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1
p. 76-86
EXTRAIT D'UNE LETTRE ECRITE DE ROCHEFORT.
Début :
Ma Lettre du mois de Mars vous a fait sçavoir / Madame la Princesse de Guemené est morte en son Chasteau [...]
Mots clefs :
Princesse de Guemené, Qualités, Faiblesses, Princes, Duc, Rochefort, Souverains, Beauté, Cour, Psaumes, Dieu, Anne de Rohan, Décès
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'UNE LETTRE ECRITE DE ROCHEFORT.
Ma Lettre du mois de Mars
vous a fait ſçavoir la perte
que l'on a faite de Madame
GALANT. 77
la Princeſſe de Guemené. Je
ne vous dis rien alors de fes
grandes qualitez , comme ſi
j'avois preveu que je devois
recevoir l'éloge que vous allez
lire. Il a eſté fait par une
Perſonne qui la connoiſſoit
parfaitement,& c'eſtle moins
que l'on doive à cette Illuſtre
Défunte , que d'apprendre à
tout le monde , ce que tout
le monde dévroit tâcher d'imiter.
Güj
78 MERCURE
SSS2-2552525-22552,
EXTRAIT
D'UNE LETTRE
ECRITE DE ROCHEFORT.
5.00
M en
Adame la Princeſſe de
Guemené est morte enfon
Chafteau de Rochefort le 14. de
Mars âgée de 79. ans. Elle estoit
iffuë des anciens Souverains de
Bretagne,&des Rois de Navarre;
mais quelque grande qu'ellefust
par une fi illustre naiſſance , elle
l'estoit bien davantage par sa
vertu& parfon merite. Ils'est
GALANT. 79
weupeu de Perſonnes defon Sexe
& de ſon rang qui ayent poffedé
d'auffi grandes qualitez, e qui
les ayent portéesfiloin. Elleſceut
joindre enſemble désſaplus tendre
jeuneffe , une beauté parfaite
une modestie ſurprenante ,
joüir au milieu des troubles ,
des embarras de la Cour , d'une
quiétude , & d'une tranquillité
d'esprit que la plupartdesGrands
ne connoiffent point , &recherchent
encore moins. Ellefutgrande
fans orgueil , belle sans affe-
Station , majestueuse sans fierté,
ferme dans les plus grands malheursfans
vanité, bonnefansfoi
Giiij
80 MERCURE
bleſſe, & charitable envers lespauvresfans
oftentation. Sa dévotion
eſtoit tendre & ſolide. Dieu qui
l'avoit attirée de bonne heure,luy
avoit montré par quelle voye il
vouloit qu'elle vinſt à luy ; c'est
pourquoy elle le cherchoit dans la
fimplicité du coeur,&elle l'adoroit
en eſprit&en verité,s'offrant cotinuellement
à luy par le facrifice
qu'elle luy faisoit de toutce qu'el
le avoit de plus cher& de plus
ſenſible au monde. On fçait affez
de quelle maniere Dieu l'a
éprouvée , & combien il luy a
fait de graces , pour ſoûtenir un
chocfi terrible avec autantde geGALANT.
81
1
nérositéqu'elle l'a fait. Aussi une
vie ſi chrétienne &fi ſainte at'elle
esté couronnée par une plus
Sainte mort. Comme elle l'avoit
envisagéedés long- temps, qu'-
elle enfaisoit son étude dans ſes
fréquentes retraites à la Campagne
depuis pluſieurs années , elle
ne fut point effrayéedefon appro.
che. Au contraire , aprés s'eftre
humiliée profondement , &avoir
reconnu devant le Seigneurson
neant&sa baſſeſſe , elle adoroit
baifoit la main de celuy quila
frappoit; elle loüoitſes mifericordes
infinics ; elle conſoloit ceux qui
estoient touchez de la perte qu'ils
Le Seig
1
92 MERCURE
alloient faire ; elle infultoit,pour
ainſi dire , à la foibleſſe des autres,
qui n'écoutoient que leur dow
leur;elleſupportoit lesſiennes avec
une patience invincible, elle ne
Soûpiroitplusqu'aprés la Maiſon
de Dieu,onfafoy luyfaisoit voir
une grandeur bien plus folide que
celle dont elle avoit joüy icy bas..
Pendant toute maladie qui Ja
duré deux mois o demy , Dieu
luy a conſervé juſques au dernier
Soupir cejugement , cette préſen
ce , &cette vivacité d'efprit ad_
mirable , qu'on a reconnu en elle
pendant toutesa vie. Ilsemble
mesme que pour la récompenfer
GALANT. 83
د
de l'amour qu'elle avoit toûjours
eu pour l'Ecriture Sainte
principalement pour les Pfeaumes
, & pour le Saint Evangile
, Dieu luy augmenta la me
moire ,& qu'il la luy renditplus
vive & plus presente qu'elle
n'avoitjamais esté. Elle luy fourniffoit
fans peine les pafſſages qui
estoient les plus conformes àl'état
où elle se trouvoit , &lors que
Sa foibleſſe l'empeſchoit de lespro
noncer , elle se les faisoit reciter
par ceux qui avoient l'honneur
de l'affiſter dans ces derniers mo
mens. Elle leur avoña qu'elle
n'avoit jamais goûté de plaifu
84 MERCURE
plus ſenſible que lors qu'elle avoit
receu les Sacremens pendant ſa
maladie , &qu'elle se nourriſſoit
de la Parole de Dieu ; && ce fut
après avoir achevé ces paroles,
qu'elle adreſſoit au Crucifix,
„ mon Dieu que vous avez
,, ſouffert pour moy , & que
,, je ſouffre peu pour vous!
,, encore , mon Dieu , encore
; ce fut , dis- je , aprés avoir
prononcé cét Acte d'amour of de
pénitence , qu'elle tomba dans une
foibleſſe qui l'emporta une demiheure
aprés.
C'est ainsi qu'a vécu , &
qu'est morte Anne de Rohan,
GALANT. 85
!
Princeſſe de Guemené , fille unique
de Pierre de Rohan , Prince
de Guemené , & de Madeleine
de Rieux Chasteauneuf, ſa premiere
Femme. Elle avoitépousé
Loüis de Rohan ſon Cousin germain
, Fils d'Hercule de Rohan,
Duc de Montbazon , Pair &
grand Veneur de France , & de
Madeleine de Lenoncourſa premiere
Femme , & ainfi elleporta
par ce Mariage les grands
biens de labranche aînéeàlaCadette.
Elle a eu pour Fils Char
les de Rohan Duc de Montba
zon , Pere de M² le Prince de
Guemené d'aujourd'huy , de M
86 MERCURE
le Prince de Montauban , de
Meſdemoiselles de Guemené,de
Montbazon & de Montauban,
feu M² de Rohan grand Veneurde
France.
vous a fait ſçavoir la perte
que l'on a faite de Madame
GALANT. 77
la Princeſſe de Guemené. Je
ne vous dis rien alors de fes
grandes qualitez , comme ſi
j'avois preveu que je devois
recevoir l'éloge que vous allez
lire. Il a eſté fait par une
Perſonne qui la connoiſſoit
parfaitement,& c'eſtle moins
que l'on doive à cette Illuſtre
Défunte , que d'apprendre à
tout le monde , ce que tout
le monde dévroit tâcher d'imiter.
Güj
78 MERCURE
SSS2-2552525-22552,
EXTRAIT
D'UNE LETTRE
ECRITE DE ROCHEFORT.
5.00
M en
Adame la Princeſſe de
Guemené est morte enfon
Chafteau de Rochefort le 14. de
Mars âgée de 79. ans. Elle estoit
iffuë des anciens Souverains de
Bretagne,&des Rois de Navarre;
mais quelque grande qu'ellefust
par une fi illustre naiſſance , elle
l'estoit bien davantage par sa
vertu& parfon merite. Ils'est
GALANT. 79
weupeu de Perſonnes defon Sexe
& de ſon rang qui ayent poffedé
d'auffi grandes qualitez, e qui
les ayent portéesfiloin. Elleſceut
joindre enſemble désſaplus tendre
jeuneffe , une beauté parfaite
une modestie ſurprenante ,
joüir au milieu des troubles ,
des embarras de la Cour , d'une
quiétude , & d'une tranquillité
d'esprit que la plupartdesGrands
ne connoiffent point , &recherchent
encore moins. Ellefutgrande
fans orgueil , belle sans affe-
Station , majestueuse sans fierté,
ferme dans les plus grands malheursfans
vanité, bonnefansfoi
Giiij
80 MERCURE
bleſſe, & charitable envers lespauvresfans
oftentation. Sa dévotion
eſtoit tendre & ſolide. Dieu qui
l'avoit attirée de bonne heure,luy
avoit montré par quelle voye il
vouloit qu'elle vinſt à luy ; c'est
pourquoy elle le cherchoit dans la
fimplicité du coeur,&elle l'adoroit
en eſprit&en verité,s'offrant cotinuellement
à luy par le facrifice
qu'elle luy faisoit de toutce qu'el
le avoit de plus cher& de plus
ſenſible au monde. On fçait affez
de quelle maniere Dieu l'a
éprouvée , & combien il luy a
fait de graces , pour ſoûtenir un
chocfi terrible avec autantde geGALANT.
81
1
nérositéqu'elle l'a fait. Aussi une
vie ſi chrétienne &fi ſainte at'elle
esté couronnée par une plus
Sainte mort. Comme elle l'avoit
envisagéedés long- temps, qu'-
elle enfaisoit son étude dans ſes
fréquentes retraites à la Campagne
depuis pluſieurs années , elle
ne fut point effrayéedefon appro.
che. Au contraire , aprés s'eftre
humiliée profondement , &avoir
reconnu devant le Seigneurson
neant&sa baſſeſſe , elle adoroit
baifoit la main de celuy quila
frappoit; elle loüoitſes mifericordes
infinics ; elle conſoloit ceux qui
estoient touchez de la perte qu'ils
Le Seig
1
92 MERCURE
alloient faire ; elle infultoit,pour
ainſi dire , à la foibleſſe des autres,
qui n'écoutoient que leur dow
leur;elleſupportoit lesſiennes avec
une patience invincible, elle ne
Soûpiroitplusqu'aprés la Maiſon
de Dieu,onfafoy luyfaisoit voir
une grandeur bien plus folide que
celle dont elle avoit joüy icy bas..
Pendant toute maladie qui Ja
duré deux mois o demy , Dieu
luy a conſervé juſques au dernier
Soupir cejugement , cette préſen
ce , &cette vivacité d'efprit ad_
mirable , qu'on a reconnu en elle
pendant toutesa vie. Ilsemble
mesme que pour la récompenfer
GALANT. 83
د
de l'amour qu'elle avoit toûjours
eu pour l'Ecriture Sainte
principalement pour les Pfeaumes
, & pour le Saint Evangile
, Dieu luy augmenta la me
moire ,& qu'il la luy renditplus
vive & plus presente qu'elle
n'avoitjamais esté. Elle luy fourniffoit
fans peine les pafſſages qui
estoient les plus conformes àl'état
où elle se trouvoit , &lors que
Sa foibleſſe l'empeſchoit de lespro
noncer , elle se les faisoit reciter
par ceux qui avoient l'honneur
de l'affiſter dans ces derniers mo
mens. Elle leur avoña qu'elle
n'avoit jamais goûté de plaifu
84 MERCURE
plus ſenſible que lors qu'elle avoit
receu les Sacremens pendant ſa
maladie , &qu'elle se nourriſſoit
de la Parole de Dieu ; && ce fut
après avoir achevé ces paroles,
qu'elle adreſſoit au Crucifix,
„ mon Dieu que vous avez
,, ſouffert pour moy , & que
,, je ſouffre peu pour vous!
,, encore , mon Dieu , encore
; ce fut , dis- je , aprés avoir
prononcé cét Acte d'amour of de
pénitence , qu'elle tomba dans une
foibleſſe qui l'emporta une demiheure
aprés.
C'est ainsi qu'a vécu , &
qu'est morte Anne de Rohan,
GALANT. 85
!
Princeſſe de Guemené , fille unique
de Pierre de Rohan , Prince
de Guemené , & de Madeleine
de Rieux Chasteauneuf, ſa premiere
Femme. Elle avoitépousé
Loüis de Rohan ſon Cousin germain
, Fils d'Hercule de Rohan,
Duc de Montbazon , Pair &
grand Veneur de France , & de
Madeleine de Lenoncourſa premiere
Femme , & ainfi elleporta
par ce Mariage les grands
biens de labranche aînéeàlaCadette.
Elle a eu pour Fils Char
les de Rohan Duc de Montba
zon , Pere de M² le Prince de
Guemené d'aujourd'huy , de M
86 MERCURE
le Prince de Montauban , de
Meſdemoiselles de Guemené,de
Montbazon & de Montauban,
feu M² de Rohan grand Veneurde
France.
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Résumé : EXTRAIT D'UNE LETTRE ECRITE DE ROCHEFORT.
La lettre informe du décès de la Princesse de Guemené, survenu le 14 mars à l'âge de 79 ans au château de Rochefort. La princesse, issue des anciens souverains de Bretagne et des rois de Navarre, était reconnue pour ses grandes qualités morales et son mérite. Elle incarnait la jeunesse, la beauté, la modestie et la tranquillité d'esprit, même en période de troubles à la cour. Sa personnalité se distinguait par une absence d'orgueil malgré sa grandeur, de fierté malgré sa majesté, et d'ostentation malgré sa bonté. Sa dévotion était sincère et profonde, cherchant Dieu dans la simplicité du cœur. Sa maladie, ayant duré deux mois et demi, n'a pas altéré son jugement ni sa vivacité d'esprit. Elle trouvait du réconfort dans la réception des sacrements et se nourrissait de la Parole de Dieu. Elle est décédée après avoir prononcé un acte d'amour et de pénitence. La princesse était la fille unique de Pierre de Rohan et de Madeleine de Rieux Chasteauneuf, et avait épousé Louis de Rohan, son cousin germain. Elle eut plusieurs enfants, dont Charles de Rohan, Duc de Montbazon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 271-278
Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Début :
Comme ma Lettre est susceptible de toutes sortes de matieres, [...]
Mots clefs :
Discours, Ordres, Mr de Beauharnais, Rochefort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Comme ma Lettre estsusceptible de toutes fortes de
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
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Résumé : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Le texte est une lettre accompagnant deux discours prononcés par Monsieur Hervé, Président au Siège Royal de Rochefort, le 16 mai. Le premier discours est adressé à Monsieur de Beauharnois, Intendant de la Généralité de La Rochelle et de la Marine au Port de Rochefort. Monsieur Hervé loue la sagesse du souverain dans le choix de ses sujets pour des charges importantes et met en avant les qualités de Monsieur de Beauharnois, notamment son zèle pour la religion, son amour pour la justice et son attention au bien-être des sujets. Il souligne également l'importance de ses services tant sur terre que sur mer et exprime l'espoir d'une paix prochaine. Le second discours, prononcé à l'Hôtel de Ville, salue l'arrivée de Monsieur de Beauharnois comme Intendant de Justice, Police, Finances et Marine. Il souligne ses qualités éminentes et ses succès dans diverses fonctions, comparant ses actions à celles de figures bibliques comme Joseph. Le discours exprime le souhait que ses vertus apportent de grands avantages à la France et que la ville profite de ses privilèges et connaisse une prospérité accrue.
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3
p. 1901-1902
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du Conseil, du 23. Juin, qui fait deffense aux Officiers des Maitrises, de recevoir [...]
Mots clefs :
Exemption des droits, Conseil, Rochefort, Bestiaux, Grains, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S:
RREST du Conseil , du 23. Juin, qui fait
deffense aux Officiers des Maitrises , de recevoir
les cautions et certificateurs des Adjudicataires
, qu'en cas qu'ils soient solvables , à peine
d'en répondre en leurs propres et privez noms.
ORDONNANCE DU ROY , du 24.
Juin , concernant la Compagnie des Bombar
diers , entretenue à Rochefort , laquell : doit être
composée de 40. Bombardiers , qui seront choisis
parmi les Matelots des quartiers dépendans dudit
Port de Rochefort , et d'un Tambour , &c.
ARREST du Conseil du 30 Juin, en interpréta--
tion des Arrêts des à Août et 23 Septemb. 1732
portant prorogation de l'exemption des droits sur
les bestiaux et sur les grains , par lequel S. M. ordonne
1902 MERCURE DE FRANCE
té
donne que lesdits Arrêts , par lesquels elle a prorogé
l'exemption des droits sur les bestiaux et sur
des grains , seront executez pendant le temps porpar
lesdits Arrêts ; sans néanmoins qu'en vertu
d'iceux il puisse être piétendue aucune exemption
des droits dûs aux Sous-Fermes de ses Domaines ,
dont elle veut que le payement soit fait , conformément
aux Pancartes , Tarifs et autres titres
et possession , ainsi qu'ils ont été payez d'ancienneté.
ARREST du Parlement du 7. May 1731 .
nouvellement publié en 1733. pour servir de Reglement
sur le temps et la forme de l'Inventaire
qui pourra être fait dans le cas qu'une Veuve ,
Tutrice de ses enfans mineurs , convolera à de
secondes ou subsequentes Nôces,
ARREST du Parlement, du 13. Juillet 1733.
qui condamne le nommé Antoine Monteil
Complice de Louis-Dominique Cartouche , au
fouet , à la maque des trois Lettres G. A. L. et
aux Galeres à perpetuité.
RREST du Conseil , du 23. Juin, qui fait
deffense aux Officiers des Maitrises , de recevoir
les cautions et certificateurs des Adjudicataires
, qu'en cas qu'ils soient solvables , à peine
d'en répondre en leurs propres et privez noms.
ORDONNANCE DU ROY , du 24.
Juin , concernant la Compagnie des Bombar
diers , entretenue à Rochefort , laquell : doit être
composée de 40. Bombardiers , qui seront choisis
parmi les Matelots des quartiers dépendans dudit
Port de Rochefort , et d'un Tambour , &c.
ARREST du Conseil du 30 Juin, en interpréta--
tion des Arrêts des à Août et 23 Septemb. 1732
portant prorogation de l'exemption des droits sur
les bestiaux et sur les grains , par lequel S. M. ordonne
1902 MERCURE DE FRANCE
té
donne que lesdits Arrêts , par lesquels elle a prorogé
l'exemption des droits sur les bestiaux et sur
des grains , seront executez pendant le temps porpar
lesdits Arrêts ; sans néanmoins qu'en vertu
d'iceux il puisse être piétendue aucune exemption
des droits dûs aux Sous-Fermes de ses Domaines ,
dont elle veut que le payement soit fait , conformément
aux Pancartes , Tarifs et autres titres
et possession , ainsi qu'ils ont été payez d'ancienneté.
ARREST du Parlement du 7. May 1731 .
nouvellement publié en 1733. pour servir de Reglement
sur le temps et la forme de l'Inventaire
qui pourra être fait dans le cas qu'une Veuve ,
Tutrice de ses enfans mineurs , convolera à de
secondes ou subsequentes Nôces,
ARREST du Parlement, du 13. Juillet 1733.
qui condamne le nommé Antoine Monteil
Complice de Louis-Dominique Cartouche , au
fouet , à la maque des trois Lettres G. A. L. et
aux Galeres à perpetuité.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Entre 1731 et 1733, plusieurs arrêts et ordonnances royaux ont été émis. Le 23 juin, un arrêt du Conseil interdit aux officiers des maistrises de recevoir les cautions et certificateurs des adjudicataires, sauf s'ils sont solvables, sous peine de responsabilité personnelle. Le 24 juin, une ordonnance royale organise la Compagnie des Bombardiers à Rochefort, composée de 40 bombardiers choisis parmi les matelots des quartiers dépendants du port de Rochefort, ainsi qu'un tambour. Le 30 juin, un autre arrêt du Conseil précise que les exemptions de droits sur les bestiaux et les grains, prorogées par des arrêts antérieurs, doivent être exécutées sans affecter les droits dus aux sous-fermiers des domaines royaux. Un arrêt du Parlement du 7 mai 1731, publié en 1733, régit la procédure d'inventaire en cas de remariage d'une veuve tutrice de ses enfants mineurs. Enfin, un arrêt du Parlement du 13 juillet 1733 condamne Antoine Monteil, complice de Louis-Dominique Cartouche, au fouet, à la marque des lettres G.A.L. et aux galères à perpétuité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 190-191
De Rochefort, le 20.
Début :
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort, [...]
Mots clefs :
Rochefort, Jean-Baptiste Mac Nemara, Marine, Roi, Ville, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Rochefort, le 20.
De Rochefort, le 20.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
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