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51
p. 207-213
ALLEMAGNE.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le Baron de Vettes [...]
Mots clefs :
Vienne, Feld-maréchal, Bataille, Victoire, Roi de Prusse, Majestés impériales, Récit de la victoire, Régiments, Bravoure, Artillerie, Cavalerie, Comtes, Barons, Prague, Ennemis, Prince Charles de Lorraine, Dresde, Armée, Bielefeld, Officier, Maréchal de camp, Garnison, Capitulation militaire
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 29 Juin.
LE Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le
Baron de Vettes à Leurs Majeftés Impériales , pour
leur annoncer une victoire complette , remportée
le 18 de ce mois fur l'armée d'obfervation des ennemis
. Quelques jours auparavant , le Roi de
Pruffe avoit pris le commandement de cette armée
, qu'il avoit jointe avec douze mille hommes
, & à laquelle le Prince Maurice d'Anhalt-
Deffau en avo t conduit quinze mille autres. Ce
font les Pruffiens , qui ont attaqué les troupes de
l'Impératrice Reine. La bataille a commencé à
deux heures après-midi , & n'a fini qu'à huit
heures du foir. Les ennemis font revenus fept fois
à la charge. Dans leurs fix premieres attaques , ils
ont tourné leurs principaux efforts contre le front
& le flanc de l'aîle droite. Ils ont été repouffés à
chaque attaque avec une perte conſidérable . Sur
les fept heures ils ont fufpendu leur feu. Une
demi -heure après , le Roi de Pruffe a fait une nou
velle tentative , pour enfoncer la même aîle ,
qu'il avoit attaquée déja fix fois fans fuccès. Alors
la Cavalerie Pruffienne , combattant avec beaucoup
de défavantage parce que les troupes de l'Impératrice
Reine étoient poſtées fur des hauteurs ,
208 MERCURE DE FRANCE.
a été entiérement culbutée. Ce dernier échec a
découragé les ennemis. Ils ont pris la fuite , une
partie vers Kollin , une autre partie du côté de
Bomifchbrod.
Lorfque Leurs Majeftés Impériales reçurent la
nouvelle de cette bataille , l'Empereur le rendit
fur le champ à l'appartement de la Maréchale de
Daun , pour la lui annoncer. L'Impératrice Reine
s'y rendit bientôt après. Par cette marque de diftinction
, Leurs Majeftés Impériales ont voulu
témoigner combien Elles étoient fatisfaites de
la conduite du Feld-Maréchal de Daun. La Cour
a fait imprimer une Relation circonftanciée de l'éclatante
victoire , remportée par le Général. Cette
Relation contient plufieurs particularités , qui n'avoient
pas encore été publiées , & dont voici les
plus remarquables.
« Avant l'action , le Feld- Maréchal harangua
» les troupes , & les affura de la victoire , pour-
>> vu qu'elles promiffent de n'avancer , & de ne
» reculer que par fes ordres. Tous les Soldats ju-
>> rerent unanimement de fe conformer à ce qu'il
» leur préſcrivoit. Les Pruffiens , dans leur pre-
» miere attaque , chargerent notre droite avec
» tant de vivacité , qu'ils ébranlerent notre Ca-
» valerie. Elle fe remit cependant , & le combat
» fut rétabli parla fagefle & la valeur du Comte de
» Serbelloni , Général de Cavalerie ; des Comtes
» de Daun & d'Odonel , Lieutenans- Feld- Maré-
» chaux , & des Comtes de Trautmantsdorff &
» d'Afpremont , Majors Généraux. Le Feld- Ma-
» chal , s'étant apperçu que l'aîle droite des en-
» nemis faifoit un mouvement , ordonna à la Ca-
» valerie de notre gauche d'attaquer cette aîle :
» ce qui fut exécuté avec un tel fuccès , que les
Prumens n'oferent plus rien tenter de ce côté.
A O UST. 1757 209
Leur perte eft beaucoup plus confidérable
» qu'on ne l'avoit cru d'abord. Elle monte à près
de vingt mille hommes. On a enterré fur le
» champ de bataille fix mille cinq cens de leurs
» morts. Nous avons fept mille de leurs bleffés.
» Parmi les prifonniers , on compte cent vingt
» Officiers , il eft arrivé à notre armée plus de
trois mille déferteurs , indépendamment de
ceux qui le font répandus de côté & d'autre dans
» la Boheme & dans les Provinces voifines . Il y a
» eu huit mille hommes tués ou bleffés du côté
des troupes de l'Impératrice Reine. Le Baron
» de Luzow , Lieutenant-Feld - Maréchal , eft du
nombre des premiers. Dans la lifte des prin-
» cipaux Officiers bleffés on doit ajouter au
» Comte de Serbelloni , & au Prince Charles de
» Lobckowitz , le Baron de Wolwarth , Lieute-
» nant-Feld- Maréchal & le Major Général ,
Wolff. Le Régiment de Botta s'eft infiniment
diftingué. Après avoir tiré toutes les cartou-
» ches , il a tenu ferme la bayonnette au bout du
» fufil. La bravoure du Prince de Kinsky , Co-
» lonel de ce Régiment , n'a pas peu contribué
» à foutenir l'ardeur de fes Officiers & de fes Soldats.
Les Régimens de Cavalerie de Savoye ,
de Ligne , de Birckenfeld & de Wirtemberg ,
» ont fait des prodiges. Les Grenadiers ont le
plus fouffert. Ils ont été expofés continuelle-
» ment au feu de l'ennemi , & ont combattu fans
» relâche. L'artillerie , que commandoit le Co-
» lonnel Feverftin , a rendu des fervices confidé-
» rables. Elle a tiré avec tant de jufteffe & de pré-
>> cifion , qu'on ne peut lui refufer le glorieux témoignage
d'avoir eu beaucoup de part à la vic-
>>> toire. >>>
>
La premiere lettre du Feld- Maréchal donnoit de
210 MERCURE DE FRANCE.
grands éloges au Comte de Serbelloni , aux Princes
Charles de Lobckowitz & Nicolas d'Efterha
fy, aux Comtes de Wiedt & de Sincere , & au
Baron de Stambach. Ce Général , dans une ſeconde
lettre qu'il a écrite à l'Impératrice Reine
ne loue pas moins le Comte de Kollowrath & le
Baron de Wolwarth , Lieutenans Feld -Maréchaux
; les Comtes de Staremberg, de Schallenberg
& de Ferroni , Majors Généraux ; le Comte d'Odonel
, Colonel- Commandant du Régiment de
Dragons de Modene ; & le fieur d'Ahoricour ,
Major du Régiment de Ligne. Il ajoute que le
Duc de Wirtemberg s'eft comporté en héros ;
que les Chevaux Légers du Roi de Pologne Electeur
de Saxe , ont montré une intrépidité à toute
épreuve ; & que les Carabiniers de la même nation
, commandés par le Général Gefwitz , ne fe
font pas fait moins d'honneur.
Le lendemain de la bataille , les déferteurs rapporterent
qu'une partie de l'armée Pruffienne s'étoit
fauvée en défordre à Nimbourg , & que le
Prince de Bevern s'étoit retiré avec le refte à Bomifchbrod.
Le même matin , le Feld-Maréchal
de Daun fit rentrer l'armée dans le camp de Kriechenau
, parce que la multitude de cadavres ,
dont la terre étoit jonchée , ne permettoit pas de
demeurer fur le champ de bataille. Le Comte de
Nadafty a fuivi pied à pied les ennemis dans leur
fuite. Il a fait en trois jours plus de trois mille
prifonniers.
DE PRAGUE , le 26 Juin.
Immédiatement après la bataille du 18 de ce
mois , le Roi de Pruffe eſcorté feulement de
quinze Huffards , revint à fon camp devant cette
AOUST. 1757. 211
.
>
Ville , & il donna fes ordres pour la levée du fiege.
Le corps de fes troupes , qui occupoit le bord
oriental de la Moldau , décampa le 19 & la nuit
fuivante. Le 20 il ne reftoit plus dans le camp
ennemi qu'environ vingt mille hommes , commandés
par le Maréchal Keith . Ce Général avoit
gardé la même pofition , qu'il avoit tenue pendant
le fiege fur la montagne appellée Weiffenberg. Il
étoit couvert par un retranchement que défendoit
un double foffé garni de chauffe - trappes. De
diftance en diftance , les Pruffiens avoient élevé
des redoutes dont chacune pouvoit contenir
trois à quatre cens hommes . Dès le matin
, la femme d'un Vivandier du Régiment de
Bretlack , ayant trouvé le moyen d'entrer dans la
Ville , y annonça la victoire remportée par le
Feld - Maréchal Comte de Daun. Quoiqu'on n'ajoutât
point une entiere foi à cette nouvelle fur
une fi foible autorité , cependant les mouvemens,
qu'on avoit vu faire la veille aux affiégeans , déterminerent
le Prince Charles de Lorraine à tenter
quelque coup important. Sur les quatre heures
après-midi, ce Prince à la tête de vingt-deux mille
hommes d'Infanterie , & de trois mille de Cavalerie
, fit une fortie par les portes de Reichfthor & de
Carlfthor. Dans le temps qu'il s'avançoit vers les
ennemis , le Capitaine Vanger arriva , & lui confirma
l'avis qu'on avoit reçu le matin. Les troupes
marchoient déja avec beaucoup de réfolution
& de bonne volonté : le rapport du fieur Vanger
y ajouta de la joie & de la confiance. Le Prince
Charles de Lorraine attaqua les lignes du Maréchal
Keith , & les força après un combat de deux
heures , dans lequel notre artillerie nous fervit
très-utilement. L'ennemi fe retira fucceffivement
de fes retranchemens dans fes redoutes , & de- là
212 MERCURE DE FRANCE .
dans le Parc de Thier- Garten , d'où enfin il ga
gna la plaine. On le fuivit pendant l'efpace d'une
lieue ; mais on ne put l'atteindre , tant fa retraite
fut précipitée. Il a laiffé fur le champ de bataille
plus de huit cens morts , & l'on a fait onze cens
prifonniers , indépendamment de deux cens qui
ont été faits pendant l'attaque , & de dix- huit
cens bleffés qu'on a trouvés dans le Parc de Thier-
Garten & dans l'hôpital de Ste- Marguerite. Nous
nous fommes emparé de onze pieces de canon
dont trois font de douze livres de balle . Entre les
munitions & les attirails de guerre que le Maréchal
Keith a été contraint d'abandonner , il y a
une grande quantité de bombes & de boulets , &
quarante-quatre pontons de cuivre.
Toutes les troupes du Roi de Pruffe ont repaffé
l'Elbe , & cette Ville eft actuellement tout à- fait
libre . Elle a été affiégée pendant quarante- deux
jours , & bombardée pendant dix-neuf. Les boulets
rouges
des ennemis y ont mis le feu plus de
cinquante fois. Plufieurs de nos Eglifes & de nos
principaux édifices font détruits , ou confidérablement
endommagés.
Maximilien Uliffe , Comte de Browne-de Camus
, Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or ,
Feld-Maréchal des Armées de l'Impératrice Reine,
& Gouverneur général du Royaume de Boheme ,
eft mort aujourd'hui de la bleffure qu'il avoit
reçue à la bataille du 6 du mois dernier . Il étoit
Irlandois de nation , avoit paffé par tous les grades
militaires , & s'étoit élevé par fon mérite aux
premiers honneurs. On le comptoit au nombre
des grands Capitaines de ce fiecle.
DE DRESDE , le 27 Juin.
Quatre mille bleffés de l'armée Pruffienne ont
A O UST. 1757. 215
été conduits en cette Ville , L'embarras où l'on a
été d'abord de les loger , a été cauſe
que pendant
quelque temps un grand nombre eft demeuré expofé
dans les rues aux injures de l'air . Mais la
Reine ne confultant que fes fentimens d'humanité
& de générofité , a daigné concourir elle- même
au foulagement de ces infortunés . Elle en a fait
placer onze cens dans le Palais & dans les bâtimens
qui en dépendent , & Elle leur procure tous les
fecours dont ils peuvent avoir befoin.
DE BIELEFELDT , le 5 Juillet.
Un Officier , dépêché par M. le Marquis d'Auvet
, Maréchal de Camp , qui avoit été détaché
avec mille hommes pour pénétrer en Ooft- Friſe
vient d'apporter la nouvelle que ce Détachement
eft entré dans Embden . Le Marquis d'Auvet faifoit
fes difpofitions pour emporter cette Place par efcalade
, & il avoit envoyé reconnoîrre différens
points par le Comte de Lillebonne , par le Marquis
de la Chafte & par le Comte de Scey , qui ont
effuyé à cette occafion quelques volées de canon
& plufieurs décharges de moufqueterie. Le 3 à
fept heures du matin , il eut avis par des déferteurs
de la garnifon , qu'il régnoit du défordre
dans la Place. Il profita de la circonstance , pour
faire fommer le Commandant de ſe rendre . L'Officier
, qui fut chargé de cette commiffion , trouva
la Bourgeoifie qui rappelloit. Après une ca
pitulation provifoire , en vertu de laquelle on prit
poffeffion des portes , le Marquis d'Auvet entrá
dans la Ville avec fon détachement. La garnifon
a été faite prifonniere de guerre , & il a été remis
des otages pour la fûreté de la Capitulation ,
DE VIENNE , le 29 Juin.
LE Feld-Maréchal Comte de Daun a dépêché le
Baron de Vettes à Leurs Majeftés Impériales , pour
leur annoncer une victoire complette , remportée
le 18 de ce mois fur l'armée d'obfervation des ennemis
. Quelques jours auparavant , le Roi de
Pruffe avoit pris le commandement de cette armée
, qu'il avoit jointe avec douze mille hommes
, & à laquelle le Prince Maurice d'Anhalt-
Deffau en avo t conduit quinze mille autres. Ce
font les Pruffiens , qui ont attaqué les troupes de
l'Impératrice Reine. La bataille a commencé à
deux heures après-midi , & n'a fini qu'à huit
heures du foir. Les ennemis font revenus fept fois
à la charge. Dans leurs fix premieres attaques , ils
ont tourné leurs principaux efforts contre le front
& le flanc de l'aîle droite. Ils ont été repouffés à
chaque attaque avec une perte conſidérable . Sur
les fept heures ils ont fufpendu leur feu. Une
demi -heure après , le Roi de Pruffe a fait une nou
velle tentative , pour enfoncer la même aîle ,
qu'il avoit attaquée déja fix fois fans fuccès. Alors
la Cavalerie Pruffienne , combattant avec beaucoup
de défavantage parce que les troupes de l'Impératrice
Reine étoient poſtées fur des hauteurs ,
208 MERCURE DE FRANCE.
a été entiérement culbutée. Ce dernier échec a
découragé les ennemis. Ils ont pris la fuite , une
partie vers Kollin , une autre partie du côté de
Bomifchbrod.
Lorfque Leurs Majeftés Impériales reçurent la
nouvelle de cette bataille , l'Empereur le rendit
fur le champ à l'appartement de la Maréchale de
Daun , pour la lui annoncer. L'Impératrice Reine
s'y rendit bientôt après. Par cette marque de diftinction
, Leurs Majeftés Impériales ont voulu
témoigner combien Elles étoient fatisfaites de
la conduite du Feld-Maréchal de Daun. La Cour
a fait imprimer une Relation circonftanciée de l'éclatante
victoire , remportée par le Général. Cette
Relation contient plufieurs particularités , qui n'avoient
pas encore été publiées , & dont voici les
plus remarquables.
« Avant l'action , le Feld- Maréchal harangua
» les troupes , & les affura de la victoire , pour-
>> vu qu'elles promiffent de n'avancer , & de ne
» reculer que par fes ordres. Tous les Soldats ju-
>> rerent unanimement de fe conformer à ce qu'il
» leur préſcrivoit. Les Pruffiens , dans leur pre-
» miere attaque , chargerent notre droite avec
» tant de vivacité , qu'ils ébranlerent notre Ca-
» valerie. Elle fe remit cependant , & le combat
» fut rétabli parla fagefle & la valeur du Comte de
» Serbelloni , Général de Cavalerie ; des Comtes
» de Daun & d'Odonel , Lieutenans- Feld- Maré-
» chaux , & des Comtes de Trautmantsdorff &
» d'Afpremont , Majors Généraux. Le Feld- Ma-
» chal , s'étant apperçu que l'aîle droite des en-
» nemis faifoit un mouvement , ordonna à la Ca-
» valerie de notre gauche d'attaquer cette aîle :
» ce qui fut exécuté avec un tel fuccès , que les
Prumens n'oferent plus rien tenter de ce côté.
A O UST. 1757 209
Leur perte eft beaucoup plus confidérable
» qu'on ne l'avoit cru d'abord. Elle monte à près
de vingt mille hommes. On a enterré fur le
» champ de bataille fix mille cinq cens de leurs
» morts. Nous avons fept mille de leurs bleffés.
» Parmi les prifonniers , on compte cent vingt
» Officiers , il eft arrivé à notre armée plus de
trois mille déferteurs , indépendamment de
ceux qui le font répandus de côté & d'autre dans
» la Boheme & dans les Provinces voifines . Il y a
» eu huit mille hommes tués ou bleffés du côté
des troupes de l'Impératrice Reine. Le Baron
» de Luzow , Lieutenant-Feld - Maréchal , eft du
nombre des premiers. Dans la lifte des prin-
» cipaux Officiers bleffés on doit ajouter au
» Comte de Serbelloni , & au Prince Charles de
» Lobckowitz , le Baron de Wolwarth , Lieute-
» nant-Feld- Maréchal & le Major Général ,
Wolff. Le Régiment de Botta s'eft infiniment
diftingué. Après avoir tiré toutes les cartou-
» ches , il a tenu ferme la bayonnette au bout du
» fufil. La bravoure du Prince de Kinsky , Co-
» lonel de ce Régiment , n'a pas peu contribué
» à foutenir l'ardeur de fes Officiers & de fes Soldats.
Les Régimens de Cavalerie de Savoye ,
de Ligne , de Birckenfeld & de Wirtemberg ,
» ont fait des prodiges. Les Grenadiers ont le
plus fouffert. Ils ont été expofés continuelle-
» ment au feu de l'ennemi , & ont combattu fans
» relâche. L'artillerie , que commandoit le Co-
» lonnel Feverftin , a rendu des fervices confidé-
» rables. Elle a tiré avec tant de jufteffe & de pré-
>> cifion , qu'on ne peut lui refufer le glorieux témoignage
d'avoir eu beaucoup de part à la vic-
>>> toire. >>>
>
La premiere lettre du Feld- Maréchal donnoit de
210 MERCURE DE FRANCE.
grands éloges au Comte de Serbelloni , aux Princes
Charles de Lobckowitz & Nicolas d'Efterha
fy, aux Comtes de Wiedt & de Sincere , & au
Baron de Stambach. Ce Général , dans une ſeconde
lettre qu'il a écrite à l'Impératrice Reine
ne loue pas moins le Comte de Kollowrath & le
Baron de Wolwarth , Lieutenans Feld -Maréchaux
; les Comtes de Staremberg, de Schallenberg
& de Ferroni , Majors Généraux ; le Comte d'Odonel
, Colonel- Commandant du Régiment de
Dragons de Modene ; & le fieur d'Ahoricour ,
Major du Régiment de Ligne. Il ajoute que le
Duc de Wirtemberg s'eft comporté en héros ;
que les Chevaux Légers du Roi de Pologne Electeur
de Saxe , ont montré une intrépidité à toute
épreuve ; & que les Carabiniers de la même nation
, commandés par le Général Gefwitz , ne fe
font pas fait moins d'honneur.
Le lendemain de la bataille , les déferteurs rapporterent
qu'une partie de l'armée Pruffienne s'étoit
fauvée en défordre à Nimbourg , & que le
Prince de Bevern s'étoit retiré avec le refte à Bomifchbrod.
Le même matin , le Feld-Maréchal
de Daun fit rentrer l'armée dans le camp de Kriechenau
, parce que la multitude de cadavres ,
dont la terre étoit jonchée , ne permettoit pas de
demeurer fur le champ de bataille. Le Comte de
Nadafty a fuivi pied à pied les ennemis dans leur
fuite. Il a fait en trois jours plus de trois mille
prifonniers.
DE PRAGUE , le 26 Juin.
Immédiatement après la bataille du 18 de ce
mois , le Roi de Pruffe eſcorté feulement de
quinze Huffards , revint à fon camp devant cette
AOUST. 1757. 211
.
>
Ville , & il donna fes ordres pour la levée du fiege.
Le corps de fes troupes , qui occupoit le bord
oriental de la Moldau , décampa le 19 & la nuit
fuivante. Le 20 il ne reftoit plus dans le camp
ennemi qu'environ vingt mille hommes , commandés
par le Maréchal Keith . Ce Général avoit
gardé la même pofition , qu'il avoit tenue pendant
le fiege fur la montagne appellée Weiffenberg. Il
étoit couvert par un retranchement que défendoit
un double foffé garni de chauffe - trappes. De
diftance en diftance , les Pruffiens avoient élevé
des redoutes dont chacune pouvoit contenir
trois à quatre cens hommes . Dès le matin
, la femme d'un Vivandier du Régiment de
Bretlack , ayant trouvé le moyen d'entrer dans la
Ville , y annonça la victoire remportée par le
Feld - Maréchal Comte de Daun. Quoiqu'on n'ajoutât
point une entiere foi à cette nouvelle fur
une fi foible autorité , cependant les mouvemens,
qu'on avoit vu faire la veille aux affiégeans , déterminerent
le Prince Charles de Lorraine à tenter
quelque coup important. Sur les quatre heures
après-midi, ce Prince à la tête de vingt-deux mille
hommes d'Infanterie , & de trois mille de Cavalerie
, fit une fortie par les portes de Reichfthor & de
Carlfthor. Dans le temps qu'il s'avançoit vers les
ennemis , le Capitaine Vanger arriva , & lui confirma
l'avis qu'on avoit reçu le matin. Les troupes
marchoient déja avec beaucoup de réfolution
& de bonne volonté : le rapport du fieur Vanger
y ajouta de la joie & de la confiance. Le Prince
Charles de Lorraine attaqua les lignes du Maréchal
Keith , & les força après un combat de deux
heures , dans lequel notre artillerie nous fervit
très-utilement. L'ennemi fe retira fucceffivement
de fes retranchemens dans fes redoutes , & de- là
212 MERCURE DE FRANCE .
dans le Parc de Thier- Garten , d'où enfin il ga
gna la plaine. On le fuivit pendant l'efpace d'une
lieue ; mais on ne put l'atteindre , tant fa retraite
fut précipitée. Il a laiffé fur le champ de bataille
plus de huit cens morts , & l'on a fait onze cens
prifonniers , indépendamment de deux cens qui
ont été faits pendant l'attaque , & de dix- huit
cens bleffés qu'on a trouvés dans le Parc de Thier-
Garten & dans l'hôpital de Ste- Marguerite. Nous
nous fommes emparé de onze pieces de canon
dont trois font de douze livres de balle . Entre les
munitions & les attirails de guerre que le Maréchal
Keith a été contraint d'abandonner , il y a
une grande quantité de bombes & de boulets , &
quarante-quatre pontons de cuivre.
Toutes les troupes du Roi de Pruffe ont repaffé
l'Elbe , & cette Ville eft actuellement tout à- fait
libre . Elle a été affiégée pendant quarante- deux
jours , & bombardée pendant dix-neuf. Les boulets
rouges
des ennemis y ont mis le feu plus de
cinquante fois. Plufieurs de nos Eglifes & de nos
principaux édifices font détruits , ou confidérablement
endommagés.
Maximilien Uliffe , Comte de Browne-de Camus
, Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or ,
Feld-Maréchal des Armées de l'Impératrice Reine,
& Gouverneur général du Royaume de Boheme ,
eft mort aujourd'hui de la bleffure qu'il avoit
reçue à la bataille du 6 du mois dernier . Il étoit
Irlandois de nation , avoit paffé par tous les grades
militaires , & s'étoit élevé par fon mérite aux
premiers honneurs. On le comptoit au nombre
des grands Capitaines de ce fiecle.
DE DRESDE , le 27 Juin.
Quatre mille bleffés de l'armée Pruffienne ont
A O UST. 1757. 215
été conduits en cette Ville , L'embarras où l'on a
été d'abord de les loger , a été cauſe
que pendant
quelque temps un grand nombre eft demeuré expofé
dans les rues aux injures de l'air . Mais la
Reine ne confultant que fes fentimens d'humanité
& de générofité , a daigné concourir elle- même
au foulagement de ces infortunés . Elle en a fait
placer onze cens dans le Palais & dans les bâtimens
qui en dépendent , & Elle leur procure tous les
fecours dont ils peuvent avoir befoin.
DE BIELEFELDT , le 5 Juillet.
Un Officier , dépêché par M. le Marquis d'Auvet
, Maréchal de Camp , qui avoit été détaché
avec mille hommes pour pénétrer en Ooft- Friſe
vient d'apporter la nouvelle que ce Détachement
eft entré dans Embden . Le Marquis d'Auvet faifoit
fes difpofitions pour emporter cette Place par efcalade
, & il avoit envoyé reconnoîrre différens
points par le Comte de Lillebonne , par le Marquis
de la Chafte & par le Comte de Scey , qui ont
effuyé à cette occafion quelques volées de canon
& plufieurs décharges de moufqueterie. Le 3 à
fept heures du matin , il eut avis par des déferteurs
de la garnifon , qu'il régnoit du défordre
dans la Place. Il profita de la circonstance , pour
faire fommer le Commandant de ſe rendre . L'Officier
, qui fut chargé de cette commiffion , trouva
la Bourgeoifie qui rappelloit. Après une ca
pitulation provifoire , en vertu de laquelle on prit
poffeffion des portes , le Marquis d'Auvet entrá
dans la Ville avec fon détachement. La garnifon
a été faite prifonniere de guerre , & il a été remis
des otages pour la fûreté de la Capitulation ,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 18 juin, le Feld-Maréchal Comte de Daun a remporté une victoire décisive contre l'armée d'observation ennemie, dirigée par le Roi de Prusse. Cette armée était renforcée par 12 000 hommes prussiens et 15 000 hommes conduits par le Prince Maurice d'Anhalt-Dessau. La bataille, qui a duré de 14 heures à 20 heures, a vu les ennemis lancer sept attaques, principalement contre l'aile droite des troupes de l'Impératrice Reine, toutes repoussées. À 19 heures, une nouvelle tentative prussienne a échoué, et la cavalerie prussienne a été culbutée. Les ennemis ont pris la fuite vers Kollin et Bomischbrod. La victoire a été célébrée par l'Empereur et l'Impératrice Reine, qui ont exprimé leur satisfaction à la Maréchale de Daun. Les pertes ennemies étaient considérables, avec environ 20 000 hommes tués ou blessés, contre 8 000 pertes du côté des troupes de l'Impératrice Reine. Plusieurs officiers et régiments ont été distingués pour leur bravoure. Après la bataille, les Prussiens se sont retirés de Prague, libérant la ville après un siège de 42 jours. Le Comte de Browne-de Camus, Feld-Maréchal, est décédé des suites de ses blessures. À Dresde, la Reine a pris des mesures pour soigner les blessés prussiens. Par ailleurs, un détachement français a pris la ville d'Embden en Ost-Frise. Cette information est succincte et se concentre uniquement sur l'aspect des otages en lien avec la sécurité de la capitulation. Aucun autre détail n'est fourni dans le texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 177-201
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 Octobre, sur les cinq heures de l'après-midi, Madame la Dauphine commença à sentir [...]
Mots clefs :
Naissance du Prince, Comte d'Artois, Famille royale, Cérémonie, Madame la Dauphine, Accession à des charges, Serment, Troupes, Actes de piété et démonstrations de joies, Députés, Canada, Anglais, Nouvelle France, Campagne militaire, Ennemis, Marquis de Vaudreuil, Forts, Expéditions, Batailles, Lieutenant, Colonel, Marquis de Montcalm, Capitaine, Soldats, Chevalier, Milices, Défense, Les sauvages, Camps, Protections, Artillerie, Siège, Victoire, M. Passemant, Miroir, Corsaires, Navires, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
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4
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NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
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f
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་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
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NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
I
E 9 Octobre , fur les cinq heures de l'aprèsmidi
, Madame la Dauphine commença à fentir
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
des douleurs. Vers les fept heures du foir , cette
Princeffe accoucha d'un Prince , que le Roi a nom.
mé Comte d'Artois. M. l'Abbé de Bouillé , Comtede
Lyon , & premier Aumônier de Sa Majeſté ,
fit , à fept heures un quart , la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe da
Château . Monfieur Rouillé , Miniftre d'Etat , Sur
Intendant général des Poftes , & grand Tréforier
de l'Ordre du S. Elprit , ayant apporté le Cordon
de cet Ordre , eut l'honneur de le paffer au col
du Prince . Monfeigneur le Comte d'Artois fut enfuite
remis à la Comteffe de Marfan , Gouvernante.
des Enfans de France ; & elle le porta à l'appartement
qui lui étoit deſtiné . Ce Prince y fut conduit
par le Maréchal Duc de Luxembourg , Capitaine
des Gardes du Corps.
Le Roi & la Reine , accompagnés de la Famille
Royale , ainfi que des Princes & Princeffes du
Sang , des grands Officiers de la Couronne , des.
Miniftres , des Seigneurs & Dames de la Cour
& précédés des deux Huiffiers de la Chambre quis
portoient leurs maffes , fe rendirent le lendemain
à la Chapelle. Leurs Majeftés y entendirent la
Meffe , pendant laquelle M. Colin de Blamont ,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & Sur- Intendant
de la Mufique de la Chambre , fit exécuter le
Te Deum en mufique , de fa compofition . Cette
Hymne fut entonnée par M. l'Abbé Gergois, Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique.
Après la Meffe , le Roi & la Reine , Monfeigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante Duchellede
Parme , Madame ,. & Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , reçurent dans leurs appartemens
les révérences des Dames de la Cour , à l'occafion
NOVEMBRE. 1757 179
des couches de Madame la Dauphine , & de la
naiffance du Prince.
On tira le foir un bouquet d'artifice devant les
fenêtres du Roi.
Sa Majefté a fait partir Monfieur Pernot- du
Buat , un de fes Gentilshommes ordinaires
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
de Monfeigneur le Comte d'Artois au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine & le jeune Prince fe por--
tent auffi bien qu'on puiffe le défirer.
9"
Sur le premier avis que Madame la Dauphine:
avoit reffenti quelques douleurs , le Corps - de-Ville
s'étoit affemblé. A huit heures & demie du foir
le fieur d'Amfreville , Chefde Brigade des Gardes.
du Corps , vint lui apprendre , de la part du Roi,.
la naiffance d'un Prince. Auffi -tôt les Prevôt des
Marchands & Echevins firent annoncer à toute la
Ville , par une falve générale de l'artillerie , & par
la cloche de l'Hôtel- de-Ville , qui a fonné jufqu'au
lendemain minuit , la nouvelle faveur qu'il
a plu à Dieu d'accorder au Roi & à la Nation. On
tira le même foir dans la place de l'Hôtel - de-Ville :
un grand nombre de fufées volantes,
Le ro , les officiers des cérémonies étant ab--
fens , le fieur Ourfin de Soligny , Maître d'hôtel
du Roi , remit au Corps - de- Ville une lettre de Sa
Majefté. Il fut fait deux falves générales de l'artil
lerie , l'une dès le matin , l'autre vers les fix heu--
res du foir , après laquelle les Prevôt des Marchands
& Echevins allumerent,avec les cérémonies
accoutumées , le bucher qui avoit été dreffé dans
la place devant l'Hôtel- de- Villé . Ce feu fut accom.-
pagné d'une grande quantité d'artifice : On fit couler
dans la place plufieurs fontaines de vin , & l'on
diftribua du pain &. des. viandes au peuple . Des.
H.vj.
180 MERCURE DE FRANCE.
orcheftres remplis de muficiens , mêlerent le foa
de leurs inftrumens aux acclamations dictées paa
Palégretle publique. La façade de l'Hôtel- de-
Ville fut illuminée par plufieurs filets de terrines ,
ainfi que l'hotel du Prevôt des Marchands , & les
mailons des Echevins & Officiers du Bureau de la
Ville.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de la Tour-
Dupin de Paulin le régiment de Guyenne , vacant
par la mort de M. le Conte de Montmorenci-
Laval , tué à la bataille de Haftembecke .
a
Le Roi ayant admis dans fon Confeil des Dépêches
les fieurs Gilber de Voyfins & Berryer , Confeillers
d'Etat , le 16 octobre ils eurent l'honneur
de faire leurs remerciemens à Sa Majeſté.
Sa Majesté a donné le gouvernement général de
l'Orléanois , vacant par la mort de M. le Duc d'Antin
, au Comte de Rochecouart , fon Miniftre
Plénipotentiaire à la Cour de Parme.
Le 19 , M. le Duc de Duras prêta ferment entre
les mains du Roi pour la charge de premier Gentilhomme
de la Chambre , vacante par la mort du
Duc de Gefvres.
Le même jour, M. le Marquis de Gontaut prêta
ferment entre les mains de Sa Majeſté , pour la
Lieutenance générale du Languedoc , vacante par
la mort de M. le Maréchal Duc de Mirepoix.
Le Roi a difpofé en faveur du Prince de Beauveau
, de la charge de Capitaine des Gardes du
Corps , qu'avoit auffi le feu Maréchal Duc de Mirepoix
Sa Majesté a accordé au Vicomte de Noë,
Chambellan du Duc d'Orléans , & Capitaine de
vaiffeau , un brevet de Colonel à la ſuite du régiment
d'Orléans cavalerie.
M. de Lamoignon de Bafville a obteau da
A
a.
I
fo
P
ve
G
M
G:
NOVEMBRE . 1757. 181
Roi l'agrément de la charge de Préſident du Par
lement , dont le fieur Molé , premier Préfident ,
étoit revêtu.
Le Roi a nommé M. le Comte des Salles, Capitaine
de Cavalerie dans le régiment d'Harcourt ,
à la place deColoneldans lesGrenadiers de France,
vacante par la nomination de M. le Marquis de la
Tour - Dupin de Paulin au régiment de Guyenne.
Les troupes de la Maiſon du Roi , qui avoient
été détachées pour la défenſe de nos côtes , ne
font point arrivées à leur deftination , par la
prompte retraite des Anglois , & ont eu ordre de
revenir. Les Gardes Françoifes & les Gardes Suiffes
qui étoient reftées à Tours , à Saumur & à
Blois , doivent fe rendre ici fucceffivement dans
Fla fin d'octobre , & au commencement de novembre.
Les détachemens des Gardes du Corps ,
Gendarmes de la Garde , Chevaux- Légers , &
Moufquetaires de la premiere Compagnie , font
tous partis le 19 octobre , d'Orléans , d'Eftampes ,
d'Arpajon & de Chartres , où ils étoient reftés. La
feconde Compagnie des Moufquetaires , & les
Grenadiers à cheval , qui avoient reçu des contreordres
à temps , n'ont point quitté leurs quartiers.
Madame la Dauphine étant accouchée d'un
Prince le 9 d'octobre , M. le Marquis de Paulmy ,
Miniftre & Sécretaire d'Etat , expédia fur le champ.
un courier aux Députés des Etats de la Province
d'Artois
, pour leur faire fçavoir que le Roi avoit
nommé le nouveau Prince , Comte de cette Pro-,
vince. Auffitôt que cette nouvelle fut portée à
Arras , Capitale de l'Artois , toutes les cloches de
la Ville fonnerent , les habitans fermerent d'euxmêmes
leurs boutiques , & coururent en foule à
P'Eglife , pour y rendre à Dieu des actions.de.gra
182 MERCURE DE FRANCE.
ees de l'heureuſe délivrance de Madame la Dau
phine , & lui demander la conſervation d'un
Prince qui leur eft d'autant plus cher , que la
Province , depuis cinq hecles , a été privée de
Phonneur de voir fon nom porté par un Prince
de la Maiſon Royale. Ces actes de piété furent
fuivis des démonftrations de la joie la plus vive.
La nouvelle fut bientôt répandue jufqu'aux extrê
mités de l'Artois ; & tous les peuples , à l'envi de
la Capitale , s'emprefferent de faire éclater lear
reconnoiffance & leur alegreffe . Les Etats de la
province s'affemblerent extraordinairement , &
éfolurent de nommer une députation folemnelle,
formée de trois perfonnes de chaque ordre , pour
aller , conjointement avec les députés ordinaires
qui réfident cette année à la fuite de la Cour , remercier
le Roi de lafaveur fignalée que Sa Majesté
vient d'accorder à l'Artois , & pour la féliciter ,
ainfi que la Famille royale , fur cet heureux évé
nement. Cette députation s'étant rendue à Verfailles
le Dimanche 16 d'octobre , elle fut admife
à l'audience du Roi , de la Reine , de Monseigneur
le Dauphin , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeigneur le Duc de Berry , de Mon
feigneur le Comte de Provence , de Monfeigneur
le Comte d'Artois , de Madame Infante Ducheffe
de Parme , de Madame , & de Meſdames Victoire ,
Sophie & Louife. Les Députés furent préfentés
par M. le Marquis de Paulmy , Miniftre & Secresaire
d'Etat , ayant le département de la Province,
& conduits par M. Defgranges , Maître des Céré
monies. La députation étoit compofée de MM. les
Evêques d'Arras , de Saint - Omer , l'Abbé de
Saint-Waak & l'Abbé de Cry , Chanoine de is
Cathédrale d'Arras , pour le Clergé ; de MM. le
Marquis de Creny , le Comte d'Houchin , k
Bar
記
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Co
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Pa
4
#1
NOVEMBRE . 1757. 183:
Baron de Wifmes , & le Baron d'Haynin , pour la
Nobleffe ; de MM. de Canchy , Echevin de la ville
de Saint - Omer ; Cornuel & Goffes , Echevins de
la ville d'Arras , & de Gouves , Procureur du Roi
de la même ville , pour le Tiers - Etat. Elle étoit
accompagnée de M. le Premier Préfident & du .
Confeil Provincial d'Artois . M. l'Evêque de Saint-
Omer porta la parole , & exprima d'une maniere:
touchante les fentimens de joie , d'amour , de
refpect & de reconnoiffance, communs à tous les
habitans de l'Artois. Cette Province fut réunie à
la Couronne en 1199 , par Philippe Augufte. Il
Périgea en Comté , & la donna à fon fils aîné , depuis
Louis VIII . Ce Comté paffa enfuite à Robert,.
fecond fils de Louis , qui porta le nom de Comte:
d'Artois , & fut tué à la bataille de la Maffoure,
Philippe le Bel en 1297 érigea l'Artois en Comté
Pairie.
La Princeffe de Condé eft accouchée heureufe--
ment les d'Octobre d'une Princeffe.
Les mauvais fuccès que les Anglois ont éprouvés
dans les entreprifes qu'ils ont tentées , foit dans le
fein de la paix , foit depuis la déclaration de la
guerre , pour envahir le Canada , ne les ont point
rebutés . Perfonne n'ignore les préparatifs im
menfes qu'ils avoient faits pour l'attaquer cette
année tout à la fois par mer & du côté des
terres. Les forces navales , que le Roi a deſtinées
pour la défenſe de cette colonie , ont fait échouer
leur projet du côté de la mer; & les difpofitions:
qui ont été faites dans le pays , les ont mis éga
lement hors d'état de faire aucune tentative fur les
frontieres.
Dès la fin de la campagne de l'année derniere ,,
M. le Marquis de Vaudreuil, Gouverneur & Lieute
pant-Général de la Nouvelle France , s'occupa de
184 MERCURE DE FRANCE.
tous les arrangemens qu'il pouvoit y avoir à pren
dre pour le mettre en état de les repouffer de toutes
parts.
Il prit des mefures pour avoir des partis de Canadiens
& de Sauvages continuellement en cam.
pagne durant l'hyver. Les incurfions que ces détachemens
ont faites fur les ennemis leur ont ré
beaucoup de monde , & donné l'alarme à leurs
colonies, où ils ont fait beaucoup de ravages.
M. le Marquis de Vaudreuil s'eft appliqué authà
ménager les bonnes difpofitions des Nations Sauvages
, qui en général font foulevées contre l'iajuftice
des prétentions & la violence des procédés
des Anglois. Celles qui font anciennement alliées
de la France n'ont point ceffé de donner de nouvelles
preuves de leur fidélité , & ont été continuellement
en parti contre les ennemis. D'autres
Nations nombreuſes font entrées dans cette alliance
, & ont pris part à la guerre. Les Iroquois
eux-mêmes , ces Nations que les Anglois repréſen
tent à l'Europe comme leurs fujettes , animés des
mêmes motifs que les autres Sauvages , ont pris le
même parti , malgré les efforts de toute espece
que les Gouverneurs Anglois ont faits pour obtenir
d'eux qu'ils s'en tinffent à la neutralité qu'ils
avoient obfervée dans les guerres précédentes
d'entre la France & l'Angleterre.
C'eſt relativement aux avantages que M. le Marquis
de Vaudreuil s'eft vu en état de tirer des difpofitions
de toutes ces Nations , qu'il a réglé fes
opérations.
Il avoit jugé que les ennemis tourneroient leurs
principaux efforts du côté du Lac Saint- Sacrearent
& du Lac Champlain ; & il a donné une
attention particuliere à munir les Forts qui défendent
cette frontiere. Les ennemis ayant été infor
NOVEMBRE. 1757 . 185
més qu'on devoit faire pafler du Fort Saint-Fre
déric au Fort de Carillon quelques provifions fous
l'escorte d'un petit détachement , en envoyere t
un de quatre-vingts hommes d'élite , qui enleva les
premieres traînes de ce convoi & fept Soldats ;
mais le Commandant du Fort Saint- Frédéric fit
marcher un nouveau détachement qui coupa celui
des ennemis dans fon chemin , le défit entiérerement
, à l'exception de trois hommes qui fe
fauverent , & reprit les traînes dont les ennemis
s'étoient emparés , & trois Soldats qui reftoient
de ceux qui avoient été enlevés . Cette action fe
pafla au mois de Janvier. MM . de Bafferode & de
la Grandville , Capitaines aux Régimens de Languedoc
& de la Reine , y eurent la principale
part.
M. le Marquis de Vaudreuil apprit dans le même
temps que les ennemis avoient raflemblé au
Fort Georges fitué fur le Lac Saint -Sacrement ,
des approvifionnemens confidérables de toures
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous
le canon de ce Fort un très -grand nombre de barques
, de bateaux & d'autres bâtimens , non-feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
, mais encore pour s'affurer la navigation de
ce Lac. Il jugea que tous ces préparatifs étoient
deftinés pour des entreprifes que les ennemis fe
propofoient d'exécuter au printems. Pour leur en
ôter les moyens , il fit , matcher au mois de Mars
un détachement de quinze cens hommes de troupes
réglées , Canadiens & Sauvages , fous les ordres
de M. Rigaud- de Vaudreuil , Gouverneur
des Trois - Rivieres , qui réuffit fi bien dans fon
expédition , qu'il parvint à brûler tous les bâtimens
de mer , tous les magafins qui étoient rem➡
plis de toutes fortes de munitions & d'uftenfiles
186 MERCURE DE FRANCE.
pour une armée de quinze mille hommes , & généralement
tout ce que les ennemis avoient raſ◄
femblé fous le Fort , lequel refta ifolé.
M. le Marquis de Vaudreuil ne fe contenta
pas des obftacles qu'il oppofoit par- là à l'exécution
des projets des ennemis du côté du Lac Saint-Sacrement
, il fortifia de nouveau les garnifons des
poftes qui font fur cette frontiere ; & au moyen
du renfort de troupes & des autres fecours que le
Roi a fait paffer en Canada , ce Gouverneur s'eft
trouvé en état d'agir offenfivement contre les ennemis.
Du côté de la Belle Riviere , il a fait détruire
plufieurs petits Forts qu'ils y avoient établis .
Pour profiter efficacement des avantages de
Pexpédition de M. Rigaud , & de ceux de la fituation
où le trouvoit la colonie du côté de la mer ,
il a formé le projet de s'emparer du Fort Georges.
L'établiffement de ce Fort , qui n'avoit été fait
que depuis peu de temps, étoit une de ces invaſions
que les Anglois font dans l'ufage de faire en tems
de paix fur les poffeflions de leurs voisins ; & il
leur donnoit les plus grandes facilités pour atta
quer le Canada par fon centre.
M. le Marquis de Vaudreuil a chargé de cette
importante expédition M. le Marquis de Montcalm
, Maréchal de Camp. Le corps de troupes
qu'il y a deftiné , étoit compofé de fix bataillons
de troupes de terre , d'un détachement des
troupes réglées de la colonie , de plufieurs détachemens
de milices , & de plufieurs partis de
Sauvages. Toutes ces troupes ont été raſſemblées
le 20 Juillet à Carrillon , où M. de Bourlamaque
, Colonel d'Infanterie , avoit déja fait les dif
pofitions préliminaires pour la marche de l'armée.
M. le Marquis de Montcalm s'y étoit rende
Σ
&
C
C
f
C
་
NOVEMBRE. 1757. 187
quelque temps auparavant. En attendant que l'armée
pût le mettre en marche , il avoit détaché
M. de Rigaud- de Vaudreuil , pour s'emparer de
la tête du portage du Lac Saint- Sacrement , avec
un corps de troupes de la colonie , de Canadiens
& de Sauvages.
M. Kigaud- de Vaudreuil s'étant établi dans ce
pofte , il envoya trois détachemens à la découverte.
Le premier , qui n'étoit que de dix hommes ,
fut attaqué fur le Lac Saint- Saciement par plufieurs
canots , dans lefquels il y avoit cent vinge
à cent trente Anglois . Quoique M. de Saint-
Ours , Lieutenant des troupes de la Colonie ,
qui le commandoit , fût bleffé à la premiere décharge
, il fe défendit avec tant de fermeté , qu'il
obligea les ennemis à fe retirer.
Le fecond , qui étoit affez confidérable , fut
commandé par M. Marin , autre Lieutenant , quis
fe fit précéder par huit Sauvages qui faifoient fon
avant-garde , lefquels fe trouverent vis - àvis quarante
Anglois. Dès le premier abord , ils firent :
leur décharge fur les ennemis , tuerent leur Com
mandant , & mirent le refte en fuite. M. Marin ,,
ayant rejoint fon avant-garde , réduifit fon détachement
à cent cinquante hommes d'élite . Il fe
porta près du Fort Edouard , éloigné de quelques.
lieues du Fort Georges , fans être découvert. Il défit
d'abord une patrouille de dix hommes , enfuite
une garde ordinaire de cinquante hommes ,
& plufieurs travailleurs. Il fe préfenta à la vue da
camp des ennemis , qui fortirent au nombre de
trois mille hommes faifant feu fur lui . Il le foutine
pendant deux heures. Ce ne fut même qu'avec
peine qu'il obligea les Sauvages qui étoient avec
ui , à fe retirer, Il tua dans certe action plus de
"
H
188 MERCURE DE FRANCE. Re
*
cent cinquante hommes , à quarante defquels les
Sauvages leverent la chevelure. Il n'en perdit pas
un feul & il n'y eut de bleffés que deux Sauvages.
Le troifieme détachement , commandé par M.
Corbiere , autre Officier de la Colonie , fe tint
embufqué pendant une journée. Au commencement
de la nuit , il apperçut fur le Lac vingt Berges
& deux Efquifs , dans lefquels il y avoit plus
de trois cens cinquante Anglois , commandés par
le Colonel Parker , cinq Capitaines , & fix autres
Officiers. Les Sauvages qui étoient avec lui firent
leur cri & leur décharge en même temps. Les
ennemis firent une foible réſiſtance. Deux feules
Berges fe fauverent , les autres furent prifes ou
coulées à fond. M. Corbier revint avec ceat
foixante-un prifonniers . Il y eut plus de cent cinquante
Anglois tués ou noyés ; & dans le détachement
François , il n'y eut qu'un Sauvage blee
affez légèrement .
M. le Marquis de Montcalm s'occupoit cependant
des difpofitions de fa marche . Il diftribua les
miliciens en plufieurs bataillons , dont il donnale
commandement à des Officiers des troupes de la
Colonie ; & des compagnies détachées de ces treapes
, il compofa un bataillon pour rouler avec
ceux des troupes de terre . H donna auffi à M. de
Villiers , Capitaine de celles de la Colonie , &
connu par plufieurs expéditions qu'il a exécutées
dans cette guerre , un corps de trois cens volontaires
Canadiens ; de maniere que l'armée le
trouva compofée de trois brigades de troupes ré-
'glées , qui étoient la brigade de la Reine , formée
des bataillons de la Reine & Languedoc , &
de celui des troupes de la Colonie ; la Brigade de
Sarre , des bataillons de la Sarre & de Guyen
d
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Ca
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སྒོ་
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9-
E
NOVEMBRE . 1757. 189
celle de Royal- Rouffillon , des bataillons de
Royal- Rouffillon & Bearn ; de fix brigades de
milices , des trois cens volontaires de Villiers , &
d'un détachement d'artillerie & de génie , compofé
de fept Officiers , & d'environ cent vingt
canonniers , bombardiers ou ouvriers . Tous ces
corps ne faifoient cependant enſemble que cinq
mille cinq cens combattans , non compris les
Sauvages qui étoient au nombre d'environ dixhuit
cens , parce que M. le Marquis de Montcalm
fut obligé de prendre dans les troupes quelques
détachemens , tant pour la garnifon du Fort de
Carillon , que pour quelques autres poftes .
Il étoit queftion de tranfporter par terre & à
bras d'hommes , depuis Carillon jufqu'au Lac
Saint-Sacrement , non feulement l'artillerie & les
munitions de guerre & de bouche de toute espece,
mais encore plus de quatre cens bateaux & canots ;
& cette opération fut fuivie avec tant de foin ,
qu'elle fut achevée la nuit du 31 Juillet au premier
Août.
Dès le 30 Juillet M. le Marquis de Montcalm
avoit fait partir M. le Chevalier de Levis , Brigadier
, à la tête d'un corps de deux mille cinq cens
hommes compofé de fix compagnies de Grenadiers
, huit piquets des volontaires de Villiers ,
d'environ mille Canadiens , & cinq cens Sauvages
, pour marcher au travers des bois , affurer
la navigation de l'armée , reconnoître & couvrir
fes débarquemens. Malgré les difficultés & les
fatigues de cette marche , cet Officier prit pofte
dès le lendemain au foir à la Baie de Ganaouské ,
qui n'eft qu'à quatre lieues du Fort Georges.
Le premier Août l'armée s'embarqua , & arriva
le 2 à trois heures du matin dans cette même
Baic. M. le Chevalier de Levis en repartit avec
190 MERCURE DE FRANCE.
fon détachement à dix heures , fe porta à une anfe
éloignée du Fort Anglois d'environ une lieue , &
fut reconnoître le Fort , la pofition des ennemis ,
& le débarquement propre à l'artillerie L'armée
arriva fur les onze heures du foir à cette même
anfe , & tout le monde reſta au bivouac .
Des prifonniers , qui furent faits pendant la
nuit des Canadiens & des Sauvages , rappor
par
terent que le nombre des ennemis pouvoit monter
à trois mille hommes , dont cinq cens étoient actuellement
dans le Fort , & le refte dans un camp
retranché qui étoit placé fur une hauteur à deux
cens toiles du Fort & à portée d'en rafraîchir continuellement
la garnifon. Ils ajouterent qu'au fignal
d'un coup de canon , toutes les troupes devoient
prendre les armes.
Sur ce rapport , qui s'accordoit avec les connoiffances
que M. le Chevalier de Levis avoit pri
fes fur la polition des ennemis , M. le Marquis de
Montcalm donna fur le champ l'ordre de marche
de l'armée , dont la difpofition fut faite pour recevoir
les ennemis , en cas qu'ils vinfſent à fa rencontre
, & pour , dans le cas où ils ne viendroient
pas , inveftir la place , & même attaquer le camp
retranché , s'il étoit jugé fufceptible d'une attaque
de vive force .
Le 3 à la pointe du jour , l'armée ſe mit en
marche.
M. le Chevalier de Levis faifoit l'avant-garde
avec fon corps , une partie des milices & tous les
Sauvages. Les bataillons & le refte des milices
marchoient enfuite en colonne , M. Rigaud-de
Vaudreuil à la droite , M. de Bourlamaque à la
gauche , & M. le Marquis de Montcalm dans le
centre. M. de Privat , Lieutenant- Colonel , avoit
été placé avec cinq cens hommes de troupes &
NOVEMBRE. 1757. 198
ane brigade de milices à la garde des bateaux &
de l'artillerie.
A midi , l'inveſtiſſement fut entierement formé
M. le Marquis de Montcalm , qui s'étoit porté à
l'avant -garde , ayant reconnu qu'il ne pouvoit at
taquer les retranchemens des ennemis , fans trop
compromettte fes forces , envoya ordre à M. de
Bourlamaque d'affeoir le camp de l'armée , la
gauche au Lac , la droite à des ravines preſque
inacceffibles , & d'y conduire fur le champ les
brigades de la Sarre & de Royal- Rouffillon . Pour
lui , avec la brigade de la Reine & une brigade de
milices , il paffa la nuit au bivouac , à portée de
foutenir le camp que M. le Chevalier de Levis occupoit
avec l'avant-garde fur le chemin du Forg
Gorges au Fort Edouard.
Comme ce pofte de l'avant -garde étoit trop
éloigné du ſiege , des bateaux & des vivres , elle
fe rapprocha le 4 au matin. M. le Marquis de
Montcalm ramena les deux brigades qu'il avoit
avec lui , prendre leur place dans le camp. L'ar
mée deſtinée à faire le fiege fe trouva alors poſtée ,
& compofée de fept bataillons de troupes , & de
deux brigades de milices. M. le Chevalier de Le
vis & M. Rigaud- de Vaudreuil , avec le refte des
milices , les volontaires de Villiers , & tous les
Sauvages , furent chargés de couvrir la droite du
camp , d'obferver les mouvemens des ennemis du
côté du chemin du Fort Edouard , & de leur don
ner à croire , par des mouvemens continuels , que
cette communication étoit encore occupée.
Dans l'après- midi du même jour 4 , on mar
qua le dépot de la tranchée. On fit le chemin de
ce dépôt au camp , les fafcines , gabions & fauciffons
néceffaires pour le travail de cette premiere
nuit ; & l'on mit en état une anfe , à laquelle le
192 MERCURE DE FRANCE.
dépôt aboutifloit , pour y pouvoir débarquer dans
la nuit l'artillerie à mesure qu'on en auroit befoin.
La nuit du 4 aus , on ouvrit la tranchée à 350
toiles du Fort d'attaque , embraffant le front du
Nord-Oueſt : cette tranchée étoit une espece de
premiere parallele. On commença auffi deux batteries
avec leur communication à la parallele.
Dans la journée dus , les travailleurs de jour
perfectionnerent les ouvrages de la nuit. Mais on
fut obligé de retirer un peu plus en arriere la gauche
du camp de l'armée , laquelle fe trouvoit trop
expofée au feu de la Place.
Le même jour , les Sauvages intercepterent
une lettre du Général Webb , écrite du Fort
Edquard en date du 4 à minuit . Il mandoit au
Commandant du Fort Georges , qu'auffitôt après
J'arrivée des milices des provinces auxquelles il
avoit envoyéordre devenir le joindre fur le champ,
il s'avanceroir pour combattre l'armée Françoife ;
que cependant , fi ces milices arrivoient trop tard
le Commandant fît enforte d'obtenir les meilleures
conditions qu'il pourroit. Cette lettre détermina
M. le Marquis de Montcalm à accélérer encore
la construction des batteries ; & le nombre
des travailleurs fut augmenté.
La nuit dus au6 , on acheva la batterie de la
gauche qui fut en état de tirer à la pointe du jour ;
elle étoit de huit pieces de canon & d'un mortier,
& elle battoit le front d'attaque & la rade des barques.
On acheva auſſi la communication de la batterie
de la droite avec la parallele , & l'on avança
confidérablement cette batterie.
La nuit du 6 au7 , on conduifit un boyau de
Iso toifes en avant fur la capitale du Baftion de
P'Ouest , & l'on acheva la batterie de la droite.
Elle étoit de huit pieces de canon , d'un mortier
&
te
fe
NOVEMBRE . 1757. 193
& de deux obufiers : elle battoit en écharpant le
front d'attaque , & à ricochet le camp retranché.
Elle fut démafquée à fept heures du matin ; &
après une double falve des deux batteries , M. le
Marquis de Montcalm jugea à propos de faire porter
au Commandant de la Place la lettre du Général
Webb , par M. de Bougainville un de fes Aides
de camp.
La nuit du 7 au 8 , les travailleurs cheminant
fur la Place , en continuant le boyau commencé
la veille , lequel fut conduit à 100 toifes du foffé,
ouvrirent auffi à l'extrêmité de ce boyau , un cro
chet pour y établir une troifieme batterie , & y
loger de la moufqueterie . Vers minuit , les enne
mis firent fortir trois cens hommes du camp retranché
. M. de Villiers tomba fur eux avec un
petit nombre de Canadiens & de Sauvages , leur
tua foixante hommes , fit deux prifonniers , &
força le refte à rentrer dans le camp.
Le travail de la nuit avoit conduit à un marais
P'environ so toifes de paffage , qu'un côteau qui
e bordoit mettoit à couvert des batteries de la
Place , à l'exception de 10 toifes de longueur ,
bendant lefquelles on étoit expoſé au feu de ces
batteries. Quoiqu'en plein jour , M. le Marquis
le Montcalm fit faire ce paffage comme celui
l'un foffé de place rempli d'eau , les fappeurs s'y
orterent avec tant de vivacité , que , malgré le
eu du canon & de la moufqueterie des ennemis ,
I fut achevé dans la matinée même , & qu'avant
a nuit une chauffée capable de fupporter l'artilleie
fe trouva pratiquée dans le marais. La moufueterie
des Canadiens & des Sauvages , qui tisient
aux embrafures du Fort , diminua beauoup
durant cette journée le feu des ennemis .
A quatre heures du foir , les Sauvages- Décou
I
194 MERCURE DE FRANCE.
vreurs rapporterent qu'un gros corps d'armée
marchoit au fecours de la place par le chemin du
Fort Edouard . M. le Chevalier de Levis s'y por
fur le champ avec la plus grande partie des Canadiens
& tous les Sauvages. M. le Marquis de
Montcalm ne tarda pas à le joindre avec la brigade
de la Reine & une brigade de milices . Il s'avançoit
en bataille prêt à recevoir l'ennemi ; les
bataillons en colone fur le grand chemin , les
Canadiens & les Sauvages fur les aîles dans les
bois , lorfqu'il apprit que la nouvelle étoit faufle.
Il fit rentrer les troupes dans leur camp . Ce mor
vement ne caufa aucun dérangement aux travar
du fiege ; & la promptitude avec laquelle il f
exécuté , fit un très -bon effet dans l'efprit des
Sauvages.
La nuit du 8 au 9 , on déboucha du marais pur
un boyau fervant de communication à la feconde
parallele qui fut ouverte fur la crête du côteau, &
fort avancée dans la nuit. C'eft de cette parallele
qu'on devoit partir pour établir les batteries de
breche , & en la prolongeant , envelopper le Fort
& couper la communication avec le retranche
ment , laquelle jufqu'alors avoit été libre. L
affiégés n'en donnerent pas le temps à huit he
res du matin ils arborerent pavillon blanc .
201
tro
le
fet
M. le Marquis de Montcalm dit au Colonel Co
Yong , envoyé par le Commandant pour trait
de la capitulation , qu'il ne pouvoit en fignera
cune fans en avoir auparavant communiqué les
ticles aux Sauvages. Deux motifs l'engageoiesti
ce ménagement pour eux : il croyoit le devoir
confiance & à la foumiffion avec lesquelles ils s
toient prêtés depuis le commencement de l'exp
dition à l'exécution des ordres qu'il leur avoit do
nés , & de toutes les propofitions qu'il leur apo
la
M
NOVEMBRE. 1757. 195
faites ; & il vouloit les mettre par -là dans l'obli
gation de ne rien faire de contraire à la capitulation
qui feroit arrêtée. Il convoqua donc fur le
champ un Confeil Général de tous les Sauvages.
Il expofa aux Chefs les conditions auxquelles les
Anglois offroient de fe rendre , & celles qu'il
étoit réfolu de leur accorder. Les Chefs s'en rapporterent
à tout ce qu'il feroit , & lui promirent
de s'y conformer , & d'empêcher que leurs jeunes
gens n'y contrevinffent directement ni indirectement.
M. le Marquis de Montcalm envoya immédia
tement après ce confeil , M. de Bougainville ,
pour rédiger la capitulation avec le Colonel Monro
, Commandant de la Place & du camp retran,
ché. Les principaux articles furent :
Que les troupes , tant de la garniſon que du
retranchement , fortiroient avec leurs bagages &
les honneurs de la guerre , & qu'elles fe retiroient
au Fort Edouard .
Que pour les garantir contre les Sauvages ,
elles feroient eſcortées par un détachement de
troupes Françoifes , & par les principaux Officiers
& interprêtes attachés aux Sauvages .
Qu'elles ne pourroient fervir de 18 mois , ni
contre le Roi , ni contre fes Alliés ;
Et que , dans l'efpace de trois mois , tous les
prifonniers François , Canadiens & Sauvages , faits
par terre dans l'Amérique feptentrionale , depuis
le commencement de la guerre par les Anglois ,
feroient conduits aux forts François de la frontiere.
Cette capitulation fut fignée à midi , & auffitôt
la garnifon fortit du fort pour joindre les troupes
du retranchement ; & M. de Bourlamaque prit
poffeffion du fort avec les troupes de la tranchée.
M. le Marquis de Montcalm envoya en même
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
temps au camp retranché , une garde que le Colo:
nel Monro lui avoit demandée , & il ordonna aux
Officiers & Interprêtes attachés aux Sauvages , dy
demeurer jufqu'au départ des Anglois , qui fe
trouvoient au nombre de 2264 hommes effectifs.
Malgré toutes ces précautions , & malgré les affu
rances que les Chefs Sauvages avoient données ,
lorfqu'il fut queftion de la capitulation , les Sauvages
firent du défordre dans le camp des Anglois.
M. le Marquis de Montcalm y accourut avec un
détachement de fes troupes. Les Sauvages avoient
déja fait un affez grand nombre de prifonniers ,&
en avoient même amené quelques-uns. Il fit rea
dre ceux qui reftoient , & M. le Marquis de Vaudreuil
a fait renvoyer les autres .
M. le Marquis de Montcalm a fait rafer le fort,
& détruire tout ce qui en dépendoit , conformé
ment aux inftructions qui lui avoient été données
par M. le Marquis de Vaudreuil. Il s'eft trouvé ,
tant dans le fort que dans le camp retranché , 23
pieces de canon , dont plufieurs de 32 livres , quatre
mortiers , un obufier , dix- fept pierriers , en
viron trente- fix milliers de poudre , beaucoup de
boulets , bombes , grenades , balles , avec tou
tes fortes de munitions & uftenfúles d'artillerie . On
y a trouvé auffi une provifion affez confidérable de
vivres , malgré le pillage que les Sauvages en ont
fait.
Les François n'ont eu que treize hommes de
tués & quarante de bleffés dans ce fiege. M. le
Febvre , Lieutenant des Grenadiers du régiment
Royal Rouflillon , eft du nombre des derniers par
un éclat de bombe : fa bleffure eft à la main. liby
point eu d'autres officiers tués ni bleſſés. Les enne .
mis y ont perdu cent huit hommes , & en ont eu
deux cens cinquante de blefiés,
Επ
le
C
tre
Aqde
B
NOVEMBRE. 1757. 197
"
Durant tout le fiége , l'armée a été prefque toute
entiere jour & nuit de fervice , foit à la tranchée ,
foit au camp , foit dans les bois , pour faire les
fafcines , gabions & fauciffons néceflaires . On a
fait avec la pioche , la hache & la fcie fix cens toifes
de tranchée aflez large pour y charroyer de
front deux pieces de canon les abattis , dont
tout le terrein étoit embarraffé, empêchant de les
faire paffer fur les revers. C'eſt à la fageffe des
difpofitions que M. le Marquis de Montcalm a
faites , & à l'activité avec laquelle il en a fuivi
l'exécution , que le fuccès de cette expédition eft
principalement dû. Il a été parfaitement fecondé
dans toutes les opérations par M. le Chevalier de
Levis , par M. Rigaud- de Vaudreuil , & par M,
de Bourlamaque. Les détails particuliers de l'artillerie
& du génie ont été très -bien remplis par M.
le Chevalier le Mercier , qui commandoit l'artillerie
, & par MM . Defaidouin & Lotbiniere ,
Ingénieur . Les Officiers & Soldats des troupes de
terre & de la colonie , ainfi que les milices & les
Officiers qui les commandoient , ont donné les
plus grandes marques de valeur & de bonne volonté
; & jamais les Sauvages n'avoient fait paroître
tant de fermeté & de conftance : ils avoient demandé
à monter à l'affaut avec les grenadiers , &
ils en attendoient le moment avec impatience.
Ce nouveau fuccès , qui a répandu une joie
générale dans la colonie de Canada , a animé
de plus en plus le zele avec lequel les habitans
s'efforcent de répondre aux mefures dont le Roi a
la bonté de s'occuper pour la défenfe de cette colonie
, & de feconder les foins que M. le Marquis
de Vaudreuil ne ceffe point de fe donner pour tout
ce qui peut y avoir rapport.
·
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
vent
trol
de
L
des
Le Roi ayant été informé que les paroiffesel
de Piriac & de Mefquer au Diocefe de Nantes
avoient été prefque entiérement ravagées le
27 juin dernier , par un orage mêlé de grêle
d'une groffeur extraordinaire , a fait toucher
aux Recteurs de ces deux paroiffes , la fomme de
fix mille livres pour être par eux employées en
achat de grains , & diftribuées fous l'inſpection
de M. le Comte de la Bourdonnaye- du Bois- Hullin
, Procureur- Général , Syndic des Etats de Bre- pe
tagne , tant pour enfemencer les terres , que pour
la nourriture des habitans dont les recoltes ont
été défolées par ce fléau . Cette nouvelle caracterife
notre Monarque plus glorieux encore par
fon humanité que par les victoires.
Co
I
M. Paffemant Ingénieur du Roi au Louvre ,
étoit déja connu pour Auteur de la fameufe
pendule couronnée d'une fphere mouvante , pla
cée en 1753 dans le cabinet du Roi à Verfailles
; fphere dont les révolutions font fi juftes , ue
qu'au jugement de l'Académie où l'on voit l'ertrait
page 183 de l'année 1749 de fes mémoires
, il n'y a pas en trois mil ans un feul degré
de différence avee les tables aftronomiques.
11 vient encore de finir pour le Roi deur
piéces uniques qu'on peut regarder comme chefd'oeuvres
, c'eft premiérement un grand miroir
de 45 pouces
de diametre qu'il a eu l'honneur
de préfenter au Roi le 13 août dernier , avec M.
de Bernieres , dans le pavillon conftruit par ordre
de Sa Majesté à la meute , pour le télescope ,
les ouvrages & les obfervations du pere Noël.
La glace de ce miroir a été courbée , par les
foins de M. de Buffon , dans un fourneau qu'i
avoit fait conftruire au Jardin Royal. M , Palle
mant l'a fait travailler au Louvre fous les yeur ,
M
174
Le
les
NOVEMBRE . 1757 . 199
& elle a été étamée d'une façon nouvelle , inventée
par M. de Bernieres , un des quatre Controlleurs
des ponts & chauflées.
Le Roi parut très - content des grands effets
de ce miroir. Si on y préfente des tableaux
même de fix pieds de grandeur , repréfentans
des vues de Paris , de Venife , des ports de
mer , des bâtimens , on croit voir de véritables
objets de grandeur naturelle : ainfi avec un fimple
deflein , on voit un bâtiment dans toute
la grandeur où il fera , & on juge de fon apparence
future. Un Peintre qui travaille à une
petite miniature , quelque petite qu'elle foit ,
peut la voir de grandeur naturelle , & peut par
conféquent fentir & corriger les moindres dé
fauts.
A
La chimie n'en tirera pas de moindres avantages.
On peut juger des grands effets de ce miroir
fur les métaux par la promptitude avec laquelle
il agit , l'argent a été fondu en trois fecondes.
M. Paffemant eut encore l'honneur de préfenter
au Roi un télescope aftéroftatique de fon invention
, dont il avoit lu un projet à l'Académie en
1746 , & qui avoit mérité fon approbation. Ce
télescope eft garni d'un midiometre : il fuit le
mouvement du ciel . Si on le met fur la lune , il
femble qu'elle foit fans mouvement ; fi on veut
voir enfuite une autre planete , il y a un ajuftement
qui le regle dans le moment pour cet aftre.
Il eft conduit par une mécanique toute nouvelle ,
fans aucun tremblement , ni agitation . Comme
les aftres paroiffent fixes , on peut obferver avec
une grande facilité : on peut placer les fils du midiometre
fur fes objets avec toute l'exactitude
poffible. Il eft propre à prendre la parallaxe de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Mars en fecondes de degrés au lieu de fecondes
de temps ainfi au lieu de deux fecondes , on
aura trente fecondes de degrés ; on obfervera facilement
la route des cometes : il fera d'une
grande utilité pour les paffages de Mercure fut
le difque du foleil, en l'année 1761 ; obſervation
qui n'a été faite qu'une feule fois , & par un
feul Obfervateur en l'année 1639.
Le Pere Noël repéta devant Sa Majefté les erpériences
d'une machine pneumatique nouvelle ,
& de plufieurs autres inftrumens qu'il avoit eu
P'honneur de lui préfenter au mois de mars dernier.
Le Roi parut fatisfait de tous ces ouvrages ,
qu'il examina pendant une heure .
Mefdames de France vinrent enfuite , & paffe
rent près de trois heures pendant lefquelles les
mêmes chofes furent répétées en leur préfence *
à leur fatisfaction .
Le corfaire le Romieu , de Saint - Malo , com
mandé par le Capitaine Morel , a conduit en ce
port le navire Anglois la Pensilvanie de 250 ton
neaux , qui alloit de Philadelphie à Londres, avec
une cargaifon de bois de Campêche , de pellete
zies , de café & d'autres marchandiſes.
Un navire Anglois de 300 tonneaux , chargé de
tabac , a été pris par le corfaire Entreprenant ,
qui l'a fait conduire å Morlaix.
Le Capitaine la Lande , commandant un corfaire
de Bordeaux , appellé le Prevêt de Paris , s'eft
rendu maître du corfaire le Hazard de Grenezey,
ayant 6 canons , 8 pierriers & 37 hommes d'équi
page , & il a repris le navire l'Aimable Jolie de
Bordeaux , & un autre bâtiment du même port ,
dont les Anglois s'étoient emparés.
Les navires Anglois le Prince d'Orange , chargé
de bois de Campeche , & le Saint - Eustache , de
NOVEMBRE . 1757. 201
Saint-Eustache , dont la cargaifon confifte en fucre
& en café , ont été pris par les corfaires la
Marquise de Salba & le d'Etigny de Bayonne , ou
ils font arrivés .
Les corfaires la Favorite & la Providence , de
Saint-Jean -de-Luz , fe font rendus maîtres , Pun
du navire Anglois la Sufanne , de Malblebard ,
chargé de 2200 quintaux de morue , l'autre d'un
Senaw , qui a pour cargaifon 334 barriques de
fardines.
Le Capitaine Papin , commandant le corfaire
la Marquise de Beringhen , de Boulogne , s'eft
emparé à la côte d'Angleterre du navire Anglois
l'Endeavour , de 100 tonneaux , deftiné pour la
Barbade , où il portoit un chargement compofé
de cire blanche , de farine , de boeuf falé & de
fromage.
Le même corfaire a pris un bateau de 25 à 39
tonneaux , chargé de caffonnade , de poudre à
canon , de chanvre & de fuif.
Le corfaire Anglois l'Epervier , armé de 10 canons
, 12 pierriers , & so hommes d'équipage , a
été pris par le Capitaine Berlamont , commandant
le corfaire l'Afie , de Dunkerque , & il a été conduit
au Havre.
On mande de Nantes , qu'il y eft arrivé un
fenaw Anglois appellé le Caton , de Vhul , armé
de 6 canons & de 4 pierriers , & chargé pour la
Jamaïque de munitions de guerre & de bouche ,
d'armes & de marchandifes feches . Ce bâtiment
a été pris par le Capitaine Poitevin , commandant
le navire la France.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 9 octobre, la Dauphine donna naissance à un prince, nommé Comte d'Artois par le roi. L'abbé de Bouillé, comte de Lyon et premier aumônier du roi, procéda à l'ondoyement du prince en présence du curé de la paroisse du Château. Monsieur Rouillé, ministre d'État, apporta le cordon de l'Ordre du Saint-Esprit que le prince reçut. Le comte d'Artois fut ensuite confié à la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France, et conduit à ses appartements par le maréchal duc de Luxembourg. Le lendemain, le roi, la reine et la famille royale assistèrent à une messe à la chapelle, durant laquelle le Te Deum fut chanté. Des festivités, incluant des feux d'artifice et des distributions de vin et de nourriture, furent organisées à Paris et dans la province d'Artois pour célébrer la naissance du prince. Le roi nomma également plusieurs personnes à des postes vacants et envoya des courriers pour annoncer la nouvelle à divers dignitaires. Les troupes de la Maison du Roi furent rappelées de la défense des côtes en raison du retrait des Anglais. La province d'Artois exprima sa joie et sa reconnaissance par des cérémonies religieuses et des démonstrations publiques. La princesse de Condé accoucha également d'une princesse le 10 octobre. En Amérique du Nord, le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, prit des mesures pour défendre le Canada contre les attaques anglaises, en s'appuyant sur les alliances avec les nations amérindiennes et en renforçant les fortifications. En mars, Vaudreuil envoya un détachement dirigé par Rigaud de Vaudreuil pour détruire les bâtiments ennemis autour du Lac Saint-Sacrement et du Fort Georges. Il renforça également les garnisons frontalières et détruisit des forts ennemis sur la Belle Rivière. Vaudreuil planifia ensuite la prise du Fort Georges, récemment construit par les Britanniques. Montcalm fut chargé de diriger un corps de troupes composé de bataillons réguliers, de milices et de Sauvages. Avant l'attaque principale, Rigaud de Vaudreuil mena plusieurs raids réussis contre les Britanniques, détruisant des bateaux et capturant des prisonniers. Le 3 août, l'armée française, dirigée par Montcalm, investit le Fort Georges. Malgré les préparatifs britanniques, les Français commencèrent le siège en ouvrant une tranchée et en construisant des batteries. Une lettre interceptée du Général Webb accéléra les travaux de siège. Les batteries furent prêtes à tirer dès le 7 août, marquant le début des hostilités. Entre le 7 et le 9 novembre 1757, les forces françaises, dirigées par le Marquis de Montcalm, assiégèrent une place forte. La nuit du 7 au 8 novembre, les travailleurs français creusèrent un boyau et établirent une batterie. Vers minuit, les ennemis tentèrent une sortie, mais furent repoussés par M. de Villiers, qui tua soixante hommes et fit deux prisonniers. Le travail nocturne permit de créer un passage à travers un marais, malgré le feu ennemi. Les Sauvages et les Canadiens réduisirent le feu ennemi durant la journée. Le 8 novembre, les Sauvages signalèrent l'approche d'une armée ennemie, mais l'alerte se révéla fausse. La nuit suivante, les Français ouvrirent une seconde parallèle et avancèrent leurs positions. Le matin du 9 novembre, les assiégés hissèrent un pavillon blanc, indiquant leur volonté de capituler. Montcalm consulta les chefs des Sauvages avant de signer la capitulation, qui permit aux troupes ennemies de se retirer avec les honneurs de la guerre et d'être escortées par des troupes françaises pour les protéger des Sauvages. Malgré les précautions, des Sauvages firent des prisonniers parmi les ennemis avant d'être arrêtés par Montcalm. Le siège se solda par la prise de 23 pièces de canon, des munitions et des vivres. Les Français perdirent 13 hommes et en blessèrent 40, tandis que les ennemis perdirent 108 hommes et en blessèrent 250. Le texte souligne la discipline et la bravoure des troupes françaises, des milices et des Sauvages, ainsi que l'efficacité des stratégies de Montcalm et de ses officiers. En novembre 1757, plusieurs actions navales notables furent rapportées. Le corsaire Hazard de Grenezey captura deux navires bordelais repris aux Anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 181-189
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Début :
L'armée du Roi, combinée avec celle de l'Empire, ayant reçu [...]
Mots clefs :
Bataille, France, Empire, Prusse, Bataillons, Ennemis, Généraux, Marquis, Camps, Mouvements des troupes, Cavalerie, Régiments, Artillerie, Colonels, Chevaliers, Capitaines, Lieutenants, Officiers, Liste des prisonniers, Liste des blessés
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texteReconnaissance textuelle : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
"
186 MERCURE DE FRANCE.
>
prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
l'armée combinée de l'Empire & de France , &
l'armée Pruffienne , avec la lifte des Officiers
non compris dans celle du 19 de ce mois.
L'armée du Roi , combinée avec celle de l'Empire
, ayant reçu un renfort de vingt bataillons &
de dix-huit efcadrons conduits par le Duc de Broglie
, après être reftée quelques jours en cantonnement
entre l'Unftrutt & la Sala , depuis Mul→
haufen & Langen- Saltza jufqu'à Dornbourg , fe
mit en mouvement le 23 Octobre pour marcher à
l'ennemi.
Celle de l'Empire fe porta en avant de la Sala
fur l'Eftertt , précédée d'un détachement des deux
armées aux ordres du Comte de Saint - Germain
& celle de France qui la fuivoit fe trouva raffemblée
le 28 à Numbourg & aux environs.
Pendant cette marche , le Roi de Pruffe s'étoit
retiré fur l'Elbe , laiffant à Léipfik un Corps commandé
par le Maréchal Keith, mais il revint tout-à
coup dans cette Ville le 26.
Les deux Généraux ne jugeant pas qu'il fût praticable
del'y attaquer de vive force, ni de le mettre
entre Léiplik & Torgauw en marchant par leur
182 MERCURE DE FRANCE.
droite , réfolurent de repaffer la Sala , pour fe
porter vers Hall & Bernbourg. Ce paffage s'exécura
le 30 à Weiffenfel , après avoir replié tous
les poftes qui avoient été avancés jufqu'à Lutzen .
Le Roi de Pruffe , averti de cette marche , fortit
de Léipfick , & fit attaquer le 31 au matin la
Ville de Weiffenfels. Il y étoit refté quatre bataillons
Impériaux & dix- fept compagnies de Grenadiers
François , commandés par M. le Marquis de
Crillon ; ces troupes fe retirerent en mettant le
feu au pont.
Les Pruffiens firent enfuite marcher des corps
fur Merfbourg & fur Hall , dont les ponts furent
pareillement brûlés par les détachemens de l'armée
combinée , qui occupoient ces deux Villes.
Le premier Novembre , le Prince de Soubife
marcha à Merfbourg dans le deffein de foutenir
cette Ville : mais ne pouvant garder tous les paffages
de la Sala , il préféra de venir camper à
Mulchen , où les Impériaux le joignirent le 2 .
Le lendemain 3 , l'armée Pruffienne paffa la
Sala à Weiflenfels où elle avoit déja jetté des
ponts ; fes Huffards poufferent ceux de l'Empire
jufques fur le terrein où les Généraux faifoient
marquer un champ de bataille , & l'armée combinée
fortit de fon camp à l'entrée de la nuit pour venir
l'occuper. Les Pruffiens camperent vis - à- vis fur
une hauteur , & tirerent pendant la nuit plufieurs
coups de canon.
Le 4 à la pointe du jour , on vit déboucher
plufieurs efcadrons de Cavalerie Pruffienne , qui fe
retirerent auffi- tôt que l'armée eut fait un mouvement
en avant. Le reste de la journée ſe paſſa à
tirer quelques volées de canon , & l'armée cainpa
fur le terrein où elle avoit paffé la nuit précé .
dente fous les armes.
JANVIER. 1758. 183
Les , elle marcha parfa droite pour le porter
furle flanc gauche de celle du Roi de Pruffe, laif
fant M. le Comte de Saint- Germain avec deux brigades
d'infanterie & autant de cavalerie , pour ob
ferver les mouvemens des Pruffiens. Cette marche
fe fit fur trois colones , dans le même ordre où les
troupes étoient campées ; la colonne de la gauche
étoit formée de la premiere ligne , celle du
centre de la réſerve , & celle de la droite de la feconde
ligne.
Lorfque l'armée eut dépaffé le flanc gauche de
Pennemi , on fit halte vers les deux heures aprèsmidi
, & les deux Généraux ayant pris la réfolution
d'attaquer , on continua la marche en abaiffant
la droite , pour le mettre en bataille en
équerre fur le flanc gauche de l'armée Pruffienne .
Jufques-là l'ennemi étoit reſté dans fon camp ,
mais dans le moment on le vit détendre fes tentes,
monter à cheval , fe mettre en bataille & marcher
par fa gauche fur le même front par lequel on fe
préfentoit à lui ; le tout avec une fi grande promp
ritude , que toute fa cavalerie , compofée de
quarante efcadrons , ayant été quelque temps à
couvert d'un rideau , fe trouva tout d'un coup
avoir dépaffé celle de l'Empire , qui fermoit l'aîle
droite de l'armée combinée , & la chargea en
en flanc avant qu'elle eût pu fe déployer devant
elle.
Le Prince de Soubife n'eut le temps que de raffembler
la cavalerie de la réferve , compotée de
dix efcadrons des régimens de Penthievre , Saluces
, Lameth , Lufignan & De cars , qui fe formerent
en potence dans l'intervalle entre les deux
lignes . I foutint à la tête de cette cavalerie
l'effort de la premiere ligne de celle des Pruffiens
, qui fut auffi repouffée par les cuiraffiers
184 MERCURE DE FRANCE.
Autrichiens ; mais il ne put réfifter à la feconde
ligné. Huit efcadrons des régimens de Bourbon
de Bauvilliers , de Fitz -James & de Raugrave , tirés
de l'aile gauche , rétablirent le combat pendant
quelques momens , & enfuite furent obligés
de céder de même à la fupériorité du nombre.
Pendant cette charge de cavalerie , la gauche
de l'infanterie Pruffienne avoit gagné le flanc
droit de celle de l'armée combinée . Nos bataillons
, qui s'étoient formés en colonne , ne pouvant
foutenir le feu de l'artillerie & de la moufqueterie
des Pruffiens , furent alors obligés de
plier,&entraînerent le refte des deux lignes . M.lé
Comte de Saint-Germain , qui arriva dans cette
conjoncture , favorifa la retraite qui fe fit fur
Freybourg, où l'armée repafla, pendant la nuit, à
la gauche de l'Unftrutt , fans être pourſuivie .
Le 6 l'armée de l'Empire marcha à Kofen ,
pour fe retirer fur Arnftatt , & celle de France
s'en fépara pour fe rapprocher des quartiers de
l'armée du Maréchal Duc de Richelieu par Laucha
, Saxembourg , Northaufen & Duderſtatt ,
où elle eft arriée le 14.
On ne peut dire au jufte la perte que l'armée
Françoile a faite en cette occafion , parce qu'il y
revient journellement des Officiers & des Soldats
par bandes ; mais il paroît qu'elle ne fera pas
à beaucoup près auffi confidérable qu'on l'avoit
cru d'abord
JANVIER. 1758. 185
a
Lifte des Officiers tués , bleffés , prisonniers , ou
dont on ignore le fort , des Régimens qui fe font
trouvés à la bataille dus Novembre , & qui ne
font pas compris dans la lifte du 19 de ce mois ,
parce qu'on n'avoit point alors reçu les états détaillés
des Régimens.
Régiment de Piedmont. Colonel . M. Le Comte
Defparbès , bleffé . Lieutenant-Colonel. M. de
Creft , bleffé & prifonnier . Commandans de Bataillon
. MM. de la Corderie & Sermont , bleffés
& prifonniers, M. Defplaffes , manque. Major:
M. Broca , bleflé . Aides- Majors. MM . Malaru &
Bagnon , bleffés . M. de la Chevalerie , bleffé & prifonnier.
Capitaines de Grenadiers . M. Malaufat ,
bleffé & prifonnier. M. Darmiffan manque.
Capitaines. MM. Marans , Noblet , la Lauremie
, Beauregard , Fondras. , tués. MM. Flavi
gny , Mondenard , Grely , Dragoue , Braffant ,
Chevalier de Montaut , Mondenart , de Bieve ,
la Touche , Chevalier de Tilly , Dupleffis ,
Freftomdam , bleffés . MM. Bretigny , la Combe,
Marigny , du Vergier , Tilly , Brugaflargues ,
de Mons , Bezançon , Verneuil , Rachaife ,
Baubert , Pafcal , Duvallon , Boifſfondain , la
Perrere , Dauffonnes , bleffés & prifonniers.
MM. Darmiffan , la Papotiere , David , Duclufelle
, Montaut , Dumans , & Valoir , manquent.
Lieutenans . M. le Chevalier de Montaud, M. Lefpare
& M. le Chevalier de Batquier tués.
MM. Meſnard , la Foreftille , Dadriffard , Fontaine
, Chevalier de Ponfargues , Colonſbié , Ravifict
, & Lecuyer , bleifés . MM. Leharivel ,
Faure , Rabignan , Daliat , Kardavant , Biufort,
Langlade , Barer , & Saint-Serdos , bleffts &
"
186 MERCURE DE FRANCE.
>
prifonniers. MM. Martillon , Pernon , Pelifferey
, Sairigné , Montaclard , & Peliot Maître
de mathématiques , manquent . Régiment de Royal
Rouffillon . Capitaines de Grenadiers . M Delons ,
bleffe . Lieutenans . M. Soreau , tleflé . Régiment de
Caftellas , Suiffe . Lieutenant - Colonel . M. Diefenthaler
, bleflé & prifonnier Capitaines de Crenadiers
.M. Reich , tué. M. Waldener bleflé . Lieutenans.
M. Muller , tué . , M. Krieg , bleflé . Régiment de
Planta , Suiffe. Lieutenant- Colonel . M. Darbon
nier , bleffé & prifonnier . Commandant de Bataillon.
M Joflaud , bleffé & prifonnier. M. Arder ,
manque. Aide-Major M. Viclandt manque. Capitaines
de Grenadiers . MM . Grenut , & Affleger
bleffés & prifonniers. Capitaines. MM. Turtin ,
Gallatin, Bertenfchalg , Boufcard & Faller , bleffés
& prifonniers. Lieutenans. MM . Defgranges
Hoeclin , Reynald , Fatis, Ceberg & Chriftin ,
bleffés & prifonniers . Régiment de Reding , Suif
fe. Capitaines. MM. Reynold & Montaudon
bleffés. MM . Schatzel & Witz , bleffés & prifonniers.
Lieutenans. MM. d'Entrague , & Baumain
, bleffés . MM . Geutil , Techiemain , Gau-.
guin , & Odelieu , bleffés & prifonniers . M. Muller,
manque. Régiment de Salis , Grifon. Capitaine.
M. Caftelberg , tué . Enfeigne. M. Scouhe manque.
Régiment de Touraine . Lieutenans. M. de
Moyencourt , bleffé & prifonnier . Régiment de
Saint Germain. Lieutenans. M. Bitremant , bleflé
& prifonnier.
•
Officiers qui étoient marqués dans la derniere feuille
comme manquans , & qu'on a appris depuis êtra
prifonniers , & dont la plupart font bleſsés.
Régiment de Mailly. Lieutenant- Colonel . M. de
Boifrenard. Capitaines . MM. Montbel , l'aîné ,
JANVIER. 1758. 187
>
Garcigny , Vilhaut , Chevalier de Montbel ,
Boilrenault , Coquebert , M. Treville , Capitai
ne Aide-Major , & la Motte. M. Catenay , Capitaine
, dont on n'avoit point encore fait mention
, prifonnier. M. Rouani , Lieutenant. Régiment
de Poitou. M. de Saint - Mefinin , Commandant
de Bataillon . M. du Roffart , Capitaine Aide-
Major. MM. de Muffan , de Pally , Fontenaille
Dangé , des Anfiers , Sorelle , Galleou , Capitaines
, prifonniers ; ainfi que MM . Sablo & Pichon
, dont on ignoroit le fort. Lieutenans. MM.
d'Aldeguier , du Perrete , Ding , Leroy, & Saint-
Oin , prifonniers , ainfi que MM. la Montafe ,
du Rougeat , & de Laure , dont on n'avoit pas encore
fait mention . Régiment de Saint Chamont.
Capitaines. MM . de la Mothe , & Chatelier , qui
n'étoient pas dans la premiere lifte , & MM.
Droify , de Malhautier, Montignac , Chevalier de
Vignier , & de Saint- Florent . Lieutenans . MM . de
la Grolée , de Bo flambert , de Buffan , & Bouret
. Régiment de Rohan. Capitaines. MM . de Wolbock
, & Coquerel. Lieutenans. MM. la Live &
Liffac , qui n'étoient point dans la derniere feuille .
Regiment de Beauvoifis. Capitaines, MM . la Molere
, Champau , du Bourdet , du Lignon , & de
Fougeres. Aide- Major. M. Raoult. Lieutenans.
MM . Rozan , la Roque , & Peignefort . Régi .
ment de Briffac. Colonel. M. le Duc de Coffé. Lientenant-
Colonel. M. de Mauclerc. Capitaine . M.
Bonneval. Lieutenant. M. Morel . Régiment de
Provence. Lieutenant -Colonel. M. Durivier. Ca
pitaines. MM. Thioumon , de Teffot , Dutertre ,
de Varignan , Thuifi , & Eclapier , qui n'étoient
dans la derniere feuille . Lieutenans . MM. Iffambon
, & de Romas , qui n'étoient pas dans
la derniere lifte. Régiment de Vittmer , Suiffe.
pas
188 MERCURE DE FRANCE.
>
Commandant de Bataillon. M. Gallati . Capitaines.
MM. Suriet , Perier , Zeng , & Reynoldt. Lieu
tenans. MM. de Gallati , Dilleny , Bayard &
Jacobel Régiment de Diefback , Suiffe . Capitaines.
MM. Balthazard , & de Borard , dont le dernier
n'étoit pas dans la précédente lifte . Lieutenant.
M. de Nervoft , & l'Aumonier du Régiment
Régiment de la Marck. Capitaines. MM. Deyrolles
, Trichard , des Baraux , de Munlt l'aîné
Delefnau , qui n'étoit pas dans la derniere feuille ,
Dufort , Liotey , Grandchamp , & Dehauffen.
Lieutenans. MM. Bramion & Scitz .
CAVALERIE.
Régiment de la Reine. Major . M. le Chevalier
de Galifet. Régiment de Bourbon. Capitaines. MM.
de Chanay & Chambon. M. la Bare , Cornette.
Régiment de Penthievre. Colonel. M. le Comte
de Saluce , bleffé & prifonnier . Capitaines. M. le
Marquis de Langle , MM . Lardevoin , & Traverlay.
Lieutenans. MM. du Breuil , & de Gay ,
bleffé & prifonnier , qui n'étoit pas dans la derniere
feuille. MM . de Geraldin , Major , & du
Saillon , Cornette , bleflés & reftés à Yena , d'où
l'on compte qu'ils rejoindront inceffamment . Ré
giment de Lufignan. Capitaines. M. de Real & Circey
, bleffés & prifonniers . M. de Janfon , Liextenant.
Régiment de Beauvilliers . Colonel . M. le
Duc de Beauvilliers . Lieutenant. M. de la Buifiere.
Cornettes. MM. Echoupe & de Luigny . Régiment
deLameth.Lieutenant -Colonel.M . Monjouvan.Capitaines.
MM . de Contriffon, Dancreville , & Frednand.
Régiment de Saluces. Colonel. M. le Marquis
de Saluces. Capitaine . MM . Cauzet , Flogny , Caftelnau,
& Fautrieres , bleffés & prifonniers. Lieute
nans . MM. la Fond , Mordal , & Lepant. M. de la
>
JANVIER. 1758. 189
.
Faye , Cornette. Régiment de Filtz -James. M. Nugent
, Capitaine. M. Coulahan , Lieutenant . M.
de Mores , Cornette. Frifonniers non Militaires.
M. Martinfort , Directeur des vivres , & fon domeftique.
N. Monget , Commis des vivres . Un
Boulanger des vivres.
On a oublié dans la premiere lifte d'employer
comme prifonnier M. le Chevalier d'Ailly , Maréchal
de camp.
M. le Chevalier des Bares , Capitaine au Régiment
Defcars Cavalerie , mis au nombre des
Officiers tués , a donné de fes nouvelles . Il eft
prifonnier & bleffé de douze coups de fabre.
Le Roi a difpofé en faveur de M. le Vicomte de
Choifeul , du Régiment de Poitou , vacant par la
mort de M. le Comte de Revel.
Du Régiment Royal-Barrois , vacant par la
mort de M. le Comte de Baffompierre , en faveur
de M. le Marquis de Baffompierre , fon pere ,
Brigadier des armées du Roi , & Sous- Lieutenant
des Chevaux- Légers d'Orléans,
De trois places de Colonels dans le Régiment
des Grenadiers de France , en faveur de M. le
Comte de la Fayette , Capitaine réformé à la fuite
du régiment de Cavalerie de la Rochefoucault ,
de M. le Comte de Danois , Capitaine réformé á
la fuire du régiment Royal de Cravates ; & de
M. le Comte de Broglie , Enfeigne dans le régiment
de Poitou :
Et de deux Guidons vacans dans la Gendarmerie;
l'un en faveur de M. le Comte de Noé , Capitaine
réformé à la fuite du régiment de Cavalerie de la
Viefville ; l'autre pour N, le Marquis de Crenolles,
Lieutenant dans le régiment du Roi Infanterie.
Fermer
Résumé : Détail de la bataille donnée le 5 Novembre entre l'armée combinée de l'Empire & de France, & l'armée Prussienne, avec la liste des Officiers non compris dans celle du 19 de ce mois.
Du 23 octobre au 5 novembre, l'armée combinée de l'Empire et de la France, renforcée par des troupes du Duc de Broglie, affronta l'armée prussienne. Après plusieurs manœuvres, les deux armées se retrouvèrent près de Weissenfels. Le 3 novembre, les Prussiens traversèrent la Saale, et les préparatifs pour la bataille commencèrent. Le 5 novembre, la bataille éclata. Les Prussiens repoussèrent la cavalerie combinée et gagnèrent le flanc droit, forçant les bataillons à se replier. L'armée combinée se retira à Freybourg, puis traversa l'Unstrutt sans être poursuivie. Le 6 novembre, l'armée de l'Empire se retira vers Arnstadt, tandis que l'armée française se rapprocha des quartiers du Maréchal Duc de Richelieu. La bataille entraîna des pertes significatives, avec une liste publiée des officiers tués, blessés, prisonniers ou manquants. Les régiments affectés incluaient ceux de Piedmont, Royal-Roussillon, Castellas, Planta, Reding, Salis, Touraine, Saint-Germain, Mailly, Poitou, Saint-Chamont, Rohan, Beauvoisis, Brissac, Provence, Diesbach, La Marck, et plusieurs régiments de cavalerie. Certains officiers initialement portés disparus furent ensuite confirmés comme prisonniers. Par ailleurs, plusieurs nominations et promotions furent annoncées au sein de l'armée française. Le Régiment Royal-Barrois, vacant après le décès du Comte de Baffompierre, fut attribué au Marquis de Baffompierre. Trois places de Colonels dans le Régiment des Grenadiers de France furent attribuées au Comte de la Fayette, au Comte de Danois et au Comte de Broglie. Deux guidons vacants dans la Gendarmerie furent attribués au Comte de Noé et au Marquis de Crenolles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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54
p. 189-196
« Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Début :
Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...]
Mots clefs :
Princes, Princesses, Sa Majesté, Armée prussienne, Armée de l'Impératrice, Combats, Camps militaires, Fortifications, Attaques, Troupes, Maréchaux, Ennemis, Comtes, Artillerie, Canons, Vaisseaux, Marchandises, Corsaires, Navires anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Le 11 Décembre , les Princes & les Princeffes
du Sang rendirent , en cérémonie , à l'occafion
190 MERCURE DE FRANCE.
de la mort de la Reine de Pologne , Electrice de
Saxe , leurs refpects à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame la Dauphine. Les Seigneurs & Dames
de la Cour , en habits de grand deuil , s'acquitterent
du même devoir.
Le Roi a tenu le Sceau pour la dix-huitieme &
dix-neuvieme fois.
Sa Majefté a difpofé du régiment de Cavalerie ,
vacant par la mort de M. le Duc de Beauvillier
en faveur de M. le Chevalier de Saint -Aignan fon
frere , Colonel dans le régiment des Grenadiers de
France ; & d'une place de Colonel dans le regiment
des mêmes Grenadiers , en faveur de M. le
Marquis d'Eftampes , Lieutenant en ſecond dans
le régiment du Roi , Infanterie.
On a été informé que le Prince Charles a dépêché
au Roi le sieur de Boifgeflin , pour faire part à
Sa Majefté de la prife de Schweidnitz qui a capitulé
le 12 Novembre.
Les Pruffiens ont perdu , pendant le cours de ce
fiege , environ dix-huit cens hommes. La garnifon
qui étoit encore forte de quatre mille fept
cens hommes , eft prifonniere de guerre , & fera
conduite où l'Impératrice Reine jugera à propos
de l'envoyer.
Les Autrichiens ont trouvé dans la place cent
foixante quatre pieces de canon , quatorze mortiers
, beaucoup de munitions , des vivres , du fourage
en abondance , & un million d'écus d'Allemagne
, dans la caiffe militaire .
On a reçu avis que l'armée Pruffienne arrivée
fous Breflau depuis fept femaines entieres , y occupoit
un camp très -fort par lui même qu'elle
avoit encore fortifié de toutes parts & avec le plus
grand foin ; il n'avoit que le défaut d'être trop
étendu, pour le nombre de troupes qui devoient le
JANVIER. 1758. 191
défendre ; fans cela il cût été impoffible d'y pénétrer
.
S. A. R. ayant reconnu ce défaut , & voulant à
quelque prix que ce fût attaquer l'ennemi , fit une
difpofition qui fait l'éloge de fes talens militaires .
Elle jugea que la façon la plus fûre de pénétrer
dans cette Fortereffe , étoit d'attaquer vivement
l'ennemi par le centre & par les extrêmités . Elle
ajouta même à cette difpofition d'autres attaques
intermédiaires , afin de faire une plus grande diverfion
, & de mettre plus fûrement la confufion
dans les manoeuvres de l'ennemi.
Le camp retranché avoit fa droite appuyée visà-
vis le village de Pilnitz , dont les ennemis
avoient fait une citadelle ; il falloit même paffer
la riviere de l'Oh , avant que d'arriver à fes retranchemens.
Son flanc étoit couvert par des bois
immenfes & par la riviere de l'Oder. Sa gauche
étoit appuyée à une hauteur qui eft à cinq cens
pas ou environ des Fauxbours de Breſlau . Elle étoit
fortifiée d'une excellente redoute garnie de fon
plus gros canon. Il avoit dans l'étendue du fronr
de fon camp , les villages de Smidfeld , d'Effichen
, & de Klein - morberg , également bien
fortifiés. La riviere de l'Oh bordoit le front de fa
pofition dans prefque toute fon étendue. Heureufement
pour Parmée Impériale , il s'en étoit un
peu trop éloigné vers le centre , & c'eſt- là où
S. A. R. fit le plan de porter les coups qu'elle devoit
frapper de la main .
La difpofition de l'attaque fe borna donc à quatre
point effentiels ; l'un entre les fauxbourgs de
Breau & le village de Klein- burg , l'autre vis-à
vis de Klein- morberg ; le troifieme entre Smidfeld
& Effichen , & le quatrieme à Pilnitz , fans
compter une divifion qui fut faite de l'autre côté
192 MERCURE DE FRANCE :
de la riviere de l'Oder par un corps de cinq à fix
mille hommes qui menaçoit la retraite de l'ennemi
, en cas qu'il fût forcé par fa droite , & qu'on
pût couper la communication avec Breĺau,
Les ordres ayant été donnés le 21 pour attaquer
l'ennemi le lendemain , l'armée de l'impératrice
qui étoit campée en ligne fe divifa à la pointe du
jour ; chaque troupe le rendit à la deftination
& dès que tout fut prêt , on commença à dix heures
une canonnade terrible , qui dura juſqu'à midi;
alors le fignal fut donné pour que chacun fît fes
pents fur la riviere , & pour attaquer en même
temps. Les ponts du centre furent les premiers
conftruits , c'étoit l'attaque où étoit placés S. A. R.
& le Feld- Maréchal Comte de Daun ; il y en eut
fept jettés en moins d'une demi - heure , malgré le
feu de l'ennemi ; à peine furent - ils finis , que
treate compagnies de Grenadiers pafferent , foutenues
de deux mille chevaux d'élite , des bataillons
de l'aîle droite de l'armée , & de plufieurs
efcadrons.
Ces troupes fe formerent , malgré le feu le plus
vif, avec une viteffe fi finguliere , que l'ennemi ne
put porter des troupes pour nous charger, que dans
l'inftant où nous commencions, à être formés.
S- A. R. s'étant apperçue du deffein qu'il avoit de
nous charger en flanc , fit avancer fort vîte quatre
pieces de canon chargées à cartouche , foutenues
de quatre bataillons qui prirent en flanc l'ennemi
lui-même , & l'obligerent de s'arrêter . Les retranchemens
qui étoient alors devant nous , & qui enveloppoient
le village de Klein- morberg étoient
redoutables. Nous avions d'ailleurs fur notre flanc
droit le corps de troupes dont on vient de parler ,
fans compter celui qui faifoit face à notre attaque de
la droite. Nous reftâmes ainfi pendant plus d'une
heure
JANVIER 1758. 195'
heure entiere à effuyer & à rendre le feu le plus
vif.Les ennemis chercherent plus d'une fois à nous
attaquer de front & de flanc ; mais les troupes &
P'artillerie firent de tels prodiges , que les Pruffiens
, malgré leurs efforts , ne nous firent pas
perdre un pouce de terrein . Nous enlevâmes au
contraire les retranchemens de Klein-morberg ,
& pendant que nous combattions ainfi , celles de
nos troupes qui attaquoient Pilnitz & Neikirck
faifoient de leur côté des merveilles ; mais ayant
trouvé plus de difficultés que nous dans le paffage
de la riviere , elles ne purent dépofter l'ennemi
auffi promptement que nous l'avions fait .
La nuit qui farvint fit finit le combat. C'eft une
journée qui comble d'honneur l'armée de l'Impératrice,
& qui n'en fait pas moins à S. A. R. & au
Feld- Maréchal Comte de Daun.
L'armée Impériale a eu quatre mille hommes
tués ou bleffés , dans le nombre defquels ſont fix
Généraux , dont un de tué.
Les ennemis ont perdu beaucoup plus du double
, & ont eu plus de trois mille prifonniers ou
déferteurs. Prefque tous leurs Généraux ont été
tués , bleffés , ou faits prifonniers. Le Prince de
Beverne , qui commandoit l'armée , eft du nombre
de ces derniers. Le Prince Ferdinand , frere
du Roi de Pruffe , a reçu une légere bleffure. Le
Prince de Brunſwick & celui de Wirtemberg font
auffi bleffés. Nous avons pris trente - neuf pieces
de canon , trois mortiers , & huit drapeaux , & la
ville de Breſlau s'eft rendue au vainqueur. En un
mot , l'action du 22 eft moins une bataille qu'une
défaite ; mais ce qui doit plaire le plus à Sa Majefté
Impériale , eft l'ardeur que fon armée entiere
a montré pour combattre fes ennemis. S, A. R.
& le Feld-Maréchal Comte de Daun , ne doivent
I.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
pas être moins flattés de la confiance des troupes ,
qui fe nourrit dans le foldat par la bonne opinion
qu'il a de fes chefs.
Les Princes de Saxe fe font diftingués par leur
valeur , comme ils le font dans toutes les occafions,
Lorfque la ville de Breflau s'eft rendue , & que
la garnifon de neuf Bataillons eft fortie avec les
honneurs de la guerre , il n'y a eu que trois cens
hommes en tout qui ayent accompagné les drapeaux
: tout le refte , Officiers & Soldats , a déferté
ouvertement ou fécretement. Il en eft venu
mille quatre-vingts dans une feule journée au quartier
de S. A. R. fans compter ceux qui auront été
à celui du Comte de Nadafty , ou ceux encore que
ramènera le Général Beck , qui eft à la pourfuite
du refte de l'armée Pruffienne. Cette armée étoit
plus forte que nous ne l'avions cru. On nous a
affuré que les ennemis montoient à plus de quarante
mille hommes : ils en ont perdu fûrement
vingt mille , y compris les déferteurs. Le nombre
des bleffés eft auffi plus grand que nous ne penfions.
Les Vaiffeaux du Roi le Célebre & le Bizarre ,
fe font rendus maîtres du Corfaire Anglois ci-devant
la Grande - Biche , de Saint -Malo , armé de
28 canons , de 14 pierriers , & de 109 hommes
d'équipage , ainsi que d'un autre bâtiment armé
de 6 canons , 10 pierriers , & de 39 hommes d'é- `
quipage.
-neaux ,
Le Navire Anglois le Matthy , de 350 tonvenant
de Saint- Chriftophe, avec une cargaifon
compofée de différentes marchandiſes , a
été pris par la Frégate du Roi la Calypfo , & eft arrivé
à Breft .
On a été informé par des lettres écrites de Bergue
en Norwege de l'arrivée en çe Port des NaviJANVIER.
1758.
195 .
res Anglois le Rolland & Jeanne , de Neufchâtel,
PHelene , la Marie - Betty , la Dorothée , de Witthaven
, la Marianne de Dublin , & le Hamkinfon
de Lancaftre. Ces fix Bâtimens qui revenoient,
les uns de Riga , les autres de Petersbourg , chacun
avec un chargement de chanvre , de lin , de
fer , de toiles à voiles , & d'autres marchandiſes
ont été pris par le capitaine Charles- François Robert
, commandant le Corfaire la Comteffe de la
Serre , de Dunkerque .
>
L'Actif, autre Corfaire de ce Port , s'eft emparé
d'un navire Anglois d'environ 100 tonneaux,
armé de 12 canons & de 80 hommes d'équipage,
dont la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
du cru de la Jamaïque , d'où il revenoit.
Ce Bâtiment a été conduit à Breft.
Le Capitaine Monnier, commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port les navires Anglois l'Ardent , la Providence
& le Norwich , chargés de charbon de
terre..Il a rançonné pour 620 guinées deux autres
bâtimens Anglois , dont il s'eft rendu maître.
L'Hyrondelle , Corfaire du même port , a relâ–
ché, moyennant une rançon de 100 livres fterlings
, un bateau Anglois qu'il avoit pris .
Les navires Anglois le Nancy, de Bofton , chargé
de 600 barrils de goudron , & la Marie , dont
la cargaifon eft compofée de bois de conftruction
, ont été pris par le Corfaire le Voltigeur ,
de Boulogne, & font arrivés, l'un à Calais , & l'autre
au Havre.
On mande de Cherbourg que le Corfaire le
Conquérant de ce port , a pris & y a conduit un bâtiment
Anglois de 80 tonneaux , ayant pour chargement
du fel , de l'avoine , quelques ballots , &
autres marchandiſes.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
Les Corfaires les Deux-Freres & le Faucon , de
Marſeille , fe font emparés des navires Anglois le
Ligny , le Lottéa & le Nelly , de Cork , qui ont
été conduits à Cadix. Ils font chargés , le premier
de diverfes marchandiſes , le fecond de morue
, & le troifieme de beurre , de viandes falées
& de chandelle.
Trois autres navires Anglois , fçavoir le Nancy,
dont le chargement confifte en falaifons , en
cuirs & en chandelle , le Charmeng-Betty , chargé
de charbon de terre , & le Royal - Georges , chargé
de fardines , ont auffi été conduits à Cadix , &
ont été pris par les Corfaires François la Bagatelle
, la Jacqueline , le Saint- Antoine, & les Ames,
de Mahon.
du Sang rendirent , en cérémonie , à l'occafion
190 MERCURE DE FRANCE.
de la mort de la Reine de Pologne , Electrice de
Saxe , leurs refpects à Monfeigneur le Dauphin
& à Madame la Dauphine. Les Seigneurs & Dames
de la Cour , en habits de grand deuil , s'acquitterent
du même devoir.
Le Roi a tenu le Sceau pour la dix-huitieme &
dix-neuvieme fois.
Sa Majefté a difpofé du régiment de Cavalerie ,
vacant par la mort de M. le Duc de Beauvillier
en faveur de M. le Chevalier de Saint -Aignan fon
frere , Colonel dans le régiment des Grenadiers de
France ; & d'une place de Colonel dans le regiment
des mêmes Grenadiers , en faveur de M. le
Marquis d'Eftampes , Lieutenant en ſecond dans
le régiment du Roi , Infanterie.
On a été informé que le Prince Charles a dépêché
au Roi le sieur de Boifgeflin , pour faire part à
Sa Majefté de la prife de Schweidnitz qui a capitulé
le 12 Novembre.
Les Pruffiens ont perdu , pendant le cours de ce
fiege , environ dix-huit cens hommes. La garnifon
qui étoit encore forte de quatre mille fept
cens hommes , eft prifonniere de guerre , & fera
conduite où l'Impératrice Reine jugera à propos
de l'envoyer.
Les Autrichiens ont trouvé dans la place cent
foixante quatre pieces de canon , quatorze mortiers
, beaucoup de munitions , des vivres , du fourage
en abondance , & un million d'écus d'Allemagne
, dans la caiffe militaire .
On a reçu avis que l'armée Pruffienne arrivée
fous Breflau depuis fept femaines entieres , y occupoit
un camp très -fort par lui même qu'elle
avoit encore fortifié de toutes parts & avec le plus
grand foin ; il n'avoit que le défaut d'être trop
étendu, pour le nombre de troupes qui devoient le
JANVIER. 1758. 191
défendre ; fans cela il cût été impoffible d'y pénétrer
.
S. A. R. ayant reconnu ce défaut , & voulant à
quelque prix que ce fût attaquer l'ennemi , fit une
difpofition qui fait l'éloge de fes talens militaires .
Elle jugea que la façon la plus fûre de pénétrer
dans cette Fortereffe , étoit d'attaquer vivement
l'ennemi par le centre & par les extrêmités . Elle
ajouta même à cette difpofition d'autres attaques
intermédiaires , afin de faire une plus grande diverfion
, & de mettre plus fûrement la confufion
dans les manoeuvres de l'ennemi.
Le camp retranché avoit fa droite appuyée visà-
vis le village de Pilnitz , dont les ennemis
avoient fait une citadelle ; il falloit même paffer
la riviere de l'Oh , avant que d'arriver à fes retranchemens.
Son flanc étoit couvert par des bois
immenfes & par la riviere de l'Oder. Sa gauche
étoit appuyée à une hauteur qui eft à cinq cens
pas ou environ des Fauxbours de Breſlau . Elle étoit
fortifiée d'une excellente redoute garnie de fon
plus gros canon. Il avoit dans l'étendue du fronr
de fon camp , les villages de Smidfeld , d'Effichen
, & de Klein - morberg , également bien
fortifiés. La riviere de l'Oh bordoit le front de fa
pofition dans prefque toute fon étendue. Heureufement
pour Parmée Impériale , il s'en étoit un
peu trop éloigné vers le centre , & c'eſt- là où
S. A. R. fit le plan de porter les coups qu'elle devoit
frapper de la main .
La difpofition de l'attaque fe borna donc à quatre
point effentiels ; l'un entre les fauxbourgs de
Breau & le village de Klein- burg , l'autre vis-à
vis de Klein- morberg ; le troifieme entre Smidfeld
& Effichen , & le quatrieme à Pilnitz , fans
compter une divifion qui fut faite de l'autre côté
192 MERCURE DE FRANCE :
de la riviere de l'Oder par un corps de cinq à fix
mille hommes qui menaçoit la retraite de l'ennemi
, en cas qu'il fût forcé par fa droite , & qu'on
pût couper la communication avec Breĺau,
Les ordres ayant été donnés le 21 pour attaquer
l'ennemi le lendemain , l'armée de l'impératrice
qui étoit campée en ligne fe divifa à la pointe du
jour ; chaque troupe le rendit à la deftination
& dès que tout fut prêt , on commença à dix heures
une canonnade terrible , qui dura juſqu'à midi;
alors le fignal fut donné pour que chacun fît fes
pents fur la riviere , & pour attaquer en même
temps. Les ponts du centre furent les premiers
conftruits , c'étoit l'attaque où étoit placés S. A. R.
& le Feld- Maréchal Comte de Daun ; il y en eut
fept jettés en moins d'une demi - heure , malgré le
feu de l'ennemi ; à peine furent - ils finis , que
treate compagnies de Grenadiers pafferent , foutenues
de deux mille chevaux d'élite , des bataillons
de l'aîle droite de l'armée , & de plufieurs
efcadrons.
Ces troupes fe formerent , malgré le feu le plus
vif, avec une viteffe fi finguliere , que l'ennemi ne
put porter des troupes pour nous charger, que dans
l'inftant où nous commencions, à être formés.
S- A. R. s'étant apperçue du deffein qu'il avoit de
nous charger en flanc , fit avancer fort vîte quatre
pieces de canon chargées à cartouche , foutenues
de quatre bataillons qui prirent en flanc l'ennemi
lui-même , & l'obligerent de s'arrêter . Les retranchemens
qui étoient alors devant nous , & qui enveloppoient
le village de Klein- morberg étoient
redoutables. Nous avions d'ailleurs fur notre flanc
droit le corps de troupes dont on vient de parler ,
fans compter celui qui faifoit face à notre attaque de
la droite. Nous reftâmes ainfi pendant plus d'une
heure
JANVIER 1758. 195'
heure entiere à effuyer & à rendre le feu le plus
vif.Les ennemis chercherent plus d'une fois à nous
attaquer de front & de flanc ; mais les troupes &
P'artillerie firent de tels prodiges , que les Pruffiens
, malgré leurs efforts , ne nous firent pas
perdre un pouce de terrein . Nous enlevâmes au
contraire les retranchemens de Klein-morberg ,
& pendant que nous combattions ainfi , celles de
nos troupes qui attaquoient Pilnitz & Neikirck
faifoient de leur côté des merveilles ; mais ayant
trouvé plus de difficultés que nous dans le paffage
de la riviere , elles ne purent dépofter l'ennemi
auffi promptement que nous l'avions fait .
La nuit qui farvint fit finit le combat. C'eft une
journée qui comble d'honneur l'armée de l'Impératrice,
& qui n'en fait pas moins à S. A. R. & au
Feld- Maréchal Comte de Daun.
L'armée Impériale a eu quatre mille hommes
tués ou bleffés , dans le nombre defquels ſont fix
Généraux , dont un de tué.
Les ennemis ont perdu beaucoup plus du double
, & ont eu plus de trois mille prifonniers ou
déferteurs. Prefque tous leurs Généraux ont été
tués , bleffés , ou faits prifonniers. Le Prince de
Beverne , qui commandoit l'armée , eft du nombre
de ces derniers. Le Prince Ferdinand , frere
du Roi de Pruffe , a reçu une légere bleffure. Le
Prince de Brunſwick & celui de Wirtemberg font
auffi bleffés. Nous avons pris trente - neuf pieces
de canon , trois mortiers , & huit drapeaux , & la
ville de Breſlau s'eft rendue au vainqueur. En un
mot , l'action du 22 eft moins une bataille qu'une
défaite ; mais ce qui doit plaire le plus à Sa Majefté
Impériale , eft l'ardeur que fon armée entiere
a montré pour combattre fes ennemis. S, A. R.
& le Feld-Maréchal Comte de Daun , ne doivent
I.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
pas être moins flattés de la confiance des troupes ,
qui fe nourrit dans le foldat par la bonne opinion
qu'il a de fes chefs.
Les Princes de Saxe fe font diftingués par leur
valeur , comme ils le font dans toutes les occafions,
Lorfque la ville de Breflau s'eft rendue , & que
la garnifon de neuf Bataillons eft fortie avec les
honneurs de la guerre , il n'y a eu que trois cens
hommes en tout qui ayent accompagné les drapeaux
: tout le refte , Officiers & Soldats , a déferté
ouvertement ou fécretement. Il en eft venu
mille quatre-vingts dans une feule journée au quartier
de S. A. R. fans compter ceux qui auront été
à celui du Comte de Nadafty , ou ceux encore que
ramènera le Général Beck , qui eft à la pourfuite
du refte de l'armée Pruffienne. Cette armée étoit
plus forte que nous ne l'avions cru. On nous a
affuré que les ennemis montoient à plus de quarante
mille hommes : ils en ont perdu fûrement
vingt mille , y compris les déferteurs. Le nombre
des bleffés eft auffi plus grand que nous ne penfions.
Les Vaiffeaux du Roi le Célebre & le Bizarre ,
fe font rendus maîtres du Corfaire Anglois ci-devant
la Grande - Biche , de Saint -Malo , armé de
28 canons , de 14 pierriers , & de 109 hommes
d'équipage , ainsi que d'un autre bâtiment armé
de 6 canons , 10 pierriers , & de 39 hommes d'é- `
quipage.
-neaux ,
Le Navire Anglois le Matthy , de 350 tonvenant
de Saint- Chriftophe, avec une cargaifon
compofée de différentes marchandiſes , a
été pris par la Frégate du Roi la Calypfo , & eft arrivé
à Breft .
On a été informé par des lettres écrites de Bergue
en Norwege de l'arrivée en çe Port des NaviJANVIER.
1758.
195 .
res Anglois le Rolland & Jeanne , de Neufchâtel,
PHelene , la Marie - Betty , la Dorothée , de Witthaven
, la Marianne de Dublin , & le Hamkinfon
de Lancaftre. Ces fix Bâtimens qui revenoient,
les uns de Riga , les autres de Petersbourg , chacun
avec un chargement de chanvre , de lin , de
fer , de toiles à voiles , & d'autres marchandiſes
ont été pris par le capitaine Charles- François Robert
, commandant le Corfaire la Comteffe de la
Serre , de Dunkerque .
>
L'Actif, autre Corfaire de ce Port , s'eft emparé
d'un navire Anglois d'environ 100 tonneaux,
armé de 12 canons & de 80 hommes d'équipage,
dont la cargaifon eft compofée de différentes marchandifes
du cru de la Jamaïque , d'où il revenoit.
Ce Bâtiment a été conduit à Breft.
Le Capitaine Monnier, commandant le Corfaire
la Revanche , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port les navires Anglois l'Ardent , la Providence
& le Norwich , chargés de charbon de
terre..Il a rançonné pour 620 guinées deux autres
bâtimens Anglois , dont il s'eft rendu maître.
L'Hyrondelle , Corfaire du même port , a relâ–
ché, moyennant une rançon de 100 livres fterlings
, un bateau Anglois qu'il avoit pris .
Les navires Anglois le Nancy, de Bofton , chargé
de 600 barrils de goudron , & la Marie , dont
la cargaifon eft compofée de bois de conftruction
, ont été pris par le Corfaire le Voltigeur ,
de Boulogne, & font arrivés, l'un à Calais , & l'autre
au Havre.
On mande de Cherbourg que le Corfaire le
Conquérant de ce port , a pris & y a conduit un bâtiment
Anglois de 80 tonneaux , ayant pour chargement
du fel , de l'avoine , quelques ballots , &
autres marchandiſes.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
Les Corfaires les Deux-Freres & le Faucon , de
Marſeille , fe font emparés des navires Anglois le
Ligny , le Lottéa & le Nelly , de Cork , qui ont
été conduits à Cadix. Ils font chargés , le premier
de diverfes marchandiſes , le fecond de morue
, & le troifieme de beurre , de viandes falées
& de chandelle.
Trois autres navires Anglois , fçavoir le Nancy,
dont le chargement confifte en falaifons , en
cuirs & en chandelle , le Charmeng-Betty , chargé
de charbon de terre , & le Royal - Georges , chargé
de fardines , ont auffi été conduits à Cadix , &
ont été pris par les Corfaires François la Bagatelle
, la Jacqueline , le Saint- Antoine, & les Ames,
de Mahon.
Fermer
Résumé : « Le 11 Décembre, les Princes & les Princesses du Sang rendirent, en cérémonie, [...] »
Le 11 décembre, les Princes et Princesses du Sang ont rendu hommage au Dauphin et à la Dauphine à l'occasion du décès de la Reine de Pologne, Electrice de Saxe. Les membres de la Cour ont également exprimé leurs respects en habits de grand deuil. Le Roi a exercé ses prérogatives en tenant le Sceau pour la dix-huitième et dix-neuvième fois. Il a attribué le régiment de Cavalerie vacant après la mort du Duc de Beauvillier au Chevalier de Saint-Aignan et une place de Colonel dans le régiment des Grenadiers de France au Marquis d'Estampes. Le Prince Charles a envoyé le sieur de Boisfgelin au Roi pour annoncer la prise de Schweidnitz, qui a capitulé le 12 novembre. Lors de ce siège, les Prussiens ont perdu environ 1800 hommes, et la garnison, composée de 4700 hommes, est devenue prisonnière de guerre. Les Autrichiens ont trouvé dans la place 164 pièces de canon, 14 mortiers, des munitions, des vivres, du fourrage et un million d'écus. L'armée prussienne, installée à Breslau depuis sept semaines, occupait un camp fortifié. L'armée impériale, sous le commandement de Son Altesse Royale, a attaqué ce camp le 22 décembre en exploitant ses faiblesses. L'attaque a été menée sur quatre points essentiels, avec une division supplémentaire menaçant la retraite ennemie. Malgré une résistance acharnée, les Prussiens ont subi de lourdes pertes, avec plus de 3000 prisonniers ou déserteurs. L'armée impériale a capturé 39 pièces de canon, 3 mortiers et 8 drapeaux, et la ville de Breslau s'est rendue. Par ailleurs, les navires français ont capturé plusieurs bâtiments anglais, notamment le corsaire la Grande-Biche et le navire le Matthy, ainsi que d'autres navires chargés de diverses marchandises. Plusieurs corsaires français ont également pris des navires anglais dans différentes régions, comme Brest, Calais, Le Havre et Cadix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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55
p. 194-202
ALLEMAGNE.
Début :
Comme les relations Prussiennes, insérées dans les Gazettes Etrangeres, ont [...]
Mots clefs :
Vienne, Bataille, Roi de Prusse, Artillerie, Armées, Prince Charles de Lorraine, Ennemis, Déplacement des troupes, Troupes, Lieutenant, Cavalerie, Attaques, Régiments, Prague, Maréchal Keith, Baron de Marshall, Uelzen, Marquis de Caraman, Capitaine, Osnabrück, Zell, Défense, Prince, Commander, Maréchal de Richelieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
DE VIENNE , le 17 Décembre.
Comme les relations Pruffiennes , inférées dans
les Gazettes Etrangeres , ont totalement altéré
les circonftances de la bataille donnée les en
Siléfie entre Neumarck & Liffa , la Cour a fait
publier le détail que l'on va fidélement rapporter.
« Le Roi de Pruffe ayant raffemblé à Parchwitz
» une armée d'environ quarante mille hommes ,
» avec une nombreuſe artillerie , tirée pour la plus
grande partie de Glogau , & une quantité prodi.
» gieufe de fafcines , de gabions , de fauciffès , &c.
que les payfans avoient été obligés de faire, prit
» pofte fur la droite du ruiffeau nommé Katz-
» Bach. Ce mouvement fit conjecturer que fon
» deffein étoit de pénétrer plus avant , pour s'em-
» parer d'abord de Neumarck & de Lignitz , at-
» taquer enfuite l'armée Impériale qui étoit cam-
» pée près de Breslau , ou lui couper les fubfif-
» tances qu'elle tiroit de la Boheme , en fe pla-
>> çant dans les environs de Strigau , ou fur les
» frontieres du Royaume. Le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun réfolurent en
» conféquence de s'avancer au-delà de la Schweid.
» nitz , pour couvrir Lignitz , & tâcher de faire
» échouer les projets de l'ennemi. On commerça
» par renforcer la garniſon de cette derniere pla-
» çe , & l'on envoya à Neumarck un détache-
>> ment de Bannaliſtes , de Huffards & de Cava-
» lerie , foutenu par les Chevaux- Légers Saxons.
L'armée fut pourvue le 3 de tout ce dont elle
» avoit befoin pour quatre jours ; le 4 , elle forJANVIER.
1798.
195
» tit de fon camp , & le même jour elle paffa le
» Lóh & la Schweidnitz , pour prendre une nou-
» velle pofition . Les troupes défiloient , lorsqu'on
» apprit que le Roi de Pruffe marchoit depuis cinq
» heures du matin fur Neumarck , dou par con-
» féquent le détachement envoyé le 2 , avoit été
obligé de fe retirer . Sur cet avis , on laiffa der-
» riere la Schweidnitz tous les bagages de l'ar-
» mée , les colonnes prefferent leur marche , &
» ſe formerent en deux lignes . Le Général Comte
» Nadafty en forma avec fon Corps de Troupes
>> une troifieme , pour couvrir le flanc gauche de
» l'armée , & la réferve fat destinée à foutenir la
» droite. Cette droite étoit appuyée au village de
» Nypern , " l'armée avoit Leuthen à la gauche &
» Frobelwitz au centre : ces trois endroits furent
» garnis d'autant de troupes qu'il fut poffible . On
» mit dans Frobelwitz huit compagnies de Gre-
» nadiers & plufieurs piquets ; fept compagnies
» de Grenadiers & des piquets à Leuthen , & d'au-
» tres piquets à Nypern. Toutes les comp gnies compagnies
» de Grenadiers & les piquets de la réſerve furent
» placés à la droite de la Cavalerie , à la tête d'un
» bois. Le Major Général Luzinsky couvroit de
>> plus en quelque forte l'aile gauche avec deux
» Régimens de Huffards & quelques autres troupes
légeres. Il étoit foutenu par les Chevaux-
» Légers Saxons aux ordres du Comte de Noftitz ,
» Lieutenant - Général au fèrvice du Roi de Polo-
» gne , & le fieur de Morocz , Lieutenant Géné-
» ral , étoit à l'afle droite avec deux Régimens de
» Huffards & de troupes légeres . Tandis qu'on
» faifoit ces difpofitions , l'armée ennemie avoit
» dépaffé Neumarck: elle avoit fa droite à Krintfch
fa gauche à Bifchdorff , & fes poftes avancés
s'étendoient jufqu'à Born. Les deux armées paf-
Lij
196 MERCURE DE FRANCE.
» ferent dans cette pofition la nuit fous les armes.
>>> Le S avant le jour , le Comte Nadafty , com.
» me ' il avoit été convenu , joignit les troupes
» qui formoient la troifieme ligne à la Cavalerie
de la gauche de l'armée . & forma le flanc depuis
cet endroit juſqu'à une bauteur qui étoit
» de ce côté- là & qu'on avoit garnie d'artillerie.
» Delà il s'étendit en équerre , & fe forma de fa-
» çon que les Troupes Impériales étoient les plus
» près de l'armée , celles de Wirtemberg vers le
flanc , & celles de Baviere à l'extrêmité de l'angle.
A la pointe du jour , les ennemis firent ,
» tantôt fer leur droite , tantôt fur leur gauche ,
> divers mouvemens qui durerent jufqu'à midi..
» Ils fembloient cependant toujours menacer no-
» tre droite , & ce fut pour cette raiſon que le
>> Comte de Luchefi demanda plufieurs fois qu'on
lui fit paffer du renfort. Le Corps de réſerve y
avoit été deftiné ; mais on différa quelque tems
de l'y faire paffer , pour pouvoir pénétrer le
» deffein de l'ennemi. Enfin comme le Comte de
Luchefi infiftoit fortement pour être renforcé ,
» & que d'ailleurs on ne pouvoit pas trop bien
» démêler les mouvemens que les Pruffiens fai-
» foient derriere des hauteurs , on lui envoya la
» réſerve. Le Feld - Maréchal Comte de Daun fe
» porta même en perfonne à cette aîle , pour lá
commander en cas de befoin . A peine ce renfort
eut joint , qu'on vit la Cavalerie Pruffienne
fe porter fur notre gauche , & l'Infanterie marcher
à grand pas fur leur droite , ce qui fit ju-
» ger qu'ils en vouloient à l'aile gauche & à fon
» flanc. Auffitôt le Prince Charles & le Comte de
» Daun , ordonnerent au Prince Efterhaly , Ge
» néral de Cavalerie , & aux Généraux de Maqui-
» re & d'Angern , d'avancer avec les différens
睾
JANVIER. 1758. 197
Corps qu'ils commandoient , pour foutenir le
» flanc , & la feconde ligne eut le même ordre.
» L'ennemi s'étant approché de ce flanc envi
>> ron à une heure après-midi , le feu de fa mouf-
>> queterie commença en fe dirigeant contre les
» troupes de Wirtemberg , qui le foutiprent cou
» rageufement ; mais le fort de l'attaque s'étant
» porté fur ce flanc , les troupes auxiliaires furent
» obligées de céder au nombre , & la confufion
» qu'occafionna la fupériorité de l'ennemi dans
» cette partie, empêcha les Régimens Impériaux ,
» qui arrivoient pour foutenir les Auxiliaires , de
» pouvoir combattre en ordre. On fit tout ce qu'il
» étoit poffible de faire pour réparer le défordre ,
» mais on ne put jamais rallier ces Troupes . Après
>> ce premier avantage , l'ennemi qui avoit en
» même temps attaqué le village de Leuthen &
>> toute la gauche , avoit porté de ce côté-là la
» plus grande partie de fes forces. Cependant fa
» Cavalerie & fon Infanterie furent repouffées
» trois fois par nos Troupes avec une perte con-
» fidérable ; ainfi la victoire lui fut affez long-
» temps difputée & vendue un peu cherement.
» Mais les Pruffiens avoient pénétré par l'ouver-
» ture du flanc de la gauche ; ils s'avançoient
» par- là pour nous prendre à dos , & il n'étoit
plus poffible de l'empêcher ; il n'y avoit d'au-
» tre parti à prendre que de fe retirer fur les deux
rivieres de la Schweidnitz & du Loh : c'eft ce
» que l'on fit en très- bon ordre , & en faifant
» fur l'ennemi un feu continuel . Voilà comment
>> après un combat de plus de quatre heures , on
» a cédé le champ de bataille aux Pruffiens. Nous
» comptons parmi les morts , le Comte de Lu-
» chefi , Général de Cavalerie , & les Majors Gé-
D néraux Prince de Stolberg , Otterwolff & Preyf
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
fach. Le Major Général Comte Odonel eft blefle
»& priſonnier , & nous avons pris de notre côté
» le Général Major de Krakow.
» Le Prince Charles & le Comte de Daun ſe
font portés partout où lear préſence a été né-
» ceffaire , ou pour donner leurs ordres , ou pour
animer les Troupes par leur exemple. Le Comte
» de Daun a eu une forte contufion , qui cepen-
» dant n'a ralenti en rien ſon ardeur & fon acti-
» vité. Les Princes de Saxe Xavier & Charles , ont
» donné dans cette occafion de nouvelles preuves
» de leur valeur.
DE PRAGUE , le 18 Décembre.
On vient d'apprendre que le Maréchal Keith
eft dans les montagnes de Saxe. Le Baron de
Marshall , pour l'empêcher de rentrer dans ce
Royaume , a formé fur les frontieres un cordon de
troupes.
Un détachement Pruffien qui eſcortoit deux
tonnés d'argent deſtinées pour Glatz , a été arraqué
par le Colonel Jahnus , & après une réſiſtance
affez vive , a été contraint d'abandonner le
menvoi.
D'ULTZEN , les Décembre.
M. le Marquis de Caraman avoit été détaché
de l'armée avec fon Régiment de Dragons & cent
quatre-vingt Chaffeurs de Fifcher commandés par
M. Clery , Lieutenant-Colonel de ce corps , &
dont cent étoient à cheval , pour obferver les
mouvemens des ennemis. Le 4 , M. le Marquis
de Caraman , qui avoit couché au Village de Bri
del , apperçut un corpsde plus de trois mille Ha
JANVIER. 1758. 199
*novriens qui le fuivoit . Il étoit compofé de douze
cens hommes de Cavalerie ; le refte étoit de l'Infanterie
, qui avoit deux pieces de canon. L'inégalité
de fes forces l'obligea de doubler le pas pour
gagner le Village d'Hembeke , où il auroit pu fe
défendre avec plus d'avantage qu'en rafe campagne
: mais la cavalerie Hanovrienne le ferra de fi
près , que voyant qu'il n'auroit pas le temps d'atteindre
Hembeke , quoiqu'un de fes Efcadrons y
fûtarrivé , il prit le parti de fe mettre en bataille.
Il chargea vigoureufement l'ennemi qui s'étoit
déja formé , & il fut fi bien fecondé par M. de
Clery, ainfi que par le feu des quatre - vingts Chaf
feurs de Fifcher , qu'il enfonça & mit en déroute
de corps de Cavalerie Hanovrienne qui étoit du
double plus fort que le fien. Onze Officiers du régiment
de Caraman ont été bleffés & trois d'entr'eux
font faits prifonniers : il y a eu cinq ou fix
Dragons tués & ſoixante - quinze bleflés . Voici la
lifte des Officiers .
-Capitaines. Le fieur Pinon bleffé & pris ; le
fieur le Feron , bleffé ; le Comte de Comminges
& fon neveu bleffés Lieutenans. Les fieurs du
Sauffay , Sacerre , des Fournaux , Dindy , &
Chellans , bleffés , le dernier prifonnier . Cornet
tés. Les fieurs de Cernieres , & Tely , bleffés
celui- ci prifonnier. M. le Marquis de Caraman
leur a tué plus de cent hommes , & fait plufieurs
prifonniers , entr'autres le Commandant des Chaf
eurs Hanovriens . Le Comte de Schullenbourg , Général
Major, qui les commandoit , a été bleffé. De
notre côté , on efpere qu'aucun des Officiers &
Dragons bleffés ne mourra , ni ne fera même
eftropié.
-Cette action diftinguée fait beaucoup d'honneur
à M. de Caraman, à fon Régiment , à M. de Clery,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE:
& aux foldats de Fifcher qu'il commandoir.
D'OSNABRUCH , le 20 Décembre.
Le 19 du même mois , à quatre heures du foir,
le fieur de Beauregard de Bellifle , Commiffaire
des guerres au fervice de France , ayant eu avis que
les Anglois faifoient paffer de l'argent aux Hanovriens
& au Roi de Pruffe , prit fi bien fon temps,
qu'avec un détachement du régiment de Condé ,
cavalerie , il furprit & arrêta quatre charriots
chargés de trente- huit-tonnes & de , fept caifles
pleines d'or & d'argent , partie monnoyés , partie
en lingots. Cet important coup de main fut fi
prompt , que ceux qui conduifoient le convoi
n'eurent pas le temps de fe mettre en défenſe . Le
tréfor qui a été déposé dans le logement du fiear
de Beauregard , eft gardé jour & nuit par un nombreux
détachement du même Régiment de Condé.
On a trouvé dans le Bureau de la pofte aux
chevaux , qui dépend de l'Etat d'Hanovre , quatre
lettres de voiture adreffées à différens Juifs,
Ce riche convoi étoit déja parvenu jufqu'à Brême;
mais il en étoit forti à l'approche des François ,
pour revenir à Nienbourg , & delà en cette Ville
chez le Maître des poftes . Celui- ci avoit ordre de
le garder , jufqu'à ce que les François ayant pris
leurs quatiers d'hiver, la route fût devenue libre
pour le tranfporter à l'armée des Hanovriens.
DE ZELL , le 26 Décembre.
La Citadelle de Harbourg fe défend toujours
avec la plus grande vigueur.
On apprend de Caffel, que M. le Prince de Soubife
y eft arrivé le 13 Décembre , & que tous les
JANVIER. 1758. 201
Régimens François , qui étoient dans le Comté de
Hanau , fe rendent fucceffivement dans le pays de
Helle .
Le 20 du même mois , le Prince Ferdinand de
Brunſwick fit faire un mouvement à ſes troupes
pour reculer fa droite. Il l'appuya au ruiffeau de
Kleinheelen , & fit occuper par des détachemens
les Villages de Groff & de Kleinheelen . Sa gauche
refta appuyée à la petite riviere de Lacht , &
fon quartier général à Altenhagen. L'armée de M.
le Maréchal de Richelieu avoit confervé ſon camp .
fur deux lignes . La droite étoit appuyée au petit
Village de Wefterzell , ayant en potence les Grenadiers
de France & les Grenadiers Royaux ; la
gauche tiroit au Pont de Schafferey , à l'extrêmité
du Fauxbourg de Zell , dit le Fauxbourg de Nienbourg
, & le front du camp étoit parconféquent
couvert par la Ville de Zell . Les mouvemens que
cette armée fit par fa droite fur l'Aller le 20 & le
21 , déterminerent les ennemis à garnir la riviere
de Lacht , & à mettre auffi plus de monde dans
le Village de Lacheindorff qu'ils occupoient,
*
Dans cette fituation , M. le Maréchal de Richelieu
qui avoit réfolu de paffer l'Aller , fit partir le 21
M. le Duc de Broglie , pour aller commander un
corps de Troupes qu'on avoit raffemblées dans le
Duché de Brême , avec ordre d'agir fur la Boheme
, de tourner la droite des ennemis , &
d'intercepter leurs convois. Le 22 & le 23 , il fit
différentes difpofitions , pour donner à l'ennemi
de l'inquiétude fur fa gauche & fur fes derrieres .
Le 24 , il donna fes ordres à M. le Marquis de
Villemur , pour paffer l'Aller à Muden , & favorifer
l'établiffement des ponts que le corps d'armée
devoit jetter fur cette riviere.
Male Comte Dauver & M. le Marquis de Caraman
202 MERCURE DE FRANCE.
étoient chargés en même temps de faire deux fauffes
attaques , l'une par le Fauxbourg de Lunebourg
, & l'autre par le pont de Schafferey , perdant
que M. le Duc d'Ayen , Lieutenant Général
, déboucheroit par le pont d'Altenzell , qui
avoit été retabli.
Le reste de l'armée fe pofta fur deux lignes à
Offenfen & à Schevachaufen .
Le 25, M. le Maréchal de Richelieu apprit à huit
heures du matin , que les attaques de la gauche
avoient pouflé les ennemis qui étoient devant élles
jufques dans leur camp , & qu'on l'avoit trouvé
abandonné , leur armée étant partie pendant
la nuit . Il ordonna auffitôt d'envoyer à leur pourfuite
tous les détachemens le plus en état d'y marcher
& de foutenir la fatigue & la rigueur, du
temps.
On leur a tué tout ce qu'une retraite extrêmement
précipitée a permis de joindre on leur a
fait jufqu'à ce jour environ cinq cens prifonniers ;
on leur a pris cent vingt chevaux & beaucoup de
charriots chargés de fubfiftances, de bagages &
d'agrez de pontons : il n'y a eu que vingt hommes
de
perte de notre côté. Les ennemis dirigent leur
retraite fur Lunebourg.
M. le Maréchal de Richelieu a établi hier fon
quartier général à Zell , & il a placé fon camp
dans le même terrein où étoit la veille l'armée du
Prince Ferdinand.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate les événements militaires en Allemagne, notamment la bataille entre les forces prussiennes et impériales près de Neumarck et Liffa. Le roi de Prusse, à la tête d'une armée de quarante mille hommes et d'une artillerie nombreuse, a tenté de pénétrer plus avant pour attaquer l'armée impériale près de Breslau ou couper ses subsistances. Les forces impériales, sous les ordres du Prince Charles et du Feld-Maréchal Comte de Daun, ont avancé pour couvrir Lignitz et contrer les projets prussiens. La bataille a commencé le 5 décembre. Les Prussiens ont attaqué l'aile gauche des Impériaux, forçant ces derniers à se retirer en bon ordre après un combat de plus de quatre heures. Parmi les pertes impériales, on compte le Comte de Luchefi et plusieurs autres officiers. Le Prince Charles et le Comte de Daun ont montré un grand courage et une activité remarquable. D'autres événements militaires sont également mentionnés, comme les actions du Marquis de Caraman contre les Hanovriens et la capture d'un convoi d'argent destiné aux ennemis par le sieur de Beauregard. La citadelle de Harbourg continue de se défendre vigoureusement. Les mouvements des armées de Brunswick et de Richelieu sont détaillés, notamment la traversée de l'Aller par les forces françaises. Le 25, le Maréchal de Richelieu a reçu des nouvelles indiquant que les attaques sur la gauche avaient repoussé les ennemis jusqu'à leur camp, trouvé abandonné. L'armée ennemie s'était retirée pendant la nuit. Richelieu a ordonné de poursuivre les ennemis avec les détachements les plus aptes à supporter la fatigue et les conditions climatiques rigoureuses. Les forces françaises ont tué un nombre significatif d'ennemis en fuite, fait environ cinq cents prisonniers, capturé cent vingt chevaux et de nombreux chariots chargés de subsistances, de bagages et d'équipements de pontons. Les pertes françaises se sont élevées à vingt hommes. Les ennemis se dirigeaient vers Lunebourg. Le Maréchal de Richelieu a établi son quartier général à Zell, sur le terrain où se trouvait précédemment l'armée du Prince Ferdinand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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56
p. 191-203
ALLEMAGNE.
Début :
Les Prussiens depuis quelques temps avoient poussé de Magdebourg à Halberstadt [...]
Mots clefs :
Hanovre, Prusse, Maréchal de Richelieu, Détachement, Ennemis, Armées, Opérations militaires, Bohême, Prince Charles de Lorraine, Soldats croates, Batailles, Garnisons, Mouvements des troupes, Breme, Convention, Duc de Broglie, Articles, Négociations, Artillerie, Troupes, Hambourg, Paiements, Assemblée des États de Saxe, Francfort, Dantzig, Soldats russes, Avancées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE HANOVRE , le 18 Janvier.
Les Pruffiens depuis quelque temps avoient
pouffé de Magdebourg à Halberstadt un corps
compofé de fix Bataillons , d'un Régiment de
Dragons & d'un Régiment de Huffards , & la préfence
de ces troupes autorifoit les habitans à refufer
les contributions en argent , & les fournitures
192 MERCURE DE FRANCE.
de grains auxquelles ils s'étoient foumis. D'autre
part , il étoit neceffaire de ravitailler le château
de Regenftein , qui n'avoit plus de vivres quepour
quelques jours. Toutes ces circonstances firent
prendre au Maréchal de Richelieu la réſolution
d'envoyer un fort détachement , pour enlever les
Pruffiens. Il choifit pour cette expédition le Marquis
de Voyer , Maréchal de Camp , qui étoit à
Wolfembuttel , & on lui donna onze Bataillons ,
trente - fix Piquets , deux Régimens de Cavalerie &
un de Huffards , avec quatre cens chevaux qui
étoient revenus de Brunswick. Le 10 , le Marquis
de Voyer raffembla ſes troupes fur le haut Oker ,
en faifant barrer les chemins pour arrêter tout ce
qui pouvoit avertir l'ennemi de fes difpofitions ,
& le même jour à l'entrée de la nuit , il les fit mar.
cher fur trois colonnes . Celle de la droite , aux
ordres du Comte Turpin , étoit compofée du Régiment
d'Infanterie de royal Baviere ; de celui de
Dumoutier , Cavalerie ; de trois cens Huffards en
avant , de quatre compagnies de Grenadiers , &
de douze Piquets venant de Goflar. Elle déboucha
de Schlad en dirigeant la marche par Stapelnbourg
& Dehrembourg , & elle devoit le porter
vers la porte de Halberstadt qui conduit à Quedlinbourg.
La colonne du centre , commandée par
M. le Marquis de Langeron , étoit formée de deux
Bataillons Autrichiens ; du Régiment de Condé ,
Infanterie ; du Bataillon des Grenadiers de Bergeret
, & du Régiment de Cavalerie de Berry. Cette
colonne , précédée par cent Huffards de Turpin ,
déboucha par Ornebourg , & marcha par Ofterwich
& Zillengen , pour fe rendre à la porte
d'Halberstadt , qui eft en face de ce chemin. Elle
avoit quatre pieces de canon & un pétard pour
faire fauter cette porte. La colonne de la gauche ,
анх
MARS. 178. 193
aux ordres du Marquis de Belzunce , confiftoic en
quatre bataillons de fon Régiment , fix compagnies
de Grenadiers , ving:-quatre Piquets , & les
quatre cens chevaux de Brunfwick . Elle partit
d'Achem , & marcha par la digue de Keendam . Sa
deftination étoit de paffer le ruiffeau d'Oltheim
au deffous d'Halberstadt , & d'en aller mafquer la
porte qui va à Groningue.
Ces trois colonnes déboucherent en même
temps à l'heure marquée , & le Marquis de Voyer
marcha avec celle du centre . Cette colonne &
celle de la gauche rencontrerent en chemin des
glaces qui leur cauferent quelque retard ; la troifieme
arriva devant Halberstadt le r au matin.
Les Pruffiens étoient fort tranquilles , parce qu'une
de leurs patrouilles , qui avoit été juſqu'à Öfterwich
, leur avoit rapporté qu'il n'y avoit rien de
nouveau. Mais une feconde patrouille ayant rencontré
l'avant-garde de M. le Comte Turpin , alla
porter l'allarme à Halberstadt , ce qui obligea les
ennemis à l'abandonner précipitamment , & à
laiffer leur hôpital avec beaucoup d'effets dans
cette Ville. Ils évacuerent en même temps Quedlinbourg
, & fe replierent fur Afcherleben pár la
route de la Sala.
Les fruits de cette expédition font d'avoir fait
entrer des vivres pour fix mois dans le château de
Regenftein, & d'avoir tiré d'Halberstadt deux cens
mille écus à compte des contributions que cette
Ville devoit . M. le Marquis de Voyer a fait diftri
buer aux troupes , par forme de gratification
foixante- dix mille rations de pain que les Pruffiens
n'ont pu emporter. Il a fait brûler un magazin
d'échelles préparées , felon toutes les apparen
ces , pour quelque entrepriſe ſecrete. On a de plus
abattu huit cens toifes du mur qui formoit l'en-
.
}
I -
194 MERCURE DE FRANCE:
ceinte d'Halberstadt : on a brifé & brûlé toutes les
portes de la Ville , & tous les pilaftres qui les fou
tenoient ont été détruits.
M. le Marquis de Voyer eft venu ici rendre
compte de toutes ces opérations à M. le Maréchal
de Richelieu. Ila amené avec lui pour ôtage M.
Dudick , homme de grande confidération dans le
pays ; les deux Chefs de la Régence d'Halberstadt ,
deux Référendaires du Clergé , & le principal Négociant
de laVille. Des deux cens mille écus exigés
à compte , la plus grande partie a été payée
Comptant en efpeces , & l'on a de bons effets pour
la fûreté du refte. Enfin , il nous eft encore venu
gratuitement deux mille cinq cens facs de grains ,
fans préjudice des cent vingt- cinq mille facs qut
étoient promis par la convention , dont l'inexécu
zion a été punie.
M.le Comte Turpin a détruit ou enlévé à Quedlinbourg
tous les magazins que l'ennemi y avoit
formés. Peu de jours après , les Pruffiens ont en
core abandonné Acherſleben , & tous les quartiers
qu'ils occupoient dans le pays. Une grande partie
des traîneurs & des prifonniers qu'on leur a faits ,
ant pris parti dans nas Régimens.
DE KONTSGRATZEN BOHEME , le 27 Janvier.
Depuis le départ du Prince Charles , le Maré
chal Comte de Daun continue de faire fes difpo
fitions , tant pour allurer fes cantonnemens &
faire échouer les entreprifes que les Pruffiens
pourroient tenter de ce côté- ci , que pour fe mettre
en état d'agir lui-même à la premiere occafion.
Le Général Comte Nadaftia fon quartier général
è Leitomiffel. L'armée fe renforce tous les jours ;
Le Royaume feulva fournir dix mille-recrues d'Infanterie.
MAR S. 1758 . 195
Sur l'avis qu'on a eu qu'un corps de Pruffiens
étoit en marche pour tenter une irruption dans la
Siléfie Autrichienne , les troupes de Baviere qui
s'étoient jointes au corps du Général Baron de
Marshal , cantonné aux environs de Welwaren ,
ont eu ordre de fe rendre du côté de Brinn en
Moravie.
Nos Croates ont repouffé vigoureuſement près
de Schatzlar vers Libau , un gros détachement de
Pruffiens , & ils ont fait des prifonniers.
Le corps du Général Marshal eſt dans une pofition
fort avantageufe. Il forme une chaîne qui
s'étend depuis Leitmeritz le long de l'Eger jufqu'à
Saatz ; enforte qu'il peut aifément fe porter en
force fur l'Elbe , & de tel autre côté où il fera
néceffaire.
Nous attendons inceffamment la garnifon de
Lignitz , qui eft en marche pour nous rejoindre.
Quatre mille Croates , à ce qu'on affure , le
font fait jour à travers l'armée ennemie, près do
Breslau , & ont pris la route de Pologne.
La garnifon de Schweidnitz a fait le 13 de Janvier
une vigoureufe fortie fur les troupes Pruffiennes
qui bloquent cette Place. Les ennemis y
ont perdu bien du monde , & le détachement de
la garnifon y eft rentré avec beaucoup de prifonniers
, de vivres , de bagages & de beftiaux.
Les Pruffiens ont fait du côté de Gratz en Styrie
une tentative qui a échouée. Le 15 , vers une
heure après midi , les ennemis au nombre de dixhuit
cens hommes d'Infanterie , & de deux mille
trois cens hommes, tant Cavalerie que Huffards ,
fe mirent en mouvement. Leur avant- garde qui
venoit de Schmirowitz , s'avança jufqu'à une métairie
dont elle s'empara fans peine . Le.refte des
Pruffiens qui s'étoit formé fur la montagne , la
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
defcendit en même temps , & tous enſemble' ils
attaquerent une brafferie fituée au bas de cette
montagne , & qui ferme de ce côté-là l'entrée de
Grátz . Ils avoient laiffé derriere eux fur la hauteur,
de l'artillerie qui , en les protégeant , foudroyoit le
front de l'attaque . Auffi- tôt que M. le Marquis de
Ville , Lieutenant-Général qui commande à Gratz,
avoit vu l'ennemi s'ébranler , il avoit envoyé ordre
au Colonel Simbshon de foutenir la braſſerie . Cet
Officier en conféquence fit occuper par quelques
troupes un jardin , qui eft au deffus de cette brafferie
, & il y plaça du canon qui fut fi bien fervi ,
qu'après une attaque qui dura plus d'une heure ,
les Pruffiens furent forcés de prendre la fuite &
de regagner la montagne. On les pourſuivit autant
qu'il fut poffible , & on leur tua encore ou on leur
bleffa une trentaine d'hommes. Cette retraite précipitée
fe fit avec tant de confufion , qu'ils abandonnerent
leurs morts & leurs bleffés . Leur perte ,
ycompris quelques prifonniers qu'on leur a faits ,
peut fe monter à peu près à quatre cens hommes.
Les Impériaux , de leur côté , n'ont eu que trenteun
bleffés & huit morts. Les Pruffiens qui étoient
partis de Troppau à fix heures du matin , n'y font
rentrés qu'à huit heures du foir : ils n'avoient
laiffé dans cette Ville qu'environ deux cens
hommes.
:
Sur quelques mouvemens faits par les Pruffiens
du côté de la Moravie , & vers les frontieres de la
Hongrie , on a détaché le Général Gaftheim avec
fix mille hommes pour occuper les gorges de Jablunka.
Les Hongrois des Cercles limitrophes
ont en même temps reçu ordre de fe tenir prêts à
monter à cheval au premier avis .
Les exactions que les Pruffiens font dans la Siléfie
Autrichienne , font fi exhorbitantes ; qu'une
MAR S. 17,8 . 197
grande partie des habitans déferte le pays . On
affure que la feule ville de Troppau a été taxée
quatre- vingts mille écus .
DE BREME , le 16 Janvier.
,
M. le Maréchal de Richelieu ayant des avis fûrs .
que les Hanovriens , non contens d'avoir enfreint
la convention de Clofterfeven en renouvellant .
les hoftilités qu'ils s'étoient engagés de ceffer
vouloient encore s'emparer de la ville de Brême, ce
qui nous auroit empêché de foutenir les quartiers
du bas- Aller , & nous auroit ôté la communication
avec l'Ooft - Frife , envoya ordre à M. le Duc
de Broglie de les prévenir. En conféquence cet
Officier Général fit marcher hier un détachement
au village de Hoffelhaufen , pour contenir les ennemis
qui s'y étoient préfentés ; & fur le foir , il
fit fommer les Magiftrats de Brême de recevoir les
troupes de Sa Majefté dans leur Ville . Après une
négociation qui dura jufqu'à dix heures , on lui
remit une porte qui fut occupée par fix compagnies
de Grenadiers . Ce matin M. le Duc de Bro-,
glie eft entré dans la Ville à la tête d'une compagnie
de Grenadiers , pour en impofer à la populace
, qui s'étoit ameutée devant la maifon de.
Ville , pendant que l'on travailloit au logement .
des Troupes. Le tumulte ayant été appaifé par fes
foins , la Garnifon eft entrée , & le logement s'eft.
fait fans aucune difficulté . Le Baron de Wormfer ,
Brigadier d'Infanterie eft refté dans la Ville poury
commander.
Accord fait entre M. le Duc de Broglie & les
Magiftrats de Brême.
Article Premier Comme l'occupation de la
Ville eft faite au nom de Sa Majefté Impériale ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
il s'entend qu'Elle ne fera aucun préjudice à la
liberté & immédiatéité de la Ville & du territoire
y appartenant , & à fes privileges.
Réponse. L'infraction de la Convention de Clofterfeven
étant la ſeule raiſon qui oblige M. le Maréchal-
Duc de Richelieu à s'emparer de la Ville
de Brême , elle ne doit point douter que fa liberté
immédiate & celle de fon territoire , ainfi
que fes privileges , ne foient confervés par Sa
Majefté Impériale.
Article IF. Conféquemment , le Gouvernement ,
la Religion & fon exercice dans les Eglifes Réformées
, ainfi que dans le Dôme , le Commerce ,
tant par terre que par eau l'Etat Politique ,
Eccléfiaftique & Militaire de la Ville , ne fouf
friront aucun changement.
"
Réponse . Accorde. Il fera même donné des
Gardes les jours de Fères , pour la tranquillité
du Service , toutes les fois qu'elles feront de
mandées.
Article III. Les Paffeports donnés par le Sénat,
tant pour les perfonnes que pour les marchan
difes & les hardes , feront refpectés .
Réponse. Accordé.
Article IV. Les fortifications de la Ville de
iheureront en létat préfent , fans aucun changement.
Réponfe. Si on y fait quelques changemens ,
ce fera plutôt pour les améliorer,
Article V. L'Arcenal de la Ville , fes muni
tions , les canons , les magazins à poudre & à
bled , & les attirails de guerre appartenant à
la Ville , refteront entiérement & pleinement à la
Ville.
Réponse. L'Arcenal , les munitions , les canons ,
les magazins à poudre & le magazin à bled , refte
MARS. 175.8. 199
-
ront à Meffieurs de la Ville . Les clefs de l'Arcenal ,
ainfi: que celles des magazins , feront entre les
mains de MM . les Magiftrats : on y mettra feulement
des Gardes , pour la fûreté de ce qui y eft
renfermé.
Article VI. La Ville fera difpenfée de loger des
Troupes Françoifes , qui y monteront la garde
conjointement avec celles de la Ville.
Réponse. On ne logera dans la Ville que la
quantité de Troupes néceffaires pour la fûreté , &
les Magiftrats peuvent être certains que toutes les
précautions feront prifes pour que les logemens
ne foient point à charge.
Article VII. On cédera une ou deux portes
de la Ville aux Troupes Françoifes , qui y montesont
la garde conjointement avec celles de la
Ville.
Réponse. Les Troupes Françoifes monteront la
garde aur portes conjointement avec les Troupes
de la Ville , mais à toutes les portes .
Article VIII. Auffi - tôt que la fituation préfente
des deux armées dans notre voisinage changera les
poftes , les fauxbourgs & le territoire de la Ville
ferant évacués fans aucune prétention ou exécution
, fons quelque prétexte que ce foit.
Réponse. Accordé, dès que les raifons de guerre
ne le demanderont plus. Cet article répond en
mêmetemps à celui qui fuit.
Article IX. Les portes de la Ville , les fauxbourgs
& le territoire feront évacués dans le cas
où le Général de l'armée Françoiſe donnera une
Déclaration qui portera qu'il ne veut plus occuper
la ville de Brême, & qu'il la laiffe jouir de la neu
tralité.
Réponse. Répondu par l'article précédent.
Article X. On ne demandera à la Ville ni por
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
tions , ni rations , ni fubfiftances , ni chauffage ;
tout fera payé en argent comptant , fans forcer la
Bourgeoifie à la livraiſon.
Réponse . Tout fera payé en argent comptant
par les Officiers . Pour ce qui eft du chauffage , il
fera néceffaire que les hôtes y pourvoyent , juſqu'à
ce qu'on ait pu faire prendre des arrangemens
par les Commiffaires.
Article XI. Une exacte difcipline fera obfervée.
parmi les Troupes qui feront dans la Ville , dans
les fauxbourgs & le territoire.
Réponse. La meilleure & la plus exacte fera obfervée
; je leur en donne ma parole d'honneur .
Article XII. Leurs Majeftés Impériale & très-
Chrétienne voudront bien procurer la fûreté du
commerce , & garantir la Ville & fon territoire à
la paix prochaine en pleine liberté & immédiatéité
, & Elles ordonneront qu'elle foit dédommagée
de tout ce qu'elle a fouffert pendant cette
guerre.
Réponse. Accordé .
Article XIII. On n'établira dans la Ville ni
dans les fauxbourgs aucun hôpital.
Réponse . Accordé. On établira feulement dans
un des fauxbourgs un hôpital ambulant , pour
donner les premiers fecours aux malades & bleffés
, qu'on fera tranfporter enfuite dans les hôpitaux
de Hoya ou de Verden. Signé , le Duc de
Broglie.
" Au nom du Sénat , D. Smidt , L. Groning , J.
de Meinertshagen , J. Nonnen.
Au nom de la Bourgeoifie , F. H. Kroft , H.
Meyer , Pierre Wichelhaufen , André , J. Trevi-
Sanus.
MA RS. 1758. 201
DE HAMBOURG , le 28 Janvier.
1
2
Toutes les lettres de Léipfick & de Drefde ne.
parlent que des contributions dont l'Electorat de
Saxe eft accablé . Voici le réſultat de ces lettres .
dont on laiffe aux événemens à conftater l'exactitude.
La feule Ville de Léipfick , qui a déja payé
au Roi de Prufle , en efpeces , onze tonnes d'or ,
c'est-à-dire onze cens mille écus , ( fans ce qui lui
en a coûté pour les quartiers & pour l'Hôpital des
Pruffiens, ) a reçu ordre de fournir encore , au plus
tard à la fin du mois , la fomme de huit cents
mille écus , fous peine d'exécution militaire ; ce
qu'on a de la peine à concilier avec la promeffe ,
donnée par écrit de la part du Roi de Pruffe , que
cette Ville , après avoir fatisfait au paiement des
trois cents mille écus éxigés d'elle au mois d'oc
tobre dernier , feroit exempte de toutes autres
contributions . Il eft vrai que cette impofition eft
faite à titre d'emprunt ; mais elle doit être repartie
für les Négocians & les Bourgeois , principalement
fur les Catholiques Romains qui ont déja
contribué aux premieres.
On a fignifié en même temps à la Nobleffe de
Saxe des ordres précis de payer , fans autre délai
le don gratuit de fix cents mille écus qui lui a été '
demandé dès l'année derniere ; & il faut que le
paiement de cette fomme foit fait en trois termes
égaux , dont le dernier eft fixé au 15 février prochain.
L'affemblée des Etats de Saxe convoquée à
Léipfick , n'a encore rien réglé par rapport à l'ad-"
miniſtration des revenus de l'Electorat. Cependant
le Directoire de Torgau a confifqué depuis pen'le
Baillage de Barby qui eft affermé , & le fcellé a
été mis fur les greniers & les magafins publics.
L V
202. MERCURE DE FRANCE
Les exécutions militaires recommencent dans le
Cercle de Mifnie , pour les fournitures de froment
que les Pruffiens en exigent. On ſe ſert de la même
voie pour le recouvrement de tous les deniers
de la Stuer, qui font reftés entre les mains des Redeveurs
particuliers . Le cercle de Neuftadt eft obligé
de fournir , pour les Troupes du Maréchaf
Keith, cent foixante- cinq mille mefures de farine,
& cinquante- cinq mille cinq cens rations. Enfin
le chapitre de Merfebourg eft taxé à foixante- dix
mille écus , fans avoir pu obtenir de modération.
DE FRANCFORT , le 25 Janvier.
Un détachement Pruffien de cent cinquante
hommes , commandé рак le Partiſan Meyer , arriva
le 20 de ce mois à Niſchwitz , châtean appartenant
au Comte de Brulh , premier Miniftre :
de Sa Majefté Polonoife. Ce Partifan fit auffi-tôt
fonner le tocfia , pour affembler les Payfans du
Village & des environs ; enfuite il leur ordonna ,
fous peine d'exécution militaire , de fer rendre le
lendemain au château , avec des hâches , des -leviers
, des pelles & autres inftrumens ſemblables.
Ces ordres donnés , le détachement s'occupa le
refte du jour & toute la nuit à démeubler les appartemens
, ce qui ne fe fit pas fans pillage. Le
lendemain 21 , plus de deux cents Payfans s'étant'
rendus à l'heure marquée au château , le Partiſan
Meyer les obligea d'en brifer toutes les portes &
fenêtres , d'enfoncer les plafonds & les planchers ,
d'abattre les toits , de renverfer les efcaliers , les
cloiſons , les murs intérieurs , &c. ce qu'il fit faire
avec tant d'activité , qu'en moins de fix heures il
ne refta que la carcaffe du bâtiment . L'orangerie
& les jardins furent traités de même. Toutes les
allées furent coupées , les charmilles détruites ,
MAR S. 1758. 203
les bofquets & les paliffades arrachés ou brûlés ,
& plufieurs milliers d'arbres fruitiers fciés à un
demi- pied de terre. Après la deftruction da chatdau
, on alla piller les fermes & leurs dépendances
. qui ne furent garanties d'une ruine totale
qu'en payant fept mille florins au Partifan. Tous
les effets du château ont été conduits à Halle.
Le même jour, le magnifique château de Pforten
, dans la Luface , appartenant encore au Comte
de Brulh , fut mis au même état que celui de
Nifchwitz , par un détachement de Huffards dur
Régiment de Seckely.
DE DANTZICH , le 26 Janvier.
La marche des Ruffiens eft certaine. Uhe colonne
de leurs troupes d'environ dix mille hommes
, aux ordres du Général Romanzow , a paſſe
Tilfit & s'eft portée für Konigfberg. On affure
même que la garnifon de cette Ville , ainfi que
celle de Pillau , s'eft retirée , après avoir encloué
le canon qu'elle n'a pu emporter , & que les Magiftrats
de Konigsberg ont député au Général Fermer,
pour régler la Capitulation. On ajoute que
les Ruffiens obfervent partout la plus exacte difcipline.
DE HANOVRE , le 18 Janvier.
Les Pruffiens depuis quelque temps avoient
pouffé de Magdebourg à Halberstadt un corps
compofé de fix Bataillons , d'un Régiment de
Dragons & d'un Régiment de Huffards , & la préfence
de ces troupes autorifoit les habitans à refufer
les contributions en argent , & les fournitures
192 MERCURE DE FRANCE.
de grains auxquelles ils s'étoient foumis. D'autre
part , il étoit neceffaire de ravitailler le château
de Regenftein , qui n'avoit plus de vivres quepour
quelques jours. Toutes ces circonstances firent
prendre au Maréchal de Richelieu la réſolution
d'envoyer un fort détachement , pour enlever les
Pruffiens. Il choifit pour cette expédition le Marquis
de Voyer , Maréchal de Camp , qui étoit à
Wolfembuttel , & on lui donna onze Bataillons ,
trente - fix Piquets , deux Régimens de Cavalerie &
un de Huffards , avec quatre cens chevaux qui
étoient revenus de Brunswick. Le 10 , le Marquis
de Voyer raffembla ſes troupes fur le haut Oker ,
en faifant barrer les chemins pour arrêter tout ce
qui pouvoit avertir l'ennemi de fes difpofitions ,
& le même jour à l'entrée de la nuit , il les fit mar.
cher fur trois colonnes . Celle de la droite , aux
ordres du Comte Turpin , étoit compofée du Régiment
d'Infanterie de royal Baviere ; de celui de
Dumoutier , Cavalerie ; de trois cens Huffards en
avant , de quatre compagnies de Grenadiers , &
de douze Piquets venant de Goflar. Elle déboucha
de Schlad en dirigeant la marche par Stapelnbourg
& Dehrembourg , & elle devoit le porter
vers la porte de Halberstadt qui conduit à Quedlinbourg.
La colonne du centre , commandée par
M. le Marquis de Langeron , étoit formée de deux
Bataillons Autrichiens ; du Régiment de Condé ,
Infanterie ; du Bataillon des Grenadiers de Bergeret
, & du Régiment de Cavalerie de Berry. Cette
colonne , précédée par cent Huffards de Turpin ,
déboucha par Ornebourg , & marcha par Ofterwich
& Zillengen , pour fe rendre à la porte
d'Halberstadt , qui eft en face de ce chemin. Elle
avoit quatre pieces de canon & un pétard pour
faire fauter cette porte. La colonne de la gauche ,
анх
MARS. 178. 193
aux ordres du Marquis de Belzunce , confiftoic en
quatre bataillons de fon Régiment , fix compagnies
de Grenadiers , ving:-quatre Piquets , & les
quatre cens chevaux de Brunfwick . Elle partit
d'Achem , & marcha par la digue de Keendam . Sa
deftination étoit de paffer le ruiffeau d'Oltheim
au deffous d'Halberstadt , & d'en aller mafquer la
porte qui va à Groningue.
Ces trois colonnes déboucherent en même
temps à l'heure marquée , & le Marquis de Voyer
marcha avec celle du centre . Cette colonne &
celle de la gauche rencontrerent en chemin des
glaces qui leur cauferent quelque retard ; la troifieme
arriva devant Halberstadt le r au matin.
Les Pruffiens étoient fort tranquilles , parce qu'une
de leurs patrouilles , qui avoit été juſqu'à Öfterwich
, leur avoit rapporté qu'il n'y avoit rien de
nouveau. Mais une feconde patrouille ayant rencontré
l'avant-garde de M. le Comte Turpin , alla
porter l'allarme à Halberstadt , ce qui obligea les
ennemis à l'abandonner précipitamment , & à
laiffer leur hôpital avec beaucoup d'effets dans
cette Ville. Ils évacuerent en même temps Quedlinbourg
, & fe replierent fur Afcherleben pár la
route de la Sala.
Les fruits de cette expédition font d'avoir fait
entrer des vivres pour fix mois dans le château de
Regenftein, & d'avoir tiré d'Halberstadt deux cens
mille écus à compte des contributions que cette
Ville devoit . M. le Marquis de Voyer a fait diftri
buer aux troupes , par forme de gratification
foixante- dix mille rations de pain que les Pruffiens
n'ont pu emporter. Il a fait brûler un magazin
d'échelles préparées , felon toutes les apparen
ces , pour quelque entrepriſe ſecrete. On a de plus
abattu huit cens toifes du mur qui formoit l'en-
.
}
I -
194 MERCURE DE FRANCE:
ceinte d'Halberstadt : on a brifé & brûlé toutes les
portes de la Ville , & tous les pilaftres qui les fou
tenoient ont été détruits.
M. le Marquis de Voyer eft venu ici rendre
compte de toutes ces opérations à M. le Maréchal
de Richelieu. Ila amené avec lui pour ôtage M.
Dudick , homme de grande confidération dans le
pays ; les deux Chefs de la Régence d'Halberstadt ,
deux Référendaires du Clergé , & le principal Négociant
de laVille. Des deux cens mille écus exigés
à compte , la plus grande partie a été payée
Comptant en efpeces , & l'on a de bons effets pour
la fûreté du refte. Enfin , il nous eft encore venu
gratuitement deux mille cinq cens facs de grains ,
fans préjudice des cent vingt- cinq mille facs qut
étoient promis par la convention , dont l'inexécu
zion a été punie.
M.le Comte Turpin a détruit ou enlévé à Quedlinbourg
tous les magazins que l'ennemi y avoit
formés. Peu de jours après , les Pruffiens ont en
core abandonné Acherſleben , & tous les quartiers
qu'ils occupoient dans le pays. Une grande partie
des traîneurs & des prifonniers qu'on leur a faits ,
ant pris parti dans nas Régimens.
DE KONTSGRATZEN BOHEME , le 27 Janvier.
Depuis le départ du Prince Charles , le Maré
chal Comte de Daun continue de faire fes difpo
fitions , tant pour allurer fes cantonnemens &
faire échouer les entreprifes que les Pruffiens
pourroient tenter de ce côté- ci , que pour fe mettre
en état d'agir lui-même à la premiere occafion.
Le Général Comte Nadaftia fon quartier général
è Leitomiffel. L'armée fe renforce tous les jours ;
Le Royaume feulva fournir dix mille-recrues d'Infanterie.
MAR S. 1758 . 195
Sur l'avis qu'on a eu qu'un corps de Pruffiens
étoit en marche pour tenter une irruption dans la
Siléfie Autrichienne , les troupes de Baviere qui
s'étoient jointes au corps du Général Baron de
Marshal , cantonné aux environs de Welwaren ,
ont eu ordre de fe rendre du côté de Brinn en
Moravie.
Nos Croates ont repouffé vigoureuſement près
de Schatzlar vers Libau , un gros détachement de
Pruffiens , & ils ont fait des prifonniers.
Le corps du Général Marshal eſt dans une pofition
fort avantageufe. Il forme une chaîne qui
s'étend depuis Leitmeritz le long de l'Eger jufqu'à
Saatz ; enforte qu'il peut aifément fe porter en
force fur l'Elbe , & de tel autre côté où il fera
néceffaire.
Nous attendons inceffamment la garnifon de
Lignitz , qui eft en marche pour nous rejoindre.
Quatre mille Croates , à ce qu'on affure , le
font fait jour à travers l'armée ennemie, près do
Breslau , & ont pris la route de Pologne.
La garnifon de Schweidnitz a fait le 13 de Janvier
une vigoureufe fortie fur les troupes Pruffiennes
qui bloquent cette Place. Les ennemis y
ont perdu bien du monde , & le détachement de
la garnifon y eft rentré avec beaucoup de prifonniers
, de vivres , de bagages & de beftiaux.
Les Pruffiens ont fait du côté de Gratz en Styrie
une tentative qui a échouée. Le 15 , vers une
heure après midi , les ennemis au nombre de dixhuit
cens hommes d'Infanterie , & de deux mille
trois cens hommes, tant Cavalerie que Huffards ,
fe mirent en mouvement. Leur avant- garde qui
venoit de Schmirowitz , s'avança jufqu'à une métairie
dont elle s'empara fans peine . Le.refte des
Pruffiens qui s'étoit formé fur la montagne , la
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
defcendit en même temps , & tous enſemble' ils
attaquerent une brafferie fituée au bas de cette
montagne , & qui ferme de ce côté-là l'entrée de
Grátz . Ils avoient laiffé derriere eux fur la hauteur,
de l'artillerie qui , en les protégeant , foudroyoit le
front de l'attaque . Auffi- tôt que M. le Marquis de
Ville , Lieutenant-Général qui commande à Gratz,
avoit vu l'ennemi s'ébranler , il avoit envoyé ordre
au Colonel Simbshon de foutenir la braſſerie . Cet
Officier en conféquence fit occuper par quelques
troupes un jardin , qui eft au deffus de cette brafferie
, & il y plaça du canon qui fut fi bien fervi ,
qu'après une attaque qui dura plus d'une heure ,
les Pruffiens furent forcés de prendre la fuite &
de regagner la montagne. On les pourſuivit autant
qu'il fut poffible , & on leur tua encore ou on leur
bleffa une trentaine d'hommes. Cette retraite précipitée
fe fit avec tant de confufion , qu'ils abandonnerent
leurs morts & leurs bleffés . Leur perte ,
ycompris quelques prifonniers qu'on leur a faits ,
peut fe monter à peu près à quatre cens hommes.
Les Impériaux , de leur côté , n'ont eu que trenteun
bleffés & huit morts. Les Pruffiens qui étoient
partis de Troppau à fix heures du matin , n'y font
rentrés qu'à huit heures du foir : ils n'avoient
laiffé dans cette Ville qu'environ deux cens
hommes.
:
Sur quelques mouvemens faits par les Pruffiens
du côté de la Moravie , & vers les frontieres de la
Hongrie , on a détaché le Général Gaftheim avec
fix mille hommes pour occuper les gorges de Jablunka.
Les Hongrois des Cercles limitrophes
ont en même temps reçu ordre de fe tenir prêts à
monter à cheval au premier avis .
Les exactions que les Pruffiens font dans la Siléfie
Autrichienne , font fi exhorbitantes ; qu'une
MAR S. 17,8 . 197
grande partie des habitans déferte le pays . On
affure que la feule ville de Troppau a été taxée
quatre- vingts mille écus .
DE BREME , le 16 Janvier.
,
M. le Maréchal de Richelieu ayant des avis fûrs .
que les Hanovriens , non contens d'avoir enfreint
la convention de Clofterfeven en renouvellant .
les hoftilités qu'ils s'étoient engagés de ceffer
vouloient encore s'emparer de la ville de Brême, ce
qui nous auroit empêché de foutenir les quartiers
du bas- Aller , & nous auroit ôté la communication
avec l'Ooft - Frife , envoya ordre à M. le Duc
de Broglie de les prévenir. En conféquence cet
Officier Général fit marcher hier un détachement
au village de Hoffelhaufen , pour contenir les ennemis
qui s'y étoient préfentés ; & fur le foir , il
fit fommer les Magiftrats de Brême de recevoir les
troupes de Sa Majefté dans leur Ville . Après une
négociation qui dura jufqu'à dix heures , on lui
remit une porte qui fut occupée par fix compagnies
de Grenadiers . Ce matin M. le Duc de Bro-,
glie eft entré dans la Ville à la tête d'une compagnie
de Grenadiers , pour en impofer à la populace
, qui s'étoit ameutée devant la maifon de.
Ville , pendant que l'on travailloit au logement .
des Troupes. Le tumulte ayant été appaifé par fes
foins , la Garnifon eft entrée , & le logement s'eft.
fait fans aucune difficulté . Le Baron de Wormfer ,
Brigadier d'Infanterie eft refté dans la Ville poury
commander.
Accord fait entre M. le Duc de Broglie & les
Magiftrats de Brême.
Article Premier Comme l'occupation de la
Ville eft faite au nom de Sa Majefté Impériale ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
il s'entend qu'Elle ne fera aucun préjudice à la
liberté & immédiatéité de la Ville & du territoire
y appartenant , & à fes privileges.
Réponse. L'infraction de la Convention de Clofterfeven
étant la ſeule raiſon qui oblige M. le Maréchal-
Duc de Richelieu à s'emparer de la Ville
de Brême , elle ne doit point douter que fa liberté
immédiate & celle de fon territoire , ainfi
que fes privileges , ne foient confervés par Sa
Majefté Impériale.
Article IF. Conféquemment , le Gouvernement ,
la Religion & fon exercice dans les Eglifes Réformées
, ainfi que dans le Dôme , le Commerce ,
tant par terre que par eau l'Etat Politique ,
Eccléfiaftique & Militaire de la Ville , ne fouf
friront aucun changement.
"
Réponse . Accorde. Il fera même donné des
Gardes les jours de Fères , pour la tranquillité
du Service , toutes les fois qu'elles feront de
mandées.
Article III. Les Paffeports donnés par le Sénat,
tant pour les perfonnes que pour les marchan
difes & les hardes , feront refpectés .
Réponse. Accordé.
Article IV. Les fortifications de la Ville de
iheureront en létat préfent , fans aucun changement.
Réponfe. Si on y fait quelques changemens ,
ce fera plutôt pour les améliorer,
Article V. L'Arcenal de la Ville , fes muni
tions , les canons , les magazins à poudre & à
bled , & les attirails de guerre appartenant à
la Ville , refteront entiérement & pleinement à la
Ville.
Réponse. L'Arcenal , les munitions , les canons ,
les magazins à poudre & le magazin à bled , refte
MARS. 175.8. 199
-
ront à Meffieurs de la Ville . Les clefs de l'Arcenal ,
ainfi: que celles des magazins , feront entre les
mains de MM . les Magiftrats : on y mettra feulement
des Gardes , pour la fûreté de ce qui y eft
renfermé.
Article VI. La Ville fera difpenfée de loger des
Troupes Françoifes , qui y monteront la garde
conjointement avec celles de la Ville.
Réponse. On ne logera dans la Ville que la
quantité de Troupes néceffaires pour la fûreté , &
les Magiftrats peuvent être certains que toutes les
précautions feront prifes pour que les logemens
ne foient point à charge.
Article VII. On cédera une ou deux portes
de la Ville aux Troupes Françoifes , qui y montesont
la garde conjointement avec celles de la
Ville.
Réponse. Les Troupes Françoifes monteront la
garde aur portes conjointement avec les Troupes
de la Ville , mais à toutes les portes .
Article VIII. Auffi - tôt que la fituation préfente
des deux armées dans notre voisinage changera les
poftes , les fauxbourgs & le territoire de la Ville
ferant évacués fans aucune prétention ou exécution
, fons quelque prétexte que ce foit.
Réponse. Accordé, dès que les raifons de guerre
ne le demanderont plus. Cet article répond en
mêmetemps à celui qui fuit.
Article IX. Les portes de la Ville , les fauxbourgs
& le territoire feront évacués dans le cas
où le Général de l'armée Françoiſe donnera une
Déclaration qui portera qu'il ne veut plus occuper
la ville de Brême, & qu'il la laiffe jouir de la neu
tralité.
Réponse. Répondu par l'article précédent.
Article X. On ne demandera à la Ville ni por
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
tions , ni rations , ni fubfiftances , ni chauffage ;
tout fera payé en argent comptant , fans forcer la
Bourgeoifie à la livraiſon.
Réponse . Tout fera payé en argent comptant
par les Officiers . Pour ce qui eft du chauffage , il
fera néceffaire que les hôtes y pourvoyent , juſqu'à
ce qu'on ait pu faire prendre des arrangemens
par les Commiffaires.
Article XI. Une exacte difcipline fera obfervée.
parmi les Troupes qui feront dans la Ville , dans
les fauxbourgs & le territoire.
Réponse. La meilleure & la plus exacte fera obfervée
; je leur en donne ma parole d'honneur .
Article XII. Leurs Majeftés Impériale & très-
Chrétienne voudront bien procurer la fûreté du
commerce , & garantir la Ville & fon territoire à
la paix prochaine en pleine liberté & immédiatéité
, & Elles ordonneront qu'elle foit dédommagée
de tout ce qu'elle a fouffert pendant cette
guerre.
Réponse. Accordé .
Article XIII. On n'établira dans la Ville ni
dans les fauxbourgs aucun hôpital.
Réponse . Accordé. On établira feulement dans
un des fauxbourgs un hôpital ambulant , pour
donner les premiers fecours aux malades & bleffés
, qu'on fera tranfporter enfuite dans les hôpitaux
de Hoya ou de Verden. Signé , le Duc de
Broglie.
" Au nom du Sénat , D. Smidt , L. Groning , J.
de Meinertshagen , J. Nonnen.
Au nom de la Bourgeoifie , F. H. Kroft , H.
Meyer , Pierre Wichelhaufen , André , J. Trevi-
Sanus.
MA RS. 1758. 201
DE HAMBOURG , le 28 Janvier.
1
2
Toutes les lettres de Léipfick & de Drefde ne.
parlent que des contributions dont l'Electorat de
Saxe eft accablé . Voici le réſultat de ces lettres .
dont on laiffe aux événemens à conftater l'exactitude.
La feule Ville de Léipfick , qui a déja payé
au Roi de Prufle , en efpeces , onze tonnes d'or ,
c'est-à-dire onze cens mille écus , ( fans ce qui lui
en a coûté pour les quartiers & pour l'Hôpital des
Pruffiens, ) a reçu ordre de fournir encore , au plus
tard à la fin du mois , la fomme de huit cents
mille écus , fous peine d'exécution militaire ; ce
qu'on a de la peine à concilier avec la promeffe ,
donnée par écrit de la part du Roi de Pruffe , que
cette Ville , après avoir fatisfait au paiement des
trois cents mille écus éxigés d'elle au mois d'oc
tobre dernier , feroit exempte de toutes autres
contributions . Il eft vrai que cette impofition eft
faite à titre d'emprunt ; mais elle doit être repartie
für les Négocians & les Bourgeois , principalement
fur les Catholiques Romains qui ont déja
contribué aux premieres.
On a fignifié en même temps à la Nobleffe de
Saxe des ordres précis de payer , fans autre délai
le don gratuit de fix cents mille écus qui lui a été '
demandé dès l'année derniere ; & il faut que le
paiement de cette fomme foit fait en trois termes
égaux , dont le dernier eft fixé au 15 février prochain.
L'affemblée des Etats de Saxe convoquée à
Léipfick , n'a encore rien réglé par rapport à l'ad-"
miniſtration des revenus de l'Electorat. Cependant
le Directoire de Torgau a confifqué depuis pen'le
Baillage de Barby qui eft affermé , & le fcellé a
été mis fur les greniers & les magafins publics.
L V
202. MERCURE DE FRANCE
Les exécutions militaires recommencent dans le
Cercle de Mifnie , pour les fournitures de froment
que les Pruffiens en exigent. On ſe ſert de la même
voie pour le recouvrement de tous les deniers
de la Stuer, qui font reftés entre les mains des Redeveurs
particuliers . Le cercle de Neuftadt eft obligé
de fournir , pour les Troupes du Maréchaf
Keith, cent foixante- cinq mille mefures de farine,
& cinquante- cinq mille cinq cens rations. Enfin
le chapitre de Merfebourg eft taxé à foixante- dix
mille écus , fans avoir pu obtenir de modération.
DE FRANCFORT , le 25 Janvier.
Un détachement Pruffien de cent cinquante
hommes , commandé рак le Partiſan Meyer , arriva
le 20 de ce mois à Niſchwitz , châtean appartenant
au Comte de Brulh , premier Miniftre :
de Sa Majefté Polonoife. Ce Partifan fit auffi-tôt
fonner le tocfia , pour affembler les Payfans du
Village & des environs ; enfuite il leur ordonna ,
fous peine d'exécution militaire , de fer rendre le
lendemain au château , avec des hâches , des -leviers
, des pelles & autres inftrumens ſemblables.
Ces ordres donnés , le détachement s'occupa le
refte du jour & toute la nuit à démeubler les appartemens
, ce qui ne fe fit pas fans pillage. Le
lendemain 21 , plus de deux cents Payfans s'étant'
rendus à l'heure marquée au château , le Partiſan
Meyer les obligea d'en brifer toutes les portes &
fenêtres , d'enfoncer les plafonds & les planchers ,
d'abattre les toits , de renverfer les efcaliers , les
cloiſons , les murs intérieurs , &c. ce qu'il fit faire
avec tant d'activité , qu'en moins de fix heures il
ne refta que la carcaffe du bâtiment . L'orangerie
& les jardins furent traités de même. Toutes les
allées furent coupées , les charmilles détruites ,
MAR S. 1758. 203
les bofquets & les paliffades arrachés ou brûlés ,
& plufieurs milliers d'arbres fruitiers fciés à un
demi- pied de terre. Après la deftruction da chatdau
, on alla piller les fermes & leurs dépendances
. qui ne furent garanties d'une ruine totale
qu'en payant fept mille florins au Partifan. Tous
les effets du château ont été conduits à Halle.
Le même jour, le magnifique château de Pforten
, dans la Luface , appartenant encore au Comte
de Brulh , fut mis au même état que celui de
Nifchwitz , par un détachement de Huffards dur
Régiment de Seckely.
DE DANTZICH , le 26 Janvier.
La marche des Ruffiens eft certaine. Uhe colonne
de leurs troupes d'environ dix mille hommes
, aux ordres du Général Romanzow , a paſſe
Tilfit & s'eft portée für Konigfberg. On affure
même que la garnifon de cette Ville , ainfi que
celle de Pillau , s'eft retirée , après avoir encloué
le canon qu'elle n'a pu emporter , & que les Magiftrats
de Konigsberg ont député au Général Fermer,
pour régler la Capitulation. On ajoute que
les Ruffiens obfervent partout la plus exacte difcipline.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En janvier 1758, les Prussiens déplacèrent des troupes de Magdebourg à Halberstadt, permettant aux habitants de refuser les contributions en argent et les fournitures de grains. Le maréchal de Richelieu envoya le marquis de Voyer avec onze bataillons, trente-six piquets, deux régiments de cavalerie et un de hussards, ainsi que quatre cents chevaux revenus de Brunswick, pour chasser les Prussiens. Le 10 janvier, le marquis de Voyer rassembla ses troupes sur le haut Oker et les fit marcher en trois colonnes vers Halberstadt. La colonne de droite, sous les ordres du comte Turpin, se dirigea vers la porte de Halberstadt menant à Quedlinbourg. La colonne du centre, commandée par le marquis de Langeron, se dirigea vers une autre porte de Halberstadt. La colonne de gauche, sous les ordres du marquis de Belzunce, devait passer le ruisseau d'Oltheim pour masquer une porte d'Halberstadt. Les trois colonnes débouchèrent simultanément, mais la colonne du centre et celle de gauche rencontrèrent des glaces, causant un retard. La colonne de droite arriva devant Halberstadt au matin et alerta les Prussiens, qui abandonnèrent précipitamment Halberstadt et Quedlinbourg, laissant leur hôpital et des effets. Les Français entrèrent dans Halberstadt, ravitaillèrent le château de Regenstein pour six mois et obtinrent deux cents mille écus à titre de contribution. Le marquis de Voyer distribua des rations de pain aux troupes et détruisit un magasin d'échelles et des parties des fortifications de la ville. Il ramena également des otages, dont M. Dudick, et des chefs de la régence d'Halberstadt. Les Prussiens abandonnèrent ensuite Achersleben et d'autres quartiers occupés. En Bohême, le maréchal comte de Daun préparait ses troupes pour contrer les Prussiens. Les Croates repoussèrent un détachement prussien près de Schatzlar, et la garnison de Schweidnitz fit une sortie contre les troupes prussiennes qui la bloquaient. Les Prussiens tentèrent une attaque près de Gratz, mais furent repoussés avec des pertes importantes. À Brême, le maréchal de Richelieu envoya le duc de Broglie pour empêcher les Hanovriens de s'emparer de la ville. Après une négociation, les magistrats de Brême acceptèrent de recevoir les troupes françaises. Un accord fut signé, garantissant la liberté et les privilèges de la ville, ainsi que la cohabitation des troupes françaises et locales. Les troupes françaises ne demanderont ni provisions ni chauffage à la ville, tout sera payé en argent comptant. Une discipline stricte sera observée parmi les troupes. Les Majestés Impériale et très-Chrétienne garantiront la sûreté du commerce et dédommageront la ville pour les souffrances endurées pendant la guerre. Aucun hôpital ne sera établi dans la ville, sauf un hôpital ambulant dans un faubourg pour les premiers secours. L'Électorat de Saxe subissait des contributions lourdes imposées par le Roi de Prusse, notamment à Leipzig, qui a déjà payé onze cents mille écus et doit en fournir huit cents mille de plus. La noblesse de Saxe doit également payer six cents mille écus en trois termes. Les exécutions militaires reprennent dans le Cercle de Misnie pour les fournitures de froment. Un détachement prussien a détruit le château de Nischwitz appartenant au Comte de Brulh, premier ministre de la Majesté Polonoise, et a pillé les fermes environnantes. La marche des Russes vers Königsberg est également confirmée, avec une colonne de dix mille hommes aux ordres du Général Romanzow.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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57
p. 193-197
ALLEMAGNE.
Début :
Ce qu'on sçait ici de certain des marches & des mouvements des Prussiens [...]
Mots clefs :
Prague, Mouvements des troupes, Prusse, Attaques, Ennemis, Postes militaires, Feld-maréchal, Colonel, Officiers, Hanau, Évacuation, Artillerie, Düsseldorf, Duc de Broglie, Bataillons, Troupes, Bautzen, Troupes autrichiennes, Wesel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les mouvements des troupes prussiennes en Silésie sont minutieusement rapportés. Le roi de Prusse a déplacé son quartier général à Criffau après être arrivé de Breslau. Les troupes prussiennes sont organisées en trois corps : un près des frontières de Pologne, un autre en Haute Silésie pour agir vers la Moravie, et le troisième en Lusace pour sécuriser les communications entre la Saxe et la Silésie. Ce dernier corps fait partie de l'armée personnelle du roi, forte de plus de cinquante mille hommes. Les Prussiens ont d'abord avancé vers le Comté de Glatz, forçant le général Janhus à se replier après des combats intenses. Ils ont ensuite occupé Grulick et effectué des raids jusqu'à Wigstatt, avant de se retirer vers Mittelwalde et Ullersdorff. Leur objectif semblait être de capturer un magasin à Leutomyßel. Les Prussiens renforcent leurs positions à Landshut, Liebau et Schoenberg, tentant régulièrement de surprendre les postes avancés français, mais sont souvent repoussés. L'armée du feld-maréchal Comte de Daun se dirige vers Braunau. Par ailleurs, les Prussiens ont tenté de pénétrer en royaume par Reinerts, mais ont été repoussés par les troupes légères françaises. Des escarmouches continues ont lieu le long de la frontière. À Hanau, l'évacuation annoncée des troupes françaises n'a pas eu lieu. Le comte de Lorges a reçu l'ordre de rester et de fortifier la ville. Les travaux de renforcement des remparts ont repris avec vigueur. Les troupes du duc de Broglie passent le Rhin et se rassemblent près de Düsseldorf. Elles sont divisées en deux colonnes, chacune en trois divisions, prêtes pour la campagne prochaine. Une escarmouche a eu lieu près de Soest entre les hussards français et prussiens, résultant en des pertes des deux côtés. En Haute Lusace, un corps de troupes autrichiennes sous le général Sincere a établi des postes de communication avec la Bohême et l'armée du comte de Daun, perturbant ainsi les communications prussiennes. Un détachement de hussards autrichiens a également capturé une caisse royale à Cottbus. Les troupes cantonnées à Wesel se préparent activement pour la campagne prochaine, avec des régiments complets et une discipline rétablie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 195-199
ALLEMAGNE.
Début :
Les Prussiens avoient établi vis-à-vis de l'isle de Rugen, près de [...]
Mots clefs :
Stralsund, Prussiens, Artillerie, Contribution financière, Ratisbonne, Recrutement, Violence, Hambourg, Diminution des contributions, Poméranie, Armée impériale, Quartier général, Silésie, Troupes, Ennemi, Combats, Colonel, Mouvements des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les Suédois ont détruit une batterie prussienne près de Stahlbroë, sur l'île de Rügen, après une intense canonnade. Les Prussiens, affaiblis par des détachements, ne comptaient plus que 15 à 16 000 hommes dans la région, permettant aux Suédois de préparer une nouvelle incursion en Poméranie prussienne. Le comte de Dohna, nouveau commandant prussien, a demandé aux États de la Poméranie suédoise une contribution supplémentaire de 60 000 écus et une quantité de blé, malgré les assurances du maréchal de Lehwald. À Reftock, les Prussiens ont enlevé des habitants pour les enrôler de force, provoquant une grande consternation. À Hambourg, le roi de Prusse a accordé une réduction de 500 000 écus aux habitants du Duché de Mecklenbourg, incapables de payer les contributions imposées. Les troupes prussiennes ont évacué cette région pour renforcer l'armée en Poméranie, où elles ont fortifié Stettin. Sur les frontières de Silésie, les Prussiens ont pris plusieurs postes avancés de l'armée impériale, notamment à Braunau et Halbstadt, après des affrontements mineurs. Ils ont également tenté sans succès de prendre plusieurs positions impériales, comme Schatzlar et Potifch. La ville de Schweidnitz s'est rendue aux Prussiens la nuit du 16 au 17 avril.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
59
p. 206-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Frégate du Roi la Comete, partie de l'Isle Royale le 10 Juin, [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Bataillons, Amérique, Flotte anglaise, Combats, Capitaines, Ordonnance du roi, Officier, Courage, Récompense, Camp de Froviller, Marquis, Ennemis, Mouvements des troupes, Duc de Broglie, Prince de Soubise, Attaques, Corsaires, Equipage, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
La Frégate du Roi la Comete , partie de l'iſſe
Royale le 10 Juin , eſt arrivée au Port Louis le 27
du même mois. Elle a apporté les nouvelles ſuivantes.
Depuis les dernieres , qui ont annoncé l'en.
trée des deux Diviſions du Marquis Deſgouttes &
du ſieur Beauffier , il eſt arrivé dans cette Ile plufieurs
Vaiſſeaux du Roi & Bâtimens Marchands
ſçavoir , trois Navires de Saint- Malo , le 14 Mai ;
la Frégate l'Echo , le 27 ; le Vaiſſeau le Bizarre &
la Frégate l'Aréthuſe , le 30. Tous ces Bâtimens
étoient chargés de munitions & de vivres pour la
Colonie.
Les quatre Vaiſſeaux de la Diviſion du ſieurDuchaffault
, qui y tranſportoient le Bataillon de
Cambis, font arrivés en même-temps au Port Dauphin
avec le Vaiſſeau de la Compagnie des Indes
le Brillant. Le Bataillon deCambis s'eſt rendu dans
Louiſbourg.
Le premier Juin la Flotte Angloiſe s'étant montréedans
la Baye de Gabarus , au nombre de cent
treize Voiles , on a renforcé les poſtes de la côte.
Le 8 , à quatre heures du matin , les Anglois ont
commencé leur attaque du côté de la Cormorandiere
avec un grand nombre de bateaux plats chargés
de Troupes ,& des Frégates pour les foutenir.
Ilsyont eſſuyé un feu ſi vif , qu'ils ont perdu mille
àdouze cens hommes ; mais dans le temps qu'on
étoit occupé à empêcher leur deſcente , une par
AOUST. 1758 . 207
tiede leurs Berges s'eſt réfugiée au pied des rochers
eſcarpés ſur la droite de la Cormorandiere ,,
dans un endroit qui avoit paru inacceffible. Les
Anglois ayant trouvé moyen de grimper ſur le
fommet , n'ont été apperçus que lorſqu'ils ſe ſont
trouvés en force. Nos Troupes , après avoir réſiſté
autant qu'elles ont pu , ſe ſont retirées dans la Place
, où l'on ſe prépare à une vigoureuſe défenſe ,
yayant en abondance des munitions de guerre &
des provifions de bouche, Nous avons perdu dans
l'attaque du 8 , les ſieurs Delanglade , Capitaine
des Grenadiers du Bataillon de Bourgogne ; Romainville
, Soulieutenant de lamême Compagnie ; -
Beleſta , Capitaine des Grenadiers du Bataillon
d'Artois , & Savary , Soulieutenant de la même
Compagnie ; un Lieutenant des Volontaires Etrangers
; trois Officiers bleſſés , & environ cent cinquante
Soldats de tous les Corps tués , bleſlés , ou
faitspriſonniers.
Les Vaiſſeaux de guerre ſont toujours maîtres
du Port , que les ennemis n'ont point tenté de
forcer.
Le fieur de Boishebert , Officier de Canada ,
étoit attendu à l'Iſle Royale avec un détachement
des Troupes de Quebec , de Canadiens & de Sauvages.
Le Vaiſſeau du Roi le Formidable. , commandé
par le Comte de Blenac , Chef d'Eſcadre des Armées
Navales, eſt rentré à Breſt.
On a appris par un courier extraordinaire dépêché
le 6 de ce mois par l'Evêque Duc de Laon ,
Ambaſſadeur Extraordinaire du Roi auprès du Saint
Siege , que le même jour le Cardinal Rezzonico.
avoit été elu Pape, & avoit pris le nom de Clément
XIII. On a auſſi reçu la nouvelle que le nouveaus
Pape avoit choiſi pour Secrétaire d'Etat le Cardi
20S MERCURE DE FRANCE.
nal Archinto , qui exerçoit le même emploi ſous
le précédent Pontificat .
Il paroît une Ordonnance du Roi rendue le 10
de ce mois , par laquelle il eſt permis aux Soldats
qui ont déſerté avant le premier Février 1757 , de
s'engager indiſtinctement dans toutes les Troupes
de Sa Majesté , pour jouir de l'Amniſtie qu'il lui a
plu d'accorder par ſon Ordonnance du 20 Avril
de l'année derniere.
Dans le combat du 23 Juin dernier , M. de
Bullioud, âgé de dix-huit ans, Cornette de la Compagnie
de Saint-André dans la Brigade de Bovet ,
du Régiment des Carabiniers , après avoir forcé la
ligne d'Infanterie des ennemis , portant toujours
fon étendard , rallia quelques Carabiniers & des
Maréchaux des Logis , attaqua une batterie que
les ennemis préparoient , coupa les traits des chevaux
, tua pluſieurs Canonniers , & voyant de
l'impoſſibilité à regagner l'Armée du Roi , prit
le parti d'aller en avant par derriere les lignes de
Parmée ennemie , où il fit prifonnier un Colonel
Hanovrien. Il traverſa les marais de la Niers , gagna
Gladbec , petite Ville à quatre lieues de Crévelt
,& ſe trouvant obligé d'y paſſer la nuit , il en
fit fermer & garder les portes , & en partit le lendemain
à la pointe du jour. Après avoir fait un
grand tour , il arriva au camp de Neuff à deux
heures après-midi , & ſe préſenta au ſieur de Bovet
avec un Maréchal des Logis & vingt- cinq Carabiniers
, dont huit bleſſes & avec l'Etendard qu'il
a rapporté à ſa brigade.
Le Roi , en conſidération de l'intelligence , de
la valeur & de la bonne conduite de cejeune Officier
, lui a donné la Croix de Saint Louis & un
Brevet de Capitaine Réformé , à la fuite des Carab
iniers.
1
AOUST . 1758 . 209
M. le Comte de Clermont s'étant démis le huit.
Juillet , du commandement de l'armée , le Roi l'a
donné à M. le Marquis de Contades.
Duſſeldorp a capitulé par ordre exprès de l'Electeur
Palatin , & les Hanovriens y font entrés
le neuf.
Les Lettres du camp de Froviller , en date du
20 de Juillet , marquent que le Prince Ferdinand
deBrunswick eſt toujours campé près de Neuff ,
&que notre armée n'a point changé de poſition.
M. le Marquis de Contades fait conftruire un ſecond
pont près de Cologne. Il étoit campé à
Mungerdorff dans la plaine de Cologne , lorſqu'il
apprit par les Détachemens qu'il avoit ſur la riviere
d'Erff, que le Prince Ferdinand avoit fait un
mouvement pour ſe porter en avant , & qu'il avoit
établi ſon Quartier général à Greveenbrock : il prit
la réſolution de faire marcher l'armée le 1 3 Juiller,
& vint camper à Gleſſeen. Il y fut informé que le
Prince Ferdinand avoit fait paſſer la riviere d'Erff
à ſon armée , ſur pluſieurs ponts , à Greveenbrock
même & au- deſſus , ce qui fit prendre à M. le Marquis
de Contades le parti de marcher le 14 dès la
pointedu jour ſur les hauteurs de Bedbourg , pour
prévenir le Prince Ferdinand. Son avant-garde y
trouvacelle des ennemis qu'elle repouſla ; le reſte
de l'armée qui ſuivoit de près ſur ſept colonnes ,
ſe mit en bataille preſqu'en préſence de celle du
Prince Ferdinand. M. le Marquis de Contades fit
toutes les diſpoſitions néceſſaires pour attaquer
l'ennemi ; mais ce Prince n'oſant pas s'expoſer au
riſque d'une action générale , avoit repaſſé l'Erff
vers les onze heures du ſoir ſur pluſieurs ponts ,
qu'il a fait rompre après ſon paſſage avec tant de
précipitation , qu'il a abandonné une piece de canon
de 18 liv. de balles, L'ennemi s'eſt replié du
210 MERCURE DE FRANCE.
côté de Neuff , ayant la riviere d'Erff devant lui.
M. leMarquisdeContades ſediſpoſe de le ſuivre ,
à la grande fatisfaction de toute l'armée qui brûle
du deſir de combattre. On a reçu avis par l'extrait
d'une lettre de l'armée du Prince de Soubiſe , de
Groos-Lenden , « que ce Prince'a raſſemb é toute
> ſon armée à Freidberg le 12 & le 14 Juillet. Elle a
>> marché en cantonnant , tant à cauſe du mauvais
>> temps que pour la facilité des ſubſiſtances ,jul-
>> qu'au 16 qu'elle eſt venue camper ici. M. le Duc
>> de Broglie commandoit l'avant-garde , & avoit
>> fait marcher en avant un gros Détachement de
> Royal-Naffau & des Troupes de Fiſcher . Nous
>> y avons appris que les ennemis , qui avoient pa-
>> ru vouloir défendre la Fortereſſe de Marburg ,
>> ont cependant pris le parti de l'abandonner au
>> moment que la troupe de Fiſcher ſe diſpoſoit à
>>> l'eſcalader . On a trouvé dans le Château uue'
>> grande quantité de fourrages & d'autres muni-
>> tions,& beaucoup d'artillerie. L'armée n'arrive-
>>ra à Marburg que dans deux jours , d'où elle ſe
> mettra promptement en marche pour Caffel.
>>On ne sçauroit exprimer la bonne volonté &
>> l'ardeur des Troupes » .
M. le Ducde Broglie occupa le 16 JuilletMarpurg
avec l'avant-garde qu'il commande. Cette
Ville eſt une des plus conſidérables de la Heſſe ;
elle est fortifiée , elle a un Château , un-beau Palais
où le Landgrave fait ſouvent ſa réſidence,une
Univerſité , un Hôtel de Ville magnifique & une
belle Place :elle eſt ſituée ſur la Lohn dans un
pays fort agréable. M. le Prince de Soubiſe , informé
de l'état &de la poſition des ennemis , prit
la réſolution de joindre le 18 à Marburg le Corps
de M. le Duc de Broglie. Les ennemis avoient un
camp de cinq à fix mille hommes à Birgel , & ils
AOUST. 1758. 21 F
occupoient le pofte de Kirchayn ſur la riviere de
Lohn. M. le Prince de Soubife fit ſes diſpoſitions
pour les en déloger. Il fit avancer dix Bataillons
&quatre Eſcadrons aux ordres de M. le Marquis
du Meſnil , Lieutenant-Général , près d'Hombourg
, Châ eau ſitué ſur la même riviere; il dé
tacha M. le Marquis de Crillon , LieutenantG- énéral
, à la tête de ſeize Bataillons & de quatre
Eſcadrons , dans les environs d'Allendorff, Ville
remarquable par ſes Salines ſur la Werre , & M.
le Marquis Deffalles , Maréchal de Camp , près
d'Ebſdorff, avec quatre Bataillons & quatre Eſcadrons.
Le 19 , ces trois Corps ont féjourné dans
ces différens Poftes , & le 20 toute Parmée s'eſt
raſſemblée au poſte de Kirchayn , que les ennemis
avoient abandonné à notre approche , pour ſe retirer
à Guifelberg ſur le grand chemin de Caffel.
Oncompte que l'avant-garde de cette armée fera
rendue le 23 à Caffel. L'allarme eſt grande dans
le Pays; mais on eſpere que la tranquillité s'y rétablira
, par l'exacte diſcipline que M. le Prince
de Soubiſe fait obſerver à ſes Troupes.
Un Corſaire Anglois de 30 canons , ayant
pourſuivi la Pinque l'Expédition , qui venoit de
Smyrne , juſques ſous le canon de Gallipoli ,.
qui a fait fait feu fur ce Corfaire , il s'en eſt emparé
& l'a conduite à Tunis ; mais la Régence
la fait relâcher , & elle eſt de retour à Marseille .
Le Corſaire Arnoux , de cette Ville , a conduit
à Livourne , la Pinque du Capitaine Brilland
de Martigues , qu'il a repriſe ſur les Anglois.
La cargaison de ce Navire , qui étoit
parti de Seyde pour revenir ici , eſt eſtimée
deux cents mille livres.
La Frégate du Roi le Zéphir , commandée
par M. le Chevalier de Ternay , Lieutenant de
212 MERCURE DE FRANCE.
Vaiſſeau , laquelle étoit à la ſuite de l'Eſcadre
commandée par M. Duchaffault ,, qui a relâché
au Port Dauphin ,& qui a porté à Iſle Royale
le Bataillon de Cambis , eſt arrivée à Breſt le 3
Juin. Elle a rapporté que cette Eſcadre compoſé
de quatre Vaiſſeaux y compris le Brillant ,
de la Compagnie des Indes , & de pluſieurs
Navires de tranſport , étoit partie pour Quebec
, & qu'elle étoit à l'entrée du fleuve Saint-
Laurent , lorſque cette Frégate s'en est détachée
pour revenir en France.
,
com- M. Cornic , Lieutenant de Frégate
mandant la Félicité , s'eſt emparé le 3 Juin ,
fur les Glenants , des deux Corſaires de Jerſey
le Prince de Pruſſe , de 80 hommes d'équipage
, & le Cors , de 60 hommes , armés de 10
canons chacun .
La Barque le Saint Joseph , de Tréguier , chargée
de fer , d'eau de vie & de ſavon , a été repriſe
& conduite à l'Ile de Bas , par le Corſaire la
Menette , de l'Orient.
La Frégate du Roi la Comete , partie de l'iſſe
Royale le 10 Juin , eſt arrivée au Port Louis le 27
du même mois. Elle a apporté les nouvelles ſuivantes.
Depuis les dernieres , qui ont annoncé l'en.
trée des deux Diviſions du Marquis Deſgouttes &
du ſieur Beauffier , il eſt arrivé dans cette Ile plufieurs
Vaiſſeaux du Roi & Bâtimens Marchands
ſçavoir , trois Navires de Saint- Malo , le 14 Mai ;
la Frégate l'Echo , le 27 ; le Vaiſſeau le Bizarre &
la Frégate l'Aréthuſe , le 30. Tous ces Bâtimens
étoient chargés de munitions & de vivres pour la
Colonie.
Les quatre Vaiſſeaux de la Diviſion du ſieurDuchaffault
, qui y tranſportoient le Bataillon de
Cambis, font arrivés en même-temps au Port Dauphin
avec le Vaiſſeau de la Compagnie des Indes
le Brillant. Le Bataillon deCambis s'eſt rendu dans
Louiſbourg.
Le premier Juin la Flotte Angloiſe s'étant montréedans
la Baye de Gabarus , au nombre de cent
treize Voiles , on a renforcé les poſtes de la côte.
Le 8 , à quatre heures du matin , les Anglois ont
commencé leur attaque du côté de la Cormorandiere
avec un grand nombre de bateaux plats chargés
de Troupes ,& des Frégates pour les foutenir.
Ilsyont eſſuyé un feu ſi vif , qu'ils ont perdu mille
àdouze cens hommes ; mais dans le temps qu'on
étoit occupé à empêcher leur deſcente , une par
AOUST. 1758 . 207
tiede leurs Berges s'eſt réfugiée au pied des rochers
eſcarpés ſur la droite de la Cormorandiere ,,
dans un endroit qui avoit paru inacceffible. Les
Anglois ayant trouvé moyen de grimper ſur le
fommet , n'ont été apperçus que lorſqu'ils ſe ſont
trouvés en force. Nos Troupes , après avoir réſiſté
autant qu'elles ont pu , ſe ſont retirées dans la Place
, où l'on ſe prépare à une vigoureuſe défenſe ,
yayant en abondance des munitions de guerre &
des provifions de bouche, Nous avons perdu dans
l'attaque du 8 , les ſieurs Delanglade , Capitaine
des Grenadiers du Bataillon de Bourgogne ; Romainville
, Soulieutenant de lamême Compagnie ; -
Beleſta , Capitaine des Grenadiers du Bataillon
d'Artois , & Savary , Soulieutenant de la même
Compagnie ; un Lieutenant des Volontaires Etrangers
; trois Officiers bleſſés , & environ cent cinquante
Soldats de tous les Corps tués , bleſlés , ou
faitspriſonniers.
Les Vaiſſeaux de guerre ſont toujours maîtres
du Port , que les ennemis n'ont point tenté de
forcer.
Le fieur de Boishebert , Officier de Canada ,
étoit attendu à l'Iſle Royale avec un détachement
des Troupes de Quebec , de Canadiens & de Sauvages.
Le Vaiſſeau du Roi le Formidable. , commandé
par le Comte de Blenac , Chef d'Eſcadre des Armées
Navales, eſt rentré à Breſt.
On a appris par un courier extraordinaire dépêché
le 6 de ce mois par l'Evêque Duc de Laon ,
Ambaſſadeur Extraordinaire du Roi auprès du Saint
Siege , que le même jour le Cardinal Rezzonico.
avoit été elu Pape, & avoit pris le nom de Clément
XIII. On a auſſi reçu la nouvelle que le nouveaus
Pape avoit choiſi pour Secrétaire d'Etat le Cardi
20S MERCURE DE FRANCE.
nal Archinto , qui exerçoit le même emploi ſous
le précédent Pontificat .
Il paroît une Ordonnance du Roi rendue le 10
de ce mois , par laquelle il eſt permis aux Soldats
qui ont déſerté avant le premier Février 1757 , de
s'engager indiſtinctement dans toutes les Troupes
de Sa Majesté , pour jouir de l'Amniſtie qu'il lui a
plu d'accorder par ſon Ordonnance du 20 Avril
de l'année derniere.
Dans le combat du 23 Juin dernier , M. de
Bullioud, âgé de dix-huit ans, Cornette de la Compagnie
de Saint-André dans la Brigade de Bovet ,
du Régiment des Carabiniers , après avoir forcé la
ligne d'Infanterie des ennemis , portant toujours
fon étendard , rallia quelques Carabiniers & des
Maréchaux des Logis , attaqua une batterie que
les ennemis préparoient , coupa les traits des chevaux
, tua pluſieurs Canonniers , & voyant de
l'impoſſibilité à regagner l'Armée du Roi , prit
le parti d'aller en avant par derriere les lignes de
Parmée ennemie , où il fit prifonnier un Colonel
Hanovrien. Il traverſa les marais de la Niers , gagna
Gladbec , petite Ville à quatre lieues de Crévelt
,& ſe trouvant obligé d'y paſſer la nuit , il en
fit fermer & garder les portes , & en partit le lendemain
à la pointe du jour. Après avoir fait un
grand tour , il arriva au camp de Neuff à deux
heures après-midi , & ſe préſenta au ſieur de Bovet
avec un Maréchal des Logis & vingt- cinq Carabiniers
, dont huit bleſſes & avec l'Etendard qu'il
a rapporté à ſa brigade.
Le Roi , en conſidération de l'intelligence , de
la valeur & de la bonne conduite de cejeune Officier
, lui a donné la Croix de Saint Louis & un
Brevet de Capitaine Réformé , à la fuite des Carab
iniers.
1
AOUST . 1758 . 209
M. le Comte de Clermont s'étant démis le huit.
Juillet , du commandement de l'armée , le Roi l'a
donné à M. le Marquis de Contades.
Duſſeldorp a capitulé par ordre exprès de l'Electeur
Palatin , & les Hanovriens y font entrés
le neuf.
Les Lettres du camp de Froviller , en date du
20 de Juillet , marquent que le Prince Ferdinand
deBrunswick eſt toujours campé près de Neuff ,
&que notre armée n'a point changé de poſition.
M. le Marquis de Contades fait conftruire un ſecond
pont près de Cologne. Il étoit campé à
Mungerdorff dans la plaine de Cologne , lorſqu'il
apprit par les Détachemens qu'il avoit ſur la riviere
d'Erff, que le Prince Ferdinand avoit fait un
mouvement pour ſe porter en avant , & qu'il avoit
établi ſon Quartier général à Greveenbrock : il prit
la réſolution de faire marcher l'armée le 1 3 Juiller,
& vint camper à Gleſſeen. Il y fut informé que le
Prince Ferdinand avoit fait paſſer la riviere d'Erff
à ſon armée , ſur pluſieurs ponts , à Greveenbrock
même & au- deſſus , ce qui fit prendre à M. le Marquis
de Contades le parti de marcher le 14 dès la
pointedu jour ſur les hauteurs de Bedbourg , pour
prévenir le Prince Ferdinand. Son avant-garde y
trouvacelle des ennemis qu'elle repouſla ; le reſte
de l'armée qui ſuivoit de près ſur ſept colonnes ,
ſe mit en bataille preſqu'en préſence de celle du
Prince Ferdinand. M. le Marquis de Contades fit
toutes les diſpoſitions néceſſaires pour attaquer
l'ennemi ; mais ce Prince n'oſant pas s'expoſer au
riſque d'une action générale , avoit repaſſé l'Erff
vers les onze heures du ſoir ſur pluſieurs ponts ,
qu'il a fait rompre après ſon paſſage avec tant de
précipitation , qu'il a abandonné une piece de canon
de 18 liv. de balles, L'ennemi s'eſt replié du
210 MERCURE DE FRANCE.
côté de Neuff , ayant la riviere d'Erff devant lui.
M. leMarquisdeContades ſediſpoſe de le ſuivre ,
à la grande fatisfaction de toute l'armée qui brûle
du deſir de combattre. On a reçu avis par l'extrait
d'une lettre de l'armée du Prince de Soubiſe , de
Groos-Lenden , « que ce Prince'a raſſemb é toute
> ſon armée à Freidberg le 12 & le 14 Juillet. Elle a
>> marché en cantonnant , tant à cauſe du mauvais
>> temps que pour la facilité des ſubſiſtances ,jul-
>> qu'au 16 qu'elle eſt venue camper ici. M. le Duc
>> de Broglie commandoit l'avant-garde , & avoit
>> fait marcher en avant un gros Détachement de
> Royal-Naffau & des Troupes de Fiſcher . Nous
>> y avons appris que les ennemis , qui avoient pa-
>> ru vouloir défendre la Fortereſſe de Marburg ,
>> ont cependant pris le parti de l'abandonner au
>> moment que la troupe de Fiſcher ſe diſpoſoit à
>>> l'eſcalader . On a trouvé dans le Château uue'
>> grande quantité de fourrages & d'autres muni-
>> tions,& beaucoup d'artillerie. L'armée n'arrive-
>>ra à Marburg que dans deux jours , d'où elle ſe
> mettra promptement en marche pour Caffel.
>>On ne sçauroit exprimer la bonne volonté &
>> l'ardeur des Troupes » .
M. le Ducde Broglie occupa le 16 JuilletMarpurg
avec l'avant-garde qu'il commande. Cette
Ville eſt une des plus conſidérables de la Heſſe ;
elle est fortifiée , elle a un Château , un-beau Palais
où le Landgrave fait ſouvent ſa réſidence,une
Univerſité , un Hôtel de Ville magnifique & une
belle Place :elle eſt ſituée ſur la Lohn dans un
pays fort agréable. M. le Prince de Soubiſe , informé
de l'état &de la poſition des ennemis , prit
la réſolution de joindre le 18 à Marburg le Corps
de M. le Duc de Broglie. Les ennemis avoient un
camp de cinq à fix mille hommes à Birgel , & ils
AOUST. 1758. 21 F
occupoient le pofte de Kirchayn ſur la riviere de
Lohn. M. le Prince de Soubife fit ſes diſpoſitions
pour les en déloger. Il fit avancer dix Bataillons
&quatre Eſcadrons aux ordres de M. le Marquis
du Meſnil , Lieutenant-Général , près d'Hombourg
, Châ eau ſitué ſur la même riviere; il dé
tacha M. le Marquis de Crillon , LieutenantG- énéral
, à la tête de ſeize Bataillons & de quatre
Eſcadrons , dans les environs d'Allendorff, Ville
remarquable par ſes Salines ſur la Werre , & M.
le Marquis Deffalles , Maréchal de Camp , près
d'Ebſdorff, avec quatre Bataillons & quatre Eſcadrons.
Le 19 , ces trois Corps ont féjourné dans
ces différens Poftes , & le 20 toute Parmée s'eſt
raſſemblée au poſte de Kirchayn , que les ennemis
avoient abandonné à notre approche , pour ſe retirer
à Guifelberg ſur le grand chemin de Caffel.
Oncompte que l'avant-garde de cette armée fera
rendue le 23 à Caffel. L'allarme eſt grande dans
le Pays; mais on eſpere que la tranquillité s'y rétablira
, par l'exacte diſcipline que M. le Prince
de Soubiſe fait obſerver à ſes Troupes.
Un Corſaire Anglois de 30 canons , ayant
pourſuivi la Pinque l'Expédition , qui venoit de
Smyrne , juſques ſous le canon de Gallipoli ,.
qui a fait fait feu fur ce Corfaire , il s'en eſt emparé
& l'a conduite à Tunis ; mais la Régence
la fait relâcher , & elle eſt de retour à Marseille .
Le Corſaire Arnoux , de cette Ville , a conduit
à Livourne , la Pinque du Capitaine Brilland
de Martigues , qu'il a repriſe ſur les Anglois.
La cargaison de ce Navire , qui étoit
parti de Seyde pour revenir ici , eſt eſtimée
deux cents mille livres.
La Frégate du Roi le Zéphir , commandée
par M. le Chevalier de Ternay , Lieutenant de
212 MERCURE DE FRANCE.
Vaiſſeau , laquelle étoit à la ſuite de l'Eſcadre
commandée par M. Duchaffault ,, qui a relâché
au Port Dauphin ,& qui a porté à Iſle Royale
le Bataillon de Cambis , eſt arrivée à Breſt le 3
Juin. Elle a rapporté que cette Eſcadre compoſé
de quatre Vaiſſeaux y compris le Brillant ,
de la Compagnie des Indes , & de pluſieurs
Navires de tranſport , étoit partie pour Quebec
, & qu'elle étoit à l'entrée du fleuve Saint-
Laurent , lorſque cette Frégate s'en est détachée
pour revenir en France.
,
com- M. Cornic , Lieutenant de Frégate
mandant la Félicité , s'eſt emparé le 3 Juin ,
fur les Glenants , des deux Corſaires de Jerſey
le Prince de Pruſſe , de 80 hommes d'équipage
, & le Cors , de 60 hommes , armés de 10
canons chacun .
La Barque le Saint Joseph , de Tréguier , chargée
de fer , d'eau de vie & de ſavon , a été repriſe
& conduite à l'Ile de Bas , par le Corſaire la
Menette , de l'Orient.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs événements militaires et navals marquants ont eu lieu. La frégate royale 'La Comète' est arrivée à Port-Louis le 27 juin après avoir quitté l'Isle Royale le 10 juin, apportant des nouvelles de l'arrivée de divers vaisseaux et bâtiments marchands à l'île, chargés de munitions et de vivres pour la colonie. Parmi ces navires figuraient trois vaisseaux de Saint-Malo : les frégates 'L'Écho' et 'L'Aréthuse', et le vaisseau 'Le Bizarre'. La division du sieur Duchaffault, transportant le Bataillon de Cambis, est arrivée au Port Dauphin avec le vaisseau 'Le Brillant' de la Compagnie des Indes, et le bataillon s'est ensuite rendu à Louisbourg. Le 1er juin, une flotte anglaise de 113 voiles a été repérée dans la baie de Gabarus, ce qui a conduit au renforcement des postes côtiers. Le 8 juin, les Anglais ont attaqué du côté de la Cormorandière, subissant de lourdes pertes mais réussissant à prendre position sur des rochers escarpés. Les troupes françaises se sont retirées dans la place forte, préparant une défense vigoureuse. Les pertes françaises incluaient plusieurs officiers et environ cent cinquante soldats tués, blessés ou prisonniers. Les vaisseaux de guerre français contrôlaient toujours le port. Le sieur de Boishebert, officier du Canada, était attendu à l'Isle Royale avec des troupes de Québec, des Canadiens et des autochtones. Le vaisseau 'Le Formidable', commandé par le Comte de Blenac, est rentré à Brest. Sur le plan diplomatique, le Cardinal Rezzonico a été élu Pape, prenant le nom de Clément XIII, et le Cardinal Archinto a été nommé Secrétaire d'État. Une ordonnance royale permettait aux déserteurs de s'engager à nouveau dans les troupes du roi. Plusieurs actions militaires ont été détaillées, notamment le combat du 23 juin où M. de Bullioud, âgé de dix-huit ans, a montré un grand courage en ralliant des troupes et capturant un colonel hanovrien. Pour cet exploit, il a reçu la Croix de Saint Louis et un brevet de capitaine réformé. Des changements de commandement ont été notés, comme la démission du Comte de Clermont et la nomination du Marquis de Contades à la tête de l'armée. Des mouvements de troupes et des batailles ont été décrits, notamment autour de Düsseldorf, de Neuff et de Marburg, où les armées françaises et ennemies se sont affrontées ou préparées à le faire. Enfin, des actions navales ont été rapportées, comme la capture de corsaires anglais et la libération de navires français par des corsaires français. La frégate 'Le Zéphir' a rapporté que l'escadre commandée par M. Duchaffault se dirigeait vers Québec.
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60
p. 199-200
Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Début :
Nous commençâmes le 22. à construire une redoute avec une batterie de [...]
Mots clefs :
Canons, Artillerie, Citadelle, Ennemis, Opérations militaires, Bataillons, Général, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Du Camp de l'Armée Autrichienne fous Neifs ,
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
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Résumé : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Le document relate les opérations militaires autrichiennes près de Neifs, débutées le 22 octobre. Les troupes autrichiennes ont construit une redoute équipée de huit canons et quatre mortiers près du faubourg de Merengassen, incendié par les assiégés. La redoute, achevée le 26 octobre, permit à l'artillerie autrichienne de détruire une écluse et de libérer les eaux autour de la place. Le 28 octobre, les Autrichiens ont ouvert une tranchée à 200 toises de la citadelle, surprenant l'ennemi qui ne s'en aperçut que le 29 octobre. Les travaux de la tranchée furent perfectionnés et une seconde batterie de 36 canons et 20 mortiers fut élevée. Le Comte de Drafcowitz et le sieur de Beckman supervisèrent l'ouverture de la tranchée avec trois bataillons et six compagnies de grenadiers pour protéger les travailleurs. Un bataillon de Croates masqua la vue des assiégés sur la parallèle. Deux redoutes servaient d'épaulement à la première parallèle, et une seconde parallèle était prévue à quarante toises du chemin couvert. Le Général Daun envoya huit bataillons et un convoi d'artillerie, portant le total à quatre-vingt canons et quarante mortiers. Le Comte de Harsch et le Marquis de Ville contribuèrent activement à accélérer les opérations.
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61
p. 211-214
De Paris, le 2 Décembre.
Début :
Le Roi voulant constater d'une maniere fixe & certaine, le montant [...]
Mots clefs :
Dettes, Colonies, Service de la marine, Arrêt du Conseil d'État, Créances, Ordonnance du roi, Compagnie des dragons, Officiers, Fusils, Château, Marquis de Castries, Artillerie, Troupes, Parlement, Déclaration du roi, Notaires, Trésor royal, Rentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 2 Décembre.
De Paris , le 2 Décembre.
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
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Résumé : De Paris, le 2 Décembre.
Le 2 décembre, le roi de France a pris plusieurs mesures administratives et militaires. Pour régler les dettes de la Marine et des Colonies, il a ordonné aux créanciers de représenter leurs titres dans un délai de trois mois auprès de conseillers d'État et maîtres des requêtes, sous peine de voir leurs créances éteintes. Un autre arrêt a précisé la forme de représentation des titres. Sur le plan militaire, le roi a réorganisé les compagnies de dragons et de fusiliers en Guyenne. Il a créé 18 compagnies de dragons formant 9 escadrons, chargés de transmettre les lettres et avis concernant le service. Une autre ordonnance a stipulé que les officiers et sergents des compagnies de fusiliers doivent être armés de fusils avec baïonnettes, comme ceux des compagnies de grenadiers. Le maréchal de Soubise a pris le contrôle du château de Rhinfels et de la ville de Saint-Goar, capturant les garnisons et une artillerie considérable. Le marquis de Castries a joué un rôle clé dans cette opération, acquérant ainsi beaucoup d'honneur. La nouvelle de cette prise a été apportée par un courrier du maréchal de Soubise, arrivé le 6 janvier. Le 2 janvier, le Parlement a enregistré une déclaration royale acceptant les offres des notaires de Paris d'acquérir des rentes. Le 12 janvier, le Parlement a enregistré un édit créant 3 006 000 livres de rentes viagères sur les aides et gabelles, avec des constitutions particulières selon l'âge et le nombre de têtes. Dans la citadelle de Rhinfels, on a trouvé 72 pièces de canon, 35 mortiers, beaucoup de munitions de guerre, et fait 30 prisonniers, dont 20 officiers et un colonel.
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62
p. 194-195
De Prague, le premier Décembre.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir réglé les Quartiers d'Hyver que doivent [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Quartier d'hiver, Artillerie, Armée, Protection des frontières, Général Laudon, Armée prussienne, Incendie de Dresde
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texteReconnaissance textuelle : De Prague, le premier Décembre.
De Prague , le premier Décembre.
Le Maréchal Daun , après avoir réglé les Quartiers
d'Hyver que doivent occuper les différents
Corps de fon Armée , fe rendit ici le 27. La plus
grande partie de PArtillerie a été envoyée à
Budweifs , & la Réſerve à Kollin . Les Quartiers
s'étendent depuis Egra jufqu'à Konigsgraz.
Nos Frontieres, du côté de la Saxe , font gardées
par un Cordon de Huffards & de Croates , fou
tenus par de l'Infanterie , & par quelque Régi
ment de Cavalerie. Il y a un autre Cordon tiré
de la Luface par les Montagnes qui conduiſent
en Bohême. Le Général Laudon le commande ,
& il a fon Quartier-Général à Toplitz.
Les Troupes Pruffiennes commandées par le
Comte de Bohna , & par le Général Wedel , ſe
JANVIER. 1759 .
font réunies à l'Armée du Roi de Pruffe qui eft
193
campée près de Drefde.
On prétend que le Prince Henri ayant reconnu
par lui- même les ravages caufés par l'incendie
des Fauxbourgs de Dreſde , en a été vivement
touché. Le Roi de Prufle a ordonné au
Clergé de Saxe de fournir une fomme de 1 50000
écus , qui fera employée à rebâtir les Fauxbourgs ;
il a fait faire à Dreſde une Collecte générale ,
pour fecourir ceux que l'incendie a réduits
manquer de tout.
Le Maréchal Daun , après avoir réglé les Quartiers
d'Hyver que doivent occuper les différents
Corps de fon Armée , fe rendit ici le 27. La plus
grande partie de PArtillerie a été envoyée à
Budweifs , & la Réſerve à Kollin . Les Quartiers
s'étendent depuis Egra jufqu'à Konigsgraz.
Nos Frontieres, du côté de la Saxe , font gardées
par un Cordon de Huffards & de Croates , fou
tenus par de l'Infanterie , & par quelque Régi
ment de Cavalerie. Il y a un autre Cordon tiré
de la Luface par les Montagnes qui conduiſent
en Bohême. Le Général Laudon le commande ,
& il a fon Quartier-Général à Toplitz.
Les Troupes Pruffiennes commandées par le
Comte de Bohna , & par le Général Wedel , ſe
JANVIER. 1759 .
font réunies à l'Armée du Roi de Pruffe qui eft
193
campée près de Drefde.
On prétend que le Prince Henri ayant reconnu
par lui- même les ravages caufés par l'incendie
des Fauxbourgs de Dreſde , en a été vivement
touché. Le Roi de Prufle a ordonné au
Clergé de Saxe de fournir une fomme de 1 50000
écus , qui fera employée à rebâtir les Fauxbourgs ;
il a fait faire à Dreſde une Collecte générale ,
pour fecourir ceux que l'incendie a réduits
manquer de tout.
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Résumé : De Prague, le premier Décembre.
En décembre 1758, le maréchal Daun organise les quartiers d'hiver de son armée. Il arrive à Prague le 27 décembre, envoyant l'artillerie à Budweis et la réserve à Kollin. Les quartiers s'étendent de Egra à Königsgraz. Les frontières saxonnes sont protégées par un cordon de hussards et de Croates, soutenu par de l'infanterie et de la cavalerie. Un autre cordon, dirigé par le général Laudon, s'étend de la Luface aux montagnes de Bohême, avec son quartier-général à Toplitz. Les troupes prussiennes, sous les ordres du comte de Bohn et du général Wedel, rejoignent l'armée du roi de Prusse près de Dresde. En janvier 1759, le prince Henri est affecté par l'incendie des faubourgs de Dresde. Le roi de Prusse ordonne au clergé saxon de fournir 150 000 écus pour la reconstruction et organise une collecte générale à Dresde pour aider les victimes.
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63
p. 211-214
MORTS.
Début :
Messire Florent Jean de Valiere, Lieutenant Général des Armées du Roi, [...]
Mots clefs :
Florent Jean de la Valiere, Lieutenant général des armées du roi, Morts, Talents, Vertus, Artillerie, Siège, Jean de La Fontaine, Vers, Héroïsme, Évêque, Cardinal, Comte, Marquis, Maison Russo
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
>
ESSIRE Florent Jean de Valiere , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Grand - Croix
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , Gouverneur
de Bergues , ancien Directeur de l'Artil- ·´
lerie , Affocié libre de l'Académie des Sciences
eft mort à Paris le 6 Janvier âgé de 93 ans. La
vieilletle d'un grand homme eft encore utile à fa
patrie , en ce qu'elle eft une leçon vivante ; & à
quelque âge qu'il difparoiffe de la Terre, c'eſt une
perte pour l'humanité. Les vertus & les talents
de cet Officier refpectable , lui avoient acquis une
eftime univerfelle. D'abord , il s'étoit diftingué ,
par les principes fimples qu'il indiqua fur la conduite
des Mines & des Contre-Mines , principes
dont il détermina l'application avec cette rare
fagacité qui feule pouvoit foumettre à une théorie
exacte la bifarrerie des effets de la poudre. C'eft
à lui que la France doit la fupériorité où eft parvenu
le corps de l'Artillerie , le premier de l'Europe
en ce genre , par les établitlemens digne la grandeur
du Roi , que M. de Valiere a formés en
1720. dans cette partie , & qu'il a dirigés depuis
avec tant de fageſſe & de zéle ; mais furtout par
les inftructions qu'il a données fur cet objet , &
l'attention qu'il a mife à diftinguer les fujets ,
& à les placer fuivant leur aptitude aux différentes
fonctions du fervice de l'artillerie. Sa fupériorité
dans l'attaque & la défenfe des Places , eft
212: MERCURE DE FRANCE.
bien connue par les fiéges nombreux où il efi a
donné les preuves les plus fignalées.
C'eft au fiége du Quefnoy que M. de Valiere
acommandé pour la premiere fois l'artillerie en
chef. Il y fit voir ce que peut l'artillerie bien employée.
Il éteignit en 24 heures , avec 38 - piéces
de canon , 84 bouches à feu que l'Ennemi avoit
fur le front de l'attaque de la Place .
Son foixantiéme & dernier Siége a été celui de
Fribourg en 1744. Quoiqu'il eût été expoſé aur
plus grands dangers pendant foixante ans de fervice
où il s'eft trouvé à tant de Siéges & de Batailles;
quoiqu'il n'y ait aucune efpéce d'armes dont
il n'eût été bleffé , exemple unique peut-être dans
l'hiftoire ; il a fini fa longue carriere au milieu de
fa famille , fans douleur , fans impatience, dans
l'accablement du poids des années ; état qui a
précedé fa fin de onze mois & l'a tenu au lit juſ
qu'à la mort qu'il a vu arriver en Héros Chrétien.
C'eft bien- là le couchant de la vie de l'homme
jufte,que la Fontaine a peint par ces mots fublimes,
C'est le foir d'un beau jour
Avec des vértus héroïques & des talens fi fupérieurs
, M. de Valiere étoit l'homme le plus
fimple & le plus modefte. La valeur cette vertu
qui fait violence à la Nature , étoit en lukt
douce & tranquille. Or fçait qu'il a borné toute
fon ambition ´à donner'dans ſes enfans à ſon
Roi & à fa Patrie de dignes héritiers de fes ta
lents & de fes vertus . L'aîné de fes fils , aujour
d'hui fon fucceffeur , opéroit pour la premiere
fois , fous les yeux de fon pere , au dernier fiége
de Philifbourg en 1734. La batterie qu'il commandoit
attiroit tout le feu des ennemis , & cette
grêle de boulets & de bombes caufoit quelquefois
des diftractions au jeune Elève. Son pere , qu
FEVRIER. 1759. 213
l'obſervoit , lui dit du ton de l'amitié : Si vous
étiez bien occupé de ce que vous faites , vous ne
vous appercevriez pas mon fils , de toutes ces
chofes la.
>
Les vertus guerrières de ce Grand- homme
étoient couronnées par un défintéreffementà toute
épreuve ; & du milieu des batailles , il rapportoit
dans la fociété des moeurs douces & pures qui en
faifoient le charme. C'eſt de lui que M. de Fontenelle
a dit :
De rares talens pour la guerre
En lui furent unis au coeur le plus humain
Jupiter le chargea de lancer fon tonnerre :
Minerve conduifit ſa main.
Un fi bon coeur , une ame fi belle , un fi rare
génie , ont honoré l'humanité. Sa mémoire fera
toujours chere à tout homme de bien , & en vénération
à tout bon François.
MESSIRE Antoine- René de la Roche de Fontenilles
Evêque de Meaux , premier Aumônier de
Madame , Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint- Faron , Ordre de Saint Benoît , diocèle
de Meaux, & d'Auberive Ordre de Câteaux , diocèfe
de Langres , & Prieur de Saint Pierre d'Abbeville
, Ordre de Clugny , diocèse d'Amiens , eſt
mort le 7 Janvier , dans fon Palais Epifcopal ,
dans la foixantiéme année de fon âge.
LE CARDINAL d'Argenvilliers eft mort à Røme
le 23 Décembre.
MARIE-Charlotte de Pas-Feuquieres , veuve de
Gafpard , Marquis d'Offun , mere du Marquis
d'Offun , Chevalier des Ordres du Roi , & fon
Ambaſſadeur - extraordinaire auprès du Roi des
Deux- Siciles , mourut dans cette Ville le 4 Janvier
, dans la foixante-dixiéme année de fon âge .
Le fieur Brunet de la Vaiffiere , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE .
l'Ordre-Royal & Militaire de Saint-Louis , mourut
à Saint Didier en Champagne le 24 de Décembre
, dans fa quatre- vingt-treizième année.
Il avoit paffé foixante - douze ans au ſervice du
Roi. Il s'étoit trouvé à la bataille de Stafarde
en 1690.
Anne de Brunſwick d'Hanovre , Gouvernante
des Provinces - Unies , fille aînée du Roi d'Angleterre
, veuve , depuis le 22 Octobre 1751 , de
Guillaume Charles - Henri Friſon de Naffau-
Dieft , Stathouder , mourut à la Haye le 13
Janvier , dans la cinquantiéme année de fon âge.
-
Meffire Paul de Roux , des Comtes de la Rie ,
Marquis de Gaubert & de Courbon , Baron des
Angles , premier Préſident du Parlement de Navarre
, mourut à Montpellier le 21 Décembre.
Il étoit fils d'Alexandre de Roux & de Marianne
de Piolenc. Il avoit fuccédé à fonPere dans la charge
de premierPréſident du Parlement de Navarre.
Il avoit eu de fon premier mariage avec Magdelaine
de Bullion , la Marquiſe de Coriolis d'Elpinoufe
; & de fon fecond mariage avec Louife
de Lons , la Marquife de Mefples & la Marquife
de Gaubert. Il étoit Chef d'une des branches de
la Maiſon Ruffo , qui a paſſé en France à la ſuite
de la Reine Jeanne . Cette Maiſon poſſéde encore
aujourd'hui dans ce Royaume partie des
terres qui leur furent données pour lors par cette
Princeffe en dédommagement de celles qu'elle
perdoit dans le Royaume de Naples.
>
ESSIRE Florent Jean de Valiere , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Grand - Croix
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , Gouverneur
de Bergues , ancien Directeur de l'Artil- ·´
lerie , Affocié libre de l'Académie des Sciences
eft mort à Paris le 6 Janvier âgé de 93 ans. La
vieilletle d'un grand homme eft encore utile à fa
patrie , en ce qu'elle eft une leçon vivante ; & à
quelque âge qu'il difparoiffe de la Terre, c'eſt une
perte pour l'humanité. Les vertus & les talents
de cet Officier refpectable , lui avoient acquis une
eftime univerfelle. D'abord , il s'étoit diftingué ,
par les principes fimples qu'il indiqua fur la conduite
des Mines & des Contre-Mines , principes
dont il détermina l'application avec cette rare
fagacité qui feule pouvoit foumettre à une théorie
exacte la bifarrerie des effets de la poudre. C'eft
à lui que la France doit la fupériorité où eft parvenu
le corps de l'Artillerie , le premier de l'Europe
en ce genre , par les établitlemens digne la grandeur
du Roi , que M. de Valiere a formés en
1720. dans cette partie , & qu'il a dirigés depuis
avec tant de fageſſe & de zéle ; mais furtout par
les inftructions qu'il a données fur cet objet , &
l'attention qu'il a mife à diftinguer les fujets ,
& à les placer fuivant leur aptitude aux différentes
fonctions du fervice de l'artillerie. Sa fupériorité
dans l'attaque & la défenfe des Places , eft
212: MERCURE DE FRANCE.
bien connue par les fiéges nombreux où il efi a
donné les preuves les plus fignalées.
C'eft au fiége du Quefnoy que M. de Valiere
acommandé pour la premiere fois l'artillerie en
chef. Il y fit voir ce que peut l'artillerie bien employée.
Il éteignit en 24 heures , avec 38 - piéces
de canon , 84 bouches à feu que l'Ennemi avoit
fur le front de l'attaque de la Place .
Son foixantiéme & dernier Siége a été celui de
Fribourg en 1744. Quoiqu'il eût été expoſé aur
plus grands dangers pendant foixante ans de fervice
où il s'eft trouvé à tant de Siéges & de Batailles;
quoiqu'il n'y ait aucune efpéce d'armes dont
il n'eût été bleffé , exemple unique peut-être dans
l'hiftoire ; il a fini fa longue carriere au milieu de
fa famille , fans douleur , fans impatience, dans
l'accablement du poids des années ; état qui a
précedé fa fin de onze mois & l'a tenu au lit juſ
qu'à la mort qu'il a vu arriver en Héros Chrétien.
C'eft bien- là le couchant de la vie de l'homme
jufte,que la Fontaine a peint par ces mots fublimes,
C'est le foir d'un beau jour
Avec des vértus héroïques & des talens fi fupérieurs
, M. de Valiere étoit l'homme le plus
fimple & le plus modefte. La valeur cette vertu
qui fait violence à la Nature , étoit en lukt
douce & tranquille. Or fçait qu'il a borné toute
fon ambition ´à donner'dans ſes enfans à ſon
Roi & à fa Patrie de dignes héritiers de fes ta
lents & de fes vertus . L'aîné de fes fils , aujour
d'hui fon fucceffeur , opéroit pour la premiere
fois , fous les yeux de fon pere , au dernier fiége
de Philifbourg en 1734. La batterie qu'il commandoit
attiroit tout le feu des ennemis , & cette
grêle de boulets & de bombes caufoit quelquefois
des diftractions au jeune Elève. Son pere , qu
FEVRIER. 1759. 213
l'obſervoit , lui dit du ton de l'amitié : Si vous
étiez bien occupé de ce que vous faites , vous ne
vous appercevriez pas mon fils , de toutes ces
chofes la.
>
Les vertus guerrières de ce Grand- homme
étoient couronnées par un défintéreffementà toute
épreuve ; & du milieu des batailles , il rapportoit
dans la fociété des moeurs douces & pures qui en
faifoient le charme. C'eſt de lui que M. de Fontenelle
a dit :
De rares talens pour la guerre
En lui furent unis au coeur le plus humain
Jupiter le chargea de lancer fon tonnerre :
Minerve conduifit ſa main.
Un fi bon coeur , une ame fi belle , un fi rare
génie , ont honoré l'humanité. Sa mémoire fera
toujours chere à tout homme de bien , & en vénération
à tout bon François.
MESSIRE Antoine- René de la Roche de Fontenilles
Evêque de Meaux , premier Aumônier de
Madame , Abbé Commendataire des Abbayes de
Saint- Faron , Ordre de Saint Benoît , diocèle
de Meaux, & d'Auberive Ordre de Câteaux , diocèfe
de Langres , & Prieur de Saint Pierre d'Abbeville
, Ordre de Clugny , diocèse d'Amiens , eſt
mort le 7 Janvier , dans fon Palais Epifcopal ,
dans la foixantiéme année de fon âge.
LE CARDINAL d'Argenvilliers eft mort à Røme
le 23 Décembre.
MARIE-Charlotte de Pas-Feuquieres , veuve de
Gafpard , Marquis d'Offun , mere du Marquis
d'Offun , Chevalier des Ordres du Roi , & fon
Ambaſſadeur - extraordinaire auprès du Roi des
Deux- Siciles , mourut dans cette Ville le 4 Janvier
, dans la foixante-dixiéme année de fon âge .
Le fieur Brunet de la Vaiffiere , Chevalier de
214 MERCURE DE FRANCE .
l'Ordre-Royal & Militaire de Saint-Louis , mourut
à Saint Didier en Champagne le 24 de Décembre
, dans fa quatre- vingt-treizième année.
Il avoit paffé foixante - douze ans au ſervice du
Roi. Il s'étoit trouvé à la bataille de Stafarde
en 1690.
Anne de Brunſwick d'Hanovre , Gouvernante
des Provinces - Unies , fille aînée du Roi d'Angleterre
, veuve , depuis le 22 Octobre 1751 , de
Guillaume Charles - Henri Friſon de Naffau-
Dieft , Stathouder , mourut à la Haye le 13
Janvier , dans la cinquantiéme année de fon âge.
-
Meffire Paul de Roux , des Comtes de la Rie ,
Marquis de Gaubert & de Courbon , Baron des
Angles , premier Préſident du Parlement de Navarre
, mourut à Montpellier le 21 Décembre.
Il étoit fils d'Alexandre de Roux & de Marianne
de Piolenc. Il avoit fuccédé à fonPere dans la charge
de premierPréſident du Parlement de Navarre.
Il avoit eu de fon premier mariage avec Magdelaine
de Bullion , la Marquiſe de Coriolis d'Elpinoufe
; & de fon fecond mariage avec Louife
de Lons , la Marquife de Mefples & la Marquife
de Gaubert. Il étoit Chef d'une des branches de
la Maiſon Ruffo , qui a paſſé en France à la ſuite
de la Reine Jeanne . Cette Maiſon poſſéde encore
aujourd'hui dans ce Royaume partie des
terres qui leur furent données pour lors par cette
Princeffe en dédommagement de celles qu'elle
perdoit dans le Royaume de Naples.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités notables. Florent Jean de Valiere, Lieutenant Général des Armées du Roi, Grand-Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Gouverneur de Bergues, ancien Directeur de l'Artillerie et Associé libre de l'Académie des Sciences, est décédé à Paris le 6 janvier à l'âge de 93 ans. Sa carrière a été marquée par des contributions significatives à l'artillerie, notamment par l'établissement de principes simples pour la conduite des mines et des contre-mines, et par la formation d'un corps d'artillerie supérieur en Europe. Il s'est distingué lors de nombreux sièges, notamment ceux du Quesnoy et de Fribourg en 1744. Malgré les blessures et les dangers encourus, il a terminé sa carrière entouré de sa famille. De Valiere était également connu pour sa simplicité, sa modestie et son désintéressement. Le texte mentionne également le décès de plusieurs autres personnalités : Messire Antoine-René de la Roche de Fontenilles, Évêque de Meaux, le Cardinal d'Argenvilliers, Marie-Charlotte de Pas-Feuquieres, veuve du Marquis d'Offun, le Sieur Brunet de la Vaissière, Chevalier de Saint-Louis, Anne de Brunswick d'Hanovre, Gouvernante des Provinces-Unies, et Meffire Paul de Roux, Marquis de Gaubert et de Courbon, Premier Président du Parlement de Navarre.
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64
p. *210-210
De Naples, le 20 Janvier.
Début :
On fait ici des préparatifs extraord. On recrute les vieilles Troupes, on forme de nouveaux [...]
Mots clefs :
Enrôlement, Préparatifs , Troupes, Milice, Armements, Artillerie, Munitions, Conseils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Naples, le 20 Janvier.
De Naples, le 20 Janvier.
On fait ici des préparatifs extraord . On recrute
les vieilles Troupes , on forme de nouveaux Ré
gimens. Les Paylans des Frontieres du Royaume,
qui avoient coutume d'aller travailler l'hyver dans
l'Etat de l'Eglife , ont eu défenfe de s'abſenter.
On veut choilir parmi eux des hommes en état de
fervir , & en compofer un Corps de Milice. On
preffe l'Armement des Vaiffeaux & des Frégates.
On travaille à aſſembler une Artillerie formidable
; & on fait de grands amas de toutes eſpéces
de munitions de Guerre. Au milieu de ces mouvemens
, la Cour reçoit & dépêche des Couriers.
Les Confeils fe tiennent avec affiduité , & rien ne
tranfpire des réfolutions qu'on y a prifes.
On fait ici des préparatifs extraord . On recrute
les vieilles Troupes , on forme de nouveaux Ré
gimens. Les Paylans des Frontieres du Royaume,
qui avoient coutume d'aller travailler l'hyver dans
l'Etat de l'Eglife , ont eu défenfe de s'abſenter.
On veut choilir parmi eux des hommes en état de
fervir , & en compofer un Corps de Milice. On
preffe l'Armement des Vaiffeaux & des Frégates.
On travaille à aſſembler une Artillerie formidable
; & on fait de grands amas de toutes eſpéces
de munitions de Guerre. Au milieu de ces mouvemens
, la Cour reçoit & dépêche des Couriers.
Les Confeils fe tiennent avec affiduité , & rien ne
tranfpire des réfolutions qu'on y a prifes.
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Résumé : De Naples, le 20 Janvier.
À Naples, le 20 janvier, des préparatifs militaires sont en cours. Les troupes sont recrutées et de nouveaux régiments formés. Les paysans des frontières doivent rester pour constituer une milice. L'armement des vaisseaux et l'assemblage de l'artillerie sont accélérés. Des munitions sont stockées. La cour échange des courriers et tient des conseils secrets.
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65
p. 201-204
Le 17 Février.
Début :
Promotion d'Officiers Généraux. Lieutenant Général. M. le Comte dé Monteynard. [...]
Mots clefs :
Officiers, Lieutenant général, Maréchal de camp, Chevalier, Comte, Marquis, Baron, Garde du corps, Gendarmes, Cavaliers, Dragons, Vicomte, Garde, Artillerie, Infanterie, Mousquetaire, Régiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le 17 Février.
Le 17 Février.
PROMOTION D'OFFICIERS GÉNÉRAUX.
LIEUTENANT GÉNÉRAL.
M. le Comte dé Monteynard.
MARÉCHAUX DE CAMP.
GARDES FRANÇOISES . MM. de Viſé & de Voifenon.
GARDES SUISSES. MM. Settiez , & le Baron de
Travers
LV
202 MERCURE DE FRANCE.
INFANTERIE . MM. le Chevalier de la Marck ,
le Baron de Tunderfeld , de Culaques , le Comte
de Rouffiac , de Courbuiffon , le Marquis de Fenelon
, le Comte d'Hamilton , le Comte de Bethune
, de la Morliere , le Baron du Blaiſel , le
Marquis de Gouy , le Marquis de Mailly , le
Comte de Choiſeul- Beaupré , de Bergerer, Gayon,
de Bruflard , le Marquis de Baffompiere, le Prince
de Robecq , le Marquis de Lemps & de Châtillon,
ARTILLERIE . M. Guyol de Guiran. ,
GÉNIE. MM. de Bourcet , & Filley.
MAISON DU ROI.
GARDES DU CORPS DE S. M. MM. le Chevalier
de S. Sauveur , le Marquis de Sesmaiſons
de Vareilles & de Champignelles.
GENDARMES BE LA GARDE . MM. le Vicomte
de Ségur & Filtz de Coffe.
CHEVAUX-LÉGERS DE LA GARDE . M. Channe
de Vezanne.
MOUSQUETAIRES. M. le Marquis de la Cheze.
GENDARMERIE. MM. le Marquis de Bacqueville
, de Folleville , de Lefperoux , le Comte de
Montecler.
CAVALERIE. MM. de la Refie , de Moulins ,
'd'Obenheim , de Cormainville , Marquis de Soye
court , de Saluces , de la Rochefoucauld - Langhac,
leComte de Galiffet , le Marquevilly , le Comte
de Vienne , le Marquis de la Viefville , le Comte
de Biffy , le Comte de Grammont , le Comte
d'Elpiés.
DRAGONS . M. le Chevalier de Mezieres , le
Marquis d'Amenzaga.
ÉTAT MAJOR.
FANTERIE. MM. le Vicomte de Sebourg , le
Marquis de Lugeac , le Marquis de Cornillon.
12
>
1
AVRIL. 1759 . 203
BRIGADIERS..
GARDES FRANÇOISES . MM. le Marquis de Bou
ville , le Chevalier de Champignelle , le Comte
d'Auteroche , le Comte de Lautrec .
GARDES SUISSES . MM . Gabriel - Joſeph Reynold
, & Etienne Caftellas .
INFANTERIE. MM. le Marquis de S. Herem ,
le Chevalier d'Ally , le Marquis de Contades , le
Comte de Caftellanne , le Chevalier de Chabrian,
de la Trefne , Warten , le Marquis de Montpouillan
, Mylord Ogilry , le Marquis de Vaubecourt
, Rofcomon , le Baron de Zuchmantel , le
Comte de Beaujeu , le Comte de Brienne le
Comte d'Efparbès , le Marquis de Peruffe d'Efcars
, le Baron de Rey , le Chevalier de Valence,
le Marquis de Juigné, Jenner , de Bulow , & du
Boufquet.
ARTILLERIE. M. Belidor.
›
GÉNIE. MM . du Portal , Chevalier , & Lambert.
MAISON DU ROI.
GARDES DU CORPS de S. M. MM. de Florishac,
de Cherifey , le Marquis de la Billarderie, de Caf
fini , de Morioles , le Chevalier d'Amfreville.
CHEVAUX-LÉGERS DE LA GARDE . M. le Marquis
d'Efquelbec.
MOUSQUETAIRES. M. de Bulſtrode .
GRENADIERS A CHEVAL . M. de Bonnaire.
GENDARMERIE . MM. le Vicomte de Sabran ,
le Comte d'Efclignac , de Boufflers , de Clermont-
Montaifon , le Marquis de Cruffol d'Amboife , le
Comte de Valentinois.
CAVALERIE. MM. Louis Rheingraff , le Prince
de Holſtein-Beck , le Baron de Stralenheim , le
Chevalier de Marcien , le Marquis de Montier ,
Comte de Poly , de S. André , de Pradel, Prince
d'Anhalt , le Chevalier de Nanclas , Nordmann ,
de la Roque , de Monciel )
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
DRAGONS. MM. de la Badie , de la Porterie,
le Marquis de Montchenu.
ÉTAT MAJOR.
INFANTERIE. MM . Micault, Dongermain , le
Chevalier de Longaunay , le Chevalier de Chabor.
CAVALERIE, MM. de Valogny , de S. Sauveur ,
de Vault , le Marquis de Fumel.
DISPOSITION DES RÉGIMENTS.
INFANTERIE. La Reine , le Marquis de Cruffol
d'Amboife ; Limofin , le Comte de Miran ; Provence
, le Marquis de Grave ; Lorraine, le Comte
d'Aubigny ; Angoumois , le Chevalier de Blangy ;
Brie , le Marquis de Coiflin ; Royal - Barrois , le .
Marquis de Langeron.
CAVALERIE. Royal , le Marquis de Serrant .;
la Reine , le Sieur de Tourny ; Dauphin Etranger
, le Marquis de Vibraye ; Bourgogne , le
Comte de Coffé ; Grammont , le Marquis de
Balincourt ; la Viefville , le Marquis de Ste Aldegonde
; la Rochefoucauld , le Marquis de Sargeres
; Saluces , le Marquis de Seyfiel.
GRENADIERS -ROYAUX . Bergeret , le Vicomte
de Nardonne , Châtillon , le Marquis de Longannay
; Bruflart , le fieur le Camus.
Le Roi ayant jugé à propos d'employer en
qualité de Brigadier, en Baffe-Normandie le Comte
de Goyon , Brigadier , Meftre de Camp- Lieutenant
du Régiment du Colonel- Genéral des Dragons
, S. M. a difpofé de la Charge de Mestre
de Camp- Lieutenant de ce Régiment , en faveur
du Chevalier de Caraman , Major du Régiment
de Dragons de ce nom .
Le Roi a difpofé auffi du Régiment vacant par
la démiſſion du Marquis de S. Jal , en faveur du
Comte de Vogué , Capitaine réformé dans le Régiment
de Cavalerie d'Aquitaine.
PROMOTION D'OFFICIERS GÉNÉRAUX.
LIEUTENANT GÉNÉRAL.
M. le Comte dé Monteynard.
MARÉCHAUX DE CAMP.
GARDES FRANÇOISES . MM. de Viſé & de Voifenon.
GARDES SUISSES. MM. Settiez , & le Baron de
Travers
LV
202 MERCURE DE FRANCE.
INFANTERIE . MM. le Chevalier de la Marck ,
le Baron de Tunderfeld , de Culaques , le Comte
de Rouffiac , de Courbuiffon , le Marquis de Fenelon
, le Comte d'Hamilton , le Comte de Bethune
, de la Morliere , le Baron du Blaiſel , le
Marquis de Gouy , le Marquis de Mailly , le
Comte de Choiſeul- Beaupré , de Bergerer, Gayon,
de Bruflard , le Marquis de Baffompiere, le Prince
de Robecq , le Marquis de Lemps & de Châtillon,
ARTILLERIE . M. Guyol de Guiran. ,
GÉNIE. MM. de Bourcet , & Filley.
MAISON DU ROI.
GARDES DU CORPS DE S. M. MM. le Chevalier
de S. Sauveur , le Marquis de Sesmaiſons
de Vareilles & de Champignelles.
GENDARMES BE LA GARDE . MM. le Vicomte
de Ségur & Filtz de Coffe.
CHEVAUX-LÉGERS DE LA GARDE . M. Channe
de Vezanne.
MOUSQUETAIRES. M. le Marquis de la Cheze.
GENDARMERIE. MM. le Marquis de Bacqueville
, de Folleville , de Lefperoux , le Comte de
Montecler.
CAVALERIE. MM. de la Refie , de Moulins ,
'd'Obenheim , de Cormainville , Marquis de Soye
court , de Saluces , de la Rochefoucauld - Langhac,
leComte de Galiffet , le Marquevilly , le Comte
de Vienne , le Marquis de la Viefville , le Comte
de Biffy , le Comte de Grammont , le Comte
d'Elpiés.
DRAGONS . M. le Chevalier de Mezieres , le
Marquis d'Amenzaga.
ÉTAT MAJOR.
FANTERIE. MM. le Vicomte de Sebourg , le
Marquis de Lugeac , le Marquis de Cornillon.
12
>
1
AVRIL. 1759 . 203
BRIGADIERS..
GARDES FRANÇOISES . MM. le Marquis de Bou
ville , le Chevalier de Champignelle , le Comte
d'Auteroche , le Comte de Lautrec .
GARDES SUISSES . MM . Gabriel - Joſeph Reynold
, & Etienne Caftellas .
INFANTERIE. MM. le Marquis de S. Herem ,
le Chevalier d'Ally , le Marquis de Contades , le
Comte de Caftellanne , le Chevalier de Chabrian,
de la Trefne , Warten , le Marquis de Montpouillan
, Mylord Ogilry , le Marquis de Vaubecourt
, Rofcomon , le Baron de Zuchmantel , le
Comte de Beaujeu , le Comte de Brienne le
Comte d'Efparbès , le Marquis de Peruffe d'Efcars
, le Baron de Rey , le Chevalier de Valence,
le Marquis de Juigné, Jenner , de Bulow , & du
Boufquet.
ARTILLERIE. M. Belidor.
›
GÉNIE. MM . du Portal , Chevalier , & Lambert.
MAISON DU ROI.
GARDES DU CORPS de S. M. MM. de Florishac,
de Cherifey , le Marquis de la Billarderie, de Caf
fini , de Morioles , le Chevalier d'Amfreville.
CHEVAUX-LÉGERS DE LA GARDE . M. le Marquis
d'Efquelbec.
MOUSQUETAIRES. M. de Bulſtrode .
GRENADIERS A CHEVAL . M. de Bonnaire.
GENDARMERIE . MM. le Vicomte de Sabran ,
le Comte d'Efclignac , de Boufflers , de Clermont-
Montaifon , le Marquis de Cruffol d'Amboife , le
Comte de Valentinois.
CAVALERIE. MM. Louis Rheingraff , le Prince
de Holſtein-Beck , le Baron de Stralenheim , le
Chevalier de Marcien , le Marquis de Montier ,
Comte de Poly , de S. André , de Pradel, Prince
d'Anhalt , le Chevalier de Nanclas , Nordmann ,
de la Roque , de Monciel )
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE.
DRAGONS. MM. de la Badie , de la Porterie,
le Marquis de Montchenu.
ÉTAT MAJOR.
INFANTERIE. MM . Micault, Dongermain , le
Chevalier de Longaunay , le Chevalier de Chabor.
CAVALERIE, MM. de Valogny , de S. Sauveur ,
de Vault , le Marquis de Fumel.
DISPOSITION DES RÉGIMENTS.
INFANTERIE. La Reine , le Marquis de Cruffol
d'Amboife ; Limofin , le Comte de Miran ; Provence
, le Marquis de Grave ; Lorraine, le Comte
d'Aubigny ; Angoumois , le Chevalier de Blangy ;
Brie , le Marquis de Coiflin ; Royal - Barrois , le .
Marquis de Langeron.
CAVALERIE. Royal , le Marquis de Serrant .;
la Reine , le Sieur de Tourny ; Dauphin Etranger
, le Marquis de Vibraye ; Bourgogne , le
Comte de Coffé ; Grammont , le Marquis de
Balincourt ; la Viefville , le Marquis de Ste Aldegonde
; la Rochefoucauld , le Marquis de Sargeres
; Saluces , le Marquis de Seyfiel.
GRENADIERS -ROYAUX . Bergeret , le Vicomte
de Nardonne , Châtillon , le Marquis de Longannay
; Bruflart , le fieur le Camus.
Le Roi ayant jugé à propos d'employer en
qualité de Brigadier, en Baffe-Normandie le Comte
de Goyon , Brigadier , Meftre de Camp- Lieutenant
du Régiment du Colonel- Genéral des Dragons
, S. M. a difpofé de la Charge de Mestre
de Camp- Lieutenant de ce Régiment , en faveur
du Chevalier de Caraman , Major du Régiment
de Dragons de ce nom .
Le Roi a difpofé auffi du Régiment vacant par
la démiſſion du Marquis de S. Jal , en faveur du
Comte de Vogué , Capitaine réformé dans le Régiment
de Cavalerie d'Aquitaine.
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Résumé : Le 17 Février.
En février et avril 1759, plusieurs promotions d'officiers généraux ont été effectuées. En février, le Comte de Monteynard a été promu lieutenant général. Parmi les maréchaux de camp, MM. de Visé et de Voifenon ont été promus pour les Gardes Françaises, tandis que MM. Settiez et le Baron de Travers l'ont été pour les Gardes Suisses. L'infanterie a vu la promotion de nombreux officiers, dont le Chevalier de la Marck, le Comte de Rouffiac et le Marquis de Fenelon. L'artillerie et le génie ont également enregistré des promotions, comme M. Guyol de Guiran et MM. de Bourcet et Filley. La maison du roi et la cavalerie ont également connu des promotions, incluant MM. le Chevalier de S. Sauveur et le Marquis de Bacqueville. En avril 1759, de nouvelles promotions ont été annoncées. Parmi les brigadiers, MM. le Marquis de Bouville et le Chevalier de Champignelle ont été promus pour les Gardes Françaises, et MM. Gabriel-Joseph Reynold et Étienne Caftellas pour les Gardes Suisses. L'infanterie a vu la promotion de MM. le Marquis de S. Herem et le Comte de Beaujeu. L'artillerie et le génie ont également enregistré des promotions, comme M. Belidor et MM. du Portal et Chevalier. La maison du roi et la cavalerie ont également connu des promotions, incluant MM. de Florishac et le Marquis d'Efquelbec. Le document mentionne également la disposition des régiments d'infanterie et de cavalerie, avec des noms de régiments et leurs commandants respectifs. Par exemple, le régiment de la Reine est commandé par le Marquis de Cruffol d'Amboife, et le régiment Royal par le Marquis de Serrant. Le roi a également disposé de certaines charges, comme celle de Mestre de Camp-Lieutenant du Régiment des Dragons, en faveur du Chevalier de Caraman, et a attribué le régiment vacant du Marquis de S. Jal au Comte de Vogué.
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66
p. 205
De Paris, le 10 Mars.
Début :
Le 2 de ce mois, le Roi fit dans la plaine des Sablons, la revue [...]
Mots clefs :
Gardes suisses, Lieutenant général, Armée du roi, Bataillons, Compagnies, Artillerie, Canons, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 10 Mars.
De Paris , le 10 Mars.
Le 2 de ce mois , le Roi fit dans la plaine des
Sablons , la revue du Régiment des Gardes-Françoifes
, & de celui des Gardes- Suiffes.
Le 28 Avril de l'année dernière , le fieur de
Lally , Lieutenant - Général des armées du Roi ,
débarqua à Pontichéry avec deux Bataillons de
fon Régiment , vers les deux heures après midi.
Le même jour à cinq heures , il détacha le
Comte d'Estaing avec deux Bataillons du Régiment
de Lorraine & trois cens hommes des Troupes
de l'Inde , pour aller inveftir Goudelour , &
partit dans la nuit avec un détachement du Corps
Royal de l'Artillerie , deux piéces de campagne ,
deux groffes piéces , & les deux Compagnies de
Grenadiers de fon Régiment , pour aller joindre
le Comte d'Estaing devant cette Ville , qui capitula
le quatrième jour.
Il fit tout de fuite inveftir le fort Saint-David;
& trois jour après fit emporter l'épée à la main
les trois forts qui en défendoient les approches. Les
difficultés du terrein ayant fufpendu l'arrivée
de l'Artillerie , il ne put faire ouvrir la tranchée
que le 20 Mai. Le fort Saint- David capitula le 2.
Juin , & la garnifon de fept ,cens vingt Anglois
& dix- fept cens Soldats noirs , a été faite priſonnière
de guerre.
Il envoya le même jour un détachement à onze
lieues du fort Saint- David à Divicottey , que la
garnifon Angloife avoit évacué.
Il s'eft trouvé cent quatre - vingt canons ou
mortiers , dans le fort Saint- David , & quatrevingt
piéces de canon dans Divicottey.
Le Marquis de Montmorency-Laval , Colonel
d'Infanterie , a été envoyé par le fieur de Lally ,
pour porter au Roi les détails de la prife des
forts.
Le 2 de ce mois , le Roi fit dans la plaine des
Sablons , la revue du Régiment des Gardes-Françoifes
, & de celui des Gardes- Suiffes.
Le 28 Avril de l'année dernière , le fieur de
Lally , Lieutenant - Général des armées du Roi ,
débarqua à Pontichéry avec deux Bataillons de
fon Régiment , vers les deux heures après midi.
Le même jour à cinq heures , il détacha le
Comte d'Estaing avec deux Bataillons du Régiment
de Lorraine & trois cens hommes des Troupes
de l'Inde , pour aller inveftir Goudelour , &
partit dans la nuit avec un détachement du Corps
Royal de l'Artillerie , deux piéces de campagne ,
deux groffes piéces , & les deux Compagnies de
Grenadiers de fon Régiment , pour aller joindre
le Comte d'Estaing devant cette Ville , qui capitula
le quatrième jour.
Il fit tout de fuite inveftir le fort Saint-David;
& trois jour après fit emporter l'épée à la main
les trois forts qui en défendoient les approches. Les
difficultés du terrein ayant fufpendu l'arrivée
de l'Artillerie , il ne put faire ouvrir la tranchée
que le 20 Mai. Le fort Saint- David capitula le 2.
Juin , & la garnifon de fept ,cens vingt Anglois
& dix- fept cens Soldats noirs , a été faite priſonnière
de guerre.
Il envoya le même jour un détachement à onze
lieues du fort Saint- David à Divicottey , que la
garnifon Angloife avoit évacué.
Il s'eft trouvé cent quatre - vingt canons ou
mortiers , dans le fort Saint- David , & quatrevingt
piéces de canon dans Divicottey.
Le Marquis de Montmorency-Laval , Colonel
d'Infanterie , a été envoyé par le fieur de Lally ,
pour porter au Roi les détails de la prife des
forts.
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Résumé : De Paris, le 10 Mars.
Le 2 mars, le Roi passa en revue les régiments des Gardes-Françoises et des Gardes-Suisses à la plaine des Sablons. En avril de l'année précédente, le lieutenant-général Thomas Arthur de Lally, baron de Tollendal, débarqua à Pondichéry avec deux bataillons de son régiment. Le même jour, il envoya le comte d'Estaing avec des troupes pour investir Goudelour, que d'Estaing prit le quatrième jour. Lally investit ensuite le fort Saint-David et prit trois forts environnants en trois jours. En raison des difficultés du terrain, l'artillerie n'arriva que le 20 mai. Le fort Saint-David capitula le 2 juin, rendant prisonniers 720 Anglais et 170 soldats noirs. Lally envoya également un détachement à Divicottey, où il trouva 180 canons ou mortiers et 80 pièces d'artillerie. Le marquis de Montmorency-Laval fut chargé d'informer le Roi de ces détails.
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67
p. 204-205
MORTS.
Début :
Louise de Mailly de Buire, est morte le 26 à Lille en [...]
Mots clefs :
Maison de Mailly, Morts, Lieutenant général, Seigneur, Chevalier, Brigadier, Maréchal de camp, Artillerie, Réputation, Maison de Cramezel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O R T S.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
Louiſe de Mailly de Buire, eſt morte le 26 à
Lille en Flandre. Elle étoit la derniere de la bran
che de Mailly du Quetnoy, ſortie de celle du
Mailly- Haucourt en 1 5 59. Le Prince de Croy lui
ſuccéde dans tous ſes biens.
Le ſieur Bailly , Iieutenant-Général des Armées
du Roi & de l'Artillerie , mourut a Paris le 2 2 ,
âgé de ſoixante-quatorze ans. -
Marie Marguerite Françoiſe de Melun d'Epinoy,
mou ut en cette ville le 4 Avril, âgée de quatre
vingt ſept ans.
Haut & Puiſſant Seigneur Meſſire Paul de la
Roche-Aymon, Chevalier Seigneur de Lavaud ,
Baron de la Farge, Marquis de Saint Maixent,
Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de Saint
Louis, Lieutenant Général des Armée s du Roi ,
Lieutenant-Général de l'Artillerie de France, &
Directeur en chef de ladite Artillerie au Départe
ment de la haute & bafle Normandie, eſt décédé
ruè du FauxbourgSaint Lazare le 22 Mars 1759,
enterré le 23 à Saint Laurent. Il étoit âgé de 7 f
ans 5 mois 2 , jours , étant né le .7 Septembre
1 683. Il eſt entré au Service dans l'Artillerie en
17o3 , a été fait Capitaine de Canoniers en 17o9.
Brigadier d'Infanterie en . .. .. .. 1721.
Maréchal de Camp en . . . . . . . .. 17 34.
Lieutenant-Général de l'Artillerie au Dé
partement de Normandie en . . . . . .. 1738.
Et Lieutenant Général des Armées du Roi
en - • • • • • • • • • • • • • • • • • • I743 •
Il a commandé en chef l'Artillerie à
l'Armée de la Moſelle Cil • • • • • • • 1744
- M A I. 1759. - 2o5
Aux Armées du bas Rhin en . ' 174 r & 1746.
Aux Armées de Flandres en .. 1747 & 1748.
Tous les Gens de Guerre ſçavent avec quelle
diſtinction & quelle réputation il a ſervi tant dans
les Batailles que dans les Siéges.
| On croit inutile de rappeller au Public la belle
& grande Généalogie de ce Seigneur , dont la
Maiſon eſt des plus connuë.
Le 12 Avril mourut à Paris noble Dame Fran
çoiſe Prieur, âgée de ſoixante-quinze ans. Elle
avoit épouſé le 2 Février 17 5 1, Meſſire Pierre
Auguſtin de Cramezel, Chevalier, ſieur de Ker
gerault, anc en O iicier de la Marine , de la
Maiſon duquel on a donné en Juin 17 5 1, une
courte généalogie. -
Un auteur de cette Maiſon ancienne, du nom
d'Armand de Cramezel, né le 4 Décembre 1 34o,
qui épouſa Anne de Martel fille unique, ſe ſignala
beaucoup à Toul, à Metz & à Verdun, ainſi
qu'a la bataille d'Auvray, qui ſe donna le 24 Sep-.
tembre 1 364, entre Jean Comte de Monfort
& Charles de Blois. Les Mémoires du Comte
de Goudon, allié des Comtes d'Anjou, ont laiſſé
une idée de ſa valeur & de la bravoure d'Armand
Cramezel ; il fut aimé & conſidéré par ſes ac
tions, il ne le fut pas moins par ſes talens ; il
avoit celui d'exprimer avec deux ou trois traits le
burin juſqu'a l'humeur & au caractére particulier
de chaque figure ; il avoit encore l'adreſſe ſin
guliere de ramaſſer en peu de place une infinité
de choſes, & ſi on peut le dire , le don de créer
de l'eſpace ; car, comme l'atteſtent les Mémoi
res de M. le Comte de Goulon, en un ſeul pouce
de terrain, il faiſoit voir diſtinctement cinq a ſix
lieues de pays, & une multitude inconcevable
de perſonnages.
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Résumé : MORTS.
En 1759, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Louise de Mailly de Buire, dernière de la branche de Mailly du Quetnoy, est décédée le 26 avril à Lille en Flandre. Le Prince de Croy a hérité de tous ses biens. À Paris, le sieur Bailly, Lieutenant-Général des Armées du Roi et de l'Artillerie, est mort le 22 avril à l'âge de soixante-quatorze ans. Marie Marguerite Françoise de Melun d'Epinoy est décédée le 4 avril à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Paul de la Roche-Aymon, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 22 mars à l'âge de 75 ans. Il a servi dans l'artillerie depuis 1703 et a occupé divers postes prestigieux. Françoise Prieur, âgée de soixante-quinze ans, est morte le 12 avril à Paris. Elle avait épousé Pierre Augustin de Cramezel, officier de la Marine. La famille Cramezel est connue pour ses exploits militaires et artistiques, notamment Armand de Cramezel, né en 1340.
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68
p. 212
DE HAMBOURG, le 6 Mai.
Début :
On mande de Petersbourg que la Flotte des Russes est sur le point de mettre [...]
Mots clefs :
Flotte russe, Artillerie, Escadre suédoise, Vaisseaux de guerre, Mort, Épouse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 6 Mai.
DE HAMBO V R RG , le 6 Mai.
On mande de Petersbourg que la Flotte d
Ruffes eft fur le point de mettre à la voile. El
doit prendre à Cronftade un train de groffe A
tillerie qu'elle tranfportera au lieu de fa deftin
tion On a déjà conduit à Riga un train fer
blable d'Artillerie.
L'Efcadre Suédoiſe qui vient d'être armée
Carlskron , partira en même temps pour ſe joi
dre à la Flotte des Ruffes ; & elle fera fuiv
bientôt d'une seconde Efcatre compofée de vai
feaux de guerre , de quelques galeres & de pli
Leurs bateaux plats.
Du Juin
Caroline-Wilhelmine-Sophie de Heffe -Caffel
Epoufe de Frederic - Augufte , Prince régnan
d'Anhalt- Zerbft , mourut à Zerbft le 22 de c
mois , dans la vingt-huitième année de fon âge
On mande de Petersbourg que la Flotte d
Ruffes eft fur le point de mettre à la voile. El
doit prendre à Cronftade un train de groffe A
tillerie qu'elle tranfportera au lieu de fa deftin
tion On a déjà conduit à Riga un train fer
blable d'Artillerie.
L'Efcadre Suédoiſe qui vient d'être armée
Carlskron , partira en même temps pour ſe joi
dre à la Flotte des Ruffes ; & elle fera fuiv
bientôt d'une seconde Efcatre compofée de vai
feaux de guerre , de quelques galeres & de pli
Leurs bateaux plats.
Du Juin
Caroline-Wilhelmine-Sophie de Heffe -Caffel
Epoufe de Frederic - Augufte , Prince régnan
d'Anhalt- Zerbft , mourut à Zerbft le 22 de c
mois , dans la vingt-huitième année de fon âge
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Résumé : DE HAMBOURG, le 6 Mai.
Le 6 mai, la flotte russe, rejointe par l'escadre suédoise, doit transporter de l'artillerie de Cronstadt à Riga. Le 22 juin, Caroline-Wilhelmine-Sophie de Hesse-Cassel, épouse de Frédéric-Auguste d'Anhalt-Zerbst, meurt à Zerbst à 28 ans.
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69
p. 205
DE HAMBOURG le 10 Juin.
Début :
On voit par un écrit que l'on vient de publier que les troupes Prussiennes qui ont [...]
Mots clefs :
Troupes prussiennes, Pillages, Argent, Artillerie, Munitions, Violences, Enrôlement, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG le 10 Juin.
DE HAMBOURG le 10 Juin.
On voit par un écrit que l'on vient de publier
que les troupes Pruffiennes qui ont hiverné dans ,
lesEtats deMecklebourg ne le fontpas conténtées ›
d'en tirer d'énormes contributions en argent &
en toute efpèce de fubfiftances ; qu'elles ont enlevé
l'artillerie & les munitions ; qu'elles fe font empa- .
rées de tous les deniers du Prince ; qu'elles ont
forcé les habitans ſans diſtinction à s'enrôler ſous
leurs drapeaux ; & que pour découvrir les fugitifs
qui cherchoient à ſe dérober à leur violence , elles
ont maltraité les femmes juſqu'à les traîner attachées
à la queue de leurs chevaux , & leur ont fait
des outrages dont on n'a jamais vu d'exemple. On
obſerve que cet excès commis par les Pruſſiens a
couté à l'Etat de Mecklenbourg quatorze millions :
de florins l'Allemagne , fans compter la dévaſta➡ :
tion de festerres & le malfacre d'un grand noms
bre de fehabitans.
On voit par un écrit que l'on vient de publier
que les troupes Pruffiennes qui ont hiverné dans ,
lesEtats deMecklebourg ne le fontpas conténtées ›
d'en tirer d'énormes contributions en argent &
en toute efpèce de fubfiftances ; qu'elles ont enlevé
l'artillerie & les munitions ; qu'elles fe font empa- .
rées de tous les deniers du Prince ; qu'elles ont
forcé les habitans ſans diſtinction à s'enrôler ſous
leurs drapeaux ; & que pour découvrir les fugitifs
qui cherchoient à ſe dérober à leur violence , elles
ont maltraité les femmes juſqu'à les traîner attachées
à la queue de leurs chevaux , & leur ont fait
des outrages dont on n'a jamais vu d'exemple. On
obſerve que cet excès commis par les Pruſſiens a
couté à l'Etat de Mecklenbourg quatorze millions :
de florins l'Allemagne , fans compter la dévaſta➡ :
tion de festerres & le malfacre d'un grand noms
bre de fehabitans.
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Résumé : DE HAMBOURG le 10 Juin.
Le 10 juin, des troupes prussiennes ont imposé des contributions financières et en nature aux États de Mecklebourg, confisqué l'artillerie et les munitions, et pillé les fonds du prince local. Elles ont forcé les habitants à s'enrôler et maltraité les femmes pour traquer les fugitifs. Ces exactions ont coûté quatorze millions de florins allemands et causé la dévastation des terres et des souffrances aux habitants.
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70
p. 206-207
DE LONDRES, le 16 Juin.
Début :
Le vaisseau le Grantham, appartenant à la Compagnie des Indes, a été pris à la hauteur du [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Cap de Bonne-Espérance, Cargaison, Colonel, Capitaine, Guadeloupe, Artillerie, Retraite des ennemis, Combat, Capitulation, Escadre, Secours, Frégates, Amiral Hawke
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texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 16 Juin.
DE LONDRES , le 16 Juin.
Le vaiffeau le Grantham , appartenant à la
Compagnie des Indes , a été pris à la hauteur
du Cap de Bonne- Efperance par deux vaiſſeaux
de guerre François . On évalue la cargaiſon de
ce bâtiment à deux cens mille livres fterlings.
Le Colonel Clavering & le Capitaine Leffie
arriverent ici le 13 , envoyés par le Général Baringthon
, pour apporter la nouvelle de la prife
de la Guadeloupe. Le 12 Avril , ce Général envøya
à Arnouville un détachement de quinze
cens hommes avec quatre piéces de canon &
deux obufers. Les ennemis fe retirerent dans
leurs retranchemens au- delà de la riviere & s'y
défendirent avec fermeté. Le 16 ils abandonnerent
le pofte de la Baye. Mahant , & celui de-
Goyave , pour le replier fur Sainte-Marie. Nos.
troupes y marcherent le zo , & après un combat
SY
affez difputé , ils forcerent les ennemis de fe retirer
dans les montagnes où ils fe font tenus
JUILLET. 1759.
207
renfermés , jufqu'à ce que le défaut de vivres
les ait mis dans la néceffité de capituler. C'eſt
le premier de Mai que la capitulation a été
fignée. On a accordé aux troupes les honneurs
de la guerre , & des bâtimens pour les tranfporporter
à la Martinique. On a promis aux habitans
de maintenir leurs priviléges dans toute
leur étenḍue. Une heure après que la capitulation
fut fignée , les François furent avertis qu'un
fecours de fix cens hommes de troupes réglées
& de deux mille Boucaniers , commandés par le
fieur de Beauharnois , venoit de débarquer à.
Sainte Anne avec de l'artillerie & des armes.
pour deux mille hommes. L'Eſcadre du fieur de
Bompart avoit eſcorté ce convoi ; mais comme.
la capitulation étoit fignée , le fecours fut reme
barqué fur le champ.
Du 24.
-Nos frégates ne ceffent de parcourir les côtes
entre Breſt & Dunkerque , pour obferver les
mouvemens des François. Tous les avis qu'elles
nous donnent augmentent les appréhenfions
cauſées par leur armement , & en repréſentent
les effets comme très - prochains. La flotte de
l'Amiral Hawke tient ferme dans fa croifiere
fur la côte Occidentale de la Bretagne. La tempête
qu'elle a effuyée le r2 de ce mois , a confidérablement
endommagé quelques-uns de fes
vaiſſeaux. Le Héros a perdu tous les mats ; le
Temple a rompu fon mat d'artimon & ſon beaupré
; le Montagu a beaucoup fouffert dans fes
manoeuvres. Ces trois vaiſſeaux ont été obligés
de revenir à Plymouth pour ſe réparer.
Le vaiffeau le Grantham , appartenant à la
Compagnie des Indes , a été pris à la hauteur
du Cap de Bonne- Efperance par deux vaiſſeaux
de guerre François . On évalue la cargaiſon de
ce bâtiment à deux cens mille livres fterlings.
Le Colonel Clavering & le Capitaine Leffie
arriverent ici le 13 , envoyés par le Général Baringthon
, pour apporter la nouvelle de la prife
de la Guadeloupe. Le 12 Avril , ce Général envøya
à Arnouville un détachement de quinze
cens hommes avec quatre piéces de canon &
deux obufers. Les ennemis fe retirerent dans
leurs retranchemens au- delà de la riviere & s'y
défendirent avec fermeté. Le 16 ils abandonnerent
le pofte de la Baye. Mahant , & celui de-
Goyave , pour le replier fur Sainte-Marie. Nos.
troupes y marcherent le zo , & après un combat
SY
affez difputé , ils forcerent les ennemis de fe retirer
dans les montagnes où ils fe font tenus
JUILLET. 1759.
207
renfermés , jufqu'à ce que le défaut de vivres
les ait mis dans la néceffité de capituler. C'eſt
le premier de Mai que la capitulation a été
fignée. On a accordé aux troupes les honneurs
de la guerre , & des bâtimens pour les tranfporporter
à la Martinique. On a promis aux habitans
de maintenir leurs priviléges dans toute
leur étenḍue. Une heure après que la capitulation
fut fignée , les François furent avertis qu'un
fecours de fix cens hommes de troupes réglées
& de deux mille Boucaniers , commandés par le
fieur de Beauharnois , venoit de débarquer à.
Sainte Anne avec de l'artillerie & des armes.
pour deux mille hommes. L'Eſcadre du fieur de
Bompart avoit eſcorté ce convoi ; mais comme.
la capitulation étoit fignée , le fecours fut reme
barqué fur le champ.
Du 24.
-Nos frégates ne ceffent de parcourir les côtes
entre Breſt & Dunkerque , pour obferver les
mouvemens des François. Tous les avis qu'elles
nous donnent augmentent les appréhenfions
cauſées par leur armement , & en repréſentent
les effets comme très - prochains. La flotte de
l'Amiral Hawke tient ferme dans fa croifiere
fur la côte Occidentale de la Bretagne. La tempête
qu'elle a effuyée le r2 de ce mois , a confidérablement
endommagé quelques-uns de fes
vaiſſeaux. Le Héros a perdu tous les mats ; le
Temple a rompu fon mat d'artimon & ſon beaupré
; le Montagu a beaucoup fouffert dans fes
manoeuvres. Ces trois vaiſſeaux ont été obligés
de revenir à Plymouth pour ſe réparer.
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Résumé : DE LONDRES, le 16 Juin.
Le 16 juin, le vaisseau britannique Grantham a été capturé par deux navires français au large du Cap de Bonne-Espérance. Sa cargaison était évaluée à deux cent mille livres sterlings. Le Colonel Clavering et le Capitaine Leffie sont arrivés à Londres le 13 juin pour annoncer la prise de la Guadeloupe par le Général Baringthon. Le 12 avril, Baringthon a envoyé un détachement de cent cinquante hommes à Arnouville. Les ennemis se sont retirés au-delà de la rivière et ont résisté fermement. Le 16 avril, ils ont abandonné les postes de la Baye-Mahault et de Goyave pour se replier sur Sainte-Marie. Nos troupes ont pris Sainte-Marie le 20 avril après un combat. Les ennemis, manquant de vivres, ont capitulé le 1er mai. Ils ont obtenu les honneurs de la guerre et des bâtiments pour être transportés à la Martinique. Les habitants ont reçu la promesse de maintien de leurs privilèges. Une heure après la capitulation, les Français ont appris l'arrivée d'un secours à Sainte-Anne, mais celui-ci a été rembarqué immédiatement. Du 24 juillet, les frégates britanniques surveillent les côtes entre Brest et Dunkerque. La flotte de l'Amiral Hawke, endommagée par une tempête le 12 juillet, a vu plusieurs vaisseaux revenir à Plymouth pour réparations.
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71
p. 203-204
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
Début :
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toute ses dispositions pour le siège de Munster, [...]
Mots clefs :
Marquis, Artillerie, Siège, Ville, Garnison, Citadelle, Maréchal de camp, Capitulation, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades ,
le 23 Juillet.
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toutes les
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
ditpofitions pour le fiége de Munfter , & l'artille
rie étant arrivée de Caffel le 18 , il fit ouvrir la
tranchée en deux endroits , l'une devant la Ville
le 19 , & l'autre devant la Citadelle le z1 . On
poulla les ouvrages avec beaucoup de vivacité
& fans perte. La Garniton craignant d'être emportée
l'épée à la main , évacua la Ville , & fe
retira dans la Citadelle. On convint d'une neutralité
pour la Ville , & le Marquis de Goyon ,
Maréchal de Camp , y fut etabli pour y com
mander.
La Citadelle s'eft rendue le 25 à fept heures
du matin. La tranchée avoit été ouverte la nuit
du 21 au 22 , & les batteries avoient commencé
à tirer le 25 au point du jour. Par la Capitulation
, la Garnifon au nombre de trois mille quatre-
vingt- dix hommes , non compris les Off-
*ciers & commandée par le fieur Zoftrow ,
Lieutenant Général , eft prifonniere de guerre.
Elle a été conduite à Weſel.
le 23 Juillet.
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toutes les
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
ditpofitions pour le fiége de Munfter , & l'artille
rie étant arrivée de Caffel le 18 , il fit ouvrir la
tranchée en deux endroits , l'une devant la Ville
le 19 , & l'autre devant la Citadelle le z1 . On
poulla les ouvrages avec beaucoup de vivacité
& fans perte. La Garniton craignant d'être emportée
l'épée à la main , évacua la Ville , & fe
retira dans la Citadelle. On convint d'une neutralité
pour la Ville , & le Marquis de Goyon ,
Maréchal de Camp , y fut etabli pour y com
mander.
La Citadelle s'eft rendue le 25 à fept heures
du matin. La tranchée avoit été ouverte la nuit
du 21 au 22 , & les batteries avoient commencé
à tirer le 25 au point du jour. Par la Capitulation
, la Garnifon au nombre de trois mille quatre-
vingt- dix hommes , non compris les Off-
*ciers & commandée par le fieur Zoftrow ,
Lieutenant Général , eft prifonniere de guerre.
Elle a été conduite à Weſel.
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Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
Le 23 juillet, le Marquis d'Armentières prit des mesures pour ouvrir des tranchées devant Münster. Les travaux débutèrent le 19 juillet devant la ville et le 21 juillet devant la citadelle, sans pertes notables. Face à la menace d'un assaut, la garnison quitta la ville pour se retrancher dans la citadelle. Une neutralité fut établie pour la ville, et le Marquis de Goyon fut nommé pour la commander. La citadelle capitula le 25 juillet à sept heures du matin. Les batteries commencèrent à tirer ce même jour à l'aube. Selon les termes de la capitulation, la garnison, composée de 3 090 hommes sous le commandement du Lieutenant Général Zoftrow, fut capturée et conduite à Wesel.
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72
p. 205
Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Début :
Le Général Haddick avoit été chargé d'attaquer la Forteresse de Peitz sur la Sprée. [...]
Mots clefs :
Général Haddick, Forteresse, Commandant, Menace , Capitulation, Garnison, Artillerie, Vivres, Munitions
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texteReconnaissance textuelle : Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Du Journal de l'Armée Autrichienne , lepremier
Septembre.
Le Général Haddick avoit été chargé d'atta-
quer la Fortereffe de Peitz fur la Sprée. Le 26
il fit fommer le Commandant de fe rendre , en
le menaçant de faire brûler la Ville & les Faux-
bourgs , s'il entreprenoit de lui réſiſter. Cette
menace fit impreffion , & la Garniſon capitula
le lendemain. Il fut réglé qu'elle fortiroit le 28
avec les honneurs de la guerre , & qu'elle feroit
conduite à Berlin ; que les habitans conferve-
roient leurs priviléges , & le libre exercice de leur
religion ; & que la Fortereffe feroit livrée avec
toute l'artillerie , tous les vivres & toutes les mu-
'nitions.
Septembre.
Le Général Haddick avoit été chargé d'atta-
quer la Fortereffe de Peitz fur la Sprée. Le 26
il fit fommer le Commandant de fe rendre , en
le menaçant de faire brûler la Ville & les Faux-
bourgs , s'il entreprenoit de lui réſiſter. Cette
menace fit impreffion , & la Garniſon capitula
le lendemain. Il fut réglé qu'elle fortiroit le 28
avec les honneurs de la guerre , & qu'elle feroit
conduite à Berlin ; que les habitans conferve-
roient leurs priviléges , & le libre exercice de leur
religion ; & que la Fortereffe feroit livrée avec
toute l'artillerie , tous les vivres & toutes les mu-
'nitions.
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Résumé : Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Le 26 septembre, le Général Haddick a ordonné la reddition de la forteresse de Peitz. Il a menacé de détruire la ville en cas de résistance. La garnison a capitulé le 27 septembre. Les termes incluaient le départ avec les honneurs de la guerre vers Berlin, la conservation des privilèges des habitants et la remise de la forteresse avec son artillerie et ses munitions.
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73
p. 207-210
DE CASSEL, le 11 Août.
Début :
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff sur le Weser, où elle arriva le 3. [...]
Mots clefs :
Armée, Comte, Régiment, Prince Héréditaire de Brunswick, Attaques, Ennemis, Soldats, Artillerie, Blessés et morts, Déplacement des troupes, Infanterie, Fatigue, Maréchal de Contades, Nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 11 Août.
DE CASSEL , le ri Août.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
.
209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
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209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
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Résumé : DE CASSEL, le 11 Août.
Du 1er au 9 août, l'armée française se déplaça vers Oldendorff, Eumbeck, Barnfen et Branf feldt sans être sérieusement inquiétée, à l'exception de quelques éclaireurs ennemis. Le 7 août, le Prince héréditaire de Brunswick tenta d'attaquer Eumbeck avec environ douze mille hommes, mais fut repoussé par les troupes françaises commandées par le Chevalier de Nicolay et les Marquis de Traifnel et de Brehan. Les pertes hanovriennes furent significatives. Du 16 au 25 octobre, l'armée se remit des fatigues de la marche et reçut les secours nécessaires. Le 24 octobre, elle marcha en deux colonnes avec des arrières-gardes composées de brigades de Picardie, de Béthune et de grenadiers. Les ennemis tentèrent d'attaquer l'arrière-garde de la colonne de droite, mais furent repoussés par les brigades de Picardie et de Béthune, ainsi que par le Comte de Saint-Germain et les brigades d'Auvergne, d'Aquitaine et d'Anhalt. Les ennemis subirent des pertes estimées à mille ou douze cents hommes, tandis que les Français perdirent une vingtaine d'hommes. Les pertes ennemies lors de l'affrontement du 1er octobre furent de trois mille quatre cents seize hommes tués ou prisonniers, et deux mille trente blessés. Du 18 au 23 octobre, l'armée traversa l'Eder près de Fritzlar, marcha vers Gilfen, Treisa et Kirchayn, où elle campa à la rive gauche de la rivière de Lohn. Le quartier général fut établi à Grosselheim, à environ deux lieues de Marburg, et le Maréchal d'Etrées rejoignit l'armée le 23 octobre.
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74
p. 201-203
De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
Début :
Le 21, le Prince de Deux-Ponts fit un mouvement en avant avec toute l'armée, [...]
Mots clefs :
Prince, Mouvements des troupes, Ennemis, Général Haddick, Prussiens, Combat, Artillerie, Bataillons, Infanterie, Blessés et morts, Prisonniers de guerre, Maréchal Daun, Opérations militaires
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 26 Septembre.
Le 21 , le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement
en avant avec toute l'armée , dans le deffein
de faire abandonner aux Ennemis la pofition
avantageufe qu'ils occupoient fur les hauteurs de
Meiffen. Le Général Haddick avoit marché la
veille pour Le porter fur le flanc droit des Pruf
Gens.
I
202 MERCURE DE FRANCE.
Toutes les difpofitions étant faites pour l'atta
que, & l'armée s'étant formée fur deux lignes
vis-à-vis de Neuftadt , le combat commença par
le feu de nos canons & de nos obufiers , qui fut
très-vif & très -foutenu pendant toute la journée.
L'Ennemiy répondit par celui de plufieurs batteries.
Le Prince de Deux- Ponts fit attaquer le Village
de Bockwen , où les Pruffiens étoient retranchés.
Nos Grenadiers y mirent le feu , & l'Ennemi
fut contraint d'abandonner ce pofte. Une partie de
notre Infanterie défila fur les hauteurs qui font du
· côté de l'Elbe , pour prendre en flanc l'avantgarde
de l'armée Prufiienne. Cette avant-garde
fut pliée , & perdit du terrein.
Le Général Haddick pofté entre Krogis & Stoifchen
, foudroyoit en même temps avec la groffe
artillerie les redoutes & les batteries des Ennemis.
Le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement du
côté de Lomatſch , pour le rapprocher de ce Général.
Les Prulliens qui fe virent en danger de
perdre leur communication avec Torgau & Léipfick
, fe portèrent fur notre aîle gauche , & firent
avancer cinq bataillons foutenus de plufieurs efcadrons
de Cavalerie , qui la chargèrent avec la
plus grande vivacité . Nos troupes foutinrent cette
• attaque avec fermeté, & la repoufferent . La Cavalerie
ennemie fut mife eu déroute : on la pourfuivit
quelque temps ; mais on fut arrêté par la
rencontre de plufieurs bataillons Pruffiens qui
étoient poftés près de Lothayn.
-
Le gros de l'Infanterie ennemie s'avança en
même temps. Le Prince de Deux - Ponts la fic
charger par toute la Cavalerie de l'armée , qui
l'attaqua jufqu'à dix fois fans pouvoir la rompre.
Cette Infanterie venoit de s'emparer d'une de nos
batteries : alors notre Cavalerie redoubla fes efforts
; les bataillons Pruffiens plièrent , & leurs
NOVEMBRE. 1759 203
Dragons qui s'étoient préfentés pour les foutenir
, furent difperfés fans pouvoir ſe rallier . Nos
troupes reprirent la batterie dont l'ennemi s'étoit
emparé , & lui enleverent plufieurs pièces de fa
grolle artillerie. Le pofte de Lothayn étoit encore
occupé par quelques bataillons Pruffiens . Il fut
attaqué & emporté par nos troupes légères , &.
les Ennemis y mirent le feu en fe retirant.
Sur les cinq heures du foir , les Pruffiens étoient
déjà challés de tous leurs poftes . Ils avoient laiffé
fur le champ de bataille plus de dix - huit cents
morts, avec fix piéces de canon & deux étendards .
On leur avoit fait plus de deux cens prifonniers ,
& nous n'avions perdu en tout que mille hommes
tués ou bleffés .
La nuit qui furvint empêcha nos troupes de
pouffer plus loin leurs avantages. Lés Ennemis
eurent le temps de fe reconnoître & de prendre
une nouvelle pofition dans laquelle il nous fut
impoffible de les attaquer.
Du 30.
Le 29 , le Maréchal de Daun arriva à Drefde ,
& le Prince de Deux - Ponts s'y rendit pour concerter
avec lui le plan des opérations qui doivent
terminer la campagne.
Le 21 , le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement
en avant avec toute l'armée , dans le deffein
de faire abandonner aux Ennemis la pofition
avantageufe qu'ils occupoient fur les hauteurs de
Meiffen. Le Général Haddick avoit marché la
veille pour Le porter fur le flanc droit des Pruf
Gens.
I
202 MERCURE DE FRANCE.
Toutes les difpofitions étant faites pour l'atta
que, & l'armée s'étant formée fur deux lignes
vis-à-vis de Neuftadt , le combat commença par
le feu de nos canons & de nos obufiers , qui fut
très-vif & très -foutenu pendant toute la journée.
L'Ennemiy répondit par celui de plufieurs batteries.
Le Prince de Deux- Ponts fit attaquer le Village
de Bockwen , où les Pruffiens étoient retranchés.
Nos Grenadiers y mirent le feu , & l'Ennemi
fut contraint d'abandonner ce pofte. Une partie de
notre Infanterie défila fur les hauteurs qui font du
· côté de l'Elbe , pour prendre en flanc l'avantgarde
de l'armée Prufiienne. Cette avant-garde
fut pliée , & perdit du terrein.
Le Général Haddick pofté entre Krogis & Stoifchen
, foudroyoit en même temps avec la groffe
artillerie les redoutes & les batteries des Ennemis.
Le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement du
côté de Lomatſch , pour le rapprocher de ce Général.
Les Prulliens qui fe virent en danger de
perdre leur communication avec Torgau & Léipfick
, fe portèrent fur notre aîle gauche , & firent
avancer cinq bataillons foutenus de plufieurs efcadrons
de Cavalerie , qui la chargèrent avec la
plus grande vivacité . Nos troupes foutinrent cette
• attaque avec fermeté, & la repoufferent . La Cavalerie
ennemie fut mife eu déroute : on la pourfuivit
quelque temps ; mais on fut arrêté par la
rencontre de plufieurs bataillons Pruffiens qui
étoient poftés près de Lothayn.
-
Le gros de l'Infanterie ennemie s'avança en
même temps. Le Prince de Deux - Ponts la fic
charger par toute la Cavalerie de l'armée , qui
l'attaqua jufqu'à dix fois fans pouvoir la rompre.
Cette Infanterie venoit de s'emparer d'une de nos
batteries : alors notre Cavalerie redoubla fes efforts
; les bataillons Pruffiens plièrent , & leurs
NOVEMBRE. 1759 203
Dragons qui s'étoient préfentés pour les foutenir
, furent difperfés fans pouvoir ſe rallier . Nos
troupes reprirent la batterie dont l'ennemi s'étoit
emparé , & lui enleverent plufieurs pièces de fa
grolle artillerie. Le pofte de Lothayn étoit encore
occupé par quelques bataillons Pruffiens . Il fut
attaqué & emporté par nos troupes légères , &.
les Ennemis y mirent le feu en fe retirant.
Sur les cinq heures du foir , les Pruffiens étoient
déjà challés de tous leurs poftes . Ils avoient laiffé
fur le champ de bataille plus de dix - huit cents
morts, avec fix piéces de canon & deux étendards .
On leur avoit fait plus de deux cens prifonniers ,
& nous n'avions perdu en tout que mille hommes
tués ou bleffés .
La nuit qui furvint empêcha nos troupes de
pouffer plus loin leurs avantages. Lés Ennemis
eurent le temps de fe reconnoître & de prendre
une nouvelle pofition dans laquelle il nous fut
impoffible de les attaquer.
Du 30.
Le 29 , le Maréchal de Daun arriva à Drefde ,
& le Prince de Deux - Ponts s'y rendit pour concerter
avec lui le plan des opérations qui doivent
terminer la campagne.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
Le 21 septembre, le Prince de Deux-Ponts lança une offensive pour chasser les ennemis des hauteurs de Meissen. Le Général Haddick attaqua le flanc droit des Prussiens, débutant le combat par un échange intense d'artillerie. Les forces françaises prirent le village de Bockwen et repoussèrent l'avant-garde prussienne. Haddick, positionné entre Krogis et Stoifchen, bombardait les redoutes ennemies. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche française avec cinq bataillons et de la cavalerie, mais furent repoussés. L'infanterie prussienne captura une batterie française, mais la cavalerie française contre-attaqua et reprit la batterie, capturant plusieurs pièces d'artillerie. Les troupes légères françaises prirent le poste de Lothayn. À la fin de la journée, les Prussiens perdirent plus de 1 800 hommes, six pièces de canon et deux étendards, tandis que les Français firent plus de 200 prisonniers et perdirent environ 1 000 hommes. La nuit interrompit les avancées françaises, permettant aux Prussiens de se repositionner. Le 29 septembre, le Maréchal de Daun arriva à Dresde pour planifier les opérations futures avec le Prince de Deux-Ponts.
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75
p. 199
DE CASSEL, le 6 Novembre.
Début :
Le renfort que le Prince Ferdinand a envoyé au Général Imhoff, [...]
Mots clefs :
Prince Ferdinand , Général, Artillerie, Postes militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 6 Novembre.
De CASSEL , le 6 Novembre.
Le renfort que le Prince Ferdinand a envoyé
au Genéral Imhoff , paffa le 30 du mois dernier
le Roer à Grevensbruck. Il marcha enfuite fur
Lipftadt , où il a dû prendre la groffe artillerie
deſtinée au fiége de Munfter. Cette Ville eft exactement
bloquée. Le pofte le plus avancé eft à
Rofel dans une bruyere à demie lieue de la Place.
Il eft de cent cinquante hommes qui travaillent
à l'établiffement d'une batterie . Le corps d'armée
du Général Imhoff eft campé entre Appelhufen
& Notelen. Le parc d'artillerie a été formé entre
Symmerisheyden & Obfcrow. Différens détachemens
occupent Cosfeld , Lede , Dulmen ',
Lingshaufen , Palderen & Albac.
Le renfort que le Prince Ferdinand a envoyé
au Genéral Imhoff , paffa le 30 du mois dernier
le Roer à Grevensbruck. Il marcha enfuite fur
Lipftadt , où il a dû prendre la groffe artillerie
deſtinée au fiége de Munfter. Cette Ville eft exactement
bloquée. Le pofte le plus avancé eft à
Rofel dans une bruyere à demie lieue de la Place.
Il eft de cent cinquante hommes qui travaillent
à l'établiffement d'une batterie . Le corps d'armée
du Général Imhoff eft campé entre Appelhufen
& Notelen. Le parc d'artillerie a été formé entre
Symmerisheyden & Obfcrow. Différens détachemens
occupent Cosfeld , Lede , Dulmen ',
Lingshaufen , Palderen & Albac.
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Résumé : DE CASSEL, le 6 Novembre.
Le 6 novembre, un rapport de Cassel signale que le renfort du Prince Ferdinand a traversé le Roer le 30 octobre pour rejoindre Lipstadt et récupérer l'artillerie destinée au siège de Münster. Le poste avancé est à Rosel, où 150 hommes établissent une batterie. Le corps du Général Imhoff est entre Appelhufen et Notelen, l'artillerie entre Symmerisheyden et Obfcrow. Divers détachements occupent plusieurs localités.
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76
p. 193-194
DE VIENNE, le 10 Novembre.
Début :
Le 22, le Baron de Laudon avec le Corps qu'il commande se rendit [...]
Mots clefs :
Baron de Laudon, Commandant, Roi de Prusse, Armée russe, Camp, Attaque, Ennemis, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 10 Novembre.
DE VIENNE , le 10 Novembre.
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
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Résumé : DE VIENNE, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Baron de Laudon s'empara des hauteurs près d'Hernftadt et menaça de réduire la ville en cendres si elle ne se rendait pas. Le commandant refusa, attendant un ordre du Roi de Prusse. L'armée russe arriva et occupa le camp indiqué par Laudon. Les Prussiens effectuèrent divers mouvements sur les hauteurs derrière la ville. Le lendemain, le Comte de Soltikoff demanda au commandant de se rendre, mais celui-ci reçut l'ordre de se défendre jusqu'au bout. Soltikoff fit alors ouvrir le feu avec une grande batterie, causant des dégâts importants et incendiant les faubourgs. Le lieutenant-général d'artillerie Holmer, envoyé pour évaluer l'état de la place, fut découvert et dut se retirer. Soltikoff ordonna ensuite d'utiliser l'artillerie lourde, provoquant des incendies en plusieurs points de la ville. Pendant ce temps, l'artillerie autrichienne bombardait l'avant-garde prussienne. La canonnade dura jusqu'à la nuit, entraînant la destruction totale de la ville d'Hernftadt.
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77
p. 199-201
DE PARIS, le 1 Décembre.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Escadre aux ordres du Maréchal de Conflans [...]
Mots clefs :
Escadre, Maréchal, Amiral Hawke, Bretagne, Vaisseaux, Capitaine, Combat, Artillerie, Maréchal Daun, Ordre, Enrôlement, Garnison, Capitulation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 1 Décembre.
De PARIS , le 1 Décembre.
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
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Résumé : DE PARIS, le 1 Décembre.
Le 1er décembre, une bataille navale a opposé les escadres française et anglaise près de Belle-Île. La mer agitée et les changements de vent ont perturbé les manœuvres. Le vaisseau français Formidable a été capturé, tandis que les Thésée et Superbe ont coulé, ainsi qu'un vaisseau anglais inconnu. Le Soleil Royal, commandé par le Maréchal de Conflans, s'est échoué et a brûlé. Le Héros et le Juste ont également brûlé après de lourdes pertes. Plusieurs vaisseaux anglais ont été perdus. Sur le front terrestre, le Maréchal de Daun a attaqué un corps prussien de 24 000 hommes près de Maxen le 20 novembre. Les Prussiens ont été délogés et ont perdu une grande partie de leur artillerie et munitions. Le lendemain, le Général Rebentisch a négocié la capitulation, et les Prussiens ont été faits prisonniers et envoyés en Bohême. Le Roi de Prusse et le Prince Henri étaient proches avec 30 000 hommes. La garnison de Münster a capitulé le 21 novembre, obtenant les honneurs de la guerre, et est arrivée à Wesel le 26 novembre.
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78
p. 200-201
DE VIENNE, le 6 Décembre.
Début :
Les derniers avantages remportés par nos Troupes en Saxe, ont déterminé [...]
Mots clefs :
Troupes, Saxe, Impératrice, Guerre, Général, Baron, Ennemis, Artillerie, Bateaux
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 6 Décembre.
De VIENNE , le 6 Décembre.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
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Résumé : DE VIENNE, le 6 Décembre.
Le 6 décembre, l'Impératrice Reine a décidé d'accorder des gratifications aux troupes autrichiennes en Saxe pour les encourager à poursuivre les combats pendant l'hiver, suite à leurs récents succès. Le 4 décembre, un corps de troupes prussiennes, composé de sept mille hommes d'élite sous les ordres du Général Hulfen, était positionné à Meissen sur la rive droite de l'Elbe. Les Prussiens avaient préparé des bateaux pour traverser le fleuve. Le même jour, le Baron de Beck, à la tête de ses troupes, a attaqué les Prussiens avec une grande impétuosité et les a vaincus. Environ la moitié des troupes prussiennes a réussi à s'enfuir en utilisant les bateaux, laissant sur le champ de bataille huit cents morts, mille cinq cents prisonniers et huit pièces de canon. L'artillerie autrichienne, rapidement déployée sur les bateaux, a causé une seconde perte aux Prussiens, environ six cents hommes ayant été précipités et noyés dans l'Elbe.
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79
p. 208
DE DANTZICK, le 10 Mars.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Soltikoff, avant que de partir pour Petersbourg, a fait faire une [...]
Mots clefs :
Feld-maréchal, Comte, Officiers, Artillerie, Quartier général, Troupes russes
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texteReconnaissance textuelle : DE DANTZICK, le 10 Mars.
De DANTZICK , le 10 Mars.
Le Feld -Maréchal Comte de Soltikoff , avant
que de partir pour Petersbourg , a fait faire une
épreuve des nouvelles piéces d'artillerie , de l'invention
du Comte Schwaloff. Le Comte de Fermer
,& plufieurs autres Officiers généraux , y ont
affifté. Ils font convenus , unanimement , que leur
effet eft fort fupérieur à celui de l'artillerie ordinaire.
Il y a apparence que l'armée Ruffe en fera
ufage cette campagne.
Le quartier général des troupes Ruffiennes ,
eft toujours à Marienwerder. Elles font dans
le meilleur état . Le Général Tottleben , a préfentement
fon quartier à Stolpe , d'où il continue
d'exiger des contributions de la Pomeranie Pruffienne.
Le Feld -Maréchal Comte de Soltikoff , avant
que de partir pour Petersbourg , a fait faire une
épreuve des nouvelles piéces d'artillerie , de l'invention
du Comte Schwaloff. Le Comte de Fermer
,& plufieurs autres Officiers généraux , y ont
affifté. Ils font convenus , unanimement , que leur
effet eft fort fupérieur à celui de l'artillerie ordinaire.
Il y a apparence que l'armée Ruffe en fera
ufage cette campagne.
Le quartier général des troupes Ruffiennes ,
eft toujours à Marienwerder. Elles font dans
le meilleur état . Le Général Tottleben , a préfentement
fon quartier à Stolpe , d'où il continue
d'exiger des contributions de la Pomeranie Pruffienne.
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Résumé : DE DANTZICK, le 10 Mars.
Le 10 mars à Dantzick, le Feld-Maréchal Comte de Soltikoff a présenté de nouvelles pièces d'artillerie inventées par le Comte Schwaloff. Plusieurs officiers généraux, dont le Comte de Fermer, ont conclu à leur supériorité sur l'artillerie ordinaire. L'armée russe pourrait les utiliser lors de la prochaine campagne. Le quartier général russe est à Marienwerder, et les troupes sont en excellent état. Le Général Tottleben est à Stolpe, réclamant des contributions en Pomeranie prussienne.
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80
p. 202-203
De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Début :
Il a été convenu le 16 Mai, entre Sa Majesté Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg, [...]
Mots clefs :
Duc, Prince, Armée française, Maréchal de Broglie, Ennemis, Détachement, Baron, Commandement, Lieutenant, Alliés, Armée, Citadelle, Artillerie
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
De l'Armée à Francfort , le 4 Juin .
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
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Résumé : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Le 16 mai 1760, un accord fut conclu entre le roi de France et le duc de Wurtemberg, permettant aux troupes du duc de se retirer de l'armée française tout en restant disponibles pour le roi et ses alliés. Le 14 juin, le maréchal de Broglie apprit que les forces ennemies s'étaient déplacées vers Butzbach, forçant les détachements français à se retirer. Le 25 juin, il découvrit que les ennemis avaient quitté Butzbach et que des hussards français avaient repris le poste. Il apprit aussi que le corps ennemi, dirigé par Luckner, s'était retiré sur les hauteurs de Krofdorf. Le baron du Blaifel avait attaqué l'arrière-garde de Luckner, capturant plusieurs prisonniers. Le maréchal de Broglie revint ensuite à Francfort et confia le commandement des postes de Butzbach et de Friedberg au comte de Vaux. Aucun mouvement ennemi n'a été signalé depuis. Le comte de Luface commande la réserve de l'armée française à Lohr. L'électeur de Cologne arriva à Francfort le 31 mai et quitta la ville le 1er juin pour Bonn. Les alliés fortifient la citadelle de Münster sous la direction du comte de la Lippe-Schaumbourg.
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81
p. 200-202
Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Début :
Le Maréchal de Broglie, aprés avoir donné les ordres nécessaires, [...]
Mots clefs :
Maréchal de Broglie, Ennemis, Camps militaires, Armée, Détachement des troupes, Artillerie, Prince Ferdinand , Prisonniers, Forteresse
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Du Camp de Schreinsburg , le 26 Juin.
Le Maréchal de Broglie , apres avoir donné
les ordres néceffaires , pour raflembler l'armée
dans les environs de Hungen & de Grunberg ,
partit de Francfort le 11 de ce mois pour aller
reconnoître lui- même la poſition qu'il lui feroit
prendre , & pour être plus à portée d'avoir des
nouvelles des Ennemis , que l'on fçavoit occuper
encore le Camp de Fritzlar. Ce fut près de la Ville
de Grunberg, que toutes le troupes fes réunirent .
Dès le : 2 , la réferve , commandée par le Comte
de Luface , avoit eu ordre de quitter le pays de
Fulde & de fe rapprocher du gros de l'armée ;
& elle campa le même jour à environ une lieue en
avant , près du village de Merlau. Les troupes ,
aux ordres du Comte de Guerchy , qui étoient
reliées depuis quelque temps dans le Vestervald ,
fe remirent auf en marche , & arrivérent le 12 ,
dans les environs de Giellen , Le Comte de Melfort
fut déta hé , avec fix cens hommes , pour
aller reconnoître le corps des ennemis , qui depuis
quelque temps campoit fur la riviere de
Lohn , dans les environs de Kirchayn. Ce Corps
occupoit les hauteurs de Langenftein , & tous les
po es de la riviere , principalement celui de
Hombourg.
Le Maréchal de Broglie reçut avis de l'arrivée
d'un train confidérable d'artillerie des ennemis ,
à Ziegenhayn , & que le Prince Fer tinand devoit
arriver avec toute fon armée , le 24 , à Neutadt ;
il ne douta pas qu'il n'eût l'intention de ſe porter
JUILLET. 1760 .
201
enfuite fur la Lohn , pour lui en difputer le paffage.
II fe détermina donc à faire marcher l'armée dès
le 23 au foir , afin de prévenir le Prince Ferdinand
. On marcha toute la nuit . Le Corps des
ennemis , campé à Langenftein , n'attendit point ,
non plus que la garniton de Hombourg. Le Prince
de Robecq , qui avoit eu ordre de les fuivre dans
leur retraite , leur fit quelques prifonniers , & leur
prit plufieurs chariots . On trouva auffi un magafin
d'avoine à Langenftein. Le Maréchal de Broglie
fit les difpofitions , fans perdre de temps ,
pour paffer la riviere dans les environs de Schreinf
burg, & l'armée campa près de cette ville , de
l'autre côté de la riviere. La réſerve du Comte de
Luface fut portée en avant de l'armée , près de
Kirdorff. Le Comte de Guerchy avoit joint l'armée
, & le Comte de Chabot , Maréchal de Camp ,
fut chargé , avec les troupes qu'il conduifoit , d'inveftir
Marburg , que les ennemis , par leur retraite
, abandonnoient à fes propres forces . On
fut qu'ils n'y avoient laillé que quatre cens hommes
& quelques Huffards ; & que le Corps qu'ils
avoient eu dans cette partie , fe retiroit par la
grande chauffée de Marburg à Caffel.
Le Prince Ferdinand , de lon côté , s'étoit mis en
marche , & il arriva le 24 à Neustadt. Rien ne
féparoit plus les deux armées , & l'on ne pouvoit
prefque pas douter que l'on ne fût obligé d'en
venir à une action : mais on a fçû ce matin , que
le Prince Ferdinand a quitté Neustadt & s'eſt
retiré derriere le Schvalm près la petite Fortereffe
de Ziegenhayn. Nous comptons que l'armée marchera
demain pour aller occuper le camp de
Neustadt , que le Prince Ferdinand a quitté. On
ne peut rien ajouter à la volonté que nos troupes
ont témoigné pendant les marches fatigantes
qu'elles ont faites , & à la vivacité defquelles on
Ly
202 MERCURE DE FRANCE
doit la retraite des Ennemis fur Ziegenhayn , &
l'abandon de la riviere de Lohn , pofte important
pour fermer l'entrée de la Heffe.
Le Maréchal de Broglie , apres avoir donné
les ordres néceffaires , pour raflembler l'armée
dans les environs de Hungen & de Grunberg ,
partit de Francfort le 11 de ce mois pour aller
reconnoître lui- même la poſition qu'il lui feroit
prendre , & pour être plus à portée d'avoir des
nouvelles des Ennemis , que l'on fçavoit occuper
encore le Camp de Fritzlar. Ce fut près de la Ville
de Grunberg, que toutes le troupes fes réunirent .
Dès le : 2 , la réferve , commandée par le Comte
de Luface , avoit eu ordre de quitter le pays de
Fulde & de fe rapprocher du gros de l'armée ;
& elle campa le même jour à environ une lieue en
avant , près du village de Merlau. Les troupes ,
aux ordres du Comte de Guerchy , qui étoient
reliées depuis quelque temps dans le Vestervald ,
fe remirent auf en marche , & arrivérent le 12 ,
dans les environs de Giellen , Le Comte de Melfort
fut déta hé , avec fix cens hommes , pour
aller reconnoître le corps des ennemis , qui depuis
quelque temps campoit fur la riviere de
Lohn , dans les environs de Kirchayn. Ce Corps
occupoit les hauteurs de Langenftein , & tous les
po es de la riviere , principalement celui de
Hombourg.
Le Maréchal de Broglie reçut avis de l'arrivée
d'un train confidérable d'artillerie des ennemis ,
à Ziegenhayn , & que le Prince Fer tinand devoit
arriver avec toute fon armée , le 24 , à Neutadt ;
il ne douta pas qu'il n'eût l'intention de ſe porter
JUILLET. 1760 .
201
enfuite fur la Lohn , pour lui en difputer le paffage.
II fe détermina donc à faire marcher l'armée dès
le 23 au foir , afin de prévenir le Prince Ferdinand
. On marcha toute la nuit . Le Corps des
ennemis , campé à Langenftein , n'attendit point ,
non plus que la garniton de Hombourg. Le Prince
de Robecq , qui avoit eu ordre de les fuivre dans
leur retraite , leur fit quelques prifonniers , & leur
prit plufieurs chariots . On trouva auffi un magafin
d'avoine à Langenftein. Le Maréchal de Broglie
fit les difpofitions , fans perdre de temps ,
pour paffer la riviere dans les environs de Schreinf
burg, & l'armée campa près de cette ville , de
l'autre côté de la riviere. La réſerve du Comte de
Luface fut portée en avant de l'armée , près de
Kirdorff. Le Comte de Guerchy avoit joint l'armée
, & le Comte de Chabot , Maréchal de Camp ,
fut chargé , avec les troupes qu'il conduifoit , d'inveftir
Marburg , que les ennemis , par leur retraite
, abandonnoient à fes propres forces . On
fut qu'ils n'y avoient laillé que quatre cens hommes
& quelques Huffards ; & que le Corps qu'ils
avoient eu dans cette partie , fe retiroit par la
grande chauffée de Marburg à Caffel.
Le Prince Ferdinand , de lon côté , s'étoit mis en
marche , & il arriva le 24 à Neustadt. Rien ne
féparoit plus les deux armées , & l'on ne pouvoit
prefque pas douter que l'on ne fût obligé d'en
venir à une action : mais on a fçû ce matin , que
le Prince Ferdinand a quitté Neustadt & s'eſt
retiré derriere le Schvalm près la petite Fortereffe
de Ziegenhayn. Nous comptons que l'armée marchera
demain pour aller occuper le camp de
Neustadt , que le Prince Ferdinand a quitté. On
ne peut rien ajouter à la volonté que nos troupes
ont témoigné pendant les marches fatigantes
qu'elles ont faites , & à la vivacité defquelles on
Ly
202 MERCURE DE FRANCE
doit la retraite des Ennemis fur Ziegenhayn , &
l'abandon de la riviere de Lohn , pofte important
pour fermer l'entrée de la Heffe.
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Résumé : Du Camp de Schreinsburg, le 26 Juin.
Le 26 juin, le Maréchal de Broglie quitta Francfort pour reconnaître la position stratégique des ennemis au Camp de Fritzlar. Les troupes se rassemblèrent près de Grunberg, tandis que la réserve du Comte de Luface campa près de Merlau. Le Comte de Guerchy arriva près de Giellen avec ses troupes. Le Comte de Melfort fut envoyé pour reconnaître les ennemis près de Kirchayn et Hombourg. Broglie apprit l'arrivée d'un train d'artillerie ennemi à Ziegenhayn et celle prévue du Prince Ferdinand à Neustadt. Anticipant une attaque, il fit marcher l'armée dès le 23 juin. Les ennemis se retirèrent de Langenftein et Hombourg. Le Prince de Robecq captura des prisonniers et des chariots ennemis. Broglie fit traverser la rivière à l'armée près de Schreinsburg et plaça la réserve du Comte de Luface en avant près de Kirldorff. Le Comte de Guerchy rejoignit l'armée, et le Comte de Chabot investit Marburg. Le Prince Ferdinand arriva à Neustadt mais se retira derrière le Schvalm. L'armée française prévoit de marcher pour occuper le camp de Neustadt, ayant forcé les ennemis à se retirer et à abandonner la rivière de Lohn.
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82
p. 202-203
Extrait de la Gazette Extraordinaire de la Cour de Londres, du 17 Juin.
Début :
Un Officier arrivé aujourd'hui d'Hallifax, Ville de la nouvelle Ecosse, [...]
Mots clefs :
Écosse, Brigadier, Québec, Français, Attaque, Forces armées, Combat, Vaisseaux, Ministère anglais, Général Laudon, Officiers, Prisonniers, Artillerie, Ennemis, Défense
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Gazette Extraordinaire de la Cour de Londres, du 17 Juin.
Extrait de la Gazette Extraordinaire de la Cour
de Londres , du 17 Juin.
»Un Officier arrivé aujourd'hui d'Hallifax ,
" Ville de la nouvelle Ecofle , en a apporté la
nouvelle que , le 28 du mois d'Avril dernier ,
» le Brigadier Général Murray , avec trois mille
>>hommes de la garnifon de Québec , avoit at-
» taqué près de cette Place l'Armée des Fran-
» çois , que l'on fuppofoit être compoſée de tou-
>> tes les forces qu'ils ont en Canada , & qui étoit
>> en marche pour venir elle - même attaquer
>> cette Ville ; qu'après un combat fort vif &
>> une perte confidérable de ſes troupes , il avoit
» été obligé , par la fupériorité des Ennemis , de
» fe retirer derrière Québec , & d'abandonner
» même aux Troupes Françoifes plufieurs piéces
>> de canon qu'il n'avoit pû emmener. Le Briga-
>> dier Murrai ajoute , qu'il faifoit toutes les dif-
>> pofitions nécellaires pour faire dans cette Place
» la plus vigoureuſe défenſe juſqu'à l'arrivée des
» vailleaux de Sa Majefté Britannique , partisd'Hallifax
fous les ordres du Lord Colville ,
>> pour ſe rendre dans la riviere de S. Laurent.
JUILLET. 1760. 203
Les Lettres particulieres de Londres , d'après
les notions données par le Ministère Britannique
, difent que l'armée du Général Murrai
perdu onze cens hommes tant tués que priſonniers
, tout ſon canon & fon bagage ; & que l'on
croit que la Ville de Québec s'eft rendue au
vainqueur , fon ancien Maître. Depuis cette nouvelle
, les papiers publics ont baiffé confidérablement
en Angleterre.
Nous avons appris le 30 du mois dernier , la
nouvelle que le Général de Laudon avoit attaqué
près de Landshut un Corps de Troupes Pruffiennes
commandé par le Général Fouquet . Ce
Corps qui , de l'aveu de plufieurs Officiers Pruffiens
, étoit de quinze mille hommes , a été totalement
détruit ; & tout ce qui n'a pas été tué ,
a été fait prifonnier. On ne compte pas qu'il fe
foit échappé deux à trois cens hommes. Le Général
Fouquet a été bleffé & fait prifonnier avec
quatre autres Généraux . Toute l'artillerie , dont
on ne fait pas encore la quantité , & tous les bagages
, ont été pris. L'attaque a commencé le 22 ,
à une heure après minuit , & a fini à 8 heures du
matin. L'ennemi s'eft défendu avec beaucoup d'opiniâtreté
, d'une montagne à l'autre , & il a été
fuivi partout avec la plus grande ardeur de la
part des troupes Autrichiennes , qui ont fait des
merveilles. Deux ou trois petits Corps ont pris
l'ennemi par les derrières ; ils ont décidé fa perte,
par la frayeur que ces attaques inattendues lui
ont caufée .
de Londres , du 17 Juin.
»Un Officier arrivé aujourd'hui d'Hallifax ,
" Ville de la nouvelle Ecofle , en a apporté la
nouvelle que , le 28 du mois d'Avril dernier ,
» le Brigadier Général Murray , avec trois mille
>>hommes de la garnifon de Québec , avoit at-
» taqué près de cette Place l'Armée des Fran-
» çois , que l'on fuppofoit être compoſée de tou-
>> tes les forces qu'ils ont en Canada , & qui étoit
>> en marche pour venir elle - même attaquer
>> cette Ville ; qu'après un combat fort vif &
>> une perte confidérable de ſes troupes , il avoit
» été obligé , par la fupériorité des Ennemis , de
» fe retirer derrière Québec , & d'abandonner
» même aux Troupes Françoifes plufieurs piéces
>> de canon qu'il n'avoit pû emmener. Le Briga-
>> dier Murrai ajoute , qu'il faifoit toutes les dif-
>> pofitions nécellaires pour faire dans cette Place
» la plus vigoureuſe défenſe juſqu'à l'arrivée des
» vailleaux de Sa Majefté Britannique , partisd'Hallifax
fous les ordres du Lord Colville ,
>> pour ſe rendre dans la riviere de S. Laurent.
JUILLET. 1760. 203
Les Lettres particulieres de Londres , d'après
les notions données par le Ministère Britannique
, difent que l'armée du Général Murrai
perdu onze cens hommes tant tués que priſonniers
, tout ſon canon & fon bagage ; & que l'on
croit que la Ville de Québec s'eft rendue au
vainqueur , fon ancien Maître. Depuis cette nouvelle
, les papiers publics ont baiffé confidérablement
en Angleterre.
Nous avons appris le 30 du mois dernier , la
nouvelle que le Général de Laudon avoit attaqué
près de Landshut un Corps de Troupes Pruffiennes
commandé par le Général Fouquet . Ce
Corps qui , de l'aveu de plufieurs Officiers Pruffiens
, étoit de quinze mille hommes , a été totalement
détruit ; & tout ce qui n'a pas été tué ,
a été fait prifonnier. On ne compte pas qu'il fe
foit échappé deux à trois cens hommes. Le Général
Fouquet a été bleffé & fait prifonnier avec
quatre autres Généraux . Toute l'artillerie , dont
on ne fait pas encore la quantité , & tous les bagages
, ont été pris. L'attaque a commencé le 22 ,
à une heure après minuit , & a fini à 8 heures du
matin. L'ennemi s'eft défendu avec beaucoup d'opiniâtreté
, d'une montagne à l'autre , & il a été
fuivi partout avec la plus grande ardeur de la
part des troupes Autrichiennes , qui ont fait des
merveilles. Deux ou trois petits Corps ont pris
l'ennemi par les derrières ; ils ont décidé fa perte,
par la frayeur que ces attaques inattendues lui
ont caufée .
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Résumé : Extrait de la Gazette Extraordinaire de la Cour de Londres, du 17 Juin.
La Gazette Extraordinaire de la Cour de Londres du 17 juin 1760 rapporte qu'un officier arrivé d'Hallifax a annoncé qu'au 28 avril précédent, le Brigadier Général Murray, à la tête de trois mille hommes de la garnison de Québec, a affronté l'armée française près de Québec. Cette armée française, supposée rassembler toutes les forces du Canada, se dirigeait vers Québec pour l'attaquer. Après un combat intense et des pertes significatives, Murray a dû se retirer derrière les murs de Québec, abandonnant plusieurs pièces de canon. Murray a déclaré qu'il préparait une défense vigoureuse jusqu'à l'arrivée des vaisseaux britanniques commandés par le Lord Colville. Des lettres de Londres indiquent que l'armée de Murray a perdu onze cents hommes, tués ou prisonniers, ainsi que tout son canon et son bagage. Il est également rapporté que la ville de Québec s'est rendue aux forces victorieuses, entraînant une baisse notable des valeurs des papiers publics en Angleterre. Par ailleurs, le 30 du mois précédent, le Général de Laudon a attaqué près de Landshut un corps de troupes prussiennes commandé par le Général Fouquet. Ce corps, composé de quinze mille hommes, a été totalement détruit, avec seulement deux à trois cents hommes ayant pu s'échapper. Fouquet et quatre autres généraux ont été blessés et faits prisonniers. Toute l'artillerie et les bagages ont été capturés. L'attaque, commencée à une heure après minuit, s'est terminée à huit heures du matin. Les troupes autrichiennes ont montré une grande ardeur et ont pris l'ennemi par surprise, contribuant à sa défaite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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83
p. 187-192
De VIENNE, le 6 Juillet 1760.
Début :
Un Officier, dépêché par le Général d'Infanterie Baron de Laudon, [...]
Mots clefs :
Officier, Infanterie, Général Laudon, Victoire, Roi de Prusse, Siège, Artillerie, Opérations militaires, Troupes, Mouvements des troupes, Attaque, Escadron, Blessés et morts, Commandant, Marche, Ennemis, Prisonniers, Campagne militaire, Maréchal Daun, Armée russe, Prince Charles de Lorraine, Quartier général, Camps militaires, Ministre
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 6 Juillet 1760.
De VIENNE , le 6 Juillet 1760.
N Officier,dépêché par le Général d'Infanterie
Baron de Laudon , apporta le 25 du mois
dernier a Leurs Majeftés Impériales , la nouvelle
de la victoire remportée le 23 près de Landshut ,
par nos troupes fur celles du Roi de Prufe , commandées
par le Lieutenant Général de la Motte
Fouquet. Voici les détails de cette action .
Le Baron de Laudon , ayant jugé à propos de
faire l'ouverture de la campagne par le fiége de
Glatz , avoit laiffé fa cavalerie à Frankenftein. Il
avoit garni de troupes les défilés de Silberberg ,
de Wartha & de Reichenbach , ainfi que le pofte
de Landshut & les retranchemens voilins. La fortereffe
de Glatz étoit inveſtie par le refte de l'infanterie
, & les ordres étoient donnés pour le
tranfport de la grolle artillerie , qui devoit arriver
inceffamment.
Toutes ces difpofitions perfuaderent le Général
188 MERCURE DE FRANCE
Fouquet , que ce fiége étoit l'objet principal des
opérations. Il ne lui reftoit d'autre moyen d'y
mettre obſtacle , que de s'ouvrir un paffage par
Landshut. Dans cette vue il fit avancer , le 17 ,
vers cette Ville tout le corps qu'il avoit à fes ordres.
Les troupes Autrichiennes , fort inférieures
en nombre , abandonnerent ce pofte , & elles fe
replierent fur Reich - Hennersdorff, & fur la montagne
de Langenberg , où elles furent renforcées
par un détachement confidérable , Les Pruffiens ,
en poffeffion de Landshut & des retranchemens
de Buchberg , refterent tranquilles ce jour &
les fuivans , fans rien entreprendre contre elles.
Le Général Baron de Laudon , informé de ces
mouvemens & de la poſition du Corps Pruffien ,
prit auffitôt la réſoluiton de l'attaquer. Il fe mit
en marche le 18 avec fon Corps de réſerve ; il
pafla la montagne de Joannefberg , & il arriva le
19 près de Schwartzwald , à peu de diſtance
des retranchemens occupés par les Pruffiens . Ces
retranchemens confiftoient en ouvrages folides ,
munis de fortins fraifés & paliffadés , de pontlevis
& de foflés très-profonds. Ils embraffoient
& couvroient huit montagnes , dont la plûpart
avoient entr'elles des lignes de communication ,
fervant à leur défenſe mutuelle. Nos troupes
rencontrerent dans leur marche , un Corps de fix
cens hommes de troupes légères , commandé
par le Général de Malachowsky . Deux escadrons
de Dragons , avec quelques Huffards & Grenadiers
, eurent ordre de l'attaquer , & ils le firent
avec tant de vivacité que ce Corps ennemi fur
enfoncé dans l'inftant . On lui tua cinquante
hommes , & on lui fit cent trente - cinq prifonniers
, parmi lesquels fe trouverent deux Capitaines
& trois Lieutenans, Gette attaque ne nous
AOUST. 1760. 189
a couté que dix hommes tués & une vingtaine
de bleflés .
Le dellein du Baron de Laudon étoit de combattre
, auffitôt après fon arrivée , le Général Fouquet
, s'il n'avoit pas encore toutes les forces.
Mais il apprit que ce Général les avoit raflemblées
; & qu'il avoit fait venir de Schweidnitz un
train confidérable de groffe artillerie , dont il
avoit garni fes retranchemens. Sur cette nouvelle
, le Baron de Laudon jugea à propos de fufpendre
fon attaque . Ses ordres furent donnés ,
aux Commandans des troupes qui étoient reſtéos
dans le Comté de Glatz , de marcher en diligence
pour le joindre , en n'y laiflant que celles qui
étoient nécellaires pour garder les défilés , & continuer
le blocus de Clatz. D'un autre côté ,
le
Lieutenant- Feld Maréchal de Beck , agiffant de
concert avec le Baron de Laudon , occupa la Ville
de Schmiedeberg , pour fermer ce paffage à l'Ennemi.
Le 22 , toutes les troupes arriverent. Elles firent
halte pendant quelques heures pour reprendre
haleine. Le Général de Laudon fit le foir fes difpofitions
pour l'attaque. Le fignal fut donné le 23 ,
à une heure trois quarts du matin , par quatre
bombes. A ce fignal , les attaques commencerent
de tous les côtés avec la plus grande vivacité . Les
deux redoutes principales, conftruites fur les Montagnes
appellées Buchberg- et- Doctorsberg, furent
emportées en moins de trois quarts d'heure. La
ligne de communication , tirée entre ces deux
Montagnes , fut enfuite attaquée & forcée ; l'en
nemi fut challé d'une montagne à l'autre , &
délogé de la Ville de Landshut.
Quelques Corps ennemis tenterent de ſe frayer
un pallage du côté de Schmiedeberg ;mais le Géné⚫
ral Navendorff, à la tête des Régimens de Nadafti
190 MERCURE DE FRANCE.
de Bethlem , de Saxe - Gotha & de Loweftein ;
les repouffa toujours. Un bataillon de Grenadiers,
commandé par le Général Fouquet , ne voulant
point fe rendre , fut entierement détruit , & ce
Général fut pris dans cette occafion , après avoir
été bleffé. Enfin vers les huit heures du matin ,
les derniers bataillons & efcadrons ennemis jetterent
bas les armes , & ils fe rendirent à difcrétion
. Tous les paffages avoient été gardés avec
tant de foin , que des dix- huit bataillons & des
dix- fept elcadrons qui compofoient le Corps ennemi
, il s'eft à peine fauvé deux ou trois cens
hommes.
Le nombre des prifonniers monte à près de
neuf mille hommes , parmi lesquels font le Lieutenant
général Fouquet , les Généraux Majors
de Schenkendorff , & de Malachowky , trois Colonels
, un Lieutenant - Colonel , cinquante- neuf
tant Majors que Capitaines , & cent cinquantefept
Lieutenans , fous- Lieutenans & Enfeignes.
Toute l'artillerie ennemie , confiftant en foirante
piéces de canon , & neuf obus de différens calibres
, tous les drapeaux , étendards , bagages &
munitions , font tombés en notre pouvoir. Notre
perte n'excéde guères trois mille hommes tant
tués que bleflés .
Le Comte de Montazet , Lieutenant général
des Armées de Sa Majellé Très Chrétienne , arriva
dernierement dans cette Ville , d'où il prit lä
route de l'Armée de l'Impératrice Reine , dans
laquelle il deit faire la Campagne.
On prétend que le Prince Ferdinand a eu ordre
de faire enlever le Landgrave de Helfe- Caffel,
& de le faire conduire , fous une efcorte de cinq
cens cavaliers, à Stade , dans le Duché de Bremen.
Le Maréchal Comte de Daun a renforcé le
Général Baron de Laudon , de plufieurs régiAOUST.
1760 : 1gr.
mens , afin de le mettre en état de pouffer fes
opérations fans retardement. Le Baron de Beck ,
a reçu ordre de joindre , avec le Corps qu'il
commande , l'Armée du Baron de Landon , & de
ne lailler dans la Luface , que les troupes néceſſaires
pour couvrir les frontieres de la Bohême.
L'Armée Ruffe s'avance vers celle du Prince
Henry.
Le Prince Charles de Lorraine eſt arrivé des
Pays-Bas depuis la fin du mois dernier .
Le Quarur général du Maréchal de Daun eft
à Ubigan. Après plufieurs tentatives pour furprendre
ce Maréchal & quelques efcarmouches
de part & d'autre , les Prufkens le font repliés
fur Grofs Dobritz. On enleva près de Grollenhayn
, le Lieutenant de Holtzendorff , Aide de
Camp du Général de Zaftrow , qui venoit de
Schweidnitz porter au Roi de Pruffe , la nouvelle
de la défaite du Général Fouquet.
Le Maréchal de Daun vint le 28 reconnoître
le Camp de Radebourg , & celui que l'Ennemi-
Occupe actuellement. Il y eut cette journée plufieurs
actions très-vives , entre -nos Corps avan
cés . Un détachement ennemi de deux mille hom- '
mes vint attaquer le pofte d'Ebersbach & quelques
autres qu'il poufla jufqu'a Radebourg . Le
Général de Lafcy leur envoya da renfort , &
nos troupes repoufferent à leur tour les Pruf→
fiens jufqu'au - delà d'Ebersbach . Nous reſtâmes
entin en podelion de ce pofte.
1-
Les derniers avis venus de Warlovie apprennent
que le Marquis de Paulmay , Miniftre d'Etat ,
& devant Séciétaire d'Etat de la guerre,
Amballadur de Sa Majesté Très - Chiéenne
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eſt a rivé dans cette ville , le 21 , & qu'il a eu fa
premiere Audience de Sa Majesté Polonoife .
Suivant les mêmes avis , le Roi de Pruſſe a
192 MERCURE DE FRANCE.
fait remettre en liberté le Prince de Sulkowsky ,
Grand-Veneur du Duché de Lithuanie.
N Officier,dépêché par le Général d'Infanterie
Baron de Laudon , apporta le 25 du mois
dernier a Leurs Majeftés Impériales , la nouvelle
de la victoire remportée le 23 près de Landshut ,
par nos troupes fur celles du Roi de Prufe , commandées
par le Lieutenant Général de la Motte
Fouquet. Voici les détails de cette action .
Le Baron de Laudon , ayant jugé à propos de
faire l'ouverture de la campagne par le fiége de
Glatz , avoit laiffé fa cavalerie à Frankenftein. Il
avoit garni de troupes les défilés de Silberberg ,
de Wartha & de Reichenbach , ainfi que le pofte
de Landshut & les retranchemens voilins. La fortereffe
de Glatz étoit inveſtie par le refte de l'infanterie
, & les ordres étoient donnés pour le
tranfport de la grolle artillerie , qui devoit arriver
inceffamment.
Toutes ces difpofitions perfuaderent le Général
188 MERCURE DE FRANCE
Fouquet , que ce fiége étoit l'objet principal des
opérations. Il ne lui reftoit d'autre moyen d'y
mettre obſtacle , que de s'ouvrir un paffage par
Landshut. Dans cette vue il fit avancer , le 17 ,
vers cette Ville tout le corps qu'il avoit à fes ordres.
Les troupes Autrichiennes , fort inférieures
en nombre , abandonnerent ce pofte , & elles fe
replierent fur Reich - Hennersdorff, & fur la montagne
de Langenberg , où elles furent renforcées
par un détachement confidérable , Les Pruffiens ,
en poffeffion de Landshut & des retranchemens
de Buchberg , refterent tranquilles ce jour &
les fuivans , fans rien entreprendre contre elles.
Le Général Baron de Laudon , informé de ces
mouvemens & de la poſition du Corps Pruffien ,
prit auffitôt la réſoluiton de l'attaquer. Il fe mit
en marche le 18 avec fon Corps de réſerve ; il
pafla la montagne de Joannefberg , & il arriva le
19 près de Schwartzwald , à peu de diſtance
des retranchemens occupés par les Pruffiens . Ces
retranchemens confiftoient en ouvrages folides ,
munis de fortins fraifés & paliffadés , de pontlevis
& de foflés très-profonds. Ils embraffoient
& couvroient huit montagnes , dont la plûpart
avoient entr'elles des lignes de communication ,
fervant à leur défenſe mutuelle. Nos troupes
rencontrerent dans leur marche , un Corps de fix
cens hommes de troupes légères , commandé
par le Général de Malachowsky . Deux escadrons
de Dragons , avec quelques Huffards & Grenadiers
, eurent ordre de l'attaquer , & ils le firent
avec tant de vivacité que ce Corps ennemi fur
enfoncé dans l'inftant . On lui tua cinquante
hommes , & on lui fit cent trente - cinq prifonniers
, parmi lesquels fe trouverent deux Capitaines
& trois Lieutenans, Gette attaque ne nous
AOUST. 1760. 189
a couté que dix hommes tués & une vingtaine
de bleflés .
Le dellein du Baron de Laudon étoit de combattre
, auffitôt après fon arrivée , le Général Fouquet
, s'il n'avoit pas encore toutes les forces.
Mais il apprit que ce Général les avoit raflemblées
; & qu'il avoit fait venir de Schweidnitz un
train confidérable de groffe artillerie , dont il
avoit garni fes retranchemens. Sur cette nouvelle
, le Baron de Laudon jugea à propos de fufpendre
fon attaque . Ses ordres furent donnés ,
aux Commandans des troupes qui étoient reſtéos
dans le Comté de Glatz , de marcher en diligence
pour le joindre , en n'y laiflant que celles qui
étoient nécellaires pour garder les défilés , & continuer
le blocus de Clatz. D'un autre côté ,
le
Lieutenant- Feld Maréchal de Beck , agiffant de
concert avec le Baron de Laudon , occupa la Ville
de Schmiedeberg , pour fermer ce paffage à l'Ennemi.
Le 22 , toutes les troupes arriverent. Elles firent
halte pendant quelques heures pour reprendre
haleine. Le Général de Laudon fit le foir fes difpofitions
pour l'attaque. Le fignal fut donné le 23 ,
à une heure trois quarts du matin , par quatre
bombes. A ce fignal , les attaques commencerent
de tous les côtés avec la plus grande vivacité . Les
deux redoutes principales, conftruites fur les Montagnes
appellées Buchberg- et- Doctorsberg, furent
emportées en moins de trois quarts d'heure. La
ligne de communication , tirée entre ces deux
Montagnes , fut enfuite attaquée & forcée ; l'en
nemi fut challé d'une montagne à l'autre , &
délogé de la Ville de Landshut.
Quelques Corps ennemis tenterent de ſe frayer
un pallage du côté de Schmiedeberg ;mais le Géné⚫
ral Navendorff, à la tête des Régimens de Nadafti
190 MERCURE DE FRANCE.
de Bethlem , de Saxe - Gotha & de Loweftein ;
les repouffa toujours. Un bataillon de Grenadiers,
commandé par le Général Fouquet , ne voulant
point fe rendre , fut entierement détruit , & ce
Général fut pris dans cette occafion , après avoir
été bleffé. Enfin vers les huit heures du matin ,
les derniers bataillons & efcadrons ennemis jetterent
bas les armes , & ils fe rendirent à difcrétion
. Tous les paffages avoient été gardés avec
tant de foin , que des dix- huit bataillons & des
dix- fept elcadrons qui compofoient le Corps ennemi
, il s'eft à peine fauvé deux ou trois cens
hommes.
Le nombre des prifonniers monte à près de
neuf mille hommes , parmi lesquels font le Lieutenant
général Fouquet , les Généraux Majors
de Schenkendorff , & de Malachowky , trois Colonels
, un Lieutenant - Colonel , cinquante- neuf
tant Majors que Capitaines , & cent cinquantefept
Lieutenans , fous- Lieutenans & Enfeignes.
Toute l'artillerie ennemie , confiftant en foirante
piéces de canon , & neuf obus de différens calibres
, tous les drapeaux , étendards , bagages &
munitions , font tombés en notre pouvoir. Notre
perte n'excéde guères trois mille hommes tant
tués que bleflés .
Le Comte de Montazet , Lieutenant général
des Armées de Sa Majellé Très Chrétienne , arriva
dernierement dans cette Ville , d'où il prit lä
route de l'Armée de l'Impératrice Reine , dans
laquelle il deit faire la Campagne.
On prétend que le Prince Ferdinand a eu ordre
de faire enlever le Landgrave de Helfe- Caffel,
& de le faire conduire , fous une efcorte de cinq
cens cavaliers, à Stade , dans le Duché de Bremen.
Le Maréchal Comte de Daun a renforcé le
Général Baron de Laudon , de plufieurs régiAOUST.
1760 : 1gr.
mens , afin de le mettre en état de pouffer fes
opérations fans retardement. Le Baron de Beck ,
a reçu ordre de joindre , avec le Corps qu'il
commande , l'Armée du Baron de Landon , & de
ne lailler dans la Luface , que les troupes néceſſaires
pour couvrir les frontieres de la Bohême.
L'Armée Ruffe s'avance vers celle du Prince
Henry.
Le Prince Charles de Lorraine eſt arrivé des
Pays-Bas depuis la fin du mois dernier .
Le Quarur général du Maréchal de Daun eft
à Ubigan. Après plufieurs tentatives pour furprendre
ce Maréchal & quelques efcarmouches
de part & d'autre , les Prufkens le font repliés
fur Grofs Dobritz. On enleva près de Grollenhayn
, le Lieutenant de Holtzendorff , Aide de
Camp du Général de Zaftrow , qui venoit de
Schweidnitz porter au Roi de Pruffe , la nouvelle
de la défaite du Général Fouquet.
Le Maréchal de Daun vint le 28 reconnoître
le Camp de Radebourg , & celui que l'Ennemi-
Occupe actuellement. Il y eut cette journée plufieurs
actions très-vives , entre -nos Corps avan
cés . Un détachement ennemi de deux mille hom- '
mes vint attaquer le pofte d'Ebersbach & quelques
autres qu'il poufla jufqu'a Radebourg . Le
Général de Lafcy leur envoya da renfort , &
nos troupes repoufferent à leur tour les Pruf→
fiens jufqu'au - delà d'Ebersbach . Nous reſtâmes
entin en podelion de ce pofte.
1-
Les derniers avis venus de Warlovie apprennent
que le Marquis de Paulmay , Miniftre d'Etat ,
& devant Séciétaire d'Etat de la guerre,
Amballadur de Sa Majesté Très - Chiéenne
auprès du Roi & de la République de Pologne ,
eſt a rivé dans cette ville , le 21 , & qu'il a eu fa
premiere Audience de Sa Majesté Polonoife .
Suivant les mêmes avis , le Roi de Pruſſe a
192 MERCURE DE FRANCE.
fait remettre en liberté le Prince de Sulkowsky ,
Grand-Veneur du Duché de Lithuanie.
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Résumé : De VIENNE, le 6 Juillet 1760.
Le 6 juillet 1760, un officier du Baron de Laudon informa les souverains impériaux de la victoire autrichienne du 23 juin près de Landshut contre les troupes prussiennes commandées par le Lieutenant Général de la Motte Fouquet. La campagne avait débuté par le siège de Glatz, avec la cavalerie laissée à Frankenstein et divers postes stratégiques garnis. Fouquet, pensant que Glatz était l'objectif principal, tenta de passer par Landshut. Les troupes autrichiennes, inférieures en nombre, se replièrent sur Reich-Hennersdorff et Langenberg, où elles furent renforcées. Le Baron de Laudon décida d'attaquer les Prussiens. Il marcha vers Schwartzwald et repoussa un corps de troupes légères commandé par le Général de Malachowsky. Le 23 juin, les troupes autrichiennes attaquèrent les retranchements prussiens, capturant deux redoutes principales en moins de trois quarts d'heure. Les Prussiens furent chassés de Landshut. La bataille se solda par la capture de près de neuf mille prisonniers, dont Fouquet, et la prise de toute l'artillerie ennemie. Les pertes autrichiennes s'élevèrent à environ trois mille hommes. Le Comte de Montazet, Lieutenant général des armées françaises, arriva dans la région pour rejoindre l'armée de l'Impératrice Reine. Le Maréchal Comte de Daun renforça le Baron de Laudon pour poursuivre les opérations. L'armée prussienne avançait vers celle du Prince Henry, tandis que le Prince Charles de Lorraine arrivait des Pays-Bas. Plusieurs escarmouches eurent lieu entre les forces autrichiennes et prussiennes, notamment autour de Radebourg et Ebersbach. Le Marquis de Paulmy, ministre d'État français, arriva à Varsovie pour une audience avec le Roi de Pologne.
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84
p. 195-200
Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Début :
Le Maréchal de Broglie, ayant eu l'avis, que le Comte de S. Germain [...]
Mots clefs :
Maréchal de Broglie, Comte, Marche, Ennemis, Équipages, Armée, Lieutenants, Escarmouche, Baron, Marquis, Prince de Condé, Forces armées, Infanterie, Alliés, Régiments, Mouvements des troupes, Attaque, Brigades, Escarmouche, Colonel, Canons, Artillerie, Prince héréditaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Du Camp de Nider-Enfeprès de Corbach, le 1 1 Juillet.
Le Maréchal de Broglie , ayant eu l'avis , que
le Comte de S. Germain devoit arriver le 9 de ce
mois à Corbach , ne perdit pas un inftant, pour
fe mettre en état d'exécuter la marche qu'il avoit
projetté de faire , pour prévenir les ennemis au
point de Corbach ,& effectuer la jonction avec lui .
Dès le même jour,il renvoya fes gros équipages.
Le 8,à deux heures du matin , l'Armée partit de fon
Camp de Neuftadt , & arriva après une marche
de près de fept lieues à Frankenberg , ſur le haut
Eder. Les corps féparés , aux ordres du Comte de
Rooth & du Marquis de Poyanne , Lieutenans-
Géneraux , s'avancèrent le même jour de Frankenberg
& de Holfdorff jufqu'a Sachfenberg , & le
Baron de Clauſen , Brigadier , qui étoit à Franken .
berg avec un détachement de deux mille quatre
cens hommes , eut ordre de s'avancer , juſqu'à
Radern fur le chemin de Corbach . La réſerve
commandée par le Comte de Luface , fit l'arrieregarde
de l'Ara.ée,en partant du Camp de Neufradt,
& alla camper le même jour à Raunhenberg.
Le Comte de Stainville , Lieutenant - Général ,
ayant fous les ordres le Comte de Lillebonne , le
Prince de Robecq , & le Baron du Blaifel . Maréchaux
de Camp , fut chargé de couvrir la droite.
I ij
796 MERCURE
DE FRANCE:
•
de la marche de l'Armée , & d'en faire l'arriere
garde. Il n'y eut que quelques efcarmouchesentre
les troupes légères.
Le 9 de grand matin , le Baron de Claufen
eut ordre de fe porter , ayec fon détachement , du
côté de Saxenhafen , afin d'avoir des nouvelles
de la marche des ennemis . On apprit , quelque
tems après qu'ils avoient quitté, le 8 , dans l'aprèsmidi
, le Camp de Ziegenhayn , & qu'ils fe dirigeoient
fur l'Eder ; auflitôt les différentes colonnes
de l'Armée , qui , en attendant que l'on eût des
nouvelles de la direction des ennemis , s'étoient
avancées jufques fur cette riviere près de Frankenberg
, eurent ordre de la paffer . Les corps ,
aux ordres du Comte de Rooth & du Marquis de
Poyane , marcherent fur Imminghaufen
, ou
l'Armée devoit aller camper , & la réſerve du
Comte de Luface eut ordre de fe porter à Frankenberg
Le Maréchal de Broglie devança les troupes &
fe pofta , avec le Prince le Condé , fur Corbach
Il reçut en chemin , des nouvelles du Baron de
Claufen ,qui l'affuroit que les ennemis avoient, en
tre Saxenhaufen & Corbach, deux camps dont on
ne pouvoir découvrir la force , à caufe des bois
qui en cachoient une partie. Le Maréchal de Broglie
eut bientôt joint le Baron de Claufen , il re
connut lui -même les Ennemis , & une hauteur
très - avantageule , qu'ils occupoient en force . Le
détachement du Baron de Claufen n'étoit pas
affez confidérable , pour entreprendre de les chal
fer ; & la nuit arriva , avant que l'on pût avoir
les troupes néceffaires pour les attaquer. Le détachement
du Baron de Claufen reſta , près de
Corbach. Le to , de grand matin , le Maréchal
de Broglie fit avancer deux Brigades d'Infanterie,
les Carabiniers & plufieurs Corps de troupes
1
AOUST. 1760 . 197
légères. On vit que les Ennemis étoient plus en
force,que la veille , fur les hauteurs dont ils étoient
maîtres , & qu'ils y amenoient du canon . Il y
eut une efcarmouche très- vive, entre nos Huffards
& les troupes légères des Alliés .
Ce fut dans ce moment , que le Comte de
S. Germain arriva , feulement avec deux Brigades
d'Infanterie de fa réferve , & le Régiment de
troupes légères des Volontaires de Flandre , commandé
par le Chevalier de Jaucourt. Le refte
ainfi que fon artillerie , n'avoit pû le fuivre , à
caule de la difficulté des chemins , & de la lon
gueur des marches forcées qu'il avoit faites.
Le Maréchal de Broglie fit occuper un Bois ,'
vis -à - vis celui où étoient les Ennemis , par les
Volontaires de Flandre . Il les fit foutenir , par les
deux Brigades de la Tour-du- Pin , & de la Couronne.
( Cette derniere formée de ce Régiment &
de celui d'Aumont, aux ordres du Comte de Montbarrey
, Brigadier , & du Duc de Mazarin , Colonel
) que le Comte de Saint Germain avoit
amenées avec lui . Les Brigades de Royal Suédois
& de Caftellas, qui arriverent peu de temps après ,
furent placées derriere le même bois , & on y
amena du canon . Les Volontaires de Flandre ,
furent attaqués vivement. Comme ils étoient foutenus
, par les deux Brigades d'Infanterie , ils réterent
pendant quelque temps ; mais la fupériorité
du nombre , leur fit céder une partie du
Bois aux ennemis .
Les quatre Briga les d'Infanterie, que le Maréchal
de Broglie avoit fait avancer , arrivoient , &
elles étoient fuivies de quatre brigades de Cavalerie
, & de vingt- quatre piéces de canon . A peine
celles de Navarre & du Roi , comman lées par
le Comte de Guerchy , étoient - elles arrivées à la
Juftice de Corbach , que deux colonnes des enne
I iij
198. MERCURE DE FRANCE.
mis déboucherent. Mais le Maréchal de Broglie
ayant reconnu le peu de profondeur de ces colonnes
, le détermina à envoyer ordre à toutes les
troupes de le venir joindre. Il manda en même
temps au Comte de S. Germain , de faire attaquer
le bois ,avec les deux brigades qu'il avoit ; celle de
Caftellas , formée de ce Régiment & de ceux de
Diesbach & d'Eptinguen, aux ordres du fieur Dies
bach, Brigadier, & du Sr d'Eptinguen Colonel ; &
celle de Royal Suédois formée de ce Régiment &
de celui de Royal de Deux- Ponts , & commandée
par le Baron de Claufen , Brigadier , & par le
Comte de Spar , Colonel. Cette derniere fut placée
fur une hauteur qui prenoit à revers l'endroit
du bois par où les ennemis arrivoient, & qui découvroient
la plaine. Le Maréchal de Broglie
plaça fes vingt - quatre piéces de canon , fur le'
haut du bois , pour battre l'artillerie que les ennemis
avoient a la pointe droire , & dont nous
étions incommodés .
Le Comte de S. Germain attaqua le bois, avec
fes trois autres Brigades , qui étoient aux ordres
du Marquis de Voyer , Lieutenant-Général , du
Marquis de Roquepine , & du fieur de la Mor
lière , Maréchaux de Camp , du Marquis de la
Tour - du - Pin & du Comte de Montbarrey
Brigadiers.
Le Comte de Guerchy marcha fur la droite,avec
celles de Navarre & du Roi ; celles d'Auvergne
& d'Orléans furent placées en réſerve , à l'entrée
du bois.
La Brigade de Navarre, formée par ce Régi-'
ment & par celui de la Marche Prince , & commandée
par le Comte de Waldner , Maréchal de
Camp , le Comte du Chatelet , Brigadier , & le
Marquis de Chamborand , Colonel , ſe poſta vers
la batterie des Ennemis ; & celle du Roi , com→
AOUST. 1760. 199
mandée par le fieur de Meyronnet , Brigadier ,
entra dans le bois, entre Navarre & les Brigades
du Comte de S. Germain . Le feu fut alors trèsvif
, & les Ennemis furent entierement chaffés
du bois. La Brigade de Navarre, qui, à la faveur
d'un fond, s'étoit poftée jufqu'à cinquante pas de
la batterie , s'en étant apperçue , l'attaqua avec
beaucoup de vivacité ; elle s'en empara & chaffa
les troupes qui la gardoient . Il y eut dans cet endroit,
un affez grand nombre d'Ennemis , qui fu
rent tués à coups de bayonnette.
Les Ennemis fortirent du bois en très - grand
défordre ; mais ils furent reçus par leur Cavalerie,
qui étoit en bataille derriere ce bois , & qui
empêcha notre Infanterie de les fuivre.
Alors les troupes, qui étoient à leur gauche fur
la hauteur de la Tour , s'ébranlerent , cominę
pour venir attaquer la Brigade de Navarre. Le
Maréchal de Broglie , la fit joindre par celles
d'Auvergne & d'Orléans ; & il fit marcher fur
leur flanc droit, quatre ou cinq cens chevaux de
troupes légères, qui étoient à la Juftice de Cor
bach , aux ordres du Comte de Chabot , Maréchal
de Camp, & du fisur de Vio menil , Colonel,
dix efcadrons aux ordres & il les fit foutenir par
du Prince Camille de Lorraine , Lieutenant- Gé
néral. Ce mouvement détermina les Ennemis à
fe retirer. Nos troupes légères joignirent un Régiment
de Dragons Anglois qn furent tous tués
cu faits prifonniers ; le refte entra dans un bois ,
qui fut tourné par nos troupes légères , fouteues
des Dragons de Beaufremont. Ces troupes
harcelerem , un Corps affez gros d'Infanterie, qui
fe retroit en fort bon ordre , & elles s'emparérent
, fous leur feu , d'une pièce de canon , dans
le moment même qu'elle venoit de tirer fur eux .
Comme une grande partie de l'Armée des en-
1 iv
200 MERCURE
DE FRANCE.
nemis étoit fur la hauteur , if fur impoffible de les
fuivre plus loin , d'autant que notre Armée n'étoit
pas encore arrivée. La tête de cette Armée ne fut
à la hauteur de Corbach , qu'à fix heures du foir.
Le Maréchal de Broglie fait les plus grands éloges
de toutes les troupes , qui ont combattu ; de
leur courage , & de l'ordre qu'elles ont obfervé ,
quoique combattant dans les bois . L'action a du-
Té quatre heures dans toute la force. Elle avoit
kté précédée , par de vives eſcarmouches , & par
un feu de canon prèſque continuel , depuis fept
Keures du matin jufqu'à près de quatre après- mi
di , que l'action a fini .
Notre perte est très- peu confidérable , en égard
au feu prodigieux , que les ennemis ont fait. Elle
ne fe monte pas à plus de fix à fept cens hommes ,
* taés ou bleflés ; le Comtede Waldner , Maréchal
de Camp, & le fieur d'Eptinguen , Colonel, font
tes feuls Officiers fapérieurs qui ayent été bleffés 3
on ignore ce que les ennemis ont
perdu ; mais
nous avons cinq ou fix cens de leurs bleflés , qu'ils
unt laifles fur le champ de bataille , ou que l'on a
trouvés dans les villages voisins.
Nous avons préfentement au Parc , douze pić
res de canon , & quatre obufiers qu'on a pris aux
le Ennemis. Notre artillerie , commandée par
Chevalier Pelletier , Lieutenant Général ,
très-bien fervie , & a fait beaucoup d'effet.
a été
Après l'action , l'Armée a campé furle terrein ,
où elle s'eft paffée ; celle des Ennemis a paffé la
nuit au Bivouac , fur les hauteurs de Saxenhaufen ,
& ce matin, ils y ont établi un Camp , qu'on affure
être celui de leur Armée entiere .
On vient d'apprendre que le Prince héréditaire
de Brunſwick , a été bleffé d'un coup de feu dans
les reins .
Le Maréchal de Broglie , ayant eu l'avis , que
le Comte de S. Germain devoit arriver le 9 de ce
mois à Corbach , ne perdit pas un inftant, pour
fe mettre en état d'exécuter la marche qu'il avoit
projetté de faire , pour prévenir les ennemis au
point de Corbach ,& effectuer la jonction avec lui .
Dès le même jour,il renvoya fes gros équipages.
Le 8,à deux heures du matin , l'Armée partit de fon
Camp de Neuftadt , & arriva après une marche
de près de fept lieues à Frankenberg , ſur le haut
Eder. Les corps féparés , aux ordres du Comte de
Rooth & du Marquis de Poyanne , Lieutenans-
Géneraux , s'avancèrent le même jour de Frankenberg
& de Holfdorff jufqu'a Sachfenberg , & le
Baron de Clauſen , Brigadier , qui étoit à Franken .
berg avec un détachement de deux mille quatre
cens hommes , eut ordre de s'avancer , juſqu'à
Radern fur le chemin de Corbach . La réſerve
commandée par le Comte de Luface , fit l'arrieregarde
de l'Ara.ée,en partant du Camp de Neufradt,
& alla camper le même jour à Raunhenberg.
Le Comte de Stainville , Lieutenant - Général ,
ayant fous les ordres le Comte de Lillebonne , le
Prince de Robecq , & le Baron du Blaifel . Maréchaux
de Camp , fut chargé de couvrir la droite.
I ij
796 MERCURE
DE FRANCE:
•
de la marche de l'Armée , & d'en faire l'arriere
garde. Il n'y eut que quelques efcarmouchesentre
les troupes légères.
Le 9 de grand matin , le Baron de Claufen
eut ordre de fe porter , ayec fon détachement , du
côté de Saxenhafen , afin d'avoir des nouvelles
de la marche des ennemis . On apprit , quelque
tems après qu'ils avoient quitté, le 8 , dans l'aprèsmidi
, le Camp de Ziegenhayn , & qu'ils fe dirigeoient
fur l'Eder ; auflitôt les différentes colonnes
de l'Armée , qui , en attendant que l'on eût des
nouvelles de la direction des ennemis , s'étoient
avancées jufques fur cette riviere près de Frankenberg
, eurent ordre de la paffer . Les corps ,
aux ordres du Comte de Rooth & du Marquis de
Poyane , marcherent fur Imminghaufen
, ou
l'Armée devoit aller camper , & la réſerve du
Comte de Luface eut ordre de fe porter à Frankenberg
Le Maréchal de Broglie devança les troupes &
fe pofta , avec le Prince le Condé , fur Corbach
Il reçut en chemin , des nouvelles du Baron de
Claufen ,qui l'affuroit que les ennemis avoient, en
tre Saxenhaufen & Corbach, deux camps dont on
ne pouvoir découvrir la force , à caufe des bois
qui en cachoient une partie. Le Maréchal de Broglie
eut bientôt joint le Baron de Claufen , il re
connut lui -même les Ennemis , & une hauteur
très - avantageule , qu'ils occupoient en force . Le
détachement du Baron de Claufen n'étoit pas
affez confidérable , pour entreprendre de les chal
fer ; & la nuit arriva , avant que l'on pût avoir
les troupes néceffaires pour les attaquer. Le détachement
du Baron de Claufen reſta , près de
Corbach. Le to , de grand matin , le Maréchal
de Broglie fit avancer deux Brigades d'Infanterie,
les Carabiniers & plufieurs Corps de troupes
1
AOUST. 1760 . 197
légères. On vit que les Ennemis étoient plus en
force,que la veille , fur les hauteurs dont ils étoient
maîtres , & qu'ils y amenoient du canon . Il y
eut une efcarmouche très- vive, entre nos Huffards
& les troupes légères des Alliés .
Ce fut dans ce moment , que le Comte de
S. Germain arriva , feulement avec deux Brigades
d'Infanterie de fa réferve , & le Régiment de
troupes légères des Volontaires de Flandre , commandé
par le Chevalier de Jaucourt. Le refte
ainfi que fon artillerie , n'avoit pû le fuivre , à
caule de la difficulté des chemins , & de la lon
gueur des marches forcées qu'il avoit faites.
Le Maréchal de Broglie fit occuper un Bois ,'
vis -à - vis celui où étoient les Ennemis , par les
Volontaires de Flandre . Il les fit foutenir , par les
deux Brigades de la Tour-du- Pin , & de la Couronne.
( Cette derniere formée de ce Régiment &
de celui d'Aumont, aux ordres du Comte de Montbarrey
, Brigadier , & du Duc de Mazarin , Colonel
) que le Comte de Saint Germain avoit
amenées avec lui . Les Brigades de Royal Suédois
& de Caftellas, qui arriverent peu de temps après ,
furent placées derriere le même bois , & on y
amena du canon . Les Volontaires de Flandre ,
furent attaqués vivement. Comme ils étoient foutenus
, par les deux Brigades d'Infanterie , ils réterent
pendant quelque temps ; mais la fupériorité
du nombre , leur fit céder une partie du
Bois aux ennemis .
Les quatre Briga les d'Infanterie, que le Maréchal
de Broglie avoit fait avancer , arrivoient , &
elles étoient fuivies de quatre brigades de Cavalerie
, & de vingt- quatre piéces de canon . A peine
celles de Navarre & du Roi , comman lées par
le Comte de Guerchy , étoient - elles arrivées à la
Juftice de Corbach , que deux colonnes des enne
I iij
198. MERCURE DE FRANCE.
mis déboucherent. Mais le Maréchal de Broglie
ayant reconnu le peu de profondeur de ces colonnes
, le détermina à envoyer ordre à toutes les
troupes de le venir joindre. Il manda en même
temps au Comte de S. Germain , de faire attaquer
le bois ,avec les deux brigades qu'il avoit ; celle de
Caftellas , formée de ce Régiment & de ceux de
Diesbach & d'Eptinguen, aux ordres du fieur Dies
bach, Brigadier, & du Sr d'Eptinguen Colonel ; &
celle de Royal Suédois formée de ce Régiment &
de celui de Royal de Deux- Ponts , & commandée
par le Baron de Claufen , Brigadier , & par le
Comte de Spar , Colonel. Cette derniere fut placée
fur une hauteur qui prenoit à revers l'endroit
du bois par où les ennemis arrivoient, & qui découvroient
la plaine. Le Maréchal de Broglie
plaça fes vingt - quatre piéces de canon , fur le'
haut du bois , pour battre l'artillerie que les ennemis
avoient a la pointe droire , & dont nous
étions incommodés .
Le Comte de S. Germain attaqua le bois, avec
fes trois autres Brigades , qui étoient aux ordres
du Marquis de Voyer , Lieutenant-Général , du
Marquis de Roquepine , & du fieur de la Mor
lière , Maréchaux de Camp , du Marquis de la
Tour - du - Pin & du Comte de Montbarrey
Brigadiers.
Le Comte de Guerchy marcha fur la droite,avec
celles de Navarre & du Roi ; celles d'Auvergne
& d'Orléans furent placées en réſerve , à l'entrée
du bois.
La Brigade de Navarre, formée par ce Régi-'
ment & par celui de la Marche Prince , & commandée
par le Comte de Waldner , Maréchal de
Camp , le Comte du Chatelet , Brigadier , & le
Marquis de Chamborand , Colonel , ſe poſta vers
la batterie des Ennemis ; & celle du Roi , com→
AOUST. 1760. 199
mandée par le fieur de Meyronnet , Brigadier ,
entra dans le bois, entre Navarre & les Brigades
du Comte de S. Germain . Le feu fut alors trèsvif
, & les Ennemis furent entierement chaffés
du bois. La Brigade de Navarre, qui, à la faveur
d'un fond, s'étoit poftée jufqu'à cinquante pas de
la batterie , s'en étant apperçue , l'attaqua avec
beaucoup de vivacité ; elle s'en empara & chaffa
les troupes qui la gardoient . Il y eut dans cet endroit,
un affez grand nombre d'Ennemis , qui fu
rent tués à coups de bayonnette.
Les Ennemis fortirent du bois en très - grand
défordre ; mais ils furent reçus par leur Cavalerie,
qui étoit en bataille derriere ce bois , & qui
empêcha notre Infanterie de les fuivre.
Alors les troupes, qui étoient à leur gauche fur
la hauteur de la Tour , s'ébranlerent , cominę
pour venir attaquer la Brigade de Navarre. Le
Maréchal de Broglie , la fit joindre par celles
d'Auvergne & d'Orléans ; & il fit marcher fur
leur flanc droit, quatre ou cinq cens chevaux de
troupes légères, qui étoient à la Juftice de Cor
bach , aux ordres du Comte de Chabot , Maréchal
de Camp, & du fisur de Vio menil , Colonel,
dix efcadrons aux ordres & il les fit foutenir par
du Prince Camille de Lorraine , Lieutenant- Gé
néral. Ce mouvement détermina les Ennemis à
fe retirer. Nos troupes légères joignirent un Régiment
de Dragons Anglois qn furent tous tués
cu faits prifonniers ; le refte entra dans un bois ,
qui fut tourné par nos troupes légères , fouteues
des Dragons de Beaufremont. Ces troupes
harcelerem , un Corps affez gros d'Infanterie, qui
fe retroit en fort bon ordre , & elles s'emparérent
, fous leur feu , d'une pièce de canon , dans
le moment même qu'elle venoit de tirer fur eux .
Comme une grande partie de l'Armée des en-
1 iv
200 MERCURE
DE FRANCE.
nemis étoit fur la hauteur , if fur impoffible de les
fuivre plus loin , d'autant que notre Armée n'étoit
pas encore arrivée. La tête de cette Armée ne fut
à la hauteur de Corbach , qu'à fix heures du foir.
Le Maréchal de Broglie fait les plus grands éloges
de toutes les troupes , qui ont combattu ; de
leur courage , & de l'ordre qu'elles ont obfervé ,
quoique combattant dans les bois . L'action a du-
Té quatre heures dans toute la force. Elle avoit
kté précédée , par de vives eſcarmouches , & par
un feu de canon prèſque continuel , depuis fept
Keures du matin jufqu'à près de quatre après- mi
di , que l'action a fini .
Notre perte est très- peu confidérable , en égard
au feu prodigieux , que les ennemis ont fait. Elle
ne fe monte pas à plus de fix à fept cens hommes ,
* taés ou bleflés ; le Comtede Waldner , Maréchal
de Camp, & le fieur d'Eptinguen , Colonel, font
tes feuls Officiers fapérieurs qui ayent été bleffés 3
on ignore ce que les ennemis ont
perdu ; mais
nous avons cinq ou fix cens de leurs bleflés , qu'ils
unt laifles fur le champ de bataille , ou que l'on a
trouvés dans les villages voisins.
Nous avons préfentement au Parc , douze pić
res de canon , & quatre obufiers qu'on a pris aux
le Ennemis. Notre artillerie , commandée par
Chevalier Pelletier , Lieutenant Général ,
très-bien fervie , & a fait beaucoup d'effet.
a été
Après l'action , l'Armée a campé furle terrein ,
où elle s'eft paffée ; celle des Ennemis a paffé la
nuit au Bivouac , fur les hauteurs de Saxenhaufen ,
& ce matin, ils y ont établi un Camp , qu'on affure
être celui de leur Armée entiere .
On vient d'apprendre que le Prince héréditaire
de Brunſwick , a été bleffé d'un coup de feu dans
les reins .
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Résumé : Du Camp de Nider-Ense près de Corbach, le 11 Juillet.
Du 1er au 10 juillet, le Maréchal de Broglie mène une série d'opérations militaires en vue de prévenir les ennemis et de rejoindre le Comte de Saint-Germain à Corbach. Le 8 juillet, l'armée quitte Neustadt pour Frankenberg, tandis que divers détachements avancent vers Sachsenberg et Radern. La réserve, sous le Comte de Luface, assure l'arrière-garde. Le 9 juillet, le Baron de Clausen est envoyé à Saxenhaufen pour obtenir des informations sur les mouvements ennemis, qui se dirigent vers l'Eder. Les colonnes françaises traversent la rivière et se dirigent vers Imminghaufen. Le Maréchal de Broglie, accompagné du Prince de Condé, se poste à Corbach et reconnaît les forces ennemies sur une hauteur avantageuse. Le 10 juillet, une escarmouche oppose les hussards français aux troupes légères ennemies. Le Comte de Saint-Germain arrive avec des renforts d'infanterie, mais son artillerie est en retard. Le Maréchal de Broglie organise la défense, plaçant les Volontaires de Flandre dans un bois face aux ennemis, soutenus par les brigades de la Tour-du-Pin et de la Couronne. Les brigades de Royal Suédois et de Castellas arrivent en soutien. Les Volontaires de Flandre sont attaqués et doivent céder une partie du bois, mais des renforts français permettent de lancer une contre-attaque. Les brigades de Navarre et du Roi, commandées par le Comte de Guerchy, avancent et capturent une batterie ennemie. Les ennemis sont chassés du bois et se retirent en désordre. L'action dure quatre heures, marquée par des escarmouches intenses et un feu de canon. Les pertes françaises sont légères, avec six à sept cents hommes tués ou blessés. Les ennemis laissent cinq à six cents blessés sur le champ de bataille, ainsi que douze pièces de canon et quatre obusiers capturés. Après l'action, l'armée française campe sur le terrain conquis, tandis que l'armée ennemie se replie sur les hauteurs de Saxenhaufen. On apprend que le Prince héréditaire de Brunswick a été blessé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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85
p. 202-203
De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Début :
Nous avons appris, le 27 de ce mois, la nouvelle de la prise de [...]
Mots clefs :
Prise d'une ville, Artillerie, Attaque, Compagnies, Bataillons, Garnison, Conquête, Impératrice, Provisions, Munitions, Soldats, Déserteurs, Général Laudon, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
De VIENNE , le 2 Août.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 29 Juillet.
Nous avons appris , le 27 de ce mois , la nouvelle
de la prife de Glatz . L'artillerie, confiftant
en quatre-vingt-deux canons & mortiers , diſtribuée
en quatorze batteries , n'avoit commencé à
tirer que le 26 à trois heures du matin . Le général
Laudon , qui étoit arrivé la veille pour juger
par lui- même des travaux & des progrès du fiége
, a fait attaquer à ſept heures du matin , par
deux Compagnies de Grenadiers , foutenues d'un
Bataillon , un ouvrage qui couvroit le chemin
couvert , & qui fut emporté fans réſiſtance . Les
Affiégeans ont pourfuivi les Pruffiens dans le chemin
couvert , & de là ils font entrés pêle-mêle
dans la Ville. Auflitôt la Garnifon s'eft rendue
à difciétion , & l'on s'eft emparé de la Ville &
du Château. Il reftoit encore un petit Fort , détaché
de la Place , qui eft abfolument dominé parle
Château , & qui s'eft rendu dans la journée .
La conquête de cette Place , ne coûte pas deux
cens hommes à l'Impératrice. L'artillerie n'a tiré
que pendant quatre heures , & l'emplacement
des batteries étoit fi bien choifi , & le feu fi bien
dirigé, que dans ce court efpace elle a caufé beaucoup
de dommage.
On a trouvé dans Glatz 22570 quintaux de farine
, 4.83 mefures de froment , 34828 mefures
d'avoine , 21870 quintaux de foin , & une grande
quantité d'autres provifions.
L'artillerie & les munitions de guerre confiftoient
en deux cens trois canons , mortiers ou
obufiers , avec quatre mille boulets , quatre mille
trois cens bombes , fix mille neuf cens grenades,
& dix-fept cens mille cartouches , tant de fufil
que de carabine.
SEPTEMBRE. 1760. 203
Lorfque nos troupes font entrées dans cette Pla
ce , la plupart des foldats qui compofoient la
garnion ont jetté bas les armes , & le font déclarés
déferteurs. Air fi , quoique leur nombre fût ,
au moment de la prife , de près de deux mille
cinq cens , nous n'avons pas fait plus de mille
prifonniers Pruſſiens .
Le Général Laudon a retiré fur le champ quinze
mille hommes des troupes employées au Siége
Pour renforcer fon armée , & dès aujourd'hui il
fe met en marche pour Breſlau.
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Résumé : De VIENNE, le 2 Août. Extrait d'une Lettre de Vienne, du 29 Juillet.
Le 27 juillet, la prise de Glatz a été annoncée après une offensive rapide. L'artillerie, composée de quatre-vingt-deux canons et mortiers, a commencé à tirer le 26 juillet à trois heures du matin. Le général Laudon a ordonné une attaque à sept heures par deux compagnies de grenadiers soutenues par un bataillon. Un ouvrage couvrant le chemin couvert a été pris sans résistance, permettant l'entrée dans la ville. La garnison s'est rendue immédiatement, et la ville ainsi que le château ont été capturés. Un petit fort détaché s'est rendu dans la journée. La conquête de Glatz a coûté moins de deux cents hommes à l'Impératrice. L'artillerie a tiré pendant seulement quatre heures, causant des dommages significatifs grâce à un emplacement des batteries bien choisi et un tir précis. À Glatz, on a trouvé d'importantes provisions, dont 22 570 quintaux de farine, 4 83 mesures de froment, 34 828 mesures d'avoine, et 21 870 quintaux de foin. L'artillerie et les munitions comprenaient deux cent trois canons, mortiers ou obusiers, avec quatre mille boulets, quatre mille trois cents bombes, six mille neuf cents grenades, et dix-sept mille cartouches. Lors de l'entrée des troupes, la plupart des soldats de la garnison ont jeté leurs armes et se sont déclarés déserteurs. Sur environ deux mille cinq cents soldats présents, mille prisonniers prussiens ont été faits. Le général Laudon a retiré quinze mille hommes pour renforcer son armée et se dirige vers Breslau.
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86
p. 187-190
De VIENNE, le 7 Septembre.
Début :
On apprend de Constantinople, que les Hospodans de Valachie & de Moldavie [...]
Mots clefs :
Investiture, Principautés, Rébellion, Tremblement de terre, Maréchal Daun, Baron de Laudon, Armée, Ordres, Régiment, Cavalerie, Attaque, Combat, Artillerie, Colonel, Troupes, Ennemis, Prisonniers, Blessés et morts, Lieutenant, Prince Henri, Mouvements des troupes, Général, Fête, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 7 Septembre.
De VIENNE , le 7 Septembre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
On apprend de Conftantinople, que les Hofpodas
de Valachie & de Moldavie ont reçu de la
Porte l'inveftiture de ces Principautés. Le Bacha
d'Iconium , ayant reçu l'ordre de venir rendre
compte de fa conduite au Grand- Seigneur , s'eft
révoltés il est à la tête de vingt mille hommes,
& il met à contribution les Pays voifins de fon
Gouvernement . On a délibéré dans un Divan
extraordinaire fur les moyens d'étouffer une
rebellion qui peut avoir de dangereufes fuites .
On a reffenti le 13 , vers les fept heures du
foir , une fecouffe de tremblement de terre ; mais
elle a été fort légére , & n'a caufé aucun dommage.
La Cour a reçu du Maréchal Comte de Daun
les détails fuivans de l'action paffée entre le
Corps du Baron de Laudon & l'Armée Pruffienne,
Ce Général , fe conformant aux ordres du
Comte de Daun , s'étoit mis en mouvement le
14 au foir , & il avoit paffé le Katzbach près de
Forthmuhle. L'avant-garde compofće de huis
188 MERCURE DE FRANCE.
'bataillons & de deux regimens de Cavalerie, étoit
commandée par le Général Baron de Wolfersdorff.
On marcha une partie de la nuit en fe dirigeant
vers les hauteurs de Banthen , où l'on devoit
le former pour attaquer le flane gauche de
l'Armée Pruffienne. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon , qui formoient la tête de la
marche, rencontrerent en y arrivant , le régiment
des Huffards de Ziethen , qui fe retira avec
précipitation. Le Baron de Laudon fit alors hâter
la marche du refte de fon Corps pour s'affurer de
ces hauteurs , mais on s'apperçut , à la pointe du
jour , qu'elles étoient occupées par beaucoup d'Infanterie
& de Cavalerie Pruffienne. Il n'étoit plus
poffible d'éviter un combat ; ainfi l'ordre fut auffitôt
donné pour attaquer , & on le fit avec tant
de fuccès , que l'Ennemi fut obligé d'abandonner
ce poſte avec toute fon artillerie. Le Baron de
Laudon faifoit fes difpofitions pour profiter de cet
avantage , lorfque l'Armée Pruffienne , qui s'étoit
formée derriere le bois d'Humelen , marcha
pour l'attaquer. Le combat recommença avec la
plus grande vivacité , & devint général ; mais le
Baron de Laudon s'étant apperçu vers les fix
heures du matin qu'il avoit à foutenir l'effort de
toute l'Armée Pruſſienne , ordonna la retraite qui
fe fit fans précipitation , & avec la contenance la
plus ferme. Les deux bataillons des Grenadiers
de Laudon protégerent cette retraite en occupant
des hauteurs de Binowitz . Le Colonel de Rouvroi
y conduit l'artillerie , & il s'en fervit avec tant
d'habileté que les Corps Pruffiens , qui avoient été
détachés à notre pourſuite , furent contraints de
fe retirer .
Toutes les troupes fe font comportées dans
cette action avec la plus grande valeur, & la perte
de l'Ennemi ne peut être que fort confidérable.
OCTOBRE . 1760? 189
Les patrouilles envoyées le lendemain fur le
champ de bataille ont rapporté qu'il y avoir eu
deux Régimens Pruffiens prèfqu'entierement détruits.
Nous avons fait quantité de prifonniers
parmi lesquels font un Colonel , un Major , plufieurs
Capitaines & autres Officiers de moindre
grade.
Suivant l'état dreffé après cette affaire , nous
avons eu quatorze cens vingt & un hommes de
tués , & deux mille trois cens foixante & dix de
bleffés. Le nombre des manquans étoit de deux
mille cent quarante ; mais un grand nombre
de ces derniers rejoignent fucceffivement leurs
Corps.
Les Lieutenans- Généraux de Drafkowitz & de
Campitelli ont été bleffés ainsi que les Généraux-
Majors de Giannini,de Calemberg, de Gourcy & de
Rebbach. Le Baron de Biela & le Comte de Gondrecour,
Généraux- Majors, ont été faits prifonniers.
L'Armée du Prince Henri a fait un mouvement
depuis peu , pour fe réunir à celle du Ro
de Pruffe. Un corps de Troupes détaché de la
premiere , fous le commandement du Général
de Goltze , a paffé l'Oder à Koben . Son arrieregarde
a été attaquée par le Général de Tottleben ,
& elle a été fort maltraitée . On attend les détails
de cette petite action . Les Rufles font actuellement
dans les environs d'Herrenftadt, & leurs troupes
légéres s'étendent du côté de Wintzig & de Wohlau.
Le Général- Major de Gribauval fe rendit, le
23 du mois dernier , devant Schweidnitz , pour
diriger les opérations du fiége de cette Place.
L'Artillerie néceffaire partit le 21 , des environs
d'Olmutz. On a conduit ici depuis quelquesjours ,
fous fûre garde , un homme qui travailloit à exci
ter quelques mouvemens dans la Hongrie..
い
190 MERCURE DE FRANCE
On hâre les préparatifs des fêtes qui doivent
être exécutées à l'occafion du mariage de l'Archiduc.
Le Feld- Maréchal Prince de Lichtenſten ,
Grand- Maître de l'Artillerie , doit être à Parme
depuis le premier de ce mois. La plus grande partie
de la Maifon de la future Archiduchelle eſt en
chemin pour s'y rendre.
Fermer
Résumé : De VIENNE, le 7 Septembre.
Le 7 septembre, des nouvelles de Constantinople indiquent que les hospodars de Valachie et de Moldavie ont reçu l'investiture de la Porte pour leurs principautés. Le bacha d'Iconium, ayant reçu l'ordre de se rendre à Constantinople pour justifier sa conduite, s'est révolté et rassemble vingt mille hommes, mettant à contribution les pays voisins. Un divan extraordinaire a délibéré sur les moyens de réprimer cette rébellion. À Vienne, une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 13 septembre sans causer de dommages. La Cour a reçu des détails du maréchal comte de Daun concernant une action entre le corps du baron de Laudon et l'armée prussienne. Le 14 septembre, le baron de Laudon, suivant les ordres du comte de Daun, a traversé le Katzbach près de Fortmuhle avec une avant-garde composée de huit bataillons et de deux régiments de cavalerie, commandée par le général baron de Wolfersdorff. L'armée a marché vers les hauteurs de Banthen pour attaquer le flanc gauche de l'armée prussienne. Les grenadiers de Laudon ont rencontré et repoussé le régiment des hussards de Ziethen. Le combat a commencé à l'aube et s'est intensifié, forçant les Prussiens à abandonner leur position avec leur artillerie. Le baron de Laudon a préparé une contre-attaque, mais l'armée prussienne, formée derrière le bois d'Humelen, a lancé une offensive. Le combat est devenu général, et Laudon a ordonné la retraite, protégée par les grenadiers et l'artillerie dirigée par le colonel de Rouvroi. Les pertes ennemies sont considérables, avec deux régiments prussiens presque entièrement détruits et de nombreux prisonniers, dont un colonel et plusieurs officiers. Les troupes autrichiennes ont subi des pertes de 1 421 tués, 2 360 blessés et 2 140 manquants, dont beaucoup ont rejoint leurs unités. Plusieurs généraux ont été blessés ou capturés. L'armée du prince Henri de Prusse a effectué un mouvement pour se réunir à celle du roi de Prusse. Un corps de troupes prussiennes, commandé par le général de Goltze, a traversé l'Oder à Koben et a été attaqué par le général de Tottleben. Les Russes sont actuellement près d'Herrenstadt, et leurs troupes légères se déplacent vers Wintzig et Wohlau. Le général-major de Gribauval dirige le siège de Schweidnitz, avec l'artillerie partie d'Olmutz. Un individu suspect a été arrêté pour avoir tenté de provoquer des troubles en Hongrie. À Vienne, les préparatifs pour les fêtes du mariage de l'archiduc sont en cours. Le feld-maréchal prince de Lichtenstein, grand-maître de l'artillerie, est attendu à Parme, et la maison de la future archiduchesse est en route pour s'y rendre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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87
p. 190-194
De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Début :
Le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts, ayant résolu d'obliger les Prussiens [...]
Mots clefs :
Armée, Feld-maréchal, Prince de Deux-Ponts, Général, Mouvements des troupes, Prussiens, Corps, Ennemis, Camps militaires, Colonel, Ordre, Attaques, Résistance, Positions, Détachement, Cavalerie, Artillerie, Infanterie, Grenadiers, Prince Henri, Marche, Forces armées, Perte de l'ennemi, Champ de bataille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
De l'Armée de l'Empire , le 21 Août.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Le 21 août, le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts initia une offensive contre les Prussiens autour de Dresde. Il déploya le Prince de Stolberg avec la réserve à Keffeldorff et le Général de Weczey avec les troupes légères à Wilfdruff, étendant les postes jusqu'à Weiffdrop et Lamperfdorff. Le Général de Klééfeld, ayant marché de Freyberg à Auguftulberg, occupa Rosswein et Seligenstadt, forçant les Prussiens à se retirer de Nossen. Les 10 et 11 août, les Prussiens tentèrent d'attaquer les postes à Seligenstadt et Rosswein, mais furent repoussés. Le 12 août, l'armée reçut l'ordre de se préparer à marcher. Le 13 août, elle quitta Plawen pour Meissen et établit son camp près de Reiodorff. Les attaques contre les Prussiens furent couronnées de succès, les repoussant jusqu'aux faubourgs de Meissen. Le 14 août, les Prussiens furent délogés de plusieurs positions et se retirèrent dans leur camp retranché entre Lomatz et Meissen. Le 16 août, le Maréchal Prince de Deux-Ponts décida de couper les communications ennemies, forçant les Prussiens à se retirer. Le 17 août, l'armée occupa les hauteurs de Lomatz. Le 18 août, elle poursuivit les Prussiens en retraite jusqu'à Strehla. Le 19 août, le Maréchal reconnut la position ennemie et décida de les attaquer le lendemain. À minuit, l'armée se mit en marche et attaqua les Prussiens, les repoussant de plusieurs positions. Les Prussiens se retirèrent vers Torgau, laissant de lourdes pertes sur le champ de bataille.
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88
p. 203-204
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Début :
Le Roi de Prusse ayant voulu occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, & se trouvant prévenu [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Postes militaires, Général, Détachements, Artillerie, Attaque, Baron, Bataillons, Secours, Maréchal Daun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun ,
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
le 7 Septembre.
Le Roi de Pruffe ayant voulu occuper le pofte
de Nieder-Arnsdorff , & fe trouvant prévenu par
le Général Beck , détacha trois Régimens , avec
quelques pieces d'Artillerie , pour en déloger nos
troupes. Ils attaquèrent ce pofte avec beaucoup
de vivacité ; mais le Baron de Beck eut le tems
de faire foutenir les Volontaires de Siléfie , qui
Foccupoient , par deux Bataillons de Waradins,
& le Comte de Daun détacha , de fon côté , dans '
le méme deffein , trois Bataillons de Grenadiers.
Au moyen de ce fecours , les Pruffiens furent re
pouffés ; & après une attaque de trois heures, ils
fe retirèrent avec une perte confidérable . On ne
peut pas l'évaluer à moins de fept à huir cens
Bommes.› ant tués que bleffés. La nôtre eft de
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
trois cens hommes. Depuis , le Roi de Pruffe ayant
voulu gagner Landshut , le Maréchal de Daun
fit une marche qui arrêta ce Prince , & le Comte
de Lafcy a pris pofte à Landshut & fur les hauteurs
voifines. Depuis , il ne s'eft rien paſſé de
confidérable .
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Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Daun, le 7 septembre.
Le 7 septembre, le roi de Prusse tenta d'occuper le poste de Nieder-Arnsdorff, mais fut devancé par le général Beck. Les Prussiens attaquèrent avec trois régiments et quelques pièces d'artillerie pour déloger les troupes françaises. Le baron de Beck mobilisa les Volontaires de Silésie, soutenus par deux bataillons de Waradins. Le comte de Daun renforça la défense en envoyant trois bataillons de grenadiers. Après trois heures de combat, les Prussiens furent repoussés, subissant entre sept cents et huit cents pertes. Les forces françaises perdirent environ trois cents hommes. Par la suite, le roi de Prusse chercha à atteindre Landshut, mais le maréchal de Daun intervint pour l'arrêter. Le comte de La Fcy prit position à Landshut et sur les hauteurs voisines. Aucune action notable n'a été signalée depuis.
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89
p. 208-209
De BAYONNE, le 16 Septembre.
Début :
On apprend par un Vaisseau arrivé à Saint Ander que des six [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Marchand, Marquis, Ennemis, Combat naval, Capitaines, Cargaison, Artillerie, Armateur
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texteReconnaissance textuelle : De BAYONNE, le 16 Septembre.
De BAYONNE , le 16 Septembre.
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
On apprend par un Vaiffeau arrivé à Saint Ander
que des fix Vaiffeaux partis de Bordeaux ,
trois font arrivés dans le fleuve Saint Laurent ,
favoir ; le Marchand , le Marquis de Malaufe &
le Bienfaifant. Ils ont atterré dans la Baye des
Chaleurs avec fix prifes qu'ils avoient faites dans
OCTOBRE. 1760. 206-
ce fleuve fur les Anglois. Cinq Vaiffeaux de guerre
ennemis les ont pourfuivis jufques dans ce port,
Les Capitaines de ces trois VaiffeauxMarchands ,
ont fait la plus belle manoeuvre ; ils ont mis à
terre prèfque tous leurs Canons ; ils ont conftruit
à la hate une efpéce de fort d'où ils ont tiré fur
les Vaiffeaux Anglois ; ils en ont coulé un à fond
ils ont eu le tems de mettre à terre leur Car
gaifon , & l'on ne doute pas qu'ils n'ayent fait
paffer à Montréal les munitions & les fubfiftancés
qui étoient deftinées pour cette place. Ils ont
enfuite mis le feu à leurs trois Vailleaux & aux
fix qu'ils avoient pris , afin qu'ils ne tombaſſent
point entre les mains des Anglois.
Le Marquis de Vaudreuil , ayant formé le projet
d'une expédition fur le fleuve Saint Laurent ,
a chargé le fieur Minville l'aîné , Armateur de ce
port , de l'exécuter . Cet Armateur a paffé hardiment
avec fon Vaiffeau fous le fort de Quebec
de l'Artillerie duquel il a effuyé tout le feu , &
dont il a été fort endommagé; cela ne l'a pas em
pêché de remplir fon objet ; il a pris dans ce
fleuve quatorze Vaifleaux Anglois pleins de munitions
pour Quebec ; il les a conduits un peu plus
haut que la Baye des Chaleurs , & après en avoir
fait décharger toutes les Cargaifons qu'il a fair
tranfporter à Montréal , il les a brulés ainfi que
fon Vaiffeau , pour 'qu'ils ne devinflent pas la
proie des ennemis.
On affure que la recolte a été abondante dans
le Territoire de Montréal , & que nous fommes
en état de nous y foutenir long-tems contre les
Anglois,
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Résumé : De BAYONNE, le 16 Septembre.
Le 16 septembre, trois vaisseaux français, le Marchand, le Marquis de Malaufe et le Bienfaifant, ont atteint le fleuve Saint-Laurent après avoir capturé six navires anglais. Ils ont accosté dans la Baie des Chaleurs, où cinq vaisseaux de guerre ennemis les poursuivaient. Les capitaines ont débarqué leurs canons et construit une fortification pour repousser les Anglais, coulant un vaisseau ennemi et mettant leur cargaison à terre, probablement à Montréal. Pour éviter la capture, ils ont incendié leurs vaisseaux. Parallèlement, le Marquis de Vaudreuil a organisé une expédition sur le fleuve Saint-Laurent. L'armateur Minville l'aîné a mené cette mission, capturant quatorze vaisseaux anglais chargés de munitions pour Québec. Il a conduit ces vaisseaux au-delà de la Baie des Chaleurs, déchargé les cargaisons à Montréal, et incendié les navires, y compris le sien. Enfin, la récolte dans le territoire de Montréal a été abondante, permettant de soutenir une longue résistance contre les Anglais.
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90
p. 190-191
De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Début :
La Conférence du Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts avec le Duc [...]
Mots clefs :
Conférence, Feld-maréchal, Prince, Duc, Armée prussienne, Ennemis, Mouvements des troupes, Général, Combat, Retraite, Artillerie, Colonel, Blessés et morts, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 28 Septembre .
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
La Conférence du Feld Maréchal Prince de
Deux- Ponts avec le Duc de Wirtemberg avoit eu
pour objet de déloger le Corps Pruffien aux ordres
du Général Hullen , du Camp avantageux qu'il
occupoit: En conféquence , les Corps avancés de
l'arméefe mirent en mouvement le 13.On occupa
Malitſchen , Elfnig , Wogellang & Weidenhayn.
En même tems , le Corps d'armée du Duc de
Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch , & le
Général Luczinsky prit pofte à Domitſch au- deffous
de Torgau , où on lui envoya un train de
pontons.
L'armée quitta , le 24 à la pointe du jour, fon
Camp de Strehla. On délogea les ennemis deSuptitz
, de Zina & de Wollau . On campa enfuite
fur les hauteurs de Suptitz . Le Colonel de Zetwitz
délogea , de fon côté, les Pruffiens de Lockwitz
& Behrewitz , &il s'établit entre l'Elbe & le grand
étang.
un Le Général Lucfinsky fit conftruire , le 25 ,
pont fur l'Elbe à Domitſch ; il y paffa ce Fleuve
pendant la nuit , avec toute la cavalerie & quelques
bataillons , & il fe pofta fur la rive droite.
Le 26 à midi , l'armée ſe forma en bataille & s'approcha
du Camp Pruffien . Pendant qu'elle faifoit
ce mouvement , le Corps du Général Lucfinsky
longeoit l'Elbe , & faifoit replier les poftes ennemisqu'il
pourfuivit jufqu'au pontde Torgau . Alors
le Général Hulfen , craignant d'être attaqué de
tous côtés , prit le parti de la retraite & rentra
dans la Ville avec précipitation. On atteignit fon
NOVEMBRE.
1760.
arriere- garde , & le
combat fut
pendant
quelque
191
tems des plus vifs .
L'ennemi
craignant
d'être coupé
, fe retira en
défordre vers la Ville , & fe rallia
fous le feu des
remparts.
Le
Général
Hulfen
faifoit ,
pendant ce tems
paffer l'Elbe à fon armée fur le pont de la Ville &
fur un de
pontons. Le
Prince de Deux - Ponts.
s'en étant
apperçu , fit
amener de la
groffe artillerie
pour les
ruiner,
pendant
qu'on
tâchoit de pénétrer
dans la Ville.
Toutes ces
difpofitions
furent
exécutées avec
beaucoup de
concert & de
jufteffe.
On
pénétra ,
malgré le feu des
ennemis ,
jufqu'au
pont
volant dont on
s'empara , &
l'artillerie fur
fervie avec tant
d'habileté
qu'on mit le feu à l'extrémité
du pont de la Ville. Par là tout
moyen
retraite fut ôté au refte des
troupes
ennemies quide
n'avoient pu paffer
l'Elbe. Le
Prince de
Deux-
Ponts
envoya
fommer le
Colonel de
Normann
leur
Commandant , de fe
rendre ; ce qu'il fi,
après
quelques
difficultés. La
Capitulation fut fignée
le 27 à trois heures du
matin , &
auffitôt
l'armée fut miſe en
poffeffion des deux
portes de
la Ville. Les
troupes
Pruffiennes
fortirent à midi
&
mirent bas les armes . Le
nombre des
priſonniers
faits en cette
occafion eft de deux
mille cinq
cens
vingt-fept ,
parmi
lesquels ſe
trouvent un
Colonel , fix
Majors & douze
Capitaines .
Notre
perte eft très-legére , &
n'excéde pas cent hommes
, tant tués que bleffés .
L'armée
Pruſſienne
profita de la nuit pour fe retirer du côté de Wirtemberg
, le long de l'Elbe.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 28 Septembre.
Le 28 septembre, une conférence entre le Feld Maréchal Prince de Deux-Ponts et le Duc de Wirtemberg visait à déloger le Corps Prussien du Général Hullen de sa position. Les mouvements militaires commencèrent le 13 septembre, avec l'occupation de plusieurs localités. Le Corps d'armée du Duc de Wirtemberg marcha de Bitterfeld à Pretfch, tandis que le Général Luczinsky se posta à Domitsch près de Torgau. Le 24 septembre, l'armée quitta Strehla à l'aube, délogeant les ennemis de Suptitz, Zina et Wollau, et campa sur les hauteurs de Suptitz. Le Colonel de Zetwitz délogea les Prussiens de Lockwitz et Behrewitz, et le Général Luczinsky construisit un pont sur l'Elbe à Domitsch. Le 26 septembre, l'armée se forma en bataille et s'approcha du camp prussien, repoussant les postes ennemis jusqu'au pont de Torgau. Le Général Hullen se retira dans la ville, mais un combat vif eut lieu, forçant l'ennemi à se retirer en désordre. Le Prince de Deux-Ponts fit amener de la grosse artillerie pour ruiner les ponts et pénétra dans la ville. La capitulation fut signée le 27 septembre à trois heures du matin, et les troupes prussiennes se rendirent à midi. Le nombre de prisonniers prussiens s'éleva à deux mille cinq cent vingt-sept, incluant un colonel, six majors et douze capitaines. Les pertes françaises furent légères, n'excédant pas cent hommes tués ou blessés.
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91
p. 185-187
De VIENNE, le 8 Novembre.
Début :
Le Lieutenant Colonel Baron de Rotchitz, Aide de Camp général, arriva le 6 [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Colonel, Baron, Majestés impériales, Victoire, Armée autrichienne, Roi de Prusse, Maréchal Daun, Mouvements des troupes, Attaque, Cavalerie, Ennemis, Prisonniers, Blessés et morts, Artillerie, Général, Forces armées, Positions, Retraite, Forteresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 8 Novembre.
De VIENNE , le 8 Novembre.
Le Lieutenant Colonel Baron de de Rotchitz ,
Aide de Camp général , arriva le 6 dans cette
ville précédé d'un grand nombre de poftillons fonnant
du cor. Il apportoit à Leurs Majeftés Impé
riales , la nouvelle d'une victoire remportée le 3
dans les environs de Torgau , par l'Armée Autrichienne
fur celle du Roi de Pruffe. Ses dépêches
contenoient les détails ſuivans.
Le Roi de Pruffe , ayant réuni toutes les forces
dès la fin du mois dernier , marcha le 2 d'Eulenbourg
fur Schilda . Son objet étoit de couper à
L'Armée Autrichienne fa communication avec
Dreſde & Freyberg en fe portant fur fes derrieres;
mais le Maréchal Comte de Daun , s'étant apperçu
de ce deffein , fit faire à fon Armée un mouvement
de converfion par lequel il préfenta le front
à l'Armée Pruffienne ; il porta fa droite à Zima ,
& fa gauche fut appuyée aux hauteurs de Suplitz ,
voifines de Torgau.
Le 3 ,
l'action s'engagea vers midi . L'Armée
Pruffienne déboucha des bois fur plufieurs colonnes
ponr nous attaquer ; elle fut reçue partout avec
tant de vigueur , que plufieurs de ces colonnes furent
repouffées jufques dans le bois. Elle renouvella
fes attaques à diverles repriſes & avec acharnement
juſqu'à huit heures du ſoir qu'elle fit ſa retraite
, abandonnant le champ de bataille à nos
groupes. Notre Cavalerie a beaucoup contribué à
186 MERCURE DE FRANCE.
eet avantage. Elle a enfoncé plufieurs fois l'Infanterie
Ennemie , & elle a fait un très- grand nombre
de prifonniers. Cette action a été fort meurtriére
de part & d'autre. On évaiue la perte des Prufliens
à feize mille hommes environ, tant tués que bleffés,
prifonniers & déferteurs. Le nombre des prifonniers
montoit , au départ du Baron de Rotchitz
à plus de trois mille hommes. De ce nombre font
les Généraux de Finckenftein & de Bulow.
C
"
Notre perte peut monter à près de dix mille
hommes, tant tués que bleffés. Le Général deWalther
, qui commandoit l'Artillerie , eft au nombre
des premiers. Le Maréchal Comte de Daun , ayaut
recu un coup de feu dans la jambe qui le mettoit
hors d'état de fe tenir à cheval , remit le Commandement
au Comte Odonel , Général de Cavalerie
, & il fe fit tranfporter à Torgau . Les autres
Officiers Généraux bleffés font , le Duc d'Aremberg,
& le Comte de Sincere, Généraux d'Infanterie
; le Comte de Buckow , Général de Cavalerie,
le Duc de Bragance , & le Comte de Domballe. Le
Général de Saint- Ignon a été fait prifonnier.
Le Baron de Rotchitz , qui a apporté ces détails ,
ayoit été dépêché à dix heures du foir par le Maréchal
de Dawn . On apprend , par des avis poftérieurs
que les Pruffiens , ayant raflemblé leurs forces ,
font parvenus,fous les ordres duGénéral de Ziéten,
à gagner , pendant la nuit , les hauteurs de Suplitz ,
auxquelles la gauche de notre Armée étoit appayée.
La difficulté de les déloger de ce pofte trèsavantageux
, qui dominoit notre armée , l'a obligée
d'abandonner fa pofition & les environs de
Torgau , le 4 , à la pointe du jour , après avoir
paffé la nuit fur le champ de bataille . Elle n'a pas
Exécuté cette retraite fans être inquiétée par les
Pruffiens. Le gros de l'Armée a paffé l'Elbe & eft
allé camper à Coffdorff , le Corps du Général
DECEMBRE. 1760. 187
Comte de Lafcy continue d'occuper , avec quelques
autres troupes , la rive gauche de ce fleuve ,
en s'étendant jufqu'a Belgern.
Les playes preique continuelles qui font tombées
pendant plufieurs jours en Silésie ont tellement
augmenté l'étendue des marais , dont la fortereffe
de Cofel eft environnée de toute part , que le Baron
de Laudon a été obligé de renoncer au projet
d'affiéger cette place. Ce Général s'eft mis en
marche avec ſon Corps du côté de Cunzendorff ;
le Baron de Goltze eſt arrivé dans les environs de
Breflau avec un détachement de l'Armée Pruffienne
d'environ quinze mille hommes.
On apprend, par les Lettres de Conftantinople ,
que Kérid- Kan , l'un des prétendans au Trône
de Sophis, a été reconnu par la plus grande partie
de la Perfe. Le fils d'Affad- Kan , le dernier de fes
compétiteurs , a été obligé de ſe réfugier , dans
une Province frontiére du Mogolftan. Kérid-Kan
travaille à s'affermir fur le Trône , & la Perfe
commence à fe rétablir des ravages qu'elle a ef
fuyés pendant les troubles qui l'ont agitée.
Le Lieutenant Colonel Baron de de Rotchitz ,
Aide de Camp général , arriva le 6 dans cette
ville précédé d'un grand nombre de poftillons fonnant
du cor. Il apportoit à Leurs Majeftés Impé
riales , la nouvelle d'une victoire remportée le 3
dans les environs de Torgau , par l'Armée Autrichienne
fur celle du Roi de Pruffe. Ses dépêches
contenoient les détails ſuivans.
Le Roi de Pruffe , ayant réuni toutes les forces
dès la fin du mois dernier , marcha le 2 d'Eulenbourg
fur Schilda . Son objet étoit de couper à
L'Armée Autrichienne fa communication avec
Dreſde & Freyberg en fe portant fur fes derrieres;
mais le Maréchal Comte de Daun , s'étant apperçu
de ce deffein , fit faire à fon Armée un mouvement
de converfion par lequel il préfenta le front
à l'Armée Pruffienne ; il porta fa droite à Zima ,
& fa gauche fut appuyée aux hauteurs de Suplitz ,
voifines de Torgau.
Le 3 ,
l'action s'engagea vers midi . L'Armée
Pruffienne déboucha des bois fur plufieurs colonnes
ponr nous attaquer ; elle fut reçue partout avec
tant de vigueur , que plufieurs de ces colonnes furent
repouffées jufques dans le bois. Elle renouvella
fes attaques à diverles repriſes & avec acharnement
juſqu'à huit heures du ſoir qu'elle fit ſa retraite
, abandonnant le champ de bataille à nos
groupes. Notre Cavalerie a beaucoup contribué à
186 MERCURE DE FRANCE.
eet avantage. Elle a enfoncé plufieurs fois l'Infanterie
Ennemie , & elle a fait un très- grand nombre
de prifonniers. Cette action a été fort meurtriére
de part & d'autre. On évaiue la perte des Prufliens
à feize mille hommes environ, tant tués que bleffés,
prifonniers & déferteurs. Le nombre des prifonniers
montoit , au départ du Baron de Rotchitz
à plus de trois mille hommes. De ce nombre font
les Généraux de Finckenftein & de Bulow.
C
"
Notre perte peut monter à près de dix mille
hommes, tant tués que bleffés. Le Général deWalther
, qui commandoit l'Artillerie , eft au nombre
des premiers. Le Maréchal Comte de Daun , ayaut
recu un coup de feu dans la jambe qui le mettoit
hors d'état de fe tenir à cheval , remit le Commandement
au Comte Odonel , Général de Cavalerie
, & il fe fit tranfporter à Torgau . Les autres
Officiers Généraux bleffés font , le Duc d'Aremberg,
& le Comte de Sincere, Généraux d'Infanterie
; le Comte de Buckow , Général de Cavalerie,
le Duc de Bragance , & le Comte de Domballe. Le
Général de Saint- Ignon a été fait prifonnier.
Le Baron de Rotchitz , qui a apporté ces détails ,
ayoit été dépêché à dix heures du foir par le Maréchal
de Dawn . On apprend , par des avis poftérieurs
que les Pruffiens , ayant raflemblé leurs forces ,
font parvenus,fous les ordres duGénéral de Ziéten,
à gagner , pendant la nuit , les hauteurs de Suplitz ,
auxquelles la gauche de notre Armée étoit appayée.
La difficulté de les déloger de ce pofte trèsavantageux
, qui dominoit notre armée , l'a obligée
d'abandonner fa pofition & les environs de
Torgau , le 4 , à la pointe du jour , après avoir
paffé la nuit fur le champ de bataille . Elle n'a pas
Exécuté cette retraite fans être inquiétée par les
Pruffiens. Le gros de l'Armée a paffé l'Elbe & eft
allé camper à Coffdorff , le Corps du Général
DECEMBRE. 1760. 187
Comte de Lafcy continue d'occuper , avec quelques
autres troupes , la rive gauche de ce fleuve ,
en s'étendant jufqu'a Belgern.
Les playes preique continuelles qui font tombées
pendant plufieurs jours en Silésie ont tellement
augmenté l'étendue des marais , dont la fortereffe
de Cofel eft environnée de toute part , que le Baron
de Laudon a été obligé de renoncer au projet
d'affiéger cette place. Ce Général s'eft mis en
marche avec ſon Corps du côté de Cunzendorff ;
le Baron de Goltze eſt arrivé dans les environs de
Breflau avec un détachement de l'Armée Pruffienne
d'environ quinze mille hommes.
On apprend, par les Lettres de Conftantinople ,
que Kérid- Kan , l'un des prétendans au Trône
de Sophis, a été reconnu par la plus grande partie
de la Perfe. Le fils d'Affad- Kan , le dernier de fes
compétiteurs , a été obligé de ſe réfugier , dans
une Province frontiére du Mogolftan. Kérid-Kan
travaille à s'affermir fur le Trône , & la Perfe
commence à fe rétablir des ravages qu'elle a ef
fuyés pendant les troubles qui l'ont agitée.
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Résumé : De VIENNE, le 8 Novembre.
Le 6 novembre, le lieutenant-colonel baron de Rotchitz arriva à Vienne pour annoncer une victoire autrichienne près de Torgau, obtenue le 3 novembre. Le roi de Prusse avait tenté de couper les communications de l'armée autrichienne avec Dresde et Freyberg, mais le maréchal comte de Daun avait anticipé cette manœuvre et positionné ses troupes en conséquence. Lors de la bataille du 3 novembre, l'armée prussienne attaqua mais fut repoussée par les forces autrichiennes. La cavalerie autrichienne joua un rôle déterminant en enfonçant plusieurs fois l'infanterie prussienne et en capturant de nombreux prisonniers, dont les généraux de Finckenstein et de Bulow. Les pertes prussiennes s'élevèrent à seize mille hommes, tandis que les pertes autrichiennes atteignirent près de dix mille hommes. Le maréchal comte de Daun, blessé, transmit le commandement au comte Odonel. Le baron de Rotchitz, envoyé par le maréchal de Daun, fournit ces détails. Par la suite, les Prussiens, sous les ordres du général de Zieten, occupèrent les hauteurs de Suplitz, forçant l'armée autrichienne à se retirer et à traverser l'Elbe pour camper à Cossdorff. Le général comte de Laffcy continua d'occuper la rive gauche de l'Elbe. En Silésie, les pluies continues empêchèrent le baron de Laudon d'assiéger la forteresse de Cosel. Le baron de Goltze arriva près de Breslau avec un détachement prussien. Par ailleurs, à Constantinople, Kérid-Kan fut reconnu comme souverain par la majorité de la Perse, contraignant son rival à se réfugier au Mogolstan.
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92
p. 188-189
De RATISBONNE, le 6 Novembre.
Début :
Les dernieres nouvelles de la Saxe portent que l'Armée de l'Empire, [...]
Mots clefs :
Saxe, Armée de l'Empire, Marche, Duc, Troupes, Fuite , Guerre, Général, Otages, Artillerie
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texteReconnaissance textuelle : De RATISBONNE, le 6 Novembre.
De RATISBONNE , le 6 Novembre.
Les dernieres nouvelles de la Saxe portent que
l'Armée de l'Empire , après avoir évacué Léipfick,
s'eft portée à Lucka , le 31 du mois dernier : elle a
continué fa marche la nuit fuivante , & elle eſt arrivée
le lendemain dans les environs de Zéitz. Le
Corps de troupes du Duc de Wirtemberg s'eft replié
de Lindenau , fur Weiffenfels & Naumbourg.
Le Roi de Pruffe a fait publier dans Léipfick une
Ordonnance par laquelle il énjoint à tous les habians
de cette Ville qui s'en font retirés à cauſe de la
Guerre , d'y retourner fans délai , fous peine d'encourir
fon indignation , & d'être rigoureuſement
punis. Cette ordonnance menace les Parens de
ceux qui font abfens, de les en rendre reſponſables.
Cette Ville eft dans les allarmes , & fes habitans
s'attendent à éprouver bientôt de nouvelles ri
gueurs , fi le Roi de Pruffe fe maintient dans cette
partie de la Saxe.
On vient de transférér ici un grand nombre
d'otages Prùffiens qu'on s'eft fait donner pour la
fûreté des contributions impofées par le Duché de
Magdebourg par l'Armée de l'Empire & par le
Corps du Duc de Wirtemberg. On a conduit dans
cette Ville plufieurs Officiers Pruffiens pris dans
les actions de Torgau & de Wirtemberg. La gar
nifon de cette derniere Ville , commandée par
Général Salomon , s'étoit rendue prifoniére avec
lui. Elle confiftoit en près de trois mille hommes.
le
Les nouvelles de Drefde ont appris que les Généraux
de Lafcy & de Totteleben , ayant rempli
leur objet , & étant informés que le Roi de Pruffe
marchoit au fecours de fa Capitale , l'abandonnèrent
le 13 de ce mois . Les Ruffes prirent la route
de Fuftenwald pour rejoindre leur armée qui campoit
à Rippen , près de Francfort fur l'Oder . Le
DECEMBRE. 1760.
Corps du Général de Lafcy ſe rerira par Jutterbock
du côté de Wittemberg, où il joignit l'Armée
de l'Empire.
La Ville de Berlin n'ayant pas pu trouver les
quinze cens mille Rixdales qu'on lui a demandées ,
on s'eft contenté de cinq cens mille qui ont été
payées comptant. On a reçu pour le furplus , des
Lettres de change payables en deux termes , &
en s'eft fait donner les ôtages néceffaires pour la
fûreté de ces payemens .
On écrit de Hambourg que la Ville de Philip
ftadt , dans la Province de Warmie , a été prèfqu'entierement
réduite en cendres la nuit du 25
au 26 de Septembre.
Les Pruffiens avoient évacué la Ville de Léipfick
, où ils font rentrés , la nuit du 4 au d'Octobre
, après avoir encloué l'artillerie qu'ils ne
pouvoient pas emmener.
Les dernieres nouvelles de la Saxe portent que
l'Armée de l'Empire , après avoir évacué Léipfick,
s'eft portée à Lucka , le 31 du mois dernier : elle a
continué fa marche la nuit fuivante , & elle eſt arrivée
le lendemain dans les environs de Zéitz. Le
Corps de troupes du Duc de Wirtemberg s'eft replié
de Lindenau , fur Weiffenfels & Naumbourg.
Le Roi de Pruffe a fait publier dans Léipfick une
Ordonnance par laquelle il énjoint à tous les habians
de cette Ville qui s'en font retirés à cauſe de la
Guerre , d'y retourner fans délai , fous peine d'encourir
fon indignation , & d'être rigoureuſement
punis. Cette ordonnance menace les Parens de
ceux qui font abfens, de les en rendre reſponſables.
Cette Ville eft dans les allarmes , & fes habitans
s'attendent à éprouver bientôt de nouvelles ri
gueurs , fi le Roi de Pruffe fe maintient dans cette
partie de la Saxe.
On vient de transférér ici un grand nombre
d'otages Prùffiens qu'on s'eft fait donner pour la
fûreté des contributions impofées par le Duché de
Magdebourg par l'Armée de l'Empire & par le
Corps du Duc de Wirtemberg. On a conduit dans
cette Ville plufieurs Officiers Pruffiens pris dans
les actions de Torgau & de Wirtemberg. La gar
nifon de cette derniere Ville , commandée par
Général Salomon , s'étoit rendue prifoniére avec
lui. Elle confiftoit en près de trois mille hommes.
le
Les nouvelles de Drefde ont appris que les Généraux
de Lafcy & de Totteleben , ayant rempli
leur objet , & étant informés que le Roi de Pruffe
marchoit au fecours de fa Capitale , l'abandonnèrent
le 13 de ce mois . Les Ruffes prirent la route
de Fuftenwald pour rejoindre leur armée qui campoit
à Rippen , près de Francfort fur l'Oder . Le
DECEMBRE. 1760.
Corps du Général de Lafcy ſe rerira par Jutterbock
du côté de Wittemberg, où il joignit l'Armée
de l'Empire.
La Ville de Berlin n'ayant pas pu trouver les
quinze cens mille Rixdales qu'on lui a demandées ,
on s'eft contenté de cinq cens mille qui ont été
payées comptant. On a reçu pour le furplus , des
Lettres de change payables en deux termes , &
en s'eft fait donner les ôtages néceffaires pour la
fûreté de ces payemens .
On écrit de Hambourg que la Ville de Philip
ftadt , dans la Province de Warmie , a été prèfqu'entierement
réduite en cendres la nuit du 25
au 26 de Septembre.
Les Pruffiens avoient évacué la Ville de Léipfick
, où ils font rentrés , la nuit du 4 au d'Octobre
, après avoir encloué l'artillerie qu'ils ne
pouvoient pas emmener.
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Résumé : De RATISBONNE, le 6 Novembre.
Le 6 novembre, des nouvelles de Saxe indiquent que l'armée de l'Empire, après avoir quitté Leipzig, s'est déplacée à Lucka le 31 octobre, puis a continué vers Zeitz. Le corps de troupes du Duc de Wurtemberg s'est replié vers Weißenfels et Naumbourg. À Leipzig, le Roi de Prusse a ordonné le retour des habitants ayant fui, sous peine de punitions sévères. Les habitants craignent des rigueurs supplémentaires si le Roi reste. Des otages prussiens ont été transférés à Ratisbonne pour garantir les contributions du Duché de Magdebourg. Plusieurs officiers prussiens capturés à Torgau et Wurtemberg y ont également été conduits. La garnison de Wurtemberg, commandée par le Général Salomon, s'est rendue avec près de trois mille hommes. À Dresde, les Généraux de La Motte et de Tottleben ont quitté la ville le 13 novembre pour rejoindre l'armée de l'Empire près de Wittenberg. Berlin n'ayant pu réunir 150 000 rixdales, 500 000 rixdales ont été payés comptant, et des lettres de change ont été acceptées pour le surplus, avec des otages comme garantie. À Hambourg, il est rapporté que Philipstadt, en Prusse-Orientale, a été presque entièrement détruite par un incendie la nuit du 25 au 26 septembre. Les Prussiens avaient quitté Leipzig la nuit du 4 au 5 octobre après avoir rendu leur artillerie inutilisable.
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93
p. 192-913
De WESSEL, le 16 Novembre.
Début :
Le Corps aux ordres du Marquis de Castries, après avoir passé le Rhin, [...]
Mots clefs :
Marquis, Corps, Mouvements des troupes, Prince Héréditaire de Brunswick, Quartier général, Escarmouche, Artillerie, Munitions, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : De WESSEL, le 16 Novembre.
De WESSEL , le 16 Novembre.
Le Corps aux ordres du Marquis de Caftries >
après avoir paffé le Rhin , s'eft avancé le 10 de
ce mois à Drevenick , éloigné de cette Ville de
deux lieues. On a appris que le Prince Héréditaire
de Brunſwick , dont une partie des troupes
étoient cantonnées, les a raffemblées en deux Corps
P'un près Gros- Kekum , où eft fon Quartier général
, l'autre près de Dorften , aux ordres du Général
Spangenberg.
On eft reſté jufqu'à cejour de part & d'autre
dans la même fituation . Il n'y a eu que quelques
efcarmouches
DECEMBRE 1760. 193
efcarmouches entre les poftes avancés. La groffe
artillerie du Marquis de Caftries eft encore dans
cette Ville. Toutes les voitures de munitions font
chargées , & tout eſt à fe mettre en marche
au premier ordre.
prêc
L'expédition dont le Comte de Stainville avoit
été chargé , a eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer.
Ce Lieutenant Général s'eft porté par Nordhaufen
, Hartzzerode & Quedlinbourg , jufqu'à
Halberstadt , qu'il a mis à contribution . Il a attaqué
, le 18 de ce mois , près de Emfleben , cinq
cens hommes des Ennemis qui s'étoient retranchés
; il les a forcés , & a fait cent cinquante prifonniers.
Le Comte de Stainville eſt enfuite retourné
à l'armée avec les ôtages qu'il s'eft fait livrer
pour la fureté des contributions.
Le Corps aux ordres du Marquis de Caftries >
après avoir paffé le Rhin , s'eft avancé le 10 de
ce mois à Drevenick , éloigné de cette Ville de
deux lieues. On a appris que le Prince Héréditaire
de Brunſwick , dont une partie des troupes
étoient cantonnées, les a raffemblées en deux Corps
P'un près Gros- Kekum , où eft fon Quartier général
, l'autre près de Dorften , aux ordres du Général
Spangenberg.
On eft reſté jufqu'à cejour de part & d'autre
dans la même fituation . Il n'y a eu que quelques
efcarmouches
DECEMBRE 1760. 193
efcarmouches entre les poftes avancés. La groffe
artillerie du Marquis de Caftries eft encore dans
cette Ville. Toutes les voitures de munitions font
chargées , & tout eſt à fe mettre en marche
au premier ordre.
prêc
L'expédition dont le Comte de Stainville avoit
été chargé , a eu tout le fuccès qu'on pouvoit defirer.
Ce Lieutenant Général s'eft porté par Nordhaufen
, Hartzzerode & Quedlinbourg , jufqu'à
Halberstadt , qu'il a mis à contribution . Il a attaqué
, le 18 de ce mois , près de Emfleben , cinq
cens hommes des Ennemis qui s'étoient retranchés
; il les a forcés , & a fait cent cinquante prifonniers.
Le Comte de Stainville eſt enfuite retourné
à l'armée avec les ôtages qu'il s'eft fait livrer
pour la fureté des contributions.
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Résumé : De WESSEL, le 16 Novembre.
Le 10 novembre, les troupes du Marquis de Castries ont atteint Drevenick après avoir traversé le Rhin. Le Prince Héréditaire de Brunswick a déployé ses forces en deux corps : un près de Gross-Keukum et l'autre à Dorften, sous le commandement du Général Spangenberg. Les deux camps sont restés en position, avec quelques escarmouches entre les postes avancés. L'artillerie lourde et les voitures de munitions du Marquis de Castries sont prêtes à avancer. En décembre 1760, le Comte de Stainville a mené une expédition réussie, traversant Nordhaufen, Harzzerode et Quedlinbourg pour atteindre Halberstadt, qu'il a mise à contribution. Le 18 décembre, près d'Emfleben, il a attaqué et vaincu cinq cents hommes ennemis, faisant cent cinquante prisonniers. Le Comte de Stainville est ensuite retourné à l'armée avec des otages pour garantir le paiement des contributions.
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94
p. 158-171
SUITE des Nouvelles Politiques du I. Vol. de Janvier 1762, & des Préliminaires de la Paix.
Début :
ART. 11. La France restituera tous les pays appartenans à l'Electorat d'Hanovte, au Landgrave [...]
Mots clefs :
Électorat, Artillerie, Ratification, Préliminaires, Amirauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles Politiques du I. Vol. de Janvier 1762, & des Préliminaires de la Paix.
SUITE des Nouvelles Politiques du
I. Vol. de Janvier 1762 , & des Préliminaires
de la Paix.
II. ART. 11. La France reftituera tous les pays appartenans
à l'Electorat d'Hanovte , au Landgrave
de Heffe ; au Duc de Brunſwick & au Comte de
la Lippe- Buckebourg , qui fe trouvent ou le trouveron't
occupés par les armes de Sa Majesté Très-
Chrétienne. Les Places de ces différens pays feront
rendues dans le même état où elles étoient quand.
la conquête en a été faite par les armes Françoifes,
& les pièces d'artillerie , qui auront eté tranfportées
ailleurs , feront remplacées par le même
nombre , de même calibre , poids & métal . Pour
ce qui eft des ôtages éxigés ou donnés pendant la
guerre jufqu'à ce jour , ils feront renvoyés fans
rançon.
Art.13. Après la ratification des préliminaires ,
la France évacuera , auffi-tôt que faire fe pourra ,
les Places de Cleves , Wefel & Gueldres , & géné
ralement tous les pays appartenans au Roi de
Pruffe , & au même tems les armées Françoife &
Britanniqué évacueront tous les pays qu'elles occupent
ou pourroient occuper pour lors en Weftphalie
, Baffe - Saxe , fur le Bas-Rhin , le Haut-
Rhin & dans tout l'Empire, & le retireront chacune
dans les Etats de leurs Souverains refpectifs ; &
Leurs Majeftés Très - Chrétienne & Britannique
s'engagent de plus & fe promettent de ne fournir
aucun fecours dans aucun genre à leurs Alliés ref
pectifs qui resteront engagés dans la guerre actuelle
en Allemagne.
JANVIER. 1763. 159
Art. 14. Les Villes d'Oftende & de Nieuport , fe
ront évacuées par les troupes de Sa Majeffé Très-
Chrétienne aufli - tôt après la fignature des préfens
préliminaires.
Art. 15. La décifion des priſes faites en tems de
paix par les Sujets de la Grande-Bretagne fur les
Efpagnols, fera remife aux Cours de Juftice de
l'Amirauté de la Grande-Bretagne , conformément
aux réglés établies parmi toutes les Nations,
de forte que la validité defdites pries entre les
Nations Elpagnole & Britannique fera décidée &
jugée felon le droit des gens & felon les Traités
dans les Cours de Juftice de la Nation qui aura
fait la capture.
Art. 16. Sa Majeſté Britanniqué fera démolir
toutes les fortifications que fes Sujets pourront
avoir érigées dans la Baye de Honduras & autres.
lieux du Territoire d'Efpagne dans cette partie du
monde quatre mois après la ratification du Traité
définitif, & Sa Majeftć Catholique ne permettra
point à l'avenir que les Sujets de Sa Majefté Britannique
, ou leurs Ouvriers , foient inquiétés ou
moleftés , fous aucun prétexte que ce foit , dans
leur occupation de couper , charger & tranfporter)
le bois de teinture ou de campêche ; & pour cet
effet ils pourront bâtir fans empêchement , & occuper
fans interruption les maifons & les magasins
qui feront néceffaires pour eux , pour leurs familles
& pour leurs effets ; & Sadite Majeſté Catholique
leur affare par cet Article l'entiére jouiffance
de ce qui eft ftipulé ci- deffus.
Art. 17. Sa Majefté Catholique fe défifté de
toute prétention qu'Elle peut avoir formée au
droit de pêcher aux environs de l'Ifle de Terre-
Neuve.
Art. 18. Le Roi de la Grande-Bretagne reftie
$ 160 MERCURE DE FRANCE.
tuera à l'Eſpagne tout ce qu'il a conquis dans l'Me
de Cuba , avec la Place de la Havane ; & cette
Place , auffi - bien que toutes les autres Places de
ladite Ifle , feront rendues dans le même état où
elles étoient quand elles ont été conquiſes par les
armes de Sa Majefté Britannique.
Art. 19. En conféquence de la reftitution ftipulée
dans l'Article précédent , Sa Majefté Catholique
céde & garantit en toute propriété à Sa Majeſté
Britannique tout ce que l'Espagne poffède fur le
Continent de l'Amérique Septentrionale à l'Eft ou
au Sud- Est , du fleuve Miffiffipi ; & Sa Majeſté
Britannique convient d'accorder aux habitans de
e pays ci- deffus cédé , la liberté de la Religion
Catholique ; en conféquence , elle donnera les
ordres les plus précis & les plus effectifs pour que
fes nouveaux Sujets Catholiques Romains puiffent
profeffer le culte de-leur Religion felon le Rit de
l'Eglife Romaine , en tant que le permettent les
loix de la Grande-Bretagne. Sa Majeſté Britannique
convient , en outre , que les habitans Elpagnols
, ou autres qui auroient été Sujets du Roi
Catholique dans ledit pays , pourront ſe retirer en
toute fureté & liberté où bon leur femblera , &
pourront vendre leurs biens , pourvu que ce foit
à des sujets de Sa Majefté Britannique , & tranfporter
leurs effets , ainfi que leurs perfonnes , fans
être gênés dans leur émigration , fous quelque
prétexte que cepuiffe être , hors celui de dettes ou
de procès criminels , le terme limité pour cette
émigration étant fixé à l'efpace de dix -huit mois à
compter du jour de la ratification du Traité définitif.
Il eft de plus ftipulé que Sa Majesté Catholique
aura la faculté de faire tranſporter tous les effets
qui peuvent luiappartenir , foit artillerie ou autres .
Art. 20. Le Roi de Portugal , Allié de Sa MaJANVIER.
1763. 161
jefté Britannique , eft fpécialement compris dans
les préfens Articles préliminaires , & Leurs Majeftes
Très-Chrétienne & Catholique s'engagent
de rétablir l'ancienne paix & amitié entr'Elles &
Sa Majefté Très - Fidèle , & elles promettent ,"
1º. Qu'il y aura une ceffation totale d'hoftilités
entre les Couronnes d'Espagne & de Portugal , &
entre les troupes Françoiles & Efpagnoles d'une
part , & les troupes Portugaifes & celles de leurs
Alliés de l'autre , immédiatement après la ratification
de ces préliminaires , & qu'il y aura une pareille
ceffation d'hoftilités entre les forces refpectives
des Rois Très-Chrétien & Catholique , d'une
part , & celle du Roi Très- Fidèle de l'autre , en
toutes les autres parties du monde , tant par terre
que par mer ; laquelle ceffation fera fixée fur les
mêmes époques , & fous les mêmes conditions ,
que celles entre la France , l'Espagne & la Grande-
Bretagne , & continuera juſqu'à la conclufion du
Traité définitif entre la France , la Grande- Bretagne
, l'Espagne & le Portugal. 2 °. Que toutes
les Places & Pays en Europe de Sa Majesté Très-
Fidèle , qui pourront avoir été con quis par les ar
mées Françoiſes & Efpagnoles , feront reftitués
dans le même état où ils étoient quand la conquête
en a été faite ; & qu'à l'égard des Colonies
Portugaifes , en Amérique ou ailleurs , s'il y étoit
arrivé quelque changement , toutes chofes feront
remiſes fur le même pied où elles étoient avant la
préfente guerre , & le Roi Très- Fidèle ſera invité
d'accéder aux préfens Articles préliminaires le
plutôt qu'il fera poffible .
Art. 21. Tous les Pays & Territoires qui pourroient
avoir été conquis dans quelque partie du
monde que ce foit , par les armes de Leurs Majeftés
Très-Chrétienne & Catholique , ainfi que
162 MERCURE DE FRANCE.
par celles de Leurs Majeftés Britannique & Très-
Fidéle , qui ne font pas compris dans les préfens
Articles , ni à titre de ceffions , ni à titre de reftitutions
, feront rendus fans difficulté & fans exiger
de compenfations.
LR
Art. XXII. Comme il eft néceffaire de défigner
une époque fixe pour les reftitutions & les éva
cuations à faire par chacune des Hautes Parties
contractantes ; il eft convenu que les troupes
Françoifes & Britanniques procéderont immé
diatement après la ratification des préliminaires
à l'évacuation des Pays qu'elles occupent dans
l'Empire ou ailleurs , conformément aux Afticles
XII & XIII . L'Ifle de Belle - Iſle ſera évacuée
fix femaines après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut. La Guadeloupe ,
la Défirade , Marie- Galande , la Martinique &
Sainte-Lucie , trois mois après la ratification du
Traité définitif , ou plutôt fi faire le peur. La
Grande-Bretagne entrera pareillement au bour
de trois mois après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut , en poffeffion de la
riviere & du Port de la Mobile , & de tout ce
qui doit former les limites du Territoire de la
Grande-Bretagne du côté du fleuve de Millipi ,
telles qu'elles font ſpécifiées dans l'Article VT.
L'Ife de Gorée fera évacuée par la Grande-Bretagne
trois mois après la ratification du Traité
définitif , & l'Ifle de Minorque par la France à la
même époque , ou plutôt fi faire fe peut ; & ,"
felon les conditions de l'Article IV , la France entrera
de même en poffeffion des ifles de Saint-
Pierre & de Miquelon au bout de trois mois. Les
Comptoirs aux Indes Orientales feront rendus
fix mois après la ratification du Traité définitif ,
ou pluôt , fi faire le peut. L'ifle de Cuba , avec la
JANVIER. 1763. 163
Place de la Havane , fera reftituée trois mois
après la ratification du Traité définitif , ou plurtôt
fifaire le peut. Et en même temps la Grande-
Bretagne entrera en poffeffion du pays cédé par
l'Espagne , felon l'article XIX. Toutes les Places
& Pays de Sa Majefté Très- Fidèle en Europe feront
reftitués immédiatement après la ratification
du Traité définitif ; & les Colonies Portugaifes
, qui pourront avoir été conquifes , feront
reftituées dans l'efpace de trois mois dans les
Indes Occidentales , & de fix mois dans les Indes
Orientales , après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut. En conféquence de
quoi les ordres néceffaires feront envoyés par
chacune des Hautes Parties contractantes avec
les paffeports réciproques pour les vaiffeaux qui les
porteront immédiatement après la ratification du
Traité définitif .
?
Art. XXIII. Tous les Traités de quelque nature
que ce foit , qui exiftoient avant la préfente
guèrre , tant entre leurs Majeftés Très-Chrétienne
& Britannique , qu'entre leurs Majeftés Catholique
& Britannique auffi bien qu'entre aucu
ne des Puiffances ci- deſſus nommées , & Sa Matrès-
Fidéle , feront , comme ils le font effective
ment , renouvellés & confirmés dans tous leurs
points auxquels il n'eft pas dérogé par les pré-
Tens Articles préliminaires , nonobftant tout ce
qui pourroit avoir été ftipulé au contraire par
aucune des Hautes parties contractantes &
toutes lefdites Parties déclarent qu'elles ne permettront
pas qu'il fubfifte aucun privilége , grace
ou indulgence contraires aux Traités ci -deffus
confirmés.
Art. XXIV . Les prifonniers faits refpectivement
par les armes de Leurs Majeftés Très- Chré164
MERCURE DE FRANCE.
tienne , Catholique, Britannique , & Très - Fidèle ,
par terre & par mer ,feront rendus après la ratification
du Traité définitif , réciproquement & de
bonne foi , fans rançon , en payant les dettes
qu'ils auront contractées durant leur captivité ,
& chaque Couronne foldera refpectivement les
avances qui auront été faites pour la ſubſiſtance
& l'entretien de fes prifonniers par le Souverain
du pays où ils auront été detenus , conformément
aux reçus & états conftatés , & autres titres
authentiques qui feront fournis de part & d'autre.
•
Art. XXV. Pour prévenir tous fujets de plaintes
& de conteftations qui pourroient naître à l'occafion
des Vaiffeaux marchandiſes ou autres
effets qui feroient pris par mer ; on eft convenu
réciproquement que les Vaiffeaux , marchandifes
& effets qui feroient pris dans la Manche & dans
les Mers du Nord , après l'efpace de douze jours ,
à compter depuis la ratification des préfens Articles
préliminaires , feront de part & d'autre reftitués
réciproquement ; que le terme fera de fix
femaines pour les prifes faites depuis la Manche ,
les Mers Britanniques & les Mers du Nord , jufqu'aux
ifles Canaries inclufivement , foit dans l'Océan
, foit dans la Méditerranée ; de trois mois >
depuis lefdites Illes Canaries jufqu'à la Ligne
Equinoxiale ou l'Equateur ; enfin de fix mois audelà
de ladite Ligne Equinoxiale ou l'Equateur ,
& dans tous les autres endroits du monde fans
aucune exception , ni autre diftinction plus particulière
de temps & de lieu.
Art. XXVI . Les ratifications des préfens Articles
préliminaires feront expédiées en bonne &
due forme, & échangées dans l'efpace d'un mois ,
ou plutôt fifaire fe peut , à compter du jour de
a fignature des préfens Articles.
JANVIER. 1763. 165
En foi de quoi , Nous fouffignés , Miniftres
Plénipotentiaires de Sa Majesté Très - Chrétienne ,"
Sa Majefté Catholique & de Sa Majesté Britanrien
vertu de nos pleins pouvoirs refpetifs
, avons figné les préfens Articles prélimina
res , & y avons fait appofer le cachet de nos
que ,
armes.
Fait à Fontainebleau , le troifiéme de Novembre
mil fept cent ſoixante- deux.
CHOISEUL , LE MARQUIS BEDFORD.
DUC DE DE GRIMALDI . C. P.,S.
PRASLIN . DECLARATION fignée à Fontainebleau le 3
Novembre 1762 .
Sa Majefté Très- Chrétienne déclare qu'en accordant
l'Article XIII des préliminaires fignés
cejourd'hui , Elle n'entend pas renoncer au droit
d'acquitter fes dettes envers fes Alliés , & qu'on
ne doit pas regarder comme une infraction audit
Article les remiſes qui pourroient être faites de fa
part dans l'objet d'acquitter les arrérages qui peu .
vent être dûs pour les fubfides des années précédentes.
En foi de quoi je fouffigné Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté Très- Chrétienne , ai figné
la préſente Déclaration , & y ai fait appoſer le
cachet de mes armes.
Fait à Fontainebleau le trois de Novembre mil
fept cent foixante - deux.
Signé , CHOISEUL , Duc de Praflin.
De DANTZICK , le 10 Novembre 1762.
Le Comte Soltikow eft arrivé dans cette Ville
le-31 du mois dernier , & il en eft reparti hier
1
166 MERCURE DE FRANCE .
a
pour le rendre en France , où il va réſider en
qualité d'Envoyé Extraordinaire de la Rufie. Il
eu pendant fon féjour ici plufieurs conférences
avec le Comte de Romanzow.
Malgré toutes les précautions que l'on a prifes
dans le Dannemarck , la contagion qui attaque
les bêtes à cornes a pénétré dans la Séelande & s'y
manifeftée avec violence.
Le Chambellan de Larrey eft parti le 6 de
Coppenhague , pour le rendre en Hollande , delà
à Paris , & enſuite à Madrid , où il va réſider
en qualité d'Envoye Extraordinaire de Dannemarck.
Du Quartier Général près de GLATZ , le 18
Novembre.
Le départ du Maréchal de Daun paroît arrêté
pour le 20. Pendant fon abſence , le Général
O-Danel commandera dans tout le Pays , & il
aura fon quartier Général à Neuſtadt , près de
Nachoden en Bohême , fur les Frontiers du Com.
té de Glatz . Le Baron de Podstatsky , Lieutenant
Général , commandera en Haute- Silèfie &
en Moravie
De HAMBOURG , le 19 Novembre.
>
Le Marquis d'Havrincourt , ci-devant Ambaffadeur
de Sa Majesté Très - Chrétienne
étant arrivé dans cette Ville , le Sénat lui a
envoyé , le 13 au matin , une députation compofée
d'un Syndic & d'un Sénateur , pour le
complimenter & lui offrir le préfent auquel on
a donné le nom de vins de ville.
De DRESDE , le 22 Novembre.
On a beaucoup exagéré la perteque les Impé
JAN VIER. 1763. 167
riaux ont faite dans la derniere affairede Freyberg:
elle fe monte en tout à trois mille hommes & à
environ vingt- quatre piéces de canon . On croir
qu'il n'y a eu d'étendards & de drapeaux perdus
que ceux des régimens Hongrois de Giulai & d'Efterhafi
, qui font prefqu'entiérement détruits . Les
troupes de l'Empire le font très - bien conduites
dans cette affaire : on doit aux deux régimens
de Zollern & de Bareith le falut du Corps des
Grenadiers . Ce Corps auroit été taillé en piéces
par la Cavalerie Pruffienne , qui le chargeoit par
derriere , fi elle n'avoit et arrêtée & battue par
les deux Régimens Impériaux.
Le Corps Pruffien , qui étoit déja venu reconnoître
le Landsberg , s'en eft approché de nou
veau le 7. L'Officier qui commandoit dans les
retranchemens établis fur cette montagne , avoit
ordre de ne pas rifquer un engagement ; mais
il a différé trop long-temps de faire fa retraite ;
les Pruffiens l'ont enveloppé & fes troupes ont
été difperfées dans la forêt de Tharand , où il
avoit été obligé de fe jetter. Il a perdu environ
quatre cens hommes & quatre piéces de canon .
Les Pruffiens ont fait diverfes incurfions en Bohème
quelques uns de leurs détachemens ont pouf
fé même jufqu'à trois lieues de Prague , dont on
affure que les portes ont été fermées pendant
vingt- quatre heures ..
On fait monter à quinze ou feize mille hommes
le fecours que le Prince Henri a reçu de Siléfie.
L'Armée de l'Empire a cu auſſi un renfort
confidérable.
Le Général Loudon , qui étoit dangereuſement ,
malade à Giersdhorf , commence à fe rétablir.
Suivant les nouvelles de Siléfie , tour y eft fort
tranquille.
168 MERCURE DE FRANCE.
1
On eſpére qu'il y aura entre les deux Armées
ennemies en Saxe une tréve , comme il y en a
une entre les Armées de Siléfie.
Le Roi de Pruffe eft encore à Meiffen , & fair
abattre tous les arbres fruitiers des environs . Le
17 les Pruſſiens ont repris poſte à Fravenſtein . Le
Prince Henri eft allé prendre les quartiers d'hyver
à Chemnitz. Le Général Hulfen aura les fiens à
Freyberg.
De RATISBONNE , le 15 Novembre.
Le 10 de ce mois , le Miniftre Directorial de
Mayence a fait porter à la Dictature publique un
Decret Impérial Aulique , par lequel Sa Majeſté
Impériale notifie à l'Empire le choix qu'elle a
fait du Prince Chriftian- Charles de Stolberg ,
pour commander l'Armée d'exécution de l'Empire.
De STUTTGARD , le 18 Novembre.
La nuit du 13 au 14 de ce mois le feu a pris à
l'aîle droite du Château neuf du Duc de Wirtemberg.
Ce bâtiment venoit d'être achevé : il n'y
manquoit que quelques meubles , & le Prince
étoit à la veille de l'occuper . Tout a été confumé
par les flammes , & il n'eft refté que les murs.
C'eft une perte qu'on évalue à deux cens mille
florins.
De MADRID , le 16 Novembre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé extraordinaire
de Sa Majefté Danoife , eut le 4 une audience
du Roi , dans laquelle il préfenta fes Lettres de
récréance , & prit congé de Sa Majesté pour aller
réfider à la Cour de France en qualité de Miniſtre
Plénipotentiaire du Roi fon Souverain.
Le
JANVIER. 1763. 169
Le 13 le Roi donna une audience particuliere
au fieur Doublet , qui doit réfider en cette Cour
avec le caractere d'Envoyé extraordinaire des
Etats Généraux des Provinces-Unies. Ce Miniſtre
préſenta fes Lettres de créance à Sa Majesté.
De ROME , le 12 Novembre.
Le Cardinal Merlini eft mort la nuit derniere
d'une goute remontée. Il vaque par - là un cinquiéme
Chapeau dans le facré Collège , en comptant
celui qui eſt réſervé à la nomination du Roi
de Portugal.
L'Abbé de Verf , Auditeur de Rote pour la
France , eft arrivé ici hier au foir , & ce matin il
a eu l'honneur d'être préſenté au Souverain Pontife
, au Cardinal Rezzonico & au Cardinal Secrétaire
d'Etat , par le Chevalier de la Houze ,
chargé des affaires du Roi auprès du Saint Siége.
圈
De GENES, le 29 Novembre.
Le petit Confeil ayant réduit , le 24 ,
le nombre
des quinze Candidats à celui de fix , le Grand-
Confeil élut , le jour fuivant , pour nouveau Doge
le fieur Rudolphe Brignolé , oncle de la Princeffe
de Monaco ; il a reçu à cette occafion les
complimens des Miniftres Etrangers & de la Nobleffe.
Un piquet , compofé de trente Grenadiers &
foixante Soldats des troupes de la République, fut
commandé , le 3 de ce mois
, pour attaquer la
Tour de Sainte Marie della Chiapella dans l'Ifle
de Corfe. Les Rebelles firent d'abord la plus vigoureuſe
réfiftance ; mais la Tour fut bientôt
emportée de vive force par les Grenadiers & la
Garniſon fut conduite à la Baſtie.
II. Vol H
170 MERCURE DE FRANCE .
Le même détachement a pris enfuite & brulé
un magaſin confidérable que les Rebelles avoient
à Tomino , & qui étoit rempli de fafcines.
Le Gouvernement a fait partir le 20 pour la
Baftie douze mille hommes , qui ont été repartis
fur différens Bâtimens.
&
On écrit de Lixourne que les Génois le font
emparés des Pays de Zifco , de Mira & de Luri ,
que les Rebelles avoient abandonné Tomino .
Suivant d'autres lettres du même endroit , du
26 de ce mois , on a appris par un Navire nouvellement
arrivé de la Baftie , qu'il y avoit eu
un combat très-vif entre un Détachement des
Troupes de la République & les Rebelles près de
Rogliani au Cap Corfe; que les Génois , après
avoir eu d'abord quelques défavantages , avoient
chargé l'Ennemi fi vigoureufement , qu'ils l'avoient
mis en fuite , & s'étoient emparés de Rogliani.
De TURIN , le Décembre.
Le Bailli de Breteuil , Ambaſſadeur de Malte
à Rome , eft arrivé avanthier en cette Ville ; il
a eu aujourd'hui fes audiences du Roi & de la
Famille Royale , & il compte partir inceffamment
pour fe rendre au lieu de fa réfidence.
De LONDRES , le 31 Novembre.
le 24
Le Duc de Nivernois ayant été admis ,
de ce mois , à l'Audience du Roi en qualité d'Ambaffadeur
Extraordinaire de France , adreſſa à Sa
Majefté le Difcours - ſuivant :
1
» SIRE ,
» Une réconciliation cordiale entre deux puif
fans Monarques qui font faits pour s'aimer ;
JANVIER. 1763. 171
» une union de ſyſtême durable entre deux gran .
>> des Cours que leurs intérêts bien entendus rap-
» prochent l'une de l'autre une liaifon fincére &
» folide entre deux refpectables Nations que de
« malheureux préjugés ont trop louvent diviſées,
» voilà , SIRE , l'époque brillante des premiers
» momens du régné de Votre Majesté ; & cette
» époque fera en même temps celle du bonheur
» rétabli dans les quatre Parties du Monde C'eft
» à la félicité univerfelle que le nom , la gloire
>> & les vertus de Votre Majeſté feront unis pour
» jamais dans les Faftes de l'Hiftoire , & la Pol-
» térité
Y lira avec un fentiment de refpect ce
» Traité qui entre tous les Traités portera pour
» caractère diſtinctif celui d'une bonne foi non
» équivoque & d'une folidité inébranlable . Qu'il
» me foit permis de me féliciter à vos pieds
» SIRE , du bonheur d'avoir été choiſi par le Roi
» mon Maître , pour fervir entre Votre Majeſté
» & Lui d'organe aux nobles fentimens de deux
» coeurs fidignes l'un de l'autre , & pour travail-
» ler à cet Ouvrage facré qui affure la gloire
de Votre Majeſté en faiſant le bonheur de l'hu-
« manité entiere.
ל כ
·
Le Comte d'Egremont a donné avis au Lord
Maire d'un Courier qui a apporté de Paris le 26
l'échange des ratifications des Articles préliminaires
de la Paix . Cette nouvelle a été annoncée au
Public par le canon du Parc & de la Tour.
On parle beaucoup du mariage de la Princeffe
Augufte , Soeur du Roi , avec le Prince Héréditaire
de Brunſwick , on affure que ce Prince
qui commence à ſe rétablir , ſe rendra ici avec
le Prince Ferdinand dans le mois de Janvier ou
de Février prochain.
I. Vol. de Janvier 1762 , & des Préliminaires
de la Paix.
II. ART. 11. La France reftituera tous les pays appartenans
à l'Electorat d'Hanovte , au Landgrave
de Heffe ; au Duc de Brunſwick & au Comte de
la Lippe- Buckebourg , qui fe trouvent ou le trouveron't
occupés par les armes de Sa Majesté Très-
Chrétienne. Les Places de ces différens pays feront
rendues dans le même état où elles étoient quand.
la conquête en a été faite par les armes Françoifes,
& les pièces d'artillerie , qui auront eté tranfportées
ailleurs , feront remplacées par le même
nombre , de même calibre , poids & métal . Pour
ce qui eft des ôtages éxigés ou donnés pendant la
guerre jufqu'à ce jour , ils feront renvoyés fans
rançon.
Art.13. Après la ratification des préliminaires ,
la France évacuera , auffi-tôt que faire fe pourra ,
les Places de Cleves , Wefel & Gueldres , & géné
ralement tous les pays appartenans au Roi de
Pruffe , & au même tems les armées Françoife &
Britanniqué évacueront tous les pays qu'elles occupent
ou pourroient occuper pour lors en Weftphalie
, Baffe - Saxe , fur le Bas-Rhin , le Haut-
Rhin & dans tout l'Empire, & le retireront chacune
dans les Etats de leurs Souverains refpectifs ; &
Leurs Majeftés Très - Chrétienne & Britannique
s'engagent de plus & fe promettent de ne fournir
aucun fecours dans aucun genre à leurs Alliés ref
pectifs qui resteront engagés dans la guerre actuelle
en Allemagne.
JANVIER. 1763. 159
Art. 14. Les Villes d'Oftende & de Nieuport , fe
ront évacuées par les troupes de Sa Majeffé Très-
Chrétienne aufli - tôt après la fignature des préfens
préliminaires.
Art. 15. La décifion des priſes faites en tems de
paix par les Sujets de la Grande-Bretagne fur les
Efpagnols, fera remife aux Cours de Juftice de
l'Amirauté de la Grande-Bretagne , conformément
aux réglés établies parmi toutes les Nations,
de forte que la validité defdites pries entre les
Nations Elpagnole & Britannique fera décidée &
jugée felon le droit des gens & felon les Traités
dans les Cours de Juftice de la Nation qui aura
fait la capture.
Art. 16. Sa Majeſté Britanniqué fera démolir
toutes les fortifications que fes Sujets pourront
avoir érigées dans la Baye de Honduras & autres.
lieux du Territoire d'Efpagne dans cette partie du
monde quatre mois après la ratification du Traité
définitif, & Sa Majeftć Catholique ne permettra
point à l'avenir que les Sujets de Sa Majefté Britannique
, ou leurs Ouvriers , foient inquiétés ou
moleftés , fous aucun prétexte que ce foit , dans
leur occupation de couper , charger & tranfporter)
le bois de teinture ou de campêche ; & pour cet
effet ils pourront bâtir fans empêchement , & occuper
fans interruption les maifons & les magasins
qui feront néceffaires pour eux , pour leurs familles
& pour leurs effets ; & Sadite Majeſté Catholique
leur affare par cet Article l'entiére jouiffance
de ce qui eft ftipulé ci- deffus.
Art. 17. Sa Majefté Catholique fe défifté de
toute prétention qu'Elle peut avoir formée au
droit de pêcher aux environs de l'Ifle de Terre-
Neuve.
Art. 18. Le Roi de la Grande-Bretagne reftie
$ 160 MERCURE DE FRANCE.
tuera à l'Eſpagne tout ce qu'il a conquis dans l'Me
de Cuba , avec la Place de la Havane ; & cette
Place , auffi - bien que toutes les autres Places de
ladite Ifle , feront rendues dans le même état où
elles étoient quand elles ont été conquiſes par les
armes de Sa Majefté Britannique.
Art. 19. En conféquence de la reftitution ftipulée
dans l'Article précédent , Sa Majefté Catholique
céde & garantit en toute propriété à Sa Majeſté
Britannique tout ce que l'Espagne poffède fur le
Continent de l'Amérique Septentrionale à l'Eft ou
au Sud- Est , du fleuve Miffiffipi ; & Sa Majeſté
Britannique convient d'accorder aux habitans de
e pays ci- deffus cédé , la liberté de la Religion
Catholique ; en conféquence , elle donnera les
ordres les plus précis & les plus effectifs pour que
fes nouveaux Sujets Catholiques Romains puiffent
profeffer le culte de-leur Religion felon le Rit de
l'Eglife Romaine , en tant que le permettent les
loix de la Grande-Bretagne. Sa Majeſté Britannique
convient , en outre , que les habitans Elpagnols
, ou autres qui auroient été Sujets du Roi
Catholique dans ledit pays , pourront ſe retirer en
toute fureté & liberté où bon leur femblera , &
pourront vendre leurs biens , pourvu que ce foit
à des sujets de Sa Majefté Britannique , & tranfporter
leurs effets , ainfi que leurs perfonnes , fans
être gênés dans leur émigration , fous quelque
prétexte que cepuiffe être , hors celui de dettes ou
de procès criminels , le terme limité pour cette
émigration étant fixé à l'efpace de dix -huit mois à
compter du jour de la ratification du Traité définitif.
Il eft de plus ftipulé que Sa Majesté Catholique
aura la faculté de faire tranſporter tous les effets
qui peuvent luiappartenir , foit artillerie ou autres .
Art. 20. Le Roi de Portugal , Allié de Sa MaJANVIER.
1763. 161
jefté Britannique , eft fpécialement compris dans
les préfens Articles préliminaires , & Leurs Majeftes
Très-Chrétienne & Catholique s'engagent
de rétablir l'ancienne paix & amitié entr'Elles &
Sa Majefté Très - Fidèle , & elles promettent ,"
1º. Qu'il y aura une ceffation totale d'hoftilités
entre les Couronnes d'Espagne & de Portugal , &
entre les troupes Françoiles & Efpagnoles d'une
part , & les troupes Portugaifes & celles de leurs
Alliés de l'autre , immédiatement après la ratification
de ces préliminaires , & qu'il y aura une pareille
ceffation d'hoftilités entre les forces refpectives
des Rois Très-Chrétien & Catholique , d'une
part , & celle du Roi Très- Fidèle de l'autre , en
toutes les autres parties du monde , tant par terre
que par mer ; laquelle ceffation fera fixée fur les
mêmes époques , & fous les mêmes conditions ,
que celles entre la France , l'Espagne & la Grande-
Bretagne , & continuera juſqu'à la conclufion du
Traité définitif entre la France , la Grande- Bretagne
, l'Espagne & le Portugal. 2 °. Que toutes
les Places & Pays en Europe de Sa Majesté Très-
Fidèle , qui pourront avoir été con quis par les ar
mées Françoiſes & Efpagnoles , feront reftitués
dans le même état où ils étoient quand la conquête
en a été faite ; & qu'à l'égard des Colonies
Portugaifes , en Amérique ou ailleurs , s'il y étoit
arrivé quelque changement , toutes chofes feront
remiſes fur le même pied où elles étoient avant la
préfente guerre , & le Roi Très- Fidèle ſera invité
d'accéder aux préfens Articles préliminaires le
plutôt qu'il fera poffible .
Art. 21. Tous les Pays & Territoires qui pourroient
avoir été conquis dans quelque partie du
monde que ce foit , par les armes de Leurs Majeftés
Très-Chrétienne & Catholique , ainfi que
162 MERCURE DE FRANCE.
par celles de Leurs Majeftés Britannique & Très-
Fidéle , qui ne font pas compris dans les préfens
Articles , ni à titre de ceffions , ni à titre de reftitutions
, feront rendus fans difficulté & fans exiger
de compenfations.
LR
Art. XXII. Comme il eft néceffaire de défigner
une époque fixe pour les reftitutions & les éva
cuations à faire par chacune des Hautes Parties
contractantes ; il eft convenu que les troupes
Françoifes & Britanniques procéderont immé
diatement après la ratification des préliminaires
à l'évacuation des Pays qu'elles occupent dans
l'Empire ou ailleurs , conformément aux Afticles
XII & XIII . L'Ifle de Belle - Iſle ſera évacuée
fix femaines après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut. La Guadeloupe ,
la Défirade , Marie- Galande , la Martinique &
Sainte-Lucie , trois mois après la ratification du
Traité définitif , ou plutôt fi faire le peur. La
Grande-Bretagne entrera pareillement au bour
de trois mois après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut , en poffeffion de la
riviere & du Port de la Mobile , & de tout ce
qui doit former les limites du Territoire de la
Grande-Bretagne du côté du fleuve de Millipi ,
telles qu'elles font ſpécifiées dans l'Article VT.
L'Ife de Gorée fera évacuée par la Grande-Bretagne
trois mois après la ratification du Traité
définitif , & l'Ifle de Minorque par la France à la
même époque , ou plutôt fi faire fe peut ; & ,"
felon les conditions de l'Article IV , la France entrera
de même en poffeffion des ifles de Saint-
Pierre & de Miquelon au bout de trois mois. Les
Comptoirs aux Indes Orientales feront rendus
fix mois après la ratification du Traité définitif ,
ou pluôt , fi faire le peut. L'ifle de Cuba , avec la
JANVIER. 1763. 163
Place de la Havane , fera reftituée trois mois
après la ratification du Traité définitif , ou plurtôt
fifaire le peut. Et en même temps la Grande-
Bretagne entrera en poffeffion du pays cédé par
l'Espagne , felon l'article XIX. Toutes les Places
& Pays de Sa Majefté Très- Fidèle en Europe feront
reftitués immédiatement après la ratification
du Traité définitif ; & les Colonies Portugaifes
, qui pourront avoir été conquifes , feront
reftituées dans l'efpace de trois mois dans les
Indes Occidentales , & de fix mois dans les Indes
Orientales , après la ratification du Traité définitif
, ou plutôt fi faire fe peut. En conféquence de
quoi les ordres néceffaires feront envoyés par
chacune des Hautes Parties contractantes avec
les paffeports réciproques pour les vaiffeaux qui les
porteront immédiatement après la ratification du
Traité définitif .
?
Art. XXIII. Tous les Traités de quelque nature
que ce foit , qui exiftoient avant la préfente
guèrre , tant entre leurs Majeftés Très-Chrétienne
& Britannique , qu'entre leurs Majeftés Catholique
& Britannique auffi bien qu'entre aucu
ne des Puiffances ci- deſſus nommées , & Sa Matrès-
Fidéle , feront , comme ils le font effective
ment , renouvellés & confirmés dans tous leurs
points auxquels il n'eft pas dérogé par les pré-
Tens Articles préliminaires , nonobftant tout ce
qui pourroit avoir été ftipulé au contraire par
aucune des Hautes parties contractantes &
toutes lefdites Parties déclarent qu'elles ne permettront
pas qu'il fubfifte aucun privilége , grace
ou indulgence contraires aux Traités ci -deffus
confirmés.
Art. XXIV . Les prifonniers faits refpectivement
par les armes de Leurs Majeftés Très- Chré164
MERCURE DE FRANCE.
tienne , Catholique, Britannique , & Très - Fidèle ,
par terre & par mer ,feront rendus après la ratification
du Traité définitif , réciproquement & de
bonne foi , fans rançon , en payant les dettes
qu'ils auront contractées durant leur captivité ,
& chaque Couronne foldera refpectivement les
avances qui auront été faites pour la ſubſiſtance
& l'entretien de fes prifonniers par le Souverain
du pays où ils auront été detenus , conformément
aux reçus & états conftatés , & autres titres
authentiques qui feront fournis de part & d'autre.
•
Art. XXV. Pour prévenir tous fujets de plaintes
& de conteftations qui pourroient naître à l'occafion
des Vaiffeaux marchandiſes ou autres
effets qui feroient pris par mer ; on eft convenu
réciproquement que les Vaiffeaux , marchandifes
& effets qui feroient pris dans la Manche & dans
les Mers du Nord , après l'efpace de douze jours ,
à compter depuis la ratification des préfens Articles
préliminaires , feront de part & d'autre reftitués
réciproquement ; que le terme fera de fix
femaines pour les prifes faites depuis la Manche ,
les Mers Britanniques & les Mers du Nord , jufqu'aux
ifles Canaries inclufivement , foit dans l'Océan
, foit dans la Méditerranée ; de trois mois >
depuis lefdites Illes Canaries jufqu'à la Ligne
Equinoxiale ou l'Equateur ; enfin de fix mois audelà
de ladite Ligne Equinoxiale ou l'Equateur ,
& dans tous les autres endroits du monde fans
aucune exception , ni autre diftinction plus particulière
de temps & de lieu.
Art. XXVI . Les ratifications des préfens Articles
préliminaires feront expédiées en bonne &
due forme, & échangées dans l'efpace d'un mois ,
ou plutôt fifaire fe peut , à compter du jour de
a fignature des préfens Articles.
JANVIER. 1763. 165
En foi de quoi , Nous fouffignés , Miniftres
Plénipotentiaires de Sa Majesté Très - Chrétienne ,"
Sa Majefté Catholique & de Sa Majesté Britanrien
vertu de nos pleins pouvoirs refpetifs
, avons figné les préfens Articles prélimina
res , & y avons fait appofer le cachet de nos
que ,
armes.
Fait à Fontainebleau , le troifiéme de Novembre
mil fept cent ſoixante- deux.
CHOISEUL , LE MARQUIS BEDFORD.
DUC DE DE GRIMALDI . C. P.,S.
PRASLIN . DECLARATION fignée à Fontainebleau le 3
Novembre 1762 .
Sa Majefté Très- Chrétienne déclare qu'en accordant
l'Article XIII des préliminaires fignés
cejourd'hui , Elle n'entend pas renoncer au droit
d'acquitter fes dettes envers fes Alliés , & qu'on
ne doit pas regarder comme une infraction audit
Article les remiſes qui pourroient être faites de fa
part dans l'objet d'acquitter les arrérages qui peu .
vent être dûs pour les fubfides des années précédentes.
En foi de quoi je fouffigné Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté Très- Chrétienne , ai figné
la préſente Déclaration , & y ai fait appoſer le
cachet de mes armes.
Fait à Fontainebleau le trois de Novembre mil
fept cent foixante - deux.
Signé , CHOISEUL , Duc de Praflin.
De DANTZICK , le 10 Novembre 1762.
Le Comte Soltikow eft arrivé dans cette Ville
le-31 du mois dernier , & il en eft reparti hier
1
166 MERCURE DE FRANCE .
a
pour le rendre en France , où il va réſider en
qualité d'Envoyé Extraordinaire de la Rufie. Il
eu pendant fon féjour ici plufieurs conférences
avec le Comte de Romanzow.
Malgré toutes les précautions que l'on a prifes
dans le Dannemarck , la contagion qui attaque
les bêtes à cornes a pénétré dans la Séelande & s'y
manifeftée avec violence.
Le Chambellan de Larrey eft parti le 6 de
Coppenhague , pour le rendre en Hollande , delà
à Paris , & enſuite à Madrid , où il va réſider
en qualité d'Envoye Extraordinaire de Dannemarck.
Du Quartier Général près de GLATZ , le 18
Novembre.
Le départ du Maréchal de Daun paroît arrêté
pour le 20. Pendant fon abſence , le Général
O-Danel commandera dans tout le Pays , & il
aura fon quartier Général à Neuſtadt , près de
Nachoden en Bohême , fur les Frontiers du Com.
té de Glatz . Le Baron de Podstatsky , Lieutenant
Général , commandera en Haute- Silèfie &
en Moravie
De HAMBOURG , le 19 Novembre.
>
Le Marquis d'Havrincourt , ci-devant Ambaffadeur
de Sa Majesté Très - Chrétienne
étant arrivé dans cette Ville , le Sénat lui a
envoyé , le 13 au matin , une députation compofée
d'un Syndic & d'un Sénateur , pour le
complimenter & lui offrir le préfent auquel on
a donné le nom de vins de ville.
De DRESDE , le 22 Novembre.
On a beaucoup exagéré la perteque les Impé
JAN VIER. 1763. 167
riaux ont faite dans la derniere affairede Freyberg:
elle fe monte en tout à trois mille hommes & à
environ vingt- quatre piéces de canon . On croir
qu'il n'y a eu d'étendards & de drapeaux perdus
que ceux des régimens Hongrois de Giulai & d'Efterhafi
, qui font prefqu'entiérement détruits . Les
troupes de l'Empire le font très - bien conduites
dans cette affaire : on doit aux deux régimens
de Zollern & de Bareith le falut du Corps des
Grenadiers . Ce Corps auroit été taillé en piéces
par la Cavalerie Pruffienne , qui le chargeoit par
derriere , fi elle n'avoit et arrêtée & battue par
les deux Régimens Impériaux.
Le Corps Pruffien , qui étoit déja venu reconnoître
le Landsberg , s'en eft approché de nou
veau le 7. L'Officier qui commandoit dans les
retranchemens établis fur cette montagne , avoit
ordre de ne pas rifquer un engagement ; mais
il a différé trop long-temps de faire fa retraite ;
les Pruffiens l'ont enveloppé & fes troupes ont
été difperfées dans la forêt de Tharand , où il
avoit été obligé de fe jetter. Il a perdu environ
quatre cens hommes & quatre piéces de canon .
Les Pruffiens ont fait diverfes incurfions en Bohème
quelques uns de leurs détachemens ont pouf
fé même jufqu'à trois lieues de Prague , dont on
affure que les portes ont été fermées pendant
vingt- quatre heures ..
On fait monter à quinze ou feize mille hommes
le fecours que le Prince Henri a reçu de Siléfie.
L'Armée de l'Empire a cu auſſi un renfort
confidérable.
Le Général Loudon , qui étoit dangereuſement ,
malade à Giersdhorf , commence à fe rétablir.
Suivant les nouvelles de Siléfie , tour y eft fort
tranquille.
168 MERCURE DE FRANCE.
1
On eſpére qu'il y aura entre les deux Armées
ennemies en Saxe une tréve , comme il y en a
une entre les Armées de Siléfie.
Le Roi de Pruffe eft encore à Meiffen , & fair
abattre tous les arbres fruitiers des environs . Le
17 les Pruſſiens ont repris poſte à Fravenſtein . Le
Prince Henri eft allé prendre les quartiers d'hyver
à Chemnitz. Le Général Hulfen aura les fiens à
Freyberg.
De RATISBONNE , le 15 Novembre.
Le 10 de ce mois , le Miniftre Directorial de
Mayence a fait porter à la Dictature publique un
Decret Impérial Aulique , par lequel Sa Majeſté
Impériale notifie à l'Empire le choix qu'elle a
fait du Prince Chriftian- Charles de Stolberg ,
pour commander l'Armée d'exécution de l'Empire.
De STUTTGARD , le 18 Novembre.
La nuit du 13 au 14 de ce mois le feu a pris à
l'aîle droite du Château neuf du Duc de Wirtemberg.
Ce bâtiment venoit d'être achevé : il n'y
manquoit que quelques meubles , & le Prince
étoit à la veille de l'occuper . Tout a été confumé
par les flammes , & il n'eft refté que les murs.
C'eft une perte qu'on évalue à deux cens mille
florins.
De MADRID , le 16 Novembre.
Le Baron de Gleichen , Envoyé extraordinaire
de Sa Majefté Danoife , eut le 4 une audience
du Roi , dans laquelle il préfenta fes Lettres de
récréance , & prit congé de Sa Majesté pour aller
réfider à la Cour de France en qualité de Miniſtre
Plénipotentiaire du Roi fon Souverain.
Le
JANVIER. 1763. 169
Le 13 le Roi donna une audience particuliere
au fieur Doublet , qui doit réfider en cette Cour
avec le caractere d'Envoyé extraordinaire des
Etats Généraux des Provinces-Unies. Ce Miniſtre
préſenta fes Lettres de créance à Sa Majesté.
De ROME , le 12 Novembre.
Le Cardinal Merlini eft mort la nuit derniere
d'une goute remontée. Il vaque par - là un cinquiéme
Chapeau dans le facré Collège , en comptant
celui qui eſt réſervé à la nomination du Roi
de Portugal.
L'Abbé de Verf , Auditeur de Rote pour la
France , eft arrivé ici hier au foir , & ce matin il
a eu l'honneur d'être préſenté au Souverain Pontife
, au Cardinal Rezzonico & au Cardinal Secrétaire
d'Etat , par le Chevalier de la Houze ,
chargé des affaires du Roi auprès du Saint Siége.
圈
De GENES, le 29 Novembre.
Le petit Confeil ayant réduit , le 24 ,
le nombre
des quinze Candidats à celui de fix , le Grand-
Confeil élut , le jour fuivant , pour nouveau Doge
le fieur Rudolphe Brignolé , oncle de la Princeffe
de Monaco ; il a reçu à cette occafion les
complimens des Miniftres Etrangers & de la Nobleffe.
Un piquet , compofé de trente Grenadiers &
foixante Soldats des troupes de la République, fut
commandé , le 3 de ce mois
, pour attaquer la
Tour de Sainte Marie della Chiapella dans l'Ifle
de Corfe. Les Rebelles firent d'abord la plus vigoureuſe
réfiftance ; mais la Tour fut bientôt
emportée de vive force par les Grenadiers & la
Garniſon fut conduite à la Baſtie.
II. Vol H
170 MERCURE DE FRANCE .
Le même détachement a pris enfuite & brulé
un magaſin confidérable que les Rebelles avoient
à Tomino , & qui étoit rempli de fafcines.
Le Gouvernement a fait partir le 20 pour la
Baftie douze mille hommes , qui ont été repartis
fur différens Bâtimens.
&
On écrit de Lixourne que les Génois le font
emparés des Pays de Zifco , de Mira & de Luri ,
que les Rebelles avoient abandonné Tomino .
Suivant d'autres lettres du même endroit , du
26 de ce mois , on a appris par un Navire nouvellement
arrivé de la Baftie , qu'il y avoit eu
un combat très-vif entre un Détachement des
Troupes de la République & les Rebelles près de
Rogliani au Cap Corfe; que les Génois , après
avoir eu d'abord quelques défavantages , avoient
chargé l'Ennemi fi vigoureufement , qu'ils l'avoient
mis en fuite , & s'étoient emparés de Rogliani.
De TURIN , le Décembre.
Le Bailli de Breteuil , Ambaſſadeur de Malte
à Rome , eft arrivé avanthier en cette Ville ; il
a eu aujourd'hui fes audiences du Roi & de la
Famille Royale , & il compte partir inceffamment
pour fe rendre au lieu de fa réfidence.
De LONDRES , le 31 Novembre.
le 24
Le Duc de Nivernois ayant été admis ,
de ce mois , à l'Audience du Roi en qualité d'Ambaffadeur
Extraordinaire de France , adreſſa à Sa
Majefté le Difcours - ſuivant :
1
» SIRE ,
» Une réconciliation cordiale entre deux puif
fans Monarques qui font faits pour s'aimer ;
JANVIER. 1763. 171
» une union de ſyſtême durable entre deux gran .
>> des Cours que leurs intérêts bien entendus rap-
» prochent l'une de l'autre une liaifon fincére &
» folide entre deux refpectables Nations que de
« malheureux préjugés ont trop louvent diviſées,
» voilà , SIRE , l'époque brillante des premiers
» momens du régné de Votre Majesté ; & cette
» époque fera en même temps celle du bonheur
» rétabli dans les quatre Parties du Monde C'eft
» à la félicité univerfelle que le nom , la gloire
>> & les vertus de Votre Majeſté feront unis pour
» jamais dans les Faftes de l'Hiftoire , & la Pol-
» térité
Y lira avec un fentiment de refpect ce
» Traité qui entre tous les Traités portera pour
» caractère diſtinctif celui d'une bonne foi non
» équivoque & d'une folidité inébranlable . Qu'il
» me foit permis de me féliciter à vos pieds
» SIRE , du bonheur d'avoir été choiſi par le Roi
» mon Maître , pour fervir entre Votre Majeſté
» & Lui d'organe aux nobles fentimens de deux
» coeurs fidignes l'un de l'autre , & pour travail-
» ler à cet Ouvrage facré qui affure la gloire
de Votre Majeſté en faiſant le bonheur de l'hu-
« manité entiere.
ל כ
·
Le Comte d'Egremont a donné avis au Lord
Maire d'un Courier qui a apporté de Paris le 26
l'échange des ratifications des Articles préliminaires
de la Paix . Cette nouvelle a été annoncée au
Public par le canon du Parc & de la Tour.
On parle beaucoup du mariage de la Princeffe
Augufte , Soeur du Roi , avec le Prince Héréditaire
de Brunſwick , on affure que ce Prince
qui commence à ſe rétablir , ſe rendra ici avec
le Prince Ferdinand dans le mois de Janvier ou
de Février prochain.
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Résumé : SUITE des Nouvelles Politiques du I. Vol. de Janvier 1762, & des Préliminaires de la Paix.
En janvier 1762, les préliminaires de paix incluent plusieurs articles clés. La France doit restituer les pays occupés appartenant à l'Électorat d'Hanovre, au Landgrave de Hesse, au Duc de Brunswick et au Comte de la Lippe-Bückeburg, ainsi que les places fortes dans leur état d'avant la conquête. Les otages seront renvoyés sans rançon. Après ratification, la France évacuera les places de Clèves, Wesel et Gueldre, ainsi que d'autres territoires occupés en Westphalie, Basse-Saxe et sur le Rhin. Les troupes françaises et britanniques se retireront dans leurs États respectifs, et les souverains s'engageront à ne pas fournir de secours à leurs alliés encore en guerre. Les villes d'Ostende et de Nieuport seront évacuées par les troupes françaises. Les prises faites en temps de paix par les sujets britanniques sur les Espagnols seront jugées par les cours de justice de l'Amirauté britannique. La Grande-Bretagne démolira les fortifications érigées dans la baie de Honduras et garantira la liberté de religion aux habitants des territoires cédés. L'Espagne restituera Cuba et la Havane, et cèdera à la Grande-Bretagne les territoires au sud-est du Mississippi. Les Portugais seront inclus dans les préliminaires, et les hostilités cesseront entre les couronnes d'Espagne et de Portugal. Tous les territoires conquis seront restitués sans compensation. Les troupes françaises et britanniques procéderont à l'évacuation des pays occupés immédiatement après la ratification des préliminaires. Les prisonniers seront rendus réciproquement et sans rançon. Les traités existants avant la guerre seront renouvelés et confirmés. Les ratifications des articles préliminaires seront échangées dans un délai d'un mois. La France déclare qu'elle n'entend pas renoncer à acquitter ses dettes envers ses alliés. En novembre et décembre 1762, plusieurs événements diplomatiques et militaires sont rapportés. Le 3 novembre, un document est signé à Fontainebleau par le Duc de Choiseul. Le Comte Soltikow arrive à Dantzick le 31 octobre et repart pour la France en tant qu'Envoyé Extraordinaire de Russie. Le Chambellan de Larrey se rend en Hollande, puis à Paris et Madrid en tant qu'Envoyé Extraordinaire du Danemark. Le Maréchal de Daun quitte son poste, laissant le Général O-Danel commander en Bohême et le Baron de Podstatsky en Silésie et Moravie. Le Marquis d'Havrincourt, ancien Ambassadeur de France, est accueilli à Hambourg par le Sénat. À Dresde, les pertes impériales lors d'une bataille sont évaluées à trois mille hommes et vingt-quatre pièces de canon. Les Prussiens effectuent des incursions en Bohême et reçoivent des renforts en Silésie. Le Roi de Prusse est à Meissen et les troupes prussiennes reprennent position à Fravenstein. À Ratisbonne, le Prince Christian-Charles de Stolberg est choisi pour commander l'Armée d'exécution de l'Empire. Un incendie détruit une aile du château du Duc de Wurtemberg à Stuttgart. À Madrid, le Baron de Gleichen devient Ministre Plénipotentiaire du Danemark en France, et le sieur Doublet est nommé Envoyé extraordinaire des Provinces-Unies. À Rome, le Cardinal Merlini décède et l'Abbé de Vers est présenté au Souverain Pontife. À Gênes, Rudolph Brignolé est élu Doge et des opérations militaires sont menées contre des rebelles. À Turin, le Bailli de Breteuil, Ambassadeur de Malte, arrive et est reçu par la famille royale. À Londres, le Duc de Nivernois est reçu en tant qu'Ambassadeur de France et annonce l'échange des ratifications des Articles préliminaires de la Paix.
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95
p. 184-185
De MADRID, le 4 Janvier 1763.
Début :
Le 24 du mois dernier, le Prince de Beauvau, Commandant Général des Troupes de Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Majesté très chrétienne, Troupes françaises, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 4 Janvier 1763.
De MADRID , le 4 Janvier 1763.
Le 24 du mois dernier , le Prince de Beauvau ,
Commandant Général des Troupes de Sa Majeſté
Très-Chrétienne en Eſpagne , a eu l'honneur de
fe couvrir devant le Roi en qualité de Grand
d'Eſpagne de la première Claffe : il a eu pour
parrain le Duc de Loffada , grand Echanſon du
Roi.
Les Troupes Françoifes qui fervoient contre le
Portugal ont traverfé cette Ville en plufieurs divilions
pour retourner dans leur pays . Le 29 du
mois dernier les Régimens d'Artois , de la Sarre
& des Cantabres y ont paffé , ainsi qu'un Régiment
d'Artillerie. Le Roi ayant témoigné au
Prince de Beauvau le defir qu'il avoit de les voir,
on leur fit faire halte hors de la porte d'Alcala .
Sa Majesté s'y rendit entre onze heures & midi ,
accompagnée du Prince des Afturies & de l'Infant
Don Louis , ainfique du Marquis d'Offun , Ambaffa
deur Extraordinaire de France , du Prince de
Beauvau & des principaux Seigneurs de fa
Cour, Ces Régimens étoient rangés en bataille .
Le Roi parcourut les rangs , leur fit faire différentes
évolutions , & les fit défiler en fa préſence.
Sa Majesté parut extrêmement fatisfaite de la
bonne grace & de la dextérité de ces Troupes , &
7
FEVRIER , 1762. 18,
en fit compliment à leur Général. Elle ordonna
enfuite qu'on prît trois mille doublons fur le
Tréfor Royal , pour être diftribués aux foldats
des différens Corps qui juſqu'à préſent ont paſſé
par cette Ville , & qu'on donnât une gratification
au détachement d'Artillerie qui s'étoit mis en
marche avec eux.
Le 24 du mois dernier , le Prince de Beauvau ,
Commandant Général des Troupes de Sa Majeſté
Très-Chrétienne en Eſpagne , a eu l'honneur de
fe couvrir devant le Roi en qualité de Grand
d'Eſpagne de la première Claffe : il a eu pour
parrain le Duc de Loffada , grand Echanſon du
Roi.
Les Troupes Françoifes qui fervoient contre le
Portugal ont traverfé cette Ville en plufieurs divilions
pour retourner dans leur pays . Le 29 du
mois dernier les Régimens d'Artois , de la Sarre
& des Cantabres y ont paffé , ainsi qu'un Régiment
d'Artillerie. Le Roi ayant témoigné au
Prince de Beauvau le defir qu'il avoit de les voir,
on leur fit faire halte hors de la porte d'Alcala .
Sa Majesté s'y rendit entre onze heures & midi ,
accompagnée du Prince des Afturies & de l'Infant
Don Louis , ainfique du Marquis d'Offun , Ambaffa
deur Extraordinaire de France , du Prince de
Beauvau & des principaux Seigneurs de fa
Cour, Ces Régimens étoient rangés en bataille .
Le Roi parcourut les rangs , leur fit faire différentes
évolutions , & les fit défiler en fa préſence.
Sa Majesté parut extrêmement fatisfaite de la
bonne grace & de la dextérité de ces Troupes , &
7
FEVRIER , 1762. 18,
en fit compliment à leur Général. Elle ordonna
enfuite qu'on prît trois mille doublons fur le
Tréfor Royal , pour être diftribués aux foldats
des différens Corps qui juſqu'à préſent ont paſſé
par cette Ville , & qu'on donnât une gratification
au détachement d'Artillerie qui s'étoit mis en
marche avec eux.
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Résumé : De MADRID, le 4 Janvier 1763.
Le 4 janvier 1763, à Madrid, le Prince de Beauvau a été nommé Grand d'Espagne de la première Classe. La cérémonie a eu lieu le 24 décembre précédent, avec le Duc de Loffada comme parrain. Parallèlement, les troupes françaises ayant combattu contre le Portugal ont traversé Madrid en plusieurs divisions pour retourner en France. Le 29 décembre, les régiments d'Artois, de la Sarre, des Cantabres et un régiment d'Artillerie ont traversé la ville. Le Roi, accompagné du Prince des Asturies, de l'Infant Don Louis, du Marquis d'Offun, ambassadeur extraordinaire de France, et du Prince de Beauvau, a inspecté les troupes rangées en bataille hors de la porte d'Alcala. Il les a fait évoluer et défiler devant lui, se montrant très satisfait de leur discipline et de leur habileté. En conséquence, il a ordonné de distribuer trois mille doublons aux soldats ayant traversé Madrid et a accordé une gratification au détachement d'Artillerie.
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96
p. 207-209
« Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Début :
Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...]
Mots clefs :
Duc de Biren, Magistrat, Garde, Magistrats, Exécution militaire, Régence, Couronne, Troupes russes, Artillerie, Attaque, Lituanie, Noblesse, Armée, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren eſt arrivé avec . La famille
""
20
208 MERCURE DE FRANCE.
•
•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
""
20
208 MERCURE DE FRANCE.
•
•
à Mittau , & y a fait fon entrée folemnelle k
22 du mois dernier . Le Magiſtrat & les Gardes
de la Bourgeoifie , qui ont d'abord refuſé de
prêter fement de fidélité au nouveau Duc , y
'ont été contraints par des éxécutions militaires.
Le fieur Simolin a même fait menacer les Magiftrats
de les faire enlever. La nuit avant cette
entrée folemnelle , on avoit enlevé de l'arc de
triomphe érigé en 1759 pour l'hommage rendu
au Prince Charles comme Duc de Courlande ,
la Couronne Royale & Ducale de ce Prince , fes
armes & celles de la Couronne de Pologne ,
ainfi que les infcriptions qui avoient été gra
vées fur ce monument. Les Membres de la Régence
Ducale ont été fommés par un Officier
Ruffe envoyé par le fieur Simolin de reconnoître
& de fervir le Duc de Biren comme légitime Duc
de Courlande ; mais ils ont répondu qu'ils ne
pouvoient le faire ; fans manquet à la fidélité
qu'ils doivent au Roi & à la République comme
Seigneurs Suzerains de ces Duchés , & au double
ferment de Vaffaux & de Serviteurs qu'ils ont
prêté au Prince Charles leur légitime Duc. Le
Dimanche fuivant , les troupes Ruffes ont forcé
la porte de la Tribune Ducale dans la principale
Eglife Luthérienne de Mittau. Le Duc de Biren
s'y est rendu ; & le Sur-Intendant Luthérien a
été forcé de le haranguer en qualité de Souverain
du pays , & d'entonner le Te Deum , qui
a été chanté au bruit d'une décharge de l'artillerie
Ruffe. La Bourgeoisie a été forcée de nouveau
à illuminer fes maifons le foir. Mais tour cet appareil
& ces actes de violence n'ont pu ébranler
la fermeté du Prince Charles , qui perfifte à refter
dans fon Palais jufqu'à la dernière extrémité.
AVRIL. 1763. 209
Du 17 Février..
Des nouvelles de Lithuanie nous apprennent
que le fieur Zabielo , Grand Veneur de ce Duché
, préfidant à la Diétine qui s'eft affemblée le
de ce mois à Kowno pour l'élection des Députés
au Tribunal annuel de Lithuanie , a haran-.
gué la Nobleffe de ce diftrict , & lui a expoſé d'une
manière G pathétique fes droits & la fituation du.
Duc Charles , qu'il a déterminé tous les Gentilshommes
de ce canton , au nombre de près de
cinq cens , à marcher avec leur fuité à Mittau ,
qui n'eft qu'à deux petites journées de Kowno ,
pour y foutenir la caufe du fils de leur Roi , y
défendre fa perfonne , & fe joindre à la partie
de la Nobleffe Courlandoiſe qui lui eſt reſtée fidelle.
Toute cette troupe s'eft mife en marche le 8 ,
accompagnée de quelques Dragons de l'armée de
Lithuanie , & elle a du être rendue le lendemain
à Mittau. On ignore encore quel effet cet événement
aura produit parmi les Partifans du Duc
de Biren , & ce qui s'eft paffé dans l'affemblée
de la Nobleife qu'il avoit indiquée pour le ro..
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Résumé : « Le Duc de Biren est arrivé avec sa famille à Mittau, & y a fait son entrée [...] »
Le Duc de Biren a fait une entrée solennelle à Mittau le 22 du mois dernier. Initialement, le magistrat et les gardes bourgeois avaient refusé de prêter serment de fidélité au nouveau duc, mais ils y ont été contraints par des exécutions militaires. La nuit précédant cette entrée, des éléments symboliques, tels que la couronne royale et ducale du Prince Charles, ont été enlevés d'un arc de triomphe. Les membres de la régence ducale ont refusé de reconnaître le Duc de Biren comme légitime duc de Courlande, invoquant leur fidélité au Roi et à la République. Les troupes russes ont forcé l'accès à la tribune ducale dans la principale église luthérienne de Mittau, où le Duc de Biren a été acclamé par le sur-intendant luthérien. Malgré ces actes de violence, le Prince Charles persiste à rester dans son palais. En Lituanie, le sieur Zabielo, Grand Veneur, a harangué la noblesse lors d'une diétine à Kowno, les incitant à soutenir le Duc Charles. Près de cinq cents gentilshommes se sont mis en marche vers Mittau pour défendre le Duc Charles, accompagnés de quelques dragons de l'armée de Lituanie.
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97
p. 213
De NAPLES le 26 Mars 1763.
Début :
Le Conseil de Rêgence a pris la résolution de repeupler & de fortifier l'Isle [...]
Mots clefs :
Conseil, Régence, Chebecs, Bâtiments, Officier, Soldats, Artillerie, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De NAPLES le 26 Mars 1763.
De NAPLES le 26 Mars 1763 .
Le Conſeil de Régence a pris la réſolution de
repeupler & de fortifier l'Ile d'Uſtica qui avoie
été ravagée l'année dernière par les Barbareſques,
en conſequence , deux Chebecs ont eu ordre
de mettre à la voilele 23 de ce mois , ayant ſous
leur eſcorte pluſieurs Bâtimens de tranſport , ſur
leſquels eſt embarqué l'Officier qui doit commanderdans
cette Iſle avec deux cens Soldats , un Ingénieur
, pluſieurs Ouvriers , des piéces d'artillerie
, de munitions & différentes fortes des matériaux
.
Le Conſeil de Régence a pris la réſolution de
repeupler & de fortifier l'Ile d'Uſtica qui avoie
été ravagée l'année dernière par les Barbareſques,
en conſequence , deux Chebecs ont eu ordre
de mettre à la voilele 23 de ce mois , ayant ſous
leur eſcorte pluſieurs Bâtimens de tranſport , ſur
leſquels eſt embarqué l'Officier qui doit commanderdans
cette Iſle avec deux cens Soldats , un Ingénieur
, pluſieurs Ouvriers , des piéces d'artillerie
, de munitions & différentes fortes des matériaux
.
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Résumé : De NAPLES le 26 Mars 1763.
Le 26 mars 1763, le Conseil de Régence de Naples a décidé de repeupler et de fortifier l'île d'Ustica. Deux chebecs et plusieurs bâtiments de transport ont quitté Naples le 23 mars avec un officier, deux cents soldats, un ingénieur, des ouvriers, des pièces d'artillerie, des munitions et des matériaux de construction.
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98
p. 214-222
TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
Début :
Sa Majesté le Roi de Pologne, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de Prusse, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Électeur de Saxe, Roi de Prusse, Guerre, Paix, États, Assemblée, Conseiller, Traité de paix, Articles, Voisinage, Amitié, Amnistie générale, Harmonie, Contributions, Troupes, Évacuation, Règlement, Officiers, Soldats, Artillerie, Fortifications, Obligation, Justice, Accords, Intérêts, Diète, Paiements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
TRAITÉ de paix conclu entre Sa Majesté le Roi
de POLOGNE , Electeur de Saxe , & Sa Majesté
le Roi de PRUSSE , au Château de Hubertzbourg
,le 15 Février 1763 .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , & Sa Majesté le Roi de Pruſſe , animés du
defir réciproque de mettre fin aux calamités de
la guerre , & de rétablir l'union , la bonne intelligence&
le bon voiſinage entre eux & leurs Etats
reſpectifs , ayant réfléchi ſur les moyens les plus
propres pour parvenir à un but ſi ſalutaire , & le
Prince Royal de Pologne & Electoral Héréditaire
de Saxe s'étant employé à concerter une aſſemblée
de Plénipotentiaires , qui fut ſuivie d'une négociation:
pour en avancer le ſuccès , & pour écarter
les retardemens que l'éloignement auroit pû faire
naître, Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , a confié à Son Alteſſe Royale le ſoin d'y
ménager ſes intérêts : on eſt convenu de faire tenir
au château de Huberzbourg des conférences
depaix.
En conféquence de quoi Leurs Majeſtés ont
nommé & autoriſé des Plénipotentiaires , ſavoir :
Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
le ſieur Thomas , Baron de Fritſch , ſon Conſeiller
Privé ; & Sa Majeſté le Roi de Pruſſe, le ſieur
Ewald- Frederic de Hertzberg , ſon conſeiller Privé
d'Ambaſſade, leſquels , après s'etre duement
communiqué & avoir échangé leurs pleins pouvoirs
en bonne forme, ont arrêté , conclu & figné
les Articles ſuivans d'un Traité de paix.
JUIN. 1763 . 215
ARTICLE I. Il y aura une paix ſolide , une
amitié ſincère & un bon voifinage entre S. M. le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , & S. M. le
Roi de Pruſie & leurs Héritiers , Etats , Pays &
Sujets : & en conféquence , il y aura une amnif
tie générale & un oubli éternel de tout ce qui eſt
arrivé entre les hautes Parties contractantes , à
l'occaſion de la préſente guerre , de quelque nature
que cela puiſſe avoir été , & il ne ſera point
demandé de dédommagement de part& d'autre ;
ſous quelque prétexte ou nom que ce puiſſe être ,
mais toutes les prétentions réciproques , occafionnées
par cette guerre , demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties .
Les hautes Parties contractantes & leurs Héritiers
cultiveront à l'avenir entr'elles une bonne
harmonie & parfaite intelligence, en tâchant d'avancer
leurs intérêts réciproques , & d'écarter
tout ce qui pourroity nuire ou y donner la moindreatteinte
.
Sa Majeſté le Roi de Pruſſe promet en particulier
que , dans les occaſions qui ſe préſenteront de
pouvoir procurer des convenances à Sa Majefté
le Roi de Pologne , Electeur de Saxe , ou à la
Maiſon , ſans que ce ſoit aux dépens de Sadite
Majesté Pruſienne. Elle y contribuera avec le
plus grand zéle , & ſe concertera à cet effet avec
Sa Majesté Polonoiſe & avec leurs Amis communs
.
ART . II . Toutes les hoftilités ceſſeront entiérement
à compter du II Février incluſivement ;
&depűis le même jour Sa Majesté Pruſſienne fera
ceffer entiérement & pleinement toutes contributions
ordinaires & extraordinaires , toutes livraiſons
de proviſions de bouche , fourrages , chevaux
& autre bérail ou autres effets ; toutes demandes
216 MERCURE DE FRANCE.
1
de recrues , valets , travailleurs & voitures , &
généralement toutes fortes de preſtations , de
quelque nature & dénomination qu'elles puiffent
être , & fous quelque titre ou prétexte qu'elles
foient demandées & éxigées , comme auſſi toute
coupe de bois & autres endommagemens dans
tout l'Electorat de Saxe & toutes les parties &
dépendances , y compris la Haute & Balle- Luface.
Si les ordres que Sa Majeſté le Roi de Pruſſe a
donnés là-deſſus, n'étoient pas parvenus leditjour
en tous les endroits occupés par les Troupes de
Sa Majesté Pruſſienne , & que par cette raiſon ,
ou fous d'autres prétextes , il dût arriver qu'on
eût encore pris ou éxigé des caiſſes ou des Sujets
de Sa Majeſté Polonoiſe quelque argent ou quelque
autre preſtation de quelque nature ou valeur
qu'elle pût être , ou qu'on eût cauſé d'autres
dommages , Sa Majesté Pruſſienne fera reſtituer
ſans délai tout ce qui auroit été pris ou éxigé ,
& bonifier toutdommage & perte. En conféquence
de cette ceſſation générale de toute forte de
preſtations , Sa Majesté Pruſſienne renonce également
à tous les arrérages des contributions , livraiſons
& autres preſtations antérieurement demandées
& éxigées , & déclare que toutes les
prétentions y relatives ſeront & demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties , de
forte qu'il n'en ſera jamais plus fait mention.
ART. III . Sa Majefté le Roi de Pruſſe promet
de commencer les diſpoſitions néceſſaires pour
une prompte évacuation de la Saxe , dès que le
préfent Traité ſera ſigné , & d'effectuer & achever
l'évacuation & la reſtitution de tous les Etats
& Pays , Villes , Places & Forts de S. M.Polonoiſe,
&généralement de toutes parties & dépen' ances
deldirs Etats que S. M. Polonoiſe a poſlédés avant
la
JUIN. 1763. 217
la préſente guerre , dans l'eſpace de trois ſemai
nes , à compter du jour de l'échange des ratificasions;
bien entendu que les Troupes de S. M.
l'Impératrice-Reine de Hongrie & de Bohême
évacueront toute la Saxe dans le même eſpace de
temps. Y
Dès le de Février , Sa Majeſté le Roi de
Pruffe fera nourrir ſes Troupes de ſes propres
magaſins ſans qu'elles foient à charge au pays ,
&on procédera inceſſamment au réglement des
routes que leſdites Troupes prendront en quittant
les Etats de Sa Majesté le Roi de Pologne ,
dans leſquelles elles ſeront conduites & logées
par les Commiſſaires nommés par Sa' Majeſté
Polonoile, qui auront pareillement ſoin des Vorfpanndont
les Troupes auront beſoin pour leurs
marches , &qui leur feront fournisgratuitement ,
à condition que ces Vorſpann ne feront obligés
depafler les frontières de Saxe , quejuſqu'au premier
gîte.
ART. IV. Sa Majesté le Roi de Pruſſe renverra
fans rançon & ſans délai tous lesGénéraux , Officiers
& Soldats de Sa Majesté le Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , qui font encore priſonniers
de guerre , & les autres Sujets de Sa lite
Majesté Polonoiſe qui ne voudront pas reſter
dans le ſervice & dans les Etats de Sa Majeſté
Pruſſienne , bien entendu que chacun payera
préalablement les dettes qu'il aura contractées. I
Sadite Majeſté le Roi de Pruſſe rendra auffe
toute l'artillerie , appartenante à Sa Majeſté le
Roi de Pologne , qui ſe trouve encore en Saxe ,
&qui eft marquée aux armes de, Sadire Majesté
Polonoiſe.
En particulier les Villes de Léipfic , Torgau
&Wittemberg feront reftituées par rapport aux
K
218 MERCURE DE FRANCE.
fortifications , dans le même état où elles ſont à
préſent & avec l'artillerie qui s'y trouve marquée
aux armes de Sa Majesté Polonoife.
Sa Majesté Pruſſienne mettra auſſi en liberté
les otages& autres perſonnes qui ont été arrêtées
àl'occaſion de la préſente guerre , & fera rendre
tous les papiers qui appartiennent aux archives
de Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , ou aux autres bureaux du Pays , & à l'avenir
il n'en ſera rien allégué ou inféré contre
Sa Majeftéie Roi de Pologne , ni contre ſes Héritiers
& Etats.
ART . V. Le Traité de paix conclu à Dreſde le
25 Décembre 1745 eſt expreſſement renouvellé
&confirmé dans la meilleure forme & dans toute
fa teneur autant que le préſent Traité n'y dérogera
pas , & que les obligations y contenues ſeront
de nature à pouvoir encore avoir lieu .
ART . VI . Pour redreſſer réciproquement tous
les abus qui ſe ſont gliffés dans le commerce au
préjudice des Pays , Etats & Sujets reſpectifs des
hautesParties contractantes , on eft convenu que ,
d'abord après la paix conclue on nommera de
part & d'autre des Commiſlaires qui régleront
les affaires de Commerce fur des principes équitables
& réciproquement utiles.
ILferacaufli réciproquement adminiſtré bonne
& prompte juſtice à ceux des Sujets reſpectifs qui
aurontdesprocès&des prétentions liquides dans
1s Etats de l'une ou de l'autre Partie , & quand
il y en aura qui auront change ou voudrontencore
changer de domicile & paffer de la domination
de l'une fous celle de l'autre des hautes. Parties
contractantes , on ne leur fera point de difficulté
à cet égard.
ART. VII. Sa Majesté le Roi de Pruſſe conſent
1
JUIN. 1763 . 219
d'accéder & fera accéder ſes Sujets créanciers de
la Steuer de Saxe aux arrangemens qu'on prendra
inceſſamment par rapport aux intérêts à payer ,
& pour l'établiſſement d'un fonds d'amortiſſement
folide & durable ſans aucune préférence .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , affure & promet d'un autre côté que ,
conformément auxdits arrangemens , tous les
Sujets de Sa Majeſté Pruſſienne , qui ont ou auront
des capitaux dans la Steuer de Saxe , recevront
leurs intérêts exactement , & que les capitaux
leur feront auſſi rembourſés en entier , ſans
la moindre réduction ni diminution , & dans un
eſpacede temps raiſonnable.
ART . VIII . L'échange de la Ville & du Péage
de Furstenberg & du Village de Schildlo contre
un equivalent an Land und Leuten , ſtipulé dans
l'Article VII de la paix de Dreſde , ayant rencontré
beaucoup de difficultés dans l'éxécution , on
eſt ultérieurement convenu que pour le faciliter
la Ville de Furstenberg , avec ſes dépendances ſituées
en-deçà de l'Oder , ne ſera pas compriſe
dans ce troc & reſtera à Sa Majesté Polonoiſe
mais que d'un autre côté Sadite Majesté le Roi
de Pologne , Électeur de Saxe , cédera à S. M.
Pruſſienne non- ſeulement le Péage de l'Oder ,
qu'Elle a perçu juſqu'ici à Furstenberg , & le
Village de Schildlo avec ſes appartenances au-delà
de l'Oder , maisauſſi généralement tout ce qu'Elle
a poſſédé juſqu'ici des bords & rives de l'Oder ,
tant du côté de la Luſace que de celui de la Marche
, de forte que la rivière de l'Oder faſſe la limite
territoriale , & que la ſupériorité des deux
rives & bords de l'Oder , & de tout ce qui eſt audelà
de l'Oder du côté de la Marche , appartienne
déſormais en entier & excluſivement à Sa Majeſté
le Roi de Pruſſe , ſes Succeſſeurs & Héritiers à
perpétuité. Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
Il eſt auſſi convenu que l'équivalent à donner à
Sa Majefté Polonoiſe ne pourra être évalué qu'à
proportion du revenu réel qu'Elle a tiré juſqu'ici
des poffeflions qu'Elle cédera àSa Majesté Pruffienne
, en conféquence de quoi Sa Majesté Polonoiſe
ſe contentera d'un équivalent an Landund
Leuten , dont le revenu réel ſeroit égal au revenu
réel des poſſeſſions qu'Eile cédera à Sa Majeſté
Brufſienne.
Au reſte dans tous les autres points relatifs à cet
échange , l'Article VII de la paix de Dreſde ſera
éxactement obſervé & éxécuté.
ART. IX. Sa Majeſté le Roi de Pruffe accorde
à Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , le libre paſſage en tout temps par la Siléfie
en Pologne , & renouvelle en particulier ce
qui a été ſtipulé là- deſſus dans l'Article X du Traitéde
paix conclu à Dreſde en 1745 .
ART. X. Les hautes Parties contractantes ſe gas
rantiſſent réciproquement l'abſervation & l'éx
cution du préſent Traité de paix , & tâcheront
d'en obtenir la garantie des Puillances avec lefquellesElles
font en amitié.
ART . XI . Le préſent Traité de paix ſera ratifié
de part & d'autre , & les ratifications feront expédiées
en bonne & due forme ,& échangéesdans
F'eſpace de quinze jours , ou plutôt fi faire ſe
peut , àcompter du jour de leur ſignature.
En foi de quoi , les ſouſſignés Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe, & de Sa Majesté le Roi de Pruſſe , en vertu
de leurs pleins pouvoirs , ont ſigné le préſent
Traité de paix , & y ont fait appoſer les cachets
de leurs armes.
Fait au Château de Hubertzbourg , le is Février
1763.
THOMAS, BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD-FREDERIC DE HERTZBERG .
JUI N. 1763 . 221
ARTICLES SÉPARÉS.
ART. I. On est convenu que dans les arrérages
ou autres preſtations arriérées , qui devront
ceffer du II Février 1763 , ne ſera pascompris ce
qui eſt encore dû fur les lettres de change & autres
engagemens par écrit , énoncés dans la ſpécification
ci -jointe ,que Sa Majeſté le Roide Pruſſe
ſe réſerve expreffément , & que Sa Majesté le Roi
dePologne promet de faire acquitter éxactement ,
&ſelon la teneur deſdites lettres de change &
autres engagemens par écrit donnés là-deſſus ,
ſans le moindre rabais ou défalcation , & dans
les monnoiesy promiſes.
ART. II . Pour ne laiſſer aucun doute ſur la
rrature& la ſolidité des arrangemens à prendre
fur les affaires de la Steuer , dont il a été fait
mention dans l'Article VII du Traité de paix ,
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
déclare qu'Elle prendra des arrangemens pour
qu'aucun des créanciers de la Steuer ne perde
riende ſon capital.
Qu'il eſt impoſſible de leur payer les intérêts
arriérés après que tous les revenus du pays ont
été notoirement abſorbés par les calamités de
laguerre.
Que la même raiſon doit valoir pour l'année
préſente après toutes les charges auxquelles le
pays a déja été obligé de fournir.
Mais qu'à l'avenir Sa Majeſté prendra inceſſam.
ment avec les Etats de la Saxe , aſſemblés en
Diéte , les arrangemens néceſſaires pour établir
un fonds prélevable ſur les revenus les plus clairs
du pays , lequel ſera , 10. principalement employé
pour payer éxactement les intérêts qui ne
pourront pas être fixés au-deſſous de trois pour
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE .
cent , tout comme ils ne pourront pas paffer lefdits
trois pour cent. 2°. Que le reſte fera le fonds
d'amortiſſement pour l'acquit ſucceſſif des capitaux
, qui augmentera à proportion de l'acquit
des capitaux & de la diminution des intérêts , &
dont la diſtribution ſe fera annuellement par le
fort , ſans aucune préférence pour perſonne à
quelque titre que ce ſoit. 30. Que l'adminiſtration
dudit fonds total deſtiné au payement des
intérêts & au rembourſement des capitaux ſera
fixée en la ſuſmentionnée Diete prochaine des
Etats de Saxe , de façon qu'il s'y trouve pleine
sûreté , Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , promettant de donner là-deſſus
toutes les aſſurances convenables.
ART. III. Il a été convenu & arrêté que les
titres employés ou omis de part & d'autre à
l'occaſion de la préſente négociation dans les
pleins pouvoirs & autres actes , ou partout ailleurs
, ne pourront être cités ou tirés à conféquence
, & qu'il ne pourra jamais en réſulter
aucun préjudice pour aucune des Parties intéreffées.
Les trois préſens Articles ſéparés auront la
même force que s'ils étoient mot à mot inférés
dans le Traité principal , & ils ſeront également
ratifiés des deux hautes Parties contractantes .
En foi de quoi les ſouſſignés , Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Électeur de
Saxe , & de Sa Majeſte le Roi de Pruſſe , ont
ſigné ces préſens Articles ſéparés , & y ont fait
appoſer les cachets de leurs armes.
• Fait au Château de Huberzbourg le is Février
1763.
THOMAS , BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD- FRÉDÉRIC DE HERTZBERG ,
de POLOGNE , Electeur de Saxe , & Sa Majesté
le Roi de PRUSSE , au Château de Hubertzbourg
,le 15 Février 1763 .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , & Sa Majesté le Roi de Pruſſe , animés du
defir réciproque de mettre fin aux calamités de
la guerre , & de rétablir l'union , la bonne intelligence&
le bon voiſinage entre eux & leurs Etats
reſpectifs , ayant réfléchi ſur les moyens les plus
propres pour parvenir à un but ſi ſalutaire , & le
Prince Royal de Pologne & Electoral Héréditaire
de Saxe s'étant employé à concerter une aſſemblée
de Plénipotentiaires , qui fut ſuivie d'une négociation:
pour en avancer le ſuccès , & pour écarter
les retardemens que l'éloignement auroit pû faire
naître, Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , a confié à Son Alteſſe Royale le ſoin d'y
ménager ſes intérêts : on eſt convenu de faire tenir
au château de Huberzbourg des conférences
depaix.
En conféquence de quoi Leurs Majeſtés ont
nommé & autoriſé des Plénipotentiaires , ſavoir :
Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
le ſieur Thomas , Baron de Fritſch , ſon Conſeiller
Privé ; & Sa Majeſté le Roi de Pruſſe, le ſieur
Ewald- Frederic de Hertzberg , ſon conſeiller Privé
d'Ambaſſade, leſquels , après s'etre duement
communiqué & avoir échangé leurs pleins pouvoirs
en bonne forme, ont arrêté , conclu & figné
les Articles ſuivans d'un Traité de paix.
JUIN. 1763 . 215
ARTICLE I. Il y aura une paix ſolide , une
amitié ſincère & un bon voifinage entre S. M. le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , & S. M. le
Roi de Pruſie & leurs Héritiers , Etats , Pays &
Sujets : & en conféquence , il y aura une amnif
tie générale & un oubli éternel de tout ce qui eſt
arrivé entre les hautes Parties contractantes , à
l'occaſion de la préſente guerre , de quelque nature
que cela puiſſe avoir été , & il ne ſera point
demandé de dédommagement de part& d'autre ;
ſous quelque prétexte ou nom que ce puiſſe être ,
mais toutes les prétentions réciproques , occafionnées
par cette guerre , demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties .
Les hautes Parties contractantes & leurs Héritiers
cultiveront à l'avenir entr'elles une bonne
harmonie & parfaite intelligence, en tâchant d'avancer
leurs intérêts réciproques , & d'écarter
tout ce qui pourroity nuire ou y donner la moindreatteinte
.
Sa Majeſté le Roi de Pruſſe promet en particulier
que , dans les occaſions qui ſe préſenteront de
pouvoir procurer des convenances à Sa Majefté
le Roi de Pologne , Electeur de Saxe , ou à la
Maiſon , ſans que ce ſoit aux dépens de Sadite
Majesté Pruſienne. Elle y contribuera avec le
plus grand zéle , & ſe concertera à cet effet avec
Sa Majesté Polonoiſe & avec leurs Amis communs
.
ART . II . Toutes les hoftilités ceſſeront entiérement
à compter du II Février incluſivement ;
&depűis le même jour Sa Majesté Pruſſienne fera
ceffer entiérement & pleinement toutes contributions
ordinaires & extraordinaires , toutes livraiſons
de proviſions de bouche , fourrages , chevaux
& autre bérail ou autres effets ; toutes demandes
216 MERCURE DE FRANCE.
1
de recrues , valets , travailleurs & voitures , &
généralement toutes fortes de preſtations , de
quelque nature & dénomination qu'elles puiffent
être , & fous quelque titre ou prétexte qu'elles
foient demandées & éxigées , comme auſſi toute
coupe de bois & autres endommagemens dans
tout l'Electorat de Saxe & toutes les parties &
dépendances , y compris la Haute & Balle- Luface.
Si les ordres que Sa Majeſté le Roi de Pruſſe a
donnés là-deſſus, n'étoient pas parvenus leditjour
en tous les endroits occupés par les Troupes de
Sa Majesté Pruſſienne , & que par cette raiſon ,
ou fous d'autres prétextes , il dût arriver qu'on
eût encore pris ou éxigé des caiſſes ou des Sujets
de Sa Majeſté Polonoiſe quelque argent ou quelque
autre preſtation de quelque nature ou valeur
qu'elle pût être , ou qu'on eût cauſé d'autres
dommages , Sa Majesté Pruſſienne fera reſtituer
ſans délai tout ce qui auroit été pris ou éxigé ,
& bonifier toutdommage & perte. En conféquence
de cette ceſſation générale de toute forte de
preſtations , Sa Majesté Pruſſienne renonce également
à tous les arrérages des contributions , livraiſons
& autres preſtations antérieurement demandées
& éxigées , & déclare que toutes les
prétentions y relatives ſeront & demeureront entiérement
éteintes , annullées & anéanties , de
forte qu'il n'en ſera jamais plus fait mention.
ART. III . Sa Majefté le Roi de Pruſſe promet
de commencer les diſpoſitions néceſſaires pour
une prompte évacuation de la Saxe , dès que le
préfent Traité ſera ſigné , & d'effectuer & achever
l'évacuation & la reſtitution de tous les Etats
& Pays , Villes , Places & Forts de S. M.Polonoiſe,
&généralement de toutes parties & dépen' ances
deldirs Etats que S. M. Polonoiſe a poſlédés avant
la
JUIN. 1763. 217
la préſente guerre , dans l'eſpace de trois ſemai
nes , à compter du jour de l'échange des ratificasions;
bien entendu que les Troupes de S. M.
l'Impératrice-Reine de Hongrie & de Bohême
évacueront toute la Saxe dans le même eſpace de
temps. Y
Dès le de Février , Sa Majeſté le Roi de
Pruffe fera nourrir ſes Troupes de ſes propres
magaſins ſans qu'elles foient à charge au pays ,
&on procédera inceſſamment au réglement des
routes que leſdites Troupes prendront en quittant
les Etats de Sa Majesté le Roi de Pologne ,
dans leſquelles elles ſeront conduites & logées
par les Commiſſaires nommés par Sa' Majeſté
Polonoile, qui auront pareillement ſoin des Vorfpanndont
les Troupes auront beſoin pour leurs
marches , &qui leur feront fournisgratuitement ,
à condition que ces Vorſpann ne feront obligés
depafler les frontières de Saxe , quejuſqu'au premier
gîte.
ART. IV. Sa Majesté le Roi de Pruſſe renverra
fans rançon & ſans délai tous lesGénéraux , Officiers
& Soldats de Sa Majesté le Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , qui font encore priſonniers
de guerre , & les autres Sujets de Sa lite
Majesté Polonoiſe qui ne voudront pas reſter
dans le ſervice & dans les Etats de Sa Majeſté
Pruſſienne , bien entendu que chacun payera
préalablement les dettes qu'il aura contractées. I
Sadite Majeſté le Roi de Pruſſe rendra auffe
toute l'artillerie , appartenante à Sa Majeſté le
Roi de Pologne , qui ſe trouve encore en Saxe ,
&qui eft marquée aux armes de, Sadire Majesté
Polonoiſe.
En particulier les Villes de Léipfic , Torgau
&Wittemberg feront reftituées par rapport aux
K
218 MERCURE DE FRANCE.
fortifications , dans le même état où elles ſont à
préſent & avec l'artillerie qui s'y trouve marquée
aux armes de Sa Majesté Polonoife.
Sa Majesté Pruſſienne mettra auſſi en liberté
les otages& autres perſonnes qui ont été arrêtées
àl'occaſion de la préſente guerre , & fera rendre
tous les papiers qui appartiennent aux archives
de Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , ou aux autres bureaux du Pays , & à l'avenir
il n'en ſera rien allégué ou inféré contre
Sa Majeftéie Roi de Pologne , ni contre ſes Héritiers
& Etats.
ART . V. Le Traité de paix conclu à Dreſde le
25 Décembre 1745 eſt expreſſement renouvellé
&confirmé dans la meilleure forme & dans toute
fa teneur autant que le préſent Traité n'y dérogera
pas , & que les obligations y contenues ſeront
de nature à pouvoir encore avoir lieu .
ART . VI . Pour redreſſer réciproquement tous
les abus qui ſe ſont gliffés dans le commerce au
préjudice des Pays , Etats & Sujets reſpectifs des
hautesParties contractantes , on eft convenu que ,
d'abord après la paix conclue on nommera de
part & d'autre des Commiſlaires qui régleront
les affaires de Commerce fur des principes équitables
& réciproquement utiles.
ILferacaufli réciproquement adminiſtré bonne
& prompte juſtice à ceux des Sujets reſpectifs qui
aurontdesprocès&des prétentions liquides dans
1s Etats de l'une ou de l'autre Partie , & quand
il y en aura qui auront change ou voudrontencore
changer de domicile & paffer de la domination
de l'une fous celle de l'autre des hautes. Parties
contractantes , on ne leur fera point de difficulté
à cet égard.
ART. VII. Sa Majesté le Roi de Pruſſe conſent
1
JUIN. 1763 . 219
d'accéder & fera accéder ſes Sujets créanciers de
la Steuer de Saxe aux arrangemens qu'on prendra
inceſſamment par rapport aux intérêts à payer ,
& pour l'établiſſement d'un fonds d'amortiſſement
folide & durable ſans aucune préférence .
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , affure & promet d'un autre côté que ,
conformément auxdits arrangemens , tous les
Sujets de Sa Majeſté Pruſſienne , qui ont ou auront
des capitaux dans la Steuer de Saxe , recevront
leurs intérêts exactement , & que les capitaux
leur feront auſſi rembourſés en entier , ſans
la moindre réduction ni diminution , & dans un
eſpacede temps raiſonnable.
ART . VIII . L'échange de la Ville & du Péage
de Furstenberg & du Village de Schildlo contre
un equivalent an Land und Leuten , ſtipulé dans
l'Article VII de la paix de Dreſde , ayant rencontré
beaucoup de difficultés dans l'éxécution , on
eſt ultérieurement convenu que pour le faciliter
la Ville de Furstenberg , avec ſes dépendances ſituées
en-deçà de l'Oder , ne ſera pas compriſe
dans ce troc & reſtera à Sa Majesté Polonoiſe
mais que d'un autre côté Sadite Majesté le Roi
de Pologne , Électeur de Saxe , cédera à S. M.
Pruſſienne non- ſeulement le Péage de l'Oder ,
qu'Elle a perçu juſqu'ici à Furstenberg , & le
Village de Schildlo avec ſes appartenances au-delà
de l'Oder , maisauſſi généralement tout ce qu'Elle
a poſſédé juſqu'ici des bords & rives de l'Oder ,
tant du côté de la Luſace que de celui de la Marche
, de forte que la rivière de l'Oder faſſe la limite
territoriale , & que la ſupériorité des deux
rives & bords de l'Oder , & de tout ce qui eſt audelà
de l'Oder du côté de la Marche , appartienne
déſormais en entier & excluſivement à Sa Majeſté
le Roi de Pruſſe , ſes Succeſſeurs & Héritiers à
perpétuité. Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
Il eſt auſſi convenu que l'équivalent à donner à
Sa Majefté Polonoiſe ne pourra être évalué qu'à
proportion du revenu réel qu'Elle a tiré juſqu'ici
des poffeflions qu'Elle cédera àSa Majesté Pruffienne
, en conféquence de quoi Sa Majesté Polonoiſe
ſe contentera d'un équivalent an Landund
Leuten , dont le revenu réel ſeroit égal au revenu
réel des poſſeſſions qu'Eile cédera à Sa Majeſté
Brufſienne.
Au reſte dans tous les autres points relatifs à cet
échange , l'Article VII de la paix de Dreſde ſera
éxactement obſervé & éxécuté.
ART. IX. Sa Majeſté le Roi de Pruffe accorde
à Sa Majeſté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe , le libre paſſage en tout temps par la Siléfie
en Pologne , & renouvelle en particulier ce
qui a été ſtipulé là- deſſus dans l'Article X du Traitéde
paix conclu à Dreſde en 1745 .
ART. X. Les hautes Parties contractantes ſe gas
rantiſſent réciproquement l'abſervation & l'éx
cution du préſent Traité de paix , & tâcheront
d'en obtenir la garantie des Puillances avec lefquellesElles
font en amitié.
ART . XI . Le préſent Traité de paix ſera ratifié
de part & d'autre , & les ratifications feront expédiées
en bonne & due forme ,& échangéesdans
F'eſpace de quinze jours , ou plutôt fi faire ſe
peut , àcompter du jour de leur ſignature.
En foi de quoi , les ſouſſignés Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de
Saxe, & de Sa Majesté le Roi de Pruſſe , en vertu
de leurs pleins pouvoirs , ont ſigné le préſent
Traité de paix , & y ont fait appoſer les cachets
de leurs armes.
Fait au Château de Hubertzbourg , le is Février
1763.
THOMAS, BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD-FREDERIC DE HERTZBERG .
JUI N. 1763 . 221
ARTICLES SÉPARÉS.
ART. I. On est convenu que dans les arrérages
ou autres preſtations arriérées , qui devront
ceffer du II Février 1763 , ne ſera pascompris ce
qui eſt encore dû fur les lettres de change & autres
engagemens par écrit , énoncés dans la ſpécification
ci -jointe ,que Sa Majeſté le Roide Pruſſe
ſe réſerve expreffément , & que Sa Majesté le Roi
dePologne promet de faire acquitter éxactement ,
&ſelon la teneur deſdites lettres de change &
autres engagemens par écrit donnés là-deſſus ,
ſans le moindre rabais ou défalcation , & dans
les monnoiesy promiſes.
ART. II . Pour ne laiſſer aucun doute ſur la
rrature& la ſolidité des arrangemens à prendre
fur les affaires de la Steuer , dont il a été fait
mention dans l'Article VII du Traité de paix ,
Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
déclare qu'Elle prendra des arrangemens pour
qu'aucun des créanciers de la Steuer ne perde
riende ſon capital.
Qu'il eſt impoſſible de leur payer les intérêts
arriérés après que tous les revenus du pays ont
été notoirement abſorbés par les calamités de
laguerre.
Que la même raiſon doit valoir pour l'année
préſente après toutes les charges auxquelles le
pays a déja été obligé de fournir.
Mais qu'à l'avenir Sa Majeſté prendra inceſſam.
ment avec les Etats de la Saxe , aſſemblés en
Diéte , les arrangemens néceſſaires pour établir
un fonds prélevable ſur les revenus les plus clairs
du pays , lequel ſera , 10. principalement employé
pour payer éxactement les intérêts qui ne
pourront pas être fixés au-deſſous de trois pour
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE .
cent , tout comme ils ne pourront pas paffer lefdits
trois pour cent. 2°. Que le reſte fera le fonds
d'amortiſſement pour l'acquit ſucceſſif des capitaux
, qui augmentera à proportion de l'acquit
des capitaux & de la diminution des intérêts , &
dont la diſtribution ſe fera annuellement par le
fort , ſans aucune préférence pour perſonne à
quelque titre que ce ſoit. 30. Que l'adminiſtration
dudit fonds total deſtiné au payement des
intérêts & au rembourſement des capitaux ſera
fixée en la ſuſmentionnée Diete prochaine des
Etats de Saxe , de façon qu'il s'y trouve pleine
sûreté , Sa Majesté le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , promettant de donner là-deſſus
toutes les aſſurances convenables.
ART. III. Il a été convenu & arrêté que les
titres employés ou omis de part & d'autre à
l'occaſion de la préſente négociation dans les
pleins pouvoirs & autres actes , ou partout ailleurs
, ne pourront être cités ou tirés à conféquence
, & qu'il ne pourra jamais en réſulter
aucun préjudice pour aucune des Parties intéreffées.
Les trois préſens Articles ſéparés auront la
même force que s'ils étoient mot à mot inférés
dans le Traité principal , & ils ſeront également
ratifiés des deux hautes Parties contractantes .
En foi de quoi les ſouſſignés , Plénipotentiaires
de Sa Majesté le Roi de Pologne , Électeur de
Saxe , & de Sa Majeſte le Roi de Pruſſe , ont
ſigné ces préſens Articles ſéparés , & y ont fait
appoſer les cachets de leurs armes.
• Fait au Château de Huberzbourg le is Février
1763.
THOMAS , BARON DE FRITSCH .
( Signé ) EWALD- FRÉDÉRIC DE HERTZBERG ,
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Résumé : TRAITÉ de paix conclu entre sa Majesté le Roi de POLOGNE, Electeur de Saxe, & Sa Majesté le Roi de PRUSSE, au Château de Hubertzbourg, le 15 Février 1763.
Le traité de paix de Hubertusbourg, signé le 15 février 1763 entre le Roi de Pologne, Électeur de Saxe, et le Roi de Prusse, vise à mettre fin aux conflits et à rétablir la paix et l'amitié entre les deux monarchies. Les points essentiels du traité incluent : 1. **Paix et amitié** : Une paix durable et une amitié sincère doivent prévaloir entre les deux souverains et leurs héritiers, avec une amnistie générale et un oubli des événements de la guerre. Aucune demande de dédommagement ne sera faite. 2. **Cessation des hostilités** : Toutes les hostilités doivent cesser à partir du 11 février 1763. La Prusse cessera toutes contributions et prestations en Saxe et restituera les sommes prises ou exigées. 3. **Évacuation de la Saxe** : La Prusse doit commencer les dispositions pour évacuer la Saxe dans les trois semaines suivant la ratification du traité. Les troupes prussiennes et celles de l'Impératrice-Reine de Hongrie et de Bohême doivent quitter la Saxe dans le même délai. 4. **Restitution des prisonniers et des biens** : La Prusse doit libérer sans rançon tous les prisonniers de guerre saxons et restituer l'artillerie saxonne. Les villes de Leipzig, Torgau et Wittenberg doivent être restituées avec leurs fortifications. 5. **Renouvellement des traités antérieurs** : Le traité de paix de Dresde de 1745 est renouvelé et confirmé, sauf en ce qui concerne les dispositions contraires au présent traité. 6. **Commerce et justice** : Des commissaires seront nommés pour régler les abus dans le commerce et administrer justice aux sujets des deux parties. Les sujets qui changent de domicile ne rencontreront pas de difficultés. 7. **Affaires de la Steuer** : La Prusse accepte les arrangements concernant les créanciers de la Steuer de Saxe, et la Saxe assure le remboursement des capitaux sans réduction. 8. **Échange territorial** : La ville de Fürstenberg reste à la Pologne, mais la Saxe cède le péage de l'Oder, le village de Schildlo et ses possessions sur les rives de l'Oder à la Prusse. Un équivalent en terres et en sujets sera donné à la Saxe. 9. **Passage en Silésie** : La Prusse accorde à la Pologne le libre passage en Silésie. 10. **Garantie du traité** : Les deux parties se garantissent réciproquement l'observation et l'exécution du traité et chercheront la garantie des puissances amies. Le traité doit être ratifié et les ratifications échangées dans les quinze jours suivant la signature.
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99
p. 186-187
Du 27 Juin.
Début :
On a appris de la Bastie qu'outre les deux Capitaines qui avoient été tués [...]
Mots clefs :
Capitaines, Lieutenant, Assassinat, Destruction de la place, Artillerie, Défense, Rebelles, Coup monté, Prise de la ville, Otages
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texteReconnaissance textuelle : Du 27 Juin.
·Du 27 Juin
•
On a appris de la Baftie qu'outre les deux
Capitaines qui avoient été tués dans la tranchée
près de Furiani , le Lieutenant - Colonel Kiniek ,
avoit aufli été emporté d'un coup de Canon . Le
Général Matra a prefque détruit cette place qui
continue à être battue par fon Artillerie ; & il
eft certain que les Rebelles ont abandonné le
fiege du Fort Algaiola pour venir défendre le
Village de Furiani.
On dit qu'un nommé Cicco , Corfe Napoli-
Bain & attaché à la République , avoit médité
AOUST. 1763. 187
un coup important contre les Rebelles , & voici
ee qu'on rapporte à ce fujet. Cet homme , qui
étoit à Calvi , entretenoit une correſpondance
avec Pafchal - Paoli ; & de concert avec le Général
Matra , le Commiflaire de la Baſtie & celui
de Calvi , il avoit propofé à ce Chef des Rebelles
de lui livrer cette derniere place . Paoli
avoit accepté l'offre ; & dans la nuit qui avoit
été fixée entr'eux , il s'étoit approché de la place
avec environ ſept cens hommes . On fit de part
& d'autre les fignaux convenus. Cicco engagea le
Commiffaire de Calvi à faire fortir les habitans
de la Ville & à les mettre en embuscade , de
manière que les Rebelles fe trouvaffent entre le
feu de cette troupe & celui de la Garniſon ;
mais le Commiffaire pour s'affurer de la fidélité
de cet homme éxigea qu'il lui remît fon fils en
ôtage. Cicco ayant répondu qu'il l'auroit donné
fi on le lui eût demandé plutôt , le Commiffaire
fit mettre la Garniſon fous les armes & envoya
deux hommes pour reconnoître les Rebelles
, qui s'apperçevant qu'on les avoit trahis , fe
retirérent avec précipitation.
•
On a appris de la Baftie qu'outre les deux
Capitaines qui avoient été tués dans la tranchée
près de Furiani , le Lieutenant - Colonel Kiniek ,
avoit aufli été emporté d'un coup de Canon . Le
Général Matra a prefque détruit cette place qui
continue à être battue par fon Artillerie ; & il
eft certain que les Rebelles ont abandonné le
fiege du Fort Algaiola pour venir défendre le
Village de Furiani.
On dit qu'un nommé Cicco , Corfe Napoli-
Bain & attaché à la République , avoit médité
AOUST. 1763. 187
un coup important contre les Rebelles , & voici
ee qu'on rapporte à ce fujet. Cet homme , qui
étoit à Calvi , entretenoit une correſpondance
avec Pafchal - Paoli ; & de concert avec le Général
Matra , le Commiflaire de la Baſtie & celui
de Calvi , il avoit propofé à ce Chef des Rebelles
de lui livrer cette derniere place . Paoli
avoit accepté l'offre ; & dans la nuit qui avoit
été fixée entr'eux , il s'étoit approché de la place
avec environ ſept cens hommes . On fit de part
& d'autre les fignaux convenus. Cicco engagea le
Commiffaire de Calvi à faire fortir les habitans
de la Ville & à les mettre en embuscade , de
manière que les Rebelles fe trouvaffent entre le
feu de cette troupe & celui de la Garniſon ;
mais le Commiffaire pour s'affurer de la fidélité
de cet homme éxigea qu'il lui remît fon fils en
ôtage. Cicco ayant répondu qu'il l'auroit donné
fi on le lui eût demandé plutôt , le Commiffaire
fit mettre la Garniſon fous les armes & envoya
deux hommes pour reconnoître les Rebelles
, qui s'apperçevant qu'on les avoit trahis , fe
retirérent avec précipitation.
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Résumé : Du 27 Juin.
Le 27 juin, des rapports de la Baftie signalent la mort du Lieutenant-Colonel Kiniek, tué par un coup de canon près de Furiani, en plus des deux capitaines déjà tués. Le Général Matra a presque détruit une position ennemie, toujours sous bombardement. Les rebelles ont quitté le siège du Fort Algaiola pour défendre Furiani. Un individu nommé Cicco, loyal à la République, avait prévu une opération contre les rebelles. Basé à Calvi, Cicco correspondait avec Pascal Paoli et avait proposé de livrer Calvi à Paoli, avec l'accord du Général Matra et des commissaires de la Bastie et de Calvi. Paoli s'est approché de la ville avec environ sept cents hommes. Cependant, le commissaire de Calvi, méfiant, a exigé que Cicco lui remette son fils en otage. Malgré l'accord de Cicco, le commissaire a armé la garnison et envoyé des hommes reconnaître les rebelles, qui se sont retirés en se sentant trahis.
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100
p. 201-203
De GENES, le 1 Août 1763.
Début :
On a reçu les détails suivant d'une affaire qui s'est passée le 18 [...]
Mots clefs :
Rebelles, Général, Assaut, Troupes, Furiani, Artillerie, Ennemi, Officiers, Soldats, Blessés et morts
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texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 1 Août 1763.
De GENES , le 1 Août 1763.
ON
Na reçu les délails fuivant d'un affaire qui
selt pafféele 18 Juillet à Furiani entre nos trous
pes & les Rebelles . Le Général Matra , ayant pris
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
la réfolution de donner l'affaut le 18 aux retranchemens
des Rebelles, fit faire avant le jour toutes
les difpofitions néceflaires pour cette attaque.
Nos troupes marcherent de grand matin vers
Furiani ; mais comme elles étoient entierement à
découvert , le Rebelles ne tarderent pas à s'appercevoir
de leur marche , & à faire jouer leur
artillerie & leur moufqueterie. Nos troupes ,
quoique fort incommodées par le feu de l'ennemi
, s'avancerent néanmoins avec tant de célérité,
qu'en peu de minutes , elles arrivérent fous les
retranchemens, où le feu des Rebelles devint pour
le moment fans effet. Alors ceux - ci firent rouler
une quantité immenfe de pierres qu'ils avoient
préparées pour ce deffein , ce qui répandit la confufion
parmi les Affaillans , & en mit un grand
nombre hors de combat . malgré le feu des Rebelles
qui avoit recommencé & une grêle continuelle
de pierres , nos gens firent pendant plus
d'une heure des efforts furprenans de conftance
& de valeur plufieurs d'entr'eux voyant qu'ils
ne pouvoient eſcalader le retranchement à cauſe
de la trop grande hauteur , s'approchérent de la
barriére dans le deffein de s'en emparer & de
chaffer l'ennemi , mais comme ils ne pouvoient
marcher fans être apperçus cette tentative ,
malgré la bravoure avec laquelle ils l'exécuterent,
ne put avoir de fuccès : il fallut céder au défavantage
de la poſition , & le Général fut contraint
d'ordonner, la retraite qui fe fit en très-bon
ordre. L'action avoit duré environ trois heures :
nous y avons eu cinq Officiers & foixante & un
foldats tués , dix- neuf Officiers & quatre - vingtdouze
foldats bleflés . Vers le foir , les Rebelles
firent propofer une fufpenfion d'hoftilités pour
donner la fépulture aux morts , & le GénéralOCTOBRE
. 1763. 203
Matray confentit après avoir pris les précautions
ordinaires. On a été informé depuis que , le 23,
il avoit abandonné le fiége de Furiani , & s'étoit
retiré à la Baftie avec toutes les Troupes & fon
artillerie.
ON
Na reçu les délails fuivant d'un affaire qui
selt pafféele 18 Juillet à Furiani entre nos trous
pes & les Rebelles . Le Général Matra , ayant pris
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
la réfolution de donner l'affaut le 18 aux retranchemens
des Rebelles, fit faire avant le jour toutes
les difpofitions néceflaires pour cette attaque.
Nos troupes marcherent de grand matin vers
Furiani ; mais comme elles étoient entierement à
découvert , le Rebelles ne tarderent pas à s'appercevoir
de leur marche , & à faire jouer leur
artillerie & leur moufqueterie. Nos troupes ,
quoique fort incommodées par le feu de l'ennemi
, s'avancerent néanmoins avec tant de célérité,
qu'en peu de minutes , elles arrivérent fous les
retranchemens, où le feu des Rebelles devint pour
le moment fans effet. Alors ceux - ci firent rouler
une quantité immenfe de pierres qu'ils avoient
préparées pour ce deffein , ce qui répandit la confufion
parmi les Affaillans , & en mit un grand
nombre hors de combat . malgré le feu des Rebelles
qui avoit recommencé & une grêle continuelle
de pierres , nos gens firent pendant plus
d'une heure des efforts furprenans de conftance
& de valeur plufieurs d'entr'eux voyant qu'ils
ne pouvoient eſcalader le retranchement à cauſe
de la trop grande hauteur , s'approchérent de la
barriére dans le deffein de s'en emparer & de
chaffer l'ennemi , mais comme ils ne pouvoient
marcher fans être apperçus cette tentative ,
malgré la bravoure avec laquelle ils l'exécuterent,
ne put avoir de fuccès : il fallut céder au défavantage
de la poſition , & le Général fut contraint
d'ordonner, la retraite qui fe fit en très-bon
ordre. L'action avoit duré environ trois heures :
nous y avons eu cinq Officiers & foixante & un
foldats tués , dix- neuf Officiers & quatre - vingtdouze
foldats bleflés . Vers le foir , les Rebelles
firent propofer une fufpenfion d'hoftilités pour
donner la fépulture aux morts , & le GénéralOCTOBRE
. 1763. 203
Matray confentit après avoir pris les précautions
ordinaires. On a été informé depuis que , le 23,
il avoit abandonné le fiége de Furiani , & s'étoit
retiré à la Baftie avec toutes les Troupes & fon
artillerie.
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Résumé : De GENES, le 1 Août 1763.
Le 18 juillet 1763, les troupes françaises dirigées par le Général Matra ont attaqué les retranchements des rebelles à Furiani. Malgré une préparation avant l'aube, les rebelles ont rapidement riposté avec leur artillerie et leur mousqueterie. Les Français ont atteint les retranchements mais ont été stoppés par des pierres lancées par les rebelles, causant confusion et pertes. Après trois heures de combat, le Général Matra a ordonné la retraite. L'affrontement a causé la mort de cinq officiers et soixante-et-un soldats, et blessé dix-neuf officiers et quatre-vingt-douze soldats. Les rebelles ont ensuite proposé une suspension des hostilités pour enterrer les morts, à laquelle le Général Matra a consenti. Le 23 juillet, les rebelles ont quitté Furiani pour se retirer à la Bastie avec leurs troupes et leur artillerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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