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11551
p. 150-151
De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Début :
Hier, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Fête, Famille royale, Abbaye royale, Vêpres, Procession, Voeux, Grand prieur, Religieux, Sanctuaires, Officiers, Éducation, Monseigneur le Comte d'Artois, Nominations
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texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
De COMPIEGNE , le 16 Août 1764.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Le 16 août 1764, à Compiègne, les souverains français, accompagnés du Dauphin, de la Dauphine et des princesses Madame Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, se rendirent à l'église de l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Ils assistèrent aux vêpres et à la procession annuelle en accomplissement du vœu de Louis XIII. Dom Devis, Grand-Prieur de l'Abbaye, officia la cérémonie en présence du Chapitre de Saint-Clément, du clergé des deux paroisses, du clergé régulier, ainsi que du bailliage et du corps de ville. Après la procession, les souverains écoutèrent le salut et furent reçus et reconduits par le Grand-Prieur et les religieux. Par ailleurs, le Roi nomma les officiers chargés de l'éducation du Comte d'Artois. Le Duc de la Vauguyon fut désigné Gouverneur, premier Gentilhomme de la Chambre, Grand-Maître de la Garde-Robe et Surintendant de la Maison. L'ancien Évêque de Limoges devint Précepteur, et les Chevaliers de la Ferrières et de Beaujeu, ainsi que les Marquis de Sineti et de Fougieres, Sous-Gouverneurs. Les Abbés de Radonvilliers, de Mofrueges et Gaston furent nommés Sous-Précepteurs, et l'Abbé d'Argentré, Lecteur. Plusieurs gentilshommes, dont le Comte de Luppé, le Marquis de Montefquiou et le Marquis de Marbeuf, furent désignés Gentilshommes de la Manche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11552
p. 151-156
De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
Début :
Le 19 du mois dernier, le Maréchal de Clermont-Tonnerre, prêta [...]
Mots clefs :
Maréchal, Serment, Symphonie, Auteurs, Duc, Ministre, Secrétaire, Famille royale, Nominations, Démissions, Évêque, Comtesse, Madame, Députés, Audience, Contrat de mariage, Cérémonies, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Mémoire, Histoire de France, Dictionnaire, Volumes
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
De VERSAILLES , le 12 Septembre 1764.
Le 19 du mois dernier , le Maréchal de Cler
mont - Tonnerre , prêta ferment entre les mains
du Roi pour la Lieutenance Générale & le Commandement
du Dauphiné.
Le 24 , Dom Nicolas Chanlatte , nommé le
à l'Abbaye de Pontigni , eut l'honneur d'être
préfenté à Sa Majesté.
4
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Le 25 , Fête de S. Louis , les Haut- bois de :
fa Chambre ont joué , au lever du Roi , plufieurs
morceaux de fymphonie de la compofilion
du Sieur Dard , Ordinaire de la Mufique.
Ce foir , Leurs Majeftés ont foupé à leur grand
Couvert. Les Muficiens du Roi ont éxécuté
pendant le fouper plufieurs morceaux de fymphonie
de différens Auteurs , fous la direction
du Sieur de Bury , Surintendant de la Mufique
de Sa Majefté , en furvivance du Sieur Rebel .
La veille , le Corps de Ville fe rendit ici où .
ayant à fa tête le Duc de Chevreufe , Gouver
neur de Paris , il eut audience du Roi avec les
cérémonies accoutumées. Il fut préfenté à Sa
Majefté par le Comte de S. Florentin , Miniſtre
& Secrétaire d'Etat , & conduit par le Sieur de
Nantouillet , Maître des Cérémonies. Le Sieur
Bignon , Confeiller d'Etat , Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majefté ,
nouveau Frévôt des Marchands ; & les Sieurs
Martel , Confeiller du Roi , Notaire honoraire
Confeiller Quartinier de l'Hôtel de Villė ,
& Gauthier de Rougemont , Négociant , nouveaux
Echevins prêterent entre les mains
du Roi le ferment de fidélité dont le Comte de
S. Florentin fit la lecture , ainfi que du Scrutin
qui fut préfenté par le Sieur de la Porte , Premier
Avocat du Roi au Châtelet . Après cette Audience
le Corps de Ville eut l'honneur de rendre les
refpects à la Reine & à la Famille Royale.
>
-
Le même jour , Leurs Majeftés ainfi que la Famille
Royale, ont figné le Contrat de mariage du
Comte de la Rochefoucault avec Demoiſelle
de Lannion.
Le 2 , le Comte de Woronzow , Grand - Chancelier
de Ruffie , prit congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale,
NOVEMBRE. 1764. 153
Le lendemain , les Députés du Parlement de
Bretagne eurent audience du Roi. Ils furent
préfentés à Sa Majefté parle Comte de S. Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de cette Province , & conduits par
le Sieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies.
Sa Majefté les reçut dans fon fauteuil en préfence
de fes Miniftres & de fes Grands Officiers , &
leur permit de lui préfenter les remontrance
dont ils avoient été chargés par leur Compagnies
Le Roi a nommé l'Evêque de Tulle à l'Evêch ;
de Soiffons , & l'Abbé de S. Sauveur , Vicairé
Général du Diocèfe d'Amiens à l'Evêché de Tullee
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Evroul ..
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Lizieux , à l'E-,
vêque de Rennes , & l'Abbaye d'Annay , Ordrede
Cîteaux , Diocèle d'Arras à la Dame de
Brifoeuil , Religieufe de la même Abbaye .
›
Le 31 , les Députés du Parlement de Bretagne
furent prefentés au Roi au nombre de fept par
le Comte de S. Florentin , & conduits par le Sieur
Bourlier de S. Hilaire ,Maître-d'Hôtel Ördinaire de
Sa Majesté. Le Roi les reçut dans fon fauteuil en
préſence de fes Miniftres & des Grands Officiers ,
& leur fit part de fes intentions au fujet des
repréfentations qu'ils avoient préfentées le 16
à Sa Majefté de la part de leurCompagnie.
La Comteffe de Sommyevre, ayant été nomméo
pour accompagner Madame Adélaïde , à la place
de la Comtelle de Narbonne , s été préſentée
au Roi , le 2 de ce mois , en cette qualité par™
Madame Adélaïde .
Le 3 , les Députés de Languedoc eurent audience
de Sa Majesté. Ils furent préfentés par
le Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , &
par le Comte de S. Florentin , & conduits par
G v
154 MERCURE DE FRANCE .
le Sieur de Nantouillet , Maitre des Cérémonies .
La Députation étoit compofée , pour le Clergé ,
de l'Archevêque de Toulouſe qui porta la parole ;
pour la Nobleffe , du Vicomte de Polignac ;
& pour le Tiers - Etat , du Sieur Alifon , Lieutenant-
Maire de Nifmes , du Sieur Gaulard ,
Maire d'Anet , & du Sieur de la Fage , Syndic
Général de la Province . Ils furent enfuite conduits
à l'Audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Le 8 , Leurs Majeftés ainsi que la Famille Royale,
fignerent le Contrat de mariage du Sieur Bignon ,
Fils du Prévôt des Marchands de la , Ville de
Paris , avec Demoiſelle de Hennot du Rozel .
Le même jour , le Sieur de Clugni , Conſeiller
au Parlement de Dijon , ci- devant Intendant de
S. Domingue , fut préfenté à Sa Majesté par le
Duc de Choiseul.
Le Roi ayant nommé Chevaliers des Ordres
Royaux , Militaires & Hofpitaliers de Notre-
Dame du Mont- Carmel & de S. Lazare de Jérufalem
le Comte de Redmond , Lieutenant -Général
de fes Armées , & le Comte d'Amblimond ,
Lieutenant de Vaiffeau , ces Chevaliers furent
reçus , le 9 , dans l'appartement & en préſence
de Mgr le Duc de Berry , Grand - Maître defdits
Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiſtrateur
de ces Ordres , pendant la minorité de Mgr
le Grand- Maître dont les nouveaux Chevaliers
eurent l'honneur de baifer la main en figne
d'obédience. Plufieurs Chevaliers & Commandeurs
, ainfi que les Grands Officiers desdits
Crdres , ont affifté à cette Cérémonie. La Meffe
a été célébrée par l'Abbé Frottier , Chapelain
du Roi.
NOVEMBRE. 1764. 155
Le même jour , l'Evêque d'Avranches fut facré
dans la Chapelle du Chateau , par l'Archevêque
de Reims , aflifté de l'Evêque de Senlis & de
celui de Soiffons , ci - devant Evêque de Tulle.
L'Abbé , le Bibliothécaire & le Procureur de
Sainte Genevieve eurent l'honneur d'être préfentés
au Roi , le même jour , par le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , &
de faire leurs remercîmens à Sa Majesté à l'oce
cafion de la Cérémonie du 6. Ils furent prcfentés
le même jour , à Mgr le Dauphin.
Le 10 , l'Evêque d'Avranches & celui de Vabres
prêterent ferment entre les mains du Roi pendant
la Meffe , dans la Chapelle du Château .
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres eut l'honneur de préfenter , le 3 de ce
mois , à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale les
XXIX & XXXe Volumes de fes Mémoires . Le
fieur de Fontanieu , Confeiller d'Etat , Intendant-
Général des Meubles de la Couronne , a préſenté
au Roi deux Sucriers d'Or très - artiftement travaillés
& faits par le fieur Roettiers , Orfévre
ordinaire de la Maifon de Sa Majeſté.
Le Sieur Gallonde , Chanoine Régulier de Ste
Génevieve , a eu l'honneur de préfenter au Roi
le premier Volume d'un Abrégé Chronologique
de l'Hiftoire de France écrit de fa main en lettres
Romaines.
Le fieur Duchefne , fils du Prévôt des Bâtimens
du Roi , & âgé de feize ans , a eu l'honneur de
préfenter au Roi un Livre intitulé . Manuel Botanique
contenant les propriétés des Plantes utiles
pour la nourriture , d'ufage en Médecine , employées
dans les Arts , ou d'ornement pour les jardins
& que l'on trouve à la Campagne aux environs de
Paris .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , a eu autfi l'honneur de préfenter à Sa
Majefté le quatriéme Volume de fon Dictionnaire
des Titres Originaux concernant les Droits de la
Couronne ; les Fiefs , l'Hiftoire , la Généalogie ,
& c.
Le Geur Valeyre fils , Imprimeur Libraire , eut
l'honneur de préſenter à Monſeigneur le Duc de
Berry , à Monfeigneur le Comte de Provence
& à Monfeigneur le Comte d'Artois , le Spectacle
Hiftorique ou Mémorial des principaux événemens
irés de l'Hiftoire Univerfelle.
Le 19 du mois dernier , le Maréchal de Cler
mont - Tonnerre , prêta ferment entre les mains
du Roi pour la Lieutenance Générale & le Commandement
du Dauphiné.
Le 24 , Dom Nicolas Chanlatte , nommé le
à l'Abbaye de Pontigni , eut l'honneur d'être
préfenté à Sa Majesté.
4
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Le 25 , Fête de S. Louis , les Haut- bois de :
fa Chambre ont joué , au lever du Roi , plufieurs
morceaux de fymphonie de la compofilion
du Sieur Dard , Ordinaire de la Mufique.
Ce foir , Leurs Majeftés ont foupé à leur grand
Couvert. Les Muficiens du Roi ont éxécuté
pendant le fouper plufieurs morceaux de fymphonie
de différens Auteurs , fous la direction
du Sieur de Bury , Surintendant de la Mufique
de Sa Majefté , en furvivance du Sieur Rebel .
La veille , le Corps de Ville fe rendit ici où .
ayant à fa tête le Duc de Chevreufe , Gouver
neur de Paris , il eut audience du Roi avec les
cérémonies accoutumées. Il fut préfenté à Sa
Majefté par le Comte de S. Florentin , Miniſtre
& Secrétaire d'Etat , & conduit par le Sieur de
Nantouillet , Maître des Cérémonies. Le Sieur
Bignon , Confeiller d'Etat , Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majefté ,
nouveau Frévôt des Marchands ; & les Sieurs
Martel , Confeiller du Roi , Notaire honoraire
Confeiller Quartinier de l'Hôtel de Villė ,
& Gauthier de Rougemont , Négociant , nouveaux
Echevins prêterent entre les mains
du Roi le ferment de fidélité dont le Comte de
S. Florentin fit la lecture , ainfi que du Scrutin
qui fut préfenté par le Sieur de la Porte , Premier
Avocat du Roi au Châtelet . Après cette Audience
le Corps de Ville eut l'honneur de rendre les
refpects à la Reine & à la Famille Royale.
>
-
Le même jour , Leurs Majeftés ainfi que la Famille
Royale, ont figné le Contrat de mariage du
Comte de la Rochefoucault avec Demoiſelle
de Lannion.
Le 2 , le Comte de Woronzow , Grand - Chancelier
de Ruffie , prit congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale,
NOVEMBRE. 1764. 153
Le lendemain , les Députés du Parlement de
Bretagne eurent audience du Roi. Ils furent
préfentés à Sa Majefté parle Comte de S. Florentin
, Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de cette Province , & conduits par
le Sieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies.
Sa Majefté les reçut dans fon fauteuil en préfence
de fes Miniftres & de fes Grands Officiers , &
leur permit de lui préfenter les remontrance
dont ils avoient été chargés par leur Compagnies
Le Roi a nommé l'Evêque de Tulle à l'Evêch ;
de Soiffons , & l'Abbé de S. Sauveur , Vicairé
Général du Diocèfe d'Amiens à l'Evêché de Tullee
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Evroul ..
Ordre de S. Benoît , Diocèle de Lizieux , à l'E-,
vêque de Rennes , & l'Abbaye d'Annay , Ordrede
Cîteaux , Diocèle d'Arras à la Dame de
Brifoeuil , Religieufe de la même Abbaye .
›
Le 31 , les Députés du Parlement de Bretagne
furent prefentés au Roi au nombre de fept par
le Comte de S. Florentin , & conduits par le Sieur
Bourlier de S. Hilaire ,Maître-d'Hôtel Ördinaire de
Sa Majesté. Le Roi les reçut dans fon fauteuil en
préſence de fes Miniftres & des Grands Officiers ,
& leur fit part de fes intentions au fujet des
repréfentations qu'ils avoient préfentées le 16
à Sa Majefté de la part de leurCompagnie.
La Comteffe de Sommyevre, ayant été nomméo
pour accompagner Madame Adélaïde , à la place
de la Comtelle de Narbonne , s été préſentée
au Roi , le 2 de ce mois , en cette qualité par™
Madame Adélaïde .
Le 3 , les Députés de Languedoc eurent audience
de Sa Majesté. Ils furent préfentés par
le Comte d'Eu , Gouverneur de la Province , &
par le Comte de S. Florentin , & conduits par
G v
154 MERCURE DE FRANCE .
le Sieur de Nantouillet , Maitre des Cérémonies .
La Députation étoit compofée , pour le Clergé ,
de l'Archevêque de Toulouſe qui porta la parole ;
pour la Nobleffe , du Vicomte de Polignac ;
& pour le Tiers - Etat , du Sieur Alifon , Lieutenant-
Maire de Nifmes , du Sieur Gaulard ,
Maire d'Anet , & du Sieur de la Fage , Syndic
Général de la Province . Ils furent enfuite conduits
à l'Audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Le 8 , Leurs Majeftés ainsi que la Famille Royale,
fignerent le Contrat de mariage du Sieur Bignon ,
Fils du Prévôt des Marchands de la , Ville de
Paris , avec Demoiſelle de Hennot du Rozel .
Le même jour , le Sieur de Clugni , Conſeiller
au Parlement de Dijon , ci- devant Intendant de
S. Domingue , fut préfenté à Sa Majesté par le
Duc de Choiseul.
Le Roi ayant nommé Chevaliers des Ordres
Royaux , Militaires & Hofpitaliers de Notre-
Dame du Mont- Carmel & de S. Lazare de Jérufalem
le Comte de Redmond , Lieutenant -Général
de fes Armées , & le Comte d'Amblimond ,
Lieutenant de Vaiffeau , ces Chevaliers furent
reçus , le 9 , dans l'appartement & en préſence
de Mgr le Duc de Berry , Grand - Maître defdits
Ordres , après avoir fait leur profeffion &
l'émiffion de leurs voeux entre les mains du
Comte de S. Florentin , Gérent & Adminiſtrateur
de ces Ordres , pendant la minorité de Mgr
le Grand- Maître dont les nouveaux Chevaliers
eurent l'honneur de baifer la main en figne
d'obédience. Plufieurs Chevaliers & Commandeurs
, ainfi que les Grands Officiers desdits
Crdres , ont affifté à cette Cérémonie. La Meffe
a été célébrée par l'Abbé Frottier , Chapelain
du Roi.
NOVEMBRE. 1764. 155
Le même jour , l'Evêque d'Avranches fut facré
dans la Chapelle du Chateau , par l'Archevêque
de Reims , aflifté de l'Evêque de Senlis & de
celui de Soiffons , ci - devant Evêque de Tulle.
L'Abbé , le Bibliothécaire & le Procureur de
Sainte Genevieve eurent l'honneur d'être préfentés
au Roi , le même jour , par le Comte de
S. Florentin , Miniftre & Secrétaire d'Etat , &
de faire leurs remercîmens à Sa Majesté à l'oce
cafion de la Cérémonie du 6. Ils furent prcfentés
le même jour , à Mgr le Dauphin.
Le 10 , l'Evêque d'Avranches & celui de Vabres
prêterent ferment entre les mains du Roi pendant
la Meffe , dans la Chapelle du Château .
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres eut l'honneur de préfenter , le 3 de ce
mois , à Leurs Majeſtés & à la Famille Royale les
XXIX & XXXe Volumes de fes Mémoires . Le
fieur de Fontanieu , Confeiller d'Etat , Intendant-
Général des Meubles de la Couronne , a préſenté
au Roi deux Sucriers d'Or très - artiftement travaillés
& faits par le fieur Roettiers , Orfévre
ordinaire de la Maifon de Sa Majeſté.
Le Sieur Gallonde , Chanoine Régulier de Ste
Génevieve , a eu l'honneur de préfenter au Roi
le premier Volume d'un Abrégé Chronologique
de l'Hiftoire de France écrit de fa main en lettres
Romaines.
Le fieur Duchefne , fils du Prévôt des Bâtimens
du Roi , & âgé de feize ans , a eu l'honneur de
préfenter au Roi un Livre intitulé . Manuel Botanique
contenant les propriétés des Plantes utiles
pour la nourriture , d'ufage en Médecine , employées
dans les Arts , ou d'ornement pour les jardins
& que l'on trouve à la Campagne aux environs de
Paris .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Blondeau de Charnage , Penfionnaire
du Roi , a eu autfi l'honneur de préfenter à Sa
Majefté le quatriéme Volume de fon Dictionnaire
des Titres Originaux concernant les Droits de la
Couronne ; les Fiefs , l'Hiftoire , la Généalogie ,
& c.
Le Geur Valeyre fils , Imprimeur Libraire , eut
l'honneur de préſenter à Monſeigneur le Duc de
Berry , à Monfeigneur le Comte de Provence
& à Monfeigneur le Comte d'Artois , le Spectacle
Hiftorique ou Mémorial des principaux événemens
irés de l'Hiftoire Univerfelle.
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Résumé : De VERSAILLES, le 12 Septembre 1764.
En septembre et novembre 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 19 août, le Maréchal de Clermont-Tonnerre a prêté serment pour la Lieutenance Générale et le Commandement du Dauphiné. Le 24 août, Dom Nicolas Chanlatte a été présenté au roi pour l'Abbaye de Pontigny. Le 25 août, à la fête de Saint Louis, les musiciens de la chambre du roi ont interprété des symphonies. Ce même jour, le corps de ville de Paris, dirigé par le Duc de Chevreuse, a eu audience avec le roi et a prêté serment de fidélité. Le 1er septembre, le roi a signé le contrat de mariage du Comte de La Rochefoucault. Le 2 septembre, le Comte de Woronzow, Grand-Chancelier de Russie, a pris congé des souverains. Le 3 novembre, les députés du Parlement de Bretagne ont présenté leurs remontrances au roi. Le roi a également nommé plusieurs évêques et abbés, dont l'Évêque de Tulle à l'évêché de Soissons et l'Abbé de Saint-Sauveur à l'évêché de Tulle. Le 31 octobre, les députés du Parlement de Bretagne ont été reçus par le roi pour discuter de leurs représentations. La Comtesse de Sommerville a été nommée pour accompagner Madame Adélaïde. Le 3 novembre, les députés de Languedoc ont eu audience avec le roi. Le 8 novembre, le roi a signé le contrat de mariage du Sieur Bignon et le Sieur de Clugny a été présenté au roi. Le 9 novembre, les Comtes de Redmond et d'Amblimond ont été reçus comme Chevaliers des Ordres Royaux et l'Évêque d'Avranches a été sacré. Diverses présentations de livres et d'objets d'art ont également eu lieu, notamment par le Sieur de Fontanieu, le Sieur Gallonde, le Sieur Duchefne, le Sieur Blondeau de Charnage, et le Sieur Valeyre fils.
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11553
p. 156-158
De PARIS, le 10 Septembre 1764.
Début :
Le Corps de Ville a tenu, le 16 du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Conseiller d'État, Prévôt des marchands, Université, Prix, Cérémonie, Procession, Fête de Saint-Louis, Académie française, Académie royale des sciences, Église, Incendie, Ornements, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 10 Septembre 1764.
De PARIS , le 10 Septembre 1764.
Le Corps de Ville a tenu ,le 16 [du mois dernier
, une affemblée générale dans laquelle le
fieur Bignon , Confeiller d'Etat Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majesté , a
éré élu Prévôt des Marchands ; les fieur de Martel
& Gauthier de Rougemont , ont été nommés
Echevins .
Le 8 du même mois l'Univerfité s'affembla
dans les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution
de fes Prix . Cette cérémonie , à laquelle le
Parlement affifta ,fut précedée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Pierre Jacquin , Profeffeur
d'Eloquence au Collège de la Marche. L'Auteur
de l'ouvrage qui a mérité le Prix d'Eloquence
ne s'étant point fait connoître , ce Prix , fondé
pour les Maîtres - ès- Arts par le fieur Jean- Baptifte
Coignard , Secrétaire du Roi & Confervateur
des Hypothéques , a été remis à l'année prochaine
, le Sujet prononcé étoit : ibi optimam effe
juventutis inftitutionem , ubi viget maximè maſćuta
& virilis difciplina.
Le 25 Fêre de S. Louis , la Proceffion de
NOVEMBRE. 1764. 157
Carmes du Grand- Couvent à laquelle le Corps de
Ville afifta , fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries, où ces Religieux
chanterent la Meffe.
L'Académie Françoile célébra cette Fête dans
La Chapelle du Louvre où l'Abbé Varé prononça
le Panégyrique de S. Louis . La même Fête fut
célébrée par l'Académie Royale des Infcriptions.
& Belles- Lettres & par celle des Sciences dans l'E .
glfe des Prêtres de l'Oratoire ; l'Abbé Rouſſeau
prononça le Panégyrique du Saint.
Le arême jour l'Académie de S. Luc a fait l'ouverture
de fon Sallon de Peinture & de Sculpture
à l'Hôtel d'Aligre , rue S. Honoré.
L'Académie Royale des Sciences a nommé
les fieurs Hellot , Macques , de Montigny , Leroi
& Tiller pour examiner la nouvelle porcelaine de
la compofition du Comte de Lauraguais . Après
en avoir comparé la pâte avec celle de la porcelaine
du Japon , ces Académiciens ont certifié
n'y avoir apperçu aucune différence.
On a appris que , le 9 du mois dernier , l'Eglife
des Pères Chartreux de Bourbon -lez- Gaillon , à
fept lieues de Rouen , a été entierement confumée
par un incendie. Cet accident a été occafionné par
la négligence d'un Plombier qui travailloit audeffus
du Chapitre attenant à l'Eglife ; il avoit
envoyé chercher du feu dans un réchaux pour
fondre de la foudure : le manoeuvre qui l'appor
toit laiffa tomber le réchaux , & le Plombier ſe
contenta de jetter de l'eau fur les charbons allumés
qu'il apperçut : mais il en reſta vraiſemblablement
quelques - uns qui embraferent la charpente
; car à trois heures après minuit le feu prit
avec tant de violence que l'Eglife , le Chapitre ,
la Cellule du Sacriftain & la Tour où étoit l'hor
158 MERCURE DE FRANCE .
loge furent réduits en cendres en moins d'une
heure de temps : on n'a pu fauver ni les ornemens
d'Eglife , ni le linge , ni l'argenterie qui
étoient renfermés dans ces différens endroits .
Le 4 de ce mois , l'AcadémieRoyale des Infcriptions
& Belles - Lettres nomma le fieur de l'Averdy,
Controlleur- Général des Finances , à la
Place d'Académicien Honoraire vacante par la
mort du Comte d'Argenſon .
Le Corps de Ville a tenu ,le 16 [du mois dernier
, une affemblée générale dans laquelle le
fieur Bignon , Confeiller d'Etat Commandeur des
Ordres du Roi & Bibliothécaire de Sa Majesté , a
éré élu Prévôt des Marchands ; les fieur de Martel
& Gauthier de Rougemont , ont été nommés
Echevins .
Le 8 du même mois l'Univerfité s'affembla
dans les Ecoles de Sorbonne pour la diftribution
de fes Prix . Cette cérémonie , à laquelle le
Parlement affifta ,fut précedée d'un Difcours Latin
que prononça le fieur Pierre Jacquin , Profeffeur
d'Eloquence au Collège de la Marche. L'Auteur
de l'ouvrage qui a mérité le Prix d'Eloquence
ne s'étant point fait connoître , ce Prix , fondé
pour les Maîtres - ès- Arts par le fieur Jean- Baptifte
Coignard , Secrétaire du Roi & Confervateur
des Hypothéques , a été remis à l'année prochaine
, le Sujet prononcé étoit : ibi optimam effe
juventutis inftitutionem , ubi viget maximè maſćuta
& virilis difciplina.
Le 25 Fêre de S. Louis , la Proceffion de
NOVEMBRE. 1764. 157
Carmes du Grand- Couvent à laquelle le Corps de
Ville afifta , fe rendit , felon la coutume , à la
Chapelle du Palais des Tuileries, où ces Religieux
chanterent la Meffe.
L'Académie Françoile célébra cette Fête dans
La Chapelle du Louvre où l'Abbé Varé prononça
le Panégyrique de S. Louis . La même Fête fut
célébrée par l'Académie Royale des Infcriptions.
& Belles- Lettres & par celle des Sciences dans l'E .
glfe des Prêtres de l'Oratoire ; l'Abbé Rouſſeau
prononça le Panégyrique du Saint.
Le arême jour l'Académie de S. Luc a fait l'ouverture
de fon Sallon de Peinture & de Sculpture
à l'Hôtel d'Aligre , rue S. Honoré.
L'Académie Royale des Sciences a nommé
les fieurs Hellot , Macques , de Montigny , Leroi
& Tiller pour examiner la nouvelle porcelaine de
la compofition du Comte de Lauraguais . Après
en avoir comparé la pâte avec celle de la porcelaine
du Japon , ces Académiciens ont certifié
n'y avoir apperçu aucune différence.
On a appris que , le 9 du mois dernier , l'Eglife
des Pères Chartreux de Bourbon -lez- Gaillon , à
fept lieues de Rouen , a été entierement confumée
par un incendie. Cet accident a été occafionné par
la négligence d'un Plombier qui travailloit audeffus
du Chapitre attenant à l'Eglife ; il avoit
envoyé chercher du feu dans un réchaux pour
fondre de la foudure : le manoeuvre qui l'appor
toit laiffa tomber le réchaux , & le Plombier ſe
contenta de jetter de l'eau fur les charbons allumés
qu'il apperçut : mais il en reſta vraiſemblablement
quelques - uns qui embraferent la charpente
; car à trois heures après minuit le feu prit
avec tant de violence que l'Eglife , le Chapitre ,
la Cellule du Sacriftain & la Tour où étoit l'hor
158 MERCURE DE FRANCE .
loge furent réduits en cendres en moins d'une
heure de temps : on n'a pu fauver ni les ornemens
d'Eglife , ni le linge , ni l'argenterie qui
étoient renfermés dans ces différens endroits .
Le 4 de ce mois , l'AcadémieRoyale des Infcriptions
& Belles - Lettres nomma le fieur de l'Averdy,
Controlleur- Général des Finances , à la
Place d'Académicien Honoraire vacante par la
mort du Comte d'Argenſon .
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Résumé : De PARIS, le 10 Septembre 1764.
En août 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu à Paris. Le 16 août, le Corps de Ville a élu le sieur Bignon comme Prévôt des Marchands et les sieurs de Martel et Gauthier de Rougemont comme Échevins. Le 8 août, l'Université a organisé une cérémonie à la Sorbonne pour la distribution des prix, en présence du Parlement et d'un discours latin du sieur Pierre Jacquin. Le prix d'éloquence, fondé par Jean-Baptiste Coignard, n'a pas été attribué cette année-là. Le 25 août, une procession des Carmes du Grand-Couvent s'est rendue à la Chapelle du Palais des Tuileries, et diverses académies ont célébré la fête de Saint Louis avec des panégyriques. L'Académie de Saint Luc a également ouvert son salon de peinture et de sculpture. L'Académie Royale des Sciences a examiné la porcelaine du Comte de Lauraguais, la jugeant comparable à celle du Japon. Le 9 août, un incendie a détruit l'église des Pères Chartreux de Bourbon-lès-Gaillon. Le 4 septembre, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres a nommé le sieur de l'Averdy Contrôleur Général des Finances, succédant au Comte d'Argenson.
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11554
p. 158
LOTERIES.
Début :
Le quarante-quatriéme tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville s'est fait [...]
Mots clefs :
Tirage, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros, Lots, Loterie de l'école royale militaire
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texteReconnaissance textuelle : LOTERIES.
LOTERIES.
Le quarante- quatriéme tirage de la Loterie
de l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 23 Août , en
la manière accoutumée. le Lot de cinquante mille
livres eft échu au numéro 37764 ; celui de vingt
mille livres au numéro 21897 ; & les deux de
dix mille livres aux numéro 27550 & 35424.
Les Septembre , on a tiré la Loteric de l'Ecole
Royale Militaire , les numéros fortis de la roue
de fortune , font 61 , 41 , 12 , 84 , 52.
Le quarante- quatriéme tirage de la Loterie
de l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 23 Août , en
la manière accoutumée. le Lot de cinquante mille
livres eft échu au numéro 37764 ; celui de vingt
mille livres au numéro 21897 ; & les deux de
dix mille livres aux numéro 27550 & 35424.
Les Septembre , on a tiré la Loteric de l'Ecole
Royale Militaire , les numéros fortis de la roue
de fortune , font 61 , 41 , 12 , 84 , 52.
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11555
p. 158
SERVICES.
Début :
Le premier Septembre, on célébra, dans l'Eglise Paroissiale de N. [...]
Mots clefs :
Église paroissiale, Louis XIV, Repos de l'âme, Abbaye royale, Évêque, Maréchal Duc de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : SERVICES.
SERVICES.
Le premier Septembre , on célébra , dans l'E
glife Paroiffiale de N. D. à Verſailles , un Service
pour le repos de l'âme de Louis XIV , auquel
officia le fieur Allard , Curé de cette Paroiffe .
Le même jour , on célébra auffi dans l'Abbaye
Royale de S.Denis le Service annuel fondé pour le
repos de l'âme de Louis XIV. l'Evêque de Saint
Omer y officia : le Duc de Penthiévre & le
Prince de Lamballe y affifterent , ainsi que le
Maréchal Duc de Noailles.
Le premier Septembre , on célébra , dans l'E
glife Paroiffiale de N. D. à Verſailles , un Service
pour le repos de l'âme de Louis XIV , auquel
officia le fieur Allard , Curé de cette Paroiffe .
Le même jour , on célébra auffi dans l'Abbaye
Royale de S.Denis le Service annuel fondé pour le
repos de l'âme de Louis XIV. l'Evêque de Saint
Omer y officia : le Duc de Penthiévre & le
Prince de Lamballe y affifterent , ainsi que le
Maréchal Duc de Noailles.
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11556
p. 158-159
MORTS.
Début :
Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, Comte d'Argenson, Grand-Croix & [...]
Mots clefs :
Comte d'Argenson, Ministre, Marquis, Décès, Petite vérole, Épouse, Veuve
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Marc- Pierre de Voyer de Paulmy , Comte d'Argenfon
, Grand - Croix & Chevalier Garde des
NOVEMBRE . 1764. 159
Sceaux Honoraire de l'Ordre de S. Louis , Minif
tre & ancien Secrétaire d'Etat au Département de
la Guerre & de Paris , Honoraire de l'Académie
des Infcriptions & de celle des Sciences , cidevant
Surintendant - Général des Poftes & Relais
'de France , eft mort à Paris le 23 Août , âgé de
foixante-huit ans.
- Charles Nicolas - Matthieu de Boele , Marquis
de Moulins , Chevalier de l'Odre de S. Louis &
Maréchal de Camp des Armées du Roi , eft mort ,
le 4 Septembre , de la petite vérole , âgé de
foixante-cinq ans.
-
Pierre Chrift Edouard - François de Thumery
de Boiffife , Chevaleer de S. Jean de Jérufalem
, Commandeur de Haute- Aveſne , eſt mort
à Paris le 29 Août , âgé de foixante - dix - neuf
ans.
Louife Françoife Heuze de Vologer , épouſe
de Chriftian -Fréderic Dagobert, Comte de Walduer
de Freundftein , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Grand - Croix de l'Ordre du Mérite
Militaire & Colonel d'un Régiment Suiffe , eſt
mort , le 21 Août , dans fon Château d'Elleweiller
en Alface , âgée de foixante- treize ans.
Anne Geoffroi d'Autrechaux , épouſe du ſieur
de Fortia , Marquis de Pilles , Gouverneur de
Marſeille , eft morte à Hieres en Provence , âgée
de cinquante ans .
Elifabeth de Fieubet , Veuve d'Antoine - Louis-
François Lefevre de Caumartin , Marquis de Saint-
Ange & Confeiller d'Etat , eft morte à Paris , le
29 Août , dans la foixante - quatrième année de
fon âge .
Marc- Pierre de Voyer de Paulmy , Comte d'Argenfon
, Grand - Croix & Chevalier Garde des
NOVEMBRE . 1764. 159
Sceaux Honoraire de l'Ordre de S. Louis , Minif
tre & ancien Secrétaire d'Etat au Département de
la Guerre & de Paris , Honoraire de l'Académie
des Infcriptions & de celle des Sciences , cidevant
Surintendant - Général des Poftes & Relais
'de France , eft mort à Paris le 23 Août , âgé de
foixante-huit ans.
- Charles Nicolas - Matthieu de Boele , Marquis
de Moulins , Chevalier de l'Odre de S. Louis &
Maréchal de Camp des Armées du Roi , eft mort ,
le 4 Septembre , de la petite vérole , âgé de
foixante-cinq ans.
-
Pierre Chrift Edouard - François de Thumery
de Boiffife , Chevaleer de S. Jean de Jérufalem
, Commandeur de Haute- Aveſne , eſt mort
à Paris le 29 Août , âgé de foixante - dix - neuf
ans.
Louife Françoife Heuze de Vologer , épouſe
de Chriftian -Fréderic Dagobert, Comte de Walduer
de Freundftein , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , Grand - Croix de l'Ordre du Mérite
Militaire & Colonel d'un Régiment Suiffe , eſt
mort , le 21 Août , dans fon Château d'Elleweiller
en Alface , âgée de foixante- treize ans.
Anne Geoffroi d'Autrechaux , épouſe du ſieur
de Fortia , Marquis de Pilles , Gouverneur de
Marſeille , eft morte à Hieres en Provence , âgée
de cinquante ans .
Elifabeth de Fieubet , Veuve d'Antoine - Louis-
François Lefevre de Caumartin , Marquis de Saint-
Ange & Confeiller d'Etat , eft morte à Paris , le
29 Août , dans la foixante - quatrième année de
fon âge .
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Résumé : MORTS.
En novembre 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, Comte d'Argenfon, Grand-Croix et Chevalier Garde des Sceaux Honoraire de l'Ordre de Saint-Louis, ancien Secrétaire d'État au Département de la Guerre et de Paris, et Surintendant Général des Postes et Relais de France, est mort à Paris le 23 août à l'âge de soixante-huit ans. Charles Nicolas Matthieu de Boele, Marquis de Moulins, Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et Maréchal de Camp des Armées du Roi, est décédé le 4 septembre de la petite vérole à l'âge de soixante-cinq ans. Pierre Christ Edouard François de Thumery de Boissise, Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et Commandeur de Haute-Avesnes, est mort à Paris le 29 août à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Louise Françoise Heuze de Vologer, épouse de Christian-Frédéric Dagobert, Comte de Walduer de Freundstein, Lieutenant-Général des Armées du Roi, Grand-Croix de l'Ordre du Mérite Militaire et Colonel d'un Régiment Suisse, est décédée le 21 août dans son château d'Elleweiller en Alsace à l'âge de soixante-treize ans. Anne Geoffroi d'Autrechaux, épouse du sieur de Fortia, Marquis de Pilles et Gouverneur de Marseille, est morte à Hyères en Provence à l'âge de cinquante ans. Élisabeth de Fieubet, veuve d'Antoine-Louis-François Lefevre de Caumartin, Marquis de Saint-Ange et Conseiller d'État, est décédée à Paris le 29 août à l'âge de soixante-quatre ans.
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11557
p. 160-162
CÉREMONIES PUBLIQUES.
Début :
Le 9 Septembre, l'Archevêque de Colosse, Nonce Ordinaire du Pape, [...]
Mots clefs :
Archevêque, Nonce ordinaire du Pape, Prince, Ambassadeurs, Carosse, Comte, Comtesses, Soldats, Chevaux, Audience, Officiers, Monseigneur, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CÉREMONIES PUBLIQUES.
CEREMONIES PUBLIQUES.
LE , E9 Septembre , l'Archevêque de Coloffe ,
Nonce Ordinaire du Pape , fit fon entrée publique
en cette Ville. Le Prince de Marfans & le fieur lå
Live de la Briche , Introdu &teur des Ambaſſadeurs ,
allerent le prendre dans les carrolles de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où lamarche fe
fit dans l'ordre fuivant : un détachement du Guet
à cheval , le Commandant à la tête ; le caroffe
de l'Introducteur ; celui du Prince de Marfans ;
deux Suiffes de l'Ambaſſadeur à cheval ; la Livrée
à pied ; fix de fes Officiers à cheval ; un Ecuyer &
fix Pages à cheval ; le caroffe du Roi à côté duquel
marchoient la Livrée du Prince de Marfans
& celle de l'Introducteur ; le carroffe de
la Reine , dans lequel étoient l'Auditeur de la
Nonciature & le fieur de Sequeville , Sécrétaire
Ordinaire du Roi à la conduite des Ambaffadeurs ,
fes Gens aux portieres ; le carroffe de Madame la
Dauphine ; ceux du Duc d'Orléans , du Duc de
Chartres , du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, de la Princeffe de Conty , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , de la Comteffe
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteſſe de
Toulouſe , du Duc de Penthievre , du Prince de
Lamballe & celui du Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département des
Affaires Etrangères. Les quatre carroffes du Nonce
marchoient enfuite à une diftance de vingt à
trente pas. Un fecond détachement du Guet à
eheval fermoit la marche. Lorsque le Nonce
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté , de
la part du Roi par le Duc de Fleury , premier
NOVEMBRE . 1764. 16
.la
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté ; de
part de la Reine , par le Chevalier de Talaru ,
fon premier Maître d'Hôtel en furvivance ; de la
part de Madame la Dauphine , par le Comte de
Mailly ,fon premier Ecuyer , & de la part de
Madame Adélaïde , par le Marquis de L'hôpital ,
premier Ecuyer de cette Princefe ...
Le II , le Prince de Marfans & le fieur la Live
de la Briche , Introducteur des Ambaſſadeurs , allerent
prendre le Nonce en fon Hôtel dans les
carroffes du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent
à Versailles où il eut fa premiere audience.
publique du Roi le Nonce trouva à fon paffage ,
dans l'avant- cour du Château ; les Compagnies
des Gardes - Françoifes & Suiffes fous les armes , les
tambours appellant ; dans la cour , les Gardes de
la Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes , à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier ,
les Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fur
reçu , en-dedans de la Salle des Gardes , par
le Marquis de Villeroi , Capitaine des Gardes
du Corps , lefquels étoient en haie & fous les
armes. Après l'audience du Roi , le Nonce fut
conduit à l'audience de la Reine , à celles de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame la Dau
phine , par le Prince de Marfans & par l'Introducteur
des Ambaffadeurs ; après quoi il fur
conduit à celles de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monfeigneur le Comte de Provence & de Mon
feigneur le Comte d'Artois ; enfuite à celle de
Madame Adélaïde , & à celle de Mefdames Vic
toire , Sophie & Louife ; & , après avoir été fervi
à fon traitement par les Officiers du Roi , il fut
reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs Majenés.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le feu
162 MERCURE DE FRANCE:
Pape Benoit XIV , a eu l'honneur d'être pré
fenté au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
le 12 Octobre par le Duc d'Aumont , premier
Gentilhomme de la Chambre.
LE , E9 Septembre , l'Archevêque de Coloffe ,
Nonce Ordinaire du Pape , fit fon entrée publique
en cette Ville. Le Prince de Marfans & le fieur lå
Live de la Briche , Introdu &teur des Ambaſſadeurs ,
allerent le prendre dans les carrolles de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où lamarche fe
fit dans l'ordre fuivant : un détachement du Guet
à cheval , le Commandant à la tête ; le caroffe
de l'Introducteur ; celui du Prince de Marfans ;
deux Suiffes de l'Ambaſſadeur à cheval ; la Livrée
à pied ; fix de fes Officiers à cheval ; un Ecuyer &
fix Pages à cheval ; le caroffe du Roi à côté duquel
marchoient la Livrée du Prince de Marfans
& celle de l'Introducteur ; le carroffe de
la Reine , dans lequel étoient l'Auditeur de la
Nonciature & le fieur de Sequeville , Sécrétaire
Ordinaire du Roi à la conduite des Ambaffadeurs ,
fes Gens aux portieres ; le carroffe de Madame la
Dauphine ; ceux du Duc d'Orléans , du Duc de
Chartres , du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, de la Princeffe de Conty , du Prince de
Conty , du Comte de la Marche , de la Comteffe
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteſſe de
Toulouſe , du Duc de Penthievre , du Prince de
Lamballe & celui du Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département des
Affaires Etrangères. Les quatre carroffes du Nonce
marchoient enfuite à une diftance de vingt à
trente pas. Un fecond détachement du Guet à
eheval fermoit la marche. Lorsque le Nonce
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté , de
la part du Roi par le Duc de Fleury , premier
NOVEMBRE . 1764. 16
.la
Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté ; de
part de la Reine , par le Chevalier de Talaru ,
fon premier Maître d'Hôtel en furvivance ; de la
part de Madame la Dauphine , par le Comte de
Mailly ,fon premier Ecuyer , & de la part de
Madame Adélaïde , par le Marquis de L'hôpital ,
premier Ecuyer de cette Princefe ...
Le II , le Prince de Marfans & le fieur la Live
de la Briche , Introducteur des Ambaſſadeurs , allerent
prendre le Nonce en fon Hôtel dans les
carroffes du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent
à Versailles où il eut fa premiere audience.
publique du Roi le Nonce trouva à fon paffage ,
dans l'avant- cour du Château ; les Compagnies
des Gardes - Françoifes & Suiffes fous les armes , les
tambours appellant ; dans la cour , les Gardes de
la Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes , à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier ,
les Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fur
reçu , en-dedans de la Salle des Gardes , par
le Marquis de Villeroi , Capitaine des Gardes
du Corps , lefquels étoient en haie & fous les
armes. Après l'audience du Roi , le Nonce fut
conduit à l'audience de la Reine , à celles de
Monfeigneur le Dauphin & de Madame la Dau
phine , par le Prince de Marfans & par l'Introducteur
des Ambaffadeurs ; après quoi il fur
conduit à celles de Monfeigneur le Duc de Berry ,
de Monfeigneur le Comte de Provence & de Mon
feigneur le Comte d'Artois ; enfuite à celle de
Madame Adélaïde , & à celle de Mefdames Vic
toire , Sophie & Louife ; & , après avoir été fervi
à fon traitement par les Officiers du Roi , il fut
reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs Majenés.
Le Marquis de Montpefat , créé Duc par le feu
162 MERCURE DE FRANCE:
Pape Benoit XIV , a eu l'honneur d'être pré
fenté au Roi , à la Reine & à la Famille Royale ,
le 12 Octobre par le Duc d'Aumont , premier
Gentilhomme de la Chambre.
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Résumé : CÉREMONIES PUBLIQUES.
Le 9 septembre, l'Archevêque de Coloffe, Nonce Ordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accompagné par le Prince de Marfans et le sieur de la Briche, qui le prirent au Couvent de Picpus et le conduisirent en procession à son hôtel. La procession incluait des détachements du Guet à cheval, des carrosses de la famille royale et ceux des princes et princesses de la cour. À son arrivée, il fut complimenté par des représentants du Roi, de la Reine, de la Dauphine et de Madame Adélaïde. Le 11 novembre, le Nonce fut conduit à Versailles pour sa première audience publique par le Prince de Marfans et le sieur de la Briche. Il fut accueilli par les Gardes Françaises et Suisses, ainsi que les Cent-Suisses sur l'escalier. Après l'audience du Roi, il rencontra la Reine, le Dauphin, la Dauphine, le Duc de Berry, le Comte de Provence, le Comte d'Artois, Madame Adélaïde, et Mesdames Victoire, Sophie et Louise. Il fut ensuite reconduit à Paris dans les carrosses du Roi et de la Reine. Le 12 octobre, le Marquis de Montpezat, créé Duc par le Pape Benoît XIV, fut présenté au Roi, à la Reine et à la Famille Royale par le Duc d'Aumont, premier Gentilhomme de la Chambre.
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11558
p. 162
De CONSTANTINOPLE, le premier Septembre 1764.
Début :
On mande de Moldavie que le Prince Radziwill & son épouse [...]
Mots clefs :
Moldavie, Prince Radziwill, Troupes russes, Autorité, Refus, Tirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CONSTANTINOPLE, le premier Septembre 1764.
De CONSTANTIOPLE, lepremier Septembre 1764 .
ONN
mande de Moldavie que le Prince Radziwill
& fon époufe en font partis pour la Hongrie
avec une fuite de cent Chevaux . Quelques
Troupes Ruffes , commandées par le Knès d'Afcow
,font entrées à Jwanietz , qui n'eft féparée
de Rotzym que par le Niefter , & le font approchées
enfuite de Kaminietz , qu'elles ont fommé
de fe foumettre à l'autorité du Grand Régimentaire.
Sur le refus du Commandant , elles ont
invefti cette Fortereffe ; mais il a fait tirer fur
elles le canon , & les a contraintes de fe retirer
promptement , après avoir perdu quelques
hommes.
ONN
mande de Moldavie que le Prince Radziwill
& fon époufe en font partis pour la Hongrie
avec une fuite de cent Chevaux . Quelques
Troupes Ruffes , commandées par le Knès d'Afcow
,font entrées à Jwanietz , qui n'eft féparée
de Rotzym que par le Niefter , & le font approchées
enfuite de Kaminietz , qu'elles ont fommé
de fe foumettre à l'autorité du Grand Régimentaire.
Sur le refus du Commandant , elles ont
invefti cette Fortereffe ; mais il a fait tirer fur
elles le canon , & les a contraintes de fe retirer
promptement , après avoir perdu quelques
hommes.
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Résumé : De CONSTANTINOPLE, le premier Septembre 1764.
Le 1er septembre 1764, le prince Radziwill et son épouse se dirigent vers la Hongrie avec une escorte de cent chevaux. Simultanément, des troupes russes, dirigées par le prince d'Ascow, pénètrent à Jwanietz et avancent vers Kaminietz. Après le refus du commandant de la forteresse, les Russes attaquent mais sont repoussés avec des pertes.
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11559
p. 162-167
De PÉTERSBOURG, le 28 Août 1764.
Début :
Les circonstances de l'événement qui s'est passé dans la Forteresse [...]
Mots clefs :
Forteresse, Décès, Prince, Impératrice, Manifeste, Catherine II, Sujets, Couronne, Décrets, Héritière, Légitime, Actions justes, Compassion, Caractère, Officiers, Trouble, Récompense, Scélérat, Serment de fidélité, Patrie, Attaque, Providence, Ennemis, Révolte, Commandant, Crime, Lieutenant, Synode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PÉTERSBOURG, le 28 Août 1764.
De PETERSBOURG , le 28 Août 1764.
Les circonstances de l'événement qui s'eft paffé
dans la Fortereffe de Schluffelbourg & qui a fait
perdre la vie au Prince Iwan , ayant été rapportées
de différente manière , l'Impératrice a publié
à cette occafion le Manifefte fuivant.
» Catherine II , par la grace de Dieu , Impéra-
» trice & Souveraine de toutes les Ruffies , &c. &c.
ל כ
Lorfque , par la volonté de Dieu & au gré
NOVEMBRE . 1764. 163
53
50
des voeux unanimes de tous nos fidéles Sujets ,
nous montâmes fur le Trône de Ruffie , nous
» étions inftruite que le Prince Jean , né du mariage
du Prince Antoine de Brunswick-Wolfenbuttel
avec la Princeffe Anne de Mecklenbourg
étoit encore exiftant. Ce Prince , comme
on le fçait , avoit à peine reçu le jour , qu'il fut
illégitimement défigné pour porter la Couronne
Impériale de Ruflie , mais par les Décrets de la
Providence il en fut peu de temps après exclus
» pour toujours , & le Sceptre revint à la légitime
Héritière fille de PIERRE - LE - GRAND , notre trèschère
Tante l'Impératrice ELISABETH de glo-
» rieufe mémoire .
>>
"
A notre avénement au Trône , nos premiers
» foins , après avoir rendu nos juftes actions de
graces au Ciel , furent , par un effet de l'huma-
» nité qui nous eft naturelle , d'adoucir , autant
qu'il feroit poffible , le fort de ce Prince détrô-
» né par la volonté Divine & malheureux dès fon
enfance. Nous nous proposâmes d'abord de le
voir pour juger par nous- mêmes des facultés
de fon âme & lui affurer , convenablement à fon
» caractère & à l'éducation qu'il avoit reçue jufques
- là , une vie ailée & tranquille . Mais quelle
fut notre furpriſe de voir qu'outre un bégaye-
» ment incommode pour lui-même & qui rendoit
» fes difcours prèfque incompréhenfibles aux
သ
*
autres , il étoit abfolument dépourvu d'efprit &
» de raiſon ! Tous ceux qui fe trouvoient alors
» avec nous virent combien notre coeur fouffroit
» à la vue d'un objet propre à exciter notre com-
» paflion ; ils furent en même temps convaincus
» qu'il ne nous reftoit d'autre feoours à donner à
ce Prince , né fi malheureufement , que de le
» laiffer où il étoit , & de lui procurer toutes les
164 MERCURE DE FRANCÈ.
> aifances convenables à fa fituation. Nous don
» nâmes nos ordres en conféquence ; mais fon
'état ne lui permit pas d'y être fenfible , ne connoiffant
point les gens & ne fçachant pas diftin-
» guer le bien d'avec le mal , ni faire ufage de la
» lecture pour fe préferver de l'ennui , mettant
» au contraire toute fa félicité dans des chofes
qui marquoient le défordre de fon efptit.
သ
Ainfi , pour empêcher que , par des vues
particulières , quelque mal intentionné ne cherchât
à l'inquiéter en aucune manière , ou në
>> voulût fe fervir de fa perfonne pour troubler le
repos public , nous lui fimes donner une garde
>> fûre , & mîmes auprès de lui deux Officiers de
» la Garniſon , connus par leur probité & leur
» fidélité , l'un le Capitaine Wlaffieff & l'autre le
» Lieutenant Tichekin , qui , par leurs longs fervices
militaires , avoient mérité une récom-
» penfe & un emploi tranquille pour le refe de
» leurs jours. Il étoit recommandé à ces deux
> Officiers de prendre les plus grands foins de la
» Perfonne de ce Prince.
לכ
Cependant , malgré toutes ces précautions , il
a été impoffible d'empêcher qu'un Scélérat , par
» une méchanceté des plus noires & au mépris
» même de la vie , ne commit a Schluffelbourg
➡un attentat dont la feule penſée fait frémir . Un
» Sous-Lieutenant du Régiment de Smolensko ,
» Infanterie , nommé Bafile Miranowitz , né en
» Ukraine , petit - fils du premier Rebelle qui fuivit
» Mazeppa , & en qui il paroît que le parjure
s'étoit tranfmis par le fang , ayant palle fa vie
» dans la débauche , la diffipation & le défordre ,
s'étoit privé par là des moyens légitimes de
>> faire un jour une fortune honorable : ayant enfin
perdu de vue ce qu'il devoit à la loi de Dieu
NOVEMBRE . 1764. 165
» & au ferment de fidélité qu'il nous avoit prêté ,
» ne connoiflant le Prince Jean que de nom , &
>> bien moins encore les qualités de fon corps-
» & celles de fon âme , il fe mit en tête de faire
» par fon moyen une fortune éclatante , à quelque
prix que ce fût, & quelque fanglante que la
Icène pût devenir pour le Public.
»›Pour l'exécution de ce projet auffi déteſtable
que dangereux pour la Patrie & pour l'Auteur
» même , ce Sous - Lieutenant demanda pendant
→ notre voyage en Livonie qu'on l'envoyât , quoique
ce ne fût pas fon tour , faire la garde qui
» fe reléve tous les huit jours dans la Fortereffe
de Schluffelbourg : la nuit du au du mois
» dernier à deux heures après -minuit , il éveilla
☐ tout d'un coup fa grand'garde , la rangea de
front , & lui ordonna de charger à balles . Berednikoff
, Gommandant de la Fortereffe ,
» ayant entendu du bruit , fortit de fon quartier
» & en demanda la cauſe à Miranowitz lui - même
; mais , pour toute réponſe , ce Rebelle lui
donna fur la tête un coup de la croffe de fon
» fufil , & le fit arrêter. Il alla enfuite à la tête de
» fa troupe attaquer avec furie le petit nombre
» des Soldats qui gardoient le Prince Jean
>> mais ceux ci , qui fe trouvoient fous les ordres
>> des deux Officiers nommés ci -deſſus , le reçurent
» de manière qu'il fut obligé de fe retirer. Par
» une difpofition particulière de la Providence ,
» qui veille à la confervation de la vie des hommes
, il faifoit cette nuit là un brouillard fort
» épais qui , joint à la fituation intérieure de la
» Forterelle , empêcha qu'il n'y eût perſonne de
a bleffé ni de tué.
» Le peu de fuccès de cette première tentative
» ne pouvant faire défifter de fon projet de rébel166
MERCURE DE FRANCE.
>>lion cet ennemi du repos public , le défeſpoir
» lui fuggéra de faire amener d'un baſtion une
» piéce de canon avec les munitions néceſſaires ,
» ce qui fut d'abord exécuté. Le Capitaine Wlaf
» Geff & fon Lieutenant Tilchekin , voyant une
» force à laquelle ils ne pouvoient réûſter , crai-
>> gnirent un malheur beaucoup plus grand fi le
» Prince qui leur étoit confié venoir à être déli-
» vré ; & voulant épargner le fang innocent qu'il
>> en coûteroit à la Patrie dans de pareils trou-
» bles , ils prirent entre eux l'unique parti qu'ils
croyoient leur refter , celui d'affurer la tranquillité
publique en abrégeant les jours de l'infortuné
Prince . Confidérant d'ailleurs que s'ils
>> lâchoient un prifonnier qu'on s'efforçoit de leur
>> arracher avec tant d'acharnement , ils rifquoient
» d'être punis fuivant toute la rigueur des Loix ,
ils ôterent la vie au Prince , fans être retenus
par la crainte de recevoir la mort
main d'un Scélérat réduit au défeſpoir. Ce
» monftre , voyant devant lui le corps du
» Prince fans vie , fut fi frappé de ce coup inat-
» tendu , qu'il reconnut à l'inftant même fa témé-
» rité & fon crime , & en marqua fon repentir en
de la
préfence de fa troupe qu'une heure auparavant
» il avoit féduite & rendue complice de fon for-
» fait.
» Ce fut alors que les Officiers qui avoient
étouffé cette révolte dès fa naillance , s'aflurerent
, conjointement avec le Commandant , da
Rebelle , ramenerent les Soldats à leur devoir ,
» & envoyerent notre Confeiller- Privé - Actuel
» & Sénateur Panin , fous les ordres duquel ils fe
trouvoient , le rapport de cet événement qui ,
quoique malheureux , avoit cependant , par la
protection du Ciel , détourné un plus grand
>> malheur encore,
NOVEMBRE . 1764. 167
20
Ce Sénateur fit partir fur le champ le Lieute-
» nant- Colonel Cafchkin chargé d'inſtructions
fuffifantes pour affurer la tranquillité & le bon
ordre dans la Fortereffe , & nous envoya en
» même temps un Courier avec le détail de cette
» affaire . En conféquence nous ordonnâmes à
> notre Lieutenant - Général Weymarn , de ladivifion
de Pétersbourg , de fe tranſporter fur le
>> lieu pour y faire les informations néceffaires :
après les avoir finies , il vient de nous remettre
les interrogatoires , les dépofitions des témoins ,
» les preuves , & enfin le propre aveu du Scé-
ככ
>> lérat.
,
"
rap-
Ayant reconnu la grandeur de ce crime &
> combien il intéreffoit le repos de la Patrie
>> nous avons renvoyé cette affaire à notre Sénat
» & lui ordonnons , ainfi qu'au Synode , d'inviter
» les trois premières Claffes & tous les Préfidens
» de tous les Colléges pour en entendre le
sport de la bouche du Lieutenant Général Weymarn
qui en a pourfuivi les informations ; de
>> prononcer enfuite la Sentence felon les loix de
l'Empire , & de nous la préfenter lorſqu'elle
» aura été fignée , afin que nous la confirmions ,
(L. S. ) ( Signé ) CATHERINE,
» Imprimé au Sénat Dirigent à Pétersbourg , le
» 17 Août 1764. ३०
Les circonstances de l'événement qui s'eft paffé
dans la Fortereffe de Schluffelbourg & qui a fait
perdre la vie au Prince Iwan , ayant été rapportées
de différente manière , l'Impératrice a publié
à cette occafion le Manifefte fuivant.
» Catherine II , par la grace de Dieu , Impéra-
» trice & Souveraine de toutes les Ruffies , &c. &c.
ל כ
Lorfque , par la volonté de Dieu & au gré
NOVEMBRE . 1764. 163
53
50
des voeux unanimes de tous nos fidéles Sujets ,
nous montâmes fur le Trône de Ruffie , nous
» étions inftruite que le Prince Jean , né du mariage
du Prince Antoine de Brunswick-Wolfenbuttel
avec la Princeffe Anne de Mecklenbourg
étoit encore exiftant. Ce Prince , comme
on le fçait , avoit à peine reçu le jour , qu'il fut
illégitimement défigné pour porter la Couronne
Impériale de Ruflie , mais par les Décrets de la
Providence il en fut peu de temps après exclus
» pour toujours , & le Sceptre revint à la légitime
Héritière fille de PIERRE - LE - GRAND , notre trèschère
Tante l'Impératrice ELISABETH de glo-
» rieufe mémoire .
>>
"
A notre avénement au Trône , nos premiers
» foins , après avoir rendu nos juftes actions de
graces au Ciel , furent , par un effet de l'huma-
» nité qui nous eft naturelle , d'adoucir , autant
qu'il feroit poffible , le fort de ce Prince détrô-
» né par la volonté Divine & malheureux dès fon
enfance. Nous nous proposâmes d'abord de le
voir pour juger par nous- mêmes des facultés
de fon âme & lui affurer , convenablement à fon
» caractère & à l'éducation qu'il avoit reçue jufques
- là , une vie ailée & tranquille . Mais quelle
fut notre furpriſe de voir qu'outre un bégaye-
» ment incommode pour lui-même & qui rendoit
» fes difcours prèfque incompréhenfibles aux
သ
*
autres , il étoit abfolument dépourvu d'efprit &
» de raiſon ! Tous ceux qui fe trouvoient alors
» avec nous virent combien notre coeur fouffroit
» à la vue d'un objet propre à exciter notre com-
» paflion ; ils furent en même temps convaincus
» qu'il ne nous reftoit d'autre feoours à donner à
ce Prince , né fi malheureufement , que de le
» laiffer où il étoit , & de lui procurer toutes les
164 MERCURE DE FRANCÈ.
> aifances convenables à fa fituation. Nous don
» nâmes nos ordres en conféquence ; mais fon
'état ne lui permit pas d'y être fenfible , ne connoiffant
point les gens & ne fçachant pas diftin-
» guer le bien d'avec le mal , ni faire ufage de la
» lecture pour fe préferver de l'ennui , mettant
» au contraire toute fa félicité dans des chofes
qui marquoient le défordre de fon efptit.
သ
Ainfi , pour empêcher que , par des vues
particulières , quelque mal intentionné ne cherchât
à l'inquiéter en aucune manière , ou në
>> voulût fe fervir de fa perfonne pour troubler le
repos public , nous lui fimes donner une garde
>> fûre , & mîmes auprès de lui deux Officiers de
» la Garniſon , connus par leur probité & leur
» fidélité , l'un le Capitaine Wlaffieff & l'autre le
» Lieutenant Tichekin , qui , par leurs longs fervices
militaires , avoient mérité une récom-
» penfe & un emploi tranquille pour le refe de
» leurs jours. Il étoit recommandé à ces deux
> Officiers de prendre les plus grands foins de la
» Perfonne de ce Prince.
לכ
Cependant , malgré toutes ces précautions , il
a été impoffible d'empêcher qu'un Scélérat , par
» une méchanceté des plus noires & au mépris
» même de la vie , ne commit a Schluffelbourg
➡un attentat dont la feule penſée fait frémir . Un
» Sous-Lieutenant du Régiment de Smolensko ,
» Infanterie , nommé Bafile Miranowitz , né en
» Ukraine , petit - fils du premier Rebelle qui fuivit
» Mazeppa , & en qui il paroît que le parjure
s'étoit tranfmis par le fang , ayant palle fa vie
» dans la débauche , la diffipation & le défordre ,
s'étoit privé par là des moyens légitimes de
>> faire un jour une fortune honorable : ayant enfin
perdu de vue ce qu'il devoit à la loi de Dieu
NOVEMBRE . 1764. 165
» & au ferment de fidélité qu'il nous avoit prêté ,
» ne connoiflant le Prince Jean que de nom , &
>> bien moins encore les qualités de fon corps-
» & celles de fon âme , il fe mit en tête de faire
» par fon moyen une fortune éclatante , à quelque
prix que ce fût, & quelque fanglante que la
Icène pût devenir pour le Public.
»›Pour l'exécution de ce projet auffi déteſtable
que dangereux pour la Patrie & pour l'Auteur
» même , ce Sous - Lieutenant demanda pendant
→ notre voyage en Livonie qu'on l'envoyât , quoique
ce ne fût pas fon tour , faire la garde qui
» fe reléve tous les huit jours dans la Fortereffe
de Schluffelbourg : la nuit du au du mois
» dernier à deux heures après -minuit , il éveilla
☐ tout d'un coup fa grand'garde , la rangea de
front , & lui ordonna de charger à balles . Berednikoff
, Gommandant de la Fortereffe ,
» ayant entendu du bruit , fortit de fon quartier
» & en demanda la cauſe à Miranowitz lui - même
; mais , pour toute réponſe , ce Rebelle lui
donna fur la tête un coup de la croffe de fon
» fufil , & le fit arrêter. Il alla enfuite à la tête de
» fa troupe attaquer avec furie le petit nombre
» des Soldats qui gardoient le Prince Jean
>> mais ceux ci , qui fe trouvoient fous les ordres
>> des deux Officiers nommés ci -deſſus , le reçurent
» de manière qu'il fut obligé de fe retirer. Par
» une difpofition particulière de la Providence ,
» qui veille à la confervation de la vie des hommes
, il faifoit cette nuit là un brouillard fort
» épais qui , joint à la fituation intérieure de la
» Forterelle , empêcha qu'il n'y eût perſonne de
a bleffé ni de tué.
» Le peu de fuccès de cette première tentative
» ne pouvant faire défifter de fon projet de rébel166
MERCURE DE FRANCE.
>>lion cet ennemi du repos public , le défeſpoir
» lui fuggéra de faire amener d'un baſtion une
» piéce de canon avec les munitions néceſſaires ,
» ce qui fut d'abord exécuté. Le Capitaine Wlaf
» Geff & fon Lieutenant Tilchekin , voyant une
» force à laquelle ils ne pouvoient réûſter , crai-
>> gnirent un malheur beaucoup plus grand fi le
» Prince qui leur étoit confié venoir à être déli-
» vré ; & voulant épargner le fang innocent qu'il
>> en coûteroit à la Patrie dans de pareils trou-
» bles , ils prirent entre eux l'unique parti qu'ils
croyoient leur refter , celui d'affurer la tranquillité
publique en abrégeant les jours de l'infortuné
Prince . Confidérant d'ailleurs que s'ils
>> lâchoient un prifonnier qu'on s'efforçoit de leur
>> arracher avec tant d'acharnement , ils rifquoient
» d'être punis fuivant toute la rigueur des Loix ,
ils ôterent la vie au Prince , fans être retenus
par la crainte de recevoir la mort
main d'un Scélérat réduit au défeſpoir. Ce
» monftre , voyant devant lui le corps du
» Prince fans vie , fut fi frappé de ce coup inat-
» tendu , qu'il reconnut à l'inftant même fa témé-
» rité & fon crime , & en marqua fon repentir en
de la
préfence de fa troupe qu'une heure auparavant
» il avoit féduite & rendue complice de fon for-
» fait.
» Ce fut alors que les Officiers qui avoient
étouffé cette révolte dès fa naillance , s'aflurerent
, conjointement avec le Commandant , da
Rebelle , ramenerent les Soldats à leur devoir ,
» & envoyerent notre Confeiller- Privé - Actuel
» & Sénateur Panin , fous les ordres duquel ils fe
trouvoient , le rapport de cet événement qui ,
quoique malheureux , avoit cependant , par la
protection du Ciel , détourné un plus grand
>> malheur encore,
NOVEMBRE . 1764. 167
20
Ce Sénateur fit partir fur le champ le Lieute-
» nant- Colonel Cafchkin chargé d'inſtructions
fuffifantes pour affurer la tranquillité & le bon
ordre dans la Fortereffe , & nous envoya en
» même temps un Courier avec le détail de cette
» affaire . En conféquence nous ordonnâmes à
> notre Lieutenant - Général Weymarn , de ladivifion
de Pétersbourg , de fe tranſporter fur le
>> lieu pour y faire les informations néceffaires :
après les avoir finies , il vient de nous remettre
les interrogatoires , les dépofitions des témoins ,
» les preuves , & enfin le propre aveu du Scé-
ככ
>> lérat.
,
"
rap-
Ayant reconnu la grandeur de ce crime &
> combien il intéreffoit le repos de la Patrie
>> nous avons renvoyé cette affaire à notre Sénat
» & lui ordonnons , ainfi qu'au Synode , d'inviter
» les trois premières Claffes & tous les Préfidens
» de tous les Colléges pour en entendre le
sport de la bouche du Lieutenant Général Weymarn
qui en a pourfuivi les informations ; de
>> prononcer enfuite la Sentence felon les loix de
l'Empire , & de nous la préfenter lorſqu'elle
» aura été fignée , afin que nous la confirmions ,
(L. S. ) ( Signé ) CATHERINE,
» Imprimé au Sénat Dirigent à Pétersbourg , le
» 17 Août 1764. ३०
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Résumé : De PÉTERSBOURG, le 28 Août 1764.
Le 28 août 1764, Catherine II publie un manifeste concernant la mort du Prince Iwan, également connu sous le nom de Prince Jean. À son avènement, Catherine apprend que le Prince Jean, fils du Prince Antoine de Brunswick-Wolfenbuttel et de la Princesse Anne de Mecklenbourg, avait été illégitimement désigné pour porter la Couronne Impériale de Russie, mais avait été exclu par la Providence. Le sceptre revint alors à Élisabeth, fille de Pierre le Grand. Catherine décide d'adoucir le sort du Prince Jean, qu'elle trouve dépourvu d'esprit et de raison. Elle lui assure une vie tranquille et lui attribue une garde sûre composée du Capitaine Wlassieff et du Lieutenant Tischekin. Malgré ces précautions, un sous-lieutenant du régiment de Smolensko, Basile Miranowitz, tente de s'emparer du Prince pour faire fortune. Lors de cette tentative, les officiers préfèrent tuer le Prince pour éviter un bain de sang. Miranowitz, face au corps sans vie du Prince, reconnaît son erreur et se repent. Les officiers rétablissent l'ordre et informent le Sénateur Panin. Catherine ordonne une enquête dirigée par le Lieutenant-Général Weymarn, qui remet les preuves et les aveux du scélérat. L'affaire est ensuite confiée au Sénat et au Synode pour jugement selon les lois de l'Empire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11560
p. 167-168
De WARSOVIE, le 29 Août 1764.
Début :
La confédération du grand Duché de Lithuanie, a rendu contre [...]
Mots clefs :
Confédération, Grand-duché de Lituanie, Décret, Prince, Pertes, Comtes, Confiscation, Biens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 29 Août 1764.
De WARSOVIE , le 29 Août 1764.
La confédération du grand Duché de Lithua
nie , a rendu contre le Prince Radziwill , Palatin
de Wilna , un Décret par lequel ce Prince eft
déchu pour toujours de la qualité de Palatin ,
déclaré incapable d'exercer déformais aucun eme
ploi & dépouillé des biens des Ordinations de
Niefwicz & d'Ofyka, ainfi que de les autres biens
168 MERCURE DE FRANCE
la confédération a adjugé une partie au Cemte
de Flemming , grand Tréforier de Lithuanie , en
dédommagement des pertes qu'il a faites à Terefpol
; une autre partie aux Créanciers du Prince,
Radziwill , & le refte au plus jeune de fes frères ;
le même Décret exclut de toutes fonctions pendant
fix années , les deux Comtes Rzewuski , l'un
Enfeigne , & l'autre Sous- Pannetier de Lithuanie,
les autres adhérans de ce Prince , à l'exception
du Prince Wolokowic , dont la tête eft mife à
prix , & dont tous les biens font confifqués .
La confédération du grand Duché de Lithua
nie , a rendu contre le Prince Radziwill , Palatin
de Wilna , un Décret par lequel ce Prince eft
déchu pour toujours de la qualité de Palatin ,
déclaré incapable d'exercer déformais aucun eme
ploi & dépouillé des biens des Ordinations de
Niefwicz & d'Ofyka, ainfi que de les autres biens
168 MERCURE DE FRANCE
la confédération a adjugé une partie au Cemte
de Flemming , grand Tréforier de Lithuanie , en
dédommagement des pertes qu'il a faites à Terefpol
; une autre partie aux Créanciers du Prince,
Radziwill , & le refte au plus jeune de fes frères ;
le même Décret exclut de toutes fonctions pendant
fix années , les deux Comtes Rzewuski , l'un
Enfeigne , & l'autre Sous- Pannetier de Lithuanie,
les autres adhérans de ce Prince , à l'exception
du Prince Wolokowic , dont la tête eft mife à
prix , & dont tous les biens font confifqués .
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Résumé : De WARSOVIE, le 29 Août 1764.
Le 29 août 1764, la confédération du grand Duché de Lituanie a émis un décret contre le Prince Radziwill, le privant de son titre de Palatin et de ses fonctions publiques. Ses biens sont confisqués et redistribués au Comte de Flemming, aux créanciers et à son frère cadet. Les Comtes Rzewuski et autres partisans sont exclus des fonctions publiques pour six ans. Le Prince Wolokowic est mis à prix et ses biens confisqués.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11561
p. *168-168
De COPPENHAGUE, le 8 Septembre 1764.
Début :
On célébra au Palais de Christianbourg, le premier de ce mois, [...]
Mots clefs :
Palais, Mariage, Célébration, Princesse, Prince héréditaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 8 Septembre 1764.
De COPPENHAGUE , le 8 Septembre 1764.
On célébra au Palais de Chriftianbourg , le premier
de ce mois , le Mariage de la Princeffe Guildelmine
Caroline , avec le Prince Héréditaire de
Helle-Caffel.
On célébra au Palais de Chriftianbourg , le premier
de ce mois , le Mariage de la Princeffe Guildelmine
Caroline , avec le Prince Héréditaire de
Helle-Caffel.
Fermer
11562
p. 168-170
De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
Début :
Le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Duc de Lorraine, Chevalier, Colonie, Commandant, Contrat de mariage, Ambassadeur, Ouvrage, Professeur, Capitaines, Lieutenant, Marquis, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
De VERSAILLES , le 3.Octobre 1764.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
eft arrivé de Lunéville ici , le 15 du mois dernier,
& il eft parti aujourd'hui pour retourner à Lunéville.
Le Chevalier Turgot , Gouverneur , Lieutenant-
Général de la Guyane , & le fieur de Béhague
, Commandant en Chef dans cette Colonie ,
ont eu l'honneur de prendre congé le 9 de Leurs
Majeftés & de la Famille Royale : ils fe difpolent
à partir inceffamment pour Rochefort , où ils doiyent
s'embarquer pour paller à Cayenne,
La
NOVEMBRE. 1764. 1fg
le
La Comteffe de Bercheny , nominée Dame
our accompagner Mefdames à la place de la
Marquife de Soulanges , a été en cette qualité
préfentée au Roi le 20 .
Le Roi a accordé les entrées de fa Chambre au
Duc de Villars , Pair de France , Gouverneur &
Commandant en Provence.
Leurs Majeſtés & la Famille Royale ont figné le
30 le contrat de mariage du Marquis de Rochechouart
avec Demoiſelle de Courteille . Le même
jour le fieur de S. Prieft , Intendant de Languedoc
, qui a obtenu la Place de Conſeiller d'Etat
vacante par la mort du fieur de Lucé , Intendant,
d'Alface , a eu l'honneur d'être préfenté au Roi
en cette qualité.
Le même jour le Comte de Guerchy , Ambaf
fadeur du Roi auprès de Sa Majefté Britannique ,
& la Comteffe de Guerchy , fon époufe , ont pris
congé de Leurs Majeftés & de la Famille Royale ,
pour retourner à Londres,
Le 29 , le fieur de Fleury , ancien Profeffeur
Royal de Mathématique , de Génie & d'Artillerie
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés & à
la Famille Royale , ainſi qu'au Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , un Ouvrage intitulé : .,
Effaifur les moyens de réformer l'éducation particu
Lière & générale.
"
Le koi a nommé Lieutenans - Généraux des Armées
Navales le Prince de Beauffremont - Liftenois
, le Comte de Blenac , le Chevalier d'Aubigny .
& le fieur de Bompar , Chefs d'Eſcadre. Le Marquis
de Saint Aignan, le Comte de Coufages , les
fieurs Rofily , Maurville , Keruforet & le Borgne
le Chevalier d'Eaux de Raimondis le fieur de
Sabran , le Vicomte d'Urtubie , les fieurs Beauffiers
de l'Ifle , de Rochemore & de Panat , le
H
•
1-0 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Bouville , les fieurs d'Orvilliers , du
Chaffault & le Chevalier de Rohan , Capitaines de
Vaiffeaux , ont été faits Chefs d'Efcadre. Sa Ma➡
jefté ayant rétabli le grade de Capitaine de Frégate
, a avancé à ce grade cinquante Lieutenans
de Va fleau, Elle a accordé le grade de Lieutenant
de Vaiſeau à foixante- deux Enfeignes , & celui
d'Enfeigne de Vaiffeau à quatre - vingt - fix Gardes
du Pavillon & de la Marine . Elle a auſſi fait un
remplacement de fix Gardes de la Marine.
Sa Majefté a rendu le 14 du mois dernier
deux Ordonnances ; l'une concernant les régles
qu'elle prefcrit pour l'avancement aux différens
grades de la Marine & fur l'uniforme des Officiers
de la Marine ; l'autre , fur la compofition , le fervice
, la difcipline & l'inftruction des Compagnies
des Gardes du Pavillon & de la Marine , & fur
l'admiffion des Volontaires qui feront agréés pour
fervir fur les Vaiffeaux de Sa Majesté.
Le Roi a difpofé de fa Lieutenance des Gardes
du Corps dans la Compagnie de Luxembourg
vacante par la retraite du Marquis de Vareille ,
en faveur du Marquis de Laubepin , qui étoit
premier Enfeigne de la même Compagnie , &
qui a été remplacé par le Marquis de Floreffac,
Le fieur de Bonfol a obtenu le Bâton d'Exempt.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
eft arrivé de Lunéville ici , le 15 du mois dernier,
& il eft parti aujourd'hui pour retourner à Lunéville.
Le Chevalier Turgot , Gouverneur , Lieutenant-
Général de la Guyane , & le fieur de Béhague
, Commandant en Chef dans cette Colonie ,
ont eu l'honneur de prendre congé le 9 de Leurs
Majeftés & de la Famille Royale : ils fe difpolent
à partir inceffamment pour Rochefort , où ils doiyent
s'embarquer pour paller à Cayenne,
La
NOVEMBRE. 1764. 1fg
le
La Comteffe de Bercheny , nominée Dame
our accompagner Mefdames à la place de la
Marquife de Soulanges , a été en cette qualité
préfentée au Roi le 20 .
Le Roi a accordé les entrées de fa Chambre au
Duc de Villars , Pair de France , Gouverneur &
Commandant en Provence.
Leurs Majeſtés & la Famille Royale ont figné le
30 le contrat de mariage du Marquis de Rochechouart
avec Demoiſelle de Courteille . Le même
jour le fieur de S. Prieft , Intendant de Languedoc
, qui a obtenu la Place de Conſeiller d'Etat
vacante par la mort du fieur de Lucé , Intendant,
d'Alface , a eu l'honneur d'être préfenté au Roi
en cette qualité.
Le même jour le Comte de Guerchy , Ambaf
fadeur du Roi auprès de Sa Majefté Britannique ,
& la Comteffe de Guerchy , fon époufe , ont pris
congé de Leurs Majeftés & de la Famille Royale ,
pour retourner à Londres,
Le 29 , le fieur de Fleury , ancien Profeffeur
Royal de Mathématique , de Génie & d'Artillerie
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés & à
la Famille Royale , ainſi qu'au Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , un Ouvrage intitulé : .,
Effaifur les moyens de réformer l'éducation particu
Lière & générale.
"
Le koi a nommé Lieutenans - Généraux des Armées
Navales le Prince de Beauffremont - Liftenois
, le Comte de Blenac , le Chevalier d'Aubigny .
& le fieur de Bompar , Chefs d'Eſcadre. Le Marquis
de Saint Aignan, le Comte de Coufages , les
fieurs Rofily , Maurville , Keruforet & le Borgne
le Chevalier d'Eaux de Raimondis le fieur de
Sabran , le Vicomte d'Urtubie , les fieurs Beauffiers
de l'Ifle , de Rochemore & de Panat , le
H
•
1-0 MERCURE DE FRANCE.
Vicomte de Bouville , les fieurs d'Orvilliers , du
Chaffault & le Chevalier de Rohan , Capitaines de
Vaiffeaux , ont été faits Chefs d'Efcadre. Sa Ma➡
jefté ayant rétabli le grade de Capitaine de Frégate
, a avancé à ce grade cinquante Lieutenans
de Va fleau, Elle a accordé le grade de Lieutenant
de Vaiſeau à foixante- deux Enfeignes , & celui
d'Enfeigne de Vaiffeau à quatre - vingt - fix Gardes
du Pavillon & de la Marine . Elle a auſſi fait un
remplacement de fix Gardes de la Marine.
Sa Majefté a rendu le 14 du mois dernier
deux Ordonnances ; l'une concernant les régles
qu'elle prefcrit pour l'avancement aux différens
grades de la Marine & fur l'uniforme des Officiers
de la Marine ; l'autre , fur la compofition , le fervice
, la difcipline & l'inftruction des Compagnies
des Gardes du Pavillon & de la Marine , & fur
l'admiffion des Volontaires qui feront agréés pour
fervir fur les Vaiffeaux de Sa Majesté.
Le Roi a difpofé de fa Lieutenance des Gardes
du Corps dans la Compagnie de Luxembourg
vacante par la retraite du Marquis de Vareille ,
en faveur du Marquis de Laubepin , qui étoit
premier Enfeigne de la même Compagnie , &
qui a été remplacé par le Marquis de Floreffac,
Le fieur de Bonfol a obtenu le Bâton d'Exempt.
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Résumé : De VERSAILLES, le 3 Octobre 1764.
En octobre 1764, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de Versailles. Le 3 octobre, le roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, arriva de Lunéville et repartit le même jour. Le 9 octobre, le chevalier Turgot et le sieur de Béhague prirent congé pour se rendre à Rochefort avant d'embarquer pour Cayenne. En novembre, la comtesse de Bercheny fut présentée au roi pour remplacer la marquise de Soulanges auprès de Mesdames. Le duc de Villars devint gouverneur de Provence. Le 30 novembre, le contrat de mariage du marquis de Rochechouart fut signé. Le sieur de Saint-Priest fut présenté comme conseiller d'État et intendant de Languedoc. Le comte et la comtesse de Guerchy prirent congé pour retourner à Londres. Le sieur de Fleury présenta un ouvrage sur la réforme de l'éducation. Le roi nomma plusieurs lieutenants-généraux des armées navales et rendit des ordonnances sur l'avancement et l'uniforme des officiers de la marine. Le marquis de Laubepin succéda au marquis de Vareille comme lieutenant des gardes du corps, et le sieur de Bonfol obtint le bâton d'exempt.
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11563
p. 170-171
De FONTAINEBLEAU, le 10 Octobre 1764.
Début :
Le Roi & Monseigneur le Dauphine sont partis le premier de [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Roi, Madame, Comte, Princesses
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texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 10 Octobre 1764.
De FONTAINEBLEAU , le 10 Octobre 1764 .
Le Roi & Monfeigneur le Dauphin font partis
le premier de ce mois de Verfailles pour Choify ,
d'où ils fe font rendus ici le 2. La Reine , Madame
la Dauphine , Madame Adelaide & Meſdames
Victoire , Sophie & Louife font arrivées le 3 .
Monſeigneur le Duc de Berry , Monſeigneur le
Comte de Provence & Monfeigneur le Comte
d'Artois , le 4. Les jeunes Princefles Filles de Mon
NOVEMBRE. 1764. 171
7
feigneur le Dauphin font reftées à Versailles , où
elles demeureront pendant le féjour du Roi ici .
Le 8 , l'Evêque de Sisteron prêta ferment entre
les mains du Roi pendant la Melle qui s'eft dire
dans la Chapelle du Château .
Le Roi & Monfeigneur le Dauphin font partis
le premier de ce mois de Verfailles pour Choify ,
d'où ils fe font rendus ici le 2. La Reine , Madame
la Dauphine , Madame Adelaide & Meſdames
Victoire , Sophie & Louife font arrivées le 3 .
Monſeigneur le Duc de Berry , Monſeigneur le
Comte de Provence & Monfeigneur le Comte
d'Artois , le 4. Les jeunes Princefles Filles de Mon
NOVEMBRE. 1764. 171
7
feigneur le Dauphin font reftées à Versailles , où
elles demeureront pendant le féjour du Roi ici .
Le 8 , l'Evêque de Sisteron prêta ferment entre
les mains du Roi pendant la Melle qui s'eft dire
dans la Chapelle du Château .
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 10 Octobre 1764.
Le 1er octobre 1764, le Roi et le Dauphin quittent Versailles pour Choisy, puis reviennent à Fontainebleau le 2 octobre. La Reine, la Dauphine et les princesses arrivent le 3 octobre. Les princes, Duc de Berry, Comte de Provence et Comte d'Artois, arrivent le 4 octobre. Les filles du Dauphin restent à Versailles. Le 8 octobre, l'Évêque de Sisteron prête serment au Roi.
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11564
p. 171
De NANTES, le 25 Septembre 1764.
Début :
Le Maréchal Duc de Richelieu est arrivé ici, le 22 [...]
Mots clefs :
Maréchal duc de Richelieu, Honneurs, Fêtes, Conquête, Célébration, Feu d'artifice, Concert
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texteReconnaissance textuelle : De NANTES, le 25 Septembre 1764.
De NANTES , le 25 Septembre 1764.
Le Maréchal Duc de Richelieu eft arrivé ici , le
22 de ce mois , & y a été reçu avec tous les honneurs
dûs à fon rang . Parmi différentes Fêtes que
le Duc d'Aiguillon lui a données , on a tiré devant
lui après un foupé de cent couverts , un feu
d'Artifice repréfentant la Conquête de Mahon .
Ce Maréchal a foupé à la Bourſe , le 23 avec
deux cens perfonnes des plus confidérables de la
Province. Le lendemain , après avoir vifité tous
les embelliffemens que le Duc d'Aiguillon a fait
faire ici , il a affifté au Concert de la Ville auquel
s'étoit réunie la Mufique du Duc d'Aiguillon .
Čes différentes Fêtes ont été terminées par un
grand Bal. Le Maréchal de Richelieu eft parti ce
matin pour l'Orient.
Le Maréchal Duc de Richelieu eft arrivé ici , le
22 de ce mois , & y a été reçu avec tous les honneurs
dûs à fon rang . Parmi différentes Fêtes que
le Duc d'Aiguillon lui a données , on a tiré devant
lui après un foupé de cent couverts , un feu
d'Artifice repréfentant la Conquête de Mahon .
Ce Maréchal a foupé à la Bourſe , le 23 avec
deux cens perfonnes des plus confidérables de la
Province. Le lendemain , après avoir vifité tous
les embelliffemens que le Duc d'Aiguillon a fait
faire ici , il a affifté au Concert de la Ville auquel
s'étoit réunie la Mufique du Duc d'Aiguillon .
Čes différentes Fêtes ont été terminées par un
grand Bal. Le Maréchal de Richelieu eft parti ce
matin pour l'Orient.
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Résumé : De NANTES, le 25 Septembre 1764.
Le 25 septembre 1764, le Maréchal Duc de Richelieu a été accueilli à Nantes avec honneurs. Le Duc d'Aiguillon a organisé des fêtes, dont un dîner et un feu d'artifice pour la conquête de Mahon. Le Maréchal a soupé avec des notables et visité des améliorations avant de partir pour l'Orient.
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11565
p. 171-172
De PARIS, le 12 Octobre 1764.
Début :
Le Prince de Conty se rendit, le 24 du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Abbaye, Pierre, Bâtiments, Édification, Abbé, Bénédiction, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 12 Octobre 1764.
De PARIS , le 12 Octobre 1764 .
Le Prince de Conty fe rendit , le 24 du mois
dernier , à l'Abbaye des Dames de Saint Antoine
de cette Ville où il pofa la premiere pierre des
nouveaux bâtimens qu'on y conftruit pour la
réédification prèfque totale de cet Edifice , dont
l'antiquité remonte à la fondation de l'Abbaye
même , c'est- à - dire , à la fin du douzième fiécle;
Son Alteffe Séréniffime fut reçue & haranguée à
l'entrée de l'Eglife par l'Abbé Général de l'Ordrede
Citeaux , qui la conduifit , fuivi de fon Clergé
à la porte du Choeur , où Elle fut reçue & complimentée
par l'Abbeffe à la tête de la Commu
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
auté . La pierre fut bénite par l'Abbé de Cîteaux ,
& le fieur Goupy , Entrepreneur du nouvel Edifice
, eut l'honneur de préfenter au Prince les
inftrumens néceffaires a la pofe. Pendant la cérémonie
on exécuta une très - belle Muſique . Le
fieur Lenoir le Romain , Architecte de l'Abbaye ,
préfenta a Son Altefle Séréniflime le plan & le
modéle du nouveau Bâtiment.
Le Prince de Conty fe rendit , le 24 du mois
dernier , à l'Abbaye des Dames de Saint Antoine
de cette Ville où il pofa la premiere pierre des
nouveaux bâtimens qu'on y conftruit pour la
réédification prèfque totale de cet Edifice , dont
l'antiquité remonte à la fondation de l'Abbaye
même , c'est- à - dire , à la fin du douzième fiécle;
Son Alteffe Séréniffime fut reçue & haranguée à
l'entrée de l'Eglife par l'Abbé Général de l'Ordrede
Citeaux , qui la conduifit , fuivi de fon Clergé
à la porte du Choeur , où Elle fut reçue & complimentée
par l'Abbeffe à la tête de la Commu
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
auté . La pierre fut bénite par l'Abbé de Cîteaux ,
& le fieur Goupy , Entrepreneur du nouvel Edifice
, eut l'honneur de préfenter au Prince les
inftrumens néceffaires a la pofe. Pendant la cérémonie
on exécuta une très - belle Muſique . Le
fieur Lenoir le Romain , Architecte de l'Abbaye ,
préfenta a Son Altefle Séréniflime le plan & le
modéle du nouveau Bâtiment.
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Résumé : De PARIS, le 12 Octobre 1764.
Le 24 septembre 1764, le Prince de Conty posa la première pierre des nouveaux bâtiments de l'Abbaye des Dames de Saint-Antoine à Paris. Cette réédification vise à restaurer presque entièrement l'édifice, fondé à la fin du douzième siècle. À son arrivée, le Prince fut accueilli par l'Abbé Général de l'Ordre de Cîteaux, qui le conduisit à la porte du chœur où l'Abbesse et la communauté l'attendaient. La pierre fut bénite par l'Abbé de Cîteaux, et le sieur Goupy, entrepreneur du nouvel édifice, présenta les outils nécessaires. Une musique fut exécutée pendant la cérémonie. L'architecte de l'abbaye, le sieur Lenoir le Romain, présenta au Prince le plan et le modèle du nouveau bâtiment.
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11566
p. 172
EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 8 Septembre 1764.
Début :
"Hier 7, le Comte Stanislas Poniastowski, Stolnich du Duché de Lithuanie, [...]
Mots clefs :
Comte, Grand-duché de Lituanie, Élection, Évêque, Académie, Couvent, Invention , Machine
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 8 Septembre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du 8
Septembre 1764.
D Hier · 7 le Comte Staniſlas Poniatowski ,
» Stolnick du Duché de Lithuanie , a été élu .
» & proclamé Roi de Pologne par les Nonces
& Senateurs aflemblés dans le Szoppa on
» Champ d'Election . Cette Election s'eft faite
avec la tranquillité & l'unanimité qu'on pou-
>> voit attendre de la fituation préfente des af
>> faires. L'Evêque de Cracovie s'étoit retiré &
n'a point affifté à cet événement.
Le Sieur Bonvenant Poix a inventé une machine
propre à cribler le bled , qui a la forme
d'un Côpe tronqué , dont la propriété eft de
nettoyer parfaitement le bled & de féparer en
même - temps le bon grain d'avec les pailles ,
l'ivraie , les grains altérés & les charençons ;
l'épreuve en a été faite , en préfence de l'Academie
des Sciences & de la Société Royale d'Agriculture
au Couvent des Chartreux & à
T'Abbaye de S. Nicolas des Champs , & les Commilaires
nommés par l'Académie ont rendy
des témoignages avantageux de la machine.
Septembre 1764.
D Hier · 7 le Comte Staniſlas Poniatowski ,
» Stolnick du Duché de Lithuanie , a été élu .
» & proclamé Roi de Pologne par les Nonces
& Senateurs aflemblés dans le Szoppa on
» Champ d'Election . Cette Election s'eft faite
avec la tranquillité & l'unanimité qu'on pou-
>> voit attendre de la fituation préfente des af
>> faires. L'Evêque de Cracovie s'étoit retiré &
n'a point affifté à cet événement.
Le Sieur Bonvenant Poix a inventé une machine
propre à cribler le bled , qui a la forme
d'un Côpe tronqué , dont la propriété eft de
nettoyer parfaitement le bled & de féparer en
même - temps le bon grain d'avec les pailles ,
l'ivraie , les grains altérés & les charençons ;
l'épreuve en a été faite , en préfence de l'Academie
des Sciences & de la Société Royale d'Agriculture
au Couvent des Chartreux & à
T'Abbaye de S. Nicolas des Champs , & les Commilaires
nommés par l'Académie ont rendy
des témoignages avantageux de la machine.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 8 Septembre 1764.
Le 7 septembre 1764, le Comte Stanislas Poniatowski, Stolnick du Duché de Lithuanie, a été élu et proclamé Roi de Pologne. Cette élection a eu lieu dans le Szoppa, sur le Champ d'Élection, dans le calme et l'unanimité. L'Évêque de Cracovie n'a pas assisté à cet événement. Parallèlement, le Sieur Bonvenant Poix a inventé une machine à cribler le blé, en forme de cône tronqué. Cette machine nettoie efficacement le blé en séparant le bon grain des impuretés telles que les pailles, l'ivraie, les grains altérés et les charançons. Une démonstration de cette machine a été présentée devant l'Académie des Sciences et la Société Royale d'Agriculture, au Couvent des Chartreux et à l'Abbaye de Saint-Nicolas-des-Champs. Les commissaires de l'Académie ont rendu des témoignages positifs sur la machine.
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11567
p. 172-173
LOTERIES.
Début :
Le quarante-cinquieme tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville s'est fait [...]
Mots clefs :
Tirage, Numéros, Lots, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Loterie de l'école royale militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOTERIES.
LOTERIES.
: Le quarante - cinquieme tirage de la Loterie
de l'Hotel - de-Ville s'eft fait , le 25 Septembre
NOVEMBRE. 1764. 173
la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 48146 ; celui
de vingt mille livres au numéro 47174 , &
les deux de dix mille au numéro 42275 &
58104.
Les Octobre , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros fortis de la
roue de fortune , font , 21 , 79 , 7 , 60 , 53 .
: Le quarante - cinquieme tirage de la Loterie
de l'Hotel - de-Ville s'eft fait , le 25 Septembre
NOVEMBRE. 1764. 173
la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 48146 ; celui
de vingt mille livres au numéro 47174 , &
les deux de dix mille au numéro 42275 &
58104.
Les Octobre , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire. Les numéros fortis de la
roue de fortune , font , 21 , 79 , 7 , 60 , 53 .
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11568
p. 173
MARIAGE.
Début :
Toussaint-Alphonse de Fortia, Marquis de Pilles, Gouverneur-Viguier [...]
Mots clefs :
Marquis, Gouverneur, Lieutenant, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Touffaint-Alphonfe de Fortia , Marquis de
Pilles , Gouverneur- Viguier de la Ville de Marfeille
, & Lieutenant de Roi de Provence , époufs
le 20 Septembre , dans fon Château de Peyrais ,
Marie Félicité de Jarente , veuve du Marquis de
Felix .
Touffaint-Alphonfe de Fortia , Marquis de
Pilles , Gouverneur- Viguier de la Ville de Marfeille
, & Lieutenant de Roi de Provence , époufs
le 20 Septembre , dans fon Château de Peyrais ,
Marie Félicité de Jarente , veuve du Marquis de
Felix .
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11569
p. 173
NAISSANCE.
Début :
Madame la Marquise d'Esparbès, épouse de François de Lussan, [...]
Mots clefs :
Marquise , Épouse, Fille, Accouchement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE.
NAISSANCE.
Madame la Marquile d'Efparbès , époufe de
François de Luffan , Marquis d'Efparbès , Colonel
du Régiment de Périgord , eft accouchée
d'une fille a Paris le 19 Octobre 1764.
Madame la Marquile d'Efparbès , époufe de
François de Luffan , Marquis d'Efparbès , Colonel
du Régiment de Périgord , eft accouchée
d'une fille a Paris le 19 Octobre 1764.
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11570
p. 173
SERVICE.
Début :
L'Académie de S. Luc a fait célébrer en sa Chapelle [...]
Mots clefs :
Académie, Service solennel, Comte, Cérémonie, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
SERVICE.
L'Académie de S. Luc a fait célébrer en fa
Chapelle le 17 Septembre , un Service Solemnel
pour le repos de l'ame du Comte d'Argenfon
Miniftre d'Etat , & Protecteur de cette Académie
de Peinture. Le Marquis de Paulmy , Protecteur
actuel , a affifté à cette cérémonie.
L'Académie de S. Luc a fait célébrer en fa
Chapelle le 17 Septembre , un Service Solemnel
pour le repos de l'ame du Comte d'Argenfon
Miniftre d'Etat , & Protecteur de cette Académie
de Peinture. Le Marquis de Paulmy , Protecteur
actuel , a affifté à cette cérémonie.
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11571
p. 173-174
MORTS.
Début :
Jacques le Febvre du Quesnois, Evêque de Coutances, Abbé Comendataire [...]
Mots clefs :
Évêque, Abbé commandataire, Abbaye royale, Ordre, Marquis, Maréchal de camp, Compositeur, Ouvrage, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Jacques le Febvre du Quefnois , Evêque de
Coutances , Abbé Commendataire de l'Abbaye
Royale de Saint Sauveur -le - Vicomte , Ordre de
S. Benoît , Diocèle de Courances , eft morten fon
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Abbaye , le 9 Septembre , âgé de cinquante- fept
ans .
L'Abbé de Bragelongne , ancien Doyen &
Grand- Vicaire de Beauvais , Abbé Commendataire
de l'Abbaye Royale de Longuai , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Langres , eft mort en cette
Ville le 23 âgé de foixante- quatre ans. 7
Le fieur de Bertet , Marquis de la Clue , &
Lieutenant- Général des Armées Navales , elt
mort à Paily le 3 Octobre , âgé de foixante-huit
ans.
Le fieur de la Broue de Vareille , Maréchal de
Camp, Lieutenant des Gardes du Corps & Commandant
de la Compagnie de Luxembourg , eft
mort le premier Octobre , âgé de cinquante- fix
ans.
Jean - Philippe Rameau , Compofiteur de la
Mulique du Cabinet du Roi , dont le nom & les
Ouvrages feront une époque dans l'Hiftoire de la
Mufique , eft mort ici le 12 Septembre dans la
quatre-vingt- deuxième année de fon âge.
Jacques le Febvre du Quefnois , Evêque de
Coutances , Abbé Commendataire de l'Abbaye
Royale de Saint Sauveur -le - Vicomte , Ordre de
S. Benoît , Diocèle de Courances , eft morten fon
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Abbaye , le 9 Septembre , âgé de cinquante- fept
ans .
L'Abbé de Bragelongne , ancien Doyen &
Grand- Vicaire de Beauvais , Abbé Commendataire
de l'Abbaye Royale de Longuai , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Langres , eft mort en cette
Ville le 23 âgé de foixante- quatre ans. 7
Le fieur de Bertet , Marquis de la Clue , &
Lieutenant- Général des Armées Navales , elt
mort à Paily le 3 Octobre , âgé de foixante-huit
ans.
Le fieur de la Broue de Vareille , Maréchal de
Camp, Lieutenant des Gardes du Corps & Commandant
de la Compagnie de Luxembourg , eft
mort le premier Octobre , âgé de cinquante- fix
ans.
Jean - Philippe Rameau , Compofiteur de la
Mulique du Cabinet du Roi , dont le nom & les
Ouvrages feront une époque dans l'Hiftoire de la
Mufique , eft mort ici le 12 Septembre dans la
quatre-vingt- deuxième année de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités notables. Jacques le Febvre du Quefnois, Évêque de Coutances et Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Saint-Sauveur-le-Vicomte, est décédé à l'âge de cinquante-sept ans le 9 septembre. L'Abbé de Bragelongne, ancien Doyen et Grand-Vicaire de Beauvais, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Longuai, est mort à Langres à l'âge de soixante-quatre ans le 23 septembre. Le sieur de Bertet, Marquis de la Clue et Lieutenant-Général des Armées Navales, est décédé à Paily à l'âge de soixante-huit ans le 3 octobre. Le sieur de la Broue de Vareille, Maréchal de Camp, Lieutenant des Gardes du Corps et Commandant de la Compagnie de Luxembourg, est mort à l'âge de cinquante-six ans le 1er octobre. Jean-Philippe Rameau, compositeur de la Musique du Cabinet du Roi, est décédé à Paris à l'âge de quatre-vingt-deux ans le 12 septembre.
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11572
p. 174-177
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
Début :
Voici quelques détails sur ce qui s'est passé à l'occasion [...]
Mots clefs :
Élection du roi, Nobles, Diète, Officiers, Divisions, Palatinat, Nonces, Magnificence, Procession, Comte, Cérémonie, Jardin
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warfovie , le 8
Septembre 1764.
Voici quelques détails fur ce qui s'eft paffé à
l'occafion de l'Election du Roi.
Le 6 à huit heures du matin , les Nobles de
onze Palatinats , arrivés viritim pour la Diete
d'Election , défilerent par divifion pour le rendre
au Szoppa , ainfi que les Députés des autres Pala
NOVEMBRE . 1764 , 175
1
tinats ils étoient précédés de leur Chambellan
ou l'ancien des Nonces , ayant en main la Butawa
* , & monté fur un cheval harnaché à la
Turque , de même que les autres Officiers des
Palatinats , Territoires & Districts , qui portoient
l'Enfeigne de chacune des Divifions . Chaque Divifion
étoit fuivie d'un grand nombre de Seigneurs
attachés à fon parti. Les Palatins de Ruffie
, d'Inowroclaw & de Poldachie , le Grand Veneur
de la Couronne , le Prince Lubomirski ,
Général de l'Avant- Garde & plufieurs autres Seigneurs
précédoient à cheval leurs Palatinats
aflemblés viritim , ou les Nonces , du nombre
defquels ils étoient ; les Nonces du Palatinat de
Mazovie , du Territoire de Czerki & des autres
qui font compris dans ce Palatinat , étoient tous
au nombre de quatre-vingt , vêtus d'écarlate. Le
Primat qui , fuivant les Loix , auroit dû monter
à cheval pour recueillir les voix de chaque Palatinat
étoit , à cauſe de ſon âge avancé , dans une
efpéce de palanquin Chinois de la plus grande
magnificence , traîné par quatre chevaux dont les
harnois étoient de velours verd . A peine eut - il
adreflé la parole aux Nonces , qui étoient à un
bout du Champ d'Election , que ceux qui étoient
placés a l'autre bout crierent à haute voix : Nous
voulons le Grand Panetier de Lithuanie . Quatre
Palatinats , & entr'autres ceux de Podolie & de
Kiovie , furent lents à répondre. Le Palatin de
Kiovie , interrogé fur celui qu'il defiroit pour
Roi , répondit , celui que les autres veulent. Ce
n'eft pas affez, reprit le Primat , ilfaut le nommer
* Bâton femblable à celui que porte le Grand-
Général,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
à haute voix. Le Palatin dit alors , le Grand Panetier
de Lithuanie. Le Palatin de Podolie & les
deux autres le déterminerent auffi à crier a haute
voix , le Grand Panetier de Lithuanie. Enfuite les
Sénateurs , les Miniftres & les Nonces des Palatinats
, Territoires & Diſtricts , ainſi que la Nobleffe
, rentrerent dans la Ville & dans leurs
Camps , où ils reſterent juſqu'au lendemain .
Hier , toute la Nobleffe fe rendit au Szoppa
vers les deux heures après - midi , dans le même
ordre que la veille, fi ce n'eſt que plufieurs des premers
Officiers de chaque Palatinat n'avoient pas
leurs cafques , & qu'un grand nombre de Chefs &
de Nonces arriverent en carroffe , ainfi que le
Prince Palatin de Ruffie. Celui - ci , en entrant dans
le Szoppa , falua d'abord le Primat , les Sénateurs
& les Nonces , leur recommanda le nouveau Roi
& adreffa la parole à plufieurs Gentilshommes
qu'il embraſſa enfuite. Une heure après & au
fecond coup de canon le Comte Poniatowski
fur proclamé. On députa auffi -tôt à la Ville le
jeune Comte Wielopolski , fils du Grand- Ecuyer
de la Couronne , pour annoncer au Comte Poniatowski
fon Election , & le féliciter de la pare
de la République. Le Grand Chambellan de la
Couronne fe rendit enfuite chez le nouveau Roi
pour lui faire fa cour,& il fut fuivi peu de temps
après de tous les Seigneurs. La Nobleffe voulut à
fon tour le ranger devant le Palais ; mais y ayant
été prévenue par les Nonces & par la Nobleffe du
Territoire de Warfovie qui avoit à fa tête le Nonce
Szydłowski , elle fut obligée de fe placer au
Fauxbourg de Cracovie. Alors le nouveau Roi fe
préfenta a une fenêtre , & l'on entendit crier de
toutes parts : Vivat Stanislaus - Auguſtus : il fälua
NOVEMBRE. 1764. 177
tes Nonces du Palatinat de Warfovie , & l'Egfeigne
de ce Palatinat lui fit les honneurs d'afage .
A quatre heures , le Primat arriva avec- les autres
Sénateurs & les Miniftres : il offrit fon carroffe
au nouveau Roi pour le conduire à la Collégiale ; -
mais Sa Majefté jugea à propos de s'y rendre à
cheval précédée par le Primat & par les Sénateurs
& Miniftres qui étoient dans leurs carroffes ,
& accompagnée par les autres qui étoient à che
val & vêtus d'écarlate , ainfi que le Roi . Le Comte
Wielopolski , Grand- Ecuyer , le Comte Potocki ,
Grand Général d'Artillerie de Lithuanie , le Prince
Adam Czatoriski , le Général Poniatowski , le
fieur Poniatowski , Grand Chambellan de la Cou
ronne , & plufieurs autres Nobles entouroient Sa
Majefté. Le concours du Peuple & le nombre des
carroffes étoient fi confidérables , que le Roi n'arriva
qu'après une heure de marche à la Collégiale
où l'on entonna le Te Deum , pendant lequel il fe
fit une décharge de cent coups de canon . Après
cette cérémonie , Sa Majesté fut conduite au Château
, où Elle foupa à une Table de fix couverts.
Aujourd'hui il y a grand gala , & les Seigneurs ,
ainfi que l'Ambaffadeur de Prufſe , ſe ſont rendus
de bonne heure au Château. Demain , le
Prince Repnin donnera un bal à Ujaldow:
On a joui d'une fûreté entière , tant dans la
Ville qu'au Champ d'Election , où les Dames mê
mes ont eu la liberté de fe promener.
Septembre 1764.
Voici quelques détails fur ce qui s'eft paffé à
l'occafion de l'Election du Roi.
Le 6 à huit heures du matin , les Nobles de
onze Palatinats , arrivés viritim pour la Diete
d'Election , défilerent par divifion pour le rendre
au Szoppa , ainfi que les Députés des autres Pala
NOVEMBRE . 1764 , 175
1
tinats ils étoient précédés de leur Chambellan
ou l'ancien des Nonces , ayant en main la Butawa
* , & monté fur un cheval harnaché à la
Turque , de même que les autres Officiers des
Palatinats , Territoires & Districts , qui portoient
l'Enfeigne de chacune des Divifions . Chaque Divifion
étoit fuivie d'un grand nombre de Seigneurs
attachés à fon parti. Les Palatins de Ruffie
, d'Inowroclaw & de Poldachie , le Grand Veneur
de la Couronne , le Prince Lubomirski ,
Général de l'Avant- Garde & plufieurs autres Seigneurs
précédoient à cheval leurs Palatinats
aflemblés viritim , ou les Nonces , du nombre
defquels ils étoient ; les Nonces du Palatinat de
Mazovie , du Territoire de Czerki & des autres
qui font compris dans ce Palatinat , étoient tous
au nombre de quatre-vingt , vêtus d'écarlate. Le
Primat qui , fuivant les Loix , auroit dû monter
à cheval pour recueillir les voix de chaque Palatinat
étoit , à cauſe de ſon âge avancé , dans une
efpéce de palanquin Chinois de la plus grande
magnificence , traîné par quatre chevaux dont les
harnois étoient de velours verd . A peine eut - il
adreflé la parole aux Nonces , qui étoient à un
bout du Champ d'Election , que ceux qui étoient
placés a l'autre bout crierent à haute voix : Nous
voulons le Grand Panetier de Lithuanie . Quatre
Palatinats , & entr'autres ceux de Podolie & de
Kiovie , furent lents à répondre. Le Palatin de
Kiovie , interrogé fur celui qu'il defiroit pour
Roi , répondit , celui que les autres veulent. Ce
n'eft pas affez, reprit le Primat , ilfaut le nommer
* Bâton femblable à celui que porte le Grand-
Général,
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
à haute voix. Le Palatin dit alors , le Grand Panetier
de Lithuanie. Le Palatin de Podolie & les
deux autres le déterminerent auffi à crier a haute
voix , le Grand Panetier de Lithuanie. Enfuite les
Sénateurs , les Miniftres & les Nonces des Palatinats
, Territoires & Diſtricts , ainſi que la Nobleffe
, rentrerent dans la Ville & dans leurs
Camps , où ils reſterent juſqu'au lendemain .
Hier , toute la Nobleffe fe rendit au Szoppa
vers les deux heures après - midi , dans le même
ordre que la veille, fi ce n'eſt que plufieurs des premers
Officiers de chaque Palatinat n'avoient pas
leurs cafques , & qu'un grand nombre de Chefs &
de Nonces arriverent en carroffe , ainfi que le
Prince Palatin de Ruffie. Celui - ci , en entrant dans
le Szoppa , falua d'abord le Primat , les Sénateurs
& les Nonces , leur recommanda le nouveau Roi
& adreffa la parole à plufieurs Gentilshommes
qu'il embraſſa enfuite. Une heure après & au
fecond coup de canon le Comte Poniatowski
fur proclamé. On députa auffi -tôt à la Ville le
jeune Comte Wielopolski , fils du Grand- Ecuyer
de la Couronne , pour annoncer au Comte Poniatowski
fon Election , & le féliciter de la pare
de la République. Le Grand Chambellan de la
Couronne fe rendit enfuite chez le nouveau Roi
pour lui faire fa cour,& il fut fuivi peu de temps
après de tous les Seigneurs. La Nobleffe voulut à
fon tour le ranger devant le Palais ; mais y ayant
été prévenue par les Nonces & par la Nobleffe du
Territoire de Warfovie qui avoit à fa tête le Nonce
Szydłowski , elle fut obligée de fe placer au
Fauxbourg de Cracovie. Alors le nouveau Roi fe
préfenta a une fenêtre , & l'on entendit crier de
toutes parts : Vivat Stanislaus - Auguſtus : il fälua
NOVEMBRE. 1764. 177
tes Nonces du Palatinat de Warfovie , & l'Egfeigne
de ce Palatinat lui fit les honneurs d'afage .
A quatre heures , le Primat arriva avec- les autres
Sénateurs & les Miniftres : il offrit fon carroffe
au nouveau Roi pour le conduire à la Collégiale ; -
mais Sa Majefté jugea à propos de s'y rendre à
cheval précédée par le Primat & par les Sénateurs
& Miniftres qui étoient dans leurs carroffes ,
& accompagnée par les autres qui étoient à che
val & vêtus d'écarlate , ainfi que le Roi . Le Comte
Wielopolski , Grand- Ecuyer , le Comte Potocki ,
Grand Général d'Artillerie de Lithuanie , le Prince
Adam Czatoriski , le Général Poniatowski , le
fieur Poniatowski , Grand Chambellan de la Cou
ronne , & plufieurs autres Nobles entouroient Sa
Majefté. Le concours du Peuple & le nombre des
carroffes étoient fi confidérables , que le Roi n'arriva
qu'après une heure de marche à la Collégiale
où l'on entonna le Te Deum , pendant lequel il fe
fit une décharge de cent coups de canon . Après
cette cérémonie , Sa Majesté fut conduite au Château
, où Elle foupa à une Table de fix couverts.
Aujourd'hui il y a grand gala , & les Seigneurs ,
ainfi que l'Ambaffadeur de Prufſe , ſe ſont rendus
de bonne heure au Château. Demain , le
Prince Repnin donnera un bal à Ujaldow:
On a joui d'une fûreté entière , tant dans la
Ville qu'au Champ d'Election , où les Dames mê
mes ont eu la liberté de fe promener.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 8 Septembre 1764.
Le 6 septembre 1764, les nobles de onze palatinats se réunirent pour élire le roi. Ils défilèrent jusqu'au Szoppa, précédés de leur chambellan ou du plus ancien des nonces monté sur un cheval harnaché à la turque. Chaque division était suivie de nombreux seigneurs. Les palatins de Russie, d'Inowrocław et de Podlachie, ainsi que le Grand Veneur et le Prince Lubomirski, précédaient leurs palatinats. Les nonces du palatinat de Mazovie et du territoire de Czerki, au nombre de quatre-vingt, étaient vêtus d'écarlate. Le Primat, en raison de son âge avancé, était transporté dans un palanquin chinois traîné par quatre chevaux aux harnais de velours vert. Lors de l'élection, des voix proposèrent le Grand Panetier de Lituanie comme roi. Quatre palatinats, dont ceux de Podolie et de Kiev, furent lents à répondre. Le Primat insista pour que chaque palatinat nomme le roi à haute voix. Finalement, tous les palatinats proclamèrent le Grand Panetier de Lituanie comme roi. Les sénateurs, ministres et nonces rentrèrent ensuite dans la ville. Le lendemain, la noblesse se rendit de nouveau au Szoppa. Le Prince Palatin de Russie salua le Primat et les sénateurs, recommandant le nouveau roi. Une heure plus tard, le Comte Poniatowski fut proclamé roi. Le Comte Wielopolski fut envoyé pour annoncer l'élection au Comte Poniatowski. Le Grand Chambellan de la Couronne se rendit ensuite chez le nouveau roi pour lui faire sa cour, suivi de tous les seigneurs. Le nouveau roi, Stanislas-Auguste, se présenta à une fenêtre et fut acclamé par la foule. Il se rendit ensuite à la collégiale à cheval, accompagné par le Primat et les sénateurs. Un Te Deum fut chanté, suivi d'une salve de cent coups de canon. Après la cérémonie, le roi fut conduit au château où il dîna. Le jour suivant, un grand gala fut organisé au château, et un bal fut prévu par le Prince Repnin à Ujazdów. La sécurité fut assurée, permettant même aux dames de se promener librement.
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11573
p. 177-179
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
Début :
Le Roi n'a pas prêté serment sur les Pacta Conventa [...]
Mots clefs :
Serment, Proclamation, Nonces, Sceaux, Église, Cérémonies, Autel, Prières, Maréchal, Trompettes, Compliments
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warfovie , le 15
Septembre 1764.
Le Roi n'a pas prêté ferment fur les Pacta Con
venta immédiatement après la proclamation ,
H.v.
178 MERCURE DE FRANCE.
"
comme il eft d'ufage , parce que le 7 le Primat
avoit affuré les Etats aflemblés qu'on ne remettroit
à Sa Majefté le Diplome de fon Election ,
qu'après qu'i auroit été muni des Sceaux de tous
les Sénateurs , des Miniftres & de deux Nonces
de chaque Palatinat & Diſtrict , & confirmé par le
feing des Députés nommés à cet effet , ce qui a
été exécuté dans l'intervalle du 7 au 11 de ce
mois. En conféquence , le Roi ne fe rendit qu'avant-
hier à l'Eglife Collégiale pour prêter le ferment
Sa Majesté étoit précédée des Maréchaux
& accompagnée du Primat , de plufieurs Magnats
& d'un grand nombre d'Officiers de la Cour. Le
Roi fut reçu à l'Eglife avec les cérémonies accoutumées
: il s'affit fous un dais près du grand Autel
vis-à-vis duquel on avoit placé une table couverte
d'un tapis de velours , & fur laquelle étoient ,
entre deux cierges allumés , un Crucifix & la
Bible. Après quelques Prières , entonnées par
l'Evêque de Kiovie & chantées en musique , le
-Primat & le Maréchal de la Diete s'approcherent
de la table , fuivis du Secrétaire de l'Interrégne ,
portant le Diplome d'Election , qui étoit relié
magnifiquement & auquel étoient ſuſpendus
dans des caffettes d'argent les Sceaux de plufieurs
Grands & de deux Nonces de chaque Palatinat.
Alors le Roi quitta fon dais & alla préſenter au
Primat les Pacta Conventa lignés de fa main : il
fe mit à genoux , & jura de les obferver exactement
, la main polée fur les faints Evangiles.
Après cette cérémonie , Sa Majeſté ſe releva , &
le Primat le félicita de nouveau fur fon avénement
au Trône , la fupplia de fe reffouvenir de
fon ferment l'afura de la fidélité de la Nation ,
& lui annonça qu'on alloit lui remettre le Di
plome de fon Election . Le Maréchal de la Diete
NOVEMBRE . 1764. 179
félicita également Sa Majefté , à qui il remit le
Diplome qu'il avoit pris des mains du Secrétaire
de l'Interregne. Le Roi l'ayant reçu , adresa au
Primat & au Maréchal de la Diete , ainſi qu'à
toute la Nation , un Difcours à la fin duquel Sa
Majefté s'attendrit au point de verfer des larmes
qui firent couler celles de toute l'affemblée. Enfuite
le Roi fe tourna du côté de l'Autel & pria
Dieu de répandre fes bénédictions fur fon Régne.
Après cette Prière , l'Eglife retentit de mille cris
d'allégreffe , mêlés au fon des trompettes & des
tymballes. Pendant ce temps- là Sa Majeſté repric
place fous le dais & affifta au Service Divin , qui
fur célébré pontificalement par l'Evêque de Kiovie
après quoi Elle retourna à ſon Palais , où
Elle reçut de nouveaux complimens de félicitation.
Septembre 1764.
Le Roi n'a pas prêté ferment fur les Pacta Con
venta immédiatement après la proclamation ,
H.v.
178 MERCURE DE FRANCE.
"
comme il eft d'ufage , parce que le 7 le Primat
avoit affuré les Etats aflemblés qu'on ne remettroit
à Sa Majefté le Diplome de fon Election ,
qu'après qu'i auroit été muni des Sceaux de tous
les Sénateurs , des Miniftres & de deux Nonces
de chaque Palatinat & Diſtrict , & confirmé par le
feing des Députés nommés à cet effet , ce qui a
été exécuté dans l'intervalle du 7 au 11 de ce
mois. En conféquence , le Roi ne fe rendit qu'avant-
hier à l'Eglife Collégiale pour prêter le ferment
Sa Majesté étoit précédée des Maréchaux
& accompagnée du Primat , de plufieurs Magnats
& d'un grand nombre d'Officiers de la Cour. Le
Roi fut reçu à l'Eglife avec les cérémonies accoutumées
: il s'affit fous un dais près du grand Autel
vis-à-vis duquel on avoit placé une table couverte
d'un tapis de velours , & fur laquelle étoient ,
entre deux cierges allumés , un Crucifix & la
Bible. Après quelques Prières , entonnées par
l'Evêque de Kiovie & chantées en musique , le
-Primat & le Maréchal de la Diete s'approcherent
de la table , fuivis du Secrétaire de l'Interrégne ,
portant le Diplome d'Election , qui étoit relié
magnifiquement & auquel étoient ſuſpendus
dans des caffettes d'argent les Sceaux de plufieurs
Grands & de deux Nonces de chaque Palatinat.
Alors le Roi quitta fon dais & alla préſenter au
Primat les Pacta Conventa lignés de fa main : il
fe mit à genoux , & jura de les obferver exactement
, la main polée fur les faints Evangiles.
Après cette cérémonie , Sa Majeſté ſe releva , &
le Primat le félicita de nouveau fur fon avénement
au Trône , la fupplia de fe reffouvenir de
fon ferment l'afura de la fidélité de la Nation ,
& lui annonça qu'on alloit lui remettre le Di
plome de fon Election . Le Maréchal de la Diete
NOVEMBRE . 1764. 179
félicita également Sa Majefté , à qui il remit le
Diplome qu'il avoit pris des mains du Secrétaire
de l'Interregne. Le Roi l'ayant reçu , adresa au
Primat & au Maréchal de la Diete , ainſi qu'à
toute la Nation , un Difcours à la fin duquel Sa
Majefté s'attendrit au point de verfer des larmes
qui firent couler celles de toute l'affemblée. Enfuite
le Roi fe tourna du côté de l'Autel & pria
Dieu de répandre fes bénédictions fur fon Régne.
Après cette Prière , l'Eglife retentit de mille cris
d'allégreffe , mêlés au fon des trompettes & des
tymballes. Pendant ce temps- là Sa Majeſté repric
place fous le dais & affifta au Service Divin , qui
fur célébré pontificalement par l'Evêque de Kiovie
après quoi Elle retourna à ſon Palais , où
Elle reçut de nouveaux complimens de félicitation.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Warsovie, le 15 Septembre 1764.
Le 15 septembre 1764, à Warfovie, le roi n'a pas immédiatement prêté serment sur les Pacta Conventa après sa proclamation. Le 7 septembre, le Primat avait annoncé que le diplôme d'élection serait remis après avoir été scellé par les sénateurs, ministres, et deux nonces de chaque palatinat et district, et confirmé par le sceau des députés. Cette procédure a été réalisée entre le 7 et le 11 septembre. Le 13 septembre, le roi s'est rendu à l'église collégiale pour prêter serment, accompagné du Primat, de magnats et d'officiers de la cour. À l'église, il a été reçu avec les cérémonies habituelles et s'est assis sous un dais près du grand autel. Après des prières, le roi s'est agenouillé et a juré d'observer les Pacta Conventa en posant la main sur les saints Évangiles. Le Primat et le maréchal de la Diète l'ont félicité, et le roi a adressé un discours émouvant à l'assemblée. L'église a ensuite résonné de cris de joie et de musique. Le roi a assisté à la messe avant de retourner à son palais, où il a reçu de nouvelles félicitations.
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11574
p. 180-182
Comédie Italienne.
Début :
M. RENAUD, dont nous avons déja parlé dans le Mercure précédent, [...]
Mots clefs :
Rôle, Timidité, Débutant, Jeu d'acteur, Spectacle, Ballet, Opéra, Légèreté, Grâces, Danse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comédie Italienne.
Comédie Italienne.
M. RENAUD , dont nous avors
déja parlé dans le Mercure précédent ,
a continué fes débuts par le rôle de
Lucas dans les Aveux indifcrets , & a
repris quelques-uns des mêmes qu'il
avoit joués d'abord. La timidité fi naturelle
à un Débutant avoit paru nuire
à l'action de fon jeu qu'il a développé
depuis , & l'on peut dire , qu'il a juftifié
les encouragemens que l'on lui a
donnés. Il y a tout lieu d'efpérer qu'il
deviendra un Sujet très - utile pour ce
Spectacle.
Le 24 Octobre , on a donné la première
repréſentation d'Ulyffe dans l'Ifie
de Circe , Ballet férieux Héroï Pantomime
, de la compofition de M. Pitrot ,
dans lequel lui & fon Epoufe ( ci-devant
connue à ce même Spectacle & à l'Opéra
fous le nom de Mlle Rey ) ont
danfé les principales Entrées.
, La magnificence de ce Ballet la
beauté des fituations , les grâces & les
NOVEMBRE . 1764. 181
variétés du deffein , l'enſemble de l'éxé
cution , tout a répondu à la célébrité
que M. Pitrot s'eft acquife dans tous
les Pays de l'Europe où il a fait admirer
fes talens .
Le Public attendoit avec impatience
le moment de le revoir paroître fur un
Théâtre où il avoit laiffé un vuide trop
fenfible pour n'être point regretté . Les
applaudiffemens continuels qu'il a reçus
l'ont affure du nouveau plaifir qu'il a
fait , furtout dans le belle Chacone
de M. le Berton, dans laquelle M.Veftris
s'étoit diftingué d'une façon fi brillante
à l'Opéra. La comparaifon n'a point
nui à M. Pitrot ; c'eſt affez faire fon
éloge.
La légéreté , la précifion & les grâces
réunies dans la Danfe de Mde Pitrot ,
lui ont mérité des fuffrages unanimes.
Elle étoit déja reconnue pour une des
premières Danfeufes dans le genre brillant
; on a remarqué avec la plus vive
fatisfaction combien les leçons d'un
grand Maître ont fervi en elle à l'entière
perfection d'un Art où elle a fi
peu de rivales . Nous ne devons pas
oublier non plus de donner aux talens
naiffans de Mlles Louife & Mion Rey
182 MERCURE DE FRANCE.
fes Niéces , les juftes éloges qu'elles
méritent. Elles prouvent l'une & l'autre
que les grâces font héréditaires dans
leur Famille.
Nous donnons ici le Programme de
ce Ballet avec l'Epître au Public tels
que M. Pitrot les a donnés lui -même,
M. RENAUD , dont nous avors
déja parlé dans le Mercure précédent ,
a continué fes débuts par le rôle de
Lucas dans les Aveux indifcrets , & a
repris quelques-uns des mêmes qu'il
avoit joués d'abord. La timidité fi naturelle
à un Débutant avoit paru nuire
à l'action de fon jeu qu'il a développé
depuis , & l'on peut dire , qu'il a juftifié
les encouragemens que l'on lui a
donnés. Il y a tout lieu d'efpérer qu'il
deviendra un Sujet très - utile pour ce
Spectacle.
Le 24 Octobre , on a donné la première
repréſentation d'Ulyffe dans l'Ifie
de Circe , Ballet férieux Héroï Pantomime
, de la compofition de M. Pitrot ,
dans lequel lui & fon Epoufe ( ci-devant
connue à ce même Spectacle & à l'Opéra
fous le nom de Mlle Rey ) ont
danfé les principales Entrées.
, La magnificence de ce Ballet la
beauté des fituations , les grâces & les
NOVEMBRE . 1764. 181
variétés du deffein , l'enſemble de l'éxé
cution , tout a répondu à la célébrité
que M. Pitrot s'eft acquife dans tous
les Pays de l'Europe où il a fait admirer
fes talens .
Le Public attendoit avec impatience
le moment de le revoir paroître fur un
Théâtre où il avoit laiffé un vuide trop
fenfible pour n'être point regretté . Les
applaudiffemens continuels qu'il a reçus
l'ont affure du nouveau plaifir qu'il a
fait , furtout dans le belle Chacone
de M. le Berton, dans laquelle M.Veftris
s'étoit diftingué d'une façon fi brillante
à l'Opéra. La comparaifon n'a point
nui à M. Pitrot ; c'eſt affez faire fon
éloge.
La légéreté , la précifion & les grâces
réunies dans la Danfe de Mde Pitrot ,
lui ont mérité des fuffrages unanimes.
Elle étoit déja reconnue pour une des
premières Danfeufes dans le genre brillant
; on a remarqué avec la plus vive
fatisfaction combien les leçons d'un
grand Maître ont fervi en elle à l'entière
perfection d'un Art où elle a fi
peu de rivales . Nous ne devons pas
oublier non plus de donner aux talens
naiffans de Mlles Louife & Mion Rey
182 MERCURE DE FRANCE.
fes Niéces , les juftes éloges qu'elles
méritent. Elles prouvent l'une & l'autre
que les grâces font héréditaires dans
leur Famille.
Nous donnons ici le Programme de
ce Ballet avec l'Epître au Public tels
que M. Pitrot les a donnés lui -même,
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Résumé : Comédie Italienne.
Le texte évoque les débuts de M. Renaud dans le rôle de Lucas dans 'Les Aveux indifférents', soulignant ses progrès malgré une timidité initiale. Son jeu a été encouragé, et il est attendu qu'il devienne un acteur utile pour le spectacle. Le 24 octobre, la première représentation de 'Ulysse dans l'Île de Circe', un ballet sérieux héroïque et pantomime composé par M. Pitrot, a eu lieu. M. Pitrot et son épouse, anciennement Mlle Rey, ont dansé les principales entrées. Le ballet a été salué pour sa magnificence, la beauté des situations, les grâces et les variétés du dessin, ainsi que l'ensemble de l'exécution, confirmant la célébrité de M. Pitrot en Europe. Le public, impatient de revoir M. Pitrot, l'a acclamé, notamment pour sa performance dans la chaconne de M. le Berton. Mme Pitrot a également été félicitée pour sa légèreté, précision et grâces, confirmant son statut de première danseuse dans le genre brillant. Les nièces de M. Pitrot, Mlles Louise et Mion Rey, ont été louées pour leurs talents naissants, prouvant que les grâces sont héréditaires dans leur famille. Le texte inclut également le programme du ballet et une épître au public fournis par M. Pitrot.
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11575
p. 182-184
AU PUBLIC.
Début :
MESSIEURS, Vous êtes les Juges & les Protecteurs des Talens : [...]
Mots clefs :
Talents, Hommages, Ballets, Conseils, Poèmes, Danseurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU PUBLIC.
AU PUBLIC.
MESSIEURS ,
Vous êtes les Juges & les Protecteurs
des Talens : vous les voyez naître ;
vous les encouragez ; vous les éclairez
& ils fe forment pour vous plaire . Vous
feuls avez des droits fur leurs hommages,
& c'eft à vous que j'adreffe les miens.
Vous avez daigné m'accueillir , lorfque
fur la fin de l'année 1758 , j'ai préfenté
à vos yeux les Baliets héroïques
de Télémaque dans l'Ile de Calypfo ;
du Sultan généreux ; de la Difpute des
Faunes & des Bergers , pour les Amadryades
, & c. Et je viens aujourd'hui
foumettre à vos lumières celui d'Ulyſſe
dans l'Ile de Circé . Ce genre de Ballets,
en action & en expreflion , longtemps
NOVEMBRE . 1764. 183
inconnu dans la Capitale , demande ,
vous le fçavez , une expofition , une
intrigue , des fituations , un dénouement
j'ai fait tous mes efforts pour
réunir ces quatre parties effentielles ; &
les fuffrages que vous m'avez accordés ,
m'ont fait croire que j'avois rempli
du moins à quelques égards , l'idée que
vous aviez conçue de mes Poëmes ; je
fens combien ils font loin encore de la
perfection mais ma docilité à fuivre
vos confeils toujours fages & refléchis ,
à me conformer à votre goût toujours
fùr , y aura bientôt corrigé ce que vous
y trouverez de défectueux . Cependant
plus j'apporterai de foin à la compofition
de ces Poëmes , & plus l'éxécution
en deviendra difficile . Il faut de
l'âme , du fentiment , de la pratique ,
pour en faifir & en rendre les nuances &
les fineffes; en un mot, il faut des Acteurs.
De quelle indulgence , MESSIEUR s, ne
vont donc pas avoir befoin des Danfeurs
& des Danfeufes , qui , accoutumés à
figurer dans de petits divertiffemens , ne
connoiffent point encore cette expreffion
néceffaire dans les Ballets que
je vais donner. Ces Danfeurs & ces
Danfeufes , animés du zéle le plus ardent
, ont recours à vos bontés : vous
184 MERCURE DE FRANCE .
ne les refufez jamais à ceux qui ont
envie de réuífir ; & je les follicite pour
eux , & furtout pour moi , que des affaires
& quelques accidens ont obligé
de négliger un talent , que l'on n'entretient
& que l'on n'augmente que par
un exercice continuel. J'ofe me flatter
des plus grands fuccès, MESSIEURS ,
fi un travail affidu , fi un dévouement
entier à vos moindres volontés , fi le
defir enfin que j'ai de vous amufer &
de vous intéreffer , fuffifent pour les
mériter.
MESSIEURS ,
Vous êtes les Juges & les Protecteurs
des Talens : vous les voyez naître ;
vous les encouragez ; vous les éclairez
& ils fe forment pour vous plaire . Vous
feuls avez des droits fur leurs hommages,
& c'eft à vous que j'adreffe les miens.
Vous avez daigné m'accueillir , lorfque
fur la fin de l'année 1758 , j'ai préfenté
à vos yeux les Baliets héroïques
de Télémaque dans l'Ile de Calypfo ;
du Sultan généreux ; de la Difpute des
Faunes & des Bergers , pour les Amadryades
, & c. Et je viens aujourd'hui
foumettre à vos lumières celui d'Ulyſſe
dans l'Ile de Circé . Ce genre de Ballets,
en action & en expreflion , longtemps
NOVEMBRE . 1764. 183
inconnu dans la Capitale , demande ,
vous le fçavez , une expofition , une
intrigue , des fituations , un dénouement
j'ai fait tous mes efforts pour
réunir ces quatre parties effentielles ; &
les fuffrages que vous m'avez accordés ,
m'ont fait croire que j'avois rempli
du moins à quelques égards , l'idée que
vous aviez conçue de mes Poëmes ; je
fens combien ils font loin encore de la
perfection mais ma docilité à fuivre
vos confeils toujours fages & refléchis ,
à me conformer à votre goût toujours
fùr , y aura bientôt corrigé ce que vous
y trouverez de défectueux . Cependant
plus j'apporterai de foin à la compofition
de ces Poëmes , & plus l'éxécution
en deviendra difficile . Il faut de
l'âme , du fentiment , de la pratique ,
pour en faifir & en rendre les nuances &
les fineffes; en un mot, il faut des Acteurs.
De quelle indulgence , MESSIEUR s, ne
vont donc pas avoir befoin des Danfeurs
& des Danfeufes , qui , accoutumés à
figurer dans de petits divertiffemens , ne
connoiffent point encore cette expreffion
néceffaire dans les Ballets que
je vais donner. Ces Danfeurs & ces
Danfeufes , animés du zéle le plus ardent
, ont recours à vos bontés : vous
184 MERCURE DE FRANCE .
ne les refufez jamais à ceux qui ont
envie de réuífir ; & je les follicite pour
eux , & furtout pour moi , que des affaires
& quelques accidens ont obligé
de négliger un talent , que l'on n'entretient
& que l'on n'augmente que par
un exercice continuel. J'ofe me flatter
des plus grands fuccès, MESSIEURS ,
fi un travail affidu , fi un dévouement
entier à vos moindres volontés , fi le
defir enfin que j'ai de vous amufer &
de vous intéreffer , fuffifent pour les
mériter.
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Résumé : AU PUBLIC.
L'auteur s'adresse aux juges et protecteurs des talents, reconnaissant leur rôle dans l'encouragement des artistes. Il mentionne avoir présenté des ballets héroïques en 1758, tels que 'Télémaque dans l'Ile de Calypso', 'le Sultan généreux' et 'la Dispute des Faunes & des Bergers'. Aujourd'hui, il présente 'Ulysse dans l'Ile de Circé', un genre de ballet peu connu à Paris, nécessitant une exposition, une intrigue, des situations et un dénouement. L'auteur exprime ses efforts pour réunir ces éléments essentiels et sa gratitude pour les suffrages reçus, tout en reconnaissant que ses œuvres sont loin de la perfection. Il souligne la difficulté croissante de la composition et de l'exécution de ces ballets, nécessitant de l'âme, du sentiment et de la pratique. Il appelle à l'indulgence pour les danseurs et danseuses, habitués à de petits divertissements, mais désireux de s'améliorer. L'auteur sollicite le soutien du public pour ces artistes et exprime son espoir de succès grâce à son travail assidu et son dévouement à satisfaire les volontés du public.
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11576
p. 184-185
ACTEURS DU BALLET.
Début :
ULYSSE, Roi d'Itaque M.Pitrot, l'aîné. CIRCÉ, Fille du Soleil [...]
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texteReconnaissance textuelle : ACTEURS DU BALLET.
ACTEURS DU BALLET.
ULYSSE , Roi d'Itaque. M. Pitrot , l'aîné .
CIRCÉ , Fille du Soleil &
Fameule Magicienne. Mde Pitrot:
CHEFS DES MATE LOTS .
MM. Berquelaure , Reflier , Grenier , Giguet
Salpetier , Bataille.
GUERRIERS DE LA SUITE D'ULYSSE
MM: Leclerc , Claufe , Guiller , Auger , Ben
tinazzi , Desombrages , Beaupré , Dorignis
NYMPHES COMPAGNES DE CIRCE
Mlles Riviere , Carlin.
NOVEMBRE . 1764. 185
AUTRES NYMPHE S.
Miles Louife Rey , Mion Rey , Dumalg ,
Dubuiffon , Lefevre , Colombe , Dauviliers, Marlet,
Verdot , Desjardins , Galodier , Marquife.
PETITS AMOURS , JEUX FT PLAISIRS.
MM. Alix.
Simonnet.
Beaulieu
Romain.
Mlles Le Roi.
Audinot:
Dervieux.
Adelaide.
Plufieurs Compafes en Guerriers & Matelots
de la fuite d'Ulyffe , dont une partie eft tranf--
formée en Bêtes feroces par le pouvoir de Circé .
ULYSSE , Roi d'Itaque. M. Pitrot , l'aîné .
CIRCÉ , Fille du Soleil &
Fameule Magicienne. Mde Pitrot:
CHEFS DES MATE LOTS .
MM. Berquelaure , Reflier , Grenier , Giguet
Salpetier , Bataille.
GUERRIERS DE LA SUITE D'ULYSSE
MM: Leclerc , Claufe , Guiller , Auger , Ben
tinazzi , Desombrages , Beaupré , Dorignis
NYMPHES COMPAGNES DE CIRCE
Mlles Riviere , Carlin.
NOVEMBRE . 1764. 185
AUTRES NYMPHE S.
Miles Louife Rey , Mion Rey , Dumalg ,
Dubuiffon , Lefevre , Colombe , Dauviliers, Marlet,
Verdot , Desjardins , Galodier , Marquife.
PETITS AMOURS , JEUX FT PLAISIRS.
MM. Alix.
Simonnet.
Beaulieu
Romain.
Mlles Le Roi.
Audinot:
Dervieux.
Adelaide.
Plufieurs Compafes en Guerriers & Matelots
de la fuite d'Ulyffe , dont une partie eft tranf--
formée en Bêtes feroces par le pouvoir de Circé .
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Résumé : ACTEURS DU BALLET.
Le ballet présente Ulysse, roi d'Ithaque, joué par M. Pitrot, et Circé, magicienne, interprétée par Mme Pitrot. Les rôles secondaires incluent les chefs des matelots, les guerriers de la suite d'Ulysse, les nymphes compagnes de Circé, et les petits amours. La représentation a eu lieu en novembre 1764.
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11577
p. 185-186
Première Décoration du Ballet.
Début :
Le Théâtre représente, sur le devant, une grande Fôret parsemée [...]
Mots clefs :
Décoration, Théâtre, Forêt, Mer, Jardin, Palais, Ulysse, Circé
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texteReconnaissance textuelle : Première Décoration du Ballet.
Première Décoration du Ballet.
Le Théâtre repréfente , fur le devant,
une grande Fôret parfemée de quelques
Bofquets agréables : dans le fond
L'on voit la Mer entourée de Rochers
efcarpés.
Deuxième Décoration.
>
Le Théâtre repréfente, fur le devant ,
un Jardin magnifique aboutiffant ài
un Parterre qui conduit au Palais enchanté
de Circé.
186 MERCURE DE FRANCE.
Troifiéme Décoration.
Même bois de la première Décoration
, & la Mer qui fe couvre des
Vaiffeaux de la Flotte d'Ulyffe.
Le Théâtre repréfente , fur le devant,
une grande Fôret parfemée de quelques
Bofquets agréables : dans le fond
L'on voit la Mer entourée de Rochers
efcarpés.
Deuxième Décoration.
>
Le Théâtre repréfente, fur le devant ,
un Jardin magnifique aboutiffant ài
un Parterre qui conduit au Palais enchanté
de Circé.
186 MERCURE DE FRANCE.
Troifiéme Décoration.
Même bois de la première Décoration
, & la Mer qui fe couvre des
Vaiffeaux de la Flotte d'Ulyffe.
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11578
p. 186-190
ARGUMENT.
Début :
Ulysse, Roi d'Ithaque, fut un de ceux qui contribuerent le plus [...]
Mots clefs :
Ulysse, Circé, Vaisseaux, Magicienne, Guerriers, Bêtes féroces, Mer, Îles, Désir, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARGUMENT.
ARGUMENT.
LYSSE , Roi d'Ithaque , fut un
de ceux qui contribuerent le plus à la
deftruction de la fameuſe Ville de Troye.
Peu de temps après cette deftruction ,
il remonta fur fes Vaiffeaux pour retourner
dans fa Patrie ; mais la Divinité
, qui lui étoit contraire , fit fufciter
des vents & des tempêtes qui l'obligerent
de relâcher dans une Ifle habitée par
Circé , fameufe Enchanterelle.
C'eft ici que commence l'action repréfentée
par le Ballet.
-
Avant d'aborder fur le rivage , Ulyſſe
envoye quelques uns de fes Compagnons
pour reconnoître l'ifle . Ces Guerriers
rencontrent Circé; lui découvrent
qui ils font , & lui apprennent que le
grand Ulyffe , Roi d'Ithaque , eft avec
NOVEMBRE 1764. 187
eux elle témoigne beaucoup de plaifir
à les voir , & leur offre toute forte
de rafraîchiffemens. Ils les acceptent :
& auffi - tôt qu'ils ont bû certain breuvrage
qu'elle leur fait donner, ils fe trouvent
transformés , les uns en Statues ,
& d'autres en Bêtes féroces , comme
Lions , Tigres , Ours , Loups & Sangliers
. Ulyfe ne les voyant point revenir
, fait mettre une Chaloupe en
Mer pour les venir chercher ; mais auffitôt
qu'il y entre , cette Chaloupe eſt
changée en un Char tiré par des Chevaux
marins. La Mer à l'inftant fe couvre
de Tritons & de Néréïdes qui compofent
un Concert avec des Conques Marines.
Circé reçoit Ulyffe avec de grandes
démonftrations de joie , tandis que fes
Nymphes s'empreffent autour des Chefs
des Matelots. Dans le moment qu'ils
font arrivés , la Mer & les Rivages fe
changent en un lieu de délices , où
l'on voit un Palais & des Jardins magnifiques.
Ulyffe eft étonné de ces enchantemens
; mais comme il a vû que
cela s'eft fait par un feul coup de baguette
, il commence à croire qu'il eft
chez une Magicienne : furpris de plus
en plus de n'appercevoir qu'une partie
de fes Compagnons , il foupçonne qu'ils
188 MERCURE DE FRANCE.
font métamorphofés ; & que fi cela eft ,
il ne pourra les délivrer que par rufes
Pour en fçavoir la vérité , il feint d'être
amoureux de Circé , & ordonne aux
Matelots de fa fuite de former , avec
les Nymphes du lieu , des danfes &
des Jeux pour la divertir. Circé , qui
a fenti la plus vive paffion pour Ulyffe
dans le premier moment qu'elle l'a
vù , cherche les moyens de fe l'atracher
pour toujours. Elle fuppofe avoir
quelques ordres à donner dans fon
Palais & fe fait fuivre par fes Nymphes
& par les Matelots de la Suite du
Roi : prétexte dont elle fe fert pour
aller compofer un breuvage qui foit
capable de l'arrêter auprès d'elle autant
de temps qu'elle le defirera.
Ulyje le voyant feul , profite de ce
moment pour chercher les Guerriers
qu'il avoit envoyés à la découverte de
l'Ifle ; & s'approchant , par hazard
de quelques Statues , il entend des fons
mal articulés , qui lui font comprendre
que fes fidéles Ithaciens ont été ainfi
métamorphofés. Un inftant après , il
voit venir à lui des Bêtes féroces , qui'
au lieu de l'effrayer femblent lui faire
des careffes il reconnoît aifément que'
ce font encore là quelques - uns de fes
:
NOVEMBRE . 1764. 189
Compagnons , ce qui le met au défeſpoir
; mais la réflexion lui revient ;
& il fonge à employer quelque rufe
pour les délivrer , & fe fauver lui-même
des périls dont il eft menacé. Circé revient
bientôt accompagnée des mêmes
Pefonnes avec qui elle s'étoit rétirée
dans fon Palais ; & voyant à Ulyffe un
air chagrin , elle l'attribue au féjour
que la tempête le force de faire dans
fon Ifle , lui propofe de prendre du
repos , dont elle croit qu'il doit avoir
befoin , lui offre des rafraîchiffemens ,
parmi lesquels eft le breuvage qu'elle
lui a préparé. Mais Ulyffe , qui fe défie
de tout , fçait éviter de le prendre , &
feint fi bien , qu'elle le croit auffi amou
reux qu'elle le defire : elle fait auffitot
paroître une troupe de petits Amours
qui , avec des guirlandes de fleurs forment
des danfes charmantes , pendant
lefquelles Ulyffe a Padreffe d'obtenir de
Circé la baguette magique, dont il fe fert
bientôt pour faire ceffer fes enchantemens,
& rendre la première forme à fes
Compagnons : le Palais, les Jardins, tout
s'évanouit en un clin d'oeil ; l'on voit
à leur place reparoître la Mér couverte
des vaiffeaux d'Ulyſſe , dans lefquels il
court s'embarquer. Ses Guerriers brûlants
de fe venger des enchantemens
190 MERCURE DE FRANCE .
, &
de la Magicienne , emménent fes Nymphes
avec eux : Circé veut s'y oppofer
& eft arrêtée par un coup de baguette.
La flotte fe met en mouvement
on la perd bientôt de vue. Circé ainfi
abandonnée , fe livre à fon défefpoir :
elle décrit quelques fignes magiques ,
à la fin defquels paroît un Char traîné
par des Dragons aîlés qui vomiffent
feu & flamme. Le Ciel s'obscurcit ; les
éclairs brillent ; le tonnèrre gronde ; au
milieu de ce fracas épouvantable , Circé
monte avec précipitation fur fon Char
fend les airs , & vole à la fuite de fon
Amant.
LYSSE , Roi d'Ithaque , fut un
de ceux qui contribuerent le plus à la
deftruction de la fameuſe Ville de Troye.
Peu de temps après cette deftruction ,
il remonta fur fes Vaiffeaux pour retourner
dans fa Patrie ; mais la Divinité
, qui lui étoit contraire , fit fufciter
des vents & des tempêtes qui l'obligerent
de relâcher dans une Ifle habitée par
Circé , fameufe Enchanterelle.
C'eft ici que commence l'action repréfentée
par le Ballet.
-
Avant d'aborder fur le rivage , Ulyſſe
envoye quelques uns de fes Compagnons
pour reconnoître l'ifle . Ces Guerriers
rencontrent Circé; lui découvrent
qui ils font , & lui apprennent que le
grand Ulyffe , Roi d'Ithaque , eft avec
NOVEMBRE 1764. 187
eux elle témoigne beaucoup de plaifir
à les voir , & leur offre toute forte
de rafraîchiffemens. Ils les acceptent :
& auffi - tôt qu'ils ont bû certain breuvrage
qu'elle leur fait donner, ils fe trouvent
transformés , les uns en Statues ,
& d'autres en Bêtes féroces , comme
Lions , Tigres , Ours , Loups & Sangliers
. Ulyfe ne les voyant point revenir
, fait mettre une Chaloupe en
Mer pour les venir chercher ; mais auffitôt
qu'il y entre , cette Chaloupe eſt
changée en un Char tiré par des Chevaux
marins. La Mer à l'inftant fe couvre
de Tritons & de Néréïdes qui compofent
un Concert avec des Conques Marines.
Circé reçoit Ulyffe avec de grandes
démonftrations de joie , tandis que fes
Nymphes s'empreffent autour des Chefs
des Matelots. Dans le moment qu'ils
font arrivés , la Mer & les Rivages fe
changent en un lieu de délices , où
l'on voit un Palais & des Jardins magnifiques.
Ulyffe eft étonné de ces enchantemens
; mais comme il a vû que
cela s'eft fait par un feul coup de baguette
, il commence à croire qu'il eft
chez une Magicienne : furpris de plus
en plus de n'appercevoir qu'une partie
de fes Compagnons , il foupçonne qu'ils
188 MERCURE DE FRANCE.
font métamorphofés ; & que fi cela eft ,
il ne pourra les délivrer que par rufes
Pour en fçavoir la vérité , il feint d'être
amoureux de Circé , & ordonne aux
Matelots de fa fuite de former , avec
les Nymphes du lieu , des danfes &
des Jeux pour la divertir. Circé , qui
a fenti la plus vive paffion pour Ulyffe
dans le premier moment qu'elle l'a
vù , cherche les moyens de fe l'atracher
pour toujours. Elle fuppofe avoir
quelques ordres à donner dans fon
Palais & fe fait fuivre par fes Nymphes
& par les Matelots de la Suite du
Roi : prétexte dont elle fe fert pour
aller compofer un breuvage qui foit
capable de l'arrêter auprès d'elle autant
de temps qu'elle le defirera.
Ulyje le voyant feul , profite de ce
moment pour chercher les Guerriers
qu'il avoit envoyés à la découverte de
l'Ifle ; & s'approchant , par hazard
de quelques Statues , il entend des fons
mal articulés , qui lui font comprendre
que fes fidéles Ithaciens ont été ainfi
métamorphofés. Un inftant après , il
voit venir à lui des Bêtes féroces , qui'
au lieu de l'effrayer femblent lui faire
des careffes il reconnoît aifément que'
ce font encore là quelques - uns de fes
:
NOVEMBRE . 1764. 189
Compagnons , ce qui le met au défeſpoir
; mais la réflexion lui revient ;
& il fonge à employer quelque rufe
pour les délivrer , & fe fauver lui-même
des périls dont il eft menacé. Circé revient
bientôt accompagnée des mêmes
Pefonnes avec qui elle s'étoit rétirée
dans fon Palais ; & voyant à Ulyffe un
air chagrin , elle l'attribue au féjour
que la tempête le force de faire dans
fon Ifle , lui propofe de prendre du
repos , dont elle croit qu'il doit avoir
befoin , lui offre des rafraîchiffemens ,
parmi lesquels eft le breuvage qu'elle
lui a préparé. Mais Ulyffe , qui fe défie
de tout , fçait éviter de le prendre , &
feint fi bien , qu'elle le croit auffi amou
reux qu'elle le defire : elle fait auffitot
paroître une troupe de petits Amours
qui , avec des guirlandes de fleurs forment
des danfes charmantes , pendant
lefquelles Ulyffe a Padreffe d'obtenir de
Circé la baguette magique, dont il fe fert
bientôt pour faire ceffer fes enchantemens,
& rendre la première forme à fes
Compagnons : le Palais, les Jardins, tout
s'évanouit en un clin d'oeil ; l'on voit
à leur place reparoître la Mér couverte
des vaiffeaux d'Ulyſſe , dans lefquels il
court s'embarquer. Ses Guerriers brûlants
de fe venger des enchantemens
190 MERCURE DE FRANCE .
, &
de la Magicienne , emménent fes Nymphes
avec eux : Circé veut s'y oppofer
& eft arrêtée par un coup de baguette.
La flotte fe met en mouvement
on la perd bientôt de vue. Circé ainfi
abandonnée , fe livre à fon défefpoir :
elle décrit quelques fignes magiques ,
à la fin defquels paroît un Char traîné
par des Dragons aîlés qui vomiffent
feu & flamme. Le Ciel s'obscurcit ; les
éclairs brillent ; le tonnèrre gronde ; au
milieu de ce fracas épouvantable , Circé
monte avec précipitation fur fon Char
fend les airs , & vole à la fuite de fon
Amant.
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Résumé : ARGUMENT.
Le texte narre les péripéties d'Ulysse, roi d'Ithaque, après la chute de Troie, alors qu'il tente de regagner sa patrie. Son voyage le conduit sur une île habitée par Circé, une enchanteresse. Avant de débarquer, Ulysse envoie des compagnons en reconnaissance. Ces derniers, accueillis par Circé, consomment un breuvage qui les transforme en statues ou en bêtes féroces. Inquiet de leur absence, Ulysse part à leur recherche. Sa chaloupe se métamorphose en char tiré par des chevaux marins, et il est accueilli par Circé et ses nymphes dans un lieu enchanté. Ulysse, méfiant, feint d'être amoureux de Circé pour gagner sa confiance. Il découvre alors que ses compagnons ont été métamorphosés et utilise une ruse pour obtenir la baguette magique de Circé, permettant ainsi de libérer ses hommes. La flotte d'Ulysse repart, laissant Circé désemparée. Cette dernière invoque un char tiré par des dragons ailés pour poursuivre Ulysse.
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11579
p. 190-196
LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, sur feu M. LE CLAIR, premier Symphoniste du ROI.
Début :
MONSIEUR, Si c'est un tribut dû à la mémoire des hommes célèbres [...]
Mots clefs :
Génie, Musique, Oeuvres, Hommes, Hommages, Duc, Violon, Talents, Symphonie, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, sur feu M. LE CLAIR, premier Symphoniste du ROI.
LETTRE à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure , fur feu M. LE CLAIR
premier Symphoniſte du ROI.
MONSIE ONSIEUR
Si c'eſt un tribut dû à la mémoire des
hommes célébres que les éloges que
la reconnoiffance de leurs Concitoyens
confacre après leur mort en leur honneur
dans les faftes des beaux- Arts ; il
me femble auffi qu'ils font une confolation
touchante pour ceux qui les ont
NOVEMBRE. 1764. 191
connus plus particuliérement ; j'avois
avec les bons Citoyens , verfé des larmes
à ce Service funébre fi bien exécuté
par l'Académie Royale de Mufique ,
pour ce génie profond qui a changé en
Science la Méchanique de fon art ; je ne
penfois point que j'aurois fitôt à regretter
un homme auffi fçavant(M. Leclair) que
l'affaffinat le plus tragique , nous a enlevé
la nuit du 22 au 23 du préſent mois
d'Octobre.
Il étoit né à Lyon , le 16 Mai 1697 ,
du mariage d'Antoine Leclair , Muficien
de Sa Majefté Louis XIV , & de Benoîte
Ferriere. Jean-Marie Leclair , celui
que nous regrettons , fut dans fa
jeuneffe attaché à M. Bonnier père , &
à fon fils M. Bonnier de Lamofſſon , Tréforier
des Etats de Languedoc. Bientôt
il eut la place de premier Symphoniſte
de Sa Majesté Louis XV. Il fut même
honoré des bontés d'un Monarque , Père
de fes Peuples & des beaux Arts. Un
Brevet expédié au fieur Leclair du 5
Avril 173 , figné par le Duc de Gévres ,
lui affura un honneur qui étoit autant
une juftice qu'une récompenfe.
L'envie de voyager le fit paffer en Hollande
, il y fut comblé des bienfaits de
S. A. Madame la Princeffe d'Orange ,
192 MERCURE DE FRANCE.
& revint à Paris jouir en paix de fa réputation
& de l'eftime des gens de bien.
Il ne faifoit plus d'Ecoliers , & n'étoit
plus qu'Amateur , quand M. le Duc
de Gramont crut rendre fervice au Public
en faifant une douce violence à cette
inaction qui enfeveliffoit des talens aufli
fupérieurs.
Ce Seigneur le penfionna , & cet art
heureux de conduire à ne vouloir que
leurs volontés , dont les Grands font
un ufage fi glorieux , quand le goût des
Arts le confacre ; cet Art enchanteur
rendit à Leclair tout fon amour pour
le travail.
Il avoit compofé dans fa jeuneffe quatre
Livres de Sonates à violon feul , deux
Livres de Duo deux divertiffemens
fous le titre de Récréations , deux Livres
de Trio , deux Livres de Concerto
& l'Opéra de Scilla & Glaucus , dont la
partie harmonique ne le céde en rien aux
plus beaux morceaux de Rameau. A l'âge
de foixante ans , toute la vigueur de fon
génie fembla prendre de nouvelles forces
pour répondre aux bontés d'un Seigneur
dont il avoit été le maître.
Il avoit compofé pour lui l'Acte d'Apollon
& Climene , dont les paroles font
de M. le Marquis de Senneterre , exécuté
aux
NOVEMBRE . 1764. 193
aux charmantes Fêtes de Puttau. Depuis
, il a fait un divertiffement pour
la Provençale; deux Ariettes fupérieures ,
l'une pour la Gouvernante , l'autre pour
le Tuteur , dont le rôle n'avoit rien de
brillant à chanter.
•
Rameau avoit pris du Ballet des Arts ,
dont les paroles font de M. de la Mothe,
& la Mufique de M. de la Barre
l'Acte de Pigmalion , qu'il a refait entièrement.
M. le Duc de Gramont fuivit
la même idée pour les quatre autres
Actes : il fit travailler le Clair & Naudé ,
cet homme fi connu par fon goût fupérieur
pour le chant . Le premier fe
chargea de l'harmonie , & le fecond
de la mélodie. Ainfi les quatre Actes
font entièrement retravaillés , & furtout
celui de la Peinture , où le goût & le
génie femblent avoir épuifé leurs connoiffances.
Ces deux hommes ainfi réunis par
une concorde fi rare parmi les perfonnes
d'un même Art , ont travaillé encore
le Ballet des Saifons , Paroles de
Pic , Mufique de Lulli & de Colaſſe ,
& la Tragédie d'Arion de l'Abbé Pellegrin
,dont la Mufique eft de M. Matho .
Le Clair travailloit à cette Tragédie
quand il eft mort. Il ne manquoit our F
I
194 MERCURE DE FRANCE.
rendre l'Ouvrage parfait , que quelques
airs de violon ,
M. le Duc de Gramont, toujours attentif
à confacrer à la postérité la mémoire des
hommes de génie , avoit fait une collection
des plus beaux morceaux de
Mufique d'un homme étonnant , mort
chez lui à l'âge de trente ans. Il fe
nommoit Martin & avoit étéVioloncéle
à l'Opéra . M. le Duc de Gramonile l'étoit
attahé par fes bienfaits , & a de lui des
Ouvrages de la première beauté. C'eſt
en réuniffant le génie de ces trois Compofiteurs
qu'il eft parvenu à mettre en
ordre tant d'Ouvrages différens , dont
il pourra faire préfent au Public , s'il
paroît les defirer , & les recevoir comme
des monumens de ce que peut l'union
des talens confacrée par l'amitié .
Le Clair étoit fait pour la connoître
& la rendre aimable . Il avoit dans les
moeurs cette noble fimplicité , caractère
diftin&tif du génie. Il étoit férieux
& penfeur , n'aimoit point le grand
monde. Il n'avoit ni cette modeftie intéreffée
qui mandie des éloges , ni
cet orgueil qui en rend indigne. Il étoit
affez grand Homme pour ofer dire
qu'il étoit content de fes Ouvrages ,
& pour les retoucher s'il croyait qu'un
NOVEMBRE . 1764. 195
meilleur avis lui eut découvert des beautés
qu'il n'avoit point faifies.
L'Europe entière connoît fes Sonates;
& fi la France a des Gavinies & des
Capron , ce font fes Ouvrages qui les
ont formés. Il débrouilla le premier
l'art du violon ; il en décompofa les
difficultés & les beautés. Il manqua un
le Clair à Lulli ; il eft créateur de cette
éxécution brillante qui diftingue nos
Orchestres , & Rameau lui doit autant
qu'à fon propre génie,
La furveille de fa mort il apporta à M.
le Duc de Gramont un morceau de Mufique
plein de feu & d'enthouſiaſme.
il falloit le voir, à foixante-ſept ans , éxécuter
avec une vigueur étonnante , communiquer
à un Orcheſtre tout fon
feu , & fi près du jour fatal , goûter
le plaifir d'être admiré lavec cette joie modefte
& pure qui conviendroit fi bien
à un jeune homme qu'on loueroit pour
la première fois .
Il femble que l'amitié ait des préffentimens.
Celle de M. leDuc de Gramont pour
le Clair , je me fers de fes expreffions ,
en eut d'affreux . Il lui offrit mille fois
un logement chez lui , & l'avoit déterminé
à l'accepter quand il fut affaffiné,
Il eſt fans doute des monftres qui ne font
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
ni de leurs pays , ni de leur fiécle. Que
d'êtres n'ont de l'homme que la figure
humaine !
Perfuadé , Monfieur , que les talens
de l'efprit font peu de chofe fans les
fentimens de l'âme , ma première étude
a toujours été de jouir des affections
de la mienne. J'ai connu le Clair , j'ai
pu l'admirer & l'eftimer. Je vous écris
l'âme encore faifie de l'affreux récit
de fa mort. S'il eft impoffible de confacrer
à tous les grands Hommes des
monumens en marbre , & d'y graver
des vers à leur honneur , en voici que
j'ai trouvé gravés pour lui dans mon
coeur & que le Public au moins daignera
peut-être agréer,
Le premier des François , le Clair, à fon génie
Sçut l'art d'affervir fon archet.
Du grand Rameau rival par l'harmonie
Il eft mâle , élégant , tendre & toujours parfait.
Lui feul méritoit bien de rendre les Ouvrages;
Lamitié careffa ſes moeurs :
Il fut eftimé par les Sages ,
Admiré par les Connoiffeurs.
J'ai l'honneur d'être &c,
Le 26 Octobre 1764.
DE ROZOI
du Mercure , fur feu M. LE CLAIR
premier Symphoniſte du ROI.
MONSIE ONSIEUR
Si c'eſt un tribut dû à la mémoire des
hommes célébres que les éloges que
la reconnoiffance de leurs Concitoyens
confacre après leur mort en leur honneur
dans les faftes des beaux- Arts ; il
me femble auffi qu'ils font une confolation
touchante pour ceux qui les ont
NOVEMBRE. 1764. 191
connus plus particuliérement ; j'avois
avec les bons Citoyens , verfé des larmes
à ce Service funébre fi bien exécuté
par l'Académie Royale de Mufique ,
pour ce génie profond qui a changé en
Science la Méchanique de fon art ; je ne
penfois point que j'aurois fitôt à regretter
un homme auffi fçavant(M. Leclair) que
l'affaffinat le plus tragique , nous a enlevé
la nuit du 22 au 23 du préſent mois
d'Octobre.
Il étoit né à Lyon , le 16 Mai 1697 ,
du mariage d'Antoine Leclair , Muficien
de Sa Majefté Louis XIV , & de Benoîte
Ferriere. Jean-Marie Leclair , celui
que nous regrettons , fut dans fa
jeuneffe attaché à M. Bonnier père , &
à fon fils M. Bonnier de Lamofſſon , Tréforier
des Etats de Languedoc. Bientôt
il eut la place de premier Symphoniſte
de Sa Majesté Louis XV. Il fut même
honoré des bontés d'un Monarque , Père
de fes Peuples & des beaux Arts. Un
Brevet expédié au fieur Leclair du 5
Avril 173 , figné par le Duc de Gévres ,
lui affura un honneur qui étoit autant
une juftice qu'une récompenfe.
L'envie de voyager le fit paffer en Hollande
, il y fut comblé des bienfaits de
S. A. Madame la Princeffe d'Orange ,
192 MERCURE DE FRANCE.
& revint à Paris jouir en paix de fa réputation
& de l'eftime des gens de bien.
Il ne faifoit plus d'Ecoliers , & n'étoit
plus qu'Amateur , quand M. le Duc
de Gramont crut rendre fervice au Public
en faifant une douce violence à cette
inaction qui enfeveliffoit des talens aufli
fupérieurs.
Ce Seigneur le penfionna , & cet art
heureux de conduire à ne vouloir que
leurs volontés , dont les Grands font
un ufage fi glorieux , quand le goût des
Arts le confacre ; cet Art enchanteur
rendit à Leclair tout fon amour pour
le travail.
Il avoit compofé dans fa jeuneffe quatre
Livres de Sonates à violon feul , deux
Livres de Duo deux divertiffemens
fous le titre de Récréations , deux Livres
de Trio , deux Livres de Concerto
& l'Opéra de Scilla & Glaucus , dont la
partie harmonique ne le céde en rien aux
plus beaux morceaux de Rameau. A l'âge
de foixante ans , toute la vigueur de fon
génie fembla prendre de nouvelles forces
pour répondre aux bontés d'un Seigneur
dont il avoit été le maître.
Il avoit compofé pour lui l'Acte d'Apollon
& Climene , dont les paroles font
de M. le Marquis de Senneterre , exécuté
aux
NOVEMBRE . 1764. 193
aux charmantes Fêtes de Puttau. Depuis
, il a fait un divertiffement pour
la Provençale; deux Ariettes fupérieures ,
l'une pour la Gouvernante , l'autre pour
le Tuteur , dont le rôle n'avoit rien de
brillant à chanter.
•
Rameau avoit pris du Ballet des Arts ,
dont les paroles font de M. de la Mothe,
& la Mufique de M. de la Barre
l'Acte de Pigmalion , qu'il a refait entièrement.
M. le Duc de Gramont fuivit
la même idée pour les quatre autres
Actes : il fit travailler le Clair & Naudé ,
cet homme fi connu par fon goût fupérieur
pour le chant . Le premier fe
chargea de l'harmonie , & le fecond
de la mélodie. Ainfi les quatre Actes
font entièrement retravaillés , & furtout
celui de la Peinture , où le goût & le
génie femblent avoir épuifé leurs connoiffances.
Ces deux hommes ainfi réunis par
une concorde fi rare parmi les perfonnes
d'un même Art , ont travaillé encore
le Ballet des Saifons , Paroles de
Pic , Mufique de Lulli & de Colaſſe ,
& la Tragédie d'Arion de l'Abbé Pellegrin
,dont la Mufique eft de M. Matho .
Le Clair travailloit à cette Tragédie
quand il eft mort. Il ne manquoit our F
I
194 MERCURE DE FRANCE.
rendre l'Ouvrage parfait , que quelques
airs de violon ,
M. le Duc de Gramont, toujours attentif
à confacrer à la postérité la mémoire des
hommes de génie , avoit fait une collection
des plus beaux morceaux de
Mufique d'un homme étonnant , mort
chez lui à l'âge de trente ans. Il fe
nommoit Martin & avoit étéVioloncéle
à l'Opéra . M. le Duc de Gramonile l'étoit
attahé par fes bienfaits , & a de lui des
Ouvrages de la première beauté. C'eſt
en réuniffant le génie de ces trois Compofiteurs
qu'il eft parvenu à mettre en
ordre tant d'Ouvrages différens , dont
il pourra faire préfent au Public , s'il
paroît les defirer , & les recevoir comme
des monumens de ce que peut l'union
des talens confacrée par l'amitié .
Le Clair étoit fait pour la connoître
& la rendre aimable . Il avoit dans les
moeurs cette noble fimplicité , caractère
diftin&tif du génie. Il étoit férieux
& penfeur , n'aimoit point le grand
monde. Il n'avoit ni cette modeftie intéreffée
qui mandie des éloges , ni
cet orgueil qui en rend indigne. Il étoit
affez grand Homme pour ofer dire
qu'il étoit content de fes Ouvrages ,
& pour les retoucher s'il croyait qu'un
NOVEMBRE . 1764. 195
meilleur avis lui eut découvert des beautés
qu'il n'avoit point faifies.
L'Europe entière connoît fes Sonates;
& fi la France a des Gavinies & des
Capron , ce font fes Ouvrages qui les
ont formés. Il débrouilla le premier
l'art du violon ; il en décompofa les
difficultés & les beautés. Il manqua un
le Clair à Lulli ; il eft créateur de cette
éxécution brillante qui diftingue nos
Orchestres , & Rameau lui doit autant
qu'à fon propre génie,
La furveille de fa mort il apporta à M.
le Duc de Gramont un morceau de Mufique
plein de feu & d'enthouſiaſme.
il falloit le voir, à foixante-ſept ans , éxécuter
avec une vigueur étonnante , communiquer
à un Orcheſtre tout fon
feu , & fi près du jour fatal , goûter
le plaifir d'être admiré lavec cette joie modefte
& pure qui conviendroit fi bien
à un jeune homme qu'on loueroit pour
la première fois .
Il femble que l'amitié ait des préffentimens.
Celle de M. leDuc de Gramont pour
le Clair , je me fers de fes expreffions ,
en eut d'affreux . Il lui offrit mille fois
un logement chez lui , & l'avoit déterminé
à l'accepter quand il fut affaffiné,
Il eſt fans doute des monftres qui ne font
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
ni de leurs pays , ni de leur fiécle. Que
d'êtres n'ont de l'homme que la figure
humaine !
Perfuadé , Monfieur , que les talens
de l'efprit font peu de chofe fans les
fentimens de l'âme , ma première étude
a toujours été de jouir des affections
de la mienne. J'ai connu le Clair , j'ai
pu l'admirer & l'eftimer. Je vous écris
l'âme encore faifie de l'affreux récit
de fa mort. S'il eft impoffible de confacrer
à tous les grands Hommes des
monumens en marbre , & d'y graver
des vers à leur honneur , en voici que
j'ai trouvé gravés pour lui dans mon
coeur & que le Public au moins daignera
peut-être agréer,
Le premier des François , le Clair, à fon génie
Sçut l'art d'affervir fon archet.
Du grand Rameau rival par l'harmonie
Il eft mâle , élégant , tendre & toujours parfait.
Lui feul méritoit bien de rendre les Ouvrages;
Lamitié careffa ſes moeurs :
Il fut eftimé par les Sages ,
Admiré par les Connoiffeurs.
J'ai l'honneur d'être &c,
Le 26 Octobre 1764.
DE ROZOI
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, Auteur du Mercure, sur feu M. LE CLAIR, premier Symphoniste du ROI.
La lettre rend hommage à Jean-Marie Leclair, un célèbre musicien français décédé la nuit du 22 au 23 octobre 1764. Né à Lyon le 16 mai 1697, Leclair était le fils d'Antoine Leclair, musicien de Louis XIV, et de Benoîte Ferrière. Au cours de sa carrière, il a servi divers patrons, notamment les Bonnier, avant de devenir premier symphoniste de Louis XV. Leclair a composé plusieurs œuvres notables, incluant des sonates, des duos, des trios, des concertos, et l'opéra 'Scilla et Glaucus'. À l'âge de soixante ans, il a repris son activité musicale grâce au soutien du Duc de Gramont, qui l'a pensionné. Leclair a également collaboré avec d'autres compositeurs sur des ballets et des tragédies. Connu pour sa simplicité et son sérieux, il a marqué l'Europe par ses sonates et son influence sur l'art du violon. Sa mort a été ressentie comme une grande perte, tant par ses contemporains que par le Duc de Gramont, qui lui était très attaché.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11580
p. 197-199
SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Début :
AUTANT le traitement de la Goutte effrayoit ceux qui en font affligés, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Maux, Soulagement, Poudre balsamique, Baume végétal, Effets positifs, Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
SUPPLÉMENT à l'Art . des Sciences
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Le texte, rédigé par C. de Mongerbet, médecin du Roi, traite du traitement de la goutte, une maladie douloureuse et invalidante. Mongerbet propose une méthode douce et méthodique, éprouvée au fil des années. Il recommande l'utilisation de la Poudre balfantique, infusée dans de l'eau ou une eau de veau, pour calmer les accès violents et favoriser l'élimination des toxines par les urines et la transpiration. Ce remède prévient également la formation de nodules et les crises suivantes, à condition d'un usage attentif. Le Baume végétal est suggéré pour améliorer la digestion, renforcer l'organisme et éloigner les accès sans effet chauffant, tout en étant antiscorbutique. Cependant, son efficacité peut être réduite chez ceux qui ne suivent pas les recommandations ou ont des complications non déclarées. Mongerbet affirme posséder une connaissance approfondie des remèdes européens et vise à rendre le traitement de la goutte aussi familier que celui des fièvres intermittentes. Il insiste sur la nécessité de consulter précisément et de manière franche. Il loge rue du Gros Chenet, Quartier Montmartre, à Paris, et ne reçoit que des lettres affranchies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11581
p. 199-202
AVIS DIVERS.
Début :
On a établi depuis peu dans cette Capitale, par privilége exclusif [...]
Mots clefs :
Bureau, Paris, Vente, Adresse, Lettres, Étrangers, Établissement, Renseignements, Province, Objets, Négociants, Marchands, Privilège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS.
A VIS DIVER S.
On a établi depuis peu dans cette Capitale ,
par privilége exclufif , un Bureau Général d'Indication
, d'Avis , d'Adreffe & de Rencontre.
Cet Etabliſſement , confacré à l'utilité publique,
a pour but d'indiquer par voies d'adreffe , tous
les objets à vendre ou à louer tant à Paris qu'en
Provinces , comme Terres , Maiſons , Domaines ,
Rentes , Charges , Fonds de Commerce , Meubles
, Bijoux , &c. Meubles ou Appartemens
meublés ou non-meublés ; en forte que les perfonnes
tant de Paris que des Provinces qui ont
quelques objets à vendre , à louer ou à acheter ,
peuvent en adreffer à ce Bureau une note circonftancice
, franche de port , en payant feulement
pour tous frais ; fçavoir , pour les objets à
vendre , une livre ; quatre fols, pour ceux du prix
jufqu'à 1000 liv . 3 liv. pour ceux juſqu'à 10000
liv. & 6 liv. pour ceux de 10 , 15 , 20000 liv . &
au-deffus. A l'égard de ceux à louer , les enregiftremens
font de fix fols pour le loyer jufqu'à
300 liv . de douze fols jufqu'à 1000 liv . & de
vingt-quatre fols jufqu'à 3000 liv. & de trois liv.
pour ceux de 3000 liv . & au- deffus. L'on paye le
double de ce prix pour le renfeignement , & lorfque
les perfonnes ne s'accommodent pas de l'ob-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
et dont on a délivré lé renfeignement , on leur
en donne d'autres gratis , jnfqu'a ce qu'elles foient
fatisfaites.
Ce Bureau préfente enfin au Public un avantage
fupérieur à toutes les voies dont on s'eft fervi
jufqu'à préfent , foit pour vendre , foit pour rencontrer
l'objet que l'on a envie de fe procurer :
1 ° , par la réunion générale de toutes les chofes
qui fe trouvoient auparavant difperfées , & qui
échappoient à ceux qui en faifoient la recherche :
2 ° , parce que les objets que l'on y fait enregif
trer ne font fupprimés du Tableau qui leur eft
propre , qu'après que l'on en a difpofé.
Les Etrangers qui defireront auſſi trouver à
leur arrivée à Paris un appartement prêt à occuper
, pourront écrire directement à ce Bureau ,
qui fe chargera de leur en procurer , enjoignant.
feulement a leur Lettre un Mandat payable à
Paris , au moins pour le montant du premier
mois .
On peut aufli s'y adreffer pour les Extraits de
Baptême , Mariages , Sépultures , & c. & pour
toutes autres recherches & expéditions .
Ce Bureau , pour ne négliger aucun des objets
utiles à la Société , enregistre auffi les diverſes
Penfions Collégiales , Conventuelles & Bourgeoifes
, tant de Paris que des Provinces , moyennant
un abonnement de 3 liv . par année ſealement , &
à la faveur du Tableau détaillé que l'on y aura
fait inférer des prix , nourritures , foins & éducations
qu'on y reçoit , le Particulier ou le Père
de Famille feront moins embarraffés dans le
choix que leur fortune ou les circonstances exigeront.
On a encore réuni un nouvel objet à ce Bureau
qui intérefle particulièrement les Etrangers qui
NOVEMBRE. 1764. 20-
venant à Paris , n'ayant pas de domicile abfoluz
ment fixe & permanent , font fouvent expofes
perdre les Letrres ou effets qui leur font adref
fés , foit par les fréquens changemens de demeu
re , ou par la négligence de ceux chez qui l'on
pourroit le les faire adreffer , foit enfin pour év
ter les incommodités qui peuvent réfulter de la
curiofité , fouvent même de l'indifcrétion de ceux
entre les mains de qui pourroient tomber ces
Lettres. Or ce Bureau préfente un moyen facile
de prévenir ces fortes de défagrémens , par la
railon qu'on peut s'y faire adreffer directement
ces Lettres comme à un domicile qui devient
commun à tous Etrangers & Citoyens ; & que par
l'ordre qu'on y tient, elles font exactement remifes
à la volonté des Commettans , ce qui s'entend
pareillement de toutes les Villes où l'on fe
propofe d'établir de femblables Bureaux .
Il eft effentiel d'obferver qu'on ne fe charge de
la réception defdites Lettres , qu'autant que le
port en eft acquitté , ou que l'on auroit pris avec
le Bureau des arrangemens particuliers & relatifs
à cet objet , en payant deux fols pour la remife de
chacune defdites Lettres.
N. B. Ceux qui defireront former un pareil Etabliffement
dans les principales Villes du Royaume
s'adrefferont , pour en traiter , au Bureau Général ,
rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
Quoique ce que nous venons d'annoncer ne
foit qu'un extrait fort abrégé de l'utilité de cet
établiſſement , nous pensons qu'il eft fuffisamment
étendu pour que chacun juge en particulier de
l'avantage qu'il peut y trouver.
Les Négocians , les Marchands ou Artiftes ,
&c , qui étant difpofés à augmenter leur Commerce
ou a quitter leur Etat , & qui n'attendent fouvent
Iy
>
202 MERCURE DE FRANCE:
que l'occafion favorable de céder leur fond , ou
enfin les Charges ou Priviléges auxquels ils font
attachés, & ceux qui n'attendent également qu'une
femblable rencontre pour former leur Etabliffement
, envifageront aifément la facilité que leur
préfente à cet égard ce nouveau Bureau. En effet
tous ceux qui font dans l'un & dans l'autre cas
pouvant ufer de la voie qui leur eft ouverte , il est
évident qu'ils feront plus à portée qu'auparavant
de remplir réciproquement leurs vues.
On conçoit qu'il en peut être la même choſe à
l'égard des perfonnes qui defirent fe procurer un
Secrétaire , un Intendant , un Régiffeur , &c , &
de celles qui defirent fe placer en cette qualité.
Nous remarquons auffi qu'il ne feroit pas
moins intéreſſant aux Négocians, aux Marchands,
foit en gros , foit en détail , & à bien d'autres
Particuliers , de faire mettre leurs adreffes audit
Bureau chaque fois qu'ils changent de demeure
, parce que quelques circonftances les obligent
à quitter un quartier où ils auront acquis une
réputation avantageufe , les perfonnes qui leur
feront attachées auront par-là un moyen fûr de
les retrouver.
On a établi depuis peu dans cette Capitale ,
par privilége exclufif , un Bureau Général d'Indication
, d'Avis , d'Adreffe & de Rencontre.
Cet Etabliſſement , confacré à l'utilité publique,
a pour but d'indiquer par voies d'adreffe , tous
les objets à vendre ou à louer tant à Paris qu'en
Provinces , comme Terres , Maiſons , Domaines ,
Rentes , Charges , Fonds de Commerce , Meubles
, Bijoux , &c. Meubles ou Appartemens
meublés ou non-meublés ; en forte que les perfonnes
tant de Paris que des Provinces qui ont
quelques objets à vendre , à louer ou à acheter ,
peuvent en adreffer à ce Bureau une note circonftancice
, franche de port , en payant feulement
pour tous frais ; fçavoir , pour les objets à
vendre , une livre ; quatre fols, pour ceux du prix
jufqu'à 1000 liv . 3 liv. pour ceux juſqu'à 10000
liv. & 6 liv. pour ceux de 10 , 15 , 20000 liv . &
au-deffus. A l'égard de ceux à louer , les enregiftremens
font de fix fols pour le loyer jufqu'à
300 liv . de douze fols jufqu'à 1000 liv . & de
vingt-quatre fols jufqu'à 3000 liv. & de trois liv.
pour ceux de 3000 liv . & au- deffus. L'on paye le
double de ce prix pour le renfeignement , & lorfque
les perfonnes ne s'accommodent pas de l'ob-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
et dont on a délivré lé renfeignement , on leur
en donne d'autres gratis , jnfqu'a ce qu'elles foient
fatisfaites.
Ce Bureau préfente enfin au Public un avantage
fupérieur à toutes les voies dont on s'eft fervi
jufqu'à préfent , foit pour vendre , foit pour rencontrer
l'objet que l'on a envie de fe procurer :
1 ° , par la réunion générale de toutes les chofes
qui fe trouvoient auparavant difperfées , & qui
échappoient à ceux qui en faifoient la recherche :
2 ° , parce que les objets que l'on y fait enregif
trer ne font fupprimés du Tableau qui leur eft
propre , qu'après que l'on en a difpofé.
Les Etrangers qui defireront auſſi trouver à
leur arrivée à Paris un appartement prêt à occuper
, pourront écrire directement à ce Bureau ,
qui fe chargera de leur en procurer , enjoignant.
feulement a leur Lettre un Mandat payable à
Paris , au moins pour le montant du premier
mois .
On peut aufli s'y adreffer pour les Extraits de
Baptême , Mariages , Sépultures , & c. & pour
toutes autres recherches & expéditions .
Ce Bureau , pour ne négliger aucun des objets
utiles à la Société , enregistre auffi les diverſes
Penfions Collégiales , Conventuelles & Bourgeoifes
, tant de Paris que des Provinces , moyennant
un abonnement de 3 liv . par année ſealement , &
à la faveur du Tableau détaillé que l'on y aura
fait inférer des prix , nourritures , foins & éducations
qu'on y reçoit , le Particulier ou le Père
de Famille feront moins embarraffés dans le
choix que leur fortune ou les circonstances exigeront.
On a encore réuni un nouvel objet à ce Bureau
qui intérefle particulièrement les Etrangers qui
NOVEMBRE. 1764. 20-
venant à Paris , n'ayant pas de domicile abfoluz
ment fixe & permanent , font fouvent expofes
perdre les Letrres ou effets qui leur font adref
fés , foit par les fréquens changemens de demeu
re , ou par la négligence de ceux chez qui l'on
pourroit le les faire adreffer , foit enfin pour év
ter les incommodités qui peuvent réfulter de la
curiofité , fouvent même de l'indifcrétion de ceux
entre les mains de qui pourroient tomber ces
Lettres. Or ce Bureau préfente un moyen facile
de prévenir ces fortes de défagrémens , par la
railon qu'on peut s'y faire adreffer directement
ces Lettres comme à un domicile qui devient
commun à tous Etrangers & Citoyens ; & que par
l'ordre qu'on y tient, elles font exactement remifes
à la volonté des Commettans , ce qui s'entend
pareillement de toutes les Villes où l'on fe
propofe d'établir de femblables Bureaux .
Il eft effentiel d'obferver qu'on ne fe charge de
la réception defdites Lettres , qu'autant que le
port en eft acquitté , ou que l'on auroit pris avec
le Bureau des arrangemens particuliers & relatifs
à cet objet , en payant deux fols pour la remife de
chacune defdites Lettres.
N. B. Ceux qui defireront former un pareil Etabliffement
dans les principales Villes du Royaume
s'adrefferont , pour en traiter , au Bureau Général ,
rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
Quoique ce que nous venons d'annoncer ne
foit qu'un extrait fort abrégé de l'utilité de cet
établiſſement , nous pensons qu'il eft fuffisamment
étendu pour que chacun juge en particulier de
l'avantage qu'il peut y trouver.
Les Négocians , les Marchands ou Artiftes ,
&c , qui étant difpofés à augmenter leur Commerce
ou a quitter leur Etat , & qui n'attendent fouvent
Iy
>
202 MERCURE DE FRANCE:
que l'occafion favorable de céder leur fond , ou
enfin les Charges ou Priviléges auxquels ils font
attachés, & ceux qui n'attendent également qu'une
femblable rencontre pour former leur Etabliffement
, envifageront aifément la facilité que leur
préfente à cet égard ce nouveau Bureau. En effet
tous ceux qui font dans l'un & dans l'autre cas
pouvant ufer de la voie qui leur eft ouverte , il est
évident qu'ils feront plus à portée qu'auparavant
de remplir réciproquement leurs vues.
On conçoit qu'il en peut être la même choſe à
l'égard des perfonnes qui defirent fe procurer un
Secrétaire , un Intendant , un Régiffeur , &c , &
de celles qui defirent fe placer en cette qualité.
Nous remarquons auffi qu'il ne feroit pas
moins intéreſſant aux Négocians, aux Marchands,
foit en gros , foit en détail , & à bien d'autres
Particuliers , de faire mettre leurs adreffes audit
Bureau chaque fois qu'ils changent de demeure
, parce que quelques circonftances les obligent
à quitter un quartier où ils auront acquis une
réputation avantageufe , les perfonnes qui leur
feront attachées auront par-là un moyen fûr de
les retrouver.
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Résumé : AVIS DIVERS.
Un Bureau Général d'Indication, d'Avis, d'Adresse et de Rencontre a été créé à Paris. Cet établissement facilite la vente, la location ou l'achat de divers objets, tels que terres, maisons, domaines, rentes, charges, fonds de commerce, meubles, bijoux, et appartements meublés ou non. Les intéressés peuvent soumettre une note détaillée en payant des frais spécifiques selon la valeur des objets. Le Bureau propose également des services de renseignements gratuits jusqu'à satisfaction et enregistre les pensions collégiales, conventuelles et bourgeoises pour aider les particuliers dans leurs choix. Les étrangers peuvent utiliser ce Bureau pour trouver des appartements ou recevoir leur courrier, évitant ainsi les pertes dues aux changements fréquents de domicile. Le Bureau garantit la réception et la remise exacte des lettres contre paiement des frais de port. Pour établir des bureaux similaires dans d'autres villes, il est possible de contacter le Bureau Général à l'Hôtel d'Aligre, rue Saint-Honoré. Ce service est particulièrement utile pour les négociants, marchands, artisans et autres particuliers cherchant à augmenter leur commerce ou à trouver des opportunités d'emploi. Il facilite également la recherche de secrétaires, intendants, régisseurs, et autres postes similaires. Les particuliers sont encouragés à mettre à jour leurs adresses auprès du Bureau pour maintenir le contact avec leurs relations professionnelles.
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11582
p. 202-203
« M. DE LA CROIX, Généalogiste de l'Ordre de Malthe & de la Maison [...] »
Début :
M. DE LA CROIX, Généalogiste de l'Ordre de Malthe & de la Maison [...]
Mots clefs :
Généalogiste, Postérité, Maison, Grand Conseil, Fondation, Titres justificatifs, Planche gravée, Familles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. DE LA CROIX, Généalogiste de l'Ordre de Malthe & de la Maison [...] »
M. DE LA CROIX , Généalogifte de l'Ordre de
Malthe &de la Maiſon & College de Boiffy, qui travaillle
depuis quelques années à donner une nouvelleGénéalogie
de la poſtérité des Fondateurs de cetre
Maiſon pour y ajouter les Branches qui étoient
ignorées lors de l'enregistrement au Grand-
Confeil le 29 Juin 1680 & les nouveaux Rejettons
des Branches déja connues , invite les perfonnes
qui ont intérêt à cette Fondation , de lui faire
remettre les Titres juftificatifs de leur defcendance
, pour conftater leur droit & completter
NOVEMBRE . 1764. 203
cette Généalogie . Il fe propofe de fuivre à - peuprès
la forme de la Généalogie imprimée en 1680
in-4º , en ajoutant une Planche gravée qui contiendra
les armoiries de toutes les Familles compriſes
dans la Généalogie. On pourra lui adreſſer
les paquets francs de port rue Phelippeaux , près
le Temple.
Malthe &de la Maiſon & College de Boiffy, qui travaillle
depuis quelques années à donner une nouvelleGénéalogie
de la poſtérité des Fondateurs de cetre
Maiſon pour y ajouter les Branches qui étoient
ignorées lors de l'enregistrement au Grand-
Confeil le 29 Juin 1680 & les nouveaux Rejettons
des Branches déja connues , invite les perfonnes
qui ont intérêt à cette Fondation , de lui faire
remettre les Titres juftificatifs de leur defcendance
, pour conftater leur droit & completter
NOVEMBRE . 1764. 203
cette Généalogie . Il fe propofe de fuivre à - peuprès
la forme de la Généalogie imprimée en 1680
in-4º , en ajoutant une Planche gravée qui contiendra
les armoiries de toutes les Familles compriſes
dans la Généalogie. On pourra lui adreſſer
les paquets francs de port rue Phelippeaux , près
le Temple.
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Résumé : « M. DE LA CROIX, Généalogiste de l'Ordre de Malthe & de la Maison [...] »
M. de La Croix élabore une nouvelle généalogie de l'Ordre de Malthe et de la Maison de Boiffy, incluant des branches ignorées en 1680 et de nouveaux descendants. Il demande aux intéressés de fournir des titres justificatifs pour compléter la généalogie. Les documents peuvent être envoyés à ses frais à la rue Phelippeaux.
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11583
p. 203-204
« Le Sieur LANGUIGNEUX, Fils, Marchand Tapissier, qui s'est fait annoncer dans les [...] »
Début :
Le Sieur LANGUIGNEUX, Fils, Marchand Tapissier, qui s'est fait annoncer dans les [...]
Mots clefs :
Marchand tapissier, Siège portatif, Inventeur, Vente, Promenade, Amélioration, Tabouret, Chasse, Acier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur LANGUIGNEUX, Fils, Marchand Tapissier, qui s'est fait annoncer dans les [...] »
Le Sieur LANGUIGNEUX , Fils , Marchand
Tapiffier , qui s'eft fait annoncer dans les Papiers
publics au mois de Mars dernier , avec Fermiffion,
pour un Siége portatif dont il eft le premier &
le feul Inventeur , & qu'il continue de vendre , lequel
fert dans les Parterres des Spectacles , fans
craindre les flux & reflux ; l'on ne perd point de fa
hauteur , vû que l'on jouit de plufieurs dégrés , &
au moyen d'une augmentation fimple il devient
commode pour la Promenade. Il a fimplifié fondit
Siége par la fuppreflion d'un Ecrou & par la
légéreré du Strapontin qui fe met dans la Poche &
s'adapte fur une Canne dans fon entier , de groffeur
ordinaire , imitant le Jai ; l'on peut auffi y
placer un parafol .
De plus , avec une nouvelle Permiſſion du 31
Juillet , il fait fçavoir qu'il vient d'imaginer un
nouveau Tabouret portatif, utile pour la Promenade
, la Campagne & autres Lieux , lequel fe
démonte en trois & fe renfermedans un Sac moins
gros que celui d'un Paraíol ; ceTabouret étant trèsléger
, donne la facilité de le porter dans la
Poche , fous le bras ou dans un Sac à Ouvrage ;
les Dames y trouveront une affife commode &
folide.
Il a encore trouvé le moyen de placer un Siége
fur un Fufil , fans l'endommager , ce qui devient
très -utile pour les Perfonnes qui vont à la Chaffe .
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
On trouvera desdits Siéges propres à tous Fufils.
Il vend auffi un Siége en Acier très -folide for--
mant un triangle , qui fe renferme tout entier
dans une Canne, dont le poids eft très- léger les
prix font à la portée de tout le monde , & l'on
trouvera à choifir.
:
Ildemeurechezfon Père , Marchand Tapiffier , rue
de la Harpe , vis à- vis celle des Mathurins , àla
VILLE DE ROME ; qui fait , vend , loue , troque ,
achete & tient Magafin de toutes fortes de Meubles
tant neufs que de rencontre : le tout à juſte prix.
A PARIS.
Tapiffier , qui s'eft fait annoncer dans les Papiers
publics au mois de Mars dernier , avec Fermiffion,
pour un Siége portatif dont il eft le premier &
le feul Inventeur , & qu'il continue de vendre , lequel
fert dans les Parterres des Spectacles , fans
craindre les flux & reflux ; l'on ne perd point de fa
hauteur , vû que l'on jouit de plufieurs dégrés , &
au moyen d'une augmentation fimple il devient
commode pour la Promenade. Il a fimplifié fondit
Siége par la fuppreflion d'un Ecrou & par la
légéreré du Strapontin qui fe met dans la Poche &
s'adapte fur une Canne dans fon entier , de groffeur
ordinaire , imitant le Jai ; l'on peut auffi y
placer un parafol .
De plus , avec une nouvelle Permiſſion du 31
Juillet , il fait fçavoir qu'il vient d'imaginer un
nouveau Tabouret portatif, utile pour la Promenade
, la Campagne & autres Lieux , lequel fe
démonte en trois & fe renfermedans un Sac moins
gros que celui d'un Paraíol ; ceTabouret étant trèsléger
, donne la facilité de le porter dans la
Poche , fous le bras ou dans un Sac à Ouvrage ;
les Dames y trouveront une affife commode &
folide.
Il a encore trouvé le moyen de placer un Siége
fur un Fufil , fans l'endommager , ce qui devient
très -utile pour les Perfonnes qui vont à la Chaffe .
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
On trouvera desdits Siéges propres à tous Fufils.
Il vend auffi un Siége en Acier très -folide for--
mant un triangle , qui fe renferme tout entier
dans une Canne, dont le poids eft très- léger les
prix font à la portée de tout le monde , & l'on
trouvera à choifir.
:
Ildemeurechezfon Père , Marchand Tapiffier , rue
de la Harpe , vis à- vis celle des Mathurins , àla
VILLE DE ROME ; qui fait , vend , loue , troque ,
achete & tient Magafin de toutes fortes de Meubles
tant neufs que de rencontre : le tout à juſte prix.
A PARIS.
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Résumé : « Le Sieur LANGUIGNEUX, Fils, Marchand Tapissier, qui s'est fait annoncer dans les [...] »
Le document décrit les inventions et activités commerciales du Sieur LANGUIGNEUX, Fils, Marchand Tapissier. En mars, il a présenté un siège portatif adapté aux parterres des spectacles, résistant aux mouvements de la foule. Ce siège offre plusieurs niveaux de hauteur et peut être utilisé pour la promenade. Il est simplifié par la suppression d'un écrou et la légèreté du strapontin, qui se range dans une poche et s'adapte sur une canne. Le 31 juillet, LANGUIGNEUX a obtenu une nouvelle permission pour un tabouret portatif démontable en trois parties, se rangeant dans un sac plus petit qu'un parapluie. Ce tabouret est léger et pratique pour les dames, pouvant être porté dans une poche, sous le bras ou dans un sac à ouvrage. Il a également inventé un siège adaptable sur un fusil sans l'endommager, utile pour les chasseurs. De plus, il vend un siège en acier solide formant un triangle, se rangeant dans une canne légère. Les prix de ces sièges sont accessibles à tous. LANGUIGNEUX réside chez son père, également Marchand Tapissier, rue de la Harpe, vis-à-vis de celle des Mathurins, à Rome. Il achète, vend, loue et troque divers meubles, neufs ou d'occasion, à des prix justes.
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11584
p. 204-206
COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
Début :
Monsieur, J'ai trouvé dans les papiers de mon Prédécesseur le reméde contre la rage, [...]
Mots clefs :
Remède, Rage, Effets positifs, Coquilles, Huître, Poudre, Malade, Aliments, Morsure
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texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
COPIE de la Lettre d'un Curé de
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
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Résumé : COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
En novembre 1764, un curé de campagne adresse une lettre à un médecin parisien pour lui soumettre un remède contre la rage, découvert parmi les affaires de son prédécesseur. Les habitants de la paroisse attestent de son efficacité. Le curé demande au médecin d'examiner le remède afin qu'il puisse être reconnu et adopté dans tout le royaume. Ce remède est une poudre fabriquée à partir de coquilles d'huîtres mâles calcinées et tamisées. Elle peut être administrée en boule dans du pain, dans du vin blanc, ou dans une omelette cuite à l'huile. La dose varie selon la gravité du cas : six gros pour les personnes en accès, quatre gros pour celles mordues à sang ou blessées en mer, et deux gros pour celles pincées, léchées, éraflées ou craignant la rage. Le traitement doit être pris à jeun, sans nourriture ni boisson pendant trois heures après la prise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11585
p. 206-208
Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Début :
Le Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde [...]
Mots clefs :
Cor de pied, Traitement, Soulagement, Remède, Maux, Topique, Emplâtre, Verrue plantaire, Guérison, Patients
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texteReconnaissance textuelle : Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Par Permiffion de Monfeigneur le Lieutenant»
Général de Police.
LE Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a
trouvé un Reméde efficace pour les Cors des pieds.
Jufqu'ici ces maux avoient paru ne pas mériter
une attention particuliere , & l'on s'eft contenté
de chercher dans les fecrets douteux de quelques
Empyriques un foulagement , trop fouvent inu
tilement attendu . Il fuffifoit , en diminuant leur
volume par l'amputation , d'en rendre les douleurs
un peu plus fupportables. Beaucoup de perfonnes,
ou rifqucient les inconvéniens dangcreux qui
réfultent tous les jours de pareilles opérations , ou
aimoient mieux fouffrir les maux que caufent les
Cors , plutôt que d'endurer la compreffion ou l'introduction
d'aucun corps étranger. Aujourd'hui
l'expérience a fait trouver une Topique auffi fûr
coni e ce mal , qu'il eft aifé de l'employer. Un
morceau de toile noire , ou de foie , enduit du médicament
dont il s'agit , a la vertu d'ôter très
promptement la douleur des Cors , de les amollir
, & de les faire mourir par fucceffion de temps.'
On en forme une Emplâtre un peu plus large
que le mal , que l'on enveloppe d'une bandelette
après avoir coupé le Cors . Au bout de huit jours
on peut lever ce premier appareil; & remettre une
autre Emplâtre pour autant de temps . Ce Reméde
eft auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux ,
ayant foin d'en relever l'Emplâtre, d'en fubftituer
une autre à la place , tous les deux jours , pendant
T'efpace de huit ou dixjours.
NOVEMBRE. 1764. 267
Un grand nombre de perfonnes ont été parfaitement
guéries par l'ufage de ce Topique ;
entr'autres :
M. de la Place , Auteur du Mercure , rue Fromenteau.
M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich actuellement à Paris , rue S. Etienne des
Grès , près le College de Lyfieux.
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rue Beaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame la Comteffe de Stainville , rue S.
Dominique, au coin de la rue de Bourgogne.
L'Epoufe de M. de Menjeville , Maréchal de
Camp , rue couture Sainte - Catherine au Marais .
Mademoiſelle Thumérie fa tante ,
Limoges au Marais.
" rue de
Madame Pelerin , rue du Rempart S. Honoré.
M. Billecoq , Fermier du Roi & Receveur à la
Barrière du Roulle.
M. l'Abbé l'Huillier , chez M. de Graffin ,
rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Le Maître d'Hôtel de M. de Sainte- Croix
même rue.
Mademoiſelle Maignon , à l'Hôtel Torpanne ,
rue des Bernardins .
Madame Forbet , Marchande de Ceinturons ,
fur le Pont S. Michel.
Mademoiſelle Thomas , Maîtreffe Couturiere ,
au Bras d'or , rue S. Louis , près le Palais.
M. Duclos , Marchand Horloger , & la gouvernante
, dans la même rue.
M. Ritter , Horloger , dans la maison de M.
Barat , Place Dauphine.
Madame Michel , Horlogere , dans la maiſon
de M. le Normand , Place Dauphine.
208 MERCURE DE FRANCE.
Dom de Méromont , Feuillant.
M. Langevin , Marchand de Parafol , dans S.
Denis de la Chartre , dans le grand Escalier.
M. Goffet le jeune , chez Monfeigneur le Comte
de Saint - Florentin .
La Gouvernante des Enfans de M. de Norville
Receveur Général des Maréchauffées de France ,
rue dugrand Chantier.
Plufieurs perfonnes de Génêve ont écrit à M.
Bernier , Bourgeois , chez M. Rouſſeau , rue
Notre- Dame des Victoires , qu'ils étoient trèscontens
de l'onguent du fieur ROUSSEL pour les
Cors , & qu'ils le prient de vouloir bien leur en
renvoyer quatre Boetes , tenant un quarteron
chacune , c'est-à- dire une livte d'Onguent.
Le prix des Boëtes à douze Mouches eft de 3
livres.
I
t
Celui des Boétés à fix Mouches eft de 1 livres
10 fols.
La demeure du fieur ROUSSEL eft chez le fieur
Dumont , rue Jean-de- l'Epine , près la Grève ,
l'Hôtel du S. Efprit, où on le trouvera toujours , ou
une Perfonne qui le repréſentera .
Général de Police.
LE Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a
trouvé un Reméde efficace pour les Cors des pieds.
Jufqu'ici ces maux avoient paru ne pas mériter
une attention particuliere , & l'on s'eft contenté
de chercher dans les fecrets douteux de quelques
Empyriques un foulagement , trop fouvent inu
tilement attendu . Il fuffifoit , en diminuant leur
volume par l'amputation , d'en rendre les douleurs
un peu plus fupportables. Beaucoup de perfonnes,
ou rifqucient les inconvéniens dangcreux qui
réfultent tous les jours de pareilles opérations , ou
aimoient mieux fouffrir les maux que caufent les
Cors , plutôt que d'endurer la compreffion ou l'introduction
d'aucun corps étranger. Aujourd'hui
l'expérience a fait trouver une Topique auffi fûr
coni e ce mal , qu'il eft aifé de l'employer. Un
morceau de toile noire , ou de foie , enduit du médicament
dont il s'agit , a la vertu d'ôter très
promptement la douleur des Cors , de les amollir
, & de les faire mourir par fucceffion de temps.'
On en forme une Emplâtre un peu plus large
que le mal , que l'on enveloppe d'une bandelette
après avoir coupé le Cors . Au bout de huit jours
on peut lever ce premier appareil; & remettre une
autre Emplâtre pour autant de temps . Ce Reméde
eft auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux ,
ayant foin d'en relever l'Emplâtre, d'en fubftituer
une autre à la place , tous les deux jours , pendant
T'efpace de huit ou dixjours.
NOVEMBRE. 1764. 267
Un grand nombre de perfonnes ont été parfaitement
guéries par l'ufage de ce Topique ;
entr'autres :
M. de la Place , Auteur du Mercure , rue Fromenteau.
M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich actuellement à Paris , rue S. Etienne des
Grès , près le College de Lyfieux.
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rue Beaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame la Comteffe de Stainville , rue S.
Dominique, au coin de la rue de Bourgogne.
L'Epoufe de M. de Menjeville , Maréchal de
Camp , rue couture Sainte - Catherine au Marais .
Mademoiſelle Thumérie fa tante ,
Limoges au Marais.
" rue de
Madame Pelerin , rue du Rempart S. Honoré.
M. Billecoq , Fermier du Roi & Receveur à la
Barrière du Roulle.
M. l'Abbé l'Huillier , chez M. de Graffin ,
rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Le Maître d'Hôtel de M. de Sainte- Croix
même rue.
Mademoiſelle Maignon , à l'Hôtel Torpanne ,
rue des Bernardins .
Madame Forbet , Marchande de Ceinturons ,
fur le Pont S. Michel.
Mademoiſelle Thomas , Maîtreffe Couturiere ,
au Bras d'or , rue S. Louis , près le Palais.
M. Duclos , Marchand Horloger , & la gouvernante
, dans la même rue.
M. Ritter , Horloger , dans la maison de M.
Barat , Place Dauphine.
Madame Michel , Horlogere , dans la maiſon
de M. le Normand , Place Dauphine.
208 MERCURE DE FRANCE.
Dom de Méromont , Feuillant.
M. Langevin , Marchand de Parafol , dans S.
Denis de la Chartre , dans le grand Escalier.
M. Goffet le jeune , chez Monfeigneur le Comte
de Saint - Florentin .
La Gouvernante des Enfans de M. de Norville
Receveur Général des Maréchauffées de France ,
rue dugrand Chantier.
Plufieurs perfonnes de Génêve ont écrit à M.
Bernier , Bourgeois , chez M. Rouſſeau , rue
Notre- Dame des Victoires , qu'ils étoient trèscontens
de l'onguent du fieur ROUSSEL pour les
Cors , & qu'ils le prient de vouloir bien leur en
renvoyer quatre Boetes , tenant un quarteron
chacune , c'est-à- dire une livte d'Onguent.
Le prix des Boëtes à douze Mouches eft de 3
livres.
I
t
Celui des Boétés à fix Mouches eft de 1 livres
10 fols.
La demeure du fieur ROUSSEL eft chez le fieur
Dumont , rue Jean-de- l'Epine , près la Grève ,
l'Hôtel du S. Efprit, où on le trouvera toujours , ou
une Perfonne qui le repréſentera .
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Résumé : Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Le Sieur ROUSSEL, autorisé par Monseigneur le Lieutenant Général de Police, annonce un remède efficace pour les cors des pieds. Jusqu'alors, les traitements étaient douteux ou impliquaient l'amputation, souvent avec des résultats inutiles ou dangereux. ROUSSEL propose une topique appliquée sur un morceau de toile noire ou de foie, soulageant rapidement la douleur et éliminant les cors. Ce remède, sous forme d'emplâtre renouvelé tous les huit jours, est également efficace contre les verrues, avec un renouvellement tous les deux jours pendant huit à dix jours. De nombreuses personnes, y compris M. de la Place, M. Baret et Madame la Comtesse de Stainville, ainsi que des habitants de Genève, ont été guéries par ce traitement. Les prix des boîtes de médicament sont de 3 livres pour douze mouches et de 1 livre 10 sols pour six mouches. ROUSSEL peut être contacté chez le Sieur Dumont, rue Jean-de-l'Épine, près la Grève, à l'Hôtel du Saint-Esprit.
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11586
p. 208-210
« Le sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a découvert une Poudre [...] »
Début :
Le sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a découvert une Poudre [...]
Mots clefs :
Poudre, Guérison, Rhumatismes, Étourdissements, Méthode d'utilisation, Effets positifs, Patients guéris, Élixir, Dents
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a découvert une Poudre [...] »
Le fieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a
découvert une Poudre approuvée , pour guérir les
maux ordinaires de tête , en moins d'un quartd'heure
après en avoir fait ufage , les migraines ,
les rhumatifmes de tête & les étourdiffemens,
Cette Poudre débouche les narines , dégage le
tympanon de l'ouie & éclaircit la vue , en faifane
diftiller par le nez des eaux âcres qui occafionnent
les maladies ci - deſſus rapportées.
Manière de s'en fervir.
Il faut fe bien moucher avant de prendre cette
Poudre . On n'en prend qu'une pincée , comme
NOVEMBRE . 1764. 203
une prise de tabac , & on la reſpire de même par
Te nez ; on ne fe mouche qu'après avoir éternué
trois à quatre fois , ce qui annonce l'effet du Reméde.
Si cette prife n'eft point affez forte pour
procurer cet effet , on en reprend un peu , alors la
perfonne eft guérie ou foulagée. Pour achever &
affurer une entière guérifon , on en prend , pendant
trois à quatre jours , une prife le matin , une
à midi & une le foir avant de fe coucher. Siaprès
ce temps l'on reffentoit encore quelques
légères douleurs , on pourroit continuer encore
quelques jours. Cette Poudre n'a point un goût
difgracieux Le prix des boëtes eft de trois liv. &
d'une liv. quatre fols .
Noms de quelques Perfonnes du nombre de celles
qui ont été guéries.
Le Fils de Mde Giller , rue de Berry , vis- à-vis
P'Hôtel de Polignac.
Mlle Thomas , Maîtreffe Couturiere , rue S
Louis , proche le Palais , au bras- d'or . Dans la
même maiſon , Mlle Boudet , M. & Mde Reve
liard , Horloger.
Il a auſſi un Elixir approuvé , qui guérit le mal
de dents dans le moment , les blanchit & les rafer--
mit , & fortifie les gencives .
Manière de s'en fervir.
On prend un peu de coton que l'on imbibe
dans cet Elixir, on l'applique fur la gencive proche
la dent qui fait mal , ou dans la dens fi elle eſti
creuſe ,
Fourblanchir les dents , en ôtér lé tartre & blanchir
les mains.
faut prendre environ la moitié d'un verre
210 MERCURE DE FRANCE.
d'eau , y verfer deux à trois gouttes de l'Elixir :
qui fait devenir l'eau blanche comme du lait , on
imbibe de cette eau un linge , dont on ſe frotte
les dents & les gencives deux à trois fois la femaine.
Toutes les Perfonnes qui en ont fait ufage en
ont été fort fatisfaites . Les bouteilles font de trois
liv. & d'une liv. quatrefols.
découvert une Poudre approuvée , pour guérir les
maux ordinaires de tête , en moins d'un quartd'heure
après en avoir fait ufage , les migraines ,
les rhumatifmes de tête & les étourdiffemens,
Cette Poudre débouche les narines , dégage le
tympanon de l'ouie & éclaircit la vue , en faifane
diftiller par le nez des eaux âcres qui occafionnent
les maladies ci - deſſus rapportées.
Manière de s'en fervir.
Il faut fe bien moucher avant de prendre cette
Poudre . On n'en prend qu'une pincée , comme
NOVEMBRE . 1764. 203
une prise de tabac , & on la reſpire de même par
Te nez ; on ne fe mouche qu'après avoir éternué
trois à quatre fois , ce qui annonce l'effet du Reméde.
Si cette prife n'eft point affez forte pour
procurer cet effet , on en reprend un peu , alors la
perfonne eft guérie ou foulagée. Pour achever &
affurer une entière guérifon , on en prend , pendant
trois à quatre jours , une prife le matin , une
à midi & une le foir avant de fe coucher. Siaprès
ce temps l'on reffentoit encore quelques
légères douleurs , on pourroit continuer encore
quelques jours. Cette Poudre n'a point un goût
difgracieux Le prix des boëtes eft de trois liv. &
d'une liv. quatre fols .
Noms de quelques Perfonnes du nombre de celles
qui ont été guéries.
Le Fils de Mde Giller , rue de Berry , vis- à-vis
P'Hôtel de Polignac.
Mlle Thomas , Maîtreffe Couturiere , rue S
Louis , proche le Palais , au bras- d'or . Dans la
même maiſon , Mlle Boudet , M. & Mde Reve
liard , Horloger.
Il a auſſi un Elixir approuvé , qui guérit le mal
de dents dans le moment , les blanchit & les rafer--
mit , & fortifie les gencives .
Manière de s'en fervir.
On prend un peu de coton que l'on imbibe
dans cet Elixir, on l'applique fur la gencive proche
la dent qui fait mal , ou dans la dens fi elle eſti
creuſe ,
Fourblanchir les dents , en ôtér lé tartre & blanchir
les mains.
faut prendre environ la moitié d'un verre
210 MERCURE DE FRANCE.
d'eau , y verfer deux à trois gouttes de l'Elixir :
qui fait devenir l'eau blanche comme du lait , on
imbibe de cette eau un linge , dont on ſe frotte
les dents & les gencives deux à trois fois la femaine.
Toutes les Perfonnes qui en ont fait ufage en
ont été fort fatisfaites . Les bouteilles font de trois
liv. & d'une liv. quatrefols.
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Résumé : « Le sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a découvert une Poudre [...] »
Le document est une annonce publique du sieur ROUSSEL présentant deux remèdes. Le premier est une poudre traitant les maux de tête, migraines, rhumatismes de tête et étourdissements. Elle débouche les narines, dégage le tympan et éclaircit la vue. L'utilisation consiste à respirer une pincée de poudre par le nez après s'être mouché, et à répéter l'opération trois à quatre fois par jour pendant trois à quatre jours. La poudre est vendue à trois livres ou une livre quatre sols. Plusieurs personnes, comme le fils de Mme Giller et Mlle Thomas, ont été guéries grâce à cette poudre. Le second remède est un élixir approuvé guérissant instantanément le mal de dents, blanchissant et raffermissant les dents, et fortifiant les gencives. Pour le mal de dents, on applique un coton imbibé d'élixir sur la gencive ou dans la dent creuse. Pour blanchir les dents et les mains, on utilise un linge imbibé d'eau mélangée à quelques gouttes d'élixir. Les bouteilles d'élixir sont vendues au même prix que la poudre. Tous les utilisateurs de cet élixir en ont été satisfaits.
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11587
p. 210-211
« On trouve aussi chez le sieur ROUSSEL une Pommade approuvée, qui guérit [...] »
Début :
On trouve aussi chez le sieur ROUSSEL une Pommade approuvée, qui guérit [...]
Mots clefs :
Pommade, Glandes, Rhumatismes, Guérison, Patients, Gouttes, Maux de gorges
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texteReconnaissance textuelle : « On trouve aussi chez le sieur ROUSSEL une Pommade approuvée, qui guérit [...] »
On trouve auffi chez le fieur ROUSSEL unè
Pommade approuvée ; qui guérit les glandes ,
rhumatifmes , mal de gorge & la goutte , en
frottant de cette Pommade la partie malade ; on
met enfuite un papier brouillard , une compreffe
& une bande par- deffus.
Noms de quelques Perfonne's du nombre de celles qui
ont été guéries.
GLANDE S.
M. de Gaumincourt , Commiffaire des Che
vaux- Legers de la Garde , rue Montmartre , près
S.Jofeph , de glandes au col.
La Fille-de- Chambre de Mde Poriquet , rue
Baillet.
Mile Leprince , Marchande , & fa Soeur , Marchande
Fruitière , au Marché S. Germain .
Mde Chopin , rue de Varenne , vis - à - vis l'Hôtel
de Biron.
La Fille du fieur Flechy , Jardinier , vis -à-vis S
François - de- Sales , à Iffy.
RHUMATISME S.
Mde Olivier , Garde de Dames en couches ;
rue Quinquampoix , chez Mde Cadot.
Mde de Gouy , rue de la Planche , à la Bourfe
Royale.
NOVEMBRE . 1764. 21t
Mde la veuve Lebrun , Marchande de bourfes
rue Fromenteau.
La Soeur du Maître d'Ecole , à Iffy.
La Fille du fieur Carbonnet , à Vanvres,
GOUTTES.
› M. Toutain Marchand d'Eventails , rué
Quinquampoix.
Le fieur Comtois , Cocher de M. le Lieutenantde-
Roi , aux Invalides.
La Femme du fieur Flechy , Jardinier , vis- à-
S. François , à Iffy.
MAUX DE GORGES.
Mde Beline , Bourgeoife , rue S. Honoré , chez
le Boulanger , au coin de la rue S. Roch .
La Femme du fieur Rofé , Chef- de- cuifine
chez Mde la Maréchale de Broglie , rue S. Dominique
, Fauxbourg S. Germain , & autres.
La demeure du fieur ROUSSEL eft rue Jean- del'Epine
, chez M. Dumont , à l'Hôtel du S. Efprit
, proche la Grêve , où on le trouve toujours , ou
quelqu'un qui le repréfente.
Pommade approuvée ; qui guérit les glandes ,
rhumatifmes , mal de gorge & la goutte , en
frottant de cette Pommade la partie malade ; on
met enfuite un papier brouillard , une compreffe
& une bande par- deffus.
Noms de quelques Perfonne's du nombre de celles qui
ont été guéries.
GLANDE S.
M. de Gaumincourt , Commiffaire des Che
vaux- Legers de la Garde , rue Montmartre , près
S.Jofeph , de glandes au col.
La Fille-de- Chambre de Mde Poriquet , rue
Baillet.
Mile Leprince , Marchande , & fa Soeur , Marchande
Fruitière , au Marché S. Germain .
Mde Chopin , rue de Varenne , vis - à - vis l'Hôtel
de Biron.
La Fille du fieur Flechy , Jardinier , vis -à-vis S
François - de- Sales , à Iffy.
RHUMATISME S.
Mde Olivier , Garde de Dames en couches ;
rue Quinquampoix , chez Mde Cadot.
Mde de Gouy , rue de la Planche , à la Bourfe
Royale.
NOVEMBRE . 1764. 21t
Mde la veuve Lebrun , Marchande de bourfes
rue Fromenteau.
La Soeur du Maître d'Ecole , à Iffy.
La Fille du fieur Carbonnet , à Vanvres,
GOUTTES.
› M. Toutain Marchand d'Eventails , rué
Quinquampoix.
Le fieur Comtois , Cocher de M. le Lieutenantde-
Roi , aux Invalides.
La Femme du fieur Flechy , Jardinier , vis- à-
S. François , à Iffy.
MAUX DE GORGES.
Mde Beline , Bourgeoife , rue S. Honoré , chez
le Boulanger , au coin de la rue S. Roch .
La Femme du fieur Rofé , Chef- de- cuifine
chez Mde la Maréchale de Broglie , rue S. Dominique
, Fauxbourg S. Germain , & autres.
La demeure du fieur ROUSSEL eft rue Jean- del'Epine
, chez M. Dumont , à l'Hôtel du S. Efprit
, proche la Grêve , où on le trouve toujours , ou
quelqu'un qui le repréfente.
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Résumé : « On trouve aussi chez le sieur ROUSSEL une Pommade approuvée, qui guérit [...] »
Le texte décrit une pommade approuvée vendue par le sieur ROUSSEL, efficace contre les glandes, les rhumatismes, la goutte et les maux de gorge. L'application de cette pommade consiste à frotter la partie malade, puis à recouvrir avec un papier brouillard, une compresse et une bande. Plusieurs personnes ont été guéries grâce à cette pommade. Pour les glandes, les personnes guéries incluent M. de Gaumincourt, la fille de chambre de Mme Poriquet, Mlle Leprince et sa sœur, Mme Chopin, et la fille du sieur Flechy. Pour les rhumatismes, les personnes guéries sont Mme Olivier, Mme de Gouy, Mme la veuve Lebrun, la sœur du maître d'école à Iffy, et la fille du sieur Carbonnet à Vanvres. Pour la goutte, les personnes guéries sont M. Toutain, le sieur Comtois, et la femme du sieur Flechy. Pour les maux de gorge, les personnes guéries sont Mme Beline et la femme du sieur Rosé. La demeure du sieur ROUSSEL est située rue Jean-de-l'Épine, chez M. Dumont, à l'Hôtel du Saint-Esprit, proche la Grève, où il est toujours disponible ou représenté.
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11588
p. 211-213
« Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Début :
Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...]
Mots clefs :
Maladies, Fièvres, Guérison, Eaux, Patients guéris, Rougeurs, Certificats, Paris, Elbeuf, Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Le fieur DUBOIS , Fils , Maître en Chirurgie
de la Communauté de Menars- la- Ville s'étant
trouvé obligé , faure de Médecin dans fa Ville ,
de s'adonner au traitement des maladies aigues
vulgairement appellées maladies en régles , &
Pleurélies , Fluctions de poitrine formées , & Fiévres
inflammatoires ou malignes a depuis un an
trouvé un moyen pour les guérir fûrement &
faus craindre les dangers de la mort .
,
Son adreffe eft à M. Dubois , Fils , Maître
en Chirurgie , demeurant grande rue près l'Ecu
de France , à Menars - la - Ville , près Blois .
212 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur DIRBANNE , Marchand de Tabac , rue
Sainte-Anne , Butte S. Roch , du côté de la rue
S. Honoré, vis-a - vis l'Ebéniſte du Roi , pofféde le
Secret d'une Eau merveilleufe pour la guérifon
des yeux attaqués de taies , & même celles qui
fe forment par la petite-vérole , rougeurs & inflammations
, comperes- loriots , & boutons qui
fe forment autour des paupières . Elle a auffi la
vertu d'affermir la vue des perfonnes qui l'ont
foible. Le fieur Derbanne s'attire la confiance du
Public par les guérifons qu'il a faites & qu'il fair"
continuellement , fuivant les Certificats des Perfonnes
qu'il a entiérement guéries , qui font dé
polés & pallés devant M. Fortier , Notaire.
Guérifons faites à Paris :
La Dame Delaval , Maîtreffe Serrurière , rue de
Guilarde , qui avoit prefqu'entiérement perdu la
vue ; M. Bertin . Intendant de Mde la Ducheffe
d'Elbeuf , rue S. Nicaife ; M. de la Reyne , Chirurgien
de Mde la Ducheffe d'Elbeuf , a guéri différentes
Perfonnes avec cette Eau ; la fille de la
Dame Saulnier , Marchande Epicière à Puteaux ,
d'un refte de petite - vérole qui s'étoit jettée fur fes
yeux ; le fieur de la Chapt ; la Domestique du
fieur Maubeuge , & le Valet de - Chambre de
Mde la Ducheffe d'Elbeuf ; le fils dès Sieur &
Dame Grignon , Maître Boulanger à Paris ; la fille
des Sieur & Dame Trouffel , d'un refte d'humeur ,
tous demeurans à Paris.
Guérifons faités à Elbeuf.
La Dame Lefebvre , la Dame Flavigny , I
Dame Bourdon , la Dame le Noble , la Dame
Violet , le fieur Lavent , le fieur Renard , la Dame
Luce , la Dame Morel , le fieur Tellée , le fieur
NOVEMBRE. 1764. 213
Cantel , la Dame Gabot , la Dame Bardeffe , le
fieur Cobale , la Dame Potteau , les fieurs Duhamel
frères , la Dlle Sylveftre , le fieur Duhamel
le fieur Albert & la Dame Fréville , demeurans
tous audit Elbeuf. La Dame Leroi , demeurante à
Saint-Martin- la- Corneille .
Mde la Ducheffe d'Elbeuf a emporté à fes
Terres de cette Eau pour en donner aux Habicans.
Mamière de fe fervir de ladite Eau.
Il faut prendre une petite éponge groffe comme
une noifette , la mettre fur le bord du gouleau de
la bouteille , qu'il faut bien remuer , & preffer
l'éponge fur les yeux malades.
Le prix de chaque Bouteille eft de vingt-quatre fols
pour les petites, & les grandesfont de 3 liv.
de la Communauté de Menars- la- Ville s'étant
trouvé obligé , faure de Médecin dans fa Ville ,
de s'adonner au traitement des maladies aigues
vulgairement appellées maladies en régles , &
Pleurélies , Fluctions de poitrine formées , & Fiévres
inflammatoires ou malignes a depuis un an
trouvé un moyen pour les guérir fûrement &
faus craindre les dangers de la mort .
,
Son adreffe eft à M. Dubois , Fils , Maître
en Chirurgie , demeurant grande rue près l'Ecu
de France , à Menars - la - Ville , près Blois .
212 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur DIRBANNE , Marchand de Tabac , rue
Sainte-Anne , Butte S. Roch , du côté de la rue
S. Honoré, vis-a - vis l'Ebéniſte du Roi , pofféde le
Secret d'une Eau merveilleufe pour la guérifon
des yeux attaqués de taies , & même celles qui
fe forment par la petite-vérole , rougeurs & inflammations
, comperes- loriots , & boutons qui
fe forment autour des paupières . Elle a auffi la
vertu d'affermir la vue des perfonnes qui l'ont
foible. Le fieur Derbanne s'attire la confiance du
Public par les guérifons qu'il a faites & qu'il fair"
continuellement , fuivant les Certificats des Perfonnes
qu'il a entiérement guéries , qui font dé
polés & pallés devant M. Fortier , Notaire.
Guérifons faites à Paris :
La Dame Delaval , Maîtreffe Serrurière , rue de
Guilarde , qui avoit prefqu'entiérement perdu la
vue ; M. Bertin . Intendant de Mde la Ducheffe
d'Elbeuf , rue S. Nicaife ; M. de la Reyne , Chirurgien
de Mde la Ducheffe d'Elbeuf , a guéri différentes
Perfonnes avec cette Eau ; la fille de la
Dame Saulnier , Marchande Epicière à Puteaux ,
d'un refte de petite - vérole qui s'étoit jettée fur fes
yeux ; le fieur de la Chapt ; la Domestique du
fieur Maubeuge , & le Valet de - Chambre de
Mde la Ducheffe d'Elbeuf ; le fils dès Sieur &
Dame Grignon , Maître Boulanger à Paris ; la fille
des Sieur & Dame Trouffel , d'un refte d'humeur ,
tous demeurans à Paris.
Guérifons faités à Elbeuf.
La Dame Lefebvre , la Dame Flavigny , I
Dame Bourdon , la Dame le Noble , la Dame
Violet , le fieur Lavent , le fieur Renard , la Dame
Luce , la Dame Morel , le fieur Tellée , le fieur
NOVEMBRE. 1764. 213
Cantel , la Dame Gabot , la Dame Bardeffe , le
fieur Cobale , la Dame Potteau , les fieurs Duhamel
frères , la Dlle Sylveftre , le fieur Duhamel
le fieur Albert & la Dame Fréville , demeurans
tous audit Elbeuf. La Dame Leroi , demeurante à
Saint-Martin- la- Corneille .
Mde la Ducheffe d'Elbeuf a emporté à fes
Terres de cette Eau pour en donner aux Habicans.
Mamière de fe fervir de ladite Eau.
Il faut prendre une petite éponge groffe comme
une noifette , la mettre fur le bord du gouleau de
la bouteille , qu'il faut bien remuer , & preffer
l'éponge fur les yeux malades.
Le prix de chaque Bouteille eft de vingt-quatre fols
pour les petites, & les grandesfont de 3 liv.
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Résumé : « Le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie de la Communauté de Menars-la-Ville [...] »
Le texte présente deux annonces de guérisseurs. La première concerne le sieur DUBOIS, Fils, Maître en Chirurgie à Menars-la-Ville, qui a développé un traitement pour les maladies aiguës telles que les maladies en règles, les pleurésies, les fluctions de poitrine et les fièvres inflammatoires ou malignes. Il réside grande rue près l'Ecu de France à Menars-la-Ville, près Blois. La seconde annonce concerne le sieur DIRBANNE, Marchand de Tabac à Paris, qui possède une eau miraculeuse pour soigner les yeux atteints de taies, y compris celles causées par la petite-vérole, ainsi que les rougeurs, inflammations, orgelets et boutons autour des paupières. Cette eau renforce également la vue des personnes ayant une vision faible. Le sieur DIRBANNE a gagné la confiance du public grâce à ses guérisons, attestées par des certificats déposés chez M. Fortier, Notaire. Plusieurs guérisons ont été réalisées à Paris et à Elbeuf. La méthode d'application de cette eau consiste à imbiber une petite éponge dans la bouteille et à l'appliquer sur les yeux malades. Le prix des bouteilles varie entre vingt-quatre sols pour les petites et trois livres pour les grandes.
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11589
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Vice- Chaner
, le Mercure du mois de Novembre 1764.
& je n'y ai rien trouvé quipuiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 31 Octobre 1764.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monſeigneur le Vice- Chaner
, le Mercure du mois de Novembre 1764.
& je n'y ai rien trouvé quipuiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 31 Octobre 1764.
GUIROY.
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11590
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Pièces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Suite & fin de l'Histoire raisonnée [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
: PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREM ER.
SUITE & fin de l'Hiftoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron.
EPITRE à Madame de Buf...
ÉPITRE à M. le Comte de ***
A Sophie , à qui on donna un Livre de papier
blanc.
MADRIGAL à
LES Lamies , Conte Gaulois ,
Page
19
24
2F
24
ibid
VERS adreflés par l'ane des Dlles Penfionnaires
de l'Abbaye du Lys , près Melun ,
à la Dame leur Maitreffe & Inftitutrice
le jour de fa fête.
COUPLETS à la même , en lui préfentant un
Bouquet.
COUPLETS à Madame la Marquife de Lufignan
, par Mlle de ***
ÉPIGRAMME.
VERS à M. Deshays be jeune , de l'Académie
Royale de Peinture.
ESSAI fur la Queſtion : JEANNE D'ARCQ
a- t-ellefubi réellement l'Arrêt qui la condamnoit
au fupplice dufeu ?
Lettre , fur celle inférée dans le Mercure
d'Août 1764 , au fujet de LA PUCELLB
D'ORLÉANS.
A Caroline qui vouloit fe marier,
PORTRAIT de M. Den ****
42
42
ibid.
43
44
ibid.
sa
56
NOVEMBRE . 1764. 215
65.
IMITATION de l'Epitaphe du Duc de Buckingham
, par M. M. D ....
INSCRIPTIONS mifes au bas des Portraits.
de LL. AA. SS. EE. Palatines.
IMPROMPTU fur les piéces de Canon accordées
par le Roi , & S. A. S. le Prince
Ferdinand de Brunswick , à M. le Baron
de Diesbach , &c.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES
CHANSON,
66
6 &
69 &70
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
LA VIE héroique & privée de Henri IV,
par M. de Buri.
LETTRE de M. le Chevalier de Mouhy
M. De la Place , Auteur du Mercure , fur
l'Hiftoire abrégée du Théâtre François.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
ANNONCES de Livres.
à
77
$2
83 & fuiva
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES .
ACADÉMIE S.
OPUSCULES Mathématiques ou Mémoires
fur différens Sujets de Géométrie , &c. par
M. d'Alembert . Extrait.
MÉDECINE.
VERTUS des Pilules toniques du Docteur Bacher,
Médecin.
ART. IV . BEAUX - ARTS ,
ARTS UTILES.
CHIRURGIE.
•
LETTRE de M. Maget , ancien Chirurgien
93
102
216 MERCURE DE FRANCE:
Major de la Marine,&c . à M. De la Place,
Auteur du Mercure de France.
HORLOGERIES
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
GRAVUR E.
SUPPLEMENT à l'Art, des Nouvelles Littéraires.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour àFontainebleau.
SPECTACLES de Paris. Opéra.
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
ART. VI . Nouvelles Politiques..
CEREMONIES publiques.
SUPPLEMENT à l'Art. des Spectacles.
LETTRE à M. De la Place, Auteul du Mercure
, fur feu M. Leclair , premier Symphoniste
du Roi .
SUPPLEMENT à l'Article des Sciences.
Avis divers.
112
114
118
ibida
I!.
133
ibid.
134
136
160
180
190
197
198
: PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREM ER.
SUITE & fin de l'Hiftoire raiſonnée des Diſcours
de Cicéron.
EPITRE à Madame de Buf...
ÉPITRE à M. le Comte de ***
A Sophie , à qui on donna un Livre de papier
blanc.
MADRIGAL à
LES Lamies , Conte Gaulois ,
Page
19
24
2F
24
ibid
VERS adreflés par l'ane des Dlles Penfionnaires
de l'Abbaye du Lys , près Melun ,
à la Dame leur Maitreffe & Inftitutrice
le jour de fa fête.
COUPLETS à la même , en lui préfentant un
Bouquet.
COUPLETS à Madame la Marquife de Lufignan
, par Mlle de ***
ÉPIGRAMME.
VERS à M. Deshays be jeune , de l'Académie
Royale de Peinture.
ESSAI fur la Queſtion : JEANNE D'ARCQ
a- t-ellefubi réellement l'Arrêt qui la condamnoit
au fupplice dufeu ?
Lettre , fur celle inférée dans le Mercure
d'Août 1764 , au fujet de LA PUCELLB
D'ORLÉANS.
A Caroline qui vouloit fe marier,
PORTRAIT de M. Den ****
42
42
ibid.
43
44
ibid.
sa
56
NOVEMBRE . 1764. 215
65.
IMITATION de l'Epitaphe du Duc de Buckingham
, par M. M. D ....
INSCRIPTIONS mifes au bas des Portraits.
de LL. AA. SS. EE. Palatines.
IMPROMPTU fur les piéces de Canon accordées
par le Roi , & S. A. S. le Prince
Ferdinand de Brunswick , à M. le Baron
de Diesbach , &c.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES
CHANSON,
66
6 &
69 &70
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
LA VIE héroique & privée de Henri IV,
par M. de Buri.
LETTRE de M. le Chevalier de Mouhy
M. De la Place , Auteur du Mercure , fur
l'Hiftoire abrégée du Théâtre François.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
ANNONCES de Livres.
à
77
$2
83 & fuiva
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES .
ACADÉMIE S.
OPUSCULES Mathématiques ou Mémoires
fur différens Sujets de Géométrie , &c. par
M. d'Alembert . Extrait.
MÉDECINE.
VERTUS des Pilules toniques du Docteur Bacher,
Médecin.
ART. IV . BEAUX - ARTS ,
ARTS UTILES.
CHIRURGIE.
•
LETTRE de M. Maget , ancien Chirurgien
93
102
216 MERCURE DE FRANCE:
Major de la Marine,&c . à M. De la Place,
Auteur du Mercure de France.
HORLOGERIES
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
GRAVUR E.
SUPPLEMENT à l'Art, des Nouvelles Littéraires.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour àFontainebleau.
SPECTACLES de Paris. Opéra.
COMÉDIE Françoiſe.
COMÉDIE Italienne.
ART. VI . Nouvelles Politiques..
CEREMONIES publiques.
SUPPLEMENT à l'Art. des Spectacles.
LETTRE à M. De la Place, Auteul du Mercure
, fur feu M. Leclair , premier Symphoniste
du Roi .
SUPPLEMENT à l'Article des Sciences.
Avis divers.
112
114
118
ibida
I!.
133
ibid.
134
136
160
180
190
197
198
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles de pièces fugitives en vers et en prose. Il inclut des épîtres, madrigaux, couplets et épigrammes adressés à diverses personnes, comme les pensionnaires de l'Abbaye du Lys, Madame la Marquise de Lufignan et Madame de Buf. Des essais et lettres abordent des sujets historiques, notamment la condamnation de Jeanne d'Arc et la Pucelle d'Orléans. Le texte mentionne également des portraits, imitations d'épitaphes, inscriptions, énigmes, logogryphes et chansons. La table des articles comprend des nouvelles littéraires, telles que la vie de Henri IV par M. de Buri et des lettres sur l'histoire du théâtre français. La section des sciences et belles-lettres inclut des opuscules mathématiques de M. d'Alembert et des informations sur les pilules toniques du Docteur Bacher. La section des beaux-arts et arts utiles traite de la chirurgie et de l'horlogerie. Enfin, le document mentionne des spectacles à la cour de Fontainebleau et à Paris, ainsi que des nouvelles politiques et cérémonies publiques.
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11591
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. 1764. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. 1764. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. 1764. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoife. 1764.
& vis-à-vis la Comédie Françoife. 1764.
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11592
p. 123
« EMILE Chrétien, consacré à l'utilité publique, rédigé par M. Formey, Auteur [...] »
Début :
EMILE Chrétien, consacré à l'utilité publique, rédigé par M. Formey, Auteur [...]
Mots clefs :
M. Rousseau, Éducation chrétienne
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texteReconnaissance textuelle : « EMILE Chrétien, consacré à l'utilité publique, rédigé par M. Formey, Auteur [...] »
EMILE Chrétien , confacré à l'utilité
publique , rédigé par M. Formey , Auteur
du Philofophe Chrétien ; à Berlin ,
chez Jean Néaulme , 1764 ; quatre volumes
in-8°.
On fent que ces quatre Volumes de
M. Formey doivent fervir de préfervatif
contre la Doctrine de M. Rouf
feau de Genève , dans fon Traité de l'Éducation
. C'est tout à la fois , & une
réfutation du Livre de M. Rouffeau , &
un Traité d'Education Chrétienne . On
en trouve des Exemplaires chez de Saint
& Saillant , rue S. Jean de Beauvais ,
& chez Duchefne , rue S. Jacques ,
Temple du Goût. Et chez Robin , Libiaire
, rue des Cordeliers
publique , rédigé par M. Formey , Auteur
du Philofophe Chrétien ; à Berlin ,
chez Jean Néaulme , 1764 ; quatre volumes
in-8°.
On fent que ces quatre Volumes de
M. Formey doivent fervir de préfervatif
contre la Doctrine de M. Rouf
feau de Genève , dans fon Traité de l'Éducation
. C'est tout à la fois , & une
réfutation du Livre de M. Rouffeau , &
un Traité d'Education Chrétienne . On
en trouve des Exemplaires chez de Saint
& Saillant , rue S. Jean de Beauvais ,
& chez Duchefne , rue S. Jacques ,
Temple du Goût. Et chez Robin , Libiaire
, rue des Cordeliers
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Résumé : « EMILE Chrétien, consacré à l'utilité publique, rédigé par M. Formey, Auteur [...] »
L'ouvrage 'EMILE Chrétien, conféré à l'utilité publique' de M. Formey, publié en 1764 à Berlin, réfute la doctrine de Jean-Jacques Rousseau sur l'éducation. Composé de quatre volumes, il est disponible chez plusieurs libraires à Paris.
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11593
p. 194
De CONSTANTINOPLE, le 1 Septembre 1764.
Début :
La Porte continue d'envoyer des Troupes & des munitions de guerre [...]
Mots clefs :
Troupes, Munitions, Impératrice, Conseil, Grand vizir
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texteReconnaissance textuelle : De CONSTANTINOPLE, le 1 Septembre 1764.
De CONSTANTINOPLE , le 1 Septembre 1764.
LA Porte continue d'envoyer des Troupes &
des munitions de guerre vers les frontières de
la Pologne & de la Ruffie. Le Résident de cette
dernière Cour a dépêché un Exprès qui porte à
I'Impératrice le réfuttat d'une conférence que
ce Réfident a eue avec le Secrétaire du Grand
Vifir , à l'iſſue d'un Confeil extraordinaire qui ſe
tint le 20 du mois dernier en préſence du Sultan ,
du Grand Vifir & du Muphti. Après le retour
de ce Courier , on pourra être inftruit du parci
que la Porte jugera à propos de prendre dans
les circonftances préfentes.
LA Porte continue d'envoyer des Troupes &
des munitions de guerre vers les frontières de
la Pologne & de la Ruffie. Le Résident de cette
dernière Cour a dépêché un Exprès qui porte à
I'Impératrice le réfuttat d'une conférence que
ce Réfident a eue avec le Secrétaire du Grand
Vifir , à l'iſſue d'un Confeil extraordinaire qui ſe
tint le 20 du mois dernier en préſence du Sultan ,
du Grand Vifir & du Muphti. Après le retour
de ce Courier , on pourra être inftruit du parci
que la Porte jugera à propos de prendre dans
les circonftances préfentes.
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Résumé : De CONSTANTINOPLE, le 1 Septembre 1764.
Le 1er septembre 1764, la Porte ottomane envoie des troupes et des munitions vers la Pologne et la Russie. Le résident russe à Constantinople informe l'impératrice d'une conférence avec le secrétaire du Grand Vizir, tenue le 20 du mois précédent en présence du sultan, du Grand Vizir et du mufti. Des informations supplémentaires sur les décisions ottomanes suivront.
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11594
p. 194-196
De PETERSBOURG, le 12 Octobre 1764. EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 22 Septembre 1764.
Début :
Comme les moyens de conciliation n'ont pu séduire jusqu'à présent quelques Magistrats [...]
Mots clefs :
Conciliation, Magistrats, Prince, Grand régimentaire, Troupes, Infanterie, Détachement, Capitaine, Attaque, Régiments de hussards
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 12 Octobre 1764. EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 22 Septembre 1764.
De PETERSBOURG le 12 Octobre 1764.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
22 Septembie 1764.
Comme les moyens de conciliation n'ont pu
féduire jufqu'à préfent quelques Magiftrats qui
perlévérent dans leur oppofition a la Confédération
générale & refulent de reconnoître te
Roi , il paroît qu'on a réfolu d'employer les
voies de rigueur. Le Prince Czartoriski , Grand
Régimentaire , a , dit-on , donné ordre à deux
Régimens d'Infanterie des Troupes de la Couronne
, ainsi qu'à deux Régimens de Cavalerie ,
d'entrer dans les Terres de l'Evêché de CracoDECEMBRE.
1764. 195
vie dont l'Evêque eft du nombre des Oppofans ,
d'en tirer les fourages pour leurs chevaux & de
prendre leur folde fur les revenus du Prélat :
l'un de ces deux derniers Régimens elt commandé
par le Comte Potocki , Echanfon de Lithuanie,
& l'autre par le Comte Wielopolski , Grand
Ecuyer de la Couronne.
Le Régiment d'infanterie du Grand Général
de la Couronne marcha , le 19 , par ordre du
Grand Régimentaire , vers Bialyftocki : le Comte
Branicki a , dit-on , écrit qu'il étoit difpofé à reconnoître
le Roi , & doit , à ce qu'on ajoute ,
ſe rendre incellamment au même endroit.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
29 Septembre 1764.
Sa Majesté a envoyé à Berlin le Prince Czartoriski
, Grand Veneur de la Couronne ; on affure
que l'objet de fa commiffion eft d'apprendre
de la bouche même du Roi de Pruffe le
motif des procédés d'un détachement de fes
Troupes qui , comme on l'a déja annoncé , eft
entré dans la Grande Pologne & y a enlevé pla-
Geurs Habitans du Pays.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
8 Octobre 1764.
On affure que le petit détachement de Hoffards
Pruffiens , qui étoit entré dans la Grande
Pologne , eft retourné en Siléfie . On a recu les
particularités fuivantes de l'invasion de ces
Troupes dans cette Province . Le Capitaine Fermelli
, qui les commandoit , eft venu fondre inopinément
avec fon monde , le fabre à la main
& la carabine armées , fur les Terres du Prince
Sułkowfai , Général au ſervice de l'Impératrice-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
Reine ; il a défarmé la garde de ce Prince & enlevé
plufieurs perfonnes : pendant ce temps - là ,
d'autres pelotons de Hullards le font emparés
des avenues de Kobolin , d'Odonalow , de Szalmierzym
& d'autres Villages des environs , d'où
ils ont emmené par force le fieur Koſchenbahr,
Commillaire d'Often , & un grand nombre de
Bourgeois & d'Habitans , fans diftinction d'âge
ni de rang , nés , à la vérité , en Silésie , mais
domiciliés en Pologne depuis très - longtemps.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
22 Septembie 1764.
Comme les moyens de conciliation n'ont pu
féduire jufqu'à préfent quelques Magiftrats qui
perlévérent dans leur oppofition a la Confédération
générale & refulent de reconnoître te
Roi , il paroît qu'on a réfolu d'employer les
voies de rigueur. Le Prince Czartoriski , Grand
Régimentaire , a , dit-on , donné ordre à deux
Régimens d'Infanterie des Troupes de la Couronne
, ainsi qu'à deux Régimens de Cavalerie ,
d'entrer dans les Terres de l'Evêché de CracoDECEMBRE.
1764. 195
vie dont l'Evêque eft du nombre des Oppofans ,
d'en tirer les fourages pour leurs chevaux & de
prendre leur folde fur les revenus du Prélat :
l'un de ces deux derniers Régimens elt commandé
par le Comte Potocki , Echanfon de Lithuanie,
& l'autre par le Comte Wielopolski , Grand
Ecuyer de la Couronne.
Le Régiment d'infanterie du Grand Général
de la Couronne marcha , le 19 , par ordre du
Grand Régimentaire , vers Bialyftocki : le Comte
Branicki a , dit-on , écrit qu'il étoit difpofé à reconnoître
le Roi , & doit , à ce qu'on ajoute ,
ſe rendre incellamment au même endroit.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
29 Septembre 1764.
Sa Majesté a envoyé à Berlin le Prince Czartoriski
, Grand Veneur de la Couronne ; on affure
que l'objet de fa commiffion eft d'apprendre
de la bouche même du Roi de Pruffe le
motif des procédés d'un détachement de fes
Troupes qui , comme on l'a déja annoncé , eft
entré dans la Grande Pologne & y a enlevé pla-
Geurs Habitans du Pays.
EXTRAIT d'une Lettre de Warfovie , du
8 Octobre 1764.
On affure que le petit détachement de Hoffards
Pruffiens , qui étoit entré dans la Grande
Pologne , eft retourné en Siléfie . On a recu les
particularités fuivantes de l'invasion de ces
Troupes dans cette Province . Le Capitaine Fermelli
, qui les commandoit , eft venu fondre inopinément
avec fon monde , le fabre à la main
& la carabine armées , fur les Terres du Prince
Sułkowfai , Général au ſervice de l'Impératrice-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
Reine ; il a défarmé la garde de ce Prince & enlevé
plufieurs perfonnes : pendant ce temps - là ,
d'autres pelotons de Hullards le font emparés
des avenues de Kobolin , d'Odonalow , de Szalmierzym
& d'autres Villages des environs , d'où
ils ont emmené par force le fieur Koſchenbahr,
Commillaire d'Often , & un grand nombre de
Bourgeois & d'Habitans , fans diftinction d'âge
ni de rang , nés , à la vérité , en Silésie , mais
domiciliés en Pologne depuis très - longtemps.
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Résumé : De PETERSBOURG, le 12 Octobre 1764. EXTRAIT d'une Lettre de Warsovie, du 22 Septembre 1764.
En octobre 1764, des tensions persistent en Pologne, où certains magistrats refusent de reconnaître le roi et s'opposent à la Confédération générale. Le Prince Czartoriski, Grand Régimentaire, ordonne à des régiments d'infanterie et de cavalerie de pénétrer dans les terres de l'Évêché de Cracovie, dirigé par un évêque opposant, pour y prélever des fourrages et des soldes. Ces régiments sont commandés par le Comte Potocki et le Comte Wielopolski. Le 19 octobre, un régiment d'infanterie se dirige vers Bialystock, où le Comte Branicki, favorable au roi, doit se rendre. Parallèlement, le Prince Czartoriski se rend à Berlin pour discuter avec le roi de Prusse des actions d'un détachement prussien qui avait pénétré en Grande Pologne et enlevé des habitants. Le 8 octobre, il est rapporté que ce détachement, dirigé par le Capitaine Fermelli, a quitté la Grande Pologne pour retourner en Silésie. Parmi les enlevés figurent le sieur Koschenbahr et de nombreux bourgeois et habitants originaires de Silésie mais domiciliés en Pologne depuis longtemps.
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11595
p. 196-197
De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
Début :
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill, Palatin de Wilna, vient d'être [...]
Mots clefs :
Décret, Prince, Rigueur, Troupes russes, Pologne, Invasion, Roi de Prusse, Impératrice de Russie, Frontières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
De WARSOVIE , le 13 Octobre 1764.
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill ,
Palatin de Wilna , vient d'être confirmé par la
Confédération générale réunie à celle de Warfovie
, fans égard aux inftances du Staroſte de Zio
low & aux preflantes follicitations de plufieurs
autres Magnats qui defiroient qu'au moins on
adoucît la rigueur de ce Décret qui adjuge la régie
de tous les biens du Prince Radziwill au ſieur
Czerneck , Caftellan de Braclaw.
On dit que les Troupes Ruffes ont mis
à contribution l'Evêché de Cracovie , les Terres
du Palatin de Volhinie & celles de quelques an
tres Magnats oppolés à la Confédération . On
ajoûte qu'un nouveau Corps de trois mille Rulles
s'eft mis en marche de Czanohyl vers la Volhinie.
Du 20 Octobre.
Le Prince Radziwill eft fommé par un Décret
de la Confédération réunie de Lithuanie de revenir
en Pologne dans le terme d'un mois.
On commence à être ralluré fur l'invasion
des Troupes Pruffiennes . Le Roi de Pruffe a fait
retirer les détachemens & a promis de nommer
DECEMBRE . 1764, 197
fune Commiffion pour examiner les faits , & de
Frendre juftice à qui elle appartiendra On préfume
que l'Impératrice de Ruffie s'eft intérellée
très-vivement à cette affaire , & l'on dit même
qu'Elle a écrit à ce fujet dans des termes très-
#forts à Sa Majeſté Pruſſienne .
On apprend des frontieres de la Turquie que
1 vingt mille Spahis & trente mille Janniffaires ,
tirés des Garnifons de Choczim , Widta , Oczakow
& Bender , fe font raffemblés en Corps , fans
que l'on en fçache encore le motif. Il paroît feulement
que la Cour Ottomane continue de donner
fon attention au féjour que les Troupes Ruffes
font en Pologne. Le fieur la Roche , qui eft
chargé ici des affaires du Prince de Moldavie , a
eu ordre de représenter au Prince Repnin l'inquiétude
de la Porte à ce fujet. Le Miniitre Ruffe
a promis de faire évacuer inceffamment les Places
de Stanislawow , Brodi & Szamoizc , & a
ajouté qu'il écriroit à fa Cour pour propofer de
faire retirer entiérement les Troupes Rulles du
Royaume.
Le Décret rendu contre le Prince Radziwill ,
Palatin de Wilna , vient d'être confirmé par la
Confédération générale réunie à celle de Warfovie
, fans égard aux inftances du Staroſte de Zio
low & aux preflantes follicitations de plufieurs
autres Magnats qui defiroient qu'au moins on
adoucît la rigueur de ce Décret qui adjuge la régie
de tous les biens du Prince Radziwill au ſieur
Czerneck , Caftellan de Braclaw.
On dit que les Troupes Ruffes ont mis
à contribution l'Evêché de Cracovie , les Terres
du Palatin de Volhinie & celles de quelques an
tres Magnats oppolés à la Confédération . On
ajoûte qu'un nouveau Corps de trois mille Rulles
s'eft mis en marche de Czanohyl vers la Volhinie.
Du 20 Octobre.
Le Prince Radziwill eft fommé par un Décret
de la Confédération réunie de Lithuanie de revenir
en Pologne dans le terme d'un mois.
On commence à être ralluré fur l'invasion
des Troupes Pruffiennes . Le Roi de Pruffe a fait
retirer les détachemens & a promis de nommer
DECEMBRE . 1764, 197
fune Commiffion pour examiner les faits , & de
Frendre juftice à qui elle appartiendra On préfume
que l'Impératrice de Ruffie s'eft intérellée
très-vivement à cette affaire , & l'on dit même
qu'Elle a écrit à ce fujet dans des termes très-
#forts à Sa Majeſté Pruſſienne .
On apprend des frontieres de la Turquie que
1 vingt mille Spahis & trente mille Janniffaires ,
tirés des Garnifons de Choczim , Widta , Oczakow
& Bender , fe font raffemblés en Corps , fans
que l'on en fçache encore le motif. Il paroît feulement
que la Cour Ottomane continue de donner
fon attention au féjour que les Troupes Ruffes
font en Pologne. Le fieur la Roche , qui eft
chargé ici des affaires du Prince de Moldavie , a
eu ordre de représenter au Prince Repnin l'inquiétude
de la Porte à ce fujet. Le Miniitre Ruffe
a promis de faire évacuer inceffamment les Places
de Stanislawow , Brodi & Szamoizc , & a
ajouté qu'il écriroit à fa Cour pour propofer de
faire retirer entiérement les Troupes Rulles du
Royaume.
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Résumé : De WARSOVIE, le 13 Octobre 1764.
Le 13 octobre 1764, un décret contre le Prince Radziwill, Palatin de Wilna, a été confirmé par la Confédération générale à Varsovie. Ce décret, soutenu par le Staroste de Ziolow et d'autres magnats, attribue la régie des biens du Prince Radziwill à Czerneck, Caftellan de Braclaw. Les troupes russes ont occupé l'Évêché de Cracovie, les terres du Palatin de Volhinie et celles de quelques autres magnats opposés à la Confédération. Un nouveau corps de trois mille Russes s'est dirigé vers la Volhinie. Le 20 octobre, un décret de la Confédération de Lituanie somme le Prince Radziwill de revenir en Pologne dans un mois. Les inquiétudes concernant l'invasion des troupes prussiennes ont commencé à s'apaiser, le Roi de Prusse ayant retiré ses détachements et promis de nommer une commission pour examiner les faits. L'Impératrice de Russie s'est vivement intéressée à cette affaire et a écrit au Roi de Prusse. À la frontière turque, vingt mille Spahis et trente mille Janissaires se sont rassemblés, suscitant l'inquiétude de la Cour ottomane face à l'intervention des troupes russes en Pologne. Le représentant du Prince de Moldavie a exprimé cette inquiétude au Prince Repnin, qui a proposé de retirer les troupes russes du Royaume.
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11596
p. 197
De BERLIN, le 6 Octobre 1764.
Début :
Le Prince Czartoiski, Grand-Veneur de la Couronne de Pologne, est arrivé ici [...]
Mots clefs :
Prince, Pologne, Roi, Invasion, Prussiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 6 Octobre 1764.
De BERLIN , le 6 Q& ɔbre 1764.
Le Prince Czartoriski , Grand- Veneur de la
Couronne de Pologne , eft arrivé ici de Warſovie
le 3 , chargé des repréfentations du nouveau Roi
au fujet de l'invafion des Pruffiens fur le Territoire
de la Pologne.
Le Prince Czartoriski , Grand- Veneur de la
Couronne de Pologne , eft arrivé ici de Warſovie
le 3 , chargé des repréfentations du nouveau Roi
au fujet de l'invafion des Pruffiens fur le Territoire
de la Pologne.
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11597
p. 197
De CLEVES, le 17 Octobre 1764.
Début :
Hedwige-Sophie Auguste, Princesse de Holstein-Gottorp, Soeur du Roi de [...]
Mots clefs :
Princesse, Soeur du roi, Abbesse, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CLEVES, le 17 Octobre 1764.
De CLEVES , le 17 Octobre 1764.
Hedwige- Sophie Augufte , Princeſſe de Holltein-
Gottorp , Soeur du Roi de Suéde , Abbelle
de Herworden & Prieure de Quedlinbourg , eft,
morte en fon Abbaye le 13 de ce mois , âgée de
cinquante-neuf ans.
Hedwige- Sophie Augufte , Princeſſe de Holltein-
Gottorp , Soeur du Roi de Suéde , Abbelle
de Herworden & Prieure de Quedlinbourg , eft,
morte en fon Abbaye le 13 de ce mois , âgée de
cinquante-neuf ans.
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11598
p. 198
De ROME, le 17 Octobre 1764.
Début :
Le Cardinal Imperiali est mort la nuit du 12 au 13 de ce mois [...]
Mots clefs :
Cardinal, Décès, Sacré Collège, Siège vacant, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 17 Octobre 1764.
De ROME , le 17 Octobre 1764-
Le Cardinal Imperiali eft mort la nuit du:
12 au 13 de ce mois dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Cette mort fait vaquer dans
le facré College un douzième Chapeau , en y
comprenant celui qui eſt réſervé à la nominasion
du Roi de Portugal.
Le Cardinal Imperiali eft mort la nuit du:
12 au 13 de ce mois dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Cette mort fait vaquer dans
le facré College un douzième Chapeau , en y
comprenant celui qui eſt réſervé à la nominasion
du Roi de Portugal.
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11599
p. 198
De GENES, le 29 Octobre 1764.
Début :
On a appris que le 14 de ce mois, sept hommes de la Garnison [...]
Mots clefs :
Garnison, Rebelles, Commandement, Assassinat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 29 Octobre 1764.
De GENES , le 29. Oftobre 1764.
On a appris que , le 14 de ce mois , fept
hommes de la Garnifon de la Tour d'Erbalonga
, qui eft au pouvoir des Rebelles , fe font
révoltés contre le Commandant , & qu'ils l'ont
tué. Les Troupes des Rebelles , craignant que
celles de la République ne profitaffent de ce défordre
pour reprendre ce Pofte , s'y font portées
fur le champ & ont mis à mort les deux Chefs
de la révolte,
Nous apprenons dans le moment par une
expédition dépêchée de la Baftie , que les Rebelles
ont abandonné le Siége de S. Florent,
qu'ils fe font retirés & ont tranfporté tout le
Canon qu'ils avoient devant.cette - Place.
On a appris que , le 14 de ce mois , fept
hommes de la Garnifon de la Tour d'Erbalonga
, qui eft au pouvoir des Rebelles , fe font
révoltés contre le Commandant , & qu'ils l'ont
tué. Les Troupes des Rebelles , craignant que
celles de la République ne profitaffent de ce défordre
pour reprendre ce Pofte , s'y font portées
fur le champ & ont mis à mort les deux Chefs
de la révolte,
Nous apprenons dans le moment par une
expédition dépêchée de la Baftie , que les Rebelles
ont abandonné le Siége de S. Florent,
qu'ils fe font retirés & ont tranfporté tout le
Canon qu'ils avoient devant.cette - Place.
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Résumé : De GENES, le 29 Octobre 1764.
Le 14 octobre 1764, une révolte éclate dans la garnison de la Tour d'Erbalonga. Sept hommes tuent leur commandant. Les rebelles exécutent les chefs de la révolte, craignant une contre-attaque. Par ailleurs, les rebelles lèvent le siège de Saint-Florent et emportent leurs canons.
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11600
p. 198
De LONDRES, le 18 Octobre 1764.
Début :
Le Comte de Guerchy, Ambassadeur de France auprès de cette Cour, [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur de France, Arrivée, Palais St-James
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 18 Octobre 1764.
De LONDRES, le 18 Qétobre 1764.
Le Comte de Guerchy , Ambaffadeur de Franee
auprès de cette Cour , eft arrivé ici , & fat
préfenté hier au Roi , au Palais de S. James,
Le Comte de Guerchy , Ambaffadeur de Franee
auprès de cette Cour , eft arrivé ici , & fat
préfenté hier au Roi , au Palais de S. James,
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