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1
p. 97-104
Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Début :
Ils partirent le Lundy 14. d'Octobre, & allerent disner à S. [...]
Mots clefs :
Flandre, Saint-Denis, Roi, Abbaye, Corps, Bénédictins, Ouverture, Ambassadeurs, Tombeaux, Pierreries
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texteReconnaissance textuelle : Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Ils partirent le Lundy 14. d'Otobre
,& allerent diſner à S.
Denis,Ville de l'Iſle de France
à deux lieuës de Paris . Vous
ſçavez qu'elle eſt tres-confiderable
par une Abbaye de
Benedictins , qui eſt le lieu de
la Sepulture de nos Rois. Il
y a pluſieurs autres Eglifes
dans laVille , Paroiffes&Monaſteres.
Le Roy Henry I. y
fit aſſembler un grand nom
bredePrelats en 1053. pour ſe
trouver à l'ouverture de la
Chaſſe de S. Denys , fur ce
I
98 III. P. du Voyage
qu'il s'eſtoir émeu quelque
temps auparavant une fameuſe
diſpure , entre les Religieux
de cette Abbaye , & ceux de
S. Himmeran de Ratisbonne.
Ces derniers avoient fait
courir le bruit qu'ils avoient
le Corps de S. Denys Arcopagire
, & qu'il leur avoit été
donné par le Roy Arnoul.
L'ouverture de la Chaffe du
Saint ayant eſté faite en prefence
de ces Prelats affemblez
, on y trouva fon Corps
tout entier , à la referve d'un
bras , que le Pape Estienne
III. avoit emporté à Rome!)
I
1
des Amb.de Siam. 99
Quoy que les Ambaſſadeurs
ne deuſſent s'arreſter à
S. Denis que pour y diſner ,
ils ne laifferent pas de voir le
Trefor & les Tombeaux de
ceux de nos Rois , dont les
Corps ſont dans l'Egliſe de
l'Abbaye. Je ne vous repete
point ce que c'eſt que leTrefor
; il y a peu de perſonnes
enFrance qui ne l'ayentveu,
&d'ailleurs on a fait imprimer
pluſieurs Livres , qui ne
font remplis que de ce qu'il
contient. Les Ambaſſadeurs
s'attacherent particulierement
à regarder les Pierreries. Ils
Fij
100 III . P. du Voyage
en examinerent pluſieurs ,&
mirent meſme de la lumiere
derriere quelques-unes , qui
eftoient enchaſſées de maniere
qu'elles pouvoient eſtre
veuës des deux coſtez , & ils
en trouverent une que la lumiere
ainſi miſe faiſoit paroiſtre
d'une autre couleur.
Il y a quantité de choſes dans
ce Treſor que nous ſommes
obligez de reverer , & que la
Religion nous rend precieufes
, mais comme elles ne devoient
pas les toucher , on
peut dire qu'ils en virent
quantité , auſquelles ils ne
des Amb. de Siam. 101
s'arrêterent pas. On remarqua
même qu'encore que le beau
travail , l'or & les pierreries ,
les attachaffent beaucoup , ils
font tellement frappez de
tout ce qui a du raport au
Roy , qu'ils regarderent avec
beaucoup plus d'attention ,
& de plaifir les Ornemens
Royaux qui ſont conſervez
dans le meſme lieu qui enferme
le Trefor. Les figures
qui ornent les Tombeaux des
Rois , leur parurent merveilleuſes.
Ils en trouverent les
Bas- reliefs fort beaux , mais
fur toutceux qui font autour
I iij
102 111. P. du Voyage
du Tombeau de François I.
où l'on voit pluſieurs Batailles.
Cet ouvrage qui a des
beautez pour toutes les perſonnes
qui le voyent , en a
beaucoup davantage pour
ceux qui ont une parfaite
connoiſſance des beaux Arts .
Ils confidererent attentivement
le Tombeau de feu
Mr de Turenne & quoy
qu'il leur parût par luy-même
tres-digne de leur curiofité,
ils en admirerent encore
moins la magnificence qu'ils
ne firent la reconnoiffance
du Roy qui paroiffoit avec
des Amb.de Siam. 103
tant d'éclat pour un illuftre
Sujet, dans ce monumentque
Sa Majefté avoit fait élever à
ſes dépens. Ils dirent , que ce
Monarque prenoit tant de plaifor
à faire du bien , & à bonorer
le vray merite , qu'il n'épar
gnoit rien pour faire vivre la
memoire de ceux qui n'avoient
point épargnéleursang pour luy,
que cette maniere d'agir excitant
l'ardeur de tous fes braves
Sujets , il eſtoit impoffible qu'il
ne fût toujours vainqueur. Ils
examinerent la hauteur , la
longueur , & la largeur de
l'Eglife , & fortirent apres
I iiij
104 III. P. duVoyage
avoir remercié les Peres Benedictins
qui avoient pris
ſoin de leur faire voir toutes
ces chofes
,& allerent diſner à S.
Denis,Ville de l'Iſle de France
à deux lieuës de Paris . Vous
ſçavez qu'elle eſt tres-confiderable
par une Abbaye de
Benedictins , qui eſt le lieu de
la Sepulture de nos Rois. Il
y a pluſieurs autres Eglifes
dans laVille , Paroiffes&Monaſteres.
Le Roy Henry I. y
fit aſſembler un grand nom
bredePrelats en 1053. pour ſe
trouver à l'ouverture de la
Chaſſe de S. Denys , fur ce
I
98 III. P. du Voyage
qu'il s'eſtoir émeu quelque
temps auparavant une fameuſe
diſpure , entre les Religieux
de cette Abbaye , & ceux de
S. Himmeran de Ratisbonne.
Ces derniers avoient fait
courir le bruit qu'ils avoient
le Corps de S. Denys Arcopagire
, & qu'il leur avoit été
donné par le Roy Arnoul.
L'ouverture de la Chaffe du
Saint ayant eſté faite en prefence
de ces Prelats affemblez
, on y trouva fon Corps
tout entier , à la referve d'un
bras , que le Pape Estienne
III. avoit emporté à Rome!)
I
1
des Amb.de Siam. 99
Quoy que les Ambaſſadeurs
ne deuſſent s'arreſter à
S. Denis que pour y diſner ,
ils ne laifferent pas de voir le
Trefor & les Tombeaux de
ceux de nos Rois , dont les
Corps ſont dans l'Egliſe de
l'Abbaye. Je ne vous repete
point ce que c'eſt que leTrefor
; il y a peu de perſonnes
enFrance qui ne l'ayentveu,
&d'ailleurs on a fait imprimer
pluſieurs Livres , qui ne
font remplis que de ce qu'il
contient. Les Ambaſſadeurs
s'attacherent particulierement
à regarder les Pierreries. Ils
Fij
100 III . P. du Voyage
en examinerent pluſieurs ,&
mirent meſme de la lumiere
derriere quelques-unes , qui
eftoient enchaſſées de maniere
qu'elles pouvoient eſtre
veuës des deux coſtez , & ils
en trouverent une que la lumiere
ainſi miſe faiſoit paroiſtre
d'une autre couleur.
Il y a quantité de choſes dans
ce Treſor que nous ſommes
obligez de reverer , & que la
Religion nous rend precieufes
, mais comme elles ne devoient
pas les toucher , on
peut dire qu'ils en virent
quantité , auſquelles ils ne
des Amb. de Siam. 101
s'arrêterent pas. On remarqua
même qu'encore que le beau
travail , l'or & les pierreries ,
les attachaffent beaucoup , ils
font tellement frappez de
tout ce qui a du raport au
Roy , qu'ils regarderent avec
beaucoup plus d'attention ,
& de plaifir les Ornemens
Royaux qui ſont conſervez
dans le meſme lieu qui enferme
le Trefor. Les figures
qui ornent les Tombeaux des
Rois , leur parurent merveilleuſes.
Ils en trouverent les
Bas- reliefs fort beaux , mais
fur toutceux qui font autour
I iij
102 111. P. du Voyage
du Tombeau de François I.
où l'on voit pluſieurs Batailles.
Cet ouvrage qui a des
beautez pour toutes les perſonnes
qui le voyent , en a
beaucoup davantage pour
ceux qui ont une parfaite
connoiſſance des beaux Arts .
Ils confidererent attentivement
le Tombeau de feu
Mr de Turenne & quoy
qu'il leur parût par luy-même
tres-digne de leur curiofité,
ils en admirerent encore
moins la magnificence qu'ils
ne firent la reconnoiffance
du Roy qui paroiffoit avec
des Amb.de Siam. 103
tant d'éclat pour un illuftre
Sujet, dans ce monumentque
Sa Majefté avoit fait élever à
ſes dépens. Ils dirent , que ce
Monarque prenoit tant de plaifor
à faire du bien , & à bonorer
le vray merite , qu'il n'épar
gnoit rien pour faire vivre la
memoire de ceux qui n'avoient
point épargnéleursang pour luy,
que cette maniere d'agir excitant
l'ardeur de tous fes braves
Sujets , il eſtoit impoffible qu'il
ne fût toujours vainqueur. Ils
examinerent la hauteur , la
longueur , & la largeur de
l'Eglife , & fortirent apres
I iiij
104 III. P. duVoyage
avoir remercié les Peres Benedictins
qui avoient pris
ſoin de leur faire voir toutes
ces chofes
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Résumé : Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Le 14 octobre, des voyageurs se rendirent à Saint-Denis, ville de l'Île-de-France située à deux lieues de Paris. Saint-Denis est connue pour son abbaye bénédictine, lieu de sépulture des rois de France, ainsi que pour ses nombreuses églises, paroisses et monastères. En 1053, le roi Henri Ier y convoqua des prélats pour ouvrir la châsse de Saint Denis et résoudre une dispute entre les religieux de cette abbaye et ceux de Saint Emmeran de Ratisbonne concernant la possession du corps de Saint Denis. Lors de leur visite, les ambassadeurs du Siam, initialement prévus pour déjeuner, explorèrent le trésor et les tombeaux royaux de l'abbaye. Ils admirèrent les pierreries, les ornements royaux, les figures et les bas-reliefs des tombeaux, notamment celui de François Ier, représentant plusieurs batailles. Ils examinèrent aussi le tombeau du maréchal de Turenne, appréciant la reconnaissance royale manifestée par ce monument. Les ambassadeurs notèrent la grandeur de l'église et remercièrent les pères bénédictins pour leur accueil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 246-266
« Il me reste encore à vous parler de plus de soixante-dix [...] »
Début :
Il me reste encore à vous parler de plus de soixante-dix [...]
Mots clefs :
Église, Marchands, Te Deum en musique, Composition, Église des Grands-Augustins, Communauté, Église des Grands-Cordeliers, Chapelle, Mr Bernier, Vin, Joie, Chanter, Saint-Denis, Zèle, Partie, Porte, Sépulcre, Place, Gardes, Doreurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me reste encore à vous parler de plus de soixante-dix [...] »
Il me reſte encore à vous par-
ler de plus de soixante-dix
Communautez qui ont fait des
Feſtes, dont je ne ſuis pas assez
bien informé, pour vous en don-
ner le détail; vous jugerez bien
par les noms de ces Commu-
nautez qu'il y en a dont la vi-
vacité du zele à beaucoup plus
marqué leur joye que leur ma-
gnificence, & qui n'ont pû
imiter qu'en cela ceux qui ont
fait de tres grosses dépenses.
Réjouissances. 247
Ce n'est pas qu'une partie de
ces Communautez n'en ait fait
beaucoup, & que je ne vous
envoye le mois prochain le dé-
tail de quelques-unes de celles
qu'elles ont faites, si elles
tombent entre mes mains; ce-
pendant je vous diray que tous
les Syndics & Officiers de ces
Communautez se sont distin-
guez le jour que la Commu-
nautez ſe ſont diſtinguez le jour
que la Communauté a fait chan-
ter le Te Deum. Ils ont fait des
feux, des illuminations & don-
nez à boire aux passans, & tou-
tes les boutiques de ceux de
leur Communauté ont esté fer-
mées ce jour-là ; & chacun a
fait des feux devant sa porte,
& plusieurs ont fait des depen-
Réjouissances.
248
ſes ce soir-là au de-là de leurs
facultez.
Voicy les noms de toutes ces
Communautez, le jour & les
lieux où elles ont fait chanter
le Te Deum.
Le 30. Juin.
Les Marchands Miroittiers,
un Te Deum en Musique de la
composition de Mr Bernier,
Maistre de la Sainte Chapelle,
dans l'Eglise de sainte Marine
de la Cité.
Le 1. Juillet.
Le Corps des Marchands
Bonnetiers dans sa Chapelle en
l'Eglise de saint Jacques de la
Boucherie.
Les Marchands Chapeliers
un Te Deum en musique & sym-
phonie, dans l'Eglise de S. Leu
S. Gilles.
Réjouissances.
249
Les Corroyeurs, dans l'E-
glise de Saint Merry.
Les Horlogeurs, dans la Sain-
te Chapelle basse.
Le 6.
.
Les Marchands de Vin du
Roy, dans l'Eglise des grands
Cordeliers. Monsieur l'Argil-
lieire, ancien grand Garde fit
le soir un feu devant sa porte;
toute la façade de sa Maison
fut illuminée & une piece de
vin distribuée aux Passans.
Les Maîtres & Maîtresses
des petites Ecoles, dans l'E-
glises des grands Cordeliers.
Le 7.
Les Cordonniers un Te Deum
en musique, de la composition
de Monsieur Lallouette dans
leur Chapelle en l'Eglise Me-
Réjouissances.
250
tropolitaine de Nôtre Dame.
Les Marchands Fripiers
dans l'Eglise des Saints Inno-
cens.
Les Marchands Ceinturiers,
un Te Deum en musique dans
l'Eglise de Saint Barthelemy.
Le 8.
Les Tapissiers dans l'Eglise du
Saint Sepulchre.
Les Plombiers, dans la même
Eglise.
Les Selliers, Lormiers &
Carossiers, un Te Deum en
Musique avec Symphonie, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Les Lingeres dans l'Eglise de
Sainte Oportune.
Les Gantiers & Parfumeurs,
dans l'Eglise des Carmes de la
Place Maubert.
p
s
e
8
Réjouissances.
251
La Communauté des Four-
bisseurs un Te Deum en Musi-
que de la composition de Mr
Bernier, dans la sainte Cha-
pelle basse.
Les Gardes de la Communau-
té des Tapissiers un Te Deum
en Musique dans la même
Eglise, & de la composition du
même Maiſtre.
Le 9.
Les Chirurgiens & Barbiers,
un Te Deum en Musique avec
une belle Symphonie dans l'E-
glise de Saint Coſme; il y eut
une grande illumination dans
leur Laboratoire dans le même
quartier.
Les Couturieres, dans l'Eglise
de Saint Gervais.
Le1o,
La Communauré des Tail-
252 Réjouissances.
leurs, un Te Deum en Musique,
de la composition de Mr Lal-
louette, dans l'Eglise de la Tri-
nité, ruë Saint Denys.
La Communauté des Ecri-
vains Jurez, un Te Deum & un
Salut en Musique dans l'Eglise
de Sainte Croix de la Breton-
nerie.
Les Boulangers, dans l'Eglise
de Saint Honoré.
Les Gardes Jurez, Emailleurs,
Vitriers & Fayanciers, un Te
Deum en Musique de la compo-
sition de Mr Guillery, dans
l'Eglise des Saints Innocens.
Les Marchands Lapidaires
& Jouailliers, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les Marchands Salpetriers,
dans l'Eglise des Augustins de
n
se
-
b-
s
es
es
5
Réjouissances.
253
la Place des Victoires. Le soir
ils firent tirer un beau feu d'ar-
tifice devant l'Eglise de ces
Peres.
Les Bourliers, dans l'Eglise
du S. Sepulchre, avec sympho-
nie.
Le II.
Les Marchands Taillandiers
en fer blanc & en fer noir, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 12.
La Communauté des Bou-
chers, un Te Deum en Musique
de la composition de Mr La-
louette, dans l'Eglise de Saint
Jacques de la Boucherie.
Les Marchands Doreurs,
dans l'Eglise de Saint Denys de
la Chartre.
Le 13.
Les Vitriers & Peintres sur
Réjouissances.
254
verre, un Te Deum en Musi-
que de la composition de Mr
Bernier, dans l'Eglise des
grands Cordelièrs.
Les Marchands Peigniers &
Tablettiers, dans l'Eglise des
grands Augustins
Les Marchands du Pont-neuf
dans la même Eglise. Ils firent
un feu devant la Statuë d'Hen-
ryIV. ils illuminerent la grille
& tirererent beaucoup d'arti-
fice.
Les Marchands Papetiers,
dans l'Eglise des grands Cor-
deliers.
Les Marchands Boisfeliers un
Te Deum en Musique de la
composition de Mr Bouteiller
l'aiſné, dans l'Eglise de Saint
Leu, Saint Gilles.
Réjovissances.
255
Les Malletiers & Coffretiers
dans l'Eglise des Augustins du
Fauxbourg Saint Germain.
Les Chaudronniers, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 14.
Les Charpentiers, dans la
Chapelle de Saint Blaise, rue
Galande.
Les Teinturiers en soye, en
fil & en laine, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les anciens Marchands Tan-
neurs, dans l'Eglise de Saint
Gervais.
Les Marchands Verriers &
Fayanciersi, dans l'Eglise de la
Trinité, ruë Saint
Denys.
Les Marchands Doreurs &
Argenteurs, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Juillet 1704. II. P.
Y
Rejouissances.
256
Les Maréchaux, un Te Dean
en Musique de la composition
de Mr Paulin , Beneficier de
Nostre-Dame, dans l'Eglise des
Augustins du Fauxbourg saint
Germain.
La Communauté des Mar-
chands Tissutiers, Rubaniers,
Frangers & Ouvriers en draps
d'or, d'argent & de soye, dans
l'Eglise du Prieuré de saint Mar-
tin des Champs.
Le 15.
Les Vinaigriers, dans l'E-
glise du Saint Sepulchre.
Les Patissiers, dans la Cha-
pelle Royale de Saint Michel,
dans l'enclos du Palais.
Les Seruriers, dans l'Eglise
de saint Denys de la Chartres.
Les Fruitiers & Orangers,
Réjouissances.
257
un Te Deum en Musique de la
composition de Mr Paulin, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 17.
Les Grainiers & Grainierés
dans la même Eglise.
Les Marchands Tanneurs,
dans la miême Eglise.
La Compagnie des Maistres
en fait d'Armes, dans l'Eglise
des grands Cordeliers.
Les Marchands Tonneliers,
dans leur Chapelle, en l'Eglise
de Nostre-Dame.
Les Marchands
Tonneliers
& Déchargeurs de
Vin, dans
l'Eglise de saint Bon.
Les Marchands Brasseurs, un
Te Deum en Musique de la com-
position de Mr Bernier, dans
la Sainte Chapelle basse.
Yi.
258
Réjouissances.
Les Marchandes du Marché
neuf, un Te Deum en Musique
de la composition de Mr Paulin,
dans l'Eglise de sainte Gene-
viéve des Ardens.
Le 18.
Les Marchands Rotisseurs,
dans l'Eglise des grands Au-
gustins; le soir ils firent tirer un
beau feu d'artifice devant la
porte de cette Eglise.
Les Marchands Boulangers,
dans l'Eglise des grands Cor-
deliers.
Le 19.
Les Maistres Jarez & Gardes
de la Communauté des Cuisi-
niers - Traiteurs, dans l'E-
glise de sainte Croix de la Bre-
tonnerie.
Les Couvreurs, dans l'Eglise
Réjouissances.
25
de ſaint Julien le pauvre.
Le 20
Les Graveurs & Peintres en
Taille douce, un Te Deum n
Musique de la composition de
Mr Petit de Nostre-Dame, dans
l'Eglise de Mathurins.
Les Marchands Gaisniers,
dans l'Eglise de sainte Croix
de la Bretonnerie.
Le 2I.
Les faiseurs & joueurs d'in-
strumens, dans la même Eglise.
Les Charbonniers, dans la
même Eglise.
La Communauté des Mar-
chands de vieux fer & de dépe-
ceurs de Carosse, dans l'Eglise
des grands Augustins.
Les Loueurs de Carosses, dans
l'Eglise des grands Carmes,
Réjoiissances.
260
Les Marchandes de la Place
Maubert, dans la même Eglise.
Les Marchands Messigiers ou
Marchands de Laine, dans l'E
glise de S Denys de la Chartre.
Les Forts gagne deniers, dans
l'Eglise des grands Cordeliers.
Les Marchands Patenotriers,
dans l'Eglise de Saint Bon.
Le 22.
Les Chandeliers un Te Deum
en Musique de la composition
de Mr Bernier, dans la Sainte
Chapelle basse.
Les Colporteurs, dans la
Chapelle de S. Blaiſe, ruë Ga-
lande. Mrs le Begue & Poul-
lain estoient alors en exercice
de direction. Le 24
La Communauté des Peintres,
un Te Deum en Musique de la
261
Réjouissances.
composition de MrBernier, dans
sa Chapelle de saint Luc, dans
la Cité. Le 27.
Les Menuifiers, dans l'Eglise
des grands Cordeliers.
Les Potiers d'Etain
dans
l'Eglise des grands Augustins.
On a oublié de marquer que
le 13. les Couteliers, Doreurs
& Graveurs ont fait chanter
un Te Deum dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les Marchands & Loueurs de
Chevaux firent chanter le Te
Deum le 31. Juillet dans l'Eglise
de saint Jacques de l'Hospital.
Le nombre des Communatez
quiont fait chanter le Te Deum
est si grand, que je ne doute
point qu'il ne m'en soit écha-
péune partie; mais il est certain
qu'il n'y en a pas une de celles
Réjouissances.
262
qui sont peu accommodées, &
qu'on ne croit pas même avoir
rang de Communauté, qui n'ait
voulu témoigner son zele & sa
joye. Il s'eſt trouvé des Con-
vents qui n'ont point voulu
prendre de leur argent, & les Ja-
cobins de la ruë S. Honoré ont
donné la dessus exemple aux au-
tres. L'empressement étoit si vif-
que saus les soins & l'applica-
tion de Mr d'Argenson, la con-
fusion auroit eſté grande, cha.
cun voulant rendre graces au
Ciel, & faire des réjouissances
presque dans le même temps:
C'est ce qui obligea Mr d'Ar-
genson de regler que quatre
Communautez seulement, fe-
roient rendre par jour des
actions de graces, & ce qu'ily
obengn
ade
&
ir
it
sa
n
lu
a-
nt
if
a-
.
u
s
.
Réjouissances.
263
a de surprenant, est que ce Ma-
giſtrat a bien voulu assiſter à la
plus grande partie de ces Te
Deum, & qu'il a esté souvent,
chaque jour, à tous ceux qui
ſe ſont dits. Il donna, dés le
jour de la naissance de Monsei-
gneur le Due de Bretagne, &
les jours suivans, de si grandes
marques d'une veritable joye,
& il fit tant de choſes pour la
marquer, qu'elles me mene-
roient trop loin, si j'entrepre-
nois de les décrire; ainsi je ne
les rapporteray point icy. Elles
ne ſont pas ignorées à Paris, ou
tout retentit de la vivacité de
ſon zele & de ſes liberalitez; ce-
pendant je ne puis m'empêcher
de vous dire que le 29. de Juin,
l'entrée de la ruelle qui conduit
Réjouiffances.
264.
à l'Hostel de ce Magistrat pa-
rut toute alluminée. Il y avoit
une piramide surmontée d'un
Soleil tour éclatant de lumie-
res, & à côté, deux grands
Dauphins qui jetterent du vin
pendant cinq à six heures. Il y
avoit ensuite le long de la ruel-
le ou avenuë, des pilastres aux
deux côtez, garnis de lumieres.
Cette avenuë étoit remplie de
timballes & de trompettes, qui
étorenusur des échafauts en for-
me de balcons, afin que l'ave-
nuë ne se trouvast pas rétressie.
Toute cette avenue étoit ornée
de fettons de fleurs naturelles.
La façade de l'Hoſtel étoit dé-
corée par une grande quantité
de lamprons & de fleurs. Tou-
te la cour étoit illuminée & di-
Réjouissances.
265
visée en portiques ornez de fe-
stons, & remplis d'une grande
quantité de lamprons. La Com-
pagnie de Mr le Prevost de
l'Ifle, celle de Mr le Licu-
tenant de Robe-courte & cel-
le de Mr le Chevalier du
Guet y firent quatorze déchar-
ges, dont le bruit fit casser pres-
que toutes les vîtres. Les appar-
temens du premier étage étoient
ouverts à tout le mode, & ceux
du second étoient remplis de
rafraschissemens & de liqueurs
pour les personnes plus distin-
guées. Mr d'Argenson & Mr
son fils jetterent des fenestres
de cet appartement, un tres-
grand nombre de pieces de dix
sols & de cinq sols au Peuple,
dont la cour étoit toute remplio
Z ij
266 Réjouissances.
La Feste commença à huit heu-
res du soir & ne finit qu'à trois
heures aprés minuit. Mr d'Ar-
genson avoit fait mettre des
lanternes dans toutes les ruës
des environs de son Hostel, où
des chandelles brulerent jus-
ques au jour, & il y avoit beau-
coup de devises & d'emblêmes
dans les ornemens de l'avenue
& de la Cour. Il est impossible
de bien exprimer la maniere af-
fable qui parut, pendant toute
la soirée, sur le visage de Mr
d'Argenson, qui excitoit luy-
même a se divertir, tous ceux
qui ne peuvent s'empêcher de
causer du dommage, aux lieux
où le vin leur fait donner des
marques d'une joye un peu trop
vive.
ler de plus de soixante-dix
Communautez qui ont fait des
Feſtes, dont je ne ſuis pas assez
bien informé, pour vous en don-
ner le détail; vous jugerez bien
par les noms de ces Commu-
nautez qu'il y en a dont la vi-
vacité du zele à beaucoup plus
marqué leur joye que leur ma-
gnificence, & qui n'ont pû
imiter qu'en cela ceux qui ont
fait de tres grosses dépenses.
Réjouissances. 247
Ce n'est pas qu'une partie de
ces Communautez n'en ait fait
beaucoup, & que je ne vous
envoye le mois prochain le dé-
tail de quelques-unes de celles
qu'elles ont faites, si elles
tombent entre mes mains; ce-
pendant je vous diray que tous
les Syndics & Officiers de ces
Communautez se sont distin-
guez le jour que la Commu-
nautez ſe ſont diſtinguez le jour
que la Communauté a fait chan-
ter le Te Deum. Ils ont fait des
feux, des illuminations & don-
nez à boire aux passans, & tou-
tes les boutiques de ceux de
leur Communauté ont esté fer-
mées ce jour-là ; & chacun a
fait des feux devant sa porte,
& plusieurs ont fait des depen-
Réjouissances.
248
ſes ce soir-là au de-là de leurs
facultez.
Voicy les noms de toutes ces
Communautez, le jour & les
lieux où elles ont fait chanter
le Te Deum.
Le 30. Juin.
Les Marchands Miroittiers,
un Te Deum en Musique de la
composition de Mr Bernier,
Maistre de la Sainte Chapelle,
dans l'Eglise de sainte Marine
de la Cité.
Le 1. Juillet.
Le Corps des Marchands
Bonnetiers dans sa Chapelle en
l'Eglise de saint Jacques de la
Boucherie.
Les Marchands Chapeliers
un Te Deum en musique & sym-
phonie, dans l'Eglise de S. Leu
S. Gilles.
Réjouissances.
249
Les Corroyeurs, dans l'E-
glise de Saint Merry.
Les Horlogeurs, dans la Sain-
te Chapelle basse.
Le 6.
.
Les Marchands de Vin du
Roy, dans l'Eglise des grands
Cordeliers. Monsieur l'Argil-
lieire, ancien grand Garde fit
le soir un feu devant sa porte;
toute la façade de sa Maison
fut illuminée & une piece de
vin distribuée aux Passans.
Les Maîtres & Maîtresses
des petites Ecoles, dans l'E-
glises des grands Cordeliers.
Le 7.
Les Cordonniers un Te Deum
en musique, de la composition
de Monsieur Lallouette dans
leur Chapelle en l'Eglise Me-
Réjouissances.
250
tropolitaine de Nôtre Dame.
Les Marchands Fripiers
dans l'Eglise des Saints Inno-
cens.
Les Marchands Ceinturiers,
un Te Deum en musique dans
l'Eglise de Saint Barthelemy.
Le 8.
Les Tapissiers dans l'Eglise du
Saint Sepulchre.
Les Plombiers, dans la même
Eglise.
Les Selliers, Lormiers &
Carossiers, un Te Deum en
Musique avec Symphonie, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Les Lingeres dans l'Eglise de
Sainte Oportune.
Les Gantiers & Parfumeurs,
dans l'Eglise des Carmes de la
Place Maubert.
p
s
e
8
Réjouissances.
251
La Communauté des Four-
bisseurs un Te Deum en Musi-
que de la composition de Mr
Bernier, dans la sainte Cha-
pelle basse.
Les Gardes de la Communau-
té des Tapissiers un Te Deum
en Musique dans la même
Eglise, & de la composition du
même Maiſtre.
Le 9.
Les Chirurgiens & Barbiers,
un Te Deum en Musique avec
une belle Symphonie dans l'E-
glise de Saint Coſme; il y eut
une grande illumination dans
leur Laboratoire dans le même
quartier.
Les Couturieres, dans l'Eglise
de Saint Gervais.
Le1o,
La Communauré des Tail-
252 Réjouissances.
leurs, un Te Deum en Musique,
de la composition de Mr Lal-
louette, dans l'Eglise de la Tri-
nité, ruë Saint Denys.
La Communauté des Ecri-
vains Jurez, un Te Deum & un
Salut en Musique dans l'Eglise
de Sainte Croix de la Breton-
nerie.
Les Boulangers, dans l'Eglise
de Saint Honoré.
Les Gardes Jurez, Emailleurs,
Vitriers & Fayanciers, un Te
Deum en Musique de la compo-
sition de Mr Guillery, dans
l'Eglise des Saints Innocens.
Les Marchands Lapidaires
& Jouailliers, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les Marchands Salpetriers,
dans l'Eglise des Augustins de
n
se
-
b-
s
es
es
5
Réjouissances.
253
la Place des Victoires. Le soir
ils firent tirer un beau feu d'ar-
tifice devant l'Eglise de ces
Peres.
Les Bourliers, dans l'Eglise
du S. Sepulchre, avec sympho-
nie.
Le II.
Les Marchands Taillandiers
en fer blanc & en fer noir, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 12.
La Communauté des Bou-
chers, un Te Deum en Musique
de la composition de Mr La-
louette, dans l'Eglise de Saint
Jacques de la Boucherie.
Les Marchands Doreurs,
dans l'Eglise de Saint Denys de
la Chartre.
Le 13.
Les Vitriers & Peintres sur
Réjouissances.
254
verre, un Te Deum en Musi-
que de la composition de Mr
Bernier, dans l'Eglise des
grands Cordelièrs.
Les Marchands Peigniers &
Tablettiers, dans l'Eglise des
grands Augustins
Les Marchands du Pont-neuf
dans la même Eglise. Ils firent
un feu devant la Statuë d'Hen-
ryIV. ils illuminerent la grille
& tirererent beaucoup d'arti-
fice.
Les Marchands Papetiers,
dans l'Eglise des grands Cor-
deliers.
Les Marchands Boisfeliers un
Te Deum en Musique de la
composition de Mr Bouteiller
l'aiſné, dans l'Eglise de Saint
Leu, Saint Gilles.
Réjovissances.
255
Les Malletiers & Coffretiers
dans l'Eglise des Augustins du
Fauxbourg Saint Germain.
Les Chaudronniers, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 14.
Les Charpentiers, dans la
Chapelle de Saint Blaise, rue
Galande.
Les Teinturiers en soye, en
fil & en laine, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les anciens Marchands Tan-
neurs, dans l'Eglise de Saint
Gervais.
Les Marchands Verriers &
Fayanciersi, dans l'Eglise de la
Trinité, ruë Saint
Denys.
Les Marchands Doreurs &
Argenteurs, dans l'Eglise des
grands Augustins.
Juillet 1704. II. P.
Y
Rejouissances.
256
Les Maréchaux, un Te Dean
en Musique de la composition
de Mr Paulin , Beneficier de
Nostre-Dame, dans l'Eglise des
Augustins du Fauxbourg saint
Germain.
La Communauté des Mar-
chands Tissutiers, Rubaniers,
Frangers & Ouvriers en draps
d'or, d'argent & de soye, dans
l'Eglise du Prieuré de saint Mar-
tin des Champs.
Le 15.
Les Vinaigriers, dans l'E-
glise du Saint Sepulchre.
Les Patissiers, dans la Cha-
pelle Royale de Saint Michel,
dans l'enclos du Palais.
Les Seruriers, dans l'Eglise
de saint Denys de la Chartres.
Les Fruitiers & Orangers,
Réjouissances.
257
un Te Deum en Musique de la
composition de Mr Paulin, dans
l'Eglise des grands Augustins.
Le 17.
Les Grainiers & Grainierés
dans la même Eglise.
Les Marchands Tanneurs,
dans la miême Eglise.
La Compagnie des Maistres
en fait d'Armes, dans l'Eglise
des grands Cordeliers.
Les Marchands Tonneliers,
dans leur Chapelle, en l'Eglise
de Nostre-Dame.
Les Marchands
Tonneliers
& Déchargeurs de
Vin, dans
l'Eglise de saint Bon.
Les Marchands Brasseurs, un
Te Deum en Musique de la com-
position de Mr Bernier, dans
la Sainte Chapelle basse.
Yi.
258
Réjouissances.
Les Marchandes du Marché
neuf, un Te Deum en Musique
de la composition de Mr Paulin,
dans l'Eglise de sainte Gene-
viéve des Ardens.
Le 18.
Les Marchands Rotisseurs,
dans l'Eglise des grands Au-
gustins; le soir ils firent tirer un
beau feu d'artifice devant la
porte de cette Eglise.
Les Marchands Boulangers,
dans l'Eglise des grands Cor-
deliers.
Le 19.
Les Maistres Jarez & Gardes
de la Communauté des Cuisi-
niers - Traiteurs, dans l'E-
glise de sainte Croix de la Bre-
tonnerie.
Les Couvreurs, dans l'Eglise
Réjouissances.
25
de ſaint Julien le pauvre.
Le 20
Les Graveurs & Peintres en
Taille douce, un Te Deum n
Musique de la composition de
Mr Petit de Nostre-Dame, dans
l'Eglise de Mathurins.
Les Marchands Gaisniers,
dans l'Eglise de sainte Croix
de la Bretonnerie.
Le 2I.
Les faiseurs & joueurs d'in-
strumens, dans la même Eglise.
Les Charbonniers, dans la
même Eglise.
La Communauté des Mar-
chands de vieux fer & de dépe-
ceurs de Carosse, dans l'Eglise
des grands Augustins.
Les Loueurs de Carosses, dans
l'Eglise des grands Carmes,
Réjoiissances.
260
Les Marchandes de la Place
Maubert, dans la même Eglise.
Les Marchands Messigiers ou
Marchands de Laine, dans l'E
glise de S Denys de la Chartre.
Les Forts gagne deniers, dans
l'Eglise des grands Cordeliers.
Les Marchands Patenotriers,
dans l'Eglise de Saint Bon.
Le 22.
Les Chandeliers un Te Deum
en Musique de la composition
de Mr Bernier, dans la Sainte
Chapelle basse.
Les Colporteurs, dans la
Chapelle de S. Blaiſe, ruë Ga-
lande. Mrs le Begue & Poul-
lain estoient alors en exercice
de direction. Le 24
La Communauté des Peintres,
un Te Deum en Musique de la
261
Réjouissances.
composition de MrBernier, dans
sa Chapelle de saint Luc, dans
la Cité. Le 27.
Les Menuifiers, dans l'Eglise
des grands Cordeliers.
Les Potiers d'Etain
dans
l'Eglise des grands Augustins.
On a oublié de marquer que
le 13. les Couteliers, Doreurs
& Graveurs ont fait chanter
un Te Deum dans l'Eglise des
grands Augustins.
Les Marchands & Loueurs de
Chevaux firent chanter le Te
Deum le 31. Juillet dans l'Eglise
de saint Jacques de l'Hospital.
Le nombre des Communatez
quiont fait chanter le Te Deum
est si grand, que je ne doute
point qu'il ne m'en soit écha-
péune partie; mais il est certain
qu'il n'y en a pas une de celles
Réjouissances.
262
qui sont peu accommodées, &
qu'on ne croit pas même avoir
rang de Communauté, qui n'ait
voulu témoigner son zele & sa
joye. Il s'eſt trouvé des Con-
vents qui n'ont point voulu
prendre de leur argent, & les Ja-
cobins de la ruë S. Honoré ont
donné la dessus exemple aux au-
tres. L'empressement étoit si vif-
que saus les soins & l'applica-
tion de Mr d'Argenson, la con-
fusion auroit eſté grande, cha.
cun voulant rendre graces au
Ciel, & faire des réjouissances
presque dans le même temps:
C'est ce qui obligea Mr d'Ar-
genson de regler que quatre
Communautez seulement, fe-
roient rendre par jour des
actions de graces, & ce qu'ily
obengn
ade
&
ir
it
sa
n
lu
a-
nt
if
a-
.
u
s
.
Réjouissances.
263
a de surprenant, est que ce Ma-
giſtrat a bien voulu assiſter à la
plus grande partie de ces Te
Deum, & qu'il a esté souvent,
chaque jour, à tous ceux qui
ſe ſont dits. Il donna, dés le
jour de la naissance de Monsei-
gneur le Due de Bretagne, &
les jours suivans, de si grandes
marques d'une veritable joye,
& il fit tant de choſes pour la
marquer, qu'elles me mene-
roient trop loin, si j'entrepre-
nois de les décrire; ainsi je ne
les rapporteray point icy. Elles
ne ſont pas ignorées à Paris, ou
tout retentit de la vivacité de
ſon zele & de ſes liberalitez; ce-
pendant je ne puis m'empêcher
de vous dire que le 29. de Juin,
l'entrée de la ruelle qui conduit
Réjouiffances.
264.
à l'Hostel de ce Magistrat pa-
rut toute alluminée. Il y avoit
une piramide surmontée d'un
Soleil tour éclatant de lumie-
res, & à côté, deux grands
Dauphins qui jetterent du vin
pendant cinq à six heures. Il y
avoit ensuite le long de la ruel-
le ou avenuë, des pilastres aux
deux côtez, garnis de lumieres.
Cette avenuë étoit remplie de
timballes & de trompettes, qui
étorenusur des échafauts en for-
me de balcons, afin que l'ave-
nuë ne se trouvast pas rétressie.
Toute cette avenue étoit ornée
de fettons de fleurs naturelles.
La façade de l'Hoſtel étoit dé-
corée par une grande quantité
de lamprons & de fleurs. Tou-
te la cour étoit illuminée & di-
Réjouissances.
265
visée en portiques ornez de fe-
stons, & remplis d'une grande
quantité de lamprons. La Com-
pagnie de Mr le Prevost de
l'Ifle, celle de Mr le Licu-
tenant de Robe-courte & cel-
le de Mr le Chevalier du
Guet y firent quatorze déchar-
ges, dont le bruit fit casser pres-
que toutes les vîtres. Les appar-
temens du premier étage étoient
ouverts à tout le mode, & ceux
du second étoient remplis de
rafraschissemens & de liqueurs
pour les personnes plus distin-
guées. Mr d'Argenson & Mr
son fils jetterent des fenestres
de cet appartement, un tres-
grand nombre de pieces de dix
sols & de cinq sols au Peuple,
dont la cour étoit toute remplio
Z ij
266 Réjouissances.
La Feste commença à huit heu-
res du soir & ne finit qu'à trois
heures aprés minuit. Mr d'Ar-
genson avoit fait mettre des
lanternes dans toutes les ruës
des environs de son Hostel, où
des chandelles brulerent jus-
ques au jour, & il y avoit beau-
coup de devises & d'emblêmes
dans les ornemens de l'avenue
& de la Cour. Il est impossible
de bien exprimer la maniere af-
fable qui parut, pendant toute
la soirée, sur le visage de Mr
d'Argenson, qui excitoit luy-
même a se divertir, tous ceux
qui ne peuvent s'empêcher de
causer du dommage, aux lieux
où le vin leur fait donner des
marques d'une joye un peu trop
vive.
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Résumé : « Il me reste encore à vous parler de plus de soixante-dix [...] »
En juillet 1704, plus de soixante-dix communautés parisiennes célébrèrent la naissance du duc de Bretagne par diverses festivités. Ces célébrations comprenaient des Te Deum, des feux, des illuminations et des distributions de boissons. Les syndics et officiers fermaient leurs boutiques et allumaient des feux devant leurs portes. Les Marchands Miroitiers chantèrent un Te Deum le 30 juin à l'église Sainte-Marine, tandis que les Marchands Bonnetiers le firent le 1er juillet à l'église Saint-Jacques de la Boucherie. D'autres communautés comme les Cordonniers, les Tapissiers et les Boulangers organisèrent également des Te Deum dans diverses églises. Du 13 au 27 juillet, plusieurs corporations se réunirent pour chanter des Te Deum composés par des musiciens tels que Mr Paulin, Mr Bernier et Mr Petit. Parmi elles figuraient les marchands tissutiers, les vinaigriers, les pâtissiers, les serruriers, et bien d'autres. Le magistrat Mr d'Argenson régula ces célébrations et assista à de nombreuses cérémonies. Le 29 juin, l'entrée de la rue menant à son hôtel fut illuminée avec divers ornements lumineux et des salves d'artillerie furent tirées. Monsieur d'Argenson organisa une fête où des salves de mousqueterie furent tirées, endommageant de nombreuses vitres. Les appartements du premier étage étaient ouverts à tous, tandis que ceux du second accueillaient des invités distingués avec des rafraîchissements. Monsieur d'Argenson et son fils distribuèrent des pièces de monnaie au peuple. La fête dura de 20 heures à 3 heures du matin, avec des lanternes éclairant les rues et des devises ornant l'avenue et la cour. Monsieur d'Argenson se montra affable tout au long de la soirée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
s. p.
MEMOIRES sur ces deux morts.
Début :
Le Vendredy 12. Février 1712. Marie-Adelaïde de Savoye, Epouse de [...]
Mots clefs :
Dauphin, Dauphine, Gardes, Princesse, Duc d'Orléans, Corps du prince, Carrosse, Choeur, Saint-Denis, Évêque de Senlis, Mort, Duchesse, Armes, Lit de parade, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRES sur ces deux morts.
MEMOIRES
fur ces deux morts.
LeVendredy 12. Février
1712. Marie-Adelaïde da
Savoye , Epoufe de Monfeigneur Louis , Dauphin
de France , mourut aprés
avoir receu fes Sacrements
le jour précedent avec une
parfaite refignation auxvolontez de Dieu & de grands
fentiments de pieté. Sitoft
qu'elle fut décédée ce mefme jour 12. Février à huit
heures & demie du foir , le
Roy fe retira à Marly où
de Mon(Eignearlyfetc
f'on tranfporta Monfeis
gneur le Dauphin malade
le Samedy 13. Février à
fept heures du matin. La
mort d'une Epoufe quiluy
eftoitfi chere rendit la ma
ladie mortelle ; il expira le
Jeudy 18. du mefme mois.
Parlons d'abord de ce
qui fe paffa au premier de
ces deux funeftes évenements. Ce ne furent que
cris & que larmes dans
tout le Chasteau de Verfailles. On peigna la Prin
ceffe , onla coëffa en linger
uni avec des rubans noirs
MORTA
& blancs , & en cet eftat
elle fut exposée au public
tout le Samedyfuivant.
Le Samedy 13. au ſoir
fort tard , elle fut enfevelie
& mife dans fon cercuel
par Madame la Ducheffe
du Lude , & Madame la
Marquile de Mailly , cellelà tenant la tefte , celle- cy
les pieds.
Elle refta tout le Dimanche fur fon lit dans fon
cercueil fans aucun appareil que fix cierges , parce
qu'on préparoit dans la
chambre d'auprés fon lit
de Monfeigneur, & c.
de parade où elle fut mife
le Lundy 15. & exposée au
public.
1
Le Jeudy 18. Monfei
gneur le Dauphin n'ayant
fait paroiftre d'autre in
quietude pendant toute la
nuit précedente que celle
de parvenir aumoment au
quelil pourroit entendre la
Meffe & recevoir le Saint
Sacrement, fon inquietude
ceffa quandil eut fatisfait à
ces deux devoirs , il mou
rut ( aprés avoir recom
mandéfon ameà Dieu , &
l'avoir ptié de conſerver
MORTAS
long temps la perfonne fa
crée du Roy , pour l'intel
reft de les peuples, ) à huit
heures & demie du matin.
Le Roy fe retira dans le
penultiéme Pavillon de
Marly à gauche , & dés que
Monfeigneur le Dauphin
pur eftre enseveli , on l'ap.
porta à Versailles , & on le
mit dans le mefme lit de
parade avec Madame la
Dauphine. Les deux grilles
de Versailles eftoient ten
dues de noir fans écuffons.
Toutes les arcades du ve
fabule , le grand efcalier ,
de Monfeigneur, &c.
la premiere Salle des Gar
des & tout l'appartement
de Madame la Dauphine
eftoient tendus jufqu'au
plafond : deux bandes d'E
cuffons regnoient depuis
les dehors de la Cour juf
ques à la Chambre où le
Prince & la Princeffe ef
toient expoſez.h mung
Un concours infini de
peuple , vint pendant tout
le temps que les corps du
Prince & de la Princeffe
furent expoſez , & paffoit
au travers du Salon , par
la Galerie , jufques à une
MORT
barriere qu'on avoit faite
pour ne donner paffago
que par l'autre Salle des
Gardes , & cela dura juf
qu'au Mardyà midy , qua
tre Pores de la Miffion
quatre Peres Feuillants , &
quatre Peres Recollets ,
avoient veillé jour & nuit
autour du lit de parade ,
& fur les cinq heures du
foir du Mardy 23. Mon
feigneur le Duc d'Orleans
qui avoit efté Mercredyi
17.. donner l'eaubenifte au
Corps de Madame la Dauphine , deyant conduire la
pompe
de Monfeigneur , &c.
"
pompe funebre , vint en
donner avant la levée des
corps du Prince & de la
Princeffe. Meffeigneurs les
Evefques ayant auffi donné
de l'eau benite fur lescorps
du Prince & de la Princeffe , Monfeigneur l'Evef
que de Senlis, accompagné
de Meffeigneurs les Evel
ques de Montauban , de
Tournay , & d'Autun , des
Aumofniers du Curé de
la Paroiffe de Versailles en
furplis & en étole , ayant
entonné Exultabunt , plufieurs Peres de la Miffion ,
Février 1712 .
A
MORTb
commencerent à chanter
le Miferere. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Monfieur le Marquis de Dangeau , Chevalier d'Honneur , Monfieur
le Maréchal de Teffé , premier
Ecuyer, les Dames d'Honneur , & les Dames du
Palais qui estoient dans
la Chambreoù la Princeffe
s'avancerent eftoit morte ,
dans celle du lit de parade :
fçavoir , Madame la Ducheffe du Lude , & Madame la Comteffe de Mailly ,
Dames d'Honneur, les Da-
de Monfeigneur , &c.
mes du Palais , Meldames
Ja Marquifel de Dangeau,
deRoucyde Nogaret,d'O,
de Mongon , de Levy, d'Eftrées , ayant à leur tefte
Madame la Grande Ducheffe , Madame la Prin
ceffe de Conty , Madame
la Ducheffe de Vendofme,
&Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon. Toutes cés
Dames fuivoient les corps
du Prince & de la Princeffé, portez par dix Gardes
-dusCorps à chaque cercueil , & deux à chaque
quaiffe , où eftoient renA ij
MORT
fermées les entrailles ; lorf
qu'ils furent fur l'escalier ,
la Mufique entonna un De
profundis en faux bourdon ,
qui dura à peu prés le
temps que les deux cercueils & les deux quaiffes
furent pofez dans le Char
funebre , les Gardes Françoifes & Suiffes eftoient
fous les armes alors on
commença à défiler en cet
ordre. Premierement:
Cent Pauvres habillez
d'une cape grife & claire ,
pliffée , qui leur deſcendoit
jufqu'aux pieds , avec un
de Monfeigneur , &c.
cocluchon & une ceintures
ayant chacun un flambeau
ala main. Une Compagnie
des Gardes du Corps; cent
Vingt Moufquetaires , foixante de chaque Compa
gnie , fuivis de celles des
Gendarmes & ChevauxLegers , aprés lefquels fuivoient lesCaroffes de deuil,
de Meffieurs les Officiers ,
de Monfeigneur le Duc
d'Orleans , ceux de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , fuivis de leurs Valets de pied ;
tous ces Caroffes eftoient à
huit chevaux. A iij.
MORTAM
Premier Caroffe de Madame la Dauphine.
S. A. S. Madame la Du
cheffe Pa
Madame la Ducheſſe du
Lude, Dame d'Honneur.
Madame la Ducheffe d'Harcour.
Madame la Ducheffe de
Duras.
Madame la Marquife de
Rouffy, Damedu Palais.
Madame la Marquise de
Mailly , Dame du Palais.
Madame la Marquife de
Laigle , Dame d'Honneur de
Madame la Ducheſſe.
de Monfeigneur, &c.
Second Caroffe.me
S. A. S. Madame la Ducheffe de Vendofme.
Madame la Ducheffe d'E
firées.od
Madame la Princeffe de
Chimay.
Madame de Nogaret.
Madame de Moufereaut.
Madame la Marquife de
Braffac, Dame d'Honneur de
Madame de Vendofme.
Troifiéme Caroffe.
S. A. S. Mademoiſelle de
Conti.
Madame la Duchesse de
Sully
N
A iiij
MORT
Madame la Duchesse de
la Ferté.
Madame la Marquise de
Nangy.
Madame la Marquife de
la Vrilliere
Madame la Marquife da
Liftenay.
Quatriéme Carolfe.
S.AS. Mademoiſelle de la
Rochefur Yon.
Madamela Comtesse d'Egmont.
Madame la Princesse de
Talmont.
Madame de Clermont
Madame la Marquise de
Polignac.
de Monfeigneur, &c.
Madame la Marquife de
la Vrilliere.
Madame la Marquife de
Chambouard.
Cinquiéme Caroffe.
Madame la Grand-Duchefse feule dans le fond avec
Madamela Comteffe de Mail
ly.
Et enfuite fuivirent les Pages de Monfeigneur le
Dauphin &de Madame la
Dauphine. Le Garoffe en
fuite de Monſeigneur le
Ducd'Orleans , où il eftoit
feul dans le fond avec
Monfienr le Marquis de
MORT
la Fare fon premier Capitaine des Gardes , &Mon.
fieur le Comte d'Estampes
fecond Capitaine des Gardes. Dans les autres Caroffes de fa fuite , eftoient
Meffieurs d'Armentieres ,
de Simiane , de Marivat.
Tousces équipages & corteges furent fuivis des Pa
du Roy avec les livrées
du Roy fans deüil , ayant
tous unflambeauà la main,
auffi bien que Meffieurs les
Moufquetaires , Gendarál
Chevaux Legers
ges
mes
qui tous avoient leur ha
de Monseigneur, &c.
bit d'ordonnance, à la tefte
de ce défilé , les caroffes
dans lefquels eftoient Mr
l'Evefque de Senlis , premier Aumofnier de Mada
me la Dauphine , Mr l'Evefque de Tournay , Mr.
l'Evefque de faint Omer ,
Mr. l'Evefque de Montau
ban, & Mrl'Evefque d'Au
tun , au milieu Mr le Curé
de Verfailles en Eftole d'un
cofté , le Pere de la Ruë de
le Pere Martineau, celuy
là Confeffeur de Madame
la Dauphine , celui- cy de
Monfeigneur le Dauphing
MORT
de l'autre cofté: enfuite parurent les quatre Heraults
d'armes avec le Roy d'ar
mes à leur tefte. Le Char
eftoit accompagné de qua
tre Aumofniers en rochet ,
manteau & bonnet carré,
tous quatre à cheval , te
nants chacun un des quatre coins dupoële , ce Char
eftoit attelé de huit cheyaux caparaçonnez. Les
Recollets de Verſailles accompagnerent le convoy
juſqu'à l'avenuë. Il entra
dans Paris à deux heures &
demie aprés minuit, toute
de Monfeigneur, & c.
la rue faint Honoré, où les
Feuillants , les Capucins ,
les Quinze - vingts , faint
Honoré, firent leurs Prieres avec chacun leur Clergé, ayant leurs Croix &
leurs chandeliers , fe prefenterent au paffage pour
chanter un De profundis.
Sitoft qu'on apperceut de
faint Denys les premiers
flambeaux, l'on fonna un
bourdon durant un quart
d'heure pour fignal à toutes les Eglifes de faint Denys , Collegiales , Paroil
fest & Communautez
MORTASÍ
,
d'hommes pour ſe préparer à aller au devant avec
les Religieux de faint De
nys. Tout le Clergé des
autres Eglifes s'eftant rendu dans celle de l'Abbaye ,
on fonna une ſeconde fois
un bourdon feul , pour fe
préparer àpartir. On avoit
commenceà dire des baffes
Meffes dés quatre heures
du matin , dans les Chapelles du Chevet , Chever
c'eft la partie haute de l'Eglife de faint Denys , derriere le chœur , & le lieu
oùferont expoſez pendant
de Monseigneur , &c.
quarante jours les corps du
Prince & de la Princeffe ,
tout le cortege paroiffoir
s'approcher le Clergé de
faint Denys , ayant les Religieux à leur tefte , en formerent un confiderable ,
& allerent au devant du
convoy juſques à la porte
de Paris , qui cftoit tendue avec deux rangées d'Ecuffons , auffi bien que la
premiere porte d'entrée
fur le parvis. Le Convoy
ayant joint , ils entonnerent le Libera Tout défila
furla place oùeftoient plu-
SM ORTA A
Leurs Compagnies des
Gardes Françoiles & Suif
fes ,fous les armes , les pauvres entrerent dans l'Eglife avec leurs flambeaux.
Monfieur de Dreux ; &
Monfieur Defgranges , fi
rent difpofer les fieges &
les carreaux dans le Chœur.
pour les Dames.
Monseigneur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Marquis de Dangeau , &
Monfieur le Maréchal de
Teffé , s'allerent placerd'abord au Choeur ; enfin le
Clergé & les Religieux
eftant
de Monfeigneur, &c.
eftant entrés, le Char eftant
arrivé devant la porte de
l'Eglife , Mr. l'Evefque de
Senlis emchape & en mitre, le Prieur de Saint Denis
enchape , accompagné de
deux Religieux en Dalmatiques , attendirent que les
deux cercueils fuffent apportés fur deux tables l'un
auprés de l'autre , placés
au milieu , fous la plateformeàl'entrée pour com
mencer leurs Harangues.
Ces deux harangues finies , Madame la grande
Ducheffe eftant revenue
Février 1712.
B
MaO RUTAsh
du Chœur au lieu où elles
fe firent pour reprefenter
auprés de Madame la Dauphine, on avoit mis fur les
cercueils de plomb enfermez dans un cercueil de
bois de chefne , & couvert
d'un velours croisé d'une
moire d'argent , à travers
lequel paffoient trois an
neaux de chaque cofté ,
un poëlle noir avec une
Croix herminée , tout le
poëfle bordé d'hermine de
la hauteur de dix pouces ,
& par deffus ce poëlle une
autre de drap d'or avec les
de Monfeigneur, c.
Ecuffons brodez de Mon
feigneur le Dauphin , auf
quels eftoient jointes les
Armes de Madamela Dau
phine fans brifures , n'y
ayant que celles deSavoye
qui font de gueules à und
Croixd'argent, ainfi qu'el
les paroiffoient alternativement dans les Ecus de
velours , chargez d'Ecuffons qui regnoient autour
du Chœur jufqu'à l'Autel,
celles de Monfeigneur le
Dauphin feuls , alternati
A
vement jointes à celles de
Madame la Dauphine. En
Bij
MAORT..
07
fuite on avança' dans le
Chœur, les Gardesducorps
eurent ordre du Maiftre
des ceremonies , de prendre le corps de Madame la
Dauphine le premier, pour
le porter fur une eftrade de
trois degrez qui eftoit dans
le Choeur, & celuy de Monfeigneur le Dauphin , lef
quels eftant placez fur deux
tables , le poëfle de drap
d'or feulement eſtendu
deffus , cinq douzaines de
cierges autour , furmonté
d'un dais en l'air . le Mifer
rere achevé , on chanta le
.
de Monfeigneur,&C.
Subvenite , Kyrie eleifon , Pa
ter nofter , pendant quoy
Mr l'Evefque de Senlis jetta l'eau benifte autour, en
cenfa, & le Pere Prieur enfuite, & Mrde Senlis ayant
fini l'Abfolution , ce qui
conduifit jufqu'à fept heu
res trois quarts ; on s'alla
repofer une demi - heure
aprés laquelle Mr de Senlis vint commencer la
grand Meffe qui dura juſ
ques à neuf heures trois
1quarts.
MORTV
Les cœurs de Monfeigneur.le Dauphin , & de
Madamela Dauphine , fu
rent portez au Val de Gras
ce le Vendredy au foir. Ils
yarriverent à minuit.de
En attendant un détail
de cette ceremonie voicy
le Difcours que fit Mada+
me l'Abbeffe du Val de
Grace en les recevant
fur ces deux morts.
LeVendredy 12. Février
1712. Marie-Adelaïde da
Savoye , Epoufe de Monfeigneur Louis , Dauphin
de France , mourut aprés
avoir receu fes Sacrements
le jour précedent avec une
parfaite refignation auxvolontez de Dieu & de grands
fentiments de pieté. Sitoft
qu'elle fut décédée ce mefme jour 12. Février à huit
heures & demie du foir , le
Roy fe retira à Marly où
de Mon(Eignearlyfetc
f'on tranfporta Monfeis
gneur le Dauphin malade
le Samedy 13. Février à
fept heures du matin. La
mort d'une Epoufe quiluy
eftoitfi chere rendit la ma
ladie mortelle ; il expira le
Jeudy 18. du mefme mois.
Parlons d'abord de ce
qui fe paffa au premier de
ces deux funeftes évenements. Ce ne furent que
cris & que larmes dans
tout le Chasteau de Verfailles. On peigna la Prin
ceffe , onla coëffa en linger
uni avec des rubans noirs
MORTA
& blancs , & en cet eftat
elle fut exposée au public
tout le Samedyfuivant.
Le Samedy 13. au ſoir
fort tard , elle fut enfevelie
& mife dans fon cercuel
par Madame la Ducheffe
du Lude , & Madame la
Marquile de Mailly , cellelà tenant la tefte , celle- cy
les pieds.
Elle refta tout le Dimanche fur fon lit dans fon
cercueil fans aucun appareil que fix cierges , parce
qu'on préparoit dans la
chambre d'auprés fon lit
de Monfeigneur, & c.
de parade où elle fut mife
le Lundy 15. & exposée au
public.
1
Le Jeudy 18. Monfei
gneur le Dauphin n'ayant
fait paroiftre d'autre in
quietude pendant toute la
nuit précedente que celle
de parvenir aumoment au
quelil pourroit entendre la
Meffe & recevoir le Saint
Sacrement, fon inquietude
ceffa quandil eut fatisfait à
ces deux devoirs , il mou
rut ( aprés avoir recom
mandéfon ameà Dieu , &
l'avoir ptié de conſerver
MORTAS
long temps la perfonne fa
crée du Roy , pour l'intel
reft de les peuples, ) à huit
heures & demie du matin.
Le Roy fe retira dans le
penultiéme Pavillon de
Marly à gauche , & dés que
Monfeigneur le Dauphin
pur eftre enseveli , on l'ap.
porta à Versailles , & on le
mit dans le mefme lit de
parade avec Madame la
Dauphine. Les deux grilles
de Versailles eftoient ten
dues de noir fans écuffons.
Toutes les arcades du ve
fabule , le grand efcalier ,
de Monfeigneur, &c.
la premiere Salle des Gar
des & tout l'appartement
de Madame la Dauphine
eftoient tendus jufqu'au
plafond : deux bandes d'E
cuffons regnoient depuis
les dehors de la Cour juf
ques à la Chambre où le
Prince & la Princeffe ef
toient expoſez.h mung
Un concours infini de
peuple , vint pendant tout
le temps que les corps du
Prince & de la Princeffe
furent expoſez , & paffoit
au travers du Salon , par
la Galerie , jufques à une
MORT
barriere qu'on avoit faite
pour ne donner paffago
que par l'autre Salle des
Gardes , & cela dura juf
qu'au Mardyà midy , qua
tre Pores de la Miffion
quatre Peres Feuillants , &
quatre Peres Recollets ,
avoient veillé jour & nuit
autour du lit de parade ,
& fur les cinq heures du
foir du Mardy 23. Mon
feigneur le Duc d'Orleans
qui avoit efté Mercredyi
17.. donner l'eaubenifte au
Corps de Madame la Dauphine , deyant conduire la
pompe
de Monfeigneur , &c.
"
pompe funebre , vint en
donner avant la levée des
corps du Prince & de la
Princeffe. Meffeigneurs les
Evefques ayant auffi donné
de l'eau benite fur lescorps
du Prince & de la Princeffe , Monfeigneur l'Evef
que de Senlis, accompagné
de Meffeigneurs les Evel
ques de Montauban , de
Tournay , & d'Autun , des
Aumofniers du Curé de
la Paroiffe de Versailles en
furplis & en étole , ayant
entonné Exultabunt , plufieurs Peres de la Miffion ,
Février 1712 .
A
MORTb
commencerent à chanter
le Miferere. Monseigneur
le Duc d'Orleans , Monfieur le Marquis de Dangeau , Chevalier d'Honneur , Monfieur
le Maréchal de Teffé , premier
Ecuyer, les Dames d'Honneur , & les Dames du
Palais qui estoient dans
la Chambreoù la Princeffe
s'avancerent eftoit morte ,
dans celle du lit de parade :
fçavoir , Madame la Ducheffe du Lude , & Madame la Comteffe de Mailly ,
Dames d'Honneur, les Da-
de Monfeigneur , &c.
mes du Palais , Meldames
Ja Marquifel de Dangeau,
deRoucyde Nogaret,d'O,
de Mongon , de Levy, d'Eftrées , ayant à leur tefte
Madame la Grande Ducheffe , Madame la Prin
ceffe de Conty , Madame
la Ducheffe de Vendofme,
&Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon. Toutes cés
Dames fuivoient les corps
du Prince & de la Princeffé, portez par dix Gardes
-dusCorps à chaque cercueil , & deux à chaque
quaiffe , où eftoient renA ij
MORT
fermées les entrailles ; lorf
qu'ils furent fur l'escalier ,
la Mufique entonna un De
profundis en faux bourdon ,
qui dura à peu prés le
temps que les deux cercueils & les deux quaiffes
furent pofez dans le Char
funebre , les Gardes Françoifes & Suiffes eftoient
fous les armes alors on
commença à défiler en cet
ordre. Premierement:
Cent Pauvres habillez
d'une cape grife & claire ,
pliffée , qui leur deſcendoit
jufqu'aux pieds , avec un
de Monfeigneur , &c.
cocluchon & une ceintures
ayant chacun un flambeau
ala main. Une Compagnie
des Gardes du Corps; cent
Vingt Moufquetaires , foixante de chaque Compa
gnie , fuivis de celles des
Gendarmes & ChevauxLegers , aprés lefquels fuivoient lesCaroffes de deuil,
de Meffieurs les Officiers ,
de Monfeigneur le Duc
d'Orleans , ceux de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , fuivis de leurs Valets de pied ;
tous ces Caroffes eftoient à
huit chevaux. A iij.
MORTAM
Premier Caroffe de Madame la Dauphine.
S. A. S. Madame la Du
cheffe Pa
Madame la Ducheſſe du
Lude, Dame d'Honneur.
Madame la Ducheffe d'Harcour.
Madame la Ducheffe de
Duras.
Madame la Marquife de
Rouffy, Damedu Palais.
Madame la Marquise de
Mailly , Dame du Palais.
Madame la Marquife de
Laigle , Dame d'Honneur de
Madame la Ducheſſe.
de Monfeigneur, &c.
Second Caroffe.me
S. A. S. Madame la Ducheffe de Vendofme.
Madame la Ducheffe d'E
firées.od
Madame la Princeffe de
Chimay.
Madame de Nogaret.
Madame de Moufereaut.
Madame la Marquife de
Braffac, Dame d'Honneur de
Madame de Vendofme.
Troifiéme Caroffe.
S. A. S. Mademoiſelle de
Conti.
Madame la Duchesse de
Sully
N
A iiij
MORT
Madame la Duchesse de
la Ferté.
Madame la Marquise de
Nangy.
Madame la Marquife de
la Vrilliere
Madame la Marquife da
Liftenay.
Quatriéme Carolfe.
S.AS. Mademoiſelle de la
Rochefur Yon.
Madamela Comtesse d'Egmont.
Madame la Princesse de
Talmont.
Madame de Clermont
Madame la Marquise de
Polignac.
de Monfeigneur, &c.
Madame la Marquife de
la Vrilliere.
Madame la Marquife de
Chambouard.
Cinquiéme Caroffe.
Madame la Grand-Duchefse feule dans le fond avec
Madamela Comteffe de Mail
ly.
Et enfuite fuivirent les Pages de Monfeigneur le
Dauphin &de Madame la
Dauphine. Le Garoffe en
fuite de Monſeigneur le
Ducd'Orleans , où il eftoit
feul dans le fond avec
Monfienr le Marquis de
MORT
la Fare fon premier Capitaine des Gardes , &Mon.
fieur le Comte d'Estampes
fecond Capitaine des Gardes. Dans les autres Caroffes de fa fuite , eftoient
Meffieurs d'Armentieres ,
de Simiane , de Marivat.
Tousces équipages & corteges furent fuivis des Pa
du Roy avec les livrées
du Roy fans deüil , ayant
tous unflambeauà la main,
auffi bien que Meffieurs les
Moufquetaires , Gendarál
Chevaux Legers
ges
mes
qui tous avoient leur ha
de Monseigneur, &c.
bit d'ordonnance, à la tefte
de ce défilé , les caroffes
dans lefquels eftoient Mr
l'Evefque de Senlis , premier Aumofnier de Mada
me la Dauphine , Mr l'Evefque de Tournay , Mr.
l'Evefque de faint Omer ,
Mr. l'Evefque de Montau
ban, & Mrl'Evefque d'Au
tun , au milieu Mr le Curé
de Verfailles en Eftole d'un
cofté , le Pere de la Ruë de
le Pere Martineau, celuy
là Confeffeur de Madame
la Dauphine , celui- cy de
Monfeigneur le Dauphing
MORT
de l'autre cofté: enfuite parurent les quatre Heraults
d'armes avec le Roy d'ar
mes à leur tefte. Le Char
eftoit accompagné de qua
tre Aumofniers en rochet ,
manteau & bonnet carré,
tous quatre à cheval , te
nants chacun un des quatre coins dupoële , ce Char
eftoit attelé de huit cheyaux caparaçonnez. Les
Recollets de Verſailles accompagnerent le convoy
juſqu'à l'avenuë. Il entra
dans Paris à deux heures &
demie aprés minuit, toute
de Monfeigneur, & c.
la rue faint Honoré, où les
Feuillants , les Capucins ,
les Quinze - vingts , faint
Honoré, firent leurs Prieres avec chacun leur Clergé, ayant leurs Croix &
leurs chandeliers , fe prefenterent au paffage pour
chanter un De profundis.
Sitoft qu'on apperceut de
faint Denys les premiers
flambeaux, l'on fonna un
bourdon durant un quart
d'heure pour fignal à toutes les Eglifes de faint Denys , Collegiales , Paroil
fest & Communautez
MORTASÍ
,
d'hommes pour ſe préparer à aller au devant avec
les Religieux de faint De
nys. Tout le Clergé des
autres Eglifes s'eftant rendu dans celle de l'Abbaye ,
on fonna une ſeconde fois
un bourdon feul , pour fe
préparer àpartir. On avoit
commenceà dire des baffes
Meffes dés quatre heures
du matin , dans les Chapelles du Chevet , Chever
c'eft la partie haute de l'Eglife de faint Denys , derriere le chœur , & le lieu
oùferont expoſez pendant
de Monseigneur , &c.
quarante jours les corps du
Prince & de la Princeffe ,
tout le cortege paroiffoir
s'approcher le Clergé de
faint Denys , ayant les Religieux à leur tefte , en formerent un confiderable ,
& allerent au devant du
convoy juſques à la porte
de Paris , qui cftoit tendue avec deux rangées d'Ecuffons , auffi bien que la
premiere porte d'entrée
fur le parvis. Le Convoy
ayant joint , ils entonnerent le Libera Tout défila
furla place oùeftoient plu-
SM ORTA A
Leurs Compagnies des
Gardes Françoiles & Suif
fes ,fous les armes , les pauvres entrerent dans l'Eglife avec leurs flambeaux.
Monfieur de Dreux ; &
Monfieur Defgranges , fi
rent difpofer les fieges &
les carreaux dans le Chœur.
pour les Dames.
Monseigneur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Marquis de Dangeau , &
Monfieur le Maréchal de
Teffé , s'allerent placerd'abord au Choeur ; enfin le
Clergé & les Religieux
eftant
de Monfeigneur, &c.
eftant entrés, le Char eftant
arrivé devant la porte de
l'Eglife , Mr. l'Evefque de
Senlis emchape & en mitre, le Prieur de Saint Denis
enchape , accompagné de
deux Religieux en Dalmatiques , attendirent que les
deux cercueils fuffent apportés fur deux tables l'un
auprés de l'autre , placés
au milieu , fous la plateformeàl'entrée pour com
mencer leurs Harangues.
Ces deux harangues finies , Madame la grande
Ducheffe eftant revenue
Février 1712.
B
MaO RUTAsh
du Chœur au lieu où elles
fe firent pour reprefenter
auprés de Madame la Dauphine, on avoit mis fur les
cercueils de plomb enfermez dans un cercueil de
bois de chefne , & couvert
d'un velours croisé d'une
moire d'argent , à travers
lequel paffoient trois an
neaux de chaque cofté ,
un poëlle noir avec une
Croix herminée , tout le
poëfle bordé d'hermine de
la hauteur de dix pouces ,
& par deffus ce poëlle une
autre de drap d'or avec les
de Monfeigneur, c.
Ecuffons brodez de Mon
feigneur le Dauphin , auf
quels eftoient jointes les
Armes de Madamela Dau
phine fans brifures , n'y
ayant que celles deSavoye
qui font de gueules à und
Croixd'argent, ainfi qu'el
les paroiffoient alternativement dans les Ecus de
velours , chargez d'Ecuffons qui regnoient autour
du Chœur jufqu'à l'Autel,
celles de Monfeigneur le
Dauphin feuls , alternati
A
vement jointes à celles de
Madame la Dauphine. En
Bij
MAORT..
07
fuite on avança' dans le
Chœur, les Gardesducorps
eurent ordre du Maiftre
des ceremonies , de prendre le corps de Madame la
Dauphine le premier, pour
le porter fur une eftrade de
trois degrez qui eftoit dans
le Choeur, & celuy de Monfeigneur le Dauphin , lef
quels eftant placez fur deux
tables , le poëfle de drap
d'or feulement eſtendu
deffus , cinq douzaines de
cierges autour , furmonté
d'un dais en l'air . le Mifer
rere achevé , on chanta le
.
de Monfeigneur,&C.
Subvenite , Kyrie eleifon , Pa
ter nofter , pendant quoy
Mr l'Evefque de Senlis jetta l'eau benifte autour, en
cenfa, & le Pere Prieur enfuite, & Mrde Senlis ayant
fini l'Abfolution , ce qui
conduifit jufqu'à fept heu
res trois quarts ; on s'alla
repofer une demi - heure
aprés laquelle Mr de Senlis vint commencer la
grand Meffe qui dura juſ
ques à neuf heures trois
1quarts.
MORTV
Les cœurs de Monfeigneur.le Dauphin , & de
Madamela Dauphine , fu
rent portez au Val de Gras
ce le Vendredy au foir. Ils
yarriverent à minuit.de
En attendant un détail
de cette ceremonie voicy
le Difcours que fit Mada+
me l'Abbeffe du Val de
Grace en les recevant
Fermer
Résumé : MEMOIRES sur ces deux morts.
En février 1712, Marie-Adélaïde de Savoie, épouse du Dauphin Louis de France, décéda après avoir reçu les sacrements avec résignation et piété. Le roi se retira à Marly, et le Dauphin, gravement affecté par la perte de son épouse, mourut le 18 février. Les funérailles de Marie-Adélaïde eurent lieu le 13 février. Elle fut exposée au public, habillée de lingerie unie avec des rubans noirs et blancs. Le Dauphin, quant à lui, mourut après avoir reçu les derniers sacrements et recommandé son âme à Dieu. Les corps furent exposés à Versailles, avec des grilles et des arcades tendues de noir. Un grand concours de peuple vint voir les dépouilles. Les cérémonies funéraires inclurent des messes et des prières, avec la participation de nombreux ecclésiastiques et dignitaires. Les corps furent ensuite transportés à l'abbaye de Saint-Denis, où ils furent inhumés après des harangues et des prières. Les cœurs du Dauphin et de Marie-Adélaïde furent portés au Val-de-Grâce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 989-991
EXTRAIT D'UNE LETTRE écrite de S. Denis en France sur la Mort d'un fameux Artiste.
Début :
Pierre Denis, nâquit à Mons en Hainault, en l'année 1658. il eut dès sa jeunesse une grande [...]
Mots clefs :
Pierre Denis, Choeur, Balustrade, Saint-Denis, Église, Ouvrages, Escalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'UNE LETTRE écrite de S. Denis en France sur la Mort d'un fameux Artiste.
EXTRAIT D'UNE LETTRE
écrite de S. Denis en France sur la
Mort d'un fameux Artiste .
Pierre Denis,nâquit à Mons en Hainault , en
Pannée 168. il eut dès sa jeunesse une grande
inclination pour les Arts et un goût particulier
pour le travail du fer. Cette inclination luk
fit entreprendre le voyage d'Italie ; il s'arrêta à
Rome deux ans entiers , travaillant sous les meilleurs
Maitres . Il vint ensuite à Paris , où il acheva
de se perfectionner par un travail assidu de
six années auprès des plus habiles Artistes en ce
genre.
En l'année 1690. il quitta le Monde pour s'at
tacher à l'Ordre de S. Benoît , en qualité de
Commis , c'est ainsi qu'on nomme les Laïques.
qui se donnent à la Religion , et s'engagent par
un Contrat civil à garder certaines Regles et à
s'occuper , selon l'ordre des Superieurs , dans
les Arts et Métiers dont ils sont capables . Il entra
pour cela dans l'Abbaye Royale de S. Denis ,
et après ses deux années de probation , il y fit son
Contrat de stabilité en 1692.
Pendant quarante- trois ans qu'il a vécu à
S
990 MERCURE DE FRANCE
S. Denis d'une maniere toujours édifiante , il
s'est continuellement occupé à de grands Ouvrages
de son Art , qu'il a executez dans la derniere
pertection. Il a enfin laissé dans cette celebre
Abbaye dequoi immortaliser sa memoire.
Son premier Ouvrage est la Balustrade de l'Orgue.
Il fit ensuite une Porte pour le Choeur , laquelle
a servi dans le temps que le Jubé de pierre
subsistoit. On la depuis transportée à l'entrée
du Chevet de l'Eglise , proche le Tombeau de
M. de Turenne . Il a fait aussi la Rampe du Degré
qui descend du Chevet * au Choeur.
En l'année 1751. il posa les Grilles collaterales
du Choeur du côté du Midy et du Septentrion.
Environ sept ans après la grande Grille qui fait
face à la Net , fut achevée et posée . Elle comprend
la grande Porte du Choeur , les deux Portes
des Collateraux , les Degrez et les Tours du
Jubé. Les Desseins sont du fameux M. Anguierre,
Sculpteur de notre Académie.
Depuis ces grands Ouvrages il a encore fait la
Balustrade du Balcon qui est au bout du Dortoir
du côté de Paris , la Balustrade et les Rampes du
grand Escalier , lesquelles ont été finies en 1723 .
Il avoit fait auparavant la Grille qui est au bas
du même grand Escalier , et dont le travail est
incomparable.
En 1724. la Balustrade de l'Escalier qui descend
du Dortoir à l'Eglise .
En 1725. la Suspension des Lampes du Choeur.
Ensuite la Chaire du Lecteur au Réfectoire ,
Ouvrage fait en Découpures et des plus accom -
* Le Chevet est le Rond point ou le grand espace
qui est derriere le grand Autel, et qui comprend le
Tour des Chapelles.
plis
MAY. 1733. 991
plis ; la Chaire a été posée au mois de Mars 1726.
et le Couronnement fini en 1727 .
Enfin notre excellent Artiste a fait à S. Denis
la Rampe de l'Escalier de la nouvelle Infirmerie ,
et c'est son dernier Ouvrage à l'égard de cette
Abbaye.
Il a fait aussi , par ordre de Madame d'Orleans
, Abbesse de Chelles , la belle Grille du
Choeur des Religieuses . Ce Morceau est des plus
riches , des plus magnifiques et des mieux entendus.
Il a encore travaillé aux Grilles de l'Eglise Cathédrale
de Meaux , et a donné les Desseins de la
Porte du Choeur de l'Eglise de Notre - Dame de
Paris, et de plusieurs Ouvrages pour differens endroits
. La Balustrade de l'Autel de la Chapelle de
l'Hôtel- Dieu de S. Denis , est aussi de lui .
Pierre Denis mourut d'une fluxion de poitrine
le 20. Mars 1733. dans la 75. année de son âge.
Il a été inhumé dans le vieux Cloître , du côté
de l'ancien Réfectoire , vis - à - vis le Puits . On a
marqué l'endroit d'une Pierre quarrée , sur laquelle
on a gravé le jour , le mois et l'année de
sa mort. On y a ajouté les deux premieres lettres
de son nom , P. D.
On peut dire qu'il a été le plus rare et le plus
habile Ouvrier en fer qu'il y ait eû en Europe.
Les Experts avoüent que personne n'a encore approché
de la délicatesse , de la beauté et de la
perfection de ses Ouvrages , que tous les Etran
gers s'empressent d'aller voir et d'admirer.
écrite de S. Denis en France sur la
Mort d'un fameux Artiste .
Pierre Denis,nâquit à Mons en Hainault , en
Pannée 168. il eut dès sa jeunesse une grande
inclination pour les Arts et un goût particulier
pour le travail du fer. Cette inclination luk
fit entreprendre le voyage d'Italie ; il s'arrêta à
Rome deux ans entiers , travaillant sous les meilleurs
Maitres . Il vint ensuite à Paris , où il acheva
de se perfectionner par un travail assidu de
six années auprès des plus habiles Artistes en ce
genre.
En l'année 1690. il quitta le Monde pour s'at
tacher à l'Ordre de S. Benoît , en qualité de
Commis , c'est ainsi qu'on nomme les Laïques.
qui se donnent à la Religion , et s'engagent par
un Contrat civil à garder certaines Regles et à
s'occuper , selon l'ordre des Superieurs , dans
les Arts et Métiers dont ils sont capables . Il entra
pour cela dans l'Abbaye Royale de S. Denis ,
et après ses deux années de probation , il y fit son
Contrat de stabilité en 1692.
Pendant quarante- trois ans qu'il a vécu à
S
990 MERCURE DE FRANCE
S. Denis d'une maniere toujours édifiante , il
s'est continuellement occupé à de grands Ouvrages
de son Art , qu'il a executez dans la derniere
pertection. Il a enfin laissé dans cette celebre
Abbaye dequoi immortaliser sa memoire.
Son premier Ouvrage est la Balustrade de l'Orgue.
Il fit ensuite une Porte pour le Choeur , laquelle
a servi dans le temps que le Jubé de pierre
subsistoit. On la depuis transportée à l'entrée
du Chevet de l'Eglise , proche le Tombeau de
M. de Turenne . Il a fait aussi la Rampe du Degré
qui descend du Chevet * au Choeur.
En l'année 1751. il posa les Grilles collaterales
du Choeur du côté du Midy et du Septentrion.
Environ sept ans après la grande Grille qui fait
face à la Net , fut achevée et posée . Elle comprend
la grande Porte du Choeur , les deux Portes
des Collateraux , les Degrez et les Tours du
Jubé. Les Desseins sont du fameux M. Anguierre,
Sculpteur de notre Académie.
Depuis ces grands Ouvrages il a encore fait la
Balustrade du Balcon qui est au bout du Dortoir
du côté de Paris , la Balustrade et les Rampes du
grand Escalier , lesquelles ont été finies en 1723 .
Il avoit fait auparavant la Grille qui est au bas
du même grand Escalier , et dont le travail est
incomparable.
En 1724. la Balustrade de l'Escalier qui descend
du Dortoir à l'Eglise .
En 1725. la Suspension des Lampes du Choeur.
Ensuite la Chaire du Lecteur au Réfectoire ,
Ouvrage fait en Découpures et des plus accom -
* Le Chevet est le Rond point ou le grand espace
qui est derriere le grand Autel, et qui comprend le
Tour des Chapelles.
plis
MAY. 1733. 991
plis ; la Chaire a été posée au mois de Mars 1726.
et le Couronnement fini en 1727 .
Enfin notre excellent Artiste a fait à S. Denis
la Rampe de l'Escalier de la nouvelle Infirmerie ,
et c'est son dernier Ouvrage à l'égard de cette
Abbaye.
Il a fait aussi , par ordre de Madame d'Orleans
, Abbesse de Chelles , la belle Grille du
Choeur des Religieuses . Ce Morceau est des plus
riches , des plus magnifiques et des mieux entendus.
Il a encore travaillé aux Grilles de l'Eglise Cathédrale
de Meaux , et a donné les Desseins de la
Porte du Choeur de l'Eglise de Notre - Dame de
Paris, et de plusieurs Ouvrages pour differens endroits
. La Balustrade de l'Autel de la Chapelle de
l'Hôtel- Dieu de S. Denis , est aussi de lui .
Pierre Denis mourut d'une fluxion de poitrine
le 20. Mars 1733. dans la 75. année de son âge.
Il a été inhumé dans le vieux Cloître , du côté
de l'ancien Réfectoire , vis - à - vis le Puits . On a
marqué l'endroit d'une Pierre quarrée , sur laquelle
on a gravé le jour , le mois et l'année de
sa mort. On y a ajouté les deux premieres lettres
de son nom , P. D.
On peut dire qu'il a été le plus rare et le plus
habile Ouvrier en fer qu'il y ait eû en Europe.
Les Experts avoüent que personne n'a encore approché
de la délicatesse , de la beauté et de la
perfection de ses Ouvrages , que tous les Etran
gers s'empressent d'aller voir et d'admirer.
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Résumé : EXTRAIT D'UNE LETTRE écrite de S. Denis en France sur la Mort d'un fameux Artiste.
Pierre Denis, né à Mons en Hainault en 1688, manifesta très tôt un intérêt pour les arts et une passion particulière pour le travail du fer. Il se rendit en Italie pour se former à Rome pendant deux ans, puis s'installa à Paris où il se perfectionna durant six années auprès des meilleurs artistes. En 1690, il quitta le monde séculier pour rejoindre l'Ordre de Saint-Benoît en tant que commis, un laïc engagé par contrat civil à suivre certaines règles et à travailler dans les arts et métiers dont il était capable. Il entra à l'Abbaye Royale de Saint-Denis et y fit son contrat de stabilité en 1692. Durant les quarante-trois années suivantes, Denis réalisa de nombreux ouvrages de ferronnerie d'une grande perfection. Parmi ses œuvres les plus notables à Saint-Denis figurent la balustrade de l'orgue, la porte du chœur, la rampe du degré descendant du chœur, les grilles collatérales du chœur, la grande grille du chœur, la balustrade du balcon du dortoir, les rampes du grand escalier, et la suspension des lampes du chœur. Il travailla également pour d'autres lieux, comme l'église cathédrale de Meaux et la porte du chœur de Notre-Dame de Paris. Pierre Denis décéda d'une fluxion de poitrine le 20 mars 1733, à l'âge de 75 ans. Il fut inhumé dans le vieux cloître de l'abbaye, et sa tombe fut marquée d'une pierre gravée de ses initiales et de la date de son décès. Reconnu comme l'un des plus habiles ouvriers en fer d'Europe, ses œuvres étaient admirées pour leur délicatesse, beauté et perfection.
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p. 73
SAINT DENIS
Début :
L'Abbaye & la Ville s'acquitterent le 21 d'un devoir qui fut pour eux un très-grand [...]
Mots clefs :
Saint-Denis, Abbaye de Saint-Denis, Illumination, Feu d'artifice
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texteReconnaissance textuelle : SAINT DENIS
SAINT DENIS.
L'Abbaye & la Ville s'acquitterent le
21 d'un devoir qui fut pour eux un trèsgrand
plaifir : il y eut illumination & feu
d'artifice.
L'Abbaye & la Ville s'acquitterent le
21 d'un devoir qui fut pour eux un trèsgrand
plaifir : il y eut illumination & feu
d'artifice.
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