Le 7. du dernier mois,
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.