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1901
p. 40-50
LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
Début :
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide [...]
Mots clefs :
Rois, Dieux, Dieu, Naissance du duc de Bourgogne, Terre, Enfant, Trône, Ange, Vertus
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texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE. ODE A Sa Majesté, le Roi de Pologne, Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld, Conseiller de Légation de Sa Majesté, & Membre de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse. ......... Tu Lodoicus eris.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
47
„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE.
ODE
A Sa Majesté, le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Par M. d'Arnauld,
Conseiller de Légation de Sa Majeste, &
Membre de l'Académie Royale des Sciences
& Belles-Lettres de Prusse.
......... Tu Lodoicus eris.
Grand Roi, qui permettez qu'une Muse timide
Dépoje a o pies jes écrits
Daignez favoriser l'audace qui me guide,
Digires b.0O
JANVIER. 1752.
41
Et qu' un de vos regards de mes vers soit le prix!
Quand l'Ange des Francois plein d'une ardeur tro
juste
Pour le Fils des Bourbous un former wus les voela,
Un seal les réunit, qu'il soit un autre Auguste!
Et nous n' aurons plus rien à demander aux Dicur.
en.
Cet astre radieux qu'une clatté (*) premiere
Annonçoit par ses feux naissans
Tel qu'un Dieu qui domine en sa vaste carriere
Se leve & darde ensin ses rayons tout puissans;
La Terre à son aspect tressaille d'allégresse,
Le Démon de la nuit rentre dans les enfers:
Et des jeux caressans la troupe enchanteresse
Revient de sa présence embellir l'Univers.
Franco, ainsi cet Enfant, le présent du Ciel même
Qu'il accorde à tes longs désirs
Vient remplir tes climats de sa splendeur suprême,
Et fixer dans ton sein la paix & les plaisira
Sur son divin berceau la flateuse espérance
Déja laisse tomber ses regards amoureux
Le Destin lui sourit, & l'Ange de la France
Comblé des dons du Ciel, lui porte encor ses
vœux.
(*) Madame, sour de Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Disirad hi0
CE MERCURE DE FRANCE.
Ane du grand Rousseau, du sublime Empirée
Où te couronnent les Talens
Abandonnie pour moi la demeure sacrée,
Viens me préter ta flamme & tes nobles élans,
Dans des vers immortels que je puisse redire
Ces vœux qu'un Dieu lui-même a sçu me révéler
Peuples, Rois, écoutez, c'est ce Dieu qui m'ins-
pire,
L'Ange même des lis par ma voix va patler.
»Grands Dieux (*) que jusqu'à vous l'humble &
„sainte priere
»Monte dans les flots de l'encens !
» Qe d'un Peuple enchanté, que de la France
„entiere
»S'élevent à vos pieds les cris reconnoissans !
»L'Héritier des Bourbons est votre auguste ou-
„vrage,
»Déja ses traits naissans décélent sa grandeur
»Mais ce n'est point asses, Dieux! qu'il soit votre
»image
(*) Personne ne doit ignorer que dans la hau-
te Poësie, Minerve ne veut signifier que la sagesse
qu'en un mot on entend par les Dieux & les im-
mortels, les anges & les esprits célestes. L'écriture
même en parlant de Dieu se sert de l'expression
de Dieu des Dieux.
JANVIER.
1752.
45
nSi vous ne l'échauffez d'une céleste ardeur.
wVenez, descendez tous dans l'azur d'un nuage,
»Sur ce berceau si glorieux,
»Qu'autour de cet Enfant votre cœur se partage,
»Qu'il confonde sur lui tous les rayons des Dieux!
» Quand vous voulez donner des Maîtres à la
terre
»Pout former cet ouvrage est-ce trop de vous
»tous?
»Suffit- il que leur bras soit armé du tonnerre,
»C'est la seule vertu qui les met près de vous
»Minerve, hâte toi; de ta divine Egide
» Viens couvrir cet auguste Enfant,
„ Que son premier regard s'attache sur le guide
»Qui doit le soutenir de son bras triomphant!
„ Ne t'écarte jamais de ses traces brillantes
Dans l'hotreur des combats cours, vole à son
»côté;
»Mais par d'autres chemins que les routes san-
„ glantes
» Qu'il s'éleve au sejour de l'immortalité !-
DEsprits même des Dieux, Enfans de la Déesse,
*Beaux arts, entourez son Berceau !
nA ses yeux que le jour offense encore & blesse,
44 MERCUREDEFRANCE.
»Faites déja briller votre immortel flambeau.
„Des vertus dans son sein r épandez les semences,
„ Vous êtes des vertus & l'oracle & l'appui,
»Réunissez vos dons, que vos trésois immenses
»Comme autant de torrens aillent se perdre en
» lui !
» Par vous il apprendra que ces Mastres du monde
»Ne sout dignes de leur éclat
» Que lorsque leur grandeur est la fource féconde
» D'où jaillisse la vie & le bien de l'Etat;
» Que ces Rois qui de sang & de combats avides,
»Font gémir & pleurer la tendre humanité,
»Verront leurs noms pareils à des vapeurs hu-
» mides
» Se dissiper au jour dunt luit la vérité.
Il sçaura pour le pauvre & l'orphelin timide,
» Pour les malheureux éplorés,
»Que les marches d'un trône où l'équité réside
»D'un salutaire autel sont autant de degrés;
„Il sçaura que sa main doit essuyer leurs larmes,
* Qu'un Roi n'est vraiment grand qu'autant qu'il
» est aimé;
„ Que de noms envolés avec le bruit des armes!
»Et du nom de Titus l'univers est charmé.
N
JANVIER.
1752.
45
„Il sçaura que la terre & lui-même ont un mai-
»tre,
„ Devant qui les Rois ne sont rien,
»Qu'il est un Dieu vengeur que tout doit recon,
»noitre,
„De cent mondes divers & l'ame & le soutien;
»Qu'à ce juge éternel tous les Rois sont comp-
ntables
»Des maux comme des biens de leur Trône
»émanés
»Qu'ensin si tous ses pas ne sont point équitables,
„Dans la nuit de la mort il seront entrainés.
» Sous vos ailes ainsi son Enfance chérie
»Comme un beau lys s'élevera,
»Et cette tendre fleur bien loin d'être flétrie
»En un fruit nourrissant par vous se changera.
„Tel un jeune Tilleul l'amour de la nature
„ Qu'un ruisseau bienfaisant abbreuve de ses eaux,
„ Voit tous les jours son front s'enrichir de ver-
„dure
nEt son tronc se répandre en d'utiles rameaux.
N
»Que de sa propre main, Beaux-Arts, il vous
»couronne
„ Près de lui qu'il vous fasse asseoir
»Comie les ornemens & la gloire du Trone,
46 MERCURE DE FRANCE.
» Le germe des vertus & le sceau du pouvoit !
„Louis du monde entier a mérité l'hommage
„En répandant sur vous ses généreux bienfaits,
»Et les vers de Corneille ont illustré son age
„Autant que la splendeur qu'il dut à ses hauts
» faits.
Ne viens point à ses piés, perside calomnie,
„ Soufflet tes feux & tes poisons
„ Dans sa naifsante aurore obscurcit le génie
„ Qui perce tôt ou tard, & darde ses rayons;
»Qu'assis au même rang de Virgile & d'Horace
»Ovide chante Auguste, & son régne immortel;
»La terre au Triumvir sans doute auroit fait
» grace,
„Si le Maître d'Ovide eut été moins cruel.
»Et vous, lâches flatteurs, vous corrupteurs in-
„fâmes
»La honte & l'opprobre des Rois,
»Vous qui portez l'orgueil & la mort dans leurs
»ames,
u Créateurs des Tytans, & destructeurs des loix,
„Fuyez, que le mensonge & la vile imposture
»N'exhalent point ici leur souffle empoisonneur
»Fuyez, n'infectez point une source aussi pure;
ed by G
1752.
JANVIER.
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„Que l'univers entier y puise son bo iheus
Toi, sainte Vérité, ne crains point sa présence,
„ Et n'écarte pas ton flambeau,
» Toujours, pour qu'il mérite & régle sa puis-
»lance
» Des foiblesses des Rois offre lui le tableau;
»Quand il sçaura porter le sacré Diadême
»Pat un éloge libre ose l'encourager;
»S'il en pouvoit jamais ternir l'éclat suprême,
»Sans adoucir tes traits ose le corriger.
„ En lui faisant aimer cette fille céleste,
»L'immortelle Religion,
»Que sa raison démasque, & que son cœur dé-
po teste
»Le premier des Tyrans, la superstition;
„ Qu'il contemple les maux dont sa trace est
»suivie,
„ Les femmes, les vieillards, les enfaus immolés,
„Les Rois mêmes tombant sous son audace impie,
»Tous les crimes divers de son sein exhalés.
„Qu'il se souvienne enfin qu'étant ce que nous
» sommes,
„Comme nous soumis aux malheurs,
Mes
48 MERCURE DEFRANCE.
„ Autant humiliés que le dernier des hommes-
»Les Rois peuvent du sort épuiser les rigueurs
nMais le Monarque alors déployant sa grande
»ame
» Se met par sa constance au-dessus de l'humain
„ C'est alors qu'il, est Roi, que sa vertu s'enslam-
»me
n Maîttise la fortune & confond le destin.
25
nAinsi le Grand Louis trahi par la victoire,
»A vu le destin irrité
» Disputer à sou front le siège de la Gloire,
„ Ce laurier immortel qu'il avoit mérité.
nEn vain le sort jaloux vieut jusques sur le Trone,
wVient jusques dans ses bras lui ravir ses enfans,
„Aux fléaux conjurés dont l'horreur l'environne,
»Louis oppose encot les regards triomphans.
nOdivine amitié, flamme pure & sacrée
»Que ressentent si peu les Rois
»Transport de la belle ame aux vertus consa-
»crée
»Doux alimens des cours qui chérissent tes loix,
nAu nouveau Marcellus fais gouter tous tes
»charmes,
nA se remplir le cœeur de ses cheres allarmes
Qu'il
by Goo
JANVIER. 1752.
49
Qu'il connoisse en un mot la douceur de pleurer !
„Pour épuiser vos dons, sous les traits de sa
»mere,
„O! Dieux, puisse-t- il receler,
„La solide grandeur & l'ame de son pere;
»Petit fils de Lovis puisse- t- il l'égaler !
„ Mais conservez l'Ayeul votre image fidéle,
„Qu'il vive, s'il se peut, autant que ses bienfaits!
uQue cet enfant des Rois ait toujours un mo-
dele
»Digne du trône, ensin qu'il n'y monte jamais !
L'Ange dit, & soudain un sillon de lumiere
Entr'ouvre l'Olimpe éclairé
La Gloire qui des cieux traverse la carriere,
Couronne le berceau de son laurier sacté;
Sur ce front qui déja sourit à la déesse,
L'enfant reçoit l'éclat d'un immortel rayon.
Le Français s'applaudit transporté d'allégresse
Et plein d'un doux espoir, il attend un Bour-
bon.
N8
Digne fils de * Louis, à qui ta race antique
Doit ce rejetton, son appui,
Monseigneur le Dauphin.
C
II. Vol
Digistrss yL0
50 MERCURE DE FRANCE.
Lis ces vers ajoutés à l'offrande publique
Que la France à tes piés va porter aujourd'hui;:
Comme Français. ma voix a du se faire en-
tendre
Quand du sang des Bourbons le cours est aug.
menté
Comme sage encor plus, il ne peut trop s'éten,
dre
Pour le bien de la terre, & de l'humanité.
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1901
1902
p. 50-53
COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
Début :
L'enfant qui vient de naître [...]
Mots clefs :
Ville, Conquérant, Vertus, Nouveaux mariés, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS CHANTÉS Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de Saint Laurent, aux nôces faites par la Ville à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, sur différens airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois de Chartres.
COUPLETS CHANTÉS
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
Par les nouveaux Mariés de la Paroisse de
Saint Laurent, aux nôces faites par la
Ville à l'occasion de la naissanee de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, sur différens
airs de Noëls. Sur l'air : Les Bourgeois
de Chartres.
L'enfant qui vient de naître
Est un présent des cieux.
De notre Auguste Maître
Il vient comblet les vœeux.
Qu'il soit digne de lui ! Sa Clémence Héroique
Rendra ses Ennemis
Soumis.
Est- il un Conquérant
JANVIER. 1752.
51
Plus grand
Qu'un Hétos pacisique:
Ce Monarque intrépide
Affronte les hazards.
La valeur qui le guide
Animoit les Césars.
Mais des qu'aux champs de Mars il est couvert de
gloire
Il surpasse en vertus
Titus;
Conquérant généteux,
Ses yeux
Pleutent sur sa victoire.
WS
Déposant son Tonnerte,
On vit ce Potentat,
Des malheurs de la Guerre
Consoler le Soldat.
Peuples qu'il subjuguoit aux Plaines de la Flandre
Vous fûtes bien surpris,
Ravis
De voir dans un Vainqueur
Le cœur
De l'ami le plus tendre.
Cij
52 MERCUREDE FRANCE.
La France, Grande Reine
Fait pout vous mille vœux.
Vous êtes Souveraine
Pour faire des heureux.
Votre coeur est du paurre & l'espoir & l'azile.
Ce coeur rend vos bienfaits
Parfaits.
Vous êtes de la Cour
L'amiour
Et l'amour de la Ville.
Quelle aimable Famille
S'éleve sous vos Loix!
L'éclat dont elle brille
Charme l'espoir des Rois.
Vos Augustes Enfans suivent vos nobles tracea
Ils sont, tous ces Ensans,
Charmans.
Chacun est un Portrait
Complet
Des Vertus & des Graces.
Quelle heureuse abondance
Ce beau jour nous prédit !
Il n'est plus d'indigence
Quand Le Roi nous unit,
(.
JANVIER. 1752. * 53
S'il vient de nous doter, ce Prince débonnaire,
C'est que non-seulement,
Vrasment,
Louis est notre Roi;
Ma foi
C'est encor notre Pere.
Fermer
1903
p. 53-55
AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
Début :
Le Dauphin est bien marié, bis [...]
Mots clefs :
Dauphin, Marié, Princesse, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sut l'air : Joseph est bien marié.
AUTRES.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
Sut l'air : Joseph est bien marié.
Le Dauphin est bien marié, bis
Vive sa chere Moitié.
bis.
Cette adorable Princesse
Répand partout l'allégresse,
Les biens, la félicité
Le Dauphin est bien marié.
Que d'accord avec nos voix
bis.
Nos cours expriment cent sois
bis.
Le zele qui nous dévore;
Et recommençons encore,
Quand nous aurons bien chanté,
Le Dauphin est bien marié.
Ma Princesse, en vérité,
bis:
Le Royanme est enchanté;
bis.
Ciij
34 MERCURE DE FRANCE.
Car jamais la politique
N'a fait pour la République
Un coup d'Etat si marqué.
Le Dauphin est bien marié.
La douceur & la bonté
biz.
La sagesse & la beauté,
bis.
Ornent bien une Couronne;
Mais pour affermit le Trône
Il faut la fécondité.
Le Dauphin est bien marié.
Le Ciel pour nous déclaré,
bis.
Nous assiste par degré.
bis.
Le Soleil qui vient d'éclorre
Fut annoncé par l'Aurore
Que nous eûmes l'an passé.
Le Dauphin est bien marié.
Mais ce nouvel Héritier
bis.
Ne sera pas le detuier:
bis.
Car Dieu promet aux bons P'rinces
Qu'il étendra leurs Provinces
Avec leur Postérité.
Le Dauphin est bien marié.
JANVIER.
1752.
Un jour puissent nos neveux,
Autant que nous être heureux.
L'Auguste Enfant qui respire
Sera digne de l'Empire
S'il tient de sa parenté.
Le Dauphin est bien marié.
bis.
Vive & triomphe sans fin
Notre généreux Dauphin.
bis.
Si son triomphe est durable,
Comme son cœur est aimable
C'en est pour l'éternité.
Le Dauphin est bien marié.
A l'objet de ses amours
bis.
Que Dieu donne de longs jours; bu.
Qu'il bénisse la Pologne
Pour le beau Duc de Bourgogne
Qu'elle nous a procuré.
Le Dauphin est bien marié.
dis.
De ces illustres Epoux
Le bonheur tombe sur nous;
bit.
Le fruit de leur Hyménée
A fait notre destinée;
Buvous tous à leur santé.
Le Dauphin est bien matié.
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1904
p. 56-58
AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Début :
Voici le jour fortuné [...]
Mots clefs :
Ménage, Petit nouveau, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
AUTRES.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
Sut l'air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Voici le jour fortuné
De notre Mariage
Au Prince du Dauphiné
Rendons un juste hommage,
Et chantons le petit Nouveau né
Qui nous met en ménage.
A l'amour, à la gaieté
Puisque tout nous engage,
Triomphons en liberté
Et faisons grand tapage
Pour chanter le petit Nouveau-né
ui nous met en ménage.
Du Pere qui l'a formé
C'est la vivante image.
Il sera bien renommé
S'il devient aussi sage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
JANVIER.
De son Ayeul Bien-Aimé
L'invincible courage
Et l'ineffable bonté
Seront son appanage
Célébrons le petit Nouveu-né
Qui nous met en ménage.
Son bras sera redouté
Jusques chez le Sauvage,
Et son coeur sera fêté
Jnsqu'au dernier rivage.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
Quel tems de prospérité
Cet enfant nous présage ?
De notre félicité
— Son nom seul est le gage.
Célébrons le petit Nouveau ré
Qui nous met en ménage.
Souvent le soleil levé
Ne chasse point l'orage;
Mais quand un Bourbon est né
Il n'est plus de nuage.
CV
1752. 57
58 MERCURE DEFRANCE.
Célébrons le petit Nouveau-né
Qui nous met en ménage.
N
Notre coeur est transporté
Des dons qu'il nous partage.
Ses bienfaits de tout côté
Disent en leut langage:
Célébrez le petit Nouveau né
Qui vous met en ménage.
Puisse l'Univers charmé
Etre son héritage,
Et son Régne confirmé
S'étendre au dernier âge.
Célébrons le perit nouveau- ne
Qui nous met en ménage.
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1905
p. 58-61
AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
Début :
L'Amour, l'Hymen & les Ris, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Jour, Amour, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air: Voici le jour solemnel de Noël.
AUTRES.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
Sur l'air: Voici le jour solemnel de
Noël.
L'Amour, l'Hymen & les Ris,
Dan- Patis
Fout une fête chérie
JANVIER.
En faveur du Citoyen,
Pour le bien
Et l'honneur de la Patrie.
Qui nous donne ce beau jour,
Où l'Amour
S'unit avec l'abondance ?
C'est un rayon du soleil
Nonpareil
Qui fertilise la France.
Que pour jamais le burin,
Sur l'airain,
Grave les dons de la Ville:
Elle exécute un projet
Dont l'objet
N'est pas une œuvre stérile.
Le bien pub lic a dicté,
Arrêté,
Ce projet si beau, si sage;
Er la libéralité
A compté
De quoi couronner l'ouvrage.
1385
1752.
59
Cvj
60 MERCURE DEFRANCE.
Que ce systême est sensé,
Bien pensé !
Quand on pourvoit six cens Filles
On devient le bienfaicteur
Et l'auteur
De trois sois deux cens familles.
Vive notre Gouverneur
Ce Seigneur
Doux, officieux, affable.
Il fait voir qi'un Duc est grand
Doublement
Quand il sęait se rendre aimable.
On est bien venu chez lui
Sans appui.
Chez lui la foible in ligence
Peut piétendre au meme accès
Et succès
Que la plus haute opulence.
Que le Prevôt des Marchands
De nos chants
Excite aussi'allégresse.
Ceux qui lui succederont
JANVIER. 1752. 61
Ne pourront
Le surpasser en sagesse.
Dans dix siécles on sçaura,
On dira
Ce que firent les Bernages:
Leur gloire aura pour garants
Les Enfans
Issus de six cens ménages.
Cette Fête vaut bien mieux
Que ces feux
Où le salpêtre s'enslamme:
Ils se perdent en éclairs
Dans les airs;
Les bienfaits restent dans l'ame.
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1906
p. 62-63
COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Début :
Accourez Bergers & Bergeres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Nouveau né, Hommage, Pierre de Jélyotte, Madame la Dauphine, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
COUPLETS
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
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1907
p. 64-65
AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
Début :
Un Enfant vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Enfant, Lys
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
AUTRES.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
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1908
p. 66-70
Air : Reçois dans ton galletas.
Début :
Signalons en ce grand jour [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Air : Reçois dans ton galletas.
Air : Reçois dans ton galletas.
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
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1909
p. 71-72
CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
Début :
A Versailles après mi nuit, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Bonne besogne, Au gué, Nuit, Boire, Danser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
CHANSON NOUVELLE
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
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1910
p. 73-77
STANISLAO PRIMO, Polonorum Regi, Duci Lotharingiae & Barriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m Burgundiae Ducem recèns ortum, relevatamque Partu Delphinam Serenissimam LUCINA GRATULANS.
Début :
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi, [...]
Mots clefs :
Rex, Conjux
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texteReconnaissance textuelle : STANISLAO PRIMO, Polonorum Regi, Duci Lotharingiae & Barriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m Burgundiae Ducem recèns ortum, relevatamque Partu Delphinam Serenissimam LUCINA GRATULANS.
STANISLAO PRIMO,
Polonorum Regi, Duci Lotharingiae &
Batriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m
Burgundiae Ducem recèns ortum,
relevatamque Partu Delphinam Serenissimam
LUCINA GRATULANS.
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi,
Talem Burgundis se protulit altera, Phoebe,
Venturumque Ducem Soror almo dixit ab ortu.
Dixit: & ipse Fidem revoluto tempore Princeps
Præstat, Maxime Rex; nostris en prosilit ulnis,
Ut videt hic Proavum, tua totus in oscula pendens;
Provocat ore micans roseo, risuque lacessit.
Ergò, quod pietas precibus poscebat anhelis
Deduxitque Polo; concessum amplectere munus
Deliciasque omnes florentis carpe Senectæ.
Gano quòd vegetae constent tibi corpore vires,
Hoc dedit Hectoreis exacta laboribus aetas:
Aurea quòd blando Proavi cognomine Proles
Te donet, tecumque pari contendat amore
Hoc tulit in pretium, quæ vertice sidera vincit,
Nota Deo Virtus. Tali nam pignore summus
Rex idemque bominum Pater optimus ornat &
auget
D
II. Vol
zed by Goo
74 MERCUREDE FRANCE.
Quos amat Heroas. Per natos perque nepotes
Gentem hanc aeternum producere gaudet in aevum
Quae gernaana Patres animis ut nomine reddit.
Jam sibi gratantes tàm fausta sub omina Gallos,
Et Gallis totam simili circumspice plausu
Europam unanimem. Laetis quàm vultibus omnes
In te conversi Puerum mirantur, amico
Ludentem gremio, manibus curvare tenellis
Pacales oleas; quibus & tua tempota nectit
Et sua jam victor: Fitmat qui foedera nascens,
Quosque bonis crebiò discordia fratribus audet
Subdere, pestiseros jam è cunis proterit angues
Altor ab Alcide. Præsenti numinis aurâ
Nubibus occurrat quantis Infantulus Heros
Civibus & jubeat quàm puros currere Soles,
Volvit quisque libens secum: nec lumina possunt
Non à te, non à Puero divellere: mentem
Nec satiant: Puero pariter Proavoque moventur
Agnoscunt adeò vultus in utroque paternos;
Tantaque pervadit sidissima corda voluptas.
Et mihi quanta redit, quæ laus! Rex optime,
donis
Quòd capiare meis; cum vel tibi sufficis unus,
Certant mille pium virtutes cingere pectus
Orande satellitium! Populis mens nata beandis
Alta præit: Veras animus diademate major
Praestat opes, ludos Fottunae doctus inanes
ized by Goo
JANVIER.
1752.
75
Reddere, ut incertas certus ridere procellas.
Qualis & Aula! sibi Pallas quam elegit in arcem
Jam secura; bonas ubi vindice Principis ore
Artes defendi; sanctoque sub auspice puras
Flagitii, ad summos assurgere cernit honores.
Inde tibi pleno dimanant gaudia fonte;
Est tamen in tantis etiam quod forte requiras
Majus deliciis, Lucinae ni favor adsit:
Ni Sobole in tenerâ patrias splendescere dotes
In speculo veluti mireris; & ipse sidelem
Expressamque tui redames sine crimine formam.
Quis te nobilior testis? Dulcedine captum
Te quantâ referam, grandi cum matris in umbra
Virtutumque choro tibi cresceret unica Proles
Filia, quæ celso jam frontis honore probaret
Qualibus & Fatis, qualis & dignanda Marito.
Regia nam Conjux tibi quæ, spectacula pandit:
Haud secus ae vitis viridantia brachia latè
Fundit; & Italiam foliis fructuque coronat,
Antiquam proptia ditans propagine Parmam.
Aspicis ut caro festinat in agmine mater
Ut sese agglomerant circùm, nova sidera, Natæ;
Haec Patris; illæ Avi, Proavi Puer æmulus ardet
Se dare in amplexus; hinc inde quot oscula luc-
tans
Hic capit! At nostris relevata laboribus urget
Laetos salva gradus tenero cum Conjuge Conjux:
lle Ducis Populique animos sub corde recondens;
Dij
76 MERCUREDEFRANCE,
Postulat hisce tuis ut Natum dotibus affles
Qui sibi Borboniis addatur spes nova regnis:
Haec te spectat ovans; Augusto quanta resignas,
Isto tanta tibi dono memor ipsa rependit.
Et nova succedent: facilem me experta vocanti,
Dulcia nil metuet posthac discrimina Partûs.
Pacifer ut Victor lauroque oleâque revinctus
Tempora, Magnus adest Lodoix, Socero-ne mo-
retur
Prodere laetitiam, pulchros & pectoris aestus:
Jam fruere aspectu..... jam tecum concipe quid,
quam
Dulcius in terris. Omnis dum Gallia plausu
Personat & Festis scintillaus ignibus aether
Sulphuteo pingit latantum pulvere voces:
Quàm benè fida tuas iterat Lotharingia laudes !
Et tua, quæ sua sunt, quàm grato gaudia cantu
Concelebrat: meritis nam cui non solveris ora
Fallit egestatem pauper, te Principe, dives:
Consule te, clamosa Forum Discordia Palla
Deseruit scissâ; placidis procul exulat oris;
Te vade damnosos minus expallescere casus
Mercator didicit, solido fundatus in aere;
Quid non Sancta Fides poterit, quid spreta pro
fanis
Relligio Supersim, poterunt te ultore quid artes t
Hunc fore quem dicam Puerum, cui Regia tantis
Totque Virùm exemplis fulgent cunabula cirt-
cùm
JANVIER.
1752.
77
Ille annis crescet, crescent exempla videndo;
Crescet laudis amon, Populorum gratia crescet.
Crescant & Populi, nec sat numerentur: adultum
Et stupeant Ductorem, & ament sibi Jura ferentem.
Quid taedis Hymenaec domos incendere cessas?
I, Frater comitetur, Amor, per rura, per urbes
Nostris incaleant juvenalia pectora flammis:
Mille & mille tuis dextras cohibere catenis
Gertatim properent: sancto Concordla vultu
Nexus perpetuet: thalamos tot casta voluptas
Floribus inspergat: tam certo copia cornu
Fundat opes Sponsis: almos tam læta Parentes
Obsideatque hilaretque suis hinc lusibus illine
Progenies; nimio jam ut libertatis amore
Leges nemo tuas odio detrectet iniquo;
Sed Patriæ genitus Regique educere dignos
Cives Civis amet: dulcesque in Conjuge Nati
Dulcis ut in Natis Conjux ambobus & ignes
Duplicet & nodos; utroque beentur uterque:
Idque Deos poscant tollat vis improba neutrum,
Vel jubeant ambos uno se funere tolli.
AUGUSTISSIMAE MAJESTATI
OPFFREBAT
Devotissimus atque observantissimus Subdi:us
FRANCISCUS-NICOLAUS-CAMILLUS
LAMBERTI DE TORNIEL, Nanciacus,
Convictor è Collegio Cardinalitio, in Universitate
Parisiensi[.]
Polonorum Regi, Duci Lotharingiae &
Batriae, Serenissimo Proavo, Serenissim[u]m
Burgundiae Ducem recèns ortum,
relevatamque Partu Delphinam Serenissimam
LUCINA GRATULANS.
Olim quae fueram terris praenuntia Phoebi,
Talem Burgundis se protulit altera, Phoebe,
Venturumque Ducem Soror almo dixit ab ortu.
Dixit: & ipse Fidem revoluto tempore Princeps
Præstat, Maxime Rex; nostris en prosilit ulnis,
Ut videt hic Proavum, tua totus in oscula pendens;
Provocat ore micans roseo, risuque lacessit.
Ergò, quod pietas precibus poscebat anhelis
Deduxitque Polo; concessum amplectere munus
Deliciasque omnes florentis carpe Senectæ.
Gano quòd vegetae constent tibi corpore vires,
Hoc dedit Hectoreis exacta laboribus aetas:
Aurea quòd blando Proavi cognomine Proles
Te donet, tecumque pari contendat amore
Hoc tulit in pretium, quæ vertice sidera vincit,
Nota Deo Virtus. Tali nam pignore summus
Rex idemque bominum Pater optimus ornat &
auget
D
II. Vol
zed by Goo
74 MERCUREDE FRANCE.
Quos amat Heroas. Per natos perque nepotes
Gentem hanc aeternum producere gaudet in aevum
Quae gernaana Patres animis ut nomine reddit.
Jam sibi gratantes tàm fausta sub omina Gallos,
Et Gallis totam simili circumspice plausu
Europam unanimem. Laetis quàm vultibus omnes
In te conversi Puerum mirantur, amico
Ludentem gremio, manibus curvare tenellis
Pacales oleas; quibus & tua tempota nectit
Et sua jam victor: Fitmat qui foedera nascens,
Quosque bonis crebiò discordia fratribus audet
Subdere, pestiseros jam è cunis proterit angues
Altor ab Alcide. Præsenti numinis aurâ
Nubibus occurrat quantis Infantulus Heros
Civibus & jubeat quàm puros currere Soles,
Volvit quisque libens secum: nec lumina possunt
Non à te, non à Puero divellere: mentem
Nec satiant: Puero pariter Proavoque moventur
Agnoscunt adeò vultus in utroque paternos;
Tantaque pervadit sidissima corda voluptas.
Et mihi quanta redit, quæ laus! Rex optime,
donis
Quòd capiare meis; cum vel tibi sufficis unus,
Certant mille pium virtutes cingere pectus
Orande satellitium! Populis mens nata beandis
Alta præit: Veras animus diademate major
Praestat opes, ludos Fottunae doctus inanes
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JANVIER.
1752.
75
Reddere, ut incertas certus ridere procellas.
Qualis & Aula! sibi Pallas quam elegit in arcem
Jam secura; bonas ubi vindice Principis ore
Artes defendi; sanctoque sub auspice puras
Flagitii, ad summos assurgere cernit honores.
Inde tibi pleno dimanant gaudia fonte;
Est tamen in tantis etiam quod forte requiras
Majus deliciis, Lucinae ni favor adsit:
Ni Sobole in tenerâ patrias splendescere dotes
In speculo veluti mireris; & ipse sidelem
Expressamque tui redames sine crimine formam.
Quis te nobilior testis? Dulcedine captum
Te quantâ referam, grandi cum matris in umbra
Virtutumque choro tibi cresceret unica Proles
Filia, quæ celso jam frontis honore probaret
Qualibus & Fatis, qualis & dignanda Marito.
Regia nam Conjux tibi quæ, spectacula pandit:
Haud secus ae vitis viridantia brachia latè
Fundit; & Italiam foliis fructuque coronat,
Antiquam proptia ditans propagine Parmam.
Aspicis ut caro festinat in agmine mater
Ut sese agglomerant circùm, nova sidera, Natæ;
Haec Patris; illæ Avi, Proavi Puer æmulus ardet
Se dare in amplexus; hinc inde quot oscula luc-
tans
Hic capit! At nostris relevata laboribus urget
Laetos salva gradus tenero cum Conjuge Conjux:
lle Ducis Populique animos sub corde recondens;
Dij
76 MERCUREDEFRANCE,
Postulat hisce tuis ut Natum dotibus affles
Qui sibi Borboniis addatur spes nova regnis:
Haec te spectat ovans; Augusto quanta resignas,
Isto tanta tibi dono memor ipsa rependit.
Et nova succedent: facilem me experta vocanti,
Dulcia nil metuet posthac discrimina Partûs.
Pacifer ut Victor lauroque oleâque revinctus
Tempora, Magnus adest Lodoix, Socero-ne mo-
retur
Prodere laetitiam, pulchros & pectoris aestus:
Jam fruere aspectu..... jam tecum concipe quid,
quam
Dulcius in terris. Omnis dum Gallia plausu
Personat & Festis scintillaus ignibus aether
Sulphuteo pingit latantum pulvere voces:
Quàm benè fida tuas iterat Lotharingia laudes !
Et tua, quæ sua sunt, quàm grato gaudia cantu
Concelebrat: meritis nam cui non solveris ora
Fallit egestatem pauper, te Principe, dives:
Consule te, clamosa Forum Discordia Palla
Deseruit scissâ; placidis procul exulat oris;
Te vade damnosos minus expallescere casus
Mercator didicit, solido fundatus in aere;
Quid non Sancta Fides poterit, quid spreta pro
fanis
Relligio Supersim, poterunt te ultore quid artes t
Hunc fore quem dicam Puerum, cui Regia tantis
Totque Virùm exemplis fulgent cunabula cirt-
cùm
JANVIER.
1752.
77
Ille annis crescet, crescent exempla videndo;
Crescet laudis amon, Populorum gratia crescet.
Crescant & Populi, nec sat numerentur: adultum
Et stupeant Ductorem, & ament sibi Jura ferentem.
Quid taedis Hymenaec domos incendere cessas?
I, Frater comitetur, Amor, per rura, per urbes
Nostris incaleant juvenalia pectora flammis:
Mille & mille tuis dextras cohibere catenis
Gertatim properent: sancto Concordla vultu
Nexus perpetuet: thalamos tot casta voluptas
Floribus inspergat: tam certo copia cornu
Fundat opes Sponsis: almos tam læta Parentes
Obsideatque hilaretque suis hinc lusibus illine
Progenies; nimio jam ut libertatis amore
Leges nemo tuas odio detrectet iniquo;
Sed Patriæ genitus Regique educere dignos
Cives Civis amet: dulcesque in Conjuge Nati
Dulcis ut in Natis Conjux ambobus & ignes
Duplicet & nodos; utroque beentur uterque:
Idque Deos poscant tollat vis improba neutrum,
Vel jubeant ambos uno se funere tolli.
AUGUSTISSIMAE MAJESTATI
OPFFREBAT
Devotissimus atque observantissimus Subdi:us
FRANCISCUS-NICOLAUS-CAMILLUS
LAMBERTI DE TORNIEL, Nanciacus,
Convictor è Collegio Cardinalitio, in Universitate
Parisiensi[.]
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1911
p. 78-82
ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Début :
L'Oiseau qui d'un oeil immobile [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Sang, Gloire, Roi, Héros, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
ODE
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
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1912
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
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1913
p. 86-87
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Début :
O Nuit, qui des jours les plus beaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Monde, Dieux, Auguste enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
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1914
p. 88
VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Chanter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
VERS
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
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1915
p. 89-90
AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus tendres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Vertus, Heureux, État, Amour, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AUTRES
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
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1916
p. 91-93
EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Amour, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EPITRE
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
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1917
p. 94-101
COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Début :
AU ROI. SIRE, les voeux de la France sont exaucés, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Espérances, Majesté, Félicité, Peuples, Délices, Allégresse, Voeux, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
COMPLIMENTS
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Fermer
1918
p. 101-107
De Paris, le 13 Septembre.
Début :
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce jour en comblant les voeux de la Famille [...]
Mots clefs :
Duc de Gesvres, Ville, Paris, Roi, Versailles, Gardes, Argent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 13 Septembre.
De Paris, le 13 Septembre.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
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104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
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10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
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d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Fermer
1919
p. 108-109
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Début :
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance de Monseigneur le Duc de [...]
Mots clefs :
Arpajon, Comte de Noailles, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Arpajon le 14 Septerbre.
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
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1920
p. 110-111
Du Petit-Châtelet.
Début :
Le même jour, & les trois suivans, les prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet [...]
Mots clefs :
Petit Châtelet, Rue Saint-Jacques, Prisonniers, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : Du Petit-Châtelet.
Du Petit-Châtelet.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
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1921
p. 111-114
De Lyon le 15.
Début :
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq heures du matin, que M. le Marquis de [...]
Mots clefs :
Lyon, Commandant, Roi, Cardinal, Repas, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Lyon le 15.
De Lyon le 15.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
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1922
p. 114-128
DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
Début :
Messieurs les Prévôt des Marchands & Echevins firent élever sur le Pont de pierre [...]
Mots clefs :
Lyon, Illuminations, Naissance du duc de Bourgogne, Transparent, Lampions, Fleurs de lys, Mots, Étoiles, Feu, Place, Milieu, Façade, Cartouche, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION des illuminations faites
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
Fermer
1923
p. 128-129
Du 18.
Début :
M. le Marquis de la Tour Maubourg Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Château de Maubourg, Marquis de La Tour Maubourg, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
Fermer
1924
p. 129
Du 21.
Début :
La Reine, accompagnée de Monseigneur le Dauphin & de Mesdames de France, [...]
Mots clefs :
Reine, Roi, Musique, Église de la paroisse du château de Versailles, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 21.
Du 21.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
Fermer
1925
p. 129-134
De Soleure le 22 Septembre.
Début :
Un Courier arriva de Versailles le 16 de ce mois, pour annoncer au Marquis de [...]
Mots clefs :
Soleure, Marquis de Paulmy, Église collégiale, Ambassadeur, Naissance du duc de Bourgogne, Événement, Dauphine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Soleure le 22 Septembre.
De Soleure le 22 Septembre.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
Fermer
1926
p. 134-137
De Metz. le 26.
Début :
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré, d'une maniere vraiment digne de lui, [...]
Mots clefs :
Metz, Maréchal de Belle-Isle, Tables, Table, Ville, Cheval, Couverts, Soldats, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Metz. le 26.
De Metz. le 26.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
Fermer
1927
p. 137-139
RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il [...]
Mots clefs :
Prince de Monaco, Troupes, Palais, Magnificence, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
RELATION d: la fête donnée par
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
Fermer
1928
p. 139-143
De Genèves le même jour.
Début :
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident de France en cette Ville, eut reçu la [...]
Mots clefs :
Genève, Jean de Montpeyroux, Dauphine, Hôtel, Honneur, Palme, Accouchement, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Genèves le même jour.
De Genèves le même jour.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
Fermer
1929
p. 143-144
Le 30.
Début :
On chanta le Te Deum dans l'Eglise Métropolitaine de Bordeaux, avec [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Église métropolitaine de Bordeaux, Ville, Porte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le 30.
Le 30.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
Fermer
1930
p. 144-149
EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre, Commandant la Marine à Marseille, [...]
Mots clefs :
Marseille, Réjouissances, Corps de la marine, Monsieur de Charron, Chevalier de Piles, Toussaint de Fortia, Vaisseau, Amiral, Appartements, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EXTRAIT
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
JANVIER. 1752. 147
d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
ed by Goo-
JANVIER. 1752.
149
Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
JANVIER. 1752. 147
d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
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Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
Fermer
1930
1931
p. 149-152
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Début :
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de Saint Denis, la Compagnie Royale des [...]
Mots clefs :
Chevaliers de l'Arbalète, Paris, Oiseau, Compagnie, Prévôt des marchands, Officiers, Tirage, Marchands échevins, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Fermer
1932
p. 161-163
De Parme, le 14 Octobre.
Début :
M. le Marquis de Crussol, Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don [...]
Mots clefs :
Marquis de Crussol, Parme, Armes, Décoration, Musique, Bal, Sujet, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Parme, le 14 Octobre.
De Parme, le 14 Octobre.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
Fermer
1933
p. 164-169
CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Début :
Voce sola. PIANTA seconda / Ne' Germi tuoi [...]
Mots clefs :
Voce sola, Coro, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CANZONE Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
CANZONE
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
Da Cantarsi a voce sola interrotta dal Coro.
Voce sola. PIANTA seconda /
Ne' Germi tuoi
Di tanti EROI,
Di tanti RE,
Come tornasti
Al primo onore !
Come il timore
Gioja si fe!
Il tuo SOSTEGNO
E'NATO,eNATO,
Ben sospirato
Per lunghi di.
Come Felice,
Alteramente
Impaziente
Nell' aure usci !
Vanne, o LUCINA,
Vanne orgogliosa,
Avventurosa
FECONDITA.
Nacque con questo
FRUTTO immortale
Coro.
JANVIER. 1752.
L'universale
FELICITA.
Gracie, mirate,
Mirate, Amori,
I suoi tesori
PACE versar:
Mirate l'Arti
Liete fra loro
Il Secol d' oro
Ricominciar.
II Mondo a i Geni
Tranquilli in send
Bello, e sereno
Tutto divien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONG
Cantar convien.
BORBONIO
Almo,
PEGNO adorabile,
Un DONO sei.
Che ugual non à.
FRANCIA Magnanima,
L'alta tua Glotia
Dei sommi Dei
Pensier si fa.
165
166 MERCUREDEFRANCE.
Voce sola. Ridente volge
Al nobil FIGLIO
Il fiero ciglio
IL DIO GUERRIER;
E in Lui gli sembra
Fra mille squadre
Già l'AVO, e il PADRE
Vivo vedet.
Posa sull' Armii
Ma in quel sembiante,
Che trionfante
Di là portò
Dove le Rocche
Vinte non anco
II VALORFRANCO
Primo espugno.
D'un PARGOLETTO
Augusto in CUNA
Vede Fortuua
Già, setva al piè;
Vede il suo grande
Destino in ciélo
Che sotto il velo
Tutto ancoâ è.
Nemiche fronti
Più volte dome
165
JANVIER. 1752.
Vede al suo NOME
Già impallidir;
Che un SANGUE invitto
Di gloria impresso
Giammai se stesso
Non può mentit.
REGIUSTI, ePRODI
Col braccio eterno
FAVOR superno
Cosi sostien:
Muse, vincete
L'usato suono:
Tropp' alto DONO
Cantar convien.
De i Forti l'Indole,
Cov.
LASTIRPE EROICA
Del GRANLUIGI
Rigermogliò.
Vadan men celebri
Alcmena, e Tetide;
Maggior prodigi
GALLIA dar può.
Voce sola. ELBA, che udisti
Là sul tuo lido
168 MERCUREDE FRANCE.
Il fausto grido
Del gran NATAL.
Mira per esso
La GENITRICE
Fatta felice
Fatta immortal.
penti la SENNA
Sonanti, e liete
L'onde inquiete
Tutte agitar
Ed affrettarsi
Per incontrarti,
Per abbracciarti
In grembo al Mar.
Muse, il SUGGETTO
D'Omero degno
Vince l' ingegno,
Forza è tacer.
Vengan le Danze
Portando in viso
L'amico riso
Ed il piacer.
Coro. Le Danze amabili
Guida, o Tersicore:
Go
Gioja
JANVIER. 1752.
169
Gioja più giusta
Qual mai sara ?
Voti più teneri,
Cure più fervide
Qual CUNA AUGUSTA
Intorno avrà?
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1934
p. 169-170
De Bourges, le 17 Octobre.
Début :
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal [...]
Mots clefs :
Bourges, Cathédrale de Bourges, Éminence, Cardinal, Corps, Naissance du duc de Bourgogne, Mariages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Bourges, le 17 Octobre.
De Bourges, le 17 Octobre.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
Fermer
1935
p. 170-171
De l'Orient.
Début :
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit faire des réjouissances pour la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Lorient, Compagnie des Indes, Réjouissances, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Orient.
De l'Orient.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
Fermer
1936
p. 171-173
De Perpignan le 17. Octobre.
Début :
La Province du Roussillon a donné les plus grandes marques de joie à l'occasion de la naissance [...]
Mots clefs :
Perpignan, Roussillon, Feu d'artifice, Place, Province, Décoration, Comte de Mailly, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan le 17. Octobre.
De Perpignan le 17. Octobre.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
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1937
p. 173-174
De Trelon près d'Avesnes.
Début :
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse de Merode, voulant aussi donner des démonstrations [...]
Mots clefs :
Treslon, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Trelon près d'Avesnes.
De Trelon près d'Avesnes.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
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1938
p. 174-177
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Début :
La naissance de Monseigneur le DUC DE BOURG[O]GNE, est un événement qui [...]
Mots clefs :
Félicité publique, Feu de joie, Reims, Temple, Figure, Ville, Majesté, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
LE TEMPLE de la felicité publique
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
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1938
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
1939
p. 178-188
Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Début :
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat prompt & lumineux dissipe en un moment les [...]
Mots clefs :
Devises, Emblèmes, Jeune, Amour, Prince, Naissance du duc de Bourgogne, Sort, Mots, Peuple, Joie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Explications des devises & des emblèmes
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
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288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
Fermer
1940
p. 188-189
« La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
Début :
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...]
Mots clefs :
Ville, Illumination, Spectacle, Fête, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Fermer
1941
p. 190-191
De Rochefort, le 20.
Début :
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort, [...]
Mots clefs :
Rochefort, Jean-Baptiste Mac Nemara, Marine, Roi, Ville, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Rochefort, le 20.
De Rochefort, le 20.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
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1942
p. 191
De Sion, en Vallais, le 21.
Début :
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle [...]
Mots clefs :
Sion, Valais, Résident de France, Ville, Cathédrale, Chapitre, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Sion, en Vallais, le 21.
De Sion, en Vallais, le 21.
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
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1943
p. 192-193
De Versailles.
Début :
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet, de la bouche & de la fouriere de Madame [...]
Mots clefs :
Versailles, Dauphine, Concert, Feu d'artifice, Fête, Duchesse, Catherine-Nicole Le Maure, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles.
De Versailles.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
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1944
p. 193-194
D'Avignon, le 24.
Début :
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent [...]
Mots clefs :
Avignon, Te Deum, Église, Vice-légat, Ville, Musique, Feu d'artifice, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : D'Avignon, le 24.
D'Avignon, le 24.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
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1945
p. 194-196
Du Havre le 28.
Début :
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise part les reproches que vous me faites de mon silence ; [...]
Mots clefs :
Le Havre, Hôtel de ville, Place, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Havre le 28.
Du Havre le 28.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
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1946
p. 196-197
De Fontainebleau le 11 Novembre.
Début :
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands & des Riches, célébrer par quelque solemnité [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Cérémonie, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Fontainebleau le 11 Novembre.
De Fontainebleau le 11 Novembre.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
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1947
p. 197-199
De Paris le 13.
Début :
La célébration des six cens mariages, déterminés par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Paris, Mariages, Paroisse, Prévôt des marchands, Échevins, Salve générale, Célébration, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris le 13.
De Paris le 13.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
Fermer
1948
p. 199-205
RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Début :
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire de France auprès du Saint Siege, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Rome, Naissance du duc de Bourgogne, Duc de Nivernois, Ambassadeur, Noblesse, Palais, Cardinaux, Goût, Fêtes
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texteReconnaissance textuelle : RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
RELATION
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
zed by Goc
202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
203
JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
1vj
itized byC
204 MERCURE DEFRA NCE.
du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
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202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
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JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
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du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
Fermer
1949
p. 205-208
Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Début :
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné à placer les Musiciens ; il étoit formé par un [...]
Mots clefs :
Salon, Argent, Palmes, Colonnes, Fleurs de lys, Théâtre, Relief, Armes, Génies, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Description du Sallon décoré pour la Cantate,
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
Fermer
1950
p. 208-218
Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutôt reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Vienne, Marquis de Hautefort, Naissance du duc de Bourgogne, Salle, Place, Hôtel, Fleurs, Édifice, Amphithéâtre
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texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Relation des Fêtes données à Vienne, par M.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
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recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
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