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1
p. 1307-1308
Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 24. au 25. Mars 200. Janissaires allerent enfoncer la maison du Janissaire [...]
Mots clefs :
Humanités grecques et latines, Collèges, Université de Paris
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texteReconnaissance textuelle : Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
DES BEAUX ARTS , &c. 3
M *
ETHODE pour commencer les
Humanitez Grecques et Latines
contenant des avis très judicieux et fort
utiles aux Regens , Précepteurs et au
tres personnes employées à former les
Enfans aux Belles - Lettres . Par M. le Fe
vre de Saumur. Avec des Notes et des
Lettres sur la maniere de les enseigner
dans les Colleges , par M. Gaullyer , Pro
fesseur en l'Université de Paris , au Col
lege du Plessis - Sorbonne. A Paris , che
la Veuve J. Bapt. Brocas , rue S. Jacques ,
et Claude Simon , rue Haute-feüille, 1731
in 12. de 136. pages , prix 15. sols.
Dans un Avertissement de deux pages,
on apprend que c'est ici une nouvelle
I. Vol E v Edition
1308 MERCURE DE FRANCE
Edition du Livre de M. le Févre . M, Gaul
lyer y a ajoûté quelques Notes , tant pour
l'éclaircissement de quelques endroits
que pour justifier la pratique des Colle
ges , dont M. le Févre parle assez libre
ment et assez peu favorablement. M. G..
espere de faire voir clairement que dans
les meilleurs la méthode d'enseigner les
Humanitez est aussi bonne que celle de
M. le F. et même , ajoûte-t'il , elle y a été
rendue plus parfaite en plusieurs points..
M *
ETHODE pour commencer les
Humanitez Grecques et Latines
contenant des avis très judicieux et fort
utiles aux Regens , Précepteurs et au
tres personnes employées à former les
Enfans aux Belles - Lettres . Par M. le Fe
vre de Saumur. Avec des Notes et des
Lettres sur la maniere de les enseigner
dans les Colleges , par M. Gaullyer , Pro
fesseur en l'Université de Paris , au Col
lege du Plessis - Sorbonne. A Paris , che
la Veuve J. Bapt. Brocas , rue S. Jacques ,
et Claude Simon , rue Haute-feüille, 1731
in 12. de 136. pages , prix 15. sols.
Dans un Avertissement de deux pages,
on apprend que c'est ici une nouvelle
I. Vol E v Edition
1308 MERCURE DE FRANCE
Edition du Livre de M. le Févre . M, Gaul
lyer y a ajoûté quelques Notes , tant pour
l'éclaircissement de quelques endroits
que pour justifier la pratique des Colle
ges , dont M. le Févre parle assez libre
ment et assez peu favorablement. M. G..
espere de faire voir clairement que dans
les meilleurs la méthode d'enseigner les
Humanitez est aussi bonne que celle de
M. le F. et même , ajoûte-t'il , elle y a été
rendue plus parfaite en plusieurs points..
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Résumé : Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
Le document décrit une méthode pour enseigner les humanités grecques et latines, destinée aux régents, précepteurs et autres éducateurs. Rédigé par M. le Fèvre de Saumur, l'ouvrage inclut des notes et des lettres de M. Gaullyer, professeur à l'Université de Paris au Collège du Plessis-Sorbonne. Publié à Paris en 1731 par la Veuve J. Bapt. Brocas et Claude Simon, le livre compte 136 pages et est vendu 15 sols. L'avertissement initial mentionne qu'il s'agit d'une nouvelle édition du livre de M. le Fèvre. M. Gaullyer a ajouté des notes pour éclaircir certains passages et justifier les pratiques des collèges, que M. le Fèvre critique de manière défavorable. M. Gaullyer vise à démontrer que la méthode d'enseignement des humanités dans les meilleurs collèges est aussi bonne, voire plus parfaite que celle proposée par M. le Fèvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1308-1310
Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
Début :
LES AMUSEMENS DE L'AMITIÉ, rendus utiles et interessans. Recueil de Lettres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
LES AMUSEMENS DE L'AMITIE' , rendus
utiles et interessans. Recueil de Lettres
écrites de la Cour vers la fin du egne
de Louis XIV . A Paris , chez Langlois
ruë S. Etienne d'Egrès , Julien- Michel
Gandouin , Quay de Conty , et Henry
ruë S. Jacques , 1729. in 12. de 416. pages..
Ces Lettres sont écrites sans façon , d'un
stile aisé ; elles renferment des Maximes ;
de morale , des leçons de sçavoir vivre
et une grande varieté d'instructions pour
se conduire dans tous les états et dans
toutes les circonstances de la vie . M. l'Ab
bé Couture , qui en est l'Approbateur ,
dit- que l'Auteur y. tient plus qu'il n'a
promis. Il n'a annoncé que des amuse
mens , et je trouve dans ces Lettres , dit- il,
plusieurs belles leçons et plusieurs grands
2.
I. Vol. exem
JUIN. 1731 1309
exemples de vertu et de Religion , le tout
assaisonné d'une politesse fine , d'un lan
gage pur et d'une liberté honnête.
TRAITE ' DE LA CHARITE ' ENVERS DIEU'S
ou de l'Amour de Dieu , et de ses vrai
Caracteres , tiré des Livres saints. Dédié
aux Evêques de France , par un Prieur Be
nedictin . A Paris , chez Joseph Bullot , et
Henry , rue S. Facques , 1729. in 12. de
535. pages , sans l'Epitre et l'Avertis
şememt.
TRAITE' DES HORLOGES pour les Mon
tres et les Pendules , contenant le Calcul
des Nombres propres à toutes sortes de
mouvemens ; la maniere de faire et de :
noter les carillons , de changer et de corri
ger le mouvement du Pendule ; l'Histoire :
ancienne et moderne de l'Horlogerie ;.
plusieurs Tables toutes calculées , et au
tres matieres curieuses et utiles . Tradui
tes de l'Anglois de M. Derham F. R. S. L
Chez Gregoire Dupuis , rue S. Jacques
in 12. avec figures ..
ச7
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID ,
et des Cantiques de l'Eglise , avec appli
cation suivie de chaque Pseaume et de :
chaque Cantique , à un sujet particulier
I..Vol. Evi propre
1310 MERCURE DE FRANCE
propre à servir d'entretien avec Dieu . Par
le P. Th. Bern. Fellon , Jesuite. A Lyon
et se trouve à Paris , chez H. L. Guerin ,
ruë S. Jacques , 4. vol . in 12 .
On trouve cette Paraphrase écrite avec
une grande noblesse de stile et beaucoup
d'onction .
>
"
HISTOIRE DE S. DOMINGUE , &c. par
le R. P. Charlevoix , Jesuite. 2. vol . in 4.
avec 16. Cartes. A Paris , chez Guerin
aîné , rue S. Jacques , et Guerin le Jeune ,
Quay des Augustins..
On délivre actuellement aux Souscrip
teurs les Tomes suivans des anciens Mé
moires de l'Académie des Sciences ; sça
voir , le Tome IV . qui contient l'Histoire
des Plantes , avec 38. Planches , très- pro
prement gravées ; et le Tome III . des
Tables des Matieres , qui contiennent
celles des années 1711. jusqu'en 1720. On
donnera incessamment l'Histoire des Ani
maux , et tout le reste de cette Collection.
A Paris , chez Martin , Montalant , Coi
gnard fils et Guerin aîné.
utiles et interessans. Recueil de Lettres
écrites de la Cour vers la fin du egne
de Louis XIV . A Paris , chez Langlois
ruë S. Etienne d'Egrès , Julien- Michel
Gandouin , Quay de Conty , et Henry
ruë S. Jacques , 1729. in 12. de 416. pages..
Ces Lettres sont écrites sans façon , d'un
stile aisé ; elles renferment des Maximes ;
de morale , des leçons de sçavoir vivre
et une grande varieté d'instructions pour
se conduire dans tous les états et dans
toutes les circonstances de la vie . M. l'Ab
bé Couture , qui en est l'Approbateur ,
dit- que l'Auteur y. tient plus qu'il n'a
promis. Il n'a annoncé que des amuse
mens , et je trouve dans ces Lettres , dit- il,
plusieurs belles leçons et plusieurs grands
2.
I. Vol. exem
JUIN. 1731 1309
exemples de vertu et de Religion , le tout
assaisonné d'une politesse fine , d'un lan
gage pur et d'une liberté honnête.
TRAITE ' DE LA CHARITE ' ENVERS DIEU'S
ou de l'Amour de Dieu , et de ses vrai
Caracteres , tiré des Livres saints. Dédié
aux Evêques de France , par un Prieur Be
nedictin . A Paris , chez Joseph Bullot , et
Henry , rue S. Facques , 1729. in 12. de
535. pages , sans l'Epitre et l'Avertis
şememt.
TRAITE' DES HORLOGES pour les Mon
tres et les Pendules , contenant le Calcul
des Nombres propres à toutes sortes de
mouvemens ; la maniere de faire et de :
noter les carillons , de changer et de corri
ger le mouvement du Pendule ; l'Histoire :
ancienne et moderne de l'Horlogerie ;.
plusieurs Tables toutes calculées , et au
tres matieres curieuses et utiles . Tradui
tes de l'Anglois de M. Derham F. R. S. L
Chez Gregoire Dupuis , rue S. Jacques
in 12. avec figures ..
ச7
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID ,
et des Cantiques de l'Eglise , avec appli
cation suivie de chaque Pseaume et de :
chaque Cantique , à un sujet particulier
I..Vol. Evi propre
1310 MERCURE DE FRANCE
propre à servir d'entretien avec Dieu . Par
le P. Th. Bern. Fellon , Jesuite. A Lyon
et se trouve à Paris , chez H. L. Guerin ,
ruë S. Jacques , 4. vol . in 12 .
On trouve cette Paraphrase écrite avec
une grande noblesse de stile et beaucoup
d'onction .
>
"
HISTOIRE DE S. DOMINGUE , &c. par
le R. P. Charlevoix , Jesuite. 2. vol . in 4.
avec 16. Cartes. A Paris , chez Guerin
aîné , rue S. Jacques , et Guerin le Jeune ,
Quay des Augustins..
On délivre actuellement aux Souscrip
teurs les Tomes suivans des anciens Mé
moires de l'Académie des Sciences ; sça
voir , le Tome IV . qui contient l'Histoire
des Plantes , avec 38. Planches , très- pro
prement gravées ; et le Tome III . des
Tables des Matieres , qui contiennent
celles des années 1711. jusqu'en 1720. On
donnera incessamment l'Histoire des Ani
maux , et tout le reste de cette Collection.
A Paris , chez Martin , Montalant , Coi
gnard fils et Guerin aîné.
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Résumé : Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
Le document de 1729 présente divers ouvrages. 'Les Amusemens de l'Amitié' est un recueil de lettres de la cour de Louis XIV, offrant des maximes morales, des conseils de savoir-vivre et des instructions pour diverses situations. L'abbé Couture loue cet ouvrage pour ses leçons de vertu et de religion, ainsi que pour sa politesse et son langage pur. 'Traité de la Charité envers Dieu' est dédié aux évêques de France et explore l'amour de Dieu à travers les Livres saints. 'Traité des Horloges' est une traduction d'un ouvrage anglais sur les montres et pendules, incluant des calculs et des instructions pour les carillons. 'Paraphrase des Psaumes de David' du Père Th. Bern. Fellon applique chaque psaume à un sujet particulier. 'Histoire de S. Domingue' du Père Charlevoix est un ouvrage en deux volumes avec seize cartes. Le document mentionne également la distribution des tomes des anciens Mémoires de l'Académie des Sciences, notamment le Tome IV sur l'histoire des plantes et le Tome III des Tables des Matieres couvrant les années 1711 à 1720, avec des planches gravées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1310-1315
Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Début :
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R... Premier Cayer, de ce qu'il y a de remarquable [...]
Mots clefs :
Arles, Portefeuille, Premier Président et Intendant de Province, Dictionnaire universel de la France
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texteReconnaissance textuelle : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R...
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
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Résumé : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Le texte présente une brochure intitulée 'Le Porte-Feuille du Chr. de R...' publiée en juin 1731 à Arles par Mesnier, imprimeur du Roi, de l'Archevêque et de la Ville. Cette brochure, rédigée par le Chevalier de Romieu, contient des mémoires sur la ville d'Arles. L'occasion de ces mémoires est un projet d'instruction envoyé par M. le Bret, Premier Président et Intendant de Provence, visant à recueillir des informations sur les villes de Provence pour le Dictionnaire Universel de la France. Romieu a été chargé de fournir des détails sur Arles, qu'il a fait avec exactitude. Romieu a entrepris d'écrire cet ouvrage après avoir constaté que le Dictionnaire Universel n'avait pas suivi ses mémoires et que les réponses reçues des provinces étaient légères. Il a donc décidé de justifier et d'étendre ses mémoires, qui ont été imprimés à Arles la même année. L'ouvrage de Romieu commence par l'étymologie du nom d'Arles, expliquant les épithètes données à la ville et son rôle historique. Il mentionne également les épiscopats suffragants d'Arles, les conciles tenus dans la ville, et les saints prélats qui ont occupé ce siège. Romieu discute aussi de l'Académie de Belles-Lettres établie par Louis XIV en 1667, bien qu'elle n'existe plus. Le texte aborde également les antiquités d'Arles, croyant que la ville a été construite par les Gaulois au 4ème siècle après le Déluge. Il mentionne les différents maîtres de la ville au fil de l'histoire, ainsi que les vestiges de son ancienne magnificence, comme des tombeaux antiques, des colonnes, des débris de temples et de théâtres, des thermes, et des aqueducs. Romieu corrige plusieurs erreurs trouvées dans le Dictionnaire Universel concernant Arles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1315-1317
Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Début :
LETTRES ET SÉRIEUSES ET BADINES, sur un Livre intitulé : État present de la République [...]
Mots clefs :
Lettres, Journal, Bienheureux serviteur de Dieu, Courroux du ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
LETTRES SERIEUSES ET BADINES , sur un
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
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Résumé : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Le document traite de l'ouvrage 'Lettres sérieuses et badines', publié en 1729 à La Haye. L'auteur y décrit son journal comme une collection de lettres écrites avec enjouement et liberté. Dans la dixième lettre, il mentionne un livre imprimé à Venise, 'Trattato dell' Arte Cavalleresca', où le Marquis Gio Pirro de Mar di Luogo tente de prouver que les coups de bâton ne déshonorent pas. L'auteur cite également un ouvrage espagnol, 'Exclamacion à la héroica y Christiana paciencia', qui éloge la patience héroïque de Don Jean Rufo Medroso face aux coups de bâton. Un passage traduit de cet ouvrage montre Don Jean Rufo expliquant pourquoi il ne s'est pas défendu, évoquant des doutes sur l'usage de l'épée et la peur de l'excommunication pour duel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1317-1321
Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES MESLÉES en Prose et en Vers. Par M. le Comte Antoine Hamilton. [...]
Mots clefs :
Épîtres, Chansons, Muses, Amour, Tendresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
OEUVRES MESLE'ES en Prose et en
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
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Résumé : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil d'œuvres du Comte Antoine Hamilton, publié à Paris en 1731. Cet ouvrage est composé de 105 pages de poèmes, 156 pages de lettres et épîtres, 94 pages de chansons, et 131 pages consacrées à l'histoire de Zeneyde. Le Mercure de France en extrait quelques morceaux pour offrir un aperçu du recueil. Une lettre de Madame Thibergeau à Hamilton exprime son regret de ne plus pouvoir écrire des vers, bien qu'elle ait espéré être inspirée par la présence de Hamilton. Elle indique que ses écrits se limitent désormais à la prose et à l'amitié. Hamilton répond en soulignant que la jeunesse et la tendresse sont essentielles pour la poésie. Il envoie des couplets récents dédiés à une certaine 'Pincette' et mentionne les Muses de Poussay, qui encouragent Madame Thibergeau à ne pas abandonner la poésie. Le texte inclut également une épigramme en réponse à une critique de l'ode de l'Abbé Abeille. Cette épigramme défend la beauté de l'œuvre contre des critiques jugées mauvaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1322-1324
CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI , Illustre Sçavant de Veronne.
Début :
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En trois Livres in 4 °. à Rome 1710. on [...]
Mots clefs :
Catalogue, Savant, Commentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI , Illustre Sçavant de Veronne.
CATALOGUE des Ouvrages du Mar
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
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Résumé : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI , Illustre Sçavant de Veronne.
Le texte présente un catalogue des œuvres du marquis Scipion Maffei, savant de Vérone. Parmi ses travaux notables, 'Della Scienza chiamata Cavalleresca', publié en 1710 à Rome, critique les fausses maximes et préjugés du point d'honneur. Maffei a également compilé un recueil de discours, lettres et dissertations, imprimé à Venise en 1719. Ses pièces de théâtre, telles que 'Merope' (tragédie), 'Cerimanie' (comédie) et 'La fida Ninfa' (drame musical), ont connu un grand succès, avec plusieurs éditions et traductions en diverses langues. 'Merope' a été particulièrement acclamée, avec plus de douze éditions en moins de dix ans et des traductions en allemand, anglais, castillan et français. Maffei a écrit 'Tradutori Italiani', un ouvrage sur les traductions des anciens auteurs grecs et latins en langue toscane. Il a défendu Vérone dans 'Dell amica Condizion di Verona' contre des affirmations erronées sur la capitale des Cénomans. De plus, il a publié des œuvres de Cassiodore avec des notes savantes, des lettres de Félix III, et une 'Historia Diplomatica' contenant divers documents et dissertations historiques. Enfin, il a compilé un recueil des meilleures tragédies italiennes et un traité sur les amphithéâtres, notamment celui de Vérone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1324-1334
Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA Tomo primo. Anno MDCCX. All' Altezza [...]
Mots clefs :
Italie, Journal de Venise, Cardinal Massimi, Modène, Journal de Ferrare, Journal de Florence, Galerie de Minerve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Le texte, extrait du 'GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA' publié en 1731, retrace l'histoire des journaux en Italie. En 1658, le premier journal en langue italienne fut publié à Rome sous le patronage du Cardinal Massimi et dirigé par l'Abbé Nazari jusqu'en 1681. Le 'Journal de Venise' débuta en 1671 et cessa en même temps que celui de Rome. En 1686, les pères Gaudence Roberti Carme et Benoit Bacchini lancèrent un journal à Parme, qui dura quatre ans. D'autres journaux, comme ceux de Modène, Ferrare et Florence, eurent également des durées limitées. En 1696, Albrizi commença à imprimer 'La Galerie de Minerve' à Venise. Le journal mentionné dans le texte, commencé en 1710 sous les auspices du Grand Prince de Toscane, est imprimé à Venise et paraît tous les trois mois. Il compte parmi ses contributeurs des écrivains renommés tels que Bernardo Trevizani, le Cavalier Maffei, Vallisnieri, Morgagni et Patarol. Le texte mentionne également des ouvrages spécifiques, comme le 'Liber Pontificalis' d'Agnellus et les 'Considerazioni' de Vallisnieri sur une observation scientifique. Enfin, il aborde la poésie italienne, soulignant que les critiques étrangers ont souvent mal jugé le goût des Italiens pour la poésie lyrique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 1334-1339
Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Début :
Le Reverend Pere Porée, Jesuite, prononça le neuf de Février, devant une illustre [...]
Mots clefs :
Révérend, Discours, Orateur, Critiques, Républiques des Lettres, Rhéteurs, Grammairiens
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texteReconnaissance textuelle : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le Reverend Pere Porée , Jesuite , pro
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
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Résumé : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le 9 février, le Père Porée, jésuite, prononça un discours en latin au Collège de Louis le Grand, abordant les critiques littéraires. Il souligna la nécessité de la critique tout en dénonçant ses abus potentiels. Le discours se structurait en deux parties : la première justifiait l'importance de la critique, tandis que la seconde décrivait les qualités requises pour être un bon critique. Le Père Porée expliqua que la critique est indispensable pour régler les querelles et les procès dans le monde littéraire, où les disputes entre rhéteurs, grammairiens, philosophes et géomètres sont fréquentes. Il compara les critiques aux juges et aux avocats, essentiels pour instruire et décider les affaires littéraires. Il mentionna également les erreurs introduites dans les livres anciens par l'ignorance ou la négligence des libraires et des copistes, soulignant l'importance des critiques comme Turnèbe, Budée et Muret qui ont corrigé ces erreurs. Il aborda aussi les vols littéraires et la licence prise par les demi-savants d'altérer les sciences. Pour être un bon critique, le Père Porée insista sur la nécessité de la prudence, du discernement et de la probité. Il dénonça les critiques motivées par l'envie ou la haine, affirmant que le public, en dernier ressort, rend justice aux critiques et aux ouvrages critiqués. Il se déclara contre un livre moderne dangereux, critiquant son manque de probité et d'impartialité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 1340-1345
Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
Début :
On va imprimer du même Auteur, un autre Livre intitulé : Essai de la Medicophysique [...]
Mots clefs :
Médicophysique, Lois de la mécanique, Saignée, Révulsion, Pulsation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
On va imprimer du même Auteur , un
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
En juin 1731, plusieurs publications et événements marquants sont rapportés. Un ouvrage intitulé 'Essai de la Médico-physique sur les effets de la Saignée' est annoncé. Cet essai, structuré en trois parties, examine les principes mécaniques et hydrauliques des effets de la saignée, les impacts spécifiques de chaque saignée, et conteste des ouvrages récents sur le sujet. L'auteur y décrit également une machine reproduisant la circulation naturelle et les phénomènes associés, tels que le battement du cœur et la pulsation des artères. Par ailleurs, le 'Recueil de Danses de Ville pour l'Année 1731' est publié par M. Blondy, avec la musique gravée par J. L. Renou. L'Abbé de la Grive publie la seconde feuille de sa carte des environs de Paris, couvrant le cours de la Marne et divers villages. Dans le domaine des arts, M. Servandoni, peintre et architecte, est reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture pour ses œuvres, notamment les décorations d'opéra. Une sculpture représentant le baptême de Jésus par Saint Jean est installée dans l'église de Saint-Jean-en-Grève, réalisée par Jean-Baptiste le Moyne Fils. Le texte mentionne également des collections de pierres précieuses et de coquillages mises en vente à Amsterdam et à La Haye. Enfin, une liqueur appelée 'Eau délicieuse' est annoncée par le sieur Pierre Martin, présentée comme efficace contre les maux d'estomac et la colique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 1346-1347
MUSETTE EN RONDEAU.
Début :
Charmantes Prairies, [...]
Mots clefs :
Prairies, Bergeries, Gazons, Bocage, Ramage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE EN RONDEAU.
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
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NEW
YORK
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LIBRARY
ASTOR
, LENOX
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TILDEN
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CORK
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, LENOX
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TILDEN
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,
DLS
Si
1
C
A
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V
R
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Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
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Si
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Jo
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ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : MUSETTE EN RONDEAU.
Le texte 'Musette en Rondeau' vante la beauté et la sérénité des prairies fleuries, décrites comme des 'charmantes' et des 'aziles des Amours'. Ces lieux sont appréciés pour leur capacité à offrir des jours heureux et à inspirer des sentiments amoureux. Au matin, dès l'aube, les prairies se couvrent de fleurs, procurant des plaisirs sensoriels. Sous un bocage frais, on entend le chant des oiseaux innocents. Dans ces lieux paisibles, les bergères sensibles écoutent les vœux des bergers, et tous vivent heureux sans alarmes, savourant les charmes de leurs tendres feux. Les bergers des environs jouent de la musette, répétant les louanges des prairies. Le texte est daté du 1er juin et provient de la New York Public Library et de la Cork Public Library, grâce aux fondations Astor, Lenox et Tilden.
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