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1
p. 219-221
Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Début :
Les Envoyez du Roy de Siam sont arrivez icy depuis [...]
Mots clefs :
Roi de Siam, Siam, Envoyés
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texteReconnaissance textuelle : Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Les Envoyez du Roy de
Siam font arrivez ley depuis
quelques jours . Taurey fans
doute quantité de chofes à
vous en dire , mais avant que
devous parler de leurs Perfonnes
, je croy vous devoir
entretenir de l'état de leur
Pais , de leurs Coûtumes , &
de leur Religion , afin qu'étant
informée de toutes ces
chofes , vous preniez plus de
plaifir à fçavoir ce qu'ils au-
Tij
220 MERCURE
ront dit , & fait en France.
J'en ay ufé de la forte dans le
temps des Ambaſſadeurs
d'Alger , & vous m'avez paru
en eftre contente. Je ne
puis mieux commencer que
par la Lettre que je vous envoye
. Elle eft du mois de Novembre
de l'année derniere,
& écrite par le mefme qui
avoit traduit à Siam celles
de ce
que le Roy de ce Pais - là
adreffoit à Sa Majefté, par fes
Ambaffadeurs qui sont fait
naufrage , & dont je vous envoyay
il y a quelques mois
une Copie. Si vous y trouvez
GALANT. 221
quelques circonftances repé
tées , elles font à l'avantage
de noftre augufte Monar
que , & je fçay que dans l'intéreft
que vous prenez à fa
gloire , aucune repétition ne
vous fçauroit ennuyer fur cette
matiere.
Siam font arrivez ley depuis
quelques jours . Taurey fans
doute quantité de chofes à
vous en dire , mais avant que
devous parler de leurs Perfonnes
, je croy vous devoir
entretenir de l'état de leur
Pais , de leurs Coûtumes , &
de leur Religion , afin qu'étant
informée de toutes ces
chofes , vous preniez plus de
plaifir à fçavoir ce qu'ils au-
Tij
220 MERCURE
ront dit , & fait en France.
J'en ay ufé de la forte dans le
temps des Ambaſſadeurs
d'Alger , & vous m'avez paru
en eftre contente. Je ne
puis mieux commencer que
par la Lettre que je vous envoye
. Elle eft du mois de Novembre
de l'année derniere,
& écrite par le mefme qui
avoit traduit à Siam celles
de ce
que le Roy de ce Pais - là
adreffoit à Sa Majefté, par fes
Ambaffadeurs qui sont fait
naufrage , & dont je vous envoyay
il y a quelques mois
une Copie. Si vous y trouvez
GALANT. 221
quelques circonftances repé
tées , elles font à l'avantage
de noftre augufte Monar
que , & je fçay que dans l'intéreft
que vous prenez à fa
gloire , aucune repétition ne
vous fçauroit ennuyer fur cette
matiere.
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Résumé : Arrivée des Envoyez du Roy de Siam, [titre d'après la table]
Le texte aborde l'arrivée récente des envoyés du roi de Siam et la nécessité d'informer le lecteur sur l'état du pays, les coutumes et la religion des Siamois avant de discuter de leurs personnes. Cette approche permet de mieux comprendre les actions et les paroles des envoyés en France. L'auteur avait déjà utilisé cette méthode lors de la visite des ambassadeurs d'Alger, ce qui avait été bien accueilli. Il commence par présenter une lettre datée de novembre de l'année précédente, écrite par la même personne ayant traduit les lettres du roi de Siam adressées au roi de France. Ces lettres avaient été apportées par des ambassadeurs dont le navire avait fait naufrage. L'auteur précise que certaines répétitions dans la lettre sont à l'avantage de la monarchie française, soulignant que, dans l'intérêt de la gloire du roi, aucune répétition ne serait ennuyeuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 304-309
Audience donnée par M. le Marquis de Seignelay aux Envoyez de Siam, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy de Siam estant en peine de l'arrivée des Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, Roi de Siam, Envoyés, Pays, Marquis, Audience, Compagnie des Indes orientales, Révérences, Ambassadeurs, Ambassade
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texteReconnaissance textuelle : Audience donnée par M. le Marquis de Seignelay aux Envoyez de Siam, [titre d'après la table]
Le Roy de Siam eftant en
peine de l'arrivée des Am
baffadeurs qu'il envoya en
1680. au Roy , & ayant appris
par toutes les Nouvelles de
l'Europe, que le Vaiffeau fur
lequel ils s'eftoient embarquez
eftoit perdu , il choiſit
deux des Officiers de fa Maifon
pour eftre envoyez en
France , & en cas que ces
GALANT. 305
Ambaffadeurs y fuffent, leur
remettre la négotiation dont
ils eftoient chargez pour l'é
tabliffement d'un Commerce
entre la Compagnie des Indes
Orientales , & les Sujets
de ce Prince ; & comme le
Roy de Siam a beaucoup de
confiance aux Miffionnaires-
Apoftoliques qui font en ce
Païs -là , il pria M ' l'Evefque
de Metollopolis de joindre à
ces deux Officiers un Miffionnaire
pour les accompa
gner dans ce Voyage. M
Vachet, ancien Miffionnaire
de Cochinchine , ayant efté
Novembre 1684. C c
i
306 MERCURE
choify , les deux Envoyez
Okonne Pichay Valhiten ,
Khonne Pichife On ay tri , avec
fix autres Siamois &mun
Interprete du Païs , partirent
fur un Vaiffeau Anglois les
25. Janvier dernier , & apres
avoir paffé en Angleterre , ils
arrivérent à Calais , où ils fu
rent reçeus par les ordres que
M' le Marquis de Seignelay
avoit donnez pour les faire
conduire à Paris aux dépens
du Roy. Ce Marquis leur en
voya deux Carroffes , pour
rendre à l'Audience qu'il leur
a donnée , & les reçcut dans
fe
GALANT 307
ཋཱ་
fon Cabinet. Ces Envoyez,
apres avoir fait trois réveren
ces la face en terre , & les deux
mains jointes , élevées juſques
au fommet de la tefte , en la
maniere de leur Païs , s'affirent
fur un Tapis , & expliquérent
les principaux Chefs
de leur négotiation pour ce
qui regarde le Commerce, &
dirent en fuite , Qu'ils eftoient
chargez de la part de leur Roy,
de témoigner fa joye de la naiffance
de Monfeigneur le Duc de
Bourgogne ; & que dans l'efpérance
que ce Prince avoit conçue
d'une Ambaſſade de la part de Sa
Cc ij
308 MERCURE
Majefté, il avoit fait baftir une
Maifon pour la recevoir, & une
tres grande Eglife pour les Chrétiens.
M' le Marquis de Seignelay,
apres les avoir remerciez de
leur civilité , & leur avoir fait
connoiftre qu'ils avoient efté
traitez par ordre du Roy, leur
témoigna , Que c'eftoit avec
douleur qu'il croyoit que le Vaiffean
fur lequel eftoit embarquez
Les Ambaffadeurs envoyez en
1680. eftoit perdu ; qu'il rendroit
compte à Sa Majefté de ce qu'ils
Luy avoient dit de la part du Roy
laur Maifire ; & qu'il pouvoit
GALANT. 309.
leur dire par avance,que Sa Majesté
eftoit difpofée à iuy envoyer
une Ambaffade, pour luy donner
des marques de l'amitié que Sa
Majefte luy accordoit d'autant
plus volontiers , qu'Elle eſpéroit
que le Roy de Siam inftruit des
erreurs de l'Idolâtrie, affermiroit
cette amitié par le lien d'une
mefme Religion. Les Envoyez
offrirent en fuite leurs Préfcns
, & furent conduits chez
eux de la mefme maniere
qu'ils avoient efté amenez .
peine de l'arrivée des Am
baffadeurs qu'il envoya en
1680. au Roy , & ayant appris
par toutes les Nouvelles de
l'Europe, que le Vaiffeau fur
lequel ils s'eftoient embarquez
eftoit perdu , il choiſit
deux des Officiers de fa Maifon
pour eftre envoyez en
France , & en cas que ces
GALANT. 305
Ambaffadeurs y fuffent, leur
remettre la négotiation dont
ils eftoient chargez pour l'é
tabliffement d'un Commerce
entre la Compagnie des Indes
Orientales , & les Sujets
de ce Prince ; & comme le
Roy de Siam a beaucoup de
confiance aux Miffionnaires-
Apoftoliques qui font en ce
Païs -là , il pria M ' l'Evefque
de Metollopolis de joindre à
ces deux Officiers un Miffionnaire
pour les accompa
gner dans ce Voyage. M
Vachet, ancien Miffionnaire
de Cochinchine , ayant efté
Novembre 1684. C c
i
306 MERCURE
choify , les deux Envoyez
Okonne Pichay Valhiten ,
Khonne Pichife On ay tri , avec
fix autres Siamois &mun
Interprete du Païs , partirent
fur un Vaiffeau Anglois les
25. Janvier dernier , & apres
avoir paffé en Angleterre , ils
arrivérent à Calais , où ils fu
rent reçeus par les ordres que
M' le Marquis de Seignelay
avoit donnez pour les faire
conduire à Paris aux dépens
du Roy. Ce Marquis leur en
voya deux Carroffes , pour
rendre à l'Audience qu'il leur
a donnée , & les reçcut dans
fe
GALANT 307
ཋཱ་
fon Cabinet. Ces Envoyez,
apres avoir fait trois réveren
ces la face en terre , & les deux
mains jointes , élevées juſques
au fommet de la tefte , en la
maniere de leur Païs , s'affirent
fur un Tapis , & expliquérent
les principaux Chefs
de leur négotiation pour ce
qui regarde le Commerce, &
dirent en fuite , Qu'ils eftoient
chargez de la part de leur Roy,
de témoigner fa joye de la naiffance
de Monfeigneur le Duc de
Bourgogne ; & que dans l'efpérance
que ce Prince avoit conçue
d'une Ambaſſade de la part de Sa
Cc ij
308 MERCURE
Majefté, il avoit fait baftir une
Maifon pour la recevoir, & une
tres grande Eglife pour les Chrétiens.
M' le Marquis de Seignelay,
apres les avoir remerciez de
leur civilité , & leur avoir fait
connoiftre qu'ils avoient efté
traitez par ordre du Roy, leur
témoigna , Que c'eftoit avec
douleur qu'il croyoit que le Vaiffean
fur lequel eftoit embarquez
Les Ambaffadeurs envoyez en
1680. eftoit perdu ; qu'il rendroit
compte à Sa Majefté de ce qu'ils
Luy avoient dit de la part du Roy
laur Maifire ; & qu'il pouvoit
GALANT. 309.
leur dire par avance,que Sa Majesté
eftoit difpofée à iuy envoyer
une Ambaffade, pour luy donner
des marques de l'amitié que Sa
Majefte luy accordoit d'autant
plus volontiers , qu'Elle eſpéroit
que le Roy de Siam inftruit des
erreurs de l'Idolâtrie, affermiroit
cette amitié par le lien d'une
mefme Religion. Les Envoyez
offrirent en fuite leurs Préfcns
, & furent conduits chez
eux de la mefme maniere
qu'ils avoient efté amenez .
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Résumé : Audience donnée par M. le Marquis de Seignelay aux Envoyez de Siam, [titre d'après la table]
En 1684, le roi de Siam, préoccupé par la perte d'un vaisseau transportant des ambassadeurs envoyés en 1680, désigna deux officiers pour négocier un accord commercial avec la Compagnie des Indes Orientales. Il demanda également à l'évêque de Metollopolis d'inclure le missionnaire M. Vachet dans la délégation. Les envoyés, Okonne Pichay Valhiten et Khonne Pichise On ay tri, accompagnés de six autres Siamois et d'un interprète, partirent le 25 janvier 1685 sur un vaisseau anglais. Après un passage en Angleterre, ils arrivèrent à Calais, puis furent conduits à Paris aux frais du roi de France. Le marquis de Seignelay les accueillit et écouta leurs propositions commerciales. Ils exprimèrent la joie du roi de Siam pour la naissance du duc de Bourgogne et mentionnèrent la construction d'une maison et d'une église pour les chrétiens. Le marquis de Seignelay assura que le roi de France était prêt à envoyer une ambassade en retour, espérant la conversion du roi de Siam au christianisme pour renforcer leur amitié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 309-310
« Je remets au mois prochain à vous parler de ce que ces Envoyez ont fait à [...] »
Début :
Je remets au mois prochain à vous parler de ce que ces Envoyez ont fait à [...]
Mots clefs :
Envoyés, Grandeur de la France, Roi, Coutume et religion des Siamois
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texteReconnaissance textuelle : « Je remets au mois prochain à vous parler de ce que ces Envoyez ont fait à [...] »
Je remets au mois prochain à vous
parler de ce que ces Envoyez ont fait à
Paris. Comme ils y doivent paffer cncore
quelque temps , jauray plus de par
310 MERCURE
ticularitez à vous apprendre à la fois de
Tétonement que la grandeur de la France
leur a caufé . Je vous apprendray en
mefmetemps ce qui s'eft pallé quand ils
ont vu le Roy , ce que je ne puis faire
préfentement , eftant preffe de finir ma
Lettre. Depuis ce que je vous ay écrit
des coûtumes & de la Religion des Siamois
,le S ' de Luyne Libraire en adonné
au Public une nouvelle Relation.
parler de ce que ces Envoyez ont fait à
Paris. Comme ils y doivent paffer cncore
quelque temps , jauray plus de par
310 MERCURE
ticularitez à vous apprendre à la fois de
Tétonement que la grandeur de la France
leur a caufé . Je vous apprendray en
mefmetemps ce qui s'eft pallé quand ils
ont vu le Roy , ce que je ne puis faire
préfentement , eftant preffe de finir ma
Lettre. Depuis ce que je vous ay écrit
des coûtumes & de la Religion des Siamois
,le S ' de Luyne Libraire en adonné
au Public une nouvelle Relation.
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Résumé : « Je remets au mois prochain à vous parler de ce que ces Envoyez ont fait à [...] »
Le texte annonce un report des actions des envoyés à Paris pour la prochaine lettre. Ces envoyés y resteront pour permettre à l'auteur de recueillir des détails sur les réactions et l'admiration suscitée par la France. L'auteur mentionne également une rencontre avec le roi, mais ne peut la décrire actuellement. Depuis la dernière lettre sur les coutumes et la religion des Siamois, le sieur de Luyne a publié une nouvelle relation sur le sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 242-282
Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
Début :
Aprés avoir satisfait vostre curiosité dans une de mes Lettres, [...]
Mots clefs :
Roi de Siam, Roi de France, Envoyés, Monarque, Présents, Prince, Vaisseau, Bâtiment, Londres, Royaume, Majesté, Remèdes, Argent, Sujets, Missionnaires, Nations, Europe, Gloire, Banten, Amitié, Angleterre, Voyage, États, Religion, Hommes, Peuples, Siam
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
Aprés avoir satisfait vostre
curiosité dans une de mes
Lettres, touchant la Religion
& les Coûtumes des
Habitans du Royaume de
Siam
,
& vous avoir parlé
dans la suivante de l'Audience
donnée par Mrle Marquis
de Seignelay aux Envoyez
du Prince qui le gouverne,
je dois vous apprendre tout
ce qui s'est passé à l'égard de
ces mesmes Envoyez, depuis
qu'ils sont à Paris. Mais
avant que d'entrerdans ce
détail
,
j'en ay un autre fort
curieux à vous faire, qui
vous plaira d'autant plus,
qu'il vous fera connoistre
de quelle maniéré a pris
naissance la hauteestime
que le Roy de Siam a
conceuë pour Sa Majesté.
Les Millionnaires qui n'ont
que le seul Salut des Ames
pour but dans toutes les peines
qu'ils se donnent, s'étant
établisàSiam,ilsygagnerent
en peu de temps
l'affection de tous les Peuples.
L'employ de ces Ames
toutes charitables
,
n'étoit,
& n'est encore aujourd'huy,
que de faire du bien.
Comme en partant de France
ils s'estoient munis de
quantité de Remedes, &
qu'ils avoient avec eux Medecins,
Chirurgiens & Apoticaires
,ils soulageoient les
Malades, jusque-là mesmes
qu'ils avoient des Hommes
qui avec des Paniers pleins
de ces Remedes
,
alloient
dans toutes les Ruës de
Siam
,
criant que tous ceux
qui avoient quelques maux,
de quelque nature qu'ilspus-
fent estre
,
n'avoient qu'à les
faire entrer chez eux, &:
qu'ilslessoulageroient sans
prendre d'argent.En effet,
bienloind'en exiger des Mab
lades,ils en donnoient fort
souventà ceux qui leur paroissoient
en avoir besoin, &
tâchoient de les consoler
dans leurs misères. Des
maniérés siobligeantes,&si
desintéresséesgarnerens
bien-tostl'esprit des Peuples,
& servirent beaucoup à l'accroissement
de la Religion
Catholique.Le Roy deSiam
en ayant elleinftruit,8c ne
pouvant qu'àpeine lecroire
, voulut sçavoir à fonds
quiestoientceux dont ses
Sujets recevoient de si
grandssoulagemens.Ce Mo*
nàaarqrugeu. eaaccoommmmeennccee aa rree..¡-"
gner dés l'âge de huit ans,&
en a presèntementenviron
cinquante. C'estun Prince
qui voit, & quientend tout,
& quiexamine long-temps,
&meurementles choses,
avant quede porterson jugementcomme
vous le
connoirtre z par la fuice de
cet Article. Il ditauxMisfionnaires,
Qu'ilestoitsurprisde
voir quede tant de Gens de déférentes."
Nations qu'il 'PO)'oÍt
dans ses Etats, ils estoientles
seuls qui ne cherchaient point à
trafiquer. Il leur demanda 0
ils prenaient l'argent qu'ilfalloit
qu'ils dépensassent pour leursubsistance
, & pour leurs remedes.
Ils luy répondirent que cet
argent leur venoit des Missions
de France, & des charitez
que plusieurs Particuliers
faisoient pour leur estre
envoyées. Ce Monarque fut
extrêmement surpris de voir
que des Peuples éloignez de
six milleliües,contribuoient
par leurs largesses au soulagement
de ses Sujets, & que
ceux du plusgrãdMonarque
de l'Europe, venoiét de si loin
par un pur motifde pietié, ôc
qu'au lieu que les Peuples
des autres Nations, se donnoient
de la peine pour gagner
par leur trafic, les Fran- tio çois en prenoient pour dépenser,
dans le seul dessein
de travailler à la gloire du
<D Dieu qu'ils adoroient Aprés
cesréflexions,il voulue faire
ouvrir ses Tresors aux Missionnaires
,
mais ils n'accepterent
rien, ce qui tourna
tout à fait à l'avantage de la
Religion, & fut cause que
ce Roy leur fit, bâtir des Eglises,&
qu'après leur avoir.
demandé des desseins) U
voulut qu'ils en donnassent
d'autres, n'ayant pas trouvé
les premiers assez beaux.Il
avoit en ce temps-làunPremier
Ministre qui n'aimoit
pas les Millionnaires mais j
comme ç'eust este mal faire
sa Cour, que de montrer de j
l'aversion pour ceux que son
Í
Maistre honoroitde son estime,
cet adroit Politique leur.
faisoitfort bon accueil, quoy «
qu'il rechcrchast fous main,
toutes les occasions de leur
nuire. Il apprehendoit que
-
quand les Françoisparle- rf
roient parfaitement la Lan-
gue des Siamois,ils ne gouvernaient
l'esprit du Roy
,
ôc
que leur credit ne fist peu à
peu diminuer son autorité.
Ce Ministre n'estoit pas seulement
ambitieux
,
mais il
estoit fort zelé; pour la Religion
du Pays. Ainsiil est aisé
de juger qu'il avoitplus d'une
raison de haïr les Millionnaires.,
Il estmort depuis deux
aîiSjôc si celuy qui luy a succedén'a
pas hérité de ses mesmes
sentimens à l'égard des
François, on ne laisse pas de
connoistre qu'il a des raisons
politiquesquil'obligent à les
*
craindre. Cependant les bontez
du Roy pour les Missionnaires,&
lesEglises&le Seminaire
qu'illeur a fait bâtir,
ont tellement contribué à
l'augmentation de la FoyCatholique,
qu'on a parlé dans;
ce Séminaire,jusques à vingt
trois sortes de Langues dans
un mesme temps, c'est à dire
qu'il y avoit des Personnes
converties d'autat de Nations
disérentes, car il n'y a point
de lieu dans tout l'Orient.,
où il vienne un si grand nombre
d'Etrangers, qu'à Siam.
La Compagnie des Indes 0-
ientalcs voyant les grands
progrés que les Missionnaires
saisoient dans ce Royaume
,
résolu d'y établir un
Comptoir
,
sans le proposer
d'autre avantage de cét établissement,
que celuy de les
assister,& comme on fit
connoitre à nostrepieux
Monarque les bontez du
Roy deSiampourlesSujets,
& que la protectionqu'il
leur donnoit
,
estoit cause
qu'ils faisoienttous les jours
beaucoup deConversions,Sa
Majesté qui n'a point de plus
grand plaisir que de travailler
au salut des ames,voulut.
bien luy en écrire une Lettro
de remerciement; dont M
Deslandes
-
Bourreau, qu
partit dans un Navire de la
Compagnie pour l'établisse.
ment du Comptoir, fut chargé
pour la remettre entre
les mains de Mr l'Evesque
de Beryte
,
VicaireApostolique
de la Cochinchine
qui estoit pour lors à Siam
L'arrivée de cette Lettre fini
du bruit, & le Roy apprit
avec joye que le Grand Roj{
luy écrivoit. C'est le non
qu'il donc au Roy de France
,iu il 0
Cependant cette Lettre demeura
plus de deux mois entre
les mains deMrl'Evesque
deBéryte, sans estre renduë
fau Roy de Siam, & il y eut
de grandes contestations sur
la maniere de la présenter.
Le Premier Ministre vouloit
-que Mr de Béryte parust devant
ce Monarque les pieds
nus,personne ne se mon- trant chauffé devant luy
,
si
¡ ce n'est dans les Ambassades
solemnelles; ce que Mr de
Béryte ayant refusé de faire,
iel garda la Lettre. Le Roy Siam surpris de ce qu'on
diséroit si longtemps à la luy
rendre, en demanda la raiion.
Il l'apprit, & dit, que les
François pouvoientparoistre devant
luy de telle maniere qu'ils
voudraient. Ainsi une simple
Lettre du Roy portée par des
Gens qui n'estoient ny Ambassadeurs,
ny mesme Envoyez,
fut renduë comme
elle lauroit esté dans laplus.
celebre Ambassade. Cette j
Lettrefit augmenter l'estime
que le Roy de Siam avoit
déjà conçûë pour le Roy de:
France, & il résolut de iuvT
envoyer des Ambassadeurs;
avec des Présens tirez de
tour ce qu'onpourroit trouver
de plus riche dans ion
Trésor. J'ay oublié de vous
dire que ce Monarque avoit
ordonné à tous les Européans
de luy donner de
temps en temps des Relations
de tout ce qui se passoit
dans les- Lieuxdépendans
de l'obeïssance de leurs
Souverains,ou de leurs Supérieurs.
Ces Relations estant
faites par divers Particuliers,
chacan tâchoit d'obscurcir
la gloire du Roy de France,
en envelopant la vérité. Le
Roy de Siam n'en témoignoit
rien, & par une prudencemerveilleuse
, lisant
tout, & examinant les choses
, il estoit des années sans
se déclarer là- dessus. Ilvouloit
voir si ce qu'on luy donnoitainsi
de temps en temps
avoit des fuites, & si l'on ne
se contredisoit point. Enfin
il dévelopa les mauvaises intentions
de plusieurs, & connut
que les seuls Missionnaires
luy disoient vray, parce
que les nouvelles qu'ils luy
donnoient d'une année, ê.
toient confirmées par celles
,r ,1"- 1\, J
de l'autre. Leschosesétoienten
cetétat, lors qu'on demanda
au, Roy de Siam la
permissionde tirer duCanon,
& de faire des Feux de joye
pour Mastric repris par le
Prince d'Orange,& pour ladéfaite
de tousles François.
Ce prudent Monarque envoya
chercher les Missionnaires,
&leur demanda quellesnouvelles
ils avoientde Fran,
ce, duSiegedeMastric. On
luy dit qu'onavoirappris par -
une Lettre qui -,. venoit de
Perse, que Mrde Schomberg
avoit forcéle Prince- d'©—
range à lever le Siege; mais
-
que comme cette nouvelle avoit
esté mandée en quatre li- -
gnes feulementau bas d'une
Lettre,il n'avoitpas crûdevoir
la publier avant qu'elle
:
eust esté confirmée. Le Roy
répondit, que c'estoit assez; qu'il
;
estoitseûr de l'avantage que les
Françoisavoientremperté; mais i
que loin d'en vouloirrien temoigner,
sondessein estoitde permeta,
tre les Feuxde joye qu'on luy
avoit demandez.Il avoit sons
but, que vousallez voir. 'ci"
Quelque temps après,
la
nouvelle de la levée du Siege :1
de Mastric ayant esté confirméed'une
maniersqui empeschoit
d'en douter, le Roy
voulut mortifier ceux qui
s'estoient si bien réjoüis., &
leur dit, qu'ils'étonnoit qu'ils
n'eussent pas fait plus souvent
des Feux de jC!JeJ puis que les
derniers qu'ils avoientfaits marquoient,
que leur coûtume efloit
de se réjoüirapres leur défaite;
au lieu que les autres Nations
ne donnoientdepareilles marques
d'allégresse,qu'après leurs viSloL
res. Un pareil discours les
couvrit de confusion, & les
obligead'avoüer qu'ils avoient
reçeu de fausses nouvelles.
Toutes ces choses, ôii
beaucoup d'autres qu'on si~
pour oblcurcir la répatation
&lagloire des armes du Roy,
de France, & dont le temps
decouvrit la vérité, mirent ce~
grandPrince dans une si hau-~
te estime aupres du Roy de:
Siam
,
qu'il fit paroistre une
extrême impatience de luy,
envoyer des Ambassadeurs.
Il vouloit mesme luy envoyer
quelques-uns de ses Vaisseaux,
maison luy fit cOIT--
noistre le risque qu'il y avoit
à craindre pour eux dans riollgi
Mers. Enfin le Vaisseau
nomme le Vautour, a ppartenant
à la CompagnieRoyale
de France,estant arrivé à
Siam, fut choisy pour porter
jusques à Bantam les Ambassadeursque
cepuissantPrince
vouloit envoyer en France.
Il nomma en 1680. pour Chef
de cette Ambassade l'Homme
le plus intelligent de son
Royaume, & qui en cette
qualité avoit esté à la Chine
& au Japon. Il choisit aussi
pour l'accompagner, vingtcinq
Hommes des plus considérables
de ses Etats, avec
de riches Présens pour le
Roy, la Reyne, Monseigneur
le Dauphin, Madame la DauphineMonsieur,&
Madame.
Le Public n'eue aucune connoissance
de laqualité de ces
Présens, parce que c'est une
incivilité inexcusable chez;
les Orientaux de les faire voir:
à qui que ce soit, celuy à quii
on les envoye devant les voir
le premier.On embarquacesa
Présèns trois semaines avant
le depart du Vaisseau qui devoit
les porter; & les Lettresa
que le Roy de Siam écrivoit
au Roy de France, furent enfermées
ferméesdans un Bambu, ou
petit Coffre d'or. Ce Bambu
fut mis au haut de la Poupe,
avec des Flambeaux qui 1eclairerent
toutes les nuits
pendant ces trois semaines;
&. tant que ce Navire demeura
à l'ancre avant [OR
depart, tous les Vaisseaux
quipasserent furentobligez
de plier leurs Voiles, & de
salüer ces Lettres; & les Rameurs
des Galeres, de ramer
debout, & inclinez. Comme
le Papeavoit aussi écrit au
Roy de Siam pour le remercier
de la protection qu'il
donnoit aux Catholiques,&
de la libertédecosciencequ'il
laissoit dans ses Etats,ce Monarque
luy faisoit réponse par
le mesmeVaisseau, & avoic
mis les Lettres qu'il écrivvooiitt
àà Sa SSaaiinntetetétéd, adnanss
un Bambu de Calamba. C'est
un Bois que les Siamois estiment
autant. que l'or
; mais l
le Roy deSiam avoit dit qu'il
le choisissoit
, parce qu'il
faloit de la simplicité dans
toutce qui regardoit les Personnes
quise meslent
dela
Religion. Apres ces éclatantesCérémonies,
& si glorieuses
pour nostre Monarque
,l'Ambassadeur s'et-iï
barquaavec une suite nombreuse,
~&?>int jusques à
Bantan,oùilquita le Vaisseau
qui l'avoit amené,& lemit;
dans le Navire nommé
l- e Soleild'Orienta,appppaarrtetennaann'tt
à la mesme Compagnie des,
Indes, & portant pour son
compte pour plus d'un million
d'Effets
;
de sorte que
cela joint aux Présens que
le Roy de Siam envoyoit en
France,faisoit une tres-riche
charge.Le Vaisseau eftoic
d'ailleurs fort beau, & l'on
peut compter sa pertepour
une perte fort considérable..
Vous lasçavez Se je vous;
en ay souvent parlé. Ce n'est
pas qu'on en ait de nouvelles
assurées; mais depuis quatre
ans qu'il est sorty de Bantan,
il a esté impossible d'enr
rien découvrir, quelques perquisitions
qu'onen ait faites.
Quand cette nouvelle sut
portée à Siam, elle fut longtemps
ignorée du Roy, personne
n'osant luy apprendre
une chose dont on sçavoit
qu'ilauroit untres-sensibles
chagrin,non seulementparco
qu'il voyoit reculer par là
ce qu'iltémoignoit souhaiter
leplus,quiestoit de faire
demander l'amitié du Roy
de France, & qu'ilperdoit
de riches Présens, & des
Hommes d'un grand mérite
; mais encore parce qu'il
avoir fait tirer des choses trcscurieuses
de son Trésor
,
où
il n'en trouveroit plus de semblablcs
pour envoyer une seconde
fois. Tout cela frapa
ce, Prince; mais comme il
sçait prendre beaucoup d'empire
sur luy ,ilrépondit de
fangfroid à ceux qui luy
apprirent cette nouvvcllc><
qu'il faloit envoyer d'autresi
Ambassadeurs,&donna ot--
dre qu'on luypréparast de:
nouveaux Présens. Les choses
demeurèrent quelque
qu'iln'y avoit point de Vaisseau
qui vinst enEurepe,pour
porter. Le desirquele
Roy de Siam avoir d'envoyer •
de les Sujets en France, etoit:
si grand, qu'il résolut d'en,
faire partir sur un petit Bâtiment
Anglais, du port de
quatrevingt tonneaux, nommé
Bâtiment ~inteï!oof. Ces
Bâtimens ne sont point de
la Compagnie d'Angleterre,
& la plupart appartiennent à
des Bourgeois de Londres,,
qui croyent qu'il, leur est
permis de les charger pour
leur compte particulier. Le
peu d'étendüe de ce Batiment
ne fut pas seulement
cause que le Roy de Siam ne
fit partir que des Envoyez,
maislesremontrances de
son premier Ministre y contribuérent
beaucou p. Il luy
représenta qu'on n'avoit pas
encore de nouvelles certaines
de la perte du Vaisseau
iur lequel son Ambassadeur
estoit party de Bantan
, &
que ce seroit une chose embarassante,
si le dernier rencontroit
le premier enFrance.
Ainsi il sur resolu de ne faire
partir que desEnvoyez, qui.
ne seroient chargez que de
trois choses
;
la premiere, de
s'informer de ce qu'estait
devenu le premier Ambassadeur.
la secondé, de prier Mrs
Colbert, de faire connoistre
au Roy deSiamleur Maistre
les moyens les plus courts, &ç
les plus solidespourunir les
deux Couronnes d'une amitié
inviolable; &enfin,pour fe-*
liciter nostre Monarque sur
l'heureuse naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Roy de Siam voulut
que ces deux Envoyez fussent
choisisparmy les Officiers
de sa Maison, & qu'ils fussent
du nombre de ceux qui
ne payent point de Taille;
car il y a de laNoblesse dans
le Royaume de Siam, comme
en Europe, & cette Noblesse
est exempte de certains
Droits qu'on y paye au
Roy. Ce Prince voulut aussi
que les deux Envoyez qu'il
choisiroit, n'eussent point
esté châtiez, parce que le
Roy les fait tous punir pour
la moindrefaute qu'ils commettent
, ce qui n'est pas un
obstacle pour les empescher
de rentrer au service comme
auparavant. Ces deux Envoyez
ayantesté nommez
par le Roy, & ce Prince prenant
grande confiance aux
Millionnaires qui sont dans
ses Etats,ilpria Mrl'Evesque
de Metellopolis, de joindre
à ces deuxOfficiers un
Missionnaire, pour les accompagner
dans ce Voyage;
1
& comme il faloit un Homme
intelligent, actif, & propre
à souffrir les fatigues d'un
si long Voyage ,M de Metellopolis
choisitMrVachet,
ancien Millionnaire de la Cochinchine
, & cui depuis
- quatorze ans travaille au salut
desAmes en cesPaïs-là.
Le Roy de Siam ayant sçû
qu'il avoit esténommé,demanda
à l'entretenir, & le
retint huit jours à Lavau,
MaisondeCampagne où il
va souvent. Il lefit traiter
pendant ces huit jours, &
on luy servit à chaque Repas
quarante ou cinquante
Plats, chargez de tout ce
qu'il y avoit de plus exquis
dans le Païs. Mr Vachet eut
une fort longue audiencede
ce Prince, qui luy recommanda
d'avoir foin de ses
Envoyez, & de raporter en
France la verité de ce qu'il
voyoit de sa Cour, & de ses
Etats, sans exiger de luyaucune
autre chosesur cet Article.
Ensuite il luy fitune
prière, qui marque l'esprit
de ce Monarque, &: avec
combien de gloire il soûtient
sa. dignité. Illuy dit, Que
ittmrmses Envoyéz emportoient
des Présens pour les Ministres
de France, &qu'ils partoient
dans un BâtimentAnglais,ils
iroientdroit à Londres
, onapparemment
la Doüanne voudroit
voir ce que contenoient les Balots,
&se fairepayerses droits;
&c'estoit ce que ce Monarque
appréhendoit, non seulement
parce qu'il croyoit
qu'illuy estoit honteux que
ce qui luy appartenoit payast
quelques droits, mais encore
parce qu'il vouloit que
ceux à qui il envoyoit des
Présens, les vissent les premiers.
Pour remédier àcet
embarras, il chargea MrVachet
de prier de sa part l'A mbassadeur
de France ,qu'il
trouveroit à Londres, defaire
en sorteque ce qu'il envoyoic
aux Ministres de Sa Majesté,
ne payast point de Doüanne
en Angleterre,ce quifut ponctuellement
exécuté, Sa Majesté
Britannique ayant obligeamment
donnésesordres
pour empescher qu'on
; ne
prist rien à ses Doüannes des
Balots de ces Envoyez. Le
Roy de Siam dit, encore a"
MrVachet,lors queceMisfionnaire
le quita, Qu'ilprioit
le Dieu du Ciel de luy fairefaire
bon Voyage,& qu'illuyapprendroit
des choses à son retour,
dont il feroit surpris & ravy.
Il luy fit ensuite donner un
Habit longdeSatin;&c'est
celuy que ce Missionnaire a
porté dans les Audiences que
ces Envoyez onteües. Iln'y
a point de ressorts, que les
Nations établies à Siam, &
qui ne sçauroient cacher le
chagrin & la jalousie que
leur donne la grandeur du
Roy, n'ayent fait joüer,
pourempescher ces Envoyez
devenir en France. Commes
ilsfontchargez d'achetericy
beaucoup dechoses, ces Jaloux
ont offert au Roy des
Siam, de luy porter jusqu'en
son Royaume tout ce qu'il
pouvoit desirer d'Europe, ôcz
mesme de luyen faire présent;
mais vous jugez biem
que ce Monarque, du caractere
dont je vous l'ay peint,
n'étoit pas assezintéresse pour
accepter de telles propositions.
Aussi les a-t'il rejettées
y
tout ce qu'il cherches
n'estant que l'amitié du Roy
dont il se faitune gloire, uni
bonheur, & un plaisir. Ces
Envoyez partirent de Londres
,
dans un Bâtiment du
Roy d'Angleterre nommé
laCharlote, que ce Prince
leur donna pour passer à Calais,
oùje les laisse afin de
vous donnerlemois prochain
un Journal qui ne regardequela
France,&que
je commenceray par leur débarquement
à Calais. J'ay
sceu tout ce que je vous mande
,
de si bonne part,que je
-puis vous assurer que je ne
dis rien qui ne soit entierement
conforme à la verité;
Ii.
& si cette Relation a quelquechosededéfectueux
, ce
ne peut estre que pourquelques
endroits transposez,
dont jen'aypas assezbienretenu
l'ordre.
curiosité dans une de mes
Lettres, touchant la Religion
& les Coûtumes des
Habitans du Royaume de
Siam
,
& vous avoir parlé
dans la suivante de l'Audience
donnée par Mrle Marquis
de Seignelay aux Envoyez
du Prince qui le gouverne,
je dois vous apprendre tout
ce qui s'est passé à l'égard de
ces mesmes Envoyez, depuis
qu'ils sont à Paris. Mais
avant que d'entrerdans ce
détail
,
j'en ay un autre fort
curieux à vous faire, qui
vous plaira d'autant plus,
qu'il vous fera connoistre
de quelle maniéré a pris
naissance la hauteestime
que le Roy de Siam a
conceuë pour Sa Majesté.
Les Millionnaires qui n'ont
que le seul Salut des Ames
pour but dans toutes les peines
qu'ils se donnent, s'étant
établisàSiam,ilsygagnerent
en peu de temps
l'affection de tous les Peuples.
L'employ de ces Ames
toutes charitables
,
n'étoit,
& n'est encore aujourd'huy,
que de faire du bien.
Comme en partant de France
ils s'estoient munis de
quantité de Remedes, &
qu'ils avoient avec eux Medecins,
Chirurgiens & Apoticaires
,ils soulageoient les
Malades, jusque-là mesmes
qu'ils avoient des Hommes
qui avec des Paniers pleins
de ces Remedes
,
alloient
dans toutes les Ruës de
Siam
,
criant que tous ceux
qui avoient quelques maux,
de quelque nature qu'ilspus-
fent estre
,
n'avoient qu'à les
faire entrer chez eux, &:
qu'ilslessoulageroient sans
prendre d'argent.En effet,
bienloind'en exiger des Mab
lades,ils en donnoient fort
souventà ceux qui leur paroissoient
en avoir besoin, &
tâchoient de les consoler
dans leurs misères. Des
maniérés siobligeantes,&si
desintéresséesgarnerens
bien-tostl'esprit des Peuples,
& servirent beaucoup à l'accroissement
de la Religion
Catholique.Le Roy deSiam
en ayant elleinftruit,8c ne
pouvant qu'àpeine lecroire
, voulut sçavoir à fonds
quiestoientceux dont ses
Sujets recevoient de si
grandssoulagemens.Ce Mo*
nàaarqrugeu. eaaccoommmmeennccee aa rree..¡-"
gner dés l'âge de huit ans,&
en a presèntementenviron
cinquante. C'estun Prince
qui voit, & quientend tout,
& quiexamine long-temps,
&meurementles choses,
avant quede porterson jugementcomme
vous le
connoirtre z par la fuice de
cet Article. Il ditauxMisfionnaires,
Qu'ilestoitsurprisde
voir quede tant de Gens de déférentes."
Nations qu'il 'PO)'oÍt
dans ses Etats, ils estoientles
seuls qui ne cherchaient point à
trafiquer. Il leur demanda 0
ils prenaient l'argent qu'ilfalloit
qu'ils dépensassent pour leursubsistance
, & pour leurs remedes.
Ils luy répondirent que cet
argent leur venoit des Missions
de France, & des charitez
que plusieurs Particuliers
faisoient pour leur estre
envoyées. Ce Monarque fut
extrêmement surpris de voir
que des Peuples éloignez de
six milleliües,contribuoient
par leurs largesses au soulagement
de ses Sujets, & que
ceux du plusgrãdMonarque
de l'Europe, venoiét de si loin
par un pur motifde pietié, ôc
qu'au lieu que les Peuples
des autres Nations, se donnoient
de la peine pour gagner
par leur trafic, les Fran- tio çois en prenoient pour dépenser,
dans le seul dessein
de travailler à la gloire du
<D Dieu qu'ils adoroient Aprés
cesréflexions,il voulue faire
ouvrir ses Tresors aux Missionnaires
,
mais ils n'accepterent
rien, ce qui tourna
tout à fait à l'avantage de la
Religion, & fut cause que
ce Roy leur fit, bâtir des Eglises,&
qu'après leur avoir.
demandé des desseins) U
voulut qu'ils en donnassent
d'autres, n'ayant pas trouvé
les premiers assez beaux.Il
avoit en ce temps-làunPremier
Ministre qui n'aimoit
pas les Millionnaires mais j
comme ç'eust este mal faire
sa Cour, que de montrer de j
l'aversion pour ceux que son
Í
Maistre honoroitde son estime,
cet adroit Politique leur.
faisoitfort bon accueil, quoy «
qu'il rechcrchast fous main,
toutes les occasions de leur
nuire. Il apprehendoit que
-
quand les Françoisparle- rf
roient parfaitement la Lan-
gue des Siamois,ils ne gouvernaient
l'esprit du Roy
,
ôc
que leur credit ne fist peu à
peu diminuer son autorité.
Ce Ministre n'estoit pas seulement
ambitieux
,
mais il
estoit fort zelé; pour la Religion
du Pays. Ainsiil est aisé
de juger qu'il avoitplus d'une
raison de haïr les Millionnaires.,
Il estmort depuis deux
aîiSjôc si celuy qui luy a succedén'a
pas hérité de ses mesmes
sentimens à l'égard des
François, on ne laisse pas de
connoistre qu'il a des raisons
politiquesquil'obligent à les
*
craindre. Cependant les bontez
du Roy pour les Missionnaires,&
lesEglises&le Seminaire
qu'illeur a fait bâtir,
ont tellement contribué à
l'augmentation de la FoyCatholique,
qu'on a parlé dans;
ce Séminaire,jusques à vingt
trois sortes de Langues dans
un mesme temps, c'est à dire
qu'il y avoit des Personnes
converties d'autat de Nations
disérentes, car il n'y a point
de lieu dans tout l'Orient.,
où il vienne un si grand nombre
d'Etrangers, qu'à Siam.
La Compagnie des Indes 0-
ientalcs voyant les grands
progrés que les Missionnaires
saisoient dans ce Royaume
,
résolu d'y établir un
Comptoir
,
sans le proposer
d'autre avantage de cét établissement,
que celuy de les
assister,& comme on fit
connoitre à nostrepieux
Monarque les bontez du
Roy deSiampourlesSujets,
& que la protectionqu'il
leur donnoit
,
estoit cause
qu'ils faisoienttous les jours
beaucoup deConversions,Sa
Majesté qui n'a point de plus
grand plaisir que de travailler
au salut des ames,voulut.
bien luy en écrire une Lettro
de remerciement; dont M
Deslandes
-
Bourreau, qu
partit dans un Navire de la
Compagnie pour l'établisse.
ment du Comptoir, fut chargé
pour la remettre entre
les mains de Mr l'Evesque
de Beryte
,
VicaireApostolique
de la Cochinchine
qui estoit pour lors à Siam
L'arrivée de cette Lettre fini
du bruit, & le Roy apprit
avec joye que le Grand Roj{
luy écrivoit. C'est le non
qu'il donc au Roy de France
,iu il 0
Cependant cette Lettre demeura
plus de deux mois entre
les mains deMrl'Evesque
deBéryte, sans estre renduë
fau Roy de Siam, & il y eut
de grandes contestations sur
la maniere de la présenter.
Le Premier Ministre vouloit
-que Mr de Béryte parust devant
ce Monarque les pieds
nus,personne ne se mon- trant chauffé devant luy
,
si
¡ ce n'est dans les Ambassades
solemnelles; ce que Mr de
Béryte ayant refusé de faire,
iel garda la Lettre. Le Roy Siam surpris de ce qu'on
diséroit si longtemps à la luy
rendre, en demanda la raiion.
Il l'apprit, & dit, que les
François pouvoientparoistre devant
luy de telle maniere qu'ils
voudraient. Ainsi une simple
Lettre du Roy portée par des
Gens qui n'estoient ny Ambassadeurs,
ny mesme Envoyez,
fut renduë comme
elle lauroit esté dans laplus.
celebre Ambassade. Cette j
Lettrefit augmenter l'estime
que le Roy de Siam avoit
déjà conçûë pour le Roy de:
France, & il résolut de iuvT
envoyer des Ambassadeurs;
avec des Présens tirez de
tour ce qu'onpourroit trouver
de plus riche dans ion
Trésor. J'ay oublié de vous
dire que ce Monarque avoit
ordonné à tous les Européans
de luy donner de
temps en temps des Relations
de tout ce qui se passoit
dans les- Lieuxdépendans
de l'obeïssance de leurs
Souverains,ou de leurs Supérieurs.
Ces Relations estant
faites par divers Particuliers,
chacan tâchoit d'obscurcir
la gloire du Roy de France,
en envelopant la vérité. Le
Roy de Siam n'en témoignoit
rien, & par une prudencemerveilleuse
, lisant
tout, & examinant les choses
, il estoit des années sans
se déclarer là- dessus. Ilvouloit
voir si ce qu'on luy donnoitainsi
de temps en temps
avoit des fuites, & si l'on ne
se contredisoit point. Enfin
il dévelopa les mauvaises intentions
de plusieurs, & connut
que les seuls Missionnaires
luy disoient vray, parce
que les nouvelles qu'ils luy
donnoient d'une année, ê.
toient confirmées par celles
,r ,1"- 1\, J
de l'autre. Leschosesétoienten
cetétat, lors qu'on demanda
au, Roy de Siam la
permissionde tirer duCanon,
& de faire des Feux de joye
pour Mastric repris par le
Prince d'Orange,& pour ladéfaite
de tousles François.
Ce prudent Monarque envoya
chercher les Missionnaires,
&leur demanda quellesnouvelles
ils avoientde Fran,
ce, duSiegedeMastric. On
luy dit qu'onavoirappris par -
une Lettre qui -,. venoit de
Perse, que Mrde Schomberg
avoit forcéle Prince- d'©—
range à lever le Siege; mais
-
que comme cette nouvelle avoit
esté mandée en quatre li- -
gnes feulementau bas d'une
Lettre,il n'avoitpas crûdevoir
la publier avant qu'elle
:
eust esté confirmée. Le Roy
répondit, que c'estoit assez; qu'il
;
estoitseûr de l'avantage que les
Françoisavoientremperté; mais i
que loin d'en vouloirrien temoigner,
sondessein estoitde permeta,
tre les Feuxde joye qu'on luy
avoit demandez.Il avoit sons
but, que vousallez voir. 'ci"
Quelque temps après,
la
nouvelle de la levée du Siege :1
de Mastric ayant esté confirméed'une
maniersqui empeschoit
d'en douter, le Roy
voulut mortifier ceux qui
s'estoient si bien réjoüis., &
leur dit, qu'ils'étonnoit qu'ils
n'eussent pas fait plus souvent
des Feux de jC!JeJ puis que les
derniers qu'ils avoientfaits marquoient,
que leur coûtume efloit
de se réjoüirapres leur défaite;
au lieu que les autres Nations
ne donnoientdepareilles marques
d'allégresse,qu'après leurs viSloL
res. Un pareil discours les
couvrit de confusion, & les
obligead'avoüer qu'ils avoient
reçeu de fausses nouvelles.
Toutes ces choses, ôii
beaucoup d'autres qu'on si~
pour oblcurcir la répatation
&lagloire des armes du Roy,
de France, & dont le temps
decouvrit la vérité, mirent ce~
grandPrince dans une si hau-~
te estime aupres du Roy de:
Siam
,
qu'il fit paroistre une
extrême impatience de luy,
envoyer des Ambassadeurs.
Il vouloit mesme luy envoyer
quelques-uns de ses Vaisseaux,
maison luy fit cOIT--
noistre le risque qu'il y avoit
à craindre pour eux dans riollgi
Mers. Enfin le Vaisseau
nomme le Vautour, a ppartenant
à la CompagnieRoyale
de France,estant arrivé à
Siam, fut choisy pour porter
jusques à Bantam les Ambassadeursque
cepuissantPrince
vouloit envoyer en France.
Il nomma en 1680. pour Chef
de cette Ambassade l'Homme
le plus intelligent de son
Royaume, & qui en cette
qualité avoit esté à la Chine
& au Japon. Il choisit aussi
pour l'accompagner, vingtcinq
Hommes des plus considérables
de ses Etats, avec
de riches Présens pour le
Roy, la Reyne, Monseigneur
le Dauphin, Madame la DauphineMonsieur,&
Madame.
Le Public n'eue aucune connoissance
de laqualité de ces
Présens, parce que c'est une
incivilité inexcusable chez;
les Orientaux de les faire voir:
à qui que ce soit, celuy à quii
on les envoye devant les voir
le premier.On embarquacesa
Présèns trois semaines avant
le depart du Vaisseau qui devoit
les porter; & les Lettresa
que le Roy de Siam écrivoit
au Roy de France, furent enfermées
ferméesdans un Bambu, ou
petit Coffre d'or. Ce Bambu
fut mis au haut de la Poupe,
avec des Flambeaux qui 1eclairerent
toutes les nuits
pendant ces trois semaines;
&. tant que ce Navire demeura
à l'ancre avant [OR
depart, tous les Vaisseaux
quipasserent furentobligez
de plier leurs Voiles, & de
salüer ces Lettres; & les Rameurs
des Galeres, de ramer
debout, & inclinez. Comme
le Papeavoit aussi écrit au
Roy de Siam pour le remercier
de la protection qu'il
donnoit aux Catholiques,&
de la libertédecosciencequ'il
laissoit dans ses Etats,ce Monarque
luy faisoit réponse par
le mesmeVaisseau, & avoic
mis les Lettres qu'il écrivvooiitt
àà Sa SSaaiinntetetétéd, adnanss
un Bambu de Calamba. C'est
un Bois que les Siamois estiment
autant. que l'or
; mais l
le Roy deSiam avoit dit qu'il
le choisissoit
, parce qu'il
faloit de la simplicité dans
toutce qui regardoit les Personnes
quise meslent
dela
Religion. Apres ces éclatantesCérémonies,
& si glorieuses
pour nostre Monarque
,l'Ambassadeur s'et-iï
barquaavec une suite nombreuse,
~&?>int jusques à
Bantan,oùilquita le Vaisseau
qui l'avoit amené,& lemit;
dans le Navire nommé
l- e Soleild'Orienta,appppaarrtetennaann'tt
à la mesme Compagnie des,
Indes, & portant pour son
compte pour plus d'un million
d'Effets
;
de sorte que
cela joint aux Présens que
le Roy de Siam envoyoit en
France,faisoit une tres-riche
charge.Le Vaisseau eftoic
d'ailleurs fort beau, & l'on
peut compter sa pertepour
une perte fort considérable..
Vous lasçavez Se je vous;
en ay souvent parlé. Ce n'est
pas qu'on en ait de nouvelles
assurées; mais depuis quatre
ans qu'il est sorty de Bantan,
il a esté impossible d'enr
rien découvrir, quelques perquisitions
qu'onen ait faites.
Quand cette nouvelle sut
portée à Siam, elle fut longtemps
ignorée du Roy, personne
n'osant luy apprendre
une chose dont on sçavoit
qu'ilauroit untres-sensibles
chagrin,non seulementparco
qu'il voyoit reculer par là
ce qu'iltémoignoit souhaiter
leplus,quiestoit de faire
demander l'amitié du Roy
de France, & qu'ilperdoit
de riches Présens, & des
Hommes d'un grand mérite
; mais encore parce qu'il
avoir fait tirer des choses trcscurieuses
de son Trésor
,
où
il n'en trouveroit plus de semblablcs
pour envoyer une seconde
fois. Tout cela frapa
ce, Prince; mais comme il
sçait prendre beaucoup d'empire
sur luy ,ilrépondit de
fangfroid à ceux qui luy
apprirent cette nouvvcllc><
qu'il faloit envoyer d'autresi
Ambassadeurs,&donna ot--
dre qu'on luypréparast de:
nouveaux Présens. Les choses
demeurèrent quelque
qu'iln'y avoit point de Vaisseau
qui vinst enEurepe,pour
porter. Le desirquele
Roy de Siam avoir d'envoyer •
de les Sujets en France, etoit:
si grand, qu'il résolut d'en,
faire partir sur un petit Bâtiment
Anglais, du port de
quatrevingt tonneaux, nommé
Bâtiment ~inteï!oof. Ces
Bâtimens ne sont point de
la Compagnie d'Angleterre,
& la plupart appartiennent à
des Bourgeois de Londres,,
qui croyent qu'il, leur est
permis de les charger pour
leur compte particulier. Le
peu d'étendüe de ce Batiment
ne fut pas seulement
cause que le Roy de Siam ne
fit partir que des Envoyez,
maislesremontrances de
son premier Ministre y contribuérent
beaucou p. Il luy
représenta qu'on n'avoit pas
encore de nouvelles certaines
de la perte du Vaisseau
iur lequel son Ambassadeur
estoit party de Bantan
, &
que ce seroit une chose embarassante,
si le dernier rencontroit
le premier enFrance.
Ainsi il sur resolu de ne faire
partir que desEnvoyez, qui.
ne seroient chargez que de
trois choses
;
la premiere, de
s'informer de ce qu'estait
devenu le premier Ambassadeur.
la secondé, de prier Mrs
Colbert, de faire connoistre
au Roy deSiamleur Maistre
les moyens les plus courts, &ç
les plus solidespourunir les
deux Couronnes d'une amitié
inviolable; &enfin,pour fe-*
liciter nostre Monarque sur
l'heureuse naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Roy de Siam voulut
que ces deux Envoyez fussent
choisisparmy les Officiers
de sa Maison, & qu'ils fussent
du nombre de ceux qui
ne payent point de Taille;
car il y a de laNoblesse dans
le Royaume de Siam, comme
en Europe, & cette Noblesse
est exempte de certains
Droits qu'on y paye au
Roy. Ce Prince voulut aussi
que les deux Envoyez qu'il
choisiroit, n'eussent point
esté châtiez, parce que le
Roy les fait tous punir pour
la moindrefaute qu'ils commettent
, ce qui n'est pas un
obstacle pour les empescher
de rentrer au service comme
auparavant. Ces deux Envoyez
ayantesté nommez
par le Roy, & ce Prince prenant
grande confiance aux
Millionnaires qui sont dans
ses Etats,ilpria Mrl'Evesque
de Metellopolis, de joindre
à ces deuxOfficiers un
Missionnaire, pour les accompagner
dans ce Voyage;
1
& comme il faloit un Homme
intelligent, actif, & propre
à souffrir les fatigues d'un
si long Voyage ,M de Metellopolis
choisitMrVachet,
ancien Millionnaire de la Cochinchine
, & cui depuis
- quatorze ans travaille au salut
desAmes en cesPaïs-là.
Le Roy de Siam ayant sçû
qu'il avoit esténommé,demanda
à l'entretenir, & le
retint huit jours à Lavau,
MaisondeCampagne où il
va souvent. Il lefit traiter
pendant ces huit jours, &
on luy servit à chaque Repas
quarante ou cinquante
Plats, chargez de tout ce
qu'il y avoit de plus exquis
dans le Païs. Mr Vachet eut
une fort longue audiencede
ce Prince, qui luy recommanda
d'avoir foin de ses
Envoyez, & de raporter en
France la verité de ce qu'il
voyoit de sa Cour, & de ses
Etats, sans exiger de luyaucune
autre chosesur cet Article.
Ensuite il luy fitune
prière, qui marque l'esprit
de ce Monarque, &: avec
combien de gloire il soûtient
sa. dignité. Illuy dit, Que
ittmrmses Envoyéz emportoient
des Présens pour les Ministres
de France, &qu'ils partoient
dans un BâtimentAnglais,ils
iroientdroit à Londres
, onapparemment
la Doüanne voudroit
voir ce que contenoient les Balots,
&se fairepayerses droits;
&c'estoit ce que ce Monarque
appréhendoit, non seulement
parce qu'il croyoit
qu'illuy estoit honteux que
ce qui luy appartenoit payast
quelques droits, mais encore
parce qu'il vouloit que
ceux à qui il envoyoit des
Présens, les vissent les premiers.
Pour remédier àcet
embarras, il chargea MrVachet
de prier de sa part l'A mbassadeur
de France ,qu'il
trouveroit à Londres, defaire
en sorteque ce qu'il envoyoic
aux Ministres de Sa Majesté,
ne payast point de Doüanne
en Angleterre,ce quifut ponctuellement
exécuté, Sa Majesté
Britannique ayant obligeamment
donnésesordres
pour empescher qu'on
; ne
prist rien à ses Doüannes des
Balots de ces Envoyez. Le
Roy de Siam dit, encore a"
MrVachet,lors queceMisfionnaire
le quita, Qu'ilprioit
le Dieu du Ciel de luy fairefaire
bon Voyage,& qu'illuyapprendroit
des choses à son retour,
dont il feroit surpris & ravy.
Il luy fit ensuite donner un
Habit longdeSatin;&c'est
celuy que ce Missionnaire a
porté dans les Audiences que
ces Envoyez onteües. Iln'y
a point de ressorts, que les
Nations établies à Siam, &
qui ne sçauroient cacher le
chagrin & la jalousie que
leur donne la grandeur du
Roy, n'ayent fait joüer,
pourempescher ces Envoyez
devenir en France. Commes
ilsfontchargez d'achetericy
beaucoup dechoses, ces Jaloux
ont offert au Roy des
Siam, de luy porter jusqu'en
son Royaume tout ce qu'il
pouvoit desirer d'Europe, ôcz
mesme de luyen faire présent;
mais vous jugez biem
que ce Monarque, du caractere
dont je vous l'ay peint,
n'étoit pas assezintéresse pour
accepter de telles propositions.
Aussi les a-t'il rejettées
y
tout ce qu'il cherches
n'estant que l'amitié du Roy
dont il se faitune gloire, uni
bonheur, & un plaisir. Ces
Envoyez partirent de Londres
,
dans un Bâtiment du
Roy d'Angleterre nommé
laCharlote, que ce Prince
leur donna pour passer à Calais,
oùje les laisse afin de
vous donnerlemois prochain
un Journal qui ne regardequela
France,&que
je commenceray par leur débarquement
à Calais. J'ay
sceu tout ce que je vous mande
,
de si bonne part,que je
-puis vous assurer que je ne
dis rien qui ne soit entierement
conforme à la verité;
Ii.
& si cette Relation a quelquechosededéfectueux
, ce
ne peut estre que pourquelques
endroits transposez,
dont jen'aypas assezbienretenu
l'ordre.
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Résumé : Suite de l'Article de Siam, [titre d'après la table]
Le texte décrit les interactions entre les missionnaires français, appelés Millionnaires, et le roi de Siam. Ces missionnaires, établis au Siam, ont gagné la faveur des habitants en distribuant des remèdes et en soignant les malades sans demander de paiement, ce qui a favorisé l'expansion de la religion catholique dans le royaume. Le roi de Siam, intrigué par ces missionnaires, a découvert qu'ils étaient financés par des missions en France et des donations de particuliers. Impressionné par cette générosité, il a développé une haute estime pour le roi de France. Cependant, la perte d'un vaisseau chargé de présents pour le roi de France a contrarié le roi de Siam. Malgré cet incident, il a décidé d'envoyer de nouveaux envoyés à Paris à bord d'un petit bâtiment anglais. Ces envoyés, choisis parmi les officiers de la maison royale et exempts de certaines taxes, avaient pour missions de s'informer du sort du premier ambassadeur, de solliciter des moyens pour renforcer l'amitié entre les deux couronnes, et de féliciter le roi de France pour la naissance du Duc de Bourgogne. Le roi de Siam a également demandé à un missionnaire, M. Vachet, de les accompagner et de rapporter fidèlement ses observations sur la cour et les États français. Pour éviter que les présents destinés aux ministres français ne soient taxés en Angleterre, le roi de Siam a pris des mesures appropriées et a fourni à M. Vachet un habit de satin pour les audiences. Malgré les tentatives de sabotage par des nations jalouses, les envoyés ont finalement quitté Londres à bord d'un vaisseau anglais pour se rendre à Calais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 284-299
Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
Début :
L'Ambassadeur d'Alger, dont je vous ay mandé des choses [...]
Mots clefs :
Alger, Ambassadeurs, Marquis, Vaisseau, Perles, Galerie, Présents, Envoyés, Royaume, Esclaves, Marquis d'Amfreville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
L'Ambaffadeur d'Alger,
dont je vous ay mandé des
chofes fi curieufes dans toutes
mes Lettres de l'Eté dernier
, s'eftant embarqué vers
la fin du mefme Efté fur le
Vaiffeau de M le Marquis
d'Amfreville , pour retourner
à Alger avec tous les Efclaves
que le Roy avoit rendus
, ce Vaiffeau n'eut pas
น
GALANT. 285
plûtôt paru devant cette forte
Place , qu'elle en fit éclater
fa joye . Vous vous fouvenez
fans doute de M' de Choifeüil
, qui dans la fédition
élevée parmy le Peuple d'Alger
, lors que nos Bombes
defoloient la Ville , fe vit fi
fouvent fur le point d'eftre
exposé à la bouche du Canon
, & qui en fut toûjours
garanty par un genéreux Algérien
. Comme il eftoit demeuré
à Alger depuis ce
temps -là , le Dey Fenvoya
chercher fur l'heure , & luy
dit, Qu'il fçavoit qu'il ne l'a
286 MERCURE
voit jamais regardé en Efclave,
mais comme un Officier de l'Empereur
des François ; & que s'il
avoit efté exposé à la fureur
d'un Peuple ému , il devoit eſtre
perfuadé qu'il n'en avoit pas eſté
le maiftre , parce qu'il n'eftoit pas
pour lors encore bien affermy dans
la nouvelle Dignité où il venoit
de monter. Enfin il luy parla
d'une maniere que l'on peut
prendre pour une fatisfaction
du paffé , & finit en luy difant
, Que pour luy faire connoistre
encore mieux , qu'il ne
l'avoit jamais regardé comme un
Efclave , il le renvoyoit fans
GALANT. 287
S
l'on
qu'il fust compris parmy les au
tres Esclaves qu'il eftoit fur le
point de rendre qu'il en faifoitunPréfent
à l'Empereur de France
, & qu'il pouvoit dés- lors aller
trouver M le Marquis d' Amfreville.
Ainfi il fortit le premier
d'Alger , avant que
euft rendu aucun Efclave de
part ny d'autre. Enfuite on
reftitua cinq cens Chrétiens,
fçavoir trois cens vingt Sujers
du Roy , fuivant les Etats
fournis par M' du Sault , qui
vous eft affez connu par toutes
mes Relations d'Alger;
cent cinq Etrangers de tou288
MERCURE
tes Nations , pris fous le Pa
villon de France pendant la
derniere Guerre , fuivant un
autre Etat fourny par le mef
me M' du Sault , & foixante
& quinze Anglois & Hol
landois , pris auffi pendant la
derniere Guerre , mais fous
des Pavillons Etrangers
, &
que le Roy avoit demandez
d'augmentation. Ces cente
quatrevingt Efclaves de toutes
les Nations de l'Europe ,
qui doivent leur liberté au
Roy , l'ont eue avec les
termes les plus foûmis de la
part du Dey , qui fit dire à
M
GALANT. 289
M le Marquis d'Amfreville,
Que fi Sa Majesté en vouloit
un plus grand nombre , Elle n'avoit
qu'à leur faire fçavoir fes
intentions , & qu'ils obeiroient.
Quand M le Commiffaire
Genéral Hayet vouloit parler
de la grandeur , de la magnificence
, & de la juftice du
Roy , Ce n'est pas à vous à
m'en parler , répondoit Mezomorto
, & je fus icy fon Procureur
, pour foutenir fes intérefts.
+
L'Ambaffadeur d'Alger
qui revenoit de France , étant
débarqué avec fa Suite , & les
Mars 1685.
Bb
290 MERCURE
Efclaves qu'il ramenoit , la
joye fut fi grande dans toute
la Ville , qu'on y fit une Feſte
genérale à la gloire de Sa Majefté
, il fut même réfolu qu'on
la renouvelleroit tous les ans
en mémoire du Roy.Cet Ambaſſadeur
ayant fait un détail
de tous les bons traitemens
qu'il avoit receus en France,
on jugea à propos de dépelcher
un Envoyé Extraordinaire
, pour y conduire les
Chevaux que l'Ambaſſadeur
qui eftoit de retour y devoit
mener , mais qu'on avoit diferé
d'envoyer , parce qu'on
GALANT. 291
n'en avoit pas d'affez beaux
lors qu'il partit pour venir en
France , & qu'on en vouloit
faire chercher par tout le
Pais. Vous fçavez que les
Chevaux de Barbarie font
tres- eftimez , & qu'en ce Païslà
pour conferver la mémoire
des bonnes races , on fait ce
qui ne s'y pratique pas pour
les Hommes , c'est à dire,
la genéalogie des Chevaux .
Ceux que Mezomorto avoit
fait chercher pour le Roy
par toute la Barbarie , ayant
efté choifis avec grand foin,
& amenez à Alger , ce Dey
Bb ij
292 MERCURE
qui ne vouloit envoyer en
France qu'une Perfonne de
la plus haute conſidération ,
jetta les yeux fur Hadgi Mé
hémet. Il avoit efté Controlleur
des Finances dans le
Royaume d'Alger du temps
du Dey Hady Haly. Ce Dey
il fe retira à la
Mecque avec fa Farnille , &
apres y avoir demeuré quelque
temps , il voyagea dans
tout l'Orient pendant douze
ou treize années ; & comme
du temps du Gouvernement
de Hady Haly ce fut cet Hadgi
Méhémet qui fit Mezoeftant
mort ,
GALANT. 293
morto Capitaine de Vaiffeau,
ce nouveau Dey ayant efte
élû , luy écrivit auffi . toft à la
Mecque , Qu'il le prioit de le
venir trouver à Alger , où il
prétendoit l'élever mesme audeffus
de luy, s'il luy eftoit pof
fible ; & à fon retour il n'a
pas crû pouvoir faire rien de
plus glorieux pour un Hom,
me dont il eft Creature ,
que
de l'envoyer auprés du Roy.
C'est l'Envoyé qui eft arrivé
icy. Il fut mené à Versailles
le Dimanche matin 1. de ce
mois , & conduit dans la
fuperbe Gallerie de ce Châ
Bb iij.
294 MERCURE
"
teau. Il vit Sa Majefté com
me par rencontre , lors qu'Elle
traverſoit cette Gallerie pour
aller à la Meffe , car l'on ne
donne point en France d'Audience
dans les formes à ces
fortes d'Envoyez . A pres trois
profondes révérences , il fit
en Langue Turque un Dif
cours au Roy , plein de foumiffion
& de refpect , pour
remercier Sa Majefté de la
liberté qu'il luy avoit plú de
donner aux Turcs & Mores
Sujets d'Alger , qui eſtoient
Efclaves fur fes Galeres , &
compara ce Monarque à Sa
GÁLANT. 295
lomon , avec les termes les
plus magnifiques pour Sa
Majefté , & les plus refpectueux
& les plus foumis pour
le Royaume & la Républi
que d'Alger. Il pria le Roy
d'accepter des Chevaux Barbes
, qu'il avoit ordre de luy
préfenter de la part du Dey..
M' de la Croix le Fils , Secretaire-
Interpréte de Sa Majefté
, expliqua fon Diſcours,
Enfuite cet Envoyé préſenta
au Roy les Lettres du Dey
& du Bacha , qui estoient
dans un Sac de Brocard d'or ,
& Sa Majesté les mit entre
Bb iiij
296 MERCURE
les mains de M' le Marquis
de
Seignelay Secretaire
d'Etat.
L'aprefdinée ce mefme
Envoyé prefenta au Roy les
Barbes dont je viens de vous.
parler. De douze que l'on
avoit embarquez , il en eftoit
mort deux en chemin . Sa
Majefté témoigna que cePrefent
luy eftoit fort agréable,
& en donna deux fur l'heure
à Monfeigneur le Dauphin,
dont il y en avoit un qui
avoit une Houffe en Broderie
de Perles. C'eftoit la plus.
précieufe qu'eûtMezomorto.
GALANT 297
Apres cela , Méhémet Chelebi
, Fils de l'Envoyé , fe profterna
aux pieds de Sa Majefté
, qui le reçut d'une maniere
tres-favorable . Cet Envoyé
a efté charmé de la Perfonne
du Roy , & de la civi
lité de tous les François , & a
dit , Que dans tous les Voyages.
qu'il avoit faits , il n'avoit point
rencontré de Nation fi honnefte.
La Gallerie de Verſailles luy
a paru une chofe furprenante
, & il dit , Qu'il la regardoit
avec application , parce qu'il n'avoit
jamais rien vú de fi beau,
& qu'il eftoit affuré de ne voir
298 MERCURE
"
jamais rien qui approchaft de a
magnificence. Cet Envoyé a
retourné à Verſailles , où il a
eu l'honneur de voir dîner le
Roy. Il fit enfuite preſent à
Monſeigneur le Dauphin de
deux fournimens de Chaffe ,
avec quelques accompagnemens
, & une Ceinture bro
dée de Perles , à laquelle ils
eftoient attachez . Il donna
auſſi à Madame la Dauphine
quelques Curiofitez de for
Païs , & entr'autres des Souliers
brodez de Perles , de la
maniere qu'ils fe portent à
Alger. Il fit à ce Prince & à
GALANT 299
cette Princeffe des Complimens
fort galans , en leur offrant
ces Prefens ; M' de la
Croix les
interpreta .
dont je vous ay mandé des
chofes fi curieufes dans toutes
mes Lettres de l'Eté dernier
, s'eftant embarqué vers
la fin du mefme Efté fur le
Vaiffeau de M le Marquis
d'Amfreville , pour retourner
à Alger avec tous les Efclaves
que le Roy avoit rendus
, ce Vaiffeau n'eut pas
น
GALANT. 285
plûtôt paru devant cette forte
Place , qu'elle en fit éclater
fa joye . Vous vous fouvenez
fans doute de M' de Choifeüil
, qui dans la fédition
élevée parmy le Peuple d'Alger
, lors que nos Bombes
defoloient la Ville , fe vit fi
fouvent fur le point d'eftre
exposé à la bouche du Canon
, & qui en fut toûjours
garanty par un genéreux Algérien
. Comme il eftoit demeuré
à Alger depuis ce
temps -là , le Dey Fenvoya
chercher fur l'heure , & luy
dit, Qu'il fçavoit qu'il ne l'a
286 MERCURE
voit jamais regardé en Efclave,
mais comme un Officier de l'Empereur
des François ; & que s'il
avoit efté exposé à la fureur
d'un Peuple ému , il devoit eſtre
perfuadé qu'il n'en avoit pas eſté
le maiftre , parce qu'il n'eftoit pas
pour lors encore bien affermy dans
la nouvelle Dignité où il venoit
de monter. Enfin il luy parla
d'une maniere que l'on peut
prendre pour une fatisfaction
du paffé , & finit en luy difant
, Que pour luy faire connoistre
encore mieux , qu'il ne
l'avoit jamais regardé comme un
Efclave , il le renvoyoit fans
GALANT. 287
S
l'on
qu'il fust compris parmy les au
tres Esclaves qu'il eftoit fur le
point de rendre qu'il en faifoitunPréfent
à l'Empereur de France
, & qu'il pouvoit dés- lors aller
trouver M le Marquis d' Amfreville.
Ainfi il fortit le premier
d'Alger , avant que
euft rendu aucun Efclave de
part ny d'autre. Enfuite on
reftitua cinq cens Chrétiens,
fçavoir trois cens vingt Sujers
du Roy , fuivant les Etats
fournis par M' du Sault , qui
vous eft affez connu par toutes
mes Relations d'Alger;
cent cinq Etrangers de tou288
MERCURE
tes Nations , pris fous le Pa
villon de France pendant la
derniere Guerre , fuivant un
autre Etat fourny par le mef
me M' du Sault , & foixante
& quinze Anglois & Hol
landois , pris auffi pendant la
derniere Guerre , mais fous
des Pavillons Etrangers
, &
que le Roy avoit demandez
d'augmentation. Ces cente
quatrevingt Efclaves de toutes
les Nations de l'Europe ,
qui doivent leur liberté au
Roy , l'ont eue avec les
termes les plus foûmis de la
part du Dey , qui fit dire à
M
GALANT. 289
M le Marquis d'Amfreville,
Que fi Sa Majesté en vouloit
un plus grand nombre , Elle n'avoit
qu'à leur faire fçavoir fes
intentions , & qu'ils obeiroient.
Quand M le Commiffaire
Genéral Hayet vouloit parler
de la grandeur , de la magnificence
, & de la juftice du
Roy , Ce n'est pas à vous à
m'en parler , répondoit Mezomorto
, & je fus icy fon Procureur
, pour foutenir fes intérefts.
+
L'Ambaffadeur d'Alger
qui revenoit de France , étant
débarqué avec fa Suite , & les
Mars 1685.
Bb
290 MERCURE
Efclaves qu'il ramenoit , la
joye fut fi grande dans toute
la Ville , qu'on y fit une Feſte
genérale à la gloire de Sa Majefté
, il fut même réfolu qu'on
la renouvelleroit tous les ans
en mémoire du Roy.Cet Ambaſſadeur
ayant fait un détail
de tous les bons traitemens
qu'il avoit receus en France,
on jugea à propos de dépelcher
un Envoyé Extraordinaire
, pour y conduire les
Chevaux que l'Ambaſſadeur
qui eftoit de retour y devoit
mener , mais qu'on avoit diferé
d'envoyer , parce qu'on
GALANT. 291
n'en avoit pas d'affez beaux
lors qu'il partit pour venir en
France , & qu'on en vouloit
faire chercher par tout le
Pais. Vous fçavez que les
Chevaux de Barbarie font
tres- eftimez , & qu'en ce Païslà
pour conferver la mémoire
des bonnes races , on fait ce
qui ne s'y pratique pas pour
les Hommes , c'est à dire,
la genéalogie des Chevaux .
Ceux que Mezomorto avoit
fait chercher pour le Roy
par toute la Barbarie , ayant
efté choifis avec grand foin,
& amenez à Alger , ce Dey
Bb ij
292 MERCURE
qui ne vouloit envoyer en
France qu'une Perfonne de
la plus haute conſidération ,
jetta les yeux fur Hadgi Mé
hémet. Il avoit efté Controlleur
des Finances dans le
Royaume d'Alger du temps
du Dey Hady Haly. Ce Dey
il fe retira à la
Mecque avec fa Farnille , &
apres y avoir demeuré quelque
temps , il voyagea dans
tout l'Orient pendant douze
ou treize années ; & comme
du temps du Gouvernement
de Hady Haly ce fut cet Hadgi
Méhémet qui fit Mezoeftant
mort ,
GALANT. 293
morto Capitaine de Vaiffeau,
ce nouveau Dey ayant efte
élû , luy écrivit auffi . toft à la
Mecque , Qu'il le prioit de le
venir trouver à Alger , où il
prétendoit l'élever mesme audeffus
de luy, s'il luy eftoit pof
fible ; & à fon retour il n'a
pas crû pouvoir faire rien de
plus glorieux pour un Hom,
me dont il eft Creature ,
que
de l'envoyer auprés du Roy.
C'est l'Envoyé qui eft arrivé
icy. Il fut mené à Versailles
le Dimanche matin 1. de ce
mois , & conduit dans la
fuperbe Gallerie de ce Châ
Bb iij.
294 MERCURE
"
teau. Il vit Sa Majefté com
me par rencontre , lors qu'Elle
traverſoit cette Gallerie pour
aller à la Meffe , car l'on ne
donne point en France d'Audience
dans les formes à ces
fortes d'Envoyez . A pres trois
profondes révérences , il fit
en Langue Turque un Dif
cours au Roy , plein de foumiffion
& de refpect , pour
remercier Sa Majefté de la
liberté qu'il luy avoit plú de
donner aux Turcs & Mores
Sujets d'Alger , qui eſtoient
Efclaves fur fes Galeres , &
compara ce Monarque à Sa
GÁLANT. 295
lomon , avec les termes les
plus magnifiques pour Sa
Majefté , & les plus refpectueux
& les plus foumis pour
le Royaume & la Républi
que d'Alger. Il pria le Roy
d'accepter des Chevaux Barbes
, qu'il avoit ordre de luy
préfenter de la part du Dey..
M' de la Croix le Fils , Secretaire-
Interpréte de Sa Majefté
, expliqua fon Diſcours,
Enfuite cet Envoyé préſenta
au Roy les Lettres du Dey
& du Bacha , qui estoient
dans un Sac de Brocard d'or ,
& Sa Majesté les mit entre
Bb iiij
296 MERCURE
les mains de M' le Marquis
de
Seignelay Secretaire
d'Etat.
L'aprefdinée ce mefme
Envoyé prefenta au Roy les
Barbes dont je viens de vous.
parler. De douze que l'on
avoit embarquez , il en eftoit
mort deux en chemin . Sa
Majefté témoigna que cePrefent
luy eftoit fort agréable,
& en donna deux fur l'heure
à Monfeigneur le Dauphin,
dont il y en avoit un qui
avoit une Houffe en Broderie
de Perles. C'eftoit la plus.
précieufe qu'eûtMezomorto.
GALANT 297
Apres cela , Méhémet Chelebi
, Fils de l'Envoyé , fe profterna
aux pieds de Sa Majefté
, qui le reçut d'une maniere
tres-favorable . Cet Envoyé
a efté charmé de la Perfonne
du Roy , & de la civi
lité de tous les François , & a
dit , Que dans tous les Voyages.
qu'il avoit faits , il n'avoit point
rencontré de Nation fi honnefte.
La Gallerie de Verſailles luy
a paru une chofe furprenante
, & il dit , Qu'il la regardoit
avec application , parce qu'il n'avoit
jamais rien vú de fi beau,
& qu'il eftoit affuré de ne voir
298 MERCURE
"
jamais rien qui approchaft de a
magnificence. Cet Envoyé a
retourné à Verſailles , où il a
eu l'honneur de voir dîner le
Roy. Il fit enfuite preſent à
Monſeigneur le Dauphin de
deux fournimens de Chaffe ,
avec quelques accompagnemens
, & une Ceinture bro
dée de Perles , à laquelle ils
eftoient attachez . Il donna
auſſi à Madame la Dauphine
quelques Curiofitez de for
Païs , & entr'autres des Souliers
brodez de Perles , de la
maniere qu'ils fe portent à
Alger. Il fit à ce Prince & à
GALANT 299
cette Princeffe des Complimens
fort galans , en leur offrant
ces Prefens ; M' de la
Croix les
interpreta .
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Résumé : Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
En 1685, des échanges diplomatiques significatifs eurent lieu entre la France et Alger. L'ambassadeur d'Alger quitta la France à bord du vaisseau du Marquis d'Amfreville et fut accueilli avec joie à Alger. Le Dey d'Alger exprima sa satisfaction envers M. de Choiseul, un officier français protégé par un Algérien lors d'une rébellion. Le Dey renvoya M. de Choiseul en France avec d'autres esclaves libérés, soulignant qu'il ne l'avait jamais considéré comme un esclave mais comme un officier de l'empereur des Français. La libération des esclaves se poursuivit avec la restitution de cinq cents chrétiens, incluant trois cent vingt sujets du roi de France, cent cinq étrangers pris sous le pavillon français, et soixante-quinze Anglais et Hollandais. Le Dey offrit de libérer davantage d'esclaves si le roi de France le souhaitait. À son retour en France, l'ambassadeur d'Alger fut accueilli avec une grande fête à Alger en l'honneur du roi de France. En réponse, le Dey d'Alger envoya un envoyé extraordinaire, Hadgi Méhémet, pour conduire des chevaux au roi de France. Cet envoyé fut reçu à Versailles et présenta des lettres du Dey et du Bacha, ainsi que des chevaux barbes en cadeau. Le roi de France accepta ces présents et en offrit deux au Dauphin. L'envoyé fut impressionné par la cour et la civilisation française, soulignant la magnificence de la galerie de Versailles. Il fit également des présents au Dauphin et à la Dauphine.
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6
p. 258-275
NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
Début :
M Jean Pierre de Goës, Comte du Saint Empire Romain [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Prince, Baron, Empereur, Roi de France, Électeur, Abbé, Princes, Évêques, Congrès de la paix à Bade, Paix, Bade, Congrès, Envoyés, Plénipotentiaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
NOMS :
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
Fermer
7
p. 190-193
De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
Début :
Le Roi ayant nommé Chevalier des Ordres Royaux, Militaires & Hospitaliers [...]
Mots clefs :
Roi, Chevalier, Ordres, Nominations, Comte, Colonel, Duc, Obédience, Comtesse, Famille royale, Revue de la garde, Contrat de mariage, Envoyés, Nouvelles parutions, Inventions, Académie royale des sciences, Compiègne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
De VERSAILLES , le 2 Juillet 1763.
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
LBE Roi ayant nommé Chevalier des Ordres
Royaux, Militaires & Hofpitaliers de Notre- Dame
de Mont-Carmel & de S , Lazare de Jerufalem , le '
Chevalier Maflo de la Ferriere, Maréchal de Camp,
AOUST. 1763 . Igr
& Sous- Gouverneur Monfeigneur le Duc de Berry
& de Monfeigneur le Comte Provence ; le nouveau
Chevalier , ainsi que le Comte de Montault, Colonel
d'Infanterie & Gentilhomme de la Manche de
Monfeigneur le Duc de Berry, le fieur de Ruis-
Embito , Intendant de la Marine , à Rochefort , &
le fieur Durand, ci- devant Miniftre de Sa Majesté
près du Roi & de la République de Pologne , qui
avoient été nommés Chevaliers defdits Ordres par
Sa Majeſté au mois de Janvier dernier , ont été re
çus le premier de ce mois , dans l'appartement &
en préfence de Monfeigneur le Duc de Berry ,
Grand-Maître defdits Ördres. Après avoir fait
leurs profeffions & l'émiffion de leurs voeux entre
les mains du Comte de S. Florentin , Gérent &
Adminiftrateur Général de ces Ordres pendant la
minorité de Monfeigneur le Duc de Berry : ils ont
été admis à baifer la main du Prince Grand Maitre,
en figne d'obédience. Les Chevaliers , Commandeurs
, Grands Officiers & nombre d'autres
Chevaliers & Commandeurs Laïcs & Eccléfiaftiques
defdits Ordres , ont affifté à cette cérémonie.
Le 23 du mois dernier , la Comteffe de Noailles
, Grande d'Efpagne de la premiere Claire &
Grand' Croix de Malte , fut préfentée par la Duceffe
de Villars à Leurs Majeftés & à la Eamille
Royale , en qualité de Dame d'Honneur de la
Reine , en furvivance de la Ducheffe de Luynes ; le
lendemain , elle prêta ferment en cette qualité entre
les mains de la Reine.
La Comteffe de Gontaut , fut auffi préſentée le
29 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la
Maréchale de Biron .
Le 30 , le Roi accompagné de la Reine , de
Monfeigneur le Dauphin , de Madame la Dauphine
, de Madame Adélaide, de Meldames Vica
192 MERCURE DE FRANCE,
toire , Sophie & Louife , de Monfeigneur le Duc
de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence,
de Monſeigneur le Comte d'Artois & de Madame,
fe rendit à la Plaine de Marly , où Sa Majefté paffa
en revue les quatre Compagnies des Gardes-du-
Corps celles des Gendarmes , des Chevaux légers,
des Moufquetaires & celle des Grenadiers
à Cheval de fa Garde. Le Roi fuivi de Monfeigneur
le Dauphin , du Duc de Chartres , du
Prince de Condé, du Prince de Lamballe, pafla dans
les rangs de ces Troupes , qui défilerent enfuite
devant Leurs Majeftés & la Famille Royale. La
Comteffe de la Marche , & un grand nombre de
Seigneurs affifterent à cette revue.
>
Le 3 de ce mois , Leurs Majeftés , ainfi que la
Famille Royale, ont figné le contrat de Mariage
du Marquis de Graffe & de Demoiſelle de Carcado.
Le même jour , le Duc de Richemont a été préfenté
au Roi.
Le même jour , la Comteſſe de Meflé a été préfentée
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale, par
la Marquife de Saint- Chamand ; la Comteffe de-
Guines par la Princeſſe de Guiſtel . La Ducheffe de
la Trémoille par la Princeffe de Talmond;
Dom Delrue, nouvellement élu Général de la
Congrégation de S. Maur , pour la troifiéme fois ,
dans le Chapitre Général tenu à Marmoutiers , a
été préfenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale.
Le 29 neuf du mois dernier , l'Abbé Lambert
Penfionnaire du Roi , eut l'honneur de préſenter
à Sa Majesté une nouvelle tra duction de divers
morceaux choifis des Euvres Morales de Plutarque;
& le lendemain , le fieur le Rouge , Ingénieur
Géographe du Roi, préfenta à Sa Majeltě la
prefpective de la nouvelle Place,
Le
AOUST. 1763. 193
Le 30 , les fieurs
Camus
& Berthoud
, qui
avoient
été envoyés
à Londres
par ordre
du Roi
'pour
l'examen
de l'Horloge
Marine
du fieur
Har
rifon
, eurent
l'honneur
d'être
préſentés
à Sa Majellé
par le Comte
de Saint-
Florentin
.
Le même jour , l'Académie Royale des Sciences
eut l'honneur de préfenter au Roi le volu
me de fon Hiftoire & de les Mémoires pour
l'année 1761 & fes defcriptions des différens
Arts qu'elle a publiées jufqu'à ce jour.
Le Roi , Monfeigneur le Dauphin & Madame
la Dauphine font partis hier pour Compiegne.
Monfeigneur le Duc de Berry & Monfeigneur
le Comte de Provence y étoient arrivés la veille.
La Reine , Madame Adélaïde, Meldames Victoire,
Sophie & Louife , s'y rendront aujourd'hui,
Fermer
Résumé : De VERSAILLES, le 2 Juillet 1763.
En juillet 1763, le roi de France a procédé à plusieurs nominations prestigieuses au sein des Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Le Chevalier Maillot de la Ferrière a été nommé Maréchal de Camp et Sous-Gouverneur des princes Duc de Berry et Comte de Provence. D'autres nominations incluent le Comte de Montault, Colonel d'Infanterie, le sieur de Ruis-Embito, Intendant de la Marine à Rochefort, et le sieur Durand, ancien ministre auprès du Roi et de la République de Pologne. Le 1er août 1763, ces nouveaux Chevaliers ont été reçus dans l'appartement du Duc de Berry, Grand-Maître des Ordres, après avoir fait leurs professions et émis leurs vœux. Plusieurs Chevaliers, Commandeurs, Grands Officiers et autres dignitaires ont assisté à cette cérémonie. En juin 1763, plusieurs présentations ont eu lieu à la cour. La Comtesse de Noailles a été présentée comme Dame d'Honneur de la Reine, remplaçant la Duchesse de Luynes. La Comtesse de Gontaut a également été présentée. Le 30 juin, le roi, accompagné de la famille royale, a passé en revue les troupes à la Plaine de Marly. Le 3 juillet, le contrat de mariage du Marquis de Graffe et de Mademoiselle de Carcado a été signé. Plusieurs présentations de dignitaires et de personnalités ont également eu lieu ce jour-là, notamment celles de la Comtesse de Melflé, de la Comtesse de Guines, de la Duchesse de la Trémoille, et du Dom Delrue, nouvellement élu Général de la Congrégation de Saint-Maur. Le 29 juin, l'Abbé Lambert a présenté au roi une nouvelle traduction des Œuvres Morales de Plutarque. Le 30 juin, les sieurs Camus et Berthoud, envoyés à Londres pour examiner l'horloge marine de M. Harrison, ont été présentés au roi. L'Académie Royale des Sciences a également présenté au roi le volume de son Histoire et des Mémoires pour l'année 1761. Le roi, le Dauphin et la Dauphine se sont rendus à Compiègne, où le Duc de Berry et le Comte de Provence étaient déjà arrivés. La Reine et les princesses Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise devaient les rejoindre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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