Résultats : 8391 texte(s)
Détail
Liste
1651
p. 36-42
Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui applique tous ses soins à faire goûter [...]
Mots clefs :
Monnaies, Provinces, Édits, Conseillers, Juridiction, Monnaies de France, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
Le Roy qui applique tous
fes foins à faire goûter à fes
Peuples les heureux fruits de
la Paix,ayant reconnu l'abus
qui s'eft introduit dans les
Provinces & Villes conquifes
aux Pays-bas , au fujet des
Monnoyes étrangeres , particulierement
des Reaux appellez
Caftilles , la pluſpart
legers & rognez , où il y a un
fixiéme , & quelquesfois un
quart , & plus de perte , Sa
Majefté les a décriez , & par
fon Edit donné à Chambord
au mois de Septembre 1685.
Elle a ordonné l'étebliffeGALANT.
37
ment d'un Hoftel & Chambre
de Monnoye en la Ville
de l'Ifle en Flandres
, compofée
de Confeillers
, Juges ,
Gardes , Contregarde , Procureur
du Roy , & autres Of
ficiers , & de douze Ouvriers
Ajufteurs , & d'autant de
Monnoyeurs , aux mefmes
droits, privileges & fonctions
que ceux de pareille qualité
des Monnoyes de France ,
Elle leur attribuë la Jurifdic
tion en premiere Inſtance fur
les Monnoyes , Metaux &
Poids dans les Provinces de
Flandres , Artois , Henault ,
38 MERCURE
Luxembourg , Villes & Païs
de l'Ifle , Tournay , Tournaifis
, Cambray & Cambrefis ,
veut que l'appel des Jugemens
de cette Chambre des
Monnoyes de l'Ifle , reffortiffe
en la Cour des Monnoyes à
Paris , qui feule reçoit l'appel
des autres Chambres des
Monnoyes de France , & des
Païs des Conqueftes de Sa
Majefté. Elle a auffi ordonné
qu'il fera fabriqué à l'ifle,une
nouvelle Monnoye d'argent
aux Armes de France écartelées
de Bourgogne ancien
& nouveau , afin de les dif
GALANT. 39
re de
tinguer des autres Monnoïes
pour avoir cours feulement
dans ces Païs de Conquef
tes. Il y en a de cinq prix
differens , fçavoir la premiefoixante-
quatre Patars
valant quatre livres mon
noye de France du poids d'u
ne once , cinq deniers fix
grains trebuchans ; les
tre autres font de
quarante
fols , vingt fols , dix fols &
cinq fols. Elle veut que l'on
fe ferve du Poids de France,
pour y avoir cours , afin de
pefer ces efpeces , & de s'en
fervir en autres chofes , &
qua
40 MERCURE
qu'il en foit envoyé d'ajuftez
, & conformes aux Poids
Originaux de France conferyez
en la Cour des Monnoyes
, & pour l'execution de
çet Etabliffement & Fabrique,
elle a commis M'Hourlier
Prefident & Commiffaire
General en fa Cour des Monnoyes
, & veut qu'en attendant
qu'il foit fait , on fabrique
de ces nouvelles Monnoyes
dans les Hoſtels des
Monnoyes de Paris & d'Amiens
; ce qui a eſté executé
par les foins de M´ de Selve,
Procureur General en fa
GALANT. 41
Cour des Monnoyes , & on
en a envoyé grand nombre
en Flandres , pour fervir au
Change des Efpeces Etrangeres
décriées. M' Rouffeau
Commis par le Roy à la Fa
brique & Régie de fes Monnoyes
, est allé en la Ville
d'Amiens à ce fujet, pour y
faire fabriquer de ces Efpeces
. Cet Edit a efté enregiſtré
en la Cour des Monnoyes
le 26. Septembre , au Rapport
de M¹ Boizard Confeiller
, les Semeftres eſtans afſemblez
pour cela par l'ordre
de M de Chauvry quien
Decembre 1685. D
42 MERCURE
eft Premier Prefident. Apres
l'Enregiſtrement dont je
vous parle, on a fait desPoids,.
Livres & Marcs , & grand
nombre de Deneraux de ces
Monnoyes, qui font les Poids
fervans d'Etalons aux Ouvriers
, lefquels ont eſté ren
dus dans la derniere jufteffe ,
& conformes aux Poids Ori
ginaux de France, en preſence
& par l'ordre de M¹ Chaf
febras du Breau ,Confeiller &
CommiſſaireGeneral député
pour l'Uniformité de tous les
Poids & Marcs de France.
fes foins à faire goûter à fes
Peuples les heureux fruits de
la Paix,ayant reconnu l'abus
qui s'eft introduit dans les
Provinces & Villes conquifes
aux Pays-bas , au fujet des
Monnoyes étrangeres , particulierement
des Reaux appellez
Caftilles , la pluſpart
legers & rognez , où il y a un
fixiéme , & quelquesfois un
quart , & plus de perte , Sa
Majefté les a décriez , & par
fon Edit donné à Chambord
au mois de Septembre 1685.
Elle a ordonné l'étebliffeGALANT.
37
ment d'un Hoftel & Chambre
de Monnoye en la Ville
de l'Ifle en Flandres
, compofée
de Confeillers
, Juges ,
Gardes , Contregarde , Procureur
du Roy , & autres Of
ficiers , & de douze Ouvriers
Ajufteurs , & d'autant de
Monnoyeurs , aux mefmes
droits, privileges & fonctions
que ceux de pareille qualité
des Monnoyes de France ,
Elle leur attribuë la Jurifdic
tion en premiere Inſtance fur
les Monnoyes , Metaux &
Poids dans les Provinces de
Flandres , Artois , Henault ,
38 MERCURE
Luxembourg , Villes & Païs
de l'Ifle , Tournay , Tournaifis
, Cambray & Cambrefis ,
veut que l'appel des Jugemens
de cette Chambre des
Monnoyes de l'Ifle , reffortiffe
en la Cour des Monnoyes à
Paris , qui feule reçoit l'appel
des autres Chambres des
Monnoyes de France , & des
Païs des Conqueftes de Sa
Majefté. Elle a auffi ordonné
qu'il fera fabriqué à l'ifle,une
nouvelle Monnoye d'argent
aux Armes de France écartelées
de Bourgogne ancien
& nouveau , afin de les dif
GALANT. 39
re de
tinguer des autres Monnoïes
pour avoir cours feulement
dans ces Païs de Conquef
tes. Il y en a de cinq prix
differens , fçavoir la premiefoixante-
quatre Patars
valant quatre livres mon
noye de France du poids d'u
ne once , cinq deniers fix
grains trebuchans ; les
tre autres font de
quarante
fols , vingt fols , dix fols &
cinq fols. Elle veut que l'on
fe ferve du Poids de France,
pour y avoir cours , afin de
pefer ces efpeces , & de s'en
fervir en autres chofes , &
qua
40 MERCURE
qu'il en foit envoyé d'ajuftez
, & conformes aux Poids
Originaux de France conferyez
en la Cour des Monnoyes
, & pour l'execution de
çet Etabliffement & Fabrique,
elle a commis M'Hourlier
Prefident & Commiffaire
General en fa Cour des Monnoyes
, & veut qu'en attendant
qu'il foit fait , on fabrique
de ces nouvelles Monnoyes
dans les Hoſtels des
Monnoyes de Paris & d'Amiens
; ce qui a eſté executé
par les foins de M´ de Selve,
Procureur General en fa
GALANT. 41
Cour des Monnoyes , & on
en a envoyé grand nombre
en Flandres , pour fervir au
Change des Efpeces Etrangeres
décriées. M' Rouffeau
Commis par le Roy à la Fa
brique & Régie de fes Monnoyes
, est allé en la Ville
d'Amiens à ce fujet, pour y
faire fabriquer de ces Efpeces
. Cet Edit a efté enregiſtré
en la Cour des Monnoyes
le 26. Septembre , au Rapport
de M¹ Boizard Confeiller
, les Semeftres eſtans afſemblez
pour cela par l'ordre
de M de Chauvry quien
Decembre 1685. D
42 MERCURE
eft Premier Prefident. Apres
l'Enregiſtrement dont je
vous parle, on a fait desPoids,.
Livres & Marcs , & grand
nombre de Deneraux de ces
Monnoyes, qui font les Poids
fervans d'Etalons aux Ouvriers
, lefquels ont eſté ren
dus dans la derniere jufteffe ,
& conformes aux Poids Ori
ginaux de France, en preſence
& par l'ordre de M¹ Chaf
febras du Breau ,Confeiller &
CommiſſaireGeneral député
pour l'Uniformité de tous les
Poids & Marcs de France.
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Résumé : Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
En septembre 1685, le roi a reconnu les abus liés à l'utilisation de monnaies étrangères, notamment les réaux castillans, dans les provinces conquises des Pays-Bas. Pour y remédier, il a publié un édit à Chambord interdisant ces monnaies étrangères. Cet édit prévoit la création d'un hôtel et d'une chambre des monnaies à l'île de Flandres, dotée de divers conseillers, juges, et officiers, ainsi que de douze ajusteurs et monnayeurs. Cette chambre a juridiction sur les monnaies, métaux et poids dans les provinces de Flandres, Artois, Hainaut, Luxembourg, et plusieurs villes et pays conquis. L'édit ordonne la fabrication d'une nouvelle monnaie d'argent aux armes de France, disponible en cinq valeurs : soixante-quatre patars valant quatre livres, quarante sols, vingt sols, dix sols et cinq sols. Le poids de France doit être utilisé pour ces espèces, avec des poids ajustés et conformes aux originaux de France. M. Hourlier est nommé président et commissaire général pour l'exécution de cet établissement. En attendant la mise en place, les nouvelles monnaies sont fabriquées à Paris et Amiens sous la supervision de M. de Selve, tandis que M. Rousseau est chargé de la fabrication et de la régie des monnaies à Amiens. L'édit a été enregistré à la Cour des monnaies le 26 septembre 1685, après quoi des poids, livres et marcs ont été créés et rendus conformes aux étalons français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1652
p. 42-50
Extrait d'un Sermon presché à Port Royal. [titre d'après la table]
Début :
Le 21. du mois passé, jour de la Presentation de la Vierge, [...]
Mots clefs :
Présentation de la Vierge, Sermon, Abbé, Archevêque, Discours
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Sermon presché à Port Royal. [titre d'après la table]
Le 21. du mois paffé , jour
GALANT. 43
de la Prefentation de la Vierge
, S. A. R. Madame s'eftant
retirée au Monaftere de Portroyal
, entendit le Sermon
qu'y fit ce jour -là Mªl'Abbé
Faydit , mais elle n'y voulut
affifter qu'incognito , afin de
laiffer tous les honneurs
Madame 'Abbeffe , qui ,
comme vops fçavez, eft Sour
deM l'Archevefque de Paris,
& que le Predicateur puſt luy
adrefferla parole s'il vouloit,
ce qu'il fit de cette maniere.
Son Difcours eftoit fur la
paix & la concorde , qu'il re
prefentoit comme lame de
Dij
41 MERCURE
la vie Religieufe . Il dit d'a
bord que c'eftoit ce defaut
d'union que les Peres de l'Eglife
affeuroient eftre le poifon
le plus ordinaire & le plus,
dangereux aux Communautez
; & qu'on pouvoit dire
aux Religieufes ce que Tertulien
difoit aux Martyrs &
aux Confeffeurs qui eſtoient
dans les Prifons. Vous eftes la
plus illuftre Portion du Troupeau
de JESUS - CHRIST , vous portez
fes chaines. Vous eftesfes Ca
ptifs & fes Prifonniers ; vos ver_
tus font en admiration au Ciel
à la Terre a mais plus vous eſtes
GALANT. 45,
grands élevez en merite , plus
vous avés excité l'envie lahaine
du Démon . Et vous devezcompter
qu'ilfera tous fes efforts, qu'il
épuifera toutes fes rufes pour vous
perdre. Il voit bien qu'il ne gagneroit
rien fur vous par l'appas.
des plaifirs, & par la rigueur des
tourmens. Vous avez renoncé
aux uns vaincu les autres ;
m is cet efprit artificieux dit en
luy-mesme , il faut que je les
brouille enfemble , ilfaut que je
feme des difcordes & des divifionsparmy
eux. Il faut que j'altere
la charité dans leur coeur par
de faux rapports , par des fupo46
MERCURE
cons , par des défiances mutuelles ,
par des difputes contentieuses. Par
ce moyen je rendray inutile tout
le fruit de leur martyre ; car à
quoy fert le martyre ou du fang
ou de la Penitence fans la charité
? Quand je livrerois mon
corps aux flames , fi je n'ay la
charité , cela ne me ferviroit de
rien , dit le grand Apoftre.
Mais doit-on rien craindre de
femblable, Madame, d'une Communaute
qui a le bonheur de vous
avoirpour Chef& pour Abbeffe,
puifque tout le monde avonë
parmy tant d'éminentes qualitez
qui vous diftinguent , la douceur,
que
GALANT.
47
la moderation& la prudence tien
nent le premier rang , & vous
élevent autant au deffus des autres
Abbeffes de l'Eglife , que
cette Dignité vous éleve au def.
fus du commun des Religieufes ?
Ce font des Vertus hereditaires
dans vostre Maifon , Madame ,
que
la douceur & la clemence .
Vous les avez receuës avec le
fang. Vous les avez fuccées avec
le lait , mais la grace les a confacrées
en vous , par le faint ufage
qu'elle vous en a fait fait faire.
Düy , Madame , vous avezfait
dans le Cloiftre, & parmy d'illus
firesVierges de JESUS - CHRIST,
48 MERCURE
les
ce que ce grand Prelat , qui vous
eft beaucoup moins uny par
liens de la chair du fang, que
par ceux de la grace , & par la
conformité des fentimens de l'ef
prit & du coeur , a fait dans la
plus illuftre Eglife du Monde, &
dans le plus fçavant Clergé de
l'Univers. A fon avenement au
Throne Archiepifcopal de cette
grande Ville , il trouva l'Eglife
de Paris dans le mesme état que
Apoftre Saint Paul trouva aurefois
l'Eglife de Corinthe partagée
par des difputes honteuses ,
L'un difant je fuis à Paul , l'autre
à Apollo , & l'autre à Cephas.
GALANT.
49
phas.Mais à l'exemple de ce grand
Apoftre , il calma tout par fa
prefence. Il ramena la tranquilité
la paix. Auffi , Madame , le
Démon jaloux de la Sainteté de
cette Maifon , & de l'édification
generale qu'elle donnoit à toute
Eglife par la difcipline reguliere
qui s'y obfervoit avec toute
l'exactitude imaginable , & par
la pratique de toutes les vertus ,
avoit tâché d'y jetter quelques femences
de divifion ; mais vostre
prudence a toutcalmé. Vous avez
paru , Madame , & toutes les
disputes ont ceßé. La grace de
JESUS-CHRIST n'a plus parta-
Decembre 1685.
E
50 MERCURE
gé les coeurs. Elle les a unis felon
fa nature & fon inftitution . Toute
cette grande Communauté ne fait
plus qu'un coeur & qu'une ame
comme la focieté des premiers Fidelles
de Ferufalem . En un mot ,
on ne voit plus icy d'autre émulacelle
d'imiter vos vertus, tion
que
Madame , comme vous imitez
parfaitement celles de la Vierge.
GALANT. 43
de la Prefentation de la Vierge
, S. A. R. Madame s'eftant
retirée au Monaftere de Portroyal
, entendit le Sermon
qu'y fit ce jour -là Mªl'Abbé
Faydit , mais elle n'y voulut
affifter qu'incognito , afin de
laiffer tous les honneurs
Madame 'Abbeffe , qui ,
comme vops fçavez, eft Sour
deM l'Archevefque de Paris,
& que le Predicateur puſt luy
adrefferla parole s'il vouloit,
ce qu'il fit de cette maniere.
Son Difcours eftoit fur la
paix & la concorde , qu'il re
prefentoit comme lame de
Dij
41 MERCURE
la vie Religieufe . Il dit d'a
bord que c'eftoit ce defaut
d'union que les Peres de l'Eglife
affeuroient eftre le poifon
le plus ordinaire & le plus,
dangereux aux Communautez
; & qu'on pouvoit dire
aux Religieufes ce que Tertulien
difoit aux Martyrs &
aux Confeffeurs qui eſtoient
dans les Prifons. Vous eftes la
plus illuftre Portion du Troupeau
de JESUS - CHRIST , vous portez
fes chaines. Vous eftesfes Ca
ptifs & fes Prifonniers ; vos ver_
tus font en admiration au Ciel
à la Terre a mais plus vous eſtes
GALANT. 45,
grands élevez en merite , plus
vous avés excité l'envie lahaine
du Démon . Et vous devezcompter
qu'ilfera tous fes efforts, qu'il
épuifera toutes fes rufes pour vous
perdre. Il voit bien qu'il ne gagneroit
rien fur vous par l'appas.
des plaifirs, & par la rigueur des
tourmens. Vous avez renoncé
aux uns vaincu les autres ;
m is cet efprit artificieux dit en
luy-mesme , il faut que je les
brouille enfemble , ilfaut que je
feme des difcordes & des divifionsparmy
eux. Il faut que j'altere
la charité dans leur coeur par
de faux rapports , par des fupo46
MERCURE
cons , par des défiances mutuelles ,
par des difputes contentieuses. Par
ce moyen je rendray inutile tout
le fruit de leur martyre ; car à
quoy fert le martyre ou du fang
ou de la Penitence fans la charité
? Quand je livrerois mon
corps aux flames , fi je n'ay la
charité , cela ne me ferviroit de
rien , dit le grand Apoftre.
Mais doit-on rien craindre de
femblable, Madame, d'une Communaute
qui a le bonheur de vous
avoirpour Chef& pour Abbeffe,
puifque tout le monde avonë
parmy tant d'éminentes qualitez
qui vous diftinguent , la douceur,
que
GALANT.
47
la moderation& la prudence tien
nent le premier rang , & vous
élevent autant au deffus des autres
Abbeffes de l'Eglife , que
cette Dignité vous éleve au def.
fus du commun des Religieufes ?
Ce font des Vertus hereditaires
dans vostre Maifon , Madame ,
que
la douceur & la clemence .
Vous les avez receuës avec le
fang. Vous les avez fuccées avec
le lait , mais la grace les a confacrées
en vous , par le faint ufage
qu'elle vous en a fait fait faire.
Düy , Madame , vous avezfait
dans le Cloiftre, & parmy d'illus
firesVierges de JESUS - CHRIST,
48 MERCURE
les
ce que ce grand Prelat , qui vous
eft beaucoup moins uny par
liens de la chair du fang, que
par ceux de la grace , & par la
conformité des fentimens de l'ef
prit & du coeur , a fait dans la
plus illuftre Eglife du Monde, &
dans le plus fçavant Clergé de
l'Univers. A fon avenement au
Throne Archiepifcopal de cette
grande Ville , il trouva l'Eglife
de Paris dans le mesme état que
Apoftre Saint Paul trouva aurefois
l'Eglife de Corinthe partagée
par des difputes honteuses ,
L'un difant je fuis à Paul , l'autre
à Apollo , & l'autre à Cephas.
GALANT.
49
phas.Mais à l'exemple de ce grand
Apoftre , il calma tout par fa
prefence. Il ramena la tranquilité
la paix. Auffi , Madame , le
Démon jaloux de la Sainteté de
cette Maifon , & de l'édification
generale qu'elle donnoit à toute
Eglife par la difcipline reguliere
qui s'y obfervoit avec toute
l'exactitude imaginable , & par
la pratique de toutes les vertus ,
avoit tâché d'y jetter quelques femences
de divifion ; mais vostre
prudence a toutcalmé. Vous avez
paru , Madame , & toutes les
disputes ont ceßé. La grace de
JESUS-CHRIST n'a plus parta-
Decembre 1685.
E
50 MERCURE
gé les coeurs. Elle les a unis felon
fa nature & fon inftitution . Toute
cette grande Communauté ne fait
plus qu'un coeur & qu'une ame
comme la focieté des premiers Fidelles
de Ferufalem . En un mot ,
on ne voit plus icy d'autre émulacelle
d'imiter vos vertus, tion
que
Madame , comme vous imitez
parfaitement celles de la Vierge.
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Résumé : Extrait d'un Sermon presché à Port Royal. [titre d'après la table]
Le 21 décembre 1685, Madame, une noble de haut rang, se rendit anonymement au monastère de Port-Royal pour assister à un sermon de l'abbé Faydit. Ce dernier insista sur l'importance de la paix et de la concorde au sein des communautés religieuses, qualifiant le manque d'union de poison mortel. Il cita Tertullien pour illustrer comment la discorde peut rendre inefficaces les sacrifices et les vertus des religieuses. L'abbé Faydit mit également en garde contre les tentatives du démon de semer la division. L'abbé Faydit exprima ensuite sa confiance en Madame, reconnaissant ses qualités de douceur, de modération et de prudence, qui la distinguent parmi les abbesses. Il compara son influence bénéfique au monastère à celle de l'archevêque de Paris, qui avait réussi à apaiser les divisions dans l'Église de Paris, comparables aux problèmes rencontrés par l'apôtre Paul à Corinthe. Grâce à la sagesse de Madame, les disputes au monastère avaient pris fin, permettant à la communauté de vivre dans l'unité et la sainteté, en imitant les vertus de la Vierge Marie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1653
p. 50-57
Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Début :
Voicy un autre endroit d'un Sermon que Mr de Fessel Docteur [...]
Mots clefs :
Docteur de Sorbonne, Discours, Soissons, Abbé, Troupeau, Dieu, Familles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Voicy un autre endroit
d'un Sermon que M² de Feffel
Docteur de Sorbonne , &
Chanoine Theologal de l'Eglife
Cathedrale de Soiffons ,
y fit le Dimanche 18. du mois
paffé. Il vous plaira d'autant
GALANT.
51
plus , qu'ayant une eſtime
Tres -particuliere pour le merite
& les grandes qualitéz
de M l'Abbé Huet, nommé
à l'Evefché de Soiffons , vous
verrez dans ce Difcours avec
quelle joye & quels applau
diffemens toute la Ville a appris
cedigne choix de fa Ma
jefté Mi Abbé du Feffel ,
aprés l'Ave Maria, de ce Sermon,
parla de cette maniere .
- Fervous Je vous dis il y a fort peu de
temps , mes Freres , que par le deceds
de Mefixe Charles de Bourlon
, nostre digne Evefque , nous
eftions tous de venus des Enfans
M
E ij
52 MERCURE
&
fans Pere , un Troupeaufans Pa
fleur , des Membres fans Chef,
que dans cette perte generale,
l'esperance d'un Succeffeur capa
ble de la reparer , eftoir la feule
confolation que nous devions nous
permettre ; mais que comme un
digne Evefque eftoit ungrand don
de Dieu , il nous le falloit meriter
par nos prieres. Finvitay tous
les Colleges , toutes les Communautez
, toutes les Familles , a
demander qu'il plaft au Ciel d'in-
Spirer le Roy de nous donner un
Prelat
que Dieu luy mefme euft
forméfelonfon coeurs qu'il cuft
remply de fon double efprit ; un
GALANT. $3
4
homme Apoftolique de la trempe de
ceux des premiers Siecles , qui cuft
long- temps travaillé au dedans à
Se rendre digne de l'Epifcopat
fans avoir jamais penfe à eftre
Evefque car , comme dit admirablement
Saint Chryfoftome , celuy
qui brigue un Eveſché , ne
croit pas au Jugement de Dieu
il a renoncéà fonfalut. Fay à
vous dire aujourd'huy , mes Freres
,que nos prieres ont efté exaucées.
LOVIS le Grand, toujours
auguste, toujours éclairé, toûjours
équitable dans fes choix , perfuadé
qu'il ne peut mieux conferver les
conquestes miraculeufes qu'ilfait
E iij
54 MERCURE
pour l'Eglife , par le retour general
de tous fes Sujets qui s'en ef
malheureusement fepa toient
rez , qu'en luy donnant des E
vefques auffi vertueux que fçavans
, auffi zelez pour la verité
de la doctrine , que pour la fainteté
des moeurs , a nommépour la
conduite de ce Diocefe Meffire.
Pierre Daniel Huer Nous ne
pouvions fouhaiter un plus illuftre
Prelat. Il eftfi remply de merite,
d'érudition & defcience ; il a tant
de probité , de fageffe , de vertu
folide & de pieté; il estfi profond
dans les belles lettres , dans la
difcipline de l'Eglife , fi interieur,
GALANT. 55
fi homme d'Oraifon , fi honnefte
faffable , que nous avons tout
fujer de benirDieu , &de remercier
le Roy qui nous l'a donnépour
noftre Pasteur. C'est à nous maintenant
à travailler à nous mettre
en eftat de profiter des rares talens
des graces extraordinaires dont
Dieu l'a remply. C'est à nous à
redoublernos prieres.Joignons- les,
mes Freres , joignons- les aux fiennes.
Il eft prefentement en retraite
, où il fe prepare aux fonctions
excellentes defon Miniftere . Là il
converſe avec Dieu.comme Moïfe
fur la Montagne. Làilfe trans
figure comme le Sauveur du Mon-
E inj
56 MERCURE
de fur le Thabor. Là il parte de
nous à Dieu , & luy- mefme reprefente
nos maladies fpirituelles,
en attendant qu'il nous en vienne
parler, & ydonner les remedes
neceffaires. Demandons que par
l'onction de fon Sacre , il foit
transformé en un homme tout nou-
›
veau , que par la plenitude de la
charité qui forme le caractere des
Evefques , ilfoit autant élevé au
deffus de luy mefme , qu'il est éle
vé au deffus de nous par fon meque
cette onction luy donne
toute l'humilité, tout l'amour toute
la fermeté, tout le détachement de
Saint Pierre, toute lafidelité, tous
rite ;
GALANT. 57
les bons defirs , tous les fages confeils
de David. Mais endemans
dant pour luy toutes ces graces ,
demandons à Dieu pour nous toute
la docilité & toute l'obeiffance,
fans lesquelles nous luyferions une
double charge. Il eft noftre Pere,
noftre Maistre , noftre Paſteur
noftre Chef; & les Enfans devant
aimer leur Pere , les Difciples
écouter leur Maistre, les Ouailles
fuivre leur Pafteur , les Membres
s'unir à leur Chef, ce nous estune
obligation indiſpenſable d'appliquer
nos foins à nous acquitter fidellement
de tous ces devoirs.
d'un Sermon que M² de Feffel
Docteur de Sorbonne , &
Chanoine Theologal de l'Eglife
Cathedrale de Soiffons ,
y fit le Dimanche 18. du mois
paffé. Il vous plaira d'autant
GALANT.
51
plus , qu'ayant une eſtime
Tres -particuliere pour le merite
& les grandes qualitéz
de M l'Abbé Huet, nommé
à l'Evefché de Soiffons , vous
verrez dans ce Difcours avec
quelle joye & quels applau
diffemens toute la Ville a appris
cedigne choix de fa Ma
jefté Mi Abbé du Feffel ,
aprés l'Ave Maria, de ce Sermon,
parla de cette maniere .
- Fervous Je vous dis il y a fort peu de
temps , mes Freres , que par le deceds
de Mefixe Charles de Bourlon
, nostre digne Evefque , nous
eftions tous de venus des Enfans
M
E ij
52 MERCURE
&
fans Pere , un Troupeaufans Pa
fleur , des Membres fans Chef,
que dans cette perte generale,
l'esperance d'un Succeffeur capa
ble de la reparer , eftoir la feule
confolation que nous devions nous
permettre ; mais que comme un
digne Evefque eftoit ungrand don
de Dieu , il nous le falloit meriter
par nos prieres. Finvitay tous
les Colleges , toutes les Communautez
, toutes les Familles , a
demander qu'il plaft au Ciel d'in-
Spirer le Roy de nous donner un
Prelat
que Dieu luy mefme euft
forméfelonfon coeurs qu'il cuft
remply de fon double efprit ; un
GALANT. $3
4
homme Apoftolique de la trempe de
ceux des premiers Siecles , qui cuft
long- temps travaillé au dedans à
Se rendre digne de l'Epifcopat
fans avoir jamais penfe à eftre
Evefque car , comme dit admirablement
Saint Chryfoftome , celuy
qui brigue un Eveſché , ne
croit pas au Jugement de Dieu
il a renoncéà fonfalut. Fay à
vous dire aujourd'huy , mes Freres
,que nos prieres ont efté exaucées.
LOVIS le Grand, toujours
auguste, toujours éclairé, toûjours
équitable dans fes choix , perfuadé
qu'il ne peut mieux conferver les
conquestes miraculeufes qu'ilfait
E iij
54 MERCURE
pour l'Eglife , par le retour general
de tous fes Sujets qui s'en ef
malheureusement fepa toient
rez , qu'en luy donnant des E
vefques auffi vertueux que fçavans
, auffi zelez pour la verité
de la doctrine , que pour la fainteté
des moeurs , a nommépour la
conduite de ce Diocefe Meffire.
Pierre Daniel Huer Nous ne
pouvions fouhaiter un plus illuftre
Prelat. Il eftfi remply de merite,
d'érudition & defcience ; il a tant
de probité , de fageffe , de vertu
folide & de pieté; il estfi profond
dans les belles lettres , dans la
difcipline de l'Eglife , fi interieur,
GALANT. 55
fi homme d'Oraifon , fi honnefte
faffable , que nous avons tout
fujer de benirDieu , &de remercier
le Roy qui nous l'a donnépour
noftre Pasteur. C'est à nous maintenant
à travailler à nous mettre
en eftat de profiter des rares talens
des graces extraordinaires dont
Dieu l'a remply. C'est à nous à
redoublernos prieres.Joignons- les,
mes Freres , joignons- les aux fiennes.
Il eft prefentement en retraite
, où il fe prepare aux fonctions
excellentes defon Miniftere . Là il
converſe avec Dieu.comme Moïfe
fur la Montagne. Làilfe trans
figure comme le Sauveur du Mon-
E inj
56 MERCURE
de fur le Thabor. Là il parte de
nous à Dieu , & luy- mefme reprefente
nos maladies fpirituelles,
en attendant qu'il nous en vienne
parler, & ydonner les remedes
neceffaires. Demandons que par
l'onction de fon Sacre , il foit
transformé en un homme tout nou-
›
veau , que par la plenitude de la
charité qui forme le caractere des
Evefques , ilfoit autant élevé au
deffus de luy mefme , qu'il est éle
vé au deffus de nous par fon meque
cette onction luy donne
toute l'humilité, tout l'amour toute
la fermeté, tout le détachement de
Saint Pierre, toute lafidelité, tous
rite ;
GALANT. 57
les bons defirs , tous les fages confeils
de David. Mais endemans
dant pour luy toutes ces graces ,
demandons à Dieu pour nous toute
la docilité & toute l'obeiffance,
fans lesquelles nous luyferions une
double charge. Il eft noftre Pere,
noftre Maistre , noftre Paſteur
noftre Chef; & les Enfans devant
aimer leur Pere , les Difciples
écouter leur Maistre, les Ouailles
fuivre leur Pafteur , les Membres
s'unir à leur Chef, ce nous estune
obligation indiſpenſable d'appliquer
nos foins à nous acquitter fidellement
de tous ces devoirs.
Fermer
Résumé : Extrait d'un Sermon presché à Soissons. [titre d'après la table]
Le 18 du mois précédent, M. de Feffel, docteur de Sorbonne et chanoine théologal de la cathédrale de Soissons, a prononcé un sermon célébrant la nomination de M. l'Abbé Huet à l'évêché de Soissons. Suite au décès de l'évêque Charles de Bourlon, la communauté était désorientée et priait pour un successeur digne. M. de Feffel a invité les fidèles à prier afin que le roi nomme un prélat vertueux. Le roi Louis XIV, conscient de l'importance de la foi pour la conservation des conquêtes, a choisi Pierre Daniel Huet en raison de son mérite, de son érudition, de sa probité et de sa piété. La communauté a exprimé sa gratitude envers Dieu et le roi pour cette nomination. Actuellement, M. Huet se prépare à ses nouvelles fonctions en se retirant pour prier et se consacrer à Dieu. Les fidèles sont encouragés à prier pour que M. Huet reçoive les grâces nécessaires à son ministère et pour qu'ils soient dociles et obéissants à leur nouvel évêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1654
p. 57-90
Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Début :
Quelques marques d'attachement & de veneration que l'on donne [...]
Mots clefs :
Congrégation, Abbaye, Chancelier, Décès, Étoffe, Ornements, Services, Cérémonies, Inscriptions, Mémoire, Ministre, Vénération, Honneurs, Représentation, Richesses, Magnificence, Repos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Quelques marques d'atta58
MERCURE
chement & de veneration
que l'on donne à ceux qui
font élevez dans un haut
rang, elles ne font pas toû
jours des affurances que l'on
ait pour eux une veritable
eftime ; mais quand on paroift
fenfiblement touché
de leur perte , & qu'on rend
à leur memoiré des honneurs
proportionnez à ceux qu'on
rendroit à leurs perfonnes,
s'ils eftoient vivans , il n'y a
point à douter qu'on n'ait
pour eux dans le coeur ce
qu'on a fouvent fait voir fur
les lévres. Nous en voyons
GALANT. 59-
un exemple dans la mort de
Mile Chancelier, puis qu'au
lieu d'oublier ce grand Miniftre,
ou du moins de ceffer
de luy donner les mefmes
marques de la tendre & ref
pectueufe eftime qu'on avoit
pour luy , chacun s'eſt
efforcé à l'envy de rendre des
honneurs funebres à fa memoire.
Les Religieux Benedictins
de la Congregation de Saint
Maur ont commencé. Sitoſt
qu'il fut mort ,le Pere D.
Benoift Brachet leur General
, ordonna qu'on dift plus
60 MERCURE
dé quinze cens Meſſes , que
les jeunes Religieux fiffent
une Communion , & que
chaque Monaftere de laCongregation
celebraft un Service
folemnel pour le repos
de l'Ame de cet illuftre Dé
funt. Mais afin que leur zele
ne paruft pas feulement dans
le Cloiftre , ils firent un Ser
vice fort magnifique dans
l'Eglife de l'Abbaye de Saint
Germain Defprez , le Samedy
17. du mois paffé , le tout par
les foins du P. D. Claude Bretagne
, Prieur de ce Monaf
tere , & grand Vicaire de M
GALANT 61
l'Archevefque de Paris,
On avoit tendu toute l'Eglife
jufqu'aux naiffances de
la Voute. Le tour du Chour
eftoit garny de grands Ecuffons
entremeflez de Maffes
pofées en fautoir fous un
Mortier d'or rebraffé d'hermines
, & liées d'un Cordon
bleu d'où pendoit la Croix
de l'Ordre du Saint Efprit.
On y avoit ajoûté deux lez
de velours , chargez de upetits
Ecuffous & de Maffes, qui
compofoient tout l'ornement
de la Croifée de l'Eglife
, & des coftez où eftoit
62 MERCURE
la Repreſentation. La Corniche
qui eft autour du San-
Atuaire, & qui regne fur toutes
les Chaires du Choeur, ef
roit garnie d'un grand nom
bre de Chandeliers d'argent
avec des cierges de cire blanche
chargez d'Ecuffons & de
Maffes entremellées, comine
je l'ay déja dit. Le grand Au
tel eftoit orné de dix - huit
Chandeliers
d'argent des
-plus beaux de Paris . Deux
grands Anges d'argentimaf
fif foûtenoient
la Croix de
vermeil doré , & enrichie de
pierreries que feu Madame
GALANT. 63
la Princeffe Palatine a donnée
à cette Abbaye. Outre
cela , comme l'on avoit découvert
le parement d'Autel
qui eft de vermeil doré , on
peut affeurer qu'il feroit fort
difficile de rien trouver de
plus riche & de mieux orné.
Je ne parle point icy de la
difpofition avantageufe de
l'Eglife pour ces fortes de
Ceremonies , parce que je
vous l'ay marquée fort exactement,
en vous entretenant
du Service que ces meſines
Peres firent pour la Reinc il
y a deux ans. Je vous diray
64 MERCURE
feulement qu'on avoit placé
la Reprefentation à vingtcinq
pas de l'Autel du colté
de la Nef.Ceux qui l'ont veuë
l'ont trouvée fort bien prife
dans ſa fimplicité, parce qu’-
ils y ont remarqué beaucoup
d'agrément fans confufion
d'ornemens inutiles . C'eftoit
un Octogone de fix degrez,
fur lequel on avoit élevé une
imaniere de Tombeau couvert
d'un grand Poële de velours
noir bordé d'hermines,
aux Armes du Défunt , & par
deffus un autre drap plus pevtit
broché or & argent à gros
GALANT. 65
fleurons rouges veloutez. La
figure de M le Chancelier
eftoit pofée à genoux fur le
Tombeau. Il eftoit reveftu
d'une Soutane de fatin violet
, & par deffus il avoit fa
Robe de velours auffi violet,
doublée de fatin rouge, avec
le Cordon bleu au col , d'ou
pendoit la Croix de l'Ordre
du Saint Efprit , dont il eftoit
Commandeur. Devant luy
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraflée d'hermines ,
la Couronne & les Maffes
de Vermeil doré , qui font
les marques de fa Dignité ,
Decembre 1685. F
66 MERCURE
le tout pofé fur un Carreau
de velours couvert de crefpe.
Cette attitude d'un Mort
reprefenté comme vivant
fur fon Tombeau , n'eft pas
extraordinaire
, puis qu'elle
fe juftifie par un grand nom
bre de monumens anciens
& nouveaux particuliererement
à Saint Denys , où
les Roys Charles VIII . Louis
XII . François I. & Henry
II. font ainfi à genoux fur
leur Tombeau .
Aux quatre principaux
Angles de l'Octogone , s'éevoie
nt quatre Piramides de
GALANT. 67
5
Marbre blanc fin, avec leurs
Panneaux de Marbre noir
fur leurs piedeftaux de même.
Les Piramides eftoient
rehauffées de Maffes , de Lezards
, & d'Etoiles de Bronze
difpofées fur chaque face
en maniere de Feftons , &
foûtenoient de groffes Gi
randoles fort bien éclairées;
le refte des dégrez de l'Octogone
eftant garny de plus
de fix- vingts Chandeliers
d'argent , dont les cierges
eftoient chargez d'armoiries
& de maffes entremê
lées.
F ip
68 MERCURE
Il y avoit au tour de la
Repreſentation des Cartouches
, dans lesquels on avoit
peint des Deviſes & Emblêmes
fort Spirituelles , compoſées
par un ſçavant Religieux
de la Congregation.
C'eft le mefme qui eft Auteur
d'un Eloge Latin , ou
Profe quarrée à la loüange
de M ' le Chancelier , qu'or
prit foin de diftribuer à tou
tel'Affemblée avant la Ceremonie.
Cét Eloge qui eft
fort long , eft digne de la
curiofité de tous ceux qui
connoiffent la beauté des
GALANT. 69
Ouvrages de cette nature.
Le Maufolée eftoit couvert
d'un riche Dais en maniere
de Lit d'Ange , ayant
un fond de Velours noir
croifé de Moire d'argent.
Le tour eftoit de Moire auf
fi d'argent , bordé de riches.
Campanes recroifées qui ſe
terminoient en Houpes de
foye & d'argent. Quatre
gros Bouquets de plumes
avec leurs aigrettes remplif
foient les quatre coins dur
Dais. Les chutes des Ri
deaux liez par bouillons , avoient
beaucoup d'agré
70 MERCURE
ment , & faifoient un tresbel
effect.
,
Le P. General de la Congregation
, affifté de douze
Officiers tous reveftus de
riches Ornemens officia
folemnellement à la grand-
Meſſe qui fut chantée par
plus de quatre-vingt Religieux
, dont la modeſtie édifia
beaucoup l'Affemblée ,
qui eftoit compofée de plufieurs
perfonnes de la premiere
Qualité. La décoration
de ce Service a efté
conduite par le Pere Barré
Procureur de l'Abbaye , &
GALANT 71
par le celebre M' Benoift ,
fi connu par fon Cercle
Royal . C'eft luy qui avoit
fait le beau Portrait en Cire
de M' le Chancelier , &
qui avoit difpofé la Figure
dans une attitude qu'on a
trouvée fort naturelle . Il у
avoit dix Devifes ou Emblêmes
La I. reprefentoit un Lezard
qui s'étend fur une
muraille , & fe montre tout
entier à un Soleil brillant
de lumiere , avec ces paro
les ,
obb Soli fe totum explicat,
72 MERCURE
Ce qui marque que Lours
LE GRAND eft le feul qui
ait bien connu la Sageffe
des Confeils de feu M le
Chancelier , parce que ce
digne Miniftre ne s'eft jamais
découvert tout entier
qu'à fon Roy.
La II. avoit pour Corps
un Lezard' victorieux au milieu
des Scorpions & des
Araignées , & pour amer,.
Venenato mortifer hofti.
Les Naturaliftes remarquent
que le Lezard eſt ennemy
mortel des Araignées
& des Scorpions qu'il tue de
fom
GALANT. 73
fon feul régard. Le Livre
que Tertullien a écrit contre
les Heretiques , & auquel
il a donné le titre de
Scorpiacum , nous fait entendre
par les Scorpions & les
autres animaux de cette forte,
l'Herefie que Mile Chancelier
a toûjours eu foin de
détruire , autant qu'il a efté
en fon pouvoir.
La III. eftoit un Lezard
pofé devant un Palais Royal,
qui eft en Perſpective , avec
ces mots ,
Inter quatuor fapientior fapien.
tibus, Stellio in ædibus Regis,
G Decembre. 1685-
74 MERCURE
Cette penſée est tirée de
l'Ecriture Sainte au 30. Chapitre
des Proverbes , auffibien
que l'Infcription , qui
s'applique fort avantageufement
à feu Mr le Chance .
lier
principalement lors
qu'il eftoit Secretaire d'Etat .
La IV. eft un Lezard paſ
fant un torrent fur une épée,
avec cette Infcription ,
Faufta fert omina Regi.
Ceux qui fçavent noftre
Hiftoire fe fouviendront des
fervices importans
› que
feu Mle Tellier a rendus
au Roy , dans les temps les
plus fâcheux.
GALANT. 75
La V. marquoit un Ciel
rout remply d'Etoiles , entre
lefquelles on en voyoit briller
trois de la premiere gran.
deur , avec ces paroles ,
3. Solatia noctis.
Pour faire voir combien
l'on a tiré de fecours de la
grande fidelité & conftance
de Mle Chancelier ,
dans le temps de la Minorité
& des Troubles .
La VI. reprefentoit le
Signe de la Balance, dans le
Zodiaque, environné d'Etoiles
fous un Soleil , avec cette
Inſcription.
Gij
76 MERCURE
Hoc aquiffimus Orbi.
Lorfque le Soleil eft au
Signe de la Balance , il eſt
fur l'Equateur. , & partage
également les jours & les
nuits à tout le monde. Il eft
aifé de voir que l'on a voulu
marquer par là , que la
Juftice n'a jamais efté mieux
adminiftrée
que
gne de Louis LE GRAND ,
& par un plus digne Miniftre
que M le Tellier.
›
fous le Re-
La VII. faifoit voir un
Pain de cire rompu en deux
fur une table , qui portoit
d'un cofté deux ChandeGALANT.
77
liers d'Autel avec leurs Cierges
, & de l'autre cofté des
Lettres feellées du grand
Sceau de Sa Majeſté . Le Tapis
eftoit miparty , femé de
Lezards & d'Etoiles , le tout
aux Emaux des Armes de
' Mr le Tellier
>
avec ces paroles
tirées de l'Evangile du
jour ,
Qua funt Cafaris , Cafari ;
qua Dei Deo.
Ce raport fort ingenieux
'des Lettres feellées avec les
Lezards , qui font pour la
Terre , & des Chandeliers
avec les Etoiles qui font
G iij
78 MERCURE
pour le Ciel , fait voir par
une application tres - heu
reufe , toute la conduite de
ce grand Miniftre qui a toû
jours pris pour le principal.
motif de fes actions Dien &
le Roy
.
La VIII. eftoit encore tirée
de l'Ecriture Sainte . On
y voyoit trois Etoiles qui
Iançoient comme des rayons
foudroyans vers la Terre
avec cette Infcription prife
dans le Chapitre 5. desJuges,
Manentes in ordine fuo pugnaverunt.
On a voulu exprimer par
GALANT. 79
là , que quoy que M le
Chancelier fuft un homme
de Robe , il n'a pas laiffé
d'avoir part aux Victoires
remportées fur nos Ennemis
, non feulement par le:
foin qu'il a eu des Arméescomme
Intendant , & comme
Secretaire d'Etat pour la
Guerre ; mais auffi par les
grandes lumieres qu'il a données
dans le Confeil.
La IX. reprefentoit un Trépié
à la facon de ceux des
Oracles anciens . Il eftoit for
mé de trois Lezards d'argent
qui foûtenoient chacun une
G iiij.
80 MERCURE
Etoile d'or avec ces mots ,
Hoc nofter meliora Oracula
Phoebus.
On avoit depeint dans la
X. cette main miraculeufe
qui condamne l'Impie & le
Sacrilegue Balthafar , en é
crivant fur la muraille ces
paroles terribles , MANE
THECEL... qui n'eftoient
pas achevées , pour donner
à connoiftre qu'elles ne faifoient
pas l'Infcription principale
qu'on a marquée par
ces mots ,
Impia damnat.
Cette peinture reprefenGALANT.
81
te la derniere action de la
Vie de M le Chancelier ,
qui n'a pû finir par une
expedition plus heureuſe ,
qu'en fignant la Revocation
de l'Edit de Nantes , & la
Condamnation de l'Herefiè ,
quiavoit prophané nos San-
Quaires & nos Vafes facrez
, par les Impietez & les
Sacrileges qu'elle a commis
par tout ce Royaume.
Les Recolets de la Ville
de Luxembourg ont fait un
pareil Service, avec toute la
magnificence qui peut entrer
dans une fi lugubre Ce82
MERCURE
remonie .. M ' le Marquis de
Lambert , Gouverneur de
cette Place , y aſſiſta avec
tous les Officiers de la Garnifon.
Meffieurs du Confeil &
du Magiftrat s'y trouverent
auffi en corps , & toutes les
Perfonnes
qualifiées de la
Ville , fuivirent
l'exemple
qu'ils donnerent de leur zèle..
On a rendu ce meſme devoir
à la
memoire de ce digne
Chef de la Juftice dans l'Abaye
de S. Arnoult de Mets.
On y
chantá la Meſſe en
Mufique , & le Service fut
fait par les foins de Meffieurs
S
1
GALANT. 83:
"
les Secretaires du Roy.
On en a auffi fait un à Cha--
ftel - Cenfey en Nivernois
auffi bien qu'à Perpignan
, où
nouvelle de cette mort ne
fut pas plûtoft portée , que
M' le Prefident
Trobat , Intendant
en Rouffillon
, donna
des marques
de l'attachement
qu'il a toujours eu pour
la Maiſon de Mile Tellier. Il
fit dire un tres- grand nom-.
bre de Meffes dans toutes
les Eglifes de la Ville ,
l'on éleva par fon ordre un
fuperbe Maufolée
au milieu
&
du Choeur de Noftre - Dame:
84 MERCURE
de la Real. Il eftoit en Pyramide,
& de figure quarrée, &
avoit quatre toifes de hau
teur fur feize de fuperficie.
Deux rangs de flambeaux de
cire blanche eftoient fur chacun
des quatre degrez de ce
Maufolée , qui diminuoient
en Pyramide jufqu'au fommet
, où l'on avoit étendu un
grand tapis , & mis un carreau
de velours noir , fur lequel
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraffé d'hermines ,
avec les deux grandes Maf
fes paffées en fautoir , & les
grands Seaux du Royaume.
GALANT. S
le
Cette trifte Ceremonie fe fit
15. du mois paffé. Toutes
les perfonnes de qualité de la
Ville de Perpignan, & les Of
ficiers de la Garniſon ſe rendirent
dans l'Eglife Collegiale
& Abbatiale de Noftre-
Dame , où M' l'Abbé de la
Real , Frere de Mr le Prefident
Trobat, fit l'Office avec
toute la folemnité poffible. Il
celebra la Meffe en habits
Pontificaux , croffé & mitré ,
& elle fut chantée en Mufique.
Les Capucins fe font diftinguez
dans ces meſmes de86
MERCURE
voirs de pieté rendus à feu M²
le Chancelier, dans leurConvent
de la rue Saint Honoré,
& dans tous les autres de cet
Ordre, aufquelsle Pere Charles
François de Paris, Vicaire
de ce Convent , Frere de M
le Chevalier , Commiffaire
apointé à la conduite du Regiment
des Gardes , écrivit
une Lettre Circulaire. Aprés
leur avoir marqué que lePere
Provincial fouhaitoit que
dans toutes leurs Communautez
on fift pour ce grand
Miniftre les mefmes chofes
qu'on avoit accouftumé de
GALANT. 87
Ves
pratiquer à la mort de chaque
Religieux de l'Ordre , il
ajoufte ce qui fuit . Les importans
fervices que ce digne
Chancelier
a rendus à l'Eglife
à l'Etat, fa tres- haute pieté, l'extréme
bonté qu'il avoit pour
Pauvres , fa douceur & fa modeftie
prefque inimitable dans l'éclatante
elevation que fon feul
merite luy avoit procuré , le zele
la fidelité inviolable qu'il
avoit pour les interefts & la
gloire de noftre augufte Monar
que , enfin l'approbation generale
qu'il s'eftoit acquife par ſa pro-
"fonde érudition , fon experience
88 MERCURE
confommée dans les affaires , &
fes autres admirables quilitez
ayant engagé tout le monde àfai
re des Prieres publiques pour le
repos de fon ame ; nousyfommes
d'autant plus obligez , que pendant
toute fa vie , il a eu pour
noftre Ordre une estime & une
affection finguliere , & qu'il eftoit
le Protecteur& le Syndicgeneral
de tousles Capucins de France
. Ce n'eftoit pas fans raifon
, Madame , que ce grand
Homme eftimoit fi fort les
Capucins , puifque l'avantage
que l'Egliſe tire de leur
zele , les rend dignes de la
GALANT. 89
veneration que tout le mon
de à pour eux . Ils ne laiffent .
échaper aucune occafion
d'en donner des marques ,
qu'ils ne l'embraffent avec
beaucoup de ferveur, & prefentement
ils ont plus de ni
le de leurs Religieux en
ployez aux Converſions des
Religionnaires.
2
२
Le 3. de ce mois , il y cua
auffi un Service tres -folemnel
pour feu M' le Chancelier
, dans l'Eglife des Carmes
des Billettes . Les Chevaliers
de Noftre - Dame du
Montcarmel & de Saint La-
Decembre 1685. H.
90 MERCURE
zare qui le faifoient faire , y
affifterent en corps au nombre
de plus de cent. L'éclat
& la magnificence y parurent
, mais d'une maniere trifte
, qui faifoit connoiſtre
combien tout le monde ef
toit fenfible à la perte que la
France a faite en la perfonne
de cet illuftre Miniftre .
MERCURE
chement & de veneration
que l'on donne à ceux qui
font élevez dans un haut
rang, elles ne font pas toû
jours des affurances que l'on
ait pour eux une veritable
eftime ; mais quand on paroift
fenfiblement touché
de leur perte , & qu'on rend
à leur memoiré des honneurs
proportionnez à ceux qu'on
rendroit à leurs perfonnes,
s'ils eftoient vivans , il n'y a
point à douter qu'on n'ait
pour eux dans le coeur ce
qu'on a fouvent fait voir fur
les lévres. Nous en voyons
GALANT. 59-
un exemple dans la mort de
Mile Chancelier, puis qu'au
lieu d'oublier ce grand Miniftre,
ou du moins de ceffer
de luy donner les mefmes
marques de la tendre & ref
pectueufe eftime qu'on avoit
pour luy , chacun s'eſt
efforcé à l'envy de rendre des
honneurs funebres à fa memoire.
Les Religieux Benedictins
de la Congregation de Saint
Maur ont commencé. Sitoſt
qu'il fut mort ,le Pere D.
Benoift Brachet leur General
, ordonna qu'on dift plus
60 MERCURE
dé quinze cens Meſſes , que
les jeunes Religieux fiffent
une Communion , & que
chaque Monaftere de laCongregation
celebraft un Service
folemnel pour le repos
de l'Ame de cet illuftre Dé
funt. Mais afin que leur zele
ne paruft pas feulement dans
le Cloiftre , ils firent un Ser
vice fort magnifique dans
l'Eglife de l'Abbaye de Saint
Germain Defprez , le Samedy
17. du mois paffé , le tout par
les foins du P. D. Claude Bretagne
, Prieur de ce Monaf
tere , & grand Vicaire de M
GALANT 61
l'Archevefque de Paris,
On avoit tendu toute l'Eglife
jufqu'aux naiffances de
la Voute. Le tour du Chour
eftoit garny de grands Ecuffons
entremeflez de Maffes
pofées en fautoir fous un
Mortier d'or rebraffé d'hermines
, & liées d'un Cordon
bleu d'où pendoit la Croix
de l'Ordre du Saint Efprit.
On y avoit ajoûté deux lez
de velours , chargez de upetits
Ecuffous & de Maffes, qui
compofoient tout l'ornement
de la Croifée de l'Eglife
, & des coftez où eftoit
62 MERCURE
la Repreſentation. La Corniche
qui eft autour du San-
Atuaire, & qui regne fur toutes
les Chaires du Choeur, ef
roit garnie d'un grand nom
bre de Chandeliers d'argent
avec des cierges de cire blanche
chargez d'Ecuffons & de
Maffes entremellées, comine
je l'ay déja dit. Le grand Au
tel eftoit orné de dix - huit
Chandeliers
d'argent des
-plus beaux de Paris . Deux
grands Anges d'argentimaf
fif foûtenoient
la Croix de
vermeil doré , & enrichie de
pierreries que feu Madame
GALANT. 63
la Princeffe Palatine a donnée
à cette Abbaye. Outre
cela , comme l'on avoit découvert
le parement d'Autel
qui eft de vermeil doré , on
peut affeurer qu'il feroit fort
difficile de rien trouver de
plus riche & de mieux orné.
Je ne parle point icy de la
difpofition avantageufe de
l'Eglife pour ces fortes de
Ceremonies , parce que je
vous l'ay marquée fort exactement,
en vous entretenant
du Service que ces meſines
Peres firent pour la Reinc il
y a deux ans. Je vous diray
64 MERCURE
feulement qu'on avoit placé
la Reprefentation à vingtcinq
pas de l'Autel du colté
de la Nef.Ceux qui l'ont veuë
l'ont trouvée fort bien prife
dans ſa fimplicité, parce qu’-
ils y ont remarqué beaucoup
d'agrément fans confufion
d'ornemens inutiles . C'eftoit
un Octogone de fix degrez,
fur lequel on avoit élevé une
imaniere de Tombeau couvert
d'un grand Poële de velours
noir bordé d'hermines,
aux Armes du Défunt , & par
deffus un autre drap plus pevtit
broché or & argent à gros
GALANT. 65
fleurons rouges veloutez. La
figure de M le Chancelier
eftoit pofée à genoux fur le
Tombeau. Il eftoit reveftu
d'une Soutane de fatin violet
, & par deffus il avoit fa
Robe de velours auffi violet,
doublée de fatin rouge, avec
le Cordon bleu au col , d'ou
pendoit la Croix de l'Ordre
du Saint Efprit , dont il eftoit
Commandeur. Devant luy
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraflée d'hermines ,
la Couronne & les Maffes
de Vermeil doré , qui font
les marques de fa Dignité ,
Decembre 1685. F
66 MERCURE
le tout pofé fur un Carreau
de velours couvert de crefpe.
Cette attitude d'un Mort
reprefenté comme vivant
fur fon Tombeau , n'eft pas
extraordinaire
, puis qu'elle
fe juftifie par un grand nom
bre de monumens anciens
& nouveaux particuliererement
à Saint Denys , où
les Roys Charles VIII . Louis
XII . François I. & Henry
II. font ainfi à genoux fur
leur Tombeau .
Aux quatre principaux
Angles de l'Octogone , s'éevoie
nt quatre Piramides de
GALANT. 67
5
Marbre blanc fin, avec leurs
Panneaux de Marbre noir
fur leurs piedeftaux de même.
Les Piramides eftoient
rehauffées de Maffes , de Lezards
, & d'Etoiles de Bronze
difpofées fur chaque face
en maniere de Feftons , &
foûtenoient de groffes Gi
randoles fort bien éclairées;
le refte des dégrez de l'Octogone
eftant garny de plus
de fix- vingts Chandeliers
d'argent , dont les cierges
eftoient chargez d'armoiries
& de maffes entremê
lées.
F ip
68 MERCURE
Il y avoit au tour de la
Repreſentation des Cartouches
, dans lesquels on avoit
peint des Deviſes & Emblêmes
fort Spirituelles , compoſées
par un ſçavant Religieux
de la Congregation.
C'eft le mefme qui eft Auteur
d'un Eloge Latin , ou
Profe quarrée à la loüange
de M ' le Chancelier , qu'or
prit foin de diftribuer à tou
tel'Affemblée avant la Ceremonie.
Cét Eloge qui eft
fort long , eft digne de la
curiofité de tous ceux qui
connoiffent la beauté des
GALANT. 69
Ouvrages de cette nature.
Le Maufolée eftoit couvert
d'un riche Dais en maniere
de Lit d'Ange , ayant
un fond de Velours noir
croifé de Moire d'argent.
Le tour eftoit de Moire auf
fi d'argent , bordé de riches.
Campanes recroifées qui ſe
terminoient en Houpes de
foye & d'argent. Quatre
gros Bouquets de plumes
avec leurs aigrettes remplif
foient les quatre coins dur
Dais. Les chutes des Ri
deaux liez par bouillons , avoient
beaucoup d'agré
70 MERCURE
ment , & faifoient un tresbel
effect.
,
Le P. General de la Congregation
, affifté de douze
Officiers tous reveftus de
riches Ornemens officia
folemnellement à la grand-
Meſſe qui fut chantée par
plus de quatre-vingt Religieux
, dont la modeſtie édifia
beaucoup l'Affemblée ,
qui eftoit compofée de plufieurs
perfonnes de la premiere
Qualité. La décoration
de ce Service a efté
conduite par le Pere Barré
Procureur de l'Abbaye , &
GALANT 71
par le celebre M' Benoift ,
fi connu par fon Cercle
Royal . C'eft luy qui avoit
fait le beau Portrait en Cire
de M' le Chancelier , &
qui avoit difpofé la Figure
dans une attitude qu'on a
trouvée fort naturelle . Il у
avoit dix Devifes ou Emblêmes
La I. reprefentoit un Lezard
qui s'étend fur une
muraille , & fe montre tout
entier à un Soleil brillant
de lumiere , avec ces paro
les ,
obb Soli fe totum explicat,
72 MERCURE
Ce qui marque que Lours
LE GRAND eft le feul qui
ait bien connu la Sageffe
des Confeils de feu M le
Chancelier , parce que ce
digne Miniftre ne s'eft jamais
découvert tout entier
qu'à fon Roy.
La II. avoit pour Corps
un Lezard' victorieux au milieu
des Scorpions & des
Araignées , & pour amer,.
Venenato mortifer hofti.
Les Naturaliftes remarquent
que le Lezard eſt ennemy
mortel des Araignées
& des Scorpions qu'il tue de
fom
GALANT. 73
fon feul régard. Le Livre
que Tertullien a écrit contre
les Heretiques , & auquel
il a donné le titre de
Scorpiacum , nous fait entendre
par les Scorpions & les
autres animaux de cette forte,
l'Herefie que Mile Chancelier
a toûjours eu foin de
détruire , autant qu'il a efté
en fon pouvoir.
La III. eftoit un Lezard
pofé devant un Palais Royal,
qui eft en Perſpective , avec
ces mots ,
Inter quatuor fapientior fapien.
tibus, Stellio in ædibus Regis,
G Decembre. 1685-
74 MERCURE
Cette penſée est tirée de
l'Ecriture Sainte au 30. Chapitre
des Proverbes , auffibien
que l'Infcription , qui
s'applique fort avantageufement
à feu Mr le Chance .
lier
principalement lors
qu'il eftoit Secretaire d'Etat .
La IV. eft un Lezard paſ
fant un torrent fur une épée,
avec cette Infcription ,
Faufta fert omina Regi.
Ceux qui fçavent noftre
Hiftoire fe fouviendront des
fervices importans
› que
feu Mle Tellier a rendus
au Roy , dans les temps les
plus fâcheux.
GALANT. 75
La V. marquoit un Ciel
rout remply d'Etoiles , entre
lefquelles on en voyoit briller
trois de la premiere gran.
deur , avec ces paroles ,
3. Solatia noctis.
Pour faire voir combien
l'on a tiré de fecours de la
grande fidelité & conftance
de Mle Chancelier ,
dans le temps de la Minorité
& des Troubles .
La VI. reprefentoit le
Signe de la Balance, dans le
Zodiaque, environné d'Etoiles
fous un Soleil , avec cette
Inſcription.
Gij
76 MERCURE
Hoc aquiffimus Orbi.
Lorfque le Soleil eft au
Signe de la Balance , il eſt
fur l'Equateur. , & partage
également les jours & les
nuits à tout le monde. Il eft
aifé de voir que l'on a voulu
marquer par là , que la
Juftice n'a jamais efté mieux
adminiftrée
que
gne de Louis LE GRAND ,
& par un plus digne Miniftre
que M le Tellier.
›
fous le Re-
La VII. faifoit voir un
Pain de cire rompu en deux
fur une table , qui portoit
d'un cofté deux ChandeGALANT.
77
liers d'Autel avec leurs Cierges
, & de l'autre cofté des
Lettres feellées du grand
Sceau de Sa Majeſté . Le Tapis
eftoit miparty , femé de
Lezards & d'Etoiles , le tout
aux Emaux des Armes de
' Mr le Tellier
>
avec ces paroles
tirées de l'Evangile du
jour ,
Qua funt Cafaris , Cafari ;
qua Dei Deo.
Ce raport fort ingenieux
'des Lettres feellées avec les
Lezards , qui font pour la
Terre , & des Chandeliers
avec les Etoiles qui font
G iij
78 MERCURE
pour le Ciel , fait voir par
une application tres - heu
reufe , toute la conduite de
ce grand Miniftre qui a toû
jours pris pour le principal.
motif de fes actions Dien &
le Roy
.
La VIII. eftoit encore tirée
de l'Ecriture Sainte . On
y voyoit trois Etoiles qui
Iançoient comme des rayons
foudroyans vers la Terre
avec cette Infcription prife
dans le Chapitre 5. desJuges,
Manentes in ordine fuo pugnaverunt.
On a voulu exprimer par
GALANT. 79
là , que quoy que M le
Chancelier fuft un homme
de Robe , il n'a pas laiffé
d'avoir part aux Victoires
remportées fur nos Ennemis
, non feulement par le:
foin qu'il a eu des Arméescomme
Intendant , & comme
Secretaire d'Etat pour la
Guerre ; mais auffi par les
grandes lumieres qu'il a données
dans le Confeil.
La IX. reprefentoit un Trépié
à la facon de ceux des
Oracles anciens . Il eftoit for
mé de trois Lezards d'argent
qui foûtenoient chacun une
G iiij.
80 MERCURE
Etoile d'or avec ces mots ,
Hoc nofter meliora Oracula
Phoebus.
On avoit depeint dans la
X. cette main miraculeufe
qui condamne l'Impie & le
Sacrilegue Balthafar , en é
crivant fur la muraille ces
paroles terribles , MANE
THECEL... qui n'eftoient
pas achevées , pour donner
à connoiftre qu'elles ne faifoient
pas l'Infcription principale
qu'on a marquée par
ces mots ,
Impia damnat.
Cette peinture reprefenGALANT.
81
te la derniere action de la
Vie de M le Chancelier ,
qui n'a pû finir par une
expedition plus heureuſe ,
qu'en fignant la Revocation
de l'Edit de Nantes , & la
Condamnation de l'Herefiè ,
quiavoit prophané nos San-
Quaires & nos Vafes facrez
, par les Impietez & les
Sacrileges qu'elle a commis
par tout ce Royaume.
Les Recolets de la Ville
de Luxembourg ont fait un
pareil Service, avec toute la
magnificence qui peut entrer
dans une fi lugubre Ce82
MERCURE
remonie .. M ' le Marquis de
Lambert , Gouverneur de
cette Place , y aſſiſta avec
tous les Officiers de la Garnifon.
Meffieurs du Confeil &
du Magiftrat s'y trouverent
auffi en corps , & toutes les
Perfonnes
qualifiées de la
Ville , fuivirent
l'exemple
qu'ils donnerent de leur zèle..
On a rendu ce meſme devoir
à la
memoire de ce digne
Chef de la Juftice dans l'Abaye
de S. Arnoult de Mets.
On y
chantá la Meſſe en
Mufique , & le Service fut
fait par les foins de Meffieurs
S
1
GALANT. 83:
"
les Secretaires du Roy.
On en a auffi fait un à Cha--
ftel - Cenfey en Nivernois
auffi bien qu'à Perpignan
, où
nouvelle de cette mort ne
fut pas plûtoft portée , que
M' le Prefident
Trobat , Intendant
en Rouffillon
, donna
des marques
de l'attachement
qu'il a toujours eu pour
la Maiſon de Mile Tellier. Il
fit dire un tres- grand nom-.
bre de Meffes dans toutes
les Eglifes de la Ville ,
l'on éleva par fon ordre un
fuperbe Maufolée
au milieu
&
du Choeur de Noftre - Dame:
84 MERCURE
de la Real. Il eftoit en Pyramide,
& de figure quarrée, &
avoit quatre toifes de hau
teur fur feize de fuperficie.
Deux rangs de flambeaux de
cire blanche eftoient fur chacun
des quatre degrez de ce
Maufolée , qui diminuoient
en Pyramide jufqu'au fommet
, où l'on avoit étendu un
grand tapis , & mis un carreau
de velours noir , fur lequel
eftoit le Mortier de toile
d'or rebraffé d'hermines ,
avec les deux grandes Maf
fes paffées en fautoir , & les
grands Seaux du Royaume.
GALANT. S
le
Cette trifte Ceremonie fe fit
15. du mois paffé. Toutes
les perfonnes de qualité de la
Ville de Perpignan, & les Of
ficiers de la Garniſon ſe rendirent
dans l'Eglife Collegiale
& Abbatiale de Noftre-
Dame , où M' l'Abbé de la
Real , Frere de Mr le Prefident
Trobat, fit l'Office avec
toute la folemnité poffible. Il
celebra la Meffe en habits
Pontificaux , croffé & mitré ,
& elle fut chantée en Mufique.
Les Capucins fe font diftinguez
dans ces meſmes de86
MERCURE
voirs de pieté rendus à feu M²
le Chancelier, dans leurConvent
de la rue Saint Honoré,
& dans tous les autres de cet
Ordre, aufquelsle Pere Charles
François de Paris, Vicaire
de ce Convent , Frere de M
le Chevalier , Commiffaire
apointé à la conduite du Regiment
des Gardes , écrivit
une Lettre Circulaire. Aprés
leur avoir marqué que lePere
Provincial fouhaitoit que
dans toutes leurs Communautez
on fift pour ce grand
Miniftre les mefmes chofes
qu'on avoit accouftumé de
GALANT. 87
Ves
pratiquer à la mort de chaque
Religieux de l'Ordre , il
ajoufte ce qui fuit . Les importans
fervices que ce digne
Chancelier
a rendus à l'Eglife
à l'Etat, fa tres- haute pieté, l'extréme
bonté qu'il avoit pour
Pauvres , fa douceur & fa modeftie
prefque inimitable dans l'éclatante
elevation que fon feul
merite luy avoit procuré , le zele
la fidelité inviolable qu'il
avoit pour les interefts & la
gloire de noftre augufte Monar
que , enfin l'approbation generale
qu'il s'eftoit acquife par ſa pro-
"fonde érudition , fon experience
88 MERCURE
confommée dans les affaires , &
fes autres admirables quilitez
ayant engagé tout le monde àfai
re des Prieres publiques pour le
repos de fon ame ; nousyfommes
d'autant plus obligez , que pendant
toute fa vie , il a eu pour
noftre Ordre une estime & une
affection finguliere , & qu'il eftoit
le Protecteur& le Syndicgeneral
de tousles Capucins de France
. Ce n'eftoit pas fans raifon
, Madame , que ce grand
Homme eftimoit fi fort les
Capucins , puifque l'avantage
que l'Egliſe tire de leur
zele , les rend dignes de la
GALANT. 89
veneration que tout le mon
de à pour eux . Ils ne laiffent .
échaper aucune occafion
d'en donner des marques ,
qu'ils ne l'embraffent avec
beaucoup de ferveur, & prefentement
ils ont plus de ni
le de leurs Religieux en
ployez aux Converſions des
Religionnaires.
2
२
Le 3. de ce mois , il y cua
auffi un Service tres -folemnel
pour feu M' le Chancelier
, dans l'Eglife des Carmes
des Billettes . Les Chevaliers
de Noftre - Dame du
Montcarmel & de Saint La-
Decembre 1685. H.
90 MERCURE
zare qui le faifoient faire , y
affifterent en corps au nombre
de plus de cent. L'éclat
& la magnificence y parurent
, mais d'une maniere trifte
, qui faifoit connoiſtre
combien tout le monde ef
toit fenfible à la perte que la
France a faite en la perfonne
de cet illuftre Miniftre .
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Résumé : Services faits pour feu Mr le Chancelier en plusieurs Communautez de Paris, & en plusieurs Villes du Royaume, avec la Description de quelques Mausolées, & la Lettre Circulaire des Capucins, sur le mesme sujet, où l'ont voit l'Eloge de ce Ministre. [titre d'après la table]
Le texte décrit les hommages rendus à la mémoire d'un chancelier décédé, identifié comme étant probablement Michel Le Tellier. Les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur ont organisé diverses cérémonies en son honneur, incluant 1500 messes, des communions pour les jeunes religieux, et des services solennels dans plusieurs monastères. Un service particulièrement somptueux a été célébré à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dirigé par le Père Claude Bretagne. Cet événement était marqué par des décorations riches et une représentation du chancelier entourée de symboles de sa dignité. Les Récollets de Luxembourg ont également organisé une cérémonie funéraire, présidée par le Père Général. Cette cérémonie mettait en avant des emblèmes représentant la vie et les réalisations du chancelier, tels que sa sagesse, sa lutte contre l'hérésie, et son soutien au roi. Parmi les participants notables figuraient le Marquis de Lambert. D'autres villes et institutions ont également rendu hommage au chancelier, notamment l'abbaye de Saint-Arnoul de Metz, Château-Chenonceau, et Perpignan. Les Capucins et les Carmes ont également honoré le défunt par des prières et des services, soulignant ses mérites et son soutien aux ordres religieux. Ces hommages reflètent l'importance et le respect accordés au chancelier par diverses communautés religieuses et institutions.
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1655
p. 90-92
Sur la mort de Mr le Chancelier.
Début :
Voicy un Sonnet de Mr de Benserade, sur cette mort. / L'Ame de ce grand Homme est au dessus des airs, [...]
Mots clefs :
Grand homme, Injustice, Armes, Sang, Malheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la mort de Mr le Chancelier.
oi
cy un Sonnet de M ' de Benferade
, fur cette mort.
GALANT. 91
Sur la mort de M' le Chan-
L
celier..
'Ame de ce grand Homme eff
an deffus des airs ,
D'une eternelle paix elle goûte les
charmes...
Ofte un peu ton bandeau pour effuyer
tes larmes ,
Inftice , & pour bien voir quel Mi
niftre tu perds.
Q
Employe à fon Tombeau la main dess
plus experts,
Il y defcendaimé, tranquile, &fans:
alarmes ;
Dans unfangquiprendſoin des Au---
tels & des Armes,
Il est encore utile au Maiftre que tw :
Lers
Hij
92 MERCURE
Comblé d'ans & d'honneurs , la Parque
le respecte
Attend qu'il ait fcellé l' Arreft contre
une Secte ,
Par qui de fon repos l'Etat fe vid
privé.
Il en a veu la fin qu'il a tant foubaitée
,
Et cette mefme mort fatale & regrettée
,
Est le premier malheur qui luy foit
arrivé.
cy un Sonnet de M ' de Benferade
, fur cette mort.
GALANT. 91
Sur la mort de M' le Chan-
L
celier..
'Ame de ce grand Homme eff
an deffus des airs ,
D'une eternelle paix elle goûte les
charmes...
Ofte un peu ton bandeau pour effuyer
tes larmes ,
Inftice , & pour bien voir quel Mi
niftre tu perds.
Q
Employe à fon Tombeau la main dess
plus experts,
Il y defcendaimé, tranquile, &fans:
alarmes ;
Dans unfangquiprendſoin des Au---
tels & des Armes,
Il est encore utile au Maiftre que tw :
Lers
Hij
92 MERCURE
Comblé d'ans & d'honneurs , la Parque
le respecte
Attend qu'il ait fcellé l' Arreft contre
une Secte ,
Par qui de fon repos l'Etat fe vid
privé.
Il en a veu la fin qu'il a tant foubaitée
,
Et cette mefme mort fatale & regrettée
,
Est le premier malheur qui luy foit
arrivé.
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Résumé : Sur la mort de Mr le Chancelier.
Le sonnet de M. de Benferade rend hommage au chancelier défunt, dont l'âme trouve la paix éternelle. Il déplore l'injustice de sa mort, soulignant son utilité posthume dans la protection des autels et des armes. Le chancelier, respecté par la Parque, meurt après avoir signé un arrêt contre une secte menaçante. Sa disparition est considérée comme son premier malheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1656
p. 92-94
Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Début :
Vous ne serez pas fâchée de voir ce qu'a fait / Quelle marque d'amour Conty vient de produire ! [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Décès, Beauté, Héros, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Vous ne ferez pas fâchée
de voir ce qu'a fait le meſme
Mr de Benferade ,fur une autre
mort qui n'a pas moins affligé
que furpris toute la France.
GALANT. 93
Sur la mort de Monfieur le
Prince de Conty , mort
de la petite verole .
O
Velle
marque
d'amour Conty
vient de produire !
Quel couple fe fepare , & quel fort
est le leur!
Qui des deux ne meurt pas , &trai
ne fa douleur ,
En pire cftat que l'autre , helas ! fe
voit réduire...
*3
Fleau des Teints délicats , qui cher
che à les détruire ,
D'un fi digne . Heros le peu digne
malheur !
Falloit- il que ce mal s'en prift à la
valeurs,
De ce qu'à la Beauté ce·mal´n'avoit
fecu naire?
94 MERCURE
Pour la Foy , pour la gloire il courut´
aux dangers ,
Expofa fon beau fang fur les bords:
étrangers ;
Là que ne fit-il point , & qui le pour--
ra croire ?
Meſme , il n'attendit pas les ordres de
Son Roy,
Le plus ferme foutien qu'ait jamais
eu la Foy ,
Et le plus chaud amy qu'ait jamais
eu la gloire..
de voir ce qu'a fait le meſme
Mr de Benferade ,fur une autre
mort qui n'a pas moins affligé
que furpris toute la France.
GALANT. 93
Sur la mort de Monfieur le
Prince de Conty , mort
de la petite verole .
O
Velle
marque
d'amour Conty
vient de produire !
Quel couple fe fepare , & quel fort
est le leur!
Qui des deux ne meurt pas , &trai
ne fa douleur ,
En pire cftat que l'autre , helas ! fe
voit réduire...
*3
Fleau des Teints délicats , qui cher
che à les détruire ,
D'un fi digne . Heros le peu digne
malheur !
Falloit- il que ce mal s'en prift à la
valeurs,
De ce qu'à la Beauté ce·mal´n'avoit
fecu naire?
94 MERCURE
Pour la Foy , pour la gloire il courut´
aux dangers ,
Expofa fon beau fang fur les bords:
étrangers ;
Là que ne fit-il point , & qui le pour--
ra croire ?
Meſme , il n'attendit pas les ordres de
Son Roy,
Le plus ferme foutien qu'ait jamais
eu la Foy ,
Et le plus chaud amy qu'ait jamais
eu la gloire..
Fermer
Résumé : Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty, mort de la petite verole.
Le texte évoque la mort du Prince de Conti, victime de la variole, suscitant tristesse et surprise en France. Il met en lumière l'amour profond entre le Prince et son épouse, ainsi que le courage et le dévouement du Prince. Ce dernier est loué pour ses actions héroïques pour la foi et la gloire, souvent au péril de sa vie, et son engagement sans attendre les ordres royaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1657
p. 94-96
A Madame la Princesse de Conty.
Début :
Je vous envoye un second Sonnet sur cette mort. / Princesse, tarissez la source de ces larmes, [...]
Mots clefs :
Larmes, Charmes, Sang, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madame la Princesse de Conty.
Je vous envoye un fecond !
Sonnet fur cette mort..
GALANT. 95
A Madame la Princeffe
Pe
de Conty .
Rinceffe , tariffez la fource de
ces larmes ,
Quifont tort à l'éclat d'un vifage fi
doux ,
Et dont un noir venin fatal à vostre ·
Epoux ,
Dans toute fa fureur a respecté les :
charmes..
CO
Conty naquit d'un fang nourry dans
les alarmes ;
L'infidelle Croiffant fentit fes premiers
coups :
Et fi le Sort cruel n'en exſt eſté jażloux
,
Son Roy l'euft veu combattre , & brillex
par nos Armes.
96 MERCURE
*
Tous vos triftes regrets ne le rappellent
pas s
Les Rois & les Bergers fontfujets au
trépas :
Il n'est point de fecret pour ranimer
leur cendre.
X3
Quel plus charmant remede à vos
vives douleurs ,
Que de voir un grand Roy d'une amitié
fi tendre ,
Prendre foin de vous plaindre , &
d'effuyer vos pleurs ?
Ce dernier Sonnet eft de
M le Clerc de l'Academie
Françoife.
Sonnet fur cette mort..
GALANT. 95
A Madame la Princeffe
Pe
de Conty .
Rinceffe , tariffez la fource de
ces larmes ,
Quifont tort à l'éclat d'un vifage fi
doux ,
Et dont un noir venin fatal à vostre ·
Epoux ,
Dans toute fa fureur a respecté les :
charmes..
CO
Conty naquit d'un fang nourry dans
les alarmes ;
L'infidelle Croiffant fentit fes premiers
coups :
Et fi le Sort cruel n'en exſt eſté jażloux
,
Son Roy l'euft veu combattre , & brillex
par nos Armes.
96 MERCURE
*
Tous vos triftes regrets ne le rappellent
pas s
Les Rois & les Bergers fontfujets au
trépas :
Il n'est point de fecret pour ranimer
leur cendre.
X3
Quel plus charmant remede à vos
vives douleurs ,
Que de voir un grand Roy d'une amitié
fi tendre ,
Prendre foin de vous plaindre , &
d'effuyer vos pleurs ?
Ce dernier Sonnet eft de
M le Clerc de l'Academie
Françoife.
Fermer
Résumé : A Madame la Princesse de Conty.
Le texte contient deux sonnets dédiés à la princesse de Conti après le décès de son époux. Le premier, 'Galant', l'encourage à maîtriser ses larmes, rappelant que le prince de Conti, issu d'une famille marquée par les conflits, aurait pu mourir au combat. Le second, 'Mercure', souligne l'inévitabilité de la mort et le réconfort apporté par l'amitié du roi. Le dernier sonnet est attribué à M. le Clerc de l'Académie Française.
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1658
p. 96-101
Discours fait par Mr le Duc de Saint Aignan, en prenant sa place de Directeur à l'Academie Françoise, & ce qui s'y passa le mesme jour. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de S. Aignan ayant esté fait Directeur [...]
Mots clefs :
Duc de S. Aignan, Directeur, Académie, Faveur, Sentiments, Compagnie, Éloquence
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texteReconnaissance textuelle : Discours fait par Mr le Duc de Saint Aignan, en prenant sa place de Directeur à l'Academie Françoise, & ce qui s'y passa le mesme jour. [titre d'après la table]
M le Duc de
S. Aignan ayant efté fait ,Directeur
GALANT. 97
recteur de cette fameuse
Compagnie au commencement
d'Octobre, vint y prendre
feance en cette qualité
de Directeur le du mois
17.
paffé, & dit à ces Meffieurs
d'une maniere toute obligeante
; Que la place dans la
quelle ils le voyoient alors ne luy,
auroit pas efté moins agreable
qu'elle luy eftoit glorieuse, s'il avoit
pûfe perfuader qu'ils euffent
approuvé par leur choix ce que le
fort avoitfait enfa faveur; Que
c'eftoit un avantage dont il n'ofoit
fe flater; mais qu'il occuperoit
au moins cette place avec un
Decembre 1685. I
98 MERCURE
efpritfi foumis à leurs fentimens,
un coeurfi remply d'eftime &
de veneration pour cette Illustre
Compagnie , qu'elle auroit lieu
d'en eftre fatisfaite ; Quefi quel
que chofe luy pouvoit donner de
la peine , au milieu de tant de
fujets de fatisfaction , c'estoit le
peu de temps qu'il pourroit avoir
d'en profiter , à cause de l'affi
duite où fa Charge l'obligeoit auprés
du Roy ; mais que comme
il ne pourroit s'éloigner d'eux, que
pour s'approcher de ce grand Monarque,
de qui le Regne eftoit plein
de merveilles, pourla facrée Perfonne
, duquel ils avoient tant
GALANT. 99
d'attachement de zele , & à
la gloire duquel ils parloient f
bien ; il vouloit efperer qu'ils excuferoient
ce mauvais effet par la
bonté de fa caufe ; & qu'ils luy
• permettroient d'achever fon année
de Service auprés de Sa Majefté,
comme il l'avoit commencée
; aprés laquelle il fe rendroit
auprés d'eux leplusfouvent qu'il
pourroit , afin de leur faire connoiftre
à quel point il estoit charmé
de ce qu'il leur entendoit dire,
ce qu'il voudroit faire pour
meriter leur approbation .
Ce mefme jour, il fut refolu
que la Compagnie dépu-
I ij
100 MERCURE
teroit à M Boucherat, Chan...
celier de France , pour le fe.
liciter fur le choix que le Roy
venoit de faire de la Perfonne
pour remplir une place fi
importante , & M¹ le Duc de
S. Aignan ayant eu quelques
raifons pour ſe difpenfer de
porter la parole comme Directeur
, Mr Boyer , alors
Chancelier de l'Academie,
s'en trouva chargé. Ceux qui
l'accompagnerent furent Mt
Doujat, Doyen, M'Charpentier,
M l'Abbé de Dangeau ,
M' l'Abbé Tallemant le jeune,
& Mrs Bergeret, Racine,
GALANT. IOI
Defpreaux , & le Clerc . Mr
le Duc de S. Aignan les prefenta
à M. le Chancelier , &
luy dit ; Que ne ſe trouvant
pas affez d'eloquence pour
s'en fervir aupres d'une Perfonne
de fa Dignité & de fon
grand merite, il avoit prié
M's de l'Academie Françoiſe
de trouver bon qu'il les prefentaft
feulement
, & que Mr
Boyer qui rempliffoit dans la
Compagnie la feconde Charge
apres celle de Directeur
qu'il occupoit, portaft la parole
dans le Compliment
qu'ils venoient luy faire..
S. Aignan ayant efté fait ,Directeur
GALANT. 97
recteur de cette fameuse
Compagnie au commencement
d'Octobre, vint y prendre
feance en cette qualité
de Directeur le du mois
17.
paffé, & dit à ces Meffieurs
d'une maniere toute obligeante
; Que la place dans la
quelle ils le voyoient alors ne luy,
auroit pas efté moins agreable
qu'elle luy eftoit glorieuse, s'il avoit
pûfe perfuader qu'ils euffent
approuvé par leur choix ce que le
fort avoitfait enfa faveur; Que
c'eftoit un avantage dont il n'ofoit
fe flater; mais qu'il occuperoit
au moins cette place avec un
Decembre 1685. I
98 MERCURE
efpritfi foumis à leurs fentimens,
un coeurfi remply d'eftime &
de veneration pour cette Illustre
Compagnie , qu'elle auroit lieu
d'en eftre fatisfaite ; Quefi quel
que chofe luy pouvoit donner de
la peine , au milieu de tant de
fujets de fatisfaction , c'estoit le
peu de temps qu'il pourroit avoir
d'en profiter , à cause de l'affi
duite où fa Charge l'obligeoit auprés
du Roy ; mais que comme
il ne pourroit s'éloigner d'eux, que
pour s'approcher de ce grand Monarque,
de qui le Regne eftoit plein
de merveilles, pourla facrée Perfonne
, duquel ils avoient tant
GALANT. 99
d'attachement de zele , & à
la gloire duquel ils parloient f
bien ; il vouloit efperer qu'ils excuferoient
ce mauvais effet par la
bonté de fa caufe ; & qu'ils luy
• permettroient d'achever fon année
de Service auprés de Sa Majefté,
comme il l'avoit commencée
; aprés laquelle il fe rendroit
auprés d'eux leplusfouvent qu'il
pourroit , afin de leur faire connoiftre
à quel point il estoit charmé
de ce qu'il leur entendoit dire,
ce qu'il voudroit faire pour
meriter leur approbation .
Ce mefme jour, il fut refolu
que la Compagnie dépu-
I ij
100 MERCURE
teroit à M Boucherat, Chan...
celier de France , pour le fe.
liciter fur le choix que le Roy
venoit de faire de la Perfonne
pour remplir une place fi
importante , & M¹ le Duc de
S. Aignan ayant eu quelques
raifons pour ſe difpenfer de
porter la parole comme Directeur
, Mr Boyer , alors
Chancelier de l'Academie,
s'en trouva chargé. Ceux qui
l'accompagnerent furent Mt
Doujat, Doyen, M'Charpentier,
M l'Abbé de Dangeau ,
M' l'Abbé Tallemant le jeune,
& Mrs Bergeret, Racine,
GALANT. IOI
Defpreaux , & le Clerc . Mr
le Duc de S. Aignan les prefenta
à M. le Chancelier , &
luy dit ; Que ne ſe trouvant
pas affez d'eloquence pour
s'en fervir aupres d'une Perfonne
de fa Dignité & de fon
grand merite, il avoit prié
M's de l'Academie Françoiſe
de trouver bon qu'il les prefentaft
feulement
, & que Mr
Boyer qui rempliffoit dans la
Compagnie la feconde Charge
apres celle de Directeur
qu'il occupoit, portaft la parole
dans le Compliment
qu'ils venoient luy faire..
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Résumé : Discours fait par Mr le Duc de Saint Aignan, en prenant sa place de Directeur à l'Academie Françoise, & ce qui s'y passa le mesme jour. [titre d'après la table]
En octobre 17, le Duc de Saint-Aignan a été nommé directeur de la Compagnie. Il a exprimé sa gratitude et son honneur de servir, tout en soulignant que cette position lui était attribuée par le sort plutôt que par le choix des membres. Il a promis de remplir ses fonctions avec respect et dévotion, malgré ses obligations royales. La Compagnie a décidé d'envoyer une délégation à M. Boucherat, Chancelier de France, pour le féliciter de la nomination du Duc par le roi. Le Duc de Saint-Aignan a demandé à M. Boyer, chancelier de l'Académie, de prononcer le discours à sa place. La délégation comprenait des membres éminents tels que M. Doujat, M. Charpentier, l'Abbé de Dangeau, l'Abbé Tallemant le jeune, M. Bergeret, M. Racine, M. Despreaux et M. Le Clerc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1659
p. 102-111
Compliment de l'Académie Françoise à Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Début :
Apres cela Mr Boyer luy parla de cette sorte. MONSEIGNEUR, L'Academie [...]
Mots clefs :
Discours, Académie, Compliments, Monseigneur, Bonté, Piété, Grandeur
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texteReconnaissance textuelle : Compliment de l'Académie Françoise à Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Apres cela M' Boyer luy
parla de cette forte .
M
ONSEIGNEUR,
L'Academie Franque
goife , toujours attentive à tous les
pas à toutes les démarches
fait fon Auguste Protecteur , ne
fçauroit affez louer aujourd'huy
fa Sageffe & fa Justice dans le
choix qu'il a fait de voftre Perfonne
, pourremplir la plus haute
Dignité de l'Eftat , & pour nous
confoler en mefme temps de la
mort de voftre Illuftre Predeceffeur.
Ce n'eft point une de ces éle
vations precipitées quifurprennent
GALANT. 103
Pattente publique , & qui caufent
quelquefois moins de joye que d'étonnement.
Ily a long- temps que
nous vousfuivions des yeux dans
le chemin que vous vous eftes
tracé vous- mefme pour arriver à
laplace où vous etes . Nous avons
vu par quels degrez vous y
estes monté : Une application infatigable
à toutce quifait le Magiftrat
achevé; un Sçavoir à qui
rien n'eft échapé de ce qui fert à
l'adminiftration de laJustice , une
Probité incorruptible , une Experience
confommée , une Sageffe
nourrie des plus folides connoiffan
ces de la Politique de la Furif-
I iiij
104 MERCURE
prudence. Mais pourquoy s'enga
ger dans un détail qui feroit trop
long, pour voir dans toute fon etendue
un Merite que vôtre Madestie
a pú vous cacher à vousmeſme
, & qu'elle n'a pû dérober
aux yeux de toute la France? Ne
·fuffit-il pas de voir la Grandeur
que ce Merite vous a procurée ?
Souffrez pour cela , MONSEIGNEUR
, que l'Academie Françoife
quifçait l'Art de définir les
chofes , & d'en faire des images
vives , vous reprefente à vousmefme
, avec cette nouvelle Gloi-
·re qui vous environne . Souffrez
qu'elle vous contemple fur le plus
GALANT. 105
ce
augufte & le plus glorieux Tri
bunal de l'Univers , où vous ef
tes devenu la premiere Intelligen
de l'Estat , fous le plus grand
Roy de la Terre ; l'Organe de fa
Justice fouveraine , l'Oracle de
fes Loix , le Difpenfaieur de fes
Graces , le Dépofitaire defon
Authorité.
Il eft mal- aife, MONSEIGNEUR
, d'ajouter quelque chofe
à de fi grands noms mais au
moins vous (çavez que dans le
Regne de Louis XIV. fi la
Grandeur peut avoir des bornes
La Gloire n'en a point. Luy mefme
en donne l'exemple . S'il a bor
106 MERCURE
néfes conquestes par la Paix , on
voit en mefme temps quelle abondante
moiffon de Gloire il s'eft fait
au milieu de cette Paix. Tant de
milliers d'ames égarées , & ramenées
aufein de l'Eglife , font plus
d'honneur àfa Pieté , que tant de
Places conquifes fur fes Ennemis
n'en ontfait a fa Valeur.. C'est à
cette Gloire plus folide plus
durable que toute autre , que vous
allez contribuer par vos foins &
par vos confeils ,
que
c'est par là
la vostre s'augmentera tous
les
jours.
Cependant
,
MONSEigneur
,
agréez
qu'aprés
vous
avoir
regar
GALANT. 107
dé dans ces importantes occupations
fous cette idée de Grandeur , pour
nous raffurer contre cette Majefté
fifevere & fi terrible qui eft prefque
infeparable de voftre Dignité,
nous regardions en vous cette
charmante politeffe qui vous gagne
les
coeurs de tout le monde ;
cette noble facilité qui vous rend
toujours acceffible au merite &
la vertu ; cette Bonté bienfaifanregenereuse,
qui est le Refuge
des foibles & des malheureux.
Agréez fur tout que
Françoife , qui vous regarde comme
le Chef& lefecond Protecteur
des Sciences & des belles Let
l'Academie
108 MERCURE
tres , fe flatte de cette douce perfée
que vous voudrez bien jetter
quelquefois vos regards für une
Compagnie qui travaille à polir
une Langue que vous parlezfi
bien , qui doit eftre la Langue de
toutes les Nations , & quiſervira
mieux à immortalifer Louis
LE GRAND , que ces bronzes &
que ces marbres qu'on luy prepare
avec tant de magnificence.
Ce Difcours que M¹ Boyer
prononça avec beaucoup de
force & de grace , luy attira.
de grands applaudiffemens .
L'attention que Mrle Chan
celier luy prefta,fit affez con
GALANT. 109
noiftre combien il en eftoit
fatisfait. Ily répondit avec
cette honnefteté qui luy eft
fi naturelle , & avec des termes
pleins de bonté & de reconnoiffance.
Il dit , Qu'on
luyfaifoit beaucoup d'honneur de
croire qu'il avoit une estime particuliere
pour les Gens de Lettres;
Qu'il avoit eu autrefois Meffieurs
Godeau,Chapelain & Conrard,
Illuftres Academiciens de la
premiere
mes & familiers Amis, & qu'il
avoit toujours crû que le Corps des
Gens de Lettres estoit un des plus
confiderables de l'Estat , & que
Institution ,pourfes inti110
MERCURE
fans enx il n'y avoit point de
Regne heureux, poly floriffant;
Que c'estoit un des principaux
avantages de celuy du Roy, comme
c'en estoit un pour les Gens de
Lettres d'avoir dans les admirables
Actions de cet incomparable
Monarque une ample matiere
pour exercer leur éloquence. En
fuite il s'étendit fur le fuccez
incroyable qu'on voit tous
les jours dans cette grande
entrepriſe , & fi digne d'un
Roy Tres - Chreftien , que Sa
Majefté a faite d'exterminer
en France une Secte malheureuſe
qui a duré ſi longGALANT.
III
temps. Il finit par des affeurances
de l'eftime tres -fincere
& tres- paffionnée qu'il a
voit pour l'Academie
Françoife
, & de l'ardeur qu'il
auroit toûjours de la fervir ,
& de luy conferver fes Privileges.
parla de cette forte .
M
ONSEIGNEUR,
L'Academie Franque
goife , toujours attentive à tous les
pas à toutes les démarches
fait fon Auguste Protecteur , ne
fçauroit affez louer aujourd'huy
fa Sageffe & fa Justice dans le
choix qu'il a fait de voftre Perfonne
, pourremplir la plus haute
Dignité de l'Eftat , & pour nous
confoler en mefme temps de la
mort de voftre Illuftre Predeceffeur.
Ce n'eft point une de ces éle
vations precipitées quifurprennent
GALANT. 103
Pattente publique , & qui caufent
quelquefois moins de joye que d'étonnement.
Ily a long- temps que
nous vousfuivions des yeux dans
le chemin que vous vous eftes
tracé vous- mefme pour arriver à
laplace où vous etes . Nous avons
vu par quels degrez vous y
estes monté : Une application infatigable
à toutce quifait le Magiftrat
achevé; un Sçavoir à qui
rien n'eft échapé de ce qui fert à
l'adminiftration de laJustice , une
Probité incorruptible , une Experience
confommée , une Sageffe
nourrie des plus folides connoiffan
ces de la Politique de la Furif-
I iiij
104 MERCURE
prudence. Mais pourquoy s'enga
ger dans un détail qui feroit trop
long, pour voir dans toute fon etendue
un Merite que vôtre Madestie
a pú vous cacher à vousmeſme
, & qu'elle n'a pû dérober
aux yeux de toute la France? Ne
·fuffit-il pas de voir la Grandeur
que ce Merite vous a procurée ?
Souffrez pour cela , MONSEIGNEUR
, que l'Academie Françoife
quifçait l'Art de définir les
chofes , & d'en faire des images
vives , vous reprefente à vousmefme
, avec cette nouvelle Gloi-
·re qui vous environne . Souffrez
qu'elle vous contemple fur le plus
GALANT. 105
ce
augufte & le plus glorieux Tri
bunal de l'Univers , où vous ef
tes devenu la premiere Intelligen
de l'Estat , fous le plus grand
Roy de la Terre ; l'Organe de fa
Justice fouveraine , l'Oracle de
fes Loix , le Difpenfaieur de fes
Graces , le Dépofitaire defon
Authorité.
Il eft mal- aife, MONSEIGNEUR
, d'ajouter quelque chofe
à de fi grands noms mais au
moins vous (çavez que dans le
Regne de Louis XIV. fi la
Grandeur peut avoir des bornes
La Gloire n'en a point. Luy mefme
en donne l'exemple . S'il a bor
106 MERCURE
néfes conquestes par la Paix , on
voit en mefme temps quelle abondante
moiffon de Gloire il s'eft fait
au milieu de cette Paix. Tant de
milliers d'ames égarées , & ramenées
aufein de l'Eglife , font plus
d'honneur àfa Pieté , que tant de
Places conquifes fur fes Ennemis
n'en ontfait a fa Valeur.. C'est à
cette Gloire plus folide plus
durable que toute autre , que vous
allez contribuer par vos foins &
par vos confeils ,
que
c'est par là
la vostre s'augmentera tous
les
jours.
Cependant
,
MONSEigneur
,
agréez
qu'aprés
vous
avoir
regar
GALANT. 107
dé dans ces importantes occupations
fous cette idée de Grandeur , pour
nous raffurer contre cette Majefté
fifevere & fi terrible qui eft prefque
infeparable de voftre Dignité,
nous regardions en vous cette
charmante politeffe qui vous gagne
les
coeurs de tout le monde ;
cette noble facilité qui vous rend
toujours acceffible au merite &
la vertu ; cette Bonté bienfaifanregenereuse,
qui est le Refuge
des foibles & des malheureux.
Agréez fur tout que
Françoife , qui vous regarde comme
le Chef& lefecond Protecteur
des Sciences & des belles Let
l'Academie
108 MERCURE
tres , fe flatte de cette douce perfée
que vous voudrez bien jetter
quelquefois vos regards für une
Compagnie qui travaille à polir
une Langue que vous parlezfi
bien , qui doit eftre la Langue de
toutes les Nations , & quiſervira
mieux à immortalifer Louis
LE GRAND , que ces bronzes &
que ces marbres qu'on luy prepare
avec tant de magnificence.
Ce Difcours que M¹ Boyer
prononça avec beaucoup de
force & de grace , luy attira.
de grands applaudiffemens .
L'attention que Mrle Chan
celier luy prefta,fit affez con
GALANT. 109
noiftre combien il en eftoit
fatisfait. Ily répondit avec
cette honnefteté qui luy eft
fi naturelle , & avec des termes
pleins de bonté & de reconnoiffance.
Il dit , Qu'on
luyfaifoit beaucoup d'honneur de
croire qu'il avoit une estime particuliere
pour les Gens de Lettres;
Qu'il avoit eu autrefois Meffieurs
Godeau,Chapelain & Conrard,
Illuftres Academiciens de la
premiere
mes & familiers Amis, & qu'il
avoit toujours crû que le Corps des
Gens de Lettres estoit un des plus
confiderables de l'Estat , & que
Institution ,pourfes inti110
MERCURE
fans enx il n'y avoit point de
Regne heureux, poly floriffant;
Que c'estoit un des principaux
avantages de celuy du Roy, comme
c'en estoit un pour les Gens de
Lettres d'avoir dans les admirables
Actions de cet incomparable
Monarque une ample matiere
pour exercer leur éloquence. En
fuite il s'étendit fur le fuccez
incroyable qu'on voit tous
les jours dans cette grande
entrepriſe , & fi digne d'un
Roy Tres - Chreftien , que Sa
Majefté a faite d'exterminer
en France une Secte malheureuſe
qui a duré ſi longGALANT.
III
temps. Il finit par des affeurances
de l'eftime tres -fincere
& tres- paffionnée qu'il a
voit pour l'Academie
Françoife
, & de l'ardeur qu'il
auroit toûjours de la fervir ,
& de luy conferver fes Privileges.
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Résumé : Compliment de l'Académie Françoise à Mr le Chancelier. [titre d'après la table]
Lors d'un discours à l'Académie Française, M. Boyer célèbre la nomination d'un nouveau dignitaire, dont les mérites et les qualités exceptionnelles sont soulignés. Ce dernier est reconnu pour son application, son savoir, sa probité, son expérience et sa sagesse. Sa trajectoire est comparée à celle du roi Louis XIV, qui a su allier grandeur et gloire durable grâce à ses actions pieuses et politiques. Le nouveau dignitaire est également loué pour sa charmante politesse, sa noble facilité et sa bonté bienfaisante, qui le rendent accessible au mérite et à la vertu. L'Académie apprécie son intérêt pour les sciences et les belles-lettres, espérant qu'il continuera à protéger et à soutenir ces domaines. En réponse, M. Boyer exprime sa reconnaissance et son estime pour les gens de lettres, affirmant l'importance du corps des lettrés pour l'État. Il salue les succès du roi dans l'éradication d'une secte malheureuse en France et assure de son soutien et de son ardent désir de servir l'Académie Française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1660
p. 111-116
Autre fait par le Doyen des Avocats au Conseil. [titre d'après la table]
Début :
Aussi-tost que Mr Boucherat eut esté nommé Chancelier de [...]
Mots clefs :
Discours, Chancelier, Mr Boucherat, Doyen, Compliments, Obéissance, Dignité, Éminence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre fait par le Doyen des Avocats au Conseil. [titre d'après la table]
Auffi- toft que M Boucherat
eut efté nomméChan.
celier de France , les Avocats
au Confeil refolurent
de luy aller faire leurs Complimens
. Ils fe rendirent à
Fontainebleau , & M' de
Cauffan leur Doyen luy par
la de cette forte.
112 MERCURE
"ONSEIGNEUR ,
Les Avocats au Con-
M
feil du Royfe prefentent à vôté
, en
tre Grandeur avec toute l'humilil'obeïffance
qu'ils vous doivent.
Ils vous témoignent la joye
extrême qu'ils ont de voftre Promotion
, de l'honneur qu'il a
pleu au Roy de vous faire
vous commettant la plus fublime
Dignité de fon Royaume . Bien
que cette recompenfe ne pust avec
juſtice eſtre refuſée à vos actions
toutes vertueufes & glorieuses ;
neanmoins , Monfeigneur , l'on
peut dire que le choix de Voftre
GALANT. 113
Perfonne pour cette éminente
Charge , eft encore plus honorable
que la Charge mefme , puifque
ce choix a efté fait par le ju
gement du plus Fuste & du plus
Sage de tous les Roys de la Ter
re. Les dons des Rois ( comme
ceux des Dieux dans Homere )
font toujours grands & magnifiques
; mais quant ils font faits
pour le feul prix du merite & de
la vertu , ils font inestimables..
Cette vertu & ce merite fe ren
contrant heureuſement en Voftre
Perfonne , Monseigneur , nous
donnent une grande efperance »
que par Voftre Sageffe & par
Decembre
168£. K
114 MERCURE
VoftreJusticefinguliere , ce Siecle
fera comblé de felicité , & que
la Justice confervant fon pur
ancien luftre , Vous honorerez les
Avocats au Confeil de voftre
Protection.
M' le Chancelier répon
dit , Qu'ilavoit connoiffance des
Reglemens du Confeil , à com
mencer par celuy de 1660. auquel
il avoit trravaillé , comme
ayant efté l'un des Commiſſaires
nommez pour l'examiner par
Mle Chancelier Seguier , duquel
il avoit l'honneur d'eftre
Parent ; Qu'il fçavoit auffi
celuy de 1673. Qu'il leur enjoiGALANT.
is
gnoit d'avoir toujours foin qu'on
les fuivift, dans leur Corps , &
qu'il loüsit la bonne Difcipline
qui s'y obfervoir , les exhor
tant à la bien entretenir
s'ils
vouloient obtenir la protection
qu'ils luy demandoient. J'ajoûteray
icy à ce que je vous
dis le dernier mois de la
Maiſon de M Boucherat ,
qu'outre
les alliances
que
je vous ay marquées
qu'il
avoit dans la Robe , il a
encore celles de Ms de
Molé , Megrigny
, Pithou ,
Miron , & qu'il defcend du
Chancelier des Dormans
Kij
116 MERCUER
Plufieurs Femmes luy ont
auffi fait des Alliances tresconfiderables
dans l'Epée ,
& nous envoyons encore
aujourd'huy deux du nom
de Boucherat , dont l'une a
époufé M de Mailly Falart ,
& l'autre Mr le Comte de
Mailly Crouy , dont la Soeur
avoit époufé le grand Chancelier
de Lithuanie .
eut efté nomméChan.
celier de France , les Avocats
au Confeil refolurent
de luy aller faire leurs Complimens
. Ils fe rendirent à
Fontainebleau , & M' de
Cauffan leur Doyen luy par
la de cette forte.
112 MERCURE
"ONSEIGNEUR ,
Les Avocats au Con-
M
feil du Royfe prefentent à vôté
, en
tre Grandeur avec toute l'humilil'obeïffance
qu'ils vous doivent.
Ils vous témoignent la joye
extrême qu'ils ont de voftre Promotion
, de l'honneur qu'il a
pleu au Roy de vous faire
vous commettant la plus fublime
Dignité de fon Royaume . Bien
que cette recompenfe ne pust avec
juſtice eſtre refuſée à vos actions
toutes vertueufes & glorieuses ;
neanmoins , Monfeigneur , l'on
peut dire que le choix de Voftre
GALANT. 113
Perfonne pour cette éminente
Charge , eft encore plus honorable
que la Charge mefme , puifque
ce choix a efté fait par le ju
gement du plus Fuste & du plus
Sage de tous les Roys de la Ter
re. Les dons des Rois ( comme
ceux des Dieux dans Homere )
font toujours grands & magnifiques
; mais quant ils font faits
pour le feul prix du merite & de
la vertu , ils font inestimables..
Cette vertu & ce merite fe ren
contrant heureuſement en Voftre
Perfonne , Monseigneur , nous
donnent une grande efperance »
que par Voftre Sageffe & par
Decembre
168£. K
114 MERCURE
VoftreJusticefinguliere , ce Siecle
fera comblé de felicité , & que
la Justice confervant fon pur
ancien luftre , Vous honorerez les
Avocats au Confeil de voftre
Protection.
M' le Chancelier répon
dit , Qu'ilavoit connoiffance des
Reglemens du Confeil , à com
mencer par celuy de 1660. auquel
il avoit trravaillé , comme
ayant efté l'un des Commiſſaires
nommez pour l'examiner par
Mle Chancelier Seguier , duquel
il avoit l'honneur d'eftre
Parent ; Qu'il fçavoit auffi
celuy de 1673. Qu'il leur enjoiGALANT.
is
gnoit d'avoir toujours foin qu'on
les fuivift, dans leur Corps , &
qu'il loüsit la bonne Difcipline
qui s'y obfervoir , les exhor
tant à la bien entretenir
s'ils
vouloient obtenir la protection
qu'ils luy demandoient. J'ajoûteray
icy à ce que je vous
dis le dernier mois de la
Maiſon de M Boucherat ,
qu'outre
les alliances
que
je vous ay marquées
qu'il
avoit dans la Robe , il a
encore celles de Ms de
Molé , Megrigny
, Pithou ,
Miron , & qu'il defcend du
Chancelier des Dormans
Kij
116 MERCUER
Plufieurs Femmes luy ont
auffi fait des Alliances tresconfiderables
dans l'Epée ,
& nous envoyons encore
aujourd'huy deux du nom
de Boucherat , dont l'une a
époufé M de Mailly Falart ,
& l'autre Mr le Comte de
Mailly Crouy , dont la Soeur
avoit époufé le grand Chancelier
de Lithuanie .
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Résumé : Autre fait par le Doyen des Avocats au Conseil. [titre d'après la table]
Le texte décrit la nomination de Monsieur Boucherat au poste de Chancelier de France et la visite des avocats au Conseil pour lui adresser leurs félicitations. Les avocats expriment leur joie et leur admiration, considérant cette nomination comme un honneur et une reconnaissance de ses mérites et vertus. Ils espèrent que sa sagesse et sa justice favoriseront la prospérité du siècle. Boucherat, en réponse, évoque sa connaissance des règlements du Conseil, notamment ceux de 1660 et 1673, et encourage les avocats à maintenir la discipline au sein de leur profession pour bénéficier de sa protection. Le texte souligne également les alliances prestigieuses de Boucherat, tant dans la robe que dans l'épée, incluant des familles telles que Molé, Mégrigny, Pithou, Miron, et des descendants du Chancelier des Dormans. Plusieurs femmes de la famille Boucherat ont également contracté des mariages influents, notamment avec des membres de la famille de Mailly.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1661
p. 116-118
Sonnets. [titre d'après la table]
Début :
Voicy encore deux Sonnets de Mr le Clerc. Ils sont / Enfin selon nos voeux tes glorieux travaux, [...]
Mots clefs :
Travaux, Discernement, Louis, Éclats, Lauriers, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sonnets. [titre d'après la table]
Voicy encore deux Sonnets
de M' le Clerc . Ils font
à la gloire de ce nouveau
Chancelier.
GALANT. 117
Enfinfelon nos vaux tes glo- rieux travaux ,
Illuftre BOVCHERAT, trouvent leur
recompenfes
LOVIS à l'Univers apprend ce que
tu vaux ,
Par le difcernement dont il te la dif
**
penfe.
D'un Roy fi vigilant à prévenir nos
maux
A porter juſqu'au Ciel le bonheur de
la France ,
Digne d'avoir un jour tous les Rois
pour vassaux,
Seconde les projets , & remplis l'efperance.
3
Mais parmy tant d'éclat dont il l'a
revestu ;
Parmy ce vafle champ qu'il ouvre à
ta vertu
118 MERCURE
Songe à ceux dont la main dreffe un
Temple àfa gloire ;
Dans ce tas de lauriers qu'on luy voit
moiffonner,
Tu fçais qu'il n'appartient qu'aux
Fillesde Memoire
D'en faire la guirlande & de l'en
couronner.
de M' le Clerc . Ils font
à la gloire de ce nouveau
Chancelier.
GALANT. 117
Enfinfelon nos vaux tes glo- rieux travaux ,
Illuftre BOVCHERAT, trouvent leur
recompenfes
LOVIS à l'Univers apprend ce que
tu vaux ,
Par le difcernement dont il te la dif
**
penfe.
D'un Roy fi vigilant à prévenir nos
maux
A porter juſqu'au Ciel le bonheur de
la France ,
Digne d'avoir un jour tous les Rois
pour vassaux,
Seconde les projets , & remplis l'efperance.
3
Mais parmy tant d'éclat dont il l'a
revestu ;
Parmy ce vafle champ qu'il ouvre à
ta vertu
118 MERCURE
Songe à ceux dont la main dreffe un
Temple àfa gloire ;
Dans ce tas de lauriers qu'on luy voit
moiffonner,
Tu fçais qu'il n'appartient qu'aux
Fillesde Memoire
D'en faire la guirlande & de l'en
couronner.
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Résumé : Sonnets. [titre d'après la table]
Deux sonnets célèbrent le chancelier Boucherat. Le premier, 'GALANT', vante ses œuvres et la reconnaissance royale. Le second, 'MERCURE', lui rappelle de ne pas oublier ses collaborateurs pour mériter la couronne de laurier, symbole de gloire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1662
p. 118-119
Sur le mesme Sujet.
Début :
DU sommet glorieux de ce degré sublime, [...]
Mots clefs :
Gloire, Puissance, Souvenir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur le mesme Sujet.
Sur le mefme Sujet.
DⒸ fommetglorieux de ce degré
fublime
Où vient de t'élever le plus puiſſant
la
France ap
des Rois ,
BOVCHERAT , voy
plaudir à fon choix ;
De tes nobles travaux d'eft le fruit
legitime.
**
Que tu vas dignement répondre à
Lon eftime !
GALANT. 119
Ton genie a brillé dans tes moindres
emplois.
Que ne fera- t - il point fur le thrâne
des Lois
Pourfauver l'innocence , & pourpunir
le crime ?
Avec ce coeurfi grand , fi defintereßé,
Réunis en toy feul ceux qui t'ont devancé
:
Leur fouvenir eft cher , & leur nom
eft augufte :
**
Themis te tend les bras , &je t'y vois
voler ::
Sage , éclairé , fçavant , actif, prudent
& juste ,
De ce qu'elle a perdu tu vas la con-
Soler,
DⒸ fommetglorieux de ce degré
fublime
Où vient de t'élever le plus puiſſant
la
France ap
des Rois ,
BOVCHERAT , voy
plaudir à fon choix ;
De tes nobles travaux d'eft le fruit
legitime.
**
Que tu vas dignement répondre à
Lon eftime !
GALANT. 119
Ton genie a brillé dans tes moindres
emplois.
Que ne fera- t - il point fur le thrâne
des Lois
Pourfauver l'innocence , & pourpunir
le crime ?
Avec ce coeurfi grand , fi defintereßé,
Réunis en toy feul ceux qui t'ont devancé
:
Leur fouvenir eft cher , & leur nom
eft augufte :
**
Themis te tend les bras , &je t'y vois
voler ::
Sage , éclairé , fçavant , actif, prudent
& juste ,
De ce qu'elle a perdu tu vas la con-
Soler,
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Résumé : Sur le mesme Sujet.
Le texte célèbre l'élévation de Boucherat à un haut rang judiciaire en France. Il loue sa légitimité et son génie, reconnus même dans ses rôles modestes. Boucherat est attendu pour protéger l'innocence et punir le crime. Doté d'un cœur grand et désintéressé, il incarne les qualités de ses prédécesseurs. Thémis, la déesse de la justice, le voit comme sage, éclairé, savant, actif, prudent et juste, et espère qu'il consolera ses pertes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1663
p. 119-127
Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Début :
Il y a déja un mois qu'on doit vous avoir apris la mort [...]
Mots clefs :
Duc de Villeroy, Décès, Gouverneur, Louis XIII, Lyon, Marquis, Combat, Province, Conseil royal, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Il y a déja un mois qu'on
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
120 MERCURE
doit vous avoir apris la mort
de Meffire Nicolas de Neufville
, Duc de Villeroy , Pair
& Marefchal de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur
de Magny , &c. arrivée
le 28. du mois paffé. II
eftoit Commandeur des Ordres
de Sa Majeſté , Gouverneur
de Lyon, & des Païs
Lyonnois , Forefts , & Beaujolois,
& avoit efté élevé Enfant
d'honneur auprés du
Roy Louis XIII . Il fut receu
Gouverneur de Lyon en furvivance
de M le Marquis
d'Alincourt fon Pere en 1615.
&
GALANT 121
1
►
4
)
& paffa en Italie avec M' le
Marefchal de Lediguieres
.
Il y fervit aux Sieges & prifes
de Feliffan , de Non & de
la Roque en 1617. & en France
à celuy de S. Jean d'Angely
en 1621. Il commandoit
un Regiment d'Infanterie au
Siege de Montauban , & un
Corps de fix mille hommes
qu'il mena à celuy de Montpelier
en 1623. Apréala prife
Pas-de-Suze , Il y fut laiffé
avec huit mille hommes ,
ce qui n'empefcha pas qu'il
ne fe trouvaft au Combat de
Carignan en 1630. Trois ans
du
Decembre 1685. L
122 MERCURE
aprés il fut renvoyé en Italie ,
& commanda dans Pignerol,
& dans Cafal jufques en
1635. Il affifta à la priſe du Fort
de la Vilate , & commanda
un quartier de l'Armée du
Roy , au Siege de Valence
dans le Milanez en la mefme
année. Il paffa dans la
Franche Comté en 1636. fe
trouva au Siege de Dole , &
reduig plufieurs petites Places
de cette Province fous
l'Obeiffance de Sa Majefté ,
aprés quoy il conduifit le
Corps d'Armée qu'il commandoit
au Siege de Turin
GALANT. 123
en 1640. Quatre ans aprés il
paffa en Catalogne, & revint
l'année fuivante enLorraine,
où il prit la Ville de la Mothe
le 7.Juillet 1645. Au mois
de Mars 1646. il fut choifi
pour eftre Gouverneur dú
Roy , qui le fit Marefchal de
France le 20. d'Octobre de
la mefine année. Il ſe trouva
au Sacre de Sa Majefté , où il
reprefenta la Perfonne du
Grand Maiſtre. Sa Majefté
le fit Chef de fon . Confeil
Royal des Finances en 1661.
Chevalier du Saint Efprit le
premier de Janvier 1662. &
Lij
124 MERCURE
Duc & Pair le 15. Decembre
1663. Il eft mort icy âgéde 88.
ans. Il avoit efté marié en
1617. à Magdelaine de Crequy,
feconde Fille de Charles
de Blanchefort
de Crequy ,
Duc de Lediguieres , Pair ,
& Marefchal de France , &
de Magdelaine de Bonnes fa
premiere Femme. Il a eu de
ce Mariage Charles Marquis
d'Alincourt , mort le
25. de Janvier 1645 âgé de
19. ans , Françoiſe de Neuf
ville mariée avec Jufte Louis
Comte de Tournon , puis
à Henry Louis d'Albert ,
GALANT. 125
e
;
dit d'Ailly , Duc de Chaunes
Pair de France ; & en
troifiémes Nopces à Jean
Vignier Marquis de Hauterive
Catherine de Neufville
, qui époufa le 7. Octobre
1660. Louis de Lorraine
Comte d'Armagnac ,
grand Efcuyer de France ;
François de Neufville Duc
de Villeroy , receu en furvivance
du Gouvernement
de Lyon , Colonel du Regiment
Lyonois , & Lieutenant
General des Armées
de Sa Majesté. Ce Duc é-
1 poufa le 28. Mars 1562- Marie
Liij
126 MERCURE
Marguerite de Coffe , Fille
de Louis de Coffe Duc de
Briffac , & de Catherine de
Gondy. Comme il n'a jamais
laiffé échaper aucune occafion
de ſe ſignaler , il étoit
du Combat de Raab en
Hongrie donné contre les
Turcs le premier Aouſt
1664. Il accompagna le Roy
en la Campagne de Flandres
de 1667. & en la Conquefte
de la Franche Comté , & fe
diftingua à la prife de Dole
en 1668. Il fervit enfuite dans
l'Armée de l'Evefqué de
Munſter pendant la Guerre
GALANT 127
faite aux Hollandoi en 1672 .
& il a donné des marques
d'une valeur intrepide , &
d'une grande intelligence
au Meſtier des Armes , dans
tout ce qui s'eft fait pendant
les cinq années qu'ont duré
les dernieres Guerres. Je ne
vous parle point de la Maifon
de Villeroy , elle eft affez
connue , & il fuffit de vous
dire icy pour marquer fon
ancienneté , qu'elle a rendu
de tres grands fervices fous,
les fept derniers de nos Rois.
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Résumé : Mort de Mr le Mareschal Duc de Villeroy. [titre d'après la table]
Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, est décédé le 28 du mois précédent à l'âge de 88 ans. Il fut Commandeur des Ordres du Roi, Gouverneur de Lyon et des pays environnants, et avait été élevé Enfant d'honneur auprès du roi Louis XIII. Nommé Gouverneur de Lyon en 1615 en survivance de son père, le Marquis d'Alincourt, il participa à de nombreuses campagnes militaires en Italie et en France, se distinguant lors des sièges de Felissan, Non, La Roque, Saint-Jean-d'Angély, Montauban, Montpellier, Pas-de-Suze, Carignan, Pignerol, Casal, Valence, Dole, Turin et La Mothe. En 1646, il devint Gouverneur du Roi et fut nommé Maréchal de France. Il assista au sacre du Roi, fut nommé Chef du Conseil Royal des Finances en 1661, Chevalier du Saint-Esprit en 1662, et Duc et Pair en 1663. Il épousa Magdeleine de Créquy en 1617, avec qui il eut plusieurs enfants, dont François de Neufville, qui lui succéda comme Gouverneur de Lyon et Lieutenant Général des Armées du Roi. François participa également à des campagnes militaires en Hongrie, en Flandre, en Franche-Comté et durant la guerre contre les Hollandais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1664
p. 127-133
Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté voulant que la Place de Chef de son Conseil [...]
Mots clefs :
Conseil royal, Finances, Nominations, Duc de Beauvillier, Maison, Charge, Esprit, Honorer, Dignité, Ministre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Sa Majesté voulant que la
Place de Chef de fon Con-
·
Liiij
128 MERCURE
feil Royal des Finances que
poffedoit feu Mle Marefchal
de Villeroy , fuft remplie
par un homme d'une
probité reconnuë , nomma
quelques jours aprés la mort.
de ce Marefchal , M' le Duc
de Beauvilliers pour remplir
ce pofte . Le zele de fa Maifon
pour le fervice du Roy ,
fa conftante fidelité , & fon
attachement inviolable à la
feule perfonne de ce Monarque
ont commencé en
cette occafion , ce que le
merite perfonel de M' le
Duc de Beauviliers a acheGALANT,
129
vé , puis qu'à l'égard des lu-
-mieres qu'il faut avoir pour
un tel employ , on fçait que
l'homme eft né pour tout ,
& que la feule application
plus ou moins forte , le peut
rendre plus ou moins capable
de ce qu'il veut entreprendre.
Si l'homme à le
prendre en general, eft capable
de toutes les chofes auf
quelles il veut s'appliquer ,
on peut
dire que Mrle Duc
de Beauvilliers , ayant un ef
prit folide , beaucoup de pru
dence , & des vertus qui empefchent
qu'il ne foit dé130
MERCURE
tourné par aucunes paffions ,
pourra fe donner entier à
l'employ qu'il commence à
remplir , & quiconque eft
tout occupé de ce qu'il entreprend
, s'y rend en peu de
temps plus habile , que ceux
qui pendant toute leur vie ,
ont partagéleur temps entre
leurs plaifirs & les fonctions
de leurs emplois . Quand
on n'eft point parvenu à la
Dignité dont le Roy vient
d'honorer M' de Beauvilliers
par les degrés qui y
conduifent ordinairement
,
il faut en eftre pourveu dans
un âge pareil au ſien , parGALANT.
131
ce que bien qu'on ait la volonté
de travailler quand on
n'y eft appellé que dans le
temps où la vieilleffe comon
n'a pas toute la mence ,
force que demande l'application
neceffaire pour regagner
celuy que l'on auroit
pû donner des fes plus jeunes
années à l'étude de cét employ.
Le Roy qui n'ignore
rien de tout ce que doit fçavoir
la deffus un grand Monarque
, & qui par fes vives
lumieres penetre juſqu'à l'intericur
de ceux de fes Sujets ,
qui peuvent eftre élevez
132 MERCURE
aux plus hautes Dignitez , a
dit en nommant Mr de Beauvilliers
Chef de Son Confeil
Royal des Finances , qu'il recompenfoit
le Merite & laVertu.
On n'a qu'a jetter les yeux
fur la maniere dont ce Prince
eſt ſervy , pour eftre convaincu
de la jufteffe de tous.
les choix qu'il fait . Nous avons
vû quelques - uns de fes
confiderables Sujets plus
qu'il avoit formez luy-mefme
, qui dés l'âge de trente-
& un an , s'eftoient déja rendus
dignes d'entrer dans Son
Confeil en qualité de MiniGALANT.
133
ftres , & qui depuis ce temps
là ont fait trembler l'Europe
fous fes ordres , & font aujourd'huy
fortir de terre des
ouvrages qui furpaſſent ceux
que l'Antiquité
nous vante
le plus. Il ne faut au Roy
que la matiere , & ce Mo,
narque donne la forme ; il
luy fuffit d'avoir le Sujet ,
il fait le Miniftre.
Place de Chef de fon Con-
·
Liiij
128 MERCURE
feil Royal des Finances que
poffedoit feu Mle Marefchal
de Villeroy , fuft remplie
par un homme d'une
probité reconnuë , nomma
quelques jours aprés la mort.
de ce Marefchal , M' le Duc
de Beauvilliers pour remplir
ce pofte . Le zele de fa Maifon
pour le fervice du Roy ,
fa conftante fidelité , & fon
attachement inviolable à la
feule perfonne de ce Monarque
ont commencé en
cette occafion , ce que le
merite perfonel de M' le
Duc de Beauviliers a acheGALANT,
129
vé , puis qu'à l'égard des lu-
-mieres qu'il faut avoir pour
un tel employ , on fçait que
l'homme eft né pour tout ,
& que la feule application
plus ou moins forte , le peut
rendre plus ou moins capable
de ce qu'il veut entreprendre.
Si l'homme à le
prendre en general, eft capable
de toutes les chofes auf
quelles il veut s'appliquer ,
on peut
dire que Mrle Duc
de Beauvilliers , ayant un ef
prit folide , beaucoup de pru
dence , & des vertus qui empefchent
qu'il ne foit dé130
MERCURE
tourné par aucunes paffions ,
pourra fe donner entier à
l'employ qu'il commence à
remplir , & quiconque eft
tout occupé de ce qu'il entreprend
, s'y rend en peu de
temps plus habile , que ceux
qui pendant toute leur vie ,
ont partagéleur temps entre
leurs plaifirs & les fonctions
de leurs emplois . Quand
on n'eft point parvenu à la
Dignité dont le Roy vient
d'honorer M' de Beauvilliers
par les degrés qui y
conduifent ordinairement
,
il faut en eftre pourveu dans
un âge pareil au ſien , parGALANT.
131
ce que bien qu'on ait la volonté
de travailler quand on
n'y eft appellé que dans le
temps où la vieilleffe comon
n'a pas toute la mence ,
force que demande l'application
neceffaire pour regagner
celuy que l'on auroit
pû donner des fes plus jeunes
années à l'étude de cét employ.
Le Roy qui n'ignore
rien de tout ce que doit fçavoir
la deffus un grand Monarque
, & qui par fes vives
lumieres penetre juſqu'à l'intericur
de ceux de fes Sujets ,
qui peuvent eftre élevez
132 MERCURE
aux plus hautes Dignitez , a
dit en nommant Mr de Beauvilliers
Chef de Son Confeil
Royal des Finances , qu'il recompenfoit
le Merite & laVertu.
On n'a qu'a jetter les yeux
fur la maniere dont ce Prince
eſt ſervy , pour eftre convaincu
de la jufteffe de tous.
les choix qu'il fait . Nous avons
vû quelques - uns de fes
confiderables Sujets plus
qu'il avoit formez luy-mefme
, qui dés l'âge de trente-
& un an , s'eftoient déja rendus
dignes d'entrer dans Son
Confeil en qualité de MiniGALANT.
133
ftres , & qui depuis ce temps
là ont fait trembler l'Europe
fous fes ordres , & font aujourd'huy
fortir de terre des
ouvrages qui furpaſſent ceux
que l'Antiquité
nous vante
le plus. Il ne faut au Roy
que la matiere , & ce Mo,
narque donne la forme ; il
luy fuffit d'avoir le Sujet ,
il fait le Miniftre.
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Résumé : Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Après la mort du maréchal de Villeroy, le roi nomma le duc de Beauvilliers à la tête du Conseil Royal des Finances. Cette décision fut dictée par la probité et la loyauté du duc envers le roi. Le duc de Beauvilliers était reconnu pour son esprit solide, sa prudence et ses vertus, qui le préservaient des passions. Malgré l'absence d'une ascension traditionnelle vers ce poste, sa nomination à un âge avancé témoignait de la confiance royale en ses compétences. Le roi valorisait ainsi le mérite et la vertu, démontrant sa capacité à identifier et former des ministres compétents dès leur jeunesse, aptes à accomplir des œuvres remarquables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1665
p. 133-134
Pension donnée à Me la Duchesse de Saint Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Dans le mesme temps que le Roy honora Mr le Duc de Beauvilliers [...]
Mots clefs :
Duchesse, Duc de Beauvillier, Honorer, Pension
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pension donnée à Me la Duchesse de Saint Aignan. [titre d'après la table]
Dans le mefme temps que
le Roy honora
M' le Duc
de Beauvilliers
de la Charge
de Chef de Son Confeil
Royal des Finances , il gra
tifia Madame
la Ducheffe
134 MERCURE
de Saint Aignan d'une penfion
de deux mille écus . On
ne peut avoir plus de vertu ,
plus de modeftie , ny plus
de détachement pour tout
ce qui fe peut appeller honneur
faftueux & vanité
qu'on en voit paroiſtre dans
tous les fentimens de cette
Ducheffe.
le Roy honora
M' le Duc
de Beauvilliers
de la Charge
de Chef de Son Confeil
Royal des Finances , il gra
tifia Madame
la Ducheffe
134 MERCURE
de Saint Aignan d'une penfion
de deux mille écus . On
ne peut avoir plus de vertu ,
plus de modeftie , ny plus
de détachement pour tout
ce qui fe peut appeller honneur
faftueux & vanité
qu'on en voit paroiſtre dans
tous les fentimens de cette
Ducheffe.
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1666
p. 134-135
Audiance donnée à l'Envoyé extraordinaire d'Angleterre. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Chevalier Trumball Envoyé extraordinaire d'Angleterre, a eu sa [...]
Mots clefs :
Envoyé extraordinaire, Chevalier Trumball, Majesté, Angleterre, Gentilhommes
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texteReconnaissance textuelle : Audiance donnée à l'Envoyé extraordinaire d'Angleterre. [titre d'après la table]
M' le Chevalier Trumball
Envoyé extraordinaire d'Angleterre
, a eu fa premiere
Audience du Roy. Il fit un
Difcours qui charma tous
ceux qu'il l'entendirent . Sa
Majefté en fut extremément
GALANT.
135
fatisfaite , & dit qu'Elle n'avoit
point oüy d'homme
qui parlaſt mieux . Ce Chevalier
eftoit accompagné
d'un tres - grand nombre de
Gentilhommes Anglois.
Envoyé extraordinaire d'Angleterre
, a eu fa premiere
Audience du Roy. Il fit un
Difcours qui charma tous
ceux qu'il l'entendirent . Sa
Majefté en fut extremément
GALANT.
135
fatisfaite , & dit qu'Elle n'avoit
point oüy d'homme
qui parlaſt mieux . Ce Chevalier
eftoit accompagné
d'un tres - grand nombre de
Gentilhommes Anglois.
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1667
p. 135-136
Prix donné & remporté par Mr le Duc de la Meilleraye. [titre d'après la table]
Début :
Je vous parlay il y a un mois du Prix que [...]
Mots clefs :
Prix, Duc de la Milleraye, Gentilshommes, Académie, Besançon
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texteReconnaissance textuelle : Prix donné & remporté par Mr le Duc de la Meilleraye. [titre d'après la table]
Je vous parlay il y a un
mois du Prix que M¹ le Duc
de la Meilleraye avoit donné
aux jeunes Gentilshommes
de l'Academie de Befançon
pour la courſe des têtes
. Il a encore eu depuis ce
temps-là la mefme genero
fité , & la mefine adreffe ,
puis qu'ayant fait difputer
un nouveau Prix , il l'a enco136
MERCURE
re remporté. Je vous en diray
davantage en vous parlant
de fon Mariage qui fe
doit celebrer à Belançon le
lendemain de Noël .
mois du Prix que M¹ le Duc
de la Meilleraye avoit donné
aux jeunes Gentilshommes
de l'Academie de Befançon
pour la courſe des têtes
. Il a encore eu depuis ce
temps-là la mefme genero
fité , & la mefine adreffe ,
puis qu'ayant fait difputer
un nouveau Prix , il l'a enco136
MERCURE
re remporté. Je vous en diray
davantage en vous parlant
de fon Mariage qui fe
doit celebrer à Belançon le
lendemain de Noël .
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1668
p. 136-137
Repas magnifiques donnez entre plusieurs Ambassadeurs. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Nonce du Pape & Mrs les Ambassadeurs de Pologne [...]
Mots clefs :
Nonce du Pape, Ambassadeurs, Repas, Magnificence, Table, Service, Mets
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texteReconnaissance textuelle : Repas magnifiques donnez entre plusieurs Ambassadeurs. [titre d'après la table]
M' le Nonce du Pape , &
M's les Ambaffadeurs de Pologne
& de Veniſe , ſe font
icy regalez tour à tour ,
autant de magnificence que
de galanterie . On fut extremément
furpris du premier
fervice de Ml'Ambaffadeur
de Venife . La Table ne parut
d'abord couverte que de
Galeres , & de Galeaffes ; il
y avoit des Potages dans
GALANT. 137
toutes les Nefs , & lors qu'on
en eut mangé , on les leva
toutes , & il fe trouva qu'elles
ne fervoient que de couvercle
à ce qui faifoit le ſecond
Service. Les Italiens
font fort ingenieux pour ces
fortes de chofes , & l'on voit
fouvent chez eux des Def
ferts compofez de Pates de
Sucre contenant plufieurs .
Chafteaux , Palais , Figures
& autres Ouvrages galans
& élevez , ce qui donne
un grand relief à leurs Repas.
M's les Ambaffadeurs de Pologne
& de Veniſe , ſe font
icy regalez tour à tour ,
autant de magnificence que
de galanterie . On fut extremément
furpris du premier
fervice de Ml'Ambaffadeur
de Venife . La Table ne parut
d'abord couverte que de
Galeres , & de Galeaffes ; il
y avoit des Potages dans
GALANT. 137
toutes les Nefs , & lors qu'on
en eut mangé , on les leva
toutes , & il fe trouva qu'elles
ne fervoient que de couvercle
à ce qui faifoit le ſecond
Service. Les Italiens
font fort ingenieux pour ces
fortes de chofes , & l'on voit
fouvent chez eux des Def
ferts compofez de Pates de
Sucre contenant plufieurs .
Chafteaux , Palais , Figures
& autres Ouvrages galans
& élevez , ce qui donne
un grand relief à leurs Repas.
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Résumé : Repas magnifiques donnez entre plusieurs Ambassadeurs. [titre d'après la table]
Des réceptions somptueuses ont été organisées pour le Nonce du Pape et les ambassadeurs de Pologne et de Venise. Le service de l'ambassadeur de Venise a marqué les convives. La table présentait des galères et galiotes contenant des potages, servant ensuite de couvercles pour le second service. Les Italiens impressionnent par leurs desserts en pâte de sucre représentant des œuvres d'art.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1669
p. 137-138
AIR NOUVEAU.
Début :
L'Air nouveau que je vous envoye, est d'un de nos / LE repos, l'ombre, le silence [...]
Mots clefs :
Ombre, Silence, Confidence, Ennuis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
L'Air nouveau que je vous
Decembre 1685. M
128 MERCURE
envoye, eſt d'un de nos plus
grands Maiſtres .
AIR NOUVEAU.
L E repos , l'ombre , le filence ,
Tout m'oblige en ces lieux à faire
confidence
De mes ennuis les plus fecrets ;
Je me fens foulage. d'y conter mon
martyre.
Je ne le dis qu'à des Forefts ,
Mais enfin c'est toujours le dire.
Decembre 1685. M
128 MERCURE
envoye, eſt d'un de nos plus
grands Maiſtres .
AIR NOUVEAU.
L E repos , l'ombre , le filence ,
Tout m'oblige en ces lieux à faire
confidence
De mes ennuis les plus fecrets ;
Je me fens foulage. d'y conter mon
martyre.
Je ne le dis qu'à des Forefts ,
Mais enfin c'est toujours le dire.
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1670
p. 138-143
Morts. [titre d'après la table]
Début :
J'oubliay le mois passé à vous apprendre la mort de [...]
Mots clefs :
Décès, Abbé Boyer, Dame, Veuve, Messire, Conseiller d'État, Prieur
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
J'oubliay le mois paffé à
vous apprendre la mort de
M' l'Abbé Boyer , Chanoine
de Noftre Dame . Il eftoit
Frere de M Boyer , cy - de-
❤
GALANT. 139
vant Capitaine aux Gardes ,
& premier Maiſtre d'Hoftel
de Monfieur. Il a fait le Chapitre
fon Executeur teftamentaire
, & ordonné qu'on
l'enterraft fans ceremonie.
M l'Archevefque a conferé
cette Chanoinie à M' l'Abbé
de Fourcy , Fils de M le
Preſident de Fourcy , Prevoſt
des Marchands .
Dame Elifabeth de la Tour
d'Auvergne , eft morte auffi
depuis peu de temps ;un nom
fi illuftre fe fait connoiftre
affez par luy-mefme. Elle eftoit
Veuve de Meffire Guy
Mij
140 MERCURE
Aldonce de Duras , Marquis
de Duras , & Mere de M le
Maréchal Duc de Duras , &
de M¹le Maréchal de Lorges .
Dame Marie Charlet, morte
le 30. Novembre . Elle ef
toit Femme de Meffire François
de Pradel , Lieutenant
General des Armées du Roy,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Saint Quentin .
Meffire Rolland le Vayer,
Seigneur de Boutigny , Mai
ftre des Requeſtes , mort le 5.
de ce mois.
Meffire Charles de Fortia,
Seigneur de Boifvoiry & de
GALANT. 141
Chailly , mort le mefme jour.
Meffire François Dugué ,,
Conſeiller d'Eftat ordinaire,
& Soufdoyen du Confeil ,
mort le 18. de ce mois. Il a
efté long- temps Intendant à
Lyon , & s'eft acquité de cet
Employ avec beaucoup de
prudence. Madame Dugué
fa Veuve, eft Soeur de Madame
la Chanceliere le Tellier.
Mr Dugué , Preſident en la
Chambre des Comptes , eft
fon Fils . Ses Gendres font M
Dugué de Bagnols , Inten
dant en Flandres , & M de
Coulanges Maistre des Requeftes
..
142 MERCURE
Je finis par la mort de M
le Prieur de Cabrieres , arrivée
à Verfailles dés le mois
paffé . Il eftoit fameux par un
tres -grand nombre de belles
cures , & faifoit fa refidence
ordinaire en Languedoc . Le
Roy qui l'avoit fait venir à
la Cour depuis quelques
mois , avoit appris quelquesuns
de fes Secrets , & ne voulant
découvrir à perfonne ce
qui entroit dans la compofition
de fes remedes , ce Monatque
par une bonté qui
n'a point d'exemple , s'eſt
donné la peine d'y travailler
GALANT. 143
luy - mefme tant qu'a vefcu
ce Prieur, pour en conſerver
la connoiffance , fans qu'elle
puft nuire à cet homme merveilleux.
Il est mort âgé de
foixante & douze ans ; & depuis
fa mort , Sa Majefté a
fait imprimer le Secret de fes
remedes , afin qu'ils puiffent
eſtre utiles à toute l'Europe,
& mefme dans les Pays les
plus reculez.
vous apprendre la mort de
M' l'Abbé Boyer , Chanoine
de Noftre Dame . Il eftoit
Frere de M Boyer , cy - de-
❤
GALANT. 139
vant Capitaine aux Gardes ,
& premier Maiſtre d'Hoftel
de Monfieur. Il a fait le Chapitre
fon Executeur teftamentaire
, & ordonné qu'on
l'enterraft fans ceremonie.
M l'Archevefque a conferé
cette Chanoinie à M' l'Abbé
de Fourcy , Fils de M le
Preſident de Fourcy , Prevoſt
des Marchands .
Dame Elifabeth de la Tour
d'Auvergne , eft morte auffi
depuis peu de temps ;un nom
fi illuftre fe fait connoiftre
affez par luy-mefme. Elle eftoit
Veuve de Meffire Guy
Mij
140 MERCURE
Aldonce de Duras , Marquis
de Duras , & Mere de M le
Maréchal Duc de Duras , &
de M¹le Maréchal de Lorges .
Dame Marie Charlet, morte
le 30. Novembre . Elle ef
toit Femme de Meffire François
de Pradel , Lieutenant
General des Armées du Roy,
Gouverneur des Ville & Citadelle
de Saint Quentin .
Meffire Rolland le Vayer,
Seigneur de Boutigny , Mai
ftre des Requeſtes , mort le 5.
de ce mois.
Meffire Charles de Fortia,
Seigneur de Boifvoiry & de
GALANT. 141
Chailly , mort le mefme jour.
Meffire François Dugué ,,
Conſeiller d'Eftat ordinaire,
& Soufdoyen du Confeil ,
mort le 18. de ce mois. Il a
efté long- temps Intendant à
Lyon , & s'eft acquité de cet
Employ avec beaucoup de
prudence. Madame Dugué
fa Veuve, eft Soeur de Madame
la Chanceliere le Tellier.
Mr Dugué , Preſident en la
Chambre des Comptes , eft
fon Fils . Ses Gendres font M
Dugué de Bagnols , Inten
dant en Flandres , & M de
Coulanges Maistre des Requeftes
..
142 MERCURE
Je finis par la mort de M
le Prieur de Cabrieres , arrivée
à Verfailles dés le mois
paffé . Il eftoit fameux par un
tres -grand nombre de belles
cures , & faifoit fa refidence
ordinaire en Languedoc . Le
Roy qui l'avoit fait venir à
la Cour depuis quelques
mois , avoit appris quelquesuns
de fes Secrets , & ne voulant
découvrir à perfonne ce
qui entroit dans la compofition
de fes remedes , ce Monatque
par une bonté qui
n'a point d'exemple , s'eſt
donné la peine d'y travailler
GALANT. 143
luy - mefme tant qu'a vefcu
ce Prieur, pour en conſerver
la connoiffance , fans qu'elle
puft nuire à cet homme merveilleux.
Il est mort âgé de
foixante & douze ans ; & depuis
fa mort , Sa Majefté a
fait imprimer le Secret de fes
remedes , afin qu'ils puiffent
eſtre utiles à toute l'Europe,
& mefme dans les Pays les
plus reculez.
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Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs décès récents. L'abbé Boyer, chanoine de Notre-Dame et frère de l'ancien capitaine des Gardes, est décédé. L'archevêque a attribué sa chanoinie à l'abbé de Fourcy, fils du président de Fourcy. Dame Élisabeth de la Tour d'Auvergne, veuve du marquis de Duras et mère des maréchaux de Duras et de Lorges, est également décédée. Dame Marie Charlet, épouse du lieutenant général des armées du roi et gouverneur de Saint-Quentin, est morte le 30 novembre. Messire Rolland le Vayer, seigneur de Boutigny et maître des requêtes, ainsi que Messire Charles de Fortia, seigneur de Boisvoiry et de Chailly, sont décédés le 5 du mois. Messire François Dugué, conseiller d'État et ancien intendant à Lyon, est mort le 18 du mois. Sa veuve est la sœur de la chancelière Le Tellier. Leur fils est président à la Chambre des Comptes, et ses gendres sont intendant en Flandres et maître des requêtes. Le prieur de Cabrières, connu pour ses secrets médicaux, est mort à Versailles à l'âge de soixante-douze ans. Le roi a fait imprimer ces secrets pour qu'ils puissent bénéficier à toute l'Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1671
p. 143-147
Nouvelle maniere de guerir les blessures. [titre d'après la table]
Début :
On ne peut trop estimer ceux qui travaillent pour la conservation [...]
Mots clefs :
Santé, Secrets, Remède, Blessure, Guérison, Plaies, Douleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle maniere de guerir les blessures. [titre d'après la table]
On ne peut trop eftimer
ceux qui travaillent pour la
confervation de la fanté des
hommes , & qui réüfliffent
dans les fecrets qu'ils recher144
MERCURE
r:
chent . Mr Rouffeau Maiftre
Chirurgien Juré , eſt de ce
nombre. Il a un remede qui
guerit tous ceux qui ont receu
quelque bleffure par
quelque inftrument que ce
puiffe eftre , & cela en moins
de vingt- quatre heures . On
auroit peine à le croire , fi
l'experience de quantité de
cures qu'il a faites , & qu'il
fait de jour en jour,ne le confirmoit.
Plufieurs perfonnes
bleffées qui perdoient tout
leur fang , & qu'on defef
peroit de pouvoir guerir, ont
fenty l'effet de ce remede ,
en
GALANT. 145
là
en recouvrant en tres- peu de
temps une parfaite ſanté. Il
introduit dans les playes une
liqueur qui réunit les parties ,
de forte que l'on évite par
les incifions dont on fe fert
ordinairement, en travaillant
fur de pareils maux.M¹ Rouſfeau
n'employe ny tampons,
ny corps étrangers qui irritent
fouvent les playes . Il eft
aifé de s'imaginer que cette
maniere de les guerir épargne
les vives douleurs dont
ces Operations font toûjours
fuivies. Quoy que toutes les
nouveautés ne foient pastoû-
Decembre 1685. N
1
146 MERCURE
jours receues d'abord,fur tout
lors qu'il y va de la vie, elles.
ne doivent pas pour cela eftre
condamnées , fans qu'on ait
meurement examiné s'il y a
quelque peril à les recevoir.
Ce qui eft à prefent le plus ordinaire
pour la Medecine &
pour lesArts,a peut- eftre efté
auffi nouveau dans fon temps :
que ce que je vous mande aujourd'huy
, touchant la nouvelle
maniere de guerir les
playes . Tout ce que je puis
dire, c'eſt qu'il y a de la vraye
femblance qu'elles puiffent
eftre ainfi gueries, & que pluGALANT.
147
fieurs perfonnes dignes de
foy affurent de l'avoir efté
par ce remede. J'ajoûteray à
cela , que lorſque je parle
pour un Maistre Chirurgien
Juré , & que les premiers Medecins
de Paris produiſent
eux , mefmes , je ne crois
point parler pour un Charlatan.
ceux qui travaillent pour la
confervation de la fanté des
hommes , & qui réüfliffent
dans les fecrets qu'ils recher144
MERCURE
r:
chent . Mr Rouffeau Maiftre
Chirurgien Juré , eſt de ce
nombre. Il a un remede qui
guerit tous ceux qui ont receu
quelque bleffure par
quelque inftrument que ce
puiffe eftre , & cela en moins
de vingt- quatre heures . On
auroit peine à le croire , fi
l'experience de quantité de
cures qu'il a faites , & qu'il
fait de jour en jour,ne le confirmoit.
Plufieurs perfonnes
bleffées qui perdoient tout
leur fang , & qu'on defef
peroit de pouvoir guerir, ont
fenty l'effet de ce remede ,
en
GALANT. 145
là
en recouvrant en tres- peu de
temps une parfaite ſanté. Il
introduit dans les playes une
liqueur qui réunit les parties ,
de forte que l'on évite par
les incifions dont on fe fert
ordinairement, en travaillant
fur de pareils maux.M¹ Rouſfeau
n'employe ny tampons,
ny corps étrangers qui irritent
fouvent les playes . Il eft
aifé de s'imaginer que cette
maniere de les guerir épargne
les vives douleurs dont
ces Operations font toûjours
fuivies. Quoy que toutes les
nouveautés ne foient pastoû-
Decembre 1685. N
1
146 MERCURE
jours receues d'abord,fur tout
lors qu'il y va de la vie, elles.
ne doivent pas pour cela eftre
condamnées , fans qu'on ait
meurement examiné s'il y a
quelque peril à les recevoir.
Ce qui eft à prefent le plus ordinaire
pour la Medecine &
pour lesArts,a peut- eftre efté
auffi nouveau dans fon temps :
que ce que je vous mande aujourd'huy
, touchant la nouvelle
maniere de guerir les
playes . Tout ce que je puis
dire, c'eſt qu'il y a de la vraye
femblance qu'elles puiffent
eftre ainfi gueries, & que pluGALANT.
147
fieurs perfonnes dignes de
foy affurent de l'avoir efté
par ce remede. J'ajoûteray à
cela , que lorſque je parle
pour un Maistre Chirurgien
Juré , & que les premiers Medecins
de Paris produiſent
eux , mefmes , je ne crois
point parler pour un Charlatan.
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Résumé : Nouvelle maniere de guerir les blessures. [titre d'après la table]
Le texte décrit les travaux de Monsieur Rouffeau, un maître chirurgien juré, qui a élaboré un remède efficace pour soigner les blessures causées par divers instruments. Ce traitement permet de guérir les patients en moins de vingt-quatre heures, comme en témoignent de nombreuses guérisons réussies. Des individus gravement blessés, ayant perdu beaucoup de sang et considérés comme incurables, ont rapidement récupéré grâce à cette méthode. Rouffeau utilise une liqueur qui rassemble les parties blessées, évitant ainsi les incisions douloureuses et les corps étrangers irritants souvent utilisés. Malgré les résistances possibles face aux innovations, celles-ci doivent être examinées sérieusement, surtout lorsqu'elles sauvent des vies. La crédibilité de Rouffeau est soutenue par les premiers médecins de Paris, et plusieurs personnes dignes de foi attestent de l'efficacité de ce remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1672
p. 147-166
Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Il y a de la destinée dans les Mariages, & il s'en fait tous [...]
Mots clefs :
Cavalier, Mariage, Mère, Coeur, Beauté, Sentiments, Abbé, Cérémonie, Réputation, Amitié, Travestissement, Amour secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire. [titre d'après la table]
Il
Il y a de la deftinée dans
les Mariages , & il s'en fait
tous les jours par des voyes
fi peu communes , qu'il y a
lieu de penfer qu'ils font arreftez
dans un Confeil Souverain
, dont les Arreſts font
Nij
148 MERCURE
4
irrevocables. Un Cavalier
en qui beaucoup de merite
foutenoit les avantages du
bien & de la naiffance , paffoit
un jour par un Bourg ,
où il apprit qu'une jeune Demoiſelle
prenoit l'habit de
Religieufe. La neceſſité où il
fe trouvoit d'y refter un jour
entier , luy fit naiſtre le defir
de voir la Ceremonie. Il fe
rendit dans l'Eglife en habit
de Voyageur , & fe cachant
dans la foule , il examina toutes
les Femmes que cette
prife d'Habit avoit attirées
en fort grand nombre . En les
GALANT 149
parcourant des yeux , il apperceut
une jeune brune ,
qu'une aimable modeftie
rendoit auffi remarquable
que l'éclat de fa beauté . Il la
regarda long- temps , & eut
le plaifir d'en entendre dire
tous les biens imaginables à
plufieurs perfonnes qui la regardoient
ainfi que luy . Ces
louanges qui ne pouvoient
luy eſtre ſuſpectes , ayant
commencé à luy doner pour
elle plus que de l'eftime , il
voulut fçavoir fon nom. On
luy apprit qu'elle eftoit d'une
petite Ville éloignée du
M iij
150 MERCURE
fa
Bourg de quatre lieuës ; que
fa Mere,Femme des plus ver
tueufes , la faifoit vivre dans
une grande retraite que
Maifon ne s'ouvroit qu'à des
gens devots , & que meſme
c'eftoit l'ufage dans toute la
Ville de ne recevoir que des.
perfonnes d'Eglife par tout
où il y avoit des Filles à marier.
Le Cavalier attacha fes
yeux fur la belle brune tant .
qu'il put la voir , & quand
on eut achevé la Ceremonie,
il en emporta l'image fi profondement
gravée dans fon
coeur , qu'il tafcha inutile
GALANT. 151
ment de l'en bannir. Quoy
qu'il fuft perfuadé de fon elprit
& de fa vertu , par ce
qu'il venoit d'en entendre
dire , il voulut la connoiftre
par luy-mefme , & un mouvement
preffant , auquel il
fut contraint de s'abandonner
, le fit refoudre à n'épargner
rien pour venir à bout
de fon entrepriſe . Il eftoit
luy-mefme d'une Famille devote
, & les exemples de pieté
qu'il avoit receus , luy faifoient
mener une vie fort ,
reguliere . Ainfi il avoit fait
diverfes lectures qui luy a-
Niiij
152 MERCURE
voient éclairé l'efprit fur la
Morale , & fe refolvant à
prendre un habit d'Abbé ,
il avoit dequoy foûtenir ce
Perſonnage. Il donna ordre
à toutes les chofes qui luy
eftoient neceffaires pour cette
metamorphofe , & ayant
pris le petit Collet & une
courte Perruque , il fe rendit
dans la Ville où demeuroit
la belle Perfonne , qui l'attiroit
avec tant de force .
Son efprit infinuant , & fes
manieres douces & honnêtes
, luy eurent bien- toft acquis
l'eftime de tout le mon
GALANT. 153
de. Joignez à cela une conduite
toute édifiante , & une
telle affiduité pour tout ce
qui ſe peut appeller Pratiques
Spirituelles , qu'il fut
regardé parmy les Devots
comme tres-digne de participer
à leurs privileges , &
d'eftre receu dans leurs Conferences.
Ils le menerent en
plufieurs Maiſons , & en peu
de temps il connut toute la
Ville. Il avoit l'air bon , &
fon entretien marquant fa
naiſſance , les Dames les plus
aufteres eurent de l'empreffement
pour fes vifites . I
154 MERCURE
ne leur parloit que de leur
falut , & la reputation où le
mit fa probité , leur fit prendre
en luy tant de confiance ,
qu'elles ne pouvoient rien
faire que par fon avis . Enfin
il fut introduit où il fouhaitoit
avec tant d'ardeur d'être
receu favorablement . Il
s'attacha d'abord à la Mere ,
fans que l'on puft foupçonner
qu'aucun interest d'amour
entraft dans les foins
qu'il luy rendoit. Il n'adreſ
foit le Difcours qu'à elle , &
il s'obfervoit fi bien que jamais
fes yeux ne le trahif
GALANT. 155
foient. Il s'acquit par là fon
entiere confiance , & quand
il luy furvenoit la moindre
affaire , elle ne faifoit aucune
difficulté de le laiffer feul
avec fa Fille. Ce fut alors
qu'il s'enflama tout de
bon. Quelle égalité d'humeur
& quelle douceur
d'efprit ne trouva- il pas dans
cette aimable perfonne ! Il
connut que fa beauté eftoit
le moindre de fes avantages..
La droiture de fon ame & la
bonté de fon coeur , l'empor
toient fur tous les charmes
dont la Nature luy avoit
-
156 MERCURE
efté prodigue. Il la mettoit
fouvent fur le Mariage , &
fur la neceffité où il la
voyoit de faire un choix
pour fon établiſſement . Elle
répondoit toûjours qu'ayant
du bien pour vivre fans dépendance
, & voulant remplir
exactement fes devoirs
en toutes fortes d'eftats , el
le ne femarieroitjamais
qu'a
vec un homme , qui par une
reputationfolide & bien confirmée
, fe feroit acquis toute
fon eftime . Comme fon
merite eftoit extraordinaire
,
il luy attira divers PretenGALANT.
157
dans , fur lefquels la Mere
ne manqua pas de le confulter.
Il leur trouva à tous des
défauts qui empefcherent
qu'elle ne les écoutaſt , & eut
la joye de connoiftte que la
Fille entroit avec plaifir dans
les raifons qui les faifoient
rejetter. L'amour fecret qu'il
avoit pour elle s'augmentant
de jour en jour par l'indifference
qu'elle luy marquoit
pour tous les hommes, il tâcha
de l'engager à prendre
pour luy des fentimens , qui
n'eftant fondez que fur l'amitié
, puffent paffer aifé.
158 MERCURE
ment à quelque
chofe de
plus , quand on connoiftroit
fon déguisement
. La Belle
prevenue
pour luy d'une veritable
eſtime , s'y montra
fort difpofée
, & lors qu'il
fe creut affeuré de fon ef
prit , il employa
un de fes
Amis pour la demander
en
mariage
. La Mere à qui l'on
vanta fon bien & les autres
avantages
qui fe rencontroient
dans ce party , prit
confeil de luy fur cette affai
re , & il vous eft aifé de juger
qu'il ne parla pas contre
luy-mefme . Il dit qu'il conGALANT.
159
noiffoit la Maifon du Cavalier
qu'on luy propofoit pour
Gendre, & que voulant donner
à fa Fille un homme de
probité , & qui euft ce qu'on
pouvoit fouhaiter dans un
Mary capable de rendre une
Femme
heureuſe , il croyoit
qu'elle auroit peine à faire .
un choix plus
avantageux.
Ce fut affez pour faire accepter
le Cavalier. Elle confentit
à fa
recherche , & le
faux Abbé cut une joye incroyable
de voir fes defleins
en eftat de reüffir ; mais cette
joye fut bien-toſt trou160
MERCURE
blée . La Fille marqua de l'averfion
pour ce mariage , &
il fut furpris de trouver en
elle une repugnance qu'il
n'attendoit pas. Il eut beau
luy dire que la reputation du
Cavalier luy eftoit connuë ;
elle le pria de rompre l'affaire
, & de trouver des raiſons
pour le faire exclure, comme
il en avoit trouvé en d'autres
occafions . Il combattit cette
averfion pendant quelques
jours , & l'ayant priée de luy
en dire la caufe , elle répondit
qu'un panchant ſecret avoit
entraifné fon coeur , fans
GALANT. 161
qu'elle euſt pû s'en deffendre
, & que mille belles
qualitez qu'elle connoifſoit
dans un homme qui eftoit
fort éloigné de penſer à elle ,
luy avoient donné pour luy
une eftime fi particuliere
que cette eftime luy fem
bloit incompatible avec ce
que fon devoir luy demande
roit pour un Mary. Le faux
Abbé fut fort affligé de cette
réponſe , & d'autant plus que
la Belle luy parut entieremet
refolue à demeurer dans
Peftat où elle eftoit . Elle ajoûta
qu'il avoit fujet de four
Decembre 1685.
162 MERCURE
haiter qu'elle perfiſtaſt dans
ces fentimens, puis qu'eftant
de fes Amis , elle auroit toûjours
la joye de le voir , au
lieu que le Mariage l'affujettiffant
à d'autres devoirs , elle
ne pourroit entretenir l'amitié
parfaite qu'il luy avoir
demandée. Une déclaration
fi obligeante fit ouvrir les
yeux au faux Abbé. Il com
mença de comprendre qu'il
eftoit luy-mefme l'obftacle
de fon bon- heur , & que la
Belle ne le refufoit que par
l'attachement qu'elle avoit
pour luy. Il l'obferva avec
GALANT. 163
plus d'artention , & fes regards
, & quelques paroles
qui luy échaperent , l'ayant
confirmé dans une penſée fi
agreable , il la pria de fouffrir
que le Cavalier luy rendift
une vifite , l'affurant que fi
fa perfonne ne luy plaifoit
pas, il viendroit à bout de dégager
la parole de fa Mere.
Le peu qu'elle hazardoit par
là , la fit confentir à ce qu'il
voulut . Le jour fut pris pour
dette Vifite , & on le pria d'y
eftre preſent. Il s'en excufa
fur ce que l'intereft feul de
la Mere & de la Fille , l'ayant
O ij
164 MERCURE
porté à eftre d'avis que l'on
fift ce Mariage , il fe croyoit
obligé de les laiffer dans une
entiere liberté d'agir , fans
qu'il fe trouvaft à une Entreveuë
qui regleroit ce qu'elles.
devoient refoudre. Le jourarreſté
eſtant venu , il fe rendit
en équipage fort propre
où il eftoit attendu de la Mere
& de la Fille . Sa longue-
Perruque , & l'habit de Cavalier
, les empefcherent d'abord
de le reconnoître ; mais
à peine eut- il parlé , qu'elles.
s'écrierent toutes deux en
meſme temps , & luy marGALANT.
165.
querent l'étonnement où elles
eftoient du changement
qu'il faifort paroiftre . Il leur
expliqua fon avanture, & les
ayant affeurées que Cavalier
ou Abbé, il eftoit tel qu'elles
l'avoient veu , inébranlable
dans les fentimens qu'elles .
avoient approuvez , & tresfincere
dans la conduite qu'il
avoit tenuë , il leur demanda
quelle efperance elles vouloient
luy permettre . La ré
ponſe de la Mere luy fut favorable
, & la Fille dont il
avoit fceu toucher le coeur ,
ne put fe défendre de luy
166 MERCURE
avouer qu'elle n'avoit refifté
à la propofition
qu'on luy
avoit faite, que par la fecrete
inclination qu'elle avoit fentie
pour luy. Le Mariage fe fit
peu de jours aprés, & fut fuivy
de réjouiſſances
où toute la
Ville témoigna de prendre '
part,
Il y a de la deftinée dans
les Mariages , & il s'en fait
tous les jours par des voyes
fi peu communes , qu'il y a
lieu de penfer qu'ils font arreftez
dans un Confeil Souverain
, dont les Arreſts font
Nij
148 MERCURE
4
irrevocables. Un Cavalier
en qui beaucoup de merite
foutenoit les avantages du
bien & de la naiffance , paffoit
un jour par un Bourg ,
où il apprit qu'une jeune Demoiſelle
prenoit l'habit de
Religieufe. La neceſſité où il
fe trouvoit d'y refter un jour
entier , luy fit naiſtre le defir
de voir la Ceremonie. Il fe
rendit dans l'Eglife en habit
de Voyageur , & fe cachant
dans la foule , il examina toutes
les Femmes que cette
prife d'Habit avoit attirées
en fort grand nombre . En les
GALANT 149
parcourant des yeux , il apperceut
une jeune brune ,
qu'une aimable modeftie
rendoit auffi remarquable
que l'éclat de fa beauté . Il la
regarda long- temps , & eut
le plaifir d'en entendre dire
tous les biens imaginables à
plufieurs perfonnes qui la regardoient
ainfi que luy . Ces
louanges qui ne pouvoient
luy eſtre ſuſpectes , ayant
commencé à luy doner pour
elle plus que de l'eftime , il
voulut fçavoir fon nom. On
luy apprit qu'elle eftoit d'une
petite Ville éloignée du
M iij
150 MERCURE
fa
Bourg de quatre lieuës ; que
fa Mere,Femme des plus ver
tueufes , la faifoit vivre dans
une grande retraite que
Maifon ne s'ouvroit qu'à des
gens devots , & que meſme
c'eftoit l'ufage dans toute la
Ville de ne recevoir que des.
perfonnes d'Eglife par tout
où il y avoit des Filles à marier.
Le Cavalier attacha fes
yeux fur la belle brune tant .
qu'il put la voir , & quand
on eut achevé la Ceremonie,
il en emporta l'image fi profondement
gravée dans fon
coeur , qu'il tafcha inutile
GALANT. 151
ment de l'en bannir. Quoy
qu'il fuft perfuadé de fon elprit
& de fa vertu , par ce
qu'il venoit d'en entendre
dire , il voulut la connoiftre
par luy-mefme , & un mouvement
preffant , auquel il
fut contraint de s'abandonner
, le fit refoudre à n'épargner
rien pour venir à bout
de fon entrepriſe . Il eftoit
luy-mefme d'une Famille devote
, & les exemples de pieté
qu'il avoit receus , luy faifoient
mener une vie fort ,
reguliere . Ainfi il avoit fait
diverfes lectures qui luy a-
Niiij
152 MERCURE
voient éclairé l'efprit fur la
Morale , & fe refolvant à
prendre un habit d'Abbé ,
il avoit dequoy foûtenir ce
Perſonnage. Il donna ordre
à toutes les chofes qui luy
eftoient neceffaires pour cette
metamorphofe , & ayant
pris le petit Collet & une
courte Perruque , il fe rendit
dans la Ville où demeuroit
la belle Perfonne , qui l'attiroit
avec tant de force .
Son efprit infinuant , & fes
manieres douces & honnêtes
, luy eurent bien- toft acquis
l'eftime de tout le mon
GALANT. 153
de. Joignez à cela une conduite
toute édifiante , & une
telle affiduité pour tout ce
qui ſe peut appeller Pratiques
Spirituelles , qu'il fut
regardé parmy les Devots
comme tres-digne de participer
à leurs privileges , &
d'eftre receu dans leurs Conferences.
Ils le menerent en
plufieurs Maiſons , & en peu
de temps il connut toute la
Ville. Il avoit l'air bon , &
fon entretien marquant fa
naiſſance , les Dames les plus
aufteres eurent de l'empreffement
pour fes vifites . I
154 MERCURE
ne leur parloit que de leur
falut , & la reputation où le
mit fa probité , leur fit prendre
en luy tant de confiance ,
qu'elles ne pouvoient rien
faire que par fon avis . Enfin
il fut introduit où il fouhaitoit
avec tant d'ardeur d'être
receu favorablement . Il
s'attacha d'abord à la Mere ,
fans que l'on puft foupçonner
qu'aucun interest d'amour
entraft dans les foins
qu'il luy rendoit. Il n'adreſ
foit le Difcours qu'à elle , &
il s'obfervoit fi bien que jamais
fes yeux ne le trahif
GALANT. 155
foient. Il s'acquit par là fon
entiere confiance , & quand
il luy furvenoit la moindre
affaire , elle ne faifoit aucune
difficulté de le laiffer feul
avec fa Fille. Ce fut alors
qu'il s'enflama tout de
bon. Quelle égalité d'humeur
& quelle douceur
d'efprit ne trouva- il pas dans
cette aimable perfonne ! Il
connut que fa beauté eftoit
le moindre de fes avantages..
La droiture de fon ame & la
bonté de fon coeur , l'empor
toient fur tous les charmes
dont la Nature luy avoit
-
156 MERCURE
efté prodigue. Il la mettoit
fouvent fur le Mariage , &
fur la neceffité où il la
voyoit de faire un choix
pour fon établiſſement . Elle
répondoit toûjours qu'ayant
du bien pour vivre fans dépendance
, & voulant remplir
exactement fes devoirs
en toutes fortes d'eftats , el
le ne femarieroitjamais
qu'a
vec un homme , qui par une
reputationfolide & bien confirmée
, fe feroit acquis toute
fon eftime . Comme fon
merite eftoit extraordinaire
,
il luy attira divers PretenGALANT.
157
dans , fur lefquels la Mere
ne manqua pas de le confulter.
Il leur trouva à tous des
défauts qui empefcherent
qu'elle ne les écoutaſt , & eut
la joye de connoiftte que la
Fille entroit avec plaifir dans
les raifons qui les faifoient
rejetter. L'amour fecret qu'il
avoit pour elle s'augmentant
de jour en jour par l'indifference
qu'elle luy marquoit
pour tous les hommes, il tâcha
de l'engager à prendre
pour luy des fentimens , qui
n'eftant fondez que fur l'amitié
, puffent paffer aifé.
158 MERCURE
ment à quelque
chofe de
plus , quand on connoiftroit
fon déguisement
. La Belle
prevenue
pour luy d'une veritable
eſtime , s'y montra
fort difpofée
, & lors qu'il
fe creut affeuré de fon ef
prit , il employa
un de fes
Amis pour la demander
en
mariage
. La Mere à qui l'on
vanta fon bien & les autres
avantages
qui fe rencontroient
dans ce party , prit
confeil de luy fur cette affai
re , & il vous eft aifé de juger
qu'il ne parla pas contre
luy-mefme . Il dit qu'il conGALANT.
159
noiffoit la Maifon du Cavalier
qu'on luy propofoit pour
Gendre, & que voulant donner
à fa Fille un homme de
probité , & qui euft ce qu'on
pouvoit fouhaiter dans un
Mary capable de rendre une
Femme
heureuſe , il croyoit
qu'elle auroit peine à faire .
un choix plus
avantageux.
Ce fut affez pour faire accepter
le Cavalier. Elle confentit
à fa
recherche , & le
faux Abbé cut une joye incroyable
de voir fes defleins
en eftat de reüffir ; mais cette
joye fut bien-toſt trou160
MERCURE
blée . La Fille marqua de l'averfion
pour ce mariage , &
il fut furpris de trouver en
elle une repugnance qu'il
n'attendoit pas. Il eut beau
luy dire que la reputation du
Cavalier luy eftoit connuë ;
elle le pria de rompre l'affaire
, & de trouver des raiſons
pour le faire exclure, comme
il en avoit trouvé en d'autres
occafions . Il combattit cette
averfion pendant quelques
jours , & l'ayant priée de luy
en dire la caufe , elle répondit
qu'un panchant ſecret avoit
entraifné fon coeur , fans
GALANT. 161
qu'elle euſt pû s'en deffendre
, & que mille belles
qualitez qu'elle connoifſoit
dans un homme qui eftoit
fort éloigné de penſer à elle ,
luy avoient donné pour luy
une eftime fi particuliere
que cette eftime luy fem
bloit incompatible avec ce
que fon devoir luy demande
roit pour un Mary. Le faux
Abbé fut fort affligé de cette
réponſe , & d'autant plus que
la Belle luy parut entieremet
refolue à demeurer dans
Peftat où elle eftoit . Elle ajoûta
qu'il avoit fujet de four
Decembre 1685.
162 MERCURE
haiter qu'elle perfiſtaſt dans
ces fentimens, puis qu'eftant
de fes Amis , elle auroit toûjours
la joye de le voir , au
lieu que le Mariage l'affujettiffant
à d'autres devoirs , elle
ne pourroit entretenir l'amitié
parfaite qu'il luy avoir
demandée. Une déclaration
fi obligeante fit ouvrir les
yeux au faux Abbé. Il com
mença de comprendre qu'il
eftoit luy-mefme l'obftacle
de fon bon- heur , & que la
Belle ne le refufoit que par
l'attachement qu'elle avoit
pour luy. Il l'obferva avec
GALANT. 163
plus d'artention , & fes regards
, & quelques paroles
qui luy échaperent , l'ayant
confirmé dans une penſée fi
agreable , il la pria de fouffrir
que le Cavalier luy rendift
une vifite , l'affurant que fi
fa perfonne ne luy plaifoit
pas, il viendroit à bout de dégager
la parole de fa Mere.
Le peu qu'elle hazardoit par
là , la fit confentir à ce qu'il
voulut . Le jour fut pris pour
dette Vifite , & on le pria d'y
eftre preſent. Il s'en excufa
fur ce que l'intereft feul de
la Mere & de la Fille , l'ayant
O ij
164 MERCURE
porté à eftre d'avis que l'on
fift ce Mariage , il fe croyoit
obligé de les laiffer dans une
entiere liberté d'agir , fans
qu'il fe trouvaft à une Entreveuë
qui regleroit ce qu'elles.
devoient refoudre. Le jourarreſté
eſtant venu , il fe rendit
en équipage fort propre
où il eftoit attendu de la Mere
& de la Fille . Sa longue-
Perruque , & l'habit de Cavalier
, les empefcherent d'abord
de le reconnoître ; mais
à peine eut- il parlé , qu'elles.
s'écrierent toutes deux en
meſme temps , & luy marGALANT.
165.
querent l'étonnement où elles
eftoient du changement
qu'il faifort paroiftre . Il leur
expliqua fon avanture, & les
ayant affeurées que Cavalier
ou Abbé, il eftoit tel qu'elles
l'avoient veu , inébranlable
dans les fentimens qu'elles .
avoient approuvez , & tresfincere
dans la conduite qu'il
avoit tenuë , il leur demanda
quelle efperance elles vouloient
luy permettre . La ré
ponſe de la Mere luy fut favorable
, & la Fille dont il
avoit fceu toucher le coeur ,
ne put fe défendre de luy
166 MERCURE
avouer qu'elle n'avoit refifté
à la propofition
qu'on luy
avoit faite, que par la fecrete
inclination qu'elle avoit fentie
pour luy. Le Mariage fe fit
peu de jours aprés, & fut fuivy
de réjouiſſances
où toute la
Ville témoigna de prendre '
part,
Fermer
Résumé : Histoire. [titre d'après la table]
Un cavalier, lors d'une cérémonie religieuse, remarque une jeune femme brune et décide de la connaître. Apprenant qu'elle vit dans une petite ville éloignée et que sa mère la protège des visiteurs non dévots, il se déguise en abbé pour gagner leur confiance. Grâce à son comportement exemplaire, il est bien accueilli et parvient à fréquenter la maison de la jeune femme. Il découvre ses qualités exceptionnelles et tombe amoureux d'elle. Pour la convaincre de l'épouser, il utilise un ami pour demander sa main, obtenant des recommandations favorables de l'abbé. La mère de la jeune femme souhaite la marier à un cavalier de probité, mais la fille avoue à cet abbé qu'elle est secrètement attachée à un autre homme. L'abbé, comprenant la situation, organise une visite du cavalier, qui se révèle être l'objet de l'affection de la fille. Après avoir expliqué ses aventures et assuré de sa sincérité, il obtient l'approbation de la mère et de la fille. Le mariage a lieu peu après, suivi de réjouissances auxquelles toute la ville participe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1673
p. 166-270
Ce qui s'est passé en plusieurs Villes du Royaume, touchant les affaires de la Religion, & les Conversions qui se sont faites. [titre d'après la table]
Début :
Quoy que je vous aye dit beaucoup de choses dans mes [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Hérésie, Erreurs calvinistes, Vérité catholique, Nouveaux convertis, Royaume de France, Déclarations, Arrêts, Édit de Nantes, Révocation de l'édit de Nantes, Piété, Zèle, Famille, Marquis, Interdictions, Religion protestante, Duc de Noailles, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en plusieurs Villes du Royaume, touchant les affaires de la Religion, & les Conversions qui se sont faites. [titre d'après la table]
Quoy que je vous aye dit
beaucoup de chofes dans
mes Lettres précedentes tou →
chant les Converfions & l'é
tat où les affaires de la Religion
ſe trouvent , il me reſte
encore dequoy vous en faire
un tres -long article. La Nor
'GALANT. 167
mandie a fuivy l'exemple des
autres Provinces. Võicy le
détail de ce qui s'y eft paffé.
La Chambre des Vacations.
du Parlement de Rouen, s'étant
affemblée extraordinairement
par
22. d'Octobre
, pour la veri
fication de l'Edit qui revo
que celuy de Nantes , M¹ le
Noble , Subftitut de M' le
Procureur
General , en demanda
l'enregiſtrement
en
ordre du Roy, le
ces termes,
168 MERCURE
M
ESSIEURS,
L'Edit de Nantes a
voit efté extorqué les armes à la
les Pretendus Refor main
par
mez, il y a prés d'un Siecle . G'é
toit le fruit de leur Revolte & de
leur Rebellion
, & pour ne pas
réveiller la memoire de tout ce qui
s'eftoit paẞé durant les Troubles ,
nos Rois avoient bien voulu differerla
deftruction de cet Ouvrage,
qui a estéfilong- temps le monument
odieux des guerres civiles
que ceux de la Religion Pretendue
Reformée avoient excitées
dans le Royaume
. Mais quoyque
la force
GALANT. 169
la force la violence euffent
donné l'eftre à cet Edit , le Roy ,
dont la bonté est égale pour tous
fes Sujets , ne tient pas pour les
faire rentrerdans le fein de l'Eglife
, les mefmes voyes qu'ils avoientprifes
pour s'en écarter On
peut dire
que ce Monarque dans
tout ce qu'il fait , est comme les
grands Fleuves dont les eaux coulent
inceffamment pour l'utilité
publique , & qu'il reffemble à ces
Astres du premier ordre , qui ne
quittent jamais la route & la carla
Providence
la
riere
que
Main de Dieu leur a marquée.
Aprés la lecture qui vient d'é-
Decembre 1685. P
170 MERCURE
cet
que
tre faite de l'Edit portant Révo
cation de celuy de Nantes ( Ouvrage
digne de la Puiffance , de
la Clemence , de la Piere du
Roy) nous ne pouvons pas douter
qu'il n'n'ait receu avec profufion
or divin dont parle Platon ,
le Soleil neforme pas dans la terre
, mais que le Ciel produit dans
les grandes Ames. Ceux de la
Religion Pretendue Reformée doivent
à la veuë de ce faint Edit ,
reconnoiftre
l'erreur dans laquelle
leur aveuglement
volontaire les a
retenus jufqu'à prefent, aprés que
leur naiffance & leur éducation
les y avoient malheureuſement
GALANT. 171
1
La
corrude
l'esprit ,
engagez. La Religion Catholique
Apoftolique & Romaine eft
créance de nos Rois , la Religion
de l'Estat, & la Foy de nos Peres.
Au contraire, la Religon Pretenduë
Reformée eftoit une nouveauté
introduite par
ption des moeurs
qui n'avoit efté tolerée que pour
le bien de la Paix , & à laquelle
on pouvoit justement appliquer la
parole & la penfee de Tertulien ,
lors qu'il a dir, que ce qui n'eftoit
que permis & fouffert, n'eftoit pas
bon. Par le Droit Romain , les
Enfans ne devoient point reconnoiftre
d'autre Religion , avoir
Pij
172 MERCURE
d'autre Culte , ny admettre d'autres
Sacrifices que ceux de leurs
Peres. Et Minutius Felix , l'un
des plus celebres Avocats de cette
Republique , difoit à la gloire de
Dieu , qu'ilfalloit diftinguer les
Rois , les Peuples , & les Nations
; mais qu'il n'y avoit qu'un
Dieu pour tout l'Univers dont il
eftoit le Createur , Gentes Nationefque
diftinguimus, Deo
una domus eft mundus fic
totus .
Si dans le Paganisme , qui eftoit
un temps de tenebres & d'ob
fcurité, il eftoit défendu defe faire
toutes fortes de Dieux & de CulGALANT.
173
tes doit- il eftre permis à des Chre-
Stiens , qui n'ont qu'un mefme
Dieu , qu'un mefme Baptefme ,
qu'unune mefme Foy , & qu'un
mefme Roy, defe former differentes
opinions , qui les feparent de
l'Unité de l'Eglife , hors de laquelle
il n'y a point de falut ?
C'est ce qui fait que Saint Au
guftin regretant de pareilles divifions
, lors qu'il voyoit les Eglifes
Catholiques injustement ufurpées
par les Donatifes , s'écrioit avec
douleur:O domus mifera Chrifti
, titulos habes , noli effe
Donati poffeffio. Graces à Dieu
& au Roy , nous n'avons pas be-
Piij
174 MERCURE
foin de faire de femblablesplaintes
, puifque l'Edit qui revoque
celuy de Nantes , va fans doute
eftrefuivy d'une réuniongenerale
de nos Freres , fi ardemment defirée
de tous les gens de bien. Jacobfe
glorifioit autrefois , d'avoir
estéfi fidelle à garder le Troupeau
de Laban , qu'on ne pouvoit luy
reprocher qu'aucun mal yfuft arrivé
par fa faute , s'eftant privé
fouvent du fommeil pour le veil .
lerpendant la nuit , & ne s'étant
point donné de repos pour le conduire
pendant le jour; Mais nous
éprouvons aujourd'huy que le Roy
faifant les fonctions de Pasteur
GALANT. 175
4
& d'Evefque feculier de fon
Royaume , par le foin continuel
qu'il prend d'en extirper l'Herefie
, n'a pas moins de zele
d'activité pour fanctifier tous fes
Sujets , les inftruire des Veritez
Orthodoxes , que Jacob en
avoit pour la confervation du
Troupeau de Laban , qui avoit
efté confié à fa conduite. La gloire
des Rois ne confifte pas à estre
élevez fur le Trône , mais à meriter
par
des actions heroiques &
vertueufes le Sceptre qu'ils por
tent ; & quoy que noftre invincible
Monarque, depuis fon Avenement
à la Couronne luy ait
Pij
176 MERCURE
donné beaucoup plus d'éclat qu'il
`n'en a receu d'elle , l'aneantiſſement
de l'Edit de Nantes , qui
détruit un Schifme qui avoit fait
une figrande playe à l'Eglife &
à l'Etat , fera un Eloge immortel
qui rendra fa Memoire plus precieuſe
à la Pofterité , que le fouvenir
de tous les Peuples qu'il a
vaincus , de toutes les Victoi
res qu'il a remportées . Nous ne
pouvons mieux en cette occafion
feconder les intentions de Sa Majefté
, que de requerir inceffamment
l'Enregistrement , la Publi
cation , & l'Execution de fon
Edit
GALANT: 177
Mr le Noble fut d'autant
plus admiré dans ce Difcours,
qu'il le prononça le meſme
jour , que M' de Marillac Intendant
de la Generalité de
Rouen , luy remit l'Edit entre
les mains. Mr le Prefident
de Becdeliévre de Bremare
qui parla enfuite , fit admirer
la mefme prefence d'efprit.
Voicy ce qu'il dit dans la
mefme occafion.
T
Out le monde fçait que
l'Edit de Nantes , qui fut
publié en faveur de ceux de la
Religion Pretendue Reformée , a
178 MERCURE
efté donné dans le temps des Troubles
, pour appaifer les Guer
Tes civiles. Ceux de cette Religion,
qui avoient les armes à la main,
forcerent en quelque façon le Roy
Henry le Grand, de leur accorder
des Privileges dont ils eftoient indignes.
Il y avoit lieu d'efperer
qu'ils profiteroient des graces qui
leur avoient efté faites , & qu'ils
rentreroient dans leur devoir.
Mais regardant cet Edit comme
une Sauvegarde fous laquelle ils
vivaient en repos , ils fefont vainement
perfuadez qu'on ne pouvoit
plus les détruire . Cet Ouvrage
important eftoit refervé à la
GALANT. 179
Pieté de noftre Augufte Monarque.
Il n'y avoit que luy quifuft
capable d'entreprendre une figrande
affaire , & de renverser ce
Monftre de l'Herefte, qui a defolé
le Royaume pendant un ſi grand
no nbre d'années. Aprés avoir
vaincu fes Ennemis , dompté les
Barbares , donné la Paix à l'Europe
, il a tourné tous fes foins à la
Converfion de ceux de la Religion
Pretendue Reformée. Il a
effayé jufqu'icy de les gagner par
la donceur. Les Declarations qu'il
a envoyées depuis quelque temps,
n'ont eu aucun autre but. Des
Villes entieres & des Provinces
180 MERCURE
en ont profité ; mais plufieurs de
cette Religion s'eftant rendus plus
opiniaftres , s'aigriffant dejour
en jour , au lieu defuivre les avis
qu'on leur a donnez , il a esté en
fin neceffaire de revoquer cet Edit
par la Declaration dont on vient
de faire la lecture. Les voicy réduis
dans une heureuſe neceſſité de
rentrer dans le fein de l'Eglife ,
& d'abandonner leurs erreurs.
Nous espérons qu'ils feconderont
les bonnes intentions de Sa Ma.
jesté , & qu'ils voudront bien
écouter les Inftructions que l'onfe
prepare à leur donner.
On vit bien- toft à Rouen
GALANT. 181
des fruits de la
Révocation
de l'Edit de Nantes . M' le
Marquis de Beuvron Lieutenant
General de la Province ,
& Gouverneur du Vieux - Palais
de Rouen, ayant efté envoyé
par le Roy pour faire
entendre les volontez de Sa
Majefté aux Prétendus Reformez
de cette Ville là , fit
avertir les Chefs de Famille
de fe trouver à l'Hoftel commun
le dernier
d'Octobre ,
Lors qu'ils furent aſſemblez,
ce Marquis , avec qui eftoit
M. de Marillac , leur declara
que l'intention du Roy eftoit
182 MERCURE
qu'il n'y euft plus qu'une Religion
dans le Royaume , &
que ceux qui eftoient bons
François, & fidelles Sujets de
Sa Majesté euffent à abandonner
l'Herefie, & à rentrer
dans le fein de la veritable
Eglife. Il leur parla d'une maniere
auffi éloquente que perfuafive
, & plufieurs qui n'at
tendoient depuis longtemps
que cette heureuſe démar
che , allerent fur l'heure figner
leur Abjuration devant
le Lieutenant
General du
Bailliage. Le nombre alla ce
jour- là à plus de mille perGALANT.
183
fonnes , Il augmenta dés le
lendemain , & en peu de
temps , de plus de fix mille
Religionnaires , à peine en
refta- t-il quarante Familles.
M' le Coadjuteur n'a épargné
aucuns foins dans les frequentes
vifites qu'il a faites
chez les principaux des Anciens
du Confiftoire
, pour
leur faire connoiffre la verité
qu'ils avoient toûjours refufé
d'entendre. Il en eft heureufement
venu à bout,aprés
avoir effuyé beaucoup d'incivilitez
, & mefme des duretez
que fon zele luy a fait
2
184 MERCURE
fouffrir avec plaifir par la joye
de travailler utilement aufalut
des ames.
M' de Morangis Intendant
à Caën , s'eft employé avec
le mefme fuccés & le mefme
zele , à convertir ceux qui y
faifoient Profeffion de la Religion
Pretenduë Reformée .
Aprés qu'il les eut fait affembler
, il leur fit un Difcours
fi touchant & fi remply d'é
loquence , que prefque tous
ceux aufquels il parla, fignerent
en mefme temps l'Acte
de leurAbjuratio.Leur exemple
fut fuivy peu de jours
GALANT. 185
nomaprés
de la plus grande partie
de ce qui reftoit , & le
bre des Convertis monta jufqu'au
nombre de trois mille.
Il n'y en avoit plus que trente
qui refufoient d'abjurer ,
lors que j'ay receu cette nouvelle
, & comme elle m'a été
écrite dés le
commencement
de ce mois. Il eſt à croire
que toute la Ville eft
fentement
Catholique.Dans
ce mefme temps la Noblef
fe Proteftante de toute laGeneralité
, promit par écrit à
M de Morangis de fe faire
inftruire , & d'imiter ceux
Decembre 1685.
Q
pre186
MERCURE
qui font entrez dans la veritable
voye du falut . Ainfi
l'on apprend de jour en jour
les Converfions de cette
Nobleffe , & avant que vous
receviez cette Lettre , elle
fera peut-eftre entierement
Convertie .
M' le Marquis de faint
Germain , Gouverneur de la
Marche , ayant receu de la
part du Roy une Copie de
Ï'Edit qui fuprime l'Exercice
de la Religion Pretenduë
Reformée,avec ordre de faire
démolir en execution de
cét Edit,le Temple de la VilGALANT.
187
le d'Aubuffon , qui eftoit le
feul lieu de la Province où
fe filt cét Exercice . Il partit
de fon Chafteau le 21. Octobre
, accompagné de la Nobleffe
de fon Voifinage , &
arriva à celuy du Terret ,
Maifon tres-confiderable du
Pays,dont il avoit fait le ren
dez- vous du refte de la Province
. Mr de Creffat , Frere
aifné de M ' de Boisfrant
Chancelier de Monfieur , y
regala toute cette Compagnie
avec beaucoup de magnificence.
On monta le
lendemain à cheval , & l'om
Q ij
188 MERCURE
fe rendit à Aubuffon. Les
Habitans qui avoient eſté avertis
de la Marche de M' le
Marquis de Saint Germain ,
vinrent fous les Armes fort
loin au devant de luy , & le
receurent avec des falves &
des acclamations generales
de Vive le Roy , & point de
Religion que la Catholique . Il y
ayoit neanmoins parmy eux
grand nombre de Pretendus
Reformez , & ces acclamations
furent comme le Prelude
de leur Abjuration . M
´le Marquis de Saint Germain
trouva à propos d'aller droit
GALANT. 189:
au lieu où eftoit le Temple . II
avoit efte baſty à une lieuë
de la Ville ,fur une Montagne
la plus haute & la plus efcarpée
des environs . Plufieurs
Catholiques de tout fexe , de
tout âge , & de tous eſtats
travaillerent à l'envie à fa
démolition , & ce travail fut
fi animé du zele pour la veritable
Eglife & pour le fervice
de Sa Majefté , & par les
liberalitez de M' le Gouverneur
qui leur fit diftribuer
beaucoup de rafraichiffe
mens , qu'en moins de vingtquatre
heures il n'en demeu
190 MERCURE
ra aucun veftige. On jetta
au bas de la Montagne toutes
les pierres qui le compofoient
, & par là on les ren
voya dans les Carrieres d'ou
elles avoiét efté tirées. Aprés
ces premiers Ordres fi heureufement
executez , M' le
Marquis de Saint Germain
fit fon Entrée dans la Ville,
& à peine fut-il defcendu
dans la Maiſon qui luy avoit
efté preparée ; qu'une foule
des Habitans Religionaires
vinrent le prier de vouloir
eftre témoin de l'Abjuration
qu'ils eftoient tout prefts de
GALANT. 191 .
faire entre les mains de leur
Curé. Des difpofitions fi
promptes & fi favorables le
furprirent agreablement . Il
y répondit avec des honnêtetez
& des careffes , qui engagerent
ce qui reftoit là de
Calviniftes à fe convertir les
jours fuivans. Le peu de
temps qu'on eut ce premier
jour , ne permit de recevoir
l'Abjuration que de fixvingt
perſonnes . Le lendemain
25. d'Octobre plus de
trois cens abjurerent , & une
des Femmes de ces nouveaux
Catholiques eftant ac
192 MERCURE
couchée la nuit d'un Fils
M' le Gouverneur en voulut
bien eftre le Parrain . Ce
Baptefme fut folemnel &
fingulier de toutes manieres.
Toute la Ville fe remit fous
les Armes , & en allant à l'Eglife
, il fut precedé , accompagné
, & fuivy de plufieurs
falves de Moufqueterie. Les
Converfions continuerent
ce mefme jour 34. du mois ,
& le nombre des Calviniftes
qui eftoit de plus de fix cens,-
fut reduit à douze . Il parut
d'abord que ces derniers
cherchoient à fe diftinguer
par
GALANT. 193
par l'opiniâtreté qui eſt le
caractere des Heretiques
;
mais Mi le Gouverneur , M
de Creffat, & M ' de Gedoüin
Vicomte du Monteil fon
Gendre , leur parlerent avec
taut de force & de douceur,
qu'ils les ramenerent comme
les autres, & ils affifterent
à la Meffe chantée en Mufique
avec le Te Deum , &
les Prieres ordinaires pour
Roy.Mile Marquis de S.Ger,
main repaffa le lendemain
par le Terret , d'où il emmena
chez luy le Miniftre d'Aubuffon
, que les Conferences
Decembre
1685. R
le
194 MERCURE
qu'il y avoit euës par ordre
de M' de Creil Intendant de
la Province , avec Mr Tixier,
fçavant Ecclefiaftique , avoient
déja convaincu des
Veritez Catholiques qu'il
profeffe prefentement,ayant
renoncé à l'Herefie de Calvin..
La Ville de Sedan , où il y
avoit plus de fix mille Religionaires,
eft à prefent toute
Catholique ; & l'on peut dire
que ce changement eſt un de
ceux qui fait le plus d'honneur
à l'authorité de noftre
Religion . Voicy comment il
eft arrivé.
GALANT. 195
Le 23. d'Octobre , M' de
Vrevin, Intendant fur la Frontiere
de Champagne , fit affembler
le Confiftoire & les
principaux Bourgeois de la
Ville , pour leur declarer que
l'Exercice de leur Religion
eftoit défendu par le nouvel
-Edit de Sa Majefté , qui caffoit
celuy de Nantes. Il leur
en fit faire la lecture , & leur
remontra par un Diſcours
tres-preffant, qu'ils devoient
fe réunir à l'Eglife , dont ils
s'étoient feparez par un pur
caprice ; qu'ils eftoient nouveaux,
& avoient quitté l'an-
Rij
196 MERCUER
C
cienne Religion ; que leurs
Peres avoient efté de noftre
Eglife ; que le temps eftoit
venu d'y rentrer ; que le Roy
fouhaitant avec ardeur une
réunion qui leur devoit eftre
fi avantageuſe , ils ne pou
voient rien faire qui luy fuft
plus agreable , & qu'il les exhortoit
de prendre promptement
une falutaire refolution.
Il ajoûta qu'il jugeoit
inutile de les faire fouvenir
de toutes les Declarations ,
· qui font porter les charges
de l'Eftat à ceux de la Religion
Pretendue Reformée ,
1
GALANT. 197
avant qu'elles tombent fur
les Catholiques ; qu'ils en
eftoient affez avertis , & que
fi en execution de ces Declarations
, ils fe trouvoient
obligez à loger des Gens de
guerre , ils ne devoient s'en
prendre qu'à leur mauvaiſe
conduite& à leur obftination .
Les principaux Chefs paruret
furpris de ce difcours , & ne
voulant rien refoudre fans
un plus long examen , l'Aſ.
femblée fe fepara . M ' de Vrevin
jugeant que lès Confe
rences particulieres feroient
plus utiles , affembla encore
Riij
198 MERCURE
en deux divers jours les plus
notables Bourgeois , & les
principaux du Confiftoire .
Comme ils avoient eu du
tempspour ſe faire inſtruire,
ils goûterent mieux les raifons
qu'il employa , pour leur
faire voir ce qu'ils devoient,
& à leur falut , & aux volontez
du Roy. Plufieurs d'entre
eux s'en eftant laiffé perfuader
, fe rendirent le jour
de la Touffaints à l'Hoftel de
Ville . Le Refultat fut de declarer
à M l'Intendant, qu'ils
eftoient prefts de fe confor
mer aux Intentions du Roy ,
GALANT. 199
auquel ils avoient eſté toûjours
tres- foumis , en embraffant
la Religion Catholique
,
dans laquelle ils vouloient
vivre & mourir . On en dreffa
un Acte auffi- toft , & ils le fignerent
tous . Parmy eux eftoient
, Mr Conard , cy -devant
Capitaine de Chevaux.
legers ; M¹ de Peterlot , auffi
Capitaine ; M' Catel & M
Jean Chevalier , tous deux
Anciens du Confiftoire ; M
Leonard Chevalier , fon Frere
, Echevin & Capitaine de
la Bourgeoifie ; Mr Jean Chevalier
leur neveu, Echevin &
Riiij
200 MERCURE
Officier de la
Bourgeorfie ,
& plus de deux cens Chefs
de Familles des plus confiderables
Bourgeois . Le lendemain
M' l'Intendant les fit
encore tous affembler dans
le mefme lieu, & les mena de
là à l'Eglife de la Paroiſſe , où
Mile Feron Docteur de Sorbonne
, grand Vicaire de Mr
l'Archevefque de Reims, qui
par fon ordre eftoit pour lors
dans la Ville avec plufieurs
autres Ecclefiaftiques , pour
travailler par leurs Conferences
à la Converfion
des
Religionnaires
, leur fit un
GALANT: 201
tres éloquent Difcours . On
leur leut enfuite la Profeffion
de Foy , qu'ils fignerent tous
encore une fois dans l'Eglife.
Plus de trois cens Famillcs
des Villages circonvoifins
ont fuivy l'exemple des Habitans
de Sedan . Ces Converfions
n'ont efté fi promptes
que par les foins que Sa Majefté
prend depuis fort longtemps
du falut de fes Sujets .
La plufpart , gagnez par des
foins fi charitables , avoient
commencé à fe faire inftruire
, & le Roy avoit fort contribué
à leur en rendre les
moyens faciles,
202 MERCURE
Je vous envoyay le mois
paffé une Relation , qui contenoit
la Converfion entiere
de tous les Pretendus Refor
mez de la Ville de Saint Jean
d'Angely. Elle eftoit ample,
elle eftoit curieuſe , & le nombre
de fes circonftances devoit
faire croire qu'elle eftoit
exacte. Il eft vray qu'il n'y
avoit rien contre la verité
mais il y manquoit beaucoup
de particularitez , glorieufes
aux perfonnes qui
ont travaillé à ces Converfions
, & fur tout à M' de
Gourgues Intendant du LiGALANT.
203
moufin. Des affaires qui demandoient
fa preſence à Limoges
l'ayant empêché d'en
fortir , il manda fur la fin du
mois d'Aouft à Mr Charrier
Procureur du Roy de S. Jean
d'Angely , qu'il fift aſſembler
les principaux Habitans de la
Religion Pretenduë Reformée
, tant de la Ville
que des
gros Bourgs du Voiſinage ,
pour leur declarer qu'ils ne
devoient pas s'opposer aux
pieuſes intentions de Sa Majefté
, & leur offrir des Inftructions
& des Conferences.
Ils les accepterent , &
204 MERCURE
promirent d'y affifter avec
toute l'affiduité poſſible.
Mr l'Evefque de Saintes,
qui avoit un zele ardent pour
la deftruction de l'Herefie
dans fon Diocefe , commeje
vous l'ay déja fait voir, ayant
appris la bonne difpofition
des Habitans de Saint Jean
d'Angely , ne manqua pas de
s'y rendre , & s'eftant informé
de ce qui s'eftoit paffé en
execution des ordres de M
l'Intendant , il crùt qu'il eftoit
à propos pour la gloire
de Dieu , & pour le falut de
tant d'ames , de commencer
GALANT. 205
les Conferences dont ils ef
toient convenus. Il leur dit,
que puis qu'ils avoient répondu
aux intentions de M²
'Intendant en les acceptant ,
ils ne devoient pas differer
l'execution de ce qu'ils avoient
promis. Il fut arrefté
qu'elles feroient commencées
dans le Palais le 8. de
Septembre , que M¹ Bar Archipreftre
& Curé de Saint
Jean d'Angely, en feroit l'ouuerture
, & qu'il les continuëroit
autant que les autres
fonctions de fa Charge
le pourroient permettre. Les
206 MERCURE
Religionnaires
demanderent
à M² l'Evefque
de Saintes
que M' Durand Miniſtre
puſt
les fecourir dans cette occafion,
parce qu'ils fe fentoient
trop foibles pour parler de
Religion
, ce qui leur fut accordé.
Vous ne ferez pas fàchée
d'apprendre
icy ce qui
fe paffa dans les trois Conferences
qui furent faites , &
je croy mefme qu'elles peu -
vent eftre utiles pour la converfion
des opiniaftres
.
La premiere commença
en preſence de Mrs les Lieutenans
Generaux , Civil &
書
GALANT: 207
Criminel , de M' le Procureur
du Roy , & de quelques
autres Officiers , par M Bar,
dont je viens de vous parler.
Il s'attacha uniquement à
convaincre l'Affemblée de
la poffibilité du falut dans
l'Eglife Romaine , il la prouva
par le témoignage des Docteurs
Proteftans , & par des
Paffages formels de Saint Irenée
, de Saint Ambroiſe , de
Saint Jerôme , & de S. Auguftin
, qui ont donné le pre
mier rang à cette Eglife , &
jugé qu'il faloit eftre lié de
Communion avec elle pour
208 MERCURE
n'eftre pas exclus du falut.
Ces veritez furent écoutées avec
beaucoup d'attention , &
quoy que ces Peres prouvaſfent
la neceffité d'eftre dans
1'Egliſe Romaine , Mª Bar n'y
fit point de fonds , parce que
l'eftat des affaires ne demandoit
que la poffibilité du falut
dans cette Eglife, & il reüffit
fi bien à la prouver ,
prouver , qu'on
s'apperçût auffi- toft des progrés
que fit fur tant d'ames
la force de la verité. Le Miniftre
eftonné voulut fortir
de la Queſtion , & lors qu'il
fut remis , il avoua que du y
GALANT. 209
temps des Peres que l'on ve
noit de citer , il ne doutoit
point que l'on ne fe
Lauver dans l'Eglife Ro
ne. On le preffa d'en dire
raifon , & aprés qu'il eut
efté long-temps fans fçavoir
que répondre , il dit qu'un
des articles qui retenoient
davantage ceux de leur
par
ty dans la feparation , eftoit
le culte des Reliques . Cette
queſtion fut vuidée fur le
champ par la
la lecture des Epiftres
de S. Jerôme , traduites
en François , qui fe trouverent
entre les mains de
Decembre 1685. S
210 MERCURE
Mr Bar. Le Peuple entendit
avec application la
Doctrine de ce Pere,& comprit
que les objections de
'Heretique Vigilance contre
l'honneur des Reliques
eftoient les mefmes que cel
les de leurs Miniftres , ce
qui furprit fort les plus finceres
du party. Cette premiere
Conference fut fatale
à l'Herefie . Son Défenfeur
ne pût repliquer rien de foliae
, & il fe retrancha à la de
mande de la verification de
tous les Paffages que l'on
avoit alleguez . Ils furent veGALANT.
211
-
rifiez le lendemain en prefence
des Magiftrats & des
plus habiles Religionaires ,
chez Mr Baudouin Avocat
que les gouttes avoient retenu
au lit. Il forma dés ce
moment la refolution de fe
( faire Catholique , ce qu'il
executa peu de temps aprés
avec berucoup d'avantage
pour noftre Religion , puifqu'il
attira aprés s'eftre conyerty
des Communautez
entieres
qui le confulterent fur
les motifs de fon change-
>
ment.
On rapporta aux Protef
Sij
212 MERCURE
tans dans la feconde Confe
rence qu'on avoit verifié tous
les Paffages alleguez dans la
premiere , & melme l'Epiſtre
de Saint Jerôme contre Vigilance
, & qu'il n'y avoit
plus qu'à propofer d'autres
motifs de feparation . Le Miniftre
parla de la transfubftantiation
& de fes confequences
& le Pere Dom
Laurent Faidy Benedictin ,
dont je vous ay déja parlé ,
allegua Saint Cyrille de Jeru
falem dans la quatriéme Ca
techefe , & en cita quelques
paroles des plus effenticles,
GALANT. 213
Comme ce Pere a parfaitement
expliqué le Myftere de
l'Euchariftie , on lut en François
cette Catechefe prefque
toute entiere avec une grande
partie de la cinquiéme
qui parle du Sacrifice de la
Meffe , de l'Invocation des
Martyrs , de la Priere pour
les Morts , & c . ce qui fit un
tres-grand plaifir aux nouveaux
Convertis , & furprit
les Pretendus Reformez qui
n'en avoient jamais entendu
parler.
La troifiéme Conference
futfoutenue par le Pere Au214
MERCURE
guſtin de Saint Jean d'An
gely , Capucin fort renommé
dans les Controverfes . Le
Miniftre & les Doctes du
party qui ne trouvoient pas
leur compte dans la Tradition
de l'Eglife , demanderent
que l'on difputaft fur l'Ecriture.
Il fut arrefté qu'on leur
donneroit cette fatisfaction ,
afin que le Peuple ne cruſt
pas que l'on refufoit d'entrer
dans cette forte de Controverfe.
On parla pendant plufieurs
Conferences de la Rea
lité , de l'Adoration de l'Ho
ftie , du retranchement de
GALANT . 215
la Coupe , & c. Le Pere Auguftin
défendit la caufe de
l'Eglife fur toutes ces choſes
avec beaucoup d'érudition ,
& d'honnefteté
, & il en foûtint
toûjours la Doctrine par
la lecture de certains Paffages
formels des Peres que
l'on écouta avec une entiere
attention . Sur la fin de la Semaine
, les Pretendus Refor
mez déclarerent qu'ils n'avoient
plus befoin de Conferences
, & demanderent
permiffion
de s'affembler
pour déliberer entre- eux fur
ce qu'ils avoient à faire . Les
216 MERCURE
Officiers creurent qu'il n'y
avoit point d'inconvenient
à leur accorder cette grace ,
pnifqu'il n'en pouvoit revenir
qu'un fort grand bien ,
comme il parut dans la fuite.
On dit que le Miniftre parla
d'une maniere tres -forte pour
perfuader la réunion . M¹ le
Valois fameux Avocat fit la
mefme chofe & fe fervit
du credit qu'il s'eftoit acquis
fur l'efprit des Religionaires .
Ainfi aprés les Affemblées
particulieres , le Miniftre &
·les principaux du party allerent
dire aux Officiers qu'il y
ayoit
GALANT. 217
avoit efperance que l'on fe
reüniroit , mais que de certaines
confiderations les obligeoient
d'attendre M² l'Evefque
de Saintes. Je ne vous
repete point ce qui fe paffa
entre ce Prelat , & les Pretendus
Reformez puifque,
ma Lettre du mois d'Octobre
vous en a inſtruite , &
que je vous ay appris les circonftances
de leur Abjuration.
Mais je ne puis m'empefcher
d'ajoûter icy qu'on
vit ces nouveaux Catholiques
dans de tels tranſports.
dejoye , que ne pouvant mar-
Decembre 1685. T
218 MERCURE
quer le plaiſir interieur qu'ils
reffentoient , que par de continuelles
acclamations , ils
mirent le Predicateur qui
eftoit monté en Chaire pour
les prefcher , dans l'impoffi
bilité de fe faire donner audience.
C'eftoient des cris
d'allegreffe reiterez à tous
les momens .On les voyoit ,
tout remplis de leur bonheur
, embraffer les anciens
Catholiques , & benir hautement
Ml'Evefque & M'l'Intendant
, comme les Autheurs
, aprés le Roy, de leur
felicité , & de leur falut , de
GALANT. 219
forte que le Predicateur ravy
d'un fi admirable changement
, fe contenta de les
exhorter à demeurer fermes
dans ces fentimens , & leur
fouhaita les Benedictions du
Ciel ,avec les fuites heureufes
qu'ils avoient lieu d'efperer
d'une Converfion qui paroiffoit
fi pleine de ſincerité.
Comme fuivant les ordres
du Roy , M' de Gourgues
avoit commencé une oeuvre
fi fainte , il fembloit que
Dieu luy euft refervé la gloire
de la finir. Il n'avoit pû
eftre preſent aux éclatantes
Tij
220 MERCURE
Converfions qui venoient de
fe faire , parce qu'il avoit efté
obligé d'aller à Ruffec & à
Villefaignan qui eftoient des
pepinieres
de Pretendus
Reformez
. Il y donna de folides
marques du zele qu'il a toû
jours fait paroiftre pour les
interefts de la Veritable Eglife
, il alla de Maiſon en
Maifon , pour perfuader les
plus obftinez , & n'épargna
rien pour les toucher. Auffi
réüffi- t- il fi heureuſement ,
qu'il n'y en eut pas un qui
ne promiſt d'abandonner
l'Herefie , que fes Anceſtres
GALANT. 221
s'eſtoient trouvez obligez de
fuivre , mais comme fa
prefence
eftoit neceffaire à Saint
Jean d'Angely , illaiffa M' le
Marquis d'Argençon , Lieuà
tenant General d'Angoulefie
, pour tenir la main
à l'execution des promeffes
que ces Peuples luy avoient
faites de fe convertir
quoy ce Marquis s'employa
avec beaucoup de conduite
& de fuccez . M' de Gourgues
eftant arrivé à Saint Jean
d'Angely , fit beaucoup de
careffes au Miniftre , & loüa
fort les Officiers qui avoient
T iij
222 MERCURE
fi heureuſement répondu au
zele du Roy. Il fe fervit de
toute fa prudence pour ramener
au ſein de l'Eglife
ceux qu'une opiniâtreté extraordinaire
avoit jufques là
empefchez de fe convertir ;
il ménagea leurs efprits , &
les fceut engager par des
manieres fi douces & fi efficaces
, que tout ce qui reftoic
de Calviniftes en ce lieu là
( dont le nombre eſtoit de
trente Chefs de Famille , &
de quatre cens Femmes ou
Enfans ) abjura encore l'He
refie , en moins de huit jours.
GALANT 223
Je ne parle point de plus de
cinquante Gentilshommes
qui firent auffi leur Abjura .
tion volontairement. Plu
fieurs autres de ce Reffort ont
renoncé depuis ce temps- là
au Calvinifme , par les foins
de M' Rouffeler Lieutenant
Criminel , qui eftant Subdelegué
de M l'Intendant ,
imite en cette occafion tou
te fa douceur & toute fa fermeté.
M' de Gourgues aprés de
fi heureux fuccés , travailla
inceffamment à reduire ceux
de Taillebourg , de Saint Sa
Tij
224 MERCURE
"
vinien , de Tonney- Charente
, de Tonney- Bouthonne ,
de Matha , de Fontenay l'Abatu
, & d'autres lieux circonvoifms
, qui font de fon
département. L'opiniatreté
étoit d'abord fi grande dans
quelques- uns de ce lieux
qu'il fembloit qu'on ne dûſt
rien efperer , mais M de
Gourgues leur parla d'une
maniere fi douce, fi charitable
& fi preffante pour les en
gager à recevoir les Inftructions
qui leur eftoient neceffaires
, qu'en peu de jours ils
fe convertirét en foule. Ainfi
GALANT. 225
l'erreur fut entierement banie
de tous ces lieux là, aprés
avoir regné avec un entier
empire , par l'aveuglement
prefque invincible que l'he
refie a caufé à ceux qui l'ont
receue avec la naiffance.
Aprés que cét Intendant
eut terminé fi heureuſement
les affaires qui l'avoient appellé
en Xaintonge , il revint
paffer par Angoulefme , &
La Rochefoucaud , où il y a
voit encore quantité de Re¹
ligionaires des plus obſtinez .
Il trouva M' l'Evefque d'Angoulefme
, qui penetré de ce
226 MERCURE
zele ardent qu'il fait éclater
en toute occafion pour l'intereft
de l'Eglife , avoit commencé
une Miffion . M' de
Gourgues fit auffi - toft ſçavoir
aux principaux des Pretendus
Reformez , qu'ils devoient
confentir à fe faire inftruire
; afin qu'en répon
dant par là au zele que le
Roy avoit pour leur falut ,
ils fuiviffent l'exemple des
Peuples de la Xaintonge . Il
n'eut pas de peine à les perfuader
, & les foins furent
auffi-toft fuivis de leur Converfion
. Il eut un pareil fucGALANT.
227
cés à Angouleſme , à Turenne
, & à Argentac , où il ne
fut pas plûtoft arrivé , que
tous les Religionnaires fe
rendirentavec empreffement
à l'Eglife , pour avoir la joye
de faire leur Abjuration en
fa prefence.
Pendant que cet Intendant
travailloit d'une maniere fi
avantageufe à la converfion
des Religionnaires de fon
Département , Madame de
Gourgues fa Femme fecondoit
parfaitement fon zele ,
& l'on peut dire que par la
feule force de fes raifons , elle
228 MERCURE
a eu la gloire de convertir à
Limoges trois Demoiselles ,fi
fortement perfuadées de leur
Religion , que les plus éclairez
n'avoient pû mefme venir
à bout de les ébranler .
C'est ainsi qu'elle a rendu
veritable ce qu'un Pere de
l'Eglife a dit , qu'une Femme
veritablement
fage & vertueufe
eft tres - capable de
combattre & de vaincre.
Auffia - t - ellegagné les coeurs
& l'eftime de toute la Provin-'
ce. Toutes ces Converfions ,
& fur tout celles qui fe font
faites à Saint Jean d'Angely
,
GALANT. 3
229
doivent paffer pour un Miracle
, fi l'on confidere que
l'Herefie de Calvin y avoit
étably ſon ſiege d'une maniere
fi abfoluë , qu'il n'y avoit
aucune apparence qu'il
puft étrerenversé en fi peu de
temps . L'endurciffement
des
coeurs y faifoit prendre plûtoft
le party de vivre fans Religion
, que de rentrer dans
l'Eglife . Parler de converfion
à ces obftinez , c'eftoit les aigrir
; & lors qu'on vouloit
entrer en conference avec
eux pour les détromper de
leurs préjugez contre l'Egli230
MERCURE
fe Romaine
, non feulement
ils refufoient
d'écouter
, mais
ils ne vouloient
pas deman
der à Dieu les lumieres
neceflaires
pour connoiſtre
la
verité. Cependant
voilà ces
Peuples convertis
fous l'heureux
Regne des Miracles , de
leur bon gré , ſans la moindre
violence
, & aprés des
Conferences
publiques
fur
tous les points dont ils ont
fouhaité d'eftre éclaircis . On
ne peut douter aprés cela
qu'ils n'ayent efté entierement
convaincus
des Véritez
de la Religion
Catholique
,
GALANT 231
& en mefme temps , des erreurs
de celle qu'ils viennent
d'abandonner . Comme ils ne
la quittent que parce qu'ils
font perfuadez de fa faulleté,
peuvent -ils ouvrir les yeux
fur l'heureux eftat où ils fe
trouvent , fans reconnoiftre
qu'ils font redevables de leur
falut aux bontez du Roy , &
fans fe croire obligez de demander
fans ceffe au Ciel
qu'il continuë à le combler
de fes Benedictions, puiſqu'il
fe fert fi heureufement du
pouvoir que Dieu luy a confié
pour les arracher au De232
MERCURE
mon par une douce & fainte
violence ? Je ne vous ay fait
aucun détail des Conferences
qui fe font tenues dans les au- !
tres Villes , pour obliger les
Religionnaires
à renoncer à
F'erreur , parce qu'on s'y eſt
fervy des mefmes moyens
,
& qu'avant que de faire Ab
juration ils ont reconnu les
fauffetez fur lesquelles
ils avoient
juſque - là fermé les
yeux.
Il ne refte plus aucun Pretendu
Reformé dans la Ville
de Niort en Poitou , & toutes
ces Converfions font deuës à
GALANT 密
•
233
M' de Fontmort , Prefident
& Lieutenant General , & à
M' de la Teraudiere , Maire
de la mefme Ville . Quoy
qu'en cette occafion ils ayét
fuivy les intentions de Sa Majefté,
& qu'ils ayent pour fon
fervice tout le zele qu'un fr
grand Monarque peut infpirer
aux plus empreffez de fes
Sujets , ce qu'ils ont fait ne
laiffe pas de marquer qu'ils
eftoient animez d'une ardeur
toute particuliere & toute
fainte pour le falut des ames .
Ils ont fait voir aux plus obftinez
Calviniftes , que la
Decembre 1685.
f
V
234 MERCURE
plufpart d'entre eux croyoier
aveuglément les faufſetez
leurs Miniftres impofoient
à la Religion Catholique,
fans qu'ils euffent jamais
confulté aucun de nos Docque
teurs , & en les affeurant que
s'ils les écoutoient
avec douceur
& fans prévention
, ils
fe trouveroient
heureuſemet
détrompez
, ils les ont enga→
gez à y conſentir. Ces Conferences
ont eu leur effet accouftumé.
Les Calvinistes
ont efté inftruits ; ils ont efté
convaincus
; ils ont vû clair
dans les Miſteres de la Foy ,
GALANT. 235
& ils fe font convertis , fans
que de plus de cinq mille
perfonnes , il en foit reſté une
feule qui faffe encore Profef
fion de la Religion Pretendue
Reformée, Mr le Prefi
dent de Fontmorta efté fi pé
netré du plaifir que ce chan
gement luy a caufé , qu'il a
fait un feu de joye , ou quatre
jeunes Demoiselles mi
rent le feu à la tefte de deux
cens Filles converties , & au
bruit des Tambours & des
Trompettes. Je ne vous dé
cris point cette Fefte , ny la
Statue du Roy que l'on avoit
Vij
236 MERCURE
élevée exprés , & autour de
laquelle trois cens Moufquetaires
firent de continuelles
décharges , & burent à la fanté
de Sa Majefté avec le vin
de plufieurs Fontaines qui
couloient aux dépens de ce
genereux Prefident , quiavoit
chez luy une Table de foi
xante couverts pour les perfonnes
les plus qualifiées de
la Ville , fans celles qui fe
trouverent encore en plufieurs
endroits de fon logis.
Cette réjouiffance fe com.
muniqua dans toute la Ville ,
de forte que l'on peut dire
GALANT 237
que tous les Habitans burent
enfemble ce foir là, La Nobleſſe
de la Campagne
, qui
n'eftoit pas encore convertie
, dit Qu'elle ne croyoit pas que
la Religion Pretendue Reformée
fust en fi grande horreur aux Catholiques,
qu'ils deuffent avoir
tant de joye de l'avoir aneantie ;
mais que puifque cela estoit , it
falloit qu'ilsfe fiffent inftruire. Ils
Pont fait , & ils ſe font convertis
, ainfi la conduite de
Mr de Fontmort a efté fi heureufe
, qu'il a fait des Con-
> par les actions verfions
meſmes qu'on auroit crû le
238 MERCURE
moins capables de produire
le fruit qu'on en a tiré ; & ſes
plaiſirs , ainfi que fes foins
ont contribué à une réunion
fi fouhaitée. Ce Prefident
voyant l'indigence de beaucoup
de nouveaux Conver
tis , a foulagé leur mifere par
de grandes charitez , & l'on
vient d'apprendre qu'il a ven
du fon Caroffe & fes Chevaux
, afin de leur donner ce
qu'il auroient pû luy coufter
par an. On peut conoître par
Là, que les Catholiques n'ont
pas moins de zele pour affifter
leurs Freres , qu'on a toû
GALANT. 239
jours dit qu'en avoiét les Proteftans
, puifque les Particuliers
font des aumônes que
les Pretendus Reformez faifoient
feulement en Corps.
Mile Duc de Noailles ayant
fait fçavoir aux Pretendus
Reformez de la Ville d'Alets,
Capitale des Sevennes, qu'ils
devoient fe difpofer à ſuivre
l'exemple de Nifmes , deMonpelier,
& des autres Villes de
Languedoc , en travaillant à
fe faire inftruire,M's Baudon
& Deyrolles , qui estoient
des principaux Religionnai
res de cette Ville - là , agirent
240 MERCURE
avec ardeur , pour inſpirer à
募
leurs Confreres la foûmiffion
qu'ils devoient aux ordres du
Roy , à laquelle ils avoient
efté eux-mefines puiffammét
exhortez par leurs Alteffes Sereniffimes
Monfieur le Prince
& Monfieur le Duc , à qui
appartient le Comté d'Alets.
Leur remontrance
porta tous
les Proteftans à s'affembler
chez M de Leuze de la Liquiere
Avocat, où ils prirent
une reſolution generale de
fe faire Catholiques
, & prierent
mefme MIS Baudon &
Deyrolles d'en aller affeurer
M5
GALANT. 241
Mr le Duc de Noailles . Ces
Deputez le virent à Niſmes ,
& il leur marqua la joye qu'il
avoit , non feulement de la
nouvelle qu'ils luy apportoient
, mais encore de ce
qu'ils avoient beaucoup contribué
à la refolution qui venoit
d'eftre prife. Ils allerent
auffi rendre leurs devoirs à
M' de Baville Intendant de
la Province , qui leur fit un
accueil tres-favorable...
Quelques jours aprés , M²
le Duc de Noailles dont le
zele pour l'intereft de la Re
ligion , & le ſervice du Roy
Decembre 1685. X
242 MERCURE
eft infatigable , ayant ſceu
que fa prefence pouvoit faciliter
les Converfions dans
les hautes Sevenes , partit de
Nifmes avec M de Baville
& vint coucher à Alets , où
il apritavec joye que la fuite
des Miniftres de cette Ville
là , qui avoient manqué au
Serment public qu'ils avoiết
fait de facrifier leur vie pour
foûtenir leur Religion, avoit
beaucoup fervy à détromper
ceux de ce party , & à leur
faire connoiftre les erreurs
que ces mefmes Miniftres
jeur avoient prefchées . M
GALANT. 243
P
de Noailles receut à Alets
les Complimens de tous
les Corps , & M' de Saint Auban
, Juge d'Appeaux du
Comté de la mefme Ville, le
harangua à la tefte des Officiers.
Il luy dit ,que fi le prompt
changement de toute laVille d'A.
letsfaifoit connoiftre la toute -puif
fance de Louis LE GRAND , il
ne falloit pas une prudence moins
confommée que lafienne pour venir
à bout d'une entreprise de cette
importance, pour remettre dans
le chemin de la verité, ces malheu-
・reux aveuglez à qui defaux guides
avoient fait prendre la voye
X ij
244 MERCURE
du Menfonge ; que ces Brebis égarées
n'avoient pas voulu pendant
plus d'un Siecle écouter la
voix de leur vray Pafteur , pour
courir aprés ceux qui les trompoient
par d'inutiles fermens de
vouloir donner leurs vies pour el
les ; que la moindre crainte avoit
fait évanouir ces Mercenaires,
&
que leur fuite ayant fait ou
vrir les yeux aux Dévoyez, ils
avoient connu leur égarement ,
& eftoient rentrez avec plaifir
dans la veritable route qu'ils devoient
tenir pour leur falut ; que
voyant les precipices que
la
charité
de noftre Auguſte Monarque
GALANT. 245
leur avoitfait éviter, ils le beniroient
inceffamment d'avoir bien
voulu travailler à leur bonheur.
Il finit par les affurances de
la joye que leur donnoit la
prefence de M' le Duc de
Noailles , dont les grandes
qualitez ne furent pas oubliées.
Ceux qui ont fuivy autrefois
Calvin , & qui en ont
quitté les erreurs il y a plufieurs
années , ont fait beau
coup de Converfions , parce
qu'eftant parfaitement
inftruits de l'une & de l'autre
Religion , ils fçavent par
X iij.
246 MERCURE
quels endroits les Miniftres
ont toûjours abufé de la credulité
de ceux qu'ils ont voulu
ébloüir . Cela eft arrivé à
M' du Vigean Gouverneur
des Pages de la petite Ecurie
du Roy , & qui a fait abjuration
de l'herefie il y a environ
vingt-cinq ans. Il étoit
au mois de Novembre dans
le haut Languedoc dont if
eft originaire , & comme on
fçavoit que l'intereft n'avoit
point contribué à fon changement
, & qu'il paffoit pour
honnefte-homme , on l'écouta
fur quelques points de
GALANT. 247
Controverfe. Il eut le bonheur
de convertir la Femme
la plus opiniâtre du Pays , avec
toute la Famille. Ces
Converfions attirerent celles
de plufieurs Gentilshommes
des environs , & de cinq
Demoiſelles , qui felon les
termes de la Lettre que j'en
ay receuë , avec les noms de
ces nouveaux Couvertis
s'eftoient voüez à la mort
plûtoft que de fe refoudre à
faire abjuration . C'eſt ainfi
que par des coups imprévûs
Dieu touche fouvent les
plus obſtinez.
X
iiij
248 MERCURE
On ne
peut donner
trop
de
loüanges
à tous
les Intendans
de Province
, qui n'ont
rien
oublié
de ce qui
pouvoit
perfuader
aux
Heretiques
qu'ils
avoient
toûjours
efté
dans
l'erreur
. J'ay
receu
une
ample
Lettre
, touchant
ce
que
Mr de Bezons
Intendant
de la Generalité
d'Orleans
,
a fait en cette
occafion
dans
tout
fon Département
. Il y
a parlé
avec
beaucoup
de
charité
& de force
, & la verité
a eu dans
fa bouche
, tous
les agrémens
qu'il
faut
pour
plaire
, toute
la force
necefGALANT.
249
faire pour toucher , & tout
le brillant poffible pour é
clairer. Ces paroles qui font
de Saint Auguſtin , font employées
dans la Lettre qui
m'a appris ce que je vous .
mande . Je ne vous l'envoye
point , parce qu'elle contient
beaucoup d'autres cho
fes dont je vous ay déja fait
fçavoir une partie ; mais la
perſonne qui l'a écrite a tant
d'érudition , & donne un fi
noble tour aux chofes , que
fi j'en reçois encore quel
ques Lettres , j'auray foin de
yous en faire part. Les Con250
MERCURE
verfions ont aufli efté frequentes
autour de Paris , &
l'on n'y parle prefque plusde
Calviniftes. Les cinq dernieres
Familles Proteftantes
qui reftoient à Nogent le
Roy , y ont fait Abjuration
entre les mains de M' Bouchet
ancien Curé de cette
Ville là.
Voicy les Déclarations qui
ont efté publiées depuis un
mois , & qui regardent ceux
de cette Religion . Par l'Edit
du mois d'Octobre dernier ,
qui en interdit l'Exercice
dans tout le Royaume , il eft
GALANT. 251
ordonné, que les Calviniſtes
qui fe font retirez dans les
Pays Etrangers avant la Publication
de cét Edit , rentreront
dans leurs Biens confifquez
, en cas qu'il reviennent
dans quatre mois du
jour qu'il a efté publié ; &
comme il pourroit furvenir
quelques conteftations entre
ceux de qui les Biens ſeroient
confifquez , & ceux
qui en pretendroient la confifcation
, au fujet du temps
de leur retour dans le Royaume
, le Roy toûjours équitable
& plein de bonté pour
252 MERCURE
fes Sujets , a déclaré , Qu'il
luy plaift que les Pretendus Reformez
qui fe font retirez avant
la Publication de l'Edit du Mois
qui en confequence d'Octobre ,
de ce mefme Edit , y reviendront
dans le temps de quatre mois¸ſeront
obligez de déclarer qu'ils
font de retour , & d'en prendre
Acte , qui leur fera donné fans
aucuns frais , par les Baillifs on
leurs Lieutenans aux Bailliages
Senechauffées dans le reffort
defquels feront fituées leurs Maifons
& demeures ordinaires , &
en leur abfence , par les Officiers
qui font aprés eux fuivant l'ordre
du Tableau.
a
GALANT. 253
Il eft porté par une autre
Déclaration , Que fià l'avenir
quelqu'un des Pretendus Refor
mez vient à déceder , fes deux
plus proches Parens , ou à leur
défaut , fes deux plus proches Voi.
fins , feront tenus de le déclarer
aux Juges Royaux , s'il y en a
dans les lieux où ilfaifoitfa de
meure , ou aux Fuges des Seigneurs
, de fignerfur le Regi-
Stre que ces mefmes Juges
dront. C'est ce qui a efté ordonné
avec beaucoup de
prudence , puifque les Tem
ples qui reftoient à ceux de
cetre Religion, ayant eſté dé
es en tien
254 MERCURE
molis , & les Confiftoires où
l'on tenoit les Regiſtres de
leurs déceds, fupprimez en
confequence de l'Edit d'Octobre
, le défaut de ces Regiftres
rend incertain le jour
de leur mort. Ainfi fans cette
nouvelle Déclaration , les
Catholiques qui auroient intereſt
, à fçavoir le temps où
cette mort feroit arrivée, demeureroiét
privezde la preuve
établie par les Ordónáces,
& feroient reduits à la preuve
par témoins , qui ne fe peut
faire que par une longue procedure
, & beaucoup de frais .
GALANT.
255
Je vous ay déja mandé ,
que le Roy par la Declaration
du 20. Janvier 1685. avoit
ordonné que les Confeillers
de fa Cour de Parlement,
faifant profeffion de la Religion
Pretenduë Reformée ,
ne pourroient connoistre des
Procez Civils & Criminels ,
aufquels les Ecclefiaftiques
& les nouveaux Convertis
auroient intereft . Comme
leurs fonctions dans ces
Charges vont eftre inutiles,
parce que la plupart des Pretendus
Reformez font réunis
à l'Eglife , & qu'il n'y a pref
256 MERCURE
que point de procez , où quel
ques nouveaux Convertis ne
foient Parties principales ou
intervenantes , Sa Majefté a
ordonné par fon Arreft du
Confeil d'Eftat du 23. No.
vembre , Que les Confeillers de
fa Cour de Parlement de Paris ,
qui fe trouverontfaire encore profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , remettront inceffamment
entre les mains du Receveur
de fes Revenus cafuels , leur Procuration
ad Refignandum , de
leurs Offices , qui leur feront rembourſez
par ce Receveur fur le
pied de la fixation. Ils n'ont auGALANT.
257
cun fujet de fe plaindre, puifqu'il
n'eft pas jufte que des
Officiers de cette qualité, qui
devroient par leur exemple,
exciter le refte des Sujets du
Roy qui perfiftent dans l'erreur
, à rentrer dans l'Eglife,
& qui cependant refuſent
eux- mefmes les Inſtructions.
qui leur font offertes pour
reconnoiftre la veritable Religion
, demeurent plus longtemps
dans la dignité où les
élevent ces Charges .
Jajoûteray à cela, que Mỹ
de la Reynie , Lieutenant
General de Police , ayant
Y Decembre 1685.
258 MERCURE
efté averty qu'au prejudice
des Défenfes faites aux Pretendus
Reformez , par l'Edit
du mois d'Octobre , de plus
s'affembler en aucun lieu ou
Maiſon particuliere , pour
l'exercice de leur Religion
fous quelque pretexte que
ce puiffe eftre, quelques per
fonnes de celles qui fe diſent
eftre encore de la Religion
Pretenduë Reformée , ferendoient
à certains jours dans
les Maifons de divers Ambaffadeurs
& Miniftres Etrágers
, pour y faire l'Exercice
qui leur a efté défendu ; ce
GALANT. 259
Magiftrat dont le zele eſt
toûjours actif & vigilant , a
fait réiterer ces mefmes Défenfes
, fous les peines por--
tées par ce mefme Edit , enjoignant
aux Commiffaires
du Chaftelet chacun dans
leurs Quartiers , de tenir la
main à l'execution de fon
Ordonnance
, qui a esté publiée
par toute la Ville.
Toutes ces Déclarations
& tous ces Edits font une fuite
des grands foins que le
Roy prend pour le falut de
fes Sujets Proteftans &
comme on en voit chaque
Y ij
260 MERCURE
jour les fruits , je n'en parle .
ray point davantage . Je vous
diray feulement que les Converfions
generales & particulieres
continuent tous les
jours d'une maniere qui fait
voir que ceux qui fe rendent,
font entierement convaincu
des erreurs où ils renoncent.
C'eft ce qui vient de
paroiftre dans la Converfion
de Meffire Alexandre l'Huillier,
Seigneur de Chalendos
en Brie , qui a fait abjuration
à Rebé entre les mains
de M' l'Abbé de la Salle Aumônier
du Roy. Il eſt d'une
GALANT. 261
Famille auffi illuftre qu'ancienne
, & recommandable:
par beaucoup de grandes Alliances.
M Foran , qui eft le
plus ancien Capitaine des
Vaiffeaux du Roy , a fait auf
fi Abjuration entre les mains
de M l'Archevefque de
Paris. La maniere dont cét .
Illuftre Prelat a fecondé le
zele de Sa Majesté pour le
falut des ames , eft une cho
fe incroyable. Il ne s'eft pref
que point paffé de jour de
puis quelques années , qu'il
n'ait contribué à la Converfion
de quelqu'un , ou qu'il
262 MERCURE
n'ait receu quelques Abjura
tions . Entre le grand nombre
de Converfions qui fe
font faites en cette Ville depuis
un mois , il y en a eu
une tres -remarquable. C'eſt
celle de Mr d'Imecour ancien
Colonel . De neuf Fils qu'il
a , tous dans le ſervice, il y en
eut fept qui firent Abjuration
avec luy ces jours paffez
entre les mains du Pere Gaillard
Jefuite. Les deux autres
qui font en des lieux fort éloignez
, s'y font fait inſtruire ,
& on les en croit partis pour
venir icy faire la mefme
GALANT. 263
Abjuration. Le jour de Noël
Mr Hervard nouvellement
converty , rendit les Pains-
Benits à la Grand' Meffe , ce
qui fut un grand fujet de joye
pour les Catholiques , & mefme
pour les nouveaux Convertis.
Quoy que j'aye parlé des
Converfions qui fe font faites
en beaucoup de Villes ,
je ne laifferay pas de vous
en donner des détails dans
mes autres Lettres, non pour
vous apprendre qu'on s'y eft
converty puifque vous le
fçavez , mais pour vous faire
264 MERCURE
fçavoir de quelle maniere
les chofes s'y font paffées ,
& que les Pretendus Reformez
n'ont abjuré qu'aprés
avoir efté pleinement inftruits
& convaincus des Veritez
de la Religion Catholique
, & des erreurs de la Proteftante.
Je commenceraypar
ce qui s'eft fait à Alençon,
dont j'ay déja quelques
Memoires. J'efpere en rece
voir de beaucoup d'autres ·
Villes , & alors je vous entretiendray
à fonds de la conduite
qu'on y a tenuë touchant
les Converfions. Un
détail
GALANT: 265
détail hiftorique lors qu'il
aprend quelque chofe de
nouveau , eft toûjours eftimé
bon , mefme long-temps
aprés que les faits dont il
traite font arrivez .
On feroit furpris de voir
qu'il fe fait en fi peu de
temps un fi grand nombre
de Converfions, & l'on pourroit
croire que ceux qui les
font n'ont pas eu le loifir
d'examiner la Religion qu'ils
embraffent , fi depuis neuf
ou dix ans que Sa Majeſté
travaille à ce qu'Elle vient
de finir heureufement tou
Decembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
chant cette grande réunion ,
chacun n'avoit pas commencé
à chercher des lumieres
, pour ſe preparer à prendre
le party qu'il voyoit bien
qu'il fuivroit un jour. C'elt ce
qui a fait que les principaux
Negocians de la Ville de
Paris , faifant Profeffion de
la Religion Pretenduë Reformée,
ayant efté aſſemblez
par l'ordre du Roy en l'Hôtel
de M' le Marquis de Seignelay
Secretaire d'Eftat ,
en prefence de M' de Harlay
Procureur General , de
M' de la Reynie Lieutenant
GALANT. 267
•
General de Police , & de M'
Robert Procureur du Roy ,
déclarerent qu'ils eftoient
refolus de fe réunir inceffam-'
ment à la Religion Catholique
, felon la Profeffion de
Foy qui a efté dreffée par M
l'Archevefque de Paris , &
donnerent enfuite un Acte
de cette refolution , figné de
foixante & onze perſonnes ,
à M' le Marquis de Seignelay.
Ce Marquis qui fçavoit
les fentimens de la plufpart
avant qu'ils vinffent chez
luy , & qu'ils avoient travaillé
à fe faireinftruire , leur
Z ij
268 MERCURE ,
marqua d'une maniere obligeante
, & d'un air tout engageant
, la fatisfaction
que
le Roy avoit euë de la difpofition
ou cè Monarque
fçavoit
qu'ils eſtoient , & leur
fit comprendre
, que quoy
qu'ils euffent agy pour euxmefmes
en travaillant
pour
leur falut , Sa Majesté ne laifferoit
pas de reconnoiftre
ce
qu'ils avoient fait , lorſque
l'occafion
fe prefenteroit
de
faire quelque chofe pour
eux . Depuis cette Affemblée ,
plufieurs autres Chefs de Familles
de la meſme Religion
,
GALANT. 269
ont déclaré qu'eftant convaincus
de leurs erreurs , ils
eftoient prefts de les abjurer .
On dreffa en mefme temps
un Acte de cette Déclaration
, & ils le fignerent. Quelques
jours auparavant M
le Nonce avoit preſenté au
Roy un Bref par lequel Sa
Sainteté luy exprimoit l'extrême
joye qu'Elle reffentoit
de la révocation de l'Edit
de Nantes , dont on fe preà
faire des réjouiffances
à Rome. Il eft dit du Roy
dans ce Bref, qu'il eſt veritablement
le Roy Trespare
Z iij
270 MERCURE
Chreftien , & que l'Eglife
mettra dans ces Regiftres ce
qu'il vient de faire pour Elle .
L'Eloge de Sa Majefté ſur la
révocation de cét Edit , a
efté prononcé dans toutes
les Harangues qui fe font
faites à toutes les Ouvertures
des Parlemens de France &
des autres Cours de Juftice .
beaucoup de chofes dans
mes Lettres précedentes tou →
chant les Converfions & l'é
tat où les affaires de la Religion
ſe trouvent , il me reſte
encore dequoy vous en faire
un tres -long article. La Nor
'GALANT. 167
mandie a fuivy l'exemple des
autres Provinces. Võicy le
détail de ce qui s'y eft paffé.
La Chambre des Vacations.
du Parlement de Rouen, s'étant
affemblée extraordinairement
par
22. d'Octobre
, pour la veri
fication de l'Edit qui revo
que celuy de Nantes , M¹ le
Noble , Subftitut de M' le
Procureur
General , en demanda
l'enregiſtrement
en
ordre du Roy, le
ces termes,
168 MERCURE
M
ESSIEURS,
L'Edit de Nantes a
voit efté extorqué les armes à la
les Pretendus Refor main
par
mez, il y a prés d'un Siecle . G'é
toit le fruit de leur Revolte & de
leur Rebellion
, & pour ne pas
réveiller la memoire de tout ce qui
s'eftoit paẞé durant les Troubles ,
nos Rois avoient bien voulu differerla
deftruction de cet Ouvrage,
qui a estéfilong- temps le monument
odieux des guerres civiles
que ceux de la Religion Pretendue
Reformée avoient excitées
dans le Royaume
. Mais quoyque
la force
GALANT. 169
la force la violence euffent
donné l'eftre à cet Edit , le Roy ,
dont la bonté est égale pour tous
fes Sujets , ne tient pas pour les
faire rentrerdans le fein de l'Eglife
, les mefmes voyes qu'ils avoientprifes
pour s'en écarter On
peut dire
que ce Monarque dans
tout ce qu'il fait , est comme les
grands Fleuves dont les eaux coulent
inceffamment pour l'utilité
publique , & qu'il reffemble à ces
Astres du premier ordre , qui ne
quittent jamais la route & la carla
Providence
la
riere
que
Main de Dieu leur a marquée.
Aprés la lecture qui vient d'é-
Decembre 1685. P
170 MERCURE
cet
que
tre faite de l'Edit portant Révo
cation de celuy de Nantes ( Ouvrage
digne de la Puiffance , de
la Clemence , de la Piere du
Roy) nous ne pouvons pas douter
qu'il n'n'ait receu avec profufion
or divin dont parle Platon ,
le Soleil neforme pas dans la terre
, mais que le Ciel produit dans
les grandes Ames. Ceux de la
Religion Pretendue Reformée doivent
à la veuë de ce faint Edit ,
reconnoiftre
l'erreur dans laquelle
leur aveuglement
volontaire les a
retenus jufqu'à prefent, aprés que
leur naiffance & leur éducation
les y avoient malheureuſement
GALANT. 171
1
La
corrude
l'esprit ,
engagez. La Religion Catholique
Apoftolique & Romaine eft
créance de nos Rois , la Religion
de l'Estat, & la Foy de nos Peres.
Au contraire, la Religon Pretenduë
Reformée eftoit une nouveauté
introduite par
ption des moeurs
qui n'avoit efté tolerée que pour
le bien de la Paix , & à laquelle
on pouvoit justement appliquer la
parole & la penfee de Tertulien ,
lors qu'il a dir, que ce qui n'eftoit
que permis & fouffert, n'eftoit pas
bon. Par le Droit Romain , les
Enfans ne devoient point reconnoiftre
d'autre Religion , avoir
Pij
172 MERCURE
d'autre Culte , ny admettre d'autres
Sacrifices que ceux de leurs
Peres. Et Minutius Felix , l'un
des plus celebres Avocats de cette
Republique , difoit à la gloire de
Dieu , qu'ilfalloit diftinguer les
Rois , les Peuples , & les Nations
; mais qu'il n'y avoit qu'un
Dieu pour tout l'Univers dont il
eftoit le Createur , Gentes Nationefque
diftinguimus, Deo
una domus eft mundus fic
totus .
Si dans le Paganisme , qui eftoit
un temps de tenebres & d'ob
fcurité, il eftoit défendu defe faire
toutes fortes de Dieux & de CulGALANT.
173
tes doit- il eftre permis à des Chre-
Stiens , qui n'ont qu'un mefme
Dieu , qu'un mefme Baptefme ,
qu'unune mefme Foy , & qu'un
mefme Roy, defe former differentes
opinions , qui les feparent de
l'Unité de l'Eglife , hors de laquelle
il n'y a point de falut ?
C'est ce qui fait que Saint Au
guftin regretant de pareilles divifions
, lors qu'il voyoit les Eglifes
Catholiques injustement ufurpées
par les Donatifes , s'écrioit avec
douleur:O domus mifera Chrifti
, titulos habes , noli effe
Donati poffeffio. Graces à Dieu
& au Roy , nous n'avons pas be-
Piij
174 MERCURE
foin de faire de femblablesplaintes
, puifque l'Edit qui revoque
celuy de Nantes , va fans doute
eftrefuivy d'une réuniongenerale
de nos Freres , fi ardemment defirée
de tous les gens de bien. Jacobfe
glorifioit autrefois , d'avoir
estéfi fidelle à garder le Troupeau
de Laban , qu'on ne pouvoit luy
reprocher qu'aucun mal yfuft arrivé
par fa faute , s'eftant privé
fouvent du fommeil pour le veil .
lerpendant la nuit , & ne s'étant
point donné de repos pour le conduire
pendant le jour; Mais nous
éprouvons aujourd'huy que le Roy
faifant les fonctions de Pasteur
GALANT. 175
4
& d'Evefque feculier de fon
Royaume , par le foin continuel
qu'il prend d'en extirper l'Herefie
, n'a pas moins de zele
d'activité pour fanctifier tous fes
Sujets , les inftruire des Veritez
Orthodoxes , que Jacob en
avoit pour la confervation du
Troupeau de Laban , qui avoit
efté confié à fa conduite. La gloire
des Rois ne confifte pas à estre
élevez fur le Trône , mais à meriter
par
des actions heroiques &
vertueufes le Sceptre qu'ils por
tent ; & quoy que noftre invincible
Monarque, depuis fon Avenement
à la Couronne luy ait
Pij
176 MERCURE
donné beaucoup plus d'éclat qu'il
`n'en a receu d'elle , l'aneantiſſement
de l'Edit de Nantes , qui
détruit un Schifme qui avoit fait
une figrande playe à l'Eglife &
à l'Etat , fera un Eloge immortel
qui rendra fa Memoire plus precieuſe
à la Pofterité , que le fouvenir
de tous les Peuples qu'il a
vaincus , de toutes les Victoi
res qu'il a remportées . Nous ne
pouvons mieux en cette occafion
feconder les intentions de Sa Majefté
, que de requerir inceffamment
l'Enregistrement , la Publi
cation , & l'Execution de fon
Edit
GALANT: 177
Mr le Noble fut d'autant
plus admiré dans ce Difcours,
qu'il le prononça le meſme
jour , que M' de Marillac Intendant
de la Generalité de
Rouen , luy remit l'Edit entre
les mains. Mr le Prefident
de Becdeliévre de Bremare
qui parla enfuite , fit admirer
la mefme prefence d'efprit.
Voicy ce qu'il dit dans la
mefme occafion.
T
Out le monde fçait que
l'Edit de Nantes , qui fut
publié en faveur de ceux de la
Religion Pretendue Reformée , a
178 MERCURE
efté donné dans le temps des Troubles
, pour appaifer les Guer
Tes civiles. Ceux de cette Religion,
qui avoient les armes à la main,
forcerent en quelque façon le Roy
Henry le Grand, de leur accorder
des Privileges dont ils eftoient indignes.
Il y avoit lieu d'efperer
qu'ils profiteroient des graces qui
leur avoient efté faites , & qu'ils
rentreroient dans leur devoir.
Mais regardant cet Edit comme
une Sauvegarde fous laquelle ils
vivaient en repos , ils fefont vainement
perfuadez qu'on ne pouvoit
plus les détruire . Cet Ouvrage
important eftoit refervé à la
GALANT. 179
Pieté de noftre Augufte Monarque.
Il n'y avoit que luy quifuft
capable d'entreprendre une figrande
affaire , & de renverser ce
Monftre de l'Herefte, qui a defolé
le Royaume pendant un ſi grand
no nbre d'années. Aprés avoir
vaincu fes Ennemis , dompté les
Barbares , donné la Paix à l'Europe
, il a tourné tous fes foins à la
Converfion de ceux de la Religion
Pretendue Reformée. Il a
effayé jufqu'icy de les gagner par
la donceur. Les Declarations qu'il
a envoyées depuis quelque temps,
n'ont eu aucun autre but. Des
Villes entieres & des Provinces
180 MERCURE
en ont profité ; mais plufieurs de
cette Religion s'eftant rendus plus
opiniaftres , s'aigriffant dejour
en jour , au lieu defuivre les avis
qu'on leur a donnez , il a esté en
fin neceffaire de revoquer cet Edit
par la Declaration dont on vient
de faire la lecture. Les voicy réduis
dans une heureuſe neceſſité de
rentrer dans le fein de l'Eglife ,
& d'abandonner leurs erreurs.
Nous espérons qu'ils feconderont
les bonnes intentions de Sa Ma.
jesté , & qu'ils voudront bien
écouter les Inftructions que l'onfe
prepare à leur donner.
On vit bien- toft à Rouen
GALANT. 181
des fruits de la
Révocation
de l'Edit de Nantes . M' le
Marquis de Beuvron Lieutenant
General de la Province ,
& Gouverneur du Vieux - Palais
de Rouen, ayant efté envoyé
par le Roy pour faire
entendre les volontez de Sa
Majefté aux Prétendus Reformez
de cette Ville là , fit
avertir les Chefs de Famille
de fe trouver à l'Hoftel commun
le dernier
d'Octobre ,
Lors qu'ils furent aſſemblez,
ce Marquis , avec qui eftoit
M. de Marillac , leur declara
que l'intention du Roy eftoit
182 MERCURE
qu'il n'y euft plus qu'une Religion
dans le Royaume , &
que ceux qui eftoient bons
François, & fidelles Sujets de
Sa Majesté euffent à abandonner
l'Herefie, & à rentrer
dans le fein de la veritable
Eglife. Il leur parla d'une maniere
auffi éloquente que perfuafive
, & plufieurs qui n'at
tendoient depuis longtemps
que cette heureuſe démar
che , allerent fur l'heure figner
leur Abjuration devant
le Lieutenant
General du
Bailliage. Le nombre alla ce
jour- là à plus de mille perGALANT.
183
fonnes , Il augmenta dés le
lendemain , & en peu de
temps , de plus de fix mille
Religionnaires , à peine en
refta- t-il quarante Familles.
M' le Coadjuteur n'a épargné
aucuns foins dans les frequentes
vifites qu'il a faites
chez les principaux des Anciens
du Confiftoire
, pour
leur faire connoiffre la verité
qu'ils avoient toûjours refufé
d'entendre. Il en eft heureufement
venu à bout,aprés
avoir effuyé beaucoup d'incivilitez
, & mefme des duretez
que fon zele luy a fait
2
184 MERCURE
fouffrir avec plaifir par la joye
de travailler utilement aufalut
des ames.
M' de Morangis Intendant
à Caën , s'eft employé avec
le mefme fuccés & le mefme
zele , à convertir ceux qui y
faifoient Profeffion de la Religion
Pretenduë Reformée .
Aprés qu'il les eut fait affembler
, il leur fit un Difcours
fi touchant & fi remply d'é
loquence , que prefque tous
ceux aufquels il parla, fignerent
en mefme temps l'Acte
de leurAbjuratio.Leur exemple
fut fuivy peu de jours
GALANT. 185
nomaprés
de la plus grande partie
de ce qui reftoit , & le
bre des Convertis monta jufqu'au
nombre de trois mille.
Il n'y en avoit plus que trente
qui refufoient d'abjurer ,
lors que j'ay receu cette nouvelle
, & comme elle m'a été
écrite dés le
commencement
de ce mois. Il eſt à croire
que toute la Ville eft
fentement
Catholique.Dans
ce mefme temps la Noblef
fe Proteftante de toute laGeneralité
, promit par écrit à
M de Morangis de fe faire
inftruire , & d'imiter ceux
Decembre 1685.
Q
pre186
MERCURE
qui font entrez dans la veritable
voye du falut . Ainfi
l'on apprend de jour en jour
les Converfions de cette
Nobleffe , & avant que vous
receviez cette Lettre , elle
fera peut-eftre entierement
Convertie .
M' le Marquis de faint
Germain , Gouverneur de la
Marche , ayant receu de la
part du Roy une Copie de
Ï'Edit qui fuprime l'Exercice
de la Religion Pretenduë
Reformée,avec ordre de faire
démolir en execution de
cét Edit,le Temple de la VilGALANT.
187
le d'Aubuffon , qui eftoit le
feul lieu de la Province où
fe filt cét Exercice . Il partit
de fon Chafteau le 21. Octobre
, accompagné de la Nobleffe
de fon Voifinage , &
arriva à celuy du Terret ,
Maifon tres-confiderable du
Pays,dont il avoit fait le ren
dez- vous du refte de la Province
. Mr de Creffat , Frere
aifné de M ' de Boisfrant
Chancelier de Monfieur , y
regala toute cette Compagnie
avec beaucoup de magnificence.
On monta le
lendemain à cheval , & l'om
Q ij
188 MERCURE
fe rendit à Aubuffon. Les
Habitans qui avoient eſté avertis
de la Marche de M' le
Marquis de Saint Germain ,
vinrent fous les Armes fort
loin au devant de luy , & le
receurent avec des falves &
des acclamations generales
de Vive le Roy , & point de
Religion que la Catholique . Il y
ayoit neanmoins parmy eux
grand nombre de Pretendus
Reformez , & ces acclamations
furent comme le Prelude
de leur Abjuration . M
´le Marquis de Saint Germain
trouva à propos d'aller droit
GALANT. 189:
au lieu où eftoit le Temple . II
avoit efte baſty à une lieuë
de la Ville ,fur une Montagne
la plus haute & la plus efcarpée
des environs . Plufieurs
Catholiques de tout fexe , de
tout âge , & de tous eſtats
travaillerent à l'envie à fa
démolition , & ce travail fut
fi animé du zele pour la veritable
Eglife & pour le fervice
de Sa Majefté , & par les
liberalitez de M' le Gouverneur
qui leur fit diftribuer
beaucoup de rafraichiffe
mens , qu'en moins de vingtquatre
heures il n'en demeu
190 MERCURE
ra aucun veftige. On jetta
au bas de la Montagne toutes
les pierres qui le compofoient
, & par là on les ren
voya dans les Carrieres d'ou
elles avoiét efté tirées. Aprés
ces premiers Ordres fi heureufement
executez , M' le
Marquis de Saint Germain
fit fon Entrée dans la Ville,
& à peine fut-il defcendu
dans la Maiſon qui luy avoit
efté preparée ; qu'une foule
des Habitans Religionaires
vinrent le prier de vouloir
eftre témoin de l'Abjuration
qu'ils eftoient tout prefts de
GALANT. 191 .
faire entre les mains de leur
Curé. Des difpofitions fi
promptes & fi favorables le
furprirent agreablement . Il
y répondit avec des honnêtetez
& des careffes , qui engagerent
ce qui reftoit là de
Calviniftes à fe convertir les
jours fuivans. Le peu de
temps qu'on eut ce premier
jour , ne permit de recevoir
l'Abjuration que de fixvingt
perſonnes . Le lendemain
25. d'Octobre plus de
trois cens abjurerent , & une
des Femmes de ces nouveaux
Catholiques eftant ac
192 MERCURE
couchée la nuit d'un Fils
M' le Gouverneur en voulut
bien eftre le Parrain . Ce
Baptefme fut folemnel &
fingulier de toutes manieres.
Toute la Ville fe remit fous
les Armes , & en allant à l'Eglife
, il fut precedé , accompagné
, & fuivy de plufieurs
falves de Moufqueterie. Les
Converfions continuerent
ce mefme jour 34. du mois ,
& le nombre des Calviniftes
qui eftoit de plus de fix cens,-
fut reduit à douze . Il parut
d'abord que ces derniers
cherchoient à fe diftinguer
par
GALANT. 193
par l'opiniâtreté qui eſt le
caractere des Heretiques
;
mais Mi le Gouverneur , M
de Creffat, & M ' de Gedoüin
Vicomte du Monteil fon
Gendre , leur parlerent avec
taut de force & de douceur,
qu'ils les ramenerent comme
les autres, & ils affifterent
à la Meffe chantée en Mufique
avec le Te Deum , &
les Prieres ordinaires pour
Roy.Mile Marquis de S.Ger,
main repaffa le lendemain
par le Terret , d'où il emmena
chez luy le Miniftre d'Aubuffon
, que les Conferences
Decembre
1685. R
le
194 MERCURE
qu'il y avoit euës par ordre
de M' de Creil Intendant de
la Province , avec Mr Tixier,
fçavant Ecclefiaftique , avoient
déja convaincu des
Veritez Catholiques qu'il
profeffe prefentement,ayant
renoncé à l'Herefie de Calvin..
La Ville de Sedan , où il y
avoit plus de fix mille Religionaires,
eft à prefent toute
Catholique ; & l'on peut dire
que ce changement eſt un de
ceux qui fait le plus d'honneur
à l'authorité de noftre
Religion . Voicy comment il
eft arrivé.
GALANT. 195
Le 23. d'Octobre , M' de
Vrevin, Intendant fur la Frontiere
de Champagne , fit affembler
le Confiftoire & les
principaux Bourgeois de la
Ville , pour leur declarer que
l'Exercice de leur Religion
eftoit défendu par le nouvel
-Edit de Sa Majefté , qui caffoit
celuy de Nantes. Il leur
en fit faire la lecture , & leur
remontra par un Diſcours
tres-preffant, qu'ils devoient
fe réunir à l'Eglife , dont ils
s'étoient feparez par un pur
caprice ; qu'ils eftoient nouveaux,
& avoient quitté l'an-
Rij
196 MERCUER
C
cienne Religion ; que leurs
Peres avoient efté de noftre
Eglife ; que le temps eftoit
venu d'y rentrer ; que le Roy
fouhaitant avec ardeur une
réunion qui leur devoit eftre
fi avantageuſe , ils ne pou
voient rien faire qui luy fuft
plus agreable , & qu'il les exhortoit
de prendre promptement
une falutaire refolution.
Il ajoûta qu'il jugeoit
inutile de les faire fouvenir
de toutes les Declarations ,
· qui font porter les charges
de l'Eftat à ceux de la Religion
Pretendue Reformée ,
1
GALANT. 197
avant qu'elles tombent fur
les Catholiques ; qu'ils en
eftoient affez avertis , & que
fi en execution de ces Declarations
, ils fe trouvoient
obligez à loger des Gens de
guerre , ils ne devoient s'en
prendre qu'à leur mauvaiſe
conduite& à leur obftination .
Les principaux Chefs paruret
furpris de ce difcours , & ne
voulant rien refoudre fans
un plus long examen , l'Aſ.
femblée fe fepara . M ' de Vrevin
jugeant que lès Confe
rences particulieres feroient
plus utiles , affembla encore
Riij
198 MERCURE
en deux divers jours les plus
notables Bourgeois , & les
principaux du Confiftoire .
Comme ils avoient eu du
tempspour ſe faire inſtruire,
ils goûterent mieux les raifons
qu'il employa , pour leur
faire voir ce qu'ils devoient,
& à leur falut , & aux volontez
du Roy. Plufieurs d'entre
eux s'en eftant laiffé perfuader
, fe rendirent le jour
de la Touffaints à l'Hoftel de
Ville . Le Refultat fut de declarer
à M l'Intendant, qu'ils
eftoient prefts de fe confor
mer aux Intentions du Roy ,
GALANT. 199
auquel ils avoient eſté toûjours
tres- foumis , en embraffant
la Religion Catholique
,
dans laquelle ils vouloient
vivre & mourir . On en dreffa
un Acte auffi- toft , & ils le fignerent
tous . Parmy eux eftoient
, Mr Conard , cy -devant
Capitaine de Chevaux.
legers ; M¹ de Peterlot , auffi
Capitaine ; M' Catel & M
Jean Chevalier , tous deux
Anciens du Confiftoire ; M
Leonard Chevalier , fon Frere
, Echevin & Capitaine de
la Bourgeoifie ; Mr Jean Chevalier
leur neveu, Echevin &
Riiij
200 MERCURE
Officier de la
Bourgeorfie ,
& plus de deux cens Chefs
de Familles des plus confiderables
Bourgeois . Le lendemain
M' l'Intendant les fit
encore tous affembler dans
le mefme lieu, & les mena de
là à l'Eglife de la Paroiſſe , où
Mile Feron Docteur de Sorbonne
, grand Vicaire de Mr
l'Archevefque de Reims, qui
par fon ordre eftoit pour lors
dans la Ville avec plufieurs
autres Ecclefiaftiques , pour
travailler par leurs Conferences
à la Converfion
des
Religionnaires
, leur fit un
GALANT: 201
tres éloquent Difcours . On
leur leut enfuite la Profeffion
de Foy , qu'ils fignerent tous
encore une fois dans l'Eglife.
Plus de trois cens Famillcs
des Villages circonvoifins
ont fuivy l'exemple des Habitans
de Sedan . Ces Converfions
n'ont efté fi promptes
que par les foins que Sa Majefté
prend depuis fort longtemps
du falut de fes Sujets .
La plufpart , gagnez par des
foins fi charitables , avoient
commencé à fe faire inftruire
, & le Roy avoit fort contribué
à leur en rendre les
moyens faciles,
202 MERCURE
Je vous envoyay le mois
paffé une Relation , qui contenoit
la Converfion entiere
de tous les Pretendus Refor
mez de la Ville de Saint Jean
d'Angely. Elle eftoit ample,
elle eftoit curieuſe , & le nombre
de fes circonftances devoit
faire croire qu'elle eftoit
exacte. Il eft vray qu'il n'y
avoit rien contre la verité
mais il y manquoit beaucoup
de particularitez , glorieufes
aux perfonnes qui
ont travaillé à ces Converfions
, & fur tout à M' de
Gourgues Intendant du LiGALANT.
203
moufin. Des affaires qui demandoient
fa preſence à Limoges
l'ayant empêché d'en
fortir , il manda fur la fin du
mois d'Aouft à Mr Charrier
Procureur du Roy de S. Jean
d'Angely , qu'il fift aſſembler
les principaux Habitans de la
Religion Pretenduë Reformée
, tant de la Ville
que des
gros Bourgs du Voiſinage ,
pour leur declarer qu'ils ne
devoient pas s'opposer aux
pieuſes intentions de Sa Majefté
, & leur offrir des Inftructions
& des Conferences.
Ils les accepterent , &
204 MERCURE
promirent d'y affifter avec
toute l'affiduité poſſible.
Mr l'Evefque de Saintes,
qui avoit un zele ardent pour
la deftruction de l'Herefie
dans fon Diocefe , commeje
vous l'ay déja fait voir, ayant
appris la bonne difpofition
des Habitans de Saint Jean
d'Angely , ne manqua pas de
s'y rendre , & s'eftant informé
de ce qui s'eftoit paffé en
execution des ordres de M
l'Intendant , il crùt qu'il eftoit
à propos pour la gloire
de Dieu , & pour le falut de
tant d'ames , de commencer
GALANT. 205
les Conferences dont ils ef
toient convenus. Il leur dit,
que puis qu'ils avoient répondu
aux intentions de M²
'Intendant en les acceptant ,
ils ne devoient pas differer
l'execution de ce qu'ils avoient
promis. Il fut arrefté
qu'elles feroient commencées
dans le Palais le 8. de
Septembre , que M¹ Bar Archipreftre
& Curé de Saint
Jean d'Angely, en feroit l'ouuerture
, & qu'il les continuëroit
autant que les autres
fonctions de fa Charge
le pourroient permettre. Les
206 MERCURE
Religionnaires
demanderent
à M² l'Evefque
de Saintes
que M' Durand Miniſtre
puſt
les fecourir dans cette occafion,
parce qu'ils fe fentoient
trop foibles pour parler de
Religion
, ce qui leur fut accordé.
Vous ne ferez pas fàchée
d'apprendre
icy ce qui
fe paffa dans les trois Conferences
qui furent faites , &
je croy mefme qu'elles peu -
vent eftre utiles pour la converfion
des opiniaftres
.
La premiere commença
en preſence de Mrs les Lieutenans
Generaux , Civil &
書
GALANT: 207
Criminel , de M' le Procureur
du Roy , & de quelques
autres Officiers , par M Bar,
dont je viens de vous parler.
Il s'attacha uniquement à
convaincre l'Affemblée de
la poffibilité du falut dans
l'Eglife Romaine , il la prouva
par le témoignage des Docteurs
Proteftans , & par des
Paffages formels de Saint Irenée
, de Saint Ambroiſe , de
Saint Jerôme , & de S. Auguftin
, qui ont donné le pre
mier rang à cette Eglife , &
jugé qu'il faloit eftre lié de
Communion avec elle pour
208 MERCURE
n'eftre pas exclus du falut.
Ces veritez furent écoutées avec
beaucoup d'attention , &
quoy que ces Peres prouvaſfent
la neceffité d'eftre dans
1'Egliſe Romaine , Mª Bar n'y
fit point de fonds , parce que
l'eftat des affaires ne demandoit
que la poffibilité du falut
dans cette Eglife, & il reüffit
fi bien à la prouver ,
prouver , qu'on
s'apperçût auffi- toft des progrés
que fit fur tant d'ames
la force de la verité. Le Miniftre
eftonné voulut fortir
de la Queſtion , & lors qu'il
fut remis , il avoua que du y
GALANT. 209
temps des Peres que l'on ve
noit de citer , il ne doutoit
point que l'on ne fe
Lauver dans l'Eglife Ro
ne. On le preffa d'en dire
raifon , & aprés qu'il eut
efté long-temps fans fçavoir
que répondre , il dit qu'un
des articles qui retenoient
davantage ceux de leur
par
ty dans la feparation , eftoit
le culte des Reliques . Cette
queſtion fut vuidée fur le
champ par la
la lecture des Epiftres
de S. Jerôme , traduites
en François , qui fe trouverent
entre les mains de
Decembre 1685. S
210 MERCURE
Mr Bar. Le Peuple entendit
avec application la
Doctrine de ce Pere,& comprit
que les objections de
'Heretique Vigilance contre
l'honneur des Reliques
eftoient les mefmes que cel
les de leurs Miniftres , ce
qui furprit fort les plus finceres
du party. Cette premiere
Conference fut fatale
à l'Herefie . Son Défenfeur
ne pût repliquer rien de foliae
, & il fe retrancha à la de
mande de la verification de
tous les Paffages que l'on
avoit alleguez . Ils furent veGALANT.
211
-
rifiez le lendemain en prefence
des Magiftrats & des
plus habiles Religionaires ,
chez Mr Baudouin Avocat
que les gouttes avoient retenu
au lit. Il forma dés ce
moment la refolution de fe
( faire Catholique , ce qu'il
executa peu de temps aprés
avec berucoup d'avantage
pour noftre Religion , puifqu'il
attira aprés s'eftre conyerty
des Communautez
entieres
qui le confulterent fur
les motifs de fon change-
>
ment.
On rapporta aux Protef
Sij
212 MERCURE
tans dans la feconde Confe
rence qu'on avoit verifié tous
les Paffages alleguez dans la
premiere , & melme l'Epiſtre
de Saint Jerôme contre Vigilance
, & qu'il n'y avoit
plus qu'à propofer d'autres
motifs de feparation . Le Miniftre
parla de la transfubftantiation
& de fes confequences
& le Pere Dom
Laurent Faidy Benedictin ,
dont je vous ay déja parlé ,
allegua Saint Cyrille de Jeru
falem dans la quatriéme Ca
techefe , & en cita quelques
paroles des plus effenticles,
GALANT. 213
Comme ce Pere a parfaitement
expliqué le Myftere de
l'Euchariftie , on lut en François
cette Catechefe prefque
toute entiere avec une grande
partie de la cinquiéme
qui parle du Sacrifice de la
Meffe , de l'Invocation des
Martyrs , de la Priere pour
les Morts , & c . ce qui fit un
tres-grand plaifir aux nouveaux
Convertis , & furprit
les Pretendus Reformez qui
n'en avoient jamais entendu
parler.
La troifiéme Conference
futfoutenue par le Pere Au214
MERCURE
guſtin de Saint Jean d'An
gely , Capucin fort renommé
dans les Controverfes . Le
Miniftre & les Doctes du
party qui ne trouvoient pas
leur compte dans la Tradition
de l'Eglife , demanderent
que l'on difputaft fur l'Ecriture.
Il fut arrefté qu'on leur
donneroit cette fatisfaction ,
afin que le Peuple ne cruſt
pas que l'on refufoit d'entrer
dans cette forte de Controverfe.
On parla pendant plufieurs
Conferences de la Rea
lité , de l'Adoration de l'Ho
ftie , du retranchement de
GALANT . 215
la Coupe , & c. Le Pere Auguftin
défendit la caufe de
l'Eglife fur toutes ces choſes
avec beaucoup d'érudition ,
& d'honnefteté
, & il en foûtint
toûjours la Doctrine par
la lecture de certains Paffages
formels des Peres que
l'on écouta avec une entiere
attention . Sur la fin de la Semaine
, les Pretendus Refor
mez déclarerent qu'ils n'avoient
plus befoin de Conferences
, & demanderent
permiffion
de s'affembler
pour déliberer entre- eux fur
ce qu'ils avoient à faire . Les
216 MERCURE
Officiers creurent qu'il n'y
avoit point d'inconvenient
à leur accorder cette grace ,
pnifqu'il n'en pouvoit revenir
qu'un fort grand bien ,
comme il parut dans la fuite.
On dit que le Miniftre parla
d'une maniere tres -forte pour
perfuader la réunion . M¹ le
Valois fameux Avocat fit la
mefme chofe & fe fervit
du credit qu'il s'eftoit acquis
fur l'efprit des Religionaires .
Ainfi aprés les Affemblées
particulieres , le Miniftre &
·les principaux du party allerent
dire aux Officiers qu'il y
ayoit
GALANT. 217
avoit efperance que l'on fe
reüniroit , mais que de certaines
confiderations les obligeoient
d'attendre M² l'Evefque
de Saintes. Je ne vous
repete point ce qui fe paffa
entre ce Prelat , & les Pretendus
Reformez puifque,
ma Lettre du mois d'Octobre
vous en a inſtruite , &
que je vous ay appris les circonftances
de leur Abjuration.
Mais je ne puis m'empefcher
d'ajoûter icy qu'on
vit ces nouveaux Catholiques
dans de tels tranſports.
dejoye , que ne pouvant mar-
Decembre 1685. T
218 MERCURE
quer le plaiſir interieur qu'ils
reffentoient , que par de continuelles
acclamations , ils
mirent le Predicateur qui
eftoit monté en Chaire pour
les prefcher , dans l'impoffi
bilité de fe faire donner audience.
C'eftoient des cris
d'allegreffe reiterez à tous
les momens .On les voyoit ,
tout remplis de leur bonheur
, embraffer les anciens
Catholiques , & benir hautement
Ml'Evefque & M'l'Intendant
, comme les Autheurs
, aprés le Roy, de leur
felicité , & de leur falut , de
GALANT. 219
forte que le Predicateur ravy
d'un fi admirable changement
, fe contenta de les
exhorter à demeurer fermes
dans ces fentimens , & leur
fouhaita les Benedictions du
Ciel ,avec les fuites heureufes
qu'ils avoient lieu d'efperer
d'une Converfion qui paroiffoit
fi pleine de ſincerité.
Comme fuivant les ordres
du Roy , M' de Gourgues
avoit commencé une oeuvre
fi fainte , il fembloit que
Dieu luy euft refervé la gloire
de la finir. Il n'avoit pû
eftre preſent aux éclatantes
Tij
220 MERCURE
Converfions qui venoient de
fe faire , parce qu'il avoit efté
obligé d'aller à Ruffec & à
Villefaignan qui eftoient des
pepinieres
de Pretendus
Reformez
. Il y donna de folides
marques du zele qu'il a toû
jours fait paroiftre pour les
interefts de la Veritable Eglife
, il alla de Maiſon en
Maifon , pour perfuader les
plus obftinez , & n'épargna
rien pour les toucher. Auffi
réüffi- t- il fi heureuſement ,
qu'il n'y en eut pas un qui
ne promiſt d'abandonner
l'Herefie , que fes Anceſtres
GALANT. 221
s'eſtoient trouvez obligez de
fuivre , mais comme fa
prefence
eftoit neceffaire à Saint
Jean d'Angely , illaiffa M' le
Marquis d'Argençon , Lieuà
tenant General d'Angoulefie
, pour tenir la main
à l'execution des promeffes
que ces Peuples luy avoient
faites de fe convertir
quoy ce Marquis s'employa
avec beaucoup de conduite
& de fuccez . M' de Gourgues
eftant arrivé à Saint Jean
d'Angely , fit beaucoup de
careffes au Miniftre , & loüa
fort les Officiers qui avoient
T iij
222 MERCURE
fi heureuſement répondu au
zele du Roy. Il fe fervit de
toute fa prudence pour ramener
au ſein de l'Eglife
ceux qu'une opiniâtreté extraordinaire
avoit jufques là
empefchez de fe convertir ;
il ménagea leurs efprits , &
les fceut engager par des
manieres fi douces & fi efficaces
, que tout ce qui reftoic
de Calviniftes en ce lieu là
( dont le nombre eſtoit de
trente Chefs de Famille , &
de quatre cens Femmes ou
Enfans ) abjura encore l'He
refie , en moins de huit jours.
GALANT 223
Je ne parle point de plus de
cinquante Gentilshommes
qui firent auffi leur Abjura .
tion volontairement. Plu
fieurs autres de ce Reffort ont
renoncé depuis ce temps- là
au Calvinifme , par les foins
de M' Rouffeler Lieutenant
Criminel , qui eftant Subdelegué
de M l'Intendant ,
imite en cette occafion tou
te fa douceur & toute fa fermeté.
M' de Gourgues aprés de
fi heureux fuccés , travailla
inceffamment à reduire ceux
de Taillebourg , de Saint Sa
Tij
224 MERCURE
"
vinien , de Tonney- Charente
, de Tonney- Bouthonne ,
de Matha , de Fontenay l'Abatu
, & d'autres lieux circonvoifms
, qui font de fon
département. L'opiniatreté
étoit d'abord fi grande dans
quelques- uns de ce lieux
qu'il fembloit qu'on ne dûſt
rien efperer , mais M de
Gourgues leur parla d'une
maniere fi douce, fi charitable
& fi preffante pour les en
gager à recevoir les Inftructions
qui leur eftoient neceffaires
, qu'en peu de jours ils
fe convertirét en foule. Ainfi
GALANT. 225
l'erreur fut entierement banie
de tous ces lieux là, aprés
avoir regné avec un entier
empire , par l'aveuglement
prefque invincible que l'he
refie a caufé à ceux qui l'ont
receue avec la naiffance.
Aprés que cét Intendant
eut terminé fi heureuſement
les affaires qui l'avoient appellé
en Xaintonge , il revint
paffer par Angoulefme , &
La Rochefoucaud , où il y a
voit encore quantité de Re¹
ligionaires des plus obſtinez .
Il trouva M' l'Evefque d'Angoulefme
, qui penetré de ce
226 MERCURE
zele ardent qu'il fait éclater
en toute occafion pour l'intereft
de l'Eglife , avoit commencé
une Miffion . M' de
Gourgues fit auffi - toft ſçavoir
aux principaux des Pretendus
Reformez , qu'ils devoient
confentir à fe faire inftruire
; afin qu'en répon
dant par là au zele que le
Roy avoit pour leur falut ,
ils fuiviffent l'exemple des
Peuples de la Xaintonge . Il
n'eut pas de peine à les perfuader
, & les foins furent
auffi-toft fuivis de leur Converfion
. Il eut un pareil fucGALANT.
227
cés à Angouleſme , à Turenne
, & à Argentac , où il ne
fut pas plûtoft arrivé , que
tous les Religionnaires fe
rendirentavec empreffement
à l'Eglife , pour avoir la joye
de faire leur Abjuration en
fa prefence.
Pendant que cet Intendant
travailloit d'une maniere fi
avantageufe à la converfion
des Religionnaires de fon
Département , Madame de
Gourgues fa Femme fecondoit
parfaitement fon zele ,
& l'on peut dire que par la
feule force de fes raifons , elle
228 MERCURE
a eu la gloire de convertir à
Limoges trois Demoiselles ,fi
fortement perfuadées de leur
Religion , que les plus éclairez
n'avoient pû mefme venir
à bout de les ébranler .
C'est ainsi qu'elle a rendu
veritable ce qu'un Pere de
l'Eglife a dit , qu'une Femme
veritablement
fage & vertueufe
eft tres - capable de
combattre & de vaincre.
Auffia - t - ellegagné les coeurs
& l'eftime de toute la Provin-'
ce. Toutes ces Converfions ,
& fur tout celles qui fe font
faites à Saint Jean d'Angely
,
GALANT. 3
229
doivent paffer pour un Miracle
, fi l'on confidere que
l'Herefie de Calvin y avoit
étably ſon ſiege d'une maniere
fi abfoluë , qu'il n'y avoit
aucune apparence qu'il
puft étrerenversé en fi peu de
temps . L'endurciffement
des
coeurs y faifoit prendre plûtoft
le party de vivre fans Religion
, que de rentrer dans
l'Eglife . Parler de converfion
à ces obftinez , c'eftoit les aigrir
; & lors qu'on vouloit
entrer en conference avec
eux pour les détromper de
leurs préjugez contre l'Egli230
MERCURE
fe Romaine
, non feulement
ils refufoient
d'écouter
, mais
ils ne vouloient
pas deman
der à Dieu les lumieres
neceflaires
pour connoiſtre
la
verité. Cependant
voilà ces
Peuples convertis
fous l'heureux
Regne des Miracles , de
leur bon gré , ſans la moindre
violence
, & aprés des
Conferences
publiques
fur
tous les points dont ils ont
fouhaité d'eftre éclaircis . On
ne peut douter aprés cela
qu'ils n'ayent efté entierement
convaincus
des Véritez
de la Religion
Catholique
,
GALANT 231
& en mefme temps , des erreurs
de celle qu'ils viennent
d'abandonner . Comme ils ne
la quittent que parce qu'ils
font perfuadez de fa faulleté,
peuvent -ils ouvrir les yeux
fur l'heureux eftat où ils fe
trouvent , fans reconnoiftre
qu'ils font redevables de leur
falut aux bontez du Roy , &
fans fe croire obligez de demander
fans ceffe au Ciel
qu'il continuë à le combler
de fes Benedictions, puiſqu'il
fe fert fi heureufement du
pouvoir que Dieu luy a confié
pour les arracher au De232
MERCURE
mon par une douce & fainte
violence ? Je ne vous ay fait
aucun détail des Conferences
qui fe font tenues dans les au- !
tres Villes , pour obliger les
Religionnaires
à renoncer à
F'erreur , parce qu'on s'y eſt
fervy des mefmes moyens
,
& qu'avant que de faire Ab
juration ils ont reconnu les
fauffetez fur lesquelles
ils avoient
juſque - là fermé les
yeux.
Il ne refte plus aucun Pretendu
Reformé dans la Ville
de Niort en Poitou , & toutes
ces Converfions font deuës à
GALANT 密
•
233
M' de Fontmort , Prefident
& Lieutenant General , & à
M' de la Teraudiere , Maire
de la mefme Ville . Quoy
qu'en cette occafion ils ayét
fuivy les intentions de Sa Majefté,
& qu'ils ayent pour fon
fervice tout le zele qu'un fr
grand Monarque peut infpirer
aux plus empreffez de fes
Sujets , ce qu'ils ont fait ne
laiffe pas de marquer qu'ils
eftoient animez d'une ardeur
toute particuliere & toute
fainte pour le falut des ames .
Ils ont fait voir aux plus obftinez
Calviniftes , que la
Decembre 1685.
f
V
234 MERCURE
plufpart d'entre eux croyoier
aveuglément les faufſetez
leurs Miniftres impofoient
à la Religion Catholique,
fans qu'ils euffent jamais
confulté aucun de nos Docque
teurs , & en les affeurant que
s'ils les écoutoient
avec douceur
& fans prévention
, ils
fe trouveroient
heureuſemet
détrompez
, ils les ont enga→
gez à y conſentir. Ces Conferences
ont eu leur effet accouftumé.
Les Calvinistes
ont efté inftruits ; ils ont efté
convaincus
; ils ont vû clair
dans les Miſteres de la Foy ,
GALANT. 235
& ils fe font convertis , fans
que de plus de cinq mille
perfonnes , il en foit reſté une
feule qui faffe encore Profef
fion de la Religion Pretendue
Reformée, Mr le Prefi
dent de Fontmorta efté fi pé
netré du plaifir que ce chan
gement luy a caufé , qu'il a
fait un feu de joye , ou quatre
jeunes Demoiselles mi
rent le feu à la tefte de deux
cens Filles converties , & au
bruit des Tambours & des
Trompettes. Je ne vous dé
cris point cette Fefte , ny la
Statue du Roy que l'on avoit
Vij
236 MERCURE
élevée exprés , & autour de
laquelle trois cens Moufquetaires
firent de continuelles
décharges , & burent à la fanté
de Sa Majefté avec le vin
de plufieurs Fontaines qui
couloient aux dépens de ce
genereux Prefident , quiavoit
chez luy une Table de foi
xante couverts pour les perfonnes
les plus qualifiées de
la Ville , fans celles qui fe
trouverent encore en plufieurs
endroits de fon logis.
Cette réjouiffance fe com.
muniqua dans toute la Ville ,
de forte que l'on peut dire
GALANT 237
que tous les Habitans burent
enfemble ce foir là, La Nobleſſe
de la Campagne
, qui
n'eftoit pas encore convertie
, dit Qu'elle ne croyoit pas que
la Religion Pretendue Reformée
fust en fi grande horreur aux Catholiques,
qu'ils deuffent avoir
tant de joye de l'avoir aneantie ;
mais que puifque cela estoit , it
falloit qu'ilsfe fiffent inftruire. Ils
Pont fait , & ils ſe font convertis
, ainfi la conduite de
Mr de Fontmort a efté fi heureufe
, qu'il a fait des Con-
> par les actions verfions
meſmes qu'on auroit crû le
238 MERCURE
moins capables de produire
le fruit qu'on en a tiré ; & ſes
plaiſirs , ainfi que fes foins
ont contribué à une réunion
fi fouhaitée. Ce Prefident
voyant l'indigence de beaucoup
de nouveaux Conver
tis , a foulagé leur mifere par
de grandes charitez , & l'on
vient d'apprendre qu'il a ven
du fon Caroffe & fes Chevaux
, afin de leur donner ce
qu'il auroient pû luy coufter
par an. On peut conoître par
Là, que les Catholiques n'ont
pas moins de zele pour affifter
leurs Freres , qu'on a toû
GALANT. 239
jours dit qu'en avoiét les Proteftans
, puifque les Particuliers
font des aumônes que
les Pretendus Reformez faifoient
feulement en Corps.
Mile Duc de Noailles ayant
fait fçavoir aux Pretendus
Reformez de la Ville d'Alets,
Capitale des Sevennes, qu'ils
devoient fe difpofer à ſuivre
l'exemple de Nifmes , deMonpelier,
& des autres Villes de
Languedoc , en travaillant à
fe faire inftruire,M's Baudon
& Deyrolles , qui estoient
des principaux Religionnai
res de cette Ville - là , agirent
240 MERCURE
avec ardeur , pour inſpirer à
募
leurs Confreres la foûmiffion
qu'ils devoient aux ordres du
Roy , à laquelle ils avoient
efté eux-mefines puiffammét
exhortez par leurs Alteffes Sereniffimes
Monfieur le Prince
& Monfieur le Duc , à qui
appartient le Comté d'Alets.
Leur remontrance
porta tous
les Proteftans à s'affembler
chez M de Leuze de la Liquiere
Avocat, où ils prirent
une reſolution generale de
fe faire Catholiques
, & prierent
mefme MIS Baudon &
Deyrolles d'en aller affeurer
M5
GALANT. 241
Mr le Duc de Noailles . Ces
Deputez le virent à Niſmes ,
& il leur marqua la joye qu'il
avoit , non feulement de la
nouvelle qu'ils luy apportoient
, mais encore de ce
qu'ils avoient beaucoup contribué
à la refolution qui venoit
d'eftre prife. Ils allerent
auffi rendre leurs devoirs à
M' de Baville Intendant de
la Province , qui leur fit un
accueil tres-favorable...
Quelques jours aprés , M²
le Duc de Noailles dont le
zele pour l'intereft de la Re
ligion , & le ſervice du Roy
Decembre 1685. X
242 MERCURE
eft infatigable , ayant ſceu
que fa prefence pouvoit faciliter
les Converfions dans
les hautes Sevenes , partit de
Nifmes avec M de Baville
& vint coucher à Alets , où
il apritavec joye que la fuite
des Miniftres de cette Ville
là , qui avoient manqué au
Serment public qu'ils avoiết
fait de facrifier leur vie pour
foûtenir leur Religion, avoit
beaucoup fervy à détromper
ceux de ce party , & à leur
faire connoiftre les erreurs
que ces mefmes Miniftres
jeur avoient prefchées . M
GALANT. 243
P
de Noailles receut à Alets
les Complimens de tous
les Corps , & M' de Saint Auban
, Juge d'Appeaux du
Comté de la mefme Ville, le
harangua à la tefte des Officiers.
Il luy dit ,que fi le prompt
changement de toute laVille d'A.
letsfaifoit connoiftre la toute -puif
fance de Louis LE GRAND , il
ne falloit pas une prudence moins
confommée que lafienne pour venir
à bout d'une entreprise de cette
importance, pour remettre dans
le chemin de la verité, ces malheu-
・reux aveuglez à qui defaux guides
avoient fait prendre la voye
X ij
244 MERCURE
du Menfonge ; que ces Brebis égarées
n'avoient pas voulu pendant
plus d'un Siecle écouter la
voix de leur vray Pafteur , pour
courir aprés ceux qui les trompoient
par d'inutiles fermens de
vouloir donner leurs vies pour el
les ; que la moindre crainte avoit
fait évanouir ces Mercenaires,
&
que leur fuite ayant fait ou
vrir les yeux aux Dévoyez, ils
avoient connu leur égarement ,
& eftoient rentrez avec plaifir
dans la veritable route qu'ils devoient
tenir pour leur falut ; que
voyant les precipices que
la
charité
de noftre Auguſte Monarque
GALANT. 245
leur avoitfait éviter, ils le beniroient
inceffamment d'avoir bien
voulu travailler à leur bonheur.
Il finit par les affurances de
la joye que leur donnoit la
prefence de M' le Duc de
Noailles , dont les grandes
qualitez ne furent pas oubliées.
Ceux qui ont fuivy autrefois
Calvin , & qui en ont
quitté les erreurs il y a plufieurs
années , ont fait beau
coup de Converfions , parce
qu'eftant parfaitement
inftruits de l'une & de l'autre
Religion , ils fçavent par
X iij.
246 MERCURE
quels endroits les Miniftres
ont toûjours abufé de la credulité
de ceux qu'ils ont voulu
ébloüir . Cela eft arrivé à
M' du Vigean Gouverneur
des Pages de la petite Ecurie
du Roy , & qui a fait abjuration
de l'herefie il y a environ
vingt-cinq ans. Il étoit
au mois de Novembre dans
le haut Languedoc dont if
eft originaire , & comme on
fçavoit que l'intereft n'avoit
point contribué à fon changement
, & qu'il paffoit pour
honnefte-homme , on l'écouta
fur quelques points de
GALANT. 247
Controverfe. Il eut le bonheur
de convertir la Femme
la plus opiniâtre du Pays , avec
toute la Famille. Ces
Converfions attirerent celles
de plufieurs Gentilshommes
des environs , & de cinq
Demoiſelles , qui felon les
termes de la Lettre que j'en
ay receuë , avec les noms de
ces nouveaux Couvertis
s'eftoient voüez à la mort
plûtoft que de fe refoudre à
faire abjuration . C'eſt ainfi
que par des coups imprévûs
Dieu touche fouvent les
plus obſtinez.
X
iiij
248 MERCURE
On ne
peut donner
trop
de
loüanges
à tous
les Intendans
de Province
, qui n'ont
rien
oublié
de ce qui
pouvoit
perfuader
aux
Heretiques
qu'ils
avoient
toûjours
efté
dans
l'erreur
. J'ay
receu
une
ample
Lettre
, touchant
ce
que
Mr de Bezons
Intendant
de la Generalité
d'Orleans
,
a fait en cette
occafion
dans
tout
fon Département
. Il y
a parlé
avec
beaucoup
de
charité
& de force
, & la verité
a eu dans
fa bouche
, tous
les agrémens
qu'il
faut
pour
plaire
, toute
la force
necefGALANT.
249
faire pour toucher , & tout
le brillant poffible pour é
clairer. Ces paroles qui font
de Saint Auguſtin , font employées
dans la Lettre qui
m'a appris ce que je vous .
mande . Je ne vous l'envoye
point , parce qu'elle contient
beaucoup d'autres cho
fes dont je vous ay déja fait
fçavoir une partie ; mais la
perſonne qui l'a écrite a tant
d'érudition , & donne un fi
noble tour aux chofes , que
fi j'en reçois encore quel
ques Lettres , j'auray foin de
yous en faire part. Les Con250
MERCURE
verfions ont aufli efté frequentes
autour de Paris , &
l'on n'y parle prefque plusde
Calviniftes. Les cinq dernieres
Familles Proteftantes
qui reftoient à Nogent le
Roy , y ont fait Abjuration
entre les mains de M' Bouchet
ancien Curé de cette
Ville là.
Voicy les Déclarations qui
ont efté publiées depuis un
mois , & qui regardent ceux
de cette Religion . Par l'Edit
du mois d'Octobre dernier ,
qui en interdit l'Exercice
dans tout le Royaume , il eft
GALANT. 251
ordonné, que les Calviniſtes
qui fe font retirez dans les
Pays Etrangers avant la Publication
de cét Edit , rentreront
dans leurs Biens confifquez
, en cas qu'il reviennent
dans quatre mois du
jour qu'il a efté publié ; &
comme il pourroit furvenir
quelques conteftations entre
ceux de qui les Biens ſeroient
confifquez , & ceux
qui en pretendroient la confifcation
, au fujet du temps
de leur retour dans le Royaume
, le Roy toûjours équitable
& plein de bonté pour
252 MERCURE
fes Sujets , a déclaré , Qu'il
luy plaift que les Pretendus Reformez
qui fe font retirez avant
la Publication de l'Edit du Mois
qui en confequence d'Octobre ,
de ce mefme Edit , y reviendront
dans le temps de quatre mois¸ſeront
obligez de déclarer qu'ils
font de retour , & d'en prendre
Acte , qui leur fera donné fans
aucuns frais , par les Baillifs on
leurs Lieutenans aux Bailliages
Senechauffées dans le reffort
defquels feront fituées leurs Maifons
& demeures ordinaires , &
en leur abfence , par les Officiers
qui font aprés eux fuivant l'ordre
du Tableau.
a
GALANT. 253
Il eft porté par une autre
Déclaration , Que fià l'avenir
quelqu'un des Pretendus Refor
mez vient à déceder , fes deux
plus proches Parens , ou à leur
défaut , fes deux plus proches Voi.
fins , feront tenus de le déclarer
aux Juges Royaux , s'il y en a
dans les lieux où ilfaifoitfa de
meure , ou aux Fuges des Seigneurs
, de fignerfur le Regi-
Stre que ces mefmes Juges
dront. C'est ce qui a efté ordonné
avec beaucoup de
prudence , puifque les Tem
ples qui reftoient à ceux de
cetre Religion, ayant eſté dé
es en tien
254 MERCURE
molis , & les Confiftoires où
l'on tenoit les Regiſtres de
leurs déceds, fupprimez en
confequence de l'Edit d'Octobre
, le défaut de ces Regiftres
rend incertain le jour
de leur mort. Ainfi fans cette
nouvelle Déclaration , les
Catholiques qui auroient intereſt
, à fçavoir le temps où
cette mort feroit arrivée, demeureroiét
privezde la preuve
établie par les Ordónáces,
& feroient reduits à la preuve
par témoins , qui ne fe peut
faire que par une longue procedure
, & beaucoup de frais .
GALANT.
255
Je vous ay déja mandé ,
que le Roy par la Declaration
du 20. Janvier 1685. avoit
ordonné que les Confeillers
de fa Cour de Parlement,
faifant profeffion de la Religion
Pretenduë Reformée ,
ne pourroient connoistre des
Procez Civils & Criminels ,
aufquels les Ecclefiaftiques
& les nouveaux Convertis
auroient intereft . Comme
leurs fonctions dans ces
Charges vont eftre inutiles,
parce que la plupart des Pretendus
Reformez font réunis
à l'Eglife , & qu'il n'y a pref
256 MERCURE
que point de procez , où quel
ques nouveaux Convertis ne
foient Parties principales ou
intervenantes , Sa Majefté a
ordonné par fon Arreft du
Confeil d'Eftat du 23. No.
vembre , Que les Confeillers de
fa Cour de Parlement de Paris ,
qui fe trouverontfaire encore profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , remettront inceffamment
entre les mains du Receveur
de fes Revenus cafuels , leur Procuration
ad Refignandum , de
leurs Offices , qui leur feront rembourſez
par ce Receveur fur le
pied de la fixation. Ils n'ont auGALANT.
257
cun fujet de fe plaindre, puifqu'il
n'eft pas jufte que des
Officiers de cette qualité, qui
devroient par leur exemple,
exciter le refte des Sujets du
Roy qui perfiftent dans l'erreur
, à rentrer dans l'Eglife,
& qui cependant refuſent
eux- mefmes les Inſtructions.
qui leur font offertes pour
reconnoiftre la veritable Religion
, demeurent plus longtemps
dans la dignité où les
élevent ces Charges .
Jajoûteray à cela, que Mỹ
de la Reynie , Lieutenant
General de Police , ayant
Y Decembre 1685.
258 MERCURE
efté averty qu'au prejudice
des Défenfes faites aux Pretendus
Reformez , par l'Edit
du mois d'Octobre , de plus
s'affembler en aucun lieu ou
Maiſon particuliere , pour
l'exercice de leur Religion
fous quelque pretexte que
ce puiffe eftre, quelques per
fonnes de celles qui fe diſent
eftre encore de la Religion
Pretenduë Reformée , ferendoient
à certains jours dans
les Maifons de divers Ambaffadeurs
& Miniftres Etrágers
, pour y faire l'Exercice
qui leur a efté défendu ; ce
GALANT. 259
Magiftrat dont le zele eſt
toûjours actif & vigilant , a
fait réiterer ces mefmes Défenfes
, fous les peines por--
tées par ce mefme Edit , enjoignant
aux Commiffaires
du Chaftelet chacun dans
leurs Quartiers , de tenir la
main à l'execution de fon
Ordonnance
, qui a esté publiée
par toute la Ville.
Toutes ces Déclarations
& tous ces Edits font une fuite
des grands foins que le
Roy prend pour le falut de
fes Sujets Proteftans &
comme on en voit chaque
Y ij
260 MERCURE
jour les fruits , je n'en parle .
ray point davantage . Je vous
diray feulement que les Converfions
generales & particulieres
continuent tous les
jours d'une maniere qui fait
voir que ceux qui fe rendent,
font entierement convaincu
des erreurs où ils renoncent.
C'eft ce qui vient de
paroiftre dans la Converfion
de Meffire Alexandre l'Huillier,
Seigneur de Chalendos
en Brie , qui a fait abjuration
à Rebé entre les mains
de M' l'Abbé de la Salle Aumônier
du Roy. Il eſt d'une
GALANT. 261
Famille auffi illuftre qu'ancienne
, & recommandable:
par beaucoup de grandes Alliances.
M Foran , qui eft le
plus ancien Capitaine des
Vaiffeaux du Roy , a fait auf
fi Abjuration entre les mains
de M l'Archevefque de
Paris. La maniere dont cét .
Illuftre Prelat a fecondé le
zele de Sa Majesté pour le
falut des ames , eft une cho
fe incroyable. Il ne s'eft pref
que point paffé de jour de
puis quelques années , qu'il
n'ait contribué à la Converfion
de quelqu'un , ou qu'il
262 MERCURE
n'ait receu quelques Abjura
tions . Entre le grand nombre
de Converfions qui fe
font faites en cette Ville depuis
un mois , il y en a eu
une tres -remarquable. C'eſt
celle de Mr d'Imecour ancien
Colonel . De neuf Fils qu'il
a , tous dans le ſervice, il y en
eut fept qui firent Abjuration
avec luy ces jours paffez
entre les mains du Pere Gaillard
Jefuite. Les deux autres
qui font en des lieux fort éloignez
, s'y font fait inſtruire ,
& on les en croit partis pour
venir icy faire la mefme
GALANT. 263
Abjuration. Le jour de Noël
Mr Hervard nouvellement
converty , rendit les Pains-
Benits à la Grand' Meffe , ce
qui fut un grand fujet de joye
pour les Catholiques , & mefme
pour les nouveaux Convertis.
Quoy que j'aye parlé des
Converfions qui fe font faites
en beaucoup de Villes ,
je ne laifferay pas de vous
en donner des détails dans
mes autres Lettres, non pour
vous apprendre qu'on s'y eft
converty puifque vous le
fçavez , mais pour vous faire
264 MERCURE
fçavoir de quelle maniere
les chofes s'y font paffées ,
& que les Pretendus Reformez
n'ont abjuré qu'aprés
avoir efté pleinement inftruits
& convaincus des Veritez
de la Religion Catholique
, & des erreurs de la Proteftante.
Je commenceraypar
ce qui s'eft fait à Alençon,
dont j'ay déja quelques
Memoires. J'efpere en rece
voir de beaucoup d'autres ·
Villes , & alors je vous entretiendray
à fonds de la conduite
qu'on y a tenuë touchant
les Converfions. Un
détail
GALANT: 265
détail hiftorique lors qu'il
aprend quelque chofe de
nouveau , eft toûjours eftimé
bon , mefme long-temps
aprés que les faits dont il
traite font arrivez .
On feroit furpris de voir
qu'il fe fait en fi peu de
temps un fi grand nombre
de Converfions, & l'on pourroit
croire que ceux qui les
font n'ont pas eu le loifir
d'examiner la Religion qu'ils
embraffent , fi depuis neuf
ou dix ans que Sa Majeſté
travaille à ce qu'Elle vient
de finir heureufement tou
Decembre 1685. Ꮓ
266 MERCURE
chant cette grande réunion ,
chacun n'avoit pas commencé
à chercher des lumieres
, pour ſe preparer à prendre
le party qu'il voyoit bien
qu'il fuivroit un jour. C'elt ce
qui a fait que les principaux
Negocians de la Ville de
Paris , faifant Profeffion de
la Religion Pretenduë Reformée,
ayant efté aſſemblez
par l'ordre du Roy en l'Hôtel
de M' le Marquis de Seignelay
Secretaire d'Eftat ,
en prefence de M' de Harlay
Procureur General , de
M' de la Reynie Lieutenant
GALANT. 267
•
General de Police , & de M'
Robert Procureur du Roy ,
déclarerent qu'ils eftoient
refolus de fe réunir inceffam-'
ment à la Religion Catholique
, felon la Profeffion de
Foy qui a efté dreffée par M
l'Archevefque de Paris , &
donnerent enfuite un Acte
de cette refolution , figné de
foixante & onze perſonnes ,
à M' le Marquis de Seignelay.
Ce Marquis qui fçavoit
les fentimens de la plufpart
avant qu'ils vinffent chez
luy , & qu'ils avoient travaillé
à fe faireinftruire , leur
Z ij
268 MERCURE ,
marqua d'une maniere obligeante
, & d'un air tout engageant
, la fatisfaction
que
le Roy avoit euë de la difpofition
ou cè Monarque
fçavoit
qu'ils eſtoient , & leur
fit comprendre
, que quoy
qu'ils euffent agy pour euxmefmes
en travaillant
pour
leur falut , Sa Majesté ne laifferoit
pas de reconnoiftre
ce
qu'ils avoient fait , lorſque
l'occafion
fe prefenteroit
de
faire quelque chofe pour
eux . Depuis cette Affemblée ,
plufieurs autres Chefs de Familles
de la meſme Religion
,
GALANT. 269
ont déclaré qu'eftant convaincus
de leurs erreurs , ils
eftoient prefts de les abjurer .
On dreffa en mefme temps
un Acte de cette Déclaration
, & ils le fignerent. Quelques
jours auparavant M
le Nonce avoit preſenté au
Roy un Bref par lequel Sa
Sainteté luy exprimoit l'extrême
joye qu'Elle reffentoit
de la révocation de l'Edit
de Nantes , dont on fe preà
faire des réjouiffances
à Rome. Il eft dit du Roy
dans ce Bref, qu'il eſt veritablement
le Roy Trespare
Z iij
270 MERCURE
Chreftien , & que l'Eglife
mettra dans ces Regiftres ce
qu'il vient de faire pour Elle .
L'Eloge de Sa Majefté ſur la
révocation de cét Edit , a
efté prononcé dans toutes
les Harangues qui fe font
faites à toutes les Ouvertures
des Parlemens de France &
des autres Cours de Juftice .
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé en plusieurs Villes du Royaume, touchant les affaires de la Religion, & les Conversions qui se sont faites. [titre d'après la table]
En octobre 1685, la Chambre des Vacations du Parlement de Rouen a enregistré la révocation de l'Édit de Nantes, promulguée par le roi de France. Cette révocation visait à ramener les protestants à l'Église catholique, considérée comme la foi des rois de France. Elle fut justifiée par la violence passée des révoltes protestantes et présentée comme un acte de puissance, de clémence et de piété royale. Dans plusieurs régions, des conversions massives au catholicisme ont eu lieu. À Rouen, plus de mille personnes se sont converties immédiatement. À Caen, l'intendant Morangis a réussi à convertir une grande partie des protestants. À Sedan, le marquis de Saint-Germain a démoli un temple protestant et supervisé la conversion de plus de six cents personnes. Des conversions similaires ont été observées à Saint-Jean-d'Angély, Angoulême, Turenne, Argentac et Limoges, souvent facilitées par des conférences religieuses et des figures locales influentes. Des déclarations royales ont interdit l'exercice du protestantisme et permis la récupération des biens confisqués. Les officiers protestants devaient remettre leurs procurations pour leurs offices et étaient encouragés à se convertir pour conserver leurs fonctions. Les rassemblements secrets de protestants ont été interdits et surveillés par les autorités. Des conversions notables ont été signalées, notamment celles d'Alexandre l'Huillier et de François Forant. Le roi a exprimé sa satisfaction et promis de reconnaître les efforts des convertis. Le nonce papal a présenté un bref du pape, louant le roi comme un véritable roi chrétien. Les actions du roi ont été élogieuses lors des harangues d'ouverture des parlements et des cours de justice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1674
p. 270-278
SUITE D'UNE LETTRE de Mr Allard, ancien President en l'Election de Grenoble.
Début :
Vous trouverez dans la suite de la Lettre de Mr Allard / Monsieur de Saint André, Marquis de Virieu, premier President au [...]
Mots clefs :
Harangue, Parlement de Grenoble, Éloge du roi, Hérésie, Déclarations, Arrêts, Erreurs calvinistes, Conversions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE D'UNE LETTRE de Mr Allard, ancien President en l'Election de Grenoble.
Vous trouverez dans la fuite
de la Lettre de M Allard
dont je vous envoïay le com.
mencement le mois paffé ,
ce qui s'eft dit au Parlement
de Grenoble fur ce Sujet.
1 :|:|སད ཆེནནས
GALANT. 271
sses Sas SS SSSSSS
SUITE D'UNE LETTRE
de M' Allard , ancien Prefident
en l'Election de Grenoble.
M
Onfieur de Saint André,
Marquis de Virień ,
premier Prefident au Parlement
de Grenoble , harangua à l'Ouverture
de la Saint Martin, d'une
maniere fi judicieuſe & fi éloquente
, qu'il fut admiré de tous
ceux qui rempliffoient la Chambre
d'Audience. La matiere de
fon Difcours , fut l'Eloge du Roy,
Z
iiij
272 MERCURE
qu'ilfit voir eftre le Juftinien , le
Conftantin , le Theodofe de
noftre Siecle , par les Loix qu'il a
établies , par fes foins à détruire
l'Herefie dans fon Royaume ,
par la Paix univerfelle qu'il a
donnée à toute l'Europe . Il s'étendit
fur l'utilité de ces Loix , fur
les charmes de la réunion de tant
de Sujets en une mefme Eglife ,
fur le bien de cette Paix. Il
s'attacha particulierement à louer
les moyens doux & paiſibles dont
s'eft fervie Sa Majestépour ramener
tant de monde égaré , &
montra comment depuis plufieurs
années Elle avoitfait connoîtrefes
GALANT. 273
pieufes intentions ; comment elle
arvoit réveillé par fes Edits , fes
Declarations , les Arrefts de
fon Confeil , ces malheureux endermis
dans leurs erreurs , & enfevelis
dans les tenebres de l'Herefie
; comment par des démarches
de Pere plûtoft que de Roy , elle
avoit tâché de les attirer à la verité
; & comment par desfollicitations
& des récompenfes , plutoft
que par des rigueurs des peines,
Elle les avoit voulu faire rentrer
dans la Religion de leurs Peres.
Ce fage Magistrat n'oublia
rien de tout ce qui pouvoit faire
un parfait Panegyrique, & dans
274 MERCURE
une ample matiere , il trouva de.
quoy remplir unDifcours éloquent , "
agreable , bien fuivy , avec une
grace & une action digne de celuy
qui le prononçoit. C'est ainsi que
toutes les années il s'acquitte d'un
employ attaché à fa Charge , qui
fait dire à tout le monde que perfonne
n'en pouvoit eftre plus digne
que luy. Vous fçavezfans doute
qu'il eft petit Fils du cofté maternel
de Pompone de Belliévre
Chancelier de France ; & qu'Artus
de Prunier de Saint André
fon Ayeul Paternel , poffedoit la
mefme Charge dans un temps où
les Guerres civiles de la Religion
GALANT. 275
demandoient que cette Place fuft
occupée par un Homme vigilant,
prudent &fçavant , & iltémoigna
de l'eftre veritablement en
plufieurs occafions.
Le 14. du mefme mois de Novembre
, Meffire Etienne le Camus
Evefque de Grenoble , dont
la Famille a toujours efté attachée
à celle de le Tellier , & qui a receu
en particulier de feu M' le
Chancelier
, des témoignages publics
de fon eftime & de fa protection
, fit faire un Service folemnel
dans fon Eglife Cathedrale
pour l'ame de ce grand
Homme , & ily officia.
276 MERCURE
Le 15. le Parlement fit faire
extraordinairement un pareil Service
dans l'Eglife Collegiale de
Saint André de la meſme Ville où
il affifta en Corps de Cour, témoignage
certain de la veneration
qu'il conferve pour ce grand Chef
de la Fuftice , puifque jamais il
n'avoit fait une femblable Ceremonie
pour aucun Chancelier de
France , ayant efté convié pour
celle- cy par le zele particulier de
fon premier Prefident.
Le 16. la Chambre des Com
ptes en fit faire autant dans la
mefme Eglife.
Le 17. le Chapitre de cette
GALANT. 277
Eglife fit auffi un pareil Service,
en reconnoiffance de la Justice que
cet illuftre Mort luy avoit renduë
en 1684. en un Procez qui luy ef
toit important , & qu'un pretexte
de Régale leur avoit fufcité.
Tous ces Services ont eſtéfaits,
le Choeurde ces deux Eglifes tendude
noir avecdes lez de velours,
fur lefquels eftoient de distance en
diftance les Armoiries de Mr le
Chancelier , & au milieu du
Choeur a toujours paru un Maufolée
couvert d'un Dais de velours
noir , le tout parfaitement
bien illuminé.
Les Officiers fervans dans la
278 MERCURE
Chancellerie prés du Parlement ,
affifterent auffi à un autre Service
qu'ils furent faire ce meſme jour en
l'Eglife de Sainte Claire .Jefais,
Monfieur , voftre ,
de la Lettre de M Allard
dont je vous envoïay le com.
mencement le mois paffé ,
ce qui s'eft dit au Parlement
de Grenoble fur ce Sujet.
1 :|:|སད ཆེནནས
GALANT. 271
sses Sas SS SSSSSS
SUITE D'UNE LETTRE
de M' Allard , ancien Prefident
en l'Election de Grenoble.
M
Onfieur de Saint André,
Marquis de Virień ,
premier Prefident au Parlement
de Grenoble , harangua à l'Ouverture
de la Saint Martin, d'une
maniere fi judicieuſe & fi éloquente
, qu'il fut admiré de tous
ceux qui rempliffoient la Chambre
d'Audience. La matiere de
fon Difcours , fut l'Eloge du Roy,
Z
iiij
272 MERCURE
qu'ilfit voir eftre le Juftinien , le
Conftantin , le Theodofe de
noftre Siecle , par les Loix qu'il a
établies , par fes foins à détruire
l'Herefie dans fon Royaume ,
par la Paix univerfelle qu'il a
donnée à toute l'Europe . Il s'étendit
fur l'utilité de ces Loix , fur
les charmes de la réunion de tant
de Sujets en une mefme Eglife ,
fur le bien de cette Paix. Il
s'attacha particulierement à louer
les moyens doux & paiſibles dont
s'eft fervie Sa Majestépour ramener
tant de monde égaré , &
montra comment depuis plufieurs
années Elle avoitfait connoîtrefes
GALANT. 273
pieufes intentions ; comment elle
arvoit réveillé par fes Edits , fes
Declarations , les Arrefts de
fon Confeil , ces malheureux endermis
dans leurs erreurs , & enfevelis
dans les tenebres de l'Herefie
; comment par des démarches
de Pere plûtoft que de Roy , elle
avoit tâché de les attirer à la verité
; & comment par desfollicitations
& des récompenfes , plutoft
que par des rigueurs des peines,
Elle les avoit voulu faire rentrer
dans la Religion de leurs Peres.
Ce fage Magistrat n'oublia
rien de tout ce qui pouvoit faire
un parfait Panegyrique, & dans
274 MERCURE
une ample matiere , il trouva de.
quoy remplir unDifcours éloquent , "
agreable , bien fuivy , avec une
grace & une action digne de celuy
qui le prononçoit. C'est ainsi que
toutes les années il s'acquitte d'un
employ attaché à fa Charge , qui
fait dire à tout le monde que perfonne
n'en pouvoit eftre plus digne
que luy. Vous fçavezfans doute
qu'il eft petit Fils du cofté maternel
de Pompone de Belliévre
Chancelier de France ; & qu'Artus
de Prunier de Saint André
fon Ayeul Paternel , poffedoit la
mefme Charge dans un temps où
les Guerres civiles de la Religion
GALANT. 275
demandoient que cette Place fuft
occupée par un Homme vigilant,
prudent &fçavant , & iltémoigna
de l'eftre veritablement en
plufieurs occafions.
Le 14. du mefme mois de Novembre
, Meffire Etienne le Camus
Evefque de Grenoble , dont
la Famille a toujours efté attachée
à celle de le Tellier , & qui a receu
en particulier de feu M' le
Chancelier
, des témoignages publics
de fon eftime & de fa protection
, fit faire un Service folemnel
dans fon Eglife Cathedrale
pour l'ame de ce grand
Homme , & ily officia.
276 MERCURE
Le 15. le Parlement fit faire
extraordinairement un pareil Service
dans l'Eglife Collegiale de
Saint André de la meſme Ville où
il affifta en Corps de Cour, témoignage
certain de la veneration
qu'il conferve pour ce grand Chef
de la Fuftice , puifque jamais il
n'avoit fait une femblable Ceremonie
pour aucun Chancelier de
France , ayant efté convié pour
celle- cy par le zele particulier de
fon premier Prefident.
Le 16. la Chambre des Com
ptes en fit faire autant dans la
mefme Eglife.
Le 17. le Chapitre de cette
GALANT. 277
Eglife fit auffi un pareil Service,
en reconnoiffance de la Justice que
cet illuftre Mort luy avoit renduë
en 1684. en un Procez qui luy ef
toit important , & qu'un pretexte
de Régale leur avoit fufcité.
Tous ces Services ont eſtéfaits,
le Choeurde ces deux Eglifes tendude
noir avecdes lez de velours,
fur lefquels eftoient de distance en
diftance les Armoiries de Mr le
Chancelier , & au milieu du
Choeur a toujours paru un Maufolée
couvert d'un Dais de velours
noir , le tout parfaitement
bien illuminé.
Les Officiers fervans dans la
278 MERCURE
Chancellerie prés du Parlement ,
affifterent auffi à un autre Service
qu'ils furent faire ce meſme jour en
l'Eglife de Sainte Claire .Jefais,
Monfieur , voftre ,
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Résumé : SUITE D'UNE LETTRE de Mr Allard, ancien President en l'Election de Grenoble.
Le texte évoque plusieurs événements en mémoire de Michel Le Tellier, ancien chancelier de France. Le marquis de Saint-André, premier président au Parlement de Grenoble, a prononcé un discours lors de l'ouverture de la Saint-Martin. Il a comparé le roi à des empereurs célèbres pour ses lois, ses efforts contre l'hérésie et la contribution à la paix en Europe. Saint-André a souligné les méthodes douces et pacifiques employées par le roi pour ramener les hérétiques à la foi catholique. Il est décrit comme un orateur éloquent et digne de sa charge, étant le petit-fils maternel de Pompone de Bellièvre et le descendant d'Artus de Prunier de Saint-André, également chancelier. Le 14 novembre, l'évêque Étienne Le Camus de Grenoble a organisé un service solennel pour l'âme de Michel Le Tellier. Le Parlement de Grenoble a suivi avec un service similaire dans l'église collégiale de Saint-André le 15 novembre. La Chambre des Comptes a également rendu hommage le 16 novembre, et le chapitre de l'église le 17 novembre. Ces cérémonies étaient marquées par des décorations sombres et les armoiries du chancelier, témoignant de la vénération et de la reconnaissance pour ses actions passées. Les officiers de la chancellerie ont également participé à un service à l'église de Sainte-Claire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1675
p. 278
« Tant de marques de veneration, de douleur & d'amour qui [...] »
Début :
Tant de marques de veneration, de douleur & d'amour qui [...]
Mots clefs :
Vénération, Médailles, Éternité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Tant de marques de veneration, de douleur & d'amour qui [...] »
Tant de marques de veneration
, de douleur & d'amour
qui ont éclaté de tous
coftez pour ce grand Homme
, ne peuvent eſtre mieux
fuivies que de la derniere
Medaille qui en a eſté frappée
; je vous l'envoye gravée,
afin qu'elle réveille dans tous
les coeurs un fouvenir qui y
doit durer eternellement.
, de douleur & d'amour
qui ont éclaté de tous
coftez pour ce grand Homme
, ne peuvent eſtre mieux
fuivies que de la derniere
Medaille qui en a eſté frappée
; je vous l'envoye gravée,
afin qu'elle réveille dans tous
les coeurs un fouvenir qui y
doit durer eternellement.
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1676
p. 278-296
Chapitre general de Cluny. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point parlé du Chapitre general qui [...]
Mots clefs :
Abbaye, Chapitre, Cluny, Cardinal, Église, Ordre, Pape, Messe, Saints, Délibérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre general de Cluny. [titre d'après la table]
Je ne vous ay point parlé
GALANT. 279
du Chapitre general qui a
efté tenu depuis deux mois
dans l'Abbaye de Cluny , parce
que les circonstances ne
in'en eftoient pas connuës.
Cette Abbaye a efté fondée
en 910. par Guillaume Duc
d'Aquitaine. Les Monaſteres
qui s'y foûmirent en meſme
temps , attirez par la fainteté
de cette Maiſon , formerent
prefque auffi- toft une Congregation
, qui fut la premiere
de l'Ordre de Saint Benoiſt.
Cette Congregation a
efté le foûtien de l'Egliſe pendant
deux cens ans , & luy a
280 MERCURE
fourny quatre Papes, & une
infinité de grands Hommes.
Elle avoit commencé à déchoir
du temps de Saint Bernard
, & depuis on a fait de
temps en temps divers efforts
pour luy rendre ſon premier
luftre , mais on peut dire que
ç'a efté inutilement . Le defaut
de Chapitres generaux,
fur tout dans ces derniers
temps , a efté en partie cauſe
de ce relâchement. C'eft ce
qui obligea le Roy , toûjours
fenfible aux maux de l'Eglife,
& toûjours appliqué à y procurer
les remedes , d'en faire
GALANT. 281
tenir deux à Paris en 1676. &
1678. pendant la vacance de
l'Abbaye de Cluny . Dans ces
deux Chapitres , on fit de fa
ges Reglemens , qui nean
moins n'ont pas eu tout le
fuccés que l'on s'en eftoit
promis, quelque zele & quelque
application qu'ayent eu
pour cela les Commiffaires
que le Roy avoit nommez
pour y affifter de fa part.
M' le Cardinal de Bouillon
ayant efté depuis élû Abbé
de cette Abbaye , & par là
eftant devenu Chef , Superieur
, & General Admini-
Decembre 1685. A a
282 MERCURE
ftrateur de tout l'Ordre , a
crû ne pouvoir mieux commencer
fon Adminiſtratinn ,
que par la tenuë d'un autre
Chapitre , dans lequel on
puft prendre les mesures neceffaires
pour entrer en execution
des Reglemens des
deux précedens , en former
de nouveaux , s'il eftoit befoin
, & enfin parvenir à une
fainte Reformation . I le
convoqua au Dimanche 21.
du mois d'Octobre dernier,
dans l'Abbaye de Cluny , où
l'on ne s'eftoit point affemblé
en corps de Chapitre de
GALANT. 283
puis celuy que Dom Claude
de Gurfe Abbé Regulier de
cette Abbaye , tint en 1600 .
Plufieurs Abbez, Prieurs, Officiers
, & autres Religieux
de cet Ordre ', fe rendirent
de toutes les Provinces du
Royaume , à cette Affemblée,
dont l'ouverture
fe fit par une
Meffe du Saint Efprit , folemnellement
celebrée par ce
Cardinal , en habits Pontifi
caux .
Tous les Religieux , mefmet
les Preftres , communierent
de fa main , aprés s'eftre donnez
le baifer de paix les uns
A a ij
284 MERCURE
aux autres , & avoir porté à
l'Offrande le Pain dont ils
devoient communier. Le
Chantre prefenta le Vin en
ceremonie. Tous les Officiers
de l'Autel communierent
auffi fous l'efpece du Vin ,
fuivant le premier ufage de
l'Eglife , qui a toûjours con
tinué dans ce celebre Monaftere
; ce qui peut eftre de
quelque edification pour les
nouveaux Convertis , qui doivent
connoiftre & eftre convaincus
par
glife eft éloignée d'avoir pour
l'ufage de la Coupe , les fen
là combien l'EGALANT.
285
timens que luy imputent les
Miniftres Proteftans , puifque
quelques raifons qu'ait
eues le Concile de Trente de
déclarer qu'elle n'erre point,
quand elle ne donne aux
Laïques la Communion que
fous l'efpece du pain , on
voit bien neanmoins qu'elle
veut bien conſerver toûjours
en quelques Eglifes l'ufage
de la donner encore fous
celle du vin .
Aprés la Meffe M' le Cardinal
de Bouillon , revêtu de
fa Chappe rouge , paffa par le
milieu du Choeur , où tous les
286 MERCURE
Religieux l'attendoient , &
alla au Chapitre fuivy premierement
des fix Enfans de
Choeur , puis des Abbez &
de Prieurs, & enfin de tous les
Religieux . Là un Religieux
du Monaftere fit un Difcours
en Latin , qui futfuivy
d'un autre de ce Cardinal,
dans lequel il fit connoiſtre
avec beaucoup d'éloquence
& de pieté le relachement
où la Difcipline de l'Ordre
eftoit tombée , témoignant
fa douleur de l'état où il le
voyoit , & empruntant pour
l'exprimer , les paroles des
GALANT. 287
Prophetes , lors qu'ils déplo
rent la ruïne & la défolation
e de Jerufalem ce qu'il fit
>
d'une maniere vive & touchante
, ayant exhorté enfuite
avec beaucoup de force
tous les Religieux à rentrer
dans la pureté de la Regle
de Saint Benoift , & à reprendre
l'efprit & les Inftitutions.
primitives de cét Ordre , autrefois
la gloire & la ſplendeur
de l'eftat Monaftique ,
ainfi que la joye & l'édification
de toute l'Eglife . On
lût enfuite les Noms des Définiteurs
du Chapitre prece288
MERCURE
dent , qui fortirent en meſme
temps avec M ' le Cardinal
de Bouillon , fuivy des
fix Enfans pour aller dans le
Définitoire , afin d'y élire de
nouveaux Définiteurs ; &
fit
pendant ce temps on lût les
noms des Religieux de l'Ordre
qui eftoient morts depuis
le dernier Chapitre , & on
pour eux les Prieres ordinaires
. M' le Cardinal de
Bouillon acccompagné des
Définiteurs
du Chapitre precedent
, & toûjours fuivy
des Enfans de Choeur , eftant
revenu du Définitoire ,
on
publia
GALANT. 289
publia les nouveaux qu'on
venoit d'élire , & enfuite on
alla au Définitoire , où tout
de monde mangea maigre ;
mefme les Anciens , qui par
un certain mouvement de
pieté , ne voulurent point,
malgré leurs difpenfes, ufer
de viande dans un lieu confa .
cré par l'abſtinence de leurs
Peres , & dans lequel un
contraire ufage n'avoit jamais
encore efte introduit,
à quoy ils furent mefme portez
par l'exemple de M le
Cardinal de Bouillon , qui ſe
trouva auffi- bien qu'eux au
Decembre 1685. Bb
290 MERCURE
Refectoire , où il fit toutes
les fonctions , ayant dit le
Benedicite & les Graces que
l'on finit dans le Chapitre ,
où l'on alla au fortir du Refectoire
, en chantant le Mi
ferere. L'aprés-midy les nouveaux
Définiteurs s'affemblerent
pour la premiere fois ,
& éleurent les Officiers du
Chapitre , fçavoir deux Secretaires
pris du nombre
meſme des Définiteurs , deux
Auditeurs des Cauſes , deux
Auditeurs des Excufes , &
deux Portiers . Ces Définiteurs
font au nombre de
GALANT. 291
» quinze , choifis d'entre les
Abbez ou Prieurs de l'Or
dre, ou Officiers de l'Abbaye
de Cluny , & ils agiffent toûjours
comme Déleguez du
Saint Siege , felon les Bulles
des Papes , en forte que tous
les Statuts & tous les Decrets
qu'ils forment pour le Reglement
de la Difcipline de
L'Ordre, font revêtus de l'Authorité
Apoftolique
. Il y en
avoit huit pris du Corps des
Anciens , & fept de celuy des
Reformez ; & à cela prés , il
yaa toûjours eu fort peu de
difference entre les deux Ob.
Bb ij
292 MERCURE
fervances pendant tout le
Chapitre , puifqu'ils ont pris
tous dans l'Eglife , dans le
Chapitre , dans le Refectoire
, & dans les autres lieux
d'Aſſemblée , le rang de leur
Veſture indifferemment , &
fans autre diftinction d'Obfervance
que celle de l'Habit
& de la Tonfure , furquoy
jufques icy on n'a pû
encore établir d'uniformité .
Le Lundy & les deux jours
fuivans , on tint le Définitoire
foir & matin. L'on y
prit plufieurs Déliberations
avantageufes au bien de l'OrGALANT.
293
\ ·
dre ; & entre autres le nouveau
Breviaire de cét Ordre ,
dont le projet avoit efté loüé
& approuvé déja dans les
precedens Chapitres . Il fut
prefenté tout imprimé par
Dom Paul Rabuffon Souf
chambrier de l'Abbaye de
Cluny , & Dom Claude Devers
Tréforier de la mefme
Abbaye , & trouvé conforme
à la Regle de Saint Benoiſt
, à l'efprit de l'Eglife ,
aux Decrets des Conciles ,
aux Capitulaires de nos
Roys , & à l'intention des
Papes , & particulierement
de Paul V. Bb iij
294 MERCURE
Le Jeudy on ne tint point
le
Définitoire , parce que
c'eftoit le jour de la Dedicace
de l'Eglife de Cluny.
Le grand Prieur de l'Abbaye
fit l'Office , & la Meffe fut
celebrée felon les Ceremo
nies de l'Ordre. Le Vendredy
on continua le Définitoire
, & l'on élut le Procureur
General de l'Ordre &
les Vifiteurs des Provinces .
Le Samedy aprés midy on
conclut le Chapitre par la
lecture des Statuts , & par
Benediction que donna M
le Cardinal de Bouillon.
GALANT. 295
Plufieurs Perfonnes des environs
fe font trouvées à
l'Ouverture de ce Chapirre,
entr-autres -M¹ l'Evefque de
Chaalons fur Saone,le Prieur
des Chartreux de Lyon , &
quelques Jefuites de la meſme
Ville , M. l'Abbé de Septfonds
, M' le Doyen de l'Eglife
d'Autun, quelques Chanoines
de Tournus , & M' de
Santeüil Chanoine Regulier
de l'Abbaye de Saint Victor
de Paris , dont les Hymnes
qu'il a composées
pour le
nouveau Breviaire de Cluny,
furent leues dans le Défini-
Bb iiij
296 MERCURE
toire avec reconnoiffance &
avec applaudiffement.
GALANT. 279
du Chapitre general qui a
efté tenu depuis deux mois
dans l'Abbaye de Cluny , parce
que les circonstances ne
in'en eftoient pas connuës.
Cette Abbaye a efté fondée
en 910. par Guillaume Duc
d'Aquitaine. Les Monaſteres
qui s'y foûmirent en meſme
temps , attirez par la fainteté
de cette Maiſon , formerent
prefque auffi- toft une Congregation
, qui fut la premiere
de l'Ordre de Saint Benoiſt.
Cette Congregation a
efté le foûtien de l'Egliſe pendant
deux cens ans , & luy a
280 MERCURE
fourny quatre Papes, & une
infinité de grands Hommes.
Elle avoit commencé à déchoir
du temps de Saint Bernard
, & depuis on a fait de
temps en temps divers efforts
pour luy rendre ſon premier
luftre , mais on peut dire que
ç'a efté inutilement . Le defaut
de Chapitres generaux,
fur tout dans ces derniers
temps , a efté en partie cauſe
de ce relâchement. C'eft ce
qui obligea le Roy , toûjours
fenfible aux maux de l'Eglife,
& toûjours appliqué à y procurer
les remedes , d'en faire
GALANT. 281
tenir deux à Paris en 1676. &
1678. pendant la vacance de
l'Abbaye de Cluny . Dans ces
deux Chapitres , on fit de fa
ges Reglemens , qui nean
moins n'ont pas eu tout le
fuccés que l'on s'en eftoit
promis, quelque zele & quelque
application qu'ayent eu
pour cela les Commiffaires
que le Roy avoit nommez
pour y affifter de fa part.
M' le Cardinal de Bouillon
ayant efté depuis élû Abbé
de cette Abbaye , & par là
eftant devenu Chef , Superieur
, & General Admini-
Decembre 1685. A a
282 MERCURE
ftrateur de tout l'Ordre , a
crû ne pouvoir mieux commencer
fon Adminiſtratinn ,
que par la tenuë d'un autre
Chapitre , dans lequel on
puft prendre les mesures neceffaires
pour entrer en execution
des Reglemens des
deux précedens , en former
de nouveaux , s'il eftoit befoin
, & enfin parvenir à une
fainte Reformation . I le
convoqua au Dimanche 21.
du mois d'Octobre dernier,
dans l'Abbaye de Cluny , où
l'on ne s'eftoit point affemblé
en corps de Chapitre de
GALANT. 283
puis celuy que Dom Claude
de Gurfe Abbé Regulier de
cette Abbaye , tint en 1600 .
Plufieurs Abbez, Prieurs, Officiers
, & autres Religieux
de cet Ordre ', fe rendirent
de toutes les Provinces du
Royaume , à cette Affemblée,
dont l'ouverture
fe fit par une
Meffe du Saint Efprit , folemnellement
celebrée par ce
Cardinal , en habits Pontifi
caux .
Tous les Religieux , mefmet
les Preftres , communierent
de fa main , aprés s'eftre donnez
le baifer de paix les uns
A a ij
284 MERCURE
aux autres , & avoir porté à
l'Offrande le Pain dont ils
devoient communier. Le
Chantre prefenta le Vin en
ceremonie. Tous les Officiers
de l'Autel communierent
auffi fous l'efpece du Vin ,
fuivant le premier ufage de
l'Eglife , qui a toûjours con
tinué dans ce celebre Monaftere
; ce qui peut eftre de
quelque edification pour les
nouveaux Convertis , qui doivent
connoiftre & eftre convaincus
par
glife eft éloignée d'avoir pour
l'ufage de la Coupe , les fen
là combien l'EGALANT.
285
timens que luy imputent les
Miniftres Proteftans , puifque
quelques raifons qu'ait
eues le Concile de Trente de
déclarer qu'elle n'erre point,
quand elle ne donne aux
Laïques la Communion que
fous l'efpece du pain , on
voit bien neanmoins qu'elle
veut bien conſerver toûjours
en quelques Eglifes l'ufage
de la donner encore fous
celle du vin .
Aprés la Meffe M' le Cardinal
de Bouillon , revêtu de
fa Chappe rouge , paffa par le
milieu du Choeur , où tous les
286 MERCURE
Religieux l'attendoient , &
alla au Chapitre fuivy premierement
des fix Enfans de
Choeur , puis des Abbez &
de Prieurs, & enfin de tous les
Religieux . Là un Religieux
du Monaftere fit un Difcours
en Latin , qui futfuivy
d'un autre de ce Cardinal,
dans lequel il fit connoiſtre
avec beaucoup d'éloquence
& de pieté le relachement
où la Difcipline de l'Ordre
eftoit tombée , témoignant
fa douleur de l'état où il le
voyoit , & empruntant pour
l'exprimer , les paroles des
GALANT. 287
Prophetes , lors qu'ils déplo
rent la ruïne & la défolation
e de Jerufalem ce qu'il fit
>
d'une maniere vive & touchante
, ayant exhorté enfuite
avec beaucoup de force
tous les Religieux à rentrer
dans la pureté de la Regle
de Saint Benoift , & à reprendre
l'efprit & les Inftitutions.
primitives de cét Ordre , autrefois
la gloire & la ſplendeur
de l'eftat Monaftique ,
ainfi que la joye & l'édification
de toute l'Eglife . On
lût enfuite les Noms des Définiteurs
du Chapitre prece288
MERCURE
dent , qui fortirent en meſme
temps avec M ' le Cardinal
de Bouillon , fuivy des
fix Enfans pour aller dans le
Définitoire , afin d'y élire de
nouveaux Définiteurs ; &
fit
pendant ce temps on lût les
noms des Religieux de l'Ordre
qui eftoient morts depuis
le dernier Chapitre , & on
pour eux les Prieres ordinaires
. M' le Cardinal de
Bouillon acccompagné des
Définiteurs
du Chapitre precedent
, & toûjours fuivy
des Enfans de Choeur , eftant
revenu du Définitoire ,
on
publia
GALANT. 289
publia les nouveaux qu'on
venoit d'élire , & enfuite on
alla au Définitoire , où tout
de monde mangea maigre ;
mefme les Anciens , qui par
un certain mouvement de
pieté , ne voulurent point,
malgré leurs difpenfes, ufer
de viande dans un lieu confa .
cré par l'abſtinence de leurs
Peres , & dans lequel un
contraire ufage n'avoit jamais
encore efte introduit,
à quoy ils furent mefme portez
par l'exemple de M le
Cardinal de Bouillon , qui ſe
trouva auffi- bien qu'eux au
Decembre 1685. Bb
290 MERCURE
Refectoire , où il fit toutes
les fonctions , ayant dit le
Benedicite & les Graces que
l'on finit dans le Chapitre ,
où l'on alla au fortir du Refectoire
, en chantant le Mi
ferere. L'aprés-midy les nouveaux
Définiteurs s'affemblerent
pour la premiere fois ,
& éleurent les Officiers du
Chapitre , fçavoir deux Secretaires
pris du nombre
meſme des Définiteurs , deux
Auditeurs des Cauſes , deux
Auditeurs des Excufes , &
deux Portiers . Ces Définiteurs
font au nombre de
GALANT. 291
» quinze , choifis d'entre les
Abbez ou Prieurs de l'Or
dre, ou Officiers de l'Abbaye
de Cluny , & ils agiffent toûjours
comme Déleguez du
Saint Siege , felon les Bulles
des Papes , en forte que tous
les Statuts & tous les Decrets
qu'ils forment pour le Reglement
de la Difcipline de
L'Ordre, font revêtus de l'Authorité
Apoftolique
. Il y en
avoit huit pris du Corps des
Anciens , & fept de celuy des
Reformez ; & à cela prés , il
yaa toûjours eu fort peu de
difference entre les deux Ob.
Bb ij
292 MERCURE
fervances pendant tout le
Chapitre , puifqu'ils ont pris
tous dans l'Eglife , dans le
Chapitre , dans le Refectoire
, & dans les autres lieux
d'Aſſemblée , le rang de leur
Veſture indifferemment , &
fans autre diftinction d'Obfervance
que celle de l'Habit
& de la Tonfure , furquoy
jufques icy on n'a pû
encore établir d'uniformité .
Le Lundy & les deux jours
fuivans , on tint le Définitoire
foir & matin. L'on y
prit plufieurs Déliberations
avantageufes au bien de l'OrGALANT.
293
\ ·
dre ; & entre autres le nouveau
Breviaire de cét Ordre ,
dont le projet avoit efté loüé
& approuvé déja dans les
precedens Chapitres . Il fut
prefenté tout imprimé par
Dom Paul Rabuffon Souf
chambrier de l'Abbaye de
Cluny , & Dom Claude Devers
Tréforier de la mefme
Abbaye , & trouvé conforme
à la Regle de Saint Benoiſt
, à l'efprit de l'Eglife ,
aux Decrets des Conciles ,
aux Capitulaires de nos
Roys , & à l'intention des
Papes , & particulierement
de Paul V. Bb iij
294 MERCURE
Le Jeudy on ne tint point
le
Définitoire , parce que
c'eftoit le jour de la Dedicace
de l'Eglife de Cluny.
Le grand Prieur de l'Abbaye
fit l'Office , & la Meffe fut
celebrée felon les Ceremo
nies de l'Ordre. Le Vendredy
on continua le Définitoire
, & l'on élut le Procureur
General de l'Ordre &
les Vifiteurs des Provinces .
Le Samedy aprés midy on
conclut le Chapitre par la
lecture des Statuts , & par
Benediction que donna M
le Cardinal de Bouillon.
GALANT. 295
Plufieurs Perfonnes des environs
fe font trouvées à
l'Ouverture de ce Chapirre,
entr-autres -M¹ l'Evefque de
Chaalons fur Saone,le Prieur
des Chartreux de Lyon , &
quelques Jefuites de la meſme
Ville , M. l'Abbé de Septfonds
, M' le Doyen de l'Eglife
d'Autun, quelques Chanoines
de Tournus , & M' de
Santeüil Chanoine Regulier
de l'Abbaye de Saint Victor
de Paris , dont les Hymnes
qu'il a composées
pour le
nouveau Breviaire de Cluny,
furent leues dans le Défini-
Bb iiij
296 MERCURE
toire avec reconnoiffance &
avec applaudiffement.
Fermer
Résumé : Chapitre general de Cluny. [titre d'après la table]
Un chapitre général de l'Ordre de Saint Benoît s'est récemment tenu à l'abbaye de Cluny, fondée en 910 par Guillaume Duc d'Aquitaine. Cette abbaye avait été influente pendant deux siècles, produisant quatre papes et de nombreux hommes illustres. Cependant, depuis l'époque de Saint Bernard, elle a connu un déclin malgré des tentatives de réforme. Le manque de chapitres généraux récents a exacerbé ce déclin, conduisant le roi à en organiser deux à Paris en 1676 et 1678. En octobre 1685, le cardinal de Bouillon, nouvel abbé de Cluny, a convoqué un nouveau chapitre pour réformer l'ordre. La cérémonie a débuté par une messe solennelle et un discours du cardinal sur le déclin disciplinaire, exhortant à revenir à la règle de Saint Benoît. Des nouveaux définiteurs ont été élus et des délibérations ont eu lieu lundi, mardi et mercredi, incluant l'approbation d'un nouveau bréviaire conforme à la règle de Saint Benoît et aux décrets des conciles. Jeudi, aucune réunion n'a eu lieu en raison de la dédicace de l'église de Cluny. Vendredi, le définitoire a élu le procureur général et les visiteurs des provinces. Samedi, le chapitre s'est conclu par la lecture des statuts et une bénédiction. Plusieurs personnalités ecclésiastiques ont assisté à l'ouverture du chapitre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1677
p. 296
Conversions faites par Mr le Cardinal de Boüillon. [titre d'après la table]
Début :
Dans ce mesme temps tous les Heretiques de la Ville de [...]
Mots clefs :
Conversions, Hérétiques, Cardinal de Bouillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions faites par Mr le Cardinal de Boüillon. [titre d'après la table]
Dans ce mefme temps tous
les Heretiques de la Ville de
Cluny defabufez des erreurs
de leur Religion , par M le
Cardinal de Bouillon , & inftruits
des veritez de la nôtre
, firent abjuration de
l'herefie entre les mains de
Dom Claude de Brou Archidiacre
de Cluny , en preſencedes
Curez & des Officiers
de la Ville.
les Heretiques de la Ville de
Cluny defabufez des erreurs
de leur Religion , par M le
Cardinal de Bouillon , & inftruits
des veritez de la nôtre
, firent abjuration de
l'herefie entre les mains de
Dom Claude de Brou Archidiacre
de Cluny , en preſencedes
Curez & des Officiers
de la Ville.
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1678
p. 296-297
Couches de Madame la Duchesse Royale. [titre d'après la table]
Début :
Le 6. de ce mois, Madame la Duchesse Royale accoucha [...]
Mots clefs :
Naissance, Duchesse royale, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Couches de Madame la Duchesse Royale. [titre d'après la table]
Le 6. de ce mois , Madame.
la Ducheffe Royale accoucha
d'une Princeffe fur les
GALANT 297
trois heures du matin . Monfieur
le Duc de Savoye dépef
cha auffi-toft M le Marquis
de la Pierre pour en porter là
nouvelle à la Cour de France
, & Madame la Ducheffe
Royale nomma auffi M' le
Comte de Govon pour la
porter à Monfieur. à Monfieur .
la Ducheffe Royale accoucha
d'une Princeffe fur les
GALANT 297
trois heures du matin . Monfieur
le Duc de Savoye dépef
cha auffi-toft M le Marquis
de la Pierre pour en porter là
nouvelle à la Cour de France
, & Madame la Ducheffe
Royale nomma auffi M' le
Comte de Govon pour la
porter à Monfieur. à Monfieur .
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1679
p. 297-299
Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Mr le Marquis de la Pierre fut presenté au Roy [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur de Savoie, Gentilhomme, Diligence, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Le 12. M
le Marquis de la Pierre fut
preſenté au Roy par M¹ le
Marquis de Ferreiro Ambaf.-
fadeur de Savoye . Je vous ay
déja parlé de luy dans quelqu'une
de mes Lettres . Il eſt
Gentilhomme de la Chambre
de Son A. R. de Savoye,
298 MERCURE
Maréchal de Camp dans fes
Armées , & Colonel du Regiment
de Piémont. Il a fait
beaucoup de diligence , afin
d'annoncer le premier au
Roy & à Monfieur, l'heureux
Accouchement , qui faiſoit
le fujet de fon voyage. C'eſt
le mefme qui a eu l'honneur
dans les dernieres guerres ,
de
commander les quatre
Regimens d'Infanterie que
Monfieur le Duc de Savoye
avoit en France , & que le
Roy fit Brigadier. Il a fait
plufieurs Campagnes en cette
qualité , & la maniere dont
GALANT. 299
il a fervy , luy a acquis l'efti
me du Roy, & l'amitié de tous
les Officiers.
le Marquis de la Pierre fut
preſenté au Roy par M¹ le
Marquis de Ferreiro Ambaf.-
fadeur de Savoye . Je vous ay
déja parlé de luy dans quelqu'une
de mes Lettres . Il eſt
Gentilhomme de la Chambre
de Son A. R. de Savoye,
298 MERCURE
Maréchal de Camp dans fes
Armées , & Colonel du Regiment
de Piémont. Il a fait
beaucoup de diligence , afin
d'annoncer le premier au
Roy & à Monfieur, l'heureux
Accouchement , qui faiſoit
le fujet de fon voyage. C'eſt
le mefme qui a eu l'honneur
dans les dernieres guerres ,
de
commander les quatre
Regimens d'Infanterie que
Monfieur le Duc de Savoye
avoit en France , & que le
Roy fit Brigadier. Il a fait
plufieurs Campagnes en cette
qualité , & la maniere dont
GALANT. 299
il a fervy , luy a acquis l'efti
me du Roy, & l'amitié de tous
les Officiers.
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Résumé : Envoyé extraordinaire de Savoye, en France. [titre d'après la table]
Le 12 mars, le Marquis de la Pierre, gentilhomme de la Chambre du roi de Savoie, Maréchal de camp et colonel du régiment de Piémont, fut présenté au roi par le Marquis de Ferreiro. Il annonça un heureux accouchement. Durant les dernières guerres, il commanda quatre régiments d'infanterie en France et fut nommé brigadier par le roi, participant à plusieurs campagnes et gagnant son estime ainsi que l'amitié des officiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1680
p. 299-300
Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Début :
Aussi Sa Majesté luy fit-elle l'honneur de luy dire que [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de France, Savoie, Gentilhomme, Altesses royales, Marquis d'Urfé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Auffi Sa Majefté
luy fit -elle l'honneur de luy
dire que Monfieur le Duc de
Savoye ne pouvoit luy envoyer
une perfonne qui luy
fuft plus agreable ; & comme
il eft fort connu à la Cour ,
il en receut mille careffes :
Monfieur
, pour marquer la
joye que luy cauſoit la nouvelle
que ce Marquis luy avoit
apportée , fit choix dés
le lendemain de Mr le Comte
de Tonnerre , premier Gentilhomme
de fa Chambre ,
1
300
MERCURE
pour aller
complimenter de
fa part leurs Alteffes Royales
de
Savoye , & le Roy a nommé
depuis pour le même fujet
M ' le
Marquis d'Urfé , Lieutenat
de fes
Gardes du
Corps .
luy fit -elle l'honneur de luy
dire que Monfieur le Duc de
Savoye ne pouvoit luy envoyer
une perfonne qui luy
fuft plus agreable ; & comme
il eft fort connu à la Cour ,
il en receut mille careffes :
Monfieur
, pour marquer la
joye que luy cauſoit la nouvelle
que ce Marquis luy avoit
apportée , fit choix dés
le lendemain de Mr le Comte
de Tonnerre , premier Gentilhomme
de fa Chambre ,
1
300
MERCURE
pour aller
complimenter de
fa part leurs Alteffes Royales
de
Savoye , & le Roy a nommé
depuis pour le même fujet
M ' le
Marquis d'Urfé , Lieutenat
de fes
Gardes du
Corps .
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Résumé : Envoyez extraordinaires de France en Savoye. [titre d'après la table]
Un souverain exprime son plaisir de recevoir le Duc de Savoie. La nouvelle est bien accueillie à la cour. Pour manifester sa joie, une personne désigne le Comte de Tonnerre, puis le Roi choisit le Marquis d'Urfé pour complimenter les Altesses Royales de Savoie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1681
p. 300-303
Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que Mr le Goux de la Berchere, [...]
Mots clefs :
Hôpital de la charité , Paris, Legs, Biens, Argent, Mr le Goux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Je
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
vous ay mandé que
le Goux de la
Berchere , Mar-
ME
quis
d'Inteville , Comte de
Rochepot , & premier Prefident
au
Parlement de Dauphiné
, avoit laiffé de grands
biens à
l'Hofpital de la Charité
de Paris . Il eſt vray qu'il
l'a fait
Legataire
univerfel de
tous fes biens , aprés qu'on
aura payé fes debtes & fes
GALANT. 301
1
par
legs particuliers . On trouve
quefes debtes montent à plus
de vingt- cinq mille livres, &
fes legs particuliers à deux
cens quinze mille livres . Ainficet
Hofpital n'a encore tiré
aucun avantage de ce legs ,
qui a fait tant de bruit
toute la France .. Au contraire,
ce mefme legs qui ne foulage
en aucune forte les befoins
preffans où il fe trouve ,
l'a privé de beaucoup de fecours
& d'aumônes qu'on y
faifoit, & qui ont ceffé depuis
ce temps- là ; en quoy il fouffre
beaucoup , puifque fon
302 MERCURE
que
principal foûtien eſt fondé
fur les charitez des gens de
bien, qui croyent que ce legs
univerfel l'a mis à couvert de
tous befoins . On fera perſuadé
cela n'eft pas , fi l'on
fait reflexion qu'il eft partagé
avec les heritiers de M'de
la Berchere , qui en doivent
avoir plus de la moitié. Ce
qui en doit revenir à cet Hofpital
, confifte en effets qui
ne feront faciles à recouvrer
, & dont il y en a un de
prés de cent mille livres , qui
eft tout-à- fait perdu . On affeure
que fi quelqu'un voupas
GALANT. 303
•
loit traiter des pretentions de
cet Hoſpital , il les cederoit
pour cent mille frans. Il ne ſe
croit pas pour cela moins redevable
à fon Bienfaicteur ,
qui a cru luy faire de grands
avantages.
Fermer
Résumé : Article touchant le Legs que Mr de la Berchere fit en mourant à l'Hospital de la Charité. [titre d'après la table]
Le texte décrit la situation complexe du legs laissé par le Gouvernement de la Berchère à l'Hôpital de la Charité de Paris. L'hôpital est désigné légataire universel des biens après le paiement des dettes et des legs particuliers, qui s'élèvent respectivement à plus de vingt-cinq mille livres et deux cent quinze mille livres. En conséquence, l'hôpital n'a pas encore reçu ce legs, ce qui a entraîné une diminution des secours et aumônes habituels. Les bienfaiteurs ont réduit leurs dons, croyant que le legs universel suffisait. Cependant, ce legs est partagé avec les héritiers de la Berchère, qui en reçoivent plus de la moitié. Les biens destinés à l'hôpital incluent des effets difficiles à récupérer, dont un montant de près de cent mille livres considéré comme perdu. L'hôpital serait prêt à céder ses prétentions pour cent mille francs si quelqu'un traitait cette affaire. Malgré tout, l'hôpital exprime sa reconnaissance envers son bienfaiteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1682
p. 303-306
Comedies nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
La Troupe du Roy a donné plusieurs Representations d'une Comedie [...]
Mots clefs :
Troupe, Comédie, Modestie , Critique, Censure, Auditeurs, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comedies nouvelles. [titre d'après la table]
La Troupe du Roy a donné
plufieurs Repreſentations
d'une Comedie intitulée, Les
Façons du Temps. Comme on
ne dit point le nom de l'Autheur
, j'obſerveray là - deſſus
le filence que fa modeſtic
veut qu'on garde . Elle eft
d'un Homme du monde, qui
en ſçait les manieres , & de
304 MERCURE
qui mefine des perfonnes de
diftinction & de naiſſance ,
veulent bien recevoir des
préceptes pour apprendre à
vivre. Cette Piece a d'abord
efté traitée comme le font
celles qu'on eftime affez pour
les critiquer , car chacun fçait
que l'on ne fe donne pas la
peine de cenfurer, ce que l'on
trouve tout-à-fait méchant.
Aprés avoir effuyé la critique
de ceux qui ne voyent
les Ouvrages nouveaux que
pour en chercher les endroits
foibles, ellea efté joüée
à la Cour , où elle a receu un
GALANT 305
e accueil plus favorable, & où
parmy les fuffrages illuftres
qu'elle a eus , elle en a merité
de perfonnes reconnues &
eftimées, pour n'avoir jamais
déguisé leurs fentimens. Le
. Public defintereffé l'a veuë
enſuite . Il s'y eſt fort diverty,
& les Affemblées ont efté
nombreuſes. Comme elles
font le plus grand fuccés des
Picces , on peut dire que celle-
cy a eu beaucoup d'Ap.
probateurs , puis qu'elle a
toûjours eu des Auditeurs en
tres-grand nombre.
Je ne puis encore vous par-
Cc
Decembre 1685
306 MERCURE
ler d'Alcibiade, Tragedie nouvelle
de l'Autheur d'Andronic.
Elle fera repreſentée a
vant que ma Lettre parte ,
mais ma Lettre fera finie avant
qu'on la jouë . Cependant
je puis vous dire d'avance,
que cette Piece qui a eſté
leue à beaucoup de Connoiffeurs
, eft tellement eftimée
qu'elle doit avoir un tresgrand
fuccés.
plufieurs Repreſentations
d'une Comedie intitulée, Les
Façons du Temps. Comme on
ne dit point le nom de l'Autheur
, j'obſerveray là - deſſus
le filence que fa modeſtic
veut qu'on garde . Elle eft
d'un Homme du monde, qui
en ſçait les manieres , & de
304 MERCURE
qui mefine des perfonnes de
diftinction & de naiſſance ,
veulent bien recevoir des
préceptes pour apprendre à
vivre. Cette Piece a d'abord
efté traitée comme le font
celles qu'on eftime affez pour
les critiquer , car chacun fçait
que l'on ne fe donne pas la
peine de cenfurer, ce que l'on
trouve tout-à-fait méchant.
Aprés avoir effuyé la critique
de ceux qui ne voyent
les Ouvrages nouveaux que
pour en chercher les endroits
foibles, ellea efté joüée
à la Cour , où elle a receu un
GALANT 305
e accueil plus favorable, & où
parmy les fuffrages illuftres
qu'elle a eus , elle en a merité
de perfonnes reconnues &
eftimées, pour n'avoir jamais
déguisé leurs fentimens. Le
. Public defintereffé l'a veuë
enſuite . Il s'y eſt fort diverty,
& les Affemblées ont efté
nombreuſes. Comme elles
font le plus grand fuccés des
Picces , on peut dire que celle-
cy a eu beaucoup d'Ap.
probateurs , puis qu'elle a
toûjours eu des Auditeurs en
tres-grand nombre.
Je ne puis encore vous par-
Cc
Decembre 1685
306 MERCURE
ler d'Alcibiade, Tragedie nouvelle
de l'Autheur d'Andronic.
Elle fera repreſentée a
vant que ma Lettre parte ,
mais ma Lettre fera finie avant
qu'on la jouë . Cependant
je puis vous dire d'avance,
que cette Piece qui a eſté
leue à beaucoup de Connoiffeurs
, eft tellement eftimée
qu'elle doit avoir un tresgrand
fuccés.
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Résumé : Comedies nouvelles. [titre d'après la table]
La Troupe du Roy a présenté la comédie 'Les Façons du Temps', dont l'auteur anonyme est décrit comme un homme du monde connaissant les manières et capable de donner des conseils aux personnes distinguées. Initialement critiquée, la pièce a ensuite été bien accueillie à la cour et a suscité l'appréciation de personnes respectées pour son authenticité. Le public s'est également diverti lors des représentations, attirant de nombreuses assemblées. Par ailleurs, la tragédie 'Alcibiade', écrite par l'auteur d''Andronic', sera bientôt représentée. Bien que la lettre ait été écrite avant la représentation, la pièce a déjà été lue par plusieurs connaisseurs et est très estimée, laissant présager un grand succès.
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1683
p. 306-307
Audiance donnée à l'Envoyé extraordinaire de l'Empereur. [titre d'après la table]
Début :
Mr le Comte de Lobkovits, Envoyé extraordinaire de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Comte de Lobkovits, Envoyé extraordinaire, Audience, Versailles, Ambassadeurs, Compliments, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audiance donnée à l'Envoyé extraordinaire de l'Empereur. [titre d'après la table]
M' le Comte de Lobkovits,
Envoyé extraordinaire de
l'Empereur, a eufa premiere
Audiance du Roy à Verfailles.
Il y fut conduit par Mª de
GALANT. 307
Bonneuil Introducteur des
Ambaſſadeurs, dans les Caroffes
de Sa Majesté, & fuivy de
plufieurs des fiens fort magnifiques.
Sa livrée eftoit tres
riche , & les habits de fes Pages
& de fes Eftafiers eftoient
garnis de deux galons d'ar
gent , aux deux coftez d'un
galon de velours . Cet Envoyé
avoit un Jufte- au- corps
enrichy de pierreries , avec
un Cordon de diamans , &
une groffe attache au retrouffis
de fon Chapeau. Il fit fon
Compliment auRoy en Lan
gue Françoife.
Envoyé extraordinaire de
l'Empereur, a eufa premiere
Audiance du Roy à Verfailles.
Il y fut conduit par Mª de
GALANT. 307
Bonneuil Introducteur des
Ambaſſadeurs, dans les Caroffes
de Sa Majesté, & fuivy de
plufieurs des fiens fort magnifiques.
Sa livrée eftoit tres
riche , & les habits de fes Pages
& de fes Eftafiers eftoient
garnis de deux galons d'ar
gent , aux deux coftez d'un
galon de velours . Cet Envoyé
avoit un Jufte- au- corps
enrichy de pierreries , avec
un Cordon de diamans , &
une groffe attache au retrouffis
de fon Chapeau. Il fit fon
Compliment auRoy en Lan
gue Françoife.
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Résumé : Audiance donnée à l'Envoyé extraordinaire de l'Empereur. [titre d'après la table]
Le comte de Lobkovitz, envoyé de l'Empereur, a rencontré le Roi à Versailles. Accompagné de Madame de Galant, Bonneuil et des domestiques richement vêtus, il portait un justaucorps orné de pierreries et un cordon de diamants. Il a adressé un compliment au Roi en français.
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1684
p. 308
Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
Début :
Mr Richer Greffier en Chef de la Chambre des Comptes, [...]
Mots clefs :
Greffier, Chambre des comptes, Trésorier, Conseil, Nominations, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
MrRicher Greffier en Chef
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
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1685
p. 308-309
Pension donnée à Mr Picon. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a gratifié Mr Picon d'une Pension de deux mille [...]
Mots clefs :
Mr Picon, Pensions, Finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pension donnée à Mr Picon. [titre d'après la table]
Le Roy a gratifié M' Picon
d'une Penfion de deux
mille écus , pour les fervices
GALANT. 309.
qu'il luy a rendus fous M
Colbert & fous Mr Pelletier,
Controlleur General des Finances.
d'une Penfion de deux
mille écus , pour les fervices
GALANT. 309.
qu'il luy a rendus fous M
Colbert & fous Mr Pelletier,
Controlleur General des Finances.
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1686
p. 309-314
Mariage de Mr le Duc de la Meilleraye. [titre d'après la table]
Début :
Le Mariage de Mr le Duc de la Meilleraye, qui se devoit [...]
Mots clefs :
Mariage, Duc de la Milleraye, Mademoiselle , Contrat de mariage, Duchesse, Douceur, Piété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de Mr le Duc de la Meilleraye. [titre d'après la table]
Le Mariage de M ' le Duc
de laMeillera ye , qui fe devoit
faire à Besançon le lendemain
de Noël , fuivant ce que
je vous ay marqué dans un
des Articles de cette Lettre ,
y a efté fait quelques jours
auparavant. Cejeune Duc eft
bien fait de fa Perfonne , &
d'une adreffe diftinguée dans
toutes fortes d'Exercices . Il a
beaucoup d'efprit , de douceur
, & d'honneſteté dans
C
310 MERCUER
fes manieres , & les fentimens
fort élevez. Il parle bien &
tourneune Lettre auffi agreablement
qu'on le peut faire.
Voicy celle qu'il écrivit de
Befançon à Mademoiſelle
de Duras dés qu'il eut apris
que le Roy avoit figné leur
Contrat de Mariage .
M
ADEMOISELLE ,
Fe fuis dans une extreme
impatience defçavoir quelle
part vous prenez à mon bon
heur. Si vous y confentez d'auffe
bon coeur que je m'y abandonne
je me trouve par avance le plus
GALANT. 31r
3IF
heureux des hommes . Il ne manqueroit
rien à ma joye fi on ne
m'ostoit pas la liberté de vous
aller trouver. Ie ne sçaurois m'accommoder
de l'obligation où l'on
me met de vous attendre. Vous
ne fçauriez , Mademoiselle , venir
à moy auffi viste que j'irois à 2
vous ; mon repos dépend de me
voir en estat de vous affurer
moy- mefme que je veux estretonte
ma vie Voftre , &c.
Mademoiſelle de Duras ,
prefentement
Ducheffe de
la Meilleraye , eft auffi for
mée à
quatorze ans , que le
font à vingt les perfonnes
312 MERCURE
les mieux faites. Elle a cette
belle taille , ce grand air , &
cette bonne mine qui fem-.
ble infeparable de tous ceux
qui portent le nom de Duras
. Elle a le teint parfaite- .
ment beau , les yeux noirs ,
grands & bien fendus , la
bouche des mieux taillées, &
un bas de vifage des plus règuliers.
En un mot il y a peu
de Dames , à qui la Nature
ait eſté plus favorable. La
douceur qui luy eft naturelle
eft répandue dans tout fon
air. Elle a une bonté obli
geante pour ceux qui font
moins
"
GALANT.
313
moins qu'elle , & dans un
âge où l'on ne fçait guerre
comment il faut fe fervir
d'un bon efprit , elle fait du
fien des ufages dont tous
ceux qui luy parlent font
contans. Elle a efté nourrie
en Religion , mais des qu'elle
a paru dans le monde , elle
a fait voir qu'elle eftoit faite
pour y eftre auffi diftinguée
par fes manieres , qu'elle
doit l'eftre par fon rang &
par fa naiffance. M' le Marefchal
Duc de Duras fon
Pere , Capitaine des Gardes
du Corps de Sa Majeſté , eſt
Dd Decembre
1685.
314 MERCURE
d'une naiffance fi illuftre &
fi diftinguée , qu'il eft inutile
d'en parler. Il eft Neveu de
feu M' de Turenne . Tous les
Princes Souverains d'Allemagne
font fes plus proches
Parens , & il trouve parmy
des Teftes couronnées autant
de Coufins & de Neveux
, que la plupart des
autres Familles en comptent
parmy des gens d'une qualité
égale.
de laMeillera ye , qui fe devoit
faire à Besançon le lendemain
de Noël , fuivant ce que
je vous ay marqué dans un
des Articles de cette Lettre ,
y a efté fait quelques jours
auparavant. Cejeune Duc eft
bien fait de fa Perfonne , &
d'une adreffe diftinguée dans
toutes fortes d'Exercices . Il a
beaucoup d'efprit , de douceur
, & d'honneſteté dans
C
310 MERCUER
fes manieres , & les fentimens
fort élevez. Il parle bien &
tourneune Lettre auffi agreablement
qu'on le peut faire.
Voicy celle qu'il écrivit de
Befançon à Mademoiſelle
de Duras dés qu'il eut apris
que le Roy avoit figné leur
Contrat de Mariage .
M
ADEMOISELLE ,
Fe fuis dans une extreme
impatience defçavoir quelle
part vous prenez à mon bon
heur. Si vous y confentez d'auffe
bon coeur que je m'y abandonne
je me trouve par avance le plus
GALANT. 31r
3IF
heureux des hommes . Il ne manqueroit
rien à ma joye fi on ne
m'ostoit pas la liberté de vous
aller trouver. Ie ne sçaurois m'accommoder
de l'obligation où l'on
me met de vous attendre. Vous
ne fçauriez , Mademoiselle , venir
à moy auffi viste que j'irois à 2
vous ; mon repos dépend de me
voir en estat de vous affurer
moy- mefme que je veux estretonte
ma vie Voftre , &c.
Mademoiſelle de Duras ,
prefentement
Ducheffe de
la Meilleraye , eft auffi for
mée à
quatorze ans , que le
font à vingt les perfonnes
312 MERCURE
les mieux faites. Elle a cette
belle taille , ce grand air , &
cette bonne mine qui fem-.
ble infeparable de tous ceux
qui portent le nom de Duras
. Elle a le teint parfaite- .
ment beau , les yeux noirs ,
grands & bien fendus , la
bouche des mieux taillées, &
un bas de vifage des plus règuliers.
En un mot il y a peu
de Dames , à qui la Nature
ait eſté plus favorable. La
douceur qui luy eft naturelle
eft répandue dans tout fon
air. Elle a une bonté obli
geante pour ceux qui font
moins
"
GALANT.
313
moins qu'elle , & dans un
âge où l'on ne fçait guerre
comment il faut fe fervir
d'un bon efprit , elle fait du
fien des ufages dont tous
ceux qui luy parlent font
contans. Elle a efté nourrie
en Religion , mais des qu'elle
a paru dans le monde , elle
a fait voir qu'elle eftoit faite
pour y eftre auffi diftinguée
par fes manieres , qu'elle
doit l'eftre par fon rang &
par fa naiffance. M' le Marefchal
Duc de Duras fon
Pere , Capitaine des Gardes
du Corps de Sa Majeſté , eſt
Dd Decembre
1685.
314 MERCURE
d'une naiffance fi illuftre &
fi diftinguée , qu'il eft inutile
d'en parler. Il eft Neveu de
feu M' de Turenne . Tous les
Princes Souverains d'Allemagne
font fes plus proches
Parens , & il trouve parmy
des Teftes couronnées autant
de Coufins & de Neveux
, que la plupart des
autres Familles en comptent
parmy des gens d'une qualité
égale.
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Résumé : Mariage de Mr le Duc de la Meilleraye. [titre d'après la table]
Le mariage du Duc de la Meilleraie a eu lieu à Besançon peu avant Noël, anticipant la date prévue. Le Duc est décrit comme un homme charmant, doué pour diverses activités, et doté d'esprit, de douceur et d'honnêteté. Après la signature du contrat de mariage, il a écrit à Mademoiselle de Duras pour exprimer son impatience de la voir et son bonheur anticipé. Mademoiselle de Duras, désormais Duchesse de la Meilleraie, est également louée pour sa beauté et ses qualités. À quatorze ans, elle possède une belle stature, un port altier et une excellente santé, traits caractéristiques de la famille Duras. Elle a un teint parfait, des yeux noirs et une bouche bien dessinée. Sa douceur naturelle et sa bonté envers autrui sont soulignées, ainsi que son esprit et ses bonnes manières. Élevée dans la religion, elle se distingue par son comportement en société. Son père, le Maréchal Duc de Duras, est capitaine des Gardes du Corps du Roi et appartient à une famille illustre, étant neveu de feu Monsieur de Turenne et ayant des liens avec plusieurs princes souverains d'Allemagne.
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1687
p. 314-315
AIR NOUVEAU.
Début :
Je vous envoye un second Air, qui peut servir de Chanson / Mille sujets de jalousie [...]
Mots clefs :
Jalousie, Bacchus, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je vous envoye un ſecond
Air,qui peut fervir de Chanfon
à boire.
GALANT.
315
AIR NOUVEAU.
Mille
Ille fujets de jaloufie
M'obligent de quitter Sylvie
,
Et ne le pouvant fans fecours ,
C'est à Bachus qu'ilfaut avoir recours.
Mais fi ce Dicu me devientfavorable,
S'il me charme de fa liqueur,
Helas ! au fortir de la table,
Quefaut- ilfaire de mon coeur ?
Air,qui peut fervir de Chanfon
à boire.
GALANT.
315
AIR NOUVEAU.
Mille
Ille fujets de jaloufie
M'obligent de quitter Sylvie
,
Et ne le pouvant fans fecours ,
C'est à Bachus qu'ilfaut avoir recours.
Mais fi ce Dicu me devientfavorable,
S'il me charme de fa liqueur,
Helas ! au fortir de la table,
Quefaut- ilfaire de mon coeur ?
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1688
p. 315-317
ENIGME.
Début :
Voicy deux Enigmes nouvelles, dont la premiere est de Mr / Je suis un furieux gourmand, [...]
Mots clefs :
Four
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy deux Enigmes nouvelles
, dont la premiere eft
de Mr Rault de Roüen , & la
feconde de M ' Diéreville du
Pont - l'Evefque . Vous trouverez
dans le xxxii . Extraordinaire
qui fe débitera fur la
Dd ij
316 MERCURE
fin du mois prochain , les
noms de ceux qui ont expliqué
les deux dernieres.
J
ENIGME.
E fuis un furieux gourmand ,
Fe porte une grande bedaine ,
Souvent plus farcie & plus pleine
Que la pance d'un Allemand.
03
Mais quoy qu'avec foin on s'em.
prefe
De me fournir de bons repas ,
où les plus dégoûtez trouveroient
des appas
,
On ne voit pas que j'en engraiſſe.
5
Fait - on quelque fameux Régal,
Fay coûtume fouvent d'eftre de la
parties
GALANT. 317
La Table la mieux aſſortie ,
Sans moyferoit peut- eftre mal.
Quand unefois j'ay pris ma place,
F'y fais alors du quant- à- moy,
Et pour priere ou pour menace
Je n'en fortirois pas , quand je ver
rois un Roy.
, dont la premiere eft
de Mr Rault de Roüen , & la
feconde de M ' Diéreville du
Pont - l'Evefque . Vous trouverez
dans le xxxii . Extraordinaire
qui fe débitera fur la
Dd ij
316 MERCURE
fin du mois prochain , les
noms de ceux qui ont expliqué
les deux dernieres.
J
ENIGME.
E fuis un furieux gourmand ,
Fe porte une grande bedaine ,
Souvent plus farcie & plus pleine
Que la pance d'un Allemand.
03
Mais quoy qu'avec foin on s'em.
prefe
De me fournir de bons repas ,
où les plus dégoûtez trouveroient
des appas
,
On ne voit pas que j'en engraiſſe.
5
Fait - on quelque fameux Régal,
Fay coûtume fouvent d'eftre de la
parties
GALANT. 317
La Table la mieux aſſortie ,
Sans moyferoit peut- eftre mal.
Quand unefois j'ay pris ma place,
F'y fais alors du quant- à- moy,
Et pour priere ou pour menace
Je n'en fortirois pas , quand je ver
rois un Roy.
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1689
p. 317-318
AUTRE ENIGME.
Début :
Beautez dont la blancheur peut effacer les lis, [...]
Mots clefs :
Manchettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME
B
Eantez dont la blancheur peut
effacer les lis ,
Nous sommes plufieurs Soeurs d'un
teint égal aux vôtres ,
Qui tenons dans nos fers (fans méprifer
les autres)
Les Amans les plus accomplis.
L'amourqu'on a pournous est pourtant;
fort commune ;
Et le plusfidelle amoureux
Dd iij
318 MERCURE
Ne fçauroitfe contenter d'une,
Ilfaut qu'il en ait toûjours deux.
Pourle charmer nousfommesfines,
Et nous pouvons dire de plus
Qu'on en trouve entre nous quelqu'unes
de malines ,
Ayant des yeux autant qu'Argus,
Nous n'avons pourtant point de
refte ,
Etnous n'avonsjamais qu'unpied,
Mais qu'importe , cela nous fied,
Et nous pouvons aider à faire une
conquefte.
Avec cette proprieté ,
Voyez la cruauté des hommes,
Le meilleur au temps où nous fommes
,
Nous réduit à l'extrémité.
B
Eantez dont la blancheur peut
effacer les lis ,
Nous sommes plufieurs Soeurs d'un
teint égal aux vôtres ,
Qui tenons dans nos fers (fans méprifer
les autres)
Les Amans les plus accomplis.
L'amourqu'on a pournous est pourtant;
fort commune ;
Et le plusfidelle amoureux
Dd iij
318 MERCURE
Ne fçauroitfe contenter d'une,
Ilfaut qu'il en ait toûjours deux.
Pourle charmer nousfommesfines,
Et nous pouvons dire de plus
Qu'on en trouve entre nous quelqu'unes
de malines ,
Ayant des yeux autant qu'Argus,
Nous n'avons pourtant point de
refte ,
Etnous n'avonsjamais qu'unpied,
Mais qu'importe , cela nous fied,
Et nous pouvons aider à faire une
conquefte.
Avec cette proprieté ,
Voyez la cruauté des hommes,
Le meilleur au temps où nous fommes
,
Nous réduit à l'extrémité.
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1690
p. 318-320
Histoire de Hongrie. [titre d'après la table]
Début :
Je n'ay point douté que l'Histoire des Troubles de Hongrie [...]
Mots clefs :
Comtes, Désordres, Royaume, Conspiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de Hongrie. [titre d'après la table]
Je n'ay point douté que
Hiftoire des Troubles de Hon
L
GALANT. 319
grie que je vous ay envoyée ,
ne duft vous caufer autant
de plaifir que vous me marquez
en avoir receu de cette
lecture. Il y a un fi grand
nombre d'années que les
Defordres arrivez dans ce
Royaume font l'entretien
de toute l'Europe , qu'il eſt
difficile que les perfonnes
les moins curieufes ne foûpi
rent d'en apprendre le commencement
& les progrez
.
La Conſpiration
des quatre
Comtes qui ont efté execu
tez pour feur révolte , y eft
amplement traitée , & peut-
Dd iiij
320 MERCURE
étre n'a t-on jamais fait aucu
ne Relation plus exacte que
celle que vous y avez trouvée
Siege de Vienne .
Hiftoire des Troubles de Hon
L
GALANT. 319
grie que je vous ay envoyée ,
ne duft vous caufer autant
de plaifir que vous me marquez
en avoir receu de cette
lecture. Il y a un fi grand
nombre d'années que les
Defordres arrivez dans ce
Royaume font l'entretien
de toute l'Europe , qu'il eſt
difficile que les perfonnes
les moins curieufes ne foûpi
rent d'en apprendre le commencement
& les progrez
.
La Conſpiration
des quatre
Comtes qui ont efté execu
tez pour feur révolte , y eft
amplement traitée , & peut-
Dd iiij
320 MERCURE
étre n'a t-on jamais fait aucu
ne Relation plus exacte que
celle que vous y avez trouvée
Siege de Vienne .
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Résumé : Histoire de Hongrie. [titre d'après la table]
Le texte relate les troubles dans un royaume, captivant l'Europe depuis des années. Il détaille la Conspiration des quatre Comtes, exécutés pour rébellion, et décrit précisément ces événements. Il mentionne également le siège de Vienne.
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1691
p. 320
« Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...] »
Début :
Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...]
Mots clefs :
Dialogues, Réflexions, Sentiments, Philosophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...] »
Je vous
envoye aujourd'huy la Morale
d'Epicure , qu'on a imprimée
depuis peu de temps, avec
des Reflexions dignes de
celuy qui les a faites . Les,
Sentimens de ce Philofophe,
vous eftoient déja connus ,
par ce qui en a efté dit dans
un des derniers Dialogues
fur les chofes difficiles à
croire. Je fuis, Madame , vôtre
, &c.
A Paris , ce 31. Decembre 1685.
envoye aujourd'huy la Morale
d'Epicure , qu'on a imprimée
depuis peu de temps, avec
des Reflexions dignes de
celuy qui les a faites . Les,
Sentimens de ce Philofophe,
vous eftoient déja connus ,
par ce qui en a efté dit dans
un des derniers Dialogues
fur les chofes difficiles à
croire. Je fuis, Madame , vôtre
, &c.
A Paris , ce 31. Decembre 1685.
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1692
s. p.
AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
Début :
Recherches curieuses d'Antiquité, contenuës en plusieurs Dissertations, [...]
Mots clefs :
Dissertations , Composition, Dialogues, Lettres, Sentiments, Volumes, Traités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart, Court Newve
du Palais , au Dauphin .
R
Echerches curieufes d'Antiquité ,
contenues en plufieurs Differtations
, fur des Médailles , Bas-reliefs ,
Statues , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4 .
Heures en Vers , par feu Mr de Cor
neille, 30 f..
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hif
toire , avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
71.
: Lettres diverfes de M. le Chevalier
30 f.
30
f.
30
f
Nouveaux Dialogues des Morts
d'Her. Indouze.
Premiere Partie. Indouze.
Morts. Indouzes.
Seconde Partie des Dialogues des
30f.
Jugement de Pluton fur les deux Par
ties des Nouveaux Dialogues des
Morts ,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
30 f..
Deux
40 f
20 f.
30 f
10 f.
LeNapolitain,Nouv.Inlouze
Académie Galante, I. Partie,
Académie Galante, II. Partie,
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fesamours
dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vrayfujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30.f. n.or,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque, en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
31.
in douze, 30 f.
L'Illuftre Génoiſe, in douze, 30 f
Le Serafkier, in douze, 30 f.ር
Fables Nouvelles en Vers, 20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30 f.
Relation Hiftorique de tout cequi s'eft
fait devant Génes par l'Arinée Navale
du Roy, 30 f..
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
30 f
is f.
15f.
Io f.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M. Gilly&Courdil . 20f.
Cent quarante- ciuq Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Efpagne.
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chreftienne
Victoire de Baviere.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjoüiffances
qui le font faites pour la Naiffance de
Monfeigneur le Ducde Bourgogne.
Une Deſcription entiere du Siege de
Vienne, depuis le commencement jufqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt
pallé au Carroufel qui s'eft fait à Vers
failles par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui reprefentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant- Court de Verfailles ; La
Comparſe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courfes;
L'Ordre de Bataille des deux Qua
drilles pour fortir de la Carriere. 45-
Traité de la Tranfpiration des hu--
meurs qui font les caufes des Maladies,
ou la Méthode de guérir les Malades ,
fans le trifte fecours de la fréquente
aignée , Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition, & les Ouvrages de Vers , con
tiennent plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur lá
maniere dont chacun forme fon Ecri
ture. Des Devifes , Emblèmes , & Revers
de Médailles. De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture, De la Conteftion.
Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Talifmans . , De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philofophale.
Des Feux dont les Anciens fe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de fes
diférentes efpeces . De ce qui contribuë
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets,
s'ils font de tous Païs, & ce qu'ils
ont fait. De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de les effets . Du'fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire. Des effets
1
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires. Dela Chaffe.
Des Metéores, & de la Comete apparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention, trespropre
à eſtre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte , l'un
& l'autre d'un ufage facilepour la communication
des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe, & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préſent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin. De l'Honnefteté, &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'Abregé
du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du Secret.
De la Converſation . De la Vie
heureuſe. Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais ufage dela Lecture. De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens.
On fera une bonne compoſition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie.
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt - cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux.
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart, Court Newve
du Palais , au Dauphin .
R
Echerches curieufes d'Antiquité ,
contenues en plufieurs Differtations
, fur des Médailles , Bas-reliefs ,
Statues , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4 .
Heures en Vers , par feu Mr de Cor
neille, 30 f..
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hif
toire , avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
71.
: Lettres diverfes de M. le Chevalier
30 f.
30
f.
30
f
Nouveaux Dialogues des Morts
d'Her. Indouze.
Premiere Partie. Indouze.
Morts. Indouzes.
Seconde Partie des Dialogues des
30f.
Jugement de Pluton fur les deux Par
ties des Nouveaux Dialogues des
Morts ,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
30 f..
Deux
40 f
20 f.
30 f
10 f.
LeNapolitain,Nouv.Inlouze
Académie Galante, I. Partie,
Académie Galante, II. Partie,
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fesamours
dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vrayfujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30.f. n.or,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque, en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
31.
in douze, 30 f.
L'Illuftre Génoiſe, in douze, 30 f
Le Serafkier, in douze, 30 f.ር
Fables Nouvelles en Vers, 20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30 f.
Relation Hiftorique de tout cequi s'eft
fait devant Génes par l'Arinée Navale
du Roy, 30 f..
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
30 f
is f.
15f.
Io f.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M. Gilly&Courdil . 20f.
Cent quarante- ciuq Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Efpagne.
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chreftienne
Victoire de Baviere.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjoüiffances
qui le font faites pour la Naiffance de
Monfeigneur le Ducde Bourgogne.
Une Deſcription entiere du Siege de
Vienne, depuis le commencement jufqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt
pallé au Carroufel qui s'eft fait à Vers
failles par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui reprefentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant- Court de Verfailles ; La
Comparſe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courfes;
L'Ordre de Bataille des deux Qua
drilles pour fortir de la Carriere. 45-
Traité de la Tranfpiration des hu--
meurs qui font les caufes des Maladies,
ou la Méthode de guérir les Malades ,
fans le trifte fecours de la fréquente
aignée , Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition, & les Ouvrages de Vers , con
tiennent plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur lá
maniere dont chacun forme fon Ecri
ture. Des Devifes , Emblèmes , & Revers
de Médailles. De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture, De la Conteftion.
Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Talifmans . , De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philofophale.
Des Feux dont les Anciens fe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de fes
diférentes efpeces . De ce qui contribuë
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets,
s'ils font de tous Païs, & ce qu'ils
ont fait. De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de les effets . Du'fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire. Des effets
1
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires. Dela Chaffe.
Des Metéores, & de la Comete apparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention, trespropre
à eſtre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte , l'un
& l'autre d'un ufage facilepour la communication
des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe, & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préſent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin. De l'Honnefteté, &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'Abregé
du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du Secret.
De la Converſation . De la Vie
heureuſe. Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais ufage dela Lecture. De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens.
On fera une bonne compoſition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie.
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt - cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux.
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Résumé : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
Le document est un catalogue de livres proposés par la venue Blageart, située au Court Neuve du Palais, au Dauphin. Il présente une large sélection d'ouvrages classés par thèmes et genres. Les catégories incluent des recherches sur l'antiquité, des recueils de poèmes, des lettres, des dialogues philosophiques, des histoires et des récits historiques, ainsi que des traités scientifiques et médicaux. Le catalogue comprend également des comédies, des fables, et des relations historiques détaillées sur divers événements, tels que des mariages royaux, des sièges militaires, et des cérémonies officielles. Les prix des ouvrages varient en fonction du format et du contenu, avec des offres spéciales pour les achats en gros. Les livraisons sont gratuites pour les particuliers et les libraires de province, ces derniers n'ayant à payer que le port.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1693
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par Le repos, l'ombre, le silence, doit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis pour placer les Figures.
'Air qui commence par Le repos,
l'ombre , le filence , doit regarder la L'Am
page
138.
Le Portrait de feu Mr le Chancelier,
doit regarder la page 278 .
L'Air qui commence par Mille fujets
de jalousie , doit regarder la page
345
'Air qui commence par Le repos,
l'ombre , le filence , doit regarder la L'Am
page
138.
Le Portrait de feu Mr le Chancelier,
doit regarder la page 278 .
L'Air qui commence par Mille fujets
de jalousie , doit regarder la page
345
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1694
p. 12-14
LE TOMBEAU DU CALVINISME. SONNET.
Début :
Les maux que l'Heresie a causez, ont esté sanglans. / J'Eus pour Pere l'Orgueil, & pour Mere l'Erreur : [...]
Mots clefs :
Orgueil, Erreur, Impiété , Révolte, Horreur, Temples, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TOMBEAU DU CALVINISME. SONNET.
Les maux que
l'Herefie a cau
"
GALANT.
13
ſez , ont eſte ſanglans. Vous en
verrez la peinture dans les Vers
qui fuivent.
•
LE
TOMBEAU
DU
CALVINISME .
SONNET.
'Eus pour Pere l'orguet , & four
Mere l'Erreur:
L'Aftre fanglant de Mars éclaira
ma naiffance.
Avec l'Impieté, la Revoltefa doeur
Pritle foin d'élever en fecret mon
enfance.
Sous un visage doux cachant un
mauvais coeur ,
Des rivages du Rhin je paſſay dans
La
France ,
14
MERCURE
où parde fer , le feu , le carnage &
l'horreur
Je fis jufques aux Rois fentir ma
• • violence.
Les plus braves d'entre eux m'attaquerent.
envain ;
Trônes , Temples ; Autels , tout plia
fous ma main ;
Mes coups furent par tout plus .
crains que le Tonnerre :
Mais à la fin, Deftins, ilfaut fubir
vos loix.
L'on ne pût m'ébranler en quarante
•• ans de guerre:
Et la Paix de LOUIS m'a défait en
trois mois.
l'Herefie a cau
"
GALANT.
13
ſez , ont eſte ſanglans. Vous en
verrez la peinture dans les Vers
qui fuivent.
•
LE
TOMBEAU
DU
CALVINISME .
SONNET.
'Eus pour Pere l'orguet , & four
Mere l'Erreur:
L'Aftre fanglant de Mars éclaira
ma naiffance.
Avec l'Impieté, la Revoltefa doeur
Pritle foin d'élever en fecret mon
enfance.
Sous un visage doux cachant un
mauvais coeur ,
Des rivages du Rhin je paſſay dans
La
France ,
14
MERCURE
où parde fer , le feu , le carnage &
l'horreur
Je fis jufques aux Rois fentir ma
• • violence.
Les plus braves d'entre eux m'attaquerent.
envain ;
Trônes , Temples ; Autels , tout plia
fous ma main ;
Mes coups furent par tout plus .
crains que le Tonnerre :
Mais à la fin, Deftins, ilfaut fubir
vos loix.
L'on ne pût m'ébranler en quarante
•• ans de guerre:
Et la Paix de LOUIS m'a défait en
trois mois.
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Résumé : LE TOMBEAU DU CALVINISME. SONNET.
Le texte décrit les ravages de l'hérésie calviniste, qualifiée de 'Tombeau du Calvinisme', née de l'orgueil et de l'erreur. Elle traverse le Rhin pour atteindre la France, semant violence et destruction. Cette force terrorise les rois et détruit trônes, temples et autels. Après quarante ans de guerre, Louis XIV rétablit la paix en trois mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1695
p. 14-16
SUR LA DEFAITE DE L'HERESIE. RONDEAU.
Début :
Jamais Triomphe ne pouvoit estre plus glorieux pour le Roy, / Que de l'Histoire, où du plus grands des Rois [...]
Mots clefs :
Exploits, Gloire, Vérité, Résistance, Hérésie, Ennemi, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA DEFAITE DE L'HERESIE. RONDEAU.
Lamais Triomphe ne pouvoit
eftre plus glorieux pour le Roy,
que celuy qui le rend Vainqueur
de l'Herefie . Il eft tel , qu'à peiGALANT.
15
ne la Pofterité le tiendra - t- elle
croyable . C'eſt ce qui eſt marqué
agreablement dans ce Rondeau
.
SUR LA DEFAITE
DE L'HERESIE.
Q
RONDEA U.
Ve de l'Hiftoire , où du plus
grands des Rois
L'on tracera les glorieux Exploits
La veritéfera peu vray-femblabler
L'âge à venir trouvera t- ilfaifable
Ce que fous lay l'on voit faire aux
François ??
Sans refiftance , en moins de quatre
mois ,
Avoir réduit l'Herefie aux abois :
Cela paroift tenir plus de la Fable
Que de l'Hiftoire.
Monftre fatal aux derniers des Falais
16 MERCURE
Monftre ennemy des Vertus & des
Loix ,
Auxfaints Autels , à l'Eftat formidable
:
Le Petit-Fils de ce Prince admira.
ble ,
N'apprendra point , fi tu fus autrefois
,
Que de l'Hiftoire.
eftre plus glorieux pour le Roy,
que celuy qui le rend Vainqueur
de l'Herefie . Il eft tel , qu'à peiGALANT.
15
ne la Pofterité le tiendra - t- elle
croyable . C'eſt ce qui eſt marqué
agreablement dans ce Rondeau
.
SUR LA DEFAITE
DE L'HERESIE.
Q
RONDEA U.
Ve de l'Hiftoire , où du plus
grands des Rois
L'on tracera les glorieux Exploits
La veritéfera peu vray-femblabler
L'âge à venir trouvera t- ilfaifable
Ce que fous lay l'on voit faire aux
François ??
Sans refiftance , en moins de quatre
mois ,
Avoir réduit l'Herefie aux abois :
Cela paroift tenir plus de la Fable
Que de l'Hiftoire.
Monftre fatal aux derniers des Falais
16 MERCURE
Monftre ennemy des Vertus & des
Loix ,
Auxfaints Autels , à l'Eftat formidable
:
Le Petit-Fils de ce Prince admira.
ble ,
N'apprendra point , fi tu fus autrefois
,
Que de l'Hiftoire.
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Résumé : SUR LA DEFAITE DE L'HERESIE. RONDEAU.
Le texte célèbre une victoire royale contre l'hérésie, qualifiée de triomphale et incroyable. En quatre mois, les Français ont réduit l'hérésie à une situation désespérée. L'hérésie est décrite comme un monstre ennemi des vertus et des lois. Cette victoire semble presque légendaire et sera perçue comme merveilleuse par les générations futures.
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1696
p. 16-18
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
Voicy trois Sonnets qui ont esté adressez au Roy sur / De quels sacrez lauriers se va-t-il couronner [...]
Mots clefs :
Lauriers, Église, Révolte, Orgueil, Malheur, Zèle, Terreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
Voicy trois Sonnets qui ont
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le texte présente trois sonnets dédiés au roi, écrits par Boyer, le Clerc et Mademoiselle de Rafilly. Le sonnet 'Galant pour le Roy' loue la piété et la justice du roi, qui utilise sa vaillance pour ramener les rebelles. Il est comparé à un père corrigant un enfant et à saint Paul terrassé par la grâce divine, inspirant ainsi la crainte et la conversion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1697
p. 18-19
AUTRE.
Début :
Ton Nom victorieux vole de toutes parts, [...]
Mots clefs :
Victoire, Aigle, Lion, Progrès, Dieu, Hérésie, Piété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
On Nom victorieux vole de
Ton
toutes parts.
Tes travaux ont efté plus loin que
ceux d'Alcide ;
Ny montagnes ny mers , ny digues ,
ny rampats ,
N'ont pu les arrefter dans leur cour
fe rapide.
GALANT. 19
L'Aigle n'a pu fouffrir le feu de tes
regars,
Tu domptas du Lion le courage in
trepide ;
Et fur les flots falez & dans le
Champde Mars >
Tes Progrés ont fait voir que c'est
Dieu qui te guide.
L'Herefie obftinée eft lefeul ennemy,
Que tu n'avois encor furmonté qu'à
demy ;
Tu vas l'aneantir par une fainte
guerre.
Acheve ce qu'en vain tenterent
tes Ayeux :
Ta Valeur a cuëilly des lauriers fur
la Terre ,
C'est àta Pieté d'en cuëillir dans les
Cieux.
On Nom victorieux vole de
Ton
toutes parts.
Tes travaux ont efté plus loin que
ceux d'Alcide ;
Ny montagnes ny mers , ny digues ,
ny rampats ,
N'ont pu les arrefter dans leur cour
fe rapide.
GALANT. 19
L'Aigle n'a pu fouffrir le feu de tes
regars,
Tu domptas du Lion le courage in
trepide ;
Et fur les flots falez & dans le
Champde Mars >
Tes Progrés ont fait voir que c'est
Dieu qui te guide.
L'Herefie obftinée eft lefeul ennemy,
Que tu n'avois encor furmonté qu'à
demy ;
Tu vas l'aneantir par une fainte
guerre.
Acheve ce qu'en vain tenterent
tes Ayeux :
Ta Valeur a cuëilly des lauriers fur
la Terre ,
C'est àta Pieté d'en cuëillir dans les
Cieux.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte loue un individu dont les exploits surpassent ceux d'Hercule. Ses regards sont si puissants qu'un aigle ne peut les soutenir. Il a dompté un lion et prouvé sa valeur sur mer et terre. Guidé par Dieu, il combat l'hérésie et s'apprête à l'anéantir. Sa bravoure lui a valu des lauriers sur Terre, et sa piété lui en promet dans les Cieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1698
p. 20-21
AUTRE.
Début :
Il ne manquoit, grand Roy, pour combler vostre gloire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Grand roi, Ennemis, Religion, Rébellion, Schisme, Erreurs, Temples, Exploits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
L ne manquoit , grand Roy , pour
combler voftre gloire ,
Que l'intereft du Ciel fift vostre
paffion ,
Qu'on vous vift rétablir les faints
Murs de Sion ,
Et fur fes Ennemis remporter la
victoire.
Ces fuccés ont remply dignement
voftre Hiftoire,
Et les Autels dreffez à la Religion
Sur le débris fameux de la Rébellion ,
Du Schifme pourjamais effacent la
memoire.
Ce Regne plus heureux que les Regnes
paffez.
Où l'on voit de l'Erreur les Temples
renverſez ,
De vos Predeceffeurs a finy l'entreprife
,
GALANT. zł
Ce coup fi merveilleux a vangé tous
ces Rois ,
Et ce Monftre vaincu par vos derniers
Exploits ,
Vous fait voir doublement Fils Aîné
de l'Eglife.
L ne manquoit , grand Roy , pour
combler voftre gloire ,
Que l'intereft du Ciel fift vostre
paffion ,
Qu'on vous vift rétablir les faints
Murs de Sion ,
Et fur fes Ennemis remporter la
victoire.
Ces fuccés ont remply dignement
voftre Hiftoire,
Et les Autels dreffez à la Religion
Sur le débris fameux de la Rébellion ,
Du Schifme pourjamais effacent la
memoire.
Ce Regne plus heureux que les Regnes
paffez.
Où l'on voit de l'Erreur les Temples
renverſez ,
De vos Predeceffeurs a finy l'entreprife
,
GALANT. zł
Ce coup fi merveilleux a vangé tous
ces Rois ,
Et ce Monftre vaincu par vos derniers
Exploits ,
Vous fait voir doublement Fils Aîné
de l'Eglife.
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Résumé : AUTRE.
Un roi, guidé par sa dévotion divine, restaure les murs de Sion et triomphe de ses ennemis. Son règne, plus prospère que celui de ses prédécesseurs, efface le souvenir du schisme par la reconstruction des autels religieux. Il accomplit un exploit récent, vainquant un monstre, et se distingue comme le Fils Aîné de l'Église.
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1699
p. 21-22
SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Début :
Mademoiselle de Scudery, qui a publié tant de fois la gloire / D'un Zele sans pareil j'ay chanté mille fois [...]
Mots clefs :
Zèle, Gloire, Louis, Exploits, Vertus, Dieu, Louanges au roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiſelle de Scudery , qui
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
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Résumé : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiselle de Scudery, célèbre pour ses écrits glorifiant le roi, a participé à un concert de louanges sur la conversion des hérétiques. Dans son poème, elle admire Louis et ses exploits, mais juge que la conversion des peuples au Dieu de l'Univers dépasse les capacités humaines. Elle estime que ces louanges méritent la voix du Ciel et le chant des anges.
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1700
p. 22-23
RONDEAU.
Début :
Je n'ajoûteray plus qu'un Rondeau de Monsieur de / GRAND Roy, qui par tant de Vertus, [...]
Mots clefs :
Vertus, Grand roi, Ennemis, Hérétiques, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
Je n'ajoûteray plus qu'un Rondeau
de Monfieur de Bernage ,
Secretaire du Roy , & un Madrigal
de Monfieur Vignier , à ce
qui regarde Sa Majesté ſur cette
matiere , refervant les Vers qui
me reftent pour le mois prochain.
GALANT.
1
RONDEAU.
GRAND Roy , qui par tant de
Vertus ,
Sur tous lès Grands as le deffus ,
Auffi-bien que fur tout autre homme,
Car nul n'ofe fe mettre en comme ,
Qui n'en foit auffi tost exclus.
Apres tant d'Ennemis vaincus,
Apres tes Etats étendus ,
C'est à bon titre qu'on te nomme
GRAND . '
Les Heretiques confondus .
Les Genois à tes pieds rendus ,
Alger foumis; ton nam dans Rome
Haut élevé: la Paix en fomme ,
Se peut- il rien faire de plus
GRAND?
de Monfieur de Bernage ,
Secretaire du Roy , & un Madrigal
de Monfieur Vignier , à ce
qui regarde Sa Majesté ſur cette
matiere , refervant les Vers qui
me reftent pour le mois prochain.
GALANT.
1
RONDEAU.
GRAND Roy , qui par tant de
Vertus ,
Sur tous lès Grands as le deffus ,
Auffi-bien que fur tout autre homme,
Car nul n'ofe fe mettre en comme ,
Qui n'en foit auffi tost exclus.
Apres tant d'Ennemis vaincus,
Apres tes Etats étendus ,
C'est à bon titre qu'on te nomme
GRAND . '
Les Heretiques confondus .
Les Genois à tes pieds rendus ,
Alger foumis; ton nam dans Rome
Haut élevé: la Paix en fomme ,
Se peut- il rien faire de plus
GRAND?
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Résumé : RONDEAU.
Le texte présente deux poèmes dédiés au roi : un rondeau de Monsieur de Bernage et un madrigal de Monsieur Vignier. Le rondeau loue les vertus et les exploits du roi, ses victoires sur divers ennemis, l'expansion de ses États, et la soumission des hérétiques, des Génois et des Algériens. Il souligne aussi sa renommée à Rome et la paix établie, se demandant s'il peut mériter davantage le titre de 'Grand'.
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