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p. 203-220
ALLEMAGNE.
Début :
Depuis quelques jours, la Cour a publié sa Réponse à [...]
Mots clefs :
Vienne, Réponse, Exposé des motifs du Roi de Prusse, Attaque, Royaume de Bohême, Déclaration de guerre, Impératrice-Reine, Manifeste, Traité, Impératrice de Russie, Cour de Vienne, Prince Picolomini, Troupes, Détachement de la cavalerie, Lieutenants, Camps militaires, Ratisbonne, Diète, Conseil aulique, Déclaration, Hambourg, Comte de Browne, Combats, Armée saxonne, Obstacles naturels, Roi de Pologne, Capitulation, Leipzig, Conseil de guerre, Dresde, Feld-Maréchal de Browne, Témoignage, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 17 Octobre.
DEpuis quelques jours , la Cour a publié fa
Réponse à l'Expofé des Motifs du Roi de Pruffe.
Cette piece commence ainfi. « L'Electorat de Saxe
ayant été inondé de troupes Prufliennes , & ayant
»été arraché à fon légitime Poffeffeur ; le droit
»des gens y ayant été violé ; tous les égards
»dûs à une keine ayant été foulés aux pieds ;
»un deftin affreux menaçant encore le Roi de
>>Pologne ; l'efprit de domination & d'agrandif
»fement , qui guide le Roi de Prufle , l'a porté
»à attaquer enfuite le Royaume de Boheme , & à
»y ouvrir de nouveau le théâtre de fes hoftilités .
»Les circonftances & les fuites de cette double
infraction de la paix , de la part de la Cour de
>>Berlin , étant tout à fait extraordinaires , le public
impartial n'a pu que fouhaiter avec une impa
>>tience extrême de voir paroître les motifs fonda-
>> mentaux d'un procédé auffi étrange , & a cru de
»voir s'attendre à voir révéler les myfteres les plus
profonds de cabinets . Jamais attente n'a été
plus mal remplie . Le manifefte de la Pruffe n'a
été remplie que d'expreffions qui fe contredi-
»foient palpablement les unes les autres , & l'om
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'y a étalé que des motifs qui , malgré toute
» l'étude de l'invention , n'ont pu être revêtus da
moindre air de vraisemblance . Le Roi de Fruffe ,
»dans l'impoffibilité de trouver matiere à motiver
pune Déclaration de Guerre , eft tombé ſur l'idée
stare & finguliere , qu'il pourroit , fon invafion
men Saxe déja faite , déterrer dans les papiers
fecrets , qu'il a fait enlever à Drefde du Cabinet
du Roi de Pologne , des preuves qui pourroient
confirmer ce qu'il avançoit d'un Traité offenfif
entre l'Impératrice Reine & l'Impératrice de
»Ruffie , & démentir ainfi les aſſurances données
par l'Impératrice Reine , que cette imputation
»étoit fauffe & controuvée. La Cour de Vienne ,
obfervant fcrupuleufement les loix de la vérité ,
n'avoit rien à appréhender de toutes ces recher-
»ches. Elle a elle - même les indices les plus
»démonftratifs , que , fi l'on pouvoit expofer auf
»yeux du public ce que renferme le Cabinet de
>>Potſdam , on y découvriroit avec un étonne-
»ment indicible des projets tendans à corrompre
»de fideles ferviteurs , liés à leurs maîtres par la
>>foi du ferment ; à opprimer des Co- Etats confidérables
de l'Empire ; à réchauffer des pré-
»tention illégales fur des Provinces entieres , &
» à ourdir des rébellions affreuſes dans de puiffans
>>Royaumes.»>
Voici plufieurs autres principaux traits de la
Réponse de la Cour. « On a déja vu dans le Ref
»crits de S. M. Imp. & Royale à fes Miniftres
>> dans les Cours Etrangeres , comment le Roi de
>> Pruffe s'eft émancipé à prendre itérativement
» Impératrice Reine à partie fur fes difpofitions
»défenfives........ Dans fon Manifefte , il avane
>>ce également des chofes peu fondées. Il foutient
qu'à peine le Traité de Drefde avoit été conclu ,
Σ
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Da
DECEMBRE. 1756. 20
>>la Cour de Vienne s'étoit étudié à l'éluder &
»à l'infirmer. Cependant on n'allegue à notre
>> charge que ce feul grief , fçavoir que fept ans
» après la conclufion du Traité , c'est - à-dire en
» 1753 , Pimpôt fur les marchandifes fabriquées
dans la Silefie Pruffienne a été augmenté. Il
» eft étonnant que de la part de la Pruffe on
»faffe quelque reproche fur cet article , com-
>>me fi S. M. Pr. n'avoit pas été la premiere à
»augmenter les droits de douane , & comme fi
Delle n'avoit pas commis diverſes autres contra
»ventions , tant contre ce Traité que contre celui
» de Breflau ; & cela au point que fi S. M. Imp.
»& Royale n'étoit pas en poffeffion de facrifier
»fes plus juftes motifs de reffentiment à fon amour
»pour la paix , Elle auroit été en droit depuis
long- temps , furtout après les repréſentations
Dinutiles qu'Elle avoit faites , de recourir , pour
»fe venger, aux armes dont Elle ne fe fert au-
»jourd'hui que pour fon unique défenſe......
>> Dans le niême Manifefte , on releve encore
»d'autres plaintes contre la Cour de Vienne. Elle
»a conçu , dit- on , des projets d'une extrême
»conféquence ; Elle a des vues dangereufes , &
» du côté de la Pruffe on s'étudie à les dévelop
per.... Mais la Maiſon Archiducale d'Autriche
»ne balance pas à foutenir , que dans toutes les
» Annales de fa Monarchie on ne trouvera pas
»le moindre veftige d'entrepriſes de fa part , ten
»dantes à renverfer les premieres loix de l'Em-
»pire ; à opprimer fes membres ; à s'emparer
de leurs Etats par droits de convenance ; à perfé
cuter par les oppreffions les plus inouies route
»une Famille Royale fous les affurances d'une
pamitié fimulée ; à boulverfer le repos de l'Alle-
»magne ;... à vouloir impoſer à tous le Corps
206 MERCURE DE FRANCE.
»Germanique des loix arbitraires , aux dépens de
»fes Conftitutions ......
Au fujet du Traité que l'Impératrice Reine a
conclu en 1746 avec l'Impératrice de Ruffie ,
la Cour fait les obfervations fuivantes . « Pour
s'affurer de plus en plus contre une quatrieme
winfraction de la paix de la part de la Pruffe ,
>> on conclut entre les deux Cours Impériales ,
Davant le Traité d'Aix - la- Chapelle , un Traité
» d'Amitié & de Défenſe , ne tendant au préjudice
» d'aucune Puiflance . La Cour de Vienne n'a
»pas eu befoin d'exciter la fenfibilité de celle
» de Ruffie fur les procédés méprifans de la Pruffe ,
>>attendu que S. M. Pruf. fe contient ſi peu vis-àvis
de fes voisins , qu'ils comprennent facilement
» qu'il n'y a pas d'autre moyen de le fouftraire
aux défagrémens que la Pruffe caufe continuelle-
» ment , qu'en rompant toute communication avec
elle...... Le public n'aura pas encore oublié ,
>>comment le Comte de Beftuchef, Grand Char-
>> celier de Ruffie , ne balança pas en 1750 d'expo-
>>fer aux yeux de l'Europe , d'une maniere convain-
»cante, les procédés extraordinaires des Pruffiens......
C'eft une nouvelle illufion de la
»part du Roi de Pruffe , de vouloir , par des
vues faciles à deviner , faire paffer nos innocens
Dengagemens défenfifs pour un Traité offenfif
>>contre la Porte. » La Cour ajoute : « Le Roi
»de Pruffe fait affez connoître à la Couronne
>>de France , fans ménagement & par fon infrac-
>tion de paix , que l'Union du Roi T. C. avee
»l'impératrice Reine l'a animé à faire exifter
d'autant plus vite par fon aggreffion ennemie
le Cafus Foederis. Tout ce que S. M. Pruf
permet de mettre à la charge de la Cour
de Vienne & d'autres Cours fur le pied de
>> fe
DECEMBRE. 1756. 207
T
conſpiration , eft une imputation déplacée , qui
»n'a jamais lieu de Souverain à Souverain , &
>>qui ne peut s'appliquer qu'à des Sujets rébelles.
» Ces confpirations doivent être mifes au rang
»des projets de ceux qui dans leur plan d'a-
»grandiffement ne font aucune diftinction des
>>moyens d'affouvir leur ambition. S. M. l'Impéra-
» trice Reine déclare pareillement fauffe & controuvée
l'imputation , qu'elle ait voulu porter
» la Cour d'Angleterre à entrer dans des projets
»qui puffent troubler le repos général . On en
>appelle au propre témoignage de ladite Cour ,
»& l'on ne fera jamais aucune difficulté de ren-
» dre publique la négociation dont il s'eft agi
avec S. M. Brit.... Le Roi de Pruffe accufe la
>>Cour de Vienne , d'avoir voulu puifer dans les
» troubles de l'Amérique les moyens d'allumer
Dune guerre générale . La Cour Britannique peut
»rendre elle - même juftice fur ce point à la vérité,
& dire combien l'Impératrice Reine s'eft
» efforcée d'étouffer ces divifions dès leur naiffan-
» ce. En général tout ce que la Cour de Pruffe
»avance , relativement à celles de France & de
» la Grande - Bretagne , aboutit à infinuer que la
»premiere n'a point affez réfléchi far la nature
»des chofes & fur fes propres intérêts , & que
»la feconde n'a pas approfondi les vues du Minif-
»tere de Vienne , & a manqué de pénétration
» à cet égard , ( expreffions qui ne touchent pas peu
>> l'honneur de ces deux Cours ) . Au refte le Roi
»de Pruffe auroit pu fe paffer de parler de recon-
»noiffance , lui qui a oublié fur cet article
»tout ce qu'il doit à la Maiſon Archiducale d'Autriche
, à qui il eft redevable de fa Dignité
>>Royale ....>>
Selon la lifte que le Feld-Maréchal de Browne
208 MERCURE DE FRANCE.
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a envoyé de la perte faite par les Autrichiens
dans la bataille du premier de ce mois , il y a
eu dix- neuf Officiers tués & cent cinq de bleffés ;
quatre cens vingt Soldats tués , dix-fept cens vingtneuf
bleffés; & fept cens onze qui ont difparu.
On ne compte que quatre cens foixante -quinze
chevaux tués ou bleffés.
On mande de Conftantinople , que fur la nouvelle
de l'invafion des troupes Pruffiennes en Boheme
, le Grand Vifir a voulu fçavoir du Sr de Schwachenheim
, Miniftres de Leurs Majeftés Impériales
à la Porte , toutes les circonstances de cer
événement. Selon les mêmes lettres , le Grand
Seigneur a fait affurerie fieur de Schwachenheim ,
que fa Hauteffe continueroit d'obſerver religieufement
le Traité conclu par le Sultan fon prédéceffeur
avec la Cour de Vienne , & que fi l'Impératrice
Reine , pour foutenir la guerre contre
le Roi de Pruffe , avoit befoin d'employer les
Troupes qu'Elle avoit en Hongrie , Elle pouvoit
avec confiance les faire marcher , fans craindre
que Sa Hauteffe profitât de leur éloignement ,
pour enfreindre la paix qui fubfifte entre les deux
Puiffances.
Du Quartier Général du Prince Picolomini à
Spalena-Lhotka , le 20 Octobre 1756.
Un Corps de troupes paffa l'Elbe les , fous
les ordres du Général Comte de Trautmansdorff ,
pour empêcher le Feld - Maréchal de Schwerin
d'étendre fi loin fes fourrages . On fit avancer le
7 dans la même vue un Détachement de Cavalerie .
Par- là , le général ennemie eft refferré de plus
en plus , tant fur la droite que fur fa gauche,
& l'on efpere de le gêner confidérablement fur
Particle des fubfiftances. La premiere Colonne des
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DECEMBRE. 1756. 209
Efclavons entra le 2 de ce mois dans notre camp.
Le Colonel Simbfchon , qui la commande , infor
ma le Prince Picolomini , qu'un Détachement de
Huffards de l'Impératrice Reine avoit enlevé une
des caiffes militaires des Pruffiens , & qu'elle avoit
été conduite à Troppau.
On apprit le 13 de ce mois , que le Comte
Rodolphe de Palfi avoit pénétré jufqu'à Lévin ,
& qu'il avoit tiré des contributions de plufieurs
Diſtricts du Comté de Glatz. Le Capitaine Roskovanny
du Régiment de Spleni a fait une courfe
jufqu'à Franckenftein en Siléfie . Il est revenu
avec beaucoup de butin , & fans avoir perdu un
feul homme. Un Détachement commandé par
le Baron de Gerfdorff , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Birckenfeld , en vint aux mains le
16 au matin avec un Détachement Pruffien . Los
ennemis ont été mis en fuite. On leur a tué
un Capitaine de Cavalerie , deux Lieutenans , &
cinquante hommes , & on leur a fait quinze
prifonniers. La veille de cette rencontre , le même
Détachement Pruffien étant dans un bois , il s'éleva
un vent fi furieux , que les chevaux épouvantés
prirent le mors aux dents , & quarantecinq
s'échapperent . La plupart font tombés entre
les mains de nos Huffards.
DE RATISBONNE , le 14 Octobre .
Par une Proteftation que le Roi de Pruffe a
adreffée à la Diette contre le Decret Commifforial
du Confeil Aulique de l'Empire , ce Prince
déclare Que n'ayant fait , en entrant dans l'Electorat
de Saxe & dans le Royaume de Boheme
, que ce qu'il étoit autorifé de faire en
vertu de toutes les Loix , pour repouffer le dan-
:
210 MERCURE DE FRANCE .
ger dont il étoit menacé , il ſe réſerve de pourfuivre
la fatisfaction , qu'il prétend lui être dûe
par rapport à la maniere , dont le Confeil Aulique
s'eft cru en droit d'agir à fon égard. Sa
Majefté Pruffienne dit être en état de prouver ,
que fi le paffage pour l'armée Pruffienne par
P'Electorat de Saxe avoit été accepté fur le pied
que la Cour de Drefde propofoit , à peine
cette armée auroit - elle pénétré dans les Etats
de l'Impératrice Reine , que les Saxons en liberté
d'agir , auroient fait une irruption dans les
Etats de la Maifon de Brandebourg , afin de
s'emparer des dépouilles que les circonftances
lui auroient permis de s'approprier . Elle renouvelle
les affurances données dans fa premiere
Déclaration , que , malgré les fujets qu'Elle
croit avoir de fe plaindre , elle remettra toutes
chofes dans l'Electorat de Saxe fur l'ancien pied ,
dès que l'animofité fera place aux voies de conciliation
, auxquelles Elle fera toujours prête
de donner les mains , lorfqu'on aura lieu d'efpérer
le rétabliffement de la paix fur des fondemens
folides & conftans . Pour combattre les
argumens du Confeil Aulique , & pour montrer
que les hoftilités d'un Etat de l'Empire
contre quelques - uns de fes Co - Etats ne font
point un cas extraordinaire , le Roi de Pruffe
allegue plufieurs exemples antérieurs. Il cite entre
autres la guerre de l'Impératrice Reine contre
le feu Empereur Charles VII , & l'invaſion
des troupes de cette Princeffe dans l'Electorat
de Baviere & dans d'autres Etats de l'Empire ,
avec lefquels Elle étoit en défunion , Ce Prince
ajoute que la conduite tenue dans ces conjonc
tures par l'Impératrice Reine , ne fut point
alors confidérée du même oeil , dont la Cour
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DECEMBRE. 1756. 211
de Vienne voudroit aujourd'hui faire enviſager
les démarches de la Cour de Berlin.
DE HAMBOURG , le 22 Octobre.
Le Feld -Maréchal Comte de Browne , dans
le deffein de dégager l'armée Saxonne , s'étoit
avancé le 12 avec un Corps de troupes jufqu'à
Mitteldorff , à peu de diftance de Schandau. Les
Saxons devoient paffer l'Elbe la nuit du 11 au
12 mais quelque dommage arrivé au pont
que S. M. Polonoife avoit fait jetter près de
Konigstein , les en empêcha. La nuit fuivante , le
dominage étant réparé , ils pafferent la riviere.
Un grand bruit de canon & de moufqueterie ,
qu'on entendit le 13 au matin , & qui paroiffoit
venir du côté de Schandau , fit foupçonner
que le Feld- Maréchal de Browne avoit attaqué
le Corps de Pruffiens , qui fe trouvoit
dans ce pofte. La Garnifon que le koi de
Pruffe a mife dans Drefde , en parut même
fort inquiete. Deux jours s'écoulerent , fans
qu'on eût aucunes nouvelles pofitives de l'armée
Saxonne . Il fe répandoit feulement un bruit
vague qu'elle avoit fait la jonction avec les
Autrichiens. A la fin la vérité le développa.
Le délai , qui avoit fufpendu le départ des Saxons ,
avoit donné le temps aux Pruffiens de fe renforcer
à Schandau , & de faire des abattis d'arbres
dans les défilés . Le Feld- Maréchal de Browne
ne voyant aucun figne de la part des premiers ,
& craignant d'être enveloppé , avoit été dans
la néceffité de quitter Mitteldorff le 13. Pendant
la nuit du 13 au 14 , il étoit tombé une
grande abondance de pluie. Les chemins creux ,
par lefquels l'armée Saxonne devoit paffer près de
212 MERCURE DE FRANCE.
Lilienſtein , étoient entiérement inondés , & ce
contretemps retarda beaucoup la marche des
troupes & le tranſport de l'artillerie . Les Pruffiens
avoient pris poffeffion du camp de Pirna . Ils
attaquerent l'arriere- garde , qui fit une très- belie
défenfe , & qui ne perdit que très - peu de monde
& une vingtaine de charriots . A la pluie fuccéda
un brouillard épais. Lorfque les troupes
Saxonnes voulurent entrer le matin dans les
gorges du défilé qui conduifoit vers Ulletfdorff ,
où elles devoient fe joindre aux Autrichiens ,
elles trouverent ces gorges bouchées , & les Pruf-
Giens Maîtres de toutes les hauteurs. La diftance
à laquelle étoient les Autrichiens , la direction
du vent , un grand ouragan qui s'éleva la nuit ,
& qui continua le lendemain , furent caufe que
les Autrichiens ne purent entendre les coups
de canon , qui devoient leur fervir de fignaux
pour attaquer les Pruffiens. Ainfi la journée du
14 fe paffa fans coup ferir. Les Autrichiens ,
qui avoient attendu l'armée Saxonne deux fois
vingt- quatre heures , & qui n'avoient avec eux
ni tentes , ni provifions fuffifantes de vivres &
de fourrages , furent enfin contraints d'aller rejoindre
le gros de leur armée. Ils avoient fait
trois marches forcées , & il falloit en faire autant
pour exécuter leur retraite , & pour éviter
d'être coupés par le Corps de troupes Pruffiennes
pofté entre Auffig & Lowolis. Le 15 ,
les Saxons tenterent de gagner les fommets
des montagnes , ou de percer à travers les forêts
; mais ils rencontrerent partout des obftacles
infurmontables. Entourés de tous côtés par
les Pruffiens , dénués de fecours & de fubfif-
Lances , privés de toutes reffources , ils étoient
arrêtés entre les rochers inacceffibles , qui bor-
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dent les deux feuls débouchés praticables que
les Pruffiens avoient occupés . Les Saxons ont
paffé trois jours dans cette affreuſe pofition ,
expofés à toutes les injures de la faifon , fans
pain & fans fourrage. Alors le Roi de Pologne
& les Princes Xavier & Charles , obligés de pourvoir
à la fûreté de leurs perfonnes , le font
retirés à Konigstein . En tâchant de fauver leur
liberté , ils ont couru plus d'une fois rifque de
perdre la vie. L'unique defir des Saxons , dans
la fituation déplorable à laquelle ils étoient réduits
, étoit de périr les armes à la main . Ils
n'ont pas même eu cette confolation , & il ne
leur eft refté que la cruelle extrêmité de compofer
avec les Pruffiens. Par la Capitulation ,
les Généraux ont ftipulé pour S. M. Polonoiſe
& pour les Princes fes fils la liberté de fe retirer
où bon leur fembleroit. Les troupes fe
font rendues prifonnieres de guerre . Pendant
deux jours qu'on a employés à convenir des
articles de la Capitulation , toutes les troupes
Saxonnes depuis le Feld- Maréchal jufqu'au
Tambour , déclarerent conftamment qu'elles fe
feroient plutôt hacher en pieces , que de prendre
parti dans l'armée du Roi de Pruffe. Mais
la plupart des foldats n'ont eu enfuite que cette
reffource . A l'égard des Officiers , il a été réglé
qu'ils ne feroient point forcés de prendre
fervice. La Reine de Pologne Electrice de Saxe
étant allée de Drefde joindre le Roi fon époux ,
Leurs Majeftés Polonoifes font parties le 19
pour Warfovie avec les Princes Xavier & Charles
, & avec le Comte de Bruhl . Les Miniftres
Etrangers ont été invités de la part du Roi de
Pologne , de l'y fuivre. S. M. Polonoife n'a
point voulufe mêler de la Capitulation fignée par
1
214 MERCURE DE FRANCE.
fes Généraux. Le Roi de Pruffe occupe à Struppen
le même logement , qu'y occupoit le Roi
de Pologne Il y a de fréquentes allées & venues
de cet endroit à Ko. igſtein , qui par la
capitulation eft tefté aux Saxons , mais dont les
Pruffiens défireroient d'être mis en poffeffion ,
ainfi que de Pirna , & de toutes les Places
des Etats Héréditaires de Saxe , dont S. M.
Pruffienne fe réſerve l'adminiſtration , jufqu'à
ce qu'une paix folide faffe rentrer les chofes
dans leur premier état .
DE LEIPSICK , le 24 Octobre.
Depuis la premiere Relation qu'on a reçue
du malheur des troupes Saxonnes , on a été informé
des particularités fuivantes . Lorsque ces troupes
eurent perdu toute efpérance de forcer les
paffages , le Feld - Maréchal Comte Rutowski
écrivit au Roi , pour lui donner part d'une fi
trifte nouvelle . Sa Majefté fit cette réponfe . « J'ap-
>>prends avec une extrême douleur la déplorable
»fituation , où , par un enchaînement de difgraces
»difficiles à exprimer , vous êtes réduits , vous ,
» mes Généraux & toute mon armée . Il faut fe
>>foumettre à la Divine Providence . Dieu connoit
>>ma droiture. Voilà ma reflource & ma confola-
>>tion. On veut , comme vous me le faites enten-
»dre par le Baron de Dygera , me forcer de
»foufcrire à des conditions que l'on a rendues
»plus dures à mesure que les circonftances font
»devenues plus fâcheufes. Ne me connoît - on
»plus Je fuis toujours Souverain & toujours
»libre. Heureux ou malheureux , je vivrai avec
>>honneur , & je mourrai de même. Je vous aban.
>>donne , Monfieur , le fort de mon armée. Que
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C
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DECEMBRE. 1756. 215
>>votre Confeil de guerre décide lui - même , fi
>>vous devez vous rendre prifonnier , ou s'il vous
>>faut mourir par le fer ou par la difette. Que
l'humanité dicte , s'il eft poffible , vos réfolutions
. Quelles qu'elles puiffent être , elle ne me
>> regardent plus , & je vous déclare que je ne
>> vous tiendrai refponfable que d'une feule chofe ,
fçavoir de porter les armes contre moi & contre
» mes amis. >>
Sur la lettre du Roi le Confeil de guerre s'affembla
, & le réfultat des délibérations fut :
Qu'on tenteroit inutilement de vaincre les obftacles
qui empêchoient l'armée de pénétrer plus
avant ; que quand même on parviendroit à les
furmonter , ce feroit fans fruit , dès qu'on n'étoit
pas à portée de joindre une autre armée qui pût
non feulement aider à repouffer les efforts de
l'ennemi , mais encore fournir aux Saxons toutes
les chofes dont ils manquoient ; qu'ils avoient
été obligés de laiffer la moitié de leur artillerie
& de leurs charriots de munitions à bord de l'Elbe ;
qu'on avoit eu avis que le Feld- Maréchal Comte
de Browne avoit rétrogradé à Lychtenhain ; que
vraifemblablement il étoit retourné encore plus
en arriere , puifqu'il n'avoit point entendu les
coups de canon qu'on avoit tirés pour fignaux ;
que de plus la Cavalerie , vu la foiblefle des
chevaux , ne pouvoit entreprendre de combattre
contre la Cavalerie ennemie ; que dans un tel
concours d'événemens finiftres , il n'y avoit point
d'autre parti à prendre que de capituler , & qu'on
fe foumettoit là- deffus au jugement de tous les
gens de guerre; que toutes les troupes étoient
prêtes à verfer leur fang , fi le Roi l'ordonnoit ;
mais que ce feroit les facrifier gratuitement , &
que leur destruction ne pourroit qu'expofer à de
216 MERCURE DE FRANCE.
juftes reproches d'ignorance & de témérité un
corps d'Officiers Généraux qui croyoient avoir
fervi jufques là avec honneur & avec diſtinction.
Il a été réglé par la Capitulation , que le Roi
demeureroit en poffeffion de Konigstein , & que
les Pruffiens n'inquiéteroient en aucune maniere
la garnifon Saxonne , qui a été laiffée par Sa Majefté
dans cette Fortereffe. On attend avec impatience
la nouvelle de l'arrivée du Roi à Warfovic.
DE DRESDE , le 4 Novembre.
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Par un Mémoire intitulé , Exposé des motifs
de la Capitulation fignée le 15 Octobre 1756 ,
entre l'armée du Roi de Pologne Electeur de
Saxe , & Sa Majesté Pruffienne , on voit le plan ad
des opérations que le Confeil du Roi avoit concertées
avec le Feld- Maréchal de Browne . Une
colonne des troupes Saxonnes devoit marcher
vers Proffen , laiffant la montagne de Lilienf
tein à fa gauche . Une autre Colonne devoit
foutenir fix Bataillons de Grenadiers , deſtinés
à attaquer les abattis du bois de Lilienftein,
Elle auroit enfuite continué fa marche , laif
fant cette montagne à fa droite ; & les fix Ba
taillons de Grenadiers fe feroient portés fur le
Village de Walterdorff. Après l'avoir emporté
ils devoient s'y défendre contre l'ennemi , jufquà
ce que l'armée für engagée dans les défilés.
Ils avoient ordre , lorfqu'elle y feroit entrée
, de faire l'arriere-garde. On étoit convenu
avec le Feld- Maréchal de Browne , que les
Saxons le trouveroient à la tête d'un Corps de
douze mille hommes fur les hauteurs de Ratmanfdorff
& de Schandau. Enfuite ils fe feroient
xéunis avec lui au gros de l'armée Autrichienne
campće
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DECEMBRE. 1756. 217
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campée à Budin. L'exécution de ce projet avoit
été fixée à la nuit du 11 au 12 du mois dernier ,
pour le plus tard. On fe flattoit avec raifon , que
la conftance & le zele des troupes leur feroient
fupporter patiemment la difette de vivres à laquelle
elles feroient réduites pendant un intervalle
fi confidérable. Les rations de pain furent diminuées
, & l'on mit les chevaux à la pâture . Bien
loin d'être rebutés par ces épreuves , les foldats
n'afpiroient qu'au moment de s'ouvrir généreufement
un paffage à travers l'armée Pruſſienne
qui les tenoit bloqués dans leur camp . Le Feld-
Maréchal de Browne inftruit de ce qu'ils avoient
à fouffrir , voulut avancer de quelques jours le
terme de leur délivrance. Il fe porta du camp de
Budin à Lowofitz , afin de donner de l'inquiétude
au Roi de Pruffe du côté de Brix & de Bylin ,
tandis que les Saxons par de fauffes attaques fur
Hennerfdorff & fur Marckerfbach , feindroient de
vouloir fe dégager par feur gauche . Ce mouvement
engagea le premier Octobre le combat de
Lowofitz ou de Welmina entre l'avant- garde des
Autrichiens & l'armée Pruffienne. Le furlendemain
de cette action , le Feld- Maréchal de Browne
fit affurer le Roi que cette action n'avoit rien
dérangé au projet concerté , & qu'il auroit toujours
lieu la nuit du 11 au 12.
Le même Mémoire détaille enfuite tous les
obftacles qui fe font oppofés à la réuffite de ce
projet. « Divers contretemps , dit - on dans cet
Décrit , empêcherent que le pont ne fût établi
auffi-tôt que l'on s'en étoit flatté , & il ne fut
»pas poffible de décamper avant la nuit du 12 au
13. Cette nuit , la plus cruelle qu'on ait jamais
»paffée , l'armée défila fur le pont par une pluie
» affreufe , qui acheva de mettre fur les dents les
K
218 MERCURE DE FRANCE.
»chevaux déja excédés de faim & de fatigue . Le
feul débouché par lequel l'armée pouvoit par-
»venir à la hauteur d'Ebenheit s'étant trouvé
>>engorgé par
le canon que les chevaux n'avoient
»plus la force de traîner , non feulement les
>> Grenadiers & le refte de l'Infanterie , mais même
>>la Cavalerie entreprirent de gravir fucceffive-
»ment contre une montagne preſque inacceffible.
>> Les troupes ne purent arriver fur la hauteur
» d'Ebenheit que vers les quatre heures après-
»midi. Elles s'y formerent fur plufieurs lignes ,
autant que le terrein refferré pouvoit le per-
>>mettre. Le vent prodigieux qu'il faifoit fut cauſe
>>que le Feld-Maréchal de Browne ne put entendre
la violente canonnade & la moufqueterie
>> continuelle dont notre arriere-garde avoit été
»accompagnée depuis dix heures du matin , &
»par cette raifon il n'exécuta point l'attaque qu'il
» s'étoit propofé de faire. Alors nos Généraux
»perfuadés qu'il étoit hors de portée de les fe-
>>courir , ne crurent pas devoir prendre fur eux
>>de facrifier les troupes dans une attaque que
toute la bravoure imaginable ne pouvoit rendre
»utile , dès qu'elle ne fe feroit point en même
>>temps par les Autrichiens & par les Saxons.
»Dans une pofition fi critique , il fut réſolu que
»l'armée demeureroit fous les armes & en état
»de combattre , jufqu'à ce qu'on fçût pofitive-
»ment fi le Feld-Maréchal de Browne avoit pu
wfe porter & fe maintenir fur les hauteurs de
Schandau. Toute la journée du 14 fe paffa dans
>> l'inquiétude & dans le trouble. Malgré les fati-
» gues d'une marche également longue & péni-
»ble , malgré la difette abfolue que le foldat
» éprouvoit depuis quarante-huit heures , le cou-
Drage des troupes n'étoit point ralenti . Elles
13
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DECEMBRE . 1756. 219
»attendoient avec impatience l'inftant de fe fa-
» crifier fous les yeux d'un Maître qui avoit voulu
»les commander en perfonne , & à qui l'on ne
perfuada qu'avec beaucoup de peine de fe ren-
» fermer dans la Fortereffe de Konigstein , lorfque
» la multiplicité des obftacles nous eût ôté toute
»efpérance de pouvoir nous dégager. »
>>
Ĉe Mémoire finit par ces mots remarquables :
« Le témoignage que l'armée Saxonne fe doit à
» elle- même de fon courage & de fa fidélité , l'o-
» blige d'expofer aux yeux de toute la terre les
>>motifs invincibles qui l'ont déterminée à une
»démarche auffi accablante que celle à laquelle
» elle a été contrainte. Il n'y a aucun Officier ni
»foldat qui ne fcellât de tout fon ſang la vérité
» des faits contenus dans cet expofé. C'eſt à l'uni-
>vers à prononcer fur ce que l'armée Saxonne a
»fait , & fur ce qu'elle a dû faire . »
Les Régimens Saxons qui ont été forcés de fe'
rendre au Roi de Pruffe , n'ont pas été incorporés
dans les troupes de ce Prince. On leur a donné
des Officiers Pruffiens pour les commander , les
Officiers Saxons ayant conftamment refufé de
fervir contre leur Roi & leur Patrie. Deux de ces
Régimens avoient été conduits à Léipfick , pour
être mis en quartiers dans les environs. Ils ont
pris les armes contre les Officiers Pruffiens qui
ont voulu s'opposer à leur deffein , & ils en ont
tué deux. Les autres Officiers fe font retirés' , &
ccs deux Régimens ayant pris la route du Royaume
de Boheme , font arrivés à Prague.
Cent cinquante foldats des mêmes troupes
s'étant réunis après avoir quitté l'armée Pruffien-¨
ne , ont été atteints dans leur marche par trois
cens Cavaliers qu'on avoit envoyés après eux. Ils
fe font mis en état de défenfe , & ils ont forcé les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
trois cens Cavaliers Pruffiens de rendre les armes ,
& de les fuivre en Boheme où ils font auffi arrivés.
Ces actions de courage de la part des troupes
Saxonnes , prouvent bien qu'elles ne fe font rendues
qu'y étant forcées par leur pofition. Tous
les foldats qui peuvent s'échapper volent au fervice
des Alliés de leur Monarque.
DE VIENNE , le 17 Octobre.
DEpuis quelques jours , la Cour a publié fa
Réponse à l'Expofé des Motifs du Roi de Pruffe.
Cette piece commence ainfi. « L'Electorat de Saxe
ayant été inondé de troupes Prufliennes , & ayant
»été arraché à fon légitime Poffeffeur ; le droit
»des gens y ayant été violé ; tous les égards
»dûs à une keine ayant été foulés aux pieds ;
»un deftin affreux menaçant encore le Roi de
>>Pologne ; l'efprit de domination & d'agrandif
»fement , qui guide le Roi de Prufle , l'a porté
»à attaquer enfuite le Royaume de Boheme , & à
»y ouvrir de nouveau le théâtre de fes hoftilités .
»Les circonftances & les fuites de cette double
infraction de la paix , de la part de la Cour de
>>Berlin , étant tout à fait extraordinaires , le public
impartial n'a pu que fouhaiter avec une impa
>>tience extrême de voir paroître les motifs fonda-
>> mentaux d'un procédé auffi étrange , & a cru de
»voir s'attendre à voir révéler les myfteres les plus
profonds de cabinets . Jamais attente n'a été
plus mal remplie . Le manifefte de la Pruffe n'a
été remplie que d'expreffions qui fe contredi-
»foient palpablement les unes les autres , & l'om
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'y a étalé que des motifs qui , malgré toute
» l'étude de l'invention , n'ont pu être revêtus da
moindre air de vraisemblance . Le Roi de Fruffe ,
»dans l'impoffibilité de trouver matiere à motiver
pune Déclaration de Guerre , eft tombé ſur l'idée
stare & finguliere , qu'il pourroit , fon invafion
men Saxe déja faite , déterrer dans les papiers
fecrets , qu'il a fait enlever à Drefde du Cabinet
du Roi de Pologne , des preuves qui pourroient
confirmer ce qu'il avançoit d'un Traité offenfif
entre l'Impératrice Reine & l'Impératrice de
»Ruffie , & démentir ainfi les aſſurances données
par l'Impératrice Reine , que cette imputation
»étoit fauffe & controuvée. La Cour de Vienne ,
obfervant fcrupuleufement les loix de la vérité ,
n'avoit rien à appréhender de toutes ces recher-
»ches. Elle a elle - même les indices les plus
»démonftratifs , que , fi l'on pouvoit expofer auf
»yeux du public ce que renferme le Cabinet de
>>Potſdam , on y découvriroit avec un étonne-
»ment indicible des projets tendans à corrompre
»de fideles ferviteurs , liés à leurs maîtres par la
>>foi du ferment ; à opprimer des Co- Etats confidérables
de l'Empire ; à réchauffer des pré-
»tention illégales fur des Provinces entieres , &
» à ourdir des rébellions affreuſes dans de puiffans
>>Royaumes.»>
Voici plufieurs autres principaux traits de la
Réponse de la Cour. « On a déja vu dans le Ref
»crits de S. M. Imp. & Royale à fes Miniftres
>> dans les Cours Etrangeres , comment le Roi de
>> Pruffe s'eft émancipé à prendre itérativement
» Impératrice Reine à partie fur fes difpofitions
»défenfives........ Dans fon Manifefte , il avane
>>ce également des chofes peu fondées. Il foutient
qu'à peine le Traité de Drefde avoit été conclu ,
Σ
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Da
DECEMBRE. 1756. 20
>>la Cour de Vienne s'étoit étudié à l'éluder &
»à l'infirmer. Cependant on n'allegue à notre
>> charge que ce feul grief , fçavoir que fept ans
» après la conclufion du Traité , c'est - à-dire en
» 1753 , Pimpôt fur les marchandifes fabriquées
dans la Silefie Pruffienne a été augmenté. Il
» eft étonnant que de la part de la Pruffe on
»faffe quelque reproche fur cet article , com-
>>me fi S. M. Pr. n'avoit pas été la premiere à
»augmenter les droits de douane , & comme fi
Delle n'avoit pas commis diverſes autres contra
»ventions , tant contre ce Traité que contre celui
» de Breflau ; & cela au point que fi S. M. Imp.
»& Royale n'étoit pas en poffeffion de facrifier
»fes plus juftes motifs de reffentiment à fon amour
»pour la paix , Elle auroit été en droit depuis
long- temps , furtout après les repréſentations
Dinutiles qu'Elle avoit faites , de recourir , pour
»fe venger, aux armes dont Elle ne fe fert au-
»jourd'hui que pour fon unique défenſe......
>> Dans le niême Manifefte , on releve encore
»d'autres plaintes contre la Cour de Vienne. Elle
»a conçu , dit- on , des projets d'une extrême
»conféquence ; Elle a des vues dangereufes , &
» du côté de la Pruffe on s'étudie à les dévelop
per.... Mais la Maiſon Archiducale d'Autriche
»ne balance pas à foutenir , que dans toutes les
» Annales de fa Monarchie on ne trouvera pas
»le moindre veftige d'entrepriſes de fa part , ten
»dantes à renverfer les premieres loix de l'Em-
»pire ; à opprimer fes membres ; à s'emparer
de leurs Etats par droits de convenance ; à perfé
cuter par les oppreffions les plus inouies route
»une Famille Royale fous les affurances d'une
pamitié fimulée ; à boulverfer le repos de l'Alle-
»magne ;... à vouloir impoſer à tous le Corps
206 MERCURE DE FRANCE.
»Germanique des loix arbitraires , aux dépens de
»fes Conftitutions ......
Au fujet du Traité que l'Impératrice Reine a
conclu en 1746 avec l'Impératrice de Ruffie ,
la Cour fait les obfervations fuivantes . « Pour
s'affurer de plus en plus contre une quatrieme
winfraction de la paix de la part de la Pruffe ,
>> on conclut entre les deux Cours Impériales ,
Davant le Traité d'Aix - la- Chapelle , un Traité
» d'Amitié & de Défenſe , ne tendant au préjudice
» d'aucune Puiflance . La Cour de Vienne n'a
»pas eu befoin d'exciter la fenfibilité de celle
» de Ruffie fur les procédés méprifans de la Pruffe ,
>>attendu que S. M. Pruf. fe contient ſi peu vis-àvis
de fes voisins , qu'ils comprennent facilement
» qu'il n'y a pas d'autre moyen de le fouftraire
aux défagrémens que la Pruffe caufe continuelle-
» ment , qu'en rompant toute communication avec
elle...... Le public n'aura pas encore oublié ,
>>comment le Comte de Beftuchef, Grand Char-
>> celier de Ruffie , ne balança pas en 1750 d'expo-
>>fer aux yeux de l'Europe , d'une maniere convain-
»cante, les procédés extraordinaires des Pruffiens......
C'eft une nouvelle illufion de la
»part du Roi de Pruffe , de vouloir , par des
vues faciles à deviner , faire paffer nos innocens
Dengagemens défenfifs pour un Traité offenfif
>>contre la Porte. » La Cour ajoute : « Le Roi
»de Pruffe fait affez connoître à la Couronne
>>de France , fans ménagement & par fon infrac-
>tion de paix , que l'Union du Roi T. C. avee
»l'impératrice Reine l'a animé à faire exifter
d'autant plus vite par fon aggreffion ennemie
le Cafus Foederis. Tout ce que S. M. Pruf
permet de mettre à la charge de la Cour
de Vienne & d'autres Cours fur le pied de
>> fe
DECEMBRE. 1756. 207
T
conſpiration , eft une imputation déplacée , qui
»n'a jamais lieu de Souverain à Souverain , &
>>qui ne peut s'appliquer qu'à des Sujets rébelles.
» Ces confpirations doivent être mifes au rang
»des projets de ceux qui dans leur plan d'a-
»grandiffement ne font aucune diftinction des
>>moyens d'affouvir leur ambition. S. M. l'Impéra-
» trice Reine déclare pareillement fauffe & controuvée
l'imputation , qu'elle ait voulu porter
» la Cour d'Angleterre à entrer dans des projets
»qui puffent troubler le repos général . On en
>appelle au propre témoignage de ladite Cour ,
»& l'on ne fera jamais aucune difficulté de ren-
» dre publique la négociation dont il s'eft agi
avec S. M. Brit.... Le Roi de Pruffe accufe la
>>Cour de Vienne , d'avoir voulu puifer dans les
» troubles de l'Amérique les moyens d'allumer
Dune guerre générale . La Cour Britannique peut
»rendre elle - même juftice fur ce point à la vérité,
& dire combien l'Impératrice Reine s'eft
» efforcée d'étouffer ces divifions dès leur naiffan-
» ce. En général tout ce que la Cour de Pruffe
»avance , relativement à celles de France & de
» la Grande - Bretagne , aboutit à infinuer que la
»premiere n'a point affez réfléchi far la nature
»des chofes & fur fes propres intérêts , & que
»la feconde n'a pas approfondi les vues du Minif-
»tere de Vienne , & a manqué de pénétration
» à cet égard , ( expreffions qui ne touchent pas peu
>> l'honneur de ces deux Cours ) . Au refte le Roi
»de Pruffe auroit pu fe paffer de parler de recon-
»noiffance , lui qui a oublié fur cet article
»tout ce qu'il doit à la Maiſon Archiducale d'Autriche
, à qui il eft redevable de fa Dignité
>>Royale ....>>
Selon la lifte que le Feld-Maréchal de Browne
208 MERCURE DE FRANCE.
E
a envoyé de la perte faite par les Autrichiens
dans la bataille du premier de ce mois , il y a
eu dix- neuf Officiers tués & cent cinq de bleffés ;
quatre cens vingt Soldats tués , dix-fept cens vingtneuf
bleffés; & fept cens onze qui ont difparu.
On ne compte que quatre cens foixante -quinze
chevaux tués ou bleffés.
On mande de Conftantinople , que fur la nouvelle
de l'invafion des troupes Pruffiennes en Boheme
, le Grand Vifir a voulu fçavoir du Sr de Schwachenheim
, Miniftres de Leurs Majeftés Impériales
à la Porte , toutes les circonstances de cer
événement. Selon les mêmes lettres , le Grand
Seigneur a fait affurerie fieur de Schwachenheim ,
que fa Hauteffe continueroit d'obſerver religieufement
le Traité conclu par le Sultan fon prédéceffeur
avec la Cour de Vienne , & que fi l'Impératrice
Reine , pour foutenir la guerre contre
le Roi de Pruffe , avoit befoin d'employer les
Troupes qu'Elle avoit en Hongrie , Elle pouvoit
avec confiance les faire marcher , fans craindre
que Sa Hauteffe profitât de leur éloignement ,
pour enfreindre la paix qui fubfifte entre les deux
Puiffances.
Du Quartier Général du Prince Picolomini à
Spalena-Lhotka , le 20 Octobre 1756.
Un Corps de troupes paffa l'Elbe les , fous
les ordres du Général Comte de Trautmansdorff ,
pour empêcher le Feld - Maréchal de Schwerin
d'étendre fi loin fes fourrages . On fit avancer le
7 dans la même vue un Détachement de Cavalerie .
Par- là , le général ennemie eft refferré de plus
en plus , tant fur la droite que fur fa gauche,
& l'on efpere de le gêner confidérablement fur
Particle des fubfiftances. La premiere Colonne des
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DECEMBRE. 1756. 209
Efclavons entra le 2 de ce mois dans notre camp.
Le Colonel Simbfchon , qui la commande , infor
ma le Prince Picolomini , qu'un Détachement de
Huffards de l'Impératrice Reine avoit enlevé une
des caiffes militaires des Pruffiens , & qu'elle avoit
été conduite à Troppau.
On apprit le 13 de ce mois , que le Comte
Rodolphe de Palfi avoit pénétré jufqu'à Lévin ,
& qu'il avoit tiré des contributions de plufieurs
Diſtricts du Comté de Glatz. Le Capitaine Roskovanny
du Régiment de Spleni a fait une courfe
jufqu'à Franckenftein en Siléfie . Il est revenu
avec beaucoup de butin , & fans avoir perdu un
feul homme. Un Détachement commandé par
le Baron de Gerfdorff , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Birckenfeld , en vint aux mains le
16 au matin avec un Détachement Pruffien . Los
ennemis ont été mis en fuite. On leur a tué
un Capitaine de Cavalerie , deux Lieutenans , &
cinquante hommes , & on leur a fait quinze
prifonniers. La veille de cette rencontre , le même
Détachement Pruffien étant dans un bois , il s'éleva
un vent fi furieux , que les chevaux épouvantés
prirent le mors aux dents , & quarantecinq
s'échapperent . La plupart font tombés entre
les mains de nos Huffards.
DE RATISBONNE , le 14 Octobre .
Par une Proteftation que le Roi de Pruffe a
adreffée à la Diette contre le Decret Commifforial
du Confeil Aulique de l'Empire , ce Prince
déclare Que n'ayant fait , en entrant dans l'Electorat
de Saxe & dans le Royaume de Boheme
, que ce qu'il étoit autorifé de faire en
vertu de toutes les Loix , pour repouffer le dan-
:
210 MERCURE DE FRANCE .
ger dont il étoit menacé , il ſe réſerve de pourfuivre
la fatisfaction , qu'il prétend lui être dûe
par rapport à la maniere , dont le Confeil Aulique
s'eft cru en droit d'agir à fon égard. Sa
Majefté Pruffienne dit être en état de prouver ,
que fi le paffage pour l'armée Pruffienne par
P'Electorat de Saxe avoit été accepté fur le pied
que la Cour de Drefde propofoit , à peine
cette armée auroit - elle pénétré dans les Etats
de l'Impératrice Reine , que les Saxons en liberté
d'agir , auroient fait une irruption dans les
Etats de la Maifon de Brandebourg , afin de
s'emparer des dépouilles que les circonftances
lui auroient permis de s'approprier . Elle renouvelle
les affurances données dans fa premiere
Déclaration , que , malgré les fujets qu'Elle
croit avoir de fe plaindre , elle remettra toutes
chofes dans l'Electorat de Saxe fur l'ancien pied ,
dès que l'animofité fera place aux voies de conciliation
, auxquelles Elle fera toujours prête
de donner les mains , lorfqu'on aura lieu d'efpérer
le rétabliffement de la paix fur des fondemens
folides & conftans . Pour combattre les
argumens du Confeil Aulique , & pour montrer
que les hoftilités d'un Etat de l'Empire
contre quelques - uns de fes Co - Etats ne font
point un cas extraordinaire , le Roi de Pruffe
allegue plufieurs exemples antérieurs. Il cite entre
autres la guerre de l'Impératrice Reine contre
le feu Empereur Charles VII , & l'invaſion
des troupes de cette Princeffe dans l'Electorat
de Baviere & dans d'autres Etats de l'Empire ,
avec lefquels Elle étoit en défunion , Ce Prince
ajoute que la conduite tenue dans ces conjonc
tures par l'Impératrice Reine , ne fut point
alors confidérée du même oeil , dont la Cour
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DECEMBRE. 1756. 211
de Vienne voudroit aujourd'hui faire enviſager
les démarches de la Cour de Berlin.
DE HAMBOURG , le 22 Octobre.
Le Feld -Maréchal Comte de Browne , dans
le deffein de dégager l'armée Saxonne , s'étoit
avancé le 12 avec un Corps de troupes jufqu'à
Mitteldorff , à peu de diftance de Schandau. Les
Saxons devoient paffer l'Elbe la nuit du 11 au
12 mais quelque dommage arrivé au pont
que S. M. Polonoife avoit fait jetter près de
Konigstein , les en empêcha. La nuit fuivante , le
dominage étant réparé , ils pafferent la riviere.
Un grand bruit de canon & de moufqueterie ,
qu'on entendit le 13 au matin , & qui paroiffoit
venir du côté de Schandau , fit foupçonner
que le Feld- Maréchal de Browne avoit attaqué
le Corps de Pruffiens , qui fe trouvoit
dans ce pofte. La Garnifon que le koi de
Pruffe a mife dans Drefde , en parut même
fort inquiete. Deux jours s'écoulerent , fans
qu'on eût aucunes nouvelles pofitives de l'armée
Saxonne . Il fe répandoit feulement un bruit
vague qu'elle avoit fait la jonction avec les
Autrichiens. A la fin la vérité le développa.
Le délai , qui avoit fufpendu le départ des Saxons ,
avoit donné le temps aux Pruffiens de fe renforcer
à Schandau , & de faire des abattis d'arbres
dans les défilés . Le Feld- Maréchal de Browne
ne voyant aucun figne de la part des premiers ,
& craignant d'être enveloppé , avoit été dans
la néceffité de quitter Mitteldorff le 13. Pendant
la nuit du 13 au 14 , il étoit tombé une
grande abondance de pluie. Les chemins creux ,
par lefquels l'armée Saxonne devoit paffer près de
212 MERCURE DE FRANCE.
Lilienſtein , étoient entiérement inondés , & ce
contretemps retarda beaucoup la marche des
troupes & le tranſport de l'artillerie . Les Pruffiens
avoient pris poffeffion du camp de Pirna . Ils
attaquerent l'arriere- garde , qui fit une très- belie
défenfe , & qui ne perdit que très - peu de monde
& une vingtaine de charriots . A la pluie fuccéda
un brouillard épais. Lorfque les troupes
Saxonnes voulurent entrer le matin dans les
gorges du défilé qui conduifoit vers Ulletfdorff ,
où elles devoient fe joindre aux Autrichiens ,
elles trouverent ces gorges bouchées , & les Pruf-
Giens Maîtres de toutes les hauteurs. La diftance
à laquelle étoient les Autrichiens , la direction
du vent , un grand ouragan qui s'éleva la nuit ,
& qui continua le lendemain , furent caufe que
les Autrichiens ne purent entendre les coups
de canon , qui devoient leur fervir de fignaux
pour attaquer les Pruffiens. Ainfi la journée du
14 fe paffa fans coup ferir. Les Autrichiens ,
qui avoient attendu l'armée Saxonne deux fois
vingt- quatre heures , & qui n'avoient avec eux
ni tentes , ni provifions fuffifantes de vivres &
de fourrages , furent enfin contraints d'aller rejoindre
le gros de leur armée. Ils avoient fait
trois marches forcées , & il falloit en faire autant
pour exécuter leur retraite , & pour éviter
d'être coupés par le Corps de troupes Pruffiennes
pofté entre Auffig & Lowolis. Le 15 ,
les Saxons tenterent de gagner les fommets
des montagnes , ou de percer à travers les forêts
; mais ils rencontrerent partout des obftacles
infurmontables. Entourés de tous côtés par
les Pruffiens , dénués de fecours & de fubfif-
Lances , privés de toutes reffources , ils étoient
arrêtés entre les rochers inacceffibles , qui bor-
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le
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DECEMBRE , 1756. 213
dent les deux feuls débouchés praticables que
les Pruffiens avoient occupés . Les Saxons ont
paffé trois jours dans cette affreuſe pofition ,
expofés à toutes les injures de la faifon , fans
pain & fans fourrage. Alors le Roi de Pologne
& les Princes Xavier & Charles , obligés de pourvoir
à la fûreté de leurs perfonnes , le font
retirés à Konigstein . En tâchant de fauver leur
liberté , ils ont couru plus d'une fois rifque de
perdre la vie. L'unique defir des Saxons , dans
la fituation déplorable à laquelle ils étoient réduits
, étoit de périr les armes à la main . Ils
n'ont pas même eu cette confolation , & il ne
leur eft refté que la cruelle extrêmité de compofer
avec les Pruffiens. Par la Capitulation ,
les Généraux ont ftipulé pour S. M. Polonoiſe
& pour les Princes fes fils la liberté de fe retirer
où bon leur fembleroit. Les troupes fe
font rendues prifonnieres de guerre . Pendant
deux jours qu'on a employés à convenir des
articles de la Capitulation , toutes les troupes
Saxonnes depuis le Feld- Maréchal jufqu'au
Tambour , déclarerent conftamment qu'elles fe
feroient plutôt hacher en pieces , que de prendre
parti dans l'armée du Roi de Pruffe. Mais
la plupart des foldats n'ont eu enfuite que cette
reffource . A l'égard des Officiers , il a été réglé
qu'ils ne feroient point forcés de prendre
fervice. La Reine de Pologne Electrice de Saxe
étant allée de Drefde joindre le Roi fon époux ,
Leurs Majeftés Polonoifes font parties le 19
pour Warfovie avec les Princes Xavier & Charles
, & avec le Comte de Bruhl . Les Miniftres
Etrangers ont été invités de la part du Roi de
Pologne , de l'y fuivre. S. M. Polonoife n'a
point voulufe mêler de la Capitulation fignée par
1
214 MERCURE DE FRANCE.
fes Généraux. Le Roi de Pruffe occupe à Struppen
le même logement , qu'y occupoit le Roi
de Pologne Il y a de fréquentes allées & venues
de cet endroit à Ko. igſtein , qui par la
capitulation eft tefté aux Saxons , mais dont les
Pruffiens défireroient d'être mis en poffeffion ,
ainfi que de Pirna , & de toutes les Places
des Etats Héréditaires de Saxe , dont S. M.
Pruffienne fe réſerve l'adminiſtration , jufqu'à
ce qu'une paix folide faffe rentrer les chofes
dans leur premier état .
DE LEIPSICK , le 24 Octobre.
Depuis la premiere Relation qu'on a reçue
du malheur des troupes Saxonnes , on a été informé
des particularités fuivantes . Lorsque ces troupes
eurent perdu toute efpérance de forcer les
paffages , le Feld - Maréchal Comte Rutowski
écrivit au Roi , pour lui donner part d'une fi
trifte nouvelle . Sa Majefté fit cette réponfe . « J'ap-
>>prends avec une extrême douleur la déplorable
»fituation , où , par un enchaînement de difgraces
»difficiles à exprimer , vous êtes réduits , vous ,
» mes Généraux & toute mon armée . Il faut fe
>>foumettre à la Divine Providence . Dieu connoit
>>ma droiture. Voilà ma reflource & ma confola-
>>tion. On veut , comme vous me le faites enten-
»dre par le Baron de Dygera , me forcer de
»foufcrire à des conditions que l'on a rendues
»plus dures à mesure que les circonftances font
»devenues plus fâcheufes. Ne me connoît - on
»plus Je fuis toujours Souverain & toujours
»libre. Heureux ou malheureux , je vivrai avec
>>honneur , & je mourrai de même. Je vous aban.
>>donne , Monfieur , le fort de mon armée. Que
t
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C
C
C
DECEMBRE. 1756. 215
>>votre Confeil de guerre décide lui - même , fi
>>vous devez vous rendre prifonnier , ou s'il vous
>>faut mourir par le fer ou par la difette. Que
l'humanité dicte , s'il eft poffible , vos réfolutions
. Quelles qu'elles puiffent être , elle ne me
>> regardent plus , & je vous déclare que je ne
>> vous tiendrai refponfable que d'une feule chofe ,
fçavoir de porter les armes contre moi & contre
» mes amis. >>
Sur la lettre du Roi le Confeil de guerre s'affembla
, & le réfultat des délibérations fut :
Qu'on tenteroit inutilement de vaincre les obftacles
qui empêchoient l'armée de pénétrer plus
avant ; que quand même on parviendroit à les
furmonter , ce feroit fans fruit , dès qu'on n'étoit
pas à portée de joindre une autre armée qui pût
non feulement aider à repouffer les efforts de
l'ennemi , mais encore fournir aux Saxons toutes
les chofes dont ils manquoient ; qu'ils avoient
été obligés de laiffer la moitié de leur artillerie
& de leurs charriots de munitions à bord de l'Elbe ;
qu'on avoit eu avis que le Feld- Maréchal Comte
de Browne avoit rétrogradé à Lychtenhain ; que
vraifemblablement il étoit retourné encore plus
en arriere , puifqu'il n'avoit point entendu les
coups de canon qu'on avoit tirés pour fignaux ;
que de plus la Cavalerie , vu la foiblefle des
chevaux , ne pouvoit entreprendre de combattre
contre la Cavalerie ennemie ; que dans un tel
concours d'événemens finiftres , il n'y avoit point
d'autre parti à prendre que de capituler , & qu'on
fe foumettoit là- deffus au jugement de tous les
gens de guerre; que toutes les troupes étoient
prêtes à verfer leur fang , fi le Roi l'ordonnoit ;
mais que ce feroit les facrifier gratuitement , &
que leur destruction ne pourroit qu'expofer à de
216 MERCURE DE FRANCE.
juftes reproches d'ignorance & de témérité un
corps d'Officiers Généraux qui croyoient avoir
fervi jufques là avec honneur & avec diſtinction.
Il a été réglé par la Capitulation , que le Roi
demeureroit en poffeffion de Konigstein , & que
les Pruffiens n'inquiéteroient en aucune maniere
la garnifon Saxonne , qui a été laiffée par Sa Majefté
dans cette Fortereffe. On attend avec impatience
la nouvelle de l'arrivée du Roi à Warfovic.
DE DRESDE , le 4 Novembre.
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Par un Mémoire intitulé , Exposé des motifs
de la Capitulation fignée le 15 Octobre 1756 ,
entre l'armée du Roi de Pologne Electeur de
Saxe , & Sa Majesté Pruffienne , on voit le plan ad
des opérations que le Confeil du Roi avoit concertées
avec le Feld- Maréchal de Browne . Une
colonne des troupes Saxonnes devoit marcher
vers Proffen , laiffant la montagne de Lilienf
tein à fa gauche . Une autre Colonne devoit
foutenir fix Bataillons de Grenadiers , deſtinés
à attaquer les abattis du bois de Lilienftein,
Elle auroit enfuite continué fa marche , laif
fant cette montagne à fa droite ; & les fix Ba
taillons de Grenadiers fe feroient portés fur le
Village de Walterdorff. Après l'avoir emporté
ils devoient s'y défendre contre l'ennemi , jufquà
ce que l'armée für engagée dans les défilés.
Ils avoient ordre , lorfqu'elle y feroit entrée
, de faire l'arriere-garde. On étoit convenu
avec le Feld- Maréchal de Browne , que les
Saxons le trouveroient à la tête d'un Corps de
douze mille hommes fur les hauteurs de Ratmanfdorff
& de Schandau. Enfuite ils fe feroient
xéunis avec lui au gros de l'armée Autrichienne
campće
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DECEMBRE. 1756. 217
5
campée à Budin. L'exécution de ce projet avoit
été fixée à la nuit du 11 au 12 du mois dernier ,
pour le plus tard. On fe flattoit avec raifon , que
la conftance & le zele des troupes leur feroient
fupporter patiemment la difette de vivres à laquelle
elles feroient réduites pendant un intervalle
fi confidérable. Les rations de pain furent diminuées
, & l'on mit les chevaux à la pâture . Bien
loin d'être rebutés par ces épreuves , les foldats
n'afpiroient qu'au moment de s'ouvrir généreufement
un paffage à travers l'armée Pruſſienne
qui les tenoit bloqués dans leur camp . Le Feld-
Maréchal de Browne inftruit de ce qu'ils avoient
à fouffrir , voulut avancer de quelques jours le
terme de leur délivrance. Il fe porta du camp de
Budin à Lowofitz , afin de donner de l'inquiétude
au Roi de Pruffe du côté de Brix & de Bylin ,
tandis que les Saxons par de fauffes attaques fur
Hennerfdorff & fur Marckerfbach , feindroient de
vouloir fe dégager par feur gauche . Ce mouvement
engagea le premier Octobre le combat de
Lowofitz ou de Welmina entre l'avant- garde des
Autrichiens & l'armée Pruffienne. Le furlendemain
de cette action , le Feld- Maréchal de Browne
fit affurer le Roi que cette action n'avoit rien
dérangé au projet concerté , & qu'il auroit toujours
lieu la nuit du 11 au 12.
Le même Mémoire détaille enfuite tous les
obftacles qui fe font oppofés à la réuffite de ce
projet. « Divers contretemps , dit - on dans cet
Décrit , empêcherent que le pont ne fût établi
auffi-tôt que l'on s'en étoit flatté , & il ne fut
»pas poffible de décamper avant la nuit du 12 au
13. Cette nuit , la plus cruelle qu'on ait jamais
»paffée , l'armée défila fur le pont par une pluie
» affreufe , qui acheva de mettre fur les dents les
K
218 MERCURE DE FRANCE.
»chevaux déja excédés de faim & de fatigue . Le
feul débouché par lequel l'armée pouvoit par-
»venir à la hauteur d'Ebenheit s'étant trouvé
>>engorgé par
le canon que les chevaux n'avoient
»plus la force de traîner , non feulement les
>> Grenadiers & le refte de l'Infanterie , mais même
>>la Cavalerie entreprirent de gravir fucceffive-
»ment contre une montagne preſque inacceffible.
>> Les troupes ne purent arriver fur la hauteur
» d'Ebenheit que vers les quatre heures après-
»midi. Elles s'y formerent fur plufieurs lignes ,
autant que le terrein refferré pouvoit le per-
>>mettre. Le vent prodigieux qu'il faifoit fut cauſe
>>que le Feld-Maréchal de Browne ne put entendre
la violente canonnade & la moufqueterie
>> continuelle dont notre arriere-garde avoit été
»accompagnée depuis dix heures du matin , &
»par cette raifon il n'exécuta point l'attaque qu'il
» s'étoit propofé de faire. Alors nos Généraux
»perfuadés qu'il étoit hors de portée de les fe-
>>courir , ne crurent pas devoir prendre fur eux
>>de facrifier les troupes dans une attaque que
toute la bravoure imaginable ne pouvoit rendre
»utile , dès qu'elle ne fe feroit point en même
>>temps par les Autrichiens & par les Saxons.
»Dans une pofition fi critique , il fut réſolu que
»l'armée demeureroit fous les armes & en état
»de combattre , jufqu'à ce qu'on fçût pofitive-
»ment fi le Feld-Maréchal de Browne avoit pu
wfe porter & fe maintenir fur les hauteurs de
Schandau. Toute la journée du 14 fe paffa dans
>> l'inquiétude & dans le trouble. Malgré les fati-
» gues d'une marche également longue & péni-
»ble , malgré la difette abfolue que le foldat
» éprouvoit depuis quarante-huit heures , le cou-
Drage des troupes n'étoit point ralenti . Elles
13
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2
DECEMBRE . 1756. 219
»attendoient avec impatience l'inftant de fe fa-
» crifier fous les yeux d'un Maître qui avoit voulu
»les commander en perfonne , & à qui l'on ne
perfuada qu'avec beaucoup de peine de fe ren-
» fermer dans la Fortereffe de Konigstein , lorfque
» la multiplicité des obftacles nous eût ôté toute
»efpérance de pouvoir nous dégager. »
>>
Ĉe Mémoire finit par ces mots remarquables :
« Le témoignage que l'armée Saxonne fe doit à
» elle- même de fon courage & de fa fidélité , l'o-
» blige d'expofer aux yeux de toute la terre les
>>motifs invincibles qui l'ont déterminée à une
»démarche auffi accablante que celle à laquelle
» elle a été contrainte. Il n'y a aucun Officier ni
»foldat qui ne fcellât de tout fon ſang la vérité
» des faits contenus dans cet expofé. C'eſt à l'uni-
>vers à prononcer fur ce que l'armée Saxonne a
»fait , & fur ce qu'elle a dû faire . »
Les Régimens Saxons qui ont été forcés de fe'
rendre au Roi de Pruffe , n'ont pas été incorporés
dans les troupes de ce Prince. On leur a donné
des Officiers Pruffiens pour les commander , les
Officiers Saxons ayant conftamment refufé de
fervir contre leur Roi & leur Patrie. Deux de ces
Régimens avoient été conduits à Léipfick , pour
être mis en quartiers dans les environs. Ils ont
pris les armes contre les Officiers Pruffiens qui
ont voulu s'opposer à leur deffein , & ils en ont
tué deux. Les autres Officiers fe font retirés' , &
ccs deux Régimens ayant pris la route du Royaume
de Boheme , font arrivés à Prague.
Cent cinquante foldats des mêmes troupes
s'étant réunis après avoir quitté l'armée Pruffien-¨
ne , ont été atteints dans leur marche par trois
cens Cavaliers qu'on avoit envoyés après eux. Ils
fe font mis en état de défenfe , & ils ont forcé les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
trois cens Cavaliers Pruffiens de rendre les armes ,
& de les fuivre en Boheme où ils font auffi arrivés.
Ces actions de courage de la part des troupes
Saxonnes , prouvent bien qu'elles ne fe font rendues
qu'y étant forcées par leur pofition. Tous
les foldats qui peuvent s'échapper volent au fervice
des Alliés de leur Monarque.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1756, les tensions entre la Prusse et l'Autriche s'intensifièrent. La Cour de Vienne accusa la Prusse d'avoir envahi l'Électorat de Saxe et le Royaume de Bohême, violant ainsi la paix et les droits des peuples. La Prusse justifia son invasion par des accusations de trahison et des allégations de traités secrets entre l'Autriche et la Russie. L'Autriche réfuta ces accusations, affirmant que des recherches dans les archives prussiennes révéleraient des projets de corruption et d'oppression. Les deux parties s'accusèrent mutuellement de violations de traités et de projets d'agrandissement territorial. La Prusse dénonça les projets dangereux de l'Autriche et son désir d'imposer des lois arbitraires, tandis que l'Autriche condamna les agressions prussiennes et les violations des traités. Des combats et des escarmouches entre les troupes autrichiennes et prussiennes furent rapportés, ainsi que des déclarations diplomatiques et des protestations auprès de la Diète de l'Empire. La Prusse affirma agir en légitime défense et se réserva le droit de poursuivre des satisfactions, tout en exprimant sa volonté de rétablir la paix. En octobre 1756, le Feld-Maréchal Comte de Browne tenta de dégager l'armée saxonne près de Schandau, mais des dommages au pont retardèrent les Saxons. Le 13 octobre, un bruit de canon suggéra une attaque contre les Prussiens, mais les Saxons ne reçurent aucune confirmation. Craignant d'être enveloppés, les Saxons quittèrent Mitteldorff. Des conditions météorologiques défavorables retardèrent leur marche. Les Prussiens, ayant renforcé leurs positions, attaquèrent l'arrière-garde saxonne, qui se défendit vaillamment. Bloqués et privés de secours, les Saxons capitulèrent le 15 octobre. La capitulation stipula la liberté du Roi de Pologne et des Princes Xavier et Charles, tandis que les troupes saxonnes furent faites prisonnières de guerre. Les Prussiens occupèrent plusieurs places fortes saxonnes en attendant une paix solide. En décembre 1756, les troupes saxonnes refusèrent de lancer une attaque sans le soutien des Autrichiens. Le 14 décembre, l'armée resta en état de combat, attendant des nouvelles du Feld-Maréchal de Browne. Malgré la fatigue et la disette, les troupes restèrent prêtes à se sacrifier. Le mémoire saxon souligna le courage et la fidélité de l'armée, contrainte à des démarches accablantes. Les régiments saxons, forcés de se rendre au roi de Prusse, refusèrent de servir contre leur roi et leur patrie. Deux régiments se rebellèrent à Leipzig, tuant deux officiers prussiens et se dirigeant vers Prague. Cent cinquante soldats résistèrent à trois cents cavaliers prussiens et les forcèrent à se rendre, rejoignant ensuite la Bohême. Ces actions démontrèrent que les troupes saxonnes ne se rendirent que contraintes par leur situation.
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2
p. 179-180
DU NORD
Début :
Il se trouvoit dans l'armée destinée à agir contre le Roi de Prusse, [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Roi de Prusse, Impératrice de Russie, Officiers russes, Copenhague, Inoculation, Petite vérole, Succès, Norvège, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
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Résumé : DU NORD
Le texte décrit deux événements distincts. À Saint-Pétersbourg, le 26 février, plusieurs officiers prussiens servaient dans une armée destinée à agir contre leur propre roi. L'impératrice a refusé de les obliger à combattre leur souverain et les a remplacés par des officiers russes. À Copenhague, le 18 février, le roi a dîné chez le président Ogier, ambassadeur de France. Depuis six mois, plus de cent personnes ont été inoculées contre la petite vérole à Copenhague sans complications. Cette méthode a également réussi dans diverses provinces, bien que son introduction en Norvège ait rencontré des difficultés. Par ailleurs, des bruits souterrains et des tremblements de terre ont été signalés dans la province d'Aggerhus en Norvège les 1er, 19, 22, 23, 24 et 25 du mois précédent, ainsi que le 4 du mois en cours.
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3
p. 207-210
ALLEMAGNE.
Début :
L'Impératrice de Russie a envoyé à tous ses Ministres dans les [...]
Mots clefs :
Dantzig, Impératrice de Russie, Ministres, Roi de Prusse, Attaques, Riposte, Vaisseaux, Dresde, Ordonnance, Recrues, Ordonnances du roi de Prusse, Francfort, Haut-Palatinat, Prise de la ville, Fuite des habitants, Warendorf, Maréchal d'Estrées, Camps militaires, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DANTZICK , le 24 Mai.
L'IMPERATRICE de Ruffie a envoyé à tous fes
Miniftres dans les Cours Etrangeres le refcrit fuivant
. « Ayant déja témoigné fuffisamment par
» plufieurs Déclarations à toutes les Cours , com-
» bien Nous fommes mécontente de la maniere
» dont le Roi de Pruffe attaque nos Alliés , & que
» Nous fommes réfolue de faire une puiffante di-
» verfion pour leur fecours ; Nous ne le répéteront
point ici. Mais comme on ne peut aider
» nofdits Alliés ni détourner de chez eux le
» fléau de la guerre , qu'en attaquant pareille-
>> ment le Roi de Pruffe dans fes poffeffions ,
» Nous avons ordonné de bloquer d'abord tous
» les Ports de fon Royaume , afin d'y empêcher
» toute entrée & fortie de provifions , & même
» tout commerce , fuivant Pufage de la guerre.
» Ainfi S. M. Imp. charge tous fes Miniftres dans
» les Cours Etrangeres , de communiquer ceci ,
» en ajoutant que nonn--ffeulement on ne permettra
» à aucun Bâtiment d'entrer dans les Ports Pruf-
» fiens ; mais que même , fi quelque Maître de
Navire fe laiffoit employer pour y tranfporter
» des troupes Pruffiennes , de l'artillerie ou des
munitions de guerre, le Bâtiment fera , felon les
208 MERCURE DE FRANCE.
» loix de la guerre , déclaré de bonne prife , fans
» autre formalité. Et l'on a donné en conféquence
>> une note à tous les Miniftres Etrangers , qui
» réfident à Petersbourg. »
Conformement à ce recit , plufieurs Vaiffaux
de l'Impératrice de Ruffie croifent depuis quelques
jours devant les Ports de Memel & de Pillau
, & dans les environs de l'Ile de Hela , fituée
à l'embouchure de la Viftule. Ils fe font emparés
de quatre Navires Pruffiens , dont deux alloient de
Konifberg à Stettin. Les équipages de quelques
Bâtimens ont rapporté qu'ils avoient rencontré
dix-huit Galeres chargées de troupes Ruffiennes ,
faifant route vers la Poméranie .
DE DRESDE , le 2 Juin.
Par une nouvelle Ordonnance , qui vient d'être
fignifiée aux différens cercles de cet Electorat ,
le Directoire Général de Torgau leur demande
une nouvelle fourniture de recrues , montant à
quatre mille deux cens hommes. Il exige que chaque
homme ait au moins cinq preds cing pouces
de hauteur , & qu'aucun ne foit au-deffous de
vingt ans , ni au-deffus de trente ; & qu'ils foient
tout- prêts à être livrés dans trois ſemaines.
On affure que la nuit du 27 au 28 du mois dernier
les troupes Autrichiennes , qui font dans
Prague , ont fait une feconde fortie. Divers avis
confirment que dans celle du 24 elles ont tué
beaucoup de monde aux Pruffiens.
Il paroît deux nouvelles Ordonnances du Roi
de Pruffe. Par la premiere , ce Prince demande
à la Nobleffe de l'Electorat de Saxe une avance de
fix cens mille écus , qu'il promet de rembourfer
après la guerre. La feconde porte que , fi léshaJUILLET.
1757. 209
bitans de Léipfick ne fourniffent pas fans délai la
fomme qui leur a été impofée , on arrêtera dix
d'entr'eux , pris en partie parmi les Magiftrats ,
en partie dans le Corps des Négocians , & que
ces dix perfonnes feront détenues en priſon jufqu'à
l'entier paiement de cette fomme.
DE FRANC FORT , les Juin .
Par les lettres reçues du haut- Palatinat , on a
appris qu'un Corps de 1500 Pruffiens s'eft emparé
de la petite ville de Scwabach , appartenante au
Margrave d'Anfpach , & qu'enfuite ce Corps s'étant
préfenté aux portes de Nuremberg , il a demandé
que les habitans de cette derniere Ville
euffent à déclarer s'ils étoient amis ou ennemis ,
& au cas qu'ils priffent le premier parti , qu'ils
remiffent toute l'artillerie de la Place , finon
qu'on agiroit hoftilement contr'eux. Les villes
de Bamberg & d'Aichfted font dans la derniere
frayeur. Prefque tous les habitans prennent la
fuite. Cependant le bruit vient de fe répandre que
ce détachement Pruffien s'étoit retiré . pour fe
porter dans la Principauté d'Anſpach.
DE WAREN DORFF , le 7 Juin.
9
Le Maréchal d'Eftrées a porté l'armée du Roi
fur l'Embs où elle eft campée en différens
Corps , dont les mouvemens ont été fucceffifs . Il
a laiffé à Tellight une réſerve de huit Bataillons de
Grenadiers Royaux , & d'un Régiment de Dragons.
L'abondance des pluies a tellement gâté les
chemins , que ce Géneral n'a pu encore être joint
par le Corps féparé , que commande le Prince de
Soubize.
Les ennemis fe font raffemblés à Brackwede . Ils
campent fur deux lignes , ayant devant leur cen210
MERCURE DE FRANCE.
tré ce village , & en avant un ruiffeau & des ma→ :
rais. Le Duc de Cumberland a laiffé douze cens
hommes dans Rittberg , dont les abords font
aufà très marécageux.
DE DANTZICK , le 24 Mai.
L'IMPERATRICE de Ruffie a envoyé à tous fes
Miniftres dans les Cours Etrangeres le refcrit fuivant
. « Ayant déja témoigné fuffisamment par
» plufieurs Déclarations à toutes les Cours , com-
» bien Nous fommes mécontente de la maniere
» dont le Roi de Pruffe attaque nos Alliés , & que
» Nous fommes réfolue de faire une puiffante di-
» verfion pour leur fecours ; Nous ne le répéteront
point ici. Mais comme on ne peut aider
» nofdits Alliés ni détourner de chez eux le
» fléau de la guerre , qu'en attaquant pareille-
>> ment le Roi de Pruffe dans fes poffeffions ,
» Nous avons ordonné de bloquer d'abord tous
» les Ports de fon Royaume , afin d'y empêcher
» toute entrée & fortie de provifions , & même
» tout commerce , fuivant Pufage de la guerre.
» Ainfi S. M. Imp. charge tous fes Miniftres dans
» les Cours Etrangeres , de communiquer ceci ,
» en ajoutant que nonn--ffeulement on ne permettra
» à aucun Bâtiment d'entrer dans les Ports Pruf-
» fiens ; mais que même , fi quelque Maître de
Navire fe laiffoit employer pour y tranfporter
» des troupes Pruffiennes , de l'artillerie ou des
munitions de guerre, le Bâtiment fera , felon les
208 MERCURE DE FRANCE.
» loix de la guerre , déclaré de bonne prife , fans
» autre formalité. Et l'on a donné en conféquence
>> une note à tous les Miniftres Etrangers , qui
» réfident à Petersbourg. »
Conformement à ce recit , plufieurs Vaiffaux
de l'Impératrice de Ruffie croifent depuis quelques
jours devant les Ports de Memel & de Pillau
, & dans les environs de l'Ile de Hela , fituée
à l'embouchure de la Viftule. Ils fe font emparés
de quatre Navires Pruffiens , dont deux alloient de
Konifberg à Stettin. Les équipages de quelques
Bâtimens ont rapporté qu'ils avoient rencontré
dix-huit Galeres chargées de troupes Ruffiennes ,
faifant route vers la Poméranie .
DE DRESDE , le 2 Juin.
Par une nouvelle Ordonnance , qui vient d'être
fignifiée aux différens cercles de cet Electorat ,
le Directoire Général de Torgau leur demande
une nouvelle fourniture de recrues , montant à
quatre mille deux cens hommes. Il exige que chaque
homme ait au moins cinq preds cing pouces
de hauteur , & qu'aucun ne foit au-deffous de
vingt ans , ni au-deffus de trente ; & qu'ils foient
tout- prêts à être livrés dans trois ſemaines.
On affure que la nuit du 27 au 28 du mois dernier
les troupes Autrichiennes , qui font dans
Prague , ont fait une feconde fortie. Divers avis
confirment que dans celle du 24 elles ont tué
beaucoup de monde aux Pruffiens.
Il paroît deux nouvelles Ordonnances du Roi
de Pruffe. Par la premiere , ce Prince demande
à la Nobleffe de l'Electorat de Saxe une avance de
fix cens mille écus , qu'il promet de rembourfer
après la guerre. La feconde porte que , fi léshaJUILLET.
1757. 209
bitans de Léipfick ne fourniffent pas fans délai la
fomme qui leur a été impofée , on arrêtera dix
d'entr'eux , pris en partie parmi les Magiftrats ,
en partie dans le Corps des Négocians , & que
ces dix perfonnes feront détenues en priſon jufqu'à
l'entier paiement de cette fomme.
DE FRANC FORT , les Juin .
Par les lettres reçues du haut- Palatinat , on a
appris qu'un Corps de 1500 Pruffiens s'eft emparé
de la petite ville de Scwabach , appartenante au
Margrave d'Anfpach , & qu'enfuite ce Corps s'étant
préfenté aux portes de Nuremberg , il a demandé
que les habitans de cette derniere Ville
euffent à déclarer s'ils étoient amis ou ennemis ,
& au cas qu'ils priffent le premier parti , qu'ils
remiffent toute l'artillerie de la Place , finon
qu'on agiroit hoftilement contr'eux. Les villes
de Bamberg & d'Aichfted font dans la derniere
frayeur. Prefque tous les habitans prennent la
fuite. Cependant le bruit vient de fe répandre que
ce détachement Pruffien s'étoit retiré . pour fe
porter dans la Principauté d'Anſpach.
DE WAREN DORFF , le 7 Juin.
9
Le Maréchal d'Eftrées a porté l'armée du Roi
fur l'Embs où elle eft campée en différens
Corps , dont les mouvemens ont été fucceffifs . Il
a laiffé à Tellight une réſerve de huit Bataillons de
Grenadiers Royaux , & d'un Régiment de Dragons.
L'abondance des pluies a tellement gâté les
chemins , que ce Géneral n'a pu encore être joint
par le Corps féparé , que commande le Prince de
Soubize.
Les ennemis fe font raffemblés à Brackwede . Ils
campent fur deux lignes , ayant devant leur cen210
MERCURE DE FRANCE.
tré ce village , & en avant un ruiffeau & des ma→ :
rais. Le Duc de Cumberland a laiffé douze cens
hommes dans Rittberg , dont les abords font
aufà très marécageux.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1757, l'impératrice de Russie a exprimé son mécontentement face aux attaques du roi de Prusse contre ses alliés. Elle a ordonné le blocus des ports prussiens, empêchant toute entrée ou sortie de provisions et de commerce. Des vaisseaux russes patrouillaient devant Memel, Pillau et l'île de Hela, capturant quatre navires prussiens. Des troupes russes se dirigeaient vers la Poméranie. À Dresde, le Directoire Général de Torgau a réclamé 4 200 nouvelles recrues, âgées de 20 à 30 ans et mesurant au moins cinq pieds cinq pouces. Les troupes autrichiennes à Prague avaient lancé des sorties contre les Prussiens. Le roi de Prusse a exigé des avances financières de la noblesse saxonne et des habitants de Leipzig, menaçant d'arrestations en cas de refus. À Francfort, un corps de 1 500 Prussiens avait pris la ville de Schwabach et menacé Nuremberg, avant de se retirer vers la Principauté d'Anspach. À Waren Dorff, le maréchal d'Estrées a déplacé l'armée du roi sur l'Embs, malgré des conditions météorologiques défavorables. Les ennemis étaient rassemblés à Brackwede, et le duc de Cumberland avait laissé 1 200 hommes à Rittberg.
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4
p. 205
DE VIENNE le 24 Juin.
Début :
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc de Broglie, Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Duc de Broglie, Prince de l'empire, Lieutenant général des armées du roi, Nomination, Canons, Impératrice de Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE le 24 Juin.
DE VIENNE le 24 Juin.
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc
de Broglie , Lieutenant - Général des armées du
Roi Très-Chrétien .
L'impératrice de Ruffie a fait préſent à l'Impératrice
Reine , de vingt-neuf piéces de canon
de bronze. Il y en a fix d'une nouvelle invention .
Elles renferment fous une enveloppe de fer battu
un mèchaniſme qui n'eſt encore connu de perfonne.
L'Empereur a créé Prince de l'Empire le Duc
de Broglie , Lieutenant - Général des armées du
Roi Très-Chrétien .
L'impératrice de Ruffie a fait préſent à l'Impératrice
Reine , de vingt-neuf piéces de canon
de bronze. Il y en a fix d'une nouvelle invention .
Elles renferment fous une enveloppe de fer battu
un mèchaniſme qui n'eſt encore connu de perfonne.
Fermer
5
p. 197
DE PETERSBOURG, le 15 Octobre.
Début :
L'Impératrice de Russie vient de rendre une Ordonnance par laquelle [...]
Mots clefs :
Impératrice de Russie, Ordonnance, Levée de soldats, Provinces, Pologne, Armée
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texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 15 Octobre.
De PETERSBOURG , le 15 Octobre.
L'IMPERATRICE de Ruffie vient de rendre une
Ordonnance par laquelle il eft enjoint de lever
quarante-cinq mille hommes de recrues dans les
Provinces. On fe propofe de les faire partir pour
la Pologne avec fept mille hommes de troupes
réglées , qui doivent aller renforcer l'armée aux
ordres du Comte de Soltikoff.
L'IMPERATRICE de Ruffie vient de rendre une
Ordonnance par laquelle il eft enjoint de lever
quarante-cinq mille hommes de recrues dans les
Provinces. On fe propofe de les faire partir pour
la Pologne avec fept mille hommes de troupes
réglées , qui doivent aller renforcer l'armée aux
ordres du Comte de Soltikoff.
Fermer
6
p. 184-190
De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
Début :
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de Choiseul ont fait entendre au Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal de Biron, Duc de Choiseul, Musique militaire, Roi, Régiment, Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Bal, Monseigneur le Dauphin, Comtesse, Académie française, Commandement, Nominations, Cour, Chevaliers, Officiers, Honneur, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Duc, Prince héréditaire, Célébrations, Église, Capitaine, Promotion, Archevêque, Diocèse, Abbé, Ordre, Impératrice de Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
DeVERSAILLES , le 16 Fevrier 1763 .
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
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Résumé : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
En février et avril 1763, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 16 février, le Maréchal Duc de Biron et le Duc de Choiseul ont présenté au roi les musiques des Régiments des Gardes Français et Suisses, obtenant sa satisfaction. Le 23 février, le contrat de mariage entre le Comte de Sparre, d'une famille suédoise illustre, et la Demoiselle de Camuset a été signé par les souverains et la famille royale. Le 24 février, un bal a réuni les souverains, le Dauphin, la Dauphine, et plusieurs princes et princesses. Le 25 février, la Comtesse de Choiseul-La Baume a été présentée aux souverains et à la famille royale par la Duchesse de Choiseul. Le 30 février, le sieur Hardion a présenté les volumes 15 et 16 de son Histoire Universelle, et le sieur Targe a présenté des tomes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de Smollett. Le roi a nommé le Comte de la Guiche Lieutenant Général des Armées du Roi et commandant en chef de la province de Bourgogne. Le même jour, le sieur d'Argouges a été présenté en qualité de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris. Le 31 mars, un bal a eu lieu à la cour avec la présence des souverains et de plusieurs princes et princesses. Le 1er avril, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont célébré leur service annuel, et divers dignitaires ont présenté des cierges à la famille royale. Le 2 avril, le Prince de Lamballe a été reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 avril, un bal a eu lieu à la cour, et le Prince de Beauvau, commandant des troupes françaises au Portugal, a été présenté au roi. Le 6 avril, le contrat de mariage entre le Comte de la Luzerne et la Demoiselle Angrand d'Alleret a été signé. Le 10 avril, un service a été célébré en mémoire de Madame Henriette de France. Le 13 avril, le contrat de mariage entre le Comte de Montboissier et la Demoiselle de Rochechouart a été signé. Le 14 avril, un bal a eu lieu à la cour, et la Duchesse de la Rochefoucault a été présentée aux souverains. Le roi a également pris le deuil pour la mort du Cardinal de Bavière. Diverses nominations et présentations de dignitaires ecclésiastiques et militaires ont également été mentionnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 191-193
SUITE de la Copie d'un Mémoire en faveur du Duc de Biren, & envoyé de Mittau le 16 Janvier 1763.
Début :
Le Duc Jean-Ernest, en recevant la première nouvelle de l'intrusion du Prince Charles, [...]
Mots clefs :
Duc de Biren, Prince Charles, Prisonnier, Jugement, Impératrice de Russie, Justice, Couronne, Roi de Pologne, Duc de Courlande, Diète, Possession, Fiefs, Sénat, Nomination, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Copie d'un Mémoire en faveur du Duc de Biren, & envoyé de Mittau le 16 Janvier 1763.
SUITE de la Copie d'un Mémoire en faveur du
Duc de Biren , & envoyé de Mittau le 16
Janvier 1763.
"
"
"
Le Duc Jean- Erneft , en recevant la première
nouvelle de l'intruſion du Prince Charles , vou.
lut protefter contr'elle ; mais étant toujours
, détenu prifonnier en Ruffie , il ne lui fut pas
,, poffible d'éxécuter fon deffein ; cependant comme
il n'a jamais renoncé aux droits qu'il a légitimement
acquis , & dont il n'a jamais été
privé par aucun jugement légal , il doit les
>>conferver entiers.
» Auffi , dès que le fucceffeur immédiat de
l'Impératrice Elifabeth eut rompu ſes chaînes ,
fongea-t-il à faire valoir fes droits & à fe re-
> mettre en poffeffion de fes Duchés.
גכ
ג כ
L'Impératrice Catherine II , qui le trouva
» libre , à fon avénement à la Couronne , für
> touchée des longs malheurs qu'il avoit efluyés ;
» & comme Elle étoit intimement perfuadée de
la juftice de la caufe , fondée fur les titres &
> les faits inconteftables ci -deffus détaillés , Effe
> crut , par l'amour feul de l'équité , devoir fai
accorder fa haute protection & fon appui pour
» le rétablir dans les Etats.
» Dans cette vue , tous les moyens amiables
192 MERCURE DE FRANCE.
5)
furent employés de fa part à la Cour de Po
logne , & le Duc Jean Erneft ne manqua pas
non plus de repréſenter ſon droit par des lettres
>>convenables & refpectueuses.
» Mais comme Sa Majeſté Polonoiſe n'a écou
té dans cette occafion que la voix de la ten-
>> dreffe paternelle , il n'eft pas étonnant que
» l'Impératrice ait eu à la fin recours à des voies
plus efficaces pour faire rentrer le Duc Jean-
Erneft dans la poffeffion d'une Principauté don't
on paroilloit vouloir le dépouiller injuftement.
>> Car par tout ce qu'on vient d'expoſer , il eſt
clair , 1. que le Duc Jean -Erneſt fut établi
» Duc de Courlande par la feule autorité légitime
» en Pologne , qui eft celle d'un Décret de la
» Diete , en vertu duquel le Roi lui a folemnelle-
> ment conféré ce Fief , tant pour lui que pour
»fa poftérité mâle. 2 °. Que puifque le Roi & le
» Sénat fe font pendant dix ans intéreffés en la
faveur le faire remettre en liberté & en
pour
poffeffion de fes Duchés , ils ont conftamment
>> reconnu fon droit. 3 °. Qu'il n'a pû tout d'un
coup en être légitimement privé par le Senatus
Confilium de 1758 , auquel les loix n'en
avoient pas donné l'autorité. 4 ° . Que de plus ,
dans le prétendu jugement du Sénat , aucune
formalité requife n'a été obfervée , le Duc Jean-
Erneft n'ayant été ni cité ni oui en défenſe . 5º .
Que le Prince Charles n'a été nommé à fa place
fur la fuppofition que le Duc Jean - Erneft &
fa Famille ne feroient jamais remis en liberté ;
mais le contraire étant arrivé , tout ce qui
que
» a été établi fur ce fondement tombe de foi -mê-
» me , & qu'ainfi le Duc Jean- Erneft doit rentrer
» de plein droit dans fes Duchés ? & 6 ° . que fi
le Prince Charles fe trouve compromis d'une
»maniére
"
""
"
ر د
"
» que
DƆ
M A I. 1763. 193
18
ゴ
1:
manière défagréable dans cette affaire , ce n'eft
pas la faute da Duc Jean- Erneſt , mais de ceux
qui ont engagé ce Prince dans une ſemblable
démarche , fans avoir égard à la justice , &fans
prévoir les fuites.
Duc de Biren , & envoyé de Mittau le 16
Janvier 1763.
"
"
"
Le Duc Jean- Erneft , en recevant la première
nouvelle de l'intruſion du Prince Charles , vou.
lut protefter contr'elle ; mais étant toujours
, détenu prifonnier en Ruffie , il ne lui fut pas
,, poffible d'éxécuter fon deffein ; cependant comme
il n'a jamais renoncé aux droits qu'il a légitimement
acquis , & dont il n'a jamais été
privé par aucun jugement légal , il doit les
>>conferver entiers.
» Auffi , dès que le fucceffeur immédiat de
l'Impératrice Elifabeth eut rompu ſes chaînes ,
fongea-t-il à faire valoir fes droits & à fe re-
> mettre en poffeffion de fes Duchés.
גכ
ג כ
L'Impératrice Catherine II , qui le trouva
» libre , à fon avénement à la Couronne , für
> touchée des longs malheurs qu'il avoit efluyés ;
» & comme Elle étoit intimement perfuadée de
la juftice de la caufe , fondée fur les titres &
> les faits inconteftables ci -deffus détaillés , Effe
> crut , par l'amour feul de l'équité , devoir fai
accorder fa haute protection & fon appui pour
» le rétablir dans les Etats.
» Dans cette vue , tous les moyens amiables
192 MERCURE DE FRANCE.
5)
furent employés de fa part à la Cour de Po
logne , & le Duc Jean Erneft ne manqua pas
non plus de repréſenter ſon droit par des lettres
>>convenables & refpectueuses.
» Mais comme Sa Majeſté Polonoiſe n'a écou
té dans cette occafion que la voix de la ten-
>> dreffe paternelle , il n'eft pas étonnant que
» l'Impératrice ait eu à la fin recours à des voies
plus efficaces pour faire rentrer le Duc Jean-
Erneft dans la poffeffion d'une Principauté don't
on paroilloit vouloir le dépouiller injuftement.
>> Car par tout ce qu'on vient d'expoſer , il eſt
clair , 1. que le Duc Jean -Erneſt fut établi
» Duc de Courlande par la feule autorité légitime
» en Pologne , qui eft celle d'un Décret de la
» Diete , en vertu duquel le Roi lui a folemnelle-
> ment conféré ce Fief , tant pour lui que pour
»fa poftérité mâle. 2 °. Que puifque le Roi & le
» Sénat fe font pendant dix ans intéreffés en la
faveur le faire remettre en liberté & en
pour
poffeffion de fes Duchés , ils ont conftamment
>> reconnu fon droit. 3 °. Qu'il n'a pû tout d'un
coup en être légitimement privé par le Senatus
Confilium de 1758 , auquel les loix n'en
avoient pas donné l'autorité. 4 ° . Que de plus ,
dans le prétendu jugement du Sénat , aucune
formalité requife n'a été obfervée , le Duc Jean-
Erneft n'ayant été ni cité ni oui en défenſe . 5º .
Que le Prince Charles n'a été nommé à fa place
fur la fuppofition que le Duc Jean - Erneft &
fa Famille ne feroient jamais remis en liberté ;
mais le contraire étant arrivé , tout ce qui
que
» a été établi fur ce fondement tombe de foi -mê-
» me , & qu'ainfi le Duc Jean- Erneft doit rentrer
» de plein droit dans fes Duchés ? & 6 ° . que fi
le Prince Charles fe trouve compromis d'une
»maniére
"
""
"
ر د
"
» que
DƆ
M A I. 1763. 193
18
ゴ
1:
manière défagréable dans cette affaire , ce n'eft
pas la faute da Duc Jean- Erneſt , mais de ceux
qui ont engagé ce Prince dans une ſemblable
démarche , fans avoir égard à la justice , &fans
prévoir les fuites.
Fermer
Résumé : SUITE de la Copie d'un Mémoire en faveur du Duc de Biren, & envoyé de Mittau le 16 Janvier 1763.
Le mémoire du 16 janvier 1763 soutient la cause du Duc Jean-Erneft de Biren, détenu en Russie et empêché d'empêcher l'intrusion du Prince Charles en Courlande. Le Duc n'a jamais renoncé à ses droits légitimes sur le duché, acquis par un décret de la Diète polonaise et confirmés par le roi de Pologne. À sa libération, il a cherché à récupérer ses duchés. L'Impératrice Catherine II, convaincue de la justesse de sa cause, lui a offert sa protection. Des démarches amiables auprès de la cour de Pologne ayant échoué, l'Impératrice a dû recourir à des moyens plus efficaces. Le mémoire souligne que le Duc Jean-Erneft a été légitimement établi Duc de Courlande par un décret de la Diète, reconnu par le roi et le Sénat polonais pendant dix ans. Le jugement du Sénat de 1758, le privant de ses droits, est jugé illégal car les formalités nécessaires n'avaient pas été respectées. Le Prince Charles ayant été nommé sous l'hypothèse que le Duc ne serait jamais libéré, la situation ayant changé, le Duc Jean-Erneft doit récupérer ses duchés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 200
DE MADRID, le 8 Février 1763.
Début :
L'Impératrice de Russie a remis au Marquis d'Almodovar, Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Impératrice de Russie, Marquis, Ministre plénipotentiaire, Roi Très-Chrétien, Cours, Usages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 8 Février 1763.
DE MADRID , le 8 Février 1763.
L'Impératrice de Ruffie a remis au Marquis
d'Almodovar , Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majefté Catholique auprès de la Perfonne , une
réverfale femblable à celle qu'Elle avoit donnée au
Roi Très- Chrétien , lorfque ce Monarque accorda
le même titre d'Impératrice à cette Princeffe , fous
la condition que cela n'apporteroit aucun chan
gement au cérémonial ufité entre les deux Cours.
L'Impératrice de Ruffie a remis au Marquis
d'Almodovar , Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majefté Catholique auprès de la Perfonne , une
réverfale femblable à celle qu'Elle avoit donnée au
Roi Très- Chrétien , lorfque ce Monarque accorda
le même titre d'Impératrice à cette Princeffe , fous
la condition que cela n'apporteroit aucun chan
gement au cérémonial ufité entre les deux Cours.
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9
p. 202-206
De VERSAILLES, le 16 Mars 1763.
Début :
Le Marquis de Fraigne, qui avoit été nommé Ministre Plénipotentiaire du Roi auprès du [...]
Mots clefs :
Marquis, Nominations, Duc, Famille royale, Envoyé extraordinaire, Impératrice de Russie, Audience, Lettres de créance, Traité de paix, Roi de Prusse, Ambassade , Deuil, Abbaye, Diocèse, Capitaine, Régiment, Maréchal de camp, Uniformes militaires, Évêque, Contrats de mariage, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 16 Mars 1763.
De VERSAILLES , le 16 Mars 1763.
Le Marquis de Fraigne , qui avoit été nom- LB
mé Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès du
Duc de Zerbft , & qui a été détenu cinq ans
à la Citadelle de Magdebourg , eft arrivé ici.
Il a eu l'honneur d'être préfenté à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale. Le Roi pour lui
témoigner la fatisfaction qu'il a de fes ſervices ,
lui a accordé une penfion de quatre mille
livres.
་
Le 22 du mois dernier , le Comte de Soltikoff
, Envoyé Extraordinaire & Miniſtre Plénipotentiaire
de l'Impératrice de Ruffie , eut une
Audience publique du Roi , dans laquelle il remit
fes Lettres de Créance à Sa Majesté. Il fat
«conduit à cette Audiance , ainsi qu'à celles de
la Reine & de toute la Famille Royale , par le
fieur Dufort Introducteur des Ambaffadeurs. Le
-Prince Gallitzin , qui étoit refté chargé des
Affaires de l'Impératrice de Ruffie jufqu'à l'arrivée
du Comte Soltikoff , a pris congé de Leurs
Majeftés & de toute la Famille Royale.
M A I. 1763. 203
au
Le Roi a accordé la furvivance de la place
d'Aftronome Géographe de la Marine ,
fieur Pingré , Chanoine Régulier de Sainte Génevieve
, Membre de l'Académie Royale des
Sciences , connu par des travaux Aftronomiques
tiles , & furtout par le voyage qu'il a fait
à l'Ifle Rodrigues pour obferver le paffage de
Vénus.
Le fieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry , a eu l'honneur de
préfenter à Leurs Majeftées , ainfi qu'à la Famille
Royale , quinze nouvelles Cartes de fon
Atlas Géographique & Hiftorique.
On a appris par un Courrier dépêché de la
›Cour de Vienne au Comte de Starhemberg , Ambaffadeur
de Leurs Majeftés Impériales , que le
Traité définitif de Paix entre l'Impératrice-Reine
- & le Roi de Pruffe a été figné le is du mois dernier
par leurs Plénipotentiaires refpectifs ; & que
le même jour le Traité de Paix entre le Roi de
·Pologne , Electeur de Saxe , & le Roi de Prule a
été figné également par les Plénipotentiaires de
ces deux Souverains.
1
Le fieur d'Eon , Secrétaire d'Ambaſſade du
Duc de Nivernois eft arrivé le 26 du mois dernier
de Londres , & a remis au Duc de Bedfort ,
Ambaffadeur de Sa Majesté Britannique , un paquet
qui contenoit les ratifications du Traité définitif
de Paix figné à Paris le 10 du même mois.
Le 28 du même mois , la Cour a pris le deuil
pour huit jours , à l'occafion de la mort de la
Princelle Politene- Marie Anne de Savoye , morte
à Turin le 20 Décembre 1962 , dans fa dix- ſeptićsme
année. Cette Princelle étoit fille du Prince de
Carignan & de Chriftine- Henriette de Helle-Rhinffeld
, foeur de la feue Reine de Sardaigne , &
¡I.vj
2.04 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille de Victoire- Marie -Anne de Savoye ,
Princeffe Douairiere de Carignan.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Montivilliers ;
Ordre de S. Benoit , Diocèfe de Rouen , à la Dame
d'Argicourt , Religieufe Bénédictine de l'Ab
baye d'Origny , Diocèle de Laon.
Le Comte de Poligny , Capitaine au Régiment
de Clermont Cavalerie , & le Marquis de Monttazet
, Capitaine au Régiment d'Enghien , Infan
terie , ont obtenu l'agrément du Roi pour les
charges de Colonels- Lieutenans de leurs Régimens
refpectifs , vacantes par la promotion du
Comte de Fumel & du fieur de la Merville , auz
grades de Maréchaux de Camp.
Le Roi a accordé les entrées de fa chambre à
P'Archevêque de Narbonne.
1
Sa Majefté a nommé la Princeffe de Guiftel ,.
Dame pour accompagner Madame la Dauphine.
Le Marquis de Bauflet , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi près de l'Electeur de Cologne
revenu ici par congé , fut préfenté à Sa Majefté
le 27 du mois dernier par le Duc de
Praflin ..
Le Marquis de Gouy , Maréchal de Camp ,
prêta ferment , le même jour , entre les mains
de Sa Majefté pour la Lieutenance Générale .
du Gouvernement de l'Ile de France au Département
du Vexin François.
Le 28 du même mois , l'Abbé de Breteuit
prêta auffi ferment , entre les mains du Roi ,
pour l'Evêché de Montauban .
Le Duc de Choifeul a préfenté au Roi un
nouvel uniforme pour le Régiment des Gardes
Suiffes , lequel a été agréé de Sa Majefté. Le
Roi a donné le Gouvernement de la Martini
que au Marquis de Fenelon , Lieutenant- Géné
MA I. 1763.
20
;
ral ; celui de la Guadeloupe au Chevalier de .
Bourlamaque , Maréchal de Camp celui de
Sainte Lucie au Chevalier de Jumilhac , Briga,
dier , & celui de Cayenne au Chevalier Turgot.
Le Sieur Chardon , Lieutenant particulier
du Châtelet , ayant été nommé Intendant de
Sainte Lucie , a eu l'honneur d'être préfenté en
cette qualité à Sa Majefté le 7 de ce mois.
L'Evêque de Saint Pol de Leon s'étant démis
de fon Evêché , le Roi y a nommé l'Abbé d'Andigné
, Aumônier ordinaire de la Reine. Sa Majeſté
a donné en même temps à l'ancien Evêque
de Leon l'Abbaye de la Cour- Dieu , Ordre
de Cîteaux , Diocéle d'Orléans , dont l'Abbé
d'Andigné étoit Titulaire.
Les ratifications du Traité définitif de Paix
figné à Paris le 10 Février dernier , & celles
de l'acceffion du Roi de Portugal , ont été échangées
le 10 de ce mois dans la forme ordinaire.
Leurs Majeftés , ainfi que la Famille Royale ,
ont figné le 13 de ce mois , les contrats de ma
riages du Marquis de Montillet avec Damoiselle
de Chabannes de Tarton : du Marquis de Bauffer
avec Demoiſelle de Selle l'aînée ; & du Marquis
de Miran avec Demoiſelle de Selle , four cadette
de la précédente , & toutes deux filles du
feu fieur de Selle , Tréforier Général de la Ma
rine.
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale
des Sciences , chargé par le Roi de compofer
chaque année le livre de la Connoiffance des mou
yemens célestes , pour l'utilité des Aftronomes &
des Navigateurs , a eu l'honneur de présenter à
Sa Majesté le volume de cet Ouvrage deſtiné
pour l'année 1764. Indépendamment des calculs
& des tables qui fe rapportent à l'année 1764 , le
206 MERCURE DE FRANCE.
C
*
Mieur de la Lande a enrichi ce volume de plufieurs
tables & recherches nouvelles fur les fatellites de
Jupiter , fur l'attraction , fur les marées , fur la
cométe de 1762 , fur le paffage de Vénus , fur
les éclipfes & en particulier fur la grande éclipſe
du ſoleil qui arrivera le premier Avril 1764.
Le Marquis de Fraigne , qui avoit été nom- LB
mé Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès du
Duc de Zerbft , & qui a été détenu cinq ans
à la Citadelle de Magdebourg , eft arrivé ici.
Il a eu l'honneur d'être préfenté à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale. Le Roi pour lui
témoigner la fatisfaction qu'il a de fes ſervices ,
lui a accordé une penfion de quatre mille
livres.
་
Le 22 du mois dernier , le Comte de Soltikoff
, Envoyé Extraordinaire & Miniſtre Plénipotentiaire
de l'Impératrice de Ruffie , eut une
Audience publique du Roi , dans laquelle il remit
fes Lettres de Créance à Sa Majesté. Il fat
«conduit à cette Audiance , ainsi qu'à celles de
la Reine & de toute la Famille Royale , par le
fieur Dufort Introducteur des Ambaffadeurs. Le
-Prince Gallitzin , qui étoit refté chargé des
Affaires de l'Impératrice de Ruffie jufqu'à l'arrivée
du Comte Soltikoff , a pris congé de Leurs
Majeftés & de toute la Famille Royale.
M A I. 1763. 203
au
Le Roi a accordé la furvivance de la place
d'Aftronome Géographe de la Marine ,
fieur Pingré , Chanoine Régulier de Sainte Génevieve
, Membre de l'Académie Royale des
Sciences , connu par des travaux Aftronomiques
tiles , & furtout par le voyage qu'il a fait
à l'Ifle Rodrigues pour obferver le paffage de
Vénus.
Le fieur Buy de Mornas , Géographe de Monfeigneur
le Duc de Berry , a eu l'honneur de
préfenter à Leurs Majeftées , ainfi qu'à la Famille
Royale , quinze nouvelles Cartes de fon
Atlas Géographique & Hiftorique.
On a appris par un Courrier dépêché de la
›Cour de Vienne au Comte de Starhemberg , Ambaffadeur
de Leurs Majeftés Impériales , que le
Traité définitif de Paix entre l'Impératrice-Reine
- & le Roi de Pruffe a été figné le is du mois dernier
par leurs Plénipotentiaires refpectifs ; & que
le même jour le Traité de Paix entre le Roi de
·Pologne , Electeur de Saxe , & le Roi de Prule a
été figné également par les Plénipotentiaires de
ces deux Souverains.
1
Le fieur d'Eon , Secrétaire d'Ambaſſade du
Duc de Nivernois eft arrivé le 26 du mois dernier
de Londres , & a remis au Duc de Bedfort ,
Ambaffadeur de Sa Majesté Britannique , un paquet
qui contenoit les ratifications du Traité définitif
de Paix figné à Paris le 10 du même mois.
Le 28 du même mois , la Cour a pris le deuil
pour huit jours , à l'occafion de la mort de la
Princelle Politene- Marie Anne de Savoye , morte
à Turin le 20 Décembre 1962 , dans fa dix- ſeptićsme
année. Cette Princelle étoit fille du Prince de
Carignan & de Chriftine- Henriette de Helle-Rhinffeld
, foeur de la feue Reine de Sardaigne , &
¡I.vj
2.04 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille de Victoire- Marie -Anne de Savoye ,
Princeffe Douairiere de Carignan.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Montivilliers ;
Ordre de S. Benoit , Diocèfe de Rouen , à la Dame
d'Argicourt , Religieufe Bénédictine de l'Ab
baye d'Origny , Diocèle de Laon.
Le Comte de Poligny , Capitaine au Régiment
de Clermont Cavalerie , & le Marquis de Monttazet
, Capitaine au Régiment d'Enghien , Infan
terie , ont obtenu l'agrément du Roi pour les
charges de Colonels- Lieutenans de leurs Régimens
refpectifs , vacantes par la promotion du
Comte de Fumel & du fieur de la Merville , auz
grades de Maréchaux de Camp.
Le Roi a accordé les entrées de fa chambre à
P'Archevêque de Narbonne.
1
Sa Majefté a nommé la Princeffe de Guiftel ,.
Dame pour accompagner Madame la Dauphine.
Le Marquis de Bauflet , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi près de l'Electeur de Cologne
revenu ici par congé , fut préfenté à Sa Majefté
le 27 du mois dernier par le Duc de
Praflin ..
Le Marquis de Gouy , Maréchal de Camp ,
prêta ferment , le même jour , entre les mains
de Sa Majefté pour la Lieutenance Générale .
du Gouvernement de l'Ile de France au Département
du Vexin François.
Le 28 du même mois , l'Abbé de Breteuit
prêta auffi ferment , entre les mains du Roi ,
pour l'Evêché de Montauban .
Le Duc de Choifeul a préfenté au Roi un
nouvel uniforme pour le Régiment des Gardes
Suiffes , lequel a été agréé de Sa Majefté. Le
Roi a donné le Gouvernement de la Martini
que au Marquis de Fenelon , Lieutenant- Géné
MA I. 1763.
20
;
ral ; celui de la Guadeloupe au Chevalier de .
Bourlamaque , Maréchal de Camp celui de
Sainte Lucie au Chevalier de Jumilhac , Briga,
dier , & celui de Cayenne au Chevalier Turgot.
Le Sieur Chardon , Lieutenant particulier
du Châtelet , ayant été nommé Intendant de
Sainte Lucie , a eu l'honneur d'être préfenté en
cette qualité à Sa Majefté le 7 de ce mois.
L'Evêque de Saint Pol de Leon s'étant démis
de fon Evêché , le Roi y a nommé l'Abbé d'Andigné
, Aumônier ordinaire de la Reine. Sa Majeſté
a donné en même temps à l'ancien Evêque
de Leon l'Abbaye de la Cour- Dieu , Ordre
de Cîteaux , Diocéle d'Orléans , dont l'Abbé
d'Andigné étoit Titulaire.
Les ratifications du Traité définitif de Paix
figné à Paris le 10 Février dernier , & celles
de l'acceffion du Roi de Portugal , ont été échangées
le 10 de ce mois dans la forme ordinaire.
Leurs Majeftés , ainfi que la Famille Royale ,
ont figné le 13 de ce mois , les contrats de ma
riages du Marquis de Montillet avec Damoiselle
de Chabannes de Tarton : du Marquis de Bauffer
avec Demoiſelle de Selle l'aînée ; & du Marquis
de Miran avec Demoiſelle de Selle , four cadette
de la précédente , & toutes deux filles du
feu fieur de Selle , Tréforier Général de la Ma
rine.
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale
des Sciences , chargé par le Roi de compofer
chaque année le livre de la Connoiffance des mou
yemens célestes , pour l'utilité des Aftronomes &
des Navigateurs , a eu l'honneur de présenter à
Sa Majesté le volume de cet Ouvrage deſtiné
pour l'année 1764. Indépendamment des calculs
& des tables qui fe rapportent à l'année 1764 , le
206 MERCURE DE FRANCE.
C
*
Mieur de la Lande a enrichi ce volume de plufieurs
tables & recherches nouvelles fur les fatellites de
Jupiter , fur l'attraction , fur les marées , fur la
cométe de 1762 , fur le paffage de Vénus , fur
les éclipfes & en particulier fur la grande éclipſe
du ſoleil qui arrivera le premier Avril 1764.
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Résumé : De VERSAILLES, le 16 Mars 1763.
Le 16 mars 1763, le Marquis de Fraigne, ancien Ministre Plénipotentiaire du Roi auprès du Duc de Zerbft, est revenu à Versailles après cinq ans de détention à la Citadelle de Magdebourg. Il a été reçu par les souverains et la famille royale, et le Roi lui a accordé une pension de quatre mille livres. Le 22 février, le Comte de Soltikoff, Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, a remis ses Lettres de Créance au Roi. Le Prince Gallitzin, précédemment chargé des affaires russes, a pris congé des souverains. Le Roi a attribué la survivance de la place d'Astronome Géographe de la Marine au Sieur Pingré, reconnu pour ses travaux astronomiques et son voyage à l'île Rodrigues pour observer le passage de Vénus. Le Sieur Buy de Mornas a présenté quinze nouvelles cartes de son Atlas Géographique et Historique aux souverains et à la famille royale. Un courrier de la Cour de Vienne a annoncé la signature des Traités définitifs de Paix entre l'Impératrice-Reine et le Roi de Prusse, ainsi qu'entre le Roi de Pologne et le Roi de Prusse, le 11 février. Le Sieur d'Eon, Secrétaire d'Ambassade, est arrivé de Londres pour remettre les ratifications de ce Traité au Duc de Bedford. La Cour a observé un deuil de huit jours pour la Princesse Polixène-Marie Anne de Savoie, décédée à Turin le 20 décembre 1762. Le Roi a accordé l'Abbaye de Montivilliers à la Dame d'Argicourt et nommé plusieurs officiers à des postes militaires et administratifs. Le Duc de Choiseul a présenté un nouvel uniforme pour le Régiment des Gardes Suisses, approuvé par le Roi. Les ratifications du Traité définitif de Paix et celles de l'accession du Roi de Portugal ont été échangées le 10 mars. Les souverains et la famille royale ont signé les contrats de mariage de plusieurs nobles. Le Sieur de la Lande a présenté au Roi le volume de son ouvrage sur la Connaissance des mouvements célestes pour l'année 1764, enrichi de nouvelles tables et recherches astronomiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 207-208
De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
Début :
Le Primat & les Sénateurs ayant consenti à donner à l'Impératrice [...]
Mots clefs :
Primat, Sénateur, Impératrice de Russie, Note, Roi de Pologne, Décès, Ministres, Ambassadeur, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
De WARSOVIE , le 18 Janvier 1764.
Le Primat & les Sénateurs ayant conſentià
donner à l'Impératrice de Ruſſie le titre Impérial
dont ils ne s'étoient point encore ſervis , & craignant
de compromettre les droits de la République
ſur la Ruſſie Polonoife , ont remis à ce ſujet
auComte de Keyſerling la Note ſuivante : .
>> A l'occaſion de la notification qu'on va faire
>> à Sa Majesté l'Impératrice de Ruſſie du décès,
>> du Roi de Pologne , le Primat , les Sénateurs
» & les Miniſtres de la République de Pologne
> ont fait connoître à l'Ambaſſadeur Extraordi-
>> naire& Plénipotentiaire de Ruffre , qu'en con-
>>>ſéquence des égards très-diftingués qu'ils ont
*pour une Puiſſance auſſi reſpectable que celle
>>> de Ruffie , ils étoient fort éloignés de lui con
>>teſter le titre d'Impériale qui convient ſi bien à
>>> l'étendue & aux forces de ſes vaſtes Etats ;
>> mais que , comme dans l'application on y
>> joint ces mots : de toutes les Ruffies , le Primat,
>>>les Sénateurs & les Miniſtres de la République
>>>ne pouvoient s'empêcher de repréſenter que
>>>l'Ordre Equeſtre & la Nation en général pour-
>> roient concevoir quelque inquiétude ſur la généralité
de cette dénomination de toutes les
>>> Ruffies , ayant à craindre que la Cour Impé-
>> riale de Ruſſie n'en tirât peut-être un jour des
>> conféquences ſur la poſſeſſion des Provinces
>> connues ſous la même dénomination & ap-
>> partenantes à la République tant en Pologne
** qu'en Lithuanie.
Sur cette Note, l'Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plénipotentiaire de Ruſſie a déclaré que le titre
de Majesté Impériale de toutes les Ruffies étant
donné a l'Impératrice ſa très-gracieuſe Souverai
1
208 MERCURE DE FRANCE.
ne par toutes les autres Puiſſances , il ne ſeroit
pas convenable de vouloir rien changer à cet
égard , mais qu'il aſſuroit la ſéréniſſime République
de la manière la plus poſitive que Sa
Majesté l'Impératrice étoit ſi éloignée de ſe prévaloir
jamais de ce titre de toutes les Ruffies
pour former des prétentions quelconques ſur la
Ruſſie Polonoiſe , qu'elle eſt au contraire fermement
réſolue d'obſerver religieuſement le Traité
de Paix de 1686 au point qu'en cas de démembrement
, elle aſſiſteroit la République de toutes
ſes forces pour la maintenir dans l'état actuel de
fes poffeffions.
Le Primat & les Sénateurs ayant conſentià
donner à l'Impératrice de Ruſſie le titre Impérial
dont ils ne s'étoient point encore ſervis , & craignant
de compromettre les droits de la République
ſur la Ruſſie Polonoife , ont remis à ce ſujet
auComte de Keyſerling la Note ſuivante : .
>> A l'occaſion de la notification qu'on va faire
>> à Sa Majesté l'Impératrice de Ruſſie du décès,
>> du Roi de Pologne , le Primat , les Sénateurs
» & les Miniſtres de la République de Pologne
> ont fait connoître à l'Ambaſſadeur Extraordi-
>> naire& Plénipotentiaire de Ruffre , qu'en con-
>>>ſéquence des égards très-diftingués qu'ils ont
*pour une Puiſſance auſſi reſpectable que celle
>>> de Ruffie , ils étoient fort éloignés de lui con
>>teſter le titre d'Impériale qui convient ſi bien à
>>> l'étendue & aux forces de ſes vaſtes Etats ;
>> mais que , comme dans l'application on y
>> joint ces mots : de toutes les Ruffies , le Primat,
>>>les Sénateurs & les Miniſtres de la République
>>>ne pouvoient s'empêcher de repréſenter que
>>>l'Ordre Equeſtre & la Nation en général pour-
>> roient concevoir quelque inquiétude ſur la généralité
de cette dénomination de toutes les
>>> Ruffies , ayant à craindre que la Cour Impé-
>> riale de Ruſſie n'en tirât peut-être un jour des
>> conféquences ſur la poſſeſſion des Provinces
>> connues ſous la même dénomination & ap-
>> partenantes à la République tant en Pologne
** qu'en Lithuanie.
Sur cette Note, l'Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plénipotentiaire de Ruſſie a déclaré que le titre
de Majesté Impériale de toutes les Ruffies étant
donné a l'Impératrice ſa très-gracieuſe Souverai
1
208 MERCURE DE FRANCE.
ne par toutes les autres Puiſſances , il ne ſeroit
pas convenable de vouloir rien changer à cet
égard , mais qu'il aſſuroit la ſéréniſſime République
de la manière la plus poſitive que Sa
Majesté l'Impératrice étoit ſi éloignée de ſe prévaloir
jamais de ce titre de toutes les Ruffies
pour former des prétentions quelconques ſur la
Ruſſie Polonoiſe , qu'elle eſt au contraire fermement
réſolue d'obſerver religieuſement le Traité
de Paix de 1686 au point qu'en cas de démembrement
, elle aſſiſteroit la République de toutes
ſes forces pour la maintenir dans l'état actuel de
fes poffeffions.
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Résumé : De WARSOVIE, le 18 Janvier 1764.
Le 18 janvier 1764, à Varsovie, le Primat et les Sénateurs de la République de Pologne ont accordé à l'Impératrice de Russie le titre impérial, tout en exprimant des réserves sur l'utilisation des mots 'de toutes les Russies'. Ils ont transmis ces préoccupations au Comte de Keyserling, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Russie. Les Polonais craignaient que ce titre ne compromette les droits de la République sur la Russie Polonoise, redoutant des conséquences sur la possession des provinces polonaises et lituaniennes. En réponse, l'Ambassadeur russe a affirmé que le titre était reconnu par toutes les autres Puissances et ne pouvait être modifié. Il a assuré la République de Pologne que l'Impératrice n'utiliserait pas ce titre pour formuler des prétentions sur la Russie Polonoise. Il a également garanti que la Russie respecterait le Traité de Paix de 1686 et assisterait la République pour maintenir ses possessions en cas de démembrement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 204-207
De PARIS, le 17 Février 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Premier Président & deux Présidens du Parlement se sont [...]
Mots clefs :
Président, Parlement, Déclaration, Procureurs, Impératrice de Russie, Académie des sciences, Médecins, Roi de Prusse, Juridiction consulaire, Scrutin, Consuls, Exécution, Souscription, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Février 1764.
De PARIs , le 17 Février 1764.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
Le 19 du mois dernier , le Premier Préſident
-
º
A V R I L. 1764. 2o5
& deux Préſidens du Parlement ſe ſont rendus 2
Verſailles & ont eu l'honneur de préſenter à
Sa Majeſté les remontrances qui avoient été ar
rêtées le 18. -
Le 21 , le Roi a envoyé à ſon Parlement
une Déclaration qui a été enregiſtrée le même
joux , & par laquelle Sa Majeſté ordonne que
Sa Déclaration du 2 1 Novembre dernier ſera
éxécutée ſelon ſa forme & teneur, impoſe un
ſilence abſolu ſur ce qui s'eſt paſſé juſqu'à pré
ſent relativement aux objets qui ont donné lieu
à ſadite Déclaration, & fait défenſes à toutes
perſonnes , ſans exception, même ſes à Procu
reurs-Généraux , de faire & continuer aucunes
pourſuites à ce ſujet , pour † cauſe &
ſous quelque prétexte que ce puiſſe être.
Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général .
, au ſervice de Leurs Majeſtés Impériales & Royale,
, eſt arrivé ici de Bruxelles, & a été préſenté à Ver
ſailles, au Roi & à la Famille Royale par le Comte
de Starhenberg , Ambaſſadeur de la Cour de
Vienne.
L'Impératrice de Ruſſie, voulant reconnoître
les ſoins que le Sieur Morand, de l'Académie des
Sciences & de celle de Chirurgie, s'eſt donnés pour
procurer à la Chancellerie de Médecine de Pe
terſbourg une belle collection de Piéces d'Ana
tomie, d'inſtrument de machines employés en
, Chirurgie , &c. Sa Majeſté Impériale a char
gé le Prince de Gallitzin, ſon Miniſtre Pléni
potentiaire en cette Cour , de remettre au ſieur
Morand une ſuite de Médailles d'or & d'argent
de toutes les grandeurs, qui ont été frappées
à l'occaſion de ſon avénement au Trône.
On écrit de Péterſbourg que l'Académie Im
périale des Sciences de cette Ville a admis
2o6 MERCURE DE FRANCE.
nombre de ſes tMembres le ſieur Delalande , de
l'Académie Royale des Sciences.
On a appris de Berlin, que le Roi de Pruſſe
avoit déſigné pour un des Aſſeciés Etrangers de
ſon Académie , le Chevalier de Jaucourt, Mem
bre de la Société Royale de Londres, & de l'Aca
démie de Stockolm , connu par différens Ouvra
ges de Science & de Littérature. -
Le 28 du mois dernier, la Juriſdiction Conſu
· laire de Paris, aſſemblée avec les différens Corps
de Communautés des Marchands de cette Ville, a
élu, ſuivant l'uſage, par la voie du Scrutin , les
Juge & Conſuls qui exerceront pendant le cours
de cette année : le ſieur Darlu, Ecuyer, ancien
Echevin & du Collége des anciens Conſuls, du
Corps de la Mercerie , a été nommé Juge; le Sieur
Vaudichon fils, du Corps de la Pelleterie, premier
'Conſul; le Sieur Hériſſant, Imprimeur du Cabi
net du Roi, du Corps de la Librairie , ſecond Con
ſul ; le Sieur de la Voye-Pierre, du Corps de l'Epi
cerie, troiſième Conſul ; & le Sieur de Hay
nault, du Corps de l'Orfévrerie, quatriéme Conſul.
Les obſtacles qui ont ſuſpendu juſqu'ici l'exé
cution de la Gazette Littéraire de l'Europe ,
ayant ceſſé, la première feuille de cet Ouvrage
périodique paroîtra le premier Mercredi du mois
de Mars prochain. On ſuivra le plan & la forme
annoncés dans le Proſpectus. Le prix de la Souſ
cription ſera, comme on l'a dit, de 24 liv. par an,
papier ordinaire : & de 3o liv, papier plus grand &
plus fin. On aura ſoin d'affranchir le port de l'ar
gent & des lettres. On ſouſcrira, pour les Provin
ces, au Bureau Général de la Gazette de France,
rue neuve S. Roch , & pour Paris, au Bureau des
Galleries du Louvre. On s'adreſſera, quant à la
partie Littéraire, à l'Abbé Arnaud, de l'Académie
A V R I L. 1764. 2o7
- Royale des Inſcriptions & Belles-Lettres, & au
Sieur Suard, chargés de la Rédaction & de la Di
rection Générale de l'une & l'autre Gazettes.
Le trente-ſeptième Tirage de la Loterie de
l'Hôtel-de-Ville s'eſt fait le 24 Janvier, en la ma
nière accoutumée. Le lot de cinquante mille livres
" eſt échu au numéro 9984 r , § de vingt mille
« livres au numéro 9o333 , & les deux de dix mille
livres aux numéros 89o92 & 89598.
Le 6 Février, on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros, ſortis de la Roue
de fortune, ſont 37, 87,73 , 64 , 27. Le prochain
Tirage ſe fera le 5 Mars.
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Résumé : De PARIS, le 17 Février 1764.
En février 1764, plusieurs événements marquants se déroulèrent en France et en Europe. Le 19 février, le Premier Président et deux Présidents du Parlement se rendirent à Versailles pour présenter au roi les remontrances arrêtées le 18 février. Le 21 février, le roi publia une Déclaration ordonnant l'exécution de celle du 21 novembre précédent et imposant un silence absolu sur les événements passés relatifs à cette Déclaration, interdisant toute poursuite à ce sujet. Le Comte de Colloredo, Lieutenant-Général au service des Majestés Impériales et Royale, arriva de Bruxelles et fut présenté à Versailles au roi et à la Famille Royale par le Comte de Starhenberg, Ambassadeur de la Cour de Vienne. L'Impératrice de Russie reconnut les efforts du Sieur Morand, membre de l'Académie des Sciences et de Chirurgie, en lui remettant des médailles d'or et d'argent via le Prince de Gallitzin, son Ministre Plénipotentiaire. Par ailleurs, l'Académie Impériale des Sciences de Pétersbourg admit le Sieur Delalande comme membre, tandis que le Roi de Prusse désigna le Chevalier de Jaucourt comme Associé Étranger de son Académie. Le 28 février, la Jurisdiction Consulaire de Paris élut les Juges et Consuls pour l'année : le Sieur Darlu fut nommé Juge, et les Sieurs Vaudichon, Hérissant, de la Voye-Pierre et de Haynault furent élus Consuls. La Gazette Littéraire de l'Europe, dont les obstacles à la publication avaient cessé, devait paraître le premier mercredi de mars. Le prix de la souscription était de 24 livres pour le papier ordinaire et de 30 livres pour un papier plus grand et plus fin. Le 24 janvier, le trente-septième tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville eut lieu, attribuant des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. Le 6 février, la Loterie de l'École Royale Militaire fut tirée, avec les numéros 37, 87, 73, 64 et 27. Le prochain tirage devait se faire le 5 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 177
De PETERSBOURG, le 20 Avril 1764.
Début :
Le Traité entre Sa Majesté l'Impératrice de Russie & le Roi de [...]
Mots clefs :
Traité, Impératrice de Russie, Roi de Prusse
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 20 Avril 1764.
De PETERSBOURG , le 20 Avril 1764.
L. Traité entre Sa Majefté l'Impératrice de
Ruffie & le Roi de Pruffe a été figné ici le 13 de
ce mois.
L. Traité entre Sa Majefté l'Impératrice de
Ruffie & le Roi de Pruffe a été figné ici le 13 de
ce mois.
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13
p. 196-197
De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
Début :
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill, Palatin de Wilna, vient d'être [...]
Mots clefs :
Décret, Prince, Rigueur, Troupes russes, Pologne, Invasion, Roi de Prusse, Impératrice de Russie, Frontières
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texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
De WARSOVIE , le 13 Octobre 1764.
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill ,
Palatin de Wilna , vient d'être confirmé par la
Confédération générale réunie à celle de Warfovie
, fans égard aux inftances du Staroſte de Zio
low & aux preflantes follicitations de plufieurs
autres Magnats qui defiroient qu'au moins on
adoucît la rigueur de ce Décret qui adjuge la régie
de tous les biens du Prince Radziwill au ſieur
Czerneck , Caftellan de Braclaw.
On dit que les Troupes Ruffes ont mis
à contribution l'Evêché de Cracovie , les Terres
du Palatin de Volhinie & celles de quelques an
tres Magnats oppolés à la Confédération . On
ajoûte qu'un nouveau Corps de trois mille Rulles
s'eft mis en marche de Czanohyl vers la Volhinie.
Du 20 Octobre.
Le Prince Radziwill eft fommé par un Décret
de la Confédération réunie de Lithuanie de revenir
en Pologne dans le terme d'un mois.
On commence à être ralluré fur l'invasion
des Troupes Pruffiennes . Le Roi de Pruffe a fait
retirer les détachemens & a promis de nommer
DECEMBRE . 1764, 197
fune Commiffion pour examiner les faits , & de
Frendre juftice à qui elle appartiendra On préfume
que l'Impératrice de Ruffie s'eft intérellée
très-vivement à cette affaire , & l'on dit même
qu'Elle a écrit à ce fujet dans des termes très-
#forts à Sa Majeſté Pruſſienne .
On apprend des frontieres de la Turquie que
1 vingt mille Spahis & trente mille Janniffaires ,
tirés des Garnifons de Choczim , Widta , Oczakow
& Bender , fe font raffemblés en Corps , fans
que l'on en fçache encore le motif. Il paroît feulement
que la Cour Ottomane continue de donner
fon attention au féjour que les Troupes Ruffes
font en Pologne. Le fieur la Roche , qui eft
chargé ici des affaires du Prince de Moldavie , a
eu ordre de représenter au Prince Repnin l'inquiétude
de la Porte à ce fujet. Le Miniitre Ruffe
a promis de faire évacuer inceffamment les Places
de Stanislawow , Brodi & Szamoizc , & a
ajouté qu'il écriroit à fa Cour pour propofer de
faire retirer entiérement les Troupes Rulles du
Royaume.
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill ,
Palatin de Wilna , vient d'être confirmé par la
Confédération générale réunie à celle de Warfovie
, fans égard aux inftances du Staroſte de Zio
low & aux preflantes follicitations de plufieurs
autres Magnats qui defiroient qu'au moins on
adoucît la rigueur de ce Décret qui adjuge la régie
de tous les biens du Prince Radziwill au ſieur
Czerneck , Caftellan de Braclaw.
On dit que les Troupes Ruffes ont mis
à contribution l'Evêché de Cracovie , les Terres
du Palatin de Volhinie & celles de quelques an
tres Magnats oppolés à la Confédération . On
ajoûte qu'un nouveau Corps de trois mille Rulles
s'eft mis en marche de Czanohyl vers la Volhinie.
Du 20 Octobre.
Le Prince Radziwill eft fommé par un Décret
de la Confédération réunie de Lithuanie de revenir
en Pologne dans le terme d'un mois.
On commence à être ralluré fur l'invasion
des Troupes Pruffiennes . Le Roi de Pruffe a fait
retirer les détachemens & a promis de nommer
DECEMBRE . 1764, 197
fune Commiffion pour examiner les faits , & de
Frendre juftice à qui elle appartiendra On préfume
que l'Impératrice de Ruffie s'eft intérellée
très-vivement à cette affaire , & l'on dit même
qu'Elle a écrit à ce fujet dans des termes très-
#forts à Sa Majeſté Pruſſienne .
On apprend des frontieres de la Turquie que
1 vingt mille Spahis & trente mille Janniffaires ,
tirés des Garnifons de Choczim , Widta , Oczakow
& Bender , fe font raffemblés en Corps , fans
que l'on en fçache encore le motif. Il paroît feulement
que la Cour Ottomane continue de donner
fon attention au féjour que les Troupes Ruffes
font en Pologne. Le fieur la Roche , qui eft
chargé ici des affaires du Prince de Moldavie , a
eu ordre de représenter au Prince Repnin l'inquiétude
de la Porte à ce fujet. Le Miniitre Ruffe
a promis de faire évacuer inceffamment les Places
de Stanislawow , Brodi & Szamoizc , & a
ajouté qu'il écriroit à fa Cour pour propofer de
faire retirer entiérement les Troupes Rulles du
Royaume.
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Résumé : De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
Le 13 octobre 1764, un décret contre le Prince Radziwill, Palatin de Wilna, a été confirmé par la Confédération générale à Varsovie. Ce décret, soutenu par le Staroste de Ziolow et d'autres magnats, attribue la régie des biens du Prince Radziwill à Czerneck, Caftellan de Braclaw. Les troupes russes ont occupé l'Évêché de Cracovie, les terres du Palatin de Volhinie et celles de quelques autres magnats opposés à la Confédération. Un nouveau corps de trois mille Russes s'est dirigé vers la Volhinie. Le 20 octobre, un décret de la Confédération de Lituanie somme le Prince Radziwill de revenir en Pologne dans un mois. Les inquiétudes concernant l'invasion des troupes prussiennes ont commencé à s'apaiser, le Roi de Prusse ayant retiré ses détachements et promis de nommer une commission pour examiner les faits. L'Impératrice de Russie s'est vivement intéressée à cette affaire et a écrit au Roi de Prusse. À la frontière turque, vingt mille Spahis et trente mille Janissaires se sont rassemblés, suscitant l'inquiétude de la Cour ottomane face à l'intervention des troupes russes en Pologne. Le représentant du Prince de Moldavie a exprimé cette inquiétude au Prince Repnin, qui a proposé de retirer les troupes russes du Royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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