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Liste
1
p. 98-107
Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Dans le mesme temps, c'est à dire le 13. du mesme mois [...]
Mots clefs :
Soissons, Procession, Translation de reliques, Saints, Église, Cathédrale, Chapitres, Chanoines, Ennemis de la foi, Habits pontificaux, Abbaye, Panégyrique, Martyre, Erreur calviniste, Amour, Obstination, Bénédiction, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Dans le mefme temps,
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
GALANT. 99
c'eſt à dire le 13. du meſme
mois on fit à Soiffons une autre
Proceffion fort folemnelle
pour la Tranſlation des Reliques
de Saint Gervais & de
Saint Prothais, Patrons de l'Eglife
Cathedrale , apportées
de la Ville de Briffac , oùleurs
Corps font confervez depuis
plufieurs Siecles. Elles font
des plus anciennes que l'Eglife
honore , l'Invention en
ayant efté revelée à Saint Ambroife
, comme le
comme le rapporte
Saint Auguftin . Tous les
Chapitres , Communautez,
Ordres , & Paroiffes de la Vil-
:-
I ij
100 MERCURE
le affifterent à cette Procef
fion
, ainfi que les Corps du
Préfidial , de l'Election , de la
Maréchauffée , & autres. A
la tefte marchoit la Compagnie
des Arquebufiers , l'une
des plus leftes & des plus
nombreuſes du Royaume.
La Chaffe dans laquelle font
ces préticufes Reliques , fur
portée depuis l'Eglife de Saint
Crefpin le Grand , juſqu'à la
Cathedrale , qui en eſt éloi- -
gné d'un grand quartde lieuë,
par deux Chanoines, accompagnez
de douze Diacres
ayant des Palmes en leurs
GALANT. 101
I
il
y
mains , pour marque de la vi-
&toire que ces SS . ont rempor
tée fur les Ennemis de la Foy
M' l'Evefque de Soiffons
marchoit enfuite revétu de
fes Habits Pontificaux . Depuis
l'Eglife de Saint Crefpin ,
jufques à la Cathedrale , il
avoit cinq Repofoirs , ornez
de differentes manicres . Celuy
de l'Eglife de l'Abbaye
Noftre- Dame , fait par l'ordre
de Madame de la Rochefou
cault qui en eft Abbeffe ,eftoir
le plus riche. Cette Dame accompagnée
de Madame l'Abbeffe
de Saint Sauveur fa
I iij
102 MERCURE
Soeur , & de Madame de Mars
fillac Coadjutrice de cette
derniere , parut à la tefte de fa
Communauté , qui chanta
Is Répons & les Hymnes ordinaires
en de pareilles occafions
, avec une mélodie merveilleufe
, fi toit qu'on y eut
pofé la Chaffe . Elle fut portée
enfuite dans la Nef de la Cathédrale
, & miſe fur un Repofoir
paré d'un nombre infi
finy de Bijoux & de Fleurs.
M' l'Evefque de Soiffons
monta en Chaire dans le mef
me temps , & dans le Panégyrique
qu'il fit de ces Saints ,
GALANT. 103
avec l'éloquence qui luy eft fi
naturelle , il n'oublia , rien de
ce qui pouvoit relever le més
rite du Martyre qu'ils ont
fouffert par la fureur des Idolatres
du Siècle où ils ont vés
cu. Il prit de là occafion de
rendre graces au Ciel , d'avoir
fair naiſtre un Monarque
dont le courage invincible,
& la pureté de la Religion
avoient fi glorieuſement dif
fipé l'erreur des Calviniftes,
Il ajoûta que ce Prince qui
eft l'admiration de toute la
Terre , & l'amour de fes
Sujets avoit efté heureu
7
I iiij
104 MERCURE
fement fervy dans cer
te entreprise par les grands
talens & les forts railonnemens
de M' l'Evefque de
Meaux , dont le bel ouvrage
a prefque achevé la convid
ction de ces Obftinezi M
Boffuet , Frere de M " de
Meaux , qui eft depuis quel
ques jours Intendant de la
Province avec une approba
tion genérale , eftoit prefent
à cette Céremonie . Elle finic
par le Te Deum que M' l'Evef
que de Soiffons entonna , &
qui fut chanté par la Mufi
que ordinaire , au bruit des
GALANT. 105
4
Cloches , des Fifres & des
Tambours Les Reliques
e furent expofées dans le
Choeur jufqu'au Dimanche
fuivant 20. du mefme mois,
jour de l'Octave de cette
folemnité s qui fur fuivie
de la Benédiction de Madame
de Bourlon Abbeffe
P
J
1 de la Barre , faite par le
mefme Prélat fon Frere. C'eft
une Dame qui gouverne fa
Communauté avec toute la
douceur , & toute la fageffe
imaginable. Mefdamies de la
Rochefoucault ,, l'une Abi
beſſerodes noftre Dame de
106 MERCURE
Soiffons , & l'autre de Saint
Sauveur d'Evreux , eftdient .
les Abbeffes affiftantes . Cest
deux Soeurs font d'un mérite
extraordinaire , & l'on peut
dire que quoy qu'elles foient
d'une tres-grande naiffance,
cét avantage eft le moindre
de tous ceux qu'elles poffe.
dent. Aprés la Ceremonie,
M de Soiffons régala magnifiquement
dans fon Palais
Epifcopal , toutes les Dames
Abbeffes & leurs Religieuſes
, M. Boffuet Intendant de
la Province , MT du Chapitrei
de Saint Gervais , & tous les
GALANT. 107
Chefs des Corps & Compagnies
de la Ville.
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Résumé : Autres faites à Soissons. [titre d'après la table]
Le 13 du même mois, une procession solennelle a eu lieu à Soissons pour la translation des reliques de Saint Gervais et Saint Prothais, patrons de la cathédrale. Ces reliques, parmi les plus anciennes honorées par l'Église, avaient été conservées à Brissac depuis plusieurs siècles. La procession a rassemblé divers chapitres, communautés, ordres et paroisses, ainsi que des représentants du présidial, de l'élection et de la maréchaussée. La châsse contenant les reliques a été portée depuis l'église Saint-Crepin-le-Grand jusqu'à la cathédrale, distante d'environ un quart de lieue, par deux chanoines accompagnés de douze diacres portant des palmes. L'évêque de Soissons, revêtu de ses habits pontificaux, a suivi la châsse. Cinq reposoirs ornés différemment étaient disposés le long du parcours, celui de l'église de l'abbaye Notre-Dame étant le plus riche, préparé par Madame de La Rochefoucauld, abbesse de cette abbaye. Madame de La Rochefoucauld, accompagnée de Madame l'abbesse de Saint-Sauveur et de Madame de Marsillac, coadjutrice, a dirigé sa communauté qui a chanté des répons et des hymnes. L'évêque a prononcé un panégyrique des saints, soulignant leur martyre et rendant grâce au ciel pour la naissance d'un monarque ayant vaincu l'erreur calviniste. Il a également mentionné les talents de l'évêque de Meaux et la présence de Bossuet, frère de l'évêque de Meaux et nouvel intendant de la province. La cérémonie s'est conclue par un Te Deum chanté par la musique ordinaire, accompagné de cloches, de fifres et de tambours. Les reliques ont été exposées dans le chœur jusqu'au dimanche suivant.
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2
p. 50-57
Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Voicy un autre endroit d'un Sermon que Mr de Fessel Docteur [...]
Mots clefs :
Docteur de Sorbonne, Discours, Soissons, Abbé, Troupeau, Dieu, Familles
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Voicy un autre endroit
d'un Sermon que M² de Feffel
Docteur de Sorbonne , &
Chanoine Theologal de l'Eglife
Cathedrale de Soiffons ,
y fit le Dimanche 18. du mois
paffé. Il vous plaira d'autant
GALANT.
51
plus , qu'ayant une eſtime
Tres -particuliere pour le merite
& les grandes qualitéz
de M l'Abbé Huet, nommé
à l'Evefché de Soiffons , vous
verrez dans ce Difcours avec
quelle joye & quels applau
diffemens toute la Ville a appris
cedigne choix de fa Ma
jefté Mi Abbé du Feffel ,
aprés l'Ave Maria, de ce Sermon,
parla de cette maniere .
- Fervous Je vous dis il y a fort peu de
temps , mes Freres , que par le deceds
de Mefixe Charles de Bourlon
, nostre digne Evefque , nous
eftions tous de venus des Enfans
M
E ij
52 MERCURE
&
fans Pere , un Troupeaufans Pa
fleur , des Membres fans Chef,
que dans cette perte generale,
l'esperance d'un Succeffeur capa
ble de la reparer , eftoir la feule
confolation que nous devions nous
permettre ; mais que comme un
digne Evefque eftoit ungrand don
de Dieu , il nous le falloit meriter
par nos prieres. Finvitay tous
les Colleges , toutes les Communautez
, toutes les Familles , a
demander qu'il plaft au Ciel d'in-
Spirer le Roy de nous donner un
Prelat
que Dieu luy mefme euft
forméfelonfon coeurs qu'il cuft
remply de fon double efprit ; un
GALANT. $3
4
homme Apoftolique de la trempe de
ceux des premiers Siecles , qui cuft
long- temps travaillé au dedans à
Se rendre digne de l'Epifcopat
fans avoir jamais penfe à eftre
Evefque car , comme dit admirablement
Saint Chryfoftome , celuy
qui brigue un Eveſché , ne
croit pas au Jugement de Dieu
il a renoncéà fonfalut. Fay à
vous dire aujourd'huy , mes Freres
,que nos prieres ont efté exaucées.
LOVIS le Grand, toujours
auguste, toujours éclairé, toûjours
équitable dans fes choix , perfuadé
qu'il ne peut mieux conferver les
conquestes miraculeufes qu'ilfait
E iij
54 MERCURE
pour l'Eglife , par le retour general
de tous fes Sujets qui s'en ef
malheureusement fepa toient
rez , qu'en luy donnant des E
vefques auffi vertueux que fçavans
, auffi zelez pour la verité
de la doctrine , que pour la fainteté
des moeurs , a nommépour la
conduite de ce Diocefe Meffire.
Pierre Daniel Huer Nous ne
pouvions fouhaiter un plus illuftre
Prelat. Il eftfi remply de merite,
d'érudition & defcience ; il a tant
de probité , de fageffe , de vertu
folide & de pieté; il estfi profond
dans les belles lettres , dans la
difcipline de l'Eglife , fi interieur,
GALANT. 55
fi homme d'Oraifon , fi honnefte
faffable , que nous avons tout
fujer de benirDieu , &de remercier
le Roy qui nous l'a donnépour
noftre Pasteur. C'est à nous maintenant
à travailler à nous mettre
en eftat de profiter des rares talens
des graces extraordinaires dont
Dieu l'a remply. C'est à nous à
redoublernos prieres.Joignons- les,
mes Freres , joignons- les aux fiennes.
Il eft prefentement en retraite
, où il fe prepare aux fonctions
excellentes defon Miniftere . Là il
converſe avec Dieu.comme Moïfe
fur la Montagne. Làilfe trans
figure comme le Sauveur du Mon-
E inj
56 MERCURE
de fur le Thabor. Là il parte de
nous à Dieu , & luy- mefme reprefente
nos maladies fpirituelles,
en attendant qu'il nous en vienne
parler, & ydonner les remedes
neceffaires. Demandons que par
l'onction de fon Sacre , il foit
transformé en un homme tout nou-
›
veau , que par la plenitude de la
charité qui forme le caractere des
Evefques , ilfoit autant élevé au
deffus de luy mefme , qu'il est éle
vé au deffus de nous par fon meque
cette onction luy donne
toute l'humilité, tout l'amour toute
la fermeté, tout le détachement de
Saint Pierre, toute lafidelité, tous
rite ;
GALANT. 57
les bons defirs , tous les fages confeils
de David. Mais endemans
dant pour luy toutes ces graces ,
demandons à Dieu pour nous toute
la docilité & toute l'obeiffance,
fans lesquelles nous luyferions une
double charge. Il eft noftre Pere,
noftre Maistre , noftre Paſteur
noftre Chef; & les Enfans devant
aimer leur Pere , les Difciples
écouter leur Maistre, les Ouailles
fuivre leur Pafteur , les Membres
s'unir à leur Chef, ce nous estune
obligation indiſpenſable d'appliquer
nos foins à nous acquitter fidellement
de tous ces devoirs.
d'un Sermon que M² de Feffel
Docteur de Sorbonne , &
Chanoine Theologal de l'Eglife
Cathedrale de Soiffons ,
y fit le Dimanche 18. du mois
paffé. Il vous plaira d'autant
GALANT.
51
plus , qu'ayant une eſtime
Tres -particuliere pour le merite
& les grandes qualitéz
de M l'Abbé Huet, nommé
à l'Evefché de Soiffons , vous
verrez dans ce Difcours avec
quelle joye & quels applau
diffemens toute la Ville a appris
cedigne choix de fa Ma
jefté Mi Abbé du Feffel ,
aprés l'Ave Maria, de ce Sermon,
parla de cette maniere .
- Fervous Je vous dis il y a fort peu de
temps , mes Freres , que par le deceds
de Mefixe Charles de Bourlon
, nostre digne Evefque , nous
eftions tous de venus des Enfans
M
E ij
52 MERCURE
&
fans Pere , un Troupeaufans Pa
fleur , des Membres fans Chef,
que dans cette perte generale,
l'esperance d'un Succeffeur capa
ble de la reparer , eftoir la feule
confolation que nous devions nous
permettre ; mais que comme un
digne Evefque eftoit ungrand don
de Dieu , il nous le falloit meriter
par nos prieres. Finvitay tous
les Colleges , toutes les Communautez
, toutes les Familles , a
demander qu'il plaft au Ciel d'in-
Spirer le Roy de nous donner un
Prelat
que Dieu luy mefme euft
forméfelonfon coeurs qu'il cuft
remply de fon double efprit ; un
GALANT. $3
4
homme Apoftolique de la trempe de
ceux des premiers Siecles , qui cuft
long- temps travaillé au dedans à
Se rendre digne de l'Epifcopat
fans avoir jamais penfe à eftre
Evefque car , comme dit admirablement
Saint Chryfoftome , celuy
qui brigue un Eveſché , ne
croit pas au Jugement de Dieu
il a renoncéà fonfalut. Fay à
vous dire aujourd'huy , mes Freres
,que nos prieres ont efté exaucées.
LOVIS le Grand, toujours
auguste, toujours éclairé, toûjours
équitable dans fes choix , perfuadé
qu'il ne peut mieux conferver les
conquestes miraculeufes qu'ilfait
E iij
54 MERCURE
pour l'Eglife , par le retour general
de tous fes Sujets qui s'en ef
malheureusement fepa toient
rez , qu'en luy donnant des E
vefques auffi vertueux que fçavans
, auffi zelez pour la verité
de la doctrine , que pour la fainteté
des moeurs , a nommépour la
conduite de ce Diocefe Meffire.
Pierre Daniel Huer Nous ne
pouvions fouhaiter un plus illuftre
Prelat. Il eftfi remply de merite,
d'érudition & defcience ; il a tant
de probité , de fageffe , de vertu
folide & de pieté; il estfi profond
dans les belles lettres , dans la
difcipline de l'Eglife , fi interieur,
GALANT. 55
fi homme d'Oraifon , fi honnefte
faffable , que nous avons tout
fujer de benirDieu , &de remercier
le Roy qui nous l'a donnépour
noftre Pasteur. C'est à nous maintenant
à travailler à nous mettre
en eftat de profiter des rares talens
des graces extraordinaires dont
Dieu l'a remply. C'est à nous à
redoublernos prieres.Joignons- les,
mes Freres , joignons- les aux fiennes.
Il eft prefentement en retraite
, où il fe prepare aux fonctions
excellentes defon Miniftere . Là il
converſe avec Dieu.comme Moïfe
fur la Montagne. Làilfe trans
figure comme le Sauveur du Mon-
E inj
56 MERCURE
de fur le Thabor. Là il parte de
nous à Dieu , & luy- mefme reprefente
nos maladies fpirituelles,
en attendant qu'il nous en vienne
parler, & ydonner les remedes
neceffaires. Demandons que par
l'onction de fon Sacre , il foit
transformé en un homme tout nou-
›
veau , que par la plenitude de la
charité qui forme le caractere des
Evefques , ilfoit autant élevé au
deffus de luy mefme , qu'il est éle
vé au deffus de nous par fon meque
cette onction luy donne
toute l'humilité, tout l'amour toute
la fermeté, tout le détachement de
Saint Pierre, toute lafidelité, tous
rite ;
GALANT. 57
les bons defirs , tous les fages confeils
de David. Mais endemans
dant pour luy toutes ces graces ,
demandons à Dieu pour nous toute
la docilité & toute l'obeiffance,
fans lesquelles nous luyferions une
double charge. Il eft noftre Pere,
noftre Maistre , noftre Paſteur
noftre Chef; & les Enfans devant
aimer leur Pere , les Difciples
écouter leur Maistre, les Ouailles
fuivre leur Pafteur , les Membres
s'unir à leur Chef, ce nous estune
obligation indiſpenſable d'appliquer
nos foins à nous acquitter fidellement
de tous ces devoirs.
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Résumé : Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Le 18 du mois précédent, M. de Feffel, docteur de Sorbonne et chanoine théologal de la cathédrale de Soissons, a prononcé un sermon célébrant la nomination de M. l'Abbé Huet à l'évêché de Soissons. Suite au décès de l'évêque Charles de Bourlon, la communauté était désorientée et priait pour un successeur digne. M. de Feffel a invité les fidèles à prier afin que le roi nomme un prélat vertueux. Le roi Louis XIV, conscient de l'importance de la foi pour la conservation des conquêtes, a choisi Pierre Daniel Huet en raison de son mérite, de son érudition, de sa probité et de sa piété. La communauté a exprimé sa gratitude envers Dieu et le roi pour cette nomination. Actuellement, M. Huet se prépare à ses nouvelles fonctions en se retirant pour prier et se consacrer à Dieu. Les fidèles sont encouragés à prier pour que M. Huet reçoive les grâces nécessaires à son ministère et pour qu'ils soient dociles et obéissants à leur nouvel évêque.
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3
p. 104-125
Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Cette Ville est en Picardie sur la riviere d'Aisne, qui la [...]
Mots clefs :
Soissons, Ville, Porte, Intendant, Ambassadeurs, Compagnies, Personnes, Armes, Maire, Palais, Heures, Compagnie, Gouverneurs, Roi, Magnificence, Officiers, Qualité, Canon, Palais épiscopal, Bourgeoisie
4
p. 222-225
Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Début :
Voicy un Article qui vous paroistra des plus curieux, & [...]
Mots clefs :
Pères feuillants, Religion, Gardes du corps, Soissons
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Voicy un Article qui vous
paroistra des plus curieux, Se
qui vous donnera des marques
de l'attachement que les François ont pour le Roy & de
leur zelepour ce qui regarde
la Religion.
La Compagnie des Gardes
du Corps commandée par Mr
le Duc de Villeroy
,
s'éstant ap.
semblée à Soissons le 29.Avril
pour aller en Flandre le premier de May, Mr de la Boulaye, qui estoit alors seul Chef
deBrigade, accepta l'offre que
les Peres Feüillans de cette Ville vinrent luy faire de dire le
premier jour de May, jour du
départ, & Feste de S. Jacques
& S. Philippes, la Messe à cinq
heures du matin, pour la santé
du Roy, & pour la prosperité
de ses Armes. Mrde la Boulaye s'y rendit avec la Compagnie, qui reçut à la fin de la
Messe, la Benediction du tresSaint Sacrement. Mrs de la
Boulaye
,
de Grillet, du Clos,
de la Faye, Beauchamps, Croisillac Officiers superieurs,avec
tous les Brigadiers, Sous-Brigadiers
,
Porte Etendarts, & plusieurs anciens Gardes reçurent
aussi en forme de Scapulaire un
S. Suaire, sur lequel le P. Dom
Jacques de Saint Dominique,
avoit tous les jours en disant
la Messe, fait repofcr la sainte
Hostie. Le petit S. Suaire est
cacheté dans du papier, & enveloppé dans une petite Bourses avec l'Inscripcion desEten-
dam du grand Constantin;
quand al triompha des enneTais2c Dieu& del' Eglise. In
àocsignovinces.
w
Rienn'est plus édifiant, tant
du cofté des Officiers, que de
celuy des Peres Feüillans de
Soissons.
paroistra des plus curieux, Se
qui vous donnera des marques
de l'attachement que les François ont pour le Roy & de
leur zelepour ce qui regarde
la Religion.
La Compagnie des Gardes
du Corps commandée par Mr
le Duc de Villeroy
,
s'éstant ap.
semblée à Soissons le 29.Avril
pour aller en Flandre le premier de May, Mr de la Boulaye, qui estoit alors seul Chef
deBrigade, accepta l'offre que
les Peres Feüillans de cette Ville vinrent luy faire de dire le
premier jour de May, jour du
départ, & Feste de S. Jacques
& S. Philippes, la Messe à cinq
heures du matin, pour la santé
du Roy, & pour la prosperité
de ses Armes. Mrde la Boulaye s'y rendit avec la Compagnie, qui reçut à la fin de la
Messe, la Benediction du tresSaint Sacrement. Mrs de la
Boulaye
,
de Grillet, du Clos,
de la Faye, Beauchamps, Croisillac Officiers superieurs,avec
tous les Brigadiers, Sous-Brigadiers
,
Porte Etendarts, & plusieurs anciens Gardes reçurent
aussi en forme de Scapulaire un
S. Suaire, sur lequel le P. Dom
Jacques de Saint Dominique,
avoit tous les jours en disant
la Messe, fait repofcr la sainte
Hostie. Le petit S. Suaire est
cacheté dans du papier, & enveloppé dans une petite Bourses avec l'Inscripcion desEten-
dam du grand Constantin;
quand al triompha des enneTais2c Dieu& del' Eglise. In
àocsignovinces.
w
Rienn'est plus édifiant, tant
du cofté des Officiers, que de
celuy des Peres Feüillans de
Soissons.
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Résumé : Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Le 29 avril, la Compagnie des Gardes du Corps, sous la direction du Duc de Villeroy, se rassembla à Soissons pour partir en Flandre le 1er mai. Monsieur de la Boullaye, Chef de Brigade, accepta l'offre des Pères Feuillants de Soissons de célébrer une messe à cinq heures du matin, jour du départ, qui coïncidait avec la fête de Saint Jacques et Saint Philippe. La Compagnie assista à cette messe pour la santé du roi et la prospérité de ses armées. À la fin de la messe, la Compagnie reçut la bénédiction du Très-Saint Sacrement. Plusieurs officiers supérieurs, brigadiers, sous-brigadiers, porte-étendards et anciens gardes reçurent un petit suaire contenant une sainte hostie bénie par le Père Dom Jacques de Saint Dominique. Ce suaire était cacheté dans du papier et enveloppé dans une petite bourse, accompagnée d'une inscription évoquant l'étendard de Constantin. La scène fut jugée très édifiante par les officiers et les Pères Feuillants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1479-1482
A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
Début :
Prélat, dont les vertus et le sçavoir sublime, [...]
Mots clefs :
Prélat, Lumière, Soissons, Pacifique, Mort, Amour de la paix
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texteReconnaissance textuelle : A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
A M. L'ARCHEVÊQUE
DE SENS ,
STAN- CE S.
"
Rélat , dont les vertus et le sçavoir sublime ,
Méritent nos respects , notre plus pur encens ,
Je ne viens point ici dans l'ardeur qui m'anime ,
Celebrer tes vertus par mes foibles accents ;
Je ne veux dans ces Vers que te montrer ma joye;
Souffre donc qu'elle éclatte, et qu'elle se déploye
Devant toi toute entiere en ce jour fortuné ,
Où , portant avec toi le zele et la lumiere ,
Tu viens d'un bon Pasteur commencer la car
riere ,
Pour le nouveau Troupeau que le Ciel t'a donné.
>
Si le choix inspiré , qui dans ces lieux t'amenè ,
Excita les regrets et les pleurs de Soissons
Riches de ce qu'il perd et qui cause sa peine ,
Nous bénissons LOUIS , et nous réjouissons.
D'un Prélat gracieux , affable et pacifique ,
La mort ici causoit une douleur publique ,
Tout le Troupeau saisi , gémissoit , s'allarmoit ,
Quel successeur plus digne eût banni la tristesse ?
11. Vol.
Dissipé
1480 MERCURE DE FRANCE
Dissipé la terreur et rendu l'allegresse ?
Qu'un Pontife zelé pour la paix qu'il aimoit ›
C'est l'amour de la paix , qui dans ces lieux t'ap
1
pelle ,
Tu la trouves ici , tu viens l'y maintenir.
Si de la verité tu soutiens la querelle ,
Sans alterer la paix , tu sçais la soûtenir.
De cette verité qui t'inspiré et t'éclaire ,
Défenseur génereux , tu la suis sans mystere ,
Et la fais triompher de la superbe erreur.
Mais tes armes , tes traits pour sa juste défense,
Sont les brillans éclairs d'une haute éloquence;
C'est une charité prudente et sans aigreur
De cette verité que ta plume sçavante
Orne des plus beaux traits et met dans tout son
jour,
En vain les ennemis d'une ardeur pétulente ,
Se déclarent les tiens , t'attaquent tour à tour.
Tu ne sçais opposer à toute l'amertume ,
Que répand contre toi leur outrageante plume ,
Qu'une douceur extrême et que la verité.
C'est ainsi qu'autrefois le Docteur de la grace ,
De ceux qui l'outrageoient , sçut confondre l'au
dace ,
Toujours doux, toujours humble et plein de
charité.
IL. Vol Que
JUIN.
1481
1731 .
Que Dieu jette sur nous un regard favorable ,
De te donner à nous , de nous donner à toi !
Et qu'il fait éclatter sa sagesse adorable ,
Qui veut par tés travaux affermir notre foi !
Cette Eglise commise à tes soins , à ton zele ,'
En toi trouve un Epoux attentif et fidele ,
Les Brebis un Pasteur , courageux , vigilant ,
Qui ne les conduira qu'en de sûrs Pâturages ,
Et sçaura les sauver des terribles ravages ,
Que fait le Loup qui voit le Pasteur indolent,
Si quelqu'une , pourtant , du troupeau se sépare
Prompt à courir après , tu la retrouveras ;
Sçavant à la tirer du chemin qui l'égare ,
Dans le sacré Bercail , tu la rameneras.
En toi l'ignorant trouve un Docteur charitable ,
Celui qui dans la foi chancelle et n'est pas stable ,
Pourra -t'il , s'il t'écoute , encore chanceler ?
On verra , j'en suis sûr , les Rochers et les Chê
nes ,
Accourir à ta voix , te suivre dans les Plaines ,
Suspendus et ravis de t'entendre parler.
Sans en être étonné je verrai ces miracles ,
Comment se pourroit-il que j'en fusse surpris ?
Par moi-même je sçai que les plus grands ob
stacles ,
II. Vo!. cedent
1482 MERCURE DE FRANCE
Cedent tous à ta voix , à tes doctes écrits.
Enfoncé dans l'erreur couverte de tenebres ,
Je marchois au hazard dans ses ombres funebres,
Insensé , je croyois suivre la verité.
Tes Ecrits éclattans d'une clarté celeste ,
1
D'abord m'ont découvert l'illusion funeste ,
Le fantôme imposteur dont j'étois entêté.
Bouchet , Chanoine de Sens.
DE SENS ,
STAN- CE S.
"
Rélat , dont les vertus et le sçavoir sublime ,
Méritent nos respects , notre plus pur encens ,
Je ne viens point ici dans l'ardeur qui m'anime ,
Celebrer tes vertus par mes foibles accents ;
Je ne veux dans ces Vers que te montrer ma joye;
Souffre donc qu'elle éclatte, et qu'elle se déploye
Devant toi toute entiere en ce jour fortuné ,
Où , portant avec toi le zele et la lumiere ,
Tu viens d'un bon Pasteur commencer la car
riere ,
Pour le nouveau Troupeau que le Ciel t'a donné.
>
Si le choix inspiré , qui dans ces lieux t'amenè ,
Excita les regrets et les pleurs de Soissons
Riches de ce qu'il perd et qui cause sa peine ,
Nous bénissons LOUIS , et nous réjouissons.
D'un Prélat gracieux , affable et pacifique ,
La mort ici causoit une douleur publique ,
Tout le Troupeau saisi , gémissoit , s'allarmoit ,
Quel successeur plus digne eût banni la tristesse ?
11. Vol.
Dissipé
1480 MERCURE DE FRANCE
Dissipé la terreur et rendu l'allegresse ?
Qu'un Pontife zelé pour la paix qu'il aimoit ›
C'est l'amour de la paix , qui dans ces lieux t'ap
1
pelle ,
Tu la trouves ici , tu viens l'y maintenir.
Si de la verité tu soutiens la querelle ,
Sans alterer la paix , tu sçais la soûtenir.
De cette verité qui t'inspiré et t'éclaire ,
Défenseur génereux , tu la suis sans mystere ,
Et la fais triompher de la superbe erreur.
Mais tes armes , tes traits pour sa juste défense,
Sont les brillans éclairs d'une haute éloquence;
C'est une charité prudente et sans aigreur
De cette verité que ta plume sçavante
Orne des plus beaux traits et met dans tout son
jour,
En vain les ennemis d'une ardeur pétulente ,
Se déclarent les tiens , t'attaquent tour à tour.
Tu ne sçais opposer à toute l'amertume ,
Que répand contre toi leur outrageante plume ,
Qu'une douceur extrême et que la verité.
C'est ainsi qu'autrefois le Docteur de la grace ,
De ceux qui l'outrageoient , sçut confondre l'au
dace ,
Toujours doux, toujours humble et plein de
charité.
IL. Vol Que
JUIN.
1481
1731 .
Que Dieu jette sur nous un regard favorable ,
De te donner à nous , de nous donner à toi !
Et qu'il fait éclatter sa sagesse adorable ,
Qui veut par tés travaux affermir notre foi !
Cette Eglise commise à tes soins , à ton zele ,'
En toi trouve un Epoux attentif et fidele ,
Les Brebis un Pasteur , courageux , vigilant ,
Qui ne les conduira qu'en de sûrs Pâturages ,
Et sçaura les sauver des terribles ravages ,
Que fait le Loup qui voit le Pasteur indolent,
Si quelqu'une , pourtant , du troupeau se sépare
Prompt à courir après , tu la retrouveras ;
Sçavant à la tirer du chemin qui l'égare ,
Dans le sacré Bercail , tu la rameneras.
En toi l'ignorant trouve un Docteur charitable ,
Celui qui dans la foi chancelle et n'est pas stable ,
Pourra -t'il , s'il t'écoute , encore chanceler ?
On verra , j'en suis sûr , les Rochers et les Chê
nes ,
Accourir à ta voix , te suivre dans les Plaines ,
Suspendus et ravis de t'entendre parler.
Sans en être étonné je verrai ces miracles ,
Comment se pourroit-il que j'en fusse surpris ?
Par moi-même je sçai que les plus grands ob
stacles ,
II. Vo!. cedent
1482 MERCURE DE FRANCE
Cedent tous à ta voix , à tes doctes écrits.
Enfoncé dans l'erreur couverte de tenebres ,
Je marchois au hazard dans ses ombres funebres,
Insensé , je croyois suivre la verité.
Tes Ecrits éclattans d'une clarté celeste ,
1
D'abord m'ont découvert l'illusion funeste ,
Le fantôme imposteur dont j'étois entêté.
Bouchet , Chanoine de Sens.
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Résumé : A M. L'ARCHEVÊQUE DE SENS, STANCES.
L'auteur adresse une lettre à l'archevêque de Sens pour louer ses vertus et son savoir. Il exprime sa joie de voir l'archevêque débuter sa carrière pastorale dans son nouveau diocèse. Le choix de l'archevêque a été inspiré et a suscité des regrets à Soissons, mais Louis XIV est béni pour cette nomination. L'archevêque est décrit comme un prélat gracieux, affable et pacifique, dont l'arrivée a dissipé la tristesse et la terreur dans le diocèse. L'auteur admire son zèle pour la paix et la vérité, qu'il défend avec éloquence et charité prudente. Comparé au Docteur de la grâce, l'archevêque fait preuve de douceur et d'humilité face aux attaques. L'auteur prie pour que Dieu bénisse cette union et que l'archevêque guide son troupeau avec vigilance et charité, sauvant les brebis égarées et instruisant les ignorants. Il témoigne personnellement des miracles opérés par les écrits de l'archevêque, qui l'ont tiré de l'erreur et révélé la vérité. Il conclut en affirmant que les obstacles les plus grands cèdent devant la voix et les écrits de l'archevêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 69-73
SOISSONS.
Début :
Les bornes, prescrites à ce Journal, ne permettent pas de détailler tout ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Soissons, Intendant, Abbaye Saint-Jean-des-Vignes, François de Fitz-James, Roi, Te Deum, Charles-Blaise Méliand, Illumination, Feu d'artifice, Emblème, Divertissement, Pierre-Charles Roy
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texteReconnaissance textuelle : SOISSONS.
SOISSONS .
1
Les bornes , preſcrites à ce Journal , ne
permettent pas de détailler tout ce qui s'eſt
paffé à Soiffons, quand laConvalefcence du
Roi y a été annoncée. Le Duc de Fitsjames,
Evêque de Soiſſons & Premier Aumônier
du Roi , a peint dans ſon Mandement le
coeur de ce Monarque , & le peindre , c'eſt
le loüer fans adulation. Les vertus n'ont
pas beſoin d'ornemens . Le Te Deum de la
compofition de M. Morel , Organiſte de la
célebre Abbaye de S. Jean des, Vignes , fut
chanté au bruit d'une triple ſalve d'Arcille
Dv
70 MERCURE DE FRANCE.
rie. M. le Comte de Buron , Lieutenant
Général de la Province ,& le Corps de Ville,
accompagnés des Gardes de M.le Duc de
Gêvres , Gouverneur ,& de ceux duComte
deBuron ,y affifterent,ainſi que le Préfidial,
qui les avoit devancés, l'illumination , les
feſtins & les largeſſes faites au Peuple , ca
ractériſerent la fatisfaction généralé. M.
Méliand , Intendant de la Province, ſe dif
ringua dans tout ce qu'il fit dans ces jours
fortunés ; on donna la Comédie fur un
Théatre dreffé dans la Place publique , exécutée
par uneTroupe arrivée à propos.L'ingénieux
Feu d'artifice répréſentoit le Templedu
Deſtin , & quoique l'ordonnance en
fût des plus nobles &des plus frappantes ,
il étoit encore plus orné par les Inſcriptions
qui le décoroient. Il faudroit les tranfcrire
toutes ici , fi on vouloit y rappeller les plus
belles. On ne donnera que le premier Emblême
, compoſé par M. Racine , le petitfils
, âgé de dix ans ; ainſi le nom de Racine
eſt un Eloge depuis trois générations. Cet
Emblême , déſignant le Roi en danger de
mourir , eſt une belle fleur , qu'un Moiffonneur
ſemble reſpecter,avec cette Inſcripzion
: Eft gloria Terra .
Moiffonneur , qu'en ta main cruelle
La Faux s'arrête en ce moment !
NOVEMBRE. 1744. 71
Ah ! reſpecte une fleur fi belle ;
De la Terre elle eſt l'ornement.
L'Emblême deuxième mérite d'être cité ,
puiſqu'il exprime des ſentimens que toutes
les Provinces de France ont également fait
éclater ; c'eſt un Roi d'Abeilles, languiſſant,
environné d'un grand nombre d'Abeilles ,
dont les unes l'épluchent , les autres lui
préſentent du miel au bout de leurs trompes
,d'autres fe gliſſent ſous lui,pour le foulever
, avec cette intéreſſante Inſcription =
Regemfic obfervant nulli.
L'Abeille est l'Image fidelle
Des ſentimens & des coeurs des François
Quel Peuple eut jamais plus de zéle,
Plus de reſpect& d'amour pour ſes Rois !
2
I
Pluſieurs Dames & Cavaliers de la Ville
exécuterent chés M. l'Intendant un Diver
tiſſement , dont les paroles ſontde M. Roy,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & la
Muſique de M. Morel ,Organiſte de S. Jean
des Vignes , qui fut applaudi par les Connoiffeurs.
On ſouhaiteroit pouvoir donner
ici tout ce Divertiſſement , intitulé : Les
Bergers de l' Aiſne , où l'Auteur ſans s'écarter
du genre lyrique , a raſſemble des traits de
notre Hiſtoire & de la Fable. Voici ſeule-
Dvj
72 MERCURE DE FRANCE.
:
ment la troifiéme & derniere Scéne chantée
par Apollon.
APOLLON AUX BERGERS DE L'AISNE.
Reſpirez après tant d'allarmes,
Vous, * Monſtres de l'Enfer rentrez-y pour jamais
Miniſtres de la mort, ma main briſe vos traits;
Admete , ouvre les yeux à la clartéCéleste ,
Mais à tant de faveurs Apollon aujourd'hui
N'impoſe point de loi funeſte ;
On vous rend un Pere , un appui ,
Sans qu'il en coute à la fidéle Alceſte ,
Des jours que ſa tendreſſe auroit donnés pour lui.
Triomphe , Victoire ;
De vos chants frappez les airs ,
Trompettes & Tambours par vos bruyans Concerts
De ce jour confacrez la gloire ;
C'eſt la Fête de l'Univers.
Le Chapitre & l'Abbaye de S. Jean des
Vignes, ont auſſi donné des Fêtes, qui méritent
une ample Deſcription .
Monſeigneur le Dauphin & Mesdames
de France , en revenant de Metz , firent
l'honneur à M. l'Intendant de ſouper & de
coucher chés lui. Ils virent l'illumination
&le feu d'artifice,d'un goût nouveau,inven-
Al'Envie &sasuite.
NOVEMBRE. 1744. 73
té& exécutépar le frere Philbert, Religieux
Capucin à la Fere .
Les Curieux liront la Relation de ces
Fêtes, imprimée à Soiſſons , chés la veuve de
Charles Courtois , Imprimeur du Roi , près
l'Election ; ils y verront avec plaiſir le Compliment
fait à M. Meliand , Intendant, par
M. Carrier , Maire ; une Paftorale & un
Vaudeville de M. Berſon ; la Nymphe de
l'Aiſne au Roi , de M. de Royaucourt ; une
Ode de M. l'Abbé Portes , Chanoine de
l'Egliſe de Laon .
1
Les bornes , preſcrites à ce Journal , ne
permettent pas de détailler tout ce qui s'eſt
paffé à Soiffons, quand laConvalefcence du
Roi y a été annoncée. Le Duc de Fitsjames,
Evêque de Soiſſons & Premier Aumônier
du Roi , a peint dans ſon Mandement le
coeur de ce Monarque , & le peindre , c'eſt
le loüer fans adulation. Les vertus n'ont
pas beſoin d'ornemens . Le Te Deum de la
compofition de M. Morel , Organiſte de la
célebre Abbaye de S. Jean des, Vignes , fut
chanté au bruit d'une triple ſalve d'Arcille
Dv
70 MERCURE DE FRANCE.
rie. M. le Comte de Buron , Lieutenant
Général de la Province ,& le Corps de Ville,
accompagnés des Gardes de M.le Duc de
Gêvres , Gouverneur ,& de ceux duComte
deBuron ,y affifterent,ainſi que le Préfidial,
qui les avoit devancés, l'illumination , les
feſtins & les largeſſes faites au Peuple , ca
ractériſerent la fatisfaction généralé. M.
Méliand , Intendant de la Province, ſe dif
ringua dans tout ce qu'il fit dans ces jours
fortunés ; on donna la Comédie fur un
Théatre dreffé dans la Place publique , exécutée
par uneTroupe arrivée à propos.L'ingénieux
Feu d'artifice répréſentoit le Templedu
Deſtin , & quoique l'ordonnance en
fût des plus nobles &des plus frappantes ,
il étoit encore plus orné par les Inſcriptions
qui le décoroient. Il faudroit les tranfcrire
toutes ici , fi on vouloit y rappeller les plus
belles. On ne donnera que le premier Emblême
, compoſé par M. Racine , le petitfils
, âgé de dix ans ; ainſi le nom de Racine
eſt un Eloge depuis trois générations. Cet
Emblême , déſignant le Roi en danger de
mourir , eſt une belle fleur , qu'un Moiffonneur
ſemble reſpecter,avec cette Inſcripzion
: Eft gloria Terra .
Moiffonneur , qu'en ta main cruelle
La Faux s'arrête en ce moment !
NOVEMBRE. 1744. 71
Ah ! reſpecte une fleur fi belle ;
De la Terre elle eſt l'ornement.
L'Emblême deuxième mérite d'être cité ,
puiſqu'il exprime des ſentimens que toutes
les Provinces de France ont également fait
éclater ; c'eſt un Roi d'Abeilles, languiſſant,
environné d'un grand nombre d'Abeilles ,
dont les unes l'épluchent , les autres lui
préſentent du miel au bout de leurs trompes
,d'autres fe gliſſent ſous lui,pour le foulever
, avec cette intéreſſante Inſcription =
Regemfic obfervant nulli.
L'Abeille est l'Image fidelle
Des ſentimens & des coeurs des François
Quel Peuple eut jamais plus de zéle,
Plus de reſpect& d'amour pour ſes Rois !
2
I
Pluſieurs Dames & Cavaliers de la Ville
exécuterent chés M. l'Intendant un Diver
tiſſement , dont les paroles ſontde M. Roy,
Chevalier de l'Ordre de S. Michel , & la
Muſique de M. Morel ,Organiſte de S. Jean
des Vignes , qui fut applaudi par les Connoiffeurs.
On ſouhaiteroit pouvoir donner
ici tout ce Divertiſſement , intitulé : Les
Bergers de l' Aiſne , où l'Auteur ſans s'écarter
du genre lyrique , a raſſemble des traits de
notre Hiſtoire & de la Fable. Voici ſeule-
Dvj
72 MERCURE DE FRANCE.
:
ment la troifiéme & derniere Scéne chantée
par Apollon.
APOLLON AUX BERGERS DE L'AISNE.
Reſpirez après tant d'allarmes,
Vous, * Monſtres de l'Enfer rentrez-y pour jamais
Miniſtres de la mort, ma main briſe vos traits;
Admete , ouvre les yeux à la clartéCéleste ,
Mais à tant de faveurs Apollon aujourd'hui
N'impoſe point de loi funeſte ;
On vous rend un Pere , un appui ,
Sans qu'il en coute à la fidéle Alceſte ,
Des jours que ſa tendreſſe auroit donnés pour lui.
Triomphe , Victoire ;
De vos chants frappez les airs ,
Trompettes & Tambours par vos bruyans Concerts
De ce jour confacrez la gloire ;
C'eſt la Fête de l'Univers.
Le Chapitre & l'Abbaye de S. Jean des
Vignes, ont auſſi donné des Fêtes, qui méritent
une ample Deſcription .
Monſeigneur le Dauphin & Mesdames
de France , en revenant de Metz , firent
l'honneur à M. l'Intendant de ſouper & de
coucher chés lui. Ils virent l'illumination
&le feu d'artifice,d'un goût nouveau,inven-
Al'Envie &sasuite.
NOVEMBRE. 1744. 73
té& exécutépar le frere Philbert, Religieux
Capucin à la Fere .
Les Curieux liront la Relation de ces
Fêtes, imprimée à Soiſſons , chés la veuve de
Charles Courtois , Imprimeur du Roi , près
l'Election ; ils y verront avec plaiſir le Compliment
fait à M. Meliand , Intendant, par
M. Carrier , Maire ; une Paftorale & un
Vaudeville de M. Berſon ; la Nymphe de
l'Aiſne au Roi , de M. de Royaucourt ; une
Ode de M. l'Abbé Portes , Chanoine de
l'Egliſe de Laon .
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