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Liste
5601
p. 53-54
A Monsieur DE LA BRUERE, chargé du Mercure de France.
Début :
Ayant sçu, Monsieur, que le Mercure est entre vos mains, tous les Gens de [...]
Mots clefs :
Lettres, Public, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : A Monsieur DE LA BRUERE, chargé du Mercure de France.
A Monsieur DE LA BRUERE , chargé
du Mercure de France.
A
Yant ſçu , Monfieur , que le Mercure
eſt entre vos mains , tous les Gens de
Lettres ont conçu la juſte eſperance qu'un
eſprit qui ſçait fi bien faire , ſçauroit toujours
bien choiſir , & que le Mercure feroit
un des meilleurs Journaux de l'Europe. Nous
nous flattons tous , Monfieur , que nous n'y
trouverons que des choſes dignes du public
éclairé , & plus il y en aura de vous , plus
le Public fera content. Nous ſeron délivrés
de cette foule de vers indignes de l'impreſfion
, de ces puérilités qui entretiennent le
mauvais gout des Provinces , de ces extraits
infideles des Pieces de Théatre , dans lefquels
on traitoit également l'ouvrage détef
table qui avoit été fiflé , & le bon qui avoit
eu un juſte ſuccès .
C'eſt dans cette confiance que j'ai l'honneur
de vous envoyer , Monfieur , l'Ouvrage
ci - joint qui fut compoſé ſous mes
yeux il y a deux ans par un jeune homme
qui donnoit les plus grandes eſpérances ; il
étoit plein de la lecture des Ouvrages de
M. de Voltaire. Vous vous apercevrez aifé-
C iij
34 MERCURE DE FRANCE.
ment qu'il aprochoit de fon modele. Je ne
ſçai ſi je me trompe , mais il me ſemble que
depuis la fondation des Prix , il n'y a jamais
eu de meilleure Piece que celle que je vous
envoye . C'eſt aux Connoiffeurs comme
vous à enjuger. Je me contente de rendre
au Public le ſervice de publier cet Ouvrage
, & de payer ce tribut à la mémoire du
jeune Auteur qui eft mort il y a quelques
mois. C'eſt une perte bien déplorable pour
les Lettres dans ce tems d'indigence , ou
plutôt d'abondance ſtérile où nous ſommes.
Il avoit commencé une Tragédie écrite
auſſi-bien que la petite Piece que je vous
envoye. Ses vers étoient pleins de génie &
corrects. Ce n'étoit pas une bonne tirade
ſuivie d'une mauvaiſe , une penſée fauſſe à
côté d'une vérité , un foleſciſme auprès d'un
bon vers , des choſes triviales en rimes de
recherche. Mais , Monfieur vous fentirez
mieux que moi le prix de ſon ſtile prix
bien rare , & bien rarement eſtimé ce qu'il
vaut. Il me fuffit de vous donner ce témoignage
de mon eſtime , & de mon ardeur
pour les Lettres.
Je ſuis,
A Strabourg ce premier
Décembre 1744..
du Mercure de France.
A
Yant ſçu , Monfieur , que le Mercure
eſt entre vos mains , tous les Gens de
Lettres ont conçu la juſte eſperance qu'un
eſprit qui ſçait fi bien faire , ſçauroit toujours
bien choiſir , & que le Mercure feroit
un des meilleurs Journaux de l'Europe. Nous
nous flattons tous , Monfieur , que nous n'y
trouverons que des choſes dignes du public
éclairé , & plus il y en aura de vous , plus
le Public fera content. Nous ſeron délivrés
de cette foule de vers indignes de l'impreſfion
, de ces puérilités qui entretiennent le
mauvais gout des Provinces , de ces extraits
infideles des Pieces de Théatre , dans lefquels
on traitoit également l'ouvrage détef
table qui avoit été fiflé , & le bon qui avoit
eu un juſte ſuccès .
C'eſt dans cette confiance que j'ai l'honneur
de vous envoyer , Monfieur , l'Ouvrage
ci - joint qui fut compoſé ſous mes
yeux il y a deux ans par un jeune homme
qui donnoit les plus grandes eſpérances ; il
étoit plein de la lecture des Ouvrages de
M. de Voltaire. Vous vous apercevrez aifé-
C iij
34 MERCURE DE FRANCE.
ment qu'il aprochoit de fon modele. Je ne
ſçai ſi je me trompe , mais il me ſemble que
depuis la fondation des Prix , il n'y a jamais
eu de meilleure Piece que celle que je vous
envoye . C'eſt aux Connoiffeurs comme
vous à enjuger. Je me contente de rendre
au Public le ſervice de publier cet Ouvrage
, & de payer ce tribut à la mémoire du
jeune Auteur qui eft mort il y a quelques
mois. C'eſt une perte bien déplorable pour
les Lettres dans ce tems d'indigence , ou
plutôt d'abondance ſtérile où nous ſommes.
Il avoit commencé une Tragédie écrite
auſſi-bien que la petite Piece que je vous
envoye. Ses vers étoient pleins de génie &
corrects. Ce n'étoit pas une bonne tirade
ſuivie d'une mauvaiſe , une penſée fauſſe à
côté d'une vérité , un foleſciſme auprès d'un
bon vers , des choſes triviales en rimes de
recherche. Mais , Monfieur vous fentirez
mieux que moi le prix de ſon ſtile prix
bien rare , & bien rarement eſtimé ce qu'il
vaut. Il me fuffit de vous donner ce témoignage
de mon eſtime , & de mon ardeur
pour les Lettres.
Je ſuis,
A Strabourg ce premier
Décembre 1744..
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Résumé : A Monsieur DE LA BRUERE, chargé du Mercure de France.
L'auteur adresse une lettre à Monsieur de La Bruère, directeur du Mercure de France, exprimant l'espoir que ce journal devienne l'un des meilleurs d'Europe grâce à sa compétence. Il regrette la présence de vers médiocres, de puérilités et d'extraits infidèles de pièces de théâtre dans le journal. L'auteur envoie une œuvre d'un jeune homme talentueux récemment décédé, influencé par Voltaire, qu'il considère comme la meilleure depuis la création des prix littéraires. Il souhaite rendre hommage à la mémoire de cet auteur. Il mentionne également une tragédie commencée par le jeune homme, dont les vers étaient pleins de génie et corrects. La lettre se termine par une expression d'estime et d'ardeur pour les lettres, datée du 1er décembre 1744 à Strasbourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5602
p. 55-59
LA POLICE sous LOUIS XIV.
Début :
LE grand art de régner est le premier des Arts ; [...]
Mots clefs :
Arts, Grands, Lois, Peuple, Paris, Travail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA POLICE sous LOUIS XIV.
LA POLICE ſous LOUIS XIV.
L
E grand art de régner eſt le premier des
Arts ;
Il ne ſe borne point aux fatigues de Mars ;
Il n'eſt point renfermé dans le foin politique
D'abaiſſer la fierté d'un voiſin tirannique ,
Ou d'ébranler l'Europe , ou d'y donner la Loi ;
Le devoir d'un Monarque eft de régner chés ſoi ,
D'y former un Etat redoutable & tranquile ;
De rendre heureux ſon peuple en le rendant docile.
C'est ainſi que Louis ſçut paſſer autrefois
Des tentes de Bellone aux Temples de nos Loix ;
Il montoit fur un Trône environné d'abîmes ,
De débris, de tombeaux, de meurtres&de crimes,
Aumilieu des flambeaux de nos diviſions ,
Aux cris de la difcorde, au bruit des factions.
Il parut , il fut ſage , & l'Etat fut paiſible.
La diſcorde à fon joug ſoumit ſa tête horrible ,
Et la confufion fit filence à ſa voix.
Tout prit un cours nouveau , tout rentra dans ſes
droits :
Le Magiftrat fut juſte , & l'Egliſe fut fainte .
Paris vit profperer dans ſon heureuſe enceinte
D.sCitoyens foumis , au travail afidus
C iiij
56 MERCURE DE FRANCE.
Qui reſpectoient les Grands , &ne les craignoient
plus.
La regle avec la paix ſous des abris tranquiles
Aux Arts encouragés affura des aziles ;
L'orphelin fut nourri , le vagabond fixé ,
Le pauvre oifif & lâche , au travail fut forcé ,
Et l'heureuſe induſtrie amenant l'abondance
Appella l'Etranger qui méconnut la France ,
L'Etranger étonné qui prompt à s'irriter ,
Fut jaloux de LOUIS & ne put l'imiter .
Ainſi quand du Très Haut la parole feconde
Des horreurs du cahos eut fait naître le Monde ,
Il en fixa la borne , il plaça dans leurs rangs
Ces tréſors de lumiere & ces globes errans ;
De l'immenſe Saturne il rallentit la courſe ,
Fit dans un cercle étroit rouler le char de l'Ourſe >
De la lune à la terre aſſura les ſecours ,
Diftingua les climats & meſura les jours.
Il dit à l'Ocean , que ton orgueil s'abaiſſe ;
Que l'Aftre de la nuit te fouleve & t'affaiſſe ;
Il dit aux flancs du Nord , enfantez les Autans ;
Aux eaux du Ciel , tombez , fertiliſez les champs,
Et que tantôt liquide & tantôt endurcie ,
L'onde revole au Ciel en vapeurs obfcurcie.
Il dit ,& tout fut fait , & dès ces premiers tems
Toujours indeſtructible en ſes grands changemens
La Nature entretient à ſon Maître fidéle
D'Elemens oppoſés la concorde éternelle.
DECEMBRE. 1744. 57
Si l'on peut comparer aux Chefs -d'oeuvres Divins
Les foibles monuments des efforts des humains ,
Sous un Roi bienfaiſant parcourons cette Ville
Obéiſſante , heureuſe , agiſſante , tranquille .
Quelle ame inceſſamment conduit ce vaſte corps !
Quelle inviſible main préſide à ces refforts !
Quel Sage a ſçu plier à nos communs ſervices
Nosbeſoins , nos plaiſirs , nos vertus & nos vices !
Pourquoi ce peuple immenſe avec ſécurité
Vit- il fans prévoyance & fans calamité ?
L'Aſtre du jour à peine a fini ſa carriere ,
De cent mille fanaux l'éclatante lumiere
Dans ce grand labirinthe avec ordre me luit ,
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit.
L'aurore ouvre les Cieux , le beſoin ſe réveille ;
Il appelle à grands cris le travail qui ſommeille ;
Vertumne avec Pomone apporte au point du jour
Les fruits prématurés hâtés par leur amour ;
Ces rivages pompeux qui refferrent ces ondes
Sont couverts en tous tems des tréſors des deux
mondes.
Ici l'or qu'on filoit s'étend ſous le marteau ;
La main de l'Artiſan lui donne un prix nouveau
La vanité des Grands, le luxe, la moleſſe ,
Nourriffent des petits l'infatigable adreſſe ;
Je vois tous les talens par l'eſpoir animés
Noblement foutenus , ſagement réprimés ,
L'un de l'autre jaloux , empreſſés à ſe nuire
C
38 MERCURE DE FRANCE.
L'interêt les fit naître , il pouroit les détruire ,
Un Sage les modére , &de leurs factions
Fait au bonheur public ſervir les paſſions .
Mais ce n'eſt pas affés qu'un Sage ſoit utile
Le Magiſtat François doit penſer en Edile ;
Il doit lever les yeux vers ces nobles Romains ,
Que leCiel fit en tout l'exemple des humains.
C'étoit peu de tracer de leurs mains triomphantes
Du Tibre au Pont-Euxin ces routes étonnantes
De tranſporter les flots des fleuves captivés
ソー
Sur cent arcs triomphaux juſqu'au Ciel élevés ;.
Rome en grands monumens de tous côtés feconde
Donna des Loix , des Arts & des fêtes au monde;
L'Univers enchaîné dans un heureux loiſir
Admira les Romains juſqu'au ſein du plaifir.
Paris ne céde point à l'antique Italie :
,
Chaque jour nous rafſſemble aux Temples du Genie ,.
Aces Palais des Arts , à ces jeux enchanteurs
A ces combats d'eſprit qui poliſſent les moeurs ;
Pompe digne d'Athene , où tout un peuple abonde
Ecole des plaifirs , des vertus & du monde.
Plus loin la preffe roule , & notre oeil étonné
Yvoit un plomb mobile en lettres façonnné
Mieux que chés les Chinois ſur des feuilles legeres
Tracer en un moment d'immortels caracteres.
Protegez , tous ces Arts , ô vous , ſoutiens des
Loix ,
Miniftres confidens., ou Précepteurs des Rois;
;
DECEMBRE . 1744. 59
,
Méritez que vos noms ſoient écrits dans l'Hiſtoire
Par la main des talens organes de la gloire.
Colbert & Richelieu les palmes dans les mains ,
De l'immortalité vous montrent les chemins :
Regardez auprès d'eux ce vigilant Génie
Succeſſeur généreux du prudent la Reinie ,
Aqui Paris doit tout , & qui laiſſe aujourd'hui ,
Pour le bien des François deux Fils digne de lui.
Ma voix vous nommeroit , vous , dont la vigilance
Etend des ſoins nouveaux fur cette Ville immenſe,
Si vos jours conſacrés au maintien de nos Loix
Vous laiſſoient un moment pour entendre mavoix..
J'oſerois , emporté par une heureuſe yvreſſe ,
De mon Roi bienfaiſant célébrer la ſageſſe ,
Mais l'éloge eſt pour lui , malgré fon bruit flatteur,
La ſeule vérité qui déplaiſe à ſon coeur..
L
E grand art de régner eſt le premier des
Arts ;
Il ne ſe borne point aux fatigues de Mars ;
Il n'eſt point renfermé dans le foin politique
D'abaiſſer la fierté d'un voiſin tirannique ,
Ou d'ébranler l'Europe , ou d'y donner la Loi ;
Le devoir d'un Monarque eft de régner chés ſoi ,
D'y former un Etat redoutable & tranquile ;
De rendre heureux ſon peuple en le rendant docile.
C'est ainſi que Louis ſçut paſſer autrefois
Des tentes de Bellone aux Temples de nos Loix ;
Il montoit fur un Trône environné d'abîmes ,
De débris, de tombeaux, de meurtres&de crimes,
Aumilieu des flambeaux de nos diviſions ,
Aux cris de la difcorde, au bruit des factions.
Il parut , il fut ſage , & l'Etat fut paiſible.
La diſcorde à fon joug ſoumit ſa tête horrible ,
Et la confufion fit filence à ſa voix.
Tout prit un cours nouveau , tout rentra dans ſes
droits :
Le Magiftrat fut juſte , & l'Egliſe fut fainte .
Paris vit profperer dans ſon heureuſe enceinte
D.sCitoyens foumis , au travail afidus
C iiij
56 MERCURE DE FRANCE.
Qui reſpectoient les Grands , &ne les craignoient
plus.
La regle avec la paix ſous des abris tranquiles
Aux Arts encouragés affura des aziles ;
L'orphelin fut nourri , le vagabond fixé ,
Le pauvre oifif & lâche , au travail fut forcé ,
Et l'heureuſe induſtrie amenant l'abondance
Appella l'Etranger qui méconnut la France ,
L'Etranger étonné qui prompt à s'irriter ,
Fut jaloux de LOUIS & ne put l'imiter .
Ainſi quand du Très Haut la parole feconde
Des horreurs du cahos eut fait naître le Monde ,
Il en fixa la borne , il plaça dans leurs rangs
Ces tréſors de lumiere & ces globes errans ;
De l'immenſe Saturne il rallentit la courſe ,
Fit dans un cercle étroit rouler le char de l'Ourſe >
De la lune à la terre aſſura les ſecours ,
Diftingua les climats & meſura les jours.
Il dit à l'Ocean , que ton orgueil s'abaiſſe ;
Que l'Aftre de la nuit te fouleve & t'affaiſſe ;
Il dit aux flancs du Nord , enfantez les Autans ;
Aux eaux du Ciel , tombez , fertiliſez les champs,
Et que tantôt liquide & tantôt endurcie ,
L'onde revole au Ciel en vapeurs obfcurcie.
Il dit ,& tout fut fait , & dès ces premiers tems
Toujours indeſtructible en ſes grands changemens
La Nature entretient à ſon Maître fidéle
D'Elemens oppoſés la concorde éternelle.
DECEMBRE. 1744. 57
Si l'on peut comparer aux Chefs -d'oeuvres Divins
Les foibles monuments des efforts des humains ,
Sous un Roi bienfaiſant parcourons cette Ville
Obéiſſante , heureuſe , agiſſante , tranquille .
Quelle ame inceſſamment conduit ce vaſte corps !
Quelle inviſible main préſide à ces refforts !
Quel Sage a ſçu plier à nos communs ſervices
Nosbeſoins , nos plaiſirs , nos vertus & nos vices !
Pourquoi ce peuple immenſe avec ſécurité
Vit- il fans prévoyance & fans calamité ?
L'Aſtre du jour à peine a fini ſa carriere ,
De cent mille fanaux l'éclatante lumiere
Dans ce grand labirinthe avec ordre me luit ,
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit.
L'aurore ouvre les Cieux , le beſoin ſe réveille ;
Il appelle à grands cris le travail qui ſommeille ;
Vertumne avec Pomone apporte au point du jour
Les fruits prématurés hâtés par leur amour ;
Ces rivages pompeux qui refferrent ces ondes
Sont couverts en tous tems des tréſors des deux
mondes.
Ici l'or qu'on filoit s'étend ſous le marteau ;
La main de l'Artiſan lui donne un prix nouveau
La vanité des Grands, le luxe, la moleſſe ,
Nourriffent des petits l'infatigable adreſſe ;
Je vois tous les talens par l'eſpoir animés
Noblement foutenus , ſagement réprimés ,
L'un de l'autre jaloux , empreſſés à ſe nuire
C
38 MERCURE DE FRANCE.
L'interêt les fit naître , il pouroit les détruire ,
Un Sage les modére , &de leurs factions
Fait au bonheur public ſervir les paſſions .
Mais ce n'eſt pas affés qu'un Sage ſoit utile
Le Magiſtat François doit penſer en Edile ;
Il doit lever les yeux vers ces nobles Romains ,
Que leCiel fit en tout l'exemple des humains.
C'étoit peu de tracer de leurs mains triomphantes
Du Tibre au Pont-Euxin ces routes étonnantes
De tranſporter les flots des fleuves captivés
ソー
Sur cent arcs triomphaux juſqu'au Ciel élevés ;.
Rome en grands monumens de tous côtés feconde
Donna des Loix , des Arts & des fêtes au monde;
L'Univers enchaîné dans un heureux loiſir
Admira les Romains juſqu'au ſein du plaifir.
Paris ne céde point à l'antique Italie :
,
Chaque jour nous rafſſemble aux Temples du Genie ,.
Aces Palais des Arts , à ces jeux enchanteurs
A ces combats d'eſprit qui poliſſent les moeurs ;
Pompe digne d'Athene , où tout un peuple abonde
Ecole des plaifirs , des vertus & du monde.
Plus loin la preffe roule , & notre oeil étonné
Yvoit un plomb mobile en lettres façonnné
Mieux que chés les Chinois ſur des feuilles legeres
Tracer en un moment d'immortels caracteres.
Protegez , tous ces Arts , ô vous , ſoutiens des
Loix ,
Miniftres confidens., ou Précepteurs des Rois;
;
DECEMBRE . 1744. 59
,
Méritez que vos noms ſoient écrits dans l'Hiſtoire
Par la main des talens organes de la gloire.
Colbert & Richelieu les palmes dans les mains ,
De l'immortalité vous montrent les chemins :
Regardez auprès d'eux ce vigilant Génie
Succeſſeur généreux du prudent la Reinie ,
Aqui Paris doit tout , & qui laiſſe aujourd'hui ,
Pour le bien des François deux Fils digne de lui.
Ma voix vous nommeroit , vous , dont la vigilance
Etend des ſoins nouveaux fur cette Ville immenſe,
Si vos jours conſacrés au maintien de nos Loix
Vous laiſſoient un moment pour entendre mavoix..
J'oſerois , emporté par une heureuſe yvreſſe ,
De mon Roi bienfaiſant célébrer la ſageſſe ,
Mais l'éloge eſt pour lui , malgré fon bruit flatteur,
La ſeule vérité qui déplaiſe à ſon coeur..
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Résumé : LA POLICE sous LOUIS XIV.
Sous Louis XIV, la police et le gouvernement étaient perçus comme des arts essentiels pour garantir la paix et le bonheur du peuple. Le roi a transformé un État chaotique en une nation paisible et prospère. Il a rétabli l'ordre, assuré une justice équitable et maintenu la sainteté de l'Église. À Paris, les citoyens respectaient les autorités sans les craindre, et les arts étaient encouragés. Les pauvres et les vagabonds étaient pris en charge, et l'industrie florissante attirait des étrangers jaloux de la France. La gestion de la ville était comparée à l'ordre naturel, où chaque élément trouve sa place. Paris, sous un roi bienfaisant, apparaissait comme un modèle de sécurité et de tranquillité. Les besoins et les plaisirs des habitants étaient harmonisés par une main invisible et sage. La nuit, la ville était illuminée par des milliers de lanternes, et le matin, le travail reprenait grâce aux marchés abondants. Les talents étaient soutenus et modérés pour servir le bien public. Paris était comparé à Rome antique et à Athènes, offrant des lieux de culture et de plaisir. L'impression typographique était également mise en avant comme une innovation remarquable. Le texte loue les ministres et précepteurs des rois, citant Colbert, Richelieu et un 'vigilant Génie' succédant à Sully, qui ont tous contribué au bien-être de la France. La sagesse du roi était reconnue, mais l'auteur évitait de le flatter excessivement, soulignant que la vérité était la seule chose qui puisse déplaire au roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5603
p. 60-86
SEANCE publique de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres le 13 Novembre 1744.
Début :
Nous avons promis de rendre compte à nos Lecteurs de la séance publique [...]
Mots clefs :
Anciens, Villes, Modernes, Peuple, Peuples, Nicolas Fréret, Terre, Charles d'Orléans de Rothelin, Hommes, Mouvement, Gaules, Gaule, Découvertes, Romains, Éloge, Histoire, Religion, Planètes, Soleil
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texteReconnaissance textuelle : SEANCE publique de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres le 13 Novembre 1744.
SE'AN CE publique de l'Académie Royale
des Inscriptions & Belles-Lettres le 13
Novembre 1744.
N
Ous avons promis de rendre compte
à nos Lecteurs de la féance publique
de l'Académie des Belles - Lettres du 13.
Novembre dernier. M. Freret Sécretaire
perpétuel de cette Académie lut d'abord
l'Eloge de M. l'Abbé de Rothelin , Académicien
honoraire de l'Académie des Belles-
Lettres, mort le 17 Juillet 1744 .
Nous allons en donner ici l'extrait.
au
CHARLES D'ORLEANS DE ROTHELIN
né à Paris le 5 Août 169 1 étoit le ſixiéme
des enfans de Henri d'Orléans Marquis de
Rothelin , tué le 18 Septembre ſuivant
combat de Leuze à la tête des Gendarmes,
& de Gabrielle - Eléonore de Montaut de
Navailles , ſeconde fille du Maréchal Duc
de Navailles mort dès l'année 1684,
Il ſe trouva dans une eſpece d'indépendance
à l'âge de 9 ans , ayant perdu fucceffivement
dans l'eſpace de deux années la
Marquiſe de Rothelin ſa mere & la Maréchale
de Navailles fon ayeule. Mais une foeur
DECEMBRE. 1744. 6
plus âgée que lui de 14 ans & reſpectable
dès-lors par fon mérite & ſa vertu lui tint
lieu de mere, & le jeune Abbé de Rothelin ,
né avec les plus heureuſes diſpoſitions pour
le coeur comme pour l'eſprit , ſe ſoumit
avec une joye pleine de reconnoiſſance à fon
autorité.
Il fut mis très-jeune en penfion auCollege
d'Harcourt. L'Auteur de l'Eloge fans
s'arrêter au détail de ſes premieres étudesqu'il
fit avec un ſuccès brillant , infifta particulierement
ſur la généroſité remarquable
avec laquelle n'ayant encore que 13 ans
1& cadet d'une Famille nombreuſe , il ſe
chargea ſecrettement de la ſubſiſtance d'un
Précepteur , homme de mérite , que des.
infirmités fâcheuſes avoient obligé d'ôter
d'auprès de lui. Il rendit compte enſuite de
ſes progrès rapides dans l'Etude de laThéologie
à laquelle il ſe livra tout entier , parce
qu'il regardoit cette Etude comme un devoir
* de fon état , & que quelque jeune qu'il ait
été , tout ce qui ſe préſenta à ſes yeux ſous la
forme de devoir fut toujours ſacré pour lui.
Il n'eſt pas poſſible de rappeller ici le
détail intéreſſant dans lequel eſt entré M.
Freret, ſur les ſervices importans que M.
l'Abbé de Rothelin rendit en 1717 à fa
Famille dont il fut l'arbitre dans des affaires
d'une longue & pénible diſcuſſion,fur fon
62 MERCURE DE FRANCE.
voyage & ſon ſéjour en Italie où il puiſa la
connoiffance & legout des Médailles , ſur le
magnifique Cabinet qu'il en forma en aflés
peu de tems , ſur les différentes ſuites qui
compoſent cette riche collection , l'une des
plus belles de l'Europe de l'aveu des Connoiffeurs
, enfin ſur la Bibliotheque qu'il
laiſſe , Bibliotheque nombreuſe formée
avec un gout infini , digne en un mot de
la réputation dont elle jouit , & qui eft
l'aſſemblage non ſeulement des meilleurs
Livres en tout genre , mais encore des plus
rares & des plus finguliers.
Après ces détails circonstanciés , M. Freret
rendit un compte exact de tout le travail
que M. l'Abbé de Rothelin avoit ertrepris
pour mettre le Poëme de l'Anti- Lucrece en
état de paroître. M. le Cardinal de Polignac
avec lequel il étoit lié depuis longtems
par l'amitié la plus intime , le lui avoit
remis en mourant , en lui laiſſant la liberté
de le donner au Public , ou de le ſupprimer.
Arbitre du fort de cet important Ouvrage
, il ne négligea rien pour répondre à
la confiance de ſon Auteur , & s'étant afſuré
par un grand nombre de lectures réfléchies ,
faites avec tous ceux qu'il a cru capables
d'en juger , qu'il méritoit d'être publié , il a
peu de tems avant ſa mort remis le manufcrit
dans l'état où il doit paroître , à un
DECEMBRE. 1744.. 63
homme de mérite qui s'eſt chargé du ſoin
de l'Edition . M. l'Abbé de Rothelin en avoir
commencé la Traduction , mais ſa ſanté ne
lui permettant pas de continuer ce travail ,
il s'eft borné au premier Livre , & a chargé
du reſte un jeune homme qu'il aimoit , &
dont le caractére & les talens méritoient:
cette marque de ſa confiance. La Tiaduction
faite fous ſes yeux ſera en état deparoî--
tre avec le Texte Latin.
* •Il eſt peu d'Auteurs que l'amour de leurs
productions eût pu foutenir dans un travail
auffi long , auſſi fatiguant , & méme auſſi
déſagréable que celui auquel M. l'Abbé de
Rothelin s'étoit engagé pour l'Ouvrage d'un
Ami mort. Auffi étoit-il animé par un motifbien
plus noble , dont on a cru devoir
rendre compte.
つか
» Les premiers momens de la perte d'un
Ami , difoit - il , ne font pas ceux où cette
>> perte eſt plus douloureuſe : on s'empreſſe.
alors de la partager avec nous , on mêle
ſes regrets avec les nôtres. Notre Ami
vit encore dans le ſouvenir de ceux qui
> nous en parlent , mais quand le tems a ef-
৩১
دد
သ
১১ facé fon nom de la mémoire des autres
>> hommes , quand on ne nous en parle plus ,
>> quand il ne vit plus que dans notre coeur,
22 c'eſt alors que nous reſſentons toute l'é-
5. tendue de notre perte. Le ſeul moyen
64 MERCURE DE FRANCE.
১১
ॐ
d'en adoucir l'amertume , ajoutoit- il,
c'eſt de faire revivre notre Ami dans la
mémoire des hommes , c'eſt de les forcer
>> en quelque ſorte de s'en occuper. L'eſpérancé
de rendre ce ſervice au Cardinal de
Polignac avoit foutenu M. l'Abbé de Rothelin.
Une délicateſſe de ſentimens ſi rare fufiroit
pour donner une idée de ſon caractére
; caractére aimable que l'Auteur de l'Eloge
s'eſt attaché principalement à développer ,
&dont il a réuni tous les traits dans un tableau
qui le peint au naturel. Il le repréſente
plein de ſenſibilité pour ſes Amis , extrêmement
attentif à remplir juſqu'aux moindres
devoirs de l'amitié , mais n'exigeant rien
d'eux , & recevant les témoignages de leur
attachement&de leur reconnoiffance , comme
un préſent de leur part. On le voit annonçant
ce qu'il étoit par un air de dignité
&'de décence répandu ſur toute ſa perfonne
, mais qu'une noble ſimplicité rendoit infiniment
aimable. Plein de douceur , mais fans
foibleſſe ; toujours vrai& même très-ferme,
lorſque la raifon , la vertu ou la fidélité à
fes Amis demandoient qu'il le fut : naturellement
ſérieux , mais portant dans le commerce
ordinaire une gayeté douce qui ſe
faiſoit ſentir dans ſes converſations les plus
folides . Enfin un dernier trait qui achevé de
DECEMBRE. 1744. 65
2
le caractériſer , & qui donne un prix réel à
ſes autres qualités , c'étoit un attachement
fincére pour ſa Religion. Une ame comme
la fienne , dont la vertu & la raiſon avoient
toujours réglé tous les mouvemens , étoit
faite , ſuivant la remarque de l'Auteur de l'Eloge
, pour être une ame religieuſe. Lorſque
l'occaſion de défendre la vérité de la Religion
ſe préſentoit , il le faifoit toujours avec
force , mais ſans que la vivacité de ſa
perfuafion altérât jamais la douceur de fon
caractére , il croyoit que c'eût été rendre un
mauvais ſervice à la vérité , que d'employer
pour la défendre le langage de la paffion.
Sa poitrine qui avoit toujours été très-délicate
, fut abfolument attaquée au commencement
de cette année : il prévit des premiers
les ſuites inévitables de ſa maladie :
mais dans le tems même qu'il étoit le plus
occupé des penſées que doit inſpirer la vue
d'une fin prochaine , il cherchoit encore à
épargner cette idée à ſes Amis , & à une Famille
à qui il étoit infiniment cher. Dans ces
fortes de maladies l'ame conferve juſqu'au
dernier moment toute fon activité. Rien ne
la diſtrait du ſpectacle d'une mort qui s'approche
à chaque inftant , & qui s'empare de
nous en détail . C'eſt alors que la patience
devient d'un uſage bien difficile , ſurtout cette
patience continue , tranquille , ſans appareil
& même sans effort, telle qu'a été celle de
M.l'Abbé de Rothelin pour qui l'expression
de posséder son ame en paix sembloit avoc
été faite suivant la reflexion de M. Freret:
M. l'Abbé de Rothelin est mort dans loI
sentimens de Religion dont il avoit toujours
été pénétré. Il conferva jusqu'au dernier info
tant l'usage de sa raison, & dit le dernie
adieu à chacun de ses Amis en particulier!
avec la même fermeté que s'il s'en sut sépar
pour un voyage.
Cet éloge
fut
suivi d'un Mémoir e lu pa.
M. Freret fous lé titre d'Observations Géné
raies sur l'étude de l'ancienne Philosophie.
Une reflexion générale commença ce Mê
moire & annonça le but de l'Auteur.
remarqua que dans le cours des disputes qui
la comparaison des Anciens & des Moden
nes fit naître vers la fin du siécle passé
,
le,
Partisans de l'Antiquité épris du mérite de
Anciens en Poësie & en Eloquence, parCl:
que ce genre de mérite étoit le seul qu'iH
fussent en état de bien sentir, les considés,
t
rerent uniquement commePoëtes ou commu
Orateurs, jamais comme Philosophes; qui
ce silence de leur part sur un point decettéimportance,
a été regardé comme un aveu
formel de la supériorité des Modernes dans
les matieres Philosophiques, & que c'est ;
cette cause qu'il faut principalement attri
.1.
uer le peu de cas que l'on fait aujourd'hui
b la Philosophie ancienne.
M. Freret entreprenoit de prouver comien
ce mépris qu'affectent la plûpart de
eux qui s'appliquent aux sciences exactes,
fl mal fondé; il le fit d'abord par une Obrvation
fort simple. Il leur demanda si ce
'est pas aux Anciens qu'ils doivent les Elemens
de ces Sciences, Elémens nécessaiès
& d'un usage indispensable; s'ils connoisent
dans la Géométrie, dans la Dialeéctilue,
dans l'Astronomie d'autre route que.
celle qui leur a été frayée par les Anciens.
A remarque que ces Elemens qui ne font autre
chose que les vérités primitives, les Principes
fondamentaux de nos connoissances,
ont été le résultat d'une longue fuite d'Observations
& de découvertes, fruit pénible
de Combinaisonsdifficiles, de Méditations
profondes & refléchies, dont des hommes
d'un génie supérieur étoient seuls capables.
D'où il fuit que si nous avons tiré de ces
Principes des conséquences inconnues à ceux
qui nous ont précédé, nous ne sommes pas
en droit de les mépriser, que nous devons
au contraire désirer de nous instruire du
chemin qui les a conduits à de pareilles
connoissances
,
étudeintéressante qui non
feulement apprendroit l'Histoire la plus inftruétive
& la plus agréable de toutes
68 MERCURE DE FRANCE .
celle de l'eſprit humain , mais qui pouroit
occafionner d'utiles découvertes. C'eſt ce
que M. Freret prouva par un exemple célebre
, par celui du ſçavant M. Halley qui
nous apprend lui-méme par un Mémoire
imprimé en 1691 , que c'eſt dans ce que
rapportent Geminus , Pline , Ptolemée , &
même Suidas , des propriétés attribuées par
les Chaldéens à leurs Sares Astronomiques
ou Périodes de 223. lunaiſons qu'il avoit
puiſé l'importante vuë à laquelle l'Aſtronomie
& la Navigation ſont redevables de
ſon travail , pour déterminer le mouvement
de la Lune. Combien de ſemblables découvertes
ne produiroit pas l'Hiſtoire des anciennes
opinions Philofophiques , étudiée
par des hommes du mérite de M. Halley !
C'eſt la conclufion que tira M. Freret , &
que tous ſes Lecteurs tireront avec lui. Il
ajoûte qu'à meſure que l'Hiſtoire naturelle
s'eſt perfectionnée , on a reconnu la vérité
de pluſieurs faits avancés par les Anciens &
traités de fables par les Modernes. Le hazard
ſeul a occaſionné la plupart de ces découvertes.
Un examen attentif qui ſçauroit
mettre à profit les fautes mêmes & les mépriſes
des Anciens , ne rendroit-il pas ces
hazards plns fréquents ? La découverte des
Satellites des Planettes , celle de cet amas
de petites Etoiles qui compoſent la voie
DECEMBRE هو 1744
lactée , font dûs au Teleſcope , préſent du
hazard , perfectionné par l'illuſtre Galilée .
Les Anciens privés de ce ſecours ne pouvoient
deviner les Satellites , mais ils ont
ſoupçonné l'exiſtence des Cometes ; la raiſon
que donnoient les Pythagoriciens de l'apparence
lumineuſe qui les accompagne ne
deshonoreroit pas la Phyſique Moderne ;
pour la voie lactée , le raiſonnement ſeul les
avoit convaincu de ce que le Teleſcope nous
a fait voir ; l'Iſochroniſme eſt une propriété
des vibrations du Pendule dont Galilée &
Riccioli ont les premiers fait uſage parmi les
Modernes , mais les Aſtronomes Arabes la
connoiffoient & l'appliquoient aux Obfervations
Aſtronomiques. Si on ne fit pas alors
ſervir cette découverte aux uſages ordinaires
de la vie , ce fût le défaut d'un certain concours
de circonstances , ſans la réunion defquelles
elle feroit une ſeconde- fois retombée
dans l'oubli dont on l'a préſervée en la faiſant
entrer dans la conſtruction des Horloges.
De tous ces exemples & d'une infinité
d'autres qu'une plus grande familiarité avec
les Anciens nous offriroit , l'Auteur conclud
qu'un grand nombre de découvertes Modernes
& de Siſtemes nouveaux ne ſont au
fond que des opinions anciennes , abandonnées
peut- être & repriſes déja pluſieurs fois ,
& qui ſe ſont préſentées de nouveau à des
70 MERCURE DE FRANCE
hommes qui s'en croyant les Auteurs , ont
mis tout en oeuvre pour les faire valoir. Telle
eſt entre autres le ſyſteme Neutonien qui
dépouillé de l'appareil de ſes calculs , ſe réduit
à celui d'Empédocle : les deux forces
en équilibre à l'action oppoſée deſquelles cet
ancien Philoſophe attribuoit la formation de
l'Univers ,& qu'il défignoit poëtiquement par
les termes figurés d'Amour & de Diſcorde ,
ne font autre choſe que l'attraction Neutoniene
, & le mouvement de tranflation . М.
Freret convient que la ſuite des tems & des
hazards heureux mis à profit ont augmenté
le nombre de nos connoiſſances particulieres
, mais il doute qu'ils ayent fourni de nouvelles
idées générales ; ils n'ont ſouvent fervi
qu'à faire revivre de vieilles opinions décriées
depuis long-tems , comme celle de l'Electricité
univerſelle de tous les corps , des amours
&de la différence du Sexe dans les Plantes ,
&c. Les forces de l'eſprit humain font fi
bornées & les objets de nos connoiffances
ſi peu variés , que le nombre des Combinaifons
poſſibles de nos idées a dû s'étre épuiſé
d'aflés bonne heure , peut-être ajouta-t-il ,
ne faiſons nous depuis affés long-tems que
les repeter.
La comparaiſon détaillée des différents
Syſtêmes , Métaphiſiques des Anciens , & de
leurs opinions ſur la Phyſique particuliere ,
DECEMBRE 1744 71
avec les hypotheſes Modernes , fourniroit
bien des preuves de cette propofition. Mais
M. Freret fans embraſſer cle projet dont les
bornes d'un Mémoire ne font pas fufceptibles
, ſe contenta de donner une idée générale
des trois Syſtêmes Aſtronomiques imaginés
par les Anciens.
Quelque générale que fut cette idée , on
peut dire avec fondement qu'elle renfermoit
un abrégé clair & précis de toute l'ancienne
Aſtronomie dont elle offrit l'Hiſtoire ſous un
point de vuë auſſi intéreſſant qu'il étoit nouveau.
Nous ne pouvons ſuivre l'Auteur dans
cette explication détaillée qu'il faudroit lire
dans l'Ouvrage méme. Nous nous contenterons
de donner en peu de mots l'idée de
chaque Hypothefe.
Premier Systême. La plus ancienne eſt celle
des Egyptiens adoptée par Thales, & par
preſque toutes les branches de la Secte Ionique;
dans ce Syſteme aujourd'huifort peu.
connu la Terre , comme dans celui de Ticobrahé
, occupe le centre du monde , mais elle
y eſtmobile au tour de fon axe & fait en
24heures fa révolution d'Occidenten Orient,
les Planettes placées à différentes diftances de
laTerre font auſſi leur révolution propre dans
le même ſens , mais dans des tems inégaux ,
ſuivant la différence de leur éloignement , les
hommes leur attribuant le mouvement de
72 MERCURE DE FRANCE.
la Terre ſuppoſent que tous les corps céleftes
ont un mouvement général d'Orient
en Occident & un autre mouvement particulier
d'Occident en Orient , autour de cette
Planette , par des raiſons que nous ne pouvons
expoſer ici.
Ce Siſtême ſimple ne ſe trouvant pas fu!.
fiſant pour rendre raiſon de tous les nouveaux
Phénomenes on y fit quelques additions
que M. Freret expoſa en infiftan
particulierement ſur celle de l'obliquité de
l'Ecliptique , & fur l'Hipotheſe des deux mouvemens
de Venus & de Mercure , l'un autour
du Soleil , l'autre autour du centre commun
avec le Soleil même dont ils ſont les Sateltites
, felon l'expreffion des Anciens , double
révolution imaginée pour expliquer les différentes
fituationsde ces deux Planettes , foit
entre elles , ſoit par raport au Soleil , foit par
raport à nous.
Secondſiſtême ; il pafla au ſecond Siftême
attribué vulgairement à Ptolemée , mais qui
étoit celuides Philoſophes Athéniens . Eudoxe
de Cnide l'avoit imaginé pour réfoudre
le Problême propoſé par Platon fon maître.
Dans cette Hypotheſe la Terre eſt immobile
au centre du monde , les Planettes tournent
autour d'elle d'Orient en Occident dans l'efpace
de 24 heures , & chacune eſt de plus
attachée à un cercle particulier qui l'emporte
en
• DECEMBRE 1744 . 73
en même tems dans un ſens contraire. Ce
Cercle lui-meme eſt emporté par un autre.
Enfin Mercure, Venus, Mars , Jupiter & Saturne
ont encore un quatrićme mouvement
qui eſt la cauſe de leur Station, accélération
& rétrogradation apparentes,
Ces Cercles ou ſpheres furent d'abord au
nombre de 26. Inſenſiblement de nouvelles
apparences qui ſe préſentoient à expliquer ,
augmenterent ce nombre d'abord juſqu'à 33 ,
enfuite juſqu'à 50. Enfin pour rendre raiſon
de l'Apogée & du Perigée des Pianettes ,
quelques-uns eurent recours aux Epicycles ,
mais comme cette nouvelle ſuppoſition rerdoit
les révolutions des corps céleftes excentriques
à la Terre, le mouvement concentrique
à la terre étant regardé comme un point
de Religion, pluſieurs la rejetterent; ils aimerent
mieux multiplier les Spheres. Fracaſtor
dans le fiecle paffé en imagina juſqu'à 79 différentes
.
:
Troifiéme Sistême ; Enfin un troifiéme Siftême
, dont M. Freret foupçonne les Chaldéens
d'étre les auteurs , & que ſuivoient
les Diſciples de Pythagore , faiſoit le Soleil
centre immobile de tous les mouvemens céleftes;
il eſt conforme en toutes les parties
àcelui de Copernic , & par confequent n'a
pas beſoin d'être détaillé.
Quelque abſurde que paroiſſe le ſecond
D
74 MERCURE DE FRANCE,
Siftême , il ſeroit injuſte de rejetter cette
abſurdité ſur ſes auteurs , & le mépris qu'on
enfait n'eſt fondé que fur ce qu'on le regarde
comme une Hypotheſe Phyſique , idée fauſſe
& que détruifirent abſolument les Obſervations
de M. Freret. Il prouva clairement &
par des textes formels que ce Sittême n'étoit
donné que pour une Hypotheſe Aftronomique,
uniquement imaginéepour afſujettir
les apparences au calcul , & que les Aſtronomes
Grecs en ſentoient comme nous les
abſurdités Phyſiques , mais qu'ils étoient obligés
de l'employer par la crainte d'irriter la
ſuperſtition populaire , qui avoit fait un dogme
Religieux de l'immobilité de la Terre
au centre du monde. Que c'étoit cette crain
te qui avoit empêché Platon de ſe déclarer
ouvertement pour l'Hypotheſe Pythagori.
cienne qu'il adoptoit fécretement ſuivant
Theophrafte ; qu'Ariſtarque qui avoit ofé la
foutenir s'étoit vû accuſé publiquement d'impiété
par un Stoicien pour avoir violé le
reſpect du à Vesta , c'eſt à dire à la Terre ,
ſuivant l'explication de Plutarque , & pour
avoir troublé ſon repos. Que réduits à chercher
un moyen de concilier les apparences
céleſtes avec les idées du Peuple qu'il étoit
dangereux d'attaquer, les Philoſophes avoient
preféré au fort de Socrate & d'Anaxagore
dont ils euſſent été menacés un , Siftême ab
furde en apparence , capable d'effrayer l'iDECEMBRE
1744 75
magination , de rebuter la patience , embarafſant
pour le calcul , mais qui au fond ne
les empêchoit point de faire des calculs juſtes
& exacts comme ſont les Tables Aſtronomiques
d'Hipparque copiées par Ptolemée &
le modele de toutes celles qu'on a dreſſéesdepuis
, enfin que les Epicycles ajoutés aux
Cercles , n'ont jamais été imaginés que pour
le calcul , comme le dit expreſſément le même
Ptolemée , que cependant ces Epicycles
fontpeut-être encore , ſuivant le célebre M.
Halley , ce qu'il y a de plus ſimple pour
calculer les mouvements irréguliers de la
Lune.
Après avoir cité le malheur du célebre
Galilée , contraint d'abjurer publiquement
l'opinion du mouvement de la Terre comme
une héréfie dangereuſe , évenement qui nous
montre qu'en vieilliſſant le monde n'eſt pas
devenu plus ſage , M. Freret rechercha quelle
étoit la cauſe de cet attachement opiniatre
des Atheniens pour l'immobilité de la
Terre : il en trouve la ſource dans l'idée qu'ils
s'étoient formée de l'Univers dans le tems de
leur barbarie. Incapables alors de concevoir
que la Terre put ſe ſoutenir d'elle-même
ſans un point d'appui , ils ſe l'étoient repréſentée
comme une grande montagne dont
les racines s'étendoient à l'infini dans l'immenſité
de l'eſpace , & dont le ſommet ar
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
rondi en forme de borne étoit la demeure
des hommes. Le reſte du Siſteme céleſte répondoit
à cette idée groſſiere , que par une
fingularité remarquable des voyageurs di.
gnes de foi ont retrouvée abſolument la
même chés les Talapoins de Siam .
Les Philoſophes Athéniens furent longtems
forcés de feindre un ſcrupuleux attachement
à cette opinion. Peuà peu on s'enhardit
& on oſa la combattre , mais ce ne fut
qu'avec de grands ménagemens. La Terre
recut ſucceſſivement diverſes figures qui s'éloignoient
plus oumoins de la premiere. Enfin
les Aftronomes lui donnerent la forme
d'un corps parfaitement Sphérique , les Phyficiens
en'firent un Sphéroïde , mais fans
s'accorder ſur ſa figure , les uns le ſuppoſant
allongé par les Poles , & les autres japplati.
Le premier de ces ſentimens eſt plus ancien
& fervoit à donner raiſon des pluyes & des
neiges des Régions Septentrionales , mais les
voyages des Grecs dans l'Afrique , & leurs
Navigations dans la mer des Indes dont les
conquêtes d'Alexandre leur avoient frayé la
route , occaſionnerent des découvertes qui
firent naître le ſecond Siſtème , celui de l'aplatiſſement
de la Terre vers les Poles ,& de
fon Elevation ſous l'Equateur. Il eſt ſingulier
que la figure de la Terre , qui a fait parmi
les Modernes une Queſtion fameuſe , main.
DECEMBRE 1744 71
tenant à la veille d'être décidée , ait auſſi partagé
les Anciens. Mais ce qui n'eſt pas moins
digne de remarque c'eſt que la Coſmogonie
Egyptienne que fuivoit l'Ecole de Thalés ,
employoit pour rendre ſenſible la raiſon
qu'elle donnoit à la permanence de laTerre
au centre du Tourbillon , une expérience
célebre parmi les Modernes , celle du fluide
mû circulairement autour du centre du vaſe
qui le contient. Platon qui n'oſoit , quoiqu'il
la connût , en faire uſage , parce qu'elle fuppoſoit
le mouvement de la Terre fur ellemême
, qu'il étoit dangereux de foutenir dans
Athenes , expliquoit cette ſituation conftante
de la Terre par un raiſonnement métaphyſique
qui eſt de la même eſpece que le principe
fondamental du,Leibniſianiſme , ou que
celui de la raiſonſuffisante dont les Diſciples
de Leibnitz font aujourd'hui une des baſes
de leur Syſtême.
M. Freret termina cet expoſé général de
quelques-unes des opinions Phi'ofophiques
des Anciens , par pluſieurs réflexions qui conduiſent
à la conféquence qu'on en doit tirer.
Il convient que pour ſe former une juſte
idée de l'ancienne Philoſophie , il faut recueillir
des lambeaux lépars çà & là dans
des Auteurs ſouvent peu inſtruits de ces
matieres , que privés aujourdhui des ouvrages
méme des Philoſophes , nous ignorons
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
quel plan ils avoient ſuivi dans la liaiſonde
leurs idées & de leurs Siftémes , qui font à
notre égard comme ces Statuës antiques
dont il ne nous reſte que des débris.
Nous devons ajouta-t-il , la même juſtice
aux anciens Philoſophes qu'aux anciens Sculpteurs
. Il faut juger des parties que nous
avons perdues par celles qui nous reſtent ,
penſer que leur aſſemblage formoit un tout
& non pas un monftre.
C'eſt tout ce qu'il demanda, Car il ſe déclara
bien éloigné de donner une préférence
abſolue aux Anciens ſur les Modernes , &
de ſe livrer à une prévention aveugle déterminée
à tout admirer. Il n'attaqua que le
mépris qu'on témoigne pour eux. Il fit ſentir
que la différence des fiécles n'enmetpoint
entre les hommes , qu'il faut mefurer leur capacité
& leurs talens moins par le terme
où ils ſont arrivés , que par le point d'où ils
font partis , & par les obſtacles qu'ils ont
eu àvaincre ; que ſi les Modernes ont quelque
avantage ſur les Anciens , c'eſt d'être
venus après eux , c'eſt de marcher fur leurs
traces , & d'être inſtruits , non ſeulement par
leurs découvertes , mais encore par leurs mépriſes,
& qu'ainſi ceux qui dédaignent fi fort
l'étude de l'Antiquité ſe privent de cet avantage
, que bornés à la Génération préſente ,
& ignorans le paffé , il n'est pas étonnant que
tout foit nouveau pour eux,
DECEMBRE. 1944;
De ces réflexions , & du détail intéreſ
ſant qui les précede , ne doit-on pas conclure
que fi une admiration ſans bornes
pour les Anciens eſt une ſuite de la pré
vention , le mépris aujourd'hui ſi commun
qu'on affecte pour eux , eſt de ſon côté
l'effet de l'ignorance , & qu'entre ces deux
excès ſi condamnables , il eſt un juſte milieu
? Mais le juſte milieu eſt un état ſi violent
pour la plupart des hommes , comme
le dit l'Auteur de ce Mémoire , qu'il fera
toujours bien difficile de les y amener.
Monfieur l'Abbé Belley lut enſuite un
Mémoire ſur l'ordre Politique des Gaules
qui a occaſionné le changement de nom
de pluſieurs Villes.
Meſſieurs de Valois & de Longueruë , &
d'autres Ecrivans , même Etrangers , ont
remarqué que pluſieurs Villes de la Gaule
avoient quitté leur nom ancien & s'étoient
approprié le nom du Peuple dont ces Villes
étoient les Capitales ; ainſi Lutetia fut nommée
Parifii ; Durocortorum , Remi ,Agedincum
, Senones , Avaricum , Bituriges , quarante-
cinq Villes dans l'étendue des Gaules
qui furent conquiſes par Jules-Cefar ont
admis ce changement ;il ſe reconnoît à peine
une fois dans la Province Narbonnoiſe . M.
L. B. a crû devoir rechercher la cauſe d'un
changement fi commun dans une partie de__
80 MERCURE DE FRANCE.
la Gaule , & preſque ſans exemple dans l'au
tre ; il s'agit de ſçavoir comment ſe ſont établis
les noms de Paris , de Reims , de Sens ,
de Bourges & de pluſieurs autres Villes de
France. La queſtion devient plus intéreſſante
, fi cette dénomination eſt ſondée ſur l'ancien
gouvernement établi dans ces Villes ,
& fi la différence d'uſage qu'on remarque
dans les parties de la Gaule , vient de la
différente condition des Peuples. La connoiſſance
de l'ancien état des Peuples & des
Villes eſt un des grands objets de l'Hiſtoire ;
les éclairciſſemens que donne M. L. B. répandent
un grand jour ſur le gouvernement
des Romains dans la Gaule , & par une
conféquence néceſſaire ſur les premiers tems
de la Monarchie Françoiſe. Nous ne pouvons
donner qu'un Extrait abregé de ce Mémoire.
Les Romains envoyerent dans la Gaule
pour la défenſe des Marſeillois leurs anciens
Alliés , des armées qui dans l'eſpace de s
ans conquirent le Pays , compris entre la
Mer Mediterranée , les Alpes , le Rhône ,
les Cevennes , la Garonne & les Pyrenées.
Cette guerre ſe fit de la part des Romains
avec animoſité. Domitius & Fabius Maximus
leurs Genéraux, pour perpétuer le ſouvenir
de leurs Victoires , firent élever des
Monumens & des Trophées , contre l'uſage
DECEMBRE 1744, 81
du Peuple Romain , qui ſuivant Florus ,
n'inſulta jamais à l'ennemi vaincu. Le Pays
conquis fut réduit en Province , & nommé
la Province Narbonnoiſe du nom de Narbonne
, ſa ville Metropole, ou ſimplement la
Province de la Gaule. Le Senat lui impoſa
des conditions très-dures ; ſes Peuples
furent dépouillés d'une partie de leurs Villes
& de leurs Terres ; on exigea d'eux des
tributs en argent , de groſſes contributions
de Vivres pour les armées Romaines ; plufieurs
Colonies furent établies ſur leurs Territoires
, & ſe multiplierent dans la ſuite
juſqu'au nombre de vingt. L'ancien habitant
, qui vivoit ſous la Jurisdiction de la
Colonie , avoit perdu ſes meilleures Terres ,
il déploroit la perte de ſa liberté , il n'avoit
plus ni Loix , ni Magiſtrat de ſa Nation.
La condition des Peuples de la Narbonnoiſe
étoit ſi déplorable que Critognate la
répreſente aux Gaulois affiégés dans Aliſe
comme le plus puiſſant motif pour défendre
leur liberté juſqu'à la derniere extrémité.
*
Refpicite finitimam Galliam , quæ in Provinciam
redacta , jure & legibus commutatis ,
Securibus subjecta , perpetua premitur fervitute
.
Les Gaules conquiſes par Jules-Ceſar re-
* De Bello Gall. L. VII.
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
çurent un traitement bien différent ; ce Général
dans le cours de huit Campagnes afſujettit
à la domination Romaine la vaſte
étendue des Gaules depuis les frontieres de
la Province juſqu'au Rhin & à l'Ocean ,
& les réduifit en Province. Le Vainqueur
ne leur impoſa aucunes nouvelles charges ,
il ſe contenta d'un tribut de quarante millions
de ſeſterces ( quadringenties ) qui fercient
de notre monnoye au prix actuel du
marc d'argent, environ huit millions ſept cent
cinquante mille livres , ſomme modique , fi
l'on confidere l'étendue & la richeſſe du
Pays , ſur lequel elle fut impoſée ; & ce
tribut ſe leva ſous lenom le moins odieux ,
Stipendii nomine , pour l'entretien des troupes
deſtinées à maintenir la paix & la tranquillité
des Peuples .
Un autre avantage que cette partie des
Gaules conſerva en général au deſſus de la
Province , c'eſt que ſes Peuples ne furent
point troublés dans la poſſeſſion de leurs
Villes& de leurs Terres. Les Romains n'envoyerent
dans leur pays qu'un petit nombre
de Colonies ; on ne connoit que la Colonie
de Lyon dans la GauleCeltique ouLyonnoife
, qui étoit la troifiéme partie des Gaules
; trois Colonies dans le Pays des Helvetiens
, quatre dans la Belgique , une feule
dans toute l'Aquitaine ; ces établiſſemens
DECEMBRE 1744. 83
ne ſe firent point pour châtier ou pour contenir
les Naturels du Pays ; les Colonies
furent preſque toutes placées ſur le Rhin
pour affurer cette frontiere contre les courſes
des Nations Germaniques.
Les Romains enfin conſerverent ou retablirent
dans les Cités de la Gaule l'ancienne
forme de Gouvernement il étoit
Ariftocratique , un Senat compofé d'un certain
nombre de Perſonnes formoit le Confeil
commun de chaque Cité ou de chaque
Peuple ; les Commentaires de Cefar font
mention d'un Senat dans les Cités d'Autun
, de Sens , de Reims , de Beauvais , d'Evreux
, de Liſieux , de Vannes & des Nerviens
; c'étoit l'ordre politique généralement
établi. Cependant au tems de la Con--
quête , les Grands avoient ufurpé dans plufieurs
Cités la puiſſance Souveraine ; la Domination
Romaine chaffa ces Tyrans , & rendit
aux Peuples l'autorité de leurs Senats , cet
ordre fut maintenu par les Empereurs , comme
on le voit par pluſieurs Monumens du
haut & du bas Empire ; il a même ſubſiſté
ſous les premiers Rois de France , on en
trouve encore des veſtiges ſous la troiſieme
Race , preſque juſqu'à notre fiecle.
Ce Parallele fait affés connoître com.
bien la condition de la Narbonnoiſe fut differente
de l'état du reſte des Gaules : les
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
Peuples des Gaules ayant conſervé ſous les
Romains l'autorité de leurs Senats , il eſt
facile de concevoir comment les Villes Capitales
auront perdu leurnom primitif, pour
prendre celui du Peuple.
Le Senat étoit le premier ordre du Peuple
, une aſſemblée repréſentative du Peuple,
ſouvent conſidérée comme le Peuple
même,au nom duquel elle agiſſoit ; le Senat
s'aſſembloit dans la Ville Capitale de chaque
Peuple ou Cité , M. L. B. le prouve par
pluſieurs Monumens. Cette Capitale prit ou
plutôt reçut le nom de la Cité & du Peuple.
Il eſt aſſés ordinaire de comprendre
ſous la même denomination les lieux & les
perſonnes : les noms de Senat , de Ville ,
de Province & pluſieurs autres ſont ſouvent
pris dans cette double acception.
Ainfi les Capitales des Peuples Parifii ,
Bellovaci Atrebates , Lemovices , Petrocorii
&c. furent nommées Civitas Parifiorum ,
Bellovacorum . Artrebatum , Lemovicum
Petrocoriorum , la Cité de Paris , de Beauvais
, d'Arras , de Limoges , de Perigueux ,
& l'ancien quartier de ces Villes porte encore
le nom de Cité, on leur donna auffi
fimplement le nom du Peuple , Parifii , Bellovaci
, Atrebates , Lemovices , Petrocorii ,
Paris , Beauvais , Arras , Limoges , Perigueux.
CE DECEMBRE 1744 84
۲۴
Fe
Dans la Narbonnoiſe les Peuples avoient
perdu une partie de leurs Villes , vingt Colonies
furent établies ſur leurs territoires ,
les Senats de ces Colonies n'étoient point
un ordre repréſentatif de l'ancien Peuple ,
&par conséquent l'aſſemblée ou la refidence
du Senat dans une Capitale , n'a pu
donner à cette Capitale le nom du Peuple,
ainſi les Villes de Narbonne , de Toulouſe
de Nimes , d'Arles , d'Avignon , d'Orange ,
de Valence , de Vienne & des autres Colonies
auront conſervé leur nom primitif.
7
M. L. B. examine dans quel tems les
Villes ont pris dans les Gaules le nom du
Peuple ; il trouve peu d'exemples de ce
changement ſous les premiers Empereurs ;
cet uſage eſt plus clairement établi dans
quelques Inſcriptions du troifiéme fiecle ; il
devint plus commun dans le quatriéme ;
on le remarque dans les Reſcrits des Empereurs
, fur des Medailles Imperiales , dans
les Itineraires : le changementne ſe fit que
par dégrés . Alors les Villes portoient deux
noms', l'ancien , & le moderne qui étoit
lenom du Peuple , pendant que les Romains
nommerent la Ville de Paris , Parifii , les
Gaulois lui donnoient encore le nom de
Lutetia ; mais à la fin du quatriéme ſiécle ,
le changement devint preſque général , nous
voyons dans la Notice des Provinces & des
86 MERCURE DE FRANCE.
Cités de la Gaule , qui fut redigée ſous l'Empire
d'Honorius , que quarante-cinq Villes
portoient le nom de leur Peuple. Cependant
les Villes de Rouen , de Bordeaux ,
de Besançon & pluſieurs autres ont confervé
leur ancien nom , M. L. B. examine
pourquoi elles ne ſuivirent pas l'uſage général.
La nouvelle Denomination a fubfifté fous
nos Rois , comme on le voit dans les Hiftoriens
, dans les Chartes , dans les Actes publics
, ſur les anciennes Monnoyes , &dans
les autres Monumens de l'Hiſtoire de France,
uſage qui s'eſt perpetué juſqu'aujourd'hui,
des Inscriptions & Belles-Lettres le 13
Novembre 1744.
N
Ous avons promis de rendre compte
à nos Lecteurs de la féance publique
de l'Académie des Belles - Lettres du 13.
Novembre dernier. M. Freret Sécretaire
perpétuel de cette Académie lut d'abord
l'Eloge de M. l'Abbé de Rothelin , Académicien
honoraire de l'Académie des Belles-
Lettres, mort le 17 Juillet 1744 .
Nous allons en donner ici l'extrait.
au
CHARLES D'ORLEANS DE ROTHELIN
né à Paris le 5 Août 169 1 étoit le ſixiéme
des enfans de Henri d'Orléans Marquis de
Rothelin , tué le 18 Septembre ſuivant
combat de Leuze à la tête des Gendarmes,
& de Gabrielle - Eléonore de Montaut de
Navailles , ſeconde fille du Maréchal Duc
de Navailles mort dès l'année 1684,
Il ſe trouva dans une eſpece d'indépendance
à l'âge de 9 ans , ayant perdu fucceffivement
dans l'eſpace de deux années la
Marquiſe de Rothelin ſa mere & la Maréchale
de Navailles fon ayeule. Mais une foeur
DECEMBRE. 1744. 6
plus âgée que lui de 14 ans & reſpectable
dès-lors par fon mérite & ſa vertu lui tint
lieu de mere, & le jeune Abbé de Rothelin ,
né avec les plus heureuſes diſpoſitions pour
le coeur comme pour l'eſprit , ſe ſoumit
avec une joye pleine de reconnoiſſance à fon
autorité.
Il fut mis très-jeune en penfion auCollege
d'Harcourt. L'Auteur de l'Eloge fans
s'arrêter au détail de ſes premieres étudesqu'il
fit avec un ſuccès brillant , infifta particulierement
ſur la généroſité remarquable
avec laquelle n'ayant encore que 13 ans
1& cadet d'une Famille nombreuſe , il ſe
chargea ſecrettement de la ſubſiſtance d'un
Précepteur , homme de mérite , que des.
infirmités fâcheuſes avoient obligé d'ôter
d'auprès de lui. Il rendit compte enſuite de
ſes progrès rapides dans l'Etude de laThéologie
à laquelle il ſe livra tout entier , parce
qu'il regardoit cette Etude comme un devoir
* de fon état , & que quelque jeune qu'il ait
été , tout ce qui ſe préſenta à ſes yeux ſous la
forme de devoir fut toujours ſacré pour lui.
Il n'eſt pas poſſible de rappeller ici le
détail intéreſſant dans lequel eſt entré M.
Freret, ſur les ſervices importans que M.
l'Abbé de Rothelin rendit en 1717 à fa
Famille dont il fut l'arbitre dans des affaires
d'une longue & pénible diſcuſſion,fur fon
62 MERCURE DE FRANCE.
voyage & ſon ſéjour en Italie où il puiſa la
connoiffance & legout des Médailles , ſur le
magnifique Cabinet qu'il en forma en aflés
peu de tems , ſur les différentes ſuites qui
compoſent cette riche collection , l'une des
plus belles de l'Europe de l'aveu des Connoiffeurs
, enfin ſur la Bibliotheque qu'il
laiſſe , Bibliotheque nombreuſe formée
avec un gout infini , digne en un mot de
la réputation dont elle jouit , & qui eft
l'aſſemblage non ſeulement des meilleurs
Livres en tout genre , mais encore des plus
rares & des plus finguliers.
Après ces détails circonstanciés , M. Freret
rendit un compte exact de tout le travail
que M. l'Abbé de Rothelin avoit ertrepris
pour mettre le Poëme de l'Anti- Lucrece en
état de paroître. M. le Cardinal de Polignac
avec lequel il étoit lié depuis longtems
par l'amitié la plus intime , le lui avoit
remis en mourant , en lui laiſſant la liberté
de le donner au Public , ou de le ſupprimer.
Arbitre du fort de cet important Ouvrage
, il ne négligea rien pour répondre à
la confiance de ſon Auteur , & s'étant afſuré
par un grand nombre de lectures réfléchies ,
faites avec tous ceux qu'il a cru capables
d'en juger , qu'il méritoit d'être publié , il a
peu de tems avant ſa mort remis le manufcrit
dans l'état où il doit paroître , à un
DECEMBRE. 1744.. 63
homme de mérite qui s'eſt chargé du ſoin
de l'Edition . M. l'Abbé de Rothelin en avoir
commencé la Traduction , mais ſa ſanté ne
lui permettant pas de continuer ce travail ,
il s'eft borné au premier Livre , & a chargé
du reſte un jeune homme qu'il aimoit , &
dont le caractére & les talens méritoient:
cette marque de ſa confiance. La Tiaduction
faite fous ſes yeux ſera en état deparoî--
tre avec le Texte Latin.
* •Il eſt peu d'Auteurs que l'amour de leurs
productions eût pu foutenir dans un travail
auffi long , auſſi fatiguant , & méme auſſi
déſagréable que celui auquel M. l'Abbé de
Rothelin s'étoit engagé pour l'Ouvrage d'un
Ami mort. Auffi étoit-il animé par un motifbien
plus noble , dont on a cru devoir
rendre compte.
つか
» Les premiers momens de la perte d'un
Ami , difoit - il , ne font pas ceux où cette
>> perte eſt plus douloureuſe : on s'empreſſe.
alors de la partager avec nous , on mêle
ſes regrets avec les nôtres. Notre Ami
vit encore dans le ſouvenir de ceux qui
> nous en parlent , mais quand le tems a ef-
৩১
دد
သ
১১ facé fon nom de la mémoire des autres
>> hommes , quand on ne nous en parle plus ,
>> quand il ne vit plus que dans notre coeur,
22 c'eſt alors que nous reſſentons toute l'é-
5. tendue de notre perte. Le ſeul moyen
64 MERCURE DE FRANCE.
১১
ॐ
d'en adoucir l'amertume , ajoutoit- il,
c'eſt de faire revivre notre Ami dans la
mémoire des hommes , c'eſt de les forcer
>> en quelque ſorte de s'en occuper. L'eſpérancé
de rendre ce ſervice au Cardinal de
Polignac avoit foutenu M. l'Abbé de Rothelin.
Une délicateſſe de ſentimens ſi rare fufiroit
pour donner une idée de ſon caractére
; caractére aimable que l'Auteur de l'Eloge
s'eſt attaché principalement à développer ,
&dont il a réuni tous les traits dans un tableau
qui le peint au naturel. Il le repréſente
plein de ſenſibilité pour ſes Amis , extrêmement
attentif à remplir juſqu'aux moindres
devoirs de l'amitié , mais n'exigeant rien
d'eux , & recevant les témoignages de leur
attachement&de leur reconnoiffance , comme
un préſent de leur part. On le voit annonçant
ce qu'il étoit par un air de dignité
&'de décence répandu ſur toute ſa perfonne
, mais qu'une noble ſimplicité rendoit infiniment
aimable. Plein de douceur , mais fans
foibleſſe ; toujours vrai& même très-ferme,
lorſque la raifon , la vertu ou la fidélité à
fes Amis demandoient qu'il le fut : naturellement
ſérieux , mais portant dans le commerce
ordinaire une gayeté douce qui ſe
faiſoit ſentir dans ſes converſations les plus
folides . Enfin un dernier trait qui achevé de
DECEMBRE. 1744. 65
2
le caractériſer , & qui donne un prix réel à
ſes autres qualités , c'étoit un attachement
fincére pour ſa Religion. Une ame comme
la fienne , dont la vertu & la raiſon avoient
toujours réglé tous les mouvemens , étoit
faite , ſuivant la remarque de l'Auteur de l'Eloge
, pour être une ame religieuſe. Lorſque
l'occaſion de défendre la vérité de la Religion
ſe préſentoit , il le faifoit toujours avec
force , mais ſans que la vivacité de ſa
perfuafion altérât jamais la douceur de fon
caractére , il croyoit que c'eût été rendre un
mauvais ſervice à la vérité , que d'employer
pour la défendre le langage de la paffion.
Sa poitrine qui avoit toujours été très-délicate
, fut abfolument attaquée au commencement
de cette année : il prévit des premiers
les ſuites inévitables de ſa maladie :
mais dans le tems même qu'il étoit le plus
occupé des penſées que doit inſpirer la vue
d'une fin prochaine , il cherchoit encore à
épargner cette idée à ſes Amis , & à une Famille
à qui il étoit infiniment cher. Dans ces
fortes de maladies l'ame conferve juſqu'au
dernier moment toute fon activité. Rien ne
la diſtrait du ſpectacle d'une mort qui s'approche
à chaque inftant , & qui s'empare de
nous en détail . C'eſt alors que la patience
devient d'un uſage bien difficile , ſurtout cette
patience continue , tranquille , ſans appareil
& même sans effort, telle qu'a été celle de
M.l'Abbé de Rothelin pour qui l'expression
de posséder son ame en paix sembloit avoc
été faite suivant la reflexion de M. Freret:
M. l'Abbé de Rothelin est mort dans loI
sentimens de Religion dont il avoit toujours
été pénétré. Il conferva jusqu'au dernier info
tant l'usage de sa raison, & dit le dernie
adieu à chacun de ses Amis en particulier!
avec la même fermeté que s'il s'en sut sépar
pour un voyage.
Cet éloge
fut
suivi d'un Mémoir e lu pa.
M. Freret fous lé titre d'Observations Géné
raies sur l'étude de l'ancienne Philosophie.
Une reflexion générale commença ce Mê
moire & annonça le but de l'Auteur.
remarqua que dans le cours des disputes qui
la comparaison des Anciens & des Moden
nes fit naître vers la fin du siécle passé
,
le,
Partisans de l'Antiquité épris du mérite de
Anciens en Poësie & en Eloquence, parCl:
que ce genre de mérite étoit le seul qu'iH
fussent en état de bien sentir, les considés,
t
rerent uniquement commePoëtes ou commu
Orateurs, jamais comme Philosophes; qui
ce silence de leur part sur un point decettéimportance,
a été regardé comme un aveu
formel de la supériorité des Modernes dans
les matieres Philosophiques, & que c'est ;
cette cause qu'il faut principalement attri
.1.
uer le peu de cas que l'on fait aujourd'hui
b la Philosophie ancienne.
M. Freret entreprenoit de prouver comien
ce mépris qu'affectent la plûpart de
eux qui s'appliquent aux sciences exactes,
fl mal fondé; il le fit d'abord par une Obrvation
fort simple. Il leur demanda si ce
'est pas aux Anciens qu'ils doivent les Elemens
de ces Sciences, Elémens nécessaiès
& d'un usage indispensable; s'ils connoisent
dans la Géométrie, dans la Dialeéctilue,
dans l'Astronomie d'autre route que.
celle qui leur a été frayée par les Anciens.
A remarque que ces Elemens qui ne font autre
chose que les vérités primitives, les Principes
fondamentaux de nos connoissances,
ont été le résultat d'une longue fuite d'Observations
& de découvertes, fruit pénible
de Combinaisonsdifficiles, de Méditations
profondes & refléchies, dont des hommes
d'un génie supérieur étoient seuls capables.
D'où il fuit que si nous avons tiré de ces
Principes des conséquences inconnues à ceux
qui nous ont précédé, nous ne sommes pas
en droit de les mépriser, que nous devons
au contraire désirer de nous instruire du
chemin qui les a conduits à de pareilles
connoissances
,
étudeintéressante qui non
feulement apprendroit l'Histoire la plus inftruétive
& la plus agréable de toutes
68 MERCURE DE FRANCE .
celle de l'eſprit humain , mais qui pouroit
occafionner d'utiles découvertes. C'eſt ce
que M. Freret prouva par un exemple célebre
, par celui du ſçavant M. Halley qui
nous apprend lui-méme par un Mémoire
imprimé en 1691 , que c'eſt dans ce que
rapportent Geminus , Pline , Ptolemée , &
même Suidas , des propriétés attribuées par
les Chaldéens à leurs Sares Astronomiques
ou Périodes de 223. lunaiſons qu'il avoit
puiſé l'importante vuë à laquelle l'Aſtronomie
& la Navigation ſont redevables de
ſon travail , pour déterminer le mouvement
de la Lune. Combien de ſemblables découvertes
ne produiroit pas l'Hiſtoire des anciennes
opinions Philofophiques , étudiée
par des hommes du mérite de M. Halley !
C'eſt la conclufion que tira M. Freret , &
que tous ſes Lecteurs tireront avec lui. Il
ajoûte qu'à meſure que l'Hiſtoire naturelle
s'eſt perfectionnée , on a reconnu la vérité
de pluſieurs faits avancés par les Anciens &
traités de fables par les Modernes. Le hazard
ſeul a occaſionné la plupart de ces découvertes.
Un examen attentif qui ſçauroit
mettre à profit les fautes mêmes & les mépriſes
des Anciens , ne rendroit-il pas ces
hazards plns fréquents ? La découverte des
Satellites des Planettes , celle de cet amas
de petites Etoiles qui compoſent la voie
DECEMBRE هو 1744
lactée , font dûs au Teleſcope , préſent du
hazard , perfectionné par l'illuſtre Galilée .
Les Anciens privés de ce ſecours ne pouvoient
deviner les Satellites , mais ils ont
ſoupçonné l'exiſtence des Cometes ; la raiſon
que donnoient les Pythagoriciens de l'apparence
lumineuſe qui les accompagne ne
deshonoreroit pas la Phyſique Moderne ;
pour la voie lactée , le raiſonnement ſeul les
avoit convaincu de ce que le Teleſcope nous
a fait voir ; l'Iſochroniſme eſt une propriété
des vibrations du Pendule dont Galilée &
Riccioli ont les premiers fait uſage parmi les
Modernes , mais les Aſtronomes Arabes la
connoiffoient & l'appliquoient aux Obfervations
Aſtronomiques. Si on ne fit pas alors
ſervir cette découverte aux uſages ordinaires
de la vie , ce fût le défaut d'un certain concours
de circonstances , ſans la réunion defquelles
elle feroit une ſeconde- fois retombée
dans l'oubli dont on l'a préſervée en la faiſant
entrer dans la conſtruction des Horloges.
De tous ces exemples & d'une infinité
d'autres qu'une plus grande familiarité avec
les Anciens nous offriroit , l'Auteur conclud
qu'un grand nombre de découvertes Modernes
& de Siſtemes nouveaux ne ſont au
fond que des opinions anciennes , abandonnées
peut- être & repriſes déja pluſieurs fois ,
& qui ſe ſont préſentées de nouveau à des
70 MERCURE DE FRANCE
hommes qui s'en croyant les Auteurs , ont
mis tout en oeuvre pour les faire valoir. Telle
eſt entre autres le ſyſteme Neutonien qui
dépouillé de l'appareil de ſes calculs , ſe réduit
à celui d'Empédocle : les deux forces
en équilibre à l'action oppoſée deſquelles cet
ancien Philoſophe attribuoit la formation de
l'Univers ,& qu'il défignoit poëtiquement par
les termes figurés d'Amour & de Diſcorde ,
ne font autre choſe que l'attraction Neutoniene
, & le mouvement de tranflation . М.
Freret convient que la ſuite des tems & des
hazards heureux mis à profit ont augmenté
le nombre de nos connoiſſances particulieres
, mais il doute qu'ils ayent fourni de nouvelles
idées générales ; ils n'ont ſouvent fervi
qu'à faire revivre de vieilles opinions décriées
depuis long-tems , comme celle de l'Electricité
univerſelle de tous les corps , des amours
&de la différence du Sexe dans les Plantes ,
&c. Les forces de l'eſprit humain font fi
bornées & les objets de nos connoiffances
ſi peu variés , que le nombre des Combinaifons
poſſibles de nos idées a dû s'étre épuiſé
d'aflés bonne heure , peut-être ajouta-t-il ,
ne faiſons nous depuis affés long-tems que
les repeter.
La comparaiſon détaillée des différents
Syſtêmes , Métaphiſiques des Anciens , & de
leurs opinions ſur la Phyſique particuliere ,
DECEMBRE 1744 71
avec les hypotheſes Modernes , fourniroit
bien des preuves de cette propofition. Mais
M. Freret fans embraſſer cle projet dont les
bornes d'un Mémoire ne font pas fufceptibles
, ſe contenta de donner une idée générale
des trois Syſtêmes Aſtronomiques imaginés
par les Anciens.
Quelque générale que fut cette idée , on
peut dire avec fondement qu'elle renfermoit
un abrégé clair & précis de toute l'ancienne
Aſtronomie dont elle offrit l'Hiſtoire ſous un
point de vuë auſſi intéreſſant qu'il étoit nouveau.
Nous ne pouvons ſuivre l'Auteur dans
cette explication détaillée qu'il faudroit lire
dans l'Ouvrage méme. Nous nous contenterons
de donner en peu de mots l'idée de
chaque Hypothefe.
Premier Systême. La plus ancienne eſt celle
des Egyptiens adoptée par Thales, & par
preſque toutes les branches de la Secte Ionique;
dans ce Syſteme aujourd'huifort peu.
connu la Terre , comme dans celui de Ticobrahé
, occupe le centre du monde , mais elle
y eſtmobile au tour de fon axe & fait en
24heures fa révolution d'Occidenten Orient,
les Planettes placées à différentes diftances de
laTerre font auſſi leur révolution propre dans
le même ſens , mais dans des tems inégaux ,
ſuivant la différence de leur éloignement , les
hommes leur attribuant le mouvement de
72 MERCURE DE FRANCE.
la Terre ſuppoſent que tous les corps céleftes
ont un mouvement général d'Orient
en Occident & un autre mouvement particulier
d'Occident en Orient , autour de cette
Planette , par des raiſons que nous ne pouvons
expoſer ici.
Ce Siſtême ſimple ne ſe trouvant pas fu!.
fiſant pour rendre raiſon de tous les nouveaux
Phénomenes on y fit quelques additions
que M. Freret expoſa en infiftan
particulierement ſur celle de l'obliquité de
l'Ecliptique , & fur l'Hipotheſe des deux mouvemens
de Venus & de Mercure , l'un autour
du Soleil , l'autre autour du centre commun
avec le Soleil même dont ils ſont les Sateltites
, felon l'expreffion des Anciens , double
révolution imaginée pour expliquer les différentes
fituationsde ces deux Planettes , foit
entre elles , ſoit par raport au Soleil , foit par
raport à nous.
Secondſiſtême ; il pafla au ſecond Siftême
attribué vulgairement à Ptolemée , mais qui
étoit celuides Philoſophes Athéniens . Eudoxe
de Cnide l'avoit imaginé pour réfoudre
le Problême propoſé par Platon fon maître.
Dans cette Hypotheſe la Terre eſt immobile
au centre du monde , les Planettes tournent
autour d'elle d'Orient en Occident dans l'efpace
de 24 heures , & chacune eſt de plus
attachée à un cercle particulier qui l'emporte
en
• DECEMBRE 1744 . 73
en même tems dans un ſens contraire. Ce
Cercle lui-meme eſt emporté par un autre.
Enfin Mercure, Venus, Mars , Jupiter & Saturne
ont encore un quatrićme mouvement
qui eſt la cauſe de leur Station, accélération
& rétrogradation apparentes,
Ces Cercles ou ſpheres furent d'abord au
nombre de 26. Inſenſiblement de nouvelles
apparences qui ſe préſentoient à expliquer ,
augmenterent ce nombre d'abord juſqu'à 33 ,
enfuite juſqu'à 50. Enfin pour rendre raiſon
de l'Apogée & du Perigée des Pianettes ,
quelques-uns eurent recours aux Epicycles ,
mais comme cette nouvelle ſuppoſition rerdoit
les révolutions des corps céleftes excentriques
à la Terre, le mouvement concentrique
à la terre étant regardé comme un point
de Religion, pluſieurs la rejetterent; ils aimerent
mieux multiplier les Spheres. Fracaſtor
dans le fiecle paffé en imagina juſqu'à 79 différentes
.
:
Troifiéme Sistême ; Enfin un troifiéme Siftême
, dont M. Freret foupçonne les Chaldéens
d'étre les auteurs , & que ſuivoient
les Diſciples de Pythagore , faiſoit le Soleil
centre immobile de tous les mouvemens céleftes;
il eſt conforme en toutes les parties
àcelui de Copernic , & par confequent n'a
pas beſoin d'être détaillé.
Quelque abſurde que paroiſſe le ſecond
D
74 MERCURE DE FRANCE,
Siftême , il ſeroit injuſte de rejetter cette
abſurdité ſur ſes auteurs , & le mépris qu'on
enfait n'eſt fondé que fur ce qu'on le regarde
comme une Hypotheſe Phyſique , idée fauſſe
& que détruifirent abſolument les Obſervations
de M. Freret. Il prouva clairement &
par des textes formels que ce Sittême n'étoit
donné que pour une Hypotheſe Aftronomique,
uniquement imaginéepour afſujettir
les apparences au calcul , & que les Aſtronomes
Grecs en ſentoient comme nous les
abſurdités Phyſiques , mais qu'ils étoient obligés
de l'employer par la crainte d'irriter la
ſuperſtition populaire , qui avoit fait un dogme
Religieux de l'immobilité de la Terre
au centre du monde. Que c'étoit cette crain
te qui avoit empêché Platon de ſe déclarer
ouvertement pour l'Hypotheſe Pythagori.
cienne qu'il adoptoit fécretement ſuivant
Theophrafte ; qu'Ariſtarque qui avoit ofé la
foutenir s'étoit vû accuſé publiquement d'impiété
par un Stoicien pour avoir violé le
reſpect du à Vesta , c'eſt à dire à la Terre ,
ſuivant l'explication de Plutarque , & pour
avoir troublé ſon repos. Que réduits à chercher
un moyen de concilier les apparences
céleſtes avec les idées du Peuple qu'il étoit
dangereux d'attaquer, les Philoſophes avoient
preféré au fort de Socrate & d'Anaxagore
dont ils euſſent été menacés un , Siftême ab
furde en apparence , capable d'effrayer l'iDECEMBRE
1744 75
magination , de rebuter la patience , embarafſant
pour le calcul , mais qui au fond ne
les empêchoit point de faire des calculs juſtes
& exacts comme ſont les Tables Aſtronomiques
d'Hipparque copiées par Ptolemée &
le modele de toutes celles qu'on a dreſſéesdepuis
, enfin que les Epicycles ajoutés aux
Cercles , n'ont jamais été imaginés que pour
le calcul , comme le dit expreſſément le même
Ptolemée , que cependant ces Epicycles
fontpeut-être encore , ſuivant le célebre M.
Halley , ce qu'il y a de plus ſimple pour
calculer les mouvements irréguliers de la
Lune.
Après avoir cité le malheur du célebre
Galilée , contraint d'abjurer publiquement
l'opinion du mouvement de la Terre comme
une héréfie dangereuſe , évenement qui nous
montre qu'en vieilliſſant le monde n'eſt pas
devenu plus ſage , M. Freret rechercha quelle
étoit la cauſe de cet attachement opiniatre
des Atheniens pour l'immobilité de la
Terre : il en trouve la ſource dans l'idée qu'ils
s'étoient formée de l'Univers dans le tems de
leur barbarie. Incapables alors de concevoir
que la Terre put ſe ſoutenir d'elle-même
ſans un point d'appui , ils ſe l'étoient repréſentée
comme une grande montagne dont
les racines s'étendoient à l'infini dans l'immenſité
de l'eſpace , & dont le ſommet ar
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
rondi en forme de borne étoit la demeure
des hommes. Le reſte du Siſteme céleſte répondoit
à cette idée groſſiere , que par une
fingularité remarquable des voyageurs di.
gnes de foi ont retrouvée abſolument la
même chés les Talapoins de Siam .
Les Philoſophes Athéniens furent longtems
forcés de feindre un ſcrupuleux attachement
à cette opinion. Peuà peu on s'enhardit
& on oſa la combattre , mais ce ne fut
qu'avec de grands ménagemens. La Terre
recut ſucceſſivement diverſes figures qui s'éloignoient
plus oumoins de la premiere. Enfin
les Aftronomes lui donnerent la forme
d'un corps parfaitement Sphérique , les Phyficiens
en'firent un Sphéroïde , mais fans
s'accorder ſur ſa figure , les uns le ſuppoſant
allongé par les Poles , & les autres japplati.
Le premier de ces ſentimens eſt plus ancien
& fervoit à donner raiſon des pluyes & des
neiges des Régions Septentrionales , mais les
voyages des Grecs dans l'Afrique , & leurs
Navigations dans la mer des Indes dont les
conquêtes d'Alexandre leur avoient frayé la
route , occaſionnerent des découvertes qui
firent naître le ſecond Siſtème , celui de l'aplatiſſement
de la Terre vers les Poles ,& de
fon Elevation ſous l'Equateur. Il eſt ſingulier
que la figure de la Terre , qui a fait parmi
les Modernes une Queſtion fameuſe , main.
DECEMBRE 1744 71
tenant à la veille d'être décidée , ait auſſi partagé
les Anciens. Mais ce qui n'eſt pas moins
digne de remarque c'eſt que la Coſmogonie
Egyptienne que fuivoit l'Ecole de Thalés ,
employoit pour rendre ſenſible la raiſon
qu'elle donnoit à la permanence de laTerre
au centre du Tourbillon , une expérience
célebre parmi les Modernes , celle du fluide
mû circulairement autour du centre du vaſe
qui le contient. Platon qui n'oſoit , quoiqu'il
la connût , en faire uſage , parce qu'elle fuppoſoit
le mouvement de la Terre fur ellemême
, qu'il étoit dangereux de foutenir dans
Athenes , expliquoit cette ſituation conftante
de la Terre par un raiſonnement métaphyſique
qui eſt de la même eſpece que le principe
fondamental du,Leibniſianiſme , ou que
celui de la raiſonſuffisante dont les Diſciples
de Leibnitz font aujourd'hui une des baſes
de leur Syſtême.
M. Freret termina cet expoſé général de
quelques-unes des opinions Phi'ofophiques
des Anciens , par pluſieurs réflexions qui conduiſent
à la conféquence qu'on en doit tirer.
Il convient que pour ſe former une juſte
idée de l'ancienne Philoſophie , il faut recueillir
des lambeaux lépars çà & là dans
des Auteurs ſouvent peu inſtruits de ces
matieres , que privés aujourdhui des ouvrages
méme des Philoſophes , nous ignorons
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
quel plan ils avoient ſuivi dans la liaiſonde
leurs idées & de leurs Siftémes , qui font à
notre égard comme ces Statuës antiques
dont il ne nous reſte que des débris.
Nous devons ajouta-t-il , la même juſtice
aux anciens Philoſophes qu'aux anciens Sculpteurs
. Il faut juger des parties que nous
avons perdues par celles qui nous reſtent ,
penſer que leur aſſemblage formoit un tout
& non pas un monftre.
C'eſt tout ce qu'il demanda, Car il ſe déclara
bien éloigné de donner une préférence
abſolue aux Anciens ſur les Modernes , &
de ſe livrer à une prévention aveugle déterminée
à tout admirer. Il n'attaqua que le
mépris qu'on témoigne pour eux. Il fit ſentir
que la différence des fiécles n'enmetpoint
entre les hommes , qu'il faut mefurer leur capacité
& leurs talens moins par le terme
où ils ſont arrivés , que par le point d'où ils
font partis , & par les obſtacles qu'ils ont
eu àvaincre ; que ſi les Modernes ont quelque
avantage ſur les Anciens , c'eſt d'être
venus après eux , c'eſt de marcher fur leurs
traces , & d'être inſtruits , non ſeulement par
leurs découvertes , mais encore par leurs mépriſes,
& qu'ainſi ceux qui dédaignent fi fort
l'étude de l'Antiquité ſe privent de cet avantage
, que bornés à la Génération préſente ,
& ignorans le paffé , il n'est pas étonnant que
tout foit nouveau pour eux,
DECEMBRE. 1944;
De ces réflexions , & du détail intéreſ
ſant qui les précede , ne doit-on pas conclure
que fi une admiration ſans bornes
pour les Anciens eſt une ſuite de la pré
vention , le mépris aujourd'hui ſi commun
qu'on affecte pour eux , eſt de ſon côté
l'effet de l'ignorance , & qu'entre ces deux
excès ſi condamnables , il eſt un juſte milieu
? Mais le juſte milieu eſt un état ſi violent
pour la plupart des hommes , comme
le dit l'Auteur de ce Mémoire , qu'il fera
toujours bien difficile de les y amener.
Monfieur l'Abbé Belley lut enſuite un
Mémoire ſur l'ordre Politique des Gaules
qui a occaſionné le changement de nom
de pluſieurs Villes.
Meſſieurs de Valois & de Longueruë , &
d'autres Ecrivans , même Etrangers , ont
remarqué que pluſieurs Villes de la Gaule
avoient quitté leur nom ancien & s'étoient
approprié le nom du Peuple dont ces Villes
étoient les Capitales ; ainſi Lutetia fut nommée
Parifii ; Durocortorum , Remi ,Agedincum
, Senones , Avaricum , Bituriges , quarante-
cinq Villes dans l'étendue des Gaules
qui furent conquiſes par Jules-Cefar ont
admis ce changement ;il ſe reconnoît à peine
une fois dans la Province Narbonnoiſe . M.
L. B. a crû devoir rechercher la cauſe d'un
changement fi commun dans une partie de__
80 MERCURE DE FRANCE.
la Gaule , & preſque ſans exemple dans l'au
tre ; il s'agit de ſçavoir comment ſe ſont établis
les noms de Paris , de Reims , de Sens ,
de Bourges & de pluſieurs autres Villes de
France. La queſtion devient plus intéreſſante
, fi cette dénomination eſt ſondée ſur l'ancien
gouvernement établi dans ces Villes ,
& fi la différence d'uſage qu'on remarque
dans les parties de la Gaule , vient de la
différente condition des Peuples. La connoiſſance
de l'ancien état des Peuples & des
Villes eſt un des grands objets de l'Hiſtoire ;
les éclairciſſemens que donne M. L. B. répandent
un grand jour ſur le gouvernement
des Romains dans la Gaule , & par une
conféquence néceſſaire ſur les premiers tems
de la Monarchie Françoiſe. Nous ne pouvons
donner qu'un Extrait abregé de ce Mémoire.
Les Romains envoyerent dans la Gaule
pour la défenſe des Marſeillois leurs anciens
Alliés , des armées qui dans l'eſpace de s
ans conquirent le Pays , compris entre la
Mer Mediterranée , les Alpes , le Rhône ,
les Cevennes , la Garonne & les Pyrenées.
Cette guerre ſe fit de la part des Romains
avec animoſité. Domitius & Fabius Maximus
leurs Genéraux, pour perpétuer le ſouvenir
de leurs Victoires , firent élever des
Monumens & des Trophées , contre l'uſage
DECEMBRE 1744, 81
du Peuple Romain , qui ſuivant Florus ,
n'inſulta jamais à l'ennemi vaincu. Le Pays
conquis fut réduit en Province , & nommé
la Province Narbonnoiſe du nom de Narbonne
, ſa ville Metropole, ou ſimplement la
Province de la Gaule. Le Senat lui impoſa
des conditions très-dures ; ſes Peuples
furent dépouillés d'une partie de leurs Villes
& de leurs Terres ; on exigea d'eux des
tributs en argent , de groſſes contributions
de Vivres pour les armées Romaines ; plufieurs
Colonies furent établies ſur leurs Territoires
, & ſe multiplierent dans la ſuite
juſqu'au nombre de vingt. L'ancien habitant
, qui vivoit ſous la Jurisdiction de la
Colonie , avoit perdu ſes meilleures Terres ,
il déploroit la perte de ſa liberté , il n'avoit
plus ni Loix , ni Magiſtrat de ſa Nation.
La condition des Peuples de la Narbonnoiſe
étoit ſi déplorable que Critognate la
répreſente aux Gaulois affiégés dans Aliſe
comme le plus puiſſant motif pour défendre
leur liberté juſqu'à la derniere extrémité.
*
Refpicite finitimam Galliam , quæ in Provinciam
redacta , jure & legibus commutatis ,
Securibus subjecta , perpetua premitur fervitute
.
Les Gaules conquiſes par Jules-Ceſar re-
* De Bello Gall. L. VII.
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
çurent un traitement bien différent ; ce Général
dans le cours de huit Campagnes afſujettit
à la domination Romaine la vaſte
étendue des Gaules depuis les frontieres de
la Province juſqu'au Rhin & à l'Ocean ,
& les réduifit en Province. Le Vainqueur
ne leur impoſa aucunes nouvelles charges ,
il ſe contenta d'un tribut de quarante millions
de ſeſterces ( quadringenties ) qui fercient
de notre monnoye au prix actuel du
marc d'argent, environ huit millions ſept cent
cinquante mille livres , ſomme modique , fi
l'on confidere l'étendue & la richeſſe du
Pays , ſur lequel elle fut impoſée ; & ce
tribut ſe leva ſous lenom le moins odieux ,
Stipendii nomine , pour l'entretien des troupes
deſtinées à maintenir la paix & la tranquillité
des Peuples .
Un autre avantage que cette partie des
Gaules conſerva en général au deſſus de la
Province , c'eſt que ſes Peuples ne furent
point troublés dans la poſſeſſion de leurs
Villes& de leurs Terres. Les Romains n'envoyerent
dans leur pays qu'un petit nombre
de Colonies ; on ne connoit que la Colonie
de Lyon dans la GauleCeltique ouLyonnoife
, qui étoit la troifiéme partie des Gaules
; trois Colonies dans le Pays des Helvetiens
, quatre dans la Belgique , une feule
dans toute l'Aquitaine ; ces établiſſemens
DECEMBRE 1744. 83
ne ſe firent point pour châtier ou pour contenir
les Naturels du Pays ; les Colonies
furent preſque toutes placées ſur le Rhin
pour affurer cette frontiere contre les courſes
des Nations Germaniques.
Les Romains enfin conſerverent ou retablirent
dans les Cités de la Gaule l'ancienne
forme de Gouvernement il étoit
Ariftocratique , un Senat compofé d'un certain
nombre de Perſonnes formoit le Confeil
commun de chaque Cité ou de chaque
Peuple ; les Commentaires de Cefar font
mention d'un Senat dans les Cités d'Autun
, de Sens , de Reims , de Beauvais , d'Evreux
, de Liſieux , de Vannes & des Nerviens
; c'étoit l'ordre politique généralement
établi. Cependant au tems de la Con--
quête , les Grands avoient ufurpé dans plufieurs
Cités la puiſſance Souveraine ; la Domination
Romaine chaffa ces Tyrans , & rendit
aux Peuples l'autorité de leurs Senats , cet
ordre fut maintenu par les Empereurs , comme
on le voit par pluſieurs Monumens du
haut & du bas Empire ; il a même ſubſiſté
ſous les premiers Rois de France , on en
trouve encore des veſtiges ſous la troiſieme
Race , preſque juſqu'à notre fiecle.
Ce Parallele fait affés connoître com.
bien la condition de la Narbonnoiſe fut differente
de l'état du reſte des Gaules : les
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
Peuples des Gaules ayant conſervé ſous les
Romains l'autorité de leurs Senats , il eſt
facile de concevoir comment les Villes Capitales
auront perdu leurnom primitif, pour
prendre celui du Peuple.
Le Senat étoit le premier ordre du Peuple
, une aſſemblée repréſentative du Peuple,
ſouvent conſidérée comme le Peuple
même,au nom duquel elle agiſſoit ; le Senat
s'aſſembloit dans la Ville Capitale de chaque
Peuple ou Cité , M. L. B. le prouve par
pluſieurs Monumens. Cette Capitale prit ou
plutôt reçut le nom de la Cité & du Peuple.
Il eſt aſſés ordinaire de comprendre
ſous la même denomination les lieux & les
perſonnes : les noms de Senat , de Ville ,
de Province & pluſieurs autres ſont ſouvent
pris dans cette double acception.
Ainfi les Capitales des Peuples Parifii ,
Bellovaci Atrebates , Lemovices , Petrocorii
&c. furent nommées Civitas Parifiorum ,
Bellovacorum . Artrebatum , Lemovicum
Petrocoriorum , la Cité de Paris , de Beauvais
, d'Arras , de Limoges , de Perigueux ,
& l'ancien quartier de ces Villes porte encore
le nom de Cité, on leur donna auffi
fimplement le nom du Peuple , Parifii , Bellovaci
, Atrebates , Lemovices , Petrocorii ,
Paris , Beauvais , Arras , Limoges , Perigueux.
CE DECEMBRE 1744 84
۲۴
Fe
Dans la Narbonnoiſe les Peuples avoient
perdu une partie de leurs Villes , vingt Colonies
furent établies ſur leurs territoires ,
les Senats de ces Colonies n'étoient point
un ordre repréſentatif de l'ancien Peuple ,
&par conséquent l'aſſemblée ou la refidence
du Senat dans une Capitale , n'a pu
donner à cette Capitale le nom du Peuple,
ainſi les Villes de Narbonne , de Toulouſe
de Nimes , d'Arles , d'Avignon , d'Orange ,
de Valence , de Vienne & des autres Colonies
auront conſervé leur nom primitif.
7
M. L. B. examine dans quel tems les
Villes ont pris dans les Gaules le nom du
Peuple ; il trouve peu d'exemples de ce
changement ſous les premiers Empereurs ;
cet uſage eſt plus clairement établi dans
quelques Inſcriptions du troifiéme fiecle ; il
devint plus commun dans le quatriéme ;
on le remarque dans les Reſcrits des Empereurs
, fur des Medailles Imperiales , dans
les Itineraires : le changementne ſe fit que
par dégrés . Alors les Villes portoient deux
noms', l'ancien , & le moderne qui étoit
lenom du Peuple , pendant que les Romains
nommerent la Ville de Paris , Parifii , les
Gaulois lui donnoient encore le nom de
Lutetia ; mais à la fin du quatriéme ſiécle ,
le changement devint preſque général , nous
voyons dans la Notice des Provinces & des
86 MERCURE DE FRANCE.
Cités de la Gaule , qui fut redigée ſous l'Empire
d'Honorius , que quarante-cinq Villes
portoient le nom de leur Peuple. Cependant
les Villes de Rouen , de Bordeaux ,
de Besançon & pluſieurs autres ont confervé
leur ancien nom , M. L. B. examine
pourquoi elles ne ſuivirent pas l'uſage général.
La nouvelle Denomination a fubfifté fous
nos Rois , comme on le voit dans les Hiftoriens
, dans les Chartes , dans les Actes publics
, ſur les anciennes Monnoyes , &dans
les autres Monumens de l'Hiſtoire de France,
uſage qui s'eſt perpetué juſqu'aujourd'hui,
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Résumé : SEANCE publique de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres le 13 Novembre 1744.
Lors d'une séance de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres du 13 novembre 1744, M. Freret a rendu hommage à l'Abbé de Rothelin, académicien honoraire décédé le 17 juillet 1744. Né à Paris en 1691, Charles d'Orléans de Rothelin devint orphelin à neuf ans et fut élevé par une tante. Il se distingua par sa générosité et ses études en théologie. En 1717, il se rendit en Italie, où il acquit une connaissance approfondie des médailles et constitua une collection prestigieuse. Il supervisa également la publication du poème de l'Anti-Lucrece du Cardinal de Polignac. L'Abbé de Rothelin était reconnu pour sa noble simplicité, sa douceur, sa fermeté et sa gaieté douce. Profondément religieux, il défendait la vérité avec force mais sans passion. Sa santé se détériora en décembre 1744, mais il conserva sa raison et sa patience jusqu'à sa mort. M. Freret critiqua ceux qui méprisent la philosophie ancienne tout en admirant la poésie et l'éloquence des Anciens, soulignant que les sciences modernes reposent sur les éléments fondamentaux établis par les Anciens. L'abbé Belley présenta un mémoire sur l'ordre politique des Gaules, expliquant les changements de noms de plusieurs villes gauloises. La conquête romaine de la Gaule est divisée en deux phases : la Narbonnaise et les Gaules conquises par Jules César. Les Romains imposèrent des conditions dures aux peuples de la Narbonnaise, tandis que Jules César imposa un tribut modéré aux Gaules conquises, respectant davantage leur autonomie. Les Romains établirent peu de colonies et conservèrent ou rétablirent les gouvernements aristocratiques locaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5604
p. 87-100
Mémoires de Melvil, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Nous avons annoncé dans le second Volume du mois de Novembre les [...]
Mots clefs :
Roi, Angleterre, Marie Stuart, Reine, Régent, Mémoires, Écosse, Parti, Melvil, James Melville de Halhill
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires de Melvil, Extrait, [titre d'après la table]
N
Ous avons annoncé dans le ſecond
Volume du mois de Novembre les
Mémoires de Melvil , traduits de l'Anglois ,
avec des additions conſidérables , en z volumes,
dont le troifiéme contient les Lettres de Marie
Stuart. Ce Livre imprimé à Edimbourg chés
Barrows & Young , porte la datte de 1745,
quoique la veuve Barrois ait commencé à le
débiter à Paris dès le mois de Novembre
1744.
Les Mémoires ne ſont pas la partie la
moins curieufe des Monumens Hiſtoriques ,
mais il feroit dangereux de les lire ſans
précaution. Ceux qui font à portée de laifſer
à la pofterité ces fortes d'Ecrits , font
preſque toujours des gens qui ont été toute
leur vie engagés dans les affaires ; la prévention
, l'attachement au parti qu'ils ont fuivi
prévalent ſur l'amour de la vérité , & les empêche
même quelquefois de la connoître.
De-là les contradictions ſi fréquentes entre
tous les Ecrivains de Mémoires. Ce ne font
pasdes témoins qui dépoſent de la vérité
des faits , ce font des Parties qui plaident
1
88 MERCURE DE FRANCE.
leur cauſe , & qui ne négligent rien pour la
faire valoir , & pour tromper leurs Juges.
Un autre défaut ne leur eſt pas moins
ordinaire. Combien en voit-on qui ayant
été employés dans quelque ſubdiviſion d'une
grande affaire , ne preſentent au Lecteur
que cette face , parce que c'eſt la ſeule qu'is
ont apperçue ? La plupart des hommes ne
peuvent conſentir à ſe perdre de vûe , & il
n'y a que les eſprits ſupérieurs qui ſe garantiſſent
ſur cet article des ſéductions de
l'amour propre.
Onne doit cependant pas conclure de
ceci qu'il faut traiter les Mémoiresde fables.
Autant il feroit dangereux de leur accorder
une confiance aveugle , autant ſeroit- il deraiſonnable
de leur refuſer toute créance:
un bon eſprit ſçait difcerner le vrai d'avec
le faux par un examen exact ; il connoît
quand un homme le trompe par défaut de
lumieres après s'être trompé lui-meme , ou
lorſque de deſſein prémédité il lui en impoſe.
La vérité n'échappe guéres à des yeux
éclairés qui la cherchent , & il eſt ſi rare de
trouver des impoſteurs qui ne foient bientôt
reconnus pour tels , que ce vice devroit
être ſans exemple.
Les Mémoires de Melvil font un des plus
précieux Monumens Hiſtoriques de ſon tems,
pour ce qui concerne l'Histoire d'Angleterre
1
1
-----
DECEMBRE. 1744. 8
& d'Ecofle, Il étoit le contemporain , le Miniftre
& l'ami de Marie Stuart : ſa naiſſance
étoit diftinguée, & la confiance que pluſieurs
Princes qu'il fervit eurent en lui , prévient
en faveur de ſa capacité.
Marie Stuart l'employa dans pluſieurs
négociations importantes , juſqu'au tems où
ſes propres Sujets l'empriſonnerent à Lockcleven.
Les quatre Regens qui gouvernerent
fucceſſivement l'Ecoſſe pendant la captivité
de la Reine , traiterent Melvil avec honneur
& avec confiance. Il demeura toujours attaché
au parti du Roi pendant la détention de
Marie , & lorſque Jacques VI commença
de régner , cette Princeſſe lui recommanda
particulierement Melvil comme le plus fidéle
& le plus habile Miniftre qu'il pût employer.
Il ſe maintint en faveur auprès de Jacques
VI , juſqu'au tems où ce Prince alla prendre
poſſeſſion de la Couronne d'Angleterre ,
mais il ne voulut point le ſuivre dans ce Pays,
& malgré les inftances & les offres que le Roi
lui fit ,Melvil reſta en Ecoſſe .
Le ſtile de ces Mémoires eſt ſimple &
naïf , & développe le caractere de l'Auteur
mieux que ne feroient les traits les plus réflechis.
On y voit le modele rare d'un homme
vertueux , qui au milieu de l'agitation
des guerres civiles , parmi les factions &
• MERCURE DE FRANCE.
les intrigues , eſt inacceſſible à l'ambition ,
&n'a en vûe que le bien public , d'un Courtiſan
qui ne craint pas de dire la verité à fon
Maître , enfin d'un ſage qui dans des que
relles de Religion a le courage de ne
haïr ceux qui penſent autrement que 'ui.
pas
Ma politique , dit-il dans une Lettre ,
par laquelle il adreſſe ſes Mémoires à ſon fils,
-mapolitique a toujours été d'être vertueux.
Je ſçais que la probité pale aujourd'hui
> pour une chimere & pour une vertu dePedant,
peu utile& ſouvent nuiſible à la fortune
, mais je n'ai pu me réſoudre à m'avancer
par d'autres voies .... Occupéuni-
>> quement des interêts de mon Prince , j'ou
bliois le ſoin de ma fortune.
Que ce caractere eſt beau ! mais malheureuſement
il eſt encore plus rare.
Au reſte ſi ces Mémoires offrent le
portrait confolant d'un homme vertueux,
ony trouve auffi le récit de bien des crimes.
C'eſt un tiſſu continuel de révoltes , de
brigandages , de noires intrigues , d'infignes
trahifons.
Les foibleffes & les malheurs de Marie
Stuart font trop celebres pour nous arrêter
long-tems fur cette partie des Memoires de
Melvil. Il la peint auſſi foible qu'ambitieu
ſe, voulant opprimer la liberté de l'Ecoffe ,
i
DECEMBRE. و . 1744
troubler l'Angleterre , pendant qu'elle
* obéifſoit en eſclave aux caprices d'un Amant
qui la maltraitoit. Elizabeth , qui ſans étre
exempte de la même paſſion , ne lui laiffoit
pas prendre cet empire abſolu , ſçut bien
profiter des égaremens de Marie'; elle alluma
& entretint en Ecoſſe le feu de la guerre
civile , par une politique excuſable peut-
* être , puiſqu'il eſt certain que ſans cela la
Reine d'Ecoffe lui auroit caufé en Angleterre
de fâcheux embarras. La moitié des
Anglois , & fur-tout les Catholiques , adoroient
Marie , & defiroient ardemment de
la voir nommer heritiere préſomptive de la
Couronne d'Angleterre , ce qui , vu le ca
ractere inquiet de la Nation , le nombre de
Efes Partifans , & les circonstances , ne lui auroit
laiſſé peut - être qu'un pas faire pour
monter au Trône même avant la mort d'Elizabeth
.
Tel eſt le récit de Melvil dont nous fommes
bien éloignés de vouloir être les garants;
nous avertiſſons au contraire nos Lecteurs,
quedes Auteurs reſpectables ont entrepris de
juftifier Marie Stuart.
La France qui auroit dûdonner du ſecours
àune Reine veuve d'un de ſes Rois,regardoit
d'un oeil tranquille toutes ces tempêtes. Le
Gouvernement François ne voyoit point ſans
jaloufie les Couronnes d'Angleterre & d'E
2 MERCURE DE FRANCE.
:
coſſe prêtes à ſe réunir ſur la même tête, &
n'avoit garde d'empêcher tout ce qui po
voit prévenir ou retarder cette réunion.
On ſçait aflés la ſuite funeſte qu'eurest
ces diviſions. Marie retenue en prifon pas
ſes Sujets , fut obligée d'abdiquer la Roya
té , & de laiſſer la Couronne à ſon fils alors
âgé d'environ deux ans. Ce facrifice ne ki
valut pas la liberté , mais elle s'échappa enfin
de ſa prifon , & chercha un azile en Angle
terre auprès d'Elizabeth , qui la fit arrêter,
& finit enfin par lui faire trancher la tete
après une captivité de 20 années.
S'i eft difficile d'excuſer ſes fautes , il l'est
bien plus de ne pas plaindre un fort auffi
déplorable. Cependant l'abdication de Ma
rie ne mit pas fin aux troubles d'Ecofle. Il ſe
forma une Confederation de Seigneurs qui
ſe déclarérent pour laReine , moins animés
par la fidélité qu'ils devoient à leur Souverai
ne,que pour contrecarrer le Comte deMurrai
qui avoit été nommé Régent : les deux
Partis étoient tour-à-tour le jouet de la politique
d'Elizabeth , & le Parti du Regent
fur-tout étoit l'eſclave de l'Angleterre. On
vit les Ecoffois conduits par le Regent aller
en Angleterre accuſer leur Reine , dont i's
auroient dû venger la captivité , & deshonorer
ainſi leur Roi dans la perſonne de la
mere , leur Nation , & l'humanité.
1
DECEMBRE . 1744 . 93
L'Ecoſſe étoit alors dans un état bien déplorable.
Les Nobles enhardis par la foible
ſe du régne précedent , ſe livroient ſans
crainte aux plus grands excès , & fappoient
chaque jour les fondemens de l'autorité du
Souverain , ſous prétexte de défendre leurs
privileges. Ceux qui étoient du Parti du
Roi n'étoient pas moins animés de l'eſprit
de faction que les revoltés , ils regardoient
le Regent comme un Chef de Parti , l'ouvrage
de leur choix , qui devoit leur plaire,
& n'avoir en vûe que leurs interêts , leurs
haines , leurs jalouſies , plutôt que comme
un Prince dont ils étoient obligés de reſpecter
l'autorité.Un Roi habile & ſage auroit
peut-être échoué au milieu de tant d'orages
; le Regent homme foible & vain , craignoit
de connoître toute l'étendue du mal,
&négligeoit de chercher les remédes, Il périt
enfin miferablement. Un homme de Bodwel
boug nommé ... Hamilton , l'attendit ſur
ſon paffage à Lithquo , & lui tira un coup
de fufil , dont il mourut la nuit ſuivante.
Ses Conſeillers & ſes Domeſtiques étoient
avertis, aufli-bien que lui , de cette entrepriſe;
ils en connoiſſoient l'auteur , & ils
Içavoient en quel tems & en quel lieu elle
devoit s'executer; néanmoins les amis du
Regent s'en mirent ſi peu en peine , qu'ils
pe remarquerent pas ſeulement la maiſon
94 MERCURE DE FRAN
d'où le coup étoit parti , & qui plus eft, is
laifferent échapper l'affaflin .
Les Royaliſtes appellerent à la Regence
le Comte de Lenox,qui étoit du SangRoyal,
ils députerent en même tems l'Abbé de
Dunſarling vers Elizabeth. Le principal article
de l'inſtruction de cet Abbé étoit de
prier la Reine d'Angleterre de remettre la
Reine Marie entre les mains des Seigneurs
du Parti du Roi. Elizabeth répondit qu'elle
la remetttroit volontiers entre leurs mains ,
pourvû qu'on lui donnât des otages ſuffifans
pour la ſureté de ſa vie. Cette condition eft
bien dure , repliqua l'Abbé , car qu'en arriveroit-
ilfi la Reine venoit à mourir ? Elizabeth
repartit qu'elle avoit toujours crû qu'il
১০ étoithomme d'eſprit , & qu'il ne la force-
>> roit pas à s'expliquer : fçachez donc ,
>> continua-t-elle , que mon honneur m'oblige
à demander des otages , & que c'est à vous
dejuger ce qui peut être le plus avantageux
pourmoi.
Le Comte de Lenox avoit de bonnes
intentions , mais Elifabeth & les Ecoffois en
empêcherent l'effet, Randolph, Ambaſſadeur
d'Angleterre , ouvertement déclaré pour le
Parti du Régent , diſoit en ſecret aux Seigneurs
du Parti de Marie qu'il ne pouvoit
y avoir ſans la Reine d'autorité légitime en
Ecoffe , & que tôt ou tard le Parti de cette
DECEMBRE. 1744 .
ور
1
ラ
Princeſſe prévaudroit ; il promettoit alternativement
aux uns & aux autres la protection
de l'Angleterre , & entretenoit avec
art l'animoſité des deux factions. Le long
ſéjour qu'il avoit déja fait en Ecoffe lui avoit
donné le tems de connoître les Chefs des
deux Partis , il s'étoit toujours appliqué à
s'inſtruire de leurs querelles & de leurs prétentions
réciproques. Il ſçavoit faire agir les
femmes pour faire réuffir ſes projets , il engageoit
quelquefois Elifabeth à écrire fami
Lierement à celles qui pouvoient lui être
utiles , il n'oublioit riende tout ce qui étoit
capable de corrompre les Miniſtres , & dès
qu'il en trouvoit quelqu'un ſuſceptible de
féduction , il n'épargnoit point l'argent pour
le gagner.
Il ſe forma dans le même tems une Conſpiration
en Angleterre pour mettre Marie
fur le trône d'Elifabeth. Tout étoit prêt ,
on n'attendoit que le ſignal. Cette Princeſſe
imprudente & plus infortunée en informa
le Cardinal de Lorraine fon oncle , pour lui
demander des avis & des fecours , mais celuici
en avertit la Reine mere & l'engagea à
en donner avis à Elifabeth , qui feignit de
n'en rien croire , & prit de ſages précautions.
Enfin les troubles croiſſant de jour en
jour en Ecoſſe , les Seigneurs du Parti de la
96 MERCURE DE FRANCE .
Reine firent une entrepriſe pour ſurprendre
Sterling, où le Régent étoit avec les Membres
du Parlement quiy étoit aſſemblé , is
furent repoufles , mais le Régent fut tué dans
l'attaque. Le Comte de Marr élu Régent par
les Etats , malgré les intrigues de Randolph
qui portoit le Comte de Mortoun , ne conſerva
que peu de tems une dignité ſans crédit.
Au fortird'un repas où il fut magnifiquement
traité par le Comte de Mortoun , il fut attaqué
d'un mal violent dont il mourut peu de
tems après , ce qui donna de grands foupcons
contre le Comte qui avoit été fon compétiteur.
Ce dernier fut enfin élu Régent par les
brigues des Anglois. Mieux ſecouru par Eliſabeth
que ſes Prédéceſſeurs , il extermina
la faction opoſée , mais il ne ſe preſſa pas
d'exécuter la promeſſe qu'il avoit faite de
remettre le Roi entre les mains de la Reine
d'Angleterre. Cette politique le brouilla
avec les Anglois ; ſa fierté & le mépris qu'il
eut pour la Nobleſſe lui firent perdre fatfection
des Ecoflois. Peu à peu on le mit
mal dans l'eſprit du Roi qui avançoit en
âge , il fut diſgracié par ce Prince , & finit
enfin ſes jours ſur un échafaut , & eut la tote
tranchée , comme complice de la mort du
feu Roi qu'avoit aſſaffiné Bothwel , ce qui
n'étoit qu'un prétexte.
On
DECEMBRE. 1744. 97
On vit alors la ſcene changer. L'Ecoffe
ſe trouva ſous la domination d'un jeune
Roi gouverné par deux Favoris que leur
faveur rendoit infolens , & que leur puiffance
enhardiſſoit à commettre toutes fortes
d'injuftices. Ces deux favoris étoient
Milord d'Aubonie qui fut bientôt après fait
Duc de Lénox , & Jacques Stuart qui fut
fait Comte d'Aran. L'on ne fut gueres mieux
fous leur regne que l'on avoit été juſques-là,
& l'on fut auſſi mécontent. Les Ecoffois
depuis long- tems n'étoient pas accoutumés
àſe borner à des murmures impuiſlans ; plufieurs
Seigneurs formerent le projet d'enlever
le Roi & l'exécuterent. Le Duc de
Lénox un des favoris ſe ſauva.
Ces Conjurés qui outrageoient fi cruellement
la perſonnede leurRoi, n'oublioient
aucune des démonſtrations extérieures du
reſpect dû à ſa dignité , & tandis qu'ils le
retenoient dans une étroite eaptivité , ils lui
préſenterent une humble Requéte par laquelle
ils le ſupplioient avec ſoumiſſion de
remédier aux déſordres de l'Etat ; contraſte
de reſpect & de violence qui rendoit l'injure
encore plus ſenſible.
Cette démarche hardie des Conjurés eut
une ſuite bien finguliere. Ils jugerent qu'il
étoit expédient d'aſſembler les Etats pour
délibérer ſur la maniere dont on devoit ſe
E
98 MERCURE DE FRANCE .
conduire. Les Etats répondirent que fentrepriſe
de Lothwen étoit également avantageuſe
au Roi , au Royaume & à la Religion.
C'eſt ce que le Roi reconnut lui-même
& l'on prit acte de ſa déclaration .
On ſent bienque les choſes ne pouvoient
ſubſiſter long - tems dans cet état. Lorſque
le Roi fut en liberté , trop foible pour punir
les rebelles , trop peu politique pour dillimuler
ſes juftes reſſentimens , il laiſſa connoître
qu'il ſentoit toute l'étendue de l'outrage
; & la crainte du chatiment entretint
chez les coupables l'eſprit de révolte. Nous
ne nous engagerons point à ſuivre Melvil
pas à pas dans le reſte de cesMémoires.
L'entrepriſe de Lothwen ne fut pas la ſeule
que Jacques VI eſſuya de la part de ſes ſujets.
Jamais Prince ne prouva mieux que de
bonnes intentions ne fuffiſent pas pourgouverner.
Il aimoit la vérité ,mais il ne ſçavoit
pas la connoître ; il écoutoit volontiers les
gens de bien , mais il croyoit ſes favoris.
Son gouvernement fut foible , & fon regne
toujours agité. Peu eſtimé , mal obéi , fouvent
trahi par ceux qu'il croioit ſes amis ,
il ſe vit toujours en bute aux factions , & ne
fut pas toujours le plus fort. Mépriſé par les
Anglois , il les vit enfin porter l'injure
comble par le fupplice de fa mere & ne put
ou ne voulut pas la vanger,
à fon
DECEMBRE. 1744 . 99
Melvil eſt un des moindres Acteurs de
ces Mémoires. Ce n'eſt point la partie la
plus ſaine d'une Nation qui joue les rôles
les plus éclatans dans les guerres civiles.
Melvil ſoutient dans ces factions le perſonnage
difficile d'un homme qui veut ſincérement
le bien public , mais qui le veut tout
ſeul. Toujours mal ſecondé , ſouvent traverfé
, il trouve autant d'obstacles à vaincre de
la part de fon parti que de la faction opoſée.
C'eſt un Pilote qui conduit ſeul un
grand vaiſſeau au milieu d'une mer orageufe,
tandis que le reſte de l'équipage loin de
l'aider s'occupe à briſer les mats , les cordages
& les voiles.
Qui croiroit après cela que cethommeſage
raconte de fang froid des contos puériles de
Sorciers , & deshiſtoires de ſabat qu'il donne
pour des faits autentiques. Plaignons la foibleffe
de l'eſprit humain. On a vu ſouvent
des hommes très-éclairés à tout autre égard
donner dans depareilles extravagances.Combien
n'ont pas été entétés des viſions de
l'Aftrologie judiciaire , pleins d'ailleurs de
connoiſſances bien digérées , & capables de
vues philoſophiques. Il leur arrivoit la même
choſe qu'au Héros de Cervantes qui raiſonnoit
de tout en homme ſenſé , pourvû qu'on
ne touchât point la corde de la Chevalerie.
Les Lettres de Marie Stuart font fi con
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
nues que nous nous diſpenſerons d'en parler.
Ous avons annoncé dans le ſecond
Volume du mois de Novembre les
Mémoires de Melvil , traduits de l'Anglois ,
avec des additions conſidérables , en z volumes,
dont le troifiéme contient les Lettres de Marie
Stuart. Ce Livre imprimé à Edimbourg chés
Barrows & Young , porte la datte de 1745,
quoique la veuve Barrois ait commencé à le
débiter à Paris dès le mois de Novembre
1744.
Les Mémoires ne ſont pas la partie la
moins curieufe des Monumens Hiſtoriques ,
mais il feroit dangereux de les lire ſans
précaution. Ceux qui font à portée de laifſer
à la pofterité ces fortes d'Ecrits , font
preſque toujours des gens qui ont été toute
leur vie engagés dans les affaires ; la prévention
, l'attachement au parti qu'ils ont fuivi
prévalent ſur l'amour de la vérité , & les empêche
même quelquefois de la connoître.
De-là les contradictions ſi fréquentes entre
tous les Ecrivains de Mémoires. Ce ne font
pasdes témoins qui dépoſent de la vérité
des faits , ce font des Parties qui plaident
1
88 MERCURE DE FRANCE.
leur cauſe , & qui ne négligent rien pour la
faire valoir , & pour tromper leurs Juges.
Un autre défaut ne leur eſt pas moins
ordinaire. Combien en voit-on qui ayant
été employés dans quelque ſubdiviſion d'une
grande affaire , ne preſentent au Lecteur
que cette face , parce que c'eſt la ſeule qu'is
ont apperçue ? La plupart des hommes ne
peuvent conſentir à ſe perdre de vûe , & il
n'y a que les eſprits ſupérieurs qui ſe garantiſſent
ſur cet article des ſéductions de
l'amour propre.
Onne doit cependant pas conclure de
ceci qu'il faut traiter les Mémoiresde fables.
Autant il feroit dangereux de leur accorder
une confiance aveugle , autant ſeroit- il deraiſonnable
de leur refuſer toute créance:
un bon eſprit ſçait difcerner le vrai d'avec
le faux par un examen exact ; il connoît
quand un homme le trompe par défaut de
lumieres après s'être trompé lui-meme , ou
lorſque de deſſein prémédité il lui en impoſe.
La vérité n'échappe guéres à des yeux
éclairés qui la cherchent , & il eſt ſi rare de
trouver des impoſteurs qui ne foient bientôt
reconnus pour tels , que ce vice devroit
être ſans exemple.
Les Mémoires de Melvil font un des plus
précieux Monumens Hiſtoriques de ſon tems,
pour ce qui concerne l'Histoire d'Angleterre
1
1
-----
DECEMBRE. 1744. 8
& d'Ecofle, Il étoit le contemporain , le Miniftre
& l'ami de Marie Stuart : ſa naiſſance
étoit diftinguée, & la confiance que pluſieurs
Princes qu'il fervit eurent en lui , prévient
en faveur de ſa capacité.
Marie Stuart l'employa dans pluſieurs
négociations importantes , juſqu'au tems où
ſes propres Sujets l'empriſonnerent à Lockcleven.
Les quatre Regens qui gouvernerent
fucceſſivement l'Ecoſſe pendant la captivité
de la Reine , traiterent Melvil avec honneur
& avec confiance. Il demeura toujours attaché
au parti du Roi pendant la détention de
Marie , & lorſque Jacques VI commença
de régner , cette Princeſſe lui recommanda
particulierement Melvil comme le plus fidéle
& le plus habile Miniftre qu'il pût employer.
Il ſe maintint en faveur auprès de Jacques
VI , juſqu'au tems où ce Prince alla prendre
poſſeſſion de la Couronne d'Angleterre ,
mais il ne voulut point le ſuivre dans ce Pays,
& malgré les inftances & les offres que le Roi
lui fit ,Melvil reſta en Ecoſſe .
Le ſtile de ces Mémoires eſt ſimple &
naïf , & développe le caractere de l'Auteur
mieux que ne feroient les traits les plus réflechis.
On y voit le modele rare d'un homme
vertueux , qui au milieu de l'agitation
des guerres civiles , parmi les factions &
• MERCURE DE FRANCE.
les intrigues , eſt inacceſſible à l'ambition ,
&n'a en vûe que le bien public , d'un Courtiſan
qui ne craint pas de dire la verité à fon
Maître , enfin d'un ſage qui dans des que
relles de Religion a le courage de ne
haïr ceux qui penſent autrement que 'ui.
pas
Ma politique , dit-il dans une Lettre ,
par laquelle il adreſſe ſes Mémoires à ſon fils,
-mapolitique a toujours été d'être vertueux.
Je ſçais que la probité pale aujourd'hui
> pour une chimere & pour une vertu dePedant,
peu utile& ſouvent nuiſible à la fortune
, mais je n'ai pu me réſoudre à m'avancer
par d'autres voies .... Occupéuni-
>> quement des interêts de mon Prince , j'ou
bliois le ſoin de ma fortune.
Que ce caractere eſt beau ! mais malheureuſement
il eſt encore plus rare.
Au reſte ſi ces Mémoires offrent le
portrait confolant d'un homme vertueux,
ony trouve auffi le récit de bien des crimes.
C'eſt un tiſſu continuel de révoltes , de
brigandages , de noires intrigues , d'infignes
trahifons.
Les foibleffes & les malheurs de Marie
Stuart font trop celebres pour nous arrêter
long-tems fur cette partie des Memoires de
Melvil. Il la peint auſſi foible qu'ambitieu
ſe, voulant opprimer la liberté de l'Ecoffe ,
i
DECEMBRE. و . 1744
troubler l'Angleterre , pendant qu'elle
* obéifſoit en eſclave aux caprices d'un Amant
qui la maltraitoit. Elizabeth , qui ſans étre
exempte de la même paſſion , ne lui laiffoit
pas prendre cet empire abſolu , ſçut bien
profiter des égaremens de Marie'; elle alluma
& entretint en Ecoſſe le feu de la guerre
civile , par une politique excuſable peut-
* être , puiſqu'il eſt certain que ſans cela la
Reine d'Ecoffe lui auroit caufé en Angleterre
de fâcheux embarras. La moitié des
Anglois , & fur-tout les Catholiques , adoroient
Marie , & defiroient ardemment de
la voir nommer heritiere préſomptive de la
Couronne d'Angleterre , ce qui , vu le ca
ractere inquiet de la Nation , le nombre de
Efes Partifans , & les circonstances , ne lui auroit
laiſſé peut - être qu'un pas faire pour
monter au Trône même avant la mort d'Elizabeth
.
Tel eſt le récit de Melvil dont nous fommes
bien éloignés de vouloir être les garants;
nous avertiſſons au contraire nos Lecteurs,
quedes Auteurs reſpectables ont entrepris de
juftifier Marie Stuart.
La France qui auroit dûdonner du ſecours
àune Reine veuve d'un de ſes Rois,regardoit
d'un oeil tranquille toutes ces tempêtes. Le
Gouvernement François ne voyoit point ſans
jaloufie les Couronnes d'Angleterre & d'E
2 MERCURE DE FRANCE.
:
coſſe prêtes à ſe réunir ſur la même tête, &
n'avoit garde d'empêcher tout ce qui po
voit prévenir ou retarder cette réunion.
On ſçait aflés la ſuite funeſte qu'eurest
ces diviſions. Marie retenue en prifon pas
ſes Sujets , fut obligée d'abdiquer la Roya
té , & de laiſſer la Couronne à ſon fils alors
âgé d'environ deux ans. Ce facrifice ne ki
valut pas la liberté , mais elle s'échappa enfin
de ſa prifon , & chercha un azile en Angle
terre auprès d'Elizabeth , qui la fit arrêter,
& finit enfin par lui faire trancher la tete
après une captivité de 20 années.
S'i eft difficile d'excuſer ſes fautes , il l'est
bien plus de ne pas plaindre un fort auffi
déplorable. Cependant l'abdication de Ma
rie ne mit pas fin aux troubles d'Ecofle. Il ſe
forma une Confederation de Seigneurs qui
ſe déclarérent pour laReine , moins animés
par la fidélité qu'ils devoient à leur Souverai
ne,que pour contrecarrer le Comte deMurrai
qui avoit été nommé Régent : les deux
Partis étoient tour-à-tour le jouet de la politique
d'Elizabeth , & le Parti du Regent
fur-tout étoit l'eſclave de l'Angleterre. On
vit les Ecoffois conduits par le Regent aller
en Angleterre accuſer leur Reine , dont i's
auroient dû venger la captivité , & deshonorer
ainſi leur Roi dans la perſonne de la
mere , leur Nation , & l'humanité.
1
DECEMBRE . 1744 . 93
L'Ecoſſe étoit alors dans un état bien déplorable.
Les Nobles enhardis par la foible
ſe du régne précedent , ſe livroient ſans
crainte aux plus grands excès , & fappoient
chaque jour les fondemens de l'autorité du
Souverain , ſous prétexte de défendre leurs
privileges. Ceux qui étoient du Parti du
Roi n'étoient pas moins animés de l'eſprit
de faction que les revoltés , ils regardoient
le Regent comme un Chef de Parti , l'ouvrage
de leur choix , qui devoit leur plaire,
& n'avoir en vûe que leurs interêts , leurs
haines , leurs jalouſies , plutôt que comme
un Prince dont ils étoient obligés de reſpecter
l'autorité.Un Roi habile & ſage auroit
peut-être échoué au milieu de tant d'orages
; le Regent homme foible & vain , craignoit
de connoître toute l'étendue du mal,
&négligeoit de chercher les remédes, Il périt
enfin miferablement. Un homme de Bodwel
boug nommé ... Hamilton , l'attendit ſur
ſon paffage à Lithquo , & lui tira un coup
de fufil , dont il mourut la nuit ſuivante.
Ses Conſeillers & ſes Domeſtiques étoient
avertis, aufli-bien que lui , de cette entrepriſe;
ils en connoiſſoient l'auteur , & ils
Içavoient en quel tems & en quel lieu elle
devoit s'executer; néanmoins les amis du
Regent s'en mirent ſi peu en peine , qu'ils
pe remarquerent pas ſeulement la maiſon
94 MERCURE DE FRAN
d'où le coup étoit parti , & qui plus eft, is
laifferent échapper l'affaflin .
Les Royaliſtes appellerent à la Regence
le Comte de Lenox,qui étoit du SangRoyal,
ils députerent en même tems l'Abbé de
Dunſarling vers Elizabeth. Le principal article
de l'inſtruction de cet Abbé étoit de
prier la Reine d'Angleterre de remettre la
Reine Marie entre les mains des Seigneurs
du Parti du Roi. Elizabeth répondit qu'elle
la remetttroit volontiers entre leurs mains ,
pourvû qu'on lui donnât des otages ſuffifans
pour la ſureté de ſa vie. Cette condition eft
bien dure , repliqua l'Abbé , car qu'en arriveroit-
ilfi la Reine venoit à mourir ? Elizabeth
repartit qu'elle avoit toujours crû qu'il
১০ étoithomme d'eſprit , & qu'il ne la force-
>> roit pas à s'expliquer : fçachez donc ,
>> continua-t-elle , que mon honneur m'oblige
à demander des otages , & que c'est à vous
dejuger ce qui peut être le plus avantageux
pourmoi.
Le Comte de Lenox avoit de bonnes
intentions , mais Elifabeth & les Ecoffois en
empêcherent l'effet, Randolph, Ambaſſadeur
d'Angleterre , ouvertement déclaré pour le
Parti du Régent , diſoit en ſecret aux Seigneurs
du Parti de Marie qu'il ne pouvoit
y avoir ſans la Reine d'autorité légitime en
Ecoffe , & que tôt ou tard le Parti de cette
DECEMBRE. 1744 .
ور
1
ラ
Princeſſe prévaudroit ; il promettoit alternativement
aux uns & aux autres la protection
de l'Angleterre , & entretenoit avec
art l'animoſité des deux factions. Le long
ſéjour qu'il avoit déja fait en Ecoffe lui avoit
donné le tems de connoître les Chefs des
deux Partis , il s'étoit toujours appliqué à
s'inſtruire de leurs querelles & de leurs prétentions
réciproques. Il ſçavoit faire agir les
femmes pour faire réuffir ſes projets , il engageoit
quelquefois Elifabeth à écrire fami
Lierement à celles qui pouvoient lui être
utiles , il n'oublioit riende tout ce qui étoit
capable de corrompre les Miniſtres , & dès
qu'il en trouvoit quelqu'un ſuſceptible de
féduction , il n'épargnoit point l'argent pour
le gagner.
Il ſe forma dans le même tems une Conſpiration
en Angleterre pour mettre Marie
fur le trône d'Elifabeth. Tout étoit prêt ,
on n'attendoit que le ſignal. Cette Princeſſe
imprudente & plus infortunée en informa
le Cardinal de Lorraine fon oncle , pour lui
demander des avis & des fecours , mais celuici
en avertit la Reine mere & l'engagea à
en donner avis à Elifabeth , qui feignit de
n'en rien croire , & prit de ſages précautions.
Enfin les troubles croiſſant de jour en
jour en Ecoſſe , les Seigneurs du Parti de la
96 MERCURE DE FRANCE .
Reine firent une entrepriſe pour ſurprendre
Sterling, où le Régent étoit avec les Membres
du Parlement quiy étoit aſſemblé , is
furent repoufles , mais le Régent fut tué dans
l'attaque. Le Comte de Marr élu Régent par
les Etats , malgré les intrigues de Randolph
qui portoit le Comte de Mortoun , ne conſerva
que peu de tems une dignité ſans crédit.
Au fortird'un repas où il fut magnifiquement
traité par le Comte de Mortoun , il fut attaqué
d'un mal violent dont il mourut peu de
tems après , ce qui donna de grands foupcons
contre le Comte qui avoit été fon compétiteur.
Ce dernier fut enfin élu Régent par les
brigues des Anglois. Mieux ſecouru par Eliſabeth
que ſes Prédéceſſeurs , il extermina
la faction opoſée , mais il ne ſe preſſa pas
d'exécuter la promeſſe qu'il avoit faite de
remettre le Roi entre les mains de la Reine
d'Angleterre. Cette politique le brouilla
avec les Anglois ; ſa fierté & le mépris qu'il
eut pour la Nobleſſe lui firent perdre fatfection
des Ecoflois. Peu à peu on le mit
mal dans l'eſprit du Roi qui avançoit en
âge , il fut diſgracié par ce Prince , & finit
enfin ſes jours ſur un échafaut , & eut la tote
tranchée , comme complice de la mort du
feu Roi qu'avoit aſſaffiné Bothwel , ce qui
n'étoit qu'un prétexte.
On
DECEMBRE. 1744. 97
On vit alors la ſcene changer. L'Ecoffe
ſe trouva ſous la domination d'un jeune
Roi gouverné par deux Favoris que leur
faveur rendoit infolens , & que leur puiffance
enhardiſſoit à commettre toutes fortes
d'injuftices. Ces deux favoris étoient
Milord d'Aubonie qui fut bientôt après fait
Duc de Lénox , & Jacques Stuart qui fut
fait Comte d'Aran. L'on ne fut gueres mieux
fous leur regne que l'on avoit été juſques-là,
& l'on fut auſſi mécontent. Les Ecoffois
depuis long- tems n'étoient pas accoutumés
àſe borner à des murmures impuiſlans ; plufieurs
Seigneurs formerent le projet d'enlever
le Roi & l'exécuterent. Le Duc de
Lénox un des favoris ſe ſauva.
Ces Conjurés qui outrageoient fi cruellement
la perſonnede leurRoi, n'oublioient
aucune des démonſtrations extérieures du
reſpect dû à ſa dignité , & tandis qu'ils le
retenoient dans une étroite eaptivité , ils lui
préſenterent une humble Requéte par laquelle
ils le ſupplioient avec ſoumiſſion de
remédier aux déſordres de l'Etat ; contraſte
de reſpect & de violence qui rendoit l'injure
encore plus ſenſible.
Cette démarche hardie des Conjurés eut
une ſuite bien finguliere. Ils jugerent qu'il
étoit expédient d'aſſembler les Etats pour
délibérer ſur la maniere dont on devoit ſe
E
98 MERCURE DE FRANCE .
conduire. Les Etats répondirent que fentrepriſe
de Lothwen étoit également avantageuſe
au Roi , au Royaume & à la Religion.
C'eſt ce que le Roi reconnut lui-même
& l'on prit acte de ſa déclaration .
On ſent bienque les choſes ne pouvoient
ſubſiſter long - tems dans cet état. Lorſque
le Roi fut en liberté , trop foible pour punir
les rebelles , trop peu politique pour dillimuler
ſes juftes reſſentimens , il laiſſa connoître
qu'il ſentoit toute l'étendue de l'outrage
; & la crainte du chatiment entretint
chez les coupables l'eſprit de révolte. Nous
ne nous engagerons point à ſuivre Melvil
pas à pas dans le reſte de cesMémoires.
L'entrepriſe de Lothwen ne fut pas la ſeule
que Jacques VI eſſuya de la part de ſes ſujets.
Jamais Prince ne prouva mieux que de
bonnes intentions ne fuffiſent pas pourgouverner.
Il aimoit la vérité ,mais il ne ſçavoit
pas la connoître ; il écoutoit volontiers les
gens de bien , mais il croyoit ſes favoris.
Son gouvernement fut foible , & fon regne
toujours agité. Peu eſtimé , mal obéi , fouvent
trahi par ceux qu'il croioit ſes amis ,
il ſe vit toujours en bute aux factions , & ne
fut pas toujours le plus fort. Mépriſé par les
Anglois , il les vit enfin porter l'injure
comble par le fupplice de fa mere & ne put
ou ne voulut pas la vanger,
à fon
DECEMBRE. 1744 . 99
Melvil eſt un des moindres Acteurs de
ces Mémoires. Ce n'eſt point la partie la
plus ſaine d'une Nation qui joue les rôles
les plus éclatans dans les guerres civiles.
Melvil ſoutient dans ces factions le perſonnage
difficile d'un homme qui veut ſincérement
le bien public , mais qui le veut tout
ſeul. Toujours mal ſecondé , ſouvent traverfé
, il trouve autant d'obstacles à vaincre de
la part de fon parti que de la faction opoſée.
C'eſt un Pilote qui conduit ſeul un
grand vaiſſeau au milieu d'une mer orageufe,
tandis que le reſte de l'équipage loin de
l'aider s'occupe à briſer les mats , les cordages
& les voiles.
Qui croiroit après cela que cethommeſage
raconte de fang froid des contos puériles de
Sorciers , & deshiſtoires de ſabat qu'il donne
pour des faits autentiques. Plaignons la foibleffe
de l'eſprit humain. On a vu ſouvent
des hommes très-éclairés à tout autre égard
donner dans depareilles extravagances.Combien
n'ont pas été entétés des viſions de
l'Aftrologie judiciaire , pleins d'ailleurs de
connoiſſances bien digérées , & capables de
vues philoſophiques. Il leur arrivoit la même
choſe qu'au Héros de Cervantes qui raiſonnoit
de tout en homme ſenſé , pourvû qu'on
ne touchât point la corde de la Chevalerie.
Les Lettres de Marie Stuart font fi con
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
nues que nous nous diſpenſerons d'en parler.
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Résumé : Mémoires de Melvil, Extrait, [titre d'après la table]
Les 'Mémoires de Melvil' ont été traduits de l'anglais et publiés en deux volumes à Édimbourg en 1745, bien qu'ils fussent déjà disponibles à Paris en novembre 1744. Ces mémoires, incluant les lettres de Marie Stuart, sont une source historique précieuse pour l'histoire de l'Angleterre et de l'Écosse. Melvil, contemporain, ministre et ami de Marie Stuart, a joué un rôle clé dans plusieurs négociations importantes et a été reconnu pour sa loyauté et son habilité. Il est resté en Écosse malgré les offres du roi Jacques VI de le suivre en Angleterre. Les mémoires décrivent Melvil comme un homme vertueux et dévoué au bien public, capable de dire la vérité à son maître. Ils relatent également des récits de crimes, de révoltes et de trahisons. Marie Stuart y est dépeinte comme faible et ambitieuse, cherchant à opprimer la liberté écossaise et à troubler l'Angleterre. Élisabeth Ire a exploité les erreurs de Marie pour maintenir la paix en Angleterre. Les mémoires soulignent aussi l'admiration des catholiques anglais pour Marie Stuart et leur désir de la voir devenir héritière présomptive du trône anglais. La France est restée indifférente aux troubles en Écosse. Marie Stuart, veuve du roi de France, fut abandonnée par la France alors que des factions en Écosse cherchaient à réunir les couronnes d'Angleterre et d'Écosse. Elle fut emprisonnée par ses sujets, forcée d'abdiquer en faveur de son fils âgé de deux ans, et finalement exécutée après vingt années de captivité en Angleterre sous le règne d'Élisabeth Ire. Les troubles en Écosse persistèrent, marqués par des excès de nobles et des factions rivales. Le régent Murray fut assassiné, et les royalistes tentèrent de nommer le comte de Lennox comme nouveau régent, mais Élisabeth et les Écossais empêchèrent cela. Une conspiration pour placer Marie sur le trône d'Élisabeth fut découverte et avortée. Les troubles continuèrent, menant à la mort du nouveau régent, le comte de Marr, lors d'une attaque à Stirling. Le texte traite également des événements politiques en Écosse autour de la régence et du règne de Jacques VI. Le comte de Mortoun devint régent grâce aux intrigues des Anglais, mais perdit le soutien des Écossais en raison de son arrogance. Disgracié par le roi, il fut exécuté pour complicité dans la mort du précédent roi. Après sa mort, l'Écosse fut gouvernée par un jeune roi influencé par deux favoris, Milord d'Aubonie et Jacques Stuart, qui commirent diverses injustices. Plusieurs seigneurs enlèvent le roi et le retiennent captif, tout en lui manifestant un faux respect.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5605
p. 100
Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra[ison]nés de la Grammaire Française, [titre d'après la table]
Début :
On imprime actuellement la cinquiéme édition des Principes Généraux & raisonnés [...]
Mots clefs :
Grammaire française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra[ison]nés de la Grammaire Française, [titre d'après la table]
On imprime actuellement la cinquiéme
édition des Principes Généraux & raisonnés
de la Grammaire françoise , par M. Reſtaut
Avocat au Parlement & aux Conſeils du Roi.
Cette édition ſera conſidérablement augmentée
, & l'Auteur y a ajouté un grand
nombre de nouvelles Obſervations qui ne
pouront que contribuer à rendre l'Ouvrage
plus parfait & plus utile au public. Il paroîtra
dans le courant du mois de Fevrier
prochain.
édition des Principes Généraux & raisonnés
de la Grammaire françoise , par M. Reſtaut
Avocat au Parlement & aux Conſeils du Roi.
Cette édition ſera conſidérablement augmentée
, & l'Auteur y a ajouté un grand
nombre de nouvelles Obſervations qui ne
pouront que contribuer à rendre l'Ouvrage
plus parfait & plus utile au public. Il paroîtra
dans le courant du mois de Fevrier
prochain.
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5606
p. 100
Almanach & Calendrier journalier, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Larcher Mathématicien donne avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach [...]
Mots clefs :
Almanach, Calendrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Almanach & Calendrier journalier, [titre d'après la table]
Le ſieur Larcher Mathématicien donne
avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach
& Calendrier Journalier perpétuel &
univerſel , Ouvrage très utile & néceflaire
aux Magiſtrats gens de Juſtice , Ecclefiaftiques
, Praticiens , Hiſtoriens , Chronologiftes
, Curieux , & à toutes fortes de Perfonnes
, dédié à Monſeigneur le Comte de S.
Florentin Miniftre & Sécretaire d'Etat .
Il ſe vend à Paris , chez de Bas , au Palais
, vis - à - vis la Cour des Aydes , chez
David fils , Quay des Auguſtins à la defcente
du pont Saint Michel au Saint Efprit
, chez de Lormel , Quay des Auguſtins
à la deſcente du Pont Neuf, au Nom de
Jeſus , le prix eſt de 36 f, broché,
avis au Public qu'il a mis au jour un Almanach
& Calendrier Journalier perpétuel &
univerſel , Ouvrage très utile & néceflaire
aux Magiſtrats gens de Juſtice , Ecclefiaftiques
, Praticiens , Hiſtoriens , Chronologiftes
, Curieux , & à toutes fortes de Perfonnes
, dédié à Monſeigneur le Comte de S.
Florentin Miniftre & Sécretaire d'Etat .
Il ſe vend à Paris , chez de Bas , au Palais
, vis - à - vis la Cour des Aydes , chez
David fils , Quay des Auguſtins à la defcente
du pont Saint Michel au Saint Efprit
, chez de Lormel , Quay des Auguſtins
à la deſcente du Pont Neuf, au Nom de
Jeſus , le prix eſt de 36 f, broché,
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Résumé : Almanach & Calendrier journalier, [titre d'après la table]
Le mathématicien Larcher publie un Almanach et Calendrier journalier perpétuel et universel. Cet ouvrage est destiné aux magistrats, gens de justice, ecclésiastiques, praticiens, historiens, chronologistes et autres curieux. Il est dédié au Comte de S. et est disponible à Paris chez plusieurs libraires pour 36 francs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5607
p. 101-102
Discours sur la manoeuvre des Vaisseaux, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS sur la Manoeuvre des Vaisseaux prononcé à l'Ecole Militaire le 17 [...]
Mots clefs :
Manoeuvre, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la manoeuvre des Vaisseaux, Extrait, [titre d'après la table]
DISCOURS ſur la Manoeuvre des Vaifſeaux
prononcé à l'Ecole Militaire le 17
Novembre 1744 par M. SAVERIEN Ingenieur
& Profeffeur d'Hydrographie en cette
Ecole , à l'ouverture de ſes Leçons publiques
ſur cette partie eſſentielle de la Navigation.
A Paris chez d'Houry pere & fils ,
1744 in 4 ° . 17. pages .
La Manoeuvre eſt une partie des plus efſentielles
de la Navigation. C'eſt par cet art
que l'on ſçait donner avec intelligence par
les voiles & le gouvernail , les mouvemens
propres pour faire avec célérité une évolution
navale , que l'on évite quelquefois un
danger imprévu , que l'on prend le deſſus
du vent , pourdonner la chaſſe à un vaiſſeau
ennemi ; enfin qu'un navire foible échape
à force de voiles & par une manoeuvre bien
dirigée à la pourſuite d'un ennemi plus fort
& moins habile.
M. S. s'eſt propoſé dans ſon Diſcours de
montrer quelle a été l'origine de la Manoeuvre
, quels ont été les progrès de cet Art
& quels font les avantages qu'il procure.
Ce plan eſt fort judicieux & traité avec
gout. L'Orateur ne pouvoit choiſir une matiere
plus convenable. On ne ſçauroit trop
répéter aux jeunes gens qui ſe deſtinent
à la guerre , que leur métier ne confifte pas
foulement à eſſuyer des coups de fufil , que
E iij
101 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt un Art qui exige des connoiffances &
des réfléxions , & qu'on ne peut y réuffir
que par une application conſtante.
prononcé à l'Ecole Militaire le 17
Novembre 1744 par M. SAVERIEN Ingenieur
& Profeffeur d'Hydrographie en cette
Ecole , à l'ouverture de ſes Leçons publiques
ſur cette partie eſſentielle de la Navigation.
A Paris chez d'Houry pere & fils ,
1744 in 4 ° . 17. pages .
La Manoeuvre eſt une partie des plus efſentielles
de la Navigation. C'eſt par cet art
que l'on ſçait donner avec intelligence par
les voiles & le gouvernail , les mouvemens
propres pour faire avec célérité une évolution
navale , que l'on évite quelquefois un
danger imprévu , que l'on prend le deſſus
du vent , pourdonner la chaſſe à un vaiſſeau
ennemi ; enfin qu'un navire foible échape
à force de voiles & par une manoeuvre bien
dirigée à la pourſuite d'un ennemi plus fort
& moins habile.
M. S. s'eſt propoſé dans ſon Diſcours de
montrer quelle a été l'origine de la Manoeuvre
, quels ont été les progrès de cet Art
& quels font les avantages qu'il procure.
Ce plan eſt fort judicieux & traité avec
gout. L'Orateur ne pouvoit choiſir une matiere
plus convenable. On ne ſçauroit trop
répéter aux jeunes gens qui ſe deſtinent
à la guerre , que leur métier ne confifte pas
foulement à eſſuyer des coups de fufil , que
E iij
101 MERCURE DE FRANCE.
c'eſt un Art qui exige des connoiffances &
des réfléxions , & qu'on ne peut y réuffir
que par une application conſtante.
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Résumé : Discours sur la manoeuvre des Vaisseaux, Extrait, [titre d'après la table]
Le discours 'Sur la Manoeuvre des Vaissaux' a été prononcé par M. Savérien, ingénieur et professeur d'hydrographie, à l'École Militaire le 17 novembre 1744. Ce discours inaugurait ses leçons publiques sur la manœuvre, cruciale pour la navigation. La manœuvre permet de diriger un navire efficacement à l'aide des voiles et du gouvernail, facilitant des mouvements rapides, l'évitement des dangers, la prise du vent pour poursuivre un ennemi, ou l'échappement face à un adversaire plus puissant mais moins habile. M. Savérien vise à exposer l'origine de la manœuvre, ses progrès et ses avantages. Il met en avant l'importance de cette discipline pour les jeunes destinés à la guerre, soulignant la nécessité de connaissances approfondies, de réflexions constantes et d'une application rigoureuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5608
p. 102
Traité Moral de la Charité Chrétienne, [titre d'après la table]
Début :
DE LA CHARITÉ CHRETIENNE envers le Prochain, & des diverses oeuvres [...]
Mots clefs :
Traité moral
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité Moral de la Charité Chrétienne, [titre d'après la table]
DE LA CHARITE' CHRETIENNE
envers le Prochain , & des diverſes oeuvres
de Mifericorde , Traité Moral , traduit de
l'Italien de M. MURATORI par M. DE
VERGY. Paris , 1745. 2 volumes in - 12 ,
chez Robuſtel , Imprimeur- Libraire
de la Calendre , près le Palais .
د
1
1
rue 1
Cet Ouvrage parut ily a quelques années
en Italie , & y fut reçu avec beaucoup d'applaudiſſemens.
L'Auteur Italien jouit d'une
grande réputation , & tient un rang diftingué
dans la République des Lettres.
fur
Le Traducteur François aſſure dans ſa
Préface que M. Muratori peſe tout au poids
du Sanctuaire ; qu'il n'avance rien qui ne ſoit
fondé sur la parole de Jesus-Christ
l'Evangile, qui n'ait étéenseigné par lesApotres
, & confirmé par l'exemple des plus
grands Saints , & qui ue soit appuyésur l'autorité
des Peres , &des plus celebres Théologiens
des Ecoles Catholiques.
Cet Expoſé fait l'éloge complet de cet
Ouvrage , dont nous rendrons un compte,
plus détaillé à nos Lecteurs dans un autre
volume,
envers le Prochain , & des diverſes oeuvres
de Mifericorde , Traité Moral , traduit de
l'Italien de M. MURATORI par M. DE
VERGY. Paris , 1745. 2 volumes in - 12 ,
chez Robuſtel , Imprimeur- Libraire
de la Calendre , près le Palais .
د
1
1
rue 1
Cet Ouvrage parut ily a quelques années
en Italie , & y fut reçu avec beaucoup d'applaudiſſemens.
L'Auteur Italien jouit d'une
grande réputation , & tient un rang diftingué
dans la République des Lettres.
fur
Le Traducteur François aſſure dans ſa
Préface que M. Muratori peſe tout au poids
du Sanctuaire ; qu'il n'avance rien qui ne ſoit
fondé sur la parole de Jesus-Christ
l'Evangile, qui n'ait étéenseigné par lesApotres
, & confirmé par l'exemple des plus
grands Saints , & qui ue soit appuyésur l'autorité
des Peres , &des plus celebres Théologiens
des Ecoles Catholiques.
Cet Expoſé fait l'éloge complet de cet
Ouvrage , dont nous rendrons un compte,
plus détaillé à nos Lecteurs dans un autre
volume,
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Résumé : Traité Moral de la Charité Chrétienne, [titre d'après la table]
Le texte présente 'De la Charité Chrétienne envers le Prochain, & des diverses œuvres de Miséricorde', un traité moral traduit de l'italien de Ludovico Antonio Muratori par M. De Vergy. Publié à Paris en 1745, cet ouvrage avait été bien accueilli en Italie. Muratori s'appuie sur la parole de Jésus-Christ, les enseignements des Apôtres, les exemples des saints, et l'autorité des Pères et théologiens catholiques.
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5609
p. 103-104
Seconde Edition du Dictionnaire Militaire, [titre d'après la table]
Début :
David jeune Libraire Quay des Augustins au Saint Esprit, vient de mettre en [...]
Mots clefs :
Militaires, Artillerie, Garde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde Edition du Dictionnaire Militaire, [titre d'après la table]
David le jeune Libraire Quay des Auguſtins
au Saint Eſprit , vient de mettre en
vente une ſeconde édition du Dictionaire
Militaire en deux volumes in 12 6 liv .
L'Auteur de cet Ouvrage ( c'eſt M. Delachenaye
) déja connu par plufieurs autres , a
entierement refondu la premiere édition
dans celui- ci , où les jeunes Militaires trouveront
l'arrangement de tous les termes ,
qui regardent la Tactique , le Génie , l'Artillerie
la Marine , la ſubſiſtance des
Troupes , & des détails hiſtoriques ſur l'origine
& la nature des différentes eſpéces ,
tant d'offices Militaires anciens & modernes ,
que des Armes , qui ont été en uſage dans
les differens tems de la Monarchie.
د
Ce Dictionaire eſt encore orné de la
Liſte de ceux qui ont occupé les premieres
charges Militaires. Par exemple ſous les noms
de Grand Sénéchal , de Connétable , de Maréchal
de France , de Porte - Oriflame , de
Grand maître des Arbaletriers , de Grand
maître d'Artillerie , d'Amiral , de Colonel
Général de l'Infanterie , de Colonel Général
de la Cavalerie , on trouve le nom des
Seigneurs , qui ont été ſucceſſivement jufques
à aujourd'hui revétus de ces charges.
Aux Articles de Gardes du Corps , Gendarmes
de la Garde , Chevaux Legers
Mouſquetaires du Roy , Grenadiers à che-
Enj
104 MERCURE DE FRANCE.
val , Gendarmes ,Gardes Françoiſes , Gardes
Suiſſes . On trouve auſſi la Liſte de ceux
qui ont commandé ces differentes compagnies
, &les deux Régimens , deſtinés à la
Garde de nos Rois.
Un plus ample détail fur ce Dictionnaire
ſeroit inutile. L'Officier d'Infanterie , de Cavalerie
, de Genie , d'Artillerie , de Marine,
& les Employés dans les vivres, chacun,comme
le dit l'Auteur dans ſa Préface, ytrouvera
tout ce qui eſt de ſon metier , les anciens
Officiers , ceux même qui n'ont pas pris le
parti des armes , & les jeunes gens qui y
ſont deſtinés , peuvent s'y inſtruire , & s'y
amuſer agréablement.
au Saint Eſprit , vient de mettre en
vente une ſeconde édition du Dictionaire
Militaire en deux volumes in 12 6 liv .
L'Auteur de cet Ouvrage ( c'eſt M. Delachenaye
) déja connu par plufieurs autres , a
entierement refondu la premiere édition
dans celui- ci , où les jeunes Militaires trouveront
l'arrangement de tous les termes ,
qui regardent la Tactique , le Génie , l'Artillerie
la Marine , la ſubſiſtance des
Troupes , & des détails hiſtoriques ſur l'origine
& la nature des différentes eſpéces ,
tant d'offices Militaires anciens & modernes ,
que des Armes , qui ont été en uſage dans
les differens tems de la Monarchie.
د
Ce Dictionaire eſt encore orné de la
Liſte de ceux qui ont occupé les premieres
charges Militaires. Par exemple ſous les noms
de Grand Sénéchal , de Connétable , de Maréchal
de France , de Porte - Oriflame , de
Grand maître des Arbaletriers , de Grand
maître d'Artillerie , d'Amiral , de Colonel
Général de l'Infanterie , de Colonel Général
de la Cavalerie , on trouve le nom des
Seigneurs , qui ont été ſucceſſivement jufques
à aujourd'hui revétus de ces charges.
Aux Articles de Gardes du Corps , Gendarmes
de la Garde , Chevaux Legers
Mouſquetaires du Roy , Grenadiers à che-
Enj
104 MERCURE DE FRANCE.
val , Gendarmes ,Gardes Françoiſes , Gardes
Suiſſes . On trouve auſſi la Liſte de ceux
qui ont commandé ces differentes compagnies
, &les deux Régimens , deſtinés à la
Garde de nos Rois.
Un plus ample détail fur ce Dictionnaire
ſeroit inutile. L'Officier d'Infanterie , de Cavalerie
, de Genie , d'Artillerie , de Marine,
& les Employés dans les vivres, chacun,comme
le dit l'Auteur dans ſa Préface, ytrouvera
tout ce qui eſt de ſon metier , les anciens
Officiers , ceux même qui n'ont pas pris le
parti des armes , & les jeunes gens qui y
ſont deſtinés , peuvent s'y inſtruire , & s'y
amuſer agréablement.
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Résumé : Seconde Edition du Dictionnaire Militaire, [titre d'après la table]
Le libraire David, au Quai des Augustins, publie une seconde édition du 'Dictionnaire Militaire' en deux volumes, au prix de six livres. Rédigé par M. Delachenaye, cet ouvrage révisé aborde divers aspects militaires : tactique, génie, artillerie, marine et subsistance des troupes. Il détaille les origines et les évolutions des offices militaires, anciens et modernes, ainsi que les armes utilisées au fil du temps. Le dictionnaire inclut une liste des personnalités ayant occupé des charges militaires majeures, telles que Grand Sénéchal, Connétable, Maréchal de France, Porte-Oriflamme, Grand Maître des Arbalétriers, Grand Maître d'Artillerie, Amiral, Colonel Général de l'Infanterie et de la Cavalerie. Il mentionne aussi les commandants des Gardes du Corps, Gendarmes de la Garde, Chevaux Légers, Mousquetaires du Roi, Grenadiers à cheval, Gendarmes, Gardes Françaises et Gardes Suisses, ainsi que les régiments de la garde royale. Destiné aux officiers d'infanterie, de cavalerie, de génie, d'artillerie, de marine et aux employés des vivres, cet ouvrage est également une ressource éducative et divertissante pour les anciens officiers, ceux n'ayant pas servi, et les jeunes aspirant à une carrière militaire.
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5610
p. 104-105
Traité des subsistances Militaires, [titre d'après la table]
Début :
LE TRAITÉ des Subsistances Militaires que M. Dupré d'Aulnay, Commissaire des [...]
Mots clefs :
Service des vivres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité des subsistances Militaires, [titre d'après la table]
LE TRAITE' des Subſiſtances Militaires que
M. Dupré d'Aulnay , Commiſſaire des
Guerres ancien Directeur Général des
vivres , a donné au Public a été reçû
très favorablement par rapport aux principes
qu'il a établis après trente années
d'experiences fur une matiere ſi interefſante
pour le ſervice du Roi.
د
CeTraité eſt regardé comme très utile pour
la fureté du ſervice des Troupes , & pour
les Munitionnaires & leurs Employés , auxquels
il preſcrit les regles d'une bonne adminiſtration
dans toutes les parties des entrepriſes
des vivres , des fourages , de la viande ,
DECEMBRE. 1744. 105
des Hôpitaux & des équipages. Il contient
des inftructions très - circonstanciées pour
chaque forte d'Employés ; il découvre les
voyes détournées & illicites que les Entrepreneurs
& leurs Commis ont mis en uſage
pour ſe procurer des bénéfices indirects.
Les Intendans & les Commiſſaires des
Guerres trouveront dans ce que l'Auteur a
tracé , les moyens de prévenir & remedier à
ces abus. Les Majors des Régimens y trouveront
auſſi des obſervations utiles aux
details dont ils font chargés .
Ce Traité dedié à M. le Comte Dargenfon
Miniſtre & Sécretaire d'Etat
au département de la Guerre , forme
un volume in quarto , il eſt enrichi de
vignettes , & de pluſieurs plans relatifs au
ſervice des vivres à l'armée. Il ſe vend chez
Prault le Pere ſous le Quai de Geſvres .
M. Dupré d'Aulnay , Commiſſaire des
Guerres ancien Directeur Général des
vivres , a donné au Public a été reçû
très favorablement par rapport aux principes
qu'il a établis après trente années
d'experiences fur une matiere ſi interefſante
pour le ſervice du Roi.
د
CeTraité eſt regardé comme très utile pour
la fureté du ſervice des Troupes , & pour
les Munitionnaires & leurs Employés , auxquels
il preſcrit les regles d'une bonne adminiſtration
dans toutes les parties des entrepriſes
des vivres , des fourages , de la viande ,
DECEMBRE. 1744. 105
des Hôpitaux & des équipages. Il contient
des inftructions très - circonstanciées pour
chaque forte d'Employés ; il découvre les
voyes détournées & illicites que les Entrepreneurs
& leurs Commis ont mis en uſage
pour ſe procurer des bénéfices indirects.
Les Intendans & les Commiſſaires des
Guerres trouveront dans ce que l'Auteur a
tracé , les moyens de prévenir & remedier à
ces abus. Les Majors des Régimens y trouveront
auſſi des obſervations utiles aux
details dont ils font chargés .
Ce Traité dedié à M. le Comte Dargenfon
Miniſtre & Sécretaire d'Etat
au département de la Guerre , forme
un volume in quarto , il eſt enrichi de
vignettes , & de pluſieurs plans relatifs au
ſervice des vivres à l'armée. Il ſe vend chez
Prault le Pere ſous le Quai de Geſvres .
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Résumé : Traité des subsistances Militaires, [titre d'après la table]
Le traité 'Des Subsistances Militaires' de M. Dupré d'Aulnay, ancien Directeur Général des vivres et Commissaire des Guerres, est apprécié pour ses principes issus de trente années d'expérience. Il vise à améliorer l'efficacité du service des troupes et à guider les munitionnaires et leurs employés dans l'administration des vivres, fourrages, viande, hôpitaux et équipages. Le traité fournit des instructions détaillées pour chaque type d'employé et expose les pratiques illicites des entrepreneurs et leurs commis pour obtenir des bénéfices indirects. Il offre également des moyens de prévenir et remédier à ces abus, ainsi que des observations pratiques pour les intendants, commissaires des guerres et majors des régiments. Le traité est dédié à M. le Comte Dargenson, Ministre et Secrétaire d'État au département de la Guerre, et est publié sous forme d'un volume in-quarto avec des vignettes et plans relatifs au service des vivres à l'armée. Il est disponible chez Prault le Père sous le Quai de Gesvres.
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5611
p. 105-109
Histoire Générale d'Allemagne par le R. P. Barre in 4o. 10 vol.
Début :
On nous promet incessament une Histoire Générale d'Allemagne avant & depuis l'établissement [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Allemagne, Histoire, Empire, Projet, Cartes géographiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Générale d'Allemagne par le R. P. Barre in 4o. 10 vol.
Histoire Générale d'Allemagne par le R. P.
Barre in 40. 10 vol.
On nous promet inceſſament une Hiſtoire
Générale d'Allemagne avant & depuis l'établiſſement
de l'Empire juſqu'à l'Empereur
à préſent regnant , enrichie de notes hiftoriques
, & critiques , de differtations ſur les
points importans , de Généalogies des plus
il luftres maiſons . & de Cartes Géographiques
avec des vignettes & autres Gravures
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
en taille douce 10 vol. in 48. à Paris chez
Charles-Jean-Baptiste Deleſpine , & Jean-
Thomas Heriffant, Libraires, ruë S. Jacques.
Cet ouvrage eſt un morceau d'autant plus
intéreſſant que juſqu'à préſent nous n'avons
encore rien eu de fatisfaiſant fur cette matiere
; car on ne doit point regarder comme
Hiſtoire d'Allemagne , ce que Heiff nous a
donné. Son ouvrage eſt ſi informe , & fi peu
exact , qu'il ne peut être d'aucune utilité. Ce
n'eſt pas cependant qu'on ait manqué de
fecours pour traiter un ſujet ſi important ;
Il y a des ſources abondantes d'où l'on peut
tirer les connoiffances néceſſaires pour réuffir.
Mais cette même abondance a fans
doute rebuté juſqu'à preſent ceux qui auroient
pû tenter cette entrepriſe avec un
certain fuccès. En effet il faut convenir que
la multitude des Auteurs qu'on est obligé de
lire , & la quantité des receuils qu'il eſt néceſſairede
conſulter ſur un ſujet ſi vaſte font
autant d'obstacles effrayans qu'il n'eſt pas
facile de ſurmonter.
Le P. Barre Chanoine Régulier a eû
le courage de vaincre toutes les difficultés .
Ilalu , dit-il dans ſon projet, tous les Ecrivans
qui ont parlé de l'Allemagne en quelque
langue qu'ils ayent écrit : il a examiné attentivement
les immenfes recueils deMeſſieurs
Leibnitz , Luniz , Lidewig , Muratori , Græ-
1
DECEMBRE . 1744. 167
vius ,& toutes les autres collections qui ont
paru depuis celle de Jean Hervage publiée
en 1552. on voit qu'il a fallu du tems pour
une lecture de cette étendue , auffi lui at'elle
couté près de vingt-ans d'un travail
affidu dont il va enfin receuillir le fruit. S'il
regne dans le corps de l'ouvrage autant d'exactitude
, d'élegance &de préciſion que dans le
projet , il eſt à préſumer que les lecteurs les
plus difficiles auront lieu d'être contents.
On voit par le ſeul titre , que cet Auteur
prétend donner beaucoup d'étendue à ſon
Hiſtoire : le projet annonce qu'il doit remonter
juſqu'aux tems les plus reculés , & porter
la lumiere dans les tenebres méme de
l'antiquité , pour nous faire connoître la
premiere origine des Peuples Allemans.
Ces recherches plairont beaucoup fans
doute à nos Sçavans , peut-être auſſi ſeront-
elles du gout de ceux même qui ne
cherchent qu'à amuſer leur curiofité. Mais de
quelque façon que les commencemens ſoient
traités , je crois qu'on trouvera bien plusd'agremens
lorſqu'on ſera parvenu au tems de
Charlemagne , on verra le détail des differens
évenemens qui ont agité l'Empire ſous le
Regne de ce Prince , les révolutions qui
arriverent après ſa mort , les diviſions entre
les Princes d'Allemagne , & les ſecouffes
violentes qui ébranlent à diverſes repriſes le
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
corps de l'Empire , l'établiſſement de ſon
gouvernement tel que nous le voyons aujourd'hui
; les intérêts des differentes maiſons
qui ont poffedé cette couronne , & les mouvemens
qu'ils ont occaſionnés dans l'Empire.
Tout cela forme la matiere d'un long &
penible ouvrage dont l'exécution ſemble
exiger de la part du Public beaucoup de
reconnoiffance pour le ſavant Auteur qui
s'eſt chargé de cetravail difficile.
Si les Libraires tiennent la parole qu'ils
donnent à la fin du projet par rapport au
materiel de l'ouvrage , je veux dire le papier
& l'impreffion , on peut affurer que cette
Hiſtoire ſera une des plus belles éditions que
nous ayons eues depuis long-tems ; & peutêtreune
des moins couteuſes pour ceux qui
veulent s'en aſſurer davance des exemplaires.
Cet ouvrage de dix vol. in-4.. dont chaque
volume contiendra 750 pages & plus , ne
reviendra qu'à 72 liv. en feuilles dont on
paye 36 liv. en ſouſcrivant & les 36 liv.
reſtant en recevant les 10 vol. le prix eft
modique ent oi-même , mais il l'eſt biendavantage
ſi l'on fait reflexion que les volumes
déja confidérables par la matiere qui y eſt
traitée , feront enrichis de vignettes
Cartes Géographiques , de Plans de Batailles ,
en un mot de tous les agremens que lamain
d'un Artiſte habile & intelligent peut préter
de
DECEMBRE. 1744. 109
àune ouvrage pour la perfection duquel on
n'a voulu rien épargner.
Barre in 40. 10 vol.
On nous promet inceſſament une Hiſtoire
Générale d'Allemagne avant & depuis l'établiſſement
de l'Empire juſqu'à l'Empereur
à préſent regnant , enrichie de notes hiftoriques
, & critiques , de differtations ſur les
points importans , de Généalogies des plus
il luftres maiſons . & de Cartes Géographiques
avec des vignettes & autres Gravures
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
en taille douce 10 vol. in 48. à Paris chez
Charles-Jean-Baptiste Deleſpine , & Jean-
Thomas Heriffant, Libraires, ruë S. Jacques.
Cet ouvrage eſt un morceau d'autant plus
intéreſſant que juſqu'à préſent nous n'avons
encore rien eu de fatisfaiſant fur cette matiere
; car on ne doit point regarder comme
Hiſtoire d'Allemagne , ce que Heiff nous a
donné. Son ouvrage eſt ſi informe , & fi peu
exact , qu'il ne peut être d'aucune utilité. Ce
n'eſt pas cependant qu'on ait manqué de
fecours pour traiter un ſujet ſi important ;
Il y a des ſources abondantes d'où l'on peut
tirer les connoiffances néceſſaires pour réuffir.
Mais cette même abondance a fans
doute rebuté juſqu'à preſent ceux qui auroient
pû tenter cette entrepriſe avec un
certain fuccès. En effet il faut convenir que
la multitude des Auteurs qu'on est obligé de
lire , & la quantité des receuils qu'il eſt néceſſairede
conſulter ſur un ſujet ſi vaſte font
autant d'obstacles effrayans qu'il n'eſt pas
facile de ſurmonter.
Le P. Barre Chanoine Régulier a eû
le courage de vaincre toutes les difficultés .
Ilalu , dit-il dans ſon projet, tous les Ecrivans
qui ont parlé de l'Allemagne en quelque
langue qu'ils ayent écrit : il a examiné attentivement
les immenfes recueils deMeſſieurs
Leibnitz , Luniz , Lidewig , Muratori , Græ-
1
DECEMBRE . 1744. 167
vius ,& toutes les autres collections qui ont
paru depuis celle de Jean Hervage publiée
en 1552. on voit qu'il a fallu du tems pour
une lecture de cette étendue , auffi lui at'elle
couté près de vingt-ans d'un travail
affidu dont il va enfin receuillir le fruit. S'il
regne dans le corps de l'ouvrage autant d'exactitude
, d'élegance &de préciſion que dans le
projet , il eſt à préſumer que les lecteurs les
plus difficiles auront lieu d'être contents.
On voit par le ſeul titre , que cet Auteur
prétend donner beaucoup d'étendue à ſon
Hiſtoire : le projet annonce qu'il doit remonter
juſqu'aux tems les plus reculés , & porter
la lumiere dans les tenebres méme de
l'antiquité , pour nous faire connoître la
premiere origine des Peuples Allemans.
Ces recherches plairont beaucoup fans
doute à nos Sçavans , peut-être auſſi ſeront-
elles du gout de ceux même qui ne
cherchent qu'à amuſer leur curiofité. Mais de
quelque façon que les commencemens ſoient
traités , je crois qu'on trouvera bien plusd'agremens
lorſqu'on ſera parvenu au tems de
Charlemagne , on verra le détail des differens
évenemens qui ont agité l'Empire ſous le
Regne de ce Prince , les révolutions qui
arriverent après ſa mort , les diviſions entre
les Princes d'Allemagne , & les ſecouffes
violentes qui ébranlent à diverſes repriſes le
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
corps de l'Empire , l'établiſſement de ſon
gouvernement tel que nous le voyons aujourd'hui
; les intérêts des differentes maiſons
qui ont poffedé cette couronne , & les mouvemens
qu'ils ont occaſionnés dans l'Empire.
Tout cela forme la matiere d'un long &
penible ouvrage dont l'exécution ſemble
exiger de la part du Public beaucoup de
reconnoiffance pour le ſavant Auteur qui
s'eſt chargé de cetravail difficile.
Si les Libraires tiennent la parole qu'ils
donnent à la fin du projet par rapport au
materiel de l'ouvrage , je veux dire le papier
& l'impreffion , on peut affurer que cette
Hiſtoire ſera une des plus belles éditions que
nous ayons eues depuis long-tems ; & peutêtreune
des moins couteuſes pour ceux qui
veulent s'en aſſurer davance des exemplaires.
Cet ouvrage de dix vol. in-4.. dont chaque
volume contiendra 750 pages & plus , ne
reviendra qu'à 72 liv. en feuilles dont on
paye 36 liv. en ſouſcrivant & les 36 liv.
reſtant en recevant les 10 vol. le prix eft
modique ent oi-même , mais il l'eſt biendavantage
ſi l'on fait reflexion que les volumes
déja confidérables par la matiere qui y eſt
traitée , feront enrichis de vignettes
Cartes Géographiques , de Plans de Batailles ,
en un mot de tous les agremens que lamain
d'un Artiſte habile & intelligent peut préter
de
DECEMBRE. 1744. 109
àune ouvrage pour la perfection duquel on
n'a voulu rien épargner.
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Résumé : Histoire Générale d'Allemagne par le R. P. Barre in 4o. 10 vol.
L'ouvrage 'Histoire Générale d'Allemagne' du Père Barre est un projet ambitieux prévu en dix volumes in-4°. Il vise à couvrir l'histoire allemande depuis la création de l'Empire jusqu'à l'empereur régnant. L'ouvrage comprend des notes historiques et critiques, des dissertations sur des points importants, des généalogies des principales maisons nobles, ainsi que des cartes géographiques et des gravures. Cette entreprise est attendue avec intérêt, car les précédentes tentatives, comme celle de Heiss, étaient jugées insuffisantes et inexactes. Le Père Barre a consacré près de vingt ans à consulter une multitude de sources, incluant les travaux de Leibniz, Lunitz, Ludwig, Muratori, et Graevius, ainsi que des collections anciennes comme celle de Jean Hervage publiée en 1552. L'auteur prévoit de remonter aux origines des peuples allemands et de détailler les événements marquants, tels que le règne de Charlemagne, les révolutions postérieures à sa mort, et les divisions parmi les princes allemands. Les libraires Charles-Jean-Baptiste Delespine et Jean-Thomas Hérissant annoncent une édition de qualité avec un prix modéré : 72 livres en feuilles, payables en deux versements. Chaque volume comportera plus de 750 pages et sera enrichi de vignettes, cartes géographiques, et plans de batailles.
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5612
p. 109-115
LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Début :
C'est aux gens versés dans la connoissance de la Medecine qu'il appartient de juger du [...]
Mots clefs :
Maladies, Médecine, Pratique, Hippocrate, Règles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
LES ELEMENS de la Medecine pratique
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
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Résumé : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Le texte présente 'Les Éléments de la Médecine pratique' de M. Bouillet, publié en 1744 à Béziers. Bouillet, correspondant de l'Académie Royale des Sciences, s'inspire des principes d'Hippocrate et de Galien. Son ouvrage définit la médecine et ses devoirs, liste les maladies courantes et les règles pour maintenir et restaurer la santé. L'ouvrage est structuré en quatre parties. La première partie est destinée aux jeunes médecins déjà familiers avec l'anatomie et la matière médicale. La deuxième partie aborde l'économie animale et les causes des maladies, en se basant sur les travaux de M. Helvetius et M. Stahl. La troisième partie compare les maladies en Grèce au temps d'Hippocrate avec celles observées à Paris au XVIe siècle, notant leur persistance malgré les variations temporelles et climatiques. La quatrième partie décrit les maladies fréquentes à Béziers entre 1730 et 1742, leurs traitements et les conditions climatiques locales, fournissant ainsi une ressource utile pour les jeunes praticiens. Le texte salue la méthode de Bouillet mais critique les médecins qui privilégient leur enrichissement personnel à l'amélioration de leur pratique. Il conteste également l'idée d'une pratique médicale uniforme, citant Celse qui préconise des traitements adaptés aux régions et aux conditions de vie des patients. Les auteurs concluent que la raison et l'expérience doivent diriger la pratique médicale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5613
p. 115-121
OEuvres Physiques & Géographiques, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
SIMON le jeune, Imprimeur, qui a du zéle & du talent, vient de mettre au jour [...]
Mots clefs :
Système, Recueil, Thalès, Dissertations
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texteReconnaissance textuelle : OEuvres Physiques & Géographiques, Extrait, [titre d'après la table]
SIMON le jeune, Imprimeur, qui a du
zélé & du talent, vient de mettre au jour.
les OEuvres Physïques & Géographiques du
M. Pierquin Bachelier en Theologie & Curé
de Chastel en Champagne avec la vie deFAH-*
teur 1vol. in 12.
On apprend par la vie de l'Auteur que M.
Pierquin étoits un Curé de Campagne qui
employoit à composer des dissertations Physiques,
le tems que lui laissoient les soins
de son ministere, il a joué jusqu'en1732
un grand rôle dans les Journaux deVerdun
& de Trévoux, & il a mêmefiguré
quelquefois avec distinction dans le Mercure
de France.
Le premier morceau de ce recueil porte
le titre d'Astronomie de Thalès.
M. Pierquin trouvant des difficultés insolubles
dans tous les sistêmesmodernes, a formé
le dessein de ressusciter celui de Thalés ;.
entreprisequi exigeoitun courage qu'on ne
peut allezlouer. Thalés est le premier des
Grecsqui ait connu l'Astronomie, il a,k
116 MERCURE DEFRANCE ,
premier predit les Eclipſes de Soleil , il a
montré aux hommes à diriger la Navigation
par les Etoiles , il eſt le Fondateur de
la ſecte Ionique , il a eu long-tems des Admirateurs
& des Sectaires ; mais comme enfin
tout paſſe de mode , ſon ſiſtème étoit
tombé depuis bien des fiécles dans un difcredit
dont il ne ſe ſeroit jamais relevé ſans
les efforts de M. Pierquin.
il ſuffit d'avoir lu Diogene - Laerce
pour ſçavoir que ſuivant le ſiſteme de ce
Philofophe l'eau eſt le principe de l'Univers.
M. Pierquin n'eſt point un Diſciple
enthouſiaſte , qui embratſe aveuglement
les opinions de fon Maître , & qui donne
pour raiſon Magiſter dixit , il a vu judicieufement
qu'il y avoit beaucoup de choſes à
corriger au ſiſteme de Thales ,& il y a
travaillé avec application,
30
Cependant il eſt des reformes que M.
Pierquin auroit défirées ardemment& qu'il
n'a pu faire , il ſeroit à ſouhaiter , dit-il ,
» que les parties du Ciel n'euſſent point été
fouillées par tant de noms profanes , &
>> qu'on pût avec ſuccès tracer ſur le globe
» céleste les Images des Saints du vieux &
» du nouveau Testament , mais leal eſt
ſans remede.
30
Le grand nombre de changemens que
M. Pierquin a fait au ſiſteme qu'il reffufcite
DECEMBRE. 1744. 11
peuvent l'en faire regarder à bondroit comme
le Créateur , c'eſt ſur-tout le talent de
l'invention qui brille chez M. Pierquin ; s'il
paroît avoir emprunté de Deſcartes l'idée
des tourbillons , on voit bientôt par l'uſage
qu'il en fait , qu'il n'eſt ni Plagiaire ni Copifte.
ود
ככ
Il ſuppoſe à la vérité untourbillon qu'il
appelle » general parce qu'il renferme la
matiere dont tous les corps doivent être
>> compoſés , & même les trois élemens & la
>> fource de tous les étres materiels ; c'eſt -
à - dire une poudre ſubtile , des boules
étherées & une multitude inombrable de
>> parties branchuës.
06
Voilà les trois Elemensde Deſcartes , mais
M. Pierquin ne doit qu'à lui - meme le tourbillon
general , les parties branchuës font
pouffées vers la circonférence du tourbillon
general& ellesy forment cette croute immen-
Se quise nomme Firmament , croute d'une epaifſeur
extrême , puiſque les montagnes celestes ,
s'y tiennent toutes par le pied , & que néanmoins
elles ſubſiſtent depuis tant de fiecles , fans
qu'elles foit effondrée en quelque endroit du
moins sensible.
Nous ne nous étendrons pas davantage
fur le ſiſteme de M. P. , on peut dire à la
louange que quoiqu'il ait été publié en 1937
par parties dans les Journaux de Verdun ,
18 MERCURE DE FRANCE.
cependant aucun des Neutoniens n'a oſé attaquer
M. Pierquin , qui eſt mort maître du
champ de battaille & fans avoir été
entamé par l'ennemi.
On trouve à la ſuite un abrégé de Géographie
très-fuccint& peut-être trop . Bien !
des Lecteurs ne ſe contenteront pas de ſçavoir
pour toute inſtruction , ſur l'Angleterre
par exemple , qu'on ne voit point de Loups
dans cette Ifle ; qu'il y a beaucoup de Chevaux
en Dannemark ; que Malthe produit
des Roſes d'une odeur raviffante , & que
la Candie donne des citrons gros comme la
tête d'un homme .
Pluſieurs Differtations inſerées dans ce Recueil
, repondent parfaitement à l'idée que
le Lecteur doit s'être forméede la capacité
de M. Pierquín.
L'aurore Boreale du 19 Octobre 1726
parut à notre Auteur un objet digne de ſes
recherches ; il enrichit au mois de Janvier
fuivant le Journal de Verdun d'une Differtation
ſur ce ſujet , mais on ne laiſſa pas
cette fois M. Pierquinjouir tranquillement
de ſa gloire : le P. Emanuel de Viviers Capucin
entra en lice , M. Pierquin ſe défendit
avec courage; cette querelle occafionna
trois Differtations de part & d'autre ,
-toutes les fix font imprimées dans ce recuei ,
DECEMBRE. 1744 . my
nous n'entreprendrons point de décider cette
importante queſtion , ni de juger de la conteſtation
que l'Auteur eut après avec M.
Capperon ancienDoyen de ſaint Maxent ,
ſur la formation des pierres precieuſes ,
camayeux & coquillages. Suivant la coutume
des Sçavans , les deux Adverſaires ſe traiterent
comme font les Heros d'Homere ,
&ornerent de doctes injures leurs raiſonnemens
profonds , & ténébreux.
?
Nous nous hâtons de paſſer à une des
plus curieuſes Differtations de ce Recueil ,
elle roule ſur l'évocation des Morts , l'Auteur
prouve très - bien que la Nécromantie eſt
un art déteſtable ; que le Diable n'a point
- le pouvoir de faire apparoître les Morts
& que c'eſt à des ſecrets pareils à celui de
la Lanterne magique qu'on doit attribuer
tous les tours de paſſe paſſe des Devins.
On trouve à ce propos une explication trèsbien
détaillée de cette Lanterne magique ,
c'étoit ici ſa vraie place , cette Differtation
eſt ſuivie d'une autre qui n'eſt pas moins intéreſſante
ſur les Lutins & les Farfadets,
M. Pierquin qui a examiné les faits avec
- attention , convient qu'il a paru des Fantômes
ſur la terre avant la venie de J. C,
mais il pretend qu'il n'en eſt plus queſtion
depuis la prédication de l'Evangile ; il prous
:
:
+
120 MERCURE DE FRANCE.
ve très-bien que les Contes que l'on fait au
ſujet des Eſprits folets , fantômes &c. doivent
être mis au rang des Fables.
ce
>>Notre imagination , dit-il , ne peut ſe
>> repreſenter toutes les douleurs que fouffrent
les Anges malheureux , cependant
>> des Diables qui font mille fingeries ne
donnent - ils pas à comprendre que la
>> vengeance du Seigneur ne les accable pas
toujours. Ainſi lesDemons ne peuvent s'é-
১১
>> riger en Efprits folets.
...
L'Auteur n'eſt pas plus credule ſur le Sabat
, nous apprenons de lui , qu'il n'y en a
point. >> Mais que certains Sorciers pour
20 courir avec plus de viteſſe ſans laffitude ,
» ſe frotent avec un onguent compoſée d'a-
>> xonge humaine , de Mandragore pulveri-
> ſée , de jus d'Ache , de Pavots , de Panets
>> ſauvages & de quelques autres herbes
>> ſemblables , mais que bien loin d'être en-
>> levés par la cheminée &de courir en l'air
ככ
,
fur un manche à balai , ils s'endorment. >>>
M. Pierquin ne croit pas non plus que les
Sorciers & les Magiciens puiſſent changer la
figure naturelle des autres hommes , cette
erreur eſt doctement & foigneufement refutée.
On trouve encore dans ce recueil , plufieurs
autres Diſſertations auſſi curieuſes.Telle
eſt celle où l'on explique pourquoi le cocq
chan
DECEMBRE. 1744. 121
chante le matin , nous exhortons les Lecteurs
à lire ces choſes dans le livre mente.
zélé & du talent, vient de mettre au jour.
les OEuvres Physïques & Géographiques du
M. Pierquin Bachelier en Theologie & Curé
de Chastel en Champagne avec la vie deFAH-*
teur 1vol. in 12.
On apprend par la vie de l'Auteur que M.
Pierquin étoits un Curé de Campagne qui
employoit à composer des dissertations Physiques,
le tems que lui laissoient les soins
de son ministere, il a joué jusqu'en1732
un grand rôle dans les Journaux deVerdun
& de Trévoux, & il a mêmefiguré
quelquefois avec distinction dans le Mercure
de France.
Le premier morceau de ce recueil porte
le titre d'Astronomie de Thalès.
M. Pierquin trouvant des difficultés insolubles
dans tous les sistêmesmodernes, a formé
le dessein de ressusciter celui de Thalés ;.
entreprisequi exigeoitun courage qu'on ne
peut allezlouer. Thalés est le premier des
Grecsqui ait connu l'Astronomie, il a,k
116 MERCURE DEFRANCE ,
premier predit les Eclipſes de Soleil , il a
montré aux hommes à diriger la Navigation
par les Etoiles , il eſt le Fondateur de
la ſecte Ionique , il a eu long-tems des Admirateurs
& des Sectaires ; mais comme enfin
tout paſſe de mode , ſon ſiſtème étoit
tombé depuis bien des fiécles dans un difcredit
dont il ne ſe ſeroit jamais relevé ſans
les efforts de M. Pierquin.
il ſuffit d'avoir lu Diogene - Laerce
pour ſçavoir que ſuivant le ſiſteme de ce
Philofophe l'eau eſt le principe de l'Univers.
M. Pierquin n'eſt point un Diſciple
enthouſiaſte , qui embratſe aveuglement
les opinions de fon Maître , & qui donne
pour raiſon Magiſter dixit , il a vu judicieufement
qu'il y avoit beaucoup de choſes à
corriger au ſiſteme de Thales ,& il y a
travaillé avec application,
30
Cependant il eſt des reformes que M.
Pierquin auroit défirées ardemment& qu'il
n'a pu faire , il ſeroit à ſouhaiter , dit-il ,
» que les parties du Ciel n'euſſent point été
fouillées par tant de noms profanes , &
>> qu'on pût avec ſuccès tracer ſur le globe
» céleste les Images des Saints du vieux &
» du nouveau Testament , mais leal eſt
ſans remede.
30
Le grand nombre de changemens que
M. Pierquin a fait au ſiſteme qu'il reffufcite
DECEMBRE. 1744. 11
peuvent l'en faire regarder à bondroit comme
le Créateur , c'eſt ſur-tout le talent de
l'invention qui brille chez M. Pierquin ; s'il
paroît avoir emprunté de Deſcartes l'idée
des tourbillons , on voit bientôt par l'uſage
qu'il en fait , qu'il n'eſt ni Plagiaire ni Copifte.
ود
ככ
Il ſuppoſe à la vérité untourbillon qu'il
appelle » general parce qu'il renferme la
matiere dont tous les corps doivent être
>> compoſés , & même les trois élemens & la
>> fource de tous les étres materiels ; c'eſt -
à - dire une poudre ſubtile , des boules
étherées & une multitude inombrable de
>> parties branchuës.
06
Voilà les trois Elemensde Deſcartes , mais
M. Pierquin ne doit qu'à lui - meme le tourbillon
general , les parties branchuës font
pouffées vers la circonférence du tourbillon
general& ellesy forment cette croute immen-
Se quise nomme Firmament , croute d'une epaifſeur
extrême , puiſque les montagnes celestes ,
s'y tiennent toutes par le pied , & que néanmoins
elles ſubſiſtent depuis tant de fiecles , fans
qu'elles foit effondrée en quelque endroit du
moins sensible.
Nous ne nous étendrons pas davantage
fur le ſiſteme de M. P. , on peut dire à la
louange que quoiqu'il ait été publié en 1937
par parties dans les Journaux de Verdun ,
18 MERCURE DE FRANCE.
cependant aucun des Neutoniens n'a oſé attaquer
M. Pierquin , qui eſt mort maître du
champ de battaille & fans avoir été
entamé par l'ennemi.
On trouve à la ſuite un abrégé de Géographie
très-fuccint& peut-être trop . Bien !
des Lecteurs ne ſe contenteront pas de ſçavoir
pour toute inſtruction , ſur l'Angleterre
par exemple , qu'on ne voit point de Loups
dans cette Ifle ; qu'il y a beaucoup de Chevaux
en Dannemark ; que Malthe produit
des Roſes d'une odeur raviffante , & que
la Candie donne des citrons gros comme la
tête d'un homme .
Pluſieurs Differtations inſerées dans ce Recueil
, repondent parfaitement à l'idée que
le Lecteur doit s'être forméede la capacité
de M. Pierquín.
L'aurore Boreale du 19 Octobre 1726
parut à notre Auteur un objet digne de ſes
recherches ; il enrichit au mois de Janvier
fuivant le Journal de Verdun d'une Differtation
ſur ce ſujet , mais on ne laiſſa pas
cette fois M. Pierquinjouir tranquillement
de ſa gloire : le P. Emanuel de Viviers Capucin
entra en lice , M. Pierquin ſe défendit
avec courage; cette querelle occafionna
trois Differtations de part & d'autre ,
-toutes les fix font imprimées dans ce recuei ,
DECEMBRE. 1744 . my
nous n'entreprendrons point de décider cette
importante queſtion , ni de juger de la conteſtation
que l'Auteur eut après avec M.
Capperon ancienDoyen de ſaint Maxent ,
ſur la formation des pierres precieuſes ,
camayeux & coquillages. Suivant la coutume
des Sçavans , les deux Adverſaires ſe traiterent
comme font les Heros d'Homere ,
&ornerent de doctes injures leurs raiſonnemens
profonds , & ténébreux.
?
Nous nous hâtons de paſſer à une des
plus curieuſes Differtations de ce Recueil ,
elle roule ſur l'évocation des Morts , l'Auteur
prouve très - bien que la Nécromantie eſt
un art déteſtable ; que le Diable n'a point
- le pouvoir de faire apparoître les Morts
& que c'eſt à des ſecrets pareils à celui de
la Lanterne magique qu'on doit attribuer
tous les tours de paſſe paſſe des Devins.
On trouve à ce propos une explication trèsbien
détaillée de cette Lanterne magique ,
c'étoit ici ſa vraie place , cette Differtation
eſt ſuivie d'une autre qui n'eſt pas moins intéreſſante
ſur les Lutins & les Farfadets,
M. Pierquin qui a examiné les faits avec
- attention , convient qu'il a paru des Fantômes
ſur la terre avant la venie de J. C,
mais il pretend qu'il n'en eſt plus queſtion
depuis la prédication de l'Evangile ; il prous
:
:
+
120 MERCURE DE FRANCE.
ve très-bien que les Contes que l'on fait au
ſujet des Eſprits folets , fantômes &c. doivent
être mis au rang des Fables.
ce
>>Notre imagination , dit-il , ne peut ſe
>> repreſenter toutes les douleurs que fouffrent
les Anges malheureux , cependant
>> des Diables qui font mille fingeries ne
donnent - ils pas à comprendre que la
>> vengeance du Seigneur ne les accable pas
toujours. Ainſi lesDemons ne peuvent s'é-
১১
>> riger en Efprits folets.
...
L'Auteur n'eſt pas plus credule ſur le Sabat
, nous apprenons de lui , qu'il n'y en a
point. >> Mais que certains Sorciers pour
20 courir avec plus de viteſſe ſans laffitude ,
» ſe frotent avec un onguent compoſée d'a-
>> xonge humaine , de Mandragore pulveri-
> ſée , de jus d'Ache , de Pavots , de Panets
>> ſauvages & de quelques autres herbes
>> ſemblables , mais que bien loin d'être en-
>> levés par la cheminée &de courir en l'air
ככ
,
fur un manche à balai , ils s'endorment. >>>
M. Pierquin ne croit pas non plus que les
Sorciers & les Magiciens puiſſent changer la
figure naturelle des autres hommes , cette
erreur eſt doctement & foigneufement refutée.
On trouve encore dans ce recueil , plufieurs
autres Diſſertations auſſi curieuſes.Telle
eſt celle où l'on explique pourquoi le cocq
chan
DECEMBRE. 1744. 121
chante le matin , nous exhortons les Lecteurs
à lire ces choſes dans le livre mente.
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Résumé : OEuvres Physiques & Géographiques, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente les œuvres de M. Pierquin, un curé de campagne et théologien, récemment publiées par Simon, un imprimeur. Pierquin a collaboré avec divers journaux, dont ceux de Verdun, Trévoux et le Mercure de France. Son ouvrage principal, 'Astronomie de Thalès', vise à réhabiliter le système astronomique du philosophe grec Thalès. Pierquin reconnaît les limites de ce système et propose des corrections, introduisant notamment un tourbillon général contenant les éléments de Descartes et des particules spécifiques appelées 'parties branchuës'. Le recueil comprend également un abrégé de géographie, jugé succinct, ainsi que plusieurs dissertations scientifiques et naturelles. Pierquin discute de l'aurore boréale avec le Père Emanuel de Viviers et de la formation des pierres précieuses avec M. Capperon. Il aborde aussi des sujets surnaturels, affirmant que la nécromancie est illusoire et que les apparitions de fantômes ont cessé avec la prédication de l'Évangile. Le texte mentionne des explications sur la lanterne magique et les lutins. Pierquin réfute les croyances anciennes et les superstitions, telles que l'existence des sabbats et la transformation des sorciers. Il explique que les sorciers utilisent des onguents pour courir plus vite, mais qu'ils s'endorment ensuite. Il nie également que les sorciers puissent altérer l'apparence des autres. Enfin, il explique pourquoi le coq chante le matin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5614
p. 121-122
Voyages & Avantures du Comte de ** & de son fils, [titre d'après la table]
Début :
LES VOYAGES & Avantures du Comte de *** & de son Fils, en trois volumes, [...]
Mots clefs :
Fils, Père
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyages & Avantures du Comte de ** & de son fils, [titre d'après la table]
LES VOYAGES & Avantures du Comte
de *** & de ſon Fils , en trois volumes ,
imprimé en Hollande , à Amſterdam chés
Pierre Marteau , ſe vendent à Paris chés
Barrois , Quai des Auguftins.
On ne donnera point un Extrait de cet
Ouvrage , qui étant un tiſſu d'évenemens enchaînés
& relatifs les uns aux autres , perdroit
infiniment à être découfu. Je crois qu'il ſuffira
pour en donner une idée avantageuſe ,
dedéclarer le deſſein de l'Editeur, expliqué
dans ſa Préface , & pour ne le point alterer
nous nous fervons de ſes termes.
د
>> De tous les Livres que l'on préſente au
>> Public , aucuns ne paroiſſent être reçus avec
>> plus d'empreſſement, que ceux qui joignant
>> l'utile à l'agréable , peuvent inſtruire en
>> amuſant . Celui-ci dont j'ai fait une lecture
attentive , m'a paru être de ce nombre.
C'eſt un Pere qui ramaſſant ſur un Fils uni-
> que toute ſa tendreſſe , ne croit ſe devoir
>> repoſer que ſur lui ſeul du ſoin de ſon in-
20 ſtruction , & il y eſt déterminé par un éve-
„ nement qui lui fait comprendre que les
» ſoins du Gouverneur le plus habile & le
>> plus zelé , ne peuvent guéres ſuppléer à
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
>> ceux d'un Pere d'autant plus intereffé à
perfection d'un fils tendrement cheri ,
כ כ
סכ qu'il eſpere de revivre glorieuſement en
»lui.
On étale enſuite les inconveniens d'une
éducation étrangere ; on pourroit combattre
auſſi l'éducation paternelle , & prouver aufli
clairement que la jeuneſſe eſt quelquefois
plus mal élevée par ſes Parens que par les
Précepteurs. Notre Voyageur Philofophe n'ignore
pas ces difſtinctions , mais il eſt affranchi
des préjugés du ſang , & il gouverne fon
fils , gouverné lui-même par la raifon .
>>II lui donne des leçons dictées par l'hon-
>> neur , la Religion , la probité , &par la
>> vertu elle-même. Mais il y a encore une
>> autre forte d'inſtruction qu'il ne néglige
>> pas , & elle nous vient de la force de l'e-
>> xemple . Rien n'eſt plus capable de nous
סכ animer à la pratique de la ſageſſe , & de
>> nous détourner du vice , que la vue des
>> récompenfes ou des châtimens dont les
>> uns & les autres font ordinairement fuivis.
Il eſt témoin pendant ſon voyage d'un
>> grand nombre d'avantures , dont le dé-
>> nouement eſt ou le triomphe de la vertu
>> ou la punition du vice .
Le Lecteur jugera fi ce plan ſenſé eſt parfaitement
executé,
de *** & de ſon Fils , en trois volumes ,
imprimé en Hollande , à Amſterdam chés
Pierre Marteau , ſe vendent à Paris chés
Barrois , Quai des Auguftins.
On ne donnera point un Extrait de cet
Ouvrage , qui étant un tiſſu d'évenemens enchaînés
& relatifs les uns aux autres , perdroit
infiniment à être découfu. Je crois qu'il ſuffira
pour en donner une idée avantageuſe ,
dedéclarer le deſſein de l'Editeur, expliqué
dans ſa Préface , & pour ne le point alterer
nous nous fervons de ſes termes.
د
>> De tous les Livres que l'on préſente au
>> Public , aucuns ne paroiſſent être reçus avec
>> plus d'empreſſement, que ceux qui joignant
>> l'utile à l'agréable , peuvent inſtruire en
>> amuſant . Celui-ci dont j'ai fait une lecture
attentive , m'a paru être de ce nombre.
C'eſt un Pere qui ramaſſant ſur un Fils uni-
> que toute ſa tendreſſe , ne croit ſe devoir
>> repoſer que ſur lui ſeul du ſoin de ſon in-
20 ſtruction , & il y eſt déterminé par un éve-
„ nement qui lui fait comprendre que les
» ſoins du Gouverneur le plus habile & le
>> plus zelé , ne peuvent guéres ſuppléer à
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
>> ceux d'un Pere d'autant plus intereffé à
perfection d'un fils tendrement cheri ,
כ כ
סכ qu'il eſpere de revivre glorieuſement en
»lui.
On étale enſuite les inconveniens d'une
éducation étrangere ; on pourroit combattre
auſſi l'éducation paternelle , & prouver aufli
clairement que la jeuneſſe eſt quelquefois
plus mal élevée par ſes Parens que par les
Précepteurs. Notre Voyageur Philofophe n'ignore
pas ces difſtinctions , mais il eſt affranchi
des préjugés du ſang , & il gouverne fon
fils , gouverné lui-même par la raifon .
>>II lui donne des leçons dictées par l'hon-
>> neur , la Religion , la probité , &par la
>> vertu elle-même. Mais il y a encore une
>> autre forte d'inſtruction qu'il ne néglige
>> pas , & elle nous vient de la force de l'e-
>> xemple . Rien n'eſt plus capable de nous
סכ animer à la pratique de la ſageſſe , & de
>> nous détourner du vice , que la vue des
>> récompenfes ou des châtimens dont les
>> uns & les autres font ordinairement fuivis.
Il eſt témoin pendant ſon voyage d'un
>> grand nombre d'avantures , dont le dé-
>> nouement eſt ou le triomphe de la vertu
>> ou la punition du vice .
Le Lecteur jugera fi ce plan ſenſé eſt parfaitement
executé,
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Résumé : Voyages & Avantures du Comte de ** & de son fils, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Les Voyages & Aventures du Comte de *** & de son Fils' est un récit en trois volumes imprimé en Hollande et vendu à Paris. L'éditeur souligne que les événements narrés sont interconnectés et perdraient de leur valeur s'ils étaient isolés. Le livre combine l'instruction et le divertissement. Il relate l'histoire d'un père qui décide d'assumer l'éducation de son fils unique après avoir constaté les limites des soins d'un gouverneur, même compétent. Le texte critique l'éducation étrangère et reconnaît les possibles défauts de l'éducation paternelle. Le père, décrit comme un voyageur philosophe, guide son fils selon les principes d'honneur, de religion, de probité et de vertu. Il utilise des exemples concrets pour illustrer les récompenses de la vertu et les châtiments du vice à travers leurs aventures. Le lecteur est invité à évaluer l'efficacité de cette méthode éducative.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5615
p. 123-130
Journal de Henri III, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
JOURNAL DE HENRY III, Roi de France & de Pologne, ou Memoires pour [...]
Mots clefs :
Henri III, Journal, Roi, Volume, Règne, Remarques, Henri IV, Pierre de L'Estoile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal de Henri III, Extrait, [titre d'après la table]
JOURNAL DE HENRY III , Roide
France & de Pologne , ou Memoires pour
ſervir à l'Hiſtoire de France , par M. Pierre
de l'Etoille. Nouvelle Edition , accompagnée
de Remarques Hiſtoriques , & des Pieces
manufcrites les plus curieuſes de ce Regne.
in- 8 . à la Haye, & fe trouvent à Paris chés la
Veuve Gandouin , Quai des Auguſtins à la
Belle Image. 5 vol.
Le Journal du Roi Henry III. eſt un
Ouvrage fi connu & fi eſtimé pour l'Hiſtoire
du XVI. fiécle , qu'il eſt inutile d'en retracer
ici l'éloge , il ſuffit de faire connoître
ce qu'il y a de curieux & de fingulier dans
cette nouvelle Edition , & ce qui la diftingue
des autres. Les anciennes ne contenoient
qu'un Extrait du véritable Journal
du Roi Henry III. dont le Regne agité
par les plus étranges factions , fut enfin
terminé par la plus triſte cataftrophe.
Cet Extrait avoit été fait par M. Servin , Avocat
Général au Parlement de Paris , ſous les
Régnes de Henri III. & de Henri IV. C'eſt
ce qu'on a imprimé juſqu'ici dans plus de
20 Editions qui en ont paru depuis l'an 1620,
mais ce Journal paroît ici ſous une forme
plus exacte & plus complette qu'on ne l'avoit
eu.
Le nouvel Editeur de ce Livre ne s'eſt
pas contenté de l'Extrait de M. Servin, dont
Fij
124 MERCURE DE FRANCE ,
le travail , quoique bon , étoit fort imparfait
en comparaiſon de l'Original. Cet Original
contient les Mémoires de M. de l'Etoille
, Audiencier en la Grande Chancellerie
du Palais , mort en 1611. Nous ſommes
redevables de la publication de cet Ouvrage
aux foins de M. Jean Godefroy , qui
eſt mort en 1732 Procureur du Roi au
Bureau des Finances de Lille, & Garde des
Archives des Comtes de Flandres. Ce fut en
1719 que cet habile & vertueux Citoyen
fit paroître ce Journal ſous le titre de Mémoires
pour ſervir à l'Hiſtoire de France ,
par M. de l'Etoille , in- 8. 2 volumes. On
ne publie aujourd'hui que la partie qui regarde
le Régne de Henri III , celle qui
traite du Régne de Henri IV a été de nouveau
publiée en 1741 en 4 volumes in-8 .
mais beaucoup plus complette , que ne l'avoit
eu M. Godefroy. On y voit d'amples
remarques & des Pieces fort curieuſes. Par
ce moyen nous avons les Mémoires de M.
de l'Etoille preſque auſſi entiers qu'il les
ayoit faits lui-méme .
Voici ce qui ſe trouve de plus remarquable
dans cette nouvelle Edition. Celui
qui en a pris foin ne s'eſt pas contenté de
publier l'Ouvragetel qu'il eſt ſorti des mains
du premier Auteur, il s'eſt encore charge
de le revoir ſur les differentes Editions , &
DECEMBRE. 1744. 125
fur quelques Manufcrits du tems. Des remarques
utiles & intereffantes accompagnent
le Journal & font placées immédiatement
fous le Texte. Cette partie forme le premier
& la moitié du ſecond volume de cette
Collection. Cependant comme les Mémoires
de M. de l'Etoille commencent à l'an
1515 , & marchent fort rapidement juſqu'à
l'an 1574 , que mourut le Roi Charles IX
frere & prédéceſſeur de Henri III , le nouvel
Editeur a cru pouvoir ſemer legerement
ſur cette partie préliminaire quelques notes
& y joindre même quelques Pieces. La
premiere regarde le Régne de François I;
c'eſt une Lettre fort curieuſe , où ce Prince
fait à Madame Louiſe de Savoye ſa Mere,
une Relation fort exacte de la fameuſe Ba
taille de Marignan. Les autres Monumens de
ce Volume traitent de la fatale Journée de la
Saint Barthelemy en 1572 , & le volume
finit par la Tragédie de l'Amiral de Coligny
, morceau rare & fingulier qui ſeul ſe
vendoit plus cher qu'on ne fait les cinq
Volumes de cette Collection .
Le ſecond volume qui renferme la ſuite
du Journal , eſt accompagné de notes
plus abondantes. Il eſt vrai que l'année
1587 & les fuivantes , furent des tems de
criſe où ſe paſſerent les plus étranges révolutions
de ce Regne , cette partie eſt ſui-
Fiij
26 MERCURE DE FRANCE.
,
vie de cinq piéces affés curieuſes.; outre le
Diſcours merveilleux fur atherine de Medicis
, Satyre aigre & mordicante qui reparoît
ici décorée de quelques obſervations
où ſe trouve encore la Bibliotheque de Madame
de Montpenſier , dont les remarques
qui font de M. Godefroy ne font pas moins
de plaifir que les Titres ingenieux des Livres
qu'on yannonce , ces prétendus Livres
dévelopent l'Hiſtoire ſecrette de ces tems
orageux , mais le morceau le plus curieux
de ce volume , eſtun Journal d'un Ligueur ,
tiré des Manufcrits de la Bibliotheque de
Sa Majefté. Il s'étend depuis le 24 Decembre
1588 , juſqu'au dernier Avril 1589 ;
ce Journal mérite l'attention des Amateurs ,
par le fanatiſme de la Ligue qu'on y voit
regner , & qui ſeroit peut-être incroyable ,
ſi l'on ne ſçavoit par d'autresMonumens
juſqu'où les peuples abuſés & ſéduits font
capables de porter leurs extravagances.
Le troiſieme-volume de cette Collection ,
contient 49 piéces qui ſervent de preuves
aux faits les plus eſſentiels du Journal, Elles
font toutes extrémement curieuſes & fingulieres
, & tout au plus y en avoit -il 8 ou
9 , qui euſſent déja paru , les 40 autres
font tirées des Manufcrits authentiques ,
foit de la Bibliotheque du Roi , foit de celle
de l'Abbaye Royale de faint Germain des
DECEMBRE. 1744 127
Près , foit enfin des Manufcrits de M. Dupuis,
poffedés aujourd'hui par M.Joli de Fleuri,
Procureur Général du Parlement,qui ſe fait
un plaiſir de les communiquer généreuſement
au Sçavans. Ce que l'on diftingue le
plus parmi tous ces Monumens , font quel
ques Traités d'Alliance avec le Grand Seigneur
, par leſquels le Roi Henri III. obtient
des avantages conſidérables pour le
Commerce de la Nation Françoiſe dans
les Echelles du Levant : le Journal des premiers
Etats de Blois en 1576 par le Duc
de Nevers , la mort de Henri I. Prince de
Condé , empoisonné en 1588 , la Relation
de la mort des Guiſes , fur la fin de la
même année , ne font pas les endroits les
moins inſtructifs de ce volume , qui finit
par la Guiſiade de Pierre Matthieu , & qui
n'étoit ni moins rare ni moins recherchée que
celle de l'Admiral de Coligni.
Le quatriéme volume renferme des piéces
d'un tout autre genre. La deſcription de
l'Ifle des Hermaphrodites eſt une Satyre
affés ingenieuſe du Regne de Henri III. Il
y paroît avec ſes Favorisdans des ſituations
peu avantageuſes. Les autres Monumens qui
rempliffent ce volume,regardent le Roi Henri
IV.; toutes ces pieces accompagnoient les
dernieres Editions du Journal de Henri III.
Teile est l'Hiftoire des amours du grand Al-
Fiuj
428 MERCURE DE FRANCE.
candre, les Lettres à Madame de Beaufort &
à la Marquiſe de Verneuil;l'ingénieuſe apologie
de cegrand Roi , le Divorce Satyrique ,
piece dont les faits paroiſſent portés audelà
des juſtes bornes de l'Hiſtoire , qui ne
ſe permet pas autant de médiſance ; enfin
on y voit le Recueil des paroles remarquables
de ce Prince , petit Ouvrage dont
nous ſommes redevables à M. de Perefixe ,
qui avant que d'être Archevêque de Paris ,
fut Precepteur du feu Roi Louis XIV. On
a cru devoir mettre ce Recueil dans cette
Collection , parce qu'il manque dans la plûpart
des Editions de la vie de Henri IV. , qui
paſſe ſous le nom de M. de Perefixe , il faut
avouer cependant que dans cette Edition
on a augmenté ce Recueil de quelques actions
d'éclat qui font honneur à ce Prince ,
& comme on a joint aux Lettres de Henri
IV. dix-neuf Lettres de ce Prince qui n'avoient
point encore paru , & qui font copiées
ſur les Originaux , on les a rangées
toutes dans l'ordre Chronologique.
Enfin le cinquiéme volume de cette nouvelle
Edition renferme une piéce connue depuis
long-tems. C'eſt la Confeffion Catholique
de Sanci. D'aubigné , qui en eſt l'Auteur
, y a donné carriere à fon imagination&
à fon eſprit Satyrique. Nicolas de
Harlay Sancy , qui eſt le but de cette SaDECEMBRE,
1744 129
tyre valoit infiniment mieux que D'aubigné ,
il n'ya point de comparaiſon à faire, ce dernier
avoit beaucoup d'eſprit,mais peu de prudence
& de retenuë , il plaifoit pour quelques
momens par ſes vivacités & ſon feu , au lieu
que Sancy avoit beaucoup de fens & de
jugement , c'étoit veritablement un grand
homme d'Etat , & qui a rendu des ſervices
eſſentiels aux Rois Henri III. & Henri IV.
Il étoit ſage & difcret , & a fouffert ſes difgraces
en vrai Philoſophe , & s'il eſt permis
dedire ce qu'on penſe d'un pareil Ouvrage
, il eſt moins eſtimé par lui-même que
par les ſçavantes & curieuſes remarques dont
il a été illuſtré par M. le Duchat , célebre
Refugié François à Berlin ; ce Sçavant y
developpe par l'Hiſtoire beaucoup de faits
finguliers de ces tems orageux , mais dans
cette Edition l'on a joint aux remarques de
Mrs. le Duchat & Godefroy quelques obſervations
particulieres , qui ne font aucun
tort à cet Ouvrage.
Enfin on peut dire que l'Edition nouvelle
du Journal de Henri III. que l'on annonce
ici , eſt la plus complette & la plus
curieuſe que nous ayons de cet Ouvrage ,
il ſeroit à ſouhaiter que les beaux Monumens
de notre Hiſtoire fufſent auſſi bien
éclaircis , c'eſt une juſtice que l'on ne ſçauroit
s'empêcher de rendre à l'Editeur .
Fv
130 MERCURE DE FRANCE. 4
Le Libraire de fon côté a pris ſoin de
ſa reputation , car on peut affurer qu'il n'y
a guere d'Ouvrage plus magnifiquement
imprimés. La veuve Gandouin , Libraire
près l'Egliſe des Grands Auguſtins , chés
qui l'on trouve cette nouvelle Edition , a
reçû pareillement d'Hollande le Journal de
Henri IV. in- 8 °. en 4 volumes , accompagné
de remarques très inſtructives & de
piéces fort curieuſes ſur le Regne de ce
Grand Roi.
France & de Pologne , ou Memoires pour
ſervir à l'Hiſtoire de France , par M. Pierre
de l'Etoille. Nouvelle Edition , accompagnée
de Remarques Hiſtoriques , & des Pieces
manufcrites les plus curieuſes de ce Regne.
in- 8 . à la Haye, & fe trouvent à Paris chés la
Veuve Gandouin , Quai des Auguſtins à la
Belle Image. 5 vol.
Le Journal du Roi Henry III. eſt un
Ouvrage fi connu & fi eſtimé pour l'Hiſtoire
du XVI. fiécle , qu'il eſt inutile d'en retracer
ici l'éloge , il ſuffit de faire connoître
ce qu'il y a de curieux & de fingulier dans
cette nouvelle Edition , & ce qui la diftingue
des autres. Les anciennes ne contenoient
qu'un Extrait du véritable Journal
du Roi Henry III. dont le Regne agité
par les plus étranges factions , fut enfin
terminé par la plus triſte cataftrophe.
Cet Extrait avoit été fait par M. Servin , Avocat
Général au Parlement de Paris , ſous les
Régnes de Henri III. & de Henri IV. C'eſt
ce qu'on a imprimé juſqu'ici dans plus de
20 Editions qui en ont paru depuis l'an 1620,
mais ce Journal paroît ici ſous une forme
plus exacte & plus complette qu'on ne l'avoit
eu.
Le nouvel Editeur de ce Livre ne s'eſt
pas contenté de l'Extrait de M. Servin, dont
Fij
124 MERCURE DE FRANCE ,
le travail , quoique bon , étoit fort imparfait
en comparaiſon de l'Original. Cet Original
contient les Mémoires de M. de l'Etoille
, Audiencier en la Grande Chancellerie
du Palais , mort en 1611. Nous ſommes
redevables de la publication de cet Ouvrage
aux foins de M. Jean Godefroy , qui
eſt mort en 1732 Procureur du Roi au
Bureau des Finances de Lille, & Garde des
Archives des Comtes de Flandres. Ce fut en
1719 que cet habile & vertueux Citoyen
fit paroître ce Journal ſous le titre de Mémoires
pour ſervir à l'Hiſtoire de France ,
par M. de l'Etoille , in- 8. 2 volumes. On
ne publie aujourd'hui que la partie qui regarde
le Régne de Henri III , celle qui
traite du Régne de Henri IV a été de nouveau
publiée en 1741 en 4 volumes in-8 .
mais beaucoup plus complette , que ne l'avoit
eu M. Godefroy. On y voit d'amples
remarques & des Pieces fort curieuſes. Par
ce moyen nous avons les Mémoires de M.
de l'Etoille preſque auſſi entiers qu'il les
ayoit faits lui-méme .
Voici ce qui ſe trouve de plus remarquable
dans cette nouvelle Edition. Celui
qui en a pris foin ne s'eſt pas contenté de
publier l'Ouvragetel qu'il eſt ſorti des mains
du premier Auteur, il s'eſt encore charge
de le revoir ſur les differentes Editions , &
DECEMBRE. 1744. 125
fur quelques Manufcrits du tems. Des remarques
utiles & intereffantes accompagnent
le Journal & font placées immédiatement
fous le Texte. Cette partie forme le premier
& la moitié du ſecond volume de cette
Collection. Cependant comme les Mémoires
de M. de l'Etoille commencent à l'an
1515 , & marchent fort rapidement juſqu'à
l'an 1574 , que mourut le Roi Charles IX
frere & prédéceſſeur de Henri III , le nouvel
Editeur a cru pouvoir ſemer legerement
ſur cette partie préliminaire quelques notes
& y joindre même quelques Pieces. La
premiere regarde le Régne de François I;
c'eſt une Lettre fort curieuſe , où ce Prince
fait à Madame Louiſe de Savoye ſa Mere,
une Relation fort exacte de la fameuſe Ba
taille de Marignan. Les autres Monumens de
ce Volume traitent de la fatale Journée de la
Saint Barthelemy en 1572 , & le volume
finit par la Tragédie de l'Amiral de Coligny
, morceau rare & fingulier qui ſeul ſe
vendoit plus cher qu'on ne fait les cinq
Volumes de cette Collection .
Le ſecond volume qui renferme la ſuite
du Journal , eſt accompagné de notes
plus abondantes. Il eſt vrai que l'année
1587 & les fuivantes , furent des tems de
criſe où ſe paſſerent les plus étranges révolutions
de ce Regne , cette partie eſt ſui-
Fiij
26 MERCURE DE FRANCE.
,
vie de cinq piéces affés curieuſes.; outre le
Diſcours merveilleux fur atherine de Medicis
, Satyre aigre & mordicante qui reparoît
ici décorée de quelques obſervations
où ſe trouve encore la Bibliotheque de Madame
de Montpenſier , dont les remarques
qui font de M. Godefroy ne font pas moins
de plaifir que les Titres ingenieux des Livres
qu'on yannonce , ces prétendus Livres
dévelopent l'Hiſtoire ſecrette de ces tems
orageux , mais le morceau le plus curieux
de ce volume , eſtun Journal d'un Ligueur ,
tiré des Manufcrits de la Bibliotheque de
Sa Majefté. Il s'étend depuis le 24 Decembre
1588 , juſqu'au dernier Avril 1589 ;
ce Journal mérite l'attention des Amateurs ,
par le fanatiſme de la Ligue qu'on y voit
regner , & qui ſeroit peut-être incroyable ,
ſi l'on ne ſçavoit par d'autresMonumens
juſqu'où les peuples abuſés & ſéduits font
capables de porter leurs extravagances.
Le troiſieme-volume de cette Collection ,
contient 49 piéces qui ſervent de preuves
aux faits les plus eſſentiels du Journal, Elles
font toutes extrémement curieuſes & fingulieres
, & tout au plus y en avoit -il 8 ou
9 , qui euſſent déja paru , les 40 autres
font tirées des Manufcrits authentiques ,
foit de la Bibliotheque du Roi , foit de celle
de l'Abbaye Royale de faint Germain des
DECEMBRE. 1744 127
Près , foit enfin des Manufcrits de M. Dupuis,
poffedés aujourd'hui par M.Joli de Fleuri,
Procureur Général du Parlement,qui ſe fait
un plaiſir de les communiquer généreuſement
au Sçavans. Ce que l'on diftingue le
plus parmi tous ces Monumens , font quel
ques Traités d'Alliance avec le Grand Seigneur
, par leſquels le Roi Henri III. obtient
des avantages conſidérables pour le
Commerce de la Nation Françoiſe dans
les Echelles du Levant : le Journal des premiers
Etats de Blois en 1576 par le Duc
de Nevers , la mort de Henri I. Prince de
Condé , empoisonné en 1588 , la Relation
de la mort des Guiſes , fur la fin de la
même année , ne font pas les endroits les
moins inſtructifs de ce volume , qui finit
par la Guiſiade de Pierre Matthieu , & qui
n'étoit ni moins rare ni moins recherchée que
celle de l'Admiral de Coligni.
Le quatriéme volume renferme des piéces
d'un tout autre genre. La deſcription de
l'Ifle des Hermaphrodites eſt une Satyre
affés ingenieuſe du Regne de Henri III. Il
y paroît avec ſes Favorisdans des ſituations
peu avantageuſes. Les autres Monumens qui
rempliffent ce volume,regardent le Roi Henri
IV.; toutes ces pieces accompagnoient les
dernieres Editions du Journal de Henri III.
Teile est l'Hiftoire des amours du grand Al-
Fiuj
428 MERCURE DE FRANCE.
candre, les Lettres à Madame de Beaufort &
à la Marquiſe de Verneuil;l'ingénieuſe apologie
de cegrand Roi , le Divorce Satyrique ,
piece dont les faits paroiſſent portés audelà
des juſtes bornes de l'Hiſtoire , qui ne
ſe permet pas autant de médiſance ; enfin
on y voit le Recueil des paroles remarquables
de ce Prince , petit Ouvrage dont
nous ſommes redevables à M. de Perefixe ,
qui avant que d'être Archevêque de Paris ,
fut Precepteur du feu Roi Louis XIV. On
a cru devoir mettre ce Recueil dans cette
Collection , parce qu'il manque dans la plûpart
des Editions de la vie de Henri IV. , qui
paſſe ſous le nom de M. de Perefixe , il faut
avouer cependant que dans cette Edition
on a augmenté ce Recueil de quelques actions
d'éclat qui font honneur à ce Prince ,
& comme on a joint aux Lettres de Henri
IV. dix-neuf Lettres de ce Prince qui n'avoient
point encore paru , & qui font copiées
ſur les Originaux , on les a rangées
toutes dans l'ordre Chronologique.
Enfin le cinquiéme volume de cette nouvelle
Edition renferme une piéce connue depuis
long-tems. C'eſt la Confeffion Catholique
de Sanci. D'aubigné , qui en eſt l'Auteur
, y a donné carriere à fon imagination&
à fon eſprit Satyrique. Nicolas de
Harlay Sancy , qui eſt le but de cette SaDECEMBRE,
1744 129
tyre valoit infiniment mieux que D'aubigné ,
il n'ya point de comparaiſon à faire, ce dernier
avoit beaucoup d'eſprit,mais peu de prudence
& de retenuë , il plaifoit pour quelques
momens par ſes vivacités & ſon feu , au lieu
que Sancy avoit beaucoup de fens & de
jugement , c'étoit veritablement un grand
homme d'Etat , & qui a rendu des ſervices
eſſentiels aux Rois Henri III. & Henri IV.
Il étoit ſage & difcret , & a fouffert ſes difgraces
en vrai Philoſophe , & s'il eſt permis
dedire ce qu'on penſe d'un pareil Ouvrage
, il eſt moins eſtimé par lui-même que
par les ſçavantes & curieuſes remarques dont
il a été illuſtré par M. le Duchat , célebre
Refugié François à Berlin ; ce Sçavant y
developpe par l'Hiſtoire beaucoup de faits
finguliers de ces tems orageux , mais dans
cette Edition l'on a joint aux remarques de
Mrs. le Duchat & Godefroy quelques obſervations
particulieres , qui ne font aucun
tort à cet Ouvrage.
Enfin on peut dire que l'Edition nouvelle
du Journal de Henri III. que l'on annonce
ici , eſt la plus complette & la plus
curieuſe que nous ayons de cet Ouvrage ,
il ſeroit à ſouhaiter que les beaux Monumens
de notre Hiſtoire fufſent auſſi bien
éclaircis , c'eſt une juſtice que l'on ne ſçauroit
s'empêcher de rendre à l'Editeur .
Fv
130 MERCURE DE FRANCE. 4
Le Libraire de fon côté a pris ſoin de
ſa reputation , car on peut affurer qu'il n'y
a guere d'Ouvrage plus magnifiquement
imprimés. La veuve Gandouin , Libraire
près l'Egliſe des Grands Auguſtins , chés
qui l'on trouve cette nouvelle Edition , a
reçû pareillement d'Hollande le Journal de
Henri IV. in- 8 °. en 4 volumes , accompagné
de remarques très inſtructives & de
piéces fort curieuſes ſur le Regne de ce
Grand Roi.
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Résumé : Journal de Henri III, Extrait, [titre d'après la table]
Le 'Journal de Henry III' est une œuvre historique significative du XVIe siècle, célèbre pour son récit détaillé du règne tumultueux de Henri III, caractérisé par des factions et une fin tragique. La nouvelle édition, publiée à La Haye et disponible à Paris chez la Veuve Gandouin, se distingue par son exhaustivité et son exactitude. Elle inclut les mémoires complets de M. de l'Étoile, Audiencier à la Grande Chancellerie du Palais, décédé en 1611. Ces mémoires ont été publiés par M. Jean Godefroy en 1719 sous le titre 'Mémoires pour servir à l'Histoire de France'. Cette édition comprend des remarques historiques et des pièces manuscrites curieuses, principalement axées sur le règne de Henri III. La partie concernant Henri IV a été publiée séparément en 1741. Le premier volume contient des notes et des pièces préliminaires, telles qu'une lettre de François Ier relatant la bataille de Marignan et des documents sur la Saint-Barthélemy. Le deuxième volume couvre les années de crise et les révolutions du règne, incluant un journal d'un ligueur et des satires politiques. Le troisième volume présente 49 pièces authentiques illustrant des événements clés. Le quatrième volume inclut des satires, notamment 'La description de l'Île des Hermaphrodites', et des œuvres sur Henri IV. Le cinquième volume contient 'La Confession Catholique' de Sancí d'Aubigné, une satire contre Nicolas de Harlay Sancy, enrichie de remarques savantes. L'édition est saluée pour sa complétude et la qualité de son impression, incluant également le 'Journal de Henri IV' avec des remarques instructives et des pièces curieuses sur son règne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5616
p. 130-133
AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
Début :
Nous n'avons pas besoin de faire l'éloge de cet Ouvrage, tout le monde le connoît, [...]
Mots clefs :
Volumes, Exemplaires, Public, Libraires, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
AVISAU PUBLIC
Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible;
en Latin & en François , avec l'explication
du Sens Littéral du Sens Spirituel , tirée
des Saints Peres & des Auteurs Ecclefiaftiques.
Par M. le Maître de Saci , in-Octavo
32. volumes .
Qui ſe vend à Paris chés Guillaume Defprez
& Pierre-Guillaume Cavelier , ruë S.
Jacques , à S. Profper & aux trois Vertus,
Nous n'avons pas beſoin de faire l'éloge
de cet Ouvrage, tout le monde le connoit,
l'eftime & l'a toujours recherché avec empreſſement.
On ſçait qu'outre la Tradition
de Ecriture Sainte , il contient des notes
préciſes qui en éclairciffent la lettre , & des
Explications morales tirées des Peres & des
meilleurs Commentateurs, M. le Maitre de
DECEMBRE. 1744. 131
Saci , à qui l'on eſt redevable d'un travail ſi
néceſſaire , avoit toutes les qualités requiſes
pour le bien exécuter.
L'avidité avec laquelle le Clergé comme
le peuple s'eſt fourni de cet Ouvrage , l'a
rendu rare , & c'eſt avec regret que n'en
ayant plus qu'un très-petit nombre d'exemplaires
complets , nous nous trouvons à la
veille de ne pouvoir plus fatisfaire à l'empreſſement
du Public , & de voir demeurer
comme inutiles beaucoup de volumes détachés
qui nous reſtent encore.
Pour remedier à ce double inconvenient ,
nons avons cru pouvoir propoſer au Public
de réimprimer les volumes qui nous manquent
pour former un nombre de 500
exemplaires complets , & pour en faciliter
au Public l'acquiſition , nous offrons une diminution
du prix ordinaire de ce Livre qui
eft de 150 liv. que nous réduiſons à 90 liv.
en feuilles , en faveur de ceux qui voudront
s'en aſſurer des exemplaires.
Ce prix modique que nous fixons ſera
payé dans les termes & aux conditions fuivantes.
Les Libraires ont commencé à recevoir
les aſſurances au mois de Novembre dernier..
On a payé alors 18 liv. pour chaque
exemplaire que l'ona afſuré , & dont les
Libraires ont donné une reconnoiffance..
FY
132 MERCURE DE FRANCE.
Au premier Mars 1745 , ceux qui auront
aſſuré donneront encore 18 liv , & on leur
délivrera alors les huit premiers volumes qui
contiennent
La Genefe.
L'Exode & le Levitique .
Les Nombre & le Deuteronome.
Josué, les Juges & Ruth.
Les 4 Livres des Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Esdras
Tobie , Judith & Esther.
Néhémias.
Au mois de Janvier 1746, il ſera payé
pareille ſomme de 18 liv. & on livrera les
volumes ſuivans.
Job .
Les Pseaumes en 3 volumes .
Les Proverbes de Salomon.
L'Ecleſiaſte & la Sagesse.
Le Cantique des Cantiques.
L'Ecclésiastique.
Au mois de Juillet 1746 il ſera encore
payé 18 liv. & on recevra les volumes fuivans.
ISaïe.
Jeremie & Baruch.
Ezechiel .
Daniel & les Machabées .
Les douze petits Prophetes.
Saint Mathieu & Saint Marc en 2 vol.
Saint Luc & Saint Jean en 2 volumes,
DECEMBRE. 1744. 153
Enfin au mois de Janvier 1747 , il fera
payé pour la derniere fois 18 liv. & on recevra
le reſte de la Bible , qui contient.
Les Actes des Apôtres.
Les Epures de Saint Paul en 4 volumes..
Les Epures Catholiques.
L'Apocalypse.
Les Libraires ne recevront ces afſu--
rances que juſqu'au dernier Fevrier 1745 .
よ
Ceux qui auront aſſuré leſdits Exemplaires
feront tenus de les faire retirer dans les
tems marqués ou le total au plutard
dans le mois de Juillet 1747 , paffé lequel
tems leurs avances feront perdues pour
eux , & ils ne feront plus admis à repeter
leurs Exemplaires , ou ce qui en reſteroit de
volumes à fournir , ſans laquelle conditio.n
cet avantage n'auroit pas été propofé.
و Ce nombre d'Exemplaires consommé
les Libraires vendront ſans remiſe cette Bi
ble 150 liv. reliée , qui eſt le prix ordinaire.
Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible;
en Latin & en François , avec l'explication
du Sens Littéral du Sens Spirituel , tirée
des Saints Peres & des Auteurs Ecclefiaftiques.
Par M. le Maître de Saci , in-Octavo
32. volumes .
Qui ſe vend à Paris chés Guillaume Defprez
& Pierre-Guillaume Cavelier , ruë S.
Jacques , à S. Profper & aux trois Vertus,
Nous n'avons pas beſoin de faire l'éloge
de cet Ouvrage, tout le monde le connoit,
l'eftime & l'a toujours recherché avec empreſſement.
On ſçait qu'outre la Tradition
de Ecriture Sainte , il contient des notes
préciſes qui en éclairciffent la lettre , & des
Explications morales tirées des Peres & des
meilleurs Commentateurs, M. le Maitre de
DECEMBRE. 1744. 131
Saci , à qui l'on eſt redevable d'un travail ſi
néceſſaire , avoit toutes les qualités requiſes
pour le bien exécuter.
L'avidité avec laquelle le Clergé comme
le peuple s'eſt fourni de cet Ouvrage , l'a
rendu rare , & c'eſt avec regret que n'en
ayant plus qu'un très-petit nombre d'exemplaires
complets , nous nous trouvons à la
veille de ne pouvoir plus fatisfaire à l'empreſſement
du Public , & de voir demeurer
comme inutiles beaucoup de volumes détachés
qui nous reſtent encore.
Pour remedier à ce double inconvenient ,
nons avons cru pouvoir propoſer au Public
de réimprimer les volumes qui nous manquent
pour former un nombre de 500
exemplaires complets , & pour en faciliter
au Public l'acquiſition , nous offrons une diminution
du prix ordinaire de ce Livre qui
eft de 150 liv. que nous réduiſons à 90 liv.
en feuilles , en faveur de ceux qui voudront
s'en aſſurer des exemplaires.
Ce prix modique que nous fixons ſera
payé dans les termes & aux conditions fuivantes.
Les Libraires ont commencé à recevoir
les aſſurances au mois de Novembre dernier..
On a payé alors 18 liv. pour chaque
exemplaire que l'ona afſuré , & dont les
Libraires ont donné une reconnoiffance..
FY
132 MERCURE DE FRANCE.
Au premier Mars 1745 , ceux qui auront
aſſuré donneront encore 18 liv , & on leur
délivrera alors les huit premiers volumes qui
contiennent
La Genefe.
L'Exode & le Levitique .
Les Nombre & le Deuteronome.
Josué, les Juges & Ruth.
Les 4 Livres des Rois , 2 volumes.
Les Paralipomenes , Esdras
Tobie , Judith & Esther.
Néhémias.
Au mois de Janvier 1746, il ſera payé
pareille ſomme de 18 liv. & on livrera les
volumes ſuivans.
Job .
Les Pseaumes en 3 volumes .
Les Proverbes de Salomon.
L'Ecleſiaſte & la Sagesse.
Le Cantique des Cantiques.
L'Ecclésiastique.
Au mois de Juillet 1746 il ſera encore
payé 18 liv. & on recevra les volumes fuivans.
ISaïe.
Jeremie & Baruch.
Ezechiel .
Daniel & les Machabées .
Les douze petits Prophetes.
Saint Mathieu & Saint Marc en 2 vol.
Saint Luc & Saint Jean en 2 volumes,
DECEMBRE. 1744. 153
Enfin au mois de Janvier 1747 , il fera
payé pour la derniere fois 18 liv. & on recevra
le reſte de la Bible , qui contient.
Les Actes des Apôtres.
Les Epures de Saint Paul en 4 volumes..
Les Epures Catholiques.
L'Apocalypse.
Les Libraires ne recevront ces afſu--
rances que juſqu'au dernier Fevrier 1745 .
よ
Ceux qui auront aſſuré leſdits Exemplaires
feront tenus de les faire retirer dans les
tems marqués ou le total au plutard
dans le mois de Juillet 1747 , paffé lequel
tems leurs avances feront perdues pour
eux , & ils ne feront plus admis à repeter
leurs Exemplaires , ou ce qui en reſteroit de
volumes à fournir , ſans laquelle conditio.n
cet avantage n'auroit pas été propofé.
و Ce nombre d'Exemplaires consommé
les Libraires vendront ſans remiſe cette Bi
ble 150 liv. reliée , qui eſt le prix ordinaire.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
L'avis public annonce la réédition de la Sainte Bible en latin et en français, avec des explications littérales et spirituelles des saints Pères et des auteurs ecclésiastiques. Cet ouvrage, en 32 volumes, est rédigé par M. le Maître de Saci, reconnu pour ses notes précises et ses explications morales issues des meilleurs commentateurs. La rareté de l'ouvrage, due à une forte demande, a motivé les libraires à imprimer 500 exemplaires complets. Le prix initial de 150 livres est réduit à 90 livres en feuilles pour faciliter l'achat. Les paiements sont échelonnés : 18 livres en novembre 1744, 18 livres en mars 1745, 18 livres en janvier 1746, 18 livres en juillet 1746, et 18 livres en janvier 1747. Les volumes seront livrés progressivement selon un calendrier précis. Les assurances pour les exemplaires doivent être faites avant février 1745, et les ouvrages doivent être retirés au plus tard en juillet 1747, sous peine de perte des avances. Une fois les 500 exemplaires vendus, la Bible sera proposée à son prix ordinaire de 150 livres reliée.
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5616
AVIS AU PUBLIC Touchant le Livre intitulé : la Sainte Bible, en Latin & en François, avec l'explication du Sens Littéral & du Sens Spirituel, tirée des Saints Peres & des Auteurs Ecclesiastiques. Par M. le Maître de Saci, in-Octavo 32. volumes. Qui se vend à Paris chés Guillaume Desprez, & Pierre-Guillaume Cavelier, ruë S. Jacques, à S. Prosper & aux trois Vertus.
5617
p. 133
Nouvelle Disposition de l'Ecriture Sainte, [titre d'après la table]
Début :
Les mêmes Libraires viennent de réimprimer une petite Brochure in-octavo intitulée : [...]
Mots clefs :
Brochure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Disposition de l'Ecriture Sainte, [titre d'après la table]
Les mêmes Libraires viennent de réimprimer
une petite Brochure in- octavo intitulée :
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte
miſe dans un ordre perpétuel pour la lire
toute entiere chaque année , commodément.
& avec fruit ; à laquelle on a ajoûté une Table
des Semaines errantes avec les Fêtes
mobiles , qui commence en l'année 1745.
& qui ne finit qu'en 1776. Cette Brochure
fe vend 10 fols.
une petite Brochure in- octavo intitulée :
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte
miſe dans un ordre perpétuel pour la lire
toute entiere chaque année , commodément.
& avec fruit ; à laquelle on a ajoûté une Table
des Semaines errantes avec les Fêtes
mobiles , qui commence en l'année 1745.
& qui ne finit qu'en 1776. Cette Brochure
fe vend 10 fols.
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5618
p. 134
Cantatilles du sieur Lemaire, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Lemaire, Maître de Musique à Paris, donnera au Public, au commencement [...]
Mots clefs :
Symphonie, Cantatille, Basse-taille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cantatilles du sieur Lemaire, [titre d'après la table]
Le ſieur Lemaire , Maître de Muſique à
Paris , donnera au Public , au commencement
du mois de Janvier prochain trois
Cantatilles Nouvelles , fous les Fitres de la
Victoire en Duo pour un Deffus & une
Bafle-Taille , avec ſymphonie, prix trente-fixfols.
La reconnoiſſance , Cantatille pour un
Deffus , avec ſymphonie. Prix vingt-quatrefols.
Les Fêtes champêtres , Cantatille pourune
Baffe-Taille avec accompagnement de
Muſette , Flute , Violons , & Haut bois. C'eſt
la fixiéme Muſette du même Auteur , Prix ,
vingt-quatre-fols.
,
On trouve chés lui 5 autres Cantatil'es
àvingt-quatre-fols piéte. Fanfare ou Concert
de Chambre , pour les Trompettes Timballe,
Violons, Flute,Haut-bois &Baffon, les
trois parties ſéparées quarante-huit fols . Deux
Recueils d'Airs , à trois livres pièce. Six Livres
de Motets à trente-fols pièce.
Tous ces Ouvrages ſe vendent chés l'Auteur
, ruê S. André des Arts , vis à vis la
ruë Gît le - coeur , chés un Vitrier, chés Bllard
, Pere & fils , ruë S. Jean de Beauvais
chés Madame Boivin , ruë S. Honore , à la
Regle d'Or , le fieur Leclerc , rue du Roule,
àla croix d'Or . A Lyon , chés le fieur Debretonne
, ruë Merciere , & à Roüen , chés
le ſieur Henfe , ruë du Sac
Paris , donnera au Public , au commencement
du mois de Janvier prochain trois
Cantatilles Nouvelles , fous les Fitres de la
Victoire en Duo pour un Deffus & une
Bafle-Taille , avec ſymphonie, prix trente-fixfols.
La reconnoiſſance , Cantatille pour un
Deffus , avec ſymphonie. Prix vingt-quatrefols.
Les Fêtes champêtres , Cantatille pourune
Baffe-Taille avec accompagnement de
Muſette , Flute , Violons , & Haut bois. C'eſt
la fixiéme Muſette du même Auteur , Prix ,
vingt-quatre-fols.
,
On trouve chés lui 5 autres Cantatil'es
àvingt-quatre-fols piéte. Fanfare ou Concert
de Chambre , pour les Trompettes Timballe,
Violons, Flute,Haut-bois &Baffon, les
trois parties ſéparées quarante-huit fols . Deux
Recueils d'Airs , à trois livres pièce. Six Livres
de Motets à trente-fols pièce.
Tous ces Ouvrages ſe vendent chés l'Auteur
, ruê S. André des Arts , vis à vis la
ruë Gît le - coeur , chés un Vitrier, chés Bllard
, Pere & fils , ruë S. Jean de Beauvais
chés Madame Boivin , ruë S. Honore , à la
Regle d'Or , le fieur Leclerc , rue du Roule,
àla croix d'Or . A Lyon , chés le fieur Debretonne
, ruë Merciere , & à Roüen , chés
le ſieur Henfe , ruë du Sac
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Résumé : Cantatilles du sieur Lemaire, [titre d'après la table]
Le sieur Lemaire, Maître de Musique à Paris, annonce la sortie de trois nouvelles cantatilles au début du mois de janvier. 'La Victoires en Duo' pour un dessus et une basse-taille, accompagnée d'une symphonie, est vendue trente-six sols. 'La Reconnoissance', pour un dessus avec symphonie, coûte vingt-quatre sols. 'Les Fêtes champêtres', pour basse-taille avec musette, flûte, violons et hautbois, est également à vingt-quatre sols et constitue la sixième musette de l'auteur. Cinq autres cantatilles sont disponibles à vingt-quatre sols chacune. Une fanfare ou concert de chambre pour divers instruments est vendue quarante-huit sols. Deux recueils d'airs sont proposés à trois livres pièce, et six livres de motets sont disponibles à trente sols pièce. Les ouvrages peuvent être achetés à Paris chez plusieurs libraires, ainsi qu'à Lyon et Rouen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5619
p. 135
Recueil d'Airs par le sieur Blavet, [titre d'après la table]
Début :
RECUEIL de Piéces, petits Airs, Brunettes, Menuets &c. accommodés à la Flute [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil d'Airs par le sieur Blavet, [titre d'après la table]
RECEUIL de Piéces , petits Airs , Brunettes
, Menuets &c.accommodés à la Flute
Traverſiére avec des Doubles & Variations
par M. Blavet , Ordinaire de la Muſique
de la Chambre du Roi , de S. A. S. le
Comte de Clermont & de l'Académie
Royale de Muſique , le tout receuilli & mis
en ordre par M. ſe vend 6 liv. en
blanc à Paris chés M. Blavet , au Palais Abbatial
de S. Germain des Prés , chés Madame
Boivin ruë S. Honoré, à la regle d'Or , & chés
M. le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
, Menuets &c.accommodés à la Flute
Traverſiére avec des Doubles & Variations
par M. Blavet , Ordinaire de la Muſique
de la Chambre du Roi , de S. A. S. le
Comte de Clermont & de l'Académie
Royale de Muſique , le tout receuilli & mis
en ordre par M. ſe vend 6 liv. en
blanc à Paris chés M. Blavet , au Palais Abbatial
de S. Germain des Prés , chés Madame
Boivin ruë S. Honoré, à la regle d'Or , & chés
M. le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
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5620
p. 135-137
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
Début :
LE ROI de Prusse, toujours attentif à c qui peut procurer l'avancement des Sciences [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
PRIX proposé par l'Académie Royale des
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
Sciences de Berlin pour l'année 1745 .
LE ROI de Pruſſe , toujours attentif à
ce qui peut procurer l'avancement des Sciences
& des Arts , ayant augmenté conſidérablement
les Privileges de l'Académie Royale
de Berlin , & l'ayant miſe en état d'affigner
des récompenfes aux Sçavans qui ſe diftin--
gueront par des découvertes curieuſes & intéreſſantes
:
L'Académie pour répondre aux intentions
& aux ordres de Sa Majeſté Pruffienne
propoſe un Prix de cinquante Ducats
en faveur de celui qui réuffira le mieux à
expliquer la véritable cauſe de l'Electricité
1
136 MERCURE DE FRANCE.
des Corps , & de tous les Phenoménes qu'on
y a découverts juſqu'à préſent.
,
,
Le Prix ſe diſtribuera dans l'Aſſemblée
générale de l'Académie , qui ſe tiendra
le 31 May 1745 jour anniverſaire de
l'avenement du Roi au Trône. Les Sçavans
de toutes les Nations font invites
de travailler ſur la matiere. Il leur ſera libre
d'écrire en Latin , en Allemand ou en
François , pourvû que le caractere ſoit bien
liſible , fur-tout quand il y aura des Calculs
Algebriques. Pour obvier à tout inconvenient
on les prie de ne pas mettre leur
nom mais ſeulement une Deviſe aux
Pieces qu'ils fourniront , en y joignant , s'ils
le jugent à propos , un Billet cacheré , qui
contiendra avec la Deviſe de la Piece , le
nom , les qualités & l'adreſſe de l'Auteur.
Ce Billet ne ſera point ouvert , à moins que
la Piece n'ait remporté le Prix. Les Pieces
ſeront reçues juſqu'au Avril 1745 incluſivement
, elles feront adreffées ou remifes
affranchies de port à M. FABER ,
Tréſorier de l'Académie qui en donnera fon
Récepiſſé , où la Deviſe qui ſe trouvera au
bas de la Piece , fera marquée , avec le Numero
felon l'ordre dans lequel elle aura éte
préſentée.
Après que la Piece qui aura remporté le
Prix aura été proclamée dans l'Affemb.ce
DECEMBRE. 1744. 137
générale du 31 Mai 1745 , le Tréſorier
de l'Académie délivrera le Prix , ſoit à l'Auteur
même , ſoit à celui qui ſe trouvera
muni d'un Récepiffé , ou d'une Procuration
de ſa part.
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences de Berlin pour l'année 1745.
En 1744, l'Académie Royale des Sciences de Berlin, encouragée par le roi de Prusse, annonce un prix de cinquante ducats pour l'année 1745. Ce prix vise à récompenser le savant qui expliquera le mieux la cause de l'électricité des corps et des phénomènes associés. La remise du prix aura lieu lors de l'assemblée générale du 31 mai 1745, célébrant l'anniversaire de l'accession du roi au trône. Les chercheurs de toutes les nations sont invités à soumettre leurs travaux, rédigés en latin, allemand ou français, accompagnés d'une devise et d'un billet caché contenant leur nom et adresse. Les soumissions doivent être envoyées au trésorier de l'Académie, M. Faber, avant le 1er avril 1745. Le billet caché ne sera ouvert que si la soumission remporte le prix.
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5621
p. 137-138
ESTAMPES NOUVELLES
Début :
LE BENEDICITE, gravé par Lepicié d'après le tableau de M. Chardin. Ce Tableau est [...]
Mots clefs :
Lepicié, Tableau, Portraits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES NOUVELLES
ESTAMPES NOUVELLES
LE BENEDICITE , gravé par Lepicié d'après
le tableau de M. Chardon. Ce Tableau eit
placé dans le Cabinet du Roi , & n'eſt pas un
des moindres Ouvrages de M. Chardin , qui en a
fait pluſieurs excellens. Il a été expoſé au Salon
du Louvre , où il a réuni les ſuffrages de tous les
Connoiffeurs .
Le ſujet du Tableau est expoſé dans quatre ve
de M. Lépicié , qui font au bas de l'Eſtampe.
La Soeur en tapinois ſe rit d'un petit Frere ,
Qui bégaye ſon Oraiſon.
Lui ſans s'inquiéter dépêche ſa Priere ;
Son apétit fait ſa raiſon.
Cette Eſtampe ſe vend chés Lépicié.
6
Le ſieur Petit , Graveur ruë S. Jacques
à la Couronne d'épines près les Mathurins
qui continuë de graver la ſuite des portraits
des Hommes Illuſtres du feu ſieur Defrochers
, Graveur ordinaire du Roi , vient de
mettre au jour les deux Portraits ſuivants.
138 MERCURE DE FRANCE.
Jean , Locke Philoſophe né en 1632
mort en 1704 , on lit ces vers au bas :
Quand Locke , dont tu vois les traits ,
Et de qui les Ecrits ne périront jamais
Fait de l'eſprit humain l'analiſe admirable ,
Et que dans tout fon jour il le fait ſi bien voir
Le ſien paroît inconcevable ,
Ainſi que fon profond ſçavoir.
Jean Milton Auteur du Poëme du Paradis
perdu , & de celui du Paradis retrouvé ,
né à Londres en 1608 , mort en 1674,00
lit ces vers au bas.
Par la fublimité de ſon double Poëme ,
Le célebre Milton ſemble être Homere même ,
Et fi ces grands Auteurs font fort pareils entre eux ,
Par leur eſprit fécond & rempli de lumieres ,
La malice du fort offuſquant leurs paupieres ,
Pourmieux les rendre égaux , les aveugla tous deux,
LE BENEDICITE , gravé par Lepicié d'après
le tableau de M. Chardon. Ce Tableau eit
placé dans le Cabinet du Roi , & n'eſt pas un
des moindres Ouvrages de M. Chardin , qui en a
fait pluſieurs excellens. Il a été expoſé au Salon
du Louvre , où il a réuni les ſuffrages de tous les
Connoiffeurs .
Le ſujet du Tableau est expoſé dans quatre ve
de M. Lépicié , qui font au bas de l'Eſtampe.
La Soeur en tapinois ſe rit d'un petit Frere ,
Qui bégaye ſon Oraiſon.
Lui ſans s'inquiéter dépêche ſa Priere ;
Son apétit fait ſa raiſon.
Cette Eſtampe ſe vend chés Lépicié.
6
Le ſieur Petit , Graveur ruë S. Jacques
à la Couronne d'épines près les Mathurins
qui continuë de graver la ſuite des portraits
des Hommes Illuſtres du feu ſieur Defrochers
, Graveur ordinaire du Roi , vient de
mettre au jour les deux Portraits ſuivants.
138 MERCURE DE FRANCE.
Jean , Locke Philoſophe né en 1632
mort en 1704 , on lit ces vers au bas :
Quand Locke , dont tu vois les traits ,
Et de qui les Ecrits ne périront jamais
Fait de l'eſprit humain l'analiſe admirable ,
Et que dans tout fon jour il le fait ſi bien voir
Le ſien paroît inconcevable ,
Ainſi que fon profond ſçavoir.
Jean Milton Auteur du Poëme du Paradis
perdu , & de celui du Paradis retrouvé ,
né à Londres en 1608 , mort en 1674,00
lit ces vers au bas.
Par la fublimité de ſon double Poëme ,
Le célebre Milton ſemble être Homere même ,
Et fi ces grands Auteurs font fort pareils entre eux ,
Par leur eſprit fécond & rempli de lumieres ,
La malice du fort offuſquant leurs paupieres ,
Pourmieux les rendre égaux , les aveugla tous deux,
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Résumé : ESTAMPES NOUVELLES
Le document met en lumière deux œuvres artistiques remarquables. La première est une estampe intitulée 'Le Benedicite', gravée par Lepicié d'après un tableau de M. Chardin. Exposée au Salon du Louvre, cette œuvre a été saluée par les experts. Elle représente une scène où une sœur se moque de son frère qui bégaie sa prière, tandis qu'il reste concentré sur sa dévotion. Cette estampe est disponible chez Lepicié. La seconde partie du document évoque les travaux du graveur Petit, qui poursuit la série de portraits d'hommes illustres initiée par le défunt Defrochers, graveur du Roi. Deux portraits récents sont particulièrement mentionnés : celui de Jean Locke, philosophe né en 1632 et mort en 1704, accompagné de vers soulignant son analyse de l'esprit humain, et celui de Jean Milton, auteur du 'Paradis perdu' et du 'Paradis retrouvé', né en 1608 et mort en 1674, avec des vers comparant sa poésie à celle d'Homère.
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5622
p. 138-139
Le secret de faire de l'Encre parfaite, [titre d'après la table]
Début :
NICOLAS Lebrasseur, Marchand Papetier, demeurant à Paris, rue Aubry-le-Boucher, [...]
Mots clefs :
Encre, Chine
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texteReconnaissance textuelle : Le secret de faire de l'Encre parfaite, [titre d'après la table]
NICOLAS Lebraſſeur , Marchand Papetier
, demeurant à Paris , rue Aubry-le-Boucher
, à l'Enſeigne du grand Livre de Lyon,
donne avis au Public , qu'il a reçu de l'un
de ſes freres , qui eſt actuellement à Pontichery
, le fecret de faire de l'Encre parfaite ,
tant luifante , double , que ſeconde , qui ne
DECEMBRE 1744 139
i
4
s'épaiffit point , ſecret que fon frere a rapporté
de la Chine. Il vend toutes fortes de
papier , Regiſtres , Relieures façon de Lyon
& autres : Canifs de Paris , Cire d'Eſpagne ,
Plumes de Hollande , Ecritoires , & toutes
fortes de marchandiſes concernant l'écriture.
, demeurant à Paris , rue Aubry-le-Boucher
, à l'Enſeigne du grand Livre de Lyon,
donne avis au Public , qu'il a reçu de l'un
de ſes freres , qui eſt actuellement à Pontichery
, le fecret de faire de l'Encre parfaite ,
tant luifante , double , que ſeconde , qui ne
DECEMBRE 1744 139
i
4
s'épaiffit point , ſecret que fon frere a rapporté
de la Chine. Il vend toutes fortes de
papier , Regiſtres , Relieures façon de Lyon
& autres : Canifs de Paris , Cire d'Eſpagne ,
Plumes de Hollande , Ecritoires , & toutes
fortes de marchandiſes concernant l'écriture.
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Résumé : Le secret de faire de l'Encre parfaite, [titre d'après la table]
Nicolas Lebrasseur, marchand papetier à Paris, annonce avoir reçu de son frère à Pondichéry le secret chinois de fabriquer une encre parfaite, disponible en trois versions. Il vend aussi divers articles d'écriture : papiers, registres, reliures lyonnaises, canifs parisiens, cire d'Espagne, plumes de Hollande et écritoires.
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5623
p. 140-143
« L'Academie Royale de Musique a remis au Théâtre le Jeudi dix Décembre [...] »
Début :
L'Academie Royale de Musique a remis au Théâtre le Jeudi dix Décembre [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Théâtre, Acte, Musique
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texteReconnaissance textuelle : « L'Academie Royale de Musique a remis au Théâtre le Jeudi dix Décembre [...] »
L
'Academie Royale de Muſique a remis
au Théâtre le Jeudi dix Décembre
l'Opéra de Theſée , Tragédie repréſentée
pour la premiere fois devant Louis le Grand ,
à S. Germain en Laie , & depuis à Paris en
differentes repriſes , dont les dernieres ont été
en Novembre 1707. en Janvier 1721. & en
Novembre 1729. Les paroles & la Muſique
de cet Ouvrage font de la compoſition des
deux fameux maîtres de ce genre. Cette piece
eſt une des meilleures du célebre Quinaut.
L'intrigue & le dénouement en font
nobles , & intéreſfans & le gout épuré de
notre fiécle eſt choqué du badinage déplacé
qui ſe trouve mêlé aux ſituations
les plus tragiques. Défauts plus que compenſés
par les beautés poctiques & harmoniques
qui éclatent par tout dans cet
Opera. Les Rolles font exécutés comme
on l'eſperoit des Acteurs qui les rempliffent.
Mlle. Chevalier a infiniment
furpaflé l'attente du Public dans celui de
Medée . Cette Actrice fait des progrès rapides
qui marquent ſon gout & fon applica
DECEMBRE. 1744 . 141
tion. M. de Chaffé eft fublime & majestueux
dans le perſonnage d'Egée ; comme il étoit
terrible , & menaçant dans celui de Poliphême
, & M. Jeliotte arrive ſur la ſcene
avec l'air impoſant d'un vainqueur.
On ne donnera point un extrait ſuivi d'un
Opera auffi connu. On ſe contentera de
parler des divertiſſemens qui meritent d'étre
cités. La feſte du premier acte ſe paſſe dans
le Temple de Minerve. Elle eſt exécutée
par des Prêtreſſes & des Guerriers , armés
d'épées & de boucliers . Les Prétreſſes ont a
la main des poignards. Leurs danſes rappellent
le ſouvenir de la Pirrhique des Grecs ,
& produiſent un ſpectacle très brillant foutenu
juſqu'à la fin par une marche pompeuſe ,
qui vuide le Théâtre avec dignité. La premiere
Prétreſſe de Minerve repréſentée trèsnoblement
par la jeune Mlle. Mets , précede
le Roi , Agle & leur ſuite , qui fort du Theatre
au ſon éclatant des Trompettes.
On obſervera à l'occaſion de cette fortie
frappante & bien deſſinée , que la danſe &
les Choeurs ne devroient jamais entrer ſur le
Theâtre ni en fortir confuſement & fans
ordre , comme il ſe pratique depuis trèslong-
tems. Ils devroient toujours former des
Tableaux variés en arrivant , & en ſe reti
rant. Leur nombre eſt plus que ſuffifant
142 MERCURE DE FRANCE.
pour opérer des combinaiſons infinies. Il eft
contre les regles du Theâtre de les voir arriver
les uns après les autres , dans des attitudes
de gens fortans de leur Toilette. Sur la
Scene tous les mouvemens doivent être mefurés
, & expreffifs .
Dans le divertiſſement du deuxiéme Acte,
le triomphe de Théſée est magnifique. C'eſt
là que les graces ſupérieures de M. Dupré
ſe trouvent placées convenablement. Mile.
Camargo en vieille y danſe un pas de deux
avec M. Dumoulin où elle fait briller la
legereté de la plus vive jeuneſſe. On a été
furpris de compter des Gaulois dans Athenes,
on a cru apparemment que les habits des
vieux Grecs , ignorés des Spectateurs , ne les
réjouiroient pas comme les modes du tems
de François I.
M. Guerardi danſe au troifiéme Acte
deux entrées de Démons avec une force &
une legereté remarquables. Une indifpofition
l'ayant interrompu , M. Pitro jeune
danſeur arrivé de Bordeaux l'a remplacé avec
applaudiſſement.
,
Le quatriéme & le cinquiéme Actes font
terminés par des fêtes très-galantes .
Ladécoration du ſecond Acte eſt neuve ,
c'eſt un Temple de Minerve , dont l'Ordonnance
ſimple a obtenu l'approbation du
Public.
DECEMBRE. 1744 . 143
On a donné le premier Jeudi une répreſentation
d'Acis &Galatée avec la Pantomine
de Mlle . Mimi Dalmand , & de l'inimitable
Pietro Soli , qui crée des pas nouveaux
chaque fois qu'il paroît ſur le Theâtre.
On a remis le Jeudi 31 Décembre le
Ballet des Graces dont les précedens Journaux
ont donné le détail. Il ſera ſuivi de la
charmante Pantomime du Signor Pietro
Soli & de Mlle. Mimi Dalmant.
)
On reprendra vers le Careme l'Ecole des
Amans , Ballet repréſenté l'Eté dernier. Les
Auteurs ont fait des changemens dans les
paroles & la muſique. On y ajoutera un
Acte nouveau .
'Academie Royale de Muſique a remis
au Théâtre le Jeudi dix Décembre
l'Opéra de Theſée , Tragédie repréſentée
pour la premiere fois devant Louis le Grand ,
à S. Germain en Laie , & depuis à Paris en
differentes repriſes , dont les dernieres ont été
en Novembre 1707. en Janvier 1721. & en
Novembre 1729. Les paroles & la Muſique
de cet Ouvrage font de la compoſition des
deux fameux maîtres de ce genre. Cette piece
eſt une des meilleures du célebre Quinaut.
L'intrigue & le dénouement en font
nobles , & intéreſfans & le gout épuré de
notre fiécle eſt choqué du badinage déplacé
qui ſe trouve mêlé aux ſituations
les plus tragiques. Défauts plus que compenſés
par les beautés poctiques & harmoniques
qui éclatent par tout dans cet
Opera. Les Rolles font exécutés comme
on l'eſperoit des Acteurs qui les rempliffent.
Mlle. Chevalier a infiniment
furpaflé l'attente du Public dans celui de
Medée . Cette Actrice fait des progrès rapides
qui marquent ſon gout & fon applica
DECEMBRE. 1744 . 141
tion. M. de Chaffé eft fublime & majestueux
dans le perſonnage d'Egée ; comme il étoit
terrible , & menaçant dans celui de Poliphême
, & M. Jeliotte arrive ſur la ſcene
avec l'air impoſant d'un vainqueur.
On ne donnera point un extrait ſuivi d'un
Opera auffi connu. On ſe contentera de
parler des divertiſſemens qui meritent d'étre
cités. La feſte du premier acte ſe paſſe dans
le Temple de Minerve. Elle eſt exécutée
par des Prêtreſſes & des Guerriers , armés
d'épées & de boucliers . Les Prétreſſes ont a
la main des poignards. Leurs danſes rappellent
le ſouvenir de la Pirrhique des Grecs ,
& produiſent un ſpectacle très brillant foutenu
juſqu'à la fin par une marche pompeuſe ,
qui vuide le Théâtre avec dignité. La premiere
Prétreſſe de Minerve repréſentée trèsnoblement
par la jeune Mlle. Mets , précede
le Roi , Agle & leur ſuite , qui fort du Theatre
au ſon éclatant des Trompettes.
On obſervera à l'occaſion de cette fortie
frappante & bien deſſinée , que la danſe &
les Choeurs ne devroient jamais entrer ſur le
Theâtre ni en fortir confuſement & fans
ordre , comme il ſe pratique depuis trèslong-
tems. Ils devroient toujours former des
Tableaux variés en arrivant , & en ſe reti
rant. Leur nombre eſt plus que ſuffifant
142 MERCURE DE FRANCE.
pour opérer des combinaiſons infinies. Il eft
contre les regles du Theâtre de les voir arriver
les uns après les autres , dans des attitudes
de gens fortans de leur Toilette. Sur la
Scene tous les mouvemens doivent être mefurés
, & expreffifs .
Dans le divertiſſement du deuxiéme Acte,
le triomphe de Théſée est magnifique. C'eſt
là que les graces ſupérieures de M. Dupré
ſe trouvent placées convenablement. Mile.
Camargo en vieille y danſe un pas de deux
avec M. Dumoulin où elle fait briller la
legereté de la plus vive jeuneſſe. On a été
furpris de compter des Gaulois dans Athenes,
on a cru apparemment que les habits des
vieux Grecs , ignorés des Spectateurs , ne les
réjouiroient pas comme les modes du tems
de François I.
M. Guerardi danſe au troifiéme Acte
deux entrées de Démons avec une force &
une legereté remarquables. Une indifpofition
l'ayant interrompu , M. Pitro jeune
danſeur arrivé de Bordeaux l'a remplacé avec
applaudiſſement.
,
Le quatriéme & le cinquiéme Actes font
terminés par des fêtes très-galantes .
Ladécoration du ſecond Acte eſt neuve ,
c'eſt un Temple de Minerve , dont l'Ordonnance
ſimple a obtenu l'approbation du
Public.
DECEMBRE. 1744 . 143
On a donné le premier Jeudi une répreſentation
d'Acis &Galatée avec la Pantomine
de Mlle . Mimi Dalmand , & de l'inimitable
Pietro Soli , qui crée des pas nouveaux
chaque fois qu'il paroît ſur le Theâtre.
On a remis le Jeudi 31 Décembre le
Ballet des Graces dont les précedens Journaux
ont donné le détail. Il ſera ſuivi de la
charmante Pantomime du Signor Pietro
Soli & de Mlle. Mimi Dalmant.
)
On reprendra vers le Careme l'Ecole des
Amans , Ballet repréſenté l'Eté dernier. Les
Auteurs ont fait des changemens dans les
paroles & la muſique. On y ajoutera un
Acte nouveau .
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Résumé : « L'Academie Royale de Musique a remis au Théâtre le Jeudi dix Décembre [...] »
L'Académie Royale de Musique a présenté l'opéra 'Thésée' au Théâtre le jeudi 10 décembre. Cet opéra, une tragédie, a été initialement représenté devant Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye et a été joué à Paris à plusieurs reprises, notamment en novembre 1707, janvier 1721 et novembre 1729. Les paroles et la musique sont l'œuvre de deux maîtres célèbres du genre. La pièce, considérée comme l'une des meilleures de Quinault, possède une intrigue et un dénouement nobles et intéressants, bien que le goût épuré du siècle soit choqué par le badinage déplacé mêlé aux situations tragiques. Ces défauts sont compensés par les beautés poétiques et harmoniques de l'œuvre. Les rôles principaux sont interprétés par des acteurs de renom : Mlle. Chevalier incarne Médée, M. de Chassé joue Égée avec majesté, et M. Jéliotte apparaît avec l'air imposant d'un vainqueur. L'opéra inclut divers divertissements, tels que la fête du premier acte dans le temple de Minerve, exécutée par des prêtresses et des guerriers, et le triomphe de Thésée dans le deuxième acte, où Mlle. Camargo et M. Dumoulin dansent un pas de deux. Le ballet des Grâces et la pantomime de Mlle. Mimi Dalmand et Pietro Soli ont également été présentés. L'opéra 'Acis et Galatée' a été joué le premier jeudi de décembre, suivi par le ballet des Grâces et la pantomime. L''École des Amants' sera reprise pendant le Carême avec des modifications dans les paroles et la musique, ainsi qu'un nouvel acte ajouté.
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5624
p. 143-144
« La Comedie Françoise a rejoué l'Ecole des Meres, Piéce en vers & en cinq Actes, [...] »
Début :
La Comedie Françoise a rejoué l'Ecole des Meres, Piéce en vers & en cinq Actes, [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Comedie Françoise a rejoué l'Ecole des Meres, Piéce en vers & en cinq Actes, [...] »
La Comedie Françoiſe a rejoué l'Ecole
des Meres , Piéce en vers & en cinq Actes ,
de M. Nivelle de la Chauffée de l'Academie
Françoiſe. Cette Comédie avoit
déja eù de nombreuſes repréſentations , & fa
repriſe n'a pas été moins applaudie. C'eſt le
fort ordinaire des Ouvrages de M. de la
Chauffée , créateurd'un genre Comique nouveau
, qui fait gouter preſque dans le moment
aux Spectateurs l'attendriſſement & la
joie. On l'imprime actuellement
On a remis à la fuite de l'Ecole des Meres
les Graces ,, petite Comedie de M. de S.
144 MERCUREDE FRANCE.
Foi , Tableau digne de l'Albane où l'on
reconnoît parfaitement le délicat Auteur de
l'Oracle.
des Meres , Piéce en vers & en cinq Actes ,
de M. Nivelle de la Chauffée de l'Academie
Françoiſe. Cette Comédie avoit
déja eù de nombreuſes repréſentations , & fa
repriſe n'a pas été moins applaudie. C'eſt le
fort ordinaire des Ouvrages de M. de la
Chauffée , créateurd'un genre Comique nouveau
, qui fait gouter preſque dans le moment
aux Spectateurs l'attendriſſement & la
joie. On l'imprime actuellement
On a remis à la fuite de l'Ecole des Meres
les Graces ,, petite Comedie de M. de S.
144 MERCUREDE FRANCE.
Foi , Tableau digne de l'Albane où l'on
reconnoît parfaitement le délicat Auteur de
l'Oracle.
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Résumé : « La Comedie Françoise a rejoué l'Ecole des Meres, Piéce en vers & en cinq Actes, [...] »
La pièce 'L'École des Mères' de M. Nivelle de la Chauffée, membre de l'Académie Française, a été rejouée avec succès. Cette comédie en vers et en cinq actes suscite rapidement l'attendrissement et la joie. La pièce 'Les Grâces' de M. de S. a également été remise à l'affiche, révélant un style délicat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5625
p. 144
« La Comédie Italienne a donné une petite Comédie intitulée le Faux Généreux, qui a [...] »
Début :
La Comédie Italienne a donné une petite Comédie intitulée le Faux Généreux, qui a [...]
Mots clefs :
Comédie-Italienne, Médecins, Avocats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Comédie Italienne a donné une petite Comédie intitulée le Faux Généreux, qui a [...] »
La Comédie Italienne a donné une petite
Comédie intitulée le Faux Généreux , qui a
changé de nom à la ſeconde repréſentation
& a été appellée le Bienfait anonime. د
Elle a remis les Talens déplacés , Piece
d'un Acte de M. Guiot de Merville , trèsamuſante
& remplie de traits neufs ſur les
Avocats & les Medecins. La jeune Dlle.
Aſtrotti y fait brillerſes talens avancés quoique
précoces pour le chant, le violoncelle, &
la déclamation.
On prépare une Piece Italienne en trois
Actes , ornée de Spectacles & de Ballets , qui
paroîtra inceſſamment.
Comédie intitulée le Faux Généreux , qui a
changé de nom à la ſeconde repréſentation
& a été appellée le Bienfait anonime. د
Elle a remis les Talens déplacés , Piece
d'un Acte de M. Guiot de Merville , trèsamuſante
& remplie de traits neufs ſur les
Avocats & les Medecins. La jeune Dlle.
Aſtrotti y fait brillerſes talens avancés quoique
précoces pour le chant, le violoncelle, &
la déclamation.
On prépare une Piece Italienne en trois
Actes , ornée de Spectacles & de Ballets , qui
paroîtra inceſſamment.
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Résumé : « La Comédie Italienne a donné une petite Comédie intitulée le Faux Généreux, qui a [...] »
La Comédie Italienne a joué 'Le Faux Généreux', renommé 'Le Bienfait anonyme' lors de sa deuxième représentation. La troupe a également interprété 'Les Talents déplacés', une pièce humoristique de M. Guiot de Merville critiquant avocats et médecins. La demoiselle Astrotti a excellé en chant, violoncelle et déclamation. Une pièce italienne en trois actes avec spectacles et ballets est en préparation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5626
p. 144
Te Deum chanté à la Cour, [titre d'après la table]
Début :
Le Mercredi 2 Décembre, M. de Blamont Sur-Intendant de la Musique du Roi [...]
Mots clefs :
Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à la Cour, [titre d'après la table]
Le Mercredi 2 Décembre , M. de Blamont
Sur-Intendant de la Muſique du Roi
eut ordre de faire chanter ſon Te Deum
dans la Chapelle de Sa Majesté , pour la
priſe de Fribourg , ainſi qu'il s'eſt toujours
pratiqué aux grandes cérémonies & rejouiflances
de la Cour. L'exécution en fut parfaite
. Mrs. Benoit , Poirier & l'Abbé Dota
s'y font fort diftingués.
Sur-Intendant de la Muſique du Roi
eut ordre de faire chanter ſon Te Deum
dans la Chapelle de Sa Majesté , pour la
priſe de Fribourg , ainſi qu'il s'eſt toujours
pratiqué aux grandes cérémonies & rejouiflances
de la Cour. L'exécution en fut parfaite
. Mrs. Benoit , Poirier & l'Abbé Dota
s'y font fort diftingués.
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5627
p. 145-146
Concerts de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedi 3 il donna au Concert de la Reine les Actes des Bacchanales & des [...]
Mots clefs :
Concert, Amour, Ballet, Cantate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Concerts de la Reine, [titre d'après la table]
Le Samedi trois il donna au Concert de
la Reine les Actes des Bacchanales & des
Saturnales du Ballet des Fêtes Grecques &
Romaines , Opéra affés heureux pour être
demandé ſouvent par Sa Majeſté. Les paroles
font de M. Fuſelier , & la Muſique de
M. de Blamont. Meſſieurs de la Lande &
Benoît exécuterent les rolles de Cleo .
patre & d'Antoine ; ceux de Delie & de
Tibule furent remplis par Mrs Mathieu &
Poirier.
Le Samedi douze le Concert commença
par la Cantate de Polhimnie. Les paroles
ſont de M. de Moncrif, de l'Académie
Françoiſe , & la Muſique de M. de Blamont
. Cette Cantate qui eſt à voix ſeule ,
accompagnée d'une grande ſymphonie, compoſée
de divers inſtrumens , fut chantée
par Made, de la Lande , & fervit comme de
Prologue à l'entrée des Fêtes Grecques &
Romaines , intitulée ; La Fête de Diane. M.
Deſchamps & M. Jeliotte chanterent les
principaux rolles. Le Concert finit par
une Ariette legere du méme Auteur , chantée
très-legerement par M. Poirier.
Lundi quatorze on donna l'Acte de l'Amour
Volage des Caracteres de l'Amour ,
Ballet de M. de Blamont. Cet Acte fut executé
parMiles, Romainville & Deschamps ,
& par Mrs. Jeliotte & Benoît.
G
146 MERCURE DE FRANCE ,
Le Samedi dix - neuf Mlle. Romainville
ouvrit le Concert par une Cantate du
deuxiéme livre des Cantates de M. de Blamont
, intitulée : Le Charme de la Voix. Elle
fut fuivie de l'Acte de l'Amour Fidéle , du
Ballet des Caracteres de l'Amour. Les rolles
de Laure & de Petrarque furent très - bien
rendus par Made. de la Lande,& M. Benoit.
L'exécution de tous ces Concerts
parfaite.
la Reine les Actes des Bacchanales & des
Saturnales du Ballet des Fêtes Grecques &
Romaines , Opéra affés heureux pour être
demandé ſouvent par Sa Majeſté. Les paroles
font de M. Fuſelier , & la Muſique de
M. de Blamont. Meſſieurs de la Lande &
Benoît exécuterent les rolles de Cleo .
patre & d'Antoine ; ceux de Delie & de
Tibule furent remplis par Mrs Mathieu &
Poirier.
Le Samedi douze le Concert commença
par la Cantate de Polhimnie. Les paroles
ſont de M. de Moncrif, de l'Académie
Françoiſe , & la Muſique de M. de Blamont
. Cette Cantate qui eſt à voix ſeule ,
accompagnée d'une grande ſymphonie, compoſée
de divers inſtrumens , fut chantée
par Made, de la Lande , & fervit comme de
Prologue à l'entrée des Fêtes Grecques &
Romaines , intitulée ; La Fête de Diane. M.
Deſchamps & M. Jeliotte chanterent les
principaux rolles. Le Concert finit par
une Ariette legere du méme Auteur , chantée
très-legerement par M. Poirier.
Lundi quatorze on donna l'Acte de l'Amour
Volage des Caracteres de l'Amour ,
Ballet de M. de Blamont. Cet Acte fut executé
parMiles, Romainville & Deschamps ,
& par Mrs. Jeliotte & Benoît.
G
146 MERCURE DE FRANCE ,
Le Samedi dix - neuf Mlle. Romainville
ouvrit le Concert par une Cantate du
deuxiéme livre des Cantates de M. de Blamont
, intitulée : Le Charme de la Voix. Elle
fut fuivie de l'Acte de l'Amour Fidéle , du
Ballet des Caracteres de l'Amour. Les rolles
de Laure & de Petrarque furent très - bien
rendus par Made. de la Lande,& M. Benoit.
L'exécution de tous ces Concerts
parfaite.
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Résumé : Concerts de la Reine, [titre d'après la table]
Du 3 au 19, plusieurs représentations musicales et théâtrales ont eu lieu. Le 3, l'opéra 'Les Actes des Bacchanales & des Saturnales du Ballet des Fêtes Grecques & Romaines' a été présenté au Concert de la Reine, avec des paroles de M. Fuselier et la musique de M. de Blamont. Les rôles principaux étaient interprétés par Messieurs de la Lande, Benoît, Mathieu et Poirier. Le 12, le concert a débuté avec la cantate 'Polhimnie' de M. de Moncrif et M. de Blamont, chantée par Mlle de la Lande comme prologue à 'La Fête de Diane'. Les rôles principaux étaient tenus par MM. Deschamps et Jeliotte, et le concert s'est conclu par une ariette de M. Poirier. Le 14, l'acte 'L'Amour Volage' du ballet 'Caracteres de l'Amour' a été exécuté par MM. Miles, Romainville, Deschamps, Jeliotte et Benoît. Le 19, Mlle Romainville a interprété la cantate 'Le Charme de la Voix' suivie de l'acte 'L'Amour Fidèle', avec Mlle de la Lande et M. Benoît dans les rôles de Laure et de Pétrarque. Toutes les exécutions ont été parfaites.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5628
p. 146-147
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Mardi huit Decembre le Concert a exe[cu]té presque tous les morceaux qui ont [...]
Mots clefs :
Choeur, Concerto, Motet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
te
Le Mardi huit Decembre le Concert a
executé preſque tous les morceaux qui ont
été chantés au Te Deum des Fermiers Gé
néraux pour la Convalefcence du Roi.
د
un Domine
Le Concert a continué par le Choeur
Notum fecit Dominus du Cantate de M. de
la Lande , le Reçit Viderunt
falvum fac Regem de M. Rebel , & le Gloria
Patri du Dixit de M. de la Lande.
L'arrangement de tous ces morceaux est le
même qui a été exécuté ſi magnifiquement
chés les Peres Auguſtins de la Place des
Victoires .
M. Mondonville a joué un Concerto fert
applaudi, c'eſt un tribut qui ne manque jamais
à fes compoſitions .
Le Motet à grand Choeur Bonum eft du
:
DECEMBRE 1744 14
même Auteur a terminé le Concert & a eu
le fort du Concerto .
On a écouté avec une grande attention &
un plaifir égal Miles. Fel , Chevalier & Romainville
, ainſi que Mrs. Benoist & Poirier ,
Le Vendredi 25 Décembre jour de la
Nativité de Notre Seigneur , le Concert a
commencé par une ſuite de Noels de M. Francoeur,
qui a été ſuivie de Confitemini Motet à
grand Choeur de M. de Lalande. M. Blavet
a joué un Concerto. Mlle. Chevalier a chanté
Ufquequo, petit Motet de feu M. Mouret , qui
a été ſuivi d'un Concerto de M. Mondonville.
On a fini par Jubilate Deo , beau Motet
à grand Choeur de M. Mondonville Mlles. Fel
&Romainville & M. Benoiſt ont chanté.
te
Le Mardi huit Decembre le Concert a
executé preſque tous les morceaux qui ont
été chantés au Te Deum des Fermiers Gé
néraux pour la Convalefcence du Roi.
د
un Domine
Le Concert a continué par le Choeur
Notum fecit Dominus du Cantate de M. de
la Lande , le Reçit Viderunt
falvum fac Regem de M. Rebel , & le Gloria
Patri du Dixit de M. de la Lande.
L'arrangement de tous ces morceaux est le
même qui a été exécuté ſi magnifiquement
chés les Peres Auguſtins de la Place des
Victoires .
M. Mondonville a joué un Concerto fert
applaudi, c'eſt un tribut qui ne manque jamais
à fes compoſitions .
Le Motet à grand Choeur Bonum eft du
:
DECEMBRE 1744 14
même Auteur a terminé le Concert & a eu
le fort du Concerto .
On a écouté avec une grande attention &
un plaifir égal Miles. Fel , Chevalier & Romainville
, ainſi que Mrs. Benoist & Poirier ,
Le Vendredi 25 Décembre jour de la
Nativité de Notre Seigneur , le Concert a
commencé par une ſuite de Noels de M. Francoeur,
qui a été ſuivie de Confitemini Motet à
grand Choeur de M. de Lalande. M. Blavet
a joué un Concerto. Mlle. Chevalier a chanté
Ufquequo, petit Motet de feu M. Mouret , qui
a été ſuivi d'un Concerto de M. Mondonville.
On a fini par Jubilate Deo , beau Motet
à grand Choeur de M. Mondonville Mlles. Fel
&Romainville & M. Benoiſt ont chanté.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le 8 décembre, le Concert a interprété plusieurs pièces du Te Deum des Fermiers Généraux pour célébrer la convalescence du roi. Le programme comprenait le chœur 'Notum fecit Dominus' de Lalande, le récit 'Viderunt omnes' de Rebel, et le 'Gloria Patri' du Dixit de Lalande. Ces morceaux étaient présentés comme lors de leur exécution aux Augustins. M. Mondonville a joué un concerto acclamé, et le motet 'Bonum est' de Mondonville a conclu le concert. Les œuvres de Miles, Fel, Chevalier, Romainville, Benoist et Poirier ont été appréciées. Le 25 décembre, à l'occasion de la Nativité, le Concert a commencé avec des noëls de Francoeur, suivis du motet 'Confitemini' de Lalande. M. Blavet a interprété un concerto, et Mlle Chevalier a chanté 'Usquequo', un motet de Mouret. Un concerto de Mondonville a suivi. Le concert s'est achevé avec 'Jubilate Deo', un motet de Mondonville interprété par Mlles Fel et Romainville et M. Benoist.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5629
p. 147-148
Comédies représentées à la Cour, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens ont représenté à la Cour Arlequin Larron, [...]
Mots clefs :
Comédiens italiens, Comédiens français, Cour
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texteReconnaissance textuelle : Comédies représentées à la Cour, [titre d'après la table]
Les Comédiens Italiens ont repréſenté
à la Cour
Arlequin Larron , Prevôt &Juge,
Arlequin muet par crainte.
Les Amans réunis.
Et les Talens déplacés,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
LES COMEDIENS FRANÇOIS
ont repréſenté à la Cour
Le Jeudi 19 Novembre 1744. Manlius
l'Etourderie.
LeMardi 24 L'Andrienne & Crispin Bel
Esprit.
Le Jeudi 26 Pompée & les Précieuſes ridicules.
Le Mardi premier Décembre Mélanide
le Baron de la Craffe.
Le Jeudi 3 Alzire & la Comteſſe d'Escarbagnas.
Le Jeudi 10 Cinna & l'Impromptu de Cam
pagne.
Le Mardi 15 La Mere Coquette & les Freres
Rivaux.
Le jeudi 17 Hypermnestre &Attendez -moi
Sous l'Orme.
Le Mardi 22 Le Lot ſuppoſé & Crispin
Médecin.
Le Jeudi 31 Mahomet II. & les Graces.
à la Cour
Arlequin Larron , Prevôt &Juge,
Arlequin muet par crainte.
Les Amans réunis.
Et les Talens déplacés,
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
LES COMEDIENS FRANÇOIS
ont repréſenté à la Cour
Le Jeudi 19 Novembre 1744. Manlius
l'Etourderie.
LeMardi 24 L'Andrienne & Crispin Bel
Esprit.
Le Jeudi 26 Pompée & les Précieuſes ridicules.
Le Mardi premier Décembre Mélanide
le Baron de la Craffe.
Le Jeudi 3 Alzire & la Comteſſe d'Escarbagnas.
Le Jeudi 10 Cinna & l'Impromptu de Cam
pagne.
Le Mardi 15 La Mere Coquette & les Freres
Rivaux.
Le jeudi 17 Hypermnestre &Attendez -moi
Sous l'Orme.
Le Mardi 22 Le Lot ſuppoſé & Crispin
Médecin.
Le Jeudi 31 Mahomet II. & les Graces.
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Résumé : Comédies représentées à la Cour, [titre d'après la table]
En novembre et décembre 1744, les Comédiens Italiens ont joué 'Arlequin Larron, Prevôt & Juge' et 'Arlequin muet par crainte'. Les Comédiens Français ont présenté diverses pièces du 19 novembre au 31 décembre, incluant 'Manlius l'Étourderie', 'L'Andrienne', 'Pompée', 'Alzire', 'Cinna', 'Hypermnestre', 'Le Lot supposé' et 'Mahomet II'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5630
p. 149
Explication de l'Enigme & du Logogrype [sic], [titre d'après la table]
Début :
Le mot de l'Enigme est Lit de Plume. Elle a été devinée par M. Gaillard de [...]
Mots clefs :
Lit de plume
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texteReconnaissance textuelle : Explication de l'Enigme & du Logogrype [sic], [titre d'après la table]
Le mot de l'Enigme eſt Lit de Plume.
Elle a été devinée par M. Gaillard de
S. Etienne en Forez , Mademoiſelle Morel
d'Iſſoudun , & M. Bataille de Paris. Nous
avons oublié de marquer qu'elle eſt de
la compofition de M. Jacques , qui a deviné
le Logogryphe , & en a donné l'explication
fuivante.
Elle a été devinée par M. Gaillard de
S. Etienne en Forez , Mademoiſelle Morel
d'Iſſoudun , & M. Bataille de Paris. Nous
avons oublié de marquer qu'elle eſt de
la compofition de M. Jacques , qui a deviné
le Logogryphe , & en a donné l'explication
fuivante.
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5631
p. 149
Explication du Logogryphe.
Début :
De Camargot la Danse est vive & très-legere ; [...]
Mots clefs :
Camargo
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication du Logogryphe.
Explication du Logogryphe.
:
De Camargot la Danſe eſt vive& très-legere ;
Le Cam de Tartarie a de vaftes Etats ;
Le Camard quelquefois le Jaſmin ne ſent pas.
Margot la Pie eſt jafeuſe & commere .
L'Argot n'étoit-il pas la Langue de Raffia ,
Nivet , Cartouche & cætera ?
Et n'est-ce pas choſe fort claire
Que l'Empire Goth fut jadis
La terreur de bien des Pays ?
:
De Camargot la Danſe eſt vive& très-legere ;
Le Cam de Tartarie a de vaftes Etats ;
Le Camard quelquefois le Jaſmin ne ſent pas.
Margot la Pie eſt jafeuſe & commere .
L'Argot n'étoit-il pas la Langue de Raffia ,
Nivet , Cartouche & cætera ?
Et n'est-ce pas choſe fort claire
Que l'Empire Goth fut jadis
La terreur de bien des Pays ?
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5632
p. 149
Explication de l'Enigme & du Logogryphe.
Début :
Dormir après dîner, la maudite coutume ! [...]
Mots clefs :
Lit de plume, Camargo
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texteReconnaissance textuelle : Explication de l'Enigme & du Logogryphe.
Explication de l'Enigme & du Logogryphe .
Dormir après dîner, lamaudite coutume !
Ami , j'aimerois mieux empoigner un rabot ;
Si tum'en crois , quitte ce lit de plume ,
Et viens à l'Opera, nous verrons Camargot .
Dormir après dîner, lamaudite coutume !
Ami , j'aimerois mieux empoigner un rabot ;
Si tum'en crois , quitte ce lit de plume ,
Et viens à l'Opera, nous verrons Camargot .
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5633
p. 150
ENIGME.
Début :
Quand le mortel qui me cherit [...]
Mots clefs :
Flûte
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENİGME.
Uand lemortel quime cherit
Applique ſa bouche à la mienne ,
Ilme prête auſſitôt ſon coeur & ſon eſprit ;
Jene dis rienqui ne leur appartienne ;
-C'est lui qui s'exprime par moi ,
Soumiſe à ſes deſirsje me borne à lui rendre
Les fentimens que j'en reçoi ;
Vive quand il eſt vif, tendre quand il eſt tendre,
Ilme donne toujours la loi.
Pour l'amour ſeul je ſemblois faite ;
Autrefois c'étoit mon deſtin ;
Aujourd'hui je fu's l'interpréte
Du caprice bruiant &j'ai le ton lutin.
Par M Jacques, Marchand Evansaillifte,rneMouffetar.
Uand lemortel quime cherit
Applique ſa bouche à la mienne ,
Ilme prête auſſitôt ſon coeur & ſon eſprit ;
Jene dis rienqui ne leur appartienne ;
-C'est lui qui s'exprime par moi ,
Soumiſe à ſes deſirsje me borne à lui rendre
Les fentimens que j'en reçoi ;
Vive quand il eſt vif, tendre quand il eſt tendre,
Ilme donne toujours la loi.
Pour l'amour ſeul je ſemblois faite ;
Autrefois c'étoit mon deſtin ;
Aujourd'hui je fu's l'interpréte
Du caprice bruiant &j'ai le ton lutin.
Par M Jacques, Marchand Evansaillifte,rneMouffetar.
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5634
p. 150-152
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis du genre feminin, [...]
Mots clefs :
Conversation
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN LOGOGRYPHE.
ENIGME EN LOGO GRYPHE.
JE fuis du genre feminin ,
Quelquefois legere& brillante ,
Et d'autres fois platte & pefante ,
Cependant on me tient fans fatiguer ſa main.
Voici bien un autre miftere.
Sur douze piedsje marche gravement.
1
DECEMBRE.. 1744. 157
En les prenant conjointement
Les ſept premiers vous donneront un frere .
Ce frere ne fera pourtant ni maternel ,
Ni confanguin , ni paternel ,
Mais frere d'une autre maniere .
Quand de moi vous avez ôté
Le premiermembre & la lettre huitiéme ,
Si vous retranchez la neuviéme ,
Je ſuis ſujette à l'infidélité,
L'Ecolier pareffeux me hait autant qu'un Thême .
Ce premier membre à mon corps rapporté ,
Onme prêche , fur-tout à la fin du Carême .
Trois de mes pieds fontendegré conjoint
Un animal qui n'en a point.
Le pied qui fuit , crac , memétamorphofe .
Je deviens foudain autre choſe ,
Ayant des pieds quoique ne marchant pas.
Pardon , tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelque embarras .
Les Eſprits les plus délicats ,
Quand ſous cet e forme on m'expoſe ,
Ne peuvent pas me dire en profe.
3
商
Sans faire d'autres changemens ,
Si vous voulez échanger & tranſmettre
Ma quatriéme & ma ſeptiéme lettre ,
1
Giij
#52 MERCURE DE FRANCE
1
Vous trouverez que chacun en tout tems
Songe à moi plûtôt qu'à ſa femme ,
Qu'à ſon Pere , qu'à ſes Parens ,
Etquelquefois plus qu'à ſon ame.
C'en eſt aſſés , Belle Iris , devinez ;
Vos appas , votre voix , votre eſprit, tout enchante
Avec autant d'attraits , fi vous me foutenez ,
Que je vais paroître charmante !
Parlemême,
JE fuis du genre feminin ,
Quelquefois legere& brillante ,
Et d'autres fois platte & pefante ,
Cependant on me tient fans fatiguer ſa main.
Voici bien un autre miftere.
Sur douze piedsje marche gravement.
1
DECEMBRE.. 1744. 157
En les prenant conjointement
Les ſept premiers vous donneront un frere .
Ce frere ne fera pourtant ni maternel ,
Ni confanguin , ni paternel ,
Mais frere d'une autre maniere .
Quand de moi vous avez ôté
Le premiermembre & la lettre huitiéme ,
Si vous retranchez la neuviéme ,
Je ſuis ſujette à l'infidélité,
L'Ecolier pareffeux me hait autant qu'un Thême .
Ce premier membre à mon corps rapporté ,
Onme prêche , fur-tout à la fin du Carême .
Trois de mes pieds fontendegré conjoint
Un animal qui n'en a point.
Le pied qui fuit , crac , memétamorphofe .
Je deviens foudain autre choſe ,
Ayant des pieds quoique ne marchant pas.
Pardon , tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelque embarras .
Les Eſprits les plus délicats ,
Quand ſous cet e forme on m'expoſe ,
Ne peuvent pas me dire en profe.
3
商
Sans faire d'autres changemens ,
Si vous voulez échanger & tranſmettre
Ma quatriéme & ma ſeptiéme lettre ,
1
Giij
#52 MERCURE DE FRANCE
1
Vous trouverez que chacun en tout tems
Songe à moi plûtôt qu'à ſa femme ,
Qu'à ſon Pere , qu'à ſes Parens ,
Etquelquefois plus qu'à ſon ame.
C'en eſt aſſés , Belle Iris , devinez ;
Vos appas , votre voix , votre eſprit, tout enchante
Avec autant d'attraits , fi vous me foutenez ,
Que je vais paroître charmante !
Parlemême,
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5635
p. 153-155
« Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
Début :
Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Chapelle, Musique, Messe
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texteReconnaissance textuelle : « Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
L
E 29du mois dernier premier Dimanche
de l'Avent , le Roi & la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château de Ver- .
failles la Meſſe chantée par la Muſique.
L'après midi la Reine accompagnée deMonſeigneur
le Dauphin aſſiſta au Sermon du
Pere de Beauvais de la Compagnie de Jeſus .
Le premier de ce mois, le Roi accompagné
de Monſeigneur le Dauphin entendit
dans la même Chapelle la Meſſe pendant laquelle
le Te Deum fut chanté par la Mufique
pour la priſe de la Ville & des Châteaux de
Fribourg.
Le 6ſecond Dimanche de l'Avent, le Roi
& la Reine entendirent dans la même Chapelle
la Meſſe chantée par la Muſique.
Le 8 Fête de la Conception de la Sainte
Vierge , la Reine communia par les mains
de l'Abbé de Fleury , ſon Premier Aumonier.
S M. accompagnée de Monſeigneur le
Dauphin &de Mesdames de France , ailifta
l'après midi au Sermon du P. de Beauvais ,
& enſuite aux Vépres chantées par la Mufique,
Gv
154MERCURE DE FRANCE.
Le 13 , troifiéme Dimanche & le 20 , quatriême
Dimanche de l'Avent , la Reine entendit
dans la même Chapelle la Meffe chantée
par la Muſique , & S. M. accompagnée de
Menſeigneur le Dauphin & de Meſdames de
France , affiſta l'après midi au Sermon du méme
Prédicateur.
Le 10 Dom Raymond Garat fut élû Géneral
de l'Ordre de Grandmont à la place
de Dom René-François Pierre de la Gueriniere
, mort à Paris le 30. Septembre dernier.
Le Roi a nommé Intendant en Dauphiné
M. de la Porte, Maître des Requétes , quieft
remplacé dans l'Intendance de la Généralite
de Moulins par M. de Bernage de Vaux ,
Maître des Requêtes & l'un des Préfidens du
Grand Confeil.
Le 3 de ce mois , M. le Beau , Profeffour
de Réthorique au College des Graffins , prononça
dans les Ecoles exterieures de Sorbonne
au nom de l'Univerſité un Difcours
Latin ſur la Convalefcence du Roi , & fur
l'heureux ſuccès des armes de S. M. Il fit voir
dans la premiere partie ce que le Roi a fait
pour fon Peuple , & dans la feconde ce que
le Peuple a fait pour le Roi. Le Parlement
& un grand nombre de perſonnes de diftinetion
affifterent à ce Diſcours qui fut géréraement
applauli.
DECEMBRE. 1744. 155
M. Benoit , Prêtre & Maître de Muſique
de l'Egliſe Cathédrale de Chartres éleve de
feu M. Michel Maître de Muſique de la Sainte
Chapelle de Dijon fit chanter Vendredi quatriéme
, & Samedi cinquiéme du préfent mois
de Décembre à la Meſſe du Roi & à celle de
la Reine , un Motet tiré du Pleaume 41.
Quemadmodum qui fut fort approuvé.
E 29du mois dernier premier Dimanche
de l'Avent , le Roi & la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château de Ver- .
failles la Meſſe chantée par la Muſique.
L'après midi la Reine accompagnée deMonſeigneur
le Dauphin aſſiſta au Sermon du
Pere de Beauvais de la Compagnie de Jeſus .
Le premier de ce mois, le Roi accompagné
de Monſeigneur le Dauphin entendit
dans la même Chapelle la Meſſe pendant laquelle
le Te Deum fut chanté par la Mufique
pour la priſe de la Ville & des Châteaux de
Fribourg.
Le 6ſecond Dimanche de l'Avent, le Roi
& la Reine entendirent dans la même Chapelle
la Meſſe chantée par la Muſique.
Le 8 Fête de la Conception de la Sainte
Vierge , la Reine communia par les mains
de l'Abbé de Fleury , ſon Premier Aumonier.
S M. accompagnée de Monſeigneur le
Dauphin &de Mesdames de France , ailifta
l'après midi au Sermon du P. de Beauvais ,
& enſuite aux Vépres chantées par la Mufique,
Gv
154MERCURE DE FRANCE.
Le 13 , troifiéme Dimanche & le 20 , quatriême
Dimanche de l'Avent , la Reine entendit
dans la même Chapelle la Meffe chantée
par la Muſique , & S. M. accompagnée de
Menſeigneur le Dauphin & de Meſdames de
France , affiſta l'après midi au Sermon du méme
Prédicateur.
Le 10 Dom Raymond Garat fut élû Géneral
de l'Ordre de Grandmont à la place
de Dom René-François Pierre de la Gueriniere
, mort à Paris le 30. Septembre dernier.
Le Roi a nommé Intendant en Dauphiné
M. de la Porte, Maître des Requétes , quieft
remplacé dans l'Intendance de la Généralite
de Moulins par M. de Bernage de Vaux ,
Maître des Requêtes & l'un des Préfidens du
Grand Confeil.
Le 3 de ce mois , M. le Beau , Profeffour
de Réthorique au College des Graffins , prononça
dans les Ecoles exterieures de Sorbonne
au nom de l'Univerſité un Difcours
Latin ſur la Convalefcence du Roi , & fur
l'heureux ſuccès des armes de S. M. Il fit voir
dans la premiere partie ce que le Roi a fait
pour fon Peuple , & dans la feconde ce que
le Peuple a fait pour le Roi. Le Parlement
& un grand nombre de perſonnes de diftinetion
affifterent à ce Diſcours qui fut géréraement
applauli.
DECEMBRE. 1744. 155
M. Benoit , Prêtre & Maître de Muſique
de l'Egliſe Cathédrale de Chartres éleve de
feu M. Michel Maître de Muſique de la Sainte
Chapelle de Dijon fit chanter Vendredi quatriéme
, & Samedi cinquiéme du préfent mois
de Décembre à la Meſſe du Roi & à celle de
la Reine , un Motet tiré du Pleaume 41.
Quemadmodum qui fut fort approuvé.
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Résumé : « Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
En décembre 1744, plusieurs événements religieux et administratifs ont marqué la vie à la cour. Le 29 novembre, le Roi et la Reine ont assisté à la messe chantée au Château de Versailles. La Reine, accompagnée du Dauphin, a écouté le sermon du Père de Beauvais. Le 1er décembre, le Roi et le Dauphin ont célébré la prise de Fribourg par le Te Deum. Le 6 décembre, le Roi et la Reine ont de nouveau assisté à la messe chantée. Le 8 décembre, à la fête de la Conception de la Sainte Vierge, la Reine a communié avec l'Abbé de Fleury, écouté le sermon du Père de Beauvais et assisté aux vêpres chantées, accompagnée du Dauphin et des princesses de France. Les 13 et 20 décembre, la Reine a écouté la messe chantée, toujours accompagnée du Dauphin et des princesses. Le 10 décembre, Dom Raymond Garat a été élu Général de l'Ordre de Grandmont, succédant à Dom René-François Pierre de la Guerinière. Le Roi a nommé M. de la Porte Intendant en Dauphiné, remplaçant M. de Bernage de Vaux. Le 3 décembre, M. le Beau a prononcé un discours latin sur la convalescence du Roi et les succès militaires, acclamé par le Parlement et de nombreuses personnalités. Enfin, M. Benoit, maître de musique de la cathédrale de Chartres, a fait chanter un motet lors des messes du Roi et de la Reine les 24 et 25 décembre.
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5636
p. 155-156
Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
Début :
M. l'abbé Fenel (Jean Basile Paschal) Chanoine de la Métropole de Sens, Député [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Jean-Basile-Pascal Fenel, Sciences, Académie française, Gabriel Girard, François-Joachim de Pierre de Bernis
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texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
M. l'Abbé Fenel ( Jean Bafile Paſchal )
Chanoine de la Métropole de Sens , Député
Réſident de ſon Chapitre à Paris , prit
féance à l'Académie des Inſcriptions &
Belles - Lettres le Vendredi 11 Décembre
ayant été choiſi par le Roi entre les Sujets
propoſés pour remplir la place d'Afſocié, vacante
par la promotion de M. Falconnet
(Camille ) à la place de Penſionnaire.
M. Fenel a travaillé en 1740. pour le fameux
prix du Cabeſtan. Son ouvrage a eû un
Acceffit au Prix en 1741 , & l'Académie des
Sciences a ordonné qu'il fût imprimé. Ildoit
paroître inceſſamment avec les autres préces
de ce Prix chés Hyppolite- LouisGuerin.
En faiſant des experiences pour la compofition
de cetOuvrage M. Fenel a fait une découverte
remarquable fur le roidiffement &
le relâchement alternatifs des cordes qui tirent
des fardeaux. L'Académie des Sciences
ajugé que cela méritoit d'étre m's dans fon
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE
Hiſtoire de 1741. où on le trouvera pag
155. Ce méme Auteur a depuis perfectionné
ſa découverte & l'a appliquée à de nouveaux
cas : il en a envoyé le Mémoire à la même
Académie.
Il a travaillé en 1742 au Prix de l'étatdes
Sciences en France pendant le quatorziéme
fiécle , & l'a remporté à Pâques 1743 au
jugement de l'Academie des Belles- Letres.
Cet Ouvrage n'eſt pasencore imprimé , quoiqu'il
foit approuvé du Cenſeur Royal , l'Auteury
voulant faire quelques additions.
La même année il eût le premier Prix de
l'Académie Françoiſe de Soiffons , fur la
Conquête de la Bourgogne par les fils du
Grand Clovis , &c .
CetOuvrage a été imprimé au commencement
de la préſente année chés Chaubert
Libraire du Journal des Sçavans.
Le 29 M. l'Abbé Girard & M. l'Abbé de
Bernis qui avoient été élus le 26 du mois de
Novembre pour remplir les places vacantes
dans l'Académie Françoiſe par la mort de
l'Abbé de Rothelin ,& par celle de l'Abbé
Gedoyn, y furent reçus,& ils firent leurs
Diſcours de remerciment auxquels M. de
Crebillon Directeur de l'Académie répondit.
Chanoine de la Métropole de Sens , Député
Réſident de ſon Chapitre à Paris , prit
féance à l'Académie des Inſcriptions &
Belles - Lettres le Vendredi 11 Décembre
ayant été choiſi par le Roi entre les Sujets
propoſés pour remplir la place d'Afſocié, vacante
par la promotion de M. Falconnet
(Camille ) à la place de Penſionnaire.
M. Fenel a travaillé en 1740. pour le fameux
prix du Cabeſtan. Son ouvrage a eû un
Acceffit au Prix en 1741 , & l'Académie des
Sciences a ordonné qu'il fût imprimé. Ildoit
paroître inceſſamment avec les autres préces
de ce Prix chés Hyppolite- LouisGuerin.
En faiſant des experiences pour la compofition
de cetOuvrage M. Fenel a fait une découverte
remarquable fur le roidiffement &
le relâchement alternatifs des cordes qui tirent
des fardeaux. L'Académie des Sciences
ajugé que cela méritoit d'étre m's dans fon
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE
Hiſtoire de 1741. où on le trouvera pag
155. Ce méme Auteur a depuis perfectionné
ſa découverte & l'a appliquée à de nouveaux
cas : il en a envoyé le Mémoire à la même
Académie.
Il a travaillé en 1742 au Prix de l'étatdes
Sciences en France pendant le quatorziéme
fiécle , & l'a remporté à Pâques 1743 au
jugement de l'Academie des Belles- Letres.
Cet Ouvrage n'eſt pasencore imprimé , quoiqu'il
foit approuvé du Cenſeur Royal , l'Auteury
voulant faire quelques additions.
La même année il eût le premier Prix de
l'Académie Françoiſe de Soiffons , fur la
Conquête de la Bourgogne par les fils du
Grand Clovis , &c .
CetOuvrage a été imprimé au commencement
de la préſente année chés Chaubert
Libraire du Journal des Sçavans.
Le 29 M. l'Abbé Girard & M. l'Abbé de
Bernis qui avoient été élus le 26 du mois de
Novembre pour remplir les places vacantes
dans l'Académie Françoiſe par la mort de
l'Abbé de Rothelin ,& par celle de l'Abbé
Gedoyn, y furent reçus,& ils firent leurs
Diſcours de remerciment auxquels M. de
Crebillon Directeur de l'Académie répondit.
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Résumé : Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
L'abbé Jean-Baptiste Pascal Fenel, chanoine de la Métropole de Sens et député, a été élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres le 11 décembre. Il avait été choisi par le roi pour succéder à Camille Falconnet, promu pensionnaire. En 1740, Fenel a concouru pour le prix du Cabestan et son ouvrage a été récompensé en 1741. L'Académie des Sciences a ordonné l'impression de son travail, prévu chez Hyppolite-Louis Guerin. Ses recherches ont révélé des phénomènes sur le raidissement et le relâchement alternatifs des cordes utilisées pour tirer des fardeaux, jugés remarquables par l'Académie des Sciences. En 1742, Fenel a remporté le prix de l'Académie des Belles-Lettres pour un ouvrage sur l'état des sciences en France au XIVe siècle, bien que non encore imprimé malgré l'approbation du censeur royal. La même année, il a obtenu le premier prix de l'Académie Française de Soissons pour un travail sur la conquête de la Bourgogne par les fils de Clovis, imprimé chez Chaubert. Le 29 novembre, les abbés Girard et Bernis ont été reçus à l'Académie Française pour remplacer les abbés de Rothelin et Gedoyn, décédés, et ont prononcé des discours de remerciement auxquels M. de Crébillon a répondu.
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5637
p. 156-157
Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Début :
Les Députés des Etats de la Province d'Artois ont eû le 24 de ce mois audience du [...]
Mots clefs :
Députés
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texteReconnaissance textuelle : Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Les Députés des Etats de laProvince d'Artois
ont eû le 24 de ce mois audience du
DECEMBRE. 1744 157
Roi , étant préſentés par le Prince Charles
de Lorraine , Gouverneur de la Province ,
en ſurvivance du Duc d'Elboeuf& par le
Comte d'Argenſon , Miniſtre & Secretaire
d'Etat& conduits par le Marquis deBrezé
Grand Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compoſée pour le Clergé de
l'Abbé de France de Noyelles , Chanoine
de l'Eglile Cathédrale d'Arras , lequel porta
la parole;du Marquis de Vignacourt pour la
Nobleffe , & de M. Henin pour le tiers Etat,
tous trois Députés pour la troiſiéme fois.
ont eû le 24 de ce mois audience du
DECEMBRE. 1744 157
Roi , étant préſentés par le Prince Charles
de Lorraine , Gouverneur de la Province ,
en ſurvivance du Duc d'Elboeuf& par le
Comte d'Argenſon , Miniſtre & Secretaire
d'Etat& conduits par le Marquis deBrezé
Grand Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compoſée pour le Clergé de
l'Abbé de France de Noyelles , Chanoine
de l'Eglile Cathédrale d'Arras , lequel porta
la parole;du Marquis de Vignacourt pour la
Nobleffe , & de M. Henin pour le tiers Etat,
tous trois Députés pour la troiſiéme fois.
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Résumé : Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Le 24 décembre 1744, les députés des États de la province d'Artois ont été reçus par le roi, accompagnés du prince Charles de Lorraine et du comte d'Argenson. La délégation, dirigée par le marquis de Brézé, comprenait l'abbé de France de Noyelles pour le clergé, le marquis de Vignacourt pour la noblesse et M. Henin pour le tiers état. Ces députés avaient déjà été élus à deux reprises.
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5638
p. 157-158
Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Marseille marquent que l'on a appris de Malthe que la nuit du 19 [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Le Saint-Jean, Bâtiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Les Lettres de Marſeille marquent que
l'on a appris de Malthe que la nuit du 19
au 20 du mois dernier le Vaiſſeau de guerre
le Saint Jean appartenant à la Religion ,
avoit découvert en croiſant à la hauteur du
Cap - Honne 6 Bâtimens Algériens qui
venoient vent arriere ſur lui , que le lendemain
ces Bâtimens l'ayant reconnu & ayant
fait auffi-tốt force de voiles pour s'éloigner ,
il les avoit pourſuivis , que 5 l'avoient paffé
de l'avant &que le ſixiéme qui n'étoit pas
aufli bon voilier que les autres avoit pris le
parti d'aller mouiller à un endroit nommé
Limache , qu'alors un dess premiers avoit
réviré de bord pour ne pas abandonner ce
Bâtiment , pendant que quatre avoient coutinué
leur route , que ſur le midi le Vaiſſeau
138 MERCURE DE FRANCE.
le Saint Jean avoit mis ſon Canot à la Me
pour ſonder afin de s'aſſurer ſi on pouvoit
s'approcher de la terre , que les deux Bâtimens
Algériens avoient tiré quelques coups
de canon & une grande quantité de coups
defufil , mais que leur feu n'avoit point empêché
le Canot d'exécuter ſa commiffion ,
que comme on avoit trouvé qu'il y avoit fuffſiſamment
d'eau , le Vaiſſeau le Saint Jean
s'étoit avancé le 21 pour attaquer les Algériens
, que ceux-ci avoient tiré pluſieurs volées
de canon & qu'il y avoit eu un Chevalier
& un Matelot de bleſſés & un Soldat de
tué , que le Vaiſſeau le Saint Jean ayant préſenté
le travets & ayant fait un feu très-vif,
les ennemis avoient abandonné leurs Bâtimens
qui ont été coulés à fond. Les équipages
qui s'étoient retirés ſur une pointe de
rocher , tirerent plus de 2000 coups de fufil
ſur le Vaiſſeau de la Religion , mais ils
ne cauferent aucun mal parce qu'ils étoient
hors de portée.
Le tems & le lieu étant trop dangereux
pour paſſer la nuit près de la côte , le Vaifſeau
le Saint Jean repiit le large & il retourna
à ſa croifiere .
l'on a appris de Malthe que la nuit du 19
au 20 du mois dernier le Vaiſſeau de guerre
le Saint Jean appartenant à la Religion ,
avoit découvert en croiſant à la hauteur du
Cap - Honne 6 Bâtimens Algériens qui
venoient vent arriere ſur lui , que le lendemain
ces Bâtimens l'ayant reconnu & ayant
fait auffi-tốt force de voiles pour s'éloigner ,
il les avoit pourſuivis , que 5 l'avoient paffé
de l'avant &que le ſixiéme qui n'étoit pas
aufli bon voilier que les autres avoit pris le
parti d'aller mouiller à un endroit nommé
Limache , qu'alors un dess premiers avoit
réviré de bord pour ne pas abandonner ce
Bâtiment , pendant que quatre avoient coutinué
leur route , que ſur le midi le Vaiſſeau
138 MERCURE DE FRANCE.
le Saint Jean avoit mis ſon Canot à la Me
pour ſonder afin de s'aſſurer ſi on pouvoit
s'approcher de la terre , que les deux Bâtimens
Algériens avoient tiré quelques coups
de canon & une grande quantité de coups
defufil , mais que leur feu n'avoit point empêché
le Canot d'exécuter ſa commiffion ,
que comme on avoit trouvé qu'il y avoit fuffſiſamment
d'eau , le Vaiſſeau le Saint Jean
s'étoit avancé le 21 pour attaquer les Algériens
, que ceux-ci avoient tiré pluſieurs volées
de canon & qu'il y avoit eu un Chevalier
& un Matelot de bleſſés & un Soldat de
tué , que le Vaiſſeau le Saint Jean ayant préſenté
le travets & ayant fait un feu très-vif,
les ennemis avoient abandonné leurs Bâtimens
qui ont été coulés à fond. Les équipages
qui s'étoient retirés ſur une pointe de
rocher , tirerent plus de 2000 coups de fufil
ſur le Vaiſſeau de la Religion , mais ils
ne cauferent aucun mal parce qu'ils étoient
hors de portée.
Le tems & le lieu étant trop dangereux
pour paſſer la nuit près de la côte , le Vaifſeau
le Saint Jean repiit le large & il retourna
à ſa croifiere .
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Résumé : Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Le 19 et 20 du mois précédent, le vaisseau 'le Saint Jean', appartenant à la Religion, a repéré six bâtiments algériens près du Cap Honne. Le lendemain, cinq de ces bâtiments ont tenté de fuir, tandis que le sixième, plus lent, a jeté l'ancre à Limache. Un vaisseau de la Religion a rebroussé chemin pour ne pas abandonner ce bâtiment, tandis que quatre autres ont poursuivi leur route. Le 21, le 'Saint Jean' a sondé les eaux pour s'approcher de la côte malgré les tirs de canon et de mousquets des Algériens. Lors de l'attaque, un chevalier et un matelot ont été blessés, et un soldat tué. Face à la riposte du 'Saint Jean', les Algériens ont abandonné leurs bâtiments, qui ont coulé. Les équipages algériens, réfugiés sur une pointe de rocher, ont tiré plus de 2000 coups de mousquet sans causer de dommages. En raison des dangers du lieu, le 'Saint Jean' a repris la mer et est retourné à sa croisière.
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5639
p. 158-159
« On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...] »
Début :
On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...]
Mots clefs :
Chevalier Servandoni
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...] »
On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht
du 24 Novembre 1744, à l'article de Paris,
que le Chevalier Servandoni , Chevalier de
DECEMBRE. 1744.5
l'Ordre de Chrift en Portugal étoit mort ,
mais cette nouvelle eſt fauſſe;il eſt employé
à faire , tant à Bayonne qu'à Bordeaux , de
magnifiques Décorations pour le paffage de
Madame la Dauphine.
du 24 Novembre 1744, à l'article de Paris,
que le Chevalier Servandoni , Chevalier de
DECEMBRE. 1744.5
l'Ordre de Chrift en Portugal étoit mort ,
mais cette nouvelle eſt fauſſe;il eſt employé
à faire , tant à Bayonne qu'à Bordeaux , de
magnifiques Décorations pour le paffage de
Madame la Dauphine.
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5640
p. 159-162
PRISES DE VAISSEAUX.
Début :
IL est arrivé à Marseille cinq Navires de saint Malo venans de la pêche de la [...]
Mots clefs :
Tonneaux, Capitaine, Vaisseau, Port
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texteReconnaissance textuelle : PRISES DE VAISSEAUX.
PRISES DE VAISSEAU X.
Leſt arrivé
faint Malo venans de la péche de la
Moruë , leſquels ont amené un Bâtiment
Anglois de 200 tonneaux , dont ils ſe ſont
emparés. Les mêmes Navires ſe ſont rendus
maîtres de quatre autres Vaiſſeaux ennemis ,
dont trois ont été rançonnés , & l'autre
d'environ 100 tonneaux , chargé de ſel ,
a été envoyé à Nantes,
à Marſeille cinq Navires de
Onapprend de Bayonne que le Corfaire
le Chaffeur , commandé par le Capitaine
Girandel , eft entré dans ce Port avec un
Bátiment , ſur lequel ily avoit cent Boucaux
de Sucre , & quelques autres marchandiſes .
Le Capitaine du Peat , qui monte le
Vaiſſeau le Renard , du même Port , a enlevé
les Navires le Delight & la Branche d'Olivier
, le dernier de 300 tonneaux , dont la
cargaifon étoit compoſée de Pelleteries , de
Cuivre , d'Huile de Baleine , de Bois de Menuiſerie
, de Goudron , de Merains , de
Raiſine & de Therebentine,
160 MERCURE DE FRANCE .
Le Pinque la Jeanne , de Bristol , de
180 tonneaux , avec un chargement de Sucre
, de Poivre , de Coton , de Bois d'Acajou
& de Tafia , a été pris par le Corſaire
la Victoire , que commande le Capitaine
du Ler.
Les lettres de Bordeaux marquent qu'on
y a reçû avis deſaint Sebaſtien , que le Navire
la Saxonne , armé en courſe par le Capitaine
Barreyre avoit conduit dans ce dernier
Port l'Armateur Anglois la Reine de
Hongrie, de 24 canons , de 18 pierriers &
de 200 hommes d'équipage.
Le Corſaire le Malo , de ſaint Malo , a
repris le Vaiſſeau l'Elizabeth , dont un Aramateur
de Guernſey s'étoit rendu maître.
Les Capitaines Clement & Figoli , commandans
, l'un le Vaiſſeau le Charles Grenot ,
de Granville , l'autre le Vaiſſeau le Renard, de
Dieppe , font arrivés à ſaint Malo , le premier
avec le Brigantin l'Experimenté de Bofton
chargé de Charbon de terre , le deuxieme
avec le Navire le Malberry , de Bristol ,
à bord duquel on a trouvé du Sucre , du
Coton & d'autres effets.
On écrit du Havre qu'il y est arrivé un
Corſaire Anglois de 22 canons , d'un pareil
nombre de pierriers & de 148 hommes
d'équipage qu'ont pris les Frégares
l'Emeraul &Ja Fine commandées par Mel
,
DECEMBRE 1744 161
fieurs de Saint Allouarn & Azan .
Ces deux Fregates ſe ſont encore emparées
de quatre autres Batimens ennemis ,
P'un deſquels nommé le Cerf, chargé de 400
Boucaux de Tabac , & de trente tonneaux
de Fer , a été mené au Port Louis.
Le Capitaine Noël Guillaume Denis ,
commandant le Corſaire la Suzanne , de
Calais , a conduit à Boulogne un Vaiſſeau
Anglois , dont la charge conſiſtoit en Lin ,
en Vin & en Eau de vie.
Deux Armateurs Anglois , l'un de 26
canons & l'autre de 20 , & pluſieurs Vaiffeaux
qui revenoient des Colonies de l'Amérique
ont été pris par des Armateurs
François.
Le Capitaine du Pleſſis commandant le
Vaiſſeau le Stanislas , armé en courſe ,à conduit
à la Rochelle le Navire Anglois le
Black-River de 200 tonneaux , chargé de
Sucre , de Tafia & de Bois de Campeche.
On mande de ſaint Malo que le Vaiffeau
le Jean Jofeph , monté par le Capitaine
Ruault étoit entré dans ce Port avec le
Bâtiment le François de Londres , de 190
tonneaux qui portoit des munitions à la
Jamaïque , & que quelques jours après il
s'étoit emparé du Vaiſſeau la Charlotte , de
6 canons & d'un pareil nombre de pier
riers qu'il avoit envoyé au Havre.
MERCURED E FRANCE.
On a appris de Calais que deux autres
Navires ennemis dont les chargemens con
ſiſtoient en Grains , en Bierre & en Bifcuit
avoient été pris par le Corſaire l'Ejiurgeon.
Leſt arrivé
faint Malo venans de la péche de la
Moruë , leſquels ont amené un Bâtiment
Anglois de 200 tonneaux , dont ils ſe ſont
emparés. Les mêmes Navires ſe ſont rendus
maîtres de quatre autres Vaiſſeaux ennemis ,
dont trois ont été rançonnés , & l'autre
d'environ 100 tonneaux , chargé de ſel ,
a été envoyé à Nantes,
à Marſeille cinq Navires de
Onapprend de Bayonne que le Corfaire
le Chaffeur , commandé par le Capitaine
Girandel , eft entré dans ce Port avec un
Bátiment , ſur lequel ily avoit cent Boucaux
de Sucre , & quelques autres marchandiſes .
Le Capitaine du Peat , qui monte le
Vaiſſeau le Renard , du même Port , a enlevé
les Navires le Delight & la Branche d'Olivier
, le dernier de 300 tonneaux , dont la
cargaifon étoit compoſée de Pelleteries , de
Cuivre , d'Huile de Baleine , de Bois de Menuiſerie
, de Goudron , de Merains , de
Raiſine & de Therebentine,
160 MERCURE DE FRANCE .
Le Pinque la Jeanne , de Bristol , de
180 tonneaux , avec un chargement de Sucre
, de Poivre , de Coton , de Bois d'Acajou
& de Tafia , a été pris par le Corſaire
la Victoire , que commande le Capitaine
du Ler.
Les lettres de Bordeaux marquent qu'on
y a reçû avis deſaint Sebaſtien , que le Navire
la Saxonne , armé en courſe par le Capitaine
Barreyre avoit conduit dans ce dernier
Port l'Armateur Anglois la Reine de
Hongrie, de 24 canons , de 18 pierriers &
de 200 hommes d'équipage.
Le Corſaire le Malo , de ſaint Malo , a
repris le Vaiſſeau l'Elizabeth , dont un Aramateur
de Guernſey s'étoit rendu maître.
Les Capitaines Clement & Figoli , commandans
, l'un le Vaiſſeau le Charles Grenot ,
de Granville , l'autre le Vaiſſeau le Renard, de
Dieppe , font arrivés à ſaint Malo , le premier
avec le Brigantin l'Experimenté de Bofton
chargé de Charbon de terre , le deuxieme
avec le Navire le Malberry , de Bristol ,
à bord duquel on a trouvé du Sucre , du
Coton & d'autres effets.
On écrit du Havre qu'il y est arrivé un
Corſaire Anglois de 22 canons , d'un pareil
nombre de pierriers & de 148 hommes
d'équipage qu'ont pris les Frégares
l'Emeraul &Ja Fine commandées par Mel
,
DECEMBRE 1744 161
fieurs de Saint Allouarn & Azan .
Ces deux Fregates ſe ſont encore emparées
de quatre autres Batimens ennemis ,
P'un deſquels nommé le Cerf, chargé de 400
Boucaux de Tabac , & de trente tonneaux
de Fer , a été mené au Port Louis.
Le Capitaine Noël Guillaume Denis ,
commandant le Corſaire la Suzanne , de
Calais , a conduit à Boulogne un Vaiſſeau
Anglois , dont la charge conſiſtoit en Lin ,
en Vin & en Eau de vie.
Deux Armateurs Anglois , l'un de 26
canons & l'autre de 20 , & pluſieurs Vaiffeaux
qui revenoient des Colonies de l'Amérique
ont été pris par des Armateurs
François.
Le Capitaine du Pleſſis commandant le
Vaiſſeau le Stanislas , armé en courſe ,à conduit
à la Rochelle le Navire Anglois le
Black-River de 200 tonneaux , chargé de
Sucre , de Tafia & de Bois de Campeche.
On mande de ſaint Malo que le Vaiffeau
le Jean Jofeph , monté par le Capitaine
Ruault étoit entré dans ce Port avec le
Bâtiment le François de Londres , de 190
tonneaux qui portoit des munitions à la
Jamaïque , & que quelques jours après il
s'étoit emparé du Vaiſſeau la Charlotte , de
6 canons & d'un pareil nombre de pier
riers qu'il avoit envoyé au Havre.
MERCURED E FRANCE.
On a appris de Calais que deux autres
Navires ennemis dont les chargemens con
ſiſtoient en Grains , en Bierre & en Bifcuit
avoient été pris par le Corſaire l'Ejiurgeon.
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Résumé : PRISES DE VAISSEAUX.
En 1744, plusieurs navires français ont capturé des bâtiments ennemis, principalement anglais. À Saint-Malo, des navires de pêche ont pris un vaisseau anglais de 200 tonneaux et quatre autres navires, dont trois rançonnés et un envoyé à Nantes. À Bayonne, le corsaire 'le Chaffeur' a ramené un bâtiment chargé de sucre. Le capitaine du 'Renard' a capturé les navires 'Delight' et 'Branche d'Olivier'. Le corsaire 'la Victoire' a pris le pinque 'la Jeanne' de Bristol, chargé de diverses marchandises. À Bordeaux, 'la Saxonne' a conduit l'armateur anglais 'la Reine de Hongrie' et 'le Malo' a repris 'l'Elizabeth'. Les capitaines Clément et Figoli ont ramené respectivement 'l'Experimenté' et 'le Malberry'. Au Havre, les frégates 'l'Émeraude' et 'la Fine' ont capturé cinq bâtiments ennemis, dont un nommé 'le Cerf'. 'la Suzanne' a conduit un vaisseau anglais à Boulogne. Le capitaine du Plessis a ramené 'Black-River' à La Rochelle. À Saint-Malo, 'le Jean Joseph' a capturé 'la Charlotte'. À Calais, 'l'Épervier' a pris deux navires ennemis chargés de grains, bière et biscuit.
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5641
p. 162-163
BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
Début :
L'Evêché de Beziers en Languedocn, vacant par la mort de M. Louis-Charles des [...]
Mots clefs :
Ordre, Diocèse, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
BENEFICES accordés par le Roi
mois de Décembre 1744 .
an
L'Evêché de Beziers en Languedoc , va
cant par la mort de M. Louis- Charles des
Atries du Rouſſet , à Meſſire Louis-Ange de
Ghiſtelle de S. Floris , Aumonier du Roi,
Abbé de Beaulieu Lez-Mans .
L'Evêché de Saintes, Capitale de la Saintonge
, vacant par la mort de Meſſire Leon
de Beaumont Gibaud , à Meſlire Simon-
Pierre de la Corée , Vicaire Général de
Saintes , Abbé de Benevent , Diocese de
Limoges.
L'Abbaye de Fontcombaud, Ordre de faint
Benoît , Dioceſe de Bourges , à l'Abbé du
Fau , Vicaire Général de l'Evêque de Langres.
Le Prieuré de Gigny du même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à l'Abbé de la Farre ,
Aumonier du Roi,
DECEMBRE. 1744 164
Le Prieuré de Mortagne , Ordre de ſaint
Augustin , Dicceſe de Saintes , à l'Abbé de
la Tour du Pin.
L'Abbaye Réguliere de Bucilly , Ordre
de Prémontré reformé ,Dioceſe de Laon , au
P. Meneffier Vicaire Général de cet Ordre.
L'Abbaye Réguliere de S. Bertin , Ordre
de S. Benoît , Dioceſe de S. Omer , à Dong
Gherbode.
L'Abbaye Réguliere de Canigou , meme
Ordre , Dioceſe de Perpignan , à Dom
Jacques Bombes , Religieux de cet Ordre,
L'Abbaye Reguliere de Criſſerton ,même
Ordre , Dioceſe d'Auxerre , à Madame de
Sennevoy.
Et celle de Parc aux Dames , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Senlis , à Madame de
Renanſarte, Prieure de l'Abbaye deMorien
val.
mois de Décembre 1744 .
an
L'Evêché de Beziers en Languedoc , va
cant par la mort de M. Louis- Charles des
Atries du Rouſſet , à Meſſire Louis-Ange de
Ghiſtelle de S. Floris , Aumonier du Roi,
Abbé de Beaulieu Lez-Mans .
L'Evêché de Saintes, Capitale de la Saintonge
, vacant par la mort de Meſſire Leon
de Beaumont Gibaud , à Meſlire Simon-
Pierre de la Corée , Vicaire Général de
Saintes , Abbé de Benevent , Diocese de
Limoges.
L'Abbaye de Fontcombaud, Ordre de faint
Benoît , Dioceſe de Bourges , à l'Abbé du
Fau , Vicaire Général de l'Evêque de Langres.
Le Prieuré de Gigny du même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à l'Abbé de la Farre ,
Aumonier du Roi,
DECEMBRE. 1744 164
Le Prieuré de Mortagne , Ordre de ſaint
Augustin , Dicceſe de Saintes , à l'Abbé de
la Tour du Pin.
L'Abbaye Réguliere de Bucilly , Ordre
de Prémontré reformé ,Dioceſe de Laon , au
P. Meneffier Vicaire Général de cet Ordre.
L'Abbaye Réguliere de S. Bertin , Ordre
de S. Benoît , Dioceſe de S. Omer , à Dong
Gherbode.
L'Abbaye Réguliere de Canigou , meme
Ordre , Dioceſe de Perpignan , à Dom
Jacques Bombes , Religieux de cet Ordre,
L'Abbaye Reguliere de Criſſerton ,même
Ordre , Dioceſe d'Auxerre , à Madame de
Sennevoy.
Et celle de Parc aux Dames , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Senlis , à Madame de
Renanſarte, Prieure de l'Abbaye deMorien
val.
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Résumé : BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
En décembre 1744, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le Roi. L'Évêché de Béziers, en Languedoc, a été attribué à Messire Louis-Ange de Ghistelle de Saint-Floris, Aumonier du Roi et Abbé de Beaulieu Lez-Mans, succédant à M. Louis-Charles des Atries du Rousset. L'Évêché de Saintes, en Saintonge, a été confié à Messire Simon-Pierre de la Corrée, Vicaire Général de Saintes et Abbé de Benevent, après le décès de Messire Léon de Beaumont Gibaud. L'Abbaye de Fontcombaud, relevant de l'Ordre de Saint-Benoît et située dans le diocèse de Bourges, a été donnée à l'Abbé du Fau, Vicaire Général de l'Évêque de Langres. Le Prieuré de Gigny, également de l'Ordre de Saint-Benoît et situé dans le diocèse de Lyon, a été attribué à l'Abbé de la Farre, Aumonier du Roi. D'autres attributions incluent le Prieuré de Mortagne, Ordre de Saint-Augustin, diocèse de Saintes, à l'Abbé de la Tour du Pin ; l'Abbaye Régulière de Bucilly, Ordre de Prémontré réformé, diocèse de Laon, au Père Meneffier, Vicaire Général de cet Ordre ; l'Abbaye Régulière de Saint-Bertin, Ordre de Saint-Benoît, diocèse de Saint-Omer, à Dom Gherbode ; l'Abbaye Régulière de Canigou, même ordre, diocèse de Perpignan, à Dom Jacques Bombes.
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5642
p. 164-165
CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
Début :
La Compagnie des Gendarmes de Flandre, à M. de Montchal, Sous-Lieutenant de [...]
Mots clefs :
Compagnie des gendarmes, Sous-lieutenant
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texteReconnaissance textuelle : CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
CHARGES Militaires acordées par le
Roi au mois de Décembre 1744.
La Compagnie des Gendarmes de Flandre
, à M. de Montchal , Sous-Lieutenant de
cette Compagnie.
Celle des Gendarmes de la Reine au
Baron de Montmorency , Chef de l'Illuftre
Maiſon de ce nom , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes d'Anjou ,
Celle des Gendarmes Dauphins au Marquis
de Dromefnil .
Celle des Gendarmes d'Orleans à M.
Dauvet , Sous-Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de Berry.
Celle des Chevaux - Legers de Berry
à M. d'Oſſun , Enſeigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou.
Celle des Chevaux-Legers Dauphins , au
Comte de Jonſac Sous-Lieutenant des
Chevaux- legers d'Orleans.
La Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de Flandre au Chevalier de
Biffy , qui en étoit Enſeigne.
DECEMBRE , 1744. 165
La Sous -Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , à Mr de Courtomer
, Enſeigne de la Compagnie des Gen
darmes Anglois.
La Compagnie des Gendarmes d'Anjou
au Comte de Bacqueville , Sous - Lieute,
nant des Gendarmes d'Orleans ,
Celle des Chevaux - Legers d'Anjou au
Chevalier d'Antragues , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Gendarmes Bourguignons,
Et la Sous-Lieutenance des Gendarmes
Bourguignons au Marquis d'Argouges qui
en étoit Enſeigne ; il eſt Fils de M. le Lieutenant
Civil,
Roi au mois de Décembre 1744.
La Compagnie des Gendarmes de Flandre
, à M. de Montchal , Sous-Lieutenant de
cette Compagnie.
Celle des Gendarmes de la Reine au
Baron de Montmorency , Chef de l'Illuftre
Maiſon de ce nom , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes d'Anjou ,
Celle des Gendarmes Dauphins au Marquis
de Dromefnil .
Celle des Gendarmes d'Orleans à M.
Dauvet , Sous-Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de Berry.
Celle des Chevaux - Legers de Berry
à M. d'Oſſun , Enſeigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou.
Celle des Chevaux-Legers Dauphins , au
Comte de Jonſac Sous-Lieutenant des
Chevaux- legers d'Orleans.
La Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de Flandre au Chevalier de
Biffy , qui en étoit Enſeigne.
DECEMBRE , 1744. 165
La Sous -Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , à Mr de Courtomer
, Enſeigne de la Compagnie des Gen
darmes Anglois.
La Compagnie des Gendarmes d'Anjou
au Comte de Bacqueville , Sous - Lieute,
nant des Gendarmes d'Orleans ,
Celle des Chevaux - Legers d'Anjou au
Chevalier d'Antragues , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Gendarmes Bourguignons,
Et la Sous-Lieutenance des Gendarmes
Bourguignons au Marquis d'Argouges qui
en étoit Enſeigne ; il eſt Fils de M. le Lieutenant
Civil,
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Résumé : CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
En décembre 1744, plusieurs charges militaires ont été attribuées par le Roi. M. de Montchal a reçu la Compagnie des Gendarmes de Flandre en tant que Sous-Lieutenant. La Compagnie des Gendarmes de la Reine a été confiée au Baron de Montmorency, Chef de la Maison de Montmorency et Capitaine Lieutenant des Gendarmes d'Anjou. Le Marquis de Dromefnil a obtenu la Compagnie des Gendarmes Dauphins. M. Dauvet, Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers de Berry, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers d'Orléans. M. d'Ossun, Enseigne des Gendarmes d'Anjou, a été nommé à la tête de la Compagnie des Chevaux-Légers de Berry. Le Comte de Jonsac, Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers d'Orléans, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers Dauphins. Le Chevalier de Biffy est devenu Sous-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes de Flandre. M. de Courtomer, Enseigne des Gendarmes Anglais, a été nommé Sous-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes de la Reine. Le Comte de Bacqueville, Sous-Lieutenant des Gendarmes d'Orléans, a obtenu la Compagnie des Gendarmes d'Anjou. Le Chevalier d'Antragues, Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourguignons, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers d'Anjou. Enfin, la Sous-Lieutenance des Gendarmes Bourguignons a été confiée au Marquis d'Argouges, Enseigne de cette compagnie et fils de M. le Lieutenant Civil.
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5643
p. 166-169
Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Début :
Le 28 Décembre à 6 heures du soir le Roi, la Reine, Monseigneur le Dauphin, Madame [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Duc de Penthiévre, Mlle de Modène, Monseigneur le Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Le 28 Décembre à 6heures du ſoir le Roi,
la Reine , Monſeigneur le Dauphin , Madame
ſeconde , tous les Princes & Princefſes
du Sang , ſe trouverent dans la piece
de l'ancienne Chambre du Roi , à la
lecture du Contrat de Mariage de M. le
Duc de Penthiévre avec Mlle. de Modéne
fille aînée de M. le Duc de Modéne , fait &
lû par M. le Marquis d'Argenſon , Miniftre &
Secretaire d'Etat pour les Affaires Etrangeres
; la lecture faite , le Roi , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Madame feconde
figuerent le Contrat chacun felon fon
rang , & Madame la Duchefſe de Modéne ,
&Mile. de Modéne étant venues par la
Chambre du Roi pendant les fignatures , y
fignerent.
Le Mardi 29 fur le midi & demi le Roi ,
la Reine, Monſeigneur le Dauphin, les Prin--
ces & Princefles du Sang, ſuivis des Princes &
Dames de la Cour, ſe rendirent à la Chapelle
en bas par l'eſcalier de marbre , précédés du
Marquis de Brezé, Grand Maître desCérémonies
, & Mlle. de Modéne étant entrée par
la Sacriftie , M. le Cardinal de Rohan fiança
&maria enfuite le Prince & la Princefle en
préſence du Curé de Verſailles ; cette cérémonie
faite , un Aumonier du Roi dit la
Meffe, pendant laquelle on chanta unMotet
de M. de Lalande ; deux Aumôniers du Roi
DECEMBRE. 1744. 167
tinrent le poile,&deux Clercs de la Chapelle
préſenterent le cierge aux mariés.
Les Ambaſſadeurs ſe ſont preſque tous
trouvés à cette cérémonie. La Meſſe finie le
Roi eſt revenu chés lui , & dans la marche
Madame la Ducheſſe de Modéne a pris fon
rang de Princeſſe fille après Madame la
Princeffe de Conty , & M. de Penthievre tenant
la main de Madaine la Ducheſſe de
Penthievre fermoit la marche,
La Reine fut reconduite chés elle par
Monſeigneur le Dauphin, Meſdames de Frara
ce , les Princes & Princeſſes du Sang & par
les nouveaux mariés.
Delà ils ont conduit Monſeigneur le Dauphin
, puis Meſdames & ont été diner chés
Madame la Ducheffe de Modéne.
L'après midi ſur les fix heures , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Meſdames , accompagnés
de plus de foixante Dames ,
des Seigneurs de la Cour & des Miniſtres
Etrangers ſe rendirent dans les grands apparments
pour le Concert ; on y éxécuta
les Amours de Zéphire & de Flore, divertif
ſement de M. de Blamont Surintendant de
la Mufique du Roi , dont les paroles font
de M. de Bonneval Intendant & Contrôleur
des menus plaiſirs & affaires de la Chambre ;
les paroles & la muſique ont été généralement
applaudies, Après le concert on paſſa
68 MERCURE DE FRANCE.
dans deux autres ſales où l'on joua au Cavagnol
& au Quadrille juſqu'à neuf heures ,
alors le Roi vint prendre la Reine pour le
ſouper dugrand couvert,
Le repas s'eft fait dans l'antichambre de la
Reine ; la table étoit en fer àcheval ; il y
avoit 12 couverts , le Roi & laReine au milieu
; à droite du Roi étoient Monſeigneur
le Dauphin , Madame ſeconde , Madame
la Princeſſe de Conty , Mlle. de Charolois ,
Mlle. de la Roche-Sur-Yon & Madame la
Duchefle de Penthievre. A gauche de la
Reine étoient Madame premiere , Madame
la Duchefſſe de Chartres , Madame la Ducheſſe
de Modéne &Mlle, de Sens.
Après le grand couvert le Roi eſt reve.
nu aux grands appartemens & de-là a conduit
les mariés chés Madame la Comteffe
deToulouſe qui leur avoit cédé ſon appartement
où ſe fit la Bénédiction du Lit nuptial
par M. le Cardinal de Rohan en préfence
de leurs Majeftés & de Monſeigneur
le Dauphin ; enſuite le Roi donna la chemiſe
à M. le Duc de Penthievre & la
Reine la donna à Madame la Ducheſſe de
Penthievre .
M. le Duc de Penthievre ſenomme Louis-
Jean - Marie de Bourbon , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de
fes
DECEMBRE. 1744. 169
'ſes Ordres & de la Toiſon d'Or , Gouverneur
de la Province de Bretagne. Il eſt né le
16 Novembre 1725 , & il eſt Fils de Louis-
Alexandre de Bourbon , Comte de Toulouſe
, Duc de Penthievre , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , mort le 1 Decembre
1737 , & de Marie- Sophie-Victoire
de Noailles , mariés le 22 Février
1723 .
Madame la Ducheſſe de Penthievre ſe
nomme Marie-Thereſe-Felicité d'Eft. Elle
eſt née le 6 Octobre 1726 , Fille aînée de
François- Marie d'Eſt , Duc de Modene &
de Reggio , & de Charlotte-Aglaé d'Orleans.
la Reine , Monſeigneur le Dauphin , Madame
ſeconde , tous les Princes & Princefſes
du Sang , ſe trouverent dans la piece
de l'ancienne Chambre du Roi , à la
lecture du Contrat de Mariage de M. le
Duc de Penthiévre avec Mlle. de Modéne
fille aînée de M. le Duc de Modéne , fait &
lû par M. le Marquis d'Argenſon , Miniftre &
Secretaire d'Etat pour les Affaires Etrangeres
; la lecture faite , le Roi , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Madame feconde
figuerent le Contrat chacun felon fon
rang , & Madame la Duchefſe de Modéne ,
&Mile. de Modéne étant venues par la
Chambre du Roi pendant les fignatures , y
fignerent.
Le Mardi 29 fur le midi & demi le Roi ,
la Reine, Monſeigneur le Dauphin, les Prin--
ces & Princefles du Sang, ſuivis des Princes &
Dames de la Cour, ſe rendirent à la Chapelle
en bas par l'eſcalier de marbre , précédés du
Marquis de Brezé, Grand Maître desCérémonies
, & Mlle. de Modéne étant entrée par
la Sacriftie , M. le Cardinal de Rohan fiança
&maria enfuite le Prince & la Princefle en
préſence du Curé de Verſailles ; cette cérémonie
faite , un Aumonier du Roi dit la
Meffe, pendant laquelle on chanta unMotet
de M. de Lalande ; deux Aumôniers du Roi
DECEMBRE. 1744. 167
tinrent le poile,&deux Clercs de la Chapelle
préſenterent le cierge aux mariés.
Les Ambaſſadeurs ſe ſont preſque tous
trouvés à cette cérémonie. La Meſſe finie le
Roi eſt revenu chés lui , & dans la marche
Madame la Ducheſſe de Modéne a pris fon
rang de Princeſſe fille après Madame la
Princeffe de Conty , & M. de Penthievre tenant
la main de Madaine la Ducheſſe de
Penthievre fermoit la marche,
La Reine fut reconduite chés elle par
Monſeigneur le Dauphin, Meſdames de Frara
ce , les Princes & Princeſſes du Sang & par
les nouveaux mariés.
Delà ils ont conduit Monſeigneur le Dauphin
, puis Meſdames & ont été diner chés
Madame la Ducheffe de Modéne.
L'après midi ſur les fix heures , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Meſdames , accompagnés
de plus de foixante Dames ,
des Seigneurs de la Cour & des Miniſtres
Etrangers ſe rendirent dans les grands apparments
pour le Concert ; on y éxécuta
les Amours de Zéphire & de Flore, divertif
ſement de M. de Blamont Surintendant de
la Mufique du Roi , dont les paroles font
de M. de Bonneval Intendant & Contrôleur
des menus plaiſirs & affaires de la Chambre ;
les paroles & la muſique ont été généralement
applaudies, Après le concert on paſſa
68 MERCURE DE FRANCE.
dans deux autres ſales où l'on joua au Cavagnol
& au Quadrille juſqu'à neuf heures ,
alors le Roi vint prendre la Reine pour le
ſouper dugrand couvert,
Le repas s'eft fait dans l'antichambre de la
Reine ; la table étoit en fer àcheval ; il y
avoit 12 couverts , le Roi & laReine au milieu
; à droite du Roi étoient Monſeigneur
le Dauphin , Madame ſeconde , Madame
la Princeſſe de Conty , Mlle. de Charolois ,
Mlle. de la Roche-Sur-Yon & Madame la
Duchefle de Penthievre. A gauche de la
Reine étoient Madame premiere , Madame
la Duchefſſe de Chartres , Madame la Ducheſſe
de Modéne &Mlle, de Sens.
Après le grand couvert le Roi eſt reve.
nu aux grands appartemens & de-là a conduit
les mariés chés Madame la Comteffe
deToulouſe qui leur avoit cédé ſon appartement
où ſe fit la Bénédiction du Lit nuptial
par M. le Cardinal de Rohan en préfence
de leurs Majeftés & de Monſeigneur
le Dauphin ; enſuite le Roi donna la chemiſe
à M. le Duc de Penthievre & la
Reine la donna à Madame la Ducheſſe de
Penthievre .
M. le Duc de Penthievre ſenomme Louis-
Jean - Marie de Bourbon , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de
fes
DECEMBRE. 1744. 169
'ſes Ordres & de la Toiſon d'Or , Gouverneur
de la Province de Bretagne. Il eſt né le
16 Novembre 1725 , & il eſt Fils de Louis-
Alexandre de Bourbon , Comte de Toulouſe
, Duc de Penthievre , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , mort le 1 Decembre
1737 , & de Marie- Sophie-Victoire
de Noailles , mariés le 22 Février
1723 .
Madame la Ducheſſe de Penthievre ſe
nomme Marie-Thereſe-Felicité d'Eft. Elle
eſt née le 6 Octobre 1726 , Fille aînée de
François- Marie d'Eſt , Duc de Modene &
de Reggio , & de Charlotte-Aglaé d'Orleans.
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Résumé : Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Le 28 décembre à 18 heures, le roi, la reine, le dauphin, Madame seconde et les princes et princesses du sang assistèrent à la lecture du contrat de mariage entre le duc de Penthièvre et Mademoiselle de Modène, fille aînée du duc de Modène. Le contrat fut lu par le marquis d'Argenson, ministre et secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Après la lecture, les membres de la famille royale signèrent le contrat selon leur rang, suivis par la duchesse de Modène et Mademoiselle de Modène. Le 29 décembre à midi et demie, la famille royale et les princes et princesses du sang se rendirent à la chapelle pour la cérémonie de mariage, précédés par le marquis de Brezé, Grand Maître des Cérémonies. Le cardinal de Rohan célébra la cérémonie en présence du curé de Versailles. Une messe fut dite par un aumônier du roi, accompagnée d'un motet de M. de Lalande. Les ambassadeurs étaient présents. Après la messe, la duchesse de Modène prit son rang de princesse fille après la princesse de Conty, et le duc de Penthièvre ferma la marche avec la duchesse de Penthièvre. La reine fut reconduite chez elle par le dauphin, Mesdames de France, les princes et princesses du sang, ainsi que les nouveaux mariés. Ils conduisirent ensuite le dauphin et Mesdames chez la duchesse de Modène pour dîner. L'après-midi, la reine, le dauphin et Mesdames, accompagnés de nombreuses dames et seigneurs de la cour, assistèrent à un concert dans les grands appartements. Le divertissement musical, 'Les Amours de Zéphire et de Flore' de M. de Blamont, fut applaudi. Après le concert, on joua au cavagnole.
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5644
p. 169-170
Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Début :
Le 19 Decembre Louis-Charles de Lorraine, Comte de Brionne, Gouverneur [...]
Mots clefs :
Comte de Brionne, Augustine de Coëtquen, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Le 29 Decembre Louis-Charles de Lorraine
, Comte de Brionne , Gouverneur
de la Province d'Anjou , Grand Ecuyer de
France en ſurvivance de M. le Prince Charles
de I.orraine ,fon Oncle, depuis le mois
de Novembre dernier , & veuf depuis le
2 Février 1742 de Dame Louife-Charlotte
de Gramont , fut marié avec Dame
Auguſtine de Coetquen , veuve de Charles-
Auguſte de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Grand d'Eſpagne ,
premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi , Meſtre de Camp du Regiment d'Infanterie
de Mortemart , connu ſous le nom
H
170 MERCURE DE FRANCE.
de Duc de Rochechouart , tué au combat
d'Ettingen le 27 Juin 1743 , & fille de Jules-
Malo de Coetquen , Comte de Combourg
, Gouverneur en ſurvivance du Marquis
de Coetquen ſon Pere , des Ville ,
Château & Citadelle de S. Malo , & de
Dame Marie - Eliſabeth Nicolaï , femme en
ſecondes Nôces du Duc de Mortemart,pere
du Duc de Rochechouart.
M. le Comte de Brionne eſt fils aîné de
feu Louis de Lorraine Prince de Lambefc,
mort le 9 Septembre 1743 & de Dame
Jeanne - Henriette - Marguerite de Durfort-
Duras. Voyez la Genealogie de la Maiſon
deCoetquen , une des premieres de la Province
de Bretagne , dans l'Histoire du Maréchal
de Guébriant , par le ſieur le Laboureur.
, Comte de Brionne , Gouverneur
de la Province d'Anjou , Grand Ecuyer de
France en ſurvivance de M. le Prince Charles
de I.orraine ,fon Oncle, depuis le mois
de Novembre dernier , & veuf depuis le
2 Février 1742 de Dame Louife-Charlotte
de Gramont , fut marié avec Dame
Auguſtine de Coetquen , veuve de Charles-
Auguſte de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Grand d'Eſpagne ,
premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi , Meſtre de Camp du Regiment d'Infanterie
de Mortemart , connu ſous le nom
H
170 MERCURE DE FRANCE.
de Duc de Rochechouart , tué au combat
d'Ettingen le 27 Juin 1743 , & fille de Jules-
Malo de Coetquen , Comte de Combourg
, Gouverneur en ſurvivance du Marquis
de Coetquen ſon Pere , des Ville ,
Château & Citadelle de S. Malo , & de
Dame Marie - Eliſabeth Nicolaï , femme en
ſecondes Nôces du Duc de Mortemart,pere
du Duc de Rochechouart.
M. le Comte de Brionne eſt fils aîné de
feu Louis de Lorraine Prince de Lambefc,
mort le 9 Septembre 1743 & de Dame
Jeanne - Henriette - Marguerite de Durfort-
Duras. Voyez la Genealogie de la Maiſon
deCoetquen , une des premieres de la Province
de Bretagne , dans l'Histoire du Maréchal
de Guébriant , par le ſieur le Laboureur.
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Résumé : Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Le 29 décembre, Louis-Charles de Lorraine, Comte de Brionne, Gouverneur de la Province d'Anjou et Grand Écuyer de France en survivance de son oncle, le Prince Charles de Lorraine, a épousé Augustine de Coetquen. Augustine était veuve de Charles-Auguste de Rochechouart, Duc de Mortemart, Pair de France, Grand d'Espagne, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi et Mestre de Camp du Régiment d'Infanterie de Mortemart. Le Duc de Rochechouart avait été tué au combat d'Ettingen le 27 juin 1743. Augustine de Coetquen était la fille de Jules-Malo de Coetquen, Comte de Combourg, et de Dame Marie-Elisabeth Nicolaï, seconde épouse du Duc de Mortemart, père du Duc de Rochechouart. Le Comte de Brionne est le fils aîné de Louis de Lorraine, Prince de Lambesc, décédé le 9 septembre 1743, et de Jeanne-Henriette-Marguerite de Durfort-Duras. La Maison de Coetquen, une des premières familles de la Province de Bretagne, est détaillée dans l'Histoire du Maréchal de Guébriant par le sieur le Laboureur.
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5645
p. 171-174
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Début :
ON nous avoit écrit du 26 Septembre d'Alep, que l'armée Turque qui étoit [...]
Mots clefs :
Pacha , Persans, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
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Résumé : Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
En octobre 1744, des nouvelles inquiétantes provenaient de Syrie et de Perse. Les Persans avaient conquis la ville de Cars et progressaient vers Erzerum, tandis qu'un autre contingent assiégeait Bafsora. Cependant, le 20 octobre, Constantinople célébra une victoire ottomane. Les troupes ottomanes, malgré une négociation de paix mal conduite par Sereki Effendi, avaient repoussé les Persans à Cars. Les assiégés capturèrent un fort et infligèrent de lourdes pertes aux Persans, qui furent contraints de battre en retraite. La défaite persane fut confirmée par le Drogman de la Porte, qui annonça la fuite de Thamas-Kouli-kan, le chef persan. À Constantinople, des changements politiques majeurs eurent lieu : Yedeckchi Pacha devint Nichandgi et Visir, et plusieurs gouverneurs furent mutés ou nommés à de nouveaux postes. Parallèlement, l'ambassadeur russe et le général des Cosaques Zaporoviens se rencontrèrent en Crimée pour discuter de leurs revendications respectives, sans parvenir à un accord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5646
p. 174-177
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Début :
LE 20 Octobre il arriva dans la Rade de cette Ville un Chebek Anglois qui [...]
Mots clefs :
Polacre, Chebec, Bâtiments, Corsaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
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Résumé : Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Le 20 octobre, un chebec anglais armé de dix pièces de canon et équipé de 36 hommes, ayant déjà capturé deux bâtiments français près de Tripoli et de Barbarie, arriva dans la rade de Smyrne. Ce navire, parti de Mahon, reçut des renforts du consul anglais. Les négociants et capitaines locaux informèrent M. de Seleran de leurs inquiétudes concernant la présence du chebec. Quatre bâtiments français étaient ancrés à Sanderli, prêts à charger des blés pour la côte de Syrie, tandis que d'autres bâtiments français restaient dans l'Archipel par crainte des attaques. Le capitaine Jacinte Mouriès, commandant la polacre Jefus-Maria-Sainte-Anne, proposa de poursuivre le corsaire. Il demanda six canons, deux barils de poudre et un renfort de 25 hommes. Sa demande fut acceptée, et la polacre fut prête en deux heures. Le 23 octobre, le corsaire tenta de fuir mais revint se mettre à l'abri. Les 23 et 24 octobre, des échanges eurent lieu entre les bateaux du corsaire et le consul anglais. La nuit du 25 au 26 octobre, le corsaire tenta de s'échapper par mauvais temps. Le 26 octobre, il fut confirmé que la polacre avait suivi le chebec et l'avait finalement détruit. Lors de l'affrontement, trois hommes furent tués et plusieurs blessés sur le corsaire, tandis que la polacre ne subit aucune perte. Cette action permit de prévenir les dommages que le corsaire aurait pu causer aux bâtiments français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5647
p. 177-178
DUNKERQU[E].
Début :
ON écrit de Dunkerque du 24 Decembre, qu'un Vaisseau de guerre Anglois, [...]
Mots clefs :
Vaisseau de guerre, Navire anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DUNKERQU[E].
DUNKERQUB.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
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Résumé : DUNKERQU[E].
Le 24 décembre, plusieurs incidents maritimes ont eu lieu près de Dunkerque et Calais. Un vaisseau anglais s'est échoué près de Dunkerque, laissant des cadavres et des débris. Un autre navire anglais a sombré près de Calais. Un armateur de Dunkerque a capturé un navire anglais chargé de blé. Un vaisseau anglais est bloqué dans la rade de Dunkerque à cause du mauvais temps. Un navire français est en détresse dans la rade, mais les secours sont impossibles en raison des vents violents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5648
p. 178
RUSSIE.
Début :
ON a appris de Moscou, que la Czarine a fait remettre deux Mémoires au [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE,
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
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Résumé : RUSSIE.
La tsarine russe a transmis deux mémoires au baron de Mardefeldt. Le premier exprime son souhait d'éviter un conflit entre le roi de Prusse et elle concernant l'envoi de troupes saxonnes à la reine de Hongrie. Elle mentionne cependant ses engagements avec le roi et la République. Le second mémoire concerne l'adhésion du duc de Holstein au traité de Francfort. Vienne doit fournir des explications finales pour l'affaire du marquis de Botta.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5649
p. 179
POLOGNE.
Début :
ON apprend que la Czarine avoit fait assûrer le Roi de & la République de [...]
Mots clefs :
Polonais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
N apprend que la Czarine avoit fait
affurer le Roi de &la République de
Pologne qu'elle fecoureroit les Polonois de
toutes ſes forces , s'ils étoient attaqués par
quelque Puiſſance Etrangere.
N apprend que la Czarine avoit fait
affurer le Roi de &la République de
Pologne qu'elle fecoureroit les Polonois de
toutes ſes forces , s'ils étoient attaqués par
quelque Puiſſance Etrangere.
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5650
p. 179-187
ALLEMAGNE.
Début :
ON mande de Vienne du 24 du mois dernier, qu'un courier arrivé de Boheme [...]
Mots clefs :
Troupes, Prince Charles de Lorraine, Reine, Armée, Grenadiers, Empereur, Roi de Prusse, Elbe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
N mande de Vienne du 24 du mois
dernier , qu'un courier arrivé de Boheme
le ar a rapporté que le 19 l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit paffé l'Elbe , ſans éprouver aucun
obſtacle de la part des Pruffiens , &
qu'elle s'étoit avancée entre Tainitz & Clumez,
و
Le Général Nadaſti s'eſt emparé d'une
caiſſe d'argent , qu'un Commiſſaire des guerres
conduiſoit au camp du Roi de Pruffe
& dans laquelle étoient quelques contributions
que ce Prince avoit exigées dans le
Royaume de Bohéme.
La reponſe des Etats Generaux aux lettres
que la Reine leur a écrites , pour les
prier de la fecourir encore plus efficacement
qu'ils n'ont fait juſqu'à preſent , porte que
leur intentionest non ſeulement d'entretenir
Hvi
180 MERCURE DE FRANCE.
une étroite union avec S. M. mais encore
de l'aider autant que leurs forces pourront
le permettre;qu'elle a déja reçu des marques
de leur attachement & de leur bonne volonté
, & qu'ils continueront de lui en donner
des preuves en rempliſſant tous les engagemens
dans lesquels ils font entrés , mais
qu'ils ſe détermineroient difficilement à une
rupture ouverte avec la France; qu'ils efperent
que la Reine n'inſiſtera pas davantage
fur cet article , & que du refte ils font
diſpoſés à concerter dès à preſent avec
elle toutes les méſures qu'il conviendra de
prendre pour ſes intérêts , qu'ils lui fourniront
toujours les troupes qu'ils ont deja.
fait marcher pour ſa défenſe , qu'ils les augmenteront
même, s'ils peuvent en engager
d'Etrangeres à leur folde ,& qu'ils fe conformeront
volontiers aux défirs & aux beſoins .
de S. M. pour ce qui regarde l'uſage qu'on
fera de ces troupes , & les lieux dans lesquels
elles feront employées ; qu'ils feront leurs
efforts pour perfuader à diverſes Puittances
de joindre leurs forces à celles de la Reine
& de fes Alliés , & qu'il eſt ſur-tout néceffaire
d'avoir l'année prochaine dans les
Pays Bas une Armée nonbreuſe fous la conduite
d'un General expérimenté.
On a appris de Bourghaufen du 21 du mois
dernier qu'un détachement des troupes ImDECEMBRE.
1744. 18
periales , commandé par le Comte de Saint
Germain , emporta le 20 cette Ville l'épée à
Ia main , & que le Comte de la Roche , Capitaine
dans le Régiment de Dragons Walons
, eft entré le premier dans le Château
dont il a eſcaladé les murs avec 30 Dragons .
Il fut ſuivi des Grénadiers du Régiment de
Saxe Hildsburghauſen , à la tête deſquels
étoit M. de la Roſée , Lieutenant Colonel de
ce Régiment , qui s'eſt extrêmement diftingué
dans cette expédition , ainſi que fon
frere , qui eſt Lieutenant- Colonel du Régiment
de Cuiraffiers de Terring , & qui a ett
une très-grande part nonſeulement au fuccès
de l'entrepriſe , mais encore au projet
l'arrangement des meſures priſes pour l'éxécuter.
&à
Les Compagnies de Grenadiers de troupes
Françoiſes , qui étoient dansle détachement
du Comte de Saint Germain ont eſcaladé les
deux Poligones ſous les ordres du Comte de
Ruppelmonde , & ils ont donné des preuves
de la plus grande intrépidité.
Les Grenadiers à cheval de l'Empereur ,
commandés par M.de Cofpor,& le Régiment
de Fugger ont auſſi combattu avec beaucoup
de valeur . De 1500 hommes dont la garnifon
étoit compoſée 450 ont été tués , il y
en a eu plus de 400 de bleſſés & les autres.
ont été faits priſonniers de guerre , à l'exception
de 80 qui ſe ſont ſauvés..
182 MERCURE DE FRANCE.
Les Imperiaux & les François ont perdu
très-peu d'Officiers & de Soldats. M. de Chevry,
Capitaine dans les Grénadiers à cheval,a
été bleſſé mortellement , & il est fort regretté.
Onmande de Hambourg du 30 du mois
dernier , que ſuivant les avis reçus de l'armée
du Roi de Pruſſe il paroiffoit que ce
Prince , en faiſant repaſſer l'Elbe à ſes troupes
, n'avoit d'autre deſſein que de les faire
cantonner le long de cette riviere.
(Les nouvelles du camp Impérial portent que
le 16 du mois dernier l'Empereur ayant fait
canoner le Château de Griefbach , la garnifon
n'avoit pas attendu pour ſe rendre prifonniere
de guerre , que la brêche eut été
faite; que la priſe de ce Château eft d'autant
plus importante , que ſa ſituation est trèsavantageuſe
, parce qu'il fait face à la riviere
d'Inn , & qu'il défend l'approche de celle de
Vils; que l'Empereur s'étoit déterminé à faire
entrer ſes troupes en quartiers d'hyver , &
qu'une partie de l'armée Impériale s'étoit
déja ſéparée ; que le 20 S. M I. étoit retournée
à Munich , où elle a trouvé le Prince
Royal & le Prince Clement de Baviere.
On apprend de Vienne du premier de ce
mois qu'il ſe tint le : 6du mois dernier une
Conference chés le Conte d'Vhlefeldt ,
qui communiqua aux Envoyés ExtraordiDECEMBRE.
1744. F1S83
naires du Roi de la Grande Bretagne &
des Etats Généraux le projet d'un nouveau
Traité d'Alliance que la Reine de Hongrie
propoſe à ces deux Puiſſances.
Suivant ce projet tous les engagemens
contractés reſpectivement par les trois Puiffances
feront renouvellés & confirmés de la
maniere la plus folemnelle. Les poffeffions
de chacune feront garanties par les deux
autres dans la meilleure forme poffible : on
conviendra de toutes les meſures qui feront
jugées néceſſaires à la ſureté commune ,&
les trois Puiſſances feront obligées de faire
agir , en cas de beſoin , leurs forces réunies.
On employera les plus vives inſtances pour
engager pluſieurs Princes de l'Empire d'accéder
à ce Traité , & l'on exigera que ceux
qui prendront ce parti entretiennent toujours
un Corps de troupes proportionné à
leurs revenus..
On a reçu avis du Camp de Clumez
du 24 du mois dernier que le 14 le
Prince Charles de Lorraine tint un Conſeil
de Guerre , dans lequel il fut réſolu de tenter
le paſſage de l'Elbe. En conféquence les
Troupes combinées ſe mirent en marche
dès la nuit fuivante , & le Baron de Trenck
fut détaché vers Kollin pour faire croire au
Roi de Prufſe qu'on ne penſoit qu'à l'atta
que de ce Poſte, Les meſures étoient ſi bien
184 MERCURE DE FRANCE.
priſes qu'on en attendoit un heureux fuccès
, mais les Pontons deſtinés pour le paffage
ne purent arriver aſſés tôt. Le Prince
Charles de Lorraine , obligé par cet accident
de différer ſon entrepriſe , s'arréta à
Perloch, & il fit attaquer Kollin par le Baron
de Trenck qui fut repouffé par la garniſon
& qui fut bleſſé conſidérablement.
Les troupes de la Reine firent le 18
un nouveau mouvement par leur gauche
pour s'approcher de celles de Saxe , & le
Duc de Saxe Weiſſenfels ayant reconnu le
même jour l'endroit où l'on avoit projetté
de paſſer l'Elbe , il donna ordre au Comte
de Schulembourg , Lieutenant Général des
troupes Saxonnes , d'aller ſe poſter avec
de l'Artillerie & des Pontons entre Kwalewitz
& Szdeckowitz. Le Baron de Haxthauſen
, Major Général , fut auffi détaché par
ce Prince avec 29ompagnies de Grenadiers
& plufieurs Piéces de campagne pour
occuper les hauteurs de ffcheliz .
Le 19 à fix heures du matin toutes les
troupes étant arrivées fur le bord de la
riviere , & ayant été diftribuées ſelon les
arrangemens qui avoient été pris , on fit fur
quatreBaraillons & quelques Efcadrons Pruffiens
un feu très - vit de deux Batteries qui
prenoient les Ennemis de front & en écharpė.
On commença en meme tems à jetter
DECEMBRE 1744.
139
les Pontons , & le Colonel Pirch ayant paffé
avec quelques Compagnies de,Grenadiers
malgré les efforts des Pruffiens il fut fuivi'de
pluſieurs Régimens qui furent fort maltraités
par les Eſcadrons qu'ils avoient en tête & qui
eurent beaucoup de peine à s'établir de ce
côté de l'Elbe , mais qui enfin y réuffirent.
Comme les ennemis avoient pris des quartiers
de cantonnement , leurs troupes étoient
diſperſées , & le détachement que l'on attaquoit
ne pouvant eſpérer d'étre foutenu ,
l'Officier qui le commandoit prit le parti de
fe retirer. On conſtruifit auffi-tôt cinq autres
Ponts ſur leſquels toute l'armée combinée
acheva de paſſer la riviere , & le Prince
Charles de Lorraine alla camper à Tenitz .
Le 21 il s'avanca à Schiſſelitz où l'on ſéjourna
le lendemain , & le 23 il vint occuper
le Camp de Clumez.
Depuis le paſſage de l'armée le Roi de
Prufſe a été rejoint par toutes les troupes
qu'il avoit laiffées à Kollin , à Nimbourg &
àPodiebrodt , & étant décampé de New
Biczow il s'eft replié vers Konigſgratz.
Les Pruffiens qui occupoient le pofte de
Pardubitz l'ont auſſi abandonné après avoir
jetté dans la riviere les munitions qu'ils n'ont
pu emporter.
On a appris de Munich du 30 du mois
dernier que les troupes Impériales ſe ren
,
186 MERCURE DE FRANCE.
doient ſucceſſivement dans les quartiers qui
leur ont été aſſignés & que l'on en diftribuoit
la plus grande partie depuis Vilshoven juf.
qu'à Bourghauſen & fur les Frontieres de
l'Archevéché de Saltzbourg.
L'Empereur a envoyé ordre au Prince de
Saxe Hildſburghauſen de marcher avec un
corps conſidérable pour chaſſer de la Ville
de Lauffen le détachement de troupes de
la Reine de Hongrie qui s'en étoit emparé.
Le Maréchal de Seckendorf a fait conduire
à Straubingen tous les prifonniers faits
fur les ennemis. On a conſtruit plufieurs redoutes
en divers endroits de la Frontiere
pour mettre l'Electorat de Baviere à couvert
des courſes des troupes de la Reine de
Hongrie
,
Le Chapitre de Saltzbourg ayant écrit à
l'Empereur pour s'excuſer d'avoir permis à
un détachement des troupes de cette Princeſſe
d'entrer dans la Ville de Saltzbourg
S. M. I. a fait réponſe qu'elle regardoit la
démarche de ce Chapitre comme contraire
à la neutralité qu'il doit obſerver , & que
s'il ne faiſoit fortir inceſſamment de la Ville
les troupes qui y avoient été recues , un
Corps de troupes Impériales iroit prendre
des quartiers dans le territoire qui en depend.
On a appris de Francfort que le Mémoire
DECEMBRE 1744 187
préſenté à la Diette de l'Empire par les Mi
niſtres des Electeurs de Mayence , de Treves
, de Cologne , de Saxe & de Hanover
&par ceux de l'Evêque de Bamberg & de
Wurtzbourg , du Duc de Saxe Gotha &
du Landgrave de Heſſe Darmſtadt , porte
que les Princes leurs Maîtres ayant été informés
des préparatifs faits pour la marche
d'un Corps de troupes Françoiſes , qui devoit
ſe rendre ſur le bas Rhin, ils ne pouvoient
ſe diſpenſer de repréſenter les allar-
- mes que cette nouvelle leur cauſoit ; que
# pluſieurs Etats d'Allemagne , particulierement
ceux qui ſont ſitués entre le Haut &
le Bas Rhin étoient menacés de voir ces
troupes paffer l'hyver chés eux ; qu'i's fu-
- plioient très-humblement l'Empereur d'employer
ſes efforts pour affûrer la tranquillité
de ces Etats , & pour qu'ils continuent
de joiir de tous les avantages de la neutra
lité.
Les avis reçûs de Boheme portent que le
premier & le ſecond de ce mois - l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit campé à Czernilop , qu'elle avoit
marché le trois vers les Frontieres du Comté
deGlatz , que ce Prince avoit établi fon quartier
à Oppotſcna .
L'Impératrice partit le 12 de ce mois de
Francfort pour ſe rendre à Munich,
N mande de Vienne du 24 du mois
dernier , qu'un courier arrivé de Boheme
le ar a rapporté que le 19 l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit paffé l'Elbe , ſans éprouver aucun
obſtacle de la part des Pruffiens , &
qu'elle s'étoit avancée entre Tainitz & Clumez,
و
Le Général Nadaſti s'eſt emparé d'une
caiſſe d'argent , qu'un Commiſſaire des guerres
conduiſoit au camp du Roi de Pruffe
& dans laquelle étoient quelques contributions
que ce Prince avoit exigées dans le
Royaume de Bohéme.
La reponſe des Etats Generaux aux lettres
que la Reine leur a écrites , pour les
prier de la fecourir encore plus efficacement
qu'ils n'ont fait juſqu'à preſent , porte que
leur intentionest non ſeulement d'entretenir
Hvi
180 MERCURE DE FRANCE.
une étroite union avec S. M. mais encore
de l'aider autant que leurs forces pourront
le permettre;qu'elle a déja reçu des marques
de leur attachement & de leur bonne volonté
, & qu'ils continueront de lui en donner
des preuves en rempliſſant tous les engagemens
dans lesquels ils font entrés , mais
qu'ils ſe détermineroient difficilement à une
rupture ouverte avec la France; qu'ils efperent
que la Reine n'inſiſtera pas davantage
fur cet article , & que du refte ils font
diſpoſés à concerter dès à preſent avec
elle toutes les méſures qu'il conviendra de
prendre pour ſes intérêts , qu'ils lui fourniront
toujours les troupes qu'ils ont deja.
fait marcher pour ſa défenſe , qu'ils les augmenteront
même, s'ils peuvent en engager
d'Etrangeres à leur folde ,& qu'ils fe conformeront
volontiers aux défirs & aux beſoins .
de S. M. pour ce qui regarde l'uſage qu'on
fera de ces troupes , & les lieux dans lesquels
elles feront employées ; qu'ils feront leurs
efforts pour perfuader à diverſes Puittances
de joindre leurs forces à celles de la Reine
& de fes Alliés , & qu'il eſt ſur-tout néceffaire
d'avoir l'année prochaine dans les
Pays Bas une Armée nonbreuſe fous la conduite
d'un General expérimenté.
On a appris de Bourghaufen du 21 du mois
dernier qu'un détachement des troupes ImDECEMBRE.
1744. 18
periales , commandé par le Comte de Saint
Germain , emporta le 20 cette Ville l'épée à
Ia main , & que le Comte de la Roche , Capitaine
dans le Régiment de Dragons Walons
, eft entré le premier dans le Château
dont il a eſcaladé les murs avec 30 Dragons .
Il fut ſuivi des Grénadiers du Régiment de
Saxe Hildsburghauſen , à la tête deſquels
étoit M. de la Roſée , Lieutenant Colonel de
ce Régiment , qui s'eſt extrêmement diftingué
dans cette expédition , ainſi que fon
frere , qui eſt Lieutenant- Colonel du Régiment
de Cuiraffiers de Terring , & qui a ett
une très-grande part nonſeulement au fuccès
de l'entrepriſe , mais encore au projet
l'arrangement des meſures priſes pour l'éxécuter.
&à
Les Compagnies de Grenadiers de troupes
Françoiſes , qui étoient dansle détachement
du Comte de Saint Germain ont eſcaladé les
deux Poligones ſous les ordres du Comte de
Ruppelmonde , & ils ont donné des preuves
de la plus grande intrépidité.
Les Grenadiers à cheval de l'Empereur ,
commandés par M.de Cofpor,& le Régiment
de Fugger ont auſſi combattu avec beaucoup
de valeur . De 1500 hommes dont la garnifon
étoit compoſée 450 ont été tués , il y
en a eu plus de 400 de bleſſés & les autres.
ont été faits priſonniers de guerre , à l'exception
de 80 qui ſe ſont ſauvés..
182 MERCURE DE FRANCE.
Les Imperiaux & les François ont perdu
très-peu d'Officiers & de Soldats. M. de Chevry,
Capitaine dans les Grénadiers à cheval,a
été bleſſé mortellement , & il est fort regretté.
Onmande de Hambourg du 30 du mois
dernier , que ſuivant les avis reçus de l'armée
du Roi de Pruſſe il paroiffoit que ce
Prince , en faiſant repaſſer l'Elbe à ſes troupes
, n'avoit d'autre deſſein que de les faire
cantonner le long de cette riviere.
(Les nouvelles du camp Impérial portent que
le 16 du mois dernier l'Empereur ayant fait
canoner le Château de Griefbach , la garnifon
n'avoit pas attendu pour ſe rendre prifonniere
de guerre , que la brêche eut été
faite; que la priſe de ce Château eft d'autant
plus importante , que ſa ſituation est trèsavantageuſe
, parce qu'il fait face à la riviere
d'Inn , & qu'il défend l'approche de celle de
Vils; que l'Empereur s'étoit déterminé à faire
entrer ſes troupes en quartiers d'hyver , &
qu'une partie de l'armée Impériale s'étoit
déja ſéparée ; que le 20 S. M I. étoit retournée
à Munich , où elle a trouvé le Prince
Royal & le Prince Clement de Baviere.
On apprend de Vienne du premier de ce
mois qu'il ſe tint le : 6du mois dernier une
Conference chés le Conte d'Vhlefeldt ,
qui communiqua aux Envoyés ExtraordiDECEMBRE.
1744. F1S83
naires du Roi de la Grande Bretagne &
des Etats Généraux le projet d'un nouveau
Traité d'Alliance que la Reine de Hongrie
propoſe à ces deux Puiſſances.
Suivant ce projet tous les engagemens
contractés reſpectivement par les trois Puiffances
feront renouvellés & confirmés de la
maniere la plus folemnelle. Les poffeffions
de chacune feront garanties par les deux
autres dans la meilleure forme poffible : on
conviendra de toutes les meſures qui feront
jugées néceſſaires à la ſureté commune ,&
les trois Puiſſances feront obligées de faire
agir , en cas de beſoin , leurs forces réunies.
On employera les plus vives inſtances pour
engager pluſieurs Princes de l'Empire d'accéder
à ce Traité , & l'on exigera que ceux
qui prendront ce parti entretiennent toujours
un Corps de troupes proportionné à
leurs revenus..
On a reçu avis du Camp de Clumez
du 24 du mois dernier que le 14 le
Prince Charles de Lorraine tint un Conſeil
de Guerre , dans lequel il fut réſolu de tenter
le paſſage de l'Elbe. En conféquence les
Troupes combinées ſe mirent en marche
dès la nuit fuivante , & le Baron de Trenck
fut détaché vers Kollin pour faire croire au
Roi de Prufſe qu'on ne penſoit qu'à l'atta
que de ce Poſte, Les meſures étoient ſi bien
184 MERCURE DE FRANCE.
priſes qu'on en attendoit un heureux fuccès
, mais les Pontons deſtinés pour le paffage
ne purent arriver aſſés tôt. Le Prince
Charles de Lorraine , obligé par cet accident
de différer ſon entrepriſe , s'arréta à
Perloch, & il fit attaquer Kollin par le Baron
de Trenck qui fut repouffé par la garniſon
& qui fut bleſſé conſidérablement.
Les troupes de la Reine firent le 18
un nouveau mouvement par leur gauche
pour s'approcher de celles de Saxe , & le
Duc de Saxe Weiſſenfels ayant reconnu le
même jour l'endroit où l'on avoit projetté
de paſſer l'Elbe , il donna ordre au Comte
de Schulembourg , Lieutenant Général des
troupes Saxonnes , d'aller ſe poſter avec
de l'Artillerie & des Pontons entre Kwalewitz
& Szdeckowitz. Le Baron de Haxthauſen
, Major Général , fut auffi détaché par
ce Prince avec 29ompagnies de Grenadiers
& plufieurs Piéces de campagne pour
occuper les hauteurs de ffcheliz .
Le 19 à fix heures du matin toutes les
troupes étant arrivées fur le bord de la
riviere , & ayant été diftribuées ſelon les
arrangemens qui avoient été pris , on fit fur
quatreBaraillons & quelques Efcadrons Pruffiens
un feu très - vit de deux Batteries qui
prenoient les Ennemis de front & en écharpė.
On commença en meme tems à jetter
DECEMBRE 1744.
139
les Pontons , & le Colonel Pirch ayant paffé
avec quelques Compagnies de,Grenadiers
malgré les efforts des Pruffiens il fut fuivi'de
pluſieurs Régimens qui furent fort maltraités
par les Eſcadrons qu'ils avoient en tête & qui
eurent beaucoup de peine à s'établir de ce
côté de l'Elbe , mais qui enfin y réuffirent.
Comme les ennemis avoient pris des quartiers
de cantonnement , leurs troupes étoient
diſperſées , & le détachement que l'on attaquoit
ne pouvant eſpérer d'étre foutenu ,
l'Officier qui le commandoit prit le parti de
fe retirer. On conſtruifit auffi-tôt cinq autres
Ponts ſur leſquels toute l'armée combinée
acheva de paſſer la riviere , & le Prince
Charles de Lorraine alla camper à Tenitz .
Le 21 il s'avanca à Schiſſelitz où l'on ſéjourna
le lendemain , & le 23 il vint occuper
le Camp de Clumez.
Depuis le paſſage de l'armée le Roi de
Prufſe a été rejoint par toutes les troupes
qu'il avoit laiffées à Kollin , à Nimbourg &
àPodiebrodt , & étant décampé de New
Biczow il s'eft replié vers Konigſgratz.
Les Pruffiens qui occupoient le pofte de
Pardubitz l'ont auſſi abandonné après avoir
jetté dans la riviere les munitions qu'ils n'ont
pu emporter.
On a appris de Munich du 30 du mois
dernier que les troupes Impériales ſe ren
,
186 MERCURE DE FRANCE.
doient ſucceſſivement dans les quartiers qui
leur ont été aſſignés & que l'on en diftribuoit
la plus grande partie depuis Vilshoven juf.
qu'à Bourghauſen & fur les Frontieres de
l'Archevéché de Saltzbourg.
L'Empereur a envoyé ordre au Prince de
Saxe Hildſburghauſen de marcher avec un
corps conſidérable pour chaſſer de la Ville
de Lauffen le détachement de troupes de
la Reine de Hongrie qui s'en étoit emparé.
Le Maréchal de Seckendorf a fait conduire
à Straubingen tous les prifonniers faits
fur les ennemis. On a conſtruit plufieurs redoutes
en divers endroits de la Frontiere
pour mettre l'Electorat de Baviere à couvert
des courſes des troupes de la Reine de
Hongrie
,
Le Chapitre de Saltzbourg ayant écrit à
l'Empereur pour s'excuſer d'avoir permis à
un détachement des troupes de cette Princeſſe
d'entrer dans la Ville de Saltzbourg
S. M. I. a fait réponſe qu'elle regardoit la
démarche de ce Chapitre comme contraire
à la neutralité qu'il doit obſerver , & que
s'il ne faiſoit fortir inceſſamment de la Ville
les troupes qui y avoient été recues , un
Corps de troupes Impériales iroit prendre
des quartiers dans le territoire qui en depend.
On a appris de Francfort que le Mémoire
DECEMBRE 1744 187
préſenté à la Diette de l'Empire par les Mi
niſtres des Electeurs de Mayence , de Treves
, de Cologne , de Saxe & de Hanover
&par ceux de l'Evêque de Bamberg & de
Wurtzbourg , du Duc de Saxe Gotha &
du Landgrave de Heſſe Darmſtadt , porte
que les Princes leurs Maîtres ayant été informés
des préparatifs faits pour la marche
d'un Corps de troupes Françoiſes , qui devoit
ſe rendre ſur le bas Rhin, ils ne pouvoient
ſe diſpenſer de repréſenter les allar-
- mes que cette nouvelle leur cauſoit ; que
# pluſieurs Etats d'Allemagne , particulierement
ceux qui ſont ſitués entre le Haut &
le Bas Rhin étoient menacés de voir ces
troupes paffer l'hyver chés eux ; qu'i's fu-
- plioient très-humblement l'Empereur d'employer
ſes efforts pour affûrer la tranquillité
de ces Etats , & pour qu'ils continuent
de joiir de tous les avantages de la neutra
lité.
Les avis reçûs de Boheme portent que le
premier & le ſecond de ce mois - l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit campé à Czernilop , qu'elle avoit
marché le trois vers les Frontieres du Comté
deGlatz , que ce Prince avoit établi fon quartier
à Oppotſcna .
L'Impératrice partit le 12 de ce mois de
Francfort pour ſe rendre à Munich,
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1744, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquent l'Europe. L'armée du Prince Charles de Lorraine traverse l'Elbe et progresse entre Tainitz et Clumez. Le Général Nadasti s'empare d'une caisse d'argent destinée au roi de Prusse. Les États Généraux affirment leur soutien à la reine tout en exprimant des réserves sur une éventuelle rupture avec la France et promettent de renforcer les troupes. À Bourghausen, un détachement impérial prend la ville, infligeant des pertes lourdes à l'ennemi tandis que les pertes impériales et françaises restent minimes. Le roi de Prusse retire ses troupes de l'autre côté de l'Elbe. L'empereur s'empare du château de Griefbach et l'armée impériale s'installe en quartiers d'hiver. Une conférence à Vienne discute d'un nouveau traité d'alliance entre la reine de Hongrie, le roi de Grande-Bretagne et les États Généraux. Le Prince Charles de Lorraine prépare le passage de l'Elbe avec des actions de diversion. Le baron de Trenck attaque Kollin mais est repoussé. Le 18 décembre, les troupes de la reine se rapprochent des forces saxonnes. Le 19 décembre, après un bombardement d'artillerie, les troupes traversent l'Elbe et avancent vers Schisselitz, occupant le camp de Clumez le 23 décembre. En réponse, le roi de Prusse rassemble ses troupes et se replie vers Königsgrätz, abandonnant le poste de Pardubitz. À Munich, les troupes impériales se préparent à défendre l'Électorat de Bavière.
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