majesté ; fe diftribue à
Paris chezlefieur Leroy , Marchand ,
vis-a-vis de la Comédie Françoife , & à
Marfeille , chez le fieur Feraud , Négociant
, rue Caiſſerie.
CET Ouvrage , qui s'eft d'abord donné
par diftributions , & pour lequel il
y a eu beaucoup de Soufcripteurs , eſt
préfentement complet , & forme un traité
particulier d'Anatomie. Il fert d'ailieurs
de fupplément à la premiere Edition
d'Anatomie , que l'Auteur a déja
donnée au Public , ainfi qu'à la feconde
qu'il fe propofe de donner par la fuite .
C'eft auffi fous le titre de Supplément
qu'il a d'abord été annoncé .
FEVRIER . 1763. 137
Les vingt planches repréfentent à
demi nature & fous les couleurs les
plus naturelles de nouvelles fituations
& coupes de tous les vifcères ; une femme
enceinte fur pied , ayant la Matrice
ouverte , le foetus en fituation &
toutes fes parties difféquées ; une fille
pareillement difféquée ; l'accouchement
& le foetus avec fes parties détachées ;
l'homme fur pied difféqué avec les
mufcles , les nerfs , les vaiffeaux , le
coeur , &c. Une angéologie complette
depuis la tête jufqu'aux extrémités inférieures
; les parties de la génération
de la femme & celles de l'Homme difféquées
, & fous des points de vue nouveaux
; un fquelete entier & garni de
plufieurs parties éffentielles ; des coupes
de la tête & du cerveau nouvelles &
intéreffantes ; enfin , une névrologie
qui offre le plus grand dérail , le tout
compofant dix figures entières , eft exécutée
magnifiquement fur papier de
grand colombier. Les tables explicatives
de même grandeur & fur même papier
font remplies de differtations &
des defcriptions de chaque partie.
Le prix de l'exemplaire complet en
feuilles eft de 108 liv.
EXPOSITION AN ATOMIQUE
ftructure du corps humain , en vingt
grandes Planches imprimées en couleurs
naturelles , avec des Tables explicatives
très détaillées , par M.
GAUTIER , Penfionnaire du Roi ,
de l'Académie de Dijon , avec privilége
de Sa Majesté ; fe diftribue à
Paris chezlefieur Leroy , Marchand ,
vis-a-vis de la Comédie Françoife , & à
Marfeille , chez le fieur Feraud , Négociant
, rue Caiſſerie.
CET Ouvrage , qui s'eft d'abord donné
par diftributions , & pour lequel il
y a eu beaucoup de Soufcripteurs , eſt
préfentement complet , & forme un traité
particulier d'Anatomie. Il fert d'ailieurs
de fupplément à la premiere Edition
d'Anatomie , que l'Auteur a déja
donnée au Public , ainfi qu'à la feconde
qu'il fe propofe de donner par la fuite .
C'eft auffi fous le titre de Supplément
qu'il a d'abord été annoncé .
FEVRIER . 1763. 137
Les vingt planches repréfentent à
demi nature & fous les couleurs les
plus naturelles de nouvelles fituations
& coupes de tous les vifcères ; une femme
enceinte fur pied , ayant la Matrice
ouverte , le foetus en fituation &
toutes fes parties difféquées ; une fille
pareillement difféquée ; l'accouchement
& le foetus avec fes parties détachées ;
l'homme fur pied difféqué avec les
mufcles , les nerfs , les vaiffeaux , le
coeur , &c. Une angéologie complette
depuis la tête jufqu'aux extrémités inférieures
; les parties de la génération
de la femme & celles de l'Homme difféquées
, & fous des points de vue nouveaux
; un fquelete entier & garni de
plufieurs parties éffentielles ; des coupes
de la tête & du cerveau nouvelles &
intéreffantes ; enfin , une névrologie
qui offre le plus grand dérail , le tout
compofant dix figures entières , eft exécutée
magnifiquement fur papier de
grand colombier. Les tables explicatives
de même grandeur & fur même papier
font remplies de differtations &
des defcriptions de chaque partie.
Le prix de l'exemplaire complet en
feuilles eft de 108 liv.
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Résumé : ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.
Le document décrit une exposition anatomique intitulée 'Structure du corps humain', composée de vingt planches imprimées en couleurs naturelles et accompagnées de tables explicatives détaillées. Réalisée par M. Gautier, pensionnaire du Roi et membre de l'Académie de Dijon, l'œuvre bénéficie d'un privilège royal. Elle est distribuée à Paris chez le sieur Leroy et à Marseille chez le sieur Feraud. Initialement distribuée par souscriptions, cette œuvre est maintenant complète et constitue un traité particulier d'anatomie, servant de supplément à la première édition de l'auteur et annonçant une seconde édition future. Les planches illustrent diverses situations et coupes des viscères, incluant des représentations d'une femme enceinte, d'une fille disséquée, d'un accouchement, d'un homme disséqué avec les muscles, les nerfs, les vaisseaux et le cœur, ainsi qu'une angiologie complète. Elles montrent également les parties génitales de la femme et de l'homme sous de nouveaux points de vue, un squelette entier avec plusieurs parties essentielles, des coupes nouvelles de la tête et du cerveau, et une névrologie détaillée. Les tables explicatives, de même grandeur et sur le même papier, contiennent des dissertations et des descriptions de chaque partie. Le prix de l'exemplaire complet en feuilles est de 108 livres.
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ANATOMIE. EXPOSITION ANATOMIQUE de la structure du corps humain, en vingt grandes Planches imprimées en couleurs naturelles, avec des Tables explicatives très détaillées, par M. GAUTIER, Pensionnaire du Roi, de l'Académie de Dijon, avec privilége de Sa Majesté ; se distribue à Paris chez le sieur Leroy, Marchand , vis-a-vis de la Comédie Françoise, & à Marseille, chez le sieur Feraud, Négociant, rue Caisserie.