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301
p. 202
MORTS.
Début :
Le 27 Septembre, Messire Louis de la Tour-du-Pin, Marquis de Montauban, [...]
Mots clefs :
Messire, Marquis, Seigneur, Prince du sang, Décès, Fils, Comte, Colonel, Dame, Veuve
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S
Le 27 Septembre ,Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Marquis de Montauban , Seigneur de Roquebeau
, premier Cornette des Chevaux- légers
d'Aquitaine , & Chambellan de Monfeigneur le
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang , mourut
au Palais Royal , âgé de vingt ans , dix mois.
Il étoit fils aîné de Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi & premier Ecuyer de Monſeigneur le
Duc d'Orléans , décédé le s Avril dernier , & dont
la mort a été annoncée dans le Mercure du mois
de Mai de cette année.
Hugues -Jean - Baptifte - François le Bourfier .
chargé des affaires de S. A. S. Monfeigneur le
Duc de Modène , eft mort le Lundi 6 Octobre ,
âgé de 49 ans.:
Meffire Jean- François de Boyvin , Marquis de
Bacqueville , ancien Colonel d'Infanterie , eft
mort à Paris le 7 , âgé de foixante & douze ans.
Le feu ayant pris à une aîle de fa Maiſon , fife fur
Te Quai des Théatins , il a malheureuſement péri
dans cet incendie..
Dame Marie- Lambertine de la Marque, veuve
de Meffire Auguftin - Louis , Marquis de Xime-
Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte le 10 de ce mois , âgée de cinquante- neuf
nez ,
ans.
Le 27 Septembre ,Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Marquis de Montauban , Seigneur de Roquebeau
, premier Cornette des Chevaux- légers
d'Aquitaine , & Chambellan de Monfeigneur le
Duc d'Orleans , premier Prince du Sang , mourut
au Palais Royal , âgé de vingt ans , dix mois.
Il étoit fils aîné de Meffire Louis de la Tour- du-
Pin , Comte de Montauban , Brigadier des Armées
du Roi & premier Ecuyer de Monſeigneur le
Duc d'Orléans , décédé le s Avril dernier , & dont
la mort a été annoncée dans le Mercure du mois
de Mai de cette année.
Hugues -Jean - Baptifte - François le Bourfier .
chargé des affaires de S. A. S. Monfeigneur le
Duc de Modène , eft mort le Lundi 6 Octobre ,
âgé de 49 ans.:
Meffire Jean- François de Boyvin , Marquis de
Bacqueville , ancien Colonel d'Infanterie , eft
mort à Paris le 7 , âgé de foixante & douze ans.
Le feu ayant pris à une aîle de fa Maiſon , fife fur
Te Quai des Théatins , il a malheureuſement péri
dans cet incendie..
Dame Marie- Lambertine de la Marque, veuve
de Meffire Auguftin - Louis , Marquis de Xime-
Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte le 10 de ce mois , âgée de cinquante- neuf
nez ,
ans.
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Résumé : MORTS.
En septembre et octobre, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le 27 septembre, Louis de la Tour-du-Pin, Marquis de Montauban, premier Cornette des Chevaux-légers d'Aquitaine et Chambellan du Duc d'Orléans, est décédé au Palais Royal à l'âge de vingt ans et dix mois. Il était le fils aîné de Louis de la Tour-du-Pin, Comte de Montauban, décédé en avril précédent. Le 6 octobre, Hugues-Jean-Baptiste-François le Bourfier, chargé des affaires du Duc de Modène, est mort à l'âge de 49 ans. Le 7 octobre, Jean-François de Boyvin, Marquis de Bacqueville et ancien Colonel d'Infanterie, a péri dans un incendie à Paris à l'âge de 62 ans. Enfin, le 10 octobre, Marie-Lambertine de la Marque, veuve du Marquis de Ximenez et Maréchal des Camps et Armées du Roi, est décédée à l'âge de 59 ans.
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302
p. 184
De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Butturlin est parti vers le commencement de [...]
Mots clefs :
Feld-maréchal, Armée, Commandement, Frontières, Comte, Contribution financière, Corps
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
De PETERSBOURG , le 16 Octobre 1760.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
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Résumé : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Le 16 octobre 1760, le comte de Buttarlin prend le commandement de l'armée en Silésie en raison de la maladie du comte de Soltikoff. Le comte de Fermer assure l'intérim. Les Russes exigent 50 000 écus de Francfort-sur-l'Oder et se dirigent vers la Poméranie. Un corps d'armée atteint Schwedt sous les ordres du général de Czernichew.
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303
p. 189-190
De MADRID, le 14 Octobre.
Début :
Le Comte de Ricla, que le Roi avoit nommé son Ministre [...]
Mots clefs :
Comte, Ministre, Cour de Russie, Marquis, Ambassadeur, Siège, Reconstruction
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texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 14 Octobre.
De MADRID , le 14 Octobre.
Le Comte de Ricla , que le Roi avoit nommé
fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour de Ruffie,
ayant demandé que Sa Majefté voulût bien le
difpenfer de remplir cette deftination , Elle
choisi pour le remplacer , avec le même caractè
re , le Marquis de Almodovas , un de fes Majordommes
.
Don Jofeph Torrefo , Ambaffadeur ordinaire
de notre Cour auprès du Roi de Portugal , eft
parti pour le rendre à fa deſtination.
On apprend de Lisbonne que les Marattes ont
mis le fiége devant Goa qu'ils preffent avec
beaucoup d'ardeur. Don Joachim d'Acofta , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la Marine a été dif,
gracié. On s'occupe à rebâtir, cette Capitale. Les
Infants Dom Antoine & Dom Jofeph , freres napurels
du Roi de Portugal , ne font plus gardés fi
Ego MERCURE DE FRANCE.
rigoureuſement dans leur retraite. Ces deux Prin
ces ont la liberté de le voir , & on eſpére qu'ils
rentreront bientôt en grâce.
Le Comte de Ricla , que le Roi avoit nommé
fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour de Ruffie,
ayant demandé que Sa Majefté voulût bien le
difpenfer de remplir cette deftination , Elle
choisi pour le remplacer , avec le même caractè
re , le Marquis de Almodovas , un de fes Majordommes
.
Don Jofeph Torrefo , Ambaffadeur ordinaire
de notre Cour auprès du Roi de Portugal , eft
parti pour le rendre à fa deſtination.
On apprend de Lisbonne que les Marattes ont
mis le fiége devant Goa qu'ils preffent avec
beaucoup d'ardeur. Don Joachim d'Acofta , Miniftre
& Secrétaire d'Etat de la Marine a été dif,
gracié. On s'occupe à rebâtir, cette Capitale. Les
Infants Dom Antoine & Dom Jofeph , freres napurels
du Roi de Portugal , ne font plus gardés fi
Ego MERCURE DE FRANCE.
rigoureuſement dans leur retraite. Ces deux Prin
ces ont la liberté de le voir , & on eſpére qu'ils
rentreront bientôt en grâce.
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Résumé : De MADRID, le 14 Octobre.
Le 14 octobre à Madrid, le Roi a accepté la démission du Comte de Ricla, nommé à la Cour de Russie, et l'a remplacé par le Marquis de Almodóvar. Don José Torref est parti pour Lisbonne. Les Marattes assiègent Goa. Don Joachim d'Acost a été disgracié. La reconstruction de la capitale continue. Les Infants Dom Antoine et Dom Joseph peuvent voir le Roi, espérant un retour en grâce.
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304
p. 199-201
MARIAGES.
Début :
Lundi, 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault a épousé la Demoiselle de Gand, Niéce [...]
Mots clefs :
Comte, Marquis, Généalogie
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Lundi , 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault
a époufé la Demoiſelle de Gand, Nicce
du Maréchal Prince d'Ifenghien . L'Archevêque
de Rouen leur a donné la Bénédition Nuptiale
dans la Chapelle particuliere du Prince.
Paul Comte de Montalembert , Chevalier Seigneur
de Maumont Lavigerie &c . Epoula le 28-
I iv
200. MERCURE DE FRANCE.
Décembre dernier , Jeanne Ainflie , fille de George
Aindie , Ecuyer Seigneur de Pittown en
Ecofle & de Dame Jeanne Anftruther. La Béné→
diction Nuptiale leur fut donnée à Angouleme
en l'absence de M. l'Evêque , par l'Abbé de
Girac , Vicaire Général & Doyen du Chapitre..
La Maifon de Montalembert porte pour armes
d'argent à la croix encrée de fable. Elle tire fon
origine des anciens Seigneurs de la Terre de
Montalembert fituée fur les confins du Poitou
& de l'Angoumois , qu'ils poffédoient dès l'an
1200. Guillaume III de Montalembert , fils de
Jean III & de Sibile de Gourville , eut poar
femme Honoré de Ligniere , & reçut une reconnoiffance
de Johan de Puipolin le Lundi après
la Saint Michel 1282 ,
On ne donnera point ici la généalogie de cecre
Mailon , dont tous les Hiftoriens ont fait mens
tion avec éloge , & nommément à l'occafion
d'André de Montalembert,Comte d'Effé, Seigneur
de Ponvillier en Poitou On fçait qu'il fut premier
Gentilhomme de la Chambre des Rois Françóis,
premier & Henri II , Chevalier de l'Or
dre du Roi , Lieutenant Général & Comman,
dant fes Armées dans la guerre d'Ecoffe
& qu'il for un des plus braves & des plus renommés
Capitaines de fon temps Sa mort le
priva , felon Dubouchet , du Bâton de Maréchal
de France. Il fut tué fur la brêche en défendapt
Theroenne où il commandoje te 12-Juin15:53 .
La Branche des Marquis de Montalembert ,
dite de Vaux , qui eft celle dont il eft ici quef
tion , a poffé dé la Terre de Vaux dans cette Pros.
vince depuis Louis de Montalembert , fils de René
de Montalembert & de Léonore de Voluire , le
quel époufa par contrat du 20 Février 143 S
JANVIER. 1763. 201
Jeanne de Vaux , fille unique & héritiere de
Jean de Vaux , Ecuyer , & de Marie de Morriere
.
Paul , Comte de Montalembert qui a donné
lieu à cet article , eft fils de Jacob Comte de
Montalembert , Seigneur de Moumont , & c. & de-
Marie Vigier de la Vigerie , & frere puîné de
Marc-René, Marquis de Montalembert , Maréchal
des camps & armées du Roi , Lieutenant
Général des Provinces de Saintonge & Angoumois
, Enfeigne de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi , Gouverneur de Ville-
Neuve d'Avignon , de l'Académie Royale des
Sciences de Paris , & de l'Académie Impériale de
Pétersbourg.
Lundi , 13 Décembre le Duc de la Rochefoucault
a époufé la Demoiſelle de Gand, Nicce
du Maréchal Prince d'Ifenghien . L'Archevêque
de Rouen leur a donné la Bénédition Nuptiale
dans la Chapelle particuliere du Prince.
Paul Comte de Montalembert , Chevalier Seigneur
de Maumont Lavigerie &c . Epoula le 28-
I iv
200. MERCURE DE FRANCE.
Décembre dernier , Jeanne Ainflie , fille de George
Aindie , Ecuyer Seigneur de Pittown en
Ecofle & de Dame Jeanne Anftruther. La Béné→
diction Nuptiale leur fut donnée à Angouleme
en l'absence de M. l'Evêque , par l'Abbé de
Girac , Vicaire Général & Doyen du Chapitre..
La Maifon de Montalembert porte pour armes
d'argent à la croix encrée de fable. Elle tire fon
origine des anciens Seigneurs de la Terre de
Montalembert fituée fur les confins du Poitou
& de l'Angoumois , qu'ils poffédoient dès l'an
1200. Guillaume III de Montalembert , fils de
Jean III & de Sibile de Gourville , eut poar
femme Honoré de Ligniere , & reçut une reconnoiffance
de Johan de Puipolin le Lundi après
la Saint Michel 1282 ,
On ne donnera point ici la généalogie de cecre
Mailon , dont tous les Hiftoriens ont fait mens
tion avec éloge , & nommément à l'occafion
d'André de Montalembert,Comte d'Effé, Seigneur
de Ponvillier en Poitou On fçait qu'il fut premier
Gentilhomme de la Chambre des Rois Françóis,
premier & Henri II , Chevalier de l'Or
dre du Roi , Lieutenant Général & Comman,
dant fes Armées dans la guerre d'Ecoffe
& qu'il for un des plus braves & des plus renommés
Capitaines de fon temps Sa mort le
priva , felon Dubouchet , du Bâton de Maréchal
de France. Il fut tué fur la brêche en défendapt
Theroenne où il commandoje te 12-Juin15:53 .
La Branche des Marquis de Montalembert ,
dite de Vaux , qui eft celle dont il eft ici quef
tion , a poffé dé la Terre de Vaux dans cette Pros.
vince depuis Louis de Montalembert , fils de René
de Montalembert & de Léonore de Voluire , le
quel époufa par contrat du 20 Février 143 S
JANVIER. 1763. 201
Jeanne de Vaux , fille unique & héritiere de
Jean de Vaux , Ecuyer , & de Marie de Morriere
.
Paul , Comte de Montalembert qui a donné
lieu à cet article , eft fils de Jacob Comte de
Montalembert , Seigneur de Moumont , & c. & de-
Marie Vigier de la Vigerie , & frere puîné de
Marc-René, Marquis de Montalembert , Maréchal
des camps & armées du Roi , Lieutenant
Général des Provinces de Saintonge & Angoumois
, Enfeigne de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi , Gouverneur de Ville-
Neuve d'Avignon , de l'Académie Royale des
Sciences de Paris , & de l'Académie Impériale de
Pétersbourg.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages notables. Le 13 décembre, le Duc de la Rochefoucault a épousé la Demoiselle de Gand, nièce du Maréchal Prince d'Ifenghien, dans la chapelle particulière du Prince, avec la bénédiction de l'Archevêque de Rouen. Le 28 décembre, Paul Comte de Montalembert a épousé Jeanne Ainflie, fille de George Aindie, Seigneur de Pittown en Ecofle, et de Dame Jeanne Anftruther. La bénédiction nuptiale a été donnée à Angoulême par l'Abbé de Girac, en l'absence de l'Évêque. La maison de Montalembert possède des armes d'argent à la croix encrée de sable et tire son origine des anciens Seigneurs de la Terre de Montalembert, située aux confins du Poitou et de l'Angoumois, qu'ils possédaient dès l'an 1200. Guillaume III de Montalembert, fils de Jean III et de Sibile de Gourville, a épousé Honoré de Ligniere et a reçu une reconnaissance de Johan de Puipolin le lundi après la Saint-Michel 1282. Le texte mentionne également André de Montalembert, Comte d'Effé, Seigneur de Ponvillier en Poitou, qui fut premier Gentilhomme de la Chambre des Rois François Ier et Henri II, Chevalier de l'Ordre du Roi, Lieutenant Général et commandant des armées dans la guerre d'Écosse. Il est décédé le 12 juin 1553 en défendant Theroenne. La branche des Marquis de Montalembert, dite de Vaux, a possédé la Terre de Vaux depuis Louis de Montalembert, fils de René de Montalembert et de Léonore de Voluire, qui a épousé Jeanne de Vaux le 20 février 1435. Paul Comte de Montalembert est le fils de Jacob Comte de Montalembert, Seigneur de Moumont, et de Marie Vigier de la Vigerie, et le frère puîné de Marc-René, Marquis de Montalembert, Maréchal des camps et armées du Roi, Lieutenant Général des Provinces de Saintonge et Angoumois, Enseigne de la Compagnie des Chevaux-Légers de la Garde du Roi, Gouverneur de Villeneuve d'Avignon, et membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris et de l'Académie Impériale de Pétersbourg.
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305
p. 47-58
ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
Début :
Qui est là ? s'écrie la Marquiſe de *** qui a l'audace de me reveiller si matin ? [...]
Mots clefs :
Comte, Juges, Maladie, Chevalier, Marquise , Cœur, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
ANGELIQUE , Anecdote qu'on au
roit rendue plus intéreſſante , fi elle
étoit moins vraie.
Qui eft là ? s'écrie la Marquiſe de ***
1
qui a l'audace de me reveiller fi matin ?
qui ofe entrer dans mon appartement
avant que j'aie fonné ? c'est vous , impertinente
qu'elle heure eft - il ? Madame
, répond Lifette , en tremblant ,
il est midi paffé ... eh bien , Mademoifelle
, doit-il être jour chez moi à
midi ? On ne tient pas à vos étourderies
réïtérées ; je vous en ai prévenue , vous
travaillez à vous faire chaffer... Je vous
demande pardon ! mais... Ne voilà-t- il
pas de vos Mais? Je vous ai dit que mais
étoit déplacé dans votre bouche.... fi
48 MERCURE DE FRANCE.
Madame vouloit permettre ... Si Madame
! Vous ne finirez point avec vos
mais & vos fi qui m'affomment.... Au
nom de Dieu , Madame ! laiffez - moi
vous dire le fujet... Je m'en doute le
Comte impatient , peu jaloux d'obſerver
l'ordre des procédés , vous aura
payée pour fe faire annoncer ? ... Non,
Madame... ce Provincial qui m'eft recommandé
eft venu pour m'entretenir
de fon procès. Je ne fçais pas un mot
de fon affaire : n'importe , j'arrangerai
un fouper avec fes Juges ; je foutiendrai
fon bon droit au deffert ; je lui réponds
d'une douzaine de voix : qu'il
foit tranquille... Ce n'eft pas cela , Madame...
C'est donc ce jeune Chanoine
dont mon Abbé m'a parlé , qui vient
me demander ce que je penfe d'un Sermon
fur l'humilité , qu'il doit prêcher
à la Cour?..Non , je ne l'ai pas vu ... C'eſt
donc cet Officier Gafcon avec qui j'ai
joué fur fa parole , qui m'enyoye les
cent piftoles qu'il a perdues ? mais cela
n'eft pas croiable Cela n'eſt pas
non plus .... Ceci commence à m'impatienter.
Vous verrez que la Préfidente
me fait prier de lui dicter ce qu'elle
doit dire de la Piéce qu'on donnera ce
foir aux François. Il fuffit de la faire
....
avertir
MARS. 1763. 2018 49
avertir que l'Auteur me l'a lue , que j'ai
retenu trois Loges , & que tous mes domeftiques
déguifés fe rendront au Parterre
pour contribuer au fuccès de cette
Piéce , en claquant des mains à tort &
à travers. Attendez ; ne feroit- ce pas
plutôt cet apprentif Financier , qui voudroit
de tout fon coeur paroitre boffu
& qui n'est que contrefait. ? J'y fuis fans
doute: il m'apporte ce joli perroquet qui
a fait tout mon amufement dans l'ennuyeufe
fête qu'il m'a donnée avanthier.
Ah , que j'aurai de peine à lui faire def
apprendre les fadeurs qu'il a entendu
débiter à fon maître ! ... Non , Madame,
il n'eft pas queftion de la Préfidente
, du Financier ni de fon Perroquet.
Une choſe bien plus férieuſe ....
Vous me faites trembler , Lifette ! ô
Ciel que voulez-vous dire ; mon Angola....
Il n'eft arrivé aucun accident à
ce cher animal, Hélas ! il vaudroit mieux
qu'il fût mort & avec lui tous les An
gola , du monde ... Treve à vos
fouhaits impertinens. Vous me pouffez
à bout , vous m'excédez ; le Chevalier
eft malade , je le vois trop , il ne fortira
pas d'aujourd'hui. Il a hier prodigieufement
foupé Quel fâcheux contre-
temps , à la veille du jour où je dois
C
2
"
50 MERCURE DE FRANCE.
couronner fa conftance ! .... J'ignore
fi M. le Chevalier a foupé & s'il eft
malade mais Mademoiſelle votre fille
´eft dans un état que je ne peux vous
celer. Elle s'eft couchée avec un mal
de tête très- violent , accompagné de
beaucoup de fiévre ; elle a eu des convulfions
pendant la nuit. Le Médecin l'a
trouvée en danger & nous a confeillé
de vous en avertir ..... Lifette , mon
Médecin eft un efprit pufillanime qui
voit du danger partout. L'indifpofition
d'Angélique n'aura pas de fuite. D'ail
leurs quel changement voulez- vous qu'opére
ma préfence ? Vous auriez pu vous
difpenfer de me réveillér. Cependant
je verraí Angélique ; allons qu'on m'habille;
& avant tout , informez -vous fi
fa maladie ..... je crains le mauvais air.
mais vous avez fans doute pris l'allarme
trop légérement.
En voilà probablement affez pour
faire connoître cette Marquife , qu'on
peut mettre au nombre de ces demimonftres
dont le nom change tous
les jours à Paris & qu'on défigne encore
en Province fous celui de petites
Maitreffes. De grands biens , une phifionomie
fans caractère , mais propre
à faifir toutes les nuances dans l'occaMARS.
1763. 51
fion , un efprit faux & un coeur gâté ;
tel doit être le partage de ces femmes à
prétentions qui aviliffent leur féxe &
le nôtre. Tel étoit auffi celui de la Marquife.
Reftée veuve à l'âge de vingt
ans , elle avoit tâché par toutes fortes
de voies, de fe dédommager de la contrainte
dans laquelle elle avoit gémi
avec un honnête homme qui avoit ofé
l'empêcher de fe déshonorer. Elle n'avoit
pu lui pardonner cet excès de févérité
; & c'étoit le motif de la haine
qu'elle gardoit à fa mémoire.
Angélique étoit le feul fruit de cet
Hymen mal afforti, fans être exactement
régulière , fa beauté frappe au premier
coup d'oeil . On ne cherche pas à détailler
fes traits ; on en admire l'enfemble
. Quoique fes yeux ayent perdur de
leur vivacité & que l'incarnat de fon
teint foit flétri par fes pleurs , on ne
la voit pas encore fans un tendre intérêt.
Je ne m'arrêterai pas à tracer l'éfquiffe
des agrémens extérieurs qu'An →
gélique tient de la Nature ; elle les dédaigna
dès qu'elle les eut connus . Ceci
conduit à l'éloge de fon âme : mais je ne
fuis que fon Hiftorien & je dois me
borner au fimple récit des faits pour ménager
au Lecteur le plaifir délicat de
prononcer lui - même. Cij
52 MERCURE DE FRANCE
2
La Marquife étoit fur le point de
prendre pour Epoux le Chevalier de
*** qu'elle préféroit à fes rivaux , à
caufe de l'éloignement qu'il avoit tou→
jours marqué pour la jaloufie. Le Che
valier n'avoit qu'un grand nom , des
efpérances de fortune & un fond d'a
mour propre inépuifable. Il avoit ai
mé Angelique avant que de s'être décla
ré pour fa mère. Il fut le premier qui
s'offrit à fes yeux , à peine ouverts à
l'amour. Une paffion d'une verité momentanée
, maniée par un habile hom →
me , n'eft que trop propre à féduire
l'innocence. Angelique eft née fenfible.
Elle fe livra à fon penchant avec fécurité.
L'abîme étoit couvert de fleurs ;
elle ne s'en apperçut qu'en s'y précipi
tant. Le Chevalier , pour furmonter fes
fcrupules , avoit eu la baffeffe de recourir
aux fermens. Il l'avoit même
obligée d'accepter une promeffe de ma
iiage. Il n'en falloit pas tant pour abufer
de fa crédulité. Elle ne concevoit
pas qu'un homme d'honneur dût jamais
en manquer. Il lui étoit refervé
d'en faire la trifte expérience & de paffer
tout-à- coup de l'eftime & de l'as
mour à l'indignation & au mépris. O
vous qui voulez mériter le doux nom
... c -iv .
MARS. 1763
de mère occupez -vous fans ceffe
montrer aux jeunes perfonnes qui fous
vos yeux commencent leur entrée ſur
la fcène du monde , tout ce qu'elles
doivent faire pour fe garantir du poifon
qu'on y verfe dans des coupes trompeufes
! arrachez le voile que l'illufion
tient fufpendu fur tous les objets qu'elles
y rencontrent. Apprenez-leur à n'eftimer
que ce qu'eftiment les gens fenfés
, qui furnagent fur cette mer ora
geufe , & qui gouvernés par une fage
défiance , évitent les écueils dont elle
eft environnée .
腻
Angélique venoit de s'appercevoir
qu'elle étoit la victime de fa créduli
té. Une feule voie lui fembloit ouverte
pour eviter l'opprobre ; elle la trouva
fermée. Elle apprit que le Chevalier
alloit jurer à fa mère , à la face des
autels , la foi qu'il lui avoit donnée."
Cette nouvelle lui fit une fi grande révolution
, qu'auffitôt après fa maladie ,
on défefpéroit qu'elle pût recouvrer fa
fanté. La Marquife vint la voir , com--
me elle l'avoit promis. Angélique fixa
fes yeux mourans fur elle. Elle prit fa'
main & la tint long-temps fur fon
coeur. Elle voulut parler ; la voix luimanqua.
Le danger ne ceffa qu'au bout
i
1
1
.
"
Cij
54 MERCURE DE FRANCE .
de quelques jours. Les Médecins' la vi
rent à leur grand regret dans cet état
de langueur , qui réfifte aux efforts de
leur art , & qui donne la mort à tout
moment fans ôter la vie.
La Marquife contracta avec le Chevalier
, ne s'imaginant pas qu'elle por
toit le coup le plus funefte à la fenfibilité
d'Angélique. Le mariage fe fit
avec ce vain appareil de réjouiffances,
qui n'eft fouvent que le fimulacre de
la joie. Les motifs du Chevalier & de la
Marquife n'étoient pas affez purs pour
leur procurer cette fatisfaction intérieure,
qui eft peut- être l'unique récompenfe
de la vertu.
Angélique n'avoit pu fe réfoudre à
déclarer à fa mère fon fatal fecret. Cependant
il ne lui étoit plus poffible
de le cacher. La douleur dans laquelle
elle étoit plongée ne lui ayant pas permis
de quitter fon appartement , elle
n'avoit pas vu le Chevalier depuis fa
maladie. Elle prit enfin le parti de lui
confier fon état. Il fe rendit chez elle
dès qu'elle lui eut fait fçavoir qu'elle.
vouloit lui parler. Il la trouva les cou-.
des appuyés fur une table , une plume
à la main , & les yeux fixés fur un pa-.
pier arrofé de fes larmes. Ses joues
MARS. 1763.
étoient colorées d'un rouge âpre qui
rendoit plus remarquable la pâleur mortelle
qui régnoit fur le refte de fon vifage.
Ses lévres étoient entr'ouvertes ;
tout en elle annonçoit un être accablé
fous le poids du malheur & prêt à ne
prendre confeil que de fon défeſpoir.
Le Chevalier , avec un air d'attendrif
fement , voulut lui témoigner fa furpriſe
de la trouver fi changée. Il ofa même
entreprendre de juftifier fon procédé &
l'affura que fon amour n'avoit fouffert
ancune altération. Mon établiſſement
lui dit-il , eft une affaire d'intérêt , à laquelle
mon coeur n'a pas pris la moindre
part. Je fuis bien éloigné de vouloir
rompre les noeuds qui nous uniffent.
L'Amour les a formés : ils font facrés
pour moi. Belle Angélique , après vous
avoir aimée , avez-vous pu croire que
la Marquife m'ait rendu inconſtant ? Non ,
je jure à vos pieds que je n'ai jamais
eu pour elle que de l'indifférence. Tant
pis , répondit Angélique ! vous n'en
êtes que plus coupable & ma mère plus
malheureufe. Mais peu m'importe que
vous m'ayez aimée , ou non. C'eft affez
qu'il ait fubfifté entre nous une
liaifon que je détefte. Je ne vous ferai
point de reproches , car je ne vous hais
Civ
56
MERCURE
DE
FRANCE
.
pas je vous méprife & me borne
vous déclarer l'état où je fuis. Vous
en êtes la caufe. Vous pouvez feul me ;
fournir les moyens d'en dérober la ,
connoiffance au Public. Je n'en ferai ;
pas moins dégradée à mes propres yeux:
mais je me dois à moi-même & à ma
famille , la trifte confolation d'avoir fait
tous mes efforts pour cacher mon opprobre
& ma honte ; foible & derniére ,
reffource d'une infortunée , que..
I le remords
pourfuivra fans ceffe & qui nel
voit d'autre terme à fes maux que ce
lui de fa vie bh , guits debit
-Ce difcours prononcé , de fang froid,
glaça d'horreur le Chevalier. Il eut peine
à bégayer quelques motsS pour faire
entendre à Angélique qu'il avoit.compris
ce qu'elle exigeoit de lui , &
qu'elle pouvoir compter fur fes foins.
Illa quitta dans un défordre dont la
Marques'apperçut. Elle lui demanda
quel lavoit été le fujet de fas donverfation
avec fa fille . Le Chevalier habile à
diffimuler, l'afflura que fa langueur fe
diffiperoit bientôt fi elle vouloit lui :
permettre d'aller refpirer l'air de la campagne.
La Marquife ne demandoit pas
mieux , & dès le lendemain , Angéli-!
que avec fa femme de chambre & un
MARS. 1763. 57
vieux domeftique , partit pour le Chateau
de ***. Le Chevalier peu de temps'
après y envoya un Chirurgien. La femme
de chambre & lui furent les feuls
qu'on mit dans la confidence : l'un
& l'autre ont répondu à la confiance
qu'on leur avoit témoignée ; & tout fut
conduit avec tant de prudence , que
perfonne ne fe douta de la trifte avanture
d'Angélique.
Avec toutes les qualités néceffaires pour
plaire dans la fociété, il eft difficile qu'on
s'ennuye avec foi- même. Angélique
paffa une année entiere dans fa retraite
fans defirer d'en fortir. Enfin la Marquife
la rappella auprès d'elle . Elle trou- '
va la maifon de fa mère dans un défordre
dont la maîtreffe feule ne s'appercevoit
pas . Le Chevalier avoit diffipé
la meilleure partie des biens de fa
femme & l'avoit même déterminée à
s'obliger pour des fommes confidérables
. Il fe préfentoit alors un parti fort
avantageux pour Angélique ; mais fa ré
folution étoit prife : elle avoit vu qu'elle
ne pouvoit reclamer le bien que fon
père lui avoit laiflé , fans ruirer fa mère
: un coeur comme le fien ne balance
guères. Elle prit de fi fages mefures
, qu'elle fit réfoudre la Marquise à
c
v
58. MERCURE DE FRANCE.
fe faire féparer d'avec fon mari , & lui fit
enfuite une donation de tout ce qu'elle
avoit droit de reclamer. La Marquife
ne put réſiſter à un procédé fi généreux .
Elle connut qu'elle étoit mère. L'amitié
dont elle commença à fentir les douceurs
, la dédommagea des vains plaifirs
qu'elle avoit perdus. Elle s'applique
aujourd'hui à réparer par une conduite
irréprochable les égaremens de fa
vie. Elle fe plaît à croire qu'elle doit
fon bonheur à fa fille & ne ceffe de
lui en témoigner fa reconnoiffance.
Angélique s'applaudit du facrifice
qu'elle a fait ; & toutes deux jouiffent
d'une tranquillité d'autant plus flateuſe,
qu'elles ont appris à leur dépens à en
connoître tout le prix.
Par M: de C *** , à Lyon.
roit rendue plus intéreſſante , fi elle
étoit moins vraie.
Qui eft là ? s'écrie la Marquiſe de ***
1
qui a l'audace de me reveiller fi matin ?
qui ofe entrer dans mon appartement
avant que j'aie fonné ? c'est vous , impertinente
qu'elle heure eft - il ? Madame
, répond Lifette , en tremblant ,
il est midi paffé ... eh bien , Mademoifelle
, doit-il être jour chez moi à
midi ? On ne tient pas à vos étourderies
réïtérées ; je vous en ai prévenue , vous
travaillez à vous faire chaffer... Je vous
demande pardon ! mais... Ne voilà-t- il
pas de vos Mais? Je vous ai dit que mais
étoit déplacé dans votre bouche.... fi
48 MERCURE DE FRANCE.
Madame vouloit permettre ... Si Madame
! Vous ne finirez point avec vos
mais & vos fi qui m'affomment.... Au
nom de Dieu , Madame ! laiffez - moi
vous dire le fujet... Je m'en doute le
Comte impatient , peu jaloux d'obſerver
l'ordre des procédés , vous aura
payée pour fe faire annoncer ? ... Non,
Madame... ce Provincial qui m'eft recommandé
eft venu pour m'entretenir
de fon procès. Je ne fçais pas un mot
de fon affaire : n'importe , j'arrangerai
un fouper avec fes Juges ; je foutiendrai
fon bon droit au deffert ; je lui réponds
d'une douzaine de voix : qu'il
foit tranquille... Ce n'eft pas cela , Madame...
C'est donc ce jeune Chanoine
dont mon Abbé m'a parlé , qui vient
me demander ce que je penfe d'un Sermon
fur l'humilité , qu'il doit prêcher
à la Cour?..Non , je ne l'ai pas vu ... C'eſt
donc cet Officier Gafcon avec qui j'ai
joué fur fa parole , qui m'enyoye les
cent piftoles qu'il a perdues ? mais cela
n'eft pas croiable Cela n'eſt pas
non plus .... Ceci commence à m'impatienter.
Vous verrez que la Préfidente
me fait prier de lui dicter ce qu'elle
doit dire de la Piéce qu'on donnera ce
foir aux François. Il fuffit de la faire
....
avertir
MARS. 1763. 2018 49
avertir que l'Auteur me l'a lue , que j'ai
retenu trois Loges , & que tous mes domeftiques
déguifés fe rendront au Parterre
pour contribuer au fuccès de cette
Piéce , en claquant des mains à tort &
à travers. Attendez ; ne feroit- ce pas
plutôt cet apprentif Financier , qui voudroit
de tout fon coeur paroitre boffu
& qui n'est que contrefait. ? J'y fuis fans
doute: il m'apporte ce joli perroquet qui
a fait tout mon amufement dans l'ennuyeufe
fête qu'il m'a donnée avanthier.
Ah , que j'aurai de peine à lui faire def
apprendre les fadeurs qu'il a entendu
débiter à fon maître ! ... Non , Madame,
il n'eft pas queftion de la Préfidente
, du Financier ni de fon Perroquet.
Une choſe bien plus férieuſe ....
Vous me faites trembler , Lifette ! ô
Ciel que voulez-vous dire ; mon Angola....
Il n'eft arrivé aucun accident à
ce cher animal, Hélas ! il vaudroit mieux
qu'il fût mort & avec lui tous les An
gola , du monde ... Treve à vos
fouhaits impertinens. Vous me pouffez
à bout , vous m'excédez ; le Chevalier
eft malade , je le vois trop , il ne fortira
pas d'aujourd'hui. Il a hier prodigieufement
foupé Quel fâcheux contre-
temps , à la veille du jour où je dois
C
2
"
50 MERCURE DE FRANCE.
couronner fa conftance ! .... J'ignore
fi M. le Chevalier a foupé & s'il eft
malade mais Mademoiſelle votre fille
´eft dans un état que je ne peux vous
celer. Elle s'eft couchée avec un mal
de tête très- violent , accompagné de
beaucoup de fiévre ; elle a eu des convulfions
pendant la nuit. Le Médecin l'a
trouvée en danger & nous a confeillé
de vous en avertir ..... Lifette , mon
Médecin eft un efprit pufillanime qui
voit du danger partout. L'indifpofition
d'Angélique n'aura pas de fuite. D'ail
leurs quel changement voulez- vous qu'opére
ma préfence ? Vous auriez pu vous
difpenfer de me réveillér. Cependant
je verraí Angélique ; allons qu'on m'habille;
& avant tout , informez -vous fi
fa maladie ..... je crains le mauvais air.
mais vous avez fans doute pris l'allarme
trop légérement.
En voilà probablement affez pour
faire connoître cette Marquife , qu'on
peut mettre au nombre de ces demimonftres
dont le nom change tous
les jours à Paris & qu'on défigne encore
en Province fous celui de petites
Maitreffes. De grands biens , une phifionomie
fans caractère , mais propre
à faifir toutes les nuances dans l'occaMARS.
1763. 51
fion , un efprit faux & un coeur gâté ;
tel doit être le partage de ces femmes à
prétentions qui aviliffent leur féxe &
le nôtre. Tel étoit auffi celui de la Marquife.
Reftée veuve à l'âge de vingt
ans , elle avoit tâché par toutes fortes
de voies, de fe dédommager de la contrainte
dans laquelle elle avoit gémi
avec un honnête homme qui avoit ofé
l'empêcher de fe déshonorer. Elle n'avoit
pu lui pardonner cet excès de févérité
; & c'étoit le motif de la haine
qu'elle gardoit à fa mémoire.
Angélique étoit le feul fruit de cet
Hymen mal afforti, fans être exactement
régulière , fa beauté frappe au premier
coup d'oeil . On ne cherche pas à détailler
fes traits ; on en admire l'enfemble
. Quoique fes yeux ayent perdur de
leur vivacité & que l'incarnat de fon
teint foit flétri par fes pleurs , on ne
la voit pas encore fans un tendre intérêt.
Je ne m'arrêterai pas à tracer l'éfquiffe
des agrémens extérieurs qu'An →
gélique tient de la Nature ; elle les dédaigna
dès qu'elle les eut connus . Ceci
conduit à l'éloge de fon âme : mais je ne
fuis que fon Hiftorien & je dois me
borner au fimple récit des faits pour ménager
au Lecteur le plaifir délicat de
prononcer lui - même. Cij
52 MERCURE DE FRANCE
2
La Marquife étoit fur le point de
prendre pour Epoux le Chevalier de
*** qu'elle préféroit à fes rivaux , à
caufe de l'éloignement qu'il avoit tou→
jours marqué pour la jaloufie. Le Che
valier n'avoit qu'un grand nom , des
efpérances de fortune & un fond d'a
mour propre inépuifable. Il avoit ai
mé Angelique avant que de s'être décla
ré pour fa mère. Il fut le premier qui
s'offrit à fes yeux , à peine ouverts à
l'amour. Une paffion d'une verité momentanée
, maniée par un habile hom →
me , n'eft que trop propre à féduire
l'innocence. Angelique eft née fenfible.
Elle fe livra à fon penchant avec fécurité.
L'abîme étoit couvert de fleurs ;
elle ne s'en apperçut qu'en s'y précipi
tant. Le Chevalier , pour furmonter fes
fcrupules , avoit eu la baffeffe de recourir
aux fermens. Il l'avoit même
obligée d'accepter une promeffe de ma
iiage. Il n'en falloit pas tant pour abufer
de fa crédulité. Elle ne concevoit
pas qu'un homme d'honneur dût jamais
en manquer. Il lui étoit refervé
d'en faire la trifte expérience & de paffer
tout-à- coup de l'eftime & de l'as
mour à l'indignation & au mépris. O
vous qui voulez mériter le doux nom
... c -iv .
MARS. 1763
de mère occupez -vous fans ceffe
montrer aux jeunes perfonnes qui fous
vos yeux commencent leur entrée ſur
la fcène du monde , tout ce qu'elles
doivent faire pour fe garantir du poifon
qu'on y verfe dans des coupes trompeufes
! arrachez le voile que l'illufion
tient fufpendu fur tous les objets qu'elles
y rencontrent. Apprenez-leur à n'eftimer
que ce qu'eftiment les gens fenfés
, qui furnagent fur cette mer ora
geufe , & qui gouvernés par une fage
défiance , évitent les écueils dont elle
eft environnée .
腻
Angélique venoit de s'appercevoir
qu'elle étoit la victime de fa créduli
té. Une feule voie lui fembloit ouverte
pour eviter l'opprobre ; elle la trouva
fermée. Elle apprit que le Chevalier
alloit jurer à fa mère , à la face des
autels , la foi qu'il lui avoit donnée."
Cette nouvelle lui fit une fi grande révolution
, qu'auffitôt après fa maladie ,
on défefpéroit qu'elle pût recouvrer fa
fanté. La Marquife vint la voir , com--
me elle l'avoit promis. Angélique fixa
fes yeux mourans fur elle. Elle prit fa'
main & la tint long-temps fur fon
coeur. Elle voulut parler ; la voix luimanqua.
Le danger ne ceffa qu'au bout
i
1
1
.
"
Cij
54 MERCURE DE FRANCE .
de quelques jours. Les Médecins' la vi
rent à leur grand regret dans cet état
de langueur , qui réfifte aux efforts de
leur art , & qui donne la mort à tout
moment fans ôter la vie.
La Marquife contracta avec le Chevalier
, ne s'imaginant pas qu'elle por
toit le coup le plus funefte à la fenfibilité
d'Angélique. Le mariage fe fit
avec ce vain appareil de réjouiffances,
qui n'eft fouvent que le fimulacre de
la joie. Les motifs du Chevalier & de la
Marquife n'étoient pas affez purs pour
leur procurer cette fatisfaction intérieure,
qui eft peut- être l'unique récompenfe
de la vertu.
Angélique n'avoit pu fe réfoudre à
déclarer à fa mère fon fatal fecret. Cependant
il ne lui étoit plus poffible
de le cacher. La douleur dans laquelle
elle étoit plongée ne lui ayant pas permis
de quitter fon appartement , elle
n'avoit pas vu le Chevalier depuis fa
maladie. Elle prit enfin le parti de lui
confier fon état. Il fe rendit chez elle
dès qu'elle lui eut fait fçavoir qu'elle.
vouloit lui parler. Il la trouva les cou-.
des appuyés fur une table , une plume
à la main , & les yeux fixés fur un pa-.
pier arrofé de fes larmes. Ses joues
MARS. 1763.
étoient colorées d'un rouge âpre qui
rendoit plus remarquable la pâleur mortelle
qui régnoit fur le refte de fon vifage.
Ses lévres étoient entr'ouvertes ;
tout en elle annonçoit un être accablé
fous le poids du malheur & prêt à ne
prendre confeil que de fon défeſpoir.
Le Chevalier , avec un air d'attendrif
fement , voulut lui témoigner fa furpriſe
de la trouver fi changée. Il ofa même
entreprendre de juftifier fon procédé &
l'affura que fon amour n'avoit fouffert
ancune altération. Mon établiſſement
lui dit-il , eft une affaire d'intérêt , à laquelle
mon coeur n'a pas pris la moindre
part. Je fuis bien éloigné de vouloir
rompre les noeuds qui nous uniffent.
L'Amour les a formés : ils font facrés
pour moi. Belle Angélique , après vous
avoir aimée , avez-vous pu croire que
la Marquife m'ait rendu inconſtant ? Non ,
je jure à vos pieds que je n'ai jamais
eu pour elle que de l'indifférence. Tant
pis , répondit Angélique ! vous n'en
êtes que plus coupable & ma mère plus
malheureufe. Mais peu m'importe que
vous m'ayez aimée , ou non. C'eft affez
qu'il ait fubfifté entre nous une
liaifon que je détefte. Je ne vous ferai
point de reproches , car je ne vous hais
Civ
56
MERCURE
DE
FRANCE
.
pas je vous méprife & me borne
vous déclarer l'état où je fuis. Vous
en êtes la caufe. Vous pouvez feul me ;
fournir les moyens d'en dérober la ,
connoiffance au Public. Je n'en ferai ;
pas moins dégradée à mes propres yeux:
mais je me dois à moi-même & à ma
famille , la trifte confolation d'avoir fait
tous mes efforts pour cacher mon opprobre
& ma honte ; foible & derniére ,
reffource d'une infortunée , que..
I le remords
pourfuivra fans ceffe & qui nel
voit d'autre terme à fes maux que ce
lui de fa vie bh , guits debit
-Ce difcours prononcé , de fang froid,
glaça d'horreur le Chevalier. Il eut peine
à bégayer quelques motsS pour faire
entendre à Angélique qu'il avoit.compris
ce qu'elle exigeoit de lui , &
qu'elle pouvoir compter fur fes foins.
Illa quitta dans un défordre dont la
Marques'apperçut. Elle lui demanda
quel lavoit été le fujet de fas donverfation
avec fa fille . Le Chevalier habile à
diffimuler, l'afflura que fa langueur fe
diffiperoit bientôt fi elle vouloit lui :
permettre d'aller refpirer l'air de la campagne.
La Marquife ne demandoit pas
mieux , & dès le lendemain , Angéli-!
que avec fa femme de chambre & un
MARS. 1763. 57
vieux domeftique , partit pour le Chateau
de ***. Le Chevalier peu de temps'
après y envoya un Chirurgien. La femme
de chambre & lui furent les feuls
qu'on mit dans la confidence : l'un
& l'autre ont répondu à la confiance
qu'on leur avoit témoignée ; & tout fut
conduit avec tant de prudence , que
perfonne ne fe douta de la trifte avanture
d'Angélique.
Avec toutes les qualités néceffaires pour
plaire dans la fociété, il eft difficile qu'on
s'ennuye avec foi- même. Angélique
paffa une année entiere dans fa retraite
fans defirer d'en fortir. Enfin la Marquife
la rappella auprès d'elle . Elle trou- '
va la maifon de fa mère dans un défordre
dont la maîtreffe feule ne s'appercevoit
pas . Le Chevalier avoit diffipé
la meilleure partie des biens de fa
femme & l'avoit même déterminée à
s'obliger pour des fommes confidérables
. Il fe préfentoit alors un parti fort
avantageux pour Angélique ; mais fa ré
folution étoit prife : elle avoit vu qu'elle
ne pouvoit reclamer le bien que fon
père lui avoit laiflé , fans ruirer fa mère
: un coeur comme le fien ne balance
guères. Elle prit de fi fages mefures
, qu'elle fit réfoudre la Marquise à
c
v
58. MERCURE DE FRANCE.
fe faire féparer d'avec fon mari , & lui fit
enfuite une donation de tout ce qu'elle
avoit droit de reclamer. La Marquife
ne put réſiſter à un procédé fi généreux .
Elle connut qu'elle étoit mère. L'amitié
dont elle commença à fentir les douceurs
, la dédommagea des vains plaifirs
qu'elle avoit perdus. Elle s'applique
aujourd'hui à réparer par une conduite
irréprochable les égaremens de fa
vie. Elle fe plaît à croire qu'elle doit
fon bonheur à fa fille & ne ceffe de
lui en témoigner fa reconnoiffance.
Angélique s'applaudit du facrifice
qu'elle a fait ; & toutes deux jouiffent
d'une tranquillité d'autant plus flateuſe,
qu'elles ont appris à leur dépens à en
connoître tout le prix.
Par M: de C *** , à Lyon.
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Résumé : ANGELIQUE, Anecdote qu'on auroit rendue plus intéressante, si elle étoit moins vraie.
Le texte narre les malheurs amoureux d'Angélique, fille de la Marquise de ***. La Marquise, veuve à vingt ans, est présentée comme une femme aux mœurs légères et au cœur corrompu. Angélique, belle et sensible, est séduite par le Chevalier de ***, qui lui promet le mariage. Cependant, il finit par épouser sa mère. À l'annonce de cette nouvelle, Angélique tombe gravement malade. Le Chevalier tente de justifier son comportement mais accepte finalement d'aider Angélique à cacher sa situation. Désespérée, Angélique se retire à la campagne où elle accouche en secret. Après une année de retraite, elle revient et convainc sa mère de se séparer de son mari. Elle lui cède tous ses droits d'héritage, ce qui touche profondément la Marquise. Cette dernière change alors de comportement et s'efforce de réparer ses erreurs passées, reconnaissant la générosité de sa fille. Par la suite, le texte mentionne la satisfaction d'Angélique après un sacrifice qu'elle a accompli. Elle et une compagne jouissent d'une tranquillité particulièrement précieuse, d'autant plus appréciée qu'elles en ont appris la valeur à leurs dépens. Le texte est signé par un certain 'M: de C ***' à Lyon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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306
p. 214-215
SECOND BAL, le 24 Janvier.
Début :
On redansa le Ballet des Saisons ainsi qu'il avoit été exécuté au Bal précédent [...]
Mots clefs :
Comte, Marquise , Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND BAL, le 24 Janvier.
SECOND BAL , le 24 Janvier.
(1
P
On redanfa le Ballet des Saifons
ainfi qu'il avoit été exécuté au Bal précédent
, & il fit le même plaifir. Enfuite
parut un Quadrille de Provençaux & de
Provençales,habillés fuivant le Coſtume
National. Ce qui faifoit le Sujet d'un-
Ballet nouveau.
MARS. 1763.
215
1
PROVENÇAUX.
M. le Comte de GENLIS.
M. le Marquis de DURAS.
M. le Marquis de VIBRAY .
M. le Comte de
RABODANGE .
PROVENÇALES.
1
Mde la Marquife de RONCÉ.
Mde la Comteffe de MAILLÉ.
Mde la Marquife de
ROCHAMBEAU .
Mde la Marquife de BEZONS .
2
L'effet de ce Ballet, de la
compofition
du fieur de Heffe étoit fort agréable &
parut faire plaifir ; il fut auffi danfé
deux fois .
(1
P
On redanfa le Ballet des Saifons
ainfi qu'il avoit été exécuté au Bal précédent
, & il fit le même plaifir. Enfuite
parut un Quadrille de Provençaux & de
Provençales,habillés fuivant le Coſtume
National. Ce qui faifoit le Sujet d'un-
Ballet nouveau.
MARS. 1763.
215
1
PROVENÇAUX.
M. le Comte de GENLIS.
M. le Marquis de DURAS.
M. le Marquis de VIBRAY .
M. le Comte de
RABODANGE .
PROVENÇALES.
1
Mde la Marquife de RONCÉ.
Mde la Comteffe de MAILLÉ.
Mde la Marquife de
ROCHAMBEAU .
Mde la Marquife de BEZONS .
2
L'effet de ce Ballet, de la
compofition
du fieur de Heffe étoit fort agréable &
parut faire plaifir ; il fut auffi danfé
deux fois .
Fermer
Résumé : SECOND BAL, le 24 Janvier.
Le 24 janvier, le Ballet des Saisons fut redonné lors du second bal. Un quadrille de Provençaux et de Provençales, en costumes nationaux, fut présenté comme nouveau ballet. En mars 1763, le ballet des Provençaux, composé par le sieur de Heffe, fut dansé deux fois avec des nobles tels que le Comte de Genlis et la Marquise de Roncé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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307
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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308
p. 183
DE MADRID, le 25 Janvier 1763.
Début :
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte Don Casimir Pignatelli, [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Lieutenant général, Armée, Majesté très chrétienne, Titre, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 25 Janvier 1763.
De Madrid , le 25 Janvier 1763.
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte
Don Cafimir Pignatelli , Lieutenant- Général des
Armées de Sa Majesté Très- Chrétienne , le titre
de Grand d'Espagne , attaché à la maifon d'Egmont.
Sa Majesté a relevé pour toujours ce titre
du droit de Lanfas , & de demi- annate.
Le Roi vient de confirmer en faveur du Comte
Don Cafimir Pignatelli , Lieutenant- Général des
Armées de Sa Majesté Très- Chrétienne , le titre
de Grand d'Espagne , attaché à la maifon d'Egmont.
Sa Majesté a relevé pour toujours ce titre
du droit de Lanfas , & de demi- annate.
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309
p. 184-190
De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
Début :
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de Choiseul ont fait entendre au Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal de Biron, Duc de Choiseul, Musique militaire, Roi, Régiment, Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Bal, Monseigneur le Dauphin, Comtesse, Académie française, Commandement, Nominations, Cour, Chevaliers, Officiers, Honneur, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Duc, Prince héréditaire, Célébrations, Église, Capitaine, Promotion, Archevêque, Diocèse, Abbé, Ordre, Impératrice de Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
DeVERSAILLES , le 16 Fevrier 1763 .
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
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Résumé : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
En février et avril 1763, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 16 février, le Maréchal Duc de Biron et le Duc de Choiseul ont présenté au roi les musiques des Régiments des Gardes Français et Suisses, obtenant sa satisfaction. Le 23 février, le contrat de mariage entre le Comte de Sparre, d'une famille suédoise illustre, et la Demoiselle de Camuset a été signé par les souverains et la famille royale. Le 24 février, un bal a réuni les souverains, le Dauphin, la Dauphine, et plusieurs princes et princesses. Le 25 février, la Comtesse de Choiseul-La Baume a été présentée aux souverains et à la famille royale par la Duchesse de Choiseul. Le 30 février, le sieur Hardion a présenté les volumes 15 et 16 de son Histoire Universelle, et le sieur Targe a présenté des tomes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de Smollett. Le roi a nommé le Comte de la Guiche Lieutenant Général des Armées du Roi et commandant en chef de la province de Bourgogne. Le même jour, le sieur d'Argouges a été présenté en qualité de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris. Le 31 mars, un bal a eu lieu à la cour avec la présence des souverains et de plusieurs princes et princesses. Le 1er avril, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont célébré leur service annuel, et divers dignitaires ont présenté des cierges à la famille royale. Le 2 avril, le Prince de Lamballe a été reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 avril, un bal a eu lieu à la cour, et le Prince de Beauvau, commandant des troupes françaises au Portugal, a été présenté au roi. Le 6 avril, le contrat de mariage entre le Comte de la Luzerne et la Demoiselle Angrand d'Alleret a été signé. Le 10 avril, un service a été célébré en mémoire de Madame Henriette de France. Le 13 avril, le contrat de mariage entre le Comte de Montboissier et la Demoiselle de Rochechouart a été signé. Le 14 avril, un bal a eu lieu à la cour, et la Duchesse de la Rochefoucault a été présentée aux souverains. Le roi a également pris le deuil pour la mort du Cardinal de Bavière. Diverses nominations et présentations de dignitaires ecclésiastiques et militaires ont également été mentionnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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310
p. 193-201
De PARIS, le 18 Février 1763.
Début :
L'Académie Royale des Sciences ayant présenté au Roi les Sieurs [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Roi, Traité de paix, Duc, Ambassadeur, Statue, Loterie, Constitution, Cavalerie, Régiment, Compagnies, Comte, Colonel, Lieutenant, Soldats, Soldes, État-major, Ordonnance, Gardes, Grenadiers, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 18 Février 1763.
De PARIS , le 18 Février 1763.¨
L'Académie Royale des Sciences ayant préfenté
au Roi les Sieurs Bailli & J eaurat pour la
place d'Adjoint Aftronome , vacante par la mort
de l'Abbé de la Caille , S. M. les a nommés un
II. Vol, obim Indus »
194 MERCURE DE FRANCE.
:1
& l'autre , à la charge que la premiere place qui
vaquera dans cette Claffe ne fera point remplie.
Le Traité définitif de Paix a été figné le 10
de ce mois chez le fieur Duc de Bedfort , Ambaffadear
Extraordinaire & Plénipotentiaire du
Roi de la Grande- Bretagne , entre les Ambaffadeurs
& Plénipotentiaires qui ont figné les Préliminaires
à Fontainebleau te 3 Novembre de l'année
derniere. Le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal près du Roi , &
fon Ambaffadeur pour les conférences de la Paix ,
a figné en même temps l'acte d'acceffion de Sa
Majefté très fidele au Traité définitif.
Le 29 du mois dernier , le fieur Gor , Commiffaire
Général des fontes de l'Artillerie , a coulé
en bronze à l'Arfenal la Statue pédestre du Roi ,
qui doit être érigée dans la Place Royale de
Rheims. Cette fonte a eu le même fuccès que
celle qui a été faite le 20 Novembre dernier des
deux Figures de dix pieds de proportion qui doivent
accompagner le Piédeftal . La figure du Roi
a onze pieds & demi de proportion , ce Monu
ment , que la Ville de Rheims confacre à la
gloire de S.M. eft de la compofition du Sr Pigalle.
Le Vingt- cinquiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoptumée. Le lot de cinquante
mille liv. eft échu au numero 53043 ; celui de
vingt mille liv. eft échu au numero 5 26 38 ; & les
deux de dix mille 1. aux numero 53005 & 58779 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune , font , 19 , 30 , 3 , 42 , 18. Le prochain
tirage le fera le Mars.
Le Roi ayant pris la réfolution de donner à
tout fon Brat Militaire une conftitution nouvelle ,
uniforme & conftante , vient de rendre une OrAVRIL
1763.
donnance , pour la Cavalerie , conçue fur le même
195
plan que celles qui a déja été publiée concernant
'Infanterie. Par cette nouvelle Ordonnance , darée
du 21 Décembre 1762 , Sa Majesté conferve
fur pied ,
indépendamment du Régiment des Carabiniers
de
Monfeigneur le Comte de Provence ,
les trente Régimens de Cavalerie fuivans ; le Colonel
- Général , le Meftre de- Camp- Général , le
Commiffaire-Général , Royal , du Roi , Royal-
Etranger , les Cuiratliers du Roi , Royal -Cravates ,
Royal- Rouillon , Royal-Piémont , Royal- Almand
, Royal- Pologne , Royal- Lorraine , Royal-
Picardie , Royal-
Champagne , Royal-Navarre ,
Royal
Normandie, la Reine, Dauphin,
Bourgogne ,
Berry , Artois , Orléans , Chartres , Condé, Bourbon
, Clermont , Conti , Penthiévre & Noailles,
Chacun de ces trente
Régimens fera composé en
tout temps de huit
Compagnies qui formeront quatre
efcadrons . On créera une place de Sous- Lieutenant
dans chaque
Compagnie , & le titre de
Cornette fera fupprimé , à la réserve de celui qui
eft attaché à la
compagnie du Colonel - Général
de la Cavalerie. La place de Maréchal - des - Logis
relle qu'elle eft
aujourd'hui , fera
fupprimée , &
il fera crée dans chaque
compagnie quatre places
de
Maréchal- des- Logis pour y remplir les
mêmes
fonctions que les Sergens dans l'Infanterie.
Chaque
compagnie de Cavalerie fera commandée
en tout temps par un
Capitaine y
Lieutenant & un- Sous-
Lieutenant , &
compofée
de quatre
Maréchaux -des- Logis , un Fourrier ,
huit
Brigadiers , huit
Carabiniers , trente- deux
Cavaliers & un
Trompette , tous montés . Ille-
Ta créé dans chacun des trente
Régimens de Cavalerie
deux charges de Sous -Aide Major & une
place de Tréforier ; il fera
pareillement établi
un
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
un Quartier- Maître dans chaque Régiment & un
Porte- Etendard par chaque Elcadron . Les difpofitions
qui regardent le choix , les rangs & les fon
Aions des Officiers , la police & la difcipline , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens
& des congés , &c , font les mêmes que
celles qui ont été établies pour l'Infanterie . Sa
Majeſté a auffi réglé une paye de paix & une
paye de guerre pour les troupes de fa Cavalerie
de la manière fuivante.
Compagnies. A chaque Capitaine , 2000 livres
par an en paix , & 3600 livres en guerre. Au
Capitaine Lieutenant des Compagnies Meſtrede
- Camp des Régimens du Meftre- de- Camp
Général & du Commiflaire- Général. A chaque
Lieutenant & au Sous- Lieutenant de la Compagnie
du Colonel- Général , 900 livres en paix &
1200 livres en guerre. A chacun des Cornettes
& Sous- Lieutenant des Compagnies du Colonel-
Général de Meftre- de- Camp- Général & du Commiffaire-
Général , 675 livres en paix & 900 livres
en guerre. A chaque Sous- Lieutenant , 600 livres
en paix & 800 livres en guerre. A chaque
Maréchal des Logis , 234 livres en paix & 270
livres en guerre. Au Fourrier , 216 livres en paix
>
252 livres en guerre. A chaque Brigadier
144 livres en paix & 180 livres en guerre. A
chaque Carabinier , 135 livres en paix & 171 livres
en guerre. A chaque Cavalier , Timbalier
ou Trompette , 126 livres en paix & 162 livres
en guerre.
Etat-Major. Au Meftre- de-Camp , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine ,
2500 livres en paix & 3000 livres , en guerre.
A Chacun des Meftres-de- Camp- Commandans
des Régimens de Meftre- de-Camp- Général ,
AVRIL. 1763. 197
1
Commiffaire- Général & du Régiment Royal-
Allemand , 2500 livres en paix & 3000 livres
en guerre . Au Lieutenant- Colonel , indépendamment
de les appointemens de Capitaine , 1600 li
vres en paix & 1800 livres en guerre. Au Major
, 3000 livres en paix & 4500 livres en guerre.
A chaque Aide-Major , avec commiffion de Capitaine
, 1800 livres en paix & 3000 livres en
guerre. A chaque Aide- Major , fans commiffion
de Capitaine , 1500 livres en paix & 2000
livres en guerre. A chaque Sous - Aide - Major
1000 livres en paix & 1200 livres en guerre.
Au Quartier- Maître , 600 livres en paix & 800
livres en guerre. A chaque Porte- Etendard ,
480 livres en paix & 540 livres en guerre . Au-
Tréforier , 2000 livres en paix ,
& 3000 livres
en guerre . A l'Aumônier , 720 livres en temps
de guerre ſeulement. Au Chirurgien , 720 livres
en temps de guerre feulement .
Sa Majefte veut que la paye de guerre ne
foit donnée qu'à ceux defdits Régimens qui ferviront
en campagne , à commencer du jour de
leur arrivée à l'armée , juſqu'à celui de leur départ
de l'armée pour rentrer dans le Royaume ;
& que ceux qui demeureront en garniſon dans
le Royaume pendant la guerre ne touchent que
la paye réglée pour le temps de paix. Sa Majefté
établit les moyens de parvenir à la nouvelle
compofition & à la réforme preſcrites.
Cette Ordonnance eft terminée par un état de
l'uniforme réglé par le Roi pour l'habillement
& équipement des Régimens de fa Cavalerie.
Il paroît auffi trois autres Ordonnances du Roi.
Par la premiere , en date du 12 Décembre
1762 , & portant réduction dans les trente Compagnies
du Régiment des Gardes Françoiſes , Sa
ཙྩ
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Majefté ordonne que ces trente Compagnies 3
qui font actuellement compofées de cent quarante
hommes , feront réduites au nombre de
cent vingt- fix , y compris fix Sergens , trois
Caporaux , neufAnfpeffades , quatre Tambours ,
& cent quatre Fusiliers .
Par la feconde & la troifiéme , du 21 du
même mois , Sa Majesté réforme la Compagnie
des Volontaires de Cambefort & le Régiment
de Cavalerie Allemande deNaffau-Wfingen.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 21 .
Décembre 1762 concernant les Régimens d'Infanterie
Irlandoife . Suivant cette Ordonnance , Sa
Majeſté conferve fur pied les Régimens de Bulkeley
, Clare , Dillon , Rothe & de Berwick ; le Régiment
Royal- Ecoffois & ceux d'Ogilvy & de Lally
feront fupprimés & incorporés dans les cinq qui
feront confervés , & dont chacun formera un bataillon
divifé en une Compagnie de Grenadiers
& huit de Fufiliers ; chacune des compagnies de
Grenadiers fera commandée en tout temps , ainfi
que chaque compagnie de Fufiliers , par un Capitaine
, un Lieutenant & un Sous - Lieutenant.
Celles des Grenadiers feront compofées chacune
de deux Sergens , d'un Fourrier, quatre Caporaux,
quatre Appointés , quarante Grenadiers , & d'un
Tambour ; celles des Fufiliers , en temps de paix ,
de quatre Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux
, huit Appointés , quarante Fufiliers & de
deux Tambours : il fera créé dans chaque Régiment
un Sous-Aide- Major , un Tréſorier ,
Quartier-Maître, deur Porte -Drapeaux , un Tambour-
Major. Il continuera d'être entretenu un
Colonel en fecond dans le Régiment de Dillon .
Les difpofitions qui ont été établies pour l'Infanterie
& la Cavalerie Françoiſes feront exactement
fuivies relativement au choix , aux rangs & aux
un
AVRIL. 1763 . 199
fonctions des Officiers , à la police & à la difcipline
, ainfi qu'à l'adminiftration de la caiffe ,
&c. La paye de paix & la paye de guerre feront
réglées de la manière fuivante , & avec les mêmes
claufes que celles portées dans les précédentes
Ordonnances de Sa Majesté.
Compagnies de Grenadiers . A chaque Capitaine
, 2000 en paix , & 3000 livres ¿en guerre ;
au Lieutenant 900 livres en paix , & 1200 livres
en guerres au Sous-Lieutenant 500 livres
en paix , & 900 livres en guerre ; à chaque Sergent
, 222 livres en paix , & 228 livres en guerre ;
au Fourrier , 180 livres en paix , & 186 livres
en guerre à chaque Caporal , 156 livres en
paix , & 162 livres en guerre ; à chaque appointé ,
138 livres en paix , & 144 livres en guerre ; à
chaque Grenadier & au Tambour , 120 livres en
paix & 126 livres en guerre.
>
Compagnies de Fufilters . Au Capitaine , 1800
livres en paix , & 2400 livres en guerre au
Lieutenant 600 livres en paix , & 1000 en
guerres au Sous - Lieutenant 540 livres en
paix , & 800 livres en guerre à chaque Sergent
204 livres en paix , & 210 livres en guerre ,
au Fourrier , 162 livres en paix , & 168 en
guerre à chaque Caporal , 138 livres en paix .
& 144 livres en guerres à chaque Appointé
120 livres en paix 126 livres en guerres à cha-,
que Fufilier ou Tambour , 102 livres en paix
& 108 livres en guerre.
Etat-Major. Au Colonel , y compris les appointemens
de Capitaine , 12000 livres en tout
temps ; au Lieutenant colonel , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine 1700.
livres en paix , & 3000 livres en guerre ; au
Major , 2880 livres en paix , & 4000 livres en
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
>
guerres à chaque Aide- Major , avec la commiffion
de Capitaine , 1800 livres en paix , &.
2400 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
fans commiffion de Capitaine , 1200 livres en
paix , & 1860 livres én guerre ; à chaque Sous-
Aide- Major , 600 livres en paix , & 1200 livres
en guerres à chaque Porte- Drapeau , 450 livres
en paix , & 600 livres en guerre ; au Quartier-
Maître , 540 livres en paix & 800 livres en
guerres au Tréforier , 1200 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; au Tambour- Major
252 livres en tout temps ; à l'Aumônier , soo
livres en paix , & 720 livres en guerre ; Au Chirurgien
, co livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Colonel en fecond du Régiment de
Dillon , 2400 liv . en paix , & 2880 liv . en guerre.
A
>
Les Officiers excédans le nombre préfcrit feront
reformés. Les Colonels qui feront dans ce cas
conferveront leurs appointemens en y comprenant
la gratification qui étoit attachée à leurs
charges. Les autres Officiers réformés & qui
feront étrangers , ou originaires Anglois , Ecoffois
& Irlandois , jouiront ; fçavoir , les Lieutenants-
Colonels , de 1800 livres de penſions
les Capitaines de Grenadiers de 1200 livres ; les
Capitaines de Fufiliers qui auront vingt ans de fervice
, & le Major , de 1050 livres ; les autres
Capitaines de Fufiliers , de 800 livres ; les Lieutenans
de 400 liv . & les Lieutenans en fecond
ou Enfeignes de 300 livres. Les Capitaines
ou Capitaines en fecond , qui feront François ,
jouiront en penfions fur le Tréfor Royal , s'ils
ont vingt ans de fervice , de 300 livres feulement.
Quant aux Lieutenans , Lieutenans en.
fecond ou Enfeignes qui feront François , its
fe retireront chez eux pour y attendre les em-
›
AVRIL. 1763.
201
plois auxquels Sa Majefté les deftine. Cette Ordonnance
eft terminée par un état de l'unifórme
réglé par Sa Majefté pour l'habillement
& équipement de ces cinq Régimens.
L'Académie Royale des Sciences ayant préfenté
au Roi les Sieurs Bailli & J eaurat pour la
place d'Adjoint Aftronome , vacante par la mort
de l'Abbé de la Caille , S. M. les a nommés un
II. Vol, obim Indus »
194 MERCURE DE FRANCE.
:1
& l'autre , à la charge que la premiere place qui
vaquera dans cette Claffe ne fera point remplie.
Le Traité définitif de Paix a été figné le 10
de ce mois chez le fieur Duc de Bedfort , Ambaffadear
Extraordinaire & Plénipotentiaire du
Roi de la Grande- Bretagne , entre les Ambaffadeurs
& Plénipotentiaires qui ont figné les Préliminaires
à Fontainebleau te 3 Novembre de l'année
derniere. Le fieur de Mello , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Portugal près du Roi , &
fon Ambaffadeur pour les conférences de la Paix ,
a figné en même temps l'acte d'acceffion de Sa
Majefté très fidele au Traité définitif.
Le 29 du mois dernier , le fieur Gor , Commiffaire
Général des fontes de l'Artillerie , a coulé
en bronze à l'Arfenal la Statue pédestre du Roi ,
qui doit être érigée dans la Place Royale de
Rheims. Cette fonte a eu le même fuccès que
celle qui a été faite le 20 Novembre dernier des
deux Figures de dix pieds de proportion qui doivent
accompagner le Piédeftal . La figure du Roi
a onze pieds & demi de proportion , ce Monu
ment , que la Ville de Rheims confacre à la
gloire de S.M. eft de la compofition du Sr Pigalle.
Le Vingt- cinquiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 25 du mois dernier ,
en la manière accoptumée. Le lot de cinquante
mille liv. eft échu au numero 53043 ; celui de
vingt mille liv. eft échu au numero 5 26 38 ; & les
deux de dix mille 1. aux numero 53005 & 58779 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les Numéros fortis de la roue
de fortune , font , 19 , 30 , 3 , 42 , 18. Le prochain
tirage le fera le Mars.
Le Roi ayant pris la réfolution de donner à
tout fon Brat Militaire une conftitution nouvelle ,
uniforme & conftante , vient de rendre une OrAVRIL
1763.
donnance , pour la Cavalerie , conçue fur le même
195
plan que celles qui a déja été publiée concernant
'Infanterie. Par cette nouvelle Ordonnance , darée
du 21 Décembre 1762 , Sa Majesté conferve
fur pied ,
indépendamment du Régiment des Carabiniers
de
Monfeigneur le Comte de Provence ,
les trente Régimens de Cavalerie fuivans ; le Colonel
- Général , le Meftre de- Camp- Général , le
Commiffaire-Général , Royal , du Roi , Royal-
Etranger , les Cuiratliers du Roi , Royal -Cravates ,
Royal- Rouillon , Royal-Piémont , Royal- Almand
, Royal- Pologne , Royal- Lorraine , Royal-
Picardie , Royal-
Champagne , Royal-Navarre ,
Royal
Normandie, la Reine, Dauphin,
Bourgogne ,
Berry , Artois , Orléans , Chartres , Condé, Bourbon
, Clermont , Conti , Penthiévre & Noailles,
Chacun de ces trente
Régimens fera composé en
tout temps de huit
Compagnies qui formeront quatre
efcadrons . On créera une place de Sous- Lieutenant
dans chaque
Compagnie , & le titre de
Cornette fera fupprimé , à la réserve de celui qui
eft attaché à la
compagnie du Colonel - Général
de la Cavalerie. La place de Maréchal - des - Logis
relle qu'elle eft
aujourd'hui , fera
fupprimée , &
il fera crée dans chaque
compagnie quatre places
de
Maréchal- des- Logis pour y remplir les
mêmes
fonctions que les Sergens dans l'Infanterie.
Chaque
compagnie de Cavalerie fera commandée
en tout temps par un
Capitaine y
Lieutenant & un- Sous-
Lieutenant , &
compofée
de quatre
Maréchaux -des- Logis , un Fourrier ,
huit
Brigadiers , huit
Carabiniers , trente- deux
Cavaliers & un
Trompette , tous montés . Ille-
Ta créé dans chacun des trente
Régimens de Cavalerie
deux charges de Sous -Aide Major & une
place de Tréforier ; il fera
pareillement établi
un
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
un Quartier- Maître dans chaque Régiment & un
Porte- Etendard par chaque Elcadron . Les difpofitions
qui regardent le choix , les rangs & les fon
Aions des Officiers , la police & la difcipline , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens
& des congés , &c , font les mêmes que
celles qui ont été établies pour l'Infanterie . Sa
Majeſté a auffi réglé une paye de paix & une
paye de guerre pour les troupes de fa Cavalerie
de la manière fuivante.
Compagnies. A chaque Capitaine , 2000 livres
par an en paix , & 3600 livres en guerre. Au
Capitaine Lieutenant des Compagnies Meſtrede
- Camp des Régimens du Meftre- de- Camp
Général & du Commiflaire- Général. A chaque
Lieutenant & au Sous- Lieutenant de la Compagnie
du Colonel- Général , 900 livres en paix &
1200 livres en guerre. A chacun des Cornettes
& Sous- Lieutenant des Compagnies du Colonel-
Général de Meftre- de- Camp- Général & du Commiffaire-
Général , 675 livres en paix & 900 livres
en guerre. A chaque Sous- Lieutenant , 600 livres
en paix & 800 livres en guerre. A chaque
Maréchal des Logis , 234 livres en paix & 270
livres en guerre. Au Fourrier , 216 livres en paix
>
252 livres en guerre. A chaque Brigadier
144 livres en paix & 180 livres en guerre. A
chaque Carabinier , 135 livres en paix & 171 livres
en guerre. A chaque Cavalier , Timbalier
ou Trompette , 126 livres en paix & 162 livres
en guerre.
Etat-Major. Au Meftre- de-Camp , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine ,
2500 livres en paix & 3000 livres , en guerre.
A Chacun des Meftres-de- Camp- Commandans
des Régimens de Meftre- de-Camp- Général ,
AVRIL. 1763. 197
1
Commiffaire- Général & du Régiment Royal-
Allemand , 2500 livres en paix & 3000 livres
en guerre . Au Lieutenant- Colonel , indépendamment
de les appointemens de Capitaine , 1600 li
vres en paix & 1800 livres en guerre. Au Major
, 3000 livres en paix & 4500 livres en guerre.
A chaque Aide-Major , avec commiffion de Capitaine
, 1800 livres en paix & 3000 livres en
guerre. A chaque Aide- Major , fans commiffion
de Capitaine , 1500 livres en paix & 2000
livres en guerre. A chaque Sous - Aide - Major
1000 livres en paix & 1200 livres en guerre.
Au Quartier- Maître , 600 livres en paix & 800
livres en guerre. A chaque Porte- Etendard ,
480 livres en paix & 540 livres en guerre . Au-
Tréforier , 2000 livres en paix ,
& 3000 livres
en guerre . A l'Aumônier , 720 livres en temps
de guerre ſeulement. Au Chirurgien , 720 livres
en temps de guerre feulement .
Sa Majefte veut que la paye de guerre ne
foit donnée qu'à ceux defdits Régimens qui ferviront
en campagne , à commencer du jour de
leur arrivée à l'armée , juſqu'à celui de leur départ
de l'armée pour rentrer dans le Royaume ;
& que ceux qui demeureront en garniſon dans
le Royaume pendant la guerre ne touchent que
la paye réglée pour le temps de paix. Sa Majefté
établit les moyens de parvenir à la nouvelle
compofition & à la réforme preſcrites.
Cette Ordonnance eft terminée par un état de
l'uniforme réglé par le Roi pour l'habillement
& équipement des Régimens de fa Cavalerie.
Il paroît auffi trois autres Ordonnances du Roi.
Par la premiere , en date du 12 Décembre
1762 , & portant réduction dans les trente Compagnies
du Régiment des Gardes Françoiſes , Sa
ཙྩ
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Majefté ordonne que ces trente Compagnies 3
qui font actuellement compofées de cent quarante
hommes , feront réduites au nombre de
cent vingt- fix , y compris fix Sergens , trois
Caporaux , neufAnfpeffades , quatre Tambours ,
& cent quatre Fusiliers .
Par la feconde & la troifiéme , du 21 du
même mois , Sa Majesté réforme la Compagnie
des Volontaires de Cambefort & le Régiment
de Cavalerie Allemande deNaffau-Wfingen.
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du 21 .
Décembre 1762 concernant les Régimens d'Infanterie
Irlandoife . Suivant cette Ordonnance , Sa
Majeſté conferve fur pied les Régimens de Bulkeley
, Clare , Dillon , Rothe & de Berwick ; le Régiment
Royal- Ecoffois & ceux d'Ogilvy & de Lally
feront fupprimés & incorporés dans les cinq qui
feront confervés , & dont chacun formera un bataillon
divifé en une Compagnie de Grenadiers
& huit de Fufiliers ; chacune des compagnies de
Grenadiers fera commandée en tout temps , ainfi
que chaque compagnie de Fufiliers , par un Capitaine
, un Lieutenant & un Sous - Lieutenant.
Celles des Grenadiers feront compofées chacune
de deux Sergens , d'un Fourrier, quatre Caporaux,
quatre Appointés , quarante Grenadiers , & d'un
Tambour ; celles des Fufiliers , en temps de paix ,
de quatre Sergens , d'un Fourrier , de huit Caporaux
, huit Appointés , quarante Fufiliers & de
deux Tambours : il fera créé dans chaque Régiment
un Sous-Aide- Major , un Tréſorier ,
Quartier-Maître, deur Porte -Drapeaux , un Tambour-
Major. Il continuera d'être entretenu un
Colonel en fecond dans le Régiment de Dillon .
Les difpofitions qui ont été établies pour l'Infanterie
& la Cavalerie Françoiſes feront exactement
fuivies relativement au choix , aux rangs & aux
un
AVRIL. 1763 . 199
fonctions des Officiers , à la police & à la difcipline
, ainfi qu'à l'adminiftration de la caiffe ,
&c. La paye de paix & la paye de guerre feront
réglées de la manière fuivante , & avec les mêmes
claufes que celles portées dans les précédentes
Ordonnances de Sa Majesté.
Compagnies de Grenadiers . A chaque Capitaine
, 2000 en paix , & 3000 livres ¿en guerre ;
au Lieutenant 900 livres en paix , & 1200 livres
en guerres au Sous-Lieutenant 500 livres
en paix , & 900 livres en guerre ; à chaque Sergent
, 222 livres en paix , & 228 livres en guerre ;
au Fourrier , 180 livres en paix , & 186 livres
en guerre à chaque Caporal , 156 livres en
paix , & 162 livres en guerre ; à chaque appointé ,
138 livres en paix , & 144 livres en guerre ; à
chaque Grenadier & au Tambour , 120 livres en
paix & 126 livres en guerre.
>
Compagnies de Fufilters . Au Capitaine , 1800
livres en paix , & 2400 livres en guerre au
Lieutenant 600 livres en paix , & 1000 en
guerres au Sous - Lieutenant 540 livres en
paix , & 800 livres en guerre à chaque Sergent
204 livres en paix , & 210 livres en guerre ,
au Fourrier , 162 livres en paix , & 168 en
guerre à chaque Caporal , 138 livres en paix .
& 144 livres en guerres à chaque Appointé
120 livres en paix 126 livres en guerres à cha-,
que Fufilier ou Tambour , 102 livres en paix
& 108 livres en guerre.
Etat-Major. Au Colonel , y compris les appointemens
de Capitaine , 12000 livres en tout
temps ; au Lieutenant colonel , indépendamment
de fes appointemens de Capitaine 1700.
livres en paix , & 3000 livres en guerre ; au
Major , 2880 livres en paix , & 4000 livres en
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
>
guerres à chaque Aide- Major , avec la commiffion
de Capitaine , 1800 livres en paix , &.
2400 livres en guerre ; à chaque Aide- Major ,
fans commiffion de Capitaine , 1200 livres en
paix , & 1860 livres én guerre ; à chaque Sous-
Aide- Major , 600 livres en paix , & 1200 livres
en guerres à chaque Porte- Drapeau , 450 livres
en paix , & 600 livres en guerre ; au Quartier-
Maître , 540 livres en paix & 800 livres en
guerres au Tréforier , 1200 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; au Tambour- Major
252 livres en tout temps ; à l'Aumônier , soo
livres en paix , & 720 livres en guerre ; Au Chirurgien
, co livres en paix , & 720 livres en
guerre ; au Colonel en fecond du Régiment de
Dillon , 2400 liv . en paix , & 2880 liv . en guerre.
A
>
Les Officiers excédans le nombre préfcrit feront
reformés. Les Colonels qui feront dans ce cas
conferveront leurs appointemens en y comprenant
la gratification qui étoit attachée à leurs
charges. Les autres Officiers réformés & qui
feront étrangers , ou originaires Anglois , Ecoffois
& Irlandois , jouiront ; fçavoir , les Lieutenants-
Colonels , de 1800 livres de penſions
les Capitaines de Grenadiers de 1200 livres ; les
Capitaines de Fufiliers qui auront vingt ans de fervice
, & le Major , de 1050 livres ; les autres
Capitaines de Fufiliers , de 800 livres ; les Lieutenans
de 400 liv . & les Lieutenans en fecond
ou Enfeignes de 300 livres. Les Capitaines
ou Capitaines en fecond , qui feront François ,
jouiront en penfions fur le Tréfor Royal , s'ils
ont vingt ans de fervice , de 300 livres feulement.
Quant aux Lieutenans , Lieutenans en.
fecond ou Enfeignes qui feront François , its
fe retireront chez eux pour y attendre les em-
›
AVRIL. 1763.
201
plois auxquels Sa Majefté les deftine. Cette Ordonnance
eft terminée par un état de l'unifórme
réglé par Sa Majefté pour l'habillement
& équipement de ces cinq Régimens.
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Résumé : De PARIS, le 18 Février 1763.
En février 1763, l'Académie Royale des Sciences a proposé les sieurs Bailli et Jeaurat pour le poste d'Adjoint Astronome, vacant après le décès de l'Abbé de la Caille. Le roi les a nommés à condition que la première place vacante dans cette classe ne soit pas remplie. Le 10 février, le traité définitif de paix a été signé chez le duc de Bedford, ambassadeur de Grande-Bretagne, par les ambassadeurs ayant signé les préliminaires à Fontainebleau le 3 novembre précédent. Le sieur de Mello, ministre plénipotentiaire du roi de Portugal, a également signé l'acte d'accession au traité définitif. Le 29 janvier, le sieur Gor, commissaire général des fontes de l'Artillerie, a coulé en bronze à l'Arsenal la statue pédestre du roi destinée à la Place Royale de Reims. Cette statue, de onze pieds et demi, est de la composition de M. Pigalle. La fonte des deux figures de dix pieds pour le piédestal, réalisée le 20 novembre précédent, a également réussi. Le 25 janvier, le vingt-cinquième tirage de la loterie de l'Hôtel-de-Ville a eu lieu. Les lots gagnants étaient : 50 000 livres pour le numéro 53043, 20 000 livres pour le numéro 52638, et 10 000 livres pour les numéros 53005 et 58779. Le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu, avec les numéros sortis : 19, 30, 3, 42, 18. Le prochain tirage est prévu pour mars. Le roi a décidé de réformer son bras militaire. Une ordonnance pour la cavalerie, datée du 21 décembre 1762, a été publiée. Elle conserve les trente régiments de cavalerie existants et supprime la place de maréchal-des-logis, remplacée par quatre maréchaux-des-logis par compagnie. Les soldes de paix et de guerre ont été réglées pour chaque grade. Trois autres ordonnances royales ont été publiées : une pour réduire les compagnies du régiment des Gardes Françaises à 126 hommes, et deux pour réformer la compagnie des Volontaires de Cambefort et le régiment de cavalerie allemande de Nassau-Weissen. Une ordonnance concernant les régiments d'infanterie irlandaise a également été publiée. Elle conserve les régiments de Bulkeley, Clare, Dillon, Rothe et de Berwick, et supprime les régiments Royal-Écossais, Ogilvy et de Lally, qui sont incorporés dans les cinq régiments conservés. Les soldes de paix et de guerre ont été réglées pour chaque grade. Les officiers excédentaires seront réformés et recevront des pensions selon leur grade et leur ancienneté.
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311
p. 201-204
MORTS.
Début :
Un Exprès dépêché de Liége, a apporté la nouvelle de la mort [...]
Mots clefs :
Cardinal, Mort, Maladie, Prince, Fils, Maximilien-Emmanuel de Bavière, Comte, Vicaire, Avocat au parlement, Veuve, Funérailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
ce
Un Exprès dépêché de Liége , a apporté la
nouvelle de la mort du Cardinal de Baviere. Il
s'étoit trouvé légérement incommodé le 20 Janvier
, & l'on avoit pris fon indifpofition pour une
fluxion dans la tête. Les fymptômes ont changé
depuis , la maladie eft devenue plus grave , &
malgré tous les fecours de la Médecine ,
Prince eſt mort le 27 à dix heures du matin. Il
fé nommoit Jean -Théodore , il étoit né Duc de
Baviere , Cardinal Prêtre de la Sainte Egliſe Romaine
, Evêque Prince de Liége , de Ratisbonne &
de Freyfingue , & par l'Evêché de Liége , Duc
en partie de Bouillon , Marquis de Franchimont ,
Comte de Lors & de Hornes , Baron d'Herstal
, & c. Né à Munich le 3 Septembre 1703. Il
avoit été élu Evêque de Ratisbonne ſur la démilfión
de Jofeph-Clément de Baviere , fon oncle ,
le 29 Juillet 1719 , & Coadjuteur du même Prince
à l'Evêché de Freyfingue le 4 Novembre
1723 , dont il devint Titulaire le 23 Février
1727 ; il fut ordonné Prêtre le 8 Avril 1736 ,
facré le premier Octobre fuivant ; créé Cardinal
Le 9 Septembre 1743 ( déclaré feulement le 17
Janvier 1746. ) Et élu Evêque Prince de Liége
le 23 Janvier 1744 .
Ce Prince étoit fils de Maximilien Emmanuel ,
Electeur de Baviere , mort le 26 Février 17 26
& de Thérefe Cunegonde , fille de Jean MI Sobiesky
, Roi de Pologne , morte le ro Mars
1730. Il avoit pour frères ainés , 1 °. Charles - Al
202 MERCURE DE FRANCE.
bert , Electeur de Baviere , élu Empereur le 24
Janvier 1744 ↑ & mort le 20 Janvier 1745 , père
de l'Electeur de Baviere régnant , 20. Ferdinand-
Marie Duc de Baviere à Munick , mort le 9 Décembre
1738 , laiffant Clément - François de
Paule , Duc de Baviere à Munick ; 3 ° . Clément-
Augufte , Archevêque de Cologne , Electeur de
1 Empire , & c , mort le 6 Février 1761. Il étoit
oncle , à la mode de Bretagne , du Roi , étant
neveu de Marie-Anne Chriſtine Victoire de Baviere
, épouſe de Louis de France ; Dauphin de
Viennois & Ayeul de Sa Majesté.
Le Comte d'Aunay , Lieutenant Général des
Armées du Roi , eft mort dans une de fes Terres
en Nivernois.
N. Boivin de Vaurony , Abbé Commendataire
des Abbayes Royales de Preuilly , Ordre
de Citeaux , Diocéle de Sens ; & de Saramont ,
Ordre de S. Benoît , Diocéfe d'Auſch , mourut
en cette Ville le 22 Janvier , âgé de quatrevingt-
dix ans.
Jean-Baptifte de Bernart d'Averne , Grand-
Vicaire de Lifieux , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Lorroux ,Ordre de Citeaux , Diocéfe
d'Angers , eft mort en cette Ville le 26
du même mois dans la foixante-dixiéme année
de fon age.
Louis Racine , Ecuyer , Avocat en Parlement
& Penfionnaire Vétéran de l'Académie des
Infcriptions & Belles-Lettres , eft mort en cette
Ville , le 29 du même mois dans la foixanteonziéme
année de fon âge . Fils du grand Racine
, il a foutenu l'honneur de ce beau nom
par des Ouvrages eftimables , furtout par le
Poëme de la Religion . Il laiffe deux filles ; il avoi
eu un fils qui donnoit de grandes -efpérances
AVRIL. 1763. 203
& qui fut malheureufement fub mergé par les
flots de la mer fur une jettée du Port de Cadix
le jour même du tremblement de terre de Lisbonne,
Magdelaine-Leonor Gigault de Bellefont , Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Montivilliers , Ordre
de S. Benoît , Diocéfe de Rouen , eft morte
en cette Abbaye , âgée de cinquante- fept ans,
Marie-Thérefe de Damas - Crux , épouse de Louis-
Theodofe Andrault , Comte de Langeron , Mar
quis de la Côte , Baron de la Ferté - Langeron ,
de Sacy , &c. Lieutenant Général des Armé es
du Roi , Lieutenant pour Sa Majefté des quatre
Evêchés de la Bafle - Bretagne , Commandant
en chef dans la Province de Guyenne , & Gouverneur
de Breſt & des Ifles d'Ouëlfant , eft
morre à Paris , les Février , âgée de vingt - trois
ans .
Catherine- Elifabeth de Roncourt , veuve de
Nicolas- François de Hennequin , Conte de
Curel , de Geneloncourt , & Desfrenelles , Ba
ron du S, Empire , Chambellan du feu Duc de
Lorraine Leopold , & Grand- Louvetier de Lorraine
, eft morte à Luneville dans le mois de
Janvier, âgée d'environ cinquante ans .
Marie- Francais- Augufte de Matignon , Comte
de Gacé , ci-devant Meftre de Camp du Régiment
du Roi , Cavalerie , Brigadier , des , Ar
mées du Roi , eft mort le 8 Février , dans la trene
te-deuxième année de fon âge.
Catherine-Charlotte-Amélie de Choifeul ,Veuve
de Louis- Henri de Maillart , Baron d'Hanneffe
Dame de l'Ordre de l'Impératrice - Reine , eft
morte en fon Château d'Y,che en Lorraine , le 20
Janvier ; elle ne laiffe de ce mariage qu'une fille
unique mariée au Marquis d'Harcourt.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
Marie- Marguerite Martin , veuve de Florent
Jean de Valliere , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Grand'Croix de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis , ancien Directeur- Général
de l'Artillerie de France , Gouverneur de Bergues
,& Membre de l'Académie Royale des Sciences
, eft morte en cette Ville le ro Février , âgée
de foixante- douze ans.
Claude Fontaine , Régent à Dardagny proche
Genève , eft mort le 2 Janvier , dans la cent troi-
Liême année de fon âge.
Jean Conftant , né à Limoux en Languedoc le
4 Juin 1749 , ancien Lieutenant du Régiment
de la Vieille Marine , eft mort en cette Ville le
16 Janvier. Il avoit reçu fept bleffures pendant
vingt-cinq ans de fervice , & s'étoit retiré en
1688. Il étoit , diſoit- il , à côté du feur de Saint
Hilaire , lorfque cet Officier eut le bras emporté
au moment que le grand Turenne fut tué d'un
bouler de canon. Il étoit logé au Temple , où la
Cérémonie de fes funérailles s'eft faite avec l'appareil
militaire , par les ordres & aux frais du
Prince de Conti.
Le Service annuel , fondé par le Roi en l'Abbaye
Royale de Saint Denis en France , pour feue
Madame Henriette , fut célébré le 11 Février
avec les Cérémonies ordinaires . L'Evêque de
Meaux , premier Aumônier de cette Princefle ,
y affifta , ainfi que la Ducheffe de Beauvilliers ,
Dame d'Honneur , le Baron de Montmorenci ,
Chevalier d'Honneur , & les autres Dames &
Officiers de la maifon de feue Madame.
ce
Un Exprès dépêché de Liége , a apporté la
nouvelle de la mort du Cardinal de Baviere. Il
s'étoit trouvé légérement incommodé le 20 Janvier
, & l'on avoit pris fon indifpofition pour une
fluxion dans la tête. Les fymptômes ont changé
depuis , la maladie eft devenue plus grave , &
malgré tous les fecours de la Médecine ,
Prince eſt mort le 27 à dix heures du matin. Il
fé nommoit Jean -Théodore , il étoit né Duc de
Baviere , Cardinal Prêtre de la Sainte Egliſe Romaine
, Evêque Prince de Liége , de Ratisbonne &
de Freyfingue , & par l'Evêché de Liége , Duc
en partie de Bouillon , Marquis de Franchimont ,
Comte de Lors & de Hornes , Baron d'Herstal
, & c. Né à Munich le 3 Septembre 1703. Il
avoit été élu Evêque de Ratisbonne ſur la démilfión
de Jofeph-Clément de Baviere , fon oncle ,
le 29 Juillet 1719 , & Coadjuteur du même Prince
à l'Evêché de Freyfingue le 4 Novembre
1723 , dont il devint Titulaire le 23 Février
1727 ; il fut ordonné Prêtre le 8 Avril 1736 ,
facré le premier Octobre fuivant ; créé Cardinal
Le 9 Septembre 1743 ( déclaré feulement le 17
Janvier 1746. ) Et élu Evêque Prince de Liége
le 23 Janvier 1744 .
Ce Prince étoit fils de Maximilien Emmanuel ,
Electeur de Baviere , mort le 26 Février 17 26
& de Thérefe Cunegonde , fille de Jean MI Sobiesky
, Roi de Pologne , morte le ro Mars
1730. Il avoit pour frères ainés , 1 °. Charles - Al
202 MERCURE DE FRANCE.
bert , Electeur de Baviere , élu Empereur le 24
Janvier 1744 ↑ & mort le 20 Janvier 1745 , père
de l'Electeur de Baviere régnant , 20. Ferdinand-
Marie Duc de Baviere à Munick , mort le 9 Décembre
1738 , laiffant Clément - François de
Paule , Duc de Baviere à Munick ; 3 ° . Clément-
Augufte , Archevêque de Cologne , Electeur de
1 Empire , & c , mort le 6 Février 1761. Il étoit
oncle , à la mode de Bretagne , du Roi , étant
neveu de Marie-Anne Chriſtine Victoire de Baviere
, épouſe de Louis de France ; Dauphin de
Viennois & Ayeul de Sa Majesté.
Le Comte d'Aunay , Lieutenant Général des
Armées du Roi , eft mort dans une de fes Terres
en Nivernois.
N. Boivin de Vaurony , Abbé Commendataire
des Abbayes Royales de Preuilly , Ordre
de Citeaux , Diocéle de Sens ; & de Saramont ,
Ordre de S. Benoît , Diocéfe d'Auſch , mourut
en cette Ville le 22 Janvier , âgé de quatrevingt-
dix ans.
Jean-Baptifte de Bernart d'Averne , Grand-
Vicaire de Lifieux , Abbé Commendataire de
l'Abbaye de Lorroux ,Ordre de Citeaux , Diocéfe
d'Angers , eft mort en cette Ville le 26
du même mois dans la foixante-dixiéme année
de fon age.
Louis Racine , Ecuyer , Avocat en Parlement
& Penfionnaire Vétéran de l'Académie des
Infcriptions & Belles-Lettres , eft mort en cette
Ville , le 29 du même mois dans la foixanteonziéme
année de fon âge . Fils du grand Racine
, il a foutenu l'honneur de ce beau nom
par des Ouvrages eftimables , furtout par le
Poëme de la Religion . Il laiffe deux filles ; il avoi
eu un fils qui donnoit de grandes -efpérances
AVRIL. 1763. 203
& qui fut malheureufement fub mergé par les
flots de la mer fur une jettée du Port de Cadix
le jour même du tremblement de terre de Lisbonne,
Magdelaine-Leonor Gigault de Bellefont , Abbeffe
de l'Abbaye Royale de Montivilliers , Ordre
de S. Benoît , Diocéfe de Rouen , eft morte
en cette Abbaye , âgée de cinquante- fept ans,
Marie-Thérefe de Damas - Crux , épouse de Louis-
Theodofe Andrault , Comte de Langeron , Mar
quis de la Côte , Baron de la Ferté - Langeron ,
de Sacy , &c. Lieutenant Général des Armé es
du Roi , Lieutenant pour Sa Majefté des quatre
Evêchés de la Bafle - Bretagne , Commandant
en chef dans la Province de Guyenne , & Gouverneur
de Breſt & des Ifles d'Ouëlfant , eft
morre à Paris , les Février , âgée de vingt - trois
ans .
Catherine- Elifabeth de Roncourt , veuve de
Nicolas- François de Hennequin , Conte de
Curel , de Geneloncourt , & Desfrenelles , Ba
ron du S, Empire , Chambellan du feu Duc de
Lorraine Leopold , & Grand- Louvetier de Lorraine
, eft morte à Luneville dans le mois de
Janvier, âgée d'environ cinquante ans .
Marie- Francais- Augufte de Matignon , Comte
de Gacé , ci-devant Meftre de Camp du Régiment
du Roi , Cavalerie , Brigadier , des , Ar
mées du Roi , eft mort le 8 Février , dans la trene
te-deuxième année de fon âge.
Catherine-Charlotte-Amélie de Choifeul ,Veuve
de Louis- Henri de Maillart , Baron d'Hanneffe
Dame de l'Ordre de l'Impératrice - Reine , eft
morte en fon Château d'Y,che en Lorraine , le 20
Janvier ; elle ne laiffe de ce mariage qu'une fille
unique mariée au Marquis d'Harcourt.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
Marie- Marguerite Martin , veuve de Florent
Jean de Valliere , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Grand'Croix de l'Ordre Royal &
Militaire de S. Louis , ancien Directeur- Général
de l'Artillerie de France , Gouverneur de Bergues
,& Membre de l'Académie Royale des Sciences
, eft morte en cette Ville le ro Février , âgée
de foixante- douze ans.
Claude Fontaine , Régent à Dardagny proche
Genève , eft mort le 2 Janvier , dans la cent troi-
Liême année de fon âge.
Jean Conftant , né à Limoux en Languedoc le
4 Juin 1749 , ancien Lieutenant du Régiment
de la Vieille Marine , eft mort en cette Ville le
16 Janvier. Il avoit reçu fept bleffures pendant
vingt-cinq ans de fervice , & s'étoit retiré en
1688. Il étoit , diſoit- il , à côté du feur de Saint
Hilaire , lorfque cet Officier eut le bras emporté
au moment que le grand Turenne fut tué d'un
bouler de canon. Il étoit logé au Temple , où la
Cérémonie de fes funérailles s'eft faite avec l'appareil
militaire , par les ordres & aux frais du
Prince de Conti.
Le Service annuel , fondé par le Roi en l'Abbaye
Royale de Saint Denis en France , pour feue
Madame Henriette , fut célébré le 11 Février
avec les Cérémonies ordinaires . L'Evêque de
Meaux , premier Aumônier de cette Princefle ,
y affifta , ainfi que la Ducheffe de Beauvilliers ,
Dame d'Honneur , le Baron de Montmorenci ,
Chevalier d'Honneur , & les autres Dames &
Officiers de la maifon de feue Madame.
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Le Cardinal de Bavière, Jean-Théodore, est décédé le 27 janvier à dix heures du matin. Né à Munich le 3 septembre 1703, il était Duc de Bavière, Cardinal Prêtre de la Sainte Église Romaine, et Évêque Prince de Liège, Ratisbonne et Freyfingue. Il avait été élu Évêque de Ratisbonne en 1719 et Coadjuteur de l'Évêché de Freyfingue en 1723, devenant Titulaire en 1727. Ordonné Prêtre en 1736, il fut créé Cardinal en 1743 et élu Évêque Prince de Liège en 1744. Il était le fils de Maximilien Emmanuel, Electeur de Bavière, et de Thérèse Cunégonde, fille de Jean III Sobieski, Roi de Pologne. Il avait plusieurs frères, dont Charles-Albert, Electeur de Bavière et Empereur, et Clément-Auguste, Archevêque de Cologne. D'autres décès notables incluent le Comte d'Aunay, Lieutenant Général des Armées du Roi, mort dans une de ses terres en Nivernois. N. Boivin de Vaurony, Abbé Commendataire des Abbayes Royales de Preuilly et de Saramont, est décédé à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Jean-Baptiste de Bernart d'Averne, Grand-Vicaire de Lifieux et Abbé Commendataire de l'Abbaye de Lorroux, est mort à l'âge de soixante-dix ans. Louis Racine, Ecuyer et Avocat en Parlement, fils du célèbre Racine, est décédé à l'âge de soixante-onze ans. Plusieurs autres personnalités, dont des abbesses, comtesses et militaires, sont également mentionnées comme étant décédées au cours des mois de janvier et février.
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312
p. 16-62
LES SOLITAIRES DES PYRÉNÉES. NOUVELLE Espagnole & Françoise.
Début :
SUR ces Monts qui séparent l'Espagne d'avec la France, deux Hermites [...]
Mots clefs :
Comte, Marquis, Ermite, Larmes, Ennemie, Haine, Monde, Espagnol, Français, Vengeance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES SOLITAIRES DES PYRÉNÉES. NOUVELLE Espagnole & Françoise.
LES SOLITAIRES DES PYRÉNÉES
NOUVELLE Espagnole & Françoise.
SUR OUR ces Monts qui féparent l'Efpagne
d'avec la France , deux Hermites
T'un François , l'autre Efpagnol , ' habitoient
à peu de diftance l'un de Pautre.
Leur âge étoit à- peu-près égal , &
MA I. 1763. 17
** peu avancé , leur figure des plus avantageufe,
même fous leur habit difforme,
leur conduite entièrement oppofée à
celle des Hermites ordinaires. Ils ne
mandioient pas , ne recevoient ni dons
ni vifites , fçavoient lire & lifoient.
Leur premierfoin avoit été de fe fuir ;leur
conduite réciproque les rapprocha : ils
fe virent fouvent & fe parlerent fans
défiance. En un mot , ils étoient voifins
fans être ennemis , chofe prèſque
auffi rare entre des Emules de cette
nature , qu'entre des Rivaux de toute
autre efpéce .
Chacun d'eux avoit un fecond , fur
lequel il fe repofoit de certains menus
détails. L'Hermite François dur
particulièrement applaudir aux foins de
fon jeune Difciple. C'étoit un modèle
d'attachement , de zéle & d'activité. Nulle
fatigue ne le rebutoit , nulle démarche
ne lui fembloit pénible. A peine , ce→
pendant , paroiffoit- il toucher à fa quinziéme
année. Toutes les grâces de la
jeuneffe & de la beauté brilloient fur
fon vifage on l'eût pris pour l'Amour
qui , par divertiffement , s'étoit affublé
d'un froc .
t
Un jour qu'il étoit abfent , le Reclus
Espagnol vint converfer avec le Fran- -
-
18 MERCURE DE FRANCE .
çois. Non , difoit-il à ce dernier , le chétif
habit qui vous couvre, ne peut vous
déguifer àà mes yeux. Vous n'étiez
point fait pour être ainfi vêtu , logé ,
couché , en un mot pour vous enfevelir
dans ces montagnes . Quelque incident
vous aura fait renoncer au monde .
Mais fongez qu'il en faut de bien cruels ,
ou de bien bizarres , pour juftifier une
telle réfolution . Oh ! s'il eft ainfi , reprit
celui à qui il parloit , je fuis plus que
juftifié. Mais vous même quels bifarres ,
ou quels fâcheux incidens vous ont fait
prendre une réfolution toute pareille à
la-mienne ?
.
Il eft vrai , repliqua l'Espagnol qui
vouloit caufer , & qui ne trouvoit nuk
danger à le faire , il eft vrai que je n'étois
point né pour m'affubler d'un fac ,
me nourrir de racines & coucher fur
la dure. Il eft encore vrai que je mitige
en fecret cette auftérité apparente.
Mais une foule de difgraces & de fautes
m'a rendu ce déguiſement néceffaire ...
Oh! vos travers & vos malheurs n'ont jamais
pû égaler les miens , interrompit
l'autre Hermite . Vous en allez juger ,
ajouta l'Eſpagnol. Premierement je fuiss
marié. Et moi auffi , reprit l'Hermite
François . J'aime ma femme qui me fuit,
MA I. 1763 . 19
ajouta le premier : Je fuis ma femme
qui m'aime , repliqua le fecond .
L'ESPAGNOL.
J'époufai la mienne par ſupercherie.
LE FRANÇOIS
.
On y eut recours pour me faire époufer
la mienne.
L'ESPAGNOL.
Je l'aimerai toujours.
LE
FRANÇOIS.
Je doute que je puiffe l'aimer jamais.
Voilà effectivement , reprit l'Hermite
Espagnol , un contrafte auffi bifarre que
marqué. Mais voyons jufqu'où il peut
s'étendre. Je vais commencer , perfuadé
que vous imiterez ma franchife & ma
confiance .
Frère Paul, tel qu'on fe figure ici le
voir en moi , eft à Madrid le Comte
d'Ol.... Ma Maiſon eft ancienne & illuftrée
, ma fortune affez confidérable .
J'ai fervi mon Roi avec zéle & avec fuccès
dans fes armées. C'étoit en Italie où
la guerre fe faifoit . J'y formai quelque
liaifon avec le Comte de C.... S .... nom
qui n'étoit pas le fien propre , mais qu'il
devoit à une action des plus éclatantes.
Vous fçavez que c'eft l'ufage en Efpagne
de donner à un Officier qui fe
diftingue , le nom même du lieu où il
s'eft diftingué récompenfe la plus flat20
MERCURE DE FRANCE .
teufe pour une âme noble. D'ailleurs ,
le Comte avoit par lui-même de la naiffance
& de la fortune :
avantages qui lui
en affuroient un autre bien digne d'envie.
Il devoit à fon retour époufer Dona
Léonor , une des plus belles perfonnes
de toutes les Efpagnes ; mais en
même-temps une des plus altières . Elle
femble avoir oublié cette fenfibilité fi
naturelle à fon fexe & furtout dans cette
Contrée , pour emprunter toute la
hauteur du nôtre. L'orgueil eft fa paffion
la plus décidée ; elle veut des efclaves
plutôt que des amans. Je ne la connoiffois
quede nom & n'en étoispas mieux
cónnu ; comme cependant elle étoit née
mon ennemie , c'est-à- dire qu'il y avoit
entré ma famille & la fienne , une de
cés haines héréditaires qu'on prend ridiculement
foin de perpétuer dans chaque
génération , j'étois loin d'adopter cette
haine injufte. J'éprouvai même un fentiment
bien oppofé à l'afpect du portrait
de Dona Léonor. Sa famille l'avoit
envoyé au Comte en attendant qu'il pût
aller prendre poffeffion du modèle . Mais
il me parut moins ébloui que moi- même,
des charmes qu'étaloit cette peinturé
. Il me fembla trop peu occupé du
bonheur qui l'attendoit ; loin de fe liMA
I. 1763.
21
vrer à une joie vive & bien fondée , il
étoit rêveur & mélancolique ; il ne répondoit
qu'avec embarras aux queſtions
qu'on lui faifoit fur fon futur mariage.
Enfin , il me donna lieu de juger qu'il
ne s'y difpofoit qu'avec répugnance :
découverte qui me caufoit une extrême
furpriſe.
La guerre fe faifoit avec vivacité
les rencontres étoient fréquentes &
meurtrières. Le Comte fut un jour commandé
pour une expédition fecrette ;
je le fus moi -même pour le foutenir. Il
tomba dans une embuscade & ſe vit enveloppé
par une Troupe bien fupérieure
à la fienne . J'arrivai à temps pour la dégager
; mais déja le Comte étoit bleffé
, renversé de cheval fans connoiffance
& prêt à être foulé aux pieds par
ceux des ennemis. Je le fis fecourir
tandis que je faifois tête aux Allemans
qu'une Troupe nouvelle venoit de renforcer.
Enfin , après une mêlée furieuſe
l'avantage nous demeura. Je fis tranf
porter le Comte au Quartier- Général
où les plus habiles Chirurgiens défefpérèrent
de fa vie. Ce fut dans ce moment ,
qu'un Soldat de ma Troupe m'offrit le
portrait de Léonor. Il l'avoit pris dans
la poche d'un Soldat ennemi qui avant
,
"
22 MERCURE DE FRANCE .
d'être tué avoit eu la précaution de fouiller
le Comte . L'état où étoit reduit ce
dernier , & furtout l'envie de garder
le portrait de Léonor , m'en fit fufpendre
la reftitution . Je fis remettre la boëte
parmi les effets du bleffé , après en avoir
détaché la miniature qu'elle renfermoit.
L'indulgente Loi de la galanterie tolère
aifément ces fortes de larcins. Je crus
qu'elle m'autorifoit à me faire fur ce
point, l'héritier du Comte , fuppofé qu'il
ne guérît pas de fes bleffures.
Il étoit encore dans l'état le plus équivoque
, lorsqu'une paix fubite fépara
les Armées & que des motifs
preffans me rappellerent en Eſpagne . Je
me rendis à Séville ; c'étoit le féjour
qu'habitoit Dona Léonor. Je parvins à
la voir , mais fans me faire connoître
fans même avoir pû en être remarqué.
Elle me parut encore plus belle en réalité
que dans fon portrait. J'en devins
éperdûment épris . Mais en même-temps ,
je frémis des obftacles que l'antipathie
de nos familles alloit oppofer à cet
amour.
J'éffayai quelques voies de réconciliation
; toutes furent inutiles. Dans cet
intervalle , le Comte de C .... S .... guéri
de fes bleffures , avoit été nommé GouMA
I. 1763. 23
verneur d'Oran & étoit parti du fein
de l'Italie même , pour fe rendre à cette
- Ville d'Afrique . Vous fçavez que le Gouverneur
de cette Place ne peut s'en ab-
- fenter fous aucun prétexte. Ce pofte
- n'eft pour lui qu'une prifon honorable ,
& le nouveau Gouverneur jugeoit Dona
Léonor très-propre à égayer cette prifon.
Il jugeoit bien ; mais il s'y prit
mal. Ne pouvant agir par lui- même
il choifit pour député un de fes principaux
domestiques , Africain d'origine ,
& mille fois plus intéreffé que cette origine
ne le fuppofe . Je lui avois été utile
en Italie , où dès-lors il fervoit le Comte.
Le hafard me le fit rencontrer comme il
débarquoit à Cadix . Il me reconnut ,
m'aborda , & m'apprit le fujet de fon
voyage. Il venoit , me dit-il , demander
au nom de fon maître , DonaLéonor
à fes parens.Cette nouvelle me fit pâlir ,
& l'Africain s'en apperçut. Il ofa me
faire différentes queftions qui toutes
avoient pour but & de me marquer
du zéle , & de m'arracher mon
fecret. Je crus pouvoir le lui confier ; je
lui avouai que mon trépas étoit certain
fi quelqu'autre que moi épouſoit Dona
Léonor.
L'Africain parut un inftant rêveur ;
24 MERCURE DE FRANCE.
7
•
après quoi il ajouta , qu'il fcavoit un fecret
pour conferver mes jours ; mais
que les fiens feroient par la fort expofés
& fa fortune perdue fans reffource .
Je lui offris , pour le raffurer , ma protection
, & une récompenfe proportion-
-née à ce grand fervice. Je ne prévoyois
pas qu'il pût m'en rendre d'autres que
de faire manquer le mariage qu'il s'étoit
chargé de faire réuffir , & , en effer
c'étoit déja beaucoup. Mais l'Afriquain
ofa davantage. Il me propofa de me
-fubftituer à la place de fon maître : chofe
, felon lui , fort aifée & très-excufable.
Quant à moi , elle me parut & plus
difficile & très-peu thonnête. C'étoit
néanmoins le feul expédient qui me reftât.
Que n'ofepointun amourimpétueux ,
à qui les moyens ordinaires manquent
pour arriver à fon but , & , furtout , à
qui la route opposée offre un moyen
für d'y parvenir ? En effet , l'Agent du
Comte étoit muni des atteftations les
plus claires , les plus authentiques . Il
n'étoit pas poffible de révoquer fa miffion
en doute. Ce n'eft pas tout , le
Comte marquoit expreffément que fur
la réponse de fon Envoyé , il viendroit
lui- même effectuer en perfonne l'alliance
qu'il follicitoit par un tiers. L'âge de
ce
1
MA I.
1753. 25
cè rival étoit d'environ dix ans plus
avancé que le mien ; mais cette différence
étoit peu remarquable . Il y avoit ,
d'ailleurs , entre notre taille & nos traits
ce rapport qui peut faire illufion à des
yeux peu familiarifés avec l'objet qu'on
veut remplacer ; & ce qui achevoit de
rendre cette illufion facile , c'eſt que le
Comte abfent de fon pays depuis vingt
ans , étoit abfolument inconnu à Dona
Léonor ; il n'étoit guère mieux connu
perfonnellement des autres parens de
cette belle Efpagnole . Tant de facilités
me féduifirent. Ainfi nous convînmes
l'Africain & moi , qu'il feroit , en effet
la demande au nom du Gouverneur ;
mais qu'il fubftitueroit mon portrait au
fien. J'y joignis même pour plus d'authenticité
, celui de Dona Léonor auquel
j'avois fait adapter une boëte toute femblable
à celle que j'avois reftituée au
Comte. Ce que nous avions prévu arriva.
La propofition du Gouverneur d'Oran
fut approuvée de toute la famille de
Dona Léonor ; & ce que je n'avois ofé
prévoir , mon portrait plut à cette jeune
& altière beauté. Vous préfumez bien
que l'Agent du Comte lui écrivit d'un
ftyle à le clouer plus que jamais à fon
rocher. Mais tandis que ce rival , trom-
B
26 · MERCURE DE FRANCE .
4 pé par cette lettre , regardoit fa démarche
comme infructueufe , j'en recueillois
hardiment les fruits.
Au bout d'un intervalle raiſonnable ,
je me préfente fous le nom du Comte, accompagné
de quelques amis qui approuvoient
& fervoient mon ftratagême.
C'étoit vers le foir , & la cérémonie
ne fut pas même différée jufqu'au matin.
Je motivai cette extrême diligence
de l'abfolue néceffité qui me rappelloit
à mon Gouvernement , du danger qu'il.
y auroit pour moi à être furpris en
Efpagne. Ces raifons étoient plaufibles
, & elles furent goûtées . Nous nous
acheminâmes , fans différer vers le
Port de Cadix , où un Vaiffeau nous
attendoit. Une vieille tante de Dona
Léonor, & qui l'avoit élevée , voulut
s'embarquer avec elle : je ne m'y oppofai
pas , mais je n'y confentis qu'à
regret. Dona Padilla , ( c'eft le nom
de cette tante ) étoit doublement mon
ennemie , & par rapport à la haine héréditaire
dont j'ai déja parlé , & parce
que mon père avoit refufé de mettre
fin à cette haine , en époufant Dona
Padilla forte d'injure qu'une femme
ne peut naturellement oublier , & que
celle- ci avoit toujours préfente. QuoiM
A I. 1763. 27
'qu'il en foit , nous partimes . Le Pilote
avoit le mot , & d'ailleurs , le Détroit
de Gibraltar que nous paffames , acheva
de tranquillifer la vieille tante qui fe
piquoit de connoître la Carte. Elle ne
douta plus que nous n'allaffions en
Afrique. Pour ma nouvelle épouſe ,
elle étoit feule avec moi dans la principale
chambre du Vaiffeau , & elle ne
s'apperçut ni ne s'informa de rien qui
concernât le trajet que nous avions à
faire. Nous continuâmes ainfi à côtoyer
de loin les terres d'Efpagne qu'on
perfuadoit à la vieille être celles d'Afrique
, & nous arrivâmes à Alicant ,
que la tante & la niéce prirent pour
la Ville dont j'étois Gouverneur. Il
étoit prèfque nuit ; circonftance qui
aidoit encore à l'illufion . J'avois , d'ailleurs
, envoyé d'avance mes ordres par
terre. Une voiture lefte & commode
nous attendoit au Port. Je fis traverfer
la Ville à mes deux compagnes de
voyage & les conduifis en toute diligence
à quelques liéues de là dans un
Château qui m'appartient. Je voulois
encore diffimuler , au moins , quelques
jours ; mais les foupçons de l'une & de
l'autre devinrent fi marqués , fi preffans
, qu'il fallut enfin me réfoudre à
1
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
parler net. Je leur déclarai que je n'étois
ni le Comte de C ... S... ni le Gouverneur
d'Oran mais que mon nom valoit ,
pour le moins , celui que j'avois emprunté
; que je pouvois prétendre aux
mêmes emplois que mon rival ; que
ma fortune égaloit la fienne , & qu'à
mon amour l'emportoit
coup für
fur le fien .
Comment reçut - on votre aveu ? interrompit
brufquement l'Hermite François.
On ne peut pas plus mal , répondit
l'Efpagnol. Je le crois reprit fière
Pacôme ( c'eft le nom que s'étoit donné
l'autre Cenobite. ) Et pourquoi , replifrère
Paul , en êtes -vous fi intimement
perfuadé ? C'eſt , ajouta frèrẻ
Pacôme , que j'ai moi -même éffuyé un
pareil aveu , que certainement je l'ai
reçu plus mal encore. Mais pourſuivez
votre récit. Le prétendu frère le continua
en ces termes :
qua
&
Non , je ne puis vous exprimer la
furpriſe où ce difcours jetta & la tante
& la nièce. Jufqu'à ce moment Dona
Léonor m'avoit prodigué les marques
de la plus vive tendreffe. Quelle fut
ma douleur de la voir défapprouver
hautement mon ftratagême ! Je lui
proteſtai qu'il ne m'avoit été dicté que
M A I. 1763. 29
par l'amour, & par l'impoffibilité de
pouvoir l'obtenir autrement ; que j'avois
un rang à lui donner , & que
j'étois prêt à réparer tout ce qui dans
cette affaire pouvoit pécher par la
forme , puifqu'auffi bien il n'y avoit
plus rien à réparer quant au fond. Je
vis le moment où Dona Léonor alloit
oublier fon courroux ; mais la vieille
tante étoit infléxible , & l'afcendant
qu'elle avoit für fa nièce l'emporta fur
celui que je croyois y avoir moi-même.
Je continuai cependant à les traiter avec
tous les égards poffibles. Elles avoient
tout à fouhait , excepté la liberté de
m'échapper , & même celle de faire
fçavoir à leur famille l'efpéce de captivité
où je les retenois. D'un autre côté
leurs parens les croyoient en Afrique ;
mais le Gouverneur d'Oran ne tarda
pas à les détromper. Impatient de ne
recevoir aucunes nouvelles de fon député
, il prit le parti d'en dépêcher un
fecond. Celui- ci le fervit plus fidélement
que l'autre , peut-être parce qu'il
ne trouva pas la même occafion de le
trahir. Le Comte apprit par lui une
partie de ce qui s'étoit paffé & devina
fe refte. Jugez de fa rage & de fa confufion
! Ce qui achevoit de le défeſpé-
B iij
30
'MERCURE DE FRANCE ,
1er étoit de ne pouvoir fans déshonneur
& fans crime s'abfenter de la
Fortereffe qui lui étoit confiée. Il préféra
enfin fa vengeance à fa fortune
demanda un fucceffeur , l'obtint & ſe
rendit fur les lieux pour vérifier le
rapport de fon nouveau confident &
toute la perfidie de l'ancien .
-
Là il apprit tout ce qu'il defiroit &
craignoit d'apprendre . On lui confirma
qu'un prétendu Gouverneur d'Oran
avoit époufé , & par conféquent enlevé
celle qu'il fe propofoit d'épouſer
lui-même. Il lui refloit à fçavoir quel
étoit ce raviffeur , quelle route il avoit
prife , quelle retraite il avoit choifie,
Peut être n'efpéroit - il pas découvrir
fi promptement toutes ces choſes ;
mais le hafard le fervit mieux qu'il ne
l'efpéroit. Un Matelot qui fit avec nous
le trajet de Cadix à Alicante & quit
étoit de Séville , y revint ayant oui
parler du rapt de Dona Léonor, il dit
publiquement avoir aidé à la conduire.
à Alicante . Le Comte , à cette nouvelle
, ne confulte que fa fureur. Il fe rend
par terre & en pofte à Alicante. Le
mier objet qui s'offre à fa vue eft l'Africain
qui l'a trahi. Celui- ci l'ayant
reconnu cherchoit à l'éviter ; mais ce
preM
A I. 1763. 31
•
.
fut en vain. Ta mort eft certaine , lui
dit le Comte en le joignant , fi tu ne
me détailles ton infâme trahifon , & fi
tu ne m'introduis jufques chez ton complice
. L'Africain , demi-mort de frayeur,
me nomma à fon ancien Maître. Le
Comte fut très -furpris de trouver en
moi celui qu'il cherchoit ; mais il n'en
fut que plus irrité. Il perfifta à vouloir
être conduit & introduit chez moi.
J'avoue que mon étonnement & ma
confufion furent extrêmes en le voyant
paroître. Je ne fçavois quel difcours lui
adreffer; il me prévint. Dom Fernand ,
me dit- il , tu vois en moi l'homme du
monde que tu as le plus vivement outragé,
Peut-être te dois- je la vie ; mais
tu viens de me ravir l'honneur : la
compenfation n'eft pas éxacte . J'ai ofé
pénétrer chez toi fans fuite & fans défiance
. J'aurois pu recourir aux voies
toujours lentes , & fouvent peu fûres
de la Juftice ; mais des hommes tels
que nous doivent fe faire juftice euxmêmes.
Choifis fans différer l'inſtant
& le lieu .
Il est trop jufte , lui répondis- je , de
vous donner la fatisfaction que vous
éxigez . C'eft , d'ailleurs , la feule qui
foit en mon pouvoir & en ma volonté.
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
Car vous n'efpérez pas , fans doute ,
que je vous céde jamais Dona Léonor ?
Je vous ai enlevé cet objet que vous
n'aimiez qu'en idée & que j'aimois
réellement. J'ai emprunté votre nom
pour arriver à mon but. Non que j'aie
à rougir du mien & qu'il n'égale peutêtre
l'éclat du vôtre ; mais il s'agiffoit
de tromper une haine injufte & implacable.
J'y ai réuffi par ce moyen.
C'est une rufe qui eft d'ufage à la
guerre & qui eft , au moins , tolérable
en amour. Quoiqu'il en foit , votre
reffentiment eft légitime , & me voilà
prêt à vous fuivre. Je l'exhortai , cependant
, à prendre quelque repos , &
même quelques rafraîchiffemens. Il me
témoigna n'avoir envie que de fe battre.
Je le mis bientôt à même de fe
fatisfaire . Il fortit fans affectation ; je le
fuivis de près ; & à peu de distance de
mon Château , nous commençâmes un
combat des plus animés . Je n'ignorois
point à quel homme j'avois affaire , & il
remplit toute l'idée que j'avois eu de lui .
Je l'avouerai même , je ne combattois
fans remords. Il me bleffa avant
que j'euffe pu lui porter aucune atteinte .
Je redoublai mes éfforts & le bleffai à
mon tour. Deux autres bleffures que
pas
M A I. 1763. 33
2
je lui fis ne purent le réduire à demander
quartier. Mais , enfin , il tomba
affoibli par la perte de fon fang. Je ne
me permis point de défarmer un fi
brave homme ; je m'éloignai en lui
promettant un prompt fecours. Ce fut ,
en effet , mon premier foin. Un de
mes gens qui étoit Chirurgien , voulut
d'abord me panfer. Je m'y oppofai , &
le conduifis , moi - même , auprès du
Comte qui avoit perdu toute connoiffance.
On lui mit le premier appareil
fur le champ de bataille même : après
quoi je le fis tranfporter chez moi le
plus doucement. qu'il fut poffible. Ses
bleffures étoient confidérables ; cependant
le Chirurgien jugea qu'elles pour
roient n'être pas mortelles. Il reprit un
peu fes fens , & je m'éloignai , tant
pour ne point le mortifier par ma préfence
, que pour me faire panfer moimême
.
Revenu entiérement à lui , le Comte
demanda chez qui il étoit. J'avois défendu
qu'on l'en inftruisît. Il reçut pour
réponse qu'il étoit en lieu de paix &
de fûreté ; qu'il n'eût d'autre . inquiétude
que de fe guérir. On . avoit pour
lui les attentions les plus empreffées
& j'avois de mon côté celle de ne point
B.v.
34 MERCURE DE FRANCE .
m'offrir à fa vue . Etonné , cependant ,
de ne voir paroître que des domeſtiques
, il réitéra fes queftions ; & les réponfes
de mes gens étant toujours àpeu
- près les mêmes , il foupçonna ce
qu'on lui cachoit avec tant de foin.
Pourquoi , demanda- t-il encore , pourquoi
celui qui en ufe avec moi fi généreufement
, me croit- il moins généreux
que lui ? Ce difcours m'ayant été
de nouveau tranfmis , je fis dire au
Comte , qu'une bleffure affez confidérable
m'avoit jufqu'alors contraint de
garder la chambre ; mais que j'efpérois
aller bientôt m'informer en perfonne de
fa propre fituation . Cette réponſe parut
le fatisfaire .
Il est temps de revenir à Dona Léonor.
Elle & fa vieille tante habitoient
toujours mon Château ; mais la partie:
qu'elles occupoient n'avoit nulle communication
avec le refte . Il eût été plus.
éffentiel pour moi d'interrompre toute
communication entr'elles. Mes complaifances
euffent pù adoucir Dona
Léonor , que les confeils de fa tante aigriffoient
de plus en plus contre moi .
Une jeune perfonne excufe toujours
affez facilement les fautes que l'amour
fait commettre ; mais il n'eft aucun âge
MA I. 1763. 31
où une femme puiffe oublier une injure
qui part du mépris ou de l'indifférence
auffi Dona Padilla eût - elle
voulu fe venger de celle de feu mon
père fur toute fa poftérite.
Dona Padilla & fa niéce avoient vu
des fenêtres de leur pavillon , ce qui
s'étoit paffé durant & après mon combat
contre Dom Tellez. Elles ignoroient
le nom de mon Adverfaire , & je n'avois
pas moi-même fait réflexion qu'elles
.pouvoient nous appercevoir dans
ce moment. Je fuis für que les voeux de
Dona Padilla furent tous contre moi ;
& ce qui m'afflige beaucoup plus , j'ignore
fi fa niéce ne fut pas fur ce point
d'accord avec elle. Au furplus , ce com
bat étoit une énigme pour l'une & pour
l'autre . Ce fut apparemment pour la développer
, ou du moins , pour vérifier
leurs foupçons à cet égard , que Donar
Padilla me fit demander un entretien.
Elle ignoroit que je fuffe bleffé. Je ne
Pen fis pas inftruire. On lui dit feulement
de ma part , qu'une incommodité fubite
m'empêchoit de me rendre auprès
d'elle. A cela près , je lui laiffois la liberté.
de prévenir ma vifite ; & , en effet , elle
la prévint. Je n'appercus ni fur fon front,
ni dans fes difcours , aucune marque.de
B.vj
36 MERCURE DE FRANCE.
haine. Elle diffimula au point que je
crus que le temps & fes propres ré--
flexions l'avoient entiérement changée .
J'avoue , me difoit elle , du ton le plus
véridique , j'avoue que certaine prévention
héréditaire m'anima contre vous
dès l'inftant où vous vous fites connoître .
Mais enfin j'ai fenti que cette prévention
étoit injufte , & que d'ailleurs ce
malheur fuppofé étoit fans reméde. J'eſ
pére avec le temps perfuader la même
chofe à ma niéce , qui me voyant changée
à votre égard , imitera bien volontiers
mon exemple.
Il fuffit d'aimer pour être crédule. Je ne
foupçonnai aucun artifice dans ce difcours.
Je jurai à Dona Padilla une reconnoiffance
, un dévouement éternel.
Je voulois , malgré l'état d'épuisement
où je me trouvois , je voulois , dis-je
aller trouver fa niéce & lui renouveller
Poffre de tout réparer , offre tant de
fois renouvellée en vain. Mais Dona Padilla
s'oppofa à cette démarche , me
promit d'applanir toutes les difficultés ,
& me laiffa ivre d'efpérance & de joie.
Le jour fuivant y mit le comble . Js
vis la tante & la niéce entrer dans ma
chambre ; je crus voir , dans les yeux de
cette dernière, plus que l'autre ne m'avoi
M. A. & 1763. 37
promis. Dès- lors elles jouirent d'une
liberté entière , de même que leur fuite.
Il est vrai que l'évafion d'un de leurs
domeſtiques me donna quelque inquiétude
; mais la franchiſe apparente de
l'une & de l'autre me raffura. Je portai
la confiance jufqu'à leur apprendre que
L'adverfaire avec qui elles m'avoient
vu aux prifes , étoit le Comte lui -même ;
qu'il étoit dans mon Château , & qu'il
leur feroit libre au premier jour de lui
parler. La crainte,d'occafionner à celuici
quelque révolution fâcheufe , m'empêchafeule
d'avancer le moment de cette
entrevue. Il convenoit , d'ailleurs , que
j'euffe d'abord avec lui un entretien par
ticulier. Lui-même defiroit me voir , &
je me rendis à fon invitation . Il m'adref
fa la parole auffitôt qu'il m'apperçut.
Marquis , me dit-il , il ne peut plus y
avoir de rivalité entre nous . Votre bras
m'a vaincu ; vos procédés me défarment
; jouiffez en paix du tréfor que
vous fçavez fi bien défendre. Braye.Comte
, lui répondis -je , un homme tel que
vous , n'a de fu érieurs ni en courage ,
ni en générofité. Il me demanda , s'il
ne lui feroit pas permis d'envifager , au
moins une fois , Dona Léonor. J'y confentis
fur le champ , perfuadé que tou
38 MERCURE DE FRANCE.
"
tes fes anciennes prétentions fur elle ne
pouvoient plus décemment exifter. Je
fçavois , d'ailleurs , que Dona Padilla
defiroit cette entrevue autant que luimême.
Auffi ne fe fit-elle point trop attendre.
Elle vint accompagnée de fa
niéce.
C'étoit quelque chofe d'affez nouveau
qu'une pareille fituation : j'examinai
en filence & le Comte & Dona
Léonor. Elle a tant de charmes que je
ne fus pas furpris de voir mon ancien
rival tout prêt à le redevenir. Il perdit
& la parole & toute contenance en la
voyant. Pour elle je n'apperçus prèsqu'aucune
altération fur fon vifage , &
cette extrême tranquillité rappella toute
la mienne.
Je l'avoue , il n'échappa à Dom Tellez
aucun difcours qui annoncât ni defir ,
ni efpérance de fa part. I y auroit eu
de la barbarie à exiger qu'il étouffat jufqu'aux
regrets . Il eut même la force de
n'en témoigner qu'autant que la politeffe
fembloit le lui préfcrire ; mais il fut moins
réfervé dans l'entretien que nous eumes
tête-à-tête. Il m'avoua qu'il feroit audeffus
de fes forces de me la céder fi
el'e pouvoit encore faire l'objet d'une
difpute. Avouez en même - temps , lui
MA I. 1763. 39
dis-je , qu'il a pû être au-deffus des miennes
de me la laiffer ravir , pouvant me
l'affurer ? Le Comte me fit un autre
aveu que je n'attendois pas . Il me dit ,
qu'en lui enlevant Dona Léonor , je lui
épargnois un parjure ; qu'il étoit fécrettement
lié en France , & que cet évenement
joint à fes remords , l'alloit rendre
à fes premières chaînes. En attendant
, il s'offrit d'être médiateur auprès
de la niéce & de la tante. Ce fut lui qui
m'inftruifit que la première feroit bientôt
appaifée , fi la feconde pouvoit l'être .
Je le conjurai de redoubler fes efforts
auprès d'elle. Ses bleffures étoient àpeu-
près guéries , & fon zéle pour mes
intérêts fembloit s'accroitre à chaque
inftant. Mais la haine de Dona Padilla
étoit toujours la même.
Retiré unjour au fond de mon cabinet
, j'y étois abîmé dans une rêverie
mélancolique & profonde . Elle fut brufquement
interrompue par le Comte.
Âmi , me dit-il d'un ton vif& pénétré ,
vous être trahi , vous êtes vendu . Une
nombreuſe troupe d'Alguafils affiége le
Château , & leur Chef demande à vous
parler de la part du Roi . C'eft un trait de
la vengeance de Dona Padilla : mais
décidez promptement ce qu'il faut faire .
40 MERCURE DE FRANCE.
Faut- il réfifter ? me voilà prêt à verfer
tout mon fang pour vous.
Courageux ami , lui répondis -je , vor
tre générofité vous perdroit fans me
fauver. Il nous fiéroit mal de réfifter
aux ordres d'un Roi que nous avons
fi bien fervi . Gardez- vous , reprit- il avec
vivacité , gardez-vous bien d'obéir entiérement
: vous êtes perdu fi on vous
arrête. Eh que puis -je donc faire ? ajou
tai- je. Vous déguifer & difparoître ,
pourſuivit-il : je vais vous en donner les
moyens ; je vais me livrer à votre place
& fous votre nom . Je ne fuis pas plus
connu de cette vile troupe que vousmême
. Il fera facile de lui faire prendre
le change . Il vous fera également aifé
d'être inftruit de ce qui fe paffe . J'efpére
que le temps & mes foins accommoderont
toutes choſes .
Ce confeil me donna à rêver ; mais
l'inftant d'après je rougis de mes foupçons
; d'ailleurs , confidérant qu'il ne
pouvoit y avoir aucun rifque pour le
Comte , & qu'à tout événement , je
pourrois toujours venir le dégager , je
confentis à ce qu'il- éxigeoit.
Dona Padilla , qui fans doute craignoit
mon reffentiment , s'étoit renfermée
dans fon pavillon avec fa niéce.
M.A.F. 1763. 41
Elle aidoit par là , à notre ftratagême.
Auffi eut-il un plein fuccès. On conduifit
le Comte à la Ville Capitale de
Murcie. I refta feulement chez moi
jufqu'à nouvel ordre , quelques : Alguafils
, canaille qu'avec le fecours de mes
gens , il m'eût été facile d'exterminer ;
mais je n'en avois aucune idée pour le
moment . J'étois bien éloigné de fonger
à compromettre Dom Tellez plus qu'il
n'avoit voulu l'être . Couvert d'habits
fimples , après avoir donné mes ordres
à mes principaux. domeftiques , j'allois
abandonner ma maifon à mon ennemie
& à fes fatellites ; jallois m'éloigner ,
même fans chercher à voir Dona Léonor
: le hazard vint l'offrir à mes yeux.
Je la rencontrai noyée dans fes larmes
& dans l'agitation la plus vive . Quand
même elle ne m'eût pas reconnu , je
n'aurois pu m'empêcher de me faire
connoître à elle , je n'en n'eus pas befoin.
Qui êtes-vous , me dit- elle avec une exclamation
involontaire & qui auroit pû
s'attribuer à la joie ; par quel prodige
êtes-vous encore ici ? Je n'y ferai pas
long-temps , lui repliquai - je , vous me
voyez prêt à m'éxiler de ma propre demeure
vos voeux & ceux de votre tante
barbare feront bientôt , remplis. Dona
42. MERCURE DE FRANCE.
Léonor ne répondit rien , mais fes lar
mes continuoient à couler. Hé bien ,
ajoutai-je , s'il eft vrai que vous ne foyez
pas mon ennemie , fuyons enſemble ;
tout éxil , tout climat me fera doux , fi
vous l'habitez avec moi. Non , repritelle
en fanglottant , non , une telle démarche
ne m'eft ni permiſe , ni poffible.
Un Cloître auftère va enfevelir ma
honte & tout efpoir de réunion avec
vous.... A ces mots , elle s'évanouit.
J'étois hors de moi-même . J'appellai
quelques domeftiques. Ils accoururent
& avec eux l'implacable vieille. Elle
me reconnut ; elle frémit & reprocha
à trois Alguafils qui fe trouvoient là ,
d'avoir manqué leur proye ; ajoutant ,
avec des cris furieux , que j'étois Dom
Fernand. Cet excès d'audace mit le
comble à ma fureur. J'allois immoler
cette mégère ; un refte d'orgueil me
retint ; mais rien ne put m'empêcher de
fondre avec rage fur les fatellites qui.
me crioient de merendre . Un de ces miférables
tomba à mes pieds percé de
coups ; les deux autres firent feu en
s'éloignant. Ils me manquerent ; mais
en revanche , une des deux balles alla
caffer le bras droit à la barbare Padilla.
Mes domeftiques accoururent en
MA I. 1763. 43
armes. Les Archers ne fe trouvant pas
les plus forts , & éffrayés de ce qu'ils .
venoient de faire , fe virent eux - mêmes
obligés de fe rendre .
J'ordonnai des fecours à ma cruelle
ennemie. Son accident jettoit fa nièce
dans une défolation trop grande pour
qu'il fut poffible de lui parler d'autre
chofe. La nuit avançoit , & j'avois
mille raifons d'en profiter pour mon
départ. Ainfi je m'éloignai accompagné
d'un feul domeftique. Chemin faiſant
je réfléchis que l'affaire étoit devenue.
plus grave ; qu'il pourroit y avoir quelque
danger pour Dom Tellez. Je ne ba-
Jançai pas ; je m'acheminai vers le lieu
de fa détention , réfolu de me ſubſtituer
à fa place. Il jouiffoit d'un affez grande
liberté , & j'eus celle de lui parler têteà-
tête. Mon arrivée lui caufa autant de
furprife que d'inquiétude ; mais je prévins
les queftions qu'il alloit me faire..
Ami , lui dis -je , c'eft trop vous compromettre
& vous expofer : les circonf
tances ne font plus les mêmes & je dois.
feul en courir les rifques . Alors je l'inſtruifis
de ce qui s'étoit paffé depuis
l'infant de fon départ. Et c'eft pour
cela , reprit-il vivement , que vous deez
plus que jamais vous éloigner . Les
44 MERCURE DE FRANCE .
rifques feront toujours beaucoup plus
grands pour vous que pour moi . La
mort de l'Alguafil & l'arrêt des autres
ne font rien . En vain lui oppofai - je les
raifons les plus preffantes. Il ne les approuva
pas plus que les premières ; &
malgré toute ma répugnance , il me
fallut moi-même céder aux fiennes.
Mes larmes coulerent en embraffant
ce généreux ami . J'érrai quelque temps
d'un lieu à l'autre , toujours déguiſé &
toujours méconnu . Un émiffaire fidéle
m'inftruifoit de tout ce qu'il m'importoit
de fçavoir. J'appris qu'une troupe
nombreuſe d'Aguafils avoit de nouveau
reparu chez moi ; que Dona Padilla ,
prefque guérie de fa bleffure , ne pour
fuivoit que moi feul & non ceux qui
l'avoient bleffée ; que mes gens étoient
à- peu-près efclaves dans mon Château ;
& que mon ennemie y commandoit
en maîtreffe. Le Comte lui-même s'eft
vu pris à partie par Dona Padilla &
par fes frères. Il a eu recours au Roi
qui s'eft réfervé la décifion de ce procès
bifarre. Mais vous fçavez l'efpéce
de maladie dont ce Monarque eſt attaqué
depuis plufieurs mois. Il ne peut
ni donner aucune audiance , ni s'occuper
d'aucune affaire ; & , cependant le
M A I. 1763. 45
Comte eft toujours prifonnier ; Dona
Padilla toujours implacable , Dona
Léonor toujours ingrate , & moi tou
jours fugitif. Enfin , las d'érrer de Province
en Province , j'ai choifi ces montagnes
pour afyle & cet habit pour
dernier déguisement. J'en ai fecrettement
fait inftruire mon généreux rival ,
& je n'apprends pas que rien en ait
encore inftruit mes perfécuteurs. Mais
avouez , ajouta l'Efpagnol , qu'il en
faut fouvent moins pour fe faire Hermite
, & que de plus foibles difgraces
Vous retiennent enfeveli dans cette
Grotte ?
C'eft précisément ce que je n'avouerai
pas , reprit l'Hermite François. Mon
récit , il est vrai , fera plus court que
le vôtre & moins rempli d'héroïſme ;
mais vous allez voir fi j'ai eu de bonnes
raifons pour fuir le monde , les
hommes du bon ton & , fur- tout , les
femmes , quelque ton qu'elles puffent
prendre.
Comme il achevoit ces mots , fon
jeune compagnon entra pour quelque
motifindifférent. Il parut l'inftant d'après
vouloir fe retirer. Non , lui dit
frère Pacóme , demeurez avec nous.
Le récit que je vais commencer pourra
46 MERCURE DE FRANCE.
vous être utile. On s'épargne bien des
fottifes quand on fait une mûre attention
à celles d'autrui . Le jeune Solitaire
obéit en rougiffant ; & fon Patron
pourfuivit en ces termes.
Mon nom eft le Comte D ..... à
peixe forti du Collége où j'avois perdu
huit à dix ans , j'allai en perdre àpeu-
près autant a fréquenter la Cour ,
les cercles , & à tromper les femmes.
Elles ne tarderent pas à prendre leur
revanche .
J'étois fort lié avec le jeune Marquis
de P .... Nous avions l'un & l'autre la
même conduite , les mêmes penchans ,
les mêmes fociétés , les mêmes travers .
Le hafard voulut encore que nous
donnaffions dans la même intrigue , &
bientôt après dans le même piége .
Doricourt , c'eft le nom que je donné
au Marquis , me procura entrée chez
Belife , veuve encore affez jeune pour
avoir des prétentions ; mais qui les portoit
un peu trop loin . Je lui plus fans
le vouloir , & juftement lorfque Doricourt
ne vouloit plus lui plaire. De fon
côté elle ne vouloit rien perdre ; elle
prétendoit garder fes anciens captifs &
en faire de nouveaux . Nous nous concertâmes
Doricourt & moi pour la tromM
A I. 1763. 47
per & nous y réuffimes. Elle nous
croyoit rivaux & non confidens l'un de
l'autre . Mais le hafard vint la tirer d'erreur.
On l'inftruifit de nos démarches
publiques & fecrettes . Elle vit , fans
en pouvoir douter , que de deux amans
qu'elle croyoit avoir, il ne lui en reftoit
pas même un. Jugez de fon dépit ! Elle
diffimula cependant ; chofe affez rare
dans une femme irritée , & qu'irrite un
outrage de cette eſpéce.
La forte de vengeance qu'elle imagina
fut auffi bitarre qu'exactement remplie.
Jufques-là le jeune Solitaire qu'on.
avoit contraint d'écouter ce récit , avoit
laiffé entrevoir beaucoup d'émotion ;
mais elle redoubla à ces derniers mots.
Il vouloit fortir un nouvel ordre de
fon Mentor l'obligea de refter. Voici
comme l'Hermite Comte , pourſuivit
fon difcours.
Belife avoit deux Niéces qu'elle faifoit
élever dans deux couvents féparés.
Elles étoient feules , & n'avoient que
quatorze à quinze ans. Des Niéces de
cette figure & de cet âge déplaiſent toujours
à une Tante qui a l'ambition de
plaire ; & Belife les tenoit féqueftrées ,
moins pour les empêcher de voir que
d'être vues. Telle étoit , du moins , fa
18 MERCURE DE FRANCE.
premiere intention . Nous contribuâmes
à la faire changer. Belife réfolut de faire
fervir la beauté de fes Niéces à fa
vengeance. Quiconque ne fçauroit pas.
jufqu'où une femme peut la porter ,
douteroit à coup fùr du ftratagême que
celle - ci mit en ufage. Elle commença
par exciter entre nous quelque réfroidiffement
; après quoi elle nous parla
à chacun en particulier , d'une Niéce
qu'elle faifoit élever dans tel couvent.
Elle avoit fes raifons pour ne nous parler
que d'une Niéce & non de deux. Je
fus le premier qu'elle pria de l'accompagner
dans une vifite qu'elle fit à l'une
d'entr'elles , c'eft a dire à celles que.
Belife vouloit me faire connoître . Elle
defiroit que j'en devînffe épris ; & dès
cette premiere vifite , elle dut s'appercevoir
que j'en étois plus que frappé.
Ces fortes de vifites fe multiplioient.
Cependant je crus voir que la jeune
perfonne ne les trouvoit point trop fréquentes.
Belife ne me gênoit en rien làdeffus
. Elle éxigeoit feulement que j'en
fiffe mystère à Doricourt : difcrétion
qui me coûtoit peu. Il fuffit d'aimer
pour fçavoir fe taire à propos ; & j'aimois
déja trop , pour ne pas redouter un
rival. Ce qu'il y a de plus particulier
- -
dans
MA I. 1763. 49
dans cette avanture , c'eft que Doricourt
ufoit de la même circonfpection envers
moi , & croyoit avoir les mêmes raiſons
d'en ufer ainfi . Belife l'avoit introduit
auprès de fon autre niéce, en fe gardant
bien de lui parler de la premiere. D'ailleurs
, la feconde avoit affez de charmes
pour qu'on ne s'informât point fi elle
avoit une foeur. Elle plut à Doricourt ,
& ce qui prouve beaucoup plus , furtout
dans un petit -maître , elle lui ôta
toute envie de plaire à d'autres , toute
envie de publier qu'il lui plaifoit. Nous
nous félicitions chacun à part & de notre
découverte , & de notre prudence .
Nous crûmes , furtout , l'avoir portée
fort loin un jour que le hazard nous réunit
en particulier , Doricourt & moi.
Eh bien , Comte , me dit- il , où en
es-tu avec Belife ? C'eſt à moi , répondis-
je , à te faire cette queftion ; vous
êtes trop fouvent enfemble pour qu'on
puiffe vous y croire mal . Ma foi , mon
cher , reprit - il d'un ton à demi ironique
, je trouve à cette femme des reffources
prodigieufes dans l'efprit. J'ai
tant vu d'Agnès m'ennuyer , que j'en
reviens à l'expérimentée Belife.C'eft bien
penfé , repliquai-je à-peu-près fur le
même ton ; j'ai moi - même quelques
}
C
50 MERCURE DE FRANCE .
vues fur fon expérience. Ainfi notre rivalité
ne fera bientôt plus un jeu . Soit ,
ajouta Doricourt ; il faut en courir les
rifques. Nous joignimes à ce perfifflage
beaucoup d'autres propos équivalens ; &
nous nous quittâmes fort contens de
nous-mêmes & très- difpofés à nous
divertir aux dépens l'un de l'autre .
>
Celle qui réellement fe jouoit de nous
deux alloit à fon but fans s'arrêter. Elle
vit que nous étions trop vivement épris
pour n'être
pas facilement trompés. Elle
eut de plus recours à l'artifice pour nous
faire courir au piége qu'elle nous tendoit.
Ce fut encore à moi qu'elle s'adreffa
d'abord. Ma niéce, me dit- elle un jour,
fe difpofe à partir pour l'Espagne ..
Pour l'Espagne ! m'écriai-je , avec une
furpriſe douloureufe ! oui , répondit- elle
avec un fang froid étudié ; ce Royaume
fut la patrie de fon père qui n'eft plus ;
fa mère elle-même eft morte au monde,
& m'a laiffé un abfolu pouvoir fur la
deftinée de fa fille. Je l'interrompis encore
par de nouvelles queftions , & elle
entra dans de plus grands détails ; mais
je dois vous les épargner. Il vous fuffira
d'apprendre en bref que le père de Lucile
, Efpagnol de naiffance , avoit ſéjourné
quelque temps à Paris ; qu'il y
époufa fecrettement la foeur de Belife ;
MA I. 1763 . 51
qu'obligé de quitter fubitement la France
avant que d'avoir pu faire approuver
fon mariage à fa famille , il ne put
emmener avec lui ni fon épouse , ni
une fille qu'il en avoit eue & qu'on faifoit
élever fecrettement ; qu'au bout de
quelque temps on apprit la nouvelle de
fa mort; que fa veuve ne fe croyant
plus à temps de déclarer fon mariage ,
avoit cru devoir renoncer au monde &
s'étoit enfermée dans un cloître . Tel
fut en gros le récit de Belife. Il étoit
fincére , excepté qu'au lieu d'une fille ,
fa foeur avoit donné le jour à deux.
Elle ajouta que la famille de feu fon
beau-frère , inftruite de l'éxiſtence de
Lucile & touchée de fon état , ſe diſpofoit
volontairement à la reconnoître ;
mais qu'elle éxigeoit que Lucile paſſât
en Espagne , d'où jamais , fans doute
elle ne reviendroit en France .
" Je frémis à ce difcours ; je me jettai
aux pieds de Belife & lui fis l'aveu de
ce que je reffentois pour fa charmante
niéce. Elle en parut furprife , & encore
plus fatisfaite. J'augurai bien de cette
joie , parce que j'en ignorois la vraie
caufe. Il eft fâcheux , me dit- elle , que
vous ayez tant tardé à vous expliquer ;
j'aurois pu faire pour vous il y a quel-
Cij
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
ques jours , ce qui n'eft plus en mon
pouvoir actuellement. Eh , pourquoi ?
lui demandai - je avec vivacité. Parce
que l'Ambaffadeur d'Efpagne , preffe
le départ de ma niéce ..... Et depuis
quand ? . Depuis hier . Ah ! reprisje
avec tranfport , fouffrez que j'épouse
Lucile dès aujourd'hui. Doucement ,
doucement , repliqua Belife en fouriant ;
ces mariages impromptus font pour
l'ordinaire peu folides ; & d'ailleurs
que diront nos Efpagnols ? Mon nom ,
ajoutai-je , eft d'un ordre à figurer
côté des plus grands noms d'Espagne ;
ma fortune eft au-deffus de la médiocre
; la destinée de votre niéce dépend
encore de vous : daignez combler le
bonheur de la mienne. Il faut donc ,
reprit-elle , fans négliger les précautions ,
ufer de diligence , afin que je puiffe
fuppofer avoir été prévenue trop tard.
C'étoit foufcrire à ma demande , & je
ne m'occupai plus que du bonheur
dont j'allois jouir.
Durant ce temps Belife employoit
auprès de Doricourt les mêmes artifices
& avec le même fuccès. Il eut auffi peu
de défiance & autant d'empreffement
que moi - même ; & trois jours après
toutes les difficultés furent applanies ,
M A I. 1763. 53
tous les arrangemens préliminaires éffectués.
Belife employa cet intervalle à
préparer la fcène cruelle & bifarre qu'elle
vouloit nous faire éffuyer. Sans faire
part de fes vues à perfonne , pas même
à fes niéces , elle les fit troquer de demeure
, c'est-à-dire , qu'elle transféra
J'une à la place de l'autre. Il y avoit
entr'elles cette reffemblance de famille
affez ordinaire , & cette égalité de charmes
affez rare entre foeurs. Circonftance
qui aida encore au ftratagême de leur
tante. Cette perfide avoit eu foin de
nous perſuader , & toujours chacun à
part , que ce mariage devoit être fait
à bas bruit & prèſqu'à la dérobée. Le
mien fe fit à une heure du matin , &
celui du Marquis à deux . Notre impa
tience feconda les vues de la perfide
Belife ; & j'étois déja l'époux de la foeur
de Lucile , que je croyois encore l'être
de Lucile même. Certains difcours que
me tint ma nouvelle époufe , me parurent
cependant incompréhensibles . J'avois
moi- même quelques idées que je
ne concevois pas. l'inftant de les éclaircir
approchoit . Nous nous rendîmes à
l'appartement de Relife . Comment vous
exprimer mon étonnement ! Le premier
objet qui me frappa fut Lucile
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
aflife à côté du Marquis. Il ne fut pas
moins étonné de reconnoître Sophie
dans celle que je conduifois par la main.
Un cri perçant nous échappe à tous
deux à la fois. Sophie & Lucile en jettent
un femblable & s'évanouiffent. Je
cours à Lucile & le Marquis à Sophie.
Elles reprennent enfin connoiffance ,
mais ce fut pour paroître encore plus
agitées. Une fombre horreur nous pénétroit
tous , & nous ôtoit la force d'entrer
en explication . Pour y mettre le
comble , Belife entre avec un air mo
queur & fatisfait. Elle prévint nos juftes
reproches. Enfin , je fuis vengée , s'écria
cette femme abominable ; je fuis
vengée & vous êtes punis : j'ai fait de
vous un éxemple digne de corriger tous
vos femblables des vaines tracafferies
& de la fatuité. Vous m'avez. fçu jouer ;
& j'ai pris ma revanche . Puiffiez -vous
fentir tout le ridicule de votre fituation !
Peu s'en fallut que je ne cédaffe à
l'impétuofité de ma fureur. Il en eût
coûté la vie à celle qui la provoquoit
avec tant d'audace . Le Marquis reſtoit
pétrifié : Sophie & Lucile fondoient en
larmes. Leur cruelle tante reprit ainfi
la parole. Ces deux jeunes victimes de
ma vengeance n'en font point les comMA
I. 1763. 55
plices. Leur naiffance eft telle que je
vous l'ai fait connoître ; mes biens feront
même un jour pour elles. Croyezmoi
donc l'un & l'autre ; fubiffez paifiblement
votre deftinée. Elle ne peut
longtemps être à charge à des hommes:
de votre caractère. Je vous épargne le
ridicule d'aimer vos femmes.
Je frémiffois de voir cette perfide
jouer à l'épigramme dans un pareil moment.
Doricourt y repliqua par quelques
traits fanglans ; il m'en échappa quelques-
uns à moi - même ; mais bientôt
j'eus regret de m'avilir ainfi : c'étoit
d'ailleurs un mal fans reméde . Ce qui
acheva de m'adoucir un peu fut de voir
Sophie à mes pieds me conjurer avec.
fanglots , avec larmes , de ne point la
livrer à l'opprobre & au défefpoir . Une
jeune Beauté a bien du pouvoir quand
elle pleure & s'humilie jufqu'à ce point.
J'étois ému , attendri : je jettai involonrairement
les yeux fur Lucile & je la
vis dans la même fituation que Sophie ;
je la vis aux pieds de Doricourt . Quel
affreux coup d'oeil ! & que devins -je à
cet afpect ! Doricourt parut lui - même
frémir de voir Sophie à mes pieds ; &
fans doute Sophie , & fans doute Lucile ,
éprouvoient en elles-mêmes des mou-
C iv
56 MERCURE DE FRANCE.
vemens tous femblables , des combats
non moins horribles. Je tire le rideau
fur une fituation trop difficile à peindre.
Nous relevâmes les deux fuppliantes ;
après quoi je fortis & Sophie me fuivit ,
plutôt que je ne l'emmenai . Il en fut
de même de Lucile à l'égard du Marquis.
Un mois s'écoula , durant lequel
nous nous vîmes affez peu , & toujours
avec les mêmes regrets. Je dois cependant
l'avouer , Sophie me parut céder
affez facilement à la néceffité. Je n'ai
rien remarqué de fa part qu'il foit poffible
d'attribuer à aucune répugnance
pour moi. Bientôt même je crus y
voir un attachement réel ; mais l'image
de Lucile m'étoit toujours préfente. Je
réfolus de quitter les lieux qu'elle habitoit
; je partis avec Sophie pour une de
mes Terres fituée en Languedoc. J'y
appris au bout de quelques mois que
Lucile avoit fuccombé à fa langueur ,
& que Doricourt devenu veuf , oublioit
qu'il eût jamais été époux. Pour
moi , ne pouvant pas plus m'accoutumer
à l'être en Province qu'à Paris , &
la Paix ne me fourniffant aucun objet
de diftraction , je pris le parti d'abandonner
furtivement ma Terre & de
venir habiter ces lieux éfcarpés . Je
M A I. 1763. 57
n'inftruifis perfonne de mon deffein &
Sophie moins encore que tout autre.
Je me bornai à lui laiffer par écrit certaiá
nes régles de conduite , avec un pouvoir
abfolu de diriger tous mes biens
à fa volonté. J'ignore l'ufage qu'elle
fait & de ce pouvoir & de mes confeils
& de la liberté que je lui laiffe . Je
l'eftime & la plains. C'est tout ce que
mon coeur peut faire de plus pour elle ,
& certainement ce n'eft pas affez .
En parlant ainfi , le faux Hermite
s'apperçut que le jeune frère qu'il avoit
contraint de l'écouter , fondoit endarmes
& fembloit prêt à s'évanouir. Comment
donc lui dit-il , je ne croyois
pas avoir fait un narré fi pathétique .
Mais lui- même perdit toute contenance
en examinant le jeune Solitaire de plus
près. Que vois-je s'écria-t-il , eſt- ce
vous , infortunée Sophie ? Vous que je
fuis , que j'abandonne & qui venez me
chercher jufques dans cette folitude ?
Sophie ( car en effet c'étoit elle ) tomba
à fes pieds pour toute réponſe. Elle
voulut parler ; fes foupirs & fes fanglots
lui couperent la voix. Le Comte la releva
en l'embraffant , & laiffa lui-même
échapper quelques larmes. L'admiration
, la pitié , peut- être auffi un com-
Cy
58 MERCURE DE FRANCE,
mencement de tendreffe , pénétroient
& agitoient fon âme. Il demanda à
Sophie comment elle avoit pu découvrir
le lieu de fa retraite ? Ce n'a été
reprit- elle , qu'après les recherches les
plus conftantes & les plus pénibles..
Quelqu'un que le hafard avoit inftruit
de votre métamorphofe , me fit part
de fa découverte , & j'en profitai fur le
champp ....... Que vous êtes heureux !
dit alors l'Hermite Efpagnol à fon
confrère , & que je ferois heureux moimême
fi l'ingrate Léonor vouloit imiter
l'aimable & rendre Sophie !
A l'inftant même il apperçoit plufieurs
perfonnes qui dirigeoient leurs pas vers
la folitude efcarpée. Il y avoit parmi
cette troupe quelques femmes voilées ,
& l'une d'entr'elles étoit conduite par
le Comte de C ... S ... Que vois -je ? dit
alors le Marquis d'Ol .... ah puiffent mes
foupçons fe vérifier ! En parlant ainfi
lui-même s'avançoit vers le Comte ,
qui eut peine à le reconnoître fous fon
déguisement. Quittez , lui dit ce dernier
, en l'embraffant , quittez ce ridicule
attirail. Vos périls & vos malheurs fontpaffés.
Le Roi vous rend fa bienveil
lance , Dona Léonor fa tendreffe , &
ce qui vous étonnera beaucoup plus ,
MA I. 1763 . 59
Dona Padilla met fin à fa haine....
Ciel s'écria le faux Hermite , un fi
heureux changement eft il poffible ?
En croirai-je votre récit ?... Croyez- en
Dona Léonor même , dit cette belle Efpagnole
en fe dévoilant , & mouillant
de fes larmes une des mains que fon
époux lui préfentoit ; croyez qu'en me
déclarant votre ennemie , j'ai toujours
fait une horrible violence à mon coeur.
..
à
La joie du Marquis étoit à ſon com--
ble. On entra dans la cabane de l'Hermite
François , que l'Espagnol fit d'a
bord connoître pour ce qu'il étoit réellement.
Que ne vous dois-je point
mon cher Comte , difoit le Marquis
fon ancien rival ! votre générofité ne
s'eft point démentie : elle feule pouvoit
me tirer du précipice où m'avoit jetté
mon imprudence. J'ai fait ce que j'ai
pû , reprit le Comte ; votre bonne for .
tune a fait le refte. Le Roi , informé
par moi-même de toute l'avanture , l'a
trouvée des plus fingulières: Les Loix
étoient contre vous ; mais il m'a laiffe
juge des Loix. Vous voyez que la décifion
n'a pû que vous être favorable.
C'eût été cependant peu de chofe en
core , fi Dona Padilla & fa charmante
niéce cuffent perfifté à vous être con
7
"
G vj
60 MERCURE DE FRANCE.
traires. Les larmes de Dona Léonor ont
fléchi cette parénte fi long - temps infléxible.
Vous n'avez plus d'ennemis
& vous retrouvez une épouſe qui vous
aime. Pour moi , ajouta le Comte en
foupirant , je vais paffer en France où
j'euffe pû jouir autrefois d'un pareil
avantage ; mais je n'oſe ni ne dois l'efpérer
déformais. Une abfence de dix
ans , un abandon de ma part auffi entier
qu'inéxcufable , le honteux projet
de manquer à ma foi jurée & reçue ,
en voilà plus qu'il ne faut pour m'avoir
banni du coeur de la tendre Orphife.
Ce nom fit jetter à Sophie un cri perçant
& qui étonna toute l'affemblée.
Depuis l'inftant de l'arrivée du Comte
de C... S... , cette jeune Françoiſe toujours
travestie , n'avoit ceffé de l'envifager
avec une attention mêlée de faififfement
; mais au nom d'Orphife , tous
fes doutes parurent éclaircis. Elle vint
toute en larmes embraffer les genoux du
Comte. Eft- ce vous Dom Tellez ? lui
dit- elle en fanglotant , eſt-ce vous , mon
père ! ah ! la nature me parle trop vivement
pour vouloir me tromper . Dix
ans d'abſence n'ont pû effacer vos traits
de mon fouvenir ; ils me font toujours
préfens , malgré l'âge tendre où je reçus
MA I. 1763.
61
vos adieux paternels. Daignez vousmême
reconnoître une de vos filles , l'infortunée
Sophie.
Il feroit difficile. d'exprimer tout ce
qui fe paffoit alors dans l'âme du Comte.
Quoi ? vous ma fille ! s'écrioit- il en la
relevant & la preffant avec tendreffe ;
vous dans ces lieux , & fous cet extérieur
! Que fignifie cette étrange métamorphofe
?
On lui en expliqua le motif en peu
de mots. L'époux de Sophie , à qui elle
devenoit plus chère d'un inftant à l'autre
, apprit à ſon Beau - père ( car en effet
c'étoit lui ) qu'avant même fon arrivée ,
leur départ de cette folitude étoit réfolu ,
leur réunion décidée . Et Orphife , s'écria
de nouveau le Comte de C.... S .....
Orphife eft- elle encore en état , ou dans
le deffein de me pardonner ? Son Gendre
lui répond qu'Orphife éxifte encore ,
& éxifte pour lui ; mais que depuis fon
départ , elle s'eft entiérement derobée
au monde. Ce difcours ne fit qu'accroî
tre le defir qu'avoit fon époux de fe
réunir à elle ; & comme chacun dans
cette affemblée avoit fes motifs d'impatience
, on fe hâta réciproquement d'abandonner
le double Hermitage. Les
deux Hermites ne fe quitterent qu'avec
62 MERCURE DE FRANCE.
de vifs regrets , & beaucoup de promef
fes de franchir fouvent les Pyrénées pour
fe revoir. Ce qui arriva plus d'une fois.
par la fuite. Il arriva auffi que ceux d'entre
ces époux qui s'étoient crûs d'abord
trompés , en rendirent grace au hazard ;
que les deux tantes parurent avoir tout
oublié , & moururent de rage en moins.
de fix mois ; & que chacun des trois
couples répétoit à part en fe félicitant :
Peut- être nous aimerions-nous moins
fi nous nousfuffions aimé toujours.
"
Par M. DE La DixmeriEL.
NOUVELLE Espagnole & Françoise.
SUR OUR ces Monts qui féparent l'Efpagne
d'avec la France , deux Hermites
T'un François , l'autre Efpagnol , ' habitoient
à peu de diftance l'un de Pautre.
Leur âge étoit à- peu-près égal , &
MA I. 1763. 17
** peu avancé , leur figure des plus avantageufe,
même fous leur habit difforme,
leur conduite entièrement oppofée à
celle des Hermites ordinaires. Ils ne
mandioient pas , ne recevoient ni dons
ni vifites , fçavoient lire & lifoient.
Leur premierfoin avoit été de fe fuir ;leur
conduite réciproque les rapprocha : ils
fe virent fouvent & fe parlerent fans
défiance. En un mot , ils étoient voifins
fans être ennemis , chofe prèſque
auffi rare entre des Emules de cette
nature , qu'entre des Rivaux de toute
autre efpéce .
Chacun d'eux avoit un fecond , fur
lequel il fe repofoit de certains menus
détails. L'Hermite François dur
particulièrement applaudir aux foins de
fon jeune Difciple. C'étoit un modèle
d'attachement , de zéle & d'activité. Nulle
fatigue ne le rebutoit , nulle démarche
ne lui fembloit pénible. A peine , ce→
pendant , paroiffoit- il toucher à fa quinziéme
année. Toutes les grâces de la
jeuneffe & de la beauté brilloient fur
fon vifage on l'eût pris pour l'Amour
qui , par divertiffement , s'étoit affublé
d'un froc .
t
Un jour qu'il étoit abfent , le Reclus
Espagnol vint converfer avec le Fran- -
-
18 MERCURE DE FRANCE .
çois. Non , difoit-il à ce dernier , le chétif
habit qui vous couvre, ne peut vous
déguifer àà mes yeux. Vous n'étiez
point fait pour être ainfi vêtu , logé ,
couché , en un mot pour vous enfevelir
dans ces montagnes . Quelque incident
vous aura fait renoncer au monde .
Mais fongez qu'il en faut de bien cruels ,
ou de bien bizarres , pour juftifier une
telle réfolution . Oh ! s'il eft ainfi , reprit
celui à qui il parloit , je fuis plus que
juftifié. Mais vous même quels bifarres ,
ou quels fâcheux incidens vous ont fait
prendre une réfolution toute pareille à
la-mienne ?
.
Il eft vrai , repliqua l'Espagnol qui
vouloit caufer , & qui ne trouvoit nuk
danger à le faire , il eft vrai que je n'étois
point né pour m'affubler d'un fac ,
me nourrir de racines & coucher fur
la dure. Il eft encore vrai que je mitige
en fecret cette auftérité apparente.
Mais une foule de difgraces & de fautes
m'a rendu ce déguiſement néceffaire ...
Oh! vos travers & vos malheurs n'ont jamais
pû égaler les miens , interrompit
l'autre Hermite . Vous en allez juger ,
ajouta l'Eſpagnol. Premierement je fuiss
marié. Et moi auffi , reprit l'Hermite
François . J'aime ma femme qui me fuit,
MA I. 1763 . 19
ajouta le premier : Je fuis ma femme
qui m'aime , repliqua le fecond .
L'ESPAGNOL.
J'époufai la mienne par ſupercherie.
LE FRANÇOIS
.
On y eut recours pour me faire époufer
la mienne.
L'ESPAGNOL.
Je l'aimerai toujours.
LE
FRANÇOIS.
Je doute que je puiffe l'aimer jamais.
Voilà effectivement , reprit l'Hermite
Espagnol , un contrafte auffi bifarre que
marqué. Mais voyons jufqu'où il peut
s'étendre. Je vais commencer , perfuadé
que vous imiterez ma franchife & ma
confiance .
Frère Paul, tel qu'on fe figure ici le
voir en moi , eft à Madrid le Comte
d'Ol.... Ma Maiſon eft ancienne & illuftrée
, ma fortune affez confidérable .
J'ai fervi mon Roi avec zéle & avec fuccès
dans fes armées. C'étoit en Italie où
la guerre fe faifoit . J'y formai quelque
liaifon avec le Comte de C.... S .... nom
qui n'étoit pas le fien propre , mais qu'il
devoit à une action des plus éclatantes.
Vous fçavez que c'eft l'ufage en Efpagne
de donner à un Officier qui fe
diftingue , le nom même du lieu où il
s'eft diftingué récompenfe la plus flat20
MERCURE DE FRANCE .
teufe pour une âme noble. D'ailleurs ,
le Comte avoit par lui-même de la naiffance
& de la fortune :
avantages qui lui
en affuroient un autre bien digne d'envie.
Il devoit à fon retour époufer Dona
Léonor , une des plus belles perfonnes
de toutes les Efpagnes ; mais en
même-temps une des plus altières . Elle
femble avoir oublié cette fenfibilité fi
naturelle à fon fexe & furtout dans cette
Contrée , pour emprunter toute la
hauteur du nôtre. L'orgueil eft fa paffion
la plus décidée ; elle veut des efclaves
plutôt que des amans. Je ne la connoiffois
quede nom & n'en étoispas mieux
cónnu ; comme cependant elle étoit née
mon ennemie , c'est-à- dire qu'il y avoit
entré ma famille & la fienne , une de
cés haines héréditaires qu'on prend ridiculement
foin de perpétuer dans chaque
génération , j'étois loin d'adopter cette
haine injufte. J'éprouvai même un fentiment
bien oppofé à l'afpect du portrait
de Dona Léonor. Sa famille l'avoit
envoyé au Comte en attendant qu'il pût
aller prendre poffeffion du modèle . Mais
il me parut moins ébloui que moi- même,
des charmes qu'étaloit cette peinturé
. Il me fembla trop peu occupé du
bonheur qui l'attendoit ; loin de fe liMA
I. 1763.
21
vrer à une joie vive & bien fondée , il
étoit rêveur & mélancolique ; il ne répondoit
qu'avec embarras aux queſtions
qu'on lui faifoit fur fon futur mariage.
Enfin , il me donna lieu de juger qu'il
ne s'y difpofoit qu'avec répugnance :
découverte qui me caufoit une extrême
furpriſe.
La guerre fe faifoit avec vivacité
les rencontres étoient fréquentes &
meurtrières. Le Comte fut un jour commandé
pour une expédition fecrette ;
je le fus moi -même pour le foutenir. Il
tomba dans une embuscade & ſe vit enveloppé
par une Troupe bien fupérieure
à la fienne . J'arrivai à temps pour la dégager
; mais déja le Comte étoit bleffé
, renversé de cheval fans connoiffance
& prêt à être foulé aux pieds par
ceux des ennemis. Je le fis fecourir
tandis que je faifois tête aux Allemans
qu'une Troupe nouvelle venoit de renforcer.
Enfin , après une mêlée furieuſe
l'avantage nous demeura. Je fis tranf
porter le Comte au Quartier- Général
où les plus habiles Chirurgiens défefpérèrent
de fa vie. Ce fut dans ce moment ,
qu'un Soldat de ma Troupe m'offrit le
portrait de Léonor. Il l'avoit pris dans
la poche d'un Soldat ennemi qui avant
,
"
22 MERCURE DE FRANCE .
d'être tué avoit eu la précaution de fouiller
le Comte . L'état où étoit reduit ce
dernier , & furtout l'envie de garder
le portrait de Léonor , m'en fit fufpendre
la reftitution . Je fis remettre la boëte
parmi les effets du bleffé , après en avoir
détaché la miniature qu'elle renfermoit.
L'indulgente Loi de la galanterie tolère
aifément ces fortes de larcins. Je crus
qu'elle m'autorifoit à me faire fur ce
point, l'héritier du Comte , fuppofé qu'il
ne guérît pas de fes bleffures.
Il étoit encore dans l'état le plus équivoque
, lorsqu'une paix fubite fépara
les Armées & que des motifs
preffans me rappellerent en Eſpagne . Je
me rendis à Séville ; c'étoit le féjour
qu'habitoit Dona Léonor. Je parvins à
la voir , mais fans me faire connoître
fans même avoir pû en être remarqué.
Elle me parut encore plus belle en réalité
que dans fon portrait. J'en devins
éperdûment épris . Mais en même-temps ,
je frémis des obftacles que l'antipathie
de nos familles alloit oppofer à cet
amour.
J'éffayai quelques voies de réconciliation
; toutes furent inutiles. Dans cet
intervalle , le Comte de C .... S .... guéri
de fes bleffures , avoit été nommé GouMA
I. 1763. 23
verneur d'Oran & étoit parti du fein
de l'Italie même , pour fe rendre à cette
- Ville d'Afrique . Vous fçavez que le Gouverneur
de cette Place ne peut s'en ab-
- fenter fous aucun prétexte. Ce pofte
- n'eft pour lui qu'une prifon honorable ,
& le nouveau Gouverneur jugeoit Dona
Léonor très-propre à égayer cette prifon.
Il jugeoit bien ; mais il s'y prit
mal. Ne pouvant agir par lui- même
il choifit pour député un de fes principaux
domestiques , Africain d'origine ,
& mille fois plus intéreffé que cette origine
ne le fuppofe . Je lui avois été utile
en Italie , où dès-lors il fervoit le Comte.
Le hafard me le fit rencontrer comme il
débarquoit à Cadix . Il me reconnut ,
m'aborda , & m'apprit le fujet de fon
voyage. Il venoit , me dit-il , demander
au nom de fon maître , DonaLéonor
à fes parens.Cette nouvelle me fit pâlir ,
& l'Africain s'en apperçut. Il ofa me
faire différentes queftions qui toutes
avoient pour but & de me marquer
du zéle , & de m'arracher mon
fecret. Je crus pouvoir le lui confier ; je
lui avouai que mon trépas étoit certain
fi quelqu'autre que moi épouſoit Dona
Léonor.
L'Africain parut un inftant rêveur ;
24 MERCURE DE FRANCE.
7
•
après quoi il ajouta , qu'il fcavoit un fecret
pour conferver mes jours ; mais
que les fiens feroient par la fort expofés
& fa fortune perdue fans reffource .
Je lui offris , pour le raffurer , ma protection
, & une récompenfe proportion-
-née à ce grand fervice. Je ne prévoyois
pas qu'il pût m'en rendre d'autres que
de faire manquer le mariage qu'il s'étoit
chargé de faire réuffir , & , en effer
c'étoit déja beaucoup. Mais l'Afriquain
ofa davantage. Il me propofa de me
-fubftituer à la place de fon maître : chofe
, felon lui , fort aifée & très-excufable.
Quant à moi , elle me parut & plus
difficile & très-peu thonnête. C'étoit
néanmoins le feul expédient qui me reftât.
Que n'ofepointun amourimpétueux ,
à qui les moyens ordinaires manquent
pour arriver à fon but , & , furtout , à
qui la route opposée offre un moyen
für d'y parvenir ? En effet , l'Agent du
Comte étoit muni des atteftations les
plus claires , les plus authentiques . Il
n'étoit pas poffible de révoquer fa miffion
en doute. Ce n'eft pas tout , le
Comte marquoit expreffément que fur
la réponse de fon Envoyé , il viendroit
lui- même effectuer en perfonne l'alliance
qu'il follicitoit par un tiers. L'âge de
ce
1
MA I.
1753. 25
cè rival étoit d'environ dix ans plus
avancé que le mien ; mais cette différence
étoit peu remarquable . Il y avoit ,
d'ailleurs , entre notre taille & nos traits
ce rapport qui peut faire illufion à des
yeux peu familiarifés avec l'objet qu'on
veut remplacer ; & ce qui achevoit de
rendre cette illufion facile , c'eſt que le
Comte abfent de fon pays depuis vingt
ans , étoit abfolument inconnu à Dona
Léonor ; il n'étoit guère mieux connu
perfonnellement des autres parens de
cette belle Efpagnole . Tant de facilités
me féduifirent. Ainfi nous convînmes
l'Africain & moi , qu'il feroit , en effet
la demande au nom du Gouverneur ;
mais qu'il fubftitueroit mon portrait au
fien. J'y joignis même pour plus d'authenticité
, celui de Dona Léonor auquel
j'avois fait adapter une boëte toute femblable
à celle que j'avois reftituée au
Comte. Ce que nous avions prévu arriva.
La propofition du Gouverneur d'Oran
fut approuvée de toute la famille de
Dona Léonor ; & ce que je n'avois ofé
prévoir , mon portrait plut à cette jeune
& altière beauté. Vous préfumez bien
que l'Agent du Comte lui écrivit d'un
ftyle à le clouer plus que jamais à fon
rocher. Mais tandis que ce rival , trom-
B
26 · MERCURE DE FRANCE .
4 pé par cette lettre , regardoit fa démarche
comme infructueufe , j'en recueillois
hardiment les fruits.
Au bout d'un intervalle raiſonnable ,
je me préfente fous le nom du Comte, accompagné
de quelques amis qui approuvoient
& fervoient mon ftratagême.
C'étoit vers le foir , & la cérémonie
ne fut pas même différée jufqu'au matin.
Je motivai cette extrême diligence
de l'abfolue néceffité qui me rappelloit
à mon Gouvernement , du danger qu'il.
y auroit pour moi à être furpris en
Efpagne. Ces raifons étoient plaufibles
, & elles furent goûtées . Nous nous
acheminâmes , fans différer vers le
Port de Cadix , où un Vaiffeau nous
attendoit. Une vieille tante de Dona
Léonor, & qui l'avoit élevée , voulut
s'embarquer avec elle : je ne m'y oppofai
pas , mais je n'y confentis qu'à
regret. Dona Padilla , ( c'eft le nom
de cette tante ) étoit doublement mon
ennemie , & par rapport à la haine héréditaire
dont j'ai déja parlé , & parce
que mon père avoit refufé de mettre
fin à cette haine , en époufant Dona
Padilla forte d'injure qu'une femme
ne peut naturellement oublier , & que
celle- ci avoit toujours préfente. QuoiM
A I. 1763. 27
'qu'il en foit , nous partimes . Le Pilote
avoit le mot , & d'ailleurs , le Détroit
de Gibraltar que nous paffames , acheva
de tranquillifer la vieille tante qui fe
piquoit de connoître la Carte. Elle ne
douta plus que nous n'allaffions en
Afrique. Pour ma nouvelle épouſe ,
elle étoit feule avec moi dans la principale
chambre du Vaiffeau , & elle ne
s'apperçut ni ne s'informa de rien qui
concernât le trajet que nous avions à
faire. Nous continuâmes ainfi à côtoyer
de loin les terres d'Efpagne qu'on
perfuadoit à la vieille être celles d'Afrique
, & nous arrivâmes à Alicant ,
que la tante & la niéce prirent pour
la Ville dont j'étois Gouverneur. Il
étoit prèfque nuit ; circonftance qui
aidoit encore à l'illufion . J'avois , d'ailleurs
, envoyé d'avance mes ordres par
terre. Une voiture lefte & commode
nous attendoit au Port. Je fis traverfer
la Ville à mes deux compagnes de
voyage & les conduifis en toute diligence
à quelques liéues de là dans un
Château qui m'appartient. Je voulois
encore diffimuler , au moins , quelques
jours ; mais les foupçons de l'une & de
l'autre devinrent fi marqués , fi preffans
, qu'il fallut enfin me réfoudre à
1
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
parler net. Je leur déclarai que je n'étois
ni le Comte de C ... S... ni le Gouverneur
d'Oran mais que mon nom valoit ,
pour le moins , celui que j'avois emprunté
; que je pouvois prétendre aux
mêmes emplois que mon rival ; que
ma fortune égaloit la fienne , & qu'à
mon amour l'emportoit
coup für
fur le fien .
Comment reçut - on votre aveu ? interrompit
brufquement l'Hermite François.
On ne peut pas plus mal , répondit
l'Efpagnol. Je le crois reprit fière
Pacôme ( c'eft le nom que s'étoit donné
l'autre Cenobite. ) Et pourquoi , replifrère
Paul , en êtes -vous fi intimement
perfuadé ? C'eſt , ajouta frèrẻ
Pacôme , que j'ai moi -même éffuyé un
pareil aveu , que certainement je l'ai
reçu plus mal encore. Mais pourſuivez
votre récit. Le prétendu frère le continua
en ces termes :
qua
&
Non , je ne puis vous exprimer la
furpriſe où ce difcours jetta & la tante
& la nièce. Jufqu'à ce moment Dona
Léonor m'avoit prodigué les marques
de la plus vive tendreffe. Quelle fut
ma douleur de la voir défapprouver
hautement mon ftratagême ! Je lui
proteſtai qu'il ne m'avoit été dicté que
M A I. 1763. 29
par l'amour, & par l'impoffibilité de
pouvoir l'obtenir autrement ; que j'avois
un rang à lui donner , & que
j'étois prêt à réparer tout ce qui dans
cette affaire pouvoit pécher par la
forme , puifqu'auffi bien il n'y avoit
plus rien à réparer quant au fond. Je
vis le moment où Dona Léonor alloit
oublier fon courroux ; mais la vieille
tante étoit infléxible , & l'afcendant
qu'elle avoit für fa nièce l'emporta fur
celui que je croyois y avoir moi-même.
Je continuai cependant à les traiter avec
tous les égards poffibles. Elles avoient
tout à fouhait , excepté la liberté de
m'échapper , & même celle de faire
fçavoir à leur famille l'efpéce de captivité
où je les retenois. D'un autre côté
leurs parens les croyoient en Afrique ;
mais le Gouverneur d'Oran ne tarda
pas à les détromper. Impatient de ne
recevoir aucunes nouvelles de fon député
, il prit le parti d'en dépêcher un
fecond. Celui- ci le fervit plus fidélement
que l'autre , peut-être parce qu'il
ne trouva pas la même occafion de le
trahir. Le Comte apprit par lui une
partie de ce qui s'étoit paffé & devina
fe refte. Jugez de fa rage & de fa confufion
! Ce qui achevoit de le défeſpé-
B iij
30
'MERCURE DE FRANCE ,
1er étoit de ne pouvoir fans déshonneur
& fans crime s'abfenter de la
Fortereffe qui lui étoit confiée. Il préféra
enfin fa vengeance à fa fortune
demanda un fucceffeur , l'obtint & ſe
rendit fur les lieux pour vérifier le
rapport de fon nouveau confident &
toute la perfidie de l'ancien .
-
Là il apprit tout ce qu'il defiroit &
craignoit d'apprendre . On lui confirma
qu'un prétendu Gouverneur d'Oran
avoit époufé , & par conféquent enlevé
celle qu'il fe propofoit d'épouſer
lui-même. Il lui refloit à fçavoir quel
étoit ce raviffeur , quelle route il avoit
prife , quelle retraite il avoit choifie,
Peut être n'efpéroit - il pas découvrir
fi promptement toutes ces choſes ;
mais le hafard le fervit mieux qu'il ne
l'efpéroit. Un Matelot qui fit avec nous
le trajet de Cadix à Alicante & quit
étoit de Séville , y revint ayant oui
parler du rapt de Dona Léonor, il dit
publiquement avoir aidé à la conduire.
à Alicante . Le Comte , à cette nouvelle
, ne confulte que fa fureur. Il fe rend
par terre & en pofte à Alicante. Le
mier objet qui s'offre à fa vue eft l'Africain
qui l'a trahi. Celui- ci l'ayant
reconnu cherchoit à l'éviter ; mais ce
preM
A I. 1763. 31
•
.
fut en vain. Ta mort eft certaine , lui
dit le Comte en le joignant , fi tu ne
me détailles ton infâme trahifon , & fi
tu ne m'introduis jufques chez ton complice
. L'Africain , demi-mort de frayeur,
me nomma à fon ancien Maître. Le
Comte fut très -furpris de trouver en
moi celui qu'il cherchoit ; mais il n'en
fut que plus irrité. Il perfifta à vouloir
être conduit & introduit chez moi.
J'avoue que mon étonnement & ma
confufion furent extrêmes en le voyant
paroître. Je ne fçavois quel difcours lui
adreffer; il me prévint. Dom Fernand ,
me dit- il , tu vois en moi l'homme du
monde que tu as le plus vivement outragé,
Peut-être te dois- je la vie ; mais
tu viens de me ravir l'honneur : la
compenfation n'eft pas éxacte . J'ai ofé
pénétrer chez toi fans fuite & fans défiance
. J'aurois pu recourir aux voies
toujours lentes , & fouvent peu fûres
de la Juftice ; mais des hommes tels
que nous doivent fe faire juftice euxmêmes.
Choifis fans différer l'inſtant
& le lieu .
Il est trop jufte , lui répondis- je , de
vous donner la fatisfaction que vous
éxigez . C'eft , d'ailleurs , la feule qui
foit en mon pouvoir & en ma volonté.
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
Car vous n'efpérez pas , fans doute ,
que je vous céde jamais Dona Léonor ?
Je vous ai enlevé cet objet que vous
n'aimiez qu'en idée & que j'aimois
réellement. J'ai emprunté votre nom
pour arriver à mon but. Non que j'aie
à rougir du mien & qu'il n'égale peutêtre
l'éclat du vôtre ; mais il s'agiffoit
de tromper une haine injufte & implacable.
J'y ai réuffi par ce moyen.
C'est une rufe qui eft d'ufage à la
guerre & qui eft , au moins , tolérable
en amour. Quoiqu'il en foit , votre
reffentiment eft légitime , & me voilà
prêt à vous fuivre. Je l'exhortai , cependant
, à prendre quelque repos , &
même quelques rafraîchiffemens. Il me
témoigna n'avoir envie que de fe battre.
Je le mis bientôt à même de fe
fatisfaire . Il fortit fans affectation ; je le
fuivis de près ; & à peu de distance de
mon Château , nous commençâmes un
combat des plus animés . Je n'ignorois
point à quel homme j'avois affaire , & il
remplit toute l'idée que j'avois eu de lui .
Je l'avouerai même , je ne combattois
fans remords. Il me bleffa avant
que j'euffe pu lui porter aucune atteinte .
Je redoublai mes éfforts & le bleffai à
mon tour. Deux autres bleffures que
pas
M A I. 1763. 33
2
je lui fis ne purent le réduire à demander
quartier. Mais , enfin , il tomba
affoibli par la perte de fon fang. Je ne
me permis point de défarmer un fi
brave homme ; je m'éloignai en lui
promettant un prompt fecours. Ce fut ,
en effet , mon premier foin. Un de
mes gens qui étoit Chirurgien , voulut
d'abord me panfer. Je m'y oppofai , &
le conduifis , moi - même , auprès du
Comte qui avoit perdu toute connoiffance.
On lui mit le premier appareil
fur le champ de bataille même : après
quoi je le fis tranfporter chez moi le
plus doucement. qu'il fut poffible. Ses
bleffures étoient confidérables ; cependant
le Chirurgien jugea qu'elles pour
roient n'être pas mortelles. Il reprit un
peu fes fens , & je m'éloignai , tant
pour ne point le mortifier par ma préfence
, que pour me faire panfer moimême
.
Revenu entiérement à lui , le Comte
demanda chez qui il étoit. J'avois défendu
qu'on l'en inftruisît. Il reçut pour
réponse qu'il étoit en lieu de paix &
de fûreté ; qu'il n'eût d'autre . inquiétude
que de fe guérir. On . avoit pour
lui les attentions les plus empreffées
& j'avois de mon côté celle de ne point
B.v.
34 MERCURE DE FRANCE .
m'offrir à fa vue . Etonné , cependant ,
de ne voir paroître que des domeſtiques
, il réitéra fes queftions ; & les réponfes
de mes gens étant toujours àpeu
- près les mêmes , il foupçonna ce
qu'on lui cachoit avec tant de foin.
Pourquoi , demanda- t-il encore , pourquoi
celui qui en ufe avec moi fi généreufement
, me croit- il moins généreux
que lui ? Ce difcours m'ayant été
de nouveau tranfmis , je fis dire au
Comte , qu'une bleffure affez confidérable
m'avoit jufqu'alors contraint de
garder la chambre ; mais que j'efpérois
aller bientôt m'informer en perfonne de
fa propre fituation . Cette réponſe parut
le fatisfaire .
Il est temps de revenir à Dona Léonor.
Elle & fa vieille tante habitoient
toujours mon Château ; mais la partie:
qu'elles occupoient n'avoit nulle communication
avec le refte . Il eût été plus.
éffentiel pour moi d'interrompre toute
communication entr'elles. Mes complaifances
euffent pù adoucir Dona
Léonor , que les confeils de fa tante aigriffoient
de plus en plus contre moi .
Une jeune perfonne excufe toujours
affez facilement les fautes que l'amour
fait commettre ; mais il n'eft aucun âge
MA I. 1763. 31
où une femme puiffe oublier une injure
qui part du mépris ou de l'indifférence
auffi Dona Padilla eût - elle
voulu fe venger de celle de feu mon
père fur toute fa poftérite.
Dona Padilla & fa niéce avoient vu
des fenêtres de leur pavillon , ce qui
s'étoit paffé durant & après mon combat
contre Dom Tellez. Elles ignoroient
le nom de mon Adverfaire , & je n'avois
pas moi-même fait réflexion qu'elles
.pouvoient nous appercevoir dans
ce moment. Je fuis für que les voeux de
Dona Padilla furent tous contre moi ;
& ce qui m'afflige beaucoup plus , j'ignore
fi fa niéce ne fut pas fur ce point
d'accord avec elle. Au furplus , ce com
bat étoit une énigme pour l'une & pour
l'autre . Ce fut apparemment pour la développer
, ou du moins , pour vérifier
leurs foupçons à cet égard , que Donar
Padilla me fit demander un entretien.
Elle ignoroit que je fuffe bleffé. Je ne
Pen fis pas inftruire. On lui dit feulement
de ma part , qu'une incommodité fubite
m'empêchoit de me rendre auprès
d'elle. A cela près , je lui laiffois la liberté.
de prévenir ma vifite ; & , en effet , elle
la prévint. Je n'appercus ni fur fon front,
ni dans fes difcours , aucune marque.de
B.vj
36 MERCURE DE FRANCE.
haine. Elle diffimula au point que je
crus que le temps & fes propres ré--
flexions l'avoient entiérement changée .
J'avoue , me difoit elle , du ton le plus
véridique , j'avoue que certaine prévention
héréditaire m'anima contre vous
dès l'inftant où vous vous fites connoître .
Mais enfin j'ai fenti que cette prévention
étoit injufte , & que d'ailleurs ce
malheur fuppofé étoit fans reméde. J'eſ
pére avec le temps perfuader la même
chofe à ma niéce , qui me voyant changée
à votre égard , imitera bien volontiers
mon exemple.
Il fuffit d'aimer pour être crédule. Je ne
foupçonnai aucun artifice dans ce difcours.
Je jurai à Dona Padilla une reconnoiffance
, un dévouement éternel.
Je voulois , malgré l'état d'épuisement
où je me trouvois , je voulois , dis-je
aller trouver fa niéce & lui renouveller
Poffre de tout réparer , offre tant de
fois renouvellée en vain. Mais Dona Padilla
s'oppofa à cette démarche , me
promit d'applanir toutes les difficultés ,
& me laiffa ivre d'efpérance & de joie.
Le jour fuivant y mit le comble . Js
vis la tante & la niéce entrer dans ma
chambre ; je crus voir , dans les yeux de
cette dernière, plus que l'autre ne m'avoi
M. A. & 1763. 37
promis. Dès- lors elles jouirent d'une
liberté entière , de même que leur fuite.
Il est vrai que l'évafion d'un de leurs
domeſtiques me donna quelque inquiétude
; mais la franchiſe apparente de
l'une & de l'autre me raffura. Je portai
la confiance jufqu'à leur apprendre que
L'adverfaire avec qui elles m'avoient
vu aux prifes , étoit le Comte lui -même ;
qu'il étoit dans mon Château , & qu'il
leur feroit libre au premier jour de lui
parler. La crainte,d'occafionner à celuici
quelque révolution fâcheufe , m'empêchafeule
d'avancer le moment de cette
entrevue. Il convenoit , d'ailleurs , que
j'euffe d'abord avec lui un entretien par
ticulier. Lui-même defiroit me voir , &
je me rendis à fon invitation . Il m'adref
fa la parole auffitôt qu'il m'apperçut.
Marquis , me dit-il , il ne peut plus y
avoir de rivalité entre nous . Votre bras
m'a vaincu ; vos procédés me défarment
; jouiffez en paix du tréfor que
vous fçavez fi bien défendre. Braye.Comte
, lui répondis -je , un homme tel que
vous , n'a de fu érieurs ni en courage ,
ni en générofité. Il me demanda , s'il
ne lui feroit pas permis d'envifager , au
moins une fois , Dona Léonor. J'y confentis
fur le champ , perfuadé que tou
38 MERCURE DE FRANCE.
"
tes fes anciennes prétentions fur elle ne
pouvoient plus décemment exifter. Je
fçavois , d'ailleurs , que Dona Padilla
defiroit cette entrevue autant que luimême.
Auffi ne fe fit-elle point trop attendre.
Elle vint accompagnée de fa
niéce.
C'étoit quelque chofe d'affez nouveau
qu'une pareille fituation : j'examinai
en filence & le Comte & Dona
Léonor. Elle a tant de charmes que je
ne fus pas furpris de voir mon ancien
rival tout prêt à le redevenir. Il perdit
& la parole & toute contenance en la
voyant. Pour elle je n'apperçus prèsqu'aucune
altération fur fon vifage , &
cette extrême tranquillité rappella toute
la mienne.
Je l'avoue , il n'échappa à Dom Tellez
aucun difcours qui annoncât ni defir ,
ni efpérance de fa part. I y auroit eu
de la barbarie à exiger qu'il étouffat jufqu'aux
regrets . Il eut même la force de
n'en témoigner qu'autant que la politeffe
fembloit le lui préfcrire ; mais il fut moins
réfervé dans l'entretien que nous eumes
tête-à-tête. Il m'avoua qu'il feroit audeffus
de fes forces de me la céder fi
el'e pouvoit encore faire l'objet d'une
difpute. Avouez en même - temps , lui
MA I. 1763. 39
dis-je , qu'il a pû être au-deffus des miennes
de me la laiffer ravir , pouvant me
l'affurer ? Le Comte me fit un autre
aveu que je n'attendois pas . Il me dit ,
qu'en lui enlevant Dona Léonor , je lui
épargnois un parjure ; qu'il étoit fécrettement
lié en France , & que cet évenement
joint à fes remords , l'alloit rendre
à fes premières chaînes. En attendant
, il s'offrit d'être médiateur auprès
de la niéce & de la tante. Ce fut lui qui
m'inftruifit que la première feroit bientôt
appaifée , fi la feconde pouvoit l'être .
Je le conjurai de redoubler fes efforts
auprès d'elle. Ses bleffures étoient àpeu-
près guéries , & fon zéle pour mes
intérêts fembloit s'accroitre à chaque
inftant. Mais la haine de Dona Padilla
étoit toujours la même.
Retiré unjour au fond de mon cabinet
, j'y étois abîmé dans une rêverie
mélancolique & profonde . Elle fut brufquement
interrompue par le Comte.
Âmi , me dit-il d'un ton vif& pénétré ,
vous être trahi , vous êtes vendu . Une
nombreuſe troupe d'Alguafils affiége le
Château , & leur Chef demande à vous
parler de la part du Roi . C'eft un trait de
la vengeance de Dona Padilla : mais
décidez promptement ce qu'il faut faire .
40 MERCURE DE FRANCE.
Faut- il réfifter ? me voilà prêt à verfer
tout mon fang pour vous.
Courageux ami , lui répondis -je , vor
tre générofité vous perdroit fans me
fauver. Il nous fiéroit mal de réfifter
aux ordres d'un Roi que nous avons
fi bien fervi . Gardez- vous , reprit- il avec
vivacité , gardez-vous bien d'obéir entiérement
: vous êtes perdu fi on vous
arrête. Eh que puis -je donc faire ? ajou
tai- je. Vous déguifer & difparoître ,
pourſuivit-il : je vais vous en donner les
moyens ; je vais me livrer à votre place
& fous votre nom . Je ne fuis pas plus
connu de cette vile troupe que vousmême
. Il fera facile de lui faire prendre
le change . Il vous fera également aifé
d'être inftruit de ce qui fe paffe . J'efpére
que le temps & mes foins accommoderont
toutes choſes .
Ce confeil me donna à rêver ; mais
l'inftant d'après je rougis de mes foupçons
; d'ailleurs , confidérant qu'il ne
pouvoit y avoir aucun rifque pour le
Comte , & qu'à tout événement , je
pourrois toujours venir le dégager , je
confentis à ce qu'il- éxigeoit.
Dona Padilla , qui fans doute craignoit
mon reffentiment , s'étoit renfermée
dans fon pavillon avec fa niéce.
M.A.F. 1763. 41
Elle aidoit par là , à notre ftratagême.
Auffi eut-il un plein fuccès. On conduifit
le Comte à la Ville Capitale de
Murcie. I refta feulement chez moi
jufqu'à nouvel ordre , quelques : Alguafils
, canaille qu'avec le fecours de mes
gens , il m'eût été facile d'exterminer ;
mais je n'en avois aucune idée pour le
moment . J'étois bien éloigné de fonger
à compromettre Dom Tellez plus qu'il
n'avoit voulu l'être . Couvert d'habits
fimples , après avoir donné mes ordres
à mes principaux. domeftiques , j'allois
abandonner ma maifon à mon ennemie
& à fes fatellites ; jallois m'éloigner ,
même fans chercher à voir Dona Léonor
: le hazard vint l'offrir à mes yeux.
Je la rencontrai noyée dans fes larmes
& dans l'agitation la plus vive . Quand
même elle ne m'eût pas reconnu , je
n'aurois pu m'empêcher de me faire
connoître à elle , je n'en n'eus pas befoin.
Qui êtes-vous , me dit- elle avec une exclamation
involontaire & qui auroit pû
s'attribuer à la joie ; par quel prodige
êtes-vous encore ici ? Je n'y ferai pas
long-temps , lui repliquai - je , vous me
voyez prêt à m'éxiler de ma propre demeure
vos voeux & ceux de votre tante
barbare feront bientôt , remplis. Dona
42. MERCURE DE FRANCE.
Léonor ne répondit rien , mais fes lar
mes continuoient à couler. Hé bien ,
ajoutai-je , s'il eft vrai que vous ne foyez
pas mon ennemie , fuyons enſemble ;
tout éxil , tout climat me fera doux , fi
vous l'habitez avec moi. Non , repritelle
en fanglottant , non , une telle démarche
ne m'eft ni permiſe , ni poffible.
Un Cloître auftère va enfevelir ma
honte & tout efpoir de réunion avec
vous.... A ces mots , elle s'évanouit.
J'étois hors de moi-même . J'appellai
quelques domeftiques. Ils accoururent
& avec eux l'implacable vieille. Elle
me reconnut ; elle frémit & reprocha
à trois Alguafils qui fe trouvoient là ,
d'avoir manqué leur proye ; ajoutant ,
avec des cris furieux , que j'étois Dom
Fernand. Cet excès d'audace mit le
comble à ma fureur. J'allois immoler
cette mégère ; un refte d'orgueil me
retint ; mais rien ne put m'empêcher de
fondre avec rage fur les fatellites qui.
me crioient de merendre . Un de ces miférables
tomba à mes pieds percé de
coups ; les deux autres firent feu en
s'éloignant. Ils me manquerent ; mais
en revanche , une des deux balles alla
caffer le bras droit à la barbare Padilla.
Mes domeftiques accoururent en
MA I. 1763. 43
armes. Les Archers ne fe trouvant pas
les plus forts , & éffrayés de ce qu'ils .
venoient de faire , fe virent eux - mêmes
obligés de fe rendre .
J'ordonnai des fecours à ma cruelle
ennemie. Son accident jettoit fa nièce
dans une défolation trop grande pour
qu'il fut poffible de lui parler d'autre
chofe. La nuit avançoit , & j'avois
mille raifons d'en profiter pour mon
départ. Ainfi je m'éloignai accompagné
d'un feul domeftique. Chemin faiſant
je réfléchis que l'affaire étoit devenue.
plus grave ; qu'il pourroit y avoir quelque
danger pour Dom Tellez. Je ne ba-
Jançai pas ; je m'acheminai vers le lieu
de fa détention , réfolu de me ſubſtituer
à fa place. Il jouiffoit d'un affez grande
liberté , & j'eus celle de lui parler têteà-
tête. Mon arrivée lui caufa autant de
furprife que d'inquiétude ; mais je prévins
les queftions qu'il alloit me faire..
Ami , lui dis -je , c'eft trop vous compromettre
& vous expofer : les circonf
tances ne font plus les mêmes & je dois.
feul en courir les rifques . Alors je l'inſtruifis
de ce qui s'étoit paffé depuis
l'infant de fon départ. Et c'eft pour
cela , reprit-il vivement , que vous deez
plus que jamais vous éloigner . Les
44 MERCURE DE FRANCE .
rifques feront toujours beaucoup plus
grands pour vous que pour moi . La
mort de l'Alguafil & l'arrêt des autres
ne font rien . En vain lui oppofai - je les
raifons les plus preffantes. Il ne les approuva
pas plus que les premières ; &
malgré toute ma répugnance , il me
fallut moi-même céder aux fiennes.
Mes larmes coulerent en embraffant
ce généreux ami . J'érrai quelque temps
d'un lieu à l'autre , toujours déguiſé &
toujours méconnu . Un émiffaire fidéle
m'inftruifoit de tout ce qu'il m'importoit
de fçavoir. J'appris qu'une troupe
nombreuſe d'Aguafils avoit de nouveau
reparu chez moi ; que Dona Padilla ,
prefque guérie de fa bleffure , ne pour
fuivoit que moi feul & non ceux qui
l'avoient bleffée ; que mes gens étoient
à- peu-près efclaves dans mon Château ;
& que mon ennemie y commandoit
en maîtreffe. Le Comte lui-même s'eft
vu pris à partie par Dona Padilla &
par fes frères. Il a eu recours au Roi
qui s'eft réfervé la décifion de ce procès
bifarre. Mais vous fçavez l'efpéce
de maladie dont ce Monarque eſt attaqué
depuis plufieurs mois. Il ne peut
ni donner aucune audiance , ni s'occuper
d'aucune affaire ; & , cependant le
M A I. 1763. 45
Comte eft toujours prifonnier ; Dona
Padilla toujours implacable , Dona
Léonor toujours ingrate , & moi tou
jours fugitif. Enfin , las d'érrer de Province
en Province , j'ai choifi ces montagnes
pour afyle & cet habit pour
dernier déguisement. J'en ai fecrettement
fait inftruire mon généreux rival ,
& je n'apprends pas que rien en ait
encore inftruit mes perfécuteurs. Mais
avouez , ajouta l'Efpagnol , qu'il en
faut fouvent moins pour fe faire Hermite
, & que de plus foibles difgraces
Vous retiennent enfeveli dans cette
Grotte ?
C'eft précisément ce que je n'avouerai
pas , reprit l'Hermite François. Mon
récit , il est vrai , fera plus court que
le vôtre & moins rempli d'héroïſme ;
mais vous allez voir fi j'ai eu de bonnes
raifons pour fuir le monde , les
hommes du bon ton & , fur- tout , les
femmes , quelque ton qu'elles puffent
prendre.
Comme il achevoit ces mots , fon
jeune compagnon entra pour quelque
motifindifférent. Il parut l'inftant d'après
vouloir fe retirer. Non , lui dit
frère Pacóme , demeurez avec nous.
Le récit que je vais commencer pourra
46 MERCURE DE FRANCE.
vous être utile. On s'épargne bien des
fottifes quand on fait une mûre attention
à celles d'autrui . Le jeune Solitaire
obéit en rougiffant ; & fon Patron
pourfuivit en ces termes.
Mon nom eft le Comte D ..... à
peixe forti du Collége où j'avois perdu
huit à dix ans , j'allai en perdre àpeu-
près autant a fréquenter la Cour ,
les cercles , & à tromper les femmes.
Elles ne tarderent pas à prendre leur
revanche .
J'étois fort lié avec le jeune Marquis
de P .... Nous avions l'un & l'autre la
même conduite , les mêmes penchans ,
les mêmes fociétés , les mêmes travers .
Le hafard voulut encore que nous
donnaffions dans la même intrigue , &
bientôt après dans le même piége .
Doricourt , c'eft le nom que je donné
au Marquis , me procura entrée chez
Belife , veuve encore affez jeune pour
avoir des prétentions ; mais qui les portoit
un peu trop loin . Je lui plus fans
le vouloir , & juftement lorfque Doricourt
ne vouloit plus lui plaire. De fon
côté elle ne vouloit rien perdre ; elle
prétendoit garder fes anciens captifs &
en faire de nouveaux . Nous nous concertâmes
Doricourt & moi pour la tromM
A I. 1763. 47
per & nous y réuffimes. Elle nous
croyoit rivaux & non confidens l'un de
l'autre . Mais le hafard vint la tirer d'erreur.
On l'inftruifit de nos démarches
publiques & fecrettes . Elle vit , fans
en pouvoir douter , que de deux amans
qu'elle croyoit avoir, il ne lui en reftoit
pas même un. Jugez de fon dépit ! Elle
diffimula cependant ; chofe affez rare
dans une femme irritée , & qu'irrite un
outrage de cette eſpéce.
La forte de vengeance qu'elle imagina
fut auffi bitarre qu'exactement remplie.
Jufques-là le jeune Solitaire qu'on.
avoit contraint d'écouter ce récit , avoit
laiffé entrevoir beaucoup d'émotion ;
mais elle redoubla à ces derniers mots.
Il vouloit fortir un nouvel ordre de
fon Mentor l'obligea de refter. Voici
comme l'Hermite Comte , pourſuivit
fon difcours.
Belife avoit deux Niéces qu'elle faifoit
élever dans deux couvents féparés.
Elles étoient feules , & n'avoient que
quatorze à quinze ans. Des Niéces de
cette figure & de cet âge déplaiſent toujours
à une Tante qui a l'ambition de
plaire ; & Belife les tenoit féqueftrées ,
moins pour les empêcher de voir que
d'être vues. Telle étoit , du moins , fa
18 MERCURE DE FRANCE.
premiere intention . Nous contribuâmes
à la faire changer. Belife réfolut de faire
fervir la beauté de fes Niéces à fa
vengeance. Quiconque ne fçauroit pas.
jufqu'où une femme peut la porter ,
douteroit à coup fùr du ftratagême que
celle - ci mit en ufage. Elle commença
par exciter entre nous quelque réfroidiffement
; après quoi elle nous parla
à chacun en particulier , d'une Niéce
qu'elle faifoit élever dans tel couvent.
Elle avoit fes raifons pour ne nous parler
que d'une Niéce & non de deux. Je
fus le premier qu'elle pria de l'accompagner
dans une vifite qu'elle fit à l'une
d'entr'elles , c'eft a dire à celles que.
Belife vouloit me faire connoître . Elle
defiroit que j'en devînffe épris ; & dès
cette premiere vifite , elle dut s'appercevoir
que j'en étois plus que frappé.
Ces fortes de vifites fe multiplioient.
Cependant je crus voir que la jeune
perfonne ne les trouvoit point trop fréquentes.
Belife ne me gênoit en rien làdeffus
. Elle éxigeoit feulement que j'en
fiffe mystère à Doricourt : difcrétion
qui me coûtoit peu. Il fuffit d'aimer
pour fçavoir fe taire à propos ; & j'aimois
déja trop , pour ne pas redouter un
rival. Ce qu'il y a de plus particulier
- -
dans
MA I. 1763. 49
dans cette avanture , c'eft que Doricourt
ufoit de la même circonfpection envers
moi , & croyoit avoir les mêmes raiſons
d'en ufer ainfi . Belife l'avoit introduit
auprès de fon autre niéce, en fe gardant
bien de lui parler de la premiere. D'ailleurs
, la feconde avoit affez de charmes
pour qu'on ne s'informât point fi elle
avoit une foeur. Elle plut à Doricourt ,
& ce qui prouve beaucoup plus , furtout
dans un petit -maître , elle lui ôta
toute envie de plaire à d'autres , toute
envie de publier qu'il lui plaifoit. Nous
nous félicitions chacun à part & de notre
découverte , & de notre prudence .
Nous crûmes , furtout , l'avoir portée
fort loin un jour que le hazard nous réunit
en particulier , Doricourt & moi.
Eh bien , Comte , me dit- il , où en
es-tu avec Belife ? C'eſt à moi , répondis-
je , à te faire cette queftion ; vous
êtes trop fouvent enfemble pour qu'on
puiffe vous y croire mal . Ma foi , mon
cher , reprit - il d'un ton à demi ironique
, je trouve à cette femme des reffources
prodigieufes dans l'efprit. J'ai
tant vu d'Agnès m'ennuyer , que j'en
reviens à l'expérimentée Belife.C'eft bien
penfé , repliquai-je à-peu-près fur le
même ton ; j'ai moi - même quelques
}
C
50 MERCURE DE FRANCE .
vues fur fon expérience. Ainfi notre rivalité
ne fera bientôt plus un jeu . Soit ,
ajouta Doricourt ; il faut en courir les
rifques. Nous joignimes à ce perfifflage
beaucoup d'autres propos équivalens ; &
nous nous quittâmes fort contens de
nous-mêmes & très- difpofés à nous
divertir aux dépens l'un de l'autre .
>
Celle qui réellement fe jouoit de nous
deux alloit à fon but fans s'arrêter. Elle
vit que nous étions trop vivement épris
pour n'être
pas facilement trompés. Elle
eut de plus recours à l'artifice pour nous
faire courir au piége qu'elle nous tendoit.
Ce fut encore à moi qu'elle s'adreffa
d'abord. Ma niéce, me dit- elle un jour,
fe difpofe à partir pour l'Espagne ..
Pour l'Espagne ! m'écriai-je , avec une
furpriſe douloureufe ! oui , répondit- elle
avec un fang froid étudié ; ce Royaume
fut la patrie de fon père qui n'eft plus ;
fa mère elle-même eft morte au monde,
& m'a laiffé un abfolu pouvoir fur la
deftinée de fa fille. Je l'interrompis encore
par de nouvelles queftions , & elle
entra dans de plus grands détails ; mais
je dois vous les épargner. Il vous fuffira
d'apprendre en bref que le père de Lucile
, Efpagnol de naiffance , avoit ſéjourné
quelque temps à Paris ; qu'il y
époufa fecrettement la foeur de Belife ;
MA I. 1763 . 51
qu'obligé de quitter fubitement la France
avant que d'avoir pu faire approuver
fon mariage à fa famille , il ne put
emmener avec lui ni fon épouse , ni
une fille qu'il en avoit eue & qu'on faifoit
élever fecrettement ; qu'au bout de
quelque temps on apprit la nouvelle de
fa mort; que fa veuve ne fe croyant
plus à temps de déclarer fon mariage ,
avoit cru devoir renoncer au monde &
s'étoit enfermée dans un cloître . Tel
fut en gros le récit de Belife. Il étoit
fincére , excepté qu'au lieu d'une fille ,
fa foeur avoit donné le jour à deux.
Elle ajouta que la famille de feu fon
beau-frère , inftruite de l'éxiſtence de
Lucile & touchée de fon état , ſe diſpofoit
volontairement à la reconnoître ;
mais qu'elle éxigeoit que Lucile paſſât
en Espagne , d'où jamais , fans doute
elle ne reviendroit en France .
" Je frémis à ce difcours ; je me jettai
aux pieds de Belife & lui fis l'aveu de
ce que je reffentois pour fa charmante
niéce. Elle en parut furprife , & encore
plus fatisfaite. J'augurai bien de cette
joie , parce que j'en ignorois la vraie
caufe. Il eft fâcheux , me dit- elle , que
vous ayez tant tardé à vous expliquer ;
j'aurois pu faire pour vous il y a quel-
Cij
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
ques jours , ce qui n'eft plus en mon
pouvoir actuellement. Eh , pourquoi ?
lui demandai - je avec vivacité. Parce
que l'Ambaffadeur d'Efpagne , preffe
le départ de ma niéce ..... Et depuis
quand ? . Depuis hier . Ah ! reprisje
avec tranfport , fouffrez que j'épouse
Lucile dès aujourd'hui. Doucement ,
doucement , repliqua Belife en fouriant ;
ces mariages impromptus font pour
l'ordinaire peu folides ; & d'ailleurs
que diront nos Efpagnols ? Mon nom ,
ajoutai-je , eft d'un ordre à figurer
côté des plus grands noms d'Espagne ;
ma fortune eft au-deffus de la médiocre
; la destinée de votre niéce dépend
encore de vous : daignez combler le
bonheur de la mienne. Il faut donc ,
reprit-elle , fans négliger les précautions ,
ufer de diligence , afin que je puiffe
fuppofer avoir été prévenue trop tard.
C'étoit foufcrire à ma demande , & je
ne m'occupai plus que du bonheur
dont j'allois jouir.
Durant ce temps Belife employoit
auprès de Doricourt les mêmes artifices
& avec le même fuccès. Il eut auffi peu
de défiance & autant d'empreffement
que moi - même ; & trois jours après
toutes les difficultés furent applanies ,
M A I. 1763. 53
tous les arrangemens préliminaires éffectués.
Belife employa cet intervalle à
préparer la fcène cruelle & bifarre qu'elle
vouloit nous faire éffuyer. Sans faire
part de fes vues à perfonne , pas même
à fes niéces , elle les fit troquer de demeure
, c'est-à-dire , qu'elle transféra
J'une à la place de l'autre. Il y avoit
entr'elles cette reffemblance de famille
affez ordinaire , & cette égalité de charmes
affez rare entre foeurs. Circonftance
qui aida encore au ftratagême de leur
tante. Cette perfide avoit eu foin de
nous perſuader , & toujours chacun à
part , que ce mariage devoit être fait
à bas bruit & prèſqu'à la dérobée. Le
mien fe fit à une heure du matin , &
celui du Marquis à deux . Notre impa
tience feconda les vues de la perfide
Belife ; & j'étois déja l'époux de la foeur
de Lucile , que je croyois encore l'être
de Lucile même. Certains difcours que
me tint ma nouvelle époufe , me parurent
cependant incompréhensibles . J'avois
moi- même quelques idées que je
ne concevois pas. l'inftant de les éclaircir
approchoit . Nous nous rendîmes à
l'appartement de Relife . Comment vous
exprimer mon étonnement ! Le premier
objet qui me frappa fut Lucile
Ciij
54 MERCURE DE FRANCE.
aflife à côté du Marquis. Il ne fut pas
moins étonné de reconnoître Sophie
dans celle que je conduifois par la main.
Un cri perçant nous échappe à tous
deux à la fois. Sophie & Lucile en jettent
un femblable & s'évanouiffent. Je
cours à Lucile & le Marquis à Sophie.
Elles reprennent enfin connoiffance ,
mais ce fut pour paroître encore plus
agitées. Une fombre horreur nous pénétroit
tous , & nous ôtoit la force d'entrer
en explication . Pour y mettre le
comble , Belife entre avec un air mo
queur & fatisfait. Elle prévint nos juftes
reproches. Enfin , je fuis vengée , s'écria
cette femme abominable ; je fuis
vengée & vous êtes punis : j'ai fait de
vous un éxemple digne de corriger tous
vos femblables des vaines tracafferies
& de la fatuité. Vous m'avez. fçu jouer ;
& j'ai pris ma revanche . Puiffiez -vous
fentir tout le ridicule de votre fituation !
Peu s'en fallut que je ne cédaffe à
l'impétuofité de ma fureur. Il en eût
coûté la vie à celle qui la provoquoit
avec tant d'audace . Le Marquis reſtoit
pétrifié : Sophie & Lucile fondoient en
larmes. Leur cruelle tante reprit ainfi
la parole. Ces deux jeunes victimes de
ma vengeance n'en font point les comMA
I. 1763. 55
plices. Leur naiffance eft telle que je
vous l'ai fait connoître ; mes biens feront
même un jour pour elles. Croyezmoi
donc l'un & l'autre ; fubiffez paifiblement
votre deftinée. Elle ne peut
longtemps être à charge à des hommes:
de votre caractère. Je vous épargne le
ridicule d'aimer vos femmes.
Je frémiffois de voir cette perfide
jouer à l'épigramme dans un pareil moment.
Doricourt y repliqua par quelques
traits fanglans ; il m'en échappa quelques-
uns à moi - même ; mais bientôt
j'eus regret de m'avilir ainfi : c'étoit
d'ailleurs un mal fans reméde . Ce qui
acheva de m'adoucir un peu fut de voir
Sophie à mes pieds me conjurer avec.
fanglots , avec larmes , de ne point la
livrer à l'opprobre & au défefpoir . Une
jeune Beauté a bien du pouvoir quand
elle pleure & s'humilie jufqu'à ce point.
J'étois ému , attendri : je jettai involonrairement
les yeux fur Lucile & je la
vis dans la même fituation que Sophie ;
je la vis aux pieds de Doricourt . Quel
affreux coup d'oeil ! & que devins -je à
cet afpect ! Doricourt parut lui - même
frémir de voir Sophie à mes pieds ; &
fans doute Sophie , & fans doute Lucile ,
éprouvoient en elles-mêmes des mou-
C iv
56 MERCURE DE FRANCE.
vemens tous femblables , des combats
non moins horribles. Je tire le rideau
fur une fituation trop difficile à peindre.
Nous relevâmes les deux fuppliantes ;
après quoi je fortis & Sophie me fuivit ,
plutôt que je ne l'emmenai . Il en fut
de même de Lucile à l'égard du Marquis.
Un mois s'écoula , durant lequel
nous nous vîmes affez peu , & toujours
avec les mêmes regrets. Je dois cependant
l'avouer , Sophie me parut céder
affez facilement à la néceffité. Je n'ai
rien remarqué de fa part qu'il foit poffible
d'attribuer à aucune répugnance
pour moi. Bientôt même je crus y
voir un attachement réel ; mais l'image
de Lucile m'étoit toujours préfente. Je
réfolus de quitter les lieux qu'elle habitoit
; je partis avec Sophie pour une de
mes Terres fituée en Languedoc. J'y
appris au bout de quelques mois que
Lucile avoit fuccombé à fa langueur ,
& que Doricourt devenu veuf , oublioit
qu'il eût jamais été époux. Pour
moi , ne pouvant pas plus m'accoutumer
à l'être en Province qu'à Paris , &
la Paix ne me fourniffant aucun objet
de diftraction , je pris le parti d'abandonner
furtivement ma Terre & de
venir habiter ces lieux éfcarpés . Je
M A I. 1763. 57
n'inftruifis perfonne de mon deffein &
Sophie moins encore que tout autre.
Je me bornai à lui laiffer par écrit certaiá
nes régles de conduite , avec un pouvoir
abfolu de diriger tous mes biens
à fa volonté. J'ignore l'ufage qu'elle
fait & de ce pouvoir & de mes confeils
& de la liberté que je lui laiffe . Je
l'eftime & la plains. C'est tout ce que
mon coeur peut faire de plus pour elle ,
& certainement ce n'eft pas affez .
En parlant ainfi , le faux Hermite
s'apperçut que le jeune frère qu'il avoit
contraint de l'écouter , fondoit endarmes
& fembloit prêt à s'évanouir. Comment
donc lui dit-il , je ne croyois
pas avoir fait un narré fi pathétique .
Mais lui- même perdit toute contenance
en examinant le jeune Solitaire de plus
près. Que vois-je s'écria-t-il , eſt- ce
vous , infortunée Sophie ? Vous que je
fuis , que j'abandonne & qui venez me
chercher jufques dans cette folitude ?
Sophie ( car en effet c'étoit elle ) tomba
à fes pieds pour toute réponſe. Elle
voulut parler ; fes foupirs & fes fanglots
lui couperent la voix. Le Comte la releva
en l'embraffant , & laiffa lui-même
échapper quelques larmes. L'admiration
, la pitié , peut- être auffi un com-
Cy
58 MERCURE DE FRANCE,
mencement de tendreffe , pénétroient
& agitoient fon âme. Il demanda à
Sophie comment elle avoit pu découvrir
le lieu de fa retraite ? Ce n'a été
reprit- elle , qu'après les recherches les
plus conftantes & les plus pénibles..
Quelqu'un que le hafard avoit inftruit
de votre métamorphofe , me fit part
de fa découverte , & j'en profitai fur le
champp ....... Que vous êtes heureux !
dit alors l'Hermite Efpagnol à fon
confrère , & que je ferois heureux moimême
fi l'ingrate Léonor vouloit imiter
l'aimable & rendre Sophie !
A l'inftant même il apperçoit plufieurs
perfonnes qui dirigeoient leurs pas vers
la folitude efcarpée. Il y avoit parmi
cette troupe quelques femmes voilées ,
& l'une d'entr'elles étoit conduite par
le Comte de C ... S ... Que vois -je ? dit
alors le Marquis d'Ol .... ah puiffent mes
foupçons fe vérifier ! En parlant ainfi
lui-même s'avançoit vers le Comte ,
qui eut peine à le reconnoître fous fon
déguisement. Quittez , lui dit ce dernier
, en l'embraffant , quittez ce ridicule
attirail. Vos périls & vos malheurs fontpaffés.
Le Roi vous rend fa bienveil
lance , Dona Léonor fa tendreffe , &
ce qui vous étonnera beaucoup plus ,
MA I. 1763 . 59
Dona Padilla met fin à fa haine....
Ciel s'écria le faux Hermite , un fi
heureux changement eft il poffible ?
En croirai-je votre récit ?... Croyez- en
Dona Léonor même , dit cette belle Efpagnole
en fe dévoilant , & mouillant
de fes larmes une des mains que fon
époux lui préfentoit ; croyez qu'en me
déclarant votre ennemie , j'ai toujours
fait une horrible violence à mon coeur.
..
à
La joie du Marquis étoit à ſon com--
ble. On entra dans la cabane de l'Hermite
François , que l'Espagnol fit d'a
bord connoître pour ce qu'il étoit réellement.
Que ne vous dois-je point
mon cher Comte , difoit le Marquis
fon ancien rival ! votre générofité ne
s'eft point démentie : elle feule pouvoit
me tirer du précipice où m'avoit jetté
mon imprudence. J'ai fait ce que j'ai
pû , reprit le Comte ; votre bonne for .
tune a fait le refte. Le Roi , informé
par moi-même de toute l'avanture , l'a
trouvée des plus fingulières: Les Loix
étoient contre vous ; mais il m'a laiffe
juge des Loix. Vous voyez que la décifion
n'a pû que vous être favorable.
C'eût été cependant peu de chofe en
core , fi Dona Padilla & fa charmante
niéce cuffent perfifté à vous être con
7
"
G vj
60 MERCURE DE FRANCE.
traires. Les larmes de Dona Léonor ont
fléchi cette parénte fi long - temps infléxible.
Vous n'avez plus d'ennemis
& vous retrouvez une épouſe qui vous
aime. Pour moi , ajouta le Comte en
foupirant , je vais paffer en France où
j'euffe pû jouir autrefois d'un pareil
avantage ; mais je n'oſe ni ne dois l'efpérer
déformais. Une abfence de dix
ans , un abandon de ma part auffi entier
qu'inéxcufable , le honteux projet
de manquer à ma foi jurée & reçue ,
en voilà plus qu'il ne faut pour m'avoir
banni du coeur de la tendre Orphife.
Ce nom fit jetter à Sophie un cri perçant
& qui étonna toute l'affemblée.
Depuis l'inftant de l'arrivée du Comte
de C... S... , cette jeune Françoiſe toujours
travestie , n'avoit ceffé de l'envifager
avec une attention mêlée de faififfement
; mais au nom d'Orphife , tous
fes doutes parurent éclaircis. Elle vint
toute en larmes embraffer les genoux du
Comte. Eft- ce vous Dom Tellez ? lui
dit- elle en fanglotant , eſt-ce vous , mon
père ! ah ! la nature me parle trop vivement
pour vouloir me tromper . Dix
ans d'abſence n'ont pû effacer vos traits
de mon fouvenir ; ils me font toujours
préfens , malgré l'âge tendre où je reçus
MA I. 1763.
61
vos adieux paternels. Daignez vousmême
reconnoître une de vos filles , l'infortunée
Sophie.
Il feroit difficile. d'exprimer tout ce
qui fe paffoit alors dans l'âme du Comte.
Quoi ? vous ma fille ! s'écrioit- il en la
relevant & la preffant avec tendreffe ;
vous dans ces lieux , & fous cet extérieur
! Que fignifie cette étrange métamorphofe
?
On lui en expliqua le motif en peu
de mots. L'époux de Sophie , à qui elle
devenoit plus chère d'un inftant à l'autre
, apprit à ſon Beau - père ( car en effet
c'étoit lui ) qu'avant même fon arrivée ,
leur départ de cette folitude étoit réfolu ,
leur réunion décidée . Et Orphife , s'écria
de nouveau le Comte de C.... S .....
Orphife eft- elle encore en état , ou dans
le deffein de me pardonner ? Son Gendre
lui répond qu'Orphife éxifte encore ,
& éxifte pour lui ; mais que depuis fon
départ , elle s'eft entiérement derobée
au monde. Ce difcours ne fit qu'accroî
tre le defir qu'avoit fon époux de fe
réunir à elle ; & comme chacun dans
cette affemblée avoit fes motifs d'impatience
, on fe hâta réciproquement d'abandonner
le double Hermitage. Les
deux Hermites ne fe quitterent qu'avec
62 MERCURE DE FRANCE.
de vifs regrets , & beaucoup de promef
fes de franchir fouvent les Pyrénées pour
fe revoir. Ce qui arriva plus d'une fois.
par la fuite. Il arriva auffi que ceux d'entre
ces époux qui s'étoient crûs d'abord
trompés , en rendirent grace au hazard ;
que les deux tantes parurent avoir tout
oublié , & moururent de rage en moins.
de fix mois ; & que chacun des trois
couples répétoit à part en fe félicitant :
Peut- être nous aimerions-nous moins
fi nous nousfuffions aimé toujours.
"
Par M. DE La DixmeriEL.
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Résumé : LES SOLITAIRES DES PYRÉNÉES. NOUVELLE Espagnole & Françoise.
Le texte 'Les Solitaires des Pyrénées' raconte l'histoire de deux ermites, un Français et un Espagnol, vivant isolés dans les Pyrénées. Ces hommes, d'âge avancé et de figure respectable malgré leurs habits simples, ne mendiaient pas et savaient lire et écrire. Leur conduite différait de celle des ermites ordinaires, et ils se voyaient souvent sans méfiance. Un jour, l'ermite espagnol, nommé Frère Paul, se rendit chez l'ermite français en son absence. Il exprima son étonnement face à la décision de ce dernier de se retirer du monde, révélant qu'il avait des raisons similaires pour adopter cette vie solitaire. Lors de leur conversation, ils découvrirent qu'ils étaient tous deux mariés. L'ermite espagnol, le Comte d'Ol..., avait épousé Dona Léonor en se faisant passer pour le Comte de C.... S...., un ami blessé au combat. L'ermite français, quant à lui, avait été forcé d'épouser sa femme pour des raisons similaires. Le Comte d'Ol... raconta comment il avait utilisé un portrait de Dona Léonor pour la séduire, profitant de l'absence prolongée du véritable Comte de C.... S.... en Afrique. Il avait ainsi réussi à épouser Dona Léonor et à la conduire dans son château, en dissimulant la vérité à sa famille et à sa tante, Dona Padilla. L'intrigue se complexifie avec l'intervention de plusieurs personnages. Un homme, se faisant passer pour le Comte de C... S... et le Gouverneur d'Oran, révèle à Dona Léonor et sa tante qu'il n'est pas celui qu'il prétend être mais que son nom vaut au moins autant. Il avoue son amour pour Dona Léonor et affirme que sa fortune et ses prétentions sont égales à celles de son rival. La révélation est mal reçue, surtout par la tante, qui reste inflexible malgré les protestations de l'homme. Le Gouverneur d'Oran, apprenant la situation, envoie un émissaire qui confirme les faits. Furieux et confus, il décide de se venger et se rend sur les lieux. Il découvre que l'imposteur a épousé Dona Léonor. Avec l'aide d'un matelot, il retrouve l'homme et le défie en duel. Blessés tous les deux, le Comte est soigné dans le château de son adversaire. Pendant ce temps, Dona Léonor et sa tante sont retenues dans le château. La tante, Dona Padilla, est initialement hostile mais finit par changer d'avis. Elle rencontre l'homme et lui assure qu'elle convaincra sa nièce d'accepter la situation. L'homme, blessé, rencontre le Comte et ils conviennent de mettre fin à leur rivalité. Le Comte demande à voir Dona Léonor une dernière fois, mais il est clair que leurs sentiments passés ne peuvent plus exister. Finalement, l'homme et Dona Léonor semblent prêts à vivre en paix. Le texte relate ensuite une série d'événements impliquant le Comte, Dona Léonor, Dona Padilla et un groupe d'Alguazils. Le Comte révèle qu'en enlevant Dona Léonor, il épargne un parjure à un homme en France. Il propose de médiatiser entre Dona Léonor et sa tante, Dona Padilla. Le Comte apprend que Dona Léonor sera bientôt apaisée si sa tante l'est également. Il conjure le Comte de redoubler ses efforts auprès de Dona Padilla, dont la haine reste inchangée. Un jour, le Comte interrompt une rêverie mélancolique pour annoncer que le narrateur est trahi et que des Alguazils assiègent le château. Il suggère que c'est la vengeance de Dona Padilla. Le Comte propose de se déguiser et de disparaître, offrant de se livrer à sa place. Le narrateur accepte, et le Comte est conduit à la ville capitale de Murcie. Le narrateur, déguisé, rencontre Dona Léonor en larmes. Elle révèle qu'elle entrera dans un couvent, ce qui la fait s'évanouir. Une altercation s'ensuit avec Dona Padilla et les Alguazils, au cours de laquelle Dona Padilla est blessée. Le narrateur s'éloigne ensuite, accompagné d'un domestique. Il réfléchit aux dangers pour le Comte et décide de se substituer à lui. Le Comte, cependant, insiste pour que le narrateur s'éloigne. Le narrateur erre déguisé, apprenant que Dona Padilla et les Alguazils continuent de le poursuivre. Le Comte est toujours prisonnier, et le roi, malade, ne peut intervenir.
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313
p. 200
DE MUNICH, le 19 Février 1763.
Début :
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick, son Envoyé Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Électeur, Comte, Ordre, Envoyé extraordinaire, Roi de France, Liège, Élévation, Prince Clément de Saxe, Intérêts
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texteReconnaissance textuelle : DE MUNICH, le 19 Février 1763.
DE MUNICH , le 19 Février 1763 .
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick ;
fon Envoyé Extraordinaire & Miniftre Plénipotentiaire
près du Roi de France , de fe rendre inceffamment
à Liége , pour faire connoître auChapitre
tout l'intérêt que S. A. S. E. prend à l'éléva
tion du Prince Clément de Saxe , ſon beau-frère ,
& pour veiller à ſes intérêts .
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick ;
fon Envoyé Extraordinaire & Miniftre Plénipotentiaire
près du Roi de France , de fe rendre inceffamment
à Liége , pour faire connoître auChapitre
tout l'intérêt que S. A. S. E. prend à l'éléva
tion du Prince Clément de Saxe , ſon beau-frère ,
& pour veiller à ſes intérêts .
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314
p. 200-201
DE LONDRES, le 21 Février 1763.
Début :
Le sieur Richard Néville, Aldsworth, Secrétaire d'Ambassade de sa Majesté Britannique [...]
Mots clefs :
Scrétaire d'ambassade, Majesté britannique, Cour de France, Lord, Lettres, Comte, Nominations
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texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 21 Février 1763.
DE LONDRES , le 21 Février 1763.
Le fieur Richard Néville , Aldfworth , Secré
taire d'Ambaſſade de Sa Majeſté Britannique à la
Cour de France , eft arrivé ici le 15 avec le traité
MA I. 1763.
201
définitif, figné à Paris le 10 de ce mois. Le Lord
Egrémont , Secrétaire d'Etat , a adreffé une lettre
au Lord Maire pour l'informer de cet événement
& le rendre public .
Le 19 de ce mois , le Roi a nommé le Comte de
Sandwich fon Ambaſſadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
à la Cour de Madrid. Ce Miniftre doit
partir inceffamment pour fe rendre à ſa deſtination.
Le fieur Richard Néville , Aldfworth , Secré
taire d'Ambaſſade de Sa Majeſté Britannique à la
Cour de France , eft arrivé ici le 15 avec le traité
MA I. 1763.
201
définitif, figné à Paris le 10 de ce mois. Le Lord
Egrémont , Secrétaire d'Etat , a adreffé une lettre
au Lord Maire pour l'informer de cet événement
& le rendre public .
Le 19 de ce mois , le Roi a nommé le Comte de
Sandwich fon Ambaſſadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
à la Cour de Madrid. Ce Miniftre doit
partir inceffamment pour fe rendre à ſa deſtination.
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Résumé : DE LONDRES, le 21 Février 1763.
Le 21 février 1763, Richard Néville est arrivé à Londres avec le traité signé à Paris le 10 février. Le Lord Egremont a informé le Lord Maire. Le 19 février, le Roi a nommé le Comte de Sandwich Ambassadeur à Madrid.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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315
p. 206-211
DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Début :
Le Comte de Monteynard, Enseigne de la seconde Compagnie des Mousquetaires, ayant [...]
Mots clefs :
Comte, Compagnie des Mousquetaires, Statue du roi, Place, Piédestal, Ordonnances du roi, Compagnies, Réduction, Grenadiers, Officiers réformés, Régiment, Infanterie, Dragons, Colonel, Général, Soldes, Paix, Guerre, Soldats, Pensions militaires, Congé, Archevêque, Duc
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
DE PARIS. , le 18 Mars 1763.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
3
16
·M A 1. 1763. 207
2
'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Le Comte de Monteynard , Enſeigne de la
feconde Compagnie des Moufquetaires , ayant
obtenu du Roi la permifion de fe démettre de
cet emploi , Sa Majesté a diſpoſé de la cornette
vacante en faveur du Marquis du Hallay , Capitaine
au Régiment Royal- Etranger , Cavalerie.
Le 17 du mois dernier , fur les huit heures
du matin , le Statue du Roi , que Sa Majesté
a permis à la Ville de Paris de lui ériger , &
qui a été fondue fur le modéle du feu Sieur
Bouchardon , a commencé d'être conduite de
l'Attelier vers la place où elle doit être poſée ;
on avoit eu la précaution de la renfermer dans
une cage de charpente roulante ; par le moyen
< de Vindas & de mains d'hommes , on lui a fait
parcourir , dans l'espace de trois jours , le chemin
qu'elle avoit à tenir depuis la fortie de
l'Attelier , hors de la barrière du Fauxbourg
du Roule , jufqu'à la Place de Louis XV , en
lui faifant fuivre toute la rue dudit Fauxbourgi
& le 23 elle a été établie fur fon piedeſtal , aux
acclamations d'un grand concours de peuple.
Le fervice s'eft fait en préfence du Duc de Chevreuſe
, Gouverneur de Paris , du Prévôt des
Marchands & du Bureau de la Ville , avec tout
le fuccès que l'on pouvoit attendre des ſoins & de
l'intelligence des différentes perfonnes qui y
cétoient proposées , & en particulier du fieur
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16
·M A 1. 1763. 207
2
'Herbette , Maître Charpentier à S. Denis , Entrepreneur
des Ponts & Chauffées & des Bâtimens
du Roi , Auteur des machines. En paffant devant
la porte de la maiſon où eft décédé le fieur Bouchardon
, on a fait une décharge de Canons &
de Boetes , pour honorer la mémoire d'un Ar
tifte fi excellent , qui par cet ouvrage immortel ,
s'eft afferé une gloire que la Nation partage
avec lui.
Il paroît quatre Ordonnances du Roi.
Par la première , en date du 21 Décembre dernier
,"Sa Majesté réduit à trente Compagnies les
quarante qui compofent actuellement le Régiment
des Carabiniers de Monfeigneur le Comte
de Provence. Les difpofitions qui concernent la
nouvelle compofition & la difcipline de ces Corps
font conformes à celles qui ont été établies par
P'Ordonnance de la Cavalerie.
Dans la feconde, du 20 Janvier 1763 , S. M.
réforme le Corps des Grenadiers- Royaux revenus
de la Martinique.
La troifiéme du 31 - da même mois , concerne
le traitement des Officiers réformés des Régimens
de Foix , de Boulonnois , de Quercy & d'Angoumois
, qui étoit de fervice à S. Domingue.
Par la quatrième , du même jour , S. M. réforme
les fx piquets d'Infanterie employés à S.
Domingue.
11 paroît encore quatres autres Ordonnances
du Roi datées du 21 Décembre dernier.
Par la première , concernant le Régiment
Royal- Italien , le Roi fupprime le Régiment d'In-
#fanterie Royal- Corfe dont les neuf Compagnies
feront incorporées dans le Régiment Royal d'Infanterie
Italienne , lequel , au n: oyen de cette inccorporation
, fera compofée de deux Bataillons."
208 MERCURE DE FRANCE.
Par la feconde , concernant les Régimens d'In
fanterie Allemande , Sa Majefté conferve fur pied
ceux d'Altace , d'Anhalt , la Marck , Royal- Bavière
, Royal - Suédois , Naffau , Royal - Deux- Ponts &
celui de Bouillon . Le Régiment d'Alface ne formera
plus que trois Bataillons ; chacun de ceux d'Anhalt
, la Marck , Royal- Bavière , Royal - Suédois ,
Naffau & Royal - Deux-Ponts ne feront compofés
que de deux , & celui de Bouillon d'un feulement
Le Bataillons excédens feront réformés & incorporés
dans ceux que Sa Majefté a jugé à propos
de conferver fur pied . Quant à ce qui concerne
la compofition des Bataillons & Compagnies ,
la création des nouvelles places , le choix & les
fonctions des Officiers , la paye de paix & de guerre
, le traitement des Officiers réformés , &c.
Les difpofitions de ces deux Ordonnances font
conformes à celles qui feront fuivies à l'égard de
l'Infanterie Françoife . Ces deux nouvelles Ordonnances
ont cela de particulier que S. M. accorde
un fol par jour avec une ration de pain aux
femmes des étrangers mariés qui voudront fervir
dans les fufdits Régimens ; mais ce traitement
n'aura lieu que tant qu'elles refteront au quartier
d'affemblée , & que leurs maris feront attachés
aux Régimens.
Par la troifiéme , Sa Majefté conferve fur
pied dix -fept Régimens de Dragons , fçavoir ,
Colonel - Général ; Meftrede Camp - Géné
ral , Royal , du Roi , de la Reine , Dauphin ,
Orléans , Bauffremont , Choifeul , d'Autichamp ,
Chabot , Coigny , Nicolaï , Chapt , Chabril
lant , Languedoc & Schomberg . Chacun de ces
Régimens fera compofé en tout temps de huit
compagnies celui de Schomberg confervera
les huit qui le compoſent ; & les feize de
MA I. 1763 . 208
shacun des autres Régimens feront doublées
pour n'en former également que huit. Chaque
compagnie fera compofée , en temps de paix
de quatre Maréchaux-des- Logis , un Fourrier ,
huit Brigadiers , huit Appointés , vingt-quatra
Dragons & un Tambour , formant quarante- fix
hommes , dont trente feront montés , & feize
refteront à pied. La paye de paix & de guerre.
eft fixée de la maniere fuivante,
COMPAGNIE S A chaque Capitaine ;
1800 livres en paix , & 3600 livres en guerre ;
à chaque Capitaine - Lieutenant des Compagnies ,
Colonel- Général & Meftre- de - Camp- Général , &
à chaque Lieutenant des autres Compagnies
800 livres en paix , & 1000 livres en guerres
au Sous- Lieutenant de la Compagnie du Colonel-
Général des Dragons , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; au Cornette de ladite
Compagnie , 540 livres en paix , & 800 livres
en guerre ; au Sous- Lieutenant des autres Compagnies
, 500 livres en paix , & 800 livres en .
guerre à chaque Maréchal- des- Logis , 216
livres en paix , & 252 livres en guerre ; à chaque
Fourrier , 189 livres en paix , &-225 livres
en guerre ; à chaque Brigadier , 135 livres enpaix
, & 171 livres en guerre ; à chaque Appointé
, 126 livres en paix , & 162 livres en
guerre ; à chaque Dragon ou Tambour , 117
livres en paix , & 153 livres , en guerre. ETATMAJOR.
Au Meftre- de- Camp , y compris fes .
appointemens de Capitaine , 6000 livres en
paix , & 6600 livres en guerre; au Lieutenant-Colonel
, y compris fes appointemens de Capitai
ne , 3600 livres en paix , & 5400 livres en ½
guerre à chacun des Meftre- de- Camp en fe- ..
cond des Régimens du Meftre- de Camp Gé
210 MERCURE DE FRANCE.
néral , d'Orléans & de Schomberg , 2500 livres
en paix , & 3000 livres en guerre ; au Major ,
3000 livres en paix , & 4500 livres en guerre ;
à chaque Aide - Major , avec commiſſion de Capitaine
, 1800 livres en paix , & 3000 livres
en guerre à chaque Aide- Major , fans commillion
de Capitaine , 1500 livres en paix , &
2000 livres en guerre ; à chaque Sous - Aide-
Major , 1000 livres en paix , & 1200 livres en
guerre; au Quartier- Maître , 600 livres en paix ,
& 800 livres en guerre ; à chaque Porte - Guidon
, 480 livres en paix , & 540 livres en guerre
; au Tréforier , 2000 livres en paix , & 3.000
livres en guerre à l'Aumônier & au Chirurgien
, à chacun 720 livres en temps de guerre
feulement.
Les Capitaines réformés jouiront en penfion
fur le Tréfor Royal de soo livres ; les Lieutenans
, qui auront fervi dix ans , de 250 livres
; & les Cornettes , qui auront été Maréchaux-
des- Logis , de 150 livres. Quant aux Offi
ciers incorporés & réformés , à la fuite des Régimens
, ils fe retireront chez eux , & y toucheront
les appointemens qui leur ont été précédemment
accordés ; Sa Majesté ne voulant
plus entretenir d'Officiers incorporés ou réformés
à la fuite des Régimens de Dragons. Cette
* Ordonnance eft terminée par un état de l'uniforme
réglé par le Roi pour les Régimens cidefus.
Par la derniere , Sa Majesté conferve fur pied
les trois Régimens de Houflards de, Berchiny , de
Chamborant & de Royal - Naffau , dont chacun
fera composé de douze compagnies , formant
trois escadrons en temps de paix , & fix en
temps de guerre..Chaque compagnie fera comM
A I. 1763.
2.11
pofée de vingt- neuf hommes , dont dix monstés
, & dix -neuf à pied . Les Tymbales & Eten-.
dards de ces trois Régimens , ainfi que le Prevôt
qui eft dans le Régiment Royal - Nallau ,
feront fupprimés. Sa Majefté regle auffi pour
les Régimens confervés une paye de paix & une
paye de guerre , ainfi que l'uniforme de leur
habillement. L'Ordonnance de la Cavalerie fert
de regle aux deux nouvelles Ordonnances pour
ce qui concerne le choix , le rang & les fonctions
des Officiers , la fuppreffion de certaines
places , la création de nouvelles , l'adminiftration
de la caifle , le terme des engagemens &
la délivrance actuelle des congés , &c.
Le Comte de Taflo , jeune Seigneur Polonois ,
qui étoit en France depuis dix - huit mois , en est
reparti le deux de ce mois, pour retourner en Pologne
, après avoit eu l'honneur de prendre congé
de la Reine , qui luia marqué beaucoup de bonté.
Charles-Antoine de la Roche- Aymon Grand
Aumônier de France , ci-devant Archevêque de
Narbonne , aujourd'hui Archevêque de Rheims ,
& en cette qualité premier Pair Eccléfiaftique du
Royaume ; & le Duc de Sully , Prince d'Enrichemont
, ont été reçus le 14 de ce mois au Parlement,
& y ont pris féance en qualité de Pairs de
France. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Conti , & le
Comte de la Marche , ont aſſiſté à leur récep-
Ation .
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : DE PARIS, le 18 Mars 1763.
Le 18 mars 1763, le Comte de Monteynard, Enseigne des Mousquetaires, a obtenu la permission du Roi de démissionner. Le Marquis du Hallay, Capitaine au Régiment Royal-Étranger de Cavalerie, a été nommé pour le remplacer. Le 17 mars, la statue du Roi, fondue d'après le modèle du défunt Bouchardon, a été transportée de l'atelier à la Place de Louis XV. Installée sur son piédestal le 23 mars, elle a été acclamée par une grande foule en présence du Duc de Chevreuse et d'autres dignitaires. Le Maître Charpentier Herbette a supervisé les machines utilisées pour le transport. Quatre ordonnances royales ont été publiées. La première, datée du 21 décembre 1762, réduit le Régiment des Carabiniers de Monseigneur le Comte de Provence à trente compagnies. La deuxième, du 20 janvier 1763, réforme le Corps des Grenadiers-Royaux revenus de la Martinique. La troisième, du 31 janvier, concerne le traitement des officiers réformés des régiments de Foix, de Boulonnois, de Quercy et d'Angoumois, en service à Saint-Domingue. La quatrième réforme les six piquets d'infanterie employés à Saint-Domingue. Quatre autres ordonnances, datées du 21 décembre 1762, ont également été publiées. La première supprime le Régiment d'Infanterie Royal-Corse et incorpore ses compagnies dans le Régiment Royal d'Infanterie Italienne. La deuxième conserve plusieurs régiments d'infanterie allemande et réforme les bataillons excédentaires. La troisième conserve dix-sept régiments de Dragons et réforme leur composition et leur paye. La quatrième conserve trois régiments de Houzards et réforme leur composition et leur paye. Le Comte de Tarslo, un jeune seigneur polonais, a quitté la France le 2 mars pour retourner en Pologne après avoir pris congé de la Reine. Charles-Antoine de la Roche-Aymon, Grand Aumônier de France et Archevêque de Reims, et le Duc de Sully ont été reçus au Parlement le 14 mars et y ont pris séance en qualité de Pairs de France. Le Duc d'Orléans, le Duc de Chartres, le Prince de Condé, le Prince de Conti et le Comte de la Marche ont assisté à leur réception.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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316
p. 211-212
De VIENNE, le 16 Mars 1763.
Début :
Le Comte de Montazet, Lieutenant Général des Armées du Roi de France, [...]
Mots clefs :
Comte, Lieutenant général, Campagnes militaires, Troupes, Commandement, Prince Charles, Maréchal, Duchesse de Saxe, Décès
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 16 Mars 1763.
De VIENNE , le 16 Mars 1763 .
Le Comte de Montazer , Lieutenant Général
des Armées du Roi de France , qui a fait par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , toutes les
campagnes depuis 1757 dans les Armées de
l'Impératrice Reine , part demain pour retourner
en France , comblé des bontés que lui ont
témoigné Leurs Majestés Impériales & Royales
pendant le ſéjour qu'il a fait ici.
La Cour a réglé définitivement la répartition
des troupesdans les Etats de Lears Majestés Impériales
, & les Commandemens en Chef ont été
diſtribués de la manière ſuivante . Le Prince
Charles commande dans les Pays-Bas ; le Duc
de Modene en Italie ; le Prince des Deux- Ponts.
212 MERCURE DE FRANCE.
en Bohême ; le Maréchal de Kollowrath dans la
Moravie ; le Maréchal de Neyperg dans la haute
&Balle-Autriche ; & le Maréchal de Palfy dans
la Hongrie& la Tranfilvanie .
Anne Chriſtine , Ducheſſe de Saxe , Juliers ,
Cléves & Berg- Engern & Westphalie Landgrave
de Thuringe , Margrave de Meillen , de la
Haute & Bafle Luſace , Comteile de Henneberg ,
de la Marck , Ravemperg & Barby , Dame de
Ravenſtein , & demi Soeur des Princes Joſeph-
Wenceslas & Emmanuel de Lichtenſtein , frères ,
Ducs de Toppau & Jagerndorff en Siléſie , eſt
morte ici les de ce mois , âgée de ſoixante- treize
ans.
Le Comte de Montazer , Lieutenant Général
des Armées du Roi de France , qui a fait par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , toutes les
campagnes depuis 1757 dans les Armées de
l'Impératrice Reine , part demain pour retourner
en France , comblé des bontés que lui ont
témoigné Leurs Majestés Impériales & Royales
pendant le ſéjour qu'il a fait ici.
La Cour a réglé définitivement la répartition
des troupesdans les Etats de Lears Majestés Impériales
, & les Commandemens en Chef ont été
diſtribués de la manière ſuivante . Le Prince
Charles commande dans les Pays-Bas ; le Duc
de Modene en Italie ; le Prince des Deux- Ponts.
212 MERCURE DE FRANCE.
en Bohême ; le Maréchal de Kollowrath dans la
Moravie ; le Maréchal de Neyperg dans la haute
&Balle-Autriche ; & le Maréchal de Palfy dans
la Hongrie& la Tranfilvanie .
Anne Chriſtine , Ducheſſe de Saxe , Juliers ,
Cléves & Berg- Engern & Westphalie Landgrave
de Thuringe , Margrave de Meillen , de la
Haute & Bafle Luſace , Comteile de Henneberg ,
de la Marck , Ravemperg & Barby , Dame de
Ravenſtein , & demi Soeur des Princes Joſeph-
Wenceslas & Emmanuel de Lichtenſtein , frères ,
Ducs de Toppau & Jagerndorff en Siléſie , eſt
morte ici les de ce mois , âgée de ſoixante- treize
ans.
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Résumé : De VIENNE, le 16 Mars 1763.
Le 16 mars 1763, à Vienne, le Comte de Montazer, Lieutenant Général des Armées du Roi de France, quitte Vienne pour retourner en France. Il a servi dans les armées de l'Impératrice Reine depuis 1757 et a reçu les faveurs des Majestés Impériales et Royales durant son séjour. La Cour a finalisé la répartition des troupes dans les États des Majestés Impériales et attribué les commandements en chef. Le Prince Charles commande dans les Pays-Bas, le Duc de Modène en Italie, le Prince des Deux-Ponts en Bohême, le Maréchal de Kollowrath en Moravie, le Maréchal de Neyperg en Haute et Basse-Autriche, et le Maréchal de Palfy en Hongrie et Transylvanie. Par ailleurs, Anne Christine, Duchesse de Saxe, Juliers, Cléves et Berg, est décédée à l'âge de soixante-treize ans. Elle était également demi-sœur des Princes Joseph-Wenceslas et Emmanuel de Lichtenstein, Ducs de Toppau et Jägerndorff en Silésie.
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317
p. 213
De BRUXELLES le 1 Avril 1763.
Début :
Le Marquis de Monteynard, qui commande les Troupes de France restées sur le [...]
Mots clefs :
Marquis, Troupes, Comte, Mouvements des troupes, Retour, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES le 1 Avril 1763.
De BRUXELLES le 1 Avril 1763 .
Le Marquis de Monteynard , qui commande
Ies Troupes de France reſtées ſur le Bas-Rhin , a
paffé hier dans cette Ville avec le Comte d'Eſparbés
, & tous deux prennent la route de Paris. Le
Régiment de Champagne qui ferme la marche
des Troupes qui retournent en France , eſt arrivé
hier à Louvain , & doit être rendu le 6 à Valenciennes.
Le Marquis de Monteynard , qui commande
Ies Troupes de France reſtées ſur le Bas-Rhin , a
paffé hier dans cette Ville avec le Comte d'Eſparbés
, & tous deux prennent la route de Paris. Le
Régiment de Champagne qui ferme la marche
des Troupes qui retournent en France , eſt arrivé
hier à Louvain , & doit être rendu le 6 à Valenciennes.
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318
p. 213-214
De LIEGE, le 4 Avril 1763.
Début :
Le Prince Clément de Saxe est arrivé ici le 30 du mois dernier. [...]
Mots clefs :
Prince Clément de Saxe, Comte, Commissaire, Majesté impériale, Élection, Prince de Liège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LIEGE, le 4 Avril 1763.
De LIEGE , le 4Avril 1763 .
Le Prince Clément de Saxe eſt arrivé ici le 30
du mois dernier. Le i de ce mois , le Comte de
214 MERCURE DE FRANCE.
Pergen , nommé Commiſſaire de Sa Majeſté
Impériale a la prochaine Election d'un nouvel
Evêque , Prince de Liège , fit auſſi ſon entrée en
cetteVille.
Le Prince Clément de Saxe eſt arrivé ici le 30
du mois dernier. Le i de ce mois , le Comte de
214 MERCURE DE FRANCE.
Pergen , nommé Commiſſaire de Sa Majeſté
Impériale a la prochaine Election d'un nouvel
Evêque , Prince de Liège , fit auſſi ſon entrée en
cetteVille.
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319
p. 225-229
De PARIS, le 18 Avril 1763.
Début :
Le 14 du mois dernier, l'Académie Françoise a élu l'Abbé de [...]
Mots clefs :
Académie française, Élection, Comte, Assemblée, Cardinal, Cérémonie, Ordonnance du roi, Régiments, Compagnie, Légion royale, Dragons, Grenadiers, Capitaine, Pensions militaires, Soldats, Guerre, Paix, Colonels, Infanterie, Procureur du roi, Académie royale, Bibliothèque
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 18 Avril 1763.
De PARIS, le 18 Avril 1763.
Le 14 du mois dernier , l'Académie Françoiſe
a élu l'Abbé de Radonvilliers , Sous- Précepteur
de Mgr le Duc de Berri & de Mgr le Comte de
Provence, pour remplir la place vacante par la
mort du ſieur Carlet de Marivaux. Le 26 , certe
Académie tint une aſſemblée publique dans la-
Kv
226 MERCURE DE FRANCE .
1
quelle il prononcé ſon diſcours de réception,
Le Cardinalde Luynės a répondu au remerciment
de ce nouvel Académicien .
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſolemnelle
qu'on a coutume de faire tous les ans
enmémoire de la réduction de cette Capitale
ſous l'obéillance de Henri IV. Le Corps de Ville
aſſiſta , ſelon l'uſage , à cette cérémonie.
,
:
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du
1 Mars 1763 concernant les troupes légéres ,
par laquelle Sa Majesté conſerve ſur pied quatre
légions de ces troupes , indépendamment
des Régimens des Volontaires de Clermont & de
Soubiſe , & fupprime le Régiment des Volontaires
Etrangers de Wurmſer & la Compagnie de
ChaffeursdePoncet. La Légion Royale ſera la premièredes
quatre que S. M. entretiendra,&elle conſervera
fon nom. La ſeconde ſera compoſée du Régimentdes
Volontaires de Flandres & de celui des
Volontaires du Dauphiné qui ſeront incorporés
enſemble: cette Légion ſera ſous la dénomination
de Légion de Flandre , & commandée par
le Chevalier de Jaucourt. La troiſſéme , ſous la
dénomination de Légion du Haynaut , & commandée
par le ſieur de Grandmaiſon , ſera
compoſéedu Régiment des Volontaires du Haynaut
& de celui des Volontaires d'Auſtraſie qui
feront incorporés enſemble. Le Régiment de Dragons
chaſſeurs de Conflans ſera à l'avenir ſous
la dénomintion de Légion de Conflans , & formera
la quatriéme Légion. Ces Légions ou Régimens
continueront de marcher entr'eux ſuivant
le rang dont ils jouiſſent actuellement.
Chaque Légion ſera compoſée en tout temps de
dix-ſept compagnies , dont une de Grenadiers ,
huisde Fufiliers & huit de Dragons ; & chacun
JUIN. 1763 . 227
des Régimens des Volontaires de Clermont St.
de Soubiſe de neuf Compagnies , dont une de
Grenadiers , quatre de Fuſiliers & quatre de Dragons.
Indépendamment de pluſieurs autres difpoſitions
contenues dans cetteOrdonnance , relativement
à la ſuppreſſion de certaines places &
àla créationde quelques autres , à l'ordre quidoit
être obſervé dans chaque Compagnie , au choix
des Officiers , à la manutention de la caiffe
terme des engagemens , &c. Sa Majesté a réglé
une paye de paix & une paye de guerre de
la manière ſuivante .
,
au
COMPAGNIES DE GRENADIERS. A chaque
Capitaine , 2000 1. par an enpaix , & 3000l. en
guerre, à chaque Lieutenant , 900l . en paix, &
1200 1. en guerre , à chaque Sous- Lieutenant ,
600 l. en paix , & 900 1. en guerre , à chaque
Sergent , 222 1. en paix , & 228 1. en guerre ; à
chaque Fourrier, 180 1. en paix, & 186 1. en guerre
; à chaque Caporal , 156 1. en paix , & 162 1.
en guerre ; à chaque appointé , 1381, en paix , &
144 1. en guerre ; à chaque Grenadier & au Tambour
, 120 1. en paix , & 126 1. en guerre. Сом-
PAGNIES DE FUSILIERS . A chaque Capitaine ,
1500 1. en paix , & 2400 l. en guerre , à chaque
Lieutenant , 600.1. en paix , & 1000 l. en guerre;
à chaque Sous - Lieutenant , 5401. en paix , & 800
1. en guerre ; à chaque Sergent , 204 1. en paix ,
& 210 1. en guerre ; à chaque Fourrier , 162 l. en
paix , & 168 1. en guerre ; à chaque Caporal, 138
1. en paix,& 144 1. en guerres à chaqueAppointé,
120 1. en paix & 126 1. en guerre , à chaque Fufilier
& Tambour, 102 1. en paix , & 108 1. en
guerre. COMPAGNIES DE DRAGONS. A chaque
Capitaine , 1800 1. en paix , & 3600 l . en guerre;.
à chaque Lieutenant , 800 1. en paix , & 10001.
en guerre , à chaque Sous - Lieutenant , soul. en
228 MERCURE DE FRANCE,
paix , & 800 1. en guerre ; à chaque Maréchaldes
Logis, 216 1. en paix , & 252 1. en guerre ; à
-chaque Fourrier , 189 1. en paix,& 225 l. enguerre;
à chaque Brigadier , 135 1. en paix, & 171 1.
en guerre, àchaque Dragon ou Tambour , 117
1. en paix , & 1.53 1. en guerre. ETAT- MAJOR. AU
Colonel de Chaque Légion & au Colonel-Lieutenant
du Réglement des Volontaires de Clermont
, 4500 l . en paix , & 6000 l. en guerre; au
Colonel du Régiment des Volontaires de Soubiſe ,
2400 1. en tout temps , au Colonel en ſeconddudit
Régiment , 2100 1. en paix, & 3600 l. en guerre
; au Colonel-Commandant de chaque Légion
3600 1. en paix, 5400.1. en guerre; à chaque Lieutenant-
Colonel , 35001. en paix, & 5400 l. en
guerre,à chaque Major , 2880 1. en paix , & 4000
I. en guerre, à chaque Aide- Major d'Infanterie ,
avec commiffion de Capitaine , 1500 1. en prix , &
2400 l. en guerresà chaque Aide- Major d'Infanterie,
ſans commiſſion de Capitaine , 900 l . en paix ,
&1800 1. enguerre , à chaque Aide - Major de
-Dragons , avec commiſſion de Capitaine , 18001.
en paix, & 3000l . en guerre , à chaque Aide- Ma
jor de Dragons , ſans commiſſion de Capitaine',
1500 1. en paix , & 2000l. en guerre ; au Sous-Aide-
Major d'Infanterie , qui ſera créé en tempsde
guerre, 1200l.au Sous-Aide Major deDragonsqui
fera créé en tempsde guerre 12001. au Tréſorier ,
en temps deguerre ſeulement , 3000 l . au Quartier
Maître , en tems de guerre ſeulement 800 L.
àl'Aumônier&au Chirurgien en temps de guerre
feulement, sool.
Suivant la même Ordonnance , les Officiers réformés
jouïront annuellement en appointemens,
ſçavoir , les Colonels , de 3600 1. les Colonels-
Commandans , de 2000 l. les Lieutenans-Colo
JUI N. 1763 . 229
nels , de 1200 l . les Majors & les Commandansde
l'Infanterie , de 800 1. les Capitaines des Grenadiers
, de 600 l. ceux de Fuſiliers , de soo 1. les
Capitaines en ſecond , & les Aides - Majors d'Infanterie
, de 4001, les Capitaines des Dragons ,
de soo l . les Capitaines en ſecond , & les Aides-
Majors de Dragons , de 4501. , les Lieutenans--
Colonels réformés ala ſuitedeſdits Corps, de 1200
1. les Capitaines réformés des Dragons , de so०
1. & ceux d'infanterie , de 400 l. Les Lieutenans
qui ont paflé par les grades de Sergent ou de
Maréchal des Logis , de 300 1. Les Sous- Lieutenans
, qui auront paſſé par les mêmes gardes , de
270 1. A l'égard des Lieutenans & Sous-Lieutenans
, qui n'auront point pallé par ces grades ,
mais qui ſe trouveront avoir ſervi au moins dıx
ans , ils jouiront auſſi en appointemens , ſçavoir ,
les Lieutenans , de 200 l.& les Sous- Lieutenans ,
de 150 l . Cette Ordonnance eſt terminée par l'état
de l'uniforme réglé par Sa Majeſté pour l'habillement&
l'équipementde ces troupes.
LE FEU SR MORIAU , Procureur du Roi &de
laVille , ayant légué par teſtament ſa Bibliothéque
à la Ville de Paris , à condition qu'elle ſeroit
publique , le ſieur de Viarmes , Prévôt des
Marchands & les Echevins ont accepté le legs ,
&en conféquence ont nommé pour Bibliothécaire
, le ſieur de Bonamy, de l'Académie Royale
des Inſcriptions & Belles- Lettres , & pour Sous-
Bibliothécaire l'Abbé Ameithon . Ainfi cette Bibliotheque
, qui eſt placée à l'Hôtel de Lamoignon,
rue Pavée au Marais , a été ouverte au
Public pour la première fois le 13 de ce mois
après midi , & elle continuera de l'être tous les
Mercredis & Samedis de l'année juſqu'aux Vacances.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
Le 14 du mois dernier , l'Académie Françoiſe
a élu l'Abbé de Radonvilliers , Sous- Précepteur
de Mgr le Duc de Berri & de Mgr le Comte de
Provence, pour remplir la place vacante par la
mort du ſieur Carlet de Marivaux. Le 26 , certe
Académie tint une aſſemblée publique dans la-
Kv
226 MERCURE DE FRANCE .
1
quelle il prononcé ſon diſcours de réception,
Le Cardinalde Luynės a répondu au remerciment
de ce nouvel Académicien .
Le 22 du même mois , on fit la Proceſſion ſolemnelle
qu'on a coutume de faire tous les ans
enmémoire de la réduction de cette Capitale
ſous l'obéillance de Henri IV. Le Corps de Ville
aſſiſta , ſelon l'uſage , à cette cérémonie.
,
:
Il paroît une Ordonnance du Roi , datée du
1 Mars 1763 concernant les troupes légéres ,
par laquelle Sa Majesté conſerve ſur pied quatre
légions de ces troupes , indépendamment
des Régimens des Volontaires de Clermont & de
Soubiſe , & fupprime le Régiment des Volontaires
Etrangers de Wurmſer & la Compagnie de
ChaffeursdePoncet. La Légion Royale ſera la premièredes
quatre que S. M. entretiendra,&elle conſervera
fon nom. La ſeconde ſera compoſée du Régimentdes
Volontaires de Flandres & de celui des
Volontaires du Dauphiné qui ſeront incorporés
enſemble: cette Légion ſera ſous la dénomination
de Légion de Flandre , & commandée par
le Chevalier de Jaucourt. La troiſſéme , ſous la
dénomination de Légion du Haynaut , & commandée
par le ſieur de Grandmaiſon , ſera
compoſéedu Régiment des Volontaires du Haynaut
& de celui des Volontaires d'Auſtraſie qui
feront incorporés enſemble. Le Régiment de Dragons
chaſſeurs de Conflans ſera à l'avenir ſous
la dénomintion de Légion de Conflans , & formera
la quatriéme Légion. Ces Légions ou Régimens
continueront de marcher entr'eux ſuivant
le rang dont ils jouiſſent actuellement.
Chaque Légion ſera compoſée en tout temps de
dix-ſept compagnies , dont une de Grenadiers ,
huisde Fufiliers & huit de Dragons ; & chacun
JUIN. 1763 . 227
des Régimens des Volontaires de Clermont St.
de Soubiſe de neuf Compagnies , dont une de
Grenadiers , quatre de Fuſiliers & quatre de Dragons.
Indépendamment de pluſieurs autres difpoſitions
contenues dans cetteOrdonnance , relativement
à la ſuppreſſion de certaines places &
àla créationde quelques autres , à l'ordre quidoit
être obſervé dans chaque Compagnie , au choix
des Officiers , à la manutention de la caiffe
terme des engagemens , &c. Sa Majesté a réglé
une paye de paix & une paye de guerre de
la manière ſuivante .
,
au
COMPAGNIES DE GRENADIERS. A chaque
Capitaine , 2000 1. par an enpaix , & 3000l. en
guerre, à chaque Lieutenant , 900l . en paix, &
1200 1. en guerre , à chaque Sous- Lieutenant ,
600 l. en paix , & 900 1. en guerre , à chaque
Sergent , 222 1. en paix , & 228 1. en guerre ; à
chaque Fourrier, 180 1. en paix, & 186 1. en guerre
; à chaque Caporal , 156 1. en paix , & 162 1.
en guerre ; à chaque appointé , 1381, en paix , &
144 1. en guerre ; à chaque Grenadier & au Tambour
, 120 1. en paix , & 126 1. en guerre. Сом-
PAGNIES DE FUSILIERS . A chaque Capitaine ,
1500 1. en paix , & 2400 l. en guerre , à chaque
Lieutenant , 600.1. en paix , & 1000 l. en guerre;
à chaque Sous - Lieutenant , 5401. en paix , & 800
1. en guerre ; à chaque Sergent , 204 1. en paix ,
& 210 1. en guerre ; à chaque Fourrier , 162 l. en
paix , & 168 1. en guerre ; à chaque Caporal, 138
1. en paix,& 144 1. en guerres à chaqueAppointé,
120 1. en paix & 126 1. en guerre , à chaque Fufilier
& Tambour, 102 1. en paix , & 108 1. en
guerre. COMPAGNIES DE DRAGONS. A chaque
Capitaine , 1800 1. en paix , & 3600 l . en guerre;.
à chaque Lieutenant , 800 1. en paix , & 10001.
en guerre , à chaque Sous - Lieutenant , soul. en
228 MERCURE DE FRANCE,
paix , & 800 1. en guerre ; à chaque Maréchaldes
Logis, 216 1. en paix , & 252 1. en guerre ; à
-chaque Fourrier , 189 1. en paix,& 225 l. enguerre;
à chaque Brigadier , 135 1. en paix, & 171 1.
en guerre, àchaque Dragon ou Tambour , 117
1. en paix , & 1.53 1. en guerre. ETAT- MAJOR. AU
Colonel de Chaque Légion & au Colonel-Lieutenant
du Réglement des Volontaires de Clermont
, 4500 l . en paix , & 6000 l. en guerre; au
Colonel du Régiment des Volontaires de Soubiſe ,
2400 1. en tout temps , au Colonel en ſeconddudit
Régiment , 2100 1. en paix, & 3600 l. en guerre
; au Colonel-Commandant de chaque Légion
3600 1. en paix, 5400.1. en guerre; à chaque Lieutenant-
Colonel , 35001. en paix, & 5400 l. en
guerre,à chaque Major , 2880 1. en paix , & 4000
I. en guerre, à chaque Aide- Major d'Infanterie ,
avec commiffion de Capitaine , 1500 1. en prix , &
2400 l. en guerresà chaque Aide- Major d'Infanterie,
ſans commiſſion de Capitaine , 900 l . en paix ,
&1800 1. enguerre , à chaque Aide - Major de
-Dragons , avec commiſſion de Capitaine , 18001.
en paix, & 3000l . en guerre , à chaque Aide- Ma
jor de Dragons , ſans commiſſion de Capitaine',
1500 1. en paix , & 2000l. en guerre ; au Sous-Aide-
Major d'Infanterie , qui ſera créé en tempsde
guerre, 1200l.au Sous-Aide Major deDragonsqui
fera créé en tempsde guerre 12001. au Tréſorier ,
en temps deguerre ſeulement , 3000 l . au Quartier
Maître , en tems de guerre ſeulement 800 L.
àl'Aumônier&au Chirurgien en temps de guerre
feulement, sool.
Suivant la même Ordonnance , les Officiers réformés
jouïront annuellement en appointemens,
ſçavoir , les Colonels , de 3600 1. les Colonels-
Commandans , de 2000 l. les Lieutenans-Colo
JUI N. 1763 . 229
nels , de 1200 l . les Majors & les Commandansde
l'Infanterie , de 800 1. les Capitaines des Grenadiers
, de 600 l. ceux de Fuſiliers , de soo 1. les
Capitaines en ſecond , & les Aides - Majors d'Infanterie
, de 4001, les Capitaines des Dragons ,
de soo l . les Capitaines en ſecond , & les Aides-
Majors de Dragons , de 4501. , les Lieutenans--
Colonels réformés ala ſuitedeſdits Corps, de 1200
1. les Capitaines réformés des Dragons , de so०
1. & ceux d'infanterie , de 400 l. Les Lieutenans
qui ont paflé par les grades de Sergent ou de
Maréchal des Logis , de 300 1. Les Sous- Lieutenans
, qui auront paſſé par les mêmes gardes , de
270 1. A l'égard des Lieutenans & Sous-Lieutenans
, qui n'auront point pallé par ces grades ,
mais qui ſe trouveront avoir ſervi au moins dıx
ans , ils jouiront auſſi en appointemens , ſçavoir ,
les Lieutenans , de 200 l.& les Sous- Lieutenans ,
de 150 l . Cette Ordonnance eſt terminée par l'état
de l'uniforme réglé par Sa Majeſté pour l'habillement&
l'équipementde ces troupes.
LE FEU SR MORIAU , Procureur du Roi &de
laVille , ayant légué par teſtament ſa Bibliothéque
à la Ville de Paris , à condition qu'elle ſeroit
publique , le ſieur de Viarmes , Prévôt des
Marchands & les Echevins ont accepté le legs ,
&en conféquence ont nommé pour Bibliothécaire
, le ſieur de Bonamy, de l'Académie Royale
des Inſcriptions & Belles- Lettres , & pour Sous-
Bibliothécaire l'Abbé Ameithon . Ainfi cette Bibliotheque
, qui eſt placée à l'Hôtel de Lamoignon,
rue Pavée au Marais , a été ouverte au
Public pour la première fois le 13 de ce mois
après midi , & elle continuera de l'être tous les
Mercredis & Samedis de l'année juſqu'aux Vacances.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mercure
prochain.
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Résumé : De PARIS, le 18 Avril 1763.
En avril 1763, l'Académie Françoise a élu l'Abbé de Radonvilliers pour succéder à Marivaux. Le 26 avril, l'Abbé a prononcé son discours de réception lors d'une assemblée publique, auquel le Cardinal de Luynes a répondu. Le 22 avril, une procession solennelle a commémoré la réduction de Paris sous l'obéissance de Henri IV, en présence du Corps de Ville. Le 1er mars 1763, une ordonnance royale a réorganisé les troupes légères. Le roi a décidé de maintenir quatre légions de troupes légères, en plus des régiments des Volontaires de Clermont et de Soubise, et de supprimer le régiment des Volontaires Étrangers de Wurmser et la compagnie des Chauffeurs de Poncet. Les légions sont nommées Légion Royale, Légion de Flandre, Légion du Hainaut et Légion de Conflans. Chaque légion est composée de dix-sept compagnies, incluant des grenadiers, fusiliers et dragons. Les régiments des Volontaires de Clermont et de Soubise comptent neuf compagnies chacun. L'ordonnance régit également les soldes de paix et de guerre pour les différents grades des compagnies de grenadiers, fusiliers et dragons, ainsi que pour l'état-major. Les officiers réformés recevront des appointements annuels en fonction de leur grade. L'ordonnance précise aussi l'uniforme des troupes. Par ailleurs, le sieur Moriau, ancien Procureur du Roi et de la Ville, a légué sa bibliothèque à la Ville de Paris à condition qu'elle soit publique. La bibliothèque, placée à l'Hôtel de Lamoignon, a été ouverte au public le 13 avril et le sera tous les mercredis et samedis jusqu'aux vacances. Le sieur de Bonamy et l'Abbé Ameithon ont été nommés bibliothécaire et sous-bibliothécaire respectivement.
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320
p. 179
De LONDRES, le 13 Mai 1763.
Début :
Le Comte de Hertford a baisé la main du Roi pour remercier Sa Majesté de l'avoir nommé [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassade de France, Duc, Majesté très chrétienne, Lettres, Mariage, Princesse, Médecin ordinaire du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 13 Mai 1763.
De LONDRES , le 13 Mai 1763.
Le Comte de Hertford a bailé la main du Roi
pour remercier Sa Majeſté de l'avoir nommé à
l'Ambaffade de France.
Le Duc de Nivernois , ayant obtenu de Sa
Majefté Très-Chrétienne fes Lettres de rappel ,
a pris congé du Roi le 4 de ce mois , & le lendemain
il a pris congé de la Reine.
•
On affure que le mariage de la Princeffe Augufte
avec le Prince Héréditaire de Brunſwick ,
eft abfolument arrêté , & que ce Prince ne tardera
pas à paffer en Angleterre.
M. Raulin , Médecin ordinaire du Roi , connu
par les Ouvrages , & déja de plufieurs Académies ,
fut reçu le 12 du mois de Mai , Membre de la
Société Royale de Londres.
Le Comte de Hertford a bailé la main du Roi
pour remercier Sa Majeſté de l'avoir nommé à
l'Ambaffade de France.
Le Duc de Nivernois , ayant obtenu de Sa
Majefté Très-Chrétienne fes Lettres de rappel ,
a pris congé du Roi le 4 de ce mois , & le lendemain
il a pris congé de la Reine.
•
On affure que le mariage de la Princeffe Augufte
avec le Prince Héréditaire de Brunſwick ,
eft abfolument arrêté , & que ce Prince ne tardera
pas à paffer en Angleterre.
M. Raulin , Médecin ordinaire du Roi , connu
par les Ouvrages , & déja de plufieurs Académies ,
fut reçu le 12 du mois de Mai , Membre de la
Société Royale de Londres.
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Résumé : De LONDRES, le 13 Mai 1763.
Le 13 mai 1763, le Comte de Hertford a été nommé ambassadeur de France à Londres. Le Duc de Nivernois a quitté ses fonctions le 4 mai. Le mariage de la Princesse Auguste avec le Prince Héréditaire de Brunswick est confirmé. Le médecin M. Raulin a été admis à la Société Royale de Londres le 12 mai.
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321
p. 179-181
De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Début :
Voici la relation de ce qui s'est passé de la part du Commissaire Impérial, [...]
Mots clefs :
Commissaire Impérial, Chapitre, Élection, Comte, Relations, Capitulaires, Prince Clément de Saxe, Pape, Décisions, Église, Bailli, Schisme, Canonicité, Cathédrale
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texteReconnaissance textuelle : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
De LIEGE , le 21 Avril 1763 .
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
Voici la relation de ce qui s'eft paffé de la part
du Commiffaire Impérial , à l'occafion de la
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
double élection faite par le Chapitre pour remplir
le Siege Epifcopal de cette Ville . Le jour
de l'élection ayant été fixé au 20 , le Comte de
Perghen , Commiflaire Impérial , s'eft rendu
hier au Palais avec fon cortége , vers les dix ou
onze heures du matin pour attendre , fuivant
l'ufage , que le Grand Chapitre lui fit notifier
dans les formes requifes le choix qui auroit été
fait. A environ une heure , quatre Capitulaires ,
revêtus de leur habit Eccléfiaftique , font venus
annoncer au Comte de Perghen , qu'une élection
non - Canonique ayant été faite en faveur du
Comte d'Outremont , eux & leur parti avoient
non-feulement protefté folemnellement contre
cet Acte , mais avoient fait auffi une élection Canonique
en faveur du Prince Clément de Saxe :
ils ont ajouté qu'ayant demandé pendant la tenue
du Chapitre qu'on enregistrât leur proteftation
& l'élection qu'ils avoient faite , & n'ayant pu
obtenir ni l'un ni l'autre , ils venoient réclamer ,
au nom de tout leur parti , l'autorité du Commiffaire
Impérial pour foutenir la réſolution
qu'ils avoient cru devoir prendre. Peu de temps
après , le Grand Bailli du Chapitre eft venu , au
nom de ce Corps , notifier au Commiffaire Impérial
que l'éleicton venoit de ſe faire , à la pluralité
des fuffrages , en faveur du Comte d'Outremont.
Comme le Grand Bailli ne faifoit aucune
mention de la proteſtation & de l'élection
faites en faveur du Prince Clément de Saxe ,
les quatre Capitulaires , qui étoient préfens , ont
renouvellé leur proteftation devant le Comte de
Ferghen , & ont foutenu que leur élection étoit
feule Canonique. Ils ont ajouté à cela qu'ils en
appelloient à la décifion du Pape , & ont prié le
Commiffaire Impérial de ne point approuver par
JUILLET. 1763. 181
fa préfence à l'Eglife la prétendue élection du
Comte d'Outremont. Il y a eu là - deſſus des conteftations
très- vives entre le Grand Bailli & les
quatre Capitulaires. Sur ces entrefaites , on a
appris que les deux partis du Chapitre venoient de
proclamer a l'Eglife , l'un le Comre d'Outremont ,
& l'autre le Prince Clément . Ces contrariétés ont
convaincu le Commillaire Impérial qu'il y avoit
un fchifme déclaré : il a témoigné aux quatre Capitulaires
& au Grand Bailli combien il devoit lui
être fenfible de n'avoir pû , malgré les exhortations
réitérées , réunir les efprits & prévenir toute
fciffion. Il a déclaré en même temps à tous que la
décifion fur la canonicité ou non-canonicité de
l'une & de l'autre de ces deux élections appartemant
au Saint Siége , il ne devoit , ni ne pouvoit ,
avant la décision du Juge compétent , reconnoître
pour Prince l'un des deux élus ; que par cette
railon , il s'abſtien froit de ſe rendre à la Cathédrale
pour la collation du Temporel . En conféquence
, le Comte de Perghen , fidéle à l'impartialité
que lui prefcrivoit fa commiffion , a pris
le parti de s'en retourner à fon Hôtel avec le cortége
qui l'avoit accompagné au Chapitre.
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Résumé : De LIEGE, le 21 Avril 1763.
Le 21 avril 1763, à Liège, une double élection a eu lieu pour le siège épiscopal. Le 20 avril, le Comte de Perghen, Commissaire Impérial, attendait la notification du Chapitre. Quatre capitulaires ont annoncé l'élection non canonique du Comte d'Outremont et ont protesté en faveur du Prince Clément de Saxe, demandant l'autorité du Commissaire. Le Grand Bailli a ensuite notifié l'élection du Comte d'Outremont sans mentionner la protestation. Les capitulaires ont renouvelé leur protestation, affirmant la canonicité de leur élection et appelant à la décision du Pape. Des contestations ont éclaté entre le Grand Bailli et les capitulaires. Les deux partis ont proclamé leurs élus respectifs. Le Comte de Perghen a constaté un schisme et décidé de ne pas reconnaître l'un des élus avant la décision du Saint-Siège, restant impartial.
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322
p. 181-184
De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
Début :
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de sa mission à Londres, [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Lieutenant général des armées, Ministres, Frontières, Famille royale, Contrat de mariage, Nominations, Demoiselle, Marquise , Capitaine, Charge, Roi, Officiers, Honneur, Académie royale des sciences, Machine, Récompense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
De VERSAILLES , le 11 Mai 1763.
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de
E
fa miffion à Londres , & fa fanté fe trouvant fort
dérangée , le Roi a bien voulu lui acc order fon
182 MERCURE DE FRANCE.
rappel . Sa Majesté a nommé pour le remplacer
le Comte de Guerchy , Lieutenant - Général de fes
Armées , Colonel de fon Régiment , Chevalier de
fes Ordres & Gouverneur d'Huningue. Le 17 du
mois dernier , ce nouvel Ambaſſadeur a remercié
le Roi dans fon Cabinet. Il a été préſenté par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
Département des Affaires Etrangeres.
Le Duc de Choiſeul a préſenté au Roi deux
Cartes qui comprennent la frontière du Dauphiné
& le Comté de Nice. Le Duc de Praflin a préſenté
à Sa Majesté les Cartes de nouvelle limitation
réglée entre Sa Majefté & le Roi de Sardaigne ,
par le Traité du 24 Mars 1760 , par rapport aux
frontieres refpectives des deux Etats. Ces Cartes ont
été levées géométriquement fous la direction du
fieur de Bourcet , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , & dreffées par le fieur Villaret , Capitaine-
Ingénieur , Géographe de Sa Majefté .
Le 17 du mois dernier , leurs Majeſtés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage du
Duc de Beauvilliers avec Demoiſelle de Fleury.
Le même jour , la Comteffe de Montboiffier a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Vicomteffe de Montboiffier.
Dame d'Elparbés de Luffan , Religieufe du Monaftère
de Paradis dans le Diocète de Condom •
a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan ,
Ordre de Saint Dominique , dans le même Diocèſe
, vacant par la mort de la Dame du Bouzer
de Poudenas.
Sa Majefté ayant jugé à propos de rappeller le
* fieur Durand , fon Miniftre près le Roi & la Ré---
publique de Pologne , pour lui confier le Dépôt
des Affaires Etrangères , a nommé pour le remplacer
, en qualité de Réfident , le fieur Henin ,
t
JUILLET. 1763 . 183
Secrétaire d'Ambaffade du Marquis de Paulmy.
Le ro du mois dernier, Leurs Majeftés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage de
Paul- Charles Marie, Marquis de Lomenie , ci-devant
Capitaine au Régiment de la Reine , Dragons
, avec Marie Therefe Poupardin- d'Amanly.
Le 23 , celui du Marquis de la Rochefoucault-
Maumont de Magnat avec Demoiselle de Fougeu
; le 24 , celui du Marquis de Sablé , fils dur
Marquis de Croify , avec Demoiſelle de la Roche
-de- Rambure ; celui du Comte de Luppé avec
Denroifelle de Butler ; & celui du Comte de
Mellet avec Demoiſelle le Daulfeur. Le premier
de ce mois , celui du Comte de Vogué avec Demoiſelle
Jeanne- Magdeleine- Thereſe de Sourches
; & celui du Marquis de Sade avec Demoifelle
Cordier de Montreuil.
Le Marquis de Sablé a obtenu la furvivance de
la Charge de Capitaine des Gardes de la Porte ,
dont le Marquis de Croiffy fon père eft pourvu.
Le 25 du mois dernier , la Comteffe de Gramont
fut préfentée à Leurs Majeftés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Ducheffe de Gramont.
Le 30 la Marquise de Sablé fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,par la Marquife
de Croiffy , fa belle-mère.
Le 4 de ce mois , la Comteffe de Luppé fut
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Marquife de Melmes .
Le Roi a érigé , en faveur du fieur de Villette
la Terre du Pleffis- Longeau , &c . , en Marquifat'
avec le nom de Villette .
Le Roi a nominé fon Miniftre Plénipotentiaire
auprès du Roi de Portugal le Chevalier de Saint-
Prieft , Exempt d'une Compagnie des Gardes - du-
Corps de Sa Majeſté.
184 MERCURE DE FRANCE .
Le 8 , les Officiers de la Compagnie des Secré
taires du Roi , eurent l'honneur de préſenter une
bourſe au Roi dans le Cabinet de Sa Majeſté le
fieur Lévêque , Syndic de la Compagnie , porta
la parole.
Le fieur Camus , de l'Académie Royale des
Sciences , ayant été nommé conjointement avec
le fieur Bertoud , habile Horloger de Paris ,
pour afſiſter au rapport que la Société Royale de
Londres doit faire de la Machine d'Horlogerie da
fieur Harriſon , cet Académicien a eu l'honneur ,
en cette qualité , de prendre congé de Sa Majesté
le 24 du mois dernier. La Machine du fieur Harrifon
a pour objet de faciliter la détermination des
longitudes en mer: les épreuves qui en ont été
faites ont eu beaucoup de fuccès , & ont engagé le
Parlement d'Angleterre à accorder une récompenfe
confidérable à l'Inventeur.
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de
E
fa miffion à Londres , & fa fanté fe trouvant fort
dérangée , le Roi a bien voulu lui acc order fon
182 MERCURE DE FRANCE.
rappel . Sa Majesté a nommé pour le remplacer
le Comte de Guerchy , Lieutenant - Général de fes
Armées , Colonel de fon Régiment , Chevalier de
fes Ordres & Gouverneur d'Huningue. Le 17 du
mois dernier , ce nouvel Ambaſſadeur a remercié
le Roi dans fon Cabinet. Il a été préſenté par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
Département des Affaires Etrangeres.
Le Duc de Choiſeul a préſenté au Roi deux
Cartes qui comprennent la frontière du Dauphiné
& le Comté de Nice. Le Duc de Praflin a préſenté
à Sa Majesté les Cartes de nouvelle limitation
réglée entre Sa Majefté & le Roi de Sardaigne ,
par le Traité du 24 Mars 1760 , par rapport aux
frontieres refpectives des deux Etats. Ces Cartes ont
été levées géométriquement fous la direction du
fieur de Bourcet , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , & dreffées par le fieur Villaret , Capitaine-
Ingénieur , Géographe de Sa Majefté .
Le 17 du mois dernier , leurs Majeſtés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage du
Duc de Beauvilliers avec Demoiſelle de Fleury.
Le même jour , la Comteffe de Montboiffier a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Vicomteffe de Montboiffier.
Dame d'Elparbés de Luffan , Religieufe du Monaftère
de Paradis dans le Diocète de Condom •
a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan ,
Ordre de Saint Dominique , dans le même Diocèſe
, vacant par la mort de la Dame du Bouzer
de Poudenas.
Sa Majefté ayant jugé à propos de rappeller le
* fieur Durand , fon Miniftre près le Roi & la Ré---
publique de Pologne , pour lui confier le Dépôt
des Affaires Etrangères , a nommé pour le remplacer
, en qualité de Réfident , le fieur Henin ,
t
JUILLET. 1763 . 183
Secrétaire d'Ambaffade du Marquis de Paulmy.
Le ro du mois dernier, Leurs Majeftés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage de
Paul- Charles Marie, Marquis de Lomenie , ci-devant
Capitaine au Régiment de la Reine , Dragons
, avec Marie Therefe Poupardin- d'Amanly.
Le 23 , celui du Marquis de la Rochefoucault-
Maumont de Magnat avec Demoiselle de Fougeu
; le 24 , celui du Marquis de Sablé , fils dur
Marquis de Croify , avec Demoiſelle de la Roche
-de- Rambure ; celui du Comte de Luppé avec
Denroifelle de Butler ; & celui du Comte de
Mellet avec Demoiſelle le Daulfeur. Le premier
de ce mois , celui du Comte de Vogué avec Demoiſelle
Jeanne- Magdeleine- Thereſe de Sourches
; & celui du Marquis de Sade avec Demoifelle
Cordier de Montreuil.
Le Marquis de Sablé a obtenu la furvivance de
la Charge de Capitaine des Gardes de la Porte ,
dont le Marquis de Croiffy fon père eft pourvu.
Le 25 du mois dernier , la Comteffe de Gramont
fut préfentée à Leurs Majeftés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Ducheffe de Gramont.
Le 30 la Marquise de Sablé fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,par la Marquife
de Croiffy , fa belle-mère.
Le 4 de ce mois , la Comteffe de Luppé fut
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Marquife de Melmes .
Le Roi a érigé , en faveur du fieur de Villette
la Terre du Pleffis- Longeau , &c . , en Marquifat'
avec le nom de Villette .
Le Roi a nominé fon Miniftre Plénipotentiaire
auprès du Roi de Portugal le Chevalier de Saint-
Prieft , Exempt d'une Compagnie des Gardes - du-
Corps de Sa Majeſté.
184 MERCURE DE FRANCE .
Le 8 , les Officiers de la Compagnie des Secré
taires du Roi , eurent l'honneur de préſenter une
bourſe au Roi dans le Cabinet de Sa Majeſté le
fieur Lévêque , Syndic de la Compagnie , porta
la parole.
Le fieur Camus , de l'Académie Royale des
Sciences , ayant été nommé conjointement avec
le fieur Bertoud , habile Horloger de Paris ,
pour afſiſter au rapport que la Société Royale de
Londres doit faire de la Machine d'Horlogerie da
fieur Harriſon , cet Académicien a eu l'honneur ,
en cette qualité , de prendre congé de Sa Majesté
le 24 du mois dernier. La Machine du fieur Harrifon
a pour objet de faciliter la détermination des
longitudes en mer: les épreuves qui en ont été
faites ont eu beaucoup de fuccès , & ont engagé le
Parlement d'Angleterre à accorder une récompenfe
confidérable à l'Inventeur.
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Résumé : De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
Le 11 mai 1763, depuis Versailles, le Duc de Nivernois, en raison de sa santé altérée, a été rappelé de sa mission à Londres. Le Roi a nommé le Comte de Guerchy, Lieutenant-Général des Armées et Colonel de son Régiment, pour le remplacer. Le 17 avril précédent, le Comte de Guerchy a remercié le Roi dans son Cabinet, présenté par le Duc de Praslin, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères. Le Duc de Choiseul a présenté au Roi des cartes de la frontière du Dauphiné et du Comté de Nice. Le Duc de Praslin a montré à Sa Majesté les cartes de la nouvelle limitation des frontières entre la France et le Royaume de Sardaigne, régie par le Traité du 24 mars 1760. Ces cartes ont été réalisées sous la direction du Sieur de Bourcet et dressées par le Sieur Villaret. Le 17 avril précédent, plusieurs contrats de mariage ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale, notamment celui du Duc de Beauvilliers avec Demoiselle de Fleury. La Comtesse de Montboissier a été présentée à Leurs Majestés par la Vicomtesse de Montboissier. Dame d'Elparbès de Luffan a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan. Le Sieur Durand, Ministre près le Roi et la République de Pologne, a été rappelé pour diriger les Affaires Étrangères, remplacé par le Sieur Henin. Le Roi a signé plusieurs contrats de mariage, notamment celui du Marquis de Lomenie avec Marie Thérèse Poupardin d'Amanly, et d'autres nobles. Le Marquis de Sablé a obtenu la survivance de la charge de Capitaine des Gardes de la Porte. Le Roi a érigé la Terre du Pleffis-Longeau en Marquisat en faveur du Sieur de Villette. Il a également nommé le Chevalier de Saint-Prieft comme Ministre Plénipotentiaire auprès du Roi de Portugal. Le Sieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences, a pris congé du Roi pour assister à un rapport sur la Machine d'Horlogerie du Sieur Harrison, destinée à déterminer les longitudes en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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323
p. 195-204
De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
Début :
Le Vendredi 27 du mois dernier, la Cour a pris un deuil de huit [...]
Mots clefs :
Cour, Deuil, Margrave, Chevaliers, Officiers, Audience, Prince, Comte, Duc, Roi, Chambre, Ministre plénipotentiaire de Naples, Famille royale, Nominations, Représentations, Ambassadeur, Serment, Cérémonie, Contrat de mariage, Marquis, Colonel, Abbaye, Diocèse, Ordre, Famille royale, Ouvrages, Nouvelles parutions, Ordonnances du roi, Promotion, Lieutenant-colonel, Régiments, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Pensions, Fonctions, Gratification
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
De VERSAILLES , le 22 Juin 1763.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
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Résumé : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
En juin 1763, la cour de Versailles observa plusieurs événements marquants. Le 22 juin, un deuil de huit jours fut décrété en mémoire du Margrave Frédéric de Brandebourg Culmback, décédé en février précédent. Le 22 mai, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent pour une messe à la chapelle, où le roi, accompagné de princes et dignitaires, portait les insignes des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d'or. Le 24 mai, le Comte de Cantillana présenta le Prince Sanfeverino, ministre plénipotentiaire de Naples à la cour du Portugal, et le Duc de Nivernois, de retour de Londres, fut présenté aux souverains. La Duchesse de Bedford prit congé le même jour. Le 30 mai, la Comtesse de Henneberg quitta la cour pour se rendre à Luneville puis à Plombières. Le 7 juin, le Duc de Bedford remit ses lettres de rappel au roi, et l'ambassadeur de Venise présenta les ambassadeurs Morosini et Guerini. Le Comte Dubois de la Mothe prêta serment en tant que Vice-Amiral, et les députés des États d'Artois furent reçus par le roi le 9 juin. Plusieurs contrats de mariage furent signés, notamment celui du Duc de la Trémoille avec la Princesse Marie de Salm. Un deuil de huit jours fut également observé pour la Princesse Marie-Victoire-Anne de Savoie. Différents ouvrages furent présentés au roi, tels que des globes et mécanismes par l'ingénieur Passemant, une nouvelle édition des 'Essais historiques sur Paris' par Saint-Foix, et l''Histoire des Druzes' par Puget de Saint-Pierre. La Société d'Agriculture, du Commerce et des Arts et Métiers de France présenta des volumes sur l'agriculture et les arts. Le roi nomma plusieurs officiers au grade de Maréchal de Camp et disposa des régiments vacants. Une ordonnance concernant la gendarmerie fut publiée, précisant les compagnies conservées et supprimées, ainsi que les nouvelles structures et paies. Les gendarmes ayant servi vingt ans et incapables de continuer leurs services pouvaient choisir entre être reçus à l'Hôtel Royal des Invalides ou se retirer chez eux avec leur solde entière. Ceux ayant moins de vingt ans de service mais blessés pouvaient également être reçus comme Lieutenants ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes atteignant vingt ans de service grâce à leur temps passé dans d'autres corps pouvaient être reçus comme Bas-Officiers ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes excédant le nombre fixé étaient réformés et recevaient des congés avec leurs habits, chapeau, épée et une gratification de 36 livres.
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324
p. 204-208
De PARIS, le 13 Juin 1763.
Début :
Le 26 du mois dernier, le Roi fit dans la Plaine des Sablons la revue des [...]
Mots clefs :
Revue de la garde, Régiments, Comte, Monseigneur, Parlement, Conseillers, Prince, Lit de justice, Naissance, Princesse, Nominations, Inoculation, Débat, Petite vérole, Interdiction, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 13 Juin 1763.
De PARIS , le 13 Juin 1763 .
Le 26 du mois dernier , le Roi fit dans la Plai
ne des Sablons la revue des Gardes Françoiſes &
des Gardes Suifles . Sa Majeſté paſſa dans les rangs,
& les deux Régimens défilérent devant Elle après.
avoir fait l'exercice. Madame la Dauphine , Mgr
le Duc de Berry , Mgr le Comte de Provence
Madame Adélaïde , Mefdames Sophie & Louiſe
ont affifté à cette revue , ainfi que le Prince de
Condé & le Prince de Lamballe .
Le Parlement ayant reçu , le 30 du mois der◄
nier , les Ordres du Roi par le Marquis de Dreux ,
Grand - Maître des Cérémonies , s'affembla le
lendemain 31 pour le Lit de Juſtice que Sa Majefté
avoir réfolu de tenir.
Vers les onze heures & demie du matin , le
Roi arriva ayant dans fon caroffe Monſeigneur
le Dauphin , Sa Majesté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de fes Gardes du Corps ,
du quartier des Gendarmes de fa Garde , de
celui des Chevaux-Légers & d'un détachement
JUILLET. 1763. 205
des Moufquetaires de chacune des deux Com
pagnies. Devant le Carroffe du Roi étoit le Vol
du Cabinet. Sa Majeſté deſcendit à là Sainte Chapelle
, où le Chancelier s'étoit rendu , Elle étoit
accompagnée du nombre ordinaire de Confeillers
d'Etat & des Maîtres des Requêtes : les Maré
chaux de France y étoient pareillement affemblés
, ainfi que les Chevaliers des Ordres , les'
Gouverneurs & Lieutenans- Généraux de Province ,
nommés par Sa Majefté pour avoir l'honneur
de l'accompagner: Le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Comte de
Clermont , le Prince de Conti & le Comte de
la Marche y avoient auffi devancé Sa Majesté.
Le Roi précédé de fa Cour , du Roi d'Armes &
des Hérauts , monta les degrés au fon des trompettes
, Hautbois , Fifres & Tambours de l'Ecurie
& de la Chambre. Deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes devant Sa Majesté.
Lorfque le Roi eut entendu la Meffe , qui fut
célébrée par un de fes Chapelains , quatre Préfidens
& fix Confeillers , députés par le Parle
ment , vinrent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent
à la Grand'Chambre. Le Roi s'étant
affis fur fon Trône , & les féances ayant été
prifes , Sa Majesté fit enregiftrer deux Edits &
une Déclaration . Le Roi fortit enfuite dans le
même ordre qu'il étoit entré.
Sa Majefté trouva , ainfi qu'à fon arrivée , les
Gardes Françoifes & Suiffes qui formoient une
double haye dans les rues , fur le Pont- Neuf
& fur les Quais , depuis le Palais jufqu'à l'extrémité
du Quai des Thuilleries .
Les Pairs qui ont affifté à ce Lit de Juftice ,
font l'Archevêque Duc de Rheims , l'Evêque Duc
de Langres , l'Evêque Comte de Noyon , les Ducs
206 MERCURE DE FRANCE .
de Sully , de Luynes , de Briffac , de Richelieu ,
de Rohan- Chabot , de Mortemart , de Trefmes
de Saint -Cloud , de Firs-James , de Chaulnes
de Rohan-Rohan , de Villars - Brancas , de Valentinois
, de Biron , de la Valliere , d'Aiguillon ,
de Fleury , de Duras . de la Vauguyon , de
Choifeul & de Praflin. Les Maréchaux de Balincourt
, Clermont - Tonnerre , d'Eftrées & de
Contades y ont eu féance
étant entrés avec
le Roi.
Le Prince de Rochefort nommé pour repréfenter
en cette occafion , le Grand Ecuyer de
France , a porté l'Epée Royale .
On a appris ici la mort de Marie- Victoire - Anne
de Savoye , titrée Mlle de Carignan , décédée
le 18 du mois dernier.
Cette Princefle née le 12 Février 1687 , étoit
fille d'Emmanuel- Philbert-Amédée de Savoye ,
Prince de Carignan en Piémont , mort le 23.
Avril 1709 , & d'Ange- Carherine d'Eft-Modene,
morte le 18 Juillet 1712 , & Soeur de Victor-
Amédée , Prince de Carignan , mort le 4 Août
1741 , Père de Louis - Victor-Amédée- Jofeph, aujourd'hui
Premier Prince du Sang de Sardaigne
& Prince de Carignan , & avoit pour Ayeul Thomas
François de Savoye , Prince de Carignan
l'un des fils de Charles- Emmanuel I. du nom ,
Duc de Savoye , furnommé le Grand , & Frère
pumé de Victor- Amédée , Duc de Savoye , Bif-
Ayeul de Sa Majefté le Roi de Sardaigne actuellement
régnant.
•
Le Lieutenant Général de Police & le Subfticus
du Procureur Général du Roi au Châteler , ayant .
repréſenté au Parlement , qu'il s'élevoit dans le
Public un murmure général , contre l'indifcrétion
de quelques-uns des partfans de l'inoculation de
JUILLET. 1763. 207
la petite vérole , contre les Inoculateurs & contreceux
qui , en attendant l'effet de l'Inoculation
qu'ils ont reçue, reftent fans précaution dans la
Société, le Parlement , d'après ces confidérations
& l'expofé des Gens du Roi fur le même fujet , la
rendu le 8 de ce mois un Arrêt qui ordonne que
la Faculté de Médecine de l'Univerfité de cette
Ville fera tenue de s'affembler pour donner
un avis précis fur l'inoculation , fes avantages ou
inconvéniens , & fur les précautions auxquelles
il conviendroit d'affujettir ceux qui pratiqueroient
l'inoculation ou qui la recevroient , fup-.
pofé qu'elle dût être permife ou tolérée ; que
cet avis feroit remis au Procureur Général du
Roi, pour être communiqué à la Faculté de Théologie
, qui s'affemblera en conféquence , & donnera
fuivant les ulages , fon avis fur le même objet ,
lequel fera de même remis au Procureur- Général,
pour être pris par la Cour , ſur ces avis ,
telles conclufions qu'il appartiendra : en attendant
, la Cour défend provifoirement à toutes
perfonnes de pratiquer l'inoculation , & de fe faire
inoculer dans les Villes & Fauxbourgs du reffort
du Parlement, & à celles qui auroient été inoculées,
de communiquer avec d'autres perfonnes que
celles qui font néceffaires à leur foulagement ,
depuis le jour qu'elles auront été inoculées jufqu'au
délai de fix femaines après leur guérifon.
Le vingt - neuviéme Tirage de la Loterie de
l'Hôtel- de-Ville , s'eft fait le 2 Mai en la maniere
accoutumée. Le Lot de cinquante mille liv.
eſt échu au Numéro 26161 , celui de vingt mille
livres au Numéro 39981 , & les deux de dix mille
livres aux Numéros 38880 & 37127 .
Le 6 Juin , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire. Les numéros fortis de la roue de for208
MERCURE DE FRANCE.
tune , font , 40 , 65 , 43 , 15 , 5s . Le prochain
tirage fe fera les Juillet.
Le 26 du mois dernier , le Roi fit dans la Plai
ne des Sablons la revue des Gardes Françoiſes &
des Gardes Suifles . Sa Majeſté paſſa dans les rangs,
& les deux Régimens défilérent devant Elle après.
avoir fait l'exercice. Madame la Dauphine , Mgr
le Duc de Berry , Mgr le Comte de Provence
Madame Adélaïde , Mefdames Sophie & Louiſe
ont affifté à cette revue , ainfi que le Prince de
Condé & le Prince de Lamballe .
Le Parlement ayant reçu , le 30 du mois der◄
nier , les Ordres du Roi par le Marquis de Dreux ,
Grand - Maître des Cérémonies , s'affembla le
lendemain 31 pour le Lit de Juſtice que Sa Majefté
avoir réfolu de tenir.
Vers les onze heures & demie du matin , le
Roi arriva ayant dans fon caroffe Monſeigneur
le Dauphin , Sa Majesté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de fes Gardes du Corps ,
du quartier des Gendarmes de fa Garde , de
celui des Chevaux-Légers & d'un détachement
JUILLET. 1763. 205
des Moufquetaires de chacune des deux Com
pagnies. Devant le Carroffe du Roi étoit le Vol
du Cabinet. Sa Majeſté deſcendit à là Sainte Chapelle
, où le Chancelier s'étoit rendu , Elle étoit
accompagnée du nombre ordinaire de Confeillers
d'Etat & des Maîtres des Requêtes : les Maré
chaux de France y étoient pareillement affemblés
, ainfi que les Chevaliers des Ordres , les'
Gouverneurs & Lieutenans- Généraux de Province ,
nommés par Sa Majefté pour avoir l'honneur
de l'accompagner: Le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Comte de
Clermont , le Prince de Conti & le Comte de
la Marche y avoient auffi devancé Sa Majesté.
Le Roi précédé de fa Cour , du Roi d'Armes &
des Hérauts , monta les degrés au fon des trompettes
, Hautbois , Fifres & Tambours de l'Ecurie
& de la Chambre. Deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes devant Sa Majesté.
Lorfque le Roi eut entendu la Meffe , qui fut
célébrée par un de fes Chapelains , quatre Préfidens
& fix Confeillers , députés par le Parle
ment , vinrent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent
à la Grand'Chambre. Le Roi s'étant
affis fur fon Trône , & les féances ayant été
prifes , Sa Majesté fit enregiftrer deux Edits &
une Déclaration . Le Roi fortit enfuite dans le
même ordre qu'il étoit entré.
Sa Majefté trouva , ainfi qu'à fon arrivée , les
Gardes Françoifes & Suiffes qui formoient une
double haye dans les rues , fur le Pont- Neuf
& fur les Quais , depuis le Palais jufqu'à l'extrémité
du Quai des Thuilleries .
Les Pairs qui ont affifté à ce Lit de Juftice ,
font l'Archevêque Duc de Rheims , l'Evêque Duc
de Langres , l'Evêque Comte de Noyon , les Ducs
206 MERCURE DE FRANCE .
de Sully , de Luynes , de Briffac , de Richelieu ,
de Rohan- Chabot , de Mortemart , de Trefmes
de Saint -Cloud , de Firs-James , de Chaulnes
de Rohan-Rohan , de Villars - Brancas , de Valentinois
, de Biron , de la Valliere , d'Aiguillon ,
de Fleury , de Duras . de la Vauguyon , de
Choifeul & de Praflin. Les Maréchaux de Balincourt
, Clermont - Tonnerre , d'Eftrées & de
Contades y ont eu féance
étant entrés avec
le Roi.
Le Prince de Rochefort nommé pour repréfenter
en cette occafion , le Grand Ecuyer de
France , a porté l'Epée Royale .
On a appris ici la mort de Marie- Victoire - Anne
de Savoye , titrée Mlle de Carignan , décédée
le 18 du mois dernier.
Cette Princefle née le 12 Février 1687 , étoit
fille d'Emmanuel- Philbert-Amédée de Savoye ,
Prince de Carignan en Piémont , mort le 23.
Avril 1709 , & d'Ange- Carherine d'Eft-Modene,
morte le 18 Juillet 1712 , & Soeur de Victor-
Amédée , Prince de Carignan , mort le 4 Août
1741 , Père de Louis - Victor-Amédée- Jofeph, aujourd'hui
Premier Prince du Sang de Sardaigne
& Prince de Carignan , & avoit pour Ayeul Thomas
François de Savoye , Prince de Carignan
l'un des fils de Charles- Emmanuel I. du nom ,
Duc de Savoye , furnommé le Grand , & Frère
pumé de Victor- Amédée , Duc de Savoye , Bif-
Ayeul de Sa Majefté le Roi de Sardaigne actuellement
régnant.
•
Le Lieutenant Général de Police & le Subfticus
du Procureur Général du Roi au Châteler , ayant .
repréſenté au Parlement , qu'il s'élevoit dans le
Public un murmure général , contre l'indifcrétion
de quelques-uns des partfans de l'inoculation de
JUILLET. 1763. 207
la petite vérole , contre les Inoculateurs & contreceux
qui , en attendant l'effet de l'Inoculation
qu'ils ont reçue, reftent fans précaution dans la
Société, le Parlement , d'après ces confidérations
& l'expofé des Gens du Roi fur le même fujet , la
rendu le 8 de ce mois un Arrêt qui ordonne que
la Faculté de Médecine de l'Univerfité de cette
Ville fera tenue de s'affembler pour donner
un avis précis fur l'inoculation , fes avantages ou
inconvéniens , & fur les précautions auxquelles
il conviendroit d'affujettir ceux qui pratiqueroient
l'inoculation ou qui la recevroient , fup-.
pofé qu'elle dût être permife ou tolérée ; que
cet avis feroit remis au Procureur Général du
Roi, pour être communiqué à la Faculté de Théologie
, qui s'affemblera en conféquence , & donnera
fuivant les ulages , fon avis fur le même objet ,
lequel fera de même remis au Procureur- Général,
pour être pris par la Cour , ſur ces avis ,
telles conclufions qu'il appartiendra : en attendant
, la Cour défend provifoirement à toutes
perfonnes de pratiquer l'inoculation , & de fe faire
inoculer dans les Villes & Fauxbourgs du reffort
du Parlement, & à celles qui auroient été inoculées,
de communiquer avec d'autres perfonnes que
celles qui font néceffaires à leur foulagement ,
depuis le jour qu'elles auront été inoculées jufqu'au
délai de fix femaines après leur guérifon.
Le vingt - neuviéme Tirage de la Loterie de
l'Hôtel- de-Ville , s'eft fait le 2 Mai en la maniere
accoutumée. Le Lot de cinquante mille liv.
eſt échu au Numéro 26161 , celui de vingt mille
livres au Numéro 39981 , & les deux de dix mille
livres aux Numéros 38880 & 37127 .
Le 6 Juin , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire. Les numéros fortis de la roue de for208
MERCURE DE FRANCE.
tune , font , 40 , 65 , 43 , 15 , 5s . Le prochain
tirage fe fera les Juillet.
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Résumé : De PARIS, le 13 Juin 1763.
Le 26 mai 1763, le roi passa en revue les Gardes Françaises et les Gardes Suisses à la Plaine des Sablons en présence de plusieurs membres de la famille royale, dont Madame la Dauphine, Mgr le Duc de Berry, Mgr le Comte de Provence, Madame Adélaïde, Mesdames Sophie et Louise, ainsi que le Prince de Condé et le Prince de Lamballe. Le 30 mai, le Parlement reçut les ordres du roi transmis par le Marquis de Dreux et se réunit le lendemain pour un Lit de Justice. Le roi, accompagné du Dauphin et d'un détachement de ses Gardes du Corps, des Gendarmes, des Chevaux-Légers et des Mousquetaires, fut accueilli par le Chancelier et divers dignitaires à la Sainte-Chapelle. Après une messe, il se rendit à la Grand'Chambre où il fit enregistrer deux édits et une déclaration. Les Pairs présents incluaient plusieurs archevêques, évêques et ducs, ainsi que les maréchaux de Balincourt, Clermont-Tonnerre, d'Estrées et de Contades. Le Prince de Rochefort porta l'Épée Royale. On annonça également la mort de Marie-Victoire-Anne de Savoie, titrée Mlle de Carignan, décédée le 18 mai. Elle était la fille d'Emmanuel-Philibert-Amédée de Savoie et d'Ange-Catherine d'Este-Modène. Le Lieutenant Général de Police et le Substitut du Procureur Général du Roi informèrent le Parlement des murmures publics contre l'inoculation de la petite vérole. Le Parlement ordonna à la Faculté de Médecine de se réunir pour évaluer les avantages et inconvénients de l'inoculation et les précautions à prendre. En attendant, l'inoculation fut provisoirement interdite. Le 2 mai, le vingt-neuvième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, attribuant les lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres aux numéros 26161, 39981, 38880 et 37127. Le 6 juin, la Loterie de l'École Royale Militaire fut tirée, avec les numéros 40, 65, 43, 15 et 55 sortis de la roue de fortune.
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325
p. 190-193
De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
Début :
Le Roi ayant nommé Chevalier des Ordres Royaux, Militaires & Hospitaliers [...]
Mots clefs :
Roi, Chevalier, Ordres, Nominations, Comte, Colonel, Duc, Obédience, Comtesse, Famille royale, Revue de la garde, Contrat de mariage, Envoyés, Nouvelles parutions, Inventions, Académie royale des sciences, Compiègne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
De VERSAILLES , le 2 Juillet 1763.
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
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Résumé : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
En juillet 1763, le roi de France a procédé à plusieurs nominations prestigieuses au sein des Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Le Chevalier Maillot de la Ferrière a été nommé Maréchal de Camp et Sous-Gouverneur des princes Duc de Berry et Comte de Provence. D'autres nominations incluent le Comte de Montault, Colonel d'Infanterie, le sieur de Ruis-Embito, Intendant de la Marine à Rochefort, et le sieur Durand, ancien ministre auprès du Roi et de la République de Pologne. Le 1er août 1763, ces nouveaux Chevaliers ont été reçus dans l'appartement du Duc de Berry, Grand-Maître des Ordres, après avoir fait leurs professions et émis leurs vœux. Plusieurs Chevaliers, Commandeurs, Grands Officiers et autres dignitaires ont assisté à cette cérémonie. En juin 1763, plusieurs présentations ont eu lieu à la cour. La Comtesse de Noailles a été présentée comme Dame d'Honneur de la Reine, remplaçant la Duchesse de Luynes. La Comtesse de Gontaut a également été présentée. Le 30 juin, le roi, accompagné de la famille royale, a passé en revue les troupes à la Plaine de Marly. Le 3 juillet, le contrat de mariage du Marquis de Graffe et de Mademoiselle de Carcado a été signé. Plusieurs présentations de dignitaires et de personnalités ont également eu lieu ce jour-là, notamment celles de la Comtesse de Melflé, de la Comtesse de Guines, de la Duchesse de la Trémoille, et du Dom Delrue, nouvellement élu Général de la Congrégation de Saint-Maur. Le 29 juin, l'Abbé Lambert a présenté au roi une nouvelle traduction des Œuvres Morales de Plutarque. Le 30 juin, les sieurs Camus et Berthoud, envoyés à Londres pour examiner l'horloge marine de M. Harrison, ont été présentés au roi. L'Académie Royale des Sciences a également présenté au roi le volume de son Histoire et des Mémoires pour l'année 1761. Le roi, le Dauphin et la Dauphine se sont rendus à Compiègne, où le Duc de Berry et le Comte de Provence étaient déjà arrivés. La Reine et les princesses Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise devaient les rejoindre.
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326
p. 197
MARIAGES.
Début :
Charles-Claude François Marquis du Tillet, Colonel du Régiment Royal Infanterie [...]
Mots clefs :
Colonel de régiment, Bénédiction nuptiale, Comte, Mariage, Lieutenant, Demoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Charles-Claude François Marquis da Tillet ,
Colonel du Régiment Royal Infanterie , a épou
fé le 21 Juin , Demoifellle de Sebbeval . La Béné
diction Nuptiale leur a été donnée dans la Paroille
deSaint Laurent , par l'Abbé du Tiller , Vicaire
Général de l'Evêché de Châlons en Champagne.
-
·
Le mariage du Marquis de Pardieu avec De
moifelle de Saint Fulgent , a été célébré le 27
du même mois dans l'Eglife Paroiffiale de Saint-
Roch. L'Abbé de Flamarens , Vicaire Général du
Diocèle de Chartres , leur a donné la Bénédiction
Nuptiale.
La Célébration du Mariage de Louis Antoine-
Armand de Gramont , Comte de Guiche , fils
du Duc de Gramont > avec Philippine Louife-
Catherine de Noailles , fille du Duc d'Ayen
s'eft faite auffi le 27 , dans la Chapelle de l'Hôtel
de Noailles.
Le 12 de Juillet 1763 , ont été mariés en l'Eglife
Paroiliale de S. Roch à Paris , François ,
Marquis de Graffe , des anciens Princes & Seigneurs
d'Antibes fur la côte de Provence , Seigneur
de Limirmont en Picardie & autres lieux , Capitaine
au Régiment des Gardes -Françoiſes &c .
Et Dlle Marie-Anne - Françoife - Louiſe le Senef
chal de Carcado , fille de feu Louis - Alexandre-
Xavier le Senefchal , Marquis de Carcado , Seigneur
de Saint Cavadel , du Gué- de- l'Ifle , & autres
Terres aux Diocéfes de Vannes & de Quimper
en Bretagne , Lieutenant Général ès armées
du Roi , autrefois Colonel du Régiment de Breffe,
& Commandant pour Sa Majesté dans la Baffe-
Alface , & de Dame Marie - Anne - Claude de
Montmorency , aujourd'hui fa veuve.
Charles-Claude François Marquis da Tillet ,
Colonel du Régiment Royal Infanterie , a épou
fé le 21 Juin , Demoifellle de Sebbeval . La Béné
diction Nuptiale leur a été donnée dans la Paroille
deSaint Laurent , par l'Abbé du Tiller , Vicaire
Général de l'Evêché de Châlons en Champagne.
-
·
Le mariage du Marquis de Pardieu avec De
moifelle de Saint Fulgent , a été célébré le 27
du même mois dans l'Eglife Paroiffiale de Saint-
Roch. L'Abbé de Flamarens , Vicaire Général du
Diocèle de Chartres , leur a donné la Bénédiction
Nuptiale.
La Célébration du Mariage de Louis Antoine-
Armand de Gramont , Comte de Guiche , fils
du Duc de Gramont > avec Philippine Louife-
Catherine de Noailles , fille du Duc d'Ayen
s'eft faite auffi le 27 , dans la Chapelle de l'Hôtel
de Noailles.
Le 12 de Juillet 1763 , ont été mariés en l'Eglife
Paroiliale de S. Roch à Paris , François ,
Marquis de Graffe , des anciens Princes & Seigneurs
d'Antibes fur la côte de Provence , Seigneur
de Limirmont en Picardie & autres lieux , Capitaine
au Régiment des Gardes -Françoiſes &c .
Et Dlle Marie-Anne - Françoife - Louiſe le Senef
chal de Carcado , fille de feu Louis - Alexandre-
Xavier le Senefchal , Marquis de Carcado , Seigneur
de Saint Cavadel , du Gué- de- l'Ifle , & autres
Terres aux Diocéfes de Vannes & de Quimper
en Bretagne , Lieutenant Général ès armées
du Roi , autrefois Colonel du Régiment de Breffe,
& Commandant pour Sa Majesté dans la Baffe-
Alface , & de Dame Marie - Anne - Claude de
Montmorency , aujourd'hui fa veuve.
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Résumé : MARIAGES.
Au XVIIIe siècle, plusieurs mariages aristocratiques ont eu lieu en France. Le 21 juin, Charles-Claude François, Marquis da Tillet, colonel du Régiment Royal Infanterie, a épousé Mademoiselle de Sebbeval. La bénédiction a été donnée par l'Abbé du Tiller dans la paroisse de Saint-Laurent. Le 27 juin, le Marquis de Pardieu a épousé Mademoiselle de Saint Fulgent à Saint-Roch, avec la bénédiction de l'Abbé de Flamarens. Le même jour, Louis Antoine-Armand de Gramont, Comte de Guiche, a épousé Philippine Louise-Catherine de Noailles dans la chapelle de l'Hôtel de Noailles. Le 12 juillet 1763, François Marquis de Graffe, capitaine au Régiment des Gardes-Françoises, a épousé Mademoiselle Marie-Anne Françoise Louise le Seneschal de Carcado à Saint-Roch. Cette dernière était la fille de Louis Alexandre-Xavier le Seneschal, Marquis de Carcado, et de Dame Marie-Anne Claude de Montmorency.
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327
p. 198-206
MORTS.
Début :
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante de l'Académie Françoise, [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Académicien, Veuve, Comte, Décès, Duc, Marquis, Fille, Mariage, Maison de Maulde, Baron, Chambellan, Seigneurs, Maison du Plessis-Chastillon, Lieutenant général, Vicomte, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
"
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , Penſionnaire & ancien
Secrétaire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles Lettres de l'Académie de Crotone
Cenfeur Royal , Garde de la Salle des Antiques
du Louvre , & l'un des Secrétaires ordinaires
du Duc d'Orléans , eſt mort au Château
de Loches , le 22 Juin , dans la quarante &
uniéme année de fon âge.
François - Eléonor Comte d'Andlau , Lieutenant-
Général des armées du Roi , & l'un des Directeurs
du Corps de la Nobleffe de la Baffe Alface
, eft mort en cette Ville le 24 Juin , âgé de
cinquante- deux ans.
Marie-Magdeleine de Saint-Remy , veuve de
Guy-Antoine de Saint-Simon , Marquis de Courtomer
, Capitaine des Gardes- du- Corps de feue
Son Alteffe Royale Madame la Ducheffe de Berry,
& fille de Jean- Jacques Marquis de Saint - Remy ,
& de Marie - Therefe de Montgommery , eft
morte le 26 du même mois dans fon Château de
la Motte-Fouquet , en Baffe - Normandie , dans la
foixante-deuxième année de fon âge.
Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil
de Montalet , veuve en premières noces de Joachim
-Jacques de la Chétardie , Maréchal de
Camp, Commandant au Vieux Briffac , Gouver
neur de Landrecy ; & en fecondes nôces de Ferdinand-
Augufte Solars , Comte de Monafterol ,
L'eutenant Général des troupes de l'Electeur de
Baviere , fon Miniftre & fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de France , eft morte dernierement
en cette Ville .
AOUST. 1763. 199
1
Louife -Marie de Saint - Quintin de Bler , épouſe
de Célar- Pierre Thibault de la Brouffe , Marquis
de Verteillac de Saint- Martin , Baron dela Tour-
Blanche , Gouverneur , Grand- Sénéchal & Lieutenant
de Roi de la Province de Périgord , Chevalier
de Saint Louis , & Capitaine Lieutenant de la
Gendarmerie , mourut le & Juillet. Elle étoit fille"
d'Alexandre de Saint-Quintin , Comte de Bler
Maréchal de Camp , mort à Berg-Op-Zoom , ou
il commandoit pour Sa Majesté.
Marie- Louife Magdeleine de Beauveau , veuve
de Pierre-Louis Comte d'Ailly,, Marquis de Senecey
, eft morte en cette Ville le 11 du même mois.
Marie de Cuminal , veuve du fieur Malfal- ,
gueyrar , eft morte le 23 Juin à Bergerac en Perigord
, dans la cent uniéme année de fon âge.
རྩྭ་ ༣༩ ས་ ཤ
Emmanuel- Maurice de Lorraine Duc d'Elbeuf
en Normandie, Pair de France, Chevalier de
l'Ordre de Saint Etienne de Tofcane , ancien Général
de la Cavalerie dans le Royaume de Naples .
pour le fervice des Empereurs Jofeph & Charles
VI. eft mort en cette Ville le 17 Juillet , dans la
quatre-vingt- fixième année de fon âge.
Urfule de Pollel , veuve d'Abraham du Quefne-
Mofnier , Chef d'Efcadre des Armées Navales de
Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , & ci- devant Comman
dant le Département de la Marine au Port de
Toulon , eft morre en cette dernière Ville le 6
Juillet , dans la quatre-vingt- quatorziéme année
de fon âge.
Louis- François Comte de Maulde , Marquis de
la Buiffiere , Prince d'Hofdan au pays de Liége ,
eft mort en fon Château de la Builliere en Artois ,
le 31 Mars dernier .
Le filence de l'Auteur du Calendrier des Princes
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
& de la Nobleffe de France , fur la Maiſon de
Maulde , en Hainault , qui fans confulter le
tome 2. de fon Dictionnaire général pag. 490 ,
s'eft contenté de dire dans les Calendriers de
1762 & 1763 , qu'il n'en reftoit qu'une fille mariée
au Vicomte d'Ifque , pourroit faire croire
que cette ancienne Maiſon eft éteinte. Il eft vrai
que Gabriel de Maulde , troifiéme du nom , Seigneur
de Neuville, Marquis de Colemberg , Maréchal
de Camp , Lieutenant-Général au Département
du Boulonnois , le dernier de la Branche
cadette , léparée dès l'an 1430 , mort dans le dixfeptiéme
fiécle , ne laiffa qu'une fille mariée au
Vicomte d'Ifque , à condition de prendre fon
nom & les armes. Mais la Branche aînée ( Voyez
le tome 2. du Dict . ) a toujours ſubfifté en ligné
directe , & le Comte de Maulde dont on vient
d'annoncer la mort , étoit le Chef de cette Branche.
Il eſt le premier de fon nom qui ait fervi en
France , & a hérité de tous les biens de Léon de
Maulde, mort fans enfans en 1740 , de Jeanne
d'Auxi fon épouſe.
De fon mariage ( Célébration , 11 Juillet
1735:) avec Félicité de Conflans , il a laiffé quatre
enfans fçavoir :
Leon , Eugene , Louis , Comte de Maulde , né
le 25 Août 1739 , Colonel aux Grenadiers de
France.
Emmanuel- Gabriel Vicomte de Maulde , né le
24 Septembre 1740 , Colonel,
Adelaide , née en Janvier 1742 ,
mariée en
Mai 1760 à Henri Comte de Lur , Marquis de
Saluces , Brigadier & Colonel de Cavalerie.
Marie-Anne-Charlotte , née le premier No-
-vembre 1748 .
"
AOUST. 1763.
201
Le nom de Maulde eft un des plus anciens qui
fe trouvent infcrits dans les archives des fondations
les plus gothiques de la Province de Hainault
: où on les voit bienfaiteurs des Abbayes de
S. Hubert , de S. Martin , de S. Guilain &c . La
Terre de Maulde eft partagée par Lefcaurà deux
lieux d'Ath , dont la partie au-delà de Lescaut appartenoit
dès l'an 1000 , & appartient encore aujourd'hui
aux Seigneurs de Ligne qui le font qualifiés
Barons de Maulde , jufqu'en l'an 1400. L'autre
partie dont relevoient quinze Fiefs nobles
appartenoit aufli en la même année 1000 ,
Watiez de Maulde , marié 1 ° .à Agnès de Saveuze;
2.à Amante d'Enghien ; ce qui rend probable
que ces deux Maiſons ſont la même origine. La
reflemblance des armes de l'une & de l'autre ,
femble confirmer cette opinion * : celles des premiers
ne différent de celles des derniers que par
trois Croix en fautoirs fur la bande de fable , &
que les Papes accordoient comme marque d'honneur
aux croisés.
•
Quoiqu'il en foit , en 1180 une Auduine de
Ligne , foeur de Watier & de Fraftre de Ligne ,
fut mariée à Mathieu de Maulde , ( Voyez les ann .
du Comté de Hainault , pag . 213 ) . Les autres
alliances de la Mailon de Maulde , font , fuivant
Carpantier, avec les Maifons de Haluin , Henin-
Lietard, Barbançon , Cléves , Montmorency , Berghes
, Mailly &c. Elle a donné des Chanoinelles.
aux Nobles Chapitres d'Andennes de Mons , & de
Nivelle , un Wautier , Seigneur de Maulde , fuivit
en 1201 au voyage de la Terre - Sainte , Bau-
* L'anciem dictum Flamand , Maulde crie Ligne ,
fe trouve aux Archives de Bruxelles .
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
douin , Comte de Hainault. Robert de Maulde fug
Gouverneur de Guiſe en 1250 ; & Mathieu , Gouverneur
de Sensen 1252 .
La Terre de la Buiffiere en Artois , eft paffée
dans la Maiſon de Maulde par le mariage de
George de Maulde en 1597 avec Joffinne de Courteville
, fille & héritiere de Jacques , Seigneur de
la Buiffiere , & de Catherine de Barbançon. Jacques
étoit Chambellan , Capitaine des Gardes , &
Ambaſſadeur de Sa Majefté Catholique Philippe I.
Gouverneur de fon Fils Charles-Quint , & Chevalier
de la Toifon d'Or , dont defcendoit le Comte
de Maulde , Marquis de la Buiffiere , qui a pour .
Mere une Ghistelles , & pour Ayeule une Montmorency.
9
La Terre de Maulde en deça de Lefcaut , a été
vendue par Guillemette de Maulde à Antoine
de Carondelet . Elle fut mariée 1ª . à Jean de Bar
bançon , 2 ° . à Hefter de Cleves.
Les Archives de S. Guilain & de S. Martin, difent
que cette Guillemette de Maulde , héritière
de la Branche aînée , emporta de fa Maiſon cent
mille florins de rente , fomme immenfe pour ce
temps-là.
Voyez l'hift. du Cambrefis , tome 2 , page 997
& fuivantes , & les Annales du Hainault.
Meffire Hector du Pleffis - Chaftillon , des Seigneurs
de Saint - Hilaire- la - Gravelle , Page de la
Reine en 1728 , après fon frère aîné qui l'avoit
été en Septembre 1725 , puis Cornette au Régiment
de la Reine Cavalerie ; enfuite Lieutenant
au même Regiment ; Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis & Penfionnaire de Sa
Majefté , dont il quitta le fervice , tout - à- fait
hors de combat , mourut à Châteaudun le 23
Décembre 1762 , fort regretté. Il s'étoit trouvé
en Allemagne , avec le même Régiment , au
ADUST. 1763. 2༠3
7
Siége de Philisbourg en 1734, &c , & en Boheme
, au Siége de Prague pris d'aflaut en
1741 , où les François d'Affiégeans devinrent
Affiégés & d'où ils firent la nuit du 16 , au 17
Décembre 1742 , fous le Maréchal de Belle-Ifle ,
cette tant belle retraite à jamais honorable pour
le nom François il laiffe un unique neveu âgé
d'environ douze ans & dernier des Seigneurs de
Saint -Hilaire-la - Gravelle , l'une des Branches
cadettes , avec celle de Beaujeu , fubfiftantes &
forties des Seigneurs Châtelains. du Mée , établis
dans la petite Province de Dunois , depuis trois
cens ans paffés , de la Maifon du Pleffis- Chaftillon
, l'une de la Province du Maine , des plus
Illuftres par fes Alliances & fon Ancienneté , &
qui porte d'argent à trois quintes feuilles de
Gueules. Il fortait au feptiéme degré de Jean IV.
du nom du Pleffis - Chatillon & de Catherine
d'Avaugour fa feconde femme iffue des anciens
Comtes & Ducs de Bretagne , lequel avoit eu
pour premiere femme Marie de Vaux- de- Cuon ,
d'où defcend au neuviéme degré Marie - Félici é du
Pleffis - Chatillon , feule & unique héritiere de fa
Branche qui eft l'aînée , de ce nom Marquifo C ›
du Pleffis - Chaſtillon au Maine , de Nonant en
Normandie , de Saint - Gelais en Poitou & c. Comteſſe
de Château - Meliand , en Berry , & c . Epoule ,
1º de François-Antoine de Chabannes Pionzac ,
dit le Comte de Chabannes , Marquis de la
Palice , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Gouverneur de Verdun & du Verdunois
, ci-devant Lieutenant Colonel des Gardes
Françoifes d'où il avoit été Major , Commandant
pour le Roi, en 1745 , ou 1747 , dans le Pays
d'Aunis , la Rochelle , le Poitou , &c. Mort à
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Paris le 23 Décembre 1743 , âgé de foixantehuit
ans.
>
•
2º. En Février 1760 , de Charles - Bernard- :
Martial de Narbonne - Pelet dit le Baron de
Narbonne , Maifon des plus Illuftres & des plus .
Anciennes du Royaume de France , d'où defcendoit
, par femme , le Duc de Lara , Maifon
des plus grandes d'Efpagne , frère puifné de
François Raymond - Jof- ph- Hermenigilde- Amalric-
Pelet , dit le Vicomte de Narbonne , né le 21
Octobre 1715 & marié le 12 Janvier 1734 , à
Marie Diane Antoinette de Roffet de Fleury-
Perignan née le 6 Avril 1721 , & morte au
Château de Fontanés près Sommieres , le 27
Juillet 1754 foeur du Duc de Fleuri , de l'Evêque
de Chartres , de l'Archevêque de Tours & de
la Marquife de Caftries , & petite Niéce du Car
dinal de Fleury , Miniſtre ordinaire d'Etat.
· ·
La Baronne de Narbonne avoit pour frère unique
Louis-Henri Félife du Pleffis - Chaftillon,Comte
de Château Méliand & c. Sous- Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - légers d'Orléans , mort
le 25 Août 1754 , âgé de 28 ans , fans poftérité de
Marie- Magdeleine- Louiſe de Barberie de S. Con- -
teft qu'il avoit épousée le 6 Tuillet 1753 fille de
François-Dominique de Barberie , Marquis de S.
Contest, Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le
Département des affaires étrangeres , Commandeur
Prevôt & Maître des cérémonies des Ordres
du Roi en Mars 1754 & ci- devant Ambaffadeur
de Sa Majesté auprés des Etats-Généraux des Provinces-
unies, mort à Versailles le 24 Juillet 1734
âgé de 54 ans & de Jeanne-Monique- Philippe Def
vieux ; & avoit pour tante Jeanne-Marie du Pleffis- i
Chaſtillon morte à Paris le 18 Avril 1763 , Veuve
de Philippe- Charles d'Eftampes , dit le Comte
>
AOUST . 1763. 205
Etampes qu'elle avoit époufé en Juin 1709 , Marquis
de la Ferté- Imbault , Sallebris &c. Chevalier
de Malte dans fa jeuneffe , Colonel du Régiment
de Chartres Infanterie , Brigadier des Armées du
Roi le Février 1719 , Capitaine des Gardes- du-
Corps de feu Son Alteffe Royale , Monfeigneur le
Duc d'Orléans , Régent du Royaume , d'une Maifon
dont eft forti un Cardinal , plufieurs Evêques ,
entre autres , un Evêque de Chartres , puis Archevêque
Duc de Rheims , un Grand Prieur de France
de l'Ordre de Malte , un Maréchal de France , plufieurs
Chevaliers des Ordres , un grand Maréchal
des Logis de la Maiſon du Roi , &c. De ce Mariage
il ne refte que Sophie d'Eftampes née en Septembre
1730 ; qui a époufé Bernard de Comte-
Nonant, Marquis de Pierrecourt , & c , d'une trèsbonne
& ancienne Nobleffe de Normandie & des
mieux alliée , & a pour oncle Henry , & Anne
Hilarion du Pleffis-Chaſtillon , l'un Comte de Rugles;
& l'autre Chevalier Profès de l'Ordre de S.
Jean de Jérufalem , au Grand Prieuré de France ,
Commandeur de la Ville- Dieu ,
Il est mort à Paris le 10 Juin 1763 , Dame ,
Madame Louiſe Marie de Saint- Quintin de Bler ,
âgée de vingt- cinq ans ,fille de feu Meffire Alexandre
de Saint-Quintin, Chevalier Seigneur, Comte
de Blet , Baron des Broffe & de Villeneuve ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , Maréchal des Camps & Armées de Sa
Majefté , mort à Berg - op-zoom , où il commandoit
pour Sa Majesté & de Dame , Madame
Marie Peirene fes Père & Mère , Epoufe de
Meffire Cefart, Pierre Thibault de la Brouffe ,
Chevalier Seigneur , Marquis de Verteillac de
Saint -Martin , Biron de la Tour Blanche , Gouverneur
, grand Sénéchal & Lieutenant de Roi
266 MERCURE DE FRANCE.
de la Provnice de Perigord ; Chevalier de l'Ordre
Royale Militaire de Saint Louis ; Capitaine-
Lieutenant de la Gendarmerie ; elle a laille ,
deux enfans une fille & un garçon.
·
Pierre François - Marie Guignolet de Montalembert
, Confeiller honoraire au Parlement de
Bretagne , eft mort à Paris le 3 Juillet 1763 ,
âgé de foixante fept ans. Il étoit iffu de la Maifon
de Montalembert , originaire de la Province de
Poitou fur les confins de l'Angoumois . Sa bran
che en étoit féparée depuis Guillaume de Montalembert
, qui s'établit en Bretagne dans la partie
du Comté Nantois frontiere de Poito ; après
avoir épousé l'an 1467 Françoile de Goulaine ,
fille unique & héritiere de Jean de Goulaine
Chevalier , d'une des plus anciennes Maifons de
Bretagne. Moreri rapporte la généalogie à l'occafion
d'André de Montalembert , Seigneur d'Elé
& de Panvillier , Chevalier de l'Ordre du Roi
premier Gentilhomme de la Chambre des Rois
François I. Henri II . Lieutenant- Général , Commandant
fes Armées en Ecofle , qu'un mérite dif
tingué a placé au rang des hommes illuftres de
la France . Voyez fur l'ancienneté de fa Maifon ,.
Moreri , Brantome , Mezerai , le Père Daniel
Dubouchet , Annales d'Aquitaine &C.
"
Jean-Pierre de Bougainville, l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , Penſionnaire & ancien
Secrétaire de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles Lettres de l'Académie de Crotone
Cenfeur Royal , Garde de la Salle des Antiques
du Louvre , & l'un des Secrétaires ordinaires
du Duc d'Orléans , eſt mort au Château
de Loches , le 22 Juin , dans la quarante &
uniéme année de fon âge.
François - Eléonor Comte d'Andlau , Lieutenant-
Général des armées du Roi , & l'un des Directeurs
du Corps de la Nobleffe de la Baffe Alface
, eft mort en cette Ville le 24 Juin , âgé de
cinquante- deux ans.
Marie-Magdeleine de Saint-Remy , veuve de
Guy-Antoine de Saint-Simon , Marquis de Courtomer
, Capitaine des Gardes- du- Corps de feue
Son Alteffe Royale Madame la Ducheffe de Berry,
& fille de Jean- Jacques Marquis de Saint - Remy ,
& de Marie - Therefe de Montgommery , eft
morte le 26 du même mois dans fon Château de
la Motte-Fouquet , en Baffe - Normandie , dans la
foixante-deuxième année de fon âge.
Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil
de Montalet , veuve en premières noces de Joachim
-Jacques de la Chétardie , Maréchal de
Camp, Commandant au Vieux Briffac , Gouver
neur de Landrecy ; & en fecondes nôces de Ferdinand-
Augufte Solars , Comte de Monafterol ,
L'eutenant Général des troupes de l'Electeur de
Baviere , fon Miniftre & fon Envoyé Extraordinaire
à la Cour de France , eft morte dernierement
en cette Ville .
AOUST. 1763. 199
1
Louife -Marie de Saint - Quintin de Bler , épouſe
de Célar- Pierre Thibault de la Brouffe , Marquis
de Verteillac de Saint- Martin , Baron dela Tour-
Blanche , Gouverneur , Grand- Sénéchal & Lieutenant
de Roi de la Province de Périgord , Chevalier
de Saint Louis , & Capitaine Lieutenant de la
Gendarmerie , mourut le & Juillet. Elle étoit fille"
d'Alexandre de Saint-Quintin , Comte de Bler
Maréchal de Camp , mort à Berg-Op-Zoom , ou
il commandoit pour Sa Majesté.
Marie- Louife Magdeleine de Beauveau , veuve
de Pierre-Louis Comte d'Ailly,, Marquis de Senecey
, eft morte en cette Ville le 11 du même mois.
Marie de Cuminal , veuve du fieur Malfal- ,
gueyrar , eft morte le 23 Juin à Bergerac en Perigord
, dans la cent uniéme année de fon âge.
རྩྭ་ ༣༩ ས་ ཤ
Emmanuel- Maurice de Lorraine Duc d'Elbeuf
en Normandie, Pair de France, Chevalier de
l'Ordre de Saint Etienne de Tofcane , ancien Général
de la Cavalerie dans le Royaume de Naples .
pour le fervice des Empereurs Jofeph & Charles
VI. eft mort en cette Ville le 17 Juillet , dans la
quatre-vingt- fixième année de fon âge.
Urfule de Pollel , veuve d'Abraham du Quefne-
Mofnier , Chef d'Efcadre des Armées Navales de
Sa Majefté , Commandeur de l'Ordre Royal &
Militaire de Saint Louis , & ci- devant Comman
dant le Département de la Marine au Port de
Toulon , eft morre en cette dernière Ville le 6
Juillet , dans la quatre-vingt- quatorziéme année
de fon âge.
Louis- François Comte de Maulde , Marquis de
la Buiffiere , Prince d'Hofdan au pays de Liége ,
eft mort en fon Château de la Builliere en Artois ,
le 31 Mars dernier .
Le filence de l'Auteur du Calendrier des Princes
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
& de la Nobleffe de France , fur la Maiſon de
Maulde , en Hainault , qui fans confulter le
tome 2. de fon Dictionnaire général pag. 490 ,
s'eft contenté de dire dans les Calendriers de
1762 & 1763 , qu'il n'en reftoit qu'une fille mariée
au Vicomte d'Ifque , pourroit faire croire
que cette ancienne Maiſon eft éteinte. Il eft vrai
que Gabriel de Maulde , troifiéme du nom , Seigneur
de Neuville, Marquis de Colemberg , Maréchal
de Camp , Lieutenant-Général au Département
du Boulonnois , le dernier de la Branche
cadette , léparée dès l'an 1430 , mort dans le dixfeptiéme
fiécle , ne laiffa qu'une fille mariée au
Vicomte d'Ifque , à condition de prendre fon
nom & les armes. Mais la Branche aînée ( Voyez
le tome 2. du Dict . ) a toujours ſubfifté en ligné
directe , & le Comte de Maulde dont on vient
d'annoncer la mort , étoit le Chef de cette Branche.
Il eſt le premier de fon nom qui ait fervi en
France , & a hérité de tous les biens de Léon de
Maulde, mort fans enfans en 1740 , de Jeanne
d'Auxi fon épouſe.
De fon mariage ( Célébration , 11 Juillet
1735:) avec Félicité de Conflans , il a laiffé quatre
enfans fçavoir :
Leon , Eugene , Louis , Comte de Maulde , né
le 25 Août 1739 , Colonel aux Grenadiers de
France.
Emmanuel- Gabriel Vicomte de Maulde , né le
24 Septembre 1740 , Colonel,
Adelaide , née en Janvier 1742 ,
mariée en
Mai 1760 à Henri Comte de Lur , Marquis de
Saluces , Brigadier & Colonel de Cavalerie.
Marie-Anne-Charlotte , née le premier No-
-vembre 1748 .
"
AOUST. 1763.
201
Le nom de Maulde eft un des plus anciens qui
fe trouvent infcrits dans les archives des fondations
les plus gothiques de la Province de Hainault
: où on les voit bienfaiteurs des Abbayes de
S. Hubert , de S. Martin , de S. Guilain &c . La
Terre de Maulde eft partagée par Lefcaurà deux
lieux d'Ath , dont la partie au-delà de Lescaut appartenoit
dès l'an 1000 , & appartient encore aujourd'hui
aux Seigneurs de Ligne qui le font qualifiés
Barons de Maulde , jufqu'en l'an 1400. L'autre
partie dont relevoient quinze Fiefs nobles
appartenoit aufli en la même année 1000 ,
Watiez de Maulde , marié 1 ° .à Agnès de Saveuze;
2.à Amante d'Enghien ; ce qui rend probable
que ces deux Maiſons ſont la même origine. La
reflemblance des armes de l'une & de l'autre ,
femble confirmer cette opinion * : celles des premiers
ne différent de celles des derniers que par
trois Croix en fautoirs fur la bande de fable , &
que les Papes accordoient comme marque d'honneur
aux croisés.
•
Quoiqu'il en foit , en 1180 une Auduine de
Ligne , foeur de Watier & de Fraftre de Ligne ,
fut mariée à Mathieu de Maulde , ( Voyez les ann .
du Comté de Hainault , pag . 213 ) . Les autres
alliances de la Mailon de Maulde , font , fuivant
Carpantier, avec les Maifons de Haluin , Henin-
Lietard, Barbançon , Cléves , Montmorency , Berghes
, Mailly &c. Elle a donné des Chanoinelles.
aux Nobles Chapitres d'Andennes de Mons , & de
Nivelle , un Wautier , Seigneur de Maulde , fuivit
en 1201 au voyage de la Terre - Sainte , Bau-
* L'anciem dictum Flamand , Maulde crie Ligne ,
fe trouve aux Archives de Bruxelles .
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
douin , Comte de Hainault. Robert de Maulde fug
Gouverneur de Guiſe en 1250 ; & Mathieu , Gouverneur
de Sensen 1252 .
La Terre de la Buiffiere en Artois , eft paffée
dans la Maiſon de Maulde par le mariage de
George de Maulde en 1597 avec Joffinne de Courteville
, fille & héritiere de Jacques , Seigneur de
la Buiffiere , & de Catherine de Barbançon. Jacques
étoit Chambellan , Capitaine des Gardes , &
Ambaſſadeur de Sa Majefté Catholique Philippe I.
Gouverneur de fon Fils Charles-Quint , & Chevalier
de la Toifon d'Or , dont defcendoit le Comte
de Maulde , Marquis de la Buiffiere , qui a pour .
Mere une Ghistelles , & pour Ayeule une Montmorency.
9
La Terre de Maulde en deça de Lefcaut , a été
vendue par Guillemette de Maulde à Antoine
de Carondelet . Elle fut mariée 1ª . à Jean de Bar
bançon , 2 ° . à Hefter de Cleves.
Les Archives de S. Guilain & de S. Martin, difent
que cette Guillemette de Maulde , héritière
de la Branche aînée , emporta de fa Maiſon cent
mille florins de rente , fomme immenfe pour ce
temps-là.
Voyez l'hift. du Cambrefis , tome 2 , page 997
& fuivantes , & les Annales du Hainault.
Meffire Hector du Pleffis - Chaftillon , des Seigneurs
de Saint - Hilaire- la - Gravelle , Page de la
Reine en 1728 , après fon frère aîné qui l'avoit
été en Septembre 1725 , puis Cornette au Régiment
de la Reine Cavalerie ; enfuite Lieutenant
au même Regiment ; Chevalier de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis & Penfionnaire de Sa
Majefté , dont il quitta le fervice , tout - à- fait
hors de combat , mourut à Châteaudun le 23
Décembre 1762 , fort regretté. Il s'étoit trouvé
en Allemagne , avec le même Régiment , au
ADUST. 1763. 2༠3
7
Siége de Philisbourg en 1734, &c , & en Boheme
, au Siége de Prague pris d'aflaut en
1741 , où les François d'Affiégeans devinrent
Affiégés & d'où ils firent la nuit du 16 , au 17
Décembre 1742 , fous le Maréchal de Belle-Ifle ,
cette tant belle retraite à jamais honorable pour
le nom François il laiffe un unique neveu âgé
d'environ douze ans & dernier des Seigneurs de
Saint -Hilaire-la - Gravelle , l'une des Branches
cadettes , avec celle de Beaujeu , fubfiftantes &
forties des Seigneurs Châtelains. du Mée , établis
dans la petite Province de Dunois , depuis trois
cens ans paffés , de la Maifon du Pleffis- Chaftillon
, l'une de la Province du Maine , des plus
Illuftres par fes Alliances & fon Ancienneté , &
qui porte d'argent à trois quintes feuilles de
Gueules. Il fortait au feptiéme degré de Jean IV.
du nom du Pleffis - Chatillon & de Catherine
d'Avaugour fa feconde femme iffue des anciens
Comtes & Ducs de Bretagne , lequel avoit eu
pour premiere femme Marie de Vaux- de- Cuon ,
d'où defcend au neuviéme degré Marie - Félici é du
Pleffis - Chatillon , feule & unique héritiere de fa
Branche qui eft l'aînée , de ce nom Marquifo C ›
du Pleffis - Chaſtillon au Maine , de Nonant en
Normandie , de Saint - Gelais en Poitou & c. Comteſſe
de Château - Meliand , en Berry , & c . Epoule ,
1º de François-Antoine de Chabannes Pionzac ,
dit le Comte de Chabannes , Marquis de la
Palice , Lieutenant Général des Armées du Roi ,
Grand-Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , Gouverneur de Verdun & du Verdunois
, ci-devant Lieutenant Colonel des Gardes
Françoifes d'où il avoit été Major , Commandant
pour le Roi, en 1745 , ou 1747 , dans le Pays
d'Aunis , la Rochelle , le Poitou , &c. Mort à
I
vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Paris le 23 Décembre 1743 , âgé de foixantehuit
ans.
>
•
2º. En Février 1760 , de Charles - Bernard- :
Martial de Narbonne - Pelet dit le Baron de
Narbonne , Maifon des plus Illuftres & des plus .
Anciennes du Royaume de France , d'où defcendoit
, par femme , le Duc de Lara , Maifon
des plus grandes d'Efpagne , frère puifné de
François Raymond - Jof- ph- Hermenigilde- Amalric-
Pelet , dit le Vicomte de Narbonne , né le 21
Octobre 1715 & marié le 12 Janvier 1734 , à
Marie Diane Antoinette de Roffet de Fleury-
Perignan née le 6 Avril 1721 , & morte au
Château de Fontanés près Sommieres , le 27
Juillet 1754 foeur du Duc de Fleuri , de l'Evêque
de Chartres , de l'Archevêque de Tours & de
la Marquife de Caftries , & petite Niéce du Car
dinal de Fleury , Miniſtre ordinaire d'Etat.
· ·
La Baronne de Narbonne avoit pour frère unique
Louis-Henri Félife du Pleffis - Chaftillon,Comte
de Château Méliand & c. Sous- Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - légers d'Orléans , mort
le 25 Août 1754 , âgé de 28 ans , fans poftérité de
Marie- Magdeleine- Louiſe de Barberie de S. Con- -
teft qu'il avoit épousée le 6 Tuillet 1753 fille de
François-Dominique de Barberie , Marquis de S.
Contest, Miniftre & Secrétaire d'Etat , ayant le
Département des affaires étrangeres , Commandeur
Prevôt & Maître des cérémonies des Ordres
du Roi en Mars 1754 & ci- devant Ambaffadeur
de Sa Majesté auprés des Etats-Généraux des Provinces-
unies, mort à Versailles le 24 Juillet 1734
âgé de 54 ans & de Jeanne-Monique- Philippe Def
vieux ; & avoit pour tante Jeanne-Marie du Pleffis- i
Chaſtillon morte à Paris le 18 Avril 1763 , Veuve
de Philippe- Charles d'Eftampes , dit le Comte
>
AOUST . 1763. 205
Etampes qu'elle avoit époufé en Juin 1709 , Marquis
de la Ferté- Imbault , Sallebris &c. Chevalier
de Malte dans fa jeuneffe , Colonel du Régiment
de Chartres Infanterie , Brigadier des Armées du
Roi le Février 1719 , Capitaine des Gardes- du-
Corps de feu Son Alteffe Royale , Monfeigneur le
Duc d'Orléans , Régent du Royaume , d'une Maifon
dont eft forti un Cardinal , plufieurs Evêques ,
entre autres , un Evêque de Chartres , puis Archevêque
Duc de Rheims , un Grand Prieur de France
de l'Ordre de Malte , un Maréchal de France , plufieurs
Chevaliers des Ordres , un grand Maréchal
des Logis de la Maiſon du Roi , &c. De ce Mariage
il ne refte que Sophie d'Eftampes née en Septembre
1730 ; qui a époufé Bernard de Comte-
Nonant, Marquis de Pierrecourt , & c , d'une trèsbonne
& ancienne Nobleffe de Normandie & des
mieux alliée , & a pour oncle Henry , & Anne
Hilarion du Pleffis-Chaſtillon , l'un Comte de Rugles;
& l'autre Chevalier Profès de l'Ordre de S.
Jean de Jérufalem , au Grand Prieuré de France ,
Commandeur de la Ville- Dieu ,
Il est mort à Paris le 10 Juin 1763 , Dame ,
Madame Louiſe Marie de Saint- Quintin de Bler ,
âgée de vingt- cinq ans ,fille de feu Meffire Alexandre
de Saint-Quintin, Chevalier Seigneur, Comte
de Blet , Baron des Broffe & de Villeneuve ,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis , Maréchal des Camps & Armées de Sa
Majefté , mort à Berg - op-zoom , où il commandoit
pour Sa Majesté & de Dame , Madame
Marie Peirene fes Père & Mère , Epoufe de
Meffire Cefart, Pierre Thibault de la Brouffe ,
Chevalier Seigneur , Marquis de Verteillac de
Saint -Martin , Biron de la Tour Blanche , Gouverneur
, grand Sénéchal & Lieutenant de Roi
266 MERCURE DE FRANCE.
de la Provnice de Perigord ; Chevalier de l'Ordre
Royale Militaire de Saint Louis ; Capitaine-
Lieutenant de la Gendarmerie ; elle a laille ,
deux enfans une fille & un garçon.
·
Pierre François - Marie Guignolet de Montalembert
, Confeiller honoraire au Parlement de
Bretagne , eft mort à Paris le 3 Juillet 1763 ,
âgé de foixante fept ans. Il étoit iffu de la Maifon
de Montalembert , originaire de la Province de
Poitou fur les confins de l'Angoumois . Sa bran
che en étoit féparée depuis Guillaume de Montalembert
, qui s'établit en Bretagne dans la partie
du Comté Nantois frontiere de Poito ; après
avoir épousé l'an 1467 Françoile de Goulaine ,
fille unique & héritiere de Jean de Goulaine
Chevalier , d'une des plus anciennes Maifons de
Bretagne. Moreri rapporte la généalogie à l'occafion
d'André de Montalembert , Seigneur d'Elé
& de Panvillier , Chevalier de l'Ordre du Roi
premier Gentilhomme de la Chambre des Rois
François I. Henri II . Lieutenant- Général , Commandant
fes Armées en Ecofle , qu'un mérite dif
tingué a placé au rang des hommes illuftres de
la France . Voyez fur l'ancienneté de fa Maifon ,.
Moreri , Brantome , Mezerai , le Père Daniel
Dubouchet , Annales d'Aquitaine &C.
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Résumé : MORTS.
Le document présente une liste de décès survenus en 1763, accompagnée de détails biographiques sur les défunts. Jean-Pierre de Bougainville, membre de l'Académie Française et ancien secrétaire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, est décédé au château de Loches le 22 juin à l'âge de 41 ans. François-Éléonor Comte d'Andlau, lieutenant-général des armées du Roi et directeur du Corps de la Noblesse de la Basse Alsace, est mort à Strasbourg le 24 juin à 52 ans. Marie-Magdeleine de Saint-Remy, veuve de Guy-Antoine de Saint-Simon, Marquis de Courtomer, est décédée le 26 juin à 62 ans dans son château de la Motte-Fouquet en Basse-Normandie. Claire-Marie Colette de Berard de Ville Breuil de Montalet, veuve de Joachim-Jacques de la Chétardie et de Ferdinand-Auguste Solars, Comte de Monasterol, est morte récemment à Paris. Louise-Marie de Saint-Quintin de Bler, épouse de César-Pierre Thibault de la Brosse, Marquis de Verteillac, est décédée le 6 juillet. Marie-Louise Magdeleine de Beauveau, veuve de Pierre-Louis Comte d'Ailly, Marquis de Senecey, est morte à Paris le 11 juillet. Marie de Cuminal, veuve de Malfagueyrar, est décédée à Bergerac en Périgord le 23 juin à 101 ans. Emmanuel-Maurice de Lorraine, Duc d'Elbeuf, Pair de France et ancien général de cavalerie, est mort à Paris le 17 juillet à 86 ans. Ursule de Pollet, veuve d'Abraham du Quesne-Mosnier, Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, est décédée à Toulon le 6 juillet à 84 ans. Louis-François Comte de Maulde, Marquis de la Buissière, est mort dans son château de la Buissière en Artois le 31 mars. Le document mentionne également des détails sur la famille de Maulde, soulignant la continuité de la branche aînée malgré les décès. Le texte fournit également des informations sur la famille Montalembert et Pierre François-Marie Guignolet de Montalembert. Ce dernier, conseiller honoraire au Parlement de Bretagne, est décédé à Paris le 3 juillet 1763 à l'âge de soixante-sept ans. Il était issu de la maison de Montalembert, originaire du Poitou, près de l'Angoumois. Sa branche familiale s'était établie en Bretagne après que Guillaume de Montalembert épousa en 1467 Françoise de Goulaine, unique héritière de Jean de Goulaine, chevalier et membre d'une des plus anciennes maisons de Bretagne. Le texte mentionne également André de Montalembert, seigneur d'Elé et de Panvillier, chevalier de l'Ordre du Roi et premier gentilhomme de la Chambre des rois François Ier et Henri II. Il fut lieutenant-général et commandant des armées en Écosse, reconnu pour son mérite distingué parmi les hommes illustres de France. Plusieurs sources, dont Moreri, Brantôme, Mézeray, le Père Daniel, Dubouchet et les Annales d'Aquitaine, sont citées pour attester de l'ancienneté et de la renommée de cette maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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328
p. 15-24
MÉMOIRE SUR BELLE-ISLE.
Début :
EN Latin Calonesus, dérivé selon M. Bulet, Professeur Royal de l'Université [...]
Mots clefs :
Chevalier, Citadelle, Comte, Troupes, Gouverneur, Vaisseaux, Étymologie, Île
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MÉMOIRE SUR BELLE-ISLE.
MÉMOIRE SUR BELLE-ISsle.
EN Latin Calonefus , dérivé ſelon M.
Bulet , Profeffeur Royal de l'Univerfité
de Befançon dans fon Dictionnaire Celtique
, des mots cal , qui fignifie pierre :
ou roc, & de ones , iſle , calones , ifle
de rocher.
16 MERCURE DE FRANCE .
D'autres dérivent ce mot Calonefus ,
du Grec Karos , pulcher , Beau ou belle
& vnoos , infula , ifle.
Il y a plus de vraisemblance dans
cette derniere étymologie. Les Hollanlandois
l'appellent Boelin , & les Anglois
la nomment Fine - Ifland ; Les Romainsla
nommoient auffiCalonefus, comme
nous venons de le dire . Cependant
Céfar n'en fait point de mention particulière
dans fes Commentaires &
paroît l'avoir confondue avec les autres
İfles des environs , fous le nom général
d'Infula Venitia. Dans la fuite
on lui a donné le nom de l'Ile de
Guedel, qu'elle a quitté pour celui de
Belle-Ifle. C'eft une Ifle de France des
plus confidérables du Royaume , fituée
fur les côtes méridionales de la Bretagne
, Diocéfe de Vannes , Parlement de
Rennes , Intendance de Nantes , Recette
de Vannes , avec titre de Marquifat
; elle a environ fix lieues de longueur
, & deux de large avec un bon
port & quelques châteaux vis-à-vis de
*
> * M. d'Anville dans fa notice de la Gaule
parle de Belle- Ifle fous le nom de Vindiles. Il
fait voir que dans les titres du moyen âge le
nom de cette ifle eft Guidel , ayant été donné à
l'Abbaye de Redon.
OCTOBRE. 1763. 17
Vannes & d'Aurai , n'étant qu'à cinq
ou fix milles de la Terre-ferme . Son port
eft défendu par une bonne citadelle , &
le refte de l'Ifle par des rochers inacceffibles.
Elle eft fertile en grains & en
pâturages , & confidérable par fes falines
, & par le paffage ordinaire des
Vaiffeaux le long des côtes . Elle appartenoit
autrefois au Comte de Cornouaille
; Geoffroi , Comte de Rennes
la lui ufurpa & la donna à l'Abbaye de
Redon ; mais Alain fils dudit Geoffroi
la retira des Moines de Redon , pour la
rendre au Comte de Cornouaille , qui
la donna peu après à l'Abbaye de
Quimperlé. Ces deux donations ont
caufé de grandes conteftations entret
ces deux Abbayes ; elles n'ont été af
foupies qu'en 1172 par une Tranſaction
conclue entre les Moines.
Charles IX donna cette Ifle au Comte
de Retz de la maiſon de Gondy ; &
l'érigea en Marquifat en 1573. Charles
de Retz tué en 1596 , fut père d'Henri
Duc de Retz qui vendit Belle- Ifle à Nicolas
Foucquet , Surintendant des Finances
& Miniftre d'Etat en 1653. Cette
acquifition fut un des chefs des accufations
du procès fait contre lui en
1661. Ce procès qui dura trois ans a été
imprimé à Paris l'an 1699. en 16 vol.
18 MERCURE DE FRANCE.
in- 12. Après l'Arrêt qui fut rendu pár
des Commiffaires nommés par le Roi ,
M. Foucquet fut conduit à Pignerol le
20 Décembre 1694 , où il fut enfermé
dans le donjon , & où il mourut après
21 ans de captivité , le 23 Mars 1680 ,
agé de 65 ans . Son corps apporté à Paris
, fut inhumé dans l'Eglife des Filles
de Ste Marie , rue S. Antoine , auprès
de fon père * , où l'on voit fon Épitaphe.
Charles-Louis - Augufte Foucquet ,Pair
& Maréchal de France , petit-fils de Nicolas
Foucquet , Surintendant des Finances
, fut le dernier poffeffeur & Seigneur
de Belle-Ifle ; il étoit Prince de
l'Empire , Chevalier des Ordres du Roi
& de la Toifon d'or , Gouverneur de
Metz & du Pays Meffin , Lieutenant
Général au Gouvernement de Lorraine
& de Barrois , Miniftre & Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre
& l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe. Il eſt mort à Verſailles le 26
Janvier 1761 , âgé de 76 ans 4 mois &
4 jours , étant né le 22 Septembre 1684
& eft inhumé en fa Terre de Bizy en
Normandie .
* V. Deſcription de Paris par Piganiol de la
Force , Paris 1742. Tome IV . p. 417. & fuiv . &
les Epitaphes de Paris , Mff. que l'on va faire.
imprimer.]
OCTOBRE. 1763. 19
Il avoit rétrocédé au Roi , au mois
d'Octobre 1718. Belle- Ifle , en échange
du Comté de Gifors , du Vicomté de
Vernon , Audelis & Lyons , terres en
Normandie ; toutes ces terres furent
depuis érigées en fa faveur en Duché
fous le nom de Gifors , par Lettres - Patentes
du mois de Mars 1742 , regiftrées
au Parlement de Paris le 19 Juillet
fuivant , & en Pairie le 9 Juin 1748.
Le Maréchal de Belle - Ifle par fon
teftament a rendu au Roi le Duché de
Gifors & dépendances , qu'il avoit eu
en échange de Belle- Ifle , comme nous
venons de le dire. Le Roi fit de Belle-
IfleunGouvernement particulier ave cun
Etat-Major ; il y a d'ordinaire vingt-deux
compagnies d'Infanterie en garniſon.
Les lieux principaux font le Palais , la
Citadelle & Bangor , & les paroiffes de
Sauzon & de Lomaria ; il y a auffi un
Gouverneur pour la Citadelle du Palais.
Les Anglois ont fait plufieurs tentatives
infructeufes fur cette Ifle en 1674 ,
1695 , 1703 & 1746. L'époque de 1703
nous donne une circonftance qui mérite
d'être remarquée : » lorfque la flot-
» te des Angois & des Hollandois pa-
» rut à la hauteur de cette Ifle , en la-
» dite année , le Curé du Bourg fit pren20
MERCURE DE FRANCE.
dre des habits d'homme aux femmés ,
» qui parurent fur la côte en trop grand
» nombre pour laiffer aux ennemis l'ef-
» pérance d'y pouvoir faire une def-
» cente , & cette manoeuvre détourna
les Anglois de pourfuivre leur deffein .
Ils ont encore tenté la même defcente
en 1761 , qui leur a réuſſi ,
Leur flotte compofée de 115 voiles
mouilla le 7 Avril dans la Rade de
Belle - Ifle ; le lendemain 8 , elle fit fes
difpofitions pour l'attaque . Le Chevalier
de Sainte- Croix , Brigadier des Armées
du Roi , & Commandant a Belle - Iſle,
jugeant que les batteaux plats des Anglois
fe dirigeoient vers le Port-Andras ,
y porta la plus grande partie de fes troupes.
Les ennemis effectivement débarquerent
dans cette partie ; mais ils furent
fi vivement repouffés , qu'ils perdirent
800 hommes & prèfque tous
grenadiers ; on leur fit plus de 300 prifonniers
parmilefquels fe trouverent le
Lieutenant Colonel Thomas & le Major
Meklein , qui commandoit l'attaque.
Le 23 du même mois les Anglois
tenterent un nouveau débarquement ,
& l'effectuerent le même jour. Les François
après avoir difputé le terrein pied
à pied , fe renfermerent dans la Citadelle
OCTOBRE . 1763 . 21
au nombre de 3500 hommes ; comme
les troupes que les Anglois avoient dans
l'Ifle n'étoient par fuffifantes pour en
faire le fiége , le Gouvernement d'Angleterre
y fit paffer 3000 hommes.
On peut voir la fuite du fiége de
Belle - Ifle , dans un Journal très- bien
détaillé , qui a été imprimé , avec la
capitulation faite pour la reddition de
cette Ifle aux Anglois le 7 Juin 1761 .
Enfin par le VII Article de la Paix
générale conclue le 3 Novembre 1762
entre le Roi de France & celui de
la Grande Bretagne , l'Angleterre
reftitue avec plufieurs autres Ifles , celle
de Belle -Iile , qui doivent être rendues
dans le même état où elles étoient quand
la conquête en a été faite par les armes
Britanniques ; ce qui a été éxécuté le 11
Mai 1763 , comme il paroît par cette
rélation .
·
» Le Chevalier de Warren , Maréchal
» de Camp , nommé par le Roi , pour
commander les troupes deftinées à
» reprendre poffeffion de cette Ifle , eft
» arrivé le 1 Mai avec fes troupes de
» débarquement , à une demie lieue du
» Port. M. Callwal , Commandant de
» P'Efcadre Angloife , eft allé au-devant
» de lui dans une Pinnace fort ornée
» & lui a offert de le conduire à bord
}
1
22 MERCURE DE FRANCE.
de fon Vaiffeau jufqu'au Port. M.
» Forreſtier , Gouverneur de l'Ifle , at-
» tendoit fur le rivage le Chevalier de
» Warren ; il lui a donné la main pour
» defcendre à terre , & lui a préſenté
» fept Colonels Anglois , dont il étoit
» accompagné. Le Chevalier de War-
» ren , ayant remis au Gouverneur An-
» glois la Lettre par laquelle Sa Majeſté
» Britannique ordonne que l'Ifle , la
» Citadelle , le Fort &c , foient remis
» entre les mains des François , il y a
», eu entre ces deux Officiers une con-
» férence qui a duré une demie heure ,
» & après laquelle le Chevalier de Warren
a envoyé relever par une compagnie
de grenadiers , un femblable
» détachement Anglois , qui s'eft re-
» tiré par une porte pour aller s'em-
» barquer , tandis que les François en-
» troient par la porte principale. Le
» refte des Troupes Angloifes étoient
» déja à bord des vaiffeaux avec tous
» leurs effets. Le Commandant Fran-
"
çois , après avoir pris poffeffion de
" I'Ifle , a donné un grand repas aux
» Officiers Anglois , & les a conduits
» enfuite jufqu'à leurs vaiffeaux . La
» Flotte Angloife a levé l'ancre à mi-
» nuit , a mis à la voile fur les deux
OCTOBRE . 1763. 23
» heures , & dès le matin elle avoit déja
difparu .
On a gravé plufieurs Cartes de Belle-
Ifle en 1761.
1. Par M. le Rouge , Géographe ordinaire
du Roi , rue des Grands Auguftins.
Selon lui cette Ifle à deux lieues de
longueur, trois quarts marine, ce qui fait
trois petites lieues & demie parifiennes,
2. Autre Carte de Belle - Ifle avec
partie des Côtes de Bretagne & les Ifles
voifines , par le fieur Brion , Ingénieur
Géographe , à l'Enfeigne de la Place
des Victoires , au bas de la rue S. Jacques
, avec la defcription abrégée de
cette Ifle , qui felon lui contient près
de 20000 arpens de terre , dont la plus
grande partie eft inculte ; elle eft peuplée
d'environ 8000 Habitans , parmi
lefquels on en compte 11 à 1200 portant
les armes. La Capitale feule , outre la
garnifon de la Citadelle , renferme près
de 3000 âmes ; les roches , les fables &
les efcarpemens , dont l'Ifle eft prèsque
toute environnée , en font les défenfes
naturelles ; & l'art a fuppléé où
l'on
prapeut
aborder
; les Ports à l'oppofite
de la Bretagne
font les feuls
ticables
, encore
ne peut -il y entrer
que des chaloupes
,
24 MERCURE
DE FRANCE .
3. Autre Carte de Belle-Ifle par M.
de Beaurain , fils de M. le Chevalier de
Beaurain.
4. Autre idem par M. Paris , Ingénieur
du Roi , chez Lattré , Graveur
rue S. Jacques , & chez M. Julien .
l'Hôtel de Soubife .
5. id. avec la Defcription du Siége de
Belle - Ifle , dans l'Almanach de Bâle , dir
le Meffager boiteux pour l'année 1762.
Par M. de N.... abonné au Mercure .
EN Latin Calonefus , dérivé ſelon M.
Bulet , Profeffeur Royal de l'Univerfité
de Befançon dans fon Dictionnaire Celtique
, des mots cal , qui fignifie pierre :
ou roc, & de ones , iſle , calones , ifle
de rocher.
16 MERCURE DE FRANCE .
D'autres dérivent ce mot Calonefus ,
du Grec Karos , pulcher , Beau ou belle
& vnoos , infula , ifle.
Il y a plus de vraisemblance dans
cette derniere étymologie. Les Hollanlandois
l'appellent Boelin , & les Anglois
la nomment Fine - Ifland ; Les Romainsla
nommoient auffiCalonefus, comme
nous venons de le dire . Cependant
Céfar n'en fait point de mention particulière
dans fes Commentaires &
paroît l'avoir confondue avec les autres
İfles des environs , fous le nom général
d'Infula Venitia. Dans la fuite
on lui a donné le nom de l'Ile de
Guedel, qu'elle a quitté pour celui de
Belle-Ifle. C'eft une Ifle de France des
plus confidérables du Royaume , fituée
fur les côtes méridionales de la Bretagne
, Diocéfe de Vannes , Parlement de
Rennes , Intendance de Nantes , Recette
de Vannes , avec titre de Marquifat
; elle a environ fix lieues de longueur
, & deux de large avec un bon
port & quelques châteaux vis-à-vis de
*
> * M. d'Anville dans fa notice de la Gaule
parle de Belle- Ifle fous le nom de Vindiles. Il
fait voir que dans les titres du moyen âge le
nom de cette ifle eft Guidel , ayant été donné à
l'Abbaye de Redon.
OCTOBRE. 1763. 17
Vannes & d'Aurai , n'étant qu'à cinq
ou fix milles de la Terre-ferme . Son port
eft défendu par une bonne citadelle , &
le refte de l'Ifle par des rochers inacceffibles.
Elle eft fertile en grains & en
pâturages , & confidérable par fes falines
, & par le paffage ordinaire des
Vaiffeaux le long des côtes . Elle appartenoit
autrefois au Comte de Cornouaille
; Geoffroi , Comte de Rennes
la lui ufurpa & la donna à l'Abbaye de
Redon ; mais Alain fils dudit Geoffroi
la retira des Moines de Redon , pour la
rendre au Comte de Cornouaille , qui
la donna peu après à l'Abbaye de
Quimperlé. Ces deux donations ont
caufé de grandes conteftations entret
ces deux Abbayes ; elles n'ont été af
foupies qu'en 1172 par une Tranſaction
conclue entre les Moines.
Charles IX donna cette Ifle au Comte
de Retz de la maiſon de Gondy ; &
l'érigea en Marquifat en 1573. Charles
de Retz tué en 1596 , fut père d'Henri
Duc de Retz qui vendit Belle- Ifle à Nicolas
Foucquet , Surintendant des Finances
& Miniftre d'Etat en 1653. Cette
acquifition fut un des chefs des accufations
du procès fait contre lui en
1661. Ce procès qui dura trois ans a été
imprimé à Paris l'an 1699. en 16 vol.
18 MERCURE DE FRANCE.
in- 12. Après l'Arrêt qui fut rendu pár
des Commiffaires nommés par le Roi ,
M. Foucquet fut conduit à Pignerol le
20 Décembre 1694 , où il fut enfermé
dans le donjon , & où il mourut après
21 ans de captivité , le 23 Mars 1680 ,
agé de 65 ans . Son corps apporté à Paris
, fut inhumé dans l'Eglife des Filles
de Ste Marie , rue S. Antoine , auprès
de fon père * , où l'on voit fon Épitaphe.
Charles-Louis - Augufte Foucquet ,Pair
& Maréchal de France , petit-fils de Nicolas
Foucquet , Surintendant des Finances
, fut le dernier poffeffeur & Seigneur
de Belle-Ifle ; il étoit Prince de
l'Empire , Chevalier des Ordres du Roi
& de la Toifon d'or , Gouverneur de
Metz & du Pays Meffin , Lieutenant
Général au Gouvernement de Lorraine
& de Barrois , Miniftre & Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre
& l'un des Quarante de l'Académie
Françoiſe. Il eſt mort à Verſailles le 26
Janvier 1761 , âgé de 76 ans 4 mois &
4 jours , étant né le 22 Septembre 1684
& eft inhumé en fa Terre de Bizy en
Normandie .
* V. Deſcription de Paris par Piganiol de la
Force , Paris 1742. Tome IV . p. 417. & fuiv . &
les Epitaphes de Paris , Mff. que l'on va faire.
imprimer.]
OCTOBRE. 1763. 19
Il avoit rétrocédé au Roi , au mois
d'Octobre 1718. Belle- Ifle , en échange
du Comté de Gifors , du Vicomté de
Vernon , Audelis & Lyons , terres en
Normandie ; toutes ces terres furent
depuis érigées en fa faveur en Duché
fous le nom de Gifors , par Lettres - Patentes
du mois de Mars 1742 , regiftrées
au Parlement de Paris le 19 Juillet
fuivant , & en Pairie le 9 Juin 1748.
Le Maréchal de Belle - Ifle par fon
teftament a rendu au Roi le Duché de
Gifors & dépendances , qu'il avoit eu
en échange de Belle- Ifle , comme nous
venons de le dire. Le Roi fit de Belle-
IfleunGouvernement particulier ave cun
Etat-Major ; il y a d'ordinaire vingt-deux
compagnies d'Infanterie en garniſon.
Les lieux principaux font le Palais , la
Citadelle & Bangor , & les paroiffes de
Sauzon & de Lomaria ; il y a auffi un
Gouverneur pour la Citadelle du Palais.
Les Anglois ont fait plufieurs tentatives
infructeufes fur cette Ifle en 1674 ,
1695 , 1703 & 1746. L'époque de 1703
nous donne une circonftance qui mérite
d'être remarquée : » lorfque la flot-
» te des Angois & des Hollandois pa-
» rut à la hauteur de cette Ifle , en la-
» dite année , le Curé du Bourg fit pren20
MERCURE DE FRANCE.
dre des habits d'homme aux femmés ,
» qui parurent fur la côte en trop grand
» nombre pour laiffer aux ennemis l'ef-
» pérance d'y pouvoir faire une def-
» cente , & cette manoeuvre détourna
les Anglois de pourfuivre leur deffein .
Ils ont encore tenté la même defcente
en 1761 , qui leur a réuſſi ,
Leur flotte compofée de 115 voiles
mouilla le 7 Avril dans la Rade de
Belle - Ifle ; le lendemain 8 , elle fit fes
difpofitions pour l'attaque . Le Chevalier
de Sainte- Croix , Brigadier des Armées
du Roi , & Commandant a Belle - Iſle,
jugeant que les batteaux plats des Anglois
fe dirigeoient vers le Port-Andras ,
y porta la plus grande partie de fes troupes.
Les ennemis effectivement débarquerent
dans cette partie ; mais ils furent
fi vivement repouffés , qu'ils perdirent
800 hommes & prèfque tous
grenadiers ; on leur fit plus de 300 prifonniers
parmilefquels fe trouverent le
Lieutenant Colonel Thomas & le Major
Meklein , qui commandoit l'attaque.
Le 23 du même mois les Anglois
tenterent un nouveau débarquement ,
& l'effectuerent le même jour. Les François
après avoir difputé le terrein pied
à pied , fe renfermerent dans la Citadelle
OCTOBRE . 1763 . 21
au nombre de 3500 hommes ; comme
les troupes que les Anglois avoient dans
l'Ifle n'étoient par fuffifantes pour en
faire le fiége , le Gouvernement d'Angleterre
y fit paffer 3000 hommes.
On peut voir la fuite du fiége de
Belle - Ifle , dans un Journal très- bien
détaillé , qui a été imprimé , avec la
capitulation faite pour la reddition de
cette Ifle aux Anglois le 7 Juin 1761 .
Enfin par le VII Article de la Paix
générale conclue le 3 Novembre 1762
entre le Roi de France & celui de
la Grande Bretagne , l'Angleterre
reftitue avec plufieurs autres Ifles , celle
de Belle -Iile , qui doivent être rendues
dans le même état où elles étoient quand
la conquête en a été faite par les armes
Britanniques ; ce qui a été éxécuté le 11
Mai 1763 , comme il paroît par cette
rélation .
·
» Le Chevalier de Warren , Maréchal
» de Camp , nommé par le Roi , pour
commander les troupes deftinées à
» reprendre poffeffion de cette Ifle , eft
» arrivé le 1 Mai avec fes troupes de
» débarquement , à une demie lieue du
» Port. M. Callwal , Commandant de
» P'Efcadre Angloife , eft allé au-devant
» de lui dans une Pinnace fort ornée
» & lui a offert de le conduire à bord
}
1
22 MERCURE DE FRANCE.
de fon Vaiffeau jufqu'au Port. M.
» Forreſtier , Gouverneur de l'Ifle , at-
» tendoit fur le rivage le Chevalier de
» Warren ; il lui a donné la main pour
» defcendre à terre , & lui a préſenté
» fept Colonels Anglois , dont il étoit
» accompagné. Le Chevalier de War-
» ren , ayant remis au Gouverneur An-
» glois la Lettre par laquelle Sa Majeſté
» Britannique ordonne que l'Ifle , la
» Citadelle , le Fort &c , foient remis
» entre les mains des François , il y a
», eu entre ces deux Officiers une con-
» férence qui a duré une demie heure ,
» & après laquelle le Chevalier de Warren
a envoyé relever par une compagnie
de grenadiers , un femblable
» détachement Anglois , qui s'eft re-
» tiré par une porte pour aller s'em-
» barquer , tandis que les François en-
» troient par la porte principale. Le
» refte des Troupes Angloifes étoient
» déja à bord des vaiffeaux avec tous
» leurs effets. Le Commandant Fran-
"
çois , après avoir pris poffeffion de
" I'Ifle , a donné un grand repas aux
» Officiers Anglois , & les a conduits
» enfuite jufqu'à leurs vaiffeaux . La
» Flotte Angloife a levé l'ancre à mi-
» nuit , a mis à la voile fur les deux
OCTOBRE . 1763. 23
» heures , & dès le matin elle avoit déja
difparu .
On a gravé plufieurs Cartes de Belle-
Ifle en 1761.
1. Par M. le Rouge , Géographe ordinaire
du Roi , rue des Grands Auguftins.
Selon lui cette Ifle à deux lieues de
longueur, trois quarts marine, ce qui fait
trois petites lieues & demie parifiennes,
2. Autre Carte de Belle - Ifle avec
partie des Côtes de Bretagne & les Ifles
voifines , par le fieur Brion , Ingénieur
Géographe , à l'Enfeigne de la Place
des Victoires , au bas de la rue S. Jacques
, avec la defcription abrégée de
cette Ifle , qui felon lui contient près
de 20000 arpens de terre , dont la plus
grande partie eft inculte ; elle eft peuplée
d'environ 8000 Habitans , parmi
lefquels on en compte 11 à 1200 portant
les armes. La Capitale feule , outre la
garnifon de la Citadelle , renferme près
de 3000 âmes ; les roches , les fables &
les efcarpemens , dont l'Ifle eft prèsque
toute environnée , en font les défenfes
naturelles ; & l'art a fuppléé où
l'on
prapeut
aborder
; les Ports à l'oppofite
de la Bretagne
font les feuls
ticables
, encore
ne peut -il y entrer
que des chaloupes
,
24 MERCURE
DE FRANCE .
3. Autre Carte de Belle-Ifle par M.
de Beaurain , fils de M. le Chevalier de
Beaurain.
4. Autre idem par M. Paris , Ingénieur
du Roi , chez Lattré , Graveur
rue S. Jacques , & chez M. Julien .
l'Hôtel de Soubife .
5. id. avec la Defcription du Siége de
Belle - Ifle , dans l'Almanach de Bâle , dir
le Meffager boiteux pour l'année 1762.
Par M. de N.... abonné au Mercure .
Fermer
329
p. 203-205
De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
Début :
Le 24 du mois dernier, la Duchesse de Richmond fut présentée à Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Duchesse, Famille royale, Marquise , Contrat de mariage, Comte, Discours sur la paix, Honneur, Audience, Ministres, Régiment, Fête de l'Assomption, Procession, Chapitre, Église, Colonel, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
De COMPIEGNE , le 20 Août 1763 .
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
LE 24 du mois dernier , la Ducheſſe de Richmond
fut préfentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à
la Famille Royale , par la Ducheffe de Fitz- James ,
& prit le tabouret chez la Reine. La Marquise de
Montmirel fut auffi préfentée par la Ducheffe de
Villequier.
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
le même jour , le contrat de Mariage du Comte
de Montchenu , Exempt des Gardes-du - Corps du
Roi , avec Demoiſelle de Bully , fille du fieur de
Buffy , Premier Préfident du Bureau des Finances
de la Généralité de Bourges.
Le Comte de Maillebois , a obtenu du Roi la
permiffion d'aller en Espagne pour les affaires particulieres
, & Sa Majefté a trouvé bon qu'il vînt
prendre congé d'elle avant que de partir.
Le 24 le fieur Fourneau , Recteur de l'Univerfité
, accompagné du fieur Mathieu , Principal du
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
College de Compiegne & de plufieurs Profeffeurs ,
eut l'honneur de préfenter au Roi , à Monſeigneur
le Dauphin , à Monfeigneur le Duc de Berry , &
AMonfeigneur le Comte de Provence , un Difcours
latin fur la Paix , qui a été prononcé par le fieur le
Beau le cadet, de l'Academie des Infcriptions &
Belles Lettres.
Dom Etienne , Religieux de S. Hubert , eur
auffi l'honneur de préfenter au Roi les Oiseaux &
les Chiens qu'il eft d'ufage d'envoyer de S. Hubert
en préfent a Sa Majefté.
Sa Majesté vient d'accorder les entrées de fa
Chambre au Marquis d'Armentieres. Le 2 de ce
mois , le fieur Neville - Neville eut une Audience
particuliere du Roi , dans laquelle il remit , en fa
qualité de Miniftre Plénipotentiaire de la Cour
d'Angleterre , fes Lettres de créance à Sa Majefté.
Le Comte de Wedelfriz , Envoyé extraordinaire de
Danemark , eut auffi le 4 une Audience particuliere,
dans laquelle il préfenta au Roi fes lettres
de rappel. Ces deux Miniftres furent conduits à
ces Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine & de
Ja Famille Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
1 Le 7 de ce mois , Leurs
Majeftés
ainsi que la
Famille
Royale
, fignerent
le Contrat
de Mariage
du feur Bourgeois
de Boynes
, Confeiller
d'Etat ,
avec Demoiſelle
Desgolz
.
Le Régiment de Salis , Grifon , faifant routepar
cette Ville pour fe rendre à fa deſtination , a paffé
en revue , le 8 de ce mois , devant le Roi qui étoit
accompagné de Monfeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de
Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence , de
Madame Adélaïde , de Meldames Victoires , Sophie
& Louife, du Duc de Chartres, du Prince de
7
OCTOBRE . 1763. 205
Condé , du Duc de Penthiévre & du Prince de
Lamballe. Ce Régiment a fait plufieurs évolutions
dont Sa Majesté a paru fort fatisfaite .
Le is , fête de l'Alfomption de la Sainte Vierge,
le Roi & la Reine accompagnés de Monfeigneur
le Dauphin , de Madame la Dauphine , de Ma
dame Adélaïde & des Mefdames Victoire , Sophie
& Louiſe , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye
Royale de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifiérent
aux Vêpres , & enfuite à la Proffeffion folemnelle
qui fe fait chaque année le même jour dans
tout le Royaume pour l'accompliffement du voeu
de Louis XIII. Dom Goudar , Grand Prieur de
l'Abbaye y Officia ; le Chapitre de S. Clément , le
Clergé des deux Paroitles , & tout le Clergé Régualier
s'y trouverent , ainfi que le Bailliage & le
Corps de Ville , qui eurent leur place dans le
Choeur le Chapitre de S. Clément & le Clergé des
deux Paroilles furent placés dans le Sanctuaire;
les deux Huifliers de la Chambre portoient leurs
Maffes devant le Roi. Après la Proceffion , Leurs
Majeftés entendirent le Salut dans la même Eglife.
Elles furent reçues & reconduites , avec les
cérémonies ordinaires , par le Grand - Prieur de
T'Abbaye , accompagné de fes Religieux.
Le 4 de ce mois , 'Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale fignerent le Contrat de Mariage
du Marquis de Crenolle & de Demo felle Mégrer
d'Etigny & le 17 celui du Marquis de Caraman,
Meftre-de-Camp du Régiment du Colonel-
Général Dragons , avec Demoiſelle de Monteffus
de Rully.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 20 Août 1763.
En juillet et août 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 24 juillet, la Duchesse de Richmond et la Marquise de Montmirel furent présentées à Leurs Majestés et à la Famille Royale par les Duchesses de Fitz-James et de Villequier, respectivement. Le même jour, le contrat de mariage du Comte de Montchenu avec Mademoiselle de Bully fut signé, et le Comte de Maillebois obtint la permission du Roi pour se rendre en Espagne. Le 24 août, le sieur Fourneau, Recteur de l'Université, accompagné de plusieurs professeurs, présenta un discours latin sur la paix au Roi, au Dauphin, au Duc de Berry et au Comte de Provence. Dom Étienne, Religieux de Saint-Hubert, offrit des oiseaux et des chiens au Roi. Le Marquis d'Armentières reçut les entrées de la Chambre du Roi, et le sieur Neville-Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Cour d'Angleterre, remit ses lettres de créance au Roi. Le Comte de Wedelfriz, Envoyé extraordinaire du Danemark, présenta ses lettres de rappel. Le 7 août, le contrat de mariage du sieur Bourgeois de Boynes avec Mademoiselle Desgolz fut signé. Le 8 août, le Régiment de Salis-Salis passa en revue devant le Roi et la Famille Royale. Le 11 août, à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, le Roi et la Reine assistèrent aux vêpres et à la procession solennelle à l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Le 4 août, le contrat de mariage du Marquis de Crenolle avec Demoiselle Méger d'Etigny fut signé. Le 17 août, ce fut au tour du Marquis de Caraman et de Demoiselle de Montessus de Rully.
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330
p. 209-210
MORTS.
Début :
Anne Claire Durand, Veuve de Henri-François, Chevalier Comte de [...]
Mots clefs :
Veuve, Comte, Épouse, Décès, Marquis, Lieutenant, Évêque, Abbé commandataire
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Anne Claire Durand , Veuve de Henri-François
, Chevalier Comte de Vallé , ancien Capitaine
au Régiment du Roi , eft morte en cette .
Ville le 21 Juillet , dans la foixante-dix - neuviéme
année de fon âge.
Marie-Bernardine Cador de Sebville , époufe
de Timoléon -Antoine - Jofeph - François Louis-
Alexandre , Comte d'Epinay de Saint Luc , Marquis
de Lignery , eft morte le même jour âgée
de trente ans.
>
François Marie de Fouilleufe , Marquis dé
Flavacourt , Maréchal de Camp , Lieutenant de
Roi en la Province de Normandie Grand
Bailli de Gifors , de Gravelines & de Bourbourg ,
eft mort le 2 Août dans la cinquante-cinquiéne
année de fon âge.
Pierre -Annet de Peroufe , Evêque de Gap , eft
mort dans fon Palais Epifcopal le r8 Juillet ,
âgé de foixante-quatre ans.
M. de Coetlofquet , Abbé Commendataire de
l'Abbaye Royale de Saint- Gilblas aux Bois , Ordre
de Saint- Benoît , Diocèle de Nantes , eſt mort
' le 29 du même mois , dans la trente- deuxième
année de fon âge.
Blanche- Henriette de la Roche - Aymon , veuve
de Philippe-Gilbert de Cordebeuf- Beauvergier ,
Comte de Montgon , Maréchal de Camp , Gou
verneur des Ifles , Ville & Citadelle d'Oléron , eft
morte en fon Château du Tillay près de Goneffe,
le 7 Août , âgée de foixante-cinq ans.
Sophie d'Eftampes , Baronne de la Ferté-Imbault
, épouse d'Alexis- Bernard Comte de Nonant
, Marquis de Pierous , eft morte en cette
Ville , le 21 du même mois , dans la trente - qua
210 MERCURE DE FRANCE .
>
triéme année de fon âge. Elle étoit fille de Philippe
Charles Comte d'Estampes Baron de la
Ferté-Imbault , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , premièr Capitaine des Gardes de Son Altelle
Royale Monfeigneur le Duc d'Orléans , Régent
du Royaume & de Jeanne-Marie du Pleffis-
Châtillon .
Anne Claire Durand , Veuve de Henri-François
, Chevalier Comte de Vallé , ancien Capitaine
au Régiment du Roi , eft morte en cette .
Ville le 21 Juillet , dans la foixante-dix - neuviéme
année de fon âge.
Marie-Bernardine Cador de Sebville , époufe
de Timoléon -Antoine - Jofeph - François Louis-
Alexandre , Comte d'Epinay de Saint Luc , Marquis
de Lignery , eft morte le même jour âgée
de trente ans.
>
François Marie de Fouilleufe , Marquis dé
Flavacourt , Maréchal de Camp , Lieutenant de
Roi en la Province de Normandie Grand
Bailli de Gifors , de Gravelines & de Bourbourg ,
eft mort le 2 Août dans la cinquante-cinquiéne
année de fon âge.
Pierre -Annet de Peroufe , Evêque de Gap , eft
mort dans fon Palais Epifcopal le r8 Juillet ,
âgé de foixante-quatre ans.
M. de Coetlofquet , Abbé Commendataire de
l'Abbaye Royale de Saint- Gilblas aux Bois , Ordre
de Saint- Benoît , Diocèle de Nantes , eſt mort
' le 29 du même mois , dans la trente- deuxième
année de fon âge.
Blanche- Henriette de la Roche - Aymon , veuve
de Philippe-Gilbert de Cordebeuf- Beauvergier ,
Comte de Montgon , Maréchal de Camp , Gou
verneur des Ifles , Ville & Citadelle d'Oléron , eft
morte en fon Château du Tillay près de Goneffe,
le 7 Août , âgée de foixante-cinq ans.
Sophie d'Eftampes , Baronne de la Ferté-Imbault
, épouse d'Alexis- Bernard Comte de Nonant
, Marquis de Pierous , eft morte en cette
Ville , le 21 du même mois , dans la trente - qua
210 MERCURE DE FRANCE .
>
triéme année de fon âge. Elle étoit fille de Philippe
Charles Comte d'Estampes Baron de la
Ferté-Imbault , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , premièr Capitaine des Gardes de Son Altelle
Royale Monfeigneur le Duc d'Orléans , Régent
du Royaume & de Jeanne-Marie du Pleffis-
Châtillon .
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs décès survenus en juillet et août. Anne Claire Durand, veuve du Chevalier Comte de Vallé, est décédée le 21 juillet à l'âge de 99 ans. Marie-Bernardine Cador de Sebville, épouse du Comte d'Epinay de Saint Luc et Marquis de Lignery, est également décédée le 21 juillet à l'âge de 30 ans. François Marie de Fouilleuse, Marquis de Flavacourt et Maréchal de Camp, est mort le 2 août à 55 ans. Pierre-Annet de Perouse, Évêque de Gap, est décédé le 18 juillet à 64 ans. M. de Coëtlosquet, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Saint-Gilblas aux Bois, est mort le 29 juillet à 32 ans. Blanche-Henriette de la Roche-Aymon, veuve du Comte de Montgon et Gouverneur des Îles d'Oléron, est décédée le 7 août à 65 ans. Enfin, Sophie d'Estampes, Baronne de la Ferté-Imbault et épouse du Comte de Nonant, est morte le 21 août à 34 ans. Elle était la fille du Comte d'Estampes et de Jeanne-Marie du Plessis-Châtillon.
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331
p. 191
De MUNICH, le 3 Septembre 1763.
Début :
Le 1 de ce mois, le Comte de Firmian, Evêque de Seccau, Chanoine [...]
Mots clefs :
Comte, Évêque, Élection, Unanimité, Prince
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texteReconnaissance textuelle : De MUNICH, le 3 Septembre 1763.
De MUNICH , le 3 Septembre 1763 .
Le 1. de ce mois , le Comte de Firmian , Ev
que de Seccau , Chanoine de Saltzbourg & de
Paſlau , a été élu d'une voix unanime , Evêque
&Prince de Paſſau.
Le 1. de ce mois , le Comte de Firmian , Ev
que de Seccau , Chanoine de Saltzbourg & de
Paſlau , a été élu d'une voix unanime , Evêque
&Prince de Paſſau.
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332
p. 192-194
De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
Début :
Le 25 de ce mois, Leurs Majestés, ainsi que la Famille Royale, signérent le [...]
Mots clefs :
Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Marquis, Évêque, Députés, Gouverneurs, Cérémonies, Abbé, Ministre plénipotentiaire, Audience du roi, Lettres de créance, Académie de marine, Monseigneur
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
De VERSAILLES , le 21 Septembre 1763 .
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
E 25 de ce mois , Leurs Majeſtés , ainſi que
la Famille Royale , ſignérent le Contrat de mariage
du Marquis d'Autichamp , avec la Marquiſe
de Vaſtan. Le 3 de ce mois , celui du
Comte de Jumilhac , avec Demoiselle d'Eſtrabonne
, fillede la Marquiſedu Meinil ; & celui
du Marquis de Louvois , fils du Marquis de
Souvré , avec Demoiselle Gagnat de Longuy.
François - Joſeph d'Andigné , Evêque de Saint-
Pol-de-Léon , prêta ſerment le 27 du mois
dernier , entre les mains de Sa Majesté , pendant
la célébration de la Meſſe.
Le 28 du même mois , la Comteſſe de Guiche
fut préſentée à Leurs Majeſtés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Duchefſe de Gramont.
Le 29 , les Députés des Etats de Languedoc ,
eurent Audience du Roi. Ils furent préſentés à
Sa Ma- eſté par le Comte d'Eu , Gouverneurde
la Province , & par le Comte de S. Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des cérémonies
, & par le ſieur Desgranges , Maître des
Cérémonies , la Députation étoit compoſée , pour
pour le Clergé , de l'Evêque d'Agde , qui porta
la parole , pour la Nobleſſe , du Marquis de
Caylus , pour le Tiers-Etat , des ſieurs Ambry
& la Fage , & du ſieur Goubert , Syndic-Général
de la Province.
La
DECEMBRE. 1763 . 193
La place d'un des Chapelains du Roi étant vacante
par la mort de l'Abbé Bibaut . Sa Majefté
a nommé l'Abbé du Pujet pour la remplir.
Le ſieur de Neville , Miniſtre Plénipotentiaire
de la Grande- Bretagne auprès decette Cour. eut,le
3 de ce mois' , une Audience particuliere du Roi ,
àqui il fit part de la Naiſſance du ſecond Prince
dont la Reine d'Angleterre eſt accouchée.
Le Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eſt arrivé de Lunneville ici , le 13 de ce
mois. 19
Le II , le Comteſſe de Guerchy prit congé
de la Cour , pour ſe rendre en Angleterre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé Extraordinaire
du Roi de Dannemarck , près de cette Cour
a eu , le 13 , ſa premiere Audience du Roi , à
qui il a remis ſes Lettres de Créances. Ce Miniſtre
a été préſenté , le même jour , à la Reine
&à la Famille Royale.
La Marquiſe de Valbelle , a été nommée Dame
du Palais de la Reine ſurnuméraire , & le
18 , elle a été préſentée en cette qualité à Leurs
Majeſtés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
de Brancas. La Comteſſe de Jumilhac
a été préſentée , le même jour , à Leurs Majestés
&à la Famille Royale , par la Marquiſe de
Jumilhac.
LeMarquis de Talaru a prêté ſerment entre
les mains de la Reine , pour la Charge de Premier
Maître-d'Hôtel de la Reine , dont le Roi
lui adonné la Survivance.
Le 30 du mois dernier , le ſieur Targe , Cor
reſpondant de l'Académie de Marine , & Profefleur
de Mathématiques à l'Ecole Royale Militaire
, eut l'honneurde préſenter àMonſeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Provence , les Tomes IX , X , XI & XII
de la Traduction de l'Hiſtoire d'Angleterre du
Docteur Smoller.
,
Jean-Thomas Hériſſant , Imprimeur des Cabinet
& Maiſon du Roi a eu l'honneur de
préſenter à Sa Majesté , le Tome VI & dernier
des Ephémérides de feu l'Abbé de la Caille
, de l'Académie Royale des Sciences. Ce Vor
lume comprend un intervalle de dix ans , depuis
1765 juſqu'a 1775.
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Résumé : De VERSAILLES, le 21 Septembre 1763.
En septembre 1763, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de Versailles. Le 25 septembre, le contrat de mariage du Marquis d'Autichamp avec la Marquise de Vastan fut signé par Leurs Majestés et la Famille Royale. Les mariages du Comte de Jumilhac avec Demoiselle d'Estrabonne et du Marquis de Louvois avec Demoiselle Gagnat de Longuy furent célébrés le 3 septembre. François-Joseph d'Andigné, Évêque de Saint-Pol-de-Léon, prêta serment le 27 août devant le Roi. Le 28 septembre, la Comtesse de Guiche fut présentée à Leurs Majestés par la Duchesse de Gramont. Le 29 septembre, les Députés des États de Languedoc eurent audience du Roi, présentés par le Comte d'Eu et le Comte de Saint-Florentin. En décembre 1763, l'Abbé du Pujet fut nommé Chapelain du Roi. Le 3 décembre, le sieur de Neville, Ministre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne, informa le Roi de la naissance du second prince de la Reine d'Angleterre. Le Roi de Pologne arriva à Versailles le 13 décembre. La Comtesse de Guerchy prit congé de la Cour le 11 décembre pour se rendre en Angleterre. Le Baron de Gleichen, Envoyé Extraordinaire du Roi de Danemark, eut sa première audience le 13 décembre. La Marquise de Valbelle et la Comtesse de Jumilhac furent présentées le 18 décembre. Le Marquis de Talaru prêta serment pour la charge de Premier Maître-d'Hôtel de la Reine. Jean-Thomas Hérissant présenta à Sa Majesté le Tome VI des Éphémérides de l'Abbé de la Caille.
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333
p. 195-197
MORTS.
Début :
François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis [...]
Mots clefs :
Baron, Chevalier, Secrétaire du roi, Comte, Marquis, Évêque, Épouse, Décès, Veuve, Dame Ursule Duquesne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
François Baron de Fumel , Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , Mestre de
Camp de Cavalerie , Exempt , Aide - Major des
Gardes du Corps , Compagnie de Beauvau , eſt
mort à Troyes le 20 Août , dans la ſoixantecinquiéme
année de ſon âge.
Gérard Heuſch , Marquis de Janvry , Secrétaire
du Roi Honoraire , eſt mort à Paris , le 8
Septembre , dans la quatre vingt-huitiéme année
de ſon âge.
Jean- Louis Philippeaux , Comte de Montlhery
, ancien Guidon des Gendarmes de la Garde
du Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eſt mort
àParis , le 12 Septembre.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Marie , Comte de Saint Maure , Marquis
de Chaux & d'Archiac , Comte du Saint-
Empire , Premier Ecuyer du Roi , Commandantde
ſa Grande Ecurie & Maréchal de Camp ,
eſt mort à Paris , le 14 Septembre , dans la
ſoixante-cinquième année de ſon âge.
Charles-François de Malezieu , Marquis Destournelles
, Brigadier des Armées du Roi , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,
Gouverneur pour Sa Majesté des Tours , Ports ,
Chaînes & Havre de la Rochelle , eſt mort à
Châlons-fur-Saone , le 3 Septembre.
Simon-Pierre de la Corée , Evêque de Saintes,
eſt mort en ſon Palais Epiſcopal , le 12
Septembre , àgé de foixante-douze ans.
Le Pere Jean Reinal , Supérieur Général de
la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrézienne
, eſt mort à Paris , dans leur maiſon de S.
Charles , dans les premiers jours de Septembre.
Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne
de Bouillon , épouſe du Prince Charles-
Juſt de Beauvau , Prince du Saint-Empire ,
Grandd'Eſpagne de la premiere Claſſe , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant Général de
ſes Armées , Capitaine des Gardes du Corps de
Sa Majesté , Grand- Maître de la Maiſon du Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar , Gouverneur
& Bailli d'Epée des Ville & Châteaux
deBar-le-Duc & de Luneville , eſt morte à Commerci
, le 6 Septembre , âgée de trente-quatre
ans. Cette Princeſſe étoit Soeur cadette & confanguine
du Duc de Bouillon , Pair & Grand
Chambellan de France.
*Dame Urſule de Poſſel , Veuve de Meſfire
Abraham Duqueſne Monier , Chef d'Eſcadre des
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , ci-devant
DECEMBRE. 1763. 197
commandant le Département de la Marine au
Port de Toulon , & neveu du célébre Abraham
Duqueſne , mort Lieutenant Général des Armées
navales , eſt morte à Toulon le 6 Juillet , dans
la quatre-vingt-quatorziéme année de ſon âge.
Elle avoit eu de ſon mariage pluſieurs enfans
dontdeux font morts au ſervice du Rot. Il lui
en reſte encore trois qui font :
Lange , Marquis Duqueſne , Chef d'Eſcadredes
Armées navales du Roi , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis , ci-devantGouverneur
& Lieutenant-Général au Gouvernement .
de la Nouvelle France & Prédéceſſeur immédiat
du Marquis de Vaudreuil.
Victor- Elizabeth Duqueſne , Chanoine de la
Ste Egliſe d'Arles & Pentionnaire du Roi ſur l'Archevêché
de Toulouſe.
Et Dame Urſule Duqueſne , mariée & veuve
dès 1744 de Meſſire Guillaume d'Icard , Gentilhomme
d'Arles .
Meffire Thomas- Charles , Marquis de Morantz
Comtede Penzes , Baron de Fontenay & de Ru-.
pierre , Seigneur-Châlelain de Bréquigny , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis ,,
Maréchal des Camps & Armées du Roi , Dépuré
au Roi en 1757 , par la Nobleſſe de Bretagne afſemblée
aux Etats , mourut le 18 Octobre dernier
en ſon Château de Bréquigny , âgé de 36 ans &
deux mois.
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Résumé : MORTS.
En 1763, plusieurs personnalités notables sont décédées. François Baron de Fumel, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est mort à Troyes le 20 août à 65 ans. Gérard Heusch, Marquis de Janvry et Secrétaire du Roi Honoraire, est décédé à Paris le 8 septembre à 88 ans. Jean-Louis Philippeaux, Comte de Montlhery et ancien Guidon des Gendarmes de la Garde du Roi, est mort à Paris le 12 septembre. Louis-Marie, Comte de Saint Maure, Marquis de Chaux & d'Archiac et Premier Ecuyer du Roi, est décédé à Paris le 14 septembre à 65 ans. Charles-François de Malezieu, Marquis Destournelles et Brigadier des Armées du Roi, est mort à Châlons-sur-Saône le 3 septembre. Simon-Pierre de la Corée, Évêque de Saintes, est décédé dans son Palais Épiscopal le 12 septembre à 62 ans. Le Père Jean Reinal, Supérieur Général de la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne, est mort à Paris au début du mois de septembre. Marie-Sophie-Charlotte de la Tour d'Auvergne de Bouillon, épouse du Prince Charles-Just de Beauvau, est décédée à Commercy le 6 septembre à 34 ans. Dame Ursule de Possel, veuve de Messire Abraham Duquesne Monier, Chef d'Escadre des Armées navales du Roi, est morte à Toulon le 6 juillet à 84 ans. Elle a eu plusieurs enfants, dont deux sont morts au service du Roi. Thomas-Charles, Marquis de Morantz, Comte de Penzes et Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, est décédé en son Château de Bréquigny le 18 octobre à 36 ans et 2 mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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334
s. p.
LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE DE FRANCE SUR LE COMTE DE WARVICK TRAGÉDIE NOUVELLE EN CINQ ACTES ET EN VERS Représentée, pour la première fois, le lundi 7 Novembre 1763.
Début :
Voici, Messieurs, une nouvelle preuve de cette vérité que Corneille a devinée [...]
Mots clefs :
Warvick, Comte, Roi, Gloire, Coeur, Scène, Théâtre, Vengeance, Angleterre, Ingratitude, Destin, Espoir, Tragédie, Amour, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE DE FRANCE SUR LE COMTE DE WARVICK TRAGÉDIE NOUVELLE EN CINQ ACTES ET EN VERS Représentée, pour la première fois, le lundi 7 Novembre 1763.
LETTRE
AUX AUTEURS
DU MERCURE
DE FRANCE ,
SUR LE
COMTE DE WARVICK,
TRAGÉDIE NOUVELLE ,
EN CINQ ACTES ET EN VERS
Repréſentée , pour la première fois , le Lundi
2 Novembre 1763.
M. DCC . LXIII.
TELEEH
LETTRE
AUX AUTEURS
DU
MERCURE DE FRANCE.
VOICI , Meſſieurs , une nouvelle preuve
de cette vérité que Corneille a devinée
parſentiment &qu'il a fi bien placée dans
ſaTragédie duCid : e'eſt le Cid qui parle :
«Mes pareils à deux fois ne ſe font point connoître;
»Et pour leurs coups d'eſſai veulent des coups de
Maître. >>>
C'eſt ainſi que les Racine & les Voltaires'annonçoient
ſur laScène Françoiſe.
Monfieur de la Harpe paroît avoir bien
étudié la manière de ces grands Peintres
del'ame, & ſe voit, comme eux, couronné
A iij
dès le premier pas qu'il a fait dans la car
rière du Théatre .
La Tragédie de Warvick, dont je vais
faire l'analyſe exacte , eſt un Ouvrage
qu'on ne devoit pas attendre d'un Ecolier
àpeine forti des Univerſités. Il est vrai
que ſes premiers Maîtres n'avoient pas
méconnu fon génie , & que M. de la
Harpe , avant l'âge de vingt ans , avoit
rendu fon nom celebre & intéreſſant dans
les faſtes de cette Ecole de goût & de
moeurs , qui compte plus d'un Rollin parmi
ſes Chefs .
Tout le monde paroît demeurer d'ac
cord que le plan de cette Tragédie eft
heureuſement conçu , que les caractères
en font nobles , & auffi - bien foutenus
que contraſtés , les ſentimens vrais
& grands fans enfure , le ſtyle élégant
& la verſification facile , mais toujours
harmonieuſe . Ceux qui s'intéreſſent à la
gloire de notre Theatre voient avec plaifir
s'élever un jeune Poëte , qui a le courage
de ſacrifier à la préciſion de ſes
dialogues ces maximes & ces ſentences
tant rebattues & toujours applaudies .
Ils lui ſçauront gré ſans doute d'avoir
composé dans un genre preſque oublié de
nos jours , & qui a fait place aux monf
trueuſes &burleſques Pantomimes qu'on
nous apporte d'Angleterre ou d'Italie .
Mais outre le mérite réel de cette Tragé
die , il en eſt un qui appartient plus aux
moeurs qu'au génie ; l'Auteur ſemble ne
s'être écarté de l'hiſtoire que pour donner
à Warvick toute la grandeurdont une
ame eft capable. Auguſte qui pardonne a
Cinna , n'eſt pas plus généreux que Warvick
empriſonné par Edouard , & qui ne
fort de ſa priſon que pour le couronner
une ſeconde fois . Les acclamations univerfelles
données au Comte de Warvick
dans ce moment , font un témoignage
irrécuſable contre les détracteurs
de la Scène Françoiſe . Ce n'eſtpoint affez
qu'un beau diſcours devenu preſque une
action par la véhémente éloquence de
l'Orateur , nous imprime des leçons de
vertu , ce ſont des exemples de générofité
qui nous frappent au Théatre , qui rappellent
l'homme à ſa première dignité :
ce font peut - être ces applaudiſſemens
unanimes & forcés que nous donnons à
la vertu qui nous emportent juſqu'à elle ,
qui nous rendent capables d'y atteindre ,
& font du Théatre même une école de
moeurs , que rien ne peut remplacer.
A iiij
NOMS DES ACTEURS.
YORCK , Roi d'Angleterre , ſous le nom
d'Edouard.
MARGUERITE D'AN JOU , femme de
Lancaftre , Roi d'Angleterre, ſous le nom
de HENRY.
LE COMTE DE WARVICK.
SUFFOLK , Confident d'Edouard.
SUMMER , Ami de Warvick.
ELISABETH , Amante de Warwick.
NEVILLE , Confidente de Margueritean
GARDES.
?
A
C
Ho La Scène est à Londres.
?
1612
ACTE PREMIER
MARGUERITE ouvre la ſcèneavecNéville
ſa confidente , & lui découvre les
ſecrets motifs de ſa joie &de ſes nouvelles
eſpérances : Edouard vainqueur de
Henri VI , & placé ſur ſon Trône par la
valeur & l'amitié de Warvick , va dans
l'absence de ce guerrier lui ravir ſa Maîtreffe
, & doit ce jour même épouſer Elifabeth
de Gray. Marguerite ſe flatte que
Warvick , irrité d'un affront fi peu attendu
, va travailler avec elle à rétablir
fon mari ſur le Trône d'Angleterre :
c'eſt pourquoi elle ſe propoſe d'obtenir
d'Edouard la liberté de paſſer en France
pour y joindre le Comte de Warvick ,
& l'inſtruire des amours & de l'ingratitude
du Maître qu'il s'eſt donné.
Edouard , ſans lui refuſer ni lui accorder
ſa demande , lui fait entendre que
le moment de la paix ſera celui de ſa liberté.
Le Roi ouvre à Suffolck les replis
de ſon coeur , il lui confie ſes projets , ſes
craintes , ſes combats, la violence de fon
amour . C'eſt ſurtout l'amitié de Warvick
qui lui peſe ; c'eſt Warvick , c'eſt un ami
Av
A
qu'il craint d'offenſer ; mais il eſpere le
fléchir & ordonne à Suffolck de ſe rendre
à la Cour de France , &c. &c. Alors
on apprend que le Comte vient d'arriver
dans Londres aux acclamations de tout le
Peuple , & le Roi ſe retire dans le plus
grand trouble .
Telle eſt la marche du premier Acte ,
nous n'en citerons qu'un trait rendu ſublime
par Mademoiselle Dumeſnil , &
qui le paroîtra peut - être encore ſans
elle.
Cet MARGUERITE qui parle.
Demomens en momens j'attendois le trépas ;
Unbrigand ſe préſente ,& fon avide joie
Brille dans ſes regards à l'aſpect de ſa proie.
Il eſt prêt à frapper : je reſtai ſans frayeur ,
Un eſpoir imprévu vint ranimer mon coeur.
Sans guide , fans ſecours ,dans ce lieu folitaire,
J'oſai dans ce brigand voir un Dieu tutélaire.
« Tiens , approche , ( lui dis-je, en lui montrant
mon fils , 1
Qu'à peine ſoutenoient mes bras appeſantis,)
Ofe fauver ton Prince , oſe ſauver ſamere.>>>>
J'étonnai , j'attendris ce mortel ſanguinaire ,
Mon inttépidité le rendit généreux. alloy
LeCiel veilloit alors fur mon fils malheureux,
Oubien le front des Rois , que le deſtin accable ;
Sous les traits du malheur ſemble plus refpectable,
a Suivez-moi , me dit-il , &le fer à la main ,
Portant mon fils de Pautre, il nous fraye un ches
9039
2
2
Et ce mortel abject , tout fier de ouvrage ,
fon
Sembloit , en me ſauvant , égaler mon courage.
apne me ACTE II
WARVICK commence à s'applaudir
C
avec Summer d'avoir rétabli la paix entre
deux Nations rivales & hautaines , d'avoir
obtenu pour fon Maître la Soeur de Louis
XI , & de ſe voir à la fois l'arbitre , la
zerreur & le foutien des Rois. C'eſt dans
cet eſprit qu'il rend compte enſuite au Roi
du ſuccès de ſa négociation , & qu'il ſe
félicite de l'avoir ſervi dans la Cour des
Rois comme dans les combats. Edouard
loue ſon zèle , & conſent à ratifier la paix,
mais non à épouſer la Soeur de Louis XI .
Le Comte de Warvick inſiſte ſur la né
ceffité de fatisfaire au traité dont il fut
garant lui-même ; & le Roi , fans lui devoiler
tout-à-fait le myſtère de ſes nouvelles
amours , ſe retire en lui laiſſant
voir autantde trouble que d'amitié : War
vick reſte dans l'étonnement. Marguerite
vient l'en tirer , & s'exprime ainfier
MARGUERITE. ( Elle continue àparler
d'Edouard.)
Onditque ſur ſon coeur l'amour leplus ardent
Prend, depuis quelques jours, un ſuprême afcen
dant....
1.
On dit plus , & peut- être allez-vous en douter :
Ondit que cet objet, qu'il eût dû reſpecter,
Avoit promis ſa main , gage d'unfeufincère,
Auplus grand des Guerriers qu'ait produit l'Angle
terre ,
A qui même Edouard doit toute fa grandeur :
Qu'Edouard lâchement trahit ſon bienfaiteur :
Que pour prix de ſon zèle , & d'une foi conſtantel
Il lui ravit enfin ſa femme& ſon amante!
Ce ſont-là ſes projets , ſes voeux & ſon eſpoir,
Et c'eſt Elifabeth qu'il époufe ce ſoir.
•
: • • :
Pourquoi trouveriez -vous ce récit incroyable?
Lorſque l'on a trahi ſon Prince & ſon devoir ,
Voilà, voilà le prix qu'on en doit recevoir.
Si Warvick eût ſuivi de plusjuſtes maximes ,
S'il eût cherché pour moi des exploits légitimes,
४
Il me connoît aſſez , pour croire quemon cosur
D'unplus digne retour eût payé ſa valeur.
Adieu. Dans peu d'inftans vous pourrez reconnoî
tre
Cequ'a produit pour vous le choix d'un nouveau
Maître;
Vous apprendrez bien-tôt qui vous deviez ſervir.
Vous apprendrez du moins qui vous devez hair .
Je rends grace au deſtin. Oui , ſa faveur commence
Amefaireaujourd'hui goûter quelque vengeance ;
Et j'ai vû l'ennemi qui combattit ſon Roi,
Puni parun ingrat qu'il ſervît contre moi.
Warvick veut encore douter des dif
cours de Marguerite , & de l'ingratitude
de fon ami ; mais Summer & enſuite Eli
ſabeth viennent confirmer tout ce qu'il
a appris . Warvick jure d'en tirer ven
geance. Elifabeth s'efforce en vain de le19
calmer , & Warvick fort en menaçant.
Cof
3????? ?????????????
MA
ACTE III
ARGUERITE s'applaudit d'avoir irrite
Warvick , & peint ainſi le génie des
Anglois dont il eſt l'idole .
MARGUERITE, a Néville.
:
おす
)
Ne crois pas qu'Edouard triomphe impunément,
Mets-toi devant les yeux ce long enchaînement
De meurtres , de forfaits , dont la guerre civile
A, depuis fi long-tems , épouvanté cette Iſle.
Songe au ſang dont nos yeux ont vû couler des
flots ,
по
3
53
A
Sous le fer des foldats , ſous le fer des bourreaux ;
Ou d'un père ou d'un fils chacun pleure la perte ,
Et d'un deuil éternel l'Angleterre eſt couverte.
De vingt mille proſcrits les malheureux enfans
Brûlent tous en ſecret de venger leurs parens ;
Ils ont tous entendu , le jour de leur naiſſance ,
Autour de leur berceau le cri de la vengeance :
Tous ont été , depuis , nourris dans cet eſpoir ,
Et pour eux , en naiſſant , le meurtre eſt un devoirs
Je te dirai bien plus , le ſang & le ravage
Ont endurci ce Peuple , ont irrité ſa rage;
Et depuis ſi long-tems au carnage exercé;
II conferve la foifdu ſang qu'il a verſé.
Mais elle craint que ce Guerrier trop
ſuperbe n'éclate en menaces inſultantes
devant fon maître , & que le Roi ne le
faffe arrêter , elle fort : ( ce qui laiſſe le
Théatre vuide afſfez inutilement. C'eſt un
défaut dont les plus grands Maîtres ont
donné l'exemple , mais que leurs éleves ne
doivent jamais imiter. )Edouard cependant
qui vient d'apprendre de Suffolck
que Warvick ne lui a répondu que par
des emportemens , commande qu'on l'éloigne
Mais Warvick paroît , &
lui fait une longue énumération de ſes
ſervices , il lui rappelle ſes propres difcours
fur le champ de bataille où fon
pere venoit d'expirer , & ſe plaint de
fon ingratitude . Edouard lui fait une
réponſe très-moderée , quoique noble , &
qu'on ſera peut-être bien aiſe de trouver
ici.
?
...
Ceft EDOUARD qui parle.
Moderez devant moi ce tranſportqui m'offenfe.
Vantez moins vos exploits, j'en connois l'impor
tance;
Mais ſçachez qu'Edouard , arbitre de ſon fort,
Auroit trouvé ſans vous la victoire ou llaamort;
Vous n'enpouvezdouter, vous devez me connol
tre.
Eh! quels ſont donc enfin les torts de votre Mai-
; tre?
Je vous promis beaucoup: vous ai-je donnémoins ?
Lerang, où pres de moi vous ontplacé mes ſoins,
L'éclat de vos honneurs, vosbiens, votre puiſlance,
Sont-ils de vains effets de ma reconnoiſſance ?
Il eſt vrai, j'ai cherché l'Hymen d'Elifabeth.
N'ai-je pû faire au moins ce qu'a fait mon Sujet ,
Etm'est- il défendu d'écouter ma tendreſſe ,
De brûler pour l'objet où votre eſpoir s'adreſſe ?
Queme reprochez-vous? Suis-je injuſte ou cruel ?
L'ai-je, comme unTyran , fait traîner à l'autel ??
Je me fuis , comme vous , efforcé de lui plaire ,
Je me ſuis appuyé de l'aveu de ſon pere ;
J'ai demandé le ſien; & s'il faut dire plus ,
Elle n'a point encor expliqué ſes refus.
Laiſſez-moi juſques-là me flatter que ma flamme
Quemes foins , mes reſpects , n'offenſent point fon
ame;
Etqu'un coeur qui du vôtre a mérité les voeux,
Peut être , malgré vous, ſenſible à d'autres feux.
•
WARVICK & EDOUARD.
Jamais Elifabeth ne me ſera ravie ,
Onvous ne l'obtiendrez qu'aux dépen de maviej
Jamais impunémentje ne fus offenfé
יצ
Y
EDOUARD.
Jamais impunément je ne fus menacé ;
Et fi d'une amitié , qui me fut long-tems chère?
Le ſouvenir encor n'arrêtoit ma colère ,
Vous en auriez déjà reſſenti les effets ....
Peut-être cet effort vaut ſeul tous vos bienfaits.
Nepouſſez pas plus loinma bonté qui ſe laſſe
Et ne me forcez pas à punir votre audace.
Edouard peut d'un mot venger ſes droits bleſſés,
Etfût-il votre ouvrage ; il eſt Roi, frémiſſez.
Le Comte de Warvick lui répond
par des reproches encore plus amers ;
Edouard fait entrer ſesGardes ; Elifabeth
arrive avec eux : le Comte lui exagere
les torts de l'ingrat Yorck , & la quitte
pour courir à la vengeance. Edouard or
donne qu'on arrête le Comte de Warvick .
Elifabeth demeure avec le Roi pour l'appaifer
, & l'on vient leur annoncer que
Warvick s'eſt laiſſe conduire à la tour ,
mais que le peuple s'émeut en fa faveur :
le Roi fort pour aller le contenir.
SOIVAAT
0
C
ACTE IV.
WARVICK feul & dans la prifon , fe
retrace ainſi le fort de ſon premier maître :
.. C'eſt dans ces lieux, dans cette tour horrible
Qu'à vivre dans les fers par moi ſeul condamné
Lemalheureux Henri languit abandonné ,
L'Oppreſſeur , l'Opprimé n'ont plus qu'un même
afyle.
Hélas ! dans ſon malheur il eſt calme& tranquille,
Il eſt loin de penſer qu'un revers plein d'horreur
Enchaîne auprès de lui ſon ſuperbe vainqueur.
Summer vient lui apprendre que le parti
de Marguerite doit bientôt le délivrer.
Warvick le conjure par les pleurs qu'il
verſe encore devant lui , de hâter le moment
de ſa liberté. Summer lui promet
tout , & fort pour lui obéir.
Plus calme après ces eſpérances , Warwick
réfléchit ſur l'illuſion qui l'a confolé
; Elifabeth arrive,
L'objet de cette Scène n'eſt ni précis ,
ni déterminé ; mais l'art de l'Auteur , la
figure aimable & la voix touchante de MademoiſelleDubois,
fur-tout les talens ſupérieurs
de M. Le Kain , qu'on peut appellerleGarrickFrançois
, concourent àpal
lier ce léger défaut .
Enfin des Gardes viennent chercher
Elifabeth pour la conduire auprès du
Roi ; Warvick retombe dans ſes incertitudes
, & dans l'agitation . Alors
des Gardes enfoncent la prifon , & Summer
à leur tête parle ainfi.
SCENE VII.
SUMMER..
J'apporte la vengeance ,
Ami , prenez ce fer ; foyez libre & vainqueur .
WARVICK.
Tout estdonc réparé ? .. Cherami , quel bonheut !
SUMMER.
Votre nom, votre gloire, & la Reine & moi-même ,
Tout range ſous vos loix un peuple qui vous aime
Marguerite , échappée aux Gardes du Palais ,
D'abord, à votre nom , raſſemble les Anglois ,
Jemejoins à ſes cris : tout s'émeut, tout s'emprefle,
Tous veulent vous offrir une main vengereſſe.
On attaque , on aſſiége Edouard allarmé
Avec Elifabeth au Palais renfermé.
Paroiſſez ; c'eſt à vous d'achever la victoire.
mivenez chercher la vengeance & la gloire.
WARVICK.
Voilàdonc où ſa faute & le fort l'ont réduit :
De ſon ingratitude il voît enfin le fruit.
Il l'a trop mérité. Marchons ... Warvick, arrête.
Tu vas donc d'une femme achever la conquête
Ecrafer fans effort un rival abbatu?
20 Sont-ce làdes exploits dignes de ta vertu ?
Eft-ce un ſi beautriomphe offert à ta vaillance ;
D'immoler Edouard, quand il eſt ſans défenſe ?
Ah!j'embraffe unprojetplus grand,plus généreux.
Voici de mes inftans l'inſtant le plus heureux.
Ce jour de mes malheurs eſt le jour de ma gloire.
C'eſt moiqui vais fixer le fort & la victoire.
Le deſtin d'Edouard ne dépend que de moi.
J'ai guidé ſa jeuneſſe & mon bras l'a fait Roi ;
J'al conſervé ſes jours & je vais les défendre .
Je luidonnai le ſceptre , &je vais le lui rendre
Detous les ennemis confondre les projets,
Et je veux le punit à force de bienfaitsig
Il connoîtra mon coeur autant que mon courage W
Une ſeconde fois il ſera monouvrage, Do
Qu'il va ſe repentir de m'avoir outrage
Combien it va rougir ! ... Amis , je ſuis venge.
Allons, braves Anglois , c'eſt Warvick qui vous
guide,
Ne déſavouez point votre Chef intrépide.
Sivous aimez l'honneur, venez tous avec mo
Et combattre Lançaſtre, & fauver votre Roi
Fin du quatrième Alte
uby
ACTE V
ELISABETH qui ne connoîtdeWarvick
que fa fureur &fes projets de vengeance ,
tremble également pour les jours de fon
amant , &pour ceux de fon Roi. Suffolck
vient la raſſurer par le récit de ce qui
s'eſt paffé ſous les yeux, Warvick a
diffipe le parti de Marguerite qui affiés
geoit Edouard dans ſon palais , & l'a
couronné pour la feconde fois. Elifabeth
ſe livre à la joie. Edouard l'augmente
encore en lui déclarant qu'il eſt prêt à
épouſer la foeur de Louis XI , & à
l'unir au Comte de Warvick. Marguerite
priſonniere , mais triomphante , leur apprend
qu'elle s'eſt vengée du Comte de
Warvick , & qu'il eſt expirant,
Voici les vers qui ſont dans la bouche
du Comte de Warvick qu'on amene ſur
le Théatre , & qui terminent la piece :
... Ecoutez moins de vains reſſentimens.
Renvoyez à Louis cette femme cruelle ,
Il pourroit la venger , ne craignez plus riend'elle.
Cepeuplequi m'aima ,la déteſte aujourd'hui
Quim'adonné la mort ne peut régner ſur lui,
Pleurez moinsmon trépas. Macarriere eſt finic
Aumoment leplus beaudont s'illuſtrama vie.
Mavoix a fait encor le deſtin des Anglois :
Etj'emporte au tombeau ma gloire & vos regrets
Π
WARVICK continueens'adreſſant à EDOUARD.
N'accuſons de vos maux que yous & que moi
même.
Votre amour fut aveugle &mon orgueil extrême,
Vous aviez oublié mes ſervices : &moi
J'oubliai trop , hélas ! que vous étiez monRei,
J'ai l'honneur d'être ,
MESSIEURS,
Votre très-humble & très
obéiſſant Serviteur ,
JOUBERT.
AUX AUTEURS
DU MERCURE
DE FRANCE ,
SUR LE
COMTE DE WARVICK,
TRAGÉDIE NOUVELLE ,
EN CINQ ACTES ET EN VERS
Repréſentée , pour la première fois , le Lundi
2 Novembre 1763.
M. DCC . LXIII.
TELEEH
LETTRE
AUX AUTEURS
DU
MERCURE DE FRANCE.
VOICI , Meſſieurs , une nouvelle preuve
de cette vérité que Corneille a devinée
parſentiment &qu'il a fi bien placée dans
ſaTragédie duCid : e'eſt le Cid qui parle :
«Mes pareils à deux fois ne ſe font point connoître;
»Et pour leurs coups d'eſſai veulent des coups de
Maître. >>>
C'eſt ainſi que les Racine & les Voltaires'annonçoient
ſur laScène Françoiſe.
Monfieur de la Harpe paroît avoir bien
étudié la manière de ces grands Peintres
del'ame, & ſe voit, comme eux, couronné
A iij
dès le premier pas qu'il a fait dans la car
rière du Théatre .
La Tragédie de Warvick, dont je vais
faire l'analyſe exacte , eſt un Ouvrage
qu'on ne devoit pas attendre d'un Ecolier
àpeine forti des Univerſités. Il est vrai
que ſes premiers Maîtres n'avoient pas
méconnu fon génie , & que M. de la
Harpe , avant l'âge de vingt ans , avoit
rendu fon nom celebre & intéreſſant dans
les faſtes de cette Ecole de goût & de
moeurs , qui compte plus d'un Rollin parmi
ſes Chefs .
Tout le monde paroît demeurer d'ac
cord que le plan de cette Tragédie eft
heureuſement conçu , que les caractères
en font nobles , & auffi - bien foutenus
que contraſtés , les ſentimens vrais
& grands fans enfure , le ſtyle élégant
& la verſification facile , mais toujours
harmonieuſe . Ceux qui s'intéreſſent à la
gloire de notre Theatre voient avec plaifir
s'élever un jeune Poëte , qui a le courage
de ſacrifier à la préciſion de ſes
dialogues ces maximes & ces ſentences
tant rebattues & toujours applaudies .
Ils lui ſçauront gré ſans doute d'avoir
composé dans un genre preſque oublié de
nos jours , & qui a fait place aux monf
trueuſes &burleſques Pantomimes qu'on
nous apporte d'Angleterre ou d'Italie .
Mais outre le mérite réel de cette Tragé
die , il en eſt un qui appartient plus aux
moeurs qu'au génie ; l'Auteur ſemble ne
s'être écarté de l'hiſtoire que pour donner
à Warvick toute la grandeurdont une
ame eft capable. Auguſte qui pardonne a
Cinna , n'eſt pas plus généreux que Warvick
empriſonné par Edouard , & qui ne
fort de ſa priſon que pour le couronner
une ſeconde fois . Les acclamations univerfelles
données au Comte de Warvick
dans ce moment , font un témoignage
irrécuſable contre les détracteurs
de la Scène Françoiſe . Ce n'eſtpoint affez
qu'un beau diſcours devenu preſque une
action par la véhémente éloquence de
l'Orateur , nous imprime des leçons de
vertu , ce ſont des exemples de générofité
qui nous frappent au Théatre , qui rappellent
l'homme à ſa première dignité :
ce font peut - être ces applaudiſſemens
unanimes & forcés que nous donnons à
la vertu qui nous emportent juſqu'à elle ,
qui nous rendent capables d'y atteindre ,
& font du Théatre même une école de
moeurs , que rien ne peut remplacer.
A iiij
NOMS DES ACTEURS.
YORCK , Roi d'Angleterre , ſous le nom
d'Edouard.
MARGUERITE D'AN JOU , femme de
Lancaftre , Roi d'Angleterre, ſous le nom
de HENRY.
LE COMTE DE WARVICK.
SUFFOLK , Confident d'Edouard.
SUMMER , Ami de Warvick.
ELISABETH , Amante de Warwick.
NEVILLE , Confidente de Margueritean
GARDES.
?
A
C
Ho La Scène est à Londres.
?
1612
ACTE PREMIER
MARGUERITE ouvre la ſcèneavecNéville
ſa confidente , & lui découvre les
ſecrets motifs de ſa joie &de ſes nouvelles
eſpérances : Edouard vainqueur de
Henri VI , & placé ſur ſon Trône par la
valeur & l'amitié de Warvick , va dans
l'absence de ce guerrier lui ravir ſa Maîtreffe
, & doit ce jour même épouſer Elifabeth
de Gray. Marguerite ſe flatte que
Warvick , irrité d'un affront fi peu attendu
, va travailler avec elle à rétablir
fon mari ſur le Trône d'Angleterre :
c'eſt pourquoi elle ſe propoſe d'obtenir
d'Edouard la liberté de paſſer en France
pour y joindre le Comte de Warvick ,
& l'inſtruire des amours & de l'ingratitude
du Maître qu'il s'eſt donné.
Edouard , ſans lui refuſer ni lui accorder
ſa demande , lui fait entendre que
le moment de la paix ſera celui de ſa liberté.
Le Roi ouvre à Suffolck les replis
de ſon coeur , il lui confie ſes projets , ſes
craintes , ſes combats, la violence de fon
amour . C'eſt ſurtout l'amitié de Warvick
qui lui peſe ; c'eſt Warvick , c'eſt un ami
Av
A
qu'il craint d'offenſer ; mais il eſpere le
fléchir & ordonne à Suffolck de ſe rendre
à la Cour de France , &c. &c. Alors
on apprend que le Comte vient d'arriver
dans Londres aux acclamations de tout le
Peuple , & le Roi ſe retire dans le plus
grand trouble .
Telle eſt la marche du premier Acte ,
nous n'en citerons qu'un trait rendu ſublime
par Mademoiselle Dumeſnil , &
qui le paroîtra peut - être encore ſans
elle.
Cet MARGUERITE qui parle.
Demomens en momens j'attendois le trépas ;
Unbrigand ſe préſente ,& fon avide joie
Brille dans ſes regards à l'aſpect de ſa proie.
Il eſt prêt à frapper : je reſtai ſans frayeur ,
Un eſpoir imprévu vint ranimer mon coeur.
Sans guide , fans ſecours ,dans ce lieu folitaire,
J'oſai dans ce brigand voir un Dieu tutélaire.
« Tiens , approche , ( lui dis-je, en lui montrant
mon fils , 1
Qu'à peine ſoutenoient mes bras appeſantis,)
Ofe fauver ton Prince , oſe ſauver ſamere.>>>>
J'étonnai , j'attendris ce mortel ſanguinaire ,
Mon inttépidité le rendit généreux. alloy
LeCiel veilloit alors fur mon fils malheureux,
Oubien le front des Rois , que le deſtin accable ;
Sous les traits du malheur ſemble plus refpectable,
a Suivez-moi , me dit-il , &le fer à la main ,
Portant mon fils de Pautre, il nous fraye un ches
9039
2
2
Et ce mortel abject , tout fier de ouvrage ,
fon
Sembloit , en me ſauvant , égaler mon courage.
apne me ACTE II
WARVICK commence à s'applaudir
C
avec Summer d'avoir rétabli la paix entre
deux Nations rivales & hautaines , d'avoir
obtenu pour fon Maître la Soeur de Louis
XI , & de ſe voir à la fois l'arbitre , la
zerreur & le foutien des Rois. C'eſt dans
cet eſprit qu'il rend compte enſuite au Roi
du ſuccès de ſa négociation , & qu'il ſe
félicite de l'avoir ſervi dans la Cour des
Rois comme dans les combats. Edouard
loue ſon zèle , & conſent à ratifier la paix,
mais non à épouſer la Soeur de Louis XI .
Le Comte de Warvick inſiſte ſur la né
ceffité de fatisfaire au traité dont il fut
garant lui-même ; & le Roi , fans lui devoiler
tout-à-fait le myſtère de ſes nouvelles
amours , ſe retire en lui laiſſant
voir autantde trouble que d'amitié : War
vick reſte dans l'étonnement. Marguerite
vient l'en tirer , & s'exprime ainfier
MARGUERITE. ( Elle continue àparler
d'Edouard.)
Onditque ſur ſon coeur l'amour leplus ardent
Prend, depuis quelques jours, un ſuprême afcen
dant....
1.
On dit plus , & peut- être allez-vous en douter :
Ondit que cet objet, qu'il eût dû reſpecter,
Avoit promis ſa main , gage d'unfeufincère,
Auplus grand des Guerriers qu'ait produit l'Angle
terre ,
A qui même Edouard doit toute fa grandeur :
Qu'Edouard lâchement trahit ſon bienfaiteur :
Que pour prix de ſon zèle , & d'une foi conſtantel
Il lui ravit enfin ſa femme& ſon amante!
Ce ſont-là ſes projets , ſes voeux & ſon eſpoir,
Et c'eſt Elifabeth qu'il époufe ce ſoir.
•
: • • :
Pourquoi trouveriez -vous ce récit incroyable?
Lorſque l'on a trahi ſon Prince & ſon devoir ,
Voilà, voilà le prix qu'on en doit recevoir.
Si Warvick eût ſuivi de plusjuſtes maximes ,
S'il eût cherché pour moi des exploits légitimes,
४
Il me connoît aſſez , pour croire quemon cosur
D'unplus digne retour eût payé ſa valeur.
Adieu. Dans peu d'inftans vous pourrez reconnoî
tre
Cequ'a produit pour vous le choix d'un nouveau
Maître;
Vous apprendrez bien-tôt qui vous deviez ſervir.
Vous apprendrez du moins qui vous devez hair .
Je rends grace au deſtin. Oui , ſa faveur commence
Amefaireaujourd'hui goûter quelque vengeance ;
Et j'ai vû l'ennemi qui combattit ſon Roi,
Puni parun ingrat qu'il ſervît contre moi.
Warvick veut encore douter des dif
cours de Marguerite , & de l'ingratitude
de fon ami ; mais Summer & enſuite Eli
ſabeth viennent confirmer tout ce qu'il
a appris . Warvick jure d'en tirer ven
geance. Elifabeth s'efforce en vain de le19
calmer , & Warvick fort en menaçant.
Cof
3????? ?????????????
MA
ACTE III
ARGUERITE s'applaudit d'avoir irrite
Warvick , & peint ainſi le génie des
Anglois dont il eſt l'idole .
MARGUERITE, a Néville.
:
おす
)
Ne crois pas qu'Edouard triomphe impunément,
Mets-toi devant les yeux ce long enchaînement
De meurtres , de forfaits , dont la guerre civile
A, depuis fi long-tems , épouvanté cette Iſle.
Songe au ſang dont nos yeux ont vû couler des
flots ,
по
3
53
A
Sous le fer des foldats , ſous le fer des bourreaux ;
Ou d'un père ou d'un fils chacun pleure la perte ,
Et d'un deuil éternel l'Angleterre eſt couverte.
De vingt mille proſcrits les malheureux enfans
Brûlent tous en ſecret de venger leurs parens ;
Ils ont tous entendu , le jour de leur naiſſance ,
Autour de leur berceau le cri de la vengeance :
Tous ont été , depuis , nourris dans cet eſpoir ,
Et pour eux , en naiſſant , le meurtre eſt un devoirs
Je te dirai bien plus , le ſang & le ravage
Ont endurci ce Peuple , ont irrité ſa rage;
Et depuis ſi long-tems au carnage exercé;
II conferve la foifdu ſang qu'il a verſé.
Mais elle craint que ce Guerrier trop
ſuperbe n'éclate en menaces inſultantes
devant fon maître , & que le Roi ne le
faffe arrêter , elle fort : ( ce qui laiſſe le
Théatre vuide afſfez inutilement. C'eſt un
défaut dont les plus grands Maîtres ont
donné l'exemple , mais que leurs éleves ne
doivent jamais imiter. )Edouard cependant
qui vient d'apprendre de Suffolck
que Warvick ne lui a répondu que par
des emportemens , commande qu'on l'éloigne
Mais Warvick paroît , &
lui fait une longue énumération de ſes
ſervices , il lui rappelle ſes propres difcours
fur le champ de bataille où fon
pere venoit d'expirer , & ſe plaint de
fon ingratitude . Edouard lui fait une
réponſe très-moderée , quoique noble , &
qu'on ſera peut-être bien aiſe de trouver
ici.
?
...
Ceft EDOUARD qui parle.
Moderez devant moi ce tranſportqui m'offenfe.
Vantez moins vos exploits, j'en connois l'impor
tance;
Mais ſçachez qu'Edouard , arbitre de ſon fort,
Auroit trouvé ſans vous la victoire ou llaamort;
Vous n'enpouvezdouter, vous devez me connol
tre.
Eh! quels ſont donc enfin les torts de votre Mai-
; tre?
Je vous promis beaucoup: vous ai-je donnémoins ?
Lerang, où pres de moi vous ontplacé mes ſoins,
L'éclat de vos honneurs, vosbiens, votre puiſlance,
Sont-ils de vains effets de ma reconnoiſſance ?
Il eſt vrai, j'ai cherché l'Hymen d'Elifabeth.
N'ai-je pû faire au moins ce qu'a fait mon Sujet ,
Etm'est- il défendu d'écouter ma tendreſſe ,
De brûler pour l'objet où votre eſpoir s'adreſſe ?
Queme reprochez-vous? Suis-je injuſte ou cruel ?
L'ai-je, comme unTyran , fait traîner à l'autel ??
Je me fuis , comme vous , efforcé de lui plaire ,
Je me ſuis appuyé de l'aveu de ſon pere ;
J'ai demandé le ſien; & s'il faut dire plus ,
Elle n'a point encor expliqué ſes refus.
Laiſſez-moi juſques-là me flatter que ma flamme
Quemes foins , mes reſpects , n'offenſent point fon
ame;
Etqu'un coeur qui du vôtre a mérité les voeux,
Peut être , malgré vous, ſenſible à d'autres feux.
•
WARVICK & EDOUARD.
Jamais Elifabeth ne me ſera ravie ,
Onvous ne l'obtiendrez qu'aux dépen de maviej
Jamais impunémentje ne fus offenfé
יצ
Y
EDOUARD.
Jamais impunément je ne fus menacé ;
Et fi d'une amitié , qui me fut long-tems chère?
Le ſouvenir encor n'arrêtoit ma colère ,
Vous en auriez déjà reſſenti les effets ....
Peut-être cet effort vaut ſeul tous vos bienfaits.
Nepouſſez pas plus loinma bonté qui ſe laſſe
Et ne me forcez pas à punir votre audace.
Edouard peut d'un mot venger ſes droits bleſſés,
Etfût-il votre ouvrage ; il eſt Roi, frémiſſez.
Le Comte de Warvick lui répond
par des reproches encore plus amers ;
Edouard fait entrer ſesGardes ; Elifabeth
arrive avec eux : le Comte lui exagere
les torts de l'ingrat Yorck , & la quitte
pour courir à la vengeance. Edouard or
donne qu'on arrête le Comte de Warvick .
Elifabeth demeure avec le Roi pour l'appaifer
, & l'on vient leur annoncer que
Warvick s'eſt laiſſe conduire à la tour ,
mais que le peuple s'émeut en fa faveur :
le Roi fort pour aller le contenir.
SOIVAAT
0
C
ACTE IV.
WARVICK feul & dans la prifon , fe
retrace ainſi le fort de ſon premier maître :
.. C'eſt dans ces lieux, dans cette tour horrible
Qu'à vivre dans les fers par moi ſeul condamné
Lemalheureux Henri languit abandonné ,
L'Oppreſſeur , l'Opprimé n'ont plus qu'un même
afyle.
Hélas ! dans ſon malheur il eſt calme& tranquille,
Il eſt loin de penſer qu'un revers plein d'horreur
Enchaîne auprès de lui ſon ſuperbe vainqueur.
Summer vient lui apprendre que le parti
de Marguerite doit bientôt le délivrer.
Warvick le conjure par les pleurs qu'il
verſe encore devant lui , de hâter le moment
de ſa liberté. Summer lui promet
tout , & fort pour lui obéir.
Plus calme après ces eſpérances , Warwick
réfléchit ſur l'illuſion qui l'a confolé
; Elifabeth arrive,
L'objet de cette Scène n'eſt ni précis ,
ni déterminé ; mais l'art de l'Auteur , la
figure aimable & la voix touchante de MademoiſelleDubois,
fur-tout les talens ſupérieurs
de M. Le Kain , qu'on peut appellerleGarrickFrançois
, concourent àpal
lier ce léger défaut .
Enfin des Gardes viennent chercher
Elifabeth pour la conduire auprès du
Roi ; Warvick retombe dans ſes incertitudes
, & dans l'agitation . Alors
des Gardes enfoncent la prifon , & Summer
à leur tête parle ainfi.
SCENE VII.
SUMMER..
J'apporte la vengeance ,
Ami , prenez ce fer ; foyez libre & vainqueur .
WARVICK.
Tout estdonc réparé ? .. Cherami , quel bonheut !
SUMMER.
Votre nom, votre gloire, & la Reine & moi-même ,
Tout range ſous vos loix un peuple qui vous aime
Marguerite , échappée aux Gardes du Palais ,
D'abord, à votre nom , raſſemble les Anglois ,
Jemejoins à ſes cris : tout s'émeut, tout s'emprefle,
Tous veulent vous offrir une main vengereſſe.
On attaque , on aſſiége Edouard allarmé
Avec Elifabeth au Palais renfermé.
Paroiſſez ; c'eſt à vous d'achever la victoire.
mivenez chercher la vengeance & la gloire.
WARVICK.
Voilàdonc où ſa faute & le fort l'ont réduit :
De ſon ingratitude il voît enfin le fruit.
Il l'a trop mérité. Marchons ... Warvick, arrête.
Tu vas donc d'une femme achever la conquête
Ecrafer fans effort un rival abbatu?
20 Sont-ce làdes exploits dignes de ta vertu ?
Eft-ce un ſi beautriomphe offert à ta vaillance ;
D'immoler Edouard, quand il eſt ſans défenſe ?
Ah!j'embraffe unprojetplus grand,plus généreux.
Voici de mes inftans l'inſtant le plus heureux.
Ce jour de mes malheurs eſt le jour de ma gloire.
C'eſt moiqui vais fixer le fort & la victoire.
Le deſtin d'Edouard ne dépend que de moi.
J'ai guidé ſa jeuneſſe & mon bras l'a fait Roi ;
J'al conſervé ſes jours & je vais les défendre .
Je luidonnai le ſceptre , &je vais le lui rendre
Detous les ennemis confondre les projets,
Et je veux le punit à force de bienfaitsig
Il connoîtra mon coeur autant que mon courage W
Une ſeconde fois il ſera monouvrage, Do
Qu'il va ſe repentir de m'avoir outrage
Combien it va rougir ! ... Amis , je ſuis venge.
Allons, braves Anglois , c'eſt Warvick qui vous
guide,
Ne déſavouez point votre Chef intrépide.
Sivous aimez l'honneur, venez tous avec mo
Et combattre Lançaſtre, & fauver votre Roi
Fin du quatrième Alte
uby
ACTE V
ELISABETH qui ne connoîtdeWarvick
que fa fureur &fes projets de vengeance ,
tremble également pour les jours de fon
amant , &pour ceux de fon Roi. Suffolck
vient la raſſurer par le récit de ce qui
s'eſt paffé ſous les yeux, Warvick a
diffipe le parti de Marguerite qui affiés
geoit Edouard dans ſon palais , & l'a
couronné pour la feconde fois. Elifabeth
ſe livre à la joie. Edouard l'augmente
encore en lui déclarant qu'il eſt prêt à
épouſer la foeur de Louis XI , & à
l'unir au Comte de Warvick. Marguerite
priſonniere , mais triomphante , leur apprend
qu'elle s'eſt vengée du Comte de
Warvick , & qu'il eſt expirant,
Voici les vers qui ſont dans la bouche
du Comte de Warvick qu'on amene ſur
le Théatre , & qui terminent la piece :
... Ecoutez moins de vains reſſentimens.
Renvoyez à Louis cette femme cruelle ,
Il pourroit la venger , ne craignez plus riend'elle.
Cepeuplequi m'aima ,la déteſte aujourd'hui
Quim'adonné la mort ne peut régner ſur lui,
Pleurez moinsmon trépas. Macarriere eſt finic
Aumoment leplus beaudont s'illuſtrama vie.
Mavoix a fait encor le deſtin des Anglois :
Etj'emporte au tombeau ma gloire & vos regrets
Π
WARVICK continueens'adreſſant à EDOUARD.
N'accuſons de vos maux que yous & que moi
même.
Votre amour fut aveugle &mon orgueil extrême,
Vous aviez oublié mes ſervices : &moi
J'oubliai trop , hélas ! que vous étiez monRei,
J'ai l'honneur d'être ,
MESSIEURS,
Votre très-humble & très
obéiſſant Serviteur ,
JOUBERT.
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Résumé : LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE DE FRANCE SUR LE COMTE DE WARVICK TRAGÉDIE NOUVELLE EN CINQ ACTES ET EN VERS Représentée, pour la première fois, le lundi 7 Novembre 1763.
La lettre aux auteurs du Mercure de France présente la tragédie 'Le Comte de Warwick', représentée pour la première fois le 2 novembre 1763. L'auteur de la pièce, Jean-François de La Harpe, est comparé à Corneille, Racine et Voltaire, soulignant son talent précoce et prometteur. La tragédie est appréciée pour son plan bien conçu, ses personnages nobles et contrastés, ainsi que pour son style élégant et sa versification harmonieuse. Elle se distingue par des dialogues précis et l'absence de maximes rebattues. L'intrigue se déroule à Londres en 1612 et met en scène des personnages historiques tels que le roi Édouard, Marguerite d'Anjou, le comte de Warwick, et Élisabeth. Marguerite, épouse de Henri VI, espère que Warwick, irrité par l'infidélité d'Édouard, l'aidera à restaurer son mari sur le trône. Édouard est partagé entre son amour pour Élisabeth et son amitié pour Warwick. La pièce explore les thèmes de la loyauté, de l'ingratitude et de la générosité, avec Warwick incarnant une grandeur d'âme comparable à celle d'Auguste pardonnant Cinna. Les actes suivants développent les tensions entre Warwick et Édouard, avec Marguerite manipulant les événements pour provoquer une rébellion. Warwick, après avoir été emprisonné, est libéré par le peuple et retourne sur le trône. La pièce illustre la capacité du théâtre à inspirer des leçons de vertu et de générosité. Warwick, confronté à des dilemmes moraux et politiques, hésite à se venger d'Édouard mais décide de le protéger et de restaurer son trône. Il rappelle son rôle crucial dans l'ascension d'Édouard et rallie les Anglais pour combattre les ennemis du roi. Élisabeth, amoureuse de Warwick, est rassurée par Suffolk qui lui raconte les actions héroïques de Warwick. Édouard, reconnaissant, accepte d'épouser la sœur de Louis XI et de l'unir à Warwick. Marguerite, prisonnière, révèle que Warwick est mortellement blessé. Sur son lit de mort, Warwick conseille Édouard de renvoyer la femme cruelle à Louis XI et exprime son regret pour les erreurs passées. Il meurt en héros, laissant derrière lui une nation reconnaissante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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335
p. 171-172
De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
Début :
Le Roi partira pour Fontainebleau le 5 du mois prochain, la Reine [...]
Mots clefs :
Famille royale, Princesse, Grossesse, Audience, Contrat de mariage, Baronne, Comte, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
De VERSAILLES , le 28 Septembre 1763.
La Roi partira pour Fontainebleau les du
L.
mois prochain ; la Reine & Meldames accompagneront
Sa Maefté. La groffelle de Madame la
Dauphine étant déclarée , cette Princeffe , ainfi
que Mgr le Dauphin , les jeunes Princes & Ma -`
dame , refteront à Verſailles pendant ce voyage.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur Extraordinaire
de Sa Majefté Catholique , eut le 21-
de ce mois , une audience du Roi , dans laquelle
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
il prit congé de Sa Majefté & lui préſenta fes
lettres de rappel. Il fut conduit à cette audience ,
ainsi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambafladeurs.
Le 20 de ce mois , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage
du Marquis de Sorens & de Demoiſelle Maillé de
Carman .
Le 25 , la Baronne
de Breteuil
, Ambaffadrice
à la Cour
de Suéde
, prit congé
de Leurs
Majeftés
& de la Famille
Royale
.
Le 27 , le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur
Extraordinaire du Roi des Deux - Siciles ,
eut une audience particulière du Roi , àછે
qui il préfenta le Prince de Mafferano , Grand
d'Efpagne & Ambaffadeur de Sa Majefté Catholique
a la Cour de Londres. Il fut conduit à
cette Audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur de la Live ,
Introducteur des Ambaffadeurs.
La Roi partira pour Fontainebleau les du
L.
mois prochain ; la Reine & Meldames accompagneront
Sa Maefté. La groffelle de Madame la
Dauphine étant déclarée , cette Princeffe , ainfi
que Mgr le Dauphin , les jeunes Princes & Ma -`
dame , refteront à Verſailles pendant ce voyage.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur Extraordinaire
de Sa Majefté Catholique , eut le 21-
de ce mois , une audience du Roi , dans laquelle
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
il prit congé de Sa Majefté & lui préſenta fes
lettres de rappel. Il fut conduit à cette audience ,
ainsi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambafladeurs.
Le 20 de ce mois , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage
du Marquis de Sorens & de Demoiſelle Maillé de
Carman .
Le 25 , la Baronne
de Breteuil
, Ambaffadrice
à la Cour
de Suéde
, prit congé
de Leurs
Majeftés
& de la Famille
Royale
.
Le 27 , le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur
Extraordinaire du Roi des Deux - Siciles ,
eut une audience particulière du Roi , àછે
qui il préfenta le Prince de Mafferano , Grand
d'Efpagne & Ambaffadeur de Sa Majefté Catholique
a la Cour de Londres. Il fut conduit à
cette Audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur de la Live ,
Introducteur des Ambaffadeurs.
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Résumé : De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
Le 28 septembre 1763, depuis Versailles, il est annoncé que le Roi se rendra à Fontainebleau le mois suivant avec la Reine et les princesses. La Dauphine, enceinte, ainsi que le Dauphin et les jeunes princes et princesses, resteront à Versailles. Le Marquis de Grimaldi, ambassadeur extraordinaire du Roi d'Espagne, a pris congé du Roi le 21 septembre après avoir présenté ses lettres de rappel. Il a été accompagné par le sieur de la Live lors des audiences avec la Reine et la famille royale. Le 20 septembre, les souverains et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Marquis de Sorens et de Mademoiselle Maillé de Carman. Le 25 septembre, la Baronne de Breteuil, ambassadrice à la cour de Suède, a pris congé des souverains et de la famille royale. Le 27 septembre, le Comte de Cantillana, ambassadeur extraordinaire du Roi des Deux-Siciles, a présenté au Roi le Prince de Masserano, ambassadeur du Roi d'Espagne à la cour de Londres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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336
p. 174-175
De MADRID, le 11 Octobre 1763.
Début :
Le Comte de Maillebois, Chevalier des Ordres du Roi Très-Chrétien & Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Comte, Chevalier des Ordres du roi, Nominations, Ambassadeur, Empereur, Mariage, Successeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 11 Octobre 1763.
De MADRID , le 11 Octobre 1763.
Le Comte de Maillebois , Chevalier des Ordres
du Roi Très- Chrétien & Lieutenant- Général
de fes Armées , arriva le 10 du mois dernier , રે
S. Ildephone , & fut préſenté le lendemain au
par l'Ambaffadeur de France . Roi
Le Comte de Rofemberg a été nommé auprès
de Sa Majesté Anballadeur de l'Empereur
& de l'Impératrice Reine qui ont bien voulu le
revêtir de cette qualité , pour lui témoigner leur
JANVIER. 1764. 175
fatisfaction de la manière avec laquelle il a né
gocié & conclu le mariage de l'Archiduc Léopold
, défigné Succeffeur de l'Empereur dans fes
Etats de Toſcane , avec l'Infante Marie- Louiſe .
Le Comte de Maillebois , Chevalier des Ordres
du Roi Très- Chrétien & Lieutenant- Général
de fes Armées , arriva le 10 du mois dernier , રે
S. Ildephone , & fut préſenté le lendemain au
par l'Ambaffadeur de France . Roi
Le Comte de Rofemberg a été nommé auprès
de Sa Majesté Anballadeur de l'Empereur
& de l'Impératrice Reine qui ont bien voulu le
revêtir de cette qualité , pour lui témoigner leur
JANVIER. 1764. 175
fatisfaction de la manière avec laquelle il a né
gocié & conclu le mariage de l'Archiduc Léopold
, défigné Succeffeur de l'Empereur dans fes
Etats de Toſcane , avec l'Infante Marie- Louiſe .
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Résumé : De MADRID, le 11 Octobre 1763.
Le 11 octobre 1763, le Comte de Maillebois, Lieutenant-Général des Armées, est arrivé à Madrid et présenté au Roi d'Espagne. Le Comte de Rosenberg est nommé Ambassadeur de l'Empereur et de l'Impératrice Reine. Cette nomination marque leur satisfaction sur le mariage entre l'Archiduc Léopold et l'Infante Marie-Louise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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337
p. *177-177
De LONDRES, le 21 Octobre 1763.
Début :
Le Comte de Guerchy, Ambassadeur de la Cour de France [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur, Cour de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 21 Octobre 1763.
De LONDRES , le 21 Octobre 1763.
Le Comte de Guerchy , Ambaſſadeur de la
Cour de France , eft arrivé ici le 17 .
Le Comte de Guerchy , Ambaſſadeur de la
Cour de France , eft arrivé ici le 17 .
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338
p. 178-181
De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
Début :
Le Roi est arrivé ici le 5 de ce mois ; & la Reine, ainsi que Madame Adélaïde, [...]
Mots clefs :
Famille royale, Serment, Roi de Pologne, Décès, Toux, Léthargie, Autopsie, Démission, Ministres, Ambassadeur, Conseil royal, Comte, Duc, Gouvernement, Prince, Contrat de mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
De FONTAINEBLEAU , le 29 Octobre 1763.
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
En octobre 1763, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour française. Le 29 octobre, le Roi arriva à Fontainebleau, suivi par la Reine et Madame Adélaïde le même jour, et par Mesdames Victoire, Sophie et Louise le lendemain. Le 9 octobre, René Nicolas de Maupeou prêta serment en tant que Garde des Sceaux et Vice-Chancelier. Le 24 octobre, des lettres de Dresde annoncèrent la mort de Frédéric-Auguste III, Roi de Pologne et Électeur de Saxe, survenue le 5 octobre. Le monarque souffrait depuis trois semaines d'étouffements et de toux fréquents. Les médecins diagnostiquèrent la présence de calculs biliaires, des polypes au cœur et une accumulation de liquide entre le crâne et le cerveau, causant une apoplexie séreuse. En janvier 1764, le Roi porta le deuil pendant trois semaines à partir du 18 janvier. René Nicolas de Maupeou fut nommé Premier Président du Parlement de Paris le 16 janvier. Plusieurs ambassadeurs et ministres présentèrent leurs lettres de créance ou prirent congé, notamment le Comte de Starhemberg, le Comte de Cantillana, le Comte de Rochford et le Lord Hertford. Le Marquis de Lugeac fut nommé Gouverneur de Toul et du Toulois. Le Sieur de Souza annonça l'accouchement de la Princesse du Brésil. Le Prince de Masserano présenta un catalogue de manuscrits arabes à la Bibliothèque Royale. Enfin, le contrat de mariage du Marquis d'Argenteuil fut signé par les membres de la famille royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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339
p. 182-184
MORTS.
Début :
Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, Veuve de Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin [...]
Mots clefs :
Veuve, Prince, Comte, Décès, Évêque, Abbé, Conseiller au Parlement, Commandeur, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
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Résumé : MORTS.
En 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, veuve du Prince de Chimay, est morte le 29 septembre à 68 ans. Claude-Antoine de Choiseul, Évêque-Comte de Châlons, est décédé le 2 octobre à 66 ans. Jean-Antoine Gros de Belair, Abbé de Chancellade, est mort dans les premiers jours d'octobre à 84 ans. Louise-Barbe Berthon de Crillon, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée à 67 ans après plus de quarante ans de service. Nicolas Le Febvre de Mégrigny, Conseiller-Clerc au Parlement, est mort le 17 octobre à 42 ans. Frère Anne Hillarion Duplessis-Châtillon de Nonant, membre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé le 17 octobre à 64 ans. Catherine de Menou, Prieure du Prieuré Perpétuel de Notre-Dame de la Bourdillière, est morte le 12 octobre à 83 ans. Enfin, le Vicomte de Bellunce, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur Général de Saint-Domingue, est décédé le 4 août.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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340
p. 184
DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
Début :
Le Comte Bielinsky, neveu du Grand-Maréchal de la Couronne, a été choisi pour aller [...]
Mots clefs :
Comte, Grand Maréchal de la Couronne, Départ
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
DE WARSOVIE , le 15 Octobre 1763.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
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341
p. 187
DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
Début :
Le 21 de ce mois, le Comte de Guerchy, Ambassadeur de la Cour [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur de la cour de France, Audience du roi, Lettres de créance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
DE LONDRES , le 28 Octobre 1763.
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
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342
p. 188-190
DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Évêque de Comminges à l'Évêché de Châlons-sur-Marne, l'Abbé d'Osmond, [...]
Mots clefs :
Évêque, Nominations, Comte, Abbaye, Diocèse, Messe, Baptême, Prince, Ministre plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, Audience du roi, Duc, Démission, Plaisirs, Fêtes, Opéra, Décorations, Assemblée, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
DE FONTAINEBLEAU , le 16 Novembre 1763 .
LE a
E Roi a nommé l'Evêque de Comminges à
l'Evêché de Châlons-fur- Marne , l'Abbé d'Ofmond,
Comte de Lyon , Vicaire Général du Diocèle
d'Auxerre , à l'Evêché de Comminges ; l'Abbé
de la Chataigneraye , Comte de Lyon , Aumônier
du Roi , à l'Evêché de Saintes , & l'Abbé de
Narbonne - Lara , Vicaire Général du Diocèfe
d'Agen , à l'Evêché de Gap . Sa Majesté a donné
en même temps l'Abbaye de Montier , à l'Evêque
de Châlons ; l'Abbaye de Saint Gildas des Bois ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Nantes , à
l'Abbé de Valory , Prévôt de l'Eglife Collégiale
de Saint Pierre à Lille ; l'Abbaye de l'Ile -Chauvet,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Luçon
à l'Abbé de Menou , Vicaire Général du Diocèle
de la Rochelle ; l'Abbaye de Neauffe le Vieux ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Chartres , à
l'Abbé de Radonvilliers , Sous - Précepteur des Enfans
de France ; l'Abbaye de Saint Jean en Val
lée , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Char
JANVIER. 1764. 189
tres , à l'Abbé Dromgheld ; l'Abbaye de Mont-de-
Sion , Ordre de Citeaux , Diocèle de Marſeille ,
à la Dame de Gafparis , Religieufe au Monaſtere
des Bernardines d'Aubagne , même Diocèle ; l'Abbaye
de Saint Bernard lès-Bayonne , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Acqs , à la Dame de Membrede
, Religieufe de la même Abbaye ; l'Abbaye de
la Bourdilliere , Diocèle de Tours , à la Dame de
la Roche - Menou , Religieufe de la même Abbaye.
Le 30 du mois dernier , le Roi , après avoir entendu
la Meffe , tint avec Madame Victoire , fur
les fonts de Baptême , Louis-Victoire- Hippolyte-
Luce de Montmorin de Saint- Herem , fils du
Marquis de Montmorin , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & Gouverneur de Fontainebleau.
Le Baptême fut adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de France , en préfence
du fieur Magniere , Curé de la Paroiffe , & du
Pere Poinfignon , Docteur de Sorbonne , & Miniftre
des Religieux du Château . Sa Majefté , précédée
des Huiffiers de fa Chambre portant leurs
Mafles , fut conduite à cette cérémonie par le
Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
2
Le 6 de ce mois , le Prince Mitrix de Gallitzin ,
Miniftre Plénipotentiaire de l'Impératrice de Ruf
fie , eut une audience particuliere du Roi , à qui il
remit fes Lettres de créance. Le 8 , le Général de
Fontenay , Envoyé Extraordinaire de l'Electeur
de Saxe eut auffi une audience particuliere
de Sa Majefté , & lui remit fa Lettre de
créance . Ces deux Miniftres furent conduits à ces
Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin ,de Madame & de Meldames,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambal
Ladeurs.j
go MERCURE DE FRANCE.
Le Duc de Villeroy , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Roi , ayant donné la
démillion du Gouvernement de Lyon , Sa Majefté
en a difpofé en faveur du Marquis de Villeroy ;
& la place de Lieutenant Général de la Province ,
dont ce dernier étoit pourvu , a été donnée au
Duc de Villeroy .
•
Depuis que le Roi eft arrivé ici , les plaiſirs &
les fêtes fe font fuccédées fans interruption , & ont
rendu la Cour auffi brillante que nombreuſe.
Parmi les différens Spectacles qui ont été donnés ,
on a exécuté avec le plus grand fuccès les Opéra
de Dardanus , de Scanderberg , & de Caftor & Pollux.
La richeffe des décorations & des habits ,
jointe au mérite de l'exécution , a donné à ces repréfentations
tout l'éclat & l'intérêt dont elles
font fufceptibles, & Sa Majeſté en a paru fatisfaite.
Le 29 Octobre & le 6 de ce mois , il y a eu Bal
dans la Salle du Spectacle , qui avoit été ornée
pour cet effet avec autant de goût que de magnificence.
Le Duc de Chartres & le Prince de Condé
, avec plufieurs Seigneurs de la Cour, y ont
formé différens Quadrilles ingénieufement imaginés
, & très bien exécutés . Le Roi , la Reine ,
les Princes & Princelles du Sang , ont honoré de
leurs préfences ces Affemblées auxquelles avoient
été invités les Amballadeurs & les Miniftres Etrangers.
Les Fêtes ont été ordonnées par le Duc de
Duras , premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi en exercice , & dirigées par le fieur de la Ferté ,
Intendant des Menus - Plaiſirs de Sa Majeſté.
Le 14 de ce mois , le Roi eft parti d'ici pour
Choify , d'où Sa Majefté s'eft rendue le 16 à
Verſailles. La Reine & Mefdames font authi parties
le 14 pour le rendre à Versailles.
LE a
E Roi a nommé l'Evêque de Comminges à
l'Evêché de Châlons-fur- Marne , l'Abbé d'Ofmond,
Comte de Lyon , Vicaire Général du Diocèle
d'Auxerre , à l'Evêché de Comminges ; l'Abbé
de la Chataigneraye , Comte de Lyon , Aumônier
du Roi , à l'Evêché de Saintes , & l'Abbé de
Narbonne - Lara , Vicaire Général du Diocèfe
d'Agen , à l'Evêché de Gap . Sa Majesté a donné
en même temps l'Abbaye de Montier , à l'Evêque
de Châlons ; l'Abbaye de Saint Gildas des Bois ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Nantes , à
l'Abbé de Valory , Prévôt de l'Eglife Collégiale
de Saint Pierre à Lille ; l'Abbaye de l'Ile -Chauvet,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Luçon
à l'Abbé de Menou , Vicaire Général du Diocèle
de la Rochelle ; l'Abbaye de Neauffe le Vieux ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Chartres , à
l'Abbé de Radonvilliers , Sous - Précepteur des Enfans
de France ; l'Abbaye de Saint Jean en Val
lée , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Char
JANVIER. 1764. 189
tres , à l'Abbé Dromgheld ; l'Abbaye de Mont-de-
Sion , Ordre de Citeaux , Diocèle de Marſeille ,
à la Dame de Gafparis , Religieufe au Monaſtere
des Bernardines d'Aubagne , même Diocèle ; l'Abbaye
de Saint Bernard lès-Bayonne , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Acqs , à la Dame de Membrede
, Religieufe de la même Abbaye ; l'Abbaye de
la Bourdilliere , Diocèle de Tours , à la Dame de
la Roche - Menou , Religieufe de la même Abbaye.
Le 30 du mois dernier , le Roi , après avoir entendu
la Meffe , tint avec Madame Victoire , fur
les fonts de Baptême , Louis-Victoire- Hippolyte-
Luce de Montmorin de Saint- Herem , fils du
Marquis de Montmorin , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & Gouverneur de Fontainebleau.
Le Baptême fut adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de France , en préfence
du fieur Magniere , Curé de la Paroiffe , & du
Pere Poinfignon , Docteur de Sorbonne , & Miniftre
des Religieux du Château . Sa Majefté , précédée
des Huiffiers de fa Chambre portant leurs
Mafles , fut conduite à cette cérémonie par le
Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
2
Le 6 de ce mois , le Prince Mitrix de Gallitzin ,
Miniftre Plénipotentiaire de l'Impératrice de Ruf
fie , eut une audience particuliere du Roi , à qui il
remit fes Lettres de créance. Le 8 , le Général de
Fontenay , Envoyé Extraordinaire de l'Electeur
de Saxe eut auffi une audience particuliere
de Sa Majefté , & lui remit fa Lettre de
créance . Ces deux Miniftres furent conduits à ces
Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin ,de Madame & de Meldames,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambal
Ladeurs.j
go MERCURE DE FRANCE.
Le Duc de Villeroy , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Roi , ayant donné la
démillion du Gouvernement de Lyon , Sa Majefté
en a difpofé en faveur du Marquis de Villeroy ;
& la place de Lieutenant Général de la Province ,
dont ce dernier étoit pourvu , a été donnée au
Duc de Villeroy .
•
Depuis que le Roi eft arrivé ici , les plaiſirs &
les fêtes fe font fuccédées fans interruption , & ont
rendu la Cour auffi brillante que nombreuſe.
Parmi les différens Spectacles qui ont été donnés ,
on a exécuté avec le plus grand fuccès les Opéra
de Dardanus , de Scanderberg , & de Caftor & Pollux.
La richeffe des décorations & des habits ,
jointe au mérite de l'exécution , a donné à ces repréfentations
tout l'éclat & l'intérêt dont elles
font fufceptibles, & Sa Majeſté en a paru fatisfaite.
Le 29 Octobre & le 6 de ce mois , il y a eu Bal
dans la Salle du Spectacle , qui avoit été ornée
pour cet effet avec autant de goût que de magnificence.
Le Duc de Chartres & le Prince de Condé
, avec plufieurs Seigneurs de la Cour, y ont
formé différens Quadrilles ingénieufement imaginés
, & très bien exécutés . Le Roi , la Reine ,
les Princes & Princelles du Sang , ont honoré de
leurs préfences ces Affemblées auxquelles avoient
été invités les Amballadeurs & les Miniftres Etrangers.
Les Fêtes ont été ordonnées par le Duc de
Duras , premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi en exercice , & dirigées par le fieur de la Ferté ,
Intendant des Menus - Plaiſirs de Sa Majeſté.
Le 14 de ce mois , le Roi eft parti d'ici pour
Choify , d'où Sa Majefté s'eft rendue le 16 à
Verſailles. La Reine & Mefdames font authi parties
le 14 pour le rendre à Versailles.
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Résumé : DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
Le 16 novembre 1763, à Fontainebleau, le Roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques. L'Évêque de Comminges a été nommé à l'Évêché de Châlons-sur-Marne, l'Abbé d'Ofmond à l'Évêché de Comminges, l'Abbé de la Chataigneraye à l'Évêché de Saintes, et l'Abbé de Narbonne-Lara à l'Évêché de Gap. Par ailleurs, le Roi a attribué diverses abbayes à plusieurs abbés et religieuses. Le 30 octobre 1763, le Roi a organisé une cérémonie de baptême pour Louis-Victoire-Hippolyte-Luce de Montmorin de Saint-Herem, fils du Marquis de Montmorin. Cette cérémonie a été dirigée par l'Archevêque de Reims et s'est déroulée en présence de nombreux dignitaires. Le 6 janvier 1764, le Prince Mikhaïl de Gallitzin, ministre plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, et le Général de Fontenay, envoyé extraordinaire de l'Électeur de Saxe, ont eu des audiences privées avec le Roi. Le Duc de Villeroy a reçu le Gouvernement de Lyon et la place de Lieutenant Général de la Province. Depuis l'arrivée du Roi à Fontainebleau, diverses fêtes et spectacles ont été organisés, incluant des représentations d'opéras et des bals. Le Roi, la Reine, et les Princes du Sang ont assisté à ces événements. Le 14 janvier 1764, le Roi a quitté Fontainebleau pour se rendre à Choisy, puis à Versailles, accompagné de la Reine et de Mesdames.
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343
p. 193-195
De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Début :
Le 2 de ce mois, le sieur Tiepolo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, République de Venise, Maréchal de Biron, Carosses, Cortège, Famille royale, Comte, Marquis, Versailles, Audience du roi
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
ARTICLE VII.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
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Résumé : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Le 7 octobre 1763, l'ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, fit son entrée publique à Paris. Accompagné par le maréchal de Biron et le sieur de la Live, il fut pris au Couvent des Picpus et se dirigea vers son hôtel dans un cortège ordonné. Ce cortège comprenait divers détachements du Guet à cheval, des carrosses de la famille royale, des nobles et des officiers, ainsi que les carrosses de l'ambassadeur et de son suite. À son arrivée, Tiepolo fut complimenté par des représentants du roi, de la reine, du dauphin, de la dauphine et de Madame Adélaïde. Le 4 janvier 1764, le prince de Marfan et le sieur de la Live conduisirent Tiepolo à Versailles pour sa première audience publique avec le roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les compagnies des Gardes Françaises et Suisses sous les armes. Dans la cour et sur l'escalier, les Gardes de la Porte, ceux de la Prévôté de l'Hôtel et les Cent-Suisses étaient également en position. Le maréchal de Luxembourg, Capitaine des Gardes du Corps, le reçut dans la Salle des Gardes. Après l'audience royale, Tiepolo fut conduit aux audiences de la reine, du dauphin et de la dauphine, puis à celle de Mesdames. Il fut ensuite reconduit à Paris dans les carrosses du roi et de la reine, avec les cérémonies habituelles.
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344
p. 191
De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Bienlinski, Staroste de Czersk, est parti le 7 [...]
Mots clefs :
Comte, Versailles, Majesté très chrétienne, Commission, Décès, Roi Auguste III
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
De WARSOVIE , le 10 Décembre 1763.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
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345
p. 193-194
De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Début :
Voici la liste des noms des Ambassadeurs qui doivent assister [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Assemblée électorale, Barons, Comte, Conseiller d'État
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
De RATISBONNE , le 19 Novembre 1763 .
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
Voici la liste des noms des Ambaſſadeurs qui
doivent affifter à l'Aſſemblée Electorale convoquée
à Ausbourg pour le 15 Décembre prochain.
De la part de l'Electeur de Mayence , les Barons
d'Erthal & de Grofchlag ; de Treves , les Barons
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
de Breidenbach & de Keffelstadt , & le fieur de
Munch ; de Cologne , le Comte de Hohenzollern
& le Baron de Francken Sierstorff ; de Bohéme ,
Prince Efterhazy , le Comte de Pergen & le Baron
de Borić , Confeiller d'Etat ; de Saxe , le Comte
de Rex & le Baron de Ponickau ; de Brandebourg,
le Comte de Reuſſ & le Baron de Plotho ; de Baviere
, le Comte de Paumgarten & le Baron de
Schneid ; Palatin , le Comte de Linange & le Ba-
1on de Beckers , & de Hanovre , les Barons de
Buſch & de Gemmingen.
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Résumé : De RATISBONNE, le 19 Novembre 1763.
Le document du 19 novembre 1763 convoque les ambassadeurs à l'Assemblée Electorale d'Augsbourg du 15 décembre. Les représentants incluent les Barons d'Erthal et de Grofchlag pour Mayence, les Barons de Breidenbach et de Keffelstadt pour Trèves, et le Comte de Hohenzollern pour Cologne. La Bohême est représentée par le Prince Esterházy, la Saxe par le Comte de Rex, et le Brandebourg par le Comte de Reuss. La Bavière est représentée par le Comte de Paumgarten, le Palatinat par le Comte de Linange, et Hanovre par les Barons de Busch.
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346
p. 196-197
De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Wartensleben, Ministre des Seigneurs Etats-Généraux auprès des trois [...]
Mots clefs :
Comte, Ministres, Landgrave de Hesle-Cassel, Arrestation, Mémoire, Résumé des faits, États généraux, Détention, Motifs, Testament, Mauvaises intentions, Injures
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texteReconnaissance textuelle : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
De la HAYE , le 23 Décembre 1763 .
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
Le Comte de Wartenfleben , Miniftre des Seigneurs
Etats-Généraux auprès des trois Electeurs
Eccléfiaftiques & des Cercles du Haut & Bas-
Rhin , s'étant rendu à Caffel pour les affaires parculieres
, le Landgrave de Heffe l'a fait arrêter
par un bas- Officier & huit fufiliers qui , après
lui avoir ôté ſon épée , l'ont étroitement enfermé
dans une chambre où il eſt gardé à vue. Leurs
Hautes Puiffances , étonnées d'un acte de violence
fi contraire aux droits des gens , ont dépêché au
Landgrave de Heffe un Courier qui eft revenu
fans apporter réponſe , mais depuis le Langdgrave
a répondu à la Lettre des Etats-Généraux. Cette
réponse fut accompagnée d'un mémoire contenant
l'expofé des motifs juftificatifs de la conduite
du Landgrave en cette occafion. Le Comte de
Wartenfleben a envoyé , de fon côté , à les maîtres
un mémoire contenant le détail des faits. Les mo
tifs du Landgrave n'ayant pas paru fuffifans pour,
autorifer la violence commife envers le Comte
Leurs Hautes Puiffances ont envoyé hier à Caffel
une Eftafette chargée de la réplique qu'Elles ont
jugé à propos de faire à la réponſe du Landgrave
, & par laquelle Elles infiftent avec force fur
la demande d'une fatisfaction éclatante & proportionnée
à l'injure faite à la République dans
la perfonne de fon Miniftre. Les Etats Généraux
témoignent dans cette réplique le defir qu'ils
ant de ne devoir cette fatisfaction qu'à l'équité de
ji I.
JANVIER. 1764. 197
ce Prince fans être obligés de recourir à des
moyens dont ils ne feroient ufage qu'à regret.
Le Landgrave a fait publier le mémoire dans
lequel il expofe fes motifs . Voici le précis des faits
qui ont donné lieu à la détention du Comte.
>
La Baronne de Gorz'avoit quitté la Heffe pour
éviter les troubles de la guerre & s'étoit retirée
à Francfort fur le Mein , où elle mourut en 1762 .
Elle légua par fon Teftament tous les biens pour
établir un Chapitre de Dames à fon Château de
Homberg dans la Heffe & elle nomma - le
.Comte de Wartenfleben fon éxécuteur Teftamentaire
& Directeur de cet établiffement. On
accufe ce Miniftre d'avoir eu des vues contraires
-aux intérêts de la Nobleffe du Pays , & aux difpolitions
da Teftament de la Baronne de Goerz ,
en prétendant fonder hors de la Heffe le Chapitre
dont l'établiffement lui étoit confié. Le Landgrave
: lui fit déclarer qu'il ne permettroit pas que l'on
s'écartât des difpofitions du Teftament & enjoignit
à la Régence de pourvoit a la fûreté de l'héritage,
En conféquence , la Régence demanda au Comte
la reftitution des deniers & effets dont il avoit été
mis en poffeffion ; mais ce Miniftre , au lieu de les
rendre , les fit fortir hors de la Heffe. Ces procédés
ayant paru auffi injurieux à la dignité du
Landgrave & de la Régence , que contraires aux
intentions de la Baronne de Goerz , le Comte de
Wartenfleben n'étant pas d'ailleurs accrédité à
la Cour de Caffel , le Landgrave a cru devoir
le faire arrêter pour l'obliger à fe foumettre aux
clauſes du Teftament dont il eft l'Exécuteur.
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Résumé : De la HAYE, le 23 Décembre 1763.
Le 23 décembre 1763, le Comte de Wartenfleben, ministre des États-Généraux, a été arrêté à Cassel par le Landgrave de Hesse. Cet acte a provoqué l'indignation des Hautes Puissances, qui ont demandé des explications au Landgrave. Ce dernier a justifié son action par un mémoire, tout comme le Comte de Wartenfleben. Les motifs du Landgrave n'ont pas été jugés suffisants, et les États-Généraux ont exigé une satisfaction proportionnée à l'injure faite à la République. Ils ont souhaité résoudre l'affaire par l'équité du Prince, évitant des moyens plus radicaux. L'arrestation est liée à un conflit concernant l'exécution du testament de la Baronne de Gorz, qui avait légué ses biens pour établir un Chapitre de Dames à Homberg. Le Landgrave accuse le Comte de vouloir établir ce Chapitre hors de la Hesse, contraignant ainsi l'arrestation du Comte pour le forcer à se conformer aux clauses testamentaires.
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347
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
Fermer
Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
348
p. 230-232
De PARIS, le 30 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Mailly, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général [...]
Mots clefs :
Comte, Chevalier, Gouverneur, Ordres, Académie, Discours, Lettres patentes, Université, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 30 Décembre 1763.
De PARIS, le 30 Décembre 1763 .
LE Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du
Roi , Lieutenant Général de ſes Armées , Gouverneur
des Ville & Château de Dieppe , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine , ſe rendit,
le 28 du mois dernier au Couvent des Peres
Cordeliers , revêtu des marques des Ordres de
Sa Majesté & précédé des ſieurs Chendret , Hé,
rault , & Perſeville , Huiſſier deſdits Ordres , aves
leur habit de Cérémonie. Il y préſida , au nom
du Roi , au Chapitre de Saint Michel , & reçut
Chevaliers de cet Ordre , avec les Cérémonies
accoutumées , le ſieur Dunod de Charnage ,
Avocat au Parlement de Besançon , Ancien Vicomte
Mayeur & Lieutenant Général de la même
Ville ; le ſieur Guillot Aubry , de l'Académie
3
FEVRIER. 1764. 231
Royale d'Architecture de la premiere Claffe &
Contrôleur des Bâtimens dépendans des Domaines
de Sa Majeſté ; le ſieur Mercier , ancien
premier Echevin de Paris , & le ſieur Babille ,
Avocat au Parlement , ancien Echevin. Le fieur
Boyer , Chevalier , Secrétaire de l'Ordre , avoit
auparavant adreſſé à l'aſſemblée un Dicours dans
lequel il avoit fait l'éloge des nouveaux Chevaliers ,
&avoit fait mention des motifs qui ont déter
miné Sa Majesté à leur accorder cette grace. Le
Comte de Mailly , & les Chevaliers ſe rendirent
enſuite en proceffion à l'Eglife , & y aſſiſterent
au Service qu'on y célébre tous les ans , lepremier
Lundi de l'Avent , pour les Rois , les Princes&
les Chevaliers décédés.
Le 24 du même mois , l'Académie Françoiſe
s'aſſembla & nomma le ſieur Marmontel pour
remplir la place vacante par la mort du ſieur de
Bougainville.
On a publié ici deux Lettres Patentes du Roi .
Les premieres , datées du 26 Octobre dernier ,
confirment le Collége de Fontenay- le-Comte ,
& l'union qui y a été faite du Prieuré de Rohan-
Rohan ; les ſecondes , du 16 Novembre , portent
tranflation des Ecoles de la Faculté des Droits de
l'Univerſité de Paris ſur la place de la nouvelle
Egliſe de Sainte Genevieve du Mont.
Le 3 dece mois , l'Univerſité tint ſon aſſemblée
al College de LoUIS- LE-GRAND , & annonça
pour l'année prochaine le prix d'Eloquence Latine
fondé par le ſieur Coignard , Secrétaire du
Roi , & Conſervateur des Hypothèques : ce prix
doit avoir pour ſujet: Ubi viget virilis difciplina ,
ibi optima estjuventutis inſtitutio. Le ſieur Camić ,
Profeſſeur au Collége de Lizieux , a été élu , le
16 de ce mois , Recteur de l'Univerſité à la place
du ſieur Fourneau,
232 MERCURE DE FRANCE.
Le 22 , l'Académie Françoiſe tint une ſéance
publique pour la réception du ſieur Marmontel
Le ſieur Bignon répondit , en qualité de Directeur
, au Diſcours du nouvel Académicien.
La ſéance fut terminée par la lecture d'une Epître
en vers du ſieur Marmontel ,fur la force & la
foibleffe de l'Esprit humain .
Le trente - fixiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait , le 24 de ce mois , en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 64567 celui de vingt
mille livres au Numéro 78669 , & les deux de
dix mille livres aux Numéro 70033 & 74726.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale Mi
litaire . Les Numéros ſortis de la roue de fortune,
font , 2,39,36,6,900
LE Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du
Roi , Lieutenant Général de ſes Armées , Gouverneur
des Ville & Château de Dieppe , premier
Ecuyer de Madame la Dauphine , ſe rendit,
le 28 du mois dernier au Couvent des Peres
Cordeliers , revêtu des marques des Ordres de
Sa Majesté & précédé des ſieurs Chendret , Hé,
rault , & Perſeville , Huiſſier deſdits Ordres , aves
leur habit de Cérémonie. Il y préſida , au nom
du Roi , au Chapitre de Saint Michel , & reçut
Chevaliers de cet Ordre , avec les Cérémonies
accoutumées , le ſieur Dunod de Charnage ,
Avocat au Parlement de Besançon , Ancien Vicomte
Mayeur & Lieutenant Général de la même
Ville ; le ſieur Guillot Aubry , de l'Académie
3
FEVRIER. 1764. 231
Royale d'Architecture de la premiere Claffe &
Contrôleur des Bâtimens dépendans des Domaines
de Sa Majeſté ; le ſieur Mercier , ancien
premier Echevin de Paris , & le ſieur Babille ,
Avocat au Parlement , ancien Echevin. Le fieur
Boyer , Chevalier , Secrétaire de l'Ordre , avoit
auparavant adreſſé à l'aſſemblée un Dicours dans
lequel il avoit fait l'éloge des nouveaux Chevaliers ,
&avoit fait mention des motifs qui ont déter
miné Sa Majesté à leur accorder cette grace. Le
Comte de Mailly , & les Chevaliers ſe rendirent
enſuite en proceffion à l'Eglife , & y aſſiſterent
au Service qu'on y célébre tous les ans , lepremier
Lundi de l'Avent , pour les Rois , les Princes&
les Chevaliers décédés.
Le 24 du même mois , l'Académie Françoiſe
s'aſſembla & nomma le ſieur Marmontel pour
remplir la place vacante par la mort du ſieur de
Bougainville.
On a publié ici deux Lettres Patentes du Roi .
Les premieres , datées du 26 Octobre dernier ,
confirment le Collége de Fontenay- le-Comte ,
& l'union qui y a été faite du Prieuré de Rohan-
Rohan ; les ſecondes , du 16 Novembre , portent
tranflation des Ecoles de la Faculté des Droits de
l'Univerſité de Paris ſur la place de la nouvelle
Egliſe de Sainte Genevieve du Mont.
Le 3 dece mois , l'Univerſité tint ſon aſſemblée
al College de LoUIS- LE-GRAND , & annonça
pour l'année prochaine le prix d'Eloquence Latine
fondé par le ſieur Coignard , Secrétaire du
Roi , & Conſervateur des Hypothèques : ce prix
doit avoir pour ſujet: Ubi viget virilis difciplina ,
ibi optima estjuventutis inſtitutio. Le ſieur Camić ,
Profeſſeur au Collége de Lizieux , a été élu , le
16 de ce mois , Recteur de l'Univerſité à la place
du ſieur Fourneau,
232 MERCURE DE FRANCE.
Le 22 , l'Académie Françoiſe tint une ſéance
publique pour la réception du ſieur Marmontel
Le ſieur Bignon répondit , en qualité de Directeur
, au Diſcours du nouvel Académicien.
La ſéance fut terminée par la lecture d'une Epître
en vers du ſieur Marmontel ,fur la force & la
foibleffe de l'Esprit humain .
Le trente - fixiéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eſt fait , le 24 de ce mois , en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 64567 celui de vingt
mille livres au Numéro 78669 , & les deux de
dix mille livres aux Numéro 70033 & 74726.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale Mi
litaire . Les Numéros ſortis de la roue de fortune,
font , 2,39,36,6,900
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Résumé : De PARIS, le 30 Décembre 1763.
Le 28 décembre 1763, le Comte de Mailly présida au Couvent des Pères Cordeliers le Chapitre de Saint Michel, où les sieurs Dunod de Charnage, Guillot Aubry, Mercier et Babille furent reçus comme Chevaliers. Le Chevalier Boyer prononça un discours élogieux. Ensuite, ils assistèrent à un service en mémoire des défunts Rois, Princes et Chevaliers. Le 24 décembre, l'Académie Française nomma Jean-François Marmontel pour remplacer François Bougainville. Deux Lettres Patentes du Roi confirmèrent l'union du Collège de Fontenay-le-Comte avec le Prieuré de Rohan-Rohan et transférèrent les écoles de la Faculté des Droits de l'Université de Paris sur la place de la nouvelle Église de Sainte Geneviève du Mont. Le 30 décembre, l'Université annonça un prix d'éloquence latine pour l'année suivante, avec pour sujet 'Ubi viget virilis disciplina, ibi optima est juventutis institutio'. Le sieur Camic fut élu Recteur de l'Université le 16 décembre. Le 22 décembre, l'Académie Française tint une séance publique pour la réception de Marmontel, au cours de laquelle le sieur Bignon répondit au discours du nouvel académicien. La séance se termina par la lecture d'une épître en vers de Marmontel sur la force et la faiblesse de l'esprit humain. Le 24 décembre, la Loterie de l'Hôtel de Ville attribua des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres, et la Loterie de l'École Royale Militaire tira les numéros 2, 39, 36, 6 et 900.
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349
p. 233-234
MORTS.
Début :
Le Marquis Dupleix, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de Saint [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Abbé, Décès, Chef d'escadre, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
P
→
Le Marquis Dupleix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Chevalier
de l'Ordre du Roi , ci devant Commandant
Général des Etabliſſemens François aux Indes
Orientales , & Gouverneur de Ville & Forts de
Pondichery , eſt mort ici le 10 Novembre.
René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux ,
Maréchal de Camp , eſt mort à Chaumont en
Baſſigny le 17 , dans la foixante- dix-huitiéme
année de ſon age.
L'Abbé Prevoſt , qui s'eſt rendu célébre par
un grand nombre d'Ouvrages d'eſprit & d'imagination
, eſt mort , le 25 , d'une attaque d'apopléxie,
dont il a été frappé en allant à une Maiſon
de Campagne qu'il avoit à quelques lieues
de cette Capitale.
234 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé de Trudaine , Grand- Vicaire deSenlis ,
Abbé de Preuilly , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Sens , & Prieur de Donas , Ordre de Saint
Benoît , Diocèſe d'Arras , eſt mort ici les Décembre
, âgé de trente-quatre ans. Son Abbaye
de Preuilly a été donnée a l'Evêque de Dijon.
Louis Philippe de Rigaud , Comte de Vaudreuil
, Lieutenant-Général desArmées Navales ,
Grand - Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , eſt mort à Tours , âgé de ſoixantedouze
ans.
Charles- Hyacinthe-Auguſte le Merecrel de
Chaſteloger , Chef d'Eſcadre , eſt mort les Décembre
, âgé de ſoixante-cinq ans.
Ernest Louis Comte de Mortaigne , ancien
Général de la Cavalerie de Sa Majeſté Impériale
Charles VII & ſon Chambellan , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , ancien Commandant
en Chef dans les trois Evêchés de Lorraine &
Inſpecteur de Cavalerie , eſt mort ici le 15 ,
dans la ſoixante - onzième année de ſon âge.
Louis Alexandre Comte de Damas mourut le.
6dans ſon Château de Crux en Nivernois , âgé
de cinquante-fept ans .
Jean-Jacques du Deffand , Marquis de la Lande
, ancien Colonel d'Infanterie & Lieutenant-
Général de l'Orléanois , eſt mort dans ſes Terres
, le 13 , âgé de ſoixante- ſept ans.
Antoine de Laſtic , Evêque de Comminges ,
nommé à l'Evêché de Châlons-fur Marne & à
l'Abbaye de Mouſtier- en- Der , même Diocèſe ,
eſt mort ici le 23 , âgé de cinquante-quatre ans.
Claude - Jacques - Céſar Marquis de Murat ,
ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie de
fon nom , eſt mort dans ſes Terres au Pays du
Maine ,de 25.
P
→
Le Marquis Dupleix , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Chevalier
de l'Ordre du Roi , ci devant Commandant
Général des Etabliſſemens François aux Indes
Orientales , & Gouverneur de Ville & Forts de
Pondichery , eſt mort ici le 10 Novembre.
René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux ,
Maréchal de Camp , eſt mort à Chaumont en
Baſſigny le 17 , dans la foixante- dix-huitiéme
année de ſon age.
L'Abbé Prevoſt , qui s'eſt rendu célébre par
un grand nombre d'Ouvrages d'eſprit & d'imagination
, eſt mort , le 25 , d'une attaque d'apopléxie,
dont il a été frappé en allant à une Maiſon
de Campagne qu'il avoit à quelques lieues
de cette Capitale.
234 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé de Trudaine , Grand- Vicaire deSenlis ,
Abbé de Preuilly , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Sens , & Prieur de Donas , Ordre de Saint
Benoît , Diocèſe d'Arras , eſt mort ici les Décembre
, âgé de trente-quatre ans. Son Abbaye
de Preuilly a été donnée a l'Evêque de Dijon.
Louis Philippe de Rigaud , Comte de Vaudreuil
, Lieutenant-Général desArmées Navales ,
Grand - Croix de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , eſt mort à Tours , âgé de ſoixantedouze
ans.
Charles- Hyacinthe-Auguſte le Merecrel de
Chaſteloger , Chef d'Eſcadre , eſt mort les Décembre
, âgé de ſoixante-cinq ans.
Ernest Louis Comte de Mortaigne , ancien
Général de la Cavalerie de Sa Majeſté Impériale
Charles VII & ſon Chambellan , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , ancien Commandant
en Chef dans les trois Evêchés de Lorraine &
Inſpecteur de Cavalerie , eſt mort ici le 15 ,
dans la ſoixante - onzième année de ſon âge.
Louis Alexandre Comte de Damas mourut le.
6dans ſon Château de Crux en Nivernois , âgé
de cinquante-fept ans .
Jean-Jacques du Deffand , Marquis de la Lande
, ancien Colonel d'Infanterie & Lieutenant-
Général de l'Orléanois , eſt mort dans ſes Terres
, le 13 , âgé de ſoixante- ſept ans.
Antoine de Laſtic , Evêque de Comminges ,
nommé à l'Evêché de Châlons-fur Marne & à
l'Abbaye de Mouſtier- en- Der , même Diocèſe ,
eſt mort ici le 23 , âgé de cinquante-quatre ans.
Claude - Jacques - Céſar Marquis de Murat ,
ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie de
fon nom , eſt mort dans ſes Terres au Pays du
Maine ,de 25.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs personnalités décédées en novembre et décembre. Parmi elles, le Marquis Dupleix, ancien Commandant Général des Établissements Français aux Indes Orientales et Gouverneur de Pondichéry, est mort le 10 novembre. René Benigue de Croizier - Sainte - Segraux, Maréchal de Camp, est décédé à Chaumont en Bassigny le 17 novembre à 68 ans. L'Abbé Prévost, connu pour ses œuvres littéraires, est mort le 25 novembre d'une attaque d'apoplexie. L'Abbé de Trudaine, Grand-Vicaire de Senlis, est décédé en décembre à 34 ans. Son abbaye de Preuilly a été attribuée à l'Évêque de Dijon. Louis Philippe de Rigaud, Comte de Vaudreuil, Lieutenant-Général des Armées Navales, est mort à Tours à 72 ans. Charles-Hyacinthe-Auguste le Merecrel de Chasteloger, Chef d'Escadre, est décédé en décembre à 65 ans. Ernest Louis Comte de Mortaigne, ancien Général de la Cavalerie, est mort le 15 décembre à 71 ans. Louis Alexandre Comte de Damas est décédé le 6 décembre à 57 ans. Jean-Jacques du Deffand, Marquis de la Lande, ancien Colonel d'Infanterie, est mort le 13 décembre à 67 ans. Antoine de Lastic, Évêque de Comminges, est décédé le 23 décembre à 54 ans. Claude-Jacques-César Marquis de Murat, ancien Colonel d'un Régiment d'Infanterie, est mort le 25 décembre.
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350
p. 235-237
De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
Début :
Le Landgrave de Hesse-Cassel ayant résolu de rentrer dans le Corps du Cercle [...]
Mots clefs :
Landgrave de Hesle-Cassel, Mémoire, Régence, Chapitre, Baronne, Comte, Colonel, Exécuteur testamentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
De FRANCFORT , les Janvier 1764 .
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
Le Landgrave de Heſſe-Caffel ayant réſolu de
rentrer dans le Corps du Cercle du Haut-Rhin
comme Membre de ce Corps , dont ſa Maiſon
s'étoit détachée depuis pluſieurs années , a adreſſé
à ce ſujet une Lettre aux Etats du Cercle afdemblés
en cette Ville , par laquelle il leur fait part
de ſes intentions .
Il paroît ici un nouveau Mémoire dans lequel
les faits qui ont donné lieu à la détention du
Comte de Wartenſfleben ſont rapportés avec des
circonstances différentes de celles qui ſont contenues
dans l'Expoſé qu'a fait publier à ce ſujet la
Régence de Heſſe-Caffel. Suivant ce Mémoire,
la Baronne de Goerz légua tout ſon bien pour
établir dans ſa maiſon de Hombourg un Chapitre
deDames Nobles , & nomma le Comte de Wartenfleben
Exécuteur de ſon Testament avec des
pleins pouvoirs illimités , ratifiant d'avance tout
ce qu'il jugeroit à propos d'ordonner à ce ſujet.
L'Empereur confirma cette fondation & promit
d'accorder fa protection au Chapitre. La Baronne
de Goerz , que des ſujets de mécontentement
avoient déterminée à quitter la Heffe , exigea
1
236 MERCURE DE FRANCE.
du Comte de, Wartenſleben le ſerment de transférer
ce Chapitre dans un autre Pays Proteftant.
Le 26 Décembre , elle remit un blanc-ſeing au
Comte de Wartellenben pour revendiquer & emporter
trois coffres qu'elle avoit laiffés dans ſa
maiſon de Hombourg en Heſſe. Le Comte de
Wittgenstein , Colonel au ſervice de France ſe
chargea de les faire emporter : il arriva ſur les
lieux muni du blanc-ſeing que l'homme d'affaires
de la Baronne reconnut & en vertu duquel on lui
livra les coffres , pendant qu'on les chargeoit fur
une voiture , les Baillis de Hombourg ſurvinrent
&les firent enlever de force , ſous prétexte que
le plein-pouvoir étoit faux. La publication du
Teftament étant faite , la Ville de Francfort fit
délivrer à l'Exécuteur Teftamentaire tout ce qui
ſe trouvoit dans la maiſon de la Baronne : celuici
en fit faire un inventaire très-légal : il obſerva
les mêmes formalités vis-à-vis de la Régence de
Caffel& tranſporta publiquement une partie de
ces effets à Mayence. Après neuf mois de délai ,
le Bailli de Hombourg rendit les trois coffres que
le Comte de Wittgenstein avoit cachetés ; mais
le Comtede Wartenfleben éprouva plus de difficultés
à Caffel au ſujet de l'article du Teſtament
qui porte que la défunte deſtine ſa maiſonde
Hombourg à l'érection du Chapitre au cas que le
Landgrave veuille lui accorder les droits qui ſeront
demandés par le Directeur ; ſans néanmoins
que cette diſpoſtion empêche l'Exécuteur Teſta
mentaire de transférer ce Chapitre dans un autre
endroit , s'il le juge convenable , & ôte aux Dames
la liberté de pouvoir fortir du Pays quand elles
pourront s'établir ailleurs plus avantageuſement.
Surce ſujet, le Landgrave & la Régence enſuite ,
déclarerentqu'on n'admettroit de cet articleque
FEVRIER. 1764. 237
se qui regardoit l'établiſſement à Hombourg ,&
que tout le reſte étoit regardé comme nul. Enfin
on exigea que le Comte ſe ſoumît à cet égard
aux diſpoſitions de Son Alteſle Sérénitſime, &
qu'il lui rendît compte de ſon adminiſtration
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Résumé : De FRANCFORT, le 5 Janvier 1764.
En janvier 1764, le Landgrave de Hesse-Cassel a annoncé son intention de réintégrer le Corps du Cercle du Haut-Rhin. Parallèlement, un mémoire a relaté les événements menant à la détention du Comte de Wartensleben. La Baronne de Goerz avait légué ses biens pour créer un chapitre de dames nobles à Hombourg, nommant le Comte exécuteur testamentaire. L'Empereur a confirmé cette fondation. La Baronne a ensuite exigé le transfert du chapitre dans un autre pays protestant. Le 26 décembre, elle a remis un blanc-seing au Comte pour récupérer des coffres à Hombourg, saisis par les baillis locaux. Après la publication du testament, Francfort a délivré les biens de la Baronne à l'exécuteur, qui en a fait un inventaire et transporté des effets à Mayence. Neuf mois plus tard, les coffres ont été rendus au Comte, mais des désaccords sont survenus concernant la maison de Hombourg. Le Landgrave et la Régence ont refusé de valider l'intégralité du testament, exigeant que le Comte se soumette à leurs dispositions.
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