Résultats : 14612 texte(s)
Détail
Liste
2351
p. 107-118
Ceremonie du Couronnement des Empereurs, [titre d'après la table]
Début :
Vous venez de voir l'origine des Empereurs ; voicy les [...]
Mots clefs :
Couronnement, Empereur, Aix-la-Chapelle, Prince, Roi des Romains, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonie du Couronnement des Empereurs, [titre d'après la table]
Vous venez de voir l'origine
des Empereurs; voi-
;, cy les ceremonies de leurs
couronnements.
LEmpereur doit estre
couronne trois fois, & ce
n'est que par le dernier
couronnement qu'il esten
pleinepossession de son
estar.
Le premier couronnement
se doit faire a Aixla
Chapelle, où il est couronné
Roy de Germanie.
Cette ceremonie ie faiten
luy,métrant lur la teste la
Couronne de Charlemagne,
& en le revestantdes
autres ornements Royaux
qu'oncroit avoir servy à ce
Prince. Le Magistrat de
Nuremberg qui les a en
garde les apporte à Aix- laChapelle. On les appelle
ordinairement les
Joyaux ,ou les Clinodes de
l'Empire,en latin Clinodia
Imjxrik II arrive-souvent
que le couronnement ne
sefait pasà Aix, mais dans
une autre Ville d'Allemagne,
soit que la Guerre foit
-
dans les environs de cette
Ville, foit qu'il y ait des
maladies contagieuses, ou
par d'autresraisons que le
College des Electeurs trouve
valables. L'Empereur
Joseph avoit esté couronné
à Augsbourg
,
& son
pere l'Empereur Leopold
avoit esté couronne à
Francfort.
Suivant le quatriéme
Chapitre dela Bulle d'or,
le droit de couronner
l'Empereur à Aix-la-Chapelle
appartient à l'Electeur
de Cologne. Quand
il est arrivé que le couronnement
ne s'est point fait
à Aix, l'Eleveur dans la
Province Ecclesiastique
duquel il s'estfait, luy a
disputé son droit. Il a prétendu
que l'honneur de.
couronner l'Empereur,
n'estoitdéféré par la Bulle
d'or à l'Electeur de Colo- ,
;
gne que parce qu'Aix -la-
Chapelle est dans le ressort
Ecclesiastique de l'Archevesché
de Cologne. Jean
Philippe de Schonborn
Electeur de Mayence prétendit
couronner l'Empe-
: reur Leopold, parce que
; le couronnement de ce
Prince se faisoit à Francfort,
qui est du ressort de
l'Archevesché de Mayence.
Depuis ila esté fait
une transaction entre l'Electeur
de Mayence &celuy
de Cologne, qui dit
que lorsque le couronnement
se fera à Aix-la-Chapelle,
ilfera tousjours fait
par l'Eleveur deCologne.
Quand il se fera hors du
ressort de l'Archevesché de
Cologne
, ces Electeurs
doivent alterner. Le dernier
qui est celuy de l'Empereur
Joseph
,
fut fait à
Augsbourg par les mains
de l'Electeur de Mayence
de la Maisond'Ingelheim.
Ainsi c'est à l'Eledeur de
Cologne j.
Cologne à faire le premier.
",,: Quand on élit un Roy
des Romains, on le couronne
comme Roy de Germanie.
L'Empereur J oseph
fut ainu couronné à Augsbourg
en 1690 Voila pourquoy
il ne fut plus couronné
en Allemagne après la
more de son pere l'Empereur
Leopold.
Le secondcouronnement
de l'Empereur se doit
faire dans TEstas de Milan
avec -
la couronne des
Roys de Lombardie qu'on
appelle vulgairement la
Couronne de fer, quoy
qu'elle soit d'or, parce
qu'elle efl: soustenuë par un
cercle intérieur de fer. Par
ce couronnement l'Empereur
eA Roy de Lombardie.
Le troisiéme couronnement
se doit faire à Rome
par les mains du Pape, &
ce n'est que par ce troisiémecouronnement
que le
Prince est Empereur, & le
premier des Souverains de
la Chrestienté.Jusqu'à ce
couronnement luy-mesme
ne prend pas le titre d'Empereur
des Romains, mais
feulement le titre d'éleu „
Empereur des Romains.
On ne conçoit pas comment
il s'est estably
,
qu'il
ait néanmoins par luy &
par les Representants les
mesmes prérogatives que
s'il estoit veritablement
couronne Empereur quoy
cjue sa dignité ne soit qu'élective.
Charles Quint est
le dernier des Empereurs
qui ait esté couronné en
Italie, les autres n'ont esté
couronnez que comme
Roys de Germanie. CepenJdant
ils ont voulu se
mettre en possession de
tous les droits des Empereurs,
nrefme de ceux qui
paroissent attachez leplus
inseparablement à la couronneImperiale,
& au ferment
que le Prince éleu
doit faire à l'Eglise Romaine
en la recevant par les
mains duPape.Telest le
droit des premirresPrieres,
qui est à peu prés le mesme
que celuy qu'on appelleen
France Droit de joyeux avenement
à la Couronne.
»
Il consiste à nommer au
premier Canonicat vacant
dans les Cathedrales,tant
dans les Chapitres Catholiques,
que dans les Chapitres
Protestants. Quand
l'Empereur Joseph eut esté
éleu Roy des Romains, &
couronné Roy de Germanie
, son pere l'Empereur
Leopold consulta les plus
habiles gens d'Allemagne
pour sçavoirsi son fils, en
vertu de ce couronne- •
ment ,
pourroit se mettre
en possession du droit des
premières Prieres, Leurs responses
n'estant pas favorables,
il n'y eut point de
décisionen forme.
Monsieur Sevin
des Empereurs; voi-
;, cy les ceremonies de leurs
couronnements.
LEmpereur doit estre
couronne trois fois, & ce
n'est que par le dernier
couronnement qu'il esten
pleinepossession de son
estar.
Le premier couronnement
se doit faire a Aixla
Chapelle, où il est couronné
Roy de Germanie.
Cette ceremonie ie faiten
luy,métrant lur la teste la
Couronne de Charlemagne,
& en le revestantdes
autres ornements Royaux
qu'oncroit avoir servy à ce
Prince. Le Magistrat de
Nuremberg qui les a en
garde les apporte à Aix- laChapelle. On les appelle
ordinairement les
Joyaux ,ou les Clinodes de
l'Empire,en latin Clinodia
Imjxrik II arrive-souvent
que le couronnement ne
sefait pasà Aix, mais dans
une autre Ville d'Allemagne,
soit que la Guerre foit
-
dans les environs de cette
Ville, foit qu'il y ait des
maladies contagieuses, ou
par d'autresraisons que le
College des Electeurs trouve
valables. L'Empereur
Joseph avoit esté couronné
à Augsbourg
,
& son
pere l'Empereur Leopold
avoit esté couronne à
Francfort.
Suivant le quatriéme
Chapitre dela Bulle d'or,
le droit de couronner
l'Empereur à Aix-la-Chapelle
appartient à l'Electeur
de Cologne. Quand
il est arrivé que le couronnement
ne s'est point fait
à Aix, l'Eleveur dans la
Province Ecclesiastique
duquel il s'estfait, luy a
disputé son droit. Il a prétendu
que l'honneur de.
couronner l'Empereur,
n'estoitdéféré par la Bulle
d'or à l'Electeur de Colo- ,
;
gne que parce qu'Aix -la-
Chapelle est dans le ressort
Ecclesiastique de l'Archevesché
de Cologne. Jean
Philippe de Schonborn
Electeur de Mayence prétendit
couronner l'Empe-
: reur Leopold, parce que
; le couronnement de ce
Prince se faisoit à Francfort,
qui est du ressort de
l'Archevesché de Mayence.
Depuis ila esté fait
une transaction entre l'Electeur
de Mayence &celuy
de Cologne, qui dit
que lorsque le couronnement
se fera à Aix-la-Chapelle,
ilfera tousjours fait
par l'Eleveur deCologne.
Quand il se fera hors du
ressort de l'Archevesché de
Cologne
, ces Electeurs
doivent alterner. Le dernier
qui est celuy de l'Empereur
Joseph
,
fut fait à
Augsbourg par les mains
de l'Electeur de Mayence
de la Maisond'Ingelheim.
Ainsi c'est à l'Eledeur de
Cologne j.
Cologne à faire le premier.
",,: Quand on élit un Roy
des Romains, on le couronne
comme Roy de Germanie.
L'Empereur J oseph
fut ainu couronné à Augsbourg
en 1690 Voila pourquoy
il ne fut plus couronné
en Allemagne après la
more de son pere l'Empereur
Leopold.
Le secondcouronnement
de l'Empereur se doit
faire dans TEstas de Milan
avec -
la couronne des
Roys de Lombardie qu'on
appelle vulgairement la
Couronne de fer, quoy
qu'elle soit d'or, parce
qu'elle efl: soustenuë par un
cercle intérieur de fer. Par
ce couronnement l'Empereur
eA Roy de Lombardie.
Le troisiéme couronnement
se doit faire à Rome
par les mains du Pape, &
ce n'est que par ce troisiémecouronnement
que le
Prince est Empereur, & le
premier des Souverains de
la Chrestienté.Jusqu'à ce
couronnement luy-mesme
ne prend pas le titre d'Empereur
des Romains, mais
feulement le titre d'éleu „
Empereur des Romains.
On ne conçoit pas comment
il s'est estably
,
qu'il
ait néanmoins par luy &
par les Representants les
mesmes prérogatives que
s'il estoit veritablement
couronne Empereur quoy
cjue sa dignité ne soit qu'élective.
Charles Quint est
le dernier des Empereurs
qui ait esté couronné en
Italie, les autres n'ont esté
couronnez que comme
Roys de Germanie. CepenJdant
ils ont voulu se
mettre en possession de
tous les droits des Empereurs,
nrefme de ceux qui
paroissent attachez leplus
inseparablement à la couronneImperiale,
& au ferment
que le Prince éleu
doit faire à l'Eglise Romaine
en la recevant par les
mains duPape.Telest le
droit des premirresPrieres,
qui est à peu prés le mesme
que celuy qu'on appelleen
France Droit de joyeux avenement
à la Couronne.
»
Il consiste à nommer au
premier Canonicat vacant
dans les Cathedrales,tant
dans les Chapitres Catholiques,
que dans les Chapitres
Protestants. Quand
l'Empereur Joseph eut esté
éleu Roy des Romains, &
couronné Roy de Germanie
, son pere l'Empereur
Leopold consulta les plus
habiles gens d'Allemagne
pour sçavoirsi son fils, en
vertu de ce couronne- •
ment ,
pourroit se mettre
en possession du droit des
premières Prieres, Leurs responses
n'estant pas favorables,
il n'y eut point de
décisionen forme.
Monsieur Sevin
Fermer
Résumé : Ceremonie du Couronnement des Empereurs, [titre d'après la table]
Le texte décrit les cérémonies de couronnement des Empereurs du Saint-Empire romain germanique, qui doivent être couronnés trois fois pour être en pleine possession de leur état. Le premier couronnement se déroule à Aix-la-Chapelle, où l'Empereur reçoit la couronne de Charlemagne et les ornements royaux gardés par le magistrat de Nuremberg. En cas de guerre, de maladies contagieuses ou d'autres raisons jugées valables par le Collège des Électeurs, ce couronnement peut se dérouler dans une autre ville d'Allemagne. Par exemple, l'Empereur Joseph a été couronné à Augsbourg, et son père, l'Empereur Léopold, à Francfort. Le droit de couronner l'Empereur à Aix-la-Chapelle appartient à l'Électeur de Cologne. Cependant, des disputes ont surgi lorsque le couronnement se faisait dans une autre ville. Une transaction a été conclue entre les Électeurs de Mayence et de Cologne, stipulant que l'alternance des couronnements dépend du lieu choisi. Le second couronnement se déroule à Milan avec la couronne de fer, faisant de l'Empereur le roi de Lombardie. Le troisième couronnement, à Rome par le Pape, est nécessaire pour que le Prince soit reconnu comme Empereur et le premier des Souverains de la Chrétienté. Avant ce couronnement, il porte le titre d'Élu Empereur des Romains. Charles Quint est le dernier Empereur à avoir été couronné en Italie. Les Empereurs suivants ont revendiqué tous les droits impériaux, y compris le droit des premières prières, qui consiste à nommer au premier canonicat vacant dans les cathédrales. Lorsque l'Empereur Joseph a été élu roi des Romains et couronné roi de Germanie, son père, l'Empereur Léopold, a consulté des experts pour savoir s'il pouvait exercer ce droit, mais aucune décision formelle n'a été prise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2352
p. 118-120
Recherches sur l'Empire des Assyriens, [titre d'après la table]
Début :
Monsieur Sevin a donné la premiere partie de ses Recherches [...]
Mots clefs :
Empire assyrien, Orient
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recherches sur l'Empire des Assyriens, [titre d'après la table]
Monsieur Sevin a donné
la premiere. partie de
sesRecherches sur l'Empire
des Assyriens, Dans
le dessein de développer
l'histoire de cette ancienne
Monarchie
3
il commencé
par examiner quelle en a
esté l'origine. Quoy qu'eni
dirent la pluspart des au- j theurs modernes,il fouftient
qu'Assur en doit estre
regardé comme le premier
Fondateur, chassé du pays
de Babylone par Nemrod,
il se retira au delà du
• Tigre dans les Provinces
qu'arrosent le Lyc & le
Caper. Ce futl'an 190. ou
environ après le Deluge
que les fondements de cet
Empirefurentjettez. Ilparoist
par ce qu'en dit l'Ecriture,
que dèsses commencements
il fut assez considerable
; ses Roys néanmoins
pendant plus de six
siecles
) ne firent aucune
figure dans l'Orient. Belus
fut le premier qui entreprit
de faire des con-'
1
questes
,
& ce Prince n'à
vescu que deux cens vingt
deux ans avant la fameuse
guerre de Troye. C'estce
queMr Sevin prouve par
les resmoignages de Thallus,
d'Herodore, de Denys
d'Halicarnasse, d'Appien,
de Porphyre & de Macrobe
: il fait voirenfuite
comment ce Prince s'empara
de la Province de Baby
lone. Voilà en peu de
mots le filjet de tout le
Discours de Mr Sevin.
la premiere. partie de
sesRecherches sur l'Empire
des Assyriens, Dans
le dessein de développer
l'histoire de cette ancienne
Monarchie
3
il commencé
par examiner quelle en a
esté l'origine. Quoy qu'eni
dirent la pluspart des au- j theurs modernes,il fouftient
qu'Assur en doit estre
regardé comme le premier
Fondateur, chassé du pays
de Babylone par Nemrod,
il se retira au delà du
• Tigre dans les Provinces
qu'arrosent le Lyc & le
Caper. Ce futl'an 190. ou
environ après le Deluge
que les fondements de cet
Empirefurentjettez. Ilparoist
par ce qu'en dit l'Ecriture,
que dèsses commencements
il fut assez considerable
; ses Roys néanmoins
pendant plus de six
siecles
) ne firent aucune
figure dans l'Orient. Belus
fut le premier qui entreprit
de faire des con-'
1
questes
,
& ce Prince n'à
vescu que deux cens vingt
deux ans avant la fameuse
guerre de Troye. C'estce
queMr Sevin prouve par
les resmoignages de Thallus,
d'Herodore, de Denys
d'Halicarnasse, d'Appien,
de Porphyre & de Macrobe
: il fait voirenfuite
comment ce Prince s'empara
de la Province de Baby
lone. Voilà en peu de
mots le filjet de tout le
Discours de Mr Sevin.
Fermer
Résumé : Recherches sur l'Empire des Assyriens, [titre d'après la table]
Monsieur Sevin a présenté la première partie de ses 'Recherches sur l'Empire des Assyriens', visant à développer l'histoire de cette ancienne monarchie. Il soutient qu'Assur, chassé du pays de Babylone par Nemrod, est le premier fondateur de l'empire. Assur se retira au-delà du Tigre, dans les provinces arrosées par le Lyc et le Caper, environ 190 ans après le Déluge. Selon l'Écriture, cet empire fut dès ses débuts assez considérable, mais ses rois ne firent aucune figure dans l'Orient pendant plus de six siècles. Belus, vivant 222 ans avant la guerre de Troie, fut le premier à entreprendre des conquêtes. Sevin appuie cette chronologie sur les témoignages de Thallus, Hérodote, Denys d'Halicarnasse, Appien, Porphyre et Macrobe, et explique comment Belus s'empara de la province de Babylone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2353
p. 1-38
LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
Début :
L'Esté dernier un riche Bourgeois de Paris alla faire [...]
Mots clefs :
Médecin, Amant, Amour, Dame, Mariage, Mari, Fille, Maladie, Malade, Désespoir, Enceinte, Rupture, Femme grosse, Colère, Rouen, Paris, Père
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
ieJnt7iue1rnetMçoiéiimsdoainreslseuyrumnoeavanture,
je vrJudroü
pour l'amour du Lecteur,
quellefût-inotos verita-
,
ble (f'plw jolie ,elle MOIriteroit
mieux le nom
d'Historiette que jeiluy
donné feulefnent parcs
quon en <veu\ une chaque,
mois ,
pardonnez, U
négligence du style,,, les
lm'oissontbien cours pour Autheur du ivercore.
LE BON MEDECIN,
HISTORIETTE. L £ftc dernierunriche
Bourgeois de
Paris alla faire un voyage
à Rouen, & laissa
chez lui sa fille, pour
avoirsoin de son ménage,
elle prit tant de plaisirà
le gouverner, que
cela luy donna envie
d'en avoir un à elle; un
jolivoisin qu'elle voyoit
quelquefois fortisioit
beaucoup cette envie,
elle l'aimoit,elle en étoit
aimée, en un mot ils se
* convenoient, c'étoit un
mariage fait, il n'y manquoitque
le consentement
dupere, &ils ne
doutoient point del'obtenir
àson retour : il$
se repaissoient un jour
ensemblede cette douce
efpprance, lorsque la
fillereçût une lettre de
ce pere absent,; elle ouvre
la lettre,la lit, fait
,
un cri, & la laisse tomber
: l'amant la ramasse,
jette les yeux dessus, Be
.faitun autre cri.CrueLlesurprisepour
ces deux
tendres amans!pendant
qquueecectettetfei4l..1lte se marioic
de san côté, le pere l'avoit
mariée du fien, &c
luy écrivoit quelle se
préparât à recevoir un
mary qu'illuy amenoit
de Roüen.
Quoiqu'il vienne de
t bons maris de ce pays- là, elle aimoit mieux
celui de Paris. La voila
desolée
,
son ainant se
desespere] après les
pleurs & les plaintes on
songe au remede
,
la
fille n'en voit point
d'autre pour prévenir
un si cruel mariage qua
de mourir de douleur
avant que son pere arrive.
Le jeune amant
imagina quelque chofç
de mieux, maisil n'osa
dé-1 couvrir s{'on ddesrs("ein et
sa maîtress.Non,difoitil
en luy-même, elle
n 'approuvera jamais un
projet si hardi, mais
quand j'aurai réiïfli, elle
me pardonnera la hardiesse
de l'entreprise, les
Dames pardonnent fouvent
ce qu'elles n'auroient
jamais permis.
Notreamantlaconjura
de seindre une maladie
subite pour favoriser un
dessein qu'il ayoit, &
sans s'expliquer davantage
il courut à l'expedient
qui nétoit pas
pas trop bien concerté:
Le jeune homme étoit
vif, amoureux & étourdi,
a cela près très raisonnable
:mais les
amans les plus raisonnables
ne sont pas ceux
qui réussissent le mieux.
s: Célui-ci s'étoit souvenu
a propos qu'un
Medecin de Rouen ctoic
arrive chez un ,a~utre Medecin son frere, qui
logeoit chez un de ses
amis; il s'imagina !que
celMédecin de Rôiléh
pourroit bien être Ton.
rival, il prit ses mesures
là-dessus.
'*.Tl. etoit
-
allez beau
garçonpour avoir couru
plusiéurs fois'le bal
en habit de fille.A ce
déguisement,Soutenu
d'une voixunpeu fe^
minine,il ajouta un corset
garni d'ouatre à peu
pré^jufeju^ala grosseur
Convenable à une fille
enceinte de sept àdlUic
mois:ainsidéguisé dans
une chaise à porteur,
sur la brune il va mysserieusement
chez le
Medecin, se. dourantf
bien que le secret qu'it
alloit luiconfier fcroiei
bientôt revelé à Fautro
Medecinson frere ; La
choseluyrétissit mieux!
encore, car le Medecin
de Paris n'étoit point
chez luy
3
n'y devoit
rentrer que fort tard, &
le Médecin de Rouën
étoit arrivé ce jour-là ,
&C se trouvant dans la
salle se crut obligé de
recevoir cette Dame 1
qui avoitl'aird'unepratique
im portance pour
son frère. Ilengageala
conversation avec la
fausse fille, qui ne luy
laissoit voir son visage
qu'à travers une cocfFer
Elle luy tint des discours
propres à exciter
la curiosité, & paroissoit
prend re confiance
aux fiens à mesure qu'il
étaloit son éloquence
provinciale pour luy
paraître le plus habile
ce le plus discret Medecin
du monde. Dés qu'-
elle eut reconnu son
homme pour être celuy
qui la dévoie épouser,;
c'est-à-dire qui dévoie
épouser sa maîtresse dont il vouloit faire , ici
le personnage
)
il tirât
son mouchoir, se migt
à pleurer & sanglotter
fous ses coësses, & après
quelqu'une de ces ceremonies
de pudeur que
l'usage a presquautant
abrégées que les autres
ceremonies du vieux
temps; il parla au Me"
decin en ces termes.
Monsieur ,vous me
paroissez si habile M si
galant homme, que ne
connoissant pas Monsieur
vôtre frere plus
.) que vous,jaime encof
rree mieux me ccoonn-fsieir %àa
vous qu'a luy: esuite
la considence se fit presque
sans parler, la jeune
personneredoubla
¡
les pleurs, Se entr'ouvrant
son écharpe pour
faire voir la tailled'une
femmegrosse,elle dit,
Vous voyez, la plus malheureusefille
dumonde.
LeMedecin des plus
habiles, connut, sans
luy tâter le poulx, de
quelle maladie elle vou- loitguérir,il luy dit,
pour la consoler, qu'il
couroit beaucoup de ces
maladies-là cette année
6C qu'apparemment on
luy avoit promis ma*.
riage,helas !oüi, repliqua-
t-elle, mais le
malheureuxqui m'a séduiten'a
ni parole,ni
honneur.
Aprés plusieurs invectivescontre
le se..
tduâxur .& contre ellemême
,elleconjura Ile
: Medecin de luy donner
quelqu'unde cesremedes
innocens,qui précipitent
le dénouëment
del'avanture,parce
«
qu'elle attendoit dans
vpeuiunn Mcarey d.e Pro-
Quoique leMedecin
nes'imaginapasd'abord
qu'il put être ce Mary
de Province qu'on attendoit,
il ne laissa pas
d'avoir plus de curiosité
qu'il n'enavoit eu
jusques-là, & pour s'attirer
Uconfidence entiere
,
il redoubla ses:
protestations de zele ÔC
dediscretion, Enfin
aprés
aprés toutes les simagréesnecessaires
nôtre
jeune homme déguisé
luy dit : Je fuis la fille
d'un tel, qui m'a écrit
de Rouën, qu'il m'avoit
destinée un honnê-
, te homme, mais tel qu'il
soit, on est trop heureuse
de trouver un Mary
a prés avoir ététrompée
par un amant. Vous
comprenez bien quel
fut l'effet d'une telle
confidence sur le Medecin,
qui crut voir sa
future épouse enceinte
par avance, il demeura
immobile, pendant que
luy embrasant les genoux,
elle le conjuroit
de conduire la chose de
sa çon, queni sonPere,
ni le Mary qu'elle attendoit,
ne pût jamais
soupçonner sa sagesse.
Le Medecin prit ladessus
le parti de la difcretion,
& sans témoigner
qu'il fût l'honnête
homme, que l'on vouloit
charger de l'iniquité
d'autrui, il offrit son
secours, mais on ne l'accepta
qu'à condition
qu-il ne la verroit point
chez son Pere, on fupposoit
quele Medecin
feroit assez delicat pour
rompre un tel mariage,
& assezhonnête homme
pournepoint dire
la cause de la rupture.
Le Medecinallachez
Je Pere dés qu'il le fçut
arrivé, ce Pere luy dit
avec douleur qu'il avoit
trouvé - en arrivant sa
fille tres malade,& ce#*
lui-ci, qui croyoitbien
sçavoir quelle étoit sa
maladie, inventa plusieurs
pretextes de rupture,
mais le Pere esperant
que la beauté de
sa fille pourroitrenouër
cette affaire qu'il souhaittoit
fort, mena nôtre
homme voir la malade
comme Medecin, J
i&C elle le reçût comme
tel, ne se doutant point
qu'ilfût celuiqu'on lui
vouloit donner pour
mary, son Pere n'avoit
encor eu là-dessus aucun
éclaircissemetavec elle,
tla voyant trop mal pour
luiparler si-tôt de mariage
;le Medecin, qu'il
[pria d'examiner la ma- ladie de sa fille, parla
avec toute la circonspey<
5tion d'un homme, qui
ne vouloit rien approfondir;
il demanda du*
temps pour ne point
agir imprudemment,
cette discretion plût
beaucoupà la malade,
elle crût que
connoissant
bien qu'elle fei-1
gnoit cette maladie, &:Il
qu'elle avoit quelque
raison importante pour
feindre, il vouloit lui
rendre service; dans
cette idée elle le gracieusa
fort, il répondit
à ses gracieusetez en
Medecin qui sçavoit le
monde, en forte que cette
consultation devint
insensiblement uneconversation
galante, cc&
assez la methode de nos
Consultans modernes,
&C elle vaut bien,pour
les Dames, celle des anciens
Sectateurs d'Hipocrates.
Letouragreable
que prit cette entrevue
,donna de la gayeté
au Pere, qui dit en badinant,
que comme Perc
discret illaissoit sa fille
consulter en liberté son
Medecin,& les quitta,
croyant s'appercevoir
qu'ils ne se déplaifoient
pas l'un à l'autre.
Voila donc le Medecin
& la malade en liberté
, leur tête-à-tête
commença par le silence,
la fille avoit remarqué
dans ce Medecîn
tous les sentimens d'un
galant homme, mais
elle hesitoit pourtant
encor
encore à lui con fier
son secret. Lui de son
côténecomprenoic pas
bien pourquoy elle hesitost
tant; si l'on fc
souvient icy de l'entrevue
du Medecin & de
l'amant déguisé en fille
enceinte, on comprendra
qu'une si grande
refcrvc dans cette fille
tquil croyoit la racine,
devoit le surprendre;
cependant il y a des
filles si vertueuses,qu'-
un secondaveu leur
coûte presque autant
que le premier. Nôtre
Medecintâchade rIapa
peller en celle-cy cette
confiance dontil croyoit
avoir été déja honoré.
Cela produisit une
conversation équivoque,
qu'on peut aisément
imaginer, la fille
lui parloit d'une maladie
qu'elle vouloit feindre
pour éloigner un '¡
mariage, & le Medecin
d'une autre maladie
plus réelle, dont il croyoit
avoir été déja le
confident. Quoyqu'il
touchât cette corde tres
delicatement, la fille en
fremit de surprise &
d'horreur
,
elle pâlit,
elle rougit,elle se trouble,
tous ces symptomes
étoient encor équivoques
pour le Medecin,
la honte jointe au
repentir fait à peu prés
le même effet, il se fer
pour la rassurer des lieux
communs les plus confolans
) vous n'êtes pas
la feule à Paris, lui dits
il, ce malheur arrive
quelquefois aux plus
honnêtes filles,les meilleurs
coeurs font les
plus credules, il faut esperer
qu'il vous épousera.
On juge bien que Pcclairciffement
suivit de
, prés de pareils discours,
mais on ne sçauroit imaginer,
la
-
surpriseoùils
furent tous deux quand
la chose fut mireau net,
le Pere arriva assez tôt
pour avoir part à eclairciffement
& à la
surprise, ils se regardoient
tous trois sans de-
(Sviner de quelle part venoit
une si horrible calomnie
, la fille même
n'étoit pas encor au fait
lorsque son amant arriva
de la maniere que
vous allez voir.
Pendant que cecy se
passoit, l'amant inquiet
vint s'informer de la
fille de Chambre sur le
mariage qu'il craignoit
tant; elle avoit entendu
quelque chose de la rupture,
elle l'en instruisit,
& il fut d'abord
transporté de joye :
mais ayant appris enfuite
que le Medecin
venoit d'avoir un grand
éclaircissement avec Je
Perc &; la fille,il perdit
la tramontanne & courut
comme unfolà la
chambre de sa Maîtresse,
& la transporté de
desespoir il lui demanda
permission de se percer
le coeur avec son
épée, il n'osa faire sans
permission cette seconde
sottise qu'elle n'auroit
pas plus approuvéeque
la premiere; il entra
donc, & se jetta la face
contre terre entre le
Pere, lafille & leMedecin,
qui le regardoiêïq
toustrois sans dirernOt
lafille parla la pretnÍre,
comme de raison, <
& son amour s'étant
changé en colère,cilen
ne parla que pour fini- j
droyer le pauvre jeune
homme,elle commença
par lui défendre de i
la voir jamais, 1-e Pere j
aussioutré qu'e lle
,
le
fît sortit de sa Maiion,
S£ la fille aussi-tôt
offrir la main au Me*
edecin pour se vengerde
ITofFenfè qu'elle avoit
reçûë du jeune homme, .f
Ile Medecin convint
qu'il meritoit punition,
S8c dit qu'il alloit luymêmelefaire
avertir
b,qu"il1 n'avoit plus rien. à _1 prétendre , , ainsi après
que le pere & la fille eurent
donne leur paroleau
Medecin, il promit - de revenir le lendema in
[pour terminer le maria-
JSeLe
Pere& lafillepaf-j
ferent le reste du jour àj
parler contre Fimprudent
jeune homme ;
laj
fille ne pouvoit s'en laf-j
fer,& son Pere en laj
quittant lui conseilla de
dormir un peu pour appasser
sa colere, lui
faisant comprendre qu'-
un amant capable d'une
telle action ne meritoit
que du mépris. La nuit
calma la violence de ses
transports,maisaulieu
Bu mépris qu'elle atten-
Boit, elle ne sentit sucseder
à sa colere que de
l'amour,^lle fit tant pourcent
reflexions sur
te rifqueou l'avoitmise
zc jeune homme d'être
'c.[ujet d'un Vaudevil-
4e, maiselle ne put trouver
dans cette action
f"que de l'imprudence 8c
tle l'amour, & le plus
blâmable des deux
rnieelseerrttqquu'aà pprorouuvveerr
l'excez de l'autre, en.~
sorte qu'avant le jour
elle se repentitd'avoir
donné sa parole, & fut
bientôt après au desespoir
de ce qu'il n'y avoit
plus moyen de la retirer.
Quand le Medecin revint
il trouva son épou"f1
se fort triste, je me doutois
bien,dit-il au Pere
en presence de sa fille,,
qu'elle n'oublierait pas
b-rôt) ni l'offence
,
ni
l'offenceur
,
elle pour
roit s'en souvenir encor
après son mariage, son
amant n'est pas prest
non plus d'oublier son
amour, je viens de le
rvoir
,
j'ai voulu le puinir,
en lui laissantcroire
[pendant vingt-quatre
heures qu'il feroit malheureux
par son imprudence,
il en est assez puni,
car il a pensé mourir
cette nuit, je m'apperçois
aussique vôtre
fille est fort mal, voila
de ces maladies que fça-j
vent guerir les bons Medecins
: mariez-les tous
deux,voila mon Ordon.
nance. ]
Le jeune amant étoit
riche, la fille eût été
au desespoir; le pere
rut raisonnable, le mariage
se fit. le même
jour par l'entremise du
bon Medecin.
je vrJudroü
pour l'amour du Lecteur,
quellefût-inotos verita-
,
ble (f'plw jolie ,elle MOIriteroit
mieux le nom
d'Historiette que jeiluy
donné feulefnent parcs
quon en <veu\ une chaque,
mois ,
pardonnez, U
négligence du style,,, les
lm'oissontbien cours pour Autheur du ivercore.
LE BON MEDECIN,
HISTORIETTE. L £ftc dernierunriche
Bourgeois de
Paris alla faire un voyage
à Rouen, & laissa
chez lui sa fille, pour
avoirsoin de son ménage,
elle prit tant de plaisirà
le gouverner, que
cela luy donna envie
d'en avoir un à elle; un
jolivoisin qu'elle voyoit
quelquefois fortisioit
beaucoup cette envie,
elle l'aimoit,elle en étoit
aimée, en un mot ils se
* convenoient, c'étoit un
mariage fait, il n'y manquoitque
le consentement
dupere, &ils ne
doutoient point del'obtenir
àson retour : il$
se repaissoient un jour
ensemblede cette douce
efpprance, lorsque la
fillereçût une lettre de
ce pere absent,; elle ouvre
la lettre,la lit, fait
,
un cri, & la laisse tomber
: l'amant la ramasse,
jette les yeux dessus, Be
.faitun autre cri.CrueLlesurprisepour
ces deux
tendres amans!pendant
qquueecectettetfei4l..1lte se marioic
de san côté, le pere l'avoit
mariée du fien, &c
luy écrivoit quelle se
préparât à recevoir un
mary qu'illuy amenoit
de Roüen.
Quoiqu'il vienne de
t bons maris de ce pays- là, elle aimoit mieux
celui de Paris. La voila
desolée
,
son ainant se
desespere] après les
pleurs & les plaintes on
songe au remede
,
la
fille n'en voit point
d'autre pour prévenir
un si cruel mariage qua
de mourir de douleur
avant que son pere arrive.
Le jeune amant
imagina quelque chofç
de mieux, maisil n'osa
dé-1 couvrir s{'on ddesrs("ein et
sa maîtress.Non,difoitil
en luy-même, elle
n 'approuvera jamais un
projet si hardi, mais
quand j'aurai réiïfli, elle
me pardonnera la hardiesse
de l'entreprise, les
Dames pardonnent fouvent
ce qu'elles n'auroient
jamais permis.
Notreamantlaconjura
de seindre une maladie
subite pour favoriser un
dessein qu'il ayoit, &
sans s'expliquer davantage
il courut à l'expedient
qui nétoit pas
pas trop bien concerté:
Le jeune homme étoit
vif, amoureux & étourdi,
a cela près très raisonnable
:mais les
amans les plus raisonnables
ne sont pas ceux
qui réussissent le mieux.
s: Célui-ci s'étoit souvenu
a propos qu'un
Medecin de Rouen ctoic
arrive chez un ,a~utre Medecin son frere, qui
logeoit chez un de ses
amis; il s'imagina !que
celMédecin de Rôiléh
pourroit bien être Ton.
rival, il prit ses mesures
là-dessus.
'*.Tl. etoit
-
allez beau
garçonpour avoir couru
plusiéurs fois'le bal
en habit de fille.A ce
déguisement,Soutenu
d'une voixunpeu fe^
minine,il ajouta un corset
garni d'ouatre à peu
pré^jufeju^ala grosseur
Convenable à une fille
enceinte de sept àdlUic
mois:ainsidéguisé dans
une chaise à porteur,
sur la brune il va mysserieusement
chez le
Medecin, se. dourantf
bien que le secret qu'it
alloit luiconfier fcroiei
bientôt revelé à Fautro
Medecinson frere ; La
choseluyrétissit mieux!
encore, car le Medecin
de Paris n'étoit point
chez luy
3
n'y devoit
rentrer que fort tard, &
le Médecin de Rouën
étoit arrivé ce jour-là ,
&C se trouvant dans la
salle se crut obligé de
recevoir cette Dame 1
qui avoitl'aird'unepratique
im portance pour
son frère. Ilengageala
conversation avec la
fausse fille, qui ne luy
laissoit voir son visage
qu'à travers une cocfFer
Elle luy tint des discours
propres à exciter
la curiosité, & paroissoit
prend re confiance
aux fiens à mesure qu'il
étaloit son éloquence
provinciale pour luy
paraître le plus habile
ce le plus discret Medecin
du monde. Dés qu'-
elle eut reconnu son
homme pour être celuy
qui la dévoie épouser,;
c'est-à-dire qui dévoie
épouser sa maîtresse dont il vouloit faire , ici
le personnage
)
il tirât
son mouchoir, se migt
à pleurer & sanglotter
fous ses coësses, & après
quelqu'une de ces ceremonies
de pudeur que
l'usage a presquautant
abrégées que les autres
ceremonies du vieux
temps; il parla au Me"
decin en ces termes.
Monsieur ,vous me
paroissez si habile M si
galant homme, que ne
connoissant pas Monsieur
vôtre frere plus
.) que vous,jaime encof
rree mieux me ccoonn-fsieir %àa
vous qu'a luy: esuite
la considence se fit presque
sans parler, la jeune
personneredoubla
¡
les pleurs, Se entr'ouvrant
son écharpe pour
faire voir la tailled'une
femmegrosse,elle dit,
Vous voyez, la plus malheureusefille
dumonde.
LeMedecin des plus
habiles, connut, sans
luy tâter le poulx, de
quelle maladie elle vou- loitguérir,il luy dit,
pour la consoler, qu'il
couroit beaucoup de ces
maladies-là cette année
6C qu'apparemment on
luy avoit promis ma*.
riage,helas !oüi, repliqua-
t-elle, mais le
malheureuxqui m'a séduiten'a
ni parole,ni
honneur.
Aprés plusieurs invectivescontre
le se..
tduâxur .& contre ellemême
,elleconjura Ile
: Medecin de luy donner
quelqu'unde cesremedes
innocens,qui précipitent
le dénouëment
del'avanture,parce
«
qu'elle attendoit dans
vpeuiunn Mcarey d.e Pro-
Quoique leMedecin
nes'imaginapasd'abord
qu'il put être ce Mary
de Province qu'on attendoit,
il ne laissa pas
d'avoir plus de curiosité
qu'il n'enavoit eu
jusques-là, & pour s'attirer
Uconfidence entiere
,
il redoubla ses:
protestations de zele ÔC
dediscretion, Enfin
aprés
aprés toutes les simagréesnecessaires
nôtre
jeune homme déguisé
luy dit : Je fuis la fille
d'un tel, qui m'a écrit
de Rouën, qu'il m'avoit
destinée un honnê-
, te homme, mais tel qu'il
soit, on est trop heureuse
de trouver un Mary
a prés avoir ététrompée
par un amant. Vous
comprenez bien quel
fut l'effet d'une telle
confidence sur le Medecin,
qui crut voir sa
future épouse enceinte
par avance, il demeura
immobile, pendant que
luy embrasant les genoux,
elle le conjuroit
de conduire la chose de
sa çon, queni sonPere,
ni le Mary qu'elle attendoit,
ne pût jamais
soupçonner sa sagesse.
Le Medecin prit ladessus
le parti de la difcretion,
& sans témoigner
qu'il fût l'honnête
homme, que l'on vouloit
charger de l'iniquité
d'autrui, il offrit son
secours, mais on ne l'accepta
qu'à condition
qu-il ne la verroit point
chez son Pere, on fupposoit
quele Medecin
feroit assez delicat pour
rompre un tel mariage,
& assezhonnête homme
pournepoint dire
la cause de la rupture.
Le Medecinallachez
Je Pere dés qu'il le fçut
arrivé, ce Pere luy dit
avec douleur qu'il avoit
trouvé - en arrivant sa
fille tres malade,& ce#*
lui-ci, qui croyoitbien
sçavoir quelle étoit sa
maladie, inventa plusieurs
pretextes de rupture,
mais le Pere esperant
que la beauté de
sa fille pourroitrenouër
cette affaire qu'il souhaittoit
fort, mena nôtre
homme voir la malade
comme Medecin, J
i&C elle le reçût comme
tel, ne se doutant point
qu'ilfût celuiqu'on lui
vouloit donner pour
mary, son Pere n'avoit
encor eu là-dessus aucun
éclaircissemetavec elle,
tla voyant trop mal pour
luiparler si-tôt de mariage
;le Medecin, qu'il
[pria d'examiner la ma- ladie de sa fille, parla
avec toute la circonspey<
5tion d'un homme, qui
ne vouloit rien approfondir;
il demanda du*
temps pour ne point
agir imprudemment,
cette discretion plût
beaucoupà la malade,
elle crût que
connoissant
bien qu'elle fei-1
gnoit cette maladie, &:Il
qu'elle avoit quelque
raison importante pour
feindre, il vouloit lui
rendre service; dans
cette idée elle le gracieusa
fort, il répondit
à ses gracieusetez en
Medecin qui sçavoit le
monde, en forte que cette
consultation devint
insensiblement uneconversation
galante, cc&
assez la methode de nos
Consultans modernes,
&C elle vaut bien,pour
les Dames, celle des anciens
Sectateurs d'Hipocrates.
Letouragreable
que prit cette entrevue
,donna de la gayeté
au Pere, qui dit en badinant,
que comme Perc
discret illaissoit sa fille
consulter en liberté son
Medecin,& les quitta,
croyant s'appercevoir
qu'ils ne se déplaifoient
pas l'un à l'autre.
Voila donc le Medecin
& la malade en liberté
, leur tête-à-tête
commença par le silence,
la fille avoit remarqué
dans ce Medecîn
tous les sentimens d'un
galant homme, mais
elle hesitoit pourtant
encor
encore à lui con fier
son secret. Lui de son
côténecomprenoic pas
bien pourquoy elle hesitost
tant; si l'on fc
souvient icy de l'entrevue
du Medecin & de
l'amant déguisé en fille
enceinte, on comprendra
qu'une si grande
refcrvc dans cette fille
tquil croyoit la racine,
devoit le surprendre;
cependant il y a des
filles si vertueuses,qu'-
un secondaveu leur
coûte presque autant
que le premier. Nôtre
Medecintâchade rIapa
peller en celle-cy cette
confiance dontil croyoit
avoir été déja honoré.
Cela produisit une
conversation équivoque,
qu'on peut aisément
imaginer, la fille
lui parloit d'une maladie
qu'elle vouloit feindre
pour éloigner un '¡
mariage, & le Medecin
d'une autre maladie
plus réelle, dont il croyoit
avoir été déja le
confident. Quoyqu'il
touchât cette corde tres
delicatement, la fille en
fremit de surprise &
d'horreur
,
elle pâlit,
elle rougit,elle se trouble,
tous ces symptomes
étoient encor équivoques
pour le Medecin,
la honte jointe au
repentir fait à peu prés
le même effet, il se fer
pour la rassurer des lieux
communs les plus confolans
) vous n'êtes pas
la feule à Paris, lui dits
il, ce malheur arrive
quelquefois aux plus
honnêtes filles,les meilleurs
coeurs font les
plus credules, il faut esperer
qu'il vous épousera.
On juge bien que Pcclairciffement
suivit de
, prés de pareils discours,
mais on ne sçauroit imaginer,
la
-
surpriseoùils
furent tous deux quand
la chose fut mireau net,
le Pere arriva assez tôt
pour avoir part à eclairciffement
& à la
surprise, ils se regardoient
tous trois sans de-
(Sviner de quelle part venoit
une si horrible calomnie
, la fille même
n'étoit pas encor au fait
lorsque son amant arriva
de la maniere que
vous allez voir.
Pendant que cecy se
passoit, l'amant inquiet
vint s'informer de la
fille de Chambre sur le
mariage qu'il craignoit
tant; elle avoit entendu
quelque chose de la rupture,
elle l'en instruisit,
& il fut d'abord
transporté de joye :
mais ayant appris enfuite
que le Medecin
venoit d'avoir un grand
éclaircissement avec Je
Perc &; la fille,il perdit
la tramontanne & courut
comme unfolà la
chambre de sa Maîtresse,
& la transporté de
desespoir il lui demanda
permission de se percer
le coeur avec son
épée, il n'osa faire sans
permission cette seconde
sottise qu'elle n'auroit
pas plus approuvéeque
la premiere; il entra
donc, & se jetta la face
contre terre entre le
Pere, lafille & leMedecin,
qui le regardoiêïq
toustrois sans dirernOt
lafille parla la pretnÍre,
comme de raison, <
& son amour s'étant
changé en colère,cilen
ne parla que pour fini- j
droyer le pauvre jeune
homme,elle commença
par lui défendre de i
la voir jamais, 1-e Pere j
aussioutré qu'e lle
,
le
fît sortit de sa Maiion,
S£ la fille aussi-tôt
offrir la main au Me*
edecin pour se vengerde
ITofFenfè qu'elle avoit
reçûë du jeune homme, .f
Ile Medecin convint
qu'il meritoit punition,
S8c dit qu'il alloit luymêmelefaire
avertir
b,qu"il1 n'avoit plus rien. à _1 prétendre , , ainsi après
que le pere & la fille eurent
donne leur paroleau
Medecin, il promit - de revenir le lendema in
[pour terminer le maria-
JSeLe
Pere& lafillepaf-j
ferent le reste du jour àj
parler contre Fimprudent
jeune homme ;
laj
fille ne pouvoit s'en laf-j
fer,& son Pere en laj
quittant lui conseilla de
dormir un peu pour appasser
sa colere, lui
faisant comprendre qu'-
un amant capable d'une
telle action ne meritoit
que du mépris. La nuit
calma la violence de ses
transports,maisaulieu
Bu mépris qu'elle atten-
Boit, elle ne sentit sucseder
à sa colere que de
l'amour,^lle fit tant pourcent
reflexions sur
te rifqueou l'avoitmise
zc jeune homme d'être
'c.[ujet d'un Vaudevil-
4e, maiselle ne put trouver
dans cette action
f"que de l'imprudence 8c
tle l'amour, & le plus
blâmable des deux
rnieelseerrttqquu'aà pprorouuvveerr
l'excez de l'autre, en.~
sorte qu'avant le jour
elle se repentitd'avoir
donné sa parole, & fut
bientôt après au desespoir
de ce qu'il n'y avoit
plus moyen de la retirer.
Quand le Medecin revint
il trouva son épou"f1
se fort triste, je me doutois
bien,dit-il au Pere
en presence de sa fille,,
qu'elle n'oublierait pas
b-rôt) ni l'offence
,
ni
l'offenceur
,
elle pour
roit s'en souvenir encor
après son mariage, son
amant n'est pas prest
non plus d'oublier son
amour, je viens de le
rvoir
,
j'ai voulu le puinir,
en lui laissantcroire
[pendant vingt-quatre
heures qu'il feroit malheureux
par son imprudence,
il en est assez puni,
car il a pensé mourir
cette nuit, je m'apperçois
aussique vôtre
fille est fort mal, voila
de ces maladies que fça-j
vent guerir les bons Medecins
: mariez-les tous
deux,voila mon Ordon.
nance. ]
Le jeune amant étoit
riche, la fille eût été
au desespoir; le pere
rut raisonnable, le mariage
se fit. le même
jour par l'entremise du
bon Medecin.
Fermer
Résumé : LE BON MEDECIN, HISTORIETTE.
Le texte relate l'histoire d'une jeune fille parisienne dont le père, un riche bourgeois, part en voyage à Rouen. Pendant son absence, la fille, qui apprécie de gérer le ménage, développe des sentiments pour un voisin. Ils s'aiment et envisagent de se marier, espérant obtenir le consentement du père à son retour. Cependant, la fille reçoit une lettre de son père annonçant qu'il lui a trouvé un mari à Rouen. Désespérée, elle envisage de mourir pour éviter ce mariage. Son amant, plus raisonnable, imagine un plan. Il se déguise en femme enceinte et se rend chez un médecin de Rouen, frère d'un médecin parisien, pour obtenir son aide. Le médecin, croyant que la 'fille' est enceinte d'un autre homme, accepte de l'aider à éviter le mariage. Le père, de retour, trouve sa fille malade et accepte la rupture du mariage arrangé. Le médecin et la fille ont une conversation équivoque, révélant finalement la vérité. Le père, l'amant et le médecin sont tous surpris. L'amant, désespéré, veut se suicider, mais la fille le chasse. Le médecin, comprenant la situation, propose de marier les deux jeunes gens. Le père accepte, et le médecin prescrit ce mariage comme remède à leur malheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2354
p. 39-40
BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Début :
L'un aime le tambour, & l'autre aime la flute, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
BOUTS-RIMEZ
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
du mois pafle*
L'Vn aime le tambour, &
l'autreaime la Huce,
Le Docteur argumente, 1) le
Boulanger blute
Celui-cid'un coup fier aime
à presser le flanc
Celui-là tire un lièvre, un
autretireau blanc:
Amintese repaîtd'une amou.
reuse flame,
jivfp feroit Iris, mais elle
craint le blâme;
Belise se mocquant O* dti
brun&du blond,
Sur ses voisines fait des couplets
deflonflon.
Chacun a ses plaisirs, mais
, Caron danssa Beee
Nous ~rf~ la mortplus
fineque belcrce
Nous surprend, moisonnant
les humains àgrandsflots;
tAinfidu marbre enfin le temps
détruitles blocs.
Fermer
Résumé : BOUTS-RIMEZ du mois passé.
Le texte 'Bouts-Rimés' décrit les préférences et activités des personnages. Certains aiment la musique, d'autres des activités comme presser le flanc ou chasser. Aminthe et Iris craignent le blâme. Belise compose des couplets sur ses voisines. La mort, personnifiée par Caron, surprend brutalement les humains. Le temps détruit tout, transformant le marbre en poussière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2355
p. 41-54
QUESTION.
Début :
Quelle difference y a-t-il entre la tendresse & [...]
Mots clefs :
Amour, Tendresse, Coeur, Volupté, Plaisirs, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
QUESTION.
Quelle différencey at-
il entre la tendresse (;J' Famour?
REPONSE. ;
f
Le coeur faitlatendresse,
& l'imagination
fait l'amour. Il y a des
occasîons où les mouvejniens
du coeur, &: les
effets de l'imagination
font confondus. De
rout temps on a difpù-,!
té sur les mouvemens
du coeur & de l'esprit,.
ce font vrais sujets.
Les deux partis peu-,
vent avoir raison,
RElP0NSE;
Les Poëtes font en
possession de les confon- J
, dre,mais sans leur diC.
puter le droit d'expri- j
mer l'amour par le mot
de tendresse, & la ten-j
dresse par le mot d'amour,
je crois qu'il n'y
a personne qui n'en fasse
la difference, & tous
ceux qui d'abord sensibles
au mérite d'une jolie
femme, en deviennent
amoureux par degrez,
sçavent du moins
qu'ils étoient tendres
avant qued'être amoureux,
&que cet objet
avoit réveillé latendresse
dans leur coeur avant
que d'y former la pah
sion de amour.
La tendresse est pour
ainsï dire la trempe du
coeur, les uns aiment
plus, les autres moins
tendrement, & chacun,
aimeselon la convenance
de soncoeur.
L'amour est la tendresse
d'un coeur attaché
à un objet, la tendresse
est la qualité d'un«
coeur quin'atrend quunj
objet pour s'attacher.
Je ne sçai si ces définitions
paroîtront bien
justes dans un temps où
1 amour tient moins de
la tendresse que de la
volupté; aussi n'ai - je
pretendu parler que de
celui que la tendresse
produit. L'amour est la
plus naturelle & la plus
belle de toutes les passions,
parce que latendresseestla
plus naturelle
& la plus belle de
Doutes les qualitez du
soeur humain; parce
que la volupté l'a dégradée,
l'amour est une
passion qu'on cache,&
dont on rougit.
Si la tendresse feule
agissoit dans l'amour,
cette passion seroit la juste
mesure de la bonté,
de la noblesse, & de la
delicatesse des coeurs ;
& la decadence de cet
amour vient sans doute
des esprits les plus bornez
, qui incapables des
grandes idées
, &C dC$',¡
beauxsentimens , ne
trouvent de ressources
ni de plaisirs que dans
la volupté. Comme le
nombre des espritsmédiocres
estleplus grand
& le plus sort, la plûpart
des Dames se sont
tellement rangées de
leur party quelles se
passent maintenant fort
bien de tendresse, &C
1
quelles la regardent
comme imbécillitédans
ceux qui font en âge de
raison, & dans les jeunes
gens comme le &..
faut d'un usage qu'elles
esperent que l'âge & le
monde leur donnera. Ce
ne font point elles qui
confondront l'amour
avec la tendresse; j'en
foupçonnerois bien plûtôt
celles, qui malgré
le torrentde l'usage
soûtiennent encore
l'honneur d'une passions
que tant d'autres exemples
avilissent.
t i
1. Je suisbienéloigné de
penser que la race ensoit
efteinte
,
& quand j'ay
dit - que la pluspart des
femmes se rangeoient du
1 mauvais party, c'est que
leur nombre,fust-il mille
fois plus petit, me paroiftroit
tousjours trop
grand.Qiioyquilen soit,
rien ne fait plus d'honneuraux
femmes que la
tendressedeshommes, Se
pour moy j'yconçois de
grar dsplaisirs, & je suis
persuadéqueleplaisir lccret
que fait la lecture
des belles Tragedies k
des beaux Romans vient
de la tendresse qui y est
peinte. On est charmé de
retrouver en foy les mefmes
sentiments qu'on y
donne aux Héros.
L'âge d'or n'avoitrien
de si doux que l'union des
deux sexes
, par l'amour
que produit feulement la
[cndreffe; & le present le
plus funeste qu'on puft
leur faire estoit la volupté
que Pandore apporta,
& qui finit pour jamais
cet heureux temps. Pour
lors -
Les deux sexesefcoient
unis des plus beaux .,
noeuds ;
Ce qui pouvoit les rendre
1.
*heureux N'estoit jamais illégitime,
hmeuarpxenichmanteestoit leur
sPar la Jîmple nature ils
estoientvertueux;
Le re(pe£l, lam.ur
,
f5 l'estime
Estoientlesseuls lliieennss de
leursociété,
Et chacun possedoit sans
crime
Son plaisirsaliberté.-
Mais, ôfuneste barbarie!
Bientof tinfarne volupté
Vint troublerparsa tirannie
Lacommunefelicité.
La mutuellesympathie
Qui s'expliquoit dans tous
lescoeprs.,
Effrayée ai'ajpeéï de tant
defrenesie
NyfitplusJentirfies douceurs.
Sous les loix de cette trai- tresse
Le coeur ne connutplus les
innocents desirs,
Et tous les sens troublez,
d'une honteujeyvreffe
LLuuychroaivsiirresnetsplleaidsriorist. de
Depuiscetempsfatal3l'amant
(jf la maistresse
Que ce monstre unit en UT*
jour
Goustent lesplaisirs de l'amour
Sansgouster ceux de la
tendresse.
ENIGMES
Quelle différencey at-
il entre la tendresse (;J' Famour?
REPONSE. ;
f
Le coeur faitlatendresse,
& l'imagination
fait l'amour. Il y a des
occasîons où les mouvejniens
du coeur, &: les
effets de l'imagination
font confondus. De
rout temps on a difpù-,!
té sur les mouvemens
du coeur & de l'esprit,.
ce font vrais sujets.
Les deux partis peu-,
vent avoir raison,
RElP0NSE;
Les Poëtes font en
possession de les confon- J
, dre,mais sans leur diC.
puter le droit d'expri- j
mer l'amour par le mot
de tendresse, & la ten-j
dresse par le mot d'amour,
je crois qu'il n'y
a personne qui n'en fasse
la difference, & tous
ceux qui d'abord sensibles
au mérite d'une jolie
femme, en deviennent
amoureux par degrez,
sçavent du moins
qu'ils étoient tendres
avant qued'être amoureux,
&que cet objet
avoit réveillé latendresse
dans leur coeur avant
que d'y former la pah
sion de amour.
La tendresse est pour
ainsï dire la trempe du
coeur, les uns aiment
plus, les autres moins
tendrement, & chacun,
aimeselon la convenance
de soncoeur.
L'amour est la tendresse
d'un coeur attaché
à un objet, la tendresse
est la qualité d'un«
coeur quin'atrend quunj
objet pour s'attacher.
Je ne sçai si ces définitions
paroîtront bien
justes dans un temps où
1 amour tient moins de
la tendresse que de la
volupté; aussi n'ai - je
pretendu parler que de
celui que la tendresse
produit. L'amour est la
plus naturelle & la plus
belle de toutes les passions,
parce que latendresseestla
plus naturelle
& la plus belle de
Doutes les qualitez du
soeur humain; parce
que la volupté l'a dégradée,
l'amour est une
passion qu'on cache,&
dont on rougit.
Si la tendresse feule
agissoit dans l'amour,
cette passion seroit la juste
mesure de la bonté,
de la noblesse, & de la
delicatesse des coeurs ;
& la decadence de cet
amour vient sans doute
des esprits les plus bornez
, qui incapables des
grandes idées
, &C dC$',¡
beauxsentimens , ne
trouvent de ressources
ni de plaisirs que dans
la volupté. Comme le
nombre des espritsmédiocres
estleplus grand
& le plus sort, la plûpart
des Dames se sont
tellement rangées de
leur party quelles se
passent maintenant fort
bien de tendresse, &C
1
quelles la regardent
comme imbécillitédans
ceux qui font en âge de
raison, & dans les jeunes
gens comme le &..
faut d'un usage qu'elles
esperent que l'âge & le
monde leur donnera. Ce
ne font point elles qui
confondront l'amour
avec la tendresse; j'en
foupçonnerois bien plûtôt
celles, qui malgré
le torrentde l'usage
soûtiennent encore
l'honneur d'une passions
que tant d'autres exemples
avilissent.
t i
1. Je suisbienéloigné de
penser que la race ensoit
efteinte
,
& quand j'ay
dit - que la pluspart des
femmes se rangeoient du
1 mauvais party, c'est que
leur nombre,fust-il mille
fois plus petit, me paroiftroit
tousjours trop
grand.Qiioyquilen soit,
rien ne fait plus d'honneuraux
femmes que la
tendressedeshommes, Se
pour moy j'yconçois de
grar dsplaisirs, & je suis
persuadéqueleplaisir lccret
que fait la lecture
des belles Tragedies k
des beaux Romans vient
de la tendresse qui y est
peinte. On est charmé de
retrouver en foy les mefmes
sentiments qu'on y
donne aux Héros.
L'âge d'or n'avoitrien
de si doux que l'union des
deux sexes
, par l'amour
que produit feulement la
[cndreffe; & le present le
plus funeste qu'on puft
leur faire estoit la volupté
que Pandore apporta,
& qui finit pour jamais
cet heureux temps. Pour
lors -
Les deux sexesefcoient
unis des plus beaux .,
noeuds ;
Ce qui pouvoit les rendre
1.
*heureux N'estoit jamais illégitime,
hmeuarpxenichmanteestoit leur
sPar la Jîmple nature ils
estoientvertueux;
Le re(pe£l, lam.ur
,
f5 l'estime
Estoientlesseuls lliieennss de
leursociété,
Et chacun possedoit sans
crime
Son plaisirsaliberté.-
Mais, ôfuneste barbarie!
Bientof tinfarne volupté
Vint troublerparsa tirannie
Lacommunefelicité.
La mutuellesympathie
Qui s'expliquoit dans tous
lescoeprs.,
Effrayée ai'ajpeéï de tant
defrenesie
NyfitplusJentirfies douceurs.
Sous les loix de cette trai- tresse
Le coeur ne connutplus les
innocents desirs,
Et tous les sens troublez,
d'une honteujeyvreffe
LLuuychroaivsiirresnetsplleaidsriorist. de
Depuiscetempsfatal3l'amant
(jf la maistresse
Que ce monstre unit en UT*
jour
Goustent lesplaisirs de l'amour
Sansgouster ceux de la
tendresse.
ENIGMES
Fermer
Résumé : QUESTION.
Le texte distingue la tendresse et l'amour. La tendresse est décrite comme un mouvement du cœur, tandis que l'amour est le fruit de l'imagination. Les poètes confondent souvent ces deux sentiments, mais toute personne sensible reconnaît leur différence. La tendresse précède l'amour et est la qualité d'un cœur qui s'attache à un objet. L'amour est la tendresse d'un cœur attaché à un objet spécifique. L'auteur considère que l'amour véritable, produit par la tendresse, est la plus naturelle et la plus belle des passions. Cependant, la volupté a dégradé l'amour, le transformant en une passion cachée et source de honte. Cette décadence est attribuée aux esprits médiocres qui ne trouvent de plaisir que dans la volupté. La plupart des femmes, influencées par cet usage, se passent de tendresse et la considèrent comme une faiblesse. L'auteur espère que la tendresse des hommes fasse honneur aux femmes et que la lecture de belles tragédies et romans, où la tendresse est mise en avant, procure un plaisir secret. Dans l'âge d'or, l'union des sexes était basée sur l'amour produit par la tendresse. La volupté, apportée par Pandore, a mis fin à cet heureux temps en troublant la communion des cœurs et en rendant l'amour dépourvu de tendresse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2356
p. 54-56
« A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
Début :
A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
ENIGMES.
, On donnera ordinairement
l'Enigme devinée
dans le Mercure suivant
avec la nouvelle
,
afin
qu'on puisse juger si on l'adevinée juste.Voicy
une Parodie de celle de
la Toilette qui fera à peu
près lemesmeeffet.
A sa Toilette Altxria ny
poudre ny plomb-.
CrojeX^vqm pour cela
q,elieyfocit desoeuvrée.
Desa Boutique bien parée
Centingrédients font le
fond.
Elle fè les applique avec
maintegrimace.
Les Roses (S les Lis dont elleornesaface
Nefsontny Lis ny Rojes
-
de Printemps.
Toilette peut luydire en
jaijanttÜnportante
Avec le nombre de mes
ans
Près de vous mon credit
s'augmente,
Et sans rougirvousn'osez
moy present,
Recevoir vos derniers
Amants.
, On donnera ordinairement
l'Enigme devinée
dans le Mercure suivant
avec la nouvelle
,
afin
qu'on puisse juger si on l'adevinée juste.Voicy
une Parodie de celle de
la Toilette qui fera à peu
près lemesmeeffet.
A sa Toilette Altxria ny
poudre ny plomb-.
CrojeX^vqm pour cela
q,elieyfocit desoeuvrée.
Desa Boutique bien parée
Centingrédients font le
fond.
Elle fè les applique avec
maintegrimace.
Les Roses (S les Lis dont elleornesaface
Nefsontny Lis ny Rojes
-
de Printemps.
Toilette peut luydire en
jaijanttÜnportante
Avec le nombre de mes
ans
Près de vous mon credit
s'augmente,
Et sans rougirvousn'osez
moy present,
Recevoir vos derniers
Amants.
Fermer
Résumé : « A sa Toilette Alix n'a ny poudre ny plomb. [...] »
Le texte présente une énigme et une parodie de la toilette, à paraître dans le Mercure. La parodie décrit une toilette sans poudre ni plomb, avec cent ingrédients. La personne utilise ces ingrédients sans grimace, ornant son visage de roses et de lis artificiels. Sa toilette est importante et son crédit augmente avec l'âge, intimidant même ses derniers amants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2357
p. 56-57
Noms de ceux qui ont deviné cette Enigme.
Début :
Mr de Conflans ; le beau Licencié, & son gracieux Beaufrere [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont deviné cette Enigme.
Noms de ceux qui ont
devine cette Enigme.
Mr de Conflans ; le
beau Licencié, 8c son
gracieux Beaufrere ; la
Bru du Gendre de la Bellemere;
le beau Cassandre.
devine cette Enigme.
Mr de Conflans ; le
beau Licencié, 8c son
gracieux Beaufrere ; la
Bru du Gendre de la Bellemere;
le beau Cassandre.
Fermer
2359
p. 57-58
« Le Deserteur des Toilettes. Guillemette le Blanc. Jerosme Carmin, & [...] »
Début :
Le Deserteur des Toilettes. Guillemette le Blanc. Jerosme Carmin, & [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Deserteur des Toilettes. Guillemette le Blanc. Jerosme Carmin, & [...] »
Le Deserteur des Toi*-
lettes. Guillemette le
Blanc. Jerosme Carmin,
&C Mathurin Pomadet
assidus , à la Toilette des
Dames. Le Farfadet; le
jeune Doyen; les deux
jeunes soeurs de la ruë
Michelle Cente; la gros
se Marguerite.
lettes. Guillemette le
Blanc. Jerosme Carmin,
&C Mathurin Pomadet
assidus , à la Toilette des
Dames. Le Farfadet; le
jeune Doyen; les deux
jeunes soeurs de la ruë
Michelle Cente; la gros
se Marguerite.
Fermer
2360
p. 58-59
Réponse sur les mesmes Rimes.
Début :
La Toilette vous couste peu [...]
Mots clefs :
Toilette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse sur les mesmes Rimes.
Réponse sur les mesmes
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
LaToilettevous couste peu. Çenesspourvousqu'une
Avecun teintsi vif, desyeux
sipleinsdefeu,
Çojjejjèvilleria pas grand besoindeToilette.
Fermer
2361
p. 59
« Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...] »
Début :
Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Doux rempant ; la Grimasse brodée ; l'éloquent Avocat de [...] »
Le Doux rempant 5 la
Grimasse brodée; l'éloquent
Avocat de la ruë
Jean Fleury; la belle Devineusea
dit vostre 1oilette
s'est développée à
mes yeux.
Grimasse brodée; l'éloquent
Avocat de la ruë
Jean Fleury; la belle Devineusea
dit vostre 1oilette
s'est développée à
mes yeux.
Fermer
2362
p. 60-61
ENIGME.
Début :
Ma forme fait mon estre, & j'existe sans corps. [...]
Mots clefs :
Fenêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
Fermer
2363
p. 63-64
Questions nouvelles.
Début :
Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ? [...]
Mots clefs :
Amour, Esprit
2364
p. 69-72
Devises des Jettons de l'Année 1712.
Début :
TRESOR ROYAL. Des Cyclopes travaillant à un Bouclier. Arte atque [...]
Mots clefs :
Jetons, Devises, Trésor royal, Guerres, Hercule, Marine, Galères, Bâtiments, Parties casuelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Devises des Jettons de l'Année 1712.
Devise des Jettons
de l'Année 1712.
TRESOR ROYAL;
Des Cyclopestravaillant
à un Bouclier.
Arte atque metallo.
PARTIES CASUELLES.
Daphné changée. en
Lauriers, f5 ces mots de
Virgile.
Mortalem eripuit
formam,
ORDINAIRE
des Guerres.
La Massuë d'Hercule.
Eadempost mille labores.
EXTRAORDINAIRE
des Guerres.
Hercule avec sa peau
de Lion f5 sa Àdajjuë ,
rnarctantàgrands pas.
Orbem pacare laborat.
marine.
JSftptunedansfonChar*
Bello pacique.
GALERES.
Meduse couchée dans
son antre au bord de la
mer.
Etiamtranquillevidetur.
BASTIMENTS.
Minerve tenant à la
main une éqúerre&quelques
instruments deJardinage.
Gravibus folatia curis.
1
Le sujetchoisi pourle
Jetton de Madame la
Dauphine est une CouronneferméedeDauphins,
&pour Devijc ces mots.
Magnus splendor maximaque
virtus.
ï Celle -cy n'est pas de udcadémie,
de l'Année 1712.
TRESOR ROYAL;
Des Cyclopestravaillant
à un Bouclier.
Arte atque metallo.
PARTIES CASUELLES.
Daphné changée. en
Lauriers, f5 ces mots de
Virgile.
Mortalem eripuit
formam,
ORDINAIRE
des Guerres.
La Massuë d'Hercule.
Eadempost mille labores.
EXTRAORDINAIRE
des Guerres.
Hercule avec sa peau
de Lion f5 sa Àdajjuë ,
rnarctantàgrands pas.
Orbem pacare laborat.
marine.
JSftptunedansfonChar*
Bello pacique.
GALERES.
Meduse couchée dans
son antre au bord de la
mer.
Etiamtranquillevidetur.
BASTIMENTS.
Minerve tenant à la
main une éqúerre&quelques
instruments deJardinage.
Gravibus folatia curis.
1
Le sujetchoisi pourle
Jetton de Madame la
Dauphine est une CouronneferméedeDauphins,
&pour Devijc ces mots.
Magnus splendor maximaque
virtus.
ï Celle -cy n'est pas de udcadémie,
Fermer
Résumé : Devises des Jettons de l'Année 1712.
En 1712, le Trésor Royal émit des jetons classés en catégories telles que 'Parties Casuelles', 'Ordinare des Guerres' et 'marine'. Les motifs incluent des Cyclopes, Daphné, Hercule, Méduse et Minerve. Les devises proviennent de la littérature classique, comme des vers de Virgile. Le jeton de Madame la Dauphine montre une couronne de dauphins avec la devise 'Magnus splendor maximaque virtus'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2365
p. 34-47
ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Début :
O ! Muse, en ces momens, où libre en cette table, [...]
Mots clefs :
Muse, Peine, Héros, Esprit, Raison, Dieux, Cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
ODENOUVELLE
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
à Monsieurde M. O !Muse, en ces
momens,
où libre en
cette table,
J'y voy mes airs suivis de
ce bruit favorable,,
Qui me rend aujourd'huy
le plus fier des. humains
,
Viens,toi-même, & metsmoi
la Lyre entre les
mains,
Que mes doigts en tirant
le son le plus aimable,
De tes pompeux accords, de tes accens divins
Rende l'usage à nos sestins.
*
Commençons; je connois
à l'ardeur quim'inspire
Que Pollymnie est en ces
lieux:
Oüi, je ce reconnois,&
chacun dans ses yeux
Avec transport me laisse
Ce que peuvent sur nous
* C'ctoiclacourume chezles Anciens
de chanter aprèsles grandsrepas.
- Cytharâ crinitus Iota:
Personat auratâ.
Virg.Hom.dansl'Iliade&l'Odyr.,
tes sons harmonieux,
Mais n'entreprenons point
de dire
Les exploits des Heros, la
naissance des Dieux:
Comment d'un seul regard
ébranlant son Empire
Jupiter fait trembler & la
terre & les Cieux;
Ce qui forme les vents, ce
qui fait le tonnere,
Comment chaque lasson a
partagé la terre,
Ce retour si confiant &
des nuits & desjours
Entre tant. de [ujets sublimes,
Que toy seul aujourdhuy
sois l'objet de nos rimes;
Chantonsla gloire deton.
cours.
Où fuis-je? & dans cette
carriere *
Doù je vois. s'élever fous
les pieds des chevaux
Cette épaisse & noble
poussiere
Dontse viennent couvrir
mille jeunes rivaux,
Quel mortel ** assis les
couronne?
Cette foule qui l'environne
* Jeux Olimpiques.
-** Pindare.
De sa voix leule attend le
prix de sestravaux.
Sur quel ton monte-t-il sa
lyre?
Et comment pourrai
-
je
décrire
Ses ambitieuses chan[onst
L'air s'ouvre devant luy de
l'un à l'autrePôle,
Comme un Cygne écla,
tant loin de nous il
s'envole,
Et la hauteur du Ciel est
celle de Tes fons.
Mufe, avec tant d'efforts
à peine turelpires,
Mais, aimable Sapho, je
t'entends, tu soupires,
~Tucedesàl'amour quiposfede
tes sens.
Bien Ppluisnddouacermee,nt que- ru fais que la raison s'é-
1 gare,
Bacchus nous ranime, &
pour plaire
Il prend cette lyre legere
Qu'Anacreontouche pour
luy,
A sa voix le plaisir se répand
surla
terre,
Et partout il livre la guerre
Aux soins, à la peine, à
l'ennui.
De ses sons le galantHorace
Parant sesaccords avec
grace,
- Aux bords les plus fleuris
va dérober le rhim,
Plus diligentque n'etf une
abeille au matin.
Que loüerai-je le plus,ou
sa cadence juste,
Ou de ses vers aisezle tour
ingenieux?
Par sa main l'immortel
Auguste
Boit le même nectar qu'-
Hebé
Hebé dispense aux
Dieux:
Mais sa lyre avec luy s'enferme
fous sa tombe;
En vain, sans qu'un beau
feu daigne au moins
l'éclairer,
Ronsard chez nos ayeux
cherche à la retirer:
Sous ses vains efforts il
succombe,
Et couvert du mépris plus
cruel que l'oubli,
Sous son obscure audace
il reste enseveli.
Mais l'ordre des arts pour
nouschange,
Lordre des temps enfin
& s'explique ôc s'arrange,
Et commençant l'éclat
du.
Parnasse François,
Nous donne de Malherbe
ôc l'oreille, & la
1.
voix.
Quels accords épurez
quels nombres pleins
de charmes,
Soit que,cos'manimbanat tausX,),
Il suive au milieu des aIJf'
larmes J"
Un Roy qui soumet tout
à l'effort de son bras;
Soit que triomphant de
l'envie,
Dans la paix des plaisirs
suivie
Il peigne ce Héros le front
orné de fleurs,
Et que luy faisantplaindre
uneamoureuse
peine
Il touche la Nymphe de
Seine
De fès incurables douleurs.
*
C'en est fait
,
& le Ciel
acheve;
De-ces Maîtres fameux
* Vers imitez de Malherbe.
je vois un jeune Eleve*
Qui fixe de nos airs &c
l'éclat &le son:
Espritjuste, esprit vrai,
aue sa force admirable
!
Du Pinde & du Lycée a
fait le nourisson,
Et qui nereconnoît pour:,
beauté veritable '?
Que celle qui veut bien
avoüer la raison.
Muse, joüis dans luy du
comble de la gloire;
Ce mortel si content au*
temple de Memoire 11
* M. dela Mothe.
Avec pompe en ce jour
à nos yeux est conduit;
Unimmortel éclat le
suit,
Il obtient à son gré cet
honneur qu'il desire;
Ah ! qu'on ouvre ce tempIe,
& que chacun
admire
Ces Héros que l'esprit y
rassemble à nos yeux:
* * * entr'eux place sa
lyre
Plus brillante en ces lieux
où le mérite aspire,
Que celled'Arion, qui
brille au haut des
Cieux.
M***
?
Estimateur aimable
Du mérite de nos écrits,
Qui prendroit bien des
tiens le tour inimitable,
Seroit sûr d'emporter le
prix.
Par toy déja deux fois admis
dans le mystere
De tes ouvrages si brillans,
J'ai vu pour les beaux arts
ton goût hereditaire,
Un naturel aisé, les plus
rares talens.
J'ai vû que, ta muse facile
Sur le Pinde avec grace
affermissant tes pas,
Tu ferois sans peine Virgile,
Si tu n)étois pas né du rang
de Mecoenas.
Fermer
Résumé : ODE NOUVELLE à Monsieur de M.
Le texte est une ode dédiée à un muse, probablement un poète ou un musicien, célébrant sa gloire et son talent. L'auteur exprime sa fierté et son inspiration en présence de ce muse, le comparant à des figures mythologiques et historiques renommées pour leur maîtrise des arts. Il mentionne divers poètes et musiciens antiques et modernes, tels que Homère, Virgile, Pindare, Sapho, Anacréon, Horace, et Malherbe, soulignant leurs contributions et leurs styles distincts. L'auteur décrit ensuite l'évolution des arts et la transition vers la poésie française, mettant en lumière l'influence de Malherbe. Il célèbre un jeune élève, probablement un poète contemporain, qui incarne la perfection des arts et la raison. Ce jeune poète est conduit au temple de la Mémoire, où il est honoré pour son mérite et son talent. Enfin, l'auteur adresse des éloges à un estimateur des beaux-arts, soulignant son goût héréditaire et ses talents rares, et exprime son admiration pour ses œuvres brillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2366
p. 1-2
« Quoy qu'on ait parlé le mois dernier du Mariage du [...] »
Début :
Quoy qu'on ait parlé le mois dernier du Mariage du [...]
Mots clefs :
Nouvelle, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoy qu'on ait parlé le mois dernier du Mariage du [...] »
Quoy qu'on ait parlé le
mois dernier du Mariage du
Prince de Moscovie avec la
Princesse de Wo,st:nbutteI
,
on a cru devoir donner ce
mois-cy plusieurs particularitez
concernant cette Ceremonie,
donc on n'avait
pas elle instruit; ainsi la
lettre suivante qui a esté écriteà
une grande Princesse,
quoy que d'ancienne datte,
peut estre regardée comme
nouvelle: On commencera
toujours à l'avenir, la partie
des nouvelles, par d'anciens
détails qu'on aura reçus depuis
l'impression duVolume
precedent.
mois dernier du Mariage du
Prince de Moscovie avec la
Princesse de Wo,st:nbutteI
,
on a cru devoir donner ce
mois-cy plusieurs particularitez
concernant cette Ceremonie,
donc on n'avait
pas elle instruit; ainsi la
lettre suivante qui a esté écriteà
une grande Princesse,
quoy que d'ancienne datte,
peut estre regardée comme
nouvelle: On commencera
toujours à l'avenir, la partie
des nouvelles, par d'anciens
détails qu'on aura reçus depuis
l'impression duVolume
precedent.
Fermer
Résumé : « Quoy qu'on ait parlé le mois dernier du Mariage du [...] »
Le texte révèle des détails sur le mariage entre le Prince de Moscovie et la Princesse de Wo,st:nbutteI. Une lettre ancienne, adressée à une grande Princesse, apporte des informations nouvelles. À l'avenir, les nouvelles commenceront par des détails anciens reçus après la publication du précédent volume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2367
p. 3-14
A Torgau le 27. Octobre.
Début :
Le Czar arriva icy samedy dernier. Sa majesté alla à pied [...]
Mots clefs :
Torgau, Mariage, Tsar, Cour, Prince, Princesse, Maréchaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Torgau le 27. Octobre.
A Torgau le 17.Octobre.
Le Czararriva icy samedy
dernier. Sa Majestéalla dpied
à la Cour;leCzarowitzson
fils alla au-devant de luy, &
l'accompagna à l'appartement
qu'on luy avoit préparé. S.A.
le Ducdntoine7JlrlckaUt luy
rendrevisite. Monfèignejir U
Ducse retira ensuite gr le
C-çar alla voir la Duchesse
Louise, parce que la Reine
n'étoit pas encore habillée. Il
trouva auprés de la Duchesse,
la Princessefiancéeau C%arr.
OWtlz. Je dois vous dire, Madame
, que le Czar ejlun
Princegrand, tres bienfait,&
fortgracieux. Ilporteses cheveux
quisontbruns &frisez.
Il a unegrande barbe à la Po-
Jonoifl; ses habitsfont à la
Françoise5 mais plus modestes
qu'éclatans. Il a toûjours une
Canne à la main, eil al'air
d'ungrand Capitaine, comme
il est en effet. Il parlesouvent
à son Grand Chanchelier le
Comte Galouski, & aux
Princes & Generaux Moscosuites
: iln'estpas unmoment
çtj'tf Ilparle Bas Aiemand IJ
mieux qu'il ne croit luy même.
La DuchéeLouise le sçait
fort bien entretenir. Il y a
toujours dans ses Apartemrnts,
des Bouffonsy & desmoindres
ofo~~MM~jW~~ avec les
Princes, Généraux, CM autres
Seigneurs. S. M.>Czarienne
nesoupa point Samedy. A la
sortie de la Comedie, d<tns le
temps qu'on servoitsa Table,
elle entra dansson Abattement,
mit un Manteausursa teste) e alla pajjer la nuit dans une
Mai[inde la Ville
,
où l'on
ne s'attendaitpasd'avoir l'honneur
de recevoir un si grand
Prince. Il fait presqueregu~
lierement quatre repas chaque
jour; il mange deuxfois avec
la Reine, e deux foischez
UY-
Le Mariage se fit hier
Dimanche. Tous les Princes
&toutesles Princepesdinerent
en particulier, &•je rendirent
enfuite auprès de la Reine.
La Cour étoit magnifique.
La nouvelle épouse avoit un
habit de Moire d'argent, brodé
aujji d'argent, & fort ricbe;
Un Manteau Royal de la
mesme coulenr, ses cheveux
lien tressez, co une Couronne
couleur de Cramoisysur 1.
teste, toutegarnie de Diamants,
Le C^aroypit^ avoit un habit
blancfortbeau, broded'or; &
le Czar avoit un habit rouge
dont les boutonnières étoient de
Galon d'argent.
Les Maréchaux vinrent
avertir à trois heures que tout
étoit prest, & toute l'ajfembleç
se rendit dans 14 grande Salle
ou l'on avoitdressé un Autel.
Le vieux Duc mena la Princese.
sa petite fille, & trois
Dames de la Reineportèrent lit
queue de son Manteau.
Le C^ar accompagna l,
Reine, & le Czarowitz 14
Duchcfe Laüise. Dés qu'ils
surentarrivez
,
le Prestre Grec
qui étoit babille à peu prés de
mesmeque les Catholiques,
dcma la Benediction; il changea,
les Bagues, & demanda
en latin aufutur époux & à
lafuture épouse, s'ilsvoulount
se prendre pour Mary &pour
Femme. Il mit ensuite un
Bonnet Ducal
, ou Couronne
de velours Cramoisi, sur la
teste du Prince; mais celle
de laPrincefe s*étanttrouvée
trop étroite, le Czarordonna
àson Grand Chancellier de la
tenirsur la tefie de cette Princesse.
Le Czar se promena
toujours pendant cette Ceremo-
~3~* lors qu'ellefutachevée,
ilselicita les nouveaux époux,
On retourna ensuite chez la
Reine, dans lemesme ordre
qu'on en étoit sorti, & toute
la Cour fit Compliment ati
Prince& àla Princesse. Le
Czar donna pendant tout le
jour de grandes marques de
joye,ilécrivit à la Ptincejjè
sonépouse quiétoitàThorn erf
Pologneypour luy notifier ce
Mariage.
1
Onservit un grandsouper
a huit heures, sur un, Table
eu ilyavoitdouze Couverts.
Le Czarowitzfut placé dans
le milieu ayant a sa droite lé
Czarson Perecm la Princesse
son eooufe à sa gauche. Le
DucAntoineVlrick étoit à
la droite du Czar, & la
Reine à lagauche de la nouvelle
époufiy le Due Louis, à Iai
gauche de la Reine,ainsi que li
Prince Dolorouki, à l'un des
bouts "de la Table
:
le Prince
Turbetti étoit vis-à-vis de 1.
Reine, le Prince Courquin.,
vis-à-vis de la Primcesse, le
General Prusse vis-à-vis le
Duc AmoineUlrich., qui
avoit àsa droite la Duchesse
JLouife;Cm le Comte Galonski,
à l'autre bout de 1. Table.
Apres le souper, onse rendit
dans la Salle où l'on avoit
fait la Ceremonie. Onydansa
d'abord plusieurs danses Polonoiss.
Le Czarowitz dansa
lepremier; le vieux Duc dansa
après luy, puis le C%ary &
ensuite tous les Princes- Adofce*
vîtes. Ces danses durèrent
long-temps; le C^AY sortoit
quelques sois de la Salle, (y*
alors tout étoit dans l'inaflions
quelquesfois les Bouffons dAn.
soient seuls
,
puis se fatjbierib
donner de grands verres pour
boire à la santé de la Compagnie.
Le Czarowitz dansa
quelques Menuets; le Bal
finit par une danseAngloise.
1,1etotton-e heures lorjvjuc
l'on conduisit les nouveaux
époux à leur Apartement. Le
Czarowitz allase desbabiller
dantunautre Apartement, ~&
quand on eut deshabillé la
Princesse ,le C=t.:tr entraavec
toute la Cour. Le Prince son
filsavoituneRobbedeChambre
rougrsemée defleurs d'çr.
LaPrincesse en avaitune blAss.
chesemée defleurs au naturel
,
~& brodées.
Aprés que le C-çar eut
donnésa Benediction au Prince
son fils, illefit entrerdans le
Lit d'un costé, pendant que Io,
Princessey entroit de l'autre,
laReine Cm la DuchesseLoüise
étant auprés d'elle,ensuite
dequoychacunseretira.
P. S.
Le Duc AntoineUlrick
tria dit qu'il seroitdeVendredy
en huit jours à Gorde qu'il ira
ensuite avec le Czarowitzà
Francfort
- njoir le nouvel
Empereur} ~& que le Czar
pnaiert,iorùalJaeudy pour i. Pomera-
pénibClaem.pagne tfi fort
Le Czararriva icy samedy
dernier. Sa Majestéalla dpied
à la Cour;leCzarowitzson
fils alla au-devant de luy, &
l'accompagna à l'appartement
qu'on luy avoit préparé. S.A.
le Ducdntoine7JlrlckaUt luy
rendrevisite. Monfèignejir U
Ducse retira ensuite gr le
C-çar alla voir la Duchesse
Louise, parce que la Reine
n'étoit pas encore habillée. Il
trouva auprés de la Duchesse,
la Princessefiancéeau C%arr.
OWtlz. Je dois vous dire, Madame
, que le Czar ejlun
Princegrand, tres bienfait,&
fortgracieux. Ilporteses cheveux
quisontbruns &frisez.
Il a unegrande barbe à la Po-
Jonoifl; ses habitsfont à la
Françoise5 mais plus modestes
qu'éclatans. Il a toûjours une
Canne à la main, eil al'air
d'ungrand Capitaine, comme
il est en effet. Il parlesouvent
à son Grand Chanchelier le
Comte Galouski, & aux
Princes & Generaux Moscosuites
: iln'estpas unmoment
çtj'tf Ilparle Bas Aiemand IJ
mieux qu'il ne croit luy même.
La DuchéeLouise le sçait
fort bien entretenir. Il y a
toujours dans ses Apartemrnts,
des Bouffonsy & desmoindres
ofo~~MM~jW~~ avec les
Princes, Généraux, CM autres
Seigneurs. S. M.>Czarienne
nesoupa point Samedy. A la
sortie de la Comedie, d<tns le
temps qu'on servoitsa Table,
elle entra dansson Abattement,
mit un Manteausursa teste) e alla pajjer la nuit dans une
Mai[inde la Ville
,
où l'on
ne s'attendaitpasd'avoir l'honneur
de recevoir un si grand
Prince. Il fait presqueregu~
lierement quatre repas chaque
jour; il mange deuxfois avec
la Reine, e deux foischez
UY-
Le Mariage se fit hier
Dimanche. Tous les Princes
&toutesles Princepesdinerent
en particulier, &•je rendirent
enfuite auprès de la Reine.
La Cour étoit magnifique.
La nouvelle épouse avoit un
habit de Moire d'argent, brodé
aujji d'argent, & fort ricbe;
Un Manteau Royal de la
mesme coulenr, ses cheveux
lien tressez, co une Couronne
couleur de Cramoisysur 1.
teste, toutegarnie de Diamants,
Le C^aroypit^ avoit un habit
blancfortbeau, broded'or; &
le Czar avoit un habit rouge
dont les boutonnières étoient de
Galon d'argent.
Les Maréchaux vinrent
avertir à trois heures que tout
étoit prest, & toute l'ajfembleç
se rendit dans 14 grande Salle
ou l'on avoitdressé un Autel.
Le vieux Duc mena la Princese.
sa petite fille, & trois
Dames de la Reineportèrent lit
queue de son Manteau.
Le C^ar accompagna l,
Reine, & le Czarowitz 14
Duchcfe Laüise. Dés qu'ils
surentarrivez
,
le Prestre Grec
qui étoit babille à peu prés de
mesmeque les Catholiques,
dcma la Benediction; il changea,
les Bagues, & demanda
en latin aufutur époux & à
lafuture épouse, s'ilsvoulount
se prendre pour Mary &pour
Femme. Il mit ensuite un
Bonnet Ducal
, ou Couronne
de velours Cramoisi, sur la
teste du Prince; mais celle
de laPrincefe s*étanttrouvée
trop étroite, le Czarordonna
àson Grand Chancellier de la
tenirsur la tefie de cette Princesse.
Le Czar se promena
toujours pendant cette Ceremo-
~3~* lors qu'ellefutachevée,
ilselicita les nouveaux époux,
On retourna ensuite chez la
Reine, dans lemesme ordre
qu'on en étoit sorti, & toute
la Cour fit Compliment ati
Prince& àla Princesse. Le
Czar donna pendant tout le
jour de grandes marques de
joye,ilécrivit à la Ptincejjè
sonépouse quiétoitàThorn erf
Pologneypour luy notifier ce
Mariage.
1
Onservit un grandsouper
a huit heures, sur un, Table
eu ilyavoitdouze Couverts.
Le Czarowitzfut placé dans
le milieu ayant a sa droite lé
Czarson Perecm la Princesse
son eooufe à sa gauche. Le
DucAntoineVlrick étoit à
la droite du Czar, & la
Reine à lagauche de la nouvelle
époufiy le Due Louis, à Iai
gauche de la Reine,ainsi que li
Prince Dolorouki, à l'un des
bouts "de la Table
:
le Prince
Turbetti étoit vis-à-vis de 1.
Reine, le Prince Courquin.,
vis-à-vis de la Primcesse, le
General Prusse vis-à-vis le
Duc AmoineUlrich., qui
avoit àsa droite la Duchesse
JLouife;Cm le Comte Galonski,
à l'autre bout de 1. Table.
Apres le souper, onse rendit
dans la Salle où l'on avoit
fait la Ceremonie. Onydansa
d'abord plusieurs danses Polonoiss.
Le Czarowitz dansa
lepremier; le vieux Duc dansa
après luy, puis le C%ary &
ensuite tous les Princes- Adofce*
vîtes. Ces danses durèrent
long-temps; le C^AY sortoit
quelques sois de la Salle, (y*
alors tout étoit dans l'inaflions
quelquesfois les Bouffons dAn.
soient seuls
,
puis se fatjbierib
donner de grands verres pour
boire à la santé de la Compagnie.
Le Czarowitz dansa
quelques Menuets; le Bal
finit par une danseAngloise.
1,1etotton-e heures lorjvjuc
l'on conduisit les nouveaux
époux à leur Apartement. Le
Czarowitz allase desbabiller
dantunautre Apartement, ~&
quand on eut deshabillé la
Princesse ,le C=t.:tr entraavec
toute la Cour. Le Prince son
filsavoituneRobbedeChambre
rougrsemée defleurs d'çr.
LaPrincesse en avaitune blAss.
chesemée defleurs au naturel
,
~& brodées.
Aprés que le C-çar eut
donnésa Benediction au Prince
son fils, illefit entrerdans le
Lit d'un costé, pendant que Io,
Princessey entroit de l'autre,
laReine Cm la DuchesseLoüise
étant auprés d'elle,ensuite
dequoychacunseretira.
P. S.
Le Duc AntoineUlrick
tria dit qu'il seroitdeVendredy
en huit jours à Gorde qu'il ira
ensuite avec le Czarowitzà
Francfort
- njoir le nouvel
Empereur} ~& que le Czar
pnaiert,iorùalJaeudy pour i. Pomera-
pénibClaem.pagne tfi fort
Fermer
Résumé : A Torgau le 27. Octobre.
Le 17 octobre à Torgau, le tsar arriva le samedi précédent et fut accueilli par le tsarévitch, son fils, qui l'accompagna à son appartement. Le duc Antoine Ulrich lui rendit visite. Le tsar rencontra ensuite la duchesse Louise, car la reine n'était pas encore habillée. Il y trouva la princesse fiancée au tsar. Le tsar est décrit comme un homme grand, bien fait et gracieux, avec des cheveux bruns et frisés, une grande barbe à la polonaise, et des habits à la française mais modestes. Il conversait souvent avec son grand chancelier, le comte Galouski, ainsi qu'avec les princes et généraux moscovites. Le mariage eut lieu le dimanche. Les princes et princesses dînèrent en privé avant de se rendre auprès de la reine. La nouvelle épouse portait un habit de moire d'argent brodé d'or et un manteau royal de la même couleur, avec une couronne cramoisie garnie de diamants. Le tsarévitch portait un habit blanc brodé d'or, et le tsar un habit rouge avec des boutonnières en galon d'argent. La cérémonie se déroula dans une grande salle où un autel avait été dressé. Le vieux duc mena la princesse, et trois dames de la reine portèrent la queue de son manteau. Le tsar accompagna la reine, et le tsarévitch la duchesse Louise. Le prêtre grec donna la bénédiction, échangea les bagues, et demanda aux futurs époux s'ils voulaient se prendre pour mari et femme. Il mit ensuite une couronne de velours cramoisi sur la tête du prince, mais celle de la princesse étant trop étroite, le tsar ordonna à son grand chancelier de la tenir. Après la cérémonie, un grand souper fut servi à huit heures avec douze couverts. Le tsarévitch fut placé au milieu, avec à sa droite le tsar son père et à sa gauche la princesse son épouse. Le duc Antoine Ulrich était à la droite du tsar, et la reine à la gauche de la nouvelle épouse. Après le souper, on se rendit dans la salle de la cérémonie pour danser. Le bal se termina par une danse anglaise à une heure du matin. Les nouveaux époux furent conduits à leur appartement, où le tsar donna sa bénédiction avant que chacun ne se retire. Le duc Antoine Ulrich annonça qu'il serait à Gorde dans huit jours, puis irait avec le tsarévitch à Francfort pour voir le nouvel empereur, et que le tsar partirait le jeudi suivant pour la Poméranie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2368
p. 14-23
« Voicy plusieurs autres Lettres, qui quoy qu'elles soient aussi [...] »
Début :
Voicy plusieurs autres Lettres, qui quoy qu'elles soient aussi [...]
Mots clefs :
Lettres, Roi de Suède, Ambassadeur de Hollande, Tsar, Armée, Vizir, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy plusieurs autres Lettres, qui quoy qu'elles soient aussi [...] »
Voicyplusieurs autres
Lettres, qui quoy qu'elles
(oient aussi d'anciennes
dattes,n'en sont pas moins
rurieufes.
Copie d'une Lettre de Mr
Fabien,Envoyé d Hols-
; tein auprés du Roy de
Suede
,
dattée à Bender
le3 Septembre.
r»
,,"
Les Affairessont encore icy
au même état comme je l'ay
mandé parmes dernierees. Le
Capizilar Kiahiasi du grand
Visir estarrivé ces jours safiés
à l'Armée ; commeil efl fort
dans lesinterests du Roy de
Suede
, on s'attend à quelque
changement favorable d'un
moment à l'autre ; le Palatin
de Kiovie & le ComteTarlo,
font allez trouver legrand
Visir, à l'Armée~&c'està leur
retour que nous pourrons favoir
quelque chose de ~positif.
Selon les apparences les Moscovites
ne rendront point Asaff.
jiinji la Guerre pourroit bien -
ejlre continuée. Ils ont demandé
des nouveaux délais; le
grand Vizir a dit à Messieurs
Schafirof & Czeremethof,
qu'il les feroitpendre vis-à-vis
l'un de l'autre,si on ne rendoit
pas la Place dans le temps fixé.
ilya apparence que le Roy
taJfèrA, encore icy cet hiver.
Lettre de l'Ambassadeur
d'Hollande
,
écrite de
Constantinople le 1 ~8;
Septembre.
Les Lettres de l'Armée du
29 Aoustportent queleVisir
étoit encore campéen Moldavie
du costéSeptentrional du Danube
; le Czar s'exeuse toIf
jourssurl'executionduTfaiter
~se qui cause quelque soupçon
somme s'il cherchoit à l'éluder,
le Roy de Suede continuë à
seplaindre dugrand virirËr
de la Paix à son exclusion
,
l'Envoyé desa Majeflé Suedoise
,
MonsieurFunck, s'ejl
rendu à l'Armée auprés du
grand Visir poury négocier à
la place du General Poniatov-
Vsh> à qui la Cour du Visir,
est défenduë:l'on a eu avis icy
queSa Majefléfaisoitréparer
les maisonsrüinées par les
inondations du Niester à Bender,
avec intentiond'ypasser
l'Hiver. Depuisles dernieres
nouvelles
,
les Plenipotentiaires
& les Otages du C^ar9 font
étroittement gardez aux sept
Tours ~& mis hors de tout
Arets.
Copie d'un Lettre de Monsieur
Stirnhoc, Secretaire
de Suede à Vienne du ig,,
Septembre.
Le Roy a refuséd'acepter
le Corps de Cavallerie que le
grand Visir luy avoit ojfirt
pour le conduire àses Provinces
ou à son Arméefous le commandement
du Bacha de Pomelie
, ~& l'on croit que Sa
Majesté ne quittera pas les
Turcs quelle n'aitauparavant
la Paix avec le Czar; lors
que le Roy a dit au grandVisir
qu'il ne tenoit qu'à luj de prendre
le Czar prisonnier
, &
puis stipuler telles conditions
qu'il pourvoit souhaitter ; il a
répondu que s'il prenoit le
Czar prisonnierilnesçauroit à
quis'adresser pour- traiter de la
Paix; (y a demandé qui gouverneroit
la Moscoviependant
saprison ; Monsieur Fabrice,
a ajouté que le Roy diffiroit
encored'écrire oudefaireécrire;
mjftn'ajy.- je point reçû de
Lettre de Bender depuis cet
évenement qu'une de Afonsieurle
Lieutenant General
d'Aldorf
,
du 26.Juilletcon*
cernantsesaffairesparticulières
où il n) a pas un mot de nou':'
velles. Il efi arrivé IEY un
Secretaire du-RésidentDalman;
qui a suivi le grand Visir en
Campagne; je luy ay parlé il
tria confirmé tout ce que nous
sçvons déja:, ajoutantque 14.
miseredel'ArméeMoscovite
étoitsigrandequelleétoit inexprimable
:que plus-de20 millei
hommes & tous les cheveaux
étôientpéris,&que le desespoit
avoitmême
,
après la Paixfaite,
porté prés de dèux-milles
Moscovites qui n'ont paseu 14,
ftrce, de marchera tied,,le long
chemin qu'ils avaient encore
A faire, d'embrasser la Religion
Mahometane;le même Secretaire
dit encore que le grand
Visirfaisoit tout de son mieux
pour attirer dans fort parti le
Kan des Tartares en luyoffrant
une bonne part de l'or & des
pierreries du C%ary maisl'Ambassadeur
d'Angleterre à Constantinople
a écrit icy du 2r.
jïoufl, que le Kan etoit toujours
des amis du Roy
, 0* nonobstant
que le Grand Seigneur a-'
'Voit ratifiéla Paix,SaMajesté
pourroit pourtant en continuant
la Guerre centre le C%ar> disposes
de toutes les forces deS'
Tartares.
Lettres, qui quoy qu'elles
(oient aussi d'anciennes
dattes,n'en sont pas moins
rurieufes.
Copie d'une Lettre de Mr
Fabien,Envoyé d Hols-
; tein auprés du Roy de
Suede
,
dattée à Bender
le3 Septembre.
r»
,,"
Les Affairessont encore icy
au même état comme je l'ay
mandé parmes dernierees. Le
Capizilar Kiahiasi du grand
Visir estarrivé ces jours safiés
à l'Armée ; commeil efl fort
dans lesinterests du Roy de
Suede
, on s'attend à quelque
changement favorable d'un
moment à l'autre ; le Palatin
de Kiovie & le ComteTarlo,
font allez trouver legrand
Visir, à l'Armée~&c'està leur
retour que nous pourrons favoir
quelque chose de ~positif.
Selon les apparences les Moscovites
ne rendront point Asaff.
jiinji la Guerre pourroit bien -
ejlre continuée. Ils ont demandé
des nouveaux délais; le
grand Vizir a dit à Messieurs
Schafirof & Czeremethof,
qu'il les feroitpendre vis-à-vis
l'un de l'autre,si on ne rendoit
pas la Place dans le temps fixé.
ilya apparence que le Roy
taJfèrA, encore icy cet hiver.
Lettre de l'Ambassadeur
d'Hollande
,
écrite de
Constantinople le 1 ~8;
Septembre.
Les Lettres de l'Armée du
29 Aoustportent queleVisir
étoit encore campéen Moldavie
du costéSeptentrional du Danube
; le Czar s'exeuse toIf
jourssurl'executionduTfaiter
~se qui cause quelque soupçon
somme s'il cherchoit à l'éluder,
le Roy de Suede continuë à
seplaindre dugrand virirËr
de la Paix à son exclusion
,
l'Envoyé desa Majeflé Suedoise
,
MonsieurFunck, s'ejl
rendu à l'Armée auprés du
grand Visir poury négocier à
la place du General Poniatov-
Vsh> à qui la Cour du Visir,
est défenduë:l'on a eu avis icy
queSa Majefléfaisoitréparer
les maisonsrüinées par les
inondations du Niester à Bender,
avec intentiond'ypasser
l'Hiver. Depuisles dernieres
nouvelles
,
les Plenipotentiaires
& les Otages du C^ar9 font
étroittement gardez aux sept
Tours ~& mis hors de tout
Arets.
Copie d'un Lettre de Monsieur
Stirnhoc, Secretaire
de Suede à Vienne du ig,,
Septembre.
Le Roy a refuséd'acepter
le Corps de Cavallerie que le
grand Visir luy avoit ojfirt
pour le conduire àses Provinces
ou à son Arméefous le commandement
du Bacha de Pomelie
, ~& l'on croit que Sa
Majesté ne quittera pas les
Turcs quelle n'aitauparavant
la Paix avec le Czar; lors
que le Roy a dit au grandVisir
qu'il ne tenoit qu'à luj de prendre
le Czar prisonnier
, &
puis stipuler telles conditions
qu'il pourvoit souhaitter ; il a
répondu que s'il prenoit le
Czar prisonnierilnesçauroit à
quis'adresser pour- traiter de la
Paix; (y a demandé qui gouverneroit
la Moscoviependant
saprison ; Monsieur Fabrice,
a ajouté que le Roy diffiroit
encored'écrire oudefaireécrire;
mjftn'ajy.- je point reçû de
Lettre de Bender depuis cet
évenement qu'une de Afonsieurle
Lieutenant General
d'Aldorf
,
du 26.Juilletcon*
cernantsesaffairesparticulières
où il n) a pas un mot de nou':'
velles. Il efi arrivé IEY un
Secretaire du-RésidentDalman;
qui a suivi le grand Visir en
Campagne; je luy ay parlé il
tria confirmé tout ce que nous
sçvons déja:, ajoutantque 14.
miseredel'ArméeMoscovite
étoitsigrandequelleétoit inexprimable
:que plus-de20 millei
hommes & tous les cheveaux
étôientpéris,&que le desespoit
avoitmême
,
après la Paixfaite,
porté prés de dèux-milles
Moscovites qui n'ont paseu 14,
ftrce, de marchera tied,,le long
chemin qu'ils avaient encore
A faire, d'embrasser la Religion
Mahometane;le même Secretaire
dit encore que le grand
Visirfaisoit tout de son mieux
pour attirer dans fort parti le
Kan des Tartares en luyoffrant
une bonne part de l'or & des
pierreries du C%ary maisl'Ambassadeur
d'Angleterre à Constantinople
a écrit icy du 2r.
jïoufl, que le Kan etoit toujours
des amis du Roy
, 0* nonobstant
que le Grand Seigneur a-'
'Voit ratifiéla Paix,SaMajesté
pourroit pourtant en continuant
la Guerre centre le C%ar> disposes
de toutes les forces deS'
Tartares.
Fermer
Résumé : « Voicy plusieurs autres Lettres, qui quoy qu'elles soient aussi [...] »
Le texte relate des échanges diplomatiques et militaires impliquant le roi de Suède, le grand vizir ottoman et le tsar de Russie. Une lettre de M. Fabien, datée du 3 septembre, mentionne l'arrivée du capitaine Kiahasi du grand vizir, laissant espérer un changement favorable. Le palatin de Kiev et le comte Tarlo ont rencontré le grand vizir, et leur retour devrait apporter des nouvelles positives. Les Moscovites refusent de rendre la place d'Asaff, ce qui pourrait prolonger la guerre. Le grand vizir a menacé de punir les représentants moscovites si la place n'est pas rendue. Le roi de Suède pourrait rester à Bender pour l'hiver. Une lettre de l'ambassadeur d'Hollande, datée du 18 septembre, indique que le vizir est encore en Moldavie et que le tsar retarde l'exécution de certains faits, suscitant des soupçons. Le roi de Suède se plaint de son exclusion des négociations de paix. L'envoyé suédois, M. Funck, est sur place pour négocier. Les plénipotentiaires et les otages du tsar sont étroitement gardés. Une lettre de M. Stirnhoc, datée du 19 septembre, révèle que le roi de Suède a refusé un corps de cavalerie offert par le grand vizir. Le roi attend la paix avec le tsar avant de quitter les Turcs. Le grand vizir exprime ses difficultés à négocier la paix si le tsar est capturé. Un secrétaire confirme les pertes importantes de l'armée moscovite et les efforts du grand vizir pour rallier les Tartares. Cependant, l'ambassadeur d'Angleterre indique que le kan des Tartares reste allié au roi de Suède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2369
p. 23-36
« Les Lettres de Hambourg du 20. Novembre portent que les [...] »
Début :
Les Lettres de Hambourg du 20. Novembre portent que les [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Moscovites, Guerre, Roi Auguste, Roi du Danemark, Artillerie, Armée, Traité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Hambourg du 20. Novembre portent que les [...] »
Les Lettres de Hambourg
du 20. Novembre portent
que les Suedois ont publié
un Maniseste pour répondre
à ceux du Roy de Dannemarck
& du Roy Auguste.
Il répresentent qu'ilsn'ont
donné aucun sujet de rupture
à ces deux Princes, qui
contre les Traitez, ont al.
lumé la Guerre dans l' Empire
où ils ont introduit les
Moscovires, qui pourront
leur donner ; ainsi qu'aux
autres Princesvoisins, coup
lieu de s'en repentir; qu'ils
ont aussi publié un autre Ecritoù
ils marquent les fervices
que le Roy Guftave-
Adolphe, rendit à l'Empire
dans le temps quel'Empereur
FerdinandII. publia,
le 18Avril 1619. un Editl
dans le desseinde se rendre
maistre absolu de toute
FAlemagne,fous pretexter
de fairebrestituer les biensdes
Eglises Catholiques
dont les Procédants étoient
en possession;quelaliberté;
de l'Empire avoic été réta-
"* blie
blic & affermie par les Traitez
de Westphalic qui avoient
terminé cette Guerre,
que tous les Princes de
l'Empire en devoient témoigner
leur reconnoissan
ces aux Suedois, & que si
ces Princes avoientconsenti
par ces Traitez à leur céder
quelques Provinces,ils ne
l'avoient pas tant fait pour
les dédommager des frais
de la Guerre, que pour leut
conserver une entrée, par
laquelle ils pouroient venir,
en cas de besoin, au secours
de l'Empire; que nonobstant
le Traité de Neutralité
fait pour conserver la tranquilité
de la Basse Allemagne,
le Roy de Dannemarck
& le Roy Auguste yavoient
commencé la Guerre.,quoy
dqoulem,elautRegence de Stokapprouvé
ce Traité;
que si le Roy de Suede,
ne l'avait accepté,ille
falloirattribuer àson
grand éloignement &à
quelques expressions préjudiciables
à sa Souveraineté
,
& à ce qu'il rendoit absolument
inutile l'Arméequ'il
avoit en Pomcianie , pendant
que ses Ennemis aù.
roient pû employer routes
leurs forces contre ses autres
Etats.
Ces mêmesLettresdirent
qu'un Officier envoyé par le
General Ducker,Commandant
de Stralzund
)
avoic
rapporté en passant à Hambourg
pouraller à Stral -
zund
, que la Garnison &
les Fortifications de laVille
étoitent en si bon état quelle
pouroit soutenir un long
siege, ce qui donncroit tout
le temps au secours que l'on
préparoit d'y arriver ; que
celles qu'on avoir reçues diij
Camp devant cette Place
portoient, que du nombre
des Bastiments du Roy de
DannemarcK
,
qui étoient
èhargezd'Artillerie, il n'en
étoit arrivé que deux,le rëftôayant
été dispersé par I&
témpeste; qu'il n'y avoit sur 1
ces deux Bastimens que qua.,,,
torze pieces de gros canon
& onze de dix huit livres de
baie, que l'on travailloir à
débarquer
,
& que le reste
de l'Artillerie & les Munilfl
tions étoient sur les autfififl
Bastimens quiavoient esié.
obligez de relâcher vers l'Ilk
de Femeren ; que la plus
grande partie des Vaisscaux
de Guerre séroient recirez
ducosté de l'isle de Moon,
& que le reste croifoit à la
baureur de l'Isle de Rugen,
eu il n'y avoit pas d'appar
renceque les Ennemis fissent
une defente;qu'il n'y avoic
pas non plus d'apparence
qu'ilspussent attaquer la
Place dans les formes., leur
Armée foutfrant beaucoup
par les maladies, & par les
mauvais temps, & particulièrement
la Cavalerie
)
dont on avoit déjàenvoyé
une grande partie sur les
Frontières de Pologne.
t
Les Lettres de Stoxolm du i s- Octobre disent que le
Roy Stamflus, après avoir
eu plusieursConférences
avec la Régence
, en étoit
party pour Carel scroon., où
il devoit s'embarquer sur
une Florte de trente Vaisfaux
de Guerre ou Fregatcs,
commandée par le General
Wdchrmci ster ,qui dévoie
transporter treize mille
hommes, en Pomeranie. -|
Celles de Varsovie du 14
Novembre marquent, qu'-
un grand nombre de Gentilshommes
& d'autres gens
rüinez par les Taxes & Contributions
exigées par les
Troupes de la Nation, par
les Saxfons, & par les MaC:
covites, avoient formé un
corps considérable dans la
grande Pologne,où ilsfaisoient
de grands désordes,
ainsique danslePalatinat de
de Cracovie, sous le nom
d'Indépendants; que l'Armée
de Lithuanie qui s'était
approchée de la Frontiere,
faisoitaussi de grands defordres
en retournant dans ce
Duché, où elle doit prendre
des quartiers d'hiver: que
les Députez nommez par la
Republique pour traiter avec
les Envoyez du Grand
Seigneur, estoient arrivez
à Leopol
,
ainsi que le
Comte Sienawski, Grand
General de la Couronne;
mais qu'on nesçvoit pas encore
quand ces Envoyez s'y
rendroient.
Par les avis qu'on avoit
eus àHambourg le 27. Novembre
,
du Camp devant
Stralzund
,
l'Artillerie du
Roy Auguste n'y étoit pas
encore arrivé, les chemins étant
tous rompus à cause des
pluyes continuëlles ; on
travailloit à débarquer celle
qui étoit sur les deux Bastiments
de la FlotteDanoise
qui avoient abordé heureusement
; mais comme elle
n'étoitpassuffisante pour
battre la Place vigoureusement
, on croyoit que les
deux Rois feroient contraints
d'abandonuer cette
entreprise, ou dela terminer
parun bombardement, à*
cause de l'impossibilité qu'il
y avoit de faire hiverner
leurs Troupes dans la Pomeranie,
à causede la disette
des fourages.
D'autres Lettres portaient
que les Partis de
Wismar conrinuoient leurs
courses sans que les Troupes
Danoises qui en font le
blocus,pussent les en empêcher;
que le 2 1.ils enleverent
un Courrier qui venoit de
l'Armée; que la nuit du
1
au 16. un Détachement de
la Garnison battit auprés de
Warnemunde, une garde
Danoise & brûsla un Bastimène
chargé d'Artillerie;
que le Capitaine d'unYacht
Suédois, arrivé dans le Porc
decette Place avoit rapporté
que cent quarante Bastimens
detransport partis de Stokholm
étoient arrivez à Carelfcroon
)
escortez par
vingt - huit Vaisseaux de
guerre &qu'ils devoient incessamenttransporter
treize
mille hom. en Pomeranie.
Par lesavisdeBerlin du 14.
on a appris que l'Electeur
de Brandebourg
,
avoit envoyé
ordre à sesTroupes qui
ont fait la Campagne dans
le PJYsBas) de retourner en
diligence dans ses Etats.
du 20. Novembre portent
que les Suedois ont publié
un Maniseste pour répondre
à ceux du Roy de Dannemarck
& du Roy Auguste.
Il répresentent qu'ilsn'ont
donné aucun sujet de rupture
à ces deux Princes, qui
contre les Traitez, ont al.
lumé la Guerre dans l' Empire
où ils ont introduit les
Moscovires, qui pourront
leur donner ; ainsi qu'aux
autres Princesvoisins, coup
lieu de s'en repentir; qu'ils
ont aussi publié un autre Ecritoù
ils marquent les fervices
que le Roy Guftave-
Adolphe, rendit à l'Empire
dans le temps quel'Empereur
FerdinandII. publia,
le 18Avril 1619. un Editl
dans le desseinde se rendre
maistre absolu de toute
FAlemagne,fous pretexter
de fairebrestituer les biensdes
Eglises Catholiques
dont les Procédants étoient
en possession;quelaliberté;
de l'Empire avoic été réta-
"* blie
blic & affermie par les Traitez
de Westphalic qui avoient
terminé cette Guerre,
que tous les Princes de
l'Empire en devoient témoigner
leur reconnoissan
ces aux Suedois, & que si
ces Princes avoientconsenti
par ces Traitez à leur céder
quelques Provinces,ils ne
l'avoient pas tant fait pour
les dédommager des frais
de la Guerre, que pour leut
conserver une entrée, par
laquelle ils pouroient venir,
en cas de besoin, au secours
de l'Empire; que nonobstant
le Traité de Neutralité
fait pour conserver la tranquilité
de la Basse Allemagne,
le Roy de Dannemarck
& le Roy Auguste yavoient
commencé la Guerre.,quoy
dqoulem,elautRegence de Stokapprouvé
ce Traité;
que si le Roy de Suede,
ne l'avait accepté,ille
falloirattribuer àson
grand éloignement &à
quelques expressions préjudiciables
à sa Souveraineté
,
& à ce qu'il rendoit absolument
inutile l'Arméequ'il
avoit en Pomcianie , pendant
que ses Ennemis aù.
roient pû employer routes
leurs forces contre ses autres
Etats.
Ces mêmesLettresdirent
qu'un Officier envoyé par le
General Ducker,Commandant
de Stralzund
)
avoic
rapporté en passant à Hambourg
pouraller à Stral -
zund
, que la Garnison &
les Fortifications de laVille
étoitent en si bon état quelle
pouroit soutenir un long
siege, ce qui donncroit tout
le temps au secours que l'on
préparoit d'y arriver ; que
celles qu'on avoir reçues diij
Camp devant cette Place
portoient, que du nombre
des Bastiments du Roy de
DannemarcK
,
qui étoient
èhargezd'Artillerie, il n'en
étoit arrivé que deux,le rëftôayant
été dispersé par I&
témpeste; qu'il n'y avoit sur 1
ces deux Bastimens que qua.,,,
torze pieces de gros canon
& onze de dix huit livres de
baie, que l'on travailloir à
débarquer
,
& que le reste
de l'Artillerie & les Munilfl
tions étoient sur les autfififl
Bastimens quiavoient esié.
obligez de relâcher vers l'Ilk
de Femeren ; que la plus
grande partie des Vaisscaux
de Guerre séroient recirez
ducosté de l'isle de Moon,
& que le reste croifoit à la
baureur de l'Isle de Rugen,
eu il n'y avoit pas d'appar
renceque les Ennemis fissent
une defente;qu'il n'y avoic
pas non plus d'apparence
qu'ilspussent attaquer la
Place dans les formes., leur
Armée foutfrant beaucoup
par les maladies, & par les
mauvais temps, & particulièrement
la Cavalerie
)
dont on avoit déjàenvoyé
une grande partie sur les
Frontières de Pologne.
t
Les Lettres de Stoxolm du i s- Octobre disent que le
Roy Stamflus, après avoir
eu plusieursConférences
avec la Régence
, en étoit
party pour Carel scroon., où
il devoit s'embarquer sur
une Florte de trente Vaisfaux
de Guerre ou Fregatcs,
commandée par le General
Wdchrmci ster ,qui dévoie
transporter treize mille
hommes, en Pomeranie. -|
Celles de Varsovie du 14
Novembre marquent, qu'-
un grand nombre de Gentilshommes
& d'autres gens
rüinez par les Taxes & Contributions
exigées par les
Troupes de la Nation, par
les Saxfons, & par les MaC:
covites, avoient formé un
corps considérable dans la
grande Pologne,où ilsfaisoient
de grands désordes,
ainsique danslePalatinat de
de Cracovie, sous le nom
d'Indépendants; que l'Armée
de Lithuanie qui s'était
approchée de la Frontiere,
faisoitaussi de grands defordres
en retournant dans ce
Duché, où elle doit prendre
des quartiers d'hiver: que
les Députez nommez par la
Republique pour traiter avec
les Envoyez du Grand
Seigneur, estoient arrivez
à Leopol
,
ainsi que le
Comte Sienawski, Grand
General de la Couronne;
mais qu'on nesçvoit pas encore
quand ces Envoyez s'y
rendroient.
Par les avis qu'on avoit
eus àHambourg le 27. Novembre
,
du Camp devant
Stralzund
,
l'Artillerie du
Roy Auguste n'y étoit pas
encore arrivé, les chemins étant
tous rompus à cause des
pluyes continuëlles ; on
travailloit à débarquer celle
qui étoit sur les deux Bastiments
de la FlotteDanoise
qui avoient abordé heureusement
; mais comme elle
n'étoitpassuffisante pour
battre la Place vigoureusement
, on croyoit que les
deux Rois feroient contraints
d'abandonuer cette
entreprise, ou dela terminer
parun bombardement, à*
cause de l'impossibilité qu'il
y avoit de faire hiverner
leurs Troupes dans la Pomeranie,
à causede la disette
des fourages.
D'autres Lettres portaient
que les Partis de
Wismar conrinuoient leurs
courses sans que les Troupes
Danoises qui en font le
blocus,pussent les en empêcher;
que le 2 1.ils enleverent
un Courrier qui venoit de
l'Armée; que la nuit du
1
au 16. un Détachement de
la Garnison battit auprés de
Warnemunde, une garde
Danoise & brûsla un Bastimène
chargé d'Artillerie;
que le Capitaine d'unYacht
Suédois, arrivé dans le Porc
decette Place avoit rapporté
que cent quarante Bastimens
detransport partis de Stokholm
étoient arrivez à Carelfcroon
)
escortez par
vingt - huit Vaisseaux de
guerre &qu'ils devoient incessamenttransporter
treize
mille hom. en Pomeranie.
Par lesavisdeBerlin du 14.
on a appris que l'Electeur
de Brandebourg
,
avoit envoyé
ordre à sesTroupes qui
ont fait la Campagne dans
le PJYsBas) de retourner en
diligence dans ses Etats.
Fermer
Résumé : « Les Lettres de Hambourg du 20. Novembre portent que les [...] »
Les Lettres de Hambourg du 20 novembre rapportent que les Suédois ont publié un manifeste en réponse à ceux du roi de Danemark et du roi Auguste. Les Suédois affirment n'avoir donné aucun motif de rupture à ces deux princes, qui ont déclenché la guerre en violation des traités, introduisant les Moscovites dans l'Empire. Ils rappellent également les services rendus par le roi Gustave-Adolphe à l'Empire lors de l'édit de Ferdinand II en 1619, visant à établir une domination absolue en Allemagne sous prétexte de restituer les biens des Églises catholiques. Les traités de Westphalie ont rétabli et affirmé la liberté de l'Empire, et les princes doivent reconnaître les services des Suédois. Les mêmes lettres mentionnent que la garnison et les fortifications de Stralsund sont en bon état, capables de soutenir un long siège. Les forces danoises, dispersées par une tempête, manquent d'artillerie suffisante pour attaquer la place. Les lettres de Stockholm du 1er octobre indiquent que le roi Gustave-Adolphe se prépare à embarquer pour la Poméranie avec une flotte de trente vaisseaux de guerre, transportant treize mille hommes. Les lettres de Varsovie du 14 novembre signalent des troubles en grande Pologne et dans le Palatinat de Cracovie, causés par les taxes et contributions exigées par les troupes. Les députés de la République pour traiter avec les envoyés du Grand Seigneur sont arrivés à Leopoli. Les avis de Hambourg du 27 novembre rapportent que l'artillerie du roi Auguste n'est pas encore arrivée devant Stralsund en raison des pluies continuelles, rendant l'entreprise difficile. Les lettres mentionnent également des actions des partisans de Wismar contre les troupes danoises. Enfin, les avis de Berlin du 14 novembre indiquent que l'Électeur de Brandebourg a ordonné à ses troupes de retourner dans ses États.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2370
p. 36-40
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
Début :
Les Quartiers d'hiver de l'Armée de l'Empire ont été [...]
Mots clefs :
Vienne, Paix, Couronnement, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
Extrait d'une Lettre de
Vienne, du 18. Novembre.
Les Quartiersd'hiver de
l'Armée de l'Empire ont cié
règlez,neufRegiments Autrichiens
,
doivent hiverner en
Ba viere, trois dans la Boheme,
& un dans l'Autriche, e
les Troupes des Electeurs dans
leurs Etats. Les Lettres qu'ona
reçeûës desFrontieres de Turquie
confirment que ïArmée
Othomaneprenoitsesquartiers
d'hiver des deuxcoflt7,du Danube^
du Prut; que le Grand
Seigneurparoissoit toûjours
disposéà observer exactement
le Traité de Carlowitz, ce
que le Roy de Sucde déçoit
hiverner à Bender. L'Imperatrice
Regente a écrit à ce Prince
pour luy offrir un passage libre
par la Hongrie
, & par lei
PaysHereditaires, à condition
qu'il ne seroit accompagé que
de deux mille hommes. L'Archiducayant
envoyé ordre au
Comte de Staremberg, President
de la Chambre des Finances
,de préparer dessommes considerables
pour les dépenses de
son Couronnement, e pour
continuer vigoureusement la
Guerre, onparle de mettre sur
le tapis le projet proposé en
1703. qui (si de mettre une
tres-forte taxe sur tous les
biens meubles & immeubles
sur , tous les Marchands Artisans, , & autres , ce qui
cause une grande consternation.
Le jour du Couronnement n'ejl
point encorefixé:cependant les
principaux Officiers de la
Maison du nouvel Empereur,
partent pourse rendre à Francfort.
Onareçû icy les Préliminaires
de la Paix,signez entre
la France &l'Angleterre ; le
Conseil quis'estAssembléplusieursfois
pour les examiner,
ne les àpas approuvez On commence
à battre laCaisse
}
pour
lever les Recreuës nécessaires
pour lesRegiments Autrichiens
&on a envoyédesordres dans
tous les PaysHereditairespour
les obligeràfournirle nombre de
Soldatsauquel ils ont ététaxez
defournir. Le Primce Charles
de lVe'Wbourg) Gouverneur dtt
TiraI qui avoitportéà Milan le
Decret de tEleaion à l'Archiduc,
est revenu à Inspruch afin
de donner ordre aux préparatifs
pour la réception de ce Prince luhoimdmeavgoiety recevoir le il.
des Etats du Tirol.
Vienne, du 18. Novembre.
Les Quartiersd'hiver de
l'Armée de l'Empire ont cié
règlez,neufRegiments Autrichiens
,
doivent hiverner en
Ba viere, trois dans la Boheme,
& un dans l'Autriche, e
les Troupes des Electeurs dans
leurs Etats. Les Lettres qu'ona
reçeûës desFrontieres de Turquie
confirment que ïArmée
Othomaneprenoitsesquartiers
d'hiver des deuxcoflt7,du Danube^
du Prut; que le Grand
Seigneurparoissoit toûjours
disposéà observer exactement
le Traité de Carlowitz, ce
que le Roy de Sucde déçoit
hiverner à Bender. L'Imperatrice
Regente a écrit à ce Prince
pour luy offrir un passage libre
par la Hongrie
, & par lei
PaysHereditaires, à condition
qu'il ne seroit accompagé que
de deux mille hommes. L'Archiducayant
envoyé ordre au
Comte de Staremberg, President
de la Chambre des Finances
,de préparer dessommes considerables
pour les dépenses de
son Couronnement, e pour
continuer vigoureusement la
Guerre, onparle de mettre sur
le tapis le projet proposé en
1703. qui (si de mettre une
tres-forte taxe sur tous les
biens meubles & immeubles
sur , tous les Marchands Artisans, , & autres , ce qui
cause une grande consternation.
Le jour du Couronnement n'ejl
point encorefixé:cependant les
principaux Officiers de la
Maison du nouvel Empereur,
partent pourse rendre à Francfort.
Onareçû icy les Préliminaires
de la Paix,signez entre
la France &l'Angleterre ; le
Conseil quis'estAssembléplusieursfois
pour les examiner,
ne les àpas approuvez On commence
à battre laCaisse
}
pour
lever les Recreuës nécessaires
pour lesRegiments Autrichiens
&on a envoyédesordres dans
tous les PaysHereditairespour
les obligeràfournirle nombre de
Soldatsauquel ils ont ététaxez
defournir. Le Primce Charles
de lVe'Wbourg) Gouverneur dtt
TiraI qui avoitportéà Milan le
Decret de tEleaion à l'Archiduc,
est revenu à Inspruch afin
de donner ordre aux préparatifs
pour la réception de ce Prince luhoimdmeavgoiety recevoir le il.
des Etats du Tirol.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 18. Novembre.
La lettre du 18 novembre à Vienne annonce que les quartiers d'hiver de l'Armée de l'Empire sont établis. Neuf régiments autrichiens hiverneront en Bavière, trois en Bohême et un en Autriche, tandis que les troupes des Électeurs resteront dans leurs États. L'Armée ottomane prend ses quartiers d'hiver de part et d'autre du Danube et du Prut, et le Grand Seigneur semble respecter le Traité de Carlowitz. Le roi de Suède, Charles XII, prévoit d'hiverner à Bender. L'Imperatrice Régente a proposé un passage libre au roi de Suède à travers la Hongrie et les Pays Hereditaires, à condition qu'il soit accompagné de seulement deux mille hommes. L'Archiduc a ordonné au Comte de Staremberg de préparer des fonds pour le couronnement et la poursuite de la guerre. Un projet de 1703 proposant une forte taxe sur les biens meubles et immeubles, ainsi que sur les marchands et artisans, suscite une grande consternation. Les préliminaires de la paix entre la France et l'Angleterre ont été reçus et désapprouvés par le Conseil à Vienne. Des mesures sont prises pour lever des recrues pour les régiments autrichiens, et le Prince Charles de Wurtemberg est revenu à Innsbruck pour préparer la réception de l'Archiduc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2371
p. 40-46
« Les Lettres de Madrid du 16. Novembre, portent que la [...] »
Début :
Les Lettres de Madrid du 16. Novembre, portent que la [...]
Mots clefs :
Roi, Renne, Madrid, Feux d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Madrid du 16. Novembre, portent que la [...] »
Les Lettres de Madrid du
16. Novembre,portent que la
Cour partit d'Aranjuez le14.
Que leurs Majestez Catholiques
, en passant par Cien-
Poçuelos
,
où les Ennemis avoient
campé longtemps l'année
précédente
, y avoient été
reçues avec de grandes démons- -
trations de joye; que lesHabitans
avoient planté exprèssur
le chemin, une Avenue d'arbres
dm quart de lieuë de
longueur; a chacun des bouts il
y avoit un Arc de Triomphe
orné des portraits du Roy
,
de
la Reine
, e du Prince det
Asturies ; qu'ils avoient tiré
plusieurs feux d'Artifice,fait
couler des Fontaines de vin , & donnéplusieurs autres marques
de leurzele: que le
1 5.
leurs Majestez arrivèrent à
Madrid; qu'Elles allerent descendre
à IVoflre- Dame d'A..
tocha où l'on chanta le Te
Deum;que le Roy monta enfuite
à cheval, & la Reine en
Carosse,avec le Princesonfils:
que toutes les rues où leurs
À4ajefleK passerentétoient tenduesdesplus
belles Tapisseries)
avecungrand nombre de Portraits
du Roy, de la R.eine,&
du Prince; que les Boutiques
de la rui des Orphévresétoient
ornées de vases & de VaijpUe
d'or Qr d'argent, de quantité de
Bijoux &de toutesfortes de
pierreries : que la marche dura
jusqu'a la nuit, avec des acclamarions
& des marques
de zrle inexprimables ; que le
soir on fit jouer la grande Ma*
chine de feux d'Artifice qui, avoit
été dressée dans la Place du
Palais ; que les fenestres des
Maisons furent illuminées de
flambeaux de cire blanche pen-(
dant toute la nuit.
Celles du13.marquent que
les réjouissances ont continué
les deux jourssuivans par des
feux d'Artifice d'une beautésur
prenante, de l'inventiond'uncélébréArtificierd'Alcala
;par
des illuminations,&par toutes
les autres démonstrations d'une
grande joye : que le 19. on ce.
lebra dans l'EZlifè des Carmelites
Dechaussées
, une Mfie
solennelle pour rendregrâces à
Dieu de l'heureux retour de
leurs Majestez Catholiques&
du Prince leur fils; que Don
Lorenfo - Folch de Cardona
, grand Aumosnier, officia, &
que Don Juan de las Evas
Prédicateurdu , Roy,fit un très
beau Sermon ; que le 11. les
Jfùites du Collège Impérialsirent
des obseques folemmelles
pour le repos des Ames des Soldats
qui sont morts pendant lA
derniere Campagne, & que
toute la Noblessey affijla: que
plujieurs Particuliers., recommencerent
le 1 3. à donner des
marque de leurjoye pour l'arrivée
de leurs Majestez,par des
illumina/ions, par des feux
d'Artifice
, cy des Arcs de
Trbe,ornez de Peintures
&de vers à la louange de leurs
Afajejle^ ; que les deux Compagnies
de Comediens-Espagnols
allerent en Mascarade
MI Palais où ils chanterent des
Airs nouveaux, 0* répresenterent
unetrès-belle Piecequi
finit par un Bal magnifique.
Qu'à l'égard des nouvelles
de la guerre, les Lettres qu'on
Avoit reçues d'Arragon portoient
que les Troupes du Roy
quifont dans ce Royaumes'étoient
emparées de Benavarri
oùil y avoit trois cens hommes,
qui avoientétéfaits prisonniers
avec Don Bonfacto
Manrique, qui les commandoit.
16. Novembre,portent que la
Cour partit d'Aranjuez le14.
Que leurs Majestez Catholiques
, en passant par Cien-
Poçuelos
,
où les Ennemis avoient
campé longtemps l'année
précédente
, y avoient été
reçues avec de grandes démons- -
trations de joye; que lesHabitans
avoient planté exprèssur
le chemin, une Avenue d'arbres
dm quart de lieuë de
longueur; a chacun des bouts il
y avoit un Arc de Triomphe
orné des portraits du Roy
,
de
la Reine
, e du Prince det
Asturies ; qu'ils avoient tiré
plusieurs feux d'Artifice,fait
couler des Fontaines de vin , & donnéplusieurs autres marques
de leurzele: que le
1 5.
leurs Majestez arrivèrent à
Madrid; qu'Elles allerent descendre
à IVoflre- Dame d'A..
tocha où l'on chanta le Te
Deum;que le Roy monta enfuite
à cheval, & la Reine en
Carosse,avec le Princesonfils:
que toutes les rues où leurs
À4ajefleK passerentétoient tenduesdesplus
belles Tapisseries)
avecungrand nombre de Portraits
du Roy, de la R.eine,&
du Prince; que les Boutiques
de la rui des Orphévresétoient
ornées de vases & de VaijpUe
d'or Qr d'argent, de quantité de
Bijoux &de toutesfortes de
pierreries : que la marche dura
jusqu'a la nuit, avec des acclamarions
& des marques
de zrle inexprimables ; que le
soir on fit jouer la grande Ma*
chine de feux d'Artifice qui, avoit
été dressée dans la Place du
Palais ; que les fenestres des
Maisons furent illuminées de
flambeaux de cire blanche pen-(
dant toute la nuit.
Celles du13.marquent que
les réjouissances ont continué
les deux jourssuivans par des
feux d'Artifice d'une beautésur
prenante, de l'inventiond'uncélébréArtificierd'Alcala
;par
des illuminations,&par toutes
les autres démonstrations d'une
grande joye : que le 19. on ce.
lebra dans l'EZlifè des Carmelites
Dechaussées
, une Mfie
solennelle pour rendregrâces à
Dieu de l'heureux retour de
leurs Majestez Catholiques&
du Prince leur fils; que Don
Lorenfo - Folch de Cardona
, grand Aumosnier, officia, &
que Don Juan de las Evas
Prédicateurdu , Roy,fit un très
beau Sermon ; que le 11. les
Jfùites du Collège Impérialsirent
des obseques folemmelles
pour le repos des Ames des Soldats
qui sont morts pendant lA
derniere Campagne, & que
toute la Noblessey affijla: que
plujieurs Particuliers., recommencerent
le 1 3. à donner des
marque de leurjoye pour l'arrivée
de leurs Majestez,par des
illumina/ions, par des feux
d'Artifice
, cy des Arcs de
Trbe,ornez de Peintures
&de vers à la louange de leurs
Afajejle^ ; que les deux Compagnies
de Comediens-Espagnols
allerent en Mascarade
MI Palais où ils chanterent des
Airs nouveaux, 0* répresenterent
unetrès-belle Piecequi
finit par un Bal magnifique.
Qu'à l'égard des nouvelles
de la guerre, les Lettres qu'on
Avoit reçues d'Arragon portoient
que les Troupes du Roy
quifont dans ce Royaumes'étoient
emparées de Benavarri
oùil y avoit trois cens hommes,
qui avoientétéfaits prisonniers
avec Don Bonfacto
Manrique, qui les commandoit.
Fermer
Résumé : « Les Lettres de Madrid du 16. Novembre, portent que la [...] »
Le 14 novembre, la Cour quitta Aranjuez pour Madrid. À Cien-Poçuelos, les souverains furent accueillis par des démonstrations de joie, des arcs de triomphe ornés de leurs portraits, des feux d'artifice et des fontaines de vin. Le 15 novembre, à Madrid, les rues étaient tendues de tapisseries et ornées de portraits. Des acclamations et des illuminations marquèrent leur arrivée. Le soir, des feux d'artifice furent allumés sur la Place du Palais. Les réjouissances se poursuivirent avec des illuminations et des feux d'artifice. Le 19 novembre, une messe solennelle fut célébrée pour remercier Dieu du retour des souverains. Le 11 novembre, les Jésuites organisèrent des obsèques solennelles pour les soldats morts lors de la dernière campagne. Des particuliers et des comédiens espagnols exprimèrent également leur joie par des illuminations, des arcs de triomphe et des représentations théâtrales. Sur le front de la guerre, les troupes du roi prirent Benavarri en Aragon, capturant trois cents hommes, dont Don Bonfacto Manrique, leur commandant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2372
p. 46-52
Extrait d'une Lettre du Camp de Calaf du 18 Novembre.
Début :
Mr le Comte de Muret, Lieutenant General ayant esté détaché [...]
Mots clefs :
Troupes, Calaf, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Camp de Calaf du 18 Novembre.
Extrait d'une Lettre du
Camp de Calafdu 18
Novembre.
Mr le Comte de Muret,
Lieutenant General ayant esté
détachéavec trois mille hommes.
pour aller attaquer Cardone,
y arriva le 14. Il trouva
qite les Ennemis avoient aDèz
bien fortifié la Ville & le
Chasteau, £r que même ils
avoient aussifortifié une Casfine
où ils avoient missix-vingt
hommu. Ilfut aussi que la
Garnisonetoit composée de
bonnes Troupes; sçavoir du
Régiment de Taf, de deux
Battaillons; d'un Régiment de
Grisons, & de celuy Jef.,
Députation de Catalogne d'un
battaillon chutlnJ (;7 trois cens
hommes d'autres Troupes, qui
toutes étoient bien disposées à
faire une vigoureuse résistance :
Mais les Troupes du Roy
étoient auiYi bien dijpojeeh a les
attaquer. L'Artillerie ayant
ruiné les def,njres de deux
Tours quiflanquoient ungrand
retranchement que les Ennemii
avoientélevé entre la Cassine
& la Ville, Mr le Comte de
Muretfit toutes les dispositions
necessaires pour attaquer ce
retranchement. Il partagea
quatorze cens hommes en trois
Corps; celuy du centre, desix
Compagnies de Grenadiers Ë,,r
de six piquets, étoit commandé
parMr le Marquis d'Arpajon;
celuy de la droite,composé d'un
pareil nombre de Grenadiers gr
de
de piquets étoit commandé par
fyfr le Comte d'Hercel, c:::ï
celuy de la gauche
,
de trois
:ens Dragons &desix Piquets,
étoit commandé par
Mf le Comte de Melun. On
narcha dans cet ordre le i7.a
a pointe dujour, en laissant
derriere la Cassinefortifiée,&
e retranchement fut emporté
.)Epée à la mainJaux trois ataques.
Les Troupes qui les
dessendoientfurentsuiviesdesi
réscjue les nôtres entrerentdans
a Ville avec elles. Le Gou-.
verneur du Chasteau, voulant
profiter de ce désordre, fit sortir
trois cens hommes pour enveloper
nos Troupes, & les mettre
entre deux feux; mais ellesse
rallierentsipromptementqu'elles
obligerent les Ennemis de se
jetter dans un Ravin, & de
se retirerderriere la Riviere de
Cardonner. On ne trouva point
d'Habitansdans laVille,parce
qu'ils en étoient tous sortis à
l'approche de nos Troupes. Mr
le Comte de Muretfit ensuite
sommer le Commandant de la
CaJJine,cjiiise renditavecsept
autres Officiers 0* cent douze
Soldatssans avoiretféattaque;
IJÆI'!Y que cepostefustfraisé&
palissadé. Mr de Courtieres,
Lieutenant Colonel dans les
TroupesWalones,unCapitaine
des Grenadiers & un Aidc-
Major des mesmesTroupes,
furent blessezàl'attaque du
retranchement, qui n'a pas
cousté aux Troupes du Roy
vQleufiae%ra9ntehommes tuez ou
au lieu que les Ennemisen
ont perdu environ sept
cens, tant tue%, déserteurs
ouprisonniers,y compris
lessix-vingtshommesqui
étoient dans la CaJJtne. On
trouva beaucoup de vivre?
dans la Ville, que les Ennemis
yavoientamassez. Lelendemain
de l'action, Mr le Comte
de Muretfit dresserdes Batte
ries contre leChasteau.
Camp de Calafdu 18
Novembre.
Mr le Comte de Muret,
Lieutenant General ayant esté
détachéavec trois mille hommes.
pour aller attaquer Cardone,
y arriva le 14. Il trouva
qite les Ennemis avoient aDèz
bien fortifié la Ville & le
Chasteau, £r que même ils
avoient aussifortifié une Casfine
où ils avoient missix-vingt
hommu. Ilfut aussi que la
Garnisonetoit composée de
bonnes Troupes; sçavoir du
Régiment de Taf, de deux
Battaillons; d'un Régiment de
Grisons, & de celuy Jef.,
Députation de Catalogne d'un
battaillon chutlnJ (;7 trois cens
hommes d'autres Troupes, qui
toutes étoient bien disposées à
faire une vigoureuse résistance :
Mais les Troupes du Roy
étoient auiYi bien dijpojeeh a les
attaquer. L'Artillerie ayant
ruiné les def,njres de deux
Tours quiflanquoient ungrand
retranchement que les Ennemii
avoientélevé entre la Cassine
& la Ville, Mr le Comte de
Muretfit toutes les dispositions
necessaires pour attaquer ce
retranchement. Il partagea
quatorze cens hommes en trois
Corps; celuy du centre, desix
Compagnies de Grenadiers Ë,,r
de six piquets, étoit commandé
parMr le Marquis d'Arpajon;
celuy de la droite,composé d'un
pareil nombre de Grenadiers gr
de
de piquets étoit commandé par
fyfr le Comte d'Hercel, c:::ï
celuy de la gauche
,
de trois
:ens Dragons &desix Piquets,
étoit commandé par
Mf le Comte de Melun. On
narcha dans cet ordre le i7.a
a pointe dujour, en laissant
derriere la Cassinefortifiée,&
e retranchement fut emporté
.)Epée à la mainJaux trois ataques.
Les Troupes qui les
dessendoientfurentsuiviesdesi
réscjue les nôtres entrerentdans
a Ville avec elles. Le Gou-.
verneur du Chasteau, voulant
profiter de ce désordre, fit sortir
trois cens hommes pour enveloper
nos Troupes, & les mettre
entre deux feux; mais ellesse
rallierentsipromptementqu'elles
obligerent les Ennemis de se
jetter dans un Ravin, & de
se retirerderriere la Riviere de
Cardonner. On ne trouva point
d'Habitansdans laVille,parce
qu'ils en étoient tous sortis à
l'approche de nos Troupes. Mr
le Comte de Muretfit ensuite
sommer le Commandant de la
CaJJine,cjiiise renditavecsept
autres Officiers 0* cent douze
Soldatssans avoiretféattaque;
IJÆI'!Y que cepostefustfraisé&
palissadé. Mr de Courtieres,
Lieutenant Colonel dans les
TroupesWalones,unCapitaine
des Grenadiers & un Aidc-
Major des mesmesTroupes,
furent blessezàl'attaque du
retranchement, qui n'a pas
cousté aux Troupes du Roy
vQleufiae%ra9ntehommes tuez ou
au lieu que les Ennemisen
ont perdu environ sept
cens, tant tue%, déserteurs
ouprisonniers,y compris
lessix-vingtshommesqui
étoient dans la CaJJtne. On
trouva beaucoup de vivre?
dans la Ville, que les Ennemis
yavoientamassez. Lelendemain
de l'action, Mr le Comte
de Muretfit dresserdes Batte
ries contre leChasteau.
Fermer
Résumé : Extrait d'une Lettre du Camp de Calaf du 18 Novembre.
Le 14 novembre, le Comte de Muret, lieutenant général, arriva à Cardone avec trois mille hommes pour attaquer la ville. Les ennemis avaient fortifié la ville, le château et une caserne, où ils avaient placé soixante-dix hommes. La garnison comprenait des troupes du Régiment de Taf, deux bataillons, le Régiment de Grisons, le Régiment Jef, une députation de Catalogne et trois cents hommes d'autres troupes. L'artillerie française détruisit les défenses de deux tours, permettant au Comte de Muret de préparer l'attaque d'un retranchement entre la caserne et la ville. Il divisa quatorze cents hommes en trois corps : le centre commandé par le Marquis d'Arpajon, la droite par le Comte d'Hercel et la gauche par le Comte de Melun. Le 17 novembre, à l'aube, les troupes françaises attaquèrent et prirent le retranchement après trois assauts. Les ennemis se retirèrent derrière la rivière de Cardonner. La ville était vide d'habitants. Le Comte de Muret somma ensuite le commandant de la caserne, qui se rendit avec sept autres officiers et cent douze soldats. Parmi les blessés français figuraient Mr de Courtieres, un capitaine des grenadiers et un aide-major des troupes wallonnes. Les pertes françaises s'élevèrent à vingt-neuf hommes tués ou blessés, tandis que les ennemis perdirent environ sept cents hommes, y compris les soixante-dix de la caserne. Beaucoup de vivres furent trouvés dans la ville. Le lendemain, le Comte de Muret fit dresser des batteries contre le château.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2373
p. 52-90
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
De Venise le 14. Novembre. On a fait icy pendant [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Bataillon, Madrid, Courtrai, Arras, La Haye, Fort-Louis, Bayonne, Huningue, Milan, Naples, Angleterre, Grenoble, Gênes, Rome, Londres, Paix, Lisbonne, Venise, Cadix, Vaisseaux, Deuil, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLES
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
Fermer
Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
À la fin de l'année 1700, divers événements politiques et militaires ont marqué l'Europe. À Venise, des prières publiques ont été organisées pour lutter contre une épidémie affectant le bétail, qui s'est également propagée dans le Mantouan, la Styrie et la Carinthie. À Milan, les ambassadeurs de Venise ont été reçus par l'Archiduc, et le cardinal Impérial a fait une entrée publique. Les ambassadeurs de Gênes et de Lucques ont également été accueillis. À Lisbonne, la paix en Angleterre a été confirmée par des préliminaires apportés par un ambassadeur. À Naples, les réjouissances pour l'élection de l'Archiduc à l'Empire ont été perturbées par la pluie. À Cadix, des navires hollandais chargés de marchandises ont été capturés par des armateurs français, et une frégate française a attaqué un vaisseau portugais. Des déserteurs de Gibraltar continuaient d'arriver. À Rome, la marquise de Prié a reçu des compliments pour l'élection de l'Archiduc. À Lisbonne, des inquiétudes ont surgi concernant des troupes débarquées aux îles du Cap-Vert. À Londres, des préparatifs pour la paix ont été mentionnés, et des prisonniers français ont été transportés à Calais. Des troubles ont été évités lors de la célébration de la naissance de la reine Élisabeth. À Cents, l'ambassadeur d'Espagne a pris congé du Sénat pour se rendre à Madrid. Des troupes allemandes ont occupé des quartiers d'hiver dans le Mantouan et sur les terres du Grand-Duc. À Grenoble, des dragons ont repoussé une garnison ennemie. À Huningue, une garnison a fait une course dans la Forêt-Noire. À Bayonne, des navires anglais ont apporté des marchandises, et une frégate française a capturé un vaisseau flessingois. À Gibraltar, la disette était grande, et des Maures ont été repoussés lors d'une attaque. À Fort-Louis, un bataillon ennemi a été pris en embuscade. Sur le plan militaire, un bataillon de Souabe et de Franconie se dirigeait vers Landau pour relever un autre bataillon. Le 21 novembre, le comte de Goes, envoyé de la Cour de Vienne, est revenu de Milan avec des préliminaires de paix, que l'archiduc a rejetés et contre lesquels il a protesté. L'Angleterre a proposé Utrecht comme lieu pour les conférences de paix, prévues pour le 12 janvier. Le maréchal de Montreuil a quitté Arras avec des troupes pour des travaux de défense le long de la Scarpe et du canal, afin d'empêcher les ennemis d'établir des magasins. Mr de Goëbriant a capturé des ennemis à Lillers. À Courtray, des détachements ennemis ont été défaits et des hussards ont été surpris près de Cologne. À Madrid, des instructions ont été envoyées aux plénipotentiaires pour les conférences de paix, et un bastiment est arrivé à Malaga avec des soldats de Gibraltar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2374
p. 91-93
MORTS.
Début :
Germain de la Faille, Doyen des Anciens Capitouls, Syndic de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Germain de la Faille , Doyen des Anciens Capif
touls, Syndic de la Ville de
Toulouze, Secretaire - Perpetuel
de l'Académie des
Jeux - Floraux, & Aureur
des Annales delamêmeVille,
y mourut le 12i.Novembre
âgé de 5>6. ans.
Bernardin Kadot,Marquis
de Sebville, Maréchal
des Camps & Armées du
Roy, mourut le 11.Octobre
,
dans l'on Chasteau de
Sebville
,
âgé de 70. ans. Il
avoir été Envoyé deSa Majessé
,
à la Cour de Vienne.
Elisabeth
-
de- Rouxel de
Medavy de Grancey
,
Dame
d'Atour de la feue Reine
d'Espagne
, mourut le 26.
Novembre, âgée de 5 8. ans.
Elle étoit fille du feu Maréchal
de ce nom.
Marie Mignor, qui avoit
epousé en 1633. François
de l'Hôpital, Comte de
Rosnay, Maréchal de France
, Chevalier des Ordres
du Roy &c. mourut le 3o.,,
Novembre - dans un âge
fort avancé.
Pierre Deiria, Laboureur,
de la Paroisse de Brassempoy
dans le Diocese d'Aire, mourut
le 21. Novembre âgé de
cent ans. Iltravailloitencore
à la terrehuit jours avant
son decés.
Jacques Boucher
,
Sieur
dela Tour, deTeissodédans
le Diocese de Lavaur, mourut
le2 5 Novembre âgé dô;
cent onze ans. MARIAGES
Germain de la Faille , Doyen des Anciens Capif
touls, Syndic de la Ville de
Toulouze, Secretaire - Perpetuel
de l'Académie des
Jeux - Floraux, & Aureur
des Annales delamêmeVille,
y mourut le 12i.Novembre
âgé de 5>6. ans.
Bernardin Kadot,Marquis
de Sebville, Maréchal
des Camps & Armées du
Roy, mourut le 11.Octobre
,
dans l'on Chasteau de
Sebville
,
âgé de 70. ans. Il
avoir été Envoyé deSa Majessé
,
à la Cour de Vienne.
Elisabeth
-
de- Rouxel de
Medavy de Grancey
,
Dame
d'Atour de la feue Reine
d'Espagne
, mourut le 26.
Novembre, âgée de 5 8. ans.
Elle étoit fille du feu Maréchal
de ce nom.
Marie Mignor, qui avoit
epousé en 1633. François
de l'Hôpital, Comte de
Rosnay, Maréchal de France
, Chevalier des Ordres
du Roy &c. mourut le 3o.,,
Novembre - dans un âge
fort avancé.
Pierre Deiria, Laboureur,
de la Paroisse de Brassempoy
dans le Diocese d'Aire, mourut
le 21. Novembre âgé de
cent ans. Iltravailloitencore
à la terrehuit jours avant
son decés.
Jacques Boucher
,
Sieur
dela Tour, deTeissodédans
le Diocese de Lavaur, mourut
le2 5 Novembre âgé dô;
cent onze ans. MARIAGES
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités et individus. Germain de la Faille, Doyen des Anciens Capif, Syndic de la Ville de Toulouse, Secrétaire Perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux et auteur des Annales de Toulouse, est décédé le 12 novembre à l'âge de 56 ans. Bernardin Kadot, Marquis de Sebville et Maréchal des Camps et Armées du Roy, est mort le 11 octobre au château de Sebville à l'âge de 70 ans. Il avait été Envoyé de Sa Majesté à la Cour de Vienne. Élisabeth de Rouxel de Medavy de Grancey, Dame d'Atour de la feue Reine d'Espagne, est décédée le 26 novembre à l'âge de 58 ans. Elle était la fille du feu Maréchal de ce nom. Marie Mignor, épouse de François de l'Hôpital, Comte de Rosnay, Maréchal de France et Chevalier des Ordres du Roy, est morte le 30 novembre à un âge avancé. Pierre Deiria, laboureur de la paroisse de Brassempoy dans le Diocèse d'Aire, est décédé le 21 novembre à l'âge de 100 ans. Il travaillait encore à la terre huit jours avant son décès. Jacques Boucher, Sieur de la Tour de Teissode dans le Diocèse de Lavaur, est mort le 25 novembre à l'âge de 111 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2375
p. 93-96
MARIAGES.
Début :
Christian-Loüis de Montmorency – Luxembourg, Lieutenant General des Armées du [...]
Mots clefs :
Maison de Montmorency
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES;
Christian- Loüis de Montmorency
- Luxembourg-.,»
Lieutenant General des Armées
du Roy, & de la Province
de Flandres, épousa
le 7. Décembre, Louise de
Harla y ,
fille unique d'Achilles
de Harlay, Comte de
Beaumont, Conseiller d'Etac
ordinaire;& d'Anne Renée
Loiiife du Louer de
Coetjenval, & petite fille
d'Achilles de Harlay,cydevant
premier Président du
Parlement: Le nouvel Epoux,
qui pot toit le nom de
Chevalier de Luxembourg.
porte présentement cduj$
de Prince de Tmgy.
Un ne peut vous donner
me plus juste idée de la granleur
&des illustrations de la
iiaifon de Montmorency
,
qu'en vous rapportant le
Discours que Mr Chcvilard
,
Historiographe de
trance, & Genealogiste du
î^oy a composé à l'occasion
d'une Carte Genealogique,
}U'tl a faite pour Monsieur
de Montmorency Fosseusc,
mefde cette Maison. Ainsi,
ce Discours qui estinsète
dans la premiere partie de
pe Volume, doitestreregardé
comme un Ouvrage
nouveau.
N. Abuéèc: de Chcvilly,
Capitaine aux Gardes, a épousé
Catherine Turgoc de
Saint Clair,filled'Antoine
TurgorJ& deJeanne Mar ie
du Tiller de la Bussiere. Elle
étoit veuve de Gilles d'Aligre
de Boifhndry,Conseil-
1er au Parlement;& elle est
soeur de MrTurgot Maître
des Requestes
,
& de Mr
Turgot Evêque de Seez.
Il s'cil fait depuis plusieur
autres Mariagesdoncon a
esté informé trop tard pour
les inferer dans ce volume
en en parlera le mois prochain.
Christian- Loüis de Montmorency
- Luxembourg-.,»
Lieutenant General des Armées
du Roy, & de la Province
de Flandres, épousa
le 7. Décembre, Louise de
Harla y ,
fille unique d'Achilles
de Harlay, Comte de
Beaumont, Conseiller d'Etac
ordinaire;& d'Anne Renée
Loiiife du Louer de
Coetjenval, & petite fille
d'Achilles de Harlay,cydevant
premier Président du
Parlement: Le nouvel Epoux,
qui pot toit le nom de
Chevalier de Luxembourg.
porte présentement cduj$
de Prince de Tmgy.
Un ne peut vous donner
me plus juste idée de la granleur
&des illustrations de la
iiaifon de Montmorency
,
qu'en vous rapportant le
Discours que Mr Chcvilard
,
Historiographe de
trance, & Genealogiste du
î^oy a composé à l'occasion
d'une Carte Genealogique,
}U'tl a faite pour Monsieur
de Montmorency Fosseusc,
mefde cette Maison. Ainsi,
ce Discours qui estinsète
dans la premiere partie de
pe Volume, doitestreregardé
comme un Ouvrage
nouveau.
N. Abuéèc: de Chcvilly,
Capitaine aux Gardes, a épousé
Catherine Turgoc de
Saint Clair,filled'Antoine
TurgorJ& deJeanne Mar ie
du Tiller de la Bussiere. Elle
étoit veuve de Gilles d'Aligre
de Boifhndry,Conseil-
1er au Parlement;& elle est
soeur de MrTurgot Maître
des Requestes
,
& de Mr
Turgot Evêque de Seez.
Il s'cil fait depuis plusieur
autres Mariagesdoncon a
esté informé trop tard pour
les inferer dans ce volume
en en parlera le mois prochain.
Fermer
Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages notables. Le premier est celui de Christian-Louis de Montmorency, Lieutenant Général des Armées du Roy et de la Province de Flandres, avec Louise de Harlay le 7 décembre. Louise est la fille unique d'Achilles de Harlay, Comte de Beaumont, Conseiller d'État ordinaire, et d'Anne Renée Louise du Louer de Coëtjenval, ainsi que la petite-fille d'Achilles de Harlay, ancien Premier Président du Parlement. Christian-Louis porte le titre de Chevalier de Luxembourg et est Prince de Tingry. Le texte mentionne également un discours de M. Chevillard, Historiographe de France et Généalogiste du Roy, composé pour une carte généalogique destinée à Monsieur de Montmorency Fossé, membre de cette maison. Ce discours est présenté comme un ouvrage nouveau et figure dans la première partie d'un volume. Le second mariage est celui de N. Aubrée de Chevilly, Capitaine aux Gardes, avec Catherine Turgot de Saint Clair. Catherine est la fille d'Antoine Turgot et de Jeanne Marie du Tiller de la Bussière, veuve de Gilles d'Aligre de Boisfondry, Conseiller au Parlement, et sœur de M. Turgot, Maître des Requestes, et de M. Turgot, Évêque de Seez. Le texte indique enfin que plusieurs autres mariages ont eu lieu, mais les informations sont arrivées trop tard pour être incluses dans ce volume. Ces mariages seront mentionnés le mois prochain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2376
p. 97-102
« Le Roy a nommé Monsieur Anisson de Haute-roche, Prevost [...] »
Début :
Le Roy a nommé Monsieur Anisson de Haute-roche, Prevost [...]
Mots clefs :
Roi, Académie française, Nominations, Prix de poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a nommé Monsieur Anisson de Haute-roche, Prevost [...] »
Le Roy a nommé MonsïeurAnisson
de Hauteroche,
Prevost des Marchands
de la Ville deLyon.
Il est pere de Monsieur de
Haureroche Conseiller au
Parlement de Paris, &
Conseiller de la Chambre
du Commerce, dont est
aussi Monsieur Menager
& de Mr l'AbbeAnisson.
Il a un frere à Lyon, quia
esté Echevin de la mesme
Ville:
Le Lundy 30. Novembre,
Monsieur l'Archevesque
de Lyon, sacra dans
l'Eglise Collegiale de saint
Nizier
,
Monsieur l'Abbé
Sieault Evesque de Synope
,
anifte de Monsieur
Mador Evesque de Bellay,
& de Monsieur de Montmartin
Evesque de Grenoblel'Evesché
de Synope
est fuffraganc de l'Archevesché
d'Amasie, donc
Monsieur le Nonce Cufani
aresté pourveu.
Lelî Novembre Hen":
ry -
Charles Arnauld de
Pomponne, Abbé de saint
Medard de Soissons
,
Aumofbier
du Roy,cy- devant
Ambassadeur de Sa Majesté
à Venise, fut nommé
Conseillerd'Estatd'Eglise,
àla place de feu Monsieur
le Tellier Archevesque de
Rheims.
Monsieur Trudaine Intendant
de Bourgogne,
ayant esté nomnlé Conseiller
d'Estat,s'est demis
de cette Intendance.
Monsieur de la Brisse;
Intendant de Caen, aesté
nommé Intendant de
Bourgogne; & Monsieur
Guinet Maistre des Requestes,
a esténommé In«
tendant deCaen.
Le premier Décembre,
Louis-Auguste d'Albertd'AillY,
Vidame d'Amiens,
Capitaine
-
Lieutenant des
Chevaux Legers de la
Garde du Roy, ayant esté
nomme par Sa Majesté
Duc de Chaulnes,Pair de
France, presta ferment au
Parlement, & y sut receu
avec les ceremonies ordinaires.
Le 17. Décembre on
fît un Service solemnel
dans l'Eglise des Minimes
près de la Place Royale.
pour le repos de l'Ame de
feu Monsieur le Maréchal
de Boufflers. Monsieur
l'Evesque de Tournay célebra
la Messe
,
& le Pere
de la Ruë Jesuite, prononça
I'Oraison funebre. Un
grand nombre de Seigneurs
& de Dames dela
Cour y assisterent.
L'Académie Françoise a
proposé pour le sujet du
Prix de Poësie qu'elle delivrera
l'année prochaine le
jour de faine Loüis : LApplication
continuelle du R.oy à
affeurer le repos de Ces Sujets ,
& son attention à rendre
Monseigneur le Dauphin de
plus enplus capable de respondreàs7esveuës
de Hauteroche,
Prevost des Marchands
de la Ville deLyon.
Il est pere de Monsieur de
Haureroche Conseiller au
Parlement de Paris, &
Conseiller de la Chambre
du Commerce, dont est
aussi Monsieur Menager
& de Mr l'AbbeAnisson.
Il a un frere à Lyon, quia
esté Echevin de la mesme
Ville:
Le Lundy 30. Novembre,
Monsieur l'Archevesque
de Lyon, sacra dans
l'Eglise Collegiale de saint
Nizier
,
Monsieur l'Abbé
Sieault Evesque de Synope
,
anifte de Monsieur
Mador Evesque de Bellay,
& de Monsieur de Montmartin
Evesque de Grenoblel'Evesché
de Synope
est fuffraganc de l'Archevesché
d'Amasie, donc
Monsieur le Nonce Cufani
aresté pourveu.
Lelî Novembre Hen":
ry -
Charles Arnauld de
Pomponne, Abbé de saint
Medard de Soissons
,
Aumofbier
du Roy,cy- devant
Ambassadeur de Sa Majesté
à Venise, fut nommé
Conseillerd'Estatd'Eglise,
àla place de feu Monsieur
le Tellier Archevesque de
Rheims.
Monsieur Trudaine Intendant
de Bourgogne,
ayant esté nomnlé Conseiller
d'Estat,s'est demis
de cette Intendance.
Monsieur de la Brisse;
Intendant de Caen, aesté
nommé Intendant de
Bourgogne; & Monsieur
Guinet Maistre des Requestes,
a esténommé In«
tendant deCaen.
Le premier Décembre,
Louis-Auguste d'Albertd'AillY,
Vidame d'Amiens,
Capitaine
-
Lieutenant des
Chevaux Legers de la
Garde du Roy, ayant esté
nomme par Sa Majesté
Duc de Chaulnes,Pair de
France, presta ferment au
Parlement, & y sut receu
avec les ceremonies ordinaires.
Le 17. Décembre on
fît un Service solemnel
dans l'Eglise des Minimes
près de la Place Royale.
pour le repos de l'Ame de
feu Monsieur le Maréchal
de Boufflers. Monsieur
l'Evesque de Tournay célebra
la Messe
,
& le Pere
de la Ruë Jesuite, prononça
I'Oraison funebre. Un
grand nombre de Seigneurs
& de Dames dela
Cour y assisterent.
L'Académie Françoise a
proposé pour le sujet du
Prix de Poësie qu'elle delivrera
l'année prochaine le
jour de faine Loüis : LApplication
continuelle du R.oy à
affeurer le repos de Ces Sujets ,
& son attention à rendre
Monseigneur le Dauphin de
plus enplus capable de respondreàs7esveuës
Fermer
Résumé : « Le Roy a nommé Monsieur Anisson de Haute-roche, Prevost [...] »
Le roi a nommé Monsieur Anisson de Hauteroche Prévost des Marchands de Lyon. Il est le père de Monsieur de Hauteroche, Conseiller au Parlement de Paris et Conseiller de la Chambre du Commerce, ainsi que de Monsieur Menager et de Monsieur l'Abbé Anisson. Il a également un frère à Lyon qui a été Échevin de la même ville. Le 30 novembre, Monsieur l'Abbé Sieault a été sacré Évêque de Synope par l'Archevêque de Lyon, en présence des Évêques de Bellay et de Grenoble. Le 1er novembre, Henry-Charles Arnauld de Pomponne a été nommé Conseiller d'État d'Église, remplaçant l'Archevêque de Reims. Monsieur Trudaine, Intendant de Bourgogne, a démissionné pour ce poste, remplacé par Monsieur de la Brisse, tandis que Monsieur Guinet a été nommé Intendant de Caen. Le 1er décembre, Louis-Auguste d'Albert d'Ailly a été nommé Duc de Chaulnes et Pair de France. Le 17 décembre, un service solennel a été célébré pour le repos de l'âme du Maréchal de Boufflers, avec une oraison funèbre prononcée par le Père de la Ruë. L'Académie Française a proposé un sujet pour le Prix de Poésie de l'année suivante, portant sur l'application du Roi à assurer le repos de ses sujets et la formation du Dauphin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2377
p. 102-117
Dernieres Nouvelles.
Début :
De Lisbonne le 4. Decembre. [...]
Mots clefs :
Madrid, Strasbourg, Arras, Hambourg, Bender, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles.
Dernieres Nouvelles.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
Fermer
Résumé : Dernieres Nouvelles.
Le roi a convoqué son conseil pour adopter des mesures en réponse aux circonstances actuelles. Un émissaire a été envoyé en Angleterre pour informer la reine que Sa Majesté remet ses intérêts concernant la paix. Des plénipotentiaires ont été nommés à Londres et à La Haye pour participer au congrès. La confirmation de l'expédition française au Brésil est arrivée par un navire de San Salvador. À Gironne, le marquis de Fiennes a dirigé dix-huit bataillons et douze escadrons vers Ostalric. Les ennemis, prévenus, ont avancé avec 400 chevaux, deux bataillons et des miquelets, mais se sont retirés face à l'avant-garde de Fiennes. À Humbourg, des troupes suédoises ont tenté une sortie de Wismar, repoussant la cavalerie danoise et attaquant des régiments de dragons. Le combat a duré deux heures, permettant au général Rantzaw de disposer ses troupes. Environ seize cents Suédois sont rentrés en ville, le reste étant tué ou capturé. À Bender, l'envoyé Funck rapporte que le Grand Visir promet au roi de Suède des troupes et de l'argent. Les Moscovites utilisent des artifices pour retarder la paix avec la Porte ottomane, mais celle-ci semble prête à reprendre les armes. Le roi de Suède prévoit de partir pour la Pologne cet hiver. En Artois, des troupes ont saboté des infrastructures pour empêcher le transport de munitions. Des prisonniers hollandais ont été capturés à Lillers. Les ennemis ont rassemblé des garnisons frontalières, mais se sont retirés face à l'arrière-garde commandée par le comte de Broglio. À Strasbourg, les ennemis ont tenté de conduire un convoi de blé à Landau, mais l'ont fait rentrer en ville face à la menace des troupes françaises. Des déserteurs ennemis rapportent ne pas être payés. Un détachement de Brisack a engagé et capturé des hussards ennemis. À Madrid, le comte de Starhemberg a tenté de changer la garnison de Tarragone, mais les officiers anglais ont refusé. En France, deux sacres épiscopaux ont eu lieu : le père Athanase de Megrigny a été sacré évêque de Graffe et l'abbé Le Pilleur évêque de Saintes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2378
p. 117
TABLE.
Début :
Etrennes de Mercure au Public 3 I. PARTIE. Erudition sur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE
ETrennes de Mercure au Pffblic
3
I. PARTIE.
éruditionsur le mot Etrennes, 9
trennes de Me laC. de à
Mr le Marquis de. 21
autre Etrenne par Mrde L. T.
Mxtfait du Discours de Mr de
Reaumur, Hù à l'ouverture de
l'Académie Royale des Sciences
, 13
AcademieFrançoise de Rome, 39
These soustenuë à Reims, 43
Discours nouveau sur L'Origine,
la Généalogie
,
& la Maison
de Mo tmorency ) 49
Discours sur h dignité des Empereurs
) &surion origine, 97
Ceremonie du Couronnement des
Empereurs, 107
Recherches surl'Empire des Assyriens
, 118 II.PARTIE,
Amusements.
Lebon Medecin, Historiette;
Bouts rimezj Queftionsi Ref*.
^ponfes: Enigmes, e!i-c. I &
suivantes.
III. PARTIE,
f
Pieces fugitives.
tiece nouvelle parMrR. Etrennes
en envoyant un Pigeon, I
utre piece nouvelle, 8 arMrV.àMrde*** 2o
de nouvelle à Mrde M. 34
ouvelles de divers endrozlS, S1
F orts, 9l
ariages, 93
TnieTes nouvelles;
ETrennes de Mercure au Pffblic
3
I. PARTIE.
éruditionsur le mot Etrennes, 9
trennes de Me laC. de à
Mr le Marquis de. 21
autre Etrenne par Mrde L. T.
Mxtfait du Discours de Mr de
Reaumur, Hù à l'ouverture de
l'Académie Royale des Sciences
, 13
AcademieFrançoise de Rome, 39
These soustenuë à Reims, 43
Discours nouveau sur L'Origine,
la Généalogie
,
& la Maison
de Mo tmorency ) 49
Discours sur h dignité des Empereurs
) &surion origine, 97
Ceremonie du Couronnement des
Empereurs, 107
Recherches surl'Empire des Assyriens
, 118 II.PARTIE,
Amusements.
Lebon Medecin, Historiette;
Bouts rimezj Queftionsi Ref*.
^ponfes: Enigmes, e!i-c. I &
suivantes.
III. PARTIE,
f
Pieces fugitives.
tiece nouvelle parMrR. Etrennes
en envoyant un Pigeon, I
utre piece nouvelle, 8 arMrV.àMrde*** 2o
de nouvelle à Mrde M. 34
ouvelles de divers endrozlS, S1
F orts, 9l
ariages, 93
TnieTes nouvelles;
Fermer
Résumé : TABLE.
Le document 'Etrennes de Mercure au Public' se divise en trois parties. La première explore l'étymologie du mot 'étrennes' et divers sujets historiques, comme les étrennes du Marquis de, un discours de Reaumur, et des recherches sur l'Empire des Assyriens. La deuxième propose des divertissements littéraires. La troisième présente des pièces nouvelles et des nouvelles diverses, incluant des mariages et des nouvelles théâtrales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2379
p. 3-5
AVERTISSEMENT.
Début :
La division du Mercure en quatre parties séparées avoit ses [...]
Mots clefs :
Division du Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LAdivisionduMercure
enquatre parties fépa
recs avoit lescommoditez,
mais elle empêchoit que
l'impression n'en pût estre
faiterégulierement le pre
mier , second, outroisiéme
jour du mois , on n'a pu
par exemple, le distribuer
avant le six de Janvier, cet
inconvenient à paru plus
confidcrablc, que celuy de
mêler indifferemment tou
tes lespieces à mesure qu'on
les envoye & les Nouvelles
sans egard aux dattes dans
le moment qu'on reçoit les
Lettres ; on essayera de ce
dérangement,dans ce mois
cy , à condition que si on
se plaint de cette metode ,
onen eflfayera d'une autre,
dont quelqu'un se plaindra
encore , &c'esttantmieux ;
car les Livres dont on se
plaint le moins ce sontceux
qu'on ne lit gueres.
LAdivisionduMercure
enquatre parties fépa
recs avoit lescommoditez,
mais elle empêchoit que
l'impression n'en pût estre
faiterégulierement le pre
mier , second, outroisiéme
jour du mois , on n'a pu
par exemple, le distribuer
avant le six de Janvier, cet
inconvenient à paru plus
confidcrablc, que celuy de
mêler indifferemment tou
tes lespieces à mesure qu'on
les envoye & les Nouvelles
sans egard aux dattes dans
le moment qu'on reçoit les
Lettres ; on essayera de ce
dérangement,dans ce mois
cy , à condition que si on
se plaint de cette metode ,
onen eflfayera d'une autre,
dont quelqu'un se plaindra
encore , &c'esttantmieux ;
car les Livres dont on se
plaint le moins ce sontceux
qu'on ne lit gueres.
Fermer
Résumé : AVERTISSEMENT.
Le périodique 'La division du Mercure' est divisé en quatre parties, ce qui complique sa distribution régulière en début de mois. Une nouvelle méthode de distribution sera testée ce mois-ci. Si elle suscite des plaintes, elle sera remplacée. Les périodiques peu lus sont généralement ceux dont on se plaint le moins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2380
p. 49-79
NOUVELLES.
Début :
Le Parlement s'est assemblé aujourd'huy suivant la derniere prorogation. La Reine [...]
Mots clefs :
Parlement et discours royal, Préparation à la paix, Levée de troupes et nominations, Londres, Événements militaires et affrontements, Commerce maritime et flottes, Lille, Berlin, Varsovie, Rome, Vienne, Hambourg, Lisbonne, Cadix, Toulon, Namur, Dunkerque, Lauterbourg, Thionville, Condé, Messine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
-
De Londres le 18. Decembre.
LE Parlement s'est assembléaujourd'huy
suivant la derniere prorogation. La Reine étant allée à la Chambre des Seigneurs, & les Communes
y
étant arrivées, elle a
fait .,
un discours qui contient en
substance
:
Qu'elle étoit
bien aise de leur pouvoir
dire que nonobstant les artifices de ceux qui cher-
choient à continuer la
guerre, le lieu & le temps
pour l'ouverture d'un traité de paix generale étoient
fixez: que la plûpart des
Alliez, principalement les
Etats Generaux, avoient
par leur promptitude à y
concourir témoigné leur
confianceenelle & qu'-
elle ne doutoit pas que ses
propres sujets ne fussent
persuadez del'affection
quelleavoit pour eux,que
sa principale attention (croit d'affermir la Religion,
les droits & les libertez de
la nation, & la succession
à la Couronne dans la ligne protestante: quaprés
,
une guerre qui avoit couté tant de fang & tant de
trésors. elle travailleroit
Ide,tout son pouvoir à favoriser & à augmenter le
commerce de ses sujets:
que non seulement elle
s'employeroit à procurer
une satisfactionraisonnable à
tous les Princes
[ & Etats engagez dans
ï cette guerre, mais qu'elle
se joindroit avec eux par
| les liens les plus étroits
pour rendre la paix ferme
& durable:que le moyen
le plus efficace pour réussir étant de se préparer de
bonne heure à la guerre,
elle recommandoic aux
Communes de donner
avec toute la diligence poc.
sible les subsides necessaires pour la campagne prochaine
:
& elle finit son
discours en leur recommandant l'union, & d'éviter tout ce quipourroit
donner lieu de croire qu'il
y
eût de la division parmi
eux. Les Communes se re-
tirerent ensuite, après quoy
il y eut un long débat parmi les Seigneurs, qui conclurent à la pluralité de six
voix de representer à la
Reine par une adresse,qu'il
ny auroit jamais de paix
fûre tant que l'Espagne seroit possedée par un Prince de la Maisonde France:
mais les Communes au
contraire rèsolurent à la
pluralité de cent cinquante voix d'établir un Comité qui seroit chargé de travailler à une adresse pour
remercier la Reine de ce
qu'elle leur avoit déclaré
touchant la paix generale.
DeLille le16. janvier.
Les nouvelles que nous
avons reçuës hier de Londres & de la Haye, nous
assûrent toutes une paix
prochaine. La Chambre
des Communes persiste
toûjours: L'Evêque de BrifiaI, & M. de Buys qui
-
étoient à Londres sont arrivez à Utrek, où les conferences se tiendront le z2.
du courant.
Monsieur le Prince Eugene quiest passé le8. en
Angleterre, n'y est point
allépourtâcher de mettre
quelque obstacle à lapaix;
au contraire i' on aÍfLlre
qu'il y
est passé dela part
de l'Empereur pour assûrer
la Reine qu'il entrera avec
plaisirdans le CTaicé gene- ral,&qu'il y envoyera
incessamment ses Ambassadeurs.
La Reine a
nommé Milord Amilton pour être de
la Grande Chambre; mais
les Seigneurs ne veulent
point le recevoir à causè.
qu'il est Escossois.-
„
> ,"
De Berlin le 14. Decembre.
L'Electeurde Brandebourg aordonnéunenouvelle levée de six mille
nommes. Les Etatsseront
obligez dejes fournir,suivant la répartition qui en
a
été faite par chaque Bailliage, qui fera obligé de
les fournir. Pour cet effet
on arrête tous les vagabonds & les mandians.
-
Son. Altesse Electorale
a
donné la Prévôté duChapitre de Magdebourg,
vaccante par le decez du
Prince de Saxe Barbi
,
aa
Prince Louis son frere:
cette Prévôté vaut dix mil
écus de rente.
De Varsovie le 30. Novembre.
Les Generaux Szeremetof ôù Ronne n'ont pû faire consentir lesSenateurs
Polonois, qui sont à Leopol, à accorder des Quartiers d'Hyver aux Troupes
du Czar, & ont enfin été
obligez de promettre qu'ils
les feroient sortir du Royaume, suivant le traitté
conclu avec les Turcs. Elles doivent aller hyverner
dans le Duché de Severie,
& vers Kiovie & Sivoleusko.
De ?tome le5Decembre.
Le General des Jesuites
,
ses Assistans, & les Procu.
reurs des Provinces ont
presenté au Pape dans une
audience que Sa Sainteté
leur a
accordée, un aéte
signé de tous, portant qu'-
ilssesoûmettoient entierement aux Decrets de 1704.
& aux autres émanez en
consequence sur les ceremonies Chinoises, & donnerent toutes les marques
& lesassurances d'une entiere obeïssance pour le S.
Siege. Le Pape qui les re5ur très favorablement ordonna que cet acte fût
imprimé.
MonsieurPignatelliEvêque de Leccé, ayant été
enlevé violemment de son
Palais par ordre du Viceroy de Naples, & ensuits
conduit horsdu Royaume,
est arrivé ici aujourd'hui
dans un carosse à six chevaux, que le Cardinal Paulucci avoir envoyé au devant de lui avec un de ses
Gentilshommes, & estallé
descendre aux Théatins,
où le Pape lui avoit fait
préparer un logement.
Dans la Congregation de
rimmumceEccIefiaiHque
tenuë au sujet de ce Prelat, il a
été resolu de le
soûtenir.
Sa Sainteté a
reçû des
lettres de Dom Annibal
Albani, par lesquelles il
mande que l'Archiduc lui
avoitpromis dans deux audiences qu'illui avoit données) qu'il restituëroitComacchio au S. Siege aprés
foa couronnement.
rDu 12,.
Mardi, jour de la Conception, on celebra l'anniversaire du couronnement
du Pape, dans sa chapelle.
Les illuminations, les feux
d'artifice, &: les aumônes
se firent à l'ordinaire.
MonsieurCafarelli,Gouverneur de cette ville, est
mort aprés une longue maladie, ôc le Pape a
dispensé
sa famille de faire la cavalcade
accoûcumée à la mort
du Gouverneur,n'étant pas
assez riche pour faire cette
dépense. Sa Sainteté a
donne ce Gouvernement à M.
Scorti, Milanois, Auditeur
de Rote; & sonCanonicat
deS.PierreàM.l'AbbéRiviera Secretaire du sacré
College,& de la Congre-
igation consistoriale.
Du 19.
L'Archiduc, ayant enfin
tdonné part de son Election
:au. Pape par le Marquis de
Rona, Sa Sainteté ordon-
:na aussitôt qu'on chantât
le Te Deumy & qu'on fist
des feux & des illuminations, le Marquis de Prié
a
étédéclaré Ambassadeur
de l'Empereur 'en! cette
--
Cour, & le Prince ,d'A.
vellino retourne à Naples
avec laqualité de Grand
Chancellier du Royaume.
M. Odescalchi a
été nommé Nonce en Pologne,&
M. Doria qui revient de
sa Vicelegation d'Avignon
a
été nomme Archevêque
in partibus. Mardi dernier
la Congregation consistoriale confirmal'élection
du Doyen de Saltzbourg,
à l'Evêché d'Olmutz, nonobstantlesinstancesde l'ElecteurdeTreves en faveur
de son frere. Le même jour
Monsieur le Cardinal de la
Tremoille assista à la Messe
que le Chapitrede S. Jean
a
a coutume de dire pour le
Roy le jour de sainte Luce,
& il y
fut accompagné par
plus de soixante carosses.
Son Eminence donna enfuite un grand repas.
M. de Molines refusant
toûjours de remettre aux
Ministres de la Cour de
Vienne les carosses que le
Duc d'Ucede avoit laissez
au Palais d'Espagne
,
& qui
ont été confisquez depuissa
rebellion
,
ils le menacent
de les faire enlever de vive
force; ce qui a
obligé M.
de Molines d'augmenterle
nombre des gens qu'il avoir
déja pour la sûreté de son
Palais & de sa Personne.
De Vienne le 16. Decembre,
Toutes les lettres de Valaquie & des frontieres de
Turquie portent, que le
Grand Visir aprés avoir celebré le Beïram à Andrinople un Capigiarrivé de
Constantinople lui avoit
apporté de la part du Grand
Seigneur un riche Caftan
,
avec d'autres marques d'affection -& de distinction ;
mais quelemême Officier
aprèsleslui avoir delivrées,
avoit porté un ordre à l'Aga des Janissaires, par lequel il lui étoit enjoint d'arrêter le GrandVisir, de
l'enyoyer prisonnier à Constantinople, & de prendre
le commandement de l'arméejusquàce que le Grand
Seigneur eût nommé un
autre GrandVisir
: ce qui
a
été execute.
Dtf Hambourgle25. Decemb.
On a
reçû des lettres de
Rostok qui portent que le
Commandant dés troupes
que le Roy de Dannemarck y a
laissées pourgarder les magasins qu'il a en
cette ville, ayant demandé
permission aux Magistrats
devisiter leur Arsenal&
leurs magasins,ilslalui
refuserent : mais que s'en
étant fait ouvrir les portes
-
deviveforce pendant que
les habitans étoient au sermon, cette violence caafa,
un grandtumulte. On demanda à ce Commandant
quelle railon il avoit pour
en agir de la sorte; & sur
ce qu'il répondit qu'il avoit
voulu visiterl'Arsenal pour
s'en servir en cas de besoin,
les habitans répondirent
qu'ilsperiroient plûtôt que
de laisser enlever leur artillerie & leurs munitions. Incontinent les Magiilrats firent tendre les c
haînes dans
les ruës qui aboutissent à
l'Arsenal, & y
firent pointer du canon chargé à
cartouche, & plusieurs compagnies de Bourgeois y
sont tous les jours de garde.
u.
DeLisbonne le 14.Decembre.
,
On a
reçû des lettres d'Elvas du 6. qui portent que
les troupes Espagnoles qui
font en quartier aux environs de Badajoz, ont fait
une course fort avant dans
le pays, d'où elles ont amené cinq cent bêtes à corne,
& beaucoup d'Orages pour
les contributions.
De Cadis le 27. Decembre.
La Flotte de Bucnotai-
res a mis aujourd'hui à la
voile avec quatre Navires
François, qui vont à la
Mer du Sud.
Il eH: arrivé une Corvette de la Martinique, qui a
rapporté que M. du GuéTroüin en revenoit avec
M. du Casse, & qu'il étoit
richement chargé.
De Toulon le24. Decembre.
Trois vaisseaux de guerre, sortis de ce Port pour
aller donner la chasse à
quelques armateurs enne-
mis, quicroisoient sur les.
côtes de Provence, ont
trouvé quatre vaisseaux
Hollandois, qui portoient
des provisions à Porc-Mahon,qu'ilsavoient chargées en Calabre.Dés qu'ils
apperçûrent les nôtres ils
prirent chasse pour les éviter,mais ils furent bientôt joints: deux se rendirent sans faire grande résistance
}
mais les deux autres se deffendirent pendant quatre heures, & ne
si: rendirentqu'aprés avoir
perdu la plus grande partie
tie de leur équipage.
De Namur le 6.Janvier.
Un Parti de nôtre Garnisonsétant joint avanthyer à un détachement de
celle de Charleroy, attaquerent auprès de Louvain cent quarante hommes des ennemis, qui en
étoient fortis pour aller à
Bruges, & les poursuivirent jusqu'aux Portes de
cette Place: quatorze furent tuez,& quarante-deux
faits prisonniers, qui ont
été amenez icy.
Un autre détachement
a
été mettre le feu à des
batteaux chargez de fourages, qui remontoient la
Meuse pour aller à Liége;
mais en se retirant il aété
attaqué par un Parti de la
Garnison d'Huy beaucoup
superieur, qui tua six hommes, &en fit seize prisonniers. Le reste se sauva à
la faveur de la nuit qui
survint.
De Dunkerque le 5Janvier.
Un Armateur de Calais
a
amené un vaisseau Hambourgeois chargé de diverses Marchandises pour
plus de cent cinquante
mille écus.
Un autre Armateur a
aussi amené une grosse
Flutte Hollandoise du port
de quatre.cent tonneaux,
chargée de Saumon, de
Cuivre &: d'Etain.
De Lauterbourg le 16. Dec.
Un Capitaine de Hussars
de nôtre garnison a
brûlé
avec trente hommes seuls-
ment, les magasins de fourages que les ennemis
avoient entre Philisbourg
& Spire, & il est revenu
sans avoir été joint par les
detachemens qui avoient
été envoyez à sa poursuite.
De Thionville le 24.Decemb.
La garnison du Fort de
S. Martin prés de Treves,
ayant attaqué un détachement de celle de Traerbach
,
l'a défait entierement:mais elle a
perdu30.
Hommes, & en a eu 19. de
blessez.
De Condéle 18. Decembre.
Nostre Commandant
ayantenvoyé soixante dragons & quarante Grenadiers pour mettre le feu à
plusieurs Batteaux chargez
de fourage & de munitions
que les ennemis avoient sur
l'Escaut, entre Mortagne
& S.Amand, pousserentd'abord deux cens hommes
qui les gardoient: mais ils
furent obligez ensuite de
se retirer avec précipitation
,
pour éviter d'être
coupez par plusieurs détachemens ennemis qui les
cherchoient.
DeMessinele 26.Décembre,
; Onembarquaavanthier
ici deux bataillons & des
munitions de guerre& de
bouche, pour Portolongone. On a
reçu des remises
de Madrid pour lesrecrues,
& pour la remonte denôtre cavalerie.
Les Liparotesontattaqué
le convoi de Naples qui
venoit de Calabre, chargé
de grains, ils en ont coulé
quatre bâtimens à
fond, &
en ont pris six autres qu'ils
ont menez à Lipari.
Un vaisseau François de
64. canons, eH: arrivé ici
ce matinavec un gros Navire Angloisqu'ilavoit pris
dans le canal de Malthe.
Ce vaisseau est chargé de
soye, decotton,, Ôc. de caffé.
La nuit du 14. & celle
du
2.y. on ressentit ici plusieurs secousses, assez violentes de tremblemens de
terre, mais qui n'ont cependant causé aucun dommage. G iii
-
De Londres le 18. Decembre.
LE Parlement s'est assembléaujourd'huy
suivant la derniere prorogation. La Reine étant allée à la Chambre des Seigneurs, & les Communes
y
étant arrivées, elle a
fait .,
un discours qui contient en
substance
:
Qu'elle étoit
bien aise de leur pouvoir
dire que nonobstant les artifices de ceux qui cher-
choient à continuer la
guerre, le lieu & le temps
pour l'ouverture d'un traité de paix generale étoient
fixez: que la plûpart des
Alliez, principalement les
Etats Generaux, avoient
par leur promptitude à y
concourir témoigné leur
confianceenelle & qu'-
elle ne doutoit pas que ses
propres sujets ne fussent
persuadez del'affection
quelleavoit pour eux,que
sa principale attention (croit d'affermir la Religion,
les droits & les libertez de
la nation, & la succession
à la Couronne dans la ligne protestante: quaprés
,
une guerre qui avoit couté tant de fang & tant de
trésors. elle travailleroit
Ide,tout son pouvoir à favoriser & à augmenter le
commerce de ses sujets:
que non seulement elle
s'employeroit à procurer
une satisfactionraisonnable à
tous les Princes
[ & Etats engagez dans
ï cette guerre, mais qu'elle
se joindroit avec eux par
| les liens les plus étroits
pour rendre la paix ferme
& durable:que le moyen
le plus efficace pour réussir étant de se préparer de
bonne heure à la guerre,
elle recommandoic aux
Communes de donner
avec toute la diligence poc.
sible les subsides necessaires pour la campagne prochaine
:
& elle finit son
discours en leur recommandant l'union, & d'éviter tout ce quipourroit
donner lieu de croire qu'il
y
eût de la division parmi
eux. Les Communes se re-
tirerent ensuite, après quoy
il y eut un long débat parmi les Seigneurs, qui conclurent à la pluralité de six
voix de representer à la
Reine par une adresse,qu'il
ny auroit jamais de paix
fûre tant que l'Espagne seroit possedée par un Prince de la Maisonde France:
mais les Communes au
contraire rèsolurent à la
pluralité de cent cinquante voix d'établir un Comité qui seroit chargé de travailler à une adresse pour
remercier la Reine de ce
qu'elle leur avoit déclaré
touchant la paix generale.
DeLille le16. janvier.
Les nouvelles que nous
avons reçuës hier de Londres & de la Haye, nous
assûrent toutes une paix
prochaine. La Chambre
des Communes persiste
toûjours: L'Evêque de BrifiaI, & M. de Buys qui
-
étoient à Londres sont arrivez à Utrek, où les conferences se tiendront le z2.
du courant.
Monsieur le Prince Eugene quiest passé le8. en
Angleterre, n'y est point
allépourtâcher de mettre
quelque obstacle à lapaix;
au contraire i' on aÍfLlre
qu'il y
est passé dela part
de l'Empereur pour assûrer
la Reine qu'il entrera avec
plaisirdans le CTaicé gene- ral,&qu'il y envoyera
incessamment ses Ambassadeurs.
La Reine a
nommé Milord Amilton pour être de
la Grande Chambre; mais
les Seigneurs ne veulent
point le recevoir à causè.
qu'il est Escossois.-
„
> ,"
De Berlin le 14. Decembre.
L'Electeurde Brandebourg aordonnéunenouvelle levée de six mille
nommes. Les Etatsseront
obligez dejes fournir,suivant la répartition qui en
a
été faite par chaque Bailliage, qui fera obligé de
les fournir. Pour cet effet
on arrête tous les vagabonds & les mandians.
-
Son. Altesse Electorale
a
donné la Prévôté duChapitre de Magdebourg,
vaccante par le decez du
Prince de Saxe Barbi
,
aa
Prince Louis son frere:
cette Prévôté vaut dix mil
écus de rente.
De Varsovie le 30. Novembre.
Les Generaux Szeremetof ôù Ronne n'ont pû faire consentir lesSenateurs
Polonois, qui sont à Leopol, à accorder des Quartiers d'Hyver aux Troupes
du Czar, & ont enfin été
obligez de promettre qu'ils
les feroient sortir du Royaume, suivant le traitté
conclu avec les Turcs. Elles doivent aller hyverner
dans le Duché de Severie,
& vers Kiovie & Sivoleusko.
De ?tome le5Decembre.
Le General des Jesuites
,
ses Assistans, & les Procu.
reurs des Provinces ont
presenté au Pape dans une
audience que Sa Sainteté
leur a
accordée, un aéte
signé de tous, portant qu'-
ilssesoûmettoient entierement aux Decrets de 1704.
& aux autres émanez en
consequence sur les ceremonies Chinoises, & donnerent toutes les marques
& lesassurances d'une entiere obeïssance pour le S.
Siege. Le Pape qui les re5ur très favorablement ordonna que cet acte fût
imprimé.
MonsieurPignatelliEvêque de Leccé, ayant été
enlevé violemment de son
Palais par ordre du Viceroy de Naples, & ensuits
conduit horsdu Royaume,
est arrivé ici aujourd'hui
dans un carosse à six chevaux, que le Cardinal Paulucci avoir envoyé au devant de lui avec un de ses
Gentilshommes, & estallé
descendre aux Théatins,
où le Pape lui avoit fait
préparer un logement.
Dans la Congregation de
rimmumceEccIefiaiHque
tenuë au sujet de ce Prelat, il a
été resolu de le
soûtenir.
Sa Sainteté a
reçû des
lettres de Dom Annibal
Albani, par lesquelles il
mande que l'Archiduc lui
avoitpromis dans deux audiences qu'illui avoit données) qu'il restituëroitComacchio au S. Siege aprés
foa couronnement.
rDu 12,.
Mardi, jour de la Conception, on celebra l'anniversaire du couronnement
du Pape, dans sa chapelle.
Les illuminations, les feux
d'artifice, &: les aumônes
se firent à l'ordinaire.
MonsieurCafarelli,Gouverneur de cette ville, est
mort aprés une longue maladie, ôc le Pape a
dispensé
sa famille de faire la cavalcade
accoûcumée à la mort
du Gouverneur,n'étant pas
assez riche pour faire cette
dépense. Sa Sainteté a
donne ce Gouvernement à M.
Scorti, Milanois, Auditeur
de Rote; & sonCanonicat
deS.PierreàM.l'AbbéRiviera Secretaire du sacré
College,& de la Congre-
igation consistoriale.
Du 19.
L'Archiduc, ayant enfin
tdonné part de son Election
:au. Pape par le Marquis de
Rona, Sa Sainteté ordon-
:na aussitôt qu'on chantât
le Te Deumy & qu'on fist
des feux & des illuminations, le Marquis de Prié
a
étédéclaré Ambassadeur
de l'Empereur 'en! cette
--
Cour, & le Prince ,d'A.
vellino retourne à Naples
avec laqualité de Grand
Chancellier du Royaume.
M. Odescalchi a
été nommé Nonce en Pologne,&
M. Doria qui revient de
sa Vicelegation d'Avignon
a
été nomme Archevêque
in partibus. Mardi dernier
la Congregation consistoriale confirmal'élection
du Doyen de Saltzbourg,
à l'Evêché d'Olmutz, nonobstantlesinstancesde l'ElecteurdeTreves en faveur
de son frere. Le même jour
Monsieur le Cardinal de la
Tremoille assista à la Messe
que le Chapitrede S. Jean
a
a coutume de dire pour le
Roy le jour de sainte Luce,
& il y
fut accompagné par
plus de soixante carosses.
Son Eminence donna enfuite un grand repas.
M. de Molines refusant
toûjours de remettre aux
Ministres de la Cour de
Vienne les carosses que le
Duc d'Ucede avoit laissez
au Palais d'Espagne
,
& qui
ont été confisquez depuissa
rebellion
,
ils le menacent
de les faire enlever de vive
force; ce qui a
obligé M.
de Molines d'augmenterle
nombre des gens qu'il avoir
déja pour la sûreté de son
Palais & de sa Personne.
De Vienne le 16. Decembre,
Toutes les lettres de Valaquie & des frontieres de
Turquie portent, que le
Grand Visir aprés avoir celebré le Beïram à Andrinople un Capigiarrivé de
Constantinople lui avoit
apporté de la part du Grand
Seigneur un riche Caftan
,
avec d'autres marques d'affection -& de distinction ;
mais quelemême Officier
aprèsleslui avoir delivrées,
avoit porté un ordre à l'Aga des Janissaires, par lequel il lui étoit enjoint d'arrêter le GrandVisir, de
l'enyoyer prisonnier à Constantinople, & de prendre
le commandement de l'arméejusquàce que le Grand
Seigneur eût nommé un
autre GrandVisir
: ce qui
a
été execute.
Dtf Hambourgle25. Decemb.
On a
reçû des lettres de
Rostok qui portent que le
Commandant dés troupes
que le Roy de Dannemarck y a
laissées pourgarder les magasins qu'il a en
cette ville, ayant demandé
permission aux Magistrats
devisiter leur Arsenal&
leurs magasins,ilslalui
refuserent : mais que s'en
étant fait ouvrir les portes
-
deviveforce pendant que
les habitans étoient au sermon, cette violence caafa,
un grandtumulte. On demanda à ce Commandant
quelle railon il avoit pour
en agir de la sorte; & sur
ce qu'il répondit qu'il avoit
voulu visiterl'Arsenal pour
s'en servir en cas de besoin,
les habitans répondirent
qu'ilsperiroient plûtôt que
de laisser enlever leur artillerie & leurs munitions. Incontinent les Magiilrats firent tendre les c
haînes dans
les ruës qui aboutissent à
l'Arsenal, & y
firent pointer du canon chargé à
cartouche, & plusieurs compagnies de Bourgeois y
sont tous les jours de garde.
u.
DeLisbonne le 14.Decembre.
,
On a
reçû des lettres d'Elvas du 6. qui portent que
les troupes Espagnoles qui
font en quartier aux environs de Badajoz, ont fait
une course fort avant dans
le pays, d'où elles ont amené cinq cent bêtes à corne,
& beaucoup d'Orages pour
les contributions.
De Cadis le 27. Decembre.
La Flotte de Bucnotai-
res a mis aujourd'hui à la
voile avec quatre Navires
François, qui vont à la
Mer du Sud.
Il eH: arrivé une Corvette de la Martinique, qui a
rapporté que M. du GuéTroüin en revenoit avec
M. du Casse, & qu'il étoit
richement chargé.
De Toulon le24. Decembre.
Trois vaisseaux de guerre, sortis de ce Port pour
aller donner la chasse à
quelques armateurs enne-
mis, quicroisoient sur les.
côtes de Provence, ont
trouvé quatre vaisseaux
Hollandois, qui portoient
des provisions à Porc-Mahon,qu'ilsavoient chargées en Calabre.Dés qu'ils
apperçûrent les nôtres ils
prirent chasse pour les éviter,mais ils furent bientôt joints: deux se rendirent sans faire grande résistance
}
mais les deux autres se deffendirent pendant quatre heures, & ne
si: rendirentqu'aprés avoir
perdu la plus grande partie
tie de leur équipage.
De Namur le 6.Janvier.
Un Parti de nôtre Garnisonsétant joint avanthyer à un détachement de
celle de Charleroy, attaquerent auprès de Louvain cent quarante hommes des ennemis, qui en
étoient fortis pour aller à
Bruges, & les poursuivirent jusqu'aux Portes de
cette Place: quatorze furent tuez,& quarante-deux
faits prisonniers, qui ont
été amenez icy.
Un autre détachement
a
été mettre le feu à des
batteaux chargez de fourages, qui remontoient la
Meuse pour aller à Liége;
mais en se retirant il aété
attaqué par un Parti de la
Garnison d'Huy beaucoup
superieur, qui tua six hommes, &en fit seize prisonniers. Le reste se sauva à
la faveur de la nuit qui
survint.
De Dunkerque le 5Janvier.
Un Armateur de Calais
a
amené un vaisseau Hambourgeois chargé de diverses Marchandises pour
plus de cent cinquante
mille écus.
Un autre Armateur a
aussi amené une grosse
Flutte Hollandoise du port
de quatre.cent tonneaux,
chargée de Saumon, de
Cuivre &: d'Etain.
De Lauterbourg le 16. Dec.
Un Capitaine de Hussars
de nôtre garnison a
brûlé
avec trente hommes seuls-
ment, les magasins de fourages que les ennemis
avoient entre Philisbourg
& Spire, & il est revenu
sans avoir été joint par les
detachemens qui avoient
été envoyez à sa poursuite.
De Thionville le 24.Decemb.
La garnison du Fort de
S. Martin prés de Treves,
ayant attaqué un détachement de celle de Traerbach
,
l'a défait entierement:mais elle a
perdu30.
Hommes, & en a eu 19. de
blessez.
De Condéle 18. Decembre.
Nostre Commandant
ayantenvoyé soixante dragons & quarante Grenadiers pour mettre le feu à
plusieurs Batteaux chargez
de fourage & de munitions
que les ennemis avoient sur
l'Escaut, entre Mortagne
& S.Amand, pousserentd'abord deux cens hommes
qui les gardoient: mais ils
furent obligez ensuite de
se retirer avec précipitation
,
pour éviter d'être
coupez par plusieurs détachemens ennemis qui les
cherchoient.
DeMessinele 26.Décembre,
; Onembarquaavanthier
ici deux bataillons & des
munitions de guerre& de
bouche, pour Portolongone. On a
reçu des remises
de Madrid pour lesrecrues,
& pour la remonte denôtre cavalerie.
Les Liparotesontattaqué
le convoi de Naples qui
venoit de Calabre, chargé
de grains, ils en ont coulé
quatre bâtimens à
fond, &
en ont pris six autres qu'ils
ont menez à Lipari.
Un vaisseau François de
64. canons, eH: arrivé ici
ce matinavec un gros Navire Angloisqu'ilavoit pris
dans le canal de Malthe.
Ce vaisseau est chargé de
soye, decotton,, Ôc. de caffé.
La nuit du 14. & celle
du
2.y. on ressentit ici plusieurs secousses, assez violentes de tremblemens de
terre, mais qui n'ont cependant causé aucun dommage. G iii
Fermer
Résumé : NOUVELLES.
Le texte présente diverses nouvelles politiques et militaires d'Europe. À Londres, le Parlement s'est réuni et la Reine a prononcé un discours annonçant la fixation du lieu et du temps pour l'ouverture d'un traité de paix générale. Elle a exprimé sa confiance dans la loyauté de ses alliés et de ses sujets, et a souligné son engagement à affermir la religion, les droits et les libertés de la nation, ainsi qu'à favoriser le commerce. Elle a également recommandé aux Communes de préparer les subsides nécessaires pour la prochaine campagne militaire et a insisté sur l'union et l'évitation des divisions. Les Communes ont ensuite résolu de former un comité pour remercier la Reine, tandis que les Seigneurs ont demandé que l'Espagne ne soit pas possédée par un Prince de la Maison de France pour une paix durable. À Lille, les nouvelles de Londres et de La Haye confirment une paix prochaine. L'Évêque de Bristol et M. de Buys sont arrivés à Utrecht pour les conférences de paix. Le Prince Eugène est passé en Angleterre pour assurer la Reine de l'engagement de l'Empereur dans le traité de paix. La Reine a nommé Lord Hamilton à la Grande Chambre, mais les Seigneurs refusent de l'accepter en raison de sa nationalité écossaise. À Berlin, l'Électeur de Brandebourg a ordonné une nouvelle levée de six mille hommes et a attribué la Prévôté du Chapitre de Magdebourg à son frère, le Prince Louis. À Varsovie, les généraux polonais n'ont pas réussi à obtenir des quartiers d'hiver pour les troupes du Czar et doivent les faire sortir du royaume. À Rome, le Général des Jésuites et ses assistants se sont soumis aux décrets de 1704 concernant les cérémonies chinoises. L'Évêque de Lecce a été enlevé et conduit à Rome, où le Pape lui a préparé un logement. Le Pape a également reçu des lettres promettant la restitution de Comacchio après le couronnement de l'Archiduc. À Vienne, le Grand Visir a été arrêté et remplacé après avoir reçu des marques d'affection du Grand Seigneur. À Hambourg, un tumulte a éclaté après que le commandant des troupes danoises a forcé l'Arsenal de Rostock. À Lisbonne, des troupes espagnoles ont mené une course dans le pays, capturant du bétail et des provisions. À Cadix, une flotte de buckaniers a mis voile pour la Mer du Sud, accompagnée de navires français. À Toulon, des vaisseaux français ont capturé des navires hollandais transportant des provisions. À Namur, des détachements français ont attaqué des ennemis près de Louvain et ont capturé des prisonniers. Un autre détachement a mis le feu à des bateaux ennemis sur la Meuse. À Dunkerque, des armateurs ont capturé des vaisseaux hollandais et hambourgeois chargés de marchandises. À Lauterbourg, un capitaine de hussards a brûlé des magasins ennemis près de Philisbourg. À Thionville, la garnison du Fort de Saint-Martin a défait un détachement ennemi mais a subi des pertes. À Condé, un détachement français a mis le feu à des bateaux ennemis sur l'Escaut mais a dû se retirer face à des renforts ennemis. À Messine, des troupes et des munitions ont été embarquées pour Portolongone. Les Lipariotes ont attaqué un convoi de Naples, coulant plusieurs bâtiments. Un vaisseau français a capturé un navire anglais chargé de marchandises diverses. Des tremblements de terre ont été ressentis sans causer de dommages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2381
p. 92-93
MADRIGAL NOUVEAU à une femme jalouse.
Début :
Surmontez les transports de cette jalousie, [...]
Mots clefs :
Jalousie, Femme jalouse, Amabilité, Amour, Madrigal, Surmonter la jalousie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL NOUVEAU à une femme jalouse.
MADRIGAL NOUVEAU
à une femme jalouse.
SUrmontez les transports
de cettejalouseie,
Les chagrins & l'emportement
Ne ramenent point un
amantL'implacable Junon, la
terrib le Mede'e,
En proye aux mouvemens
,;,; i
jaloux,
Dont vous êtes si possedée,
Ont fait trembler, frémir
leurs amans, leurs
époux,
Lisez de leurs fureurs l'histoire déplorable;
Lisez-la pour en profiter.
L'une s'est fait haïr, &,
-
l'autre redouter,
Mais pour se faire aimer
il faut se rendre aimable.
à une femme jalouse.
SUrmontez les transports
de cettejalouseie,
Les chagrins & l'emportement
Ne ramenent point un
amantL'implacable Junon, la
terrib le Mede'e,
En proye aux mouvemens
,;,; i
jaloux,
Dont vous êtes si possedée,
Ont fait trembler, frémir
leurs amans, leurs
époux,
Lisez de leurs fureurs l'histoire déplorable;
Lisez-la pour en profiter.
L'une s'est fait haïr, &,
-
l'autre redouter,
Mais pour se faire aimer
il faut se rendre aimable.
Fermer
2382
p. 143-166
AVANTURE du Bal.
Début :
Un jeune Officier fort amoureux d'une femme fort verteuse, en fut rebuté [...]
Mots clefs :
Infidélité, Déguisements, Lettre compromettante, Femme jalouse, Vengeance, Mari trompeur, Déception amoureuse, Rendez-vous secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE du Bal.
A VANTVRË duBaL
Elleefldefraifche.date y
l'une des personnesinteressees dans l'Avanture
me la vient de conter; elle
est de la Semaine passée.
-
Un jeune Officier fort
amoureux d'une femme
fort vercueuse, en fut rebuté plusieurs fois,& de
tres-bonne foy car elle
fut prested'en avertir son
mary. Elle en menaça
l'Officier qui luy repre-
senta qu'elle avoit grapd!
tort d'estre si fidelle à un
mary qui avoit une maistresse.Une maistresse!
s'écria la Dame qui estois
encore- plus jalouse que
vertuéuse. Ah Jsi vous
pouvez meprouvercelaw
a-aa. Achevez, Madame,,
achevez, luy dit TOfÉcier ; vous avez voulu
dire que sije pouvoisvous
prouver l'infideliré de
vostre mary
,
vous vous
en vengeriez.J'avoue
reprit
*
reprit vivement la Dame, que j'ay voulu dire
cela dans mon premier
mouvement
,
mais la
raison me revient bien
viste comme vous voyez, car je n'ay pas
achevé, il en feroit de
mesme si je voyois réellement l'infidelité de
mon mary, mon premier
mouvement feroit de me
vanger
,
mais la raison
me reviendroit si viste
que vous n'auriez pas le
loisir de profiter de ce
moment-laJe me le tiens
pour dit3 reprit le Cavalier,la question n'estdonc
plus que de vous prendre
dans un moment de colere qui dure assèz pour
vous déterminer à la
vengeance, la question
fèroit encore, repliquat'elle, en le quittant bruC.
quement, si cette vangeance ne le tourneroit
point contre vous
plustostquecontremonmari.
-
Le Cavalier estoit de
ceux qui expliquent tout
à leur avantage, parce
qu'ils jugent desavantageusement de toutes les
femmes3 il conceut de
grandes esperances s'il
pouvoit trouver l'occasion favorable, il la chercha avec foin; enfin ayant
gagné à force d'argent
la femme de Chambre
de la maistressè du mary,
il sceut que le foir mes.
me ils dévoient se trou-
ver à un bal, 06 cette
femme de Chambre luy
monstra la lettre que sa
maistresseécrivoit au mary pour ce rendez-vous,
Voicy ce qu'elle contenoit.
Trop infortunémary
d'une femme jalouse je
ne pourray te consoler ce
soir dans mon appariemil'
5
car j'y reçois des
Dames qui.sj viennent
deguiser pour un bal qui
Je donne dans le grand
Appartement bas qui est
au dessous du mien tu
m'y trouveras deguisée
simplement en chauvesouris, avec deuxjuppes
noires, un ruban jaune
:
autour du col, (jf un
rougesurla teste, viens-y
avec la mesme robe a"Arménien que tu aVOIS aux
deux derniers balsyÇtfc*
LeCavalier copia cette lettre en
écriturede
femme, & y
adjoufta
feulement cecy :
C'est la
seconde fois aujcurai.ry
que je t'écris la nicj;>ie
close
,
jet'envoye cette
secondeinsiruction en cas
que tu n'ayespas receu la
premiere.
La femme de Chambre
recacheta l'original de
cette lettre, & l'envoya
naturellement au mary
dès le matin comme elle
en avoit l'ordre, & le
Cavalier envoya la sienne par un laquais fort
adroit,qui faisoit le niais
a merveille, 6C qui alla
droit au logis de la Dame
jalouse
,
où feignantde
n'avoir trouvé en bas aucunlaquais de Monsieur,
il montachez la femmede
Chambre de Madame
,
à qui il demanda niaiièment., si Monsieur n'estoit point au logis, il
tenoit negligemment à
sa main la lettre que cette
femme de Chambre-cy
cofidentede la jaloufiede
sa maistresse, se sceut bon
gréd'avoir attrapée à
nostre faux niais, qui la
pria bonnement de la remettre entre les mains de
Monsieur sans que Madame en sceust rien, elle
fit tout le contraire com-
,
me vous pouvez penser,
&c'estoit l'intention du
Cavalier qui se doutoit
bien que la femme jalouse feroit suivre son mari,
& seroit convaincuë de
son infidelité,c'est tout
ce qu'il souhaitoit, mais
le hasard pouffa la chose
plus loin.
Le mari voulant aller
au bal àl'insceu de sa
femme, feignit le foir un
mal de teste,elle comprit
d'abord qu'ayant receu
la lettre dont elle avoit
le double
,
il se disposoit
à se derober d'elle pour
aller au rendez-vous, Se
pour luy donner beau,
elle feignit aussi une migraine, & se retira de
bonne heure dans sots
appartement, sa confidente eut foin de luy
trouver pour le bal un
habit de chauve souris
pareil à celuy que devoit
avoir sa rivale, avec le
signal des rubans marquez dans lalettre.
Le mari sortit en secret sur les dix heures du
-
foir pour aller se deguiser je ne scay où; la femme prit le carrose un peu
aprés, & se rendit au bal
avec safemme de Cham-
re qu'elle fit aussimaiquer, le bal ne faisoit
que de commencer, elle
leposta dans un coin, où
elle ne fut remarquée
que <lefonjeune Amant, ui voyant la Chauve
Fouris de ii bonne heure
m rendezvous, & sçabhantquelle ne devoit
i'j trouver que fort tard,
devina que cette Chauve -
souris-cy pourroit
bien estre la femme jalousequi prenoit les de-
vants pour donner le
change à son mari
,
cC
le convaincrede perfidie,
ce soupçon fut bien tost
confirmépar la femme de]
Chambre avec qui il estoit d'intelligence, jfbuvenez vous que c'est celle de la maistresse du ma1
ri, & qu'estant de la maison où le bal se donnoit,
elle y
pouvoitestre naturellement, elle y
cherchoit le mari Amant de
sa maistresse qu'elle ve-
soit prier de ne point
impatienter, parce qu'-
elle ne pouvoit venir que
sur la fin du bal. Comme
cette femme deChambre
sec nostre Amantmasqué
s'entretenoient ensemble,l'Armenien ,c'està
dire, le mari en robbe
d'Armenien, parut, 6L
fut aussitost reconnu par
sa femme
,
qui chercha
l'occasion de l'attirer
dans quelque coinpour
le confondre. Nostre
Amant qui les observoit
pour voir le denoüement
de cette Scene
,
en imagina unequi pourroic luy
estre plus favorable, il
concerta impromptu avec
la femme de Chambre ,
qui voulut bien sacrifier
sa maistresse à cet Amant
passionné & liberal
:
voicy comment elle sy prit.
Elle aborda l'Armenien, & luy dit ,-que fin
maistresse le prioit de j
changer son deguise-
ment, parce qu'on l'avoit trop remarqué au dernierbal, & le pria de
lasuivre jusqu'à une petite chambre où elle luy
donneroit un autre ha-
;
bit: voilà donc la femme
:
de Chambre qui marche
;
la première,l'Arménien
la suit, la Chauve souris
fuit l'Arménien, & l'Amant fuit la Chauve-souris, marche mysterieuse
& interessante dont je ne
vous tracerai point icy
*, !..Jr,m
tous les detours, car je
n'ay point sceu exactement quel estoit le plan
de ces appartemens; mais
enfin à la faveur de quelque obscurité chacun allant à ses fins nos quatre
personnages se trouverent postez comme vous
allez voir le mari entre
d'abord avec la femme
de Chambre dans un cabinet, y
quitta son habit
d'Armenien pour en
prendre un autre avec un
masque
masque different, & retourna au bal attendre sa
maistresse. L'Amant à
quilafemmedeChambre
donna l'habit que venoit
de quitter le mari, resta
dans le cabinet pour y
estre pris pour luy si l'occasson devenoit favorable & elle le devint, car la femme jalouse trou-
| vant la porte ouverte, Se
voyant l'Amant Armenien qu'elle prit pourson
mari
,
crut avoir trouvé
le moment de le confondre. Elle entre, ne doutant point qu'il ne fust là
pour y
attendre la Chauve souris sarivale, l'Amant Armenien feignit
-
-
de s'y méprendre comme auroit fait le mari
,
-& cela produisit une icene que je prie le Lecteur
de nepointdeviner trop
tost, il feroittort à l'honneur du mari, à la vertu
de la femme, oC à celuy
qui écrit cette avanture,
car il se garderoit bien
d'en faire le récit si le dénouement en estoit vi- cieux.
A Cette femme par malheur pour l'Amant n'aimoit pas assez son mari
pour se foncier qu'il la
prit en ce moment pour
sa maistresse, elle se demanqua d'abord pour
l'accabler de reproches
6c d'injures, le faux mari feignant un repentir
sincerer voulut reparer
son infidélité par un raccommodement des plus
tendres, maisil la trouva
inflexible: ah, Madame,
s'écria-t-il, en le démarquant, puisque vous ne
voulez pas pardonner à
un mari perside, vengezvous-en donc dans ce
premier mouvement de
colere où la vengeance
est si pardonnable »
la
vertueuse femme luy respondit avec sa vivacité
ordinaire qu'unautrepre-
mier mouvement avoit
desja succèdéà celuy de
la vengeance
,
& quelle
se sentoitsiindignée contre luy que s'il paroissoit
jamais en sa presenceelle
luy mettrait en telle un
mari qui sçavoit aussi
bien se vanger d'un suborneur qu'estre infidellelIa femme.
Apres - cette menace
elle laissa nostre jeune
présomptueux convaicu
pour la première fois de
sa vie que ses charmes
avoient bien peu de force, puisqu'ils n'avoient
pas pû vaincre une fClnme desja affoiblie
par le
desir naturel de punir un
mari infidelle.
Elleefldefraifche.date y
l'une des personnesinteressees dans l'Avanture
me la vient de conter; elle
est de la Semaine passée.
-
Un jeune Officier fort
amoureux d'une femme
fort vercueuse, en fut rebuté plusieurs fois,& de
tres-bonne foy car elle
fut prested'en avertir son
mary. Elle en menaça
l'Officier qui luy repre-
senta qu'elle avoit grapd!
tort d'estre si fidelle à un
mary qui avoit une maistresse.Une maistresse!
s'écria la Dame qui estois
encore- plus jalouse que
vertuéuse. Ah Jsi vous
pouvez meprouvercelaw
a-aa. Achevez, Madame,,
achevez, luy dit TOfÉcier ; vous avez voulu
dire que sije pouvoisvous
prouver l'infideliré de
vostre mary
,
vous vous
en vengeriez.J'avoue
reprit
*
reprit vivement la Dame, que j'ay voulu dire
cela dans mon premier
mouvement
,
mais la
raison me revient bien
viste comme vous voyez, car je n'ay pas
achevé, il en feroit de
mesme si je voyois réellement l'infidelité de
mon mary, mon premier
mouvement feroit de me
vanger
,
mais la raison
me reviendroit si viste
que vous n'auriez pas le
loisir de profiter de ce
moment-laJe me le tiens
pour dit3 reprit le Cavalier,la question n'estdonc
plus que de vous prendre
dans un moment de colere qui dure assèz pour
vous déterminer à la
vengeance, la question
fèroit encore, repliquat'elle, en le quittant bruC.
quement, si cette vangeance ne le tourneroit
point contre vous
plustostquecontremonmari.
-
Le Cavalier estoit de
ceux qui expliquent tout
à leur avantage, parce
qu'ils jugent desavantageusement de toutes les
femmes3 il conceut de
grandes esperances s'il
pouvoit trouver l'occasion favorable, il la chercha avec foin; enfin ayant
gagné à force d'argent
la femme de Chambre
de la maistressè du mary,
il sceut que le foir mes.
me ils dévoient se trou-
ver à un bal, 06 cette
femme de Chambre luy
monstra la lettre que sa
maistresseécrivoit au mary pour ce rendez-vous,
Voicy ce qu'elle contenoit.
Trop infortunémary
d'une femme jalouse je
ne pourray te consoler ce
soir dans mon appariemil'
5
car j'y reçois des
Dames qui.sj viennent
deguiser pour un bal qui
Je donne dans le grand
Appartement bas qui est
au dessous du mien tu
m'y trouveras deguisée
simplement en chauvesouris, avec deuxjuppes
noires, un ruban jaune
:
autour du col, (jf un
rougesurla teste, viens-y
avec la mesme robe a"Arménien que tu aVOIS aux
deux derniers balsyÇtfc*
LeCavalier copia cette lettre en
écriturede
femme, & y
adjoufta
feulement cecy :
C'est la
seconde fois aujcurai.ry
que je t'écris la nicj;>ie
close
,
jet'envoye cette
secondeinsiruction en cas
que tu n'ayespas receu la
premiere.
La femme de Chambre
recacheta l'original de
cette lettre, & l'envoya
naturellement au mary
dès le matin comme elle
en avoit l'ordre, & le
Cavalier envoya la sienne par un laquais fort
adroit,qui faisoit le niais
a merveille, 6C qui alla
droit au logis de la Dame
jalouse
,
où feignantde
n'avoir trouvé en bas aucunlaquais de Monsieur,
il montachez la femmede
Chambre de Madame
,
à qui il demanda niaiièment., si Monsieur n'estoit point au logis, il
tenoit negligemment à
sa main la lettre que cette
femme de Chambre-cy
cofidentede la jaloufiede
sa maistresse, se sceut bon
gréd'avoir attrapée à
nostre faux niais, qui la
pria bonnement de la remettre entre les mains de
Monsieur sans que Madame en sceust rien, elle
fit tout le contraire com-
,
me vous pouvez penser,
&c'estoit l'intention du
Cavalier qui se doutoit
bien que la femme jalouse feroit suivre son mari,
& seroit convaincuë de
son infidelité,c'est tout
ce qu'il souhaitoit, mais
le hasard pouffa la chose
plus loin.
Le mari voulant aller
au bal àl'insceu de sa
femme, feignit le foir un
mal de teste,elle comprit
d'abord qu'ayant receu
la lettre dont elle avoit
le double
,
il se disposoit
à se derober d'elle pour
aller au rendez-vous, Se
pour luy donner beau,
elle feignit aussi une migraine, & se retira de
bonne heure dans sots
appartement, sa confidente eut foin de luy
trouver pour le bal un
habit de chauve souris
pareil à celuy que devoit
avoir sa rivale, avec le
signal des rubans marquez dans lalettre.
Le mari sortit en secret sur les dix heures du
-
foir pour aller se deguiser je ne scay où; la femme prit le carrose un peu
aprés, & se rendit au bal
avec safemme de Cham-
re qu'elle fit aussimaiquer, le bal ne faisoit
que de commencer, elle
leposta dans un coin, où
elle ne fut remarquée
que <lefonjeune Amant, ui voyant la Chauve
Fouris de ii bonne heure
m rendezvous, & sçabhantquelle ne devoit
i'j trouver que fort tard,
devina que cette Chauve -
souris-cy pourroit
bien estre la femme jalousequi prenoit les de-
vants pour donner le
change à son mari
,
cC
le convaincrede perfidie,
ce soupçon fut bien tost
confirmépar la femme de]
Chambre avec qui il estoit d'intelligence, jfbuvenez vous que c'est celle de la maistresse du ma1
ri, & qu'estant de la maison où le bal se donnoit,
elle y
pouvoitestre naturellement, elle y
cherchoit le mari Amant de
sa maistresse qu'elle ve-
soit prier de ne point
impatienter, parce qu'-
elle ne pouvoit venir que
sur la fin du bal. Comme
cette femme deChambre
sec nostre Amantmasqué
s'entretenoient ensemble,l'Armenien ,c'està
dire, le mari en robbe
d'Armenien, parut, 6L
fut aussitost reconnu par
sa femme
,
qui chercha
l'occasion de l'attirer
dans quelque coinpour
le confondre. Nostre
Amant qui les observoit
pour voir le denoüement
de cette Scene
,
en imagina unequi pourroic luy
estre plus favorable, il
concerta impromptu avec
la femme de Chambre ,
qui voulut bien sacrifier
sa maistresse à cet Amant
passionné & liberal
:
voicy comment elle sy prit.
Elle aborda l'Armenien, & luy dit ,-que fin
maistresse le prioit de j
changer son deguise-
ment, parce qu'on l'avoit trop remarqué au dernierbal, & le pria de
lasuivre jusqu'à une petite chambre où elle luy
donneroit un autre ha-
;
bit: voilà donc la femme
:
de Chambre qui marche
;
la première,l'Arménien
la suit, la Chauve souris
fuit l'Arménien, & l'Amant fuit la Chauve-souris, marche mysterieuse
& interessante dont je ne
vous tracerai point icy
*, !..Jr,m
tous les detours, car je
n'ay point sceu exactement quel estoit le plan
de ces appartemens; mais
enfin à la faveur de quelque obscurité chacun allant à ses fins nos quatre
personnages se trouverent postez comme vous
allez voir le mari entre
d'abord avec la femme
de Chambre dans un cabinet, y
quitta son habit
d'Armenien pour en
prendre un autre avec un
masque
masque different, & retourna au bal attendre sa
maistresse. L'Amant à
quilafemmedeChambre
donna l'habit que venoit
de quitter le mari, resta
dans le cabinet pour y
estre pris pour luy si l'occasson devenoit favorable & elle le devint, car la femme jalouse trou-
| vant la porte ouverte, Se
voyant l'Amant Armenien qu'elle prit pourson
mari
,
crut avoir trouvé
le moment de le confondre. Elle entre, ne doutant point qu'il ne fust là
pour y
attendre la Chauve souris sarivale, l'Amant Armenien feignit
-
-
de s'y méprendre comme auroit fait le mari
,
-& cela produisit une icene que je prie le Lecteur
de nepointdeviner trop
tost, il feroittort à l'honneur du mari, à la vertu
de la femme, oC à celuy
qui écrit cette avanture,
car il se garderoit bien
d'en faire le récit si le dénouement en estoit vi- cieux.
A Cette femme par malheur pour l'Amant n'aimoit pas assez son mari
pour se foncier qu'il la
prit en ce moment pour
sa maistresse, elle se demanqua d'abord pour
l'accabler de reproches
6c d'injures, le faux mari feignant un repentir
sincerer voulut reparer
son infidélité par un raccommodement des plus
tendres, maisil la trouva
inflexible: ah, Madame,
s'écria-t-il, en le démarquant, puisque vous ne
voulez pas pardonner à
un mari perside, vengezvous-en donc dans ce
premier mouvement de
colere où la vengeance
est si pardonnable »
la
vertueuse femme luy respondit avec sa vivacité
ordinaire qu'unautrepre-
mier mouvement avoit
desja succèdéà celuy de
la vengeance
,
& quelle
se sentoitsiindignée contre luy que s'il paroissoit
jamais en sa presenceelle
luy mettrait en telle un
mari qui sçavoit aussi
bien se vanger d'un suborneur qu'estre infidellelIa femme.
Apres - cette menace
elle laissa nostre jeune
présomptueux convaicu
pour la première fois de
sa vie que ses charmes
avoient bien peu de force, puisqu'ils n'avoient
pas pû vaincre une fClnme desja affoiblie
par le
desir naturel de punir un
mari infidelle.
Fermer
Résumé : AVANTURE du Bal.
Le texte raconte une aventure impliquant un jeune officier amoureux d'une femme vertueuse et jalouse. L'officier, repoussé à plusieurs reprises, cherche à la séduire en exploitant sa jalousie. Il obtient une lettre de la maîtresse du mari de la dame, décrivant un rendez-vous déguisé en chauve-souris. L'officier copie cette lettre et l'envoie à la dame jalouse, espérant la convaincre de l'infidélité de son mari. La dame, après avoir reçu la lettre, se déguise en chauve-souris et se rend à un bal. Elle y rencontre son mari déguisé en Arménien et son amant, également déguisé. Grâce à la complicité de la femme de chambre, l'amant et le mari échangent leurs déguisements. La dame, croyant confondre son mari avec sa maîtresse, se retrouve face à l'amant. Ce dernier feint le repentir, mais la dame, ne reconnaissant pas son mari, l'accable de reproches. L'amant, démasqué, comprend que ses charmes n'ont pas suffi à séduire la dame.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2383
p. 187-192
LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
Début :
Monsieur, Le hasard m'a fait sçavoir ce que toutes mes recherches [...]
Mots clefs :
Machines, Inventions, Marbre, Scie, Mécanique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
LETTRE D'AVI
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
Fermer
Résumé : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
La lettre d'Avi présente une nouvelle machine destinée à scier les marbres de manière plus simple et rapide que les machines existantes. L'auteur, après avoir découvert le secret de la machine de Corvolles, l'a démontrée à Notre-Dame pour prouver son efficacité. Il critique Corvolles de ne pas rendre publiques ses inventions et de se concentrer constamment sur de nouvelles découvertes sans les partager. Corvolles justifie son silence en expliquant qu'il cherche à rendre ses inventions utiles, faciles à utiliser et économiques. La machine pour scier les marbres se compose d'un châssis carré long avec des pièces de bois aux extrémités, permettant le passage des scies tendues par une broche de fer et un cornu fendu. Une autre machine permet de créer des profils sur le marbre sans ciseau ni maillet, en utilisant un calibre de fer fondu avec des mouleures marquées. Les deux machines fonctionnent avec le même mouvement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2384
p. 199-205
MORTS.
Début :
Dame Catherine l'Avocat, veuve de Messire Simon Arnauld, Chevalier, Marquis [...]
Mots clefs :
Descendance, Bourbon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
*
Dame Catherine l'AVCK
çat, veuve de MessireSimon Arnauld
,
Chevalier
Marquis de Pomponne
,
Sire & Baron de Ferrieres
,
Chambrois)&Auquinv¡lle,'
Ministre & Secretaire d'Etat &: des commandemens
de Sa Majesté, & Surintendant des postes ôc relais de
France, mourut le31. Décembre en sa 75. année.
Les enfans qu'elle laisse sont:
Nicolas-Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
, BrigadierdesArmées du
Roy, Lieutenant General,
& Commandant pour .Sa
Majesté au Gouvernement
de Tlfle de France, Envoyé
extraordinaire prés de
Monsieurl'Electeur de Ba-,
viere au mois de Mars
1699. *
,4>
Henry-Charles Àrnai^Id
de Pomponne, Abbé de S.
Médard sleSoissons, ôc
Conseiller, d'Etat d'Eglise.
Et CatherineFelicité,
qui épousa le
1
3.Août
1699. Messire Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Torcy
,
Ministre & Secretaire
d'Etat, & Chancelier des
Ordres du Roy.
Dame Marie de Falconis,veuve de Messire Loüis
Comte d'Amanzé,Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne, ôc
Gouverneur de BourbonLancy, mourut aussi le ;f..
Décembre. Elle laisse Ma-
rie-Joleph qui épousa le
20. Mars 1706. Anne de la
Qyeille, Marquis de Châteauguay
,
qui a eu en faveur de ce mariage la même Lieutenance Generale,
& le même Gouvernement.
Loüis Comte damanzé, pere de Marie-Joseph
étoit fils de GaspardComte
d'Amanzé. Gaspard étoit 1
fils de Jean Vicomte d'A- JI
manzé, & d'Isabeau d'Escars. Isabeau d'Escarsétoit;
fille de Jean d'EscarsPrince de Carency
J,
Comte de
Vauguyo,Chevalier de
Ordre du S. Esprit
,
&
Anne de Clermont-Ton
terre. Jean d'Escars etoic
ls de François d'Escars,
dgneur de laVauguyon,
;
d'Isabelle de Bourbon,
ame de Carency.Isabelle
e
Bourbon étoit fille de
Charles de Bourbon, Serneur de Careney, & de:
Catherine d'Alegre.CharÎS de Bourbon étoitfils.
e
Jacques de Bourbon,
eigneur de Carency
,
ôc
Antoinette de la Tour
pliergues. Jacques de
Bourbon étoit fils de Jean
de Bourbon, Seigneur de
Carency, & de Jeanne de
Vendosmois, & ce Jean de
Bourbon étoit fils de Jean
de Bourbon I. du nom,
Comte de la Marche, ôc
de Catherine
,
Comtesse
de Vendosme.
Messire François Petit
d'Estigny, Prieur de saint
Jean le Cencenier, mourut
le3. Janvier,
.-
Messire Jacques Jannard, Seigneur de Thoiry,
qui avoit été reçu Conseiller au Grand Conseil
'n 1675. mourut le 16. Janvier sans laisser de pofterié de N. de Gaumont,
Maître desRequêtes. *
Nicolas Clement, Garle de la Bibliotheque du
Roy, mourutaussi le 16.
anvier. Il est fort regreté de tous les Sçavans.
*
Dame Catherine l'AVCK
çat, veuve de MessireSimon Arnauld
,
Chevalier
Marquis de Pomponne
,
Sire & Baron de Ferrieres
,
Chambrois)&Auquinv¡lle,'
Ministre & Secretaire d'Etat &: des commandemens
de Sa Majesté, & Surintendant des postes ôc relais de
France, mourut le31. Décembre en sa 75. année.
Les enfans qu'elle laisse sont:
Nicolas-Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
, BrigadierdesArmées du
Roy, Lieutenant General,
& Commandant pour .Sa
Majesté au Gouvernement
de Tlfle de France, Envoyé
extraordinaire prés de
Monsieurl'Electeur de Ba-,
viere au mois de Mars
1699. *
,4>
Henry-Charles Àrnai^Id
de Pomponne, Abbé de S.
Médard sleSoissons, ôc
Conseiller, d'Etat d'Eglise.
Et CatherineFelicité,
qui épousa le
1
3.Août
1699. Messire Jean-Baptiste
Colbert, Marquis de Torcy
,
Ministre & Secretaire
d'Etat, & Chancelier des
Ordres du Roy.
Dame Marie de Falconis,veuve de Messire Loüis
Comte d'Amanzé,Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne, ôc
Gouverneur de BourbonLancy, mourut aussi le ;f..
Décembre. Elle laisse Ma-
rie-Joleph qui épousa le
20. Mars 1706. Anne de la
Qyeille, Marquis de Châteauguay
,
qui a eu en faveur de ce mariage la même Lieutenance Generale,
& le même Gouvernement.
Loüis Comte damanzé, pere de Marie-Joseph
étoit fils de GaspardComte
d'Amanzé. Gaspard étoit 1
fils de Jean Vicomte d'A- JI
manzé, & d'Isabeau d'Escars. Isabeau d'Escarsétoit;
fille de Jean d'EscarsPrince de Carency
J,
Comte de
Vauguyo,Chevalier de
Ordre du S. Esprit
,
&
Anne de Clermont-Ton
terre. Jean d'Escars etoic
ls de François d'Escars,
dgneur de laVauguyon,
;
d'Isabelle de Bourbon,
ame de Carency.Isabelle
e
Bourbon étoit fille de
Charles de Bourbon, Serneur de Careney, & de:
Catherine d'Alegre.CharÎS de Bourbon étoitfils.
e
Jacques de Bourbon,
eigneur de Carency
,
ôc
Antoinette de la Tour
pliergues. Jacques de
Bourbon étoit fils de Jean
de Bourbon, Seigneur de
Carency, & de Jeanne de
Vendosmois, & ce Jean de
Bourbon étoit fils de Jean
de Bourbon I. du nom,
Comte de la Marche, ôc
de Catherine
,
Comtesse
de Vendosme.
Messire François Petit
d'Estigny, Prieur de saint
Jean le Cencenier, mourut
le3. Janvier,
.-
Messire Jacques Jannard, Seigneur de Thoiry,
qui avoit été reçu Conseiller au Grand Conseil
'n 1675. mourut le 16. Janvier sans laisser de pofterié de N. de Gaumont,
Maître desRequêtes. *
Nicolas Clement, Garle de la Bibliotheque du
Roy, mourutaussi le 16.
anvier. Il est fort regreté de tous les Sçavans.
Fermer
Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités et fournit des détails sur leurs familles et leurs titres. Dame Catherine l'AVCK, veuve de Messire Simon Arnauld, Chevalier Marquis de Pomponne, est décédée le 31 décembre à l'âge de 75 ans. Elle laisse trois enfants : Nicolas-Simon Arnauld, Marquis de Pomponne, Brigadier des Armées du Roy, Lieutenant Général et Commandant pour Sa Majesté au Gouvernement de l'Île de France ; Henry-Charles Arnauld de Pomponne, Abbé de Saint-Médard de Soissons et Conseiller d'État d'Église ; et Catherine-Félicité, épouse de Messire Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Torcy, Ministre et Secrétaire d'État. Dame Marie de Falconis, veuve de Messire Louis Comte d'Amanzé, Lieutenant Général au Gouvernement de Bourgogne et Gouverneur de Bourbon-Lancy, est également décédée le 31 décembre. Elle laisse Marie-Joseph, qui a épousé Anne de la Queille, Marquis de Châteauguay, et a hérité de la même Lieutenance Générale et du même Gouvernement. Le texte mentionne également la généalogie de Louis Comte d'Amanzé, remontant jusqu'à Jean de Bourbon, Comte de la Marche, et Catherine, Comtesse de Vendôme. Messire François Petit d'Estigny, Prieur de Saint-Jean le Cencenier, est décédé le 3 janvier. Messire Jacques Janinard, Seigneur de Thoiry, Conseiller au Grand Conseil en 1675, est décédé le 16 janvier sans laisser de postérité. Nicolas Clément, Garçon de la Bibliothèque du Roy, est également décédé le 16 janvier et est regretté par tous les savants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2385
p. 205-208
MARIAGES.
Début :
Messire Charles Auguste de Benoise, Conseiller du Parlement, fils de Charles [...]
Mots clefs :
Héritage, Lignée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
**
*i*-
Messire Charles Augu-
:e de Benoise, Conseiller
u
Parlement,fils deCharrs
de Benoise,Conseiller
Lhonneur en la même
>
Cour, & de Marguerite
Pichon, épousa le27. De
cembre N.Berthelot
fille d'EtienneBerthelot
Seigneur de Pleneuf,& d
Marie-Henriette-françoi
se Galland: sa premier
femme.-« v »
MessireFrançois-Henry
EdouardColbert, Comte
de Croissy, Lieutenan
General des armées d
Roy ,
épousale 30. Decem
bre Marie Brunet de Ran
cy,
fille de Paul-Etienn
Brunet de Rancy, Sei
gneurd'EvrylesChâteaux
*
Maître des. Requêtes, ôc
Intendant d'Alençon, &:
de GenevièveColbert. Le
nouvel épouxestfils de
feu M.. Colbert, Ministre
& Secretaire d'Etat,& frere de M. le Marquis de
Torcy, aussi Ministre &
Secrétaire d'Etat ;
ainsi il
se trouve parent de Marie
Brunet de Rancy ,à cause
de sa Mere. Son Pere est
frere defeuMessire Jean
Baptisse Brunet, Conseiller d'Etat, Garde du Tresor Royal- de François
,Brunet de Mont-ferant,
President en la Chambre
desComptes de Paris, &
chef du Conseil de feuë S.
A. R. MONSIEUR; de Jean
Gérard Brunet, Marquis
de Serrigny, President au
Parlement; de feu Gilles
Bruner, Abbéde Villeloin
& deMureau, Conseiller
de la GrandChambre, &
de Joseph Brunet, Abbé
de S. Crespin de Soissons,
Docteur de Sorbonne, si
fameux par sa grande piété,Se sa charité envers les
pauvres.
*i*-
Messire Charles Augu-
:e de Benoise, Conseiller
u
Parlement,fils deCharrs
de Benoise,Conseiller
Lhonneur en la même
>
Cour, & de Marguerite
Pichon, épousa le27. De
cembre N.Berthelot
fille d'EtienneBerthelot
Seigneur de Pleneuf,& d
Marie-Henriette-françoi
se Galland: sa premier
femme.-« v »
MessireFrançois-Henry
EdouardColbert, Comte
de Croissy, Lieutenan
General des armées d
Roy ,
épousale 30. Decem
bre Marie Brunet de Ran
cy,
fille de Paul-Etienn
Brunet de Rancy, Sei
gneurd'EvrylesChâteaux
*
Maître des. Requêtes, ôc
Intendant d'Alençon, &:
de GenevièveColbert. Le
nouvel épouxestfils de
feu M.. Colbert, Ministre
& Secretaire d'Etat,& frere de M. le Marquis de
Torcy, aussi Ministre &
Secrétaire d'Etat ;
ainsi il
se trouve parent de Marie
Brunet de Rancy ,à cause
de sa Mere. Son Pere est
frere defeuMessire Jean
Baptisse Brunet, Conseiller d'Etat, Garde du Tresor Royal- de François
,Brunet de Mont-ferant,
President en la Chambre
desComptes de Paris, &
chef du Conseil de feuë S.
A. R. MONSIEUR; de Jean
Gérard Brunet, Marquis
de Serrigny, President au
Parlement; de feu Gilles
Bruner, Abbéde Villeloin
& deMureau, Conseiller
de la GrandChambre, &
de Joseph Brunet, Abbé
de S. Crespin de Soissons,
Docteur de Sorbonne, si
fameux par sa grande piété,Se sa charité envers les
pauvres.
Fermer
Résumé : MARIAGES.
Le texte relate deux mariages notables. Le premier concerne Messire Charles Auguste de Benoise, Conseiller au Parlement, fils de Charles de Benoise et de Marguerite Pichon. Il épousa le 27 décembre N. Berthelot, fille d'Étienne Berthelot, Seigneur de Pleneuf, et de Marie-Henriette-Françoise Galland. Le second mariage implique Messire François-Henry Édouard Colbert, Comte de Croissy et Lieutenant Général des armées du Roi. Il épousa le 30 décembre Marie Brunet de Rancy, fille de Paul-Étienne Brunet de Rancy, Seigneur d'Évry-les-Châteaux, et de Geneviève Colbert. François-Henry Édouard Colbert est le fils de feu M. Colbert, Ministre et Secrétaire d'État, et le frère de M. le Marquis de Torcy, également Ministre et Secrétaire d'État. Il est par ailleurs parent de Marie Brunet de Rancy par sa mère. Le père de l'époux est le frère de feu Messire Jean-Baptiste Brunet, Conseiller d'État et Garde du Trésor Royal. La famille Brunet inclut également plusieurs personnalités distinguées, telles que François Brunet de Montferrant, Président à la Chambre des Comptes de Paris, Jean Gérard Brunet, Marquis de Serrigny, Président au Parlement, Gilles Brunet, Abbé de Villeloin et Conseiller à la Grand Chambre, et Joseph Brunet, Abbé de Saint-Crespin de Soissons, Docteur de Sorbonne, connu pour sa piété et sa charité envers les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2386
p. 209-220
PIECE FUGITIVE. / LETTRES A une Damoiselle Suedoise sur son Portrait.
Début :
Je ne sçai, Mademoiselle, si en me donnant l'honneur de [...]
Mots clefs :
Suédoise, Éloges, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PIECE FUGITIVE. / LETTRES A une Damoiselle Suedoise sur son Portrait.
PIECE FVGITIVE.
J'ignore l'autheur &
la datte de cette piece
, maisellem'a paru jolie,
& je ne pense pas qu'elle
foit imprimée
,
il n'en
faut pas davantage pour
me persuader qu'elle fera plaisir au public.
LETTRE
A une Damoiselle Suedoise
surfin Portrait.
Je ne fçaijMadcixioifcllCj
si en me donnant l'honneur de vousécrire j'écris
à quelqu'un.Sur vôtre nom
qui efl: fortillustre il faut
que je vous croye Suédoise,
sur les grands yeux noirs
due j'ai veus portrait dans vôtre
& quidoivent être
pleinsde feu dans l'original ,je vous crois Espagnole;surde fortjolis versFrançoisqu'oj}uCa montrez de
vous, je voriscroisFrançoise;sur d'autres vers Italiens, jevous crois Itapenne, ssir tout cela ensemblevous n-êtes a'auc,hri
pays.
Pour rendre le miracle eneor plusachevé.
Dix-septans à, ptll prés, cejl
l'âge qu'on vous donne.
Dix - ¡ ftpt ans jusqu'ici n'a-
- voientgatéperfonne,
Pour vous ils vousfont tort, ïefpritJî cultivé
Et dixfèpt ans font que je
voussoupçonne
Denêtre, Dieume le par-
"- donne, -'
Qluequelque objet
en
qu'unPoëteàrivé.t'ait
Cependantiléftcertaîh
que M. L.,.. de.« S.
prend l'affaire fort serieusement, & si l'on a
à écrire desprodiges ce doit être
sur son authorité plusque
sur celle des autres.Il foutient que vous êtes à Stokolm, quemille gensvous
yont vue36c
yous y ont
parlé, ildit même quevôtre Portrait,quirepresente le plus charmantvisage
du monde, ne represente
pas le vôtredanstoute sa.
beauté
,
Çc que les Peintres
de Suede ne flattent pas.
Maispourquoynousqui
sommes danslePays-
beauté, del'esprit, & des
agrémens,n'aurions-nous
jamais vu rien de pareil à
une personne si accomplie?Voila ce que la va- nitéFrançoise nous fait dire aussitôt; à cela je ne
sçai qu'une réponse, qui
paroîtnous aider à croire
tout ce que l'onditdevous.
VÀmorn ailleurs si redouta-
.)
,. yte -
Netrouvepassans doute un ci,tvorable
Sous le Ci.èîde Suide & si
*
plws 1a1/e'sLà^ttm\s^
Les cœurs y
sontglacez, &':
pour fondre ces
glaces
N'a-t-il pas dû produire un
Chef-d'œuvre où les Graces
Eussent répandu tous leurs
,
Dons ?
Si nos Climats n'ont rien quix
ne vous cedey
Soiten esprit,soit en attraits,
C'est qu'Amourysoumet les
cœursà moindre frais
Qu'il ne pourroit faire ce
Suede.
Voila, MademoifeIIe"
tout ceque je puis mimaginer pour me persuader
que vous soyez une choses
vrai-semblable, tirez-moy
d'embarras, je ': vous en
conjure ,.' & ayez la bonté
de me faire sçavoir si vou£
êtes
; que vôtre modestie
ne 'vo\is\ empêche pas de
me l'avouernaturellemet,
je vous promets de n'en
parlerà personne, je me
pique d'être bon François,
& jenevoudrois pas qu'on
Fçût que j'eusse intelligence avec une etrangere, qui
triompheroitde toutes -les,
Françoises, & qui effaceroit l'honneur de la Na-
tion. Ce seroit là un aÍfez
grand crime contre ma
Patrie, cependant je m'accoûtume peu à peu à en
faire un plus grand, tous
mes soupirs à l'heure qu'il
est sortent de France, &
vont du côté du Nord:
Lieux defoleX^y
ou PHyver
- tient son fiêgc
Sur devastes amas de neige,
Où lesaquillons violens,
Où les frimats, & les ours
blancs
Composent un trisse cortége,
Mer glaciale; affreux climats, C'efl
"ejlapré's vous que jesoupire,
Les lieux où regne un éternel Zephire,
Le séjour de Venus, Cypre
nevousvautpas.
Vous voyez, Mademoiselle, que mon cœur a
déja
bien fait du chemin, quoique je doute encore que
vous soyiez au monde:
Mais c'estdestendres caurs
l'ordinaire deffaut,
Ilssebâtenttoûjours unpeu
1<
-
plus qu'il ne faut
Desuivre une agreable idée.
Avec ardeur ils courent la
saisir,
Et des( charmes trompeur.
leur otent le loisir
De s'assurer qu'elle foit bien
:', fondée.
Cette idée seule,quej'ai
de vous, a
fait sur moj
l'effetque pourroient faire
les belles même decePaïs,
Vous pouvez conquerir la
Suede par vous-même, &
lerestedu monde par les
deux Portraits que nous
avons, car je compte pour
un Portrait les vers où vôtre esprits'est si bien peint.
Je meflatte que mes hommages,qui ne feroient asseurement pas dignes de
vous à Stokolm
,
deviendront de quelque prix en
traversant cinq cent lieuës
de Païs pour aller jusqu'à
vous, & que s'il est triste
de vous adorer de si loin,
ce me fera du moins une
espece de méritéauprés de
vous ; je n'en ai point d'au- treà vous faire ~valoir) &
je ne croispasmême que
vouspuissiez jamais sça-
voir qui je suis,
Si ce n'est que peut-être un
coup de lafortune.
AitportéjufIuefir nos bords
Le nom de l'enchanteur, qui
fait parler les morts,
Et qui voyage dAnl la Lune.
J'ignore l'autheur &
la datte de cette piece
, maisellem'a paru jolie,
& je ne pense pas qu'elle
foit imprimée
,
il n'en
faut pas davantage pour
me persuader qu'elle fera plaisir au public.
LETTRE
A une Damoiselle Suedoise
surfin Portrait.
Je ne fçaijMadcixioifcllCj
si en me donnant l'honneur de vousécrire j'écris
à quelqu'un.Sur vôtre nom
qui efl: fortillustre il faut
que je vous croye Suédoise,
sur les grands yeux noirs
due j'ai veus portrait dans vôtre
& quidoivent être
pleinsde feu dans l'original ,je vous crois Espagnole;surde fortjolis versFrançoisqu'oj}uCa montrez de
vous, je voriscroisFrançoise;sur d'autres vers Italiens, jevous crois Itapenne, ssir tout cela ensemblevous n-êtes a'auc,hri
pays.
Pour rendre le miracle eneor plusachevé.
Dix-septans à, ptll prés, cejl
l'âge qu'on vous donne.
Dix - ¡ ftpt ans jusqu'ici n'a-
- voientgatéperfonne,
Pour vous ils vousfont tort, ïefpritJî cultivé
Et dixfèpt ans font que je
voussoupçonne
Denêtre, Dieume le par-
"- donne, -'
Qluequelque objet
en
qu'unPoëteàrivé.t'ait
Cependantiléftcertaîh
que M. L.,.. de.« S.
prend l'affaire fort serieusement, & si l'on a
à écrire desprodiges ce doit être
sur son authorité plusque
sur celle des autres.Il foutient que vous êtes à Stokolm, quemille gensvous
yont vue36c
yous y ont
parlé, ildit même quevôtre Portrait,quirepresente le plus charmantvisage
du monde, ne represente
pas le vôtredanstoute sa.
beauté
,
Çc que les Peintres
de Suede ne flattent pas.
Maispourquoynousqui
sommes danslePays-
beauté, del'esprit, & des
agrémens,n'aurions-nous
jamais vu rien de pareil à
une personne si accomplie?Voila ce que la va- nitéFrançoise nous fait dire aussitôt; à cela je ne
sçai qu'une réponse, qui
paroîtnous aider à croire
tout ce que l'onditdevous.
VÀmorn ailleurs si redouta-
.)
,. yte -
Netrouvepassans doute un ci,tvorable
Sous le Ci.èîde Suide & si
*
plws 1a1/e'sLà^ttm\s^
Les cœurs y
sontglacez, &':
pour fondre ces
glaces
N'a-t-il pas dû produire un
Chef-d'œuvre où les Graces
Eussent répandu tous leurs
,
Dons ?
Si nos Climats n'ont rien quix
ne vous cedey
Soiten esprit,soit en attraits,
C'est qu'Amourysoumet les
cœursà moindre frais
Qu'il ne pourroit faire ce
Suede.
Voila, MademoifeIIe"
tout ceque je puis mimaginer pour me persuader
que vous soyez une choses
vrai-semblable, tirez-moy
d'embarras, je ': vous en
conjure ,.' & ayez la bonté
de me faire sçavoir si vou£
êtes
; que vôtre modestie
ne 'vo\is\ empêche pas de
me l'avouernaturellemet,
je vous promets de n'en
parlerà personne, je me
pique d'être bon François,
& jenevoudrois pas qu'on
Fçût que j'eusse intelligence avec une etrangere, qui
triompheroitde toutes -les,
Françoises, & qui effaceroit l'honneur de la Na-
tion. Ce seroit là un aÍfez
grand crime contre ma
Patrie, cependant je m'accoûtume peu à peu à en
faire un plus grand, tous
mes soupirs à l'heure qu'il
est sortent de France, &
vont du côté du Nord:
Lieux defoleX^y
ou PHyver
- tient son fiêgc
Sur devastes amas de neige,
Où lesaquillons violens,
Où les frimats, & les ours
blancs
Composent un trisse cortége,
Mer glaciale; affreux climats, C'efl
"ejlapré's vous que jesoupire,
Les lieux où regne un éternel Zephire,
Le séjour de Venus, Cypre
nevousvautpas.
Vous voyez, Mademoiselle, que mon cœur a
déja
bien fait du chemin, quoique je doute encore que
vous soyiez au monde:
Mais c'estdestendres caurs
l'ordinaire deffaut,
Ilssebâtenttoûjours unpeu
1<
-
plus qu'il ne faut
Desuivre une agreable idée.
Avec ardeur ils courent la
saisir,
Et des( charmes trompeur.
leur otent le loisir
De s'assurer qu'elle foit bien
:', fondée.
Cette idée seule,quej'ai
de vous, a
fait sur moj
l'effetque pourroient faire
les belles même decePaïs,
Vous pouvez conquerir la
Suede par vous-même, &
lerestedu monde par les
deux Portraits que nous
avons, car je compte pour
un Portrait les vers où vôtre esprits'est si bien peint.
Je meflatte que mes hommages,qui ne feroient asseurement pas dignes de
vous à Stokolm
,
deviendront de quelque prix en
traversant cinq cent lieuës
de Païs pour aller jusqu'à
vous, & que s'il est triste
de vous adorer de si loin,
ce me fera du moins une
espece de méritéauprés de
vous ; je n'en ai point d'au- treà vous faire ~valoir) &
je ne croispasmême que
vouspuissiez jamais sça-
voir qui je suis,
Si ce n'est que peut-être un
coup de lafortune.
AitportéjufIuefir nos bords
Le nom de l'enchanteur, qui
fait parler les morts,
Et qui voyage dAnl la Lune.
Fermer
Résumé : PIECE FUGITIVE. / LETTRES A une Damoiselle Suedoise sur son Portrait.
La lettre est adressée à une demoiselle suédoise dont l'auteur ignore l'identité précise. L'auteur exprime son admiration pour cette jeune femme, mentionnant divers indices qui la rendent mystérieuse : son nom illustre, ses traits physiques et ses talents poétiques en plusieurs langues. Malgré ces indices, il doute de son existence réelle. La lettre évoque également des rumeurs selon lesquelles un portrait de la demoiselle circule à Stockholm, mais ne représente pas fidèlement sa beauté. L'auteur se demande comment une personne aussi accomplie peut exister et imagine que son portrait et ses vers témoignent de ses charmes. Il exprime son admiration et ses soupirs, qui le mènent vers le nord, loin de la France. Il conclut en espérant que ses hommages, bien que modestes, puissent atteindre la demoiselle et qu'elle puisse un jour connaître son identité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2387
p. 220-236
NOMINATION du Roy.
Début :
Messire Louis lePeleteir, premier President du Parlement, s'est démis volontairement [...]
Mots clefs :
Parlement, Président, Nomination, Généalogie, Famille, Éloges, Hommage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMINATION du Roy.
NOMINATION
du Roy.
Messire Louis lePeletier,
premier President du Parlement, s'est demis volontairement de cette Charge
entre les mains du Roy.
Il est fils de Claude Le
Peletier, Conseiller d'Etat
Ordinaire, President holoraire du Parlement,Ministre d'Etat, Controlleur
General des Finances, cidevant Prevôt, des Marchands de Paris, & SurIntendant des Postes &
Relais de France, mort le
10. Aoust de l'année derniere.
SAMAJESTE'achoisi, pour remplir cette importante Charge, Messire
Jean-Antoine de Mesmes,
Comte d'Avaux, & de
Neufchâtel, Seigneur d'Irval & de Cramoyelle, cidevant Prévôt&Grand
MaîtredesCeremonies,
des Ordres du Roy. Cet
illustre Magistrat àété
ConcilierauParlement
en 1687.Presidenta Mor-* -,,' tier en 1689. Prevôt &Me
des Ceremonies des ordres
du Royen1703delaquelle charge il s'est demit.,en,.
1709.
en faveurdeM.le
Comte de Pontçhanx^jji.
Ilestfils de M.JeanJacquesdeMesmes Préfid^nt/
à Mortier, & de Dame
Marguerite Bertrand de la
Basiniere,&petit-fils de M.
Jean-Antoine de Mesme,
seigneur d'Yrval
,
Baron
deBreüil, Vicomte de
Vandeüil, Conseiller d'E-,
tat ordinaire, & de Dame
Anne Courtin, & arriérépetit-fils de Jean-Jacques
de Mesmes, Maistre des
Requestes, & ,Conseiller
d'Etat, & de Dame Antoi.
nette de Grossaine, fille
unique & heritiere deHierôme deGrossaine, Ecuyer
Seigneur d'Yrval&d'Avaux. Baron de Breûil, &
,.
Vicomte de Vandeüil, lequel Jean-Jacques de Mesmes fut envoyé en plusieurs négociationsimportantes, il est mort fort
âgé en 1642.
M. le premier President
avoit pour Oncle Messire
Jean-Jacques de Mesmes,
Comte d'Avaux,Conseiller d'Etat ordinaire, Prévôt & Maître des Ceremonies de l'Ordre du St
Esprit, lequel s'est distingué en quantité de negociations importantes,ayant
été deux fois Plenipoten-
tiaire pour la Paix. La première, au Traitté de Nimegue en 1675. Laseconde,au Traitté de Risvick
en 1697.
Cette famille a
produit
beaucoup de grands hommes, entre lesquelsse sont
distinguez Henry de Mesmes & Claude de Mesmes,
tous deux Grands-Oncles
de M.le premier President.
Henry de Mesmes, Ecuyer
Seigneur de Roissy, Marquis de Moigneville, &c
d'Everly, qui fut President àMortier en 1627. aprés
avoir occupé long-temps
les premieres Charges, &:
servi l'Etat en plusieurs occassons importantes.
il fut député aux Etats
Généraux tenus à Paris en
1617. & à l'assemblée des
Notables à Rouën: Il fut
marié deux fois, la premiere
,
avec Jeanne de
Montluc, fille du MaréchalBalagny',delaquelle
il neut point d'ensans
:
La
seconde, avec Marie Fossez
,
fille duMarquis d'Everly,Chevalier des Ordres du Roy, de laquelle
il eut plusieurs enfans, &
il n'én est resté que Dame
Antoinette de Mefn-les
épouse de Louise de Rochechoüart-, Duc de Vivonne,Maréchal de France. ", Claudede Mesmes CheValler3 Comte d'Avaux,
Maistre des Requestes ôc
conseillerid'EtatfutAmbassadeur en piufieurs
Cours de l'Europe
: Sçavoq ?à.Venifq,à Roipe3a
Mantouë, florencecà1
Savoye,deuxfois en Allemagne, en Dannemarck,
en Pologne & Suede: la
derniere fois qu'il fut en
Allemagne, il traitta des
Préliminaires de la Paix
generale,&fut un des Plénipotentiaires au Traité de
Munster; il fut aussi Secretaire des Ordres du Roy,
& Surintendant des Finances avec M. le President
de Bailleul, & il mourut
sans alliance.
Cette famille de Mesmes
est originaire de Bearn,
sortie
de
Pierre Chevalier,
Seigneur de Mesmes, qui
est nommé entre les pre-
miers & plus apparens du
Bailliage de Roquefort en
la Vicomté de Marsan; ce
Pierre de Mesmes vivoit
en 1179. & avoit pour frere Guillaume de Mesmes
pour Aumônier du Roy S.
Louis;il eut pour fils Roger de Mesmes, dit Coudun Chevalier, Seigneur
de Mesmes, pere d'Arnauld premier du Nom,
Seigneur de Caixchen en
l'Evêché d'Aire, duquel est
descendu M. le premier
President aprés neuf degrez de générations.
Cette famille a
donné
un premier President à
<' Rouën, qui fut aussi deux
fois Ambassadeur en Allemagnej un Chancelier de
Navarre; desPresidens au
grand Conseil,à la Chambre descomptes,un Prévôt
des Marchands à Paris,
trois Presidens à Mortier,
plusieurs Conseillers au
Parlement, Maistres des
Requestes & Conseillers
d'Etat, & quatre Officiers
* de l'Ordredu S. Esprit.
Cette Famille atoûjours protégé les belles
lettres. Voiture écrit à
Monsieur d'Avaux, à
propos de sa Maison,
qui efl: à presentl'Hôtel de Bauviliers.
je me réjoüis avec
*vous au nom des Penates
de Jean Jacques de Mesmes ftl de tant degrands
hommes vos ayeuls Àu
nom de ces Penates qui
ont été les Dieux tutelaires de P~~ de
tous les sçavants de ce
siécle-la~de celui-ci, de
ce que vous avez renouvelle& embelli leur ancienne demeure, &c.
Non feulement Messieurs de Mesmes &
d'Avaux ont protégé
les belles Lettres, mais
ils les ont cultivées euxmêmes. Il rfeft pas honnête, dit encor Voiture,
à un personnage
,
aussi
grand que vous têtes,
d'êtreplus éloquent que
nous.
Je pourrois repeter
icy
ici pour M. le premier
President,tous les éloges que Voiture donne
à ses Prédecesseurs,
puis qu'il rassemble en
lui toutes leurs grandes
qualitez. Mais j'ai banni du Mercure les Panegyriques.
J'ajoûterai feulement
quelques quadrins au
premier de ceux que
Voiture envoya à M.
d'Avaux, à la mode de
Neufgermain. Les lct-
tres du Nom finissant
les Vers
:
L'autre jour:}pf1Îtejf
Par Mercure tt) Parrses :
lesDieuxeur
Ton*ksDteuxféfktir
command-a.
Qu'on fit honneur ati grandd'Avaux, Themis,quicetordre
approuv-a,
A ses côtez ïnfadçfljty,
0; }
Pour le siécle suivant
¡ plaç-a ,,'
Un premier President
, ,/
Oui,ditThemis,ces d'Avauxl-a
a- Detouttempsmefurent de-vots, 1
Pour l'an où la Paix fè fer-a Jegarde à Paris un
àyA<vaux.
Enmérité il égaler-a
Suos Avos & Pro-avoS)
Peuple, Senat, tout aimer-A,
Ce successeur du grand à'Avaux.
du Roy.
Messire Louis lePeletier,
premier President du Parlement, s'est demis volontairement de cette Charge
entre les mains du Roy.
Il est fils de Claude Le
Peletier, Conseiller d'Etat
Ordinaire, President holoraire du Parlement,Ministre d'Etat, Controlleur
General des Finances, cidevant Prevôt, des Marchands de Paris, & SurIntendant des Postes &
Relais de France, mort le
10. Aoust de l'année derniere.
SAMAJESTE'achoisi, pour remplir cette importante Charge, Messire
Jean-Antoine de Mesmes,
Comte d'Avaux, & de
Neufchâtel, Seigneur d'Irval & de Cramoyelle, cidevant Prévôt&Grand
MaîtredesCeremonies,
des Ordres du Roy. Cet
illustre Magistrat àété
ConcilierauParlement
en 1687.Presidenta Mor-* -,,' tier en 1689. Prevôt &Me
des Ceremonies des ordres
du Royen1703delaquelle charge il s'est demit.,en,.
1709.
en faveurdeM.le
Comte de Pontçhanx^jji.
Ilestfils de M.JeanJacquesdeMesmes Préfid^nt/
à Mortier, & de Dame
Marguerite Bertrand de la
Basiniere,&petit-fils de M.
Jean-Antoine de Mesme,
seigneur d'Yrval
,
Baron
deBreüil, Vicomte de
Vandeüil, Conseiller d'E-,
tat ordinaire, & de Dame
Anne Courtin, & arriérépetit-fils de Jean-Jacques
de Mesmes, Maistre des
Requestes, & ,Conseiller
d'Etat, & de Dame Antoi.
nette de Grossaine, fille
unique & heritiere deHierôme deGrossaine, Ecuyer
Seigneur d'Yrval&d'Avaux. Baron de Breûil, &
,.
Vicomte de Vandeüil, lequel Jean-Jacques de Mesmes fut envoyé en plusieurs négociationsimportantes, il est mort fort
âgé en 1642.
M. le premier President
avoit pour Oncle Messire
Jean-Jacques de Mesmes,
Comte d'Avaux,Conseiller d'Etat ordinaire, Prévôt & Maître des Ceremonies de l'Ordre du St
Esprit, lequel s'est distingué en quantité de negociations importantes,ayant
été deux fois Plenipoten-
tiaire pour la Paix. La première, au Traitté de Nimegue en 1675. Laseconde,au Traitté de Risvick
en 1697.
Cette famille a
produit
beaucoup de grands hommes, entre lesquelsse sont
distinguez Henry de Mesmes & Claude de Mesmes,
tous deux Grands-Oncles
de M.le premier President.
Henry de Mesmes, Ecuyer
Seigneur de Roissy, Marquis de Moigneville, &c
d'Everly, qui fut President àMortier en 1627. aprés
avoir occupé long-temps
les premieres Charges, &:
servi l'Etat en plusieurs occassons importantes.
il fut député aux Etats
Généraux tenus à Paris en
1617. & à l'assemblée des
Notables à Rouën: Il fut
marié deux fois, la premiere
,
avec Jeanne de
Montluc, fille du MaréchalBalagny',delaquelle
il neut point d'ensans
:
La
seconde, avec Marie Fossez
,
fille duMarquis d'Everly,Chevalier des Ordres du Roy, de laquelle
il eut plusieurs enfans, &
il n'én est resté que Dame
Antoinette de Mefn-les
épouse de Louise de Rochechoüart-, Duc de Vivonne,Maréchal de France. ", Claudede Mesmes CheValler3 Comte d'Avaux,
Maistre des Requestes ôc
conseillerid'EtatfutAmbassadeur en piufieurs
Cours de l'Europe
: Sçavoq ?à.Venifq,à Roipe3a
Mantouë, florencecà1
Savoye,deuxfois en Allemagne, en Dannemarck,
en Pologne & Suede: la
derniere fois qu'il fut en
Allemagne, il traitta des
Préliminaires de la Paix
generale,&fut un des Plénipotentiaires au Traité de
Munster; il fut aussi Secretaire des Ordres du Roy,
& Surintendant des Finances avec M. le President
de Bailleul, & il mourut
sans alliance.
Cette famille de Mesmes
est originaire de Bearn,
sortie
de
Pierre Chevalier,
Seigneur de Mesmes, qui
est nommé entre les pre-
miers & plus apparens du
Bailliage de Roquefort en
la Vicomté de Marsan; ce
Pierre de Mesmes vivoit
en 1179. & avoit pour frere Guillaume de Mesmes
pour Aumônier du Roy S.
Louis;il eut pour fils Roger de Mesmes, dit Coudun Chevalier, Seigneur
de Mesmes, pere d'Arnauld premier du Nom,
Seigneur de Caixchen en
l'Evêché d'Aire, duquel est
descendu M. le premier
President aprés neuf degrez de générations.
Cette famille a
donné
un premier President à
<' Rouën, qui fut aussi deux
fois Ambassadeur en Allemagnej un Chancelier de
Navarre; desPresidens au
grand Conseil,à la Chambre descomptes,un Prévôt
des Marchands à Paris,
trois Presidens à Mortier,
plusieurs Conseillers au
Parlement, Maistres des
Requestes & Conseillers
d'Etat, & quatre Officiers
* de l'Ordredu S. Esprit.
Cette Famille atoûjours protégé les belles
lettres. Voiture écrit à
Monsieur d'Avaux, à
propos de sa Maison,
qui efl: à presentl'Hôtel de Bauviliers.
je me réjoüis avec
*vous au nom des Penates
de Jean Jacques de Mesmes ftl de tant degrands
hommes vos ayeuls Àu
nom de ces Penates qui
ont été les Dieux tutelaires de P~~ de
tous les sçavants de ce
siécle-la~de celui-ci, de
ce que vous avez renouvelle& embelli leur ancienne demeure, &c.
Non feulement Messieurs de Mesmes &
d'Avaux ont protégé
les belles Lettres, mais
ils les ont cultivées euxmêmes. Il rfeft pas honnête, dit encor Voiture,
à un personnage
,
aussi
grand que vous têtes,
d'êtreplus éloquent que
nous.
Je pourrois repeter
icy
ici pour M. le premier
President,tous les éloges que Voiture donne
à ses Prédecesseurs,
puis qu'il rassemble en
lui toutes leurs grandes
qualitez. Mais j'ai banni du Mercure les Panegyriques.
J'ajoûterai feulement
quelques quadrins au
premier de ceux que
Voiture envoya à M.
d'Avaux, à la mode de
Neufgermain. Les lct-
tres du Nom finissant
les Vers
:
L'autre jour:}pf1Îtejf
Par Mercure tt) Parrses :
lesDieuxeur
Ton*ksDteuxféfktir
command-a.
Qu'on fit honneur ati grandd'Avaux, Themis,quicetordre
approuv-a,
A ses côtez ïnfadçfljty,
0; }
Pour le siécle suivant
¡ plaç-a ,,'
Un premier President
, ,/
Oui,ditThemis,ces d'Avauxl-a
a- Detouttempsmefurent de-vots, 1
Pour l'an où la Paix fè fer-a Jegarde à Paris un
àyA<vaux.
Enmérité il égaler-a
Suos Avos & Pro-avoS)
Peuple, Senat, tout aimer-A,
Ce successeur du grand à'Avaux.
Fermer
Résumé : NOMINATION du Roy.
Le texte relate la nomination de Messire Jean-Antoine de Mesmes au poste de premier Président du Parlement, succédant à Messire Louis Le Peletier qui a démissionné volontairement. Jean-Antoine de Mesmes est présenté comme un magistrat éminent ayant occupé plusieurs fonctions prestigieuses, notamment Conseiller au Parlement en 1687, Président à Mortier en 1689, et Prévôt et Grand Maître des Cérémonies des Ordres du Roy en 1703. Il provient d'une famille distinguée, dont les membres ont joué des rôles importants dans l'administration et la diplomatie françaises. Parmi ses ancêtres notables, on trouve Jean-Jacques de Mesmes, qui a été Plénipotentiaire pour la Paix lors des traités de Nimègue en 1675 et de Ryswick en 1697. La famille de Mesmes est également reconnue pour ses contributions aux belles-lettres et son soutien aux arts. Le texte met en lumière la lignée et les exploits de plusieurs membres de cette famille, soulignant leur engagement dans les affaires de l'État et leur protection des lettres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2388
p. 236-241
Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
Début :
On fait quelquefois de grandes fautes dans le Mercure, par [...]
Mots clefs :
Correction, Prévôt des marchands, Lyon, Commerce, Prévôts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
On fait quelquefois de grandes fautes dans
le Mercure
, par le desir
de bien faire
,
veut-on
donner des Nouvelle^
trop fraiches, on est en
danger d'en donner de
douteuses, c'estcequ'on
afait lemois passé, pour,
ne s'être pas donne le
temps de verifier un
mémoire, qui portoit:
que M. Anisson,député
de la ville de Lionau
conseildu Commerce,
avoitété fait Prevost
des Marchands de ladite Ville, & cela ne s'est
pas trouvé vray. C'est
M. Ravat, qui, ayant été nommé pour les an- nées 1708. & 1709. &
continuépour 1710. 8C
1 1 1711. a
été continué une
xçconde fois pour 1712.
&C171}.
,', De Lion.
Le Prevost des Marchands de Lion préside
à !afJLÏrifdi&iÇ>n de la
consignation de Lion
Ja plus celebre de l'Europe pourles affaires du
Commerce, dont les Jugemens sont executez
dans toute l'étenduëdu
JVpyaume
,
&.- meme
dans les Pays étrangers,
8c il commande dans la
Ville enl'a'bf l'absence du
Gouverneur,!
, M,, Ravat. s'est donduit dans cette place
avectant de prudence
&desagesse,pendant
les quatreannéesdernieres ,qu'il a mérité
d'êtrecontinué
une
fecondefois,parune distinctionqui n'a - point
eûd'exemple depuis117
ans auc ansquelala Prevosté Prévoie des
Marchands a
été établie dans Lion.
Quoiqu'on n'ait point
dû prévoircette continuation, M. le Maréchal de Villeroy a
bien
connu qu'il rempliroit,
en la faisant, les voeux
de tous les ordres de la
ville de Lion, qui regarde comme une justice de faire joüir M.
Ravat de la tranquillité que nous esperons
par la Paix, puisqu'il a
1
essuyé
,,ffuye pendant quatre
années toutes fortes de
~raver[es, l'aproche des
ennemis, la famine,
& le dérangement du
Commerce, ayant remedié à tous ces maux ila satisfaction de tout
le monde,& retabli la
~seureté, l'abondance,
& la confiance dans les
affaires
le Mercure
, par le desir
de bien faire
,
veut-on
donner des Nouvelle^
trop fraiches, on est en
danger d'en donner de
douteuses, c'estcequ'on
afait lemois passé, pour,
ne s'être pas donne le
temps de verifier un
mémoire, qui portoit:
que M. Anisson,député
de la ville de Lionau
conseildu Commerce,
avoitété fait Prevost
des Marchands de ladite Ville, & cela ne s'est
pas trouvé vray. C'est
M. Ravat, qui, ayant été nommé pour les an- nées 1708. & 1709. &
continuépour 1710. 8C
1 1 1711. a
été continué une
xçconde fois pour 1712.
&C171}.
,', De Lion.
Le Prevost des Marchands de Lion préside
à !afJLÏrifdi&iÇ>n de la
consignation de Lion
Ja plus celebre de l'Europe pourles affaires du
Commerce, dont les Jugemens sont executez
dans toute l'étenduëdu
JVpyaume
,
&.- meme
dans les Pays étrangers,
8c il commande dans la
Ville enl'a'bf l'absence du
Gouverneur,!
, M,, Ravat. s'est donduit dans cette place
avectant de prudence
&desagesse,pendant
les quatreannéesdernieres ,qu'il a mérité
d'êtrecontinué
une
fecondefois,parune distinctionqui n'a - point
eûd'exemple depuis117
ans auc ansquelala Prevosté Prévoie des
Marchands a
été établie dans Lion.
Quoiqu'on n'ait point
dû prévoircette continuation, M. le Maréchal de Villeroy a
bien
connu qu'il rempliroit,
en la faisant, les voeux
de tous les ordres de la
ville de Lion, qui regarde comme une justice de faire joüir M.
Ravat de la tranquillité que nous esperons
par la Paix, puisqu'il a
1
essuyé
,,ffuye pendant quatre
années toutes fortes de
~raver[es, l'aproche des
ennemis, la famine,
& le dérangement du
Commerce, ayant remedié à tous ces maux ila satisfaction de tout
le monde,& retabli la
~seureté, l'abondance,
& la confiance dans les
affaires
Fermer
Résumé : Mr Anisson continué Prevost des Marchands de la Ville de Lyon, [titre d'après la table]
Le texte critique la publication hâtive de fausses nouvelles dans le Mercure, illustrant ce danger par un exemple récent. Le mois précédent, une information erronée avait été publiée selon laquelle M. Anisson avait été nommé Prévôt des Marchands de Lyon. En réalité, c'est M. Ravat qui occupait ce poste depuis 1708, ayant été réélu pour les années 1708 à 1711 et reconduit pour 1712 et 1713. Le Prévôt des Marchands de Lyon préside la juridiction de la consignation de Lyon, célèbre en Europe pour ses jugements exécutés dans tout le royaume et même à l'étranger. Il assure également la gouvernance de la ville en l'absence du gouverneur. M. Ravat a exercé cette fonction avec prudence et sagesse, méritant ainsi une reconduction exceptionnelle, la première depuis 117 ans. Le maréchal de Villeroy a reconnu que cette décision répondait aux attentes de tous les habitants de Lyon, qui apprécient la gestion de M. Ravat face aux difficultés telles que la guerre, la famine et les perturbations commerciales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2389
p. 242-256
LIVRE NOUVEAU.
Début :
Il paroît depuis peu dans Paris un Livre imprimé à Amsterdam, [...]
Mots clefs :
Livre, Idées, Platon, Esprit, Genre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU.
L paroîtdepuis peu
dans Paris un Livre
imprime à Amsterdam,
qui a pour titre Nouveaux
dialogues des Dieux,ou ré,
-
jllxiansjûr Ils pasîons; avec
un discourssur la nature du
dialogue. À
Le dialogue, dit l'auteur
,
est le genre
d'écrire
le plus ancien. Il est à croi4
que lespremiers que la va
nité, ou l'oisivetéengage-
eut à travailler, choisirent
,ette maniere!Lès homnesayanttrouvéle moyen
le rendre leurs idées par
l'usage des mots, lierent
les conversations, & je
~le doute point qu'avec le
penchant qu'ils ont à
l'initation,ils n'ayent don-
~éà leurs écrits la forme
le conversation ou de diaogue, qui devoit vraifem-
~diablement se presenter à
eux, &c.
-
Après cette reflexion
censée,qui faitsentir qu'en
effet. la premiere maniere
de s'exprimer par écrit a
dû être une mitation naïve dela manierenaturelle
dont les hommes s'expriment entr'euxde vive voix,
il donneà Platon l'honneur d'avoir renouvellé de
son temps l'usage du dialogue.
Ensuiteil fait l'élogede
Platon, il nous peint avec
force les grandes qualitez,
& justifie avec adressedes
défautsqu'il n'estplus permis de blâmer dans un
homme qui s'est acquis le
surnom dedivin.
Il convient par exemple
que Platon ejiiresdtjjus,
il dit pour l'excuser que
Les anciens ne se viquoiet
point d'aller à la vérité'
parlechemin le plttKourt:
ilsst ménageoientleplaisir dela chercherlongtemps.
:.' Si l'auteur dit que
Platon cft obscur, que
ses idées ne sont point
nettes
,
il a
joûte que
toutes,les foisqu'il tmrle
de l'amoursonstile enfait
leloge, sonimagination échauffée par son
cœur en devient une fois
plus brillant:e; quand il
parle de Ubeauté, tvow
le croye.Ztiflmdthiranfsorts" qtteUtcause; ce ne
font quegrands mots qui,
parcequ'ils ontde confar,
peignent parfaitement le
desordredel'amour.
C'est ainsi que l'Autheur
,
en jugeant sainement & sans prévention, des deffauts de
Platon, évite de heurter de front la prévention de ceux qui croiroient blasphemer, en
convenant que Platon
manque quelquefois de
jupefJe. plit] a
du chimerique dansson
élevation d'esprit.
L'Autheur donne enfuite à Platon la plus
grande loüange qu'on
puisse donner à un Philosophe.
Il tft certain, dit-il,
que de tous les Payens
Cf Platon a eu laMorale
la plttf pure, & la plus
conforme aux intérêts de
ll4 societé.
L'Autheur établit ensuite, une maxime trés
veritable, & à laquelle
peu de gens font attention. L'cfprtt, 4 quis'exerce
sur un genre particulier,
a
bésoin pouryexceller,
de toutes les qua.l,tè.(" necessaires pour réussir dans
tous les genres en generaL
Je croirois qu'il en
est de même des beaux
arts J.
qu'unPeintre, par
exemple, ne peut être
excellent Peintre, qu'il
n'ait un genie propre à
laPoësie,&àla Musique; Lully n'étoit si
grandMusicien,que
parce qu'il eût pu erre
prand Poëte,& grand
Peintre, s'ileût cultivé
la poësie &: la peinture;
Racine eût été bon Peintre, M. le Brun eût été
bon Poëte, & ainsi des
autres, qui ont excellé,
& qui excellent encor
apresent dans ces trois
genres; c'est ce que je
tâcherai de prouver
dans une Dissertation
que j'espere donner
quelque jour au public.
L'auteurparle enfuite de Ciceron & de
Lucien qu'il joint à Platon, & les donne tous
trois pour les plus parfaits modeles du dialogue.
Avant que de parler
du dialogueilkèX*rdt
quelques,t&fljeftures sur
ce quI ouvrage. fan la beauté d'un à"uju
J'entrcprens,QQM\n\i.è~
t-il
,
de montrer quepour
plaire
,
il ne s'agit que
de flater l'esprit humain
,
accommoder sa partjje.
1
L'auteur fait pluficurs
reflexionstrésdelicates
sur la maniere de s'accommoder à ces deux
foibles,en donnantdans
les ouvrages d'esprit
assez à penetrer, à deviner
,
fic non pastrop:
parce que,dit-il, on
veut bien chercher,pourvuqu'on ne cherche pas
longtemps, & qu'onsoit
Jitr de trouver.
Aprés cettepetitedissertation ilvientaudialogue, ex; semble VOlt."
loir prouver que c'est
le genre d'écrire le plus
difficile:tousceux qui
y
réussissentenconviendront; ceuxqui travaillent dans un autre gen-
-
re s'y opposeront, & ils
pourroient bien avoir tort.
Le style oratoire le
style poëtique font pins
commodes:il ne s'agit
poury réujjirquc de donner à son imagination le
degré de chaleur qui fait
enfanter les idées vives
qui produit lesimages
fortes.
Dansle dialogue vous
êtes A fIjrce d'être .., naif, Of réduit au naturel; cvOUJ ne
sçauriezdonner à vos
idées que le feu qu'elles
ont> & elles ne doivent
point en emprunter de celui qui les expose.
Q^uand vom faitesun
Poëme, ou une Odevous
vous donnezpourinspiré,
vous aVtZ, une Muse
ou un Dieu,sur le compte
duquel vote pou vez mettre tous les écarts que
DQMS faites.
A pres plusieurs autres
reflexions sur le dialogue,l'auteur paroist
conclure & avec raison,
qu'entre les dialogues
le plus difficile est celui du theâtre
:
mais le
temps de rinlpreffiorl
me presse ,remettons au
mois prochain à parler
durestedulivre qui
merite plus de temps&
plus d'attention que je
11ay pû en donner à
la
premiere partie du Ji,
vre, qui ne m'est tombe
dans les mains que dans
le moment qu'il a
salu
finir le Mercure dece mois.
L paroîtdepuis peu
dans Paris un Livre
imprime à Amsterdam,
qui a pour titre Nouveaux
dialogues des Dieux,ou ré,
-
jllxiansjûr Ils pasîons; avec
un discourssur la nature du
dialogue. À
Le dialogue, dit l'auteur
,
est le genre
d'écrire
le plus ancien. Il est à croi4
que lespremiers que la va
nité, ou l'oisivetéengage-
eut à travailler, choisirent
,ette maniere!Lès homnesayanttrouvéle moyen
le rendre leurs idées par
l'usage des mots, lierent
les conversations, & je
~le doute point qu'avec le
penchant qu'ils ont à
l'initation,ils n'ayent don-
~éà leurs écrits la forme
le conversation ou de diaogue, qui devoit vraifem-
~diablement se presenter à
eux, &c.
-
Après cette reflexion
censée,qui faitsentir qu'en
effet. la premiere maniere
de s'exprimer par écrit a
dû être une mitation naïve dela manierenaturelle
dont les hommes s'expriment entr'euxde vive voix,
il donneà Platon l'honneur d'avoir renouvellé de
son temps l'usage du dialogue.
Ensuiteil fait l'élogede
Platon, il nous peint avec
force les grandes qualitez,
& justifie avec adressedes
défautsqu'il n'estplus permis de blâmer dans un
homme qui s'est acquis le
surnom dedivin.
Il convient par exemple
que Platon ejiiresdtjjus,
il dit pour l'excuser que
Les anciens ne se viquoiet
point d'aller à la vérité'
parlechemin le plttKourt:
ilsst ménageoientleplaisir dela chercherlongtemps.
:.' Si l'auteur dit que
Platon cft obscur, que
ses idées ne sont point
nettes
,
il a
joûte que
toutes,les foisqu'il tmrle
de l'amoursonstile enfait
leloge, sonimagination échauffée par son
cœur en devient une fois
plus brillant:e; quand il
parle de Ubeauté, tvow
le croye.Ztiflmdthiranfsorts" qtteUtcause; ce ne
font quegrands mots qui,
parcequ'ils ontde confar,
peignent parfaitement le
desordredel'amour.
C'est ainsi que l'Autheur
,
en jugeant sainement & sans prévention, des deffauts de
Platon, évite de heurter de front la prévention de ceux qui croiroient blasphemer, en
convenant que Platon
manque quelquefois de
jupefJe. plit] a
du chimerique dansson
élevation d'esprit.
L'Autheur donne enfuite à Platon la plus
grande loüange qu'on
puisse donner à un Philosophe.
Il tft certain, dit-il,
que de tous les Payens
Cf Platon a eu laMorale
la plttf pure, & la plus
conforme aux intérêts de
ll4 societé.
L'Autheur établit ensuite, une maxime trés
veritable, & à laquelle
peu de gens font attention. L'cfprtt, 4 quis'exerce
sur un genre particulier,
a
bésoin pouryexceller,
de toutes les qua.l,tè.(" necessaires pour réussir dans
tous les genres en generaL
Je croirois qu'il en
est de même des beaux
arts J.
qu'unPeintre, par
exemple, ne peut être
excellent Peintre, qu'il
n'ait un genie propre à
laPoësie,&àla Musique; Lully n'étoit si
grandMusicien,que
parce qu'il eût pu erre
prand Poëte,& grand
Peintre, s'ileût cultivé
la poësie &: la peinture;
Racine eût été bon Peintre, M. le Brun eût été
bon Poëte, & ainsi des
autres, qui ont excellé,
& qui excellent encor
apresent dans ces trois
genres; c'est ce que je
tâcherai de prouver
dans une Dissertation
que j'espere donner
quelque jour au public.
L'auteurparle enfuite de Ciceron & de
Lucien qu'il joint à Platon, & les donne tous
trois pour les plus parfaits modeles du dialogue.
Avant que de parler
du dialogueilkèX*rdt
quelques,t&fljeftures sur
ce quI ouvrage. fan la beauté d'un à"uju
J'entrcprens,QQM\n\i.è~
t-il
,
de montrer quepour
plaire
,
il ne s'agit que
de flater l'esprit humain
,
accommoder sa partjje.
1
L'auteur fait pluficurs
reflexionstrésdelicates
sur la maniere de s'accommoder à ces deux
foibles,en donnantdans
les ouvrages d'esprit
assez à penetrer, à deviner
,
fic non pastrop:
parce que,dit-il, on
veut bien chercher,pourvuqu'on ne cherche pas
longtemps, & qu'onsoit
Jitr de trouver.
Aprés cettepetitedissertation ilvientaudialogue, ex; semble VOlt."
loir prouver que c'est
le genre d'écrire le plus
difficile:tousceux qui
y
réussissentenconviendront; ceuxqui travaillent dans un autre gen-
-
re s'y opposeront, & ils
pourroient bien avoir tort.
Le style oratoire le
style poëtique font pins
commodes:il ne s'agit
poury réujjirquc de donner à son imagination le
degré de chaleur qui fait
enfanter les idées vives
qui produit lesimages
fortes.
Dansle dialogue vous
êtes A fIjrce d'être .., naif, Of réduit au naturel; cvOUJ ne
sçauriezdonner à vos
idées que le feu qu'elles
ont> & elles ne doivent
point en emprunter de celui qui les expose.
Q^uand vom faitesun
Poëme, ou une Odevous
vous donnezpourinspiré,
vous aVtZ, une Muse
ou un Dieu,sur le compte
duquel vote pou vez mettre tous les écarts que
DQMS faites.
A pres plusieurs autres
reflexions sur le dialogue,l'auteur paroist
conclure & avec raison,
qu'entre les dialogues
le plus difficile est celui du theâtre
:
mais le
temps de rinlpreffiorl
me presse ,remettons au
mois prochain à parler
durestedulivre qui
merite plus de temps&
plus d'attention que je
11ay pû en donner à
la
premiere partie du Ji,
vre, qui ne m'est tombe
dans les mains que dans
le moment qu'il a
salu
finir le Mercure dece mois.
Fermer
Résumé : LIVRE NOUVEAU.
Un nouveau livre intitulé 'Nouveaux dialogues des Dieux, ou les passions' a été publié à Amsterdam et est disponible à Paris. L'auteur y examine la nature du dialogue, qu'il considère comme le genre d'écriture le plus ancien, imitant les conversations orales pour exprimer des idées par écrit. Il attribue à Platon le mérite d'avoir renouvelé l'usage du dialogue, louant ses grandes qualités tout en excusant ses défauts, tels que l'obscurité et le style parfois confus. Ces défauts sont justifiés par le fait que Platon cherchait à prolonger le plaisir de la quête de la vérité plutôt que de la trouver rapidement. L'auteur affirme que Platon est le païen ayant la morale la plus pure et la plus conforme aux intérêts de la société. Le texte explore également l'idée que l'excellence dans un genre particulier nécessite des qualités nécessaires pour réussir dans tous les genres. L'auteur mentionne des figures comme Lully, Racine et Le Brun pour illustrer cette maxime. Il compare ensuite Cicéron et Lucien à Platon, les considérant comme les modèles parfaits du dialogue. L'auteur discute ensuite de la beauté d'un ouvrage, affirmant qu'il faut flatter l'esprit humain et accommoder sa partie. Il réfléchit sur la manière de rendre les œuvres d'esprit suffisamment pénétrantes sans être trop difficiles à comprendre. Il conclut que le dialogue est le genre d'écriture le plus difficile, en particulier celui du théâtre, mais manque de temps pour approfondir ce sujet dans cette première partie du livre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2390
p. 257-262
COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
Début :
MONSEIGNEUR, Agréez, s'il vous plaît, que la Maison de Sorbonne [...]
Mots clefs :
Compliment, Sorbonne, Président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
COMPLIMENT 1
De lA Sorbonne à Monsieur
le premierPresident.
MONSEIGNEUR,
Agréez,s'il vous plaît,
que la Maiion de Sorbonne vous témoigne la joye
particuliere qu'elle ressent
dans la joye publique; de
ce que le Roy vous a
choisi pour remplir la pre-
miere place du premier
Parlement de son Royaume.
C'est un effet du fage
discernement
,
de S. M.
d'avoir elevé à
ce rang une
personne de vôtre mérité;
en qui se trouvent si bien;
réunies les qualitéz qui
re,
conviennent.lelonl'Ecritu-1
àunMagistrat
*
que Dieu'
établit pour juger, le peu-1
ple; la droiture d'eiprit. ôcj
de cocur,y l'intelligence Se
l'amour des Loix; & une
fermeté à l'épreuve; pour
maintenir
,
la. milice &
I
vaincre tout ce qui lui fait
obstacle.
Je ne parleray point des
autres venus, MONSEIGNEUR, qui éclattent en
vous; de ces maniérés nobles genereuses,obligeantes mêlées de douceur &
de gravité,qui vous rendent agréable & redpectable aux Grands & aux petits,. & qui vous attirent
la bienveillance,la faveur
& l'amitié des Princes mêmes.
Je dirai feulement, qu'en
ce choix le Roy a
confi-
deré vos Services, &ceux
que vos illustres Ancêtres
ont rendus à
l'Etat dans les
Charges les plusimportances de l'Epee&dela
Robe ;
dans l'Armée, &
dans lesAmbassades, dans
la Guerre & dans la Paix.
On n'oubliera jamais,
dans le nombre deces
Grands hommes, le Comte. d'Avaux, PlenipotenÛûiV£,a'Munlter pour la
dontf la capacité,la
prudence, la Religion, ôc
l'affectionpour,les Lettres
<54 pour les.Sçavans ( !L}lÜ a
toûjours été propre a
la
maison de Mêmes ) orst
immortalisé la memoire.
Mais permettez
-
moy
,
MONSEIGNEUR
,
de faire
encoreici mention de
Guillaume de Mêmes; qui
du temps de S. Louis pos-
[èdà par lechoix hono.
rable de ce, Prince, lapremiére dignité Eclesiastique de la Maison Royale
perutoïC _.J --que. Il ce .même
Princehonioroit aussi de
sa confiance & deses bienjÊiics Robert, de Sorbonne nôtre fondateur.,
Nous osons esperer,
MONSEIGNEUR,que la
maisonde Sorbonne qui
doit sa naissance à S. Louis,
& qui révéré depuis si
long-temps les personnes
de vôtre nom, trouvera
de la prorcétion auprès de
vous; &elletâchera de la
merirer,parrattachement
pleinderelpedt qu'elle
aura toujours pour votre
personne , & par les vœux
qu'elle fera à Dieu pour
vous,MONSEIGEUR,
& pour vôtre conservation.
De lA Sorbonne à Monsieur
le premierPresident.
MONSEIGNEUR,
Agréez,s'il vous plaît,
que la Maiion de Sorbonne vous témoigne la joye
particuliere qu'elle ressent
dans la joye publique; de
ce que le Roy vous a
choisi pour remplir la pre-
miere place du premier
Parlement de son Royaume.
C'est un effet du fage
discernement
,
de S. M.
d'avoir elevé à
ce rang une
personne de vôtre mérité;
en qui se trouvent si bien;
réunies les qualitéz qui
re,
conviennent.lelonl'Ecritu-1
àunMagistrat
*
que Dieu'
établit pour juger, le peu-1
ple; la droiture d'eiprit. ôcj
de cocur,y l'intelligence Se
l'amour des Loix; & une
fermeté à l'épreuve; pour
maintenir
,
la. milice &
I
vaincre tout ce qui lui fait
obstacle.
Je ne parleray point des
autres venus, MONSEIGNEUR, qui éclattent en
vous; de ces maniérés nobles genereuses,obligeantes mêlées de douceur &
de gravité,qui vous rendent agréable & redpectable aux Grands & aux petits,. & qui vous attirent
la bienveillance,la faveur
& l'amitié des Princes mêmes.
Je dirai feulement, qu'en
ce choix le Roy a
confi-
deré vos Services, &ceux
que vos illustres Ancêtres
ont rendus à
l'Etat dans les
Charges les plusimportances de l'Epee&dela
Robe ;
dans l'Armée, &
dans lesAmbassades, dans
la Guerre & dans la Paix.
On n'oubliera jamais,
dans le nombre deces
Grands hommes, le Comte. d'Avaux, PlenipotenÛûiV£,a'Munlter pour la
dontf la capacité,la
prudence, la Religion, ôc
l'affectionpour,les Lettres
<54 pour les.Sçavans ( !L}lÜ a
toûjours été propre a
la
maison de Mêmes ) orst
immortalisé la memoire.
Mais permettez
-
moy
,
MONSEIGNEUR
,
de faire
encoreici mention de
Guillaume de Mêmes; qui
du temps de S. Louis pos-
[èdà par lechoix hono.
rable de ce, Prince, lapremiére dignité Eclesiastique de la Maison Royale
perutoïC _.J --que. Il ce .même
Princehonioroit aussi de
sa confiance & deses bienjÊiics Robert, de Sorbonne nôtre fondateur.,
Nous osons esperer,
MONSEIGNEUR,que la
maisonde Sorbonne qui
doit sa naissance à S. Louis,
& qui révéré depuis si
long-temps les personnes
de vôtre nom, trouvera
de la prorcétion auprès de
vous; &elletâchera de la
merirer,parrattachement
pleinderelpedt qu'elle
aura toujours pour votre
personne , & par les vœux
qu'elle fera à Dieu pour
vous,MONSEIGEUR,
& pour vôtre conservation.
Fermer
Résumé : COMPLIMENT De la Sorbonne à Monsieur le premier President.
La Maison de Sorbonne adresse ses félicitations au nouveau premier président du Parlement, nommé par le roi. La Sorbonne souligne le discernement royal dans ce choix et loue les qualités du président, notamment sa droiture, son intelligence, son amour des lois et sa fermeté. Ses manières nobles, généreuses et obligeantes lui valent le respect et l'amitié de tous. Le roi a également pris en compte les services rendus par le président et ses ancêtres illustres, qui ont occupé des charges importantes dans l'armée, les ambassades, et lors des guerres et des paix. Parmi ces ancêtres, le Comte d'Avaux et Guillaume de Mêmes sont particulièrement mentionnés. La Sorbonne espère bénéficier de la protection du nouveau président et lui exprime ses vœux de conservation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2391
p. 263
REPONSE A LA QUESTION Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ?
Début :
Quoiqu'ils soient souvent en querelle, [...]
Mots clefs :
Coeur, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE A LA QUESTION Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit ?
On A
reçu ces trou Articles
trop tard pour les placer dans
l'ordre le plus convenable.
REPONSE A LA QUESTION
Quest-ce que le cœur a
de COTTUmun avec l'esprit?
QUoiqu'ils soient souvent en querelle,.
Ma femme contre moy les
sçait bien accorder:
Ce qu'ils ont de commun
enelle,
C'elï qu'ils me font bien
enrager.
reçu ces trou Articles
trop tard pour les placer dans
l'ordre le plus convenable.
REPONSE A LA QUESTION
Quest-ce que le cœur a
de COTTUmun avec l'esprit?
QUoiqu'ils soient souvent en querelle,.
Ma femme contre moy les
sçait bien accorder:
Ce qu'ils ont de commun
enelle,
C'elï qu'ils me font bien
enrager.
Fermer
2392
p. 263-264
RECEPTION.
Début :
Monsieur Amelot de Gournay, Maître des Requêtes, a été reçû [...]
Mots clefs :
Réception, Président, Amelot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTION.
RECEPTION. Monsieur Amelot de
Gournay, Maître des Requêtes, aété reçuPresident à Mortier au Parlement le 18. Janvier, à la
place de feu Monsieur le
PresidentMolé deChamplastreux.
Gournay, Maître des Requêtes, aété reçuPresident à Mortier au Parlement le 18. Janvier, à la
place de feu Monsieur le
PresidentMolé deChamplastreux.
Fermer
2393
p. 264
MORT.
Début :
Madame Ravot, veuve de Monsieur Ravot, Conseiller d'Etat, tante de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
Madame Ravot, veuve
de MonsieurRavot, Gonseiller d'Etat, tante de M.
Ravotd'Ombrevalle,Avocat General de la Cour des
Aydes de Paris, est décédée le 14. Janvier 1712. à
six heures du matin, âgée
de quatre-vingt onze ans.
Madame Ravot, veuve
de MonsieurRavot, Gonseiller d'Etat, tante de M.
Ravotd'Ombrevalle,Avocat General de la Cour des
Aydes de Paris, est décédée le 14. Janvier 1712. à
six heures du matin, âgée
de quatre-vingt onze ans.
Fermer
2394
p. 265-278
BENEFICES.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evesché de Châlons sur Saone [...]
Mots clefs :
Évêque, Ordre, Diocèses, Chalon-sur-Saône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES.
BENEFICES.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
Fermer
Résumé : BENEFICES.
Le texte traite de l'Evêché de Châlons-sur-Saône et de diverses abbayes et prieurés. L'église épiscopale de Châlons-sur-Saône, dédiée à Saint Vincent, est notable pour son antiquité et ses deux clochers au-dessus du portail, ses cloîtres et les tombeaux des anciens comtes de Châlons. Elle possède un chapitre composé de vingt-cinq chanoines, incluant sept dignités : le Doyen, le Chancelier, le Trésorier et quatre Archidiacres. Le diocèse comprend deux cent quatre paroisses réparties en cinq archiprêtrés et six abbayes. L'Evêché est suffragant de Lyon et reconnaît Saint Marcel comme apôtre, qui a prêché la foi à Châlons en 179 avec Saint Valérien sous l'empereur Antonius Verus. Plusieurs évêques notables sont mentionnés, tels que Saint Sylvestre, Saint Agricole et Saint Grat. Un concile s'est tenu à Châlons-sur-Saône en 575, où Salonius et Sagittaire furent déposés. Le roi a attribué diverses abbayes à des personnalités, comme l'abbaye de Maizières à l'Abbé d'Egvilly et l'abbaye de Pralons à M. de Bussy Rabutin. Le texte décrit également la ville d'Aumale en Normandie, avec ses paroisses, ses bâtiments religieux et son histoire, notamment son érection en duché en 1547 par le roi Henri II en faveur de François de Lorraine. Des donations royales sont mentionnées, comme la coadjutorerie de l'abbaye de Vigniogoul et le prieuré de Notre-Dame du Puy Chevrier. Enfin, il est noté que Monseigneur l'Évêque de Grafie a célébré les prémices de son épiscopat à l'église paroissiale de Saint Jean l'Évangéliste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2395
p. 278-289
ARTICLE des Questions. REPONSE à la Question.
Début :
Qu'est-ce que le coeur a de commun avec l'esprit. [...]
Mots clefs :
Coeur, Esprit, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Questions. REPONSE à la Question.
ARTICLE
-w
des Quejhons.
REPONSE".
çjlh à la Qucflion.
Quest-ce que le cœur a
decommun avec l'esprin
UAnonïrm Laconique.
Le cœur fent,&c 1eC
prit pense.
REPONSE.
Je sens bien que le
cœur sent, & je connois
que l'esprit pense, tout
le monde conviendra de
cette distinction, cependant les esprits font à
present si souples & si
deliez, quil est aisé de
s'y méprendre ;
à la vé- ritélecœurfait rarement
le personnage de l'esprit,
mais l'esprit,est souvent
-
le Singe du cœur.
Dans l'art decoquetter,
Cidaliseest maitresse.
Et son nouvel Amant
l'autre jour s'y méprit,
Elle a tant de delicatesse
Et de rasinement d'esprit,
Que c'est presque de la
tsndresse.
REPONSE
Parl'Anonimc jeune &
tendre.
Il me semblequ'en amour
le cœur & l'esprit ont tant
de rapport ensemble qu'on
pourroit les confondre si
l'on aimoit toujours; les
sentimens du cœur déterminent le caractere de l'Esprit;
est-on touché de quelque
objet, lesimpressions qu'il
fait sur le cœur passentjusqu'al'esprit
,
le premier
ressent, l'esprit comme in-
, terprète explique jles
mouvemens
,
du coeur
& ces mouvemens sont
toujours le principe des
penfées de l'autre; en un
mot, quand on aime, Tefprit est du party du cœur,
il en prend les interests il
cntre dans tous ses motifs
il serejoüir, il genijr avec
luy, il en fait le portrait, ill'estluymesme:c'est dans
le cœur qu'il puise ses sailliesJ il y trouve la^naïveté,
l'emportement de ses exprenions,& semblable aun
écho, l'esprit repete les
transports du cœur à proportion de sa capacité; mais
pour marquer encore mieux
le rapport qu'ils ont ensemble, examinons un
homme véritablement amoureux;est-il jaloux, le
cœur souffre, il entraine
l'esprit dans son desordre.,
& ce dernier s'épuise par
contrecoup en de tristes réflexions qui ne finiront
qu'avec la jalousiedenôtre
amant malheureux; s'il est
Poëte
,
que de Vers lamaladie du cœur va. t'elle exi-
ger de l'esprit, le cœur outré veut exhaler sa sureur,
déja l'esprit est entré de
moitié dans sa rage, il la
fert, il la peint, & devient
furieux luy-mesme en l'exprimant.
- Mais si de nôtre amant la
maitresse eil: absente,
Le chagrin à l'instant, vient
s'emparer du coeur
Il soupire, & sa voix touchante
En pénétrantl'esprit, y
porte la langueur.
Il se fait alors entre le
cœur & l'esprit, une union
sinaturelle & qui fait passer
si rapidement les mouvemens de l'un à l'autre, que
le commerce qu'ils ont ensemble les confond, & dérobe à qui voudroit les distinguer la différencequ'ils
ont entre eux.
Et si dans le moment de
la cruelle absence
Le cœur a
l'objet de ses feux
Veut marquer son impa- ticnce.
Il veut, & c'est assez, l'esprit
d'intelligence
Averti dés l'instant de Cc.
foins amoureux,
4
Les partage, les peine, négligétout pour eux.
Si la maitresse à son tour
témoigne a
nôtre amant
qu'il est aimé.
Le cœur auparavant à la
tristesseen proye,
Sent disparoître son chagrin
Et l'esprit à son tour,à
l'acpcâ de la joye ;
Du cœur content fuit le
dertin.
Que l'accord de l'esprit
èc du cœur, est charmant
alors, mais qu'il est rare que
l'amour les unisse avec tant
d'agrément, les delicesd'un
retour sincere est un bon-
,
heur inconnu pour les No-7
bles malheureux qui livrent
leur cœur sans reserve, la
tendresse est une vertu que
le tems ou
l'inconstance
a
tari dans les femmes, la vanité d'estre aimées est aujourd'huy le guide de leur
cœur,& si l'amour trouve
às'y placerquelquefois, c'est
un moment de caprice qui
-~
l'introduit, il ne (ubfifte,
&ne finit que par le caprice.
Si d'un amour parfait le,
sexe étoit.cipable^
Nostre fort seroit trop
heureux,
Ce qu'on y trouveroit d'aimable
Suffiroit pour combler
nos vœux,
Malgré la trisse expérience
Des maux qu'il fait aux cendres cœurs,
Du plaisir l'aveugle esperance
Bannie la crainte des malheurs
Le caprice, la fourberie
Suivis de la coquetterie,
Sont les écueils certains où
l'on va se brifer
;
Mais un appas flatteur dérobe le naufrage,
Le
Le dévot se lalÍfe abuier,
Le Philosophe est sans courage>
Le foible aprés leur chute
a
de quoy s'excuser,
La sagesseestenfin d'un si
penible usage,
Quequelque sont le danger.
On trouve moins d'avantage
A le suit qu'à s'engager,
Le fuir! helas le peut-on
faire,
*1 L'amour,quand il surprend
est un mal necessaire,
Et lors que deux beaux yeux
ont sçeu nous cnflamer,
Adieu lecœur. il faut aimer.
-w
des Quejhons.
REPONSE".
çjlh à la Qucflion.
Quest-ce que le cœur a
decommun avec l'esprin
UAnonïrm Laconique.
Le cœur fent,&c 1eC
prit pense.
REPONSE.
Je sens bien que le
cœur sent, & je connois
que l'esprit pense, tout
le monde conviendra de
cette distinction, cependant les esprits font à
present si souples & si
deliez, quil est aisé de
s'y méprendre ;
à la vé- ritélecœurfait rarement
le personnage de l'esprit,
mais l'esprit,est souvent
-
le Singe du cœur.
Dans l'art decoquetter,
Cidaliseest maitresse.
Et son nouvel Amant
l'autre jour s'y méprit,
Elle a tant de delicatesse
Et de rasinement d'esprit,
Que c'est presque de la
tsndresse.
REPONSE
Parl'Anonimc jeune &
tendre.
Il me semblequ'en amour
le cœur & l'esprit ont tant
de rapport ensemble qu'on
pourroit les confondre si
l'on aimoit toujours; les
sentimens du cœur déterminent le caractere de l'Esprit;
est-on touché de quelque
objet, lesimpressions qu'il
fait sur le cœur passentjusqu'al'esprit
,
le premier
ressent, l'esprit comme in-
, terprète explique jles
mouvemens
,
du coeur
& ces mouvemens sont
toujours le principe des
penfées de l'autre; en un
mot, quand on aime, Tefprit est du party du cœur,
il en prend les interests il
cntre dans tous ses motifs
il serejoüir, il genijr avec
luy, il en fait le portrait, ill'estluymesme:c'est dans
le cœur qu'il puise ses sailliesJ il y trouve la^naïveté,
l'emportement de ses exprenions,& semblable aun
écho, l'esprit repete les
transports du cœur à proportion de sa capacité; mais
pour marquer encore mieux
le rapport qu'ils ont ensemble, examinons un
homme véritablement amoureux;est-il jaloux, le
cœur souffre, il entraine
l'esprit dans son desordre.,
& ce dernier s'épuise par
contrecoup en de tristes réflexions qui ne finiront
qu'avec la jalousiedenôtre
amant malheureux; s'il est
Poëte
,
que de Vers lamaladie du cœur va. t'elle exi-
ger de l'esprit, le cœur outré veut exhaler sa sureur,
déja l'esprit est entré de
moitié dans sa rage, il la
fert, il la peint, & devient
furieux luy-mesme en l'exprimant.
- Mais si de nôtre amant la
maitresse eil: absente,
Le chagrin à l'instant, vient
s'emparer du coeur
Il soupire, & sa voix touchante
En pénétrantl'esprit, y
porte la langueur.
Il se fait alors entre le
cœur & l'esprit, une union
sinaturelle & qui fait passer
si rapidement les mouvemens de l'un à l'autre, que
le commerce qu'ils ont ensemble les confond, & dérobe à qui voudroit les distinguer la différencequ'ils
ont entre eux.
Et si dans le moment de
la cruelle absence
Le cœur a
l'objet de ses feux
Veut marquer son impa- ticnce.
Il veut, & c'est assez, l'esprit
d'intelligence
Averti dés l'instant de Cc.
foins amoureux,
4
Les partage, les peine, négligétout pour eux.
Si la maitresse à son tour
témoigne a
nôtre amant
qu'il est aimé.
Le cœur auparavant à la
tristesseen proye,
Sent disparoître son chagrin
Et l'esprit à son tour,à
l'acpcâ de la joye ;
Du cœur content fuit le
dertin.
Que l'accord de l'esprit
èc du cœur, est charmant
alors, mais qu'il est rare que
l'amour les unisse avec tant
d'agrément, les delicesd'un
retour sincere est un bon-
,
heur inconnu pour les No-7
bles malheureux qui livrent
leur cœur sans reserve, la
tendresse est une vertu que
le tems ou
l'inconstance
a
tari dans les femmes, la vanité d'estre aimées est aujourd'huy le guide de leur
cœur,& si l'amour trouve
às'y placerquelquefois, c'est
un moment de caprice qui
-~
l'introduit, il ne (ubfifte,
&ne finit que par le caprice.
Si d'un amour parfait le,
sexe étoit.cipable^
Nostre fort seroit trop
heureux,
Ce qu'on y trouveroit d'aimable
Suffiroit pour combler
nos vœux,
Malgré la trisse expérience
Des maux qu'il fait aux cendres cœurs,
Du plaisir l'aveugle esperance
Bannie la crainte des malheurs
Le caprice, la fourberie
Suivis de la coquetterie,
Sont les écueils certains où
l'on va se brifer
;
Mais un appas flatteur dérobe le naufrage,
Le
Le dévot se lalÍfe abuier,
Le Philosophe est sans courage>
Le foible aprés leur chute
a
de quoy s'excuser,
La sagesseestenfin d'un si
penible usage,
Quequelque sont le danger.
On trouve moins d'avantage
A le suit qu'à s'engager,
Le fuir! helas le peut-on
faire,
*1 L'amour,quand il surprend
est un mal necessaire,
Et lors que deux beaux yeux
ont sçeu nous cnflamer,
Adieu lecœur. il faut aimer.
Fermer
Résumé : ARTICLE des Questions. REPONSE à la Question.
Le texte examine la relation entre le cœur et l'esprit, en se concentrant particulièrement sur le contexte de l'amour. Il commence par établir une distinction fondamentale : le cœur ressent tandis que l'esprit pense. Cependant, ces deux entités peuvent souvent se confondre, surtout dans les affaires de cœur. L'esprit peut imiter les réactions du cœur, et les sentiments du cœur influencent fréquemment le comportement de l'esprit. Lorsque l'on aime, l'esprit soutient le cœur, partageant ses joies et ses peines. Par exemple, en cas de jalousie ou de chagrin, l'esprit reflète les émotions du cœur. L'accord entre le cœur et l'esprit est décrit comme charmant mais rare, souvent perturbé par l'inconstance et la vanité. Le texte conclut en soulignant que, malgré les dangers inhérents à l'amour, celui-ci est inévitable et nécessaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2396
p. 290-313
SUITE des Nouvelles.
Début :
De Vienne le 30. Decembre. L'Archiduc a fait écrire au Prince [...]
Mots clefs :
Troupes, Comte, Nouvelles, Camp, Sièges, Roi, Vienne, Hambourg, Madrid, Saragosse, Utrecht, Montpellier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles.
SUITE
des Nouvelles.
De Vienne le 30. Decembre.
L'Archiduc a
fait écrire
au Prince Esterhafi Viceroy
de Hongrie, de faire faire X
Presbourg tous les préparatifs necessaires, parce qu'il
esperoity arriver le 2. Janvier pour y
recevoirla Couronne de ce Royaume. Il
arriva hier un Courrier de
ce Prince, dépêché de Francfort, qui a
rapportéqu'il y
avoit esté couronné le 2.2..
& qu'il en devoit partir insessamment. Quelques Lettres particulières portent
qu'après son Couronnement il avoit refusé de signer la Capitulation perpstuelle. Celles. d'Hongrie
marquent que plusieurs
Troupes de Mécontens recommençoient à faire des
courses, de maniéré qu'il
n'y a aucune seureté dans
les chemins, & qu'il y a à
apprehender qu'il ne se forme dans ce Royaume une
nouvelle Confédération;
mais on espere que par une
Diette que l'Archiduc fera
assembler à Presbourg dés
qu'ily aura estécouronné,
la tranquilitéde ce Royaume fera entierement rétablie.
De Hambourg le 8
Janvier.
Les dernieres Lettres qu'on
a
reçeues de Staden, portent.
que le Roy de-Danneinarc
& le Roy Auguste desesperant de pouvoir s'emparer
de Stralzund de vive force,
parce qu'ils
-
crouvoient de
grandes difficultez à faire
une descente dans l'Isle de
Rugen ,d'où cettePlace tiroit tous les secours dont la
Garnison avoit besoin9
avoient resolu d'attaquer
Wismar dans les formes
,
la Garnison ayant esté
considerablement affoiblie
par la dernicre sortie: que
pour cet effetils avoient renforcé les Troupes du blocus
de six mille hommes,&
qu'ils y
avoient envoyé du
canon & des mortiers,après
quoyle Comte de Rantzau
avoïc resserré cette Place
tres étroitement : que le
Gouverneur se preparoit à
une vigoureuse resistance
;
qu'il avoir fait dépaver les
ruës pour empêcher l'effet
des bombes, & fait publier
que tous les Bourgeois qui
auroientquelque répugnanceà prendre les armes pour
la deffense de leur patrie,
eussent à sortir; que le General Rantzau, avoir de son
côté fait avertir les habitans
ques'ils prenoient les armes
pour la dessense de la Place
il les traiteroit avec la derniere rigueur; que nonob-
stant ces menaces tous les
Habitans, ainsi que la Garnison
,
paroissoient resolus
de se deffendre jusqu'à la
derniere extremité; que le
17. Decembre les Assiegeans
s'approcherent à trois cens
pas de la Ville où ils dresserent des batteries de canons
&de mortiers; que le29.ils
commencerent à
y
jetter des
bombes & des boulets rouges, & continuerent jusqu'au 2. de cemois; mais
avec peu de succés, le Gouvencur ayant fait dépaver
les ruës, & fait poster des
troupes d'Ouvriers & d'autres Bourgeois dans tous les
Quartiers, pourestreàportéed'éteindre promptement
le feu
; que ces précautions,
jointes à l'incommodité,
que les Assiegeants reçoivent de l'Artillerie des Assiegez qui renversoit leurs
ouvrages&démontoit la
pluspart de leurs canons,
les obligerent à se retirer
dans leur ancien Camp, &
à convertir de nouveau le
Siege de cette Place en blocus. Que les Troup es du
Roy de Dannemarc & du
Roy Auguste avoient aussi
jeuté des bombes & des bouletsrouges pendant vingtquatre heures; mais aussi
sans aucun succés considerable, ce qui avoit déterminé ces deux Rois à mettre
leurs Troupes en quartier
d'hiver, de maniere néanmoins que cctrc Place demeureroit toujours bloquée, par les Troupes Moscovites quiestoient en marche pour venir renforcer
leur Armée, dont les Quartiers seroient à Anclam &
à Gripswald
,
& soutenuës
par les Troupes Saxoncs
qui ne retourneroient pas
en Saxe avec le Roy Auguste; & qu'à l'égard de celles du Roy de Dannemarc,
elles hiverneroient dans le
Holstein Danois.
De Madrid le 4.Janvier.
Nous venons d'apprendre
par les Lettres du Camp de
Calaf du 22. que Mr le
Comte de Muret avoit enfin esté obligé faute de vivres & de munitions de lever le SiegeduChasteau de
Cardonne; voicy ce que
portent ces Lettres, A.,
Malgré le secours que le
General Staremberg préparoit pour le Chasteau de
Cardonne, on auroit pû
s'en rendre maistres si la
bréche qu'on y
avoit faite,
cust esté dans un endroit
un peu plus accessible. On
avoit placéune autre batterie pour faire une nouvcllc
bréche, mais la plus grande
partie du canon ne put servir faute de punirions. Cependant le General Staremberg estant informéque la
Garnison eltoïc sur le point
de se rendre pareillement
faute de munitions & de vivres, dont les Assiegeants
manquoient aussi, renforça
le Détachement qui estoit,
à
Salegariga
le 2 1. avec lequel il tenta de secourir ce
Chasteau
; mais après avoir
esté repoussé trois fois, il
sur obligé de se retirer avec
beaucoup de perte;celle que
firent les Troupes du Siege
dans ces rrois attaques, fut
de soixante hommes tuez,
& d'un plus grand nombre
de blessez
;
parmi les pre-
miers il y a eu le Ser gent
Major general, deuxCapitaines du Regiment de la
Couronne Mr le Comte de
Melun
,
un Capitaine de
Grenadiers de la Compagnie desGardes à pied Espagnoles. Le General Staremberg
,
outré de n'avoir pu
réiifljr dans son entreprise,
retourna le lendemain à la
charge: ses Troupes furent
encore fortmal-traitées à
l'attaquedu Pont de las Corminas, gardé par les Regimens de la Couronne&de
Truxillo
,
sans pouvoir les
forcer, mais ayant trouvé,
moyen de passerla l:iviere.,
à gué, elles prirent ces deux
,
Regimens en £tanc,-& les
obligerent à se retirer en
desordre. Mr le Comte de
Muret donna aussi tost avis
à Monsieur de Vendosme
de ce qui s'estoit passé
; envoyaau Gouverneur du
Chasteau pour avoir une
Sauvegarde pour les mala-"^
des qui estoient dans »la
Ville, ensuite il se retira
avec les Troupes & lesBagages, abandonnantson
Artillerie faute de voitures.
Les Ennemis ne le poursuivirent point, & se contenrerent de faire entrer le secours dansle Chasteau, aprés
quoy ils se retirerent.
Lettre de Sarragosse du 3.
Janvier.
Les Ennemis, au nombre
de quatre mille hommes de
Troupes reglées & d'un plus
grand nombre de Miquelets
,
attaquerent le Camp du /{egiment de la Couronne le
vingt
-
deux du moispasséà
lapointe du jour devant.Car^
donne}javonsiT^pay un brouillardsiépais que Cm ne voyoit
pas a quatre pas devant foy.
Cependant quoy que ce fut
une especedesurprise 3ce Regiment fit tout ce que de
vieilles Troupes peuventfaire
,
mais ils fut obligé d'abandonner leur posse par la ftiperiorité des Ennemis
,
&se
retira sur une hauteur où ils
nejugerent pas à propos de le
poursuivre
ce
jour-là.
Le vingt trois les Ennemis qui estoient quatre êontre
un, l'attaqua de nouveau
,
ensorte qu'ilfutobligéde
se retirer. Il a eu plus de deux
cens hommes tuez ou
bleffi{.
Mr Bonnet, Commandant du
second Bataillon de
ce Régiment
est du nombre des Morts;
Mr Dautruy
,
Major,
a
ejlé
blepé de trois coups au travers
du corps, & on ne croit pas
qu'ilen revienne; Mrle Chevalier de TeiJé, Colonel, a
esié
perdu une heure,maisiln'aesté
ny blessénypris.Les Ennemis
ont perdu beaucoup de monde
dans cette action, puisque de
quatre cens hommes seulement
qui sortirent de la Place pou,
favorser L'entrée du secours
,
cinquante furent tuez avec
l'Officier qui les cornmandoit,
gr centfurent blcffe^.
Le soir du mêmejour, Mr
le Comte de Muret, qui commandoit au Siege
,
sçachant que
ses Troupessouffroient extrêmementfaute de vivres, les
Soldatsn'ayant depuis huit
jours qu'un quart d'une ration
de pain, prit le parti de lever
le Siege,sansyestreforcepar
d'autres raisons, laissansl'artillerie faute de mulets pour la
retirer.
LesTroupes,du Siege tJIant
arrivées au Camp, Aionjuur
de Vendosme prit le party desi
retirer: il fit lever en plein
jour les Gatdes de dcjlus les
ruisseaux qui Jéparoient les
-
deux Armée*
,
les unes après
les autres, &se mit en
bataille
à
un quart de lieuë des Ennemis, où l'Armée campa. Le lendemain il ne luyfitfaire qu'une demi-lieuë; mais le General
Starembergn'osasortirdeson
Camp pour lasuivre.
Monsieur de Vcndosme conserve le posse de Cervera
,
où
il a mis cinq Bataillons & un
Régiment de Dragons qui ria
pas foujfat
comme les autres
pendant la Campagne. Ce
Prince efl avec l'armée à Agramunte, où il diflribuë les
Quartiers d'hiver aux Troupes
qui garderont la Segre. Nous
avoKS Arens,Venasque, &
Castel-Leon de cette Campa-"
gne. Cardone l'auroit renduë
plusavantâgeuse
,
mais cen'est
pas une chose irréparable au
commencement de la Campagne
prochaine, en cas qu'on lafasse,
lesmesures que l'on a
déjà pri-
[es
,
Cm que ton prendra pour
le transport des vivres & des
munitions, donnantlieu d'ejpe-
rer que les Troupes n'en manquerontplus.
D'Utrecht le 19. Janvier,
Mrs les Plénipotentiaires
du Roy arriverent le 9. à
Gambray
,
où ils fejournerenc le 10.
Le 11. ils arrivèrent à
Valenciennes. .fLe11.vMons, où Mr
le Comte de Dhona qui en
est Gouverneur, les fit saluer par trois déchargés générales de l'artilleriey& leuc
donna un grand repas,
Le 13. ils arrivèrent à
Bruxelles, où ils furent
reçus avec les mesmes honneurs. Mr le Maréchal
d'Uxelles alla descendre
avec
Mr le Commandeur de Beringhen qui l'accompagne,
chez Me la Princessè difenghien qui les regala magniquement; Mr l'Abbé de
Polignac descendit
-
chez
Me de Rupelmonde qui luy
donnaaussi un magifique
soupé, & Mr Mesnager,
logea dans uneautre maison
avec ses Officiers.
Le 14. ils arriverent à
Anvers où ils sejournerent le15.
Le 17. à Gorcum. s
Le 18. à Ucrechr.
Ils ont été reçusdans
tous ces lieux avec les mefmes honneurs qu'ils l'avoient été à Mons & à
Bruxelles, les Hollandois les
ayant toûjours fait accompagner par des Commissaires, tant pour les faire
recevoir honorablement
,
que pour les défrayer pendant toute leur route depuis
Bruxelles.
NDe Montpellier le n, Janvier.
Les Erats de Languedoc
firent faire hier un Service
magnifique pour le repos de
l'ame de feu Monseigneur
le Dauphin. Mr l'Archeverque de Narbonne y
officia comme President de
cette Assemblée. Mr l'Evêque de Alep prononça
l'Oraison funebre, & Mrs
les Evesques de Mirepoix,
de Lodeve, d'Agde, & de
Beziers firent les Absoutes.
Tous
Tous les Deputez y
assisterent chacun dans leur rang,
avec le Chapitre de Saine
Pierre & un grand concouts
de monde.
des Nouvelles.
De Vienne le 30. Decembre.
L'Archiduc a
fait écrire
au Prince Esterhafi Viceroy
de Hongrie, de faire faire X
Presbourg tous les préparatifs necessaires, parce qu'il
esperoity arriver le 2. Janvier pour y
recevoirla Couronne de ce Royaume. Il
arriva hier un Courrier de
ce Prince, dépêché de Francfort, qui a
rapportéqu'il y
avoit esté couronné le 2.2..
& qu'il en devoit partir insessamment. Quelques Lettres particulières portent
qu'après son Couronnement il avoit refusé de signer la Capitulation perpstuelle. Celles. d'Hongrie
marquent que plusieurs
Troupes de Mécontens recommençoient à faire des
courses, de maniéré qu'il
n'y a aucune seureté dans
les chemins, & qu'il y a à
apprehender qu'il ne se forme dans ce Royaume une
nouvelle Confédération;
mais on espere que par une
Diette que l'Archiduc fera
assembler à Presbourg dés
qu'ily aura estécouronné,
la tranquilitéde ce Royaume fera entierement rétablie.
De Hambourg le 8
Janvier.
Les dernieres Lettres qu'on
a
reçeues de Staden, portent.
que le Roy de-Danneinarc
& le Roy Auguste desesperant de pouvoir s'emparer
de Stralzund de vive force,
parce qu'ils
-
crouvoient de
grandes difficultez à faire
une descente dans l'Isle de
Rugen ,d'où cettePlace tiroit tous les secours dont la
Garnison avoit besoin9
avoient resolu d'attaquer
Wismar dans les formes
,
la Garnison ayant esté
considerablement affoiblie
par la dernicre sortie: que
pour cet effetils avoient renforcé les Troupes du blocus
de six mille hommes,&
qu'ils y
avoient envoyé du
canon & des mortiers,après
quoyle Comte de Rantzau
avoïc resserré cette Place
tres étroitement : que le
Gouverneur se preparoit à
une vigoureuse resistance
;
qu'il avoir fait dépaver les
ruës pour empêcher l'effet
des bombes, & fait publier
que tous les Bourgeois qui
auroientquelque répugnanceà prendre les armes pour
la deffense de leur patrie,
eussent à sortir; que le General Rantzau, avoir de son
côté fait avertir les habitans
ques'ils prenoient les armes
pour la dessense de la Place
il les traiteroit avec la derniere rigueur; que nonob-
stant ces menaces tous les
Habitans, ainsi que la Garnison
,
paroissoient resolus
de se deffendre jusqu'à la
derniere extremité; que le
17. Decembre les Assiegeans
s'approcherent à trois cens
pas de la Ville où ils dresserent des batteries de canons
&de mortiers; que le29.ils
commencerent à
y
jetter des
bombes & des boulets rouges, & continuerent jusqu'au 2. de cemois; mais
avec peu de succés, le Gouvencur ayant fait dépaver
les ruës, & fait poster des
troupes d'Ouvriers & d'autres Bourgeois dans tous les
Quartiers, pourestreàportéed'éteindre promptement
le feu
; que ces précautions,
jointes à l'incommodité,
que les Assiegeants reçoivent de l'Artillerie des Assiegez qui renversoit leurs
ouvrages&démontoit la
pluspart de leurs canons,
les obligerent à se retirer
dans leur ancien Camp, &
à convertir de nouveau le
Siege de cette Place en blocus. Que les Troup es du
Roy de Dannemarc & du
Roy Auguste avoient aussi
jeuté des bombes & des bouletsrouges pendant vingtquatre heures; mais aussi
sans aucun succés considerable, ce qui avoit déterminé ces deux Rois à mettre
leurs Troupes en quartier
d'hiver, de maniere néanmoins que cctrc Place demeureroit toujours bloquée, par les Troupes Moscovites quiestoient en marche pour venir renforcer
leur Armée, dont les Quartiers seroient à Anclam &
à Gripswald
,
& soutenuës
par les Troupes Saxoncs
qui ne retourneroient pas
en Saxe avec le Roy Auguste; & qu'à l'égard de celles du Roy de Dannemarc,
elles hiverneroient dans le
Holstein Danois.
De Madrid le 4.Janvier.
Nous venons d'apprendre
par les Lettres du Camp de
Calaf du 22. que Mr le
Comte de Muret avoit enfin esté obligé faute de vivres & de munitions de lever le SiegeduChasteau de
Cardonne; voicy ce que
portent ces Lettres, A.,
Malgré le secours que le
General Staremberg préparoit pour le Chasteau de
Cardonne, on auroit pû
s'en rendre maistres si la
bréche qu'on y
avoit faite,
cust esté dans un endroit
un peu plus accessible. On
avoit placéune autre batterie pour faire une nouvcllc
bréche, mais la plus grande
partie du canon ne put servir faute de punirions. Cependant le General Staremberg estant informéque la
Garnison eltoïc sur le point
de se rendre pareillement
faute de munitions & de vivres, dont les Assiegeants
manquoient aussi, renforça
le Détachement qui estoit,
à
Salegariga
le 2 1. avec lequel il tenta de secourir ce
Chasteau
; mais après avoir
esté repoussé trois fois, il
sur obligé de se retirer avec
beaucoup de perte;celle que
firent les Troupes du Siege
dans ces rrois attaques, fut
de soixante hommes tuez,
& d'un plus grand nombre
de blessez
;
parmi les pre-
miers il y a eu le Ser gent
Major general, deuxCapitaines du Regiment de la
Couronne Mr le Comte de
Melun
,
un Capitaine de
Grenadiers de la Compagnie desGardes à pied Espagnoles. Le General Staremberg
,
outré de n'avoir pu
réiifljr dans son entreprise,
retourna le lendemain à la
charge: ses Troupes furent
encore fortmal-traitées à
l'attaquedu Pont de las Corminas, gardé par les Regimens de la Couronne&de
Truxillo
,
sans pouvoir les
forcer, mais ayant trouvé,
moyen de passerla l:iviere.,
à gué, elles prirent ces deux
,
Regimens en £tanc,-& les
obligerent à se retirer en
desordre. Mr le Comte de
Muret donna aussi tost avis
à Monsieur de Vendosme
de ce qui s'estoit passé
; envoyaau Gouverneur du
Chasteau pour avoir une
Sauvegarde pour les mala-"^
des qui estoient dans »la
Ville, ensuite il se retira
avec les Troupes & lesBagages, abandonnantson
Artillerie faute de voitures.
Les Ennemis ne le poursuivirent point, & se contenrerent de faire entrer le secours dansle Chasteau, aprés
quoy ils se retirerent.
Lettre de Sarragosse du 3.
Janvier.
Les Ennemis, au nombre
de quatre mille hommes de
Troupes reglées & d'un plus
grand nombre de Miquelets
,
attaquerent le Camp du /{egiment de la Couronne le
vingt
-
deux du moispasséà
lapointe du jour devant.Car^
donne}javonsiT^pay un brouillardsiépais que Cm ne voyoit
pas a quatre pas devant foy.
Cependant quoy que ce fut
une especedesurprise 3ce Regiment fit tout ce que de
vieilles Troupes peuventfaire
,
mais ils fut obligé d'abandonner leur posse par la ftiperiorité des Ennemis
,
&se
retira sur une hauteur où ils
nejugerent pas à propos de le
poursuivre
ce
jour-là.
Le vingt trois les Ennemis qui estoient quatre êontre
un, l'attaqua de nouveau
,
ensorte qu'ilfutobligéde
se retirer. Il a eu plus de deux
cens hommes tuez ou
bleffi{.
Mr Bonnet, Commandant du
second Bataillon de
ce Régiment
est du nombre des Morts;
Mr Dautruy
,
Major,
a
ejlé
blepé de trois coups au travers
du corps, & on ne croit pas
qu'ilen revienne; Mrle Chevalier de TeiJé, Colonel, a
esié
perdu une heure,maisiln'aesté
ny blessénypris.Les Ennemis
ont perdu beaucoup de monde
dans cette action, puisque de
quatre cens hommes seulement
qui sortirent de la Place pou,
favorser L'entrée du secours
,
cinquante furent tuez avec
l'Officier qui les cornmandoit,
gr centfurent blcffe^.
Le soir du mêmejour, Mr
le Comte de Muret, qui commandoit au Siege
,
sçachant que
ses Troupessouffroient extrêmementfaute de vivres, les
Soldatsn'ayant depuis huit
jours qu'un quart d'une ration
de pain, prit le parti de lever
le Siege,sansyestreforcepar
d'autres raisons, laissansl'artillerie faute de mulets pour la
retirer.
LesTroupes,du Siege tJIant
arrivées au Camp, Aionjuur
de Vendosme prit le party desi
retirer: il fit lever en plein
jour les Gatdes de dcjlus les
ruisseaux qui Jéparoient les
-
deux Armée*
,
les unes après
les autres, &se mit en
bataille
à
un quart de lieuë des Ennemis, où l'Armée campa. Le lendemain il ne luyfitfaire qu'une demi-lieuë; mais le General
Starembergn'osasortirdeson
Camp pour lasuivre.
Monsieur de Vcndosme conserve le posse de Cervera
,
où
il a mis cinq Bataillons & un
Régiment de Dragons qui ria
pas foujfat
comme les autres
pendant la Campagne. Ce
Prince efl avec l'armée à Agramunte, où il diflribuë les
Quartiers d'hiver aux Troupes
qui garderont la Segre. Nous
avoKS Arens,Venasque, &
Castel-Leon de cette Campa-"
gne. Cardone l'auroit renduë
plusavantâgeuse
,
mais cen'est
pas une chose irréparable au
commencement de la Campagne
prochaine, en cas qu'on lafasse,
lesmesures que l'on a
déjà pri-
[es
,
Cm que ton prendra pour
le transport des vivres & des
munitions, donnantlieu d'ejpe-
rer que les Troupes n'en manquerontplus.
D'Utrecht le 19. Janvier,
Mrs les Plénipotentiaires
du Roy arriverent le 9. à
Gambray
,
où ils fejournerenc le 10.
Le 11. ils arrivèrent à
Valenciennes. .fLe11.vMons, où Mr
le Comte de Dhona qui en
est Gouverneur, les fit saluer par trois déchargés générales de l'artilleriey& leuc
donna un grand repas,
Le 13. ils arrivèrent à
Bruxelles, où ils furent
reçus avec les mesmes honneurs. Mr le Maréchal
d'Uxelles alla descendre
avec
Mr le Commandeur de Beringhen qui l'accompagne,
chez Me la Princessè difenghien qui les regala magniquement; Mr l'Abbé de
Polignac descendit
-
chez
Me de Rupelmonde qui luy
donnaaussi un magifique
soupé, & Mr Mesnager,
logea dans uneautre maison
avec ses Officiers.
Le 14. ils arriverent à
Anvers où ils sejournerent le15.
Le 17. à Gorcum. s
Le 18. à Ucrechr.
Ils ont été reçusdans
tous ces lieux avec les mefmes honneurs qu'ils l'avoient été à Mons & à
Bruxelles, les Hollandois les
ayant toûjours fait accompagner par des Commissaires, tant pour les faire
recevoir honorablement
,
que pour les défrayer pendant toute leur route depuis
Bruxelles.
NDe Montpellier le n, Janvier.
Les Erats de Languedoc
firent faire hier un Service
magnifique pour le repos de
l'ame de feu Monseigneur
le Dauphin. Mr l'Archeverque de Narbonne y
officia comme President de
cette Assemblée. Mr l'Evêque de Alep prononça
l'Oraison funebre, & Mrs
les Evesques de Mirepoix,
de Lodeve, d'Agde, & de
Beziers firent les Absoutes.
Tous
Tous les Deputez y
assisterent chacun dans leur rang,
avec le Chapitre de Saine
Pierre & un grand concouts
de monde.
Fermer
Résumé : SUITE des Nouvelles.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Europe. À Vienne, l'archiduc se prépare pour son couronnement en Hongrie, prévu le 2 janvier. Des troubles persistent dans le royaume en raison de troupes mécontentes, mais on espère que la tenue d'une Diète après le couronnement restaurera la tranquillité. À Hambourg, les rois de Danemark et Auguste II de Pologne ont renoncé à prendre Stralsund par la force en raison de difficultés logistiques. Ils ont décidé d'attaquer Wismar, dont la garnison a été affaiblie. Malgré les menaces, les habitants et la garnison de Wismar sont résolus à se défendre. Les assaillants ont tenté de bombarder la ville sans succès et ont dû se retirer. À Madrid, le comte de Muret a levé le siège du château de Cardonne faute de vivres et de munitions. Les tentatives de secours par le général Staremberg ont échoué, entraînant des pertes importantes. À Saragosse, les ennemis ont attaqué le régiment de la Couronne, causant de lourdes pertes. Le comte de Muret a levé le siège de Cardonne en raison du manque de vivres. Les troupes se sont retirées et ont pris position à Agramunte pour l'hiver. À Utrecht, les plénipotentiaires du roi ont effectué une tournée dans plusieurs villes, recevant des honneurs et des réceptions magnifiques. À Montpellier, les États de Languedoc ont organisé un service funèbre pour le dauphin décédé, avec la participation de nombreux dignitaires religieux et laïcs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2397
p. 313-316
ARTICLE des Enigmes.
Début :
Peu m'ont sçû deviner on m'appelle Fenestre, [...]
Mots clefs :
Fenêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Enigmes.
ARTICLE
desEnigmes.
Enigme du mois pasle.
Peum'ontfçâdeviner
onmappelle Fenesetre,
Vous le sçavezDocteurs
ma formefait mon être,
Et je puis existersans
corps,
Onm'endonnepourtant
defoibles &deforts;
Hors de moy lesvolets en
cercle sepromenent,
Etleschassisenmoy, haut
& basse demenent ;
Par moy sefitjadis quelque amoureux larcin,
Etparmoy futsauvé jadis quelqueassassin;
Entout
-
paysjefoisd'une
mêmenature,
,
Mats]echange denomen
changeantdéfiguré.
Noms&Envois de ceux
qui ont deviné
l'Enigme.
La Comtesse des Mathurins:la spirituelleNormande des Fossfez: Mathieu senestres & le Baron de Fenestre: quand on ne peut trouver la porte, il faut passer
par la Fenestre: Rigolin le
reflechisseur
:
la jolieTortiborgni- boiteuse
:
Pytame
&Thisbé
Envoy à la Belle endo: mie,
Sur l'Air, Réveillez vous.
Belle à qui quelque Amant
peut- estre
Afait quelques larcins d'amoury
Souvenezvous de la Fenestre,
Fermez la mieux, même en
plein jour.
desEnigmes.
Enigme du mois pasle.
Peum'ontfçâdeviner
onmappelle Fenesetre,
Vous le sçavezDocteurs
ma formefait mon être,
Et je puis existersans
corps,
Onm'endonnepourtant
defoibles &deforts;
Hors de moy lesvolets en
cercle sepromenent,
Etleschassisenmoy, haut
& basse demenent ;
Par moy sefitjadis quelque amoureux larcin,
Etparmoy futsauvé jadis quelqueassassin;
Entout
-
paysjefoisd'une
mêmenature,
,
Mats]echange denomen
changeantdéfiguré.
Noms&Envois de ceux
qui ont deviné
l'Enigme.
La Comtesse des Mathurins:la spirituelleNormande des Fossfez: Mathieu senestres & le Baron de Fenestre: quand on ne peut trouver la porte, il faut passer
par la Fenestre: Rigolin le
reflechisseur
:
la jolieTortiborgni- boiteuse
:
Pytame
&Thisbé
Envoy à la Belle endo: mie,
Sur l'Air, Réveillez vous.
Belle à qui quelque Amant
peut- estre
Afait quelques larcins d'amoury
Souvenezvous de la Fenestre,
Fermez la mieux, même en
plein jour.
Fermer
Résumé : ARTICLE des Enigmes.
L'énigme 'Fenêtre' décrit un objet sans corps, pouvant être ouvert ou fermé par des forces variées. Des volets tournent autour et des chaises se déplacent à l'intérieur. Cet objet permet des actions secrètes et est présent dans tous les pays sous des noms différents. Plusieurs personnes ont résolu l'énigme, dont la Comtesse des Mathurins et Mathieu Sénestres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2398
p. 316-317
ENIGME.
Début :
Je suis né prisonnier, petit & méprisable, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Jesuisnéprisonnier,petit
- &méprisable,
Souvent Je mes prisons
l'on me délivre à tables
J'engendredesenfans pri
sonniers comme moy , Etjeporte le nom d'un
Roy;
J*enfteme dans mon sein
l'imagedemon pere,
Je nesuis point le Dieu de
: lqedeCyihere;
J'habitepourtant dans les
-
coeurs.
Icy,Mortels,versez,des
pleurs;
Vn de mes logementsa
tuè'vofire.merey
Et vous causa bien des
malheurs.
Jesuisnéprisonnier,petit
- &méprisable,
Souvent Je mes prisons
l'on me délivre à tables
J'engendredesenfans pri
sonniers comme moy , Etjeporte le nom d'un
Roy;
J*enfteme dans mon sein
l'imagedemon pere,
Je nesuis point le Dieu de
: lqedeCyihere;
J'habitepourtant dans les
-
coeurs.
Icy,Mortels,versez,des
pleurs;
Vn de mes logementsa
tuè'vofire.merey
Et vous causa bien des
malheurs.
Fermer
2399
p. 318
AUTRE ENIGME.
Début :
Lorsque par de justes liens [...]
Mots clefs :
Masque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Lorsque par de justes liens
On sçait unir à moy celuy
qui meresemble,
Nous ne faisons plus qu'un
ensemble,
Je vois tout par Ces yeux, il
voit tout par les miens;
Si je luy fais tenir quelque
discours frivole,
En revanche je sçayluy couper
la parole.
Lorsque par de justes liens
On sçait unir à moy celuy
qui meresemble,
Nous ne faisons plus qu'un
ensemble,
Je vois tout par Ces yeux, il
voit tout par les miens;
Si je luy fais tenir quelque
discours frivole,
En revanche je sçayluy couper
la parole.
Fermer
2400
p. 319-329
Dernieres Nouvelles.
Début :
Le Pape s'est enfin determiné à donner le Chapeau de Cardinal [...]
Mots clefs :
Cardinal, Vaisseau, Hommes, Hongrie, Rome, Cadix, Huningue, Charleroi, Abbeville, Vienne, Utrecht
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles.
Dernieres Nouvelles.
De Rome le 13. Décembre,
Le Pape s'est enfin déterminé à donner le Chapeau
de Cardinal à Don Annibal
Albini. S. S. après avoir
demandé dansunConsistoire
le sentiment des Cardinauxsur cette Promotion, ils y
applaudirent tous, & le S.
Pere dit, puisque vous lejugez tous à propos nous nommerons Don Ânmbal Jlbant
Cardinal; & ff prie Dieu
que cettePromotionsoitàjapltts
grande gloire, & au bien de
l'Eglise. Ensuite S. S. prononça la Formule, & aussitôt le Canon du Château
S. Ange sefit entendre.
Tous les Cardinaux qui se
trouverent au Consistoire
allèrent ce jour-là complimenter Dona Bernardina,
Mere du nouveau Cardinal,
qui ,.. ,.. reçut aussi les felicita-
-
tions de toutes les autres
personnes les plus distinguées )&ilYeutleCoirdes
illuminations par toute Ville. la
-
De- Caiiz le 8.Janvier.
UnAimatcCfr de S. Malo
a
amené icy une Prise Hollandoifc estimée dix mille
Ecus. On a
levé l'Arrest
qu'on avoit mis sur deux
Bâtimens Genois qui étoient
dans nostre Port, & C(S -
Bâtimens ont remis à la
voile pour retourneràGenes,
mais l'Arrest mis sur le
Vaisseau Venirien n'a point
icle Irve, & au contraire,
ce
Vaisseau
a
été déclaré de
bonne prise.
On a appris par un Vaisseau d'avis arrivé de la
Martinique d'où il est parti
le premier Décembre, que
MrDucasse dévoieen faire
voile le
1 5. avec quacrre
Vaisseaux de guerre François qui l'y avoient joinr.
Un Vaisseau Anglois de
60. Canonsayant été poussé
sur nos cotes par un coup
de vent, y a
échoüé.Léquipage qui s'est sauvé à
terre, est venu icy, & on
luy donne lasubsistance. On
travaille à remetrre le Vaisseau à flot, & l'on espere
y
reüssir.
D'Hmingue le 15. Janvier.
Nonobstant le débordement du Rhin, environ
trois cens hommes des Ennemis,ayant passé ce Fleuve
dans des batteaux prés de
,
l'Isle de Newbourg, étoient
entrez en Alsaceoù. ils
avoient commencé à piller;
mais nôtreCommandant en
ayant eû avis a
aussitôt fait
-
sortir cent Dragons & autant de Grenadiers pour les
aller chercher Ils les ont
trouvez au Village de Rù.
mensheim, les ont attaquez,
enont tué trente, & fait un
plus grand nombre de pri-
[onolcrs, qui ont dit que
leurPartisan, qui avoir été
tué, étoit l'un de leuts plus
fameux.
De Charleroy le 26. Janvier.
Un Party de nôtre Garnison surprit hier un convoy
de vingt Chariots chargez
qui alloient à Mons, fous
l'escorte de 30. hommes
qui prirent la fuite dés qu'ils
apperçurent qu'on alloit les
attaquer; & comme ils
curent le temps de dételler
les chevaux, on fut obligé
de brûler les Chariots, ne
pouvant les emmener.
UAbbeville le 17. Janvier.
Un gros party ennemi
étant entré dans le Boulonois, pour lever les contributions,
a été coupe & en
tierement deffait par les
Troupes qui sont icy en
quartier.
De Vienne le 6. Janvier.
,
Quoy qu'onaffcde de
publier icy que tout cft
tranquile en Hongrie, on
a
des avis certains que la
plus grande partie de la
Noblesse Hongroise (si trés
mécontente de ce qu'on
n'a encore donné à la nation
aucune satisfaction sur les
Griefs dont elle s'étoit
plainte dans les precedentes
Diettes, & entr'autres de ce
qu'onne donnoit pas à des
Hongroisles Gouvernemens
des Places du Royaume
,
&
qu'on n'en retiroit pas les
Troupes Allemandes, ainsi
qu'on l'avoit promis.
LArchiduc ne doit arriver à Presbourg
,
qu'au
commencement de Fevrier,
Quoy que ce Prince ait fait
une nombreuse promotion
de Conseillers d'Etat, plusieursSeigneurs seplaignent
de n'y avoir pas été compris, & parriculieremenc
ceux qui avoient été honorez de cette Dignité par
l'Empereur Joseph.
On a reçu un Courrier
du Resident de l'Empire à
Constantinople
,
qui a rapotté que le party du Kan
des Tartaresayant prévalu
sur celuy du Grand Visir,
ce Ministre avoir été deposé
le 20. Novembre, tous ses
biens confisquez le lendemain, & que l'Aga des Janissaires qui avoir été mis à
sa place, avoir écrit au Roy
de Suede qu'il luy mencroic
au Printemps une Armée
de deux cens mille hommes.
D'Utrechtle21.Janvier.
Mr l'Evesque de Bristol,
premierPlenipotentiairedela
Reine de la Grand Bretagne
arriva icy le IJ. avec une
nombreuse suitte, & Mr le
Comte de Strafford arriva le
17. Apres que Mrs les Plenipotentiaires de France y
furent arrivez,ils le firent sçavoir aux Magistrats, & Mrs
les Plénipotentiaires d'Angleterre allerent incontinent les visiter
,
& le soir
Mrs les Plenipotentiaires de
France rendirent la vifitc à
Mrs les Plenipotentiaires
d'Angleterre.
Mr leComte del Borgo,
Plenipotentiaire de Mr le
Duc de Savoye, arriva le20.
& la pluspart de ceux des
sept Provinces unies, se sont
aussi déja rendus icy
De Rome le 13. Décembre,
Le Pape s'est enfin déterminé à donner le Chapeau
de Cardinal à Don Annibal
Albini. S. S. après avoir
demandé dansunConsistoire
le sentiment des Cardinauxsur cette Promotion, ils y
applaudirent tous, & le S.
Pere dit, puisque vous lejugez tous à propos nous nommerons Don Ânmbal Jlbant
Cardinal; & ff prie Dieu
que cettePromotionsoitàjapltts
grande gloire, & au bien de
l'Eglise. Ensuite S. S. prononça la Formule, & aussitôt le Canon du Château
S. Ange sefit entendre.
Tous les Cardinaux qui se
trouverent au Consistoire
allèrent ce jour-là complimenter Dona Bernardina,
Mere du nouveau Cardinal,
qui ,.. ,.. reçut aussi les felicita-
-
tions de toutes les autres
personnes les plus distinguées )&ilYeutleCoirdes
illuminations par toute Ville. la
-
De- Caiiz le 8.Janvier.
UnAimatcCfr de S. Malo
a
amené icy une Prise Hollandoifc estimée dix mille
Ecus. On a
levé l'Arrest
qu'on avoit mis sur deux
Bâtimens Genois qui étoient
dans nostre Port, & C(S -
Bâtimens ont remis à la
voile pour retourneràGenes,
mais l'Arrest mis sur le
Vaisseau Venirien n'a point
icle Irve, & au contraire,
ce
Vaisseau
a
été déclaré de
bonne prise.
On a appris par un Vaisseau d'avis arrivé de la
Martinique d'où il est parti
le premier Décembre, que
MrDucasse dévoieen faire
voile le
1 5. avec quacrre
Vaisseaux de guerre François qui l'y avoient joinr.
Un Vaisseau Anglois de
60. Canonsayant été poussé
sur nos cotes par un coup
de vent, y a
échoüé.Léquipage qui s'est sauvé à
terre, est venu icy, & on
luy donne lasubsistance. On
travaille à remetrre le Vaisseau à flot, & l'on espere
y
reüssir.
D'Hmingue le 15. Janvier.
Nonobstant le débordement du Rhin, environ
trois cens hommes des Ennemis,ayant passé ce Fleuve
dans des batteaux prés de
,
l'Isle de Newbourg, étoient
entrez en Alsaceoù. ils
avoient commencé à piller;
mais nôtreCommandant en
ayant eû avis a
aussitôt fait
-
sortir cent Dragons & autant de Grenadiers pour les
aller chercher Ils les ont
trouvez au Village de Rù.
mensheim, les ont attaquez,
enont tué trente, & fait un
plus grand nombre de pri-
[onolcrs, qui ont dit que
leurPartisan, qui avoir été
tué, étoit l'un de leuts plus
fameux.
De Charleroy le 26. Janvier.
Un Party de nôtre Garnison surprit hier un convoy
de vingt Chariots chargez
qui alloient à Mons, fous
l'escorte de 30. hommes
qui prirent la fuite dés qu'ils
apperçurent qu'on alloit les
attaquer; & comme ils
curent le temps de dételler
les chevaux, on fut obligé
de brûler les Chariots, ne
pouvant les emmener.
UAbbeville le 17. Janvier.
Un gros party ennemi
étant entré dans le Boulonois, pour lever les contributions,
a été coupe & en
tierement deffait par les
Troupes qui sont icy en
quartier.
De Vienne le 6. Janvier.
,
Quoy qu'onaffcde de
publier icy que tout cft
tranquile en Hongrie, on
a
des avis certains que la
plus grande partie de la
Noblesse Hongroise (si trés
mécontente de ce qu'on
n'a encore donné à la nation
aucune satisfaction sur les
Griefs dont elle s'étoit
plainte dans les precedentes
Diettes, & entr'autres de ce
qu'onne donnoit pas à des
Hongroisles Gouvernemens
des Places du Royaume
,
&
qu'on n'en retiroit pas les
Troupes Allemandes, ainsi
qu'on l'avoit promis.
LArchiduc ne doit arriver à Presbourg
,
qu'au
commencement de Fevrier,
Quoy que ce Prince ait fait
une nombreuse promotion
de Conseillers d'Etat, plusieursSeigneurs seplaignent
de n'y avoir pas été compris, & parriculieremenc
ceux qui avoient été honorez de cette Dignité par
l'Empereur Joseph.
On a reçu un Courrier
du Resident de l'Empire à
Constantinople
,
qui a rapotté que le party du Kan
des Tartaresayant prévalu
sur celuy du Grand Visir,
ce Ministre avoir été deposé
le 20. Novembre, tous ses
biens confisquez le lendemain, & que l'Aga des Janissaires qui avoir été mis à
sa place, avoir écrit au Roy
de Suede qu'il luy mencroic
au Printemps une Armée
de deux cens mille hommes.
D'Utrechtle21.Janvier.
Mr l'Evesque de Bristol,
premierPlenipotentiairedela
Reine de la Grand Bretagne
arriva icy le IJ. avec une
nombreuse suitte, & Mr le
Comte de Strafford arriva le
17. Apres que Mrs les Plenipotentiaires de France y
furent arrivez,ils le firent sçavoir aux Magistrats, & Mrs
les Plénipotentiaires d'Angleterre allerent incontinent les visiter
,
& le soir
Mrs les Plenipotentiaires de
France rendirent la vifitc à
Mrs les Plenipotentiaires
d'Angleterre.
Mr leComte del Borgo,
Plenipotentiaire de Mr le
Duc de Savoye, arriva le20.
& la pluspart de ceux des
sept Provinces unies, se sont
aussi déja rendus icy
Fermer
Résumé : Dernieres Nouvelles.
Le 13 décembre, le Pape a nommé Don Annibal Albini cardinal, après avoir consulté et obtenu l'approbation des autres cardinaux. Cette promotion a été célébrée par des illuminations dans la ville et des félicitations adressées à la mère du nouveau cardinal. Le 8 janvier, un navire de Saint-Malo a capturé un navire hollandais évalué à dix mille écus. Des mesures concernant les arrestations sur des bâtiments génois et vénitiens ont été prises, certaines levées et d'autres maintenues. Un vaisseau anglais de 60 canons a échoué sur les côtes françaises, et son équipage a été secouru. Le 15 janvier, des ennemis ont pillé en Alsace mais ont été repoussés par des dragons et des grenadiers français. Le 26 janvier, un convoi de chariots a été attaqué et brûlé près de Charleroy. Le 17 janvier, un parti ennemi a été défait dans le Boulonnais. À Vienne, la noblesse hongroise exprime son mécontentement face aux promesses non tenues concernant les gouvernements des places du royaume, et l'archiduc est attendu à Presbourg au début février. À Constantinople, le Grand Visir a été déposé et remplacé par l'Aga des Janissaires, qui prévoit d'envoyer une armée en Suède au printemps. Enfin, à Utrecht, les plénipotentiaires de la Grande-Bretagne, de la France et de la Savoie sont arrivés pour des négociations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer