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151
p. 43-45
Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté a fait le mesme honneur depuis quelques jours [...]
Mots clefs :
Mr de Rubantel, Mr de Tracy, Gardes
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texteReconnaissance textuelle : Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Sa Majesté a fait le mef- me honneur depuis quelques jours à Meſſieurs de Tracy &
deRubantel. Je vous ay appris tant de choſes avantageuſes du premier dans ma Lettre du Mois d'Avril , que je n'ay plus rien à vous en dire , finon qu'il a continué depuis ce temps à
ſervir comme il avoit fait auparavant. On ne peut mieux
Bij
30 LE MERCVRE
ſçavoir ſon Meſtier , avoir plus courage , ny prévoir de plus loin les choſes qui doivent ar- river. M' de Rubantel qui a le meſme Employ que luydans les Gardes , a fait auffi paroiſtre beaucoup de zele , de valeur &
d'application , toutes les fois que l'occaſion s'eſt offerte d'en donner des marques. Pluſieurs
de cette Famille ont finy glo- rieuſement leurs jours dans le Service , & ont merité par là de vivre toûjours
deRubantel. Je vous ay appris tant de choſes avantageuſes du premier dans ma Lettre du Mois d'Avril , que je n'ay plus rien à vous en dire , finon qu'il a continué depuis ce temps à
ſervir comme il avoit fait auparavant. On ne peut mieux
Bij
30 LE MERCVRE
ſçavoir ſon Meſtier , avoir plus courage , ny prévoir de plus loin les choſes qui doivent ar- river. M' de Rubantel qui a le meſme Employ que luydans les Gardes , a fait auffi paroiſtre beaucoup de zele , de valeur &
d'application , toutes les fois que l'occaſion s'eſt offerte d'en donner des marques. Pluſieurs
de cette Famille ont finy glo- rieuſement leurs jours dans le Service , & ont merité par là de vivre toûjours
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Résumé : Sa Majesté nomme M. de Rubantel & de Tracy Mareschaux de Camp. [titre d'après la table]
Sa Majesté a honoré Messieurs de Tracy et de Rubantel. De Tracy, déjà distingué, se distingue par son expertise, son courage et sa capacité à anticiper les événements. De Rubantel, des Gardes, montre du zèle, de la bravoure et de l'engagement. Plusieurs membres de la famille de Rubantel ont terminé leur carrière militaire de manière glorieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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152
p. 118-120
M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
Début :
Quelque estat de vie qu'on ait embrassé, il est [...]
Mots clefs :
Église de Xaintes, Évêque, Abbé du Plessis
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
Quelque eftat de viequ'on ait embraffe , il eſt toûjours bon d'avoir une gran- de exactitude à s'aquiterdes de- voirs qu'il nous impoſe. Nous en voyons la récompenſe enla Perfonne de Monfieur l'Abbé
du Pleffis de Geſté de la Broutiere,dont la longue application à remplir toutes les obligations de fon caractere , luy a fait me
GALANT9 riter le choixque le Roy a fait de luy pour luy confier la con- duite de l'Egliſe de Xaintes dont il fut facré Eveſque ces derniers jours. S'il fuccede àun grand Prelat qui fut fort aimé dans ce Dioceſe , ſa doctrine &ſa piete,
jointes àfon humeur honneſte &obligeante, ne luygagneront pas moins les cœurs des Peu- ples qu'on luy a commis. Il y
avoit quinze ans qu'il eſtoit Grand Vicaire de Paris. Il eſt
Docteurde Sorbonne , &d'une tres-Illuftre Famille d'Anjou.'
du Pleffis de Geſté de la Broutiere,dont la longue application à remplir toutes les obligations de fon caractere , luy a fait me
GALANT9 riter le choixque le Roy a fait de luy pour luy confier la con- duite de l'Egliſe de Xaintes dont il fut facré Eveſque ces derniers jours. S'il fuccede àun grand Prelat qui fut fort aimé dans ce Dioceſe , ſa doctrine &ſa piete,
jointes àfon humeur honneſte &obligeante, ne luygagneront pas moins les cœurs des Peu- ples qu'on luy a commis. Il y
avoit quinze ans qu'il eſtoit Grand Vicaire de Paris. Il eſt
Docteurde Sorbonne , &d'une tres-Illuftre Famille d'Anjou.'
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Résumé : M. l'Abbé du Plessis est sacré Evesque de Xaintes. [titre d'après la table]
L'Abbé du Pleffis de Gesté de la Brouetiere, récompensé pour son dévouement, a été nommé évêque de Saintes par le roi. Grand Vicaire de Paris depuis quinze ans et Docteur de Sorbonne, il succède à un prélat apprécié. Sa doctrine, piété et honnêteté devraient lui gagner l'affection des habitants. Il est issu d'une famille illustre d'Anjou.
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153
p. 120-121
Le Roy donne une Abbaye à M. l'Abbé d'Aquin, & une autre à M. de Puysegur. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui aime à répandre ses bienfaits par tout [...]
Mots clefs :
Abbé d'Aquin, Abbaye, M. de Puysegur
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne une Abbaye à M. l'Abbé d'Aquin, & une autre à M. de Puysegur. [titre d'après la table]
es-Illuftre Famille d'Anjou.'
Le Roy qui aime à répandre fes bienfaits par tout , a grati- fié M l'Abbé Daquin , Fils de ſon Premier Medecin , de l'Abbayede la Seube pres de Bor- deaux ; & comme Sa Majeſté n'oublie jamais les Services qu'on luy rend, Elle a recomDij
80 LE MERCVRE
expofe
penſe ceux de MePuylegur,
qui a eſté long-temps Lieute- nant Colonel & Meſtre de
Camp du Regiment de Pied- mont, par une Abbaye qu'Elle luy adonnée dans Toul.
Le Roy qui aime à répandre fes bienfaits par tout , a grati- fié M l'Abbé Daquin , Fils de ſon Premier Medecin , de l'Abbayede la Seube pres de Bor- deaux ; & comme Sa Majeſté n'oublie jamais les Services qu'on luy rend, Elle a recomDij
80 LE MERCVRE
expofe
penſe ceux de MePuylegur,
qui a eſté long-temps Lieute- nant Colonel & Meſtre de
Camp du Regiment de Pied- mont, par une Abbaye qu'Elle luy adonnée dans Toul.
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154
p. 131-138
Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
Début :
C'est assurément un fort grand secret en toutes choses [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Princesse Marie, Duc d'York, Gloire, Mariage, Capitaine, Louis XIV
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texteReconnaissance textuelle : Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
C'eſt aſſurément un fort
grand ſecret en toutes chofes,
que de ſçavoir profiter du temps. Il eſt le maiſtre de tout,
& c'eſt luy qui a fait renouvel- ler depuis peu l'Alliance que le Prince d'Orange avoit déja avec la Maiſon Royale d'Angle- terre. La feu Princeſſe d'OrangeſaMere,eftoit SœurdeChar- les II. qui regne à preſent , &
vous eſtes trop ſçavante dans l'Hiſtoire pour ignorer que ce jeune Prince qui vient d'épou- fer la Princeſſe Marie Fille du
Duc d'Yorck , eſt de l'illustre &
ancienne Maiſon de Naſſau,qui
a eu l'avantage de donner un Empereur. Les Princes de ce nom n'ont pas eſté ſeulement Comtes de l'Empire , ils y ont tenu long-temps le premier rang,& cette Branche particu-
GALAN T. 89 liere, a joint àune naiſſance qui en voitpeu au deſſus d'elle , un merite ſi éclatant &une valeur
ſi extraordinaire , que fi Loürs LE GRAND n'avoit fait laGuerre &gouverné ſes Peuples d'u- ne manierequi n'a point encor eud'exemple, les grandsHom- mes dont le Prince d'Orange defcend, pourroient ſervir de modele à tous ceux qui cher- chent la Gloire par la Politique &par les Armes. Quant à ce qui le regarde , on peut dire qu'il a toutes les qualitez qui font àſouhaiter dans une Perſonne de fon rang. Il eſt bra- ve autant qu'un General d'Ar- mée le peut eſtre , & fon mal- heur ne l'a point empeſché de faire paroiſtre ſon couragedans toutes les occaſions qu'il en a
pû rencontrer. Trouvez bon
9. LE MERCVRE que je m'explique. Je n'appelle point malheur le mauvais fuc- cez d'une entrepriſe , qui ſelon les évenemens ordinaires , n'en doit point avoir un heureux.
Auſſi n'est - ce point ce genre demalheur que le Prince d'O- range a éprouvé. Il n'a rien entrepris que ſur des apparen- ces favorables , & ayant autant de valeur qu'il en a, il auroit infailliblement réüſſy en d'au- tres temps , & contre de plus foibles Ennemis. Le péril ne l'étonne point. Il s'expoſe , ſe trouve par tout , & ne fait pas moins l'office de Soldat que de
Capitaine ; mais il eſt malheu- reux d'eſtre né dans le Siecle
de Loürs XIV. & d'avoir en
teſte un Conquérant à qui rien n'eſt capable de reſiſter. C'eſt ce qui redouble la gloire du
GALANT. 91 Roy, &les loüanges qu'on doit aux Miniſtres &aux Generaux
qui agiffent &combattent fous ſes ordres. Nous gagnons des Batailles & prenons des Places enpeu de temps, mais cen'eſt point ſans obſtacle. Onnous oppoſe de grandes forces , on ſe bat , on vient au ſecours ; &
fi la Victoire nous demeure , le Prince d'Orange emporte toû- jours l'honneur d'avoir beau- coup entrepris. Lajeune Prin ceſſe qu'il a épousée eſt gran- de & bien-faite , mais je ne fuis point encor affez inſtruit de ſon merite pour vous en parler. Il eſt difficile qu'elle n'en ait beaucoup, eftant Fille d'un Prince qui peut regarder ſa naiſſance, toute Royale qu'- .
elleeft , pour le moindre de ſes avantages. Il eſt brave , gene1
92 LE MERCVRE reux , fort aimé dans l'Angle- terre , &on ne le peut eſtre de tout ungrandPeuple, qu'on ne s'en ſoit montré digne par les plus éminentes qualit
grand ſecret en toutes chofes,
que de ſçavoir profiter du temps. Il eſt le maiſtre de tout,
& c'eſt luy qui a fait renouvel- ler depuis peu l'Alliance que le Prince d'Orange avoit déja avec la Maiſon Royale d'Angle- terre. La feu Princeſſe d'OrangeſaMere,eftoit SœurdeChar- les II. qui regne à preſent , &
vous eſtes trop ſçavante dans l'Hiſtoire pour ignorer que ce jeune Prince qui vient d'épou- fer la Princeſſe Marie Fille du
Duc d'Yorck , eſt de l'illustre &
ancienne Maiſon de Naſſau,qui
a eu l'avantage de donner un Empereur. Les Princes de ce nom n'ont pas eſté ſeulement Comtes de l'Empire , ils y ont tenu long-temps le premier rang,& cette Branche particu-
GALAN T. 89 liere, a joint àune naiſſance qui en voitpeu au deſſus d'elle , un merite ſi éclatant &une valeur
ſi extraordinaire , que fi Loürs LE GRAND n'avoit fait laGuerre &gouverné ſes Peuples d'u- ne manierequi n'a point encor eud'exemple, les grandsHom- mes dont le Prince d'Orange defcend, pourroient ſervir de modele à tous ceux qui cher- chent la Gloire par la Politique &par les Armes. Quant à ce qui le regarde , on peut dire qu'il a toutes les qualitez qui font àſouhaiter dans une Perſonne de fon rang. Il eſt bra- ve autant qu'un General d'Ar- mée le peut eſtre , & fon mal- heur ne l'a point empeſché de faire paroiſtre ſon couragedans toutes les occaſions qu'il en a
pû rencontrer. Trouvez bon
9. LE MERCVRE que je m'explique. Je n'appelle point malheur le mauvais fuc- cez d'une entrepriſe , qui ſelon les évenemens ordinaires , n'en doit point avoir un heureux.
Auſſi n'est - ce point ce genre demalheur que le Prince d'O- range a éprouvé. Il n'a rien entrepris que ſur des apparen- ces favorables , & ayant autant de valeur qu'il en a, il auroit infailliblement réüſſy en d'au- tres temps , & contre de plus foibles Ennemis. Le péril ne l'étonne point. Il s'expoſe , ſe trouve par tout , & ne fait pas moins l'office de Soldat que de
Capitaine ; mais il eſt malheu- reux d'eſtre né dans le Siecle
de Loürs XIV. & d'avoir en
teſte un Conquérant à qui rien n'eſt capable de reſiſter. C'eſt ce qui redouble la gloire du
GALANT. 91 Roy, &les loüanges qu'on doit aux Miniſtres &aux Generaux
qui agiffent &combattent fous ſes ordres. Nous gagnons des Batailles & prenons des Places enpeu de temps, mais cen'eſt point ſans obſtacle. Onnous oppoſe de grandes forces , on ſe bat , on vient au ſecours ; &
fi la Victoire nous demeure , le Prince d'Orange emporte toû- jours l'honneur d'avoir beau- coup entrepris. Lajeune Prin ceſſe qu'il a épousée eſt gran- de & bien-faite , mais je ne fuis point encor affez inſtruit de ſon merite pour vous en parler. Il eſt difficile qu'elle n'en ait beaucoup, eftant Fille d'un Prince qui peut regarder ſa naiſſance, toute Royale qu'- .
elleeft , pour le moindre de ſes avantages. Il eſt brave , gene1
92 LE MERCVRE reux , fort aimé dans l'Angle- terre , &on ne le peut eſtre de tout ungrandPeuple, qu'on ne s'en ſoit montré digne par les plus éminentes qualit
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Résumé : Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière l'importance de savoir profiter du temps, illustrée par la récente rénovation de l'alliance entre le Prince d'Orange et la Maison Royale d'Angleterre. La Princesse d'Orange, mère du Prince actuel, était la sœur de Charles II, roi d'Angleterre. Le Prince d'Orange, issu de la Maison de Nassau, a épousé la Princesse Marie, fille du Duc d'York. La Maison de Nassau possède une histoire prestigieuse, ayant fourni des empereurs et des comtes influents dans l'Empire. Le Prince d'Orange est décrit comme brave et courageux, bien que ses entreprises aient souvent échoué en raison de circonstances défavorables, notamment la domination de Louis XIV. Malgré les obstacles, il se distingue par ses actions militaires et son courage. La Princesse Marie est décrite comme grande et bien faite, fille d'un prince brave et généreux, aimé en Angleterre.
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155
p. 144-172
Tout ce qui s'est passé de remarquable au Parlement le lendemain de la S. Martin, le jour des Harangues & celuy des Mercuriales. [titre d'après la table]
Début :
Voyez, Madame, comme je me laisse insensiblement emporter à l'enchaînement [...]
Mots clefs :
Juges, Parlement, Harangues, Ouverture, Messe, Cour des aides, Présidents, Avocat général, Satyre, Audiences, Premier président, Avocats, Séances, Justice, Barreau, Monarque, Mercuriale, Mr de Lamoignon, Procureur général, Jugement
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé de remarquable au Parlement le lendemain de la S. Martin, le jour des Harangues & celuy des Mercuriales. [titre d'après la table]
Voyez , Madame, comme je me laiſſe inſenſiblement em- porter à l'enchaînement de la matiere. Je vous devois faire
part dés le Mois paffé des Ce- remonies qui s'obſervent à l'ouverture
GALANT. 97
verture du Parlement. Le nou -
veau fuccés des armes du Roy en Allemagne dont j'ay eu à
vous écrire , me les ayant fait remettre juſqu'à celuy-cy , cet Article ſembloit devoir eſtre un
des premiers de ma Lettre , &
je ne vous en ay pas encore dit la moindre choſe. On ſçait que la couſtume eſt tous les *
1896*
ans de faire des Harangues à
cette Ouverture. Ceux qui n'y vont point n'en ſçavent rien davantage , & peut-eſtre même que la plupart de ceux qui y
vont n'en reviennent gueres plus ſçavans. Voicy par ordre tout ce qui s'y paffe.
Le lendemain de la Saint
Martin , le Parlement en Corps &en Robes rouges entend la Meſſe dans la GrandSalle du
Palais. C'eſt toûjours un EvêTome X. E
98 LE MERCVRE que qui la dit. Elle a eſté ce-- lebrée cette année par celuy de S. Omer. Le Parlement rentre
apres l'avoir entenduë , &re- mercie l'Eveſque , qui luy té- moigne de fon,coſte tenir à
honneur d'avoir eſté choiſi
pour cette Ceremonie par un fi Auguſte Corps. Les Avocats &ales Procureurs preſtent le Serment en ſuite; apres quoy Monfieur le Premier Preſident
traite une partie de la Com- pagnie , & quelques - uns de Meſſieurs des Enqueſtes. Les Séances ne recommencent
que le Lundy de la huitaine franche d'apres la S. Martin. -
Le meſme jour de cette Ou- verture , Meſſieurs de la Cour
desAydes fontdes Harangues entr'eux qu'on peut appeller Mercuriales, puisqu'elles n'ont EQUE DELA
GALANT. 99 A
Conſeil TO THEOU
pour but que de faire voir en quoy les Juges manquent , &
ce qu'ils doivent faire pour ré- pondre dignement aux obliga- tions de leurs Charges. Mef- fieurs les Preſidens &
lers de cette Cour s'eſtant af
ſemblez cette année à leur or
dinaire,Monfieur le Camusqui en eſt le Chefprit la parole ,&
apres s'eſtre long-temps étendu ſur la difference qu'ily avoit de l'integrité &de la pureté devie des Siecles paſſez , à la corru- ption qui s'eſt gliſſée dans ce- -Iuy-cy , &avoir montré parun diſcours fort net & fort éloquent, que nous eſtions tres- éloignez de cette candeur qui eſtoit inséparable de tout ce qui ſe faiſoit dans ces temps heureux, il fit voir les deſordres
qui naiſſent des Jugemens trop
*
E ij
100 LE MERCVRE
précipitez , & marqua forte- ment que les Juges ne pou- voient apporter trop de pré- caution avant que de pronon-- cer ſur l'intereſt des Parties.
Voicy une comparaiſon dont il ſe ſervit. Souvenez-vous , Маdame, que tout ce que je vous dis eſt fort imparfait, & que les penſées que je vous explique perdentbeaucoup de leurgrace,
dénüées des vives expreſſions qui les mettoient dans leur
jour.
De meſme , dit - il , que les Eaux qui fe répandent dansles Campagnes par divers détours,
y portent la fertilité & l'abondance , ainſi quand lcs Magi- ſtrats accompagnent leurs Iu- gemens de toutes les reflexions neceſſaires pourdéveloper avec ſoin les differens intereſts des
GALAN T. 101
Particuliers , leurs Arreſts ſe trouvent ſoûtenus de cette
équité dont Dieu recommande
aux Hommes de ne s'éloigner jamais. Au contraire lors que cesEauxſe débordent avecl'impétuoſité d'un Torrent , elles les gaſtent , elles y mettent la ſterilité, ce qui eſt en quelque façon l'image des Juges, qui ſe laiſſant emporter au premier feu de leur génie , & ne pre- nant pour reglede leurs Déci- fions que leur enteſtement, &
leur opiniâtreté , confondent le
bon droit avec le mauvais , &
font injuſtement des malheureux.
Le ſujet que M. du Boiſme- nillet , Avocat General de la
Cour des Aydes , prit pour fon Diſcours , fut la connoiſſance
de la Verité. Il montra qu'elle Eij
1102 LE MERCVRE
*étoit fi neceffaire aux Juges, que fans elle ils ne pouvoientgoûter * de veritable plaifir danslemon- de , ny joüir d'une fortune affurée. Il fit voir que ce que l'Homme appelle Fortune, con- fiftoit dans la ſeule elevation,
que nous cherchions cette éle- *vation par tout , &que nous tâ- chions de nous la procurer à
1nous-mefme, en abaiffant ceux en qui nous décotivtions plus de merite qu'en notis , ce qui eftoit caufe qu'il nous fachoit naturellement d'entendre loüer,
-au lieu que la Satyre nons don- noit toûjours de la joye , parce qu'elle a l'adreſſe de changer les vertus en defauts , & que nous ne trouvons point d'abaif- ſement pour les autres qui ne nous ſemble une eſpece d'éle- vation pour nous ; mais qu'en
GALAN T. 103 fin cette Fortune eſtoit injuſte fans la connoiſſance de la Verité. Il adjoûta que la Fortune & les Plaiſirs eſtoient les deux
principaux motifs qui nous fai- *foient agir dans la vie , quec'é- toit ſur eux que tous les autres rouloient , & que nous eſtions *obligez de prendre party. Ce raiſonnement fut ſuivy d'un grand Eloge de Monfieur le Chancelier, qui attira un ap- - plaudiſſement general.
Le Lundy quele Parlement recommence ſes Séances,qui eſt le jour où les Audiances font ouvertes , & qu'on appelle lour - des Harangues , M. le Premier Prefident parle aux Avocats, &
apres leur avoir fait connoiſtre
leur devoir il finit en adreſſant
la parole aux Procureurs. C'eſt ce qui s'eſt toûjours pratiqué ,
Eij
104 LE MERCVRE
& ce qui ſe pratiqua encor la derniere fois. Monfieur de Lamoignon , avec cette gravité de Magiſtrat fi digne de celuy qui tient le premier rang dans ce grand Corps , dit d'abord que c'eſtoit pour la vingtième fois qu'il voyoit renouveller l'an- cienne Ceremonie depuis que la Iuftice s'expliquoit par ſa bouche ſur toutes les obliga- tions que les Avocats avoient contractées avec elle par le
Serment de fidelité qu'ils luy avoient folemnellement juré;
que dans cette longue révolu- tion d'années qui avoit paſſé comme un fonge , il avoit veu changer preſque tout le Bar- reau , & qu'à peine y reftoit- il encor quelques - uns de ceux qui estoient alors dans une ſi haute reputation , & que l'age
GALANT. 105 ou l'infirmité avoient contraints
d'abandonner un employ fi labourieux. Il exagera fort le merite de ces Avocats celebres,
&dit qu'il ſembloit qu'ils n'euf- ſent pas eu plus de durée que cos Etoilles élementaires qu'on
voit ſe détacher du Ciel dans
un temps calme , qui marquent par une trace de lumiere leur chute précipitée & qui ſe per- dent pour jamaisdansl'obſcuri- té dela nuit. Il les compara en fuite à des Torches ardentes
qui jettent une fort grande lueur, qu'on ne voit paroiſtre quepour la voirs'évanoüir dans lemeſme temps. Il adjoûta que leur memoire vivroit toûjours dans le Parlement , où l'idée en eſtoit fi forte , & le ſouvenir fi
agreable, qu'il eſtoit comme im- poſſible de ne pas croire qu'ils
Ev
1106 LE MERCVRE
fuffent encor prefens , &qu'on *entendiſt leur voix parmy cette multitude d'Avocats qui ve- noient en foule pour écouter. Il *les exhorta tous à ſe rendre infatigables dans leur employ comme avoient fait ceux dont
il leur parloit , & leur fit voir qu'ils estoient d'autant plusobli- gez de s'en acquiterdignement,
que noftre grandMonarque, au *milieu des foins qui demandoiet totute ſon application pour ce qui regardoit la Guerre , ne * perdoir jamais celuyde confer- ver l'éclat de la Justice & de
*maintenir ſes intereſts , ce qu'il avoit encor fait paroiſtre depuis *peu de jours en luy donnant pour Chefun grand Homme -dontle choix avoiteſté prévenu par les vœux de toute la France,
&fuivy de fes plus finceres ac- clamations.
GALANT. 107
M. l'Avocat General Lamoignon ſon Fils parla apres luy , M. Talon eftant tout cou- vert de la gloire que ces fortes de Harangues font acquerir.
Son Exorde fut que ſi les Dif- cours que la couſtume veut qu'on faſſe en de pareils temps n'eſtoient confiderez que com- me des Effais d'Eloquence ſem- blables à ces Concerts de Muſique qui flatent l'oreille ſans pe- netrer le cœur , ce feroit un
abus de porter la parole dans un ſi Auguſte Parlement pour maintenir les intereſts de la Juſtice, en repreſentant aux Avo-- cats à quoy les oblige le Ser- ment qu'ils renouvellent tous Ies ans. Il pourſuivit en faiſant connoiſtre que la perfection de ce Serment confiftoit dans la
-verité,la juſtice &le jugement ;
Evj
108 LE MERCVRE
Que fans ces trois conditions
tous les Sermens estoient des
Parjures, &les Parjures, la four- cede tous les malheurs; Qu'ainfi les Payens avoient dévoie à la colere du Ciel , &àl'execration
de la Terre , ceux qui ſe trou- voient coupables des deux plus grands crimes qu'on puiſſe commettre dans le monde , l'un d'avoir mépriſé la Divinité qui préſide aux Sermens , &l'autre d'avoir violé la Verité , ſans la.-
quelle les plus ſages Legiſlateurs marquoient qu'il n'y avoit point deReligion parmy les Hommes,
ny de fidelité parmy les Dieux.
Il finit par une peinture de l'honneſte Hommequ'il exhor- ta les Avocats de ſe propofer pour modelle , afin que s'ap- pliquant avec plus d'ardeur à
rendre juſtice qu'à chercher les
GALAN T. 109
occafions de s'enrichir , ils euffent unzele parfait à défendre la verité.
LeMercredy ſuivant on tient la Mercuriale. M le Premier
Preſident parle à Meſſieurs les Gens du Roy , qui luy ayant adreſſé la parole enſuite , con- tinuent en l'adreſſant aux Juges en general. M. de Lamoignon,
Chefde ce grand Corps,tourna fonDiſcours la derniere fois fur
la Verité. Il dit que les Juges eſtoient dans une obligation in- diſpenſable de la chercher ſans ſe mettre enpeine de la calom- nie , ny de ce qu'on pourroit dire contre eux quand ils fe- roiet leur devoir; Qu'ils étoient dans un rang élevé , mais expo- ſe àtout,Qu'en cherchant cette Verité , ils devoient craindre
qu'on ne les perfuadat trop ai
TIO LE MERCVRE
fément ; Que chacun croyant avoir droit , croyoit en même- temps que la Verité eſtoit pour luy , & que cependant elle ne pouvoit eftre que d'un coſté ;
Que pour la bien découvrir au travers des voiles qui l'envelopent , ils devoient tout enten- dre , ne rebuter perſonne , & fi cela ſe peut dire , écouter juf- qu'àl'injuſtice meſme, pour n'avoir aucune negligence à ſe re- procher ; Que tout leurdevant eſtre ſuſpects , ils le devoient eſtre à eux-meſmes ; que les Amis ſe laiſſant aveugler par leurs Amis, tâchoient àperfua- der des injuftices aux Iuges ,
dans la penſée qu'ils ne leurde- -< mandoient rien que de juſte, &
qu'ainſi ils avoient ſujet de fe défier de tout , &particulierement d'un Sexe qui ayant des
GALANT. III
privileges particuliers , vouloit toûjours eftre crû , & ne prioit jamais qu'avec quelque forte d'autorité. Il finit par quantité de belles choses qu'il dit ſur la grandeur du Roy , &fur la fide- lité que les Juges doivent à leur
confcience , à ſa Majesté , & à
leur miniſtere.
Monfieur de Harlay Procu- reur General parla en ſuite. II dit que le repos faiſoit fubfifter toute la Nature ; Que Dieu même en avoit étably un jour dans chaque Semaine; que les Corps apres avoir travaillé tout lejour,
eſtoient obligez de ſe délaſſer
*la nuit pour reprendre de nou- velles forces , & qu'ainſi on avoit ordonné lesVacations afin
que l'Eſprit ſe repoſaſt des fati- gues de l'année , & puſt s'ap- pliquer aux Affaires avec une
112 LE MERCVRE
nouvelle vigueur ; mais qu'au lieu d'employer ce relâchement à l'uſage auquel on l'a deſtiné,
beaucoup de Juges rentroient auffi crus qu'auparavant , il ex- plique ce terme,adjoûtant qu'ils n'avoient point aſſez digeré les preſſans devoirs qui leur font impoſez par leurs Charges , &
qu'ils ne s'eſtoint pointmis dans l'eſtat oùil faut eſtre pour s'en acquiter ; Qu'il les conjuroit de mieux profiter du temps, &que ce fuſt pour la derniere fois ,
s'ils remarquoient qu'ils en euſſent jamais abuſé.Apres cela il entra dans le détail de ce que doit ſçavoir un Juge , & ayant parlé des Ordonnances , du Droit Ciuil , & de quelques autres dont la connoiſſance luy eſtoit abfolument neceſſaire , il tomba furlafoibleſſe des Hom-
GALANT. 113 mes ſi ſujets à ſe tromper eux- meſmes , ou àſe laiſſer tromper.
Il leur fit connoiſtre que la pré- vention eſtoit lachoſedu monde la plusdangereuſe , puis que l'Innocence en pouvoit ſuffrir ;
&leur ayant marqué ce defaut comme undes plus grands &
des plus préjudiciables qu'ils puſſent avoit , il les exhorta à
fonger ſerieuſement à s'en de- fendre , &à ne donner jamais deJugement fans avoir examiné juſqu'aux moindres circonſtan- cesdes Affaires ſur leſquelles ils avoient à prononcer.
Je vous ay déja priće ,Mada- me , de ne regarder ce quej'a- vois àvous dire ſurcette matiere , que comme une ébauche qui a eftéfaite confufément fur des Portraits achevez. Ce ſont
moins en effet les penſeées de
114 LE MERCVRE
ces grands Hommes , que quel- que choſe de leurs penſées. Ils leur ont donné un tour qu'il ne m'eſt pas poſſible de trouver ,
*& j'en laiſſe beaucoup que la memoire de ceux qui les ont Sentenduës avec admiration ne
m'apûfournir.
part dés le Mois paffé des Ce- remonies qui s'obſervent à l'ouverture
GALANT. 97
verture du Parlement. Le nou -
veau fuccés des armes du Roy en Allemagne dont j'ay eu à
vous écrire , me les ayant fait remettre juſqu'à celuy-cy , cet Article ſembloit devoir eſtre un
des premiers de ma Lettre , &
je ne vous en ay pas encore dit la moindre choſe. On ſçait que la couſtume eſt tous les *
1896*
ans de faire des Harangues à
cette Ouverture. Ceux qui n'y vont point n'en ſçavent rien davantage , & peut-eſtre même que la plupart de ceux qui y
vont n'en reviennent gueres plus ſçavans. Voicy par ordre tout ce qui s'y paffe.
Le lendemain de la Saint
Martin , le Parlement en Corps &en Robes rouges entend la Meſſe dans la GrandSalle du
Palais. C'eſt toûjours un EvêTome X. E
98 LE MERCVRE que qui la dit. Elle a eſté ce-- lebrée cette année par celuy de S. Omer. Le Parlement rentre
apres l'avoir entenduë , &re- mercie l'Eveſque , qui luy té- moigne de fon,coſte tenir à
honneur d'avoir eſté choiſi
pour cette Ceremonie par un fi Auguſte Corps. Les Avocats &ales Procureurs preſtent le Serment en ſuite; apres quoy Monfieur le Premier Preſident
traite une partie de la Com- pagnie , & quelques - uns de Meſſieurs des Enqueſtes. Les Séances ne recommencent
que le Lundy de la huitaine franche d'apres la S. Martin. -
Le meſme jour de cette Ou- verture , Meſſieurs de la Cour
desAydes fontdes Harangues entr'eux qu'on peut appeller Mercuriales, puisqu'elles n'ont EQUE DELA
GALANT. 99 A
Conſeil TO THEOU
pour but que de faire voir en quoy les Juges manquent , &
ce qu'ils doivent faire pour ré- pondre dignement aux obliga- tions de leurs Charges. Mef- fieurs les Preſidens &
lers de cette Cour s'eſtant af
ſemblez cette année à leur or
dinaire,Monfieur le Camusqui en eſt le Chefprit la parole ,&
apres s'eſtre long-temps étendu ſur la difference qu'ily avoit de l'integrité &de la pureté devie des Siecles paſſez , à la corru- ption qui s'eſt gliſſée dans ce- -Iuy-cy , &avoir montré parun diſcours fort net & fort éloquent, que nous eſtions tres- éloignez de cette candeur qui eſtoit inséparable de tout ce qui ſe faiſoit dans ces temps heureux, il fit voir les deſordres
qui naiſſent des Jugemens trop
*
E ij
100 LE MERCVRE
précipitez , & marqua forte- ment que les Juges ne pou- voient apporter trop de pré- caution avant que de pronon-- cer ſur l'intereſt des Parties.
Voicy une comparaiſon dont il ſe ſervit. Souvenez-vous , Маdame, que tout ce que je vous dis eſt fort imparfait, & que les penſées que je vous explique perdentbeaucoup de leurgrace,
dénüées des vives expreſſions qui les mettoient dans leur
jour.
De meſme , dit - il , que les Eaux qui fe répandent dansles Campagnes par divers détours,
y portent la fertilité & l'abondance , ainſi quand lcs Magi- ſtrats accompagnent leurs Iu- gemens de toutes les reflexions neceſſaires pourdéveloper avec ſoin les differens intereſts des
GALAN T. 101
Particuliers , leurs Arreſts ſe trouvent ſoûtenus de cette
équité dont Dieu recommande
aux Hommes de ne s'éloigner jamais. Au contraire lors que cesEauxſe débordent avecl'impétuoſité d'un Torrent , elles les gaſtent , elles y mettent la ſterilité, ce qui eſt en quelque façon l'image des Juges, qui ſe laiſſant emporter au premier feu de leur génie , & ne pre- nant pour reglede leurs Déci- fions que leur enteſtement, &
leur opiniâtreté , confondent le
bon droit avec le mauvais , &
font injuſtement des malheureux.
Le ſujet que M. du Boiſme- nillet , Avocat General de la
Cour des Aydes , prit pour fon Diſcours , fut la connoiſſance
de la Verité. Il montra qu'elle Eij
1102 LE MERCVRE
*étoit fi neceffaire aux Juges, que fans elle ils ne pouvoientgoûter * de veritable plaifir danslemon- de , ny joüir d'une fortune affurée. Il fit voir que ce que l'Homme appelle Fortune, con- fiftoit dans la ſeule elevation,
que nous cherchions cette éle- *vation par tout , &que nous tâ- chions de nous la procurer à
1nous-mefme, en abaiffant ceux en qui nous décotivtions plus de merite qu'en notis , ce qui eftoit caufe qu'il nous fachoit naturellement d'entendre loüer,
-au lieu que la Satyre nons don- noit toûjours de la joye , parce qu'elle a l'adreſſe de changer les vertus en defauts , & que nous ne trouvons point d'abaif- ſement pour les autres qui ne nous ſemble une eſpece d'éle- vation pour nous ; mais qu'en
GALAN T. 103 fin cette Fortune eſtoit injuſte fans la connoiſſance de la Verité. Il adjoûta que la Fortune & les Plaiſirs eſtoient les deux
principaux motifs qui nous fai- *foient agir dans la vie , quec'é- toit ſur eux que tous les autres rouloient , & que nous eſtions *obligez de prendre party. Ce raiſonnement fut ſuivy d'un grand Eloge de Monfieur le Chancelier, qui attira un ap- - plaudiſſement general.
Le Lundy quele Parlement recommence ſes Séances,qui eſt le jour où les Audiances font ouvertes , & qu'on appelle lour - des Harangues , M. le Premier Prefident parle aux Avocats, &
apres leur avoir fait connoiſtre
leur devoir il finit en adreſſant
la parole aux Procureurs. C'eſt ce qui s'eſt toûjours pratiqué ,
Eij
104 LE MERCVRE
& ce qui ſe pratiqua encor la derniere fois. Monfieur de Lamoignon , avec cette gravité de Magiſtrat fi digne de celuy qui tient le premier rang dans ce grand Corps , dit d'abord que c'eſtoit pour la vingtième fois qu'il voyoit renouveller l'an- cienne Ceremonie depuis que la Iuftice s'expliquoit par ſa bouche ſur toutes les obliga- tions que les Avocats avoient contractées avec elle par le
Serment de fidelité qu'ils luy avoient folemnellement juré;
que dans cette longue révolu- tion d'années qui avoit paſſé comme un fonge , il avoit veu changer preſque tout le Bar- reau , & qu'à peine y reftoit- il encor quelques - uns de ceux qui estoient alors dans une ſi haute reputation , & que l'age
GALANT. 105 ou l'infirmité avoient contraints
d'abandonner un employ fi labourieux. Il exagera fort le merite de ces Avocats celebres,
&dit qu'il ſembloit qu'ils n'euf- ſent pas eu plus de durée que cos Etoilles élementaires qu'on
voit ſe détacher du Ciel dans
un temps calme , qui marquent par une trace de lumiere leur chute précipitée & qui ſe per- dent pour jamaisdansl'obſcuri- té dela nuit. Il les compara en fuite à des Torches ardentes
qui jettent une fort grande lueur, qu'on ne voit paroiſtre quepour la voirs'évanoüir dans lemeſme temps. Il adjoûta que leur memoire vivroit toûjours dans le Parlement , où l'idée en eſtoit fi forte , & le ſouvenir fi
agreable, qu'il eſtoit comme im- poſſible de ne pas croire qu'ils
Ev
1106 LE MERCVRE
fuffent encor prefens , &qu'on *entendiſt leur voix parmy cette multitude d'Avocats qui ve- noient en foule pour écouter. Il *les exhorta tous à ſe rendre infatigables dans leur employ comme avoient fait ceux dont
il leur parloit , & leur fit voir qu'ils estoient d'autant plusobli- gez de s'en acquiterdignement,
que noftre grandMonarque, au *milieu des foins qui demandoiet totute ſon application pour ce qui regardoit la Guerre , ne * perdoir jamais celuyde confer- ver l'éclat de la Justice & de
*maintenir ſes intereſts , ce qu'il avoit encor fait paroiſtre depuis *peu de jours en luy donnant pour Chefun grand Homme -dontle choix avoiteſté prévenu par les vœux de toute la France,
&fuivy de fes plus finceres ac- clamations.
GALANT. 107
M. l'Avocat General Lamoignon ſon Fils parla apres luy , M. Talon eftant tout cou- vert de la gloire que ces fortes de Harangues font acquerir.
Son Exorde fut que ſi les Dif- cours que la couſtume veut qu'on faſſe en de pareils temps n'eſtoient confiderez que com- me des Effais d'Eloquence ſem- blables à ces Concerts de Muſique qui flatent l'oreille ſans pe- netrer le cœur , ce feroit un
abus de porter la parole dans un ſi Auguſte Parlement pour maintenir les intereſts de la Juſtice, en repreſentant aux Avo-- cats à quoy les oblige le Ser- ment qu'ils renouvellent tous Ies ans. Il pourſuivit en faiſant connoiſtre que la perfection de ce Serment confiftoit dans la
-verité,la juſtice &le jugement ;
Evj
108 LE MERCVRE
Que fans ces trois conditions
tous les Sermens estoient des
Parjures, &les Parjures, la four- cede tous les malheurs; Qu'ainfi les Payens avoient dévoie à la colere du Ciel , &àl'execration
de la Terre , ceux qui ſe trou- voient coupables des deux plus grands crimes qu'on puiſſe commettre dans le monde , l'un d'avoir mépriſé la Divinité qui préſide aux Sermens , &l'autre d'avoir violé la Verité , ſans la.-
quelle les plus ſages Legiſlateurs marquoient qu'il n'y avoit point deReligion parmy les Hommes,
ny de fidelité parmy les Dieux.
Il finit par une peinture de l'honneſte Hommequ'il exhor- ta les Avocats de ſe propofer pour modelle , afin que s'ap- pliquant avec plus d'ardeur à
rendre juſtice qu'à chercher les
GALAN T. 109
occafions de s'enrichir , ils euffent unzele parfait à défendre la verité.
LeMercredy ſuivant on tient la Mercuriale. M le Premier
Preſident parle à Meſſieurs les Gens du Roy , qui luy ayant adreſſé la parole enſuite , con- tinuent en l'adreſſant aux Juges en general. M. de Lamoignon,
Chefde ce grand Corps,tourna fonDiſcours la derniere fois fur
la Verité. Il dit que les Juges eſtoient dans une obligation in- diſpenſable de la chercher ſans ſe mettre enpeine de la calom- nie , ny de ce qu'on pourroit dire contre eux quand ils fe- roiet leur devoir; Qu'ils étoient dans un rang élevé , mais expo- ſe àtout,Qu'en cherchant cette Verité , ils devoient craindre
qu'on ne les perfuadat trop ai
TIO LE MERCVRE
fément ; Que chacun croyant avoir droit , croyoit en même- temps que la Verité eſtoit pour luy , & que cependant elle ne pouvoit eftre que d'un coſté ;
Que pour la bien découvrir au travers des voiles qui l'envelopent , ils devoient tout enten- dre , ne rebuter perſonne , & fi cela ſe peut dire , écouter juf- qu'àl'injuſtice meſme, pour n'avoir aucune negligence à ſe re- procher ; Que tout leurdevant eſtre ſuſpects , ils le devoient eſtre à eux-meſmes ; que les Amis ſe laiſſant aveugler par leurs Amis, tâchoient àperfua- der des injuftices aux Iuges ,
dans la penſée qu'ils ne leurde- -< mandoient rien que de juſte, &
qu'ainſi ils avoient ſujet de fe défier de tout , &particulierement d'un Sexe qui ayant des
GALANT. III
privileges particuliers , vouloit toûjours eftre crû , & ne prioit jamais qu'avec quelque forte d'autorité. Il finit par quantité de belles choses qu'il dit ſur la grandeur du Roy , &fur la fide- lité que les Juges doivent à leur
confcience , à ſa Majesté , & à
leur miniſtere.
Monfieur de Harlay Procu- reur General parla en ſuite. II dit que le repos faiſoit fubfifter toute la Nature ; Que Dieu même en avoit étably un jour dans chaque Semaine; que les Corps apres avoir travaillé tout lejour,
eſtoient obligez de ſe délaſſer
*la nuit pour reprendre de nou- velles forces , & qu'ainſi on avoit ordonné lesVacations afin
que l'Eſprit ſe repoſaſt des fati- gues de l'année , & puſt s'ap- pliquer aux Affaires avec une
112 LE MERCVRE
nouvelle vigueur ; mais qu'au lieu d'employer ce relâchement à l'uſage auquel on l'a deſtiné,
beaucoup de Juges rentroient auffi crus qu'auparavant , il ex- plique ce terme,adjoûtant qu'ils n'avoient point aſſez digeré les preſſans devoirs qui leur font impoſez par leurs Charges , &
qu'ils ne s'eſtoint pointmis dans l'eſtat oùil faut eſtre pour s'en acquiter ; Qu'il les conjuroit de mieux profiter du temps, &que ce fuſt pour la derniere fois ,
s'ils remarquoient qu'ils en euſſent jamais abuſé.Apres cela il entra dans le détail de ce que doit ſçavoir un Juge , & ayant parlé des Ordonnances , du Droit Ciuil , & de quelques autres dont la connoiſſance luy eſtoit abfolument neceſſaire , il tomba furlafoibleſſe des Hom-
GALANT. 113 mes ſi ſujets à ſe tromper eux- meſmes , ou àſe laiſſer tromper.
Il leur fit connoiſtre que la pré- vention eſtoit lachoſedu monde la plusdangereuſe , puis que l'Innocence en pouvoit ſuffrir ;
&leur ayant marqué ce defaut comme undes plus grands &
des plus préjudiciables qu'ils puſſent avoit , il les exhorta à
fonger ſerieuſement à s'en de- fendre , &à ne donner jamais deJugement fans avoir examiné juſqu'aux moindres circonſtan- cesdes Affaires ſur leſquelles ils avoient à prononcer.
Je vous ay déja priće ,Mada- me , de ne regarder ce quej'a- vois àvous dire ſurcette matiere , que comme une ébauche qui a eftéfaite confufément fur des Portraits achevez. Ce ſont
moins en effet les penſeées de
114 LE MERCVRE
ces grands Hommes , que quel- que choſe de leurs penſées. Ils leur ont donné un tour qu'il ne m'eſt pas poſſible de trouver ,
*& j'en laiſſe beaucoup que la memoire de ceux qui les ont Sentenduës avec admiration ne
m'apûfournir.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé de remarquable au Parlement le lendemain de la S. Martin, le jour des Harangues & celuy des Mercuriales. [titre d'après la table]
Le texte décrit les cérémonies observées lors de l'ouverture du Parlement, initialement retardées par les succès militaires du roi en Allemagne. Les événements débutent le lendemain de la Saint-Martin avec une messe, suivie des serments des avocats et procureurs. Les séances reprennent le lundi suivant. Les harangues, appelées 'mercuriales', rappellent aux juges leurs obligations et les erreurs à éviter. Monsieur le Premier Président et Monsieur du Boisménillet, Avocat Général, insistent sur l'intégrité et la prudence dans les jugements. Monsieur de Lamoignon, Premier Président, adresse une harangue aux avocats, les exhortant à imiter les grands avocats du passé et à servir la justice avec dévouement. Monsieur Talon, Avocat Général, met l'accent sur la vérité, la justice et le jugement comme fondements du serment des avocats. Le mercredi suivant, une autre mercuriale est tenue, où Monsieur de Lamoignon parle de la nécessité de chercher la vérité sans se soucier des calomnies. Monsieur de Harlay, Procureur Général, conclut en exhortant les juges à bien utiliser les vacances pour se préparer aux affaires judiciaires et à éviter les préventions.
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156
p. 172-180
Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Début :
Ce qui m'en cause tous les jours, & qui en cause [...]
Mots clefs :
Armes du Roi, Hongrie, Mr de Boham, Pologne, Gloire, Grand Maréchal Sobieski, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Ce qui m'en cauſe tous les
jours, &qui en cauſe ſansdou- te à toute l'Europe, c'eſt de voir qu'enquelque lieuque cepuiffe eftre , &pour quelque occafion que ce foit , les Armes du Roy *portent la terreur où elles pa- roiffent. Voyez ce qui eſt arri- vé , quand SaMajesté ſollicitée " par les Mécontens de Hongrie de les ſecourirdanslear oppref- fion, refolut enfin de les aſſiſter.
Elle fit donner ſes ordres à M
*de Boham par M' le Marquisde Bethune ſon Ambaſfadeur Ex-
GALANT. 115
2
traordinaire en Pologne , & on ytrouva des François tous preft àmarcher. Il n'eſt pas ſurpre- nantqu'ily en euft. Ils courent • par tout apres la Gloire ,&dés que la paix eſt en France , ils " vontchercher àſe ſignaler chez -tous les Princes Chreftiens qu*-
Kils ſcavent en Guerre. Mr de Boham qui en avoit appris le -meſtier parmy les Bravesde ces deux Belliqueuſes Nations , af- -ſembla des Troupes en peu de temps.Il le fitavecd'autant plus de facilité , que les Polonois qui
ne reſpirent que les armes , ne prennent ſouvent aucun autre
aveu que celuyde leur courage pour s'engager. L'ardeur de la gloire , &l'activité qui eft ordinaire aux François , luy furent d'ailleurs un grand avantage pour luy faire amafferprompte
116 LE MERCVRE
ment quatre mille huit cens Hommes effectifs avec leſquels il alla au ſecours de Mécontans.
Remarquez , Madame , que je
ne vous ay rienditd'abord que de veritable Les ſuccés avoient
efté balancez depuis pluſieurs années en Hongrie, Nos Fran- çois y arrivent. Ils n'ont encor
joint que peu de Hongrois , &
ils gagnent une celebreVictoire.
Il eſt vrayque les Polonois qu'ils commandoienty ont eu part,
ayant montrédas cette fameuſe Iournée la meſme valeur qu'ils avoient fait paroiſtre tant de fois ſous le Grand Mareſchal
Sobieski , que ſon merite extra- drdinaire amisdans leTrône,&
qui eſtant devenu leurRoy, ne les a pas moins accouſtumez à
vaincre qu'auparavant. Plus de mille morts fontdemeurez ſur la
GALANT. 117
place, ſans compter ceux qui ſe ſont noyez. Joignez à cela plus de huit cens Priſonniers , avec
toutes les dépdüilles , &vous avoüerez que cet avantage peut paſſer pour une pleine Victoire.
M.deBoham a fait voir das cette
occafion toute la prudence &
toute la conduited'ungradChef avec la fermeté d'un Soldat. M.
le Chevalier d'Alembon porta ſes ordrespar tout,& paya deſa perſonne d'une maniere qui fit connoiſtre que le peril ne l'éton- noit pas. Ilneſe peut rien adjoû- ter aux marquesde courageque donna M. de Sorbual qu'on vit toûjours à la teſte des Troupes Hondroiſes. M. le Marquis de Guenegaudnequittapointcelle de laCavalerie.Il arreſta les Ennemis qui voulurent forcer le Poſte qu'il gardoit,&les empef
118 LE MERCVRE chameſmede paſſer. Il eſt Fils de M. deGuenegaudqui a eſté Treſorier de l'Epargne. M. de Chanleu commandant l'Infanterie, donna l'exemple àſon Regi- ment, & alla Pique baiſſée aux Ennemis.M.de Valcour premier Capitaine du Regiment de Bo- ham ne ſe fit pas moins remar- quer. Je ne vous nomme point les Polonois,Hongrois &Tarta- res qui ſe ſignalerent , il yen eut beaucoup , & vous n'aurez pas de peine à le croire , puis qu'ils combatoient avec des François,
&qu'il eſt impoffible qu'enleurs voyant faire des choſes ſurpre- nantes,on ne tâche de les imiter.
Leur entrée enHongrie n'apas eſté ſeulement ſuivie de laVitoire, elle a obligé deuxgrades Comtez qui ſoufroient fans ofer ſedeclarer à ſe ranger du party .
:
GALANT. 119
des Mécontens , dont enfin le
Manifeſte a paru touchant les
juſtes raiſons qui leur ont fait implorer l'aſſiſtace du RoyTresChreftien.Depuistout ce queje viens de vous marquer,ces Peu- ples oppreſſez ont encor rem- porté des avantages confidera- bles. Il n'y a pas lieu d'en eſtre furpris , puis que la France s'en meſle.
jours, &qui en cauſe ſansdou- te à toute l'Europe, c'eſt de voir qu'enquelque lieuque cepuiffe eftre , &pour quelque occafion que ce foit , les Armes du Roy *portent la terreur où elles pa- roiffent. Voyez ce qui eſt arri- vé , quand SaMajesté ſollicitée " par les Mécontens de Hongrie de les ſecourirdanslear oppref- fion, refolut enfin de les aſſiſter.
Elle fit donner ſes ordres à M
*de Boham par M' le Marquisde Bethune ſon Ambaſfadeur Ex-
GALANT. 115
2
traordinaire en Pologne , & on ytrouva des François tous preft àmarcher. Il n'eſt pas ſurpre- nantqu'ily en euft. Ils courent • par tout apres la Gloire ,&dés que la paix eſt en France , ils " vontchercher àſe ſignaler chez -tous les Princes Chreftiens qu*-
Kils ſcavent en Guerre. Mr de Boham qui en avoit appris le -meſtier parmy les Bravesde ces deux Belliqueuſes Nations , af- -ſembla des Troupes en peu de temps.Il le fitavecd'autant plus de facilité , que les Polonois qui
ne reſpirent que les armes , ne prennent ſouvent aucun autre
aveu que celuyde leur courage pour s'engager. L'ardeur de la gloire , &l'activité qui eft ordinaire aux François , luy furent d'ailleurs un grand avantage pour luy faire amafferprompte
116 LE MERCVRE
ment quatre mille huit cens Hommes effectifs avec leſquels il alla au ſecours de Mécontans.
Remarquez , Madame , que je
ne vous ay rienditd'abord que de veritable Les ſuccés avoient
efté balancez depuis pluſieurs années en Hongrie, Nos Fran- çois y arrivent. Ils n'ont encor
joint que peu de Hongrois , &
ils gagnent une celebreVictoire.
Il eſt vrayque les Polonois qu'ils commandoienty ont eu part,
ayant montrédas cette fameuſe Iournée la meſme valeur qu'ils avoient fait paroiſtre tant de fois ſous le Grand Mareſchal
Sobieski , que ſon merite extra- drdinaire amisdans leTrône,&
qui eſtant devenu leurRoy, ne les a pas moins accouſtumez à
vaincre qu'auparavant. Plus de mille morts fontdemeurez ſur la
GALANT. 117
place, ſans compter ceux qui ſe ſont noyez. Joignez à cela plus de huit cens Priſonniers , avec
toutes les dépdüilles , &vous avoüerez que cet avantage peut paſſer pour une pleine Victoire.
M.deBoham a fait voir das cette
occafion toute la prudence &
toute la conduited'ungradChef avec la fermeté d'un Soldat. M.
le Chevalier d'Alembon porta ſes ordrespar tout,& paya deſa perſonne d'une maniere qui fit connoiſtre que le peril ne l'éton- noit pas. Ilneſe peut rien adjoû- ter aux marquesde courageque donna M. de Sorbual qu'on vit toûjours à la teſte des Troupes Hondroiſes. M. le Marquis de Guenegaudnequittapointcelle de laCavalerie.Il arreſta les Ennemis qui voulurent forcer le Poſte qu'il gardoit,&les empef
118 LE MERCVRE chameſmede paſſer. Il eſt Fils de M. deGuenegaudqui a eſté Treſorier de l'Epargne. M. de Chanleu commandant l'Infanterie, donna l'exemple àſon Regi- ment, & alla Pique baiſſée aux Ennemis.M.de Valcour premier Capitaine du Regiment de Bo- ham ne ſe fit pas moins remar- quer. Je ne vous nomme point les Polonois,Hongrois &Tarta- res qui ſe ſignalerent , il yen eut beaucoup , & vous n'aurez pas de peine à le croire , puis qu'ils combatoient avec des François,
&qu'il eſt impoffible qu'enleurs voyant faire des choſes ſurpre- nantes,on ne tâche de les imiter.
Leur entrée enHongrie n'apas eſté ſeulement ſuivie de laVitoire, elle a obligé deuxgrades Comtez qui ſoufroient fans ofer ſedeclarer à ſe ranger du party .
:
GALANT. 119
des Mécontens , dont enfin le
Manifeſte a paru touchant les
juſtes raiſons qui leur ont fait implorer l'aſſiſtace du RoyTresChreftien.Depuistout ce queje viens de vous marquer,ces Peu- ples oppreſſez ont encor rem- porté des avantages confidera- bles. Il n'y a pas lieu d'en eſtre furpris , puis que la France s'en meſle.
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Résumé : Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'intervention militaire de la France en Hongrie à la demande des mécontents hongrois. Le roi de France, sollicité par ces derniers, décide de les secourir. Les ordres sont transmis par l'ambassadeur français en Pologne, le Marquis de Béthune. Les Français, toujours en quête de gloire, se montrent prêts à combattre. Monsieur de Boham, formé par des nations belliqueuses, rassemble rapidement des troupes, aidé par l'ardeur des Français et l'engagement des Polonais. Les Français, rejoints par quelques Hongrois, remportent une victoire célèbre malgré des succès précédemment équilibrés. Les Polonais, sous le commandement de Français, démontrent leur valeur. La bataille laisse plus de mille morts, huit cents prisonniers et des dépouilles. Plusieurs officiers français se distinguent par leur courage et leur conduite, notamment Monsieur de Boham, le Chevalier d'Alembon, Monsieur de Sorbas, le Marquis de Guénégaud, Monsieur de Chanleu et Monsieur de Valcour. Les Polonais, Hongrois et Tartares se signalent également. Cette victoire oblige deux grands comtes à se ranger du côté des mécontents, dont le manifeste justifie l'appel à l'aide du roi de France. Depuis, les peuples opprimés continuent à remporter des avantages significatifs.
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157
p. 186-188
Sa Majesté fait present d'une Epée au General Major Harang, & elle donne la Lieutenance Colonelle du Regiment de Picardie à M. de Villemandor, & celle du Regiment de Normandie à M. de Guilerville. [titre d'après la table]
Début :
Ce sentiment n'est pas seulement commun à tous les François. [...]
Mots clefs :
Général major Harang, Épée, Régiment de Picardie, M. de Villemandor, Régiment de Normandie, M. de Guilerville, Récompense
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texteReconnaissance textuelle : Sa Majesté fait present d'une Epée au General Major Harang, & elle donne la Lieutenance Colonelle du Regiment de Picardie à M. de Villemandor, & celle du Regiment de Normandie à M. de Guilerville. [titre d'après la table]
Ce ſentiment n'eſt pas ſeule
ment commun à tous les Fran.
çois. Le General Major Ha- rang qui fut pris àla Journée de Corberg, n'a pû s'empeſcher de trouver du bon-heur dans
une diſgrace qui luy a procuré le plaifir de voir la plus belle Cour de l'Europe , & le plus grandMonarque du monde. Il en a receudepuis peu uneEpée toute couverte de Diamans.
Entre autres choſes que l'excés de ſa joye luy fir dire au Roy pour le remercier d'une fi glo- rieuſe marque de fon eſtime, il
Fij
124 LE MERCVRE dit qu'il alloit ſubſtituer cette Epéedans ſa Famille , afin que ſesDeſcendans ne perdiſſentja- mais le ſouvenir de l'honneur
que luy avoit fait un ſi grand
Prince.
Sa Majeſté qui connoiſt par- faitement le merite & qui ſe plaiſt à récompenfer les ſervi- cesqu'onluyarendus, a donné la Lieutenance -Colonelle du
Regiment de Picardie à M. de Villemander qui en eſtoit pre- mier Capitaine , & celle du Re- giment de Normandie à M. de Guilerville qui eſtoit en la mê- me qualité à la teſte de ce
Corps.
ment commun à tous les Fran.
çois. Le General Major Ha- rang qui fut pris àla Journée de Corberg, n'a pû s'empeſcher de trouver du bon-heur dans
une diſgrace qui luy a procuré le plaifir de voir la plus belle Cour de l'Europe , & le plus grandMonarque du monde. Il en a receudepuis peu uneEpée toute couverte de Diamans.
Entre autres choſes que l'excés de ſa joye luy fir dire au Roy pour le remercier d'une fi glo- rieuſe marque de fon eſtime, il
Fij
124 LE MERCVRE dit qu'il alloit ſubſtituer cette Epéedans ſa Famille , afin que ſesDeſcendans ne perdiſſentja- mais le ſouvenir de l'honneur
que luy avoit fait un ſi grand
Prince.
Sa Majeſté qui connoiſt par- faitement le merite & qui ſe plaiſt à récompenfer les ſervi- cesqu'onluyarendus, a donné la Lieutenance -Colonelle du
Regiment de Picardie à M. de Villemander qui en eſtoit pre- mier Capitaine , & celle du Re- giment de Normandie à M. de Guilerville qui eſtoit en la mê- me qualité à la teſte de ce
Corps.
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Résumé : Sa Majesté fait present d'une Epée au General Major Harang, & elle donne la Lieutenance Colonelle du Regiment de Picardie à M. de Villemandor, & celle du Regiment de Normandie à M. de Guilerville. [titre d'après la table]
Le texte raconte la capture du général français Major Harang lors de la Journée de Corberg. Malgré sa situation, Harang exprime sa joie de pouvoir voir la cour la plus prestigieuse d'Europe et son monarque. En reconnaissance de ses services, il reçoit une épée ornée de diamants, qu'il souhaite transmettre à sa famille pour perpétuer cet honneur. Le roi récompense également deux autres officiers : M. de Villemander obtient la lieutenance-colonelle du régiment de Picardie, et M. de Guilerville celle du régiment de Normandie. Tous deux étaient premiers capitaines de leurs régiments respectifs.
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158
p. 188-191
M. l'Abbé de Grandmont qui avoit esté nommé à l'Evesché de S. Papoul, est sacré à Pezenas. [titre d'après la table]
Début :
Vous avez sçeu, Madame, que Mr l'Abbé de Grandmont qui estoit [...]
Mots clefs :
Abbé de Grandmont, Évêché de S. Papoul, Cardinal de Bonzy
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé de Grandmont qui avoit esté nommé à l'Evesché de S. Papoul, est sacré à Pezenas. [titre d'après la table]
Vous avez ſçeu , Madame ,
que M. l'Abbé de Grandmont qui estoit Agent du Clergé ,
avoit eſté nommé par le Roy à
l'Eveſché de S.Papoul. Vousapi
GALANT. 125 prendrez aujourd'huy qu'il fut ſacré il y a quelques jours à
Pezenas par Monfieurle Cardi- nal de Bonzi , Archeveſque de
Narbonne & Preſident des
Etats, aſſiſté de Meſſieurs les
Eveſques de Beziers & de Montpellier. Les Etats s'y trou- verent en Corps. Monfieur le Duc de Verneüil Gouverneur
de Languedoc,& M. Dagueſſeau Intendant auſdits Etats , &
Commiſſaire du Roy , ne man- querent pas auffi de s'y rendre ;
& comme une pareille Ceré- monie n'avoir eſté faite depuis long-temps dans cette Provin- ce,une infinité de Perſonnes des Villes voiſines y fut attirée par la curiofité. Monfieur le Cardi,
de Bonzi traita en ſuite magni- fiquement Monfieur le Duc de
Verneüil,avec les Commiffaires
F iij
116 LE MERCVRE
du Roy , & tous les Eveſques. Celuy dont je vous parle eſt Neveu de M. de Grandmont ,
qui estoit Agent perpétuel des Etats de Languedoc , & qui fut à feu M. le Duc d'Orleans. Son
merite l'avoit mis dans une fort
grande confideration. м.lе маг- quis de Montanegre n'afſiſta point àcette Cerémonie , parce qu'il eſtoit party quelques jours auparavant pour aller faire vé- rifier au Parlement deToulouſe
ſes Proviſions de Lieutenant de Royde la Province.On nedoute point qu'elles n'y foient re- ceuës avec joye par la connoif- fance qu'on a de ſes ſervices, &
de la juftice qu'on luy a ren- duë. Vous m'avez marqué que vous l'eſtimez ; & comme je fçay que vous ferez bien-aiſe que je vous parle de luy toutes
of GALANT. 127
D
des fois que l'occafion s'en offri- ra , j'auray ſoin de vous fatis- faire.
que M. l'Abbé de Grandmont qui estoit Agent du Clergé ,
avoit eſté nommé par le Roy à
l'Eveſché de S.Papoul. Vousapi
GALANT. 125 prendrez aujourd'huy qu'il fut ſacré il y a quelques jours à
Pezenas par Monfieurle Cardi- nal de Bonzi , Archeveſque de
Narbonne & Preſident des
Etats, aſſiſté de Meſſieurs les
Eveſques de Beziers & de Montpellier. Les Etats s'y trou- verent en Corps. Monfieur le Duc de Verneüil Gouverneur
de Languedoc,& M. Dagueſſeau Intendant auſdits Etats , &
Commiſſaire du Roy , ne man- querent pas auffi de s'y rendre ;
& comme une pareille Ceré- monie n'avoir eſté faite depuis long-temps dans cette Provin- ce,une infinité de Perſonnes des Villes voiſines y fut attirée par la curiofité. Monfieur le Cardi,
de Bonzi traita en ſuite magni- fiquement Monfieur le Duc de
Verneüil,avec les Commiffaires
F iij
116 LE MERCVRE
du Roy , & tous les Eveſques. Celuy dont je vous parle eſt Neveu de M. de Grandmont ,
qui estoit Agent perpétuel des Etats de Languedoc , & qui fut à feu M. le Duc d'Orleans. Son
merite l'avoit mis dans une fort
grande confideration. м.lе маг- quis de Montanegre n'afſiſta point àcette Cerémonie , parce qu'il eſtoit party quelques jours auparavant pour aller faire vé- rifier au Parlement deToulouſe
ſes Proviſions de Lieutenant de Royde la Province.On nedoute point qu'elles n'y foient re- ceuës avec joye par la connoif- fance qu'on a de ſes ſervices, &
de la juftice qu'on luy a ren- duë. Vous m'avez marqué que vous l'eſtimez ; & comme je fçay que vous ferez bien-aiſe que je vous parle de luy toutes
of GALANT. 127
D
des fois que l'occafion s'en offri- ra , j'auray ſoin de vous fatis- faire.
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159
p. 188-191
M. l'Abbé de Grandmont qui avoit esté nommé à l'Evesché de S. Papoul, est sacré à Pezenas. [titre d'après la table]
Début :
Vous avez sçeu, Madame, que Mr l'Abbé de Grandmont qui estoit [...]
Mots clefs :
Abbé de Grandmont, Évêché de S. Papoul, Cardinal de Bonzy
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé de Grandmont qui avoit esté nommé à l'Evesché de S. Papoul, est sacré à Pezenas. [titre d'après la table]
Vous avez ſçeu , Madame ,
que M. l'Abbé de Grandmont qui estoit Agent du Clergé ,
avoit eſté nommé par le Roy à
l'Eveſché de S.Papoul. Vousapi
GALANT. 125 prendrez aujourd'huy qu'il fut ſacré il y a quelques jours à
Pezenas par Monfieurle Cardi- nal de Bonzi , Archeveſque de
Narbonne & Preſident des
Etats, aſſiſté de Meſſieurs les
Eveſques de Beziers & de Montpellier. Les Etats s'y trou- verent en Corps. Monfieur le Duc de Verneüil Gouverneur
de Languedoc,& M. Dagueſſeau Intendant auſdits Etats , &
Commiſſaire du Roy , ne man- querent pas auffi de s'y rendre ;
& comme une pareille Ceré- monie n'avoir eſté faite depuis long-temps dans cette Provin- ce,une infinité de Perſonnes des Villes voiſines y fut attirée par la curiofité. Monfieur le Cardi,
de Bonzi traita en ſuite magni- fiquement Monfieur le Duc de
Verneüil,avec les Commiffaires
F iij
116 LE MERCVRE
du Roy , & tous les Eveſques. Celuy dont je vous parle eſt Neveu de M. de Grandmont ,
qui estoit Agent perpétuel des Etats de Languedoc , & qui fut à feu M. le Duc d'Orleans. Son
merite l'avoit mis dans une fort
grande confideration. м.lе маг- quis de Montanegre n'afſiſta point àcette Cerémonie , parce qu'il eſtoit party quelques jours auparavant pour aller faire vé- rifier au Parlement deToulouſe
ſes Proviſions de Lieutenant de Royde la Province.On nedoute point qu'elles n'y foient re- ceuës avec joye par la connoif- fance qu'on a de ſes ſervices, &
de la juftice qu'on luy a ren- duë. Vous m'avez marqué que vous l'eſtimez ; & comme je fçay que vous ferez bien-aiſe que je vous parle de luy toutes
of GALANT. 127
D
des fois que l'occafion s'en offri- ra , j'auray ſoin de vous fatis- faire.
que M. l'Abbé de Grandmont qui estoit Agent du Clergé ,
avoit eſté nommé par le Roy à
l'Eveſché de S.Papoul. Vousapi
GALANT. 125 prendrez aujourd'huy qu'il fut ſacré il y a quelques jours à
Pezenas par Monfieurle Cardi- nal de Bonzi , Archeveſque de
Narbonne & Preſident des
Etats, aſſiſté de Meſſieurs les
Eveſques de Beziers & de Montpellier. Les Etats s'y trou- verent en Corps. Monfieur le Duc de Verneüil Gouverneur
de Languedoc,& M. Dagueſſeau Intendant auſdits Etats , &
Commiſſaire du Roy , ne man- querent pas auffi de s'y rendre ;
& comme une pareille Ceré- monie n'avoir eſté faite depuis long-temps dans cette Provin- ce,une infinité de Perſonnes des Villes voiſines y fut attirée par la curiofité. Monfieur le Cardi,
de Bonzi traita en ſuite magni- fiquement Monfieur le Duc de
Verneüil,avec les Commiffaires
F iij
116 LE MERCVRE
du Roy , & tous les Eveſques. Celuy dont je vous parle eſt Neveu de M. de Grandmont ,
qui estoit Agent perpétuel des Etats de Languedoc , & qui fut à feu M. le Duc d'Orleans. Son
merite l'avoit mis dans une fort
grande confideration. м.lе маг- quis de Montanegre n'afſiſta point àcette Cerémonie , parce qu'il eſtoit party quelques jours auparavant pour aller faire vé- rifier au Parlement deToulouſe
ſes Proviſions de Lieutenant de Royde la Province.On nedoute point qu'elles n'y foient re- ceuës avec joye par la connoif- fance qu'on a de ſes ſervices, &
de la juftice qu'on luy a ren- duë. Vous m'avez marqué que vous l'eſtimez ; & comme je fçay que vous ferez bien-aiſe que je vous parle de luy toutes
of GALANT. 127
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des fois que l'occafion s'en offri- ra , j'auray ſoin de vous fatis- faire.
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Résumé : M. l'Abbé de Grandmont qui avoit esté nommé à l'Evesché de S. Papoul, est sacré à Pezenas. [titre d'après la table]
Le texte décrit la nomination et la consécration de l'Abbé de Grandmont à l'évêché de Saint-Papoul par le roi. La cérémonie s'est déroulée à Pézenas, où il a été sacré par le cardinal de Bonzi, archevêque de Narbonne et président des États, en présence des évêques de Béziers et de Montpellier. Les États étaient représentés, ainsi que le duc de Verneuil, gouverneur de Languedoc, et M. Daguesseau, intendant et commissaire du roi. Cette cérémonie, inhabituelle dans la province, a attiré de nombreuses personnes des villes voisines. Après la cérémonie, le cardinal de Bonzi a offert un traitement somptueux au duc de Verneuil, aux commissaires du roi et aux évêques. L'abbé de Grandmont est le neveu de M. de Grandmont, ancien agent perpétuel des États de Languedoc et proche du feu duc d'Orléans. Le marquis de Montanègre n'a pas assisté à la cérémonie, étant parti vérifier ses provisions de lieutenant du roi au Parlement de Toulouse, où elles ont été accueillies favorablement en raison de ses services et de sa justice reconnue.
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160
p. 266-269
Qualité de Secretaire de Monseigneur le Dauphin, donnée M. Destanchau. [titre d'après la table]
Début :
Tandis que nous sommes sur les Articles de joye, il faut vous [...]
Mots clefs :
Mr Destanchau, Secrétaire du dauphin, Parlement, Actions du Roi
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texteReconnaissance textuelle : Qualité de Secretaire de Monseigneur le Dauphin, donnée M. Destanchau. [titre d'après la table]
Tandis que nous ſommes fur
les Articles de joye , il faut vous
apprendre celle qu'a reçeuë M Deſtanchau , par l'honneur
que luy a fait le Roy de luy donner la qualité de Serretaire de Monſcigneur le Dauphin.
Il avoit eu juſqu'icy l'avantage d'en faire ſeul les fonctions , &
il ſuffit de ſçavoir dans quelle conſidération il eſt aupres de
GALANT. 180
Monfieur le Duc de Montaufier , pour eſtre perfuadé de ce qu'il vaut.C'eſt un Hommefort
ſage , & qui joint à beaucoup de prudence & de politeffe , un zele dont l'exactitude ne ſe peut affez eſtimer. Vous auriez eu
tout lieu de vous loüer de la
mienne , à vous rendre compte des Harangues qui ont eſté faites à Monfieur le Chancelier,
outre celles dontje vous ay déja parlé , ſi je n'eufſe appris qu'un Homme de beaucoup d'eſprit qui s'eſt ſoigneuſement trouvé à toutes , en fait un Recueil pour le Public. Il auroit déja paru , s'il n'avoit pas deſſein d'y joindre les Difcours qui ſe doi- vent encor faire à la gloire de ce grand Homme au Parlement & au Grand Conſeil, le 20. du
Mais prochain. Iln'y aura rien
182 LE MERCVRE
de plus curieux que ce Recueil,
& celuy quile fait ne pouvoit former une entrepriſe plus no- ble que de travailler à éterniſer la memoire de ce digne Chef delaJustice. Celle des merveilleuſes Actions du Roy ne s'ef- facera jamais , maisje neſçay ſi l'éloignement des temps ne les rendra point incroyables. En effet, il fera difficile de concevoir qu'une Campagne ouverte avant le Printemps , n'ait point efté terminée par le retour de l'Hyver.
les Articles de joye , il faut vous
apprendre celle qu'a reçeuë M Deſtanchau , par l'honneur
que luy a fait le Roy de luy donner la qualité de Serretaire de Monſcigneur le Dauphin.
Il avoit eu juſqu'icy l'avantage d'en faire ſeul les fonctions , &
il ſuffit de ſçavoir dans quelle conſidération il eſt aupres de
GALANT. 180
Monfieur le Duc de Montaufier , pour eſtre perfuadé de ce qu'il vaut.C'eſt un Hommefort
ſage , & qui joint à beaucoup de prudence & de politeffe , un zele dont l'exactitude ne ſe peut affez eſtimer. Vous auriez eu
tout lieu de vous loüer de la
mienne , à vous rendre compte des Harangues qui ont eſté faites à Monfieur le Chancelier,
outre celles dontje vous ay déja parlé , ſi je n'eufſe appris qu'un Homme de beaucoup d'eſprit qui s'eſt ſoigneuſement trouvé à toutes , en fait un Recueil pour le Public. Il auroit déja paru , s'il n'avoit pas deſſein d'y joindre les Difcours qui ſe doi- vent encor faire à la gloire de ce grand Homme au Parlement & au Grand Conſeil, le 20. du
Mais prochain. Iln'y aura rien
182 LE MERCVRE
de plus curieux que ce Recueil,
& celuy quile fait ne pouvoit former une entrepriſe plus no- ble que de travailler à éterniſer la memoire de ce digne Chef delaJustice. Celle des merveilleuſes Actions du Roy ne s'ef- facera jamais , maisje neſçay ſi l'éloignement des temps ne les rendra point incroyables. En effet, il fera difficile de concevoir qu'une Campagne ouverte avant le Printemps , n'ait point efté terminée par le retour de l'Hyver.
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Résumé : Qualité de Secretaire de Monseigneur le Dauphin, donnée M. Destanchau. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs événements et distinctions. Monsieur Destanchau a été nommé secrétaire du Dauphin par le roi, une fonction qu'il exerçait déjà seul et pour laquelle il est très respecté. Il est caractérisé comme un homme sage, prudent, poli et zélé. Le narrateur mentionne également des harangues faites au chancelier, dont un homme d'esprit compile un recueil pour le public, incluant les discours à venir au Parlement et au Grand Conseil. Ce recueil est attendu avec intérêt et vise à perpétuer la mémoire du chancelier. Le texte évoque aussi les actions remarquables du roi, notamment une campagne militaire commencée avant le printemps et terminée avant l'hiver, dont la mémoire pourrait sembler incroyable avec le temps.
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161
p. 270-275
Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Début :
Si j'avois parlé toûjours aussi juste que celle qui a fait ces [...]
Mots clefs :
Fribourg, Suisse, Ennemis, Sarrebruck, Conquêtes
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texteReconnaissance textuelle : Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Si j'avois parlé toûjours auffi juſte que celle qui a fait ces Vers, je ne ſerois pas obligé de me dédire aujourd'huy fur la Situation de Fribourg. Je l'ay mis en Suiſſe dans ma derniere
Lettre, &il eſt en Briſgau , fur la petite Riviere de Treiſeim.
Cette faute m'eſt d'autant plus pardonnable , qu'il y a deux Villes de ce meſme nom qui ne font pas fort éloignées l'une de l'autre , & que deux des plus
184 LE MERCVRE
en
confiderables Chapitres de Suiffe s'y font retirez , à ſçavoir celuy de l'Egliſe Cathedrale de Lozanne à Fribourg en Suiffe , & celuy de Bafle à Fri- bourg en Briſgau. Apres la priſe de celuy qui eft preſente- ment à nous, on ne ſe contenta
pas de s'appliquer à y faire de nouvelles Fortifications ,
attendant M. de Choiſy Inge- nieur de grande réputation, qui fut auffi - toft nommé pour les conduire , on fit démolir celles
de pluſieurs petites Villes , avec quelques Chaſteaux voiſins , &
on travailla à l'établiſſement
des Contributions , dont les
grandes ſommes rendent cette
Conqueſte tres - confiderable.
M. le Marquis de Bouflairs &
M.le Chevalier d'Eſtrades , qui doivent commander l'un dans
GALANT. 185 la Place , & l'autre la Cavalerie
des environs , ne manqueront pas de ſoin à conſerver tous les avantages qu'un Poſte ſi im- portant nous donne. Sa prife a
produit de grands effets. La plupart des Places que les En- nemis ont de ce coſté-là , font dans une alarme continuelle.
L'une ſe fortifie , les Habitans
de l'autre l'abandonnent ; celle
cy traite des Contributions ; &
Straſbourg que rien n'avoit en- cor étonné dépuis le commen- cement de laGuerre , fait fortifier ſes Forts, & fonge meſme à
en faire conſtruire de nouveaux.
C'eſt un coup de tonnerre dont les Ennemis ne reviennent pas.
Ils ſe ſont fatiguez en retour- nant à grands pas au delà du Rhin,&ont trouvé toutes leurs
meſures rompuës pour leurs
186 LE MERCVRE
Quartiers d'Hyver. Il leur en a falu chercher d'autres que
ceux qui leur avoient eſté aſſignez ; & cependant nos Trou- pes apres avoir confumé tous les Fourrages de la Vallée de S.Pierre , ont repaffé le Rhin,
&joüiffent en repos de leurs Quartiers , les Ennemis ayant abandonné tous les Poſtes qu'ils
tenoient ſur la Sarre. Ils s'étoient propoſez de prendre la Petite-Pierre pour achever leur
Campagne ; mais loin de venir
àbout de leurs deſſeins , ils ont
perdu toutes leurs petite Con- queſtes , comme Sarbruk qui
eſtoit la plus importante. Le Chaſteau en a eſté pris par M le Marquis de Ranes apres neuf volées de Canon. Vous
fçavez quelles cruautez les Ennemis exercerent contre leur
GALAN T. 187 parole quand nous le perdîmes.
Ceux que M'de Ranes trouva
dedans ne doutoient point qu'ils ne dûſſent recevoir le meſme
traitement qui avoit eſté fait aux Noftres ; mais ayant eſté envoyez à Monfieur le Maref- chal de Créquy , cet illuſtre General leur fit connoiſtre que les François avoient plus d'hu- manité, qu'ils estoient genereux de toutes manieres , & amoureux de cette belle gloire qui fait aimer les Conquérans ,mef- me de leurs Ennemis. Pendant
que nos Troupes ſe ſignalent partout, la valeur de laGarni- fon de Maftric ne demeure pas oiſive; elle fait des courſes qui luy ſont glorieuſes & profita- bles , s'aſſure de pluſieurs Châ- teaux, &fans eſtre deſtinée aux
travaux de la Campagne , en
188 LE MERCVRE
fait une plus glorieuſe que celle d'un monde d'Ennemis , s'il eſt
permis de parler ainſy.
Lettre, &il eſt en Briſgau , fur la petite Riviere de Treiſeim.
Cette faute m'eſt d'autant plus pardonnable , qu'il y a deux Villes de ce meſme nom qui ne font pas fort éloignées l'une de l'autre , & que deux des plus
184 LE MERCVRE
en
confiderables Chapitres de Suiffe s'y font retirez , à ſçavoir celuy de l'Egliſe Cathedrale de Lozanne à Fribourg en Suiffe , & celuy de Bafle à Fri- bourg en Briſgau. Apres la priſe de celuy qui eft preſente- ment à nous, on ne ſe contenta
pas de s'appliquer à y faire de nouvelles Fortifications ,
attendant M. de Choiſy Inge- nieur de grande réputation, qui fut auffi - toft nommé pour les conduire , on fit démolir celles
de pluſieurs petites Villes , avec quelques Chaſteaux voiſins , &
on travailla à l'établiſſement
des Contributions , dont les
grandes ſommes rendent cette
Conqueſte tres - confiderable.
M. le Marquis de Bouflairs &
M.le Chevalier d'Eſtrades , qui doivent commander l'un dans
GALANT. 185 la Place , & l'autre la Cavalerie
des environs , ne manqueront pas de ſoin à conſerver tous les avantages qu'un Poſte ſi im- portant nous donne. Sa prife a
produit de grands effets. La plupart des Places que les En- nemis ont de ce coſté-là , font dans une alarme continuelle.
L'une ſe fortifie , les Habitans
de l'autre l'abandonnent ; celle
cy traite des Contributions ; &
Straſbourg que rien n'avoit en- cor étonné dépuis le commen- cement de laGuerre , fait fortifier ſes Forts, & fonge meſme à
en faire conſtruire de nouveaux.
C'eſt un coup de tonnerre dont les Ennemis ne reviennent pas.
Ils ſe ſont fatiguez en retour- nant à grands pas au delà du Rhin,&ont trouvé toutes leurs
meſures rompuës pour leurs
186 LE MERCVRE
Quartiers d'Hyver. Il leur en a falu chercher d'autres que
ceux qui leur avoient eſté aſſignez ; & cependant nos Trou- pes apres avoir confumé tous les Fourrages de la Vallée de S.Pierre , ont repaffé le Rhin,
&joüiffent en repos de leurs Quartiers , les Ennemis ayant abandonné tous les Poſtes qu'ils
tenoient ſur la Sarre. Ils s'étoient propoſez de prendre la Petite-Pierre pour achever leur
Campagne ; mais loin de venir
àbout de leurs deſſeins , ils ont
perdu toutes leurs petite Con- queſtes , comme Sarbruk qui
eſtoit la plus importante. Le Chaſteau en a eſté pris par M le Marquis de Ranes apres neuf volées de Canon. Vous
fçavez quelles cruautez les Ennemis exercerent contre leur
GALAN T. 187 parole quand nous le perdîmes.
Ceux que M'de Ranes trouva
dedans ne doutoient point qu'ils ne dûſſent recevoir le meſme
traitement qui avoit eſté fait aux Noftres ; mais ayant eſté envoyez à Monfieur le Maref- chal de Créquy , cet illuſtre General leur fit connoiſtre que les François avoient plus d'hu- manité, qu'ils estoient genereux de toutes manieres , & amoureux de cette belle gloire qui fait aimer les Conquérans ,mef- me de leurs Ennemis. Pendant
que nos Troupes ſe ſignalent partout, la valeur de laGarni- fon de Maftric ne demeure pas oiſive; elle fait des courſes qui luy ſont glorieuſes & profita- bles , s'aſſure de pluſieurs Châ- teaux, &fans eſtre deſtinée aux
travaux de la Campagne , en
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fait une plus glorieuſe que celle d'un monde d'Ennemis , s'il eſt
permis de parler ainſy.
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Résumé : Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Le texte aborde une erreur géographique concernant la localisation de Fribourg, située en Brisgau près de la rivière Dreisam, et non en Suisse. Cette confusion est compréhensible en raison de l'existence de deux villes portant le même nom. Après la prise de Fribourg, des fortifications ont été démolies et reconstruites, et des contributions ont été établies, rendant la conquête très profitable. Les commandants, le Marquis de Bouflairs et le Chevalier d'Estrades, assureront la défense stratégique de cette position. La prise de Fribourg a alarmé les places ennemies, certaines se fortifiant, d'autres étant abandonnées, et Strasbourg renforçant ses défenses. Les ennemis, surpris, ont dû chercher de nouveaux quartiers d'hiver après que les troupes françaises aient brûlé les fourrages et repris leurs positions. Les ennemis ont perdu des conquêtes, comme Sarbruck, repris par le Marquis de Ranes, qui a traité les prisonniers avec humanité. La garnison de Maestricht a également mené des actions glorieuses et profitables.
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162
p. 276-305
Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
Début :
A peine eut-on apporté la nouvelle de Friboug rendu, [...]
Mots clefs :
Gardes, Attaque, Place, Ennemis, Troupes, Régiment, Canon, Maréchal d'Humières, Allemagne, Siège, Mr de S. Pouange, Tranchée, Navarre, Ville, Bataillon
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texteReconnaissance textuelle : Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
A peine eut-on apporté la nouvelle de Fribourg rendu ,
qu'elle fit méditer une autre Conqueſte. M. de S. Poüange partit en poſte de la Cour pour porter les ordres du Roy , faire préparer toutes chofes , &pref.
ſer l'execution de cequ'on avoit réſolu. Son ardeur pour le fer- vice de Sa Majesté eſt connuë,
& le zele qu'il fit voir pour la gloire de ſes armes à la Bataille de Caffel , fut fi grand , qu'il chargea luy-meſme les Enne- mis l'Epée à la main , quoy que fon Employl'en duſt diſpenſer.
Son départ fit faire de grands raiſonnemens , mais perſonne n'en devina le veritable ſujet,
&pluſieurs meſme crûment qu'il eſtoit envoyé en Allemagne.
Peu de jours apres nosTroupes deFlandre firent quelquesmou
190 LE MERCVRE
vemens. Elles inquiéterent les Ennemis , qui furent bientoft perfuadez qu'on alloit affieger Ypres , & c'eſtoit ce que l'on vouloit qu'ils crûffent. Cepen- dant S. Guilain ſe trouva inveſty , & le Gouverneur ne l'apprit qu'en le voyant. Le nombre des Troupes augmenta
en peude temps, & il y eut de- vant cette Place juſques à cent Eſcadrons , & quarante Bataillons qui ne demandoient qu'à combatre , & qui avoient meſme témoigné ſouhaiter qu'on fiſt un Siege , parce qu'ils commençoient à s'ennuyer dans leurs Garnifſons. Comme ils
avoient eſté tirez des Places des
environs , on nomma pour Of- ficiers Generaux les Gouverneurs de ces meſmes Places , à
cauſe de la facilité que chacun
GALAN T. 191
d'eux pouvoit avoirà faire venir defonGouvernementtoutes les
choſes neceſſaires pendant le Siege ; auſſi n'y manqua-t-on de rien. Toutes les Troupes fu- rent auſſi -bien nourries,& auffi
bien chaufées , qu'elles auroient pû l'eſtre dans leurs Quartiers d'Hyver , & on ne peut trop donner de loüanges aux Gou- verneurs pour les foins qu'ils ont eu de leur faire fournir tout
ce que la mauvaiſe Saifon de- mandoit qu'on leur donnaſt au delà de ce qu'elles avoient ac- coûtumé d'avoir dans le temps ordinaire de la Campagne.
Vous ne devez point vous éton- ner apres cela , Madame , fi on s'eſt rendu Maiſtre de S. Guilain, quoyque ce ſoit une Place qu'on n'euſt jamais crû de voir eſtre aſſiegée dans l'Hyver à
192 LE MERCVRE
cauſe des eaux qui l'environ- nent. C'eſt ce qui ne paroiſſoit pas vray - ſemblable ; mais les François prennent fans mena- cer ,au lieu que les Ennemis
menacent &ne viennent àbout
de rien ; &il eſt ſi vray que nos entrepriſes réüſſiſſent toûjours,
&mefme en fort peu de temps,
que je ne vous écris jamais le Siege d'une Place , que dans la
meſme Lettre je ne vous en marque la priſe ; mais il faut que je vous avoue queje man- que d'expreſſions pour parler,
comme il faudroit de la merveilleuſe conduite de la France.
Tous les termes ſont épuiſez ,
toutes les loüanges ſont uſées,
& cependant les reſſorts qui
font tout mouvoir , ne le font
pas : Au contraire , nous les
voyons tous les jours agir avec plus
GALANT. 193
plus de force , &cette derniere
Conqueſte en eſt une preuve.
Pour vous en informer plus par- ticulierement , il faut vous dire
que S. Guilain eſt une petite Ville du Hainault,à laquelle un Abbéqui vivoitvers leſeptieme Siecle , a donné ſon nom. Elle n'eſt qu'à une bonne lieuë de
Mons , ſur la Riviere de Haine.
Meſſieurs de Turenne & de la
Ferté , la prirent en 1635. en meſme temps que Condé, apres qu'on ſe fut rendu maiſtre de Landrecies. L'année ſuivante,
le Siege de Valenciennes eſtant levé , & Condé repris par les Eſpagnols, elle fut afſiegée pen- dant que M. de Turenne eſtoit devant laCapelle ; mais comme cette derniere Place reſiſta peu,
M. de Turenne eut le temps d'aller traverſer les Ennemis à
Tome X. I
194 LE MERCVRE
S. Guilain. Ils leverent le Siege fans l'attendre , & l'ayant for- médenouveau au mois de Mars
de l'année 1657. ils en vinrent à
bout parla trahiſon de quelques Etrangers qui leur livrerent les Dehors qu'ils gardoient.Quand à ce qui regarde la force de la Place , elle est environnée de
Marais. La Riviere de Haine
qui paſſe au milieu , ſe ſepare en trois bras dans la Ville, & fe
rejoint en deux pour en fortir.
Elle eſt defenduë par trois Fof- ſez pleins d'eau , par un Ou- vrage appellé le Pâté , qui eſt une eſpece de Boulevart , par
un autre Ouvrage à corne, une Demy-Lune , & pluſieurs Re- doutes , dont quelques - unes font entourées d'eau. Il me
reſte à vous apprendre les noms detous les Officiers Generaux
GALANT. 195
qui ont eu la conduite de ce Siege ſous M. le Mareſchal de
Humieres. Les Lieutenans Generaux furent M. de Nancre
Gouverneur d'Ath , & M. le
Comte Bardi - Magaloti , Gou- verneur de Valenciennes. On
choiſit pour Mareſchaux de Camp M. de Pertuis Gouverneur de Courtray , M. du Ran- ché Gouverneur du Queſnoy,
M.de SainfandouxGouverneur
de Tournay, m.le Chevalier de Tilladet , м. le Baron de Quinсу , м. de Cezan Gouverneur deCambray, & M.de Rubantel Capitaine au Regiment des Gardes. Mrs de Vauban & du
mez, qui ont la meſme qualité,
furent commandez pour la con- duite des Travaux &de l'Artillerie , & l'on peut juger par lå que le ſuccésde ces deux choIij
196 LE MERCVRE
ſes eſtoit infaillible. Les Briga- diers qui ont ſervy à ce Siege ;
font M. d'Aubarede Meſtre de
Camp du Regiment des Vaif- ſeaux , M. de S. George Meſtre deCamp du Regiment du Roy,
M. le Chevalier de Souvray
Lieutenant Colonel de Navarre , & M. Chimene. M. de Momont y a fait les fonctions de Major General. Un Siege en- trepris apres de ſi juſtes meſu- res , & qui devoit eſtre pouffé par tant de Braves , ne pouvoit manquer de réüffir. C'eſt ce qui a fait dire à un bel Eſprit de Lile , en s'adreſſant aux Ennemis ,
Espagnols, Hollandois, courez à Saint
Guilain ,
Malgréles Elemensd'Humieres le va
prendre ,
Etl'onne croitpasquedemain
GALANT.: 197 LaPlacepuiſſe ſe défendre.
Dépeſchez, &venez au moins Voirdeplus prés une Victoire Que vous auriez peut - estre peine à
croire ,
:
ON
Si vous n'en eſtiez les Témoins.YOM
Ils ont ſuivy ce confeil , &fem- blent n'eſtre venus fort pres de S. Guilain que pour en appren- dre plûtoſt la priſe. Voicy par ordre ce qui s'eſt paſſé au Siege de cette Place.
J Monfieur le mareſchal de
Humieres partit de Lile le 30.
de Novembre , avec м. lе маг- quis de Humieres ſon Fils , &
M. le Baron de Quincy. Il eſtoit accompagné delept Eſca- drons de Cavalerie , & fuiuy de M. de Sainfandoux , avec les
Troupes qui venoient du coſté de la Lys. Il arriva le premier de Decembre devant S. GuilI iij
198 LE MERCVRE
lain , à la pointedujour. Mude Nancré, deMagaloti , leChe- valier de Tilladet , du Ranché,
&de S. Riche , s'y trouverent enmeſme temps, ſuivant les or- dres qui leur avoient eſté en- voyez le jour précedent. Ils conduiſoient la Cavalerie,& les
Dragons d'Ath , Condé , Va- lenciennes , Doüay , S. Amant,
Orchies , Marchiennes , Bou- chain , &du Queſnoy , le tour au nombre de cinquante Eſca- drons. Deux Pieces de Canon
arriverent le meſme jour , &fu- rent menées à un Moulin pro- che la Redoute de Baudours.
Deux cens Dragons des Regi- mens Dauphin & Fimarcon ,
avec cinquante Mouſquetaires de la Garniſon d'Ath , l'attaquerent à l'entrée de la nuit.
Elle estoit gardée par cinquante
GALANT. 199
Hommes , qui l'abandonnerent apres avoir tiré cinquante ou ſoixante coups. Nos Gens les pourſuivirent,&en prirent dixhuitouvingt.
La Circonvalation fut reglée le lendemain , & l'Infanterie
qui devoit faire le Siege arriva au Camp. On ordonna trois Attaques. La premiere fut celle des Gardes. Elle devoit empor- ter une grande Redoute envi- ronnée de Foffez remplis d'eau,
avant que d'aprocher du Corps de la Place. Il faloit en fuite
arracher des Paliſſades qui de- fendoient le Pâté. Il ne pouvoit eſtre pris qu'en paſſant par def- fus une Digue fort étroite , &
fur laquelle on ne pouvoit aller qu'un àun.
La ſeconde Attaque , appel- lée celle de Navarre, avoit deux
I iiij
200 LE MERCVRE
grandes Redoutes à prendre ,
avec de grands Foffez pleins
d'eau.
L'Attaque de Boſſu eſtoit la troiſieme , & il faloit qu'elle gagnaſt un Ouvrage à corne ,
&une Demy-Lune , avantque d'arriver au Corps de la Place.
Le 4. on ouvrit la Tranchée
à ces trois Attaques. Onavança beaucoup le travail , principale- mentà celles de M du Ranché
& de S. George. M. le Maref- chal deHumieres demeura juf- ques àune heure apres minuit à
les viſiter continuellement depuis la teſte juſques à la queuë.
Les deux premiers Bataillons
des Gardes , de Navarre , & un du Royal , monterent la Garde,
& furent relevez le lendemain
par autant de Bataillons des meſmes Corps. Les Ennemis ne
GALANT.
:
201
tirerent que trois coups de Mouſquet , & un de Canon.
Le noſtre leur répondit le 6. au matin avec une Baterie de fix
Pieces.
une
Le 7. apres midy , on prit à.
l'Attaque de Navarre ,
grande Redoute qui n'eſtoit qu'à quarante pasdu Pâté. Elle eſtoit gardée par trois cens Hommes , qui ſe défendirent avec beaucoup de vigueur,mais ce ne fut que pour augmenter la gloire de Monfieur le Comte de Soiffons , qui s'expoſa tout- à- fait à cette Attaque,où il alla l'Epée à la main. Son Lieute.- nant Colonel eut le bras caffé,
celuy du Regiment du Pleſſis y
fut tué , & M. d'Aubarede dangereuſement bleſſe d'un coup de Mouſquet à la teſte.
Le 8. au foir , M. de SainfanIv
202 LE MERCVRE
doux monta laTranchée àl'Attaque des Gardes , avec le Re- giment de Rouffillon ; Mrs de Cezan & de Villechauve , à
celle de Navarre , avec le Regiment de Humieres ; &M.du Ranché , avec M. de Chimene,
à celle de Boſſu, avec le Regi- ment de Conty. On s'établit pendant la nuit à celle de Na- varre, dans les Logemens qu'on avoit faits. A celle de Boffu,
on paſſa l'Avant-foſſé de l'Ou- vrage à corne , & l'on y fit un Logement ſur le glacis. On dreſſa la meſme nuit une Baterie
de fixPieces,qui tiradésle point du jour ; &l'on augmenta celle de Navarre juſques au nombre de neuf ; de maniere que ces deux Bateries qui voyoient le Pâte à revers , incommoderent
fort chacunedeſon coſté.
GALANT. 203 Le 9. apres midy , fur l'avis que M. le mareſchal de Humieres eut que les Ennemis s'a- vançoient , & qu'ils n'eſtoient qu'à trois petites lieuës de mons,
il alla choiſir un Camp pour al- ler audevantd'eux,&leur donner Bataille , s'ils oſoient combatre. Il refolut en ſuite l'Attaque generale des Dehors ; &
comme lesglaces ne ſe trouve- rent pas affez fortes pour porter lesGardes qui devoient inſulter le Pâté , ils paſſerent un à un avec leur intrepidité ordinaire,
fur la Digue qui conduit à cet Ouvrage ; puis ils ſe raffem- blerent pour donner tous en... femble à l heure de l'Attaque.
Elle commença à une heure apres minuit. Huit coups de Canon enfurent le ſignal.Tou- tes nos Troupes firent égale Ivj
104 LE MERCVRE ment bien ; il eſtoit neceffaire
qu'elles montraſſent de la vi- gueur pour forcer la reſiſtance
desEnnemis qui fut tres-grande dans tous les endroits qu'on at- taqua. On ne peut voir un plus grand feu de Grenades & de Mouſqueterie que celuy qu'ef- ſuyerent nos Gens pendanttrois heures. M. le Chevalier de Tilladet commandoit l'Attaque de
Navarre , & ſe rendit maiſtre
de tous les Ouvrages juſques à
la muraille de la Ville. Les
deux Bataillons de Bourgogne y eſtoientde garde , avec M. le Chevalier de Souvray , qui s'y eſt particulierement diftingué.
On y avoit auffi envoyé les Compagnies des Grenadiers de Humieres , Navarre , & Languedoc. L'Attaque des Gardes eut tout le ſuccès qu'on pou-
GALANT. 205 voit defirer. M. de Rubantel y
ſervoit de mareſchal de Camp,
&M. de S. Germain de la Breteche y commandoit trois cens Hommes détachez du Regiment des Gardes , avec leſquels
il chaſſa les Ennemis des Ouvrages qui regardent le Baſtion de Horn , juſques à l'Attaque
deNavarre, où il joignit le Re- giment de Bourgogne. Les deux Bataillons des Fuziliers ,
&un de Stoup , eſtoient de garde à l'Attaque de Boffu.
м. de Quincy mareſchal de
Camp , y commandoit , ayant ſous luy M. de Chimene Bri- gadier. Les Troupes de cette Attaque , avec les Grenadiers de la Reyne qui avoient à leur
teſte M. Paſſillon 1un de leurs,
Capitaines, ſe mirent dans l'eau glacée juſques à la ceinture ,
206 LE MERCVRE
& ayant paſſe l'Avant - Foffé de l'Ouvrage à corne , empor- terent cet Ouvrage avec une Demy- Lune. C'eſtoit tout ce qu'on leur avoit donné ordre d'attaquer. Trois cens Dra- gons commandez par M. de Fimarcon , firent une fauffe
Attaque à la Digue de Bo- dours. Ils prirent quatre-vingts fix Soldats , & deux Officiers.
M. de Sainfandoux voulut ſe
charger de cette Attaque, quoy
qu'il ne fuſt pas de jour. On auroit entré dans la Ville , ſi on avoit eu les choſes neceſſaires
pour en rompre la Porte , ou des Echelles pour monter.
Apres la priſe du Pâté , les TTroupes des deux autres Atta- ques ſe joignirent , & il en couſta aux Ennemis quatre Pie- ces de Canon qui estoient au
GALANT. 207 bout de leur Pont- Levis , & tiroient par des embraſures. Ces meſmes Troupes apres avoir fait des Retranchemens avec
desGabions , tournerent contre
la Porte de la Ville les quatre Pieces de Canon qu'elles ve- noient de gagner. Il y en avoit encor trois autres en état de
foudroyer les Affiegez; & tout eſtant preparé pour donner un Affaut general la nuit du dix au onze , le Gouverneur qui le ſçeut fit battre la Chamade à
deux heures apres midy. M. le Mareſchal ſe rendit à l'inſtant
meſme à la Thanchée , où il
trouva les Oftages qu'on luy amenoit. Il convint avec eux
qu'ils luy remettroient une des
Portes de la Ville , où il fit entrer auffi-toſt un Bataillon des
Gardes Françoiſes , & un des
208 LE MERCVRE
Gardes Suiſſes. La Garnison
de plus de mille Hommes for- tit le onzième au matin , avec
Armes &Bagages , &une Piece de Canon , pour aller à Bru- xelles , eſcortée par quatre- vingts Maiſtres des Troupesdu Royquidevoient revenir àAth.
Les Ennemis eſtoient arrivez
le 10. au ſoir à Mons , où ils
avoient fait tous les préparatifs.
neceſſaires pour le ſecours de la Place. Ils ne manquoient pas de Troupes , mais l'importance eſtant de choiſir un Chef, tous
ceux qui pouvoient en efperer le Commandement , avoient
long-temps conferé enſemble pour voir fur qui on trouvoit à
propos qu'on le fiſt tomber.
Monfieur le Mareſchal de
Humieres a paru infatigable pendant ce Siege ; on ne ſcau-
GALAN T. 209
roit exprimer ſa vigilance ; a
paffé les nuits entieres ou à la Tranchée, ou à visiter les Poſtes,
ou au Bioüac , & preſque tous les jours à cheval. Il ſembloit auffi que les Troupes fufſent animées par ſon exemple. La rigueur du temps n'a pû les re- froidir un moment , & on a
trouvé la meſme facilité à leur
faire faire toutes choſes qu'on auroit euëdans le Mois de Juin.
M. le Prince d'Iſenghien ayant eſté averty de ce Siege , prit auffi- toft la Poſte pour y aller joindre M. le marefchal deHu- mieres fon Beaupere , &donna des preuves de fon courage avec le marquis de ce nom fon Beau- frere. Comme l'impatience des François eft grande , fur tout quand il faut courir à la gloire,
des que M. le marquis de Na
210 LE MERCVRE
vailles eut appris qu'il y avoit une Place afſiegée , il s'y rendit auſſi-toſt en poſte , &fervit dés le ſoir meſme en qualité de Vo- lontaire. Il monta la Tranchée
avec le ſecond Bataillon des
Gardes ,&il continua à faire la
meſme choſe pendant tout le Siege. Ayant ſçeu que le ſoir qu'on devoit attaquer la Con- treſcarpe , le Regiment deNa- varre auroit le plus àfouffrir , il ſe mit à la teſte de ce Regiment;
où ſon intrépidité &ſa valeur ſe firent admirer. M. le Comte
de Tonnerre alla auſſi Volontaire à la Tranchée , & il y reçeut un coup de Mouſquet. M
leMarquis des Hiſſars quicommande le Regiment de Langue- doc, fit des choſes ſurprenantes
à la teſte de ce Regiment , qui s'eſt acquis beaucoup de repu
GALANT. 211 :
tation. Celuy du Pleffis ne s'eft pas moins fignalé , & s'il avoit eu desHaches pour rompre les Portesde laVille , il feroit entré
dedans comme nos Troupes firent à Valenciennes. M du
Poncer qui en eſtoit Lieute- nant Colonel , a eſté tué. M.
Deshoy Capitaine de ce Regi- ment , & M. Bienfait de Beaulieu,s'y ſont ſignalez. M.Cham- pagne premier Brigadier des Gardes de M. le Marefchal de
Humieres , s'eſt fort diſtingué pendant ce Siege , ainſi que M. Duparc Garde dans le mef- me Corps , & M. de Tangis qui en eſtoit forty pouragir enqua- lité d'Ingénieur. On ne peut douter qu'il n'y ait donné beau- coup de marques de courage ,
puis qu'il y fut bleſſé. M. de S. Germain de la Breteche le
212 LE MERCVRE
fut auffi à l'Attaque des Gar- des, & tomba du hautde la Digue , apres avoir receu deux bleffures. M. de Soify , Fils de M. le Preſident le Bailleul , fut
bleſſé dans la meſme occafion ;
tomba dans le Foffé , & paffa la nuit furla glace, parce qu'on ne le pût trouver que le lendemain. Mª de Seraucour & de
Chéviere Sous-Lieutenans aux
Gardes , & м. de Torcy Enſei- gne, ont eſté bleſſez , &м. Сі- gogne Lieutenant , tué. M. de Pierrebaſſe Ayde- major des Gardes, a eu la teſte emportée d'une voléede Canon.
rs
La nouvelle de la priſe de S. Guilain fut apportée auRoy par M. de la Taulade Ayde de Camp de M. le mareſchal de Humieres. M. le marquis de Louvois qui le preſenta , dit à
4
GALAN T. 213 Sa majeſté que les Ennemis publioient que les Anges Tu- telaires de la France luy fer- voient d'Eſpions dans le Ciel pour l'avertir des changemens du temps qui luy eſtoient pref- que toûjours favorable. Le Duc de Villa - Hermoſa eſtoit
à Haurec fort prés de la Place,
avec douze à treize mille Hommes, faiſant porter des Echelles pour paffer les Marais, & fe vantant qu'il attaqueroit les Lignes. Lors qu'il entendit que le Canontiroit fort peu, &puis qu'il ceſſoit entierement, il crût le Siege levé , & ayant détaché trois cens Chevaux pour pren- dre langue , ils en trouverent cinquante des Noftres envoyez pour le meſme deſſein. Celuy qui les commandoit ayant eſté pris pour avoir eu fon Cheval tué ſous luy , eut peine àdeſa
214 LE MERCVRE
bufer ce Duc, en l'aſſurant qu'il avoit veu entrerles Troupes de Sa majeſté dans la Place ; &
lors que les Affiegez batoient la Chamade , Monfieur le маreſchal de Humieres faifoit
monter ſa Cavalerie à cheval
pour aller vers les Ennemis dont
il venoit d'apprendre des nou- velles.
Le Roy a donné le Gouver- nement de S. Guilain à м. СаtinalCapitaine aux Gardes, qui a fait la Campagne paſſée en qualité de major des Gardes.
M. de Longpré Capitaine au Regimentde Picardie, en a eſté fait Lieutenant de Roy; & M. de l'Apparat Capitaine dans Piémont , en a eu la majorité.
Jamais Campagne ne fut plus glorieuſement finie. Cette der- niere Conqueſte adonné lieu àces Vers.
GALANT. 215 C'est àce coup qu'ilse faut rendre,
OFlandre ,
Puisque contre Loüis
Sontvains.
tous tes efforts
Saint Omer, Saint Guilain t'en donnant des exemples
Tres-amples,
Tunepeuxfaire mieux que d'imiter tes
Saints.
qu'elle fit méditer une autre Conqueſte. M. de S. Poüange partit en poſte de la Cour pour porter les ordres du Roy , faire préparer toutes chofes , &pref.
ſer l'execution de cequ'on avoit réſolu. Son ardeur pour le fer- vice de Sa Majesté eſt connuë,
& le zele qu'il fit voir pour la gloire de ſes armes à la Bataille de Caffel , fut fi grand , qu'il chargea luy-meſme les Enne- mis l'Epée à la main , quoy que fon Employl'en duſt diſpenſer.
Son départ fit faire de grands raiſonnemens , mais perſonne n'en devina le veritable ſujet,
&pluſieurs meſme crûment qu'il eſtoit envoyé en Allemagne.
Peu de jours apres nosTroupes deFlandre firent quelquesmou
190 LE MERCVRE
vemens. Elles inquiéterent les Ennemis , qui furent bientoft perfuadez qu'on alloit affieger Ypres , & c'eſtoit ce que l'on vouloit qu'ils crûffent. Cepen- dant S. Guilain ſe trouva inveſty , & le Gouverneur ne l'apprit qu'en le voyant. Le nombre des Troupes augmenta
en peude temps, & il y eut de- vant cette Place juſques à cent Eſcadrons , & quarante Bataillons qui ne demandoient qu'à combatre , & qui avoient meſme témoigné ſouhaiter qu'on fiſt un Siege , parce qu'ils commençoient à s'ennuyer dans leurs Garnifſons. Comme ils
avoient eſté tirez des Places des
environs , on nomma pour Of- ficiers Generaux les Gouverneurs de ces meſmes Places , à
cauſe de la facilité que chacun
GALAN T. 191
d'eux pouvoit avoirà faire venir defonGouvernementtoutes les
choſes neceſſaires pendant le Siege ; auſſi n'y manqua-t-on de rien. Toutes les Troupes fu- rent auſſi -bien nourries,& auffi
bien chaufées , qu'elles auroient pû l'eſtre dans leurs Quartiers d'Hyver , & on ne peut trop donner de loüanges aux Gou- verneurs pour les foins qu'ils ont eu de leur faire fournir tout
ce que la mauvaiſe Saifon de- mandoit qu'on leur donnaſt au delà de ce qu'elles avoient ac- coûtumé d'avoir dans le temps ordinaire de la Campagne.
Vous ne devez point vous éton- ner apres cela , Madame , fi on s'eſt rendu Maiſtre de S. Guilain, quoyque ce ſoit une Place qu'on n'euſt jamais crû de voir eſtre aſſiegée dans l'Hyver à
192 LE MERCVRE
cauſe des eaux qui l'environ- nent. C'eſt ce qui ne paroiſſoit pas vray - ſemblable ; mais les François prennent fans mena- cer ,au lieu que les Ennemis
menacent &ne viennent àbout
de rien ; &il eſt ſi vray que nos entrepriſes réüſſiſſent toûjours,
&mefme en fort peu de temps,
que je ne vous écris jamais le Siege d'une Place , que dans la
meſme Lettre je ne vous en marque la priſe ; mais il faut que je vous avoue queje man- que d'expreſſions pour parler,
comme il faudroit de la merveilleuſe conduite de la France.
Tous les termes ſont épuiſez ,
toutes les loüanges ſont uſées,
& cependant les reſſorts qui
font tout mouvoir , ne le font
pas : Au contraire , nous les
voyons tous les jours agir avec plus
GALANT. 193
plus de force , &cette derniere
Conqueſte en eſt une preuve.
Pour vous en informer plus par- ticulierement , il faut vous dire
que S. Guilain eſt une petite Ville du Hainault,à laquelle un Abbéqui vivoitvers leſeptieme Siecle , a donné ſon nom. Elle n'eſt qu'à une bonne lieuë de
Mons , ſur la Riviere de Haine.
Meſſieurs de Turenne & de la
Ferté , la prirent en 1635. en meſme temps que Condé, apres qu'on ſe fut rendu maiſtre de Landrecies. L'année ſuivante,
le Siege de Valenciennes eſtant levé , & Condé repris par les Eſpagnols, elle fut afſiegée pen- dant que M. de Turenne eſtoit devant laCapelle ; mais comme cette derniere Place reſiſta peu,
M. de Turenne eut le temps d'aller traverſer les Ennemis à
Tome X. I
194 LE MERCVRE
S. Guilain. Ils leverent le Siege fans l'attendre , & l'ayant for- médenouveau au mois de Mars
de l'année 1657. ils en vinrent à
bout parla trahiſon de quelques Etrangers qui leur livrerent les Dehors qu'ils gardoient.Quand à ce qui regarde la force de la Place , elle est environnée de
Marais. La Riviere de Haine
qui paſſe au milieu , ſe ſepare en trois bras dans la Ville, & fe
rejoint en deux pour en fortir.
Elle eſt defenduë par trois Fof- ſez pleins d'eau , par un Ou- vrage appellé le Pâté , qui eſt une eſpece de Boulevart , par
un autre Ouvrage à corne, une Demy-Lune , & pluſieurs Re- doutes , dont quelques - unes font entourées d'eau. Il me
reſte à vous apprendre les noms detous les Officiers Generaux
GALANT. 195
qui ont eu la conduite de ce Siege ſous M. le Mareſchal de
Humieres. Les Lieutenans Generaux furent M. de Nancre
Gouverneur d'Ath , & M. le
Comte Bardi - Magaloti , Gou- verneur de Valenciennes. On
choiſit pour Mareſchaux de Camp M. de Pertuis Gouverneur de Courtray , M. du Ran- ché Gouverneur du Queſnoy,
M.de SainfandouxGouverneur
de Tournay, m.le Chevalier de Tilladet , м. le Baron de Quinсу , м. de Cezan Gouverneur deCambray, & M.de Rubantel Capitaine au Regiment des Gardes. Mrs de Vauban & du
mez, qui ont la meſme qualité,
furent commandez pour la con- duite des Travaux &de l'Artillerie , & l'on peut juger par lå que le ſuccésde ces deux choIij
196 LE MERCVRE
ſes eſtoit infaillible. Les Briga- diers qui ont ſervy à ce Siege ;
font M. d'Aubarede Meſtre de
Camp du Regiment des Vaif- ſeaux , M. de S. George Meſtre deCamp du Regiment du Roy,
M. le Chevalier de Souvray
Lieutenant Colonel de Navarre , & M. Chimene. M. de Momont y a fait les fonctions de Major General. Un Siege en- trepris apres de ſi juſtes meſu- res , & qui devoit eſtre pouffé par tant de Braves , ne pouvoit manquer de réüffir. C'eſt ce qui a fait dire à un bel Eſprit de Lile , en s'adreſſant aux Ennemis ,
Espagnols, Hollandois, courez à Saint
Guilain ,
Malgréles Elemensd'Humieres le va
prendre ,
Etl'onne croitpasquedemain
GALANT.: 197 LaPlacepuiſſe ſe défendre.
Dépeſchez, &venez au moins Voirdeplus prés une Victoire Que vous auriez peut - estre peine à
croire ,
:
ON
Si vous n'en eſtiez les Témoins.YOM
Ils ont ſuivy ce confeil , &fem- blent n'eſtre venus fort pres de S. Guilain que pour en appren- dre plûtoſt la priſe. Voicy par ordre ce qui s'eſt paſſé au Siege de cette Place.
J Monfieur le mareſchal de
Humieres partit de Lile le 30.
de Novembre , avec м. lе маг- quis de Humieres ſon Fils , &
M. le Baron de Quincy. Il eſtoit accompagné delept Eſca- drons de Cavalerie , & fuiuy de M. de Sainfandoux , avec les
Troupes qui venoient du coſté de la Lys. Il arriva le premier de Decembre devant S. GuilI iij
198 LE MERCVRE
lain , à la pointedujour. Mude Nancré, deMagaloti , leChe- valier de Tilladet , du Ranché,
&de S. Riche , s'y trouverent enmeſme temps, ſuivant les or- dres qui leur avoient eſté en- voyez le jour précedent. Ils conduiſoient la Cavalerie,& les
Dragons d'Ath , Condé , Va- lenciennes , Doüay , S. Amant,
Orchies , Marchiennes , Bou- chain , &du Queſnoy , le tour au nombre de cinquante Eſca- drons. Deux Pieces de Canon
arriverent le meſme jour , &fu- rent menées à un Moulin pro- che la Redoute de Baudours.
Deux cens Dragons des Regi- mens Dauphin & Fimarcon ,
avec cinquante Mouſquetaires de la Garniſon d'Ath , l'attaquerent à l'entrée de la nuit.
Elle estoit gardée par cinquante
GALANT. 199
Hommes , qui l'abandonnerent apres avoir tiré cinquante ou ſoixante coups. Nos Gens les pourſuivirent,&en prirent dixhuitouvingt.
La Circonvalation fut reglée le lendemain , & l'Infanterie
qui devoit faire le Siege arriva au Camp. On ordonna trois Attaques. La premiere fut celle des Gardes. Elle devoit empor- ter une grande Redoute envi- ronnée de Foffez remplis d'eau,
avant que d'aprocher du Corps de la Place. Il faloit en fuite
arracher des Paliſſades qui de- fendoient le Pâté. Il ne pouvoit eſtre pris qu'en paſſant par def- fus une Digue fort étroite , &
fur laquelle on ne pouvoit aller qu'un àun.
La ſeconde Attaque , appel- lée celle de Navarre, avoit deux
I iiij
200 LE MERCVRE
grandes Redoutes à prendre ,
avec de grands Foffez pleins
d'eau.
L'Attaque de Boſſu eſtoit la troiſieme , & il faloit qu'elle gagnaſt un Ouvrage à corne ,
&une Demy-Lune , avantque d'arriver au Corps de la Place.
Le 4. on ouvrit la Tranchée
à ces trois Attaques. Onavança beaucoup le travail , principale- mentà celles de M du Ranché
& de S. George. M. le Maref- chal deHumieres demeura juf- ques àune heure apres minuit à
les viſiter continuellement depuis la teſte juſques à la queuë.
Les deux premiers Bataillons
des Gardes , de Navarre , & un du Royal , monterent la Garde,
& furent relevez le lendemain
par autant de Bataillons des meſmes Corps. Les Ennemis ne
GALANT.
:
201
tirerent que trois coups de Mouſquet , & un de Canon.
Le noſtre leur répondit le 6. au matin avec une Baterie de fix
Pieces.
une
Le 7. apres midy , on prit à.
l'Attaque de Navarre ,
grande Redoute qui n'eſtoit qu'à quarante pasdu Pâté. Elle eſtoit gardée par trois cens Hommes , qui ſe défendirent avec beaucoup de vigueur,mais ce ne fut que pour augmenter la gloire de Monfieur le Comte de Soiffons , qui s'expoſa tout- à- fait à cette Attaque,où il alla l'Epée à la main. Son Lieute.- nant Colonel eut le bras caffé,
celuy du Regiment du Pleſſis y
fut tué , & M. d'Aubarede dangereuſement bleſſe d'un coup de Mouſquet à la teſte.
Le 8. au foir , M. de SainfanIv
202 LE MERCVRE
doux monta laTranchée àl'Attaque des Gardes , avec le Re- giment de Rouffillon ; Mrs de Cezan & de Villechauve , à
celle de Navarre , avec le Regiment de Humieres ; &M.du Ranché , avec M. de Chimene,
à celle de Boſſu, avec le Regi- ment de Conty. On s'établit pendant la nuit à celle de Na- varre, dans les Logemens qu'on avoit faits. A celle de Boffu,
on paſſa l'Avant-foſſé de l'Ou- vrage à corne , & l'on y fit un Logement ſur le glacis. On dreſſa la meſme nuit une Baterie
de fixPieces,qui tiradésle point du jour ; &l'on augmenta celle de Navarre juſques au nombre de neuf ; de maniere que ces deux Bateries qui voyoient le Pâte à revers , incommoderent
fort chacunedeſon coſté.
GALANT. 203 Le 9. apres midy , fur l'avis que M. le mareſchal de Humieres eut que les Ennemis s'a- vançoient , & qu'ils n'eſtoient qu'à trois petites lieuës de mons,
il alla choiſir un Camp pour al- ler audevantd'eux,&leur donner Bataille , s'ils oſoient combatre. Il refolut en ſuite l'Attaque generale des Dehors ; &
comme lesglaces ne ſe trouve- rent pas affez fortes pour porter lesGardes qui devoient inſulter le Pâté , ils paſſerent un à un avec leur intrepidité ordinaire,
fur la Digue qui conduit à cet Ouvrage ; puis ils ſe raffem- blerent pour donner tous en... femble à l heure de l'Attaque.
Elle commença à une heure apres minuit. Huit coups de Canon enfurent le ſignal.Tou- tes nos Troupes firent égale Ivj
104 LE MERCVRE ment bien ; il eſtoit neceffaire
qu'elles montraſſent de la vi- gueur pour forcer la reſiſtance
desEnnemis qui fut tres-grande dans tous les endroits qu'on at- taqua. On ne peut voir un plus grand feu de Grenades & de Mouſqueterie que celuy qu'ef- ſuyerent nos Gens pendanttrois heures. M. le Chevalier de Tilladet commandoit l'Attaque de
Navarre , & ſe rendit maiſtre
de tous les Ouvrages juſques à
la muraille de la Ville. Les
deux Bataillons de Bourgogne y eſtoientde garde , avec M. le Chevalier de Souvray , qui s'y eſt particulierement diftingué.
On y avoit auffi envoyé les Compagnies des Grenadiers de Humieres , Navarre , & Languedoc. L'Attaque des Gardes eut tout le ſuccès qu'on pou-
GALANT. 205 voit defirer. M. de Rubantel y
ſervoit de mareſchal de Camp,
&M. de S. Germain de la Breteche y commandoit trois cens Hommes détachez du Regiment des Gardes , avec leſquels
il chaſſa les Ennemis des Ouvrages qui regardent le Baſtion de Horn , juſques à l'Attaque
deNavarre, où il joignit le Re- giment de Bourgogne. Les deux Bataillons des Fuziliers ,
&un de Stoup , eſtoient de garde à l'Attaque de Boffu.
м. de Quincy mareſchal de
Camp , y commandoit , ayant ſous luy M. de Chimene Bri- gadier. Les Troupes de cette Attaque , avec les Grenadiers de la Reyne qui avoient à leur
teſte M. Paſſillon 1un de leurs,
Capitaines, ſe mirent dans l'eau glacée juſques à la ceinture ,
206 LE MERCVRE
& ayant paſſe l'Avant - Foffé de l'Ouvrage à corne , empor- terent cet Ouvrage avec une Demy- Lune. C'eſtoit tout ce qu'on leur avoit donné ordre d'attaquer. Trois cens Dra- gons commandez par M. de Fimarcon , firent une fauffe
Attaque à la Digue de Bo- dours. Ils prirent quatre-vingts fix Soldats , & deux Officiers.
M. de Sainfandoux voulut ſe
charger de cette Attaque, quoy
qu'il ne fuſt pas de jour. On auroit entré dans la Ville , ſi on avoit eu les choſes neceſſaires
pour en rompre la Porte , ou des Echelles pour monter.
Apres la priſe du Pâté , les TTroupes des deux autres Atta- ques ſe joignirent , & il en couſta aux Ennemis quatre Pie- ces de Canon qui estoient au
GALANT. 207 bout de leur Pont- Levis , & tiroient par des embraſures. Ces meſmes Troupes apres avoir fait des Retranchemens avec
desGabions , tournerent contre
la Porte de la Ville les quatre Pieces de Canon qu'elles ve- noient de gagner. Il y en avoit encor trois autres en état de
foudroyer les Affiegez; & tout eſtant preparé pour donner un Affaut general la nuit du dix au onze , le Gouverneur qui le ſçeut fit battre la Chamade à
deux heures apres midy. M. le Mareſchal ſe rendit à l'inſtant
meſme à la Thanchée , où il
trouva les Oftages qu'on luy amenoit. Il convint avec eux
qu'ils luy remettroient une des
Portes de la Ville , où il fit entrer auffi-toſt un Bataillon des
Gardes Françoiſes , & un des
208 LE MERCVRE
Gardes Suiſſes. La Garnison
de plus de mille Hommes for- tit le onzième au matin , avec
Armes &Bagages , &une Piece de Canon , pour aller à Bru- xelles , eſcortée par quatre- vingts Maiſtres des Troupesdu Royquidevoient revenir àAth.
Les Ennemis eſtoient arrivez
le 10. au ſoir à Mons , où ils
avoient fait tous les préparatifs.
neceſſaires pour le ſecours de la Place. Ils ne manquoient pas de Troupes , mais l'importance eſtant de choiſir un Chef, tous
ceux qui pouvoient en efperer le Commandement , avoient
long-temps conferé enſemble pour voir fur qui on trouvoit à
propos qu'on le fiſt tomber.
Monfieur le Mareſchal de
Humieres a paru infatigable pendant ce Siege ; on ne ſcau-
GALAN T. 209
roit exprimer ſa vigilance ; a
paffé les nuits entieres ou à la Tranchée, ou à visiter les Poſtes,
ou au Bioüac , & preſque tous les jours à cheval. Il ſembloit auffi que les Troupes fufſent animées par ſon exemple. La rigueur du temps n'a pû les re- froidir un moment , & on a
trouvé la meſme facilité à leur
faire faire toutes choſes qu'on auroit euëdans le Mois de Juin.
M. le Prince d'Iſenghien ayant eſté averty de ce Siege , prit auffi- toft la Poſte pour y aller joindre M. le marefchal deHu- mieres fon Beaupere , &donna des preuves de fon courage avec le marquis de ce nom fon Beau- frere. Comme l'impatience des François eft grande , fur tout quand il faut courir à la gloire,
des que M. le marquis de Na
210 LE MERCVRE
vailles eut appris qu'il y avoit une Place afſiegée , il s'y rendit auſſi-toſt en poſte , &fervit dés le ſoir meſme en qualité de Vo- lontaire. Il monta la Tranchée
avec le ſecond Bataillon des
Gardes ,&il continua à faire la
meſme choſe pendant tout le Siege. Ayant ſçeu que le ſoir qu'on devoit attaquer la Con- treſcarpe , le Regiment deNa- varre auroit le plus àfouffrir , il ſe mit à la teſte de ce Regiment;
où ſon intrépidité &ſa valeur ſe firent admirer. M. le Comte
de Tonnerre alla auſſi Volontaire à la Tranchée , & il y reçeut un coup de Mouſquet. M
leMarquis des Hiſſars quicommande le Regiment de Langue- doc, fit des choſes ſurprenantes
à la teſte de ce Regiment , qui s'eſt acquis beaucoup de repu
GALANT. 211 :
tation. Celuy du Pleffis ne s'eft pas moins fignalé , & s'il avoit eu desHaches pour rompre les Portesde laVille , il feroit entré
dedans comme nos Troupes firent à Valenciennes. M du
Poncer qui en eſtoit Lieute- nant Colonel , a eſté tué. M.
Deshoy Capitaine de ce Regi- ment , & M. Bienfait de Beaulieu,s'y ſont ſignalez. M.Cham- pagne premier Brigadier des Gardes de M. le Marefchal de
Humieres , s'eſt fort diſtingué pendant ce Siege , ainſi que M. Duparc Garde dans le mef- me Corps , & M. de Tangis qui en eſtoit forty pouragir enqua- lité d'Ingénieur. On ne peut douter qu'il n'y ait donné beau- coup de marques de courage ,
puis qu'il y fut bleſſé. M. de S. Germain de la Breteche le
212 LE MERCVRE
fut auffi à l'Attaque des Gar- des, & tomba du hautde la Digue , apres avoir receu deux bleffures. M. de Soify , Fils de M. le Preſident le Bailleul , fut
bleſſé dans la meſme occafion ;
tomba dans le Foffé , & paffa la nuit furla glace, parce qu'on ne le pût trouver que le lendemain. Mª de Seraucour & de
Chéviere Sous-Lieutenans aux
Gardes , & м. de Torcy Enſei- gne, ont eſté bleſſez , &м. Сі- gogne Lieutenant , tué. M. de Pierrebaſſe Ayde- major des Gardes, a eu la teſte emportée d'une voléede Canon.
rs
La nouvelle de la priſe de S. Guilain fut apportée auRoy par M. de la Taulade Ayde de Camp de M. le mareſchal de Humieres. M. le marquis de Louvois qui le preſenta , dit à
4
GALAN T. 213 Sa majeſté que les Ennemis publioient que les Anges Tu- telaires de la France luy fer- voient d'Eſpions dans le Ciel pour l'avertir des changemens du temps qui luy eſtoient pref- que toûjours favorable. Le Duc de Villa - Hermoſa eſtoit
à Haurec fort prés de la Place,
avec douze à treize mille Hommes, faiſant porter des Echelles pour paffer les Marais, & fe vantant qu'il attaqueroit les Lignes. Lors qu'il entendit que le Canontiroit fort peu, &puis qu'il ceſſoit entierement, il crût le Siege levé , & ayant détaché trois cens Chevaux pour pren- dre langue , ils en trouverent cinquante des Noftres envoyez pour le meſme deſſein. Celuy qui les commandoit ayant eſté pris pour avoir eu fon Cheval tué ſous luy , eut peine àdeſa
214 LE MERCVRE
bufer ce Duc, en l'aſſurant qu'il avoit veu entrerles Troupes de Sa majeſté dans la Place ; &
lors que les Affiegez batoient la Chamade , Monfieur le маreſchal de Humieres faifoit
monter ſa Cavalerie à cheval
pour aller vers les Ennemis dont
il venoit d'apprendre des nou- velles.
Le Roy a donné le Gouver- nement de S. Guilain à м. СаtinalCapitaine aux Gardes, qui a fait la Campagne paſſée en qualité de major des Gardes.
M. de Longpré Capitaine au Regimentde Picardie, en a eſté fait Lieutenant de Roy; & M. de l'Apparat Capitaine dans Piémont , en a eu la majorité.
Jamais Campagne ne fut plus glorieuſement finie. Cette der- niere Conqueſte adonné lieu àces Vers.
GALANT. 215 C'est àce coup qu'ilse faut rendre,
OFlandre ,
Puisque contre Loüis
Sontvains.
tous tes efforts
Saint Omer, Saint Guilain t'en donnant des exemples
Tres-amples,
Tunepeuxfaire mieux que d'imiter tes
Saints.
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Résumé : Siege & Prise de S. Guilain. [titre d'après la table]
Après la reddition de Fribourg, des préparatifs furent entrepris pour une nouvelle conquête. Monsieur de Saint-Poüange fut envoyé exécuter les ordres du roi, suscitant des spéculations sur sa destination. Les troupes en Flandre effectuèrent des mouvements pour inquiéter les ennemis, qui crurent qu'Ypres serait assiégée. Cependant, Saint-Guilain fut investi, et le gouverneur ne l'apprit qu'en voyant les troupes françaises. Le nombre de troupes augmenta rapidement, avec cent escadrons et quarante bataillons prêts à combattre. Les gouverneurs des places environnantes furent nommés officiers généraux pour faciliter l'approvisionnement. Malgré les conditions hivernales défavorables, les Français prirent Saint-Guilain, une petite ville du Hainault près de Mons, sur la rivière de Haine. La place était protégée par des marais et des ouvrages défensifs. Le siège fut dirigé par le maréchal d'Humières, avec plusieurs lieutenants généraux et maréchaux de camp. Les troupes furent bien nourries et chauffées, grâce aux efforts des gouverneurs. Le siège débuta le 30 novembre, avec des attaques sur plusieurs redoutes et ouvrages défensifs. Les Français prirent la redoute de Navarre le 7 décembre, malgré une résistance acharnée. L'attaque générale eut lieu dans la nuit du 9 au 10 décembre, avec un succès complet. Les troupes françaises forcèrent les défenses ennemies, prenant plusieurs ouvrages et entrant dans la ville. Le gouverneur demanda une trêve, et la place se rendit le 11 décembre. Le 11 avril, le maréchal de Humieres se rendit à la tranchée et convint avec des otages de la remise d'une des portes de la ville, permettant l'entrée d'un bataillon des Gardes Françaises et des Gardes Suisses. La garnison, forte de plus de mille hommes, quitta la ville au matin avec armes, bagages et une pièce de canon, escortée par quatre-vingts maîtres des troupes du roi revenant d'Ath. Les ennemis, prêts à secourir la place, hésitaient sur le choix d'un chef. Le maréchal de Humieres montra une vigilance infatigable durant le siège, passant les nuits à la tranchée ou à visiter les postes. Le prince d'Isenghien et le marquis de Navailles rejoignirent le maréchal, démontrant leur courage. Plusieurs officiers se distinguèrent par leur bravoure. Plusieurs blessés furent recensés, dont M. de Tangis, ingénieur, et M. de Pierrebasse, aide-major des Gardes. La nouvelle de la prise de Saint-Guilain fut apportée au roi par M. de la Taulade. Le duc de Villa-Hermosa, près de la place avec douze à treize mille hommes, crut le siège levé lorsqu'il entendit que le canon cessait. Le roi nomma M. Catinal gouverneur de Saint-Guilain, M. de Longpré lieutenant du roi, et M. de l'Apparat major. La campagne se conclut glorieusement.
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163
p. 305-307
Noms des nouveaux Exempts nommez par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
Les Gardes du Corps sont de retour, & le Roy a fait depuis [...]
Mots clefs :
Exempts, Noms, Services
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms des nouveaux Exempts nommez par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Les Gardes du Corps ſont de retour , & le Roy a fait depuis peu la Reveuë de tous ces Bra- ves qui ſontdevenus la terreur des Allemans. Sa majeſté avoit
cinq censGardes nouveau,bien montez, bien veſtus, &de tres
bonne mine , qu'elle diſtribua dans les Compagnies pour les augmenter , & les rendre encor plus fortes qu'elles n'eſtoient avant la Campagne. Voicy les Noms de ceux qu'elle fit Exempts , & à qui Elle voulut donner par làdesmarquesde la fatifa
216 LE MERCVRE
:
ſatisfaction qu'Elle avoit reçeuë de leurs ſervices.
Dans la Compagnie de Noailles.
M le Marquis de S. Cha- mant du Peſcher, Cadet. Il eſt
originaire de Limousin , d'une tres-bonne Maiſon , & Parent
deM. le Ducde Noailles.
M.dela Meſſeliere, auſſi Cadet.
M. de Tierceville , de Normandie, Brigadier.
M.deVerduiſant, de Guyen- ne. Il a efté Lieutenantdes Gardes de feu M. le Mareſchal
d'Albret , & Capitaine de Ca- valerie.
M. de Granpré , Premier Capitaine d'un Regiment de Cavalerie.
cinq censGardes nouveau,bien montez, bien veſtus, &de tres
bonne mine , qu'elle diſtribua dans les Compagnies pour les augmenter , & les rendre encor plus fortes qu'elles n'eſtoient avant la Campagne. Voicy les Noms de ceux qu'elle fit Exempts , & à qui Elle voulut donner par làdesmarquesde la fatifa
216 LE MERCVRE
:
ſatisfaction qu'Elle avoit reçeuë de leurs ſervices.
Dans la Compagnie de Noailles.
M le Marquis de S. Cha- mant du Peſcher, Cadet. Il eſt
originaire de Limousin , d'une tres-bonne Maiſon , & Parent
deM. le Ducde Noailles.
M.dela Meſſeliere, auſſi Cadet.
M. de Tierceville , de Normandie, Brigadier.
M.deVerduiſant, de Guyen- ne. Il a efté Lieutenantdes Gardes de feu M. le Mareſchal
d'Albret , & Capitaine de Ca- valerie.
M. de Granpré , Premier Capitaine d'un Regiment de Cavalerie.
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Résumé : Noms des nouveaux Exempts nommez par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Le roi a révisé les Gardes du Corps, renforçant leurs rangs avec cinq cents nouveaux soldats bien équipés. Il a nommé plusieurs exempts, dont le Marquis de Saint-Chamant du Pescher, M. de la Messeliere, M. de Tierceville, M. de Verduisant et M. de Granpré, pour leurs services.
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164
p. 307-310
Noms des morts & des blessez & de ceux qui se sont signalez à ce Siege. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja parlé, Madame, de Mr de la Messeliere, [...]
Mots clefs :
Honneur, Signaler, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms des morts & des blessez & de ceux qui se sont signalez à ce Siege. [titre d'après la table]
Je vous ay déja parlé , ma- dame, de M. de la meſſeliere ,
qui a fait pluſieurs Campagnes. Il eſt bien fait, a du cœur,
&
GALANT. 217
&s'eſt fignalé dans la Journée de Cokberg. Il fort d'une des meil leures Maiſons de Poitou &de la Marche , & eft allié de celles de Roche- choüart, de la Rochefoucaut, de Maillé, de Brezé, de Polignac, &de toutes les plus qualifiées de Poitu &de Li- moufin.SonGrad Pere fut nourry En- fant d'Honneur aupres de Loüis XIII.
&ſes Anceſtres ont eu de grandes Charges &des Emplois conſidérables dans les Maiſons de nos Rois.
Dans la Compagnie de Duras.
M. Desforges. Ileſt Neveu de M. de Chaſeron Lieutenant General des
Armées du Roy , &luy aſervy d'Ay- de de Camp.
1 M. Meffier. Il a eſté bleſſé , & eft retourné dans l'Occaſion avec plus d'ardeur , apres avoir eſté query de fes bleffures.
M. Danglar , Brigadier.
Dans la Compagniede Luxembourg.
M. de la Chaume, M. de S. Pierre,
M. de la Tolnele , & M. le Chevalier
de S. Lucé. Ie n'en ay pû apprendre queles noms.
Tome X. K
218 LE MERCVRE
Dansla Compagnie de Lorge.
M. le Chevalier de Rhodes. Il eſt
Frere de M. de Rhodes Grand-Maiſtre
des Cerémonies.
M. de S. Martin. Il a trente années
de ſervice , & n'a perdu aucune occa- fion de ſe ſignaler. Il a eſté Capitaine d'Infanterie , Brigadier des Mouſque- taires , & fut fait Major de Nimégue dans le temps de cette Conquefte. Il atoûjours ſervyd'Aydede Campdans l'Armée du Roy ſous M. de Lorge, &
fes manieres honneſtes le font eſtimer
detous ceux qui le connoiffent.
Ie ne puis mieux finir ce qui regar- de la Guerre, qu'en vous apprenant le retour de Monfieur le Mareſchal de
Créquy. il a eu l'honneur de ſalüer le Roy , &en a eſté reçeu comme le meritoient les actions de conduite &
de vigueur qui luy ont acquis tant de gloire dans toute cette Campagne
qui a fait pluſieurs Campagnes. Il eſt bien fait, a du cœur,
&
GALANT. 217
&s'eſt fignalé dans la Journée de Cokberg. Il fort d'une des meil leures Maiſons de Poitou &de la Marche , & eft allié de celles de Roche- choüart, de la Rochefoucaut, de Maillé, de Brezé, de Polignac, &de toutes les plus qualifiées de Poitu &de Li- moufin.SonGrad Pere fut nourry En- fant d'Honneur aupres de Loüis XIII.
&ſes Anceſtres ont eu de grandes Charges &des Emplois conſidérables dans les Maiſons de nos Rois.
Dans la Compagnie de Duras.
M. Desforges. Ileſt Neveu de M. de Chaſeron Lieutenant General des
Armées du Roy , &luy aſervy d'Ay- de de Camp.
1 M. Meffier. Il a eſté bleſſé , & eft retourné dans l'Occaſion avec plus d'ardeur , apres avoir eſté query de fes bleffures.
M. Danglar , Brigadier.
Dans la Compagniede Luxembourg.
M. de la Chaume, M. de S. Pierre,
M. de la Tolnele , & M. le Chevalier
de S. Lucé. Ie n'en ay pû apprendre queles noms.
Tome X. K
218 LE MERCVRE
Dansla Compagnie de Lorge.
M. le Chevalier de Rhodes. Il eſt
Frere de M. de Rhodes Grand-Maiſtre
des Cerémonies.
M. de S. Martin. Il a trente années
de ſervice , & n'a perdu aucune occa- fion de ſe ſignaler. Il a eſté Capitaine d'Infanterie , Brigadier des Mouſque- taires , & fut fait Major de Nimégue dans le temps de cette Conquefte. Il atoûjours ſervyd'Aydede Campdans l'Armée du Roy ſous M. de Lorge, &
fes manieres honneſtes le font eſtimer
detous ceux qui le connoiffent.
Ie ne puis mieux finir ce qui regar- de la Guerre, qu'en vous apprenant le retour de Monfieur le Mareſchal de
Créquy. il a eu l'honneur de ſalüer le Roy , &en a eſté reçeu comme le meritoient les actions de conduite &
de vigueur qui luy ont acquis tant de gloire dans toute cette Campagne
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Résumé : Noms des morts & des blessez & de ceux qui se sont signalez à ce Siege. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière plusieurs individus et leurs exploits militaires. M. de La Messeliere, issu d'une famille noble du Poitou et de la Marche, alliée à des maisons prestigieuses comme Rochechoüart, La Rochefoucault, et Polignac, s'est distingué lors de la journée de Cokberg. Son grand-père fut élevé comme Enfant d'Honneur auprès de Louis XIII, et ses ancêtres occupèrent des charges importantes auprès des rois de France. Dans la compagnie de Duras, M. Desforges, neveu de M. de Chaseron, Lieutenant Général des Armées du Roi, a servi d'Aide de Camp. M. Meffier, bien que blessé, a continué à se battre avec ardeur. M. Danglar est Brigadier. Dans la compagnie de Luxembourg, plusieurs noms sont mentionnés sans détails précis : M. de La Chaume, M. de Saint-Pierre, M. de La Touchelle, et M. le Chevalier de Saint-Lucé. Dans la compagnie de Lorge, M. le Chevalier de Rhodes est le frère de M. de Rhodes, Grand-Maître des Cérémonies. M. de Saint-Martin, avec trente années de service, a été Capitaine d'Infanterie, Brigadier des Mousquetaires, et Major de Nimègue. Il a toujours servi d'Aide de Camp dans l'Armée du Roi sous M. de Lorge et est respecté pour ses manières honnêtes. Le texte se conclut par l'annonce du retour du Maréchal de Créquy, reçu par le Roi en reconnaissance de ses actions glorieuses durant la campagne.
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165
p. 213-215
Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Début :
Quoy qu'il soit tres-difficile de renoncer aux erreurs qu'on a prises [...]
Mots clefs :
Erreurs, Religion prétendue réformée, Abjuration, Jeunesse, Charmes, Voix du ciel, Famille, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Quoy qu'il foit tres - difficile
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
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166
p. 110-112
Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay apris avec quelle fermeté la belle Mademoiselle Biseüil d'Alençon, [...]
Mots clefs :
Abjuration, Religion prétendue réformée, Ténèbres, Prière, Conversion, Religion romaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Je vous ay apris avec quelle fermeté
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
Fermer
167
p. 6-10
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Ce qui fait connoistre qu'il n'y a jamais eu que des Esprits [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Erreur, Vérité, Catholique, Prêches, Controverse, Hérésie protestante, Conversions, Abjurations, Âme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Ce qui fait connoiftre qu'il
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
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168
p. 7-21
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
En voicy d'autres, dont j'ay à vous faire part. [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Vérité, Sermons, Ministres, Maximes catholiques, Sincérité, Erreurs, Inquisition, Hérésie, Couvent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
En voicy d'autres,
dont j'ay à vous faire
part. Celle de Guillaume-
Jofeph David , Chevalier,
Comte de Villemontade, eft
fort finguliere. Il eſt de Bretagne
, Fils de Mathurin
David,Seigneurde laRoche
bernard , Villemontade, &c.
& de Dame Mathurine
Jumel du Bordage , dans le
Dioceſe de S. Malo. Apres
A
iiij
8 MERCVRE
eftre forty des Etudes , &
avoir achevé fes Exercices,
les réfléxiós qu'il avoit faites
dés fes plus tendres années,
fur l'indifpenfable obligation
de chercher la verité,
fans s'obftiner dans l'erreur
par confidération de Famille
, commencerent à luy
faire fentir de grands troubles
. Il entendit diférens
Sermons dans nos Eglifes,
dont il fut affez touché,pour
s'accoûtumer à des Prati
ques de devotion contraires
à la Religion où il eftoit né.
Elles fervirent à fortifier le
GALANTM ,
deffein qu'il avoit eu de tour
temps de s'éclaircir de fes
doutes. Il confulta les plus
fçavans Miniftres qu'il put
trouver , & n'eftant point fak
tisfait de leurs réponfes , il
fe retira dans le Séminaire de
S. Lazare , où de jour en
jour on luy deffilloit les
yeux . M' de Villemontade
fon Pere , ayant eu avis
qu'il conféroit avec nos
Docteurs , prit un prétexte
éloigné pour le faire revenir.
Si -toft qu'il fut de retour , il
l'enferma dans un lieu , où il
fut traité pendant trois mois
10 MERCVRE
avec toutes les rigueurs ima
ginables. Il en comprit la
raiſon, & n'eut pas de peine
à voir quel eftoit fon crime.
Il foufrit longtemps cette
perfécution fans qu'on le
laiffaft parler à perfonne.
Enfin ayant reconnu que la
feinte feule luy rendroit la
liberté , il déclara que les
Maximes des Catholiques
qu'il avoit voulu fçavoir, n'avoient
fait que l'affermir
dans la Religion de fes
Peres , qu'il prétendoit y
mourir, & que s'il eftoit coupable
, ce ne pouvoit eftre
GALANT. II
que d'avoir efté trop cu
rieux. La fincerité qu'il
affecta ayant adoucy fon
Pere , non feulement il le
tira de priſon , mais il commença
de travailler à fon
élevation du cofté de la Forrune.
Les honneurs qu'il
luy vouloir affurer furent
incapables de l'ébloüir. II
s'échapa dés qu'il en trouva
l'occafion , & apres avoir
confulté tout de nouveau en
diférens Lieux ce qu'il ren
contra de fameux Miniſtres,
fans qu'il en reçeuft aucun
éclairciffement qui le far
12 MERCVRE
tisfift, il ceffa de balancer,
& enfin le 17. de Septembre,
il abjura les erreurs à Avignon
, entre les mains du
Pere de Péruffis , Maistre de
l'Inquifition , qui luy avoit
procuré quelques conférences
avec M' le Vice- Légat.
Cette action faite avec un
zele qui marquoit affez l'attrait
preffant de la Grace,,
fut fuivie d'une autre qu'on
n'attendoit pas. Il réfolut de
quiter le monde , & choifit
le Tiers Ordre de S. François,
par le motif d'un quatriéme
Vou de Pénitence
GALANT. 13
que l'on y fait, outre les trois
folemnels de Religion. C'eſt
par là que les Religieux de
cet Ordre font appellez Pénitens
. On les nomme auffi
Picpus , en beaucoup de
Villes du Royaume , à cauſe
d'un tres - beau Convent
qu'ils ont à Paris , dans
une Rue appellée Picpus.
Ce vertueux Poftulant fut
renvoyé à Lyon , où eſt le
Novitiat de la Province , &
y prit l'Habit le cinquième
d'Octobre dernier , avec le
nom de Frere François-
Marie. Sa ferveurſurprend,
14 MERCVRE
Vi
& comme il eft agé de vingtfix
ans , & qu'il n'a rien fait
qu'apres avoir bien déliberé,
il eft aifé de connoistre que
l'Eſprit de Dieu agit veritablement
en luy.
Pendant le fejour que
M' le Duc de Navailles a
1
fait depuis peu à la Rochelle
, deux jeunes Perfonnes
, Filles de M' Pagez,
d'une des meilleures Familles
de la Ville , ont abjuré
les mefmes erreurs. Le
foupçon qu'on avoit de
leur deffein les ayant fait
obferver , la Cadete ſe tira
GALANT. 15
爆
adroitement de la Maifon
de fon Pere , & vint à celle
de Ville , demander la pro
tection de Madame la Du
cheſſe de Navailles , pour
elle , & pour fon Aînée qui
eftoit dans le deffein de la
.
fuivre. Elle en fut reçeuë
avec toute forte d'affection ,
cette Ducheffe fe faiſant un
plaifir particulier de pro
teger ceux qui luy demandentazile,
& ayant d'ailleurs
l'ardeur la plus empreffée
pour tout ce qui touche la
Religion. Son Aînée trouva
peu de temps apres les
16 MERCVRE
moyens de s'échaper , &
toutes deux apres s'eftre fait
inftruire par M Vignier de
l'Oratoire , Curé de S. Barthelemy
, ont renoncé à
l'Hérefie de Calvin, Ce zelé
Paſteur les a fait mettre aux
Filles de la Providence , où
il a foin qu'elles ne manquent
d'aucune des chofes
qui leur peuvent eſtre ncceffaires.
La principale loüange
de cette bonne oeuvre,
eft deue aux manieres infinuantes
& perfuafives, auffibien
qu'à la pieté d'une
de leurs Soeurs aînées, qui
GALANT. 17
changea de Religion il y
a cinq ou fix mois. Madame
de Muns, Intendante
de Rochefort , à qui elle
avoit communiqué fon deffein
, l'ayant fait conduire à
Xaintes , au Convent des
Filles de Sainte Claire , elle
y embraffa les veritez Catholiques,
dont un fçavant
Recolet luy donna l'inftruction.
Depuis ce tempsM'de
Muns l'a recommandée au
Pere de la Chaife,& en a ob
tenu pour elle une Penfion
du Roy. Sa fage conduite a
toûjours édifié ces faintes
Decembre 1680. B
18 MERCVRE
Religieuses , & enfin elle eft
revenue à la Rochelle , où
M'le Duc, & Madame la Ducheffe
de Navailles , l'avoient
reconciliée avec les Parens ;
mais depuis la Converfion
de fes deux Cadetes , ils ne
veulent plus qu'on leur parle
d'elle. C'eft une Fille d'un
efprit fort avancé , quoy
qu'elle n'ait pas encor dixfept
ans. Madame la Du
cheffe de Navailles l'a confiée
en partant à Madame
de Fontmort , qui eft une
-Dame d'une genérofité fort
peu commune , & auffi
GALANT. 19
connue dans le monde
par les charmes de fon
entretien , que par l'agré
ment qu'elle fçait donner
à toutes fes Lettres . Elle
eft Coufine germaine de
Madame la Marquife de
Maintenon , & Petite- Fille
comme elle du fameux M
d'Aubigny , qui eut tant de
part à la confiance & à la faveur
de Henry le Grand .
Ces Converfions ont efté
fuivies de celle de M' Marie,
Avocat au Parlement ,
apres avoir longtemps combatu,
termina toutes les diffi
qui
Bij
20 MERCVRE
cultez qui l'arreftoient par
la folemnelle Abjuration:
qu'il fit le 17. de l'autre Mois ,
dans l'Eglife du Novitiat des
Jefuites , entre les mains du
Pere du Doy , Directeur
de la Congregation établie
dans cette Maiſon , avec qui
il avoit eu de fréquentes
conférences. Ileft de Grenoble
, & on a efté convaincu
de la fincerité de ſon
changement, non feulement
par les interefts du monde
, aufquels il a genéreuſement
renoncé, abandonant
tous les avantages que luy
4
GALANT 21
ofroient fes Parens , mais
encor par les Motifs qu'il a
prononcez en Robe au pied
de l'Autel, & cela d'une maniere
fi édifiante , qu'il s'eſt
attiré
l'admiration de quan
tité de
Perſonnes de la premiere
qualité, qui ont efté
témoins de cette action,
dont j'ay à vous faire
part. Celle de Guillaume-
Jofeph David , Chevalier,
Comte de Villemontade, eft
fort finguliere. Il eſt de Bretagne
, Fils de Mathurin
David,Seigneurde laRoche
bernard , Villemontade, &c.
& de Dame Mathurine
Jumel du Bordage , dans le
Dioceſe de S. Malo. Apres
A
iiij
8 MERCVRE
eftre forty des Etudes , &
avoir achevé fes Exercices,
les réfléxiós qu'il avoit faites
dés fes plus tendres années,
fur l'indifpenfable obligation
de chercher la verité,
fans s'obftiner dans l'erreur
par confidération de Famille
, commencerent à luy
faire fentir de grands troubles
. Il entendit diférens
Sermons dans nos Eglifes,
dont il fut affez touché,pour
s'accoûtumer à des Prati
ques de devotion contraires
à la Religion où il eftoit né.
Elles fervirent à fortifier le
GALANTM ,
deffein qu'il avoit eu de tour
temps de s'éclaircir de fes
doutes. Il confulta les plus
fçavans Miniftres qu'il put
trouver , & n'eftant point fak
tisfait de leurs réponfes , il
fe retira dans le Séminaire de
S. Lazare , où de jour en
jour on luy deffilloit les
yeux . M' de Villemontade
fon Pere , ayant eu avis
qu'il conféroit avec nos
Docteurs , prit un prétexte
éloigné pour le faire revenir.
Si -toft qu'il fut de retour , il
l'enferma dans un lieu , où il
fut traité pendant trois mois
10 MERCVRE
avec toutes les rigueurs ima
ginables. Il en comprit la
raiſon, & n'eut pas de peine
à voir quel eftoit fon crime.
Il foufrit longtemps cette
perfécution fans qu'on le
laiffaft parler à perfonne.
Enfin ayant reconnu que la
feinte feule luy rendroit la
liberté , il déclara que les
Maximes des Catholiques
qu'il avoit voulu fçavoir, n'avoient
fait que l'affermir
dans la Religion de fes
Peres , qu'il prétendoit y
mourir, & que s'il eftoit coupable
, ce ne pouvoit eftre
GALANT. II
que d'avoir efté trop cu
rieux. La fincerité qu'il
affecta ayant adoucy fon
Pere , non feulement il le
tira de priſon , mais il commença
de travailler à fon
élevation du cofté de la Forrune.
Les honneurs qu'il
luy vouloir affurer furent
incapables de l'ébloüir. II
s'échapa dés qu'il en trouva
l'occafion , & apres avoir
confulté tout de nouveau en
diférens Lieux ce qu'il ren
contra de fameux Miniſtres,
fans qu'il en reçeuft aucun
éclairciffement qui le far
12 MERCVRE
tisfift, il ceffa de balancer,
& enfin le 17. de Septembre,
il abjura les erreurs à Avignon
, entre les mains du
Pere de Péruffis , Maistre de
l'Inquifition , qui luy avoit
procuré quelques conférences
avec M' le Vice- Légat.
Cette action faite avec un
zele qui marquoit affez l'attrait
preffant de la Grace,,
fut fuivie d'une autre qu'on
n'attendoit pas. Il réfolut de
quiter le monde , & choifit
le Tiers Ordre de S. François,
par le motif d'un quatriéme
Vou de Pénitence
GALANT. 13
que l'on y fait, outre les trois
folemnels de Religion. C'eſt
par là que les Religieux de
cet Ordre font appellez Pénitens
. On les nomme auffi
Picpus , en beaucoup de
Villes du Royaume , à cauſe
d'un tres - beau Convent
qu'ils ont à Paris , dans
une Rue appellée Picpus.
Ce vertueux Poftulant fut
renvoyé à Lyon , où eſt le
Novitiat de la Province , &
y prit l'Habit le cinquième
d'Octobre dernier , avec le
nom de Frere François-
Marie. Sa ferveurſurprend,
14 MERCVRE
Vi
& comme il eft agé de vingtfix
ans , & qu'il n'a rien fait
qu'apres avoir bien déliberé,
il eft aifé de connoistre que
l'Eſprit de Dieu agit veritablement
en luy.
Pendant le fejour que
M' le Duc de Navailles a
1
fait depuis peu à la Rochelle
, deux jeunes Perfonnes
, Filles de M' Pagez,
d'une des meilleures Familles
de la Ville , ont abjuré
les mefmes erreurs. Le
foupçon qu'on avoit de
leur deffein les ayant fait
obferver , la Cadete ſe tira
GALANT. 15
爆
adroitement de la Maifon
de fon Pere , & vint à celle
de Ville , demander la pro
tection de Madame la Du
cheſſe de Navailles , pour
elle , & pour fon Aînée qui
eftoit dans le deffein de la
.
fuivre. Elle en fut reçeuë
avec toute forte d'affection ,
cette Ducheffe fe faiſant un
plaifir particulier de pro
teger ceux qui luy demandentazile,
& ayant d'ailleurs
l'ardeur la plus empreffée
pour tout ce qui touche la
Religion. Son Aînée trouva
peu de temps apres les
16 MERCVRE
moyens de s'échaper , &
toutes deux apres s'eftre fait
inftruire par M Vignier de
l'Oratoire , Curé de S. Barthelemy
, ont renoncé à
l'Hérefie de Calvin, Ce zelé
Paſteur les a fait mettre aux
Filles de la Providence , où
il a foin qu'elles ne manquent
d'aucune des chofes
qui leur peuvent eſtre ncceffaires.
La principale loüange
de cette bonne oeuvre,
eft deue aux manieres infinuantes
& perfuafives, auffibien
qu'à la pieté d'une
de leurs Soeurs aînées, qui
GALANT. 17
changea de Religion il y
a cinq ou fix mois. Madame
de Muns, Intendante
de Rochefort , à qui elle
avoit communiqué fon deffein
, l'ayant fait conduire à
Xaintes , au Convent des
Filles de Sainte Claire , elle
y embraffa les veritez Catholiques,
dont un fçavant
Recolet luy donna l'inftruction.
Depuis ce tempsM'de
Muns l'a recommandée au
Pere de la Chaife,& en a ob
tenu pour elle une Penfion
du Roy. Sa fage conduite a
toûjours édifié ces faintes
Decembre 1680. B
18 MERCVRE
Religieuses , & enfin elle eft
revenue à la Rochelle , où
M'le Duc, & Madame la Ducheffe
de Navailles , l'avoient
reconciliée avec les Parens ;
mais depuis la Converfion
de fes deux Cadetes , ils ne
veulent plus qu'on leur parle
d'elle. C'eft une Fille d'un
efprit fort avancé , quoy
qu'elle n'ait pas encor dixfept
ans. Madame la Du
cheffe de Navailles l'a confiée
en partant à Madame
de Fontmort , qui eft une
-Dame d'une genérofité fort
peu commune , & auffi
GALANT. 19
connue dans le monde
par les charmes de fon
entretien , que par l'agré
ment qu'elle fçait donner
à toutes fes Lettres . Elle
eft Coufine germaine de
Madame la Marquife de
Maintenon , & Petite- Fille
comme elle du fameux M
d'Aubigny , qui eut tant de
part à la confiance & à la faveur
de Henry le Grand .
Ces Converfions ont efté
fuivies de celle de M' Marie,
Avocat au Parlement ,
apres avoir longtemps combatu,
termina toutes les diffi
qui
Bij
20 MERCVRE
cultez qui l'arreftoient par
la folemnelle Abjuration:
qu'il fit le 17. de l'autre Mois ,
dans l'Eglife du Novitiat des
Jefuites , entre les mains du
Pere du Doy , Directeur
de la Congregation établie
dans cette Maiſon , avec qui
il avoit eu de fréquentes
conférences. Ileft de Grenoble
, & on a efté convaincu
de la fincerité de ſon
changement, non feulement
par les interefts du monde
, aufquels il a genéreuſement
renoncé, abandonant
tous les avantages que luy
4
GALANT 21
ofroient fes Parens , mais
encor par les Motifs qu'il a
prononcez en Robe au pied
de l'Autel, & cela d'une maniere
fi édifiante , qu'il s'eſt
attiré
l'admiration de quan
tité de
Perſonnes de la premiere
qualité, qui ont efté
témoins de cette action,
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169
p. 4-15
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé de la Déclaration qui enjoint aux Officiers [...]
Mots clefs :
Déclarations, Ministres, Religion prétendue réformée, Catholique, Vérité, Erreurs, Abjuration, Hérésie, Conversions, Missions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Jevous ay parlé
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
Fermer
170
p. 291-299
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçaurois quiter le Poitou, où il se fait [...]
Mots clefs :
Poitou, Conversions, Abjurations, Erreurs, Religion prétendue réformée, Missionnaires, Malades, Calvin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je ne fçaurois quiter le
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
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171
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Fermer
172
p. 7-10
Entrée de M. l'Evesque de Poitiers à Niort, [titre d'après la table]
Début :
Rien ne sçauroit égaler les soins de Mr l'Evesque de Poitiers, [...]
Mots clefs :
Évêque de Poitiers, Zèle, Niort, Clergé, Hérésie, Charité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée de M. l'Evesque de Poitiers à Niort, [titre d'après la table]
Rien
ne fçauroit égaler les foins
de M. l'Evefque de Poitiers,
qui fait éclater un zele extraordinaire
pour tirer d'er-
Feur ceux qui l'ont reçeuë
avec la naiffance. Ce digne
Prélat fit fon Entrée à Niort,
feconde Ville de fon Diocefe
, fur la fin du dernier
mois. Tous les Corps tant
du Clergé, que de la Justice
& de la Ville , allerent fort
loin au devant de luy, & luy
firent à l'envy tous les honneurs
qu'il pouvoit attendre.
A peine fut ildans la Maiſon
A iiij
8 MERCVRE
préparée pour fon Loge.
ment, qu'on la vit environ
née de plus de deux mille
Perfonnes qui luy deman
doient l'abfolution de l'Hé
refie . Il la leur donna apres
les Inftructions neceffaires,
avec tant de marques de
joye & de charité, qu'il fut
admiré de tout le monde.
Cette charité parut non feulement
dans fon extréme
application à des devoirs fi
preffans , mais encor dans
le fecours qu'il prefta à un
fort grand nombre de Mala
heureux. Pendant tout le
GALANT.ng
temps de fon fejour, il ne fe
fit à Niort aucune Solemnité
à laquelle il n'affiftaft avec
une pieté toute exemplaire.
Ce ne fut
pas
fans
que divers
éloges publics qu'il fut
contraint d'écouter , fiffent
fort fouffrir la modeftie. Sur
tout,le Pere Bonnet, de l'O--
ratoire, prêchant devant luy
le 3. de ce mois dans l'Eglife
des Carmelites , fe fervit de
termes fi juftes & fi bien
choifis, dans le Compliment
qu'il luy adreffa , qu'il ne
pouvoit confirmer avec plus
de gloire l'approbation qu'il
I
10 MERCVRE
7
s'eftoit acquife de tout le
Pais par fes Sermons du Carefine.
ne fçauroit égaler les foins
de M. l'Evefque de Poitiers,
qui fait éclater un zele extraordinaire
pour tirer d'er-
Feur ceux qui l'ont reçeuë
avec la naiffance. Ce digne
Prélat fit fon Entrée à Niort,
feconde Ville de fon Diocefe
, fur la fin du dernier
mois. Tous les Corps tant
du Clergé, que de la Justice
& de la Ville , allerent fort
loin au devant de luy, & luy
firent à l'envy tous les honneurs
qu'il pouvoit attendre.
A peine fut ildans la Maiſon
A iiij
8 MERCVRE
préparée pour fon Loge.
ment, qu'on la vit environ
née de plus de deux mille
Perfonnes qui luy deman
doient l'abfolution de l'Hé
refie . Il la leur donna apres
les Inftructions neceffaires,
avec tant de marques de
joye & de charité, qu'il fut
admiré de tout le monde.
Cette charité parut non feulement
dans fon extréme
application à des devoirs fi
preffans , mais encor dans
le fecours qu'il prefta à un
fort grand nombre de Mala
heureux. Pendant tout le
GALANT.ng
temps de fon fejour, il ne fe
fit à Niort aucune Solemnité
à laquelle il n'affiftaft avec
une pieté toute exemplaire.
Ce ne fut
pas
fans
que divers
éloges publics qu'il fut
contraint d'écouter , fiffent
fort fouffrir la modeftie. Sur
tout,le Pere Bonnet, de l'O--
ratoire, prêchant devant luy
le 3. de ce mois dans l'Eglife
des Carmelites , fe fervit de
termes fi juftes & fi bien
choifis, dans le Compliment
qu'il luy adreffa , qu'il ne
pouvoit confirmer avec plus
de gloire l'approbation qu'il
I
10 MERCVRE
7
s'eftoit acquife de tout le
Pais par fes Sermons du Carefine.
Fermer
173
p. 124-126
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 2. de ce mois, une Famille toute entiere d'un riche [...]
Mots clefs :
Famille, Bourgeoisie, Abjuration, Conversion, Marquis de Vaisley, Vérité catholique, Zèle, Difficulté, Grand-vicaire, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Samedy 2. de ce mois,
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
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174
p. 333-336
Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait plusieurs conversions de Personnes considérables, parmy lesquelles [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Marquis, Duc, Illustre famille, Vicomte, Hérésie de Calvin, Erreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
tolls'est fait plufieurs converfions
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
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175
p. 317-331
Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
Début :
C'est avec raison, Madame, que je vous ay dit bien [...]
Mots clefs :
Roi, André Boureau-Deslandes, M. Cornuet, Siam, Roi de Siam, Terre, Présents, Lettre, Pavillon, Ambassadeurs, François Baron, Indes, France, Pays, Europe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
C'eft avec railon, Madame
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
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Résumé : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
En 1680, des ambassadeurs du roi de Siam furent envoyés en France pour reconnaître la grandeur et les conquêtes du roi de France. Le baron, directeur général de la Compagnie Royale de France dans les Indes, mit à disposition un vaisseau pour transporter les ambassadeurs. Ce vaisseau, commandé par M. Cornuet et transportant M. Dellandes, arriva en septembre 1680. Dellandes, choisi pour sa bonne mine et son éducation, portait une lettre et des présents du roi de France. À leur arrivée, ils demandèrent la permission de saluer un pavillon, ce qui fut accordé. Dellandes remarqua un pavillon républicain et insista pour en hisser un royal, ce qui entraîna une salve d'artillerie échangée entre le vaisseau et la forteresse. Dellandes et Cornuet furent ensuite conduits à une maison préparée pour eux. En septembre, trois mandarins vinrent accompagner la lettre et les présents à la cour. Dellandes, accompagné de soldats français, fut reçu par les ministres du roi de Siam. L'audience dura plus d'une heure, durant laquelle Dellandes répondit aux questions sur la France et son monarque. Le roi de Siam, impressionné par les présents, notamment des lustres de cristal et des pièces d'artillerie, décida d'envoyer trois ambassadeurs en France. Ces ambassadeurs, incluant un grand mandarin expérimenté, partirent pour Bantam mais manquèrent le vaisseau Soleil d'Orient. Ils étaient attendus en septembre 1681 sur ce même vaisseau. Le roi de Siam, anticipant des conflits avec une puissance européenne, cherchait à s'allier avec la France. Ses titres incluent 'Roi des Rois' et 'Maître des Eaux', et ses États s'étendent sur plus de trois cents lieues dans les Indes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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176
p. 22-26
Conversions faites par M. l'Evesque Duc de Laon, avec un Extrait de son Discours aux Nouveaux Convertis, [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Evesque, Duc de Laon, & Pair de France, ayant fait [...]
Mots clefs :
Évêque, Duc de Laon, Conversion, Hérétiques, Zèle, Succès, Discours, Nouveaux catholiques, Ténèbres, Erreurs, Vérités, Lumière, Église, Louanges
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texteReconnaissance textuelle : Conversions faites par M. l'Evesque Duc de Laon, avec un Extrait de son Discours aux Nouveaux Convertis, [titre d'après la table]
M' l'Evesque, Duc de
Laon, & Pair de France,
ayant fait son Entréedans
sa Ville Episcopale au commencement
de l'autre Mois,
comme je vous l'ay mandé,
n'eut point déslors de soin
plus pressant que de s'appliquer
à la Convei sion des
Herétiques. L'ardeur de son
zele eut un succés si heureux,
que sept jours apres ilreçeut
l'abjuration de dix Personnes.
Chacun fut charmédu
Discours qu'il sir à ces nouveaux
Catholiques. Il leur
À
témoigna d'abord la joye
qu'il auoit de commencer
les fonctions de son ministere
par celle du Bon Pasteur,
qui est de remettre dans la
voye du salut ceux qui s'en
font , écartez, & leur fit
connoîtrequ'il ne leur estoitpas
inutile d'avoir esté
quelque temps envelopez
des tene bres de l'erreur,
parce qu'estant enfinheureusement
éclairez des lumieres
de la verité, ils auroient
plus de plaisir à la
voir, & plus de facilité à la
faire voir aux autres, En fuite
il leur expliqua les deux caractères
de la veritable Eglise,
qui sont son Unité,& ion
Universalité,& ille fit d'une
maniere sublime, & en mefme
temps si claire, qu'il rendit
capables ceux qu'il instruisoit,
d'instruireàleurtour
les plus aveuglez du Party
contraire. Il finit en leur disant,
qu'ayantl'avantaged'estre
devenus Enfans de lumiere,
ilsdevoient tâcher de dissiper les
erreurs autant par la pureté de
leur vie & de leurs moeurs, que
par celle de leur Foy; que tout
leur estoitfavorable, puis qu'en
rentrant
rentrant au sein de l'Eglise, ils
rentroientaussi dans le coeur d'un
Pere,dont ilsrecevroient de continuelles
marques de tendresse,
&que ce qui estoitpour eux un
bonheurfortgrand
,
c'est qu'ils
rentroientd'une maniere plus
singuliere fous la protection du
plus grand de tous les Roys, dont
lajusticeempeschoit que les Ensans
qui quittoient les maximes
de Calvin, ne redoutassent l'injusteindignation
de leurs Peres,
& dont la bonté offroit des récompensesproportionnées
aumerite
de ceux qui rendoient leurs
soûmissionsàl'Eglise. CeDisc
cours nattira pas moins de
loüanges au nouveau Prélat
dont je vous parle, qu'il fut
profitable pour tous ceux
qui l'entendirent.
Madame la Viguiere
Laon, & Pair de France,
ayant fait son Entréedans
sa Ville Episcopale au commencement
de l'autre Mois,
comme je vous l'ay mandé,
n'eut point déslors de soin
plus pressant que de s'appliquer
à la Convei sion des
Herétiques. L'ardeur de son
zele eut un succés si heureux,
que sept jours apres ilreçeut
l'abjuration de dix Personnes.
Chacun fut charmédu
Discours qu'il sir à ces nouveaux
Catholiques. Il leur
À
témoigna d'abord la joye
qu'il auoit de commencer
les fonctions de son ministere
par celle du Bon Pasteur,
qui est de remettre dans la
voye du salut ceux qui s'en
font , écartez, & leur fit
connoîtrequ'il ne leur estoitpas
inutile d'avoir esté
quelque temps envelopez
des tene bres de l'erreur,
parce qu'estant enfinheureusement
éclairez des lumieres
de la verité, ils auroient
plus de plaisir à la
voir, & plus de facilité à la
faire voir aux autres, En fuite
il leur expliqua les deux caractères
de la veritable Eglise,
qui sont son Unité,& ion
Universalité,& ille fit d'une
maniere sublime, & en mefme
temps si claire, qu'il rendit
capables ceux qu'il instruisoit,
d'instruireàleurtour
les plus aveuglez du Party
contraire. Il finit en leur disant,
qu'ayantl'avantaged'estre
devenus Enfans de lumiere,
ilsdevoient tâcher de dissiper les
erreurs autant par la pureté de
leur vie & de leurs moeurs, que
par celle de leur Foy; que tout
leur estoitfavorable, puis qu'en
rentrant
rentrant au sein de l'Eglise, ils
rentroientaussi dans le coeur d'un
Pere,dont ilsrecevroient de continuelles
marques de tendresse,
&que ce qui estoitpour eux un
bonheurfortgrand
,
c'est qu'ils
rentroientd'une maniere plus
singuliere fous la protection du
plus grand de tous les Roys, dont
lajusticeempeschoit que les Ensans
qui quittoient les maximes
de Calvin, ne redoutassent l'injusteindignation
de leurs Peres,
& dont la bonté offroit des récompensesproportionnées
aumerite
de ceux qui rendoient leurs
soûmissionsàl'Eglise. CeDisc
cours nattira pas moins de
loüanges au nouveau Prélat
dont je vous parle, qu'il fut
profitable pour tous ceux
qui l'entendirent.
Madame la Viguiere
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177
p. 101-102
Abjuration de Madame la Marquise de Vausieux, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy sixiéme de l'autre mois, Madame la Marquise [...]
Mots clefs :
Marquise , Hérésie, Conversion, Vérités catholiques, Erreur
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texteReconnaissance textuelle : Abjuration de Madame la Marquise de Vausieux, [titre d'après la table]
Le Samedysixiéme de
l'autre mois, Madame la
Marquise deVausieux abjura.
l'Herésie de Calvin dans le
Monastere de Port
-
Royal.
MrdeNémondEvesque de
Bayeux a beaucoup contribuéà
sa Conversion, en s'appliquantfortement
à la convaincre
des Véritez Catholiques.
Il a esté secondé dans
ce grand Ouvrage par les
foins de Mrle Marquis de
Beringhen, Oncle de cette
Marquise. Elle est d'une des
meilleures Maisons de Nor-
Inandic) & peu de Personnes
ont autant de beautéquelle.
l'autre mois, Madame la
Marquise deVausieux abjura.
l'Herésie de Calvin dans le
Monastere de Port
-
Royal.
MrdeNémondEvesque de
Bayeux a beaucoup contribuéà
sa Conversion, en s'appliquantfortement
à la convaincre
des Véritez Catholiques.
Il a esté secondé dans
ce grand Ouvrage par les
foins de Mrle Marquis de
Beringhen, Oncle de cette
Marquise. Elle est d'une des
meilleures Maisons de Nor-
Inandic) & peu de Personnes
ont autant de beautéquelle.
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178
p. 265-273
Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait une Abjuration fort remarquable par les circonstances [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Familles, Hérésie, Lumières, Religieuses, Déclaration, Calvin, Gentilhomme, Controverse
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Abjurations, [titre d'après la table]
Il s'eft fait une Abjuration
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
fort remarquable par
les circonftances dont elle
a efté accompagnée. Ce
que j'ay à vous en dire eft
arrivé à Orbec,Ville en Normandie,
où il y a
y a Bailliage.
Le Seigneur du lieu eft de
la Religion Prétenduë Reformée,
dont quantité d'Habitans
font profeffion. La
commodité d'un Prefche,
où l'exercice public s'en fait
Novembre 1681. Z
266 MERCVRE
dans ce mefme lieu , eft caufe
que beaucoup de Familles
anciennes reftent dans l'erreur.
Celle de M Defpars
Avocat d'Orbec eft de ce
nombre. Il a dix ou douze
Enfans qu'il a pris garnd
foin de bien inftruire dans
Heréfie qu'il profeffe. Ses
,
inftructions n'ont pourtant
point empefché que les lumieres
d'Enhaut n'ayent é
clairé l'une de fes Filles , qui
quoy qu'elle n'ait qu'onze
ans & demy , a l'eſprit tresmeûr
& fort avancé. Cette
jeune Fille tenant fa Reli
GALANT 267
1.
gion fufpecte , fe refolut de
quitter ſon Pere , pour ſe retirer
dans un Convent
de
Religieufes
qui font à Orbec.
Elle y alla le huitiéme
de Juillet , & n'y fut receuè
qu'après que Abbeffe du
Convent le vit appuyée de
l'autorité
de la Juftice
cut l'approbation
de fes Parens
Catholiques
. Mde
Touteville
, Juge en femai-
Gentilhomme
tres - zelé
ne ,
&
pour l'intereft de l'Eglife , luy
evint faire ouvrir les Portes,
en préfence de Meffieurs le
Burgois & de la Guerriere
Z ij
268 MERCVRE
Pere & Fils , Gentilshommes
de mérite : & proches
Parens de la Demoiselle.
Son Pere auffi furpris qu'affligé
de fi retraite , préfenta
Requelle aux Juges , dont
il poffedoit affez l'efprit, afin
que fa Fille luy fuſt rendue.
Il remontroit que fuivant la
Declaration de Sa Majefté
de 1669 11ile luy pouvoit
eftre permis de changer de
Religion , puis
usbuis qu'elle n'avot
point encor atteint
l'âge de douze ans. M' de
Touteville s'oppofa de tour
fon pouvoir à fa Requeſte
;
GALANT 269
mais quoy qu'il pût faire, il
euft efté difficile d'en empef
cher fort long- temps l'effet,
fi heureufement on n'euft
receu par la Pofte une nouvelle
Declaration du Roy,
verifiée le mefme jour 8 .
Juillet , qui permet à tous
Enfans au deffus de fept années,
de quitter Calvin pour
fe faire Catholiques. Ce fut
une grande joye pour cette
Fille , qui cut pleine liberté
de refter dans le Convent ,
& d'y recevoir les inftrutions
qui luy eftoient neceffaires.
Elle abjura il y a
Z iij
270 MEROVRE
un mois ou deux dans la
principale Eglife d'Orbec ,
entre les mains de Mle
Grand Vicaire de Lifieux .
Le Clergé avec tout le Corps
de la Juſtice , alla la prendre
au Convent des Religieufes
Madame de Touteville
eftoit avec elle , &
l'accompagna à l'Eglife, ainfque
plufieurs Demoifelles
qui portoient chacune
un Cierge blanc à la main .
Voyez , Madame , comme
le Roy fournit tous les jours
de nouveaux moyens pour
extirper l'Hérefie . En effet ,
GALANT: 271
2
il femble que Sa Declara
tion du 8. de Juillet ait efté
faite pour autoriſer la sconverfion
de cette jeune Perfonne.
On dit que M ' Def
pars ſon Pere commence à
ouvrir les yeux fur l'aveuglement
où il a toujours vêcu
. Ce feroit un grand bonheur
pour tous
ceux
de sfa
Famille
, & pour
beaucoup
d'autres
, à qui
fon
exemple
donneroit
fujet
d'examiner
plus
à fond
le funefte
engagement
ou
les
amis
leur
naiffancem
zussion
ab
JM
de Roffin
Gentilhom-
Z iiij
272 MERCVRE
me de Champagne, fort ef
timés de tous ceux qui le
connoiffent , pour les belles
lumieres de fon eſprit , a
fait auffi abjuration depuis
quelques jours entre les
mains du PereAlexis du Buc
Theatin , qui s'applique fans
relâche à la Converfion des
Herétiques , & qui le premier
Dimanche de ce mois ,
commença la Controverfe
par l'Eloge de fa Majefté.
Il dit , que cet invincible Mo
narque travailloit fans ceffe par.
la grandeur de fes Actions , &
par l'équité defes Arreſts , à reGALANT.
273
mettre dans l'Eglife ceux quir
s'en font feparez qu'il venoit
de rétablir le vray Culte dans
une Ville , d'où la tyrannie de
l'Hérefie l'avoit banny depuis
plus d'unfiecle : qu'il avoit pris
Soin de redreffer des Autels que
l'Impieté avoit abatus , qu'il
avoit fait entrer le veritable
Paſteur dans la Bergerie , dont
de faux Pafteurs s'effoient rendus
maiftres ; & que ces prodigesfaifoient
affez voir que rien
n'eftoit impoffible à un Prince
que le zele de la Maifondu Seigneur
devoroitzub
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179
p. 210-212
Conversion de M. & M. de Strada, [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Evesque de Clermont a reçeu depuis dix ou douze [...]
Mots clefs :
Évêque de Clermont, Abjuration, Madame de Strada, Hérésie, Seigneur, Conversion, Erreur de Calvin, Cérémonie, Discours, Larmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. & M. de Strada, [titre d'après la table]
M'l'Evefque de Clermont
a reçeu depuis dix ou douze
jours l'Abjuration de M &
de Madame de Strada, à la-
S
GALANT. 211
quelle ce vigilant & pieux
Prélat travailloit depuis long
temps. Ils eftoient tous deux
nez dans l'Héreſie , Mª de
Strada, Seigneur de Serlieve
àune lieuë de Clermont, eftant
originaire de Flandre,
&Madame de Strada de la
Famille des Fabrices. Les
bonnes qualitez de l'un &
de l'autre les faifoient fort
eſtimer dans la Province, &
ils n'eſtoient connus de perſonne
qui ne ſouhaitaft leur
converfion. Ainſi ce fut une
joje univerſelle de les voir
enfin aſſez penétrez des lu
Sij
212 MEROVRE
mieres de noſtre Foy , pour
abjurer l'Erreur de Calvin.
La Cerémonie fe fit dans
l'Eglife Cathédrale de Clermont
avec une affluence de
monde incroyable. Mademoiſelle
de Strada leur Fille
ſuivit leur exemple , ainfi
qu'une Fille de leurs Domeſtiques
. M l'Eveſque
leur fit un Diſcours qui attira
les larmes de tous ceux
qui l'entendirent. Le Te
Deum fut chanté en ſuite ſolemnellement
, & tout le
monde ſortit avec une ſatisfaction
extraordinaire.
a reçeu depuis dix ou douze
jours l'Abjuration de M &
de Madame de Strada, à la-
S
GALANT. 211
quelle ce vigilant & pieux
Prélat travailloit depuis long
temps. Ils eftoient tous deux
nez dans l'Héreſie , Mª de
Strada, Seigneur de Serlieve
àune lieuë de Clermont, eftant
originaire de Flandre,
&Madame de Strada de la
Famille des Fabrices. Les
bonnes qualitez de l'un &
de l'autre les faifoient fort
eſtimer dans la Province, &
ils n'eſtoient connus de perſonne
qui ne ſouhaitaft leur
converfion. Ainſi ce fut une
joje univerſelle de les voir
enfin aſſez penétrez des lu
Sij
212 MEROVRE
mieres de noſtre Foy , pour
abjurer l'Erreur de Calvin.
La Cerémonie fe fit dans
l'Eglife Cathédrale de Clermont
avec une affluence de
monde incroyable. Mademoiſelle
de Strada leur Fille
ſuivit leur exemple , ainfi
qu'une Fille de leurs Domeſtiques
. M l'Eveſque
leur fit un Diſcours qui attira
les larmes de tous ceux
qui l'entendirent. Le Te
Deum fut chanté en ſuite ſolemnellement
, & tout le
monde ſortit avec une ſatisfaction
extraordinaire.
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180
p. 159-163
De Goa, Capitale des Indes.
Début :
Le Pere Antoine Thomas, Flamand de nation, qui partit de / Je suis arrivé icy le 26. Septembre, apres avoir essuyé [...]
Mots clefs :
Goa, Empereur, Suma, Japon, Maison, Loi chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Goa, Capitale des Indes.
De Goa, Capitale des Indes.
1LE Pere Antoine Thomas*
Flamanddenation,quipar- - tit de Lisbonne avecdix autres
Jefuites le 18. Aunl16Î0. pour
aller aux Indes, à la Chine r&
au Japon.) nous écrit en ces termes
de Goa du 11. Oélobre 1680.
Je fuis arrivé icy le 26. Septembre,
apres avoir essuyé
mille dangers sur la Mer, ôc
perdumon cherCompagnon
le jeune P. Adam, avec lequel
je devois aller au Japon.
J'apprens icy des nouvelles
prodigieuses de cet
Empire. L'Empereur du Ji
ponn'ayant point deFils,
adopté celuy de la second
Personne du Royaume qu'o
nomme Suma. Ce petit En
fant par innocence de son
âge, demanda congé à l'Empereur
laveillede Noëld'alleren
la Maison de son Perc
pour assister à une gran d
Feste,&y entendre la Messe
L'Empereur surpris, dissimu
la,ôc luy ayant permis ce qui
souhaitoit, fit la nuit suivan
te investir la Maison de Su
ma, que l'on prit avec le Prêtre
qui avoit célébréla Met
se. Il les fit venir en son Palais,
ôc dit à Suma qu'il ne
pouvoit ignorer qu'il avoit
défendu laLoy Chrestienne.
Suma reponditqu'il le sçavoir,
mais qu'il l'avait défendue
injustement, puis que
cette Loy qui estoit d'ailleurs
la veritable, ne rempeschoit
pas de luy rendre tous les services
qu'illuy devoit. L'Empereur
le cÓdanlna à la mort,
mais un grand nombre des
principaux de la Cour qui
estoient présens, dirent hautenlcnr,
que si professer laLoy
Chrestienne estoit un crime
digne de mort, il les devoit
tous faire mourir
3
& plus dj
la moitié de ses Sujets; lliail
que cela feroit fort injustes
puis qu'ils le servoient plui
fidellement qu'aucun autre
& que dans les dernieres
Guerres Civiles, les Chrêtiens
avoient estépresque Ici
seuls à conserver sa Personne
au péril mesme de leurs vies
L'Empereurtouché de ce
discours,
leur dit qu'ils continuaffent,
& leur laissa
une
pleine liberté d'estre Chrêtiens.
UnMedecinFrançois
venu de Siam, m'a dit qu'il
avoit appris cette nouvelle
d'unCapitaine deVaisseauJaponois,&
j'ay [cen d'unPortugais
venu icy ces jours passez
deMalaca,que lesHollandois
racontoient la mefmechofe.
1LE Pere Antoine Thomas*
Flamanddenation,quipar- - tit de Lisbonne avecdix autres
Jefuites le 18. Aunl16Î0. pour
aller aux Indes, à la Chine r&
au Japon.) nous écrit en ces termes
de Goa du 11. Oélobre 1680.
Je fuis arrivé icy le 26. Septembre,
apres avoir essuyé
mille dangers sur la Mer, ôc
perdumon cherCompagnon
le jeune P. Adam, avec lequel
je devois aller au Japon.
J'apprens icy des nouvelles
prodigieuses de cet
Empire. L'Empereur du Ji
ponn'ayant point deFils,
adopté celuy de la second
Personne du Royaume qu'o
nomme Suma. Ce petit En
fant par innocence de son
âge, demanda congé à l'Empereur
laveillede Noëld'alleren
la Maison de son Perc
pour assister à une gran d
Feste,&y entendre la Messe
L'Empereur surpris, dissimu
la,ôc luy ayant permis ce qui
souhaitoit, fit la nuit suivan
te investir la Maison de Su
ma, que l'on prit avec le Prêtre
qui avoit célébréla Met
se. Il les fit venir en son Palais,
ôc dit à Suma qu'il ne
pouvoit ignorer qu'il avoit
défendu laLoy Chrestienne.
Suma reponditqu'il le sçavoir,
mais qu'il l'avait défendue
injustement, puis que
cette Loy qui estoit d'ailleurs
la veritable, ne rempeschoit
pas de luy rendre tous les services
qu'illuy devoit. L'Empereur
le cÓdanlna à la mort,
mais un grand nombre des
principaux de la Cour qui
estoient présens, dirent hautenlcnr,
que si professer laLoy
Chrestienne estoit un crime
digne de mort, il les devoit
tous faire mourir
3
& plus dj
la moitié de ses Sujets; lliail
que cela feroit fort injustes
puis qu'ils le servoient plui
fidellement qu'aucun autre
& que dans les dernieres
Guerres Civiles, les Chrêtiens
avoient estépresque Ici
seuls à conserver sa Personne
au péril mesme de leurs vies
L'Empereurtouché de ce
discours,
leur dit qu'ils continuaffent,
& leur laissa
une
pleine liberté d'estre Chrêtiens.
UnMedecinFrançois
venu de Siam, m'a dit qu'il
avoit appris cette nouvelle
d'unCapitaine deVaisseauJaponois,&
j'ay [cen d'unPortugais
venu icy ces jours passez
deMalaca,que lesHollandois
racontoient la mefmechofe.
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Résumé : De Goa, Capitale des Indes.
Le Père Antoine Thomas, jésuite flamand, écrit une lettre depuis Goa le 11 décembre 1680, relatant son arrivée le 26 septembre après un périlleux voyage en mer durant lequel il a perdu le Père Adam. Thomas rapporte des nouvelles de l'Empire japonais. L'empereur, sans fils, a adopté Suma, fils de la seconde personne du royaume. Suma, ayant assisté à une messe, fut arrêté avec le prêtre célébrant. Accusé de pratiquer la loi chrétienne, interdite, Suma admit sa foi mais affirma sa loyauté envers l'empereur. Menacé de mort, Suma fut sauvé par des membres de la cour, qui soulignèrent la fidélité des chrétiens sujets de l'empereur. Touchée, l'empereur permit la pratique de la foi chrétienne. Cette nouvelle a été confirmée par un médecin français et un Portugais, qui rapportèrent que les Hollandais racontaient la même histoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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181
p. 173-182
Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
Début :
On continuë à faire grand fruit en France aupres des [...]
Mots clefs :
Prétendus réformés, Conversion, Famille, Marquis, Famille d'Antiquar, Vérités catholiques, Controverses, Erreurs, Zèle, Cérémonie, Diocèse, Évêché, Preuves
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texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. le Marquis d'Anquitar, [titre d'après la table]
fruit en France aupres des
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.
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182
p. 182-186
Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Début :
Je croy vous avoir déja parlé de plusieurs conversions, qui ont [...]
Mots clefs :
Conversions, Mademoiselle de Sainte Afrique, Religion prétendue réformée, Henry IV, Catholique, Religionnaires, Voix de Dieu, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : Conversion de Mademoiselle de Sainte Afrique, [titre d'après la table]
Je croy vous avoir déj
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
parlé de - plusieurs conve
fions, qui ont esté faites
Montpellier depuis peu d
temps. Celle de Mademo
selle deSainte Afrique, Fill
de MessireAbeldu Suc, Se
gneur de Sainte Afrique,
de Dame Marte de Gallier
est une des plus remarqu
bles. SonBisayeulfutMr d
Suc, Premier Présidenten la
'Chambre de l'Edit deCastres.
Le Roy Henry IV. qui le
connoissoit pour un Homme
d'unmérite extraordinaire,
lavoit honoré de cette Char- te:LePere deMademoiselle
de Sainte Afrique, mort dans
lia Religion Prétenduë Réformée
,laissa quatre Fils & une
Fille.c-L-Aînédeses Fils s'est
tant converty peu de temps
apres, touchases trois Freres,
qui suivirent son exemple.
-
Il
i ne restoit que la Fille,âgée
1 alors d'environ onze ans. Elle
alloit l auPresche avec saMere,
&cette Mereayant décou
vert qu'elle avoit quelque
panchant à se faire Catholi
que, l'envoya à Montpellie
chez Mr delaVérune-Gal
liere son Oncle, Conseille
en la Cour des Comptes, Aydes
& Finances afin qu'il 1;
confirmas dans la Religor
où elle estoit née. Elle y a
demeuré environ cinq ans
&ufqu"a la mort de Madame
de Sainte Afrique se
Mere. Alors l'Aîné de ses
Freres se voyanc plus libre,
présenta Requeste à:1 Daguesseau,
Intendant de Languedoc,
le supliantd'ordonner
qu'elle fust tirée de la -
MaisondeMrde Galliere son
Oncle,&mise dans un Convent
pour deux ou trois mois,
afin que cessant d'estre obsedée
parles Religionnaires,
ellefust en libertéd'écouter
la Voix de Dieu. On la fit
entrer presque aussitost chez
lesUrsulines de S. Charles de
Montpellier, où elle abjura
publiquement le 23. de Fevrier
entre les mains de Mr
l'AbbédeS.Michel, Vicaire
General de Mr l'Evesque de
Montpellier. Les Religieuses
chez
-
quiellea voulu reste
quelque temps, en prennent
un fort grand soin,ainsi que
de beaucoup d'autres qui se
font coverties dans ce mesme
Monastere. Ces Religieuses
prennent encor foin de la
Maison de la Providence, où
elles tiennent trois de leurs
Soeurs pourinstruire les nouvellesCatholiques
;ce quiest
tres- édifiant pour toute la
Ville.
On
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183
p. 118-121
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Vous avez déja sçeu que Mr Arnaud, Intéressé depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Abjurations, Religion prétendue réformée, Médisance, Discours, Archevêque, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Vous avez déja fçeu que
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
M'Arnaud , Intéreffé depuis
longtemps dans les Fermes
genérales de Sa Majesté,
abjura , il y a plus d'un an,
la Religion Prétenduë Reformée
; mais peut - eſtre les
nouvelles publiques , qu'on
affaifonne affez ordinairement
de médiſance , vous auront-
elles repréfenté fa converfion
, comme peu fincere,
& comme faite fur des veuës
GALANT. 119
par
humaines. Si cela eft, voicy
dequoy vous defabufer. Elle
eft fi pure & fi veritable, que
fon exemple, par fa fage
conduite, par fes inſtructions
tendres & paternelles , ou
plutoft par les graces particulieres
que Dieu luy a faites,
il a attire apres luy plus de
cent dix Perſonnes , & pref
que toute la Famille. ' Deux
de fes Parens , & un de fest
Commis , reconnurent leur
erreur peu de temps apres.
M'de Fontaines fon Fils unique
, ſuivit ſon exemple le
premier jour de Carefme ; &
120 MERCURE
le Dimanche 7. de ce mois,
Madame Arnaud fa Femme,
M'de Blair, & M'des Plantes ,
rous deux Fils de la mefme
Dame, mais fortis d'un premier
Lit , M' de Fayolle , Fils
aîné de M' de Blair, & la De
moifelle de MadameArnaud ,
firent abjuration entre les
mains de M' l'Archevefque
de Paris , en préſence de M'
Lamet Curé de S. Euſtache,
& de M' Varet Docteur de
Sorbonne. Ce fçavant Prélat
leur fit un difcours des plus
touchans , & qui les auroit
entierement confirmez dans
la
GALANT.
- རྩཐ ༢?
la croyance des Veritez Catholiques
, s'il leur eſtoit reſté
quelques doutes . On a veu
des Lettres qui portent que
le mefme jour M ' le Baron
d'Arros d'Auriac , Madame
fa Femme , & fept de leurs
Enfans ,firent auffi abjuration
à Pau en Bearn , perſuadez
les motifs de la converpar
fion de M' de Blair , qu'il a
envoyez à Madame d'Arros
fa Soeur , & dont il doit faire'
part au Public , par l'ordre,
mefme de Sa Majefté , fur
le raport que luy en a fait M'
l'Archevefque
.
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184
p. 223-224
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 21. de ce mois Mr Boisnier, Sr de la Mothe, [...]
Mots clefs :
Ministre, Religion de Calvin, Cérémonies, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Dimanche 21. de ce
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
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185
p. 157-158
M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Début :
Les Affaires de Bearn, & particulierement les diférens survenus en [...]
Mots clefs :
Béarn, Catholiques, Protestants, Tensions, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. du Bois-de Baillet, Maistre des Requestes, envoyé en Bearn pour les Affaires de la Religion, [titre d'après la table]
Les Affaires de Bearn , &
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
particulierement les diférens
furvenus en ce Païs là , entre
les Catholiques & les Proteftans
, ayant obligé le Roy
à choifir quelqu'un pour les
regler ; Sa Majefté a jetté les
yeux fur M ' du Bois - de- Baillet
, Maiſtre des Requeſtes,
qu'elle y envoye en qualité
d'Intendant . Il n'y en a point
encor eu dans cette Province
; & comme un pareil em158
MERCURE
ploy demande un Homme
qui ait autant de prudence
que d'habileté , on peut juger
par ce choix dans quelle
eftime eft ce nouvel Intendant.
Il eft Fils de M' du Bois
du Menillet, Conſeiller en
la Grand' Chambre , & a efté
Avocat General à la Cour des
Aydes de Paris.
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186
p. 29-34
Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Camus, Evesque de Grenoble, dont vous connoissez la pieté [...]
Mots clefs :
Évêque de Grenoble, Piété, Zèle, Abjuration, Conseiller, Prétendus réformés, Conversion, Calvin, Lumières, Inspiration , Généalogie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de M. de Bardonnenche, [titre d'après la table]
-Il tutcheràVlaPatrie,habile
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
dans les Lettres, & genéralement
connu pour un des
plus braves & des plus dignes
sujets de l'Etat.
M'te Camus, Evesque de
Grenoble, dont vous connoissez
la pieté & le zele
pour les intérests de Dieu, a
eu depuis peu une joye des
plussensibles, en recevant
le 5. de ce mois l'Abjuration
de Messire Aléxandre de
Bardonnenche, Seigneur de
Thorane, de Trésane, de
S. Martin, de Clelles, Vicomte
deClermonten Triéves,
& cy-devant Conseiller
au Parlement de Dauphiné.
Ce changement a surpris les
plus considérables des Prétendus
Réformez de cette
Province, qui le connoisfane
pour un Homme cTciprit&
dejugement, ne peuvent
raisonner à leur maniere,
ny chercher les motifs
de sa conversion dans
l'intérest ou dans la foiblesse.
Il n'a plus sa Charge de Conseiller.
Ainsi s'il a renoncé à
suivre Calvin, ce n'a point
esté pour la conserver à U
Famille. Ce qui fait d'ailleurs
connoistre qu'il ne s'est
rendu qu'à la connoissance
de la Verité, c'est qu'il y a
deux Chargessemblables
vacantes dans la mesme
Compagnie, & que Mr l'Evesque
de Grenoble, & Mr
d'Herbigny Intendant de la
Province, l'ayant pressé d'en
prendre une, avec offre de
la part du Roy d'en payer
une partie de la finance, &
de luy conserver
-
son rang
d'ancienneté, comme l'on
eust pû attribuer l'action
, qu'il vient de faire aux ré-
• compenses & aux bienfaits,
il a refusé ces offres, & pu- • blié qu'il ne veut devoir son
salutqu'aux vives lumieres :
qui l'ont inipiré. Sa Famille
est fort ancienne, &nousest
connuë par les soins de Mr le :
Président Allard, qui en a
marqué la Genéalogie dans
le troisiéme Volume de celles
qu'il acomposées pour les
Maisons nobles de Dauphiné.
Ungrand Bourg luy
a donné le nom qu'il porte,
dans le tempsque les Familles
se (ont fait des noms
heréditaires. A ynard, Seigneur
de Bardonncnche, vivoit
l'an 1210. C'est de luy
que par quinze degrez d'-
Ayeux qui ont succedé les
uns aux autres, & dont la
plûpartsesontsignalez dans
les ArméesdesDauphins de
Viennois,& des Roys Dauphins
, est descenduMrde
Bardonnenche dont je vous
apprens laconversion. Il a
eu le BrévetdeConseiller
d'Etat; & dans les Emplois
qui luy ont estéconfiez pendant
qu'il estoit Officier au
Parlement de Grenoble, il
s'est toûjours distingué par
sa conduite & par sa prudence.
Il a des Fils dans le
service, qui commandent
des Compagnies, & porte,
d'argent auTreillis degueulles,
cloüé d'or, auChefd'or, chargé
d'unAigle naissantdesable.
Fermer
187
p. 137-138
Conversion de M. du Hamel, [titre d'après la table]
Début :
J'ay à vous apprendre deux Conversions sur lesquelles je suis seûr [...]
Mots clefs :
Conversion, Chagrin, Seigneur, Abjuration, Église, Famille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. du Hamel, [titre d'après la table]
J'ay à vous apprendre deux
Conversions surlesquelles je
suisseûr que je n'auray point
tic chagrin de me dédire.
L'une est celle de Mr Guilbert,
Seigneur du Hamel,
qui abjura il y a un mois
:dans l'Eglise des Théatins,
entre les mains du Pere
Alexis du Buc, en présence
de plusieurs Personnes de
qualité. Il est d'une des plus
anciennes Familles de Normandie,
& fort d'Anceltres
qui sont Fondateurs du Monaftere
dit, de l'AveMaria.
La seconde Conversion
Conversions surlesquelles je
suisseûr que je n'auray point
tic chagrin de me dédire.
L'une est celle de Mr Guilbert,
Seigneur du Hamel,
qui abjura il y a un mois
:dans l'Eglise des Théatins,
entre les mains du Pere
Alexis du Buc, en présence
de plusieurs Personnes de
qualité. Il est d'une des plus
anciennes Familles de Normandie,
& fort d'Anceltres
qui sont Fondateurs du Monaftere
dit, de l'AveMaria.
La seconde Conversion
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188
p. 138-140
Conversion de M. de Villars, Seigneur de la Fay, [titre d'après la table]
Début :
La seconde Conversion n'est pas moins considérable. C'est celle [...]
Mots clefs :
Conversions, Gentilhomme, Seigneur, Grâces, Erreurs, Abjurations, Intendant, Lumières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion de M. de Villars, Seigneur de la Fay, [titre d'après la table]
n'est pas moins confidérable.
C'est ce lled'un Gentilhomme
d'auprès de Châlons
en Bourtrocrne,nommé Mrde
Villar,Seigneur de la Fa.Y.t¡\
Il a servy depuis dix
-
huit
mois sur les Vaisseaux de Saf
Majesté; & àson retour,l'éclaircissementqu'il
a demandésur
quelques doutes
au Pere Antoine Favie, Coriio
mandeur de la Mercy de
Toulon, a produit pour luy
un effet si avantageux, que
ne pouvant résister aux mouvemens
de la Grâce, il noncé are- à ses erreurs. La cerémonie
de son Abjuration se
fit le septiéme de l'autre mois
dans la Chapelle Royale de
l'Infirmerie de Toulon, dont
ce Pere est Aumônier, en présence de Mr l'Intendant,
& d'un fort grand nombre
d'Officiers. Le Pere Favie a
reçeu beaucoup de gloire de
cette action, qui est un effet
de sa vive toy, & de ses grandes
lumieres
C'est ce lled'un Gentilhomme
d'auprès de Châlons
en Bourtrocrne,nommé Mrde
Villar,Seigneur de la Fa.Y.t¡\
Il a servy depuis dix
-
huit
mois sur les Vaisseaux de Saf
Majesté; & àson retour,l'éclaircissementqu'il
a demandésur
quelques doutes
au Pere Antoine Favie, Coriio
mandeur de la Mercy de
Toulon, a produit pour luy
un effet si avantageux, que
ne pouvant résister aux mouvemens
de la Grâce, il noncé are- à ses erreurs. La cerémonie
de son Abjuration se
fit le septiéme de l'autre mois
dans la Chapelle Royale de
l'Infirmerie de Toulon, dont
ce Pere est Aumônier, en présence de Mr l'Intendant,
& d'un fort grand nombre
d'Officiers. Le Pere Favie a
reçeu beaucoup de gloire de
cette action, qui est un effet
de sa vive toy, & de ses grandes
lumieres
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189
p. 132-170
RELATION DE Mr DE POINCTI.
Début :
Quoy que vous ayez déja veu dans la Premiere Partie de ma / Le 22. Juillet, Mr du Quesne ayant à la Rade d'Alger [...]
Mots clefs :
Alger, Galiotes, Abraham Duquesne, Bombes, Galères, Attaquer, Guerre, Vents, Canons, Bombe, Soldat bombardier, Chevalier de Tourville, Chevalier de Lery, Esclaves, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION DE Mr DE POINCTI.
~oy que volls ayez déja veu
dans Ja Pren1iere Partie de n1a
Lettre une Relation fort exa.éte
de tour ce qui s1eCt pail'ë devant
Alger> j:ia y crû vous devoir en ...
cor envoyer celle de I\1lr de Poin~
ét.i. Elle efr icy dans une efl:in1e
GAl~ANT. 1~3
: fi genérale, qu'elle fidt feule 1'C-
; loge de celuy qui ra· écrire; c~eil:
pourquoy je ne vou~ diray rie11
à fà gloire, puis que {on Ouvrdge
_ parle, & fait con11oiftre qu2u11
.: Holntne fi brave ne f'iair Eas
· n1oins bien fe fCrvir de la Plome
i. que de rEpée, & qu'il parle auffi
: bù:n qu'il agit.
'. :.-~:j
. . . '
. I-'.
••. ·:
1
. -' '. ' ..
:-·r
•
~ ~ ~(?J ~ .tt!;J n>· tê! il!.~~ ©:'!!J ~ ~
~?J~· ~e:.J· êl~~~~J~~ è!~èJ~~~
RELA_1~It)N
DE Mr DE POINCTI.
E 21. JuiIJct , Mr du QE_efne
~~yant à la Rade d~ Alger
joint les Galiotes qui y cfl:oiè11t
[[rrivée.s dés le 17. efcortées par
le sg: Foran, 111011tant J' Etl'iUt, &
13 4 l1\ ~ li iER4;r~~ l' JR~ .. ·3-~p...-J
qui y avoienr trouvé les Cheva ...
Jiers de Tourville & de L!.:ry, l'un
Lieutenant G-ener~1l , & 11autre
Cl1ef c.1JEfcadre, avec lix \l"aif ..
feaux; les Forces defl:inécs con ...
t,.e Alger, confi!l:oient en onze
VaiiTeaux de Guerre, quinze GaJercs,
cinC] Galiotes, dcPx Brû..,
Iots,quelgues Flufres,& quelques
IP' tJ 9 ! arra11es.
On f ongea. auffi. ~o!l: à fe n1et-
tre en , ri' .. ' et~t t u cxecutcr cc q t1 on
avoit projetté ; niais con1n1e il
falloir de néccffiré gue1qnes
jours pour cl1arger les Bon1bes,
& dilf>oièr le8 Galiotes con1111e
elles devaient efl:re pour f'exé ...
cution, Mr du ~efnc ayant efté
averry qu•il y avoit deux petits
Vai[fa.ux à Serfelle) prit cet
intervale pour les aller brûler, &
GALJ1\~~T. 131
y n1ar·cl1a avec fon Vai1feat1, le
j J'rNdent, le Teméraire , & t, Eole,
~J con1tnandez par le Chevalier
-~: de Lerv, B ea.t1 lieu, & Infreville,
.Il
: & huit des quinze Galeres, à la.
~~ teH:e dcfCJuclles cfroit le Cl1eva:
i lier de Noailles leur Lieu tenant
~ !i GeneraL L'un de[dirs petits VaiC.
~ [eaux fut brUlé Dar nos Cl1alou- ·~ \ .1 j pcs, & les Artifices n1anquerent
.··~~ .. fiJr l'(tutre. La Place fut cano .. -
;~ née, & cJle ri pofl:a d:; n1~fn1e. 011 ·
t.
;~l n ~a poîn t fceu au j u fte quel do 111-
~ 111age on y avoir f,1ir. De nofl:re
.'.4 pa.rt, nous y eufi11es prés de qu1~
:;.1 ranre Hon1mes tuez- ou l1Je1fez .. . . '
, .,
: ".t
-.,~·
• 1 .. '
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L1 1t,
. : ' -c
.i. ".1..;
. .~. ·.) .
. .. , .: _,
' . .
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.. . c .
1
. ,
·.
Dt1 nombre des derniers c!l: Ie sr
de F-2"nneJon Enfeione de Navi ... l ~
r~ ~qui y a eu la ja1nbe en1portec
.
Mrdu ~efne de retot1r:> on crût
Ij6 tERCURE
.attaquer Alger le 28. a1ais une
groflè Lan1e du N ordefi, faifc1.nt
craindre du vent de ce coflé .. là ,
<]Ui eft le dangereux, & donnant
trop de n1ouvemenr aux V~j(:
feaux pollr qu ·on pu1l: tirer., on
fut contr~Ünt de iùr!Coir ju!qL1eç
au 5.. d' Aoufl: , tout ce r:en1p.s s'étant
paifé ei1 Brifes viol~ntes de
N ordeft , qui laiifoient la Mer
agitée, 111eünc lors qu'elles avoient
ceifé; mais enfin ltt Vent
s~efrant rangé au Oiiefr- Nord~
oüefi, qui fait là des Brifes réglées,
f u1vie.s de caltnes, on fe
chfpo(a à n1archer {l1r le foir , la
réfolution ayanr eflé prifc de faire
cette attaque de nuit, afi1~ que
les Ennemis profitaifent m:>ins
du temps qu,il ra.ut metrr~ à s2entraverfer,
pendant lequel on ne
GA~ LA tt~~1~·. I ~-7;
f.'Üt que îOuff1:ir du fe.u tn fans .enj
pou voir t:1ire ~
A. Co1n1rie l}Ordre de la Couf-·
eil:oit pofirif, LJHe Vaiifeaux, Ga ..
leres , & Galiotes, co111 batilfent,,1
Mr du ~eii1e a voit de cette !Or.-..
te diipof é les chofes.
Lt Sirint - ~/}rit, qu'il 1nonre
cette Can1pagnc, ren1orguê patl
deux Galcres, fe devoit aller po=ficr
N ordeft 8-l Sorroüeft de la~
Tour du Fanal; deux Galiotes-.
ren1orguées par une Galere fur.
f~1 gauc be, c 1 efr- à dire vers le
Sud; & J,~s trois autres mcnées.-
}Jar deux G-~leres fur la droite Î}'·
cfocft ... à-dire vers le Nord .. Tous ..
le~ VaiLTtaux en iùite s;>érenda11evers
le Sud &. v.ers le N.ord, de~
voient forn1er un Croifl:tnt au~r.
our du Mur ... qui fair la clofEuret
OtCZ:Obrc ~.~P~- M ..,.,,,,;
8 ~~ n <t-foM.t~ ÎR ~ J 1 1 . .t~ ~ "l~~.~ u ~ î!
dLt Port ; & chaque Galerc re_
inorguant un v~üffi~au, a prés l'avoir
n1is à fan Polle , fe devait
placer dans Jes întervales.
On con1n1enc;a à n1arcl1er
pour forn1cr cet Ordre de 13~ltai[_
le; niais la Brife ayant duré j uf:
<] ues fur le {àir_a!fez rard.,on n'avoir
pll. plûto{l: fe n1ettre en
nïarche, & la nuit nous ayant
ft1rpris avant que cl1acn11 11u!t
efrre dén1cilé , Mr du ~efne
voyant qu'il ne pouvoir cette
nnir ~ttta.quer qu, ~11 déford.re,
prit (1 ·~rec beaucoup de {3.geiTe, le
parry de 1notiiller où il fe trou ...
voir'Jc:~cfr-à-dire un peu plus prés
de L1 Ville qL1'auparJ.vant, & d,ar ...
tend t"e au Ie11den1ain à rcdreifer
ce qui n'efi:l)Ît pas a ('l place i
n1~us ce lc11den1ain les Vents re~
.J
.J
- ~
. -~1.
·r
.,.
' -.
.. -.
. :;.
' r
·~
G1\I.~Al~~T. 139
fituterent an N ordeft , & firent
perdre tot1t efpoir & toute pet~iëe
d'attaquer, parce c1u\~1 ff:él:1-
vcn1ent dés Ja 111o!ndre haleine
d c V cri t de c ~-? co {1:é ! à , la M · r
~'cnfl.-~ tj'unc n1aniérc extraordinaire
; & cc q u'îl y a de cruel;t
c\:f1:: que les rrols C]llârrs dtt
tcn1ps) ce Vent rcgnc dans cette
~ \_ ~ Il a de~ <-1 ll c j 'a y d.' ailleurs trouvée
pl us d1ficil e q u' 011 ne t11e l;ta voit
-... ,.
t1 ·.:T l"( 1"" ,,.,. t"
J ~ ~ ~· - r ..
l.
N nus dr1TH=:n r~l.n1es dans cette
fitL1ari{JnjufèJu'au 13 que les Vents
efl:.1nt enfin dc{ècnd us a l' 0 üefl:
N orroi_iefl: , nous firent cfperer
du caln1e pour la nuir fi.liv~1nte;
& certainc1ncnt on ne pouvait
pas dcfirer des apparences -de
ternps plus f1vorable ; auffi fe
!11ir ... 011 en é rat d' e11 profiter, ~
1'1l ij
~., Jf r:,· 2 {.-,, ~ ~RE J 40 .f\f l i~.1 1, -~lJ .$.. '4
cette fc}ls cl11cun efr;1nr exaéte ....
n·1ent à iOn poftc, on con1menca
.. ' l ) " -' .. de n1~rcher a L en r:re~ d.':! Ia n u1 t
avec tant de joye de la part des
Eguipages, que tout le monde.
efl:oit plein (f heureux· prclfcntin1ens;
1nais av:Lnt ciue nous fuf..
fions à Ll portée du Canon , le ...
temps fè broitilla ~ il parut des ..
E·c lairs 'il le Vent f:~ leva') fit en tUl
inil:ant le tonr tiu Con1pas.,Ia Mer
·groffir,Jes Gr~iins perpétuels nous.
fàifoient crai11dre pour nos M.:~tsl).
i1ous eftions à la Colle ; &· les.
Galeres, loin de lTous {ècourir ,.
efioient elles-n1efincs dans u11e
grande exrrémi té. H eurcufcn1ent
lcVen.t fe ten;.inr pendit quelque
tern ps du cofl:ê de la Terre,. les,
Vailîèaux firent voile & Ce mirent
.au largeoLes G;al.ercs_,fe fauvere.nt·
GAL,ANYT. r41
41 I:r.. Pointe du Cap cle l\1etifou .;:.
niais les pauvres Galiotes quiil
:ivoit fa lu pref que defagréer,pour·
Jai!.fer le jeu des Mortiers libre,~.
el1oienr dans une aflèz périlleufe·
contenance. Chacun neann1oit1s.
fc fccour<1nt foy-n1c!l11e dans ce
befoin '.) 011 rcpa!fa en di1igen€e·
quelques 1v1ànoeuvres.1 & f,tifant
volle dll H·unier1 à !)a.ide du Vencde
Terre, nous nous retirân1es à.
travers rorage,qui dura route la.
!Il
11 Ll-I t.
Cette di~!;race nous penfa o,fter·
tout efpoiro Il falloit que les Ga..,_
lcres, qui· fc !ùr~pafl:1nt elles-1nê~
rnes.j den1euroie11t avec 11ou.s de ..
puis 11uit jours, à bo-ut de toutes
fortes de vivres., parti!fent enfin
forcées par la. difetre de toutes,
chof es ; outr~e qu:e -c:e_s fortes de.· -
142 ~AERCURE
Bc1fl:in1ens (ont toûjours dans
certe Rade à detJX doigrs de leur
pcrrc, & dans l,abfence des GaJ~
res, il paroirfüir afièz dificile de
placer les G alio rcs ., de 111 aniere
t]U,on en tirafl: le !ervicc qu'on
• 1
~vo1t atten{1t1.
On paffa dans cette încertitu~
de, & dans le n1auvais ren1ps qni
continua jufgu'au 16,. que rv1r
du ~efi1e ayant in1;lginé un
n1oycn de Eonduire les Galiotes
prer c. Gl u l\ v,l~ u i .. ( l) J.:;',\. . 1g er, <Q.. .X. sl y e' ra.nt
~onfirn1é par le fenrin1cnt des
-Cl1evaliers de T ourvillc & de Le~
ry~ envoya porter par les Cha~
loupes des Ancres vers 1e 1Port à
une dif1ancc qu" on crut raîJOnna~
ble ~ & cin q V aiifeal1x furent
détachez') pour e11 s'approchant
.u11 peu plus que les autres; pren ....
' ..
G ALPi.l~T- 145
dri le bout c.{es An1arcs de ces
Ancres, & foûtenir les Galiotes
qui a~ devoient hiller deifus, &
s'entraverfèr lors qu'elles !èroienc
ailèz proche, fe rel1allant tot1t
de n1·~ii11~ juf qu\tu V ai(feau pour
le retour e
Le Vigilant, montê par le CI1e ..
-r.l 11 ier de Tourville J qui renait le
n1ilieu , & devait ef\:re vis-à vis
de la Tour du F~inal,avoir l' An1are
de id c·r1,cfle,; fur la droite .. !~
rai!lttnt, con1mandé paï Beaulieu>
a voit 11 :\rr1are <..i.~ la 1Y!tPJttçtt1;
1e, dont Goïtou a le con1n1ande1nent
5 & tout au Nord, le Che ...
valicr de Lery fl1r le Pruiient =a
voir celle de Lt Brâlttnte, coin~
111andéep.1r D:z~.:Tbi~rs,& Longcharnp
fous luy. A la g:1 t~cl1e du
Cl1evalier de T ourv illl:, F ora11
~44 lVlE F~ CîJ,R E
fur /' Etoille a voit 1, An1are de fit ..
.. Fo1Jd,-oy11nte ,. nlonrée par Boif.. .
f,ier; & tout àu Sud, Belle-Ifle
avec I e La11ricr.,. a voit celle de la
1Jorn.h4rde , con1n1andée par de
·Con1be, & dans la(1uelle ctloit
e1nbarqué Ca111elin , c~ pit~ine
,;i.e B.o-rnbardiers de Terre , en ...
\ 1oyé p.ar le lloy p.our cette Extlédi.
tion. J.
Cette maniére de fétÎre la Guer_
re eftant taure nouve He, les cl10~
.fcs ne purent c!l:re exécurées
av.e.c to·utc la jufreffe quio11 aurait
pû defil"era .Catnelin , qui
d~ailleurs travailloit avec beau ..
·Coup de zclc & d'a.ppljça,tion ~
n\1va.nt aucune connoifl~ince des
" ~l1ofe s de la M·~irine., ne pouvoic
pas f~avoir com1ne il fe fallait
p.o.frer danfi c.ett.e occafton ; de
forte·
GALANT. 145
efQ-rre que les Ancres fe trouv~
renr placez trop prés les uns des
auri-es ·; & les objets paroiffant la
t}uit: plus prés qul'ils ne {Ont effe ...
C1ivc-ment , elles efl:oient beau-coup
plus loin de Ja Ville qn•o11
n\ivoit prétendu. De cela n~iquirent
deux i11conveniens ; l"un,
que les Galiotes arrivantfL1r leur$ .
Ancres, fe trouverent ~u abordée5
1 ou pour le n1oins e1nbarraifées
les unes par les autres; &
raucre,que les Bombes allaient à
peine jufques dans le Port l &:
point du tout dans. la Vi lie.Nous
rnarchân1es enfin le foir du ::.1~
Aoufi:, le temps ne )$ayant pas
pern1is piùrofl: ; n1ais !Jt A mare
de fa -'-'! elfilCdnte S~ ercan t trouvée j
~~inbaraffée, elle 11e put arriver
que lon~ren1ps aprés, & elle fut
Oélobre 'k.P~ N
146 1E R C~URE
obligée de fe mettre da11s-un a.u..;
tre 11 ofl:e q11e celuy qui luy
fî1oit marqu·é:, /tt BrÛ/tJnte & i11oy
entre qui elle devoir efire, nous
efranr troL1vez· abordez en nous
entraverfant. La FgudroyAnte, qui
efl:oit fur 1na gaucl1e,efl:oit prefie
à ine toucl1er ; inais la Eomb11-rde
qui fut un peu plus lente,!è trou~
va raif011nablement éloignée de
nous. La Fo11dro.Jdnte commença
i tirer; je fui vis, &. la BrÛ/4nte un
mo111ent a prés. Les Ennen1is 111i.,,
rent feu à huit ou dix Canons ,
iàns en tirer davantageft Pour
nous 1 nous vîmes avec beaucoup
de déplaifir nos Bo111bes arden ...
tes, fur lefquelles on fe fondoir,,
principale1nenc dans la veuë
qu'elles brùleroient les Vaiifeaux
enne1nis;) c.réver toutes au f ortir
GALAN-T- 147
d:u Mottier; & nos Bombes ·ordinaires,
ou créver auffi, ou excepté
deux ot1 trois , ne porter pas
jufques à la Ville~ Dans ce chavrin,
011 ti-roit encor quelques
cV oups') lors qu ' un c.ie tnes l\;fortiers
)chargé d1une Bombe ardente,
ayant f:1it f:.1ux-feu,& la Bombe
continuant à s'enflân1cr fans
partir, je 111e vis red ui t à fou tFrir
JJincendie que je crus inévicable ..
Les Soldats Bon1bardiers de Ca...:
rnclin, qui i1,avoient entrercntt
mon EC) uipage que· des horribies
ravages de ces Bon1bes ~1rdentes
pref -cl1ant cerc:e fois d,cxcn1ple ''.)
& s>~fiant., à rexceptio11 de leur
Sergent & de deux ou trois autres,
jetrez à la Mer;; ou dans les
Cha1oupcs qui portaient nos
~1unitio11s, furent fui vis par la
N ij
148 ERc·uRE
plus grande partie de mes Ge11s,
cl1acu11 fe précipitant otl il pou ...
voit pour éviter la flânie. Et en_
fin, quelques ... uns de nies Offi.
ciers Mariniers efrant rcfrcz fi1r
l'Arriere,je n1e trouvay feulavec
111on Concren1aître, fur 1' Avant
oit cfl:oit le feu. Landoüillet1
Co1nn1iiîaire d1 Artillerie (.ie Ma~
rine, & Ilenau1t, deux de 1nes
an1is, qui ayant bien voulu s:.em~
barquer avec 111oy, voulurent
bien auffi ne me pas ab:i 11donn
er, deri.1eurerent à la Baterie
de derriere où ils efroient. Cependant
la Bon1be jettoit [es
Grenades & du feu gros con1n1e
deux Hommes, & je nie voyois
couvert de flân1es, ayant quaran ..
te Bon1bes ardentes dans la Ga~
.li ore, & tant d' at1tres chofes dans
GALANT. 149
un Navire propre à. s'cnflân1er.
Nous prîlnes 11eann1oii-1s la-réf o ...
lurion n1on Contren1aîcrc , u11
Soldat Bon1bardier qui ine ~int
joindre & rn o y') de _ te i1ter cl' é~
teindre le feu ; & con11ne 11ous
v'.1111es que les prémiers Séaux
d'eau Pa voient atnorty ,nous co11-
tinuân1es, & penda11t un infi:ant
:nous le crf1rnes éteint ; n1ais la
Bon1be reprenant vigueur, & les
Grenades & les Canons de M.ol1fw
guet qu'elle renfèr111oit, tirant dè
nouv2au ... la flâtne recon1n1enca. - ~ Nlais le pren1ier fuccés nous
nyant encouragez, nous retour-
1:â.n1es à la cl1arrre avec de r'eau"'\ 0 .+z
& enfin un de n1cs Soldats reve-
11u de fan épollvante, n1e voyant
....
autour du Mortier, y jetra un fi
grand Seau d'eau, que le feL1 :f é .., ·
N iij
1)0 M!!Rcu·R E
ceigt1j t à cette fois touc-·à-fait.
P lufieurs Chalot1pes qui étaient
autour de la Galiote, & que la
flân1e a voit obligé·es de .s1alar ..
guer, revinrent à bord. Le Sr Dcn1ont,
Lieutenant de la Galiote,
qtti pour quelque Manoeuvre
eftoit dans un Canot, fe rejerr::i. à
bord y voyant le feu .. Cepçndant
plufieurs Matelo-ts de ltt FouflroyitnwA
te, dont r A1nare iè trOLlVa COUpée
<.ians c-e d.é{Ordre, {C Jecceren·t
auffi à la Mer.
' Tous ces dé[ordres ayant fait
juger aux Cl1evaliers. deT onrville
& de Lery gui prenoient foin de
r At.a.que, CJU'il efl:oit à propos d:c
fe retirer~ ils en don11erent l'ordre,
que les Ennen1is nous Iaiffe ...
rent exéeuter L'lns nous inguié ...
ter , & à la pointe du jour 11ous
GALANT. 1)1
11ous trouvânies au mcf rne ea ..
clroi r d'où. 11ous eil:ions partis ..
Le n1auvais fuccés des Bon1-
bes a1·denres, la rarctC des beaux:
jonrs, & le pcril évident de fejouroer
dans une Rade auffi fca_
breufc que celle d,Alger dans
une faifon où les coups de Vents
d.evi~nnent frel1uens ~ fit croire
q ll~ on ne tente roi t plus rien cet -
~ .
te annee ; neann101ns con1n1e 011
avait re1narque que li quelques .
Botnbes ordinaires avoiét crevé,
if y en a voit eu pl u!ieurs qui n,a_
. ;- ,
voient 111anque que parce qu on
eO:oit trop éloigné, Mi: du ~eC
ne voulut bien faire une feconde
t~tntarive, & prenant des n1efures
{ ur ce qu1•- s ' e,_t o1• t patùr_er, o.n 11ort:t } e
26. d' aurres Ancres, que l~e Chevalier
de Lery fe cl1argea ,i,allc.~
N îiij
- - ..... ,.
152 MERCURE ~:.:'
1noüiller, & qui affez éloignee~ ..
les unes des autres , furent pla ...
cées à la portée du- PiftoJer du
Ml1r qui .f:'lit Ja clofture durPort_
Les Se11tinelles avant crié à nos J ~
Cl1aloupes , & !e Chevalier de
Lery pour réponfe les ay~tnt en ..
voyé pro11lencr , on leu1· cira
quelques coups de Ca11011.
Su~· le ..~ Ani ares de ces Ancres1
Jes Galiotes fe dif ooi(;rent à fe
~ baller,, Le 30. n'ayant pas fajc
plûtoft du te1nps propre, & le
pren1ier ordre ayan·r cfi:é chan ..
gé:. le Chev<tlier de Tourville qui
devoit rot~jOnrs avoir l;JAm~Jre de
lti Crttc!lt, alla n1oüiller vers l'entrée
du Port, où cette fois on ~
voulut placer cette GJ.liore,& le ·
Cl1evalier de Lery à r·autre cofté
tout at1N-oxd ,ayant t' r\mare de la
. r
r
'
.... ' . ,
' rJ_
1) .. ~
.~ . '
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..L ..1
1
.. . . -.
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, ' "'· · -
r GALANT; 1}3
:·:; IJ0Îl1111tc) & entre elle & moy fur
.f n1a droit~ 111 }dcnaçantt, aidée par
:} le Ttmt1·airc-; La BomhArde, par le
.J L.1uritr; & L~i · }'audroyantc, par/' E-:~
tfJi lie.
·. ~
.-·j Dans cette difpofirion nous
-:: nons avançâ1r1es'.) & ayant eu le
· bonheur que n1on Amare ne·
:-.· trot1v;:1 aucun en1barras ~ j'arri,;
vay en plafe pour n1e traverlèr &
:: til"cr q1.1elciue cen1ps, av.anr: qne
-~ les autres Galiores-fuffènt à leurs ~
_ PoH:es ) particuli·::-re1ne~1t celles·
~- du ~{ or~.:i, qui n1.1lgré toute la vi"
gilance du Chevalier de Lery,.
tardercnt un peu ..
Les Ennecnis ne fnrcnt pas fi
dociles cette fois que la pren1ie"°
re. Dés que j'·eus tiré, ils fi1~ent 1111
grand f ~u Llui dura toute la nuit,.
t111t ll!r n1oy que !Ur les al1tres
-·
114 Ell·ClJRR
Galiotes ;. n1ais com1ne j,efl:oi~
juftement placé tievant un grand
Flan c~on con1p toit aifë n1e nt que
po11r chaque Bombe, ils ripo:
itoient aux autres Galiotes qua.
tre ou fix coups de Canon :1 & à \
]a n1ie11ne vingt on vingt .. deux, 1
& quelquefojs n1én1e davantage5
1
& ils ne ciroienr que lors qu>on
merroit le feu à la Bot11be, ce feu
leur e11fcignant le but oli il fal ..
loit fraoer. l Ce Manége dllra jufques prés
du jour que les Chev~liers de
Tourville & de Lefy, qoi cerce
nuit., comn1e toutes les autres en ...
fuite, fe rrouverent aux Attaques
da11s leurs Canots, où s1emb3.rquoient
pour Volontaires les
Ducs de Mortcn1ar& deVi~lars,
Marquis de Bellefo11ds, Con1tes
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::i GALANT.- -155
·-~~ de Sebeville & du Cllala.r , &
:·:- plu fiet1rs a.utre.s, que f es Cl1e~a- .
Ji ers de T ourv1lle & de Lery ,d1sj
e,, donnérent ordre de fe retirer;
. ~ Jes Galioc:es qui avoient recell
.. ! plufieurs -coups dans le Bois, les
·i Voiles & les M~tnoeuvres, n"ell ..
-
' ren t nean 111 oins de mille ou douze
cens coups de Canon tirez par
les Ennen1is aucun Ho111me de
tué.LeComte deSebeville fur un
Londre que les Galeres avoient.
pris) & fur lequel on avoit mis
160. Hon1n1es, paffi1 la nuit entre
rentrée du Port & les Galeres
pour le~ fÜù tenir ; n1ais cc B afl:i ..
n1enr ne fè pouvant 1nanier, on
le de{~1rn1a enfuite.
Le let1demain on fceut par
quelques Efclaves qui fe :G1uve11:1
renr, que l'L confterna.tio11 efioit
' .
1)6 ERC!. "RE
extré111e dans Alger, qu'il y a voit
piL1ficurs MaifOns de rcnverf ées,
&:. quantité de Gens ruez. N ou,15
n'e11 eû111es neanrmoins un 1 afl:e ....
détail que par le Conful, envoyé
par les "Turcs quelques jours
apres , comn1e je le diray e11
fuite. On tira cette nuit cent
quatorze Bon1besb
~e1q ue tiiligence qu'on fit,
on ne pût {C tnettre en ét,lr de
retourner le lendcn1ain, & ce ne
fut que le fûir du 3. de Septen1-
bre , avec cetre circonfiance,
q n'a yanr cflé avertis par d\1utres
Efèlaves iàuvez depuis les
pren1iers 1 que les Algériens <i.rn1oient
la Galere l)llÎ eftoît rcf:
t-ée dans leuF Port, & quelques
Brigatins, pour venir enlever l.es
Galiotes, on en renfor~a les EGALANT.
157
quipages. ~"av~s de ces Efclav~s
ne fut pas 111uc1le; & co111me Je
1ne trouvais le premier au paffacre,
je 111e cr{1s obligé de prend~
un peu plus de {Oi11 & de
n1011de qne les autres , qui 11e
pouvaient eflre attaquées qu'a ..
prcs n10 y. P 1 ufi.curs Ca pi tain es
des Vaiilëaux qui i1·avoient point
efié co1nn:1andez pour s'approcher,
vinrent incoe:nit1J à cette .......
Action,&. parciculierement chez·
n1oy le Marquis de la Porte, Sc
Je Baron de P aliere.
Les En11e1nis nous laifferent
placer {3.ns nous inquiéter; 8c
con1n1e par les foins du Chevalier
de Tourville, & n1011 bo11l1eur
pJrt1culier ~ 111on An1are eftoit
tol1jou~s fani elnbarras, je pûs
l~ncor tirer quelque temps avant
.. ~
118 1ERCURE
que les autres Galiotes fuffent
en place, celles du Nord, c•efi: à
dire /4 Br#lante &.. la FfJNdroyanre,
qui fe halloient fur une mefme
Amare, s 'e!l:a11t: en1barra1fées
l'une avec l2'aucre, n'arriverenc
que tard. Les autres n1e Jû.i virent
d1ai1l:z pres6
Les Ennen1is ne répondant
point à nos Bon1bes co1T1n1e ils
a voient fair, ce filence fit juger
que leurs Bailin1t1ns eftoient del1ors
pour nous attaquer, & Ie
Major m,e11 vint avertirs En ef~
fet, un moment apres, la Cl1a ..
loupe qu'on a voit 1nife de garde
à l'e11trée du Port, fit le fignal
qui luy a.voit eité prefcrit en cas
de rencontre d'E11nen1is, & je
vis la Galere accon1pagnée de
quelque Briga11tin, voguer droi~
..'
1
1.
GAl~'. t'A\. N~~ - . 159
Qefrns ma Poupe~ En n1efn1e
temps les Cl1evaliers de Flavacourt
& de la Guicl1e, qui
comn1andoient les Chaloupes
de l~ Indien & dt' G,hevat
MArin :t 1n, aborderent , & me
renforcerent de tous leurs Equipages.
J' a vois i bord trente
Homn1es du Chevalier de Tour ..
ville 1 comn1andez par Blena(;.
Il y a voie outre cela une Troupe
d' Officiers qui eil:oie11t venus
V olonraires, plufieurs Volontaires
& Gardes de la Marine; de
!Orce que ne doutant pas que fi.
la Galere m·abordoit, ce ne fut
deiâvantageufemenr pour elle ' ,,
je faifOis faire filence pour luy
oiter la connoiilà11ce du n1onde
que j .. avois, qui alloic bien à fix"'
t!1ngts Homn1es; inais comme
•
i6o EJRCURE
elle fut alfez procl1e, un zele iit,,
di!èret a)1ant fait crier à quel..
qu~un, Yi"We le Roy, le refie ré_
po11dir, & dans ce ttunulte la Ga ...
Jere commen~a à faire feu de fa
Moufqueter-ie & de fo11 Canon;
n1ais au lieu de venir droit à inoy,
elle me prolongea. Je crûs a]ori
qu" elie n1e vouloit aborder par
la Prouë. J,y paOE1y pour y dond
ner ordre, faiianr fa1re en 111efi11e
ten1ps feu ·de Moufqueterie &
-d~ Artillerie, ce llui l~obligea de
faire pafie ... vogue pour fe retirer
de deffous, & elle alla fonder la
Me.n11çAnte qui efi:oit à ma droire,
&. qui l1a yant à peu pres reçeuë
de mefi11e, acheva de la mettre
en defOrdre ; de forte que fans
!Ça voir ce qu,elle fc1ifoit., elle fit
le tour de la BombArde , dont elle
· .,,., !\ J #
4
:.. ~. ...: ! nL~J·\. N~l ~ I 6I
·'.~ eff\.1ya le feu en regagnant le Mur
: dn Porr, le long. duquel elle fe
. retira. Avec cela j c n .. eu$ q u ~un
·~ Homn1e de rué d'un conp Ce
;: Moufquec ; & fc Chevalier· c·e
) Cornn1l nge, fur je croy Ie . feul _
] bleffé ii.1r Ill Jt1e1Jtifante, & De11 ..
:·_ n e v i 11 ~ tué . .
:_; Auffitofl: que la Galerc m1ellfê
~ dépa!fé, Fandotiillet qui faifoit
exécuter les rv1orriers 1 les ayant
prefts, j'inGft1y pour les. faire
_ JOlier pendant qu'elle eOEoit aux
· n1:tins, afin q uc les Ennemis 11e fe
p{1ifcnr vanter de nous inrerron1 ...
:l pre. On tira donc comn1e aupa__
, ravant , & nolls fifi11es par· là
.~ éteindre les feux de joye que les
:~ Femtn.es allt1n1oier1t da11s A.l\.lgert: -
·-~ croyant déja quel<1nes Galiotes
·. enlevées.
--~ OLCZ.obre i1P~ 0 ... ..._ . . ....
... -·.. ·,
'•
1
·i
_.-,.
~.
162 Iv1ERCURE
Le refte de la nuit fi! pa!fa à
coups de Botnbe de 11ofl:re part,
& de Cano11 de celle des Enne ..
n1is; niais un brouillard G épais,
qu'à peine en fe touchant fe
voyoit- on,. fit que le feu fut plus 1
lent de part & d'autre q-u•iI 11,au ..
roir efté. Il v eue cent Bon1bes ~ & environ fix cens coups-de Ca ...
non tirez , & 11ous 11ous retirâ ..
mes à 11oil:re ordinaire à la pointe
du jour avec p1u.fieurs coups dans
!es Galiotes 1 fans que per!Onne
c11 fur touchéi.
Ce jour qui efl:oit le 4. le Pere
VaCher , Con-f ul des- François à
Alger 11 vint a bo-rd de Mt dn
Q2efne dan·s la Chaloupe du
Çoncre.AdnTiral de Zélande, qui
efl:oit là pour le rachapt des Efclaves
cte fa Natio11> & dit que
GAL/\1'lT. 16~
}erflatin le Roy &. les principaux
d'Alger l'avaient envoyé chercher,
& l'a voient forcé de venir
vers Mr du ~efne, pour fonder
s'il y auroit lieu à quelque ac ..
comlnoden1e11t Mais Mx du
~efi1e répondit, qui.il ne pou ..
voie rien écouter de luy , & que
fi les Algëricns avaient quclCJue
cho(e à detnandcr, il fi1lloit qu,ils
con1lnenc;atfent par venir e·ux112
rnefi11cs. Ce Contùl s~en retour-.
na a vee cette ré·ponfe ~ in ais il
nous apprit auparavant que dans
Je~ deux nuits, dont je vie11s . de
Parler .. 011 a voit abattu cinQuante ~ # ~
l\1aif on s ; que la 111oi cié de la
fienne otl efl:oit la Chapelle, 5'.
la moitié de la grande Mo{ q uée.,
eftolent cornprifes dans ces rui~
nes, làus 1efquelles on co1111oif:
.o iJ
·~6 4 'i! ~; t l r~p u1~ ~ {~~,,1 uR~~
-!cit dCJa qu'il y a voit plus de cing
cens peri(J11nes en[evelies ; qlle
tout eftoit dans une contl:ern~ ...
tion cxtrén1e; que les Turcs fc
dé1n-en tJJ1t de letlr orgueil) loin
dt1 n1épri3 q-u'ils té\noignoient
pour les François il y avo-it quin .
. ze jon-rs, en par Io.lent alors avec
relp~a; que toutes les Fcn1n1e.s
& les En h1ns a voient quirré la
Ville.,. & qu'il a voit parLt trente
Hon11nes de ruez fur la Galere,
i la {Ortie qu.'elle avoit·faite, iâns
ceux q-uc 1,,on avoit cachez au
Peuple; & enfin il fupplia M[
du ~efD·e de fi1fpe11·dre Jes cho ...
[es au n1oins ponr ce jour. Mais
co rr1 n1e il fit fort beau,.011 ne crûe
p.:t~ dcvoi r perdre ce te1n ps, &
nous n1.arcl1âtnes à nofire ordiJ
i1a1rc la. nuit dt1 q uacte au cü1UJ
GAL,il\NT. I6,·
. quién1c , a vcc cette exception
que 1' A mare de la Me'lltrça?Jte
a)~ant efl:é coup Ce le f oir precé ....
dent , & G oiton qui la co01 n1ande
s'eftant bleifé àla tefl:e par
une cl1ûte, cette Galiote, non,
plus que t~ B,-ûlante, ne pdt eil:re
de l'expédition ; j, eus eiicor le
plaifir de tirer quelques Bombes
av,inc que les autres Galiotes:
futfent placées. Landoüillet faifoit
toltjour executcr les Mor~.
tiers dans la Crue/le 1 Et quoy que
pa-r un cerrain I1~izard toure la di~
reétion en fut rolnbée encre les
n13in.s d,_un autre.,. on connut af~
fez qu)il n\~ftoit pas inférieur i
celuy qui en cf toit chargé .. O·n De
tâch:-1 certe nuit qu•à don·ner d::111s
le Port, 1- fin de crev-er quelqu\.tn
des. Vaiifeaux, & on demeura j:u~-
166 ERCtJRE
qlf"au point du jour, co1nn1e on
avoit accoûcun1é de faire; & par !
un bonl1eur particulier, qlloy t
que les Enne1nis s'efl:ant ajuf tez,
donnaffent plufteurs coups dans
ma Galiote)il n'y eut perfonn~
de tué>~ _f en fus quîtte pour des
Mails & des Agrez. Mais la Brûlante
ayant le iOir precédent en fe
retira11t receu un coup de Canon
de foixante & quarre livres de
balle à fa Poupe, a voit eu de ce
mefine coup douze Hom1nes
tuez ou bl~ifez; & une Barque
qui efroit dans fon Voifinage,.
hllit d'un autre cot1p 111îs en p;10-
reil état .. Des deux Galere.s qll~..,
ont les Algériens , l'une eft.ant
à la Mer parut de retour au Soleil
levant de ce mefine jour, &
i~autre la ~int . recevoir au del1ors .
GALANT. 167
•
·.~ dn Port ; & con1rne on Jugea
~;1 d~in1 portalî~C d'üfter ~aux _Enne ...
111is la penfee que la Jonl1:1011 de
~ ce~ deL1x Galeres fut capable
~ d'111terrompre le cours des a~
él:ions , & qu'il fit encor beau
:; tout ce jour, -on fe prépara le
: foir à retourner à l'ordinaire, &
1 ·' en érat de faire partager le péril
aux Galeres, fi elles avoie11t tenté
quelque chofe, chacune des
trois Galiotes,_ la CrNt!le, la Bom~ ·
/J,1rde, & l.a FeuJrnyante ~ qui fe
trouverent prefies à marcher 1'.t
eftan t fortifiées par une Barque
dont 011 avoit auOE renforcé l'é·..
qui page .. - Mais dans l'"inftant que
r·on con1111en'ioit à n1archer,l,air
fe brottilla tout d'u11 coup, &
loit1 de c;on1batre, fit fOnger . à
prendre des précautions co11rre .
...
168 ERCURE
les accidens du mauvais ten1ps
qui fuivic effeél:iven1e11t, & qui
depuis a continué, en forte qu~il
n'y a eu aucllne apparence de
• • rien tenter ;. au contraire ne pou_
vant~, fâns l1n peril lnanifefie,
faire dans cette faifon où les tour ..
1nentes font fréquentes, refler
des Bafrimens qu7il faut ouvrir
de tous coftez pour le n1ettre en
état de f,tire leur cxecnrion , il a
fallu fe réfoudre à quitter la Ra.
de d'Alger., avec cette confola ..
tion , que fi 011 n\t pas dompté
cette Ville, 011 l\i au •11oi11s n101· ..
tifiée & trouvé un n1oyen in failli~
ble, ou de la détruire, ou de luy
faire de.tnandcr la Paix à ge ..
no11x~
Un- Efclavc fauvé Ie 9 .. nou~
apprit que le retour àe la Ga ..
ta lerc
..
:-~~i GAL• A3-N~.i • l 69
:~· iere dont ray parlé, a.voit retar-
:~ dë le départ d1un Chaoux defl:i;~
111é vers Mr du ~efne , pour Iuy
if venir faire des P ropofitians; mais
j }es Algériens connoi.!Iânt que la
::-î f Jan ce ne leur veut donner la
·~ P~tix que le bâton haut, &. ne
f pouvant ell:re de pire condition,
.,: ~voient réfolu de faire encor u11e .
; tentative avec le renfort de cet- ,
· te GaJere ava11t de pJrlcn1en ...
ter. Cet Efclave ajoûta que la.
nui:: derni~re, parce tl ue routes
les Bon1bes eftoient tombées
dans le Port, oit l'on avoir b;·izé
un Loodrel fracaf.Té tour r A V~tnt
d\tn Na vire ciui efi:oit fur les
Chantiers, & crevé les caftez
de deux autres ; on n, ~t voit\ disj
e, abatu que trois Maj{Ons 1 ~i:.
les Ro1nbes efl:oit11t totnbées
O[fobre l-a P. P . ..• .
. .. - .~. '. . . . -~ ..
... . .. T . _,;
.
"1
:-. ....
'
170 MERCURE
dans le Port, parce que !1011 n'a~
voit râcl1C cette 11uit qu'à détruire
leurs BaU.imens, je ci-oy pouvoir
dire que la 1naniere dont
leurs Galeres auraient eflé re_
ceuës, n'aurait pas contribué à
leur faire faire une Paix a vanta_
gellfC. Voila ce qui s'ell: paifé
cette année. Aparen]n1e11c qt1e
la procl1aine donnera de plus
2 r _tnds évene111ens.
dans Ja Pren1iere Partie de n1a
Lettre une Relation fort exa.éte
de tour ce qui s1eCt pail'ë devant
Alger> j:ia y crû vous devoir en ...
cor envoyer celle de I\1lr de Poin~
ét.i. Elle efr icy dans une efl:in1e
GAl~ANT. 1~3
: fi genérale, qu'elle fidt feule 1'C-
; loge de celuy qui ra· écrire; c~eil:
pourquoy je ne vou~ diray rie11
à fà gloire, puis que {on Ouvrdge
_ parle, & fait con11oiftre qu2u11
.: Holntne fi brave ne f'iair Eas
· n1oins bien fe fCrvir de la Plome
i. que de rEpée, & qu'il parle auffi
: bù:n qu'il agit.
'. :.-~:j
. . . '
. I-'.
••. ·:
1
. -' '. ' ..
:-·r
•
~ ~ ~(?J ~ .tt!;J n>· tê! il!.~~ ©:'!!J ~ ~
~?J~· ~e:.J· êl~~~~J~~ è!~èJ~~~
RELA_1~It)N
DE Mr DE POINCTI.
E 21. JuiIJct , Mr du QE_efne
~~yant à la Rade d~ Alger
joint les Galiotes qui y cfl:oiè11t
[[rrivée.s dés le 17. efcortées par
le sg: Foran, 111011tant J' Etl'iUt, &
13 4 l1\ ~ li iER4;r~~ l' JR~ .. ·3-~p...-J
qui y avoienr trouvé les Cheva ...
Jiers de Tourville & de L!.:ry, l'un
Lieutenant G-ener~1l , & 11autre
Cl1ef c.1JEfcadre, avec lix \l"aif ..
feaux; les Forces defl:inécs con ...
t,.e Alger, confi!l:oient en onze
VaiiTeaux de Guerre, quinze GaJercs,
cinC] Galiotes, dcPx Brû..,
Iots,quelgues Flufres,& quelques
IP' tJ 9 ! arra11es.
On f ongea. auffi. ~o!l: à fe n1et-
tre en , ri' .. ' et~t t u cxecutcr cc q t1 on
avoit projetté ; niais con1n1e il
falloir de néccffiré gue1qnes
jours pour cl1arger les Bon1bes,
& dilf>oièr le8 Galiotes con1111e
elles devaient efl:re pour f'exé ...
cution, Mr du ~efnc ayant efté
averry qu•il y avoit deux petits
Vai[fa.ux à Serfelle) prit cet
intervale pour les aller brûler, &
GALJ1\~~T. 131
y n1ar·cl1a avec fon Vai1feat1, le
j J'rNdent, le Teméraire , & t, Eole,
~J con1tnandez par le Chevalier
-~: de Lerv, B ea.t1 lieu, & Infreville,
.Il
: & huit des quinze Galeres, à la.
~~ teH:e dcfCJuclles cfroit le Cl1eva:
i lier de Noailles leur Lieu tenant
~ !i GeneraL L'un de[dirs petits VaiC.
~ [eaux fut brUlé Dar nos Cl1alou- ·~ \ .1 j pcs, & les Artifices n1anquerent
.··~~ .. fiJr l'(tutre. La Place fut cano .. -
;~ née, & cJle ri pofl:a d:; n1~fn1e. 011 ·
t.
;~l n ~a poîn t fceu au j u fte quel do 111-
~ 111age on y avoir f,1ir. De nofl:re
.'.4 pa.rt, nous y eufi11es prés de qu1~
:;.1 ranre Hon1mes tuez- ou l1Je1fez .. . . '
, .,
: ".t
-.,~·
• 1 .. '
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L1 1t,
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.i. ".1..;
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. .. , .: _,
' . .
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1
. ,
·.
Dt1 nombre des derniers c!l: Ie sr
de F-2"nneJon Enfeione de Navi ... l ~
r~ ~qui y a eu la ja1nbe en1portec
.
Mrdu ~efne de retot1r:> on crût
Ij6 tERCURE
.attaquer Alger le 28. a1ais une
groflè Lan1e du N ordefi, faifc1.nt
craindre du vent de ce coflé .. là ,
<]Ui eft le dangereux, & donnant
trop de n1ouvemenr aux V~j(:
feaux pollr qu ·on pu1l: tirer., on
fut contr~Ünt de iùr!Coir ju!qL1eç
au 5.. d' Aoufl: , tout ce r:en1p.s s'étant
paifé ei1 Brifes viol~ntes de
N ordeft , qui laiifoient la Mer
agitée, 111eünc lors qu'elles avoient
ceifé; mais enfin ltt Vent
s~efrant rangé au Oiiefr- Nord~
oüefi, qui fait là des Brifes réglées,
f u1vie.s de caltnes, on fe
chfpo(a à n1archer {l1r le foir , la
réfolution ayanr eflé prifc de faire
cette attaque de nuit, afi1~ que
les Ennemis profitaifent m:>ins
du temps qu,il ra.ut metrr~ à s2entraverfer,
pendant lequel on ne
GA~ LA tt~~1~·. I ~-7;
f.'Üt que îOuff1:ir du fe.u tn fans .enj
pou voir t:1ire ~
A. Co1n1rie l}Ordre de la Couf-·
eil:oit pofirif, LJHe Vaiifeaux, Ga ..
leres , & Galiotes, co111 batilfent,,1
Mr du ~eii1e a voit de cette !Or.-..
te diipof é les chofes.
Lt Sirint - ~/}rit, qu'il 1nonre
cette Can1pagnc, ren1orguê patl
deux Galcres, fe devoit aller po=ficr
N ordeft 8-l Sorroüeft de la~
Tour du Fanal; deux Galiotes-.
ren1orguées par une Galere fur.
f~1 gauc be, c 1 efr- à dire vers le
Sud; & J,~s trois autres mcnées.-
}Jar deux G-~leres fur la droite Î}'·
cfocft ... à-dire vers le Nord .. Tous ..
le~ VaiLTtaux en iùite s;>érenda11evers
le Sud &. v.ers le N.ord, de~
voient forn1er un Croifl:tnt au~r.
our du Mur ... qui fair la clofEuret
OtCZ:Obrc ~.~P~- M ..,.,,,,;
8 ~~ n <t-foM.t~ ÎR ~ J 1 1 . .t~ ~ "l~~.~ u ~ î!
dLt Port ; & chaque Galerc re_
inorguant un v~üffi~au, a prés l'avoir
n1is à fan Polle , fe devait
placer dans Jes întervales.
On con1n1enc;a à n1arcl1er
pour forn1cr cet Ordre de 13~ltai[_
le; niais la Brife ayant duré j uf:
<] ues fur le {àir_a!fez rard.,on n'avoir
pll. plûto{l: fe n1ettre en
nïarche, & la nuit nous ayant
ft1rpris avant que cl1acn11 11u!t
efrre dén1cilé , Mr du ~efne
voyant qu'il ne pouvoir cette
nnir ~ttta.quer qu, ~11 déford.re,
prit (1 ·~rec beaucoup de {3.geiTe, le
parry de 1notiiller où il fe trou ...
voir'Jc:~cfr-à-dire un peu plus prés
de L1 Ville qL1'auparJ.vant, & d,ar ...
tend t"e au Ie11den1ain à rcdreifer
ce qui n'efi:l)Ît pas a ('l place i
n1~us ce lc11den1ain les Vents re~
.J
.J
- ~
. -~1.
·r
.,.
' -.
.. -.
. :;.
' r
·~
G1\I.~Al~~T. 139
fituterent an N ordeft , & firent
perdre tot1t efpoir & toute pet~iëe
d'attaquer, parce c1u\~1 ff:él:1-
vcn1ent dés Ja 111o!ndre haleine
d c V cri t de c ~-? co {1:é ! à , la M · r
~'cnfl.-~ tj'unc n1aniérc extraordinaire
; & cc q u'îl y a de cruel;t
c\:f1:: que les rrols C]llârrs dtt
tcn1ps) ce Vent rcgnc dans cette
~ \_ ~ Il a de~ <-1 ll c j 'a y d.' ailleurs trouvée
pl us d1ficil e q u' 011 ne t11e l;ta voit
-... ,.
t1 ·.:T l"( 1"" ,,.,. t"
J ~ ~ ~· - r ..
l.
N nus dr1TH=:n r~l.n1es dans cette
fitL1ari{JnjufèJu'au 13 que les Vents
efl:.1nt enfin dc{ècnd us a l' 0 üefl:
N orroi_iefl: , nous firent cfperer
du caln1e pour la nuir fi.liv~1nte;
& certainc1ncnt on ne pouvait
pas dcfirer des apparences -de
ternps plus f1vorable ; auffi fe
!11ir ... 011 en é rat d' e11 profiter, ~
1'1l ij
~., Jf r:,· 2 {.-,, ~ ~RE J 40 .f\f l i~.1 1, -~lJ .$.. '4
cette fc}ls cl11cun efr;1nr exaéte ....
n·1ent à iOn poftc, on con1menca
.. ' l ) " -' .. de n1~rcher a L en r:re~ d.':! Ia n u1 t
avec tant de joye de la part des
Eguipages, que tout le monde.
efl:oit plein (f heureux· prclfcntin1ens;
1nais av:Lnt ciue nous fuf..
fions à Ll portée du Canon , le ...
temps fè broitilla ~ il parut des ..
E·c lairs 'il le Vent f:~ leva') fit en tUl
inil:ant le tonr tiu Con1pas.,Ia Mer
·groffir,Jes Gr~iins perpétuels nous.
fàifoient crai11dre pour nos M.:~tsl).
i1ous eftions à la Colle ; &· les.
Galeres, loin de lTous {ècourir ,.
efioient elles-n1efincs dans u11e
grande exrrémi té. H eurcufcn1ent
lcVen.t fe ten;.inr pendit quelque
tern ps du cofl:ê de la Terre,. les,
Vailîèaux firent voile & Ce mirent
.au largeoLes G;al.ercs_,fe fauvere.nt·
GAL,ANYT. r41
41 I:r.. Pointe du Cap cle l\1etifou .;:.
niais les pauvres Galiotes quiil
:ivoit fa lu pref que defagréer,pour·
Jai!.fer le jeu des Mortiers libre,~.
el1oienr dans une aflèz périlleufe·
contenance. Chacun neann1oit1s.
fc fccour<1nt foy-n1c!l11e dans ce
befoin '.) 011 rcpa!fa en di1igen€e·
quelques 1v1ànoeuvres.1 & f,tifant
volle dll H·unier1 à !)a.ide du Vencde
Terre, nous nous retirân1es à.
travers rorage,qui dura route la.
!Il
11 Ll-I t.
Cette di~!;race nous penfa o,fter·
tout efpoiro Il falloit que les Ga..,_
lcres, qui· fc !ùr~pafl:1nt elles-1nê~
rnes.j den1euroie11t avec 11ou.s de ..
puis 11uit jours, à bo-ut de toutes
fortes de vivres., parti!fent enfin
forcées par la. difetre de toutes,
chof es ; outr~e qu:e -c:e_s fortes de.· -
142 ~AERCURE
Bc1fl:in1ens (ont toûjours dans
certe Rade à detJX doigrs de leur
pcrrc, & dans l,abfence des GaJ~
res, il paroirfüir afièz dificile de
placer les G alio rcs ., de 111 aniere
t]U,on en tirafl: le !ervicc qu'on
• 1
~vo1t atten{1t1.
On paffa dans cette încertitu~
de, & dans le n1auvais ren1ps qni
continua jufgu'au 16,. que rv1r
du ~efi1e ayant in1;lginé un
n1oycn de Eonduire les Galiotes
prer c. Gl u l\ v,l~ u i .. ( l) J.:;',\. . 1g er, <Q.. .X. sl y e' ra.nt
~onfirn1é par le fenrin1cnt des
-Cl1evaliers de T ourvillc & de Le~
ry~ envoya porter par les Cha~
loupes des Ancres vers 1e 1Port à
une dif1ancc qu" on crut raîJOnna~
ble ~ & cin q V aiifeal1x furent
détachez') pour e11 s'approchant
.u11 peu plus que les autres; pren ....
' ..
G ALPi.l~T- 145
dri le bout c.{es An1arcs de ces
Ancres, & foûtenir les Galiotes
qui a~ devoient hiller deifus, &
s'entraverfèr lors qu'elles !èroienc
ailèz proche, fe rel1allant tot1t
de n1·~ii11~ juf qu\tu V ai(feau pour
le retour e
Le Vigilant, montê par le CI1e ..
-r.l 11 ier de Tourville J qui renait le
n1ilieu , & devait ef\:re vis-à vis
de la Tour du F~inal,avoir l' An1are
de id c·r1,cfle,; fur la droite .. !~
rai!lttnt, con1mandé paï Beaulieu>
a voit 11 :\rr1are <..i.~ la 1Y!tPJttçtt1;
1e, dont Goïtou a le con1n1ande1nent
5 & tout au Nord, le Che ...
valicr de Lery fl1r le Pruiient =a
voir celle de Lt Brâlttnte, coin~
111andéep.1r D:z~.:Tbi~rs,& Longcharnp
fous luy. A la g:1 t~cl1e du
Cl1evalier de T ourv illl:, F ora11
~44 lVlE F~ CîJ,R E
fur /' Etoille a voit 1, An1are de fit ..
.. Fo1Jd,-oy11nte ,. nlonrée par Boif.. .
f,ier; & tout àu Sud, Belle-Ifle
avec I e La11ricr.,. a voit celle de la
1Jorn.h4rde , con1n1andée par de
·Con1be, & dans la(1uelle ctloit
e1nbarqué Ca111elin , c~ pit~ine
,;i.e B.o-rnbardiers de Terre , en ...
\ 1oyé p.ar le lloy p.our cette Extlédi.
tion. J.
Cette maniére de fétÎre la Guer_
re eftant taure nouve He, les cl10~
.fcs ne purent c!l:re exécurées
av.e.c to·utc la jufreffe quio11 aurait
pû defil"era .Catnelin , qui
d~ailleurs travailloit avec beau ..
·Coup de zclc & d'a.ppljça,tion ~
n\1va.nt aucune connoifl~ince des
" ~l1ofe s de la M·~irine., ne pouvoic
pas f~avoir com1ne il fe fallait
p.o.frer danfi c.ett.e occafton ; de
forte·
GALANT. 145
efQ-rre que les Ancres fe trouv~
renr placez trop prés les uns des
auri-es ·; & les objets paroiffant la
t}uit: plus prés qul'ils ne {Ont effe ...
C1ivc-ment , elles efl:oient beau-coup
plus loin de Ja Ville qn•o11
n\ivoit prétendu. De cela n~iquirent
deux i11conveniens ; l"un,
que les Galiotes arrivantfL1r leur$ .
Ancres, fe trouverent ~u abordée5
1 ou pour le n1oins e1nbarraifées
les unes par les autres; &
raucre,que les Bombes allaient à
peine jufques dans le Port l &:
point du tout dans. la Vi lie.Nous
rnarchân1es enfin le foir du ::.1~
Aoufi:, le temps ne )$ayant pas
pern1is piùrofl: ; n1ais !Jt A mare
de fa -'-'! elfilCdnte S~ ercan t trouvée j
~~inbaraffée, elle 11e put arriver
que lon~ren1ps aprés, & elle fut
Oélobre 'k.P~ N
146 1E R C~URE
obligée de fe mettre da11s-un a.u..;
tre 11 ofl:e q11e celuy qui luy
fî1oit marqu·é:, /tt BrÛ/tJnte & i11oy
entre qui elle devoir efire, nous
efranr troL1vez· abordez en nous
entraverfant. La FgudroyAnte, qui
efl:oit fur 1na gaucl1e,efl:oit prefie
à ine toucl1er ; inais la Eomb11-rde
qui fut un peu plus lente,!è trou~
va raif011nablement éloignée de
nous. La Fo11dro.Jdnte commença
i tirer; je fui vis, &. la BrÛ/4nte un
mo111ent a prés. Les Ennen1is 111i.,,
rent feu à huit ou dix Canons ,
iàns en tirer davantageft Pour
nous 1 nous vîmes avec beaucoup
de déplaifir nos Bo111bes arden ...
tes, fur lefquelles on fe fondoir,,
principale1nenc dans la veuë
qu'elles brùleroient les Vaiifeaux
enne1nis;) c.réver toutes au f ortir
GALAN-T- 147
d:u Mottier; & nos Bombes ·ordinaires,
ou créver auffi, ou excepté
deux ot1 trois , ne porter pas
jufques à la Ville~ Dans ce chavrin,
011 ti-roit encor quelques
cV oups') lors qu ' un c.ie tnes l\;fortiers
)chargé d1une Bombe ardente,
ayant f:1it f:.1ux-feu,& la Bombe
continuant à s'enflân1cr fans
partir, je 111e vis red ui t à fou tFrir
JJincendie que je crus inévicable ..
Les Soldats Bon1bardiers de Ca...:
rnclin, qui i1,avoient entrercntt
mon EC) uipage que· des horribies
ravages de ces Bon1bes ~1rdentes
pref -cl1ant cerc:e fois d,cxcn1ple ''.)
& s>~fiant., à rexceptio11 de leur
Sergent & de deux ou trois autres,
jetrez à la Mer;; ou dans les
Cha1oupcs qui portaient nos
~1unitio11s, furent fui vis par la
N ij
148 ERc·uRE
plus grande partie de mes Ge11s,
cl1acu11 fe précipitant otl il pou ...
voit pour éviter la flânie. Et en_
fin, quelques ... uns de nies Offi.
ciers Mariniers efrant rcfrcz fi1r
l'Arriere,je n1e trouvay feulavec
111on Concren1aître, fur 1' Avant
oit cfl:oit le feu. Landoüillet1
Co1nn1iiîaire d1 Artillerie (.ie Ma~
rine, & Ilenau1t, deux de 1nes
an1is, qui ayant bien voulu s:.em~
barquer avec 111oy, voulurent
bien auffi ne me pas ab:i 11donn
er, deri.1eurerent à la Baterie
de derriere où ils efroient. Cependant
la Bon1be jettoit [es
Grenades & du feu gros con1n1e
deux Hommes, & je nie voyois
couvert de flân1es, ayant quaran ..
te Bon1bes ardentes dans la Ga~
.li ore, & tant d' at1tres chofes dans
GALANT. 149
un Navire propre à. s'cnflân1er.
Nous prîlnes 11eann1oii-1s la-réf o ...
lurion n1on Contren1aîcrc , u11
Soldat Bon1bardier qui ine ~int
joindre & rn o y') de _ te i1ter cl' é~
teindre le feu ; & con11ne 11ous
v'.1111es que les prémiers Séaux
d'eau Pa voient atnorty ,nous co11-
tinuân1es, & penda11t un infi:ant
:nous le crf1rnes éteint ; n1ais la
Bon1be reprenant vigueur, & les
Grenades & les Canons de M.ol1fw
guet qu'elle renfèr111oit, tirant dè
nouv2au ... la flâtne recon1n1enca. - ~ Nlais le pren1ier fuccés nous
nyant encouragez, nous retour-
1:â.n1es à la cl1arrre avec de r'eau"'\ 0 .+z
& enfin un de n1cs Soldats reve-
11u de fan épollvante, n1e voyant
....
autour du Mortier, y jetra un fi
grand Seau d'eau, que le feL1 :f é .., ·
N iij
1)0 M!!Rcu·R E
ceigt1j t à cette fois touc-·à-fait.
P lufieurs Chalot1pes qui étaient
autour de la Galiote, & que la
flân1e a voit obligé·es de .s1alar ..
guer, revinrent à bord. Le Sr Dcn1ont,
Lieutenant de la Galiote,
qtti pour quelque Manoeuvre
eftoit dans un Canot, fe rejerr::i. à
bord y voyant le feu .. Cepçndant
plufieurs Matelo-ts de ltt FouflroyitnwA
te, dont r A1nare iè trOLlVa COUpée
<.ians c-e d.é{Ordre, {C Jecceren·t
auffi à la Mer.
' Tous ces dé[ordres ayant fait
juger aux Cl1evaliers. deT onrville
& de Lery gui prenoient foin de
r At.a.que, CJU'il efl:oit à propos d:c
fe retirer~ ils en don11erent l'ordre,
que les Ennen1is nous Iaiffe ...
rent exéeuter L'lns nous inguié ...
ter , & à la pointe du jour 11ous
GALANT. 1)1
11ous trouvânies au mcf rne ea ..
clroi r d'où. 11ous eil:ions partis ..
Le n1auvais fuccés des Bon1-
bes a1·denres, la rarctC des beaux:
jonrs, & le pcril évident de fejouroer
dans une Rade auffi fca_
breufc que celle d,Alger dans
une faifon où les coups de Vents
d.evi~nnent frel1uens ~ fit croire
q ll~ on ne tente roi t plus rien cet -
~ .
te annee ; neann101ns con1n1e 011
avait re1narque que li quelques .
Botnbes ordinaires avoiét crevé,
if y en a voit eu pl u!ieurs qui n,a_
. ;- ,
voient 111anque que parce qu on
eO:oit trop éloigné, Mi: du ~eC
ne voulut bien faire une feconde
t~tntarive, & prenant des n1efures
{ ur ce qu1•- s ' e,_t o1• t patùr_er, o.n 11ort:t } e
26. d' aurres Ancres, que l~e Chevalier
de Lery fe cl1argea ,i,allc.~
N îiij
- - ..... ,.
152 MERCURE ~:.:'
1noüiller, & qui affez éloignee~ ..
les unes des autres , furent pla ...
cées à la portée du- PiftoJer du
Ml1r qui .f:'lit Ja clofture durPort_
Les Se11tinelles avant crié à nos J ~
Cl1aloupes , & !e Chevalier de
Lery pour réponfe les ay~tnt en ..
voyé pro11lencr , on leu1· cira
quelques coups de Ca11011.
Su~· le ..~ Ani ares de ces Ancres1
Jes Galiotes fe dif ooi(;rent à fe
~ baller,, Le 30. n'ayant pas fajc
plûtoft du te1nps propre, & le
pren1ier ordre ayan·r cfi:é chan ..
gé:. le Chev<tlier de Tourville qui
devoit rot~jOnrs avoir l;JAm~Jre de
lti Crttc!lt, alla n1oüiller vers l'entrée
du Port, où cette fois on ~
voulut placer cette GJ.liore,& le ·
Cl1evalier de Lery à r·autre cofté
tout at1N-oxd ,ayant t' r\mare de la
. r
r
'
.... ' . ,
' rJ_
1) .. ~
.~ . '
;.~'
-:.
:,•
~
..L ..1
1
.. . . -.
_, :i
, ' "'· · -
r GALANT; 1}3
:·:; IJ0Îl1111tc) & entre elle & moy fur
.f n1a droit~ 111 }dcnaçantt, aidée par
:} le Ttmt1·airc-; La BomhArde, par le
.J L.1uritr; & L~i · }'audroyantc, par/' E-:~
tfJi lie.
·. ~
.-·j Dans cette difpofirion nous
-:: nons avançâ1r1es'.) & ayant eu le
· bonheur que n1on Amare ne·
:-.· trot1v;:1 aucun en1barras ~ j'arri,;
vay en plafe pour n1e traverlèr &
:: til"cr q1.1elciue cen1ps, av.anr: qne
-~ les autres Galiores-fuffènt à leurs ~
_ PoH:es ) particuli·::-re1ne~1t celles·
~- du ~{ or~.:i, qui n1.1lgré toute la vi"
gilance du Chevalier de Lery,.
tardercnt un peu ..
Les Ennecnis ne fnrcnt pas fi
dociles cette fois que la pren1ie"°
re. Dés que j'·eus tiré, ils fi1~ent 1111
grand f ~u Llui dura toute la nuit,.
t111t ll!r n1oy que !Ur les al1tres
-·
114 Ell·ClJRR
Galiotes ;. n1ais com1ne j,efl:oi~
juftement placé tievant un grand
Flan c~on con1p toit aifë n1e nt que
po11r chaque Bombe, ils ripo:
itoient aux autres Galiotes qua.
tre ou fix coups de Canon :1 & à \
]a n1ie11ne vingt on vingt .. deux, 1
& quelquefojs n1én1e davantage5
1
& ils ne ciroienr que lors qu>on
merroit le feu à la Bot11be, ce feu
leur e11fcignant le but oli il fal ..
loit fraoer. l Ce Manége dllra jufques prés
du jour que les Chev~liers de
Tourville & de Lefy, qoi cerce
nuit., comn1e toutes les autres en ...
fuite, fe rrouverent aux Attaques
da11s leurs Canots, où s1emb3.rquoient
pour Volontaires les
Ducs de Mortcn1ar& deVi~lars,
Marquis de Bellefo11ds, Con1tes
.
• •
' ~ r
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.-'. ·•.,. . . '
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.:.·. .. ..
.. =.
·.~
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·'·
... -..
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' .
.' ...
::i GALANT.- -155
·-~~ de Sebeville & du Cllala.r , &
:·:- plu fiet1rs a.utre.s, que f es Cl1e~a- .
Ji ers de T ourv1lle & de Lery ,d1sj
e,, donnérent ordre de fe retirer;
. ~ Jes Galioc:es qui avoient recell
.. ! plufieurs -coups dans le Bois, les
·i Voiles & les M~tnoeuvres, n"ell ..
-
' ren t nean 111 oins de mille ou douze
cens coups de Canon tirez par
les Ennen1is aucun Ho111me de
tué.LeComte deSebeville fur un
Londre que les Galeres avoient.
pris) & fur lequel on avoit mis
160. Hon1n1es, paffi1 la nuit entre
rentrée du Port & les Galeres
pour le~ fÜù tenir ; n1ais cc B afl:i ..
n1enr ne fè pouvant 1nanier, on
le de{~1rn1a enfuite.
Le let1demain on fceut par
quelques Efclaves qui fe :G1uve11:1
renr, que l'L confterna.tio11 efioit
' .
1)6 ERC!. "RE
extré111e dans Alger, qu'il y a voit
piL1ficurs MaifOns de rcnverf ées,
&:. quantité de Gens ruez. N ou,15
n'e11 eû111es neanrmoins un 1 afl:e ....
détail que par le Conful, envoyé
par les "Turcs quelques jours
apres , comn1e je le diray e11
fuite. On tira cette nuit cent
quatorze Bon1besb
~e1q ue tiiligence qu'on fit,
on ne pût {C tnettre en ét,lr de
retourner le lendcn1ain, & ce ne
fut que le fûir du 3. de Septen1-
bre , avec cetre circonfiance,
q n'a yanr cflé avertis par d\1utres
Efèlaves iàuvez depuis les
pren1iers 1 que les Algériens <i.rn1oient
la Galere l)llÎ eftoît rcf:
t-ée dans leuF Port, & quelques
Brigatins, pour venir enlever l.es
Galiotes, on en renfor~a les EGALANT.
157
quipages. ~"av~s de ces Efclav~s
ne fut pas 111uc1le; & co111me Je
1ne trouvais le premier au paffacre,
je 111e cr{1s obligé de prend~
un peu plus de {Oi11 & de
n1011de qne les autres , qui 11e
pouvaient eflre attaquées qu'a ..
prcs n10 y. P 1 ufi.curs Ca pi tain es
des Vaiilëaux qui i1·avoient point
efié co1nn:1andez pour s'approcher,
vinrent incoe:nit1J à cette .......
Action,&. parciculierement chez·
n1oy le Marquis de la Porte, Sc
Je Baron de P aliere.
Les En11e1nis nous laifferent
placer {3.ns nous inquiéter; 8c
con1n1e par les foins du Chevalier
de Tourville, & n1011 bo11l1eur
pJrt1culier ~ 111on An1are eftoit
tol1jou~s fani elnbarras, je pûs
l~ncor tirer quelque temps avant
.. ~
118 1ERCURE
que les autres Galiotes fuffent
en place, celles du Nord, c•efi: à
dire /4 Br#lante &.. la FfJNdroyanre,
qui fe halloient fur une mefme
Amare, s 'e!l:a11t: en1barra1fées
l'une avec l2'aucre, n'arriverenc
que tard. Les autres n1e Jû.i virent
d1ai1l:z pres6
Les Ennen1is ne répondant
point à nos Bon1bes co1T1n1e ils
a voient fair, ce filence fit juger
que leurs Bailin1t1ns eftoient del1ors
pour nous attaquer, & Ie
Major m,e11 vint avertirs En ef~
fet, un moment apres, la Cl1a ..
loupe qu'on a voit 1nife de garde
à l'e11trée du Port, fit le fignal
qui luy a.voit eité prefcrit en cas
de rencontre d'E11nen1is, & je
vis la Galere accon1pagnée de
quelque Briga11tin, voguer droi~
..'
1
1.
GAl~'. t'A\. N~~ - . 159
Qefrns ma Poupe~ En n1efn1e
temps les Cl1evaliers de Flavacourt
& de la Guicl1e, qui
comn1andoient les Chaloupes
de l~ Indien & dt' G,hevat
MArin :t 1n, aborderent , & me
renforcerent de tous leurs Equipages.
J' a vois i bord trente
Homn1es du Chevalier de Tour ..
ville 1 comn1andez par Blena(;.
Il y a voie outre cela une Troupe
d' Officiers qui eil:oie11t venus
V olonraires, plufieurs Volontaires
& Gardes de la Marine; de
!Orce que ne doutant pas que fi.
la Galere m·abordoit, ce ne fut
deiâvantageufemenr pour elle ' ,,
je faifOis faire filence pour luy
oiter la connoiilà11ce du n1onde
que j .. avois, qui alloic bien à fix"'
t!1ngts Homn1es; inais comme
•
i6o EJRCURE
elle fut alfez procl1e, un zele iit,,
di!èret a)1ant fait crier à quel..
qu~un, Yi"We le Roy, le refie ré_
po11dir, & dans ce ttunulte la Ga ...
Jere commen~a à faire feu de fa
Moufqueter-ie & de fo11 Canon;
n1ais au lieu de venir droit à inoy,
elle me prolongea. Je crûs a]ori
qu" elie n1e vouloit aborder par
la Prouë. J,y paOE1y pour y dond
ner ordre, faiianr fa1re en 111efi11e
ten1ps feu ·de Moufqueterie &
-d~ Artillerie, ce llui l~obligea de
faire pafie ... vogue pour fe retirer
de deffous, & elle alla fonder la
Me.n11çAnte qui efi:oit à ma droire,
&. qui l1a yant à peu pres reçeuë
de mefi11e, acheva de la mettre
en defOrdre ; de forte que fans
!Ça voir ce qu,elle fc1ifoit., elle fit
le tour de la BombArde , dont elle
· .,,., !\ J #
4
:.. ~. ...: ! nL~J·\. N~l ~ I 6I
·'.~ eff\.1ya le feu en regagnant le Mur
: dn Porr, le long. duquel elle fe
. retira. Avec cela j c n .. eu$ q u ~un
·~ Homn1e de rué d'un conp Ce
;: Moufquec ; & fc Chevalier· c·e
) Cornn1l nge, fur je croy Ie . feul _
] bleffé ii.1r Ill Jt1e1Jtifante, & De11 ..
:·_ n e v i 11 ~ tué . .
:_; Auffitofl: que la Galerc m1ellfê
~ dépa!fé, Fandotiillet qui faifoit
exécuter les rv1orriers 1 les ayant
prefts, j'inGft1y pour les. faire
_ JOlier pendant qu'elle eOEoit aux
· n1:tins, afin q uc les Ennemis 11e fe
p{1ifcnr vanter de nous inrerron1 ...
:l pre. On tira donc comn1e aupa__
, ravant , & nolls fifi11es par· là
.~ éteindre les feux de joye que les
:~ Femtn.es allt1n1oier1t da11s A.l\.lgert: -
·-~ croyant déja quel<1nes Galiotes
·. enlevées.
--~ OLCZ.obre i1P~ 0 ... ..._ . . ....
... -·.. ·,
'•
1
·i
_.-,.
~.
162 Iv1ERCURE
Le refte de la nuit fi! pa!fa à
coups de Botnbe de 11ofl:re part,
& de Cano11 de celle des Enne ..
n1is; niais un brouillard G épais,
qu'à peine en fe touchant fe
voyoit- on,. fit que le feu fut plus 1
lent de part & d'autre q-u•iI 11,au ..
roir efté. Il v eue cent Bon1bes ~ & environ fix cens coups-de Ca ...
non tirez , & 11ous 11ous retirâ ..
mes à 11oil:re ordinaire à la pointe
du jour avec p1u.fieurs coups dans
!es Galiotes 1 fans que per!Onne
c11 fur touchéi.
Ce jour qui efl:oit le 4. le Pere
VaCher , Con-f ul des- François à
Alger 11 vint a bo-rd de Mt dn
Q2efne dan·s la Chaloupe du
Çoncre.AdnTiral de Zélande, qui
efl:oit là pour le rachapt des Efclaves
cte fa Natio11> & dit que
GAL/\1'lT. 16~
}erflatin le Roy &. les principaux
d'Alger l'avaient envoyé chercher,
& l'a voient forcé de venir
vers Mr du ~efne, pour fonder
s'il y auroit lieu à quelque ac ..
comlnoden1e11t Mais Mx du
~efi1e répondit, qui.il ne pou ..
voie rien écouter de luy , & que
fi les Algëricns avaient quclCJue
cho(e à detnandcr, il fi1lloit qu,ils
con1lnenc;atfent par venir e·ux112
rnefi11cs. Ce Contùl s~en retour-.
na a vee cette ré·ponfe ~ in ais il
nous apprit auparavant que dans
Je~ deux nuits, dont je vie11s . de
Parler .. 011 a voit abattu cinQuante ~ # ~
l\1aif on s ; que la 111oi cié de la
fienne otl efl:oit la Chapelle, 5'.
la moitié de la grande Mo{ q uée.,
eftolent cornprifes dans ces rui~
nes, làus 1efquelles on co1111oif:
.o iJ
·~6 4 'i! ~; t l r~p u1~ ~ {~~,,1 uR~~
-!cit dCJa qu'il y a voit plus de cing
cens peri(J11nes en[evelies ; qlle
tout eftoit dans une contl:ern~ ...
tion cxtrén1e; que les Turcs fc
dé1n-en tJJ1t de letlr orgueil) loin
dt1 n1épri3 q-u'ils té\noignoient
pour les François il y avo-it quin .
. ze jon-rs, en par Io.lent alors avec
relp~a; que toutes les Fcn1n1e.s
& les En h1ns a voient quirré la
Ville.,. & qu'il a voit parLt trente
Hon11nes de ruez fur la Galere,
i la {Ortie qu.'elle avoit·faite, iâns
ceux q-uc 1,,on avoit cachez au
Peuple; & enfin il fupplia M[
du ~efD·e de fi1fpe11·dre Jes cho ...
[es au n1oins ponr ce jour. Mais
co rr1 n1e il fit fort beau,.011 ne crûe
p.:t~ dcvoi r perdre ce te1n ps, &
nous n1.arcl1âtnes à nofire ordiJ
i1a1rc la. nuit dt1 q uacte au cü1UJ
GAL,il\NT. I6,·
. quién1c , a vcc cette exception
que 1' A mare de la Me'lltrça?Jte
a)~ant efl:é coup Ce le f oir precé ....
dent , & G oiton qui la co01 n1ande
s'eftant bleifé àla tefl:e par
une cl1ûte, cette Galiote, non,
plus que t~ B,-ûlante, ne pdt eil:re
de l'expédition ; j, eus eiicor le
plaifir de tirer quelques Bombes
av,inc que les autres Galiotes:
futfent placées. Landoüillet faifoit
toltjour executcr les Mor~.
tiers dans la Crue/le 1 Et quoy que
pa-r un cerrain I1~izard toure la di~
reétion en fut rolnbée encre les
n13in.s d,_un autre.,. on connut af~
fez qu)il n\~ftoit pas inférieur i
celuy qui en cf toit chargé .. O·n De
tâch:-1 certe nuit qu•à don·ner d::111s
le Port, 1- fin de crev-er quelqu\.tn
des. Vaiifeaux, & on demeura j:u~-
166 ERCtJRE
qlf"au point du jour, co1nn1e on
avoit accoûcun1é de faire; & par !
un bonl1eur particulier, qlloy t
que les Enne1nis s'efl:ant ajuf tez,
donnaffent plufteurs coups dans
ma Galiote)il n'y eut perfonn~
de tué>~ _f en fus quîtte pour des
Mails & des Agrez. Mais la Brûlante
ayant le iOir precédent en fe
retira11t receu un coup de Canon
de foixante & quarre livres de
balle à fa Poupe, a voit eu de ce
mefine coup douze Hom1nes
tuez ou bl~ifez; & une Barque
qui efroit dans fon Voifinage,.
hllit d'un autre cot1p 111îs en p;10-
reil état .. Des deux Galere.s qll~..,
ont les Algériens , l'une eft.ant
à la Mer parut de retour au Soleil
levant de ce mefine jour, &
i~autre la ~int . recevoir au del1ors .
GALANT. 167
•
·.~ dn Port ; & con1rne on Jugea
~;1 d~in1 portalî~C d'üfter ~aux _Enne ...
111is la penfee que la Jonl1:1011 de
~ ce~ deL1x Galeres fut capable
~ d'111terrompre le cours des a~
él:ions , & qu'il fit encor beau
:; tout ce jour, -on fe prépara le
: foir à retourner à l'ordinaire, &
1 ·' en érat de faire partager le péril
aux Galeres, fi elles avoie11t tenté
quelque chofe, chacune des
trois Galiotes,_ la CrNt!le, la Bom~ ·
/J,1rde, & l.a FeuJrnyante ~ qui fe
trouverent prefies à marcher 1'.t
eftan t fortifiées par une Barque
dont 011 avoit auOE renforcé l'é·..
qui page .. - Mais dans l'"inftant que
r·on con1111en'ioit à n1archer,l,air
fe brottilla tout d'u11 coup, &
loit1 de c;on1batre, fit fOnger . à
prendre des précautions co11rre .
...
168 ERCURE
les accidens du mauvais ten1ps
qui fuivic effeél:iven1e11t, & qui
depuis a continué, en forte qu~il
n'y a eu aucllne apparence de
• • rien tenter ;. au contraire ne pou_
vant~, fâns l1n peril lnanifefie,
faire dans cette faifon où les tour ..
1nentes font fréquentes, refler
des Bafrimens qu7il faut ouvrir
de tous coftez pour le n1ettre en
état de f,tire leur cxecnrion , il a
fallu fe réfoudre à quitter la Ra.
de d'Alger., avec cette confola ..
tion , que fi 011 n\t pas dompté
cette Ville, 011 l\i au •11oi11s n101· ..
tifiée & trouvé un n1oyen in failli~
ble, ou de la détruire, ou de luy
faire de.tnandcr la Paix à ge ..
no11x~
Un- Efclavc fauvé Ie 9 .. nou~
apprit que le retour àe la Ga ..
ta lerc
..
:-~~i GAL• A3-N~.i • l 69
:~· iere dont ray parlé, a.voit retar-
:~ dë le départ d1un Chaoux defl:i;~
111é vers Mr du ~efne , pour Iuy
if venir faire des P ropofitians; mais
j }es Algériens connoi.!Iânt que la
::-î f Jan ce ne leur veut donner la
·~ P~tix que le bâton haut, &. ne
f pouvant ell:re de pire condition,
.,: ~voient réfolu de faire encor u11e .
; tentative avec le renfort de cet- ,
· te GaJere ava11t de pJrlcn1en ...
ter. Cet Efclave ajoûta que la.
nui:: derni~re, parce tl ue routes
les Bon1bes eftoient tombées
dans le Port, oit l'on avoir b;·izé
un Loodrel fracaf.Té tour r A V~tnt
d\tn Na vire ciui efi:oit fur les
Chantiers, & crevé les caftez
de deux autres ; on n, ~t voit\ disj
e, abatu que trois Maj{Ons 1 ~i:.
les Ro1nbes efl:oit11t totnbées
O[fobre l-a P. P . ..• .
. .. - .~. '. . . . -~ ..
... . .. T . _,;
.
"1
:-. ....
'
170 MERCURE
dans le Port, parce que !1011 n'a~
voit râcl1C cette 11uit qu'à détruire
leurs BaU.imens, je ci-oy pouvoir
dire que la 1naniere dont
leurs Galeres auraient eflé re_
ceuës, n'aurait pas contribué à
leur faire faire une Paix a vanta_
gellfC. Voila ce qui s'ell: paifé
cette année. Aparen]n1e11c qt1e
la procl1aine donnera de plus
2 r _tnds évene111ens.
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Résumé : RELATION DE Mr DE POINCTI.
L'expédition militaire française contre Alger, dirigée par Monsieur du Quesne, débuta le 21 juillet avec une flotte composée de onze vaisseaux de guerre, quinze galères, cinquante galiotes, dix brûlots, quelques flûtes et petits bateaux. Des retards dans la préparation des bombes et des galiotes reportèrent l'attaque initiale. Pendant cet intervalle, Monsieur du Quesne brûla deux petits vaisseaux à Serselle. L'attaque fut finalement lancée le 1er août malgré des conditions météorologiques défavorables. Les forces françaises formèrent un croissant autour du mur de la ville. Cependant, l'inexpérience de certains officiers, notamment Cathelin, entraîna une mauvaise placement des ancres, causant des problèmes lors de l'attaque. Les bombes ardentes, destinées à incendier les vaisseaux ennemis, échouèrent souvent à atteindre leur cible. Plusieurs incidents perturbèrent les opérations françaises, comme un incendie à bord d'une galiote causé par une bombe ardente, semant la panique parmi les soldats. L'attaque fut annulée et les forces françaises se retirèrent le lendemain matin. Une seconde tentative eut lieu le 26 août avec de nouvelles ancres placées plus loin les unes des autres. Les galiotes subirent de nombreux coups de canon sans causer de dommages significatifs aux forces algériennes. Les pertes françaises furent minimes, avec seulement quelques blessés. Des esclaves évadés rapportèrent que la situation à Alger était chaotique, avec de nombreuses maisons détruites et des victimes. Un consul turc fut envoyé pour négocier, mais Monsieur du Quesne refusa toute accommodation. Les Algériens, après avoir refusé une demande française, subirent des attaques nocturnes causant la destruction de bâtiments et la mort de nombreuses personnes. Les Turcs, humiliés par les Français, préparèrent une contre-attaque. Les Français tentèrent des opérations nocturnes pour endommager les vaisseaux ennemis, mais une galère française, la Brûlante, fut endommagée et les galères algériennes subirent des pertes. En raison du mauvais temps, les Français durent renoncer à leurs opérations et quittèrent la rade d'Alger sans avoir atteint leurs objectifs. Un esclave évadé rapporta que les Algériens préparaient une nouvelle tentative avec le renfort d'une galère. Les attaques françaises visèrent principalement à détruire les bâtiments ennemis, sans succès notable pour forcer une paix avantageuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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190
p. 197-207
Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Début :
Vous m'avez souvent demandé des nouvelles des Ambassadeurs que [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs de Siam, Roi de Siam, Soleil d'Orient, Capitaine Gomet, Açores, Cap de Bonne-Espérance, Hollandais, Brésil, Banten, Navire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Vous t11"'a-vez fouvcnt de_:.
mandé cles nol1velles de.s.
An1bafC1(_leurs qu~.- l~ R6J"
deSia-n1 e11voye e11 France~Je
croy vous a \t oir déj a _n1ar~
qué dans quelq L1~une d~ 1nes.-
• -R iij
-t.- ::. ~ ..... ~ --- ·- 1 • 1
1 ·.-!. J ~ . " .. .
1 • 1 • • ...
119$ ~- i\fiE'R CfJ·F~ EJ
L~f~~e~:'.} ~q u~11~· -~~ eftoie nt ~ n1-
}?~rèf\1_~è~ . , à· B·ân_raU1 le fixîé ..
11~~~· ~~,- S.ëp_:te-~11bre de l'a11née
d~_f~1i~~:e; ~dans le· Navire du
~~~JC:-~l} ~l ~~o-rlenr ~ q11i ap11~1rtJ~_
ht'à ··1a;Co1!1pagnie Roya ..
l.~Sc_des ~ra11·ç-ois~ Ce Na vire
Çftoit_~ ~~i:c.ndu au ·Port Loüis,
-~-·Ù il 'deV·ôit- arrÏ\T·er; & COU1-
j ·. . : \ ~~ : :· -::' c. . 1 1' • .. •
1 . -, , .. me on n en avo1t c:u aucunes
n·b~Vél.l_cs _ de puls ce ·te111ps ..
là,: il j7 ~a v·oit · liet1 ~ de crain ..
dtC qu'il 11' euft· fait naufrage)
n~y ayant que· p·our fix inoi~
d:e . route de ce iieu-là ju [..
.... ,• . . ~. ,.
q~ès à c:elu y ql1e je v·iens de
vous nommer. E~ effet plu ..
GA~Ar\~~~'.\·< 1~9,;
(Jeurs aurreS ,~afli~l);ri~ -~~p~r,;~
· tis de la :me(11;c. C9OEe. _d,e~ I.n~_;~ . . . . . - . - , · r
des plu S de ·ri~ ~l11~;iS apre~ ~t.lf(
Sole.il d' Q ri Cl}~;-. (9P t. ~o~s·: 4-~ +~rivez
lîct1teufetn~11 t. en~- .Eû~
rope. Ainfi ·~~:-~·'ttci{~ :f~r~~gf}:!
ptine de, . ée: . ,q~·~.! .. ··pq·~yq~~:
· cilre deven~1, ! .à r çaμJe,: -çl~·~ ·
• .• • -- •• ./, ~ -1 • • .. • .L : ' .. f( ,
An1baffad~urS de'i Sl~~iμJ~., ~.
:~ du Vai!feau ~èffiiè ,,-éf U;i, ~ C~- _
;:1 beau , grand . ~ .. · tr~.s .. r-i~h,e.~
~i- n1ent cl1al4gé ;. ru.ais __ e~ fi~ l_~
:?~ Capitaine Got11ec a 111_is-Ié'S
·:J lntérefièz l10rs d'.inqui~~tud~~·
.:::1 Ce Ca pîraine c114i e~~-· r_ent.~~
1_·: de ce mois , revena~t · ·dc·s
·:: ~ - J R iiij . ~
.·..-. . - ~
~ .
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) . ~.
-..... ' .. . -....:..
LI
• ·.,,-j .. ~ .. '"
. :. ~
-:.:.1~· .. '
I
~·Oo MER ClJ--R~ E ...
111es -'.~ Ç<?.{es., ~ ,dit q u, efta!tlt
-à-1~_ Rade d;ii Fayal,. l>une de
cCs Ifles,le trentié111eSepten1-
b,r~, dernier , t1n . A nglois de
fe~: Amis. y· efi:oit arrivé lors
!11.~,~-~ e~oit prell- de mer.tre à
la voile; ue cet· Anglais
. ,, ,, il. \
a.~otr:- _rapporte €_Ill e.rra.11t a.
Ferna111bouc au Bréfil,, d'où
il efloit party le 2. 8. A ou fl. 11
y . efi:oi~ entré le prccédent unN_
avire .Hollandois, q·ui- ~e.-
11oit du Cap de s·o11ne Ef pè ..
l"~nce ; & que }e Capitaine
-cl~ ce-Navire , qui e11 avoir
fait voile fur la fin de Juillet;,
~ifoit y ~.ivoir. laiifi L111 gr.and
·a··. A-..··. ~ . - - - . ~-- ..... ~ ~ ....... 1 L..· ·' l··A~-.- ;N·-..·._ ~ ..,, . · .. -~ ... ,~\ . . . ~ .. -_·t- :1 • 2(~2-'
Navire ···Fr~riç·~,is·· ~~ppCll_~-~jJ~:
soleil d, 0 rierft ;. q·ui) ;,~~:. ~-IÇ01c::
de rclâ·cl1e '>avéè -~ fix:. -~Ùl"tre·s
Navires.'.:;, H·olla11d:c>i~f ·-~--~,:~·:· tjû··~-'
. con1n1e .'.lu-y -i :r.eVen,oiep--r,~~dCS~:
_Indes. Cette Nouve-llctà~'.·p·arii'._
·d'abord . in.al, inventée;~-- n'jr..~
• r - ~ ..... • .~. · ay.int aucu·~e a~parenc_·~· .. q u ·u~:~:
·'.~ Ho Il an à ois , , g u e r 6.11 ": i1 ~1 l-~-~'l:
JfOit le pre111ier Auth-et11~·~<e~_Jfb~
J of é partir· ' f èu 1 -. tl u· !:'cap' ---~1e:~
~Bonne Efpéran c~, ·. (ian.S:" la' 1-
~ p 1u s f:-î.c lieu f e -ià-iiOn de tou té(-i . .
~ rannée fans -a.tten--dre- .. 135 ·:
: . ) . ~ 1C otnpagni<: d'un Elfcadre ·de:·-·..,
:J ~1 N arion-, qt1î efioit en· rou.r~~._
J te con1n1e. luy I'ou1· re:\,.énil~r'~~-
~.
. 1 .. . . .
",fi
' ...
-".
. ./
~
. •. .. .' ......
. •.1
.. •(
' i .•
.~T-.
'
zo2 E R'C-.. .:RE.
en Europe;. car de prétendre
quïl fufi volo1ttai1·ement ve ..
nu au Bréfil, c,efi ce qu'on
n'avoit al1cun lieu de croire
puis qu"'on fçait qt1Jil 11'yeut'
jamais de com111erce à faire
du Cttp de Bo11n·e Eipérance
au Bré!î], & bien t11oins en.
«:or pour les l-I0llandois, que
po.ur at1cune -~utre Nationj
Les I-Iollandois n·y peuvent
cllre recet1s qu'avec de trcs ..
grandes précat1tion s~ 0 n envoye
des Gardes à leur Bord1
& on ne leur permet la def-
' 1 cente a terre que poltr trois
Perfonnes au plus de cha--
G_AL.P1t~T. 201.-
-~ ue Navire, depuis que les·
·: ortu~ais qui fe fo-nt rendus
·_ Jaittt~s -du Bréfil fur les HollandoisJ
one connu que ces
derniers feroien·t fo-tt , ai-fes
de trouver l' occ:tfion de le
:/eprendre. Aînfi ron avoic· ".
peinc à juilifier 13 endroit de·- ·
cccte nouvelle. CepênLiant
-:~ apres tant de circonflances
r~1 pportées par le Capita_ine·~
Go111er arrivé -au Port L,oüis,,
il y avoit appare11ce que 11y.
_. luy1 ny l3 A11glois, ny mefine
·}le Holla11~0-is, qui ne fça-'.
-~vent point q u)il nous 1:11an ..
9_ue des Na.vires 1 n2a,1oient_
~04 - .ERClJRE
pas fon·gé à l'inventer. Dans
cet en1b-arra.s,. q uelq.ues Pet.
fennes entendu ês en ces roll~
tes, fè font appliquées à cxa ..
mi~er cxaltcmenr, d.e q.ueL
le man iere on pour roi t j u !h ..
fier la Nouvclle.-Voicy leur
·raifo11nen1ent. Le Soleil d~o.
rient paî-tit_. de 'Bantam le 6.
de Se-pt.errlbre 1681. îî.X fè1nai~
ncs plûtolt qu'il ne falloit,
pour (lou b,ler le Cap de Bon ..
ne Efpéran·ce.e · S-on··. delfein
efioît de s"' arrefter à rifle
Bourbon ou Mafcareigne)au
m-oins pe11dant un grand
~ois;.! &.ayant manqμé cette
GALtlANT. ~o)
-~I!le, comrrie -il arrive· fot;t~
~vent à 1a Mer,, il s' efi trouvé
/rrop ·cofr pour venir au·Ca p,
~f 1,-. l I I d _j"' "' ~&a re ac11e aux n es, Ci1. ott
~il ve-noit. Il en .efl: party tout
~·de nouveau,.& s'efl: rcncon.-!
:~Lré au ·Cap avec les fix. Hol ..
land ois, qui apparemment:.
ont dépeièhé u·n Navire•'
· pour donner avis en Holla·nde
i leurs Supérieurs de leur
re]âcbement au Cap de Bon~
:. ne Efpérance ~ a:fin qu3ils
puiffent prèndre des meiures
juftes pour la vente-des Mar ... ,
chandi[es arrivées pour eur;
· dans les premiers yailfea~~·
.
•
...
...............
206 MER CfJRE
qui l~ur ---:font v.enus des In ..
. des ~ & . encore .auffi pour
:-avertir ces . mefines Supé ..
. _.rieurs d'envoyer au devant
! d'eux des Vaiffeaux d-' e{è:or ..
te, ce que les Hollandais
·font d' O}"dinaire jufques i
. _llergu·ç~ en N orvege, car i1s
..
. . 11e pern1cttent point que
le.tirs Navires qui viennent
des Indes, non i1Ius que ceu~
qui y vont, paîfent par la
.Mancl1e, dans la crai11te de
:s>exFofer à en perdre qutl
.q uesJ u11s, à caufe de la pre~ .
_t;ention qu~a la Con1pagnie
J1 Analeterre fùr les Eflèrsde ~ . ' 0
.. G ALAN1~. 207
celle de Hollande. Le Navire
dépefèl1é du Cap par les
Ho1landois , ·fera venu au
BréGl 1nalgrC Iuy, ou par gros
re1nps , où pour é.vi-ter ·de.5
Courans, qui dans cette faifon-
là cntraînen,t ,à, la Colle
d}Afi·ique.·De cette faç.on lâ
Nouvelle etl: Vraye, . & on
peut i11ceifa1nment efpére1' la
venuë du Na-vire q.ui amenc
les Ambaifadeurs du Roy de
Sia1no
mandé cles nol1velles de.s.
An1bafC1(_leurs qu~.- l~ R6J"
deSia-n1 e11voye e11 France~Je
croy vous a \t oir déj a _n1ar~
qué dans quelq L1~une d~ 1nes.-
• -R iij
-t.- ::. ~ ..... ~ --- ·- 1 • 1
1 ·.-!. J ~ . " .. .
1 • 1 • • ...
119$ ~- i\fiE'R CfJ·F~ EJ
L~f~~e~:'.} ~q u~11~· -~~ eftoie nt ~ n1-
}?~rèf\1_~è~ . , à· B·ân_raU1 le fixîé ..
11~~~· ~~,- S.ëp_:te-~11bre de l'a11née
d~_f~1i~~:e; ~dans le· Navire du
~~~JC:-~l} ~l ~~o-rlenr ~ q11i ap11~1rtJ~_
ht'à ··1a;Co1!1pagnie Roya ..
l.~Sc_des ~ra11·ç-ois~ Ce Na vire
Çftoit_~ ~~i:c.ndu au ·Port Loüis,
-~-·Ù il 'deV·ôit- arrÏ\T·er; & COU1-
j ·. . : \ ~~ : :· -::' c. . 1 1' • .. •
1 . -, , .. me on n en avo1t c:u aucunes
n·b~Vél.l_cs _ de puls ce ·te111ps ..
là,: il j7 ~a v·oit · liet1 ~ de crain ..
dtC qu'il 11' euft· fait naufrage)
n~y ayant que· p·our fix inoi~
d:e . route de ce iieu-là ju [..
.... ,• . . ~. ,.
q~ès à c:elu y ql1e je v·iens de
vous nommer. E~ effet plu ..
GA~Ar\~~~'.\·< 1~9,;
(Jeurs aurreS ,~afli~l);ri~ -~~p~r,;~
· tis de la :me(11;c. C9OEe. _d,e~ I.n~_;~ . . . . . - . - , · r
des plu S de ·ri~ ~l11~;iS apre~ ~t.lf(
Sole.il d' Q ri Cl}~;-. (9P t. ~o~s·: 4-~ +~rivez
lîct1teufetn~11 t. en~- .Eû~
rope. Ainfi ·~~:-~·'ttci{~ :f~r~~gf}:!
ptine de, . ée: . ,q~·~.! .. ··pq·~yq~~:
· cilre deven~1, ! .à r çaμJe,: -çl~·~ ·
• .• • -- •• ./, ~ -1 • • .. • .L : ' .. f( ,
An1baffad~urS de'i Sl~~iμJ~., ~.
:~ du Vai!feau ~èffiiè ,,-éf U;i, ~ C~- _
;:1 beau , grand . ~ .. · tr~.s .. r-i~h,e.~
~i- n1ent cl1al4gé ;. ru.ais __ e~ fi~ l_~
:?~ Capitaine Got11ec a 111_is-Ié'S
·:J lntérefièz l10rs d'.inqui~~tud~~·
.:::1 Ce Ca pîraine c114i e~~-· r_ent.~~
1_·: de ce mois , revena~t · ·dc·s
·:: ~ - J R iiij . ~
.·..-. . - ~
~ .
-.)
: ...
) . ~.
-..... ' .. . -....:..
LI
• ·.,,-j .. ~ .. '"
. :. ~
-:.:.1~· .. '
I
~·Oo MER ClJ--R~ E ...
111es -'.~ Ç<?.{es., ~ ,dit q u, efta!tlt
-à-1~_ Rade d;ii Fayal,. l>une de
cCs Ifles,le trentié111eSepten1-
b,r~, dernier , t1n . A nglois de
fe~: Amis. y· efi:oit arrivé lors
!11.~,~-~ e~oit prell- de mer.tre à
la voile; ue cet· Anglais
. ,, ,, il. \
a.~otr:- _rapporte €_Ill e.rra.11t a.
Ferna111bouc au Bréfil,, d'où
il efloit party le 2. 8. A ou fl. 11
y . efi:oi~ entré le prccédent unN_
avire .Hollandois, q·ui- ~e.-
11oit du Cap de s·o11ne Ef pè ..
l"~nce ; & que }e Capitaine
-cl~ ce-Navire , qui e11 avoir
fait voile fur la fin de Juillet;,
~ifoit y ~.ivoir. laiifi L111 gr.and
·a··. A-..··. ~ . - - - . ~-- ..... ~ ~ ....... 1 L..· ·' l··A~-.- ;N·-..·._ ~ ..,, . · .. -~ ... ,~\ . . . ~ .. -_·t- :1 • 2(~2-'
Navire ···Fr~riç·~,is·· ~~ppCll_~-~jJ~:
soleil d, 0 rierft ;. q·ui) ;,~~:. ~-IÇ01c::
de rclâ·cl1e '>avéè -~ fix:. -~Ùl"tre·s
Navires.'.:;, H·olla11d:c>i~f ·-~--~,:~·:· tjû··~-'
. con1n1e .'.lu-y -i :r.eVen,oiep--r,~~dCS~:
_Indes. Cette Nouve-llctà~'.·p·arii'._
·d'abord . in.al, inventée;~-- n'jr..~
• r - ~ ..... • .~. · ay.int aucu·~e a~parenc_·~· .. q u ·u~:~:
·'.~ Ho Il an à ois , , g u e r 6.11 ": i1 ~1 l-~-~'l:
JfOit le pre111ier Auth-et11~·~<e~_Jfb~
J of é partir· ' f èu 1 -. tl u· !:'cap' ---~1e:~
~Bonne Efpéran c~, ·. (ian.S:" la' 1-
~ p 1u s f:-î.c lieu f e -ià-iiOn de tou té(-i . .
~ rannée fans -a.tten--dre- .. 135 ·:
: . ) . ~ 1C otnpagni<: d'un Elfcadre ·de:·-·..,
:J ~1 N arion-, qt1î efioit en· rou.r~~._
J te con1n1e. luy I'ou1· re:\,.énil~r'~~-
~.
. 1 .. . . .
",fi
' ...
-".
. ./
~
. •. .. .' ......
. •.1
.. •(
' i .•
.~T-.
'
zo2 E R'C-.. .:RE.
en Europe;. car de prétendre
quïl fufi volo1ttai1·ement ve ..
nu au Bréfil, c,efi ce qu'on
n'avoit al1cun lieu de croire
puis qu"'on fçait qt1Jil 11'yeut'
jamais de com111erce à faire
du Cttp de Bo11n·e Eipérance
au Bré!î], & bien t11oins en.
«:or pour les l-I0llandois, que
po.ur at1cune -~utre Nationj
Les I-Iollandois n·y peuvent
cllre recet1s qu'avec de trcs ..
grandes précat1tion s~ 0 n envoye
des Gardes à leur Bord1
& on ne leur permet la def-
' 1 cente a terre que poltr trois
Perfonnes au plus de cha--
G_AL.P1t~T. 201.-
-~ ue Navire, depuis que les·
·: ortu~ais qui fe fo-nt rendus
·_ Jaittt~s -du Bréfil fur les HollandoisJ
one connu que ces
derniers feroien·t fo-tt , ai-fes
de trouver l' occ:tfion de le
:/eprendre. Aînfi ron avoic· ".
peinc à juilifier 13 endroit de·- ·
cccte nouvelle. CepênLiant
-:~ apres tant de circonflances
r~1 pportées par le Capita_ine·~
Go111er arrivé -au Port L,oüis,,
il y avoit appare11ce que 11y.
_. luy1 ny l3 A11glois, ny mefine
·}le Holla11~0-is, qui ne fça-'.
-~vent point q u)il nous 1:11an ..
9_ue des Na.vires 1 n2a,1oient_
~04 - .ERClJRE
pas fon·gé à l'inventer. Dans
cet en1b-arra.s,. q uelq.ues Pet.
fennes entendu ês en ces roll~
tes, fè font appliquées à cxa ..
mi~er cxaltcmenr, d.e q.ueL
le man iere on pour roi t j u !h ..
fier la Nouvclle.-Voicy leur
·raifo11nen1ent. Le Soleil d~o.
rient paî-tit_. de 'Bantam le 6.
de Se-pt.errlbre 1681. îî.X fè1nai~
ncs plûtolt qu'il ne falloit,
pour (lou b,ler le Cap de Bon ..
ne Efpéran·ce.e · S-on··. delfein
efioît de s"' arrefter à rifle
Bourbon ou Mafcareigne)au
m-oins pe11dant un grand
~ois;.! &.ayant manqμé cette
GALtlANT. ~o)
-~I!le, comrrie -il arrive· fot;t~
~vent à 1a Mer,, il s' efi trouvé
/rrop ·cofr pour venir au·Ca p,
~f 1,-. l I I d _j"' "' ~&a re ac11e aux n es, Ci1. ott
~il ve-noit. Il en .efl: party tout
~·de nouveau,.& s'efl: rcncon.-!
:~Lré au ·Cap avec les fix. Hol ..
land ois, qui apparemment:.
ont dépeièhé u·n Navire•'
· pour donner avis en Holla·nde
i leurs Supérieurs de leur
re]âcbement au Cap de Bon~
:. ne Efpérance ~ a:fin qu3ils
puiffent prèndre des meiures
juftes pour la vente-des Mar ... ,
chandi[es arrivées pour eur;
· dans les premiers yailfea~~·
.
•
...
...............
206 MER CfJRE
qui l~ur ---:font v.enus des In ..
. des ~ & . encore .auffi pour
:-avertir ces . mefines Supé ..
. _.rieurs d'envoyer au devant
! d'eux des Vaiffeaux d-' e{è:or ..
te, ce que les Hollandais
·font d' O}"dinaire jufques i
. _llergu·ç~ en N orvege, car i1s
..
. . 11e pern1cttent point que
le.tirs Navires qui viennent
des Indes, non i1Ius que ceu~
qui y vont, paîfent par la
.Mancl1e, dans la crai11te de
:s>exFofer à en perdre qutl
.q uesJ u11s, à caufe de la pre~ .
_t;ention qu~a la Con1pagnie
J1 Analeterre fùr les Eflèrsde ~ . ' 0
.. G ALAN1~. 207
celle de Hollande. Le Navire
dépefèl1é du Cap par les
Ho1landois , ·fera venu au
BréGl 1nalgrC Iuy, ou par gros
re1nps , où pour é.vi-ter ·de.5
Courans, qui dans cette faifon-
là cntraînen,t ,à, la Colle
d}Afi·ique.·De cette faç.on lâ
Nouvelle etl: Vraye, . & on
peut i11ceifa1nment efpére1' la
venuë du Na-vire q.ui amenc
les Ambaifadeurs du Roy de
Sia1no
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Résumé : Nouvelles du Vaisseau nommé le Soleil d'Orient, sur lequel les Ambassadeurs de Siam sont embarquez, [titre d'après la table]
Le navire français l'Ambassadeur, parti de la Compagnie Royale des Indes, a suscité des inquiétudes après une longue attente au Port-Louis sans nouvelles. Il a été signalé à la Rade du Fayal le 30 septembre. Un navire anglais a rapporté que l'Ambassadeur avait quitté les lieux pour Fernambouc au Brésil le 28 août. Un navire hollandais, parti du Cap de Bonne Espérance, et le navire français le Soleil d'Or, vu avec des navires hollandais en route vers les Indes, ont également été mentionnés. Ces informations, bien que douteuses, ont été prises au sérieux en raison de la vigilance de la Compagnie des Indes face aux menaces hollandaises. Le navire hollandais est arrivé au Brésil par gros temps ou pour éviter les courants dangereux près de la Côte d'Afrique. On espère la venue prochaine du navire transportant les ambassadeurs du roi de Siam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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191
p. 285-288
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Quand tout le Royaume est remply de joye, l'Eglise n'en doit [...]
Mots clefs :
Église, Conversions, Calvin, Lumières, Raison, Hérésie, Abjuration, Religion prétendue réformée, Erreur
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Qand rout le R()yaume
ell re111t.-)ly de jove, l'E~~life l . (~
n\~n doit pas Ln ·)u.1s reiTt.r1ti1 .. ,
pu1s que l~s Cc1l1verfi,)t1s y
cunti11.Jënc, &: que c;:.~ux q.::1î
quit~~1~ le_ I)a.rty" de· c~~~vira~
28~6-- fvïE R c:UF~ E
nty: fo11c forcez· que par les
J-Un1iercs· de la rai!àn. I\ilrGuil~
le111ot ,; l)arifien, L1L1i a toû ...
jollrs eiléreco11nu, & t11e!ine
.d~· ceux de la. Rc]ir-icJn I)ré. . 0
~~-,~.. "Ï":j",i, $-d:t~ ~ l;w.; . RJ. lfb'.' -l .c~ oJ·..· ·.1t ·1 ·~~ e ' t~• )OU r~ 1\.~l 1""i' ' y:
H , ) I '1 .. • d' f
c om111e Cl ertld1tron e~ e ...
prit, a pres a v·oir eu quelques
~con-féren ces· avec le lv'l.in1llre
Clau cle· .., a. a.·bjt1ré l5I-leréfie
Cll r;réfe1~1cc d·e· prufieurs Pcr·
foniies de qualité, · da·ns l'E9
glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
du Pere Alêxis du- Buc, qui a
utilCm~en·t rra-iaillé à· le con~
!Crtir .. Mr l1Arcl1cyef~ue d~
~ .. ~ -.. ...,_....Il ~ -- ... ~ .. ..__ __ •• .._. - ~ •r • ..
.
· ~1;U~ 1- ~~ .'~'\ i ri\ -..L. LJÔ ' -t~ . li L-- lJ?. 1~"1 "'"f ~ ,., ~7~ ~
paris· a aufii reç·eu dept1is.peti:
de te111 ps 1, A bjl:1ration de M~_
.u..
Gautcrcat1,Député de Poitol.1
pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
l.. l I Con1n1e; tot1s. es Deputs.~·:
doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
rruit à fonds· de tout· cc qui;
.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
~1alg~é ~0ut~~; l~~ b~~~~e-~,~!
88 ~ -~n --~~ ~1~ ~-~i- --!~")
2 l'Lt. / ~ ~ .. r- ~·~ '! . !LJ· ~~ ~1 ~ !- ~ :S.. 1.. ~.,..~.-μ~ {. ~ ~ .. w,
qt1,il av oit p!our._~ la d·éfendre ·
·1 . d ,. l c 1
1 , en ··a - ecoL1v,ert; ~: tallifeté,
c·e n'eft pas· ~el te:) qt1e doitt
fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
:r • .~ l . . , .:. .r .~- n 1 en -t cc1a1re.,
ell re111t.-)ly de jove, l'E~~life l . (~
n\~n doit pas Ln ·)u.1s reiTt.r1ti1 .. ,
pu1s que l~s Cc1l1verfi,)t1s y
cunti11.Jënc, &: que c;:.~ux q.::1î
quit~~1~ le_ I)a.rty" de· c~~~vira~
28~6-- fvïE R c:UF~ E
nty: fo11c forcez· que par les
J-Un1iercs· de la rai!àn. I\ilrGuil~
le111ot ,; l)arifien, L1L1i a toû ...
jollrs eiléreco11nu, & t11e!ine
.d~· ceux de la. Rc]ir-icJn I)ré. . 0
~~-,~.. "Ï":j",i, $-d:t~ ~ l;w.; . RJ. lfb'.' -l .c~ oJ·..· ·.1t ·1 ·~~ e ' t~• )OU r~ 1\.~l 1""i' ' y:
H , ) I '1 .. • d' f
c om111e Cl ertld1tron e~ e ...
prit, a pres a v·oir eu quelques
~con-féren ces· avec le lv'l.in1llre
Clau cle· .., a. a.·bjt1ré l5I-leréfie
Cll r;réfe1~1cc d·e· prufieurs Pcr·
foniies de qualité, · da·ns l'E9
glife de SainteAnr1e laRoyale
cles Tl1éatin~,.· entre tes.n1ains
du Pere Alêxis du- Buc, qui a
utilCm~en·t rra-iaillé à· le con~
!Crtir .. Mr l1Arcl1cyef~ue d~
~ .. ~ -.. ...,_....Il ~ -- ... ~ .. ..__ __ •• .._. - ~ •r • ..
.
· ~1;U~ 1- ~~ .'~'\ i ri\ -..L. LJÔ ' -t~ . li L-- lJ?. 1~"1 "'"f ~ ,., ~7~ ~
paris· a aufii reç·eu dept1is.peti:
de te111 ps 1, A bjl:1ration de M~_
.u..
Gautcrcat1,Député de Poitol.1
pour les· Aftàires de la Reli:...
aion Préte'nduë-. Reff)rn1ée ... ~.
l.. l I Con1n1e; tot1s. es Deputs.~·:
doivent eftre fo1 .. t intelligens;
dans les Affaires qu~on leur'
confie, & forte1nent atta~
chez au Parrv. dont on. leui:· J .
donne lCs· dreirs. à maintenir~~
on doit préfumer. que celUy·
don-t je vous parle, cf!oit inf:.
rruit à fonds· de tout· cc qui;
.peut fervir de défe11fe à fa~
·Rc·ligion, & que puis- que-'
~1alg~é ~0ut~~; l~~ b~~~~e-~,~!
88 ~ -~n --~~ ~1~ ~-~i- --!~")
2 l'Lt. / ~ ~ .. r- ~·~ '! . !LJ· ~~ ~1 ~ !- ~ :S.. 1.. ~.,..~.-μ~ {. ~ ~ .. w,
qt1,il av oit p!our._~ la d·éfendre ·
·1 . d ,. l c 1
1 , en ··a - ecoL1v,ert; ~: tallifeté,
c·e n'eft pas· ~el te:) qt1e doitt
fuivre --un H 01n111e véritable.f:·
:r • .~ l . . , .:. .r .~- n 1 en -t cc1a1re.,
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192
p. 304-306
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On écrit que les Jésuites & les Capucins, font de tres-grands fruits [...]
Mots clefs :
Jésuites, Capucins, Religion prétendue réformée, Abjuration, Intendant, Gouverneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
On écrir q11e les Jé[uites
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
&: les Capucins, font de rresg1-
a11ds frt1its da11s le Rou f!il ..
Ion, où quantité de Soldats,
& me!ine d~Ofliciers de la
•
1 - • jo~
Religion Prétcnduë R{for-
.n1ée, qt1i font dans·les Places
tie cetce FrOnticre d~Efprgne,
t fOr1 t tous les jours abjt1racion.,
C'eit à quOy les Gouverneurs
de ces Places , &
fvir l,Intendant, contribuënt
beaucou1); tnais particulierement
l,exetnple de M~ le
Gouverneur des Bains d' Ar-
1cs, qui s·eil co11verty entre·
les n1ains ,des Capucins, auffil)
ien qt1e~ ~1adatne .. -fa Fem--
n1e , & dix ou douze de fes
Ei1fans, parmy lefqu.._is il y
~11 a ttn qui a une Comp~g11ie
dans le Regi1nent del~
Vecernbre 1ôSz. Cc
~
..
~
~
Reyne. Ce Gouverneur efl:
origirlaire de tJoitot1, de la
· Maifon de la C[1affaigne,Sei..
g11eur de Boirec_~ou ~ & de la4
Braqdiere. Il a fervy 40.
ou $0. années dat1s les Ar-
111ées de Sa Ma jeflé, tant fur
1'1er que fur Terre, en Can1
die, en Flandre, c:n Alle·
mâgne , en Catalogne , &
a eu plufieurs Con1tna11de ..
mens aux Sieges des VillesJ
Toutfon Corps eltl plein de
cicatrices des playes qu'i1 a
re~euës en divers Combats4>
Fermer
193
p. 182-183
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si le Roy donne ses soins à la conversion des Prétendus [...]
Mots clefs :
Roi, Conversion, Prétendus réformés, Zèle, Seigneur, Jésuites, Cérémonie, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si le Roy donne fes foins à
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
Fermer
194
p. 105-108
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Mr des Dessens, dont la naissance répond à l'esprit [...]
Mots clefs :
Esprit, Hérésie, Calvin, Cérémonie, Abjuration, Gentilhomme, Ministres, Conversion, Président, Maison, Vérités catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
M'desDeffens , dont la naiffance
répodà l'eſprit &au mérite,
a renoncé à l'heréfie de
Calvin. La cérémonie de fon
Abjuration fe fit à Poitiers il
ya quelques femaines . Elle a
donné grande joye à tous les
honneftes Gens de ce Païs- là,
& fait d'autant plus d'impref
fion fur beaucoup d'efprits ,
que ce Gentilhomme avoit
épousé une Femme , dans la
Famille de laquelle il y a eu
fept ou huit Miniftres , fon
106 MERCURE
Grand-Pere , fon Pere , fes
Freres, & fes Neveux. M' de
Fontmort, Préfidét de Niort,
dont il eft Parent, a fort contribué
par fes foins à cette
Converfion. Vous fçavez,
Madame, par ce que je vous
ay dit dans plufieurs Lettres,
quel eft le mérite de ce Préfident,
& celuy de Madame
de Fontmortla Femme. C'eſt
une Dame tres - fpirituelle,
que je reffufcitay avec grand
plaifir , apres qu'on l'eut fait
mourir d'apoplé xie vers le
Port de Pile , lors qu'elle revenoit
de la Cour. J'attens
GALANT. 107
toûjours fon Voyage de l'au
tre Monde , que j'ay pris la
liberté de luy demander.
Comme elle eft infiniment
éclairée , & que ſon ſtile eft
fort naturel, ce feroit pour le
Public une Relation des plus
agreables . Elle a pris beaucoup
de part au changement
de créance de M' des Def
fens, qui eftant de retour à
Niort, y fit abjurer la mefine
Herélie à fes Enfans. Sa
Converſion a efté enfin fuivie
de celle de M ' de Montaillon
fon Frere aîné , qui
demeure dans une Maifon
108 MERCURE
de Campagne aux environs
de Niort. Il fit profeffion à
Poitiers des Véritez Catholiques
le 27. du dernier mois
entre les mains de M' l'Evefque
, en préſence de M
de Baville, & d'un fort grand
nombre de Perſonnes de qualité.
répodà l'eſprit &au mérite,
a renoncé à l'heréfie de
Calvin. La cérémonie de fon
Abjuration fe fit à Poitiers il
ya quelques femaines . Elle a
donné grande joye à tous les
honneftes Gens de ce Païs- là,
& fait d'autant plus d'impref
fion fur beaucoup d'efprits ,
que ce Gentilhomme avoit
épousé une Femme , dans la
Famille de laquelle il y a eu
fept ou huit Miniftres , fon
106 MERCURE
Grand-Pere , fon Pere , fes
Freres, & fes Neveux. M' de
Fontmort, Préfidét de Niort,
dont il eft Parent, a fort contribué
par fes foins à cette
Converfion. Vous fçavez,
Madame, par ce que je vous
ay dit dans plufieurs Lettres,
quel eft le mérite de ce Préfident,
& celuy de Madame
de Fontmortla Femme. C'eſt
une Dame tres - fpirituelle,
que je reffufcitay avec grand
plaifir , apres qu'on l'eut fait
mourir d'apoplé xie vers le
Port de Pile , lors qu'elle revenoit
de la Cour. J'attens
GALANT. 107
toûjours fon Voyage de l'au
tre Monde , que j'ay pris la
liberté de luy demander.
Comme elle eft infiniment
éclairée , & que ſon ſtile eft
fort naturel, ce feroit pour le
Public une Relation des plus
agreables . Elle a pris beaucoup
de part au changement
de créance de M' des Def
fens, qui eftant de retour à
Niort, y fit abjurer la mefine
Herélie à fes Enfans. Sa
Converſion a efté enfin fuivie
de celle de M ' de Montaillon
fon Frere aîné , qui
demeure dans une Maifon
108 MERCURE
de Campagne aux environs
de Niort. Il fit profeffion à
Poitiers des Véritez Catholiques
le 27. du dernier mois
entre les mains de M' l'Evefque
, en préſence de M
de Baville, & d'un fort grand
nombre de Perſonnes de qualité.
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195
p. 251-253
Autres Conversions, [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Rheims, que depuis deux mois plus [...]
Mots clefs :
Reims, Soldats allemands, Hérésie de Luther, Hérésie de Calvin, Controverses, Abjuration, Conversion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Conversions, [titre d'après la table]
On a eu avis de Rheims,
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
que depuis deux mois plus
de quarante Soldats Allemands
, de ceux qui y font
en quartier d'Hyver, ont abjuré
l'Hérefie de Luther &
de Calvin , entre les mains
252 MERCURE
d'un Jacobin de leur Nation,
qui fait de grands fruits en
ce Païs-là.
Le Pere Alexis du Buc ,
Théatin , continue toûjours
à en faire icy de confidérables
, & c'est à fes Controverfes
qu'on doit la converfion
du S Malachie Vedel,
Petit - Nevcu de M Vedel,
l'un des celebres Miniftres
de Geneve . Ceux de Cha
renton, avec lesquels il eſtoit
entré plufieurs fois en conference,
n'ayant pû luy donner
d'éclairciffement qui le
fatisfit fur les doutes que ce
GALANT. 253
Pere luy avoit fait naître , if
fit abjuration entre fes mains
le feptiéme de ce mois .
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196
p. 6-9
Discours de M. l'Intendant de Montauban, aux Prétendüs Réformez, [titre d'après la table]
Début :
C'est pour cela que Mr Foucault, Intendant de Montauban, [...]
Mots clefs :
Mr Foucault, Intendant de Montauban, Consistoire, Prétendus réformés, Ministres, Temple, Roi, Église romaine, Ordres, Lumières, Sentiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours de M. l'Intendant de Montauban, aux Prétendüs Réformez, [titre d'après la table]
C'eſt pour
cela que M' Foucault, Intendant
de Montauban, y fit afſembler
le Confiftoire, dans
le mois de Fevrier. Tout le
monde ſçait avec combien
d'aprobation il s'acquite depuis
longtemps de cette Intendance
. Voicy dans quels
termes il expliqua les intentions
du Roy aux Miniſtres,
&à tous les Prétendus ReforGALANT.
7
1
mez qui s'eſtoient rendus au
Temple.
MESSIEURS,
LeRoy continuant de donner
à ſes Sujets de vostre Religion
des marques de la forte paſſion
qu'il a de les voir tous rentrez
dans le ſein de l'Eglife Romaine,
Sa Majefte m'a ordonné de vous
faire affembler icy , pour vous
dire que ſa volonté est que vous
écoutiez la lecture de l'Avertiſſement
Pastoral de Meffieurs
de l' Affemblée generale du Clergé
de France ; que vous en receviez
lafignification, &que vous en-
A iiij
8 MERCURE
tendiez ce que M³ le Bret vous
dira fur ceſujet. A quoy je dois
ajoûter, qu'apres que le Roy
vous a ordonné ces chofes comme
voſtre Souverain , ce Grand
Prince, comme Fils aîné de l'Eglife,
vous exhorte , vousfolli
cite, vous preſſe, de vous laiſſer
toucher aux plaintes de cette
Mere affligée , qui vous tend
les bras inceſſamment, & dont
Sa Majesté est obligée de pren
dre la protection. Je souhaite
tres- ardemment en mon particulier,
que les Lumieres Evangéliques
qui font répanduës dans
cette Monition que vous font les
GALANT. و9
Succeffeurs des Apoftres , ayent
affez de force pour diffiper les
nuages qui nous cachent les uns
aux autres , & que nous trouvant
tous dans une uniformité
de sentimens de respect, & do
venération pour les vertus de
noſtre incomparable Monarque,
nous puiſſions auffi nous réünir
dans les mesmes sentimens pour
la Religion qu'il profeffe , &
qu'ont profeffée nos Ayeux , &
les vostres.
cela que M' Foucault, Intendant
de Montauban, y fit afſembler
le Confiftoire, dans
le mois de Fevrier. Tout le
monde ſçait avec combien
d'aprobation il s'acquite depuis
longtemps de cette Intendance
. Voicy dans quels
termes il expliqua les intentions
du Roy aux Miniſtres,
&à tous les Prétendus ReforGALANT.
7
1
mez qui s'eſtoient rendus au
Temple.
MESSIEURS,
LeRoy continuant de donner
à ſes Sujets de vostre Religion
des marques de la forte paſſion
qu'il a de les voir tous rentrez
dans le ſein de l'Eglife Romaine,
Sa Majefte m'a ordonné de vous
faire affembler icy , pour vous
dire que ſa volonté est que vous
écoutiez la lecture de l'Avertiſſement
Pastoral de Meffieurs
de l' Affemblée generale du Clergé
de France ; que vous en receviez
lafignification, &que vous en-
A iiij
8 MERCURE
tendiez ce que M³ le Bret vous
dira fur ceſujet. A quoy je dois
ajoûter, qu'apres que le Roy
vous a ordonné ces chofes comme
voſtre Souverain , ce Grand
Prince, comme Fils aîné de l'Eglife,
vous exhorte , vousfolli
cite, vous preſſe, de vous laiſſer
toucher aux plaintes de cette
Mere affligée , qui vous tend
les bras inceſſamment, & dont
Sa Majesté est obligée de pren
dre la protection. Je souhaite
tres- ardemment en mon particulier,
que les Lumieres Evangéliques
qui font répanduës dans
cette Monition que vous font les
GALANT. و9
Succeffeurs des Apoftres , ayent
affez de force pour diffiper les
nuages qui nous cachent les uns
aux autres , & que nous trouvant
tous dans une uniformité
de sentimens de respect, & do
venération pour les vertus de
noſtre incomparable Monarque,
nous puiſſions auffi nous réünir
dans les mesmes sentimens pour
la Religion qu'il profeffe , &
qu'ont profeffée nos Ayeux , &
les vostres.
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197
p. 9-20
Discours fait aux mesmes par M. le Bret, Official de la mesme Ville, [titre d'après la table]
Début :
Toute l'Assemblée marqua beaucoup de soûmission, & se [...]
Mots clefs :
Assemblée, Soumission, Mr le Bret, Official de Montauban, Avertissement pastoral, Ouvrage, Prétendus réformés, Schisme, Discours, Église, Clergé, Charité, Raison, Missions, Miracles, Sectes, Triomphe, Église gallicane, Allemagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours fait aux mesmes par M. le Bret, Official de la mesme Ville, [titre d'après la table]
Toute l'Affſemblée mar
qua beaucoup de ſoûmiffion,
&ſe montra preſte d'écouter;
apres quoy, M² le Bret, Offi10
MERCURE
cial de Montauban, fit la le-
Eture de l'Avertiſſement Paftoral.
C'eſt un Ouvrage digne
de la charité de ceux qui
l'ont fait , & plein de raiſons
tres- fortes , pour obliger les
Prétendus Reformez à reconnoiſtre
leur Schifme,
s'ils veulent agir de bonnefoy.
M'le Bret ajoûta à cette
lecture un tres-beau Diſcours
qui termina l'Aſſemblée. Il
eſtoit conçeu dans ces termes.
MESSIEURS,
Le ſejour que je fais en cette
GALANT II
de
Ville depuis tant d'années ,
m'ayant uny d'amitié avecplufieurs
d'entre vous , m'a auffi
donné lieu de connoistre
plaindre voſtre état ; ce qui m'a
fait souvent defirer l'occaſion de
vous y estre utile, &de pouvoir
■ contribuer à voſtre réünion avec
- l'Eglise nostre commune Mere,
de laquelle vous vous eftesféparez
depuis plus d'un Siecle . Ce
defir toutefois ne m'a pas esté
particulier. La charité Chreftienne
l'a inspiré à beaucoup
d'autres , & principalement au
Clergé de France de la part de
qui je vous parle; car quoy qu'il
12 MERCURE
ſefuſt aſſemblé l'année derniere
à Paris pour d'autres Affaires , il
ne laiſſa pas de s'appliquer fortement
à celle. là, comme la plus
importante de toutes, parce qu'elle
regarde vostrefalut , qui est cette
affaire que Nostre- Seigneur nous
a fifi particulierement recommandée,
Porro unum eft neceffarium.
Noftre Grand Monarque,
dont la pietérépond fi dignement
au Titre de Tres -Chreftien que
l'Eglise luy a donné , a trouvé
cela si juste , qu'il a bien voulu
charger M² l'Intendant, comme
le Dépositaire de fon autorité
dans cette Province , de vous
८
GALANT. 13
T
L
faire connoiſtre là-deſſus ſes in
tentions ; de forte que comme ce
qu'il vous en a dit ne peut estre
plus précis, je me contenteray d'y
ajouſter que l'Eglise eftant cette
Arche veritable , hors laquelle il
n'y apoint deſalut, vous n'avez
pû ny dû vous en ſéparer, quel-
- que couleur qu'on ait prétendu
donner à cette séparation . Je ne
doute point que vous ne difiez que
l'Egliſe eſtant tombée en ruine,
il eftoit neceſſaire de la reparer.
Cefut le discours , comme le prétexte
, dont ſe prétendirent couvrir
les Autheurs de ce Schifme;
mais , Meffieurs , foufrez que je
1
14 MERCURE
ril
vous réponde avec S. Augustin,
parlant aux Donatistes, que pour
reparer dans l'ordre cette prétenduë
ruine de l'Eglife , bien loin
de la quiter, il falloit au contraire
y demeurer plus intimement unis ,
& n'y employer que la charité,
le bon exemple , & la patience.
Ce sont les regles que nous prefcrit
l'Evangile, & celles que les
Apostres & leurs Succeffeurs ob-
Serverent dans l'établiſſement du
Chriftianisme. Je diray encor,
que pourse croire veritablement
capable d'une telle entrepriſe , il
falloit en avoir la miſſion , puis
que felon S. Paul, Nemo fibi
GALANT. 15
fumit honorem, fed qui vocatur
à Deo tanquamAaron,
fic Chriftus non femetipfum
clarificavit , ce grand Apoſtre
n'ayant parlé de laforte que pour
nous apprendre l'abſoluë neceſſité
d'une Mission, & mesme l'obli
gation oùl'on estde ne pas écouter
ceux qui n'en ont point. Nous
fçavons tous qu'il n'y en a que
de deux fortes , l'ordinaire ,
l'extraordinaire ; que la premiere
ne vient que des Eveſques, à qui
la conduite de l'Eglife a de tout
temps appartenu, Quos Spiritus
Sanctus pofuit Epifcopos regere
Ecclefiam. Vos Autheurs
16 MERCURE
n'oferent ſe l'attribuer , parce
qu'ils appréhenderentavec raiſon
que ſes Evesques ne les defavoüaffent;
fi- bien que dans la
necefſſivé où ils ſe crûrent de perfuader
qu'ils ne venoient pas
d'eux- meſmes , ils ſe vanterent
d'avoir l'extraordinaire ; mais
comme cette Miſſion neſeprouve
que par des miracles , il est aisé.
de connoiſtre que ce n'estoit qu'une
fupoſition, parce qu'outre qu'ils ne
firent point de miracles , & que
l'esprit de Dieu ne sçauroit ja
mais estre qu'uniforme, ils furent
toûjours ſi peu d'accord entr'eux,
qu'apres une infinité de contestaGALANT.
17
tions, &de querelles ſanglantes,
ils prirent enfin le party d'établir
toutes les Sectes diverſes quiſe
voyent en Allemagne , en Hollande
, en Angleterre , & en
France. De forte qu'une cauſe ſi
vitiée ſi erronée, influant neceſſairement
la mesme défectuosité
dansſes effets, il en faut conclure
que vostre état ne sçauroit estre
meilleur que son principe , &
qu'en un mot tout ce grand mal
ne se peut jamais guérir que par
fon contraire , c'est à dire que par
voſtre retour à l'Eglise que vous
avezquittée, d'autantplus qu'elle
est la veritable Eglife, qu'en effet
Mars 1683. B
18 MERCURE
vous y avez esté unis pendant
plus de quinze cens ans , quenfin
elle est auſſi viſiblement,
qu'incontestablement, cette Eglife
contre laquelle le Sauveur du
Monde a promis que les Portes
de l'Enfer ne prévaudront jamais
. Nous en avons pluſieurs
preuvesfans contredit, mais entre
autres,le gloricux triomphequ'elle
a remporté de tant de diférentes
Sectes, qui l'ayant fi violemment
attaquée dans tous les Siecles,
n'ontſervy qu'àſignaler davantage
leur confusion , & qu'à ren
dre plus remarquable l'effet de
cette grande promeffe de I. C. à
GALANT. 19
-fon Epouse. Aquoy, Meſſieurs,
- pour ménager le temps qui nous
refte, j'ajouteray cette miraculeuse
@conftanteſucceſſion deſesEvefques
, laquelle felon Tertullien,
S S. Augustin, &les autres Peres ,
n'est pas moins une marque autentique
deſa verité , que le defaut
de cette fucceffion a toûjours
efté dansſes Rivales une preuve
convainquante de leur fauffeté.
Je ne m'étendray done pas davantage,
Meſſieurs, furces gran..
des veritez, puis que je ne doute
point que vous n'en conceviez
l'énergie , &que cela estant , it
ne me reſte plus qu'à vous fou-
S
Bij
20 MERCURE
haiter, comme je fais de tout mon
ccoeur , la grace d'y eſtreſenſibles,
ainſi qu'à ce qui est contenu plus
au long dans l'Avis Pastoral que
l'Eglife Gallicane vous adreffe,
&dont je viens de vous faire la
lecture.
qua beaucoup de ſoûmiffion,
&ſe montra preſte d'écouter;
apres quoy, M² le Bret, Offi10
MERCURE
cial de Montauban, fit la le-
Eture de l'Avertiſſement Paftoral.
C'eſt un Ouvrage digne
de la charité de ceux qui
l'ont fait , & plein de raiſons
tres- fortes , pour obliger les
Prétendus Reformez à reconnoiſtre
leur Schifme,
s'ils veulent agir de bonnefoy.
M'le Bret ajoûta à cette
lecture un tres-beau Diſcours
qui termina l'Aſſemblée. Il
eſtoit conçeu dans ces termes.
MESSIEURS,
Le ſejour que je fais en cette
GALANT II
de
Ville depuis tant d'années ,
m'ayant uny d'amitié avecplufieurs
d'entre vous , m'a auffi
donné lieu de connoistre
plaindre voſtre état ; ce qui m'a
fait souvent defirer l'occaſion de
vous y estre utile, &de pouvoir
■ contribuer à voſtre réünion avec
- l'Eglise nostre commune Mere,
de laquelle vous vous eftesféparez
depuis plus d'un Siecle . Ce
defir toutefois ne m'a pas esté
particulier. La charité Chreftienne
l'a inspiré à beaucoup
d'autres , & principalement au
Clergé de France de la part de
qui je vous parle; car quoy qu'il
12 MERCURE
ſefuſt aſſemblé l'année derniere
à Paris pour d'autres Affaires , il
ne laiſſa pas de s'appliquer fortement
à celle. là, comme la plus
importante de toutes, parce qu'elle
regarde vostrefalut , qui est cette
affaire que Nostre- Seigneur nous
a fifi particulierement recommandée,
Porro unum eft neceffarium.
Noftre Grand Monarque,
dont la pietérépond fi dignement
au Titre de Tres -Chreftien que
l'Eglise luy a donné , a trouvé
cela si juste , qu'il a bien voulu
charger M² l'Intendant, comme
le Dépositaire de fon autorité
dans cette Province , de vous
८
GALANT. 13
T
L
faire connoiſtre là-deſſus ſes in
tentions ; de forte que comme ce
qu'il vous en a dit ne peut estre
plus précis, je me contenteray d'y
ajouſter que l'Eglise eftant cette
Arche veritable , hors laquelle il
n'y apoint deſalut, vous n'avez
pû ny dû vous en ſéparer, quel-
- que couleur qu'on ait prétendu
donner à cette séparation . Je ne
doute point que vous ne difiez que
l'Egliſe eſtant tombée en ruine,
il eftoit neceſſaire de la reparer.
Cefut le discours , comme le prétexte
, dont ſe prétendirent couvrir
les Autheurs de ce Schifme;
mais , Meffieurs , foufrez que je
1
14 MERCURE
ril
vous réponde avec S. Augustin,
parlant aux Donatistes, que pour
reparer dans l'ordre cette prétenduë
ruine de l'Eglife , bien loin
de la quiter, il falloit au contraire
y demeurer plus intimement unis ,
& n'y employer que la charité,
le bon exemple , & la patience.
Ce sont les regles que nous prefcrit
l'Evangile, & celles que les
Apostres & leurs Succeffeurs ob-
Serverent dans l'établiſſement du
Chriftianisme. Je diray encor,
que pourse croire veritablement
capable d'une telle entrepriſe , il
falloit en avoir la miſſion , puis
que felon S. Paul, Nemo fibi
GALANT. 15
fumit honorem, fed qui vocatur
à Deo tanquamAaron,
fic Chriftus non femetipfum
clarificavit , ce grand Apoſtre
n'ayant parlé de laforte que pour
nous apprendre l'abſoluë neceſſité
d'une Mission, & mesme l'obli
gation oùl'on estde ne pas écouter
ceux qui n'en ont point. Nous
fçavons tous qu'il n'y en a que
de deux fortes , l'ordinaire ,
l'extraordinaire ; que la premiere
ne vient que des Eveſques, à qui
la conduite de l'Eglife a de tout
temps appartenu, Quos Spiritus
Sanctus pofuit Epifcopos regere
Ecclefiam. Vos Autheurs
16 MERCURE
n'oferent ſe l'attribuer , parce
qu'ils appréhenderentavec raiſon
que ſes Evesques ne les defavoüaffent;
fi- bien que dans la
necefſſivé où ils ſe crûrent de perfuader
qu'ils ne venoient pas
d'eux- meſmes , ils ſe vanterent
d'avoir l'extraordinaire ; mais
comme cette Miſſion neſeprouve
que par des miracles , il est aisé.
de connoiſtre que ce n'estoit qu'une
fupoſition, parce qu'outre qu'ils ne
firent point de miracles , & que
l'esprit de Dieu ne sçauroit ja
mais estre qu'uniforme, ils furent
toûjours ſi peu d'accord entr'eux,
qu'apres une infinité de contestaGALANT.
17
tions, &de querelles ſanglantes,
ils prirent enfin le party d'établir
toutes les Sectes diverſes quiſe
voyent en Allemagne , en Hollande
, en Angleterre , & en
France. De forte qu'une cauſe ſi
vitiée ſi erronée, influant neceſſairement
la mesme défectuosité
dansſes effets, il en faut conclure
que vostre état ne sçauroit estre
meilleur que son principe , &
qu'en un mot tout ce grand mal
ne se peut jamais guérir que par
fon contraire , c'est à dire que par
voſtre retour à l'Eglise que vous
avezquittée, d'autantplus qu'elle
est la veritable Eglife, qu'en effet
Mars 1683. B
18 MERCURE
vous y avez esté unis pendant
plus de quinze cens ans , quenfin
elle est auſſi viſiblement,
qu'incontestablement, cette Eglife
contre laquelle le Sauveur du
Monde a promis que les Portes
de l'Enfer ne prévaudront jamais
. Nous en avons pluſieurs
preuvesfans contredit, mais entre
autres,le gloricux triomphequ'elle
a remporté de tant de diférentes
Sectes, qui l'ayant fi violemment
attaquée dans tous les Siecles,
n'ontſervy qu'àſignaler davantage
leur confusion , & qu'à ren
dre plus remarquable l'effet de
cette grande promeffe de I. C. à
GALANT. 19
-fon Epouse. Aquoy, Meſſieurs,
- pour ménager le temps qui nous
refte, j'ajouteray cette miraculeuse
@conftanteſucceſſion deſesEvefques
, laquelle felon Tertullien,
S S. Augustin, &les autres Peres ,
n'est pas moins une marque autentique
deſa verité , que le defaut
de cette fucceffion a toûjours
efté dansſes Rivales une preuve
convainquante de leur fauffeté.
Je ne m'étendray done pas davantage,
Meſſieurs, furces gran..
des veritez, puis que je ne doute
point que vous n'en conceviez
l'énergie , &que cela estant , it
ne me reſte plus qu'à vous fou-
S
Bij
20 MERCURE
haiter, comme je fais de tout mon
ccoeur , la grace d'y eſtreſenſibles,
ainſi qu'à ce qui est contenu plus
au long dans l'Avis Pastoral que
l'Eglife Gallicane vous adreffe,
&dont je viens de vous faire la
lecture.
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198
p. 350
Abjuration, [titre d'après la table]
Début :
Les deux Filles de feu Mr le Marquis d'Ardenay, qui [...]
Mots clefs :
Filles, Oncle, Religion catholique, Marquis d'Ardenay, Abjurations, Hérésie, Calvin, Évêque, Cérémonie de baptême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration, [titre d'après la table]
Les deux Filles de feu M'le
Marquis d'Ardenay, qui ont eſté
élevez dans noſtre Religion par
les foins de Mr le Marquis de
Cognée leur Oncle , ayant eſté
amenées au Chaſteau - du - Loir
chez Madame le Maçon deTré.
ves , l'Aînée abjura l'Héreſie de
Calvin le 10. de ce mois entre les
mains de Mel'Eveſque du Mans,
qui a pris des foins extraordinaires
pour ſon inſtruction ; & la
Cadete réçeut du meſme Prélat
la cerémonie du Bapteſime , en
attendant un âge plus avancé
pour ſon abjuration
Marquis d'Ardenay, qui ont eſté
élevez dans noſtre Religion par
les foins de Mr le Marquis de
Cognée leur Oncle , ayant eſté
amenées au Chaſteau - du - Loir
chez Madame le Maçon deTré.
ves , l'Aînée abjura l'Héreſie de
Calvin le 10. de ce mois entre les
mains de Mel'Eveſque du Mans,
qui a pris des foins extraordinaires
pour ſon inſtruction ; & la
Cadete réçeut du meſme Prélat
la cerémonie du Bapteſime , en
attendant un âge plus avancé
pour ſon abjuration
Fermer
199
p. 3-5
De la vérité de nostre Religion, & de la fausseté de celle des Calvinistes, [titre d'après la table]
Début :
L'exemple & le zèle de Sa Majesté engagent tous ses Sujets, [...]
Mots clefs :
Zèle, Sa Majesté, Conversions, Hérétiques, Fausseté, Calvinistes, Docteurs, Prétendus réformés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la vérité de nostre Religion, & de la fausseté de celle des Calvinistes, [titre d'après la table]
L'exemple & le zele de Sa
A ij
4 MERCURE
Majesté engagent tous fes
Sujets, à contribuer , chacun
ſelon fon employ , & fon talent,
à la Converfion desHeretiques
, & c'eſt par cette
raiſon que Dom Alfonſe Belin,
Prieur Clauſtral de laCharité
, a compoſé un Livre de
laverité de noſtre Religion,
&de la fauſſeté de celle des
Calviniftes. Les Docteurs de
Sorbonne , qui ont pris le
ſoin de l'examiner, en font
grande eſtime , & ont décla
ré qu'il eſtoit tres-docte, tresconvaincant
, & tres -utile,
non ſeulement pour la conGALANT.
5
verſion des Prétendus Réformez
, mais encor pour
l'inftruction des Catholiques.
A ij
4 MERCURE
Majesté engagent tous fes
Sujets, à contribuer , chacun
ſelon fon employ , & fon talent,
à la Converfion desHeretiques
, & c'eſt par cette
raiſon que Dom Alfonſe Belin,
Prieur Clauſtral de laCharité
, a compoſé un Livre de
laverité de noſtre Religion,
&de la fauſſeté de celle des
Calviniftes. Les Docteurs de
Sorbonne , qui ont pris le
ſoin de l'examiner, en font
grande eſtime , & ont décla
ré qu'il eſtoit tres-docte, tresconvaincant
, & tres -utile,
non ſeulement pour la conGALANT.
5
verſion des Prétendus Réformez
, mais encor pour
l'inftruction des Catholiques.
Fermer
200
p. 159-162
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Party de ceux de la Religion Prétenduë Reformée continuë [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Conversions, Marquis, Archevêque, Madame, Controverse, Abjuration, Gentilhomme, Calvin, Cérémonie