Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
8452
p. 304-305
ENIGME.
Début :
Je suis preste toûjours pour un champ de bataille, [...]
Mots clefs :
Toile d'attente
8455
p. 286-287
RESPONSES. Par le Philosophe marié.
Début :
Ne seroit-ce point par Amour propre qu'on aime [...]
Mots clefs :
Maison, Femme, Amour propre
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSES. Par le Philosophe marié.
RESPONSES,
Par le Philosophe marié.
Ne seroit-ce point
par Amourpropre qu'on aime
mieux sa Maison que
sa Femme. On aordinairement
fait ou choisi sa
Maison. On nous loüe en
loüant la magnificence, la
propreté, le goust de nostre
Maison. Elle est donc
uneoccasion aux autres de
flaternostrevanité ou nostregoust.
Nous l'aimons
pour cela. Ma Femme au
contraire donne souvent
aux autres de me blasmer
ou de me nlépriCer, &
pour cela je ne l'aime
point. Ce mesme Amour
propreest toujours plusflatté
par la femme d'autruy
que par la nostre, car une
femme donne moins de
louanges à son Mary qu'à
celuy de savoisine.
Par le Philosophe marié.
Ne seroit-ce point
par Amourpropre qu'on aime
mieux sa Maison que
sa Femme. On aordinairement
fait ou choisi sa
Maison. On nous loüe en
loüant la magnificence, la
propreté, le goust de nostre
Maison. Elle est donc
uneoccasion aux autres de
flaternostrevanité ou nostregoust.
Nous l'aimons
pour cela. Ma Femme au
contraire donne souvent
aux autres de me blasmer
ou de me nlépriCer, &
pour cela je ne l'aime
point. Ce mesme Amour
propreest toujours plusflatté
par la femme d'autruy
que par la nostre, car une
femme donne moins de
louanges à son Mary qu'à
celuy de savoisine.
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Résumé : RESPONSES. Par le Philosophe marié.
Le texte 'RESPONSES' compare l'amour pour sa maison et l'amour pour sa femme. L'amour pour la maison est motivé par l'amour-propre, car elle est choisie ou construite par soi-même. La magnificence et la propreté de la maison flattent la vanité du propriétaire. En revanche, la femme peut donner des raisons de blâmer son mari, réduisant ainsi l'affection qu'il lui porte. L'amour-propre est davantage flatté par la femme d'autrui.
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8456
p. 301-302
« La curiosité qui mene le Lecteur à l'article des morts [...] »
Début :
La curiosité qui mene le Lecteur à l'article des morts [...]
Mots clefs :
Généalogiste, Donneau de Visé
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texteReconnaissance textuelle : « La curiosité qui mene le Lecteur à l'article des morts [...] »
La curioſité qui mene le
Lecteur à l'article des morts
eft bientoft fatisfaite. M Devizé
avoit le talent d'animer
ce Chapitre par un grand
nombre d'oraiſons funebres .
Il diſoit ordinairement les
plus belles choſes du monde
pour confoler , ou pour dedommager
ceux qui reſtoient
de la perte de ceux qui n'étoient
plus . Pour moy je n'ay
pas ce don : D'ailleurs le ſage
Epicure deffend les Panegyrisques
à fon Philofophe : sinfi
de la maniere dont je parle
302 MERCURE
des morts , je ne doute point ,
quelque bon & loyal que foit
mon Genealogiſte, que ceChapitre
n'ennuye. Celuy qui le
ſuit eſt d'une eſpece biendifferente.
C'eſt le Chapitre favori
de ce Livre ; c'eſt en un
mot celuy où la Cour , la Ville
&la Province jettent pluſtoſt
les yeux.
Lecteur à l'article des morts
eft bientoft fatisfaite. M Devizé
avoit le talent d'animer
ce Chapitre par un grand
nombre d'oraiſons funebres .
Il diſoit ordinairement les
plus belles choſes du monde
pour confoler , ou pour dedommager
ceux qui reſtoient
de la perte de ceux qui n'étoient
plus . Pour moy je n'ay
pas ce don : D'ailleurs le ſage
Epicure deffend les Panegyrisques
à fon Philofophe : sinfi
de la maniere dont je parle
302 MERCURE
des morts , je ne doute point ,
quelque bon & loyal que foit
mon Genealogiſte, que ceChapitre
n'ennuye. Celuy qui le
ſuit eſt d'une eſpece biendifferente.
C'eſt le Chapitre favori
de ce Livre ; c'eſt en un
mot celuy où la Cour , la Ville
&la Province jettent pluſtoſt
les yeux.
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Résumé : « La curiosité qui mene le Lecteur à l'article des morts [...] »
L'auteur évoque la difficulté de rédiger des oraisons funèbres, reconnaissant l'excellence de M. Devizé dans cet art. Il exprime ses doutes sur la qualité de son propre chapitre dédié aux morts, tout en annonçant un chapitre suivant plus attrayant et populaire, apprécié par la cour, la ville et la province.
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8457
p. [305]-306
Au camp d'Haspres ce 19. Octobre 1712. Copie d'une Lettre de M. N. au Comte de Lyonne, premier Ecuyer.
Début :
Le General Grovvestin, Gouverneur de Bouchain, a arboré le drapeau [...]
Mots clefs :
Bouchain, Maréchal de Villars
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texteReconnaissance textuelle : Au camp d'Haspres ce 19. Octobre 1712. Copie d'une Lettre de M. N. au Comte de Lyonne, premier Ecuyer.
Au camp d'Hafpres ce 19.
Octobre 1712.
$
Copie d'une Lettre de M.N.
au Comte de Lyonne,
premier Ecuyer, alta
O LI & TO
Le General Grovveftin ,
Gouverneur de Bouchain ,
a arboré le drapeau blanc
à onze heures du matin ,
aprés dix jours de tranchée.
Cc Octobre
1712.
306 MERCURE.
M: le Maréchal de Villars,
na voulu le recevoir qu'à
diſcretion , ni lui promettre
aucunegrace qu'aprés avoir
livré les portes; après quoy
ila bien voulu ne point fairedépouiller les foldars , &
accorder les équipages aux
Officiers. Il les fait conduire à Rheims : ainfi ce
même General qui a fait
peur à la Champagne , y
feraconduit prifonnier avec
fa garniſon
Octobre 1712.
$
Copie d'une Lettre de M.N.
au Comte de Lyonne,
premier Ecuyer, alta
O LI & TO
Le General Grovveftin ,
Gouverneur de Bouchain ,
a arboré le drapeau blanc
à onze heures du matin ,
aprés dix jours de tranchée.
Cc Octobre
1712.
306 MERCURE.
M: le Maréchal de Villars,
na voulu le recevoir qu'à
diſcretion , ni lui promettre
aucunegrace qu'aprés avoir
livré les portes; après quoy
ila bien voulu ne point fairedépouiller les foldars , &
accorder les équipages aux
Officiers. Il les fait conduire à Rheims : ainfi ce
même General qui a fait
peur à la Champagne , y
feraconduit prifonnier avec
fa garniſon
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Résumé : Au camp d'Haspres ce 19. Octobre 1712. Copie d'une Lettre de M. N. au Comte de Lyonne, premier Ecuyer.
Le 19 octobre 1712, le général Grovestin, gouverneur de Bouchain, hissa le drapeau blanc après dix jours de siège. Le maréchal de Villars exigea la livraison des portes de la ville avant toute négociation. Les soldats purent conserver leurs effets personnels et les officiers leurs équipages. Grovestin et sa garnison furent conduits à Reims.
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8458
p. 303-304
ENIGME.
Début :
De me servir sur table on se fait une loy, [...]
Mots clefs :
Peloton de la toilette des dames
8459
p. 301-303
Compliment de l'Auteur à sa Dame. [titre d'après la table]
Début :
L'honneur de vous écrire m'est si cher, Madame, & le [...]
Mots clefs :
Madame, Mélancolie, Lutins
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texteReconnaissance textuelle : Compliment de l'Auteur à sa Dame. [titre d'après la table]
L'honneur de vous écrire
m'eſt ſicher , Madame ,& le
plaifirdevous entretenir m'occupe
ſi agréablement , que je
continuërois à le faire juſqu'à
demain , ſi je ne craignois pas
certains accés de melancolic
où je tombe au moins une fois
le mois ,&je ſens , quelque effort
que je faffe , pour diſſiper
cette humeur noire , que c'eſt
aujourd'hui mon jour. L'inutilité
de mes travaux ſe repreſente
à mon imagination ſous
une figure qui me chagrine ,
les remords capricieux de
mon eſprit viennent en foule
302 MERCURE
me reprocher l'innocence de
mon éducation. Avec vos infi
pides vers & voſtre proſe mediocre
tout au plus , me diſent
ces Lutins,que prétendez vous
faire ? au lieu de chiffres comme
les autres ! * Les chofes magnifiques
&flatenses que diſent
les Auteurs, de tous ceux qui leur
peuvent faire du bien , leur font
preſque toûjours inutiles .
Leur merite est toujours connus
Mais les grands Seigneurs font
étranges, :
Et quiſubſiſte de loüanges , ...
Vit avec peu de revenu.
*
Le Louis d'or à Mademoiselle de Soudery:
GALANT. 303
Cela eſt peut ettre vrai, mais
ce n'eſt pas ma faute.Auteſte,
Madame , fi je ne vous tiens
pas aujourd'hui entierement
parole fur tous les points de
ma dedicace , c'eſt pour ne pas
tout dire en unjour. Dans trois
mois nous reprendrons la converſation
& nous la continuërons
fur le ton qu'il vous plaira.
Je ſuis , en attendant , tresrefpectueuſements
MADAME ,
Voſtre tres - humble & tresobeïſfant
ferviteur le Chevalier
de , &c.
m'eſt ſicher , Madame ,& le
plaifirdevous entretenir m'occupe
ſi agréablement , que je
continuërois à le faire juſqu'à
demain , ſi je ne craignois pas
certains accés de melancolic
où je tombe au moins une fois
le mois ,&je ſens , quelque effort
que je faffe , pour diſſiper
cette humeur noire , que c'eſt
aujourd'hui mon jour. L'inutilité
de mes travaux ſe repreſente
à mon imagination ſous
une figure qui me chagrine ,
les remords capricieux de
mon eſprit viennent en foule
302 MERCURE
me reprocher l'innocence de
mon éducation. Avec vos infi
pides vers & voſtre proſe mediocre
tout au plus , me diſent
ces Lutins,que prétendez vous
faire ? au lieu de chiffres comme
les autres ! * Les chofes magnifiques
&flatenses que diſent
les Auteurs, de tous ceux qui leur
peuvent faire du bien , leur font
preſque toûjours inutiles .
Leur merite est toujours connus
Mais les grands Seigneurs font
étranges, :
Et quiſubſiſte de loüanges , ...
Vit avec peu de revenu.
*
Le Louis d'or à Mademoiselle de Soudery:
GALANT. 303
Cela eſt peut ettre vrai, mais
ce n'eſt pas ma faute.Auteſte,
Madame , fi je ne vous tiens
pas aujourd'hui entierement
parole fur tous les points de
ma dedicace , c'eſt pour ne pas
tout dire en unjour. Dans trois
mois nous reprendrons la converſation
& nous la continuërons
fur le ton qu'il vous plaira.
Je ſuis , en attendant , tresrefpectueuſements
MADAME ,
Voſtre tres - humble & tresobeïſfant
ferviteur le Chevalier
de , &c.
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Résumé : Compliment de l'Auteur à sa Dame. [titre d'après la table]
Dans cette lettre, l'auteur exprime son plaisir d'écrire à une dame et de communiquer avec elle. Il mentionne ressentir des accès de mélancolie mensuels, le poussant à réfléchir sur l'inutilité de ses travaux et à s'autocritiquer sur son éducation et ses capacités littéraires. Il évoque des critiques internes qui le comparent défavorablement à d'autres auteurs. La lettre aborde également la reconnaissance des mérites des écrivains et les difficultés économiques qu'ils rencontrent, même lorsqu'ils sont appréciés par leurs pairs. L'auteur s'excuse de ne pas pouvoir tenir sa promesse de dédicace en un seul jour et propose de reprendre la conversation dans trois mois. La lettre se conclut par une formule de respect et de dévouement, signée par le Chevalier de.
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8461
p. 297-299
Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Mr le Marquis de la Pierre fut presenté au Roy [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur de Savoie, Gentilhomme, Diligence, Amitié
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texteReconnaissance textuelle : Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Le 12. M
le Marquis de la Pierre fut
preſenté au Roy par M¹ le
Marquis de Ferreiro Ambaf.-
fadeur de Savoye . Je vous ay
déja parlé de luy dans quelqu'une
de mes Lettres . Il eſt
Gentilhomme de la Chambre
de Son A. R. de Savoye,
298 MERCURE
Maréchal de Camp dans fes
Armées , & Colonel du Regiment
de Piémont. Il a fait
beaucoup de diligence , afin
d'annoncer le premier au
Roy & à Monfieur, l'heureux
Accouchement , qui faiſoit
le fujet de fon voyage. C'eſt
le mefme qui a eu l'honneur
dans les dernieres guerres ,
de
commander les quatre
Regimens d'Infanterie que
Monfieur le Duc de Savoye
avoit en France , & que le
Roy fit Brigadier. Il a fait
plufieurs Campagnes en cette
qualité , & la maniere dont
GALANT. 299
il a fervy , luy a acquis l'efti
me du Roy, & l'amitié de tous
les Officiers.
le Marquis de la Pierre fut
preſenté au Roy par M¹ le
Marquis de Ferreiro Ambaf.-
fadeur de Savoye . Je vous ay
déja parlé de luy dans quelqu'une
de mes Lettres . Il eſt
Gentilhomme de la Chambre
de Son A. R. de Savoye,
298 MERCURE
Maréchal de Camp dans fes
Armées , & Colonel du Regiment
de Piémont. Il a fait
beaucoup de diligence , afin
d'annoncer le premier au
Roy & à Monfieur, l'heureux
Accouchement , qui faiſoit
le fujet de fon voyage. C'eſt
le mefme qui a eu l'honneur
dans les dernieres guerres ,
de
commander les quatre
Regimens d'Infanterie que
Monfieur le Duc de Savoye
avoit en France , & que le
Roy fit Brigadier. Il a fait
plufieurs Campagnes en cette
qualité , & la maniere dont
GALANT. 299
il a fervy , luy a acquis l'efti
me du Roy, & l'amitié de tous
les Officiers.
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Résumé : Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Le 12 mars, le Marquis de la Pierre, gentilhomme de la Chambre du roi de Savoie, Maréchal de camp et colonel du régiment de Piémont, fut présenté au roi par le Marquis de Ferreiro. Il annonça un heureux accouchement. Durant les dernières guerres, il commanda quatre régiments d'infanterie en France et fut nommé brigadier par le roi, participant à plusieurs campagnes et gagnant son estime ainsi que l'amitié des officiers.
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8462
p. 297-299
« On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
Début :
On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Abjuration, Hérésie, Miracle, Incendie, Bénédiction, Ravages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
On a eu avis que plufieurs
Perfonnes de la Religion Pré298
MERCURE
ན
M
tendue Réformée , ont abjuré
l'Herefie , pour avoir efté témoins
d'un Miracle arrivé au
Château de Soyons en Dauphiné
, appartenant à M ' le
Marquis de Montauban,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy. C'eſt une tresbelle
Maiſon , qui eft fituée
fur une hauteur. Les Cifter.
nes en étoient taries , & le
Village eft affez loin du Châ
teau. Le feu ayant pris à deux
Chambres pleines de Meu
bles , & le fecours manquant
pour l'éteindre , le Curé du
lieu apporta le S. Sacrement.
GALANT. 299
1 Lors qu'il fut à l'entrée du
premier Pont-levis , le vent
qui étoit tres -furieux , ceffa
tout d'un coup. Il entra dans
le Château , & à peine eut- il
donné la Benediction , que le
feu qu'on voyoit de toutes
parts , demeura fans force , &
ne fit plus de ravage. Les
Procez Verbaux
dreffez par l'ordre de M. l'E
vefque de Valence , juftifient
la verité de ce que je vous
écris.
Perfonnes de la Religion Pré298
MERCURE
ན
M
tendue Réformée , ont abjuré
l'Herefie , pour avoir efté témoins
d'un Miracle arrivé au
Château de Soyons en Dauphiné
, appartenant à M ' le
Marquis de Montauban,
Lieutenant General des Ar
mées du Roy. C'eſt une tresbelle
Maiſon , qui eft fituée
fur une hauteur. Les Cifter.
nes en étoient taries , & le
Village eft affez loin du Châ
teau. Le feu ayant pris à deux
Chambres pleines de Meu
bles , & le fecours manquant
pour l'éteindre , le Curé du
lieu apporta le S. Sacrement.
GALANT. 299
1 Lors qu'il fut à l'entrée du
premier Pont-levis , le vent
qui étoit tres -furieux , ceffa
tout d'un coup. Il entra dans
le Château , & à peine eut- il
donné la Benediction , que le
feu qu'on voyoit de toutes
parts , demeura fans force , &
ne fit plus de ravage. Les
Procez Verbaux
dreffez par l'ordre de M. l'E
vefque de Valence , juftifient
la verité de ce que je vous
écris.
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Résumé : « On a eu avis que plusieurs Personnes de la Religion Prétenduë [...] »
À Soyons en Dauphiné, des protestants ont abjuré après un miracle au Château de Montauban. Un incendie y éclata, mais s'éteignit à l'arrivée du curé avec le Saint Sacrement. L'évêque de Valence confirma cet événement.
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8463
p. 301-303
Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Début :
M. du Four, Professeur en Rhétorique au College d'Harcourt, fit [...]
Mots clefs :
Professeur, Rhétorique, Collège d'Harcourt, Thèses, Gentilhomme, Tragédie, Géographie, Écriture, Nonce
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texteReconnaissance textuelle : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
M. du Four, Profeffeur en
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
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Résumé : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Le 20 mars, M. du Four a supervisé la soutenance de thèses au Collège d'Harcourt. Le principal candidat, M. Ricard, 14 ans, a répondu à des questions sur la rhétorique, la tragédie, le blason, la géographie, l'histoire et la chronologie biblique. Il a impressionné l'assemblée par sa maîtrise et sa clarté. L'assemblée, incluant plusieurs prélats, a reconnu la solidité de ses connaissances.
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8464
p. 303-305
AUTRE ENIGME.
Début :
Chaque chose a son temps, aujourd'huy j'ay le mien, [...]
Mots clefs :
Drap rayé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
1
Ca
Haque chofe a fon temps , aujourd
hayjay le mien,
Quoy que je ne fois pas plus qu'un
autre
commode
, C
Sans moy l'on ne peut eftre bien,
A l'envy Pon fuit ma metode.
L'ay commencé deparoiftre à la Cour,
Auffifuis-je un Enfant de France,
Etje dois mon eftre & le jour
Au Roy qui fait le plus redouterfa
puiffance.
Sur luy j'exerce mon employ ,
Et la Garde qui l'environne ,
N'approche pas fiprés que moy
Defon Augufte & Royalepersonne.
Comme il eftde fon Peuple autant
Pere que Roy
J
Il veut qu'à tous je fois utile,
Et je viens faire dans la ville
304 MERCURE
Comme à la Cour ce queje dop.
On me voit dans ces lieux de plus
d'une maniere ,
Et dans le temps que le Roy dey
Saifons
Brille avec moins d'éclat , répand
moins de Lumiere
C'est alors que je fais paroistre mes
rayons.
L'or & l'argent joints à mon luftre
En relevent beaucoup l'éclat,
Et je fuis l'ornement d'unfat
Comme celuy d'un homme illuftre.
l'ay pour charmes la nouveauté
Etj'ay touché le coeur de plus d'une
beauté;
utilité.
De chacun je touche l'envie,
Et je fuis auffi dans la vie
D'une tres-grande utili
Ad nirez des gens l'injustice ,
Quay quejefoispaifible & dons,
GALANT 305
on me perce de mille coups
Quand je dois rendre un bon
Service ,
On me fait piş encor on me taille en
morceaux
Et l'on me laiffe- là quand je fuis par
lambeaux
1
Ca
Haque chofe a fon temps , aujourd
hayjay le mien,
Quoy que je ne fois pas plus qu'un
autre
commode
, C
Sans moy l'on ne peut eftre bien,
A l'envy Pon fuit ma metode.
L'ay commencé deparoiftre à la Cour,
Auffifuis-je un Enfant de France,
Etje dois mon eftre & le jour
Au Roy qui fait le plus redouterfa
puiffance.
Sur luy j'exerce mon employ ,
Et la Garde qui l'environne ,
N'approche pas fiprés que moy
Defon Augufte & Royalepersonne.
Comme il eftde fon Peuple autant
Pere que Roy
J
Il veut qu'à tous je fois utile,
Et je viens faire dans la ville
304 MERCURE
Comme à la Cour ce queje dop.
On me voit dans ces lieux de plus
d'une maniere ,
Et dans le temps que le Roy dey
Saifons
Brille avec moins d'éclat , répand
moins de Lumiere
C'est alors que je fais paroistre mes
rayons.
L'or & l'argent joints à mon luftre
En relevent beaucoup l'éclat,
Et je fuis l'ornement d'unfat
Comme celuy d'un homme illuftre.
l'ay pour charmes la nouveauté
Etj'ay touché le coeur de plus d'une
beauté;
utilité.
De chacun je touche l'envie,
Et je fuis auffi dans la vie
D'une tres-grande utili
Ad nirez des gens l'injustice ,
Quay quejefoispaifible & dons,
GALANT 305
on me perce de mille coups
Quand je dois rendre un bon
Service ,
On me fait piş encor on me taille en
morceaux
Et l'on me laiffe- là quand je fuis par
lambeaux
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8465
s. p.
AVANT-PROPOS.
Début :
Le Lecteur doit être un peu surpris de trouver des [...]
Mots clefs :
Caractères, Impression, Lecteurs, Journaux, Recueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANT-PROPOS.
AVANT - PROPOS .
E Lecteur doit être un peufur
pris de trouver des caractères fi
differents de ceux , dont on s'étoit
fervi jufqu'à préfent , pour imprimer
le Mercure. J'espere cependant de
fon indulgence , qu'il entrera aves
bonté , dans les raisons qui m'ont
déterminé à ce changement . Je dois
donc dire pour ma juſtification envers
le Public , que c'est le cri public même
qui m'y a engagé. Auffitôt que mon
premier Recueil parut , je reçû des
Avis de toutes parts , tant de Paris,
que des Provinces ; que l'on s'étoit
attendu que je diminuerois le prix
de ce Livre , en le réduisant à la
moitié que pour cela , je ne devois
pas être plus délicat que les Auteurs
des Journaux de Trevoux , de Hollande
, &c. qui , pour donner un cours
plus aife à leur Ouvrage , avoient
choifis la forme des caracteres , dont
A ij
AVANT- PROPOS.
jufe aujourd' buy. Que perfonne ne
s'en plaignoit ; Que d'ailleurs d'étoit
trop préfumer du mérite de mon
travail , que d'exiger le double du
prix d'un Livre qui ne contenoit pas
plus de matieres que ces fortes d'Ouvrages.
Favoue que ces raisons
m'ont parû fi fenfées , qu'elles m'ont
abfolument emporté ; puifque necesfairement
il doit en résulter plufieurs
avantages. Le premier , la médiocrité
du prix , qui eftant à quinzefols , fera
un puiffant attrait pour l'acheter.
Le fecond eft , que les débitant brochés
, on pourra à la fin de chaque
année , les faire relier en quatre volumes
, qui feront très portatifs. Le
troisième , qu'il paſſera plus aisément
dans les Provinces , & dans les Païs
Etrangers , à cause que le port enfera
moins confiderable , & c. Que l'on ne
croye pas cependant , qu'ils contiendront
moins de matieres que les
precedens au contraire , ils feront
beaucoup plus remplis , & par là , il
ichapera fort peu de Pièces volantes
qui n'y trouvent leur place. Enfin ,
je tacherai de former un Recueil qui
AVANT-PROPOS.
puiffe tenir lieu de quantité d'autres
Ouvrages périodiques , dont le Public
eft furchargé depuis quelque temps ;
eeft là l'inftitution du Mercure ;
les autres ouvrages de cette espéce
n'ayant pas le droit d'embraßer la
varieté des matieres qui fingularifeno
celui- ci. Je declare néantmoins que je
m'abstiendrai d'entrer dans le Secret
du Cabinet des Princes.
Je renvois les eurieux de Reflexions
Politiques au Journal Historique de
Verdun ; il en a trouvé la clef, ainfi
cette partie lui eft reſervée , je la lui
abandonne fans rancune .
E Lecteur doit être un peufur
pris de trouver des caractères fi
differents de ceux , dont on s'étoit
fervi jufqu'à préfent , pour imprimer
le Mercure. J'espere cependant de
fon indulgence , qu'il entrera aves
bonté , dans les raisons qui m'ont
déterminé à ce changement . Je dois
donc dire pour ma juſtification envers
le Public , que c'est le cri public même
qui m'y a engagé. Auffitôt que mon
premier Recueil parut , je reçû des
Avis de toutes parts , tant de Paris,
que des Provinces ; que l'on s'étoit
attendu que je diminuerois le prix
de ce Livre , en le réduisant à la
moitié que pour cela , je ne devois
pas être plus délicat que les Auteurs
des Journaux de Trevoux , de Hollande
, &c. qui , pour donner un cours
plus aife à leur Ouvrage , avoient
choifis la forme des caracteres , dont
A ij
AVANT- PROPOS.
jufe aujourd' buy. Que perfonne ne
s'en plaignoit ; Que d'ailleurs d'étoit
trop préfumer du mérite de mon
travail , que d'exiger le double du
prix d'un Livre qui ne contenoit pas
plus de matieres que ces fortes d'Ouvrages.
Favoue que ces raisons
m'ont parû fi fenfées , qu'elles m'ont
abfolument emporté ; puifque necesfairement
il doit en résulter plufieurs
avantages. Le premier , la médiocrité
du prix , qui eftant à quinzefols , fera
un puiffant attrait pour l'acheter.
Le fecond eft , que les débitant brochés
, on pourra à la fin de chaque
année , les faire relier en quatre volumes
, qui feront très portatifs. Le
troisième , qu'il paſſera plus aisément
dans les Provinces , & dans les Païs
Etrangers , à cause que le port enfera
moins confiderable , & c. Que l'on ne
croye pas cependant , qu'ils contiendront
moins de matieres que les
precedens au contraire , ils feront
beaucoup plus remplis , & par là , il
ichapera fort peu de Pièces volantes
qui n'y trouvent leur place. Enfin ,
je tacherai de former un Recueil qui
AVANT-PROPOS.
puiffe tenir lieu de quantité d'autres
Ouvrages périodiques , dont le Public
eft furchargé depuis quelque temps ;
eeft là l'inftitution du Mercure ;
les autres ouvrages de cette espéce
n'ayant pas le droit d'embraßer la
varieté des matieres qui fingularifeno
celui- ci. Je declare néantmoins que je
m'abstiendrai d'entrer dans le Secret
du Cabinet des Princes.
Je renvois les eurieux de Reflexions
Politiques au Journal Historique de
Verdun ; il en a trouvé la clef, ainfi
cette partie lui eft reſervée , je la lui
abandonne fans rancune .
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Résumé : AVANT-PROPOS.
L'avant-propos annonce un changement dans la présentation du 'Mercure' suite à des critiques après la publication du premier recueil. Les lecteurs espéraient un prix réduit. Des journaux comme ceux de Trévoux et de Hollande ont modifié leurs caractères pour améliorer l'accessibilité. Les principales raisons du changement sont : réduire le prix à quinze sols pour attirer plus d'acheteurs, permettre aux débiteurs de relier les volumes annuellement, faciliter la distribution dans les provinces et à l'étranger, et augmenter la quantité de contenu sans ajouter de pièces volantes. L'objectif est de créer un recueil complet remplaçant plusieurs ouvrages périodiques. L'auteur évitera les secrets des cabinets des princes et renverra les amateurs de réflexions politiques au Journal Historique de Verdun.
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8466
s. p.
TABLE.
Début :
Réponse à la premiere question du Mercure dernier. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Réponse à la premiere queftion a
du Mercure dernier.
Contre le Silence.
Contre le Babllard.
Nouvel Avis.
9
Adreffe de
dermans
remerciment des Al.
du Commun
Confeil de la Ville de Londres,
la Reine de la Gran de
Bretagne.
.97STIMML1
SONY 18
Réponse
23 de
Sale
Duc
d'Au- Majefte
Ode a M.
mont,
TABLE.
Du Camp de Noyelle de 7:
Fuiller 435
Nouvelles de Londres , adreße
de la Chambre des Communes àlala Reine. 499
Réponse de la Reine , àl'AdréſRéponse de la Reine , àl'Adref
・Se cy- deffus.
fe des Seigneurs.
52:
SB
Le Diable mafqué nouvelle
de Venife .
Morts
Difcours preliminaires ,fur
$4
65.
la
Sur l'Amour..
73
Lumiere.
12 b shrou
Madrigal ,fur un Ruban d'or
d'épée, donné à l'Auteur de ces
TABLE
Versoana chamar 1 100*
Lafranchife Picarde , traduite
d'un manufcrit en vieux
françois.
Nouvelles des Cantons Swif
εfesNouvelles de Flandres. 120
Nouvelles de Hollandre. 128
Nouvelles de Londres. 132
Nouvelles d'Espagne) h 139
LaRune à Madamela Marquiſe deMom al ob ruh 459
Livre mouveau, extrait d'une
réponse de M D.... à la
11xtrait
d
Lettre d'un defes amis , au³
Sujet du Livre intitulé
Tableau demaladies, traduir
TABLE.
de Lomnius , avec des ReVidoman go
217 JAWAINT221
Mortsmouth all 233-
marges."
Enigme.
Relation.
Harangue.
& passé.be
237
Parodie de l'Enigne du mois
242
Nouvelles de Londres bough 244
Lifte des Officiers faits priſonniers àa Denain.
Relation de la prise de MarON chienne,
Réponse à la premiere queftion a
du Mercure dernier.
Contre le Silence.
Contre le Babllard.
Nouvel Avis.
9
Adreffe de
dermans
remerciment des Al.
du Commun
Confeil de la Ville de Londres,
la Reine de la Gran de
Bretagne.
.97STIMML1
SONY 18
Réponse
23 de
Sale
Duc
d'Au- Majefte
Ode a M.
mont,
TABLE.
Du Camp de Noyelle de 7:
Fuiller 435
Nouvelles de Londres , adreße
de la Chambre des Communes àlala Reine. 499
Réponse de la Reine , àl'AdréſRéponse de la Reine , àl'Adref
・Se cy- deffus.
fe des Seigneurs.
52:
SB
Le Diable mafqué nouvelle
de Venife .
Morts
Difcours preliminaires ,fur
$4
65.
la
Sur l'Amour..
73
Lumiere.
12 b shrou
Madrigal ,fur un Ruban d'or
d'épée, donné à l'Auteur de ces
TABLE
Versoana chamar 1 100*
Lafranchife Picarde , traduite
d'un manufcrit en vieux
françois.
Nouvelles des Cantons Swif
εfesNouvelles de Flandres. 120
Nouvelles de Hollandre. 128
Nouvelles de Londres. 132
Nouvelles d'Espagne) h 139
LaRune à Madamela Marquiſe deMom al ob ruh 459
Livre mouveau, extrait d'une
réponse de M D.... à la
11xtrait
d
Lettre d'un defes amis , au³
Sujet du Livre intitulé
Tableau demaladies, traduir
TABLE.
de Lomnius , avec des ReVidoman go
217 JAWAINT221
Mortsmouth all 233-
marges."
Enigme.
Relation.
Harangue.
& passé.be
237
Parodie de l'Enigne du mois
242
Nouvelles de Londres bough 244
Lifte des Officiers faits priſonniers àa Denain.
Relation de la prise de MarON chienne,
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'une publication contenant divers articles et correspondances. Il inclut des échanges entre des autorités politiques telles que le Conseil de la Ville de Londres et la Reine de Grande-Bretagne. Les nouvelles proviennent de diverses régions, notamment Londres, les Cantons Suisses, la Flandre, la Hollande et l'Espagne. Le texte mentionne également des œuvres littéraires et des traductions, comme 'La Franchise Picarde' et un extrait d'une réponse de M. D. concernant un livre intitulé 'Tableau des maladies' traduit de Lomnius. Parmi les autres contenus, on trouve des poèmes, des discours, des harangues et des relations de faits historiques ou militaires, tels que la liste des officiers faits prisonniers à Denain et la relation de la prise de Marchiennes.
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8467
p. 60-63
Extrait d'une Lettre du même Camp, du 16.
Début :
Nous occupons toûjours nos mêmes postes, & les Ennemis [...]
Mots clefs :
Ennemis, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du même Camp, du 16.
Extrait d'une Lettre dumê."
me Camp,du16s
-
-
,';
Nous occuponstoujours nos
mêmes passes
> & les Ennemi-s
les leurs,qu'ilssoufrent beaucoup
par le mauvais tempsqu'ilfait
depuisplusieurs jours, (7 par *
le manque de fourage,nous ne
soufrons gueres moins qu'eux.
Monsieur de Vendosme
, a ffpendant
fait mettre la plus
grande partiede laCavalerie
Acouvert dans les lieux les plus
proches du Camp. On travaille
à reparer leschemins pour conduire
l'artillerie devant Cardonne
&So/fone) qui doivent
estreattaquez par les Troupes
qau~i oon~tf~a<i~t lesS~iefg~es de Ve'--
nasque&de Castel-Léon. Les
Deserteursqui continuent de
venir en grand nombre, apu-*
rent que les Ennemissont obli.
Lez d'allerfourager jusqu'a
douze & tresse heuës de leur
Camp : nous n'allonspas encore
si loin à beaucoup près. Deux
cens soixante (7 dix chevaux
des Ennemis,de Troupes réglées
ou volontaires, nous ayantenlevé
un Convoy de deux mille
Mulets
,
de cinquante sept
grands Chariots, desix-vingt
Charettes
y
que l'on conduifoit.
de l'Armée a Lerida, Monfleur
de Funbnena,,Colonelqui
etoitàBalaguerenayanteu
avois
, en sortit avec cent soixante
chevaux, (7 ayantjoint
les Ennemis au de-là de Termens
,illes défit entièrement;
quatre- vingt furent tuez&
les autres faits prisonniers
,
ftdrmy lesquelsily avoir un
Colonel, (7 troisLieutenants
Colonels qui furent tous conduits
à Balaguer,où le Colo
nel est mort deses Maures ;
c:7 le Convoy a été reconduit
à Lerida. Cette action n'a
cousté qu'unLieutenant,
dix Cavaliers tuezou h.erf'Z'
&une légère blessure à Mfde
Funbuena.
me Camp,du16s
-
-
,';
Nous occuponstoujours nos
mêmes passes
> & les Ennemi-s
les leurs,qu'ilssoufrent beaucoup
par le mauvais tempsqu'ilfait
depuisplusieurs jours, (7 par *
le manque de fourage,nous ne
soufrons gueres moins qu'eux.
Monsieur de Vendosme
, a ffpendant
fait mettre la plus
grande partiede laCavalerie
Acouvert dans les lieux les plus
proches du Camp. On travaille
à reparer leschemins pour conduire
l'artillerie devant Cardonne
&So/fone) qui doivent
estreattaquez par les Troupes
qau~i oon~tf~a<i~t lesS~iefg~es de Ve'--
nasque&de Castel-Léon. Les
Deserteursqui continuent de
venir en grand nombre, apu-*
rent que les Ennemissont obli.
Lez d'allerfourager jusqu'a
douze & tresse heuës de leur
Camp : nous n'allonspas encore
si loin à beaucoup près. Deux
cens soixante (7 dix chevaux
des Ennemis,de Troupes réglées
ou volontaires, nous ayantenlevé
un Convoy de deux mille
Mulets
,
de cinquante sept
grands Chariots, desix-vingt
Charettes
y
que l'on conduifoit.
de l'Armée a Lerida, Monfleur
de Funbnena,,Colonelqui
etoitàBalaguerenayanteu
avois
, en sortit avec cent soixante
chevaux, (7 ayantjoint
les Ennemis au de-là de Termens
,illes défit entièrement;
quatre- vingt furent tuez&
les autres faits prisonniers
,
ftdrmy lesquelsily avoir un
Colonel, (7 troisLieutenants
Colonels qui furent tous conduits
à Balaguer,où le Colo
nel est mort deses Maures ;
c:7 le Convoy a été reconduit
à Lerida. Cette action n'a
cousté qu'unLieutenant,
dix Cavaliers tuezou h.erf'Z'
&une légère blessure à Mfde
Funbuena.
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Résumé : Extrait d'une Lettre du même Camp, du 16.
La lettre relate une situation militaire où les troupes et les ennemis occupent des positions similaires, tous deux affectés par le mauvais temps et le manque de fourrage. Monsieur de Vendôme a déplacé la cavalerie près du camp et des travaux sont en cours pour réparer les chemins afin de déplacer l'artillerie vers Cardonne et Solférino. Ces lieux doivent être attaqués par les troupes des sièges de Vernasque et de Castel-Léon. De nombreux déserteurs signalent que les ennemis doivent parcourir douze à treize heures pour trouver du fourrage, contrairement aux troupes du camp. Récemment, les ennemis ont capturé un convoi destiné à l'armée à Lerida, comprenant deux mille mulets, cinquante-sept grands chariots et six-vingts charrettes. En réponse, le colonel Monflour de Funbuena, basé à Balaguer, a mené une action avec cent soixante chevaux près de Termens. Il a défait les ennemis, tué quatre-vingts d'entre eux et fait prisonniers un colonel et trois lieutenants-colonels. Cette action a coûté la vie à un lieutenant et à dix cavaliers, et a légèrement blessé Monflour de Funbuena. Le convoi a été reconduit à Lerida.
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8468
p. 1759-1763
REMARQUES sur les Dictionaires.
Début :
La foule de Sçavans ou de Gens de Lettres avec vocation, ou sans talens, [...]
Mots clefs :
Dictionnaires, Ordre alphabétique, Dictionnaire, Fin, Table, Moréri, Matières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur les Dictionaires.
REMARQUES sur les Dictionaires.
LA
A foule de Sçavans ou de Gens de
Lettres avec vocation , ou sans talens,
nous inonde de Dictionaires en tous genres
. Outre les Dictionaires publics , chacun
s'en fait de particuliers,et se croit bien
avancé quand il a ramassé sur des Cartes
, ce qu'il a lû , et qu'il a commencé
à ranger par ordre alphabétique.
Toutes les idées , toutes les connoisşances
vont donc bien - tôt rouler sur cet
ordre alphabétique. On benit le siecle où
les Sciences sont devenues si aisées à l'aide
des Dictionaires. Mais quelqu'un a- t - il encore
pris garde qu'on donne trop
dans cet
ordre, et qu'il faudroit distinguer en quot
il est bon,et en quoi il est mauvais. Il est
D bon
1760 MERCURE DE FRANCE
bon à faire retrouver ce qu'on a perdu
il est fort secourable pour les ignorans ,
mais il ne les tire que pour un moment
de leur ignorance,
L'ordre de raison , tel qu'il se trouve ,
dans un Traité bien complet , divisé par
Livres et par Chapitres,selon les matietes
qu'il embrasse ,quand elles sont bien dígé
rées et subordonnées les unes aux autres ,
selon leur suite naturelle et essentielle ,
est bien préférable. Quelle comparaison
peut- on faire de ces deux ordres ? Il en
est de cela comme de ranger une Bibliotheque
par l'ordre des grandeurs , ou de
la relieure des Volumes , ou par l'ordre
des matieres , ajoutez à la fin d'un Trai
té complet, ou d'une Histoire, une Table
alphabétique des matieres , vous avez en
même- temps les deux , vous avez la commodité
du Dictionaire et l'avantage d'un
Traité complet , ou d'une Histoire que
vous pouvez lire de suite , en profiter et
la critiquer avec justesse.
: Le Dictionaire universel de Morery ;
qui a eu tant de succès , pourroit être refondu
suivant ce principe, sans consulter
aucun autre livre pour le recomposer ;
on pourroit des mêmes matériaux en former
une Histoire universelle , une Géographie
, une Histoire généalogique des
princiAOUST.
1733. 1761
principales Maisons , &c . et à la fin de
ces Traitez , une Table alphabétique des
matieres , avec des renvois au tome , à la
page et même à la ligne , vous donneroit
le même avantage que le Dictionaire, tel
qu'il est aujourd'hui.
leTexte pour
Peu de personnes peuvent lire le Dictionaire
de Bayle de suite; l'inversion des
temps,la confusion des personnages , dont
Bayle nous apprend des Anecdotes, l'incommodité
de couper leTexte pour descendre
aux Remarques , rebute souvent
d'une lecture si aimable d'ailleurs . Qui
empêcheroit d'en faire , comme on vient
de dire , du Morery , de refondre ce Dictionaire
, de restituer les Remarques dans
le Texte et d'en faire une histoire univer
selle des hommes les plus connus dans le
monde , par ordre de temps ou de dignité
des personnages , avec une Table generale
alphabétique à la fin ? Le Dictionaire
Oeconomique produiroit dans le même
goût une excellente Maison rustique. Les
Dictionaires des Langues mêmes , ausquels
l'ordre alphabétique paroît le plus
-affecté , seroient mis en Grammaire , ou
en Recueil de Racines des mots , rangez
suivant leurs usages comme de choses naturelles
, de meubles , de mets , de maladies
, &c. Il y a de ces Recueils de Ra-
Dij cines
1762 MERCURE DE FRANCE
-
cines rangez en cet ordre dans plusieurs
Grammaires. Par exemple , dans celle de
Veneroni ; cet ordre de raison contribue
à faire mieux retenir les choses qu'on lit
de suite, qu'on compare et dont on prend
une idée complette , et la Table alphabetique
de la fin présente l'utilité du Dictionaire.
On a depuis peu donné au public une
Bibliotheque des Théatres , où la justice de
mon reproche contre les Dictionaires, est
mise dans tout son jour ; on n'y a suivi
d'autre ordre que l'alphabétique,du commencement
à la fin , au lieu de ranger les
Piéces par oeuvres d'Auteurs , et ces Auteurs
selon leur temps ; par là nous cussions
eu une Histoire du Theatres une
Table à la fin auroit fait trouver commodement
les Piéces qu'on eûteu à chercher.
A la place de cet Ouvrage, on n'a entre
les mains qu'un Livre impossible à
lire de suite , et qui ne sera consulté que
quelquefois par fantaisie.
Il faut encore observer qu'en refondant
des Dictionaires dans l'ordre naturel et de
raison , on épargne beaucoup de répétitions
indispensables aux Dictionaires ; je
suis sûr que le Morery auroit un bon
quart de moins , et contiendroit les mêmes
choses dans l'ordre que je propose.
On
A CUST. 1733-1
1763
On pourra m'accuser de singularité
dans ce que je viens de dire , principalement
sur les Dictionaires des Langues ;
mais qu'on examine ceci sans préjugé, es
on goûtera ma nouveauté ; qui a le plus
a le moins je le répere ; dans l'ordre de
raison , avec la Table alphabétique à la
fin , on a les deux ; qui a un Dictionaire,
n'en a qu'une .
LA
A foule de Sçavans ou de Gens de
Lettres avec vocation , ou sans talens,
nous inonde de Dictionaires en tous genres
. Outre les Dictionaires publics , chacun
s'en fait de particuliers,et se croit bien
avancé quand il a ramassé sur des Cartes
, ce qu'il a lû , et qu'il a commencé
à ranger par ordre alphabétique.
Toutes les idées , toutes les connoisşances
vont donc bien - tôt rouler sur cet
ordre alphabétique. On benit le siecle où
les Sciences sont devenues si aisées à l'aide
des Dictionaires. Mais quelqu'un a- t - il encore
pris garde qu'on donne trop
dans cet
ordre, et qu'il faudroit distinguer en quot
il est bon,et en quoi il est mauvais. Il est
D bon
1760 MERCURE DE FRANCE
bon à faire retrouver ce qu'on a perdu
il est fort secourable pour les ignorans ,
mais il ne les tire que pour un moment
de leur ignorance,
L'ordre de raison , tel qu'il se trouve ,
dans un Traité bien complet , divisé par
Livres et par Chapitres,selon les matietes
qu'il embrasse ,quand elles sont bien dígé
rées et subordonnées les unes aux autres ,
selon leur suite naturelle et essentielle ,
est bien préférable. Quelle comparaison
peut- on faire de ces deux ordres ? Il en
est de cela comme de ranger une Bibliotheque
par l'ordre des grandeurs , ou de
la relieure des Volumes , ou par l'ordre
des matieres , ajoutez à la fin d'un Trai
té complet, ou d'une Histoire, une Table
alphabétique des matieres , vous avez en
même- temps les deux , vous avez la commodité
du Dictionaire et l'avantage d'un
Traité complet , ou d'une Histoire que
vous pouvez lire de suite , en profiter et
la critiquer avec justesse.
: Le Dictionaire universel de Morery ;
qui a eu tant de succès , pourroit être refondu
suivant ce principe, sans consulter
aucun autre livre pour le recomposer ;
on pourroit des mêmes matériaux en former
une Histoire universelle , une Géographie
, une Histoire généalogique des
princiAOUST.
1733. 1761
principales Maisons , &c . et à la fin de
ces Traitez , une Table alphabétique des
matieres , avec des renvois au tome , à la
page et même à la ligne , vous donneroit
le même avantage que le Dictionaire, tel
qu'il est aujourd'hui.
leTexte pour
Peu de personnes peuvent lire le Dictionaire
de Bayle de suite; l'inversion des
temps,la confusion des personnages , dont
Bayle nous apprend des Anecdotes, l'incommodité
de couper leTexte pour descendre
aux Remarques , rebute souvent
d'une lecture si aimable d'ailleurs . Qui
empêcheroit d'en faire , comme on vient
de dire , du Morery , de refondre ce Dictionaire
, de restituer les Remarques dans
le Texte et d'en faire une histoire univer
selle des hommes les plus connus dans le
monde , par ordre de temps ou de dignité
des personnages , avec une Table generale
alphabétique à la fin ? Le Dictionaire
Oeconomique produiroit dans le même
goût une excellente Maison rustique. Les
Dictionaires des Langues mêmes , ausquels
l'ordre alphabétique paroît le plus
-affecté , seroient mis en Grammaire , ou
en Recueil de Racines des mots , rangez
suivant leurs usages comme de choses naturelles
, de meubles , de mets , de maladies
, &c. Il y a de ces Recueils de Ra-
Dij cines
1762 MERCURE DE FRANCE
-
cines rangez en cet ordre dans plusieurs
Grammaires. Par exemple , dans celle de
Veneroni ; cet ordre de raison contribue
à faire mieux retenir les choses qu'on lit
de suite, qu'on compare et dont on prend
une idée complette , et la Table alphabetique
de la fin présente l'utilité du Dictionaire.
On a depuis peu donné au public une
Bibliotheque des Théatres , où la justice de
mon reproche contre les Dictionaires, est
mise dans tout son jour ; on n'y a suivi
d'autre ordre que l'alphabétique,du commencement
à la fin , au lieu de ranger les
Piéces par oeuvres d'Auteurs , et ces Auteurs
selon leur temps ; par là nous cussions
eu une Histoire du Theatres une
Table à la fin auroit fait trouver commodement
les Piéces qu'on eûteu à chercher.
A la place de cet Ouvrage, on n'a entre
les mains qu'un Livre impossible à
lire de suite , et qui ne sera consulté que
quelquefois par fantaisie.
Il faut encore observer qu'en refondant
des Dictionaires dans l'ordre naturel et de
raison , on épargne beaucoup de répétitions
indispensables aux Dictionaires ; je
suis sûr que le Morery auroit un bon
quart de moins , et contiendroit les mêmes
choses dans l'ordre que je propose.
On
A CUST. 1733-1
1763
On pourra m'accuser de singularité
dans ce que je viens de dire , principalement
sur les Dictionaires des Langues ;
mais qu'on examine ceci sans préjugé, es
on goûtera ma nouveauté ; qui a le plus
a le moins je le répere ; dans l'ordre de
raison , avec la Table alphabétique à la
fin , on a les deux ; qui a un Dictionaire,
n'en a qu'une .
Fermer
Résumé : REMARQUES sur les Dictionaires.
Le texte traite de la prolifération des dictionnaires et de leur organisation. Il met en avant l'utilité des dictionnaires alphabétiques pour retrouver des informations perdues et aider les ignorants, mais souligne que cette aide est temporaire. L'auteur privilégie l'ordre de raison, tel que trouvé dans les traités complets divisés par livres et chapitres, qui permet une compréhension plus approfondie et naturelle des sujets. Cette méthode est comparée à l'organisation d'une bibliothèque par matière plutôt que par taille ou reliure. L'auteur propose d'ajouter une table alphabétique à la fin des traités pour combiner les avantages des deux systèmes. Il suggère de refondre des dictionnaires comme celui de Morery en une histoire universelle ou une géographie, avec une table alphabétique pour faciliter la recherche. Le texte critique des ouvrages comme le dictionnaire de Bayle et la Bibliothèque des Théâtres pour leur organisation alphabétique, qui rend leur lecture difficile et peu pratique. L'auteur affirme que refondre les dictionnaires dans un ordre naturel réduirait les répétitions et améliorerait leur utilité.
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8469
p. 2195-2202
RÉPONSE à la Lettre de M. G. Barréz, Medecin à Pezenas, inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730. au sujet de l'usage interieur de l'Eau de vie.
Début :
Vous êtes touché de trop près, Monsieur, de la durée de l'homme, & la [...]
Mots clefs :
Eau de vie, Liqueur, Sang, Aliments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre de M. G. Barréz, Medecin à Pezenas, inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730. au sujet de l'usage interieur de l'Eau de vie.
REPONSE à la Lettre de M. G.
Barréz , Medecin à Pezenas inferée
dans le Mercure du mois d'Aoûc 1730.
au fujet de l'ufage interieur de l'Eau de
vie.
Vficus ,de la durée de l'homme , & la
Ous êtes touché de trop près , Monverité
vous occupe trop fortement pour que
vous n'embraffiez toutes les occafions de
deffendre l'une & l'autre ; le grand interêt
que vous y prenez vous a fait attaquer
fortement l'Auteur des Reflexions qui
ne convient pas avec M. Le Hoc que l'Eau
La Marquife de G ... eft de Marseille , &
'a été mariée à Arles,
D vj fans
2196 MERCURE DE FRANCE
D
de vie foit une eau de mort , ainfi les doutes
que je vous propofe ici briévement
fans vous détourner beaucoup des devoirs
de votre profeffion , vous mettront à
même de montrer votre zele , & de me
détromper fur ce fujet.
En premier lieu , je doute fort que
tous les raifonnemens vagues & les grands
mots d'érethyfme des efprits , de dérangemens
de la diareze, de rythmes , des fonctions & c
puiffent convaincre les perfonnes raiſonnables
de la verité de vos propofitions , &
je tiens que les raifonnemens dénués d'experience
, comme font ceux que vous
nous propofez , & qui ne font pas fondés
fur des principes Mathématiques ,
peuvent prouver le pour & le contre dans
toutes les queftions de Medecine .
2º »>> Pour venir au fait , vous affurez
» que l'Eau de vie eft une eau de mort ,
un poiſon , fur ce qu'elle ne releve les
»forces que pour les abattre peu après ,
»parce que , dites- vous , cette liqueur
» porte les puiffances au-delà de leur jufte
» étendue , d'où étant revenues elles tombent
dans la langueur , tout cela n'eft pas
clair ; connoiffez - vous la meſure de cette
étenduë ? plus un Arc eft bandé , plus it
acquiert de force à fe remettre tout au
plus l'Eau de vie produiroit cette grande
diftenfion par fa quantité : mais qu'eſt-
CC
OCTOBRE. 1730 2197
ce qu'une once d'Eau de vie dans un
corps de 160. livres , ce n'eft pas la 160c
partie de nos liqueurs , & on prend 128 .
onces d'alimens fans craindre cette diftenfion
funefte dont vous nous menacez ;
feroit- ce que l'Eau de vie fait rarefier le
fang ? mais vous nous affurez qu'elle le
coagule.
3 Vous femblez même vous contredire
peu après , & me fourniffez des raifons
de douter de ces langueurs que produit
l'Eau de vie , quand vous dites qu'elle
rend les fibres des muscles plus compactes
plus robuftes , & les muscles plus puiffans.
Ainfi vos propres traits fe tournent contre
vous mais vous pouffez plus loin , &
ajoûtez qu'elle racorait les fibres , en les
obligeant de s'unir par les fortes contractions
que produit cette liqueur dans les
tuyaux , & par la diffipation qu'elle fait
faire de la limphe , & tout de fuite vous
menacez ceux qui ufent de cette liqueur
de voir d'abord leurs tuyaux debridés
effarouchés de la confufion & du defordre
dans les rythmes de leurs fonctions , de l'é--
rethifme de leurs efprits animaux , du dérangement
, de la diarhefe de leur fang , de
fchirres , du calcul de la Goute , de mille
maladies & de la privation de la vie.
Les buveurs d'Eau de vie ne font
de
ce que vous avancez ;
garans
au contraire
perfuadés
pas
ils font
Qu'un
2198 MERCURE DE FRANCE
Qu'un jeune Medecin vit moins qu'un vieil yvros
gne. Regnier , Satyre 10
Ainfi leur témoignage ne vous eft pas
avantageux , s'ils font exposés aux maladies
que vous dites ; les buveurs d'eau
n'en font pas exemts ; ce n'eſt que l'abus
de l'Eau de vie & de l'eau commune ou`
minerale qui produit ces mauvais effets ,
abus que tout le monde blâme , fans traiter
ni l'une ni l'autre de ces liqueurs de
poifon & d'eau de mort. L'Eau de vie
doit être prife moderément , & alors elle
produit mille bons effets , exterieurement
elle réfout les édemes , les éréfipeles , refferre
les playes , en arrête l'hémoragie ;
trop forte dofe , au contraire , elle eft
nuifible , empêche de grandir les petits
chiens qui y font plongés , en durciffant
leurs folides , tue les oifeaux aufquels on
en fait trop boire , durcit les foetus qu'on
y tient long - tems plongés.
à
Intérieurement on en ufe en trois façons
diverſes , ou l'on l'avale , & c'eſt en
grande quantité , fouvent & fans befoin
& alors on ne peut nier qu'elle ne foit
nuifible , quand on la prend à jeun , dans
les chaleurs de l'Eté , dans la fiévre , fur
tout elle nuit aux perfonnes fanguines &
bilicules.
Cet
OCTOBRE. 1730. 2199
Cet excès eft plus pardonable aux
temperamens froids & pituiteux , aux
Pays du Nord &c . on l'employe utilement
fous le nom d'Eau de vie Allemande
pour fortifier les boyaux des hydropiques
à mesure qu'on les purge &c.
Ou bien on l'avale en petite dofe après
de grands repas & dans les foibleffes , &
on fe fert de l'Eau de vie la plus douce
& non de la raffinée , autrement nommée
efprit de vin , & c'eft ainfi qu'en uſent
les perfonnes les plus fages ; cette liqueur
acide & fpiritueufe tombant dans l'eftomac
perd fon activité dans les parties
graiffeufes des alimens , & ne garde qu'u
ne legere force pour irriter & réveiller
la contraction de ce vifcere affaiffé fous
ce poids ; fes acides , fi on veut , fermentant
avec les alimens , fe changent en fels
falés , aident à la divifion des viandes
paffant dans le fang , en accelerent le
cours , hâtent les fecretions , comme la
chaleur , la rougeur , la fréquence du
poux le démontrent , & fes parties fpiritueufes
doivent,felon vous , M. qui croyez.
aux efpritsanimaux , fournir de ces nouveaux
agens qui felon votre langage en
tretiennent la vie & la fanté parfaite.
9
Ou enfin on injecte l'Eau de vie par
de grandes veines dans le corps , comme
on a fait fouvent à des animaux , & alors
elle
2200 MERCURE DE FRANCE
elle agit d'une façon toute differente , &
tue fur le champ , parceque fon acide qui
y prédomine, coagule tout à coup le fang,
n'ayant pas été changé en fel falé ni embaraffe
par des mucilages comme quand
on la prend par les premieres voyes : ce
n'eſt pas le feul remede qui agiffe de deux
façons fi differentes : le nitre , par exemple
, eft un acide qui injecté dans le fang,
le coagule , & pris par la bouche , le divife
, & réfout les arêts dans les maladies
inflammatoires , auffi les Parifiens & les
Allemands en font- ils un grand ufage
dans les cas.
>
Tous ces faits font fi connus , Monfieur
, que je perdrois le tems à vous citer
les Auteurs de ces experiences , &
que j'ai honte qu'un de mes confreres les
ignore ; l'ufage de cette liqueur , s'il eft
moderé, eft très utile pour animer & foutenir
les Soldats * il ne faut pas craindre
que
dans l'Eftomac elle durciffe les fruits
& autres alimens comme elle fait hors du
corps , car elle y fouffre des fermentations ,
& excite des contractions au ventricule
propres à faciliter la digeftion , à divifer
les glaires. Dans le fang elle produit d'autres
bons effets que je ne repeterai plus.
Vina parant animos faciuntque caloribus aptos-
Ovide
Tout
OCTOBRE. 1730. 2201
Tout ce que je dis , au refte , de l'Eau
de vie n'eft pas fi démonftratif que je n'aye
bien des doutes fur ce fujet je fçai feulement
que l'expérience , nonobftant l'autorité
de Fernel & vos raifonnemens , au
toriſe l'uſage moderé de cette liqueur
pourvû qu'on en ufe en tems & lieu .
Tempore quaque fuo , Medici quoque tempora
Jervant ,
Et data non apto tempore quaque nocent.
Pardon , M² , fi je dérobe à vos malades
des momens fi précieux ; continuez →
néanmoins à détromper le Public fur d'au
tres abus , oubliez vos devoirs dans la recherche
de nouvelles verités , celles que Vous
nous annoncez ne nous paroiffent pas tout
à fait fi claires que vous le dites ; n'importe
, je vous loue de ce que fans connoître
la verité vous êtes affez généreux
pour la foutenir , femblable à ces Héros
antiques dont parlent nos Romanciers.
Qui défendant des inconnuës´
Ont porté leurs noms juſqu'aux nuës.
Je fuis &c.
Ziorcal , Docteur Medecin de la
Faculté de Montpellier.
Barréz , Medecin à Pezenas inferée
dans le Mercure du mois d'Aoûc 1730.
au fujet de l'ufage interieur de l'Eau de
vie.
Vficus ,de la durée de l'homme , & la
Ous êtes touché de trop près , Monverité
vous occupe trop fortement pour que
vous n'embraffiez toutes les occafions de
deffendre l'une & l'autre ; le grand interêt
que vous y prenez vous a fait attaquer
fortement l'Auteur des Reflexions qui
ne convient pas avec M. Le Hoc que l'Eau
La Marquife de G ... eft de Marseille , &
'a été mariée à Arles,
D vj fans
2196 MERCURE DE FRANCE
D
de vie foit une eau de mort , ainfi les doutes
que je vous propofe ici briévement
fans vous détourner beaucoup des devoirs
de votre profeffion , vous mettront à
même de montrer votre zele , & de me
détromper fur ce fujet.
En premier lieu , je doute fort que
tous les raifonnemens vagues & les grands
mots d'érethyfme des efprits , de dérangemens
de la diareze, de rythmes , des fonctions & c
puiffent convaincre les perfonnes raiſonnables
de la verité de vos propofitions , &
je tiens que les raifonnemens dénués d'experience
, comme font ceux que vous
nous propofez , & qui ne font pas fondés
fur des principes Mathématiques ,
peuvent prouver le pour & le contre dans
toutes les queftions de Medecine .
2º »>> Pour venir au fait , vous affurez
» que l'Eau de vie eft une eau de mort ,
un poiſon , fur ce qu'elle ne releve les
»forces que pour les abattre peu après ,
»parce que , dites- vous , cette liqueur
» porte les puiffances au-delà de leur jufte
» étendue , d'où étant revenues elles tombent
dans la langueur , tout cela n'eft pas
clair ; connoiffez - vous la meſure de cette
étenduë ? plus un Arc eft bandé , plus it
acquiert de force à fe remettre tout au
plus l'Eau de vie produiroit cette grande
diftenfion par fa quantité : mais qu'eſt-
CC
OCTOBRE. 1730 2197
ce qu'une once d'Eau de vie dans un
corps de 160. livres , ce n'eft pas la 160c
partie de nos liqueurs , & on prend 128 .
onces d'alimens fans craindre cette diftenfion
funefte dont vous nous menacez ;
feroit- ce que l'Eau de vie fait rarefier le
fang ? mais vous nous affurez qu'elle le
coagule.
3 Vous femblez même vous contredire
peu après , & me fourniffez des raifons
de douter de ces langueurs que produit
l'Eau de vie , quand vous dites qu'elle
rend les fibres des muscles plus compactes
plus robuftes , & les muscles plus puiffans.
Ainfi vos propres traits fe tournent contre
vous mais vous pouffez plus loin , &
ajoûtez qu'elle racorait les fibres , en les
obligeant de s'unir par les fortes contractions
que produit cette liqueur dans les
tuyaux , & par la diffipation qu'elle fait
faire de la limphe , & tout de fuite vous
menacez ceux qui ufent de cette liqueur
de voir d'abord leurs tuyaux debridés
effarouchés de la confufion & du defordre
dans les rythmes de leurs fonctions , de l'é--
rethifme de leurs efprits animaux , du dérangement
, de la diarhefe de leur fang , de
fchirres , du calcul de la Goute , de mille
maladies & de la privation de la vie.
Les buveurs d'Eau de vie ne font
de
ce que vous avancez ;
garans
au contraire
perfuadés
pas
ils font
Qu'un
2198 MERCURE DE FRANCE
Qu'un jeune Medecin vit moins qu'un vieil yvros
gne. Regnier , Satyre 10
Ainfi leur témoignage ne vous eft pas
avantageux , s'ils font exposés aux maladies
que vous dites ; les buveurs d'eau
n'en font pas exemts ; ce n'eſt que l'abus
de l'Eau de vie & de l'eau commune ou`
minerale qui produit ces mauvais effets ,
abus que tout le monde blâme , fans traiter
ni l'une ni l'autre de ces liqueurs de
poifon & d'eau de mort. L'Eau de vie
doit être prife moderément , & alors elle
produit mille bons effets , exterieurement
elle réfout les édemes , les éréfipeles , refferre
les playes , en arrête l'hémoragie ;
trop forte dofe , au contraire , elle eft
nuifible , empêche de grandir les petits
chiens qui y font plongés , en durciffant
leurs folides , tue les oifeaux aufquels on
en fait trop boire , durcit les foetus qu'on
y tient long - tems plongés.
à
Intérieurement on en ufe en trois façons
diverſes , ou l'on l'avale , & c'eſt en
grande quantité , fouvent & fans befoin
& alors on ne peut nier qu'elle ne foit
nuifible , quand on la prend à jeun , dans
les chaleurs de l'Eté , dans la fiévre , fur
tout elle nuit aux perfonnes fanguines &
bilicules.
Cet
OCTOBRE. 1730. 2199
Cet excès eft plus pardonable aux
temperamens froids & pituiteux , aux
Pays du Nord &c . on l'employe utilement
fous le nom d'Eau de vie Allemande
pour fortifier les boyaux des hydropiques
à mesure qu'on les purge &c.
Ou bien on l'avale en petite dofe après
de grands repas & dans les foibleffes , &
on fe fert de l'Eau de vie la plus douce
& non de la raffinée , autrement nommée
efprit de vin , & c'eft ainfi qu'en uſent
les perfonnes les plus fages ; cette liqueur
acide & fpiritueufe tombant dans l'eftomac
perd fon activité dans les parties
graiffeufes des alimens , & ne garde qu'u
ne legere force pour irriter & réveiller
la contraction de ce vifcere affaiffé fous
ce poids ; fes acides , fi on veut , fermentant
avec les alimens , fe changent en fels
falés , aident à la divifion des viandes
paffant dans le fang , en accelerent le
cours , hâtent les fecretions , comme la
chaleur , la rougeur , la fréquence du
poux le démontrent , & fes parties fpiritueufes
doivent,felon vous , M. qui croyez.
aux efpritsanimaux , fournir de ces nouveaux
agens qui felon votre langage en
tretiennent la vie & la fanté parfaite.
9
Ou enfin on injecte l'Eau de vie par
de grandes veines dans le corps , comme
on a fait fouvent à des animaux , & alors
elle
2200 MERCURE DE FRANCE
elle agit d'une façon toute differente , &
tue fur le champ , parceque fon acide qui
y prédomine, coagule tout à coup le fang,
n'ayant pas été changé en fel falé ni embaraffe
par des mucilages comme quand
on la prend par les premieres voyes : ce
n'eſt pas le feul remede qui agiffe de deux
façons fi differentes : le nitre , par exemple
, eft un acide qui injecté dans le fang,
le coagule , & pris par la bouche , le divife
, & réfout les arêts dans les maladies
inflammatoires , auffi les Parifiens & les
Allemands en font- ils un grand ufage
dans les cas.
>
Tous ces faits font fi connus , Monfieur
, que je perdrois le tems à vous citer
les Auteurs de ces experiences , &
que j'ai honte qu'un de mes confreres les
ignore ; l'ufage de cette liqueur , s'il eft
moderé, eft très utile pour animer & foutenir
les Soldats * il ne faut pas craindre
que
dans l'Eftomac elle durciffe les fruits
& autres alimens comme elle fait hors du
corps , car elle y fouffre des fermentations ,
& excite des contractions au ventricule
propres à faciliter la digeftion , à divifer
les glaires. Dans le fang elle produit d'autres
bons effets que je ne repeterai plus.
Vina parant animos faciuntque caloribus aptos-
Ovide
Tout
OCTOBRE. 1730. 2201
Tout ce que je dis , au refte , de l'Eau
de vie n'eft pas fi démonftratif que je n'aye
bien des doutes fur ce fujet je fçai feulement
que l'expérience , nonobftant l'autorité
de Fernel & vos raifonnemens , au
toriſe l'uſage moderé de cette liqueur
pourvû qu'on en ufe en tems & lieu .
Tempore quaque fuo , Medici quoque tempora
Jervant ,
Et data non apto tempore quaque nocent.
Pardon , M² , fi je dérobe à vos malades
des momens fi précieux ; continuez →
néanmoins à détromper le Public fur d'au
tres abus , oubliez vos devoirs dans la recherche
de nouvelles verités , celles que Vous
nous annoncez ne nous paroiffent pas tout
à fait fi claires que vous le dites ; n'importe
, je vous loue de ce que fans connoître
la verité vous êtes affez généreux
pour la foutenir , femblable à ces Héros
antiques dont parlent nos Romanciers.
Qui défendant des inconnuës´
Ont porté leurs noms juſqu'aux nuës.
Je fuis &c.
Ziorcal , Docteur Medecin de la
Faculté de Montpellier.
Fermer
Résumé : RÉPONSE à la Lettre de M. G. Barréz, Medecin à Pezenas, inserée dans le Mercure du mois d'Août 1730. au sujet de l'usage interieur de l'Eau de vie.
Le texte est une réponse à une lettre de M. G., médecin à Pezenas, publiée dans le Mercure d'août 1730, concernant l'usage intérieur de l'Eau de vie. L'auteur, Ziorcal, médecin à Montpellier, exprime des doutes sur les affirmations de M. G. selon lesquelles l'Eau de vie serait une 'eau de mort' ou un poison. Ziorcal critique les arguments de M. G., les jugeant vagues et non fondés sur des principes mathématiques ou des expériences concrètes. Il souligne que l'Eau de vie, utilisée modérément, peut avoir des effets bénéfiques, tels que résoudre les œdèmes, refermer les plaies et arrêter les hémorragies. Il mentionne également que l'abus de cette liqueur, comme de toute autre, peut entraîner des effets nuisibles. L'auteur conclut en affirmant que l'usage modéré de l'Eau de vie est autorisé par l'expérience, malgré les doutes et les arguments de M. G.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8470
p. 301-308
AVIS.
Début :
Le sieur de Woolhouse (Gentilhomme & Oeuliste Anglois) qui a [...]
Mots clefs :
Oeil, Yeux, Oculiste , Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
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Résumé : AVIS.
M. de Woolhouse, un gentilhomme et oculiste anglais résidant à Paris, a habité successivement à l'Hôtel Notre-Dame, rue Saint-Benoît, à l'Hôtel d'Hollande, rue du Colombier, et actuellement au Collège de l'Ave Maria, près de l'Abbaye de Sainte-Geneviève. Woolhouse pratique et enseigne quarante opérations manuelles sur l'œil pour traiter divers maux oculaires. Sa famille exerce cette profession depuis quatre générations, et il a formé des élèves dans plusieurs villes européennes. Il offre des soins gratuits aux pauvres munis de certificats de leurs curés et traite également d'autres maladies des yeux. Woolhouse garantit une guérison absolue ou déclare la maladie incurable dès le premier examen, ce qui évite les abus liés à l'ignorance ou à l'avarice. Il possède une riche collection d'instruments et de livres oculaires, incluant une anatomie artificielle offerte par le Grand-Duc de Florence. Il reçoit les visiteurs curieux les lundis jusqu'à midi et propose à la vente divers instruments et ouvrages relatifs à l'oculistique. Enfin, il met en garde contre des individus se faisant passer pour lui afin de détourner les malades vers d'autres praticiens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8471
p. 75-82
LA Morale Evangélique expliquée par les SS. Pères, ou Homélies choisies des Peres de l'Eglise surtous les Evansgiles des Dimanches & Fêtes de l'année, Ouvrage nécessaire aux Curés, à tous les Ecclésiastiques chargés d'instruire les Peuples, & généralement utile aux Fideles qui veulent s'instruire à fond des vérités de la Religion, par M. l'Abbé Merri de la Canorgue, Prêtre, Licentié en Théologie, 2. vol. in-12. 1763, chez Lottin le jeune, Libraire, rue S. Jacques.
Début :
L'ÉVANGILE est la règle du Chrétien ; c'est le Livre qu'il doit lire & pratiquer [...]
Mots clefs :
Homélies, Évangile, Fidèles, Instructions, Morale, Fêtes, Tâche, Simplicité, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA Morale Evangélique expliquée par les SS. Pères, ou Homélies choisies des Peres de l'Eglise surtous les Evansgiles des Dimanches & Fêtes de l'année, Ouvrage nécessaire aux Curés, à tous les Ecclésiastiques chargés d'instruire les Peuples, & généralement utile aux Fideles qui veulent s'instruire à fond des vérités de la Religion, par M. l'Abbé Merri de la Canorgue, Prêtre, Licentié en Théologie, 2. vol. in-12. 1763, chez Lottin le jeune, Libraire, rue S. Jacques.
NOUVELLES LITTERAIRES *
LA Morale Evangélique expliquée par
les SS . Peres , ou Homélies choifies
des Peres de l'Egliſe ſurtous les Evans
giles des Dimanches & Fêtes de l'année
, Ouvrage néceſſaire aux Curés , à
tous les Ecclésiastiques chargés d'inftruire
les Peuples , & généralement
utile aux Fideles qui veulent s'inftruire
àfond des vérités de la Religion , par
M. l'Abbé Merri de la Canorgue ,
Prêtre , Licentié en Théologie , 2. vol.
in - 12. 1763 , chez Lottin le jeune ,
Libraire , rue S. Jacques.
L'ÉVANGILE eſt la règle du Chrétien
; c'eſt le Livre qu'il doit lire & pratiquer
; mais il faut qu'il diftingue l'eſprit
de la Lettre ; car fi l'une tue comme
*N. B. On donnera dans le Mercure prochain la
ſuitede l'Extrait de la Poëtique de M. Marmontel.
Dij
76. MERCURE DE FRANCE.
,
l'autre vivifie ce Livre , le ſceau du
falut , deviendroit ſa réprobation. Il faut
donc qu'en le lifant il tâche d'en comprendre
l'eſprit & le ſens pour les mettre
en pratique. Dans cette vué , pour l'édification
des Fidéles , & pour leur infpirer
le goût de ce ſaint Livre , en leur
en facilitant l'intelligence , beaucoup
d'Auteurs pieux & zélés ſe ſont appliqués
dans tous les ſiècles , & fur-tout
dans ces derniers temps , à commenter
cette partie des Ecritures. Le nombre
desExplications , des Penſées , des Réflexions
, & d'autres Traités faits fur
cette matière , eft immenſe , dont quelques-
uns font excellens , fort goûtés &
beaucoup lus . Cependant il y a ſujet de
s'étonner que l'on n'ait point penſé d'abord
à remonter à la fource , c'est-à-dire
qu'en fait de Livres ſpirituels les anciens
étant les plus fùrs & les meilleurs , il
eft certain que ceux des ſaints Docteurs
doivent tenir le premier rang , puiſqu'ils
font auffi anciens que l'Eglife , & qu'ils
nous ont conſervé la tradition dans
toute fa force & dans toute ſa pureté. Il
eſt donc furprenant que l'on n'ait pas
encore fongé à raffembler & traduire ce
que les SS. Peres ont écrit & prêché même
ſur les Evangiles. Il étoit d'autant
DECEMBRE. 1763. 77
plus naturel d'y penfer , que l'on ne fait
guères d'inſtructions ſans les citer , &
que s'il ſe préſente un endroit difficile à
expliquer , obfcur ou à double ſens , on
a recours à leur lumière : que fi l'on recommande
aux Fidéles une vérité effenrielle
, ils viennent à l'appui ; qu'ils font
enfin nos maîtres , & qu'ils doivent toujours
nous fervir de guides ; & où pourroit-
on mieux puiſer que dans fes fources?
Quel choix ne peut- on pas faire
dans tous leurs Ouvrages ? Quelle variété
n'y trouve-t-on pas ? On admirera toujours
la force & la douceur d'un S. Jean
Chryfoftome , la ſcience d'un S. Jérôme ,
la fécondité&l'élévation d'un S. Auguftin.
Quelle énergie dans Saint Hilaire !
Quelle admirable fimplicité dans les
Ecrits du vénérable Bede ! Quelle onction
dans ceux de S. Bernard ! L'Auteur
adonc pensé qu'un Recueil choifi de
leurs Homélies , qui euſſent le mieux
expliqué l'Evangile , & placées par ordre
des Dimanches & Fêtes , feroit très - inftructif
pour toute forte de perſonnes.
Dès -lors il a regardé cette Bibliothèque
immenſe des Pères comme un chainp
vaſte & fertile qui étoit à lui , & dans
lequel il pourroit prendre & cueillir librement.
Il a tâché de le faire avec un
Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
choix & un difcernement dont on lui
ſçaura gré.
Chaque Homélie a un rapport viſible
& diftinct à l'Evangile qui la précéde ,
parce que le plus ſouvent elle a été faite
àdeſſein par un Père pour l'expliquer.
Quelquefois on a ſcu la tirer d'un Traité
qui y paroiſſoit étranger , & dans lequel
tout ce qui la précede & ce qui la
fuit n'a aucun rapport à l'Evangile du
jour. Toujours elles renferment une inftrution
folide , jointe à une onction à
laquelle on auroit peine à ne pas fe
rendre. En général elles ſont écrites avec
une grande clarté: fans enflure & fans
pompe , leur fimplicité fait leur parure ;
ſeulement quelquefois elles étincelent
d'un trait ſublime qui fort du ſujet : lorfqu'en
paffant l'on peint la divinité de Jefus-
Chriſt , que l'on parle de la Trinité
ſainte , ou que l'on explique quelqu'un
de nos redoutables myſtères. De temps
en temps on y rencontre de belles comparaiſons
, qui jettent une grande lumière:
elles ne ſont pas bourfoufflées ni
giganteſques , comme le font celles de
la plupart de nos Prédicateurs modernes
, mais ſimples & naturelles : elles
fervent autant à éclaircir qu'à orner & à
embellir la fuite du diſcours . Enfin cet
DECEMBRE. 1763. 79
Ouvrage eſt un choix tiré de différens
Traités , qui par leur nombre & leur variété
, forment un corps de morale & de
doctrine , que l'on peut regarder comme
un précis des vérités eſſentielles de la
Religion : on y verra avec fatisfaction
que ſes dogmes , que les SS. Docteurs
ont enfeignés de fiécles en fiécles , font
les mêmes que l'Egliſe a conſervés fans
altération , & qu'elle nous enſeigne encore
aujourd'hui,
Quelques perſonnes au premier coup
d'oeil avoient cru que ces Homélies
étoient celles qui se trouvent dans le
Bréviaire , que l'on avoit raffemblées&
ſimplement traduites. Il y a une grande
différence entre les unes & les autres. II
n'étoit guères poſſible de faire un Recueil
comme celui-ci ſans ſe rencontrer fréquemment
avec celles-là : d'ailleurs , on
ne trouve dans le Breviaire qu'un morceau
qui a rapport à un endroit ou à
une partie de l'Evangile ,& ici preſque
toutes les Homélies paraphrafent le texte
de l'Evangile entier : ſouvent elles expliquent
le ſens moral,le figuré & allégorique
; elles renferment même quel
quefois une triple explication .
Voilà l'idée que l'on peut ſe former
de ces Homélies : le Traducteur de fon
:
1
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
côté a tâché de répondre à l'excellence
& à la fublimité de ces Auteurs ſacrés ,
&de ne point affoiblir ni gâter par un
ſtyle vainement recherché , la force &
la folidité de leurs inſtructions : il a penfé
que le ſtyle le moins brillant feroit le
plus convenable , & que la clarté & la
fimplicité faifoient le plus bel ornement
de cette forte de diſcours .
Cet Ouvrage fera d'une utilité trèsétendue
, fi l'on conſidére qu'il y a bien
un certain nombre de Curés & d'Eccléſiaſtiques
chargés d'inſtruire les Fidéles ,
qui ont les Pères de l'Eglife ; mais parmi
ceux mêmes qui les ont , combien
peu ont affez de temps pour puiſer dans
ſes ſources ? Les ſoins qu'exigent les
follicitudes paftorales , le temps qu'emporte
le tribunal de la Pénitence , la vifite
des Malades , l'adminiſtration des
Sacremens , les en empêchent. Et quelle
recherche ne faudroit- il pas faire le plus
fouvent pour trouver dans un Père quel
ques pages , ou un endroit qui commente
directement l'Evangile du jour! Il faudra
lire quelquefois un Traité ou un Livre
entier , dont tout le reſte n'aura aucun
rapport à cet Evangile. Combien d'autres
Pasteurs n'ont point les Pères , ni
même d'autres Livres , ou du moins bien
DECEMBRE. 1763 . 81
peu , parce que la modicité de leur revenu
ne leur permet pas de s'en procurer.
Combien d'entre eux n'ont pas d'ailleurs
une grande facilité pour compofer ;
& quand ils l'auroient avec les plus
grands talens , ils ne dédaigneront pas
un choix d'Homelies qui peuvent fervir
de modéles aux maîtres & aux plus habiles.
S'il nous eſt ici permis de faire un
fouhait & de le témoigner ; les Campagnes
d'un côté manquant le plus fouvent
d'inſtructions par la négligence ,
la pareſſe de compoſer ou l'incapacité
des Curés ; d'un autre côté ces Homélies
étant des diſcours familiers , folides ,
pleins de morale & d'on&ion , & faits
la plupart par les Pères pour inſtruire les
Fidéles les moins inſtruits & les plus
bornés ; il feroit , dis je , à ſouhaiter
que nos Evêques adoptaſſent cet excel.
lent Livre , & qu'ils fiffent en même
temps à ce ſujet ce que vient de faire M.
de Soiffons en publiant ſes admirables
Prônes ; d'ordonner dans leur Diocèſe
aux Curés de ſe munir de ces Homélies ;
de les lire , & de fe former fur ces modèles;
& à ceux qui ne pourroient d'après
cette lecture faire des Prônes & inftructions
à leurs Paroiffiens , de leur
ordonner de lire , ou au moins de leur
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
faire lire l'Homélie du jour tous les Dimanches
& Fêtes .
Cet Ouvrage peut être utile aux Fidéles;
d'abord à ceux qui ſaintement
affamés de la parole de Dieu , & non
raffafiés du pain ſpirituel que leur diftribuent
les Paſteurs , ſe nourriffent
l'âme par de pieuſes lectures , fur-tout à
ceux qui retenus dans leurs maiſons par
des infirmités ou par les foins qu'ils donnent
aux Malades ,ne peuvent ſuivre les
Inſtructions Paroiffiales . ToutEccléſiaftique
& Laïc , Pasteurs & fimples Fidéles
y trouveront dequoi s'édifier &
s'inſtruire ; & l'on aura eu l'avantage
d'avoir multiplié & répandu dans les
mains d'un grand nombre de perſonnes
à qui la langue des Pères eſt inconnue
ou peu familière , un choix d'inftructions
folides , dont la plupart n'avoient
point encore été traduites. Enfin l'idée la
plus avantageuſe que l'on puiſſe donner
de cet Ouvrage , ou l'éloge qu'on en
peut faire en deux mots , & qui doit le
rendre cher à tous les Chrétiens , c'eſt
qu'il renferme la partie la plus précieuſe
des ſaintes Ecritures ,& en même temps
la portion la plus recommandable de
tous les Ouvrages des SS. Pères.
LA Morale Evangélique expliquée par
les SS . Peres , ou Homélies choifies
des Peres de l'Egliſe ſurtous les Evans
giles des Dimanches & Fêtes de l'année
, Ouvrage néceſſaire aux Curés , à
tous les Ecclésiastiques chargés d'inftruire
les Peuples , & généralement
utile aux Fideles qui veulent s'inftruire
àfond des vérités de la Religion , par
M. l'Abbé Merri de la Canorgue ,
Prêtre , Licentié en Théologie , 2. vol.
in - 12. 1763 , chez Lottin le jeune ,
Libraire , rue S. Jacques.
L'ÉVANGILE eſt la règle du Chrétien
; c'eſt le Livre qu'il doit lire & pratiquer
; mais il faut qu'il diftingue l'eſprit
de la Lettre ; car fi l'une tue comme
*N. B. On donnera dans le Mercure prochain la
ſuitede l'Extrait de la Poëtique de M. Marmontel.
Dij
76. MERCURE DE FRANCE.
,
l'autre vivifie ce Livre , le ſceau du
falut , deviendroit ſa réprobation. Il faut
donc qu'en le lifant il tâche d'en comprendre
l'eſprit & le ſens pour les mettre
en pratique. Dans cette vué , pour l'édification
des Fidéles , & pour leur infpirer
le goût de ce ſaint Livre , en leur
en facilitant l'intelligence , beaucoup
d'Auteurs pieux & zélés ſe ſont appliqués
dans tous les ſiècles , & fur-tout
dans ces derniers temps , à commenter
cette partie des Ecritures. Le nombre
desExplications , des Penſées , des Réflexions
, & d'autres Traités faits fur
cette matière , eft immenſe , dont quelques-
uns font excellens , fort goûtés &
beaucoup lus . Cependant il y a ſujet de
s'étonner que l'on n'ait point penſé d'abord
à remonter à la fource , c'est-à-dire
qu'en fait de Livres ſpirituels les anciens
étant les plus fùrs & les meilleurs , il
eft certain que ceux des ſaints Docteurs
doivent tenir le premier rang , puiſqu'ils
font auffi anciens que l'Eglife , & qu'ils
nous ont conſervé la tradition dans
toute fa force & dans toute ſa pureté. Il
eſt donc furprenant que l'on n'ait pas
encore fongé à raffembler & traduire ce
que les SS. Peres ont écrit & prêché même
ſur les Evangiles. Il étoit d'autant
DECEMBRE. 1763. 77
plus naturel d'y penfer , que l'on ne fait
guères d'inſtructions ſans les citer , &
que s'il ſe préſente un endroit difficile à
expliquer , obfcur ou à double ſens , on
a recours à leur lumière : que fi l'on recommande
aux Fidéles une vérité effenrielle
, ils viennent à l'appui ; qu'ils font
enfin nos maîtres , & qu'ils doivent toujours
nous fervir de guides ; & où pourroit-
on mieux puiſer que dans fes fources?
Quel choix ne peut- on pas faire
dans tous leurs Ouvrages ? Quelle variété
n'y trouve-t-on pas ? On admirera toujours
la force & la douceur d'un S. Jean
Chryfoftome , la ſcience d'un S. Jérôme ,
la fécondité&l'élévation d'un S. Auguftin.
Quelle énergie dans Saint Hilaire !
Quelle admirable fimplicité dans les
Ecrits du vénérable Bede ! Quelle onction
dans ceux de S. Bernard ! L'Auteur
adonc pensé qu'un Recueil choifi de
leurs Homélies , qui euſſent le mieux
expliqué l'Evangile , & placées par ordre
des Dimanches & Fêtes , feroit très - inftructif
pour toute forte de perſonnes.
Dès -lors il a regardé cette Bibliothèque
immenſe des Pères comme un chainp
vaſte & fertile qui étoit à lui , & dans
lequel il pourroit prendre & cueillir librement.
Il a tâché de le faire avec un
Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
choix & un difcernement dont on lui
ſçaura gré.
Chaque Homélie a un rapport viſible
& diftinct à l'Evangile qui la précéde ,
parce que le plus ſouvent elle a été faite
àdeſſein par un Père pour l'expliquer.
Quelquefois on a ſcu la tirer d'un Traité
qui y paroiſſoit étranger , & dans lequel
tout ce qui la précede & ce qui la
fuit n'a aucun rapport à l'Evangile du
jour. Toujours elles renferment une inftrution
folide , jointe à une onction à
laquelle on auroit peine à ne pas fe
rendre. En général elles ſont écrites avec
une grande clarté: fans enflure & fans
pompe , leur fimplicité fait leur parure ;
ſeulement quelquefois elles étincelent
d'un trait ſublime qui fort du ſujet : lorfqu'en
paffant l'on peint la divinité de Jefus-
Chriſt , que l'on parle de la Trinité
ſainte , ou que l'on explique quelqu'un
de nos redoutables myſtères. De temps
en temps on y rencontre de belles comparaiſons
, qui jettent une grande lumière:
elles ne ſont pas bourfoufflées ni
giganteſques , comme le font celles de
la plupart de nos Prédicateurs modernes
, mais ſimples & naturelles : elles
fervent autant à éclaircir qu'à orner & à
embellir la fuite du diſcours . Enfin cet
DECEMBRE. 1763. 79
Ouvrage eſt un choix tiré de différens
Traités , qui par leur nombre & leur variété
, forment un corps de morale & de
doctrine , que l'on peut regarder comme
un précis des vérités eſſentielles de la
Religion : on y verra avec fatisfaction
que ſes dogmes , que les SS. Docteurs
ont enfeignés de fiécles en fiécles , font
les mêmes que l'Egliſe a conſervés fans
altération , & qu'elle nous enſeigne encore
aujourd'hui,
Quelques perſonnes au premier coup
d'oeil avoient cru que ces Homélies
étoient celles qui se trouvent dans le
Bréviaire , que l'on avoit raffemblées&
ſimplement traduites. Il y a une grande
différence entre les unes & les autres. II
n'étoit guères poſſible de faire un Recueil
comme celui-ci ſans ſe rencontrer fréquemment
avec celles-là : d'ailleurs , on
ne trouve dans le Breviaire qu'un morceau
qui a rapport à un endroit ou à
une partie de l'Evangile ,& ici preſque
toutes les Homélies paraphrafent le texte
de l'Evangile entier : ſouvent elles expliquent
le ſens moral,le figuré & allégorique
; elles renferment même quel
quefois une triple explication .
Voilà l'idée que l'on peut ſe former
de ces Homélies : le Traducteur de fon
:
1
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
côté a tâché de répondre à l'excellence
& à la fublimité de ces Auteurs ſacrés ,
&de ne point affoiblir ni gâter par un
ſtyle vainement recherché , la force &
la folidité de leurs inſtructions : il a penfé
que le ſtyle le moins brillant feroit le
plus convenable , & que la clarté & la
fimplicité faifoient le plus bel ornement
de cette forte de diſcours .
Cet Ouvrage fera d'une utilité trèsétendue
, fi l'on conſidére qu'il y a bien
un certain nombre de Curés & d'Eccléſiaſtiques
chargés d'inſtruire les Fidéles ,
qui ont les Pères de l'Eglife ; mais parmi
ceux mêmes qui les ont , combien
peu ont affez de temps pour puiſer dans
ſes ſources ? Les ſoins qu'exigent les
follicitudes paftorales , le temps qu'emporte
le tribunal de la Pénitence , la vifite
des Malades , l'adminiſtration des
Sacremens , les en empêchent. Et quelle
recherche ne faudroit- il pas faire le plus
fouvent pour trouver dans un Père quel
ques pages , ou un endroit qui commente
directement l'Evangile du jour! Il faudra
lire quelquefois un Traité ou un Livre
entier , dont tout le reſte n'aura aucun
rapport à cet Evangile. Combien d'autres
Pasteurs n'ont point les Pères , ni
même d'autres Livres , ou du moins bien
DECEMBRE. 1763 . 81
peu , parce que la modicité de leur revenu
ne leur permet pas de s'en procurer.
Combien d'entre eux n'ont pas d'ailleurs
une grande facilité pour compofer ;
& quand ils l'auroient avec les plus
grands talens , ils ne dédaigneront pas
un choix d'Homelies qui peuvent fervir
de modéles aux maîtres & aux plus habiles.
S'il nous eſt ici permis de faire un
fouhait & de le témoigner ; les Campagnes
d'un côté manquant le plus fouvent
d'inſtructions par la négligence ,
la pareſſe de compoſer ou l'incapacité
des Curés ; d'un autre côté ces Homélies
étant des diſcours familiers , folides ,
pleins de morale & d'on&ion , & faits
la plupart par les Pères pour inſtruire les
Fidéles les moins inſtruits & les plus
bornés ; il feroit , dis je , à ſouhaiter
que nos Evêques adoptaſſent cet excel.
lent Livre , & qu'ils fiffent en même
temps à ce ſujet ce que vient de faire M.
de Soiffons en publiant ſes admirables
Prônes ; d'ordonner dans leur Diocèſe
aux Curés de ſe munir de ces Homélies ;
de les lire , & de fe former fur ces modèles;
& à ceux qui ne pourroient d'après
cette lecture faire des Prônes & inftructions
à leurs Paroiffiens , de leur
ordonner de lire , ou au moins de leur
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
faire lire l'Homélie du jour tous les Dimanches
& Fêtes .
Cet Ouvrage peut être utile aux Fidéles;
d'abord à ceux qui ſaintement
affamés de la parole de Dieu , & non
raffafiés du pain ſpirituel que leur diftribuent
les Paſteurs , ſe nourriffent
l'âme par de pieuſes lectures , fur-tout à
ceux qui retenus dans leurs maiſons par
des infirmités ou par les foins qu'ils donnent
aux Malades ,ne peuvent ſuivre les
Inſtructions Paroiffiales . ToutEccléſiaftique
& Laïc , Pasteurs & fimples Fidéles
y trouveront dequoi s'édifier &
s'inſtruire ; & l'on aura eu l'avantage
d'avoir multiplié & répandu dans les
mains d'un grand nombre de perſonnes
à qui la langue des Pères eſt inconnue
ou peu familière , un choix d'inftructions
folides , dont la plupart n'avoient
point encore été traduites. Enfin l'idée la
plus avantageuſe que l'on puiſſe donner
de cet Ouvrage , ou l'éloge qu'on en
peut faire en deux mots , & qui doit le
rendre cher à tous les Chrétiens , c'eſt
qu'il renferme la partie la plus précieuſe
des ſaintes Ecritures ,& en même temps
la portion la plus recommandable de
tous les Ouvrages des SS. Pères.
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8471
LA Morale Evangélique expliquée par les SS. Pères, ou Homélies choisies des Peres de l'Eglise surtous les Evansgiles des Dimanches & Fêtes de l'année, Ouvrage nécessaire aux Curés, à tous les Ecclésiastiques chargés d'instruire les Peuples, & généralement utile aux Fideles qui veulent s'instruire à fond des vérités de la Religion, par M. l'Abbé Merri de la Canorgue, Prêtre, Licentié en Théologie, 2. vol. in-12. 1763, chez Lottin le jeune, Libraire, rue S. Jacques.
8473
p. 2192
ENIGME.
Début :
Dans la fleur de mes jours, on me tenoit pour belle ; [...]
Mots clefs :
Grenade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Ans la fleur de mes jours , on me tenoit
pour belle ;
L'éclat et la fraîcheur me donnoient des appas ;
Belle ou non , ce seroit une chose nouvelle ,
Si dans le cours des ans je ne vieillissois pas.
Ce temps qui me vieillit , fait que je suis féconde;
J'ai formé des enfans qui plairont en tous lieux ;
Je les retiens captifs dans ma Grotte profonde ,
Pour les placer un jour à la Table des Dieux.
Je suis seche à vos yeux , cependant je suis bonne,
J'ai le nom d'un Auteur d'un assez grand renom,
Dans les fureurs de Mars on fait voler ce nom ;
Un Royaume en est digne,et moi'd'une Couronne,
Ans la fleur de mes jours , on me tenoit
pour belle ;
L'éclat et la fraîcheur me donnoient des appas ;
Belle ou non , ce seroit une chose nouvelle ,
Si dans le cours des ans je ne vieillissois pas.
Ce temps qui me vieillit , fait que je suis féconde;
J'ai formé des enfans qui plairont en tous lieux ;
Je les retiens captifs dans ma Grotte profonde ,
Pour les placer un jour à la Table des Dieux.
Je suis seche à vos yeux , cependant je suis bonne,
J'ai le nom d'un Auteur d'un assez grand renom,
Dans les fureurs de Mars on fait voler ce nom ;
Un Royaume en est digne,et moi'd'une Couronne,
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8474
p. 1756
EPIGRAMME, Sur celles de M. Rousseau, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
Début :
Ces jours derniers Catulle et Martial, [...]
Mots clefs :
Épigramme, Rousseau, Auteur, Livre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur celles de M. Rousseau, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
EPIGRAMME,
Sur celles de M. Rousseau ,
"Par Me de Malcrais de la Vigne , du
Croisic , en Bretagne.
•
CEsjours derniers Catulle et Martial ;
Sur Pinde avoient procès de conséquence ,
Sçavoir des deux qui fut l'original ,
Par qui Rousseau , Celebre Auteur de France ,
De l'Epigramme , attrappa l'excellence ;
Sire Apollón , dudit lieu Sénéchal ,
Ouvrit son Livre , il en lut quelques-unes ,
Et n'y trouvant onc de beautez communes ,
Cet or , dit- il , paroît bon et loyal ,
Et si n'aviez eu le bonheur de naître ,
· Avant cettui qui n'a point son égal ,
Croirois , pour sûr , sans être partial ,
Qu'à tous les deux il cût servi de Maître
Sur celles de M. Rousseau ,
"Par Me de Malcrais de la Vigne , du
Croisic , en Bretagne.
•
CEsjours derniers Catulle et Martial ;
Sur Pinde avoient procès de conséquence ,
Sçavoir des deux qui fut l'original ,
Par qui Rousseau , Celebre Auteur de France ,
De l'Epigramme , attrappa l'excellence ;
Sire Apollón , dudit lieu Sénéchal ,
Ouvrit son Livre , il en lut quelques-unes ,
Et n'y trouvant onc de beautez communes ,
Cet or , dit- il , paroît bon et loyal ,
Et si n'aviez eu le bonheur de naître ,
· Avant cettui qui n'a point son égal ,
Croirois , pour sûr , sans être partial ,
Qu'à tous les deux il cût servi de Maître
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Résumé : EPIGRAMME, Sur celles de M. Rousseau, Par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic, en Bretagne.
L'épigramme examine la paternité littéraire en opposant Catulle et Martial à Jean-Jacques Rousseau. Un procès fictif, jugé par Apollon, évalue l'originalité des épigrammes de Rousseau. Apollon les trouve remarquables et authentiques, soulignant leur qualité exceptionnelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8476
p. 296
AIR NOUVEAU.
Début :
Le second Air que je vous envoye est du / En vain tu peins nos Champs des plus vives couleurs, [...]
Mots clefs :
Champs, Couleurs, Peinture, Fleurs, Gazons, Saison, Beauté, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Le ſecond Air que je vous
envoyed eſt du meſme M'
d'Ambruis , dont je vous ay
parlé amplement dans un des
articles de ma Lettre .
AIR NOUEVAU.
E
Nvaintu peinsnosChamps
desplus vives couleurs ,
• Printemps je ne voy point tes Gazons
ny tes Fleurs,
Jenesuis pointtouché d'une Saifon
fibelle,
Iris me permet de la voir
Deſaſeule beautémon coeurfent le
pouvoir,
Etjen'aydes yeux que pourelle.
envoyed eſt du meſme M'
d'Ambruis , dont je vous ay
parlé amplement dans un des
articles de ma Lettre .
AIR NOUEVAU.
E
Nvaintu peinsnosChamps
desplus vives couleurs ,
• Printemps je ne voy point tes Gazons
ny tes Fleurs,
Jenesuis pointtouché d'une Saifon
fibelle,
Iris me permet de la voir
Deſaſeule beautémon coeurfent le
pouvoir,
Etjen'aydes yeux que pourelle.
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8478
p. 78
Mots des Enigme & Logogriphe du Mercure de Janvier, [titre d'après la table]
Début :
Le mot de l'Enigme du Mercure de Janvier est Epingle. Celui du Logogryphe [...]
Mots clefs :
Épingle, Pyrrhonisme
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texteReconnaissance textuelle : Mots des Enigme & Logogriphe du Mercure de Janvier, [titre d'après la table]
LE mot de l'Enigme du Mercure de Janvier
eft Epingle. Celui du Logogryphe.
eft Pirrhonifme , dans lequel fe trouvent
Mein , Rhin , Rhône , miroir , Iphis , héros ,
Rome , Simon , renom ,, ferin , firop , rofe .
finon.
eft Epingle. Celui du Logogryphe.
eft Pirrhonifme , dans lequel fe trouvent
Mein , Rhin , Rhône , miroir , Iphis , héros ,
Rome , Simon , renom ,, ferin , firop , rofe .
finon.
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8479
p. 78
ENIGME.
Début :
Dans mes filets je tiens presque toutes les belles ; [...]
Mots clefs :
Corps de baleine
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
DANs mes filets je tiens prefque toutes les
belles;
Mais à ton grand étonnement ,
Lecteur , j'ai beau les traiter durement ,
Je n'en fuis pas plus haï d'elles.
Quand je montre moins de rudeffe ,
On me quitte dans le moment ;
Point de quartier , fur-tout à la jeuneffe.
Et fipour de beaux yeux j'euffe eude la foibleffe ,
Combien de gens dans l'univers ,
Qui vont droit , iroient de travers ,
Mlle A. M..
DANs mes filets je tiens prefque toutes les
belles;
Mais à ton grand étonnement ,
Lecteur , j'ai beau les traiter durement ,
Je n'en fuis pas plus haï d'elles.
Quand je montre moins de rudeffe ,
On me quitte dans le moment ;
Point de quartier , fur-tout à la jeuneffe.
Et fipour de beaux yeux j'euffe eude la foibleffe ,
Combien de gens dans l'univers ,
Qui vont droit , iroient de travers ,
Mlle A. M..
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8480
p. 84-85
ENIGME.
Début :
Né d'un homme adultére & pourtant légitime, [...]
Mots clefs :
Psaume Miserere
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Ng' d'un homme adultére & pourtant légitime ;
Fruit innocent d'un double crime ,
Fils à la fois d'un Berger & d'un Roi ,
Et conçu fous le fac & fous le diadême ;
Mon pere en engendra grand nombre comme
moi ,
Je fuis le cinquantiéme.
Tant d'enfans ne fçauroient être de même hu
meur ,
Mes freres la plupart ont un air d'allégreffe.
Pour moi d'un criminel déplorant le malheur ,
J'ai fix freres , comme moi toujours dans la trifteffe,
Toujours fur le plaintif & toujours dans le deuil.
Maisdes fept on me croit le plus confidérable ,
A O UST. 85 1750.
Et l'on m'entend fouvent gémir près du cercueil ,
Crier merci pour le coupable.
Compofé de foupirs & de gémiffemens ,
En fubftance voilà mon être.
Mais réconcilier l'Esclave avec le Maître ,
C'eft mon unique empreffement ;
Penfez-y bien , Lecteur , il eft dans la Semaine
Certain jour
Où bien des gens fentiroient moins de peine ,
Si j'étois la moitié plus court.
Dans certains Tribunaux appaiſant la Juſtice ;
Un criminel qui veut rentrer dans fon devoir ,
N'a fouvent que moi pour fupplice.
D. S. A Lyon , le 1 Juin 1750.
Ng' d'un homme adultére & pourtant légitime ;
Fruit innocent d'un double crime ,
Fils à la fois d'un Berger & d'un Roi ,
Et conçu fous le fac & fous le diadême ;
Mon pere en engendra grand nombre comme
moi ,
Je fuis le cinquantiéme.
Tant d'enfans ne fçauroient être de même hu
meur ,
Mes freres la plupart ont un air d'allégreffe.
Pour moi d'un criminel déplorant le malheur ,
J'ai fix freres , comme moi toujours dans la trifteffe,
Toujours fur le plaintif & toujours dans le deuil.
Maisdes fept on me croit le plus confidérable ,
A O UST. 85 1750.
Et l'on m'entend fouvent gémir près du cercueil ,
Crier merci pour le coupable.
Compofé de foupirs & de gémiffemens ,
En fubftance voilà mon être.
Mais réconcilier l'Esclave avec le Maître ,
C'eft mon unique empreffement ;
Penfez-y bien , Lecteur , il eft dans la Semaine
Certain jour
Où bien des gens fentiroient moins de peine ,
Si j'étois la moitié plus court.
Dans certains Tribunaux appaiſant la Juſtice ;
Un criminel qui veut rentrer dans fon devoir ,
N'a fouvent que moi pour fupplice.
D. S. A Lyon , le 1 Juin 1750.
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8482
p. 305-306
Avis utile à tout le monde.
Début :
Le Sieur Porcheron a un secret merveilleux contre les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis utile à tout le monde.
Avis utile à tout le monde.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
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Résumé : Avis utile à tout le monde.
Le texte décrit une pommade du Sieur Porcheron, efficace contre les rhumatismes, douleurs névralgiques et sciatiques. Approuvée par la Faculté de Médecine de Paris, elle guérit des maladies résistantes aux remèdes ordinaires. Disponible en pots de 10 sols et de 1 livre, elle ne se corrompt pas et favorise la transpiration sans cicatrices. Le Sieur Porcheron réside rue du Petit Lyon, quartier Saint-Sauveur.
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8483
p. 2192-2193
LOGOGRYPHE.
Début :
Je soutiens l'humaine Nature, [...]
Mots clefs :
Sommeil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E soutiens l'humaine Nature ,
Tout Etre vivant m'est soumis
Le bruit et moi sommes grands ennemis
Et sept lettres font ma structure >
Lecteur , si par plaisir tu veux les combiner ,
Voici ce que je puis donner ;
UA
OCTOBRE. 1733. 2193
Un nombre , une fleur , trois Rivieres ;
La douceur et la dureté . . .
Ce qui chez le Cyclope est autrement planté ,
Que chez les hommes ordinaires ;
Le nom d'un grand Législateur ;
Un terme dans l'Arithmetique ;
Graine en Saintonge,un Mets flatteur ;
Deux differens tons de Musique.
Si ce n'est pas assez , creuse dans ton cerveau , ¿
D'attention fournis nouvelle dose .
Tu t'appercevras, d'autre chose ,
Et c'est-là le fond du Tonneau.
F.D. C.
E soutiens l'humaine Nature ,
Tout Etre vivant m'est soumis
Le bruit et moi sommes grands ennemis
Et sept lettres font ma structure >
Lecteur , si par plaisir tu veux les combiner ,
Voici ce que je puis donner ;
UA
OCTOBRE. 1733. 2193
Un nombre , une fleur , trois Rivieres ;
La douceur et la dureté . . .
Ce qui chez le Cyclope est autrement planté ,
Que chez les hommes ordinaires ;
Le nom d'un grand Législateur ;
Un terme dans l'Arithmetique ;
Graine en Saintonge,un Mets flatteur ;
Deux differens tons de Musique.
Si ce n'est pas assez , creuse dans ton cerveau , ¿
D'attention fournis nouvelle dose .
Tu t'appercevras, d'autre chose ,
Et c'est-là le fond du Tonneau.
F.D. C.
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8485
p. 287-288
AUTRE. Par le Perroquet de Me la D***
Début :
Si on se lasse de sa femme plustot que de sa Maison [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. Par le Perroquet de Me la D***
AUTRE.
Par le Perroquet de Mr
/aD***
Sionselassedesasemme
plustost que de sa Maison,
c'est qu'on a épousé sa
femme
3
& qu'on n'a pas
épousé saMaifott.
Par le Perroquet de Mr
/aD***
Sionselassedesasemme
plustost que de sa Maison,
c'est qu'on a épousé sa
femme
3
& qu'on n'a pas
épousé saMaifott.
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8486
p. 301-302
Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
Début :
Pepin, né prisonnier, petit & méprisable, [...]
Mots clefs :
Pépin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la derniere Enigme, dont le mot estoit un Pepin.
ENIGMES.
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
Parodie de la derniere
Enigmedont le mot 0
était un Pépin.
Par Madame de L.
Pépin, néprisonnier,petit &meprisable,
En coupant une pomme,
on me délivré a table,
J'engendre desenfansprisonniers comme moi,
Pepin, porte le nom d'un
Roi,
Enferme dans son fein
limage de son pere,
N'est point l'Amour.
Dieu de Cithere.
Des fruits. Il habite les
cœurs,
rlry mortels rveifès des
pleurs,
Pommequ'il habitait,a
tuévotre mere, Et vous causa bien des
malheurs
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8487
p. 302-304
AUTRE.
Début :
Nous allons trois communement, [...]
Mots clefs :
Trois dés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Nous allons trois communement
,
Environnez d'un plus grand
nombre ,
Nous nous poſonsfolidement ,
Sortant d'un endroit affezfombre.
と
GALANT. 1303
Nous sommes ſouvent bien.
battus ,
Nous caufons des gains& des
pertes,
Nous rendons des gens bien confus,
Quand nos loix deviennent ouvertes.
On voit en nous plus d'une
face ,
Une ſeule regle de tout ,
Quelquefois on faitla grimace ,
Nôtre demarche étant au bout.
Soixante & trois font notre
escorte,
304 MERCURE
Dix-huit au plus peuvent paroître
,
Vingt & un chacun de nous
porte ,
C'est dire affz pour nous connoistre.
Nous allons trois communement
,
Environnez d'un plus grand
nombre ,
Nous nous poſonsfolidement ,
Sortant d'un endroit affezfombre.
と
GALANT. 1303
Nous sommes ſouvent bien.
battus ,
Nous caufons des gains& des
pertes,
Nous rendons des gens bien confus,
Quand nos loix deviennent ouvertes.
On voit en nous plus d'une
face ,
Une ſeule regle de tout ,
Quelquefois on faitla grimace ,
Nôtre demarche étant au bout.
Soixante & trois font notre
escorte,
304 MERCURE
Dix-huit au plus peuvent paroître
,
Vingt & un chacun de nous
porte ,
C'est dire affz pour nous connoistre.
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8488
p. 60-62
ODE. DE PACE ET LUDOVICI DECIMI QUINTI LAUDIBUS.
Début :
QUIS tibi nodo triplici, Gradive, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE. DE PACE ET LUDOVICI DECIMI QUINTI LAUDIBUS.
ODE.
DE PACE ET LUDOVICI DECIMI
QUINTI LAUDIBUS.
QUIS tibi nodo triplici, Gradive,
Membra contraxit , fuper arma letho
Fractadejectus furis ore frendens ,
Lumine torvus.
Diva ferpentumredimita nexu ,
Quid fremens Orco ruis , & forores
Inter accindis Furias atroci
Bellaflagello.
En redit tandem comitata Mufis
Pax , fimul ludi redeuntjocique ,
Pax diu noftris miferata Gallos
Regnet in oris.
MARS. 1764.
Ecquis hic heros , phaleratus illum
Fert equus , fceptrum , fimilisjubenti ,
Dextraprætendit , placidas finiftra
Flectit habenas.
Spirat augusto pietas in ore.
Mollis arridet gravitas tuenti.
Te probat pectus , LODOICE , patrem ,
Dextera regem.
Tolle formofum caput inter undas
Nympha præcurrens , tuus ecce lætis
*Rex adest ripis , recreat benigno
Littora vultu.
Faune , Sylvani , Dryades puellæ ,
• Nuncdecet cantus renovare , ludis
Annuit Princeps , quatienda certo
Nunc pede tellus.
Gallici quem tu populiparentem ,
Fama , commendas , medio fuorum
* Afpice , hunc circum generosa promunt
Pectora nati.
'Aſſidetjuxta Themis , hunccorona
Cingit inventrix olea Minerva
Corde virtutes LODOICUS omnes
Colligit unus.
61
62 MERCURE DE FRANCE .
Te triumphantem celebravit orbis
Hoftepercuffſo ; tibi nunc , amicæ
Pacis authori Monumenta longum
Tollat in ævum.
Tollat , afpectu furor armafrangat ,
Thraciam pleno repetet volatu ,
Dum fuosplaufu celebrat fecundo
Gallia amores .
Quod tuas audet memorare laudes ,
Parce Mufarum , LODOIX , alumno ;
Eftfui parvumlicet at fidele
Pignus amoris.
DE PACE ET LUDOVICI DECIMI
QUINTI LAUDIBUS.
QUIS tibi nodo triplici, Gradive,
Membra contraxit , fuper arma letho
Fractadejectus furis ore frendens ,
Lumine torvus.
Diva ferpentumredimita nexu ,
Quid fremens Orco ruis , & forores
Inter accindis Furias atroci
Bellaflagello.
En redit tandem comitata Mufis
Pax , fimul ludi redeuntjocique ,
Pax diu noftris miferata Gallos
Regnet in oris.
MARS. 1764.
Ecquis hic heros , phaleratus illum
Fert equus , fceptrum , fimilisjubenti ,
Dextraprætendit , placidas finiftra
Flectit habenas.
Spirat augusto pietas in ore.
Mollis arridet gravitas tuenti.
Te probat pectus , LODOICE , patrem ,
Dextera regem.
Tolle formofum caput inter undas
Nympha præcurrens , tuus ecce lætis
*Rex adest ripis , recreat benigno
Littora vultu.
Faune , Sylvani , Dryades puellæ ,
• Nuncdecet cantus renovare , ludis
Annuit Princeps , quatienda certo
Nunc pede tellus.
Gallici quem tu populiparentem ,
Fama , commendas , medio fuorum
* Afpice , hunc circum generosa promunt
Pectora nati.
'Aſſidetjuxta Themis , hunccorona
Cingit inventrix olea Minerva
Corde virtutes LODOICUS omnes
Colligit unus.
61
62 MERCURE DE FRANCE .
Te triumphantem celebravit orbis
Hoftepercuffſo ; tibi nunc , amicæ
Pacis authori Monumenta longum
Tollat in ævum.
Tollat , afpectu furor armafrangat ,
Thraciam pleno repetet volatu ,
Dum fuosplaufu celebrat fecundo
Gallia amores .
Quod tuas audet memorare laudes ,
Parce Mufarum , LODOIX , alumno ;
Eftfui parvumlicet at fidele
Pignus amoris.
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Résumé : ODE. DE PACE ET LUDOVICI DECIMI QUINTI LAUDIBUS.
L'ode en latin dédiée à la paix et à Louis X commence par décrire la guerre et la furie, incarnées par Mars et les Furies. La paix revient ensuite, apportant jeux et joie, et règne sur les terres gauloises. Louis X est célébré comme un héros pacifique et juste, monté sur un cheval décoré, tenant un sceptre, et incarnant la piété et la gravité. Les nymphes annoncent son arrivée, et les divinités des forêts, Faune, Sylvani et Dryades, sont invitées à chanter et à danser grâce à sa permission. La renommée proclame les vertus de Louis, entouré de Thémis et couronné par Minerve. Le monde entier célèbre ses triomphes et ses contributions à la paix. Le poète demande à la muse de cesser ses chants furieux et de se souvenir des louanges de Louis, bien que modestes mais sincères.
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8489
p. 80-82
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon corps en son entier de grossière structure [...]
Mots clefs :
Soliveau
8490
p. 1768-1770
COUPLETS sur l'Air de la Cathereine, qui furent chantez pendant le Repas que donna M. le Commandant de la Ville & Château d'Entrevaux.
Début :
Pour répondre à ces Tonnerres, [...]
Mots clefs :
Dauphin, Monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS sur l'Air de la Cathereine, qui furent chantez pendant le Repas que donna M. le Commandant de la Ville & Château d'Entrevaux.
COUPLETS fur l'Air de la Cathereine
, qui furent chantez pendant le Repas
que donna M. le Commandant de
la Ville & Château d'Entrevaux .
Pour répondre à ces Tonnerres ,
Que fait le bruit du Canon ,
Faifons en choquant nos verres ,
Un Bachique carillon ;
De cette Liqueur charmante ,
On ne fçauroit voir la fin ,
Si fans ceffe l'on ne chante
Vive , vive le Dauphin.
Pour une fanté fi chere ,
Notre zelé Gouverneur ,
Avec la meilleure chere ,
Livre fon vin & fon coeur;
Veut- on fçavoir comme il penſe
Il croit que c'eft être heureux ,
Quand pour l'honneur de la France,
On peut être genereux.
Répondons par notre zele ,
A ces nobles fentimens ,
Sur ce genereux modele ,
Regions nos empreffemens ;
Qu'à fes foins nos voix s'uniffent ,
Et
A O UST. 1730. 1769
Et chantons fi fort qu'enfin ,
Nos Rochers ne retentiffent ,
Que du feul nom du Dauphin.
M
Et toi, Nymphe , qui repetes,
Chante plus haut , c'eſt à toi ,
Porte le bruit de nos Fêtes ,
Jufqu'à l'oreille du Roi ;
Et di lui que Ja Provence ,
Sans richeffe , fans éclat ,
Surpaffe en Réjouiffance
Tout le refte de l'Etat.
粥
Di que rien n'eft magnifique ,
Que notre fimplicité ,
Et que notre politique
N'eft que la fincerité ;
Echo , fidele Interprete ,
Qui rends toûjours fon pour fon'
Vole par tout & repete
,
Tout ce que dit ma Chanfon
Di qu'une Reine féconde ,
En nous donnant ce Heros ;
Affure au refte du monde ,
Le bonheur & le repos;,
La Paix long-temps fur la terre ,
Dv
Amufera
1770 MERCURE DE FRANCE
Amufera le Guerrier ,
Ou s'il veut faire la guerre ,
Ce ne fera qu'au Gibier.
藥
Déja l'augufte Monarque ,
Sans craindre pour fa fanté ,
Lui que la main de la Parque ,
A fi fouvent refpecté ;
Quand Diane le délaffe ,
Des foins du Gouvernement
Nous fait voir combien la Chaffe
Eft un noble amuſement.
Puifque ce noble Exercice
Fait fes innocens plaifirs ,
Saint Hubert lui ſoit propice
Et feconde fes defirs ;
Qu'en chaffant il le conduife ,
Et le conduife fi bien ,
Que jamais rien ne lui nuife,
Pas même à fon petit Chien.
, qui furent chantez pendant le Repas
que donna M. le Commandant de
la Ville & Château d'Entrevaux .
Pour répondre à ces Tonnerres ,
Que fait le bruit du Canon ,
Faifons en choquant nos verres ,
Un Bachique carillon ;
De cette Liqueur charmante ,
On ne fçauroit voir la fin ,
Si fans ceffe l'on ne chante
Vive , vive le Dauphin.
Pour une fanté fi chere ,
Notre zelé Gouverneur ,
Avec la meilleure chere ,
Livre fon vin & fon coeur;
Veut- on fçavoir comme il penſe
Il croit que c'eft être heureux ,
Quand pour l'honneur de la France,
On peut être genereux.
Répondons par notre zele ,
A ces nobles fentimens ,
Sur ce genereux modele ,
Regions nos empreffemens ;
Qu'à fes foins nos voix s'uniffent ,
Et
A O UST. 1730. 1769
Et chantons fi fort qu'enfin ,
Nos Rochers ne retentiffent ,
Que du feul nom du Dauphin.
M
Et toi, Nymphe , qui repetes,
Chante plus haut , c'eſt à toi ,
Porte le bruit de nos Fêtes ,
Jufqu'à l'oreille du Roi ;
Et di lui que Ja Provence ,
Sans richeffe , fans éclat ,
Surpaffe en Réjouiffance
Tout le refte de l'Etat.
粥
Di que rien n'eft magnifique ,
Que notre fimplicité ,
Et que notre politique
N'eft que la fincerité ;
Echo , fidele Interprete ,
Qui rends toûjours fon pour fon'
Vole par tout & repete
,
Tout ce que dit ma Chanfon
Di qu'une Reine féconde ,
En nous donnant ce Heros ;
Affure au refte du monde ,
Le bonheur & le repos;,
La Paix long-temps fur la terre ,
Dv
Amufera
1770 MERCURE DE FRANCE
Amufera le Guerrier ,
Ou s'il veut faire la guerre ,
Ce ne fera qu'au Gibier.
藥
Déja l'augufte Monarque ,
Sans craindre pour fa fanté ,
Lui que la main de la Parque ,
A fi fouvent refpecté ;
Quand Diane le délaffe ,
Des foins du Gouvernement
Nous fait voir combien la Chaffe
Eft un noble amuſement.
Puifque ce noble Exercice
Fait fes innocens plaifirs ,
Saint Hubert lui ſoit propice
Et feconde fes defirs ;
Qu'en chaffant il le conduife ,
Et le conduife fi bien ,
Que jamais rien ne lui nuife,
Pas même à fon petit Chien.
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Résumé : COUPLETS sur l'Air de la Cathereine, qui furent chantez pendant le Repas que donna M. le Commandant de la Ville & Château d'Entrevaux.
Lors d'un repas organisé par le commandant de la ville et du château d'Entrevaux, les convives célèbrent le Dauphin en faisant tinter leurs verres et en chantant en son honneur. Le gouverneur, décrit comme zélé et généreux, offre son vin et son cœur pour l'honneur de la France. Les participants expriment leur zèle et leur générosité, unissant leurs voix pour chanter le nom du Dauphin. Ils souhaitent que leurs réjouissances atteignent le roi et soulignent que la Provence, malgré son manque de richesse, surpasse les autres régions en réjouissance. Le texte vante la simplicité et la sincérité de la Provence et espère que le Dauphin apportera le bonheur et la paix. Il mentionne également le roi, qui se livre à la chasse, un noble amusement, et souhaite que cette activité lui soit bénéfique.
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8491
p. 300-302
Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Début :
Suivant les avis que nous avons de Baden, les Conferences [...]
Mots clefs :
Prince, États, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Extrait d'une Lettre de la Haye
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Le 8 août, les conférences de paix à Baden avancent favorablement. Les discussions sur la restitution des États des deux Électeurs, incluant leurs biens mobiliers, bijoux, pierreries, argent, artillerie et autres munitions, sont conclues. L'arrivée du Prince Eugène et du Maréchal de Villars est imminente pour finaliser la paix. À La Haye, la présence de Gardes du Corps du Roi de Prusse suscite des rumeurs sur une visite incognito du Prince de Prusse aux États Généraux. Parallèlement, plusieurs ports préparent des vaisseaux pour une expédition vers la Mer du Sud, avec des expéditions de l'Amirauté déjà reçues. Le Prince de Saxe n'est pas encore à La Haye, son voyage étant retardé par l'arrivée du Roi Stanislas à la Principauté des Deux Ponts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8492
p. 86-88
AUTRE. A Mlle de V***. à Limoges.
Début :
Sous bien des sens je pourrois me produire, [...]
Mots clefs :
Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Mlle de V***. à Limoges.
AUTR E.
A Mlle.de. V ***. à Limoges...
Sous bien des fens je pourrois me produire .
Mais fous un feul je vais tâcher , Thémise ,..
De vous indiquer qui je fuis.
M A I. 1763. 87
Sachez donc que l'efprit , l'enjoûment , la décence
Au goût , au Sentiment , aux grâ
râces réunis ,
Sont mes ornemens favoris ,
Et jugez fur ce pied combien votre préſence
Peut me donner d'éclat , de mérite & de prix !
Si tous ces traits ne me font pas connoître
Sondez mes plis & mes replis ,
Ils me dévoileront peut- être ,
Et mes neufpieds combinés , défunis ,
Vous offriront un fruit dont la peau raviſſante ,
Ainfi que votre teint tout à la fois préfente
L'incarnat de la rofe & la blancheur du lis ;
Un être à la beauté duquel on vous compare ;
Un tréfor qu'on dit être rare ,
Mais qui depuis longtemps en moi vous eſt acquisi
Une fête bien defirable
Pour celui dont les jours par un lien durable
. Aux vôtres doivent être unis ;
Certaine fubftance immortelle ,
De la Divinité précieuſe parcelle
Dont en vous mille traits annoncent la beauté ;
Certain ordre fecret émané de vos charmes ,
Et qui , quoique fuivi de foupirs & d'allarmes ,
N'en eft pas moins éxécuté ;
Une ouvrière incomparable/
Qu'on peut nommer chez vous l'agente fecours ..
ble
De la douceur & de l'humanités
88 MERCURE DE FRANCE.
1
Mais je pourrois bleſſer votre délicateſſe :
Il faut qu'à vos yeux je paroiffe
Sous des rapports qui vous foient étrangers.
Commençons , & voyez celui qui par
A fon frère arracha cruellement la vie ;
envie
Le Dieu des Champs & des Bergers ;
Le fymbole de l'ignorance ;
Trois Saints , quatre Evêchés de France;
Le plus agréable.des mois ;
L'endroit où pour tenter de glorieux exploits
Un Général affemble & place fon armée;
Sept oifeaux différens , dont deux font babillards.;
Trois dans la baffe- cour ont fçu trouver entrée ,
Et deux par leur plumage attirent les regards
Un grand Empire de l'Afie ;
Un, adorateur des faux Dieux ;
Un terme de mufique ; un fleuve d'Italie ;
Par fes bons vins un Bourg fameux ;
Enfin un inſtrument propre à fouiller la terre ;
J'aurois bien d'autres mots , Thémire , à vous citers
Mais je veux m'en tenir , pour vous moins tourmenter
"
Au mot qui chaque jour finit votre prière..
A Mlle.de. V ***. à Limoges...
Sous bien des fens je pourrois me produire .
Mais fous un feul je vais tâcher , Thémise ,..
De vous indiquer qui je fuis.
M A I. 1763. 87
Sachez donc que l'efprit , l'enjoûment , la décence
Au goût , au Sentiment , aux grâ
râces réunis ,
Sont mes ornemens favoris ,
Et jugez fur ce pied combien votre préſence
Peut me donner d'éclat , de mérite & de prix !
Si tous ces traits ne me font pas connoître
Sondez mes plis & mes replis ,
Ils me dévoileront peut- être ,
Et mes neufpieds combinés , défunis ,
Vous offriront un fruit dont la peau raviſſante ,
Ainfi que votre teint tout à la fois préfente
L'incarnat de la rofe & la blancheur du lis ;
Un être à la beauté duquel on vous compare ;
Un tréfor qu'on dit être rare ,
Mais qui depuis longtemps en moi vous eſt acquisi
Une fête bien defirable
Pour celui dont les jours par un lien durable
. Aux vôtres doivent être unis ;
Certaine fubftance immortelle ,
De la Divinité précieuſe parcelle
Dont en vous mille traits annoncent la beauté ;
Certain ordre fecret émané de vos charmes ,
Et qui , quoique fuivi de foupirs & d'allarmes ,
N'en eft pas moins éxécuté ;
Une ouvrière incomparable/
Qu'on peut nommer chez vous l'agente fecours ..
ble
De la douceur & de l'humanités
88 MERCURE DE FRANCE.
1
Mais je pourrois bleſſer votre délicateſſe :
Il faut qu'à vos yeux je paroiffe
Sous des rapports qui vous foient étrangers.
Commençons , & voyez celui qui par
A fon frère arracha cruellement la vie ;
envie
Le Dieu des Champs & des Bergers ;
Le fymbole de l'ignorance ;
Trois Saints , quatre Evêchés de France;
Le plus agréable.des mois ;
L'endroit où pour tenter de glorieux exploits
Un Général affemble & place fon armée;
Sept oifeaux différens , dont deux font babillards.;
Trois dans la baffe- cour ont fçu trouver entrée ,
Et deux par leur plumage attirent les regards
Un grand Empire de l'Afie ;
Un, adorateur des faux Dieux ;
Un terme de mufique ; un fleuve d'Italie ;
Par fes bons vins un Bourg fameux ;
Enfin un inſtrument propre à fouiller la terre ;
J'aurois bien d'autres mots , Thémire , à vous citers
Mais je veux m'en tenir , pour vous moins tourmenter
"
Au mot qui chaque jour finit votre prière..
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8493
p. 296-299
PLACET. DE TROIS DEMOISELLES Pour le terme de Pasques, A MONSIEUR M....... Conseiller au Parlement.
Début :
Les belles Personnes ont des privileges naturels qui les font / Quoy que Juge & Partie, [...]
Mots clefs :
Privilèges, Sortie, Appartement, Maison, Saison, Belles, Magistrats, Chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLACET. DE TROIS DEMOISELLES Pour le terme de Pasques, A MONSIEUR M....... Conseiller au Parlement.
Les belles Perſonnes ont
GALANT. 297
des privileges naturels qui
les font venir à bout de tout
ce qu'elles ſouhaitent. Vous
le connoiſtrez par la réponſe
qui a efté faite à ce Placet.
25522-5252552-2555
PLACE T
DE TROIS DEMOISELLES .
Pour le terme de Paſques
A MONSIEUR M.......
Conſeiller au Parlement.
Q
WoyqueFuge& Partie,
Nousvous fupplions bume
Sauenklement
298 MERCURE
Devouloirfairemneforriap 13
Devostrobas Appartement in
SE YA N
Le temps qui conte&qui va viſte,
Faitchercher en cette Saifon,
Quandonn'apas en propre un
As'affeurer d'une Marjonta
25
La Perſonne qui nous engage
A rimertoutes trois fibien,
Ytrouverafon avantage,
GNN
D5
Etvostre Hofteffe aufs le fien
25
٥٠
Deplus encore tout le monde
Admirera voſtre équite
Et votre generosite 1319 18
Charnerala Brune&la Blonde...
01
Déve , du Tillet , &d'orville,
Feroit voir en tous lieux vostre peu
d'interest,
EGADANITI 8299
Etqu'iln'estpointde Jugeen Ville
Qui rendist contre luy,commevous
un Arrest.
Vous ferez l'entretien des Belles,
Et le plaisirfera bien doux ,
Pourun Magistrat comme vous,
D'estretové dans les Ruelles.
S2
Dans vostre Chambre moſmement !
Jeunes&vieux vous ferontfeste,
D'avoirsouscrit figalamment
Aux fins de nostre humble Requeste.
GALANT. 297
des privileges naturels qui
les font venir à bout de tout
ce qu'elles ſouhaitent. Vous
le connoiſtrez par la réponſe
qui a efté faite à ce Placet.
25522-5252552-2555
PLACE T
DE TROIS DEMOISELLES .
Pour le terme de Paſques
A MONSIEUR M.......
Conſeiller au Parlement.
Q
WoyqueFuge& Partie,
Nousvous fupplions bume
Sauenklement
298 MERCURE
Devouloirfairemneforriap 13
Devostrobas Appartement in
SE YA N
Le temps qui conte&qui va viſte,
Faitchercher en cette Saifon,
Quandonn'apas en propre un
As'affeurer d'une Marjonta
25
La Perſonne qui nous engage
A rimertoutes trois fibien,
Ytrouverafon avantage,
GNN
D5
Etvostre Hofteffe aufs le fien
25
٥٠
Deplus encore tout le monde
Admirera voſtre équite
Et votre generosite 1319 18
Charnerala Brune&la Blonde...
01
Déve , du Tillet , &d'orville,
Feroit voir en tous lieux vostre peu
d'interest,
EGADANITI 8299
Etqu'iln'estpointde Jugeen Ville
Qui rendist contre luy,commevous
un Arrest.
Vous ferez l'entretien des Belles,
Et le plaisirfera bien doux ,
Pourun Magistrat comme vous,
D'estretové dans les Ruelles.
S2
Dans vostre Chambre moſmement !
Jeunes&vieux vous ferontfeste,
D'avoirsouscrit figalamment
Aux fins de nostre humble Requeste.
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Résumé : PLACET. DE TROIS DEMOISELLES Pour le terme de Pasques, A MONSIEUR M....... Conseiller au Parlement.
Trois demoiselles adressent une requête à Monsieur M., conseiller au Parlement, pour solliciter son soutien. Elles affirment que les 'belles personnes' bénéficient de privilèges naturels qui leur permettent d'obtenir ce qu'elles souhaitent. Manquant de ressources financières, elles cherchent à louer un appartement pour la saison prochaine. Elles espèrent que leur demande sera favorablement accueillie, soulignant que cela démontrerait la générosité et l'équité du conseiller. La requête mentionne des noms tels que Charner la Brune, la Blonde Déve, du Tillet et d'Orville. Elles assurent qu'aucun juge en ville ne rendrait un arrêt contre leur demande. Elles concluent en exprimant l'espoir que le magistrat acceptera leur requête, ce qui lui attirera les faveurs tant des jeunes que des vieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8494
p. 306-307
ENIGME.
Début :
Voicy une Enigme nouvelle dont l'explication paroistra sans doute / Je persecute les Mortels, [...]
Mots clefs :
Fumée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy uue Enigme nouvelle dont
l'explication paroiftra fans doute
plus aiféc à vos Amics.
ENIGME.
JE perfecute les Mortels ,
Et dans les Champs comme
la Ville :
GALANT. 307
Je fais pleurer mainte Famil.
femme & fafille.
ns
dit
306 MERCURE
qu'ont fair peu de perſonnes , Fette
F
C
d
S
bi
&
S
1
pl
1
Ville
GALANT.
307
SE
Je fais pleurer mainse Famil
le,
n me met cependantpar tout fur,
les Autels.
l'explication paroiftra fans doute
plus aiféc à vos Amics.
ENIGME.
JE perfecute les Mortels ,
Et dans les Champs comme
la Ville :
GALANT. 307
Je fais pleurer mainte Famil.
femme & fafille.
ns
dit
306 MERCURE
qu'ont fair peu de perſonnes , Fette
F
C
d
S
bi
&
S
1
pl
1
Ville
GALANT.
307
SE
Je fais pleurer mainse Famil
le,
n me met cependantpar tout fur,
les Autels.
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8495
p. 302-306
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
Le Lundi 12 de ce mois, on a donné à ce Théâtre la première représentation de la [...]
Mots clefs :
Thomas Réjoui, Mathurin, Colette, Jeune, Père, Fille, Maître d'hôtel, M. Desfontaines, La Chasse, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
Le Lundi 12 de ce mois , on a donné à ce
Théâtre la première repréfèntation de la
Chaffe , Comédie en trois Actes & en profe,
mêlée d'Arriettes , paroles de M. Desfontaines
, mufique de M. de S. Georges.
Rien de plus fimple que le fond de ce
petit Cuvrage. L'Auteur en a puifé l'idée
dans une Anecdote très - connue , & qui peut
rappeller aux François , ainfi que beaucoup
d'autres , combien ils doivent aimer leurs
DE FRANCE. 303
Maîtres ; mais il y a changé plufieurs circonftances.
Voici quelques détails de la Fable
de M. Desfontaines.
Colette , fille de Thomas Réjoui , Labouteur
, aime & eft aimée de Mathurin, jeune
Payfan qui demeure dans un Village voiſin
de celui qu'habite le père de Collette. Les
deux Amans fe voient tous les jours à l'infçu
de Thomas ; ils doivent cet avantage aux
foins de la foeur de Colette , très - jeune fille ;
qui protège leurs amours fans fe douter des
fuites que peut avoir fon imprudence , &
qui les dévoile à fon père avec auffi peu de
réflexion. Mathurin n'eft pas riche ; il n'ofe
faire connoître à Thomas , ni fon amour, ni
fes prétentions. Colette eft dans le même
embarras ; elle laiffe entrevoir à fon Amant
combien elle craint que fon père ne confente
pas à leur union . Son Amant la raffure.
Il lui propofe de fe trouver avec lui fur le
paffage du Seigneur du Village , de lui déclarer
leur amour , & de l'intéreffer à leur
fort. Il efpère tout de ſa bienfaiſance & de
fa générofité. Un bruit de cors fe fait entendre.
La Dame du lieu , fuivie de plufieurs
autres Dames qui l'accompagnent à ſa chaſſe,
vient au rendez-vous , apperçoit la jeune
Colette , celle- ci affecte de paffer indifféremment
pour aller porter à dîner à fon
père qui travaille dans les champs ; la Dame
l'arrête , la queftionne , & tout fe paffe
comme Mathurin l'avoit imaginé. Ce n'eſt
pas tout , curieuſe de connoître la nature du
304 MERCURE
repas que Colette porte à Thomas , la Marquife
a été touchée de le voir fi maigre ; en
conféquence , elle ordonne au jeune Paylan
d'aller dire à fon Maître-d'Hôtel d'apprêter
fur le champ un dîner capable de nourrir fix
perfonnes , & de le porter au Laboureur.
Pendant cette converfation , l'heure s'eft
écoulée. Thomas impatient a quitté les
champs pour venir chercher fon repas. Il ne
trouve point fa fille. Il projette de l'attendre,
& s'endort. Sur ces entrefaites , Mathurin
qui eft le filleul du Concierge du Château ,
revêt un habit de Ville , qu'on lui a prêté ;
il arrive avec le dîner , & le fait fervir aux
pieds de Thomas , qui ne tarde pas à ſe réveiller.
Surpris de trouver fi près de lui une
eſpèce de feſtin , il n'ofe y toucher , dans la
crainte que ce ne foit une halte préparée
pour le Seigneur. Petit à petit il s'enhardit
boit, mange , & eft bientôt encouragé par la
préſence de Mathurin qui fe dit Maîtred'Hôtel
de Monfeigneur , fuppofe une extrême
reffemblance entre lui & un jeune
Payfan nommé Mathurin , fait l'éloge de la
beauté de Colette , & amène infenfiblement
fon père à la lui propofer pour femme. Le
feint Maître-d'Hôtel accepte la propofition,
dans le cas où elle ne déplaira pas à Monfeigneur.
Thomas fe charge de la lui faire
agréer. Effectivement , au retour de la chaffe,
il préſente fa Requête au Marquis . Celui-ci
s'étonne de ce que fon vieux Maître- d'Hôtel
Dubois penfe à époufer une jeune Payſanne .
DE FRANCE. 3035
De fon côté, la Marquife ne fait que penfer .
de cet incident : elle foupçonne bientôt, fur
le récit de Thomas , que cette fcène eſt le
réſultat d'une efpiéglerie de Mathurin. Le
vieux Dubois arrive , tout s'explique , & le
Laboureur conſent à donner la fille à fon
Amant , après que le Seigneur a confenti à
lui donner en fupplément de dot la furvivance
du Maître-d'Hôtel..
On trouve dans ce petit Drame , du naturel
, de la gaieté , de jolis couplets , &
quelques Scènes plaifantes. En général , l'Ouvrage
eft un peu long , & l'effet de quelques
fituations eft fouvent affoibli par la longueur
des développemens. Réduite à deux
Actes , la Pièce feroit plus agréable , & l'intérêt
en feroit mieux fenti. Quoi qu'il en
foit , elle annonce de l'efprit , de la facilité,
& la connoiffance du Théâtre.
La mufique fait honneur aux talens du
Compofiteur. Elle a été fort goûtée & mérite
de l'être. C'eft le fecond effai dramatique de
M. de S. Georges ; il- eft infiniment fupérieur
au premier. Tout doit l'inviter à continuer
une carrière qui lui promet des fuccès.
Madame Trial a chanté le rôle de Colette
avec le goût que tout le monde lui connoît.
M. Clairval a déployé dans Mathurin fon
intelligence ordinaire. Le jeu & la voix de
M. Nainville ont plu également dans le rôle
de Thomas. M. Trial a mis un peu de charge
dans le perfonnage du vieux Dubois , mais
cette charge étoit plaifante. Les autres rôles
306 MERCURE
ont été joués par Meſdames Billioni & Beaupré,
& par M. Michu.
Le Lundi 12 de ce mois , on a donné à ce
Théâtre la première repréfèntation de la
Chaffe , Comédie en trois Actes & en profe,
mêlée d'Arriettes , paroles de M. Desfontaines
, mufique de M. de S. Georges.
Rien de plus fimple que le fond de ce
petit Cuvrage. L'Auteur en a puifé l'idée
dans une Anecdote très - connue , & qui peut
rappeller aux François , ainfi que beaucoup
d'autres , combien ils doivent aimer leurs
DE FRANCE. 303
Maîtres ; mais il y a changé plufieurs circonftances.
Voici quelques détails de la Fable
de M. Desfontaines.
Colette , fille de Thomas Réjoui , Labouteur
, aime & eft aimée de Mathurin, jeune
Payfan qui demeure dans un Village voiſin
de celui qu'habite le père de Collette. Les
deux Amans fe voient tous les jours à l'infçu
de Thomas ; ils doivent cet avantage aux
foins de la foeur de Colette , très - jeune fille ;
qui protège leurs amours fans fe douter des
fuites que peut avoir fon imprudence , &
qui les dévoile à fon père avec auffi peu de
réflexion. Mathurin n'eft pas riche ; il n'ofe
faire connoître à Thomas , ni fon amour, ni
fes prétentions. Colette eft dans le même
embarras ; elle laiffe entrevoir à fon Amant
combien elle craint que fon père ne confente
pas à leur union . Son Amant la raffure.
Il lui propofe de fe trouver avec lui fur le
paffage du Seigneur du Village , de lui déclarer
leur amour , & de l'intéreffer à leur
fort. Il efpère tout de ſa bienfaiſance & de
fa générofité. Un bruit de cors fe fait entendre.
La Dame du lieu , fuivie de plufieurs
autres Dames qui l'accompagnent à ſa chaſſe,
vient au rendez-vous , apperçoit la jeune
Colette , celle- ci affecte de paffer indifféremment
pour aller porter à dîner à fon
père qui travaille dans les champs ; la Dame
l'arrête , la queftionne , & tout fe paffe
comme Mathurin l'avoit imaginé. Ce n'eſt
pas tout , curieuſe de connoître la nature du
304 MERCURE
repas que Colette porte à Thomas , la Marquife
a été touchée de le voir fi maigre ; en
conféquence , elle ordonne au jeune Paylan
d'aller dire à fon Maître-d'Hôtel d'apprêter
fur le champ un dîner capable de nourrir fix
perfonnes , & de le porter au Laboureur.
Pendant cette converfation , l'heure s'eft
écoulée. Thomas impatient a quitté les
champs pour venir chercher fon repas. Il ne
trouve point fa fille. Il projette de l'attendre,
& s'endort. Sur ces entrefaites , Mathurin
qui eft le filleul du Concierge du Château ,
revêt un habit de Ville , qu'on lui a prêté ;
il arrive avec le dîner , & le fait fervir aux
pieds de Thomas , qui ne tarde pas à ſe réveiller.
Surpris de trouver fi près de lui une
eſpèce de feſtin , il n'ofe y toucher , dans la
crainte que ce ne foit une halte préparée
pour le Seigneur. Petit à petit il s'enhardit
boit, mange , & eft bientôt encouragé par la
préſence de Mathurin qui fe dit Maîtred'Hôtel
de Monfeigneur , fuppofe une extrême
reffemblance entre lui & un jeune
Payfan nommé Mathurin , fait l'éloge de la
beauté de Colette , & amène infenfiblement
fon père à la lui propofer pour femme. Le
feint Maître-d'Hôtel accepte la propofition,
dans le cas où elle ne déplaira pas à Monfeigneur.
Thomas fe charge de la lui faire
agréer. Effectivement , au retour de la chaffe,
il préſente fa Requête au Marquis . Celui-ci
s'étonne de ce que fon vieux Maître- d'Hôtel
Dubois penfe à époufer une jeune Payſanne .
DE FRANCE. 3035
De fon côté, la Marquife ne fait que penfer .
de cet incident : elle foupçonne bientôt, fur
le récit de Thomas , que cette fcène eſt le
réſultat d'une efpiéglerie de Mathurin. Le
vieux Dubois arrive , tout s'explique , & le
Laboureur conſent à donner la fille à fon
Amant , après que le Seigneur a confenti à
lui donner en fupplément de dot la furvivance
du Maître-d'Hôtel..
On trouve dans ce petit Drame , du naturel
, de la gaieté , de jolis couplets , &
quelques Scènes plaifantes. En général , l'Ouvrage
eft un peu long , & l'effet de quelques
fituations eft fouvent affoibli par la longueur
des développemens. Réduite à deux
Actes , la Pièce feroit plus agréable , & l'intérêt
en feroit mieux fenti. Quoi qu'il en
foit , elle annonce de l'efprit , de la facilité,
& la connoiffance du Théâtre.
La mufique fait honneur aux talens du
Compofiteur. Elle a été fort goûtée & mérite
de l'être. C'eft le fecond effai dramatique de
M. de S. Georges ; il- eft infiniment fupérieur
au premier. Tout doit l'inviter à continuer
une carrière qui lui promet des fuccès.
Madame Trial a chanté le rôle de Colette
avec le goût que tout le monde lui connoît.
M. Clairval a déployé dans Mathurin fon
intelligence ordinaire. Le jeu & la voix de
M. Nainville ont plu également dans le rôle
de Thomas. M. Trial a mis un peu de charge
dans le perfonnage du vieux Dubois , mais
cette charge étoit plaifante. Les autres rôles
306 MERCURE
ont été joués par Meſdames Billioni & Beaupré,
& par M. Michu.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le lundi 12 du mois, la comédie 'La Chaffe' en trois actes et en prose, mêlée d'ariettes, a été représentée pour la première fois. Cette œuvre, écrite par M. Desfontaines avec la musique de M. de Saint-Georges, s'inspire d'une anecdote visant à rappeler aux Français l'importance de l'amour envers leurs maîtres, bien que plusieurs circonstances aient été modifiées. L'intrigue suit Colette, fille de Thomas Réjoui, un laboureur, et Mathurin, un paysan d'un village voisin. Les deux jeunes gens se voient quotidiennement grâce à la complicité de la sœur de Colette, qui ignore leurs rencontres. Mathurin, n'étant pas riche, hésite à révéler ses sentiments à Thomas. Colette partage son embarras et craint le refus de son père. Mathurin propose alors de déclarer leur amour à la dame du village lors d'une chasse. La marquise, touchée par la maigreur du repas de Thomas, ordonne à son maître d'hôtel de préparer un festin pour six personnes et de le porter au laboureur. Mathurin, déguisé en maître d'hôtel, sert le dîner à Thomas, qui finit par accepter la proposition de mariage entre Mathurin et Colette. Le marquis, étonné, accepte finalement après que Thomas lui ait présenté la requête. La marquise devine la supercherie et tout s'éclaire lorsque le vrai maître d'hôtel arrive. Thomas consent au mariage après que le seigneur ait promis de donner la survivance du maître d'hôtel en supplément de dot. La pièce est jugée naturelle et gaie, avec des couplets charmants et des scènes plaisantes, bien que parfois trop longue. La musique de M. de Saint-Georges est appréciée et la distribution des rôles est saluée, notamment Madame Trial dans le rôle de Colette, M. Clairval dans celui de Mathurin, et M. Nainville dans celui de Thomas.
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8496
p. 15-21
« On continue de publier en Pologne & en Saxe que [...] »
Début :
On continue de publier en Pologne & en Saxe que [...]
Mots clefs :
Roi, Moscovites, Lettres, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On continue de publier en Pologne & en Saxe que [...] »
On continue de publier
en Pologne & en Saxe que
les Moscovites s'estantapprochez
de Bender le Roy
de Suede s'en estoitretiré
avec toutes les Troupes qui
yestoient pour aller au devant
du Grand Vizir;mais
çclles de Dantzick & de
Stetin au contraire , continuent
d'assurer que Sa
Majesté Suédoise les a entierement
défaits. Çtnç
nouvelle est trop importante
pour en pouvoir parler
avant d'en avoir une cnticre
confirmation.
Il y a des Lettres de
Vienne qui portent qu'il y
estoit arrivé un Officier de
la garde du Roy de Suede,
chargé de Lettres pour le
General Craffaw. Ilditque
l'Armée des Turcs, sans
compter les Tarrares ny
l'ArméequiassiegoitAfaf,
consistoit en cent soixante
mille hommes; qu'elle
estoit en marche,ayant le
Grand Vizir à sa teste; que
ce même Officier avoir apporté
à Mr SternocK Secretaire
de l'Ambassade à
Vienne, la réponse que le
Roy son Maistre fait au
Memoire qui luy a esté
presenté par Mr Jeffreys
Ministre de la Grande Bretagne;
cette réponse porte
que S. M. S. ne fera aucune
Paix avec les Moscovites
qu'en y comprenant la Porte
Ottomane ; que puisque
la convention au sujet de
la Neutralité faite à la
Haye a esté arrestée sans Cai.
connoissance ny son consentement,
que cette convention
luy estoit autant,
desavantageuse qu'elle ètoit
avantageuseàsesennemis,
Elle avoit fait déclarer
plusieurs fois par ses
Ministres, qu'Elle ne pou-,
voit ny ne vouloit y estre
tenuë ; qu'à l'égard de 1ar
Navigation &le libre commerce
de la Mer Baltique,
particulierement dans les-
Places prises par les Moscotes
,
Elle ne vouloir points
y entendre parce que cela
estoit contraire au Traité
de Commerce & à l'utage
que des Amis ont coutume
d'observer.
Les Lettres de Dresden
»)
portent que le Roy Auguste
enestoit parti en postele
26. Juillet, pour se rendre
en Pologne, après avoir
reçu un Courrier qui lu)"
avoit esté depêché
, que le
Prince Electoral son fils
estoit allé à Bareith d'où il
devoit passer à Francfort
pour assisterincognito àTElection
d'un Empereur.
D'autres Lettres disent
que le Roy de Dannemarck
assembloitsonArméedans
la Plaine de Saxc- Lavembourg
; que sa Flore avoit
enfinmisàlavoile&qu'elle
faisoit route vers la Mer
Baltique;que quelques Vaisseaux
Suedois qui croisoient
prés de Bornholm,
s'estoient retirez à Carelscroon
; que ces Vaisseaux
en avoit pris dix ou douze
Hollandois qui alloient à
Riga; mais qu'ils les avoienc
re lâchez à condition qu'ils
iroientàDantzick ou dans
quelques autres Ports qui
n'estoient pas occupez par
les Moscovites ; que les
Troupes Suedoises s'étoient
emparées du Pont de
Schwet sur l'Oder à l'entrée
de la Marche de Brandebourg
)
& qu'ellesl'avoient
rompu pour empêcher
le passage des Danois.
en Pologne & en Saxe que
les Moscovites s'estantapprochez
de Bender le Roy
de Suede s'en estoitretiré
avec toutes les Troupes qui
yestoient pour aller au devant
du Grand Vizir;mais
çclles de Dantzick & de
Stetin au contraire , continuent
d'assurer que Sa
Majesté Suédoise les a entierement
défaits. Çtnç
nouvelle est trop importante
pour en pouvoir parler
avant d'en avoir une cnticre
confirmation.
Il y a des Lettres de
Vienne qui portent qu'il y
estoit arrivé un Officier de
la garde du Roy de Suede,
chargé de Lettres pour le
General Craffaw. Ilditque
l'Armée des Turcs, sans
compter les Tarrares ny
l'ArméequiassiegoitAfaf,
consistoit en cent soixante
mille hommes; qu'elle
estoit en marche,ayant le
Grand Vizir à sa teste; que
ce même Officier avoir apporté
à Mr SternocK Secretaire
de l'Ambassade à
Vienne, la réponse que le
Roy son Maistre fait au
Memoire qui luy a esté
presenté par Mr Jeffreys
Ministre de la Grande Bretagne;
cette réponse porte
que S. M. S. ne fera aucune
Paix avec les Moscovites
qu'en y comprenant la Porte
Ottomane ; que puisque
la convention au sujet de
la Neutralité faite à la
Haye a esté arrestée sans Cai.
connoissance ny son consentement,
que cette convention
luy estoit autant,
desavantageuse qu'elle ètoit
avantageuseàsesennemis,
Elle avoit fait déclarer
plusieurs fois par ses
Ministres, qu'Elle ne pou-,
voit ny ne vouloit y estre
tenuë ; qu'à l'égard de 1ar
Navigation &le libre commerce
de la Mer Baltique,
particulierement dans les-
Places prises par les Moscotes
,
Elle ne vouloir points
y entendre parce que cela
estoit contraire au Traité
de Commerce & à l'utage
que des Amis ont coutume
d'observer.
Les Lettres de Dresden
»)
portent que le Roy Auguste
enestoit parti en postele
26. Juillet, pour se rendre
en Pologne, après avoir
reçu un Courrier qui lu)"
avoit esté depêché
, que le
Prince Electoral son fils
estoit allé à Bareith d'où il
devoit passer à Francfort
pour assisterincognito àTElection
d'un Empereur.
D'autres Lettres disent
que le Roy de Dannemarck
assembloitsonArméedans
la Plaine de Saxc- Lavembourg
; que sa Flore avoit
enfinmisàlavoile&qu'elle
faisoit route vers la Mer
Baltique;que quelques Vaisseaux
Suedois qui croisoient
prés de Bornholm,
s'estoient retirez à Carelscroon
; que ces Vaisseaux
en avoit pris dix ou douze
Hollandois qui alloient à
Riga; mais qu'ils les avoienc
re lâchez à condition qu'ils
iroientàDantzick ou dans
quelques autres Ports qui
n'estoient pas occupez par
les Moscovites ; que les
Troupes Suedoises s'étoient
emparées du Pont de
Schwet sur l'Oder à l'entrée
de la Marche de Brandebourg
)
& qu'ellesl'avoient
rompu pour empêcher
le passage des Danois.
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Résumé : « On continue de publier en Pologne & en Saxe que [...] »
Le texte présente des informations contradictoires sur les mouvements des troupes suédoises. En Pologne et en Saxe, il est rapporté que le roi de Suède s'est retiré de Bender pour affronter le Grand Vizir, tandis que des nouvelles de Dantzick et de Stetin affirment une défaite des forces suédoises. La véracité de ces informations reste incertaine. Des lettres de Vienne mentionnent l'arrivée d'un officier suédois portant des lettres pour le général Craffaw. Cet officier indique que l'armée turque, excluant les Tatares et celle assiégeant Afaf, compte cent soixante mille hommes et est en marche sous le commandement du Grand Vizir. L'officier a également apporté une réponse du roi de Suède au ministre britannique Jeffreys, refusant la paix avec les Moscovites sans la Porte Ottomane et contestant la convention de neutralité de La Haye. Le roi rejette aussi toute discussion sur la navigation libre en mer Baltique. Des lettres de Dresde rapportent que le roi Auguste est parti pour la Pologne le 26 juillet. Son fils, le prince électoral, s'est rendu à Bareith avant de se diriger vers Francfort pour l'élection d'un empereur. Par ailleurs, le roi de Danemark rassemble son armée en Saxe-Lavembourg et sa flotte navigue vers la mer Baltique. Les troupes suédoises ont détruit le pont de Schwet sur l'Oder pour empêcher le passage des Danois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8497
p. 1-8
APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
Début :
Vers les bords du prochain rivage, [...]
Mots clefs :
Métamorphose d'Ovide, Nymphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
APPLICATION
D'uneMetamorphose
d'Ovide, à laprise de
Gironne,sous le nom
de Maurice& de Gironde.
vers les bords du prochain
rivage,
A l'abry des Monts escarpez
Je vois une Nymphe volagc>
Rire de ses Amans trompez
Gironde fille de Prothée,
Par leur plus tendre effort
ne pûc estre arrestée,
Habile à s'en débarasser,
En Lis ils lavirent changer,
Devenuë Aigle ensuite
,
elle fut dégagée,
Des mains qui croyoient
l'embrasser
Du Guerrier qui la trouve
belle,
Mille desirs secrets ont
échaufé le sein.
Et la Gloire a part au
dessein,
De fixercecoeurinfidelle,
Maurice plein d'ardeur
court au sacré Vallon,
Où sur son entreprise il
consulte Apollon, Tu dois t'attendre à mille
obstacles
, Dit le Dieu clair-voyant,
mais c'est pour tes pareils,
Que le Ciel garde ses Miracles.
Ose tour,& fuis mes conseils,
Avant que la saison nouvelle.
Permette un courslibre aux
Nochers,
Surprend cette Beauté rebelle,
Endormie entre sept Rochers.
Alors qu'elle se fasse, ou
Lyonneou Tygresse,
Qu'elle se change eneaux,
en feux,
Point de relâche, insiste
,
presse
, Qui sçait estre constant à
la fin est heureux,
Maurice marche à longue
traites
,
Envjn pour en troubler le
couts ,
Mille noirs Chevres pieds
ont quitté leurs retraites,
Qu'ils partagent avec les
Ours,
Au premier bruit la Nymphe
alerte
Du Heros medite la perte ,
Mil- éclairs partent de ses
yeux,
Mais c'est en vain, qu'elle
fulmine
-
En vain de sa fureurl'éclat8L
Imperueux,
Fait mugir les échos deJa
rivevoisine,
Maurice n'est pas moins ,
ardent,audacieux,
Gironde par ce témeraire)
Voyant de son courroux le
feupeurespecté,
Confie à l'Element contraire,
Et sa Gloire& sa liberté.
La jeune & timide Nayade,
Qojjn Satyre pour suit de pris
Jamais fous tant de flots ne
cacha ses attraits,
Et la plus humide Plcyade,
Jamais d'un tel torrent n'innonda
les Guerets,
Mais en eau vainement fon-
-
due:
Sans qu'Elle ébranle le
Heros,
A sa premiere forme elle
estenfinrendue,
Et luy fait entendre ces
mots:
Redoute un desespoir fu-
,jar
neste,
Garde - toy d'abuser du
désordre ou je fuis,
Fais grace à mes derniers
réduits,
Et jet'abandonne lereste.
Maurice nesçait pastriompher
à demy,
La Nymphe en dépit d'Elle
admire,
La valeur de son ennemy,
Ellerougit,elle fou pire,
Enfin elle s'écrie en luy
rendant la main,
De ton ardeur confiante on
ne peut se deffendre,
Mais sans doute l'effortqui
me
force à me rendre,
N'etoit pas un effort ht^
main.
D'uneMetamorphose
d'Ovide, à laprise de
Gironne,sous le nom
de Maurice& de Gironde.
vers les bords du prochain
rivage,
A l'abry des Monts escarpez
Je vois une Nymphe volagc>
Rire de ses Amans trompez
Gironde fille de Prothée,
Par leur plus tendre effort
ne pûc estre arrestée,
Habile à s'en débarasser,
En Lis ils lavirent changer,
Devenuë Aigle ensuite
,
elle fut dégagée,
Des mains qui croyoient
l'embrasser
Du Guerrier qui la trouve
belle,
Mille desirs secrets ont
échaufé le sein.
Et la Gloire a part au
dessein,
De fixercecoeurinfidelle,
Maurice plein d'ardeur
court au sacré Vallon,
Où sur son entreprise il
consulte Apollon, Tu dois t'attendre à mille
obstacles
, Dit le Dieu clair-voyant,
mais c'est pour tes pareils,
Que le Ciel garde ses Miracles.
Ose tour,& fuis mes conseils,
Avant que la saison nouvelle.
Permette un courslibre aux
Nochers,
Surprend cette Beauté rebelle,
Endormie entre sept Rochers.
Alors qu'elle se fasse, ou
Lyonneou Tygresse,
Qu'elle se change eneaux,
en feux,
Point de relâche, insiste
,
presse
, Qui sçait estre constant à
la fin est heureux,
Maurice marche à longue
traites
,
Envjn pour en troubler le
couts ,
Mille noirs Chevres pieds
ont quitté leurs retraites,
Qu'ils partagent avec les
Ours,
Au premier bruit la Nymphe
alerte
Du Heros medite la perte ,
Mil- éclairs partent de ses
yeux,
Mais c'est en vain, qu'elle
fulmine
-
En vain de sa fureurl'éclat8L
Imperueux,
Fait mugir les échos deJa
rivevoisine,
Maurice n'est pas moins ,
ardent,audacieux,
Gironde par ce témeraire)
Voyant de son courroux le
feupeurespecté,
Confie à l'Element contraire,
Et sa Gloire& sa liberté.
La jeune & timide Nayade,
Qojjn Satyre pour suit de pris
Jamais fous tant de flots ne
cacha ses attraits,
Et la plus humide Plcyade,
Jamais d'un tel torrent n'innonda
les Guerets,
Mais en eau vainement fon-
-
due:
Sans qu'Elle ébranle le
Heros,
A sa premiere forme elle
estenfinrendue,
Et luy fait entendre ces
mots:
Redoute un desespoir fu-
,jar
neste,
Garde - toy d'abuser du
désordre ou je fuis,
Fais grace à mes derniers
réduits,
Et jet'abandonne lereste.
Maurice nesçait pastriompher
à demy,
La Nymphe en dépit d'Elle
admire,
La valeur de son ennemy,
Ellerougit,elle fou pire,
Enfin elle s'écrie en luy
rendant la main,
De ton ardeur confiante on
ne peut se deffendre,
Mais sans doute l'effortqui
me
force à me rendre,
N'etoit pas un effort ht^
main.
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Résumé : APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
Le texte relate une métamorphose inspirée d'Ovide, liée à la prise de Gironde. Gironde, une nymphe fille de Prothée, se transforme pour échapper à ses amants. Maurice, un guerrier, est résolu à capturer la nymphe. Apollon l'avertit des obstacles mais l'encourage à persévérer. Maurice surprend Gironde endormie et la poursuit malgré ses transformations en lionne, tigresse, eaux et feux. Vaincue, Gironde se rend et admire la valeur de Maurice. Elle lui demande de ne pas abuser de sa défaite et lui rend la main, reconnaissant la force de son ardeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8498
p. 2174-2187
QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
Début :
Il me reste, Monsieur, peu de chose à vous dire au sujet de la Conquête d'Oran en elle-même. [...]
Mots clefs :
Conquête d'Oran, Commerce, Pirates, Prince Maure, Troupes, Alger, Nonce d'Espagne, Rome, André Doria, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
QUATRIEME Lettre écrite par M. D.
L. R. à M-le Marquis de B. au sujet de
la conquête d'Oran , &c.
Idire au sujet de la Conquête d'Oran en elle- L me reste , Monsieur , peu de chose à vous
même. C'est une affaire heureusement copsommée par rapport au principal objet de larement et de l'Expédition. Sçavoir la prise de deux
Places importantes , qui assûrent la Navigation
et le Commerce dans une partie de la Mer Méditerrannée , contre les courses des Pyrates, Maures , et qui font aussi la sûreté des côtes d'Espagne très- peu éloignées de celles de Barbarie ; outre que la Religion et la Couronne d'Espagne rentrent par là dans leur ancienne possession. IL
est vrai , Monsieur , que par ma derniere Lettre
vous vous attendez d'apprendre de nouveaux
progrez des Armes de S. M. C. en Affrique. En
effet , le Comte de Montemar , après avoir sou
mis beaucoup de Païs aux environs , avoit fait ,
comme je vous l'ai mandé, un détachement considérable d'Infanterie et de Cavalerie , commandé par le Marquis de Villa - Darias , pour aller
faire le Siége de Mostagran , Ville située à l'em- bouchure de la Riviere de Chilef , à IS lieuës
d'Oran , du côté d'Alger ; à laquelle embouchure il avoit envoyé des Vaisseaux de Guerre et des
Galleres pour ' attaquer en même- temps la Place
par Mer. Mais les Vents contraires ayant empêché pendant plusieurs jours l'Escadre d'avancer , temps dont les ennemis ont sçu profiter
pour
OCTOBRE. 1732. 2175
pour se fortifier et pour recevoir des secours , le
Comte de Montemar envoya ordre au Marquis
de Villa- Darias de revenir au Camp avec ses
Troupes, remettant cette Expédition à une con- joncture plus favorable.
Depuis , ce General ayant reçu du Roy d'Espagne des Ordres précis de faire rembarquer toutes les Troupes , à l'exception de ce qui doit
composer les Garnisons des Places conquises , il
y a satisfait , et on a eu avis que la Flote et tous
les Bâtimens de transport étoient heureusement
arrivez dans les Ports d'Espagne. Le Comte de
Montemar s'est ensuite embarqué lui- même
venir rendre compte au Roy du succès de l'Expédition. On apprend qu'il est arrivé à la Cour le 17 d'Aoust que S. M. l'avoit fait Chevalier
de la Toison d'or , ainsi que Don Joseph Pathino , et qu'elle avoit honoré le Comte d'un
accueil des plus favorables.
pour
Pour ce qui regarde le Prince Maure, dont toutes les Nouvelles publiques ont parlé , qui offroit
la jonction de ses Troupes , pour réduire une
grande étendue de Païs , de donner son Fils en
Otage , &c. et qu'on attendoit même à Madrid ,
je n'en ai encore rien appris que je puisse vous donner pour certain. Mais la chose est
très-vraisemblable , et il n'est pas nouveau que
des Princes Mautes ayent recherché l'alliance des
Rois d'Espagne. Pour ne point sortir du sujet ni du Pays d'Oran , je vous dirai , Monsieur
ce que l'Histoire m'apprend à cet égard.
pour
A peine le Cardinal Ximenés étoit repassé en
Espagne , de retour de sa conquête , qu'il arriva
à la Cour des Ambassadeurs faire des propositions de la part du Roi de Tremesen ,
quelques moindres Princes de la Mautitanic , ofDiiij frant
et de
9
2176 MERCURE DE FRANCE
frant de rendre tous les Esclaves Chrétiens , de
payer même un tribut à laCouronne d'Epagne , en
faisant de grandes instances pour l'ouverture du commerce entre Oran et les Etats de ces Princes.
Ces Ambassadeurs , entr'autres choses , présenterent au Roi dix des plus beaux chevaux du pays,
magnifiquement harnachez , dix Faucons tout
dressez , de riches tapis , et un Lion apprivoisé
d'une grandeur et d'une beauté extraordinaire.
Je ne doute pas , Monsieur , qu'à mesure que
le Roi d'Espagne s'affermira dans sa nouvelle
conquête , et que ses Armes auront du progrès
dans le pays , les Puissances voisines ne tiennent
une pareille conduite.
Vous avez sçû , sans doute , que l'allarme a
été grande à Alger avant même la prise d'Oran ,
qui faisoit partie de cette Régence ; Alger , dis- je,
Ville si fiere , si bien munie , et si redoutable à la
Navigation , et au Commerce de la Chrétienté.
Aux seuls préparatifs de l'armement , la terreur
a été telle que les Algeriens avoient envoyé les
femmes , les enfans et leurs meilleurs effets dans
les Montagnes , et que la Régence avoit envoyé
une députation au Grand Seigneur pour deman- der du secours. Le Bailli de Vattan étant allé
dans le même tems à Alger avec l'Escadre des
Vaisseaux du Roi , qu'il commande , il a trouvé
les choses sur le pied que je viens de dire ; quelques Lettres ajoûtent que le Dey allarmé lui
avoit demandé si la France s'unissoit à l'Espagne
contre cette Régence , à quoi M. de Vattan
avoit répondu que quand le Roi son Maître auroit sujet de se plaindre d'elle il sçauroit la punir,
sans avoir besoin d'autré puissance que dela sienne.Veuille le Ciel humilier de plus en plus ces ennemis du Christianisme et du Genre humain. Et
puis-
OCTOBRE. 1732. 2177
puissent enfin les Vainqueurs d'Oran y faire
reporter ces fameuses Cloches qui en furent
' enlevées lors de la derniere invasion , et menées ,
pour ainsi dire , Captives à Alger.
D
Cependant vous ne sçauriez croire , Monsieur,
combien tout le Monde chrétien à été sensible
à l'heureux succès des Armes du Roi d'Espagne
à commencer par la capitale. Le Cardinal Ben
tivoglio , Ministre de cette Couronne à Rome
reçût l'heureuse nouvelle le 2.1 . Juillet , sans par- ler des dépêches du Nonce d'Espagne , qu'un autre Courrier apporta le même jour. Le Pape reçût cette nouvelle avec un excès de joye. S. S. en donna sur le champ des marques publiques Après
avoir fait l'éloge de la pieté et du zele de S. M. C.
elle assura le Cardinal B. qu'elle feroit tout ce
qui seroit en son pouvoir pour seconder ses
grands et ses pieux desseins. Le Pape résolut en
même-tems d'envoyer au Roi d'Espagne un Bref de félicitation , d'exhortation , &c. Le Cardinal
Alberoni partit quelques jours après pour Florence pour complimenter l'Infant Don Carlos sur cet évenement.
Ce Prince qui avoir reçu la même nouvelle le
20. se rendit d'abord à l'Église de l'Annonciade ,
où il fit chanter le Te Deum , en actions de gra
ces. Le Grand Duc le fit chanter dans l'Eglise
Métropolitaine de Florence..
* Ce sont les grandes Cloches que le C. Ximenés
fit fondrepour la principale Eglise d'Oran , qu'il nomma Notre- Dame de la Victoire. Les Maures
Les enleverent en l'année 1708. les porterent à Alger, et affecterent de les placer à une des Portes de
La Ville , où on les voit encore comme une espece de
triomphe sur les Chrétiens.. D Y
2178 MERCURE DE FRANCE
Je reviens à Rome , pour ajouter que le Pape
fit part au Sacré Collège de la prise d'Oran, &c.
dans un Consistoire particulier,tenu le 11 Aoust;
et le 13 , on commença par ordre de S. S. les ré
jouissances publiques. On sonna toutes les Cloches de la Ville , on tira le Canon du Château
S. Ange , et le soir il y eut des Feux et des Illuminations par toute la Ville. Le 15. Fête de l'Assomption, le Pape se rendit, en grand Cortege , à
l'Eglise de Sainte Marie Majeure , où S. S. tint
Chapelle Pontificale , à laquelle le Sacré Collége
assista. La Messe y fut célebrée par le Cardinal de
la Mirandole, Archiprêtre de cette Eglise, et aprèsla Messe on chanta le Te Deum à plusieurs
Chœurs de Musique. Il y eut un grand concours de personnes de distinction , et une affluance extraordinaire de Peuple. Le Château S. Ange
fit plusieurs décharges de toute son Artillerie.
Le Cardinal Bentivoglio avoit déja fait chanter le Te Deum solemnellement dans l'Eglise Nationnale des Espagnols , le 25 Juillet , jour de St
Jacques , auquel le Cardinal Belluga , Protecteur
des Affaires d'Espagne , celebra , avec beaucoup
de pompe , la Fête de cet Apôtre , Patron des
Espagnes.
-Je m'attens bien d'apprendre dans peu de jours:
que de pareilles actions de graces ont été renduës
dans Oran même , et que l'exercice de la vraie
Religion s'y fait actuellement dans les mêmes
Temples , dont le Mahométisme s'étoit emparé;
que les Livres d'Eglise y sont à la place de l'Alcoran et de la à Sunnah , et que la Foy pourroit
a C'est ainsi que les Mahometans appellent le Recueil des Faits et Dits de Mahomet , conservez
par tradition , &c. C'est comme la Miscnah des
Hebreux; la seconde Loy , la Loy Orale . c.
enfin
OCTOBRE. 1732. 2179
enfin penetrer delà dans le reste de cette Partie
de l'Affrique , où elle a été autrefois si floris- sante.
Vous me demanderez peut être , Monsieur , si
on n'a point rapporté parmi les dépouilles des
deux Places conquises , quelques Manuscrits de
Littérature Arabe? Cela se pourroit fort bien ;
les Sciences n'ont pas moins fleuri sous les Califes d'Affrique que sous ceux de l'Asie, et particu- lierement dans les Païs circonvoisins d'Oran, sur
tout après l'expulsion des Arabes de toute l'Espagne ; expulsion qui contribua beaucoup à faire
de cette Ville , l'une des plus grandes , des plus:
celebres et des plus riches Villes du Mahométisme,où se retirerent les Personnages les plus con- sidérables en tout genre.
Les Historiens Espagnols m'apprennent que
lorsque le Cardinal Ximenés fit son entrée solemnelle dans Alcala , après la Conquête d'Oran ; la
seconde chose qui parut dans son triomphe, après
plusieurs Chameaux , conduits par des Esclaves
chargez de Pieces d'or et d'Argent destinées pour
le Roy , ce fut une quantité de Livres Arabes d'Histoire , de Médecine , d'Astrologie , &c. qui
furent placez dans la Bibliotheque du Cardinal ,
lequel les laissa depuis à la Bibliotheque de l'Université d'Alcala , qu'il avoit fondée , où on les
voit encore aujourd'hui.
Ximenês n'a pas sans doute tout enlevé, et dans
Fespace d'environ 25 années qu'a duré la derniere invasion , il peut être entré dans Oran d'au
tres Manuscrits Arabes , curieux et utiles ; le
Païs des environs et sur tout la Ville de Trémé
sen , qui a fondé celle d'Oran , ne doivent pas em
être dépourvûs. Je connois deux Autheurs de réputation , originaires de cette même Ville , done D vi les:
3 MERCURE DE FRANCE
-
les Ouvrages sont fort estimez par les Bibliogra
phes Orientaux. Le premier est Assifeddin , Soliman Ben Ali , surnommé Telmessani ou de
Tremesen , Autheur d'un Scharh , ou Commentaire sur le Poeme du celebre Ebn * Faredh , intitulé , Taiiah. Ce Commentateur est mort l'an
690 de l'Hégire 1291. de J. C. L'autre Ecrivain
Arabe est Schamseddin , Mohammed Ben Amed,
Ebn Al Merousi , Marzouk , aussi surnommé
Talmessani, ou de Trémésen. Il est Autheur d'un
Livre , intitulé : AschrafAl Thoraf l'Almalek Al
Aschraf: C'est un Recueil de Eons Mots et de
Contes agréables , dédié à Malek Al Aschraf
Roy d'Egypte , avec un Traité de l'Egypte, dans
lequel l'Autheur prétend prouver que c'est le meilleur Pais de toute la Terre habitable Il mourut l'an 781. de l'H.gire ou l'an 1379. de notre
époque. Mais lais ons à l'illustre Gouverneur
d'Oran 1 soin de recueillir tout ce qui peut être
resté de bon dans le Païs , en fait d'Erudition
Arabe Il est plus en état que personne de le faire,
avec un juste discernement , et d'en enrichir un
jour la République des Lettres.
Vous me paroissez touché du mérite d'André
Doria , le Liberateur d'Oran , et content de la
Médaille de ce grand Homme , dont je vous ai
Scharfeddin Omar Ebn' Faredh , originaire
de Hamal , en Syrie , né au Caire l'an 577 de
l'Hegire , ou 1181. de J. C. fut l'un des plut Illus- tres Poëtes Arabes. Le Recueil de ses Poësies, sous le
nom de Divan , est tres- estimé , et a eu plusieurs
Commentateurs. Il composa le Taiiah , en faveur
des Sofis , espece de Religieux Musulmans qui
donnent dans la Mysticité , &c. Les Foësies de cet Autheur sont dans la Bibliotheque du Roy.. entre
1
OCTOBRE. 1732. 2181
entretenu dans ma derniere Lettre. Je puis bien
avoir fait quelque omission sur ce sujet , car , je
vous avoue , Monsieur , que ce n'est qu'en finissant cette Lettre , que j'étois pressé de faire partir, que j'ai sçu que Doria avoit eu un Historien,
et que cet Historien est le fameux Jesuite Sigonius , dont les Ouvrages , en grand nombre, sont
en réputation et ne se trouvent pas tous ensemble bien aisément. J'ai cependant eû le plaisir de
lire depuis dans cet Autheur la Vie a d'André
Doria , et d'avoir trouvé en lui un garant des
principales choses que je vous ai écrites sur ce
sujet.
de
Il en faut seulement excepter l'article de la
Statue , érigée par la République de Génes , en
l'honneur de Doria Elle est de Marbre blanc ,
selon mes Mémoires , et suivant le rapport
ceux qui l'ont vûë placée dans le Vestibule du
Palais où s'assemble le Sénat , et élevée sur un
Pié d'Estal , sur lequel est l'Inscription que j'ai
rapportée.
Aprendre littéralement le Narré de Sigonius,
qui rapporte tout du long le Decret du Sénat , la
Statue seroit de Bronze , et placée dans la grande Sale de ce Palais. Mais cela me paroît aisé a
concilier. Dans ce Decret , datté du mois d'Octobre 1578. le Sénat , après avoir fait un Előge magnifique de Doria , qui avoit, dit-il , rendu
la liberté à sa Patrie , &c . s'exprime ainsi , au su
a Cette Vie se trouve dans un des Volumes des
Oeuvres de Sigonius , intitulé : Caroli Sigonii ,
Historia de Rebus Bononiensibus , Libri VIII.
Ejusdem de vita ANDREE DORIE , Libri duo..
quibus accesserunt , &c. 1. vol. Fol. Francofurti ,
1603
jer
2182 MERCURE DE FRANCE
jet de la Statuë : Decrevit ut Andrea Doria Enea
Statua in magna Pratorii Aula , quoadfieri possit
ornatissima , cum ipsius nominis Inscriptione ponatur. Il est sans doute arrivé que dans l'exécution
de ce Décret , le Sénat , toujours le Maitre de ses
Décisions , ait , par des raisons qui nous sont inconnues , trouvé à propos de changer la matiere
et la situation de ce Monument , qui en effet se
trouve plus exposé à la vénération publique à
l'entrée du Palais , qu'il ne le seroit dans l'enté- rieur de ce Bâtiment. L'intention du Sénat est
toujours remplie , et l'Historien qui a écrit , et
qui est mort avant l'exécution , n'a point de
tort.
à
Je n'ai pû trouver, au reste , dans cet Historien, ni dans aucun autre Ecrivain le nom et la famille
de l'Epouse d'André Doria , dont le même Historien éleve si fort le rare génie et le mérite superieur, dont il fait, en un mot , une Héroïne , laquelle l'Empereur Charles V. voulut rendre visite en passant par Génes et qui donna à ce Prince des Conseils admirables , &c Je ne comprens pas trop cette omission de la part de Sigonius, d'ailleurs si exacts qu'en nommant la Mere
de Doria , il nous fait entendre qu'elle étoit de la
même Maison que son Epoux. J'ai aussi appris de cet Autheur que la Principauté de Melphe , donnée par Charles V. à Doria , et généreusement refusée d'abord, est située
dans le Royaume de Naples , relevant de cette.
Couronne. Elle Y avoit été réunie par la défection , ou la félonie de Jean Carracioli , Prince de
Melphe. Vous avez vû , Monsieur , dans ma derniere
Lettre , que le fameux Pyrate Dragut , pris par char- les Galeres de Doria , fut amené à Génes ,
gé
OCTOBRE. 1732. 218
é de chaînes , &c. Sigonius décrit élégamment
Phumanité et la générosité exercée par A. Doria
envers ce Captif , que je crois plus que jamais ,
après cette lecture , être representé sur le Revers
de notre Médaille , et non pas Barbarousse, com
me je l'avois d'abord pensé. Ce Captif , dis- je ,
homme féroce et barbare , s'il en fut jamais , est
bien connu sur ce pied-là par Doria Norat enim feros illius. moreş , et immanem naturam , dit notre Historien. Je crois que vous le reconnoîtrez à
ces traits sur la Médaille même , tant l'habileté
du Graveur a été grande àexprimer tout cela, par son Burin.
Rien,au reste, n'est plus pathétique et plus moral que le Discours de Doria fait à Dragut en le mettant en liberté. Il mérite d'être lû dans cet
Autheur: Morale et Eloquence perduës! les monstres ne s'apprivoisent presque jamais. Vous sçavez de quelle ingratitude Dragut paya dans la
suite son Libérateur, qui pensa être la Dupe d'une
générosité sans exemple.
J'apprens encore dans le même Livre , que les
Génois avoient fait Doria leur Généralissime de
Terre et de Mer. C'est la matiere du 38 Chap.
du onzième Livre , intitulé : De Maritimo ac
Terrestri Imperio ei à Genuensib, delato.
Je trouve enfin une circonstance singuliere dans
le 43 et dernier Chapitre , qui donne une grande idée de l'attachement et de la reconnoissance
de ce General , pour l'Empereur Charles V. en
ordonnant par l'Acte solemnel de ses dernieres
volontez, qu'on mit avec lui dans son Tombeau
Les Lettres de ce Prince par lesquelles il l'avoit
créé Chevalier de la Toison d'or.
Une autre circonstance non moins singuliere ,
que j'ai tirée d'un Mémoire particulier, venu de- puis
2184 MERCURE DE FRANCE
puis peu de Génes , c'est qu'André Doria , né
pour ainsi dire , pour les Armes et pour les Exploits Guerriers, ne porta jamais d'Epée ni de Poignard ; il disoit sur cela que toute sa force êtoit dans sa tête et dans l'amour de ses Concitoyens. Ne vous semble-t -il pas, Monsieur , être
transporté dans les meilleurs temps de la Republique Romaine , et voir revivre les Fabius , les
Lucullus , les Catons , dans ce grand Personnage ?
Finissons par un court Eloge , consacré à sa
Mémoire , et composé à Génes , en 158 6. à l'occasion de la Statue dont nous avons déja parlé ,
par l'Editeur de Sigonius :
Hic tamferventi Patria flagravit amore ,
Illius ut chara pro libertate tuenda
Horribiles Regum non formidaverit iras ,
Hic quoque cum Patria Regno , Sceptroquepotiri
Posset et aurata frontem redimire corona ,
Contempsit Regni fastus , nomenque Tyranni.
Huic maris Imperium vasti , sævumque tridentem
Neptunus , Pelagique leves concessit habenas :
Quin etiam aratis premerit cum classibus &quor,
Haud Pauci impavidi admirantes pectoris ausa.
Neptunum , aut sacro Neptuni è sanguine cretum
Mortalesque Deum vultus sumpsisse putarunt.
Hoc certum est , nullas Neptunum amplectier oras
Quá non ille simulfama penetrarit et armis,
Je finirois ici ma Lettre , Monsieur , si par vo
tre Réponse à ma précedente , je n'étois pas obligé
OCTOBRE. 1732. 2185
gé de revenir à Oran , pour vous dire en trèspeu de mots, qu'après quelques recherches je n'ai
rien trouvé qui autorise ce que Davity * en a dit,
sçavoir , qu'elle est la Capitale d'un petit Etat
nommé le Marquizat d'Oran , &c. et qu'à l'égard de Marzalquibir , dépendant , dit il , de ce
Marquisat, cette Ville fut enlevée aux Maures par
le Marquis de Comarez en 1555. Ce dernier fait
me paroît contredit par les meilleurs Historiens,
qui s'accordent tous à mettre la premiere conquête de Marzalquibir par les Espagnols en 1508.
ce fut comme le prélude de celle d'Oran , qui ne
fut réduit que l'année d'après. Don Fernand de
Cordoue commandoit l'Armée qui prit Marzalquibir , et non pas le Marquis de Comarez.
Dans mes Recherches j'ai trouvé quelquefois
cette expression dans certains Auteurs le Royaume d'Oran , cela n'est peut-être pas exact, mais il sert àprouver que cette Ville , Colonie , comme
je l'ai dit ailleurs , de celle de Tremesen et dans l'entiere dépendance des Rois de Tremesen , devenue extrêmement puissante par le commerce
et par la navigation , avoit secoué le joug de ses
prémiers Maîtres pour se faire Capitale d'un Etat
particulier , qui obéissoit apparemment à quelque Chef qui prit le nom de Roy , Etat qui devint ensuite presque Républiquain et qui étoit
tel lorsque les Espagnols conquirent Oran et ses
dépendances.
A l'égard de la puissance de cette Ville lors de
la Conquête , l'Historien du Ministere du Cardinal Ximenés , dit que les Maures chassez d'Espagne qui s'y étoient retirez , l'avoient tellement peu-
* Description generale de l'Affrique. Edition de
Rocolles , T. VI, in fol. Paris 1660.
plée
2186 MERCURE DE FRANCE
›
*
plée et enrichie, qu'elle pouvoit mettre sur pied des
Armées assez considerables. On peut juger , ajoûtet'il , de la grandeur et des richesses d'Oran par son
commerce et de son commerce par le nombre de
1500. Boutiques qui y étoient lorsque Ximenés la
prit.Le butin, sans y comprendre ce qui fut détourné,
fut estimé 500. mille écus d'or ; toute l'Armée s'enrichit à cetteprise , et il y eut tel particulier qui en rapporta jusqu'à dix mille ducats. Les richesses
d'Oran n'étoient pas ce qui contribuoit le plus à sa
réputation; sa grandeur , le nombre de ses habitans,
sa situation , son Port , son Arcenal , où l'on trouva
plus de 60 Pieces de gros Canons , sans compter les
moindres , et un nombre infini de toutes sortes d'armes >
la faisoient passer pour la plus importante
Ville de toute l'Afrique.
Il est vrai qu'il y a eu du changement dans la
fortune de cette Ville; mais sa situation maritime,
et ses autres avantages naturels étant toûjours les
mêmes , c'est un coup important pour l'Espagne
d'en avoir fait la conquête , contre la pensée de
certaines gens mal instruits et peu éclairez , qui
font des raisonnemens contraires et qui comptent
pour peu de chose la prise de ces deux Places. La
seule prise du Port de Marzalquibir met toute la
Côte d'Espagne même en sureté,et ouvre une entrée à la conquête de l'Affrique. C'est ainsi que
s'estexprimésur ce sujet un Historien Espagnol
des plus sensez.
Qu'il me soit permis , Monsieur , en finissant
Jerome Julien , Historien , qui étoit à la conquête d'Oran , dit les avoir comptées , par le nom
de Boutiques ilfaut entendre des Magazins remplis de Marchandises , c.
* Alvar-Gomez de Castro de reb. gestis Ximen.
d'observer
OCTOBRE. 1732. 2187
d'observer ici une méprise de M. d'Herbelor
dans sa Bibliotheque Orientale au sujet de notre
Marzalquibir , page 558 , que l'Auteur confond
avec le Port et la Ville de Velez , autrement le
Penon de Velez, situez sur la même Côte de Barbarie , mais c'est si peu la même chose , que selon les meilleurs Géographes et selon la nouvelle
Carte de la Mer Méditerranée , il y a de Marzalquibir à Velez , situé près le Détroit , plus de
deux cens cinquante milles, ou environ soixante
et dix lieuës Françoises. M. d'Herbelot ajoûte
que Garcia de Tolede , Capitaine Espagnol , prit
Velez en 1564. ce qui ne s'accorde pas avec l'Histoire de la conquête d'Oran par Ximenés ; l'Au- teur Espagnol qui l'a écrite , marque expressément que peu de temps avant la prise d'O
*
ran, le même Pierre de Navarre , dont il est tant
parlé dans cette Histoire , avoit réduit cette Ville
de Velez sous l'obéissance du Roy d'Espagne. Ce
General après le départ de Ximenés fit encore
d'autres conquêtes ; il prit Bugie , Capitale du
Royaume de ce nom , puis Tripoly , &c. et se
rendit la terreur de toute l'Affrique. Enfin Alger
se rendit tributaire de la Couronne d'Espagne.
,
Je souhaite aux Armes de S. M. C. de pareils
succès et de plus considerables pour le bien de la
Chrétienté , pour la gloire de ce grand Prince et
pour celle de la Religion. Je m'engage en même
temps de vous instruire avec la même exactitude
de la suite des Evenemens. Je suis, Monsieur, &c.
A Paris , le 26. Septembre 1732..
*Pi
L. R. à M-le Marquis de B. au sujet de
la conquête d'Oran , &c.
Idire au sujet de la Conquête d'Oran en elle- L me reste , Monsieur , peu de chose à vous
même. C'est une affaire heureusement copsommée par rapport au principal objet de larement et de l'Expédition. Sçavoir la prise de deux
Places importantes , qui assûrent la Navigation
et le Commerce dans une partie de la Mer Méditerrannée , contre les courses des Pyrates, Maures , et qui font aussi la sûreté des côtes d'Espagne très- peu éloignées de celles de Barbarie ; outre que la Religion et la Couronne d'Espagne rentrent par là dans leur ancienne possession. IL
est vrai , Monsieur , que par ma derniere Lettre
vous vous attendez d'apprendre de nouveaux
progrez des Armes de S. M. C. en Affrique. En
effet , le Comte de Montemar , après avoir sou
mis beaucoup de Païs aux environs , avoit fait ,
comme je vous l'ai mandé, un détachement considérable d'Infanterie et de Cavalerie , commandé par le Marquis de Villa - Darias , pour aller
faire le Siége de Mostagran , Ville située à l'em- bouchure de la Riviere de Chilef , à IS lieuës
d'Oran , du côté d'Alger ; à laquelle embouchure il avoit envoyé des Vaisseaux de Guerre et des
Galleres pour ' attaquer en même- temps la Place
par Mer. Mais les Vents contraires ayant empêché pendant plusieurs jours l'Escadre d'avancer , temps dont les ennemis ont sçu profiter
pour
OCTOBRE. 1732. 2175
pour se fortifier et pour recevoir des secours , le
Comte de Montemar envoya ordre au Marquis
de Villa- Darias de revenir au Camp avec ses
Troupes, remettant cette Expédition à une con- joncture plus favorable.
Depuis , ce General ayant reçu du Roy d'Espagne des Ordres précis de faire rembarquer toutes les Troupes , à l'exception de ce qui doit
composer les Garnisons des Places conquises , il
y a satisfait , et on a eu avis que la Flote et tous
les Bâtimens de transport étoient heureusement
arrivez dans les Ports d'Espagne. Le Comte de
Montemar s'est ensuite embarqué lui- même
venir rendre compte au Roy du succès de l'Expédition. On apprend qu'il est arrivé à la Cour le 17 d'Aoust que S. M. l'avoit fait Chevalier
de la Toison d'or , ainsi que Don Joseph Pathino , et qu'elle avoit honoré le Comte d'un
accueil des plus favorables.
pour
Pour ce qui regarde le Prince Maure, dont toutes les Nouvelles publiques ont parlé , qui offroit
la jonction de ses Troupes , pour réduire une
grande étendue de Païs , de donner son Fils en
Otage , &c. et qu'on attendoit même à Madrid ,
je n'en ai encore rien appris que je puisse vous donner pour certain. Mais la chose est
très-vraisemblable , et il n'est pas nouveau que
des Princes Mautes ayent recherché l'alliance des
Rois d'Espagne. Pour ne point sortir du sujet ni du Pays d'Oran , je vous dirai , Monsieur
ce que l'Histoire m'apprend à cet égard.
pour
A peine le Cardinal Ximenés étoit repassé en
Espagne , de retour de sa conquête , qu'il arriva
à la Cour des Ambassadeurs faire des propositions de la part du Roi de Tremesen ,
quelques moindres Princes de la Mautitanic , ofDiiij frant
et de
9
2176 MERCURE DE FRANCE
frant de rendre tous les Esclaves Chrétiens , de
payer même un tribut à laCouronne d'Epagne , en
faisant de grandes instances pour l'ouverture du commerce entre Oran et les Etats de ces Princes.
Ces Ambassadeurs , entr'autres choses , présenterent au Roi dix des plus beaux chevaux du pays,
magnifiquement harnachez , dix Faucons tout
dressez , de riches tapis , et un Lion apprivoisé
d'une grandeur et d'une beauté extraordinaire.
Je ne doute pas , Monsieur , qu'à mesure que
le Roi d'Espagne s'affermira dans sa nouvelle
conquête , et que ses Armes auront du progrès
dans le pays , les Puissances voisines ne tiennent
une pareille conduite.
Vous avez sçû , sans doute , que l'allarme a
été grande à Alger avant même la prise d'Oran ,
qui faisoit partie de cette Régence ; Alger , dis- je,
Ville si fiere , si bien munie , et si redoutable à la
Navigation , et au Commerce de la Chrétienté.
Aux seuls préparatifs de l'armement , la terreur
a été telle que les Algeriens avoient envoyé les
femmes , les enfans et leurs meilleurs effets dans
les Montagnes , et que la Régence avoit envoyé
une députation au Grand Seigneur pour deman- der du secours. Le Bailli de Vattan étant allé
dans le même tems à Alger avec l'Escadre des
Vaisseaux du Roi , qu'il commande , il a trouvé
les choses sur le pied que je viens de dire ; quelques Lettres ajoûtent que le Dey allarmé lui
avoit demandé si la France s'unissoit à l'Espagne
contre cette Régence , à quoi M. de Vattan
avoit répondu que quand le Roi son Maître auroit sujet de se plaindre d'elle il sçauroit la punir,
sans avoir besoin d'autré puissance que dela sienne.Veuille le Ciel humilier de plus en plus ces ennemis du Christianisme et du Genre humain. Et
puis-
OCTOBRE. 1732. 2177
puissent enfin les Vainqueurs d'Oran y faire
reporter ces fameuses Cloches qui en furent
' enlevées lors de la derniere invasion , et menées ,
pour ainsi dire , Captives à Alger.
D
Cependant vous ne sçauriez croire , Monsieur,
combien tout le Monde chrétien à été sensible
à l'heureux succès des Armes du Roi d'Espagne
à commencer par la capitale. Le Cardinal Ben
tivoglio , Ministre de cette Couronne à Rome
reçût l'heureuse nouvelle le 2.1 . Juillet , sans par- ler des dépêches du Nonce d'Espagne , qu'un autre Courrier apporta le même jour. Le Pape reçût cette nouvelle avec un excès de joye. S. S. en donna sur le champ des marques publiques Après
avoir fait l'éloge de la pieté et du zele de S. M. C.
elle assura le Cardinal B. qu'elle feroit tout ce
qui seroit en son pouvoir pour seconder ses
grands et ses pieux desseins. Le Pape résolut en
même-tems d'envoyer au Roi d'Espagne un Bref de félicitation , d'exhortation , &c. Le Cardinal
Alberoni partit quelques jours après pour Florence pour complimenter l'Infant Don Carlos sur cet évenement.
Ce Prince qui avoir reçu la même nouvelle le
20. se rendit d'abord à l'Église de l'Annonciade ,
où il fit chanter le Te Deum , en actions de gra
ces. Le Grand Duc le fit chanter dans l'Eglise
Métropolitaine de Florence..
* Ce sont les grandes Cloches que le C. Ximenés
fit fondrepour la principale Eglise d'Oran , qu'il nomma Notre- Dame de la Victoire. Les Maures
Les enleverent en l'année 1708. les porterent à Alger, et affecterent de les placer à une des Portes de
La Ville , où on les voit encore comme une espece de
triomphe sur les Chrétiens.. D Y
2178 MERCURE DE FRANCE
Je reviens à Rome , pour ajouter que le Pape
fit part au Sacré Collège de la prise d'Oran, &c.
dans un Consistoire particulier,tenu le 11 Aoust;
et le 13 , on commença par ordre de S. S. les ré
jouissances publiques. On sonna toutes les Cloches de la Ville , on tira le Canon du Château
S. Ange , et le soir il y eut des Feux et des Illuminations par toute la Ville. Le 15. Fête de l'Assomption, le Pape se rendit, en grand Cortege , à
l'Eglise de Sainte Marie Majeure , où S. S. tint
Chapelle Pontificale , à laquelle le Sacré Collége
assista. La Messe y fut célebrée par le Cardinal de
la Mirandole, Archiprêtre de cette Eglise, et aprèsla Messe on chanta le Te Deum à plusieurs
Chœurs de Musique. Il y eut un grand concours de personnes de distinction , et une affluance extraordinaire de Peuple. Le Château S. Ange
fit plusieurs décharges de toute son Artillerie.
Le Cardinal Bentivoglio avoit déja fait chanter le Te Deum solemnellement dans l'Eglise Nationnale des Espagnols , le 25 Juillet , jour de St
Jacques , auquel le Cardinal Belluga , Protecteur
des Affaires d'Espagne , celebra , avec beaucoup
de pompe , la Fête de cet Apôtre , Patron des
Espagnes.
-Je m'attens bien d'apprendre dans peu de jours:
que de pareilles actions de graces ont été renduës
dans Oran même , et que l'exercice de la vraie
Religion s'y fait actuellement dans les mêmes
Temples , dont le Mahométisme s'étoit emparé;
que les Livres d'Eglise y sont à la place de l'Alcoran et de la à Sunnah , et que la Foy pourroit
a C'est ainsi que les Mahometans appellent le Recueil des Faits et Dits de Mahomet , conservez
par tradition , &c. C'est comme la Miscnah des
Hebreux; la seconde Loy , la Loy Orale . c.
enfin
OCTOBRE. 1732. 2179
enfin penetrer delà dans le reste de cette Partie
de l'Affrique , où elle a été autrefois si floris- sante.
Vous me demanderez peut être , Monsieur , si
on n'a point rapporté parmi les dépouilles des
deux Places conquises , quelques Manuscrits de
Littérature Arabe? Cela se pourroit fort bien ;
les Sciences n'ont pas moins fleuri sous les Califes d'Affrique que sous ceux de l'Asie, et particu- lierement dans les Païs circonvoisins d'Oran, sur
tout après l'expulsion des Arabes de toute l'Espagne ; expulsion qui contribua beaucoup à faire
de cette Ville , l'une des plus grandes , des plus:
celebres et des plus riches Villes du Mahométisme,où se retirerent les Personnages les plus con- sidérables en tout genre.
Les Historiens Espagnols m'apprennent que
lorsque le Cardinal Ximenés fit son entrée solemnelle dans Alcala , après la Conquête d'Oran ; la
seconde chose qui parut dans son triomphe, après
plusieurs Chameaux , conduits par des Esclaves
chargez de Pieces d'or et d'Argent destinées pour
le Roy , ce fut une quantité de Livres Arabes d'Histoire , de Médecine , d'Astrologie , &c. qui
furent placez dans la Bibliotheque du Cardinal ,
lequel les laissa depuis à la Bibliotheque de l'Université d'Alcala , qu'il avoit fondée , où on les
voit encore aujourd'hui.
Ximenês n'a pas sans doute tout enlevé, et dans
Fespace d'environ 25 années qu'a duré la derniere invasion , il peut être entré dans Oran d'au
tres Manuscrits Arabes , curieux et utiles ; le
Païs des environs et sur tout la Ville de Trémé
sen , qui a fondé celle d'Oran , ne doivent pas em
être dépourvûs. Je connois deux Autheurs de réputation , originaires de cette même Ville , done D vi les:
3 MERCURE DE FRANCE
-
les Ouvrages sont fort estimez par les Bibliogra
phes Orientaux. Le premier est Assifeddin , Soliman Ben Ali , surnommé Telmessani ou de
Tremesen , Autheur d'un Scharh , ou Commentaire sur le Poeme du celebre Ebn * Faredh , intitulé , Taiiah. Ce Commentateur est mort l'an
690 de l'Hégire 1291. de J. C. L'autre Ecrivain
Arabe est Schamseddin , Mohammed Ben Amed,
Ebn Al Merousi , Marzouk , aussi surnommé
Talmessani, ou de Trémésen. Il est Autheur d'un
Livre , intitulé : AschrafAl Thoraf l'Almalek Al
Aschraf: C'est un Recueil de Eons Mots et de
Contes agréables , dédié à Malek Al Aschraf
Roy d'Egypte , avec un Traité de l'Egypte, dans
lequel l'Autheur prétend prouver que c'est le meilleur Pais de toute la Terre habitable Il mourut l'an 781. de l'H.gire ou l'an 1379. de notre
époque. Mais lais ons à l'illustre Gouverneur
d'Oran 1 soin de recueillir tout ce qui peut être
resté de bon dans le Païs , en fait d'Erudition
Arabe Il est plus en état que personne de le faire,
avec un juste discernement , et d'en enrichir un
jour la République des Lettres.
Vous me paroissez touché du mérite d'André
Doria , le Liberateur d'Oran , et content de la
Médaille de ce grand Homme , dont je vous ai
Scharfeddin Omar Ebn' Faredh , originaire
de Hamal , en Syrie , né au Caire l'an 577 de
l'Hegire , ou 1181. de J. C. fut l'un des plut Illus- tres Poëtes Arabes. Le Recueil de ses Poësies, sous le
nom de Divan , est tres- estimé , et a eu plusieurs
Commentateurs. Il composa le Taiiah , en faveur
des Sofis , espece de Religieux Musulmans qui
donnent dans la Mysticité , &c. Les Foësies de cet Autheur sont dans la Bibliotheque du Roy.. entre
1
OCTOBRE. 1732. 2181
entretenu dans ma derniere Lettre. Je puis bien
avoir fait quelque omission sur ce sujet , car , je
vous avoue , Monsieur , que ce n'est qu'en finissant cette Lettre , que j'étois pressé de faire partir, que j'ai sçu que Doria avoit eu un Historien,
et que cet Historien est le fameux Jesuite Sigonius , dont les Ouvrages , en grand nombre, sont
en réputation et ne se trouvent pas tous ensemble bien aisément. J'ai cependant eû le plaisir de
lire depuis dans cet Autheur la Vie a d'André
Doria , et d'avoir trouvé en lui un garant des
principales choses que je vous ai écrites sur ce
sujet.
de
Il en faut seulement excepter l'article de la
Statue , érigée par la République de Génes , en
l'honneur de Doria Elle est de Marbre blanc ,
selon mes Mémoires , et suivant le rapport
ceux qui l'ont vûë placée dans le Vestibule du
Palais où s'assemble le Sénat , et élevée sur un
Pié d'Estal , sur lequel est l'Inscription que j'ai
rapportée.
Aprendre littéralement le Narré de Sigonius,
qui rapporte tout du long le Decret du Sénat , la
Statue seroit de Bronze , et placée dans la grande Sale de ce Palais. Mais cela me paroît aisé a
concilier. Dans ce Decret , datté du mois d'Octobre 1578. le Sénat , après avoir fait un Előge magnifique de Doria , qui avoit, dit-il , rendu
la liberté à sa Patrie , &c . s'exprime ainsi , au su
a Cette Vie se trouve dans un des Volumes des
Oeuvres de Sigonius , intitulé : Caroli Sigonii ,
Historia de Rebus Bononiensibus , Libri VIII.
Ejusdem de vita ANDREE DORIE , Libri duo..
quibus accesserunt , &c. 1. vol. Fol. Francofurti ,
1603
jer
2182 MERCURE DE FRANCE
jet de la Statuë : Decrevit ut Andrea Doria Enea
Statua in magna Pratorii Aula , quoadfieri possit
ornatissima , cum ipsius nominis Inscriptione ponatur. Il est sans doute arrivé que dans l'exécution
de ce Décret , le Sénat , toujours le Maitre de ses
Décisions , ait , par des raisons qui nous sont inconnues , trouvé à propos de changer la matiere
et la situation de ce Monument , qui en effet se
trouve plus exposé à la vénération publique à
l'entrée du Palais , qu'il ne le seroit dans l'enté- rieur de ce Bâtiment. L'intention du Sénat est
toujours remplie , et l'Historien qui a écrit , et
qui est mort avant l'exécution , n'a point de
tort.
à
Je n'ai pû trouver, au reste , dans cet Historien, ni dans aucun autre Ecrivain le nom et la famille
de l'Epouse d'André Doria , dont le même Historien éleve si fort le rare génie et le mérite superieur, dont il fait, en un mot , une Héroïne , laquelle l'Empereur Charles V. voulut rendre visite en passant par Génes et qui donna à ce Prince des Conseils admirables , &c Je ne comprens pas trop cette omission de la part de Sigonius, d'ailleurs si exacts qu'en nommant la Mere
de Doria , il nous fait entendre qu'elle étoit de la
même Maison que son Epoux. J'ai aussi appris de cet Autheur que la Principauté de Melphe , donnée par Charles V. à Doria , et généreusement refusée d'abord, est située
dans le Royaume de Naples , relevant de cette.
Couronne. Elle Y avoit été réunie par la défection , ou la félonie de Jean Carracioli , Prince de
Melphe. Vous avez vû , Monsieur , dans ma derniere
Lettre , que le fameux Pyrate Dragut , pris par char- les Galeres de Doria , fut amené à Génes ,
gé
OCTOBRE. 1732. 218
é de chaînes , &c. Sigonius décrit élégamment
Phumanité et la générosité exercée par A. Doria
envers ce Captif , que je crois plus que jamais ,
après cette lecture , être representé sur le Revers
de notre Médaille , et non pas Barbarousse, com
me je l'avois d'abord pensé. Ce Captif , dis- je ,
homme féroce et barbare , s'il en fut jamais , est
bien connu sur ce pied-là par Doria Norat enim feros illius. moreş , et immanem naturam , dit notre Historien. Je crois que vous le reconnoîtrez à
ces traits sur la Médaille même , tant l'habileté
du Graveur a été grande àexprimer tout cela, par son Burin.
Rien,au reste, n'est plus pathétique et plus moral que le Discours de Doria fait à Dragut en le mettant en liberté. Il mérite d'être lû dans cet
Autheur: Morale et Eloquence perduës! les monstres ne s'apprivoisent presque jamais. Vous sçavez de quelle ingratitude Dragut paya dans la
suite son Libérateur, qui pensa être la Dupe d'une
générosité sans exemple.
J'apprens encore dans le même Livre , que les
Génois avoient fait Doria leur Généralissime de
Terre et de Mer. C'est la matiere du 38 Chap.
du onzième Livre , intitulé : De Maritimo ac
Terrestri Imperio ei à Genuensib, delato.
Je trouve enfin une circonstance singuliere dans
le 43 et dernier Chapitre , qui donne une grande idée de l'attachement et de la reconnoissance
de ce General , pour l'Empereur Charles V. en
ordonnant par l'Acte solemnel de ses dernieres
volontez, qu'on mit avec lui dans son Tombeau
Les Lettres de ce Prince par lesquelles il l'avoit
créé Chevalier de la Toison d'or.
Une autre circonstance non moins singuliere ,
que j'ai tirée d'un Mémoire particulier, venu de- puis
2184 MERCURE DE FRANCE
puis peu de Génes , c'est qu'André Doria , né
pour ainsi dire , pour les Armes et pour les Exploits Guerriers, ne porta jamais d'Epée ni de Poignard ; il disoit sur cela que toute sa force êtoit dans sa tête et dans l'amour de ses Concitoyens. Ne vous semble-t -il pas, Monsieur , être
transporté dans les meilleurs temps de la Republique Romaine , et voir revivre les Fabius , les
Lucullus , les Catons , dans ce grand Personnage ?
Finissons par un court Eloge , consacré à sa
Mémoire , et composé à Génes , en 158 6. à l'occasion de la Statue dont nous avons déja parlé ,
par l'Editeur de Sigonius :
Hic tamferventi Patria flagravit amore ,
Illius ut chara pro libertate tuenda
Horribiles Regum non formidaverit iras ,
Hic quoque cum Patria Regno , Sceptroquepotiri
Posset et aurata frontem redimire corona ,
Contempsit Regni fastus , nomenque Tyranni.
Huic maris Imperium vasti , sævumque tridentem
Neptunus , Pelagique leves concessit habenas :
Quin etiam aratis premerit cum classibus &quor,
Haud Pauci impavidi admirantes pectoris ausa.
Neptunum , aut sacro Neptuni è sanguine cretum
Mortalesque Deum vultus sumpsisse putarunt.
Hoc certum est , nullas Neptunum amplectier oras
Quá non ille simulfama penetrarit et armis,
Je finirois ici ma Lettre , Monsieur , si par vo
tre Réponse à ma précedente , je n'étois pas obligé
OCTOBRE. 1732. 2185
gé de revenir à Oran , pour vous dire en trèspeu de mots, qu'après quelques recherches je n'ai
rien trouvé qui autorise ce que Davity * en a dit,
sçavoir , qu'elle est la Capitale d'un petit Etat
nommé le Marquizat d'Oran , &c. et qu'à l'égard de Marzalquibir , dépendant , dit il , de ce
Marquisat, cette Ville fut enlevée aux Maures par
le Marquis de Comarez en 1555. Ce dernier fait
me paroît contredit par les meilleurs Historiens,
qui s'accordent tous à mettre la premiere conquête de Marzalquibir par les Espagnols en 1508.
ce fut comme le prélude de celle d'Oran , qui ne
fut réduit que l'année d'après. Don Fernand de
Cordoue commandoit l'Armée qui prit Marzalquibir , et non pas le Marquis de Comarez.
Dans mes Recherches j'ai trouvé quelquefois
cette expression dans certains Auteurs le Royaume d'Oran , cela n'est peut-être pas exact, mais il sert àprouver que cette Ville , Colonie , comme
je l'ai dit ailleurs , de celle de Tremesen et dans l'entiere dépendance des Rois de Tremesen , devenue extrêmement puissante par le commerce
et par la navigation , avoit secoué le joug de ses
prémiers Maîtres pour se faire Capitale d'un Etat
particulier , qui obéissoit apparemment à quelque Chef qui prit le nom de Roy , Etat qui devint ensuite presque Républiquain et qui étoit
tel lorsque les Espagnols conquirent Oran et ses
dépendances.
A l'égard de la puissance de cette Ville lors de
la Conquête , l'Historien du Ministere du Cardinal Ximenés , dit que les Maures chassez d'Espagne qui s'y étoient retirez , l'avoient tellement peu-
* Description generale de l'Affrique. Edition de
Rocolles , T. VI, in fol. Paris 1660.
plée
2186 MERCURE DE FRANCE
›
*
plée et enrichie, qu'elle pouvoit mettre sur pied des
Armées assez considerables. On peut juger , ajoûtet'il , de la grandeur et des richesses d'Oran par son
commerce et de son commerce par le nombre de
1500. Boutiques qui y étoient lorsque Ximenés la
prit.Le butin, sans y comprendre ce qui fut détourné,
fut estimé 500. mille écus d'or ; toute l'Armée s'enrichit à cetteprise , et il y eut tel particulier qui en rapporta jusqu'à dix mille ducats. Les richesses
d'Oran n'étoient pas ce qui contribuoit le plus à sa
réputation; sa grandeur , le nombre de ses habitans,
sa situation , son Port , son Arcenal , où l'on trouva
plus de 60 Pieces de gros Canons , sans compter les
moindres , et un nombre infini de toutes sortes d'armes >
la faisoient passer pour la plus importante
Ville de toute l'Afrique.
Il est vrai qu'il y a eu du changement dans la
fortune de cette Ville; mais sa situation maritime,
et ses autres avantages naturels étant toûjours les
mêmes , c'est un coup important pour l'Espagne
d'en avoir fait la conquête , contre la pensée de
certaines gens mal instruits et peu éclairez , qui
font des raisonnemens contraires et qui comptent
pour peu de chose la prise de ces deux Places. La
seule prise du Port de Marzalquibir met toute la
Côte d'Espagne même en sureté,et ouvre une entrée à la conquête de l'Affrique. C'est ainsi que
s'estexprimésur ce sujet un Historien Espagnol
des plus sensez.
Qu'il me soit permis , Monsieur , en finissant
Jerome Julien , Historien , qui étoit à la conquête d'Oran , dit les avoir comptées , par le nom
de Boutiques ilfaut entendre des Magazins remplis de Marchandises , c.
* Alvar-Gomez de Castro de reb. gestis Ximen.
d'observer
OCTOBRE. 1732. 2187
d'observer ici une méprise de M. d'Herbelor
dans sa Bibliotheque Orientale au sujet de notre
Marzalquibir , page 558 , que l'Auteur confond
avec le Port et la Ville de Velez , autrement le
Penon de Velez, situez sur la même Côte de Barbarie , mais c'est si peu la même chose , que selon les meilleurs Géographes et selon la nouvelle
Carte de la Mer Méditerranée , il y a de Marzalquibir à Velez , situé près le Détroit , plus de
deux cens cinquante milles, ou environ soixante
et dix lieuës Françoises. M. d'Herbelot ajoûte
que Garcia de Tolede , Capitaine Espagnol , prit
Velez en 1564. ce qui ne s'accorde pas avec l'Histoire de la conquête d'Oran par Ximenés ; l'Au- teur Espagnol qui l'a écrite , marque expressément que peu de temps avant la prise d'O
*
ran, le même Pierre de Navarre , dont il est tant
parlé dans cette Histoire , avoit réduit cette Ville
de Velez sous l'obéissance du Roy d'Espagne. Ce
General après le départ de Ximenés fit encore
d'autres conquêtes ; il prit Bugie , Capitale du
Royaume de ce nom , puis Tripoly , &c. et se
rendit la terreur de toute l'Affrique. Enfin Alger
se rendit tributaire de la Couronne d'Espagne.
,
Je souhaite aux Armes de S. M. C. de pareils
succès et de plus considerables pour le bien de la
Chrétienté , pour la gloire de ce grand Prince et
pour celle de la Religion. Je m'engage en même
temps de vous instruire avec la même exactitude
de la suite des Evenemens. Je suis, Monsieur, &c.
A Paris , le 26. Septembre 1732..
*Pi
Fermer
Résumé : QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
La lettre de M. D. L. R. au Marquis de B. discute de la conquête d'Oran et de ses conséquences. La prise d'Oran et d'une autre place stratégique sécurise la navigation et le commerce en Méditerranée, protégeant ainsi les côtes espagnoles des attaques des pirates maures. Cette victoire permet à la religion et à la couronne d'Espagne de récupérer des possessions anciennes. Le Comte de Montemar, après avoir soumis plusieurs pays voisins, avait envoyé un détachement dirigé par le Marquis de Villa-Darias pour assiéger Mostagran. Cependant, des vents contraires ont empêché l'escadre d'avancer, permettant aux ennemis de se renforcer. Montemar a donc ordonné le retrait des troupes et reporté l'expédition à une date plus favorable. Par la suite, Montemar a reçu l'ordre du roi d'Espagne de rembarquer toutes les troupes, sauf celles nécessaires pour les garnisons des places conquises. La flotte est arrivée en Espagne, et Montemar a été fait Chevalier de la Toison d'or pour ses succès. La lettre mentionne également un prince maure offrant son alliance, bien que cette proposition manque de confirmation certaine. Historiquement, des ambassadeurs avaient déjà proposé des alliances et des tributs à l'Espagne après la conquête d'Oran par le Cardinal Ximenès. La nouvelle de la conquête a suscité une grande joie à Rome et à Florence, où des actions de grâce ont été organisées. Le pape a félicité le roi d'Espagne et a ordonné des réjouissances publiques. La lettre évoque aussi la possibilité de retrouver des manuscrits arabes de littérature, de médecine et d'astrologie, similaires à ceux rapportés par Ximenès lors de sa conquête. Elle mentionne deux auteurs arabes réputés originaires de Trémésen, ville voisine d'Oran. Enfin, la lettre fait référence à André Doria, libérateur d'Oran, et à son historien, le jésuite Sigonius, qui a écrit sur la vie de Doria.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8499
p. 274-294
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
Début :
Comme des amis communs entre M. Bouguet et moi, m'avoient [...]
Mots clefs :
Hydrographie, Cercle, Hauteur, Mer, Terre, Demi-cercle, Professeur royal, Rayon, Instruments, Figure, Pinule, Mouvement, Observations, Astres, Marteau, Circonférence
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
REPONSE de M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hidrographie , sur ce que
M.Bouguer, cy- devant Professeur d'Hidrographie au Croisic , à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de
Grace a dit au sujet du Demi- Cercle que
·M. Meynier a inventé pour observer sur
Meret à Terre , la hauteur du Soleil et
des Etoiles , sans qu'il soit necessaire de
voir l'horisons et au sujet du Quart de
Cercle que M. Bouguer a donné pour être
preferable au Demi Cercle et à tous les
autres Instrumens qui sont en usage sur
Mer, pour le même sujet.
C
Omme des amis communs entre
M. Bouguer et moi , m'avoient dit
lui avoir représenté le tort qu'il a eû de
parler de mon Demi- Cercle de la maniere qu'il en a parlé dans un Ouvrage
intitulé : De la Méthode d'observer exactement sur Merla hauteur des Astres , imprimé
FEVRIER 1732. 295
primé à Paris , chez Claude Jombert en
l'année 1729 , j'avois crû qu'il auroit pû
y faire attention et reparer sa faute dans
le Public ; mais bien loin qu'il en ait été
question , depuis plus de deux ans et demi que j'ai lieu de me plaindre de la
fausse idée qu'il en a donnée dans son Li
vre ; il m'a fait verbalement depuis peu
de jours une espece de défi d'y répondre ,
ce qui m'a indispensablement engagé à
mettre la main à la plume.
On voit dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17 : 4.
page 93. où M. Bouguer a dit avoir lû
la description de mon demi Cerle , que
ces Mrs l'approuverent après l'avoir examiné et après en avoir fait plusieurs observations au Soleil. Il est extraordinaire
qu'après cela M. Bouguer , qui ne l'avoit
pas vû, en ait fait un portrait au Public
qui n'y a aucune ressemblance , et qu'en
même temps il l'ait condamné sur ce
portrait d'une façon fort singuliere , malgré l'Approbation de l'Académie Royale
des Sciences.
Pour prouver que M. Bouguer a condamné ce demi Cercle sans le connoître
je rapporte ici mot-à-mot ce qu'il en a
dit , où il ne paroît pas qu'il en ait connu
la construction , la suspension ni les usa
Diiij ges.
1
276 MERCURE DE FRANCE
1
ges. J'ai aussi copié exactement la figure
3. de la premiere Planche de son Livre,
qu'il a donnée pour celle de mon demi
Cercle ; je la représente ici notée du même
chiffre 3. et des mêmes lettres. Je donne
en même temps le Dessein de mon demi
Cercle , dans la figure 4. étant suspendu
dans la Caisse MRTV, qui le met à
couvert du vent , de la même maniere
et au même état qu'il étoit lorsque l'Académie Royale des Sciences l'a examiné:
Je l'ai encore en cèt état- là , dans la même Caisse , de maniere qu'on peut ve
rifier très-facilement ce que j'avance.
La Caisse de cet Instrument est noir*
cie en dedans , afin d'absorber les rayons
du Soleil , elle ne devroit être represen
tée ouverte que par dessus ; mais je l'ai
représentée aussi ouverte par devant , afin
de voir plus distinctement toute la figure du demi Cercle et de sa suspension/
Pendant toutes les observations qui ont
été faites avec cet Instrument , sa Caisse
étoit posée à terre ou sur une table , ou
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention
que
du
celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier
facilement
LYON
*
1893*
partie interieure de l'Arc , et fait connoi hauteur comine dans l'Aneau Astronomique
Instrument peut être aussi d'usage la nuit ,
observer la hauteur des Etoiles ; mais appai
ment qu'on le suspend dans un sens contraire
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre pår une autre Pinule située sur la circonferen
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour Dy avo
ou sur une table > our
sur quelque banc , de maniere que l'Observateur n'avoit point d'autre attention.
que celle de regarder sur la circonference
de l'Instrument , le degré que le rayon du
Soleil y marquoit , qui étoit celui de sa
hauteur sur l'horison. On peut verifier facilement
FEVRIER 1732. 377
facilement ce demi Cercle pour sçavoir
s'il est juste , exposant simplement sa
Caisse successivement des deux côtez
MR. aux rayons du Soleil vers l'heure de
midi , car pour lors si le rayon du Soleil
qui passeroit par le centre I. marquoit le
même degré sur les deux côtez du demi
Cercle , son diamétre AC. seroit horisontal ; et si par hazard il inclinoit de quelque côté, ce qui ne pourroit arriver que
par quelque accident extraordinaire , outre qu'on pourroit y remedier sur le
champ par le moyen du petit poids S.
en le faisant glisser le long du diamétre
AC. on pourroit s'en servir aussi quoiqu'incline , comme je l'ai démontré dans
mes Mémoires. Voici ce que M. Bouguer
en a dit.
On voit dans la figure 3. le demi Cercle de
M. Meynier , actuellement Professeur Royal
d'Hidrographie au Havre de Grace. Ce demi
Cercle se suspend par la Boucle A. fig. 3. et le
rayon du Soleil passant par la pinule C. qui répond au centre , vient se rendre en E dans la
partie interieure de l'Arc , et fait connoître la
hauteur comme dans l'Aneau Astronomique. Cet
Instrument peut être aussi d'usagé la nuit , pour
observer la hauteur des Etoiles ; mais apparemment qu'on le suspend dans un sens contraire , et
qu'on vise à l'Etoile par la Pinule du centre ,
pår une autre Pinule située sur la circonference.
Nous ne connoissons ce demi Cercle que pour en
D v avoir
et
278 MERCURE DE FRANCE
avoir vu une description très succinte dans l'Histoire de l'Académie Royale des Sciences de l'An- née 1724. page 93. mais nous ne doutons point
que son sçavant Auteur ne lui procure une situation constamment horisontale , malgré le poids
de la Pinule , qui est située sur la circonference ,
et qu'on est obligé de faire monter ou descendre,
selon que les hauteurs sont plus ou moins
grandes.
Article premier , M. Bouguer dit que
la figure 3. represente mon demi Cercle ;
qu'il est suspendu par la Boucle A. et qu'il
fait connoître la hauteur du Soleil , comme
dans l'Anneau Astronomique. Il suffit de
regarder la figure qu'il donne pour celle
de mon demi Cercle , et de la comparer
avec la figure 4. qui en est la veritable
figure , pour en voir d'abord la difference. Bien loin que mon demi Cercle fig.
4. soit suspendu par la Boucle A. de la
figure 3. il est suspendu sur les deux Pivots NB. dans la Caisse MRVT. qui le
garantit du vent , lesquels Pivots NB.
sont portez par une seconde suspension
XNBZ de même que les Boussoles de
Mer. Ce demi Cercle a un poids O. vers
son milieu , lequel poids ayant le centre
de son mouvement particulier en P.
vibrations particulieres tendent à détruire plutôt le mouvement que le vaisseau
imprime au demi Cercle ; car à mesure
ses
que
FEVRIER: 1732. 279
les vibrations du poids O. et celles du
demi Cercle ADC. ne se font pas en
temps égaux , elles se contrarient récipro
quement et se détruisent mutuellement
en beaucoup moins de temps. Il est évident que par cette suspension l'Instrument obéit beaucoup mieux au Roulis
et au Tangage du Vaisseau , qu'il n'y
obeïroit s'il étoit suspendu par une Boucle; car si la suspension de la Boucle va- loit mieux on s'en serviroit pour suspendre les Boussoles de Mer ; mais l'experience prouve le contraire. On voit par là combien cet Instrument est different
de l'Astrolabe , de même que ses usages ,
et que parconsequent la comparaison de
M. Bouguer , n'est pas juste.
Article II. Il a dit que pour dit que pour observer
la hauteur des Etoilles pendant la nuit , apparemment on suspend mon demi Cercle d'un
sens contraire, et qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre. Ce terme d'apparemmentfait voir qu'il ne croit pas lui- méme
connoître la construction de cet Instrument , non- plus que ses usages ; mais
bien loin qu'on soit obligé de le suspendre d'un sens contraire , on ne fait jamais aucun changement à sa suspension
dans aucun de ses usages , et la Pinule.
du centre ne sert jamais pour observer la
D vj hauteur
280 MERCURE DE FRANCE
prohauteur des Etoiles ; car on trouve leur
hauteur avec cet Instrument par la
prieté des Angles formez à là circonfe
rence du Cercle, qui ont un avantage con.
siderable sur ceux qui sont formez au centre du même Cercle , en ce que leurs degrez occupent un Arc double des autres,
comme il est démontré dans la 24. Proposition du troisiéme Livre d'Euclide ,
ce qui rend leurs divisions parconsequent
beaucoup plus distinctes. Comme , par
exemple , l'Angle F A C. qui est celui de
la hauteur de l'Etoile L , qui est formé au
point A. de la circonference , qui est égal
à l'Angle A F E. qui est aussi à la circonference , qui est mesuré par la moitié de
l'Arc AE , égal à l'Arc FC, et qui est indiqué par l'extrémité E. de l'alidade E F.
Article III. Il condamne ce demi Cer→
cle , en disant qu'il croit que je lui procurerai une situation constamment horisontale,
malgré le poids de la Pinule , qui est située
sur la circonference qu'on est obligé de faire
monter ou descendre , selon que les hauteurs
sont plus ou moins grandes. Comme il est
necessaire dans tous les usages de ce demi
Cercle , que son dismétre A C. prenne
de lui- même une situation horisontale ,
quoique l'Astre soit plus ou moins élevé
cola seroit impossible , si le poids de quel
que
FEVRIER. 1732 28
que pinule qui seroit située sur sa circon
ference étoit capable de faire incliner
l'Instrument à mesure qu'elle se trouveroit plus ou moins élevée autour du de
mi Cercle , parce que pour lors son poids
agiroit sur des lignes verticales qui se
roient differemment éloignées de la ligne
verticale qui passeroit par le centre de
gravité du demi Cercle , ce qui feroit
changer l'équilibre de l'Instrument à
mesure que la hauteur de la Pinule changeroit Apparemment que M. Bouguer a
pris delà occasion de vouloir persuader
au Public que mon demi Cercle ayant
une Pinule qu'on fait monter ou descendre plus ou moins , suivant les differentes
hauteurs des Astres , ne devoit pas conserver sa situation horisontale, à cause du
poids de cette même Pinule ; mais il au
roit dû faire attention que si cela eût eu
lieu, Mrs de l'Académie ne l'eussent point
approuvé , étant très- capables de s'en être
appercûs , et si ensuite il eût été convaincu de cette verité , il n'auroit pas avancé
la chose si hardiment ; d'ailleurs les principes des forces mouvantes nous apprennent que tout corps qui a un mouvement circulaire autour d'un Cercle ou
d'un demi Cercle , ou autour de quelque
point, peut conserver toûjours le même
équilibre
282 MERCURE DE FRANCE
équilibre sur le centre de son mouvement , par le moyen d'un autre poids
qui aura le même mouvement sur un
bras de Levier opposé ; c'est ce qu'on
voit aux Pinules des Astrolabes qui montent et descendent autour de sa circonference de l'Instrument sans en changer
l'équilibre.
Je ne crois pas non-plus qu'il eût parlé de même de ce demi Cercle, si auparavant il eût pris connoissance de sa cons-
"truction, de sa suspension et de ses usages ,
parce qu'il auroit vû que la Pinule A. qui
est la seule qui soit située à la circonfe
rence de cet Instrument , n'est pas mobile , mais qu'elle est toûjours fixe à l'extremité A du diamétre AC , et que par
cette raison la hauteur de l'œil qu'on place
en K du côté de cette même Pinule , ne
change pas lorsqu'on fait l'observation
quoique la hauteur de l'Astre change. II
auroit aussi vû que la Pinule A ayant été
mise d'équilibre , avec le demi Cercle
ADC , sur le centre commun I , elle ne
doit jamais changer la situation horisontale de l'Instrument qui se suspend continuellement de lui- même par la verticale
qui passe par son centre de mouvement
et par son centre de gravité ; et que pour
ce qui est de la seconde Pinule F , elle se
trouve
FEVRIER. 17327 28
trouve toujours plus ou moins élevée audessus du demi Cercle , suivant les dif
ferentes hauteurs des Etoiles sur l'horidans le temps de l'observation ;
et que le centre de mouvement er de
gravité de l'Alidade EF , qui la porte ,
étant au centre I du demi Cercle , elle:
ne doit non-plus rien changer à l'équili
bre de l'Instrument dans quelque situation qu'on la mette ; et s'il eût demandé
à l'Académie des Sciences une plus gran-.
de instruction sur mon demi Cercle, comme il en étoit correspondant , on lui auroit communiqué , sans doute, le desseinet le Memoire que j'y ai laissé à ce sujet ;
on auroit pû lui communiquer en mêmetemps un Certificat autentique qu'elle
avoit reçû touchant les experiences qui
furent faites avec ce demi Ĉercle dans la
Rade de Brest , sur le Vaisseau du Roy
l'Elisabeth, qui n'ont été écartez que d'environ une minute de la vraye latitude
du lieu où elles furent faites , quoique le
Vaisseau eût beaucoup de mouvement
puisque lors de la derniere observation
le vent nous fit faire près de deux lieuës
de chemin en une heure de temps dans
un gros Bateau qu'on nomme Bugalet,
qui n'avoit qu'une seule Voile. J'avois
fait faire ce demi Cercle entierement semblable
284 MERCURE DE FRANCE
blable à celui dont il est parlé dans l'His
toire de l'Académie des Sciences de l'année 1724. il avoit seulement été divisé:
avec plus de soin. Avantque de partir pour
Brest, Mrs. de Cassini et deMaraldi, comparerent en ma presence à l'Observatoire
Royal plusieurs Observations faites avec›
ce demi Cercle à celles qui furent faites
en même temps avec un quart de Cercle
d'environ trois pieds de rayon , elles furent toutes trouvées égales à celles du
quart de Cercle de l'Observatoire à une
ou deux minutes près ; mais sans doute
que dans ce temps-là l'Histoire de l'Académie étoit imprimée , sans quoi je suis
persuadé que ces Mrs. y auroient fait inserer ces dernieres Observations.
Article IV. Il dit Connoître cet Ins
trument pour en avoir vu une Description
très-succinte dans l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences de l'année 1724. pages
93. Je rapporte ici cette même Descrip
tion mot à- mot , afin de faire voir au Public qu'elle ne l'autorise en rien du tout
sur l'idée qu'il a voulu lui donner de mon
demi Cercle.
Description de l'Académie. Un Instrument de
M. Meynier , consistant en un demi Cercle dont le diamétré se met dans une situation horisontale
par la maniere dont il est suspendu. Il sert à apprendre sur Mer, sans qu'il soit necessaire des voir
FEVRIER. 1732. 28
voir l'horison , la distance du bord superieur der
Soleil au Zenith, par le moyen de l'ombre faite
par les rayons qui passent par une fente qui
répond au centre du demi Cercle et va se projetter sur une circonference graduée , il sert aussi.à observer la hauteur du Soleil et des Etoiles , depuis l'horison jusques à environ so degrez , par
le moyende deux Pinules , avec lesquelles on vise
l'Astre. On a fait avec cet Instrument plusieurs
Observations qui ont été le plus souvent à 8 ou
10. minutes près , les mêmes que celles qui
se faisoient en même- temps avec un quart de
Cercle de deux pieds de rayon. Cet Instrument
est ingenieux et commode à cause que pour les
Observations des Etoiles, l'œil est toujours placé
à la même hauteur , quoique l'Etoile soit diffe- remment élevée , et parce qu'on n'a pas besoin
de voir l'horison. On a crû qu'il seroit préferable sur Mer à la plupart des Instrumens qu'on y'
employe , s'il y donnoit les hauteurs avec la même précision que sur Terre , ce que l'experience seule peut décider.
Je conviens que cette description est
tres- succinte ; mais cependant on n'y
trouve point du tout que ce demi cerclesoit suspendu par une boule , ni qu'il
donne la hauteur des Astres , comme l'As
trolabe ; ony voit seulement qu'il se place
horisontalement par la maniere dont il est
suspendu , et qui fait assez entendre que
cette maniere de le suspendre n'est pas
par une boule, car il auroit été plus court
et plus naturel à Mrs de l'Academie de l
dire
286 MERCURE DE FRANCÈ
dire dans leur Description. On n'y trouve
non plus rien qui donne aucune idée
qu'il faille suspendre ce demi Cercle d'un
sens contraire pour observer la hauteur
des Etoiles ; n'y qu'on vise à l'Etoile par
la Pinule du centre , ni rien qui puisse
faire douter que le poids des Pinules qui
y sont, puisse faire changer la situation
horisontale de l'instrument , en observant
la hauteur des Etoiles.
Il est surprenant que M. Bouguer n'ait
compris que le mot de demi Cercle ,
dans la Description de l'Académie , au
sujet de cet instrument, qu'il en ait donné
une idée au public, entierement différente
tant au sujet de sa construction , que de
sa suspension et de ses usages , par une interprétation , qui n'y a aucune ressemblance; qu'il en ait même parlé d'une maniere à faire voir évidemment qu'il ne le
connoissoit du tout point ; et qu'ensuite
il l'ait condamné d'une façon tres- singu
liere , en disant qu'il croit queje lui procurerai une situation constamment horisontale
malgré le poids de la Pinule , qui est à la
circonference.
Je propose à M. Bouguer de faire avec
lui l'experience de son quart de Cercle
et en même temps celle ce mon demi
Cercle , et celle du quart de Cercle Anglois ,
FEVRIER. 1932. 287
glois , en présence des personnes qu'il jugera à propos , afin de voir par là si sort
quart de Cercle vaut mieux que ces autres instruments , à la mer et à terre même , lorsqu'il fait du vent , ou lorsque
le corps de l'Observateur est en mouvement; mais puisqu'il a condamné mon
demi Cercle sans aucuu fondement , il
ne doit pas trouver mauvais que je détaille au public les raisons qui condamnent avec fondement le quart de Cercle qu'il a donné dans le même ouvrage ,
que j'ai cité , comme un instrument préférable au quart de Cercle des Anglois, et
à tous les autres instrumens qu'on employe sur Mer , pour observer la hauteur des Astres.
La figure 5 , represente le quart de Cer
cle dont les Anglois se servent pour. ob
server la hauteur des Astres.
La figure 6 , représente exactement le
quart de Cercle de M. Bouguer , qui ne
differe du quart de Cercle des Anglais
que parce qu'il est formé d'un seul- Arc ,
É FD , de même que tous les quarts de
Cercle ordinaires que tous ses rayons
sont égaux au grand rayon du quart de
Cercle Anglois , c'est à dire d'environ 23
pouces de longueur ; et que celui des Anglois , figure 5 , est formé de deux differentes
288 MERCURE DE FRANCE
rentes portions de Cercle A BHD. dont
les rayons CCA.A. CH. sont inégaux , le
grand CH. est d'environ 23 pouces , il y
en a quelquefois qui ont quelques pouces de plus, mais je n'en ai point vû qui
en eussent moins ; l'Arc D H. que ce
rayon soutient , est d'environ 25 à 30 dégrez. On appuye contre l'épaule le côté
Dde cet Arc, lorsqu'on fait l'observa-.
tion ; le reste des dégrez de ce quart de
Cercle , est sur le petit Arc A'B , qui n'est
ordinairement que de à 10 pouces de
rayon. J'en ai cependant vu un qui avoit
ce même rayon , d'environ un pied.
Nous avons en France , depuis treslong- temps , beaucoup de Pilotes qui se
servent du quart de Cercle Anglois, figu
re 5. Plusieurs y mettent un verre lanticalaire au martcau A, qui réunit les rayons
du Soleil sur le Marteau C , qui est au
centre de l'instrument; beaucoup d'autres
né se servent que d'un petit trou rond au
même Marteau , en place de Verre , et
quelquesautres ne se servent que de l'ombre qui tombé du bord du même Marteau
A' , sur celui du centre C.
Il y a long-temps que j'ai entendu dire
à nos Pilotes de Brest , et à ceux de Tou-.
lon , que ce qui a obligé de reformer le
quart de Cercle ordinaire , formé par un
seul
FEVRIER 1732. 289
?
seul rayon , comme celui de la figure 6 , a
été , premierement , parce que le vent
avoit beaucoup plus de force sur la circonference E H,figure 5 , que sur la semblable circonférence A B. Secondement
parce que cette circonference E H, outre
qu'elle recevoit beaucoup plus de vent
étant plus grande , étoit ausst beaucoup
plus éloignée de la main de l'Observateur qui tenoit l'instrument en I , de
maniere que la force du vent agissoit sur
un Lévier beaucoup plus long , qui fatiguoit davantage l'Observateur, et qui causoit un plus grand mouvement à l'instru
ment ; de sorte que non-seulement l'Observateur ne pouvoit pas le tenir si ferme,
mais pas même si vertical , ni si horisontal , à cause du vent , ce qui rendoit l'observation d'autant plus douteuse que le
vent étoit plusfort. Troisiémement, parce
que le bord de l'ombre du Marteau E. figure 6 , en tombant sur le Marteau C, de
la distance E C , lorsqu'elle étoit d'environ 23 pouces, étoit beaucoup moins sensible sur ce même Marteau C , que lorsqu'il ne tombe que de la distance A C ,
figures , qui n'est ordinairement que
d'environ 9 pouces. Quatrièmement
parce que la distance EC , figure 5 et 6 ,
étant d'environ 23 pouces , le mouvement
>
290 MERCURE DE FRANCE
ment de l'ombre du bord du Marteau, ou
le mouvement du rayon du Soleil , qui
tomboit du Marteau E sur le Marteau C,
parcouroient un espace qui étoit plus de
deux fois et demi aussi grand , que l'espace qu'ils parcourent sur le même Marteau C , lorsque cette distance n'est que d'environ 9 pouces , telle que A C, figure
55 car quoique le mouvement des deux
instrumens , figure $ et 6 , fût le même,
le mouvement de l'ombre du Marteau E,
ou le mouvement du rayon du Soleil ,
qui tomberoit du même Marteau E , sur
celui du centre C, des figures 5 et 6 , seroit au mouvement de cette même ombre , ou rayon qui tomberoit du Marteau A, sur le Marteau C , de la figure
5 :: comme le rayon EC, des figures 5
et 6 , est au rayon A C de la figure 5 , ce
qui formoit une tres-grande difficulté ,
parce que pour lors on ne pouvoit estimer le milieu de ce mouvement que tresimparfaitement;car comme il falloit aussi
estimer en même temps le milieu des
rayons du Soleil sur le Marteau C ; ces
deux estimations qui doivent se faire dans
le même instant , étoient d'autant plus
difficiles et douteuses , que le mouvement
de ce rayon sur le Marteau du centre C
étoit plus grand. Cinquièmement , parce
-
que
FEVRIER. 1732. 291
pas
que lorsqu'on a voulu avoir le rayon du
Soleil sur le Marteau C , par le moyen
d'un trou au Marteau E , quelque petit
que fût ce trou , l'étendue du rayon de
Astre qui y passoit étoit fort grande sur
le Marteau C, et beaucoup moins distincte , principalement lorsque le Soleil n'est
bien brillant , comme cela arrive tressouvent à la Mer ; ce qui n'est pas de même lorsque la longueur du rayon de l'A
tre n'est que de 9 à re pouces. Sixièmement , parce que ces difficultez augmentoient encore davantage , lorsque le Soleil étoit fort élevé sur l'horison , ou près
du Zénith ; car pour lors l'étendue de son
rayon sur le Marteau C, prenoit une figure ovale , beaucoup plus grande,à cause de l'obliquité du plan du Marteau C,
avec le rayon de l'Astre. Septiémement ,
parce que lorsqu'on a voulu mettre un
verre lenticulaire au Marteau E, figure 6,
pour réunir les rayons du Soleil sur le
Marteau C, on a trouvé qu'un verre d'environ 23 pouces de foyer , ne donnoit pas
les rayons de l'Astre si bien réinis qu'un
verre d'environ 9 pouces de foyer , de
maniere qu'on n'en pouvoit pas estimer
le milieu si exactement ; d'ailleurs cette
lentille ne détruisoit pas l'augmentation
du mouvement des rayons du Soleil sur
le
292 MERCURE DE FRANCE
le Marteau C , ce qui est un tres- grand
obstacle , auquel on n'a pû remedier
qu'en racourcissant considerablement le
rayon à une partie du quart de Cercle ,
comme on le voit à la figure 5 .
Etant en Angleterre l'année derniere,
et scachant que tous les Anglois se servent sur Mer du quart de Cercle , de la
figures , je m'informai pourquoi ils ne
font pas ce quart de Cercle regulier, c'està-dire d'un seul arc de Cercle. On me répondit à peu près la même chose que ce
que j'en avois apris de nos Pilotes François. On y ajouta seulement,que ceux qui
voudroient se servir d'un quart de Cercle d'un seul Arc , pour observer la hauteur des Astres sur Mer, en seroient bientôt desabusez, puisqu'eux-mêmes ne se servent pas de l'Arc du grand rayon tout
seul pour observer la hauteur du Soleil, à
cause des raisons susdites , quoiqu'ils le
pussent toutes les fois que les dégrez de
la hauteur de l'Astre n'excedent pas les
dégrez de l'Arc du grand rayon de l'ins
trument.
Quand même nos Pilotes et les Anglois
n'auroient pas pour eux l'experience
comme ils l'ont , qui confirme leurs raisons , elles sont trop pour ne
pas s'y rendre ; et ils sont fondez à croire
évidentes
qu'ils
FEVRIER.
1732. 293
qu'ils ont eux - mêmes reformé le quart
de Cercle ordinaire , avec connoissance
de cause et avec fondement , pour leur
servir plus exactement et plus commodé
ment à observer la hauteur des Astres sur
Mer , en formant le quart de Cercle de
deux differens Arcs , comme celui de la
figure 5.
Les raisons que je viens de détailler
font voit que ce n'est pas le seul embarras
de l'instrument qui a occasionné la réforme que les Pilotes en ont faite , mais bien
la nécessité ; ce qui nous prouve que l'expérience sur cette matiere en a plus appris
aux Pilotes que la Théorie. Car il est assez
évident à ceux qui ignorent ces expériences , que le quart de Cercle qui auroit
deux pieds de rayon , devroit être plus
précis que celui qui n'en auroit que 9 ou
10pouces,parce que les divisions de ce premier seroient beaucoup plus grandes que
celles de l'autre , et par consequent plus
distinctes et plus exactes ; cela est incontestable à terre; mais le raisonnement doit
ceder à
l'expérience ,
principalement en
ce qui regarde la navigation.
Si M. Beguer , dont la Théorie est
profonde , avoit pratiqué la Mer ou fait seulement une campagne de long cours ,
pendant laquelle il se futservi de son quart
E de
294 MERCURE DE FRANCE
de Cercle, figure 5, pour observer la haureur du Soleil , je ne croi pas qu'il l'eut
proposé ensuite pour s'en servir à la Mer,
préférablement aux instrumens ordinai
res , parce qu'il en auroit senti lui-même
les difficultez mentionnées cy-dessus.
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Résumé : REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
M. Meynier, ingénieur du Roy pour la Marine et ancien professeur royal d'hidrographie, répond à M. Bouguer, qui a critiqué son invention du demi-cercle pour observer la hauteur du Soleil et des étoiles sans voir l'horizon. Meynier conteste les affirmations de Bouguer, qui a préféré le quart de cercle à son demi-cercle dans un ouvrage publié en 1729. Meynier souligne que l'Académie Royale des Sciences avait approuvé son demi-cercle après l'avoir examiné et utilisé pour des observations solaires. Meynier reproche à Bouguer de ne pas avoir connu la construction, la suspension et les usages de son demi-cercle, et de l'avoir condamné sur la base d'une description incorrecte. Il présente des figures comparant la représentation erronée de Bouguer avec la véritable figure de son demi-cercle. Meynier explique que son instrument est suspendu dans une caisse qui le protège du vent et qu'il est conçu pour s'adapter au roulis et au tangage du vaisseau. Il détaille également les usages de son demi-cercle, tant pour les observations diurnes que nocturnes, et réfute les critiques de Bouguer sur la stabilité horizontale de l'instrument. Meynier affirme que les principes des forces mouvantes permettent à l'instrument de conserver son équilibre, et que l'Académie Royale des Sciences avait validé son fonctionnement par des expériences réussies. En 1724, des observations faites avec un demi-cercle ont été comparées à celles réalisées avec un quart de cercle de trois pieds de rayon, et les résultats ont été jugés égaux à une ou deux minutes près. Cependant, ces observations n'ont pas été incluses dans l'Histoire de l'Académie des Sciences, probablement parce qu'elle était déjà imprimée. Le texte mentionne également une description succincte d'un instrument de M. Meynier, consistant en un demi-cercle horizontal, utilisé pour mesurer la distance du Soleil au zénith et observer la hauteur des astres. Cet instrument a été jugé ingénieux et commode, bien que son utilité en mer reste à prouver. L'auteur critique M. Bouguer pour avoir mal interprété la description de l'instrument et propose de comparer les performances du quart de cercle de Bouguer avec celles du demi-cercle et du quart de cercle anglais en présence de témoins. Les pilotes ont réformé le quart de cercle ordinaire, formé d'un seul arc, en un instrument à deux arcs différents pour des raisons pratiques et d'expérience. Enfin, l'auteur souligne que la théorie doit céder à l'expérience, surtout en navigation, et critique M. Bouguer pour ne pas avoir suffisamment pratiqué en mer avant de proposer son instrument.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8499
REPONSE de M. Meynier, Ingenieur du Roy pour la Marine, cy-devant Professeur Royal d'Hidrographie, sur ce que M. Bouguer, cy-devant Professeur d'Hidrographie au Croisic, à present Professeur Royal d'Hidrographie au Havre de Grace a dit au sujet du Demi-Cercle que M. Meynier a inventé pour observer sur Mer et à Terre, la hauteur du Soleil et des Etoiles, sans qu'il soit necessaire de voir l'horison; et au sujet du Quart de Cercle que M. Bouguer a donné pour être preferable au Demi-Cercle et à tous les autres Instrumens qui sont en usage sur Mer, pour le même sujet.
8500
p. 302-342
SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Début :
Le Jeudy 20. Septembre on chanta un Motet de la [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Princes, Seigneurs, Dames, Princesses, Duchesse, Électeur, Promenade, Cerf, Calèche, Chasse, Calèches, Conseil, Comte, Sanglier, Promenade royale, Trompettes, Cour, Roi, Spectacle
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
SUITE DU JOURNAL
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
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Résumé : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Du 20 au 27 septembre 1714, plusieurs événements significatifs eurent lieu à la cour de Fontainebleau. Le 20 septembre, un motet de M. Lalouëtte fut interprété, suivi d'un conseil d'État et d'une chasse au cerf. Le Duc de Mortemar annonça l'attaque de Barcelone et la prise de deux bastions. Le 21 septembre, un autre motet de M. de Lalande fut chanté et acclamé lors de la messe royale. Le 23 septembre, le Marquis de Broglio rapporta la reddition de Barcelone. Le 25 septembre, un Te Deum fut célébré pour commémorer cette victoire, accompagné de feux d'artifice et d'illuminations. Du 28 septembre au 7 octobre, le Comte de Luface, fils du roi de Pologne, fut accueilli à la cour. Des chasses au cerf et des promenades royales furent organisées, notamment le 30 septembre pour fêter la prise de Barcelone. Le 7 octobre, le roi se rendit au canal dans une calèche somptueuse, entouré de nombreux seigneurs et dames. Du 8 au 19 octobre, des conseils et des chasses au cerf se poursuivirent, avec des moments marquants comme l'annonce du mariage de la princesse de Parme avec le roi d'Espagne le 9 octobre. Le 19 octobre, l'ambassadeur de Hollande, M. Buis, participa à un conseil de conscience. Le 24 octobre, le roi quitta Fontainebleau pour passer la nuit à Petit-Bourg, et le 25 octobre, la cour se déplaça à Versailles.
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