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1
p. 81-91
« A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Début :
A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...]
Mots clefs :
Ouvrages d'esprit, Dame, Académie française, Chevalier de Méré, Traités, Assemblée, Héroïne mousquetaire, Lettre, Nouvelle, Hollande
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texteReconnaissance textuelle : « A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Apro- posd'Ouvragesd'Eſprit , je me trouvaydernierement chez une Dame qui en juge admirable- mentbien, auffi voit-elle cequ'il y a de plus beaux Eſprits en France. Elle entend les Langues , fait des Vers qu'il feroit difficile demieux tourner ; &la
pluſpart de nos Illuftres de l'A- cademie Françoiſe , ne dédai- gnent pas de la conſulter fur leurs Ouvrages avantque de les
GALANT. 5安
l'afimes
dans
que
ten
donner au Public. Onmit ſur le
tapis les trois Traitez que M le ChevalierdeMeré a fait impri- mer depuis peu , &je fusravy,
Madame , de voir que tout le bien qu'on en ditſe rapportât à
F'eſtimeparticuliere que vous en faites. L'un fut pour le Traité de l'Eſprit,l'autre pour celuy de P'Eloquence , & la Dame ſe de- clara pour les Agrémens ; mais il n'y eut perſonne qui ne con- vinſt que tous les trois eſtoient able écrits avec une facilité &une
qul pureté de langage qui ne fatis- faifoit pas moins les oreilles,que leurs folides raiſonnemens rem.
pliſſoient l'eſprit. On parla en
ilen
pro
unt
sen
Lanerot
&la
I'Adair
ſuite de l'Heroïne Mouſquetaire qu'on loüa en bien des choſes , mais qu'on prit pour une - fur Hiſtoire faite à plaifir , quoy Heles qu'on nousla donne pour veri C iij
54 LE MERCVRE table. Quelqu'un pretendit qué Chriſtine qui tuë ſon Frere cro- yant tirer ſur un Sanglier , n'é- toit autre choſe que la Fable de Procris &deCephale ;&fur ce qu'une partie de l'Aſſemblée fut dumeſme ſentiment , un autre
prit la parole , & dit qu'il arri voit quelquefois des chofes extraordinaires qui pour n'avoir rien de vray-ſemblable, ne laif- foient pasd'eſtre vrayes,&qu'on luy enavoitmandé une deHol- lande , dont il ne doutoit point que toute la Compagnie ne fuft ſurpriſe. Il tira enmeſme temps une Lettre de ſa poche écrite à
Amſterdam , & datée du 15. de Juin; &en ayant paffé les tren-- te premieres lignes, leut l'Arti- cle qui fuit.
Ily a preſentement icy un Pro-- phetevestu d'une Robe de toutefor-
GALANT5
que
ne
ede
arce
-el efut
Liere
arri
Sex
vol
laifHol
point
fuft
mps
te
-.de
renrtiPro
form
te de couleurs , laquelle n'a point de couture, quoy qu'elle soit de plu- fieurs pieces. Elle n'eft ny defil ny de coton, ny defoye , ny de laine,
ny de poil, ou de peau d'aucun Ani- mal, & elle n'est point faite de main d'Homme. Le ne sçay ce que sepretendu Prophetepeut avoirde commun avec les Sectacteurs de la
ridicule Opinion des Pré-Adamites , mais onfait courir le bruitque ceux dont il tire fon origine ont
precedéAdam. Il porte une Cou- ronneſurſa teſte , &il n'est point marié,quoy qu'ilait plusieurs Fem- mes. Elles vivent toutes avec luy Sans jalousie, tant il établit un bon ordre entr'elles. Il est tres -fobre, ne
vivant pour l'ordinaire que dure- but des Chiens. Il mepriſe l'or &
l'argent , &n'enajamaisfait au- cun cas. Il va toûjours pieds nuds
auffi-bien l'Hyver que l'Esté, &il Ciiij
36 LE MERCVRE marchefort gravement. On ne m'a pûdire de quelle croyance il eſtoit
mais il est certain qu'il commence àrendrefes loüanges à Dicu dés lanuit , & avant le lever du Soleil. Il les continuë prefque àtou tes les heures du jour ; &malgré ce Join il ne pratiquepoint l'humili
té, au contraire il est courageux &ficr. Ceux quise connoiffent en phiſionomie, pretendent qu'il court riſque de ne mourir point de fa
mort naturelle , mais d'une mort
violente.
Chacun raifonna fur cette
Nouvelle. Les uns dirent qu'il
n'eſtoit pas furprenant qu'on vit de temps en temps de ces faux Prophetes ou Sectaires en Hol- fande , parce qu'on y fouffroit toute forte de Religions , & ils adjoûterent qu'il n'y avoit pas encor long-temps qu'il s'y en
A
GALANT. 57
ost
de
So
touré
mili
gens
at
Cout
efi
mon
Cettt
qull
faux
Hol
froit
ils
pas
en
eſtoit rencontréunqui catechi- foit & prefchoit publiquement,
&qui avoit eſté enfin confiné
par le Magiſtrat dans une étroi- te Priſon àEmbden, où il devoit finir ſes jours , Qu'on n'ignoroit pasle bruitqu'avoit fait enAn- gleterre pendant l'interegne un Quakel , ou Chef des Trem- bleurs , àqui le Parlement avoit fait couper la langue ; & que vers l'Arabie on en avoit veuun
autre depuis douze ans , qui ſe diſoit le Meſſie ; qu'il eſtoitſuiuy quelquefois deplus de cinquan- te mille Hommes ; & que le Grand Seigneur avoiteſte obli- gé d'envoyer contre luy une Armée confiderable pour ledé- truire avec fon party. On revint àceluy de Hollande, &il n'y eur perſonne qui ne diſt qu'il meri- toit le feu , &que le Phiſiono
Cv
58 LE MERCVRE mifte avoit eu raiſon de juger que ſa mort ſeroit violente. Il
prit là-deſſus unfort gråd éclat de rire à celuy qui avoit mon- tré la Lettre. Il ne voulut plus cacher qu'il l'avoit fait écrire pour ſe divertir , qu'elle ne con- tenoit qu'unEnigme, &que le Prophete eſtoit le Coq qui an- nonçoit la venuë du jour. On n'eutpas de peine à faire l'appli- cationdu reſte,& cette folie fut
un agreable divertiſſement à
ceux qui n'avoient pointde part aux férieuſes reflexions qu'on y
avoitfaites.
pluſpart de nos Illuftres de l'A- cademie Françoiſe , ne dédai- gnent pas de la conſulter fur leurs Ouvrages avantque de les
GALANT. 5安
l'afimes
dans
que
ten
donner au Public. Onmit ſur le
tapis les trois Traitez que M le ChevalierdeMeré a fait impri- mer depuis peu , &je fusravy,
Madame , de voir que tout le bien qu'on en ditſe rapportât à
F'eſtimeparticuliere que vous en faites. L'un fut pour le Traité de l'Eſprit,l'autre pour celuy de P'Eloquence , & la Dame ſe de- clara pour les Agrémens ; mais il n'y eut perſonne qui ne con- vinſt que tous les trois eſtoient able écrits avec une facilité &une
qul pureté de langage qui ne fatis- faifoit pas moins les oreilles,que leurs folides raiſonnemens rem.
pliſſoient l'eſprit. On parla en
ilen
pro
unt
sen
Lanerot
&la
I'Adair
ſuite de l'Heroïne Mouſquetaire qu'on loüa en bien des choſes , mais qu'on prit pour une - fur Hiſtoire faite à plaifir , quoy Heles qu'on nousla donne pour veri C iij
54 LE MERCVRE table. Quelqu'un pretendit qué Chriſtine qui tuë ſon Frere cro- yant tirer ſur un Sanglier , n'é- toit autre choſe que la Fable de Procris &deCephale ;&fur ce qu'une partie de l'Aſſemblée fut dumeſme ſentiment , un autre
prit la parole , & dit qu'il arri voit quelquefois des chofes extraordinaires qui pour n'avoir rien de vray-ſemblable, ne laif- foient pasd'eſtre vrayes,&qu'on luy enavoitmandé une deHol- lande , dont il ne doutoit point que toute la Compagnie ne fuft ſurpriſe. Il tira enmeſme temps une Lettre de ſa poche écrite à
Amſterdam , & datée du 15. de Juin; &en ayant paffé les tren-- te premieres lignes, leut l'Arti- cle qui fuit.
Ily a preſentement icy un Pro-- phetevestu d'une Robe de toutefor-
GALANT5
que
ne
ede
arce
-el efut
Liere
arri
Sex
vol
laifHol
point
fuft
mps
te
-.de
renrtiPro
form
te de couleurs , laquelle n'a point de couture, quoy qu'elle soit de plu- fieurs pieces. Elle n'eft ny defil ny de coton, ny defoye , ny de laine,
ny de poil, ou de peau d'aucun Ani- mal, & elle n'est point faite de main d'Homme. Le ne sçay ce que sepretendu Prophetepeut avoirde commun avec les Sectacteurs de la
ridicule Opinion des Pré-Adamites , mais onfait courir le bruitque ceux dont il tire fon origine ont
precedéAdam. Il porte une Cou- ronneſurſa teſte , &il n'est point marié,quoy qu'ilait plusieurs Fem- mes. Elles vivent toutes avec luy Sans jalousie, tant il établit un bon ordre entr'elles. Il est tres -fobre, ne
vivant pour l'ordinaire que dure- but des Chiens. Il mepriſe l'or &
l'argent , &n'enajamaisfait au- cun cas. Il va toûjours pieds nuds
auffi-bien l'Hyver que l'Esté, &il Ciiij
36 LE MERCVRE marchefort gravement. On ne m'a pûdire de quelle croyance il eſtoit
mais il est certain qu'il commence àrendrefes loüanges à Dicu dés lanuit , & avant le lever du Soleil. Il les continuë prefque àtou tes les heures du jour ; &malgré ce Join il ne pratiquepoint l'humili
té, au contraire il est courageux &ficr. Ceux quise connoiffent en phiſionomie, pretendent qu'il court riſque de ne mourir point de fa
mort naturelle , mais d'une mort
violente.
Chacun raifonna fur cette
Nouvelle. Les uns dirent qu'il
n'eſtoit pas furprenant qu'on vit de temps en temps de ces faux Prophetes ou Sectaires en Hol- fande , parce qu'on y fouffroit toute forte de Religions , & ils adjoûterent qu'il n'y avoit pas encor long-temps qu'il s'y en
A
GALANT. 57
ost
de
So
touré
mili
gens
at
Cout
efi
mon
Cettt
qull
faux
Hol
froit
ils
pas
en
eſtoit rencontréunqui catechi- foit & prefchoit publiquement,
&qui avoit eſté enfin confiné
par le Magiſtrat dans une étroi- te Priſon àEmbden, où il devoit finir ſes jours , Qu'on n'ignoroit pasle bruitqu'avoit fait enAn- gleterre pendant l'interegne un Quakel , ou Chef des Trem- bleurs , àqui le Parlement avoit fait couper la langue ; & que vers l'Arabie on en avoit veuun
autre depuis douze ans , qui ſe diſoit le Meſſie ; qu'il eſtoitſuiuy quelquefois deplus de cinquan- te mille Hommes ; & que le Grand Seigneur avoiteſte obli- gé d'envoyer contre luy une Armée confiderable pour ledé- truire avec fon party. On revint àceluy de Hollande, &il n'y eur perſonne qui ne diſt qu'il meri- toit le feu , &que le Phiſiono
Cv
58 LE MERCVRE mifte avoit eu raiſon de juger que ſa mort ſeroit violente. Il
prit là-deſſus unfort gråd éclat de rire à celuy qui avoit mon- tré la Lettre. Il ne voulut plus cacher qu'il l'avoit fait écrire pour ſe divertir , qu'elle ne con- tenoit qu'unEnigme, &que le Prophete eſtoit le Coq qui an- nonçoit la venuë du jour. On n'eutpas de peine à faire l'appli- cationdu reſte,& cette folie fut
un agreable divertiſſement à
ceux qui n'avoient pointde part aux férieuſes reflexions qu'on y
avoitfaites.
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Résumé : « A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Le texte décrit une réunion chez une dame reconnue pour son jugement et ses talents littéraires. Elle est entourée de membres de l'Académie française qui sollicitent ses avis sur leurs ouvrages. La conversation se concentre sur les traités du Chevalier de Méré, notamment ceux portant sur l'esprit, l'éloquence et les agréments. Ces traités sont loués pour leur facilité et leur pureté de langage. Les participants discutent également de l'Héroïne Mousquetaire, qu'ils considèrent comme une histoire plaisante plutôt que véridique. Un membre de l'assemblée mentionne une lettre provenant d'Amsterdam. Cette lettre décrit un prophète vêtu d'une robe sans couture, fabriquée à partir de matériaux inconnus, et vivant de manière ascétique. La lettre s'avère être une énigme, le prophète étant en réalité un coq. Cette révélation suscite amusement et divertissement parmi les convives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
s. p.
AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
Début :
Recherches curieuses d'Antiquité, contenuës en plusieurs Dissertations, [...]
Mots clefs :
Dissertations , Composition, Dialogues, Lettres, Sentiments, Volumes, Traités
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texteReconnaissance textuelle : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart, Court Newve
du Palais , au Dauphin .
R
Echerches curieufes d'Antiquité ,
contenues en plufieurs Differtations
, fur des Médailles , Bas-reliefs ,
Statues , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4 .
Heures en Vers , par feu Mr de Cor
neille, 30 f..
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hif
toire , avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
71.
: Lettres diverfes de M. le Chevalier
30 f.
30
f.
30
f
Nouveaux Dialogues des Morts
d'Her. Indouze.
Premiere Partie. Indouze.
Morts. Indouzes.
Seconde Partie des Dialogues des
30f.
Jugement de Pluton fur les deux Par
ties des Nouveaux Dialogues des
Morts ,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
30 f..
Deux
40 f
20 f.
30 f
10 f.
LeNapolitain,Nouv.Inlouze
Académie Galante, I. Partie,
Académie Galante, II. Partie,
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fesamours
dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vrayfujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30.f. n.or,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque, en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
31.
in douze, 30 f.
L'Illuftre Génoiſe, in douze, 30 f
Le Serafkier, in douze, 30 f.ር
Fables Nouvelles en Vers, 20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30 f.
Relation Hiftorique de tout cequi s'eft
fait devant Génes par l'Arinée Navale
du Roy, 30 f..
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
30 f
is f.
15f.
Io f.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M. Gilly&Courdil . 20f.
Cent quarante- ciuq Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Efpagne.
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chreftienne
Victoire de Baviere.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjoüiffances
qui le font faites pour la Naiffance de
Monfeigneur le Ducde Bourgogne.
Une Deſcription entiere du Siege de
Vienne, depuis le commencement jufqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt
pallé au Carroufel qui s'eft fait à Vers
failles par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui reprefentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant- Court de Verfailles ; La
Comparſe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courfes;
L'Ordre de Bataille des deux Qua
drilles pour fortir de la Carriere. 45-
Traité de la Tranfpiration des hu--
meurs qui font les caufes des Maladies,
ou la Méthode de guérir les Malades ,
fans le trifte fecours de la fréquente
aignée , Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition, & les Ouvrages de Vers , con
tiennent plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur lá
maniere dont chacun forme fon Ecri
ture. Des Devifes , Emblèmes , & Revers
de Médailles. De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture, De la Conteftion.
Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Talifmans . , De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philofophale.
Des Feux dont les Anciens fe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de fes
diférentes efpeces . De ce qui contribuë
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets,
s'ils font de tous Païs, & ce qu'ils
ont fait. De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de les effets . Du'fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire. Des effets
1
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires. Dela Chaffe.
Des Metéores, & de la Comete apparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention, trespropre
à eſtre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte , l'un
& l'autre d'un ufage facilepour la communication
des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe, & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préſent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin. De l'Honnefteté, &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'Abregé
du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du Secret.
De la Converſation . De la Vie
heureuſe. Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais ufage dela Lecture. De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens.
On fera une bonne compoſition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie.
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt - cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux.
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart, Court Newve
du Palais , au Dauphin .
R
Echerches curieufes d'Antiquité ,
contenues en plufieurs Differtations
, fur des Médailles , Bas-reliefs ,
Statues , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4 .
Heures en Vers , par feu Mr de Cor
neille, 30 f..
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hif
toire , avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
71.
: Lettres diverfes de M. le Chevalier
30 f.
30
f.
30
f
Nouveaux Dialogues des Morts
d'Her. Indouze.
Premiere Partie. Indouze.
Morts. Indouzes.
Seconde Partie des Dialogues des
30f.
Jugement de Pluton fur les deux Par
ties des Nouveaux Dialogues des
Morts ,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
30 f..
Deux
40 f
20 f.
30 f
10 f.
LeNapolitain,Nouv.Inlouze
Académie Galante, I. Partie,
Académie Galante, II. Partie,
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fesamours
dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vrayfujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30.f. n.or,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque, en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
31.
in douze, 30 f.
L'Illuftre Génoiſe, in douze, 30 f
Le Serafkier, in douze, 30 f.ር
Fables Nouvelles en Vers, 20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30 f.
Relation Hiftorique de tout cequi s'eft
fait devant Génes par l'Arinée Navale
du Roy, 30 f..
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
30 f
is f.
15f.
Io f.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M. Gilly&Courdil . 20f.
Cent quarante- ciuq Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Efpagne.
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chreftienne
Victoire de Baviere.
LeVoyagedu Royen Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjoüiffances
qui le font faites pour la Naiffance de
Monfeigneur le Ducde Bourgogne.
Une Deſcription entiere du Siege de
Vienne, depuis le commencement jufqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt
pallé au Carroufel qui s'eft fait à Vers
failles par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui reprefentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant- Court de Verfailles ; La
Comparſe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courfes;
L'Ordre de Bataille des deux Qua
drilles pour fortir de la Carriere. 45-
Traité de la Tranfpiration des hu--
meurs qui font les caufes des Maladies,
ou la Méthode de guérir les Malades ,
fans le trifte fecours de la fréquente
aignée , Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition, & les Ouvrages de Vers , con
tiennent plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur lá
maniere dont chacun forme fon Ecri
ture. Des Devifes , Emblèmes , & Revers
de Médailles. De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture, De la Conteftion.
Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés. De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Talifmans . , De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philofophale.
Des Feux dont les Anciens fe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de fes
diférentes efpeces . De ce qui contribuë
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets,
s'ils font de tous Païs, & ce qu'ils
ont fait. De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de les effets . Du'fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire. Des effets
1
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires. Dela Chaffe.
Des Metéores, & de la Comete apparuë
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France. Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention, trespropre
à eſtre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte , l'un
& l'autre d'un ufage facilepour la communication
des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe, & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préſent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin. De l'Honnefteté, &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'Abregé
du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du Secret.
De la Converſation . De la Vie
heureuſe. Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains. Du bon &
du mauvais ufage dela Lecture. De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens.
On fera une bonne compoſition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie.
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt - cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux.
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Résumé : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, COurt Neuve du palais, au Dauphin.
Le document est un catalogue de livres proposés par la venue Blageart, située au Court Neuve du Palais, au Dauphin. Il présente une large sélection d'ouvrages classés par thèmes et genres. Les catégories incluent des recherches sur l'antiquité, des recueils de poèmes, des lettres, des dialogues philosophiques, des histoires et des récits historiques, ainsi que des traités scientifiques et médicaux. Le catalogue comprend également des comédies, des fables, et des relations historiques détaillées sur divers événements, tels que des mariages royaux, des sièges militaires, et des cérémonies officielles. Les prix des ouvrages varient en fonction du format et du contenu, avec des offres spéciales pour les achats en gros. Les livraisons sont gratuites pour les particuliers et les libraires de province, ces derniers n'ayant à payer que le port.
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3
p. 97-113
NOUVELLES de la basse Allemagne.
Début :
On écrit de Wismar du 14. Février que le General [...]
Mots clefs :
Moscovites, Attaquer, Ordre, Confédéré, Hongrie, Traités, Résolution, Saxe, Armée ottomane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de la basse Allemagne.
NOUVELLES
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
de la basse Allemagne.
ON écrit deWismar du
14. Février que le General
Hamerstein que le Duc
d'Hanover avoit envoyé
au Comte de Steinbock
pour proposer des moyens
de faire la paix avec les
Puissances confederées, a
rapporré qu'illuy avoit dit
pour toute response qu'il
n'avoir point d'autre ordre
du Roy son Maistre
, que
de restablir les Traitez de
Trawendal & de Raenstadt.
CesmesmesLettres
portent qu'un Parti de quarante
Cavaliers Suedois
ayant appris que plusieurs
chariotsquivenoient de
Pomeranie, chargez d'habirs
& de bagages, avec
une escorte Moscovite,
marchoient vers le Holstein,
resolut de l'aller attaquer
; qu'il avait surpris
& défait l'escorte & pris
les chariots
; qu'il avoit
amené le butin & les prisonniers
à Wifmar. Celles
de l'armée des Princes confederez
, portent qu'elle
avoit passé en deux endroits
lariviere de Trene,
& que le Czar ayant trouvé
l'accèsdeFredericstadt
impraticable du costé de
l'Eyder, à cause de l'inondation
où il avoit couru
risque de se noyer, fit marcher
les Troupes vers Husum,
laissantl'inondation
de la Trene sur sa gauche.
Le 12. Février l'armée estant
arrivée prés de Fredericstadt,
sa Majesté Czarienne
se mità la testede
cinq bataillons desesGardes
& de quelques Régiments
de Dragons pour
attaquer un retranchement
gardé par les Suédois,
le combatcommença
à huit heures du matin
& dura près de cinq heures.
Les Moscovites furent
repoussez deux fois, mais
après un grand feu de canon
& de mousqueterie
ils se rendirent maistres du
retranchement
,
prirent
deux pieces de c,anon,tlueI..
ques bagages
, & firent
près de trois cents prisonniers,
on ne parle point de
la perte que les Moscovites
ont faite, qui sans doute
est considerable dans
une attaque si opiniastre.
On écrit du camp des Suedois
à Gardingen que les
Moscovites n'avoient pas
creu trouver une si vigoureuseresistance
dans l'attaque
des retranchements
faits sur la digue de Swabstede
,que le peu de TroupesSuedoisesquiy
estoient
les avoient deffendus avec
tant de valeur que les Moscovites
n'avoient pu s'en
rendre maistres que sur le
soit avec un grand carnage
de leurs gens,outreun
grand nombre suffoqué
dans le marais, & les blesfez
donc vingt chariots furent
chargez pour les conduire
à Renfbourg. Cette
grande resistance donna le
temps au General Stakelberg
de retirer de Fredericstadt
les trois mille hommes
qui y estoient en garnison,&
de faire sa retraite
vers Gardingen. Ils
avoient resolu d'attaquer
le General Sreinbock aussi-
tost la prise des retranchements;
mais ayant appris
que ce General avoit
fortifié les avenuës de son
camp par des redoutes &
des retranchements, ils
changerent de resolution.
Les dernieres Lettres de
Wismar porrent que la forteresse
de Tonningen a
esté livrée au Comte de
Steinboc K par un ordre du
jeune Prince Charles Frédéric
Duc de Holstein Gortorp
neveu du Roy de Suede
,
& qui est à Stockolm
où il a
esté déclarémajeur.
Cet ordre fut portéau General
Steinbock par OU
Courier qui passa au travers
de l'armée conféderée.
Le Colonel Wols
qui commandoit dans
Tonningen ne fit aucune
difficulté d'y obéïr
, & il
fut continué dansl'employ
de Commandant de la place.
Cette nouvelle a beaucoup
chagriné les Confederez,
qui depuis traittent
comme ennemis lesEstats
du Duc de Holstein Gottorp
; ils ontmis garnison
dansGottorp, dans Kiel &
dans Eckenforde, ils demandent
de grosses contributions
au pays, les Danois
ont fait faire l'inventaire
des meubles du Chasteau
de Gottorp dont on
fait monter la valeur à plus
de douze cens mille e
feus.'
On écrit que le Roy de
Dannemarck fait armer
quelques Vaisseaux & six
Fregates pour oster la
communication des vivres
par mer aux Suedois. Ils
menacent de ruiner lesEstats
du jeune Duc de Holstein
Gottorp
,
ils ont fait
prisonnier le sieur Breckdorf
Drossard de Gottorp
avec la garnison. Le Comte
Welling a fait publier
un Manifeste par lequel il
declare que s'ils executent
cette resolution
, les Suedois
feront un pareil traittement
aux sujets du Roy
de DannemarcK & à ceux
duRoyAuguste. LesConfederez
ont fait camper
une partie de leurs Troupes
a Oldenfworth & à
Wofbuls pour observer les
Suedois, & ils ont distiribué
le reste en quartier
d'hyver dans les Estats de
Holstein Gottorp en attendant
que le beau temps
leur donne le moyend'attaquer
les Suedois.LeCzar
a fait élever des redoutes
devant l'arméeSuedoise&
dans la Dithmarse pour
empescher qu'ils ne tirent
des vivres & des fourrages
de ces costez-là.
Sa Majesté Czarienne
partie le 19. pour aller à
Hanover ; mais ayant appris
en chemin que le General
Sceinbock avoit fait
construireunpont sur l'Eyderà
Tonningen avec un
grand nombre de batteaux
qu'il y avoit trouvez, &
qu'il commençoit à y faire
passerses Troupes, il [uc.
pendit son voyage. Il ordonnaàles
Troupes de décamper,
& de s'avancer
vers l'Eyder pour le passer
à Fredericstatd où la pluspart
de l'infanterie arriva
lé mesme jour. Le pont
estant rompu elle ne put
estreassemblée au deça que
le 21. au nombre d'environ
dix mille hommes pour aller
joindre la Cavalerie Danoise;
cependant le General
Baver s'avança pour attaquer
les Suedois, mais
comme ils n'estoient passez
qu'environ quinze ou seize
cents chevaux, & qu'ils estoient
informez que les
Ennemis recevoient à tout
moment de nouveaux renforts,
ils se retirerent après
de rudesescarmouches, ôc
la perte a esté à peu prés
égale des deux costez. Les
Lettres de Berlin portent
que le sieurLosender qui
avoitesté envoyé à Bender
estoit revenu, qu'il
avoit rapporté que le Roy
de Suede ne vouloit point
entendre parler de la Renonciation
du Roy SraniClas
à la Couronne de Po»
logne, que les Troupes Sa»
xonnes ôc Moscovites qui
estoient à VVolgast & en
d'autres lieux de Pomeranie,
en estoient sorties pour
aller dansleHolstein joindre
l'armée confederée.
On mande deDresde qu'-
on continuoit d'exercer les
milices afin de former un
corps d'environ douze mille
hommes, qui seroit mis
dans les places pourentirer
les Troupes reglées
f
on ne croit pas que les
Estats de Saxe veuillent
fournir à leurentretien la
pays estant desja excessivement
chargé,
Les Lettres de Valaquie
du 6. Février portent que
le Roy Stanislas estoit arrivé
à Bender où le Roy de
Suede estoit encore , qu'il
n'attendait pour partir que
le resultat de la conference
qu'un Bacha envoyé par
le Grand Seigneur,&un
Député du Kam des Tartares
devoient avoir sur la
frontiere avec la Palatin
de Podolie, pour regler le
passage du Roy de Suede
par la Pologne, que le
Grand Seigneur qui estoit
tousjours à Andrinople luy
avoit de nouveau envoyé
de grandes sommes, que
le Kam des Tartaresavoit
ordre de rescorter en personne,&
de traittercomme
ennemis tous ceux qui
voudroients'opposerà son
passage; celles d'Andrinople
du 28. Janvier asseurent
que lePalatin de Masovie
Ambassadeur de Poiogne,
logne
,
avoit eu Audience
du grand ViGr, & qu'il
estoit bien [rainé) mais
que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours
prisonniers au Chasteau
des sept Tours,que l'armée
Othomane devoit estre
assemblée sur le Danube
avant la fin de Mars
pour s'avancer vers l'UKraine
& en chasser les
Moscovites,afin de remettre
les Cosaques en pleine
liberté.
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Résumé : NOUVELLES de la basse Allemagne.
En février, plusieurs événements militaires et politiques ont marqué la Basse-Allemagne et les régions voisines. Le général Hamerstein, envoyé par le duc d'Hanover, a rapporté que le comte de Steinbock avait pour mission de rétablir les traités de Trawendal et de Raenstadt. Des cavaliers suédois ont attaqué et capturé des chariots chargés de bagages, escortés par des Moscovites, près de Wismar. L'armée des Princes confédérés a traversé la rivière Trene pour attaquer des retranchements suédois près de Fredericstadt, malgré des inondations. Ce combat, qui a duré cinq heures, a permis aux Moscovites de prendre deux pièces de canon et de faire près de trois cents prisonniers. À Swabstede, les Suédois ont résisté vigoureusement, permettant au général Stakelberg de retirer ses troupes vers Gardingen. La forteresse de Tonningen a été livrée au comte de Steinbock par ordre du prince Charles Frédéric de Holstein-Gottorp, ce qui a déplu aux confédérés. Le roi de Danemark a armé des vaisseaux pour couper les vivres aux Suédois, tandis que le czar a interrompu son voyage pour empêcher les Suédois de traverser l'Eyder. Des escarmouches ont eu lieu entre les troupes danoises et suédoises. En Saxe, des milices ont été formées pour remplacer les troupes régulières. En Valachie, le roi Stanislas attendait le résultat d'une conférence pour le passage du roi de Suède à travers la Pologne. À Andrinople, l'armée ottomane se préparait à chasser les Moscovites d'Ukraine.
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4
p. 108-113
Nouvelles d'Utrecht.
Début :
Les ambassadeurs d'Espagne continuent leurs conferences avec ceux [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Conférences, Traités, Grande-Bretagne, Portugal, Électeurs, Troupes, Régiments, Rhin, Tumulte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Utrecht.
Nouvelles d'Utrecht. ])
- Les ambassadeurs d'Es
pagne continuent leui
conferences avec ceux de
la Reine de la grande Bre
tagne, de Portugal, &
des Etats Generaux. Or
espere que les deux traitez
feront conclus dans.
peu & signez. Letraité
avec la Grande Bretagne
doit être incessamment
conclu. Il est survenuquel
ques difficultez touchan
celui de Portugal
, qui
nt oblige les Plenipoentiaires
a envoyer des
bini^rs a Madrid & a LisoLnene.
Baron Carg & le Bairn
de Malknecht, Minisies
des Electeurs de Coloe
& de Baviere, font pard'Utrecht
pour aller re.
Duver leurs maîtres, aes
avoir terminé ce qui
gardoit les interêtsde ces
rinces avec cette Répulique.
On mande de Cologne
ue les troupes de Vvirmberg
,
qui consistent en
un regiment de cavalerie
& trois d'infanterie, de
voient arriver le premier
Juillet prés de Cologne |
avec deux regimens d'in
fanterie de Munster & u
de Holstein-Gottorp)pou
marcher vers l'Empire; qu
les six regimens de cavale!
rie & les huit d'infanterie
du Duc de Hanover cam
poient encore prés de Lim
bourg sur le Lahn
; que le
troupes Saxonnes qui viennent
des Pays Bas, com
posées d'un regiment de
cavalerie, de deux de dra.íï
gons, & de sept bataillons,
avoient passé le Rhin à
Mulheim & à Cologne le
29.Juin ; qu'on ne sçavoit
pas si clles remonteroient
vers le haut Rhin, qu'on parce assuroit que leur General
avoit reçû ordre de
les faire marcher vers laSaxe
; que les troupes de
Prusse étoient vers Nuys,
dans le bas Electorat de
Cologne, & que celles de
Munster & de Hesse Cassel
n'etoient pas encore en
mouvement: de sorte que
l'armée de l'Empire ne
pourra pas être sitôt assemblée.
On mande de Gand qu'il
y a eu un grand tumulte,
à cause d'un soldat Anglois
qui fut au nom de ses camarades
demander une
somme qu'on leur retenoit
pour leurs tentes au Gene-j
ral Sabine, qui le fit arrê-r
ter& mettre entre les mains jl
du Prevôt. Le bruit s'etancrépandu
qu'il alloit etrei
executé
,
plus de mille fol-j
dats s'attrouperent la nuid
du 22. au 23. de Juin, déIi-:
vrerent le prisonnier
,
elû-t
renc;
rent un grenadier pour General,
& se retrancherent
si bien derriere un pont,
on ils mirent trois pieces de
canon, qu'on fut obligé de
leur accorder une amnistie
generale, & leur promettre
l'argentqu'ils demandoient
ce;
- Les ambassadeurs d'Es
pagne continuent leui
conferences avec ceux de
la Reine de la grande Bre
tagne, de Portugal, &
des Etats Generaux. Or
espere que les deux traitez
feront conclus dans.
peu & signez. Letraité
avec la Grande Bretagne
doit être incessamment
conclu. Il est survenuquel
ques difficultez touchan
celui de Portugal
, qui
nt oblige les Plenipoentiaires
a envoyer des
bini^rs a Madrid & a LisoLnene.
Baron Carg & le Bairn
de Malknecht, Minisies
des Electeurs de Coloe
& de Baviere, font pard'Utrecht
pour aller re.
Duver leurs maîtres, aes
avoir terminé ce qui
gardoit les interêtsde ces
rinces avec cette Répulique.
On mande de Cologne
ue les troupes de Vvirmberg
,
qui consistent en
un regiment de cavalerie
& trois d'infanterie, de
voient arriver le premier
Juillet prés de Cologne |
avec deux regimens d'in
fanterie de Munster & u
de Holstein-Gottorp)pou
marcher vers l'Empire; qu
les six regimens de cavale!
rie & les huit d'infanterie
du Duc de Hanover cam
poient encore prés de Lim
bourg sur le Lahn
; que le
troupes Saxonnes qui viennent
des Pays Bas, com
posées d'un regiment de
cavalerie, de deux de dra.íï
gons, & de sept bataillons,
avoient passé le Rhin à
Mulheim & à Cologne le
29.Juin ; qu'on ne sçavoit
pas si clles remonteroient
vers le haut Rhin, qu'on parce assuroit que leur General
avoit reçû ordre de
les faire marcher vers laSaxe
; que les troupes de
Prusse étoient vers Nuys,
dans le bas Electorat de
Cologne, & que celles de
Munster & de Hesse Cassel
n'etoient pas encore en
mouvement: de sorte que
l'armée de l'Empire ne
pourra pas être sitôt assemblée.
On mande de Gand qu'il
y a eu un grand tumulte,
à cause d'un soldat Anglois
qui fut au nom de ses camarades
demander une
somme qu'on leur retenoit
pour leurs tentes au Gene-j
ral Sabine, qui le fit arrê-r
ter& mettre entre les mains jl
du Prevôt. Le bruit s'etancrépandu
qu'il alloit etrei
executé
,
plus de mille fol-j
dats s'attrouperent la nuid
du 22. au 23. de Juin, déIi-:
vrerent le prisonnier
,
elû-t
renc;
rent un grenadier pour General,
& se retrancherent
si bien derriere un pont,
on ils mirent trois pieces de
canon, qu'on fut obligé de
leur accorder une amnistie
generale, & leur promettre
l'argentqu'ils demandoient
ce;
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Résumé : Nouvelles d'Utrecht.
Le texte traite des négociations diplomatiques et des mouvements militaires à Utrecht. Les ambassadeurs d'Espagne discutent avec ceux de la Grande-Bretagne, du Portugal et des États Généraux. Les traités avec la Grande-Bretagne devraient être rapidement conclus, tandis que des difficultés avec le Portugal nécessitent l'envoi de binômes à Madrid et Lisbonne. Les barons Carg et Malknecht, ministres des Électeurs de Cologne et de Bavière, retournent auprès de leurs maîtres après des affaires avec la République. Sur le plan militaire, les troupes de Wirnberg, composées de cavalerie et d'infanterie, doivent arriver près de Cologne le 1er juillet avec des renforts de Munster et de Holstein-Gottorp pour marcher vers l'Empire. Les troupes du Duc de Hanovre campent près de Limburg, tandis que les troupes saxonnes, venues des Pays-Bas, ont traversé le Rhin. Les troupes prussiennes sont près de Nuys, mais celles de Munster et de Hesse Cassel retardent l'assemblée de l'armée de l'Empire. À Gand, un tumulte a éclaté à cause d'un soldat anglais. Après son arrestation, plus de mille soldats se sont rassemblés, ont libéré le prisonnier, élu un général et se sont retranchés derrière un pont avec des canons. Une amnistie générale et le paiement de la somme demandée ont été accordés pour apaiser la situation.
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5
p. 175-184
TRADUCTION De la Lettre écrite à son Excellence Monsieur le Prince de Chelamar, Ambassadeur du Roy Catholique, auprés du Roy Trés-Chrêtien, par Monsieur le Marquis Grimaldo, premier Secretaire d'Etat & des Depêches universelles de Sa Majesté Catholique.
Début :
Monsieur, Vôtre Excellence aura sans doute été surprise [...]
Mots clefs :
Armes, Conquête, Sardaigne, Armée navale, Roi catholique, Gloire, Sultan, Paix, Alliés, Officiers, Sédition, Traités, Tranquillité publique, Royaume, Ministère, Blessures , Nation espagnole, Prudence, Archiduc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION De la Lettre écrite à son Excellence Monsieur le Prince de Chelamar, Ambassadeur du Roy Catholique, auprés du Roy Trés-Chrêtien, par Monsieur le Marquis Grimaldo, premier Secretaire d'Etat & des Depêches universelles de Sa Majesté Catholique.
TRADUCTION
De la Lettre écrite à Son Excellence
Monfieur le Prince de Chelamar
Ambaffadeurdu Roy Catholique , auprés
du Roy Trés- Chrêtien , par Monfieur
le Marquis Grimaldo , premier
Secretaire d'État & des Dépêches univerfelles
de Sa Majeftè Catholique.
MONSIEUR ,
VOTRE Excellence aura fans doute
été furpriſe , à la premiere nouvelle que
les Armes du Roy nôtre Maître alloient
être employées à la Conquête de la Sárdaigne
, dans le temps que tout le monde
étoit perfuadé , & que toute la Chrétienté
fe promettoit qu'elles alloient
renforcer l'Armée Navale des Chrétiens
qui agit contre les Turcs , & enfuite
des offres que Sa Majesté pouffée
par les fentimens de fa Religion &
de fon coeur , en avoit fait faire au Pape
. Je vous auouerai , Monfieur , que
Piiij
176
LE
MERCURE
je ne m'attendois pas encore fitôt à cette
deftination des Armes du Roy. L'ent
ploi que j'ai l'honneur d'exercer , me
donnant de fréquentes occafions d'approcher
de fa Perfonne ; je dois , ce
femble , connoître mieux que beaucoup
d'autres , fa juftice , fa droiture , la religion
avec laquelle il obferve fa parole
, la délicateffe de fa confcience ; en
fin fa grandeur de courage à l'épreuve
des adverfitez les plus durables ; qualitez
qui le rendent fi digne d'être le fucceffeur
de ces Princes , qui par leur piété,
ont merité d'être mis au nombre des
Saints , & d'avoir le Titre particulier de
Rois Catholiques.
En effet , qui peut ne point être étonné
d'abord , qu'un Prince , dont le
monde vante les vertus , & qu'il reconnoît
pour être incapable de facrifier
jamais la juftice à fa gloire , commence
les premieres hoftilitez contre l'Archiduc
actuellement en guerre ouverte
avec le Sultan des Turcs ; & dans
un temps où les Côtes de l'Etat Ecclefiaftique
paroiffent expofées à fes invafions
? Mais , un peu de reflexion fur
cette conduite , fait bientôt comprendre
qu'un tel deffein n'a pas été formé fans.
D'OCTOBRE. 177
7
un motifimportant qui 'rendoit l'entreprife
abfolument néceſſaire.
Aprés avoir longtemps gardé un profond
filence fur ce fujet , Sa Majesté a
enfin daigné nie faire part d'elle-même ,
des caufes & des motifs de fa réfolution
; & Elle m'a en même temps ordonné
d'en informer Vôtre Excellence :
C'est ce que je vais faire auffi fuccinctement
que l'importance de la matiere le
permet.
Les Perfonnes qui firent le Plan de
la derniere Paix , ayant crû que pour
y parvenir , il falloit que le Roy nôtre .
Maître cedât une partie de fes Etats ,
il a bien voulu faire ce facrifice
> pour
parvenir au rétabliffement de la tranquillité
dans la focieté des Nations. Sa
Majefté eft entrée dans les mefures qu'elles
avoient prifes , avec fa grandeur
d'ame ordinaire , fe flattant que du
moins les Traitez feroient exécutez , &
que fes Peuples , dont les malheurs le
touchoient plus que fes propres difgraces
, jouiroient en repos de la gloire due
à leurs vertus .
•
Mais , aprés avoir cedé le Royaume
de Sicile , pour obtenir l'évacuation de
la Catalogne & de Mayorque , afin de
178 LE MERCURE
procurer à l'Espagne la tranquillité qu'il
vouloit bien acheter pour elle à ce prix ,
il reconnut bientôt qu'il n'avoit pas
traité avec des Puiffances auffi jalouſes
que lui , d'accomplir leurs engagemens.
Ceux qui devoient évacuer la Catalogne
, cacherent long- tems les ordres
qu'ils en avoient reçûs. Ce ne furent
pas leurs leurs Superieurs qui les contraignirent
à les montrer , mais leurs Alliez
qui les obligerent à feindre du moins de
vouloir exécuter les Traitez . Ce
qui
donna lieu au Roy nôtre Maître de demander
qu'on lui remît les Places qui
devoient lui être renduës . Rien n'étoit
plus facile aux Officiers de l'Archiduc
que de les configner à ceux du Roy ,
fuivant la forme en ufage entre les
Puiffances , lorfqu'elles ont promis de
rendre quelque Place ; en fe fervant
dans le Traité des mêmes termes dont
on s'étoit fervi pour ftipuler que les Places
de Catalogne feroient remiſes au
Roy. Mais , ces Officiers manquans à
leur parole , & violans la foy que l'on
garde à fes ennemis , fe contenterent de
retirer leurs Troupes ; & ils firent même
efperer aux Catalans qu'ils reviendroient
bientôt avec d'autresforces , foD'OCTOBRE.
179
mentans ainfi la déloyauté des Seditieux
, & les encourageans à une reſiftance
opiniâtre. Afin que la refiftance
des Rebelles für plus longue & plus deshonorable
aux Armes du Roy , les Généraux
de l'Archiduc leur enflerent encore
le courage , en leur donnant tous
les moyens poffibles de la prolonger. Ils
permirent que les Cavaliers , avant que
de s'embarquer , laiffaffent leurs chevaux
aux plus mutins , & même ils voulurent
leur livrer la Place d'Oftalric ,
que le Roy avoit eu la condeſcendance
d'accorder aux Troupes de l'Archiduc ,
comme une derniere retraite , pour y demeurer
enfûreté jufqu'à leur embarquement
. Cette infraction des Traitez , cette
infulte faite à la foy publique , a fait
fouffrir de nouveaux malheurs à l'Efpague
, en la jettant dans la néceffité de
faire encore des dépenfes immenfes ,
lorfqu'elle fe voyoit déja fort épuifée par
celles des Campagnes précedentes . Ces
dépenfes auroient été moins onéreufes
& plus honorables , fi elles s'étoient faites
dans une continuation de guerre.
La paffion du Roy pour le rétabliffement
de la tranquillité publique , lui fic
diffimuler cet outrage , auffi bien que
180 LE MERCURE
les fecours continuels que les Révoltez
recevoient du Royaume de Naples , leſquels
entretenoient leur audace. Sa Majefté
voulut bien encore acheter , pour
ainfi dire , une feconde fois le repos de
fes Sujets , en recouvrant pied à pied
fes propres Domaines : Mais , il cbferva
toujours la paix avec ceux qui lui faifoient
la guerre fous les étendarts des
Rebelles , Il lui auroit été plus facile de
combattie les Troupes de l'Archiduc
dans les propres Etats de ce Prince , s'il
avoit voulu y porter la guerre , qu'on
lui donnoit un jufte fujet de declarer.
Les autres conditions du Traité ne
furent pas plus religieufement exécutées.
Il cf vray que les Cénéraux de
P'Archiduc délivrerent des ordres adref
fez à ceux qui commandoient pour ce
Prince à Mayor que , de remettre l'ifle
aux Officiers du Roy. Mais, ceux de
I'A chiduc differerent toûjours de les
exécuter ; & une preuve qu'en cela ils
ne defobéiffoient point à la volonté de
leurs Superieurs , c'eft que peu aprés , ils
reçûrent un renfort de Troupes Allemandes.
Ainfi l'Eſpagne fe vit forcée à
faire de nouveaux armemens de Terre
& de Mer , & il fallut qu'elle conquît
D'OCTOBRE 181
Mayorque qui devoit lui être remife
par le Traité.
On ne s'eft pas même borné à des
manquemens de foy fi authentiques &
fi fcandaleux . Le Miniftere de Vienne
les a avouez par plufieurs démonftrations
publiques , comme par les récompenfes
qu'il a données aux Seditieux , en
diftinguant par des bienfaits plus confiderables
, ceux des Révoltez qui s'étoient
diftinguez par les plus grands crimes;
& en fe déclarant ainfi l'Auteur
de tous les excés où le font portez ces
malheureux.
Voilà une partie des juftes motifs que
le Roy nôtre Maître avoit de reprendre
les armes , lorfque la guerre que l'Archiduc
déclara l'année derniere au Sultan
des Turcs , fournit à Sa Majesté
une fi belle occafion de recouvrer par
la voye d'une réprefaille legitime , les
Etats qu'Elle a perdus. Au lieu de profiter
des conjonctures , non feulement
elle voulut bien s'engager à ne point
troubler l'Italie , mais facrifiant encore
fes propres interêts , elle contribua par
voye de diverfion anx Corquêtes de fon
Ennemi . Elle renforce par une puffante
Efcadre,PArmic Nyle des Venitiens ,
182 LE MERCURE
les Alliez de l'Archiduc , & dont les
efforts affoibliffoient le même Ennemi
que ce Prince attaquoit .
Le Roy penfoit qu'un procédé fi honorable
engageroit l'Archiduc , finon à
faire la paix avec lui , du moins à garder
à fon égard les mefures que gardent l'un
envers l'autre les Généraux de deux
Armées prêtes à donner bataille . Mais ,
ce Prince n'a pasjugé à propos de fe foumettre
à ces bienféances . L'Allemagne ,
l'Italie & les Pays - Bas viennent de
voir des Declarations injurieufes â la
Couronne & à la Perfonne du Roy . La
Cour de Vienne s'eft même oubliée ,
jufqu'à faire arrêter prifonnier le Grand
Inquifiteur d'Espagne , qui paffoit par
Milan avec un Paffeport du Pape , que
Sa Sainteté lui avoit donné du confentement
exprés du Cardinal de Schrotembach
, qui eft chargé auprés d'elle
des affaires de cette Cour.
Ce dernier coup a fait r'ouvrir les
premieres bleffures , & a obligé le Roy
nôtre Maître à faire les plus ferieufes
reflexions fur l'obligation où font les
Souverains de fe reffentir des injures
faites à leur Couronne , dont l'impunité
avilit la Majefté Royale , en faisant
D'OCTOBRE. 183
regarder les Princes qui fouffrent avec
indolence de pareils outrages , comme
des Maîtres incapables de défendre,
l'honneur & les biens de leurs Sujets.
Il a fait encore reflexion que la Cour,
de Vienne a voulu fe prévaloir de ces
manquemens,pour aliener de lui l'efprit
d'une Nation auffi fenfible fur le point
d'honneur que l'eft la Nation Efpagnol
le ; en donnant à croire à fes Sujets que.
leur gloire étoit bleffée par les affronts
& par les outrages qui le faifoient impunément
à leur Chef & à leur Souverain
›
Des confiderations d'un fi grand poids.
ont fufpendu pour quelque tems les effets
du zele & de la religion du Roy ,
en l'obligeant d'employerfes forces àfaire
de juftes réprefailles pour les outrages
qu'il a reçûs de la part de l'Archiduc
, avant que de les faire paffer une
feconde fois au fecours des Alliez de ce
Prince.
La prudence confommée de Vôtre
Excellence lui aura déja fait affez concevoir
qu'il ne falloit pas un motif moins
important, pour retarder les fecours dont
le Roy veut continuer d'aider la caufe
de la Religion , pour laquelle il eft toû184
LE MERCURE
jours plein du zele , dont il a donné des
preuves fi éclatantes dans fon accommodement
avec la Cour de Rome . Le
Roy lui-même en eft trés - affligé ; & je
puis vous affurer que je vois auffi avec
douleur , qu'une entrepriſe fi jufte retienne
pour un temps les fecours que le
Pape fouhaiteroit de voir unis à l'Armée
Chrétienne.Sa Sainteté n'auroit pas
vu reculer l'accompliffement de fes defirs
, fi les Miniftres d'un auffi grand
Prince que l'Archiduc , avoient fçû
mieux ménager les véritables interêts
de leur Maître , & ne pas expofer fa
Perfonne & fes affaires aux mauvais difcours
& aux inconveniens qui font les
fuites néceffaires de la mauvaiſe foy.
Je prie Dieu , Monfieur , qu'il conferve
vôtre Excellence auffi long-tems
que je le defire.
A Madrid le 9. Aoust
1717.
Signè , Le Marquis de
GRIMALDO.
De la Lettre écrite à Son Excellence
Monfieur le Prince de Chelamar
Ambaffadeurdu Roy Catholique , auprés
du Roy Trés- Chrêtien , par Monfieur
le Marquis Grimaldo , premier
Secretaire d'État & des Dépêches univerfelles
de Sa Majeftè Catholique.
MONSIEUR ,
VOTRE Excellence aura fans doute
été furpriſe , à la premiere nouvelle que
les Armes du Roy nôtre Maître alloient
être employées à la Conquête de la Sárdaigne
, dans le temps que tout le monde
étoit perfuadé , & que toute la Chrétienté
fe promettoit qu'elles alloient
renforcer l'Armée Navale des Chrétiens
qui agit contre les Turcs , & enfuite
des offres que Sa Majesté pouffée
par les fentimens de fa Religion &
de fon coeur , en avoit fait faire au Pape
. Je vous auouerai , Monfieur , que
Piiij
176
LE
MERCURE
je ne m'attendois pas encore fitôt à cette
deftination des Armes du Roy. L'ent
ploi que j'ai l'honneur d'exercer , me
donnant de fréquentes occafions d'approcher
de fa Perfonne ; je dois , ce
femble , connoître mieux que beaucoup
d'autres , fa juftice , fa droiture , la religion
avec laquelle il obferve fa parole
, la délicateffe de fa confcience ; en
fin fa grandeur de courage à l'épreuve
des adverfitez les plus durables ; qualitez
qui le rendent fi digne d'être le fucceffeur
de ces Princes , qui par leur piété,
ont merité d'être mis au nombre des
Saints , & d'avoir le Titre particulier de
Rois Catholiques.
En effet , qui peut ne point être étonné
d'abord , qu'un Prince , dont le
monde vante les vertus , & qu'il reconnoît
pour être incapable de facrifier
jamais la juftice à fa gloire , commence
les premieres hoftilitez contre l'Archiduc
actuellement en guerre ouverte
avec le Sultan des Turcs ; & dans
un temps où les Côtes de l'Etat Ecclefiaftique
paroiffent expofées à fes invafions
? Mais , un peu de reflexion fur
cette conduite , fait bientôt comprendre
qu'un tel deffein n'a pas été formé fans.
D'OCTOBRE. 177
7
un motifimportant qui 'rendoit l'entreprife
abfolument néceſſaire.
Aprés avoir longtemps gardé un profond
filence fur ce fujet , Sa Majesté a
enfin daigné nie faire part d'elle-même ,
des caufes & des motifs de fa réfolution
; & Elle m'a en même temps ordonné
d'en informer Vôtre Excellence :
C'est ce que je vais faire auffi fuccinctement
que l'importance de la matiere le
permet.
Les Perfonnes qui firent le Plan de
la derniere Paix , ayant crû que pour
y parvenir , il falloit que le Roy nôtre .
Maître cedât une partie de fes Etats ,
il a bien voulu faire ce facrifice
> pour
parvenir au rétabliffement de la tranquillité
dans la focieté des Nations. Sa
Majefté eft entrée dans les mefures qu'elles
avoient prifes , avec fa grandeur
d'ame ordinaire , fe flattant que du
moins les Traitez feroient exécutez , &
que fes Peuples , dont les malheurs le
touchoient plus que fes propres difgraces
, jouiroient en repos de la gloire due
à leurs vertus .
•
Mais , aprés avoir cedé le Royaume
de Sicile , pour obtenir l'évacuation de
la Catalogne & de Mayorque , afin de
178 LE MERCURE
procurer à l'Espagne la tranquillité qu'il
vouloit bien acheter pour elle à ce prix ,
il reconnut bientôt qu'il n'avoit pas
traité avec des Puiffances auffi jalouſes
que lui , d'accomplir leurs engagemens.
Ceux qui devoient évacuer la Catalogne
, cacherent long- tems les ordres
qu'ils en avoient reçûs. Ce ne furent
pas leurs leurs Superieurs qui les contraignirent
à les montrer , mais leurs Alliez
qui les obligerent à feindre du moins de
vouloir exécuter les Traitez . Ce
qui
donna lieu au Roy nôtre Maître de demander
qu'on lui remît les Places qui
devoient lui être renduës . Rien n'étoit
plus facile aux Officiers de l'Archiduc
que de les configner à ceux du Roy ,
fuivant la forme en ufage entre les
Puiffances , lorfqu'elles ont promis de
rendre quelque Place ; en fe fervant
dans le Traité des mêmes termes dont
on s'étoit fervi pour ftipuler que les Places
de Catalogne feroient remiſes au
Roy. Mais , ces Officiers manquans à
leur parole , & violans la foy que l'on
garde à fes ennemis , fe contenterent de
retirer leurs Troupes ; & ils firent même
efperer aux Catalans qu'ils reviendroient
bientôt avec d'autresforces , foD'OCTOBRE.
179
mentans ainfi la déloyauté des Seditieux
, & les encourageans à une reſiftance
opiniâtre. Afin que la refiftance
des Rebelles für plus longue & plus deshonorable
aux Armes du Roy , les Généraux
de l'Archiduc leur enflerent encore
le courage , en leur donnant tous
les moyens poffibles de la prolonger. Ils
permirent que les Cavaliers , avant que
de s'embarquer , laiffaffent leurs chevaux
aux plus mutins , & même ils voulurent
leur livrer la Place d'Oftalric ,
que le Roy avoit eu la condeſcendance
d'accorder aux Troupes de l'Archiduc ,
comme une derniere retraite , pour y demeurer
enfûreté jufqu'à leur embarquement
. Cette infraction des Traitez , cette
infulte faite à la foy publique , a fait
fouffrir de nouveaux malheurs à l'Efpague
, en la jettant dans la néceffité de
faire encore des dépenfes immenfes ,
lorfqu'elle fe voyoit déja fort épuifée par
celles des Campagnes précedentes . Ces
dépenfes auroient été moins onéreufes
& plus honorables , fi elles s'étoient faites
dans une continuation de guerre.
La paffion du Roy pour le rétabliffement
de la tranquillité publique , lui fic
diffimuler cet outrage , auffi bien que
180 LE MERCURE
les fecours continuels que les Révoltez
recevoient du Royaume de Naples , leſquels
entretenoient leur audace. Sa Majefté
voulut bien encore acheter , pour
ainfi dire , une feconde fois le repos de
fes Sujets , en recouvrant pied à pied
fes propres Domaines : Mais , il cbferva
toujours la paix avec ceux qui lui faifoient
la guerre fous les étendarts des
Rebelles , Il lui auroit été plus facile de
combattie les Troupes de l'Archiduc
dans les propres Etats de ce Prince , s'il
avoit voulu y porter la guerre , qu'on
lui donnoit un jufte fujet de declarer.
Les autres conditions du Traité ne
furent pas plus religieufement exécutées.
Il cf vray que les Cénéraux de
P'Archiduc délivrerent des ordres adref
fez à ceux qui commandoient pour ce
Prince à Mayor que , de remettre l'ifle
aux Officiers du Roy. Mais, ceux de
I'A chiduc differerent toûjours de les
exécuter ; & une preuve qu'en cela ils
ne defobéiffoient point à la volonté de
leurs Superieurs , c'eft que peu aprés , ils
reçûrent un renfort de Troupes Allemandes.
Ainfi l'Eſpagne fe vit forcée à
faire de nouveaux armemens de Terre
& de Mer , & il fallut qu'elle conquît
D'OCTOBRE 181
Mayorque qui devoit lui être remife
par le Traité.
On ne s'eft pas même borné à des
manquemens de foy fi authentiques &
fi fcandaleux . Le Miniftere de Vienne
les a avouez par plufieurs démonftrations
publiques , comme par les récompenfes
qu'il a données aux Seditieux , en
diftinguant par des bienfaits plus confiderables
, ceux des Révoltez qui s'étoient
diftinguez par les plus grands crimes;
& en fe déclarant ainfi l'Auteur
de tous les excés où le font portez ces
malheureux.
Voilà une partie des juftes motifs que
le Roy nôtre Maître avoit de reprendre
les armes , lorfque la guerre que l'Archiduc
déclara l'année derniere au Sultan
des Turcs , fournit à Sa Majesté
une fi belle occafion de recouvrer par
la voye d'une réprefaille legitime , les
Etats qu'Elle a perdus. Au lieu de profiter
des conjonctures , non feulement
elle voulut bien s'engager à ne point
troubler l'Italie , mais facrifiant encore
fes propres interêts , elle contribua par
voye de diverfion anx Corquêtes de fon
Ennemi . Elle renforce par une puffante
Efcadre,PArmic Nyle des Venitiens ,
182 LE MERCURE
les Alliez de l'Archiduc , & dont les
efforts affoibliffoient le même Ennemi
que ce Prince attaquoit .
Le Roy penfoit qu'un procédé fi honorable
engageroit l'Archiduc , finon à
faire la paix avec lui , du moins à garder
à fon égard les mefures que gardent l'un
envers l'autre les Généraux de deux
Armées prêtes à donner bataille . Mais ,
ce Prince n'a pasjugé à propos de fe foumettre
à ces bienféances . L'Allemagne ,
l'Italie & les Pays - Bas viennent de
voir des Declarations injurieufes â la
Couronne & à la Perfonne du Roy . La
Cour de Vienne s'eft même oubliée ,
jufqu'à faire arrêter prifonnier le Grand
Inquifiteur d'Espagne , qui paffoit par
Milan avec un Paffeport du Pape , que
Sa Sainteté lui avoit donné du confentement
exprés du Cardinal de Schrotembach
, qui eft chargé auprés d'elle
des affaires de cette Cour.
Ce dernier coup a fait r'ouvrir les
premieres bleffures , & a obligé le Roy
nôtre Maître à faire les plus ferieufes
reflexions fur l'obligation où font les
Souverains de fe reffentir des injures
faites à leur Couronne , dont l'impunité
avilit la Majefté Royale , en faisant
D'OCTOBRE. 183
regarder les Princes qui fouffrent avec
indolence de pareils outrages , comme
des Maîtres incapables de défendre,
l'honneur & les biens de leurs Sujets.
Il a fait encore reflexion que la Cour,
de Vienne a voulu fe prévaloir de ces
manquemens,pour aliener de lui l'efprit
d'une Nation auffi fenfible fur le point
d'honneur que l'eft la Nation Efpagnol
le ; en donnant à croire à fes Sujets que.
leur gloire étoit bleffée par les affronts
& par les outrages qui le faifoient impunément
à leur Chef & à leur Souverain
›
Des confiderations d'un fi grand poids.
ont fufpendu pour quelque tems les effets
du zele & de la religion du Roy ,
en l'obligeant d'employerfes forces àfaire
de juftes réprefailles pour les outrages
qu'il a reçûs de la part de l'Archiduc
, avant que de les faire paffer une
feconde fois au fecours des Alliez de ce
Prince.
La prudence confommée de Vôtre
Excellence lui aura déja fait affez concevoir
qu'il ne falloit pas un motif moins
important, pour retarder les fecours dont
le Roy veut continuer d'aider la caufe
de la Religion , pour laquelle il eft toû184
LE MERCURE
jours plein du zele , dont il a donné des
preuves fi éclatantes dans fon accommodement
avec la Cour de Rome . Le
Roy lui-même en eft trés - affligé ; & je
puis vous affurer que je vois auffi avec
douleur , qu'une entrepriſe fi jufte retienne
pour un temps les fecours que le
Pape fouhaiteroit de voir unis à l'Armée
Chrétienne.Sa Sainteté n'auroit pas
vu reculer l'accompliffement de fes defirs
, fi les Miniftres d'un auffi grand
Prince que l'Archiduc , avoient fçû
mieux ménager les véritables interêts
de leur Maître , & ne pas expofer fa
Perfonne & fes affaires aux mauvais difcours
& aux inconveniens qui font les
fuites néceffaires de la mauvaiſe foy.
Je prie Dieu , Monfieur , qu'il conferve
vôtre Excellence auffi long-tems
que je le defire.
A Madrid le 9. Aoust
1717.
Signè , Le Marquis de
GRIMALDO.
Fermer
5
6
p. 1168-1174
Nouvelle Edition des Ouvrages d'Origene, [titre d'après la table]
Début :
NOUVELLE EDITION des Ouvrages d'Origene, en cinq Volumes in-folio, Grecs [...]
Mots clefs :
Origène, Cause, Église, Traités, Écriture, Texte grec, Savant, Écrits, Fragments, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Edition des Ouvrages d'Origene, [titre d'après la table]
NOUVELLE EDITION des Ouvrages d'Origene
, en cinq Volumes in folio , Grecs
et Latins , par le R. P. Dom Charles de
la Rue , Religieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur. Les deux premiers
Volumes sont déja imprimez et se vendent
chez Jacques - Vincent , Libraire et
Imprimeur à Paris ruë S. Severin , ઢ
Ange.
I. Vol De
17336 JUIN. 1169
}
son
De tous les grands Hommes
qui ont
fait l'ornement
des premiers
siécles de
l'Eglise , il n'y en a peut- être aucun dont
le nom ait été et soit encore aussi célébre
, que celui d'Origene
, fils du S. Martyr
Léonide. Sa vie , son esprit , sa vaste
érudition
l'ont fait d'abord regarder comme
un prodige
de la Nature et de la grace ; máis cette estime universelle
dégenera
bientôt
en une persécution
presque
générale
qui s'éleva contre lui
ou par sa faute , ou par son malheur
que Démétrius qu par la jalousie
Evêque , avoit conçuë de sa réputation
. Il s'est vû chassé de son Pays , déposé du
Sacerdoce
, excommunié
même par les
deux premiers
Siéges du monde chrétien
, et par la plupart des autres , tandis
que de grands Saints soutenoient
sa cause
, et que Dieu sembloit
se déclarer pour
lui , en se servant de ses rares talens pour faire entrer dans la verité et dans le sein
de son Eglise des Ambroises
, des Grégoires
Thaumaturges
, et des Athenodores
.
Ha eu le même sort après sa mort . Des
Martyrs ont fait des Ecrits sanglans
contre
lui , et des Martyrs ont fait son Apologie.
Les uns l'ont détesté comme un
Ecrivain
pernicieux
, les autres l'ont regardé
comme le plus grand Maître qu'ait
1. Vol. Fiiij eu
1170 MERCURE DE FRANCE
eu l'Eglise après les Apôtres .
Il est donc assez surprenant que jus-`
qu'ici nous n'ayons pas encore eu rassemblez
dans un corps complet d'une
Edition éxacte , ce qui nous reste des
Ecrits d'un si grand Homme. Il est inutile
d'alléguer la collection de Merlin' , et
celle de Genebrard , puisque dès l'an
1636. une Assemblée générale du Clergé
de France les déclara insuffisantes , et
qu'elles sont encore aujourd'hui par tous
les Sçavans comptées presque pour rien ,
tant à cause de l'omission essentielle du
Texte Grec , qu'à cause de quelques
Traitez d'importance ; et d'un grand
nombre de Fragmens de conséquence qui
ne s'y trouvent pas .
L'illustre et sçavant M. Huet en avoit
promis une troisiéme ; mais quand même
il l'auroit achevée , elle n'auroit pas été
entiere , puisque les anciennes versions
dont le Texte grec est perdu , n'y au
roient pas été comprises . D'ailleurs , ce
docte Prélat est mort sans avoir même
donné la partie la plus considérable de
son Recueil ; sçavoir , les Traitez particuliers
sur des sujets qui n'ont pas un rapport
direct à l'explication de l'Ecriture-
Sainte. Il est vrai que d'autres ont publié
ces Piéces en Grec et en Latin , par-
1. Vol.
tic
JUIN. 1733.. 1171
tie avant lui , et partie après lui : mais
outre que dans leurs Editions le Texté
Grec est ordinairement tres fautif , pour
n'avoir été tiré que d'un seul Manuscrit ,
la Version latine qu'ils ont mise à côté
est souvent ou infidele , ou barbare . De
plus , presque tous ces Traitez particuliers
ont été imprimez séparément en
différens tems , en différens Pays , en différentes
formes de papier , et en trespetite
quantité d'Exemplaires : d'où il
est arrivé que quelques- uns sont aujourd'hui
tres- rares et tres chers.
Enfin , à force de chercher dans les
Manuscrits de France , d'Italie , d'An- .
gleterre et d'Allemagne , on a fait une
abondante récolte d'un tres grand nombre
de fragmens grecs qui n'avoient pas
encore vû le jour , et qui assûrent présentement
à Origene pour toujours quel
ques Commentaires et plusieurs Homelies
, que nous n'avions qu'en latin , eg
dont plusieurs Sçavans doutoient. De ce,
nombre sont les 39. Homelies sur S. Luc,
contre lesquels le Ministre Matthieu de ,
La Roque s'est inscrit en faux , et a fait
des efforts étranges , pour n'être pas obligé
de reconnoitre avec le docte Pearson
que les Lettres
de S. Ignace Martyr
, qui,
y sont citées , étoient connues
dans l'E-, 1. Fol.
Evi gli1172
MERCURE DE FRANCE
glise avant Eusebe. Presque tout le Grec
de ces 39 Homelies est aujourd'hui retrouvé.
Il est donc visible que rien n'étoit plus
nécessaire qu'une nouvelle Edition de
tout ce qui nous reste d'Origene , où
chaque Piéce soit imprimée en son rang ;
où le Grec qui nous reste se trouve revû
sur d'anciens Manuscrits, et où , quand il
manque , les anciennes Versions de Rufin
et de S. Jerôme y suppléent : le tout avec
des Notes et des Avertissemens préliminaires.
Tel est aussi le dessein de la nouvelle
Collection que nous annonçons au
Public en cinq Volumes in-folio , de la
même grandeur que les deux Tomes des
Hexaples , publiez en 1713. par le scavant
Pere Dom Bernard de Montfaucon ,
afin qu'ils puissent être placez à leur tête
ou à leur suite .
Le premier Volume renferme ce qui
nous reste des Lettres d'Origene , quelques
fragmens des Livres de la Résurrection
, et des Stromates ; les quatre Livres
des Principes , l'Exhortation au martyre ,
le Traité de la Priere , et l'Apologie de la
Religion Chrétienne en huit Livres
contre le Philosophe Celsus . On voit ensuite
en plus petits caracteres deux Traitez
supposez , sçavoir le Dialogue contre
I. Vol. les
JUIN. 1733. 1173
lés Marcionites , et le Livre intitulé Philosophica
: puis en forme d' Appendix les
Notes d'un sçavant Anglois sur le věritable
Traité de la Priere , les Remarques
d'Hoeschelius sur les huit Livres contre
Celse , et les Observations de Gronovius
sur les Philosophica. A la tête du Volume
est une Préface où l'Editeur a solidement
refuté l'opinion de ceux qui croyent que
les Ecrits d'Origene ont été corrompus
par les Hérétiques ; il rend compte en
détail de son travail sur chaque Traité
particulier. Ce Tome est terminé par
deux Index tres-amples , l'un des Passages
de l'Ecriture- Sainte , et l'autre des
choses mémorables. Il y en a toujours
deux semblables dans les suivans.
Les quatre autres Volumes contiennent
les Commentaires sur l'Ecriture. Au
commencement est une Préface qui dé
veloppe le Systême qu'Origene s'est formé
pour expliquer les Livres saints , et
l'Editeur fait voir les dangéreuses conséquences
qu'on en peut tirer. Le dernier
des cinq Volumes finit par la Vie d'Origene
, et par plusieurs Dissertations sur
ses sentimens , qui de son vivant ont causé
de grands troubles dans l'Eglise , et de
plus grands encore après sa mort.
Le caractere et le papier sont d'une
I:Vol. F vj
beausé
1174 MERCURE DE FRANCE
beauté qui fait honneur au Libraire.
, en cinq Volumes in folio , Grecs
et Latins , par le R. P. Dom Charles de
la Rue , Religieux Benedictin de la Congrégation
de S. Maur. Les deux premiers
Volumes sont déja imprimez et se vendent
chez Jacques - Vincent , Libraire et
Imprimeur à Paris ruë S. Severin , ઢ
Ange.
I. Vol De
17336 JUIN. 1169
}
son
De tous les grands Hommes
qui ont
fait l'ornement
des premiers
siécles de
l'Eglise , il n'y en a peut- être aucun dont
le nom ait été et soit encore aussi célébre
, que celui d'Origene
, fils du S. Martyr
Léonide. Sa vie , son esprit , sa vaste
érudition
l'ont fait d'abord regarder comme
un prodige
de la Nature et de la grace ; máis cette estime universelle
dégenera
bientôt
en une persécution
presque
générale
qui s'éleva contre lui
ou par sa faute , ou par son malheur
que Démétrius qu par la jalousie
Evêque , avoit conçuë de sa réputation
. Il s'est vû chassé de son Pays , déposé du
Sacerdoce
, excommunié
même par les
deux premiers
Siéges du monde chrétien
, et par la plupart des autres , tandis
que de grands Saints soutenoient
sa cause
, et que Dieu sembloit
se déclarer pour
lui , en se servant de ses rares talens pour faire entrer dans la verité et dans le sein
de son Eglise des Ambroises
, des Grégoires
Thaumaturges
, et des Athenodores
.
Ha eu le même sort après sa mort . Des
Martyrs ont fait des Ecrits sanglans
contre
lui , et des Martyrs ont fait son Apologie.
Les uns l'ont détesté comme un
Ecrivain
pernicieux
, les autres l'ont regardé
comme le plus grand Maître qu'ait
1. Vol. Fiiij eu
1170 MERCURE DE FRANCE
eu l'Eglise après les Apôtres .
Il est donc assez surprenant que jus-`
qu'ici nous n'ayons pas encore eu rassemblez
dans un corps complet d'une
Edition éxacte , ce qui nous reste des
Ecrits d'un si grand Homme. Il est inutile
d'alléguer la collection de Merlin' , et
celle de Genebrard , puisque dès l'an
1636. une Assemblée générale du Clergé
de France les déclara insuffisantes , et
qu'elles sont encore aujourd'hui par tous
les Sçavans comptées presque pour rien ,
tant à cause de l'omission essentielle du
Texte Grec , qu'à cause de quelques
Traitez d'importance ; et d'un grand
nombre de Fragmens de conséquence qui
ne s'y trouvent pas .
L'illustre et sçavant M. Huet en avoit
promis une troisiéme ; mais quand même
il l'auroit achevée , elle n'auroit pas été
entiere , puisque les anciennes versions
dont le Texte grec est perdu , n'y au
roient pas été comprises . D'ailleurs , ce
docte Prélat est mort sans avoir même
donné la partie la plus considérable de
son Recueil ; sçavoir , les Traitez particuliers
sur des sujets qui n'ont pas un rapport
direct à l'explication de l'Ecriture-
Sainte. Il est vrai que d'autres ont publié
ces Piéces en Grec et en Latin , par-
1. Vol.
tic
JUIN. 1733.. 1171
tie avant lui , et partie après lui : mais
outre que dans leurs Editions le Texté
Grec est ordinairement tres fautif , pour
n'avoir été tiré que d'un seul Manuscrit ,
la Version latine qu'ils ont mise à côté
est souvent ou infidele , ou barbare . De
plus , presque tous ces Traitez particuliers
ont été imprimez séparément en
différens tems , en différens Pays , en différentes
formes de papier , et en trespetite
quantité d'Exemplaires : d'où il
est arrivé que quelques- uns sont aujourd'hui
tres- rares et tres chers.
Enfin , à force de chercher dans les
Manuscrits de France , d'Italie , d'An- .
gleterre et d'Allemagne , on a fait une
abondante récolte d'un tres grand nombre
de fragmens grecs qui n'avoient pas
encore vû le jour , et qui assûrent présentement
à Origene pour toujours quel
ques Commentaires et plusieurs Homelies
, que nous n'avions qu'en latin , eg
dont plusieurs Sçavans doutoient. De ce,
nombre sont les 39. Homelies sur S. Luc,
contre lesquels le Ministre Matthieu de ,
La Roque s'est inscrit en faux , et a fait
des efforts étranges , pour n'être pas obligé
de reconnoitre avec le docte Pearson
que les Lettres
de S. Ignace Martyr
, qui,
y sont citées , étoient connues
dans l'E-, 1. Fol.
Evi gli1172
MERCURE DE FRANCE
glise avant Eusebe. Presque tout le Grec
de ces 39 Homelies est aujourd'hui retrouvé.
Il est donc visible que rien n'étoit plus
nécessaire qu'une nouvelle Edition de
tout ce qui nous reste d'Origene , où
chaque Piéce soit imprimée en son rang ;
où le Grec qui nous reste se trouve revû
sur d'anciens Manuscrits, et où , quand il
manque , les anciennes Versions de Rufin
et de S. Jerôme y suppléent : le tout avec
des Notes et des Avertissemens préliminaires.
Tel est aussi le dessein de la nouvelle
Collection que nous annonçons au
Public en cinq Volumes in-folio , de la
même grandeur que les deux Tomes des
Hexaples , publiez en 1713. par le scavant
Pere Dom Bernard de Montfaucon ,
afin qu'ils puissent être placez à leur tête
ou à leur suite .
Le premier Volume renferme ce qui
nous reste des Lettres d'Origene , quelques
fragmens des Livres de la Résurrection
, et des Stromates ; les quatre Livres
des Principes , l'Exhortation au martyre ,
le Traité de la Priere , et l'Apologie de la
Religion Chrétienne en huit Livres
contre le Philosophe Celsus . On voit ensuite
en plus petits caracteres deux Traitez
supposez , sçavoir le Dialogue contre
I. Vol. les
JUIN. 1733. 1173
lés Marcionites , et le Livre intitulé Philosophica
: puis en forme d' Appendix les
Notes d'un sçavant Anglois sur le věritable
Traité de la Priere , les Remarques
d'Hoeschelius sur les huit Livres contre
Celse , et les Observations de Gronovius
sur les Philosophica. A la tête du Volume
est une Préface où l'Editeur a solidement
refuté l'opinion de ceux qui croyent que
les Ecrits d'Origene ont été corrompus
par les Hérétiques ; il rend compte en
détail de son travail sur chaque Traité
particulier. Ce Tome est terminé par
deux Index tres-amples , l'un des Passages
de l'Ecriture- Sainte , et l'autre des
choses mémorables. Il y en a toujours
deux semblables dans les suivans.
Les quatre autres Volumes contiennent
les Commentaires sur l'Ecriture. Au
commencement est une Préface qui dé
veloppe le Systême qu'Origene s'est formé
pour expliquer les Livres saints , et
l'Editeur fait voir les dangéreuses conséquences
qu'on en peut tirer. Le dernier
des cinq Volumes finit par la Vie d'Origene
, et par plusieurs Dissertations sur
ses sentimens , qui de son vivant ont causé
de grands troubles dans l'Eglise , et de
plus grands encore après sa mort.
Le caractere et le papier sont d'une
I:Vol. F vj
beausé
1174 MERCURE DE FRANCE
beauté qui fait honneur au Libraire.
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Résumé : Nouvelle Edition des Ouvrages d'Origene, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une nouvelle édition des œuvres d'Origène, un théologien des premiers siècles de l'Église, en cinq volumes in-folio, en grec et en latin, par le R. P. Dom Charles de la Rue, bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Les deux premiers volumes sont déjà imprimés et disponibles chez Jacques-Vincent, libraire à Paris. Origène, fils du martyr Léonide, est reconnu pour son érudition et son esprit, mais il a également été sujet à des persécutions et des controverses. Déposé du sacerdoce et excommunié par les principaux sièges chrétiens, il a néanmoins influencé de grands saints comme Ambroise et Grégoire de Nazianze. Après sa mort, les avis sur son œuvre restent partagés, certains le considérant comme un écrivain pernicieux, d'autres comme un maître éminent. Les précédentes collections de ses écrits, comme celles de Merlin et Genebrard, sont jugées insuffisantes par les savants. Une nouvelle édition est donc nécessaire pour rassembler et corriger les textes grecs et latins, souvent fautifs ou incomplets. Cette nouvelle édition inclut des fragments grecs récemment retrouvés et des commentaires sur l'Écriture Sainte. Le premier volume contient des lettres, des fragments de divers ouvrages, et des traités comme 'Les Principes' et 'L'Apologie contre Celsus'. Les volumes suivants contiennent des commentaires sur les Livres saints, une préface expliquant le système d'Origène pour interpréter les Écritures, et des dissertations sur ses sentiments controversés. L'édition est présentée avec soin, utilisant un caractère et un papier de qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 143-147
« DICTIONNAIRE Apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...] »
Début :
DICTIONNAIRE Apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...]
Mots clefs :
Discours, Traités, Sujet, Pères, Prédicateurs, Curés, Campagne, Chaîne, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DICTIONNAIRE Apostolique à l'usage de Messieurs les Curés des Villes & [...] »
DICTIONNAIRE Apostolique à l'usage
de Messieurs les Curés des Villes &
de la Campagne & de tous ceux qui se
destinent à la Chaire. Pat le P. Hyacinthe.
Raris chez la venve Lottin & Buitard,
& l'Auieur, tome premier, in8°.
L'idée quel'Auteur donne lui même de
son ouvrage, nous paroit li juste, que nous
Fallons présenter à nos Lecteurs. 10. Je
donuera, dit il, huit volumes bien four-
nis in- S°. Les cinq premiets contiendront
depen près, cinquante sujeis de morale
chrétienne. Je fetai choix, autant qu'il
me sera possible, de ceux que la religion
a toujours jugé les plus interessans & les
plus propres à régler les merurs, & à por-
ter à la pratique de la vertu. I.e sixiéme
& le septième tenfermeront tous les Mys-
a
244 MERCUREDEFRANCE.
téres de Jesus-Christ, & les Fêtes de la
Sainte Vierge, le huitième & dernier vo-
lume, seta composé d'un Commun des
Apôtres, des Martyts, des Evêques,
des Confesseurs, & des Vierges, & sera
terminem par plusieurs extraits propresà for
mer des discours de vêtures & de profes-
sions de Religieuses, & si j'avois dans la
suite, la douce consolation d'apperce-
voir que cet ouvrage n'eût point déplu,
aptès quesques momens de repos, je
donnerois un neuvième volume de sujets
particuliers.
2. Les matieres seront tangées pat let-
tres alphabétiques. Chaque volume con-
tiendra 8 à 9 traités, & chacun de ces
traités sera précëdé d'une observation sut
le sujet annoncé. Des réfléxions Théolo-
ques & morales, différens textes de
l'Ecriture, les sentimens des SS. Peres,
le nom des Auteurs & des Prédicateurs qui
ont écrit & préché avec plus de distinction
suivront le Préliminaire.
3° L'on trouerva ensuite le r lan raisonne
de trois discours sur le même sujet pro-
posé sous différens jours, ce qui fera pat
volume 27 discours au plus & 24 au
moins, comme je m'y suis vû forcé dans
ce premier volume, à taison de la Préface
& de l'Epitre dédicatoire, &c. chacun
de
FEVRIER. 1752. 145
de ses discours, aura sa division & ses
soudivisions; & les preuves des unes &
des autres, surtout des deux premiers sujets,
seront toutes extraites des meilleurs
traités des Ascétiques les mieux choi-
sis, & des plus célèbres Prédicateurs.
4°. Messicurs les Curés & les Ecclé-
siastiques de la campagne, qui pour les
motifs énoncés au commencement de
cette Préface, ne peuvent s'adonner à la
composition, ou à raison de leurs tems
trop partagé par les autres fonctions du
ministere, ou à titre d'impossibilité de se
procurer le secours des livres, trouveront.
tous ces obstacles levés. Les premiers,
parce qu'avec un peu de mémoire & un
travail de quelques heures dans la semai-
ne, il leur sera facile de composer une
instruction pour leurs Paroissiens. Les se-
conds, parce que pouvant se procurer à
peu de frais cet o vrage, ils y pui-
seront des secours suffisants pour travaillet
à l'édification de ceux qui leur sont con-
fiés, & du salut desquels ils sont compta-
bles. En un mot, tous seront à portée de
faire valoir leurs talens pour la gloire de
la religion, l'honneur du sacerdoce, &
l'intérêt des fideles, car j'invite ici le
Lecteur à observer que j'ai pris un soin
tout particulier de traiter le troisième dis-
G
zed by God
146 MERCUREDEFRANC E.
cours en style familier, mais éloigné du
rempant, afin qu'il pût être entendu avec
fruit de ceux qui seroient les moins ins-
truits, & même des plus stupides; tout
y est lié & raproché de façon, que le Pas-
teur qui n'auroit nul talent pour la com-
position, en le prononçant tel qu'il est,
pourroit se rendre le secret témoignage
d'avoir instruit & édifié son troupeau; on
ne demandera point deux talens à celui
qui n'en aura reçu qu'un seul.
59. Je ne dis pas la même chose des deux
premiers discours, où souvent j'ai transpo-
sé, à dessein, les preuves dans la crainte
d autoriser indiscretement la paresse des
jeunes gens, qui à peine sortis de la pous-
sicre des écoles, voudroient se produire
dans les chaires & instruite les autres dans
la science du salut, avant que de s'être
instruits eux-mêmes. Ce que j'ose assurer,
& ce dont l'expérience fera preuve; c'est
qu'avec du travail, une teinture raisonna-
ble de Théologie, un discernement juste,
l'on pourra à la faveur des grands modé-
les que je mets sous les yeux, devenir
sinon un Prédicateur du premier ordre
il faut des siécles pour en faire un) du
mous un bon Prédicateur, qui se fera
entendre avec fruit & avec satisfaction.
Quelle seroit ma joie, & quelle plus douce
FEVRIER. 1752.
147
consolation, si avant que mes cendres se
réunissent à celles de mesperes, j'étois assez
heureux pour voir l'effetsuivre la promesse,
6°. Je prie le Lecteur de remarquer,
que si j'ai pris soin de ranger par ordte
les Passages des SS. Peres, ce n'est pas
que je me sois imaginé que cet arrange-
ment fût nécessaire pour la composition
d'un discours; mon dessein en m'y assu-
jertissant, a été que le jeune homme qui
voudroir se former pour la chaire, apprit
sans peine & comme imperceptiblement,
que les Ambroise & les Augustin, sont,
postérieures aux Ignace & aux Justin,
ainsi des autres; mais une raison plus for-
te encore & plus décisive, c'est que dans
la nécessité de traiter un sujet controver-
sé, cette légere teinture de Chronologie
serviroit beaucoup, puisque l'on ne peut
pas ignorer que nos chers freres séparés
déferent bien plus à l'autorité des anciens,
Peres, qu'à celle des Docteurs du sixième
& du septième siécle.
Tel est le plan du Dictionnaire Aposto-
lique: il est a peu près le même que celui
de la Bibliothéque des Prédicateurs; mais
comme il a l'avantage d'être venu le der-
nier, il est exécuté avec plus de goût, de
méthode & de précision.
de Messieurs les Curés des Villes &
de la Campagne & de tous ceux qui se
destinent à la Chaire. Pat le P. Hyacinthe.
Raris chez la venve Lottin & Buitard,
& l'Auieur, tome premier, in8°.
L'idée quel'Auteur donne lui même de
son ouvrage, nous paroit li juste, que nous
Fallons présenter à nos Lecteurs. 10. Je
donuera, dit il, huit volumes bien four-
nis in- S°. Les cinq premiets contiendront
depen près, cinquante sujeis de morale
chrétienne. Je fetai choix, autant qu'il
me sera possible, de ceux que la religion
a toujours jugé les plus interessans & les
plus propres à régler les merurs, & à por-
ter à la pratique de la vertu. I.e sixiéme
& le septième tenfermeront tous les Mys-
a
244 MERCUREDEFRANCE.
téres de Jesus-Christ, & les Fêtes de la
Sainte Vierge, le huitième & dernier vo-
lume, seta composé d'un Commun des
Apôtres, des Martyts, des Evêques,
des Confesseurs, & des Vierges, & sera
terminem par plusieurs extraits propresà for
mer des discours de vêtures & de profes-
sions de Religieuses, & si j'avois dans la
suite, la douce consolation d'apperce-
voir que cet ouvrage n'eût point déplu,
aptès quesques momens de repos, je
donnerois un neuvième volume de sujets
particuliers.
2. Les matieres seront tangées pat let-
tres alphabétiques. Chaque volume con-
tiendra 8 à 9 traités, & chacun de ces
traités sera précëdé d'une observation sut
le sujet annoncé. Des réfléxions Théolo-
ques & morales, différens textes de
l'Ecriture, les sentimens des SS. Peres,
le nom des Auteurs & des Prédicateurs qui
ont écrit & préché avec plus de distinction
suivront le Préliminaire.
3° L'on trouerva ensuite le r lan raisonne
de trois discours sur le même sujet pro-
posé sous différens jours, ce qui fera pat
volume 27 discours au plus & 24 au
moins, comme je m'y suis vû forcé dans
ce premier volume, à taison de la Préface
& de l'Epitre dédicatoire, &c. chacun
de
FEVRIER. 1752. 145
de ses discours, aura sa division & ses
soudivisions; & les preuves des unes &
des autres, surtout des deux premiers sujets,
seront toutes extraites des meilleurs
traités des Ascétiques les mieux choi-
sis, & des plus célèbres Prédicateurs.
4°. Messicurs les Curés & les Ecclé-
siastiques de la campagne, qui pour les
motifs énoncés au commencement de
cette Préface, ne peuvent s'adonner à la
composition, ou à raison de leurs tems
trop partagé par les autres fonctions du
ministere, ou à titre d'impossibilité de se
procurer le secours des livres, trouveront.
tous ces obstacles levés. Les premiers,
parce qu'avec un peu de mémoire & un
travail de quelques heures dans la semai-
ne, il leur sera facile de composer une
instruction pour leurs Paroissiens. Les se-
conds, parce que pouvant se procurer à
peu de frais cet o vrage, ils y pui-
seront des secours suffisants pour travaillet
à l'édification de ceux qui leur sont con-
fiés, & du salut desquels ils sont compta-
bles. En un mot, tous seront à portée de
faire valoir leurs talens pour la gloire de
la religion, l'honneur du sacerdoce, &
l'intérêt des fideles, car j'invite ici le
Lecteur à observer que j'ai pris un soin
tout particulier de traiter le troisième dis-
G
zed by God
146 MERCUREDEFRANC E.
cours en style familier, mais éloigné du
rempant, afin qu'il pût être entendu avec
fruit de ceux qui seroient les moins ins-
truits, & même des plus stupides; tout
y est lié & raproché de façon, que le Pas-
teur qui n'auroit nul talent pour la com-
position, en le prononçant tel qu'il est,
pourroit se rendre le secret témoignage
d'avoir instruit & édifié son troupeau; on
ne demandera point deux talens à celui
qui n'en aura reçu qu'un seul.
59. Je ne dis pas la même chose des deux
premiers discours, où souvent j'ai transpo-
sé, à dessein, les preuves dans la crainte
d autoriser indiscretement la paresse des
jeunes gens, qui à peine sortis de la pous-
sicre des écoles, voudroient se produire
dans les chaires & instruite les autres dans
la science du salut, avant que de s'être
instruits eux-mêmes. Ce que j'ose assurer,
& ce dont l'expérience fera preuve; c'est
qu'avec du travail, une teinture raisonna-
ble de Théologie, un discernement juste,
l'on pourra à la faveur des grands modé-
les que je mets sous les yeux, devenir
sinon un Prédicateur du premier ordre
il faut des siécles pour en faire un) du
mous un bon Prédicateur, qui se fera
entendre avec fruit & avec satisfaction.
Quelle seroit ma joie, & quelle plus douce
FEVRIER. 1752.
147
consolation, si avant que mes cendres se
réunissent à celles de mesperes, j'étois assez
heureux pour voir l'effetsuivre la promesse,
6°. Je prie le Lecteur de remarquer,
que si j'ai pris soin de ranger par ordte
les Passages des SS. Peres, ce n'est pas
que je me sois imaginé que cet arrange-
ment fût nécessaire pour la composition
d'un discours; mon dessein en m'y assu-
jertissant, a été que le jeune homme qui
voudroir se former pour la chaire, apprit
sans peine & comme imperceptiblement,
que les Ambroise & les Augustin, sont,
postérieures aux Ignace & aux Justin,
ainsi des autres; mais une raison plus for-
te encore & plus décisive, c'est que dans
la nécessité de traiter un sujet controver-
sé, cette légere teinture de Chronologie
serviroit beaucoup, puisque l'on ne peut
pas ignorer que nos chers freres séparés
déferent bien plus à l'autorité des anciens,
Peres, qu'à celle des Docteurs du sixième
& du septième siécle.
Tel est le plan du Dictionnaire Aposto-
lique: il est a peu près le même que celui
de la Bibliothéque des Prédicateurs; mais
comme il a l'avantage d'être venu le der-
nier, il est exécuté avec plus de goût, de
méthode & de précision.
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8
p. 202-203
DE LA HAYE, le 8 Avril.
Début :
On se flatte que la Pacification générale n'est pas aussi éloignée qu'on en pourroit juger, [...]
Mots clefs :
Pacification, Préparatifs , États généraux, Congrès, Traités, Cours, Souverains d'Europe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 8 Avril.
De LA HAYE , le 8 Avril..
On fe fatte que la Pacification générale n'eft
pas auffi éloignée qu'on en pourroit juger , par les
grands préparatifs le guerre qui fe font partout.
Les Etats- Généraux i oublient rien pour contribuer
à la réuflite de cette Pacification. Ils ont offert
, pour la tenue d'un Congrès , la Ville de
Bre la , qui leur paroît très- convenable par les
' différens Traités qui y ont été déjà heureuſemem
négociés & conclus.
Le bruit fe répand que les Cours de Verfailles
, de Vienne , & de Pétersbourg , ne font point
éloignées d'acquiefcer au Congrès. Mais elles
M A I. 1760. 203
ont demandé que les Cours de Suéde & de Saxe ,
y foient auffi invitées par les Rois d'Angleterre &
de Pruffe.
On fe fatte que la Pacification générale n'eft
pas auffi éloignée qu'on en pourroit juger , par les
grands préparatifs le guerre qui fe font partout.
Les Etats- Généraux i oublient rien pour contribuer
à la réuflite de cette Pacification. Ils ont offert
, pour la tenue d'un Congrès , la Ville de
Bre la , qui leur paroît très- convenable par les
' différens Traités qui y ont été déjà heureuſemem
négociés & conclus.
Le bruit fe répand que les Cours de Verfailles
, de Vienne , & de Pétersbourg , ne font point
éloignées d'acquiefcer au Congrès. Mais elles
M A I. 1760. 203
ont demandé que les Cours de Suéde & de Saxe ,
y foient auffi invitées par les Rois d'Angleterre &
de Pruffe.
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Résumé : DE LA HAYE, le 8 Avril.
Le 8 avril 1760, les États-Généraux des Provinces-Unies cherchent à pacifier la région malgré les préparatifs de guerre. Ils proposent Breda pour un congrès. Les cours de Versailles, Vienne et Pétersbourg pourraient accepter, à condition que les cours de Suède et de Saxe soient invitées par les rois d'Angleterre et de Prusse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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