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1
p. 121-130
LE LOUP, LE RENARD, ET LA MULE. FABLE.
Début :
Je vous envoye une Fable que vous trouverez aussi finement / Helas, que n'ay-je encor mon heureuse ignorance ! [...]
Mots clefs :
Loup, Renard, Mule, Ignorance, Instruit, Hasard, Ennui
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texteReconnaissance textuelle : LE LOUP, LE RENARD, ET LA MULE. FABLE.
Je vous envoye une Fable
que vous trouverez auffi finement
tournée que toutes
les autres que vous avez déja
leuës de M' de la Barre de
Tours. Vous me mandiez
qu'il vous ennuyoit de ne plus
rien voir de luy , & heureuſement
j'ay dequoy vous fatisfaire.
[ Fevrier 1685.
L
122 MERCURE
5252525252525252
LE LOUP,
LE RENARD,
ET LA MULE.
FABLE .
HElas, que n'ay-je encor mon
heureuse ignorance!
Qu'il m'eftfâcheux, Iris , d'eftre trop
bien inftruit!
Je vous aimois ,&j'avois l'espérance
Que par devoir oupar reconnoif-
Sance
Vous me feriez goûter le fruit
Que méritoient mesfeux, mesfoins
& ma conftance;
Mais aujourd'huy mon espoir eft
détruit,
GALANT. 123
Et par ce que vous m'avez dit
F'ay connu vostre coeur &fon indiférence.
`Hélas, que n'ay-je encor mon heureuſe
ignorance!
Qu'ilm'eftfâcheux, Iris, d'eftre trop
bien inftruit!
$2
Mon Rival a parfon abſence
Evité la trifle Sentence,
Qui le pouvoit réduire où me voila
réduit.
Il n'est pas plus aimé, j'y vois de l'aparence;
Maisfon malheur n'estpoint en évidence.
Fene goûteray plus l'espoir dont il
jouit:
Ah, trop malheureufefcience!
Voyez l'ennuy cruel que vous avez
produit.
Lij
124 MERCURE
Hélas que n'ay-je encor mon heureuſe
ignorance!
Qu'ilm'estfacheux, Iris , d'eftre trop
bien inftruit!
Sa
Ainfiparloit un pauvre Diable,
Trop curieux pourfon malheur,
Qui voulant lire au fond du coeur
D'une jeune Beauté qui n'étoit pas
traitable,
cc que le Loup
va voir dans
r vit ce
cette Fable.
25
Sire le Loup & Sire le Renard,
Animaux exerçans par tout la tyrannie
Se rencontrerent par hazard,
Tous deux ne cherchant point mauvaife
compagnie,
Nefe plaifantpas moins , qu'avec plus
méchans qu'eux;
GALANT. 125
Enfin donc, par hazard, s'étant trouvez
tous deux.
Apres quelque ceremonie,
Comme il convient à Gensfçachans
leur pain manger
.
Ils font un petit tour de promenade
enfemble.
Ilfautfçavoir comme un Berger,
A leur affecttousfes Moutons r'af-
Jemble,
Et comme tout Mananpour Volatille
tremble,
Renard & Loup, par tout conduisant
le
danger.
Ils marcherent parlant du beau icmps, ›
de la pluye,
Car Couple qui ne s'aime
Et qu'aucun commerce ne lie,
pas,
A des narrez bien longs trouvefort
peu d'appas..
Pour animer leur tefte- à- tefte,;
L
iij
126 MERCURE
3
Que n'ont- ils quelque Tiers ?un Tiers
eft un fecours,
Quifert beaucoup,lors que le Couple
eftbefte:
De cecy nous voyons lapreuve tous les
jours.
Ce Tiers à point nomméparut dans
un palage
Grave & penfif, mais qui n'étoit
pointfot,
Rouge de poil , de moyen Age,
C'eficit une Mule , en un mot.
Nos deux Meffieurs y viennent tout
en nage,
Pour accourir ils avoient pris le
trot.
Eftant un peu remis , le Loupfit la
Harangue
,
Mais, comme vousfçavez, il a mauvaife
langue,
Et ne pût pas perfuader
GALANT. 127
La Mule à découvrir comment elle
s'apelle.
Sire Renard, s'aproche plusprés d'elle ,
Afin de mieux luy demander
Ses qualités,fen nom, &fanaiffance ,
Car, ny le Loup , ny luy , n'eurent,
dit- il,jamais,
Ny l'honneur de la voir , ny de fa
connoiffance.
Avouray- je mon ignorance,
Dit la Mule ? excufez l'aveu queje
vous fais,
( Il est un peu d'une Pecore ).
Foy d'Animal d'honneur , je ne
fçay pas mon nom.
Bon , c'eft railler, dit le Loup.
Non,
Non, repartit la Mule, il eft vray,
je l'ignore,
Mes Parens, pour raiſon , ne me
l'ont point appris.
Liiij
128 MERCURE
D'un teldifcours nos Gens eftant
Surpris,
Tousdeux s'obtinerent encore
A la preffer àqui mieux mieux;
Mais la Mule en fçavoit plus
Roux.
Qui de vous deux fçait le
mieux lire,
Leur dit- elle?Le Loup luy dit d'abord,
c'eft moy.
Le Renard ne dit rien, voulantfça.
voir pourquoy
Se fait cette demande. A mon pied
de derriere ,
Dit la Mule , mon nom est écrit ,
lifez donc .
Qii , moy , dit le Renard ? lireje
ne fçûs onc ,
Difant ces mots , il tourna le der-
-riere.
Je lis comme un Doccur , Oh,
montrez , dit le Loup .
GALANT. 129
La Mule en luy montrant , vous luy
lache un grand coup
Defon Fer à crampons au milieu du
vifage,
Et de ce coup ilfut étendu roide
mort.
Tant pis pour vous , Signor
Dottor,
Dit le Renard ,fuyant fans parler,
davantage.
$2
Or fus , lequel est le plusfage
A voftre avis , de ces deux Animaux?
Je tiens pour le Renard , & pourfon.
ignorance,
Une fachenfe experience ,
Nous faifant voir , que fi par la
fcience
de bien, il vient beau-
Il vient un peu de bien,
coup de maux.
130 MERCURE
A propos de cette Fable,
vous ferez bien aife d'aprendre
que le S Blageart en doit
debiter un Recueil au commencement
du mois prochain
, fous le Tître de Fables
Nouvelles
. Je ne vous
puis dire qui en eft l'Autheur.
Je fçay feulement que plufieurs
Perfonnes d'efprit qui
les ont veuës , les eftiment
fort , & difent en les loüant,
que l'Illuftre M ' de la Fontaine
qui a pouffé ſi loin ce
genre d'écrire , les lira luymefme
avec plaifir .
que vous trouverez auffi finement
tournée que toutes
les autres que vous avez déja
leuës de M' de la Barre de
Tours. Vous me mandiez
qu'il vous ennuyoit de ne plus
rien voir de luy , & heureuſement
j'ay dequoy vous fatisfaire.
[ Fevrier 1685.
L
122 MERCURE
5252525252525252
LE LOUP,
LE RENARD,
ET LA MULE.
FABLE .
HElas, que n'ay-je encor mon
heureuse ignorance!
Qu'il m'eftfâcheux, Iris , d'eftre trop
bien inftruit!
Je vous aimois ,&j'avois l'espérance
Que par devoir oupar reconnoif-
Sance
Vous me feriez goûter le fruit
Que méritoient mesfeux, mesfoins
& ma conftance;
Mais aujourd'huy mon espoir eft
détruit,
GALANT. 123
Et par ce que vous m'avez dit
F'ay connu vostre coeur &fon indiférence.
`Hélas, que n'ay-je encor mon heureuſe
ignorance!
Qu'ilm'eftfâcheux, Iris, d'eftre trop
bien inftruit!
$2
Mon Rival a parfon abſence
Evité la trifle Sentence,
Qui le pouvoit réduire où me voila
réduit.
Il n'est pas plus aimé, j'y vois de l'aparence;
Maisfon malheur n'estpoint en évidence.
Fene goûteray plus l'espoir dont il
jouit:
Ah, trop malheureufefcience!
Voyez l'ennuy cruel que vous avez
produit.
Lij
124 MERCURE
Hélas que n'ay-je encor mon heureuſe
ignorance!
Qu'ilm'estfacheux, Iris , d'eftre trop
bien inftruit!
Sa
Ainfiparloit un pauvre Diable,
Trop curieux pourfon malheur,
Qui voulant lire au fond du coeur
D'une jeune Beauté qui n'étoit pas
traitable,
cc que le Loup
va voir dans
r vit ce
cette Fable.
25
Sire le Loup & Sire le Renard,
Animaux exerçans par tout la tyrannie
Se rencontrerent par hazard,
Tous deux ne cherchant point mauvaife
compagnie,
Nefe plaifantpas moins , qu'avec plus
méchans qu'eux;
GALANT. 125
Enfin donc, par hazard, s'étant trouvez
tous deux.
Apres quelque ceremonie,
Comme il convient à Gensfçachans
leur pain manger
.
Ils font un petit tour de promenade
enfemble.
Ilfautfçavoir comme un Berger,
A leur affecttousfes Moutons r'af-
Jemble,
Et comme tout Mananpour Volatille
tremble,
Renard & Loup, par tout conduisant
le
danger.
Ils marcherent parlant du beau icmps, ›
de la pluye,
Car Couple qui ne s'aime
Et qu'aucun commerce ne lie,
pas,
A des narrez bien longs trouvefort
peu d'appas..
Pour animer leur tefte- à- tefte,;
L
iij
126 MERCURE
3
Que n'ont- ils quelque Tiers ?un Tiers
eft un fecours,
Quifert beaucoup,lors que le Couple
eftbefte:
De cecy nous voyons lapreuve tous les
jours.
Ce Tiers à point nomméparut dans
un palage
Grave & penfif, mais qui n'étoit
pointfot,
Rouge de poil , de moyen Age,
C'eficit une Mule , en un mot.
Nos deux Meffieurs y viennent tout
en nage,
Pour accourir ils avoient pris le
trot.
Eftant un peu remis , le Loupfit la
Harangue
,
Mais, comme vousfçavez, il a mauvaife
langue,
Et ne pût pas perfuader
GALANT. 127
La Mule à découvrir comment elle
s'apelle.
Sire Renard, s'aproche plusprés d'elle ,
Afin de mieux luy demander
Ses qualités,fen nom, &fanaiffance ,
Car, ny le Loup , ny luy , n'eurent,
dit- il,jamais,
Ny l'honneur de la voir , ny de fa
connoiffance.
Avouray- je mon ignorance,
Dit la Mule ? excufez l'aveu queje
vous fais,
( Il est un peu d'une Pecore ).
Foy d'Animal d'honneur , je ne
fçay pas mon nom.
Bon , c'eft railler, dit le Loup.
Non,
Non, repartit la Mule, il eft vray,
je l'ignore,
Mes Parens, pour raiſon , ne me
l'ont point appris.
Liiij
128 MERCURE
D'un teldifcours nos Gens eftant
Surpris,
Tousdeux s'obtinerent encore
A la preffer àqui mieux mieux;
Mais la Mule en fçavoit plus
Roux.
Qui de vous deux fçait le
mieux lire,
Leur dit- elle?Le Loup luy dit d'abord,
c'eft moy.
Le Renard ne dit rien, voulantfça.
voir pourquoy
Se fait cette demande. A mon pied
de derriere ,
Dit la Mule , mon nom est écrit ,
lifez donc .
Qii , moy , dit le Renard ? lireje
ne fçûs onc ,
Difant ces mots , il tourna le der-
-riere.
Je lis comme un Doccur , Oh,
montrez , dit le Loup .
GALANT. 129
La Mule en luy montrant , vous luy
lache un grand coup
Defon Fer à crampons au milieu du
vifage,
Et de ce coup ilfut étendu roide
mort.
Tant pis pour vous , Signor
Dottor,
Dit le Renard ,fuyant fans parler,
davantage.
$2
Or fus , lequel est le plusfage
A voftre avis , de ces deux Animaux?
Je tiens pour le Renard , & pourfon.
ignorance,
Une fachenfe experience ,
Nous faifant voir , que fi par la
fcience
de bien, il vient beau-
Il vient un peu de bien,
coup de maux.
130 MERCURE
A propos de cette Fable,
vous ferez bien aife d'aprendre
que le S Blageart en doit
debiter un Recueil au commencement
du mois prochain
, fous le Tître de Fables
Nouvelles
. Je ne vous
puis dire qui en eft l'Autheur.
Je fçay feulement que plufieurs
Perfonnes d'efprit qui
les ont veuës , les eftiment
fort , & difent en les loüant,
que l'Illuftre M ' de la Fontaine
qui a pouffé ſi loin ce
genre d'écrire , les lira luymefme
avec plaifir .
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Résumé : LE LOUP, LE RENARD, ET LA MULE. FABLE.
La lettre, datée de février 1685, accompagne une fable intitulée 'Le Loup, le Renard et la Mule'. L'expéditeur répond à une demande de son destinataire, qui s'ennuyait de ne plus recevoir de nouvelles de M. de la Barre de Tours. La fable narre la rencontre fortuite entre un loup et un renard, deux animaux tyranniques, qui se promènent ensemble par ennui. Ils croisent une mule qui ignore son propre nom. Le loup et le renard tentent de découvrir ce nom. La mule les défie de lire son nom écrit sur son pied arrière. Le loup accepte et se fait frapper par le fer à crampons de la mule, ce qui le tue. Le renard, plus prudent, refuse et s'enfuit. La morale de la fable suggère que la prudence et l'ignorance peuvent parfois éviter des maux. La lettre mentionne également qu'un certain S. Blageart publiera prochainement un recueil de fables nouvelles, appréciées par plusieurs personnes d'esprit, et que même l'illustre M. de la Fontaine les lirait avec plaisir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 10-19
APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
Début :
UN Renard dégoûté de poule & de poulet, [...]
Mots clefs :
Apologue, Renard, Tourterelles, Morale, Fidélité, Honneur, Vertu
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texteReconnaissance textuelle : APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
APOLOGUE,
ov
CONTENOUVEAU.
LES TOURTERELLES
&leRenard.
Par Madame de***- UN Renard débouté
de poule & depoulet,
Vouluttâter.de chair nou-
'Vclle.
C'estunragoût,dit-on.
Un jaur prés d'un
volet
11 étoit à l'afu de quelque
tourterelle
:
A lafin fatigué degarder
lemulet, Ilpassasonmuseau parle
trou delaporte,
Etsi mit à prêcher la timi de cohorte.
On dit qu'au scelerat qui
fait l'homme de bien
La morale ne coûte rien.
Il en débita de très-fine:
Il n'ep rien
,
leur dit-il,
plus trompeur que
la mines
crel que vous tYJe voyez,,
je fii's le protectur
De l'innccen,ce& de l'honneur :
Sij'ai croquéparfois quelque jeune poulettey
C'étoit pour la punir Savoir été J.coqettey
Si je la croque,helas! ce
n'est qu'avec douleur:
Monfotblefut toujours la
tendresse de cœur;
Mais l'horreur que J'ai
pour le vice,
Et mon zele pour la jtlr
tice9
ji changéma complexion.
Pour faire la correction
J'ai dugrand Jupiter de
nouvelles patentes,
Et J'en ai deplus obtenu
Pour recompenser la vertu.
O tourterellesinnocentes,
Aiodeles de pudicité,
Je veux recompenser votre fidélité;
Venez donc dans cette
avenue
Devantmoy passerenrevue
Je prendrai vos noms f0
surnoms,
Pour vous citer dans mes
sermons.
Quandjecite une femme,
ouneme veutplus
crOIre:
Mais par moy vous aureZj lagloire
Ifêtre données à la fofterite
Pour modèles de chasteté.
Par ce discoursflateur le
Renardse pt croire:
De sortir il fut question,
Chacune fit reflexion
Quesagesse cfi choseéquivoquei
Chacune craint qu'on ne
la croque.
Ho bo, dit leRenard,
vous vous faites
prier;
Ma foy jevaisvous décrier.
Toujours on a
cité les
chastes tourterelles:
Vous ne servirez plus
aux femmes de modeles.
Nôtre honneur efrperdu>
disoient-elles tout bas:
Sors la premiere toy. Je
ne sortirai pas.
Aioj, disoit celle-ci, je
sortirais sans peine:
Mais je crois que faila
migraine.
Aieyjeserois déja dehors,
Ditl'autre: maisjecrains
une prise de corps
,
certain billet échu. Bref
chacune *exeuse,
AVcf#nt dire auelle reu
Prfe
) Et
Et croit que fin honneur
ne periclite pa*.
Voyant les autres dans le
cas,
Uneenfin par orgüeil à
tout risquer s'engage:
Oui, dit
-
elle, on verra
que je suis la plus
{age)
Oui seule je m'exposeraI,
Ouiseule je triompherai.
Pendant que pour sortir
elleétendoitsesailes,
Les autres impromptu
tinrent conseil entr'elles,
Et conclurent que seule
ainsije distinguer,
C'étoit les Accuser, les
honnir: les morguer;
Contr'elle un arrêt prononcerent,
Sur elle AU/fitôt s'élancerent,
Et malgré sa vertu,
sans pitié, sans
refpeéî
L'assommerent à coups de
bec.
C'est ainsique les femmes
assommentà coups de
becycejt à dire à coups
de langue,celles qui veulentse distinguer, st) faire
voirpar une conduite singuliere qu'elles n'approuvent pas celle
ov
CONTENOUVEAU.
LES TOURTERELLES
&leRenard.
Par Madame de***- UN Renard débouté
de poule & depoulet,
Vouluttâter.de chair nou-
'Vclle.
C'estunragoût,dit-on.
Un jaur prés d'un
volet
11 étoit à l'afu de quelque
tourterelle
:
A lafin fatigué degarder
lemulet, Ilpassasonmuseau parle
trou delaporte,
Etsi mit à prêcher la timi de cohorte.
On dit qu'au scelerat qui
fait l'homme de bien
La morale ne coûte rien.
Il en débita de très-fine:
Il n'ep rien
,
leur dit-il,
plus trompeur que
la mines
crel que vous tYJe voyez,,
je fii's le protectur
De l'innccen,ce& de l'honneur :
Sij'ai croquéparfois quelque jeune poulettey
C'étoit pour la punir Savoir été J.coqettey
Si je la croque,helas! ce
n'est qu'avec douleur:
Monfotblefut toujours la
tendresse de cœur;
Mais l'horreur que J'ai
pour le vice,
Et mon zele pour la jtlr
tice9
ji changéma complexion.
Pour faire la correction
J'ai dugrand Jupiter de
nouvelles patentes,
Et J'en ai deplus obtenu
Pour recompenser la vertu.
O tourterellesinnocentes,
Aiodeles de pudicité,
Je veux recompenser votre fidélité;
Venez donc dans cette
avenue
Devantmoy passerenrevue
Je prendrai vos noms f0
surnoms,
Pour vous citer dans mes
sermons.
Quandjecite une femme,
ouneme veutplus
crOIre:
Mais par moy vous aureZj lagloire
Ifêtre données à la fofterite
Pour modèles de chasteté.
Par ce discoursflateur le
Renardse pt croire:
De sortir il fut question,
Chacune fit reflexion
Quesagesse cfi choseéquivoquei
Chacune craint qu'on ne
la croque.
Ho bo, dit leRenard,
vous vous faites
prier;
Ma foy jevaisvous décrier.
Toujours on a
cité les
chastes tourterelles:
Vous ne servirez plus
aux femmes de modeles.
Nôtre honneur efrperdu>
disoient-elles tout bas:
Sors la premiere toy. Je
ne sortirai pas.
Aioj, disoit celle-ci, je
sortirais sans peine:
Mais je crois que faila
migraine.
Aieyjeserois déja dehors,
Ditl'autre: maisjecrains
une prise de corps
,
certain billet échu. Bref
chacune *exeuse,
AVcf#nt dire auelle reu
Prfe
) Et
Et croit que fin honneur
ne periclite pa*.
Voyant les autres dans le
cas,
Uneenfin par orgüeil à
tout risquer s'engage:
Oui, dit
-
elle, on verra
que je suis la plus
{age)
Oui seule je m'exposeraI,
Ouiseule je triompherai.
Pendant que pour sortir
elleétendoitsesailes,
Les autres impromptu
tinrent conseil entr'elles,
Et conclurent que seule
ainsije distinguer,
C'étoit les Accuser, les
honnir: les morguer;
Contr'elle un arrêt prononcerent,
Sur elle AU/fitôt s'élancerent,
Et malgré sa vertu,
sans pitié, sans
refpeéî
L'assommerent à coups de
bec.
C'est ainsique les femmes
assommentà coups de
becycejt à dire à coups
de langue,celles qui veulentse distinguer, st) faire
voirpar une conduite singuliere qu'elles n'approuvent pas celle
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Résumé : APOLOGUE, OU CONTE NOUVEAU. LES TOURTERELLES & le Renard. Par Madame de ***
L'apologue 'Les Tourterelles et le Renard' relate l'histoire d'un renard affamé qui, après avoir échoué à capturer des poules, tente de séduire des tourterelles. Il se présente comme un défenseur de l'innocence et de l'honneur, justifiant ses actions passées par la justice. Il promet de récompenser la fidélité des tourterelles et de les citer comme modèles de chasteté. Les tourterelles, méfiantes, hésitent à sortir. Une d'elles finit par accepter, mais les autres, jalouses, la frappent à coups de bec dès qu'elle s'expose. Cette histoire illustre comment les femmes peuvent critiquer et attaquer celles qui cherchent à se distinguer par une conduite singulière.
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3
p. 207-211
FABLE.
Début :
Tous les animaux faisant leur cour au Lion malade, & [...]
Mots clefs :
Lion, Renard, Fable, Loup, Vieillesse, Médisance
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texteReconnaissance textuelle : FABLE.
FABLE.
TOus les animaux faisant
leur cour au Lion malade,
ôc le Renard n'y paj-
pii&nc point, le Loup savisa
de dire au Lion que Id
,
Renard faisoit peu de cas
de lui. Dans le moment le
Renard arrive, qui avoit
,tout entendu; voyant le
Lion en colere contre lui
il lui dit hardiment: Vousn.
ave^ perfo%ne.plujattentif
que moy à ce qui vous, 'ltgar..
4e>ïet°k occupéàchercher un
remède pourvotre w~,
l'ai enfin trouvé.Ilfaut, ditil,
si uoùs uoullez guérir de,
vôtrerhumatisme, écorcher les
Loup tout pif,votamettra
jtfn*[dpeautoute chaude.cs
qui fut executésur lecharnt)-
£flui
Celui qui louë trop, 6c
clui qui critique trop ne
roit pas avoir assez d'esprit
pour se faire valoir par
oy-même. C'estunemarque
qu'on n'est point conent
desafortune,quand on
e fait ou l'esclave,oul'ennemi
de la fortuned'autrui.
Si nousn'avionspoint de
défauts, nous ne ferions pas
i attentifs àen remarquer
dans lesautres. «
Ceux qui ont sujet d'apprehender
qu'on dise du
mnalide'eurxsen,disent les pre'•
La plupartnedisent du
mald'autrui, que parce qu'-
ils ne sont pas en état de
lui en faire.
L'habitude de médire est
quasiincorrigible. ^IJuand
une fois le Lion a léché du
làng;" il en demeure toûjours
friand. 'jLa vieillesse
ne corrigepas l'âpreté de
l'espritcomme celle du vin.
On peut dire que lamedifance
est un commerce ;
car tel qui vousdit du mal
d'autruien dira également
de vous à un autre: ainsi
,: cf¡
t'eftvous porter pour rem-.
porter.
ENIGME
TOus les animaux faisant
leur cour au Lion malade,
ôc le Renard n'y paj-
pii&nc point, le Loup savisa
de dire au Lion que Id
,
Renard faisoit peu de cas
de lui. Dans le moment le
Renard arrive, qui avoit
,tout entendu; voyant le
Lion en colere contre lui
il lui dit hardiment: Vousn.
ave^ perfo%ne.plujattentif
que moy à ce qui vous, 'ltgar..
4e>ïet°k occupéàchercher un
remède pourvotre w~,
l'ai enfin trouvé.Ilfaut, ditil,
si uoùs uoullez guérir de,
vôtrerhumatisme, écorcher les
Loup tout pif,votamettra
jtfn*[dpeautoute chaude.cs
qui fut executésur lecharnt)-
£flui
Celui qui louë trop, 6c
clui qui critique trop ne
roit pas avoir assez d'esprit
pour se faire valoir par
oy-même. C'estunemarque
qu'on n'est point conent
desafortune,quand on
e fait ou l'esclave,oul'ennemi
de la fortuned'autrui.
Si nousn'avionspoint de
défauts, nous ne ferions pas
i attentifs àen remarquer
dans lesautres. «
Ceux qui ont sujet d'apprehender
qu'on dise du
mnalide'eurxsen,disent les pre'•
La plupartnedisent du
mald'autrui, que parce qu'-
ils ne sont pas en état de
lui en faire.
L'habitude de médire est
quasiincorrigible. ^IJuand
une fois le Lion a léché du
làng;" il en demeure toûjours
friand. 'jLa vieillesse
ne corrigepas l'âpreté de
l'espritcomme celle du vin.
On peut dire que lamedifance
est un commerce ;
car tel qui vousdit du mal
d'autruien dira également
de vous à un autre: ainsi
,: cf¡
t'eftvous porter pour rem-.
porter.
ENIGME
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Résumé : FABLE.
La fable raconte la visite des animaux auprès d'un lion malade. Le loup, jaloux du renard, accuse ce dernier de se moquer du lion. Le renard, ayant entendu, explique au lion qu'il cherchait un remède pour sa maladie et suggère d'écorcher le loup et de lui appliquer sa peau chaude, ce qui est exécuté. La morale de la fable est que ceux qui louent ou critiquent excessivement les autres manquent d'esprit pour se valoriser eux-mêmes. Elle souligne également que les personnes mécontentes de leur propre sort peuvent devenir les esclaves ou les ennemis de la fortune des autres. De plus, elle observe que chacun est attentif aux défauts des autres parce qu'il en a lui-même. L'énigme mentionnée à la fin du texte n'est pas développée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1967-1969
LE RENARD ET L'ASNE, FABLE.
Début :
Dispensateur des Trésors du Parnasse, [...]
Mots clefs :
Renard, Âne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE RENARD ET L'ASNE, FABLE.
LE RENARD ET L'ASNE ,
FABLE.
Difpenfateur des Tréfors du Parnaſſe ,
Phoebus , flambeau du Firmament ,
Daignez favorifer dans fa badine audace
La tentative d'un enfant.
N'ayant fenti dès fes plus tendres ans
Que les brouillards de l'Hypocrêne ;
Souffrez du moins que fes pas chancelans
Suivent de loin le cours de la Fontaine.
Au tems jadis , mille ans avant Deſcartes ,
Qui même de l'inftinct privoit les Animaux ,
Sire Lion , leur Roi , par diverſes Pancartés ,
Nomma hauts Jufticiers , Baillifs & Senéchaux .
Le
1968 MERCURE DE FRANCE
Le projet étoit bon ; il aimoit la Juftice ;
Car , difoit- il ( parlant du Loup )
Qui défendra l'Agneau des dents de ce filou ,
S'il le vouloit gober par goût ou par caprice
Voulons que nos Edits foient donc notifiés
Dans le Reffort de notre dépendance ,
Et que Sujets choifis , avec quelque finance
Soient à l'inftant Bailli -fiés.
Dans le Païs de Sapience
Certain Renard étoit le Senéchal ;
Martin Baudet , parlant par reverence
En étoit Procureur fifcal.
Le premier poffedoit maint tour de Gibeciere,
De feu Maître Gonin il tiroit ſon eſtoc ;
Et quand Janot Lapin plaidoit contre fon frere
L'un perdoit fon Procès , l'autre reftoit au croc.
Dame Poulle plaidant devant Seigneur Renard,
Le fin Matois plumoit fa Cliente à merveilles ;'
Martin , en bon Docteur , fecoüant les oreilles ,
Toujours avec trois dez concluoit au hazard .
Le malheur fut encor que de cette Juftice ,
Pour faire un bon Trio , le Chat fut le Greffier ,
Et
SEPTEMBRE . 1730. 1969
Et la griffe de ce dernier
Des Cliens échapés excroquoit aîle ou cuiffe.
L'ordre du Roi fi mal executé ,
Rendit ces maux d'autant plus incroyables
Que ces monftres impitoyables
Se flattoient de l'impunité.
C'eft ainfi que fouvent tous les hommes déci
dent ;
La partialité guide leurs fentimens.
Défions-nous des jugemens
Où l'ignorance & l'interêt préfident.
FABLE.
Difpenfateur des Tréfors du Parnaſſe ,
Phoebus , flambeau du Firmament ,
Daignez favorifer dans fa badine audace
La tentative d'un enfant.
N'ayant fenti dès fes plus tendres ans
Que les brouillards de l'Hypocrêne ;
Souffrez du moins que fes pas chancelans
Suivent de loin le cours de la Fontaine.
Au tems jadis , mille ans avant Deſcartes ,
Qui même de l'inftinct privoit les Animaux ,
Sire Lion , leur Roi , par diverſes Pancartés ,
Nomma hauts Jufticiers , Baillifs & Senéchaux .
Le
1968 MERCURE DE FRANCE
Le projet étoit bon ; il aimoit la Juftice ;
Car , difoit- il ( parlant du Loup )
Qui défendra l'Agneau des dents de ce filou ,
S'il le vouloit gober par goût ou par caprice
Voulons que nos Edits foient donc notifiés
Dans le Reffort de notre dépendance ,
Et que Sujets choifis , avec quelque finance
Soient à l'inftant Bailli -fiés.
Dans le Païs de Sapience
Certain Renard étoit le Senéchal ;
Martin Baudet , parlant par reverence
En étoit Procureur fifcal.
Le premier poffedoit maint tour de Gibeciere,
De feu Maître Gonin il tiroit ſon eſtoc ;
Et quand Janot Lapin plaidoit contre fon frere
L'un perdoit fon Procès , l'autre reftoit au croc.
Dame Poulle plaidant devant Seigneur Renard,
Le fin Matois plumoit fa Cliente à merveilles ;'
Martin , en bon Docteur , fecoüant les oreilles ,
Toujours avec trois dez concluoit au hazard .
Le malheur fut encor que de cette Juftice ,
Pour faire un bon Trio , le Chat fut le Greffier ,
Et
SEPTEMBRE . 1730. 1969
Et la griffe de ce dernier
Des Cliens échapés excroquoit aîle ou cuiffe.
L'ordre du Roi fi mal executé ,
Rendit ces maux d'autant plus incroyables
Que ces monftres impitoyables
Se flattoient de l'impunité.
C'eft ainfi que fouvent tous les hommes déci
dent ;
La partialité guide leurs fentimens.
Défions-nous des jugemens
Où l'ignorance & l'interêt préfident.
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Résumé : LE RENARD ET L'ASNE, FABLE.
Le texte présente la fable 'Le Renard et l'Asne'. L'auteur, se décrivant comme un enfant, demande l'inspiration des muses et de Phébus. Il situe l'histoire dans une époque antérieure à Descartes, où le lion, roi des animaux, désigna des juges pour administrer la justice. Le renard fut nommé sénéchal et Martin Baudet procureur fiscal. Le renard manipulait les procès par des ruses, tandis que Martin concluait souvent au hasard. Le chat, greffier, exploitait les clients échappés. Cette justice corrompue et partiale engendra de nombreux maux, les juges se croyant intouchables. La fable met en garde contre les jugements où l'ignorance et l'intérêt personnel dominent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1450-1452
LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
Début :
Certain Renard, lassé d'une longue abstinence, [...]
Mots clefs :
Renard, Jeûne, Coqs, Chant, Trompeur
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texteReconnaissance textuelle : LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
LE RENARD TROMPE
FABLE..
Certain Renard ,lassé d'une longue abſtinence,
Vouloit rompre son jeûne ,et se remplir la panse,
II. Vol. Lors
JUIN. 1731. 1450
Lorsque de quelques Coqs il entendit , le chant
Il court où de sa faim l'entraîne le penchant :
Il s'avance à dessein d'enlever quelque Poule ;
Maître. Renard approche , il se glisse , il se coule
Tant qu'il parvient , jusqu'à la basse Cour.
Il reconnoit la place , il tourne tout autour ;
Dans son chemin , il cherche une ouverture
Qui facilite la capture.
Il appercoit un trou par où commodément
Il croit entrer sans nul empêchement ;
Sans perdre de tems il s'y lance
Dans une entiere confiance..
Mais par malheur un funeste lacet ,,
'Arrête le Voleur et le prend au collet ::
En vain pour se tirer du danger qui le presse ) ,
Il a recours à sa souplesse ,
Le Maître l'apperçoit et d'un air goguenard ,,
Lui dit depuis long-tems avec impatience
Je desirois votre presence ::
:
Soyez le bien venu , Monseigneur le Renard ;;
Vous vouliez de mes Coqs faire bonne compôte
Mais pour le coup , vous contés sans votre Hôte ,
Ignorez -vous donc , mon ami ,
Qu'à Renard , Renard et demi ?
De mes Poules , vingt fois vous avez fait ripaille.
Mon bon Monsieur , répond notre Vaurien ,
Contrefaisant l'homme de bien.
II.Vol. J'ignore
1452 MERCURE DE FRANCE
€
F'ignoré jusqu'au goût de la moindre Volaille :
Jamais je ne vous ai fait tort ;
Jamais chez vous je n'ai fait de ravage ,
Et si je suis ici c'est par mon mauvais sort ;
Je venois de vos Coqs entendre le ramage ,
Qui de loin me sembloit assez mélodieux :
Puisque vous n'aimez pas les gens si curieux ,
Coupez ce filet , je vous prie ,
Je vous le promets par les Dieux ;;
Je vous jure que de ma vie ,
Vous ne me verrez dans ces lieux ;
En aide ainsi me soit le puissant Dieu Mercure
C'est ma foi bien dit , je vous jure
Reprit le Païsan déguainant son couteau ,
Je vais vous dégager des noeuds de cette corde ;
Tout en parlant le Païsan l'aborde ,
Et lui coupe le col sans toucher au cordeau.
Au sort de ce Renard tour trompeur doit s'at
tendre ;
Tel est pris souvent qui croit prendre,
FABLE..
Certain Renard ,lassé d'une longue abſtinence,
Vouloit rompre son jeûne ,et se remplir la panse,
II. Vol. Lors
JUIN. 1731. 1450
Lorsque de quelques Coqs il entendit , le chant
Il court où de sa faim l'entraîne le penchant :
Il s'avance à dessein d'enlever quelque Poule ;
Maître. Renard approche , il se glisse , il se coule
Tant qu'il parvient , jusqu'à la basse Cour.
Il reconnoit la place , il tourne tout autour ;
Dans son chemin , il cherche une ouverture
Qui facilite la capture.
Il appercoit un trou par où commodément
Il croit entrer sans nul empêchement ;
Sans perdre de tems il s'y lance
Dans une entiere confiance..
Mais par malheur un funeste lacet ,,
'Arrête le Voleur et le prend au collet ::
En vain pour se tirer du danger qui le presse ) ,
Il a recours à sa souplesse ,
Le Maître l'apperçoit et d'un air goguenard ,,
Lui dit depuis long-tems avec impatience
Je desirois votre presence ::
:
Soyez le bien venu , Monseigneur le Renard ;;
Vous vouliez de mes Coqs faire bonne compôte
Mais pour le coup , vous contés sans votre Hôte ,
Ignorez -vous donc , mon ami ,
Qu'à Renard , Renard et demi ?
De mes Poules , vingt fois vous avez fait ripaille.
Mon bon Monsieur , répond notre Vaurien ,
Contrefaisant l'homme de bien.
II.Vol. J'ignore
1452 MERCURE DE FRANCE
€
F'ignoré jusqu'au goût de la moindre Volaille :
Jamais je ne vous ai fait tort ;
Jamais chez vous je n'ai fait de ravage ,
Et si je suis ici c'est par mon mauvais sort ;
Je venois de vos Coqs entendre le ramage ,
Qui de loin me sembloit assez mélodieux :
Puisque vous n'aimez pas les gens si curieux ,
Coupez ce filet , je vous prie ,
Je vous le promets par les Dieux ;;
Je vous jure que de ma vie ,
Vous ne me verrez dans ces lieux ;
En aide ainsi me soit le puissant Dieu Mercure
C'est ma foi bien dit , je vous jure
Reprit le Païsan déguainant son couteau ,
Je vais vous dégager des noeuds de cette corde ;
Tout en parlant le Païsan l'aborde ,
Et lui coupe le col sans toucher au cordeau.
Au sort de ce Renard tour trompeur doit s'at
tendre ;
Tel est pris souvent qui croit prendre,
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Résumé : LE RENARD TROMPÉ. FABLE.
La fable 'Le Renard trompé' relate l'histoire d'un renard affamé qui pénètre dans une basse-cour par une ouverture. Il se fait capturer dans un piège. Le maître de la basse-cour, l'ayant vu, se moque de lui et lui rappelle ses précédentes tentatives de vol de poules. Le renard, feignant l'innocence, affirme être attiré par le chant des coqs et promet de ne plus revenir si on le libère. Le paysan, feignant de le croire, s'approche pour le libérer mais le tue en lui tranchant la gorge. La morale de cette fable est que ceux qui tentent de tromper les autres finissent souvent par être pris à leur propre jeu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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