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p. 204-205
Défaite d'un Party commandé par le Baron de Mercy, par M. le Chevalier de Renel. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Chevalier de Renel a entierement défait pres de [...]
Mots clefs :
Fribourg, Parti
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texteReconnaissance textuelle : Défaite d'un Party commandé par le Baron de Mercy, par M. le Chevalier de Renel. [titre d'après la table]
Moniteur le Chevalier
de Renel a entièrement
défait près de Fribourg un
Party conltdérable qui eC-
GALANT. 10;
foie commandé par le Baron de
M ercy,qui paflé chez les Ennemis pour un fameux Pârtifan,
de Renel a entièrement
défait près de Fribourg un
Party conltdérable qui eC-
GALANT. 10;
foie commandé par le Baron de
M ercy,qui paflé chez les Ennemis pour un fameux Pârtifan,
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2
p. 209-251
Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Début :
Apres la glorieuse Journée de Cokeberg, les Ennemis demeurerent si [...]
Mots clefs :
Ennemis, Fribourg, Journée de Cokeberg, Maréchal de Créquy, Quartiers d'Hiver, Troupes, Place, Montagne, Tranchée, Armée, Siège, Disposition, Français, Bataillons, Prise, Campagne, Ordres, Conduite
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Apres la glorieuſe Journée deCokeberg , les Ennemis de- meurerent fi conſternez , qu'ils ſe laifferent battre par diuers
Fvj
132 LE MERCVRE
Partis. Monfieur de Créquy fit donner ordre au Gouverneur
de la Petite - Pierre d'en envoyer par derriere l'Armée en- nemiequi en fut incommodée.
Il fit auſſi brûler les Fourages de tous les lieuxd'oùilsen pou- voient tirer,&les inquieta tel- lement , qu'apres les avoir ba- tus engros , on peutdire ( fi ce n'eſt point abuſer du terme)
qu'il les batit encore en détail.
Depuis ce temps - là , ils ne fçeurent plus ny ce quils fai- ſoient , ny ce qu'ils vouloient faire. Ils manquent de Foura- ges , en vont chercher à huit lieuës,& cesGensquidevoient tout prendre , craignent qu'on ne leur prenne Sarbrük. Ils s'é- loignent peu à peu de noſtre Armée. M' Jacquier tombe ma- lade , tout le monde fait des
GALANT. 133
r
vœuxpour luy ; mais les ordres font fi bien donnez , que les Noftres ne manquant de rien,
ne recoivent aucun préjudice de fa maladie. Monfieur de
Créquy prend le Fourage de quatre Villages des environs de Strasbourg. On luydéputepour luy enfaire des plaintes. Il ré- pond à ceux qui en font char- gez , qu'il faut qu'il ſe ferve de ce qui eſt à portée , qu'ils l'ont bien voulu, &qu'ilempefchera le,deſordre. Il envoye en effet.
ſes Gardes pour l'empefcher.. Les ennemis n'ontque du Bled
de Turquie &de la Paille;&
apres avoir efté chez eux ſe rafraichir &prendre du mon- de,des munitions &de l'argent,
ils viennent ſe ruiner de nouveau. Ils apprennent qu'on a
blâme à Vienne l'imprudence
:
3
134 LE MERCVRE qu'ils ont euë d'engager urr Combat à la Journée de Cокеberg contre la Maiſon du Roy,
celle de l'Empereur ( dont en cette Occafion les Cuiraffiers
faiſoient partie ) n'eſtant pasca- pable de luy refifter. Pendant qu'ils fongent à aller prendre leurs Quartiers d'Hyver , on réſout d'affieger Fribourg. On cache ce deſſein. Les meſures
font priſes àla Cour & à l'Ar- mée. Rien ne ſe découvre du
Secret , rien n'en échape. Les Ennemis croyent qu'on va a
Sarbruk,&on fait tout ce qu'il faut pour les entretenir dans cette penſée. Ils y envoyentdes Troupes. Onenfait avancerde Flandre pour les mieux trom- per. Admirez cette conduite.
Tout agit , tout marche , &
rien ne paroiſt. Avantqued'en-
GALANT. 135
Π
コ
trer dans les particularitez du Siege , il eſt aſſez à propos de vous faire connoiſtre l'impor- tance de la Place. Elle estoit autrefois la Capitale du Canton Catholique appellé le Canton deFribourg. Sa fituation eft en partie fur une Montagne , &
en partie fur le panchant de cette Montagne. La Riviere de Sana l'environne preſque en- tiere,&luy fertd'un large Foffé,
qui fait la ſeparation d'un grand Fauxbourg. Ce Fauxbourg a fes
Portes & ſes Murailles , & fe
joint à la Ville par trois grands Pontsquidonnent communica- tion de l'un à l'autre. C'eſt du
coſtéde la Riviere où Fribourg eſt au Midy ſur le panchant de la Montagne. La Montagne eſt de l'autre coſté avec des Rochers eſcarpez en façon de
136 LE MERCVRE
haute Muraille au bordde cette
meſme Riviere , en forte qu'il n'y a pointàcraindre qu'on les puiſſe eſcalader. La Ville eft
Ipatieuſe.C'eſtun Eveſché , &
la plus conſidérable des trois
Univerfitez des Terresde l'Empereur. On l'a fortifiée d'une
maniere qui f'auroit renduë im- prénable à d'autres qu'à des
François. Elle a deux foſſez où
ily a des retenuës d'eau , deux Murailles avec des Tours , &
une grande Redoute de pierre plus élevée que la Citadelle,
qui eſt de quatre Baſtions ſur la hauteur. Cette Place a eſté
jugée d'une telle conféquence,
que l'ordre eſtoit donné de le
ver le Siege de Philifbourg ,
plutoft que de la laiffer perdre ſi on l'euſt attaquéependant ce Siege. Je ne vous feray point
GALAN T. 137
e
|
un long Détail de ceux à qui
elle a appartenu,je vous diray ſeulement qu'elle est preſente- ment à l'Empereur,& qu'on ne peutl'entendre nommerſans ſe ſouvenir des grands & prodi- gieux Exploits qu'a faits autre- foisMonfieur le Prince en Allemagne , lors qu'il n'eſtoit en- cor que Duc d'Enguien. La priſe de cette place eſtoit d'au- tantplus importante pour nous,
qu'eſtant dans le Pays de l'Em- pereur , il ne sçauroit avancer ſur les Terres qui nous appar- tiennent , qu'on en faſſe auffi- toſt demeſme fur celles quiſont,
à luy. Joignez à cela que Fri- bourg eſtant fort grand , ony
peut mettre ſept ou huit mille hommes enGarniſon , dontune partie ſera toûjours preſte à la defendre , tandis que l'autre
138 LE MERCVRE s'étendra dans le Païs. Depe- tites Places pareilles à Phi- lifbourg ne font pas ſi avanta- geuſes. Ce ne ſont que des For- tereſſes qui ne pouvant conte- mir un fi grand nombre de Troupes , ne peuvent faire de ſi grandes executions. D'ailleurs Fribourg affure Briſac que les Ennemis menacent depuis &
long-temps, &àl'avenir ils par- leront peut-eftre moins del'af- freger , que de reprendre ce qu'ils ont perdu. Cette Place ne nous met pas ſeulement en pouvoir de faire contribuer la Suabe ; mais elle nous donne
moyen d'entrer dans les Païs Hereditaires , & ofte à l'Empe- reurune partie confiderable de fes Revenus , eſtant certain que la pluſpart des Penfions qu'il donnoit à ſes Officiers eſtoient
GALANT. 139
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|-
afſignées ſur ce qu'il retiroit de Fribourg. Le Pays eft fort rem- ply de Nobleffe , & n'a gue- res de Païſans qui ne foient ri- ches. La Place n'eſt commandée par aucune Ville , & elfe commande à toutes celles des
environs. Sa priſe rompt les meſures des Ennemis , leur fait
quiter leurs Quartiers d'Hyver,
&les oblige àen chercher d'au- tres. Adjoûtez à ces avanta- ges , celuy de nous eſtre ren- dus maiſtres d'une Place où
font tous les Magaſins donton
auroit eu beſoin pour le Siege de Briſac. Cependant fi les dif- ficultez augmentent la gloire,
onpeut dire qu'il n'y a rien qui égale celle des François. Ils ne s'attachent jamais à des Entre- priſes faciles, &les Places qu'ils ont attaqué cette année ont
140 LE MERCVRE toûjours paſſe pour impréna- bles. Fribourg l'euſt efté ſans doute pour d'autres Ennemis
que pour eux ; & quoy qu'elle ne ſoit pas auſſi forte que Va- lenciénes, Cambray,& S.Omer,
mille difficultez en devoient
rendre la Priſe impoffible. C'eſt une Ville environnée de Dé- filez qui devoient empefcherde l'affieger, ſi les Impériaux n'euf- ſent pas manquéde prévoyan- ce; & toute Place dont on peut empeſcher le Siege, peut paffer pour imprenable. Sa ſcituation furle panchantde la Montagne,
pouvoit donner lieu de la mieux défendre. Elle avoit des Munitions deguerre &de bouche,
& un Commandant qui a toû- jours paſſé pour avoir de la conduite & du cœur. L'Hyver avoit commencé de puis long2
GALANT. 141 temps en ce Païs-là ; il y avoit plus de trois ſemaines qu'il ef- toit couvert de nége , & cepen- dant on réſout d'inveſtir Fribourg. On ne peut dire qu'on aitprévenules Ennemis , pour ſe mettre en campagne avant la Saiſon ; qu'ils n'avoient point de Troupes fur pied , &qu'on eſtoit éloigné d'eux. Le con- traire eft connude tout le monde , les Armées eſtoient pro- ches l'une de l'autre , & la leur
eſtoit forte quand on a formé ce deſſein. Mais dequoy ne vient-on point à bout , quand ce qu'on entreprend eſt bien digeré, & qu'on execute avec beaucoup devaleur &de conduite des Ordres envoyez avec de prudentes reflections ? M
le Mareſchal de Créquy apres avoir donné aux Ennemis la
142 LE MERCVRE jalouſie dont je vous ay deja parlé,fait courir le bruit dans ſon Camp , qu'il attend pour le quiter , que le Prince Charles aitdécampé. Cependant il part une heure apres , & fe rend à
Briſac avec unediligence incro- yable.Il avoit donné ordre qu'on fiſt un Pont de Bâteaux fur le
Rhin. Il fut achevé en douze
heures par les ordresde M. de Viſſac. Cet illuſtre General ayant veu que toutes les choſes qu'il avoit euſoin de faire pré- parereſtoienten état , ordonna
unDéchementde quinze mai- ſtres par Compagnie , & м. de Lançon LieutenantGeneraleut ordre de demeurer avec le reſte
de la Cavalerie dansdesQuar- tiersdepuis Scheleſtat juſques à
Briſac. Admirez la conduite de
Monfieur de Créquy. Il s'éloi-
GALANT. 143 gne des Ennemis ſans en éloi- gner ſes Troupes. Elles couvrent encorBrifac & Scheleſtat , & il
oſte aux Ennemis le moyen de faire aucune Entrepriſe pen- dant qu'il aſſiegera Fribourg ,
en casqu'ils ne veulent pas ten- ter de le ſecourir. Apres tant d'ordres auſſi judicieuſement que ſecretement donnez , M. le Baron de monclar part à dix heures du ſoir avec uneBrigade de Cavalerie , les Dragons de du Fay ,& cinq Bataillons que commandoit M. d'Aubijoux,
afin d'inveſtir Fribourg. Le reſte de l'Armée défila à la
pointe du jourſur deux Ponts ;
&d'abord queles autres Trou- pesordonnées pour cette Expe- dition eurent paffé , M. deCré- quyſe mità lateſte de la maiſon duRoy. Jevousaydéja marqué
:
144 LE MERCVRE
qu'il y avoitdes Défilez pour ar- river à Fribourg.M. le marefchal de Créquy fit couper beaucoup deBois qui les embaraſſerentde telle forte , que les Ennemis n'auroient pû les paſſer fans beaucoup de peine , & fans grande perte. Le voila devant Fribourg. Si ceux de la Place furent étonnez de voir qu'on les affiegeoit , les Affiegeans ne le furentpasmoins , de connoiſtre ledeſſeinqu'on avoitpris , le ſe- cret ayant eſté ſi bien gardé,
qu'ils n'avoient ſçeu juſques-là enquel lieu onles menoit.Quad cette Nouvelle fut publiée àla Cour , leGeneral major Harang (qui comme vous ſçavez avoit eſtéprisdans la Journée de Cox- berg) dit qu'il eſtoit impoſſible que le Siege fut veritable , à
moins que l'Armée de l'Empereur
GALANT. 145 reur ſon Maiſtre n'euſt eſté entierement défaite. Et quand il apprit qu'on ne s'eſtoit point ba- tu,il admira la merveilleuſe conduite duRoy, laprudence de ſes Miniſtres & l'ardeur infatigable de ſes Generaux. Toutes les
Troupes n'eſtant pas encor arri- vées,m. le mareſchal de Créquy viſita la Place , les Poſtes & les Paſſagesdes environs,avant que defaire la diſpoſition des Quar- tiers. Les Ennemis brûlerent un
deleurs Fauxbourgs ,&tirerent pluſieurs volées de Canon ſur lesTroupes les plus avancées.M.
d'Aubijoux ſe logea avec les cinq Bataillons dans le Faux- bourgbrûlédu coſté de la gorge de la montagne , où l'on reſolut defaire l'Attaque. Il pouſſa mef- meunLogement avec cinquan- teHommes , à quelques pas du Tome IX. G
146 LE MERCVRE Foffé. Les Ennemis firent un
affez grand feu. Il n'y eut que vingt Soldats tuez &bleffez, un Capitaine'd'Orleans tué , &un de Feuquieres bleſſé. Le lende- main le reſtedes Troupes eſtant arrivé , M. le marefchal diſpoſa les Quartiers dans l'ordre fui- vant,afin que les Troupes ne fouffriffent point.
DISPOSITION DES .
Quartiers de'lArmée devant
Fribourg le 10. Novembre.
M. deChoifeuil,
Monfieur de la reüillée,
M. de Hautefeüille ,
Eſtoient à Vendeling , avec les Brigades Dela Maiſon du Roy ,
- DeBulonde
Et dela Ferté
GALANT. 147 M. le marquisdeGenlis,
M. deRenty.
M. le Comte deRoye,
Et M. de Boquemar ,
Eſtoient à Lehen,avec les Brigades DeBeaupré,
DeVivans,
De Boiſdavid ,
Et de Vendofme.
M. le Baron de Monclar,
EtMile Marquisde Lambert,
Eſtoient à Betzenhuls , avec les
Brigades DeMoreüil ,
DeDugas,
• Et deJoſſau
८
M. le Comtede Maulevrier
Colbert,
EtM. le Comtede Broglio,
Gij
148 LE MERCVRE Eſtoient à Zering , avec les
Brigades
De S. Loup ,
De Bertillac ,
Et les Dragonsde Liſtenay Et de Teffé.
M. le Comtede Schomberg
eſtoit à Herdem
Brigades DeNovion ,
Etde Nefle.
T
avec les
La Brigade de M. d'Aubijoux eſtoit à Viter , Fauxbourg brûlé.
Les Dragons du Roy & de duFay , eſtoient à Neter ; Et la Brigade de la Valete , à Gun- terſtal & à Delhuts..
Apres cette diſpoſition , il
GALANT. 149
د
changea l'ordre qui avoit eſté donné pour l'ouverture de la Tranchée & voulut qu'on
l'ouvriſt de l'autre coſté de la
Ville , laiffant la Montagne à
gauche. Il fit conſerver le pre- mier Logement pour ſervir de fauffe Attaque. Le meſme jour M. le Comte de Schomberg emporta l'Epée à la main , deux Redoutes avancées fur la hauteur du Chaſteau. Il eſtoit à la
teſtede trois cens Hommes,foutenusdes Brigadesde Norman- die&de Nefle..
La Tranchée fut ouverte à
l'entréede la nuit. Les Officiers
Generaux estoient M'le Comte
de Maulevrier- Colbert , & M"
de laFeüillée &deBoiſdavid.M.
le Marquis de Harcour-Bévron commandoit deuxBataillons de
Picardie.Deux autres de ChamGiij
150 LE MERCVRE pagne prenoient les ordres d'un des principaux Officiers de ce Corps. Comme les François ſont intrepides & accoûtumez à
vaincre ,& qu'on vouloitvenir promptement à bout de cette Entrepriſe ,on ne ſuivit point la pratique ordinaire,qui eſt d'ou- vrir la Tranchée fort loin de la
Place.Elle futcommencée affez
prés ,&ontira une grande Li- gne paralelle à la portée duPi- ſtolet. Les Bateries qu'on avoit dreffées la nuit , tirerent à la pointe du jour. Elles ruinerent des Flancs & des Embraſures
par où les Ennemis pouvoient tirer. La Garde de la Cavalerie
eſtoit commandée par M. de Neuchelles LieutenantdesGardes du Corps. On perdit quel- ques Officiers fubalternes. M. Je ComtedeBuffay undesLieu-
GALANT.
151I
.
tenansGeneraux de l'Artillerie,
&M. deCulan Colonel de Picardie, furenttuez.
LesBataillonsde Normandie ,
Feuquieres , la Marine, &Vau- becour, releverent la Tranchée
la nuit du onze au douze. M.le
Marquis de Choiſeüil , M's les Comte de Broglio & d'Aubi- joux, eſtoient de jour. On pré- para toutes choſes pour ladef- cente du Foffe , & on ſe contenta de ſe loger ſur le bord,
parce qu'on le trouva large &
difficile à combler. On mit encor quelques Pieces enbaterie par les ſoins de M. le marquis de la Freſeliere. Elles furent
tres--bien ſervies, &Monfieur le
Mareſchal de Créquy paſſa la nuit àſon ordinaire , c'eſt àdire
dans la Tranchée. Comme le
clair de Lune eſtoitgrand, nous Gj
152 LE MERCVRE perdîmes quelques Gens cette nuit-là . M. de la Tillaye Lieute- nant Colonel du Regiment de
Normandie , Officier d'un merite fingulier , fut tue. M. d'Af- fonville Aydede CampdeM.de Créquy ,& M. de Roquefeüille Enſeigne de ſes Gardes, furent bleſſez. On fit une Bréche de
quarantepas par le haut , apres laquelle on ſomma le Gouver- neur , qui fier d'avoir appris fon Meſtier parmy les Troupes de France , répondit qu'un Hom.
me comme luy ne ſe rendoit pas au premier Affaut.
La Tranchée fut relevée la
nuitdu douzeau treize , par M. le Comte de Roye , M. de Boquemar , & м. le Chevalier de Novion , avec les Bataillons
d'Auvergne , de Bretagne , &
de Dampierre. On travailla à
GALANT 153
une nouvelte Sape &àune au- tre Baterie qui voyoit la Bréche àrevers ,&on élargit les Travaux.
د
Le treize au foir , les Officiers Generaux qui releverent la Tranchée , furent M" les maгquis deGenlis , de Renty , &de la Ferté avec les Bataillons
d'Orleans , de la Couronne , &
de la Freſeliere. Onavança fort par les Sapes , & l'on travailla à
une mine. Monfieurle Mareſchal
deCréquy alla luy-meſme re- connoiſtre la Breche , & refolut de tenter unLogementdef- fus , ayant reconnuque les En- nemis netravailloientpointder- riere. Des Gens détachez avec
des Travailleurs , deſcendirent
dans le foffé avecdes Echelles,
&monterent àla Brêche àqua- tre heures. Elle ne futdefenduë
G V
154 LE MERCVRE que parun grand feuque firent
les Affiegez des Maiſons qu'ils avoient percées. On la paffa malgré cet obſtacle. Ceux qui fe rencontrerent dans les Ruës
furent tuez. Onapprocha de la
Porte de la ſeconde Envelope..
Les Bataillons d'Orleans &dela
Freſeliere eurent ordre de M. de
Créquy d'entrer par la Bréche:
pour ſoûtenir les Gens déta- chez. M. le marquis de la Ferté &M. de Tracy ſe ſaiſirent des Poſtes avancez avec beaucoup d'intrépidité , & y mirent des Soldats. м. lе mаrquis de la Fer- té fut bleſſé en cette occafion..
M. le marquis de la Freſeliere le
fut auſſi le meſme jour , en don- nant ſes ordres avec ſon activité
ordinaire,pour faire avacer une Piece deCanon contre laPorte
qui ſe trouva bouchéede fumier..
Y
GALAN T. 135 La Tranchée fut relevée par les Regimens de Vendoſme ,la Ferté, Condé , & la Fére. Les
Officiers Generaux estoient M.
le Comte de Maulevrier , M.le
Marquis de Bouflairs , & M. le
Duc de Vendofme. M. de Cré-
-quy voulut preffer l'Attaque de laVille;&pour cet effet , pen- dant que le Canon batoit en
Brêche , il ordonna au Regi- mentde la Ferté qui avoit late-- ſte de ladroite,de faire un Logement fur le borddu Foffe , &
mefme la defcente; &à celuy deVendoſme , de faire la mer
mechoſeſurlagauche. Comme le terrain eftoit tout pavé , on ne pût aisémentremuer la ter re,&il falut porter avec ſoy-de-- quoy ſe loger. Il ne ſuffit pasd'e- ftre François pour oſer tenter unepareille Entrepriſe , il faut
Gvj
296 LE MERCVRE eſtre neſous le Regnede Loüis XIV. dont l'exemple n'inſpire que des prodiges. M. de Laubanie Major du Regiment de la Ferté,y futbleſſé d'unautre cofté . M. le Comte de Schomberg:
s'empara d'un Ouvragede terre
qui couvrait la Redoute depier- re dont le Chaſteau eft commandé,&un peu apres il ſe ren dit maiſtre de cette Redoute par le moyendedeux Pieces de Ca- non que les Anglois avoient guindées , dont ils furent bien récompenfez par M. le maref- chal de Créquy. Le premier coup de Canonemporta la teſte deceluy qui commandoit dans cette Redoute , dont la priſe avança fort celle de la Ville. On tenta deux Logemens pourfot- tenir celuy qu'on avoit fait au- pres du reveſtiſſement du Foffé,
GALANT. 157 Noftre General nevoulut pas les faire achever, parce qu'il fa loit alleràdécouvert, &effuyer le feu du Canon chargé àcar touches. C'eſtoit en plein jour ,
&cependant l'ardeurdesTrou- pes eſtoit fi grande, qu'on eut toutes les peines du monde à les
faire retirer. Le Bataillon de
Vendoſme firmerveille en cette
occafion. M. Limbaut, qui erreſt Lieutenant Colonel, yfut blef- fé. Il eſt impoſſible de faire voir plusd'intrépidité &plus de con- duite qu'en fit paroiſtre M. le Ducde Vendoſme ; le péril ne l'étonnoit point,il eſtoitpartout,
il animoit les Soldats , & l'on
peut direque ſon exemplefervit beaucoup. m.de Créquy fit tout diſpoſer pourl'Affaut.resEnne- mis l'appréhendérent , & bati- rent la Chamade, Ils envoyerent
158 LE MERCVRE un Oftage , & reçeurent en fa place M. de Courvaillon Lieute- nantColonel deCondé. LaNégotiation dura quelque temps.
On permit auxOfficiers d'aller voir laBréche. Le Gouverneur
demanda deux Pieces de Canon, on luy en accorda une , &
la ſeconde fut donnée en confidération duMarquis de Baden.
LesArticles ordinaires ayateſté dreſſez , les Ennemis livrerent
une Portede la Ville , &une du
Chaſteau.. Il n'eſtoit pas neuf heures du matin: La Garnifon
qui estoit encorde quatre cens Chevaux , & de dix-fept cens Hommesde pied , fortit àmidy,
&fut conduite àReinsfeldt. M. d'Oſſonville partit auſſitoſt par l'ordre de M. le Mareſchalde
Créquy, pour aller rendrecom-- pteauRoydu prompt ſuccésde
6
GALANT. 159 cetteſurprenante Entrepriſe.
Cette nouvelle Conqueſte vafourniraux beaux Eſpritsune ample matiere d'écrire.. Voicy ce qui me vientd'eſtre envoyé.
Lifez , Madame. Ces Vers ſont
dignes de celuy qui les a faits.
Vous avez déja veu de belles choſesde luy, & vous en con- viendrez , quand ilmefera per- misdevous le nommer..
SUR LA PRISE
DE FRIBOVRG
Ndit que tous les Rois font les
vives Images
De l'Estre indépendant qui reçoit nos hommages,
Etqu'un écoulement de la Divinité Eaitfur lefront des Rois briller saMa jesté..
rbo LE MERCVRE
Maissi jamais un Roy dans sa toute puissance Apûtflater ſon cœur de cette reſſem- blance,
C'est le Roy des François , ce premier des Mortels
Qui de nos vieux.Héros renverſe les
Antels,
Qui tientfousfes Lauriers leursPat mes étouffée ,
Decesfaux Demy Dieux détruit tous les trophées,
Etprépare une Histoire à la Posteri té
Qui nepeut espérer que l'incrédulité.. Lorsque LOVISparoiſtdans une paix.
profonde,
Son ame eft occupée à gouverner le Monde, ৮
Etlesſoinsaffidus de ſon plus doux re--
pos Guident les mouvemens de cent mille
Héros.
Ceuxqui vont ſousſon Nomde Victorreen Victoire ,
>
Brillansdeses rayons , &convertsdefar gloire,
GALANT. 161
Sonttoujours agiſſansfur la Terre &les Mers ..
Etcraignent le reposplus que tous les dangers.
Créquy , c'estoit affezd'avoir dans ta
Campagne Arrêtéles efforsdecesRoisd'allemagne,
Et d'avoirfait connoistre , à tant de Souverains ,
Celuy quevent leCielpourMaistre des Humains.
Chaque instant , chaque pas valoitune Conqueste;
Maisdetant de Lauriers tu veuxchargertaTeste ,
Que le Sortde laGuerre avec tous fes bazars
N'aitplus pourtoy de foudre ,&te gale aux Césars.
LeSiegede Fribourg , cette haute Entrepriſe Apeineestoit connu , quand on a ſçen
Sapriſe;
:১
Et ceux qui chez le Prince avoient quelques accés,
S'informent du deſſein ,ont appris le Succés.
162 LE MERCVRE
Vy,gloire des François , vy Héros magnanime ,
Seurde tout nostre amour ,de toutenoStre estime ;
Mais en vivantpour nous, connois ce
que tu vaux ,
Etmenagetes jours parmy tant detravaux ;
Nenous force jamais à regretter un Homme
Que Fabrice enviroit , s'il renaiſſoir dansRome
Et laiſſe profiterles Peuplesfans effroy Dessoins d'un grand Sujet ſousles Loix d'unGrandRoy
CeMadrigald'une Perſonne dequalité ſur le meſme fujer ,
merite bienque vous le voyiez.
Ovelques datsd'Allemagne braves que foient ,
lesSolEtceux quifont nourrisſous les armes d'Espagne ,
On nevoitqu'enEsté leurs plus vail lansGuerriers..
:
GALANT. 163 Danslabelle Saiſon tout lemonde mois- Sonne;
Loüisſeul en Hyver , au Printemps,
dans l'Automne ,
Surl' Empire,en tous lieux ,fçait cüeillir desLauriers.
C'eſt aſſurément quelque choſe de ſurprenant , que d'a- voir ajoûté Fribourg dans le commencementde l'Hyver, aux Conqueſtes qui avoient eſté fai- tes avant le Printemps. Si-toſt qu'il fut pris , M le Mareſchal deCréquy y fit tracer de nou- velles Fortifications. M. leMarquis de Lambert Mareſchal de
Camp y doit commander , &
M. de S.Juſt ſous luy. Il eſtoit Lieutenant de Roydans Philif- bourg. Il ade la conduite , &
fçait faire valoir les avantages quedonnent les Placesde cette importance.. M. de Créquy ne
164 LE MERCVRE
F
demeura pas longtemps dans celle- cy.La Victoire l'appellant ailleurs , ily mena la Maiſon du
Roy. M.le Marquis de Genlis ,
& M le Comte de Broglio eſtantdejour , ſe mirent à la te- ſte de l'Armée. M. le Marquis deVillars qui commandoit trois censHommes avancez, rencontra plufieurs Regimés deCava- lerie, if en batit l'Arrieregarde,
qu'il poursuivit longtemps avec la meſme vigueur &la meſme conduite qu'il adéja fait paroi ſtre plufieurs fois pendant cette Campagne , quoy qu'il foit dans une grande jeuneffe. Il fit plus de ſoixante Priſonniers , entre
leſquels eſtoient deux Capitai- nes , &ily eurenviron quaran te Dragons tuez. Nous euffions pouffé nos avantages plus loin-,
fanousn'eufſſions pointeſtédans
GALANT. 165 unegorge de Montagne où les Troupes avoient beaucoup de peine àpaſſer. Les Ennemis en eurent plus de temps pour fuir.
On prit en ſuite la Ville &le Chaſteau de Vvalkvik , qui ſe rendirent apres avoir eſté ſom- mez. Ony trouva unegrande quantité de toute forte de Pro- viſions. Cette Place eſt à deux
lieuës de Fribourg dans uneVal- léequi conduit en Suabe.
Je ne puis quiter l'Armée d'Allemagne , ſans vous dire que les demeflez du Prince Charles &de Monfieur le Duc
de Vendoſme dont je vous ay parlé , ne regardent que les in- tereſts du Roy & de l'Empe- reur. Ils conſervent une par- faite eſtime &une fort grande honneſteté l'un pour l'autre.
Monfieur de Vendoſme, com
166 LE MERCVRE
me un des plus proches &des plus illuftres Parens de la Ducheſſe de Lorraine , luy a toû- jours rendu ſes devoirs , & l'a viſitée ſouvent à Strasbourg. Si ces Princes s'y rencontroient ,
ils feroient comme nos Braves,
de l'une&de l'autre Armée qui apres s'eſtre régalez malgré la diverſitédu Party , ſe batent au fortir des Lieux où l'on obſerve
la Neutralité comme s'ils ne
s'eſtoient point connus auparavant. ر
Fvj
132 LE MERCVRE
Partis. Monfieur de Créquy fit donner ordre au Gouverneur
de la Petite - Pierre d'en envoyer par derriere l'Armée en- nemiequi en fut incommodée.
Il fit auſſi brûler les Fourages de tous les lieuxd'oùilsen pou- voient tirer,&les inquieta tel- lement , qu'apres les avoir ba- tus engros , on peutdire ( fi ce n'eſt point abuſer du terme)
qu'il les batit encore en détail.
Depuis ce temps - là , ils ne fçeurent plus ny ce quils fai- ſoient , ny ce qu'ils vouloient faire. Ils manquent de Foura- ges , en vont chercher à huit lieuës,& cesGensquidevoient tout prendre , craignent qu'on ne leur prenne Sarbrük. Ils s'é- loignent peu à peu de noſtre Armée. M' Jacquier tombe ma- lade , tout le monde fait des
GALANT. 133
r
vœuxpour luy ; mais les ordres font fi bien donnez , que les Noftres ne manquant de rien,
ne recoivent aucun préjudice de fa maladie. Monfieur de
Créquy prend le Fourage de quatre Villages des environs de Strasbourg. On luydéputepour luy enfaire des plaintes. Il ré- pond à ceux qui en font char- gez , qu'il faut qu'il ſe ferve de ce qui eſt à portée , qu'ils l'ont bien voulu, &qu'ilempefchera le,deſordre. Il envoye en effet.
ſes Gardes pour l'empefcher.. Les ennemis n'ontque du Bled
de Turquie &de la Paille;&
apres avoir efté chez eux ſe rafraichir &prendre du mon- de,des munitions &de l'argent,
ils viennent ſe ruiner de nouveau. Ils apprennent qu'on a
blâme à Vienne l'imprudence
:
3
134 LE MERCVRE qu'ils ont euë d'engager urr Combat à la Journée de Cокеberg contre la Maiſon du Roy,
celle de l'Empereur ( dont en cette Occafion les Cuiraffiers
faiſoient partie ) n'eſtant pasca- pable de luy refifter. Pendant qu'ils fongent à aller prendre leurs Quartiers d'Hyver , on réſout d'affieger Fribourg. On cache ce deſſein. Les meſures
font priſes àla Cour & à l'Ar- mée. Rien ne ſe découvre du
Secret , rien n'en échape. Les Ennemis croyent qu'on va a
Sarbruk,&on fait tout ce qu'il faut pour les entretenir dans cette penſée. Ils y envoyentdes Troupes. Onenfait avancerde Flandre pour les mieux trom- per. Admirez cette conduite.
Tout agit , tout marche , &
rien ne paroiſt. Avantqued'en-
GALANT. 135
Π
コ
trer dans les particularitez du Siege , il eſt aſſez à propos de vous faire connoiſtre l'impor- tance de la Place. Elle estoit autrefois la Capitale du Canton Catholique appellé le Canton deFribourg. Sa fituation eft en partie fur une Montagne , &
en partie fur le panchant de cette Montagne. La Riviere de Sana l'environne preſque en- tiere,&luy fertd'un large Foffé,
qui fait la ſeparation d'un grand Fauxbourg. Ce Fauxbourg a fes
Portes & ſes Murailles , & fe
joint à la Ville par trois grands Pontsquidonnent communica- tion de l'un à l'autre. C'eſt du
coſtéde la Riviere où Fribourg eſt au Midy ſur le panchant de la Montagne. La Montagne eſt de l'autre coſté avec des Rochers eſcarpez en façon de
136 LE MERCVRE
haute Muraille au bordde cette
meſme Riviere , en forte qu'il n'y a pointàcraindre qu'on les puiſſe eſcalader. La Ville eft
Ipatieuſe.C'eſtun Eveſché , &
la plus conſidérable des trois
Univerfitez des Terresde l'Empereur. On l'a fortifiée d'une
maniere qui f'auroit renduë im- prénable à d'autres qu'à des
François. Elle a deux foſſez où
ily a des retenuës d'eau , deux Murailles avec des Tours , &
une grande Redoute de pierre plus élevée que la Citadelle,
qui eſt de quatre Baſtions ſur la hauteur. Cette Place a eſté
jugée d'une telle conféquence,
que l'ordre eſtoit donné de le
ver le Siege de Philifbourg ,
plutoft que de la laiffer perdre ſi on l'euſt attaquéependant ce Siege. Je ne vous feray point
GALAN T. 137
e
|
un long Détail de ceux à qui
elle a appartenu,je vous diray ſeulement qu'elle est preſente- ment à l'Empereur,& qu'on ne peutl'entendre nommerſans ſe ſouvenir des grands & prodi- gieux Exploits qu'a faits autre- foisMonfieur le Prince en Allemagne , lors qu'il n'eſtoit en- cor que Duc d'Enguien. La priſe de cette place eſtoit d'au- tantplus importante pour nous,
qu'eſtant dans le Pays de l'Em- pereur , il ne sçauroit avancer ſur les Terres qui nous appar- tiennent , qu'on en faſſe auffi- toſt demeſme fur celles quiſont,
à luy. Joignez à cela que Fri- bourg eſtant fort grand , ony
peut mettre ſept ou huit mille hommes enGarniſon , dontune partie ſera toûjours preſte à la defendre , tandis que l'autre
138 LE MERCVRE s'étendra dans le Païs. Depe- tites Places pareilles à Phi- lifbourg ne font pas ſi avanta- geuſes. Ce ne ſont que des For- tereſſes qui ne pouvant conte- mir un fi grand nombre de Troupes , ne peuvent faire de ſi grandes executions. D'ailleurs Fribourg affure Briſac que les Ennemis menacent depuis &
long-temps, &àl'avenir ils par- leront peut-eftre moins del'af- freger , que de reprendre ce qu'ils ont perdu. Cette Place ne nous met pas ſeulement en pouvoir de faire contribuer la Suabe ; mais elle nous donne
moyen d'entrer dans les Païs Hereditaires , & ofte à l'Empe- reurune partie confiderable de fes Revenus , eſtant certain que la pluſpart des Penfions qu'il donnoit à ſes Officiers eſtoient
GALANT. 139
|-
|-
afſignées ſur ce qu'il retiroit de Fribourg. Le Pays eft fort rem- ply de Nobleffe , & n'a gue- res de Païſans qui ne foient ri- ches. La Place n'eſt commandée par aucune Ville , & elfe commande à toutes celles des
environs. Sa priſe rompt les meſures des Ennemis , leur fait
quiter leurs Quartiers d'Hyver,
&les oblige àen chercher d'au- tres. Adjoûtez à ces avanta- ges , celuy de nous eſtre ren- dus maiſtres d'une Place où
font tous les Magaſins donton
auroit eu beſoin pour le Siege de Briſac. Cependant fi les dif- ficultez augmentent la gloire,
onpeut dire qu'il n'y a rien qui égale celle des François. Ils ne s'attachent jamais à des Entre- priſes faciles, &les Places qu'ils ont attaqué cette année ont
140 LE MERCVRE toûjours paſſe pour impréna- bles. Fribourg l'euſt efté ſans doute pour d'autres Ennemis
que pour eux ; & quoy qu'elle ne ſoit pas auſſi forte que Va- lenciénes, Cambray,& S.Omer,
mille difficultez en devoient
rendre la Priſe impoffible. C'eſt une Ville environnée de Dé- filez qui devoient empefcherde l'affieger, ſi les Impériaux n'euf- ſent pas manquéde prévoyan- ce; & toute Place dont on peut empeſcher le Siege, peut paffer pour imprenable. Sa ſcituation furle panchantde la Montagne,
pouvoit donner lieu de la mieux défendre. Elle avoit des Munitions deguerre &de bouche,
& un Commandant qui a toû- jours paſſé pour avoir de la conduite & du cœur. L'Hyver avoit commencé de puis long2
GALANT. 141 temps en ce Païs-là ; il y avoit plus de trois ſemaines qu'il ef- toit couvert de nége , & cepen- dant on réſout d'inveſtir Fribourg. On ne peut dire qu'on aitprévenules Ennemis , pour ſe mettre en campagne avant la Saiſon ; qu'ils n'avoient point de Troupes fur pied , &qu'on eſtoit éloigné d'eux. Le con- traire eft connude tout le monde , les Armées eſtoient pro- ches l'une de l'autre , & la leur
eſtoit forte quand on a formé ce deſſein. Mais dequoy ne vient-on point à bout , quand ce qu'on entreprend eſt bien digeré, & qu'on execute avec beaucoup devaleur &de conduite des Ordres envoyez avec de prudentes reflections ? M
le Mareſchal de Créquy apres avoir donné aux Ennemis la
142 LE MERCVRE jalouſie dont je vous ay deja parlé,fait courir le bruit dans ſon Camp , qu'il attend pour le quiter , que le Prince Charles aitdécampé. Cependant il part une heure apres , & fe rend à
Briſac avec unediligence incro- yable.Il avoit donné ordre qu'on fiſt un Pont de Bâteaux fur le
Rhin. Il fut achevé en douze
heures par les ordresde M. de Viſſac. Cet illuſtre General ayant veu que toutes les choſes qu'il avoit euſoin de faire pré- parereſtoienten état , ordonna
unDéchementde quinze mai- ſtres par Compagnie , & м. de Lançon LieutenantGeneraleut ordre de demeurer avec le reſte
de la Cavalerie dansdesQuar- tiersdepuis Scheleſtat juſques à
Briſac. Admirez la conduite de
Monfieur de Créquy. Il s'éloi-
GALANT. 143 gne des Ennemis ſans en éloi- gner ſes Troupes. Elles couvrent encorBrifac & Scheleſtat , & il
oſte aux Ennemis le moyen de faire aucune Entrepriſe pen- dant qu'il aſſiegera Fribourg ,
en casqu'ils ne veulent pas ten- ter de le ſecourir. Apres tant d'ordres auſſi judicieuſement que ſecretement donnez , M. le Baron de monclar part à dix heures du ſoir avec uneBrigade de Cavalerie , les Dragons de du Fay ,& cinq Bataillons que commandoit M. d'Aubijoux,
afin d'inveſtir Fribourg. Le reſte de l'Armée défila à la
pointe du jourſur deux Ponts ;
&d'abord queles autres Trou- pesordonnées pour cette Expe- dition eurent paffé , M. deCré- quyſe mità lateſte de la maiſon duRoy. Jevousaydéja marqué
:
144 LE MERCVRE
qu'il y avoitdes Défilez pour ar- river à Fribourg.M. le marefchal de Créquy fit couper beaucoup deBois qui les embaraſſerentde telle forte , que les Ennemis n'auroient pû les paſſer fans beaucoup de peine , & fans grande perte. Le voila devant Fribourg. Si ceux de la Place furent étonnez de voir qu'on les affiegeoit , les Affiegeans ne le furentpasmoins , de connoiſtre ledeſſeinqu'on avoitpris , le ſe- cret ayant eſté ſi bien gardé,
qu'ils n'avoient ſçeu juſques-là enquel lieu onles menoit.Quad cette Nouvelle fut publiée àla Cour , leGeneral major Harang (qui comme vous ſçavez avoit eſtéprisdans la Journée de Cox- berg) dit qu'il eſtoit impoſſible que le Siege fut veritable , à
moins que l'Armée de l'Empereur
GALANT. 145 reur ſon Maiſtre n'euſt eſté entierement défaite. Et quand il apprit qu'on ne s'eſtoit point ba- tu,il admira la merveilleuſe conduite duRoy, laprudence de ſes Miniſtres & l'ardeur infatigable de ſes Generaux. Toutes les
Troupes n'eſtant pas encor arri- vées,m. le mareſchal de Créquy viſita la Place , les Poſtes & les Paſſagesdes environs,avant que defaire la diſpoſition des Quar- tiers. Les Ennemis brûlerent un
deleurs Fauxbourgs ,&tirerent pluſieurs volées de Canon ſur lesTroupes les plus avancées.M.
d'Aubijoux ſe logea avec les cinq Bataillons dans le Faux- bourgbrûlédu coſté de la gorge de la montagne , où l'on reſolut defaire l'Attaque. Il pouſſa mef- meunLogement avec cinquan- teHommes , à quelques pas du Tome IX. G
146 LE MERCVRE Foffé. Les Ennemis firent un
affez grand feu. Il n'y eut que vingt Soldats tuez &bleffez, un Capitaine'd'Orleans tué , &un de Feuquieres bleſſé. Le lende- main le reſtedes Troupes eſtant arrivé , M. le marefchal diſpoſa les Quartiers dans l'ordre fui- vant,afin que les Troupes ne fouffriffent point.
DISPOSITION DES .
Quartiers de'lArmée devant
Fribourg le 10. Novembre.
M. deChoifeuil,
Monfieur de la reüillée,
M. de Hautefeüille ,
Eſtoient à Vendeling , avec les Brigades Dela Maiſon du Roy ,
- DeBulonde
Et dela Ferté
GALANT. 147 M. le marquisdeGenlis,
M. deRenty.
M. le Comte deRoye,
Et M. de Boquemar ,
Eſtoient à Lehen,avec les Brigades DeBeaupré,
DeVivans,
De Boiſdavid ,
Et de Vendofme.
M. le Baron de Monclar,
EtMile Marquisde Lambert,
Eſtoient à Betzenhuls , avec les
Brigades DeMoreüil ,
DeDugas,
• Et deJoſſau
८
M. le Comtede Maulevrier
Colbert,
EtM. le Comtede Broglio,
Gij
148 LE MERCVRE Eſtoient à Zering , avec les
Brigades
De S. Loup ,
De Bertillac ,
Et les Dragonsde Liſtenay Et de Teffé.
M. le Comtede Schomberg
eſtoit à Herdem
Brigades DeNovion ,
Etde Nefle.
T
avec les
La Brigade de M. d'Aubijoux eſtoit à Viter , Fauxbourg brûlé.
Les Dragons du Roy & de duFay , eſtoient à Neter ; Et la Brigade de la Valete , à Gun- terſtal & à Delhuts..
Apres cette diſpoſition , il
GALANT. 149
د
changea l'ordre qui avoit eſté donné pour l'ouverture de la Tranchée & voulut qu'on
l'ouvriſt de l'autre coſté de la
Ville , laiffant la Montagne à
gauche. Il fit conſerver le pre- mier Logement pour ſervir de fauffe Attaque. Le meſme jour M. le Comte de Schomberg emporta l'Epée à la main , deux Redoutes avancées fur la hauteur du Chaſteau. Il eſtoit à la
teſtede trois cens Hommes,foutenusdes Brigadesde Norman- die&de Nefle..
La Tranchée fut ouverte à
l'entréede la nuit. Les Officiers
Generaux estoient M'le Comte
de Maulevrier- Colbert , & M"
de laFeüillée &deBoiſdavid.M.
le Marquis de Harcour-Bévron commandoit deuxBataillons de
Picardie.Deux autres de ChamGiij
150 LE MERCVRE pagne prenoient les ordres d'un des principaux Officiers de ce Corps. Comme les François ſont intrepides & accoûtumez à
vaincre ,& qu'on vouloitvenir promptement à bout de cette Entrepriſe ,on ne ſuivit point la pratique ordinaire,qui eſt d'ou- vrir la Tranchée fort loin de la
Place.Elle futcommencée affez
prés ,&ontira une grande Li- gne paralelle à la portée duPi- ſtolet. Les Bateries qu'on avoit dreffées la nuit , tirerent à la pointe du jour. Elles ruinerent des Flancs & des Embraſures
par où les Ennemis pouvoient tirer. La Garde de la Cavalerie
eſtoit commandée par M. de Neuchelles LieutenantdesGardes du Corps. On perdit quel- ques Officiers fubalternes. M. Je ComtedeBuffay undesLieu-
GALANT.
151I
.
tenansGeneraux de l'Artillerie,
&M. deCulan Colonel de Picardie, furenttuez.
LesBataillonsde Normandie ,
Feuquieres , la Marine, &Vau- becour, releverent la Tranchée
la nuit du onze au douze. M.le
Marquis de Choiſeüil , M's les Comte de Broglio & d'Aubi- joux, eſtoient de jour. On pré- para toutes choſes pour ladef- cente du Foffe , & on ſe contenta de ſe loger ſur le bord,
parce qu'on le trouva large &
difficile à combler. On mit encor quelques Pieces enbaterie par les ſoins de M. le marquis de la Freſeliere. Elles furent
tres--bien ſervies, &Monfieur le
Mareſchal de Créquy paſſa la nuit àſon ordinaire , c'eſt àdire
dans la Tranchée. Comme le
clair de Lune eſtoitgrand, nous Gj
152 LE MERCVRE perdîmes quelques Gens cette nuit-là . M. de la Tillaye Lieute- nant Colonel du Regiment de
Normandie , Officier d'un merite fingulier , fut tue. M. d'Af- fonville Aydede CampdeM.de Créquy ,& M. de Roquefeüille Enſeigne de ſes Gardes, furent bleſſez. On fit une Bréche de
quarantepas par le haut , apres laquelle on ſomma le Gouver- neur , qui fier d'avoir appris fon Meſtier parmy les Troupes de France , répondit qu'un Hom.
me comme luy ne ſe rendoit pas au premier Affaut.
La Tranchée fut relevée la
nuitdu douzeau treize , par M. le Comte de Roye , M. de Boquemar , & м. le Chevalier de Novion , avec les Bataillons
d'Auvergne , de Bretagne , &
de Dampierre. On travailla à
GALANT 153
une nouvelte Sape &àune au- tre Baterie qui voyoit la Bréche àrevers ,&on élargit les Travaux.
د
Le treize au foir , les Officiers Generaux qui releverent la Tranchée , furent M" les maгquis deGenlis , de Renty , &de la Ferté avec les Bataillons
d'Orleans , de la Couronne , &
de la Freſeliere. Onavança fort par les Sapes , & l'on travailla à
une mine. Monfieurle Mareſchal
deCréquy alla luy-meſme re- connoiſtre la Breche , & refolut de tenter unLogementdef- fus , ayant reconnuque les En- nemis netravailloientpointder- riere. Des Gens détachez avec
des Travailleurs , deſcendirent
dans le foffé avecdes Echelles,
&monterent àla Brêche àqua- tre heures. Elle ne futdefenduë
G V
154 LE MERCVRE que parun grand feuque firent
les Affiegez des Maiſons qu'ils avoient percées. On la paffa malgré cet obſtacle. Ceux qui fe rencontrerent dans les Ruës
furent tuez. Onapprocha de la
Porte de la ſeconde Envelope..
Les Bataillons d'Orleans &dela
Freſeliere eurent ordre de M. de
Créquy d'entrer par la Bréche:
pour ſoûtenir les Gens déta- chez. M. le marquis de la Ferté &M. de Tracy ſe ſaiſirent des Poſtes avancez avec beaucoup d'intrépidité , & y mirent des Soldats. м. lе mаrquis de la Fer- té fut bleſſé en cette occafion..
M. le marquis de la Freſeliere le
fut auſſi le meſme jour , en don- nant ſes ordres avec ſon activité
ordinaire,pour faire avacer une Piece deCanon contre laPorte
qui ſe trouva bouchéede fumier..
Y
GALAN T. 135 La Tranchée fut relevée par les Regimens de Vendoſme ,la Ferté, Condé , & la Fére. Les
Officiers Generaux estoient M.
le Comte de Maulevrier , M.le
Marquis de Bouflairs , & M. le
Duc de Vendofme. M. de Cré-
-quy voulut preffer l'Attaque de laVille;&pour cet effet , pen- dant que le Canon batoit en
Brêche , il ordonna au Regi- mentde la Ferté qui avoit late-- ſte de ladroite,de faire un Logement fur le borddu Foffe , &
mefme la defcente; &à celuy deVendoſme , de faire la mer
mechoſeſurlagauche. Comme le terrain eftoit tout pavé , on ne pût aisémentremuer la ter re,&il falut porter avec ſoy-de-- quoy ſe loger. Il ne ſuffit pasd'e- ftre François pour oſer tenter unepareille Entrepriſe , il faut
Gvj
296 LE MERCVRE eſtre neſous le Regnede Loüis XIV. dont l'exemple n'inſpire que des prodiges. M. de Laubanie Major du Regiment de la Ferté,y futbleſſé d'unautre cofté . M. le Comte de Schomberg:
s'empara d'un Ouvragede terre
qui couvrait la Redoute depier- re dont le Chaſteau eft commandé,&un peu apres il ſe ren dit maiſtre de cette Redoute par le moyendedeux Pieces de Ca- non que les Anglois avoient guindées , dont ils furent bien récompenfez par M. le maref- chal de Créquy. Le premier coup de Canonemporta la teſte deceluy qui commandoit dans cette Redoute , dont la priſe avança fort celle de la Ville. On tenta deux Logemens pourfot- tenir celuy qu'on avoit fait au- pres du reveſtiſſement du Foffé,
GALANT. 157 Noftre General nevoulut pas les faire achever, parce qu'il fa loit alleràdécouvert, &effuyer le feu du Canon chargé àcar touches. C'eſtoit en plein jour ,
&cependant l'ardeurdesTrou- pes eſtoit fi grande, qu'on eut toutes les peines du monde à les
faire retirer. Le Bataillon de
Vendoſme firmerveille en cette
occafion. M. Limbaut, qui erreſt Lieutenant Colonel, yfut blef- fé. Il eſt impoſſible de faire voir plusd'intrépidité &plus de con- duite qu'en fit paroiſtre M. le Ducde Vendoſme ; le péril ne l'étonnoit point,il eſtoitpartout,
il animoit les Soldats , & l'on
peut direque ſon exemplefervit beaucoup. m.de Créquy fit tout diſpoſer pourl'Affaut.resEnne- mis l'appréhendérent , & bati- rent la Chamade, Ils envoyerent
158 LE MERCVRE un Oftage , & reçeurent en fa place M. de Courvaillon Lieute- nantColonel deCondé. LaNégotiation dura quelque temps.
On permit auxOfficiers d'aller voir laBréche. Le Gouverneur
demanda deux Pieces de Canon, on luy en accorda une , &
la ſeconde fut donnée en confidération duMarquis de Baden.
LesArticles ordinaires ayateſté dreſſez , les Ennemis livrerent
une Portede la Ville , &une du
Chaſteau.. Il n'eſtoit pas neuf heures du matin: La Garnifon
qui estoit encorde quatre cens Chevaux , & de dix-fept cens Hommesde pied , fortit àmidy,
&fut conduite àReinsfeldt. M. d'Oſſonville partit auſſitoſt par l'ordre de M. le Mareſchalde
Créquy, pour aller rendrecom-- pteauRoydu prompt ſuccésde
6
GALANT. 159 cetteſurprenante Entrepriſe.
Cette nouvelle Conqueſte vafourniraux beaux Eſpritsune ample matiere d'écrire.. Voicy ce qui me vientd'eſtre envoyé.
Lifez , Madame. Ces Vers ſont
dignes de celuy qui les a faits.
Vous avez déja veu de belles choſesde luy, & vous en con- viendrez , quand ilmefera per- misdevous le nommer..
SUR LA PRISE
DE FRIBOVRG
Ndit que tous les Rois font les
vives Images
De l'Estre indépendant qui reçoit nos hommages,
Etqu'un écoulement de la Divinité Eaitfur lefront des Rois briller saMa jesté..
rbo LE MERCVRE
Maissi jamais un Roy dans sa toute puissance Apûtflater ſon cœur de cette reſſem- blance,
C'est le Roy des François , ce premier des Mortels
Qui de nos vieux.Héros renverſe les
Antels,
Qui tientfousfes Lauriers leursPat mes étouffée ,
Decesfaux Demy Dieux détruit tous les trophées,
Etprépare une Histoire à la Posteri té
Qui nepeut espérer que l'incrédulité.. Lorsque LOVISparoiſtdans une paix.
profonde,
Son ame eft occupée à gouverner le Monde, ৮
Etlesſoinsaffidus de ſon plus doux re--
pos Guident les mouvemens de cent mille
Héros.
Ceuxqui vont ſousſon Nomde Victorreen Victoire ,
>
Brillansdeses rayons , &convertsdefar gloire,
GALANT. 161
Sonttoujours agiſſansfur la Terre &les Mers ..
Etcraignent le reposplus que tous les dangers.
Créquy , c'estoit affezd'avoir dans ta
Campagne Arrêtéles efforsdecesRoisd'allemagne,
Et d'avoirfait connoistre , à tant de Souverains ,
Celuy quevent leCielpourMaistre des Humains.
Chaque instant , chaque pas valoitune Conqueste;
Maisdetant de Lauriers tu veuxchargertaTeste ,
Que le Sortde laGuerre avec tous fes bazars
N'aitplus pourtoy de foudre ,&te gale aux Césars.
LeSiegede Fribourg , cette haute Entrepriſe Apeineestoit connu , quand on a ſçen
Sapriſe;
:১
Et ceux qui chez le Prince avoient quelques accés,
S'informent du deſſein ,ont appris le Succés.
162 LE MERCVRE
Vy,gloire des François , vy Héros magnanime ,
Seurde tout nostre amour ,de toutenoStre estime ;
Mais en vivantpour nous, connois ce
que tu vaux ,
Etmenagetes jours parmy tant detravaux ;
Nenous force jamais à regretter un Homme
Que Fabrice enviroit , s'il renaiſſoir dansRome
Et laiſſe profiterles Peuplesfans effroy Dessoins d'un grand Sujet ſousles Loix d'unGrandRoy
CeMadrigald'une Perſonne dequalité ſur le meſme fujer ,
merite bienque vous le voyiez.
Ovelques datsd'Allemagne braves que foient ,
lesSolEtceux quifont nourrisſous les armes d'Espagne ,
On nevoitqu'enEsté leurs plus vail lansGuerriers..
:
GALANT. 163 Danslabelle Saiſon tout lemonde mois- Sonne;
Loüisſeul en Hyver , au Printemps,
dans l'Automne ,
Surl' Empire,en tous lieux ,fçait cüeillir desLauriers.
C'eſt aſſurément quelque choſe de ſurprenant , que d'a- voir ajoûté Fribourg dans le commencementde l'Hyver, aux Conqueſtes qui avoient eſté fai- tes avant le Printemps. Si-toſt qu'il fut pris , M le Mareſchal deCréquy y fit tracer de nou- velles Fortifications. M. leMarquis de Lambert Mareſchal de
Camp y doit commander , &
M. de S.Juſt ſous luy. Il eſtoit Lieutenant de Roydans Philif- bourg. Il ade la conduite , &
fçait faire valoir les avantages quedonnent les Placesde cette importance.. M. de Créquy ne
164 LE MERCVRE
F
demeura pas longtemps dans celle- cy.La Victoire l'appellant ailleurs , ily mena la Maiſon du
Roy. M.le Marquis de Genlis ,
& M le Comte de Broglio eſtantdejour , ſe mirent à la te- ſte de l'Armée. M. le Marquis deVillars qui commandoit trois censHommes avancez, rencontra plufieurs Regimés deCava- lerie, if en batit l'Arrieregarde,
qu'il poursuivit longtemps avec la meſme vigueur &la meſme conduite qu'il adéja fait paroi ſtre plufieurs fois pendant cette Campagne , quoy qu'il foit dans une grande jeuneffe. Il fit plus de ſoixante Priſonniers , entre
leſquels eſtoient deux Capitai- nes , &ily eurenviron quaran te Dragons tuez. Nous euffions pouffé nos avantages plus loin-,
fanousn'eufſſions pointeſtédans
GALANT. 165 unegorge de Montagne où les Troupes avoient beaucoup de peine àpaſſer. Les Ennemis en eurent plus de temps pour fuir.
On prit en ſuite la Ville &le Chaſteau de Vvalkvik , qui ſe rendirent apres avoir eſté ſom- mez. Ony trouva unegrande quantité de toute forte de Pro- viſions. Cette Place eſt à deux
lieuës de Fribourg dans uneVal- léequi conduit en Suabe.
Je ne puis quiter l'Armée d'Allemagne , ſans vous dire que les demeflez du Prince Charles &de Monfieur le Duc
de Vendoſme dont je vous ay parlé , ne regardent que les in- tereſts du Roy & de l'Empe- reur. Ils conſervent une par- faite eſtime &une fort grande honneſteté l'un pour l'autre.
Monfieur de Vendoſme, com
166 LE MERCVRE
me un des plus proches &des plus illuftres Parens de la Ducheſſe de Lorraine , luy a toû- jours rendu ſes devoirs , & l'a viſitée ſouvent à Strasbourg. Si ces Princes s'y rencontroient ,
ils feroient comme nos Braves,
de l'une&de l'autre Armée qui apres s'eſtre régalez malgré la diverſitédu Party , ſe batent au fortir des Lieux où l'on obſerve
la Neutralité comme s'ils ne
s'eſtoient point connus auparavant. ر
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Résumé : Ce qui s'est passé en Allemagne depuis la Iournée de Kokberg, la Prise de Fribourg, la Défaite d'une Arriere garde des Ennemis, & la Prise de Valkrik. [titre d'après la table]
Après la victoire de la Journée de Cokeburg, les ennemis furent désorganisés et harcelés par divers partis. Monsieur de Créquy ordonna au gouverneur de la Petite-Pierre d'envoyer des troupes derrière l'armée ennemie, perturbant ainsi leurs mouvements. Il fit également brûler les fourrages des lieux d'où les ennemis pouvaient se ravitailler, les forçant à chercher des ressources à huit lieues de distance. Les ennemis craignaient la prise de Sarbrük et s'éloignèrent progressivement de l'armée française. Malgré la maladie de Monsieur Jacquier, les ordres furent bien exécutés, assurant que les troupes françaises ne manquèrent de rien. Monsieur de Créquy prit le fourrage de quatre villages près de Strasbourg, justifiant cette action par la nécessité de se servir de ce qui était à portée. Les ennemis, après s'être ravitaillés, furent de nouveau en difficulté. Ils apprirent que leur imprudence à engager un combat à Cokeburg avait été blâmée à Vienne. Pendant qu'ils songeaient à prendre leurs quartiers d'hiver, il fut décidé d'assiéger Fribourg, une place importante située en partie sur une montagne et entourée par la rivière de Sana. Fribourg était la capitale du canton catholique de Fribourg, un évêché et l'une des universités les plus considérables des terres de l'Empereur. Sa prise était cruciale pour empêcher l'Empereur d'avancer sur les terres françaises et pour assurer la défense de Brisac. Les Français, connus pour leurs entreprises difficiles, résolurent d'investir Fribourg malgré les défenses et les munitions de la place. Monsieur de Créquy, après avoir perturbé les ennemis, partit pour Brisac avec diligence, ordonnant la préparation d'un pont de bateaux sur le Rhin. Il investit Fribourg avec une brigade de cavalerie et des dragons, malgré les défiles qui entravaient l'accès. Les ennemis, surpris, brûlèrent un de leurs faubourgs et tirèrent plusieurs volées de canon. Monsieur de Créquy disposa les quartiers des troupes pour éviter les souffrances et ouvrit la tranchée malgré les difficultés. Les Français, intrepides et accoutumés à vaincre, commencèrent la tranchée près de la place pour agir promptement.
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3
p. 270-275
Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Début :
Si j'avois parlé toûjours aussi juste que celle qui a fait ces [...]
Mots clefs :
Fribourg, Suisse, Ennemis, Sarrebruck, Conquêtes
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texteReconnaissance textuelle : Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Si j'avois parlé toûjours auffi juſte que celle qui a fait ces Vers, je ne ſerois pas obligé de me dédire aujourd'huy fur la Situation de Fribourg. Je l'ay mis en Suiſſe dans ma derniere
Lettre, &il eſt en Briſgau , fur la petite Riviere de Treiſeim.
Cette faute m'eſt d'autant plus pardonnable , qu'il y a deux Villes de ce meſme nom qui ne font pas fort éloignées l'une de l'autre , & que deux des plus
184 LE MERCVRE
en
confiderables Chapitres de Suiffe s'y font retirez , à ſçavoir celuy de l'Egliſe Cathedrale de Lozanne à Fribourg en Suiffe , & celuy de Bafle à Fri- bourg en Briſgau. Apres la priſe de celuy qui eft preſente- ment à nous, on ne ſe contenta
pas de s'appliquer à y faire de nouvelles Fortifications ,
attendant M. de Choiſy Inge- nieur de grande réputation, qui fut auffi - toft nommé pour les conduire , on fit démolir celles
de pluſieurs petites Villes , avec quelques Chaſteaux voiſins , &
on travailla à l'établiſſement
des Contributions , dont les
grandes ſommes rendent cette
Conqueſte tres - confiderable.
M. le Marquis de Bouflairs &
M.le Chevalier d'Eſtrades , qui doivent commander l'un dans
GALANT. 185 la Place , & l'autre la Cavalerie
des environs , ne manqueront pas de ſoin à conſerver tous les avantages qu'un Poſte ſi im- portant nous donne. Sa prife a
produit de grands effets. La plupart des Places que les En- nemis ont de ce coſté-là , font dans une alarme continuelle.
L'une ſe fortifie , les Habitans
de l'autre l'abandonnent ; celle
cy traite des Contributions ; &
Straſbourg que rien n'avoit en- cor étonné dépuis le commen- cement de laGuerre , fait fortifier ſes Forts, & fonge meſme à
en faire conſtruire de nouveaux.
C'eſt un coup de tonnerre dont les Ennemis ne reviennent pas.
Ils ſe ſont fatiguez en retour- nant à grands pas au delà du Rhin,&ont trouvé toutes leurs
meſures rompuës pour leurs
186 LE MERCVRE
Quartiers d'Hyver. Il leur en a falu chercher d'autres que
ceux qui leur avoient eſté aſſignez ; & cependant nos Trou- pes apres avoir confumé tous les Fourrages de la Vallée de S.Pierre , ont repaffé le Rhin,
&joüiffent en repos de leurs Quartiers , les Ennemis ayant abandonné tous les Poſtes qu'ils
tenoient ſur la Sarre. Ils s'étoient propoſez de prendre la Petite-Pierre pour achever leur
Campagne ; mais loin de venir
àbout de leurs deſſeins , ils ont
perdu toutes leurs petite Con- queſtes , comme Sarbruk qui
eſtoit la plus importante. Le Chaſteau en a eſté pris par M le Marquis de Ranes apres neuf volées de Canon. Vous
fçavez quelles cruautez les Ennemis exercerent contre leur
GALAN T. 187 parole quand nous le perdîmes.
Ceux que M'de Ranes trouva
dedans ne doutoient point qu'ils ne dûſſent recevoir le meſme
traitement qui avoit eſté fait aux Noftres ; mais ayant eſté envoyez à Monfieur le Maref- chal de Créquy , cet illuſtre General leur fit connoiſtre que les François avoient plus d'hu- manité, qu'ils estoient genereux de toutes manieres , & amoureux de cette belle gloire qui fait aimer les Conquérans ,mef- me de leurs Ennemis. Pendant
que nos Troupes ſe ſignalent partout, la valeur de laGarni- fon de Maftric ne demeure pas oiſive; elle fait des courſes qui luy ſont glorieuſes & profita- bles , s'aſſure de pluſieurs Châ- teaux, &fans eſtre deſtinée aux
travaux de la Campagne , en
188 LE MERCVRE
fait une plus glorieuſe que celle d'un monde d'Ennemis , s'il eſt
permis de parler ainſy.
Lettre, &il eſt en Briſgau , fur la petite Riviere de Treiſeim.
Cette faute m'eſt d'autant plus pardonnable , qu'il y a deux Villes de ce meſme nom qui ne font pas fort éloignées l'une de l'autre , & que deux des plus
184 LE MERCVRE
en
confiderables Chapitres de Suiffe s'y font retirez , à ſçavoir celuy de l'Egliſe Cathedrale de Lozanne à Fribourg en Suiffe , & celuy de Bafle à Fri- bourg en Briſgau. Apres la priſe de celuy qui eft preſente- ment à nous, on ne ſe contenta
pas de s'appliquer à y faire de nouvelles Fortifications ,
attendant M. de Choiſy Inge- nieur de grande réputation, qui fut auffi - toft nommé pour les conduire , on fit démolir celles
de pluſieurs petites Villes , avec quelques Chaſteaux voiſins , &
on travailla à l'établiſſement
des Contributions , dont les
grandes ſommes rendent cette
Conqueſte tres - confiderable.
M. le Marquis de Bouflairs &
M.le Chevalier d'Eſtrades , qui doivent commander l'un dans
GALANT. 185 la Place , & l'autre la Cavalerie
des environs , ne manqueront pas de ſoin à conſerver tous les avantages qu'un Poſte ſi im- portant nous donne. Sa prife a
produit de grands effets. La plupart des Places que les En- nemis ont de ce coſté-là , font dans une alarme continuelle.
L'une ſe fortifie , les Habitans
de l'autre l'abandonnent ; celle
cy traite des Contributions ; &
Straſbourg que rien n'avoit en- cor étonné dépuis le commen- cement de laGuerre , fait fortifier ſes Forts, & fonge meſme à
en faire conſtruire de nouveaux.
C'eſt un coup de tonnerre dont les Ennemis ne reviennent pas.
Ils ſe ſont fatiguez en retour- nant à grands pas au delà du Rhin,&ont trouvé toutes leurs
meſures rompuës pour leurs
186 LE MERCVRE
Quartiers d'Hyver. Il leur en a falu chercher d'autres que
ceux qui leur avoient eſté aſſignez ; & cependant nos Trou- pes apres avoir confumé tous les Fourrages de la Vallée de S.Pierre , ont repaffé le Rhin,
&joüiffent en repos de leurs Quartiers , les Ennemis ayant abandonné tous les Poſtes qu'ils
tenoient ſur la Sarre. Ils s'étoient propoſez de prendre la Petite-Pierre pour achever leur
Campagne ; mais loin de venir
àbout de leurs deſſeins , ils ont
perdu toutes leurs petite Con- queſtes , comme Sarbruk qui
eſtoit la plus importante. Le Chaſteau en a eſté pris par M le Marquis de Ranes apres neuf volées de Canon. Vous
fçavez quelles cruautez les Ennemis exercerent contre leur
GALAN T. 187 parole quand nous le perdîmes.
Ceux que M'de Ranes trouva
dedans ne doutoient point qu'ils ne dûſſent recevoir le meſme
traitement qui avoit eſté fait aux Noftres ; mais ayant eſté envoyez à Monfieur le Maref- chal de Créquy , cet illuſtre General leur fit connoiſtre que les François avoient plus d'hu- manité, qu'ils estoient genereux de toutes manieres , & amoureux de cette belle gloire qui fait aimer les Conquérans ,mef- me de leurs Ennemis. Pendant
que nos Troupes ſe ſignalent partout, la valeur de laGarni- fon de Maftric ne demeure pas oiſive; elle fait des courſes qui luy ſont glorieuſes & profita- bles , s'aſſure de pluſieurs Châ- teaux, &fans eſtre deſtinée aux
travaux de la Campagne , en
188 LE MERCVRE
fait une plus glorieuſe que celle d'un monde d'Ennemis , s'il eſt
permis de parler ainſy.
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Résumé : Prise de Sarbruc. [titre d'après la table]
Le texte aborde une erreur géographique concernant la localisation de Fribourg, située en Brisgau près de la rivière Dreisam, et non en Suisse. Cette confusion est compréhensible en raison de l'existence de deux villes portant le même nom. Après la prise de Fribourg, des fortifications ont été démolies et reconstruites, et des contributions ont été établies, rendant la conquête très profitable. Les commandants, le Marquis de Bouflairs et le Chevalier d'Estrades, assureront la défense stratégique de cette position. La prise de Fribourg a alarmé les places ennemies, certaines se fortifiant, d'autres étant abandonnées, et Strasbourg renforçant ses défenses. Les ennemis, surpris, ont dû chercher de nouveaux quartiers d'hiver après que les troupes françaises aient brûlé les fourrages et repris leurs positions. Les ennemis ont perdu des conquêtes, comme Sarbruck, repris par le Marquis de Ranes, qui a traité les prisonniers avec humanité. La garnison de Maestricht a également mené des actions glorieuses et profitables.
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4
p. 141-142
Au Camp de Kell le 18. Septembre.
Début :
L'armée a sejourné un jour, pour donner ordre & le temps à [...]
Mots clefs :
Armée, Escadrons, Bataillons, Fribourg, Maréchal de Villars
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texteReconnaissance textuelle : Au Camp de Kell le 18. Septembre.
jiu Camp de Kell le 18.Septembre.
L'armée a sejourné un
jour,pour donner ordre &
le temps à toutes les troupes
d y arriver. Le Comte
duBourg partit hier de ce
camp, pour aller s'approcher
de Fribourg avec un
corps de 3 6. bataillons &
de 50. escadrons.
Le Maréchal de Villars
a marché ce matin, & a
pris la même route avec le
reste de l'armée, à la reserve
de 25.bataillons & de
90 escadrons,restez fous les
ordres du Marquis d'Alegre,
qui doit marcher demain
pour aller camper à
la gorge d'Offembourg
,
à
quatre lieues d'ici. On n'a
point encore de nouvelle
que le Prince Eugene ait
fait de mouvement: mais
on ne doute point que nôtre
armée ne lui en fasse
faire.
L'armée a sejourné un
jour,pour donner ordre &
le temps à toutes les troupes
d y arriver. Le Comte
duBourg partit hier de ce
camp, pour aller s'approcher
de Fribourg avec un
corps de 3 6. bataillons &
de 50. escadrons.
Le Maréchal de Villars
a marché ce matin, & a
pris la même route avec le
reste de l'armée, à la reserve
de 25.bataillons & de
90 escadrons,restez fous les
ordres du Marquis d'Alegre,
qui doit marcher demain
pour aller camper à
la gorge d'Offembourg
,
à
quatre lieues d'ici. On n'a
point encore de nouvelle
que le Prince Eugene ait
fait de mouvement: mais
on ne doute point que nôtre
armée ne lui en fasse
faire.
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Résumé : Au Camp de Kell le 18. Septembre.
Le 18 septembre, l'armée française s'est rassemblée au camp de Kell. Le Comte du Bourg a quitté le camp avec 36 bataillons et 50 escadrons vers Fribourg. Le Maréchal de Villars a suivi avec le reste des troupes, sauf 25 bataillons et 90 escadrons sous le Marquis d'Alegre, qui doit camper à la gorge d'Offembourg. Le Prince Eugène n'a pas encore réagi.
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5
p. 269-273
Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Début :
Le Comte de Boissieu neveu de M. le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Maréchal de Villars, Fribourg, Bataillons
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Extraitd'une Lettre de Fontainebleaule
2.Septembre.
LeComte de Boissieu
neveu de M. le Maréchal
de Villars apporta la nouvelle
suivante au Roy.
Le 10. le Maréchal de
Villars fit attaquer le Camp
par 40.Bataillons partrois
endroits différents. M. le
Comte du Bourg commandoit
la droite, M. d'Estrades
la gauche,& M. d'As..
selle centre, ( les Lignes
avoient quatre lieuës de
longueur. Il n'y a eu aucune
resistance à la droite,
& nos gens entrerent, sans
tirer un coup.
Au centre l'on y en fit.
Il y a eu un Colonel des
Ennemis fait prisonnier,
& environ 200. tuez ou
prisonniers;nous n'y avons
perdus que 50. Grenadiers
tuez ou blessez, deuxSubalternes
blessez. A la gauche
iLjry a pas eu de resistaneer
on compte en tout 4.
à 500. des ennemis tuez ou
prisonniers, & nous n'avons
presque rien perdu.
M. de Vaubonnes'étoit
retiré quelques jours avant
& n'avoit laissé dans ce
Camp retranché que 4. Bataillons
& 1500. hommes
detachez. Il s'estietté un de
ces Bataillons dans Fribourg
, le reste a pris la
fuite dans la Vallée de S.
Pierre, où le Maréchal a
envoyé trois mille chevaux
pour poursuivre le débris
du General Vaubonne.Le
Courier a rapporté qu'en
partant on alloit commencer
l'inve stiture de Fribourg
, & que l'on attend
doit de Brifac beaucoup
d'outils à remuer la terre.
Jamais nos Troupes n'ont
tant montré de vigueur
& ne cherchent qu'à pe*
netrer dans le pays.
L'attaque des Lignes cc.
toit commandée par le
Comte du Bourg, quiavoit
avec luy Meilleursd'Asses,
6c d'Estrades, Lieutenans
Generaux; pourMaréchaux
de Camp Messieurs de Silly,
de Guerchois, de Mortemar.
Le Comte de Coigny,&
le Chevalier de PeJ.-
feux ont aussi marchéavec
les Dragons.
2.Septembre.
LeComte de Boissieu
neveu de M. le Maréchal
de Villars apporta la nouvelle
suivante au Roy.
Le 10. le Maréchal de
Villars fit attaquer le Camp
par 40.Bataillons partrois
endroits différents. M. le
Comte du Bourg commandoit
la droite, M. d'Estrades
la gauche,& M. d'As..
selle centre, ( les Lignes
avoient quatre lieuës de
longueur. Il n'y a eu aucune
resistance à la droite,
& nos gens entrerent, sans
tirer un coup.
Au centre l'on y en fit.
Il y a eu un Colonel des
Ennemis fait prisonnier,
& environ 200. tuez ou
prisonniers;nous n'y avons
perdus que 50. Grenadiers
tuez ou blessez, deuxSubalternes
blessez. A la gauche
iLjry a pas eu de resistaneer
on compte en tout 4.
à 500. des ennemis tuez ou
prisonniers, & nous n'avons
presque rien perdu.
M. de Vaubonnes'étoit
retiré quelques jours avant
& n'avoit laissé dans ce
Camp retranché que 4. Bataillons
& 1500. hommes
detachez. Il s'estietté un de
ces Bataillons dans Fribourg
, le reste a pris la
fuite dans la Vallée de S.
Pierre, où le Maréchal a
envoyé trois mille chevaux
pour poursuivre le débris
du General Vaubonne.Le
Courier a rapporté qu'en
partant on alloit commencer
l'inve stiture de Fribourg
, & que l'on attend
doit de Brifac beaucoup
d'outils à remuer la terre.
Jamais nos Troupes n'ont
tant montré de vigueur
& ne cherchent qu'à pe*
netrer dans le pays.
L'attaque des Lignes cc.
toit commandée par le
Comte du Bourg, quiavoit
avec luy Meilleursd'Asses,
6c d'Estrades, Lieutenans
Generaux; pourMaréchaux
de Camp Messieurs de Silly,
de Guerchois, de Mortemar.
Le Comte de Coigny,&
le Chevalier de PeJ.-
feux ont aussi marchéavec
les Dragons.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Fontainebleau le 25. Septembre.
Le 2 septembre, le Comte de Boissieu informa le Roi de l'attaque menée par le Maréchal de Villars le 10 septembre contre le camp ennemi. Cette offensive impliquait 40 bataillons répartis en trois points. Le Comte du Bourg commandait la droite, M. d'Estrades la gauche, et M. d'Assas le centre. À droite, les troupes françaises entrèrent sans résistance. Au centre, elles rencontrèrent une résistance, capturant un colonel ennemi et environ 200 soldats, au prix de 50 grenadiers français tués ou blessés et deux subalternes blessés. À gauche, il n'y eut pas de résistance, avec 400 à 500 ennemis tués ou prisonniers et peu de pertes françaises. Le Général Vaubonne s'était retiré quelques jours auparavant, laissant 4 bataillons et 1500 hommes. Un bataillon se réfugia à Fribourg, tandis que le reste s'enfuit dans la vallée de Saint-Pierre, où le Maréchal envoya 3000 cavaliers pour les poursuivre. Les troupes françaises, dirigées par le Comte du Bourg, les Meilleurs d'Assas et d'Estrades, ainsi que plusieurs Maréchaux de camp, montrèrent une grande vigueur et cherchaient à pénétrer dans le pays.
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6
p. 276-279
NOUVELLES d'Allemagne.
Début :
Les Lettres de Strasbourg du 11. Septembre portent que le [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Marquis d'Alègre, Rhin, Fribourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Allemagne.
NOUVELLES
d'Allemagne.
Les Lettres de SeraC.
bourg du II. Septembre
portent que le Marquis
d'Alegreayantappris que
cent cinquante Hussars avoient
passé le Rhin à
Mayence, détacha le Çom.
te de Saint Paul avec deux * cent Chevaux, &le Baron
Ratzki avec cent cinquante
Hussars, dont il est Colonel
,
qui les envelopperent
& les désirent entierement.
Celles de Landauportent
que trentedeux
Bataillons de l'Ar-
Biee du Siege de cette Place
avec quelques Escadrons
estoient entrez dans les Lignes
de Weissembourg;
que leMaréchal deBezons
devoit s'y rendreincessamment
avec le reste des
Troupes. On écrit de Strasbourg
du 16. que les Troupes
estoient dans un grand
mouvement;quecelles du
Maréchal de Villars passoient
le Rhin à Kel & au
Fort Loüis ; & celles du
Maréchal de Bezons remontoient
aussi versleFort-
Loüis; qu'on cuifoit aux
deux Brisacs une grande
-
quantité de pain,& qu'on
y construisoit de nouveaux
fours; qu'il y arrivoit des
farines de plusieurs endroits
)
& ungrand nombre
de Chariots commandez
qui chargeoient du
pain & desoutils à remuer
la terre. Que le Comte du
Bourg estoit parti du Camp
de Kel avec quarante Bataillons
&cinquante Escadrons
; qu'il marchoit du
coite de Fribourg, & que
le Maréchal de Villars le
fuivoic avec le reste de
l'Armée,à la reserve de
vingt-cinq Bataillons & de
quatre- vingt-dixEscadrons
qui font restez aux ordres
du Marquis d'Alegre.
d'Allemagne.
Les Lettres de SeraC.
bourg du II. Septembre
portent que le Marquis
d'Alegreayantappris que
cent cinquante Hussars avoient
passé le Rhin à
Mayence, détacha le Çom.
te de Saint Paul avec deux * cent Chevaux, &le Baron
Ratzki avec cent cinquante
Hussars, dont il est Colonel
,
qui les envelopperent
& les désirent entierement.
Celles de Landauportent
que trentedeux
Bataillons de l'Ar-
Biee du Siege de cette Place
avec quelques Escadrons
estoient entrez dans les Lignes
de Weissembourg;
que leMaréchal deBezons
devoit s'y rendreincessamment
avec le reste des
Troupes. On écrit de Strasbourg
du 16. que les Troupes
estoient dans un grand
mouvement;quecelles du
Maréchal de Villars passoient
le Rhin à Kel & au
Fort Loüis ; & celles du
Maréchal de Bezons remontoient
aussi versleFort-
Loüis; qu'on cuifoit aux
deux Brisacs une grande
-
quantité de pain,& qu'on
y construisoit de nouveaux
fours; qu'il y arrivoit des
farines de plusieurs endroits
)
& ungrand nombre
de Chariots commandez
qui chargeoient du
pain & desoutils à remuer
la terre. Que le Comte du
Bourg estoit parti du Camp
de Kel avec quarante Bataillons
&cinquante Escadrons
; qu'il marchoit du
coite de Fribourg, & que
le Maréchal de Villars le
fuivoic avec le reste de
l'Armée,à la reserve de
vingt-cinq Bataillons & de
quatre- vingt-dixEscadrons
qui font restez aux ordres
du Marquis d'Alegre.
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Résumé : NOUVELLES d'Allemagne.
Le texte relate des mouvements militaires en Allemagne. Le 2 septembre, le Marquis d'Alegre a envoyé des troupes pour intercepter cent cinquante Hussards ayant traversé le Rhin à Mayence. À Landau, trente-deux bataillons et quelques escadrons de l'armée du siège ont rejoint les lignes de Weissembourg, où le Maréchal de Bezons devait se rendre. Le 16 septembre, à Strasbourg, les troupes étaient en grand mouvement. Les forces du Maréchal de Villars traversaient le Rhin à Kehl et au Fort Louis, tandis que celles du Maréchal de Bezons remontaient également vers le Fort Louis. Des préparatifs logistiques étaient en cours, avec cuisson de pain et arrivée de farines. Le Comte du Bourg a quitté le camp de Kehl avec quarante bataillons et cinquante escadrons en direction de Fribourg, suivi par le Maréchal de Villars avec le reste de l'armée, à l'exception de vingt-cinq bataillons et quatre-vingt-dix escadrons restés sous les ordres du Marquis d'Alegre.
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7
p. 78-79
A Fontainebleau le 4. Octobre.
Début :
Il est arrivé aujourd'hui un Courrier de M. le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Courrier, Fontainebleau, Fribourg, Tranchée, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Fontainebleau le 4. Octobre.
A Fontainebleau le 4.
Délabre.
Il est arrivé aujourd'hui
un Courier de M. le Maréchal
de Villars, parti du
camp devant Fribourg le
premier de ce mois.
La tranchée a été ouverte
à la ville & au fort
de saint Pierre à la hauteur,
lanuit du 30. du passé au 1.
on l'a poussée à la
-
villeà
dix-huit toises prés de la
palissade du chemin couvert
du front de l'attaque,
& à cent vingt toises de
l'arraque du Château.
Il n'y a eu aux deux
attaques que trente ou
quarante hommes tuez ou
blessez
: il étoit déja arrive
quelques pieces de canon
de Brisack, tout le reste
de l'équipage de l'artillerie
étoit en marche; les uns
disent que la garnison n'est
composée que de quatorze
bataillons, d'autres disent
de dix-sept.
Délabre.
Il est arrivé aujourd'hui
un Courier de M. le Maréchal
de Villars, parti du
camp devant Fribourg le
premier de ce mois.
La tranchée a été ouverte
à la ville & au fort
de saint Pierre à la hauteur,
lanuit du 30. du passé au 1.
on l'a poussée à la
-
villeà
dix-huit toises prés de la
palissade du chemin couvert
du front de l'attaque,
& à cent vingt toises de
l'arraque du Château.
Il n'y a eu aux deux
attaques que trente ou
quarante hommes tuez ou
blessez
: il étoit déja arrive
quelques pieces de canon
de Brisack, tout le reste
de l'équipage de l'artillerie
étoit en marche; les uns
disent que la garnison n'est
composée que de quatorze
bataillons, d'autres disent
de dix-sept.
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Résumé : A Fontainebleau le 4. Octobre.
Le 4 août, un courrier du maréchal de Villars a rapporté que les troupes françaises ont ouvert une tranchée devant Fribourg la nuit du 30 juillet au 1er août. Cette tranchée a avancé près de la palissade et du château, causant trente à quarante victimes. Des canons de Brisach étaient arrivés, et l'artillerie était en route. La composition de la garnison est incertaine, entre quatorze et dix-sept bataillons.
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8
p. 80-83
Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Début :
Les ennemis sortirent avant hier à la pointe du jour [...]
Mots clefs :
Grenadiers, Fribourg, Marquis de Nangis
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Extrait d'une lettre du camp
devant Fribourg ce 9.
Oflobre.
Les ennemis sortirent
avant hier à la pointe du
jour sur la droite de nôtre
tranchée, M. le Marquis
de Nangis qui y commandoit
les voyant venir fit
retirer tous les travailleurs,
disposa promptement ses
troupes, & fitun sigran
feu qu'ils n'oserent venir
jusquau boyau,& se retirerent.
M. de Nangis fit sortir
en même temps les grenadiers
d'Issenghien & de
Royal Roussillon,commandez
par M. de Chimene
Colonel, & Meilleurs de
Mas & de l'Ile Capitaines,
qui pousserent les ennemis
jusques dans les palissades.
M. de Nangis se louë fort
de ces Meilleurs.
Nos fappes sont de cette
nuit sur les glacis même de
la nuit derniere, & nous
esperons d'attaquer bientôt
une lunette & le chemin
couvert. Les ennemis
firent hier une sortie assez
violente à l'attaque du Château
:
Ils prirent nôtresappe
gauche à revers ayant
de bouche par derriere
leurs redoutes, les trois
Compagnies de Grenadiers
qui étoient à cette tête
n'ont pu resister long-tems
maigré lcui grand urage,
ils ont été obligez de se
retirer jusqu'a la croisée
des deux sappes,les ennemis
nous ont dérange pendant
ce temps-là quelques
Gabions, un moment après
nos Grenadiersont remonté.
& ont obligé les ennemis
de se retirer. M. de
S. Sernin qui s'est appercû
le premier de la sortie des
ennemis fit avertir le Brigadier
de tranchée, & y fit
faire les dispositions. Nous
y avons eu un Capitane
de Grenadiers tué, un blesfé,
& trois ou quatre au-
, tres Officiers tuez ou blessez,
& environ cinquante
soldats.
-
.AC4mp devant Fribourg le 1-
devant Fribourg ce 9.
Oflobre.
Les ennemis sortirent
avant hier à la pointe du
jour sur la droite de nôtre
tranchée, M. le Marquis
de Nangis qui y commandoit
les voyant venir fit
retirer tous les travailleurs,
disposa promptement ses
troupes, & fitun sigran
feu qu'ils n'oserent venir
jusquau boyau,& se retirerent.
M. de Nangis fit sortir
en même temps les grenadiers
d'Issenghien & de
Royal Roussillon,commandez
par M. de Chimene
Colonel, & Meilleurs de
Mas & de l'Ile Capitaines,
qui pousserent les ennemis
jusques dans les palissades.
M. de Nangis se louë fort
de ces Meilleurs.
Nos fappes sont de cette
nuit sur les glacis même de
la nuit derniere, & nous
esperons d'attaquer bientôt
une lunette & le chemin
couvert. Les ennemis
firent hier une sortie assez
violente à l'attaque du Château
:
Ils prirent nôtresappe
gauche à revers ayant
de bouche par derriere
leurs redoutes, les trois
Compagnies de Grenadiers
qui étoient à cette tête
n'ont pu resister long-tems
maigré lcui grand urage,
ils ont été obligez de se
retirer jusqu'a la croisée
des deux sappes,les ennemis
nous ont dérange pendant
ce temps-là quelques
Gabions, un moment après
nos Grenadiersont remonté.
& ont obligé les ennemis
de se retirer. M. de
S. Sernin qui s'est appercû
le premier de la sortie des
ennemis fit avertir le Brigadier
de tranchée, & y fit
faire les dispositions. Nous
y avons eu un Capitane
de Grenadiers tué, un blesfé,
& trois ou quatre au-
, tres Officiers tuez ou blessez,
& environ cinquante
soldats.
-
.AC4mp devant Fribourg le 1-
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Résumé : Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Le 9 octobre, les forces ennemies ont lancé une attaque à l'aube sur la droite des tranchées françaises près de Fribourg. Le Marquis de Nangis, commandant sur place, a réagi en retirant les travailleurs et en ordonnant un feu intense pour stopper l'avancée ennemie. Il a également déployé les grenadiers d'Issenghien et de Royal Roussillon, dirigés par le Colonel de Chimene et les Capitaines Meilleurs de Mas et de l'Ile, qui ont repoussé les ennemis jusqu'à leurs palissades. M. de Nangis a particulièrement salué le courage des Capitaines Meilleurs. La nuit précédente, des sapeurs français travaillaient sur les glacis. Une attaque ennemie violente avait eu lieu la veille pour s'emparer du château, prenant à revers la sape gauche française et forçant les grenadiers à se retirer temporairement. Ces derniers ont rapidement contre-attaqué, obligeant les ennemis à se retirer. Les pertes françaises incluent un capitaine de grenadiers tué, un blessé, trois ou quatre autres officiers tués ou blessés, et environ cinquante soldats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 83-86
Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
Début :
Nous esperons être les maîtres de la ville le 18. [...]
Mots clefs :
Fribourg, Boulet de Canon, Batterie, Mortiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
.AC4mp devant Fribourg le 1- IQ. Octobre.
Nous esperons être les
maîtres de la ville le 18
ou le 20. du courant, nous
en sommes si prés que nous
déboucherons cette nuit
dans le chemin couvert: La
Maison du Roy continuë à
porter la fascine, & il y
en a tous les jours quelques.
uns d'emportez du canon,
tin Brigadier des Gardes
du Corps aété dunombre.
On travaille à une seconde
batterie de six pieces de canon
à l'attaque du fort,&
à une de dix mortiers. Elles
feront toutes deux en état
de tirer demain, & nous
ferons en état de pouffer
nos tranchées avec plus de
succez.Nouscroyons à l'resent
que la marche du
Prince Eugene n'estque
pour venir se poster à Rotvville
y-& s'y retrancher,
couvrir le pays, & empêcher
que nos partis ne penetrent
plus avant dans
rEmpire, ou que le Maréchal
de Villars n'ait
quelques desseins sur cette
place, & sur celle de Filingue,
d'autant que ce Prince
a laissé dans son camp de
Mulberg une partie de les
troupes fous les ordres du
Prince de Virtemberg.
M. de Malaufe a été emporté
d'un boulet de canon
en portant la fascine,
il est fort regreté.
Nous esperons être les
maîtres de la ville le 18
ou le 20. du courant, nous
en sommes si prés que nous
déboucherons cette nuit
dans le chemin couvert: La
Maison du Roy continuë à
porter la fascine, & il y
en a tous les jours quelques.
uns d'emportez du canon,
tin Brigadier des Gardes
du Corps aété dunombre.
On travaille à une seconde
batterie de six pieces de canon
à l'attaque du fort,&
à une de dix mortiers. Elles
feront toutes deux en état
de tirer demain, & nous
ferons en état de pouffer
nos tranchées avec plus de
succez.Nouscroyons à l'resent
que la marche du
Prince Eugene n'estque
pour venir se poster à Rotvville
y-& s'y retrancher,
couvrir le pays, & empêcher
que nos partis ne penetrent
plus avant dans
rEmpire, ou que le Maréchal
de Villars n'ait
quelques desseins sur cette
place, & sur celle de Filingue,
d'autant que ce Prince
a laissé dans son camp de
Mulberg une partie de les
troupes fous les ordres du
Prince de Virtemberg.
M. de Malaufe a été emporté
d'un boulet de canon
en portant la fascine,
il est fort regreté.
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Résumé : Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
Le rapport militaire du 1er octobre décrit les opérations militaires devant Fribourg. Les forces prévoyaient de prendre la ville le 18 ou le 20 octobre. Elles étaient en position avancée et prévoyaient de déboucher cette nuit dans le chemin couvert. La Maison du Roy continuait de transporter des fascines, et des canons étaient régulièrement déplacés. Un brigadier des Gardes du Corps avait été blessé. Deux batteries étaient en construction : une de six pièces de canon pour attaquer un fort et une autre de dix mortiers, toutes deux prêtes à tirer le lendemain. Ces batteries devaient permettre d'avancer les tranchées avec plus de succès. Les troupes croyaient que le Prince Eugène se dirigeait vers Rotvville pour se retrancher et couvrir le pays, empêchant ainsi les partisans de pénétrer davantage dans l'Empire ou le Maréchal de Villars d'avoir des desseins sur les places de Rotvville et de Filingue. Le Prince Eugène avait laissé une partie de ses troupes à Mulberg sous le commandement du Prince de Virtemberg. M. de Malaufe avait été tué par un boulet de canon alors qu'il transportait des fascines, et sa perte était grandement regrettée.
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10
p. 267-269
Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
Début :
Il n'y a encore que le chemin couvert de [...]
Mots clefs :
Fribourg, Chemin couvert , Batterie, Lunette, Mineur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
An Camp devant Fribourg
,
ce 18. Ocloble
Il n'y aencore que lechemin
couvert de la Place demporté
:mais on bat en bréche
les deux bateries& la demilune
de l'attaque; il n'y a encore
rien d'emporté au Château,
la lunette n'ayant pû
estre emportée, d'autant
qu'elle est taillée dans le
Roc vif sans massonnerie &
ne peut estre emportée que
par escalade. On y a fait attach
er le mineur pour voir
s'il y a lieu de la miner afin
de la faire sauter.
Le Baron Haardick, Gouverneur
de la Ville, se defendtoûjours
avec un extrême
vigueur;il veut au raport
des deserteurs foûcenir l'asfaut.
Il est constant que le
Prince Eugene s'estavancé
du costé de Hollegrabcn;
mail il n'avoit que quatre
mille chevaux. Il est bien
vray qu'il estoit soûtenu par
un gros corps d'Infanterie
& de Cavalerie qu'il avoit
laide derriereSilinguen &
Rotwit & Homberg
, ne
voulant pas s'éloigner des
lignes d'Etlinguen & de Philisbourg
qu'il regarde à prefent
comme les seuls Boulevars
de l'Empire.
Au Camp denjant
,
ce 18. Ocloble
Il n'y aencore que lechemin
couvert de la Place demporté
:mais on bat en bréche
les deux bateries& la demilune
de l'attaque; il n'y a encore
rien d'emporté au Château,
la lunette n'ayant pû
estre emportée, d'autant
qu'elle est taillée dans le
Roc vif sans massonnerie &
ne peut estre emportée que
par escalade. On y a fait attach
er le mineur pour voir
s'il y a lieu de la miner afin
de la faire sauter.
Le Baron Haardick, Gouverneur
de la Ville, se defendtoûjours
avec un extrême
vigueur;il veut au raport
des deserteurs foûcenir l'asfaut.
Il est constant que le
Prince Eugene s'estavancé
du costé de Hollegrabcn;
mail il n'avoit que quatre
mille chevaux. Il est bien
vray qu'il estoit soûtenu par
un gros corps d'Infanterie
& de Cavalerie qu'il avoit
laide derriereSilinguen &
Rotwit & Homberg
, ne
voulant pas s'éloigner des
lignes d'Etlinguen & de Philisbourg
qu'il regarde à prefent
comme les seuls Boulevars
de l'Empire.
Au Camp denjant
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Résumé : Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
Le 18 octobre, les troupes assaillantes ont avancé vers Fribourg mais n'ont pas encore conquis la place forte. Elles ont attaqué les batteries et la demi-lune sans succès. Le château reste inébranlé, car la lunette, taillée dans le roc, ne peut être prise que par escalade. Des mineurs évaluent la possibilité de miner la lunette. Le Baron Haardick, gouverneur de la ville, continue de se défendre vigoureusement et prévoit de lancer un assaut. Le Prince Eugène s'est avancé vers Hollegraben avec quatre mille chevaux, soutenu par un important corps d'infanterie et de cavalerie positionné derrière Silingen, Rotwit et Homberg. Il évite de s'éloigner des lignes d'Etlinguen et de Philisbourg, qu'il considère comme les seuls boulevards de l'Empire.
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11
p. 269-272
Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Début :
La perte des ennemis à l'attaque du chemin couvert & [...]
Mots clefs :
Fribourg, Suspension d'armes, Canon, Mortiers, Défense, Barcelone
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texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Au Camp denjant Fiibouwa**
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
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Résumé : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Le document décrit des événements militaires et des mouvements de troupes. Lors d'une récente attaque, les pertes ennemies dépassent deux mille hommes, tandis que les pertes propres s'élèvent à 1800 hommes. Une suspension d'armes a été observée de 9 heures à 13 heures pour récupérer les morts et les blessés. Les forces disposent actuellement de trente-six pièces de canon et vingt-huit mortiers sur le chemin couvert. Une entrée dans la place assiégée est prévue pour le samedi ou le dimanche, malgré la résistance des assiégés. L'attaque du château progresse moins bien que prévu. Le maréchal de Villars a décidé d'attaquer la redoute de l'Escargot. Le duc doit inspecter la tranchée le 10 octobre en tant que dernier maréchal de camp. Le prince Eugène est stationné à Rotteville pour empêcher les incursions ennemies. Devant Barcelone, toute la Catalogne est soumise, sauf le château de Cardonne, jugé incapable de résister longtemps. Monsieur de Vauvray, intendant de Toulon, rapporte que Nebot s'est retiré à Barcelone, toutes les troupes étant dispersées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 69-72
MORT.
Début :
Le Marquis de Brosses, Colonel d'un vieux regiment d'infanterie [...]
Mots clefs :
Marquis de Brosses, Colonel, Fribourg, Toulouse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT/.
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
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Résumé : MORT.
Le texte relate la mort du Marquis de Brosses, Colonel d'un ancien régiment d'infanterie, survenue devant Fribourg le 7 novembre. Âgé de vingt-huit à vingt-neuf ans, il était Colonel depuis onze ans et s'était distingué lors de l'attaque de Denain et des sièges de Marchienne, Le Quesnoy, Douai, Landau et Fribourg. Il appartenait à la maison de Tiercelin de Brosses, descendant des Comtes de Toulouse. Un descendant des Comtes de Toulouse prit le surnom de Tiercelin, et l'un de ses enfants épousa une fille de Brosses, adoptant les armes de cette maison. De ce mariage naquirent plusieurs enfants, dont des filles mariées à un Duc de Savoie, un Comte de Genève et un Prince du Sang de France. Parmi les fils, le fils aîné du Maréchal de Brosses, également connu sous le nom de Bonssac, épousa Nicole, héritière de Bretagne, dont les droits furent transmis à la Maison de France par des transactions avec les rois Louis XII et François Ier. La maison de Brosses comptait également d'autres dignités et grandes alliances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 254-266
Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Début :
Que le 20. Novembre sortiront des deux Châteaux & des [...]
Mots clefs :
Capitulation, Fribourg, Maréchal de Villars, Garnison, Lieutenant général, Canon, Mortier, Archives, Assiégés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Extrait de la Capitulation du
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
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Résumé : Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Le 10 novembre, le Maréchal Duc de Villars accorda la capitulation des châteaux et forts de Fribourg. Les garnisons, dirigées par le Baron de Wachtendonck, les Commandants de Hanftem et de Dominique, ainsi que tous les officiers et leurs équipages, reçurent l'autorisation de se rendre au camp impérial de Rotweil en quatre ou cinq jours. Six pièces de canon et quatre mortiers furent remis aux assiégeants, accompagnés de munitions suffisantes pour cinquante coups. Les équipages et les biens pris dans la ville furent rendus, et des chevaux et chariots furent fournis gratuitement pour le transport. Les documents et archives purent également être emportés. Les officiers et soldats malades ou blessés furent autorisés à rester à Fribourg, logés chez les bourgeois, avec des chirurgiens et des provisions. Les prisonniers furent libérés avec leurs habits et armes. Toutes les mines, l'artillerie et les travaux de défense furent montrés aux assiégeants. La garnison fut approvisionnée en pain pour cinq jours. La capitulation fut signée et un courrier fut envoyé au Prince Eugène de Savoie pour l'informer de la marche de la garnison. La garnison du château, fortifiée récemment, comptait environ treize mille hommes. Le 31 octobre, le Comte d'Attainville attaqua Fribourg, défendue par cent cinquante hommes, tous tués ou pris. Le lendemain, le Comte d'Artagnan entra dans la ville avec des grenadiers et évita le pillage. Le Baron d'Arsch, gouverneur de Fribourg, négocia les conditions de la capitulation avec le Maréchal de Villars. La suspension des armes fut prolongée jusqu'au 15 novembre, permettant aux assiégeants de préparer l'attaque. Le 13 novembre, un incendie détruisit l'arsenal de la ville.
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