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1
p. 42-43
MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
Début :
En vous parlant des Vers qui ont esté faits sur la Prise / Mastric, quand de Louis vous recevez la loy, [...]
Mots clefs :
Prise de Maastricht, Roi
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
vous parlant des Vers
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
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2
p. 1-6
Conversation sur le sujet du Mercure. [titre d'après la table]
Début :
On s'estoit assemblé pour une Partie de Jeu chez [...]
Mots clefs :
Partie de jeu, Duchesse, Conversations, Roi, Pelisson
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texteReconnaissance textuelle : Conversation sur le sujet du Mercure. [titre d'après la table]
s’eftoitaÏÏemblé
pour une Partie de
blc DucheiTe, & en attendant quelques Dames qui
en dévoient eftre, comme
les choies les plus imporw * tantes font d’abord l’ordi-
X LE MERCURE
naire -fujet des Converfa-1
tions, on mit furie tapis les
A flaires de la Guerre-, &les
furprenantes fatigues qu’a
déjà eifuyées le Roy dans
ce commencement de
Campagne, ayant donné
lieu de parler des merveilleufes qualitez qui le rendent le plus grand des
Hommes. Pourm oy, dit
un des plus fpirituels de
la Compagnie, je trouve
que ce que fait tous les
jours ce grand Monarque,
eft tellement au deflus
de toutes fortes d’expref-
- • >
I
G A L A N T . j
fions, que l’entreprife de le
louer devroic faire peur à
ceux-mefmesquipoïledent
l'Eloquence la plus vive: 11
faudroic pour répondre dignement aux nobles idées
qu’il nous donne, avoir
l’Efprit auffi éclairé qu’il a
l’Ame grande, & je doute
qu’il y ait perfonne capable
d’atteindre jufques là ; outre qu'on sert déjà tellement épuifé là dcfïùs, qu’on
ne fçauroit prefque plus
rien dire qui foir nouveau,
quoy que fa gloire nous
fourniïfe à toute-heure de
A ij
4 LE MERCURE
nouvelles matières d’admiration ; & c’eft ce qu'il y a
de furprenant, que nous
foyons en quelque façon
< bornez dans nos maniérés
de parler, & qu?
i 1 ne le foit
pas dans les grandes chofes qu’il execute. J ’avoue,
répondit une jeune Marquife, qu’il eft bien difficile
de loiier le Roy, (ans répéter quelque chofe de ce qui
s’eft déjà dit à fa gloire;
mais on y peur donner un
tour fin qui ne def-honore
pas tout-à-fait la richeffie
de la matière, Se c’eft ce
G A L A N T . 5
qu’a trouvé fort ingenieufement Monfieur PelifTon,
dans le Sonnet que nous
avons depuis peu de luy. Il
eft d’une nouveauté toute
particulière, par Echo, &
fans aucune Rime; mais
l’invention en eft fi heureufe, quepeut-eftreil vaut
bien les Sonnets les plus réguliers. Vous nous parlez
d’un Homme qui a fort peu
de femblablcs, dit la Ducheffe chez qui la Converfation fe faifoit; & pour
perfuader du mérité de
quelq ueOuvrage, c’eft afA iij
I
6 LE MERCURE
fez de dire que Montreur
PelitTon en eft l’Autheur:
Mais voyons ce Sonnet, je
vous prie, on m’en a de'ja
parlé avec beaucoup d’eftime, 6c je meurs d envie de
l’entendre. Volontiers, die
la Marquife , & il ne vous
coûtera que la peine de
m’écouter un moment.
pour une Partie de
blc DucheiTe, & en attendant quelques Dames qui
en dévoient eftre, comme
les choies les plus imporw * tantes font d’abord l’ordi-
X LE MERCURE
naire -fujet des Converfa-1
tions, on mit furie tapis les
A flaires de la Guerre-, &les
furprenantes fatigues qu’a
déjà eifuyées le Roy dans
ce commencement de
Campagne, ayant donné
lieu de parler des merveilleufes qualitez qui le rendent le plus grand des
Hommes. Pourm oy, dit
un des plus fpirituels de
la Compagnie, je trouve
que ce que fait tous les
jours ce grand Monarque,
eft tellement au deflus
de toutes fortes d’expref-
- • >
I
G A L A N T . j
fions, que l’entreprife de le
louer devroic faire peur à
ceux-mefmesquipoïledent
l'Eloquence la plus vive: 11
faudroic pour répondre dignement aux nobles idées
qu’il nous donne, avoir
l’Efprit auffi éclairé qu’il a
l’Ame grande, & je doute
qu’il y ait perfonne capable
d’atteindre jufques là ; outre qu'on sert déjà tellement épuifé là dcfïùs, qu’on
ne fçauroit prefque plus
rien dire qui foir nouveau,
quoy que fa gloire nous
fourniïfe à toute-heure de
A ij
4 LE MERCURE
nouvelles matières d’admiration ; & c’eft ce qu'il y a
de furprenant, que nous
foyons en quelque façon
< bornez dans nos maniérés
de parler, & qu?
i 1 ne le foit
pas dans les grandes chofes qu’il execute. J ’avoue,
répondit une jeune Marquife, qu’il eft bien difficile
de loiier le Roy, (ans répéter quelque chofe de ce qui
s’eft déjà dit à fa gloire;
mais on y peur donner un
tour fin qui ne def-honore
pas tout-à-fait la richeffie
de la matière, Se c’eft ce
G A L A N T . 5
qu’a trouvé fort ingenieufement Monfieur PelifTon,
dans le Sonnet que nous
avons depuis peu de luy. Il
eft d’une nouveauté toute
particulière, par Echo, &
fans aucune Rime; mais
l’invention en eft fi heureufe, quepeut-eftreil vaut
bien les Sonnets les plus réguliers. Vous nous parlez
d’un Homme qui a fort peu
de femblablcs, dit la Ducheffe chez qui la Converfation fe faifoit; & pour
perfuader du mérité de
quelq ueOuvrage, c’eft afA iij
I
6 LE MERCURE
fez de dire que Montreur
PelitTon en eft l’Autheur:
Mais voyons ce Sonnet, je
vous prie, on m’en a de'ja
parlé avec beaucoup d’eftime, 6c je meurs d envie de
l’entendre. Volontiers, die
la Marquife , & il ne vous
coûtera que la peine de
m’écouter un moment.
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Résumé : Conversation sur le sujet du Mercure. [titre d'après la table]
Lors d'une réunion mondaine, des convives discutent des exploits du roi et de la difficulté de le louer adéquatement. Un participant souligne que les actions du roi surpassent toute forme d'expression et que le louer dignement nécessiterait un esprit aussi éclairé que celui du roi. La marquise reconnaît cette difficulté mais mentionne un sonnet récent de Monsieur Pellisson, qui se distingue par l'utilisation de l'écho sans rimes. Intriguée, la duchesse demande à entendre ce sonnet, recommandé avec beaucoup d'estime. La marquise accepte de le réciter.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 53-54
PLACET AU ROY.
Début :
Plaise au Roy ne plus oublier [...]
Mots clefs :
Bénéfice, Père, Roi
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texteReconnaissance textuelle : PLACET AU ROY.
PEdifie au Roy ne plus oublier
Q u jl m a deptiic quatre ans pro *
mis un Bénéfice,
E t qu'il avoit charqe le feu Pere
Ferri er
D e choifir un moment propice,
Qui put me donner lieu de l'en remercier.
L e Pere eft mort, mais j'ofie croire
Que f i toujours Sa M ajeflé ,
<Avoit pour moy me [me bonté,
E îij
54 LE MERCURE
E t leferoit mieux Convenir
Qu'un Grand Roy ne -promet que
ce qu'il veut tenir
Q u jl m a deptiic quatre ans pro *
mis un Bénéfice,
E t qu'il avoit charqe le feu Pere
Ferri er
D e choifir un moment propice,
Qui put me donner lieu de l'en remercier.
L e Pere eft mort, mais j'ofie croire
Que f i toujours Sa M ajeflé ,
<Avoit pour moy me [me bonté,
E îij
54 LE MERCURE
E t leferoit mieux Convenir
Qu'un Grand Roy ne -promet que
ce qu'il veut tenir
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4
p. 88-101
REQUESTE DE L'AMOUR AU ROY. Sur le bruit de son Départ pour l'Armée.
Début :
Rien n'ayant tant de charmes que la diversité, nous / Que me dit-on de tous costez ? [...]
Mots clefs :
Amants, Ardeur , Gloire, Amour, Roi, Départ pour l'armée, Mars, Exploits
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texteReconnaissance textuelle : REQUESTE DE L'AMOUR AU ROY. Sur le bruit de son Départ pour l'Armée.
Rien n ’ayant tant de
charmes que la diverfite,
nous devons pafTer d’une
matière aufli trille que
celle dont nous venons de
I
G A L A N T . 89
parler, à une plus diverciffante-, & je croy que nous
ne le pouvons faire plus
agréablement, que par la
Piece qui fuit, puis qu’il y a
de'ja quelque temps quelle
fait du bruit dans les plus
belles Ruelles de Paris.
W 1
RE Q U E S T E
DE L’AM OUR’
A U R O Y.
Sur le bruic de fon Départ
pour l’Armce.
Q
V e me d it-o n de tout
Ef-ce fournie faire querelle7
.
D e mille Amans qu'unit l'ardeur
la fins fidelle^
P a r mon ordre les vœux font p refis
d'efire acceptez^
E t fans attendre icy que la Saifon
nouvelle
— m x.
t
G A L A N T . pi
Dans îe Champ de Mars vous
Tout-à-coup y
GrandRoy^ vous
partez*.
une P lace,
i l riefl rien qui vous puijje arrefier
un moment,
E t que lors qu'aux Soldats vous
aÜez^fierement
P ar voftre exemple infpirer de
l a u d a c e »
Vous eftes dans voftre élément5
M ais qui fait tout trembler^ loifir
fe dèlaffe^
Et vous pouvez* devant envoyer la
> menace.*
Sans la fuivrefi promptement.
S” /. ,
» • W
■peine vos Guerriers dont M ____ _ H ii
9i LE MERCURE
Gloire difpofe
Sous la fa v e u r de voflre appuy,
( C aria Gloire (fix o n s aujourdi'huy
Ce ri eft plus qu'une me fine chofe)
ril peine auprès de moy cesGuerriers
de retour,
Commencent d'efperer la douceur
d'un beau jour,
Que l'ardeur de vous fiuivre à mes
foins les arrache.
E n va in en les flatant je tafihe
d'obtenir
Que l'am our du repos à moy fin i
les attache,
S i vous partc^auatn d'eux ne me
cache
Que rien ne les peut retenir.
&
A in fi voila par tout mon attonte
trompée^
G A L A N T . 9j
P ar tout mes deffeins avortez^
Pour réduire des Libertez^
M on adreffe en ces lieux a beau
s'eftre occupée, .
Chacun fe rend en foule aux Emplois de T Epée
E t dés qu'on peut aller combatre à
voscoftez^
De mes trais les plus vifs l *ame la
mieuxfrâpée,
F uit mes douces oyfivetez^
Cependant combien de tendreffes
P ar voftre éloignement des cœurs fe
vont bannir ?
Combien £ Amans à leurs M a ifirejjts ,
Ont fa it d'agréables PromeJJes^
Qu ils vont eftre par vous hors d'eftat de tenir ?
J.'un pour un bel Objet faiftant
I
9 4 LE MERCURE
gloire de vivre,
D es Patens oppofcz^devoit venir
abouti
Contre un cœur qui bientofi a céder
Je réjbut:
jJa u tre ayant commence s obfiinoit
à pourfuivrei
M a is vous partes^, & pour vous
Juivre
On fe croit dégage de tout.
JLe fins mortel chaqrin que reçoivent les B elles,
Q u i croyaient qu'un accord auffi
tendre que doux,
Æ endroit de leurs Amans les chaifnes éternelles,
C'eflde les voir courir aux coups
A v e c bien plus d'ardeur pour
vous,
Q ù i h n’en eurent jamais
elles.
»
G A LA N T. 95
p o u r obtenir q u ils ne s'eloi<£
nentpaty
Elles ont beau verferdes larmes *
Ces larmes ri ont que d'impuiffans
appas.
P ra v e r auprès de vous les plus ru •
des alarmes
y
. Chercher dans les périls l'honneur
d'un beau trépas,
C e font leursveritables charmes:
Si-tofl quevous prene^les armes
V iv e n t pour eux la Guerre & les
Combats.
L e m al eft que par tout ces Pelles
affligées
M e conjurent d'entrer dans leurs
reflentimens.
J e les rencontre à tous momens.
Q u i dans de vifs ennuis plongées
ê
96 LE MERCURE
M e viennent fatiguer de leurs gemifemens.
l'a y tort de les avoir fous mesLoix
E t je ne fuis qu'un D ieu de Chanfons, de Romans,
Si vous laijfant enlever leurs A -
mans,
z
,
J?fouffre que fa r vous elles foient
outragées.
En vain pour affaiblir Hardeur de
ces Guerriers,
le combats le panchant qui vers
vous les entraîne,
D u Cbamf de M ars dignes A '
vanturiers,
ils dédaignent pour vous ma grandeur fouveraine,
E t mes plus beaux Mirthes u
peine
Valent un
G A L A N T . i>7
le rouqisfiuisquilfaut avouer ma
D evoir que contre vous faifant ce
que je puis,
Ces Belles vainement implorent
mon adreffe^
ennuis^
le dis que c'efl a vous qu'il fa u t que
. Ion s'adrejfeî
M ais elles feavent trop par quels
fermes appuis *
pour la Gloire en tout temps vofre
cœur s*interejfeî
Elles fa v e n t que d efl vofre unique
M a i greffe.
98 LE MERCURE
Si-toÇi que la fervir efi un foin qui
vous greffe.
Pleines de vos Exploits^elles nianorent Pas
Que quittant les P la ifr s, C? liï
leu x & les Fejles^
M algré la glace & le s frim ât s,
On vous a veu déjà pour de nobles
ConqucfteS)
.Au milieu d'un H y v e r avancer a
grand pas.
Quel eft donc l’avantage où vofrc
eÇpoirfe fonde?
Ffl ce que vous voulez^ que l A~
rnour ne (bit rien?
ous vous nuifegy penffr y bien»
E t que vous fervira la fagejfe pw
GALANT. 99
Cette infiqne valeur qui ria fom t
Si ne pouvant des coeurs me rendre
un feurlien,
le laifle dépeupler le Monde?
&
P"oyez^com bien vous hasardez}
A vecm oy, qu'en cela vous fierez^
bien de croire-,
Si vous ne vous raccommodez,
le laifle rayfinir le M onde,& v offre
Gloire,
E t de vos. Actions la merveilleufe
"Mifioire
U ira pas aujjî loin que vous le
lepouroismefme parvangeace.
Pour vous ofler l'apuy de M ars,
Sur quelque autre Vénus arn
I
ioo LE MERCURE
E t l'empefcher par la d'avoir la
eomplaifance
Dém archer [bus vos EtendartsS
M a is qu en vain contre vous femVous averti oute fa Valliance
P our affronter fans luy les plus
mortels hasards,
E t vous le pa(fe\en prudence.
E e plus feurpeur vous retenir^
C'eft de de[cendre à la priere> >
yîccordc^un peu moins à cette ar~
deur querrier e3
Q u i de ces lieux fi-tofl s empreffe à
vous bannir,
jdttendezje Printemps qui senva
revenir 3
E t de v offre pouvoir, quoy que il on
fuijfe fa ire,
G A L A N T . iôi
Jamais vous ne verrez^ le mien fè
def-unir*
cœur tributaire,
Contre vous par mes foins rien ne
pourra tenir.
Cette offre ne vous touche Qqueres
M uie queff-ce auffi que f en
E t que peut’ elle m obtenir ?
Pour allumer des feu x qui ne p u if
fient finir,
Vousrfie(les bien plus neeeffiaire
Que je ne vous le fuie à les entretenir*)
A in fi c eftà moy de me taire,
Et d attendre à voffre retour
T out ce que vous voudre^ordonner
de r Am
charmes que la diverfite,
nous devons pafTer d’une
matière aufli trille que
celle dont nous venons de
I
G A L A N T . 89
parler, à une plus diverciffante-, & je croy que nous
ne le pouvons faire plus
agréablement, que par la
Piece qui fuit, puis qu’il y a
de'ja quelque temps quelle
fait du bruit dans les plus
belles Ruelles de Paris.
W 1
RE Q U E S T E
DE L’AM OUR’
A U R O Y.
Sur le bruic de fon Départ
pour l’Armce.
Q
V e me d it-o n de tout
Ef-ce fournie faire querelle7
.
D e mille Amans qu'unit l'ardeur
la fins fidelle^
P a r mon ordre les vœux font p refis
d'efire acceptez^
E t fans attendre icy que la Saifon
nouvelle
— m x.
t
G A L A N T . pi
Dans îe Champ de Mars vous
Tout-à-coup y
GrandRoy^ vous
partez*.
une P lace,
i l riefl rien qui vous puijje arrefier
un moment,
E t que lors qu'aux Soldats vous
aÜez^fierement
P ar voftre exemple infpirer de
l a u d a c e »
Vous eftes dans voftre élément5
M ais qui fait tout trembler^ loifir
fe dèlaffe^
Et vous pouvez* devant envoyer la
> menace.*
Sans la fuivrefi promptement.
S” /. ,
» • W
■peine vos Guerriers dont M ____ _ H ii
9i LE MERCURE
Gloire difpofe
Sous la fa v e u r de voflre appuy,
( C aria Gloire (fix o n s aujourdi'huy
Ce ri eft plus qu'une me fine chofe)
ril peine auprès de moy cesGuerriers
de retour,
Commencent d'efperer la douceur
d'un beau jour,
Que l'ardeur de vous fiuivre à mes
foins les arrache.
E n va in en les flatant je tafihe
d'obtenir
Que l'am our du repos à moy fin i
les attache,
S i vous partc^auatn d'eux ne me
cache
Que rien ne les peut retenir.
&
A in fi voila par tout mon attonte
trompée^
G A L A N T . 9j
P ar tout mes deffeins avortez^
Pour réduire des Libertez^
M on adreffe en ces lieux a beau
s'eftre occupée, .
Chacun fe rend en foule aux Emplois de T Epée
E t dés qu'on peut aller combatre à
voscoftez^
De mes trais les plus vifs l *ame la
mieuxfrâpée,
F uit mes douces oyfivetez^
Cependant combien de tendreffes
P ar voftre éloignement des cœurs fe
vont bannir ?
Combien £ Amans à leurs M a ifirejjts ,
Ont fa it d'agréables PromeJJes^
Qu ils vont eftre par vous hors d'eftat de tenir ?
J.'un pour un bel Objet faiftant
I
9 4 LE MERCURE
gloire de vivre,
D es Patens oppofcz^devoit venir
abouti
Contre un cœur qui bientofi a céder
Je réjbut:
jJa u tre ayant commence s obfiinoit
à pourfuivrei
M a is vous partes^, & pour vous
Juivre
On fe croit dégage de tout.
JLe fins mortel chaqrin que reçoivent les B elles,
Q u i croyaient qu'un accord auffi
tendre que doux,
Æ endroit de leurs Amans les chaifnes éternelles,
C'eflde les voir courir aux coups
A v e c bien plus d'ardeur pour
vous,
Q ù i h n’en eurent jamais
elles.
»
G A LA N T. 95
p o u r obtenir q u ils ne s'eloi<£
nentpaty
Elles ont beau verferdes larmes *
Ces larmes ri ont que d'impuiffans
appas.
P ra v e r auprès de vous les plus ru •
des alarmes
y
. Chercher dans les périls l'honneur
d'un beau trépas,
C e font leursveritables charmes:
Si-tofl quevous prene^les armes
V iv e n t pour eux la Guerre & les
Combats.
L e m al eft que par tout ces Pelles
affligées
M e conjurent d'entrer dans leurs
reflentimens.
J e les rencontre à tous momens.
Q u i dans de vifs ennuis plongées
ê
96 LE MERCURE
M e viennent fatiguer de leurs gemifemens.
l'a y tort de les avoir fous mesLoix
E t je ne fuis qu'un D ieu de Chanfons, de Romans,
Si vous laijfant enlever leurs A -
mans,
z
,
J?fouffre que fa r vous elles foient
outragées.
En vain pour affaiblir Hardeur de
ces Guerriers,
le combats le panchant qui vers
vous les entraîne,
D u Cbamf de M ars dignes A '
vanturiers,
ils dédaignent pour vous ma grandeur fouveraine,
E t mes plus beaux Mirthes u
peine
Valent un
G A L A N T . i>7
le rouqisfiuisquilfaut avouer ma
D evoir que contre vous faifant ce
que je puis,
Ces Belles vainement implorent
mon adreffe^
ennuis^
le dis que c'efl a vous qu'il fa u t que
. Ion s'adrejfeî
M ais elles feavent trop par quels
fermes appuis *
pour la Gloire en tout temps vofre
cœur s*interejfeî
Elles fa v e n t que d efl vofre unique
M a i greffe.
98 LE MERCURE
Si-toÇi que la fervir efi un foin qui
vous greffe.
Pleines de vos Exploits^elles nianorent Pas
Que quittant les P la ifr s, C? liï
leu x & les Fejles^
M algré la glace & le s frim ât s,
On vous a veu déjà pour de nobles
ConqucfteS)
.Au milieu d'un H y v e r avancer a
grand pas.
Quel eft donc l’avantage où vofrc
eÇpoirfe fonde?
Ffl ce que vous voulez^ que l A~
rnour ne (bit rien?
ous vous nuifegy penffr y bien»
E t que vous fervira la fagejfe pw
GALANT. 99
Cette infiqne valeur qui ria fom t
Si ne pouvant des coeurs me rendre
un feurlien,
le laifle dépeupler le Monde?
&
P"oyez^com bien vous hasardez}
A vecm oy, qu'en cela vous fierez^
bien de croire-,
Si vous ne vous raccommodez,
le laifle rayfinir le M onde,& v offre
Gloire,
E t de vos. Actions la merveilleufe
"Mifioire
U ira pas aujjî loin que vous le
lepouroismefme parvangeace.
Pour vous ofler l'apuy de M ars,
Sur quelque autre Vénus arn
I
ioo LE MERCURE
E t l'empefcher par la d'avoir la
eomplaifance
Dém archer [bus vos EtendartsS
M a is qu en vain contre vous femVous averti oute fa Valliance
P our affronter fans luy les plus
mortels hasards,
E t vous le pa(fe\en prudence.
E e plus feurpeur vous retenir^
C'eft de de[cendre à la priere> >
yîccordc^un peu moins à cette ar~
deur querrier e3
Q u i de ces lieux fi-tofl s empreffe à
vous bannir,
jdttendezje Printemps qui senva
revenir 3
E t de v offre pouvoir, quoy que il on
fuijfe fa ire,
G A L A N T . iôi
Jamais vous ne verrez^ le mien fè
def-unir*
cœur tributaire,
Contre vous par mes foins rien ne
pourra tenir.
Cette offre ne vous touche Qqueres
M uie queff-ce auffi que f en
E t que peut’ elle m obtenir ?
Pour allumer des feu x qui ne p u if
fient finir,
Vousrfie(les bien plus neeeffiaire
Que je ne vous le fuie à les entretenir*)
A in fi c eftà moy de me taire,
Et d attendre à voffre retour
T out ce que vous voudre^ordonner
de r Am
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Résumé : REQUESTE DE L'AMOUR AU ROY. Sur le bruit de son Départ pour l'Armée.
La pièce de théâtre 'Requête de l'Amour à Aurore' traite du départ d'un amant, Galant, pour l'armée. Galant exprime son désir ardent de partir pour le champ de Mars et de se battre. Il reconnaît que son départ causera de la tristesse parmi les amants et les belles, dont les promesses d'amour seront rompues. Les femmes, malgré leurs larmes et leurs supplications, ne peuvent retenir les guerriers attirés par la gloire et l'honneur des combats. Galant admet que son départ est inévitable et que même les prières des femmes affligées ne peuvent le retenir. Il affirme que son cœur est entièrement dédié à la gloire et aux exploits militaires, et qu'il ne peut être détourné de son chemin par les charmes de l'amour. Les femmes, admiratives de ses exploits, reconnaissent qu'il est prêt à affronter les périls pour l'honneur. Galant conclut en affirmant que son cœur est tributaire de ses devoirs militaires et qu'il ne peut être retenu par les offres d'amour. Il choisit de se taire et d'attendre son retour pour obéir aux ordres de l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 136-137
Son Altesse Royale va chez M. Mignart, voir ses beaux Ouvrages. [titre d'après la table]
Début :
On peut assurer en parlant des beaux Arts, qu'ils ont [...]
Mots clefs :
Roi, Ouvrages, Mignart
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texteReconnaissance textuelle : Son Altesse Royale va chez M. Mignart, voir ses beaux Ouvrages. [titre d'après la table]
On peut aflurer en parlant des beaux Arts, qu’ils
ont de tout temps fleury a
Rome, & que les Papes &
les Cardinaux ont depuis
plufieurs fiecles honoré de
leurs vifites ceux qui ont
excelé en quelque Art, &
qui avoient chez eux des
Ouvrages de leur main dignes d’eftre admirez. On
en ufc aujourd’huy de mef-
G A L A N T . 137
me en France ; & Son AlteireRoyale,quelques j ours
avant fon départ pour l’Armée, fut chez le Sieur Mignart de R om e, où elle
admira plufieurs Ouvrages
de ce grand Maiftre. On
peut dire qu’il a chez luy
des Originaux parfaits, &
qui ne le' peuvent copier.
ont de tout temps fleury a
Rome, & que les Papes &
les Cardinaux ont depuis
plufieurs fiecles honoré de
leurs vifites ceux qui ont
excelé en quelque Art, &
qui avoient chez eux des
Ouvrages de leur main dignes d’eftre admirez. On
en ufc aujourd’huy de mef-
G A L A N T . 137
me en France ; & Son AlteireRoyale,quelques j ours
avant fon départ pour l’Armée, fut chez le Sieur Mignart de R om e, où elle
admira plufieurs Ouvrages
de ce grand Maiftre. On
peut dire qu’il a chez luy
des Originaux parfaits, &
qui ne le' peuvent copier.
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Résumé : Son Altesse Royale va chez M. Mignart, voir ses beaux Ouvrages. [titre d'après la table]
Depuis plusieurs siècles, les Papes et les Cardinaux soutiennent les beaux-arts à Rome en visitant les artistes chez eux. En France, cette pratique existe aussi, comme lors de la visite de Son Altesse Royale chez Mignard à Rome. Mignard possède des œuvres originales uniques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 169
Vers sur le Départ de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers qu'on fit sur ce qu’il tonna / Grand Roy, porte en tous lieux la Guerre, [...]
Mots clefs :
Roi, Fortune
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texteReconnaissance textuelle : Vers sur le Départ de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Voicy des
Vers qu on fît for ce qu’il
tonna le jour que Sa Majefté partir.
Grand Roy, porte en tou-s
lieux La Guerre,
La Fortune guide tes pas,
Le Dieu Mars te prefle fin
bras,
Lt Jupiter teprefle fon Tonnerre
Vers qu on fît for ce qu’il
tonna le jour que Sa Majefté partir.
Grand Roy, porte en tou-s
lieux La Guerre,
La Fortune guide tes pas,
Le Dieu Mars te prefle fin
bras,
Lt Jupiter teprefle fon Tonnerre
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7
p. 100-103
A MON COUSIN LE DUC de Senecterre, Pair & Mareschal de France.
Début :
Après la prise de Valenciennes, le Roy écrivit plusieurs Lettres / Mon Cousin, je suis bien aise de vous avoir vangé [...]
Mots clefs :
Prise de Valenciennes, Roi, Lettre, Maréchal de la Ferté
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texteReconnaissance textuelle : A MON COUSIN LE DUC de Senecterre, Pair & Mareschal de France.
Apres la priſe de Valencien- nes , le Roy écrivit pluſieurs
GALANT.. 75
DEWILA
lettres de ſa main. Voicy celle
que Sa Majesté envoya àMon- fieur le Mareſchal de la Ferté
pour réponſe à la ſiennc.
A MON COVSIN LE
de Senecterre , Pair & M
reſchal de France.
M
On Cousin , iesuis bien aiſe de vous avoir vangédeVa.
lenciennes : ie croy mesme que vous neferez pas fajché , que comme l'iniure que vous y avez receuë
ne vous avoit point fait de tort dans mon esprit, ie n'ayepaspous- ſeplus loin ma vengeance. Iau- rous peine à trouver d'autres
lieux où l'on pût vous vanger de laforte , vous y avez mis trop bon ordre pendant cette longue
১
Dij
76 LE MERCURE
Suited'annéesoù vous avezfidi- grementservy&Moy &l'Etat.
CependantieprieDieu qu'ilvous ait,mon Cousin,ensalainte&di- gne garde. Au Camp devant
Cambray,le 27. Mars 1677.
Signé, LOVIS.
!
Monfieurle Mareſchal avoit
écrit au Roy en termes qui marquoient fon reſpect & la reconnoiſſance qu'il avoit de
tous les bienfaits dont ſa Majeſté l'avoit honoré, &il la re- mercioit de ce qu'elle ajoû -
toit aux grandes obligations qu'il luy avoit , celle de l'avoir vangé de meſſicurs de Valen- ciennes.
GALANT.. 75
DEWILA
lettres de ſa main. Voicy celle
que Sa Majesté envoya àMon- fieur le Mareſchal de la Ferté
pour réponſe à la ſiennc.
A MON COVSIN LE
de Senecterre , Pair & M
reſchal de France.
M
On Cousin , iesuis bien aiſe de vous avoir vangédeVa.
lenciennes : ie croy mesme que vous neferez pas fajché , que comme l'iniure que vous y avez receuë
ne vous avoit point fait de tort dans mon esprit, ie n'ayepaspous- ſeplus loin ma vengeance. Iau- rous peine à trouver d'autres
lieux où l'on pût vous vanger de laforte , vous y avez mis trop bon ordre pendant cette longue
১
Dij
76 LE MERCURE
Suited'annéesoù vous avezfidi- grementservy&Moy &l'Etat.
CependantieprieDieu qu'ilvous ait,mon Cousin,ensalainte&di- gne garde. Au Camp devant
Cambray,le 27. Mars 1677.
Signé, LOVIS.
!
Monfieurle Mareſchal avoit
écrit au Roy en termes qui marquoient fon reſpect & la reconnoiſſance qu'il avoit de
tous les bienfaits dont ſa Majeſté l'avoit honoré, &il la re- mercioit de ce qu'elle ajoû -
toit aux grandes obligations qu'il luy avoit , celle de l'avoir vangé de meſſicurs de Valen- ciennes.
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Résumé : A MON COUSIN LE DUC de Senecterre, Pair & Mareschal de France.
Après la prise de Valenciennes, Louis XIV écrivit au maréchal de la Ferté pour exprimer sa satisfaction d'avoir vengé l'injure subie par ce dernier. Le roi souligna que cette injure n'avait pas entaché son estime pour le maréchal, reconnaissant ses services loyaux et diligents au roi et à l'État. La lettre, datée du 27 mars 1677 depuis le camp devant Cambray, se conclut par une prière pour la protection divine du maréchal. De son côté, le maréchal de la Ferté avait écrit au roi pour manifester son respect et sa reconnaissance, notamment pour avoir été vengé des habitants de Valenciennes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 114
Le Roy écrit à Madame la Marêchale d'Estrées, sur la prise de Valenciennes. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a fait aussi l'honneur d'écrire à Madame la [...]
Mots clefs :
Roi, Maréchale d'Estrée
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy écrit à Madame la Marêchale d'Estrées, sur la prise de Valenciennes. [titre d'après la table]
LeRoy a fait auſſi l'honneur
d'écrire à madame la Marefchale d'Eftrées , &àMonfieur .
le Ducde S. Aignan, touchant
la priſe de Valenciennes.
d'écrire à madame la Marefchale d'Eftrées , &àMonfieur .
le Ducde S. Aignan, touchant
la priſe de Valenciennes.
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9
p. 131-134
POUR LE PORTRAIT DU ROY.
Début :
J'adjoûte à ces Vers, l'Impromptu que la mesme Madame le / Muses, à mon secours, inspirez moy des Vers, [...]
Mots clefs :
Roi, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : POUR LE PORTRAIT DU ROY.
l'ajoûte à ces Vers, l'impro- tu que la mêmeMadameleCa- mus fit il y a quelque temps pour le Portrait du Roy , en preſence de pluſieurs Dames.
Il me ſemble vous l'avoir catendu demander.
tke ka edos color toda e
POUR
LE PORTRAIT
DU ROY.
Mles, monlecours , inſpirez fes,àmonfecours,inspirez
PourfairelePortraitde monRoy,
demonMaistre,
De
: GALANT. 97 DecegrandRoysi digne d'estre Lefeul Maistre de l'Univers:
Haiene doutepoint quecela ne puiffe estre.
Ie veux pour commencer luy dref- ferunAutel.
Son air est tout divin , il n'a rien
d'un Mortel; [cles,
Tout cequ'ilfaitfontdes MiraEttout cequ'ildit des Oracles.
Ses grands Faits jusqu'à luy se trouvent inoüis.
Rienn'a jamais esté qui luy fast
comparable ,
Tous les Siecles paffez n'ont rien veu desemblable,
Les Siecles à venir n'auront point
deLOVIS.
Son esprit est grand&folide,
Esclairé,penetrant , galant delicat :
En luy laſageſſe prefide...
Tome 2, E
98 LE MERCURE
La iustice le fuit , la prudence le
guide,
Iamais onn'aveu Potentat
Avoirſceucomme luygouverner
un Estat.
Admirons toutesaperſonne ;
Onn'y voit pas un trait qui ne puiſſe charmer.
Malgrétout lerespect quesanais- Sancedonne,
Onnepeut levoyant s'empeſcher del'aimer;
Etpourtoutdire enfin,ilporteune
couronne,
Quechacunluyvoudroit donner.
MesDames ie nepuis achever ce
Portrait ,
Monesprit en est incapable;
Si i'en conçoy l'idée, elle est inex- primable, :
EtMignard
ne l'apasmieux
fait
Il me ſemble vous l'avoir catendu demander.
tke ka edos color toda e
POUR
LE PORTRAIT
DU ROY.
Mles, monlecours , inſpirez fes,àmonfecours,inspirez
PourfairelePortraitde monRoy,
demonMaistre,
De
: GALANT. 97 DecegrandRoysi digne d'estre Lefeul Maistre de l'Univers:
Haiene doutepoint quecela ne puiffe estre.
Ie veux pour commencer luy dref- ferunAutel.
Son air est tout divin , il n'a rien
d'un Mortel; [cles,
Tout cequ'ilfaitfontdes MiraEttout cequ'ildit des Oracles.
Ses grands Faits jusqu'à luy se trouvent inoüis.
Rienn'a jamais esté qui luy fast
comparable ,
Tous les Siecles paffez n'ont rien veu desemblable,
Les Siecles à venir n'auront point
deLOVIS.
Son esprit est grand&folide,
Esclairé,penetrant , galant delicat :
En luy laſageſſe prefide...
Tome 2, E
98 LE MERCURE
La iustice le fuit , la prudence le
guide,
Iamais onn'aveu Potentat
Avoirſceucomme luygouverner
un Estat.
Admirons toutesaperſonne ;
Onn'y voit pas un trait qui ne puiſſe charmer.
Malgrétout lerespect quesanais- Sancedonne,
Onnepeut levoyant s'empeſcher del'aimer;
Etpourtoutdire enfin,ilporteune
couronne,
Quechacunluyvoudroit donner.
MesDames ie nepuis achever ce
Portrait ,
Monesprit en est incapable;
Si i'en conçoy l'idée, elle est inex- primable, :
EtMignard
ne l'apasmieux
fait
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Résumé : POUR LE PORTRAIT DU ROY.
Le texte présente un poème dédié au portrait du roi, probablement Louis XIV, et fait référence à une improvisation précédente de Madame le Camus pour un portrait royal. Le poème loue les qualités exceptionnelles du roi, le décrivant comme digne de régner sur l'univers. Il met en avant son air divin et ses actions miraculeuses, comparables à des oracles. Les exploits du roi sont qualifiés d'inouïs et sans précédent, ni les siècles passés ni les siècles à venir n'ayant vu ou ne verront son égal. Son esprit est décrit comme grand, solide, éclairé, pénétrant, galant et délicat. La justice le suit, et la prudence le guide, faisant de lui un gouvernant sans égal. Le poème exprime l'admiration et l'amour pour le roi, malgré le respect qu'il inspire. Il conclut que le roi porte une couronne que chacun lui voudrait donner. L'auteur avoue être incapable d'achever le portrait du roi, estimant l'idée inexprimable, même par le célèbre peintre Mignard.
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10
p. 225-226
Sur la Campagne du Roy, & le Jubilé de la Reyne.
Début :
Encor ces Vers de Monsieur l'Abbé Cotin & je ferme mon / France, ne vous allarmez pas [...]
Mots clefs :
France, Combat, Reine, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Sur la Campagne du Roy, & le Jubilé de la Reyne.
Encor ces Versde Monfieur
1
GALANT. 163 -`l'Abbé Cotin, & ie ferme mon
Paquet, On les eſtime , & ils
ont eu le bonheur de plaire à
une perfonne de la plus hau- te qualité , &dont l'eſprit n'eſt pas moins relevé que la naif- fance.
164 LE MERCURE
子子子子子
Sur la Campagne du
ROY ,
F
Et le lubilé de la Reyne.
Rance ne vous allarmez pas
Du fort incertain des com -
bats ;
Malàpropos onſe récrie Quetout est changeant icy-bas,
LeRoy combat,la Reyneprie.
On redoute peu la furie
DesRodomonsdes Païs-bas ;
Lefeu,leſang&la tûrie,
Nefontpas toûjours leurs ébats,
Etpour les mettre tous àbas,
LeRoy combat, la Reyneprie
1
GALANT. 163 -`l'Abbé Cotin, & ie ferme mon
Paquet, On les eſtime , & ils
ont eu le bonheur de plaire à
une perfonne de la plus hau- te qualité , &dont l'eſprit n'eſt pas moins relevé que la naif- fance.
164 LE MERCURE
子子子子子
Sur la Campagne du
ROY ,
F
Et le lubilé de la Reyne.
Rance ne vous allarmez pas
Du fort incertain des com -
bats ;
Malàpropos onſe récrie Quetout est changeant icy-bas,
LeRoy combat,la Reyneprie.
On redoute peu la furie
DesRodomonsdes Païs-bas ;
Lefeu,leſang&la tûrie,
Nefontpas toûjours leurs ébats,
Etpour les mettre tous àbas,
LeRoy combat, la Reyneprie
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Résumé : Sur la Campagne du Roy, & le Jubilé de la Reyne.
Le texte présente deux extraits. Le premier mentionne des vers de l'Abbé Cotin appréciés par une personne de haute qualité. Le second traite de la campagne militaire du roi et des prières de la reine, rassurant les lecteurs sur les incertitudes des combats. Il minimise la menace des ennemis, affirmant que le roi et la reine travaillent ensemble pour les vaincre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 82-96
« Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Début :
Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...]
Mots clefs :
Ennemis, Lignes, Roi, Tranchée, Nuit, Marquis de Brosses, Femmes de qualité, Trêve, Cambrai
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texteReconnaissance textuelle : « Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Pendant qu'on travailloit
aux Lignes,les Ennemis firent
62 LE MERCURE
une Sortie, mais ils furent re- pouſſez juſques à la Paliſſade par Monfieur Roze Brigadier de Cavalerie, qui fut bleſſé en cette occaſion d'un coup de Mouſquet à la cuiffe.
Le Roy vifitoit & preſſoit
fans ceſſe les Travaux,&apres
qu'on eut achevé les Lignes de circonvalation & de contrevalation , qui furent faites
par les Païſans de Picardie ,
il ordonna l'ouverture de la
Tranchée. Elle ſe fit la nuit
du 29 au 30de Mars ; Sa Ma- jeſté y demeura long-temps ,
& fit avancer le Travail. Le
feu des Ennemis fut mediocre,&leurCanon ne tiraque lematin.
Lanuit du 30 au 31.
Les Ennemis firent grand feu. On avança beaucoup le
GALANT. 63
Travail , on ne perdit ny Sol- dats , ny Officiers. Monfieur
de la Salle le Fils Officier aux
Gardes fut bleſſé.
Lanuit du 31 au i d'Avril.
On avança beaucoup. Les Ennemis firent grand feu de Grenades , & furent fort incommodez par nôtre Canon.
Lanuitdu au 2 d'Avril.
On fit un Logement fur la Contreſcarpe ; mais la droite commandée parMon- ſieur le Mareſchal de la
Feüillade , & par Monfieur le
Comted'Auvergne , pouſſa ſi avant , qu'elle força la Demy- lune &la partie droite del'Ou- vrage couronné. On ne jugea pas à propos d'y demeurer ,
parce qu'on craignoit les Mi- nes. Monfieur le Marquis de
64 LE MERCURE Tilladet qui commandoit à la gauche , planta des Piquets pour faire fon Logement ;
mais on ſe contenta de ſe retrancher ſur la Contreſcarpe ,
comme il avoit eſté réſolu. Les
Ennemis montrerent quelque vigueur , tuerent &bleſſerent quelques- uns des nôtres , &
furent encore plus vigoureu- ſement repouſſez . On leur prir un Capitaine & un Officier ,
avec quatorze Soldats : le re- ſte ſe ſauva par des Capon- nieres..
Lanuit du 2 au 3
Trois coups de Canon fer- virent de Signal pour atta- quer deux Demy-lunes entre la Citadelle & un Château
qu'on emporta. Sur les onze
heures du matin on attacha le
GALAN T. 65 Mineur. Monfieur le Marquis de Broſſes fût bleſſé en allant
le voir attacher , & les Affiegez ceſſerent de tirer. Pluſieurs Lettres marquent une circonſtance que je n'oſerois affurer , mais que je croy pou- voir vous écrire. Elles diſfent
que Monfieur le Comte d'Au- vergne fit cequin'eſtoit point
encore arrivé à la Guerre,qu'il batit luy-même la Chamade ,
voyant que la conſternation
des Ennemis les empeſchoit de ſonger à ce qu'ils devoient faire , & que fi-tôt qu'ils parurent ſur les Remparts , il leur dit , Qu'il estoit temps qu'ils Songeaſſent au Salut de
la Ville , puis que le Mineur y estant attaché on la force- roit , & qu'ils devoient craindre
66 LE MERCURE
Enqu'on ne la traitât plus impitoyablement que Valenciennes , ſi
elle estoitpriſepar affaut. On en- tra en Negociation , & l'on conclut une Tréve qui dura
vingtquatre heures. Il y eut plufieurs conteftations,les nemis pretendans demeurer maiſtres d'un grand Baſtion qui les voyoit à revers &qui donnoit ſur toute leur eſpla- nade.Mais cet Article ne peut eſtre décidé en leur faveur ,
parce que c'eſtoit un Baſtion dela Ville , &que tout ce qui en dépendoit devoit demeurer au Roy.
Il y eut encore une autre
conteſtation , & le GouverneurdemandaquelesFemmes deQualité fortiffent, auffi-bien
que celles des petits Officiers
GALANT. 67
&des Soldats avec un Paffeport , &qu'elles fuſſent conduites à Mons avec leurBaga- ge.Le Roy répondit qu'il donコ
neroit aux Femmes de Quali- té un Quartier tel qu'elles
voudroientdans la Ville, avec
une Garde ſuffiſante pour leur ſeureté;mais que pour les autres qu'on faiſoit monter au
nombre de douze cens , elles
pouvoient entrer dans la Ci- tadelle,auſſi bien que les Blef- fez. Il y a des Lettres qui aſſu- rent que Sa Majesté permit à
huit Femmes de conſidérationde ſe retirer à Mons. Les
Ennemis eurent deux jours entiers pour ſonger à leurs af
S faires , ils s'en ſervirent pour tirer de la Ville tout ce qui pouvoit eſtre utile à leur de- fence , & le conduire dans la
68 LE MERCURE
و
Citadelle. Le Gouverneur ordonna à tous les Cavaliers de
tuer leurs Chevaux,&de n'en
reſerver que dix par Compag- nie. Les Cavaliers ne purent
s'y réſoudre &l'Executeur
de la Haute Juſtice eut ordre
de faire cette grande Execu- tion , apres laquelle quatre
mille Hommes commandez
par de bons Officiers , fans
comter les Officiers Reformez , tous réſolus de ſe bien
defendre &de tenir au moins
trois mois , entrerent dans la
Citadelle , ayant abandonné à
la clemence du Roy douze
cens Femmes de leur Garniſon ; ce qui donna lieu à l'Avanture ſuivante.
Une de nos Vedettes fe
trouvant pendant la Tréve
GALANT. 69 fi pres de celle des Ennemis ,
qu'il ne leur eſtoit pas diffici- le de s'entre-parler , le Fran- çois dit à l'Eſpagnol , Qu'il neſcavoit ce qu'il alloit faire , de s'enfermer dans la Citadelle puis
qu'on n'y avoit pas voulû rece- voir leurs femmes , & que les Francois estant maistres de la Ville , il trouveroit àfon retour qu'on y auroit bien fait des af- faires. L'Eſpagnol entra en de fi grandes appréhenſions ,
qu'ayant jetté ſon Mouſquet,
il ſe rendit aux nôtres , & ne
voulut point entrer dans la Citadelle.
Le Greffier de la Ville , &
le Prevoſt de la Cathedrale,ſe
rendirent aupres de Monfieur
de S. Poüange , & en ayant
70 LE MERCURE reçeu la Capitulation parla- quelle les Habitans ſeroient traittez comme ceux
de Lile , & le Clergé comme celuy de Tournay , la Tréve eſtant expirée, on livra le cin- quiéme du mois , cinq heures apres midy , une Porte à nos Troupes , leſquelles ſe ſaiſi- rent de tous les Poſtes àmefure que les Ennemis les aban- donnoient pour ſe retirer dans
la Citadelle.
La vigilance, les fatigues &
f'intrépidité du Roy , ne ſe peuvent exprimer. Il fut à la Tranchée deux heures apres qu'elle fût ouverte, & s'avan- ça luy quatriéme juſqu'à la te- ſte du Travail. Quelquesjours auparavant un Boulet de Ca- non avoit paſſé aupres du
GALANT
. 71
e
es3S
Sieur de Givry
, Ecuyer de la petite Ecurie , qui n'eſtoit pas loin de Sa Majeſté.
Le Roy ne fut pas plûtôt maître de Cambray , que le Prevoſt de la Cathedrale , qui eſt réputation d'un Homme d'eſprit,vint de la part de tout le Clergé, prier Sa Majefto DE
d'entrer dans la Ville,ce quel
le ne fit qu'apres la priſe de la Citadelle.
aux Lignes,les Ennemis firent
62 LE MERCURE
une Sortie, mais ils furent re- pouſſez juſques à la Paliſſade par Monfieur Roze Brigadier de Cavalerie, qui fut bleſſé en cette occaſion d'un coup de Mouſquet à la cuiffe.
Le Roy vifitoit & preſſoit
fans ceſſe les Travaux,&apres
qu'on eut achevé les Lignes de circonvalation & de contrevalation , qui furent faites
par les Païſans de Picardie ,
il ordonna l'ouverture de la
Tranchée. Elle ſe fit la nuit
du 29 au 30de Mars ; Sa Ma- jeſté y demeura long-temps ,
& fit avancer le Travail. Le
feu des Ennemis fut mediocre,&leurCanon ne tiraque lematin.
Lanuit du 30 au 31.
Les Ennemis firent grand feu. On avança beaucoup le
GALANT. 63
Travail , on ne perdit ny Sol- dats , ny Officiers. Monfieur
de la Salle le Fils Officier aux
Gardes fut bleſſé.
Lanuit du 31 au i d'Avril.
On avança beaucoup. Les Ennemis firent grand feu de Grenades , & furent fort incommodez par nôtre Canon.
Lanuitdu au 2 d'Avril.
On fit un Logement fur la Contreſcarpe ; mais la droite commandée parMon- ſieur le Mareſchal de la
Feüillade , & par Monfieur le
Comted'Auvergne , pouſſa ſi avant , qu'elle força la Demy- lune &la partie droite del'Ou- vrage couronné. On ne jugea pas à propos d'y demeurer ,
parce qu'on craignoit les Mi- nes. Monfieur le Marquis de
64 LE MERCURE Tilladet qui commandoit à la gauche , planta des Piquets pour faire fon Logement ;
mais on ſe contenta de ſe retrancher ſur la Contreſcarpe ,
comme il avoit eſté réſolu. Les
Ennemis montrerent quelque vigueur , tuerent &bleſſerent quelques- uns des nôtres , &
furent encore plus vigoureu- ſement repouſſez . On leur prir un Capitaine & un Officier ,
avec quatorze Soldats : le re- ſte ſe ſauva par des Capon- nieres..
Lanuit du 2 au 3
Trois coups de Canon fer- virent de Signal pour atta- quer deux Demy-lunes entre la Citadelle & un Château
qu'on emporta. Sur les onze
heures du matin on attacha le
GALAN T. 65 Mineur. Monfieur le Marquis de Broſſes fût bleſſé en allant
le voir attacher , & les Affiegez ceſſerent de tirer. Pluſieurs Lettres marquent une circonſtance que je n'oſerois affurer , mais que je croy pou- voir vous écrire. Elles diſfent
que Monfieur le Comte d'Au- vergne fit cequin'eſtoit point
encore arrivé à la Guerre,qu'il batit luy-même la Chamade ,
voyant que la conſternation
des Ennemis les empeſchoit de ſonger à ce qu'ils devoient faire , & que fi-tôt qu'ils parurent ſur les Remparts , il leur dit , Qu'il estoit temps qu'ils Songeaſſent au Salut de
la Ville , puis que le Mineur y estant attaché on la force- roit , & qu'ils devoient craindre
66 LE MERCURE
Enqu'on ne la traitât plus impitoyablement que Valenciennes , ſi
elle estoitpriſepar affaut. On en- tra en Negociation , & l'on conclut une Tréve qui dura
vingtquatre heures. Il y eut plufieurs conteftations,les nemis pretendans demeurer maiſtres d'un grand Baſtion qui les voyoit à revers &qui donnoit ſur toute leur eſpla- nade.Mais cet Article ne peut eſtre décidé en leur faveur ,
parce que c'eſtoit un Baſtion dela Ville , &que tout ce qui en dépendoit devoit demeurer au Roy.
Il y eut encore une autre
conteſtation , & le GouverneurdemandaquelesFemmes deQualité fortiffent, auffi-bien
que celles des petits Officiers
GALANT. 67
&des Soldats avec un Paffeport , &qu'elles fuſſent conduites à Mons avec leurBaga- ge.Le Roy répondit qu'il donコ
neroit aux Femmes de Quali- té un Quartier tel qu'elles
voudroientdans la Ville, avec
une Garde ſuffiſante pour leur ſeureté;mais que pour les autres qu'on faiſoit monter au
nombre de douze cens , elles
pouvoient entrer dans la Ci- tadelle,auſſi bien que les Blef- fez. Il y a des Lettres qui aſſu- rent que Sa Majesté permit à
huit Femmes de conſidérationde ſe retirer à Mons. Les
Ennemis eurent deux jours entiers pour ſonger à leurs af
S faires , ils s'en ſervirent pour tirer de la Ville tout ce qui pouvoit eſtre utile à leur de- fence , & le conduire dans la
68 LE MERCURE
و
Citadelle. Le Gouverneur ordonna à tous les Cavaliers de
tuer leurs Chevaux,&de n'en
reſerver que dix par Compag- nie. Les Cavaliers ne purent
s'y réſoudre &l'Executeur
de la Haute Juſtice eut ordre
de faire cette grande Execu- tion , apres laquelle quatre
mille Hommes commandez
par de bons Officiers , fans
comter les Officiers Reformez , tous réſolus de ſe bien
defendre &de tenir au moins
trois mois , entrerent dans la
Citadelle , ayant abandonné à
la clemence du Roy douze
cens Femmes de leur Garniſon ; ce qui donna lieu à l'Avanture ſuivante.
Une de nos Vedettes fe
trouvant pendant la Tréve
GALANT. 69 fi pres de celle des Ennemis ,
qu'il ne leur eſtoit pas diffici- le de s'entre-parler , le Fran- çois dit à l'Eſpagnol , Qu'il neſcavoit ce qu'il alloit faire , de s'enfermer dans la Citadelle puis
qu'on n'y avoit pas voulû rece- voir leurs femmes , & que les Francois estant maistres de la Ville , il trouveroit àfon retour qu'on y auroit bien fait des af- faires. L'Eſpagnol entra en de fi grandes appréhenſions ,
qu'ayant jetté ſon Mouſquet,
il ſe rendit aux nôtres , & ne
voulut point entrer dans la Citadelle.
Le Greffier de la Ville , &
le Prevoſt de la Cathedrale,ſe
rendirent aupres de Monfieur
de S. Poüange , & en ayant
70 LE MERCURE reçeu la Capitulation parla- quelle les Habitans ſeroient traittez comme ceux
de Lile , & le Clergé comme celuy de Tournay , la Tréve eſtant expirée, on livra le cin- quiéme du mois , cinq heures apres midy , une Porte à nos Troupes , leſquelles ſe ſaiſi- rent de tous les Poſtes àmefure que les Ennemis les aban- donnoient pour ſe retirer dans
la Citadelle.
La vigilance, les fatigues &
f'intrépidité du Roy , ne ſe peuvent exprimer. Il fut à la Tranchée deux heures apres qu'elle fût ouverte, & s'avan- ça luy quatriéme juſqu'à la te- ſte du Travail. Quelquesjours auparavant un Boulet de Ca- non avoit paſſé aupres du
GALANT
. 71
e
es3S
Sieur de Givry
, Ecuyer de la petite Ecurie , qui n'eſtoit pas loin de Sa Majeſté.
Le Roy ne fut pas plûtôt maître de Cambray , que le Prevoſt de la Cathedrale , qui eſt réputation d'un Homme d'eſprit,vint de la part de tout le Clergé, prier Sa Majefto DE
d'entrer dans la Ville,ce quel
le ne fit qu'apres la priſe de la Citadelle.
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Résumé : « Pendant qu'on travailloit aux Lignes, les Ennemis firent une [...] »
Le texte relate les événements militaires autour de la ville de Cambrai. Pendant les travaux de fortification, les ennemis tentèrent une sortie mais furent repoussés par Monsieur Roze, qui fut blessé. Le roi supervisa les travaux, notamment l'achèvement des lignes de circonvalation et de contrevalation construites par les paysans de Picardie. Il ordonna l'ouverture de la tranchée la nuit du 29 au 30 mars, malgré le feu ennemi, sans pertes significatives. Les nuits suivantes, les attaques ennemies s'intensifièrent, mais les troupes françaises progressèrent, subissant quelques blessures. La nuit du 2 au 3 avril, des coups de canon signalèrent l'attaque de deux demi-lunes, et le marquis de Brosses fut blessé. Après que le comte d'Auvergne eut battu la chamade, les ennemis engagèrent des négociations, craignant un assaut similaire à celui de Valenciennes. Une trêve de vingt-quatre heures fut conclue, mais des contestations surgirent concernant la possession d'un bastion. Le gouverneur demanda la sortie des femmes de qualité, à quoi le roi répondit en offrant un quartier sûr dans la ville. Les ennemis utilisèrent les deux jours de trêve pour transférer des provisions dans la citadelle et ordonnèrent l'abattage des chevaux. Quatre mille hommes se préparèrent à défendre la citadelle. Un soldat espagnol déserta après avoir parlé avec une vedette française. Après l'expiration de la trêve, les troupes françaises entrèrent dans la ville. Le clergé et les habitants se rendirent, obtenant des conditions de traitement similaires à celles de Lille et de Tournai. Le roi, connu pour sa vigilance et son intrépidité, fut présent sur le terrain malgré les dangers. Après la prise de Cambrai, le prévost de la cathédrale demanda au roi d'entrer dans la ville, ce qu'il fit après la prise de la citadelle.
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12
p. 31-35
EPISTRE AU ROY.
Début :
Sire je l'avouëray, la Gloire a bien des charmes: [...]
Mots clefs :
Guerriers, Gloire, Héros, Hommage, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPISTRE AU ROY.
EPISTRE AV ROY.
SIRE l'avoüeray , laGloire a
biendecharmes :
Il est beau de vous voir au milieu des
allarmes.
Voler àses côtez ; &triomphant tou
jours.
20 LE MERCVRE
Conter par vos Exploits le nombrede
vosjours.
Il est beau de vous voir ſacrifier pour
elle
Tout ce qu'on peutjamais attendre d'un
grandzele :
Mais pardonnez-moy , SIRE , &ne
murmurez pas.
Sije crainspour mon Royſes dangereux
appas.
Quand jeſonge auxperils, oùpour luy rendre hommage Voftre intrepide cœuràtoutebeure s'engage;
Carsi j'ofe aujourd'huy m'expliquer
avecvous,
LeSceptre , ny les Lys n'exemptent pointdes coups.
Cerangde Souverain , qui vous metfur nostestes ,
Nemet point vos beaux jours à l'abry des tempestes.
Le Canon , fi fatal aux plus braves
Guerriers ,
N'ajamais des Heros reſpecté les Lanriers ,
GALAN T. 21
น
!
t
J
Etceux,dont voſtrefront s'estfait une Couronne,
N'en garantiffent point voſtre Auguste Personne.
Ilnefautqu'un malheur .... Dieux!jen'oseypenser,
Ieſens à ce discours tout monsangse
glacer.
Ah, SIRE , c'en est trop , venezre- voir la Seine,
Voulez-vous à Madrid aller tout d'une
haleine ,
Et toûjous oublier ce qu'éloigné d'icy ;
ATherese , àl'Etat , vous caufez de foucy?
Vous avez en un mois mis trois Villes
en poudre,
Vostre cœur au repos nepeut-il ſe ré- -Soudre ;
Et ces fruits que la gloire a refervez
pourvous,
Lesgoûtantdans lecalme, enferont-ils moins doux?
Voussçavez qu'autrefois un Herosdont
l'Histoire
Confervera toûjourslapõpeuſe memoire,
22 LE MERCVRE
Aprés avoirfiny de moins nobles travaux.
Fit voir qu'on peut donner des bornes
auxHéros.
Quesi la noble ardeur de vostre ame
guerriere ,
Nepeutse retenirqu'au bout de lacarriere;
Sipourvous arreſter , vous voulezvoir
foûmis Tout ce qui peut encor vousrester d'Ennemis ,
Contentez-vous au moins de ces foins
politiques,
Qui fontplus que lefer fleurir les Re- publiques,
Inſtruisez vos Guerriers àmarcher fur
vospas,
Marquez l'heure , le temps , disposer des Combats.
Et fongez qu'un Grand Roy , qui fut nomméle Sage,
Fit deſon Cabinet trembler ſon voiſinage,
Tandis qu'en ſeureté , paisible danssa
Cour,
A
GALANT. 23
4
1
fut
Ildonnoitquelquefoisdesheures àl'A.
mour.
SIRE l'avoüeray , laGloire a
biendecharmes :
Il est beau de vous voir au milieu des
allarmes.
Voler àses côtez ; &triomphant tou
jours.
20 LE MERCVRE
Conter par vos Exploits le nombrede
vosjours.
Il est beau de vous voir ſacrifier pour
elle
Tout ce qu'on peutjamais attendre d'un
grandzele :
Mais pardonnez-moy , SIRE , &ne
murmurez pas.
Sije crainspour mon Royſes dangereux
appas.
Quand jeſonge auxperils, oùpour luy rendre hommage Voftre intrepide cœuràtoutebeure s'engage;
Carsi j'ofe aujourd'huy m'expliquer
avecvous,
LeSceptre , ny les Lys n'exemptent pointdes coups.
Cerangde Souverain , qui vous metfur nostestes ,
Nemet point vos beaux jours à l'abry des tempestes.
Le Canon , fi fatal aux plus braves
Guerriers ,
N'ajamais des Heros reſpecté les Lanriers ,
GALAN T. 21
น
!
t
J
Etceux,dont voſtrefront s'estfait une Couronne,
N'en garantiffent point voſtre Auguste Personne.
Ilnefautqu'un malheur .... Dieux!jen'oseypenser,
Ieſens à ce discours tout monsangse
glacer.
Ah, SIRE , c'en est trop , venezre- voir la Seine,
Voulez-vous à Madrid aller tout d'une
haleine ,
Et toûjous oublier ce qu'éloigné d'icy ;
ATherese , àl'Etat , vous caufez de foucy?
Vous avez en un mois mis trois Villes
en poudre,
Vostre cœur au repos nepeut-il ſe ré- -Soudre ;
Et ces fruits que la gloire a refervez
pourvous,
Lesgoûtantdans lecalme, enferont-ils moins doux?
Voussçavez qu'autrefois un Herosdont
l'Histoire
Confervera toûjourslapõpeuſe memoire,
22 LE MERCVRE
Aprés avoirfiny de moins nobles travaux.
Fit voir qu'on peut donner des bornes
auxHéros.
Quesi la noble ardeur de vostre ame
guerriere ,
Nepeutse retenirqu'au bout de lacarriere;
Sipourvous arreſter , vous voulezvoir
foûmis Tout ce qui peut encor vousrester d'Ennemis ,
Contentez-vous au moins de ces foins
politiques,
Qui fontplus que lefer fleurir les Re- publiques,
Inſtruisez vos Guerriers àmarcher fur
vospas,
Marquez l'heure , le temps , disposer des Combats.
Et fongez qu'un Grand Roy , qui fut nomméle Sage,
Fit deſon Cabinet trembler ſon voiſinage,
Tandis qu'en ſeureté , paisible danssa
Cour,
A
GALANT. 23
4
1
fut
Ildonnoitquelquefoisdesheures àl'A.
mour.
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Résumé : EPISTRE AU ROY.
L'épître au roi loue ses exploits et ses sacrifices pour la renommée, tout en exprimant des inquiétudes pour sa sécurité. L'auteur souligne que le sceptre et les lys ne le protègent pas des dangers, notamment les canons et les batailles. Il mentionne les récentes conquêtes du roi, comme la prise de trois villes en un mois, et suggère qu'il serait judicieux de profiter de la paix et de la gloire acquise. L'auteur cite l'exemple d'un héros historique qui sut se modérer après ses exploits. Il conseille au roi de se concentrer sur des actions politiques et stratégiques, telles que l'instruction de ses guerriers et la planification des combats, plutôt que de s'engager constamment dans des batailles.
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13
p. 61-66
« Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Début :
Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...]
Mots clefs :
Pages, Écurie, Noms, Charges, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Cependant , comme j'ay déja commencé àvous parler desPages du Roy dans ma derniere Lettre , jacheve icy ce que j'ay encore àvous dire. Ceuxquiont toutes les qualitez neceſſaires.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
(
GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
X
ES Pagesde
e
es
&
eu
nt
:
n
nt
nent
Hes
eu
ges
enCci
lle
i11-
M. de Chevigny.
M.deGanges.
TRELER
100
YON
M. de Serignan,aîne & ca- det.
M.de Pelot.
M. de Monfrein.
Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
M.deNadaillac..
M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
cader..
M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
4
M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
(
GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
X
ES Pagesde
e
es
&
eu
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n
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Hes
eu
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enCci
lle
i11-
M. de Chevigny.
M.deGanges.
TRELER
100
YON
M. de Serignan,aîne & ca- det.
M.de Pelot.
M. de Monfrein.
Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
M.deNadaillac..
M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
cader..
M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
4
M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
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Résumé : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Le texte décrit les Pages du Roi, jeunes nobles servant dans les armées dès leur jeunesse et souvent promus rapidement à des postes de commandement. Ces pages, issus des plus grandes maisons du royaume, doivent prouver leur noblesse avant d'être acceptés. Le roi, contraint de se rendre rapidement à la frontière, n'a emmené qu'une partie d'entre eux. Le texte énumère les noms des pages ayant accompagné le roi, répartis en Pages de la Chambre, de la Grande Ecurie et de la Petite Ecurie. Le roi a également donné aux pages l'opportunité d'apprendre le métier de la guerre en les faisant servir comme aides de camp pendant les sièges de Valenciennes et de Cambray, leur permettant ainsi de se trouver dans des situations périlleuses aux côtés des officiers généraux.
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14
p. 189-197
« Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Début :
Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Peuple, Porte, Ville, Roi, Visite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
LeRoy aprés avoir viſité les Places maritimes , revintàSaint
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
ot
لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
he
pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
128 LE MERCVRE
en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
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لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
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pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
128 LE MERCVRE
en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
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Résumé : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Le roi visita Saint-Omer et ses environs, accompagné de dignitaires et de régiments de cavalerie. Il inspecta les fortifications, notamment la tranchée près de la Porte-Neuve et le Fort Saint-Michel, appréciant les défenses et la garnison. Malgré la pluie, il monta sur les remparts avec plusieurs dignitaires, admirant les fortifications. Le roi fut acclamé par le peuple et les dames aux fenêtres. Le lendemain, il visita les forts extérieurs, dont les flottantes et le Fort des Vaches, louant la vigueur des actions militaires. Il complimenta le Comte de Longueval et le régiment des Dragons Dauphins. Après sa visite, LeRoy quitta Saint-Omer pour inspecter d'autres places, tandis que les troupes se reposaient. Le Duc d'Aumont fut loué pour son rôle avec les milices du Boulonnais.
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15
p. 215-227
« Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Début :
Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...]
Mots clefs :
Duc de Vivonne, Ennemis, Armée, Garnison, Bataille, Sicile, Roi, Prise d'Agouste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Je paſſe à l'Article que vous m'avez demandé de M² le Mareſchal , Duc de Vivonne ; &
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
de
k
es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
de
k
es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
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Résumé : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Le texte relate les actions et les succès du maréchal de Vivonne, duc de Vivonne, en Sicile. Grâce aux secours envoyés par le roi, composés de troupes françaises et suisses, Vivonne a pu renforcer l'autorité royale et étendre les conquêtes. Il a dû garnir les places conquises et maintenir une présence militaire significative à Messine pour contrer les Espagnols. Les Siciliens ont manifesté une grande affection pour Vivonne, appréciant sa bonté, son affabilité et sa justice. Ils ont également admiré sa valeur, notamment après sa victoire contre les ennemis dans un combat inégal et son rôle dans l'abondance de vivres apportée à la population. Vivonne a planifié une expédition contre la flotte navale espagnole à Naples, mais celle-ci a été annulée en raison de difficultés logistiques. Lors de l'expédition contre l'amiral Ruyter, Vivonne a sacrifié son désir de gloire pour rester auprès des Siciliens, qu'il considérait comme ses enfants. Après la bataille, la flotte française s'est retirée en Provence pour réparations et approvisionnement. Vivonne a ensuite mené une expédition à Palerme pour sécuriser le passage d'un convoi, malgré les oppositions et les dangers. Cette expédition a été couronnée de succès, renforçant l'amour des Siciliens pour lui. Vivonne a également découvert et neutralisé plusieurs conspirations contre lui et la population. Son dévouement au roi est total, et il sacrifie toute autre ambition pour servir son prince. Les succès militaires de Vivonne, comme la prise d'Agoste et d'autres places, renforcent son prestige et sa réputation, malgré les tentatives des ennemis de le discréditer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 229-237
ELEGIE.
Début :
Du grand monde & du bruit l'ame peu satisfaite, [...]
Mots clefs :
Monde, Désert, Amis, Science, Âme, Roi, Raison, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELEGIE.
ELEGI Ε.
Vgrandmonde&dubruit l'ame
penSatisfaire,
Pourtrouverdurepos je cherche une re- traite ,
GALANT. 149 Etfortant dela Ville apres cent maux Soufferts,
Ie viens chercher du Bec les aimables
Deserts..
CeSéjour agréable encor qu'ilfoit champestre,
Ne fert que rarement à son illustre
Maistre,
Et l'obligeant Emire en tous lieux reveré
AmaBarque agitéeoffre un Portaſſuré.
Trompeuse ambition ! Grandeur imagi- naire!
Qu'en vous lebien est rare &le mal
ordinaire!
Queleplus inſenſible &le mieux pre- paré,
Boit chez vous de Poison dans un Vase doré !
Qu'unefoule importune auſeul gain at- tachée ,
Sous un fasteapparent tient de fraude cachée!
Que les fermes Amisfe trouvent peu Souvent !
Qu'on barit des projets sur un fable mouvant!
Gij
igo LE MERCVRE Etqu'heureux est celuy , dont l'adroite
Science
Sçaitjoindre leſecret avecladéfiance Apeu de vrais Amis qui ſçait se re- trancher ,
Qui garde bien te nombre &n'en va point chercher,
Et qui ſur l'apparence enfin iamais ne -fonde
La folle opinion de plaire àtout le monde!
Onferoit unprodige en vertus achevé.
Qu'onseroit vicieux, pour un goust dépravé,
L'onavencomparer l'honneur à l'arti fice,
Les liberalitezàl'infame avarice,
La douceur à l'aigreur , l'orgueil àla bonté,
Aux laſches actions la generosité,
Lemodeste à celuy, qui fait le necef
faire,
Et l'ame laplusfourbe, au cœur leplus:
fincere.
Cependantdumensonge, infamesArti- fans VnMonstre vous devore , &fait des Partisans,
GALANT. 15.4
k
Voit dans ſes interests ceux qu'il rend miserables ,
Etdesplus oppreſſez fait les plusfavo rables.
On vanteſa conduite , on vanteſon efprit,
On n'oſe contredire àtout ce qu'il écrit,
L'Amour ar tout des
efolavesde l'interest faitpar to
Et regnequelquefois dans les cœurs les
plusbraves.
Al'éclat de la gloire on prefere lebien,
Et pour en acquerir les Crimes nefont
rien.
Quels divers embarras ne m'a-t-on pointfait naiſtre !
Combien , où je commande ay-je ven plusd'unMaistre ?
D'un Roy victorieux la iuste autorités
Apeineapûfléchir un Suiet irrité;
Ceux que i'aimois le mieux , emportez par la brigue,
Ont- ils à ce Torrent opposé quelque Digue!
LaGloirequi m'afait un grand Corps
effembler .... Giij
152 LE MERCVRE Contre les Ennemis qui voudroient nous troubler,
Mapreste des Lauriers dans une vaste Plaine,
Etjevois dansla Ville une Palme incertaine.
Vn indigne Ennemy , qui fort de fon devoir,
Songeàme faire teste , &nesefait pas
voir,
Devient l'injuste Chefd'une infameCabale ,
Trouvedes Courtiſans ſans partirdeſa Salle ,
Etdansſes noirs deſſeins doit estre sa- tisfait D'avoir ofé combatre , encor qu'il soit
défait.
Ilme force àrougir lors que je le furmonte ,
Au plus fort de ma gloire il me couvre
dehonte,
Et donne par caprice en cette occafion,
Au Vainqueur & Vaincu mesme con- fusion.
Ab ! que de mon dépit la juste vian lence .D
GALAN T. 153 Maisle Roy nous l'ordonne,imposons- nousfilence ,
Mon cœur,ilfaut donner encesfacheux
momens,
Au plus grand des Mortels tous nos reffentimens.
Opaisible retraite ? aimable folitude ?
Qui des plus fortunez charmez l'in- quietude , :
M'arrachantauxplaiſirs que vouspou- vezdonner:
Ah! que j'ay de regret de vous aban- donner,
De preferer au mien l'avantage des
autres ,
Etnevoirde long-temps des lieux com- meles vostres! ..
Mais deux jours fans agir mefont à regretter,
4
Etce temps, àmon gré ,nese peut ra- chetera
Pourrons- nous bien changer dans ma plainte inutile,
L'innocence des Champs aux fracas de.
la Ville ?
De cent Beautez en vain on vante les
appas,
Gv
154 LE MERCVRE Moncœur nepeut aimer ce qu'il n'estin
me pas:
Commeil ne fut jamais capable de foi- bleffe ,
Un effort genereux rompt le trait qui le bleffe ,
Etpenchant vers la Gloire
plusqu'àiny.
n'estant
Ilpeuthairdemain, ce qu'il aime aujourd'huy ;
Mais pour vos beaux Deferts , iln'en
estpas demefme,
Pastre repos flateur donne un plaifir extrême
Sans Iris,fans mon Maistre, ô Sejour fortuné.
Vous auriez tout le cœurque je leur ay donné
Le quitte donc l'émail de vos vertes.
Prairies,
Et tout. ce qui flatoit mes douces ré
veries:
Allons tendre les bras à nos illustres
fers,
Allons-nous redonner au Grand Roy que je fers
GALANT Obſerverles proiets d'une fouleimportune,
Ettrouver des plaisirs dans ma noble infortune int Maisil faut bienpenser àce que nous ferons,
Regler nos sentimens par ce que nous Sçaurons , 5
Et fuivant les conseils que la raison
inspire,
Koir,écouterbeaucoup , agir&nevien dire
L
Vgrandmonde&dubruit l'ame
penSatisfaire,
Pourtrouverdurepos je cherche une re- traite ,
GALANT. 149 Etfortant dela Ville apres cent maux Soufferts,
Ie viens chercher du Bec les aimables
Deserts..
CeSéjour agréable encor qu'ilfoit champestre,
Ne fert que rarement à son illustre
Maistre,
Et l'obligeant Emire en tous lieux reveré
AmaBarque agitéeoffre un Portaſſuré.
Trompeuse ambition ! Grandeur imagi- naire!
Qu'en vous lebien est rare &le mal
ordinaire!
Queleplus inſenſible &le mieux pre- paré,
Boit chez vous de Poison dans un Vase doré !
Qu'unefoule importune auſeul gain at- tachée ,
Sous un fasteapparent tient de fraude cachée!
Que les fermes Amisfe trouvent peu Souvent !
Qu'on barit des projets sur un fable mouvant!
Gij
igo LE MERCVRE Etqu'heureux est celuy , dont l'adroite
Science
Sçaitjoindre leſecret avecladéfiance Apeu de vrais Amis qui ſçait se re- trancher ,
Qui garde bien te nombre &n'en va point chercher,
Et qui ſur l'apparence enfin iamais ne -fonde
La folle opinion de plaire àtout le monde!
Onferoit unprodige en vertus achevé.
Qu'onseroit vicieux, pour un goust dépravé,
L'onavencomparer l'honneur à l'arti fice,
Les liberalitezàl'infame avarice,
La douceur à l'aigreur , l'orgueil àla bonté,
Aux laſches actions la generosité,
Lemodeste à celuy, qui fait le necef
faire,
Et l'ame laplusfourbe, au cœur leplus:
fincere.
Cependantdumensonge, infamesArti- fans VnMonstre vous devore , &fait des Partisans,
GALANT. 15.4
k
Voit dans ſes interests ceux qu'il rend miserables ,
Etdesplus oppreſſez fait les plusfavo rables.
On vanteſa conduite , on vanteſon efprit,
On n'oſe contredire àtout ce qu'il écrit,
L'Amour ar tout des
efolavesde l'interest faitpar to
Et regnequelquefois dans les cœurs les
plusbraves.
Al'éclat de la gloire on prefere lebien,
Et pour en acquerir les Crimes nefont
rien.
Quels divers embarras ne m'a-t-on pointfait naiſtre !
Combien , où je commande ay-je ven plusd'unMaistre ?
D'un Roy victorieux la iuste autorités
Apeineapûfléchir un Suiet irrité;
Ceux que i'aimois le mieux , emportez par la brigue,
Ont- ils à ce Torrent opposé quelque Digue!
LaGloirequi m'afait un grand Corps
effembler .... Giij
152 LE MERCVRE Contre les Ennemis qui voudroient nous troubler,
Mapreste des Lauriers dans une vaste Plaine,
Etjevois dansla Ville une Palme incertaine.
Vn indigne Ennemy , qui fort de fon devoir,
Songeàme faire teste , &nesefait pas
voir,
Devient l'injuste Chefd'une infameCabale ,
Trouvedes Courtiſans ſans partirdeſa Salle ,
Etdansſes noirs deſſeins doit estre sa- tisfait D'avoir ofé combatre , encor qu'il soit
défait.
Ilme force àrougir lors que je le furmonte ,
Au plus fort de ma gloire il me couvre
dehonte,
Et donne par caprice en cette occafion,
Au Vainqueur & Vaincu mesme con- fusion.
Ab ! que de mon dépit la juste vian lence .D
GALAN T. 153 Maisle Roy nous l'ordonne,imposons- nousfilence ,
Mon cœur,ilfaut donner encesfacheux
momens,
Au plus grand des Mortels tous nos reffentimens.
Opaisible retraite ? aimable folitude ?
Qui des plus fortunez charmez l'in- quietude , :
M'arrachantauxplaiſirs que vouspou- vezdonner:
Ah! que j'ay de regret de vous aban- donner,
De preferer au mien l'avantage des
autres ,
Etnevoirde long-temps des lieux com- meles vostres! ..
Mais deux jours fans agir mefont à regretter,
4
Etce temps, àmon gré ,nese peut ra- chetera
Pourrons- nous bien changer dans ma plainte inutile,
L'innocence des Champs aux fracas de.
la Ville ?
De cent Beautez en vain on vante les
appas,
Gv
154 LE MERCVRE Moncœur nepeut aimer ce qu'il n'estin
me pas:
Commeil ne fut jamais capable de foi- bleffe ,
Un effort genereux rompt le trait qui le bleffe ,
Etpenchant vers la Gloire
plusqu'àiny.
n'estant
Ilpeuthairdemain, ce qu'il aime aujourd'huy ;
Mais pour vos beaux Deferts , iln'en
estpas demefme,
Pastre repos flateur donne un plaifir extrême
Sans Iris,fans mon Maistre, ô Sejour fortuné.
Vous auriez tout le cœurque je leur ay donné
Le quitte donc l'émail de vos vertes.
Prairies,
Et tout. ce qui flatoit mes douces ré
veries:
Allons tendre les bras à nos illustres
fers,
Allons-nous redonner au Grand Roy que je fers
GALANT Obſerverles proiets d'une fouleimportune,
Ettrouver des plaisirs dans ma noble infortune int Maisil faut bienpenser àce que nous ferons,
Regler nos sentimens par ce que nous Sçaurons , 5
Et fuivant les conseils que la raison
inspire,
Koir,écouterbeaucoup , agir&nevien dire
L
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Résumé : ELEGIE.
Le poème 'ELEGI Ε.' explore les réflexions d'un individu sur la vie à la cour et le désir de retraite. L'auteur aspire à un repos loin de la ville et de ses maux, mais reconnaît que même les lieux déserts ne conviennent pas toujours à son maître. Il critique l'ambition trompeuse et la grandeur imaginaire, soulignant que le bien est rare et le mal ordinaire dans ce contexte. L'auteur déplore la rareté des amis sincères et la fréquente présence de projets éphémères. Il admire celui qui sait allier la science et la défiance, et qui ne cherche pas à plaire à tout le monde. Le poème condamne les vices et les artifices, préférant l'honneur, la générosité et la sincérité. Il décrit également les intrigues et les manipulations à la cour, où les intérêts personnels dominent souvent. L'auteur exprime son regret de devoir abandonner une retraite paisible pour obéir aux ordres du roi, malgré son désir de rester dans un lieu tranquille. Il conclut en exprimant son intention de suivre les conseils de la raison et de rester prudent dans ses actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 243-249
« Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Début :
Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...]
Mots clefs :
Roi, Ennemis, Place, Europe, Saint Omer, Valenciennes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Le commence par celle de Mon- fieur le Prefident Nicolaï ; & ce
que je prétens vous en dire,
n'eſt ny ſa Harangue , ny un Extrait, ny meſmeun fragment,
c'eſt moins que tour cela , & il ne doit ſervir qu'à vous faire concevoir une legere idée de quelques-unes de ſes penſées..Il a dit au Roy , en parlant de Valenciennes, qu'on ne pouvoit affez admirer qu'il euſt pris en fi peu de jours une des plus grandesVilles, qui pût marquer La puiſſance deſesEnnemis:une Villevaſte parſon étenduë , fie- redeſes Privileges, orgueilleuſe par ſes Boulevarts , forte par la
valeur & le nombre de ſes Ci
160 LE MERCVRE
toyens , fameuſe par fon Com- merce , & redoutable par nos pertes. Il a adjoûté à tout cela qu'on ſçavoit affez de quelle forte le Roy s'eſtoit rendu maî- tre de cette puiſſante Place , &
que de la maniere que les cho- fes s'eſtoient paffées,on ne pour- voittrop loüer lagrande bonté,
&la prudence de Sa Majesté,
qui par un ſeulmot de ſabouche avoit defendu cette Ville
du plus grand malheur qu'elle puſt craindre, &dont elle n'a- voit pû eſtre garantie par un million de bras , & par tant de Princes intereſſez à ſa défenſe.
Il a fait voir encor qu'on avoit adimiré fur tout , que dans un temps où l'on ne pouvoit faire 'un pas dans l'Europe ſans trou- verquelque Ennemyde la Fra- ce,leRoyavoireõquis trois Pla-
GALANT. гыг
cesdontlaforcen'étoitque trop connuë , &que s'il avoit trouvé des Ennemis, il ſembloirque ce n'euſt eſté que pour ſervir de matiere àfon triomphe ; Qu'on lui avoit veu fecourir parſa pru- dence & par une prevoyance merveilleufe, les lieux, où if ne
pouvoitſetrouver enPerſonne,
eny envoyant le puiſſant Se- cours qu'il leur fit recevoir,
quand il ſçeut que les Ennemis amaffez en fi grand nombre,ve- noientpour jetter de nouvelles forces dans S. Omer ; Que fes Armes avoient eſté victoricufes, fous la conduite d'un Prince
qui ne voit riendans le monde au deffus de luy, foit par fa naif- fance, foitpar fon merite & fes grandes vertus , que ſon ſeul Souverain. Il a dit encor d'une
manierequiacharmé tous ceux
162 LE MERCVRE
qui l'ont entendu , quependant que toute l'Europe eſtoit enfe- veliedans unprofond fommeil,
Sa Majesté ſeule veilloit, lagloi- re & le bien de ſon Royaume luytenant les yeux ouverts , &
que les Ennemis n'eſtoient re- venus de ceprofond affoupiffe- ment , que pour voir enmeſme temps leurs pertes , & fervir à
fontriomphe
que je prétens vous en dire,
n'eſt ny ſa Harangue , ny un Extrait, ny meſmeun fragment,
c'eſt moins que tour cela , & il ne doit ſervir qu'à vous faire concevoir une legere idée de quelques-unes de ſes penſées..Il a dit au Roy , en parlant de Valenciennes, qu'on ne pouvoit affez admirer qu'il euſt pris en fi peu de jours une des plus grandesVilles, qui pût marquer La puiſſance deſesEnnemis:une Villevaſte parſon étenduë , fie- redeſes Privileges, orgueilleuſe par ſes Boulevarts , forte par la
valeur & le nombre de ſes Ci
160 LE MERCVRE
toyens , fameuſe par fon Com- merce , & redoutable par nos pertes. Il a adjoûté à tout cela qu'on ſçavoit affez de quelle forte le Roy s'eſtoit rendu maî- tre de cette puiſſante Place , &
que de la maniere que les cho- fes s'eſtoient paffées,on ne pour- voittrop loüer lagrande bonté,
&la prudence de Sa Majesté,
qui par un ſeulmot de ſabouche avoit defendu cette Ville
du plus grand malheur qu'elle puſt craindre, &dont elle n'a- voit pû eſtre garantie par un million de bras , & par tant de Princes intereſſez à ſa défenſe.
Il a fait voir encor qu'on avoit adimiré fur tout , que dans un temps où l'on ne pouvoit faire 'un pas dans l'Europe ſans trou- verquelque Ennemyde la Fra- ce,leRoyavoireõquis trois Pla-
GALANT. гыг
cesdontlaforcen'étoitque trop connuë , &que s'il avoit trouvé des Ennemis, il ſembloirque ce n'euſt eſté que pour ſervir de matiere àfon triomphe ; Qu'on lui avoit veu fecourir parſa pru- dence & par une prevoyance merveilleufe, les lieux, où if ne
pouvoitſetrouver enPerſonne,
eny envoyant le puiſſant Se- cours qu'il leur fit recevoir,
quand il ſçeut que les Ennemis amaffez en fi grand nombre,ve- noientpour jetter de nouvelles forces dans S. Omer ; Que fes Armes avoient eſté victoricufes, fous la conduite d'un Prince
qui ne voit riendans le monde au deffus de luy, foit par fa naif- fance, foitpar fon merite & fes grandes vertus , que ſon ſeul Souverain. Il a dit encor d'une
manierequiacharmé tous ceux
162 LE MERCVRE
qui l'ont entendu , quependant que toute l'Europe eſtoit enfe- veliedans unprofond fommeil,
Sa Majesté ſeule veilloit, lagloi- re & le bien de ſon Royaume luytenant les yeux ouverts , &
que les Ennemis n'eſtoient re- venus de ceprofond affoupiffe- ment , que pour voir enmeſme temps leurs pertes , & fervir à
fontriomphe
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Résumé : « Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Le Président Nicolaï a prononcé un discours sur la prise de Valenciennes par le roi. Valenciennes est décrite comme une grande ville, fière de ses privilèges et de ses boulevards, forte par ses citoyens et célèbre pour son commerce. Le roi a rapidement conquis cette place puissante et a évité à la ville un grand malheur par un simple ordre. Nicolaï mentionne également que le roi a conquis trois places fortes en Europe malgré la présence d'ennemis, utilisant sa prudence et sa prévoyance pour secourir des lieux où il ne pouvait être présent. Les armes du roi ont été victorieuses sous la conduite d'un prince qui ne reconnaît que le roi au-dessus de lui, que ce soit par naissance, mérite ou grandes vertus. Enfin, Nicolaï souligne que tandis que toute l'Europe était endormie, le roi veillait sur la gloire et le bien de son royaume, permettant aux ennemis de se réveiller pour constater leurs pertes et contribuer à son triomphe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 86-93
VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Début :
Je ne vous envoye point ce qui a esté imprimé, / Quel desir pressant m'inquiete, [...]
Mots clefs :
Nouveau, M. de Mimur, Roi, Louis, Gloire, Conquêtes
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texteReconnaissance textuelle : VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Je ne vous envoye point ce qui a eſté imprimé,&qui pour- roitn'eſtrepointnouveau pour vous. Jem'arreſte ſeulement à
ce qui ne peut avoir eſte veu quede fort peu de Perſonnes,
&c'eſt par là queje vous fais partde cesVers,où vous trouverez plus de naturel , que de cette élevationpompeuſe qui a quelquefois plus de grands mots quede bons fens. Ils font
deM.deMimur, dont le Pere
eft Confeiller au Parlementde
Dijon. Ce jeune Gentilhom- me fut donné pourPage de la Chambre à Monſeigneur le Dauphin , dans le temps que Monfieur de Montaufier fut
GALANT. 65 fait Gouverneurde ce Prince.
Quoy que M.de Mimurn'eust pas encor dix ans, il paſſoitde- ja pour un prodige. Il ſçavoit parfaitement l'Hiſtoire & la
Chronologie; les Sciences les plus relevées luy estoient fa- milieres,&il en donnadeflors
d'aſſez glorieuſes marques , en confondant plufieurs Perſon- nesqui enprefenced'ungrand Prince,s'attacherentà luy faire des Queſtions. Son merite augmete tous les jours,auſſi-bien que ſa modestie , qui l'auroit -toûjours empeſche de laiſſer courir ces Vers , ſi ſes Amis
n'avoient eu aſſez de memoire
pour en tirer une Copie malgré luy
F3
66 LE MERCVRE
VERS IRREGULIERS
POUR LE ROY.
Vel defir preſſant minquiete ,
Et quel jeune transportd'une ardeur indiscrete ,
Eleve mon esprit jusqu'au plus
grand des Rois ?
Quoy!temeraire avec ce peu de
voix,
Quiferviroit àpeineàparlerde
nosBois .
८
Or du travailque fait l'Abeille
auMontHimette D
Oferois-je chanter commeenmoins -dedeux mois
Loüis afçew rangertrois Villes.
fousfesLois?
Oferois - je conter la sanglante
Défaite
GALANT. 67 Quimet le Flamand aux abois ,
Ettant deſurprenans Exploits ,
Où n'auroit pas suffy le plus fameux Poëte ,
Quedansfon heureux SiecleAu- gusteeut autrefois ?
Non , à quelque deſſein que mon
zelem'engage ,
Je connois mon génie , & ne me
flate pas.
Ien'entreprendraypointde tracer
une image
Qui le peigne außi fier qu'on le
voit aux Combats
Attacher la Victoire incertaine
&volage,
Et larendre conftante àmarcher furfespas.
C'estcependantparses derniers
progrés,
Que la Frontieredeformais
68 LE MERCVRE Verra le Laboureurdansſafertile
terre
Senrichir tous les ans des trefors
de Cerés ,
Et fans estre allarmé des malheurs de la Guerre ,
Foüir enſeuretédes douceurs de la
Paix
Venez montrer ce front où brille
La Victoire
Rameneznos beaux jours , rame- neznosplaisirs ,
Revenez, &faites-nous croire Quevous preferez nos defirs
Aux interests devostregloire.
Hé! quoy tant de travaux avant
5
qu'à nos Vergers whoar LePrintemps ait rendu leurverdure ordinaire ,
Nepeuvět donc vous fatisfaire?
Toûjours nouveaux deſſeins, toû- jours nouveaux dangers.
GALANT. 69 GRAND ROY , ménagez mieux
une teſteſi chere ,
LeBelgen'a que tropſentyvoſtre colere:
Prenezà l'avenirunpeuplus de
repos,
Et laiffez deformais les Conquêtes àfaire,
A l'ardeur que je vois dans un
jeune Héros Qui cherche àse montrerdigne
Fils d'un tel Pere
ce qui ne peut avoir eſte veu quede fort peu de Perſonnes,
&c'eſt par là queje vous fais partde cesVers,où vous trouverez plus de naturel , que de cette élevationpompeuſe qui a quelquefois plus de grands mots quede bons fens. Ils font
deM.deMimur, dont le Pere
eft Confeiller au Parlementde
Dijon. Ce jeune Gentilhom- me fut donné pourPage de la Chambre à Monſeigneur le Dauphin , dans le temps que Monfieur de Montaufier fut
GALANT. 65 fait Gouverneurde ce Prince.
Quoy que M.de Mimurn'eust pas encor dix ans, il paſſoitde- ja pour un prodige. Il ſçavoit parfaitement l'Hiſtoire & la
Chronologie; les Sciences les plus relevées luy estoient fa- milieres,&il en donnadeflors
d'aſſez glorieuſes marques , en confondant plufieurs Perſon- nesqui enprefenced'ungrand Prince,s'attacherentà luy faire des Queſtions. Son merite augmete tous les jours,auſſi-bien que ſa modestie , qui l'auroit -toûjours empeſche de laiſſer courir ces Vers , ſi ſes Amis
n'avoient eu aſſez de memoire
pour en tirer une Copie malgré luy
F3
66 LE MERCVRE
VERS IRREGULIERS
POUR LE ROY.
Vel defir preſſant minquiete ,
Et quel jeune transportd'une ardeur indiscrete ,
Eleve mon esprit jusqu'au plus
grand des Rois ?
Quoy!temeraire avec ce peu de
voix,
Quiferviroit àpeineàparlerde
nosBois .
८
Or du travailque fait l'Abeille
auMontHimette D
Oferois-je chanter commeenmoins -dedeux mois
Loüis afçew rangertrois Villes.
fousfesLois?
Oferois - je conter la sanglante
Défaite
GALANT. 67 Quimet le Flamand aux abois ,
Ettant deſurprenans Exploits ,
Où n'auroit pas suffy le plus fameux Poëte ,
Quedansfon heureux SiecleAu- gusteeut autrefois ?
Non , à quelque deſſein que mon
zelem'engage ,
Je connois mon génie , & ne me
flate pas.
Ien'entreprendraypointde tracer
une image
Qui le peigne außi fier qu'on le
voit aux Combats
Attacher la Victoire incertaine
&volage,
Et larendre conftante àmarcher furfespas.
C'estcependantparses derniers
progrés,
Que la Frontieredeformais
68 LE MERCVRE Verra le Laboureurdansſafertile
terre
Senrichir tous les ans des trefors
de Cerés ,
Et fans estre allarmé des malheurs de la Guerre ,
Foüir enſeuretédes douceurs de la
Paix
Venez montrer ce front où brille
La Victoire
Rameneznos beaux jours , rame- neznosplaisirs ,
Revenez, &faites-nous croire Quevous preferez nos defirs
Aux interests devostregloire.
Hé! quoy tant de travaux avant
5
qu'à nos Vergers whoar LePrintemps ait rendu leurverdure ordinaire ,
Nepeuvět donc vous fatisfaire?
Toûjours nouveaux deſſeins, toû- jours nouveaux dangers.
GALANT. 69 GRAND ROY , ménagez mieux
une teſteſi chere ,
LeBelgen'a que tropſentyvoſtre colere:
Prenezà l'avenirunpeuplus de
repos,
Et laiffez deformais les Conquêtes àfaire,
A l'ardeur que je vois dans un
jeune Héros Qui cherche àse montrerdigne
Fils d'un tel Pere
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Résumé : VERS IRREGULIERS POUR LE ROY.
Le texte relate une correspondance où l'auteur partage des vers inédits de M. de Mimur, un jeune gentilhomme de Dijon. Mimur, fils d'un conseiller au Parlement de Dijon, a servi comme page de la Chambre du Dauphin sous Monsieur de Montaufier. À dix ans, il était déjà connu pour ses connaissances en histoire et chronologie, impressionnant des proches d'un grand prince. Les vers, intitulés 'Vers irréguliers pour le Roy', expriment l'admiration de Mimur pour le roi Louis XIV. Il y célèbre les exploits militaires du roi, tels que la prise de villes et la défaite des Flamands. Mimur reconnaît ses propres limites et espère que les frontières seront sécurisées, permettant aux laboureurs de travailler en paix. Le poème se conclut par une supplique au roi pour qu'il ménage ses forces et laisse les conquêtes à un jeune héros, le Dauphin. Malgré sa modestie, les amis de Mimur ont copié et diffusé ces vers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 100-103
Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Début :
Cet Article seroit mal finy, si je n'y joignois ces / Grand Roy. fameux Héros à qui tout est soûmis, [...]
Mots clefs :
Paroles, Roi, Héros, Opéra, Lully, Molière
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texteReconnaissance textuelle : Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Cet Article ſeroit mal finy,
fi jen'y joignois ces Vers qui ont eſté chantez devant le
Roy avec une entiere fatisfa- ction de tous ceux qui ont eu le plaisir de les entendre.
Grand Roy , fameuxHéros à qui
tout estsoumis ,
G 2
76 LE MERCVRE
Tremblerons-nous toûjours comme
vos Ennemis ?
Nepourrons-nous jamais appren- drefans allarmes,
L'étonnantfuccésdevos armes?
Laiſſez porter la guerre en cent
Climats divers ,
Sansvous expoſerdavantage;
Mais vous ferez plûtoft Maistre
de l'Univers ,
Que de vostre Courage.
Ces Paroles ſont de Monfieur de Frontiniere. Il est fi
connude toutes les Perſonnes
de qualité qui ont le goût des bonnes chofes , qu'on ne ſcau- roit mieux loüer ce qu'il fait,
qu'en diſant qu'il en eſt l'Au- theur. C'eſt luy qui a fait l'O- péra de Narciffe , dont vous avez oüy dire tant de bien.
Monfieur de Lully y travaille
GALANT.. 77 avec beaucoup d'application;
& comme on ne peut douter que ſa Muſique ne réponde a
la douceur &à la beauté des
Vers , on a ſujet d'en attendre quelque choſe de merveil- leux. La plus grande partie des belles Paroles qui ont eſté miſes en Chant par Monfieur Lambertdepuis plufieurs an- nées , fontde ce meſmeMon--
fieur de Frontiniere. L'Air de
celles que je vous envoye , a
efté fait par M' Moliere. C'eſt un admirable Génie. Vous
voyez bien que je vous parle de celuy qu'on appelle icy communément lepetitMolie- re
fi jen'y joignois ces Vers qui ont eſté chantez devant le
Roy avec une entiere fatisfa- ction de tous ceux qui ont eu le plaisir de les entendre.
Grand Roy , fameuxHéros à qui
tout estsoumis ,
G 2
76 LE MERCVRE
Tremblerons-nous toûjours comme
vos Ennemis ?
Nepourrons-nous jamais appren- drefans allarmes,
L'étonnantfuccésdevos armes?
Laiſſez porter la guerre en cent
Climats divers ,
Sansvous expoſerdavantage;
Mais vous ferez plûtoft Maistre
de l'Univers ,
Que de vostre Courage.
Ces Paroles ſont de Monfieur de Frontiniere. Il est fi
connude toutes les Perſonnes
de qualité qui ont le goût des bonnes chofes , qu'on ne ſcau- roit mieux loüer ce qu'il fait,
qu'en diſant qu'il en eſt l'Au- theur. C'eſt luy qui a fait l'O- péra de Narciffe , dont vous avez oüy dire tant de bien.
Monfieur de Lully y travaille
GALANT.. 77 avec beaucoup d'application;
& comme on ne peut douter que ſa Muſique ne réponde a
la douceur &à la beauté des
Vers , on a ſujet d'en attendre quelque choſe de merveil- leux. La plus grande partie des belles Paroles qui ont eſté miſes en Chant par Monfieur Lambertdepuis plufieurs an- nées , fontde ce meſmeMon--
fieur de Frontiniere. L'Air de
celles que je vous envoye , a
efté fait par M' Moliere. C'eſt un admirable Génie. Vous
voyez bien que je vous parle de celuy qu'on appelle icy communément lepetitMolie- re
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Résumé : Air de M. de Moliere sur des Paroles de M. de Frontiniere, chantées devant le Roy par Madem. Jacquier. [titre d'après la table]
Le texte présente un article inachevé complété par des vers chantés devant le roi, qui ont été bien reçus. Ces vers, adressés à un 'Grand Roy, fameux Héros', expriment l'admiration pour ses exploits militaires et suggèrent qu'il pourrait dominer l'univers grâce à son courage plutôt que de se mettre en danger. Les paroles sont attribuées à Monsieur de Frontinière, connu pour son œuvre, notamment l'opéra 'Narcisse'. Monsieur de Lully travaille également sur cet opéra avec beaucoup d'application, et sa musique est attendue pour correspondre à la qualité des vers. La plupart des beaux textes mis en chant par Monsieur Lambert ces dernières années sont également de Monsieur de Frontinière. L'air des vers envoyés a été composé par Molière, décrit comme un 'admirable Génie'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 150-153
Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
Début :
Cependant, Madame, vous croirez que la Tragédie dont je vous [...]
Mots clefs :
Muses Gasconnes, Roi, Spectacle, Gloire, Duc du Maine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
Cepen- dant, Madame , vous croirez que la Tragédie dont je vous parle a eftequelque quel choſe de
fort provincial, & vous aurez de la peine à eſtre perfuadée que les Muſes Gafconnes ap- prochentde la politeffe de cel- les que le Roy a bien voulu loger dans le Louvre. Perdez cette penfée , & jugez de ce qu'a pû eſtre la Piece par ces Vers qui devoient ſervir de
Tome V. K
110 LE MERCVRE
complimentàMonfieur leDuc duMaine , s'il euſt eu le temps d'en voir une Repréſentation.
Q
Voyqu'ilnous
rieux ,
Soit fort gloPrince,de vous voir en ces lieux,
Nous avions intereſt à trouverdes
obstacles
Pour retenir le defir curieux
Quivousattireànos Spéttacles.
Nous connoiſſons lefangdes Demy
Dieux ,
Ilest accoûtumédetout temps aux
Miracles,
Etnousn'envenons pointétalerà
vosyeux.
C'estd'une tragiqueAvanture
Latriste &fidelle peinture Quenousavons àvous ofrir.
Les rares qualitez qu'en vous chacun admire ,
1
GALANT. I
D. Nous donneroientfans- doute affez àdiſcourir;
Mais nous n'en diſons rien , pour
avoirtrop à dire.
Pourparlerdignement de vous,
Nous voulions en ces lieux faire
venir la Gloire ,
Mais(&vous n'aurezpas depeine ànous en croire)
Elle n'a point de temps àperdre
avecquenous.
Pourl'Auguste Loüis elle est toute
occupée ,
Ellenepeut lequiter un moment,
EtpouraucunHéros jamais atta- chement
Ne rendit moins fon attente
trompée.
Si ce grand Conquerant l'eust laiſſée enpouvoir Deſe donner quelques joursderelâche,
Kij
112 LE MERCVRE
Prince,vous l'auriezvenë icy vous
recevoir ,
Mais on peut à ceprixsepaffer de lavoir ,
Etcelan'a rien qui vous fâche.
fort provincial, & vous aurez de la peine à eſtre perfuadée que les Muſes Gafconnes ap- prochentde la politeffe de cel- les que le Roy a bien voulu loger dans le Louvre. Perdez cette penfée , & jugez de ce qu'a pû eſtre la Piece par ces Vers qui devoient ſervir de
Tome V. K
110 LE MERCVRE
complimentàMonfieur leDuc duMaine , s'il euſt eu le temps d'en voir une Repréſentation.
Q
Voyqu'ilnous
rieux ,
Soit fort gloPrince,de vous voir en ces lieux,
Nous avions intereſt à trouverdes
obstacles
Pour retenir le defir curieux
Quivousattireànos Spéttacles.
Nous connoiſſons lefangdes Demy
Dieux ,
Ilest accoûtumédetout temps aux
Miracles,
Etnousn'envenons pointétalerà
vosyeux.
C'estd'une tragiqueAvanture
Latriste &fidelle peinture Quenousavons àvous ofrir.
Les rares qualitez qu'en vous chacun admire ,
1
GALANT. I
D. Nous donneroientfans- doute affez àdiſcourir;
Mais nous n'en diſons rien , pour
avoirtrop à dire.
Pourparlerdignement de vous,
Nous voulions en ces lieux faire
venir la Gloire ,
Mais(&vous n'aurezpas depeine ànous en croire)
Elle n'a point de temps àperdre
avecquenous.
Pourl'Auguste Loüis elle est toute
occupée ,
Ellenepeut lequiter un moment,
EtpouraucunHéros jamais atta- chement
Ne rendit moins fon attente
trompée.
Si ce grand Conquerant l'eust laiſſée enpouvoir Deſe donner quelques joursderelâche,
Kij
112 LE MERCVRE
Prince,vous l'auriezvenë icy vous
recevoir ,
Mais on peut à ceprixsepaffer de lavoir ,
Etcelan'a rien qui vous fâche.
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Résumé : Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
La lettre traite d'une tragédie provinciale, que l'auteur reconnaît comme moins raffinée que celles du Louvre. Elle est adressée à une personne de haut rang, probablement une femme de la noblesse. L'auteur inclut des vers destinés à complimenter Monsieur le Duc du Maine, qui n'a pas pu assister à la représentation. Ces vers expriment l'intérêt et l'admiration pour le prince, tout en soulignant la modestie de la pièce. Ils mentionnent également la gloire, entièrement occupée par le roi Louis, et incapable de se détacher de lui, même pour un instant. L'auteur conclut en affirmant que, bien que la gloire ne puisse être présente, cela ne devrait pas fâcher le prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 164-172
SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Début :
Venons aux Vers que Mr de Corneille l'aisné a presentez [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Roi, Feuille volante, Victoires, Parélie, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Ve- nons aux Vers que Mr deCor- neille l'aiſné a preſentez au Roy fur ces Conqueſtes. Je - pourrois me diſpenſerde vous les envoyer , parce qu'ils font imprimez ; mais comme ils ne le font qu'en feüille volante, il eſt bon devousdonner lieu de
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
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Résumé : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
La lettre accompagne des vers dédiés aux victoires du roi, présentés par Monsieur de Corneille l'aîné. L'auteur souligne que ces vers, bien que déjà imprimés en feuilles volantes, méritent d'être conservés. Il explique le mot 'Parélie', qui pourrait avoir embarrassé certaines dames de province. Les vers célèbrent les conquêtes récentes du roi, notamment la prise de trois villes importantes, et mettent en avant la rapidité et l'efficacité des victoires royales. Le texte compare le roi à un soleil dont l'éclat est unique et incomparable. Il exprime également le désir de voir le roi revenir et de profiter de ses victoires. Enfin, il loue les soldats français, formés par le roi, qui sont courageux et dévoués, et exprime l'espoir que leurs victoires continueront de protéger les frontières du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 213-218
ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Début :
Vous voulez bien, Madame, que je mesle à ces / Je sçavois bien, Tirsis, par cent illustres marques, [...]
Mots clefs :
Trianon, Versailles, Roi, Trésors, Batailles, Vainqueur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Vous voulez bien, Madame,
que je mefle à ces Nouvelles les derniers Vers qu'on m'a
154 LE MERCVRE donnez de M² le Duc de S. Aignan; ils vous feront connoî- tre avec quelle promptitude il vient à boutde tout ce qu il entreprend. Le Roy luy avoit faitl'honneur à ſon retour du
Havre,de luy faire voir les Au- gmentations qui s'eſtoient fai- tes à Verſailles & à Trianon
depuis fon départ ; & dés le foir meſme il prit la liberré de donner à Sa Majefté ces Vers qu'il fit ſur les beautez de ces deuxMaiſons.
ELOGE
DE
VERSAILLES
ET DE TRIANON.
Efçavois bien , Tirfis , parcent
2
GALANT. 155 I
4-
th
Quenous avions pour Roy leplus grand des Monarques;
Qu'en guerre comme en paix il
estoit fans pareil ,
Qu'on le voyoit briller comme un
autre Soleil ,
Et qu'eſtant des Guerriers le plus parfait modele ,
Il fe couvroitpar tout d'une gloire immortelle ;
Mais je ne penſois pas qu'il fust en ſonpouvoir D'aſſembler les Trefors que nous
venons de voir ,
Que retournant vainqueur du
plus fortdes Batailles ,
Il fift de Trianon ce qu'il fait de Versailles ,
Que le plus délicat nepust rien
defirer
Aux rares ornemens qui s'y font admirer ,
156 LE MERCVRE Qu'on ypaſſaſt des Mers , qu'ony viſt ſur les ondes Desfuperbes Vaiſſeauxles courſes
vagabondes ,
Quele Iafpe,leMarbre & cent
autres Beautez Ytinſſent à l'envy tous lesſens enchantez,
Qu'onpust enun moment desplus baffes Campagnes Eleverdes Torrens &percer des
Montagnes ,
Et qu'enfin de ces lieux le pompeuxornement ,
Detous les Curieux devinſt l'étonnement.
Mais , Tirſis, euft-on crû qu'une
humaine puiſſance Eust rangé tes Saiſons ſous fon obeissance ,
Pour le plaisir des yeux change l'ordre du temps ,
Fait
GALANT. 157
Fait des plus grands Hyvers un
eternel Printemps ,
Et joint plus d'une fois dans une mefme Place ,
Audoux émaildes Fleurs la froi- deur de la glace. Tous les Siecles pallez n ayantTREQUE
rien veu de tel ,
Admirons ce Grand Roy qui rien de mortel ,
LYON
N1893*77
Mais adjoûtons , Tirfis , que ce MonarqueAuguſte ,
Pouvant tout ce qu'ilveut neveut
rien que de juste.
que je mefle à ces Nouvelles les derniers Vers qu'on m'a
154 LE MERCVRE donnez de M² le Duc de S. Aignan; ils vous feront connoî- tre avec quelle promptitude il vient à boutde tout ce qu il entreprend. Le Roy luy avoit faitl'honneur à ſon retour du
Havre,de luy faire voir les Au- gmentations qui s'eſtoient fai- tes à Verſailles & à Trianon
depuis fon départ ; & dés le foir meſme il prit la liberré de donner à Sa Majefté ces Vers qu'il fit ſur les beautez de ces deuxMaiſons.
ELOGE
DE
VERSAILLES
ET DE TRIANON.
Efçavois bien , Tirfis , parcent
2
GALANT. 155 I
4-
th
Quenous avions pour Roy leplus grand des Monarques;
Qu'en guerre comme en paix il
estoit fans pareil ,
Qu'on le voyoit briller comme un
autre Soleil ,
Et qu'eſtant des Guerriers le plus parfait modele ,
Il fe couvroitpar tout d'une gloire immortelle ;
Mais je ne penſois pas qu'il fust en ſonpouvoir D'aſſembler les Trefors que nous
venons de voir ,
Que retournant vainqueur du
plus fortdes Batailles ,
Il fift de Trianon ce qu'il fait de Versailles ,
Que le plus délicat nepust rien
defirer
Aux rares ornemens qui s'y font admirer ,
156 LE MERCVRE Qu'on ypaſſaſt des Mers , qu'ony viſt ſur les ondes Desfuperbes Vaiſſeauxles courſes
vagabondes ,
Quele Iafpe,leMarbre & cent
autres Beautez Ytinſſent à l'envy tous lesſens enchantez,
Qu'onpust enun moment desplus baffes Campagnes Eleverdes Torrens &percer des
Montagnes ,
Et qu'enfin de ces lieux le pompeuxornement ,
Detous les Curieux devinſt l'étonnement.
Mais , Tirſis, euft-on crû qu'une
humaine puiſſance Eust rangé tes Saiſons ſous fon obeissance ,
Pour le plaisir des yeux change l'ordre du temps ,
Fait
GALANT. 157
Fait des plus grands Hyvers un
eternel Printemps ,
Et joint plus d'une fois dans une mefme Place ,
Audoux émaildes Fleurs la froi- deur de la glace. Tous les Siecles pallez n ayantTREQUE
rien veu de tel ,
Admirons ce Grand Roy qui rien de mortel ,
LYON
N1893*77
Mais adjoûtons , Tirfis , que ce MonarqueAuguſte ,
Pouvant tout ce qu'ilveut neveut
rien que de juste.
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Résumé : ELOGE DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Le texte est une lettre accompagnée de vers dédiés au Duc de Saint-Aignan. Le roi a récemment montré au duc les améliorations effectuées à Versailles et à Trianon lors de son retour du Havre. En réponse, le duc a offert au roi des vers célébrant les beautés de ces deux lieux. Ces vers exaltent le roi comme le plus grand des monarques, brillant en guerre et en paix, et couvert de gloire immortelle. Ils mettent en avant sa capacité à créer des merveilles à Versailles et à Trianon, où les trésors et les ornements sont admirables. Les vers décrivent des paysages magnifiques, des vaisseaux superbes et des œuvres d'art en marbre. Ils évoquent également la capacité du roi à transformer les saisons, créant un éternel printemps et mélangeant fleurs et glace. Le texte se conclut par une admiration pour le roi, qui, malgré sa puissance, ne souhaite que ce qui est juste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 115-116
AU ROY, Sur l'Obelisque élevé à sa gloire dans la Ville d'Arles. SONNET.
Début :
Grand Roy, dont les Exploits sont fameux dans l'Histoire, [...]
Mots clefs :
Roi, Exploits, Postérité
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texteReconnaissance textuelle : AU ROY, Sur l'Obelisque élevé à sa gloire dans la Ville d'Arles. SONNET.
AU ROY.
Sur l'Obeliſque élevé à ſa gloire dans la Ville d'Arles.
G
SONNET.
RandRoy,dont les Exploitsfont fameux dans l'Histoire ,
Quijoins le nom d'Auguste , àceluy de Chrestien..
Ton Bras qui de la France est lefermeSoûtien,
Entaſſe chaque jour Victoire Sur Vi Etoire:
Ton Regne est fi chery des Filles de Memoire,
Qu'elles en fontpar toutleurplus doux entretien ;
Lamais Destin ne fut plus heureux
que letien:
Le tempsqui détruit tout aide mef- me a ta gloire.
82 LE MERCURE
Серотреих Мопument de l'Orgueil
des Romains ,
Qu'aujourd'huy la Fortune a mis entre nos mains ,
Est de ces Veritez une Preuve éclatante.:.
Puis qu'on voit que les ans ne l'ont
tant respecté ,
Qu'afin de préparer une Table d'at.
tente ,
Pourygraverton nom à la Pofterité.
Sur l'Obeliſque élevé à ſa gloire dans la Ville d'Arles.
G
SONNET.
RandRoy,dont les Exploitsfont fameux dans l'Histoire ,
Quijoins le nom d'Auguste , àceluy de Chrestien..
Ton Bras qui de la France est lefermeSoûtien,
Entaſſe chaque jour Victoire Sur Vi Etoire:
Ton Regne est fi chery des Filles de Memoire,
Qu'elles en fontpar toutleurplus doux entretien ;
Lamais Destin ne fut plus heureux
que letien:
Le tempsqui détruit tout aide mef- me a ta gloire.
82 LE MERCURE
Серотреих Мопument de l'Orgueil
des Romains ,
Qu'aujourd'huy la Fortune a mis entre nos mains ,
Est de ces Veritez une Preuve éclatante.:.
Puis qu'on voit que les ans ne l'ont
tant respecté ,
Qu'afin de préparer une Table d'at.
tente ,
Pourygraverton nom à la Pofterité.
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Résumé : AU ROY, Sur l'Obelisque élevé à sa gloire dans la Ville d'Arles. SONNET.
Le sonnet célèbre les exploits d'un roi, dont la gloire est immortalisée par l'histoire. Il est décrit comme le soutien de la France, accumulant des victoires. Son règne est chéri par les Muses. Un obélisque à Arles, comparé à un monument romain, porte son nom pour la postérité. Le temps contribue à sa gloire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 116-126
COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Début :
Vous voyez, Madame, que j'ay pas flaté Mr de Roubin / Sire, je viens offrir à Vostre Masjesté au nom de [...]
Mots clefs :
Compliment, Arles, Estampe, Obélisque, Actions héroïques, Romains, France, Victoires, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Vousvoyez , Madame , que
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
La lettre traite de Monsieur de Roubin, originaire du Pont-Saint-Esprit en Languedoc, passionné par les sciences et ancien officier apprécié par le défunt Monsieur de Guise. Monsieur de Roubin a adressé un compliment au roi lors de la réception d'une commission, ce qui a été bien accueilli par le roi qui a parlé de lui de manière glorieuse. Ce compliment concernait la présentation d'une estampe de l'obélisque érigé à Arles en l'honneur du roi. Arles, ancienne ville romaine, a voulu honorer les actions héroïques du roi lors des dernières campagnes, exprimant ainsi sa vénération et sa reconnaissance pour la défense des frontières, les conquêtes et la paix assurée par le roi. Pour témoigner de cette reconnaissance, Arles a décidé d'ériger l'obélisque, un monument ancien caché durant des siècles, afin de servir la gloire du roi. L'Académie Royale d'Arles a soutenu ce projet pour immortaliser la gloire du roi, voyant l'obélisque comme un livre ouvert à la postérité où les actions immortelles du roi sont écrites en caractères indélébiles. La ville espère que le roi recevra ce témoignage de zèle avec complaisance et accordera sa protection. La lettre se termine par des vœux pour la conservation de la personne du roi et la continuation de ses prospérités et victoires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 43-54
Le Roy donne à Monsieur le Marquis de Montanegre l'agréement de la Lieutenance de Roy de Languedoc. [titre d'après la table]
Début :
A propos de Languedoc, on vous a dit vray, Madame, [...]
Mots clefs :
Languedoc, Marquis de Montanègre, Lieutenance générale, Roi, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne à Monsieur le Marquis de Montanegre l'agréement de la Lieutenance de Roy de Languedoc. [titre d'après la table]
A propos de Languedoc , on vous a dit vray , Madame , en
vous apprenant que Monfieur le Marquis deMontanegre avoit eu l'agrément du Roy pour ſa Lieu- tenance Generale du Bas Lan- guedoc , & je ne ſçay comment j'oubliay la derniere fois que je vous écrivis , àvous faire part de cette nouvelle. Toute la Province en a témoigné de la joye , &
commeelleconnoîtfon zele pour la Religion , fa fidelité pourle fer- vicede fon Maiſtre , & fon defintéreſſement pour le bien pu- blic , elle ne doute point que fon Gouvernement ne luy procure toute forte d'avantages. Il n'y a
GALANT. 29
- rien de plus glorieux pour luy ,
que la maniere dont il a plû au Roy de le diftinguer entre un -grand nombre de Prétendans,
pour luy confier un Pofte auffi importantque celuy dont je vous parle. Aufſi faut- ildemeurerd'ac- cordqueMr le Marquis de Mon- tanegre s'eſtoit rendu digne de cette préferéce, par l'attachemet qu'il a toûjours eu pour le Sery ce. Apres ſes premieres Cam gnes , il fut Capitaine de Cava- lerie au Regiment de Monfieur dontil eut en ſuite l'honneur d'eſtre Meſtre de Camp pendant pluſieurs années , & meſme de
commander la Cavalerie en Ca.-
talogne. Il donna de tres- grandes marques de valeur &de coura- ge en foûtenant l'effort de celle des Ennemis , lors qu'ils entre- prirent de ſecourir Campedon
Biij
30 LE MERCVRE
que l'Armée du Royafſiegoit. Ils eftoient des deuxtiers plus forts que nous , & M² de Montanegre tout bleffé qu'il fut d'abord,
ne laiſſa pas de ſe jetter luy ſeul dans unde leurs Eſcadrons , pour tâcher par ſon exemple de rani- mer les Siens , que l'inégalité dur nombre avoit effrayez. Il mit cet Eſcadronendefordre , &s'eftant
relevé de deſſous ſon Cheval
qui fut tué , il ſe défendit long- temps l'Epée à la main, mais en- fin une nouvelle bleſſure qu'il reçeut dans le corps , le fit tom- ber par terre , &entre les mains de ceux qui n'en ſeroient pas ai- ſement venus à bout , s'il n'eut
eſté mis par là hors de combat.
Cette Action , &beaucoup d'au- tres, ayant fait bruit à la Cour,
il ſeroit parvenu fans-doute aux Commandemens dont le merite
GALANT. 31
S
-
et
t
1
S
t
de ceux qui luy reſſemblent eſt toûjours récompensé , fi la Paix des Pyrenées qui ſe fit peu de temps apres ne l'euſt forcé àſe retirer chez luy. Le Roy ne l'y voulut pas laiſſer inutile , & on connuſtl'eſtimeparticuliere dont Sa Majefté l'honoroit , par l'en- trée qu'Elle luy donna aux Etats GenerauxdeLanguedoc en qua- litédeBaron. Cethonneur eſtoit
grand , mais non pas au deſſus d'une Perſonne de ſa naiſſance.
Iln'y en aguére de plus illuſtre,
&je vay ſatiſfaire avec joye à
l'ordre que vous me donnez de vous apprendrece que j'en ſçay.
M' le Marquis de Montanegre prend ſon origine de la Maiſon d'Urre en Dauphinê , qui parta- gée en douzebranches il y a plus de deux cens ans , compte dans ſes Alliances les Maiſonsde Veſq,
Büj
32 LE MERCVRE
d'Ademar , de Berenger , de Cor-- nillon , & preſque tout ce qu'il yade grandes & anciennes Familles dans cette Province , où
Pon ſçait que la Nobleſſe eſt en poffeffion de ſe conſerver depuis long-temps dans toute ſa pureté.. On trouve parmy les Titres de cette Maiſon des Vaſſaux de la
Terre d'Urre annoblis il y a cinq cens ans , par unPrivilege parti- culier dont certaines Familles
confiderables du Dauphinéjoüif- foient en ce temps-là ; & ces meſmes Titres font connoiftre
que dés l'an 1266. il y avoit des Chevaliers de l'Ordre de S. Jean
de Jerufalem dans la Maiſon
d'Urre , &qu'un François d'Urre en prenoit la qualité. Je ne vous parle point d'un Aimé d'Urre ,
Seigneur des Teſſieres , Grand Maiſtre de la Maiſon duDucde
GALANT. 33 - Lorraine , &dans le rang & l'al- liance de l'ancienne Chevalerie
164
- de Lorraine ; ny d'un autre des plus proches de Mª de Montane- gre , qui fut Lieutenant de Roy en Provence , ſous le Regne de Henry II. Nous y avonsveu de nos jours commander par Com- miffion Monfieur le Marquis d'Ayguebonne de la meſme Mai- fon d'Urre , qui fut fait Cheva
her des Ordres duRoy en I
& que le Commandement des Armées du Roy en Italie , & le GouvernementdeCaſal , ont fait
aſſez connoiſtre par tout. Cen'eſt pas ſeulement de cette Illuſtre Maiſon que Mr le Marquis de Montanegretire les avantagesde ſa naiſſance ; il trouve encorde- quoy la relever par Meffire Pierre de Libertas ſon Ayeul maternel,
quiréduifit àl'obeiſſance duRoy
Y
Bv
34 LE MERCVRE
Henry IV. la Ville de Marseille,
que la perfidie de quelques Parti- culiers luy avoit attachée målgré elle, tandis que ce Grand Prince eſtoit occupé au Siege d'Amiens.
Son Action fi remarquable dans l'Hiſtoire ne s'effacera jamais de la memoire des Marſeillois , qui non contens de luy avoir érigé une Statuë , font celebrer tous les
ans un Service en Corps de Ville,
en reconnoiffance de ſa valeur &
de ſa fidelité.
vous apprenant que Monfieur le Marquis deMontanegre avoit eu l'agrément du Roy pour ſa Lieu- tenance Generale du Bas Lan- guedoc , & je ne ſçay comment j'oubliay la derniere fois que je vous écrivis , àvous faire part de cette nouvelle. Toute la Province en a témoigné de la joye , &
commeelleconnoîtfon zele pour la Religion , fa fidelité pourle fer- vicede fon Maiſtre , & fon defintéreſſement pour le bien pu- blic , elle ne doute point que fon Gouvernement ne luy procure toute forte d'avantages. Il n'y a
GALANT. 29
- rien de plus glorieux pour luy ,
que la maniere dont il a plû au Roy de le diftinguer entre un -grand nombre de Prétendans,
pour luy confier un Pofte auffi importantque celuy dont je vous parle. Aufſi faut- ildemeurerd'ac- cordqueMr le Marquis de Mon- tanegre s'eſtoit rendu digne de cette préferéce, par l'attachemet qu'il a toûjours eu pour le Sery ce. Apres ſes premieres Cam gnes , il fut Capitaine de Cava- lerie au Regiment de Monfieur dontil eut en ſuite l'honneur d'eſtre Meſtre de Camp pendant pluſieurs années , & meſme de
commander la Cavalerie en Ca.-
talogne. Il donna de tres- grandes marques de valeur &de coura- ge en foûtenant l'effort de celle des Ennemis , lors qu'ils entre- prirent de ſecourir Campedon
Biij
30 LE MERCVRE
que l'Armée du Royafſiegoit. Ils eftoient des deuxtiers plus forts que nous , & M² de Montanegre tout bleffé qu'il fut d'abord,
ne laiſſa pas de ſe jetter luy ſeul dans unde leurs Eſcadrons , pour tâcher par ſon exemple de rani- mer les Siens , que l'inégalité dur nombre avoit effrayez. Il mit cet Eſcadronendefordre , &s'eftant
relevé de deſſous ſon Cheval
qui fut tué , il ſe défendit long- temps l'Epée à la main, mais en- fin une nouvelle bleſſure qu'il reçeut dans le corps , le fit tom- ber par terre , &entre les mains de ceux qui n'en ſeroient pas ai- ſement venus à bout , s'il n'eut
eſté mis par là hors de combat.
Cette Action , &beaucoup d'au- tres, ayant fait bruit à la Cour,
il ſeroit parvenu fans-doute aux Commandemens dont le merite
GALANT. 31
S
-
et
t
1
S
t
de ceux qui luy reſſemblent eſt toûjours récompensé , fi la Paix des Pyrenées qui ſe fit peu de temps apres ne l'euſt forcé àſe retirer chez luy. Le Roy ne l'y voulut pas laiſſer inutile , & on connuſtl'eſtimeparticuliere dont Sa Majefté l'honoroit , par l'en- trée qu'Elle luy donna aux Etats GenerauxdeLanguedoc en qua- litédeBaron. Cethonneur eſtoit
grand , mais non pas au deſſus d'une Perſonne de ſa naiſſance.
Iln'y en aguére de plus illuſtre,
&je vay ſatiſfaire avec joye à
l'ordre que vous me donnez de vous apprendrece que j'en ſçay.
M' le Marquis de Montanegre prend ſon origine de la Maiſon d'Urre en Dauphinê , qui parta- gée en douzebranches il y a plus de deux cens ans , compte dans ſes Alliances les Maiſonsde Veſq,
Büj
32 LE MERCVRE
d'Ademar , de Berenger , de Cor-- nillon , & preſque tout ce qu'il yade grandes & anciennes Familles dans cette Province , où
Pon ſçait que la Nobleſſe eſt en poffeffion de ſe conſerver depuis long-temps dans toute ſa pureté.. On trouve parmy les Titres de cette Maiſon des Vaſſaux de la
Terre d'Urre annoblis il y a cinq cens ans , par unPrivilege parti- culier dont certaines Familles
confiderables du Dauphinéjoüif- foient en ce temps-là ; & ces meſmes Titres font connoiftre
que dés l'an 1266. il y avoit des Chevaliers de l'Ordre de S. Jean
de Jerufalem dans la Maiſon
d'Urre , &qu'un François d'Urre en prenoit la qualité. Je ne vous parle point d'un Aimé d'Urre ,
Seigneur des Teſſieres , Grand Maiſtre de la Maiſon duDucde
GALANT. 33 - Lorraine , &dans le rang & l'al- liance de l'ancienne Chevalerie
164
- de Lorraine ; ny d'un autre des plus proches de Mª de Montane- gre , qui fut Lieutenant de Roy en Provence , ſous le Regne de Henry II. Nous y avonsveu de nos jours commander par Com- miffion Monfieur le Marquis d'Ayguebonne de la meſme Mai- fon d'Urre , qui fut fait Cheva
her des Ordres duRoy en I
& que le Commandement des Armées du Roy en Italie , & le GouvernementdeCaſal , ont fait
aſſez connoiſtre par tout. Cen'eſt pas ſeulement de cette Illuſtre Maiſon que Mr le Marquis de Montanegretire les avantagesde ſa naiſſance ; il trouve encorde- quoy la relever par Meffire Pierre de Libertas ſon Ayeul maternel,
quiréduifit àl'obeiſſance duRoy
Y
Bv
34 LE MERCVRE
Henry IV. la Ville de Marseille,
que la perfidie de quelques Parti- culiers luy avoit attachée målgré elle, tandis que ce Grand Prince eſtoit occupé au Siege d'Amiens.
Son Action fi remarquable dans l'Hiſtoire ne s'effacera jamais de la memoire des Marſeillois , qui non contens de luy avoir érigé une Statuë , font celebrer tous les
ans un Service en Corps de Ville,
en reconnoiffance de ſa valeur &
de ſa fidelité.
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Résumé : Le Roy donne à Monsieur le Marquis de Montanegre l'agréement de la Lieutenance de Roy de Languedoc. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination du Marquis de Montanegre au poste de Lieutenant Général du Bas-Languedoc, une décision bien accueillie par la province. Le Marquis est apprécié pour son zèle religieux, sa fidélité au roi et son dévouement au bien public. Sa nomination est vue comme une reconnaissance parmi plusieurs candidats. Il a servi avec distinction, notamment en tant que capitaine de cavalerie et maître de camp. Lors de la bataille de Campedon, il a fait preuve de courage en affrontant des forces ennemies supérieures en nombre, malgré ses blessures. Sa carrière militaire a été interrompue par la Paix des Pyrénées, mais il a continué à être honoré par le roi, qui l'a admis aux États Généraux du Languedoc en qualité de baron. Le Marquis de Montanegre appartient à la Maison d'Urre en Dauphiné, une famille illustre avec des alliances prestigieuses. La Maison d'Urre possède des titres de noblesse remontant à cinq cents ans et des liens avec l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Parmi les membres notables de cette famille, on trouve Aimé d'Urre et le Marquis d'Ayguebonne. De plus, le Marquis bénéficie des avantages de sa naissance maternelle, son aïeul Pierre de Libertas ayant joué un rôle crucial en ramenant Marseille à l'obéissance du roi Henri IV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 138-148
POUR LE ROY. VERS IRREGULIERS. A L'Académie Françoise.
Début :
Quel éclat s'offre encore à mes yeux ébloüis ? [...]
Mots clefs :
Ennemis, Orgueil, Roi, Grandeur, Troupes, Armée, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. VERS IRREGULIERS. A L'Académie Françoise.
POVR LE ROY.
VERS IRREGVLIERS.
Q
A l'Académie Françoiſe.
1
Vel éclat s'offre encore à
ébloüis ?
mesyeux
Quel bruit ſe répandſur la terre ,
Et fait tant d'honneur à Loüis ?
Toujours vainqueur , toûjours plus craint que te Tonnerre ,
Ses Ennemis par tout battus ou mépriſez,
Toute la Flandre désolée ,
Toute la Sicile ébranlés fol
GALANT. 87
Ruyter mort des Vaiſſfeaux abiſmez, em brafez,
Quellerichemoiffon de gloire.
Pouren celebrer la memoire ,
Qu'onnem'imposepoint de Loix Dont la contrainte eft incomode ;
Lenepuis ajuster ma voix.
Surletonmeſuré du Sonnet &de l'Ode:
Neſuivons plusnyregle,ny methode Pour chanter defi grands Exploits.
Quen'ay-je dans l'ardeurdont j'ay l'ame enftamée Ces transports éloquens , ces fçavantes fureurs Dont les Chantres fameux enfloient la
Renommée
Etdespremiers Héros , &des premiers Vainqueurs !
Quen'ay-je tout l'encens, avectoutes les fleurs,
Dontonvitautrefais couverte &parfu
mée
LaRoutedes Triomphateurs !
Muses,je neveuxpointvosfaveurs or
dinaires,
Ou plûtost je renance àvosvaines chi
meres.. ટુ-* -*
88 LE MERCVRE
Vostre fauxApollon , fon fabuleux pou voir ,
Vosfontaines, tous vosmiſteres Abuſent trop long-temps noſtre credule espoir,
C'eſt icy quesans vous ilm'eſt permis de
voir
Lesfidelles Dépositaires * De l'Eloquence &du Sçavoir.
Vous donc,mes chers Rivaux ,dontl'éclat m'environe و
Fourniffez-moy cet amasde Lauriers Dont je veux aujourd'buy former une Couronne
Pourleplus granddes Rois &des Guer riers.
Ecoutezaujourd'huy vostre illustre Mecene ,
Obeiffez à cette voix.
Quiparmy nous doit estre fouveraine,
Etquidans les Conſeils duplus ſagedes Rois
Netrouverienque parfon poids -Elle nefurmonte n'entraine ;
Luy- meſme pourvous aniner Interrompt ſes travaux , vous exhorte,
vouspreffe
GALANT. 89 Se mefle auxbeaux Concertsque vousde- vezformer.
Ace zele infiny qui te brûlefans ceſſe,
Poëtes , Orateurs , laiſſez-vous enflamer..
Pour vous à qui Loüis a confié l'Hi- stoire
D'une vie abondante en Exploits fi gnalez.
Pourentransmettre la memoire AuxSiecles les plus reculez ,
Faites-c. in recit &fidelle &fincere.
Point de vains
emprunté...
ornemens , point d'éclat
C'est le plus grandeffort que vostre Art
puiſſefaire ,
Que d'en mettre en plein jour laſimple verité.
Laiffez aux Ennemis , quand tout lear eft contraire.
L'artifice honteux d'un Triomphe in venté ;
Laissez leur ,pour pouvoir conſoler leur mifere ,
La ridicule vanité
D'une Victoire imaginaire.
)
90 LE MERCVRE
Dans un Récit naif, montrez parquels efforts Par quels afſauts , par quelles fune- railles,
Quand l'épée àla main nousforcions des muraillestol L'Escautaven rougirfes bords:
Dequels mursfaudroyez il vitfumer fes rives;
Quel nombre il entraîna de morts &de
mourans ,
Etde quelsang qui couloit en torrens,
Il vit haſterſes ondesfugitives.
Dites-nousquel prodige ouquel enchantement ,
Rend l'Armée ennemie étonnée&confuse ,
Etquelle nouvelleMeduse Ofteàcent mille bras l'aime &le mouve
ment ?
Faites nous voir l'Ibere &le Batave
Toustremblans àl'aspect d'un Roy victo- rieux,
Comme on voit à l'aspect d'un Maistre impérieux Vnfoible &malheureuxEsclave.
GALANT. 91
は
fas
60%
10
k
Racontez- nous avec quelle chaleur Onvit fondrefurnous desTroupesafſem blées ,
Puissefauverconfuses &troublées,
Etrepaffer le Rhin avec tant de frayeur.
Ne fardezpoint pardes Contesfrivoles
DesFaitsfi beaux ,fi glorieux :
Quele Vaincumenace &triomphe enpa- roles ,
EtpardefauxExploitss'élevejusqu'ause
Cieux,
Nosfimples veritez paffent leurs hyper- boles..
Commeplangezdans un profondfom- meil ,
Les Ennemis se paiſſent de beauх Songes,
:
Maisenfinvaicy le réveil Qui vadiffiper ces mensonges.
Quen'attendoient-ilspas de cet immense
Corps Defieres Nations contre nousramassées!
Ilsseflatoient devoirpar leurs communs
efforts Toutesnosforcesrenversées.
Cependant unRoy ſeul ſans en estre al- Larmé,
91 LE MERCVRE Faitteste àl'Univers armé.
Ilfaitplus,d'une main ce Prince redou table
Combat les effortdangereux D'une Lignesiformidable ,
Etde l'autre en Roy genereux ,
Parunevaleurfecourable - Il fauve un Peuple malheureux.
Etbriſe le joug qui l'accable.
Quel espoir,quel orgueil vous eft encor permis
- Dans une Guerre fi funeste ?
Tremblezſuperbes Ennemis ,
Ruyterest tout ce qui vous reste.
Faut- il que ce Ruyter,l'ame deſes Soldats
Faut-ilque cette illustre teſte ,
Ce Secours mandié plus craint que tous
vosbras,
Plus redouté que la tempeste ,
Vous fasse pour jamais rougir de fon trépas Etqu'enfin ce grand coup nous rende une Conqueste Quenousne vousdemandions pas ?
Mais ce n'est pas aſſez , voſtre audace obſtinée ,
GALANT. 93 Parnosfréquensfuccés honteuse &con- damnée,
Démentſes propresyeuxpour tromperfa fierté :
Il faut des veritez encorplus convainquantes د
DesVictoires plus éclatantes Pourfurmonter enfin voſtre incredulité.
Pour vous perfuaderàforce de Miracles,
Etpourconfondre vos Oracles ,
Il faut vous enlever tout l'Empire des
Eaux:
Ilfaut pour vous ofter toute vostre espe
rance, LYON
Avecune intrépide &noble confiance,
Aller jusqu'en vos Ports, attaquer vos93 Vaisseaux.
Il faut que pour jamais deux Flotes de- folées ,
Des Vaiſſeaux abymez , des Galeres brûlées,
De vostre orgueil puny foient l'affreux
monument ,
Quede l'Onde &duFen lemélangeterrible ,
Quele bruyant éclat d'un longembrafe.
ment
94 LEMERCVRE
Rende à tout l'Univers vostre perte vi- fible.
Ouvrez enfin les yeux , Ennemis du
repos ;
Voyez quel est le Fruit de vostre injuste
Guerre:
Loüis triomphoitſur laTerre,
Louis vapourjamais triompher ſur les Flots.
Il vivoit glorieux dansune Paix pro- fonde ,
Contentdefa grandeur &du noble afcen- dant 2
Qui le rendoient l'amour , les delices du monde;
Etvostre ambition , voſtre orgueil impru dent ,
Remettantdansses mains la Foudre&le
Trident,
Le rendent la terreur de la Terre&de
l'Onde.
VERS IRREGVLIERS.
Q
A l'Académie Françoiſe.
1
Vel éclat s'offre encore à
ébloüis ?
mesyeux
Quel bruit ſe répandſur la terre ,
Et fait tant d'honneur à Loüis ?
Toujours vainqueur , toûjours plus craint que te Tonnerre ,
Ses Ennemis par tout battus ou mépriſez,
Toute la Flandre désolée ,
Toute la Sicile ébranlés fol
GALANT. 87
Ruyter mort des Vaiſſfeaux abiſmez, em brafez,
Quellerichemoiffon de gloire.
Pouren celebrer la memoire ,
Qu'onnem'imposepoint de Loix Dont la contrainte eft incomode ;
Lenepuis ajuster ma voix.
Surletonmeſuré du Sonnet &de l'Ode:
Neſuivons plusnyregle,ny methode Pour chanter defi grands Exploits.
Quen'ay-je dans l'ardeurdont j'ay l'ame enftamée Ces transports éloquens , ces fçavantes fureurs Dont les Chantres fameux enfloient la
Renommée
Etdespremiers Héros , &des premiers Vainqueurs !
Quen'ay-je tout l'encens, avectoutes les fleurs,
Dontonvitautrefais couverte &parfu
mée
LaRoutedes Triomphateurs !
Muses,je neveuxpointvosfaveurs or
dinaires,
Ou plûtost je renance àvosvaines chi
meres.. ટુ-* -*
88 LE MERCVRE
Vostre fauxApollon , fon fabuleux pou voir ,
Vosfontaines, tous vosmiſteres Abuſent trop long-temps noſtre credule espoir,
C'eſt icy quesans vous ilm'eſt permis de
voir
Lesfidelles Dépositaires * De l'Eloquence &du Sçavoir.
Vous donc,mes chers Rivaux ,dontl'éclat m'environe و
Fourniffez-moy cet amasde Lauriers Dont je veux aujourd'buy former une Couronne
Pourleplus granddes Rois &des Guer riers.
Ecoutezaujourd'huy vostre illustre Mecene ,
Obeiffez à cette voix.
Quiparmy nous doit estre fouveraine,
Etquidans les Conſeils duplus ſagedes Rois
Netrouverienque parfon poids -Elle nefurmonte n'entraine ;
Luy- meſme pourvous aniner Interrompt ſes travaux , vous exhorte,
vouspreffe
GALANT. 89 Se mefle auxbeaux Concertsque vousde- vezformer.
Ace zele infiny qui te brûlefans ceſſe,
Poëtes , Orateurs , laiſſez-vous enflamer..
Pour vous à qui Loüis a confié l'Hi- stoire
D'une vie abondante en Exploits fi gnalez.
Pourentransmettre la memoire AuxSiecles les plus reculez ,
Faites-c. in recit &fidelle &fincere.
Point de vains
emprunté...
ornemens , point d'éclat
C'est le plus grandeffort que vostre Art
puiſſefaire ,
Que d'en mettre en plein jour laſimple verité.
Laiffez aux Ennemis , quand tout lear eft contraire.
L'artifice honteux d'un Triomphe in venté ;
Laissez leur ,pour pouvoir conſoler leur mifere ,
La ridicule vanité
D'une Victoire imaginaire.
)
90 LE MERCVRE
Dans un Récit naif, montrez parquels efforts Par quels afſauts , par quelles fune- railles,
Quand l'épée àla main nousforcions des muraillestol L'Escautaven rougirfes bords:
Dequels mursfaudroyez il vitfumer fes rives;
Quel nombre il entraîna de morts &de
mourans ,
Etde quelsang qui couloit en torrens,
Il vit haſterſes ondesfugitives.
Dites-nousquel prodige ouquel enchantement ,
Rend l'Armée ennemie étonnée&confuse ,
Etquelle nouvelleMeduse Ofteàcent mille bras l'aime &le mouve
ment ?
Faites nous voir l'Ibere &le Batave
Toustremblans àl'aspect d'un Roy victo- rieux,
Comme on voit à l'aspect d'un Maistre impérieux Vnfoible &malheureuxEsclave.
GALANT. 91
は
fas
60%
10
k
Racontez- nous avec quelle chaleur Onvit fondrefurnous desTroupesafſem blées ,
Puissefauverconfuses &troublées,
Etrepaffer le Rhin avec tant de frayeur.
Ne fardezpoint pardes Contesfrivoles
DesFaitsfi beaux ,fi glorieux :
Quele Vaincumenace &triomphe enpa- roles ,
EtpardefauxExploitss'élevejusqu'ause
Cieux,
Nosfimples veritez paffent leurs hyper- boles..
Commeplangezdans un profondfom- meil ,
Les Ennemis se paiſſent de beauх Songes,
:
Maisenfinvaicy le réveil Qui vadiffiper ces mensonges.
Quen'attendoient-ilspas de cet immense
Corps Defieres Nations contre nousramassées!
Ilsseflatoient devoirpar leurs communs
efforts Toutesnosforcesrenversées.
Cependant unRoy ſeul ſans en estre al- Larmé,
91 LE MERCVRE Faitteste àl'Univers armé.
Ilfaitplus,d'une main ce Prince redou table
Combat les effortdangereux D'une Lignesiformidable ,
Etde l'autre en Roy genereux ,
Parunevaleurfecourable - Il fauve un Peuple malheureux.
Etbriſe le joug qui l'accable.
Quel espoir,quel orgueil vous eft encor permis
- Dans une Guerre fi funeste ?
Tremblezſuperbes Ennemis ,
Ruyterest tout ce qui vous reste.
Faut- il que ce Ruyter,l'ame deſes Soldats
Faut-ilque cette illustre teſte ,
Ce Secours mandié plus craint que tous
vosbras,
Plus redouté que la tempeste ,
Vous fasse pour jamais rougir de fon trépas Etqu'enfin ce grand coup nous rende une Conqueste Quenousne vousdemandions pas ?
Mais ce n'est pas aſſez , voſtre audace obſtinée ,
GALANT. 93 Parnosfréquensfuccés honteuse &con- damnée,
Démentſes propresyeuxpour tromperfa fierté :
Il faut des veritez encorplus convainquantes د
DesVictoires plus éclatantes Pourfurmonter enfin voſtre incredulité.
Pour vous perfuaderàforce de Miracles,
Etpourconfondre vos Oracles ,
Il faut vous enlever tout l'Empire des
Eaux:
Ilfaut pour vous ofter toute vostre espe
rance, LYON
Avecune intrépide &noble confiance,
Aller jusqu'en vos Ports, attaquer vos93 Vaisseaux.
Il faut que pour jamais deux Flotes de- folées ,
Des Vaiſſeaux abymez , des Galeres brûlées,
De vostre orgueil puny foient l'affreux
monument ,
Quede l'Onde &duFen lemélangeterrible ,
Quele bruyant éclat d'un longembrafe.
ment
94 LEMERCVRE
Rende à tout l'Univers vostre perte vi- fible.
Ouvrez enfin les yeux , Ennemis du
repos ;
Voyez quel est le Fruit de vostre injuste
Guerre:
Loüis triomphoitſur laTerre,
Louis vapourjamais triompher ſur les Flots.
Il vivoit glorieux dansune Paix pro- fonde ,
Contentdefa grandeur &du noble afcen- dant 2
Qui le rendoient l'amour , les delices du monde;
Etvostre ambition , voſtre orgueil impru dent ,
Remettantdansses mains la Foudre&le
Trident,
Le rendent la terreur de la Terre&de
l'Onde.
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Résumé : POUR LE ROY. VERS IRREGULIERS. A L'Académie Françoise.
Le poème célèbre les victoires militaires du roi Louis, mettant en lumière ses exploits en Flandre et en Sicile, ainsi que la mort de l'amiral néerlandais Ruyter. Le poète exprime son désir de célébrer ces événements sans se conformer aux contraintes poétiques traditionnelles, cherchant une expression plus authentique et directe. Il appelle les muses et les poètes à se libérer des conventions littéraires pour se concentrer sur la vérité des faits. Le texte invite à décrire les batailles avec réalisme, en montrant les efforts et les sacrifices des soldats, et en contrastant avec les illusions des ennemis. Il met en avant la bravoure et la générosité du roi, qui combat les ennemis tout en sauvant les peuples opprimés. Le poème souligne la nécessité de victoires éclatantes pour convaincre les ennemis de la supériorité du roi. Il décrit des batailles navales victorieuses, où les flottes ennemies sont détruites, et appelle les ennemis à reconnaître la domination de Louis sur terre et sur mer. Le poème se termine en soulignant comment l'ambition et l'orgueil des ennemis ont transformé Louis en une figure redoutable, tant sur terre que sur les flots.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 165-183
COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
Début :
Enfin, Madame, je vous tiens parole, & je vous envoye / Sire, A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée [...]
Mots clefs :
Mr Quinaut, Académie française, Roi, Compagnie, Palmes, Discipline militaire, Soldats, Victoire, Succès, Guerre, Parole, Postérité, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
Enfin , Madame , je vous tiens parole , & je vous envoye ce queje vous avois fait eſperer fur
la fin de ma Lettre du mois de
Juillet , par laquelle je vous pro- mettois une des plus belles Pie- ces d'Eloquence que vous euffiez jamais veuës. Ne me ſçachez point mauvais gré du retarde- ment. Je vous donne les choſes
le plutoſt qu'il m'eſt poſſible de - les avoir ; il n'importe en quel temps , pourveu qu'elles ſoient bonnes ; & le Compliment que Me Quinaut fit au Roy àfon re- tour de Flandre , ne ſera pas moins nouveau pour vous qu'il l'auroit eſté lors qu'il euſt l'hon- neur de le faire , puis que per- ſonnen'en a rien veu , & qu'on le demandetous les jours. Il eſtoit
alors Directeur de l'Académie
Françoiſe , à laquelle le Roy fait E V
106 LEMERCVRE
l'honneur de la recevoir comme
une Compagnie Souveraine.
Ainfi il fut conduit par le Maiſtre &le Grand Maiſtre des Ceremonies , accompagné de pluſieurs Perſonnesdela plus haute quali- te qui ſontduCorpsde cette ce- lebre Compagnie. Sa Majesté luy preſta une tres - favorable au- diance, &voicy de quelle manie- re il luy parla.
COMPLIMENT FACT AU ROY
par l'Académie Françoiſe, Monfieur Quinaut Directeur de cette Compa- guieportant la parole.
IRE,
4
A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée de gloire,
Noussommesſaiſis d'un excés dejoye qui nous interdit presque la parole, مة
GALAN T. 107
&qui ne permet ànoſtre zele de s'exprimer qu'imparfaitemet. Mais,
SIRE , ce n'est point dans cette oc caſion que l'Académie Françoise doit appréhender de ne paroiſtre pas aſſez éloquente : Il suffit qu'elle vous parle de vous-meſmepour estre afſurée dene rien dire que de merveilleux. On n'a jamais rien imagi- né de ſi grand que les Entrepriſes.
que vous venez d'executer , &le Simplerécit de vos Actions eft leplus parfait de tous les Eloges.
Voštre Majestés'est dérobéeaux douceurs du repos pour courir aux fatigues & aux dangers : Elle n'a pas attendu quele Printemps luy
revint ouvrir les Champs où tous les ans elle va cüeillir des Palmes nouvelles ; l'ardeur defon courageàfur- monté les obstacles d'une Saiſon ri- goureuse ; sa prévoyante Sageſſe a
reparé par d'innombrables précauEvj
108 LEMERCVRE
tions lafterilité des Hyvers ; &Sa Prudence a difputé avec sa Valeur
à qui ſe ſignaleroit par de plus
grandsprodiges.
Dumoment, STRE,qucla Renommée eust annoncé le jour de vostre Départ , la Victoire s'empreſſa pour vous accompagner , & la Terreur devançavoſtre marche. Lepremier
éclat de la foudre dont vous eſtiez
armé, est tombéfurune Villefuper- bedont rien n'avoit pûabatre l'orgueil, &toutefiere qu'elle estoit d'a
voir bravé les efforts unis de deux
celebres Capitaines , elle ne vous a
reſiſté qu'autant qu'il lefalloit pour vous donner l'avantagede l'emporter de viveforce. Ce fut alors que
vouséprouvátesheureuſemetjuſques àquel point vous avezportél'exaEtitude de la Difcipline Militaire:
Vos Soldats combatirent en Héros,
tant ils furent tous animezpar vo-
GALANT. 109 ftre presence ; mais apres avoir ren- versé tout ce qui s'estoit opposé à
Iimpetuositédeleur courage, ils s'ar- reſterent parvos ordres dans la cha- leurde la Victoire , &n'oferent tou- cher aux riches depoüilles que le droit de la Guerre leur avoit livrées. Ilne vous en coûta qu'une
parolepour empefcher l'affreuse de- Solation d'une ville floriſſante :
Vous eustes le plaisir de la pren- dre & de la ſauver en mesme
temps , & vous fustes bien moins fatisfaitdevous en rendre le Maiſtre , que d'en devenir le Conſervateur.
Ce grandfuccés aestéſuivy d'un
autre encoreplusgrand , &qui pa- roiſſoit au deſſus de nosplus hautes esperances. Vos Peuplesfont accourus àceſpectacle, ils ont esté transpor- tezde joye envoyant fortir les Ennemis que vous avez chaffez d'une
rio LE MERCVRE
redoutable Retraite , &ils beniffent tous les jours la Main victoriense qui les a delivrez des courſes , des
ravages , des incendies dont ils
estoientsouventfurpris &continuel- lement menacez. Ce n'effoit qu'à
Kous, SIRE', que le Cielavoit refer vél'honneurdeforcer laBarrierefa- talequi donnoit des bornes trop étroi- tes avoſtre Empire , &de faire du
plus fort Boulevart de l'Espagne ,
un des principaux Remparts de la
France.
Cependant , comme si çeuſt esté
encore trop peu pour V. M. de voir que tout cedoit où vous eſtiez pre... Lent, vous avez entrepris de vain- cremesme où vous n'eftiez pas. Vous avezſeparévos Troupes pour éten- dre vos progrés en divers lieux. Une partie devostre Armée àfuffy pour gagner une Bataille , & pour ache- ver la Conqueste de l'Artois ,
GALANT. ITF
vous avezprisfoin qu'un Princequi apartagéavecVous la gloire devo ſtre auguste Naiſſance , eust aussi part aux honneurs de vostre Triomphe.
Cen'estpasseulement ſurlaTerre que la Victoire accompagne vos
Armes , elle a volépour les ſuivre
jusques fur les Mers les plus éloi--
gnées. Une Flote cunemie qui avoit furlavoſtre touteforte d'avantages,
excepté celuy de la Valeur , vient d'estre attaquée &détruite ,
débris flotans portent la terreur du Nom de V. M. furles bords lesplus
reculez du Nouveau Monde.
Quel bonheur pour nous d'avoir un Protecteurfi glorieux, &qui don- ne àcelebrer des Evenemens ſi me- morables ! Nous n'avons pasbesoin de chercher ailleurs qu'en luy-mes- me un modelle parfait de la Vertu beroïque ; & noussommes certains
112 LE MERCVRE
que l'éclat immortel de fagloire ſe répandrafur nos Ouvrages , & leur communiquera leprivilege de paſſer jusqu'àla derniere Pofterité. Quand nous décrirons vos travaux , SIRE,
nous neferons pas dans l'embarras de n'avoir ſouvent àvous offrir que les meſmes loüanges que nous vous aurons déja données : Quoy que vous ne ceſſfiez point d'eftre Conquechacune de vos Conquestes
est toûjours achevée d'une maniere nouvelle &Surprenante ; &les Imagesfidelles que nous en féronsfe- ront autant de differens Tableaux dont chacun aurasa beautéfingurant
liere.
,
Apres avoirconnufi avantageu- Sementcombienvous eſtesredoutéde vos Ennemis , reconnoissez avec quelexcésde tendreſſe &de vene- ration vous eſtes aimé & presque adoréde vos Sujets. Voyez le ravif-
GALAN T. 113 Sement qui se montre dans tous les yeux qui vous regardent ; écoutez les
acclamations qui retentiſſent de tou- tes partsàvoſtre veuë. Ilfaut toutefois , SIRE , ne vous rien déguiſer,
la joyepublique n'éclate point tant encore pour le ſuccés de vos entre- priſes , qu'enfaveurde vostre retour.
C'est ce retour ſi ardammentſouhaitéqui diſfipe nos allarmes : Que nous ferionsheureux s'il les diffipoit pour toûjours !Nousn'avons encore pû confiderer vostre grand Cœur qu'avec
une admiration inquiete. Nous n'o- fonspresquevousfaire voir de bril- lans Portraits de la Gloire qui vous engageſiſouvent dans le peril; elle
nevous paroist que tropbelle , &ne
vous emporteque trop loin.
Mais , graces à vos Exploits ,
nous devons esperer que nos craintes feront bien-toft finies ; cette Ligue qui se croyoit fi formidable eftfra-
114 LE MERCVRE
pée elle-mefme de la conſternation qu'elle pretendoitjetterjuſquesdans le cœur devostre Royaume : Lesplus fieres Puissances de l'Europe armées &réünies ne peuvent s'empefcher d'estre convaincuës de leur foibleſſe
contre une Nation que vous rendez invincible : Plus elles vous ont oppo- séd'Estats , de Princes , de Rois, plus elles ontfourny d'ornemens àvos Tro phées , & leurs disgraces & vos Triomphes doivent leur avoir af- Sez apris que le deffein de vous faire la Guerre leur fut bien-moins inspirépar leurjalousie,que par la
bonnefortunede V. M.. Onn'en doit point douter , SIRE ,
il n'y a plus rien qui puiſſe ſauver vos Ennemis , que le secours de la
Paix. Vous voulez bien leur laiſſer encore cet unique & dernier moyen d'arrester les progrés étonnans de vos armes, &nous applaudiſſons avec
GALANT. 15I
plaisiràvoſtre moderation.La Fran- ce n'aplus besoin que vous étendiez fes limites : Sa veritable grandeur est d'avoir unſigrand Maistre. Le
Cielà qui nous vous devons , nous a
donnédans unfeulbien tous lesbiens
ensemble , nous ne luy demandons
riende nouveau; c'eſt affez qu'ilnous Laiſſepaisiblementjoüir de lafelicité devostre Regne,Ilsuffit qu'il aitSoin de conferver une vie glorieuse où noſtrebonheurest attaché, &quivaue plus mille fois que la Conqueste de
toute la Terre.
la fin de ma Lettre du mois de
Juillet , par laquelle je vous pro- mettois une des plus belles Pie- ces d'Eloquence que vous euffiez jamais veuës. Ne me ſçachez point mauvais gré du retarde- ment. Je vous donne les choſes
le plutoſt qu'il m'eſt poſſible de - les avoir ; il n'importe en quel temps , pourveu qu'elles ſoient bonnes ; & le Compliment que Me Quinaut fit au Roy àfon re- tour de Flandre , ne ſera pas moins nouveau pour vous qu'il l'auroit eſté lors qu'il euſt l'hon- neur de le faire , puis que per- ſonnen'en a rien veu , & qu'on le demandetous les jours. Il eſtoit
alors Directeur de l'Académie
Françoiſe , à laquelle le Roy fait E V
106 LEMERCVRE
l'honneur de la recevoir comme
une Compagnie Souveraine.
Ainfi il fut conduit par le Maiſtre &le Grand Maiſtre des Ceremonies , accompagné de pluſieurs Perſonnesdela plus haute quali- te qui ſontduCorpsde cette ce- lebre Compagnie. Sa Majesté luy preſta une tres - favorable au- diance, &voicy de quelle manie- re il luy parla.
COMPLIMENT FACT AU ROY
par l'Académie Françoiſe, Monfieur Quinaut Directeur de cette Compa- guieportant la parole.
IRE,
4
A la veuë de Vostre Majesté triomphante & comblée de gloire,
Noussommesſaiſis d'un excés dejoye qui nous interdit presque la parole, مة
GALAN T. 107
&qui ne permet ànoſtre zele de s'exprimer qu'imparfaitemet. Mais,
SIRE , ce n'est point dans cette oc caſion que l'Académie Françoise doit appréhender de ne paroiſtre pas aſſez éloquente : Il suffit qu'elle vous parle de vous-meſmepour estre afſurée dene rien dire que de merveilleux. On n'a jamais rien imagi- né de ſi grand que les Entrepriſes.
que vous venez d'executer , &le Simplerécit de vos Actions eft leplus parfait de tous les Eloges.
Voštre Majestés'est dérobéeaux douceurs du repos pour courir aux fatigues & aux dangers : Elle n'a pas attendu quele Printemps luy
revint ouvrir les Champs où tous les ans elle va cüeillir des Palmes nouvelles ; l'ardeur defon courageàfur- monté les obstacles d'une Saiſon ri- goureuse ; sa prévoyante Sageſſe a
reparé par d'innombrables précauEvj
108 LEMERCVRE
tions lafterilité des Hyvers ; &Sa Prudence a difputé avec sa Valeur
à qui ſe ſignaleroit par de plus
grandsprodiges.
Dumoment, STRE,qucla Renommée eust annoncé le jour de vostre Départ , la Victoire s'empreſſa pour vous accompagner , & la Terreur devançavoſtre marche. Lepremier
éclat de la foudre dont vous eſtiez
armé, est tombéfurune Villefuper- bedont rien n'avoit pûabatre l'orgueil, &toutefiere qu'elle estoit d'a
voir bravé les efforts unis de deux
celebres Capitaines , elle ne vous a
reſiſté qu'autant qu'il lefalloit pour vous donner l'avantagede l'emporter de viveforce. Ce fut alors que
vouséprouvátesheureuſemetjuſques àquel point vous avezportél'exaEtitude de la Difcipline Militaire:
Vos Soldats combatirent en Héros,
tant ils furent tous animezpar vo-
GALANT. 109 ftre presence ; mais apres avoir ren- versé tout ce qui s'estoit opposé à
Iimpetuositédeleur courage, ils s'ar- reſterent parvos ordres dans la cha- leurde la Victoire , &n'oferent tou- cher aux riches depoüilles que le droit de la Guerre leur avoit livrées. Ilne vous en coûta qu'une
parolepour empefcher l'affreuse de- Solation d'une ville floriſſante :
Vous eustes le plaisir de la pren- dre & de la ſauver en mesme
temps , & vous fustes bien moins fatisfaitdevous en rendre le Maiſtre , que d'en devenir le Conſervateur.
Ce grandfuccés aestéſuivy d'un
autre encoreplusgrand , &qui pa- roiſſoit au deſſus de nosplus hautes esperances. Vos Peuplesfont accourus àceſpectacle, ils ont esté transpor- tezde joye envoyant fortir les Ennemis que vous avez chaffez d'une
rio LE MERCVRE
redoutable Retraite , &ils beniffent tous les jours la Main victoriense qui les a delivrez des courſes , des
ravages , des incendies dont ils
estoientsouventfurpris &continuel- lement menacez. Ce n'effoit qu'à
Kous, SIRE', que le Cielavoit refer vél'honneurdeforcer laBarrierefa- talequi donnoit des bornes trop étroi- tes avoſtre Empire , &de faire du
plus fort Boulevart de l'Espagne ,
un des principaux Remparts de la
France.
Cependant , comme si çeuſt esté
encore trop peu pour V. M. de voir que tout cedoit où vous eſtiez pre... Lent, vous avez entrepris de vain- cremesme où vous n'eftiez pas. Vous avezſeparévos Troupes pour éten- dre vos progrés en divers lieux. Une partie devostre Armée àfuffy pour gagner une Bataille , & pour ache- ver la Conqueste de l'Artois ,
GALANT. ITF
vous avezprisfoin qu'un Princequi apartagéavecVous la gloire devo ſtre auguste Naiſſance , eust aussi part aux honneurs de vostre Triomphe.
Cen'estpasseulement ſurlaTerre que la Victoire accompagne vos
Armes , elle a volépour les ſuivre
jusques fur les Mers les plus éloi--
gnées. Une Flote cunemie qui avoit furlavoſtre touteforte d'avantages,
excepté celuy de la Valeur , vient d'estre attaquée &détruite ,
débris flotans portent la terreur du Nom de V. M. furles bords lesplus
reculez du Nouveau Monde.
Quel bonheur pour nous d'avoir un Protecteurfi glorieux, &qui don- ne àcelebrer des Evenemens ſi me- morables ! Nous n'avons pasbesoin de chercher ailleurs qu'en luy-mes- me un modelle parfait de la Vertu beroïque ; & noussommes certains
112 LE MERCVRE
que l'éclat immortel de fagloire ſe répandrafur nos Ouvrages , & leur communiquera leprivilege de paſſer jusqu'àla derniere Pofterité. Quand nous décrirons vos travaux , SIRE,
nous neferons pas dans l'embarras de n'avoir ſouvent àvous offrir que les meſmes loüanges que nous vous aurons déja données : Quoy que vous ne ceſſfiez point d'eftre Conquechacune de vos Conquestes
est toûjours achevée d'une maniere nouvelle &Surprenante ; &les Imagesfidelles que nous en féronsfe- ront autant de differens Tableaux dont chacun aurasa beautéfingurant
liere.
,
Apres avoirconnufi avantageu- Sementcombienvous eſtesredoutéde vos Ennemis , reconnoissez avec quelexcésde tendreſſe &de vene- ration vous eſtes aimé & presque adoréde vos Sujets. Voyez le ravif-
GALAN T. 113 Sement qui se montre dans tous les yeux qui vous regardent ; écoutez les
acclamations qui retentiſſent de tou- tes partsàvoſtre veuë. Ilfaut toutefois , SIRE , ne vous rien déguiſer,
la joyepublique n'éclate point tant encore pour le ſuccés de vos entre- priſes , qu'enfaveurde vostre retour.
C'est ce retour ſi ardammentſouhaitéqui diſfipe nos allarmes : Que nous ferionsheureux s'il les diffipoit pour toûjours !Nousn'avons encore pû confiderer vostre grand Cœur qu'avec
une admiration inquiete. Nous n'o- fonspresquevousfaire voir de bril- lans Portraits de la Gloire qui vous engageſiſouvent dans le peril; elle
nevous paroist que tropbelle , &ne
vous emporteque trop loin.
Mais , graces à vos Exploits ,
nous devons esperer que nos craintes feront bien-toft finies ; cette Ligue qui se croyoit fi formidable eftfra-
114 LE MERCVRE
pée elle-mefme de la conſternation qu'elle pretendoitjetterjuſquesdans le cœur devostre Royaume : Lesplus fieres Puissances de l'Europe armées &réünies ne peuvent s'empefcher d'estre convaincuës de leur foibleſſe
contre une Nation que vous rendez invincible : Plus elles vous ont oppo- séd'Estats , de Princes , de Rois, plus elles ontfourny d'ornemens àvos Tro phées , & leurs disgraces & vos Triomphes doivent leur avoir af- Sez apris que le deffein de vous faire la Guerre leur fut bien-moins inspirépar leurjalousie,que par la
bonnefortunede V. M.. Onn'en doit point douter , SIRE ,
il n'y a plus rien qui puiſſe ſauver vos Ennemis , que le secours de la
Paix. Vous voulez bien leur laiſſer encore cet unique & dernier moyen d'arrester les progrés étonnans de vos armes, &nous applaudiſſons avec
GALANT. 15I
plaisiràvoſtre moderation.La Fran- ce n'aplus besoin que vous étendiez fes limites : Sa veritable grandeur est d'avoir unſigrand Maistre. Le
Cielà qui nous vous devons , nous a
donnédans unfeulbien tous lesbiens
ensemble , nous ne luy demandons
riende nouveau; c'eſt affez qu'ilnous Laiſſepaisiblementjoüir de lafelicité devostre Regne,Ilsuffit qu'il aitSoin de conferver une vie glorieuse où noſtrebonheurest attaché, &quivaue plus mille fois que la Conqueste de
toute la Terre.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY par l'Académie Françoise, Monsieur Quinaut Directeur de cette Compagnie portant la parole.
L'auteur d'une lettre s'excuse auprès d'une dame pour le retard dans l'envoi d'une pièce d'éloquence promise. Il lui envoie un compliment rédigé par Me Quinaut, alors Directeur de l'Académie Française, adressé au roi à son retour de Flandre. Ce compliment, jamais publié auparavant, est très demandé. Le compliment de Quinaut, présenté au roi en présence de dignitaires, loue les exploits militaires du souverain. Il souligne son courage et sa sagesse, ainsi que ses victoires en Flandre, où il a conquis des villes et sauvé des populations. Le roi est également acclamé pour ses succès navals, qui terrorisent les ennemis jusqu'au Nouveau Monde. Le texte exprime l'amour et l'admiration des sujets pour le roi, tout en espérant son retour sûr. Le compliment conclut en soulignant que la véritable grandeur de la France réside dans la sagesse et la modération du roi, qui préfère la paix à l'expansion territoriale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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28
p. 57-62
Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Début :
Il est certain que Mr de Montal n'a pas esté [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Louis, Compagnies des gardes du corps, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Il eſt certainqueM' deMon- tal n'a pas eſté le feul quiaitveu avec chagrin la prompte Re- traite de l'Armée du Prince
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
d'Orange. Tous ceuxqui étoient enfermez avec luy dans Char- leroy, brûloient d'envie de ſe ſi- gnaler. C'eſt ce que nos Enne- mis meſmes croiront aisément
L
GALANT. 39
apres les marques de courage qu'ils voyent tous les jours que donnent les Noſtres en toute
forte de rencontres. Ils font afſez convaincus de la justice qu'ils leur doivent rendre , par les continuels avantages que nousavons remportez ſur eux ;
mais quoyque la valeur ſemble avoir eſté de tout temps une -vertu particuliere aux François,
on peut dire qu'elle n'a jamais tant paruque ſous leRegnede LOUIS LE GRAND. On ne s'en
étonnepas. Son exemple, &les promptes récompenſes qu'il do- ne au veritables Braves ,ſontde
puiſſans motifs pour leur faire tout entreprendre , dans l'em- preſſementdeſediftinguer.Co- me ce Grand Prince ſe plaiſt toûjours à chercher quelques nouveaux moyensde reconnoî
40 LE MERCVRE
tre les ſervices qu'on luy rend,
il a augmenté ſes quatre Com- pagnies des Gardes du Corps,
d'un Lieutenant,d'un Enſeigne,
& de quelques Gardes. Meffieurs de Saint Ruth, Marin, Lignery, du Mefnil,SaintGermain d'Achon,&du Repaire, ont eſté faits Lieutenans ; & Meffieurs
de Reneville , de Gaſſion , de
Vignau, de la Grange, de Quie- ry, de Vilemon , de Monpipaux,
deBagé, de la Cafe,&de Leffay,
font en meſme temps devenus Enſeignes. Meſſieurs de Seri- gnan & de Vandeüil en auront
les Brevets , le rang , & le com- mandement,& ne laifferont pas de faire toûjours leurs fonctions d'Aydes - Majors. Je ne doute
point , Madame , que je ne vous fiffe un fortgrand plaiſir de vous -parler ſeparément de tous ceux
GALAN T. 41
que je viens de vous nommer;
mais outre que j'attens desMe- moires de leurs Amis pour ce qui les regarde chacun en par- ticulier ,j'ay tant de choſes à
vousdire dans cette Lettre , que
pour ne me laiſſer point acca- bler de la matiere , tout ce que j'ajoûteray'aujourd'huy à cet Article, c'eſt qu'on n'entre point dans le Corps où ils ont l'avan- tage d'eſtre reçeus , qu'on ne ſe ſoit fait remarquer dans les plus importantes occafions , & qu'il n'y a point de commandement dont tous ceux qui en ſont Offi- ciers ne foient eſtimez capa- bles. Ils ont l'honneur d'eſtre
toûjours aupres de la Perſonne du Roy, on leur en confie la garde , &vous pouvez bien ju- ger qu'un ſi glorieux employ demande des Gensdontle cou
42 LE MERCVRE rage ſoit auffi connu que le mes rite.
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Résumé : Augmentation d'un Lieutenant & d'un Enseigne dans les quatre Compagnies des Gardes du Corps. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réaction des soldats français, notamment ceux à Charleroy avec le duc de Montausier, face au retrait rapide de l'armée du prince d'Orange. Les ennemis admirent le courage des Français, illustré par leurs victoires successives. La valeur des Français sous le règne de Louis XIV est particulièrement mise en avant. Pour récompenser les braves, le roi a augmenté ses compagnies des Gardes du Corps en ajoutant des lieutenants, des enseignes et des gardes. Plusieurs officiers, comme les messieurs de Saint Ruth, Marin et Lignery, ont été promus lieutenants ou enseignes. Les messieurs de Sérignan et de Vandeuil conservent leurs postes d'aides-majors. Les promotions sont accordées à ceux qui se sont distingués dans des situations importantes et jugés aptes à commander. Ces officiers ont l'honneur de servir près du roi et de garantir sa sécurité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 130-139
LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Début :
Il se trouva qu'il avoit sur luy quelques Vers / Dans un autre Quadre est tracé [...]
Mots clefs :
Exploits, Roi, Prise de Valenciennes, Histoire, Guerre, Louis, Bataille de Cassel, Saint-Omer, Siège de Cambrai, Assauts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Ilſe trouva qu'il avoit ſur luy quelques Vers fur les derniers Exploits duRoy. C'eſt unFragmentd'u-
GALANT. 83
4
ne Deſcription de l'Arc de Triomphe,dans laquelle il parle des plus remarquables Actions que ce Prince a faites pendant la Paix & depuis la Guerre, fui- vant qu'elles pouronteſtre pla- cées dans les Quadres de ce magnifique Edifice. Cer Illu- ſtre Abbé ayant eſté invité de les lire, il commença dela forte..
LA PRISE
DE VALENCIENNES..
D
Ansun autre Quadre est tracé
LeSiegede Valencienne;
C'est àce coup qu'est effacé Tout le miraculeux de l'Histoire an
cienne.
Iamaisne fut chargé par Cizeau , ny Burin.
D'un plus digne Sujet , le Marbre ,
ny l'Airin ;
L'impetueux Vainqueur hait ces lon- queurs énormes
Dvj
84 LE MERCVRE Qu'ontſous les autres Chefs les Sie- ges dans lesformes ,
Il veut mesme àla Guerre eftre au def- fusdes Loix ,
Qu'àdes Horosfuturs ilſerve de Mo- delle ,
Etpourvarierſes Exploits ,
Ilinvente unAfſaut d'une façon now- velle.
Onvoit encor debout les Tours & les
Remparts ?
Les Ravelins,les Forts, les Diguesſont entieres;
Pardes Foffez profonds ,des Canaux ,
desRivieres ,
LesCheminsfont encorcoupez de toutes.
parts;
Etcependantpourprendre une Ville im- prénable ,
Vn Guichet àpeine s'ouvrant Etune Brécheraisonnable
Quifuffit àce Conquérant ;
Latrahison , ny lafurprise,
N'ont point de part à l'entrepri.
fe
Ny tout le guerrier appareil,
Nylestroubles de la Nature,
GALANT. 85 Lafaveurd'un orage, oud'une nuit ob Scure ,
Toutsepafſſe auxyeux du Soleil ;
Maisle plusfurprenant &leplus he- roïque ,
C'est qu'onyvoit entrer Loüisen pa
cifique Etla Victoireàses costez Avecéclat a beau paroistre Aces Peuples épouvantez,
Apeine pas-un d'eux lapeut-il recon.
noistre,
Elle esttrop déguisée,&n'apoint dans lesyeux Larage & la fureur qu'elle porte en
tous lieux ;
Elle ne traîne point ſonfuneste équipage;
Lecalme &la douceur qui regne fur Sonfront ,
Interdisent lefeu,le meurtre, lepillage,
EtSauvant la Pudeur du plus cruel affront ,
Ilsfontfurpris de voir en leur fierAd- versaire ,
Que le Cielleur envoye unAnge tute- laire ,
86 LE MERCVRE
Quileur donne un Secours plus prompt &plus certain Queceux qu'ilsattendoientde Mons
de Louvain..
LE SIEGE
DE CAMBRAY.
DLushautdont on voitrenom Cambray
Sembloit braver l'effort du Fer &du Canon.
On croit en admirantſa forte Citadelle,
Qu'une Semiramis nouvelle En éleva les Murs si larges &fi haut's,
Pourlamettre au deſſus des plus ardans Aflauts.. En vain pardes Foffezquiſemblent des Vallées,
Sont de ces Corps puiſſansles forces raf- Semblées;
C'est affez que Loüis foit campéde--
vant eux ,
Son bras en peude tempsrend leur churc
commune,
GALAN T. 87 Etle Cielfitfans - doute unePlace des
deux ,
t
Pour luyfaireobtenirdeux Victoires en
une.
Envain les Aquillonspour nuireàses
travaux ,
Redoublent levenin de leurs froidesha
laines ,
Et l'Hyverſur un Trône enrichy de Cristaux
I pense encor joüir de l'Empire des Plaines ;
Noftre infatigable Loüis ,
Autheur de Campemens jusqu'alors inoüis,
Renvenſetousles privileges Des Vents des Broillars ,de la
Pluye &des Neiges ;
Ses Guerriers ſurſespas , &Suivant fes Leçons ,
Fontàl'Affaut couverts defeux & de
glaçons,
Etmalgréles Frimats , les Neiges lesGlaces و
Ils domtentles Saiſons auſſi-bien que les Blaces..
2
88 LE MERCVRE
S. OMER ,
ET LA
BATAILLE DE CASSEL.
D
Autre- part Saint Omer au mi- lieudefes Eaux,
Desplus nombreux Guerriers ne craint
point les approches ,
Ses Palliffades de Roſeaux
La defendent bien mieux que les plus dures Roches.
Eust- on jamaispensé qu'au centre d'un Marais ,
Oùle terrain n'estpointſolide ,
Où l'eau mesme n'est pas liquide ,
Onpust la ferrer d'affezpres ?
Etcependant PHILIPPE en obtient la
Victoire ,
PHILIPPE , que Loüis afſocie à fa gloire ,
Qui partagefon Sang,ſecondesa Va- leur,
Qui d'un double Laurier la Teste Conronnée
Parune Ville priſe avec tantde cha- leur ,
GALANT. 89
Et pour une Bataille à meſme- tempsga- gnée,
Montre à tout l'Univers combien de
grandsfuccés Doit attendre Loüis de ces heureux
eſſais ;
Des Montagnesde Morts fur des Plainessanglantes Paroiffent en lointain encor toutes fumantes ,
Veritables témoins des genéreux Exploits Qu'ilfit pres de Caffelcontre un Prince
Hollandois Ardant à fecourir l'agoniſante Ville ,
Qui luy-mesme est contraint dechercher
un azile En ce point malheureux qu'il eust pio
lafauver,
S'il euſt auſſi- bien ſçeu danssa boüillan- te audace
L'Artdefaire lever le Siege d'unePlace
Qu'il sçait parfaitement celuy de le lever.
GALANT. 83
4
ne Deſcription de l'Arc de Triomphe,dans laquelle il parle des plus remarquables Actions que ce Prince a faites pendant la Paix & depuis la Guerre, fui- vant qu'elles pouronteſtre pla- cées dans les Quadres de ce magnifique Edifice. Cer Illu- ſtre Abbé ayant eſté invité de les lire, il commença dela forte..
LA PRISE
DE VALENCIENNES..
D
Ansun autre Quadre est tracé
LeSiegede Valencienne;
C'est àce coup qu'est effacé Tout le miraculeux de l'Histoire an
cienne.
Iamaisne fut chargé par Cizeau , ny Burin.
D'un plus digne Sujet , le Marbre ,
ny l'Airin ;
L'impetueux Vainqueur hait ces lon- queurs énormes
Dvj
84 LE MERCVRE Qu'ontſous les autres Chefs les Sie- ges dans lesformes ,
Il veut mesme àla Guerre eftre au def- fusdes Loix ,
Qu'àdes Horosfuturs ilſerve de Mo- delle ,
Etpourvarierſes Exploits ,
Ilinvente unAfſaut d'une façon now- velle.
Onvoit encor debout les Tours & les
Remparts ?
Les Ravelins,les Forts, les Diguesſont entieres;
Pardes Foffez profonds ,des Canaux ,
desRivieres ,
LesCheminsfont encorcoupez de toutes.
parts;
Etcependantpourprendre une Ville im- prénable ,
Vn Guichet àpeine s'ouvrant Etune Brécheraisonnable
Quifuffit àce Conquérant ;
Latrahison , ny lafurprise,
N'ont point de part à l'entrepri.
fe
Ny tout le guerrier appareil,
Nylestroubles de la Nature,
GALANT. 85 Lafaveurd'un orage, oud'une nuit ob Scure ,
Toutsepafſſe auxyeux du Soleil ;
Maisle plusfurprenant &leplus he- roïque ,
C'est qu'onyvoit entrer Loüisen pa
cifique Etla Victoireàses costez Avecéclat a beau paroistre Aces Peuples épouvantez,
Apeine pas-un d'eux lapeut-il recon.
noistre,
Elle esttrop déguisée,&n'apoint dans lesyeux Larage & la fureur qu'elle porte en
tous lieux ;
Elle ne traîne point ſonfuneste équipage;
Lecalme &la douceur qui regne fur Sonfront ,
Interdisent lefeu,le meurtre, lepillage,
EtSauvant la Pudeur du plus cruel affront ,
Ilsfontfurpris de voir en leur fierAd- versaire ,
Que le Cielleur envoye unAnge tute- laire ,
86 LE MERCVRE
Quileur donne un Secours plus prompt &plus certain Queceux qu'ilsattendoientde Mons
de Louvain..
LE SIEGE
DE CAMBRAY.
DLushautdont on voitrenom Cambray
Sembloit braver l'effort du Fer &du Canon.
On croit en admirantſa forte Citadelle,
Qu'une Semiramis nouvelle En éleva les Murs si larges &fi haut's,
Pourlamettre au deſſus des plus ardans Aflauts.. En vain pardes Foffezquiſemblent des Vallées,
Sont de ces Corps puiſſansles forces raf- Semblées;
C'est affez que Loüis foit campéde--
vant eux ,
Son bras en peude tempsrend leur churc
commune,
GALAN T. 87 Etle Cielfitfans - doute unePlace des
deux ,
t
Pour luyfaireobtenirdeux Victoires en
une.
Envain les Aquillonspour nuireàses
travaux ,
Redoublent levenin de leurs froidesha
laines ,
Et l'Hyverſur un Trône enrichy de Cristaux
I pense encor joüir de l'Empire des Plaines ;
Noftre infatigable Loüis ,
Autheur de Campemens jusqu'alors inoüis,
Renvenſetousles privileges Des Vents des Broillars ,de la
Pluye &des Neiges ;
Ses Guerriers ſurſespas , &Suivant fes Leçons ,
Fontàl'Affaut couverts defeux & de
glaçons,
Etmalgréles Frimats , les Neiges lesGlaces و
Ils domtentles Saiſons auſſi-bien que les Blaces..
2
88 LE MERCVRE
S. OMER ,
ET LA
BATAILLE DE CASSEL.
D
Autre- part Saint Omer au mi- lieudefes Eaux,
Desplus nombreux Guerriers ne craint
point les approches ,
Ses Palliffades de Roſeaux
La defendent bien mieux que les plus dures Roches.
Eust- on jamaispensé qu'au centre d'un Marais ,
Oùle terrain n'estpointſolide ,
Où l'eau mesme n'est pas liquide ,
Onpust la ferrer d'affezpres ?
Etcependant PHILIPPE en obtient la
Victoire ,
PHILIPPE , que Loüis afſocie à fa gloire ,
Qui partagefon Sang,ſecondesa Va- leur,
Qui d'un double Laurier la Teste Conronnée
Parune Ville priſe avec tantde cha- leur ,
GALANT. 89
Et pour une Bataille à meſme- tempsga- gnée,
Montre à tout l'Univers combien de
grandsfuccés Doit attendre Loüis de ces heureux
eſſais ;
Des Montagnesde Morts fur des Plainessanglantes Paroiffent en lointain encor toutes fumantes ,
Veritables témoins des genéreux Exploits Qu'ilfit pres de Caffelcontre un Prince
Hollandois Ardant à fecourir l'agoniſante Ville ,
Qui luy-mesme est contraint dechercher
un azile En ce point malheureux qu'il eust pio
lafauver,
S'il euſt auſſi- bien ſçeu danssa boüillan- te audace
L'Artdefaire lever le Siege d'unePlace
Qu'il sçait parfaitement celuy de le lever.
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Résumé : LA PRISE DE VALENCIENNES. / LE SIEGE DE CAMBRAY. / S. OMER, ET LA BATAILLE DE CASSEL.
Le texte relate plusieurs exploits militaires du roi Louis, mettant en lumière sa stratégie et son leadership. Lors de la prise de Valenciennes, Louis adopte une approche innovante et pacifique, évitant la trahison et la surprise, et entre dans la ville sans violence. Le siège de Cambrai démontre la rapidité et l'efficacité de Louis, qui surmonte les défenses robustes de la cité malgré des conditions hivernales rigoureuses. À Saint-Omer, Philippe, associé à la gloire de Louis, obtient une victoire notable. La bataille de Cassel est décrite comme un affrontement sanglant contre un prince hollandais, où Louis montre son habileté stratégique. Le texte souligne la vaillance et les succès militaires de Louis, soulignant son leadership et son génie tactique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 193-243
Tout ce qui s'est passé à Fontainebleau pendant le Sejour que Leurs Majestez y ont fait. Cet Article contient ceux des Comedies, Opéra, Bals, Plan d'une Collation, Chasses, & la maniere dont les Dames ont esté parées dans tous ces Divertissemens. [titre d'après la table]
Début :
Enfin, Madame, je passe à un Article dont je n'aurois [...]
Mots clefs :
Pierreries, Fontainebleau, Plaisirs, Cour, Habits, Roi, Château, Comédie, Hôtel de Bourgogone, Opéra, Musique, Reine, Habillement, Dames, Bals, Divertissement, Dauphin, Chasse
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé à Fontainebleau pendant le Sejour que Leurs Majestez y ont fait. Cet Article contient ceux des Comedies, Opéra, Bals, Plan d'une Collation, Chasses, & la maniere dont les Dames ont esté parées dans tous ces Divertissemens. [titre d'après la table]
Enfin , Madame , je paſſe à
tin Article dont je n'aurois pas manqué à vous entretenir dés l'autre Mois , fi le Roy n'euft paffé que quinze jours à Fon- tainebleau , comme on l'avoit crû d'abord. Vous ſçavez qu'il n'en eſt party que le dernier de Septembre, &il nefaut pass'é- tonner s'il n'a pûquitter ſi toſt un ſi agreable ſejour. Ce fu- perbe &fpacieux Chaſteau qui en pourroit compoſer pluſieurs,
eſt une Maiſon vrayment Roya le. On ſe perd dans le grand nombre de Courts , d'Apartes mens , de Galeries , & de Jardins qui s'y rencontrent de tous coſtez ; & comme on y trouve par tout ſujet d'admirer , on a
dequoy exercer long-temps l'ad- miration. Ce fut dans ce magnifique Lieu , où le Chaſteau
!
2
Fiij
126 LE MERCVRE
ſeul pourroit eſtre pris pour une Ville ,qu'il plûr au Royd'aller paffer quelques - uns des der- niers beaux jours de l'Eté. Il avoit fait de grandes Conque- ſtes pendant l'Hyver. Sa pru- dence aidée de ſon Conſeil, à
qui nous n'avons jamais veu predrede fauſſes meſures, avoir diffipé les defſeins de toute l'Eu- rope , fait lever le Siege de Charleroy, & obligé les Impé- riaux à retourner ſur les bords.
du Rhin.. Il eſtoit bien juſte qu'apres des ſoins de cette im.
portance, cegrand Prince cher- chaſt à ſe delaffer , & il auroit
eu peine à le faire plus agrea- blement qu'à Fontainebleau.
Tout le temps qu'il réſolut d'y demeurer, fut deſtiné aux Plaifirs. On en prépara de toutes les fortes, & on ne chercha à
GALANT.. 127 - fenvy qu'à paroiſtre magnifique dans une Cour que la magnifi cence ne quite jamais.Monfieur le Prince de Marfillac Grand
Maiſtre de la Garderobe , ſça
chant qu'on devoit changer de Divertiſſemens chaque jour, &
quetoutlemonde ſongeoit à ſe mettre en étatde ſe faire remarquer , fit faire fans en rien dire auRoy, une douzaine d'Habits extraordinaires , outre ceux qui avoient eſté ordonnez. Sa Majeſté ayant veu le premier , les voulut voir tous , & les trouva
_auſſi beaux que galamment imaginez. Le Roy en eut encor d'autres qui auroient peur-eftre contribué quelque choſe à la bonne mine de l'Homme du
monde le mieux fait , mais qui ne pûrent augmenter l'admira-.
tion qu'on a pour un Monarque
Fij
128 LE MERCVRE
7
qui tire de luy-meſme tout fon eclat. Je croy , Madame , que vous n'attendez rien demoy fur ce qui regarde M' le Princede Marfillac, & que n'ignorantpas qu'il eſt Fils deMale Duc de la Rochefoucaut vous fçavez
qu'une fi glorieuſe naifſance ne luya pû inſpirer que des ſenti- mens dignes de luy. Onnepeut la mieux foûtenir qu'il a toû- jours fait. Iln'a pointeud'occa- fion de fignaler ſon courage &
de faire paroiſtre ſon eſprit, qu'il n'ait donné d'avantageuſes mar- quesde l'un &de l'autre,& il n'y a guére de Dames qui ne l'ayết trouvé auffi Galant que nosEn- nemis l'ont connu Brave. Jugez combien d'Avantures agreables nous ſçaurions de luy , s'il eſtoit auſſi peu difcret qu'il eſt favo- rablement reçeu du beau Sexe.
GALANT. 129 SesAmis ne l'employentjamais,
qu'il ne leur donne ſujer de ſe loüer de ſes ſoins ; &toutes ſes
belles qualitez ſont devenuës publiques &incontestables par l'eſtime qu'en fait un Roy ,qui ne voyant rien dans toute la Terre que la naiſſance puiſſe mettre au deſſus de luy , trouve tout au deſſous de la penetra- tionde fon eſprit &de la force de fon difcernement. Le pre- mierdes Divertiſſemens que Sa Majesté a voulu ſe donner à
Fontainebleau , fut celuy de la Comédie. Elle y fut jouée tous les jours alternativement avec l'Opéra. Voicy les Pieces qu'y reprefenta l'Hoſtel de Bourgogne.
Iphigénie , avec Criſpin Me-.. decin.
Le Menteur.
Ev
230 LE MERCVRE
Mariane , avec l'Apres-Son- pédes Auberges.
L'Avare..
Pompée ,avec les Nican- dres.
Mitridate..
Le Miſantrope..
Horace , avec le Deüil.
Bajazer, avec les Fragmens deMoliere.. 2
Phedre & Hippolyte.. Oedipe, avec les Plaideurs.. Jodelet Maiſtre..
Venceflas , avec le Baron de
laCraffe.
1
Cinna , avec l'Ombrede Moliere.
L'Ecole desFemmes..
Nicomede , avec le Soupé mal-apprefté.
Parmy tant de Comédies , on n'a repreſenté que trois Opéra,
àſçavoir, Alceste , Thesée &
GALANT. 131 Athis. Ils ont eſté chantez par la ſeule Muſique du Roy , aug- mentée exprés de plufieurs Per- fonnes, &entr'autres de Mademoiſelle de la Garde & deMa..
demoiselle Ferdinand. Elles ont
fait connoiſtre en peu dejours,
qu'on leur avoit rendu juſtice en les choiſiſſant pour en eſtre,
&on peut dire à leur avantage que c'eſt de plus d'unemaniere qu'elles ont plû. On.ne peut rien ajoûter aux applaudiffe- mens qu'a reçeuş M. de Saint Chriftophle , non ſeulement pour avoir bien chanté , mais poureſtreentrée dans la paffion rantoſt de la plus forte maniere,
&tantoft de la plus totichante,
felon que la diverfité du ſujet le demandoit. Le reſte de la
Muſique du Roy a fait àfon or- dinaire. Il eſt impoſſible qu'el Fvj
13.2 LE MERCVRE le faſſe mal. Elle eft compoſée des meilleures Voix de France,
&fous un Maiſtre tel que Mr de Lully , les moins habiles le deviennent en peu de temps.. Les Danfeurs qui s'y font fait admirer , ont extraordinairement fatisfait dans leurs Entrees; & ce qui n'en laiſſe pas douter , c'eſt que les SieursFa- vier,Letang, Faure, Magny , &
cinq autres , ont eu de grandes.
gratifications , outre leurs pen- fions ordinaires. De pareilsEco-- liers à qui de Beauchamp a
donné &donne encor tous les
jours des Leçons , quoy qu'ils foientdéja grands Maiſtres,font voir qu'il eſt dans ſon Art un
des plus habiles Hommes du
monde. Aufſi a -t- il eul'honneur de montrer autrefois à Sa
Majeſté. Les trois Maſcarades
GALANT. 133
remplies d'Entrées croteſques
qui ont paru parmy ces Diver- tiſſemens , estoient de fon in- vention. Elles furent ajoûtées pour nouveau Plaifir aux Re- préſentations des dernieres Co- médies qu'on joua ; &ceux qui en furent, ayant eu l'avantage de divertir le Royd'une manie- re auffi plaiſante qu'agreable,
reçeurent. beaucoup de louan- ges. M. Philibertdans le Recit d'un Suiffe qui veurparler Fra- çois ſans le ſçavoir, fitfort rire les plus ſérieux & par ces po- ſtures , & par ſon langage Suif- ſe Franciſé. Les Plaiſirs n'ont
pas eſté bornez à tout ce que je viens de vous dire. Il y a eu deux Bals où toute la Cour a
paru dans unéclat merveilleux.
LesPierreries ontbrille de tou
134 LE MERCVRE
ves parts , &jamais on n'ena
tant ver..
Le Roy s'y fir voir avec un Habitde lames d'or, fur lequel il y avoitune broderie or &ar- gent, l'arrangement de ſes Pier- reries eſtoit enboucles de Baudrier. Vous aurez de la peine à
bien concevoirles brillans effets
qu'elles produiſentainſi arran- gées. La beauté en redouble d'autant plus , que cette maniere donne lieu de les meſſer ſelonlesgroffeurs;&quelque prix qu'ayent les choſesd'elles-mefmes, vous ſçavez que l'induſtrie desHommes nelaiffe pas quel quesfois d'y contribuer. Outre
toutes ces Pierreries , le Roy portoitune Epée ſur laquelleil y en avoit pour plus de quinze censmille livres..
GALANT. 135 La Reyne en ſembloit eſtre toute couverte. Elle en avoit
d'une groffeur extraordinaire.
Son Habit eſtoit noir , & fon
Etofe ne ſervantqu'àenrelever Héclat , on peut dire qu'elle ébloüiffoit..
L'ajustementde Monſeigneur leDauphin eſtoitd'une grande magnificence. Rien ne pouvoit eftre mieux imaginé ; & ce qu'il y avoitd'avantageux pour luy ,
e'eſt qu'il'en effaçoit l'éclat par la vivacité de ſon teint, &par les autres charmes de fa Per--
fonne..
Monfieur, qui réüffit entou- tes choſes , &àqui la galanterie eſt naturelle , ſe met toûjours d'un fi bon air , qu'il ne faut pas eſtre ſurpris s'il ſe fit admi rerde tout le monde. Son Habit eftoit tout couvert de Pier
136 LE MERCVRE reries arrangées , comme le font les longues Boutonnieres des Caſaques à la Brandebourg.
r. On ne peut eftre mieuxqu'e- ſtoient Madame & Mademoifelle. Tout brilloit en elles , tout
yeſtoit riche & bien enten.
du.
Je me fuis fervy juſqu'icydes termes de magnifique , de bril- lant, &d'éclatant, &j'encher- che inutilement quelqu'un qui fignifie plus que tout cela pour exprimer cequ'eſtoitMademoi- felle de Blois dans l'ün & dans
l'autre Bal. Jamais parure ne fit de fi grands effets. Vous n'en douterez point , quand vous ſçaurez que cette jeune Prin- ceffe, quoy qu'elle foit une des plus belles Perſonnes du mon- de , laiſſa perdre des regards qu'attiroient de temps en temp's
GALANT. 137 la richeffe de ſon Habillement,
&l'air tout particulier dont elle
eftoit miſe. Ce fut un amas de
Pierreries le premier jour , qui ne ſe peut concevoir qu'en le voyant;&elle en eſtoit fi cou
verte , que lebas de ſa Robe en eſtoit chargé tout autour. Elle
parut en gris de lin dans le ſe- cond Bal , & toûjours avec
avantage.
Vous pouvez juger que les Dames en general n'avoient rien épargnépourparoiftrema- gnifiques. Elles eſtoient toutes coifées avec une groſſe nate fort large , ou avec une corde, ayant les cheveuxfriſez juſqu'au mi- lieu de la teſte , qui paroif- foit toute en boucles. Elles en
avoient deux ou trois grandes inégales qui leur pendoient de chaque coſté avec une autre ex
138 LE MERCVRE trémement longue. Toute la coifure eſtoit accompagnée de Poinçons de Pierreries , &d'au- tres faits de Perles. Des nœuds
de toutes fortes de Pierreries &
de Perles qui tenoient lieu de Rubans, en garnifſfoient les co- ſtez. D'autres y faifoient des Bouquets , & le Rond de quel- ques-unes eſtoit garny comme le devant. Celles dont les cheveux pouvoient s'accommoder de la poudre , en avoient beau- coup. Pour leurs Habits , comme en Campagne elles enpeu- vent porter de couleur à la Cour ,elles en avoient preſque toutes de gris , qui ne laiſſoient -pourtant pas d'eſtre diferens.Les uns eſtoient d'un gris perlé , &
les autres d'un gris cendré , avec de petites Broderies fines &des plus belles , ou de petits Bou
GALAN T. 139 quetsde broderie appliquez par leBrodeur, ou brodez ſur l'E
tofe mefme.Ces Habits estoient
tous chamarrezde Pierreries fur
- les Echarpes ouTailles , &elles en avoient de gros nœuds de- vant. Des Attaches de Pierre
ries , des Chatons , &des Boutons , ornoient leurs manches
de diférentes manieres.Toutle
devantde leurs Jupes eſtoit auſſi chamarré , & de groſſes Atta- ches de Diamans les retrouf
foient enquelques endroits.Plu- fieurs Pierreries formoient le
nœud de derriere , &il y avoit quelques Robes quien estoient chamarrées par demy lez Les manches de deſſous eſtoient de
Point de France , tailladées en
long , & relevées par le basavec un Point de France godronné.
Ily avoit des Pierreries entre les
140 LEMERCVRE
godrons , &des noœuds de Pier- reries deſſous les mancheres. La
plûpart enavoientdes Bracelets tout autour,&toutes des Co
lerêtes comme on enmet quand on eſt en Habitgris. Si ce mot deColerete n'eſt pas remis en vſage , corrigez-moy je vous prie. Jetraite une matiere où vous devez eſtre plus ſçavante que je ne fuis , &je ne répons pas que ce ſoit leſeul terme que jaye mal appliqué. LesDames n'ont pas eſte ſeulement ainfi parées pour les deux grands Bals , qui ont faitparoiſtre avec tant d'éclat la magnificence &
la galanterie de la premiere Courdu monde; elles ſe ſont
trouvées tous les ſoirs à la Co- médie , ou à l'Opéra , dans le meſme ajustement où je viens de vous les dépeindre , & il
GALAN T. 141
1
1
redoubla dans les jours de la Naiſſance duRoy &dela Rey- : ne , qui ſe rencontrerent le ( meſme Mois , ſur tout à l'égard des Pierreries. Le nombre en
eſtoitpreſque infiny ; &comme il n'y en avoit que de fines , on peut jugerdu merveilleux effet qu'elles firent toutes enſemble,
quand tous ceux qui s'eſtoient parez pourdanſer furent aſſemblez ; car vous remarquerez ,
Madame , que chez le Roy il n'yaperſonne de nommé pour le Bal , & qu'il ſuffit d'eſtre d'une Qualité conſidérable pour avoir la libertéd'y danſer.
Le Roy mena la Reyne ; mon- ſeigneur leDauphin , мадетоі- felle ; Monfieur , мадате ; м. le
Prince de Conty , Mademoiselle de Blois ; M. de мопmouth, маdame la Comteſſe de Gramont;
142 LE MERCVRE M. le Comte d'Armagnac , ма- dame la Princeſſe d'Elbeuf; м.
le Comte de Brionne , madame
la marquiſe de la Ferté ; M. de Tilladet, Madamede Soubiſe'; м.
le Comtede Louvigny,Madame de Louvois ; M' de Beaumont,
Madame de Ventadour ; м² le
Chevalier de Chaſtillon , Madame de S. Valier; & M. le
Comte de Fieſque , Mademoi- ſelle de Grance. Il ſeroit difficile de ſçavoir les noms de tous ceux qui furent de ces deux Bals , & le rang qu'ils eurent à
danſer. Les uns ſe trouverent
au premier,les autres au ſecond,
&beaucoup àtous les deux.On y vit Madame la Ducheſſe de Chevreuſe , Mademoiselle de
Thiange , Mademoiſelle des
Adrets , & Mademoiselle de
Beauvais. Ces deux dernieres
{ GALANT. 143
ſont Filles d'Honneurde Madame. Onyvit encor M. le Duc de Vermandois , Monfieur le Chevalier de Lorraine M.
de Vendoſme , M. le marquis de мігероїх, м.Ле marquis de Rho- des , & quelques autres. Vous ſerez aiſément perfuadée que le Roy s'y fit diftinguer. Son grand air ,& la grace qui l'ac- compagne entoutes chofes, font des avantages qui ne ſont com- muns à perſonne; & quand il ne ſeroit point ce qu'il eſt , je vous jure , madame, que je ne m'empeſcherois point de vous dire qu'il donna ſujet de l'admi- rer au deſſus de tous les autres.
La Colation du premier Bal fut
fuperbe , la France augmente tous les jours en magnificence,
&peut- eſtre ne s'eſt-il jamais tien veude pareil. Comme je
144 LE MERCVRE ſçay que vous aimez tout ce qui marque de la grandeur, j'ay crû que vous me ſçauriez bon gré du Plan quejevous ay fait graver de cette Royale Cola-.
tion. Prenez la peine de jetter les yeux deſſus , le voicy; vous comprendrez plus aisément en le regardant, ce que j'ay àvous en dire. Les grands Quarrez qui font marquez Gradins, por- toient par le bas huit grandes Corbeilles de Fruit cru. Il y
avoit de petits Ronds de Con- fitures ſeches dans les encognures. Le ſecond rang portoit en- cor quatre Corbeilles , & les encognures eſtoient remplies comme celles du premier. Un grand Quarré de Fruit portant deux pieds de hauteur, faiſoit le deffus. Tous les Ronds &
Ovales marquez estoient de
Fruit
GALANT. 145 Fruit cru , &des Confitures ſe- ches rempliſſoient tous les
Quarrez qui font le tour de la Table. Par tout où vous voyez
de petits &de grāds Ronds noirs ( c ) maginez-vous des Flam- beaux dans les premiers , &des Girandoles dans les autres. La
meſime choſe des petits & des grands Ronds qui font blancs,
( OO ) Des Soucoupes de cri- ſtal garnies de quantité deGo- belets pleins d'Eaux glacées,te- noient la place des grands ; &
les petits que vous remarquez dans tout le tour de la Table ,
eſtoient des Porcelaines fines
en hors d'œuvre , remplies de toutes fortes de Compotes. Je puis abufer de quelques termes,
pardonnez- le moy. Une Balu- ſtrade un peu éloignée de la Table , la tenoit comme enferTome VIII. G
146 LE MERCVRE mée , &il y avoit des Bufets au delà. Je voudrois bien ſçavoir ce que voſtre imagination vous repreſente de toutes ces cho- ſes. Les yeux en devoient eſtre charmez , & je ne ſçay s'ils les pouvoient long-temps ſuporter.
Peignez-vous bien cet ébloüif- fant amas de Lumieres qui s'ai- doient les unes les autres,quand celles des Flambeaux donnant
fur le criftal des Girandoles, &
celles desGirandoles fur l'or des
Flambeaux, elles trouvoient encor à s'augmenter par ce qui réjallifſoit d'éclat des Caramels déja brillans d'eux-meſmes , &
du candy des Confitures per- lées. Adjoûtez - y ce que les Fruits diverſement colorez , les Rubans des Corbeilles , & le
Criftal des Soucoupes , en pou- voient avoir , &àtout cela joi
GALANT. 147
gnez l'effet que produiſoient les Pierreries de Leurs Maje- ſtez , & celles de quarante Da- mes qui estoient à table , &
qu'on en voyoit toutes couver- tes , il eſt impoſſible que vous ne conceviezquelque choſe au delà de tout ce qu'on a jamais veu de plus éclatant. LesHom- mes qui s'eſtoient mis tous en Juft-au-corps , ne brilloient pas moins de leur coſté. On n'en
pouvoit aſſez admirer la brode- rie , qui paroiſſoit d'autant plus,
que ce n'eſtoit que lumiere par tout. Ils eſtoient derriere les
Dames , & elles leur faifoient
partde tout ce qu'il y avoit fur laTable. Il faut rendre juſtice àM' BigotControlleur ordinai- redelaMaiſon du Roy. Il n'y a point d'Homme plus ineelli- gent, ny qui ſçache mieux re Gij
148 LE MERCVRE
gler ces fortes de choſes. Tout le temps qu'on a paffé à Fon- tainebleau, atellement eſté don- né aux Plaiſirs , que les jour de Media noche , quand l'Opéra ou la Comédie finiſſoit trop toſt , il y avoit de petits Bals particu- liers juſqu'à minuit. Vous ſca- vez , madame, ceque veut dire Medianoche,&que c'eſtunemo- dequinous eſt venuëd'Eſpagne,
où l'on attend àSouper en vian- de , que le Samedy ou un au -
tre jour d'abſtinence , s'il ſe ren- contre das quelque Semaine, ſoit expiré. Parmy tant de Divertif- ſemens , la Chaſſe n'a pas eſté oubliée. Ily en a eu tour à tour de pluſieurs fortes. Un jour apres que le Roy fut arrivé à
Fontainebleau , il les commen- ça par celle du Lievre avec la Meute deMonſeigneurleDau-
GALANT. 149 phin , commandée par M. de Selincourt. Sa Majeſté témoi- gna eſtre fort fatisfaite del'équi- page. Le lendemain Elle courut le Cerf avec une Meute nouvelle qu'Elle avoit faite Elle- meſme des trois meilleures
qu'on luy avoit pû choiſir. La Chaffe du Sanglier ſuivit. Le Roy entua trois à coupsd'Epée;
&ces diferentes Chaſſes ſuccederent pendant quelques jours .
lune à l'autre , tantoſt avec les
Chiens deMonfeigneurle Dau- phin , tantoſt avec les Chiens de Monfieur , & quelquefois ;
avec ceux de M. l'Abbé de
Sainte-Croix. En ſuite il ne fe
paſſa point de jour où l'on ne couruft le Cerf. Le's Chiens de
Sa majeſté on eu l'avantage. Ils en ont pris quinze; les Chiens de Monfieur , neuf; ceux de M.
Giij
IJO LE MERCVRE de Vendoſme , neuf; &ceux de
M. l'Abbé de Sainte-Croix,dix.
Le Roy a eſté tirerdes Faifans,
&couru une fois leChevreüil.
Il arriva unjour aux Toiles dans le temps qu'un Cerf que les Chiens de M. de Sainte-Croix
couroient fort loin de là , vint
s'y mettre , comme s'il euſt eu deſſeindedonnerle plaifir de ſa fin àSa Majefté. C'eſtoitle plus grand qui euſt eſté pris à Fon- minebleau. La teſte en a eſté
trouvée ſi belle , que le Roy l'a fait mettre dans la Galerie des
Cerfs. Je vous ay trop de fois nommé M. l'Abbé de SainteCroix, pourne vous le faire pas connoiftre. Il eſt Fils de feu M.
le Premier Prefident molé ,Garde des Sceaux , Frere de M. le
Prefident de Champlaſtreux ,
& maiſtre des Requeſtes. On ne
GALAN Τ. 151I
R
peut voir un plus honneſte- Homme, ny un meilleur Amy.
Toutes ſes manieres font enga- geantes , & ſes dépenſes d'un grand Seigneur. Dans la dernie- re Chaſſe le Roy laiſſa courre un Cerf à ſa troiſiéme teſte ,
qui dura preſque tout le jour. Il yen a eu detres-méchans &qui ont tuébien des Chiens. Il s'eſt
fait encor une Chafſe extraordinaire à l'occafion de Monfieur
deVerneüil, qui eſtantvenu au Leverdu Roy, eut l'honneurde
luydonner ſa Chemiſe. Sa Majeſté s'eſtant divertie àluy par- ler de pluſieurs choſes , tomba fur la Chaffe , & luy dit qu'Elle luy en vouloit donner le plaifir le lendemain. Monfieur deSoye- courGrand-Veneurde France,
reçeut l'ordre , & fit préparer
deux Cerfs au lieu d'un. La
Giiij
152 LE MERCVRE Reyne a veu une fois la Chaf- ſe en Carroffe , &Monſeigneur leDauphin les a fait toutes avec leRoy. Il n'y a rien de ſi ſurpre- nant que l'adreſſe &la vigueur qu'a fait paroiſtre cejeunePrin- ceau delà de ce que ſon âge luy devroit permettre. Mada- me s'est fait admirer à ſon ordinaire. C'eſt un Charme que de la voir à cheval. Rien ne
l'étonne , elle fait ſon plaifirde la fatigue ; & fon Sexe ne luy permettant pas d'aller àlaGuer- re , elle en va voir les Images ,
comme je l'ay déja marqué. Ce n'eſt pas ſeulementpar làqu'el- le merite d'eſtre estimée Tous
les Ouvrages d'eſprit la tou- chent. Elle carreſſe les Autheurs, &juge mieux que per- fonne de tout ce qu'on voit de
beau au Theatre. Madame la
GALANT. 153 Ducheffe de Toſcane s'eſt auſſi
trouvée à ces Parties. On ne
peutmontrer plus d'eſprit qu'el- le en fait paroiſtre. Elle fait tout avec grace , eft bonne , gené- reuſe , & fidelle Amie , &n'oublie jamais dans l'éloignement ceux qu'elle hon ore de ſa bien- veillance. Il n'est pas beſoin de vous dire qu'elle eft.Fille de feu
M. le Duc d'Orleans , Oncle du
Roy. Monfieur le Prince de Conty , quoy que jeune encor ,
n'a pas eſté un des moins ardens
pour cet Exercice.J'aurois peine àvous exprimer combien M.
le Duede Monmouth y amontré de vigueur. C'eſtoit quelque choſe de fi bouillant , qu'on l'en a veu quelquefois emporté juf- que parmy les Rochers. Il a
beaucoup paru au Bal , & on lny a trouvé un air tout-à-fair- G
154 LE MERCVRE digne de ce qu'il eſt. Vous pou- vez croire que Madame la Du- cheſſe de Boüillon aimant autant laChaffe qu'elle fait ,laiſſa échaper peu d'occaſionsd'y fui- vre le Roy. Elle a une adreſſe merveilleuſe en tout ce qu'elle
veut faire , & jamais on n'a mieux tiré en volant. Vous avez
eſté charmée des agrémens de ſa Perſonne , & de la vivacité
de ſon teint ; mais vous la ſeriez
encor davantage , fi vous con- noiſliez parfaitement la force &
la délicateſſe de ſon Eſprit. Elle l'a penetrant ; & comme il eſt
capablede toutes les belles con- noiffances , elle a un attachement inconcevable pourles Li- vres ,&va juſqu'à ce qui s'ap- pelle ſçavoir les chofes profon- dement. Mademoiſelle deGrancé a eſtédu nombre de ces Il-
GALANT. 155
:
:
Huſtres Chaſſereſſes. Elle eſt belle , ade la bonté , & un Efprit qui répond à ſa Naiſſance. Ma- demoiſelle des Adrets a fait auſſi
voir que la fatigue qui fuit ces fortes de Plaiſirs , ne l'étonne
pas. Je n'ay point ſçeu le nom des autres. J'ay apris feulement que les Dames ont eſté à la Chaſſe en Jupes , Juſt-au-corps de broderie , &Coifures de Plumes. Jenepuis m'empeſcherde vous dire encor que Mademoi- felle dança tres-bien , & fe fir admirer au Bal. Quelques autres , tant Hommes que Femmes , s'y firent auſſi diſtinguer.
Mais ma Lettre eſt déja ſi lon- gue , que je paſſe au Te-Deum de M. Lully , qui peut eſtre compté parmy les Plaiſirs de Fontainebleau. Ille fit chanter
devant le Roy le jour que Sa Gvj
136 LE MERCVRE Majesté luy fit l'honneur de nommer fon Fils. Toutes fortes
d'Inftrumens l'acompagnerent ;
les Tymbales & les Trompetes n'y furent point oubliez. Il eſtoit deMonfieur Luvy, c'eſt tout di-- re. Ce qu'on y admira particu- lierement , c'eſt que chaque Couplet eſtoit de diferente Mu- fique. Le Roy le trouva fi beau,
qu'il voulut l'entendre plus d'une fois.
tin Article dont je n'aurois pas manqué à vous entretenir dés l'autre Mois , fi le Roy n'euft paffé que quinze jours à Fon- tainebleau , comme on l'avoit crû d'abord. Vous ſçavez qu'il n'en eſt party que le dernier de Septembre, &il nefaut pass'é- tonner s'il n'a pûquitter ſi toſt un ſi agreable ſejour. Ce fu- perbe &fpacieux Chaſteau qui en pourroit compoſer pluſieurs,
eſt une Maiſon vrayment Roya le. On ſe perd dans le grand nombre de Courts , d'Apartes mens , de Galeries , & de Jardins qui s'y rencontrent de tous coſtez ; & comme on y trouve par tout ſujet d'admirer , on a
dequoy exercer long-temps l'ad- miration. Ce fut dans ce magnifique Lieu , où le Chaſteau
!
2
Fiij
126 LE MERCVRE
ſeul pourroit eſtre pris pour une Ville ,qu'il plûr au Royd'aller paffer quelques - uns des der- niers beaux jours de l'Eté. Il avoit fait de grandes Conque- ſtes pendant l'Hyver. Sa pru- dence aidée de ſon Conſeil, à
qui nous n'avons jamais veu predrede fauſſes meſures, avoir diffipé les defſeins de toute l'Eu- rope , fait lever le Siege de Charleroy, & obligé les Impé- riaux à retourner ſur les bords.
du Rhin.. Il eſtoit bien juſte qu'apres des ſoins de cette im.
portance, cegrand Prince cher- chaſt à ſe delaffer , & il auroit
eu peine à le faire plus agrea- blement qu'à Fontainebleau.
Tout le temps qu'il réſolut d'y demeurer, fut deſtiné aux Plaifirs. On en prépara de toutes les fortes, & on ne chercha à
GALANT.. 127 - fenvy qu'à paroiſtre magnifique dans une Cour que la magnifi cence ne quite jamais.Monfieur le Prince de Marfillac Grand
Maiſtre de la Garderobe , ſça
chant qu'on devoit changer de Divertiſſemens chaque jour, &
quetoutlemonde ſongeoit à ſe mettre en étatde ſe faire remarquer , fit faire fans en rien dire auRoy, une douzaine d'Habits extraordinaires , outre ceux qui avoient eſté ordonnez. Sa Majeſté ayant veu le premier , les voulut voir tous , & les trouva
_auſſi beaux que galamment imaginez. Le Roy en eut encor d'autres qui auroient peur-eftre contribué quelque choſe à la bonne mine de l'Homme du
monde le mieux fait , mais qui ne pûrent augmenter l'admira-.
tion qu'on a pour un Monarque
Fij
128 LE MERCVRE
7
qui tire de luy-meſme tout fon eclat. Je croy , Madame , que vous n'attendez rien demoy fur ce qui regarde M' le Princede Marfillac, & que n'ignorantpas qu'il eſt Fils deMale Duc de la Rochefoucaut vous fçavez
qu'une fi glorieuſe naifſance ne luya pû inſpirer que des ſenti- mens dignes de luy. Onnepeut la mieux foûtenir qu'il a toû- jours fait. Iln'a pointeud'occa- fion de fignaler ſon courage &
de faire paroiſtre ſon eſprit, qu'il n'ait donné d'avantageuſes mar- quesde l'un &de l'autre,& il n'y a guére de Dames qui ne l'ayết trouvé auffi Galant que nosEn- nemis l'ont connu Brave. Jugez combien d'Avantures agreables nous ſçaurions de luy , s'il eſtoit auſſi peu difcret qu'il eſt favo- rablement reçeu du beau Sexe.
GALANT. 129 SesAmis ne l'employentjamais,
qu'il ne leur donne ſujer de ſe loüer de ſes ſoins ; &toutes ſes
belles qualitez ſont devenuës publiques &incontestables par l'eſtime qu'en fait un Roy ,qui ne voyant rien dans toute la Terre que la naiſſance puiſſe mettre au deſſus de luy , trouve tout au deſſous de la penetra- tionde fon eſprit &de la force de fon difcernement. Le pre- mierdes Divertiſſemens que Sa Majesté a voulu ſe donner à
Fontainebleau , fut celuy de la Comédie. Elle y fut jouée tous les jours alternativement avec l'Opéra. Voicy les Pieces qu'y reprefenta l'Hoſtel de Bourgogne.
Iphigénie , avec Criſpin Me-.. decin.
Le Menteur.
Ev
230 LE MERCVRE
Mariane , avec l'Apres-Son- pédes Auberges.
L'Avare..
Pompée ,avec les Nican- dres.
Mitridate..
Le Miſantrope..
Horace , avec le Deüil.
Bajazer, avec les Fragmens deMoliere.. 2
Phedre & Hippolyte.. Oedipe, avec les Plaideurs.. Jodelet Maiſtre..
Venceflas , avec le Baron de
laCraffe.
1
Cinna , avec l'Ombrede Moliere.
L'Ecole desFemmes..
Nicomede , avec le Soupé mal-apprefté.
Parmy tant de Comédies , on n'a repreſenté que trois Opéra,
àſçavoir, Alceste , Thesée &
GALANT. 131 Athis. Ils ont eſté chantez par la ſeule Muſique du Roy , aug- mentée exprés de plufieurs Per- fonnes, &entr'autres de Mademoiſelle de la Garde & deMa..
demoiselle Ferdinand. Elles ont
fait connoiſtre en peu dejours,
qu'on leur avoit rendu juſtice en les choiſiſſant pour en eſtre,
&on peut dire à leur avantage que c'eſt de plus d'unemaniere qu'elles ont plû. On.ne peut rien ajoûter aux applaudiffe- mens qu'a reçeuş M. de Saint Chriftophle , non ſeulement pour avoir bien chanté , mais poureſtreentrée dans la paffion rantoſt de la plus forte maniere,
&tantoft de la plus totichante,
felon que la diverfité du ſujet le demandoit. Le reſte de la
Muſique du Roy a fait àfon or- dinaire. Il eſt impoſſible qu'el Fvj
13.2 LE MERCVRE le faſſe mal. Elle eft compoſée des meilleures Voix de France,
&fous un Maiſtre tel que Mr de Lully , les moins habiles le deviennent en peu de temps.. Les Danfeurs qui s'y font fait admirer , ont extraordinairement fatisfait dans leurs Entrees; & ce qui n'en laiſſe pas douter , c'eſt que les SieursFa- vier,Letang, Faure, Magny , &
cinq autres , ont eu de grandes.
gratifications , outre leurs pen- fions ordinaires. De pareilsEco-- liers à qui de Beauchamp a
donné &donne encor tous les
jours des Leçons , quoy qu'ils foientdéja grands Maiſtres,font voir qu'il eſt dans ſon Art un
des plus habiles Hommes du
monde. Aufſi a -t- il eul'honneur de montrer autrefois à Sa
Majeſté. Les trois Maſcarades
GALANT. 133
remplies d'Entrées croteſques
qui ont paru parmy ces Diver- tiſſemens , estoient de fon in- vention. Elles furent ajoûtées pour nouveau Plaifir aux Re- préſentations des dernieres Co- médies qu'on joua ; &ceux qui en furent, ayant eu l'avantage de divertir le Royd'une manie- re auffi plaiſante qu'agreable,
reçeurent. beaucoup de louan- ges. M. Philibertdans le Recit d'un Suiffe qui veurparler Fra- çois ſans le ſçavoir, fitfort rire les plus ſérieux & par ces po- ſtures , & par ſon langage Suif- ſe Franciſé. Les Plaiſirs n'ont
pas eſté bornez à tout ce que je viens de vous dire. Il y a eu deux Bals où toute la Cour a
paru dans unéclat merveilleux.
LesPierreries ontbrille de tou
134 LE MERCVRE
ves parts , &jamais on n'ena
tant ver..
Le Roy s'y fir voir avec un Habitde lames d'or, fur lequel il y avoitune broderie or &ar- gent, l'arrangement de ſes Pier- reries eſtoit enboucles de Baudrier. Vous aurez de la peine à
bien concevoirles brillans effets
qu'elles produiſentainſi arran- gées. La beauté en redouble d'autant plus , que cette maniere donne lieu de les meſſer ſelonlesgroffeurs;&quelque prix qu'ayent les choſesd'elles-mefmes, vous ſçavez que l'induſtrie desHommes nelaiffe pas quel quesfois d'y contribuer. Outre
toutes ces Pierreries , le Roy portoitune Epée ſur laquelleil y en avoit pour plus de quinze censmille livres..
GALANT. 135 La Reyne en ſembloit eſtre toute couverte. Elle en avoit
d'une groffeur extraordinaire.
Son Habit eſtoit noir , & fon
Etofe ne ſervantqu'àenrelever Héclat , on peut dire qu'elle ébloüiffoit..
L'ajustementde Monſeigneur leDauphin eſtoitd'une grande magnificence. Rien ne pouvoit eftre mieux imaginé ; & ce qu'il y avoitd'avantageux pour luy ,
e'eſt qu'il'en effaçoit l'éclat par la vivacité de ſon teint, &par les autres charmes de fa Per--
fonne..
Monfieur, qui réüffit entou- tes choſes , &àqui la galanterie eſt naturelle , ſe met toûjours d'un fi bon air , qu'il ne faut pas eſtre ſurpris s'il ſe fit admi rerde tout le monde. Son Habit eftoit tout couvert de Pier
136 LE MERCVRE reries arrangées , comme le font les longues Boutonnieres des Caſaques à la Brandebourg.
r. On ne peut eftre mieuxqu'e- ſtoient Madame & Mademoifelle. Tout brilloit en elles , tout
yeſtoit riche & bien enten.
du.
Je me fuis fervy juſqu'icydes termes de magnifique , de bril- lant, &d'éclatant, &j'encher- che inutilement quelqu'un qui fignifie plus que tout cela pour exprimer cequ'eſtoitMademoi- felle de Blois dans l'ün & dans
l'autre Bal. Jamais parure ne fit de fi grands effets. Vous n'en douterez point , quand vous ſçaurez que cette jeune Prin- ceffe, quoy qu'elle foit une des plus belles Perſonnes du mon- de , laiſſa perdre des regards qu'attiroient de temps en temp's
GALANT. 137 la richeffe de ſon Habillement,
&l'air tout particulier dont elle
eftoit miſe. Ce fut un amas de
Pierreries le premier jour , qui ne ſe peut concevoir qu'en le voyant;&elle en eſtoit fi cou
verte , que lebas de ſa Robe en eſtoit chargé tout autour. Elle
parut en gris de lin dans le ſe- cond Bal , & toûjours avec
avantage.
Vous pouvez juger que les Dames en general n'avoient rien épargnépourparoiftrema- gnifiques. Elles eſtoient toutes coifées avec une groſſe nate fort large , ou avec une corde, ayant les cheveuxfriſez juſqu'au mi- lieu de la teſte , qui paroif- foit toute en boucles. Elles en
avoient deux ou trois grandes inégales qui leur pendoient de chaque coſté avec une autre ex
138 LE MERCVRE trémement longue. Toute la coifure eſtoit accompagnée de Poinçons de Pierreries , &d'au- tres faits de Perles. Des nœuds
de toutes fortes de Pierreries &
de Perles qui tenoient lieu de Rubans, en garnifſfoient les co- ſtez. D'autres y faifoient des Bouquets , & le Rond de quel- ques-unes eſtoit garny comme le devant. Celles dont les cheveux pouvoient s'accommoder de la poudre , en avoient beau- coup. Pour leurs Habits , comme en Campagne elles enpeu- vent porter de couleur à la Cour ,elles en avoient preſque toutes de gris , qui ne laiſſoient -pourtant pas d'eſtre diferens.Les uns eſtoient d'un gris perlé , &
les autres d'un gris cendré , avec de petites Broderies fines &des plus belles , ou de petits Bou
GALAN T. 139 quetsde broderie appliquez par leBrodeur, ou brodez ſur l'E
tofe mefme.Ces Habits estoient
tous chamarrezde Pierreries fur
- les Echarpes ouTailles , &elles en avoient de gros nœuds de- vant. Des Attaches de Pierre
ries , des Chatons , &des Boutons , ornoient leurs manches
de diférentes manieres.Toutle
devantde leurs Jupes eſtoit auſſi chamarré , & de groſſes Atta- ches de Diamans les retrouf
foient enquelques endroits.Plu- fieurs Pierreries formoient le
nœud de derriere , &il y avoit quelques Robes quien estoient chamarrées par demy lez Les manches de deſſous eſtoient de
Point de France , tailladées en
long , & relevées par le basavec un Point de France godronné.
Ily avoit des Pierreries entre les
140 LEMERCVRE
godrons , &des noœuds de Pier- reries deſſous les mancheres. La
plûpart enavoientdes Bracelets tout autour,&toutes des Co
lerêtes comme on enmet quand on eſt en Habitgris. Si ce mot deColerete n'eſt pas remis en vſage , corrigez-moy je vous prie. Jetraite une matiere où vous devez eſtre plus ſçavante que je ne fuis , &je ne répons pas que ce ſoit leſeul terme que jaye mal appliqué. LesDames n'ont pas eſte ſeulement ainfi parées pour les deux grands Bals , qui ont faitparoiſtre avec tant d'éclat la magnificence &
la galanterie de la premiere Courdu monde; elles ſe ſont
trouvées tous les ſoirs à la Co- médie , ou à l'Opéra , dans le meſme ajustement où je viens de vous les dépeindre , & il
GALAN T. 141
1
1
redoubla dans les jours de la Naiſſance duRoy &dela Rey- : ne , qui ſe rencontrerent le ( meſme Mois , ſur tout à l'égard des Pierreries. Le nombre en
eſtoitpreſque infiny ; &comme il n'y en avoit que de fines , on peut jugerdu merveilleux effet qu'elles firent toutes enſemble,
quand tous ceux qui s'eſtoient parez pourdanſer furent aſſemblez ; car vous remarquerez ,
Madame , que chez le Roy il n'yaperſonne de nommé pour le Bal , & qu'il ſuffit d'eſtre d'une Qualité conſidérable pour avoir la libertéd'y danſer.
Le Roy mena la Reyne ; mon- ſeigneur leDauphin , мадетоі- felle ; Monfieur , мадате ; м. le
Prince de Conty , Mademoiselle de Blois ; M. de мопmouth, маdame la Comteſſe de Gramont;
142 LE MERCVRE M. le Comte d'Armagnac , ма- dame la Princeſſe d'Elbeuf; м.
le Comte de Brionne , madame
la marquiſe de la Ferté ; M. de Tilladet, Madamede Soubiſe'; м.
le Comtede Louvigny,Madame de Louvois ; M' de Beaumont,
Madame de Ventadour ; м² le
Chevalier de Chaſtillon , Madame de S. Valier; & M. le
Comte de Fieſque , Mademoi- ſelle de Grance. Il ſeroit difficile de ſçavoir les noms de tous ceux qui furent de ces deux Bals , & le rang qu'ils eurent à
danſer. Les uns ſe trouverent
au premier,les autres au ſecond,
&beaucoup àtous les deux.On y vit Madame la Ducheſſe de Chevreuſe , Mademoiselle de
Thiange , Mademoiſelle des
Adrets , & Mademoiselle de
Beauvais. Ces deux dernieres
{ GALANT. 143
ſont Filles d'Honneurde Madame. Onyvit encor M. le Duc de Vermandois , Monfieur le Chevalier de Lorraine M.
de Vendoſme , M. le marquis de мігероїх, м.Ле marquis de Rho- des , & quelques autres. Vous ſerez aiſément perfuadée que le Roy s'y fit diftinguer. Son grand air ,& la grace qui l'ac- compagne entoutes chofes, font des avantages qui ne ſont com- muns à perſonne; & quand il ne ſeroit point ce qu'il eſt , je vous jure , madame, que je ne m'empeſcherois point de vous dire qu'il donna ſujet de l'admi- rer au deſſus de tous les autres.
La Colation du premier Bal fut
fuperbe , la France augmente tous les jours en magnificence,
&peut- eſtre ne s'eſt-il jamais tien veude pareil. Comme je
144 LE MERCVRE ſçay que vous aimez tout ce qui marque de la grandeur, j'ay crû que vous me ſçauriez bon gré du Plan quejevous ay fait graver de cette Royale Cola-.
tion. Prenez la peine de jetter les yeux deſſus , le voicy; vous comprendrez plus aisément en le regardant, ce que j'ay àvous en dire. Les grands Quarrez qui font marquez Gradins, por- toient par le bas huit grandes Corbeilles de Fruit cru. Il y
avoit de petits Ronds de Con- fitures ſeches dans les encognures. Le ſecond rang portoit en- cor quatre Corbeilles , & les encognures eſtoient remplies comme celles du premier. Un grand Quarré de Fruit portant deux pieds de hauteur, faiſoit le deffus. Tous les Ronds &
Ovales marquez estoient de
Fruit
GALANT. 145 Fruit cru , &des Confitures ſe- ches rempliſſoient tous les
Quarrez qui font le tour de la Table. Par tout où vous voyez
de petits &de grāds Ronds noirs ( c ) maginez-vous des Flam- beaux dans les premiers , &des Girandoles dans les autres. La
meſime choſe des petits & des grands Ronds qui font blancs,
( OO ) Des Soucoupes de cri- ſtal garnies de quantité deGo- belets pleins d'Eaux glacées,te- noient la place des grands ; &
les petits que vous remarquez dans tout le tour de la Table ,
eſtoient des Porcelaines fines
en hors d'œuvre , remplies de toutes fortes de Compotes. Je puis abufer de quelques termes,
pardonnez- le moy. Une Balu- ſtrade un peu éloignée de la Table , la tenoit comme enferTome VIII. G
146 LE MERCVRE mée , &il y avoit des Bufets au delà. Je voudrois bien ſçavoir ce que voſtre imagination vous repreſente de toutes ces cho- ſes. Les yeux en devoient eſtre charmez , & je ne ſçay s'ils les pouvoient long-temps ſuporter.
Peignez-vous bien cet ébloüif- fant amas de Lumieres qui s'ai- doient les unes les autres,quand celles des Flambeaux donnant
fur le criftal des Girandoles, &
celles desGirandoles fur l'or des
Flambeaux, elles trouvoient encor à s'augmenter par ce qui réjallifſoit d'éclat des Caramels déja brillans d'eux-meſmes , &
du candy des Confitures per- lées. Adjoûtez - y ce que les Fruits diverſement colorez , les Rubans des Corbeilles , & le
Criftal des Soucoupes , en pou- voient avoir , &àtout cela joi
GALANT. 147
gnez l'effet que produiſoient les Pierreries de Leurs Maje- ſtez , & celles de quarante Da- mes qui estoient à table , &
qu'on en voyoit toutes couver- tes , il eſt impoſſible que vous ne conceviezquelque choſe au delà de tout ce qu'on a jamais veu de plus éclatant. LesHom- mes qui s'eſtoient mis tous en Juft-au-corps , ne brilloient pas moins de leur coſté. On n'en
pouvoit aſſez admirer la brode- rie , qui paroiſſoit d'autant plus,
que ce n'eſtoit que lumiere par tout. Ils eſtoient derriere les
Dames , & elles leur faifoient
partde tout ce qu'il y avoit fur laTable. Il faut rendre juſtice àM' BigotControlleur ordinai- redelaMaiſon du Roy. Il n'y a point d'Homme plus ineelli- gent, ny qui ſçache mieux re Gij
148 LE MERCVRE
gler ces fortes de choſes. Tout le temps qu'on a paffé à Fon- tainebleau, atellement eſté don- né aux Plaiſirs , que les jour de Media noche , quand l'Opéra ou la Comédie finiſſoit trop toſt , il y avoit de petits Bals particu- liers juſqu'à minuit. Vous ſca- vez , madame, ceque veut dire Medianoche,&que c'eſtunemo- dequinous eſt venuëd'Eſpagne,
où l'on attend àSouper en vian- de , que le Samedy ou un au -
tre jour d'abſtinence , s'il ſe ren- contre das quelque Semaine, ſoit expiré. Parmy tant de Divertif- ſemens , la Chaſſe n'a pas eſté oubliée. Ily en a eu tour à tour de pluſieurs fortes. Un jour apres que le Roy fut arrivé à
Fontainebleau , il les commen- ça par celle du Lievre avec la Meute deMonſeigneurleDau-
GALANT. 149 phin , commandée par M. de Selincourt. Sa Majeſté témoi- gna eſtre fort fatisfaite del'équi- page. Le lendemain Elle courut le Cerf avec une Meute nouvelle qu'Elle avoit faite Elle- meſme des trois meilleures
qu'on luy avoit pû choiſir. La Chaffe du Sanglier ſuivit. Le Roy entua trois à coupsd'Epée;
&ces diferentes Chaſſes ſuccederent pendant quelques jours .
lune à l'autre , tantoſt avec les
Chiens deMonfeigneurle Dau- phin , tantoſt avec les Chiens de Monfieur , & quelquefois ;
avec ceux de M. l'Abbé de
Sainte-Croix. En ſuite il ne fe
paſſa point de jour où l'on ne couruft le Cerf. Le's Chiens de
Sa majeſté on eu l'avantage. Ils en ont pris quinze; les Chiens de Monfieur , neuf; ceux de M.
Giij
IJO LE MERCVRE de Vendoſme , neuf; &ceux de
M. l'Abbé de Sainte-Croix,dix.
Le Roy a eſté tirerdes Faifans,
&couru une fois leChevreüil.
Il arriva unjour aux Toiles dans le temps qu'un Cerf que les Chiens de M. de Sainte-Croix
couroient fort loin de là , vint
s'y mettre , comme s'il euſt eu deſſeindedonnerle plaifir de ſa fin àSa Majefté. C'eſtoitle plus grand qui euſt eſté pris à Fon- minebleau. La teſte en a eſté
trouvée ſi belle , que le Roy l'a fait mettre dans la Galerie des
Cerfs. Je vous ay trop de fois nommé M. l'Abbé de SainteCroix, pourne vous le faire pas connoiftre. Il eſt Fils de feu M.
le Premier Prefident molé ,Garde des Sceaux , Frere de M. le
Prefident de Champlaſtreux ,
& maiſtre des Requeſtes. On ne
GALAN Τ. 151I
R
peut voir un plus honneſte- Homme, ny un meilleur Amy.
Toutes ſes manieres font enga- geantes , & ſes dépenſes d'un grand Seigneur. Dans la dernie- re Chaſſe le Roy laiſſa courre un Cerf à ſa troiſiéme teſte ,
qui dura preſque tout le jour. Il yen a eu detres-méchans &qui ont tuébien des Chiens. Il s'eſt
fait encor une Chafſe extraordinaire à l'occafion de Monfieur
deVerneüil, qui eſtantvenu au Leverdu Roy, eut l'honneurde
luydonner ſa Chemiſe. Sa Majeſté s'eſtant divertie àluy par- ler de pluſieurs choſes , tomba fur la Chaffe , & luy dit qu'Elle luy en vouloit donner le plaifir le lendemain. Monfieur deSoye- courGrand-Veneurde France,
reçeut l'ordre , & fit préparer
deux Cerfs au lieu d'un. La
Giiij
152 LE MERCVRE Reyne a veu une fois la Chaf- ſe en Carroffe , &Monſeigneur leDauphin les a fait toutes avec leRoy. Il n'y a rien de ſi ſurpre- nant que l'adreſſe &la vigueur qu'a fait paroiſtre cejeunePrin- ceau delà de ce que ſon âge luy devroit permettre. Mada- me s'est fait admirer à ſon ordinaire. C'eſt un Charme que de la voir à cheval. Rien ne
l'étonne , elle fait ſon plaifirde la fatigue ; & fon Sexe ne luy permettant pas d'aller àlaGuer- re , elle en va voir les Images ,
comme je l'ay déja marqué. Ce n'eſt pas ſeulementpar làqu'el- le merite d'eſtre estimée Tous
les Ouvrages d'eſprit la tou- chent. Elle carreſſe les Autheurs, &juge mieux que per- fonne de tout ce qu'on voit de
beau au Theatre. Madame la
GALANT. 153 Ducheffe de Toſcane s'eſt auſſi
trouvée à ces Parties. On ne
peutmontrer plus d'eſprit qu'el- le en fait paroiſtre. Elle fait tout avec grace , eft bonne , gené- reuſe , & fidelle Amie , &n'oublie jamais dans l'éloignement ceux qu'elle hon ore de ſa bien- veillance. Il n'est pas beſoin de vous dire qu'elle eft.Fille de feu
M. le Duc d'Orleans , Oncle du
Roy. Monfieur le Prince de Conty , quoy que jeune encor ,
n'a pas eſté un des moins ardens
pour cet Exercice.J'aurois peine àvous exprimer combien M.
le Duede Monmouth y amontré de vigueur. C'eſtoit quelque choſe de fi bouillant , qu'on l'en a veu quelquefois emporté juf- que parmy les Rochers. Il a
beaucoup paru au Bal , & on lny a trouvé un air tout-à-fair- G
154 LE MERCVRE digne de ce qu'il eſt. Vous pou- vez croire que Madame la Du- cheſſe de Boüillon aimant autant laChaffe qu'elle fait ,laiſſa échaper peu d'occaſionsd'y fui- vre le Roy. Elle a une adreſſe merveilleuſe en tout ce qu'elle
veut faire , & jamais on n'a mieux tiré en volant. Vous avez
eſté charmée des agrémens de ſa Perſonne , & de la vivacité
de ſon teint ; mais vous la ſeriez
encor davantage , fi vous con- noiſliez parfaitement la force &
la délicateſſe de ſon Eſprit. Elle l'a penetrant ; & comme il eſt
capablede toutes les belles con- noiffances , elle a un attachement inconcevable pourles Li- vres ,&va juſqu'à ce qui s'ap- pelle ſçavoir les chofes profon- dement. Mademoiſelle deGrancé a eſtédu nombre de ces Il-
GALANT. 155
:
:
Huſtres Chaſſereſſes. Elle eſt belle , ade la bonté , & un Efprit qui répond à ſa Naiſſance. Ma- demoiſelle des Adrets a fait auſſi
voir que la fatigue qui fuit ces fortes de Plaiſirs , ne l'étonne
pas. Je n'ay point ſçeu le nom des autres. J'ay apris feulement que les Dames ont eſté à la Chaſſe en Jupes , Juſt-au-corps de broderie , &Coifures de Plumes. Jenepuis m'empeſcherde vous dire encor que Mademoi- felle dança tres-bien , & fe fir admirer au Bal. Quelques autres , tant Hommes que Femmes , s'y firent auſſi diſtinguer.
Mais ma Lettre eſt déja ſi lon- gue , que je paſſe au Te-Deum de M. Lully , qui peut eſtre compté parmy les Plaiſirs de Fontainebleau. Ille fit chanter
devant le Roy le jour que Sa Gvj
136 LE MERCVRE Majesté luy fit l'honneur de nommer fon Fils. Toutes fortes
d'Inftrumens l'acompagnerent ;
les Tymbales & les Trompetes n'y furent point oubliez. Il eſtoit deMonfieur Luvy, c'eſt tout di-- re. Ce qu'on y admira particu- lierement , c'eſt que chaque Couplet eſtoit de diferente Mu- fique. Le Roy le trouva fi beau,
qu'il voulut l'entendre plus d'une fois.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé à Fontainebleau pendant le Sejour que Leurs Majestez y ont fait. Cet Article contient ceux des Comedies, Opéra, Bals, Plan d'une Collation, Chasses, & la maniere dont les Dames ont esté parées dans tous ces Divertissemens. [titre d'après la table]
Le texte relate le séjour prolongé du roi à Fontainebleau, initialement prévu pour quinze jours et étendu jusqu'au 30 septembre. Le château, vaste et somptueux, impressionne par ses nombreuses cours, appartements, galeries et jardins. Après des conquêtes hivernales et des décisions stratégiques, le roi cherchait à se détendre. Son séjour fut marqué par divers divertissements préparés avec magnificence. Le Prince de Marillac, Grand Maître de la Garderobe, fit confectionner des habits extraordinaires pour le roi, qui les apprécia. Les divertissements incluaient des représentations théâtrales et des opéras à l'Hôtel de Bourgogne, avec des pièces comme 'Iphigénie', 'Le Menteur' et 'L'Avare'. La musique du roi, augmentée de nouvelles voix, fut particulièrement applaudie. Les danseurs reçurent des gratifications pour leurs performances. Des mascarades et des spectacles comiques, comme celui de M. Philibert, ajoutèrent à l'ambiance festive. Deux bals magnifiques furent organisés, où la cour apparut dans des tenues somptueuses ornées de pierreries. Le roi, la reine, le Dauphin, Monseigneur, Madame et Mademoiselle portèrent des habits richement décorés. Les dames se parèrent de nattes, de boucles et de pierreries, avec des habits gris brodés. Les bals furent l'occasion de montrer l'éclat et la magnificence de la cour, avec une participation libre pour ceux de qualité considérable. Le roi se distingua par son air et sa grâce. La collation du premier bal à Fontainebleau fut particulièrement somptueuse, soulignant la magnificence croissante de la France. La table était ornée de fruits frais et de confitures, avec des flambeaux et des girandoles illuminant l'ensemble. Les convives, y compris le roi et quarante dames, étaient parés de pierreries, et les hommes en justaucorps brodé admiraient la broderie. M. Bigot, contrôleur ordinaire de la Maison du Roi, est loué pour son intelligence et son savoir-faire dans l'organisation de ces événements. Pendant le séjour à Fontainebleau, les plaisirs étaient nombreux, avec des bals jusqu'à minuit et diverses chasses, notamment celles du lièvre, du cerf et du sanglier. Le roi et plusieurs nobles, dont le Dauphin et Madame, participèrent activement à ces activités. La présence de Madame la Duchesse de Toscane et de Monsieur le Prince de Conti, ainsi que la vigueur de Monsieur le Duc de Monmouth, furent notées. La Duchesse de Bouillon et Mademoiselle de Grancey se distinguèrent par leur adresse et leur esprit. Le Te Deum de Monsieur Lully, composé pour l'occasion, fut particulièrement apprécié par le roi.
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31
p. 243-250
M. l'Evesque de Marseille saluë le Roy apres son retour de Pologne. [titre d'après la table]
Début :
Avant qu'on quitast Fontainebleau, Monsieur l'Evesque de Marseille [...]
Mots clefs :
Evêque de Marseille, Pologne, Roi, Cardinalat, Maison
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Evesque de Marseille saluë le Roy apres son retour de Pologne. [titre d'après la table]
Avant qu'on quitaſt Fontai nebleau , Monfieur l'Evefque de Marſeille qui arrivoit de Po- logne, y vint ſalüer Sa Majesté ,
&en fut reçeu avec des témoi- gnages d'eftime & de fatisfa- dion , dignes des importans fer- vicesqu'il luy a rendus dans cet- te Cour. Il y avoit eſté envo ye Ambaſfadeur Extraordinaire pouraffilter à la Diete qui ſete
GALANT. 157
noit à Varſovie pour l'Election de celuy qui devoit remplir la place du Roy Michel , mort en 1673. &il tourna fi bien les Eſprits par ſa prudence & par fon habileté , que malgré les engagemens que toute la. No- bleffe du Grand Duché de Lithuanie , & la plus grande par- tie de celle de Pologne, avoient pris avec la Maiſon d'Autriche,
le Grand Mareſchal Sobieski
fut proclamé Roy d'un confen- tement unanime, ſous le nomde
Jean III . Comme on ne peut- douter que le merite de ce nou- veau Prince n'ait contribué à le
faire élever au Trône , on ne
peut douter auffi que la confi- dération du plus Grand Mo->
narque du monde qui luy don- noit fa protection , & la fage &
vigilanteconduite de fon Mini
158 LE MERCVRE ſtre , n'ayent eu la plus grande part en cette Election fi glorieu- ſe à la France , fi neceſſaire àla
Pologne , & fi avantageuſe à
toute la Chrétienté. C'eſt une
verité dont ce nouveau Roy,
incontinent apres qu'il fut éleu,
fit gloire de demeurer d'accord luy-meſme, en donnant à M' de Marſeille ſa Nomination au Cardinalat , comme une premiere marque de ſa reconnoiffance envers le Roy, &de ſon eſtime envers fon Miniſtre. Ce n'eſt
pas le ſeul ſervice que cet Illu- ſtre Prélat ait rendu alors à Sa
Majesté. Le Roy qu'on venoit d'élire avoitune cruelle Guerre
fur les bras. Toutes les forces
de l'Empire Otoman eſtoient jointes contre luy à celles des Tartares , & la Paix ne devenoit pas ſeulement neceſſaire à
GALANT. 159 la Pologne , elle ne pouvoit qu'eſtre avantageuſe à la Fran- ce & à ſes Alliez. M de Marfeille ydonna toute fon applica- tion pendant trois ans, &le fuc- cés fit connoiftre qu'il ne l'avoit pas inutilement donnée. Il eſt difficile de ne pas réüffir quand on a autant d'intelligence &de penétration qu'il ena dans les Affaires. Il foûtient fon rang &les Emplois qu'on luy donne,
parune magnificence qui en eft digne ; & ce qui eft remarqua- ble, il apporte par ſes ſoins au- tant d'ordre dans ſon Dioceſe
pendant ſon abſence , que s'il demeuroit toûjours préſent. Je ne vous parle pointde fa Mai- fon , qui eft grande , illuftre , &
fort ancienne , & dont il y a des choſes tres-glorieuſes àdire. Le temps me preſſe ,&lemeritede
TON
160 LE MERCVRE
M. de Marseille me donnera fi
fouvent occaſion de vous entretenir de tout ce qui le regarde ,
que ie ne vous en laiſſeray rien ignorer. Je vousdiray ſeulement aujourd'huy qu'il eſt de la Mai-- fon de Fourbin , & de la Branchedes marquis de Janſon.
&en fut reçeu avec des témoi- gnages d'eftime & de fatisfa- dion , dignes des importans fer- vicesqu'il luy a rendus dans cet- te Cour. Il y avoit eſté envo ye Ambaſfadeur Extraordinaire pouraffilter à la Diete qui ſete
GALANT. 157
noit à Varſovie pour l'Election de celuy qui devoit remplir la place du Roy Michel , mort en 1673. &il tourna fi bien les Eſprits par ſa prudence & par fon habileté , que malgré les engagemens que toute la. No- bleffe du Grand Duché de Lithuanie , & la plus grande par- tie de celle de Pologne, avoient pris avec la Maiſon d'Autriche,
le Grand Mareſchal Sobieski
fut proclamé Roy d'un confen- tement unanime, ſous le nomde
Jean III . Comme on ne peut- douter que le merite de ce nou- veau Prince n'ait contribué à le
faire élever au Trône , on ne
peut douter auffi que la confi- dération du plus Grand Mo->
narque du monde qui luy don- noit fa protection , & la fage &
vigilanteconduite de fon Mini
158 LE MERCVRE ſtre , n'ayent eu la plus grande part en cette Election fi glorieu- ſe à la France , fi neceſſaire àla
Pologne , & fi avantageuſe à
toute la Chrétienté. C'eſt une
verité dont ce nouveau Roy,
incontinent apres qu'il fut éleu,
fit gloire de demeurer d'accord luy-meſme, en donnant à M' de Marſeille ſa Nomination au Cardinalat , comme une premiere marque de ſa reconnoiffance envers le Roy, &de ſon eſtime envers fon Miniſtre. Ce n'eſt
pas le ſeul ſervice que cet Illu- ſtre Prélat ait rendu alors à Sa
Majesté. Le Roy qu'on venoit d'élire avoitune cruelle Guerre
fur les bras. Toutes les forces
de l'Empire Otoman eſtoient jointes contre luy à celles des Tartares , & la Paix ne devenoit pas ſeulement neceſſaire à
GALANT. 159 la Pologne , elle ne pouvoit qu'eſtre avantageuſe à la Fran- ce & à ſes Alliez. M de Marfeille ydonna toute fon applica- tion pendant trois ans, &le fuc- cés fit connoiftre qu'il ne l'avoit pas inutilement donnée. Il eſt difficile de ne pas réüffir quand on a autant d'intelligence &de penétration qu'il ena dans les Affaires. Il foûtient fon rang &les Emplois qu'on luy donne,
parune magnificence qui en eft digne ; & ce qui eft remarqua- ble, il apporte par ſes ſoins au- tant d'ordre dans ſon Dioceſe
pendant ſon abſence , que s'il demeuroit toûjours préſent. Je ne vous parle pointde fa Mai- fon , qui eft grande , illuftre , &
fort ancienne , & dont il y a des choſes tres-glorieuſes àdire. Le temps me preſſe ,&lemeritede
TON
160 LE MERCVRE
M. de Marseille me donnera fi
fouvent occaſion de vous entretenir de tout ce qui le regarde ,
que ie ne vous en laiſſeray rien ignorer. Je vousdiray ſeulement aujourd'huy qu'il eſt de la Mai-- fon de Fourbin , & de la Branchedes marquis de Janſon.
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Résumé : M. l'Evesque de Marseille saluë le Roy apres son retour de Pologne. [titre d'après la table]
L'évêque de Marseille se rendit à Fontainebleau pour saluer le roi après une mission en Pologne. En 1673, il participa à la Diète de Varsovie pour l'élection du nouveau roi de Pologne, suite au décès du roi Michel. Grâce à sa prudence et son habileté, il contribua à l'élection de Jean III Sobieski, malgré les engagements de la noblesse polonaise et lituanienne avec la Maison d'Autriche. Le soutien du roi de France, via l'évêque, fut déterminant. En reconnaissance, Sobieski nomma l'évêque au cardinalat. L'évêque joua également un rôle crucial dans la négociation de la paix entre la Pologne, l'Empire ottoman et les Tartares pendant trois ans. Il est reconnu pour sa magnificence et l'ordre qu'il maintient dans son diocèse, même en son absence. L'évêque est issu de la maison de Fourbin et de la branche des marquis de Janson.
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32
p. 172-180
Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Début :
Ce qui m'en cause tous les jours, & qui en cause [...]
Mots clefs :
Armes du Roi, Hongrie, Mr de Boham, Pologne, Gloire, Grand Maréchal Sobieski, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Ce qui m'en cauſe tous les
jours, &qui en cauſe ſansdou- te à toute l'Europe, c'eſt de voir qu'enquelque lieuque cepuiffe eftre , &pour quelque occafion que ce foit , les Armes du Roy *portent la terreur où elles pa- roiffent. Voyez ce qui eſt arri- vé , quand SaMajesté ſollicitée " par les Mécontens de Hongrie de les ſecourirdanslear oppref- fion, refolut enfin de les aſſiſter.
Elle fit donner ſes ordres à M
*de Boham par M' le Marquisde Bethune ſon Ambaſfadeur Ex-
GALANT. 115
2
traordinaire en Pologne , & on ytrouva des François tous preft àmarcher. Il n'eſt pas ſurpre- nantqu'ily en euft. Ils courent • par tout apres la Gloire ,&dés que la paix eſt en France , ils " vontchercher àſe ſignaler chez -tous les Princes Chreftiens qu*-
Kils ſcavent en Guerre. Mr de Boham qui en avoit appris le -meſtier parmy les Bravesde ces deux Belliqueuſes Nations , af- -ſembla des Troupes en peu de temps.Il le fitavecd'autant plus de facilité , que les Polonois qui
ne reſpirent que les armes , ne prennent ſouvent aucun autre
aveu que celuyde leur courage pour s'engager. L'ardeur de la gloire , &l'activité qui eft ordinaire aux François , luy furent d'ailleurs un grand avantage pour luy faire amafferprompte
116 LE MERCVRE
ment quatre mille huit cens Hommes effectifs avec leſquels il alla au ſecours de Mécontans.
Remarquez , Madame , que je
ne vous ay rienditd'abord que de veritable Les ſuccés avoient
efté balancez depuis pluſieurs années en Hongrie, Nos Fran- çois y arrivent. Ils n'ont encor
joint que peu de Hongrois , &
ils gagnent une celebreVictoire.
Il eſt vrayque les Polonois qu'ils commandoienty ont eu part,
ayant montrédas cette fameuſe Iournée la meſme valeur qu'ils avoient fait paroiſtre tant de fois ſous le Grand Mareſchal
Sobieski , que ſon merite extra- drdinaire amisdans leTrône,&
qui eſtant devenu leurRoy, ne les a pas moins accouſtumez à
vaincre qu'auparavant. Plus de mille morts fontdemeurez ſur la
GALANT. 117
place, ſans compter ceux qui ſe ſont noyez. Joignez à cela plus de huit cens Priſonniers , avec
toutes les dépdüilles , &vous avoüerez que cet avantage peut paſſer pour une pleine Victoire.
M.deBoham a fait voir das cette
occafion toute la prudence &
toute la conduited'ungradChef avec la fermeté d'un Soldat. M.
le Chevalier d'Alembon porta ſes ordrespar tout,& paya deſa perſonne d'une maniere qui fit connoiſtre que le peril ne l'éton- noit pas. Ilneſe peut rien adjoû- ter aux marquesde courageque donna M. de Sorbual qu'on vit toûjours à la teſte des Troupes Hondroiſes. M. le Marquis de Guenegaudnequittapointcelle de laCavalerie.Il arreſta les Ennemis qui voulurent forcer le Poſte qu'il gardoit,&les empef
118 LE MERCVRE chameſmede paſſer. Il eſt Fils de M. deGuenegaudqui a eſté Treſorier de l'Epargne. M. de Chanleu commandant l'Infanterie, donna l'exemple àſon Regi- ment, & alla Pique baiſſée aux Ennemis.M.de Valcour premier Capitaine du Regiment de Bo- ham ne ſe fit pas moins remar- quer. Je ne vous nomme point les Polonois,Hongrois &Tarta- res qui ſe ſignalerent , il yen eut beaucoup , & vous n'aurez pas de peine à le croire , puis qu'ils combatoient avec des François,
&qu'il eſt impoffible qu'enleurs voyant faire des choſes ſurpre- nantes,on ne tâche de les imiter.
Leur entrée enHongrie n'apas eſté ſeulement ſuivie de laVitoire, elle a obligé deuxgrades Comtez qui ſoufroient fans ofer ſedeclarer à ſe ranger du party .
:
GALANT. 119
des Mécontens , dont enfin le
Manifeſte a paru touchant les
juſtes raiſons qui leur ont fait implorer l'aſſiſtace du RoyTresChreftien.Depuistout ce queje viens de vous marquer,ces Peu- ples oppreſſez ont encor rem- porté des avantages confidera- bles. Il n'y a pas lieu d'en eſtre furpris , puis que la France s'en meſle.
jours, &qui en cauſe ſansdou- te à toute l'Europe, c'eſt de voir qu'enquelque lieuque cepuiffe eftre , &pour quelque occafion que ce foit , les Armes du Roy *portent la terreur où elles pa- roiffent. Voyez ce qui eſt arri- vé , quand SaMajesté ſollicitée " par les Mécontens de Hongrie de les ſecourirdanslear oppref- fion, refolut enfin de les aſſiſter.
Elle fit donner ſes ordres à M
*de Boham par M' le Marquisde Bethune ſon Ambaſfadeur Ex-
GALANT. 115
2
traordinaire en Pologne , & on ytrouva des François tous preft àmarcher. Il n'eſt pas ſurpre- nantqu'ily en euft. Ils courent • par tout apres la Gloire ,&dés que la paix eſt en France , ils " vontchercher àſe ſignaler chez -tous les Princes Chreftiens qu*-
Kils ſcavent en Guerre. Mr de Boham qui en avoit appris le -meſtier parmy les Bravesde ces deux Belliqueuſes Nations , af- -ſembla des Troupes en peu de temps.Il le fitavecd'autant plus de facilité , que les Polonois qui
ne reſpirent que les armes , ne prennent ſouvent aucun autre
aveu que celuyde leur courage pour s'engager. L'ardeur de la gloire , &l'activité qui eft ordinaire aux François , luy furent d'ailleurs un grand avantage pour luy faire amafferprompte
116 LE MERCVRE
ment quatre mille huit cens Hommes effectifs avec leſquels il alla au ſecours de Mécontans.
Remarquez , Madame , que je
ne vous ay rienditd'abord que de veritable Les ſuccés avoient
efté balancez depuis pluſieurs années en Hongrie, Nos Fran- çois y arrivent. Ils n'ont encor
joint que peu de Hongrois , &
ils gagnent une celebreVictoire.
Il eſt vrayque les Polonois qu'ils commandoienty ont eu part,
ayant montrédas cette fameuſe Iournée la meſme valeur qu'ils avoient fait paroiſtre tant de fois ſous le Grand Mareſchal
Sobieski , que ſon merite extra- drdinaire amisdans leTrône,&
qui eſtant devenu leurRoy, ne les a pas moins accouſtumez à
vaincre qu'auparavant. Plus de mille morts fontdemeurez ſur la
GALANT. 117
place, ſans compter ceux qui ſe ſont noyez. Joignez à cela plus de huit cens Priſonniers , avec
toutes les dépdüilles , &vous avoüerez que cet avantage peut paſſer pour une pleine Victoire.
M.deBoham a fait voir das cette
occafion toute la prudence &
toute la conduited'ungradChef avec la fermeté d'un Soldat. M.
le Chevalier d'Alembon porta ſes ordrespar tout,& paya deſa perſonne d'une maniere qui fit connoiſtre que le peril ne l'éton- noit pas. Ilneſe peut rien adjoû- ter aux marquesde courageque donna M. de Sorbual qu'on vit toûjours à la teſte des Troupes Hondroiſes. M. le Marquis de Guenegaudnequittapointcelle de laCavalerie.Il arreſta les Ennemis qui voulurent forcer le Poſte qu'il gardoit,&les empef
118 LE MERCVRE chameſmede paſſer. Il eſt Fils de M. deGuenegaudqui a eſté Treſorier de l'Epargne. M. de Chanleu commandant l'Infanterie, donna l'exemple àſon Regi- ment, & alla Pique baiſſée aux Ennemis.M.de Valcour premier Capitaine du Regiment de Bo- ham ne ſe fit pas moins remar- quer. Je ne vous nomme point les Polonois,Hongrois &Tarta- res qui ſe ſignalerent , il yen eut beaucoup , & vous n'aurez pas de peine à le croire , puis qu'ils combatoient avec des François,
&qu'il eſt impoffible qu'enleurs voyant faire des choſes ſurpre- nantes,on ne tâche de les imiter.
Leur entrée enHongrie n'apas eſté ſeulement ſuivie de laVitoire, elle a obligé deuxgrades Comtez qui ſoufroient fans ofer ſedeclarer à ſe ranger du party .
:
GALANT. 119
des Mécontens , dont enfin le
Manifeſte a paru touchant les
juſtes raiſons qui leur ont fait implorer l'aſſiſtace du RoyTresChreftien.Depuistout ce queje viens de vous marquer,ces Peu- ples oppreſſez ont encor rem- porté des avantages confidera- bles. Il n'y a pas lieu d'en eſtre furpris , puis que la France s'en meſle.
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Résumé : Avantage remporté sur les Hongrois par le Colonel Boham. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'intervention militaire de la France en Hongrie à la demande des mécontents hongrois. Le roi de France, sollicité par ces derniers, décide de les secourir. Les ordres sont transmis par l'ambassadeur français en Pologne, le Marquis de Béthune. Les Français, toujours en quête de gloire, se montrent prêts à combattre. Monsieur de Boham, formé par des nations belliqueuses, rassemble rapidement des troupes, aidé par l'ardeur des Français et l'engagement des Polonais. Les Français, rejoints par quelques Hongrois, remportent une victoire célèbre malgré des succès précédemment équilibrés. Les Polonais, sous le commandement de Français, démontrent leur valeur. La bataille laisse plus de mille morts, huit cents prisonniers et des dépouilles. Plusieurs officiers français se distinguent par leur courage et leur conduite, notamment Monsieur de Boham, le Chevalier d'Alembon, Monsieur de Sorbas, le Marquis de Guénégaud, Monsieur de Chanleu et Monsieur de Valcour. Les Polonais, Hongrois et Tartares se signalent également. Cette victoire oblige deux grands comtes à se ranger du côté des mécontents, dont le manifeste justifie l'appel à l'aide du roi de France. Depuis, les peuples opprimés continuent à remporter des avantages significatifs.
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33
p. 180-185
SONNET POUR LE ROY.
Début :
Voyez, Madame, ce que fait le Nom du Roy. / Destins, veuillez toûjours pour conserver ce Roy, [...]
Mots clefs :
Roi, Victoire, Gloire, Triomphes, Éloges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET POUR LE ROY.
Voyez, Madame, ce que fait le Nomdu Roy.Il ſedeclare,
&la Victoire devient infaillible,
mais ſi ces Armes ſe font redouter par tout, ſes Triomphes font en meſme temps l'inépuiſable matiere des Eloges de tout le monde , &ceux que l'embarras des Affaires du Public oblige à
rompre commerce avec les Mu- ſes,cherchent à le renoüerpour ne demeurerpas muetsquand il -
s'agit de la gloire de ce grand
120 LE MERCVRE
Monarque. Vousn'en douterez pointquand vous aurez leu ce Sonnetde M.de BrionConſeiller
au Parlement.
Sonnet pour le Roy.
Destins, veillez toûjours pourconſerver
ceRoy,
Devosſoins affidus leplus parfait onvrage.
Ne l'abandonnez point , lorſque ſon grand courage Luyfait porter par tout la terreur l'effroy.
Quoy qu'il traiſne toûjours la Victoire
apresfoy,
Comme il court ſans rien craindre ou la
gloire l'engage,
Dans les divers perils que fon grand
cœur partage,
Du ſoinde le garder faites-nous une
Loy.
Vous
GALANT. 121
Vous avez employéplus decing mille années
Aformer de Loüis les nobles deſtinées ;
Vostreplus grandeffort nous paroistau- jourd'huy.
Ne livrez doncjamais àla fureur des Parques CeRoy victorieux , lagloire des Monarques,
Vous nesçauriez donner unplus grand Royque luy.
- Cette verité eſt ſi conſtante,
que leplaiſird'admirer ſes gran- des Actions adoucit les mauxde
ceux qui ſouffrent; &cet autre Sonnetde M² l'Abbé Flanc arreſté dans la Conciergerie par ſes malheurs , en eſt une mar...
que.
TomeX. F
122 LE MERCVRE
Au ROY, Sonnet. ***
Royd'eftre feulimité de tous , les Roys digne
Ta grandeur m'ébloüit , OmaMuse tremblante
S'égare&se confond de voir, lors qu'on
tevante,
Ton meriteplus grandque tafelicité.
Tuportes tous les traitsde la Divinité,
Au ſeul bruit de ton Nom l'Europe s'épouvanteد
Etles Faits inoüls de tamain fipuis- Sante Feront l'étonnement de la Pofterité. 7
Mais lors que'tu parois environné de gloire,
Qu'entout tempstes Drapeaux devan- cent la Victoire ,
Qu'un seul de tes deſſeins suspendtout
l'Univers ;
GALANT. 123
QuedufierEspagnol les Villesſont con- quiſes,
Qu'à l'éclat de tes Lys les Aigles font Soumiſes,
:
At'admirer , Grand Roy , j'adoucis tous mesfers.
&la Victoire devient infaillible,
mais ſi ces Armes ſe font redouter par tout, ſes Triomphes font en meſme temps l'inépuiſable matiere des Eloges de tout le monde , &ceux que l'embarras des Affaires du Public oblige à
rompre commerce avec les Mu- ſes,cherchent à le renoüerpour ne demeurerpas muetsquand il -
s'agit de la gloire de ce grand
120 LE MERCVRE
Monarque. Vousn'en douterez pointquand vous aurez leu ce Sonnetde M.de BrionConſeiller
au Parlement.
Sonnet pour le Roy.
Destins, veillez toûjours pourconſerver
ceRoy,
Devosſoins affidus leplus parfait onvrage.
Ne l'abandonnez point , lorſque ſon grand courage Luyfait porter par tout la terreur l'effroy.
Quoy qu'il traiſne toûjours la Victoire
apresfoy,
Comme il court ſans rien craindre ou la
gloire l'engage,
Dans les divers perils que fon grand
cœur partage,
Du ſoinde le garder faites-nous une
Loy.
Vous
GALANT. 121
Vous avez employéplus decing mille années
Aformer de Loüis les nobles deſtinées ;
Vostreplus grandeffort nous paroistau- jourd'huy.
Ne livrez doncjamais àla fureur des Parques CeRoy victorieux , lagloire des Monarques,
Vous nesçauriez donner unplus grand Royque luy.
- Cette verité eſt ſi conſtante,
que leplaiſird'admirer ſes gran- des Actions adoucit les mauxde
ceux qui ſouffrent; &cet autre Sonnetde M² l'Abbé Flanc arreſté dans la Conciergerie par ſes malheurs , en eſt une mar...
que.
TomeX. F
122 LE MERCVRE
Au ROY, Sonnet. ***
Royd'eftre feulimité de tous , les Roys digne
Ta grandeur m'ébloüit , OmaMuse tremblante
S'égare&se confond de voir, lors qu'on
tevante,
Ton meriteplus grandque tafelicité.
Tuportes tous les traitsde la Divinité,
Au ſeul bruit de ton Nom l'Europe s'épouvanteد
Etles Faits inoüls de tamain fipuis- Sante Feront l'étonnement de la Pofterité. 7
Mais lors que'tu parois environné de gloire,
Qu'entout tempstes Drapeaux devan- cent la Victoire ,
Qu'un seul de tes deſſeins suspendtout
l'Univers ;
GALANT. 123
QuedufierEspagnol les Villesſont con- quiſes,
Qu'à l'éclat de tes Lys les Aigles font Soumiſes,
:
At'admirer , Grand Roy , j'adoucis tous mesfers.
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Résumé : SONNET POUR LE ROY.
La lettre célèbre les exploits et la gloire du roi, dont les victoires sont décrites comme infaillibles et universellement admirées. Même les personnes occupées par les affaires publiques cherchent à exalter sa renommée. La lettre inclut un sonnet de M. de Brion, conseiller au Parlement, qui appelle les destins à protéger le roi, soulignant son courage et ses triomphes constants. Ce sonnet exprime le souhait de voir le roi continuer à inspirer la terreur et l'admiration. Un autre sonnet, écrit par l'Abbé Flancar depuis la Conciergerie, admire la grandeur et le mérite du roi, comparant sa divinité et son impact sur l'Europe. Les faits héroïques du roi sont destinés à étonner la postérité. La lettre se conclut en mentionnant que l'admiration pour les actions du roi adoucit les maux des souffrants.
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34
p. 269
AU ROY.
Début :
Ces Prodiges donnent de l'occupation à tout ceux qui / Grand Roy, quelle est la Destinée [...]
Mots clefs :
Exploits, Roi, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Ces Prodiges donnent de l'occupation à tous ceuxqui ſcavent ſe diftinguer par leur Eſprit. Il n'y a pas juſqu'aux Dames qu'une fi belle matiere n'engage à prendre la plume, &
voicy ce qu'elle a fait écrire à
Mademoiſelle de Racilly.
1
GALAN T. 183
AU ROY..
RandRoy, quelle est laDestinée
tous vos Explois ?
Les quatre Saiſons de l'Année Reglent leur courspar vostre choix... Campagnen'est plus bornée La
Ainsiqu'elle estoit autrefois ,
Toute la Terre est étonnée
De la voir durer douze Mois
voicy ce qu'elle a fait écrire à
Mademoiſelle de Racilly.
1
GALAN T. 183
AU ROY..
RandRoy, quelle est laDestinée
tous vos Explois ?
Les quatre Saiſons de l'Année Reglent leur courspar vostre choix... Campagnen'est plus bornée La
Ainsiqu'elle estoit autrefois ,
Toute la Terre est étonnée
De la voir durer douze Mois
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35
p. 26-27
AU ROY.
Début :
Cette glorieuse Perte a donné lieu à Mademoiselle de Scudéry, / Faut-il donc toûjours vaincre, & forcer des Murailles ? [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Scudéry, Perte, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Cette glorieuse Perte a don-
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
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36
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
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texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
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Résumé : Avant-propos, [titre d'après la table]
Le texte met en lumière les mérites d'un monarque français, qualifié de 'Grand' pour ses nombreuses victoires militaires, ses réformes judiciaires visant à éviter les abus et les procédures longues, ainsi que son zèle religieux. Le roi encourage la conversion des protestants au catholicisme en publiant une ordonnance qui supprime les obstacles à cette conversion. Certains protestants hésitaient à se convertir par crainte des seigneurs locaux, qui pourraient les obliger à loger des soldats. Pour les rassurer, le roi a décrété que les convertis seraient exemptés de loger des soldats et de payer certaines taxes pendant deux ans. Cette mesure vise à favoriser les conversions, et les missionnaires royaux signalent des progrès notables, notamment dans le Poitou où des centaines de personnes se sont récemment converties.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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37
p. 317-331
Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
Début :
C'est avec raison, Madame, que je vous ay dit bien [...]
Mots clefs :
Roi, André Boureau-Deslandes, M. Cornuet, Siam, Roi de Siam, Terre, Présents, Lettre, Pavillon, Ambassadeurs, François Baron, Indes, France, Pays, Europe
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
C'eft avec railon, Madame
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
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Résumé : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
En 1680, des ambassadeurs du roi de Siam furent envoyés en France pour reconnaître la grandeur et les conquêtes du roi de France. Le baron, directeur général de la Compagnie Royale de France dans les Indes, mit à disposition un vaisseau pour transporter les ambassadeurs. Ce vaisseau, commandé par M. Cornuet et transportant M. Dellandes, arriva en septembre 1680. Dellandes, choisi pour sa bonne mine et son éducation, portait une lettre et des présents du roi de France. À leur arrivée, ils demandèrent la permission de saluer un pavillon, ce qui fut accordé. Dellandes remarqua un pavillon républicain et insista pour en hisser un royal, ce qui entraîna une salve d'artillerie échangée entre le vaisseau et la forteresse. Dellandes et Cornuet furent ensuite conduits à une maison préparée pour eux. En septembre, trois mandarins vinrent accompagner la lettre et les présents à la cour. Dellandes, accompagné de soldats français, fut reçu par les ministres du roi de Siam. L'audience dura plus d'une heure, durant laquelle Dellandes répondit aux questions sur la France et son monarque. Le roi de Siam, impressionné par les présents, notamment des lustres de cristal et des pièces d'artillerie, décida d'envoyer trois ambassadeurs en France. Ces ambassadeurs, incluant un grand mandarin expérimenté, partirent pour Bantam mais manquèrent le vaisseau Soleil d'Orient. Ils étaient attendus en septembre 1681 sur ce même vaisseau. Le roi de Siam, anticipant des conflits avec une puissance européenne, cherchait à s'allier avec la France. Ses titres incluent 'Roi des Rois' et 'Maître des Eaux', et ses États s'étendent sur plus de trois cents lieues dans les Indes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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38
p. 158-161
SONNET.
Début :
Vous voyez par là, Madame, que le Roy s'attache toûjours avec / Le Ciel souscrit aux Loix du plus grand des Monarques, [...]
Mots clefs :
Roi, Religion, Béarn, Calvinistes, Abjurations, Gloire, Hérésie, Lois, Empire, Ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Vous voyez par là , Madame
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.
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Résumé : SONNET.
Le texte décrit l'engagement du roi pour la religion et ses efforts pour résoudre les différends religieux dans le Béarn. Le roi, qualifié de zélé mais galant, promulgue des ordonnances pour régler ces conflits tout en respectant les traités en vigueur. Il espère que les calvinistes reconnaîtront leurs erreurs, et les nombreuses abjurations sont perçues comme un signe du soutien divin à ses actions. Un sonnet célèbre, inspiré par la chute de la foudre sur la maison d'un ministre à Chauny, célèbre la destruction de l'hérésie et la victoire du roi Louis. Ce sonnet compare la puissance divine et royale, soulignant que le roi agit avec le soutien du ciel pour vaincre l'hérésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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39
p. 182-183
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Si le Roy donne ses soins à la conversion des Prétendus [...]
Mots clefs :
Roi, Conversion, Prétendus réformés, Zèle, Seigneur, Jésuites, Cérémonie, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Si le Roy donne fes foins à
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
la converfion des Prétendus
Réformez , quantité de Perfonnes
de ce Party travaillent
de leur cofté à leur converfion
particuliere
, en recevant
les Inftructions
, qu'on
cherche par tout à leur doner
avecunzeletout
apoftolique
.
M' de Vefc , Fils de Meffire
Mary de Vefc , Seigneur de
Vefc , Compftruinas
, & autres
Lieux , abjura le 5. de
mois aux Jéfuites de la Rue
ce
GALANT. 183
S. Antoine , entre les mains
du R. Pere de la Chaife. Il
avoit efté inftruit par le Pere
Drouet , Jéfuite au Novitiat.
M ' de Montauban , Lieutenant
de Roy au Comté de
Bourgogne , M' de Montanegre
, Lieutenant de Roy
en Languedoc , & plufieurs
autres Perfonnes de qualité, y
eftoient préfens , comme Parens
de M' de Vefc, qui a fuivy
l'exemple de fon Frere aî¬
né. Le Roy a donné ordre à
M' de Fourbin d'équiper ce
dernier , & de luy donner
place dans fesMoufquetaires,
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En France, des protestants, appelés 'Prétendus Réformez', sont convertis sous l'impulsion royale. Monsieur de Vesc, seigneur de Vesc et Compréignac, a abjuré sa foi protestante le 5 du mois chez les Jésuites de la rue Saint-Antoine. Il a été instruit par le Père Drouet. Des personnalités notables, dont Monsieur de Montauban et Monsieur de Montanégrès, étaient présentes. Le roi a ordonné à Monsieur de Fourbin de l'intégrer parmi les mousquetaires.
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40
p. 6-9
Discours de M. l'Intendant de Montauban, aux Prétendüs Réformez, [titre d'après la table]
Début :
C'est pour cela que Mr Foucault, Intendant de Montauban, [...]
Mots clefs :
Mr Foucault, Intendant de Montauban, Consistoire, Prétendus réformés, Ministres, Temple, Roi, Église romaine, Ordres, Lumières, Sentiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours de M. l'Intendant de Montauban, aux Prétendüs Réformez, [titre d'après la table]
C'eſt pour
cela que M' Foucault, Intendant
de Montauban, y fit afſembler
le Confiftoire, dans
le mois de Fevrier. Tout le
monde ſçait avec combien
d'aprobation il s'acquite depuis
longtemps de cette Intendance
. Voicy dans quels
termes il expliqua les intentions
du Roy aux Miniſtres,
&à tous les Prétendus ReforGALANT.
7
1
mez qui s'eſtoient rendus au
Temple.
MESSIEURS,
LeRoy continuant de donner
à ſes Sujets de vostre Religion
des marques de la forte paſſion
qu'il a de les voir tous rentrez
dans le ſein de l'Eglife Romaine,
Sa Majefte m'a ordonné de vous
faire affembler icy , pour vous
dire que ſa volonté est que vous
écoutiez la lecture de l'Avertiſſement
Pastoral de Meffieurs
de l' Affemblée generale du Clergé
de France ; que vous en receviez
lafignification, &que vous en-
A iiij
8 MERCURE
tendiez ce que M³ le Bret vous
dira fur ceſujet. A quoy je dois
ajoûter, qu'apres que le Roy
vous a ordonné ces chofes comme
voſtre Souverain , ce Grand
Prince, comme Fils aîné de l'Eglife,
vous exhorte , vousfolli
cite, vous preſſe, de vous laiſſer
toucher aux plaintes de cette
Mere affligée , qui vous tend
les bras inceſſamment, & dont
Sa Majesté est obligée de pren
dre la protection. Je souhaite
tres- ardemment en mon particulier,
que les Lumieres Evangéliques
qui font répanduës dans
cette Monition que vous font les
GALANT. و9
Succeffeurs des Apoftres , ayent
affez de force pour diffiper les
nuages qui nous cachent les uns
aux autres , & que nous trouvant
tous dans une uniformité
de sentimens de respect, & do
venération pour les vertus de
noſtre incomparable Monarque,
nous puiſſions auffi nous réünir
dans les mesmes sentimens pour
la Religion qu'il profeffe , &
qu'ont profeffée nos Ayeux , &
les vostres.
cela que M' Foucault, Intendant
de Montauban, y fit afſembler
le Confiftoire, dans
le mois de Fevrier. Tout le
monde ſçait avec combien
d'aprobation il s'acquite depuis
longtemps de cette Intendance
. Voicy dans quels
termes il expliqua les intentions
du Roy aux Miniſtres,
&à tous les Prétendus ReforGALANT.
7
1
mez qui s'eſtoient rendus au
Temple.
MESSIEURS,
LeRoy continuant de donner
à ſes Sujets de vostre Religion
des marques de la forte paſſion
qu'il a de les voir tous rentrez
dans le ſein de l'Eglife Romaine,
Sa Majefte m'a ordonné de vous
faire affembler icy , pour vous
dire que ſa volonté est que vous
écoutiez la lecture de l'Avertiſſement
Pastoral de Meffieurs
de l' Affemblée generale du Clergé
de France ; que vous en receviez
lafignification, &que vous en-
A iiij
8 MERCURE
tendiez ce que M³ le Bret vous
dira fur ceſujet. A quoy je dois
ajoûter, qu'apres que le Roy
vous a ordonné ces chofes comme
voſtre Souverain , ce Grand
Prince, comme Fils aîné de l'Eglife,
vous exhorte , vousfolli
cite, vous preſſe, de vous laiſſer
toucher aux plaintes de cette
Mere affligée , qui vous tend
les bras inceſſamment, & dont
Sa Majesté est obligée de pren
dre la protection. Je souhaite
tres- ardemment en mon particulier,
que les Lumieres Evangéliques
qui font répanduës dans
cette Monition que vous font les
GALANT. و9
Succeffeurs des Apoftres , ayent
affez de force pour diffiper les
nuages qui nous cachent les uns
aux autres , & que nous trouvant
tous dans une uniformité
de sentimens de respect, & do
venération pour les vertus de
noſtre incomparable Monarque,
nous puiſſions auffi nous réünir
dans les mesmes sentimens pour
la Religion qu'il profeffe , &
qu'ont profeffée nos Ayeux , &
les vostres.
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Résumé : Discours de M. l'Intendant de Montauban, aux Prétendüs Réformez, [titre d'après la table]
En février, Michel Foucault, Intendant de Montauban, convoqua une assemblée pour informer les protestants des intentions du roi. Le roi souhaitait que tous ses sujets reviennent à l'Église romaine. Foucault annonça que le roi ordonnait la lecture d'un avertissement pastoral de l'Assemblée générale du Clergé de France et encouragea les protestants à en prendre connaissance. En tant que Fils aîné de l'Église, le roi les pressait de répondre aux appels de cette dernière, qu'il protégeait. Foucault espérait que les enseignements évangéliques de cet avertissement permettraient de dissiper les divergences et de favoriser une union sous des sentiments communs de respect et de vénération pour le monarque et la religion traditionnelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 26-28
Pension donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery, [titre d'après la table]
Début :
Il est assez difficile de faire des Ouvrages dignes d'un Prince [...]
Mots clefs :
Pension, Ouvrages, Roi, Mademoiselle de Scudéry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pension donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery, [titre d'après la table]
Il eſt aſſez difficile de fairedes
Ouvrages dignes d'un Prince
fi éclairé , mais on en peut
faire qui luy foient agreables;
& c'eſt dequoy Mademoifelle
de Scudéry a ſujet de ſe
flater , puis que le Royvient
de luy donner une Penfion
de deux mille livres, ſans qu'-
elle euſt rien demandé. Cette
circonftance luy doit rendre
ce bienfait d'un prix infiny,
& fait éclater en mefme
temps , la bonté, & la juſtice
de ce grand Monarque , au
GALANT 27
pres duquel , les Perſonnes
d'un eſprit du premier ordre,
n'ont beſoin que de faire parler
leur mérite , pour en avoir
des gratifications. Sa Majeſté
a eſté fort applaudie d'avoir
donnécette Penſion , tout le
monde ayant une eſtime
particuliere pour Mlle de Scudery
, qui nous a donné tant
de beaux Ouvrages. Un peu
avant que la Cour partiſt
pour Compiegne , cette illluuffttrree
Fille alla à Versailles
faire fes remercimens au
Roy , qui la reçeut , avec l'agrément
dont il reçoit toutes
Cij
28 MERCURE
les Perſonnes d'un merite
diftingué. On ne s'eſt pas
tû dans une fi belle occafion
de patler , & les Madrigaux
ſuivans vous le font con
noiftre.
Ouvrages dignes d'un Prince
fi éclairé , mais on en peut
faire qui luy foient agreables;
& c'eſt dequoy Mademoifelle
de Scudéry a ſujet de ſe
flater , puis que le Royvient
de luy donner une Penfion
de deux mille livres, ſans qu'-
elle euſt rien demandé. Cette
circonftance luy doit rendre
ce bienfait d'un prix infiny,
& fait éclater en mefme
temps , la bonté, & la juſtice
de ce grand Monarque , au
GALANT 27
pres duquel , les Perſonnes
d'un eſprit du premier ordre,
n'ont beſoin que de faire parler
leur mérite , pour en avoir
des gratifications. Sa Majeſté
a eſté fort applaudie d'avoir
donnécette Penſion , tout le
monde ayant une eſtime
particuliere pour Mlle de Scudery
, qui nous a donné tant
de beaux Ouvrages. Un peu
avant que la Cour partiſt
pour Compiegne , cette illluuffttrree
Fille alla à Versailles
faire fes remercimens au
Roy , qui la reçeut , avec l'agrément
dont il reçoit toutes
Cij
28 MERCURE
les Perſonnes d'un merite
diftingué. On ne s'eſt pas
tû dans une fi belle occafion
de patler , & les Madrigaux
ſuivans vous le font con
noiftre.
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42
p. 1-3
Prélude, [titre d'après la table]
Début :
L'Application du Roy est si grande pour toutes les choses [...]
Mots clefs :
Roi, Religion catholique, Piété, Arrêt du Conseil d'État, Religion prétendue réformée, Charges, Religionnaires, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prélude, [titre d'après la table]
'APPLICATION du
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
Roy eft fi grande
pour toutes les choſes
qui regardent le progrés
de la Religion Catholique,
qu'il travaille ſans relâche à
cequi peut l'augmenter.C'eſt
Avril 1683. A
• MERCURE
ce qui eft cauſe que depuis
pluſieurs années, je vous entretiens
chaque Mois des avantages
que luy procure ce
picux Monarque. Depuisma
derniere Lettre , il a fait rendre
un Arreſt du Conſeil d'Etat
, qui ordonne à tous Officiers
faiſant profeſſion de la
Religion Prétendue Réformée
, &qui ont Charge dans
ſa Maiſon, & dans celles de
la Reyne , de Madame la
Dauphine , de Monfieur, de
Madame , & de Monfieur le
Prince , & autres Officiers
joüiſſans des Privileges des
GALANT. 3
Commençaux , de ſe démettre
de leurs Charges dans
deux mois du jour de l'Arreft
, pour tout delay. Comme
Sa Majefté ne fait rien
qu'avec beaucoup de prudence
& de juſtice , Elle a
fixeun temps , parce qu'Elle
a ſouvent donné les meſmes?
ordres , auſquels les Religionnaires
n'ont pas obey. Ils
n'ont pas fujet de dire que
ce temps eft court, puis qu'ils
doivent eſtre préparez à une
choſe , qui leur avoit déja
eſté ordonnée pluſieurs fois.
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Résumé : Prélude, [titre d'après la table]
En avril 1683, le roi de France démontre un engagement accru pour la promotion de la religion catholique. Depuis plusieurs années, ses actions en faveur de cette cause sont notées. Un arrêt du Conseil d'État a récemment ordonné aux officiers protestants exerçant dans la maison royale, celle des principaux membres de la famille royale, ainsi que ceux bénéficiant des privilèges des galants commerçants, de démissionner de leurs charges dans un délai de deux mois. Cette mesure est mise en place avec prudence et justice, car des ordres similaires avaient déjà été donnés par le passé sans être respectés par les protestants. Ces derniers ne peuvent donc pas se plaindre de la brièveté du délai, étant donné qu'ils étaient déjà conscients de cette possibilité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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43
p. 238-239
« Tous ceux qui ont de l'esprit & du mérite, ont pris [...] »
Début :
Tous ceux qui ont de l'esprit & du mérite, ont pris [...]
Mots clefs :
Roi, Pension
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Tous ceux qui ont de l'esprit & du mérite, ont pris [...] »
Tous ceux qui ont de l'ef
prit & du mérite , ont pris
tant de part à la juttice que
le Roy a rendue à Mademoifelle
de Scudery , que loin
qu'elle ait cauſe de l'envie,
comme on en a ordinairement
des avantages qu'on
voit accorder aux autres,
chacun a écrit pour congratuler
cette incomparable Fille
de la Penſion qui luy a eſte
GALANT. 239
donnée. Ma derniere Lettre
vous a fait voir pluſieursMadrigaux
fur ce ſujet. Envoicy
encor trois autres. Le premier
eft de M² de Montplai
fir, Lieutenant de Roy d'Arras
; le ſecond, d'un Homme
de qualité de Bretagne ; & le
troiſieme, de M² de Vaumo
riere.
prit & du mérite , ont pris
tant de part à la juttice que
le Roy a rendue à Mademoifelle
de Scudery , que loin
qu'elle ait cauſe de l'envie,
comme on en a ordinairement
des avantages qu'on
voit accorder aux autres,
chacun a écrit pour congratuler
cette incomparable Fille
de la Penſion qui luy a eſte
GALANT. 239
donnée. Ma derniere Lettre
vous a fait voir pluſieursMadrigaux
fur ce ſujet. Envoicy
encor trois autres. Le premier
eft de M² de Montplai
fir, Lieutenant de Roy d'Arras
; le ſecond, d'un Homme
de qualité de Bretagne ; & le
troiſieme, de M² de Vaumo
riere.
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44
p. 239-240
SUR LA FAVORABLE audience que Le Roy a donnée à Mademoiselle de Scudery.
Début :
Les Sages, ce dit-on, n'admirent jamais rien ; [...]
Mots clefs :
Sapho, Audience, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA FAVORABLE audience que Le Roy a donnée à Mademoiselle de Scudery.
SUR LA FAVORABLE
audience que le Roy adonnée
à Mademoiselle de Scudery.
Es Sages, ce dit-on, n'admirent
Maisla ſage Sapho, qui voit &Sçait
:
Sibien
240 MERCURE
Jusques où peut monter lavertu con-
Sommée,
N'a pûfoutenir l'entretien
Duplus grand de nos Roys, dont la
gloire eftfemée
Iusqu'aux derniers Climats où va
la Renomméc,
Sans admirer l'éclat de tant de majesté;
Ny voir tant de lumiere auce tant
debonté,
Sans en estre charmée.
Princes, queſavaleur a vaincus &
Soumis
Etqu'unjaloux dépit afaitſes Ennemis;
Venez voirde plus pres tantde vertus
firares;
Et s'il vous parle un jour, vousferez
bien barbares,
Sivous n'estesdeses amis .
audience que le Roy adonnée
à Mademoiselle de Scudery.
Es Sages, ce dit-on, n'admirent
Maisla ſage Sapho, qui voit &Sçait
:
Sibien
240 MERCURE
Jusques où peut monter lavertu con-
Sommée,
N'a pûfoutenir l'entretien
Duplus grand de nos Roys, dont la
gloire eftfemée
Iusqu'aux derniers Climats où va
la Renomméc,
Sans admirer l'éclat de tant de majesté;
Ny voir tant de lumiere auce tant
debonté,
Sans en estre charmée.
Princes, queſavaleur a vaincus &
Soumis
Etqu'unjaloux dépit afaitſes Ennemis;
Venez voirde plus pres tantde vertus
firares;
Et s'il vous parle un jour, vousferez
bien barbares,
Sivous n'estesdeses amis .
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45
p. 3-9
AU ROY SUR LA CONVERSION des Hérétiques.
Début :
L'avantage de détruire l'Herésie apres avoir triomphé de ses Ennemis, / Grand Roy, lors que touché de nos justes souhaits, [...]
Mots clefs :
Hérésie, Triomphe, Ennemis, Roi, Victoire, Vaincre, Paix, Guerre, Ardeur , Hérétique, Exploit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY SUR LA CONVERSION des Hérétiques.
L'avantage de détruire
l'Heréfie apres avoir
triomphe de fes Ennemis,
eftoit réfervé à cet auguſte
Monarque , & c'est ce qui a
porté les Mufes de Fontenay
le Comte en Poitou , à luy
adreffer les Vers quifuivent.
A ij
4 MERCURE
AU ROY,
SUR LA CONVERSION
des Herétiques .
G
Rand Roy, lors que
nosjuftes fouhaits,
touché de
Tu voulus bienfonger à nous donner
la Paix,
Et qu'arreftant ton cours au fort de la
- Victoire,
Tu pûs nous immoler son panchant
pourla Gloire,
Helas, que ce Traité confta cher à ton
coeur ,
Et combien ta grande ame y trouva
de rigueur!
Pouvantfoumettre tout par ta valeur
extréme,
Tubornas ton triomphe à te vaincre
toy-mesme;
J
GALANT.
5
Et cette heureufe Paix qui terminoit
nos maux,
Sembloit te menacer d'un tropfombre
reposs
Car regler tes Etats , maintenir la
Iuftice,
Elever la Vertu , faire punir le
Vice,
Inftituer des Loix qu'on respecte en
tous lieux,
Faire tout par toy-meſme , & voir
tout par tes yeux ;
Enfin ce grandfardeau de régir un
Empire,
Où l'on n'avoit point veu de Monarque
fuffire,
N'eft enToy de tesfoins qu'un noble
amufement; a
Et quand le Hollandois, l'Espagnol,
l'Allemand,
Pour mieux te refifter , ne firent
qu'une Armée,
6 MERCURE
Contre ces Ennemis ta valeur aniz
mée
Ne t'empefcha jamais de reglertes
· Etats,
Et la Tefte agiffoit encor mieux que
le
Bras.
L'on gémiffoit par toutfous lafureur
des
armes,
Nousfeuls eftions exempts de ces
rudes alarmes;
Tous ces fers Ennemis affemblez
contre nous,
Nous voyoient à regret dans un
reposfidoux;
Tes Lauriers nous mettant à couvert
du Tonnerre,
La France eftoit en Paix au milieu
de la Guerre.
Cette Guerre ceffa , je plaignis ton”
grand coeur,
Le plaignis ta vertu, jeplaignis tom
ardeur.
GALANT. 7
Le crûs quepour tesjours mefme l'on
devoit craindre.
Helas! qu'en cet état j'eftois moymefme
àplaindre,
De borner la grandeur de ton vafte
pouvoir
A ce que mon efprit en pouvoit concevoir,
Et quejefçavois peujusqu'où sepeut
étendre
Ba vertu d'un Héros qui peut tour
entreprendre!
La Paix à ta valeur n'apoint donné
de Loix ,
Elle n'a pointborné tes rapides Exploits,
Et l'on te voit encordans une Guerre
Sainte
Remplir tes Ennemis d'épouvante
& de crainte.
Tu combats l'Heréfie, &brûlé d'un
beau feu,
8 MERCURE
Tu pourſuis vivement les intéreſts
deDieu
Tes Ayeux autrefois pouſſez d'un
divin zele,
Allaient dela les Mers attaquer l'Infidelle;
Mais tu combats, plus jufte en tes
vaftes projets,
L'Infidelle chez toy dans tespropres
Sujets.
Qui pourroit exprimer tesfoins &
ton adreffe?
On te voit employer la rigueur , la
tendreffes
Mais jamais la rigueur, ſans un profond
regret,
Tufrapes l'Herétique, &flates le
Sujet.
Auffi chacun par tout ſe rend à tes
manieres;
On voit avecplaisir des Provinces
entieres
GALANT.
Renoncer hautement à leurs vieilles
erreurs;
Tufais plus millefois que les Prédi
cateurs.
LOV IS , le plus augufte , & leplus
grand des Princes,
Convertit aujourd'huy des Villes , des
Provinces;
Et ce que n'a pointfait ny Livre,
ny Sçavant,
LOV IS en vient à bout, fi - tof qu'il
l'entreprend.
Ces Faits chez nos Neveux neferont
point croyables,
Ils lirrnt tes Exploits ainſi qu'on lit
des Fables;
Ilsfontfi merveilleux,que moymême,
Grand Roy,
Qui les vois, qui lesfçais, à peine
je les cray.
l'Heréfie apres avoir
triomphe de fes Ennemis,
eftoit réfervé à cet auguſte
Monarque , & c'est ce qui a
porté les Mufes de Fontenay
le Comte en Poitou , à luy
adreffer les Vers quifuivent.
A ij
4 MERCURE
AU ROY,
SUR LA CONVERSION
des Herétiques .
G
Rand Roy, lors que
nosjuftes fouhaits,
touché de
Tu voulus bienfonger à nous donner
la Paix,
Et qu'arreftant ton cours au fort de la
- Victoire,
Tu pûs nous immoler son panchant
pourla Gloire,
Helas, que ce Traité confta cher à ton
coeur ,
Et combien ta grande ame y trouva
de rigueur!
Pouvantfoumettre tout par ta valeur
extréme,
Tubornas ton triomphe à te vaincre
toy-mesme;
J
GALANT.
5
Et cette heureufe Paix qui terminoit
nos maux,
Sembloit te menacer d'un tropfombre
reposs
Car regler tes Etats , maintenir la
Iuftice,
Elever la Vertu , faire punir le
Vice,
Inftituer des Loix qu'on respecte en
tous lieux,
Faire tout par toy-meſme , & voir
tout par tes yeux ;
Enfin ce grandfardeau de régir un
Empire,
Où l'on n'avoit point veu de Monarque
fuffire,
N'eft enToy de tesfoins qu'un noble
amufement; a
Et quand le Hollandois, l'Espagnol,
l'Allemand,
Pour mieux te refifter , ne firent
qu'une Armée,
6 MERCURE
Contre ces Ennemis ta valeur aniz
mée
Ne t'empefcha jamais de reglertes
· Etats,
Et la Tefte agiffoit encor mieux que
le
Bras.
L'on gémiffoit par toutfous lafureur
des
armes,
Nousfeuls eftions exempts de ces
rudes alarmes;
Tous ces fers Ennemis affemblez
contre nous,
Nous voyoient à regret dans un
reposfidoux;
Tes Lauriers nous mettant à couvert
du Tonnerre,
La France eftoit en Paix au milieu
de la Guerre.
Cette Guerre ceffa , je plaignis ton”
grand coeur,
Le plaignis ta vertu, jeplaignis tom
ardeur.
GALANT. 7
Le crûs quepour tesjours mefme l'on
devoit craindre.
Helas! qu'en cet état j'eftois moymefme
àplaindre,
De borner la grandeur de ton vafte
pouvoir
A ce que mon efprit en pouvoit concevoir,
Et quejefçavois peujusqu'où sepeut
étendre
Ba vertu d'un Héros qui peut tour
entreprendre!
La Paix à ta valeur n'apoint donné
de Loix ,
Elle n'a pointborné tes rapides Exploits,
Et l'on te voit encordans une Guerre
Sainte
Remplir tes Ennemis d'épouvante
& de crainte.
Tu combats l'Heréfie, &brûlé d'un
beau feu,
8 MERCURE
Tu pourſuis vivement les intéreſts
deDieu
Tes Ayeux autrefois pouſſez d'un
divin zele,
Allaient dela les Mers attaquer l'Infidelle;
Mais tu combats, plus jufte en tes
vaftes projets,
L'Infidelle chez toy dans tespropres
Sujets.
Qui pourroit exprimer tesfoins &
ton adreffe?
On te voit employer la rigueur , la
tendreffes
Mais jamais la rigueur, ſans un profond
regret,
Tufrapes l'Herétique, &flates le
Sujet.
Auffi chacun par tout ſe rend à tes
manieres;
On voit avecplaisir des Provinces
entieres
GALANT.
Renoncer hautement à leurs vieilles
erreurs;
Tufais plus millefois que les Prédi
cateurs.
LOV IS , le plus augufte , & leplus
grand des Princes,
Convertit aujourd'huy des Villes , des
Provinces;
Et ce que n'a pointfait ny Livre,
ny Sçavant,
LOV IS en vient à bout, fi - tof qu'il
l'entreprend.
Ces Faits chez nos Neveux neferont
point croyables,
Ils lirrnt tes Exploits ainſi qu'on lit
des Fables;
Ilsfontfi merveilleux,que moymême,
Grand Roy,
Qui les vois, qui lesfçais, à peine
je les cray.
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Résumé : AU ROY SUR LA CONVERSION des Hérétiques.
Le poème célèbre les victoires militaires d'un roi et ses efforts pour éradiquer l'hérésie. Après avoir vaincu ses ennemis, le roi décide de détruire l'hérésie, inspirant ainsi les Muses de Fontenay-le-Comte en Poitou à lui dédier ces vers. Le texte loue sa décision de mettre fin à la guerre et d'établir la paix, malgré les difficultés. Il souligne également sa capacité à gouverner avec justice et à promouvoir la vertu, même face à des coalitions ennemies. La paix n'a pas freiné ses exploits; il continue de lutter contre l'hérésie au sein de son royaume avec rigueur et tendresse. Ses actions convertissent des provinces entières, surpassant les prédicateurs. Les générations futures trouveront ses exploits presque incroyables tant ils sont remarquables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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46
p. 202-205
LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Début :
Ces autres Vers, pour n'être pas adressez à Sa Majesté, / Apres l'Hyver rigoureux, [...]
Mots clefs :
Fauvette, Gloire, Bois, Acante, Roi, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Ces
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
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47
p. 88-90
Lettre du Roy de Siam au Pape, & au Roy de France, avec plusieurs particularitez touchant les Ambassadeurs embarquez pour la France, sur le Vaisseau le Soleil d'Orient. [titre d'après la table]
Début :
Il me souvient que je vous parlay il y a quelques années [...]
Mots clefs :
Siam, Années, France, Soleil d'Orient, André Boureau-Deslandes, Frère, Compagnie orientale de France, Lettres, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre du Roy de Siam au Pape, & au Roy de France, avec plusieurs particularitez touchant les Ambassadeurs embarquez pour la France, sur le Vaisseau le Soleil d'Orient. [titre d'après la table]
Il me ſouvient que je vous
parlay ily a quelques années
desAmbaſſadeurs que leRoy
de Siam envoyoit en France,
& de là à Rome , avec des
Préſens pour ſa Majesté, parmy
leſquels estoient deux
Elephans blancs. M' des LanGALANT.
89
こ
des- Bourau , Frere de M
Bourau , qui a eſté fi long.
temps Commiflaire General
de la Compagnie à Surate,
- fe trouvant luy - melme de
puis pluſieurs années Chef
du Comptoir de la Compa
.gnie Orientale de France à
Siam,traduifit les Lettres que
ce Roy a écrites à Sa Mal
jeſté , & au Pape , &il les a
envoyées icy par un Officier
de la Compagnie , comme
s'il euft préven la difgrace
qu'on craint qui ne foit and
vée à fon Frere , qui s'em
barqua à Bantam avec less
Juin 1684
1
90 MERCURE 1
Ambaffadeurs & les Préfens
fur le Soleil d'Orient , dont on
n'a point entendu parler depuis
prés de trois ans que
s'est fait l'embarquement.
Ces Lettres eſtant tombées
depuis peu entre mes mains,
j'ay crû que vous ne ſeriez
pas fâchée de les voir. Elles
font accompagnées de deux
autres , que le Miniſtre de
Siam a écrites à la Compagnies.
Il y a pour ſubſcrip
tion à celle qui eſt pour le
Roy,
parlay ily a quelques années
desAmbaſſadeurs que leRoy
de Siam envoyoit en France,
& de là à Rome , avec des
Préſens pour ſa Majesté, parmy
leſquels estoient deux
Elephans blancs. M' des LanGALANT.
89
こ
des- Bourau , Frere de M
Bourau , qui a eſté fi long.
temps Commiflaire General
de la Compagnie à Surate,
- fe trouvant luy - melme de
puis pluſieurs années Chef
du Comptoir de la Compa
.gnie Orientale de France à
Siam,traduifit les Lettres que
ce Roy a écrites à Sa Mal
jeſté , & au Pape , &il les a
envoyées icy par un Officier
de la Compagnie , comme
s'il euft préven la difgrace
qu'on craint qui ne foit and
vée à fon Frere , qui s'em
barqua à Bantam avec less
Juin 1684
1
90 MERCURE 1
Ambaffadeurs & les Préfens
fur le Soleil d'Orient , dont on
n'a point entendu parler depuis
prés de trois ans que
s'est fait l'embarquement.
Ces Lettres eſtant tombées
depuis peu entre mes mains,
j'ay crû que vous ne ſeriez
pas fâchée de les voir. Elles
font accompagnées de deux
autres , que le Miniſtre de
Siam a écrites à la Compagnies.
Il y a pour ſubſcrip
tion à celle qui eſt pour le
Roy,
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Résumé : Lettre du Roy de Siam au Pape, & au Roy de France, avec plusieurs particularitez touchant les Ambassadeurs embarquez pour la France, sur le Vaisseau le Soleil d'Orient. [titre d'après la table]
Le texte traite d'une correspondance relative aux ambassadeurs envoyés par le roi de Siam en France et à Rome, accompagnés de présents, dont deux éléphants blancs. Monsieur des Langalant mentionne Monsieur des Bourau, frère de Monsieur Bourau, ancien commissaire général de la Compagnie à Surate et chef du comptoir de la Compagnie Orientale de France à Siam. Des Bourau a traduit les lettres du roi de Siam adressées au roi de France et au pape, et les a transmises via un officier de la Compagnie. Ces lettres, ainsi que celles du ministre de Siam à la Compagnie, ont été partagées par l'auteur. Les ambassadeurs et les présents, surnommés le 'Soleil d'Orient', n'ont pas donné de nouvelles depuis près de trois ans, depuis leur embarquement à Bantam en juin 1684.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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48
p. 91-95
AU ROY DE FRANCE.
Début :
Lettre de la Royale & insigne Ambassade du grand Roy [...]
Mots clefs :
Roi, Amitié, Royaume de France, Offre, Ambassadeurs, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY DE FRANCE.
AU ROY DE FRANCE.
Istre de la Royale
la Royale & infigne
Ambaffade du grand
Roy du Royaume deSeryfurthia,
qu'ilenvoye à vous, o tres-grand
ex tres puiſſant Seigneur des
Royaumes de France & deNa
-Durre , qui avez des Dignitez
Suréeminentes , dont l'éclat la
Splendeurbrillent comme le Soleil,
Vous qui gardez une Loy tres
excelleennttee &parfaite & cest
auffipour cette raison, que com
vous gardez foûtenez la Loy
८
4
Hij
92 MERCURE
laJustice , vous avez rem
porté des victoires fur tous vos
Ennemis , & que le bruit
la renommée de vos triomphes
s'est répandue par totes les Nations
de l'Univers. Or touchant
les Lettres de la Royale Ambaſſade
, & pleine de Majesté,
que Vous , o Tres - grand Roy,
nous avez envoyée par Dom
François Evesque , jusque dans
ce Royaume ; & apres avoir
copris le contenu de vostre illuftre
elegante Ambassade , noftre
coeur Royal a este remply &
comblé d'une tres-grande joye,
& ay cu foin de chercher les
ن م
GALANT. 93
moyens d'établir une forte &
ferme amitié à l'avenir; & lors
que j'ay vú le General de Surate
, envoyer fous vostre bon
plaisir un Vaisseau pour prendre
nostre Ambaſſade & nos Ambaffadeurs
, pour lors mon coeur
s'est trouvé dans l'accompliffement
de ſes ſouhaits
defirs ,& nous avons envoyé
tels &tels , pour eftre les Porteurs
de nostre Lettre d'Ambaffade
, & des Préfens que nous
envoyons àVous , o Tres-grand
Roy, afin qu'entre Nous ilyait
une parfaite intelligence , une
parfaite une veritable union
4
de ses
)
94 MERCURE
<
& amitié , & que cette amitié
puiſſe effre ferme & inviolable
dans le temps à venir. Que fi,
ô Tres- grand Roy , vous defirez
quelque chofe de nostreRoyaume,
je vous prie de le faire déclarer
àvos Ambassadeurs. Lors que
les meſmes Ambaſfadeurs auront
achevé, je vous prie de leur
donner permiffon de 's'enrevenir..
afin que je puiffe apprendre les
bonnes nouvelles de vosfélicitez,
Tres-grand & Paiffant Roy,
de nous envoyer des Ambaffadeurs,
que nos Ambaffadeurs
puiffent aller & venirfans!
manquer;Vous priant que noftre
GALANT. 95
amitié ſoit ferme & inviolable
pourtoûjours ; &je conjure la
Toutepuiſſance de Dieu , de vous
conferver en toutes sortes deprof
péritez, & qu'illes augmentede
jouren jour, afin que vous puis
fiez gouverner vos Royaumes de
France & de Navarre , &je
le ſuplie qu'il vous agrandiſſepar
des vistoires ſurtous vos Ennemis
, &qu'il vous accordé une
longue vie, &pleine de profpéritez.
Istre de la Royale
la Royale & infigne
Ambaffade du grand
Roy du Royaume deSeryfurthia,
qu'ilenvoye à vous, o tres-grand
ex tres puiſſant Seigneur des
Royaumes de France & deNa
-Durre , qui avez des Dignitez
Suréeminentes , dont l'éclat la
Splendeurbrillent comme le Soleil,
Vous qui gardez une Loy tres
excelleennttee &parfaite & cest
auffipour cette raison, que com
vous gardez foûtenez la Loy
८
4
Hij
92 MERCURE
laJustice , vous avez rem
porté des victoires fur tous vos
Ennemis , & que le bruit
la renommée de vos triomphes
s'est répandue par totes les Nations
de l'Univers. Or touchant
les Lettres de la Royale Ambaſſade
, & pleine de Majesté,
que Vous , o Tres - grand Roy,
nous avez envoyée par Dom
François Evesque , jusque dans
ce Royaume ; & apres avoir
copris le contenu de vostre illuftre
elegante Ambassade , noftre
coeur Royal a este remply &
comblé d'une tres-grande joye,
& ay cu foin de chercher les
ن م
GALANT. 93
moyens d'établir une forte &
ferme amitié à l'avenir; & lors
que j'ay vú le General de Surate
, envoyer fous vostre bon
plaisir un Vaisseau pour prendre
nostre Ambaſſade & nos Ambaffadeurs
, pour lors mon coeur
s'est trouvé dans l'accompliffement
de ſes ſouhaits
defirs ,& nous avons envoyé
tels &tels , pour eftre les Porteurs
de nostre Lettre d'Ambaffade
, & des Préfens que nous
envoyons àVous , o Tres-grand
Roy, afin qu'entre Nous ilyait
une parfaite intelligence , une
parfaite une veritable union
4
de ses
)
94 MERCURE
<
& amitié , & que cette amitié
puiſſe effre ferme & inviolable
dans le temps à venir. Que fi,
ô Tres- grand Roy , vous defirez
quelque chofe de nostreRoyaume,
je vous prie de le faire déclarer
àvos Ambassadeurs. Lors que
les meſmes Ambaſfadeurs auront
achevé, je vous prie de leur
donner permiffon de 's'enrevenir..
afin que je puiffe apprendre les
bonnes nouvelles de vosfélicitez,
Tres-grand & Paiffant Roy,
de nous envoyer des Ambaffadeurs,
que nos Ambaffadeurs
puiffent aller & venirfans!
manquer;Vous priant que noftre
GALANT. 95
amitié ſoit ferme & inviolable
pourtoûjours ; &je conjure la
Toutepuiſſance de Dieu , de vous
conferver en toutes sortes deprof
péritez, & qu'illes augmentede
jouren jour, afin que vous puis
fiez gouverner vos Royaumes de
France & de Navarre , &je
le ſuplie qu'il vous agrandiſſepar
des vistoires ſurtous vos Ennemis
, &qu'il vous accordé une
longue vie, &pleine de profpéritez.
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Résumé : AU ROY DE FRANCE.
Le roi de Seryfurthia adresse une lettre au roi de France, exaltant sa grandeur et ses victoires. Il exprime sa loyauté et sa joie après avoir reçu les lettres de la royale ambassade envoyée par Dom François, évêque. Le roi de Seryfurthia souhaite établir une amitié forte et durable entre les deux royaumes. Il annonce l'envoi de vaisseaux et d'ambassadeurs pour renforcer cette alliance et invite le roi de France à formuler toute demande spécifique. Il prie pour la prospérité et la longévité du roi de France, ainsi que pour des victoires sur ses ennemis. La lettre se conclut par un vœu de conservation et d'augmentation des prospérités du roi de France.
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49
p. 99-101
LETTRE ECRITE PAR le Barcalon, ou Ministre du Roy de Siam, à Messieurs les Directeurs Genéraux de la Compagnie du Commerce des Indes Orientales.
Début :
Lettre de Chao Peja Ferry Terrama Bacha Chady Amatraja, Mehittra, [...]
Mots clefs :
Barcalon, Compagnie du commerce des Indes orientales, Directeurs généraux, France, Maître, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE ECRITE PAR le Barcalon, ou Ministre du Roy de Siam, à Messieurs les Directeurs Genéraux de la Compagnie du Commerce des Indes Orientales.
LETTRE ECRITE PAR
le Barcalon , ou Miniſtre du
Roy de Siam , à Meſſieurs les
Directeurs Genéraux de la
Compagnie du Commerce des
Indes Orientales .
Ettre de Chao Peja Ferry
LTeTrerrarammaa Bacha Chady
Amatraja, Mehittra , Pipittra,
I ij
100 MERCURE
Rathana, Rat, Couffa , Tidody,
Apaja , Pery, Bora , Cromma,
Pahoué , qu'il envoye en figne
d'amitié fincere à Ms les Directeurs
Genéraux de la Royale
Compagnie de France. D'autant
que le Roy mon Maiſtre envoye
Jes Ambassadeurs , afin de porter
fes Royales Lettres , & Préfens,
à la Haute &Royale Majesté
du Grand Roy de France , afin
que leurs Alliances fi excellentes
avantageuses puiffent estre
éternelles. Or comme les Ambaf-
Sadeurs Serviteurs du Roy
mon Maiſtre font un cheminfort
long, fi lesdits Ambaſſadeurs ont
GALANT. IOI
beſoin de quelque chose , ou- bien
fi le Pere Gayme & Emmanuel
Ficards vont le demander à la
Compagnie , je prie ladite Compagnie
d'enfaire un Compte clair
net ,&de l'envoyer icy, afin
que jefatisfaſſe à tout ce qu'ils
ont reçûde la CompagnieRoyale,
de plus , si la Compagnie Royale
defire quelque chose de ceRoyau
me, je la prie de nous lefaire
fçavoir avec toute la clartépof
fible.....
le Barcalon , ou Miniſtre du
Roy de Siam , à Meſſieurs les
Directeurs Genéraux de la
Compagnie du Commerce des
Indes Orientales .
Ettre de Chao Peja Ferry
LTeTrerrarammaa Bacha Chady
Amatraja, Mehittra , Pipittra,
I ij
100 MERCURE
Rathana, Rat, Couffa , Tidody,
Apaja , Pery, Bora , Cromma,
Pahoué , qu'il envoye en figne
d'amitié fincere à Ms les Directeurs
Genéraux de la Royale
Compagnie de France. D'autant
que le Roy mon Maiſtre envoye
Jes Ambassadeurs , afin de porter
fes Royales Lettres , & Préfens,
à la Haute &Royale Majesté
du Grand Roy de France , afin
que leurs Alliances fi excellentes
avantageuses puiffent estre
éternelles. Or comme les Ambaf-
Sadeurs Serviteurs du Roy
mon Maiſtre font un cheminfort
long, fi lesdits Ambaſſadeurs ont
GALANT. IOI
beſoin de quelque chose , ou- bien
fi le Pere Gayme & Emmanuel
Ficards vont le demander à la
Compagnie , je prie ladite Compagnie
d'enfaire un Compte clair
net ,&de l'envoyer icy, afin
que jefatisfaſſe à tout ce qu'ils
ont reçûde la CompagnieRoyale,
de plus , si la Compagnie Royale
defire quelque chose de ceRoyau
me, je la prie de nous lefaire
fçavoir avec toute la clartépof
fible.....
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Résumé : LETTRE ECRITE PAR le Barcalon, ou Ministre du Roy de Siam, à Messieurs les Directeurs Genéraux de la Compagnie du Commerce des Indes Orientales.
Le Barcalon, Chao Peja Ferry, ministre du roi de Siam, écrit aux Directeurs Généraux de la Compagnie du Commerce des Indes Orientales pour exprimer son amitié. Il annonce l'envoi d'ambassadeurs en France, porteurs de lettres royales et de présents pour le roi de France, afin de créer des alliances durables et bénéfiques entre les deux nations. La lettre souligne les besoins des ambassadeurs durant leur voyage et demande à la Compagnie de fournir un compte détaillé des dépenses. Le Barcalon invite également la Compagnie à formuler toute demande auprès du roi de Siam, insistant sur la nécessité de clarté dans les communications.
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p. 102-106
LETTRE DU MESME Ministre à Mr le Directeur Baron.
Début :
Comme le Genéral de Surate a eu la bonté d'envoyer par [...]
Mots clefs :
Présents, Roi, Général, Envoyer, André Boureau-Deslandes, Temps, Ambre, Lettres, Ambassade
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU MESME Ministre à Mr le Directeur Baron.
LETTRE DU MESME
Miniſtre à M. le Directeur
Baron .
Omme te
Comme
Genéralde Surate
a' eu la bonté d'envoyer par
Mª des Landes , des Lettres
des Préfens, pour eftre présentez
au grand er puiſfant Roy mon
Maistre , me recommandantde
donner mon afſiſtance pour les luy
estre présentez , & qu'il ma
auffi envoyé une Lettre , & des
Préfens quejay reçû; on a ex
pliqué lesdites Lettres ſuivant la
coûtume .Or j'ay conuu par leur
GALANT. 103
teneur , er par les difcours de
M des Landes , que M² le
General ayant fçû que l'on devoit
envoyer des Ambassadeurs
au Roy de France , OJ au S.
Pape , en avoit conçu beaucoup
de joye , & qu'il avoit préparé
unVaiffeau afin de recevoir l' Ambaffade,
auquel il avoit ordonné
defaire conformément à ce qui
leurferoit commandé ; &que si
l'on differoit encore d'envoyer
l'Ambaffade , il nous prioitque
le Vaiſſeau fuft dépêché à temps,
pour ne pas perdre la Mouffon.
Comme il y a tres-long-temps
qu'il defiroit avec paſſion qu'ily
I mj
104 MERCURE
cust Alliance er unionferme en
tre les deux Couronnes à l'avenir
; & quand M² le General a
envoyé un Vaisseau pour porter
les Ambassadeurs , c'est ce que
fon coeurRoyalſouhaitoit ardemment
, à mesme temps il m'a
donnéfes ordres , que j'ay reçus
fur le sommet de ma teste,sça
voir, de préparer des Ambassa
deurs pour porterfes Lettres
Préfens à la Royale &Haute
Majefté du Roy de France , afin
que cette Royale & excellente
Alliance fust éternelle à l'avenir.
Je croy que M des Landes.ne
manquera pas de donner avis
<
GALANT. IoF
M le General,desſervices que
je luy ay rendus.
Le Roy mon Maistre vous
envoye ſes Préfens . 3
Et moy de ma part, un Coffre
de Japon, à couverture voutée,
le fond noir avec des Feinlles
d'or ; un Coffre de Chine , le
fond noir , travaillé avec ambre
&& or ; deux Arbriſſeaux d'ambre
; un Pot d'ambre ; deux Boulis
à Chaa ; huit Chavanes ; deux
Bandéges noirs & peints ; une
paire de Paranavants du Japon;
ce que je vous prie de recevoir,
pour l'amitiéque vous me portez.
Fe laiſſe à M le General àpour
L
t
106 MERCURE
/
voir aux moyens quiſont necef
faires pour qu'entre lay of moy
ilpuiffey avoir un parfait amour,
& inviolable amitié pour l'avenir.
Miniſtre à M. le Directeur
Baron .
Omme te
Comme
Genéralde Surate
a' eu la bonté d'envoyer par
Mª des Landes , des Lettres
des Préfens, pour eftre présentez
au grand er puiſfant Roy mon
Maistre , me recommandantde
donner mon afſiſtance pour les luy
estre présentez , & qu'il ma
auffi envoyé une Lettre , & des
Préfens quejay reçû; on a ex
pliqué lesdites Lettres ſuivant la
coûtume .Or j'ay conuu par leur
GALANT. 103
teneur , er par les difcours de
M des Landes , que M² le
General ayant fçû que l'on devoit
envoyer des Ambassadeurs
au Roy de France , OJ au S.
Pape , en avoit conçu beaucoup
de joye , & qu'il avoit préparé
unVaiffeau afin de recevoir l' Ambaffade,
auquel il avoit ordonné
defaire conformément à ce qui
leurferoit commandé ; &que si
l'on differoit encore d'envoyer
l'Ambaffade , il nous prioitque
le Vaiſſeau fuft dépêché à temps,
pour ne pas perdre la Mouffon.
Comme il y a tres-long-temps
qu'il defiroit avec paſſion qu'ily
I mj
104 MERCURE
cust Alliance er unionferme en
tre les deux Couronnes à l'avenir
; & quand M² le General a
envoyé un Vaisseau pour porter
les Ambassadeurs , c'est ce que
fon coeurRoyalſouhaitoit ardemment
, à mesme temps il m'a
donnéfes ordres , que j'ay reçus
fur le sommet de ma teste,sça
voir, de préparer des Ambassa
deurs pour porterfes Lettres
Préfens à la Royale &Haute
Majefté du Roy de France , afin
que cette Royale & excellente
Alliance fust éternelle à l'avenir.
Je croy que M des Landes.ne
manquera pas de donner avis
<
GALANT. IoF
M le General,desſervices que
je luy ay rendus.
Le Roy mon Maistre vous
envoye ſes Préfens . 3
Et moy de ma part, un Coffre
de Japon, à couverture voutée,
le fond noir avec des Feinlles
d'or ; un Coffre de Chine , le
fond noir , travaillé avec ambre
&& or ; deux Arbriſſeaux d'ambre
; un Pot d'ambre ; deux Boulis
à Chaa ; huit Chavanes ; deux
Bandéges noirs & peints ; une
paire de Paranavants du Japon;
ce que je vous prie de recevoir,
pour l'amitiéque vous me portez.
Fe laiſſe à M le General àpour
L
t
106 MERCURE
/
voir aux moyens quiſont necef
faires pour qu'entre lay of moy
ilpuiffey avoir un parfait amour,
& inviolable amitié pour l'avenir.
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Résumé : LETTRE DU MESME Ministre à Mr le Directeur Baron.
La lettre du ministre à M. le Directeur, Baron, mentionne l'envoi de lettres et de présents par M. des Landes au roi de France, avec une recommandation pour leur présentation. Le ministre a également reçu des lettres et des présents du Général, qui exprime sa joie à l'idée d'envoyer des ambassadeurs en France et au Saint-Père. Le Général a préparé un vaisseau pour l'ambassade et prie que ce vaisseau soit dépêché à temps pour ne pas manquer la mousson. Le ministre souligne le désir du Général d'établir une alliance ferme entre les deux couronnes et a reçu l'ordre de préparer des ambassadeurs pour porter des lettres et des présents au roi de France afin de renforcer cette alliance. Le ministre espère que M. des Landes informera le Général des services rendus. Enfin, divers présents, dont des coffres de Japon et de Chine, des arbrisseaux d'ambre, et d'autres objets, sont envoyés en signe d'amitié. Le ministre laisse au Général le soin de trouver les moyens nécessaires pour maintenir une amitié parfaite et inviolable à l'avenir.
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