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1
p. 138-167
Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Début :
Monsieur le Prince d'Orange ayant entrepris le Secours de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Ruisseau, Bataille de Cassel, Armée, Luxembourg, Charge, Extraits, Prince d'Orange, Saint Omer, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Extrait d'une Relation de lafa- meuse Bataille decaffel. !!!
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
E iij
102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
E iiij
104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
GALANT. 105
-
د
folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
EV
106 LE MERCURE
2
Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
GALANT. 107
a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
2
Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
E GALANT. 113
1
10
vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
7
GALANT. 115
Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
GALANT.. 117
&
He
1
chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
118 LE MERCURE
?
mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
GALANT. 119
H
1
12
11
ef
de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
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102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
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104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
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folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
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2
Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
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a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
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Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
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vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
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Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
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chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
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mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
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de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
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Résumé : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Le Prince d'Orange, après avoir secouru S. Omer et traversé le canal de Bruges, se dirigea vers Ypres. À l'annonce de sa marche, le ministre de Louvois ordonna à la petite gendarmerie et à la cavalerie légère de se diriger vers l'armée du Prince. Le roi envoya également un détachement commandé par le marquis de la Cardonnière, composé de huit bataillons de divers régiments. Le Prince d'Orange avança ensuite vers Poperingue, incertain de sa destination finale. Informé de la progression de l'armée ennemie, le roi envoya le duc de Luxembourg avec de la cavalerie légère, des mousquetaires et plusieurs bataillons pour renforcer ses troupes. Le prince d'Orange se positionna près d'un ruisseau difficile à franchir. La bataille débuta avec le maréchal d'Humières à droite et le duc de Luxembourg à gauche. Le maréchal d'Humières chargea et défit l'aile gauche ennemie, tandis que le prince d'Orange avançait avec le corps de bataille. La résistance ennemie fut vigoureuse, mais les troupes françaises, animées par la présence du prince, chargèrent à plusieurs reprises. Plusieurs personnes furent blessées, dont le chevalier de Lorraine et le chevalier de Nantoüillet. Les régiments d'Humières et du Maine se distinguèrent par leur bravoure. Les ennemis finirent par plier, et le duc de Luxembourg, après avoir pris une église retranchée, poursuivit les fuyards. La bataille se solda par une victoire française, avec une déroute complète de l'armée ennemie. Le prince d'Orange, en fuite, fut vu en larmes, désespéré. Les gardes du prince furent tous capturés ou tués. Le duc de Luxembourg joua un rôle crucial dans la fin de la bataille et la poursuite des ennemis.
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2
p. 9-11
« On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
Début :
On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louanges, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : « On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
On ne peut refuſer au Princed'Orange les l'oüanges qui luy ſont deuës. Dés qu'il vit le deſordre parmy ſes Troupes , & qu'il étoit im- poffible de les rallier, il fit dé- bander toute ſon Infanterie
dans des hayes , de peur que les chemins qui font fort fer- rez &méchans ne l'arreſtafſentdans ſa retraite.Cetordre
REQUE
LYO
A iiij
8 LE MERCURE
qu'il dõna à propos,empeſcha la perte du reſte de sõ Armée.
Il ſe retira à Ypres , où il eut quelque demêlé avec le Prin- ce de Naſſau , chacun d'eux
voulant que l'autre fût cauſe du malheur qui leur eſtoit arrivé ; mais ils s'en devoient
plûtôt prendre à la prudente conduite,& àla valeur de Son
Alteſſe Royale.
dans des hayes , de peur que les chemins qui font fort fer- rez &méchans ne l'arreſtafſentdans ſa retraite.Cetordre
REQUE
LYO
A iiij
8 LE MERCURE
qu'il dõna à propos,empeſcha la perte du reſte de sõ Armée.
Il ſe retira à Ypres , où il eut quelque demêlé avec le Prin- ce de Naſſau , chacun d'eux
voulant que l'autre fût cauſe du malheur qui leur eſtoit arrivé ; mais ils s'en devoient
plûtôt prendre à la prudente conduite,& àla valeur de Son
Alteſſe Royale.
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Résumé : « On ne peut refuser au Prince d'Orange les loüanges qui [...] »
Le Prince d'Orange a été félicité pour ses actions lors d'un désordre dans ses troupes. Il ordonna à son infanterie de se retirer à travers des haies pour éviter des chemins difficiles, sauvant ainsi le reste de l'armée. Il se retira ensuite à Ypres, où il eut une dispute avec le Prince de Nassau. Chacun se reprochait mutuellement les événements, mais ceux-ci étaient dus à la prudence et à la valeur du Prince d'Orange.
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3
p. 74-79
SUR LE JUBILÉ DE SON ALTESSE ROYALE.
Début :
Dans le mesme temps que le Roy a fait éclater / Vous pensez donc, Seigneur, gagner le jubilé, [...]
Mots clefs :
Jubilé, Prince d'Orange, Saint Omer, Furie, Boucherie
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE JUBILÉ DE SON ALTESSE ROYALE.
Dans le meſme temps que le Roy a fait éclater ſa pieté par toutes ces magnificences,
Monfieur a donné des marques publiques de la fienne ,
en venant gagner icy fon Ju
GALANT.
55 bile , qu'il n'avoit pû gagner à l'Armée. Il a faitſes Stations
avec un zele qui a édifié tout
le monde. Cependant il s'eſt
trouvé un Scrupuleux qui luy a donné quelque avis ſur la préparation où ce grandPrince ſe devoit mettre pour une
action fi pieuſe. Jugez , Mada- me , par la lecture de ces Vers,
fi le ſcrupule adû l'arreſter.
SUR LE JUBILE'
DE
SON ALTESSE ROYALE.
Ous pensezdonc, Seigneur, Vousgagner leJubilé ,
Sansreparer l'outrage &l'affront Signalé,
56 LE MERCVRE Quepar une injustice étrange,
Dont toute l'Europe aparlé,
Vous fiſtes au Prince d'Orange Dans vostre dernier Démeflé?
Ne vous souvient - il plus avec quelle furie Vous fustes l'attaquer au milieu defes Gens ,
LeSaintjour de Pasquesfleurie;
Et quelle horrible boucherie
Vousfiftes des pauvres Flamans,
Qui vouloient défendreſavie?
Pour luy,graces àſon Cheval,
Qui l'a plus d'une fois secouru dans lafuite;
Ilcut plus de peur quede mal,
Etpar uneſage conduite ,
Abandonnant ſon bagage &Sa Suite ,
Ilalla repaſſeràBruges le Canal.
GALANT. 57
Mais en estes-vous moins coupable?
Et renvoyer ainſi ce Prince àfa Maiſon ,
Confus , dansun état lugubre, pi- toyable,
Sans luy faire aucune raifon,
N'est-cepas un crime effroyable,
Dont on nepeut jamais efperer le pardon ?
Jenesçay qu'un moyen pour vous tirer d'affaire ,
L'avis m'en est venu d'un fage Directcur;
Mais à vous direvray, Seigneur,
SaMorale est un peufevere,
Et la chose pour un Vainqueur
Eftaffez difficile àfaire.
Furezqu'estant vaincu dans quatre ou cinq Combats,
58 LE MERCVRE Vous quitterez aux Flamans la
Campagne;
Que vous rendrez Saint Omer à
l'Espagne ,
Que vous fouffrirez tout des Troupes d'Allemagne ;
Etcelafait , ne doutez pas Qu'on nevouspuiffe abfoudre de
tout cas.
Monfieur a donné des marques publiques de la fienne ,
en venant gagner icy fon Ju
GALANT.
55 bile , qu'il n'avoit pû gagner à l'Armée. Il a faitſes Stations
avec un zele qui a édifié tout
le monde. Cependant il s'eſt
trouvé un Scrupuleux qui luy a donné quelque avis ſur la préparation où ce grandPrince ſe devoit mettre pour une
action fi pieuſe. Jugez , Mada- me , par la lecture de ces Vers,
fi le ſcrupule adû l'arreſter.
SUR LE JUBILE'
DE
SON ALTESSE ROYALE.
Ous pensezdonc, Seigneur, Vousgagner leJubilé ,
Sansreparer l'outrage &l'affront Signalé,
56 LE MERCVRE Quepar une injustice étrange,
Dont toute l'Europe aparlé,
Vous fiſtes au Prince d'Orange Dans vostre dernier Démeflé?
Ne vous souvient - il plus avec quelle furie Vous fustes l'attaquer au milieu defes Gens ,
LeSaintjour de Pasquesfleurie;
Et quelle horrible boucherie
Vousfiftes des pauvres Flamans,
Qui vouloient défendreſavie?
Pour luy,graces àſon Cheval,
Qui l'a plus d'une fois secouru dans lafuite;
Ilcut plus de peur quede mal,
Etpar uneſage conduite ,
Abandonnant ſon bagage &Sa Suite ,
Ilalla repaſſeràBruges le Canal.
GALANT. 57
Mais en estes-vous moins coupable?
Et renvoyer ainſi ce Prince àfa Maiſon ,
Confus , dansun état lugubre, pi- toyable,
Sans luy faire aucune raifon,
N'est-cepas un crime effroyable,
Dont on nepeut jamais efperer le pardon ?
Jenesçay qu'un moyen pour vous tirer d'affaire ,
L'avis m'en est venu d'un fage Directcur;
Mais à vous direvray, Seigneur,
SaMorale est un peufevere,
Et la chose pour un Vainqueur
Eftaffez difficile àfaire.
Furezqu'estant vaincu dans quatre ou cinq Combats,
58 LE MERCVRE Vous quitterez aux Flamans la
Campagne;
Que vous rendrez Saint Omer à
l'Espagne ,
Que vous fouffrirez tout des Troupes d'Allemagne ;
Etcelafait , ne doutez pas Qu'on nevouspuiffe abfoudre de
tout cas.
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Résumé : SUR LE JUBILÉ DE SON ALTESSE ROYALE.
Le texte décrit les actions de deux figures royales. Le roi a montré sa piété par des démonstrations de magnificence. Monsieur a choisi de gagner son jubilé à Paris après ne pas avoir pu le faire à l'armée. Il a accompli ses dévotions avec zèle, mais un scrupuleux lui a conseillé de se préparer spirituellement pour une action pieuse. Un poème critique reproche à Monsieur de n'avoir pas réparé l'injustice commise envers le Prince d'Orange. Le poème rappelle une attaque brutale menée par Monsieur contre le Prince d'Orange lors du jour de Pâques, entraînant une boucherie parmi les Flamands. Le Prince d'Orange a échappé à la mort grâce à son cheval et à une sage conduite. Le poème accuse également Monsieur d'avoir renvoyé le Prince d'Orange dans un état pitoyable sans lui offrir de raison, qualifiant cet acte de crime effroyable. Pour se racheter, le scrupuleux suggère que Monsieur abandonne la campagne aux Flamands, rende Saint-Omer à l'Espagne et tolère les troupes d'Allemagne. En suivant ces conseils, il pourrait espérer éviter la damnation.
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4
p. 224-253
Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Début :
Pendant que plus de vingt Puissances Souveraines liguées contre nous [...]
Mots clefs :
Prince Charles, Prince d'Orange, Troupes, Ennemis, Bataille, Maréchal de Créquy, Armée, Ministres, Désertion, Canon, Soldats, Cavalier, Chevaux, Allemands
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Pendant que plus de vingt Puiſſances Souveraines liguées contre nous,amaſſoient de toutes parts un nombre infiny de Troupes , celles de France qui avoient déja pris trois des plus fortes Places de l'Europe, &
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
DIS
arc
ne
ronoyd
nne
yen
:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
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arc
ne
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:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
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Résumé : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Le texte relate les opérations militaires entre les forces françaises et une coalition de plus de vingt puissances souveraines. Malgré les difficultés et les fatigues des sièges, les armées françaises, dirigées par le maréchal de Créquy et le duc de Luxembourg, ont réussi à résister aux assauts ennemis. Les armées françaises bénéficient d'un approvisionnement efficace grâce à la prévoyance du roi et au zèle des ministres. Le prince Charles, commandant l'armée de l'Empereur, a tenté plusieurs actions, mais a été contré par les mouvements stratégiques et les partis de Créquy. Les troupes du prince Charles ont souffert de désertions, de manque de ravitaillement et de harcèlement constant par les forces françaises. Plusieurs actions notables, comme l'attaque d'un convoi et la perturbation d'un bal organisé par le prince Charles, illustrent la vigilance et l'efficacité des troupes françaises. Le maréchal de Créquy a démontré une grande expérience et une vigilance constante, affaiblissant progressivement les armées ennemies sans livrer de batailles décisives. La deuxième armée d'Allemagne, composée des troupes des Cercles, n'a pas non plus fait de progrès significatifs, étant étroitement surveillée par les forces françaises. Le prince d'Orange et ses alliés sont également en campagne, mais sans succès notable. Par ailleurs, l'auteur mentionne qu'il ne fournira pas davantage de détails dans la lettre actuelle, préférant en discuter plus en profondeur dans la prochaine lettre afin d'éviter un double récit et de traiter le sujet de manière exhaustive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 271-279
La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja tant parlé de Guerre, que je [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Troupes des Princes d'Allemagne, Siège de Charleroi, Espagnols, Quartiers
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texteReconnaissance textuelle : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Je vous ay déja tant parléde Guerre , que je ne vous diray que tres - peu de choſe de la Campagne du Prince d'Oran- ge. Les Troupes des Princes d'Allemagne liguez avec luy ,
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
GALANT. 149
1
affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
Rij
190 LE MERCVRE
qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
GALANT. 191
a
,
&
voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
2
Rij
192 LE MERCVRE
autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
4
GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
1
GALANT. 1931
t
Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
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affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
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qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
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voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
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autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
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GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
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Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
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Résumé : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Le texte relate la campagne du Prince d'Orange en Flandre. Les troupes des princes d'Allemagne, alliées au Prince d'Orange, suivaient un cycle annuel de six mois de marche et de combat, suivis de six mois de repos. En 1702, ces troupes ont tenté de prendre plusieurs villes de Flandre sans succès. Elles ont ensuite assiégé Charleroy. Le Comte de Montal, commandant de la garnison, a refusé de sortir pour les affronter. Le Marquis de Jauvelle a rejoint Charleroy avec des renforts en seulement trente heures, surprenant les ennemis qui croyaient pouvoir intercepter ces renforts. Les assiégeants ont levé le siège et se sont retirés sans combattre. Cette retraite a été facilitée par la rapidité de l'assemblage des troupes françaises, dirigées par le Marquis de Louvois et le Duc de Luxembourg. Les ennemis manquaient de vivres et de fourrages, et leur convoi a été bloqué par le Baron de Quincy. Le Comte de Montal a exprimé son regret de ne pas avoir pu combattre plus longtemps contre le Prince d'Orange. Les Confédérés, craignant les Français, ont refusé de servir à l'arrière-garde lors de leur retraite.
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6
p. 279-281
AU PRINCE D'ORANGE assiegeant Charleroy. MADRIGAL.
Début :
Je ne puis finir cet Article, sans donner les loüanges / Attaquer une Place, où commande Montal ! [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Charleroi, Place, Montal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU PRINCE D'ORANGE assiegeant Charleroy. MADRIGAL.
Je ne puis finir cet Article,
ſans donner les loüanges qui font deuës à Monfieur leComte de Marfan , à meſſieurs les
Princes d'Harcour&d'Elbeuf,
àM.le Comtede Soiffons , &à
M. le Chevalier de Savoye, Ils ont eſté dans tous les endroits
où ils ont crû pouvoir enga- ger les Ennemis à combatre.
Ils ſuivirent M. le Comte du
Pleſſis , M.de Tillader , &M. Roſe, qui furent commandez
avectrois mille chevaux pour s'oppofer auxConvois quileur devoient venir de Monts. On
n'oſa les en faire fortir , &ce
fut pourquoy le Prince d'O-
196 LE MERCURE range manqua de Vivre pref- quedans lemeſme tempsqu'il eut bloquéCharleroy. LaRe- traite qu'il fit après avoir de- meuré quatre jours devant cette Place, nous a produit ce Madrigal.
AU PRINCE D'ORANGE
aſſiegeant Charleroy.
{
MADRIGAL.
ATiaquerune Place, oncommanMontal, dontle Grand Nom porte unfeurprivilege Devous faire lever le Siege,
Ou vous n'y pensezpas , ou vousy
pensezmal.
Quitezdesprojets inutiles,
Vous perdrez vos efforts aupres de Charleroy
GALANT. 197 Montal qui le defend,fust-ilfeul ,a
dequoy Répondrede toutes les Villes.
Ainfi comme autrefoispour éviterſes
coups,
Décampez,fuyez ,Sauvez-vou:
ſans donner les loüanges qui font deuës à Monfieur leComte de Marfan , à meſſieurs les
Princes d'Harcour&d'Elbeuf,
àM.le Comtede Soiffons , &à
M. le Chevalier de Savoye, Ils ont eſté dans tous les endroits
où ils ont crû pouvoir enga- ger les Ennemis à combatre.
Ils ſuivirent M. le Comte du
Pleſſis , M.de Tillader , &M. Roſe, qui furent commandez
avectrois mille chevaux pour s'oppofer auxConvois quileur devoient venir de Monts. On
n'oſa les en faire fortir , &ce
fut pourquoy le Prince d'O-
196 LE MERCURE range manqua de Vivre pref- quedans lemeſme tempsqu'il eut bloquéCharleroy. LaRe- traite qu'il fit après avoir de- meuré quatre jours devant cette Place, nous a produit ce Madrigal.
AU PRINCE D'ORANGE
aſſiegeant Charleroy.
{
MADRIGAL.
ATiaquerune Place, oncommanMontal, dontle Grand Nom porte unfeurprivilege Devous faire lever le Siege,
Ou vous n'y pensezpas , ou vousy
pensezmal.
Quitezdesprojets inutiles,
Vous perdrez vos efforts aupres de Charleroy
GALANT. 197 Montal qui le defend,fust-ilfeul ,a
dequoy Répondrede toutes les Villes.
Ainfi comme autrefoispour éviterſes
coups,
Décampez,fuyez ,Sauvez-vou:
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Résumé : AU PRINCE D'ORANGE assiegeant Charleroy. MADRIGAL.
Le texte rend hommage à plusieurs personnalités militaires, dont le Comte de Marfan, les Princes d'Harcourt et d'Elbeuf, le Comte de Soiffons et le Chevalier de Savoye, pour leur engagement contre les ennemis. Ces individus ont agi sous les ordres du Comte du Plessis, de Tillader et de Rose, qui commandaient trois mille chevaux. Leur intervention a empêché les ennemis de sortir et a contribué à la pénurie de vivres du Prince d'Orange, le forçant à lever le siège de Charleroy après quatre jours. Un madrigal est adressé au Prince d'Orange, le mettant en garde contre l'attaque de Charleroy, défendue par Montal. Le madrigal lui conseille d'abandonner ses projets inutiles et de se retirer pour éviter des pertes.
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7
p. 253-274
Suite des Nouvelles de la Guerre. [titre d'après la table]
Début :
Je reprens la Levée du Siege de Charleroy, dont j'ay [...]
Mots clefs :
Ennemis, Troupes, Siège de Charleroi, Prince d'Orange, Billet, Marquis de Montal, Duc de Villa-Hermosa, Campagne, Gand, Armée, Comte de Soissons, Hommes, Canon, Lieutenant, Place, Régiment, Chevaux
8
p. 57-62
Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Début :
Il est certain que Mr de Montal n'a pas esté [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louis, Compagnies des gardes du corps, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Il eſt certainqueM' deMon- tal n'a pas eſté le feul quiaitveu avec chagrin la prompte Re- traite de l'Armée du Prince
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
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Résumé : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réaction des soldats français, notamment ceux à Charleroy avec le duc de Montausier, face au retrait rapide de l'armée du prince d'Orange. Les ennemis admirent le courage des Français, illustré par leurs victoires successives. La valeur des Français sous le règne de Louis XIV est particulièrement mise en avant. Pour récompenser les braves, le roi a augmenté ses compagnies des Gardes du Corps en ajoutant des lieutenants, des enseignes et des gardes. Plusieurs officiers, comme les messieurs de Saint Ruth, Marin et Lignery, ont été promus lieutenants ou enseignes. Les messieurs de Sérignan et de Vandeuil conservent leurs postes d'aides-majors. Les promotions sont accordées à ceux qui se sont distingués dans des situations importantes et jugés aptes à commander. Ces officiers ont l'honneur de servir près du roi et de garantir sa sécurité.
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9
p. 299-304
Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
Je la quite pour vous entretenir de ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Flandre, Longueval, Guerre, Prince d'Orange, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Je la quite pour vous entretenirde ce qui s'eſt paffe dans celle de Flandre depuis
ma derniere Lettre. Les Ennemis n'ont fongé qu'à s'y éta- plir une communication libre entre Bruxelles & Mons , & à
faire des Redoutes. Il ne nous
faudra qu'un moment pour de-
GALANT. 201
truire leurs Ouvrages. Qui prend Valenciennes d'affaut ,
&force Cambray àſe rendre ,
forcera des Redoutes quand il voudra. Aufſi les avons - nous
laiſſe faire. Puis qu'ils fongent à ſe defendre, ils ne ſe croyent plus en état de nous attaquer.
Cependant toutes leurs pré- cautions ne les peuvent mettre à couvert de nos entrepriſes.
On a étably des Contribu- tions ; & comme la Guerre a
ſes Loix pour faire payer ceux quionttrop de lenteur à y fa- tisfaire , Monfieur le mareſchal
deHumieres a puny ce retar- dementpar quelques vifites un peu chagrinantes pour les né- gligens. Outre le Camp volant de Monfieur le Baron de Quin- cy il eſtoit accompagné de Meſſieurs de Joyeufe &d'Al
i i
202 LE MERCVRE
bret , qui commandoient de grands Détachemens. Ils ont eſté ſur le bord du Canal de Bruges, où la Chaſtellenie d'Y- pres les envoya prier d'attendre trois jours. M. le marefchal de Humieres paſſa le Canal , affura les Contributions , s'approcha
de, Gand , & revint joindre
Monfieur le Duc de Luxem- bourg. Le Prince d'Orange quita l'Armée , & en laiſſa le Commandement au Comte de
Valdec , qui craignant la fa- mine ,ou du moins voulant faire meilleure chere que les
autres , envoya auffitoftdeman- der des Paſſeports à Monfieur de Luxembourg pour fes Pour- voyeurs. Il ne me reſte plus à
vousparlerque de deux Actions particulieres trop remarqua- bles pour me difpenfer de leur
GALANT. 203 donner les loñanges qui leur font deües. Elles ſont de deux
Parens du meſine nom. La pre- miere eſt de Monfieurle Comte
de Longueval qui commande les Dragons Dauphins. Il fut détaché pour aller dans l'Iſle de Bierutick , à deux lieuës de
Fleſſingue , & ayant paffé à la faveur d'une marée baffe , &
fous la Mouſqueterie d'une Re- douted'un Fort&d'un longParapet qui estoit garny d'Infan- terie, ilymit le feu enplein mi- dy , & ſe retira avec plus de foixante Priſonniers . Quelque hardiequefoit cetteAction, on pouvoit tout attendre d'un
Homme qui a pris le Fort aux Vaches. Ce qui fuit ne vous
paroiſtra pas moins digne d'e- ftre admire , & vous yverrezde lapreſence d'efprit meſlée avec
(
I vj
204 LE MERCVRE
beaucoup de courage. M² de Longueval Capitaine de Ca- valerie , ayant eſté détaché avec cinquante Maiſtres pour quelque Expédition , prit un Guide qui connoiſſoit fi mal les lieux , que s'eſtant égarez ,
ils ſe trouverent au milieu du
Campdes Ennemis,à trente pas dela Tente du Prince de Naffau. M de Longuéval ayant adroitement découvert qu'il n'y eſtoit pas , entra dans la Tente , le demanda, &dit qu'il luy venoit rendre compte d'une Commiſſion dont ill'avoit chargé. Il ajoûta qu'il avoit eu beaucoup de fatigue , & pria qu'on luy fiſt donner quelques rafraichiſſemens. On luy ap- porta des Eauxglacéesde tou- res fortes ,& pendant le repos qu'il feignoit de prendre, il exa-
GALANT. 205 minatous ceux qui estoientdas
la Tente ,& les ayantjugez in- capables de luy refifter , il s'en faiſit , fit prendre tout ce qu'il rencontra de meilleur , & traverſa le Camp Ennemy avec fon butin , &fes Priſonniers.
Cette vigoureuſe Action y mit Falarme , & il s'en apperçeut lors qu'il en fortoit.
ma derniere Lettre. Les Ennemis n'ont fongé qu'à s'y éta- plir une communication libre entre Bruxelles & Mons , & à
faire des Redoutes. Il ne nous
faudra qu'un moment pour de-
GALANT. 201
truire leurs Ouvrages. Qui prend Valenciennes d'affaut ,
&force Cambray àſe rendre ,
forcera des Redoutes quand il voudra. Aufſi les avons - nous
laiſſe faire. Puis qu'ils fongent à ſe defendre, ils ne ſe croyent plus en état de nous attaquer.
Cependant toutes leurs pré- cautions ne les peuvent mettre à couvert de nos entrepriſes.
On a étably des Contribu- tions ; & comme la Guerre a
ſes Loix pour faire payer ceux quionttrop de lenteur à y fa- tisfaire , Monfieur le mareſchal
deHumieres a puny ce retar- dementpar quelques vifites un peu chagrinantes pour les né- gligens. Outre le Camp volant de Monfieur le Baron de Quin- cy il eſtoit accompagné de Meſſieurs de Joyeufe &d'Al
i i
202 LE MERCVRE
bret , qui commandoient de grands Détachemens. Ils ont eſté ſur le bord du Canal de Bruges, où la Chaſtellenie d'Y- pres les envoya prier d'attendre trois jours. M. le marefchal de Humieres paſſa le Canal , affura les Contributions , s'approcha
de, Gand , & revint joindre
Monfieur le Duc de Luxem- bourg. Le Prince d'Orange quita l'Armée , & en laiſſa le Commandement au Comte de
Valdec , qui craignant la fa- mine ,ou du moins voulant faire meilleure chere que les
autres , envoya auffitoftdeman- der des Paſſeports à Monfieur de Luxembourg pour fes Pour- voyeurs. Il ne me reſte plus à
vousparlerque de deux Actions particulieres trop remarqua- bles pour me difpenfer de leur
GALANT. 203 donner les loñanges qui leur font deües. Elles ſont de deux
Parens du meſine nom. La pre- miere eſt de Monfieurle Comte
de Longueval qui commande les Dragons Dauphins. Il fut détaché pour aller dans l'Iſle de Bierutick , à deux lieuës de
Fleſſingue , & ayant paffé à la faveur d'une marée baffe , &
fous la Mouſqueterie d'une Re- douted'un Fort&d'un longParapet qui estoit garny d'Infan- terie, ilymit le feu enplein mi- dy , & ſe retira avec plus de foixante Priſonniers . Quelque hardiequefoit cetteAction, on pouvoit tout attendre d'un
Homme qui a pris le Fort aux Vaches. Ce qui fuit ne vous
paroiſtra pas moins digne d'e- ftre admire , & vous yverrezde lapreſence d'efprit meſlée avec
(
I vj
204 LE MERCVRE
beaucoup de courage. M² de Longueval Capitaine de Ca- valerie , ayant eſté détaché avec cinquante Maiſtres pour quelque Expédition , prit un Guide qui connoiſſoit fi mal les lieux , que s'eſtant égarez ,
ils ſe trouverent au milieu du
Campdes Ennemis,à trente pas dela Tente du Prince de Naffau. M de Longuéval ayant adroitement découvert qu'il n'y eſtoit pas , entra dans la Tente , le demanda, &dit qu'il luy venoit rendre compte d'une Commiſſion dont ill'avoit chargé. Il ajoûta qu'il avoit eu beaucoup de fatigue , & pria qu'on luy fiſt donner quelques rafraichiſſemens. On luy ap- porta des Eauxglacéesde tou- res fortes ,& pendant le repos qu'il feignoit de prendre, il exa-
GALANT. 205 minatous ceux qui estoientdas
la Tente ,& les ayantjugez in- capables de luy refifter , il s'en faiſit , fit prendre tout ce qu'il rencontra de meilleur , & traverſa le Camp Ennemy avec fon butin , &fes Priſonniers.
Cette vigoureuſe Action y mit Falarme , & il s'en apperçeut lors qu'il en fortoit.
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Résumé : Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Le texte relate les récents événements en Flandre. Les ennemis ont tenté d'établir une communication entre Bruxelles et Mons et de construire des redoutes. Les forces françaises ont choisi de laisser les ennemis se fortifier, sachant qu'elles pourront détruire ces ouvrages facilement. Occupés à se défendre, les ennemis ne peuvent plus attaquer. Les opérations françaises continuent malgré tout. Des contributions ont été établies, et le maréchal de Humieres a puni les retards de paiement par des visites punitives. Accompagné de plusieurs officiers, il a traversé le canal de Bruges, assuré les contributions, approché Gand, et rejoint le duc de Luxembourg. Le prince d'Orange a quitté l'armée, laissant le commandement au comte de Valdec, qui a demandé des passeports pour ses pourvoyeurs. Deux actions remarquables sont mises en avant. Le comte de Longueval, commandant des dragons Dauphins, a capturé plus de soixante prisonniers lors d'une mission dans l'île de Bierutick. Ensuite, en tant que capitaine de cavalerie, il a infiltré le camp ennemi, volé des provisions et capturé des prisonniers après avoir feint de rendre compte d'une commission au prince de Nassau.
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10
p. 131-138
Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
Début :
C'est assurément un fort grand secret en toutes choses [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Princesse Marie, Duc d'York, Gloire, Mariage, Capitaine, Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
C'eſt aſſurément un fort
grand ſecret en toutes chofes,
que de ſçavoir profiter du temps. Il eſt le maiſtre de tout,
& c'eſt luy qui a fait renouvel- ler depuis peu l'Alliance que le Prince d'Orange avoit déja avec la Maiſon Royale d'Angle- terre. La feu Princeſſe d'OrangeſaMere,eftoit SœurdeChar- les II. qui regne à preſent , &
vous eſtes trop ſçavante dans l'Hiſtoire pour ignorer que ce jeune Prince qui vient d'épou- fer la Princeſſe Marie Fille du
Duc d'Yorck , eſt de l'illustre &
ancienne Maiſon de Naſſau,qui
a eu l'avantage de donner un Empereur. Les Princes de ce nom n'ont pas eſté ſeulement Comtes de l'Empire , ils y ont tenu long-temps le premier rang,& cette Branche particu-
GALAN T. 89 liere, a joint àune naiſſance qui en voitpeu au deſſus d'elle , un merite ſi éclatant &une valeur
ſi extraordinaire , que fi Loürs LE GRAND n'avoit fait laGuerre &gouverné ſes Peuples d'u- ne manierequi n'a point encor eud'exemple, les grandsHom- mes dont le Prince d'Orange defcend, pourroient ſervir de modele à tous ceux qui cher- chent la Gloire par la Politique &par les Armes. Quant à ce qui le regarde , on peut dire qu'il a toutes les qualitez qui font àſouhaiter dans une Perſonne de fon rang. Il eſt bra- ve autant qu'un General d'Ar- mée le peut eſtre , & fon mal- heur ne l'a point empeſché de faire paroiſtre ſon couragedans toutes les occaſions qu'il en a
pû rencontrer. Trouvez bon
9. LE MERCVRE que je m'explique. Je n'appelle point malheur le mauvais fuc- cez d'une entrepriſe , qui ſelon les évenemens ordinaires , n'en doit point avoir un heureux.
Auſſi n'est - ce point ce genre demalheur que le Prince d'O- range a éprouvé. Il n'a rien entrepris que ſur des apparen- ces favorables , & ayant autant de valeur qu'il en a, il auroit infailliblement réüſſy en d'au- tres temps , & contre de plus foibles Ennemis. Le péril ne l'étonne point. Il s'expoſe , ſe trouve par tout , & ne fait pas moins l'office de Soldat que de
Capitaine ; mais il eſt malheu- reux d'eſtre né dans le Siecle
de Loürs XIV. & d'avoir en
teſte un Conquérant à qui rien n'eſt capable de reſiſter. C'eſt ce qui redouble la gloire du
GALANT. 91 Roy, &les loüanges qu'on doit aux Miniſtres &aux Generaux
qui agiffent &combattent fous ſes ordres. Nous gagnons des Batailles & prenons des Places enpeu de temps, mais cen'eſt point ſans obſtacle. Onnous oppoſe de grandes forces , on ſe bat , on vient au ſecours ; &
fi la Victoire nous demeure , le Prince d'Orange emporte toû- jours l'honneur d'avoir beau- coup entrepris. Lajeune Prin ceſſe qu'il a épousée eſt gran- de & bien-faite , mais je ne fuis point encor affez inſtruit de ſon merite pour vous en parler. Il eſt difficile qu'elle n'en ait beaucoup, eftant Fille d'un Prince qui peut regarder ſa naiſſance, toute Royale qu'- .
elleeft , pour le moindre de ſes avantages. Il eſt brave , gene1
92 LE MERCVRE reux , fort aimé dans l'Angle- terre , &on ne le peut eſtre de tout ungrandPeuple, qu'on ne s'en ſoit montré digne par les plus éminentes qualit
grand ſecret en toutes chofes,
que de ſçavoir profiter du temps. Il eſt le maiſtre de tout,
& c'eſt luy qui a fait renouvel- ler depuis peu l'Alliance que le Prince d'Orange avoit déja avec la Maiſon Royale d'Angle- terre. La feu Princeſſe d'OrangeſaMere,eftoit SœurdeChar- les II. qui regne à preſent , &
vous eſtes trop ſçavante dans l'Hiſtoire pour ignorer que ce jeune Prince qui vient d'épou- fer la Princeſſe Marie Fille du
Duc d'Yorck , eſt de l'illustre &
ancienne Maiſon de Naſſau,qui
a eu l'avantage de donner un Empereur. Les Princes de ce nom n'ont pas eſté ſeulement Comtes de l'Empire , ils y ont tenu long-temps le premier rang,& cette Branche particu-
GALAN T. 89 liere, a joint àune naiſſance qui en voitpeu au deſſus d'elle , un merite ſi éclatant &une valeur
ſi extraordinaire , que fi Loürs LE GRAND n'avoit fait laGuerre &gouverné ſes Peuples d'u- ne manierequi n'a point encor eud'exemple, les grandsHom- mes dont le Prince d'Orange defcend, pourroient ſervir de modele à tous ceux qui cher- chent la Gloire par la Politique &par les Armes. Quant à ce qui le regarde , on peut dire qu'il a toutes les qualitez qui font àſouhaiter dans une Perſonne de fon rang. Il eſt bra- ve autant qu'un General d'Ar- mée le peut eſtre , & fon mal- heur ne l'a point empeſché de faire paroiſtre ſon couragedans toutes les occaſions qu'il en a
pû rencontrer. Trouvez bon
9. LE MERCVRE que je m'explique. Je n'appelle point malheur le mauvais fuc- cez d'une entrepriſe , qui ſelon les évenemens ordinaires , n'en doit point avoir un heureux.
Auſſi n'est - ce point ce genre demalheur que le Prince d'O- range a éprouvé. Il n'a rien entrepris que ſur des apparen- ces favorables , & ayant autant de valeur qu'il en a, il auroit infailliblement réüſſy en d'au- tres temps , & contre de plus foibles Ennemis. Le péril ne l'étonne point. Il s'expoſe , ſe trouve par tout , & ne fait pas moins l'office de Soldat que de
Capitaine ; mais il eſt malheu- reux d'eſtre né dans le Siecle
de Loürs XIV. & d'avoir en
teſte un Conquérant à qui rien n'eſt capable de reſiſter. C'eſt ce qui redouble la gloire du
GALANT. 91 Roy, &les loüanges qu'on doit aux Miniſtres &aux Generaux
qui agiffent &combattent fous ſes ordres. Nous gagnons des Batailles & prenons des Places enpeu de temps, mais cen'eſt point ſans obſtacle. Onnous oppoſe de grandes forces , on ſe bat , on vient au ſecours ; &
fi la Victoire nous demeure , le Prince d'Orange emporte toû- jours l'honneur d'avoir beau- coup entrepris. Lajeune Prin ceſſe qu'il a épousée eſt gran- de & bien-faite , mais je ne fuis point encor affez inſtruit de ſon merite pour vous en parler. Il eſt difficile qu'elle n'en ait beaucoup, eftant Fille d'un Prince qui peut regarder ſa naiſſance, toute Royale qu'- .
elleeft , pour le moindre de ſes avantages. Il eſt brave , gene1
92 LE MERCVRE reux , fort aimé dans l'Angle- terre , &on ne le peut eſtre de tout ungrandPeuple, qu'on ne s'en ſoit montré digne par les plus éminentes qualit
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Résumé : Mariage du Prince d'Orange avec la Princesse Marie, Fille aisnée du Duc d'Yorck. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière l'importance de savoir profiter du temps, illustrée par la récente rénovation de l'alliance entre le Prince d'Orange et la Maison Royale d'Angleterre. La Princesse d'Orange, mère du Prince actuel, était la sœur de Charles II, roi d'Angleterre. Le Prince d'Orange, issu de la Maison de Nassau, a épousé la Princesse Marie, fille du Duc d'York. La Maison de Nassau possède une histoire prestigieuse, ayant fourni des empereurs et des comtes influents dans l'Empire. Le Prince d'Orange est décrit comme brave et courageux, bien que ses entreprises aient souvent échoué en raison de circonstances défavorables, notamment la domination de Louis XIV. Malgré les obstacles, il se distingue par ses actions militaires et son courage. La Princesse Marie est décrite comme grande et bien faite, fille d'un prince brave et généreux, aimé en Angleterre.
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11
p. 987-988
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
Le 7. de ce mois, à dix heures du matin, le Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Princesse d'Orange, Yacht
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BAS.
E 7. de ce mois , à dix heures du matin , Ic
Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant
la Ville de Rotterdam , à bord du Yacht le
Fubbs , et ils furent saluez par une décharge gémerale
de l'Artillerie de la Ville et de celle de tous
les Vaisseaux qui étoient sur la Riviere , Les Ma-
Gvi gistrat,
988 MERCURE DE FRANCE
3
gistrats allerent complimenter le Prince et la
Princesse , qui passerent le reste du jour et la
nuit suivante dans leur Yacht , et qui n'en descendirent
le lendemain que pour prendre la route
de Delft et se rendre de- là à Amsterdam ; ils y
arriverent le même jour à cinq heures du soir,
et ils en partirent sur le champ pour la Frise.
E 7. de ce mois , à dix heures du matin , Ic
Prince et la Princesse d'Orange arriverent devant
la Ville de Rotterdam , à bord du Yacht le
Fubbs , et ils furent saluez par une décharge gémerale
de l'Artillerie de la Ville et de celle de tous
les Vaisseaux qui étoient sur la Riviere , Les Ma-
Gvi gistrat,
988 MERCURE DE FRANCE
3
gistrats allerent complimenter le Prince et la
Princesse , qui passerent le reste du jour et la
nuit suivante dans leur Yacht , et qui n'en descendirent
le lendemain que pour prendre la route
de Delft et se rendre de- là à Amsterdam ; ils y
arriverent le même jour à cinq heures du soir,
et ils en partirent sur le champ pour la Frise.
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Résumé : HOLLANDE, PAYS-BAS.
Le 7 du mois, le Prince et la Princesse d'Orange sont arrivés à Rotterdam à bord du yacht le Fubbs. Ils ont été accueillis par une salve d'artillerie. Les magistrats les ont complimentés à bord. Ils ont passé la nuit sur le yacht, puis se sont rendus à Delft et Amsterdam avant de partir pour la Frise.
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