fruit en France aupres des
Prétendus RéformezLaconversion
de la Famille entiere
de Mrle Marquis d'Anquitar
en est une marque. Cette Famillen'est
pas moins illustre
par son esprit & par sa vertu,
que parsanoblelle. CeMarquisest
Cousin-germain de
Mela DuctieQe deRichelieu,
1
& allié des meilleuresMaisons
du Royaume. L'exemple de
Mr le Marquis de S. Simon.
aÇûuJJar/
lln1 cp^'ct-
S"'1Ht?
dAnquitarson Fils, qui ab-
- jura icy des l'Eté passé,l'avoit
porte à examiner sérieusement
les veritez Catholiques.
iln-eut pas de peine àen estre
convaincu. Madame la Marquised'Anquitarsa
Femme,
a combatu plus longtemps,
mais enfin les doctes Sermons
du P. Bernard Jesuite,
qui pendanrcouTTAvenc &
le Caresme,a sceu mesler à
propos quelques points de
Controverse aux grandssujets
qu'il a traitez en sa présence
dans l'Eglise de Richelieu,
avec les solidesentretiens,&
les sçavans Ecrits de Mr du
Fresnede la Mission de la mesme
Ville, l'ont entierement
retirée de ses erreurs.Les mouvemens
de la Grace furent si
puissans sur [onefi)rir,qu'ay at
dressé de sa propre maia un
mémoire de tout et qui luy
faisoit le plus dG peine dans sa
Religion, elle le porta ellemesme
auxMinistres dt Loudun.
Elle en revint tres- peu
satisfaite de leurs réponses, &
Mrle Marquisd'Anquitar la
voyant persuadée de ce qu'il
croyoit déjà, dépefcha sur
l'heure un Homme exprés à
Mr l'Evesque de Poitiers. Ce
digne Prélat, detat le zele est
connu de toute la France, par
l'application continuelle qu'il
apporte au gouvernement de
son Diocese, & par le grand
nombre de conversionsqu'il
y a faites, & qu'il y fait encor
tous les jours, n'attendit pas
qu'ileust terminé les grandes
affaires qui l'occupoient à
Poitiers, dans le temps du
Jubilé& de la Semaine Sainte.
Il n'écouta que la voix du
Ciel, & partant le lendemain,
il alla chercher avec une joye
inconcevable cescheres Brébis
égarées pour les ramener
àTon Troupeau. La cérémonie
de cette Abjuration se fit
à Richelieule Samedy21. du
dernier mois, en présence
d'unnôbreinfiny de Spéctateurs.
Mesdemoisellesd'Anquitar
suivirent l'exemple
dun Pere si spirituel & si
pieux, & d'une Mere si éclairée&
si sage. Deux autres
Personnes decemesmeDiocefeabjurèrent
en mesme
temps, &Mr l'Evesque de
Poitiers leur fit à tous une
exhortation si forte & si éloquente,
que s'illeur fust resté
encor quelques doutes, ell
auroit esté capable de les diffi
per entierement. Madame
laMarquise d'Anquitar, es
dela Maison de S.Gelais.
dont elle porte le nom. Cett
Famille est illustre. Melinde
S.-Ge-lais) Abbé de Reclus
Poëte Fort celebre, en estoit
Sonespritlefit beaucoup esti
mer à la Cour des RoysFra
çois I. & Henry II. Il esso.
Fils d'Octavien deS. Ge]
lais, qui estant devenu veuÇj
eut l'Eveschéd'Angoulesme.
Sa raillerie estoit fine, & l'onl
trouvoit sa Poëtie si délicate,
qu'on l'appelloit l'Ovide
François. Beaucoup prétendent
qu'il aitsurpassé Marot.
Ronsard luy donna de lajalousse,
& il en donna aussià
Ronsard. Cependant ils ne
jlaiffoient pas d'avoir grande
estime l'un pour l'autre. Il fut
AumônierôcBMiotequaire
du Roy, & mourut à Paris
en 1554. Son Corps fut enterré
dans l'Eglise de S. Thomas
duLouvre.Onvoitquantité
de Pieces de sa façon.
06jtavien de S. Gelais, Evesque
d'Angoulesme,estoit
Fils de Pierre, Seigneur de
Mont-lieu, & de Philbert
deFontenay. Il succeda
Pierre de Luxembourg à ce
Evesché en 1492. compos
plusieursEcrits, &nefutpa
moins distingué par son cfpri
que parfa naissance. Il estoi
Frere de Jean deS.Gelais
Evesque d'Usés, &Doyer
d'Angoulesme, oùil fit basti
une Chapelle. On y voit le
Tombeau d'Octavien. Ces
deux Freres en avoient un
a.utr»e,quifutCharles de Archidiacre de «Luçon. Ils ont pris leur nom
du Bourgde S. Gelais, de
l'ancienPatrimoine des SeigneursdeLufi~
nan en Poitou.
Aussi ceux de cette Maison
prétendentestre sortis de
celle deLusignan, dont ils
raportent des Preuves tresconvainquantes.
Loüis de
S. Gelais, Baron de la Mothe
S. Heraye, Seigneur de Lansac&
de Precy Chevalier
d'honneur de laReyne Ca-
~therrne de Médicis, & Surifcteèdant
de sa Maison, se
surnomma de Lusignan, &
se servit desPreuves qu'il en
donna pourestrereçeuàrOrdredu
SaintEsprit. Il orna
v J
f
aussi ses Armes dt la Figur
de lacelebre Mélusine clu
prit pour Cimier.MrdeLar
Cac estoit Cadet de cette Ma
son, d'où sont sortis de granc
Hommes.