Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
8501
p. 288
AUTRE. Par Mr de Gi***
Début :
Cher voisin j'aime mieux ma Maison que la tienne [...]
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE. Par Mr de Gi***
A UT RE.
ParMr de Gi>f*¥
Cher njoïjîn j'aime mieux
ma Maison que la tienne
jPen connois tout le bon
, pour
celajem'yplaist.
Si lafemme d'autruy me plaist
plus que la mienne
3. Cçjl que je connois moins ce
quelle a de mauvais,
ParMr de Gi>f*¥
Cher njoïjîn j'aime mieux
ma Maison que la tienne
jPen connois tout le bon
, pour
celajem'yplaist.
Si lafemme d'autruy me plaist
plus que la mienne
3. Cçjl que je connois moins ce
quelle a de mauvais,
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8504
p. 303-305
Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Début :
Les lettres de Londres portent qu'un vaisseau Anglois [...]
Mots clefs :
Londres, Café, Naples
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Nouvelles extraites de
plufieurs Lettres.
Les lettres de Lon-
304 MERCURE
dres portent qu'un vaiffeau Anglois arrivé de
Moca, chargé de caffé ,
a raporté que le vaiſſeau'
le Godolfin avoit été pris
a:1x Indes Orientales par
les François, & que l'Oxford qui appartenoit à
pluſieurs particuliers ,
s'étoit brifé contre des
rochers.
La Diligence Galley ,
armée en courſe , étant
arrivée de Naples dans la
Tamife, chargée d'huile
&
GALANT. 305
& d'autres marchandifes , perit le dix : le feu
s'y étant pris par accident , la fit fauter. On a
eu le temps de fauver
l'équipage.
FIN
plufieurs Lettres.
Les lettres de Lon-
304 MERCURE
dres portent qu'un vaiffeau Anglois arrivé de
Moca, chargé de caffé ,
a raporté que le vaiſſeau'
le Godolfin avoit été pris
a:1x Indes Orientales par
les François, & que l'Oxford qui appartenoit à
pluſieurs particuliers ,
s'étoit brifé contre des
rochers.
La Diligence Galley ,
armée en courſe , étant
arrivée de Naples dans la
Tamife, chargée d'huile
&
GALANT. 305
& d'autres marchandifes , perit le dix : le feu
s'y étant pris par accident , la fit fauter. On a
eu le temps de fauver
l'équipage.
FIN
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Résumé : Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Des incidents maritimes ont été rapportés à Londres. Le Godolfin a été capturé par les Français aux Indes Orientales. L'Oxford s'est échoué contre des rochers. La Diligence Galley, arrivée de Naples, a pris feu et sombré, mais son équipage a été sauvé.
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8505
p. 291-292
AUTRE ENIGME.
Début :
Ie suis un arbre nain sur qui rien ne se cueille, [...]
Mots clefs :
Balai
8507
p. 2193-2194
AUTRE à Mlle D. L. G. R.
Début :
Six lettres font mon tout ; devinez, Eulalie, [...]
Mots clefs :
Hameau
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE à Mlle D. L. G. R.
AUTRE à Mlle D. L. G. R.
Six lettres font mon tout ; devinez , Eulalie ,
Je nomme un lieu champêtre , un aimable séjour
,
Où pour charmer votre mélancolie ,
Semblable à la Mere d'Amour ,
Vous vous plaisez par fois à former votre Cour
Mais avançons sans préambule ;
Suivez-moi pas à pas , triste exclamation ,
Pronom , article ou particule ,
Voilà mon tout , voilà ma composition.
Pour me trouver , que votre esprit calcule ,
Coupez d'abord mon corps en deux ,
Mon premier membre offre à vos yeux.
D. v Villa:
2194
MERCURE DE FRANCE
福
Ville de France , et Ville d'Allemagne,
L'autre souvent descend des Cieux
Pour fertiliser la Campagne ,
Que dis- je ? Il entretient le commerce en tous
lieux .
Deux , trois , quatre , aux mortêfs je procure la
vie :
Prise en un autre sens , je sers à l'harmonie
Un , quatre et cinq , je suis Province de Maroc,
Joignez , un , quatre et six , la mer est ma patrie
;
Un de moins, je serois Ville de Normandie ,
Mais c'est trop m'expliquer , devinez , c'est le
Hoc.
Par M. D. C.
Six lettres font mon tout ; devinez , Eulalie ,
Je nomme un lieu champêtre , un aimable séjour
,
Où pour charmer votre mélancolie ,
Semblable à la Mere d'Amour ,
Vous vous plaisez par fois à former votre Cour
Mais avançons sans préambule ;
Suivez-moi pas à pas , triste exclamation ,
Pronom , article ou particule ,
Voilà mon tout , voilà ma composition.
Pour me trouver , que votre esprit calcule ,
Coupez d'abord mon corps en deux ,
Mon premier membre offre à vos yeux.
D. v Villa:
2194
MERCURE DE FRANCE
福
Ville de France , et Ville d'Allemagne,
L'autre souvent descend des Cieux
Pour fertiliser la Campagne ,
Que dis- je ? Il entretient le commerce en tous
lieux .
Deux , trois , quatre , aux mortêfs je procure la
vie :
Prise en un autre sens , je sers à l'harmonie
Un , quatre et cinq , je suis Province de Maroc,
Joignez , un , quatre et six , la mer est ma patrie
;
Un de moins, je serois Ville de Normandie ,
Mais c'est trop m'expliquer , devinez , c'est le
Hoc.
Par M. D. C.
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8508
p. 292-293
Extrait d'une Lettre de Lille du 17. Novembre.
Début :
Le Prince Eugene arriva avant hier icy, quoyqu'on ne [...]
Mots clefs :
Prince Eugène, Lille
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Lille du 17. Novembre.
Extratt dune Lettre .d,e
Lilledu17% Novembre.
Le PrinceEugene arriva
avant hier icy, quoyqu'on
ne l'attendift pas; nostreArtillerie & nos
gros Equipages ont campé
hier depuis le Bourdin.
iùfqu-à cette Ville, &: toute
l'Armée doit venir camper
aujourd huy dans la
Plaine. On ne délivre point
le fourage, ce qui cause de
grands desordres.La Cavalerie
est en assez bon citaCy
mais l'Infanterie est entierement
ruinée. Les troubles
augmentent en Angleterre
, ce qui nous inquiettes,
fort par le retarde.
ment quecela donnera aux
Finance, La Reine Anne
a ordonné à Mylord Duc,
d'y passer incessamment.
Le Prince Eugene va à Cologne
d'où il se rendra à
Vienne.
Lilledu17% Novembre.
Le PrinceEugene arriva
avant hier icy, quoyqu'on
ne l'attendift pas; nostreArtillerie & nos
gros Equipages ont campé
hier depuis le Bourdin.
iùfqu-à cette Ville, &: toute
l'Armée doit venir camper
aujourd huy dans la
Plaine. On ne délivre point
le fourage, ce qui cause de
grands desordres.La Cavalerie
est en assez bon citaCy
mais l'Infanterie est entierement
ruinée. Les troubles
augmentent en Angleterre
, ce qui nous inquiettes,
fort par le retarde.
ment quecela donnera aux
Finance, La Reine Anne
a ordonné à Mylord Duc,
d'y passer incessamment.
Le Prince Eugene va à Cologne
d'où il se rendra à
Vienne.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Lille du 17. Novembre.
Le 17 novembre, le Prince Eugène est arrivé à Lille. L'artillerie et les gros équipements sont déployés jusqu'à la ville. La distribution de fourrage est interrompue, provoquant des désordres. La cavalerie est en bon état, mais l'infanterie est ruinée. Les troubles en Angleterre augmentent, inquiétant pour les finances. La Reine Anne a ordonné au Duc de se rendre en Angleterre. Le Prince Eugène se dirige vers Cologne, puis Vienne.
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8509
p. 79-80
LOGOGRYPHE.
Début :
Quoique je sois fort & méchant, [...]
Mots clefs :
Poivre
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Uoique je fois fort & méchant , Joique
On m'aime ; je ne fçais comment.
Je fuis petit de ma nature ,
Je porte avec moi la brûlure ;
Je mets le feu dans les palais ,
Et malgré mes vilains forfaits ,
(Ce qui doit paroître incroyable )
Oh me demande à chaque table.
On craint de toucher un ragoût
Sans avoir confulté mon goût.
Lecteur , je dois mon exiſtence
A fix lettres de conféquence.
Compofes , décompoſes-moi ,
Bientôt tu trouveras de quoi
Soulager l'humaine mifere ;
C'est ce métal fi précieux ;
Ah ! j'en dis plus que je ne veux.
Un fruit dont le goût flate l'homme ,
Qui va de pair avec la pomme
Ce qu'on regrette de quitter.
Ce qui nous fert pour tranfpirer.
J'offre un oifeau , dont le plumage
Fait l'ornement & l'avantage.
Un des fept pechés capitaux ,
D iiij
So MERCURE DE FRANCE.
Ce qu'il faut craindre dans fes maux.“
Enfin ce mortel , dont l'image
Paroît peu néceffaire au fage ;
Qui content de fon petit train
Refuſe l'or . Un fac à vin ;
Une note de conféquence.
Une... Je fais ma révérence.
L'Abbé Ren *
Uoique je fois fort & méchant , Joique
On m'aime ; je ne fçais comment.
Je fuis petit de ma nature ,
Je porte avec moi la brûlure ;
Je mets le feu dans les palais ,
Et malgré mes vilains forfaits ,
(Ce qui doit paroître incroyable )
Oh me demande à chaque table.
On craint de toucher un ragoût
Sans avoir confulté mon goût.
Lecteur , je dois mon exiſtence
A fix lettres de conféquence.
Compofes , décompoſes-moi ,
Bientôt tu trouveras de quoi
Soulager l'humaine mifere ;
C'est ce métal fi précieux ;
Ah ! j'en dis plus que je ne veux.
Un fruit dont le goût flate l'homme ,
Qui va de pair avec la pomme
Ce qu'on regrette de quitter.
Ce qui nous fert pour tranfpirer.
J'offre un oifeau , dont le plumage
Fait l'ornement & l'avantage.
Un des fept pechés capitaux ,
D iiij
So MERCURE DE FRANCE.
Ce qu'il faut craindre dans fes maux.“
Enfin ce mortel , dont l'image
Paroît peu néceffaire au fage ;
Qui content de fon petit train
Refuſe l'or . Un fac à vin ;
Une note de conféquence.
Une... Je fais ma révérence.
L'Abbé Ren *
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8510
p. 299-300
Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Début :
Aussi Sa Majesté luy fit-elle l'honneur de luy dire que [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de France, Savoie, Gentilhomme, Altesses royales, Marquis d'Urfé
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texteReconnaissance textuelle : Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Auffi Sa Majefté
luy fit -elle l'honneur de luy
dire que Monfieur le Duc de
Savoye ne pouvoit luy envoyer
une perfonne qui luy
fuft plus agreable ; & comme
il eft fort connu à la Cour ,
il en receut mille careffes :
Monfieur
, pour marquer la
joye que luy cauſoit la nouvelle
que ce Marquis luy avoit
apportée , fit choix dés
le lendemain de Mr le Comte
de Tonnerre , premier Gentilhomme
de fa Chambre ,
1
300
MERCURE
pour aller
complimenter de
fa part leurs Alteffes Royales
de
Savoye , & le Roy a nommé
depuis pour le même fujet
M ' le
Marquis d'Urfé , Lieutenat
de fes
Gardes du
Corps .
luy fit -elle l'honneur de luy
dire que Monfieur le Duc de
Savoye ne pouvoit luy envoyer
une perfonne qui luy
fuft plus agreable ; & comme
il eft fort connu à la Cour ,
il en receut mille careffes :
Monfieur
, pour marquer la
joye que luy cauſoit la nouvelle
que ce Marquis luy avoit
apportée , fit choix dés
le lendemain de Mr le Comte
de Tonnerre , premier Gentilhomme
de fa Chambre ,
1
300
MERCURE
pour aller
complimenter de
fa part leurs Alteffes Royales
de
Savoye , & le Roy a nommé
depuis pour le même fujet
M ' le
Marquis d'Urfé , Lieutenat
de fes
Gardes du
Corps .
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Résumé : Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Un souverain exprime son plaisir de recevoir le Duc de Savoie. La nouvelle est bien accueillie à la cour. Pour manifester sa joie, une personne désigne le Comte de Tonnerre, puis le Roi choisit le Marquis d'Urfé pour complimenter les Altesses Royales de Savoie.
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8511
p. 85-86
AUTRE.
Début :
J'ai la peau luisante & polie, [...]
Mots clefs :
Cerise
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
'Ai la peau luifante & polie ,
Et le teint volontiers vermeil ,
Qui ne hâle guere au Soleil ,
Auffi me trouve - t'on jolie ;
Mais ce qui peut paroître obfcur
Et très- difficile à comprendre ,
C'eft que malgré que je fois tendre ,
J'ai le coeur pourtant affez dur.
C'eft de l'avis de tout le monde
Que la maigreur ne me fied point :
On me chérit quand je fuis ronde ,
$6 MERCURE DE FRANCE:
Et de fraicheur & d'embonpoint.
Le même tems qui me voit naître
Me voit prefqu'aufſi - tôt mourir ,
Si l'on ne vient me fecourir ,
En me donnant un fecond être.
Par le moyen induſtrieux
Que l'on fçait employer pour prolonger ma vie ;
Je pourrois fervir même à la table des Dieux ,
Et de Nectar & d'Ambroifie.
Le Tellier de Château Fleury.
'Ai la peau luifante & polie ,
Et le teint volontiers vermeil ,
Qui ne hâle guere au Soleil ,
Auffi me trouve - t'on jolie ;
Mais ce qui peut paroître obfcur
Et très- difficile à comprendre ,
C'eft que malgré que je fois tendre ,
J'ai le coeur pourtant affez dur.
C'eft de l'avis de tout le monde
Que la maigreur ne me fied point :
On me chérit quand je fuis ronde ,
$6 MERCURE DE FRANCE:
Et de fraicheur & d'embonpoint.
Le même tems qui me voit naître
Me voit prefqu'aufſi - tôt mourir ,
Si l'on ne vient me fecourir ,
En me donnant un fecond être.
Par le moyen induſtrieux
Que l'on fçait employer pour prolonger ma vie ;
Je pourrois fervir même à la table des Dieux ,
Et de Nectar & d'Ambroifie.
Le Tellier de Château Fleury.
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8512
p. 296-298
BOUTS RIMEZ DU MOIS. Remplis en stile burlesque par M. de M. A Me V....
Début :
Moy qui jamais ne sçus en maschant les . Lauriers [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ DU MOIS. Remplis en stile burlesque par M. de M. A Me V....
BOUTS RIMEZ
DU MO I S.
Remplisenstileburlesque
-
par M. de M.
A MeV.
Moyqui jamais ne sçus enmaschant les Lauriers
Macherà -t;uide envers lagloire
-
des Guerriers
Je
Je vais,berger chagrin
surma ,
triste Musette
Mascher & remacher
-
lafierté
de Lisette.
Quelle fiertl ? vouloir
que
d'amoureux Cesars
Aux pieds de ta vertu
baisse
les * Etendars.
Tu décrois bien mais
chut, du bout de
ta Houlette
Tu dmonne surleasdoigtsà Muse solette.
Ch crcL e quichantera
ion
intrépidité.
Sans amcur , par mes Vers
point d'immortalité.
Si tu n'écoute aux bois
que
d'innocents ramages
Tusecherassurpied dans
tes
sombres bocages.
DU MO I S.
Remplisenstileburlesque
-
par M. de M.
A MeV.
Moyqui jamais ne sçus enmaschant les Lauriers
Macherà -t;uide envers lagloire
-
des Guerriers
Je
Je vais,berger chagrin
surma ,
triste Musette
Mascher & remacher
-
lafierté
de Lisette.
Quelle fiertl ? vouloir
que
d'amoureux Cesars
Aux pieds de ta vertu
baisse
les * Etendars.
Tu décrois bien mais
chut, du bout de
ta Houlette
Tu dmonne surleasdoigtsà Muse solette.
Ch crcL e quichantera
ion
intrépidité.
Sans amcur , par mes Vers
point d'immortalité.
Si tu n'écoute aux bois
que
d'innocents ramages
Tusecherassurpied dans
tes
sombres bocages.
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Résumé : BOUTS RIMEZ DU MOIS. Remplis en stile burlesque par M. de M. A Me V....
Le poème 'Bouts Rimez' de M. de M., adressé à MeV, exprime le désir de gloire militaire du poète, qui se compare à un berger triste. Il évoque la fierté de Lisette et la modestie de ses vers. Le poète invite MeV à écouter les chants innocents des bois pour danser dans ses sombres bocages. Le poème explore les thèmes de gloire, de modestie et de vie pastorale.
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8514
p. 299-301
Benédiction de la premiere Pierre d'une Eglise des Capucins à Montelimar, [titre d'après la table]
Début :
Les Peres Capucins de Montelimar en Dauphiné, voulant avoir une Eglise [...]
Mots clefs :
Pères capucins, Église, Couvent, Bénédiction, Abbé, Cérémonie, Gouverneur de Montelimar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benédiction de la premiere Pierre d'une Eglise des Capucins à Montelimar, [titre d'après la table]
Les Peres Capucins de
Montelimar en Dauphiné,
voulant avoir une Eglife proportionnée
à leur Convent,
& au zéle qu'ils ont pour le
fervice du Public , en firent
benir la premiere Pierre le 7.
de ce mois , avec autant de
Solemnité que l'on en pouvoit
atendre dans une pareille
occafion . Ml'Abbé Colombet
, Doyen du Chapitre, accompagné
de tout le Cler
300 MERCURE
gé , fit la Ceremonie au bruit
des Tambours & des déchar
ges du Regiment de Poitou,
qui eftoit en Quartier d'hyver
dans la Ville , & rangé
alors en Bataille aux avenuës
du lieu deftiné pour 'cette
Eglife . Elle fera dédiée fous le
nom de S. Iofeph , M' le Comte
de Virreville , Gouverneur
de Montelimar , & Madame
la
Comteffe de Vogne ,mirent
cette premiere Pierre , apres
qu'elle eut efté portée proceffionnellement
par toute la
Ville . Ils eftoient fuivis des
Confuls.en Chaperon , avec
GALANT. 301
la Maiſon de Ville , de la Nobleffe
, & de la Bourgeoisie,
de l'un & de l'autre fexe.
Montelimar en Dauphiné,
voulant avoir une Eglife proportionnée
à leur Convent,
& au zéle qu'ils ont pour le
fervice du Public , en firent
benir la premiere Pierre le 7.
de ce mois , avec autant de
Solemnité que l'on en pouvoit
atendre dans une pareille
occafion . Ml'Abbé Colombet
, Doyen du Chapitre, accompagné
de tout le Cler
300 MERCURE
gé , fit la Ceremonie au bruit
des Tambours & des déchar
ges du Regiment de Poitou,
qui eftoit en Quartier d'hyver
dans la Ville , & rangé
alors en Bataille aux avenuës
du lieu deftiné pour 'cette
Eglife . Elle fera dédiée fous le
nom de S. Iofeph , M' le Comte
de Virreville , Gouverneur
de Montelimar , & Madame
la
Comteffe de Vogne ,mirent
cette premiere Pierre , apres
qu'elle eut efté portée proceffionnellement
par toute la
Ville . Ils eftoient fuivis des
Confuls.en Chaperon , avec
GALANT. 301
la Maiſon de Ville , de la Nobleffe
, & de la Bourgeoisie,
de l'un & de l'autre fexe.
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Résumé : Benédiction de la premiere Pierre d'une Eglise des Capucins à Montelimar, [titre d'après la table]
Les Pères Capucins de Montélimar ont décidé de construire une église dédiée à saint Joseph. La première pierre a été bénie le 7 du mois lors d'une cérémonie présidée par l'abbé Colombet, doyen du chapitre. Le comte de Virrevile et la comtesse de Vogne ont posé la pierre, accompagnés par le clergé, la noblesse et la bourgeoisie. Le régiment de Poitou a participé à la solennité.
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8515
p. 1757-1759
LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
Début :
Vous avez lû, Monsieur, dans le Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Humeur capricieuse, Gaieté, Egalité d'humeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
LETTRE de M. D.... au sujet de
l'Eloge de l'HumeurCapricieuse.
V
Ous avez lû , Monsieur , dans le
Mercure du mois de May dernier
P'Eloge de l'Humeur Capricieuse ; il y a
bien de l'apparence , soit dit sans en offenser l'Auteur , qu'il s'est dépeint luimême; cependant malgré les avantages
qu'il trouve dans le caprice , je croi qu'il
suffiroit pour le détromper de lui faire
le portrait de Mlle de C... Jamais humeur
ne fut plus égale et plus charmante que
la sienne , vous la connoissez , Monsieur ,
elle est gaye , polie , gracieuse , préve
nante , douce , modeste , vertueuse et
d'une si aimable figure, qu'il seroit difficile de décider si tant de belles qualitez rassemblées dans une aussi jolie personne , doivent inspirer plus d'amour
que de respect , ou plus de respect que
d'amour ; en effet si l'on découvre à chaque instant de nouveaux charmes dans
son esprit et dans son caractere , m lle
beautez nouvelles se font admirer tous
les jours dans sa personne ; en vain le
Partisan de l'Humeur Capricieuse dira
que
1758 MERCURE DE FRANCE
que l'humeur égale devient insipide , ennuyeuse , qu'elle nous fait tomber dans
la tiedeur et dans l'indolence ; l'humeur
de Mile C.... est , à la verité , toujours
égale dans sa gayeté ; mais cette gayeté
est soutenue de tant de graces et d'attraits si séduisants , que plus on la connoît , plus on cn est enchanté ; peut- on
comparer l'incertitude gênante où nous
jette l'humeur capricieuse , au plaisir que
P'on trouve dans l'égalité d'humeur de
Mile de.... plaisir sans cesse ranimé par
des traits si vifs et si spirituels , qu'il
paroît toujours nouveau ; qui ne préferera pas un chemin semé de roses à un
autre qui sera mêlé de roses et d'épines.
Je me trompe peut-être , mais je pense
que l'égalité d'humeur est le caractere
d'unebelle ame et la marque certaine de
cette bonté de cœur dont tout le monde
se picque,et qui est si rare. Effectivement
rien de si commun en apparence que
bons cœurs , rien de si difficile à trouver
qu'un cœur bon, sans interêt, sans amour
propre, sans respect humain , sans ostentation ; tel est uniquement le cœur de
celui qui dans un heureux calme , jouit
d'une paix que la violence et le desordre
des passions ne peuvent troubler. Il faut
de l'esprit, dit- on, pour être capricieux;
les
assuré-
AOUST. 17320 1759
assurément Mlle de C .... en a autant
qu'il en faut , mais son esprit assez enjoué pour être agréable , a de- même assez
de solidité pour se faire une douce ha- bitude de résister aux mouvemens tumultueux qui causent le caprice ; enfin je
veux bien demeurer d'accord avec notre
Auteur qu'il faut un génie superieur pour
être parfaitement capricieux , pourvû
qu'il convienne à son tour que le caprice est l'effet d'un génie mal reglé.
Après cela qui pourroit hesiter à donner la préference à l'humeur égale , telle
que l'est celle de Mile de C....
Jamais il ne parut un objet plus charmant è
Douce , modeste , vertueuse
Mais prévenante , gracieuse ,
De son aimable Sexe elle fait l'ornement,
Et par des graces naturelles ,
Par des beautez toujours nouvelles ,
Elle sçait à nos cœurs inspirer tour à tour,
Autant de respect que d'amour
l'Eloge de l'HumeurCapricieuse.
V
Ous avez lû , Monsieur , dans le
Mercure du mois de May dernier
P'Eloge de l'Humeur Capricieuse ; il y a
bien de l'apparence , soit dit sans en offenser l'Auteur , qu'il s'est dépeint luimême; cependant malgré les avantages
qu'il trouve dans le caprice , je croi qu'il
suffiroit pour le détromper de lui faire
le portrait de Mlle de C... Jamais humeur
ne fut plus égale et plus charmante que
la sienne , vous la connoissez , Monsieur ,
elle est gaye , polie , gracieuse , préve
nante , douce , modeste , vertueuse et
d'une si aimable figure, qu'il seroit difficile de décider si tant de belles qualitez rassemblées dans une aussi jolie personne , doivent inspirer plus d'amour
que de respect , ou plus de respect que
d'amour ; en effet si l'on découvre à chaque instant de nouveaux charmes dans
son esprit et dans son caractere , m lle
beautez nouvelles se font admirer tous
les jours dans sa personne ; en vain le
Partisan de l'Humeur Capricieuse dira
que
1758 MERCURE DE FRANCE
que l'humeur égale devient insipide , ennuyeuse , qu'elle nous fait tomber dans
la tiedeur et dans l'indolence ; l'humeur
de Mile C.... est , à la verité , toujours
égale dans sa gayeté ; mais cette gayeté
est soutenue de tant de graces et d'attraits si séduisants , que plus on la connoît , plus on cn est enchanté ; peut- on
comparer l'incertitude gênante où nous
jette l'humeur capricieuse , au plaisir que
P'on trouve dans l'égalité d'humeur de
Mile de.... plaisir sans cesse ranimé par
des traits si vifs et si spirituels , qu'il
paroît toujours nouveau ; qui ne préferera pas un chemin semé de roses à un
autre qui sera mêlé de roses et d'épines.
Je me trompe peut-être , mais je pense
que l'égalité d'humeur est le caractere
d'unebelle ame et la marque certaine de
cette bonté de cœur dont tout le monde
se picque,et qui est si rare. Effectivement
rien de si commun en apparence que
bons cœurs , rien de si difficile à trouver
qu'un cœur bon, sans interêt, sans amour
propre, sans respect humain , sans ostentation ; tel est uniquement le cœur de
celui qui dans un heureux calme , jouit
d'une paix que la violence et le desordre
des passions ne peuvent troubler. Il faut
de l'esprit, dit- on, pour être capricieux;
les
assuré-
AOUST. 17320 1759
assurément Mlle de C .... en a autant
qu'il en faut , mais son esprit assez enjoué pour être agréable , a de- même assez
de solidité pour se faire une douce ha- bitude de résister aux mouvemens tumultueux qui causent le caprice ; enfin je
veux bien demeurer d'accord avec notre
Auteur qu'il faut un génie superieur pour
être parfaitement capricieux , pourvû
qu'il convienne à son tour que le caprice est l'effet d'un génie mal reglé.
Après cela qui pourroit hesiter à donner la préference à l'humeur égale , telle
que l'est celle de Mile de C....
Jamais il ne parut un objet plus charmant è
Douce , modeste , vertueuse
Mais prévenante , gracieuse ,
De son aimable Sexe elle fait l'ornement,
Et par des graces naturelles ,
Par des beautez toujours nouvelles ,
Elle sçait à nos cœurs inspirer tour à tour,
Autant de respect que d'amour
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Résumé : LETTRE de M. D... au sujet de l'Eloge de l'Humeur Capricieuse.
Dans une lettre, M. D.... commente un éloge de l'humeur capricieuse paru dans le Mercure de mai précédent. Il suggère que l'auteur de cet éloge se serait dépeint lui-même. Pour contester les avantages du caprice, M. D.... décrit Mlle de C..., dont l'humeur est toujours égale et charmante. Elle est gaie, polie, gracieuse, prévenante, douce, modeste, vertueuse et d'une beauté remarquable. Son esprit et son caractère révèlent constamment de nouveaux charmes. L'auteur critique l'humeur capricieuse, la qualifiant d'incertaine et gênante, contrairement à l'humeur égale de Mlle de C..., soutenue par des grâces et des attraits séduisants. Il préfère l'égalité d'humeur, signe d'une belle âme et d'une véritable bonté de cœur. Il souligne que les bons cœurs sont rares et que l'humeur égale résulte d'un esprit enjoué mais solide, capable de résister aux mouvements tumultueux. M. D.... reconnaît que l'humeur capricieuse peut nécessiter un génie supérieur, mais la voit comme l'effet d'un génie mal réglé. Il conclut en affirmant que l'humeur égale, telle que celle de Mlle de C..., est préférable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8516
p. 277-279
LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
Début :
Certain Chêne orgueilleux, qui se disoit cousin [...]
Mots clefs :
Chêne, Ormeau, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
LE CHESNE ET L'ORMEAU .
C
FABL E.
Ertain Chêne orgueilleux , qui se disoit
cousin
Des nobles Chênes de Dodône ,
Prit le ton imposant d'un Sultan sur son Trône,
Pour tancer en ces mots un Ormeau son voisin
Misérable avorton , Arbre ignoble et débile ,
Voi combien je te suis utile ;
Je te mets à couvert des vents et des frimats ,
De l'orage et de la tempête ;
Tu fais pourtant si peu de cas ,
De mon attention à conserver ta tête ,
Qu'à regret tu me rends l'hommage qui m'est
dû ;
Toi , qui par ton exemple et ton zélê assidu ,
Devrois me procurer Phommage
م
De tous les Arbres du Village ;
Mais parle , vil Ormean ; sans moi , que seroistu
?
Quelque chose moins qu'un fêtu.
L'Ormeau reprit en son langage ;
Votre protection me fait beaucoup d'honneur
Mais il est pourtant vrai , Seigneur ,
Que j'aurois loin de vous profité davantaged
Dv Vous
278 MERCURE DE FRANCE
Vous m'offusquez par votre ombrage ;
Presque de tous côtez j'en suis envelopé ,
Vos rameaux quelquefois jusqu'au vif m'ong
frappé ,
Et m'ont causé plus de dommage ,
Que n'auroient fait les vents , la tempête et l'e
rage ;
Mais que veut dire ce courroux ,
Contre mon peu de complaisance ? "
Vous voulez des honneurs ? Quoi ! vous les avez
tous ;
Le Soleil ne luit que pour vous ;
Ay-je jamais frondé votre prééminence ?
Je vous entends , Seigneur. Un Esclave , entre
nous ,
Conviendroit à votre Excellence ,
Mais moi , j'aime ma liberté.
S'il plaisoit à la Providence ,
.
Bien- tôt quelque autre part je serais transplanté
Et je vous le dis net , tandis qu'aucun n'écoute
Cet Entretien ,
Votre voisinage , sans doute,
M'a fait plus de mal que de bien.
Je sçais, hélas ! ce qu'il m'en coute !
Ainsi par-là l'Ormeau . S'il eut été flateur
Il eut beni sa servitude ,
Vous devinez , ami Lecteur ,
Qu'il fut taxé d'ingratitude ;
>
L'orL'orgueil
n'est pas content d'un pareil Orateur.
Quiconque se parant du nom de Protecteur ;
N'est en effet qu'un fâcheux Maître ,
Sera facile à reconnoître
Aux traits du Chêne altier marquez dans ce
tableau ;
Quiconque est un ingrat , n'auroit jamais da
naître ;
Mais être ingrat comme l'Ormeau ,
Lecteur , tout de bon , est - ce l'être ?
F. M. F.
C
FABL E.
Ertain Chêne orgueilleux , qui se disoit
cousin
Des nobles Chênes de Dodône ,
Prit le ton imposant d'un Sultan sur son Trône,
Pour tancer en ces mots un Ormeau son voisin
Misérable avorton , Arbre ignoble et débile ,
Voi combien je te suis utile ;
Je te mets à couvert des vents et des frimats ,
De l'orage et de la tempête ;
Tu fais pourtant si peu de cas ,
De mon attention à conserver ta tête ,
Qu'à regret tu me rends l'hommage qui m'est
dû ;
Toi , qui par ton exemple et ton zélê assidu ,
Devrois me procurer Phommage
م
De tous les Arbres du Village ;
Mais parle , vil Ormean ; sans moi , que seroistu
?
Quelque chose moins qu'un fêtu.
L'Ormeau reprit en son langage ;
Votre protection me fait beaucoup d'honneur
Mais il est pourtant vrai , Seigneur ,
Que j'aurois loin de vous profité davantaged
Dv Vous
278 MERCURE DE FRANCE
Vous m'offusquez par votre ombrage ;
Presque de tous côtez j'en suis envelopé ,
Vos rameaux quelquefois jusqu'au vif m'ong
frappé ,
Et m'ont causé plus de dommage ,
Que n'auroient fait les vents , la tempête et l'e
rage ;
Mais que veut dire ce courroux ,
Contre mon peu de complaisance ? "
Vous voulez des honneurs ? Quoi ! vous les avez
tous ;
Le Soleil ne luit que pour vous ;
Ay-je jamais frondé votre prééminence ?
Je vous entends , Seigneur. Un Esclave , entre
nous ,
Conviendroit à votre Excellence ,
Mais moi , j'aime ma liberté.
S'il plaisoit à la Providence ,
.
Bien- tôt quelque autre part je serais transplanté
Et je vous le dis net , tandis qu'aucun n'écoute
Cet Entretien ,
Votre voisinage , sans doute,
M'a fait plus de mal que de bien.
Je sçais, hélas ! ce qu'il m'en coute !
Ainsi par-là l'Ormeau . S'il eut été flateur
Il eut beni sa servitude ,
Vous devinez , ami Lecteur ,
Qu'il fut taxé d'ingratitude ;
>
L'orL'orgueil
n'est pas content d'un pareil Orateur.
Quiconque se parant du nom de Protecteur ;
N'est en effet qu'un fâcheux Maître ,
Sera facile à reconnoître
Aux traits du Chêne altier marquez dans ce
tableau ;
Quiconque est un ingrat , n'auroit jamais da
naître ;
Mais être ingrat comme l'Ormeau ,
Lecteur , tout de bon , est - ce l'être ?
F. M. F.
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Résumé : LE CHESNE ET L'ORMEAU. FABLE.
La fable 'Le Chêne et l'Ormeau' oppose un Chêne orgueilleux à un Ormeau voisin. Le Chêne se vante de protéger l'Ormeau des vents, du froid, de l'orage et des tempêtes, mais reproche à l'Ormeau de ne pas lui rendre hommage. L'Ormeau rétorque qu'il souffre de l'ombre et des branches du Chêne, qui lui causent plus de dommages que les intempéries. Il affirme préférer être transplanté ailleurs plutôt que de subir le voisinage du Chêne. Le Chêne, offensé, accuse l'Ormeau d'ingratitude. La fable conclut en soulignant que l'orgueil du Chêne le rend insupportable et que l'ingratitude de l'Ormeau est relative, car il subit des préjudices réels.
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8517
p. 303-306
Nouvelles de Catalogne.
Début :
Les Lettres de Catalogne portent que l'Armée du Roy [...]
Mots clefs :
Catalogne, Espagne, Fourrages, Portugal, Suspension d'armes
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Catalogne.
Nouvelles de Catalogne.up
Les Lettres de Catalogne
portent que l'Armée du
Roy occupoit toûjours le
304 MERCURE
même Camp, & continuoit
d'enlever & confommer les
fourages au- delà de la Segre;
que le Comtede Staremberg étoit parti de Barcelonne pour Cervera fort
mal fatisfait du mauvais
état des recrues qu'on luy
aenvoyé d'Italie au nombre
de mille hommes auffi bien
que des chevaux à cauſe
qu'au lieu de douze ou
quinze cent qu'on luy avoit
promis , on n'en avoit
embarqué que huit cent
dont on avoit eſté obligé
de jetter trois cens à la
GALANT. 305
Mer dans la traversée , que
fon armée étoit en tresmauvais état faute de vivres
& de fourages ; qu'il n'avoit
point encore reçû d'Artil
lerie faute d'argent ; que
ceux qui fe font chargez de
la voiturer one vouloient
point fortir de Barcelonnes
qu'ils ne fuffent payez des
fommes qu'on leur à ptomifes.
tb whiteb
Les Lettres d'Eftremadure portent que l'Armée
du Roy devoit eftre affemblée le 20 Septembre du
cofté de Badajoz pour
C c
306 MERCURE
commencer la Campagne
d'Automne; queles Troupes
Angloifes qui fervoient en
Portugal marchoient vers
Lifbone pour s'y embar
quer & retourner en An
gleterre, que le Royde
Portugal avoit envoyéordré
à fes Plenipotentiaires de
convenir d'une Sufpenfion
Armes avec la France à
condition de la conclure
env meſmee temps avec
J'Eſpagne.
Les Lettres de Catalogne
portent que l'Armée du
Roy occupoit toûjours le
304 MERCURE
même Camp, & continuoit
d'enlever & confommer les
fourages au- delà de la Segre;
que le Comtede Staremberg étoit parti de Barcelonne pour Cervera fort
mal fatisfait du mauvais
état des recrues qu'on luy
aenvoyé d'Italie au nombre
de mille hommes auffi bien
que des chevaux à cauſe
qu'au lieu de douze ou
quinze cent qu'on luy avoit
promis , on n'en avoit
embarqué que huit cent
dont on avoit eſté obligé
de jetter trois cens à la
GALANT. 305
Mer dans la traversée , que
fon armée étoit en tresmauvais état faute de vivres
& de fourages ; qu'il n'avoit
point encore reçû d'Artil
lerie faute d'argent ; que
ceux qui fe font chargez de
la voiturer one vouloient
point fortir de Barcelonnes
qu'ils ne fuffent payez des
fommes qu'on leur à ptomifes.
tb whiteb
Les Lettres d'Eftremadure portent que l'Armée
du Roy devoit eftre affemblée le 20 Septembre du
cofté de Badajoz pour
C c
306 MERCURE
commencer la Campagne
d'Automne; queles Troupes
Angloifes qui fervoient en
Portugal marchoient vers
Lifbone pour s'y embar
quer & retourner en An
gleterre, que le Royde
Portugal avoit envoyéordré
à fes Plenipotentiaires de
convenir d'une Sufpenfion
Armes avec la France à
condition de la conclure
env meſmee temps avec
J'Eſpagne.
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Résumé : Nouvelles de Catalogne.
Le texte décrit des nouvelles militaires concernant la Catalogne et l'Estrémadure. En Catalogne, l'armée du roi est stationnée au même endroit et rassemble des fourrages au-delà de la Segre. Le comte de Starhemberg, en route de Barcelone à Cervera, exprime son mécontentement face à l'état des recrues italiennes, soit mille hommes et des chevaux. Sur les douze à quinze cents chevaux promis, seuls huit cents ont été embarqués, dont trois cents ont péri en mer. L'armée manque de vivres et de fourrages et n'a pas encore reçu d'artillerie en raison de problèmes financiers. Les transporteurs refusent de quitter Barcelone tant qu'ils ne sont pas payés. En Estrémadure, l'armée du roi doit se rassembler près de Badajoz le 20 septembre pour la campagne d'automne. Les troupes anglaises au Portugal se dirigent vers Lisbonne pour s'embarquer vers l'Angleterre. Le roi du Portugal a ordonné à ses plénipotentiaires de négocier une suspension des armes avec la France, à condition que celle-ci soit simultanée avec l'Espagne.
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8518
p. 306-309
APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
Début :
Envoyez-moy quelque Histoire, Madame, vous me ferez un vray [...]
Mots clefs :
Lettre, Bouts-rimés, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
APO STILLE,
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
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8519
s. p.
TABLE.
Début :
Avanture nouvelle, 3 Divertissement donné depuis peu à une noce [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Vanture nouvelle,
A
Divertiſſement donné
depuis peu à une noce d'un
Officier general, 33
Extrait deplufieurs lettres du
-camp devant le Quesnoy,
$7
Lettre de Monſieur le Marquis de Broße à... amSujet de lapriſe du Quesnoy,
64
Morts, 71
Remplacement fait par le Ray
Caij
TABLE.
Idans la Marine , à Ram
boüillet , 73
Relation de ce qui s'eft paßé à:
Roſes, 799
Relation de l'Audiance de M.
d'Agatopolis au Sophi de
S. Perfe 85:
Qrdre de bataille de l'armée du
Rhin, 89
Le pere rival de fon fils ,
109
Fable adreffée à Mercure ,
Peur de Cupidon,
128-
Mort ,
: 131
Enigme ,
135
Dons du Roy, ∙139
TABLE
Paraphrafe , ou Explication
du Tableau de la Vie hu
maine , de Cebes Thebain
de Grece , difciple de So
crate, & Philofophe moral ,
P45
Caprice amoureux 207
Hiftoire de Zacker & de
Bouladabas ,
212
Parodie de l'Enigme , dont le
mot eft les dez ,
243
Envoy parJerico le brutal,
82545€
Enigme,
247
Mariage,
249
Morts,
250
Promotion de Confeillers-
TABLE..
d'Etat , 253
Nouvelles d'Espagne, 254
Nouvelles d'Allemagne , 259
Etat des troupes Allemandes
qui font campagne avec
celles de M.le Duc de Sa- .
voye en Juillet 1712 265
Etat des troupes de M. le Duc
de Savoye en entrant en
campagne en Juillet 1.712.
3270
Nouvelles d'Angleterre, 274
Nouvelles de Paris ,
€285
Nouvelles de Hollande , 289
Ordre de bataille de l'armée
du Dauphiné, 21294
Nouvelles de Flandres , 393:
TABLE.
Copie d'une Lettre de M. N..
à M. le Comte de Lyonne,,
premier Ecuyer, 305i
Fin de la Table.
Vanture nouvelle,
A
Divertiſſement donné
depuis peu à une noce d'un
Officier general, 33
Extrait deplufieurs lettres du
-camp devant le Quesnoy,
$7
Lettre de Monſieur le Marquis de Broße à... amSujet de lapriſe du Quesnoy,
64
Morts, 71
Remplacement fait par le Ray
Caij
TABLE.
Idans la Marine , à Ram
boüillet , 73
Relation de ce qui s'eft paßé à:
Roſes, 799
Relation de l'Audiance de M.
d'Agatopolis au Sophi de
S. Perfe 85:
Qrdre de bataille de l'armée du
Rhin, 89
Le pere rival de fon fils ,
109
Fable adreffée à Mercure ,
Peur de Cupidon,
128-
Mort ,
: 131
Enigme ,
135
Dons du Roy, ∙139
TABLE
Paraphrafe , ou Explication
du Tableau de la Vie hu
maine , de Cebes Thebain
de Grece , difciple de So
crate, & Philofophe moral ,
P45
Caprice amoureux 207
Hiftoire de Zacker & de
Bouladabas ,
212
Parodie de l'Enigme , dont le
mot eft les dez ,
243
Envoy parJerico le brutal,
82545€
Enigme,
247
Mariage,
249
Morts,
250
Promotion de Confeillers-
TABLE..
d'Etat , 253
Nouvelles d'Espagne, 254
Nouvelles d'Allemagne , 259
Etat des troupes Allemandes
qui font campagne avec
celles de M.le Duc de Sa- .
voye en Juillet 1712 265
Etat des troupes de M. le Duc
de Savoye en entrant en
campagne en Juillet 1.712.
3270
Nouvelles d'Angleterre, 274
Nouvelles de Paris ,
€285
Nouvelles de Hollande , 289
Ordre de bataille de l'armée
du Dauphiné, 21294
Nouvelles de Flandres , 393:
TABLE.
Copie d'une Lettre de M. N..
à M. le Comte de Lyonne,,
premier Ecuyer, 305i
Fin de la Table.
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'une publication contenant divers textes et rapports. Les sections incluent des divertissements, des lettres, des relations d'événements militaires et des nouvelles de différentes régions. Les points essentiels comprennent des extraits de lettres sur la prise du Quesnoy, des rapports militaires en Flandres, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, en Hollande et en Dauphiné. Le texte mentionne également des promotions, des décès, des dons royaux, des fables, des énigmes et des histoires diverses. Des sections spécifiques sont dédiées à des explications philosophiques et à des parodies. Les nouvelles et les rapports militaires couvrent des périodes précises, comme l'état des troupes en juillet 1712. Le document se termine par une copie de lettre adressée à M. le Comte de Lyonne.
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8520
p. 303-308
Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Début :
Quand je vous parlay de l'Action que M. l'Abbé de Lorraine [...]
Mots clefs :
Abbé de Lorraine, Sorbonne, Thèses, Assemblée générale du Clergé de France, Discours, Prince, Église universelle, Hérésie, Ennemis, Monarque, Religion catholique, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Quand je vous parlay de
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
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Résumé : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
L'Abbé de Lorraine a présenté ses thèses devant les prélats et députés de l'Assemblée Générale du Clergé de France à Saint-Germain-en-Laye. Dans un discours en latin, il a invité ces dignitaires à assister à ses premiers essais théologiques, tout en respectant leurs engagements actuels. Il a souligné l'engagement du roi à protéger l'Église universelle et à combattre l'hérésie, comparant cet effort aux victoires militaires en Flandre, en Allemagne, en Hollande et en Afrique. L'Abbé a également rendu hommage à l'archevêque de Paris, le qualifiant de principal défenseur de la religion catholique après le roi. Il a loué sa vigilance, ses efforts constants contre l'hérésie et sa loyauté envers le roi. Les mérites de l'archevêque ont été décrits comme surpassant ceux de ses ancêtres, grâce à sa délicatesse d'esprit, sa profondeur, sa facilité et sa pénétration.
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8521
p. 292-295
CHANSON. La Blonde & la Brune. Vaudeville.
Début :
A l'ombre de ce verd bocage, [...]
Mots clefs :
Blonde, Brune, Amour, Coeur, Charmes
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON. La Blonde & la Brune. Vaudeville.
CHANSON.
La Blonde &: la Brune.YIINdevi//e.
Al'ombre- de ce verd bocage,
J'ay trouvedeux rares beautez,
L'Amour a forméleurvisage
Sur celuy des Divinitez;
Mais à qui rendrai-je lesarmes,
Amour détermine mes voeux9
Elles brillant de tant du charmes
One je les aime toutes deux.
Lune est une blonde mourante
Oui me ravitparsa douceur,
Et l'autre une brunepiquante
Dont les traits me percent le coeur.
Aquifaut-il rendre les armes
Amour determinemesvaux,
Elles brillent de tant de charmes,
Queje lesaime toutesdeux.
Incertainsur la préférence
Je ne puisfixer mes desirs,
Jesens bien que mon coeur s'offense
Du partage de mes soupirs ;
Mais la blonde comme la brune
M'enchaîne par de si doux noeuds
Qu'ilfaudroitpourn'enaimer
qu'une
N'en avoir veu qu'une des deux.
Mon coeur est toujours lavie*
time
De leurs merites differens, Je mefais à moy-même un crime
Du double hommage queje rends.
Ainsiparune Loycruelle
Je fuis à lafois dansmesfeux
Perside,volage, infidele,
Confiant,sincere malheureux.
Si j'exprime al'unemaflamme
J'éprouveàl'instant malgrémoy,
Que l'autre en courroux dans mon
ame
M'accuse de mauvaisefoy.
Charmante brune, aimable blonde.
Blonde auxyeux nOIrs, brune
aux yeux bleux,
En ma place personne au monde
Ne pourroit choisir de vous deux.
Ondit cet Air de M. Deon
,
& les paroles de l'Auteur d'un
jour au feu des beauxyeux d'une
brune.
Nous
La Blonde &: la Brune.YIINdevi//e.
Al'ombre- de ce verd bocage,
J'ay trouvedeux rares beautez,
L'Amour a forméleurvisage
Sur celuy des Divinitez;
Mais à qui rendrai-je lesarmes,
Amour détermine mes voeux9
Elles brillant de tant du charmes
One je les aime toutes deux.
Lune est une blonde mourante
Oui me ravitparsa douceur,
Et l'autre une brunepiquante
Dont les traits me percent le coeur.
Aquifaut-il rendre les armes
Amour determinemesvaux,
Elles brillent de tant de charmes,
Queje lesaime toutesdeux.
Incertainsur la préférence
Je ne puisfixer mes desirs,
Jesens bien que mon coeur s'offense
Du partage de mes soupirs ;
Mais la blonde comme la brune
M'enchaîne par de si doux noeuds
Qu'ilfaudroitpourn'enaimer
qu'une
N'en avoir veu qu'une des deux.
Mon coeur est toujours lavie*
time
De leurs merites differens, Je mefais à moy-même un crime
Du double hommage queje rends.
Ainsiparune Loycruelle
Je fuis à lafois dansmesfeux
Perside,volage, infidele,
Confiant,sincere malheureux.
Si j'exprime al'unemaflamme
J'éprouveàl'instant malgrémoy,
Que l'autre en courroux dans mon
ame
M'accuse de mauvaisefoy.
Charmante brune, aimable blonde.
Blonde auxyeux nOIrs, brune
aux yeux bleux,
En ma place personne au monde
Ne pourroit choisir de vous deux.
Ondit cet Air de M. Deon
,
& les paroles de l'Auteur d'un
jour au feu des beauxyeux d'une
brune.
Nous
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8522
p. 291-299
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçaurois quiter le Poitou, où il se fait [...]
Mots clefs :
Poitou, Conversions, Abjurations, Erreurs, Religion prétendue réformée, Missionnaires, Malades, Calvin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je ne fçaurois quiter le
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans la région du Poitou, plusieurs conversions religieuses notables ont eu lieu. Madame de Pontieu a abjuré ses erreurs dans l'église des Pères de l'Oratoire de Niort après une longue réflexion et des discussions avec des personnes des deux camps religieux. Cette conversion est significative en raison de son mérite personnel et de son influence. Monsieur le Président de Fanmort et une religieuse ursuline, parente de Monsieur Maboul, ont joué des rôles importants dans ce processus. Un zélé religieux, affaibli par une longue fièvre, a visité les lieux où il avait été envoyé en tant que Grand Vicaire. Sa présence a marqué les esprits, et il a encouragé les missionnaires et curés à poursuivre l'instruction des personnes susceptibles de se convertir. À Saint-Quentin, Monsieur Bernard, premier secrétaire de l'évêque de Tournay, a abjuré les maximes de Calvin après plusieurs remises. Son frère, déjà convaincu de la fausseté des doctrines calvinistes, l'a soutenu dans cette décision. Monsieur Bernard a fait sa profession publique de foi devant l'évêque de Tournay. De retour à Saint-Quentin, il a convaincu sa femme de suivre son exemple, et elle a abjuré entre les mains de Monsieur Bendier, docteur de la Sorbonne et chanoine de l'église royale et collégiale de Saint-Quentin. La santé de Monsieur le Maréchal est mentionnée sans détails supplémentaires.
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8523
p. 299-308
Morts, [titre d'après la table]
Début :
J'ay encore quelques morts à vous apprendre. Je commence [...]
Mots clefs :
Morts, Marquis de Vitry, Baron, Seigneur, Ambassade de Pologne, Duc, Chevalier, Capitaine, Maison de Lhôpital, Charges, Gouverneurs, Marquis de Vandeuvre, Décès, Fils, Filles, Conseiller, Parlement, Seigneur de Villebon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Jay encore quelques morts
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
à vous apprendre. Je com
mence par celle de Meffire
300 MERCURE
Nicolas Louis de Lhôpital,
Marquis de Vitry , Baron du
Pleffis aux Tournelles , Seigneur
de Morvilliers , & c. Il
a fait connoiftre fon efprit
& fa conduite en divers Employs
, qu'il a pleu au Roy de
luy confier , & fur tout en fon
Ambaffade de Pologne . Il n'a
point laiffé d'Enfans , le ſeul
Fils qu'il avoit eu étant mort
en fon bas âge . Il étoit Frere
du dernier Duc de Vitry , qui
n'a laiffé qu'une Fille , Marie
Françoife Elizabeth de Lhôpital
, mariée à M' le Marquis
de Torcy , de la Maiſon de la
GALANT. 301
Tour, un Fils qu'il avoit étant
mort avant luy par un accident
funcfte. Ce Duc & ce
Marquis de Vitry , étoient
tous deux Fils de Meffire Nicolas
de Lhôpital , Marquis,
puis Duc de Vitry , Maréchal
de France , Chevalier des Ordres
du Roy , & Gouverneur
de Provence. Il avoit efté auparavant
Capitaine des Gardes
de Sa Majefté, & avoit un
Frere connu fous le nom du
Maréchal de Lhôpital , Gouverneur
de Paris , & Chevalier
des Ordres du Roy , qui avoit
auffi efté Capitaine des Gar302
MERCURE
des du Corps . Le Pere de ces
deux Maréchaux de France,
étoit Meffire Louis de Lhô.
pital , Seigneur de Vitry , Capitaine
des Gardes du Corps.
La Branche des Seigneurs de
Vitry , eft la derniere de la
Maiſon de Lhôpital, dont les
Ainez font Marquis & Comtes
de Lhôpital. Les Marquis
de Sainte Meſme , en font les
premiers Cadets. Cette Maifon
eft trés ancienne, établie
en France il y a prés de quatre
fiécles . On la croit iffue
des anciens Seigneurs de
Lhôpitalet , au Royaume de
•
GALANT. 303
Naples . Elle a eu en France
de tres grands employs , &
l'on y trouve des Chambellans
de nos Roys , des Grands
Mailtres des Eaux & Forefts ,
un grand Maiſtre de la Reyne
Ifabeau de Baviere , des Generaux
d'Armées , des Gou
verneurs de Villes & de Provinces
, des Capitaines de
Gendarmes , des Chevaliers
des Ordres , des Confeillers
de Roys , des Gouverneurs
des Enfans de France , des
Chevaliers d'Honneur des
Reynes , des Maréchaux de
France , &c. Elle eft alliée
304 MERCURE
aux plus illuftres Maiſon's du
Royaume , comme Bracque ,
le Bouteiller de Senslis ,
Courtenay- Blaineau , Rou
hauft , Laval , Coffe , Bruges,
Beauvau , la Mark , Mouſtiers,
Montmirail Huraut
, la
Tour , Do , la Chaftre , Brichanteau
, Levis , Pot , & c.
Ses Armies font , De gueule au
Coq d'argent , armé, cretté,
barbelé d'or. Les diverfes Branches
ont pris diverſes brifu
res .
I
>
عوم
Meffire Jean François de
Megrigny , Marquis de Vandeuvre
, Baron de Couchey,
GALANT. 305
Vicomte de Troye , Cornetre-
Blanche de France , & cy
devant Grand Tranchant du
Roy , eft mort auffi depuis
peu de temps. Il laiffe un Fils
& deux Filles , de feue Dame.
Françoiſe Henriette du Mefnil-
Simon de Beaujeu , fçavoir
Charles Hubert de Megrigny,
Marquis de Vandeuvre , Baron
de Beaujeu , Gabrielle de
Megrigny , & Marie Françoife
de Megrigny.. M' le Marquis
de Vandeuvre qui vient
de mourir , étoit Fils de Mef
fire Jean de Megrigny , Marquis
de Vandeuvre, Vicomte
Fevrier 1685.
Cc
306 MERCURE
de Troye , Baron de Colom
bey , premier Preſident au
Parlement de Provence , puis
Confeiller d'Etat, & de Dame
Renée de Bucy , & petit Fils
de Jean de Megrigny , Vicomte
de Troye & de Briel,
& de Dame Marie Bouguier
Fille de Chriſtophe Bouguier;
Seigneur d'Echarfon , Confeiller
au Parlement , & de
Dame Marie Chartier , Dame
d'Alainville , de la Famille
des Fondateurs , de la Maifon
& College de Boiffy.
Feu M' de Mégrigny , Confeiller
d'Etat , avoit cinq Fre
GALANT. 307
res; Louis de Mégrigny,Chevalier
de Malte ; Jacques de
Mégrigny , Baron de Bonivet,
Préfident au Mortier du
Parlement de Paris, puis Con
feiller d'Honneur dans le même
Parlement ; Mathieu de
Mégrigny , Abbé de Pontigny
, Nicolas de Mégrigny,
Prieur de Souvigny , Chanoine
de l'Eglife de Paris ,,
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes ; & François de
Mégrigny , Comte de Briel,
& d'Alainville
, De Mégrigny
porte d'argent au Lion de
fable...
Cc ij
3c8 MERCURE
Ces morts ont efté fuivies
de celle de Meffire Chriftophe
de Mallebranche , Seigneur
de Villebon . Il eftoit
Frere de M' de Mallebranche
Confeiller au Parlement , fi
eftimé par l'exacte aplication
qu'il a aux Affaires , & du
Pere de Mallebranche , Prêtre
de l'Oratoire , que tant
de doctes Ecrits ont rendu
celebre .
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès notables au sein de familles illustres. Nicolas Louis de Lhôpital, Marquis de Vitry, est décédé. Il a occupé diverses fonctions royales, notamment celle d'ambassadeur en Pologne. Il n'a pas laissé de descendance, son fils unique étant mort en bas âge. Il était le frère du dernier Duc de Vitry, qui avait une fille, Marie Françoise Élisabeth de Lhôpital, mariée au Marquis de Torcy. Leur père, Nicolas de Lhôpital, avait été Duc de Vitry, Maréchal de France et Gouverneur de Provence. La famille de Lhôpital est une maison ancienne en France, établie depuis près de quatre siècles, et a occupé de hautes fonctions, y compris des maréchaux de France et des gouverneurs. Le texte mentionne également la mort de Jean François de Megrigny, Marquis de Vandeuvre, qui laisse un fils et deux filles. Enfin, Christophe de Mallebranche, Seigneur de Villebon, est décédé. Il était le frère d'un conseiller au Parlement et le père d'un prêtre de l'Oratoire connu pour ses écrits doctes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8524
s. p.
DEFFENSE DE LA POESIE FRANCOISE.
Début :
Aprés un Avant-propos jugé aussi necessaire, j'ose me / Je laisse à Madame Dacier le soin de soûtenir, comme [...]
Mots clefs :
Poète, Pièces en vers et en prose, Apollon, Muses, Parnasse, Illusion, Abbé de Pons, Variété, Danse, Orateur, Rime, Cadence, Versification, Auteurs, Arrangement, Sensible, Imagination, Théorie, Racine, Ronsard, Despréaux, Didactique, Bizarrerie, Langue
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texteReconnaissance textuelle : DEFFENSE DE LA POESIE FRANCOISE.
Aprés un Avant-propos jugé auffi
necellaire , j'ofe me promettre que
l'on me fçaura gré d'entrer en matiere
par la Piéce fuivante : elle eft
d'un Auteur trop connu parmi les
favoris d'Apollon , pour ne pas faire
un des principaux ornements de
mon Recueil. De plus elle fervira
à me juftifier dans l'efprit des perfonnes
neutres , qui auroient pû me
foupçonner de partialité , fi je n'avois
point opposé un morceau à la
Diflertation de M. l'Abbé de Pons
A iij
AVANT - PROPOS.
qui eft à la tête du Mercure deJanvier
, dont elle attaque une partie
incidentelle ; fçavoir , fi la Profe
doit le ceder aux Vers.
7
LE
NOUVEAU
MERCURE
DEFFENSE
DE LA
POESIE FRANCOISE.
E laiffe à Madame Dacier
le foin de foûtenir , comme
elle ne manquera pas
fans doute de le faire trés
fçavamment , les principes qu'elle
a avancés fur le Poëme Epique
& que M. l'Abbé de Pons a combattus
dans le Mercure de Janvier
Aiiij
8 LE NOUVEAU
de cette année ; mais en qualité
de Citoyen du Parnafle & de Rimeur
, quoyqu'indigne ; je ne puis
me difpenfer d'entrer en caufe fur
ce qui regarde les interefts & la
gloire d'un Art que je cultive depuis
longtemps .
Tout homme doit être Soldat ,
quand il s'agit de défendre fa patrie.
Notre Patrie à nous autres Poëtes ,
s'il m'eft permis de me mettre du
nombre , c'eſt le Parnaffe . On ne
peut fupprimer les Vers , qu'il ne
foit ruiné de fond en comble ; car
pour Meffieurs les Profateurs , comme
il leur plaît de fe nommer ; ils
y tiennent un fi petit rang , fi même
ils y en tiennent aucun , qu'à peine
les y compte-t- on pour quelque
chofe. Les Poëtes au contraire
font les Seigneurs dominants ; Apollon
ne s'y communique qu'a eux ;
les Mufes ne favorifent qu'eux feuls
de leurs infpirations , & même pour
le faire avec plus de régularité &
moins de confufion ; elles ont par
tagé entre elles les differentes
fortes de Poëfies auxquelles les
MERCURE.
Poëtes fe confacrent ; & Pegaſe enfin
, tout cheval qu'il eft , ne s'y
laifle monter que par les Poëtes.
Le Parnafie nous appartient donc
en propre ; c'est notre patrimoine ,
& à titre d'autant plus légitime ,
qu'il y en a plufieurs parmi nous ,
qui n'en ont jamais eu d'autre. En
faut-il davantage pour allumer mon
zele , & exciter dans moi cette vive
ardeur avec laquelle on combattoit
autrefois , pour fes foyers &
pour les Autels ?
Je fens bien que pour faire les
chofes dans les formes , ce feroit
en Vers que je devrois défendre la
caufe des Vers. Mais dans la jufte
défiance que m'infpire la médiocrité
de mon talent en ce genre , je ne
veux pas donner lieu à mon adverfaire
de s'en prévaloir , & d'attribuer
à l'imperfection de l'Art , ce
qui ne devroit tomber que fur l'incapacité
du Poëte . Peut - être trahîrois
- je moi - même ma caufe , en
voulant la défendre , & je me ferois
dire perfonnellement , ce que
M. l'Abbé de Pons ne dit qu'en
10 LE NOUVEAU
general , à tous mes confreres :
Pourquoi ne me parle - t - on pas en
Profe ? *
C'est donc en ce langage que je
vais m'expliquer , & fi dans une
défenſe auffi légitime que celle- ci ,
il m'échape quelques termes qui
ne foient pas affez inefurez , je prie
notre adverfaire de fe fouvenir que
c'eſt le Parnafle , notre domicile ,
que j'ai à défendre , & que je fuis
en droit de faire autant de bruit
pour la défenfe de notre maifon ,
que Ciceron en fit autrefois pour
le retabliffement de la fienne . *
* Si c'eft une illufion dans Madame
Dacier de croire , que les Vers
font plus fufceptibles de grandeur &
de Majefté que la Profe , & que
le
Poëme y trouve plus de reffource ,
j'avoue que je fuis de moitié avec
elle fur cette illufion , & je m'es
* Page 75 .
*. Oratio
pro
*. Page 68 .
domo fuâ.
MERCURE. If
fais honneur . Il ne feroit même pas
impoffible que l'illufion ne fût moins
de notre côté , que du côté de ceux
qui nous l'imputent. Nous avons
déja pour nous , de l'aveu de notre
adverfaire , le préjugé public. * Tour
déraisonnable qu'on dépeint ce préjugé
, on convient qu'il eft univerfel
; & fi nous nous trompons , dumoins
avons - nous la confolation
de voir , que grand nombre d'honnêtes
gens fe trompent avec nous.
Il ne s'agit plus que de fçavoir de
quel côté eft l'illuſion .
Je ne prétends point icy fuivre nôtre
adverfaire pied à pied , ni faire
une differtation dans les formes ;
mais fans m'affervir à cette methode
gefnante , en répondant à un Auteur
qui ne blâme rien tant dans nôtre
art , que la gêne , j'efpere fatisfaire
pleinement à toutes fes difficultez .
Je conviens d'abord de bonne foy
de cette efpece de gêne & de con-
* Page 68.
Ibid.
12 LE NOUVEAU
trainte qui fe trouve dans les vers
& qui leur eft fi eflentielle , que c'eft
principalement ce qui les diftingue
de la profe. J'avoue en ſecond lieu
qu'il eft beaucoup plus aifé de parler
& d'écrire en profe , que de parler &
d'écrire en vers , tout comme il eſt
beaucoup plus aifé de marcher que
de danfer. Il y avoit plus de quarante
ans que M. Jourdain difoit de la
profe , non feulement fans avoir ap.
pris à en dire , mais même fans fçavoir
qu'il en difoit . Il eût beſoin de
fçavoir faire une reverence pour faluer
une Marquife , & pour cette
fimple reverence , il luy fallut un
Maiftre. Que conclure de tout cela ?
le voicy : c'eft que fi on veut le borner
à ce qui eft de plus facile & de
plus comode , il faut s'en tenir à la
profe , & fupprimer les vers ,fe contenter
de marcher & bannir la danſe .
Le parallele que je fais icy des
vers avec la dance, eft bien plus jufte
à ce qu'il me femble , que celuy que
fait M. l'Abbé de Pons,du Poëte avec
un danfeur de corde. Qu'est- ce que
la dance ce font des
pas mefurez .
Qu'est- ce
MERCURE. 13
>
Qu'est- ce que les vers ? ce font des
mots cadencez & difpofés en certain
ordre. C'eft la varieté de cette
mefure qui conftitue les différentes
fortes de vers ; comme les pas
différents ou différemment liés
conftituent les différentes fortes de
dances. Le Poëte , ni le Danfeur
ne courent point rifque de fe caf
fer le cou dans l'exercice de leur
Art. Tout est affés égal de part &
d'autre ; & fi les vers font plus de
plaifir que la fimple Profe c'eft
par là même raifon , que la danſe a
quelque chofe de plus piquant &
de plus interrellant , que la démarche
fimple & ordinaire d'un homme
qui , va naturellement fon pas.
,
Il est vrai qu'Horace dans fa belle
Epître, addreflée à Augufte , femble
faire une espéce de parallele entre
les Poëtes & les Danfeurs de corde ;
mais le parallele ne tombe que fur
une chofe qui regarde plus le génie
du Poëte que la verfification * . Car
que veut- il faire entendre , quand
*. Hor. Art Poet.
Février 1717. B
14 LE NOUVEAU
il dit qu'il n'eft pas moins frapé de
l'adrefle & de l'habileté d'un Poe
le qui , à la faveur d'un fujet fabureux
& d'un peril imaginaire , fait
jouer tous les refforts des paffions
dans un coeur , l'attendrit , le tranſporte
, le calme fucceffivement , l'effraye
& l'épouvante même par le
prestige & l'enchantement de fon
art , que s'il le voyoit danfer fur la
corde Il ne veut dire par là rien
autre chofe , finon , que pour produire
des effets fi merveilleux dans
les coeurs , il faut autant de fouplefle
& d'agilité , fi j'ofe m'exprimer ainfi ,
dans l'efprit du Pocte , qu'il en faut
dans le corps du danfeur pour voltiger
fur une corde tendue en l'air. Or
fila profe , comme le foûtient M.
l'Abbé de Pons , * peut faire tout ce
que font les vers ; fi , comme il le dit ,
les fictions ingenieufe , les figures hardies
, les images brillantes ne font pas
plus l'appanage des vers que de la
* Page 69 .
* Page 68 .
MERCURE.
is
Profe ; voilà Meffieurs les Profateurs
devenus danfeurs de corde, auffi- bien
que nous. Ils croyent eftre en effet
auffi grands maiſtres dans l'art d'exciter
les paffions , que le peuvent être
les Poetes , & par confequent on ne
peut nous mettre au niveau des danfeurs
de corde , qu'on ne falle entrer
dans le même branle tous les Orateurs
, Harangueurs , Avocats , &
les Prédicateurs même.
Mais fi l'on veut s'en tenir au plus
commode , & fe borner à ce qui eft de
plus naturel & de moins gefnant ,
pourquoy fe jetter à plaifir dans la
recherche fatiguante de ces fictions ingenienfes
& de ces figures hardies ,
propres à émouvoir les paffions ?
Pourquoy fe tourmenter l'imagination
à inventer des tours qui frapent,
qui étonnent ? Pourquoy faire illufion
à l'efprit par des enchantemens
de figures maniées avec art , & par
tous ces autres artifices de l'eloquence
, que l'Arcopage avoit bannis des
caufes qui fe plaidoient à fon Tribunal
? N'en coûte- t-il rien pour tout
cela à l'Orateur ; & ne feroit- il pas
Bij
16- LE NOUVEAU
moins gênant , moins fatiguant pour
lui , de fe contenter d'expofer fimple .
ment fes raifons l'une après l'autre
dans l'ordre le plus naturel ? I eft
vrai , & rien même ne feroit plus raifonnable
, fi l'efprit de l'homme étoit
d'une autre trempe qu'il n'eft ; c'eſt- àdire
, s'il étoit affez Philofophe pour
fe contenter du vrai tout pur : mais il
a fes caprices & fes foibleffes,qui demandent
des ménagemens & des égards.
Il y a des veritez qui ne font
impreffion fur lui , qu'autant qu'on a
le talent de les lui faire goûter , & il
fautfouvent lui arracher par furpriſe;
& comme à force de preftige , ce que
la raifon nuë & dégagée de ces efpéces
de fantômes ou féduifans , ou
effrayans , dont l'art l'environne
n'en obtiendront jamais ,
De la maniere que l'efprit de l'homme
eft fait , on ne peut parvenir à lui
plaire, que par des endroits qui le flatent
; il faut quelque chofe qui le réveille
, qui le pique , & qui excite
dans lui de la furprife ; & il n'eft jamais
touché plus agréablement , que
quand cette furpriſe va jufqu'à l'adMERCURE
17
miration. Ce fera un foible , fi l'on
veut , dans luy , que de ne fe pas contenter
de la verité pure & denuée d'agrémens
; mais c'eft à ce foible que
nous devons l'invention des Arts &
des Sciences , & le foin qu'on a pris
dans tous les temps de les perfectionner.
Or tout cela s'eft -il fait , ou fe
fait-il encore fans gêne & fans contrainte
; on la pafle à tous les autres
arts , cette contrainte & cette gêne
pourquoi l'art des vers eft-il feul à
qui on la reproche ?
On me répond à cela , que ce qu'on
blâme dans les vers , ce n'eſt pas précifément
la gêne & la contrainte ,
mais une gêne , & une contrainte qui
va à la ruine des penſées , qui leur fait
perdre leur verité & leur grace naturelle
quifait plier la raifonfous le joug
d'un langagefollement mefuré , bifarre,
effrayant , quiporte avec luy l'appareil
du travail & de l'affectation . A ces incommoditez
qu'on prétend qu'apporte
avec elle l'uniformité de la rime
& de la cadence ; on ajoute de plus ,
Page 58 & 59. & ¢.
Biis
18 LE NOUVEAU
quelle fatigue , qu'elle ennuye ; de forte
qu'il n'y a eû qu'un long commerce
qui ait pu nous accoûtumer à la démarche
affectée des vers , & à leur
air contraint , & qu'on ne les fouffre
que par habitude * Enfin , comme
l'a dit feu M. l'Archevêque de Cambray
* C'est une torture d'efprit en pure
perte ; car je ne diffimaleray point que
ce grand homme a efté fur le fujer
des vers,dans la même prévention que
M. l'Abbé de Pons . Je fais bien fâché
de trouver en mon chemin un nouvel
adverfaire , de cette réputation
& de ce poids ; mais dans la noble
confiance que m'infpire, & la bonté
de ma caufe,& le caractere du Poëte,
qui tient un peu du Gaſcon , je ne
crois pas que je recule pour un ennemi
de plus , quelque formidable qu'il
puiffe être.
Cependant comme c'eft l'art que
j'entreprends de défendre , & non , le
mauvais ufage qu'on en peut faire ,
* Page 58
* Reflexionsfur la Rhetor.
5
19 MERCURRE
je demande, avant toute chofe , qu'on
ne mette point fur le compte de la
Poëfie , les imperfections & les défauts
qui ne viennent que de l'ignorance,
de l'incapacité ou de la negligence
du Poëte. Je palle fans peine
condamnation fur les mauvaisPoëtes,
& même fur ce que les bons ont de
defectueux . On nous cite deux vers de
Racine , & deux autres de Defpreaux ,
où l'on trouve quelque chofe à reprendre.
Ce font l'un & l'autre, deux
de nos plus grands Maiftres ; je conviens
cependant qu'au lieu de deux
vers de chacun , on en pourroit citer
bien d'autres du fecond , & un plus
grand nombre encore du premier
Poëte;plus aifé queDefpreaux dans fa
verfification ; mais bien moins châtić
& bien moins correct. De-là on va
conclure avec M. de Cambray que
la perfection de la verfification Fran
goife eft prefque impoſſible , puiſque
ceux même qui s'y font le plus diftinguez
, & qui ont été le plus loin dans
cet art , ne font pas exempts de dé
fauts.
Je ne puis mieux faire fentir l'illu-
D iiij
20 LE NOUVEAU
fion de cette confequence que par une
fuppofition que je fuis en droit de
faire. Ronfard jouïfloit en fon temps
d'une reputation encore plus éclatante
& plus univerfelle , que ne l'a été
celle de Racine & de Defpreaux dans
le nôtre. Si fur quelques -uns de fes
vers reconnus pour foibles & pour
mauvais , dans le temps même de fa
plus grande vogue , quelqu'un avoit
conclu, qu'il étoit comme impoffible
d'atteindre à la perfection de la Poë .
fie , puifque Ronfard même n'étoit
pas exempt de défaut , ce raifonnement
nous paroiftroit- il aujourd'huy
bien convainquant ? & qui nous a dit
qu'il ne viendra pas aprés nous des
genies heureux , qui aidez des lumieres
, des leçons & des exemples que
leur ont laiffé nos meilleurs Poëtes ,
porteront l'art de la verfification encore
plus haut , que ceux -ci ne l'ont
porté , & toucheront de plus prés à
ce point de perfection où tend l'art
Si des fautes où font tombez les
plus habiles & les plus diftingués
dans chaque art ; on doit conclure
au préjudice de l'art même , il n'y
MERCURE. 21
en a point de la perfection duquel
il ne faille défelperer. Les plus
grands Poetes font fujets à des né.
gligences , & leurs plus beaux Ou.
vrages ont des taches. J'en conviens
; mais qu'on me montre un
Orateur fans défaut. On voudroit
que dans un long Ouvrage , le Poëte
ne laiẞât rien à defirer pour la jufteße
, la clarté & l'élegance. Ie le
voudrois bien auffi ; mais qu'on me
montre un long ouvrage de Profe
en notre langue , où il n'y ait rien
à redire fur l'élegance , la clarté ,
ou la jufteffe , & qui foit exempt
des moindres négligences.
›
Je ne fçais pas comment en jugent
les autres ; mais je ne ferois point
de difficulté de dire que je trouve
à proportion beaucoup plus de chofes
à reprendre dans les ouvra .
ges de Profe que dans ceux de
Vers , & je fuis perfuadé que quiconque
voudra examiner de prés
ce que nous avons de meilleur dans
ces deux genres d'écrire , en fera le
même jugement. Je dirai bien plus ,
c'eft qu'il n'eft gueres poffible que.
22 LE NOUVEAU
les Ouvrages de Vers ne foient plus
achevez que ceux de Profe . Pourquoy
cela ? C'est que les bons Vers
font toujours travaillez avec plus
de foin que la bonne Profe , & que
cependant la bonne Profe ne demande
gueres moins de travail &
de méditation que les bons Vers.
Il y a une forte d'harmonie dans
la Profe plus difficile à attraper que
celle de la Poefie ; celle - ci à fon
chemin tout tracé ; chaque pied ,
chaque fyllable a fon arrangement
fixe & reglé ; au lieu que l'autre
qui n'a point de regle palpable &
déterminée , dépend prefque toute
du goût & de l'oreille.
Je ne puis diffimuler que je trouve
une injuſtice criante dans la maniere
dont on juge des Poetes. On
convient qu'ils font plus gênés que
ceux qui écrivent en Profe ; & au
lieu de leur paffer quelque chofe
en faveur de cette gêne , on éxige
dans eux plus de regularité , plus
de jufteffe & plus de perfection que
dans les autres Ecrivains. Quand
un profateur a exprimé rondement
MERCURE. 23
fa penfêe en termes intelligibles &
recûs , on n'en demande pas davantage
, & l'on ne va pas rechercher
, s'il n'y avoit point de termes
plus propres , plus énergiques ,
des tours plus vifs & plus heureux
qu'il pût employer . On entend ce
qu'on a lû ; on a hâte d'aller à ce
qui fuit , & par là on eſt diſpoſé
à fe contenter aisément de ce que
l'on trouve . Il s'en faut bien qu'on
ait la même indulgence pour le
Poëte. Ce n'est pas allés qu'on entende
ce qu'il dit ; on lui fait encore
un procés fur ce qu'il ne dit
pas & qu'il n'a ni , dû , ni voulu
dire , mais qu'on devine , que la
gêné du vers lui a fait fupprimer
malgré lui . On pefe jufqu'aux moindres
fyllabes de fes vers ; on ne veut
point que rien Y foit forcé ou déplacé
, que rien y grimace ; & tout
prévenu qu'on ett fur la fervitude
perpetuelle de la rime , on ne lui
en veut pas paffer une de foible .
On tépond à cela ; Ce font des loix
qu'il s'eft faites ; on eft en droit d'éxiger
qu'il les obferve. Pourquoi
24
LE NOUVEAU
de
›
s'eft il affujetti a cette folle meſure,
feuvent aux dépens de la raifon qu'il
eft obligé de faire plier fous le ja ng
ce langage bifarre, quifait perdre aux
penfées leur verité & leur grace natu
relle. C'est un joug , il eft vrai
c'eſt une gêne & une contrainte ;
mais une contrainte , où les Poëtes
trouvent de la douceur , & de trés
grands avantages , & qui fans les
jetter dans tous ces inconvénients
qu'on impute à leur art , leur procure
des fecours auffi grands qu'ils
font réels.
Pour rendre ceci fenfible , & faire
toucher au doigt les avantages confiderables
que retirent les Poëtes de
cette contrainte à laquelle la meſure
du vers les affujettit , je fuppofe
qu'on donne à deux perfonnes d'un
efprit à peu prés égal , la même penfée
à exprimer , à l'un en profe
& à l'autre en vers . Le premier , s'en
tiendra , comme il arrive d'ordinaire
à la premiere expreffion jufte &
claire qui fe prefentera d'abord à
fon efprit . Le fecond au contraire ,
gêné , par la cadance , & par la rime
qu'il
MERCURE
.
25
qu'il ne rencontre pas dans les premier's
termes que fon efprit lui fournit
, tournera fa penſée en cent façons
, l'envifagera dans tous les
fens dont elle paroîtra fufceptible ,
s'échauffera l'imagination pour en
tirer des termes , & pour créer ,
s'il le faur, des tours , qui puiffent
faire quadrer fa penſée, à la meſure
de fon vers. Or quoy de plus propre
à cultiver l'efprit , à l'élever ,
à le perfectionner , a enrichir l'i.
magination , & à lui donner cette
fécondité qui multiplie en quelque
forte , le même objet dans fon idée
par les differents regards !) Oui !
mais , dit - on , voici l'inconvénient
& l'écueil : De tous ces tours , de
de toutes ces toutes ces images ,
expreffions, on choifira , non la meilleure
& la plus convenable , mais
celle qui renferme la rime dont on
a befoin & aprés laquelle on court.
Ainfi voila le Poëte gouverné par
la rime ; elle féduit ; elle le gourmande
, elle fait plier la raison fous
Le joug du vers, & par là , elle fait
perdre aux pensées leur verité & lew
grace naturelle, C
24 LE NOUVEAU
de
s'eft il affujecti à cette folle mefure ,
fouvent aux dépens de la raifon qu'il
eft obligé de faire plier fous le jong
ce langage bifarre , quifait perdre aux
penfées leur verité & leur grace natu
relle. C'est un joug , il eft vrai
c'eft une gêne & une contrainte ;
mais une contrainte , où les Poëtes
trouvent de la douceur , & de trés
grands avantages , & qui fans les
jetter dans tous ces inconvénients
qu'on impute à leur art , leur procure
des fecours auffi grands qu'ils
font réels.
Pour rendre ceci fenfible , & faire
toucher au doigt les avantages confiderables
que retirent les Poëtes de
cette contrainte à laquelle la meſure
du vers les affujettit , je fuppofe
qu'on donne à deux perfonnes d'un
efprit à peu prés égal , la même penfée
à exprimer , à l'un en profe ,
& à l'autre en vers . Le premier , s'en
tiendra , comme il arrive d'ordinaire
à la premiere expreffion jufte &
claire qui fe prefentera d'abord à
fon efprit . Le fecond au contraire ,
gêné , par la cadance , & par la rime
qu'il
MERCURE.
25
qu'il ne rencontre pas dans les premiers
termes que fon efprit lui fournit
, tournera fa penſée en cent façons
, l'envisagera dans tous les
fens dont elle paroîtra fufceptible ,
s'échauffera l'imagination pour en
tirer des termes , & pour créer ,
s'il le faur , des tours , qui puiflent
faire quadrer fa penſée, à la meſure
de fon vers , Or quoy de plus propre
à cultiver l'efprit , à l'élever
à le perfectionner a enrichir l'i
magination , & à lui donner cette
fécondité qui multiplie en quelque
forte , le même objet dans fon idée ,
par les differents regards ¦ Oüi !
mais , dit - on , voici l'inconvénient
& l'écueil : De tous ces tours , de
toutes ces images , de toutes ces
expreffions,on choifira , non la meil
leure & la plus convenable , mais
celle qui renferme la rime dont on
a befoin & aprés laquelle on court.
Ainfi voilà le Poëte gouverné par
la rime elle féduit ; elle le gourmande
, elle fait plier la raison fous
Le joug du vers, & par là , elle fait
perdre aux pensées leur verité & lew
grace naturelle, C
;
26
LE
NOUVEAU
Tout cela eft vrai dans la pratique
des mauvais Poëtes , & dans
l'idée de ceux qui , faute d'être dans
l'exercice de la verfification , ne feavent
pas , comment les bons Poetës
fe gouvernent à cet égard . Il y a
dans tous les arts , certains myftéres
où la Théorie ne pénétre point ,
& qui ne fe révélent qu'à la pratique
& à l'ufage . Les bons Poëtes ,
comme les mauvais , font obligez de
faire pafler une même penfée par
vingt expreffions differentes , & de
fe la reprefenter fous vingt differents
jours ; jufques là tout eft égal entreeux.
Voici le point où ils fe feparent,
& ce qui les diftingue des uns des
autres. De tous ces tours & de toutes
ces expreffions differentes qu'ils ont
imaginées ; le mauvais Poete s'en
tient à celle qui lui livre ſa rime , &
c'eft en cela qu'il eft mauvais Poete.
Le bon Poete au contraire , choiſit
avant toute choſe, l'expreffion la plus
noble & la plus énergique ; le tour le
plus vif, le plus brillant, & qui donne
le plus de force & le plus de grace
à fa penfée , & cela fans égard pour
MERCURE, 17
la rime à laquelle il ne donne que fa
feconde réflexion . Quelque que foit
cette rime , il y affujettit tout le refte
; c'est ainsi qu'il fait plier la rime
fous le joug de la raifon , tandis que
le mauvais Poete fait plier la raifon
fous le joug de la time, La gêne de
la rime fait fouvent dire au mauvais
Poëte , ou plus , ou moins , ou toute
autre chofe qu'il ne voudroit dire ;
au lieu qu'elle fait fouvent trouver
au bon,des idées naives & des faillies
heureuſes , qu'il n'auroit jamais imaginées
fans cet aiguillon . Il y a tou.
jours dans chaque periode , dans chaque
penfée un peu étendue,quelque
endroit qui domine , à peu prés ,
comme dans un tableau , il y a tou
jours un objet principal auquel on
rapporte & on unit tous les autres.
Chez les Auteurs qui ont du goût ,
c'eft cet endroit qui gouverne le refte
qu'on tafche d'y lier , d'y aflortir &
d'y unir le plus naturellement qu'on
peut. Or c'est là , dit -on , la difficulté
que cette union ! il faut trouver une
terminaifon qui rime à cette expreffion
dominante,que vous aurez choi
*
Cij
.8 LE NOUVEAU
fie par préference , il faudra forcer
tout le refte pour l'amour d'elle . Et
qu'importe de quel côté foir la gêne
& la tyrannie , & laquelle des
deux rimes qui fe répondent , fouffre
& grimace ? Le Lecteur n'en fera
pas moins frapé du désagrément qui
refulte de cette gêne .
Faulle idée de ceux qui ne font -
point dans l'habitude de la verfification
, & qui fe font un monftre de
la rime , mais idée en même temps .
dont il eft dautant plus difficile de
les faire revenir , qu'il n'y a , que l'éxercice
& l'habitude de la verfification
, qui pût les défabufer. Je les
prieray feulement de faire une remarque
qu'ils n'ont peut- être jamais
faite , & dont il n'y a perfonne qui
ne foit capable . C'eft que dans le difcours
ordinaire, on ne dit gueres une
douzaine de mots de fuite, qu'on n'en
trouve au moins deux qui riment enfemble
; de forte que tout le travail
fe reduit à tourner ſa phraſe de maniere,
que ces deux terminaifons qui
riment , tombent naturellement au
bout des deux vers . Ce qui eft plus
MERCURE. 29
facile que je ne le puis dire ; & fion
cenfulte ceux qui font dans l'ufage de
faire des vers françois , ils conviendront
fans peine que la rime pour
l'ordinaire , eft ce qui les gêne & les
embaraffe le moins ; de forte que
M. Defpreaux a eu grande raifon de
dire dans fon art Poetique au fujet
de la rime .
Lorfqu'à la bien chercher d'abord on
s'évertuë ,
L'esprit à la trouver aifèment s'habituë;
Au joug de la raison fans peine elle
flechit ,
Et loin de la gêne„ la fert & l'enrichit.
S'il me falloit verifier , papiers fur
table , ce que j'ay dit du peu de préjudice
que la contrainte de la cadence
& de la rime, apporte à la verité, à la
beauté & à la grace des pensées ; je
n'en irois point chercher d'autre preuve,
que cet ouvrage même de M. Defpreaux
que je viens de citer , & que
je regarde comme le Poëme le plus
achevé que nous avons en noftre lan-
Cij
30 LE NOUVEAU
gue . Je trouve dans ce feul Poëme de
quoi prouver qu'il n'y a peut -être rien
qu'on ne puifle exprimer auffi heureufement
en vers qu'en profe. C'eſt
un ouvrage didactique , & par là même
, d'un caractere froid , & moins
fufceptible des agréments de la
Poefie,que toute autre efpece de Poëme.
C'est peu de dire qu'il n'y a pref
que rien de forcé , ni de foible dans
cet ouvrage , tout m'y paroift failė,
fi naturel , que je ne fçay pas comment
le Poëte auroit pu s'y prendre,
pour trouver des termes plus propres
& plus nobles que ceux qu'il a mis
en oeuvre. Je fais plus : Je Propole au
plus habile Profateur de prendre le
fonds de cet ouvrage & d'en mettre
les préceptes & les inftructions en
pure profe , & je le défie de le faire
plus intelligiblement , plus nettement
& plus naturellement que
Defpreaux ne l'a fait en vers .
S'apperçoit- on dans cet ouvrage
& dans la plupart de ceux du même
Auteur & de nos antres bons Poëtes ,
de cet air contraint & de cet appareil
de travail d'affectation , qu'on
MERCURE.
31
reproche tant ? Pour moy , fi j'ofe
dire ce queje penfe , je m'en apperçois
bien davantage dans des ouvrages
de profe , pleins d'efprit d'ailleurs
, mais dont le ftile me paroift
bien plus gené & plus affecté que celuy
de la Poëfie. Tel eft celuy de S.
Evremond en plufieurs de fes ouvrages
. Les mots y font prefque toujours
dans une attitude contrainte & forcée
; il faut fouvent aider à la lettre
pour les entendre , & je fuis perfuadé
que s'ils avoient la liberté de fe plaindre
, ils avouëroient qu'ils fe trouvent
bien plus en preffe & plus mal à
leur aife dans fa profe & dans d'autres
ouvrages pareils , qu'ils ne le
font dans les bons vers.
Heft für que la cadence & lagime
affujettit à une certaine meſure reglée
, qu'on appellera contrainte , fi
l'on veut , en ce que toute regle emporte
avec foy une forte de contrainte
; mais c'eft en quoi paroift la fuperiorité
du bon Poëte , de fçavoir
manier fi dextrement fon art ; qu'il
en fafle oublier la contrainte à fon
Le&eur ; qu'il obſerve la regle , fans
32 LE NOUVEAU
918
paroiftre s'eftre fait une affaire de
T'obferver ; que les termes fe trouvent
fi bien liez & fi naturellement
affortis enfemble , que cette union
femble plûtoft l'effet d'une rencontre
heureule , que le fruit d'une recherche
étudiée , & qu'enfin la rime
tombe fi jufte & fi à propos , qu'on
foit tenté de croire qu'elle ne s'y
trouve que par hafard , & parcequ'on
n'a pû l'éviter .
C'eft ce qui fait une forte d'illufion
qu'on peut regarder comme la fource
de cette multitude de mauvais Poctes
dont lePublic eft obfedé . Cet air d'aifance
que les bons Poëtes fçavent répandre
dans leursvers , a quelque cho⚫
fe de feduifant.Tout yparoît fi naturel
que le Lecteur , s'il n'eft fur fes gardes
, eft porté à prefumer qu'il ne
tiendroit qu'à luy ; d'en faire autant.
Ut fibi quivis fperet idem flaté de
cette agréable idée , il prend la plume
en main , & croit que les vers
vont couler comme la profe ; il n'y
a que l'experience qu'il fait du con-
* Horat. Art. Poet,
MERCURE.
traire, qui puiffe le détromper : fudet
multum , fruftraque laboret Aufus idem.
Le malheur eft que la plû--
part ne veulent pas eftre defabulez .
Toûjours leurrez par le charme fateur
des vers qu'ils admirent , ils en
trouvent toutes les beautez fi fort à
leur portée , qu'ils croyent y toûcher
déja , & qu'il leur en coûtera peu
d'efforts pour y atteindre .
Or ce charme & cet enchantement
dont la multitude des mauvais
Poetes nous fait trop voir, combien il
eft difficile de fe defendre , peut -il
être l'effet d'un langage bizarre & ef='
frayant , comme on veut bien l'appeller?
La bizarrerie a t'elle quelque
chofe de fi attrayant ? ce qui effraye,
eft-il propre à féduire , & à infpirer
tine envie fecrete de l'imiter ?
M. de Cambray apporte pour preuve
de cette bizarrerie prétendue , le
foin qu'on a d'éviter dans la Profe,la
cadence des vers , tant elle est peu propre
, dit-il , à flater l'oreille.
C'est à peu prés comme G pour
* Ibid.
34 LE NOUVEAU
Prouver, que la danfe eft bizarre , on
alleguoit le foin qu'on prend d'en
éviter les mouvemens & les attitudes
en marchant. Le meilleur danfeur du
monde paroiftroit ridicule , s'il obfervoit
dans fa démarche ordinaire,la
mefure & les inflexions qu'on auroit
admirées dans fa danfe . La profe &
les vers ont chacun une forte d'harmonie
qui leur eft propre. Si l'on évite
dans la profe celle qui convient aux
vers , ce n'eft pas qu'elle ne flatte l'oreille,
mais c'eft qu'elle ne la flate pas,
de la maniere qu'elle la doit fla er ;
& qu'il eft auffi mal de parler vers en
profe , que de parler profe en vers.
La cadence du vers loin d'avoir rien
de bizarre ou de choquant , a aucontraire
quelque chofe de finarurel , que
quand on compofe dans un ftile un
peu élevé, c'eft la premiere qui fe pré-
Tente d'abord à l'efprit ; & que de trés
habiles gens , faute d'être dans le
train de la Poefie , en ont efté la dupe ,
& ont laiffés échapper bien des hemiftiches
, & fouvent des vers entiers
dans leur profe; C'eft là ce qu'on peut
dire , qu'elle laffe , qu'elle fatigue ,
MERCURE. 35
qu'elle ennuye , parce qu'elle eft hors
de fa place , & non pas dans les vers
où elle doit fe trouver.
J'ai dans la cauſe que je défens ,
un avantage qui en juſtifie la bonté ;
c'est que nos adverfaires en font
réduits à fe contredire dans les reproches
qu'ils nous font . M. l'Abbé
de Pons , par exemple , nous déclare
qu'il y a quelque chofe dans les vers
qui le fatigue & qui l'ennuye. Mais
trois ou quatre pages aprés , il convient
que le poète nous plait , quoique
fouvent il nous parle avec moins
d'élegance que le profateur. Comment
ennuye.t - il, s'il plaiſt & comment
plaift-il , s'il ennuye ? Voilà un en.
nuy bien amufant & bien agréable !
Mais enfin à quoy impute-t- on cet
ennuy ? au retour importun de la rime,
à la repetition des mêmes nombres dans
chaque phrafe . Enfin à l'uniformité
perpetuelle qui régne dans les vers.
J'aurois peut- être eſté embarraſlé
à répondre à cette difficulté , & à
juſtifier la verſification d'un ennuy
qu'on prétend qu'elle devroit caufer
, quoyqu'on convienne qu'elle
36 LE NOUVEAU
ne le caule pas ; fi M. de Cambray
ne m'avoit fait appercevoir dans
- l'Analife qu'il fait de la conftru &tion
de la Phrafe Françoife , que la Profe
en nôtre langue pêche encore plus
du côté de cette uniformité , que les
vers , En effet que peut-on imaginer
de plus fimple & de plus uniforme
que cette conftruction ? * On veit tomjours
, dit- il , venir d'abord un nominatiffubftaniif
qui mine ſon adje &tif
comme par la main. Son verbe ne
manque pas de marcher derriere , fuivi
d'un adverbe qui ne souffre rien
entre deux , & le Regime appelle
auffitoft un accufatif qu'on ne peut déplacer
; c'est ce qui exclut toutefufpenfion
d'efprit , toute attente, toute
furprife , toute varieté , & fouvens
toute magnifique cadence. Voilà la
preuve que me fournit l'un de nos
adverfaires , fur l'uniformité conftante
& invariable de la construction
Françoile en Profe. Mais ne fe trouve-
t.elle pas la même dans les vers?
Non , & c'eft furquoi j'ai pour garant
notre autre adverfaire M. l'Abbé
* Reflex. fur la Rhet.
de
MERCURE.
37
de Pons . A l'égard des conftructions ;
dit- il , on accorde aux Poëtes le droit
de les varier un peu plus , que nefait la
Profe.
Nous voilà donc , de fon aveu même
, un peu plus au large de ce cofté
là , que les Profateurs, Nous, qu'on dépeint
comme des gens fi contraints & -
fi gênez dans leur marche. On s'eſt
bien douté que les Poetes ne manque.
roient pas de s'en prévaloir , comme
de raifon ; & c'eft pour cela qu'on
prend la précaution de les avertir
charitablement,de n'en point tirer de
vanité car , ajoûte M. l'Abbé de
Pons ce droit même attefte la mifere
de leur art ; Et nous , nous foûtenons
qu'il en montre la richefle & la beauté.
En quoy fait- on confifter cette mifere
prétendue de nôtre art . ? En ce que
pour fubvenir à fon beſoin, on a estéforcé
de faire plier laregie françoise qui
veut, qu'onfoulage l'attention par une
conftruction aisée, qui présente à quelque
›
*
Page 66.
Page 67.
D
38
LE
NOUVEAU
hofe près,lesidées dans leur ordre naturel.
Et nous , nous prétendons , non
pas qu'on a accordé aux Poëtes , car
nous fommes glorieux , & nous ne
voulons avoir obligation à perfonne ;
mais qu'ils fe font mis eux- mêmes &
de leur propre autorité, en poffeffion
d'un droit qui les fauvoit de cette
uniformité languiflante, qui eft excufable
dans la Profe , mais qui nous
a paru incompatible avec la grandeur
& la majefté des vers ; & c'est
par cette heureuſe hardieffe , digne
de l'élevation de leur génie , qu'ils
fe font mis en état de produire cette
fufpenfion d'efprit , cette attente , cette
Surprise , cette varieté & ces magnifiques
cadences , où felon M. de Cambray,
la Profe ne peut atteindre .
S'it eftoit vray que ce droit ne fût
accordé qu'à la mifere de notre art,
à titre de befoin , & fous le nom de
licence , nous éviterions autant qu'il
nous feroit poffible , de nous en fervir
, & foigneux de cacher noftre
mifere ; nous ne nous en fervirions
jamais qu'à la derniere extremité,
Loin de cela , nous évitons au conMERCURRE.
39
traire la conftruction naturelle de la.
Profe , comme un écueil , & nous regardons
toute Poëfie où cette conftruction
eft regulierement obfervée ,
plûtôt , comme la profe rimée , que
comme des vers .
Et pour ne point fortir de l'exemple
des vers de M. de la Motte , citez
par M. l'Abbé de Pons , où parlant
des trefors , il dit :
Du fein de la Terre entrouverte
Chers inftruments de notreperte ,
L'argent & tor font arrachez ;
On les tire de ces abifmes ,
Oùfage & prévoyant nos crimes
La nature les a cachez.
Il ne faut pas croire que ce foit la
neceffité de la mefure qui ait forcé M.
de la Motte , à renvoyer ces mots :
L'argent & l'or , au troifiéme vers,
& celui-ci , la nature au dernier , c'eſt
à dire , tous deux à la fin de la phrafe,
où ils fe trouvent. Il luy eftoit aifé , s'il
l'euft voulu , de les arranger , comme
ils le font dans la verfion qu'en a faite
en profe , M. l'Abbé de Pons ; mais
Dij
40 LE NOUVEA Ú
alors ce n'euft efté que de la profe rimée
; au lieu qu'ici ce font des vers.
Ces deux nominatifs qui font les objets
dominants des deux phraſes , &
comme les principaux perfonnages
du tableau , eftant renvoyez vers la
fin,produisent cette fufpenfion qui foutient
avec agrément l'attention de l'ef
prit , & qui par là le preferve de cer
ennuy qu'on nous reproche à tort , &
dont nos vers ne ſe défendent qu'en
évitant avec ſoin l'allure de la profe.
Nous fommes donc bien éloignez
de croire, comme M. l'Abbé de Pons,
que fi nous fuivions cette allure
* Nos vers n'en feroient que plus parfaits
; nousfommes perfuadez au contraire,
qu'ils en feroient moins vers ,
c'est à dire , moins ce qu'ils doivent
eftre , il ajoute que quand il en * tron_
ve une fuite nombreuse , dont les conftructions
pourroient eftre adoptéespar la
profe , il applaudit aupredige. Je luy
crie mercy fur cela , & je luy declare
Pag. 67.
Ibid,
MERCURE
41
qu'en mon particulier, l'ay toujours
tâché de faire des vers qui fuffent na.
turels ; inais que quelqu'estime que
je falle d'ailleurs de fon jugement , &
quelque paffion que j'eufle de meriter
en toute autre chofe fes applau
diffemens , je ferois tres fâché de les
meriter fur cet article de verfification , -
adoptable par la profe.
Quelque agrément que la rime
donne aux vers , nous ne nous tiendrions
pas aflez diftinguez des Profateurs
, fi nous n'en differions que par
cet endroit , qu'on nous reproche en--
core comme une fource d'ennui,par
l'uniformité de fa terminaiſon. S'il.
n'y avoit qu'une rime au monde , ou
que le nombre en fut fort borné , le
reproche feroit bien fonde ; mais il y
en a des milliers dans notre langue ,
& quand on fçait les varier , comme
le font les bons Poëtes , en les choififfant
de fons differents , loin que
ces terminaifons mifes comme en regard
, fatiguent & ennuyent , elles.
foulagent au contraire & délaffent
agréablement le Lecteur . M. de
Cambray eftoit d'avis qu'on nous
Diij.
42 LE NOUVEAU
mit un peu plus au large fur cet ar
ticle , mais à Dieu ne plaife , le parnaffe
a plus befoin d'eftre reformé en
cela ,, que d'eftre mitigé ; le Public y
perdroit auffi bien que nous , & une
pareille indulgence ne ferviroit qu'à
multiplier les mauvais Poëtes , & à
faire degenerer les bons.
De tout ce que j'ai dit ; il s'enfuit ,
que de quelque côté qu'on envifage
la conftruction des vers , il ne
s'y trouve rien qui ne doive plaire ,
& qui ne plaife en effet. Auffi nos Adverfaires
en conviennent- ils debonne
foy, & M. l'Abbé de Pons avouë luimême
qu'il eft dansl'illuſion la plus favorable
à l'art qu'il condamne & qu'il
eft fenfible aux graces des vers . Mais
ildéclare en même temps , que c'eft .
une illufion , qu'en cela même il eft
dupe , & qu'il a tort de s'y plaire.
Quel triomphe pour la Poëfie qu'un
pareil aveu quelle arrache de la plume
de fon ennemi , à qui elle plaift
même malgré lui ! Il appelle toute
fa raifon au fecours, pour fe deffendre
de ce charme qu'il nomme illufion
, il en recherche la fource , & au
MERCURE.
48
lieu de l'attribuer à l'élevation, à la
magnificence , à la varieté , à la hardielle
, au brillant , au merveilleux
des tours , des figures , des expreffions
; il aime mieux imaginer que
ce charme ne vient que de l'habitude .
Ce que je vois de conftant dans tout
ceci, c'eft que les vers plaifent. Pourquoi
plaifent- ils ? c'eft furquoi on devine
plûtôt qu'on ne raifonne . Tenons-
nous en donc à ce qui eft de
certain , & recevons la fatisfaction
que nous donnent les vers , fans les
aller chicaner mal- à - propos , fur le
plus ou le moins de droit qu'ils ont
de nous en donner. Les gens d'efprit
font toûjours ingenieux à fe tourmen.
ter eux-mêmes. Ce n'eft pas aflez
pour eux d'avoir du plaifir , ils veulent
encore en avoir fcientifique--
ment & dans les regles ; il faut qu'ils
creufent jufqu'à ce qu'ils ayent pû‹.
démêler , pourquoi ils en ont . He ,
Meffieurs , vous qui êtes fi ennemis
de la gêne & de la fervitude des vers,
pourquoi vous en procurez - vousune
inutile , même dans ce qui vous
plaift . Joüiflez , fans tant fubtilifer
"
44.
LE NOUVEAU
d'un plaifir auffi innocent , que celui
que vous offre l'harmonie des vers ;
& fongez , que les plaifirs de cette
trempe font fi rares & fi précieux ,
que loin de chercher à en diminuer
le nombre & à les effaroucher par
des réflexions importunes , on doit.
encore travailler à les multiplier .
E nouveau fiftême propofé par
M. l'Abbé de Pons fur le Poëme
Epique, n'excitera - t'il pas le zele &
l'émulation des difciples d'Ariftote ?
Il y va de leur honneur de ne pas
laiffer le temps à une fi dangereufe
nouveauté , de s'établir . Le morceau
que l'on vient de lire , ne traite
qu'une queftion incidente de la nouvelle
diflertation ; un ami des Mu--
;
fes juftement allarmé , vient de parler
pour la deffenfe de fes foyers..
Mais il ne doit pas encore demeurer
tranquile fur la foy de fon manifefte
; l'Adverfaire reviendra le mois
prochain à la charge , & fe promet
de mettre la queftion controverfée .
dans un jour fi évident , que perfonne
ne fera plus tenté de l'inerroger
fur cela à l'avenir.
necellaire , j'ofe me promettre que
l'on me fçaura gré d'entrer en matiere
par la Piéce fuivante : elle eft
d'un Auteur trop connu parmi les
favoris d'Apollon , pour ne pas faire
un des principaux ornements de
mon Recueil. De plus elle fervira
à me juftifier dans l'efprit des perfonnes
neutres , qui auroient pû me
foupçonner de partialité , fi je n'avois
point opposé un morceau à la
Diflertation de M. l'Abbé de Pons
A iij
AVANT - PROPOS.
qui eft à la tête du Mercure deJanvier
, dont elle attaque une partie
incidentelle ; fçavoir , fi la Profe
doit le ceder aux Vers.
7
LE
NOUVEAU
MERCURE
DEFFENSE
DE LA
POESIE FRANCOISE.
E laiffe à Madame Dacier
le foin de foûtenir , comme
elle ne manquera pas
fans doute de le faire trés
fçavamment , les principes qu'elle
a avancés fur le Poëme Epique
& que M. l'Abbé de Pons a combattus
dans le Mercure de Janvier
Aiiij
8 LE NOUVEAU
de cette année ; mais en qualité
de Citoyen du Parnafle & de Rimeur
, quoyqu'indigne ; je ne puis
me difpenfer d'entrer en caufe fur
ce qui regarde les interefts & la
gloire d'un Art que je cultive depuis
longtemps .
Tout homme doit être Soldat ,
quand il s'agit de défendre fa patrie.
Notre Patrie à nous autres Poëtes ,
s'il m'eft permis de me mettre du
nombre , c'eſt le Parnaffe . On ne
peut fupprimer les Vers , qu'il ne
foit ruiné de fond en comble ; car
pour Meffieurs les Profateurs , comme
il leur plaît de fe nommer ; ils
y tiennent un fi petit rang , fi même
ils y en tiennent aucun , qu'à peine
les y compte-t- on pour quelque
chofe. Les Poëtes au contraire
font les Seigneurs dominants ; Apollon
ne s'y communique qu'a eux ;
les Mufes ne favorifent qu'eux feuls
de leurs infpirations , & même pour
le faire avec plus de régularité &
moins de confufion ; elles ont par
tagé entre elles les differentes
fortes de Poëfies auxquelles les
MERCURE.
Poëtes fe confacrent ; & Pegaſe enfin
, tout cheval qu'il eft , ne s'y
laifle monter que par les Poëtes.
Le Parnafie nous appartient donc
en propre ; c'est notre patrimoine ,
& à titre d'autant plus légitime ,
qu'il y en a plufieurs parmi nous ,
qui n'en ont jamais eu d'autre. En
faut-il davantage pour allumer mon
zele , & exciter dans moi cette vive
ardeur avec laquelle on combattoit
autrefois , pour fes foyers &
pour les Autels ?
Je fens bien que pour faire les
chofes dans les formes , ce feroit
en Vers que je devrois défendre la
caufe des Vers. Mais dans la jufte
défiance que m'infpire la médiocrité
de mon talent en ce genre , je ne
veux pas donner lieu à mon adverfaire
de s'en prévaloir , & d'attribuer
à l'imperfection de l'Art , ce
qui ne devroit tomber que fur l'incapacité
du Poëte . Peut - être trahîrois
- je moi - même ma caufe , en
voulant la défendre , & je me ferois
dire perfonnellement , ce que
M. l'Abbé de Pons ne dit qu'en
10 LE NOUVEAU
general , à tous mes confreres :
Pourquoi ne me parle - t - on pas en
Profe ? *
C'est donc en ce langage que je
vais m'expliquer , & fi dans une
défenſe auffi légitime que celle- ci ,
il m'échape quelques termes qui
ne foient pas affez inefurez , je prie
notre adverfaire de fe fouvenir que
c'eſt le Parnafle , notre domicile ,
que j'ai à défendre , & que je fuis
en droit de faire autant de bruit
pour la défenfe de notre maifon ,
que Ciceron en fit autrefois pour
le retabliffement de la fienne . *
* Si c'eft une illufion dans Madame
Dacier de croire , que les Vers
font plus fufceptibles de grandeur &
de Majefté que la Profe , & que
le
Poëme y trouve plus de reffource ,
j'avoue que je fuis de moitié avec
elle fur cette illufion , & je m'es
* Page 75 .
*. Oratio
pro
*. Page 68 .
domo fuâ.
MERCURE. If
fais honneur . Il ne feroit même pas
impoffible que l'illufion ne fût moins
de notre côté , que du côté de ceux
qui nous l'imputent. Nous avons
déja pour nous , de l'aveu de notre
adverfaire , le préjugé public. * Tour
déraisonnable qu'on dépeint ce préjugé
, on convient qu'il eft univerfel
; & fi nous nous trompons , dumoins
avons - nous la confolation
de voir , que grand nombre d'honnêtes
gens fe trompent avec nous.
Il ne s'agit plus que de fçavoir de
quel côté eft l'illuſion .
Je ne prétends point icy fuivre nôtre
adverfaire pied à pied , ni faire
une differtation dans les formes ;
mais fans m'affervir à cette methode
gefnante , en répondant à un Auteur
qui ne blâme rien tant dans nôtre
art , que la gêne , j'efpere fatisfaire
pleinement à toutes fes difficultez .
Je conviens d'abord de bonne foy
de cette efpece de gêne & de con-
* Page 68.
Ibid.
12 LE NOUVEAU
trainte qui fe trouve dans les vers
& qui leur eft fi eflentielle , que c'eft
principalement ce qui les diftingue
de la profe. J'avoue en ſecond lieu
qu'il eft beaucoup plus aifé de parler
& d'écrire en profe , que de parler &
d'écrire en vers , tout comme il eſt
beaucoup plus aifé de marcher que
de danfer. Il y avoit plus de quarante
ans que M. Jourdain difoit de la
profe , non feulement fans avoir ap.
pris à en dire , mais même fans fçavoir
qu'il en difoit . Il eût beſoin de
fçavoir faire une reverence pour faluer
une Marquife , & pour cette
fimple reverence , il luy fallut un
Maiftre. Que conclure de tout cela ?
le voicy : c'eft que fi on veut le borner
à ce qui eft de plus facile & de
plus comode , il faut s'en tenir à la
profe , & fupprimer les vers ,fe contenter
de marcher & bannir la danſe .
Le parallele que je fais icy des
vers avec la dance, eft bien plus jufte
à ce qu'il me femble , que celuy que
fait M. l'Abbé de Pons,du Poëte avec
un danfeur de corde. Qu'est- ce que
la dance ce font des
pas mefurez .
Qu'est- ce
MERCURE. 13
>
Qu'est- ce que les vers ? ce font des
mots cadencez & difpofés en certain
ordre. C'eft la varieté de cette
mefure qui conftitue les différentes
fortes de vers ; comme les pas
différents ou différemment liés
conftituent les différentes fortes de
dances. Le Poëte , ni le Danfeur
ne courent point rifque de fe caf
fer le cou dans l'exercice de leur
Art. Tout est affés égal de part &
d'autre ; & fi les vers font plus de
plaifir que la fimple Profe c'eft
par là même raifon , que la danſe a
quelque chofe de plus piquant &
de plus interrellant , que la démarche
fimple & ordinaire d'un homme
qui , va naturellement fon pas.
,
Il est vrai qu'Horace dans fa belle
Epître, addreflée à Augufte , femble
faire une espéce de parallele entre
les Poëtes & les Danfeurs de corde ;
mais le parallele ne tombe que fur
une chofe qui regarde plus le génie
du Poëte que la verfification * . Car
que veut- il faire entendre , quand
*. Hor. Art Poet.
Février 1717. B
14 LE NOUVEAU
il dit qu'il n'eft pas moins frapé de
l'adrefle & de l'habileté d'un Poe
le qui , à la faveur d'un fujet fabureux
& d'un peril imaginaire , fait
jouer tous les refforts des paffions
dans un coeur , l'attendrit , le tranſporte
, le calme fucceffivement , l'effraye
& l'épouvante même par le
prestige & l'enchantement de fon
art , que s'il le voyoit danfer fur la
corde Il ne veut dire par là rien
autre chofe , finon , que pour produire
des effets fi merveilleux dans
les coeurs , il faut autant de fouplefle
& d'agilité , fi j'ofe m'exprimer ainfi ,
dans l'efprit du Pocte , qu'il en faut
dans le corps du danfeur pour voltiger
fur une corde tendue en l'air. Or
fila profe , comme le foûtient M.
l'Abbé de Pons , * peut faire tout ce
que font les vers ; fi , comme il le dit ,
les fictions ingenieufe , les figures hardies
, les images brillantes ne font pas
plus l'appanage des vers que de la
* Page 69 .
* Page 68 .
MERCURE.
is
Profe ; voilà Meffieurs les Profateurs
devenus danfeurs de corde, auffi- bien
que nous. Ils croyent eftre en effet
auffi grands maiſtres dans l'art d'exciter
les paffions , que le peuvent être
les Poetes , & par confequent on ne
peut nous mettre au niveau des danfeurs
de corde , qu'on ne falle entrer
dans le même branle tous les Orateurs
, Harangueurs , Avocats , &
les Prédicateurs même.
Mais fi l'on veut s'en tenir au plus
commode , & fe borner à ce qui eft de
plus naturel & de moins gefnant ,
pourquoy fe jetter à plaifir dans la
recherche fatiguante de ces fictions ingenienfes
& de ces figures hardies ,
propres à émouvoir les paffions ?
Pourquoy fe tourmenter l'imagination
à inventer des tours qui frapent,
qui étonnent ? Pourquoy faire illufion
à l'efprit par des enchantemens
de figures maniées avec art , & par
tous ces autres artifices de l'eloquence
, que l'Arcopage avoit bannis des
caufes qui fe plaidoient à fon Tribunal
? N'en coûte- t-il rien pour tout
cela à l'Orateur ; & ne feroit- il pas
Bij
16- LE NOUVEAU
moins gênant , moins fatiguant pour
lui , de fe contenter d'expofer fimple .
ment fes raifons l'une après l'autre
dans l'ordre le plus naturel ? I eft
vrai , & rien même ne feroit plus raifonnable
, fi l'efprit de l'homme étoit
d'une autre trempe qu'il n'eft ; c'eſt- àdire
, s'il étoit affez Philofophe pour
fe contenter du vrai tout pur : mais il
a fes caprices & fes foibleffes,qui demandent
des ménagemens & des égards.
Il y a des veritez qui ne font
impreffion fur lui , qu'autant qu'on a
le talent de les lui faire goûter , & il
fautfouvent lui arracher par furpriſe;
& comme à force de preftige , ce que
la raifon nuë & dégagée de ces efpéces
de fantômes ou féduifans , ou
effrayans , dont l'art l'environne
n'en obtiendront jamais ,
De la maniere que l'efprit de l'homme
eft fait , on ne peut parvenir à lui
plaire, que par des endroits qui le flatent
; il faut quelque chofe qui le réveille
, qui le pique , & qui excite
dans lui de la furprife ; & il n'eft jamais
touché plus agréablement , que
quand cette furpriſe va jufqu'à l'adMERCURE
17
miration. Ce fera un foible , fi l'on
veut , dans luy , que de ne fe pas contenter
de la verité pure & denuée d'agrémens
; mais c'eft à ce foible que
nous devons l'invention des Arts &
des Sciences , & le foin qu'on a pris
dans tous les temps de les perfectionner.
Or tout cela s'eft -il fait , ou fe
fait-il encore fans gêne & fans contrainte
; on la pafle à tous les autres
arts , cette contrainte & cette gêne
pourquoi l'art des vers eft-il feul à
qui on la reproche ?
On me répond à cela , que ce qu'on
blâme dans les vers , ce n'eſt pas précifément
la gêne & la contrainte ,
mais une gêne , & une contrainte qui
va à la ruine des penſées , qui leur fait
perdre leur verité & leur grace naturelle
quifait plier la raifonfous le joug
d'un langagefollement mefuré , bifarre,
effrayant , quiporte avec luy l'appareil
du travail & de l'affectation . A ces incommoditez
qu'on prétend qu'apporte
avec elle l'uniformité de la rime
& de la cadence ; on ajoute de plus ,
Page 58 & 59. & ¢.
Biis
18 LE NOUVEAU
quelle fatigue , qu'elle ennuye ; de forte
qu'il n'y a eû qu'un long commerce
qui ait pu nous accoûtumer à la démarche
affectée des vers , & à leur
air contraint , & qu'on ne les fouffre
que par habitude * Enfin , comme
l'a dit feu M. l'Archevêque de Cambray
* C'est une torture d'efprit en pure
perte ; car je ne diffimaleray point que
ce grand homme a efté fur le fujer
des vers,dans la même prévention que
M. l'Abbé de Pons . Je fais bien fâché
de trouver en mon chemin un nouvel
adverfaire , de cette réputation
& de ce poids ; mais dans la noble
confiance que m'infpire, & la bonté
de ma caufe,& le caractere du Poëte,
qui tient un peu du Gaſcon , je ne
crois pas que je recule pour un ennemi
de plus , quelque formidable qu'il
puiffe être.
Cependant comme c'eft l'art que
j'entreprends de défendre , & non , le
mauvais ufage qu'on en peut faire ,
* Page 58
* Reflexionsfur la Rhetor.
5
19 MERCURRE
je demande, avant toute chofe , qu'on
ne mette point fur le compte de la
Poëfie , les imperfections & les défauts
qui ne viennent que de l'ignorance,
de l'incapacité ou de la negligence
du Poëte. Je palle fans peine
condamnation fur les mauvaisPoëtes,
& même fur ce que les bons ont de
defectueux . On nous cite deux vers de
Racine , & deux autres de Defpreaux ,
où l'on trouve quelque chofe à reprendre.
Ce font l'un & l'autre, deux
de nos plus grands Maiftres ; je conviens
cependant qu'au lieu de deux
vers de chacun , on en pourroit citer
bien d'autres du fecond , & un plus
grand nombre encore du premier
Poëte;plus aifé queDefpreaux dans fa
verfification ; mais bien moins châtić
& bien moins correct. De-là on va
conclure avec M. de Cambray que
la perfection de la verfification Fran
goife eft prefque impoſſible , puiſque
ceux même qui s'y font le plus diftinguez
, & qui ont été le plus loin dans
cet art , ne font pas exempts de dé
fauts.
Je ne puis mieux faire fentir l'illu-
D iiij
20 LE NOUVEAU
fion de cette confequence que par une
fuppofition que je fuis en droit de
faire. Ronfard jouïfloit en fon temps
d'une reputation encore plus éclatante
& plus univerfelle , que ne l'a été
celle de Racine & de Defpreaux dans
le nôtre. Si fur quelques -uns de fes
vers reconnus pour foibles & pour
mauvais , dans le temps même de fa
plus grande vogue , quelqu'un avoit
conclu, qu'il étoit comme impoffible
d'atteindre à la perfection de la Poë .
fie , puifque Ronfard même n'étoit
pas exempt de défaut , ce raifonnement
nous paroiftroit- il aujourd'huy
bien convainquant ? & qui nous a dit
qu'il ne viendra pas aprés nous des
genies heureux , qui aidez des lumieres
, des leçons & des exemples que
leur ont laiffé nos meilleurs Poëtes ,
porteront l'art de la verfification encore
plus haut , que ceux -ci ne l'ont
porté , & toucheront de plus prés à
ce point de perfection où tend l'art
Si des fautes où font tombez les
plus habiles & les plus diftingués
dans chaque art ; on doit conclure
au préjudice de l'art même , il n'y
MERCURE. 21
en a point de la perfection duquel
il ne faille défelperer. Les plus
grands Poetes font fujets à des né.
gligences , & leurs plus beaux Ou.
vrages ont des taches. J'en conviens
; mais qu'on me montre un
Orateur fans défaut. On voudroit
que dans un long Ouvrage , le Poëte
ne laiẞât rien à defirer pour la jufteße
, la clarté & l'élegance. Ie le
voudrois bien auffi ; mais qu'on me
montre un long ouvrage de Profe
en notre langue , où il n'y ait rien
à redire fur l'élegance , la clarté ,
ou la jufteffe , & qui foit exempt
des moindres négligences.
›
Je ne fçais pas comment en jugent
les autres ; mais je ne ferois point
de difficulté de dire que je trouve
à proportion beaucoup plus de chofes
à reprendre dans les ouvra .
ges de Profe que dans ceux de
Vers , & je fuis perfuadé que quiconque
voudra examiner de prés
ce que nous avons de meilleur dans
ces deux genres d'écrire , en fera le
même jugement. Je dirai bien plus ,
c'eft qu'il n'eft gueres poffible que.
22 LE NOUVEAU
les Ouvrages de Vers ne foient plus
achevez que ceux de Profe . Pourquoy
cela ? C'est que les bons Vers
font toujours travaillez avec plus
de foin que la bonne Profe , & que
cependant la bonne Profe ne demande
gueres moins de travail &
de méditation que les bons Vers.
Il y a une forte d'harmonie dans
la Profe plus difficile à attraper que
celle de la Poefie ; celle - ci à fon
chemin tout tracé ; chaque pied ,
chaque fyllable a fon arrangement
fixe & reglé ; au lieu que l'autre
qui n'a point de regle palpable &
déterminée , dépend prefque toute
du goût & de l'oreille.
Je ne puis diffimuler que je trouve
une injuſtice criante dans la maniere
dont on juge des Poetes. On
convient qu'ils font plus gênés que
ceux qui écrivent en Profe ; & au
lieu de leur paffer quelque chofe
en faveur de cette gêne , on éxige
dans eux plus de regularité , plus
de jufteffe & plus de perfection que
dans les autres Ecrivains. Quand
un profateur a exprimé rondement
MERCURE. 23
fa penfêe en termes intelligibles &
recûs , on n'en demande pas davantage
, & l'on ne va pas rechercher
, s'il n'y avoit point de termes
plus propres , plus énergiques ,
des tours plus vifs & plus heureux
qu'il pût employer . On entend ce
qu'on a lû ; on a hâte d'aller à ce
qui fuit , & par là on eſt diſpoſé
à fe contenter aisément de ce que
l'on trouve . Il s'en faut bien qu'on
ait la même indulgence pour le
Poëte. Ce n'est pas allés qu'on entende
ce qu'il dit ; on lui fait encore
un procés fur ce qu'il ne dit
pas & qu'il n'a ni , dû , ni voulu
dire , mais qu'on devine , que la
gêné du vers lui a fait fupprimer
malgré lui . On pefe jufqu'aux moindres
fyllabes de fes vers ; on ne veut
point que rien Y foit forcé ou déplacé
, que rien y grimace ; & tout
prévenu qu'on ett fur la fervitude
perpetuelle de la rime , on ne lui
en veut pas paffer une de foible .
On tépond à cela ; Ce font des loix
qu'il s'eft faites ; on eft en droit d'éxiger
qu'il les obferve. Pourquoi
24
LE NOUVEAU
de
›
s'eft il affujetti a cette folle meſure,
feuvent aux dépens de la raifon qu'il
eft obligé de faire plier fous le ja ng
ce langage bifarre, quifait perdre aux
penfées leur verité & leur grace natu
relle. C'est un joug , il eft vrai
c'eſt une gêne & une contrainte ;
mais une contrainte , où les Poëtes
trouvent de la douceur , & de trés
grands avantages , & qui fans les
jetter dans tous ces inconvénients
qu'on impute à leur art , leur procure
des fecours auffi grands qu'ils
font réels.
Pour rendre ceci fenfible , & faire
toucher au doigt les avantages confiderables
que retirent les Poëtes de
cette contrainte à laquelle la meſure
du vers les affujettit , je fuppofe
qu'on donne à deux perfonnes d'un
efprit à peu prés égal , la même penfée
à exprimer , à l'un en profe
& à l'autre en vers . Le premier , s'en
tiendra , comme il arrive d'ordinaire
à la premiere expreffion jufte &
claire qui fe prefentera d'abord à
fon efprit . Le fecond au contraire ,
gêné , par la cadance , & par la rime
qu'il
MERCURE
.
25
qu'il ne rencontre pas dans les premier's
termes que fon efprit lui fournit
, tournera fa penſée en cent façons
, l'envifagera dans tous les
fens dont elle paroîtra fufceptible ,
s'échauffera l'imagination pour en
tirer des termes , & pour créer ,
s'il le faur, des tours , qui puiffent
faire quadrer fa penſée, à la meſure
de fon vers. Or quoy de plus propre
à cultiver l'efprit , à l'élever ,
à le perfectionner , a enrichir l'i.
magination , & à lui donner cette
fécondité qui multiplie en quelque
forte , le même objet dans fon idée
par les differents regards !) Oui !
mais , dit - on , voici l'inconvénient
& l'écueil : De tous ces tours , de
de toutes ces toutes ces images ,
expreffions, on choifira , non la meilleure
& la plus convenable , mais
celle qui renferme la rime dont on
a befoin & aprés laquelle on court.
Ainfi voila le Poëte gouverné par
la rime ; elle féduit ; elle le gourmande
, elle fait plier la raison fous
Le joug du vers, & par là , elle fait
perdre aux pensées leur verité & lew
grace naturelle, C
24 LE NOUVEAU
de
s'eft il affujecti à cette folle mefure ,
fouvent aux dépens de la raifon qu'il
eft obligé de faire plier fous le jong
ce langage bifarre , quifait perdre aux
penfées leur verité & leur grace natu
relle. C'est un joug , il eft vrai
c'eft une gêne & une contrainte ;
mais une contrainte , où les Poëtes
trouvent de la douceur , & de trés
grands avantages , & qui fans les
jetter dans tous ces inconvénients
qu'on impute à leur art , leur procure
des fecours auffi grands qu'ils
font réels.
Pour rendre ceci fenfible , & faire
toucher au doigt les avantages confiderables
que retirent les Poëtes de
cette contrainte à laquelle la meſure
du vers les affujettit , je fuppofe
qu'on donne à deux perfonnes d'un
efprit à peu prés égal , la même penfée
à exprimer , à l'un en profe ,
& à l'autre en vers . Le premier , s'en
tiendra , comme il arrive d'ordinaire
à la premiere expreffion jufte &
claire qui fe prefentera d'abord à
fon efprit . Le fecond au contraire ,
gêné , par la cadance , & par la rime
qu'il
MERCURE.
25
qu'il ne rencontre pas dans les premiers
termes que fon efprit lui fournit
, tournera fa penſée en cent façons
, l'envisagera dans tous les
fens dont elle paroîtra fufceptible ,
s'échauffera l'imagination pour en
tirer des termes , & pour créer ,
s'il le faur , des tours , qui puiflent
faire quadrer fa penſée, à la meſure
de fon vers , Or quoy de plus propre
à cultiver l'efprit , à l'élever
à le perfectionner a enrichir l'i
magination , & à lui donner cette
fécondité qui multiplie en quelque
forte , le même objet dans fon idée ,
par les differents regards ¦ Oüi !
mais , dit - on , voici l'inconvénient
& l'écueil : De tous ces tours , de
toutes ces images , de toutes ces
expreffions,on choifira , non la meil
leure & la plus convenable , mais
celle qui renferme la rime dont on
a befoin & aprés laquelle on court.
Ainfi voilà le Poëte gouverné par
la rime elle féduit ; elle le gourmande
, elle fait plier la raison fous
Le joug du vers, & par là , elle fait
perdre aux pensées leur verité & lew
grace naturelle, C
;
26
LE
NOUVEAU
Tout cela eft vrai dans la pratique
des mauvais Poëtes , & dans
l'idée de ceux qui , faute d'être dans
l'exercice de la verfification , ne feavent
pas , comment les bons Poetës
fe gouvernent à cet égard . Il y a
dans tous les arts , certains myftéres
où la Théorie ne pénétre point ,
& qui ne fe révélent qu'à la pratique
& à l'ufage . Les bons Poëtes ,
comme les mauvais , font obligez de
faire pafler une même penfée par
vingt expreffions differentes , & de
fe la reprefenter fous vingt differents
jours ; jufques là tout eft égal entreeux.
Voici le point où ils fe feparent,
& ce qui les diftingue des uns des
autres. De tous ces tours & de toutes
ces expreffions differentes qu'ils ont
imaginées ; le mauvais Poete s'en
tient à celle qui lui livre ſa rime , &
c'eft en cela qu'il eft mauvais Poete.
Le bon Poete au contraire , choiſit
avant toute choſe, l'expreffion la plus
noble & la plus énergique ; le tour le
plus vif, le plus brillant, & qui donne
le plus de force & le plus de grace
à fa penfée , & cela fans égard pour
MERCURE, 17
la rime à laquelle il ne donne que fa
feconde réflexion . Quelque que foit
cette rime , il y affujettit tout le refte
; c'est ainsi qu'il fait plier la rime
fous le joug de la raifon , tandis que
le mauvais Poete fait plier la raifon
fous le joug de la time, La gêne de
la rime fait fouvent dire au mauvais
Poëte , ou plus , ou moins , ou toute
autre chofe qu'il ne voudroit dire ;
au lieu qu'elle fait fouvent trouver
au bon,des idées naives & des faillies
heureuſes , qu'il n'auroit jamais imaginées
fans cet aiguillon . Il y a tou.
jours dans chaque periode , dans chaque
penfée un peu étendue,quelque
endroit qui domine , à peu prés ,
comme dans un tableau , il y a tou
jours un objet principal auquel on
rapporte & on unit tous les autres.
Chez les Auteurs qui ont du goût ,
c'eft cet endroit qui gouverne le refte
qu'on tafche d'y lier , d'y aflortir &
d'y unir le plus naturellement qu'on
peut. Or c'est là , dit -on , la difficulté
que cette union ! il faut trouver une
terminaifon qui rime à cette expreffion
dominante,que vous aurez choi
*
Cij
.8 LE NOUVEAU
fie par préference , il faudra forcer
tout le refte pour l'amour d'elle . Et
qu'importe de quel côté foir la gêne
& la tyrannie , & laquelle des
deux rimes qui fe répondent , fouffre
& grimace ? Le Lecteur n'en fera
pas moins frapé du désagrément qui
refulte de cette gêne .
Faulle idée de ceux qui ne font -
point dans l'habitude de la verfification
, & qui fe font un monftre de
la rime , mais idée en même temps .
dont il eft dautant plus difficile de
les faire revenir , qu'il n'y a , que l'éxercice
& l'habitude de la verfification
, qui pût les défabufer. Je les
prieray feulement de faire une remarque
qu'ils n'ont peut- être jamais
faite , & dont il n'y a perfonne qui
ne foit capable . C'eft que dans le difcours
ordinaire, on ne dit gueres une
douzaine de mots de fuite, qu'on n'en
trouve au moins deux qui riment enfemble
; de forte que tout le travail
fe reduit à tourner ſa phraſe de maniere,
que ces deux terminaifons qui
riment , tombent naturellement au
bout des deux vers . Ce qui eft plus
MERCURE. 29
facile que je ne le puis dire ; & fion
cenfulte ceux qui font dans l'ufage de
faire des vers françois , ils conviendront
fans peine que la rime pour
l'ordinaire , eft ce qui les gêne & les
embaraffe le moins ; de forte que
M. Defpreaux a eu grande raifon de
dire dans fon art Poetique au fujet
de la rime .
Lorfqu'à la bien chercher d'abord on
s'évertuë ,
L'esprit à la trouver aifèment s'habituë;
Au joug de la raison fans peine elle
flechit ,
Et loin de la gêne„ la fert & l'enrichit.
S'il me falloit verifier , papiers fur
table , ce que j'ay dit du peu de préjudice
que la contrainte de la cadence
& de la rime, apporte à la verité, à la
beauté & à la grace des pensées ; je
n'en irois point chercher d'autre preuve,
que cet ouvrage même de M. Defpreaux
que je viens de citer , & que
je regarde comme le Poëme le plus
achevé que nous avons en noftre lan-
Cij
30 LE NOUVEAU
gue . Je trouve dans ce feul Poëme de
quoi prouver qu'il n'y a peut -être rien
qu'on ne puifle exprimer auffi heureufement
en vers qu'en profe. C'eſt
un ouvrage didactique , & par là même
, d'un caractere froid , & moins
fufceptible des agréments de la
Poefie,que toute autre efpece de Poëme.
C'est peu de dire qu'il n'y a pref
que rien de forcé , ni de foible dans
cet ouvrage , tout m'y paroift failė,
fi naturel , que je ne fçay pas comment
le Poëte auroit pu s'y prendre,
pour trouver des termes plus propres
& plus nobles que ceux qu'il a mis
en oeuvre. Je fais plus : Je Propole au
plus habile Profateur de prendre le
fonds de cet ouvrage & d'en mettre
les préceptes & les inftructions en
pure profe , & je le défie de le faire
plus intelligiblement , plus nettement
& plus naturellement que
Defpreaux ne l'a fait en vers .
S'apperçoit- on dans cet ouvrage
& dans la plupart de ceux du même
Auteur & de nos antres bons Poëtes ,
de cet air contraint & de cet appareil
de travail d'affectation , qu'on
MERCURE.
31
reproche tant ? Pour moy , fi j'ofe
dire ce queje penfe , je m'en apperçois
bien davantage dans des ouvrages
de profe , pleins d'efprit d'ailleurs
, mais dont le ftile me paroift
bien plus gené & plus affecté que celuy
de la Poëfie. Tel eft celuy de S.
Evremond en plufieurs de fes ouvrages
. Les mots y font prefque toujours
dans une attitude contrainte & forcée
; il faut fouvent aider à la lettre
pour les entendre , & je fuis perfuadé
que s'ils avoient la liberté de fe plaindre
, ils avouëroient qu'ils fe trouvent
bien plus en preffe & plus mal à
leur aife dans fa profe & dans d'autres
ouvrages pareils , qu'ils ne le
font dans les bons vers.
Heft für que la cadence & lagime
affujettit à une certaine meſure reglée
, qu'on appellera contrainte , fi
l'on veut , en ce que toute regle emporte
avec foy une forte de contrainte
; mais c'eft en quoi paroift la fuperiorité
du bon Poëte , de fçavoir
manier fi dextrement fon art ; qu'il
en fafle oublier la contrainte à fon
Le&eur ; qu'il obſerve la regle , fans
32 LE NOUVEAU
918
paroiftre s'eftre fait une affaire de
T'obferver ; que les termes fe trouvent
fi bien liez & fi naturellement
affortis enfemble , que cette union
femble plûtoft l'effet d'une rencontre
heureule , que le fruit d'une recherche
étudiée , & qu'enfin la rime
tombe fi jufte & fi à propos , qu'on
foit tenté de croire qu'elle ne s'y
trouve que par hafard , & parcequ'on
n'a pû l'éviter .
C'eft ce qui fait une forte d'illufion
qu'on peut regarder comme la fource
de cette multitude de mauvais Poctes
dont lePublic eft obfedé . Cet air d'aifance
que les bons Poëtes fçavent répandre
dans leursvers , a quelque cho⚫
fe de feduifant.Tout yparoît fi naturel
que le Lecteur , s'il n'eft fur fes gardes
, eft porté à prefumer qu'il ne
tiendroit qu'à luy ; d'en faire autant.
Ut fibi quivis fperet idem flaté de
cette agréable idée , il prend la plume
en main , & croit que les vers
vont couler comme la profe ; il n'y
a que l'experience qu'il fait du con-
* Horat. Art. Poet,
MERCURE.
traire, qui puiffe le détromper : fudet
multum , fruftraque laboret Aufus idem.
Le malheur eft que la plû--
part ne veulent pas eftre defabulez .
Toûjours leurrez par le charme fateur
des vers qu'ils admirent , ils en
trouvent toutes les beautez fi fort à
leur portée , qu'ils croyent y toûcher
déja , & qu'il leur en coûtera peu
d'efforts pour y atteindre .
Or ce charme & cet enchantement
dont la multitude des mauvais
Poetes nous fait trop voir, combien il
eft difficile de fe defendre , peut -il
être l'effet d'un langage bizarre & ef='
frayant , comme on veut bien l'appeller?
La bizarrerie a t'elle quelque
chofe de fi attrayant ? ce qui effraye,
eft-il propre à féduire , & à infpirer
tine envie fecrete de l'imiter ?
M. de Cambray apporte pour preuve
de cette bizarrerie prétendue , le
foin qu'on a d'éviter dans la Profe,la
cadence des vers , tant elle est peu propre
, dit-il , à flater l'oreille.
C'est à peu prés comme G pour
* Ibid.
34 LE NOUVEAU
Prouver, que la danfe eft bizarre , on
alleguoit le foin qu'on prend d'en
éviter les mouvemens & les attitudes
en marchant. Le meilleur danfeur du
monde paroiftroit ridicule , s'il obfervoit
dans fa démarche ordinaire,la
mefure & les inflexions qu'on auroit
admirées dans fa danfe . La profe &
les vers ont chacun une forte d'harmonie
qui leur eft propre. Si l'on évite
dans la profe celle qui convient aux
vers , ce n'eft pas qu'elle ne flatte l'oreille,
mais c'eft qu'elle ne la flate pas,
de la maniere qu'elle la doit fla er ;
& qu'il eft auffi mal de parler vers en
profe , que de parler profe en vers.
La cadence du vers loin d'avoir rien
de bizarre ou de choquant , a aucontraire
quelque chofe de finarurel , que
quand on compofe dans un ftile un
peu élevé, c'eft la premiere qui fe pré-
Tente d'abord à l'efprit ; & que de trés
habiles gens , faute d'être dans le
train de la Poefie , en ont efté la dupe ,
& ont laiffés échapper bien des hemiftiches
, & fouvent des vers entiers
dans leur profe; C'eft là ce qu'on peut
dire , qu'elle laffe , qu'elle fatigue ,
MERCURE. 35
qu'elle ennuye , parce qu'elle eft hors
de fa place , & non pas dans les vers
où elle doit fe trouver.
J'ai dans la cauſe que je défens ,
un avantage qui en juſtifie la bonté ;
c'est que nos adverfaires en font
réduits à fe contredire dans les reproches
qu'ils nous font . M. l'Abbé
de Pons , par exemple , nous déclare
qu'il y a quelque chofe dans les vers
qui le fatigue & qui l'ennuye. Mais
trois ou quatre pages aprés , il convient
que le poète nous plait , quoique
fouvent il nous parle avec moins
d'élegance que le profateur. Comment
ennuye.t - il, s'il plaiſt & comment
plaift-il , s'il ennuye ? Voilà un en.
nuy bien amufant & bien agréable !
Mais enfin à quoy impute-t- on cet
ennuy ? au retour importun de la rime,
à la repetition des mêmes nombres dans
chaque phrafe . Enfin à l'uniformité
perpetuelle qui régne dans les vers.
J'aurois peut- être eſté embarraſlé
à répondre à cette difficulté , & à
juſtifier la verſification d'un ennuy
qu'on prétend qu'elle devroit caufer
, quoyqu'on convienne qu'elle
36 LE NOUVEAU
ne le caule pas ; fi M. de Cambray
ne m'avoit fait appercevoir dans
- l'Analife qu'il fait de la conftru &tion
de la Phrafe Françoife , que la Profe
en nôtre langue pêche encore plus
du côté de cette uniformité , que les
vers , En effet que peut-on imaginer
de plus fimple & de plus uniforme
que cette conftruction ? * On veit tomjours
, dit- il , venir d'abord un nominatiffubftaniif
qui mine ſon adje &tif
comme par la main. Son verbe ne
manque pas de marcher derriere , fuivi
d'un adverbe qui ne souffre rien
entre deux , & le Regime appelle
auffitoft un accufatif qu'on ne peut déplacer
; c'est ce qui exclut toutefufpenfion
d'efprit , toute attente, toute
furprife , toute varieté , & fouvens
toute magnifique cadence. Voilà la
preuve que me fournit l'un de nos
adverfaires , fur l'uniformité conftante
& invariable de la construction
Françoile en Profe. Mais ne fe trouve-
t.elle pas la même dans les vers?
Non , & c'eft furquoi j'ai pour garant
notre autre adverfaire M. l'Abbé
* Reflex. fur la Rhet.
de
MERCURE.
37
de Pons . A l'égard des conftructions ;
dit- il , on accorde aux Poëtes le droit
de les varier un peu plus , que nefait la
Profe.
Nous voilà donc , de fon aveu même
, un peu plus au large de ce cofté
là , que les Profateurs, Nous, qu'on dépeint
comme des gens fi contraints & -
fi gênez dans leur marche. On s'eſt
bien douté que les Poetes ne manque.
roient pas de s'en prévaloir , comme
de raifon ; & c'eft pour cela qu'on
prend la précaution de les avertir
charitablement,de n'en point tirer de
vanité car , ajoûte M. l'Abbé de
Pons ce droit même attefte la mifere
de leur art ; Et nous , nous foûtenons
qu'il en montre la richefle & la beauté.
En quoy fait- on confifter cette mifere
prétendue de nôtre art . ? En ce que
pour fubvenir à fon beſoin, on a estéforcé
de faire plier laregie françoise qui
veut, qu'onfoulage l'attention par une
conftruction aisée, qui présente à quelque
›
*
Page 66.
Page 67.
D
38
LE
NOUVEAU
hofe près,lesidées dans leur ordre naturel.
Et nous , nous prétendons , non
pas qu'on a accordé aux Poëtes , car
nous fommes glorieux , & nous ne
voulons avoir obligation à perfonne ;
mais qu'ils fe font mis eux- mêmes &
de leur propre autorité, en poffeffion
d'un droit qui les fauvoit de cette
uniformité languiflante, qui eft excufable
dans la Profe , mais qui nous
a paru incompatible avec la grandeur
& la majefté des vers ; & c'est
par cette heureuſe hardieffe , digne
de l'élevation de leur génie , qu'ils
fe font mis en état de produire cette
fufpenfion d'efprit , cette attente , cette
Surprise , cette varieté & ces magnifiques
cadences , où felon M. de Cambray,
la Profe ne peut atteindre .
S'it eftoit vray que ce droit ne fût
accordé qu'à la mifere de notre art,
à titre de befoin , & fous le nom de
licence , nous éviterions autant qu'il
nous feroit poffible , de nous en fervir
, & foigneux de cacher noftre
mifere ; nous ne nous en fervirions
jamais qu'à la derniere extremité,
Loin de cela , nous évitons au conMERCURRE.
39
traire la conftruction naturelle de la.
Profe , comme un écueil , & nous regardons
toute Poëfie où cette conftruction
eft regulierement obfervée ,
plûtôt , comme la profe rimée , que
comme des vers .
Et pour ne point fortir de l'exemple
des vers de M. de la Motte , citez
par M. l'Abbé de Pons , où parlant
des trefors , il dit :
Du fein de la Terre entrouverte
Chers inftruments de notreperte ,
L'argent & tor font arrachez ;
On les tire de ces abifmes ,
Oùfage & prévoyant nos crimes
La nature les a cachez.
Il ne faut pas croire que ce foit la
neceffité de la mefure qui ait forcé M.
de la Motte , à renvoyer ces mots :
L'argent & l'or , au troifiéme vers,
& celui-ci , la nature au dernier , c'eſt
à dire , tous deux à la fin de la phrafe,
où ils fe trouvent. Il luy eftoit aifé , s'il
l'euft voulu , de les arranger , comme
ils le font dans la verfion qu'en a faite
en profe , M. l'Abbé de Pons ; mais
Dij
40 LE NOUVEA Ú
alors ce n'euft efté que de la profe rimée
; au lieu qu'ici ce font des vers.
Ces deux nominatifs qui font les objets
dominants des deux phraſes , &
comme les principaux perfonnages
du tableau , eftant renvoyez vers la
fin,produisent cette fufpenfion qui foutient
avec agrément l'attention de l'ef
prit , & qui par là le preferve de cer
ennuy qu'on nous reproche à tort , &
dont nos vers ne ſe défendent qu'en
évitant avec ſoin l'allure de la profe.
Nous fommes donc bien éloignez
de croire, comme M. l'Abbé de Pons,
que fi nous fuivions cette allure
* Nos vers n'en feroient que plus parfaits
; nousfommes perfuadez au contraire,
qu'ils en feroient moins vers ,
c'est à dire , moins ce qu'ils doivent
eftre , il ajoute que quand il en * tron_
ve une fuite nombreuse , dont les conftructions
pourroient eftre adoptéespar la
profe , il applaudit aupredige. Je luy
crie mercy fur cela , & je luy declare
Pag. 67.
Ibid,
MERCURE
41
qu'en mon particulier, l'ay toujours
tâché de faire des vers qui fuffent na.
turels ; inais que quelqu'estime que
je falle d'ailleurs de fon jugement , &
quelque paffion que j'eufle de meriter
en toute autre chofe fes applau
diffemens , je ferois tres fâché de les
meriter fur cet article de verfification , -
adoptable par la profe.
Quelque agrément que la rime
donne aux vers , nous ne nous tiendrions
pas aflez diftinguez des Profateurs
, fi nous n'en differions que par
cet endroit , qu'on nous reproche en--
core comme une fource d'ennui,par
l'uniformité de fa terminaiſon. S'il.
n'y avoit qu'une rime au monde , ou
que le nombre en fut fort borné , le
reproche feroit bien fonde ; mais il y
en a des milliers dans notre langue ,
& quand on fçait les varier , comme
le font les bons Poëtes , en les choififfant
de fons differents , loin que
ces terminaifons mifes comme en regard
, fatiguent & ennuyent , elles.
foulagent au contraire & délaffent
agréablement le Lecteur . M. de
Cambray eftoit d'avis qu'on nous
Diij.
42 LE NOUVEAU
mit un peu plus au large fur cet ar
ticle , mais à Dieu ne plaife , le parnaffe
a plus befoin d'eftre reformé en
cela ,, que d'eftre mitigé ; le Public y
perdroit auffi bien que nous , & une
pareille indulgence ne ferviroit qu'à
multiplier les mauvais Poëtes , & à
faire degenerer les bons.
De tout ce que j'ai dit ; il s'enfuit ,
que de quelque côté qu'on envifage
la conftruction des vers , il ne
s'y trouve rien qui ne doive plaire ,
& qui ne plaife en effet. Auffi nos Adverfaires
en conviennent- ils debonne
foy, & M. l'Abbé de Pons avouë luimême
qu'il eft dansl'illuſion la plus favorable
à l'art qu'il condamne & qu'il
eft fenfible aux graces des vers . Mais
ildéclare en même temps , que c'eft .
une illufion , qu'en cela même il eft
dupe , & qu'il a tort de s'y plaire.
Quel triomphe pour la Poëfie qu'un
pareil aveu quelle arrache de la plume
de fon ennemi , à qui elle plaift
même malgré lui ! Il appelle toute
fa raifon au fecours, pour fe deffendre
de ce charme qu'il nomme illufion
, il en recherche la fource , & au
MERCURE.
48
lieu de l'attribuer à l'élevation, à la
magnificence , à la varieté , à la hardielle
, au brillant , au merveilleux
des tours , des figures , des expreffions
; il aime mieux imaginer que
ce charme ne vient que de l'habitude .
Ce que je vois de conftant dans tout
ceci, c'eft que les vers plaifent. Pourquoi
plaifent- ils ? c'eft furquoi on devine
plûtôt qu'on ne raifonne . Tenons-
nous en donc à ce qui eft de
certain , & recevons la fatisfaction
que nous donnent les vers , fans les
aller chicaner mal- à - propos , fur le
plus ou le moins de droit qu'ils ont
de nous en donner. Les gens d'efprit
font toûjours ingenieux à fe tourmen.
ter eux-mêmes. Ce n'eft pas aflez
pour eux d'avoir du plaifir , ils veulent
encore en avoir fcientifique--
ment & dans les regles ; il faut qu'ils
creufent jufqu'à ce qu'ils ayent pû‹.
démêler , pourquoi ils en ont . He ,
Meffieurs , vous qui êtes fi ennemis
de la gêne & de la fervitude des vers,
pourquoi vous en procurez - vousune
inutile , même dans ce qui vous
plaift . Joüiflez , fans tant fubtilifer
"
44.
LE NOUVEAU
d'un plaifir auffi innocent , que celui
que vous offre l'harmonie des vers ;
& fongez , que les plaifirs de cette
trempe font fi rares & fi précieux ,
que loin de chercher à en diminuer
le nombre & à les effaroucher par
des réflexions importunes , on doit.
encore travailler à les multiplier .
E nouveau fiftême propofé par
M. l'Abbé de Pons fur le Poëme
Epique, n'excitera - t'il pas le zele &
l'émulation des difciples d'Ariftote ?
Il y va de leur honneur de ne pas
laiffer le temps à une fi dangereufe
nouveauté , de s'établir . Le morceau
que l'on vient de lire , ne traite
qu'une queftion incidente de la nouvelle
diflertation ; un ami des Mu--
;
fes juftement allarmé , vient de parler
pour la deffenfe de fes foyers..
Mais il ne doit pas encore demeurer
tranquile fur la foy de fon manifefte
; l'Adverfaire reviendra le mois
prochain à la charge , & fe promet
de mettre la queftion controverfée .
dans un jour fi évident , que perfonne
ne fera plus tenté de l'inerroger
fur cela à l'avenir.
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8525
p. 2194
AUTRE.
Début :
Former les temps, nombrer les jours de l'homme, [...]
Mots clefs :
Mois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Ormer les temps , nombrer les jours de
F.
Phomme,
Fut et scra toujours mon ordinaire emploi ,
Un membre à bas ; le lecteur à
part
foi
Me devine déja , puisqu'à lui je me nomme.
L. H. D.
Ormer les temps , nombrer les jours de
F.
Phomme,
Fut et scra toujours mon ordinaire emploi ,
Un membre à bas ; le lecteur à
part
foi
Me devine déja , puisqu'à lui je me nomme.
L. H. D.
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8526
p. 303
NOMS De ceux qui ont deviné cette Enigme.
Début :
Le Marquis de la Pepiniere - Owindstolf, Madelon Poiré, la mere [...]
Mots clefs :
Noms de personnes, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : NOMS De ceux qui ont deviné cette Enigme.
NOMS
De ceux qui ont deviné
cette Enigme.
Le Marquis de la
Pepiniere
-
Owdinstolf,
Madelon Poiré, lamere
aux pepins, Maritorne,
la belle Tifonniere du
coin du feu, l'Oracle de
la ruë Thibaut- aux-Dez,
Angelique, le Batelier du
Fleuve Letæ du Stix
De ceux qui ont deviné
cette Enigme.
Le Marquis de la
Pepiniere
-
Owdinstolf,
Madelon Poiré, lamere
aux pepins, Maritorne,
la belle Tifonniere du
coin du feu, l'Oracle de
la ruë Thibaut- aux-Dez,
Angelique, le Batelier du
Fleuve Letæ du Stix
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8527
p. 308-309
AVIS concernant un Recueil de Musique de Chambre, composée par J. J. ROUSSEAU.
Début :
Toutes les productions du célèbre Rousseau, publiées pendant sa vie, ont toujours été reçues [...]
Mots clefs :
Recueil, Musique de chambre, Public, Jean-Jacques Rousseau, Thérèse Levasseur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS concernant un Recueil de Musique de Chambre, composée par J. J. ROUSSEAU.
AVIS concernant un Recueil de Mufique de
Chambre , compofée par J. J. Rousseau.
TOUTES OUTES les productions du célèbre Rouffeau ,
publiées pendant fa vie , ont toujours été reçues
avec une forte d'enthouſiaſme ; celles qu'on annonce
aujourd'hui , obtiendront fans doute un accueil en
core favorable. On a vu dans le Devin du Village.
& dans le Dictionnaire de Mufique , à quel degré
cet homme extraordinaid : " effédoit la pratique &
la théorie du plus raviffant des beaux Arts. Il eſt à
préfumer qu'on retrouvera la même fource de plaifirs
dans les nouvelles productions muficales que fa
Veuve vient offrir au public.
ce
On aime à fe repréfenter l'éloquent & profond
Auteur du Contrat-Social , modulant fur un clavier
des airs champêtres , des vaudevilles & des romances.
Mais on s'étonne de voir ce véhément Écrivain ,
génie libre & ficr , accoutumé à méditer fur les intérêts
des Souverains & des peuples , & né , ce ſemble,
pour leur faire adorer la juftice , oubliant tout-à-coup
fa deftinée gloricufe , pour embraffer la profeffion
des mercenaires , & devenir un fimple Copiſte de
mufique Celui qui confacra- des hymnes à la vertu ,
qui fut réveiller en nous l'inftinct fublime de la
liberté , qui fait encore retentir la voix de la nature
dans le coeur des mères , n'a- t- il donc pu fub
fifter du produit de fes chef- d'oeuvres ? La langue
françoife , entre fes mains , n'eft-elle pas
inftrument auffi mélodieux que celle du Taffe , auffi
riche que
celle de Pope , auffi expreffive que celle des
Orateurs de Rome & d'Athènes ? L'homme enfin qui
devoit tenir un des premiers rangs parmi fes fem--
blables , à qui , tôt ou tard , on élevera des monudevenue
un
DE FRANCE. 309
(
mens publics , étoit-il doncfait pour vivre & mourir
au fein de l'indigence ? Eft-ce là le fort d'un bienfaiteur
de l'humanité ? Profcrit par fes concitoyens ,
fugitif au milieu des Alpes , toléré chez une Nation
hoſpitalière , mais obligé d'impoſer à fon génie
un filence abfolu , il ne laiffe pour héritage à fa
refpectable . veuve , que des Mémoires dont elle ne
peut tirer aucun parti , parce que des convenances
fociales en arrêtent la publicité. L'unique resource
de Madame Rouleau confifte en un Recueil de petits
airs , compofés par l'Auteur d'Emile & d'Héloïfe ;
elle offre ce Recueil au public , moyennant une
foufcription d'un louis.
Ceux qui voudront foufcrire , pourront s'adreffer ,
avant la fin du mois de Décembre , à Paris , chez
Marchand , rue de Grenelle- Saint-Honoré ; à Marfeille
, chez la Porte , Libraire ; à Lyon , chez
Gaftard , Place de la Comédie ; à Bordeaux , chez
les frères Labottière , Marchands Libraires .
Chambre , compofée par J. J. Rousseau.
TOUTES OUTES les productions du célèbre Rouffeau ,
publiées pendant fa vie , ont toujours été reçues
avec une forte d'enthouſiaſme ; celles qu'on annonce
aujourd'hui , obtiendront fans doute un accueil en
core favorable. On a vu dans le Devin du Village.
& dans le Dictionnaire de Mufique , à quel degré
cet homme extraordinaid : " effédoit la pratique &
la théorie du plus raviffant des beaux Arts. Il eſt à
préfumer qu'on retrouvera la même fource de plaifirs
dans les nouvelles productions muficales que fa
Veuve vient offrir au public.
ce
On aime à fe repréfenter l'éloquent & profond
Auteur du Contrat-Social , modulant fur un clavier
des airs champêtres , des vaudevilles & des romances.
Mais on s'étonne de voir ce véhément Écrivain ,
génie libre & ficr , accoutumé à méditer fur les intérêts
des Souverains & des peuples , & né , ce ſemble,
pour leur faire adorer la juftice , oubliant tout-à-coup
fa deftinée gloricufe , pour embraffer la profeffion
des mercenaires , & devenir un fimple Copiſte de
mufique Celui qui confacra- des hymnes à la vertu ,
qui fut réveiller en nous l'inftinct fublime de la
liberté , qui fait encore retentir la voix de la nature
dans le coeur des mères , n'a- t- il donc pu fub
fifter du produit de fes chef- d'oeuvres ? La langue
françoife , entre fes mains , n'eft-elle pas
inftrument auffi mélodieux que celle du Taffe , auffi
riche que
celle de Pope , auffi expreffive que celle des
Orateurs de Rome & d'Athènes ? L'homme enfin qui
devoit tenir un des premiers rangs parmi fes fem--
blables , à qui , tôt ou tard , on élevera des monudevenue
un
DE FRANCE. 309
(
mens publics , étoit-il doncfait pour vivre & mourir
au fein de l'indigence ? Eft-ce là le fort d'un bienfaiteur
de l'humanité ? Profcrit par fes concitoyens ,
fugitif au milieu des Alpes , toléré chez une Nation
hoſpitalière , mais obligé d'impoſer à fon génie
un filence abfolu , il ne laiffe pour héritage à fa
refpectable . veuve , que des Mémoires dont elle ne
peut tirer aucun parti , parce que des convenances
fociales en arrêtent la publicité. L'unique resource
de Madame Rouleau confifte en un Recueil de petits
airs , compofés par l'Auteur d'Emile & d'Héloïfe ;
elle offre ce Recueil au public , moyennant une
foufcription d'un louis.
Ceux qui voudront foufcrire , pourront s'adreffer ,
avant la fin du mois de Décembre , à Paris , chez
Marchand , rue de Grenelle- Saint-Honoré ; à Marfeille
, chez la Porte , Libraire ; à Lyon , chez
Gaftard , Place de la Comédie ; à Bordeaux , chez
les frères Labottière , Marchands Libraires .
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Résumé : AVIS concernant un Recueil de Musique de Chambre, composée par J. J. ROUSSEAU.
Le texte traite d'un recueil de musique de chambre composé par Jean-Jacques Rousseau, dont les œuvres musicales ont toujours été bien accueillies. Rousseau est connu pour des compositions comme 'Le Devin du Village' et le 'Dictionnaire de Musique'. Le recueil, publié par sa veuve, suscite de l'intérêt. Le texte souligne la surprise face à l'implication de Rousseau dans la copie de musique, étant donné ses contributions majeures en philosophie politique et en littérature. Malgré ses talents littéraires et musicaux, Rousseau a vécu dans la pauvreté et a été contraint à l'exil. Il laisse à sa veuve des mémoires inutilisables et un recueil de petits airs, seul moyen pour elle de subsister. Ce recueil est proposé au public contre une souscription d'un louis, disponible auprès de divers libraires à Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux avant la fin du mois de décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8528
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Ne craignons plus, doit regarder [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis pour placer les Figures.
L'Air qui commence par,
Ne craignonsplus, doit regarder la page 206. Celuy qui commence par Que la Recolte sera belle! doit regarder la page 270.
L'Air qui commence par,
Ne craignonsplus, doit regarder la page 206. Celuy qui commence par Que la Recolte sera belle! doit regarder la page 270.
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8530
p. 706-707
A M. FOURMONT, En lui envoyant un Ouvrage en Vers.
Début :
O Vous, en qui délicatesse innée, [...]
Mots clefs :
Parnasse, Lyre, Essai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. FOURMONT, En lui envoyant un Ouvrage en Vers.
A M. FOURMONT,
En lui envoyant un Ouvrage en Vers:
Vous , en quí délicatesse innée ,
Et d'agrément raison assaisonnée ;.
Önt fait ici tant d'illustres amis,
Sur mon talent , Fourmont, daignez m'instruire ;
Puis-je au Parnasse esperer d'être admis. ?
Dois-je accorder, ou démonter ma Lyre !!
Tel est le sort des Enfans d'Apollon ,.
Ou tout ou rien , ou Voltaire , ou Gacon...
Prêtez- moi donc vos yeux pour me connoître ;
Si par les fleurs on peut juger des fruits ::
Vous pouvez bien sur le peu que je suis
Juger aussi de ce que je dois être ;
C'est là-dessus que j'attens vos avis ;
Sans doute aussi , vos amis , gens d'élite ,
Verront l'Essay , si l'Essay le mérite ;
Mais à quoi bon recueillir tant de voix -
Si vous pouvez , sans courir par la Ville ,
>
En
AVRIL 1732. 707
En un seul lieu le montrer à la fois ,
A* Quinte-Curce, à Sophocle , à Virgile.
*M. de Voltaire.
En lui envoyant un Ouvrage en Vers:
Vous , en quí délicatesse innée ,
Et d'agrément raison assaisonnée ;.
Önt fait ici tant d'illustres amis,
Sur mon talent , Fourmont, daignez m'instruire ;
Puis-je au Parnasse esperer d'être admis. ?
Dois-je accorder, ou démonter ma Lyre !!
Tel est le sort des Enfans d'Apollon ,.
Ou tout ou rien , ou Voltaire , ou Gacon...
Prêtez- moi donc vos yeux pour me connoître ;
Si par les fleurs on peut juger des fruits ::
Vous pouvez bien sur le peu que je suis
Juger aussi de ce que je dois être ;
C'est là-dessus que j'attens vos avis ;
Sans doute aussi , vos amis , gens d'élite ,
Verront l'Essay , si l'Essay le mérite ;
Mais à quoi bon recueillir tant de voix -
Si vous pouvez , sans courir par la Ville ,
>
En
AVRIL 1732. 707
En un seul lieu le montrer à la fois ,
A* Quinte-Curce, à Sophocle , à Virgile.
*M. de Voltaire.
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Résumé : A M. FOURMONT, En lui envoyant un Ouvrage en Vers.
L'auteur adresse une lettre à M. Fourmont en avril 1732, lui envoyant un ouvrage en vers. Il admire la délicatesse de Fourmont et sollicite son avis sur son talent poétique. Il compare son dilemme à celui des enfants d'Apollon, entre succès et échec. L'auteur espère que Fourmont jugera son œuvre et attend également les avis des amis de Fourmont, des personnes d'élite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8531
p. 2194-2195
AUTRE, à Mademoiselle de...
Début :
Vous voulez, trop belle Manon, [...]
Mots clefs :
Tendresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE, à Mademoiselle de...
AUTRE , à Mademoiselle de ...
Vous voulez , trop belle Manon ,
Que je compose un Logogriffe ,
Sans quoi , dites- vous , l'on me biffe ,
De votre coeur , tout doux , je vas changer de
: ton . J'offre
OCTOBRE. 1733 . 2195
J'offre à vos yeux un nom plein de tendresse,
Et dont neuf pieds font l'ornement ,
Nom fort commun à tout amant ,
Qui vante son ardeur à celle qui le blesse ,
Sept , six , trois , huit , Cloris . c'est un présent
des Cieux ,
Dont à mon grand regret vous ornerent les
Dieux ,
Que mainte et mainte fois je voudrois voir au
Diable
2.
Don cruel qui s'oppose aux plus tendres plaisirs,
Qui combat nuit et jour mes amoureux désirs ,
Et qui vous rend plus fiére , et toujours plus aimable.
Par trois , deux , cinq, neuf, six , si l'on en croit
la Fable.
On découvre un incestueux ;
Mais comme fille raisonnable ,
yous ne vous plaisez pas à tous ces contes bleus.
De la fable à l'instant je passe au véritable ;
Je me targuois jadis d'une noble fierté ;
Mon coeur étoit à toute épreuve 2
Et si l'on m'a cru pris dans les las d'une veuve
C'est un crime , Manon , de leze- vérité ;
Content de mon destin dans une paix profonde
J'affrontois hardiment et labrune et la blonde.
Mais vous seule avez sçu me rendre , jeune Iris,
Un , deux , trois , quatre , cinq et six.
Blesin d'Arles,
Vous voulez , trop belle Manon ,
Que je compose un Logogriffe ,
Sans quoi , dites- vous , l'on me biffe ,
De votre coeur , tout doux , je vas changer de
: ton . J'offre
OCTOBRE. 1733 . 2195
J'offre à vos yeux un nom plein de tendresse,
Et dont neuf pieds font l'ornement ,
Nom fort commun à tout amant ,
Qui vante son ardeur à celle qui le blesse ,
Sept , six , trois , huit , Cloris . c'est un présent
des Cieux ,
Dont à mon grand regret vous ornerent les
Dieux ,
Que mainte et mainte fois je voudrois voir au
Diable
2.
Don cruel qui s'oppose aux plus tendres plaisirs,
Qui combat nuit et jour mes amoureux désirs ,
Et qui vous rend plus fiére , et toujours plus aimable.
Par trois , deux , cinq, neuf, six , si l'on en croit
la Fable.
On découvre un incestueux ;
Mais comme fille raisonnable ,
yous ne vous plaisez pas à tous ces contes bleus.
De la fable à l'instant je passe au véritable ;
Je me targuois jadis d'une noble fierté ;
Mon coeur étoit à toute épreuve 2
Et si l'on m'a cru pris dans les las d'une veuve
C'est un crime , Manon , de leze- vérité ;
Content de mon destin dans une paix profonde
J'affrontois hardiment et labrune et la blonde.
Mais vous seule avez sçu me rendre , jeune Iris,
Un , deux , trois , quatre , cinq et six.
Blesin d'Arles,
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8532
p. 1920-1921
EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
Début :
J'ay lû dans votre Journal du mois d'Avril, l'embarras où l'on est dans le [...]
Mots clefs :
Saint, Diocèse de Soissons, Gaule chrétienne, Martyrologe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Ci
piere , au sujet du Saint dont il est parlé
dans le Mercure d'Avril dernier.
JAX
'Ay lû dans votre Journal du mois
d'Avril , l'embarras où l'on est dans le
Diocèse de Soissons , au sujet de S. Front,
y ayant une Paroisse dont l'Eglise est dédiée
à ce Saint , et plusieurs personnes
baptisées sous son nom. Je suis surpris
de cet embarras ; il faut que les Vies des
Saints soient bien rares dans ce canton - là ,
ce Saint étant connu de plusieurs Auteurs,
sur tout de celui de la Gaule Chrétienne .
M. Baillet et le P. Martin en parlent fort
au long , ainsi que l'Histoire de Perigord
par le P. du Puy , enfin on a la Vie de ce
Saint imprimée à Bordeaux l'an 1612 .
S. Front , premier Evêque de Perigueux
et Patron de l'Eglise Cathedrale, &c.M.Cipiere
ajoûte ici un Narré que nous obmettons
de la Vie de ce Saint , tel à peu près qu'on l'a
déja vu dans le Mercure de Juillet dernier , et
rejetté par les meilleurs Critiques . Il vint
dit-il ensuite , à Paris , et il est vrai - semblable
qu'il alla dans le Soissonnois , puisqu'on
y a retenu son nom , &c. Il avoit
bâti
A O UST. 1731. 1921
bâti l'Eglise de S. Etienne , Collegiale dans
la Cité , laquelle a été unie depuis quelques
années à la Cathédrale de Perigueux . Le
nouveau Martyrologe de France met la Fê
te des . Front au 25. Octobre. Enfin on trouve
encore àPérigueux chez un Citoyen curieux
, les Actes de S. Front , en deux volumes
in 12.imprimez il y a deuxcent ans.
piere , au sujet du Saint dont il est parlé
dans le Mercure d'Avril dernier.
JAX
'Ay lû dans votre Journal du mois
d'Avril , l'embarras où l'on est dans le
Diocèse de Soissons , au sujet de S. Front,
y ayant une Paroisse dont l'Eglise est dédiée
à ce Saint , et plusieurs personnes
baptisées sous son nom. Je suis surpris
de cet embarras ; il faut que les Vies des
Saints soient bien rares dans ce canton - là ,
ce Saint étant connu de plusieurs Auteurs,
sur tout de celui de la Gaule Chrétienne .
M. Baillet et le P. Martin en parlent fort
au long , ainsi que l'Histoire de Perigord
par le P. du Puy , enfin on a la Vie de ce
Saint imprimée à Bordeaux l'an 1612 .
S. Front , premier Evêque de Perigueux
et Patron de l'Eglise Cathedrale, &c.M.Cipiere
ajoûte ici un Narré que nous obmettons
de la Vie de ce Saint , tel à peu près qu'on l'a
déja vu dans le Mercure de Juillet dernier , et
rejetté par les meilleurs Critiques . Il vint
dit-il ensuite , à Paris , et il est vrai - semblable
qu'il alla dans le Soissonnois , puisqu'on
y a retenu son nom , &c. Il avoit
bâti
A O UST. 1731. 1921
bâti l'Eglise de S. Etienne , Collegiale dans
la Cité , laquelle a été unie depuis quelques
années à la Cathédrale de Perigueux . Le
nouveau Martyrologe de France met la Fê
te des . Front au 25. Octobre. Enfin on trouve
encore àPérigueux chez un Citoyen curieux
, les Actes de S. Front , en deux volumes
in 12.imprimez il y a deuxcent ans.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
M. Ci pierre écrit au sujet de Saint Front, mentionné dans le Mercure d'Avril. Il exprime sa surprise face à l'ignorance concernant Saint Front dans le Diocèse de Soissons, malgré la présence d'une paroisse et de personnes portant son nom. Saint Front est bien documenté par plusieurs auteurs, dont M. Baillet, le P. Martin, et l'Histoire de Périgord par le P. du Puy. Une vie de Saint Front a été imprimée à Bordeaux en 1612. Saint Front est identifié comme le premier évêque de Périgueux et le patron de l'église cathédrale de cette ville. Il a construit l'église de Saint-Étienne, collégiale à Périgueux, qui a été unie à la cathédrale. La fête de Saint Front est fixée au 25 octobre dans le nouveau Martyrologe de France. Les actes de Saint Front sont disponibles à Périgueux, imprimés il y a deux cents ans en deux volumes in-12.
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8533
p. 86-87
LOGOGRIPHE.
Début :
Sans avoir le concours de Forge & de Plombieres, [...]
Mots clefs :
Hippocrène
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIP HE.
Ans avoir le concours de Forge & de Plombieres
, SA
Je fais depuis long-tems connue à l'Univers.
Mes eaux qu'on ne boit point , rapides & légeres
Coulent au même inftant en mille endroits divers.
Je n'ai connu perfonne encore
Que mon onde ait défalteré ;
Mais tel qui s'en eft enyvré
;
Feroit bien d'y mêler quelques grains d'ellebore.
De dix lettres en tout mon nom eft composé ;
Voyons fi les rapports vous le rendront aifé ,
Vousytrouvez deux noms que rendent refpectables
La puiffance & la dignité ,
Que mille dons du Ciel rendent pour nous aimables
,
A O UST. $ 7 1750
Un autre nom de Souveraineté ,
Celui d'un fruit qu'on mange , & l'hyver & l'été ,
Un des grands fleuves d'Italie ,
Le fymbole des babillards ,
L'arme des taureaux en furie ,
Un empire éloigné , qui chérit les beaux Arts ;
L'endroit, quand on le porte où fe met le mercure ;
Le bruit que la douleur fait faire à la nature ,
Un Pays dont Horace a chanté les bons vins ,
Une autre Ifle on Vénus faifoit fon domicile ;
J'en ai d'autres encor ; mais l'ennui que je crains
M'oblige à fupprimer un détail inutile.
Ans avoir le concours de Forge & de Plombieres
, SA
Je fais depuis long-tems connue à l'Univers.
Mes eaux qu'on ne boit point , rapides & légeres
Coulent au même inftant en mille endroits divers.
Je n'ai connu perfonne encore
Que mon onde ait défalteré ;
Mais tel qui s'en eft enyvré
;
Feroit bien d'y mêler quelques grains d'ellebore.
De dix lettres en tout mon nom eft composé ;
Voyons fi les rapports vous le rendront aifé ,
Vousytrouvez deux noms que rendent refpectables
La puiffance & la dignité ,
Que mille dons du Ciel rendent pour nous aimables
,
A O UST. $ 7 1750
Un autre nom de Souveraineté ,
Celui d'un fruit qu'on mange , & l'hyver & l'été ,
Un des grands fleuves d'Italie ,
Le fymbole des babillards ,
L'arme des taureaux en furie ,
Un empire éloigné , qui chérit les beaux Arts ;
L'endroit, quand on le porte où fe met le mercure ;
Le bruit que la douleur fait faire à la nature ,
Un Pays dont Horace a chanté les bons vins ,
Une autre Ifle on Vénus faifoit fon domicile ;
J'en ai d'autres encor ; mais l'ennui que je crains
M'oblige à fupprimer un détail inutile.
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8534
p. 289-291
AUTRE. Par L. C. D. M.
Début :
Tout le monde s'apperçoit bien que c'est par inconstance [...]
Mots clefs :
Femme, Inconstance, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. Par L. C. D. M.
AUTRE.
ParL.C.D.M,
Tout le monde s'ap.
perçoit bien que c'est par
inconstance qu'on trouvesa
femme moins aimable que celle
du voisin. Mais peu de gens
peut-êtreont fait reflexion
que c'est par inconstance
au ssi qu'on aime mieux si
Maison que celle d'autruy.
Cela est pourtant vray. On
aime une Maison dont on
fsft le maistre, parce qu'on
peut y contenter son inconfiance
en la changeant
de cent façons.On s'y ptaift
à deranger aujourd'huy ce
qu'on y arrangeoithier, ne
fusse qu'en changeant un
siege de place ou un Tableau.
Ne voit-on pas de
ces inconstants qui s'ennuyent
dans leurs Maisons
& dans leurs Jardins dès
qu'ils les ont mis à leur degré
de perfection.
Peut-être que si l'on
pouvoit changer tous les
jours quelque chose à la
beauté ou à l'humeur de sa
femme
, on l'aimeroit
mieux que celle d'un autre
;mais par malheuron
accomode sa Maisoncomme
on veut, & l'on ne
tourne pascomme on voudroit
lateste de faiemme*-
ParL.C.D.M,
Tout le monde s'ap.
perçoit bien que c'est par
inconstance qu'on trouvesa
femme moins aimable que celle
du voisin. Mais peu de gens
peut-êtreont fait reflexion
que c'est par inconstance
au ssi qu'on aime mieux si
Maison que celle d'autruy.
Cela est pourtant vray. On
aime une Maison dont on
fsft le maistre, parce qu'on
peut y contenter son inconfiance
en la changeant
de cent façons.On s'y ptaift
à deranger aujourd'huy ce
qu'on y arrangeoithier, ne
fusse qu'en changeant un
siege de place ou un Tableau.
Ne voit-on pas de
ces inconstants qui s'ennuyent
dans leurs Maisons
& dans leurs Jardins dès
qu'ils les ont mis à leur degré
de perfection.
Peut-être que si l'on
pouvoit changer tous les
jours quelque chose à la
beauté ou à l'humeur de sa
femme
, on l'aimeroit
mieux que celle d'un autre
;mais par malheuron
accomode sa Maisoncomme
on veut, & l'on ne
tourne pascomme on voudroit
lateste de faiemme*-
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Résumé : AUTRE. Par L. C. D. M.
Le texte examine l'inconstance dans l'appréciation des femmes et des maisons. Les gens trouvent souvent la femme du voisin plus aimable que la leur et préfèrent leur propre maison pour y apporter des changements constants. Une fois la maison parfaite, ils s'ennuient et cherchent de nouvelles modifications. Le texte suggère que modifier quotidiennement l'apparence ou l'humeur de sa femme comme on le fait pour sa maison augmenterait son appréciation. Cependant, contrairement à la maison, la femme ne peut être modifiée selon les désirs de chacun.
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8535
p. 302-304
POST-FACE OU EPÎTRE DEDICATOIRE
Début :
A celles & ceux qui ont trouvé, trouvent & trouveront cet Ouvrage [...]
Mots clefs :
Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POST-FACE OU EPÎTRE DEDICATOIRE
POST- FACE
OU
EPITRE DEDICATOIRE
Acelles & ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet Ouvragefade,
SALUT reverence.
Car eſt- il que l'uſage bien ou
mal établi a eſté de tout temps ,
GALANC . 303
deprevenir tous lifante ou lifans
par un anodin compliment , &
Couvent non ſans caufe.
Nous, convaincus de labonté ,
ſolidité , verité , utilité , & fublimité
de ce nôtre preſent ouvrage,
avons pris route toute contraire,
&demandons avec confiance aux
gentils& habiles connoiſſeurs les
remerciemens du preſent que
leur avons fait ſi précieux.
Mais comme le plus jutte s'abufe,&
qu'onques abufer ne voulons
de la credulité, complaifance , ou
vanité d'aucuns , qui le trouvant
fade , n'oferoient le dire , dans
la crainte qu'on ne les montra au
doigt , pour y avoir misleurs deniers
, celles ou ceux qui feront
affez mal - encontr'eux pour ſe
trouver dans l'un des trois cas
iront chez le Typographe ; illec
>
304 MERCURE
ils récupereront leur finance ,ſans
autre déduction que du ſixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole ,
àla charge toutefois , & non autrement
, qu'au dire de gens à ce
connoiflans , ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'eſprit
plus orné qu'auparavant , & qu'ils
rapporteront le livre ſans corne,
tacheni macule.
Scripfie
OU
EPITRE DEDICATOIRE
Acelles & ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet Ouvragefade,
SALUT reverence.
Car eſt- il que l'uſage bien ou
mal établi a eſté de tout temps ,
GALANC . 303
deprevenir tous lifante ou lifans
par un anodin compliment , &
Couvent non ſans caufe.
Nous, convaincus de labonté ,
ſolidité , verité , utilité , & fublimité
de ce nôtre preſent ouvrage,
avons pris route toute contraire,
&demandons avec confiance aux
gentils& habiles connoiſſeurs les
remerciemens du preſent que
leur avons fait ſi précieux.
Mais comme le plus jutte s'abufe,&
qu'onques abufer ne voulons
de la credulité, complaifance , ou
vanité d'aucuns , qui le trouvant
fade , n'oferoient le dire , dans
la crainte qu'on ne les montra au
doigt , pour y avoir misleurs deniers
, celles ou ceux qui feront
affez mal - encontr'eux pour ſe
trouver dans l'un des trois cas
iront chez le Typographe ; illec
>
304 MERCURE
ils récupereront leur finance ,ſans
autre déduction que du ſixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole ,
àla charge toutefois , & non autrement
, qu'au dire de gens à ce
connoiflans , ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'eſprit
plus orné qu'auparavant , & qu'ils
rapporteront le livre ſans corne,
tacheni macule.
Scripfie
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8536
p. 300-303
Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que Mr le Goux de la Berchere, [...]
Mots clefs :
Hôpital de la charité , Paris, Legs, Biens, Argent, Mr le Goux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Je
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
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Résumé : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Le texte décrit la situation complexe du legs laissé par le Gouvernement de la Berchère à l'Hôpital de la Charité de Paris. L'hôpital est désigné légataire universel des biens après le paiement des dettes et des legs particuliers, qui s'élèvent respectivement à plus de vingt-cinq mille livres et deux cent quinze mille livres. En conséquence, l'hôpital n'a pas encore reçu ce legs, ce qui a entraîné une diminution des secours et aumônes habituels. Les bienfaiteurs ont réduit leurs dons, croyant que le legs universel suffisait. Cependant, ce legs est partagé avec les héritiers de la Berchère, qui en reçoivent plus de la moitié. Les biens destinés à l'hôpital incluent des effets difficiles à récupérer, dont un montant de près de cent mille livres considéré comme perdu. L'hôpital serait prêt à céder ses prétentions pour cent mille francs si quelqu'un traitait cette affaire. Malgré tout, l'hôpital exprime sa reconnaissance envers son bienfaiteur.
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8537
p. 62-65
TRADUCTION.
Début :
QUELS transports de fureur & de rage ! Le regard menaçant, la bouche écumante : Mars. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION.
TRADUCTION.
QUELS transports de fureur & de rage ! Le
regard menaçant, la bouche écumante : Mars.
qui t'a précipité fur ce monceau d'Armes fan-
glantes que la mort a brisées ? Qui t'a chargé
de ces fers ? Qui t'a donné ces entraves ?
Dééſſe impitoyable , monſtre couronné de
Serpents. Quel déſeſpoir te faitprécipiterjuſques
au fond des Abîmes ! L'Enfer retentit des horri-
bles fifflements de ton fouer. Chaffée de deffus
la terre ,tu vas donc dans le ſeindes ténébres
MARS. 1764.
63
allumer la Guerre entre les Furies tes dignes
Sœurs.
La Paix , l'aimable Paix , revient enfinhabiter
parmi nous. Divinités ennemies,fuyez : elle vient
accompagnée des Muſes. Les Jeux & les Ris
volent ſur ſes pas. Déeſſe ſecourable , jettez
enfin des yeux de compaſſion ſur les François.
Régnez ; mais régnez àjamais ſur leurs Contrées.
Quel est donc ce Héros qui s'offre à ma vue ?
Il eſt monté ſur un ſuperbe Courſier. D'un main
il préſente ſon Sceptre : on diroit qu'il com-
mande, De l'autre il laiſſe flotter paiſiblement
les Rênes.
Une auguſte Majeſté brille ſur ſon front. On
litdans ſes regards la douceur & la tendreſſe. Ses
yeux animés d'une noble fierté , laiſſent échapper
un aimable ſourire ſur ceux qui le contemplent.
Aces traits je tereconnois, Louis ; ton cœur dit
quetu es Père , & ta main montre que tu es Roi.
Léveta tête au-deſſus des eaur, heureuſe Nym
phe de la Seine. Rends hommage à ton Roi. C'eſt
lui qui vient habiter tes rivages ,& qui réjouit par
fa préſence , cette ſuperbe Ville que tu arrofes
dans ton Cours .
Accourez , Déeſſes des Bois. Jeunes Dryades ,
Faunes, Satyres, accourez ? renouvellez vos Chan
64 MERCURE DE FRANCE.
ſons, redoublez vos Concerts,formez des Chœurs
dedanſes: il eſt temps.Louis a donné le ſignal,
Et toi,puiſſante Renommée ! toi qui apprends à
tout l'Universque Lovis eſt le Pèredela France:
viens voir ce Prince au milieu de ſes enfans. Ils lui
préſentent à l'envi , un cœur que le reſpect &
l'Amour lui ont aſſujetti.
Contemple ce Monarque aſſis ſur ſon Trône.
Thémis eſt à ſes côtés , Minerve le couronne. Il
ouvre ſon cœur à toutes les vertus , & ſe plaît à
les y réunir toutes enſemble.
GrandRoi ,lorſque tu foudroyois tes ennemis ,
1'Univers célébroit tes triomphes& ta gloire.Au-
jourd'hui que jaloux du bonheur de ton Peuple ,
tu donnes laPaix à la France , elle éléve en ton
honneur un Monument éternel.
Qu'à l'aſpectde ce glorieux Trophée, la fureur
briſe elle-même ſes traits. Que d'un vol précipité
elle retourne chez les Thraces , où elletient fon
empire. Tandis que la France tranquille déſor-
mais , célébre par des applaudiſſements réitérés ,
l'unique objetde ſatendreſſe.
Pardonne, Louis ! pardonne , à un jeune éleve
desMuſes,qui oſe élever ſa voix,trop foibleencore
MARS. 1764.
65
pour chanter ta gloire. Regarde cet effort de ſon
génie,comme untémoignage foible , il eſt vrai ,
mais ſincère de ſon amour pour toi.
Par M. l'Abbé DESFIEUX, Boursier au
Collége du Plessis-Sorbonne.
QUELS transports de fureur & de rage ! Le
regard menaçant, la bouche écumante : Mars.
qui t'a précipité fur ce monceau d'Armes fan-
glantes que la mort a brisées ? Qui t'a chargé
de ces fers ? Qui t'a donné ces entraves ?
Dééſſe impitoyable , monſtre couronné de
Serpents. Quel déſeſpoir te faitprécipiterjuſques
au fond des Abîmes ! L'Enfer retentit des horri-
bles fifflements de ton fouer. Chaffée de deffus
la terre ,tu vas donc dans le ſeindes ténébres
MARS. 1764.
63
allumer la Guerre entre les Furies tes dignes
Sœurs.
La Paix , l'aimable Paix , revient enfinhabiter
parmi nous. Divinités ennemies,fuyez : elle vient
accompagnée des Muſes. Les Jeux & les Ris
volent ſur ſes pas. Déeſſe ſecourable , jettez
enfin des yeux de compaſſion ſur les François.
Régnez ; mais régnez àjamais ſur leurs Contrées.
Quel est donc ce Héros qui s'offre à ma vue ?
Il eſt monté ſur un ſuperbe Courſier. D'un main
il préſente ſon Sceptre : on diroit qu'il com-
mande, De l'autre il laiſſe flotter paiſiblement
les Rênes.
Une auguſte Majeſté brille ſur ſon front. On
litdans ſes regards la douceur & la tendreſſe. Ses
yeux animés d'une noble fierté , laiſſent échapper
un aimable ſourire ſur ceux qui le contemplent.
Aces traits je tereconnois, Louis ; ton cœur dit
quetu es Père , & ta main montre que tu es Roi.
Léveta tête au-deſſus des eaur, heureuſe Nym
phe de la Seine. Rends hommage à ton Roi. C'eſt
lui qui vient habiter tes rivages ,& qui réjouit par
fa préſence , cette ſuperbe Ville que tu arrofes
dans ton Cours .
Accourez , Déeſſes des Bois. Jeunes Dryades ,
Faunes, Satyres, accourez ? renouvellez vos Chan
64 MERCURE DE FRANCE.
ſons, redoublez vos Concerts,formez des Chœurs
dedanſes: il eſt temps.Louis a donné le ſignal,
Et toi,puiſſante Renommée ! toi qui apprends à
tout l'Universque Lovis eſt le Pèredela France:
viens voir ce Prince au milieu de ſes enfans. Ils lui
préſentent à l'envi , un cœur que le reſpect &
l'Amour lui ont aſſujetti.
Contemple ce Monarque aſſis ſur ſon Trône.
Thémis eſt à ſes côtés , Minerve le couronne. Il
ouvre ſon cœur à toutes les vertus , & ſe plaît à
les y réunir toutes enſemble.
GrandRoi ,lorſque tu foudroyois tes ennemis ,
1'Univers célébroit tes triomphes& ta gloire.Au-
jourd'hui que jaloux du bonheur de ton Peuple ,
tu donnes laPaix à la France , elle éléve en ton
honneur un Monument éternel.
Qu'à l'aſpectde ce glorieux Trophée, la fureur
briſe elle-même ſes traits. Que d'un vol précipité
elle retourne chez les Thraces , où elletient fon
empire. Tandis que la France tranquille déſor-
mais , célébre par des applaudiſſements réitérés ,
l'unique objetde ſatendreſſe.
Pardonne, Louis ! pardonne , à un jeune éleve
desMuſes,qui oſe élever ſa voix,trop foibleencore
MARS. 1764.
65
pour chanter ta gloire. Regarde cet effort de ſon
génie,comme untémoignage foible , il eſt vrai ,
mais ſincère de ſon amour pour toi.
Par M. l'Abbé DESFIEUX, Boursier au
Collége du Plessis-Sorbonne.
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8538
p. 63-66
« Les dernieres nouvelles qu'on avoit reçûës d'Estremadure étoient [...] »
Début :
Les dernieres nouvelles qu'on avoit reçûës d'Estremadure étoient [...]
Mots clefs :
Ennemis, Guerre, Valence, Aragon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les dernieres nouvelles qu'on avoit reçûës d'Estremadure étoient [...] »
Les dernières nouvelles
qu'on avoir reçues d'Estremadure
étoient que l'un des
partis destinez pour empécher
le transport des grains
de Castille en Portugal ,1 avoit
rencontré prés d'Olivença
un Regiment des Enjicmis}
qui,quoy que surperieur,
avoir été attaqué par
ce Party qui l'avoit entièrement
défait, la pluspart des
Soldats & Officiers de ce
Régiment ayant été ruez &
lciefte faits prisônniers;que
l'Arméeétoitséparée cri
trois Corps qui étoient apportée
dese joindre en cas
de besoin ; mais qu'elle devoit
se sépater bientostentierement,&
entrer en quartier
d'Hiver.
Les Lettres du Royaume
de Valence disoient que le
fameuxRebelle, nomme
l'Alicantino, avoit été pris,
&qu'on devoit en faire justicc
incessament.
Celles d' Arragon
, que
leshabitans de Huesca,des
lieux de son Territoire
,
de
Santa Oladiera,deSabaliés,
& daples
, ayant appris
qu'une Troupe de volontaires
avoient fait une cource
dans le voisinage
,
les avoient
coupez dans leur rettaite,
& avoient repris leur
butin après enavoirrué un
grand nombre, & fait beaucou
p de prisonniers& qué
le Roypourrécom pen fer
leurzele, icsavoic tous exemptez
de logement de gens
de guerre.
qu'on avoir reçues d'Estremadure
étoient que l'un des
partis destinez pour empécher
le transport des grains
de Castille en Portugal ,1 avoit
rencontré prés d'Olivença
un Regiment des Enjicmis}
qui,quoy que surperieur,
avoir été attaqué par
ce Party qui l'avoit entièrement
défait, la pluspart des
Soldats & Officiers de ce
Régiment ayant été ruez &
lciefte faits prisônniers;que
l'Arméeétoitséparée cri
trois Corps qui étoient apportée
dese joindre en cas
de besoin ; mais qu'elle devoit
se sépater bientostentierement,&
entrer en quartier
d'Hiver.
Les Lettres du Royaume
de Valence disoient que le
fameuxRebelle, nomme
l'Alicantino, avoit été pris,
&qu'on devoit en faire justicc
incessament.
Celles d' Arragon
, que
leshabitans de Huesca,des
lieux de son Territoire
,
de
Santa Oladiera,deSabaliés,
& daples
, ayant appris
qu'une Troupe de volontaires
avoient fait une cource
dans le voisinage
,
les avoient
coupez dans leur rettaite,
& avoient repris leur
butin après enavoirrué un
grand nombre, & fait beaucou
p de prisonniers& qué
le Roypourrécom pen fer
leurzele, icsavoic tous exemptez
de logement de gens
de guerre.
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Résumé : « Les dernieres nouvelles qu'on avoit reçûës d'Estremadure étoient [...] »
En Estrémadure, un détachement espagnol a vaincu un régiment des Enjicmis près d'Olivença, empêchant ainsi le transport de grains vers le Portugal. La plupart des soldats et officiers ennemis ont été tués ou capturés. L'armée espagnole, divisée en trois corps, se prépare à entrer en quartiers d'hiver après une éventuelle réunion. En Valence, le rebelle Alicantino a été capturé et sera prochainement exécuté. En Aragon, les habitants de Huesca et des localités voisines ont intercepté des volontaires qui avaient pillé leur région. Ils ont récupéré leur butin après avoir tué plusieurs assaillants et fait des prisonniers. En récompense, le roi a exempté ces habitants du logement des troupes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8539
p. 302-305
De Vienne le 4. Aoust.
Début :
Le jour du depart du Prince Eugene pour Baden, n'est pas [...]
Mots clefs :
Empereur, Vienne, Turcs, Roi de Suède, Régiments d'infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 4. Aoust.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
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Résumé : De Vienne le 4. Aoust.
Le 4 août à Vienne, le départ du Prince Eugène pour Baden n'est pas encore déterminé. Il participe régulièrement aux Conseils secrets, mais les décisions ne sont pas divulguées. Les Princes Protestants ont soumis leurs plaintes à l'Empereur, qui les a redirigées vers la Diète. Les questions concernant les deux Électeurs sont supposément résolues, ne laissant que les revendications des Princes d'Italie à traiter. Une conclusion est attendue pour le mois suivant. La route du Roi de Suède reste incertaine. Il se trouvait à Demir-Toca, attendant les instructions et les fonds du Grand Seigneur. Les Turcs déplacent des troupes vers Belgrade. En réponse, l'Empereur a ordonné le rappel de plusieurs régiments d'infanterie, de cavalerie et de dragons d'Italie pour les envoyer en Hongrie. L'objectif est de rassembler 40 000 à 50 000 hommes, en plus des garnisons, d'ici septembre, lorsque l'Empereur doit se rendre à Presbourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8540
p. 304-307
AVERTISSEMENT.
Début :
Je vous serois fort obligé, Messieurs, si vous vouliez m'envoyer [...]
Mots clefs :
Mémoires, Bureaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Je vous ferois fort obligé ,
Meffieurs ,fivous vouliez m'envoyer
vos Memoires pluſtoſt que
vous nefaites. Je les reçois prefque
toûjours àla fin du mois,mais
je vais mon chemin , commeſije
ne m'y attendois pas , &cet inconvenient
qui est un effet de vôtre
lenteur &de ma diligence ,
vous êteſouventle plaifir de voir
imprimer vos Ouvrages ; mais
j'ayun expedient à vous propofer
là deſſus.J'établis trois Bureaux
dans Paris , où l'on recevrafidelement
GALANT. 305
ment &difcretement tous lesMemoires
que l'on m'enverra.
Le premier eft chez les fieurs
Follet erLameſle , mes tres chers
Imprimeurs &Libraires , au bout
du Pont S. Michel , du coſtédu
Marché Neuf. Ce Bureau eft
établi pour ceux qui ne voudront
pas eftre connus , &qui n'auront
que faire àl' Auteur du Mercure
Galant.
Le ſecond est chez moy , dans
la maison duſieur Maffet , Perruquier,
fur le quay dela Megifferie
, celui ci est pour ceux qui
voudront raiſonnerſur voudront r touteforte
de matiere , examiner leurs Ou
Juin 1715 . Cc
306 MERCURE
vrages , les corriger avec moi ,&
empêcher qu'ils ne soient quelquefois
mis au rebut.
Le troifiéme qui est à mongré
leprincipal , &le meilleurde tous
mes Bureaux , eft chez le Capi
taine Rhumbe Sofiet , fameux
gourmet,Marchand de Vin àla
petite Magdelaine, ruë de Buffy.
Je tiendrai chez lui mes grands
jours ,&j'yferai aßautde Litterature
dans tous les genres , de
relations de voyages , de recits
galants , de plaisirs honneſtes ,
avec tous ceux qui jugeront àpropos
des'y defennuïer avecmoi.Le
fuur Sofiet à qui je vous adreße ,
GALANT. 307
Meffieurs, est un galant homme ,
qui dit quand il peut , les plusjolies
chofes du monde. Au reste ne chofes du mo
vousfcandaliſez pas que je vous
envoye au cabaret. Je vousprouverois
aisément qu'ily a auffipen
de mal ày aller , qu'au Caffé
Je vous ferois fort obligé ,
Meffieurs ,fivous vouliez m'envoyer
vos Memoires pluſtoſt que
vous nefaites. Je les reçois prefque
toûjours àla fin du mois,mais
je vais mon chemin , commeſije
ne m'y attendois pas , &cet inconvenient
qui est un effet de vôtre
lenteur &de ma diligence ,
vous êteſouventle plaifir de voir
imprimer vos Ouvrages ; mais
j'ayun expedient à vous propofer
là deſſus.J'établis trois Bureaux
dans Paris , où l'on recevrafidelement
GALANT. 305
ment &difcretement tous lesMemoires
que l'on m'enverra.
Le premier eft chez les fieurs
Follet erLameſle , mes tres chers
Imprimeurs &Libraires , au bout
du Pont S. Michel , du coſtédu
Marché Neuf. Ce Bureau eft
établi pour ceux qui ne voudront
pas eftre connus , &qui n'auront
que faire àl' Auteur du Mercure
Galant.
Le ſecond est chez moy , dans
la maison duſieur Maffet , Perruquier,
fur le quay dela Megifferie
, celui ci est pour ceux qui
voudront raiſonnerſur voudront r touteforte
de matiere , examiner leurs Ou
Juin 1715 . Cc
306 MERCURE
vrages , les corriger avec moi ,&
empêcher qu'ils ne soient quelquefois
mis au rebut.
Le troifiéme qui est à mongré
leprincipal , &le meilleurde tous
mes Bureaux , eft chez le Capi
taine Rhumbe Sofiet , fameux
gourmet,Marchand de Vin àla
petite Magdelaine, ruë de Buffy.
Je tiendrai chez lui mes grands
jours ,&j'yferai aßautde Litterature
dans tous les genres , de
relations de voyages , de recits
galants , de plaisirs honneſtes ,
avec tous ceux qui jugeront àpropos
des'y defennuïer avecmoi.Le
fuur Sofiet à qui je vous adreße ,
GALANT. 307
Meffieurs, est un galant homme ,
qui dit quand il peut , les plusjolies
chofes du monde. Au reste ne chofes du mo
vousfcandaliſez pas que je vous
envoye au cabaret. Je vousprouverois
aisément qu'ily a auffipen
de mal ày aller , qu'au Caffé
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8541
p. 88-89
ENVOI.
Début :
Pensant à vous à tout moment [...]
Mots clefs :
Agrément, Souvenir, Asile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOI.
ENVO 1.
Penfant à vous à tout moment
Dans mon afyle folitaire,
Du mot dont je vous fais myſtère
Je me rera e l'agrément.
Si je n'ai point aujourd'hui l'avantage
D'en partager près de vous le plaifir ,
Souffrez au mo s que je m'en dédommage
Par le charme du fouvenir...
Par M DESMARAIS DU CHAMBON,
Ce 22 Mars 1763.
Penfant à vous à tout moment
Dans mon afyle folitaire,
Du mot dont je vous fais myſtère
Je me rera e l'agrément.
Si je n'ai point aujourd'hui l'avantage
D'en partager près de vous le plaifir ,
Souffrez au mo s que je m'en dédommage
Par le charme du fouvenir...
Par M DESMARAIS DU CHAMBON,
Ce 22 Mars 1763.
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8542
p. 304-308
Rondeau Enigmatique.
Début :
Je m'ennuye de ne pas faire plus d'effort pour vous amuser, / En noirs cachots, & hideuse clôture, [...]
Mots clefs :
Huître à l'écaille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rondeau Enigmatique.
Jem'ennuye de ne pas faire
plus d'effort pour vous amufer
, que mes Predeceffeurs en
ont fait , je veux me furpaffer
moy-même ,& les ſurpaffer
generoſité ; en un mot vous
donner ce mois- ci trois Enigmes
au lieu de deux , pourvû
que vous ne me faffiez pasune
dette de cette grace ; celle-ci
eft
GALANT. 305
eſt tres-difficile,c'eſt unSphinx,
& il faut ,Dieu me pardonne ,
être un Oedipe pour la deviner.
Aureſte je vous la donne avec
le petit billet preliminaire qui
a donné occaſion à l'acquiſition
que j'en ay faite.
Demain matin , Monfieur
mon cher ami , je veux vous
regaler avec de bonnes huitres
qu'un excellent vin de Palme
arrofera. Deux de nos bons
amis m'ont donné leur parole
de ſe trouver chez moy ,
fur ce que je leur ay promis
voſtre compagnie.
Mais il me prend je ne ſçais
May 1715. Cc
306 MERCURE
quelle fantaifie , de ne vous
donner cepetit regal qu'à con.
ditionqu'en arrivant chez moi
fur les neuf heures,vous commencerez
par expliquer l'Enigmeque
je vous envoye. Sans
cela , moncher , point de dé
jeuner. Vous avez de l'eſprit.
Vous déjeunerez.
Rondeau Enigmatique.
En noirs cachots ,&hideufe
clôture ,
Vite amenezpar normande voiture
Sont àParis prifonniers innocens :
هللا
GALANT. 307
Si que pourets dans la Geole
gißans
Attendent , las ! leur derniere
avanture.
Dignes Canforts de leur déconfiture
,
Vieux Montagnards de traiſtreſſe
nature
Jadévouez,font auſſi croupiſſans
En noirs cachots.
Les bons Caprifs , Ami , fi
d'avanture ,
Ton defir eft voir mettre à
ود
la tor-
Viens : &soudain tu les verras
iffans
De leur prifon , aux Accoints
Ceij
308 MERCURE
1 gaudiſſans
Faire allegreffe , &prendre fepalture
En noirs cachots.
plus d'effort pour vous amufer
, que mes Predeceffeurs en
ont fait , je veux me furpaffer
moy-même ,& les ſurpaffer
generoſité ; en un mot vous
donner ce mois- ci trois Enigmes
au lieu de deux , pourvû
que vous ne me faffiez pasune
dette de cette grace ; celle-ci
eft
GALANT. 305
eſt tres-difficile,c'eſt unSphinx,
& il faut ,Dieu me pardonne ,
être un Oedipe pour la deviner.
Aureſte je vous la donne avec
le petit billet preliminaire qui
a donné occaſion à l'acquiſition
que j'en ay faite.
Demain matin , Monfieur
mon cher ami , je veux vous
regaler avec de bonnes huitres
qu'un excellent vin de Palme
arrofera. Deux de nos bons
amis m'ont donné leur parole
de ſe trouver chez moy ,
fur ce que je leur ay promis
voſtre compagnie.
Mais il me prend je ne ſçais
May 1715. Cc
306 MERCURE
quelle fantaifie , de ne vous
donner cepetit regal qu'à con.
ditionqu'en arrivant chez moi
fur les neuf heures,vous commencerez
par expliquer l'Enigmeque
je vous envoye. Sans
cela , moncher , point de dé
jeuner. Vous avez de l'eſprit.
Vous déjeunerez.
Rondeau Enigmatique.
En noirs cachots ,&hideufe
clôture ,
Vite amenezpar normande voiture
Sont àParis prifonniers innocens :
هللا
GALANT. 307
Si que pourets dans la Geole
gißans
Attendent , las ! leur derniere
avanture.
Dignes Canforts de leur déconfiture
,
Vieux Montagnards de traiſtreſſe
nature
Jadévouez,font auſſi croupiſſans
En noirs cachots.
Les bons Caprifs , Ami , fi
d'avanture ,
Ton defir eft voir mettre à
ود
la tor-
Viens : &soudain tu les verras
iffans
De leur prifon , aux Accoints
Ceij
308 MERCURE
1 gaudiſſans
Faire allegreffe , &prendre fepalture
En noirs cachots.
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8543
p. 269-274
« Le 2. & le 3. on travailla à regler les dettes que l'on devoit [...] »
Début :
Le 2. & le 3. on travailla à regler les dettes que l'on devoit [...]
Mots clefs :
Maréchal, Siège de Namur, Troupes, Garnison, Dragons, Gardes, Prince d'Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. & le 3. on travailla à regler les dettes que l'on devoit [...] »
Le 2. & le 3. on travailla à
regler les dettes que l'on de voit
dans la Ville, pour le payement
desquelles Mr de Fumeron donna
des assurances qui furent ac-
ceptées.
Le 4. l'on fit embarquer les
malades & les blessez sur les bat-
teaux que les Alliez avoient fait
avancer proche de la basse-Ville.
Mr de Bavière donna plusieurs
passeports particuliers pour les
choses dont on avoit besoin. Mr
de Megrigny en eut un pour al-
ler à Tournay, & aussi Mr de
Reignac pour se faire transporter
à Charleroy.
Le 5. au point du jour Mr le
Z ii)
270 Journal du Siege
Maréchal fit mettre les Troupes
sous les armes pour se disposer à
sortir. Les Alliez envoyerent les
chariots & les chevaux dont on
estoit convenu, & firent mettre
une grande partie de leurs Trou-
pes en bataille sur deux lignes,
au milieu desquelles il falloir que
la Garnison défilast. Environ
à neuf heures du matin, Mr le
Maréchal sortit du Chaſteau par
une des brêches, estant a cheval
a la teste des Dragons dont les
chevaux n'avoient pas esté tuez
pendant le Siége. Chaque corps
suivantson anciennete marcha en-
suite; & comme l'on dé filoit hors
des fortifications de la Place, l'on
proposa à Mr le Maréchal de sa-
luer Mr de Baviere, Il sen deffen271
de Namur.
dit honnestement, disant qu'un
hommede son caractere ne saluoit
que le Roy. Un moment aprés
Mr le Maréchal marchant tou-
jours sans avoir que fort peu de
ses gens avec luy, un Lieutenant
des Gardes du Prince d'Orange
s'estant approché, luy dit qu'il-
souhaitoit de l'entretenir en par-
ticulier, & voulut pour cela le
faire sortir hors de la ligne des
Troupes. Mr le Maréchal qui ne
voulut point s'éloigner, dit à cet
Officier qu'il neavoit qu'à parler,
& comme il insistoit, Mrle Ma-
réchal s'apperceut bien qu'il y
avoit quelque chose d'extraord i-
naire, & voyant que beaucoup
de gens l'environnoient, il vou-
lut s'avancer pour se tenir en li-
Z in)
272 Fournal du Siege
berté. Dans ce moment les deux
rangs des Troupes des Ennemis
se raprocherent, & luy ferme-
rent le chemin Il mit le pistolet
à la main, & cria, à moy Dragons,
mais on avoit eu la précaution
de couper la file, & par
le moyen de cet embarras, ils ne
purent entendre Mr le Maréchal,
qui se trouva seul avec Mr de
Chaussepot, son Lieutenant des
Gardes, & Mr d'Entrague. Ils
voulurent se mettre en deffense,
mais la quantité des Ennemis
leur en oſta la liberté. Le Lieu-
renant des Gardes du Prince
d'Orange répresenta civilement
à Mr le Maréchal qu'il ne devoit
point les exposer à luy faire vio-
jence, & qu'il avoit ordre de Mi
de Namur.
273
le Prince d'Orange de l'arrester.
On le mena avec une escorte
dans Namur. Les Troupes de la
Garnison qui défiloient & qui ne
scavoient rien de ce qui se pas-
soit à la teste, n'apprirent la détention
de Mr le Maréchal que
long-temps aprés. Mr le Comte
de Lomont mena la Garnison à
Givet ainsi qu'il estoit porté par
la Capitulation, laquelle se trouva
de quatre mille huit cens hom-
mes, y ayant eu pendant le Siége
quatre cens trente Officiers
tuez ou blessez, & environ sept
mille cinq cens, tant Dragons
que Soldats. Qielque précau-
cion que les Ennemis ayent pris
de cacher leur perte, ils n'ont
cependant pû s'empescher de
274 Journal du Siege
convenir qu'ils y avoient perdu
plus de vingt mille hommes,
regler les dettes que l'on de voit
dans la Ville, pour le payement
desquelles Mr de Fumeron donna
des assurances qui furent ac-
ceptées.
Le 4. l'on fit embarquer les
malades & les blessez sur les bat-
teaux que les Alliez avoient fait
avancer proche de la basse-Ville.
Mr de Bavière donna plusieurs
passeports particuliers pour les
choses dont on avoit besoin. Mr
de Megrigny en eut un pour al-
ler à Tournay, & aussi Mr de
Reignac pour se faire transporter
à Charleroy.
Le 5. au point du jour Mr le
Z ii)
270 Journal du Siege
Maréchal fit mettre les Troupes
sous les armes pour se disposer à
sortir. Les Alliez envoyerent les
chariots & les chevaux dont on
estoit convenu, & firent mettre
une grande partie de leurs Trou-
pes en bataille sur deux lignes,
au milieu desquelles il falloir que
la Garnison défilast. Environ
à neuf heures du matin, Mr le
Maréchal sortit du Chaſteau par
une des brêches, estant a cheval
a la teste des Dragons dont les
chevaux n'avoient pas esté tuez
pendant le Siége. Chaque corps
suivantson anciennete marcha en-
suite; & comme l'on dé filoit hors
des fortifications de la Place, l'on
proposa à Mr le Maréchal de sa-
luer Mr de Baviere, Il sen deffen271
de Namur.
dit honnestement, disant qu'un
hommede son caractere ne saluoit
que le Roy. Un moment aprés
Mr le Maréchal marchant tou-
jours sans avoir que fort peu de
ses gens avec luy, un Lieutenant
des Gardes du Prince d'Orange
s'estant approché, luy dit qu'il-
souhaitoit de l'entretenir en par-
ticulier, & voulut pour cela le
faire sortir hors de la ligne des
Troupes. Mr le Maréchal qui ne
voulut point s'éloigner, dit à cet
Officier qu'il neavoit qu'à parler,
& comme il insistoit, Mrle Ma-
réchal s'apperceut bien qu'il y
avoit quelque chose d'extraord i-
naire, & voyant que beaucoup
de gens l'environnoient, il vou-
lut s'avancer pour se tenir en li-
Z in)
272 Fournal du Siege
berté. Dans ce moment les deux
rangs des Troupes des Ennemis
se raprocherent, & luy ferme-
rent le chemin Il mit le pistolet
à la main, & cria, à moy Dragons,
mais on avoit eu la précaution
de couper la file, & par
le moyen de cet embarras, ils ne
purent entendre Mr le Maréchal,
qui se trouva seul avec Mr de
Chaussepot, son Lieutenant des
Gardes, & Mr d'Entrague. Ils
voulurent se mettre en deffense,
mais la quantité des Ennemis
leur en oſta la liberté. Le Lieu-
renant des Gardes du Prince
d'Orange répresenta civilement
à Mr le Maréchal qu'il ne devoit
point les exposer à luy faire vio-
jence, & qu'il avoit ordre de Mi
de Namur.
273
le Prince d'Orange de l'arrester.
On le mena avec une escorte
dans Namur. Les Troupes de la
Garnison qui défiloient & qui ne
scavoient rien de ce qui se pas-
soit à la teste, n'apprirent la détention
de Mr le Maréchal que
long-temps aprés. Mr le Comte
de Lomont mena la Garnison à
Givet ainsi qu'il estoit porté par
la Capitulation, laquelle se trouva
de quatre mille huit cens hom-
mes, y ayant eu pendant le Siége
quatre cens trente Officiers
tuez ou blessez, & environ sept
mille cinq cens, tant Dragons
que Soldats. Qielque précau-
cion que les Ennemis ayent pris
de cacher leur perte, ils n'ont
cependant pû s'empescher de
274 Journal du Siege
convenir qu'ils y avoient perdu
plus de vingt mille hommes,
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8544
p. 40-48
EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
Début :
Comte, pour qui terminant tout procés [...]
Mots clefs :
Comte d'Ayen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
EPITRE
A Monfieur le Comte
d'Ayen.
Comte , pour qui terminant
tout procés
Avec voftre Vertu Fortune
a fait la paix ;
Jaçoit qu'en vous gloire &
haute naiffance
Soit alliée à titres & puif
fance ,
Que de fplendeurs & d'honneurs
meritez ;
Si toutesfois ne font- ce ces
bluettes
FUGITIVES. 41
Qui vous ont mis en l'eftime
où vous êtes ;
Car ce n'eft pas l'or qui fur
Vous reluit
Qui vous acquiert renommée
& bon bruit ;
Que j'aye un livre où femblable
écriture
,
Il ne me chaut de belle
couverture ,
Riches fermoirs & dehorsnon
communs ,
Si le dedans font difcours
importuns ,
Vil pot pourri de Profe dé
labrée ,
Février 1711. Aa
42 PIECES
Oeuvre de Pic, ou telle autre
denrée.
Donc , qui met l'homme en
richeffe & credit ?
Richeffe d'ame & culture :
d'efprit.
Puis joignez y revenus honorables
,
Biens de fortune , titres admirables
;
Je le veux bien , cela ne fait :
nul mal ;
Mais le premier & le point
capital ,
C'eft luy fans plus ; & c'cft
par là , beau Sire ,
Que moy chetif, vous prife
& vous admire.
FUGITIVES. 43
En vous ay vû par un mer-
• veilleux cas ,
Unis & joints Virgile & Mecenas
;
De l'un , avez la grace & la
faconde ;
De l'autre , accueil & douceur
fans feconde ,
En Profe , en Vers , eftes
paffé Docteur ,
Et recitez trop mieux qu'un
Orateur..
C'en est le tout , car en chang
harmonique ,
Non moins primez qu'en '
rime
poëtique ,
Et avec los de bon harmo
niqueur, Aaij
44
PIECES
1
Auffi l'avez de bon Poëtiqueurs
Toûjours chez vous abonde
compagnie
D'efprits divins , de fuivans
d'Uranic .
Toujours y font Ciftres me--
lodieux ,
Gentils Harpeurs , & Mc
neftrels joyeux ,
Et de leur art bien fçavez les
rubriques ;
Même on m'a dit qu'aux rives
Sequaniques ,
N'a pas longtemps ,
telle chanfon ,
fonnicz
Qu'hoftes des Bois accouru
rent au fon ,
FUGITIVES . *
Si qu'cuffiez vû fauter blans
ches Dryades
,
Et de leurs lits fortir belles
Nayades.
Et fe difoient : Oh ! qu'il
chantonne bien.
Seroit - ce point Apollon
Delphien !
Venez , voyez , tant a beau
le vifage ,
Doux fes regards , & noble
le corfage ,
C'eft il, fans faute ; & Nim-
*phes d'admirer ,
Et les Silvains entr'eux de
murmurer..
Cetuy cy vient pour nos
Nimphes féduire,
46 PIECES
Se difoient ils , il les
pourroit
induire
A quelque mal avec fon
chant mignon ;
Freres , jettons en l'eau le
compagnon.
Lors le Dieu Pan fecouant
fes narines ,
Cria tout haut , des montagnes
voifines ,
De fon Ami voyant le mau
vais pas :
Ventre de bouc , qu'ay - je´
entendu là bas ?
Rentrez, coquins ; les Forêts
en tremblerent ,
Faunes cornus vers leurs
trouss'envolerent ,,
FUGITIVES . 4
Où tous tremblans furent
fe retirer ,
Et du depuis n'ont ofé fe
montrer.
Voilà comment , digne fang
de Noailles ,
Fûtes fauvé des mains de ces
canailles.
Nimphes & Dieux fur vous
veillent ici ,
Bien fçavent- ils & le fçavons
auffi ,
Que vôtre vie acquife &
confervée
Eft pour le bien des Mora
tels refervée ;
Non des mortels de meriteindigens
,
48 FUGITIVES.
Mais des mortels de vertus
refulgens.
Or rempliffez vos hautes
deftinées
,
Que tous vos ans foient bril
lantes années ;
Et cependant nous autres
gens de bien
A nôtre employ ne manquerons
en rien ,
Vous
admirans non pas
dans le filence ,
Mais par beaux vers & pieces
d'Eloquence ,
Tant que puiffions une oeúvrè
concevoir
Digne de vous & de vôtre
vouloir
A Monfieur le Comte
d'Ayen.
Comte , pour qui terminant
tout procés
Avec voftre Vertu Fortune
a fait la paix ;
Jaçoit qu'en vous gloire &
haute naiffance
Soit alliée à titres & puif
fance ,
Que de fplendeurs & d'honneurs
meritez ;
Si toutesfois ne font- ce ces
bluettes
FUGITIVES. 41
Qui vous ont mis en l'eftime
où vous êtes ;
Car ce n'eft pas l'or qui fur
Vous reluit
Qui vous acquiert renommée
& bon bruit ;
Que j'aye un livre où femblable
écriture
,
Il ne me chaut de belle
couverture ,
Riches fermoirs & dehorsnon
communs ,
Si le dedans font difcours
importuns ,
Vil pot pourri de Profe dé
labrée ,
Février 1711. Aa
42 PIECES
Oeuvre de Pic, ou telle autre
denrée.
Donc , qui met l'homme en
richeffe & credit ?
Richeffe d'ame & culture :
d'efprit.
Puis joignez y revenus honorables
,
Biens de fortune , titres admirables
;
Je le veux bien , cela ne fait :
nul mal ;
Mais le premier & le point
capital ,
C'eft luy fans plus ; & c'cft
par là , beau Sire ,
Que moy chetif, vous prife
& vous admire.
FUGITIVES. 43
En vous ay vû par un mer-
• veilleux cas ,
Unis & joints Virgile & Mecenas
;
De l'un , avez la grace & la
faconde ;
De l'autre , accueil & douceur
fans feconde ,
En Profe , en Vers , eftes
paffé Docteur ,
Et recitez trop mieux qu'un
Orateur..
C'en est le tout , car en chang
harmonique ,
Non moins primez qu'en '
rime
poëtique ,
Et avec los de bon harmo
niqueur, Aaij
44
PIECES
1
Auffi l'avez de bon Poëtiqueurs
Toûjours chez vous abonde
compagnie
D'efprits divins , de fuivans
d'Uranic .
Toujours y font Ciftres me--
lodieux ,
Gentils Harpeurs , & Mc
neftrels joyeux ,
Et de leur art bien fçavez les
rubriques ;
Même on m'a dit qu'aux rives
Sequaniques ,
N'a pas longtemps ,
telle chanfon ,
fonnicz
Qu'hoftes des Bois accouru
rent au fon ,
FUGITIVES . *
Si qu'cuffiez vû fauter blans
ches Dryades
,
Et de leurs lits fortir belles
Nayades.
Et fe difoient : Oh ! qu'il
chantonne bien.
Seroit - ce point Apollon
Delphien !
Venez , voyez , tant a beau
le vifage ,
Doux fes regards , & noble
le corfage ,
C'eft il, fans faute ; & Nim-
*phes d'admirer ,
Et les Silvains entr'eux de
murmurer..
Cetuy cy vient pour nos
Nimphes féduire,
46 PIECES
Se difoient ils , il les
pourroit
induire
A quelque mal avec fon
chant mignon ;
Freres , jettons en l'eau le
compagnon.
Lors le Dieu Pan fecouant
fes narines ,
Cria tout haut , des montagnes
voifines ,
De fon Ami voyant le mau
vais pas :
Ventre de bouc , qu'ay - je´
entendu là bas ?
Rentrez, coquins ; les Forêts
en tremblerent ,
Faunes cornus vers leurs
trouss'envolerent ,,
FUGITIVES . 4
Où tous tremblans furent
fe retirer ,
Et du depuis n'ont ofé fe
montrer.
Voilà comment , digne fang
de Noailles ,
Fûtes fauvé des mains de ces
canailles.
Nimphes & Dieux fur vous
veillent ici ,
Bien fçavent- ils & le fçavons
auffi ,
Que vôtre vie acquife &
confervée
Eft pour le bien des Mora
tels refervée ;
Non des mortels de meriteindigens
,
48 FUGITIVES.
Mais des mortels de vertus
refulgens.
Or rempliffez vos hautes
deftinées
,
Que tous vos ans foient bril
lantes années ;
Et cependant nous autres
gens de bien
A nôtre employ ne manquerons
en rien ,
Vous
admirans non pas
dans le filence ,
Mais par beaux vers & pieces
d'Eloquence ,
Tant que puiffions une oeúvrè
concevoir
Digne de vous & de vôtre
vouloir
Fermer
Résumé : EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
L'épître est adressée au Comte d'Ayen, loué pour avoir allié vertu et fortune. L'auteur insiste sur le fait que les honneurs et les titres sont éphémères, et que la véritable renommée découle de la richesse de l'âme et de la culture de l'esprit. Le Comte est comparé à Virgile et à Mécène, réunissant grâce, éloquence, accueil et douceur. Il excelle en prose et en vers, ainsi qu'en musique. Une scène décrit des Dryades et des Nymphes, séduites par le chant du Comte, tentant de le séduire, mais arrêtées par le dieu Pan. Cette intervention divine protège le Comte, soulignant que sa vie est préservée pour le bien des mortels vertueux. L'auteur exprime son admiration et promet de célébrer les hautes destinées du Comte à travers des œuvres dignes de lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8545
p. 303-315
Stances à la loüange de M. de **. [titre d'après la table]
Début :
Quoyque les fonctions de Commissaires départis dans / [...]
Mots clefs :
Vertus, Cour, Stances, Intendant, Justice, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Stances à la loüange de M. de **. [titre d'après la table]
Quoyque les fonctions
de Commissairesdépartis dans
- les Provinces du Royaume
pour l'exécution des ordres de
la Cour soient difficilesà rempliràlalasatisfaction
generale,
plusieurs grands hommes
neanmoins se sont rendus si
recommandables par leurtalens
en cette administration
)
qu'ils s'y sontconciliél'estime
du Souverain & la bienveillance
des peuples.
S'ilétoit besoin de preuve
le seul nom de Voyfin
,
celuy
de Bignon ,&. les familles de
Daguesseau
,
de Harlay
,
de Lamoignon,
Chauvelin, dOrmesson
,
Trudaine, le Bret,
Ferrand
,
Roujaut & autres
quiont donnéàl'Etat & luy
fournissent encore de si illustres
sujets en ce genre d'exercice
en serviroient, les seules
idées de leur mérité en cet
cmploy suffisentpour vous
aider à croire que celuy dont
les
les vertus ont donné lieu
aux vers suivants
,
loin d'êert-
un objet imaginé, peut
paffcr pour y estre peint d'aprésson
naturel.
L'admiration qu'il excite sans
cesse dans son poste ,où sa
capacité ne le distingue pas
moins que ses moeurs, luy
attire avec l'affection des Provinces
confiées à ses foins,
l'applaudissement universel
dont ces vers font une espece
d'écho. &
Sa modestie singuliere empêche
dele nommer ; mais fes1
qualitez personnelles le marquent
assez
,
sa réputation le
décele & l'on n'aura pas de
peine à le reconnoistre à ces
traits particuliers qui le défi.
gnenc en ces Stances.
A MONSIEUR
L'INTENDANT
?-
en la Généralité de
STANCES.
Quelle estl'intelligence
Qui surveille en ces lieux
Etfaitparsa prudence
Toutfleurirà nosyeuxf
C'est drisse,modele
Des parfaitsMagistrats
Qui signale son zele
Pour ces heureux climats.
Son fage ministere
Pour nos secours ardent
En luy nous montre un pere
Sous le nom d'Intendant
Il hâte en nos demeures
Les douxfruits de la Paix.,
Et -n'y conte ses heures
Queparsesseulsbienfaits.
Themis qui le contemple
Seplaît du haut des Cieux
A le 'Voir dans son Temple
Répondre à tous nos 'Voeux:
Faire en Ministre habille
Plus grand queson employ
Le bien de chaque Ville
Et l'interst du Roy.
Lesort par un caprice
N'a point fait sa grandeur;
DuseindelaJUSTICE
Il tiresa splendeur;
Sasagesse profonde
En estl'appuycertain;
On croit qu'ilvint au monde
La balance à la main.
Le poids du Sanctuaire
Estson uniquepoids.
C'estl'Ange tutelaire
Qui conserve nos droits.
Ilfait pleuvoirdesgrâces;
Et par les contre-coups
Qu'ilfent de nos disgraces
Itjoujfre plus que nous.
Tendreenson caractere
Qu'il en coûte à son coeur
Quand il nesçauroitfaire
Nostre commun bonheur!
Il plaint sa destinée Et , ce coeurgenereux
Croit petdn une journée
S'il n'yfait des heureux.
-, .,
sursonfront regne un charme
Qui tient tout en refpeél;.
La discorde en allarme
Expireàsonaspect;
Sa douceurprévenante
Rend légers les tributs,
S'il n'accorde,il contente #
^Jufcjucs dansses refus.
%m-
De tout piegeilse garde
Flatteurs& Partisans,
De mêmeoeil il regarde
Vostre encens,vos presens;
-
Sa noble vigilante
Pourprixdeses travaux,
Ne veut de recompense
Que lafin de nos maux.
A travers milleobftacks
Au Conseil ses avis
Non moins que des oracles
Sont reçus (ysuivis
Par un rare assemblage
Ilsçait dans Jes projets
Ménagerl'avantage
Du Prince & des Sujets.
Les vertus , en cortell,
Marchent ases cosse;c
Les foibles qu'il protege
Celebrentses bontez;
L'innocence à sa fuite
Triomphepar sesLoix;
Il met le crime en fuite
Et lafraude auxabois.
££
Millefaveurs qu'ilverse
Sur les Arts en langueur
Ranimentle Commerce
Dont ilsfont lavigueur;
.Mules, il vous preserve
Des dllins ennemis,
TTaannttoostsit lil eefsitMTahienmeirsv. e ,
Ospectacleagréable!
Il réunit l'éclat
grea
DuJuge irréprochable
Et de l'Hommed'état.
Sousson heureux aufpkc
Au desir de la Cour,
Ici, tout le service
N'est fait que par monr!
Pour
-
Pour l'honneur de sa place
Tour nous du qu'il eflné, Ilfait changer deface
Au Peuple infortuné.
- La joye en la Contrée
Sous luj reprend l'ejjor;
Et par ses soins,Astrée
Fait naistre un Siecled'or.
de Commissairesdépartis dans
- les Provinces du Royaume
pour l'exécution des ordres de
la Cour soient difficilesà rempliràlalasatisfaction
generale,
plusieurs grands hommes
neanmoins se sont rendus si
recommandables par leurtalens
en cette administration
)
qu'ils s'y sontconciliél'estime
du Souverain & la bienveillance
des peuples.
S'ilétoit besoin de preuve
le seul nom de Voyfin
,
celuy
de Bignon ,&. les familles de
Daguesseau
,
de Harlay
,
de Lamoignon,
Chauvelin, dOrmesson
,
Trudaine, le Bret,
Ferrand
,
Roujaut & autres
quiont donnéàl'Etat & luy
fournissent encore de si illustres
sujets en ce genre d'exercice
en serviroient, les seules
idées de leur mérité en cet
cmploy suffisentpour vous
aider à croire que celuy dont
les
les vertus ont donné lieu
aux vers suivants
,
loin d'êert-
un objet imaginé, peut
paffcr pour y estre peint d'aprésson
naturel.
L'admiration qu'il excite sans
cesse dans son poste ,où sa
capacité ne le distingue pas
moins que ses moeurs, luy
attire avec l'affection des Provinces
confiées à ses foins,
l'applaudissement universel
dont ces vers font une espece
d'écho. &
Sa modestie singuliere empêche
dele nommer ; mais fes1
qualitez personnelles le marquent
assez
,
sa réputation le
décele & l'on n'aura pas de
peine à le reconnoistre à ces
traits particuliers qui le défi.
gnenc en ces Stances.
A MONSIEUR
L'INTENDANT
?-
en la Généralité de
STANCES.
Quelle estl'intelligence
Qui surveille en ces lieux
Etfaitparsa prudence
Toutfleurirà nosyeuxf
C'est drisse,modele
Des parfaitsMagistrats
Qui signale son zele
Pour ces heureux climats.
Son fage ministere
Pour nos secours ardent
En luy nous montre un pere
Sous le nom d'Intendant
Il hâte en nos demeures
Les douxfruits de la Paix.,
Et -n'y conte ses heures
Queparsesseulsbienfaits.
Themis qui le contemple
Seplaît du haut des Cieux
A le 'Voir dans son Temple
Répondre à tous nos 'Voeux:
Faire en Ministre habille
Plus grand queson employ
Le bien de chaque Ville
Et l'interst du Roy.
Lesort par un caprice
N'a point fait sa grandeur;
DuseindelaJUSTICE
Il tiresa splendeur;
Sasagesse profonde
En estl'appuycertain;
On croit qu'ilvint au monde
La balance à la main.
Le poids du Sanctuaire
Estson uniquepoids.
C'estl'Ange tutelaire
Qui conserve nos droits.
Ilfait pleuvoirdesgrâces;
Et par les contre-coups
Qu'ilfent de nos disgraces
Itjoujfre plus que nous.
Tendreenson caractere
Qu'il en coûte à son coeur
Quand il nesçauroitfaire
Nostre commun bonheur!
Il plaint sa destinée Et , ce coeurgenereux
Croit petdn une journée
S'il n'yfait des heureux.
-, .,
sursonfront regne un charme
Qui tient tout en refpeél;.
La discorde en allarme
Expireàsonaspect;
Sa douceurprévenante
Rend légers les tributs,
S'il n'accorde,il contente #
^Jufcjucs dansses refus.
%m-
De tout piegeilse garde
Flatteurs& Partisans,
De mêmeoeil il regarde
Vostre encens,vos presens;
-
Sa noble vigilante
Pourprixdeses travaux,
Ne veut de recompense
Que lafin de nos maux.
A travers milleobftacks
Au Conseil ses avis
Non moins que des oracles
Sont reçus (ysuivis
Par un rare assemblage
Ilsçait dans Jes projets
Ménagerl'avantage
Du Prince & des Sujets.
Les vertus , en cortell,
Marchent ases cosse;c
Les foibles qu'il protege
Celebrentses bontez;
L'innocence à sa fuite
Triomphepar sesLoix;
Il met le crime en fuite
Et lafraude auxabois.
££
Millefaveurs qu'ilverse
Sur les Arts en langueur
Ranimentle Commerce
Dont ilsfont lavigueur;
.Mules, il vous preserve
Des dllins ennemis,
TTaannttoostsit lil eefsitMTahienmeirsv. e ,
Ospectacleagréable!
Il réunit l'éclat
grea
DuJuge irréprochable
Et de l'Hommed'état.
Sousson heureux aufpkc
Au desir de la Cour,
Ici, tout le service
N'est fait que par monr!
Pour
-
Pour l'honneur de sa place
Tour nous du qu'il eflné, Ilfait changer deface
Au Peuple infortuné.
- La joye en la Contrée
Sous luj reprend l'ejjor;
Et par ses soins,Astrée
Fait naistre un Siecled'or.
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8547
p. 1763
EPIGRAMME.
Début :
L'Amour, pour se loger chez l'aimable Uranie, [...]
Mots clefs :
Tabac, Uranie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAM ME.
'Amour , pour se loger chez l'aimable Uranic
·
Ayant fait mille fois d'inutiles efforts ,
Dans du Tabac de Virginie ,
Enveloppa son petit corps.
Bien-tôt à travers une rappe ,
En poudre menuë il s'échappes
Prête à le respirer délicieusement ,
Uranié à son nez le porte avidement ,
L'amour sourit. N'étoit son attente remplie ;
Hélas ! il le croit vainement
Uranie aime à la folie ;
Mais c'est le Tabac seulement.
'Amour , pour se loger chez l'aimable Uranic
·
Ayant fait mille fois d'inutiles efforts ,
Dans du Tabac de Virginie ,
Enveloppa son petit corps.
Bien-tôt à travers une rappe ,
En poudre menuë il s'échappes
Prête à le respirer délicieusement ,
Uranié à son nez le porte avidement ,
L'amour sourit. N'étoit son attente remplie ;
Hélas ! il le croit vainement
Uranie aime à la folie ;
Mais c'est le Tabac seulement.
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8548
p. 67
ÉNIGMES.
Début :
Sujets de peine ou de plaisir, [...]
Mots clefs :
Mines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGMES.
ENIG ME S.
SUJETS
UJETS de peine ou de plaifir ,
On peut nous voir fous plufieurs faces ;
Lecteur , c'eſt à toi de choifir.
Les fats nous prennent pour des graces ;
Les Rois nous mettent dans les places :
Les bouffons , pour fe divertir ,
De nous font un fréquent uſage ;
Et , par un bifarre aſſemblage ,
Nous procurons ( le plaifant fort ! )
Le mépris , le rire , ou la mort.
Par un Officier de la garnifon de Cambray
SUJETS
UJETS de peine ou de plaifir ,
On peut nous voir fous plufieurs faces ;
Lecteur , c'eſt à toi de choifir.
Les fats nous prennent pour des graces ;
Les Rois nous mettent dans les places :
Les bouffons , pour fe divertir ,
De nous font un fréquent uſage ;
Et , par un bifarre aſſemblage ,
Nous procurons ( le plaifant fort ! )
Le mépris , le rire , ou la mort.
Par un Officier de la garnifon de Cambray
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8549
p. 304
ENVOY. Par Madame Rigodon.
Début :
La femme du premier homme du monde, avoit à sa [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY. Par Madame Rigodon.
ENVOI.
Par Madame Rigodon.
La femmedu premier
homme du monde, avoir
.à sa collation de beaux
raisins quirenfermaient
beaucoup de pepins: elle
abien délivrédes prisonniers, en mordant à la
grape
Par Madame Rigodon.
La femmedu premier
homme du monde, avoir
.à sa collation de beaux
raisins quirenfermaient
beaucoup de pepins: elle
abien délivrédes prisonniers, en mordant à la
grape
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8550
p. 285
MADRGAL. A Madlle P.
Début :
Falloit il, Belle Iris, ajouter la parure, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRGAL. A Madlle P.
MADRIGAL.
pAUoit il , Belle Iris , ajourer la parure,.
Aux attrait» que fur vous répandit la Nature ?>
N'étiez - vous pas déja trop aimable à ruesyeux
?
Mais en vain I'art vous prête encor de nou«f
veaux charmes ,
Malgré ces foins industrieux,
É'est à vos seuls appas que mon coeur rend lesarmes.-
pAUoit il , Belle Iris , ajourer la parure,.
Aux attrait» que fur vous répandit la Nature ?>
N'étiez - vous pas déja trop aimable à ruesyeux
?
Mais en vain I'art vous prête encor de nou«f
veaux charmes ,
Malgré ces foins industrieux,
É'est à vos seuls appas que mon coeur rend lesarmes.-
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