AUTR E.
Ommunément je suis d'une humeur vaga+
C
bonde ;
Je porte un nom décrédité ,
Et fort méprisé dans le monde.
Lorsque je suis joli ( c'est une rareté. )
Je fais pourtant plaisir dans la societé .
Or pour me deviner il faut que l'on arrange ,
Huit lettres; écoutez, voici comme on les change.
Otez-en la troisiéme et je suis à l'instant ,
Tout-à-fait d'une autre figure ,
Toujours maigre de ma nature ;
Plus , ôtez la cinquième et je puis aisément
Vous enlever la vie ,
Si l'on ne m'arrête soudain ;
Un , quatre , cinq, sept , huit , je vous nomme
un Romain ,
Du
1738 MERCURE DE FRANCE
Du tems de l'Epoux de Livie.
Retranchez de mon tout ma seconde partie ,
Je suis dans tous les lieux aimé ,
Puis dans ce mot vous trouverez nommé ,
Par une nouvelle structure ,
Un vêtement que la Naturë ,
elle - même formé ;
A
par
Six , sept , huit , pour nourrir un animal immonde
,
Je prens ma naissance aux Moulins ;
Trois , quatre et six , je crois aux Champs comme
aux Jardins ,
Et j'orne l'Ecusson du plus grand Roi du monde.
Cinq , deux , trois , sept et huit , je suis le nom
fameux ,
D'un Legislateur de la Grece ,
En Latin, six, deux , trois, je donne idée expresse
De l'Astre le plus lumineux .
Huit et quatre , avec trois , d'une Terre lointaine,
J'entretiens la fécondité.
Alors renversez-moi je deviendrai la graine ,
Dne herbe qu'on ourdit avec dexterité.
Trois , quatre , sept et huit , sans être épouvanté,
Qui pourra soutenir ma rage meurtriere ,
Et le bruit affreux de ma voix ?
Trois , sept , deux , avec huit , près de l'Orleannois
,
Je suis le nom d'une Riviere.