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2801
p. 1190-1191
A MADEMOISELLE C**** Sur la Mort de sa Chienne.
Début :
La douceur, la beauté, l'agréable jeunesse, [...]
Mots clefs :
Mort, Sein, Douceur, Jeunesse, Amour, Attachement , Friponne, Baiser
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texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE C**** Sur la Mort de sa Chienne.
A MADEMOISELLE C****
Sur la Mort de sa Chienne.
LA douceur , la beauté , l'agréable jeunesse ,
Ne peuvent point fléchir la Mort ,
Rien ne touche cette tigresse
Zerbinette a fini son sort.
E
11
T
P
C
Su
La
Si
Cro
Un seule fois en sa vie ,
De
ZerMAY.
1731. \ 1191
Zerbinette éprouva l'amoureuse chaleur ,
Cette foiblesse fut suivie ,
De la plus amere douleur.
Le souvenir des maux que lui causa Lucine ,
De son coeur allarmé devint la guérison ,
Helas ! qu'il est d'Iris dont la foible raison ,
Ne vaut pas l'instint de Zerbine.
De vous aimer elle fit son étude
Sortez- vous , son inquiétude
Découvroit son attachement ,
Tout ce qui vous plaisoit avoit droit de lui plaire,
Et. les effets de sa colere ,
Tomboient sur l'importun, et jamais sur l'Amant.
Certain Toutou pouroit bien nous le dire ,
Il fut toujours en butte à son courroux ,
Tandis qu'un Levrier , beau parleur et beau Sire ,
Pouvoit, sans le choquer, se mettre à vos genoux.
Combien de fois d'une façon folâtre ,
Sur un sein plus blanc que l'albâtre ,
La friponne se chamailla ,
Si pour un seul baiser elle en recevoit mille ,
Croyez-vous qu'il soit difficile ,
De vous aimer à ce prix - là.
L'Epicier.
Sur la Mort de sa Chienne.
LA douceur , la beauté , l'agréable jeunesse ,
Ne peuvent point fléchir la Mort ,
Rien ne touche cette tigresse
Zerbinette a fini son sort.
E
11
T
P
C
Su
La
Si
Cro
Un seule fois en sa vie ,
De
ZerMAY.
1731. \ 1191
Zerbinette éprouva l'amoureuse chaleur ,
Cette foiblesse fut suivie ,
De la plus amere douleur.
Le souvenir des maux que lui causa Lucine ,
De son coeur allarmé devint la guérison ,
Helas ! qu'il est d'Iris dont la foible raison ,
Ne vaut pas l'instint de Zerbine.
De vous aimer elle fit son étude
Sortez- vous , son inquiétude
Découvroit son attachement ,
Tout ce qui vous plaisoit avoit droit de lui plaire,
Et. les effets de sa colere ,
Tomboient sur l'importun, et jamais sur l'Amant.
Certain Toutou pouroit bien nous le dire ,
Il fut toujours en butte à son courroux ,
Tandis qu'un Levrier , beau parleur et beau Sire ,
Pouvoit, sans le choquer, se mettre à vos genoux.
Combien de fois d'une façon folâtre ,
Sur un sein plus blanc que l'albâtre ,
La friponne se chamailla ,
Si pour un seul baiser elle en recevoit mille ,
Croyez-vous qu'il soit difficile ,
De vous aimer à ce prix - là.
L'Epicier.
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Résumé : A MADEMOISELLE C**** Sur la Mort de sa Chienne.
La lettre poétique évoque la mort de Zerbinette, la chienne de la demoiselle. La Mort est décrite comme implacable, insensible à la douceur, la beauté ou la jeunesse. Zerbinette a connu l'amour et la douleur, et ses souvenirs ont apaisé son cœur. La chienne était très attachée à sa maîtresse, partageant ses goûts et protégeant ses sentiments. Elle manifestait de la tendresse et de la jalousie, mais jamais envers l'être aimé. Un petit chien subissait souvent sa colère, contrairement à un lévrier flatteur. Zerbinette se comportait de manière joueuse et affectueuse, démontrant un amour sincère pour sa maîtresse. Le texte se conclut par une référence à un épicier, sans contexte supplémentaire.
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2802
p. 1198-1199
VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
Début :
Illustre Favori de Thémis et des Muses, [...]
Mots clefs :
Fête, Favori, Talents, Vertus, Accueil, Médecine, Vers
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texteReconnaissance textuelle : VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
VERS
Envoyez à M. le Président Bouhier ,
de l'Académie Françoise ,
Le jour de sa Fête.
Illustre Favori de Thémis et des Muses ,
Cher Bouhier , reçois mes excuses.
En ce jour solemnel , où chacun à l'envi ,
S'empresse à t'aller rendre hommage ,
Purgon , qui sous ses loix tient mon corps asservi ,
Me prive de cet avantage.
Encor si dans ces Vers , pour bien peindre à tes
yeux ,
Les.
MAY. 1731. 1199
Les divers sentimens qu'ont fait naftre en mon
ame ,
Tes talens , tes vertus , ton accueil gracieux ,
Apollon m'inspiroit sa poëtique flâme !
Mais par un sort fatal en lui ,
Au lieu du Dieu des Vers, qui souvent me domine,
Je ne puis trouver aujourd'hui ,
Que le Dieu de la Medecine. (A)
Je croyois du moins qu'à mon gré ,
Je pourrois recourir aux richesses de Flore ;
Mais ce matin Zéphire ayant peu soupiré ,
Et l'Aurore encor moins pleuré ,
Ils n'ont dans nos Jardins presque rien fait éclore;
Et l'on n'a pupar-tout cueillir que quelques Acurs,
Peu dignes d'être entrelacées ,
Parmi celles que les neuf Soeurs ,
Sur ta tête Sçavante avec art ont placées.
(a) Apollon est le Dieu des Vers et le Dieu
de la Medecine; c'est ce qu'il dit lui-même
dans Ovide , Liv. 1. de ses Métam.
Per me concordant carmina nervis . . ....
Inventum Medicina meum est , opiferque per
orbem ,
Dicor , et herbarum est subjecta potentia nobis.
Par M. Cocquard , Avocat au Parlement
de Dijon .
Envoyez à M. le Président Bouhier ,
de l'Académie Françoise ,
Le jour de sa Fête.
Illustre Favori de Thémis et des Muses ,
Cher Bouhier , reçois mes excuses.
En ce jour solemnel , où chacun à l'envi ,
S'empresse à t'aller rendre hommage ,
Purgon , qui sous ses loix tient mon corps asservi ,
Me prive de cet avantage.
Encor si dans ces Vers , pour bien peindre à tes
yeux ,
Les.
MAY. 1731. 1199
Les divers sentimens qu'ont fait naftre en mon
ame ,
Tes talens , tes vertus , ton accueil gracieux ,
Apollon m'inspiroit sa poëtique flâme !
Mais par un sort fatal en lui ,
Au lieu du Dieu des Vers, qui souvent me domine,
Je ne puis trouver aujourd'hui ,
Que le Dieu de la Medecine. (A)
Je croyois du moins qu'à mon gré ,
Je pourrois recourir aux richesses de Flore ;
Mais ce matin Zéphire ayant peu soupiré ,
Et l'Aurore encor moins pleuré ,
Ils n'ont dans nos Jardins presque rien fait éclore;
Et l'on n'a pupar-tout cueillir que quelques Acurs,
Peu dignes d'être entrelacées ,
Parmi celles que les neuf Soeurs ,
Sur ta tête Sçavante avec art ont placées.
(a) Apollon est le Dieu des Vers et le Dieu
de la Medecine; c'est ce qu'il dit lui-même
dans Ovide , Liv. 1. de ses Métam.
Per me concordant carmina nervis . . ....
Inventum Medicina meum est , opiferque per
orbem ,
Dicor , et herbarum est subjecta potentia nobis.
Par M. Cocquard , Avocat au Parlement
de Dijon .
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Résumé : VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
Monsieur Cocquard, avocat au Parlement de Dijon, adresse une lettre à Monsieur le Président Bouhier, membre de l'Académie Française, pour sa fête. Il s'excuse de ne pouvoir lui rendre hommage en personne en raison de son médecin, Purgon, qui le retient. Cocquard souhaite néanmoins célébrer les talents, les vertus et l'accueil gracieux de Bouhier. Il regrette de ne pas être inspiré par Apollon, le dieu des vers, mais plutôt par le dieu de la médecine. Il mentionne l'impossibilité de cueillir des fleurs pour orner son hommage, ne trouvant que quelques acorus indignes. Selon Ovide, Apollon est à la fois le dieu des vers et de la médecine.
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2803
p. [1206]-1207
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
Début :
Quand mon Roi s'éleva lui-même, [...]
Mots clefs :
Ode sacrée, Psaume, Roi, Être suprême, Vengeance, Univers, Étoile, Prêtre, Arbitre, Tyrannie
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
ODE SACRE'E ,
Tirée du Pseaume , Dixit Dominus.
Uand mon Roi s'éleva lui- même ,
Jusqu'à la Celeste Cité ,
Mon fils , lui dit l'Etre suprême ,
Viens te placer à mon côté ,
Jouis ici de ma puissance ,
En attendant
que ma vengeance ,
I. Veh
A ij . Mette
1206 MERCURE DE FRANCE
Mette à tes pieds tes ennemis :
De Sion au bout de la Terre ,
Ton bras ira porter
la guerre ;
Et l'Univers sera soumis.
L'Eclat d'une telle victoire ,
Fera voir alors aux Humains ,
Quel est ton Empire et ta gloire ,
'Au milieu des splendeurs des Saints ;
Je t'engendray de ma substance ,
Avant que ma Toute- Puissance ,
Eût fait l'Etoille du matin.
Avec moi tu régis le Monde ,
Et les Cieux et la Terre et l'Onde ,
Sont les Ouvrages de ta main.
Toi seul es le souverain Prêtre ,
Par Melchisedech figuré ;
Tu ne cesseras point de l'être ,
Comme le Très-haut l'a juré.
'A ta droite dans sa colere ,
Il brisa l'orgueil témeraire ,
Des Rois soulevez contre toy :
Et s'armant un jour de la Foudre ,
Il doit juger et mettre en poudre ,
Ceux qui mépriseront ta Loy.
I. Vol. Soumis
JUIN.
1731. 1207
Soumis aux ordres de son Pere .
Il viendra chez les Nations ,
Boire à longs traits de l'Onde amére
Du torrent des afflictions :
C'est en sacrifiant sa vie ,`
Qu'il détruira la tyrannie ,
Du noir Monarque des Enfers ,
Et c'est à ce prix qu'il doit être ,
L'Arbitre et le souverain maître ,
Des Puissances de l'Univers.
Tirée du Pseaume , Dixit Dominus.
Uand mon Roi s'éleva lui- même ,
Jusqu'à la Celeste Cité ,
Mon fils , lui dit l'Etre suprême ,
Viens te placer à mon côté ,
Jouis ici de ma puissance ,
En attendant
que ma vengeance ,
I. Veh
A ij . Mette
1206 MERCURE DE FRANCE
Mette à tes pieds tes ennemis :
De Sion au bout de la Terre ,
Ton bras ira porter
la guerre ;
Et l'Univers sera soumis.
L'Eclat d'une telle victoire ,
Fera voir alors aux Humains ,
Quel est ton Empire et ta gloire ,
'Au milieu des splendeurs des Saints ;
Je t'engendray de ma substance ,
Avant que ma Toute- Puissance ,
Eût fait l'Etoille du matin.
Avec moi tu régis le Monde ,
Et les Cieux et la Terre et l'Onde ,
Sont les Ouvrages de ta main.
Toi seul es le souverain Prêtre ,
Par Melchisedech figuré ;
Tu ne cesseras point de l'être ,
Comme le Très-haut l'a juré.
'A ta droite dans sa colere ,
Il brisa l'orgueil témeraire ,
Des Rois soulevez contre toy :
Et s'armant un jour de la Foudre ,
Il doit juger et mettre en poudre ,
Ceux qui mépriseront ta Loy.
I. Vol. Soumis
JUIN.
1731. 1207
Soumis aux ordres de son Pere .
Il viendra chez les Nations ,
Boire à longs traits de l'Onde amére
Du torrent des afflictions :
C'est en sacrifiant sa vie ,`
Qu'il détruira la tyrannie ,
Du noir Monarque des Enfers ,
Et c'est à ce prix qu'il doit être ,
L'Arbitre et le souverain maître ,
Des Puissances de l'Univers.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume, Dixit Dominus.
Le poème 'Ode Sacrée' du Psaume 'Dixit Dominus' relate l'ascension d'un roi, fils de l'Etre suprême, vers la Cité Céleste. Ce roi est destiné à recevoir la puissance divine pour soumettre ses ennemis et régner sur l'univers. L'Etre suprême promet de briser l'orgueil des rois rebelles et de juger ceux qui méprisent sa loi. Le roi, obéissant à son Père, viendra parmi les nations pour endurer les afflictions. En sacrifiant sa vie, il détruira la tyrannie du 'noir Monarque des Enfers' et deviendra l'arbitre et le souverain maître des Puissances de l'Univers. Le poème souligne la souveraineté et la mission divine du roi, ainsi que son rôle de souverain prêtre et de juge.
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2804
p. 1213-1217
DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Début :
Dieux ! quel est le projet que la douleur m'inspire ! [...]
Mots clefs :
Enfers, Jupiter, Ombre, Dieux, Destinées, Tombeau, Tristesse, Haine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
DESCENTE AUX ENFERS,
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
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Résumé : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Le texte 'Descente aux enfers' narre le périple d'un personnage déterminé à retrouver son amour perdu, Camille. Motivé par une profonde douleur, il s'engage dans une expédition vers le 'ténébreux empire' pour sauver Camille. À l'instar d'Orphée et d'Hercule, il utilise sa souffrance pour apitoyer Caron et Cerbère, ainsi que pour émouvoir le souverain des enfers. Il traverse le fleuve Styx et observe les tourments infligés aux coupables, surveillés par les Furies. Il rencontre ensuite Atropos, qui lui révèle le destin scellé de Camille. Désespéré, il supplie Pluton de lui rendre Camille ou, à défaut, de lui permettre de la voir. Ému par ses larmes, Pluton ordonne à Minos de conduire le personnage vers Camille. Après l'avoir retrouvée, Camille le fuit. Désespéré, il décide de rester aux enfers avec elle. Cependant, Minos le ramène à la surface. Avant de partir, il espère que la douleur mettra fin à ses jours.
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2805
p. 1221-1224
STANCES.
Début :
Cephise en dois-je croire au rapport d'un Enfant ? [...]
Mots clefs :
Céphise, Fable, Bonheur, Amour, Cœur, Joie, Récompense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Ephise en dois- je croire au rapport d'us
Enfant
Où dois - je le traiter de fable ?
Fft- ce de votre part qu'il m'a fait compliment ?
Plus ce bonheur me paroît grand ,
Et moins il me paroît croyable !:
Mon coeur , un tel espoir a droit de vous saisir
Ne vous refusez pas à cette joye extrême ;
Il est doux de s'aider à se tromper soi -même
Lorse l'erreur eft un plaisir..
L'Enfant a t'il dit vrai suis - je heureux ? suis -je
à plaindre ?
I. Vol Qui
1222 MERCURE DE FRANCE
Qui pourra m'assurer de sa sincerité ?
Cet âge ne sçait il ni feindre ,
Ni déguiser la verité ?
Non , ce n'est point une imposture ;
Je le crois , j'en ai pour garant
Le petit Dieu qui met mon ame à la torture ;
Il n'eft lui-même qu'un enfant :
Amour , je te ferois injure :
Ji je me défiois de ton âge innocent.
Mais mon doute toûjours revient et m'embarasse,
Dois-je ne point songer aux adieux qu'on m'a
faits ?
Ou remercier d'une grace ,
A laquelle peut-être on ne songea jamais ≥
A chaque inftant mille scrupules ,
De mon esprit flotant redoublent l'embarras ;
S'il faut choisir enfin, ah ! paroissons credules ,
Plûtôt que de paroître ingrats..
Mais je me flatte trop d'une grace incertaine ,
Moy qu'on vit rarement près de vous s'arrêter ,
Moi que vous connoissez à peine ,
Qu'ay-je fait pour la meriter
<
52
TO
D
I. Vala
Sei
JUIN. 1731. 1223
Seroient- ce mes regards , dont l'éloquent silence,
A sans doute trahi les secrets de mon coeur ;
Seroient- ce mon respect , ma timide conſtance
Qui m'ont attiré ce bonheur ?
Seroit- ce qu'entendant quelques flutes plaintives
Troubler pendant la nuit le silence des Airs ,
Vous connussiez la voix de mes ardeurs crain
tives.
Qui s'expliquoient par ces concerts ?
Vous auroit-on appris que mon coeur équitable
Faisoit gloire par tout d'être en bute à vos traits
Auriez- vous sçû combien je vous trouvois ai
mable ?
Et comment en tout lieu je vantois vos attraits ?
D'un éloge sans fard ; est- ce la récompense ?
Cephise , avez-vous crû lui devoir ce retour ?
Je le vois , je dois tout à la reconnoissance ,
Et je ne dois rien à l'amour.
Helas ! peut- être encore la pitié s'y joint- elle ;
Prévoyant la douleur mortelle ,
Dont votre prompt départ accableroit mes sens ,
Vous devintes sensible à ma peine cruelle ,
Et sçûtes l'addoucir par deux mots obligeans.
I. Vol. Oui
224 MERCURE DE FRANCE
Oui , même en apprenant que vous étiez partie
Ces mots sçurent me réjouir :
Mais quel chagrin alors dans mon ame ravie !
Quels transports opposés s'en vinrent me saisir!
Dans le même moment je crus perdre la vie ,
Et de douleur & de plaisir.
Je ne m'expose point , Cephise , à vous déplaire;
En découvrant mes sentimens ;
L'aveu de mon amour n'a rien de téméraire ,
Si l'enfant par votre ordre a fait les complimens
Si la grace eft imaginaire ,
Vous ne sçaurez de qui sont les remerciemens
Ephise en dois- je croire au rapport d'us
Enfant
Où dois - je le traiter de fable ?
Fft- ce de votre part qu'il m'a fait compliment ?
Plus ce bonheur me paroît grand ,
Et moins il me paroît croyable !:
Mon coeur , un tel espoir a droit de vous saisir
Ne vous refusez pas à cette joye extrême ;
Il est doux de s'aider à se tromper soi -même
Lorse l'erreur eft un plaisir..
L'Enfant a t'il dit vrai suis - je heureux ? suis -je
à plaindre ?
I. Vol Qui
1222 MERCURE DE FRANCE
Qui pourra m'assurer de sa sincerité ?
Cet âge ne sçait il ni feindre ,
Ni déguiser la verité ?
Non , ce n'est point une imposture ;
Je le crois , j'en ai pour garant
Le petit Dieu qui met mon ame à la torture ;
Il n'eft lui-même qu'un enfant :
Amour , je te ferois injure :
Ji je me défiois de ton âge innocent.
Mais mon doute toûjours revient et m'embarasse,
Dois-je ne point songer aux adieux qu'on m'a
faits ?
Ou remercier d'une grace ,
A laquelle peut-être on ne songea jamais ≥
A chaque inftant mille scrupules ,
De mon esprit flotant redoublent l'embarras ;
S'il faut choisir enfin, ah ! paroissons credules ,
Plûtôt que de paroître ingrats..
Mais je me flatte trop d'une grace incertaine ,
Moy qu'on vit rarement près de vous s'arrêter ,
Moi que vous connoissez à peine ,
Qu'ay-je fait pour la meriter
<
52
TO
D
I. Vala
Sei
JUIN. 1731. 1223
Seroient- ce mes regards , dont l'éloquent silence,
A sans doute trahi les secrets de mon coeur ;
Seroient- ce mon respect , ma timide conſtance
Qui m'ont attiré ce bonheur ?
Seroit- ce qu'entendant quelques flutes plaintives
Troubler pendant la nuit le silence des Airs ,
Vous connussiez la voix de mes ardeurs crain
tives.
Qui s'expliquoient par ces concerts ?
Vous auroit-on appris que mon coeur équitable
Faisoit gloire par tout d'être en bute à vos traits
Auriez- vous sçû combien je vous trouvois ai
mable ?
Et comment en tout lieu je vantois vos attraits ?
D'un éloge sans fard ; est- ce la récompense ?
Cephise , avez-vous crû lui devoir ce retour ?
Je le vois , je dois tout à la reconnoissance ,
Et je ne dois rien à l'amour.
Helas ! peut- être encore la pitié s'y joint- elle ;
Prévoyant la douleur mortelle ,
Dont votre prompt départ accableroit mes sens ,
Vous devintes sensible à ma peine cruelle ,
Et sçûtes l'addoucir par deux mots obligeans.
I. Vol. Oui
224 MERCURE DE FRANCE
Oui , même en apprenant que vous étiez partie
Ces mots sçurent me réjouir :
Mais quel chagrin alors dans mon ame ravie !
Quels transports opposés s'en vinrent me saisir!
Dans le même moment je crus perdre la vie ,
Et de douleur & de plaisir.
Je ne m'expose point , Cephise , à vous déplaire;
En découvrant mes sentimens ;
L'aveu de mon amour n'a rien de téméraire ,
Si l'enfant par votre ordre a fait les complimens
Si la grace eft imaginaire ,
Vous ne sçaurez de qui sont les remerciemens
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Résumé : STANCES.
Le texte relate les doutes et les émotions d'un individu face à un rapport concernant un enfant. L'auteur oscille entre bonheur et incrédulité, se demandant s'il doit croire à ce rapport ou le considérer comme une fable. Il exprime des scrupules et des doutes sur la sincérité de l'enfant, tout en reconnaissant l'innocence de l'amour. Il se questionne sur la possibilité d'une imposture et sur les raisons pour lesquelles il pourrait mériter ce bonheur, mentionnant ses regards, son respect et sa constance. L'auteur se demande si ses sentiments ont pu être trahis par des flûtes plaintives ou des éloges. Il reconnaît que ce bonheur pourrait être dû à la reconnaissance ou à la pitié. Il évoque également les sentiments contradictoires ressentis lors du départ de Cephise, mêlant douleur et plaisir. L'auteur affirme ne pas chercher à déplaire à Cephise en révélant ses sentiments et ne pas considérer l'aveu de son amour comme téméraire, surtout si la grâce est imaginaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2806
p. 1235-1240
L'INTEREST, ODE Qui par le jugement de l'Académie des Jeux Floraux, a remporté cette année 1731. le Prix de l'Amarante d'or, destiné à ce genre de Poësie ; elle est de M. l'Abbé Poncy de Neuville ; c'est pour la septiéme fois qu'il est couronné dans cette Académie.
Début :
Quelle est cette horrible furie ! [...]
Mots clefs :
Furie, Ambition, Intérêt, Abîme, Funérailles, Princes, Fleuves de sang, Guerre, Paix, Sisyphe
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texteReconnaissance textuelle : L'INTEREST, ODE Qui par le jugement de l'Académie des Jeux Floraux, a remporté cette année 1731. le Prix de l'Amarante d'or, destiné à ce genre de Poësie ; elle est de M. l'Abbé Poncy de Neuville ; c'est pour la septiéme fois qu'il est couronné dans cette Académie.
L'INTEREST ,
ODE
Quipar lejugement de l'Académie des Jeux
Floraux , a remporté cette année 1731 .
le Prix de l'Amarante d'or , destiné à
cegenre de Poësies elle est de M. l'Abbé
Poncy de Neuville ; c'est pour la septième
fois qu'il est couronné dans cette Académie.
Quelle
Uelle est cette horrible furie !
Son souffle empoisonne les Airs ;
Sa pernicieuse industrie ,
De crimes remplit l'Univers
D'un glaive sa main est armée
Elle va de rage animée
Creuser en cent lieux des Tombeaux
L'ambition et l'avarice ,
L'affreuse envie et l'injustice ,
L'éclairent de leurs noirs flambeaux,
I. Vol
By C'est
1236 MERCURE DE FRANCE
C'est l'Interêt ; non. le Tartare ,
Fécond en vices éclatans ,
N'a rien vomi de plus barbare
Depuis la naissance des temps ,
Sur un vaste amas de ruines ,
Il s'éleve fier des rapines >
Dont on enrichit ses Autels
Les insatiables harpies ,
Volent autour des dons impies
Que lui prodiguent les Mortels.
Le Nocher , loin de sa Patrie ,
Pour lui seul renonce au repos ;
Il part , il brave la Furie ,
Des Vents déchaînez et des Flots
Si- tôt que l'Interêt décide ,
Rien n'arrête , rien n'intimide ,
Que dis- je ? on renonce aux plaisirs ,
Les esprits opposez s'unissent
Les plus indociles fléchissent
Tout change au gré de ses desirs.
&
Tyran que l'Univers encense
Malgré l'honneur et la raison ,
Sous le regne de l'innocence ,
On ignoroit jusqu'à ton nom
Dans les flancs des profonds abymes
2
1
I. Vol.
Les
JUIN.
1731. 1237
Les trésors , source de nos crimes ,
Etoient encore resserrez •
Nous n'aurions point connu la guerre ,
Sï jamais du sein de la Terre ,
Ton bras ne les avoit tirez.
{
Quelles horribles funerailles !
Je nâge en des Fleuves de sang ;
Le cruel démon des batailles ,
Porte la mort de rang en rang ;
Les Provinces sont ravagées ;
Les Citez tombent saccagées ;
Et sous ces Palais désolez ,
Je vois par d'odieuses trames ,
Parmi les cris , parmi les flâmes ,
Périr cent Princes immolez.
Quand les feux des guerres publiques ,
S'éteignent aux pieds de la Paix ,
Auteu: des troubles domestiques ,
Tu vas causer d'autres forfaits ,
Le fils s'arme contre le pere ,
Le frere attente sur le frere ,
L'ami méconnoît ses amis ,
Grands Dieux , ses maximes sinistres ,
Souillent quelquefois vos Ministres ,
Et corrompent ceux de Tlémis.
9
I. Vol.
Par
B vj
1238 MERCURE DE FRANCE
Par les coupables artifices ,
On trahit , on vend l'équité ,
On profane les Sacrifices ,
Que vous offre la pieté;
Combien ... mais non…….. que mon silence },
Dérobe à l'injuste licence ,
Des Portraits toujours dangereux ;
Craignons de lui fournir des armes ;
Effaçons plutôt par nos larmes ,
Tout ce que leurs, traits ont d'affreux.
Ce ne sont plus ces simpaties ,
Desames qu'un rapport heureux
Auroit l'une à l'autre assorties ,.
Qui de l'Hymen forment les noeuds
Toi seul regle la destinée ,
De la Victime infortunée ,
Qu'on entraîne aux pieds de l'Autel ;
Interêt , quel est ton empire-?
Le tendre Amour en vain soupire,
Il y reçoit le coup mortel.
Delà ces feux illegitimes ,
Par qui le Ciel est irrité.
Ah ! n'imputons qu'à toi les crimes ;
Que commet l'infidelité ;
On s'est uni sans se connoître ,
..
* 15 :
I. Vol. On
JUIN. 1731 8239
On se seroit aimé peut-être ;
Le coeur au moins eût combattu :
Mais par ton funeste caprice ,
Barbare , tu forces au yice ,
Ce coeur formé pour lá vertu.
Qu'elle est cette Idole fragile ,
Livrée au caprice du vent è
La tête est d'or , les pieds d'argile
Ont pour baze un sable mouvant
J'entends les fiers Sujets d'Eole ;
Ils s'unissent contre l'Idole ;
Quel bruit ! quel fracas ! quel débris !
Le decret des Cieux s'execute
Et le lieu même de sa chute ,
Disparoît aux regards surpris
.
>
De votre sort c'est là l'image
De l'Interêt vils Partisans ,
La Fortune abbat son ouvrage ,
Fuyez ses perfides présens
Quand elle seroit plus constante ,
Quand tout rempliroit votre attente ,
Par un long et coupable abus ,
Les plus formidables Monarques ,
Naissent tributaires des Parques ,
Vous leur devez mêmes tributs
D
i ita
I. Vol. Des
1240 MERCURE DE FRANCE
Des Sysiphes , des Promethées ,
Vous méritez les châtimens ,
Les Eumenides irritées ,
Vous préparent mêmes tourmens ;
Vos vains honneurs , coupables Ombres ,
N'ont plus d'éclat dans ces lieux sombres ,
Ou tous les rangs sont confondus ,
Et ces biens pour qui l'on soupire ,
Ne peuvent rien dans un Empire ,
Où l'on juge au poids des vertus.
Va par tes brigues infernales ,
Sordide Interêt , Monstre affreux ,
Regner sur des ames vénales ;
Reçois l'hommage de leurs voeux ;
Je préfère à ton opulence ,
Une vertueuse indigence ;
Tu ne peux séduire mon coeur ;
Et je le percerois moi- même ,
Si par un changement extrême ,
Il t'avouoit pour son Vainqueur.
ODE
Quipar lejugement de l'Académie des Jeux
Floraux , a remporté cette année 1731 .
le Prix de l'Amarante d'or , destiné à
cegenre de Poësies elle est de M. l'Abbé
Poncy de Neuville ; c'est pour la septième
fois qu'il est couronné dans cette Académie.
Quelle
Uelle est cette horrible furie !
Son souffle empoisonne les Airs ;
Sa pernicieuse industrie ,
De crimes remplit l'Univers
D'un glaive sa main est armée
Elle va de rage animée
Creuser en cent lieux des Tombeaux
L'ambition et l'avarice ,
L'affreuse envie et l'injustice ,
L'éclairent de leurs noirs flambeaux,
I. Vol
By C'est
1236 MERCURE DE FRANCE
C'est l'Interêt ; non. le Tartare ,
Fécond en vices éclatans ,
N'a rien vomi de plus barbare
Depuis la naissance des temps ,
Sur un vaste amas de ruines ,
Il s'éleve fier des rapines >
Dont on enrichit ses Autels
Les insatiables harpies ,
Volent autour des dons impies
Que lui prodiguent les Mortels.
Le Nocher , loin de sa Patrie ,
Pour lui seul renonce au repos ;
Il part , il brave la Furie ,
Des Vents déchaînez et des Flots
Si- tôt que l'Interêt décide ,
Rien n'arrête , rien n'intimide ,
Que dis- je ? on renonce aux plaisirs ,
Les esprits opposez s'unissent
Les plus indociles fléchissent
Tout change au gré de ses desirs.
&
Tyran que l'Univers encense
Malgré l'honneur et la raison ,
Sous le regne de l'innocence ,
On ignoroit jusqu'à ton nom
Dans les flancs des profonds abymes
2
1
I. Vol.
Les
JUIN.
1731. 1237
Les trésors , source de nos crimes ,
Etoient encore resserrez •
Nous n'aurions point connu la guerre ,
Sï jamais du sein de la Terre ,
Ton bras ne les avoit tirez.
{
Quelles horribles funerailles !
Je nâge en des Fleuves de sang ;
Le cruel démon des batailles ,
Porte la mort de rang en rang ;
Les Provinces sont ravagées ;
Les Citez tombent saccagées ;
Et sous ces Palais désolez ,
Je vois par d'odieuses trames ,
Parmi les cris , parmi les flâmes ,
Périr cent Princes immolez.
Quand les feux des guerres publiques ,
S'éteignent aux pieds de la Paix ,
Auteu: des troubles domestiques ,
Tu vas causer d'autres forfaits ,
Le fils s'arme contre le pere ,
Le frere attente sur le frere ,
L'ami méconnoît ses amis ,
Grands Dieux , ses maximes sinistres ,
Souillent quelquefois vos Ministres ,
Et corrompent ceux de Tlémis.
9
I. Vol.
Par
B vj
1238 MERCURE DE FRANCE
Par les coupables artifices ,
On trahit , on vend l'équité ,
On profane les Sacrifices ,
Que vous offre la pieté;
Combien ... mais non…….. que mon silence },
Dérobe à l'injuste licence ,
Des Portraits toujours dangereux ;
Craignons de lui fournir des armes ;
Effaçons plutôt par nos larmes ,
Tout ce que leurs, traits ont d'affreux.
Ce ne sont plus ces simpaties ,
Desames qu'un rapport heureux
Auroit l'une à l'autre assorties ,.
Qui de l'Hymen forment les noeuds
Toi seul regle la destinée ,
De la Victime infortunée ,
Qu'on entraîne aux pieds de l'Autel ;
Interêt , quel est ton empire-?
Le tendre Amour en vain soupire,
Il y reçoit le coup mortel.
Delà ces feux illegitimes ,
Par qui le Ciel est irrité.
Ah ! n'imputons qu'à toi les crimes ;
Que commet l'infidelité ;
On s'est uni sans se connoître ,
..
* 15 :
I. Vol. On
JUIN. 1731 8239
On se seroit aimé peut-être ;
Le coeur au moins eût combattu :
Mais par ton funeste caprice ,
Barbare , tu forces au yice ,
Ce coeur formé pour lá vertu.
Qu'elle est cette Idole fragile ,
Livrée au caprice du vent è
La tête est d'or , les pieds d'argile
Ont pour baze un sable mouvant
J'entends les fiers Sujets d'Eole ;
Ils s'unissent contre l'Idole ;
Quel bruit ! quel fracas ! quel débris !
Le decret des Cieux s'execute
Et le lieu même de sa chute ,
Disparoît aux regards surpris
.
>
De votre sort c'est là l'image
De l'Interêt vils Partisans ,
La Fortune abbat son ouvrage ,
Fuyez ses perfides présens
Quand elle seroit plus constante ,
Quand tout rempliroit votre attente ,
Par un long et coupable abus ,
Les plus formidables Monarques ,
Naissent tributaires des Parques ,
Vous leur devez mêmes tributs
D
i ita
I. Vol. Des
1240 MERCURE DE FRANCE
Des Sysiphes , des Promethées ,
Vous méritez les châtimens ,
Les Eumenides irritées ,
Vous préparent mêmes tourmens ;
Vos vains honneurs , coupables Ombres ,
N'ont plus d'éclat dans ces lieux sombres ,
Ou tous les rangs sont confondus ,
Et ces biens pour qui l'on soupire ,
Ne peuvent rien dans un Empire ,
Où l'on juge au poids des vertus.
Va par tes brigues infernales ,
Sordide Interêt , Monstre affreux ,
Regner sur des ames vénales ;
Reçois l'hommage de leurs voeux ;
Je préfère à ton opulence ,
Une vertueuse indigence ;
Tu ne peux séduire mon coeur ;
Et je le percerois moi- même ,
Si par un changement extrême ,
Il t'avouoit pour son Vainqueur.
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Résumé : L'INTEREST, ODE Qui par le jugement de l'Académie des Jeux Floraux, a remporté cette année 1731. le Prix de l'Amarante d'or, destiné à ce genre de Poësie ; elle est de M. l'Abbé Poncy de Neuville ; c'est pour la septiéme fois qu'il est couronné dans cette Académie.
L'ode 'L'INTEREST' de l'Abbé Poncy de Neuville, lauréate du Prix de l'Amarante d'or de l'Académie des Jeux Floraux en 1731, dépeint l'Interêt comme une force destructrice et corrompue. L'auteur présente cette entité comme la source de nombreux maux, tels que l'ambition, l'avarice, l'envie et l'injustice. L'Interêt pousse les hommes à commettre des crimes et à sacrifier leur honneur et leur raison. Il est comparé à un tyran qui règne sur l'univers, provoquant des guerres, des massacres et des divisions familiales. Cette force corrompt également les ministres et les juges, et pervertit les relations humaines, y compris l'amour et le mariage. L'ode met en garde contre les dangers de l'Interêt et exalte la vertu et l'indigence vertueuse par opposition à l'opulence corrompue. L'auteur refuse de se laisser séduire par l'Interêt et préfère une vie vertueuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2806
2807
p. 1252-1254
L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
Début :
Dans un agréable Bocage, [...]
Mots clefs :
Bocage, Aiglon, Geay, Oiseau, Orgueil, Rossignols, Naïveté, Vérité, Style
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
JUIN 1731. 1241
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
I. Vol. с L'AIGLON
1252 MERCURE DE FRANCE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
L'AIGLON ET LE GEAY.
FABLE.
Presentée à Monseigneur le Comte de Cler
mont , par M. de Castera , au sujet du
Livre intitulé le Théatre des Passions et
de la Fortune , que l'Autheur a dedié à
Son Altesse Serenissime.
D Ans un agréable Bocage .
Brilloit un Aiglon glorieux ,
Affable , doux , de beau plumage.
Et qui portoit dans l'éclat de ses yeux
L'infaillible Présage
D'une ame noble et d'un coeur généreux ;
Dés le moment de sa naissance
Hebé , les Graces , et l'Amour ,
Auprés de lui fixerent leur séjour ,
Pour prendre soin de son enfance ;
Jamais les accents douloureux ,
D'un Oyseau triste et malheureux ,
A son oreille en vain ne se firent entendre :
Exempt du chimerique orgueil ,
Qui des grands aveuglés est l'ordinaire écueil ;
De son rang il sçavoit descendre ;
Il sçavoit asservir son coeur ,
Aux Loix d'une amitié tendre et pleine d'ardeurs
1
1. Vol.
Rossignols ,
JUIN.
1253 1731.
Rossignols , Serins et Fauvettes ,
Eternisoient la gloire de leur nom ;
En consacrant à cet illustre Aiglon,
Leurs Refrains et leur's Chansonnettes
Parmi les aimables accents ,
་ ་
Dont ces Chantres Divins varioient leurMusique,'
Un Geay d'humeur simple et rustique ,
Ösa mêler ces fredons glapissants :
Son jargon étoit rude ,
Mais il parloit avec naïveté.
Dire toujours la verité ,
C'étoit et sa Devise et son unique étude.
On lui cria quelle témérité
Enfle aujourd'hui ta voix sans methode et sans
grace ?
Entre les Hôtes du Parnasse.
Apollon ne t'a point compté :
Je sçais bien,repond- t'il, que ma voix est grossiere,
Mais aussi je connois la générosité ,
Qui de l'Auguste Aiglon forme le caractére ,
Mon hommage est juste et sincere ,
Il ne sera point rebuté ;
L'Offrande d'un berger qui vit dans l'innocence ;
Touche le coeur des Immortels ;
Souvent plus de Magnificence
Attire leur mépris , et ternit leurs Autels ;
D'ailleurs , si pour louer cet Aiglon magnanime ?
Il faut àson merite égaler notre voix ,
I. Vol
Les
Cij
1254 MERCURE DE FRANCE
Les plus sçavants Hôtes des bois
N'ont pû l'entreprendre sans crime,
Seigneur , cette allusion ,
Exempte de tout nuage ,
Sous le Portrait de l'Aiglon ,
Dépeint icy vôtre image.
tel que le Geay sans étude et sans fard,
J'ose vous consacrer
mes veilles
¿
D'autres
pourront
avec plus d'Art
Prendre un style pompeux pour charmer vos
oreilles ;
Pour moy
Ecrire poliment surpasse mon pouvoir ,
Je dis ce que je pense , et c'est tout mon sçavoir,
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
I. Vol. с L'AIGLON
1252 MERCURE DE FRANCE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
L'AIGLON ET LE GEAY.
FABLE.
Presentée à Monseigneur le Comte de Cler
mont , par M. de Castera , au sujet du
Livre intitulé le Théatre des Passions et
de la Fortune , que l'Autheur a dedié à
Son Altesse Serenissime.
D Ans un agréable Bocage .
Brilloit un Aiglon glorieux ,
Affable , doux , de beau plumage.
Et qui portoit dans l'éclat de ses yeux
L'infaillible Présage
D'une ame noble et d'un coeur généreux ;
Dés le moment de sa naissance
Hebé , les Graces , et l'Amour ,
Auprés de lui fixerent leur séjour ,
Pour prendre soin de son enfance ;
Jamais les accents douloureux ,
D'un Oyseau triste et malheureux ,
A son oreille en vain ne se firent entendre :
Exempt du chimerique orgueil ,
Qui des grands aveuglés est l'ordinaire écueil ;
De son rang il sçavoit descendre ;
Il sçavoit asservir son coeur ,
Aux Loix d'une amitié tendre et pleine d'ardeurs
1
1. Vol.
Rossignols ,
JUIN.
1253 1731.
Rossignols , Serins et Fauvettes ,
Eternisoient la gloire de leur nom ;
En consacrant à cet illustre Aiglon,
Leurs Refrains et leur's Chansonnettes
Parmi les aimables accents ,
་ ་
Dont ces Chantres Divins varioient leurMusique,'
Un Geay d'humeur simple et rustique ,
Ösa mêler ces fredons glapissants :
Son jargon étoit rude ,
Mais il parloit avec naïveté.
Dire toujours la verité ,
C'étoit et sa Devise et son unique étude.
On lui cria quelle témérité
Enfle aujourd'hui ta voix sans methode et sans
grace ?
Entre les Hôtes du Parnasse.
Apollon ne t'a point compté :
Je sçais bien,repond- t'il, que ma voix est grossiere,
Mais aussi je connois la générosité ,
Qui de l'Auguste Aiglon forme le caractére ,
Mon hommage est juste et sincere ,
Il ne sera point rebuté ;
L'Offrande d'un berger qui vit dans l'innocence ;
Touche le coeur des Immortels ;
Souvent plus de Magnificence
Attire leur mépris , et ternit leurs Autels ;
D'ailleurs , si pour louer cet Aiglon magnanime ?
Il faut àson merite égaler notre voix ,
I. Vol
Les
Cij
1254 MERCURE DE FRANCE
Les plus sçavants Hôtes des bois
N'ont pû l'entreprendre sans crime,
Seigneur , cette allusion ,
Exempte de tout nuage ,
Sous le Portrait de l'Aiglon ,
Dépeint icy vôtre image.
tel que le Geay sans étude et sans fard,
J'ose vous consacrer
mes veilles
¿
D'autres
pourront
avec plus d'Art
Prendre un style pompeux pour charmer vos
oreilles ;
Pour moy
Ecrire poliment surpasse mon pouvoir ,
Je dis ce que je pense , et c'est tout mon sçavoir,
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Résumé : L'AIGLON ET LE GEAY. FABLE. Présentée à Monseigneur le Comte de Clermont, par M. de Castera, au sujet du Livre intitulé le Théatre des Passions et de la Fortune, que l'Autheur a dedié à son Altesse Serenissime.
En juin 1731, une lettre mentionne un ouvrage du Père Benito Jerónimo Feijoo, bénédictin espagnol. Cet ouvrage, intitulé 'Théâtre critique universel' ou 'Discursos varios en todo genero de materias para desengano de errores comunes', est dédié au Père Joseph de Barnuero, général de la Congrégation de Saint-Benoît en Espagne et en Angleterre. L'ouvrage, en quatre volumes, a été imprimé pour la troisième fois à Madrid en 1729. Il contient des discours variés sur divers sujets visant à désabuser les hommes des erreurs communes. L'ouvrage a été apporté en France par M. Boyer, un médecin de la Faculté de Montpellier et docteur-régent à Paris, qui s'était rendu en Espagne pour soigner le Marquis de Brancars, ambassadeur de France. Boyer, attentif à la littérature, a rapporté plusieurs livres espagnols, dont celui de Feijoo. Le premier volume, de 400 pages, comprend seize discours sur des sujets tels que la voix du peuple, la vertu et le vice, la médecine, l'astrologie, et une apologie des femmes. Le second volume, également de plus de 400 pages, contient quinze discours et est précédé d'une préface remerciant le public et répondant à des critiques. Les approbations de divers docteurs soulignent la qualité et l'importance de l'ouvrage. Le Docteur Martinez, dans une lettre apologétique, défend la médecine et les médecins contre les critiques de Feijoo. Feijoo répond à Martinez de manière respectueuse, reconnaissant les incertitudes de la médecine tout en affirmant son utilité. L'ouvrage a reçu des éloges de plusieurs personnalités, notamment Don Luis de Salazar et le Père Jean de Champverd. Par ailleurs, une lettre et une fable intitulée 'L'Aiglon et le Geai' sont présentées à Monseigneur le Comte de Clermont par M. de Castera. La lettre, datée du 19 février 1731, mentionne que l'auteur ne commentera pas la dernière pièce, préférant que le destinataire en juge par lui-même. Il se prépare à rendre compte de la suite de l'ouvrage. La fable raconte l'histoire d'un aiglon glorieux, affable et doux, né avec des qualités nobles et un cœur généreux. Dès sa naissance, les Grâces, l'Amour et Hébé veillent sur lui. L'aiglon est exempt d'orgueil et sait descendre de son rang pour des amitiés tendres. Les rossignols, serins et fauvettes chantent sa gloire, tandis qu'un geai, avec une voix rude mais naïve, ose également lui rendre hommage. Le geai explique que sa vérité et sa sincérité sont plus précieuses que des louanges pompeuses. Il compare l'aiglon au Comte de Clermont, soulignant que son hommage, bien que simple, est sincère et touchant. Le geai affirme que les offrandes des bergers innocents peuvent toucher les cœurs des immortels, contrairement aux magnificences qui peuvent attirer le mépris.
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2808
p. 1257-1260
LA GOUTE VAINCUE. A M. Le Chevalier D. L. Poëte, qui a été gueri par le remede que M. Blomet, Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom de Teinture solaire.
Début :
Enfin, cher Licidas, au lieu des tristes plaintes, [...]
Mots clefs :
Plâtre, Enflures, Jointures, Médecine, Gouttes, Science divine, Python, Apothicaire, Pommade, Eau d'Égypte
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texteReconnaissance textuelle : LA GOUTE VAINCUE. A M. Le Chevalier D. L. Poëte, qui a été gueri par le remede que M. Blomet, Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom de Teinture solaire.
LA GOUTE VAINCUE.
A M. Le Chevalier D. L. Poëte , qui a
étégueri par le remede que M. Blomer,
Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom
de Teinture solaire.
Enfin , cher Licidas , au lieu des tristes plain
tes ,
Que t'arrachoient les cruelles atteintes
Du mal dont tu fus tourmenté ,
Tu dois pousser des cris de joye ,
Puis qu'aux vives douleursdont tu devins la proye,.
Succede l'aimable santé.
A la gloire du Dieu qui finit ton martyre ,
Tu peux présentement faire parler ta Lyre
Avec le même art qu'autrefois ,
Et sur elle montrer l'adresse de tes doigts :
A leurs douloureuses jointures
On ne voit plus d'afreux nodus ,
Et le plâtre brulant qui causoit leurs enflures ,
Cesse de les rendre perclus.
Hâte-toi , Licidas , d'entendre ,
Comment ce prodige s'est fait ;
1. Vol.
C iiij. De
1258 MERCURE DE FRANCE
De moi seul tu le peux apprendre ;
Aucun autre mortel n'en a sçû le secret.
Ennuyé de ton long supplice ,
Que ma tendre amitié me faisoit partager
Et qu'elle n'avoit pû jusqu'alors soulager ,
Je suivis un soudain caprice
Qui m'entraîna vers Apollon.
Il s'amusoit dans le sacré Vallon
A répéter quelque chanson nouvelle .
Pardonnez , lui dis - je , Seigneur
Si , plein d'une juste douleur ,
Un de vos Sujets vous querelle ;
Je vois que de la bagatelle
Vous vous occupez dans ces lieux ,
Tandis qu'un monstre furieux
Dans l'Univers vous deshonore ,
Et même en cet instant dévore
Licidas , qui par vos leçons ,
Est devenu fameux entre vos nourrissons,
A quoy sert que la Medecine
Vous prenne pour son Protecteur ,
Et raporte son origine
A vôtre science divine ,
Si ce monstre en détruit l'honneur ?
Pour tout dire en un mot , la Goute a l'insolence
De braver des Docteurs la plus forte ordonnance,
"
I. Vol. Ez
JUIN. 1731. 1259
Et de leur Arsenal elle eut dans tous les tems ,
Le secret d'éluder les traits les plus puissants.
C'est à vous d'y penser . Vôtre ancienne Victoire
Sur le Serpent Python qui tomba sous vos coups.
Ne vous acquit point tant de gloire
Que la Goute vaincuë en répandroit sur vous.
Le Dieu sur cet avis sincére ,
Rougit de honte et frémit de colere..
C'en est fait , répond-il , nous en viendrons à
bout ;
Et comme les Dieux presque en tout ,
Veulent bien des humains employer l'entremise
Un Artiste prudent , adroit , laborieux ,
Va par mon ordre et sous mes yeux
Finir cette grande entreprise ::
Son zéle pour son Roy , son amour pour léss
Dieux ,
Méritent qu'à ses soins la chose soit commise..
Ouy,
Blomet va faire un remede nouveau >
Par qui l'on se verra delivré d'un fleau
Trop cruel et trop ordinaire ;
Et pour qu'on ne puisse ignorer
Qu'on tient de ma faveur un don si salutaire
J'ai résolu de l'honorer
Du nom de Teinture solaire..
I. Vol.
C v L'e
1260 MERCURE DE FRANCE
Le dessein d'Apollon se trouve éxécuté ;
C'est à luy , Licidas , que tu dois ta santé.
Par M. M.
On croit faire plaifir au Public , de l'avertir
en Prose et sans fiction,que le remede de M. Blo
met Apoticaire , demeurant à Paris , ruë du Tem
ple , est si facile , qu'il ne s'agit que de mouiller
dans sa teinture un morceau de futaine que l'on
appliqué sur les articles attaquez de la Goute. On
assure que cela dissout l'humeur plâtreuse , et la
dissipe , ensorte qu'on en reçoit un prompt sou
lagement , et que jamais le mal ne remonte.
Le même Apoticaire possede une pommade qui
guérit les Hemoroïdes tant internes qu'externes.
On trouve aussi chez lui l'Eau d'Egypte , qui
a la vertu de brunir ou noircir les cheveux les plus
roux.
A M. Le Chevalier D. L. Poëte , qui a
étégueri par le remede que M. Blomer,
Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom
de Teinture solaire.
Enfin , cher Licidas , au lieu des tristes plain
tes ,
Que t'arrachoient les cruelles atteintes
Du mal dont tu fus tourmenté ,
Tu dois pousser des cris de joye ,
Puis qu'aux vives douleursdont tu devins la proye,.
Succede l'aimable santé.
A la gloire du Dieu qui finit ton martyre ,
Tu peux présentement faire parler ta Lyre
Avec le même art qu'autrefois ,
Et sur elle montrer l'adresse de tes doigts :
A leurs douloureuses jointures
On ne voit plus d'afreux nodus ,
Et le plâtre brulant qui causoit leurs enflures ,
Cesse de les rendre perclus.
Hâte-toi , Licidas , d'entendre ,
Comment ce prodige s'est fait ;
1. Vol.
C iiij. De
1258 MERCURE DE FRANCE
De moi seul tu le peux apprendre ;
Aucun autre mortel n'en a sçû le secret.
Ennuyé de ton long supplice ,
Que ma tendre amitié me faisoit partager
Et qu'elle n'avoit pû jusqu'alors soulager ,
Je suivis un soudain caprice
Qui m'entraîna vers Apollon.
Il s'amusoit dans le sacré Vallon
A répéter quelque chanson nouvelle .
Pardonnez , lui dis - je , Seigneur
Si , plein d'une juste douleur ,
Un de vos Sujets vous querelle ;
Je vois que de la bagatelle
Vous vous occupez dans ces lieux ,
Tandis qu'un monstre furieux
Dans l'Univers vous deshonore ,
Et même en cet instant dévore
Licidas , qui par vos leçons ,
Est devenu fameux entre vos nourrissons,
A quoy sert que la Medecine
Vous prenne pour son Protecteur ,
Et raporte son origine
A vôtre science divine ,
Si ce monstre en détruit l'honneur ?
Pour tout dire en un mot , la Goute a l'insolence
De braver des Docteurs la plus forte ordonnance,
"
I. Vol. Ez
JUIN. 1731. 1259
Et de leur Arsenal elle eut dans tous les tems ,
Le secret d'éluder les traits les plus puissants.
C'est à vous d'y penser . Vôtre ancienne Victoire
Sur le Serpent Python qui tomba sous vos coups.
Ne vous acquit point tant de gloire
Que la Goute vaincuë en répandroit sur vous.
Le Dieu sur cet avis sincére ,
Rougit de honte et frémit de colere..
C'en est fait , répond-il , nous en viendrons à
bout ;
Et comme les Dieux presque en tout ,
Veulent bien des humains employer l'entremise
Un Artiste prudent , adroit , laborieux ,
Va par mon ordre et sous mes yeux
Finir cette grande entreprise ::
Son zéle pour son Roy , son amour pour léss
Dieux ,
Méritent qu'à ses soins la chose soit commise..
Ouy,
Blomet va faire un remede nouveau >
Par qui l'on se verra delivré d'un fleau
Trop cruel et trop ordinaire ;
Et pour qu'on ne puisse ignorer
Qu'on tient de ma faveur un don si salutaire
J'ai résolu de l'honorer
Du nom de Teinture solaire..
I. Vol.
C v L'e
1260 MERCURE DE FRANCE
Le dessein d'Apollon se trouve éxécuté ;
C'est à luy , Licidas , que tu dois ta santé.
Par M. M.
On croit faire plaifir au Public , de l'avertir
en Prose et sans fiction,que le remede de M. Blo
met Apoticaire , demeurant à Paris , ruë du Tem
ple , est si facile , qu'il ne s'agit que de mouiller
dans sa teinture un morceau de futaine que l'on
appliqué sur les articles attaquez de la Goute. On
assure que cela dissout l'humeur plâtreuse , et la
dissipe , ensorte qu'on en reçoit un prompt sou
lagement , et que jamais le mal ne remonte.
Le même Apoticaire possede une pommade qui
guérit les Hemoroïdes tant internes qu'externes.
On trouve aussi chez lui l'Eau d'Egypte , qui
a la vertu de brunir ou noircir les cheveux les plus
roux.
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Résumé : LA GOUTE VAINCUE. A M. Le Chevalier D. L. Poëte, qui a été gueri par le remede que M. Blomet, Apotiquaire du Roy distribuë sous le nom de Teinture solaire.
Le texte raconte la guérison de Licidas, un poète atteint de la goutte, grâce à un remède appelé 'Teinture solaire' préparé par M. Blomet, apothicaire du roi. Licidas, libéré de ses douleurs, peut de nouveau jouer de la lyre. Le narrateur, compatissant, invoque Apollon pour vaincre cette maladie. Apollon, embarrassé, confie la tâche à M. Blomet, qui crée le remède. Le texte se termine par une annonce indiquant que le remède de M. Blomet, disponible à Paris, rue du Temple, dissout et dissipe l'humeur causée par la goutte, offrant un soulagement rapide et durable. De plus, M. Blomet propose une pommade pour les hémorroïdes et une eau d'Égypte pour teindre les cheveux.
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2809
p. 1260-1262
RACOMMODEMENT, ODE.
Début :
Rebuté des mépris de la jeune Glicere, [...]
Mots clefs :
Amour, Flambeau, Belle, Cœur, Reine de Cythère, Tendre colère, Ingrate maîtresse, Vengeance
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texteReconnaissance textuelle : RACOMMODEMENT, ODE.
RACOMMODEMENT ,
O D E.
REbuté des mépris de la jeune Glicere ;
Je crus braver l'Amour en son flambeau fatal ,
Fabjurai son Carquois , je blasphemai sa mere
Mais que je me connoissois mal ! .
Helas ! en revoyant cette Belle inhumaine ,
1. Vola Me
JU iv . 1.6.1
1731.
Mes séns se sont émus , mon coeur a soupiré ,
Je ne sçai quoi m'a dit de rentrer dans sa chaîne,
Et dans l'instant j'y suis rentré.
Elle auroit effacé la Reine de Cithere ,
Son teint sembloit mêlé de Roses & de Lis ,
Je vis ses yeux briller d'une tendre colere
Et les miens en furent surpris.
"
Pour ne point m'attendrir aux traits de l'Infidelle
Je crus qu'il suffisoit d'opposer sa rigueur ,
Je cherchois le moyen de la trouver moins belle ,
Mais je n'y pus forcer mon coeur.
M
Je voulois me cacher l'excès de ma foiblesse
Je me dissimulois mes lâches sentimens ;
Je croïois mépriser mon ingrate Maîtresse ,
Et je trouvois ses traits charmans.
Sh
Tel que sur le penchant d'une Roche glissante
Malgré de vains efforts on se laisse tomber ,
Je ne pus résister , mon ame chancelante ,
Trouva plaisir à succomber.
Quand je ne la vois pas , je ressens mille allarmes
I. Vol. C vj
Har
J'en
1262 MERCURE DE FRANCE
J'en parle à chaque instant ; je la cherche en tous
lieux ,
Hors de la contempler ou penser à ses charmes ,
Tout le reste m'eſt ennuyeux.
'Amour , dont j'ai suivi les Loix sans resistance ,
Au milieu de son coeur daigne allumer tes feux ;
Si par un prompt retour on fléchit la vengeance ,
Dois- je encore être malheureux ?
L. C. D. N. D. M. O. au R, D. L. M. J.
O D E.
REbuté des mépris de la jeune Glicere ;
Je crus braver l'Amour en son flambeau fatal ,
Fabjurai son Carquois , je blasphemai sa mere
Mais que je me connoissois mal ! .
Helas ! en revoyant cette Belle inhumaine ,
1. Vola Me
JU iv . 1.6.1
1731.
Mes séns se sont émus , mon coeur a soupiré ,
Je ne sçai quoi m'a dit de rentrer dans sa chaîne,
Et dans l'instant j'y suis rentré.
Elle auroit effacé la Reine de Cithere ,
Son teint sembloit mêlé de Roses & de Lis ,
Je vis ses yeux briller d'une tendre colere
Et les miens en furent surpris.
"
Pour ne point m'attendrir aux traits de l'Infidelle
Je crus qu'il suffisoit d'opposer sa rigueur ,
Je cherchois le moyen de la trouver moins belle ,
Mais je n'y pus forcer mon coeur.
M
Je voulois me cacher l'excès de ma foiblesse
Je me dissimulois mes lâches sentimens ;
Je croïois mépriser mon ingrate Maîtresse ,
Et je trouvois ses traits charmans.
Sh
Tel que sur le penchant d'une Roche glissante
Malgré de vains efforts on se laisse tomber ,
Je ne pus résister , mon ame chancelante ,
Trouva plaisir à succomber.
Quand je ne la vois pas , je ressens mille allarmes
I. Vol. C vj
Har
J'en
1262 MERCURE DE FRANCE
J'en parle à chaque instant ; je la cherche en tous
lieux ,
Hors de la contempler ou penser à ses charmes ,
Tout le reste m'eſt ennuyeux.
'Amour , dont j'ai suivi les Loix sans resistance ,
Au milieu de son coeur daigne allumer tes feux ;
Si par un prompt retour on fléchit la vengeance ,
Dois- je encore être malheureux ?
L. C. D. N. D. M. O. au R, D. L. M. J.
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Résumé : RACOMMODEMENT, ODE.
Le poème 'Racommodement' de 1731 relate la capitulation du narrateur face à l'amour. Après avoir tenté de résister, il se retrouve vaincu en revoyant Glicere, une jeune femme. Il décrit une émotion intense et une incapacité à résister à son charme, malgré ses efforts pour la trouver moins belle et mépriser ses sentiments. Il compare sa situation à celle de quelqu'un glissant sur une roche et incapable de résister à la chute. En son absence, il ressent une angoisse constante et parle d'elle à chaque instant. Il implore l'amour de fléchir sa vengeance et de lui permettre de retrouver le bonheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2810
p. 1275-1279
LE PLAISIR ÉPURÉ. ODE.
Début :
Je reprends aujourd'hui la Lire [...]
Mots clefs :
Lyre, Vers, Plaisir, Volupté sauvage, Chrétien, Léthargie, Allégresse, Volupté paisible, Sages désirs, Innocence
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texteReconnaissance textuelle : LE PLAISIR ÉPURÉ. ODE.
LE PLAISIR EPURE.
O D E.
JE reprends aujourd'hui la Lire
Qu'autrefois je sçûs animer ;
Dieu des Vers , le Plaisir m'inspire :
Lui seul me suffit pour rimer.
Mais quelle vive ardeur me presse ?
Des premiers feux de ma jeunesse ,
Je ressens la vivacité :
Phébus j'abjure ta Méthode ,
Le Plaisir répand sur cette Ode ,
Ses charmes et sa nouveauté.
* L'Auteur à l'âge de 17. ans , avoit balancé
les suffrages de l'Académie des Jeux Floraux
pour le Prix de l'Ode, J
D Loin
1275 MERCURE DE FRANCE
Loin d'ici volupté sauvage ,
Dont Epicure fit un bien :
Les douceurs bien plus que la rage ,
Sont à craindre pour un Chrétien.
Par tes phantômes assallie ,
La raison tombe en létargie ,
Et ne s'éveille qu'en fureur ;
Mais la douceur enchanteresse ,
Du vif plaisir qui m'interesse ,
Eleve une ame et regle un coeur.
>
Aux beaux jours d'une vie heureuse ,
S'enflâment les riants Plaisirs :
La joye aisée et gracieuse ,
Brille , rit , éclate en desirs.
Ce n'est que transport , qu'allegresse ,
Où la plus séduisante yvresse ,
Flatte , amuse , enchante l'esprit :
Avec ce secours l'homme s'aime ;
Et croit , n'aimant plus que lui-même
Que l'Univers entier lui rit.
M
Oui , quand le plaisir nous anime
Et nous prévient de sa douceur ,
On sent une flamme sublime ,
Couler jusques au fond du coeur ;
L'esprit tiré de la matiere ,
I. Vol.
L
Jouit Į
JUIN. 1731. 1277
Joüit d'une pure lumiere ,
Plus brillante qu'un jour serain ;
Et quand dans les nuits les plus sombres,
Le plaisir dissipe les ombres ,
Il jouit du plus beau matin.
2
Tu nous sers , volupté paisible ,
Contre nos ennuis et nos maux :
Tu prépares un coeur sensible ,
A des transports toûjours nouveaux.
Cruels ennemis de nous- mêmes ,
Par tes séduisans stratagêmes ,
A nous - mêmes tu nous ravis ;
Et d'une trop fragile vie ,
Tu retiens le noeud qui la lie ;
Et tu répares ses esprits.
De deux amis qui se chérissent ,
Le Plaisir accroît la bonté :
C'est par ce Philtre que s'unissent ,
Tous les gens de Societé.
On s'assemble , mais c'est pour plaire :
Le Plaisir alors necessaire ,
Du commerce est le doux lien ,
Et dans ces momens favorables ,
On en trouve bien plus aimables ,
Les Convives et l'entretien,
Dij
L'hu
1278 MERCURE DE FRANCE
L'humeur philosophique et sombre
Qui ne m'abandonne jamais
M'invite à reposer à l'ombre ,
Sur le tapis d'un gazon frais :
Là , sur le bord d'une Onde
pure ,
Le Chêne entretient sa verdure ,
Mille fleurs y brillent aux yeux :
C'est là qu'avec plaisir je pense ,.
A conserver mon innocence ,
Par l'innocence de ces lieux .
粥
Là , quand la saison rigoureuse
Seme ses glaçons , ses frimats ,
Une societé nombreuse ,
M'invite à ne la craindre pas .
Tel chez moi lassé du commerce ;
-Près d'un brasier Bacchus m'exerce ,
Lui qui ne m'a jamais vaincu ;
Bien-tôt secouru d'un bon Livre ,
J'ai le bonheur d'apprendre à vivre ,
Et le plaisir d'avoir vécu .
Dans un âge encor susceptible
Des plus vives impressions ,
Je sens qu'il n'est plus si pénible ,
De combattre ses passions.
* 33. ans .
Le
JUIN. 1279 1731.
Le plaisir qui charme la vie ,
Unique et seul bien que j'envie ,
M'inspire de sages desirs ;
Et dans ces desirs j'envisage
Cette vie , et je la ménage ,
Dans l'esperance des plaisirs.
M
Le tems qui malgré nous entraîne
Nos jours trop prompts à s'écouler
Refuse à la vie incertaine ,
Le moyen de les rappeller.
C'est en vain que l'homme soupire
Du Monarque du sombre Empire ,
Il doit habiter le séjour.
Qu'il vive (a ) ou qu'aux Royaumes sombres ,
Il aille apprendre aux pâles Ombres ,
Qu'il a seulement vû le jour . (6)
In rebus jucundis vive beatus :
Vive memor , quam sis avi brevis .
Hor. Satyr. 6. Liv. 2.
(a) Vivre selon les Epicuriens , est de sçavoir
se procurer les plaisirs délicats ; ils en faisoient
même une espece de prudence. Prudentiam in
troducunt scientiam suppeditantem voluptates,
depellentem dolores . Cic. Offic. Liv. 3. c . 33 .
(b) Qui répond au Vixit des Romains , pour
dire qu'on n'est plus.
Parl'Abbé Day** ,Curé de G*** en Marsan.
O D E.
JE reprends aujourd'hui la Lire
Qu'autrefois je sçûs animer ;
Dieu des Vers , le Plaisir m'inspire :
Lui seul me suffit pour rimer.
Mais quelle vive ardeur me presse ?
Des premiers feux de ma jeunesse ,
Je ressens la vivacité :
Phébus j'abjure ta Méthode ,
Le Plaisir répand sur cette Ode ,
Ses charmes et sa nouveauté.
* L'Auteur à l'âge de 17. ans , avoit balancé
les suffrages de l'Académie des Jeux Floraux
pour le Prix de l'Ode, J
D Loin
1275 MERCURE DE FRANCE
Loin d'ici volupté sauvage ,
Dont Epicure fit un bien :
Les douceurs bien plus que la rage ,
Sont à craindre pour un Chrétien.
Par tes phantômes assallie ,
La raison tombe en létargie ,
Et ne s'éveille qu'en fureur ;
Mais la douceur enchanteresse ,
Du vif plaisir qui m'interesse ,
Eleve une ame et regle un coeur.
>
Aux beaux jours d'une vie heureuse ,
S'enflâment les riants Plaisirs :
La joye aisée et gracieuse ,
Brille , rit , éclate en desirs.
Ce n'est que transport , qu'allegresse ,
Où la plus séduisante yvresse ,
Flatte , amuse , enchante l'esprit :
Avec ce secours l'homme s'aime ;
Et croit , n'aimant plus que lui-même
Que l'Univers entier lui rit.
M
Oui , quand le plaisir nous anime
Et nous prévient de sa douceur ,
On sent une flamme sublime ,
Couler jusques au fond du coeur ;
L'esprit tiré de la matiere ,
I. Vol.
L
Jouit Į
JUIN. 1731. 1277
Joüit d'une pure lumiere ,
Plus brillante qu'un jour serain ;
Et quand dans les nuits les plus sombres,
Le plaisir dissipe les ombres ,
Il jouit du plus beau matin.
2
Tu nous sers , volupté paisible ,
Contre nos ennuis et nos maux :
Tu prépares un coeur sensible ,
A des transports toûjours nouveaux.
Cruels ennemis de nous- mêmes ,
Par tes séduisans stratagêmes ,
A nous - mêmes tu nous ravis ;
Et d'une trop fragile vie ,
Tu retiens le noeud qui la lie ;
Et tu répares ses esprits.
De deux amis qui se chérissent ,
Le Plaisir accroît la bonté :
C'est par ce Philtre que s'unissent ,
Tous les gens de Societé.
On s'assemble , mais c'est pour plaire :
Le Plaisir alors necessaire ,
Du commerce est le doux lien ,
Et dans ces momens favorables ,
On en trouve bien plus aimables ,
Les Convives et l'entretien,
Dij
L'hu
1278 MERCURE DE FRANCE
L'humeur philosophique et sombre
Qui ne m'abandonne jamais
M'invite à reposer à l'ombre ,
Sur le tapis d'un gazon frais :
Là , sur le bord d'une Onde
pure ,
Le Chêne entretient sa verdure ,
Mille fleurs y brillent aux yeux :
C'est là qu'avec plaisir je pense ,.
A conserver mon innocence ,
Par l'innocence de ces lieux .
粥
Là , quand la saison rigoureuse
Seme ses glaçons , ses frimats ,
Une societé nombreuse ,
M'invite à ne la craindre pas .
Tel chez moi lassé du commerce ;
-Près d'un brasier Bacchus m'exerce ,
Lui qui ne m'a jamais vaincu ;
Bien-tôt secouru d'un bon Livre ,
J'ai le bonheur d'apprendre à vivre ,
Et le plaisir d'avoir vécu .
Dans un âge encor susceptible
Des plus vives impressions ,
Je sens qu'il n'est plus si pénible ,
De combattre ses passions.
* 33. ans .
Le
JUIN. 1279 1731.
Le plaisir qui charme la vie ,
Unique et seul bien que j'envie ,
M'inspire de sages desirs ;
Et dans ces desirs j'envisage
Cette vie , et je la ménage ,
Dans l'esperance des plaisirs.
M
Le tems qui malgré nous entraîne
Nos jours trop prompts à s'écouler
Refuse à la vie incertaine ,
Le moyen de les rappeller.
C'est en vain que l'homme soupire
Du Monarque du sombre Empire ,
Il doit habiter le séjour.
Qu'il vive (a ) ou qu'aux Royaumes sombres ,
Il aille apprendre aux pâles Ombres ,
Qu'il a seulement vû le jour . (6)
In rebus jucundis vive beatus :
Vive memor , quam sis avi brevis .
Hor. Satyr. 6. Liv. 2.
(a) Vivre selon les Epicuriens , est de sçavoir
se procurer les plaisirs délicats ; ils en faisoient
même une espece de prudence. Prudentiam in
troducunt scientiam suppeditantem voluptates,
depellentem dolores . Cic. Offic. Liv. 3. c . 33 .
(b) Qui répond au Vixit des Romains , pour
dire qu'on n'est plus.
Parl'Abbé Day** ,Curé de G*** en Marsan.
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Résumé : LE PLAISIR ÉPURÉ. ODE.
Le texte 'Le Plaisir Epuré' célèbre les bienfaits du plaisir sur l'âme et le cœur. L'auteur, guidé par une ardeur juvénile, distingue les voluptés sauvages, condamnées par Épicure, des douceurs du plaisir chrétien, qui élèvent l'âme et régulent le cœur. Le plaisir est présenté comme une force vitale apportant joie, allégresse et une ivresse séduisante. Il dissipe les ombres des nuits sombres et permet de jouir d'une lumière pure. Le plaisir est aussi un remède contre les ennuis et les maux, préparant le cœur à de nouveaux transports et renforçant les liens d'amitié et de société. L'auteur évoque des moments de réflexion solitaire dans la nature, où il conserve son innocence, ainsi que des moments de convivialité en société. Il conclut en soulignant que le plaisir charme la vie et inspire des désirs sages, tout en étant conscient de la brièveté de l'existence.
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2811
p. 1282-1284
A MADLLE DE LA GUYTERIE. BOUQUET.
Début :
Peu ne s'en faut, ravissante Chichon, [...]
Mots clefs :
Muse, Balades, Ratures, Triolets, Constante froidure, Bise, Marchandise, Belle
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texteReconnaissance textuelle : A MADLLE DE LA GUYTERIE. BOUQUET.
A MADLLE DE LA GUYTERIE.
BOUQUET.
PEu ne s'en faut , ravissante Chichon ,
Que je ne puisse obtenir de ma Muse
Des Vers pour toi : j'aurois plus d'une excuse
Je ne sçavois qu'on te nommât Fanchon ;
Si j'avois sçû , prenant bien mes mesures
Depuis long- temps Balades ou Sonnets ,
Rondeaux , Chansons , à force de ratures.
Eussent trouvé place entre tes Bouquets.
Non que ce soit une chose facile ,.
De te chanter ... mais quelques Triolets ,
>
እ
I. Vol. Ou
JUI N. 1731. 1253
Où j'aurois fait passer tes Briolets .... *
Ah ! par ma foi je deviens imbécile ,
Parler pour vingt , ce n'est chose facile ,
Et c'est pourtant moins qu'on ne t'en connoît
Il me restoit pour me tirer d'affaire ,
D'avoir au moins des fleurs à présenter ;
Assez n'y font pas de plus grand mystere ?
Mais le moyen ? autant vaudroit brouter.
De la saison la constante froidure
A tout gelé , pas même de verdure ;
Mais pour Chichon , rien n'étant mal- aisé ,
Voicy ce dont je me suis avisé.
Flore , ai- je dit , bon gré malgré la bise ,
Ne peut manquer de telle Marchandise ;
Il ne s'agit donc pour en obtenir ,
Que de sçavoir ce qui peut convenir .
Nommer la. Belle , est justement l'affaire ,,
Son nom vaut seul un éloquent Discours
Et j'ai trouvé le seul point necessaire ,
Puisqu'elle sçait.commander aux Amours ;
Fut dit et fait , je cours avec vîtesse ;
En arrivant je vois les Jeux , les Ris ,
Qui recevoient des mains de la Déesse ;.
Bouquets de goût pour leur mere Cypris ;;
( Car c'est demain qu'on celebre à Cythere ,
Le jour natal.de cette Deïté ;
Terme du Pays pour dire Amans.
29
I.. Vol. Vous DV
1284 MERCURE DE FRANCE
Vous entendez à demi mot l'affaire ;
Vous deux avez même solemnité . )
Zéphir, de Flore excitoit la tendresse
Flore à Zéphir faisoit mainte caresse ,
Et Cupidon étoit à leur côté ,
Qui finissoit d'orner une Guirlande,
Dont à Venus il destinoit l'offrande ;
En te nommant il me donna le choix ,
De mille fleurs nouvellement écloses,
Chichon , lui dis- je , aime sur tout les Roses
Il en tenoit une en ses petits doigts ,
Dont je croyois qu'il dût payer mon zele ,
Lors qu'il me dit n'aspire à tant d'honneur
C'est de ma main qu'elle aura cette fleur ,
Le seul Amour peut l'offrir à la Belle.
*
Le Chevalier de Neufville de Montador ;
Enseigne au Régiment de la Marche.
A Auch , le 8. Mars 1731 ..
BOUQUET.
PEu ne s'en faut , ravissante Chichon ,
Que je ne puisse obtenir de ma Muse
Des Vers pour toi : j'aurois plus d'une excuse
Je ne sçavois qu'on te nommât Fanchon ;
Si j'avois sçû , prenant bien mes mesures
Depuis long- temps Balades ou Sonnets ,
Rondeaux , Chansons , à force de ratures.
Eussent trouvé place entre tes Bouquets.
Non que ce soit une chose facile ,.
De te chanter ... mais quelques Triolets ,
>
እ
I. Vol. Ou
JUI N. 1731. 1253
Où j'aurois fait passer tes Briolets .... *
Ah ! par ma foi je deviens imbécile ,
Parler pour vingt , ce n'est chose facile ,
Et c'est pourtant moins qu'on ne t'en connoît
Il me restoit pour me tirer d'affaire ,
D'avoir au moins des fleurs à présenter ;
Assez n'y font pas de plus grand mystere ?
Mais le moyen ? autant vaudroit brouter.
De la saison la constante froidure
A tout gelé , pas même de verdure ;
Mais pour Chichon , rien n'étant mal- aisé ,
Voicy ce dont je me suis avisé.
Flore , ai- je dit , bon gré malgré la bise ,
Ne peut manquer de telle Marchandise ;
Il ne s'agit donc pour en obtenir ,
Que de sçavoir ce qui peut convenir .
Nommer la. Belle , est justement l'affaire ,,
Son nom vaut seul un éloquent Discours
Et j'ai trouvé le seul point necessaire ,
Puisqu'elle sçait.commander aux Amours ;
Fut dit et fait , je cours avec vîtesse ;
En arrivant je vois les Jeux , les Ris ,
Qui recevoient des mains de la Déesse ;.
Bouquets de goût pour leur mere Cypris ;;
( Car c'est demain qu'on celebre à Cythere ,
Le jour natal.de cette Deïté ;
Terme du Pays pour dire Amans.
29
I.. Vol. Vous DV
1284 MERCURE DE FRANCE
Vous entendez à demi mot l'affaire ;
Vous deux avez même solemnité . )
Zéphir, de Flore excitoit la tendresse
Flore à Zéphir faisoit mainte caresse ,
Et Cupidon étoit à leur côté ,
Qui finissoit d'orner une Guirlande,
Dont à Venus il destinoit l'offrande ;
En te nommant il me donna le choix ,
De mille fleurs nouvellement écloses,
Chichon , lui dis- je , aime sur tout les Roses
Il en tenoit une en ses petits doigts ,
Dont je croyois qu'il dût payer mon zele ,
Lors qu'il me dit n'aspire à tant d'honneur
C'est de ma main qu'elle aura cette fleur ,
Le seul Amour peut l'offrir à la Belle.
*
Le Chevalier de Neufville de Montador ;
Enseigne au Régiment de la Marche.
A Auch , le 8. Mars 1731 ..
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Résumé : A MADLLE DE LA GUYTERIE. BOUQUET.
Le poème est adressé à Mademoiselle de La Guyterie, surnommée Chichon. L'auteur exprime son désir de composer des vers en son honneur, mais avoue ignorer son surnom jusqu'alors. Il regrette de ne pas avoir préparé des poèmes plus tôt et mentionne diverses formes poétiques qu'il aurait pu utiliser. En raison du froid hivernal, il ne peut lui offrir des fleurs. Il se rend alors auprès de la déesse Flore, qui célèbre la fête de Vénus à Cythère, accompagné de Zéphyr et de Cupidon. Il choisit des roses pour Chichon, car elle les aime particulièrement. Cependant, Cupidon insiste pour offrir lui-même la rose, soulignant que seul l'amour peut offrir une telle fleur. Le poème se conclut par une mention du Chevalier de Neufville de Montador, enseigne au Régiment de la Marche, datée du 8 mars 1731 à Auch.
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2812
p. 1303-1304
LOGOGRYPHE.
Début :
Prenez-moi tout entier, je presente à vos yeux [...]
Mots clefs :
Tableau
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
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2813
p. 1304-1305
ENIGME du même Auteur.
Début :
On voit à me former plusieurs Dieux concourir ; [...]
Mots clefs :
Salade
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME du même Auteur.
ENIGME du même Auteur.
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
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2814
p. 1305-1306
SECONDE ENIGME. du même Auteur.
Début :
Lecteur, voici de quoi rêver, [...]
Mots clefs :
Lettre A
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME. du même Auteur.
SECONDE
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
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2815
p. 1306-1307
EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
Début :
Je les tiens les vers mots ; Barbe, qui vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Barbe, Poutre, Logogriphe
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texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
EXPLICATION de l'Enigme
et des deux Logogryphes de May.
qui
JE
E les tiens les vrais mots ; Barbe ,
naitre ,
Est signe de prudence , ou du moins devroit
P'être ;
vient de
Tout le reste y convient. Poutre certainement ,
Į. Vol.
Estce
JUI N.
1307
1731.
Estce Prothée obscur , dont le prompt change
ment ,
Fait une Tour , un Port , une Porte , une Route
Un Ver ; mais c'est assez : le troisiéme , sans
doute ,
S'est lui-même dépeint ; Logogrypbe est aisé
A reconnoître aux traits qui l'avoient déguisé.
et des deux Logogryphes de May.
qui
JE
E les tiens les vrais mots ; Barbe ,
naitre ,
Est signe de prudence , ou du moins devroit
P'être ;
vient de
Tout le reste y convient. Poutre certainement ,
Į. Vol.
Estce
JUI N.
1307
1731.
Estce Prothée obscur , dont le prompt change
ment ,
Fait une Tour , un Port , une Porte , une Route
Un Ver ; mais c'est assez : le troisiéme , sans
doute ,
S'est lui-même dépeint ; Logogrypbe est aisé
A reconnoître aux traits qui l'avoient déguisé.
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Résumé : EXPLICATION de l'Enigme et des deux Logogryphes de May.
Le texte explique une énigme et deux logogryphes de May. Il identifie 'Barbe' comme signe de prudence et mentionne les années 1307 et 1731. Prothée, figure mythologique capable de changer de forme, est décrit comme obscur et se transformant en divers objets. Le troisième logogryphe se dépeint lui-même et est reconnaissable par ses traits déguisés.
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2816
p. 1346-1347
MUSETTE EN RONDEAU.
Début :
Charmantes Prairies, [...]
Mots clefs :
Prairies, Bergeries, Gazons, Bocage, Ramage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE EN RONDEAU.
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : MUSETTE EN RONDEAU.
Le texte 'Musette en Rondeau' vante la beauté et la sérénité des prairies fleuries, décrites comme des 'charmantes' et des 'aziles des Amours'. Ces lieux sont appréciés pour leur capacité à offrir des jours heureux et à inspirer des sentiments amoureux. Au matin, dès l'aube, les prairies se couvrent de fleurs, procurant des plaisirs sensoriels. Sous un bocage frais, on entend le chant des oiseaux innocents. Dans ces lieux paisibles, les bergères sensibles écoutent les vœux des bergers, et tous vivent heureux sans alarmes, savourant les charmes de leurs tendres feux. Les bergers des environs jouent de la musette, répétant les louanges des prairies. Le texte est daté du 1er juin et provient de la New York Public Library et de la Cork Public Library, grâce aux fondations Astor, Lenox et Tilden.
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2817
p. 1388-1389
REFLEXIONS SUR PARIS. A M. LE CHEVALIER C...
Début :
Paris n'est pas ce que l'on pense, [...]
Mots clefs :
Erreur, Protecteur, Fortune, Constance du malheur
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS SUR PARIS. A M. LE CHEVALIER C...
REFLEXIONS SUR PARIS.
A M. LE CHEVALIER C...
PAris n'est pas ce que l'on pense ,
C'est ici comme là ; s'il differe d'ailleurs ,
C'est que l'Esprit , l'Honneur , la Vertu , la
Science ,
N'y trouvent plus de Protecteurs.
One erreur trop certaine , et pourtant si com
mune >
Fait qu'un nombre prodigieux ,
Dans l'espoir séduisant d'y faire sa Fortune
Quitte son Foyer et ses Dieux.
De cent à peine un seul prospere.
A faire un bien gratis les Hommes sont si lents ,
Que mille gens dans la misere
Languissent à Paris avec de beaux talents.
On se fait maintenant aux yeux du miserable ,
De même que la Pierre avec le temps durcit.
Le coeur n'est plus touché du plus affreux recit ,.
On en voit trop pour en être capable.
"' Ce Pays , il est vrai , séjour de la grandeur
De tous maux , de tous biens , est le centre et la
source >
Avec quelque merite , et beaucoup de bonheur ,
I.. Vol. Il
JUIN. 1731. 1389
Il est avec le tems un Pays de ressource.
Victime à moi de mon bisarre
quant
sort 2
Dont le charme imposteur m'a seduit et me joue,
Je veux l'y surmonter , mais vainement j'échoue ,
Où d'autres à mes yeux parviennent sans effort.
Qu'on ne me dise plus qu'une extréme disgrace
Fait rentrer l'homme dans son Coeur.
Il attend , il attend , mais enfin il se lasse
De la constance du malheur.
A M. LE CHEVALIER C...
PAris n'est pas ce que l'on pense ,
C'est ici comme là ; s'il differe d'ailleurs ,
C'est que l'Esprit , l'Honneur , la Vertu , la
Science ,
N'y trouvent plus de Protecteurs.
One erreur trop certaine , et pourtant si com
mune >
Fait qu'un nombre prodigieux ,
Dans l'espoir séduisant d'y faire sa Fortune
Quitte son Foyer et ses Dieux.
De cent à peine un seul prospere.
A faire un bien gratis les Hommes sont si lents ,
Que mille gens dans la misere
Languissent à Paris avec de beaux talents.
On se fait maintenant aux yeux du miserable ,
De même que la Pierre avec le temps durcit.
Le coeur n'est plus touché du plus affreux recit ,.
On en voit trop pour en être capable.
"' Ce Pays , il est vrai , séjour de la grandeur
De tous maux , de tous biens , est le centre et la
source >
Avec quelque merite , et beaucoup de bonheur ,
I.. Vol. Il
JUIN. 1731. 1389
Il est avec le tems un Pays de ressource.
Victime à moi de mon bisarre
quant
sort 2
Dont le charme imposteur m'a seduit et me joue,
Je veux l'y surmonter , mais vainement j'échoue ,
Où d'autres à mes yeux parviennent sans effort.
Qu'on ne me dise plus qu'une extréme disgrace
Fait rentrer l'homme dans son Coeur.
Il attend , il attend , mais enfin il se lasse
De la constance du malheur.
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Résumé : REFLEXIONS SUR PARIS. A M. LE CHEVALIER C...
Le texte 'Réflexions sur Paris' est une lettre adressée à M. le Chevalier C... qui critique sévèrement la ville de Paris. L'auteur déplore l'absence de protecteurs pour l'Esprit, l'Honneur, la Vertu et la Science. Il observe que beaucoup de personnes quittent leur foyer pour Paris dans l'espoir de réussir, mais seuls quelques-uns y parviennent. De nombreux talents restent dans la misère, car les Parisiens sont peu enclins à aider gratuitement. La dureté des habitants de Paris est telle qu'ils sont insensibles aux récits de misère, en ayant trop souvent été exposés à ces situations. Paris est décrit comme le centre de tous les maux et de tous les biens, un lieu de grandeur et de ressources. L'auteur, ayant lui-même connu des difficultés, constate que l'homme finit par se lasser de la constance du malheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2818
p. 1408
SONNET.
Début :
Monstre toûjours fécond en douces impostures, [...]
Mots clefs :
Amour, Monstre, Vainqueur
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texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNE T.
Onstre toûjours fécond en douces impos
tures , Mon
Implacable ennemi du répos des Humains ,
Dois -je craindre tes traits , ou cherit tes bles
sures ,
Amour, tu tiens la vie et la mort en tes mains
'Agréable vainqueur , doux tyran de mon ame ,
C'est au prix des douleurs que tu vends tes plai→
sirs ;
On a gémi cent fois quand d'une tendre flâme
Ta cruelle bonté contente les desirs.
" Tu joins à tes douceurs une affreuse amertume
Souvent le même feu nous charme et nous con
sume ,
Quand on aime tes coups, il faut les éviter.
Que faire ? engironné de plaisirs er de larmes
Amour , on sent bien mieux la force de tes char→→
mes ,
On voudroit te hair , mais non pas te quitter.
Par René- Vincent Desf ***
Onstre toûjours fécond en douces impos
tures , Mon
Implacable ennemi du répos des Humains ,
Dois -je craindre tes traits , ou cherit tes bles
sures ,
Amour, tu tiens la vie et la mort en tes mains
'Agréable vainqueur , doux tyran de mon ame ,
C'est au prix des douleurs que tu vends tes plai→
sirs ;
On a gémi cent fois quand d'une tendre flâme
Ta cruelle bonté contente les desirs.
" Tu joins à tes douceurs une affreuse amertume
Souvent le même feu nous charme et nous con
sume ,
Quand on aime tes coups, il faut les éviter.
Que faire ? engironné de plaisirs er de larmes
Amour , on sent bien mieux la force de tes char→→
mes ,
On voudroit te hair , mais non pas te quitter.
Par René- Vincent Desf ***
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Résumé : SONNET.
Le poème 'SONNE T.' de René-Vincent Desf. décrit l'Amour comme une force ambivalente, à la fois agréable vainqueur et doux tyran. Il provoque des douleurs et des plaisirs, tenant la vie et la mort en ses mains. Le poète souligne la difficulté de résister à l'Amour malgré ses souffrances, exprimant un désir de le haïr sans vouloir le quitter.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2819
p. [1415]-1421
LA SCIENCE, ODE.
Début :
Fuyez, Esclaves volontaires, [...]
Mots clefs :
Grèce, Humilité, Arrogance, Pyrrhonisme, Sophisme, Mânes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA SCIENCE, ODE.
LA
SCIENCE ,
O D E.
Uyez , Esclaves volontaires ,
D'un aveuglement séducteur.
Craignez que mes traits salutaires ,
Ne percent un masque imposteur,
Loin ces hommes dont l'arrogance ,
Pour prix d'une vaine Science ,
Semble demander des Autels :
Je hais ces lumieres steriles ,
II, Vol A ij Qui
1416 MERCURE
DE FRANCE
Qui sans les rendre plus habiles ,
Les ont rendus plus criminels.
諾T
Celui qui des Mysteres sombres ,
Connoît toute la profondeur
Se cache sous d'épaisses ombres ,
Et nous dérobe sa grandeur.
Ainsi , privez de sa lumiere ,
Toûjours une vapeur grossiere ,
Obscurcit nos foibles esprits :
Heureux ! si limitant leur vûë ,
Le Ciel eût borné l'étenduë ,
De l'orgueil dont ils sont épris !
Mais , helas ! suivant avec joye ,
D'agréables impressions ,
Les hommes se livrent en proye ,
A de douces illusions.
Un foible rayon vient -il luire ? }
Si leur esprit cherche à s'instruire,
Leur vanité le croit instruit ;
Et ces insensez qu'on adore ,
Abusant d'une belle Aurore ,
Restent dans une affreuse nuit,
Ainsi par des routes chéries ,
11. Vol. L'orgueil
JUIN. 173. 1417
L'orgueil nous promene à son gré.
De ses subtiles flatteries ,
L'esprit est bien- tôt enyvré.
Dans le piege d'un vain systême ,
Que le coeur se tend à lui -même ,
L'homme aveuglé cherche à perir ;
Et jusqu'au sein de l'ignorance ,
S'enorgueillit d'une science ,
Qu'il ne peut pas même acquerir.
que
Telle est la misere orgueilleuse ,
D'un Philosophe * ambitieux ,
Dont la lumiere tenebreuse ,
Croit avoir penetré les Cieux .
Plus hardi les Zoroastres ,
Il veut de la Terre et des Astres
Regler les sublimes ressorts ;
Mais le Ciel qui l'avoit fait naître ,
Le créa bien moins pour connoître ,.
Que pour jouir de ses trésors.
A des Estres imaginaires ,
Livrant sa coupable raison ,
Des plus ridicules chimeres ,
Un autre ** avale le poison..
Le Phisicien.
** Le Métaphisicizen.
II. Vol. A iij Dans
1418 MERCURE DE FRANCE
14
Dans sa sublime extravagance ,
Il seche pour sonder l'essence ,
D'un objet qu'il ne connoît pas ;
La verité fuit sa poursuite ;
Mais l'orgueil qui marche à sa suite
A pour lui, les mêmes appas..
23
Et vous (a ) qui des siecles antiques ;
Confondez les Evenemens ;
Vous , dont les pompeuses Chroniques
Obscurcissent l'ordre des tems ;、
Parlez , quel est votre avantage ?
N'est- ce pas d'errer d'âge en âge ,
Pour en débrouiller le cahos ?
'Aussi le fruit de votre étude
N'est qu'une triste incertitude ,
Qui vient traverser vos travaux.
Mais que sert l'audace sévere ,
De mes transports injurieux ,
Tandis que notre esprit révere ,
Ceux qui nous ont fermé les yeux ?
Si des traits douteux de l'Histoire , (b)
Ils ont alteré la memoire ,
(a) Les Chronologistes .
(b) Les Sçavans qui travaillent à l'Histoires
t
11. Vol Nous
JUIN. 1419 1731 .
Nous sommes leurs adorateurs
Et leur redoutable imposture ,
D'une incertaine conjecture ,
Nous fait adopter les erreurs.
NE
Ainsi trompé par l'apparence ,
L'homme est éclairé sans rien voir;
> Et sa fastueuse ignorance
Se produit sous un faux sçavoir.
Paré d'une science vaine ,
Jadis un Sçavant de Priène , (a )
N'en conserva que les dehors ;
Et , des débris de sa Patrie ,
Il n'emporta que sa folie ,
Le plus cher de tous ses trésors.
Illustres Morts , superbes Mânes ,
Sortez d'un Tombeau plein d'horreur ;
Dépouillez ces titres prophanes ,
Que vous consacra notre erreur .
Où sont ces Couronnes sacrées ,2
Que sur vos têtes reverées ,.
(a) Bias , qui voyant sa Ville au pillage , ne
voulut rien sauver de ses richesses , disant
qu'il portoit tout son bien , c'est-à-dire , toute
SA Science avec lui.
II. Vol..
A. iiij.
La
1420 MERCURE DE FRANCE
Mit jadis un Peuple insensé ? ...
La fausse gloire est disparuë ,
Et la vanité confonduë ,
Lui dit qu'il s'étoit abusé.
Non , que d'un frivole Sophisme
Empruntant le subtil secours ,
Sur un dangereux Pyrrhonisms ,
Je veuille appuyer mes discours.
Je sçais que les forces humaines ,
De quelques veritez certaines ,
Ont sçû nous frayer les chemins ;
Mais des routes si favorables ,
Nous ont rendus plus miserables ,
En ne nous rendant que plus vains.
M
Laisson la superbe arrogance ,
D'un Pédant rempli de fierté ;
Tâchons d'acquerir sa Science ,
Mais non pas sa fatuité.
Alors , d'un sçavoir légitime ,
Une humilité magnanime ,
Sera le plus ferme soutien ;
Et nous suivrons l'humble sagesse ,
11. Vel.
De
JUIN. 1731 .
14: 1
De ce vrai Sçavant de la Grece , *
Qui sçavoit qu'il ne sçavoit rien.
* Socrate disoit que tout ce qu'il "sçavoir"
'étoit qu'il ne sçavoit rien .
Par René-Vincent des F ****
SCIENCE ,
O D E.
Uyez , Esclaves volontaires ,
D'un aveuglement séducteur.
Craignez que mes traits salutaires ,
Ne percent un masque imposteur,
Loin ces hommes dont l'arrogance ,
Pour prix d'une vaine Science ,
Semble demander des Autels :
Je hais ces lumieres steriles ,
II, Vol A ij Qui
1416 MERCURE
DE FRANCE
Qui sans les rendre plus habiles ,
Les ont rendus plus criminels.
諾T
Celui qui des Mysteres sombres ,
Connoît toute la profondeur
Se cache sous d'épaisses ombres ,
Et nous dérobe sa grandeur.
Ainsi , privez de sa lumiere ,
Toûjours une vapeur grossiere ,
Obscurcit nos foibles esprits :
Heureux ! si limitant leur vûë ,
Le Ciel eût borné l'étenduë ,
De l'orgueil dont ils sont épris !
Mais , helas ! suivant avec joye ,
D'agréables impressions ,
Les hommes se livrent en proye ,
A de douces illusions.
Un foible rayon vient -il luire ? }
Si leur esprit cherche à s'instruire,
Leur vanité le croit instruit ;
Et ces insensez qu'on adore ,
Abusant d'une belle Aurore ,
Restent dans une affreuse nuit,
Ainsi par des routes chéries ,
11. Vol. L'orgueil
JUIN. 173. 1417
L'orgueil nous promene à son gré.
De ses subtiles flatteries ,
L'esprit est bien- tôt enyvré.
Dans le piege d'un vain systême ,
Que le coeur se tend à lui -même ,
L'homme aveuglé cherche à perir ;
Et jusqu'au sein de l'ignorance ,
S'enorgueillit d'une science ,
Qu'il ne peut pas même acquerir.
que
Telle est la misere orgueilleuse ,
D'un Philosophe * ambitieux ,
Dont la lumiere tenebreuse ,
Croit avoir penetré les Cieux .
Plus hardi les Zoroastres ,
Il veut de la Terre et des Astres
Regler les sublimes ressorts ;
Mais le Ciel qui l'avoit fait naître ,
Le créa bien moins pour connoître ,.
Que pour jouir de ses trésors.
A des Estres imaginaires ,
Livrant sa coupable raison ,
Des plus ridicules chimeres ,
Un autre ** avale le poison..
Le Phisicien.
** Le Métaphisicizen.
II. Vol. A iij Dans
1418 MERCURE DE FRANCE
14
Dans sa sublime extravagance ,
Il seche pour sonder l'essence ,
D'un objet qu'il ne connoît pas ;
La verité fuit sa poursuite ;
Mais l'orgueil qui marche à sa suite
A pour lui, les mêmes appas..
23
Et vous (a ) qui des siecles antiques ;
Confondez les Evenemens ;
Vous , dont les pompeuses Chroniques
Obscurcissent l'ordre des tems ;、
Parlez , quel est votre avantage ?
N'est- ce pas d'errer d'âge en âge ,
Pour en débrouiller le cahos ?
'Aussi le fruit de votre étude
N'est qu'une triste incertitude ,
Qui vient traverser vos travaux.
Mais que sert l'audace sévere ,
De mes transports injurieux ,
Tandis que notre esprit révere ,
Ceux qui nous ont fermé les yeux ?
Si des traits douteux de l'Histoire , (b)
Ils ont alteré la memoire ,
(a) Les Chronologistes .
(b) Les Sçavans qui travaillent à l'Histoires
t
11. Vol Nous
JUIN. 1419 1731 .
Nous sommes leurs adorateurs
Et leur redoutable imposture ,
D'une incertaine conjecture ,
Nous fait adopter les erreurs.
NE
Ainsi trompé par l'apparence ,
L'homme est éclairé sans rien voir;
> Et sa fastueuse ignorance
Se produit sous un faux sçavoir.
Paré d'une science vaine ,
Jadis un Sçavant de Priène , (a )
N'en conserva que les dehors ;
Et , des débris de sa Patrie ,
Il n'emporta que sa folie ,
Le plus cher de tous ses trésors.
Illustres Morts , superbes Mânes ,
Sortez d'un Tombeau plein d'horreur ;
Dépouillez ces titres prophanes ,
Que vous consacra notre erreur .
Où sont ces Couronnes sacrées ,2
Que sur vos têtes reverées ,.
(a) Bias , qui voyant sa Ville au pillage , ne
voulut rien sauver de ses richesses , disant
qu'il portoit tout son bien , c'est-à-dire , toute
SA Science avec lui.
II. Vol..
A. iiij.
La
1420 MERCURE DE FRANCE
Mit jadis un Peuple insensé ? ...
La fausse gloire est disparuë ,
Et la vanité confonduë ,
Lui dit qu'il s'étoit abusé.
Non , que d'un frivole Sophisme
Empruntant le subtil secours ,
Sur un dangereux Pyrrhonisms ,
Je veuille appuyer mes discours.
Je sçais que les forces humaines ,
De quelques veritez certaines ,
Ont sçû nous frayer les chemins ;
Mais des routes si favorables ,
Nous ont rendus plus miserables ,
En ne nous rendant que plus vains.
M
Laisson la superbe arrogance ,
D'un Pédant rempli de fierté ;
Tâchons d'acquerir sa Science ,
Mais non pas sa fatuité.
Alors , d'un sçavoir légitime ,
Une humilité magnanime ,
Sera le plus ferme soutien ;
Et nous suivrons l'humble sagesse ,
11. Vel.
De
JUIN. 1731 .
14: 1
De ce vrai Sçavant de la Grece , *
Qui sçavoit qu'il ne sçavoit rien.
* Socrate disoit que tout ce qu'il "sçavoir"
'étoit qu'il ne sçavoit rien .
Par René-Vincent des F ****
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Résumé : LA SCIENCE, ODE.
Le poème critique la science et l'orgueil humain, mettant en garde contre les dangers de la vanité et de l'arrogance intellectuelle. L'auteur dénonce ceux qui, sous couvert de science, cherchent à dominer et à être vénérés. Il souligne que la véritable connaissance est souvent cachée et que les hommes, aveuglés par leur orgueil, se laissent tromper par des illusions et des chimères. Le texte critique également les philosophes, les physiciens et les métaphysiciens, qui, dans leur quête de savoir, finissent par se perdre. Les chronologistes et les historiens sont également visés, leurs travaux étant souvent marqués par des erreurs et des incertitudes. Le poème se conclut par un appel à l'humilité, en prenant l'exemple de Socrate, qui reconnaissait l'étendue de son ignorance. L'auteur invite à acquérir la science sans fatuité, afin de cultiver une humilité magnanime.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2820
p. 1427-1428
ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
Début :
Seigneur, pour publier ta gloire, [...]
Mots clefs :
Psaume, Gloire, Lois, Magnificence, Équité, Providence, Alliance
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
ODE SA CREE,
Tirée du Pseaume cx.
& c.. Confitebor tibi , Domine
Seigneur, Eigneur , pour publier ta gloire ,
J'éleverai par tout ma voix ;
J'en rappellerai la memoire ,
Aux hommes qui suivent tes Loix.
Je mésurerai mes hommages ,
Sur la grandeur de tes Ouvrages ,
Conformes à ta volonté :
Ils sont pleins de magnificence ,,
Et tous annoncent ta Puissance
Et ton immuable équité.
.
De mon Dieu , quelle est la clémence
Pour la Nation qui le sert ?
Son indulgente Providence ,
L'a nourir dans le Desert.
sçu
Il éternise ses Miracles ;
Israël , selon ses Oracles ,
Tu verras fuir tes ennemis ; .
Et suivant sa sainte Alliance
dla Vola
11
428 MERCURE DE FRANCE
Il va mettre sous ta Puissance ,
L'heritage qu'il t'a promis.
Tout ce qu'il fait n'est que sagesse
Que justice et que verité ;
Ses Loix subsisteront sans cesse
Pour confondre l'impieté.
Il délivra Sion naissante .""
De la puissance ravissante ,
De ses infléxibles Tyrans ;
Et l'Alliance salutaire ,
Qu'avec son Peuple il daigna faire ,
Sera stable dans tous les tems.
"
讚
Son nom est saint et redoutable ;
C
Ceux qui craignent son Jugement ,
De la Sagesse veritable ,
Possedent le commencement.
S'ils prennent leur crainte pour guide ,
Bien- tôt de ce Monde perfide ,
Ils connoîtront la vanité ;
Et du Seigneur dans les délices ,
Ils celebreront les Justices ,
Pendant toute l'Eternité.
Tirée du Pseaume cx.
& c.. Confitebor tibi , Domine
Seigneur, Eigneur , pour publier ta gloire ,
J'éleverai par tout ma voix ;
J'en rappellerai la memoire ,
Aux hommes qui suivent tes Loix.
Je mésurerai mes hommages ,
Sur la grandeur de tes Ouvrages ,
Conformes à ta volonté :
Ils sont pleins de magnificence ,,
Et tous annoncent ta Puissance
Et ton immuable équité.
.
De mon Dieu , quelle est la clémence
Pour la Nation qui le sert ?
Son indulgente Providence ,
L'a nourir dans le Desert.
sçu
Il éternise ses Miracles ;
Israël , selon ses Oracles ,
Tu verras fuir tes ennemis ; .
Et suivant sa sainte Alliance
dla Vola
11
428 MERCURE DE FRANCE
Il va mettre sous ta Puissance ,
L'heritage qu'il t'a promis.
Tout ce qu'il fait n'est que sagesse
Que justice et que verité ;
Ses Loix subsisteront sans cesse
Pour confondre l'impieté.
Il délivra Sion naissante .""
De la puissance ravissante ,
De ses infléxibles Tyrans ;
Et l'Alliance salutaire ,
Qu'avec son Peuple il daigna faire ,
Sera stable dans tous les tems.
"
讚
Son nom est saint et redoutable ;
C
Ceux qui craignent son Jugement ,
De la Sagesse veritable ,
Possedent le commencement.
S'ils prennent leur crainte pour guide ,
Bien- tôt de ce Monde perfide ,
Ils connoîtront la vanité ;
Et du Seigneur dans les délices ,
Ils celebreront les Justices ,
Pendant toute l'Eternité.
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Pseaume CX. Confitebor tibi, Domine, &c.
Le poème 'ODE SA CREE' est tiré du Psaume 110 et commence par une louange à Dieu, exprimant le désir de proclamer Sa gloire et de rappeler les lois divines. Le poète souligne la magnificence, la puissance et l'équité des œuvres de Dieu. Il met en avant la clémence divine envers la nation qui sert Dieu, mentionnant la Providence qui a nourri Israël dans le désert et les miracles éternels de Dieu. Israël est assuré de voir ses ennemis fuir et de recevoir l'héritage promis par Dieu, en vertu de l'alliance sainte. Les actions de Dieu sont décrites comme sages, justes et vraies, et Ses lois subsisteront pour confondre l'impiété. Le poème évoque également la délivrance de Sion des tyrans et la stabilité de l'alliance salutaire entre Dieu et Son peuple. Enfin, il souligne que ceux qui craignent le jugement de Dieu possèdent la véritable sagesse et connaîtront la vanité du monde, célébrant les justices du Seigneur pour l'éternité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2821
p. 1450-1452
LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
Début :
Certain Renard, lassé d'une longue abstinence, [...]
Mots clefs :
Renard, Jeûne, Coqs, Chant, Trompeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
LE RENARD TROMPE
FABLE..
Certain Renard ,lassé d'une longue abſtinence,
Vouloit rompre son jeûne ,et se remplir la panse,
II. Vol. Lors
JUIN. 1731. 1450
Lorsque de quelques Coqs il entendit , le chant
Il court où de sa faim l'entraîne le penchant :
Il s'avance à dessein d'enlever quelque Poule ;
Maître. Renard approche , il se glisse , il se coule
Tant qu'il parvient , jusqu'à la basse Cour.
Il reconnoit la place , il tourne tout autour ;
Dans son chemin , il cherche une ouverture
Qui facilite la capture.
Il appercoit un trou par où commodément
Il croit entrer sans nul empêchement ;
Sans perdre de tems il s'y lance
Dans une entiere confiance..
Mais par malheur un funeste lacet ,,
'Arrête le Voleur et le prend au collet ::
En vain pour se tirer du danger qui le presse ) ,
Il a recours à sa souplesse ,
Le Maître l'apperçoit et d'un air goguenard ,,
Lui dit depuis long-tems avec impatience
Je desirois votre presence ::
:
Soyez le bien venu , Monseigneur le Renard ;;
Vous vouliez de mes Coqs faire bonne compôte
Mais pour le coup , vous contés sans votre Hôte ,
Ignorez -vous donc , mon ami ,
Qu'à Renard , Renard et demi ?
De mes Poules , vingt fois vous avez fait ripaille.
Mon bon Monsieur , répond notre Vaurien ,
Contrefaisant l'homme de bien.
II.Vol. J'ignore
1452 MERCURE DE FRANCE
€
F'ignoré jusqu'au goût de la moindre Volaille :
Jamais je ne vous ai fait tort ;
Jamais chez vous je n'ai fait de ravage ,
Et si je suis ici c'est par mon mauvais sort ;
Je venois de vos Coqs entendre le ramage ,
Qui de loin me sembloit assez mélodieux :
Puisque vous n'aimez pas les gens si curieux ,
Coupez ce filet , je vous prie ,
Je vous le promets par les Dieux ;;
Je vous jure que de ma vie ,
Vous ne me verrez dans ces lieux ;
En aide ainsi me soit le puissant Dieu Mercure
C'est ma foi bien dit , je vous jure
Reprit le Païsan déguainant son couteau ,
Je vais vous dégager des noeuds de cette corde ;
Tout en parlant le Païsan l'aborde ,
Et lui coupe le col sans toucher au cordeau.
Au sort de ce Renard tour trompeur doit s'at
tendre ;
Tel est pris souvent qui croit prendre,
FABLE..
Certain Renard ,lassé d'une longue abſtinence,
Vouloit rompre son jeûne ,et se remplir la panse,
II. Vol. Lors
JUIN. 1731. 1450
Lorsque de quelques Coqs il entendit , le chant
Il court où de sa faim l'entraîne le penchant :
Il s'avance à dessein d'enlever quelque Poule ;
Maître. Renard approche , il se glisse , il se coule
Tant qu'il parvient , jusqu'à la basse Cour.
Il reconnoit la place , il tourne tout autour ;
Dans son chemin , il cherche une ouverture
Qui facilite la capture.
Il appercoit un trou par où commodément
Il croit entrer sans nul empêchement ;
Sans perdre de tems il s'y lance
Dans une entiere confiance..
Mais par malheur un funeste lacet ,,
'Arrête le Voleur et le prend au collet ::
En vain pour se tirer du danger qui le presse ) ,
Il a recours à sa souplesse ,
Le Maître l'apperçoit et d'un air goguenard ,,
Lui dit depuis long-tems avec impatience
Je desirois votre presence ::
:
Soyez le bien venu , Monseigneur le Renard ;;
Vous vouliez de mes Coqs faire bonne compôte
Mais pour le coup , vous contés sans votre Hôte ,
Ignorez -vous donc , mon ami ,
Qu'à Renard , Renard et demi ?
De mes Poules , vingt fois vous avez fait ripaille.
Mon bon Monsieur , répond notre Vaurien ,
Contrefaisant l'homme de bien.
II.Vol. J'ignore
1452 MERCURE DE FRANCE
€
F'ignoré jusqu'au goût de la moindre Volaille :
Jamais je ne vous ai fait tort ;
Jamais chez vous je n'ai fait de ravage ,
Et si je suis ici c'est par mon mauvais sort ;
Je venois de vos Coqs entendre le ramage ,
Qui de loin me sembloit assez mélodieux :
Puisque vous n'aimez pas les gens si curieux ,
Coupez ce filet , je vous prie ,
Je vous le promets par les Dieux ;;
Je vous jure que de ma vie ,
Vous ne me verrez dans ces lieux ;
En aide ainsi me soit le puissant Dieu Mercure
C'est ma foi bien dit , je vous jure
Reprit le Païsan déguainant son couteau ,
Je vais vous dégager des noeuds de cette corde ;
Tout en parlant le Païsan l'aborde ,
Et lui coupe le col sans toucher au cordeau.
Au sort de ce Renard tour trompeur doit s'at
tendre ;
Tel est pris souvent qui croit prendre,
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Résumé : LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
La fable 'Le Renard trompé' relate l'histoire d'un renard affamé qui pénètre dans une basse-cour par une ouverture. Il se fait capturer dans un piège. Le maître de la basse-cour, l'ayant vu, se moque de lui et lui rappelle ses précédentes tentatives de vol de poules. Le renard, feignant l'innocence, affirme être attiré par le chant des coqs et promet de ne plus revenir si on le libère. Le paysan, feignant de le croire, s'approche pour le libérer mais le tue en lui tranchant la gorge. La morale de cette fable est que ceux qui tentent de tromper les autres finissent souvent par être pris à leur propre jeu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2822
p. 1469-1470
SONNET. Par Mlle. de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Début :
Pour charmer son ennui, pour bannir la tristesse, [...]
Mots clefs :
Charmer, Ennui, Tristesse, Tircis, Richesse, Chasseur, Ivrogne, Poète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET. Par Mlle. de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
SONNE T.
Par Me de Malcrais de la Vigne du
Croisic , en Bretagne.
POur charmer son ennui , pour bannir la tris
tesse >
Tircis aime à chanter en gardant son troupeau
11..Vol. -Um Ċ ▾
1470 MERCURE DE FRANCE
Un Nocher témeraire aime à voguer sur l'eau ;
Un Avare aime à voir augmenter sa richesse.
Un Chasseur fatigué , que la chaleur oppresse;
Aime à se rafraîchir au courant d'un ruisseau ;
Un Ivrogne aime à boire et vin vieux et nouveau;;
Une None à la grille aime à jaser sans cesse.
Un joueur obstiné que le malheur poursuit ;
Dans un Brélan fatal aime à passer la nuit ;
Un Poëte indigent aime à toucher la lyre.
Un Evêque opulent aime à vivre à la Cour
Les plaisirs sont divers , et moi j'aime Thamire ;
Je l'aime , et l'aimerai jusqu'à mon dernier jour..
Par Me de Malcrais de la Vigne du
Croisic , en Bretagne.
POur charmer son ennui , pour bannir la tris
tesse >
Tircis aime à chanter en gardant son troupeau
11..Vol. -Um Ċ ▾
1470 MERCURE DE FRANCE
Un Nocher témeraire aime à voguer sur l'eau ;
Un Avare aime à voir augmenter sa richesse.
Un Chasseur fatigué , que la chaleur oppresse;
Aime à se rafraîchir au courant d'un ruisseau ;
Un Ivrogne aime à boire et vin vieux et nouveau;;
Une None à la grille aime à jaser sans cesse.
Un joueur obstiné que le malheur poursuit ;
Dans un Brélan fatal aime à passer la nuit ;
Un Poëte indigent aime à toucher la lyre.
Un Evêque opulent aime à vivre à la Cour
Les plaisirs sont divers , et moi j'aime Thamire ;
Je l'aime , et l'aimerai jusqu'à mon dernier jour..
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Résumé : SONNET. Par Mlle. de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Le texte décrit les passions de divers personnages : un berger chante contre l'ennui, un nocher aime naviguer, un avare apprécie l'argent, un chasseur se rafraîchit, un ivrogne boit, une nonne bavarde, un joueur persévère, un poète joue de la lyre, et un évêque riche vit à la cour. Le narrateur affirme aimer Thamire jusqu'à son dernier jour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2823
p. 1479-1482
A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
Début :
Prélat, dont les vertus et le sçavoir sublime, [...]
Mots clefs :
Prélat, Lumière, Soissons, Pacifique, Mort, Amour de la paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
A M. L'ARCHEVÊQUE
DE SENS ,
STAN- CE S.
"
Rélat , dont les vertus et le sçavoir sublime ,
Méritent nos respects , notre plus pur encens ,
Je ne viens point ici dans l'ardeur qui m'anime ,
Celebrer tes vertus par mes foibles accents ;
Je ne veux dans ces Vers que te montrer ma joye;
Souffre donc qu'elle éclatte, et qu'elle se déploye
Devant toi toute entiere en ce jour fortuné ,
Où , portant avec toi le zele et la lumiere ,
Tu viens d'un bon Pasteur commencer la car
riere ,
Pour le nouveau Troupeau que le Ciel t'a donné.
>
Si le choix inspiré , qui dans ces lieux t'amenè ,
Excita les regrets et les pleurs de Soissons
Riches de ce qu'il perd et qui cause sa peine ,
Nous bénissons LOUIS , et nous réjouissons.
D'un Prélat gracieux , affable et pacifique ,
La mort ici causoit une douleur publique ,
Tout le Troupeau saisi , gémissoit , s'allarmoit ,
Quel successeur plus digne eût banni la tristesse ?
11. Vol.
Dissipé
1480 MERCURE DE FRANCE
Dissipé la terreur et rendu l'allegresse ?
Qu'un Pontife zelé pour la paix qu'il aimoit ›
C'est l'amour de la paix , qui dans ces lieux t'ap
1
pelle ,
Tu la trouves ici , tu viens l'y maintenir.
Si de la verité tu soutiens la querelle ,
Sans alterer la paix , tu sçais la soûtenir.
De cette verité qui t'inspiré et t'éclaire ,
Défenseur génereux , tu la suis sans mystere ,
Et la fais triompher de la superbe erreur.
Mais tes armes , tes traits pour sa juste défense,
Sont les brillans éclairs d'une haute éloquence;
C'est une charité prudente et sans aigreur
De cette verité que ta plume sçavante
Orne des plus beaux traits et met dans tout son
jour,
En vain les ennemis d'une ardeur pétulente ,
Se déclarent les tiens , t'attaquent tour à tour.
Tu ne sçais opposer à toute l'amertume ,
Que répand contre toi leur outrageante plume ,
Qu'une douceur extrême et que la verité.
C'est ainsi qu'autrefois le Docteur de la grace ,
De ceux qui l'outrageoient , sçut confondre l'au
dace ,
Toujours doux, toujours humble et plein de
charité.
IL. Vol Que
JUIN.
1481
1731 .
Que Dieu jette sur nous un regard favorable ,
De te donner à nous , de nous donner à toi !
Et qu'il fait éclatter sa sagesse adorable ,
Qui veut par tés travaux affermir notre foi !
Cette Eglise commise à tes soins , à ton zele ,'
En toi trouve un Epoux attentif et fidele ,
Les Brebis un Pasteur , courageux , vigilant ,
Qui ne les conduira qu'en de sûrs Pâturages ,
Et sçaura les sauver des terribles ravages ,
Que fait le Loup qui voit le Pasteur indolent,
Si quelqu'une , pourtant , du troupeau se sépare
Prompt à courir après , tu la retrouveras ;
Sçavant à la tirer du chemin qui l'égare ,
Dans le sacré Bercail , tu la rameneras.
En toi l'ignorant trouve un Docteur charitable ,
Celui qui dans la foi chancelle et n'est pas stable ,
Pourra -t'il , s'il t'écoute , encore chanceler ?
On verra , j'en suis sûr , les Rochers et les Chê
nes ,
Accourir à ta voix , te suivre dans les Plaines ,
Suspendus et ravis de t'entendre parler.
Sans en être étonné je verrai ces miracles ,
Comment se pourroit-il que j'en fusse surpris ?
Par moi-même je sçai que les plus grands ob
stacles ,
II. Vo!. cedent
1482 MERCURE DE FRANCE
Cedent tous à ta voix , à tes doctes écrits.
Enfoncé dans l'erreur couverte de tenebres ,
Je marchois au hazard dans ses ombres funebres,
Insensé , je croyois suivre la verité.
Tes Ecrits éclattans d'une clarté celeste ,
1
D'abord m'ont découvert l'illusion funeste ,
Le fantôme imposteur dont j'étois entêté.
Bouchet , Chanoine de Sens.
DE SENS ,
STAN- CE S.
"
Rélat , dont les vertus et le sçavoir sublime ,
Méritent nos respects , notre plus pur encens ,
Je ne viens point ici dans l'ardeur qui m'anime ,
Celebrer tes vertus par mes foibles accents ;
Je ne veux dans ces Vers que te montrer ma joye;
Souffre donc qu'elle éclatte, et qu'elle se déploye
Devant toi toute entiere en ce jour fortuné ,
Où , portant avec toi le zele et la lumiere ,
Tu viens d'un bon Pasteur commencer la car
riere ,
Pour le nouveau Troupeau que le Ciel t'a donné.
>
Si le choix inspiré , qui dans ces lieux t'amenè ,
Excita les regrets et les pleurs de Soissons
Riches de ce qu'il perd et qui cause sa peine ,
Nous bénissons LOUIS , et nous réjouissons.
D'un Prélat gracieux , affable et pacifique ,
La mort ici causoit une douleur publique ,
Tout le Troupeau saisi , gémissoit , s'allarmoit ,
Quel successeur plus digne eût banni la tristesse ?
11. Vol.
Dissipé
1480 MERCURE DE FRANCE
Dissipé la terreur et rendu l'allegresse ?
Qu'un Pontife zelé pour la paix qu'il aimoit ›
C'est l'amour de la paix , qui dans ces lieux t'ap
1
pelle ,
Tu la trouves ici , tu viens l'y maintenir.
Si de la verité tu soutiens la querelle ,
Sans alterer la paix , tu sçais la soûtenir.
De cette verité qui t'inspiré et t'éclaire ,
Défenseur génereux , tu la suis sans mystere ,
Et la fais triompher de la superbe erreur.
Mais tes armes , tes traits pour sa juste défense,
Sont les brillans éclairs d'une haute éloquence;
C'est une charité prudente et sans aigreur
De cette verité que ta plume sçavante
Orne des plus beaux traits et met dans tout son
jour,
En vain les ennemis d'une ardeur pétulente ,
Se déclarent les tiens , t'attaquent tour à tour.
Tu ne sçais opposer à toute l'amertume ,
Que répand contre toi leur outrageante plume ,
Qu'une douceur extrême et que la verité.
C'est ainsi qu'autrefois le Docteur de la grace ,
De ceux qui l'outrageoient , sçut confondre l'au
dace ,
Toujours doux, toujours humble et plein de
charité.
IL. Vol Que
JUIN.
1481
1731 .
Que Dieu jette sur nous un regard favorable ,
De te donner à nous , de nous donner à toi !
Et qu'il fait éclatter sa sagesse adorable ,
Qui veut par tés travaux affermir notre foi !
Cette Eglise commise à tes soins , à ton zele ,'
En toi trouve un Epoux attentif et fidele ,
Les Brebis un Pasteur , courageux , vigilant ,
Qui ne les conduira qu'en de sûrs Pâturages ,
Et sçaura les sauver des terribles ravages ,
Que fait le Loup qui voit le Pasteur indolent,
Si quelqu'une , pourtant , du troupeau se sépare
Prompt à courir après , tu la retrouveras ;
Sçavant à la tirer du chemin qui l'égare ,
Dans le sacré Bercail , tu la rameneras.
En toi l'ignorant trouve un Docteur charitable ,
Celui qui dans la foi chancelle et n'est pas stable ,
Pourra -t'il , s'il t'écoute , encore chanceler ?
On verra , j'en suis sûr , les Rochers et les Chê
nes ,
Accourir à ta voix , te suivre dans les Plaines ,
Suspendus et ravis de t'entendre parler.
Sans en être étonné je verrai ces miracles ,
Comment se pourroit-il que j'en fusse surpris ?
Par moi-même je sçai que les plus grands ob
stacles ,
II. Vo!. cedent
1482 MERCURE DE FRANCE
Cedent tous à ta voix , à tes doctes écrits.
Enfoncé dans l'erreur couverte de tenebres ,
Je marchois au hazard dans ses ombres funebres,
Insensé , je croyois suivre la verité.
Tes Ecrits éclattans d'une clarté celeste ,
1
D'abord m'ont découvert l'illusion funeste ,
Le fantôme imposteur dont j'étois entêté.
Bouchet , Chanoine de Sens.
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Résumé : A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
L'auteur adresse une lettre à l'archevêque de Sens pour louer ses vertus et son savoir. Il exprime sa joie de voir l'archevêque débuter sa carrière pastorale dans son nouveau diocèse. Le choix de l'archevêque a été inspiré et a suscité des regrets à Soissons, mais Louis XIV est béni pour cette nomination. L'archevêque est décrit comme un prélat gracieux, affable et pacifique, dont l'arrivée a dissipé la tristesse et la terreur dans le diocèse. L'auteur admire son zèle pour la paix et la vérité, qu'il défend avec éloquence et charité prudente. Comparé au Docteur de la grâce, l'archevêque fait preuve de douceur et d'humilité face aux attaques. L'auteur prie pour que Dieu bénisse cette union et que l'archevêque guide son troupeau avec vigilance et charité, sauvant les brebis égarées et instruisant les ignorants. Il témoigne personnellement des miracles opérés par les écrits de l'archevêque, qui l'ont tiré de l'erreur et révélé la vérité. Il conclut en affirmant que les obstacles les plus grands cèdent devant la voix et les écrits de l'archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2824
p. 1497-1498
CANTATILLE. Par M. Desforges Maillard. A. A. P. D. B.
Début :
Vous voulez me cueillir, disoit la Rose en pleurs [...]
Mots clefs :
Cueillir, Rose, Aurore, Arroser, Baiser, Tendres plaisirs, Peine, Amants, Brûlants désirs
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texteReconnaissance textuelle : CANTATILLE. Par M. Desforges Maillard. A. A. P. D. B.
CANT AT ILLE.
Par M. Desforges Maillard. A.A.P.D.B :
V Ous voulez me cueillir , disoit la Rose em
pleurs :
Au jeune Corilas qui l'avoit cultivée ;
Helas ! m'avez-vous reservée
Au plus funeste des malheurs ?
•
Voilà donc , où tendoient vos perfides douceurs
Par ces mots la Rose vermeille
Croyoit convaincre Corilas
Mais Corilas tournant l'oreille
Feignoit de ne l'entendre pas .
Cent fois , poursuivoit - elle encore,
Vous avés prévenu l'Aurore ,
Pour me voir et pour m'arroser
Vous n'osiés pourtant me baiser ,
De crainte d'altérer l'éclat qui me colore.
'Arrêtez , cher Berger , cruel , que faites vous ? 1
Arrêtés , un moment quand vous m'aures
cüeillie
Quelques instants aprés vous me verrés flétrie
Je perdrai les attraits dont vous étiés jaloux .
Ainsi parloit la Rose en larmes ;
...
II. Vol. Mais
1498 MERCURE DE FRANCE
Mais ces cris furent superflus ;
Dès qu'elle fut cueillie elle n'eut plus de charmes,
Et Corylas ne l'aima plus.
Amans , sous les plus douces chaînes ,
Contraignés vos brulans desirs ;
Le comble des tendres plaisirs ,
Est souvent le comble des peines.
Par M. Desforges Maillard. A.A.P.D.B :
V Ous voulez me cueillir , disoit la Rose em
pleurs :
Au jeune Corilas qui l'avoit cultivée ;
Helas ! m'avez-vous reservée
Au plus funeste des malheurs ?
•
Voilà donc , où tendoient vos perfides douceurs
Par ces mots la Rose vermeille
Croyoit convaincre Corilas
Mais Corilas tournant l'oreille
Feignoit de ne l'entendre pas .
Cent fois , poursuivoit - elle encore,
Vous avés prévenu l'Aurore ,
Pour me voir et pour m'arroser
Vous n'osiés pourtant me baiser ,
De crainte d'altérer l'éclat qui me colore.
'Arrêtez , cher Berger , cruel , que faites vous ? 1
Arrêtés , un moment quand vous m'aures
cüeillie
Quelques instants aprés vous me verrés flétrie
Je perdrai les attraits dont vous étiés jaloux .
Ainsi parloit la Rose en larmes ;
...
II. Vol. Mais
1498 MERCURE DE FRANCE
Mais ces cris furent superflus ;
Dès qu'elle fut cueillie elle n'eut plus de charmes,
Et Corylas ne l'aima plus.
Amans , sous les plus douces chaînes ,
Contraignés vos brulans desirs ;
Le comble des tendres plaisirs ,
Est souvent le comble des peines.
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Résumé : CANTATILLE. Par M. Desforges Maillard. A. A. P. D. B.
Le poème 'Cant at Ille' de M. Desforges Maillard narre l'histoire d'une rose et de son cultivateur, Corilas. La rose, en larmes, exprime sa peur d'être cueillie et de connaître un sort funeste. Elle rappelle à Corilas ses soins passés, tels que l'arrosage, mais aussi son refus de l'embrasser par crainte de l'abîmer. La rose supplie Corilas d'arrêter, prédisant qu'elle se flétrira rapidement après avoir été cueillie. Malgré ses protestations, la rose est cueillie et perd ses charmes, ce qui conduit Corilas à cesser de l'aimer. Le poème se conclut par un avertissement aux amants : les plaisirs les plus doux peuvent souvent mener aux peines les plus grandes.
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2825
p. 1514-1516
BOUQUET A MADAME D...
Début :
Pour vous faire un Bouquet, dans les Jardins de Flore [...]
Mots clefs :
Fleurs, Orner, Bouquet, Douceurs, Belles, Grâces, Secours
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET A MADAME D...
BOUQUET A MADAME D...
PodeFlore
Our vous faire un Bouquet, dans les Jardins.
Je rassemblois des fleurs que, tout nouvellement,.
Pour orner votre sein dans ce jour si charmant
La Déesse avoit fait éclore.
II. Vol
Apollon
JUIN. 1731.
1515
Apollon tout à coup à mes yeux s'est montré.
Quoy , m'a- t'il dit , d'un ton qui marquoit sa
colere ,
Toi , que j'ai si souvent de mes feux inspiré ,
Quoi ? sans crainte de me déplaire ,
Ingrat , oses -tu donc ailleurs
Que sur le sommet du Parnasse
Dans ce jour ramasser des fleurs ?
Est- ce mépris pour moi ? manquerois- tu d'audace ?
Quand tu n'as jamais eu de plus digne sujet ?
Lorsqu'en chantant le plus aimable objet ,
Tu pourrois relever ma gloire ,
Et t'assurer une heureuse mémoire ,
Loin de faire éclatter des sons pleins de douceurs,
Tu cueilles pour tout soin , quelques fleurs pas
sageres ,
Qui , bien moins que des vers flateurs
Aux belles doivent être cheres !
Pardonne-moy , grand Dieu , lui reponds- je en
tremblant ,
Si mon courage chancelant
S'oppose à mes désirs de chanter cette Belle ;
Je crains de ne pouvoir faire un portrait fidelle
De ses graces , de ses attraits :
Envain j'ai réussi sur bien d'autres sujets
Je défigurerois un si charmant modele ,
Et je ferois de vains efforts.
.
Le Dieu m'a repliqué ; charmé de tes transports.
A ton aide aussi-tôt je volerois moi -même ;
II. Vol. Mais
E iiij
1916 MERCURE DE FRANCE
Mais quand par mon secours suprême
Je ne soutiendrois pas une si vive ardeur ,
Pour faire de la Belle une image achevée ,
Tu n'aurois qu'à tracer celle qui dans ton coeu
Est si profondement gravée.
PodeFlore
Our vous faire un Bouquet, dans les Jardins.
Je rassemblois des fleurs que, tout nouvellement,.
Pour orner votre sein dans ce jour si charmant
La Déesse avoit fait éclore.
II. Vol
Apollon
JUIN. 1731.
1515
Apollon tout à coup à mes yeux s'est montré.
Quoy , m'a- t'il dit , d'un ton qui marquoit sa
colere ,
Toi , que j'ai si souvent de mes feux inspiré ,
Quoi ? sans crainte de me déplaire ,
Ingrat , oses -tu donc ailleurs
Que sur le sommet du Parnasse
Dans ce jour ramasser des fleurs ?
Est- ce mépris pour moi ? manquerois- tu d'audace ?
Quand tu n'as jamais eu de plus digne sujet ?
Lorsqu'en chantant le plus aimable objet ,
Tu pourrois relever ma gloire ,
Et t'assurer une heureuse mémoire ,
Loin de faire éclatter des sons pleins de douceurs,
Tu cueilles pour tout soin , quelques fleurs pas
sageres ,
Qui , bien moins que des vers flateurs
Aux belles doivent être cheres !
Pardonne-moy , grand Dieu , lui reponds- je en
tremblant ,
Si mon courage chancelant
S'oppose à mes désirs de chanter cette Belle ;
Je crains de ne pouvoir faire un portrait fidelle
De ses graces , de ses attraits :
Envain j'ai réussi sur bien d'autres sujets
Je défigurerois un si charmant modele ,
Et je ferois de vains efforts.
.
Le Dieu m'a repliqué ; charmé de tes transports.
A ton aide aussi-tôt je volerois moi -même ;
II. Vol. Mais
E iiij
1916 MERCURE DE FRANCE
Mais quand par mon secours suprême
Je ne soutiendrois pas une si vive ardeur ,
Pour faire de la Belle une image achevée ,
Tu n'aurois qu'à tracer celle qui dans ton coeu
Est si profondement gravée.
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Résumé : BOUQUET A MADAME D...
Le poème 'Bouquet à Madame D...' est écrit en juin 1731. Le narrateur compose un bouquet de fleurs pour une dame, inspiré par la déesse. Apollon apparaît, irrité que le narrateur cueille des fleurs au lieu de chanter ses louanges. Le narrateur avoue craindre de ne pas être à la hauteur pour décrire les charmes de la dame. Apollon, ému par sa sincérité, propose de l'aider à créer un portrait fidèle de la belle. Si même Apollon ne peut soutenir une telle ardeur, il suggère au narrateur de se fier à l'image qu'il porte dans son cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2826
p. 1531
ENIGME.
Début :
Je suis long, je suis rond, je suis droit et bossu ; [...]
Mots clefs :
Fuseau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
JEE suis long , je suis rond , je suis droit et bossu;
Comme je viens tout nud au monde ,
Et que je ne suis fait que pour
être vétu ,
Pour avoir un habit je tourne et fais la ronde ;
D'une agilité sans seconde ;
Mais que me sert l'empressement ,
Avec lequel j'obtiens cette parure ?
Quand il plaît à celui qui m'en a fait present ,
Je ne le garde pas une heure.
JEE suis long , je suis rond , je suis droit et bossu;
Comme je viens tout nud au monde ,
Et que je ne suis fait que pour
être vétu ,
Pour avoir un habit je tourne et fais la ronde ;
D'une agilité sans seconde ;
Mais que me sert l'empressement ,
Avec lequel j'obtiens cette parure ?
Quand il plaît à celui qui m'en a fait present ,
Je ne le garde pas une heure.
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2827
p. 1531-1532
LOGOGRYPHE.
Début :
Oui, je suis brut et dur, mais on peut me polir ; [...]
Mots clefs :
Marbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ui,je suis brüt et dur, mais on peut me
polir ; 悲
Un habile Ouvrier sçait si bien m'embellir ,
Que sans avoir recours à l'Art de la Peinture ,
Je représente la Nature.
Lecteur , ôte ma tête et tu verras après ,
I I. Vol.
Qu'on
1532 MERCURE
DE FRANCE
Qu'on
me trouve
dans les Forêts
,
Dans les Jardins
, dans les Campagnes
Dans les Plaines
, sur les Montagnes
,
En un mot dans tous les Pays ;
Devine
à present
qui je suis.
D'Orvilliers
, de Vernon.
Ui,je suis brüt et dur, mais on peut me
polir ; 悲
Un habile Ouvrier sçait si bien m'embellir ,
Que sans avoir recours à l'Art de la Peinture ,
Je représente la Nature.
Lecteur , ôte ma tête et tu verras après ,
I I. Vol.
Qu'on
1532 MERCURE
DE FRANCE
Qu'on
me trouve
dans les Forêts
,
Dans les Jardins
, dans les Campagnes
Dans les Plaines
, sur les Montagnes
,
En un mot dans tous les Pays ;
Devine
à present
qui je suis.
D'Orvilliers
, de Vernon.
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2828
p. 1532-1533
SECOND LOGOGRYPHE.
Début :
Tourné de diverse façon, [...]
Mots clefs :
Maroc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND LOGOGRYPHE.
SECOND
LOGOGRYPHE
.
Tou
Ourné de diverse façon ,
Me prenant au pied de la lettre ,
J'offre dès l'abord un Pronom
,
A quiconque
s'explique
en maître
; Mon tout , tantôt
Cité , quelquefois
Région
, Pour deux de moins
n'est guere
bon , Qu'à faire un saut par la fenêtre
. Voulez-vous un Oracle , un Saint de grand re
nom ?
Faites un cercle disparoitre
.
Je pourrois
sur le même ton ,
Nombrer
l'or et l'argent
que le Perou voit naître.
Par trois soeurs prises dans mon nom , Qu'il est aisé de reconnoître
,
Des Peuples
se sont faits raison ,
Et le Sauvage
encor , peut être ,
saison .
S'en sert presqu'en
toute saiso
Un des bouts sans combinaison
,
Souvent
connu , mais souvent
traître,
Sur
II. Vol
JUIN.
1731. 1533
Sur l'Element où le Mouton ,
Ne peut sauter , bondir et paître ,
A Jean Bart causa maint frisson.
Ici je finis ma leçon ;
Devinez ce que ce peut être.
C. In. au Montlouis.
LOGOGRYPHE
.
Tou
Ourné de diverse façon ,
Me prenant au pied de la lettre ,
J'offre dès l'abord un Pronom
,
A quiconque
s'explique
en maître
; Mon tout , tantôt
Cité , quelquefois
Région
, Pour deux de moins
n'est guere
bon , Qu'à faire un saut par la fenêtre
. Voulez-vous un Oracle , un Saint de grand re
nom ?
Faites un cercle disparoitre
.
Je pourrois
sur le même ton ,
Nombrer
l'or et l'argent
que le Perou voit naître.
Par trois soeurs prises dans mon nom , Qu'il est aisé de reconnoître
,
Des Peuples
se sont faits raison ,
Et le Sauvage
encor , peut être ,
saison .
S'en sert presqu'en
toute saiso
Un des bouts sans combinaison
,
Souvent
connu , mais souvent
traître,
Sur
II. Vol
JUIN.
1731. 1533
Sur l'Element où le Mouton ,
Ne peut sauter , bondir et paître ,
A Jean Bart causa maint frisson.
Ici je finis ma leçon ;
Devinez ce que ce peut être.
C. In. au Montlouis.
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2829
p. [1627]-1637
ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Début :
Quelle douleur obstinée, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Chagrin, Funèbres couleurs, Ombre, Douleur extrême, Destin, Mort, Gémir, Ennui, Mânes paisibles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
ODE
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
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Résumé : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
L'ode commémore une jeune religieuse décédée à Amiens en mars 1731. Le texte exprime la douleur intense et persistante de la mère de la défunte, qui pleure sa fille emportée en pleine jeunesse. Les Grâces, habituées à servir le bonheur, sont surprises par ce changement funeste et ne peuvent se plaire dans ce lieu de deuil. La mère reconnaît la légitimité de son chagrin après une telle perte, mais critique la constance excessive dans la douleur. Elle souligne que les larmes maternelles ne peuvent ramener les morts. La Mort est décrite comme un monstre avide, indifférent aux pleurs des parents. Le poème met en garde contre l'imitation de la faiblesse tragique et encourage à surmonter la tristesse par la raison. Il évoque l'exemple de Céphise, une mère stoïque qui, malgré sa douleur, ne se laisse pas submerger par les pleurs. La mère de la jeune religieuse trouve finalement du réconfort dans la foi chrétienne, adore Dieu et accepte la volonté divine. Elle rappelle que la mort n'est prématurée que pour ceux qui meurent sans vertus et que Dieu récompense les âmes pures, indépendamment de leur âge. Elle conclut en souhaitant que les jours perdus par la défunte soient ajoutés à sa propre vie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2830
p. 1650-1653
LES CHARMES DU SOMMEIL, CANTATE.
Début :
Cessez, aimables jeux, cessez, charmants plaisirs, [...]
Mots clefs :
Aimable, Bonheur, Sommeil, Repos, Triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES CHARMES DU SOMMEIL, CANTATE.
LES CHARMES DU SOMMEIL ,
CANTAT E.
Essez, aimables jeux , cessez ,charmants plaisirs
,
De vouloir dissiper l'ennui qui me dévore :
Vos soins flatteurs irritent mes soupirs,
Le sort m'a separé de l'objet que j'adore ,
Vos appas ne sçauroient exciter mes desirs :
C'est bien assés que je respire encore.
1
Toi qui sçais , par un songe aimable ,
Du sort adoucir la rigueur >
Et par une erreur agréable ,
Donner l'image du bonheur ,
Sommeil , fais à mon triste coeur
Goûter ce repos désirable.
1
Pour réparer les maux affreux
Dont toujours m'accable l'absence ;
Fais-moi jouir de la présence
De l'Objet de mes tendres voeux :
Viens m'assurer que sa constance
Egale celle de mes feux !
Toi
JUILLET.
1731. 1651
Toi qui sçais , par un songe aimable &c.
Tu m'entens ? tes Pavots se glissent dans mes
veines !
Eh quoy ? j'oublie en cet instant mes
peines !
Quel bonheur imprevu vient calmer mes tourmens
?
Où suis- je ? à mes regards Delphire se présente
Qu'elle a d'attraits , de graces , d'agré
ments ? 靠
Venus sortant des Eaux n'étoit pas si brillante
A tant de charmes ravissants
Si jusqu'ici mon coeur avoit été rebelle
Ah ! qu'il lui seroit doux , en cet heureux moment
,
De voler au devant d'une chaîne si belle
Sur ses pas , les fleurs et les fruits
S'empressent , à l'envi , d'éclore
De même qu'à l'aspect de Flore ,
Ou de Pomone , ils sont produits .
Les graces , les ris , la jeunesse ,
Qui la prennent pour leur Déesse ;
Par leurs danses , et par leurs jeux ,
Célebrent son retour heureux ,
Sur ces pas , les fleurs et les fruits &c .
Bij Elle
1652 MERCURE DE FRANCE
Elle approche , Bergers, du son de vos Musettes,
Ne faites plus retentir ces retraittes ;
Rossignols , cessez vôtre chant ;
Ruisseaux , murmurés doucement ;
Zephirs , n'agitez plus les fleurs de ces prairies !
Que tout respecte mon sommeil :
Qu'on ne m'enleve point , par un triste reveil ,'
Les douceurs infinies ,
Que me procure un précieux moment.
Helas ! mon aimable Sylvandre
Me dit-elle , sur moi , jettant un regard tendre ;
souffres pas seul un rigoureux tourment :
Depuis que le Destin barbare
Tu ne
Si cruellement nous sépare
Mes yeux n'ont pas cessé de répandre des pleurs
Loin d'apprendre tes maux avec indifference ,
Ton prompt retour et ta présence
Pourront seuls finir mes douleurs.
Triomphe, ta gloire est extrême:
Sommeil , que tes plaisirs sont doux?
L'amour doit en être jaloux ,
Il n'est pas plus charmant lui-même ;
Si tes biens durent peu d'instants,
S'ils ne sont qu'un flatteur mensonge;
Ceux d'amour passent comme un songe,
Et ne durent pas plus longtems.
TriomJUILLET.
1853
1731 .
Triomphe , ta gloire est extrême,
Lors même que ses injustices
Nous accablent de maux affreux ;
Malgré lui , malgré ses caprices ,
Tu peux encore nous rendre heureux,
Triomphe, ta gloire est extrême &c,
Par M. de Morand : mise en Musique
par M. la Combe Desroziers , Maître de
Musique de l'Académie d'Arles .
CANTAT E.
Essez, aimables jeux , cessez ,charmants plaisirs
,
De vouloir dissiper l'ennui qui me dévore :
Vos soins flatteurs irritent mes soupirs,
Le sort m'a separé de l'objet que j'adore ,
Vos appas ne sçauroient exciter mes desirs :
C'est bien assés que je respire encore.
1
Toi qui sçais , par un songe aimable ,
Du sort adoucir la rigueur >
Et par une erreur agréable ,
Donner l'image du bonheur ,
Sommeil , fais à mon triste coeur
Goûter ce repos désirable.
1
Pour réparer les maux affreux
Dont toujours m'accable l'absence ;
Fais-moi jouir de la présence
De l'Objet de mes tendres voeux :
Viens m'assurer que sa constance
Egale celle de mes feux !
Toi
JUILLET.
1731. 1651
Toi qui sçais , par un songe aimable &c.
Tu m'entens ? tes Pavots se glissent dans mes
veines !
Eh quoy ? j'oublie en cet instant mes
peines !
Quel bonheur imprevu vient calmer mes tourmens
?
Où suis- je ? à mes regards Delphire se présente
Qu'elle a d'attraits , de graces , d'agré
ments ? 靠
Venus sortant des Eaux n'étoit pas si brillante
A tant de charmes ravissants
Si jusqu'ici mon coeur avoit été rebelle
Ah ! qu'il lui seroit doux , en cet heureux moment
,
De voler au devant d'une chaîne si belle
Sur ses pas , les fleurs et les fruits
S'empressent , à l'envi , d'éclore
De même qu'à l'aspect de Flore ,
Ou de Pomone , ils sont produits .
Les graces , les ris , la jeunesse ,
Qui la prennent pour leur Déesse ;
Par leurs danses , et par leurs jeux ,
Célebrent son retour heureux ,
Sur ces pas , les fleurs et les fruits &c .
Bij Elle
1652 MERCURE DE FRANCE
Elle approche , Bergers, du son de vos Musettes,
Ne faites plus retentir ces retraittes ;
Rossignols , cessez vôtre chant ;
Ruisseaux , murmurés doucement ;
Zephirs , n'agitez plus les fleurs de ces prairies !
Que tout respecte mon sommeil :
Qu'on ne m'enleve point , par un triste reveil ,'
Les douceurs infinies ,
Que me procure un précieux moment.
Helas ! mon aimable Sylvandre
Me dit-elle , sur moi , jettant un regard tendre ;
souffres pas seul un rigoureux tourment :
Depuis que le Destin barbare
Tu ne
Si cruellement nous sépare
Mes yeux n'ont pas cessé de répandre des pleurs
Loin d'apprendre tes maux avec indifference ,
Ton prompt retour et ta présence
Pourront seuls finir mes douleurs.
Triomphe, ta gloire est extrême:
Sommeil , que tes plaisirs sont doux?
L'amour doit en être jaloux ,
Il n'est pas plus charmant lui-même ;
Si tes biens durent peu d'instants,
S'ils ne sont qu'un flatteur mensonge;
Ceux d'amour passent comme un songe,
Et ne durent pas plus longtems.
TriomJUILLET.
1853
1731 .
Triomphe , ta gloire est extrême,
Lors même que ses injustices
Nous accablent de maux affreux ;
Malgré lui , malgré ses caprices ,
Tu peux encore nous rendre heureux,
Triomphe, ta gloire est extrême &c,
Par M. de Morand : mise en Musique
par M. la Combe Desroziers , Maître de
Musique de l'Académie d'Arles .
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Résumé : LES CHARMES DU SOMMEIL, CANTATE.
Le texte 'Les Charmes du Sommeil' est une œuvre poétique exprimant le désir de l'auteur de trouver du repos et du réconfort dans le sommeil. L'auteur rejette les plaisirs et les jeux, car il est séparé de l'être aimé. Il invoque le sommeil pour adoucir sa souffrance et lui offrir un songe agréable où il pourrait jouir de la présence de Delphire, l'être aimé. Dans ce songe, Delphire apparaît resplendissante de charmes et de grâce. L'auteur imagine un monde où les fleurs et les fruits s'épanouissent à son approche, célébrant son retour. Delphire exprime son tourment et son désir de revoir l'auteur, affirmant que seul son retour pourra finir ses douleurs. Le texte oppose les plaisirs éphémères du sommeil à ceux de l'amour, soulignant que les biens du sommeil, bien que doux, ne durent qu'un instant. Cependant, le sommeil est présenté comme une source de triomphe et de bonheur, capable de rendre heureux malgré les injustices et les caprices de l'amour. L'œuvre est mise en musique par M. la Combe Desroziers, Maître de Musique de l'Académie d'Arles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2831
p. 1668-1669
ÉPITAPHE, D'UN AVARE. Par Mlle. de Malcrais de la Vigne.
Début :
Cy gît un homme peu chrétien [...]
Mots clefs :
Avarice, Gratis, Épitaphe
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texteReconnaissance textuelle : ÉPITAPHE, D'UN AVARE. Par Mlle. de Malcrais de la Vigne.
EPITA PHE ,
D'UN AVARE.
Par M. de Malerais de la Vigne.
CY gât un homme peu chrétien
Dont l'avarice étoit extrême
Le
JUILLET . 1731 . 1663
Le bien des autres fût le sien ,
Et jamais il ne prêta rien ,
Qu'au denier
même.
quatre ou cinq , fût-ce à son Pere
Mets l'oreille à sa Tombe, ô Passant , et fremis ;
Ses os s'entrefroissant font un affreux murmure,
Et semblent s'irriter que tu fasses lecture ,
De son Epitaphe gratis.
D'UN AVARE.
Par M. de Malerais de la Vigne.
CY gât un homme peu chrétien
Dont l'avarice étoit extrême
Le
JUILLET . 1731 . 1663
Le bien des autres fût le sien ,
Et jamais il ne prêta rien ,
Qu'au denier
même.
quatre ou cinq , fût-ce à son Pere
Mets l'oreille à sa Tombe, ô Passant , et fremis ;
Ses os s'entrefroissant font un affreux murmure,
Et semblent s'irriter que tu fasses lecture ,
De son Epitaphe gratis.
Fermer
2832
p. 1669
AUTRE ÉPITAPHE D'UN PRÉTENDU BEL ESPRIT. Par la Même.
Début :
Cy gît qui s'estimoit l'Arbitre des Arbitres ; [...]
Mots clefs :
Épitaphe, Bel esprit, Arbitre, Almanachs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ÉPITAPHE D'UN PRÉTENDU BEL ESPRIT. Par la Même.
AUTRE EPITAPHE
D'UN PRETENDU BEL ESPRIT.
Par la Même.
CYgit qui s'estimoit l'Arbitre des Arbitres ;
De la Langue au hazard il décidoit les cas ;
Qui le contredisoit ne s'y connoissoit pas ;
Des Livres il sçût tous les titres ,
Et ne lût que les Almanachs .
D'UN PRETENDU BEL ESPRIT.
Par la Même.
CYgit qui s'estimoit l'Arbitre des Arbitres ;
De la Langue au hazard il décidoit les cas ;
Qui le contredisoit ne s'y connoissoit pas ;
Des Livres il sçût tous les titres ,
Et ne lût que les Almanachs .
Fermer
2833
p. 1678-1683
SENTIMENS D'UN IROQUOIS À la vûë des diverses Marchandises étalées à une Foire de France. Sur l'Air : Iris, je ne sçais comment, &c. Par le P. P. B. F.
Début :
A La Foire me voici, [...]
Mots clefs :
Iroquois, Marchandises, Foire, Emplette, prévaricateur, Beaux parleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS D'UN IROQUOIS À la vûë des diverses Marchandises étalées à une Foire de France. Sur l'Air : Iris, je ne sçais comment, &c. Par le P. P. B. F.
Mercure.
EPITA PHE ,
D'UN AVARE.
Par M. de Malerais de la Vigne.
CY gât un homme peu chrétien
Dont l'avarice étoit extrême
Le
JUILLET . 1731 . 1663
Le bien des autres fût le sien ,
Et jamais il ne prêta rien ,
Qu'au denier
même.
quatre ou cinq , fût-ce à son Pere
Mets l'oreille à sa Tombe, ô Passant , et fremis ;
Ses os s'entrefroissant font un affreux murmure,
Et semblent s'irriter que tu fasses lecture ,
De son Epitaphe gratis.
AUTRE EPITAPHE
D'UN PRETENDU BEL ESPRIT.
Par la Même.
CYgit qui s'estimoit l'Arbitre des Arbitres ;
De la Langue au hazard il décidoit les cas ;
Qui le contredisoit ne s'y connoissoit pas ;
Des Livres il sçût tous les titres ,
Et ne lût que les Almanachs .
***:****XXX :XXXXX
ECLAIRCISSEMENS demandés
>
par
une Lettre écrite de Soissons , inserée dans
le Mercure d'Avril 1731. sur la Vie de
Saint Front on Frontor
L paroît un peu singulier qu'on démande
desEclaircissemens sur un Saint Im
aussi
1670 MERCURE DE FRANCEaussi
connu que S. Fronton, Saint, qu'une
Eglise de ce Royaume reconnoît pour
son Fondateur , et pour son Apôtre ,
sans que la Critique ait encore ose le lui
disputer. Il est parlé de ce Saint dans tous
les Martyrologes au 25. d'Octobre , dans
le Martyrologe Romain , dans ceux de
France et d'Espagne , dans Baronius ,
dans Surius , dans Ribadeneira &c. Cependant
nous exposerons ici avec la briéveté
requise , ce que nous en apprenons
dans les Actes de sa vie, rapportés par M.
Bosquet dans son Histoire de l'Eglise
Gallicane.
Saint Front , ou Fronton , que quelques
uns font naître à Perigueux , d'autres
en Orient , ayant été connu de Saint
Pierre dans un Voyage qu'il fit à Rome ,
et en ayant été jugé digne de porter la
foy parmi les Idolatres , ce Prince des
Apôtres l'envoya dans les Gaules avec un
compagnon , nommé Georges , pour y
publier l'Evangile . Ces deux hommes
Apostoliques aprés beaucoup de Stations
faites dans les lieux de leur passage pour
y semer la parole de Dieu , arriverent à
Perigueux. Ce fut là qu'ils s'arrêterent
davantage , et que le Champ répondant
aux soins du Laboureur , la Moisson devint
bientôt trés-abondante. L'Evangile
JUILLET. 1731. 1871
y fit en peu de tems un progrés considerable.
Il y avoit alors un Gouverneur
en Perigord , nommé Squirius , homme
fort attaché à l'Idolâtrie. Cet homme
politique ou superstitieux s'efforça d'arrêter
le progrès d'une Religion incompatible
avec celle de ses Peres ; il fit arrêter
pour cela un grand nombre de fideles
; il emprisonnà les uns , il exila les
autres , il en fit mourir plusieurs la
persecution augmentant tous les jours
força bientôt le reste des Fideles à chercher
dans la fuite une ressource contre
les vives poursuites du Gouverneur .
Les Fideles allerent donc se cacher dans
un Desert voisin de la Riviere de Dordogne
, avec leur Pasteur qu'ils entraînerent
avec eux : Saint Fronton chassa de
cet endroit un Dragon qui infectoit tout
le Pays.
par
fin
des menaces ,
par
par
Mais Dieu qui vouloit établir son culte
dans cette Province , força le Gouverneur
des fleaux , et endes
avis qu'il lui donna en songe,
de plier sous le joug de la Foy.La paix fût
rendue à cette Eglise naissante . Le Gouverneur
alla lui -même chercher S. Fronton
dans le Desert , il ramena avec lui
le Pasteur et le Troupeau. S. Fronton
bâtit ensuite à Perigueux , du consentement
1672 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur une Eglise en l'honncur
de S. Etienne , premier Martyr.
Quand S. Fronton vit cette Eglise suffisamment
affermie , il y laissa un Disciple
nommé Anien pour la gouverner
pendant son absence , et envoya son compagnon
au Puy - en -Velay , où S. George
fonda une nouvelle Eglise dont il fût le
premier Evêque . Pour S. Fronton il alla
prêcher l'Evangile dans la Saintonge et
dans le Poitou ; il passa même par Paris
et pénetra jusques dans le Beauvaisis et
dans le Soissonnois. On voit encore dans
le Diocèse de Soissons unChâteau appellé
Neulli Saint Front , ce qui porteroit à
croire que ce qu'on dit des Voyages de
ce Saint n'est pas sans fondement. Quoyqu'il
en soit , S. Fronton aprés être retourné
dans son Diocèse , passa dans un
autre Voyage par les Villes de Bourdeaux
et de Bayonne , et s'avança jusqu'à Valance
en Espagne. Enfin fatigué , épuisé par
son grand âge et par ses travaux , il rétourna
dans son Siege,où il y mourut en
paix. On rapporte de lui plusieurs Miracles.
En voilà assés sur les Actes de S. Fronton,
premiet Evêque de Perigueux. Il ne
faut pas le confondre avec un aurre Saint
Fronton , Abbé , marqué au 14. Avril
dans
JUILLET. 1731. 1673
'dans le petit ouvrage intitulé * Fasti Mariani
, que l'Auteur Jesuite , dit avoir tiré
de la vie des Peres.
Cependant comme les Actes de Saint
Fronton , Fondateur de l'Eglise de Perigueux
, ont été rejettés par plusieurs critiques
, et en particulier par M. M. de
Tillemont et Baillet , nous rapporterons
ici en peu de mots ce qu'en dit ce dernier,
soit dans les Notes qu'il a mises au commencement
du mois d'Octobre , soit dans
ce qu'il dit de la vie de ce Saint au 25 .
du même mois.
Il commence la vie de S. Front par le
reconnoître pour l'Apôtre de Perigueux :
mais il a soin de mettre à la
marge , 3 .
ou 4. Siecle , ce qui ruine absolument
tout ce qu'on dit de son Voyage à Rome ,
et de sa mission dans les Gaules par Saint
Pierre , & c .
On ne peut , dit- il , entrer dans aucun
détail des actions de ce Saint , ni so
flatter même d'en pouvoir produire dont
on soit assuré , si l'on en excepte la conversion
du Peuple de Perigueux , qu'on
a tout sujet de regarder comme le fruit
de ses travaux et de ses souffrances . Tout
a paru , continue- t-il, tellement insoûtena-
1. Vol 1 Antuerpia 1633-
C
1674 MERCURE DE FRANCE
ble dans les premiers Actes qu'on avoit
publiés de sa vie , qu'on s'est crû obligé
d'en composer d'autres , qui sont cependant
tombés comme les premiers.
M. Baillet regarde aussi comme douteuse
la Tradition qui lui donne pour
compagnon dans ses travaux Apostoliques
un Prêtre , nommé George , aussi - bien
que la fondation de l'Eglise du Puy- en-
Velay,que la même Tradition fait remonter
comme celle de Perigueux au premier
Siecle.
Tous les Actes s'accordent à le faire
mourir en paix. Mais il n'en faut pas conclure
, ajoûte M. Baillet , qu'il ne soit
venu en Perigord qu'aprés la paix donnée
à l'Eglise par Constantin , à moins qu'on
ne voulût raisonner de même de S. Marrial
de Limoges , de S. Julien du Mans ,
de S. Gatien de Tours , et de beaucoup
d'autres Confesseurs , à qui les Payens
n'ont point ôté la vie.
La Fête de S, Fronton est marquée au
25. d'Octobre dans les Martyrologes
d'Adon et d'Usuard , en quoy on les a
suivis dans le Romain moderne. On dit
que le corps de S. Front fût trouvé quelques
années aprés la mort de Clovis I. et
transporté dans une Eglise que fit bâtir
en son honneur Chronope , Evêque de
Perigueux
JUILLET. 1731. 1875
Perigueux , du tems duquel la Ville passa
de la domination des Wisigoths sous
celle des François. On fait Mémoire de
cette Translation le 14. d'Octobre.
M. Baillet dit que les Actes de la vie
de ce Saint furent publiés par M. Bosquet
,dans la deuxième partie de son Histoire
de l'Eglise Gallicane , liv . 5. pag. ș.
ils ont été vûs , ajoûte t-il , par Adon de
Vienne ; ainsi ils ne peuvent être
rieurs au IX. Siecle.
poste
M. de Tillemont, Tom. 4. pag. 502. les
tient tout-à- fait insoutenables, tant pour
le fond que pour la composition. Un
Abbé de Solignac dans le Concile de Lis
moges , tenu l'an 1031. les rejetta devant
toute l'Assemblée , comme une fausse Piece
, et soutint que s'étoit une Fable composée
par un Gausbert Chorévêque de
Limoges , qui l'avoit faite même pour en
tirer de l'argent. Depuis l'onzième Siecle ,
comme on ne voyoit plus d'apparence à
soutenir cette Histoire de S. Front , on
en inventa une autre sous le nom des
Evêques ses Successeurs . Mais cette Piece,
dont M. Bosquet a donné l'Extrait , est
encore plus ridicule que la premiere , au
jugement du même M. de Tillemont.
Voilà ce qu'on peut recueillir de divers
Auteurs sur la vie de S. Front ; mais
Cij
comme
1676 MERCURE DE FRANCE
comme il nous est venu un Mémoire
d'un autre Endroit sur le même sujet ,
posterieur à la Lettre de Soissons , dans
lequel on demande plusieurs autres Eclaircissemens
, nous ajoûterons ici le précis
de ce Mémoire.
On demande d'abord si l'Auteur de
la Lettre inserée dans le Mercure d'Avril
travaille au Breviaire de ce Diocèse. On
prie ensuite de s'informer par la voye du
Mercure , de Messieurs de Perigueux ,
19. Si la Tradition de leur Eglise n'est pas
que le corps entier de S. Front y étoit
conservé lorsque les Calvinistes la pille-`
rent. 29. Si l'on a des preuves que la
Translation de ce corps ait été faite un
peu aprés l'an 1441. comme il paroît
qu'elle a dû être faite par une Bulle du
Pape Eugene IV. qui est dans le Gallia
Christiana.
Nous remarquerons sur ce second article
, qu'il faudroit donc supposer qu'il
eût été fait deux Translations du corps de
ce Saint , puisque M. Baillet parle d'une
Translation qu'on croit avoir été faite
vers la fin du cinquiéme Siecle , ou au
Commencement du sixième.
3º . s'il n'est rien échappé des Reliques
de ce Saint Evêque depuis le pillage des
Calvinistes , et supposé que l'on ait sauvé
quelques
JUILLET. 1731. 1677.
quelques parties de son corps , quelles
sont ces parties ? et en quelles Eglises elles
sont ? 4°. Si l'on a eu le Chef de ce Saint
enchassé en entier avec le refte du corps ,
ou séparement. 5º . En quels jours se celebrent
les Fêtes de la Translation du
corps ou des Reliques de ce même Saint.
Nous avons satisfait en partie à ce dernier
Article, en rapportant aprés M. Baillet
, qu'on fait la Fête de sa Translation
le 14. Octobre . L'Auteur de ce nouveau
Mémoire paroît avoir quelques
Eclaircissemens plus particuliers à donner
au Public sur la vie de S. Fronton.
Il y a lieu d'esperer que M M. de Perigueux
n'oublieront pas de contribuer, de
tout leur pouvoir à ce qui peut faire honneur
à la mémoire de leur Saint Apôtre ,
et qu'ils voudront bien exposer la Tradition
de leur Eglise sur les Articles de
ce dernier Mémoire.
Ciliijj . SENTI
1778 MERCURE DE FRANCE
SENTIMENS
D'UN IROQUOIS ,
A la vûë des diverses Marchandises étalées
à une Foire de France.
Sur l'Air : Iris , je ne sçais comment , &
Par le P P. B. 7.
'A La Foire me voici
Dieu ! quel monde est celui- cy !
Je ne vois que gens ,
Allans et vénans ;
Chacun fait son emplette ::2
Je vois qu'on offre tout ceans ,
Mais il faut qu'on l'achette ,
Morbleu ,
Mais il faut qu'on l'achette.
L'on vous dit , Monsieur , prenez ;
Et l'on sous-entend , donnez.
Ici rien pour rien,
Le tien et le mien ,
*
Sont les deux seuls mobiles ..
A ce prix est-ce un si grand bien ,
D'avoir bâti des Villes ?
Morbleu , &c.
Lâches
JOH JUILLET
1731. 1679
Lâches Prévaricateurs &
L'interêt gâte vos moeurs.
Chez vous sur ce pié
Droiture, amitié ,
Ne sont plus en usage ;
It vous nous laissez par pitié ,
L'innocence en partage.
Morbleu , &
Gardez bien, Peuples polis ,
Les vices vos favoris.
Noirceurs , trahisons ,
Maux de cent façons :
Ils sont tous à vos gages.
Ne nous donnez plus de faux noms }}
Yousêtes les Sauvages.
Morbleaux , &e
A consulter votre orgueil ,
On vous verroit d'un autre oeil ;
Ce Peintre flatteur
Vous peint dans le coeur ,
Meilleurs que nous ne sommes.
Moy je ne vous fais pas l'honneur ,
De vous croire des hommes,
Morbleu , &c.
Chez mes Confreres les Ours
C iiij
On
160 MERCURE DE FRANCE
On voit moins de méchans tours,
Moins cruels que vous ,
Moins fiers , moins jaloux ,
Chez les Ours on s'entraime :
Les François plus humains , plus doux
Ont un autre sistême.
Morbleu , &c.
Mais laissons-là ce propos :
Marchands, ouvrez vos Ballots .:
Que de pompeux riens ;
O Ciel , que de biens !
Dont je n'ai point affaire !
De grace , laissez- moi les miens ;
Gardez votre misere.
Morbleu , & c
Votre luxe dangereux ,
Vous a rendus malheureux .
Quoi ! foibles humains ,
De vos propres mains ,
Vous forgez vos entraves.
Nous sommes les vrais Souverains ;
Vous êtes des Esclaves.
Morbleu , &c.
D'où sont nez tant de besoins ?
De yos Arts et de vos soins ,
Votre
JUILLET. 1731 1681
Votre esprit maudit ,
Fomente et nourrit ,
Votre délicatesse.
L'Iroquois libre qui s'en rit ,
Foule aux pieds la richesse.
Morbleu , &c,
Toute votre vanité ,
Naut- elle ma liberté ?
Au fond des Deserts ;
Sans peur des revers
Je vois brûler ma hutte ;
Mon coeur même de l'Univers ,
Ne craindroit pas la chute.
Morbleu , &c.
Dans la Foire , beaux Esprits ,
Vos Livres sont à tout prix,
L'avide Imprimeur
Et le pâle Auteur ,
>
N'ont chez nous gain ni gloire ,
Et l'instrument de ma valeur ,
Ecrit seul mon Histoire.
Morbleu , & c.
Philosophes orgueilleux ,
Vos Ecrits sont merveilleux ;
Mais en verité
CY
Je
1682 MERCURE DE FRANCE
Je suis enchanté ,
De ne les pouvoir lire.
Le bon sens par vous maltraité ,
Dans nos Bois se retire .
Morbleu , &c
Que faites-vous , beaux parleurs
Vous semez partout des fleurs ;
En tours bien tissus ,
En mots ambigus ,
Votre esprit se distile ;
Mon silence seul en dit plus ,
Que votre pompeux stile.
Morbleu , &c.
Mon habit choque vos yeux ;
Mais le vôtre siet-il mieux }
Tout cet attirail ,
Fruit d'un long travail ,
Vous rend la tête folle ,
Quoi ! vous filez jusqu'au Métail ,
Pour parer une Idole !
Morbleu , & c.
Il faut pour flatter vos goûts ,
Mets exquis , sausses , ragouts
Mais votre santé ,
Malgré Caffé , Thế ,
Suse dès la jeunesse ;
I
JUILLET. 1731. 1683
Au prix de la sobrieté ,
J'achette la viellesse.
Morblen , &c.
Jamais on ne vous voit sains ,
Vous avez des Medecins ;
Mourez dans leurs bras,
C'est votre trépas ,
Qui leur sert de parure .
Allez , je ne vous plaindrai pas ,
Ils vengent la Nature.
Morbleu , & c.
Aussi , François délicats ,
Nous vous voyons aux Combats
Prisonniers charmans ,
Vos vrais sentimens ,
Nous dévoilent votre ame.
Et moi je brave les tourmens ,
Je chante dans la flamme.
Morbleu , & c. >
Marchands , fermez vos paquets
Je sçais vivre à peu de frais ;
J'ai tout et n'ai rien :
Laissez- moi pour bien
Mon heureuse indigence.
Vos désirs sont votre lien ,
Et j'ai l'indépendance.
Morbleu ,&C
EPITA PHE ,
D'UN AVARE.
Par M. de Malerais de la Vigne.
CY gât un homme peu chrétien
Dont l'avarice étoit extrême
Le
JUILLET . 1731 . 1663
Le bien des autres fût le sien ,
Et jamais il ne prêta rien ,
Qu'au denier
même.
quatre ou cinq , fût-ce à son Pere
Mets l'oreille à sa Tombe, ô Passant , et fremis ;
Ses os s'entrefroissant font un affreux murmure,
Et semblent s'irriter que tu fasses lecture ,
De son Epitaphe gratis.
AUTRE EPITAPHE
D'UN PRETENDU BEL ESPRIT.
Par la Même.
CYgit qui s'estimoit l'Arbitre des Arbitres ;
De la Langue au hazard il décidoit les cas ;
Qui le contredisoit ne s'y connoissoit pas ;
Des Livres il sçût tous les titres ,
Et ne lût que les Almanachs .
***:****XXX :XXXXX
ECLAIRCISSEMENS demandés
>
par
une Lettre écrite de Soissons , inserée dans
le Mercure d'Avril 1731. sur la Vie de
Saint Front on Frontor
L paroît un peu singulier qu'on démande
desEclaircissemens sur un Saint Im
aussi
1670 MERCURE DE FRANCEaussi
connu que S. Fronton, Saint, qu'une
Eglise de ce Royaume reconnoît pour
son Fondateur , et pour son Apôtre ,
sans que la Critique ait encore ose le lui
disputer. Il est parlé de ce Saint dans tous
les Martyrologes au 25. d'Octobre , dans
le Martyrologe Romain , dans ceux de
France et d'Espagne , dans Baronius ,
dans Surius , dans Ribadeneira &c. Cependant
nous exposerons ici avec la briéveté
requise , ce que nous en apprenons
dans les Actes de sa vie, rapportés par M.
Bosquet dans son Histoire de l'Eglise
Gallicane.
Saint Front , ou Fronton , que quelques
uns font naître à Perigueux , d'autres
en Orient , ayant été connu de Saint
Pierre dans un Voyage qu'il fit à Rome ,
et en ayant été jugé digne de porter la
foy parmi les Idolatres , ce Prince des
Apôtres l'envoya dans les Gaules avec un
compagnon , nommé Georges , pour y
publier l'Evangile . Ces deux hommes
Apostoliques aprés beaucoup de Stations
faites dans les lieux de leur passage pour
y semer la parole de Dieu , arriverent à
Perigueux. Ce fut là qu'ils s'arrêterent
davantage , et que le Champ répondant
aux soins du Laboureur , la Moisson devint
bientôt trés-abondante. L'Evangile
JUILLET. 1731. 1871
y fit en peu de tems un progrés considerable.
Il y avoit alors un Gouverneur
en Perigord , nommé Squirius , homme
fort attaché à l'Idolâtrie. Cet homme
politique ou superstitieux s'efforça d'arrêter
le progrès d'une Religion incompatible
avec celle de ses Peres ; il fit arrêter
pour cela un grand nombre de fideles
; il emprisonnà les uns , il exila les
autres , il en fit mourir plusieurs la
persecution augmentant tous les jours
força bientôt le reste des Fideles à chercher
dans la fuite une ressource contre
les vives poursuites du Gouverneur .
Les Fideles allerent donc se cacher dans
un Desert voisin de la Riviere de Dordogne
, avec leur Pasteur qu'ils entraînerent
avec eux : Saint Fronton chassa de
cet endroit un Dragon qui infectoit tout
le Pays.
par
fin
des menaces ,
par
par
Mais Dieu qui vouloit établir son culte
dans cette Province , força le Gouverneur
des fleaux , et endes
avis qu'il lui donna en songe,
de plier sous le joug de la Foy.La paix fût
rendue à cette Eglise naissante . Le Gouverneur
alla lui -même chercher S. Fronton
dans le Desert , il ramena avec lui
le Pasteur et le Troupeau. S. Fronton
bâtit ensuite à Perigueux , du consentement
1672 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur une Eglise en l'honncur
de S. Etienne , premier Martyr.
Quand S. Fronton vit cette Eglise suffisamment
affermie , il y laissa un Disciple
nommé Anien pour la gouverner
pendant son absence , et envoya son compagnon
au Puy - en -Velay , où S. George
fonda une nouvelle Eglise dont il fût le
premier Evêque . Pour S. Fronton il alla
prêcher l'Evangile dans la Saintonge et
dans le Poitou ; il passa même par Paris
et pénetra jusques dans le Beauvaisis et
dans le Soissonnois. On voit encore dans
le Diocèse de Soissons unChâteau appellé
Neulli Saint Front , ce qui porteroit à
croire que ce qu'on dit des Voyages de
ce Saint n'est pas sans fondement. Quoyqu'il
en soit , S. Fronton aprés être retourné
dans son Diocèse , passa dans un
autre Voyage par les Villes de Bourdeaux
et de Bayonne , et s'avança jusqu'à Valance
en Espagne. Enfin fatigué , épuisé par
son grand âge et par ses travaux , il rétourna
dans son Siege,où il y mourut en
paix. On rapporte de lui plusieurs Miracles.
En voilà assés sur les Actes de S. Fronton,
premiet Evêque de Perigueux. Il ne
faut pas le confondre avec un aurre Saint
Fronton , Abbé , marqué au 14. Avril
dans
JUILLET. 1731. 1673
'dans le petit ouvrage intitulé * Fasti Mariani
, que l'Auteur Jesuite , dit avoir tiré
de la vie des Peres.
Cependant comme les Actes de Saint
Fronton , Fondateur de l'Eglise de Perigueux
, ont été rejettés par plusieurs critiques
, et en particulier par M. M. de
Tillemont et Baillet , nous rapporterons
ici en peu de mots ce qu'en dit ce dernier,
soit dans les Notes qu'il a mises au commencement
du mois d'Octobre , soit dans
ce qu'il dit de la vie de ce Saint au 25 .
du même mois.
Il commence la vie de S. Front par le
reconnoître pour l'Apôtre de Perigueux :
mais il a soin de mettre à la
marge , 3 .
ou 4. Siecle , ce qui ruine absolument
tout ce qu'on dit de son Voyage à Rome ,
et de sa mission dans les Gaules par Saint
Pierre , & c .
On ne peut , dit- il , entrer dans aucun
détail des actions de ce Saint , ni so
flatter même d'en pouvoir produire dont
on soit assuré , si l'on en excepte la conversion
du Peuple de Perigueux , qu'on
a tout sujet de regarder comme le fruit
de ses travaux et de ses souffrances . Tout
a paru , continue- t-il, tellement insoûtena-
1. Vol 1 Antuerpia 1633-
C
1674 MERCURE DE FRANCE
ble dans les premiers Actes qu'on avoit
publiés de sa vie , qu'on s'est crû obligé
d'en composer d'autres , qui sont cependant
tombés comme les premiers.
M. Baillet regarde aussi comme douteuse
la Tradition qui lui donne pour
compagnon dans ses travaux Apostoliques
un Prêtre , nommé George , aussi - bien
que la fondation de l'Eglise du Puy- en-
Velay,que la même Tradition fait remonter
comme celle de Perigueux au premier
Siecle.
Tous les Actes s'accordent à le faire
mourir en paix. Mais il n'en faut pas conclure
, ajoûte M. Baillet , qu'il ne soit
venu en Perigord qu'aprés la paix donnée
à l'Eglise par Constantin , à moins qu'on
ne voulût raisonner de même de S. Marrial
de Limoges , de S. Julien du Mans ,
de S. Gatien de Tours , et de beaucoup
d'autres Confesseurs , à qui les Payens
n'ont point ôté la vie.
La Fête de S, Fronton est marquée au
25. d'Octobre dans les Martyrologes
d'Adon et d'Usuard , en quoy on les a
suivis dans le Romain moderne. On dit
que le corps de S. Front fût trouvé quelques
années aprés la mort de Clovis I. et
transporté dans une Eglise que fit bâtir
en son honneur Chronope , Evêque de
Perigueux
JUILLET. 1731. 1875
Perigueux , du tems duquel la Ville passa
de la domination des Wisigoths sous
celle des François. On fait Mémoire de
cette Translation le 14. d'Octobre.
M. Baillet dit que les Actes de la vie
de ce Saint furent publiés par M. Bosquet
,dans la deuxième partie de son Histoire
de l'Eglise Gallicane , liv . 5. pag. ș.
ils ont été vûs , ajoûte t-il , par Adon de
Vienne ; ainsi ils ne peuvent être
rieurs au IX. Siecle.
poste
M. de Tillemont, Tom. 4. pag. 502. les
tient tout-à- fait insoutenables, tant pour
le fond que pour la composition. Un
Abbé de Solignac dans le Concile de Lis
moges , tenu l'an 1031. les rejetta devant
toute l'Assemblée , comme une fausse Piece
, et soutint que s'étoit une Fable composée
par un Gausbert Chorévêque de
Limoges , qui l'avoit faite même pour en
tirer de l'argent. Depuis l'onzième Siecle ,
comme on ne voyoit plus d'apparence à
soutenir cette Histoire de S. Front , on
en inventa une autre sous le nom des
Evêques ses Successeurs . Mais cette Piece,
dont M. Bosquet a donné l'Extrait , est
encore plus ridicule que la premiere , au
jugement du même M. de Tillemont.
Voilà ce qu'on peut recueillir de divers
Auteurs sur la vie de S. Front ; mais
Cij
comme
1676 MERCURE DE FRANCE
comme il nous est venu un Mémoire
d'un autre Endroit sur le même sujet ,
posterieur à la Lettre de Soissons , dans
lequel on demande plusieurs autres Eclaircissemens
, nous ajoûterons ici le précis
de ce Mémoire.
On demande d'abord si l'Auteur de
la Lettre inserée dans le Mercure d'Avril
travaille au Breviaire de ce Diocèse. On
prie ensuite de s'informer par la voye du
Mercure , de Messieurs de Perigueux ,
19. Si la Tradition de leur Eglise n'est pas
que le corps entier de S. Front y étoit
conservé lorsque les Calvinistes la pille-`
rent. 29. Si l'on a des preuves que la
Translation de ce corps ait été faite un
peu aprés l'an 1441. comme il paroît
qu'elle a dû être faite par une Bulle du
Pape Eugene IV. qui est dans le Gallia
Christiana.
Nous remarquerons sur ce second article
, qu'il faudroit donc supposer qu'il
eût été fait deux Translations du corps de
ce Saint , puisque M. Baillet parle d'une
Translation qu'on croit avoir été faite
vers la fin du cinquiéme Siecle , ou au
Commencement du sixième.
3º . s'il n'est rien échappé des Reliques
de ce Saint Evêque depuis le pillage des
Calvinistes , et supposé que l'on ait sauvé
quelques
JUILLET. 1731. 1677.
quelques parties de son corps , quelles
sont ces parties ? et en quelles Eglises elles
sont ? 4°. Si l'on a eu le Chef de ce Saint
enchassé en entier avec le refte du corps ,
ou séparement. 5º . En quels jours se celebrent
les Fêtes de la Translation du
corps ou des Reliques de ce même Saint.
Nous avons satisfait en partie à ce dernier
Article, en rapportant aprés M. Baillet
, qu'on fait la Fête de sa Translation
le 14. Octobre . L'Auteur de ce nouveau
Mémoire paroît avoir quelques
Eclaircissemens plus particuliers à donner
au Public sur la vie de S. Fronton.
Il y a lieu d'esperer que M M. de Perigueux
n'oublieront pas de contribuer, de
tout leur pouvoir à ce qui peut faire honneur
à la mémoire de leur Saint Apôtre ,
et qu'ils voudront bien exposer la Tradition
de leur Eglise sur les Articles de
ce dernier Mémoire.
Ciliijj . SENTI
1778 MERCURE DE FRANCE
SENTIMENS
D'UN IROQUOIS ,
A la vûë des diverses Marchandises étalées
à une Foire de France.
Sur l'Air : Iris , je ne sçais comment , &
Par le P P. B. 7.
'A La Foire me voici
Dieu ! quel monde est celui- cy !
Je ne vois que gens ,
Allans et vénans ;
Chacun fait son emplette ::2
Je vois qu'on offre tout ceans ,
Mais il faut qu'on l'achette ,
Morbleu ,
Mais il faut qu'on l'achette.
L'on vous dit , Monsieur , prenez ;
Et l'on sous-entend , donnez.
Ici rien pour rien,
Le tien et le mien ,
*
Sont les deux seuls mobiles ..
A ce prix est-ce un si grand bien ,
D'avoir bâti des Villes ?
Morbleu , &c.
Lâches
JOH JUILLET
1731. 1679
Lâches Prévaricateurs &
L'interêt gâte vos moeurs.
Chez vous sur ce pié
Droiture, amitié ,
Ne sont plus en usage ;
It vous nous laissez par pitié ,
L'innocence en partage.
Morbleu , &
Gardez bien, Peuples polis ,
Les vices vos favoris.
Noirceurs , trahisons ,
Maux de cent façons :
Ils sont tous à vos gages.
Ne nous donnez plus de faux noms }}
Yousêtes les Sauvages.
Morbleaux , &e
A consulter votre orgueil ,
On vous verroit d'un autre oeil ;
Ce Peintre flatteur
Vous peint dans le coeur ,
Meilleurs que nous ne sommes.
Moy je ne vous fais pas l'honneur ,
De vous croire des hommes,
Morbleu , &c.
Chez mes Confreres les Ours
C iiij
On
160 MERCURE DE FRANCE
On voit moins de méchans tours,
Moins cruels que vous ,
Moins fiers , moins jaloux ,
Chez les Ours on s'entraime :
Les François plus humains , plus doux
Ont un autre sistême.
Morbleu , &c.
Mais laissons-là ce propos :
Marchands, ouvrez vos Ballots .:
Que de pompeux riens ;
O Ciel , que de biens !
Dont je n'ai point affaire !
De grace , laissez- moi les miens ;
Gardez votre misere.
Morbleu , & c
Votre luxe dangereux ,
Vous a rendus malheureux .
Quoi ! foibles humains ,
De vos propres mains ,
Vous forgez vos entraves.
Nous sommes les vrais Souverains ;
Vous êtes des Esclaves.
Morbleu , &c.
D'où sont nez tant de besoins ?
De yos Arts et de vos soins ,
Votre
JUILLET. 1731 1681
Votre esprit maudit ,
Fomente et nourrit ,
Votre délicatesse.
L'Iroquois libre qui s'en rit ,
Foule aux pieds la richesse.
Morbleu , &c,
Toute votre vanité ,
Naut- elle ma liberté ?
Au fond des Deserts ;
Sans peur des revers
Je vois brûler ma hutte ;
Mon coeur même de l'Univers ,
Ne craindroit pas la chute.
Morbleu , &c.
Dans la Foire , beaux Esprits ,
Vos Livres sont à tout prix,
L'avide Imprimeur
Et le pâle Auteur ,
>
N'ont chez nous gain ni gloire ,
Et l'instrument de ma valeur ,
Ecrit seul mon Histoire.
Morbleu , & c.
Philosophes orgueilleux ,
Vos Ecrits sont merveilleux ;
Mais en verité
CY
Je
1682 MERCURE DE FRANCE
Je suis enchanté ,
De ne les pouvoir lire.
Le bon sens par vous maltraité ,
Dans nos Bois se retire .
Morbleu , &c
Que faites-vous , beaux parleurs
Vous semez partout des fleurs ;
En tours bien tissus ,
En mots ambigus ,
Votre esprit se distile ;
Mon silence seul en dit plus ,
Que votre pompeux stile.
Morbleu , &c.
Mon habit choque vos yeux ;
Mais le vôtre siet-il mieux }
Tout cet attirail ,
Fruit d'un long travail ,
Vous rend la tête folle ,
Quoi ! vous filez jusqu'au Métail ,
Pour parer une Idole !
Morbleu , & c.
Il faut pour flatter vos goûts ,
Mets exquis , sausses , ragouts
Mais votre santé ,
Malgré Caffé , Thế ,
Suse dès la jeunesse ;
I
JUILLET. 1731. 1683
Au prix de la sobrieté ,
J'achette la viellesse.
Morblen , &c.
Jamais on ne vous voit sains ,
Vous avez des Medecins ;
Mourez dans leurs bras,
C'est votre trépas ,
Qui leur sert de parure .
Allez , je ne vous plaindrai pas ,
Ils vengent la Nature.
Morbleu , & c.
Aussi , François délicats ,
Nous vous voyons aux Combats
Prisonniers charmans ,
Vos vrais sentimens ,
Nous dévoilent votre ame.
Et moi je brave les tourmens ,
Je chante dans la flamme.
Morbleu , & c. >
Marchands , fermez vos paquets
Je sçais vivre à peu de frais ;
J'ai tout et n'ai rien :
Laissez- moi pour bien
Mon heureuse indigence.
Vos désirs sont votre lien ,
Et j'ai l'indépendance.
Morbleu ,&C
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Résumé : SENTIMENS D'UN IROQUOIS À la vûë des diverses Marchandises étalées à une Foire de France. Sur l'Air : Iris, je ne sçais comment, &c. Par le P. P. B. F.
Le texte présente plusieurs épitaphes et des éclaircissements sur la vie de Saint Front, également connu sous le nom de Fronton. Une épitaphe décrit un homme avare, tandis qu'une autre critique un prétendu bel esprit. Le texte principal se concentre sur Saint Front, premier évêque de Périgueux. Selon les Actes de sa vie, rapportés par M. Bosquet, Saint Front, originaire de Périgueux ou d'Orient, fut envoyé par Saint Pierre pour prêcher l'Évangile en Gaule. Il arriva à Périgueux accompagné de son compagnon Georges et y fit de nombreux convertis malgré la persécution du gouverneur Squirius. Saint Front chassa un dragon et bâtit une église en l'honneur de Saint Étienne. Il fonda également des églises dans d'autres régions, telles que le Puy-en-Velay, la Saintonge et le Poitou. Saint Front mourut en paix à Périgueux après avoir accompli de nombreux miracles. Cependant, les Actes de Saint Front ont été rejetés par plusieurs critiques, notamment M. de Tillemont et M. Baillet, qui les jugent insoutenables et douteux. M. Baillet reconnaît la conversion du peuple de Périgueux comme le principal fruit des travaux de Saint Front, mais remet en question les détails de sa vie et ses voyages. La fête de Saint Front est célébrée le 25 octobre, et son corps fut retrouvé après la mort de Clovis Ier. Le texte mentionne également des demandes d'éclaircissements sur les reliques de Saint Front et les traditions de l'Église de Périgueux. Enfin, un poème d'un Iroquois critique la société française, mettant en avant la liberté et l'innocence des peuples sauvages par rapport aux vices et aux besoins artificiels des Français.
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2834
p. 1686-1687
ÉGLOGUE.
Début :
Qu'avez-vous fait, belle Silvie, [...]
Mots clefs :
Appas, Perfidie, Inconstance, Eau fugitive, Fidèle , Reconnaissance
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texteReconnaissance textuelle : ÉGLOGUE.
EGLOGUE.
QU'APEZ- VOL
Tyrcis.
U'avez-vous fait , belle Silvie,
Depuis que j'ai cessé d'adorer vos appas ?
Sylvie.
Hélas ! cruel Tyrcis , hélas !
J'ai pleuré votre perfidie.
J'ai souvent aux Echos annoncé mon malheur ;
Ma constance et votre inconstance ;
Mais de ma trop juste douleur ,
Rien ne calmoit la violence.
Tyrcis.
Poursuivez ; achevez de confondre mon coeur,
Sylvie.
Souvent au bord d'une Onde pure ,
doux murmure
Qui couroit sur le sable avec
Je disois consumée en regava superflus ;
Voilà de nos plaisirs une image naïve ,
Ils imitent le cours de cette eau fugitive ,
Qui passe et qui ne revient plus .
Quelquefois j'écrivois nos deux noms sur l'écorce
Des Arbres dont l'ombrage frais ,
Avoit souvent aidé nos entretiens secrets ;
Pour y graver le mien il falloit peu de force,
Mais
JUILLET.
1637 1731.
Mais pour le vôtre il s'effaçoit ,
Si-tôt que ma main le traçoit.
Tyrcis.
Je ne puis retenir mes larmes.
Quoi ! vous étiez fidelle à qui sçur vous trahir !
Autant que vous m'aimiez vous deviez me haïr.
Mais si je rendois à vos charmes ,
Ce coeur que vous croyez perdu ,
Le reprendriez -vous, trop fidelle Sylvie
Sylvie.
Ce coeur qui me seroit rendu ,
Feroit le bonheur de ma vie ;
Tyrcis.
Eh bien ! je vous le rends , mais si rempli d'
mour ,
Si charmé de votre constance
Que pour vous sa tendresse et sa reconnoissance
Iront jusqu'à mon dernier jour.
QU'APEZ- VOL
Tyrcis.
U'avez-vous fait , belle Silvie,
Depuis que j'ai cessé d'adorer vos appas ?
Sylvie.
Hélas ! cruel Tyrcis , hélas !
J'ai pleuré votre perfidie.
J'ai souvent aux Echos annoncé mon malheur ;
Ma constance et votre inconstance ;
Mais de ma trop juste douleur ,
Rien ne calmoit la violence.
Tyrcis.
Poursuivez ; achevez de confondre mon coeur,
Sylvie.
Souvent au bord d'une Onde pure ,
doux murmure
Qui couroit sur le sable avec
Je disois consumée en regava superflus ;
Voilà de nos plaisirs une image naïve ,
Ils imitent le cours de cette eau fugitive ,
Qui passe et qui ne revient plus .
Quelquefois j'écrivois nos deux noms sur l'écorce
Des Arbres dont l'ombrage frais ,
Avoit souvent aidé nos entretiens secrets ;
Pour y graver le mien il falloit peu de force,
Mais
JUILLET.
1637 1731.
Mais pour le vôtre il s'effaçoit ,
Si-tôt que ma main le traçoit.
Tyrcis.
Je ne puis retenir mes larmes.
Quoi ! vous étiez fidelle à qui sçur vous trahir !
Autant que vous m'aimiez vous deviez me haïr.
Mais si je rendois à vos charmes ,
Ce coeur que vous croyez perdu ,
Le reprendriez -vous, trop fidelle Sylvie
Sylvie.
Ce coeur qui me seroit rendu ,
Feroit le bonheur de ma vie ;
Tyrcis.
Eh bien ! je vous le rends , mais si rempli d'
mour ,
Si charmé de votre constance
Que pour vous sa tendresse et sa reconnoissance
Iront jusqu'à mon dernier jour.
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Résumé : ÉGLOGUE.
L'églogue relate un dialogue entre Tyrcis et Sylvie, qui évoquent leur relation passée et leurs sentiments. Tyrcis interroge Sylvie sur ses activités depuis qu'il a cessé de l'adorer. Sylvie révèle qu'elle a pleuré sa perfidie et exprimé sa douleur aux échos. Elle compare leurs plaisirs passés à une onde pure qui passe et ne revient plus, symbolisant l'inconstance de Tyrcis. Sylvie mentionne également qu'elle gravait leurs noms sur les arbres, mais que le nom de Tyrcis s'effaçait rapidement. Ému, Tyrcis exprime son regret et demande si Sylvie le reprendrait s'il lui rendait son cœur. Sylvie confirme que ce cœur serait son bonheur. Tyrcis déclare alors qu'il lui rend son cœur, rempli de remords et de reconnaissance, et promet que sa tendresse et sa reconnaissance dureront jusqu'à son dernier jour.
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2835
p. 1692
MADRIGAL
Début :
Les Étoiles alloient se cacher dans les Cieux, [...]
Mots clefs :
Madrigal, Étoiles, Cœur, Maux, Expirer
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL
MADRIGAL ,
A Made M ... D ...
Les Etoiles alloient se cacher dans les Cieux ;
Et le Jour , de la Nuit , plioit le voile sombre
Lorsque je m'approchai des lieux ,
Od tu t'assis hier à l'ombre :
2
Puissant Dieu , dis- jealors à l'Enfant de Paphos Į
Daigne ici renvoyer au lever de l'Aurore ,
Celle qui de mon coeur fait les biens et les maux.
D .... par qui je t'adore ,
Que veux- tu , me dit-il ? si tu l'y vois encore
On t'y verra mourir d'amour.
Ah ! dusse-je expirer avant la fin du jour ,
Si tu peux égaler sa tendresse à la mienne ,
Divin Enfant , qu'elle y revienne.
Le Chevalier de Montador.
A Made M ... D ...
Les Etoiles alloient se cacher dans les Cieux ;
Et le Jour , de la Nuit , plioit le voile sombre
Lorsque je m'approchai des lieux ,
Od tu t'assis hier à l'ombre :
2
Puissant Dieu , dis- jealors à l'Enfant de Paphos Į
Daigne ici renvoyer au lever de l'Aurore ,
Celle qui de mon coeur fait les biens et les maux.
D .... par qui je t'adore ,
Que veux- tu , me dit-il ? si tu l'y vois encore
On t'y verra mourir d'amour.
Ah ! dusse-je expirer avant la fin du jour ,
Si tu peux égaler sa tendresse à la mienne ,
Divin Enfant , qu'elle y revienne.
Le Chevalier de Montador.
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Résumé : MADRIGAL
Le madrigal du Chevalier de Montador décrit une nuit où le narrateur, amoureux d'une femme identifiée par les initiales 'M...', prie l'Enfant de Paphos pour son retour. Le dieu répond que le voir la causera sa mort. Le narrateur souhaite mourir d'amour si elle partage sa tendresse et supplie le dieu de la faire revenir.
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2836
p. 1704
ÉPIGRAMME.
Début :
D'où vient que le Démon cherchant à nous détruire, [...]
Mots clefs :
Démon, Serpent, Ève, Esprit, Souplesse
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAMME.
EPIGRA M M E.
D'Od vient que le détruire , Démon cherchant à nous
Prit la figure d'un Serpent ?
Et voulut se montrer devant Eve rampant ,
Pour la tenter et la séduire
Certes , ce fut un tour subtil , ingenieux
Cet Esprit rempli de finesse ,
Jugea que pour gagner un Sexe impérieux ,
Il falloit user de souplesse.
Bouchet , Chanoine de Sens .
D'Od vient que le détruire , Démon cherchant à nous
Prit la figure d'un Serpent ?
Et voulut se montrer devant Eve rampant ,
Pour la tenter et la séduire
Certes , ce fut un tour subtil , ingenieux
Cet Esprit rempli de finesse ,
Jugea que pour gagner un Sexe impérieux ,
Il falloit user de souplesse.
Bouchet , Chanoine de Sens .
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2837
p. 1714-174
MADRIGAL.
Début :
Un jour Venus sur l'heure du midi [...]
Mots clefs :
Vénus, Amour, Étourdi, Iris, Cœur
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
UN jour Venus sur l'heure du midi
Se promenoit dans les bois de Cythere ;
L'Amour survient , ce petit étourdi
Bande son Arc et tire sur sa Mere.
Elle remplit l'air de ces tristes cris ,
On m'a blessée , helas ! et c'est mon fils !
A cette voix l'Amour s'allarme, il tremble ;
Et par ces mots lui fait voir son erreur ;
Pardon , dit- il , mais Iris vous ressemble ;
J'ay crû la voir et tirer sur son coeur.
UN jour Venus sur l'heure du midi
Se promenoit dans les bois de Cythere ;
L'Amour survient , ce petit étourdi
Bande son Arc et tire sur sa Mere.
Elle remplit l'air de ces tristes cris ,
On m'a blessée , helas ! et c'est mon fils !
A cette voix l'Amour s'allarme, il tremble ;
Et par ces mots lui fait voir son erreur ;
Pardon , dit- il , mais Iris vous ressemble ;
J'ay crû la voir et tirer sur son coeur.
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2838
p. 1718-1719
Vers de Feu M. Boudier, sur la mort de sa Femme. DIZAIN.
Début :
Quand la Mort nous déparia. [...]
Mots clefs :
Mort, Manoir, Femmes fortes, Honneur du Sexe
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texteReconnaissance textuelle : Vers de Feu M. Boudier, sur la mort de sa Femme. DIZAIN.
VERS de Feu M. Boudier , sur la mort
de sa Femme.
Qu
DIZAIN.
Uand la Mort nous déparia :
Ma moitié dans le manoir sombre
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur suite en trés - petit nombre ,
Leur dit: je viens me joindre à vous
Moitiés , dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe , Femmes fortes ;
Eux
JUILLET. 1731. $719
Eux seuls firent tout vôtre bien ,
C'est pour eux que vous êtes`mortes ,
que pour le mien.
de sa Femme.
Qu
DIZAIN.
Uand la Mort nous déparia :
Ma moitié dans le manoir sombre
Rencontrant Porcie , Arria ,
Et leur suite en trés - petit nombre ,
Leur dit: je viens me joindre à vous
Moitiés , dignes de vos Epoux ,
Honneur du Sexe , Femmes fortes ;
Eux
JUILLET. 1731. $719
Eux seuls firent tout vôtre bien ,
C'est pour eux que vous êtes`mortes ,
que pour le mien.
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2839
p. 1736
ENIGME.
Début :
Je vais ; où ? d'où je viens ; actif ou paresseux, [...]
Mots clefs :
Fleuve
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E vais ; ou d'où je viens ; actif ou paresseux,
Dans ma course , rien ne m'arrête ;
Je n'ai jamais ni pied , ni tête ,
J'ay des bras , point de mains ; devine si tu peux
E vais ; ou d'où je viens ; actif ou paresseux,
Dans ma course , rien ne m'arrête ;
Je n'ai jamais ni pied , ni tête ,
J'ay des bras , point de mains ; devine si tu peux
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2840
p. 1736-1737
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis quelquefois de Métal, [...]
Mots clefs :
Flambeau
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E suis quelquefois de Métal ,
Et quelquefois aussi je suis d'autre matiere ;
Mais l'on peut dire en géneral ,
Qu'ingenument je sers à la lumiere ,
Voulez- vous de mon corps sçavoir l'arangement.
De huit membres on le compose ,
Coupez ma tête seulement ,
Il vous restera peu de chose ,
Renversez
JUILLET 1737 1731.
Renversez à present ma premiere moitié ;
Autant que l'on peut on l'évite ;
L'autre dans son integrité ,
Fait de certains objets la gloire et le mérite ,
Otez la tête encor , je suis un Element ;
Un , six et huit , je fus pris dans le Firmament ;
Un , deux , trois , quatre et six , désigne ma com
pagne;
Cinq , trois , deux , cercle de plaisir ;
Plus souvent à la Ville encor qu'en la Campagne ,
Je suis le charme du loisir.
E suis quelquefois de Métal ,
Et quelquefois aussi je suis d'autre matiere ;
Mais l'on peut dire en géneral ,
Qu'ingenument je sers à la lumiere ,
Voulez- vous de mon corps sçavoir l'arangement.
De huit membres on le compose ,
Coupez ma tête seulement ,
Il vous restera peu de chose ,
Renversez
JUILLET 1737 1731.
Renversez à present ma premiere moitié ;
Autant que l'on peut on l'évite ;
L'autre dans son integrité ,
Fait de certains objets la gloire et le mérite ,
Otez la tête encor , je suis un Element ;
Un , six et huit , je fus pris dans le Firmament ;
Un , deux , trois , quatre et six , désigne ma com
pagne;
Cinq , trois , deux , cercle de plaisir ;
Plus souvent à la Ville encor qu'en la Campagne ,
Je suis le charme du loisir.
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2841
p. 1737-1738
AUTRE.
Début :
Communément je suis d'une humeur vagabonde ; [...]
Mots clefs :
Polisson
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Ommunément je suis d'une humeur vaga+
C
bonde ;
Je porte un nom décrédité ,
Et fort méprisé dans le monde.
Lorsque je suis joli ( c'est une rareté. )
Je fais pourtant plaisir dans la societé .
Or pour me deviner il faut que l'on arrange ,
Huit lettres; écoutez, voici comme on les change.
Otez-en la troisiéme et je suis à l'instant ,
Tout-à-fait d'une autre figure ,
Toujours maigre de ma nature ;
Plus , ôtez la cinquième et je puis aisément
Vous enlever la vie ,
Si l'on ne m'arrête soudain ;
Un , quatre , cinq, sept , huit , je vous nomme
un Romain ,
Du
1738 MERCURE DE FRANCE
Du tems de l'Epoux de Livie.
Retranchez de mon tout ma seconde partie ,
Je suis dans tous les lieux aimé ,
Puis dans ce mot vous trouverez nommé ,
Par une nouvelle structure ,
Un vêtement que la Naturë ,
elle - même formé ;
A
par
Six , sept , huit , pour nourrir un animal immonde
,
Je prens ma naissance aux Moulins ;
Trois , quatre et six , je crois aux Champs comme
aux Jardins ,
Et j'orne l'Ecusson du plus grand Roi du monde.
Cinq , deux , trois , sept et huit , je suis le nom
fameux ,
D'un Legislateur de la Grece ,
En Latin, six, deux , trois, je donne idée expresse
De l'Astre le plus lumineux .
Huit et quatre , avec trois , d'une Terre lointaine,
J'entretiens la fécondité.
Alors renversez-moi je deviendrai la graine ,
Dne herbe qu'on ourdit avec dexterité.
Trois , quatre , sept et huit , sans être épouvanté,
Qui pourra soutenir ma rage meurtriere ,
Et le bruit affreux de ma voix ?
Trois , sept , deux , avec huit , près de l'Orleannois
,
Je suis le nom d'une Riviere.
Ommunément je suis d'une humeur vaga+
C
bonde ;
Je porte un nom décrédité ,
Et fort méprisé dans le monde.
Lorsque je suis joli ( c'est une rareté. )
Je fais pourtant plaisir dans la societé .
Or pour me deviner il faut que l'on arrange ,
Huit lettres; écoutez, voici comme on les change.
Otez-en la troisiéme et je suis à l'instant ,
Tout-à-fait d'une autre figure ,
Toujours maigre de ma nature ;
Plus , ôtez la cinquième et je puis aisément
Vous enlever la vie ,
Si l'on ne m'arrête soudain ;
Un , quatre , cinq, sept , huit , je vous nomme
un Romain ,
Du
1738 MERCURE DE FRANCE
Du tems de l'Epoux de Livie.
Retranchez de mon tout ma seconde partie ,
Je suis dans tous les lieux aimé ,
Puis dans ce mot vous trouverez nommé ,
Par une nouvelle structure ,
Un vêtement que la Naturë ,
elle - même formé ;
A
par
Six , sept , huit , pour nourrir un animal immonde
,
Je prens ma naissance aux Moulins ;
Trois , quatre et six , je crois aux Champs comme
aux Jardins ,
Et j'orne l'Ecusson du plus grand Roi du monde.
Cinq , deux , trois , sept et huit , je suis le nom
fameux ,
D'un Legislateur de la Grece ,
En Latin, six, deux , trois, je donne idée expresse
De l'Astre le plus lumineux .
Huit et quatre , avec trois , d'une Terre lointaine,
J'entretiens la fécondité.
Alors renversez-moi je deviendrai la graine ,
Dne herbe qu'on ourdit avec dexterité.
Trois , quatre , sept et huit , sans être épouvanté,
Qui pourra soutenir ma rage meurtriere ,
Et le bruit affreux de ma voix ?
Trois , sept , deux , avec huit , près de l'Orleannois
,
Je suis le nom d'une Riviere.
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2842
p. 1767-1769
EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
Début :
SISTE VIATOR Et venerare Nomen quod MAJESTATEM sapit. Hic Jacet [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
EPITAPHE de Madame la Du
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
chesse de Bruntswich, composée à Vienne ,
par
ordre de l'Impératrice Douairiere sa
Fille , qu'on vient de graver sur son Tombean
, dans le Cloître de l'Abbaye Royale
du Val de Grace.
SISTE VIATOR
Et venerare Nomen quod MAJESTATEM
sapit.
Hic Jacet
SERENISSIMA BENEDICTA.
Quam
EDUARDUS , Caroli Ludovici Electoris
Comitis Palatini
ad Rhenum, Ducis Bavaria , Comitisque
Veldentiæ
Et Spanheimii Frater ,
Atque
ANNA GONZAGA Noviodunensis in
Heduis
FILIA M
Joannes Fredericus Brunsvicensium , er
Luneburgensium Dux
UXOREM
Carolina Felicitas nupta Rainaldo Atestino
, Mutinensium Duci
AUS
1768 MERCURE DE FRANCE
AUGUSTA AMALIA WILHELMINA
JOSEPHI I. ROMANORUM
IMPERATORIS
Vidua
superstes ,
MATREM ,
Auspicato habuerunt.
Effloruit Celsissima Ejus Stirps in
Coronas ;
In Sceptra pullulavit ;
SURREXIT IN SOLIA ;
Gentilitiæque Antiquitatis fulgorem ,
Propriæ virtutis radiis superavit;
Et nimia circumquaque , in orbe , luce
: diffusa ,
Vetustatem æque , ac Posteritatem
dubiam reddidit ,
Plusne ab Antecessoribus receperit ,
Vel contulerit Successoribus ;
Proinde reverere , VIATOR , BENEDICTAM
hanc ,
Feminæ fortis specimen , Principis
Christiane Exemplar ,
Quæ indolem nacta liberalem ,
Amorem in suos ,
Gratiam in familiares ,
Benevolentiam in subditos , Beneficentiam
in miseros ,
Una cum morum suavitate ,
In una sede animi sui , præclaro foedere
Junxit , et Collocavit. -
Tali
JUILLET. 1731 1769
Tali, ac tantæ Principi , nomine, et omine
"
BENEDICTE
Quæ
L X X. et IX . Annis Major
Prid. ID. Aug. Ann . A. P. V. M. D. CC.XXX.
Placide dormiturienti similis
Morte sanctorum ,
SUUM OBIIT DIEM
TU VIATOR
A DEO ,
Requiem et coelitum consortium
›
apprecare ,
Cum in ea speculum habeas Pietatis ,
Exemplum Probitatis ,
AVITE NOBILIORIS IN DOLIS DECUS ,
ET DOCUMENTUM.
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Résumé : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Bruntswich, composée à Vienne, par ordre de l'Impératrice Douairiere sa Fille, qu'on vient de graver sur son Tombeau, dans le Cloître de l'Abbaye Royale du Val de Grace.
L'épitaphe de Madame la Duchesse de Brunswick, composée à Vienne par ordre de l'Impératrice Douairière sa fille, est gravée sur son tombeau dans le cloître de l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce. Elle commence par une invocation au passant pour vénérer le nom de la défunte, Benedicta, épouse de Jean Frédéric, Duc de Brunswick et Lunebourg. Benedicta, née Anna Gonzaga, était la fille de Rainaldo, Duc d'Este, et la mère d'Augusta Amalia Wilhelmina, veuve de l'empereur Joseph Ier. L'épitaphe met en avant sa descendance illustre, produisant des rois et des souverains, ainsi que sa noblesse, son courage et son exemple de princesse chrétienne. Benedicta est louée pour sa libéralité, son amour pour les siens, sa grâce envers ses proches, sa bienveillance envers ses sujets et sa bienfaisance envers les malheureux, le tout avec douceur. Elle est décédée en 1769, à l'âge de 89 ans, le 31 juillet, comparée à une personne endormie paisiblement. Le texte se termine par une prière pour que le passant implore pour elle le repos et la compagnie des bienheureux, en voyant en elle un miroir de piété et un exemple de probité.
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2843
p. 1784-1786
SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
Début :
A l'ombre de ce Hêtre, [...]
Mots clefs :
Berger, Printemps, Cœurs, Amant, Candeur, Froideur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
SUR LE RETOUR
A
DU PRINTEMPS ,
COUPLETS ,
A Mademoiselle D.. L..
L'ombre de ce Hêtre ,
Un Berger d'alentour ,
Sur sa Flute champêtre ,
Fredonnoit l'autre jour ;
Doux Printemps , ta naissance ,
fait naître mille ardeurs ,
» Et ta seule présence ,
Ranime tous les coeurs..
La
Juille
Vivement.
* 2
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
ARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
JUILLET. 1731. 1785
La Chanson se répete ,
Belise enfin l'entend :
Elle accourt , et seulette ,
Vient trouver son Amant :
La Candeur , l'Innocence "
Accompagnent ses pas ;
Mais un air d'indolence ,
Relevé ses appas.
D'une subite flâme
Le Berger transporté ,
2.
Rappelle dans son ame ,
En vain la liberté :
Il se trouble , il chancelle
Il pousse des soupirs ;
Et les yeux de la Belle ,
Irritent ses desirs .
Bergere , qui t'amene ,
Lui dit-il , dans ces lieux ?
Viens- tu finir la peine ,
Que causent tes beaux yeux ?
Voi , dessous ton Empire ,
Ce que souffre mon coeur ;
Songe que mon Martire ,
Condamne ta froideur.
Depuis
1786 MERCURE DE FRANCE
Depuis maintes années ,
Je languis près de toi ,
Bornant mes destinées ,
A vivre sous ta loi ;
Mais toujours inhumaine ,
Et rebelle à mes feux.
Tu te ris de ma peine ,
Tu méprises mes voeux .
諾
A ce tendre reproche ,
Bélise se rendit ;
Son coeur toûjours de roche ,
En vain se deffendit ;
Ah ! c'en est trop , dit-elle ,
Amour est mon vainqueur ,
Reçoi , Berger fidele ,
Le prix de ton ardeur
Ε Ν Τ Ο Υ.
Imitons , Eulalie ,
Leur conduite en ce jour ;
Aimons , mais sans folie ;
Suivons le Dieu d'Amour.
L'amitié qui nous presse ,
A des charmes plus doux ;
C'est Vertu , c'est Sagesse ,
De ceder à ses coups .
Par M. N. C.
A
DU PRINTEMPS ,
COUPLETS ,
A Mademoiselle D.. L..
L'ombre de ce Hêtre ,
Un Berger d'alentour ,
Sur sa Flute champêtre ,
Fredonnoit l'autre jour ;
Doux Printemps , ta naissance ,
fait naître mille ardeurs ,
» Et ta seule présence ,
Ranime tous les coeurs..
La
Juille
Vivement.
* 2
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
ARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
JUILLET. 1731. 1785
La Chanson se répete ,
Belise enfin l'entend :
Elle accourt , et seulette ,
Vient trouver son Amant :
La Candeur , l'Innocence "
Accompagnent ses pas ;
Mais un air d'indolence ,
Relevé ses appas.
D'une subite flâme
Le Berger transporté ,
2.
Rappelle dans son ame ,
En vain la liberté :
Il se trouble , il chancelle
Il pousse des soupirs ;
Et les yeux de la Belle ,
Irritent ses desirs .
Bergere , qui t'amene ,
Lui dit-il , dans ces lieux ?
Viens- tu finir la peine ,
Que causent tes beaux yeux ?
Voi , dessous ton Empire ,
Ce que souffre mon coeur ;
Songe que mon Martire ,
Condamne ta froideur.
Depuis
1786 MERCURE DE FRANCE
Depuis maintes années ,
Je languis près de toi ,
Bornant mes destinées ,
A vivre sous ta loi ;
Mais toujours inhumaine ,
Et rebelle à mes feux.
Tu te ris de ma peine ,
Tu méprises mes voeux .
諾
A ce tendre reproche ,
Bélise se rendit ;
Son coeur toûjours de roche ,
En vain se deffendit ;
Ah ! c'en est trop , dit-elle ,
Amour est mon vainqueur ,
Reçoi , Berger fidele ,
Le prix de ton ardeur
Ε Ν Τ Ο Υ.
Imitons , Eulalie ,
Leur conduite en ce jour ;
Aimons , mais sans folie ;
Suivons le Dieu d'Amour.
L'amitié qui nous presse ,
A des charmes plus doux ;
C'est Vertu , c'est Sagesse ,
De ceder à ses coups .
Par M. N. C.
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Résumé : SUR LE RETOUR DU PRINTEMPS, COUPLETS, A Mademoiselle D.. L..
Le poème 'Sur le retour du printemps' est adressé à Mademoiselle D.. L.. Il décrit un berger jouant de la flûte sous un hêtre, célébrant le printemps et ses effets sur les cœurs. La jeune femme Belise, attirée par la musique, rejoint son amant. La présence de Belise trouble le berger, qui exprime sa passion et son martyre. Belise, d'abord résistante, finit par céder aux avances du berger. Le poème se conclut par une exhortation à imiter cet amour modéré et à privilégier l'amitié, présentée comme plus sage et vertueuse. Le texte est daté de juillet 1731 et mentionne des fondations de la New York Public Library ainsi que le Mercure de France en 1786.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2844
p. 1832-1833
Au Duc de Chaulnes, sur la Mort du Duc de Pequigny. STANCES.
Début :
Pequigny n'est donc plus qu'un amas de poussiere, [...]
Mots clefs :
Héros, Cieux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Duc de Chaulnes, sur la Mort du Duc de Pequigny. STANCES.
Au Duc de Chaulnes , sur la Mort du Duc
de Pequigny.
STANCES.
Pequigny n'est donc plus qu'un amas de poussiere
,
Et ce Heros naissant disparoît à nos yeux ;
Les larmes de l'Epouse et les vertus du Pere ,
N'ont pu fléchir les Cieux.
La Nature et l'amour observent le silence ,
Leurs regards mutuels expriment la douleur,
La raison rougiroit d'avoir de l'Eloquence ,
Dans un si grand malheur.
De
JUILLET. 1833 1731 .
De Chaulnes , pour ton coeur le moment est critique
,
Contre de pareils coups la valeur n'offre rien ,
Mais ce qui troubleroit l'ame la plus stoïque ,
Releve le Chrétien .
Souviens- toi d'Abraham et de son Sacrifice ,
Prêt d'immoler son fils , il étendit le bras.
La Nature en frémit , et sans l'Ange propice ,
Il ne balançoit pas.
Le Dieu qui t'a frappé , veut de l'obéïssance ;
La Foi doit soutenir ton courage abbatu :
Raison, Nature, amour, que peut votre puissance,
Contre tant de vertu.
de Pequigny.
STANCES.
Pequigny n'est donc plus qu'un amas de poussiere
,
Et ce Heros naissant disparoît à nos yeux ;
Les larmes de l'Epouse et les vertus du Pere ,
N'ont pu fléchir les Cieux.
La Nature et l'amour observent le silence ,
Leurs regards mutuels expriment la douleur,
La raison rougiroit d'avoir de l'Eloquence ,
Dans un si grand malheur.
De
JUILLET. 1833 1731 .
De Chaulnes , pour ton coeur le moment est critique
,
Contre de pareils coups la valeur n'offre rien ,
Mais ce qui troubleroit l'ame la plus stoïque ,
Releve le Chrétien .
Souviens- toi d'Abraham et de son Sacrifice ,
Prêt d'immoler son fils , il étendit le bras.
La Nature en frémit , et sans l'Ange propice ,
Il ne balançoit pas.
Le Dieu qui t'a frappé , veut de l'obéïssance ;
La Foi doit soutenir ton courage abbatu :
Raison, Nature, amour, que peut votre puissance,
Contre tant de vertu.
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Résumé : Au Duc de Chaulnes, sur la Mort du Duc de Pequigny. STANCES.
Le texte rend hommage au Duc de Pequigny, héros disparu prématurément. La nature, l'amour et la raison sont impuissants face à cette perte. Le Duc de Chaulnes est encouragé à trouver réconfort dans la foi chrétienne, comme Abraham prêt à sacrifier son fils. La foi est présentée comme le soutien nécessaire pour surmonter cette douleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2845
p. [1839]-1841
ODE SACRÉE, Titrée du Pseaume. Beatus vir, &c.
Début :
Heureux le Mortel qui redoute, [...]
Mots clefs :
Psaume, Lois, Gloire, Ardeur, Vaisseau, Adversité, Bienfaiteur, Port de l'Éternité, Abondance, Juge suprême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Titrée du Pseaume. Beatus vir, &c.
ODE SA CREE,
H
Tirée du Pseaume.
Beatus vir , & c. - fi}
Eureux le Mortel qui redoute
D'exciter l'ire du Seigneur !
En suivant ses Loix dans sa route
Toujours il marche avec ardeur ,
Quelle est sa gloire et så richesse!
Le souvenir de sa sagesse ,
Ne s'évanouira jamais ,
A ij Sa
7
A
1840 MERCURE DE FRANCE
Sa Posterité dans ce monde ,
Puissante , honorée et féconde ,
Verra combler tous ses souhaits,
Ainsi qu'un Astre favorable ,
Au Vaisseau du Port écarté ,
Dieu se montre à l'homme équitable ;
Dans la nuit de l'adversité ;
Il ne parle qu'avec prudence ,
En lui la timide indigence
Trouve toujours un Bienfaicteur ;
Quel sort au sien est comparable ?
De son coeur ferme , inébranlable ,
Rien ne peut troubler le bonheur,
Malgré les efforts de l'envie ,
Son nom subsistera. toûjours ;
De la perfide calomnie ,
Il ne craindra point les discours ,
Il met en Dieu son esperance ;
Contre les méchans sa puissance ,
Sçaura le mettre en seureté ;
Elle affermira son courage ,
Jusqu'à ce qu'il brave leur rage ,
Dans le Port de l'Eternité,
添
Ses mains ont semé l'abondance ,
Dans
AOUST.
1841 1731.
Dans les maisons des indigents ;
Sa justice pour récompense ,
Subsistera dans tous les temps :
Il sera placé dans la gloire 5
Le Pécheur verra sa victoire ,
Et de désespoir sechera ,
Dans sa rage il osera même ,
Maudire le Juge suprême :
Mais son vain desir périra.
H
Tirée du Pseaume.
Beatus vir , & c. - fi}
Eureux le Mortel qui redoute
D'exciter l'ire du Seigneur !
En suivant ses Loix dans sa route
Toujours il marche avec ardeur ,
Quelle est sa gloire et så richesse!
Le souvenir de sa sagesse ,
Ne s'évanouira jamais ,
A ij Sa
7
A
1840 MERCURE DE FRANCE
Sa Posterité dans ce monde ,
Puissante , honorée et féconde ,
Verra combler tous ses souhaits,
Ainsi qu'un Astre favorable ,
Au Vaisseau du Port écarté ,
Dieu se montre à l'homme équitable ;
Dans la nuit de l'adversité ;
Il ne parle qu'avec prudence ,
En lui la timide indigence
Trouve toujours un Bienfaicteur ;
Quel sort au sien est comparable ?
De son coeur ferme , inébranlable ,
Rien ne peut troubler le bonheur,
Malgré les efforts de l'envie ,
Son nom subsistera. toûjours ;
De la perfide calomnie ,
Il ne craindra point les discours ,
Il met en Dieu son esperance ;
Contre les méchans sa puissance ,
Sçaura le mettre en seureté ;
Elle affermira son courage ,
Jusqu'à ce qu'il brave leur rage ,
Dans le Port de l'Eternité,
添
Ses mains ont semé l'abondance ,
Dans
AOUST.
1841 1731.
Dans les maisons des indigents ;
Sa justice pour récompense ,
Subsistera dans tous les temps :
Il sera placé dans la gloire 5
Le Pécheur verra sa victoire ,
Et de désespoir sechera ,
Dans sa rage il osera même ,
Maudire le Juge suprême :
Mais son vain desir périra.
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Résumé : ODE SACRÉE, Titrée du Pseaume. Beatus vir, &c.
Le poème 'ODE SA CREE' du Psaume 'Beatus vir' célèbre les vertus et les bénédictions de l'homme juste et pieux. Cet homme est heureux car il respecte les lois divines et suit le droit chemin avec ardeur. Sa sagesse et sa richesse sont éternelles, et sa descendance est puissante, honorée et féconde. En période de difficulté, Dieu protège l'homme équitable, qui parle avec prudence et aide les indigents. Son bonheur reste inébranlable malgré l'envie et la calomnie. Il place son espérance en Dieu, qui le défend contre les méchants et renforce son courage jusqu'à l'éternité. Ses actions justes et généreuses perdurent à travers les temps, tandis que le pécheur, dans sa rage, maudit en vain le Juge suprême.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2846
p. 1854-1859
PARAPHRASE. Du Pseaume XXXIV. Judica, Domine, nocentes me, &c. P. L. D. D. R. P. G. J. P. L. A. J.
Début :
Dieu d'Israël, sois mon réfuge ; [...]
Mots clefs :
Refuge, Juge, Israël, Tonnerre, Glaive, Ignominie, Pièges, Trahisons, Miracles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE. Du Pseaume XXXIV. Judica, Domine, nocentes me, &c. P. L. D. D. R. P. G. J. P. L. A. J.
PARAPHRASE.
Du Pseaume XXXIV.
Fulica , Domine , nocentes me , &c.
P. L. D. D. R. P. G. J. P. L. A. J.
Dieu d Ieu d'Israël , sois mon réfuge ;
Combats
pour moi , deviens le Juge
De mes lâches Pérsécuteurs ;
Fais gronder, fais partir ta foudre, ton Tonnerre,
Er que ton bras vengeur montre à toute la Terre
Que tu ne délaissas jamais tes serviteurs.
Je vois ton glaive redoutable ,
Levé sur la tête coupable ;
Cachez - vous , foibles ennemis :
Le Seigneur en ce jour va prendre ma défense ,
Vous , dont les coeurs pervers oppriment l'innocence
,
Traîtres , où fuirez - vous ? l'Enfer même est soumis.
SP
AOUST
1855 1731 .
Que la fuite et l'ignominic ,
Soient le prix de la calomnie ,
Et de ses suppôts renommez !
Que, tels qu'un vain amas de sable et de poussiere ,
Que dissipe des vents une haleine legere ,
Leurs complots soient détruits aussi - tôt que
formez !
Vous , les
M
organes de Dieu-même ,
Vous , de sa Justice suprême ,
Ministres sages , éclairez ,
Par vos décisions , par vos Arrêts celebres ,
Punissez ces esprits d'erreur et de tenebres ;
Ils sont contre le Ciel hautement déclarez.
En vain ils me tendent des pieges ,
En vain leurs fureurs sacrileges ,
Soufflent un dangereux poison :
De leur rage impuissante exemplaires victimes ;
Ils sont ensevelis dans ces mêmes abymes ,
Que m'avoit préparés leur noire trahison .
讚
Cependant mon ame contente ,
De la verité triomphante ,
Connoît les salutaires droits :
Ma langue toujours prête à chanter la puissance ,
D'un
1856 MERCURE DE FRANCE
D'un Juge qui punit , d'un Dieu qui récompense,
Dans ses Temples sacrez fait connoître ses Loix.
潞
Interprete de ses oracles ,
De sa main féconde en Miracles ,
Elle vantera le pouvoir :
Le Seigneur se souvient du pauvre en sa soka
france ;
Ses coups sont étonnans , et l'humaine prudence ,
Ne sçauroit les comprendre et ne peut les prévoir.
Des témoins trompeurs et perfides ,
Par leurs mensonges homicides ,
M'imputent un crime odieux :
Touché de leurs erreurs , mon coeur est moins
sensible ,
'Aux aprêts éclatans d'un Jugement terrible ,
Qu'aux genereux desirs de désiller leurs yeux.
粥
Pour les conduire à la lumiere ,
La patience et la priere ,
Ont fait des efforts superflus :
Toujours plus endurcis , ils ont forcé leurs ames ,
Par un nouveau tissu d'intrigues et de trames ,
A braver des remords qu'ils n'éprouveront plus.
Mais
A O UST. , 1731 1857
Mais tous leurs desseins que j'ignore ,
Et que leur haine forme encore ,
Voat être bien- tôt dissipez :
Leurs bouches au silence enfin vont se réduire ,
Sans que jamais leurs coeurs toûjours ardens à
nuire
Soient réduits à l'aveu d'avoir été trompez.
Seigneur , d'un regard favorable ,
Du mortel ennui qui m'accable ,
Daigne dissiper les horreurs ;
Aompt de mes Meurtriers les troupes conjurées ,
Ma voix en s'élevant dans tes Voutes sacrées,
Aux Peuples attentifs apprendra tes grandeurs.
諾
Ne verray-je point de l'envie ,
Qui poursuit ma gloire et ma vie ,
Avorter le honteux dessein ?
Sous un dehors trompeur , dans une humble posture
,
Mes superbes Rivaux méditent l'imposture ,
Pour lancer surement tous leurs traits dans mon
sein.
Hypocrites , le masque tombe ;
Qu'ilmeure , ont-ils dit , qu'il succombe ,
Sous l'effort de nos bras unis !
Soutiens
1858 MERCURE DE FRANCE
Soutiens- moi , Dieu puissant , fais parler ta Justice
,
Confond mes ennemis , toi qui vois leur malice ,
Et qui sondes des coeurs les plus secrets replis.
Fais cesser ma douleur profonde ;
Il est temps d'annoncer au Monde ,
Qu'on m'a jugé selon tes Loix :
Arbitre des Humains, l'esprit de Dieu vous guide,
A vos justes decrets cet Esprit Saint préside ;
Vous êtes seulement les Echos de sa voix.
Tremblez , vous , dont les fourberies ,
Et les cruelles railleries ,
Se nourissoient d'un faux espoir :
Les barbares Auteurs d'un projet fanatique ,
Pour salaire n'auront qu'un regret tyranique ;
Sous le poids de leur crime ils seront sans pouvoir.
Mais vous que mon sort înteresse
Remerciez le Ciel sans cesse 1.3
Par des Cantiques immortels :
Puissent-ils, ces grands Choeurs , chanter ma délivrance
,
Et celebrer , grand Dieu , de ta magnificence ,
L'éclatante splendeur aux pieds des Autels.
AOUST. 1859
1
1731.
Ma voix d'une force nouvelle ,
Valde ta Justice éternelle ,
Seigneur , publier les bienfaits :
1.1
Tandis que nuit et jour méditant ta Loi sainte ,
Mon esprit rassuré pourra gouter sans crainte
faveurs et les dons de la Paix.
Le prix de tes fa
Ad majorem Dei gloriam.
Du Pseaume XXXIV.
Fulica , Domine , nocentes me , &c.
P. L. D. D. R. P. G. J. P. L. A. J.
Dieu d Ieu d'Israël , sois mon réfuge ;
Combats
pour moi , deviens le Juge
De mes lâches Pérsécuteurs ;
Fais gronder, fais partir ta foudre, ton Tonnerre,
Er que ton bras vengeur montre à toute la Terre
Que tu ne délaissas jamais tes serviteurs.
Je vois ton glaive redoutable ,
Levé sur la tête coupable ;
Cachez - vous , foibles ennemis :
Le Seigneur en ce jour va prendre ma défense ,
Vous , dont les coeurs pervers oppriment l'innocence
,
Traîtres , où fuirez - vous ? l'Enfer même est soumis.
SP
AOUST
1855 1731 .
Que la fuite et l'ignominic ,
Soient le prix de la calomnie ,
Et de ses suppôts renommez !
Que, tels qu'un vain amas de sable et de poussiere ,
Que dissipe des vents une haleine legere ,
Leurs complots soient détruits aussi - tôt que
formez !
Vous , les
M
organes de Dieu-même ,
Vous , de sa Justice suprême ,
Ministres sages , éclairez ,
Par vos décisions , par vos Arrêts celebres ,
Punissez ces esprits d'erreur et de tenebres ;
Ils sont contre le Ciel hautement déclarez.
En vain ils me tendent des pieges ,
En vain leurs fureurs sacrileges ,
Soufflent un dangereux poison :
De leur rage impuissante exemplaires victimes ;
Ils sont ensevelis dans ces mêmes abymes ,
Que m'avoit préparés leur noire trahison .
讚
Cependant mon ame contente ,
De la verité triomphante ,
Connoît les salutaires droits :
Ma langue toujours prête à chanter la puissance ,
D'un
1856 MERCURE DE FRANCE
D'un Juge qui punit , d'un Dieu qui récompense,
Dans ses Temples sacrez fait connoître ses Loix.
潞
Interprete de ses oracles ,
De sa main féconde en Miracles ,
Elle vantera le pouvoir :
Le Seigneur se souvient du pauvre en sa soka
france ;
Ses coups sont étonnans , et l'humaine prudence ,
Ne sçauroit les comprendre et ne peut les prévoir.
Des témoins trompeurs et perfides ,
Par leurs mensonges homicides ,
M'imputent un crime odieux :
Touché de leurs erreurs , mon coeur est moins
sensible ,
'Aux aprêts éclatans d'un Jugement terrible ,
Qu'aux genereux desirs de désiller leurs yeux.
粥
Pour les conduire à la lumiere ,
La patience et la priere ,
Ont fait des efforts superflus :
Toujours plus endurcis , ils ont forcé leurs ames ,
Par un nouveau tissu d'intrigues et de trames ,
A braver des remords qu'ils n'éprouveront plus.
Mais
A O UST. , 1731 1857
Mais tous leurs desseins que j'ignore ,
Et que leur haine forme encore ,
Voat être bien- tôt dissipez :
Leurs bouches au silence enfin vont se réduire ,
Sans que jamais leurs coeurs toûjours ardens à
nuire
Soient réduits à l'aveu d'avoir été trompez.
Seigneur , d'un regard favorable ,
Du mortel ennui qui m'accable ,
Daigne dissiper les horreurs ;
Aompt de mes Meurtriers les troupes conjurées ,
Ma voix en s'élevant dans tes Voutes sacrées,
Aux Peuples attentifs apprendra tes grandeurs.
諾
Ne verray-je point de l'envie ,
Qui poursuit ma gloire et ma vie ,
Avorter le honteux dessein ?
Sous un dehors trompeur , dans une humble posture
,
Mes superbes Rivaux méditent l'imposture ,
Pour lancer surement tous leurs traits dans mon
sein.
Hypocrites , le masque tombe ;
Qu'ilmeure , ont-ils dit , qu'il succombe ,
Sous l'effort de nos bras unis !
Soutiens
1858 MERCURE DE FRANCE
Soutiens- moi , Dieu puissant , fais parler ta Justice
,
Confond mes ennemis , toi qui vois leur malice ,
Et qui sondes des coeurs les plus secrets replis.
Fais cesser ma douleur profonde ;
Il est temps d'annoncer au Monde ,
Qu'on m'a jugé selon tes Loix :
Arbitre des Humains, l'esprit de Dieu vous guide,
A vos justes decrets cet Esprit Saint préside ;
Vous êtes seulement les Echos de sa voix.
Tremblez , vous , dont les fourberies ,
Et les cruelles railleries ,
Se nourissoient d'un faux espoir :
Les barbares Auteurs d'un projet fanatique ,
Pour salaire n'auront qu'un regret tyranique ;
Sous le poids de leur crime ils seront sans pouvoir.
Mais vous que mon sort înteresse
Remerciez le Ciel sans cesse 1.3
Par des Cantiques immortels :
Puissent-ils, ces grands Choeurs , chanter ma délivrance
,
Et celebrer , grand Dieu , de ta magnificence ,
L'éclatante splendeur aux pieds des Autels.
AOUST. 1859
1
1731.
Ma voix d'une force nouvelle ,
Valde ta Justice éternelle ,
Seigneur , publier les bienfaits :
1.1
Tandis que nuit et jour méditant ta Loi sainte ,
Mon esprit rassuré pourra gouter sans crainte
faveurs et les dons de la Paix.
Le prix de tes fa
Ad majorem Dei gloriam.
Fermer
Résumé : PARAPHRASE. Du Pseaume XXXIV. Judica, Domine, nocentes me, &c. P. L. D. D. R. P. G. J. P. L. A. J.
Le texte est une paraphrase du Psaume XXXIV, adressée à Dieu pour solliciter protection et justice contre les persécuteurs. Le narrateur prie Dieu de se manifester comme un refuge et un juge contre les ennemis lâches et pervers qui oppriment l'innocence. Il exprime sa confiance en la justice divine, qui punit les calomniateurs et les traîtres. Le narrateur évoque les complots de ses ennemis, comparés à un amas de sable dispersé par le vent, et demande aux ministres de Dieu de punir les esprits d'erreur. Il se réjouit de la victoire de la vérité et de la puissance divine, qui récompense et punit selon ses lois. Le texte mentionne également les efforts de patience et de prière pour convertir les ennemis, sans succès. Le narrateur demande à Dieu de dissiper son ennui et de confondre ses ennemis, révélant leur malice. Il exprime l'espoir que son sort intéressera ceux qui le soutiennent et qu'ils chanteront sa délivrance. Enfin, il loue la justice éternelle de Dieu et aspire à goûter les faveurs et les dons de la paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2847
p. 1862-1864
ADIEUX AUX MUSES.
Début :
Double Mont où ma Lyre enfanta quelques sons, [...]
Mots clefs :
Lyre, Muses, Filles savantes, Rimeurs, Jeunesse, Fontaine, Asile champêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADIEUX AUX MUSES.
ADIEUX AUX MUSES .
Ouble Mont où ma Lyre enfanta quelque
Double sons >
Je te quitte , Phébus , et vous filles sçavantes ,
Je ne puis suivre vos leçons ;
Il me faut un métier qui me fasse des rentes,
Un Cadet de famille , être au rang des Rimeurs
C'est d'un esprit leger la preuve non legere ;
SurA
O
UST. 1863 1731.
Sur tout quant au pauvret il ne manque qu'un
frere ,
Pour en avoir autant que vous êtes de soeurs,
Je vous ai consacrẻ ma premiere jeunesse ;
Le beau fruit que j'en tire est d'avoir fait des Versy
Que m'importe qu'ils soient au bout de l'Univers
Cette frivole gloire , est une sotte yvresse.
Rimer est un métier qui ne convient qu'à ceux
Dont l'esprit est né pour la rime.
Autrement on nous mésestime .
l'on parle de nous comme d'un cerveau creux)
On dit qu'il est une Fontaine ,
Dont l'eau miraculeuse a le vrai
gout
du vin i
S'il en étoit ainsi de l'eau de l'Hypocrêne ;
Si la gloire appaisoit la faim ;
M
Si sur ce Mont que j'abandonne ,
Une herbe salutaire et des arbres fruitiers ;
Croissoient comme les fleurs à l'ombre des Lat
riers ;
Enfin s'il y regnoit et Cerés et Pomone
Je
Bij
1864 MERCURE DE FRANCE
Je n'aurois , doctes Soeurs , aucune passion ,
Que celle de vous plaire , afin d'y toujours être.
Je cours à la fortune , et mon ambition ,
N'a pourtant d'autre objet qu'un azile champêtre.
D'Hautefeuille.
Ouble Mont où ma Lyre enfanta quelque
Double sons >
Je te quitte , Phébus , et vous filles sçavantes ,
Je ne puis suivre vos leçons ;
Il me faut un métier qui me fasse des rentes,
Un Cadet de famille , être au rang des Rimeurs
C'est d'un esprit leger la preuve non legere ;
SurA
O
UST. 1863 1731.
Sur tout quant au pauvret il ne manque qu'un
frere ,
Pour en avoir autant que vous êtes de soeurs,
Je vous ai consacrẻ ma premiere jeunesse ;
Le beau fruit que j'en tire est d'avoir fait des Versy
Que m'importe qu'ils soient au bout de l'Univers
Cette frivole gloire , est une sotte yvresse.
Rimer est un métier qui ne convient qu'à ceux
Dont l'esprit est né pour la rime.
Autrement on nous mésestime .
l'on parle de nous comme d'un cerveau creux)
On dit qu'il est une Fontaine ,
Dont l'eau miraculeuse a le vrai
gout
du vin i
S'il en étoit ainsi de l'eau de l'Hypocrêne ;
Si la gloire appaisoit la faim ;
M
Si sur ce Mont que j'abandonne ,
Une herbe salutaire et des arbres fruitiers ;
Croissoient comme les fleurs à l'ombre des Lat
riers ;
Enfin s'il y regnoit et Cerés et Pomone
Je
Bij
1864 MERCURE DE FRANCE
Je n'aurois , doctes Soeurs , aucune passion ,
Que celle de vous plaire , afin d'y toujours être.
Je cours à la fortune , et mon ambition ,
N'a pourtant d'autre objet qu'un azile champêtre.
D'Hautefeuille.
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Résumé : ADIEUX AUX MUSES.
Dans 'Adieux aux Muses', l'auteur exprime son intention de renoncer à la poésie pour des raisons pratiques. Il considère cette activité comme frivole et non rentable, inappropriée pour un cadet de famille devant subvenir à ses besoins. L'absence de frère pour partager les charges familiales le pousse à chercher un métier plus lucratif. Il critique la vanité de la gloire poétique, la comparant à une ivresse sotte. L'auteur mentionne la Fontaine de l'Hypocrène, dont l'eau inspire la poésie mais ne nourrit pas. Il souhaite plaire aux muses tout en aspirant à une vie champêtre et à la fortune, révélant ainsi son dilemme entre ambition poétique et nécessité économique.
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2848
p. 1870-1873
L'AMANT FUGITIF, CANTATE.
Début :
L'Amour joignoit Medor à l'aimable Amarille ; [...]
Mots clefs :
Amour, Amant fugitif, Jaloux, Tendresse, Navire, Foudre, Monstres maritimes
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texteReconnaissance textuelle : L'AMANT FUGITIF, CANTATE.
L'AMANT FUGITIF
CANTAT E.
L'Amour joignoitMedor à l'aimableAmarille j
Jaloux de leur état tranquille ,
Le rigoureux Destin les voulut séparer ,
L'Amant surpris à sa sombre tristesse ,
Redoutant d'affliger l'objet de sa tendresse ,
Lui cache sa douleur et tâche à l'éviter ,
In differens desseins il se laisse égarer ,
Dans le trouble affreux qui l'agite
Un Navire s'offre à sa fuite.
Aprenez, sensible coeur,
Que si l'Amour vous anime ,
Toute l'Onde Maritime ,
· N'éteindra point votre ardeur¿
Em
A O UST. 1731 . 1871
d'Alcide ,
En vain sur les pas
Jusques au Rivage humide ,
Vous traversez les deux Mers §
C'est traîner par tout les fers ,
Du Dieu malin qui vous guide ,
Et l'apprendre à l'Univers.
r
Quel bruit inopiné nous annonce l'orage
Dieux ! que vois- je ? l'humide plage
Flance en bouillonnant ses flots tumultueux ;
Le bruyant Aquilon , frissonne dans nos voiles
L'air d'une fausse nuit ne cache les Etoilles ,
Que pour nous éblouir par de sinistres feux ;
Le Tonnerre en grondant fend le cercle des Cieus
La Foudre va bien- tôt éclater sur nos têtes , os
Medor que ses malheurs ont rendu furieux ,
Invoque par ces mots de nouvelles tempêtes -
Superbe Eleinent ,
Ouvre tes abîmes ,
Monstres Maritimes ;
Sortez promtement ,
Vagues mutinées ,
Cachez-nous les Airs ,
Et dans les Nuées ,
Joignez les Eclairs
La seule Amarille »
Bvj Pout
1872 MERCURE DE FRANCE
Peut troubler mon coeur ,
Votre Onde en fureur
Me laisse tranquille..
>
Le Dieu dont l'Ocean fait respecter la Loy
Sort à ces mots du sein des Ondes ,
D'un souffle il fait rentrer dans leurs prisons
profondes ,
Les vents qui causoient notre effroy ;
La nuit n'ose laisser tomber d'épaisses voiles ,
Sur la Voute Atherée où brillent les Etoilles ,
Favorables aux Matelots ;
Le terrible Trident calme l'humide Plaine
Je vois sillonner l'Onde au gré de la Baleine ,
Le nid de l'Alcion est porté sur les flots.
De l'un à l'autre Hemisphere ,
L'on peut braver le danger,
Mais vers l'lfle de Cythere ,
Redoutons de voyager.
Une Planette chérie
Du Nocher épouvanté
Souvent calme la furie
De l'Ocean irrité.
Mais dans l'amoureux voyage ;
A O UST. 17310 1873
Si le coeur est agité ,
Il est rare que l'orage .
Cede à la tranquillité.
L. C. D. N. D. M
CANTAT E.
L'Amour joignoitMedor à l'aimableAmarille j
Jaloux de leur état tranquille ,
Le rigoureux Destin les voulut séparer ,
L'Amant surpris à sa sombre tristesse ,
Redoutant d'affliger l'objet de sa tendresse ,
Lui cache sa douleur et tâche à l'éviter ,
In differens desseins il se laisse égarer ,
Dans le trouble affreux qui l'agite
Un Navire s'offre à sa fuite.
Aprenez, sensible coeur,
Que si l'Amour vous anime ,
Toute l'Onde Maritime ,
· N'éteindra point votre ardeur¿
Em
A O UST. 1731 . 1871
d'Alcide ,
En vain sur les pas
Jusques au Rivage humide ,
Vous traversez les deux Mers §
C'est traîner par tout les fers ,
Du Dieu malin qui vous guide ,
Et l'apprendre à l'Univers.
r
Quel bruit inopiné nous annonce l'orage
Dieux ! que vois- je ? l'humide plage
Flance en bouillonnant ses flots tumultueux ;
Le bruyant Aquilon , frissonne dans nos voiles
L'air d'une fausse nuit ne cache les Etoilles ,
Que pour nous éblouir par de sinistres feux ;
Le Tonnerre en grondant fend le cercle des Cieus
La Foudre va bien- tôt éclater sur nos têtes , os
Medor que ses malheurs ont rendu furieux ,
Invoque par ces mots de nouvelles tempêtes -
Superbe Eleinent ,
Ouvre tes abîmes ,
Monstres Maritimes ;
Sortez promtement ,
Vagues mutinées ,
Cachez-nous les Airs ,
Et dans les Nuées ,
Joignez les Eclairs
La seule Amarille »
Bvj Pout
1872 MERCURE DE FRANCE
Peut troubler mon coeur ,
Votre Onde en fureur
Me laisse tranquille..
>
Le Dieu dont l'Ocean fait respecter la Loy
Sort à ces mots du sein des Ondes ,
D'un souffle il fait rentrer dans leurs prisons
profondes ,
Les vents qui causoient notre effroy ;
La nuit n'ose laisser tomber d'épaisses voiles ,
Sur la Voute Atherée où brillent les Etoilles ,
Favorables aux Matelots ;
Le terrible Trident calme l'humide Plaine
Je vois sillonner l'Onde au gré de la Baleine ,
Le nid de l'Alcion est porté sur les flots.
De l'un à l'autre Hemisphere ,
L'on peut braver le danger,
Mais vers l'lfle de Cythere ,
Redoutons de voyager.
Une Planette chérie
Du Nocher épouvanté
Souvent calme la furie
De l'Ocean irrité.
Mais dans l'amoureux voyage ;
A O UST. 17310 1873
Si le coeur est agité ,
Il est rare que l'orage .
Cede à la tranquillité.
L. C. D. N. D. M
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Résumé : L'AMANT FUGITIF, CANTATE.
'L'Amant Fugitif' narre l'histoire de Medor et Amarille, deux amants séparés par le destin. Medor, jaloux de leur bonheur, cache sa tristesse à Amarille et décide de fuir en mer, espérant que la distance éteindra son amour. Cependant, il découvre que l'amour persiste malgré les obstacles. Durant sa fuite, Medor affronte une tempête en mer et invoque de nouvelles tempêtes pour apaiser son cœur tourmenté. Le dieu de l'océan apparaît alors et calme la tempête, soulignant la puissance de l'amour. Le texte met en garde contre les dangers de voyager vers l'île de Cythère, associée à l'amour, et souligne la difficulté d'apaiser les tempêtes intérieures liées à l'amour agité.
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2849
p. 1883-1884
ÉPIGRAMMES Imitées de Buchanam.
Début :
Critou vouloit à la mémoire [...]
Mots clefs :
Gloire, Écusson, Galants, Cour
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texteReconnaissance textuelle : ÉPIGRAMMES Imitées de Buchanam.
EPIGRAMMES
Imitées de Buchanam.
Crito sue cupidus.
CRiton vouloit à la mémoire
Laisser des marques de sa gloire ;
Il fit peindre son Ecusson
Et plus bas son illustre nom
Sur les vîtres de sa Chapelle.
Certes , l'invention est belle ;
Mais sur un si beau Monument ;
Si le vent remporte victoire ,
Adieu son nom , adieu sa gloire ,
Autant en emporte le vent.
AUTRE.
Philli omnes.
Mille Galans vous font la Cour ¿
A tous vous marqués de l'amour ;
Cependant pas un ne vous aime.
Vôtre surprise en est extréme,
Pourquoi cela demandés -vous ;
Ccs
1884 MERCURE DE FRANCE
C'est qu'Iris , vous les aimés tous ;
11 faut donc que je les haïsse?
Non vraiment, ce seroit un vice.
Iris n'en haïssés aucun ,
Mais entre tous n'en aimés qu'un.
AUTR E.
Carmina quod Senon.
Vos vers n'ont point de sens zozeme,
Pourquoy tant vous en étonner ?
Vous ne pouvés pas leur donner ;
Ce que vous n'avés pas vous- même.
Imitées de Buchanam.
Crito sue cupidus.
CRiton vouloit à la mémoire
Laisser des marques de sa gloire ;
Il fit peindre son Ecusson
Et plus bas son illustre nom
Sur les vîtres de sa Chapelle.
Certes , l'invention est belle ;
Mais sur un si beau Monument ;
Si le vent remporte victoire ,
Adieu son nom , adieu sa gloire ,
Autant en emporte le vent.
AUTRE.
Philli omnes.
Mille Galans vous font la Cour ¿
A tous vous marqués de l'amour ;
Cependant pas un ne vous aime.
Vôtre surprise en est extréme,
Pourquoi cela demandés -vous ;
Ccs
1884 MERCURE DE FRANCE
C'est qu'Iris , vous les aimés tous ;
11 faut donc que je les haïsse?
Non vraiment, ce seroit un vice.
Iris n'en haïssés aucun ,
Mais entre tous n'en aimés qu'un.
AUTR E.
Carmina quod Senon.
Vos vers n'ont point de sens zozeme,
Pourquoy tant vous en étonner ?
Vous ne pouvés pas leur donner ;
Ce que vous n'avés pas vous- même.
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Résumé : ÉPIGRAMMES Imitées de Buchanam.
Le texte présente trois épigrammes inspirées de Buchanan. La première, 'Crito sue cupidus', relate la vaine tentative de Crito de perpétuer sa gloire par des marques éphémères. La deuxième, 'Philli omnes', décrit Iris, aimée par plusieurs mais en aimant un seul. La troisième, 'Carmina quod Senon', critique des vers dénués de sens. Le texte mentionne une publication dans le Mercure de France en 1884.
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2850
p. 1892-1894
ODE ANACREONTIQUE, Imitée de celle qui commence par ces mots : οταν ὁ Βάχος εἰσέλθκ.
Début :
Bacchus est ma gloire, [...]
Mots clefs :
Bacchus, Gloire, Vin, Boire, Amour, Pampre, Vacarmes, Jus divin, Ivre
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texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE, Imitée de celle qui commence par ces mots : οταν ὁ Βάχος εἰσέλθκ.
ODE ANACREONTIQUE,
Imitée de celle qui commence par ces
mots : οταν ὁ Βάχος εἰσέλθκ .
Par M. D. F……….
B Acchus est ma gloire ,
Sans lui je suis mort":
Content de mon sort
A force de boire
>
Avec ma mémoire ,
Mon chagrin s'endort.
Amour sous ta chaîne
Que tu fais souffrir !
Ja
A
OUST. 1731
1893
2
Je voulois perir
Pour une inhumaine ,
Quand le vieux Silene
Vint me secourir.
Que rien n'interrompe
Un jour si fameux ! -
Qu'un Nectar fumeux
En marque la pompe !
C'est ainsi qu'on trompe
L'Amour et ses feux
Au sommet du Pinde.
Bourdonne un frelon :
髓
Mais dans ce Valon
Faut- il qu'on se guinde !
Le vainqueur de l'Inde
Tient lieu d'Apollon.
Assis sur la Tonne "
J'ay le front couvert ,
D'un pampre plus vert ,
Que n'est la Couronne
Qu'obtient de Bellone
Celui qui la sert.
CY
1894 MERCURE DE FRANCE
Qu'un autre aille aux Armes ,
Las d'être vivant ,
Pour un peu de vent
Chercher des allarmes :
J'aime les vacarmes
Mais c'est en bûvant.
Que chacun se livre
A ce jus divin :
Buvons donc , BHUVAIN ;
Il vaut mieux être yvre
Que cesser de vivré
Et manquer de vin,
Imitée de celle qui commence par ces
mots : οταν ὁ Βάχος εἰσέλθκ .
Par M. D. F……….
B Acchus est ma gloire ,
Sans lui je suis mort":
Content de mon sort
A force de boire
>
Avec ma mémoire ,
Mon chagrin s'endort.
Amour sous ta chaîne
Que tu fais souffrir !
Ja
A
OUST. 1731
1893
2
Je voulois perir
Pour une inhumaine ,
Quand le vieux Silene
Vint me secourir.
Que rien n'interrompe
Un jour si fameux ! -
Qu'un Nectar fumeux
En marque la pompe !
C'est ainsi qu'on trompe
L'Amour et ses feux
Au sommet du Pinde.
Bourdonne un frelon :
髓
Mais dans ce Valon
Faut- il qu'on se guinde !
Le vainqueur de l'Inde
Tient lieu d'Apollon.
Assis sur la Tonne "
J'ay le front couvert ,
D'un pampre plus vert ,
Que n'est la Couronne
Qu'obtient de Bellone
Celui qui la sert.
CY
1894 MERCURE DE FRANCE
Qu'un autre aille aux Armes ,
Las d'être vivant ,
Pour un peu de vent
Chercher des allarmes :
J'aime les vacarmes
Mais c'est en bûvant.
Que chacun se livre
A ce jus divin :
Buvons donc , BHUVAIN ;
Il vaut mieux être yvre
Que cesser de vivré
Et manquer de vin,
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE, Imitée de celle qui commence par ces mots : οταν ὁ Βάχος εἰσέλθκ.
L'ode anacréontique, imitée d'un poème grec, est attribuée à M. D. F……… et datée de 1731. Le texte exprime la dévotion du poète à Bacchus, source de sa gloire et de son épanouissement. En buvant, il trouve l'oubli de ses chagrins et la liberté. Le poète évoque également l'amour, qu'il décrit comme une chaîne douloureuse. Il raconte comment Silène, le vieux compagnon de Bacchus, l'a sauvé d'une passion malheureuse. Il célèbre un jour dédié à Bacchus, marqué par un nectar fumant, et exprime son désir de tromper les feux de l'amour. Le poète se compare à un frelon bourdonnant et se moque de ceux qui se guindent. Il admire le vainqueur de l'Inde, qu'il compare à Apollon, et préfère la couronne de pampre, symbole de la joie du vin, à celle obtenue par les armes. Il conclut en préférant les plaisirs du vin aux dangers de la guerre, affirmant qu'il vaut mieux être ivre que manquer de vin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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