D'Arpajon le 14 Septerbre.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
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JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.