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1
p. 128-138
Tout ce qui s'est passé touchant la reception de Mr de Nismes à l'Academie des Ricovrati de Padoue. [titre d'après la table]
Début :
Ce n'est pas sans raison qu'on donne à Padouë le surnom [...]
Mots clefs :
Padoue, Académie française, Académie des Ricovrati de Padoue, Académie royale d'Arles, Compliment, Evêque de Nîmes, Mr Guyonnet de Vertron, Mr Fléchier, Distique
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé touchant la reception de Mr de Nismes à l'Academie des Ricovrati de Padoue. [titre d'après la table]
Ce n'eft pas fans raifon
qu'on donne à Padouë le furnom de docte , puifqu'elle eft
fameufe, non feulement par
fon Univerfité , mais encore
par fon Academie , qui eft
aujourd'hui l'une des plus
Auriffantes de toute l'Italie ,
tant par le merite des perfon
nes diftinguées de l'un & de
l'autre fexe qui la compoſent,
que par les grands hommes
qui en font fortis. La Sapho
GALANT. 129
dufiecle, connuë fous le nom
de Mademoiſelle de Scudery,
l'admirableMadame des Houlieres , la fçavante Madame
Dacier , fille de M' le Fevre ,
& la fpirituelle Madame de
Saliez, Viguiere d'Alby, font
de cette fameufe Academic
Italienne , qui dans fa dernie
re affemblée publique a reçû
l'illuftre Me Flechier , Evê
que de Nifmes , l'un des ornemens de l'Academic Françoife , & le digne Protecteur
de celle deNifmes.M Guyonnet de Vertron , qui écrit
' Hiftoire du Roy en profe
130 MERCURE
Latine , & qui eft Academi
cien de l'Academic Royale
d'Arles, & de celle des Ricovrati de Padouë, a accompagné les Lettres Patentes d'un
compliment àM' de Nifmes,
qui luy a fait réponſe en luy
envoyant ce qu'il a écrit à
Meffieurs fes Confreres. Voicy de fidelles copies de ces
honneftetez reciproques que
je vous envoye.
GALANT. 131
A Mr L'EVESQUE
DE NISMES.
MONSEIGNEUR.
Paris Nifmes n'auront
plus feuls l'avantage de vous
avoir dans leurs illuftres Academies. Padouë jalouse d'un fi
grand bonheur, a voulu vous
donner une place dans la fienne;
ainfi vous voyez que la France
l'Italie , qui font les Etats de
l'Europe les plus florians
beaux Efprits , rendent égale
ment justice à vostre rare merite.
?
122 MERCURE
C'euft efté pour moy , Monfeigneur , un plaifir tres -fenfible de
vous prefenter moy- mefme au
nom de Mis mes Confreres les
Ricovrati, ces premieres marques
d'eftime & de diftinction : mais
la diftance des lieux me prive de
cette fatisfaction. Fe prie le fçavant MrGraverol de vous mettre en mains ce nouveau Steau
d'immortalité, que vous meritez
par vos éclatantes vertus , par
voftre éloquence admirable , &
par vos excellens Ecrits. C'est un
dépoft qui ne m'a esté confié que
depuis peu de jours. Pour me
confoler de ne pouvoir accompa-
GALANT.
133
gner ce digne Academicien¸ agréez que je vous affure de ma
joye de lacontinuation de
mes refpects , nonfeulement comme Deputé, & en cette qualité
ayant l'honneur d'eftre vostre
Confrere, mais encore comme une
perfonne qui vous honore infiniment, & quifait fa principale
gloire d'eftre ,
Monseigneur,
Voftre tres-humble &
tres-obeiffanr Serviteur,
GUYƆNNET DE VERTRON,
134 MERCURE
Voicy la réponfe que M
l'Evefque de Nifmes a faite à
M' Guyonnet de Vertron.
Je ne m'eftois pas attendu, Monfieur, à l'honneur que m'ont fait
Meffieurs de l'Academie de Par
douë, en m'affociant à leurCompagnie.Fe connois a Bezleur merite,
pour voir avec plaifir mon nom
meflé avec le leur, je vous prie
de leurfaire tenir la Lettre de remerciement queje leur écris. Je
n'ayreceu que depuis peu dejours
celles qu'ils ont fait expedier
pour ma reception , quoy qu'elles
foient datées du mois de Mars.
GALANT. 135
Vous aurez la bonté de leurfaire
connoiftre que je n'ay manquény
d'exactitude , ny de reconnoiſſance, & de croire qu'à voſtre égard
je fuis avec une eftime , & une
confideration particuliece,
Monfieur,
Voftre tres-humble & tresobeiflantServiteur, ESPRIT,
Evefque de Nifmes.
A Narbonne ce 12.
Decembre 1693.
Avant que de vous parler
du Remerciement de Mr Ficchier, il faut vous faire part
d'un Diftique de M' de Ver-
?
136 MERCURE
tron , pour mettre au bas d'un
Portrait de cet Illuftre Prelat.
Ce Diftique a du raport àfes
noms & à fon merite.
Hic vir hic eft , pietate fuâ qui
pectora flectit,
Atque animos mirâ Spiritus
arte movet.
Le remerciment de M'l'Ers vêque de Nifmes à M's de
l'Academie des Ricovrati de
Padouë , a cfté fait en ces termes.
MESSIEURS ,
Fay efté agreablement furpris
de me trouver affocié à voftre
illuftre Compagnie par les ſuf-
GALANT. 137
frages de tant de grands Hommes qui la compofent. Mr Patin donne volontiers aux Perfonnes qu'il eftime, les louanges
qu'il merite luy- mefme; & vous
croyez aifement le bien qu'on
vous dit des autres , parce que
l'on n'en ſçauroit aſſez dire de
vous . Vous avez écoutefavorablement le témoignage qu'il vous
arendu de moy , & je reçois avec beaucoup de reconnoiffance
La grace que vous m'avezfaite..
L'inclination que j'ay euë dés
monenfance pour les belles Lettres , m'a toujours fait honorer
ceux qui les cultivent , comme
Fevrier 1694.
M
138 MERCURE
vous avec tant defuccés , &
tant de gloire. La reputation que
vous avez acquife par voftre
érudition & par voftre éloquence a paßé jusqu'à nous, & la
connoiffance que nous avons du
merite de voftre Academie nous
fait voir avec joye nos noms
mêlez avec les vofires. Agreez
donc , Meffieurs , que je vous en
faffe mes remercimens , que
je vous affure de l'eftime & de
lareconnoiffance fincere avec la
quelle jefuis,
Meffieurs ,
Voftre tres- humble & tresobeiffant ferviteur, ESPRIT,
Evêqne de Nifmes.
qu'on donne à Padouë le furnom de docte , puifqu'elle eft
fameufe, non feulement par
fon Univerfité , mais encore
par fon Academie , qui eft
aujourd'hui l'une des plus
Auriffantes de toute l'Italie ,
tant par le merite des perfon
nes diftinguées de l'un & de
l'autre fexe qui la compoſent,
que par les grands hommes
qui en font fortis. La Sapho
GALANT. 129
dufiecle, connuë fous le nom
de Mademoiſelle de Scudery,
l'admirableMadame des Houlieres , la fçavante Madame
Dacier , fille de M' le Fevre ,
& la fpirituelle Madame de
Saliez, Viguiere d'Alby, font
de cette fameufe Academic
Italienne , qui dans fa dernie
re affemblée publique a reçû
l'illuftre Me Flechier , Evê
que de Nifmes , l'un des ornemens de l'Academic Françoife , & le digne Protecteur
de celle deNifmes.M Guyonnet de Vertron , qui écrit
' Hiftoire du Roy en profe
130 MERCURE
Latine , & qui eft Academi
cien de l'Academic Royale
d'Arles, & de celle des Ricovrati de Padouë, a accompagné les Lettres Patentes d'un
compliment àM' de Nifmes,
qui luy a fait réponſe en luy
envoyant ce qu'il a écrit à
Meffieurs fes Confreres. Voicy de fidelles copies de ces
honneftetez reciproques que
je vous envoye.
GALANT. 131
A Mr L'EVESQUE
DE NISMES.
MONSEIGNEUR.
Paris Nifmes n'auront
plus feuls l'avantage de vous
avoir dans leurs illuftres Academies. Padouë jalouse d'un fi
grand bonheur, a voulu vous
donner une place dans la fienne;
ainfi vous voyez que la France
l'Italie , qui font les Etats de
l'Europe les plus florians
beaux Efprits , rendent égale
ment justice à vostre rare merite.
?
122 MERCURE
C'euft efté pour moy , Monfeigneur , un plaifir tres -fenfible de
vous prefenter moy- mefme au
nom de Mis mes Confreres les
Ricovrati, ces premieres marques
d'eftime & de diftinction : mais
la diftance des lieux me prive de
cette fatisfaction. Fe prie le fçavant MrGraverol de vous mettre en mains ce nouveau Steau
d'immortalité, que vous meritez
par vos éclatantes vertus , par
voftre éloquence admirable , &
par vos excellens Ecrits. C'est un
dépoft qui ne m'a esté confié que
depuis peu de jours. Pour me
confoler de ne pouvoir accompa-
GALANT.
133
gner ce digne Academicien¸ agréez que je vous affure de ma
joye de lacontinuation de
mes refpects , nonfeulement comme Deputé, & en cette qualité
ayant l'honneur d'eftre vostre
Confrere, mais encore comme une
perfonne qui vous honore infiniment, & quifait fa principale
gloire d'eftre ,
Monseigneur,
Voftre tres-humble &
tres-obeiffanr Serviteur,
GUYƆNNET DE VERTRON,
134 MERCURE
Voicy la réponfe que M
l'Evefque de Nifmes a faite à
M' Guyonnet de Vertron.
Je ne m'eftois pas attendu, Monfieur, à l'honneur que m'ont fait
Meffieurs de l'Academie de Par
douë, en m'affociant à leurCompagnie.Fe connois a Bezleur merite,
pour voir avec plaifir mon nom
meflé avec le leur, je vous prie
de leurfaire tenir la Lettre de remerciement queje leur écris. Je
n'ayreceu que depuis peu dejours
celles qu'ils ont fait expedier
pour ma reception , quoy qu'elles
foient datées du mois de Mars.
GALANT. 135
Vous aurez la bonté de leurfaire
connoiftre que je n'ay manquény
d'exactitude , ny de reconnoiſſance, & de croire qu'à voſtre égard
je fuis avec une eftime , & une
confideration particuliece,
Monfieur,
Voftre tres-humble & tresobeiflantServiteur, ESPRIT,
Evefque de Nifmes.
A Narbonne ce 12.
Decembre 1693.
Avant que de vous parler
du Remerciement de Mr Ficchier, il faut vous faire part
d'un Diftique de M' de Ver-
?
136 MERCURE
tron , pour mettre au bas d'un
Portrait de cet Illuftre Prelat.
Ce Diftique a du raport àfes
noms & à fon merite.
Hic vir hic eft , pietate fuâ qui
pectora flectit,
Atque animos mirâ Spiritus
arte movet.
Le remerciment de M'l'Ers vêque de Nifmes à M's de
l'Academie des Ricovrati de
Padouë , a cfté fait en ces termes.
MESSIEURS ,
Fay efté agreablement furpris
de me trouver affocié à voftre
illuftre Compagnie par les ſuf-
GALANT. 137
frages de tant de grands Hommes qui la compofent. Mr Patin donne volontiers aux Perfonnes qu'il eftime, les louanges
qu'il merite luy- mefme; & vous
croyez aifement le bien qu'on
vous dit des autres , parce que
l'on n'en ſçauroit aſſez dire de
vous . Vous avez écoutefavorablement le témoignage qu'il vous
arendu de moy , & je reçois avec beaucoup de reconnoiffance
La grace que vous m'avezfaite..
L'inclination que j'ay euë dés
monenfance pour les belles Lettres , m'a toujours fait honorer
ceux qui les cultivent , comme
Fevrier 1694.
M
138 MERCURE
vous avec tant defuccés , &
tant de gloire. La reputation que
vous avez acquife par voftre
érudition & par voftre éloquence a paßé jusqu'à nous, & la
connoiffance que nous avons du
merite de voftre Academie nous
fait voir avec joye nos noms
mêlez avec les vofires. Agreez
donc , Meffieurs , que je vous en
faffe mes remercimens , que
je vous affure de l'eftime & de
lareconnoiffance fincere avec la
quelle jefuis,
Meffieurs ,
Voftre tres- humble & tresobeiffant ferviteur, ESPRIT,
Evêqne de Nifmes.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé touchant la reception de Mr de Nismes à l'Academie des Ricovrati de Padoue. [titre d'après la table]
Le texte relate l'honneur accordé à l'évêque de Nîmes, Me Flechier, par l'Académie des Ricovrati de Padoue. Padoue est renommée pour son université et son académie, qui compte parmi ses membres distingués des figures telles que Mademoiselle de Scudéry, Madame Deshoulières, Madame Dacier et Madame de Saliez. Lors de sa dernière assemblée publique, l'Académie de Padoue a accueilli Me Flechier, également membre de l'Académie française. Guyonnet de Vertron, académicien à Arles et Padoue, a transmis les lettres patentes à Me Flechier, accompagnées de compliments. Me Flechier a exprimé sa gratitude pour cette distinction, soulignant que la France et l'Italie reconnaissent son mérite. Il a également remercié les membres de l'Académie des Ricovrati pour cet honneur. Le texte inclut des échanges épistolaires entre Guyonnet de Vertron et Me Flechier, ainsi qu'un distique composé par Guyonnet de Vertron en l'honneur de Me Flechier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 288
Mort de Mr l'Evêque de Nismes, [titre d'après la table]
Début :
A peine les personnes d'une aussi grande distinction & aussi [...]
Mots clefs :
Mort, Evêque de Nîmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Mr l'Evêque de Nismes, [titre d'après la table]
88 MERCURE
A peine les perfonnes d'une
auffi grande diftinction & auffi
utiles à la Religion que Mr Fléchier , Evêque de Nifmes
font-elles decedées , que la Renommée apprend par tout leur
mort ; mais il n'eft pas aifé
d'en rapporter dans le même
moment toutes les grandes
chofes qui leur ont fait meriter une approbation generale.
Je ne puis donc aujourd'huy
vous apprendre que fa mort ,
& je me trouve obligé de remettre au mois prochain à
vous en parler
A peine les perfonnes d'une
auffi grande diftinction & auffi
utiles à la Religion que Mr Fléchier , Evêque de Nifmes
font-elles decedées , que la Renommée apprend par tout leur
mort ; mais il n'eft pas aifé
d'en rapporter dans le même
moment toutes les grandes
chofes qui leur ont fait meriter une approbation generale.
Je ne puis donc aujourd'huy
vous apprendre que fa mort ,
& je me trouve obligé de remettre au mois prochain à
vous en parler
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3
p. 263-266
EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Début :
En vous parlant de morts, je dois vous parler de l'Epitaphe / Ci gist un ESPRIT, Qui surprit [...]
Mots clefs :
Prélat, Immortel, Evêque de Nîmes, Chrétiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
Envous parlant de morts ,
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
je dois vous parler de l'Epitaphe d'un Prelat qui auroit dû
eftre immortel >, fa vie eftant
fort neceffaire au falut des
ames aufquelles il a contribué
juſqu'à fon dernier foupir.
Cette Epitaphe eft de Mr
l'Abbé Plomet , que Mr l'Evêquede Nifmes avoit honoré
de fon eftime.
264 MERCURE
EPITAPHE
DE MESSIRE
ESPRIT FLECHIER,
EVESQUE DE NISMES..
Ci gift un ESPRIT,
Quifurpris
L'Universparfon EloquenceSçavant: on le vit à la Cour •
Briller comme l' Aftre dujour ,
Prêchant aux Rois la Penitence.
Poli ,fes Ouvrages divers ,
Soit dans la Profe , ou dans les
Vers ,
Ont
GALANT 265
Ont éternife fa Gloire ,
Immortalife fa Memoire.
Zelé comme un Aron , dans fes
brûlans transports ,
Ilprefentoitau Cielles vivans &
les morts.x
Prudent comme Moyfe,
Quels Portraits enchantez de la
Terrepromife
Ne fit-il pas , pour ſe gagner le
cœur
Du Mondaincorrompu , du rebelle
Pécheur?
Mars 1710.
Z
266 MERCUR
Tanteft commeJonas , il menaçoit
en Chaire ;
Souvent en Jeremie , il pleuroit la
mifere
Des Richesobftinez ,
Des Chreftiensfafcinez.
Humble , Simple, Pieux, Bienfaifant , Charitable ,
AuxGrands comme aux Petits il
parutrespectable:
Et dans l'Epifcopat en CHARLES
transformé,
Ilfinitfes beauxjours , en vertus
confommé
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Résumé : EPITAPHE DE MESSIRE ESPRIT FLECHIER, EVESQUE DE NISME.
L'épitaphe rend hommage à Esprit Fléchier, évêque de Nîmes, décédé en mars 1710. Fléchier est célébré pour son éloquence et son érudition, ayant marqué la cour et prêché la pénitence aux rois. Ses œuvres, en prose et en vers, ont perpétué sa renommée. Il est loué pour son zèle apostolique, sa prudence et sa capacité à toucher les cœurs des mondains et des pécheurs. Comparé à des figures bibliques comme Aaron, Moïse, Jonas et Jérémie, il est reconnu pour sa fermeté en chaire et sa compassion envers les riches obstinés et les chrétiens tièdes. Humble, simple, pieux et charitable, il a été respecté de tous et a achevé sa vie épiscopale avec des vertus accomplies. L'épitaphe est attribuée à l'abbé Plomet, honoré par l'évêque de Nîmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 82-93
Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
Début :
Quoyque je vous aye déja parlé plus d'une fois de la mort [...]
Mots clefs :
Evêque de Nîmes, Mort, Mr le Pelletier, Visite, Âge, Affaiblissement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
Quoyque je vous aye déja
GALANT 83
le
parlé plus d'une fois de la mort
de Mr l'Evêque de Nifmes ,
on ne peut trop parler d'un
Serviteur de Dieu fi zelé, qui
a efté fi utile à fon prochain ,
& qui a tant travaillé pour
falut des ames. Jevous envoye
une Lettre écrite un peu avant
fa mort, & qui avec tous les
merveilleux Ouvrages de ce
Prelat, contribuera à faire vivre fa memoire.
Lettre de Monfieur l'Evefque
de Nifmes , à Monfieur le
Pelletier , Miniftre d'Etat.
Une viſite , Monſieur , queje
84 MERCURE
viens defaire à Mr le Ducd'Ufez depuis peu dans cette Provin
ce m'a empêché de répondre plutoft à votre derniere Lettre. Fe
vois que vous avez quitté voftre
folitude de Ville-Neuve , avant
que lafaifon de la Campagnefuft
paffée. Ilfaut ménager unefanté
foible , l'air deParis eft moinsfu
bril, lesfecours yfont plus prefens,
quand on approche de l'age
des Patriarches , il faut fe mettre fous lesfoins d'unefamille affectionnée, & recevoir de ſes enfans les fruitsde la bonne éducation
qu'on leur adonnée. La confidence
que vous mefaites de l'état où
yous croyez que vous réduit le
GALANT 85°
poids de vos années me toucheroit
davantagefi vous n'enparliezpas
fibien , &fije ne voyois encore
sout voftre efprit dans voftre Lettre &dans celle que MrBaville
m'a communiquée ; mais enfin vôtre apprehenfion eft raisonnable ;
tout ce qui tend àſa fin diminuë
neceffairement la vigueur paffée
les organes s'ufent , l'efprit s'afaiblit avec le corps , le feu qui nous
anime s'éteint infenfiblement &
la raison auffi bien que les fens
fuccombe quelquefoisfous les extrémitez de la vieilleffe.
Ceux qui comme vous ont mené une vie toûjours occupée , qui
ont efté chargez depenibles &im-
86 MERCURE
portantes affaires , qui ont pris à
cœur les interefts de l'Etat comme,
ceux de leurfamille , quifont ai
fément touchez des malheurs prefens & des miferes de la Patrie.
Ceux- là , dis-je , ont fujet de
craindre que l'application & l'u
fage qu'ils ont fait de leur efprit
n'y caufe enfin quelque défaillance. Ilyapeu de ces vieilleſſes heu
reufes qui fe foutiennent jufques
àlafin, où le temps n'ôte à l'homme quelque partie de luy- même
& cette benediction que Moyfe
prononçafur Azer: Sicut dies ju
ventutis tuæ ita erit fenectus
e fe renouvelle gueres de- tua ne
puis celle-là.
GALANT 87
M.Nous avons vû vous &moy,
Monfieur, des hommes dont on avoir eftimé le jugement & lafageffe, aprés avoir remply les premiers Emplois & les premiers
ChargesduRoyaume, traîner un
refte de vie dans une langueur pitoyable ,fans raifonnement , fans
intelligence , dans l'oubli de leur
propre nom.
Favouequecette espece de mort
vivante eft d'unegrande humiliation quandon lafent ou qu'on la
prévoir. L'homme nefait jamais
plus de pitiéque lorsqu'il commence ainfi à rentrer dans fon neant;
la mort naturelle eftlapeine du pe-
88 MERCURE
ché, la mort civile ou morale ag
mondeen eftlapenitence. Ilfauts'y
refigner quand on la voit approcher, dans le danger de nepouvoirplus offriràDieu avec liberté
les facrifices de bonnes œuvres d'
de louanges , luy en faire undefon
filence & defon inaction.
Aprés cela il faut fe confoler
de tout. L'Apoftre nous apprend
que foit que nous vivions , foit
que nous mourions`, nous fommes
au Seigneur, nous devons croire
que toute affliction , comme toute
confolation , viennent de luy, que
c'eft toûjours un bien que fa volonté s'accompliſſe en nous , &
GALANT 89
qu'en nous ôtant ce qui fert à le
connoiftre & à le fervir, il nous
ôte en mefme temps ce qui peut in
duire à l'offencer.
Cet affoibliffement que vous
eroy zremarqueren vostreperfon
ne eft une marquede l'attention que
vous avezfür vous mefme; iln'eft
pas étonnant que vous éprouviez
quelque changement &quelque
diminution de force , que vostre
imagination fe refroidiffe ; que
voftre applicationfe relâche ,
vosprieresfoient moinsferventes ,
que vos actions & vos penfées
foient moins vives , que le corps
quife corrompt, appefentiffe l'ames
Avril 1710.
H
que
90 MERCURE
vous touchez à ce terme fatal
de la vie , aude- là duquel il n'y
plus que travail & doulent
felon l'Écriture.
La reflexion que nous avons à
faire, Monfieur , car à deux ou
trois années prés , nous fommes
dans le mefme cas ; c'eſt de nous
regarderfur le declin de l'âge comme desferviteurs qui vont deve
nir inutiles ; de mettre à profit les
beures que Dieu nous laiffe avant
que cela vienne, où felon l'Evan
gile, ilne fera plus libre de tra
vailler pour le falut. Hatonsnous de luy offrir des reconnoiffan
ces des affections qui feront
GALANT 91
tous les jours plus ufees , e
prions-le que s'il veut nous punir
avantnoftremortpar laprivation
des douceurs temporelles & fpirituelles de la vie , il conferve du
moins dans nos cœurs mortifiez
un fond de Religion , de Foy
d'humilité depatience.
C'est une grace & une benediction du Ciel pour vous d'eftre
au milieu de vostrefamille , aimé
&honoré de vos enfans , qut
vous adouciront vos peines , qui
respecterontjufqu'à vosfoibleffes
& qui touchez de tendreffe , de
puiée de defir de vous prolonger
unrefte de vie , auront les mefmes
Hij
92 MERCURE
foins de voftre foibleffe que vous
aurez eu de leur enfance.
Quoique je fois perfuadé que
vous n'avez pas grand befoin de
nos leçons , & qu'un efpritfolide & tranquile comme le vostre,
ne foitpas d'ordinaire fujet à de
tels dérangemens , j'ay bien voula
vous obéir & vous témoigner avec quelle déference &avec quel
Zele jefuis , &c.
Cette Lettre a charmé tous
ceux qui l'ont lûë. On en a fait
ungrand nombre de Copies ,
& toutes les perfonnes qui font
fort avancées en âge en ont
voulu avoir; & c'eft une con-
GALANT 93
folation pour elles de penfer
qu'elles mourront dans le fein
d'une famille cherie , qui tâchera d'adoucir leurs maux,
& je ne doute point que la
kcture de cette Lettre nevous
doive faire beaucoup de platfir.
GALANT 83
le
parlé plus d'une fois de la mort
de Mr l'Evêque de Nifmes ,
on ne peut trop parler d'un
Serviteur de Dieu fi zelé, qui
a efté fi utile à fon prochain ,
& qui a tant travaillé pour
falut des ames. Jevous envoye
une Lettre écrite un peu avant
fa mort, & qui avec tous les
merveilleux Ouvrages de ce
Prelat, contribuera à faire vivre fa memoire.
Lettre de Monfieur l'Evefque
de Nifmes , à Monfieur le
Pelletier , Miniftre d'Etat.
Une viſite , Monſieur , queje
84 MERCURE
viens defaire à Mr le Ducd'Ufez depuis peu dans cette Provin
ce m'a empêché de répondre plutoft à votre derniere Lettre. Fe
vois que vous avez quitté voftre
folitude de Ville-Neuve , avant
que lafaifon de la Campagnefuft
paffée. Ilfaut ménager unefanté
foible , l'air deParis eft moinsfu
bril, lesfecours yfont plus prefens,
quand on approche de l'age
des Patriarches , il faut fe mettre fous lesfoins d'unefamille affectionnée, & recevoir de ſes enfans les fruitsde la bonne éducation
qu'on leur adonnée. La confidence
que vous mefaites de l'état où
yous croyez que vous réduit le
GALANT 85°
poids de vos années me toucheroit
davantagefi vous n'enparliezpas
fibien , &fije ne voyois encore
sout voftre efprit dans voftre Lettre &dans celle que MrBaville
m'a communiquée ; mais enfin vôtre apprehenfion eft raisonnable ;
tout ce qui tend àſa fin diminuë
neceffairement la vigueur paffée
les organes s'ufent , l'efprit s'afaiblit avec le corps , le feu qui nous
anime s'éteint infenfiblement &
la raison auffi bien que les fens
fuccombe quelquefoisfous les extrémitez de la vieilleffe.
Ceux qui comme vous ont mené une vie toûjours occupée , qui
ont efté chargez depenibles &im-
86 MERCURE
portantes affaires , qui ont pris à
cœur les interefts de l'Etat comme,
ceux de leurfamille , quifont ai
fément touchez des malheurs prefens & des miferes de la Patrie.
Ceux- là , dis-je , ont fujet de
craindre que l'application & l'u
fage qu'ils ont fait de leur efprit
n'y caufe enfin quelque défaillance. Ilyapeu de ces vieilleſſes heu
reufes qui fe foutiennent jufques
àlafin, où le temps n'ôte à l'homme quelque partie de luy- même
& cette benediction que Moyfe
prononçafur Azer: Sicut dies ju
ventutis tuæ ita erit fenectus
e fe renouvelle gueres de- tua ne
puis celle-là.
GALANT 87
M.Nous avons vû vous &moy,
Monfieur, des hommes dont on avoir eftimé le jugement & lafageffe, aprés avoir remply les premiers Emplois & les premiers
ChargesduRoyaume, traîner un
refte de vie dans une langueur pitoyable ,fans raifonnement , fans
intelligence , dans l'oubli de leur
propre nom.
Favouequecette espece de mort
vivante eft d'unegrande humiliation quandon lafent ou qu'on la
prévoir. L'homme nefait jamais
plus de pitiéque lorsqu'il commence ainfi à rentrer dans fon neant;
la mort naturelle eftlapeine du pe-
88 MERCURE
ché, la mort civile ou morale ag
mondeen eftlapenitence. Ilfauts'y
refigner quand on la voit approcher, dans le danger de nepouvoirplus offriràDieu avec liberté
les facrifices de bonnes œuvres d'
de louanges , luy en faire undefon
filence & defon inaction.
Aprés cela il faut fe confoler
de tout. L'Apoftre nous apprend
que foit que nous vivions , foit
que nous mourions`, nous fommes
au Seigneur, nous devons croire
que toute affliction , comme toute
confolation , viennent de luy, que
c'eft toûjours un bien que fa volonté s'accompliſſe en nous , &
GALANT 89
qu'en nous ôtant ce qui fert à le
connoiftre & à le fervir, il nous
ôte en mefme temps ce qui peut in
duire à l'offencer.
Cet affoibliffement que vous
eroy zremarqueren vostreperfon
ne eft une marquede l'attention que
vous avezfür vous mefme; iln'eft
pas étonnant que vous éprouviez
quelque changement &quelque
diminution de force , que vostre
imagination fe refroidiffe ; que
voftre applicationfe relâche ,
vosprieresfoient moinsferventes ,
que vos actions & vos penfées
foient moins vives , que le corps
quife corrompt, appefentiffe l'ames
Avril 1710.
H
que
90 MERCURE
vous touchez à ce terme fatal
de la vie , aude- là duquel il n'y
plus que travail & doulent
felon l'Écriture.
La reflexion que nous avons à
faire, Monfieur , car à deux ou
trois années prés , nous fommes
dans le mefme cas ; c'eſt de nous
regarderfur le declin de l'âge comme desferviteurs qui vont deve
nir inutiles ; de mettre à profit les
beures que Dieu nous laiffe avant
que cela vienne, où felon l'Evan
gile, ilne fera plus libre de tra
vailler pour le falut. Hatonsnous de luy offrir des reconnoiffan
ces des affections qui feront
GALANT 91
tous les jours plus ufees , e
prions-le que s'il veut nous punir
avantnoftremortpar laprivation
des douceurs temporelles & fpirituelles de la vie , il conferve du
moins dans nos cœurs mortifiez
un fond de Religion , de Foy
d'humilité depatience.
C'est une grace & une benediction du Ciel pour vous d'eftre
au milieu de vostrefamille , aimé
&honoré de vos enfans , qut
vous adouciront vos peines , qui
respecterontjufqu'à vosfoibleffes
& qui touchez de tendreffe , de
puiée de defir de vous prolonger
unrefte de vie , auront les mefmes
Hij
92 MERCURE
foins de voftre foibleffe que vous
aurez eu de leur enfance.
Quoique je fois perfuadé que
vous n'avez pas grand befoin de
nos leçons , & qu'un efpritfolide & tranquile comme le vostre,
ne foitpas d'ordinaire fujet à de
tels dérangemens , j'ay bien voula
vous obéir & vous témoigner avec quelle déference &avec quel
Zele jefuis , &c.
Cette Lettre a charmé tous
ceux qui l'ont lûë. On en a fait
ungrand nombre de Copies ,
& toutes les perfonnes qui font
fort avancées en âge en ont
voulu avoir; & c'eft une con-
GALANT 93
folation pour elles de penfer
qu'elles mourront dans le fein
d'une famille cherie , qui tâchera d'adoucir leurs maux,
& je ne doute point que la
kcture de cette Lettre nevous
doive faire beaucoup de platfir.
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Résumé : Lettre de Monsieur l'Evesque de Nisme, à Monsieur le Pelletier, Ministre d'Etat.
La lettre adressée à Monsieur le Pelletier, Ministre d'État, traite de la mort de l'Évêque de Nîmes, décrit comme un serviteur de Dieu zélé et utile à son prochain. L'auteur envoie une lettre écrite par l'Évêque peu avant son décès, destinée à perpétuer sa mémoire. L'Évêque explique qu'une visite au Duc d'Uzès l'a empêché de répondre plus tôt à la lettre de Pelletier. Il conseille à Pelletier de prendre soin de sa santé en raison de son âge avancé et de se reposer dans une famille affectionnée. L'Évêque reconnaît les appréhensions de Pelletier concernant la vieillesse et la diminution des forces physiques et mentales. Il mentionne que ceux qui ont mené une vie active et ont été chargés de responsabilités importantes peuvent craindre que leur esprit ne faiblisse avec l'âge. La lettre se termine par des réflexions sur la mort et la nécessité de se préparer spirituellement, en offrant des prières et des actions de grâce à Dieu. La lettre a été bien reçue et copiée par de nombreuses personnes âgées, leur offrant consolation et réconfort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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