Résultats : 21765 texte(s)
Détail
Liste
3151
p. 102-103
SONNET.
Début :
Autre Sonnet dont l'Auteur est mon amy ; mais c'est / Que je hay de l'hymen le fâcheux . . . attelage ? [...]
Mots clefs :
Hymen
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texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Autre Sonner dont l'Au
teur estmon amy ; mais c'est
un poltron qui craint rrop
d'époufer une jolie femme.
SONNET.
Jîfue je hay de l'hymenlefâcheux
attelage?
Souvent on est contraint de chercher
un parrain
Pour un enfant douteux & que
d'un air serain
Il faut feindre être néd'Epouse,
non volage.
Par elle quelquefois tout est mis
au pillage,
Et quand à cet Abus l'Epoux veut
mettre un frein,
Elle prend un haut ton dont le
triste refrain,
Née ppresaageiàsson frontqu'unplus feuillage.
Contre elle employe-t-il d'un ballet
legros brin,
C'est un Diable dllffitofl qui le jàisit
au crin,
Et si pour l'adoucir il affecte un
air tendre,
Il rautorise mieux dans son hjuste
train:
Plustost sois-je englouti par un
monstre marin,
Hjv.cn! que dans tes fers je me
laisse surprendre.
teur estmon amy ; mais c'est
un poltron qui craint rrop
d'époufer une jolie femme.
SONNET.
Jîfue je hay de l'hymenlefâcheux
attelage?
Souvent on est contraint de chercher
un parrain
Pour un enfant douteux & que
d'un air serain
Il faut feindre être néd'Epouse,
non volage.
Par elle quelquefois tout est mis
au pillage,
Et quand à cet Abus l'Epoux veut
mettre un frein,
Elle prend un haut ton dont le
triste refrain,
Née ppresaageiàsson frontqu'unplus feuillage.
Contre elle employe-t-il d'un ballet
legros brin,
C'est un Diable dllffitofl qui le jàisit
au crin,
Et si pour l'adoucir il affecte un
air tendre,
Il rautorise mieux dans son hjuste
train:
Plustost sois-je englouti par un
monstre marin,
Hjv.cn! que dans tes fers je me
laisse surprendre.
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3152
p. 2013-2014
« Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
Début :
Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...]
Mots clefs :
Ouvrages
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texteReconnaissance textuelle : « Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
Montalant , Imprimeur - Libraire à Paris ,
donne avis au Públic qu'on trouve chez lui les
Ouvrages fuivans .
Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus. fol.
6. vol. Augufta Vindelicorum 1730.
Ejufdem tom . 6. ſeparatim .
Patavii. Dogmata Theologiæ. fol. 6. vol . And
tuerpia.
Ejufdem , Doctrina temporum , fol z . Vol.
Ejufdem , Vranologium, fol.
Schilteri Antiquitates Teutonica , fol . 3. Vold
Ulmæ 1730.
Bullarium magnum , fol. 10. Vol. 1729. ĽuĮ
xemb.
Ejufdem tom. 6. 7. 8. 9. & 10. feparatim.
Hiftoire Litteraire de la Ville de Lyon. Par le
Pere de Colonia in 4. 2. Vol .
Du même Livre , le Tome 2. fe vend à part
Mémoires pourfervir à l' Hiftoire des Negocia
tions du 18. fiecle . Par M. Lamberti in 4. 8.
Vol.
{
Du même Ouvrage les Tom. 6. 7. & 8. fe
féparent.
Hiftoire de la Vie du Duc d'Epernon , conte
fiant ce qui s'eft paffé de plus fecret à la Cour de
France fous les Regnes d'Henri III . d'Henri IV.
& de Louis XIII . in 12. 4. Vol. 1730 .
La même in 4. 1730. Paris.
Hiftoire des Ouvrages des Sçavans , par Mª
Bafnage in 12. 26. Vol.
Les Voyages d'Adam Olearius , föl. 2. Vol.fig.
La Haye 1730 .
➡ de Thevenot. in 12. 5. Vol. Amft.
Les Colloques d'Erafme , en Latin & en Fran
çois, in 12, 6, Vol . Amſt,
Let
2014 MERCURE DE FRANCE
Les Commentaires fur la Geométrie de Defcartes,
Par Rabvel , in 4. 2. Vol. Lyon 1730.
L'Hiftoire Militaire du Prince Eugene & de
Marlboroug , fol. 3. Vol . in 8. La Haye. 1730.
Les Tom. 2 & 3. du même Livre ſe vendent
મે
part.
donne avis au Públic qu'on trouve chez lui les
Ouvrages fuivans .
Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus. fol.
6. vol. Augufta Vindelicorum 1730.
Ejufdem tom . 6. ſeparatim .
Patavii. Dogmata Theologiæ. fol. 6. vol . And
tuerpia.
Ejufdem , Doctrina temporum , fol z . Vol.
Ejufdem , Vranologium, fol.
Schilteri Antiquitates Teutonica , fol . 3. Vold
Ulmæ 1730.
Bullarium magnum , fol. 10. Vol. 1729. ĽuĮ
xemb.
Ejufdem tom. 6. 7. 8. 9. & 10. feparatim.
Hiftoire Litteraire de la Ville de Lyon. Par le
Pere de Colonia in 4. 2. Vol .
Du même Livre , le Tome 2. fe vend à part
Mémoires pourfervir à l' Hiftoire des Negocia
tions du 18. fiecle . Par M. Lamberti in 4. 8.
Vol.
{
Du même Ouvrage les Tom. 6. 7. & 8. fe
féparent.
Hiftoire de la Vie du Duc d'Epernon , conte
fiant ce qui s'eft paffé de plus fecret à la Cour de
France fous les Regnes d'Henri III . d'Henri IV.
& de Louis XIII . in 12. 4. Vol. 1730 .
La même in 4. 1730. Paris.
Hiftoire des Ouvrages des Sçavans , par Mª
Bafnage in 12. 26. Vol.
Les Voyages d'Adam Olearius , föl. 2. Vol.fig.
La Haye 1730 .
➡ de Thevenot. in 12. 5. Vol. Amft.
Les Colloques d'Erafme , en Latin & en Fran
çois, in 12, 6, Vol . Amſt,
Let
2014 MERCURE DE FRANCE
Les Commentaires fur la Geométrie de Defcartes,
Par Rabvel , in 4. 2. Vol. Lyon 1730.
L'Hiftoire Militaire du Prince Eugene & de
Marlboroug , fol. 3. Vol . in 8. La Haye. 1730.
Les Tom. 2 & 3. du même Livre ſe vendent
મે
part.
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Résumé : « Montalant, Imprimeur-Libraire à Paris, donne avis au Public qu'on trouve chez lui les [...] »
L'annonce publicitaire de l'imprimeur-libraire Montalant à Paris présente une sélection d'ouvrages disponibles dans sa boutique. Parmi les livres mentionnés, on trouve 'Peż, Thefaurus Anedoctorum Noviffimus' en six volumes, publié à Augsbourg en 1730, et 'Schilteri Antiquitates Teutonica' en trois volumes, publié à Ulm en 1730. D'autres ouvrages notables incluent 'Bullarium magnum' en dix volumes, publié en 1729, et 'Histoire Littéraire de la Ville de Lyon' en deux volumes, écrite par le Père de Colonia. L'annonce mentionne également des mémoires sur les négociations du 18ème siècle par M. Lamberti, une histoire de la vie du Duc d'Épernon couvrant les règnes d'Henri III, Henri IV et Louis XIII, et une histoire des ouvrages des savants par M. Basnage. Des ouvrages de voyage, comme 'Les Voyages d'Adam Olearius' et 'Les Voyages de Thevenot', sont également disponibles. Enfin, l'annonce liste des commentaires sur la géométrie de Descartes par Ravvel, une histoire militaire du Prince Eugène et de Marlborough, et divers autres ouvrages en latin et en français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3154
p. 105-106
CHANSON. ETRENNES.
Début :
Nous voici donc au jour de l'an, [...]
Mots clefs :
Jour de l'an, Étrennes, Amant
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON. ETRENNES.
CHANSON.
E TRENNE S.
Ous voici donc au jour de l'an ,
Parent , ami , maîtreffe , amant ,
Va faire quelqu'emplette.
On achete , l'on donne , on prend ,
Et l'on fe préfente un préfent ;
Moi ,je vous en fouhaite.
Defirez-vous perles , bijoux ,
Meubles , diamans & joujoux
D'argent pleine caffette :
Poffedez-en abondamment ;
Vous n'en aurez jamais autant
3.
79.7
250v -za.2
Que je vous en fouhaites
Voudriez -vous un jeune amant
Riche , foumis , difcret , conftant,
De figure parfaite ?
Qui réunit le fentiment
L'efprit , la grace & l'agrément ;
Ah ! je vous en fouhaite.
अं.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
Aimeriez-vous mieux un époux
Qui jamais coquet ni jaloux ,
En maît reffevous trait e
Qui prévenant tous vos defirs ,
Vous cherche de nouveaux plaifirs ;
Ah !je vous en fouhaite.
Je vous dirois bien un fecret ,
Ce que pour mon bonheur parfait
Yous pourriez en cachette ....
Mais je crains trop en bonne foi
Que vous ne difiez comme moi ;>
Ah ! je vous en fouhaite.
Accepterez-vous ces couplets ?
Du préfent que je vous en fais
Serez-vous fatisfaite ?
On peut en faire de meilleurs :
Voyez , fourniffez -vous ailleurs;
Moi,je vous en fouhaite.
E TRENNE S.
Ous voici donc au jour de l'an ,
Parent , ami , maîtreffe , amant ,
Va faire quelqu'emplette.
On achete , l'on donne , on prend ,
Et l'on fe préfente un préfent ;
Moi ,je vous en fouhaite.
Defirez-vous perles , bijoux ,
Meubles , diamans & joujoux
D'argent pleine caffette :
Poffedez-en abondamment ;
Vous n'en aurez jamais autant
3.
79.7
250v -za.2
Que je vous en fouhaites
Voudriez -vous un jeune amant
Riche , foumis , difcret , conftant,
De figure parfaite ?
Qui réunit le fentiment
L'efprit , la grace & l'agrément ;
Ah ! je vous en fouhaite.
अं.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
Aimeriez-vous mieux un époux
Qui jamais coquet ni jaloux ,
En maît reffevous trait e
Qui prévenant tous vos defirs ,
Vous cherche de nouveaux plaifirs ;
Ah !je vous en fouhaite.
Je vous dirois bien un fecret ,
Ce que pour mon bonheur parfait
Yous pourriez en cachette ....
Mais je crains trop en bonne foi
Que vous ne difiez comme moi ;>
Ah ! je vous en fouhaite.
Accepterez-vous ces couplets ?
Du préfent que je vous en fais
Serez-vous fatisfaite ?
On peut en faire de meilleurs :
Voyez , fourniffez -vous ailleurs;
Moi,je vous en fouhaite.
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Résumé : CHANSON. ETRENNES.
Le texte est une chanson dédiée aux échanges de vœux et de présents pour le jour de l'an. Elle s'adresse à divers destinataires, tels que les parents, amis, maîtresses et amants, en leur souhaitant de recevoir des cadeaux tels que des perles, bijoux, meubles, diamants et jouets. La chanson exprime également des vœux pour obtenir un jeune amant riche, soumis, discret, constant et parfait, réunissant sentiment, esprit, grâce et agrément. Elle mentionne aussi un époux idéal, ni coquet ni jaloux, prévenant et cherchant à offrir de nouveaux plaisirs. La chanson évoque un secret pour le bonheur parfait mais craint que le destinataire ne partage les mêmes désillusions. Enfin, elle propose des couplets en guise de présent, tout en reconnaissant qu'il pourrait exister de meilleurs poèmes ailleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3155
p. 1577-1578
AUTRE.
Début :
Je suis dans un Païs, peu favorable aux Dames ; [...]
Mots clefs :
Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E suis dans un Païs , peu favorable aux
Dames ; JE
Cependant mon aspect n'en est pas moins charmant.
Si tu veux , cher Lecteur , faire mes Anagra
mes
Combine bien mes pieds , tu verras à l'instant ,
Ce que certaines gens mettent dessus leur tête.
Tourne encor d'un autre côté ,
En moi tu trouveras une celebre fête ;
Un
1578 MERCURE DE FRANCE
Un Patriarche révéré
Ce qui fait rire et qu'on méprise ;
Un homme par tout recherché
Ce qui garantit de la Bize.
Un Empereur Romain , du Ciel favorisé.
Ce qui n'a point d'appuy , mais qui pourtant en
donne ,
Un terme dénigrant , ce qui guimpe une None."
Un sage de l'Antiquité,
Exemple de sévérité .
Ce que l'on met au feu , qui sert en tout ménage
;
Un Oyseau que l'on met en Cage ; }
Ce qui vient d'un Païs lointain
Et fait manchettes à Catin.
Poisson tres- estimé , ce qui sert à la table ,
Supplice destiné pour Roturier coupable.
Courage , ami Lecteur , travaille de nouveau ;
Allons , tourne , Combine , et cherche en tom
cerveau ;
.
Un terme de blazon à tes yeux se présente
Et ce qui répeté sert à grossir ta rente .
Une Ville fameuse un Fleuve tres connu ,
Un meuble aux mortels necessaire ;
Un fils cruel qui déchire sa meré ;
Et remede à la toux , quand on en a bien bu.
E suis dans un Païs , peu favorable aux
Dames ; JE
Cependant mon aspect n'en est pas moins charmant.
Si tu veux , cher Lecteur , faire mes Anagra
mes
Combine bien mes pieds , tu verras à l'instant ,
Ce que certaines gens mettent dessus leur tête.
Tourne encor d'un autre côté ,
En moi tu trouveras une celebre fête ;
Un
1578 MERCURE DE FRANCE
Un Patriarche révéré
Ce qui fait rire et qu'on méprise ;
Un homme par tout recherché
Ce qui garantit de la Bize.
Un Empereur Romain , du Ciel favorisé.
Ce qui n'a point d'appuy , mais qui pourtant en
donne ,
Un terme dénigrant , ce qui guimpe une None."
Un sage de l'Antiquité,
Exemple de sévérité .
Ce que l'on met au feu , qui sert en tout ménage
;
Un Oyseau que l'on met en Cage ; }
Ce qui vient d'un Païs lointain
Et fait manchettes à Catin.
Poisson tres- estimé , ce qui sert à la table ,
Supplice destiné pour Roturier coupable.
Courage , ami Lecteur , travaille de nouveau ;
Allons , tourne , Combine , et cherche en tom
cerveau ;
.
Un terme de blazon à tes yeux se présente
Et ce qui répeté sert à grossir ta rente .
Une Ville fameuse un Fleuve tres connu ,
Un meuble aux mortels necessaire ;
Un fils cruel qui déchire sa meré ;
Et remede à la toux , quand on en a bien bu.
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3156
p. 1625-1626
DEUXIÈME ENIGME.
Début :
Des le point de notre naissance, [...]
Mots clefs :
Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME ENIGME.
DEUXIEME ENIGME.
>
Es le pointde notre naiſſance ,
DES
Nous caufons des gemiffemens ,
Quand nous finiffons notre temps ,
C'est encor nouvelle fouffrance.
Nous habitons un humide féjour ,
Et ne faifons aucune grace ,
1625 MERCURE DE FRANCE .
A tout ce qui par chez nous paſſe ,
Nous le détruifons fans retour.
Lorfqu'on nous tire , ou qu'on nous coupe ,
C'eft pour nous le dernier malheur.
Le bel ordre & notre blancheur ,
Font la beauté de notre troupe .
>
Es le pointde notre naiſſance ,
DES
Nous caufons des gemiffemens ,
Quand nous finiffons notre temps ,
C'est encor nouvelle fouffrance.
Nous habitons un humide féjour ,
Et ne faifons aucune grace ,
1625 MERCURE DE FRANCE .
A tout ce qui par chez nous paſſe ,
Nous le détruifons fans retour.
Lorfqu'on nous tire , ou qu'on nous coupe ,
C'eft pour nous le dernier malheur.
Le bel ordre & notre blancheur ,
Font la beauté de notre troupe .
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3157
p. 111-112
LOGOGRIPHE.
Début :
Dans des endroits secrets, éloignés du concours, [...]
Mots clefs :
Champignon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
Ans des endroits fecrets , éloignés du concours
,
Je fais ma demeure ordinaire ,
Et pour le repos de mes jours
Je dois appréhender le curieux vulgaire ,
D'une mauvaiſe humeur l'on me voit aisément ,
Si je ne vis qu'aux frais de la feule Nature .
Un peu de foin & de mesure
Augmente mon tempéramment ;
Mon état , quoique bas , n'eſt jamais de durée ;
Deux deftins à l'envi précipitent ma fin ;
Je parois fouvent le matin ,
Sans être fûr de la journée .
Pour avoir mon portrait , Lecteur , en racourci ,
Cherche un nom de dix caractéres ,
Iffû des membres que voici .
D'abord je te préfente un de ces premiers freres.
Qui d'un grand crime fe chargea ,
Un fils maudit , une Maîtreffe
Qu'en vache Jupiter changea ,
Pour calmer certaine Déeffe ,
Cet illuftre Thebain , qui le premier , dit on ,.
B12 MERCURE DE FRANCE.
Sçut trouver les accords , inventa la Mufique ;
Un mets de baffecour , un oiſeau magnifique ,
Autrement oifeau de Junon ,
Un bon meuble d'hyver , un Dieu de l'Arcadie ,
Ce qui fatte un joueur , un fleuve d'Italie ,
Ce ,
Un arbre , une montagne , un terrible inſtrument ?
que dans le befoin l'on trouve rarement
Un yaleureux foldat , un fameux Capitaine ,
Ce qu'on double fouvent , une Iffe fort lointaine
Une Ville de France où croît de fort bon vin ,
Un de nos alimens plus utile que rare ,
Un de ces gens groffiers , chez un peuple barbare
Confacrés au culte divin.
Enfin c'eft à ce trait que tu peux me connoître ;
La moitié de mon nom m'a ſouvent donné l'être.
Bazon , Officier d'Artillerie..
Ans des endroits fecrets , éloignés du concours
,
Je fais ma demeure ordinaire ,
Et pour le repos de mes jours
Je dois appréhender le curieux vulgaire ,
D'une mauvaiſe humeur l'on me voit aisément ,
Si je ne vis qu'aux frais de la feule Nature .
Un peu de foin & de mesure
Augmente mon tempéramment ;
Mon état , quoique bas , n'eſt jamais de durée ;
Deux deftins à l'envi précipitent ma fin ;
Je parois fouvent le matin ,
Sans être fûr de la journée .
Pour avoir mon portrait , Lecteur , en racourci ,
Cherche un nom de dix caractéres ,
Iffû des membres que voici .
D'abord je te préfente un de ces premiers freres.
Qui d'un grand crime fe chargea ,
Un fils maudit , une Maîtreffe
Qu'en vache Jupiter changea ,
Pour calmer certaine Déeffe ,
Cet illuftre Thebain , qui le premier , dit on ,.
B12 MERCURE DE FRANCE.
Sçut trouver les accords , inventa la Mufique ;
Un mets de baffecour , un oiſeau magnifique ,
Autrement oifeau de Junon ,
Un bon meuble d'hyver , un Dieu de l'Arcadie ,
Ce qui fatte un joueur , un fleuve d'Italie ,
Ce ,
Un arbre , une montagne , un terrible inſtrument ?
que dans le befoin l'on trouve rarement
Un yaleureux foldat , un fameux Capitaine ,
Ce qu'on double fouvent , une Iffe fort lointaine
Une Ville de France où croît de fort bon vin ,
Un de nos alimens plus utile que rare ,
Un de ces gens groffiers , chez un peuple barbare
Confacrés au culte divin.
Enfin c'eft à ce trait que tu peux me connoître ;
La moitié de mon nom m'a ſouvent donné l'être.
Bazon , Officier d'Artillerie..
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3158
p. 113-114
Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Pour des Enigmes, il est trop juste de vous en donner, [...]
Mots clefs :
Bateau échappé, Lunette d'approche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Chapitre des Enigmes. [titre d'après la table]
Pour des Enigmes , il eſt
trop jufte de vous en donner ,
puifqu'elles font ( & tout le
monde en convient ) le principal
ornement de ce Volume.
Le mot de celles du mois paffé
étoit le Bateau échapé , & la
Lunette d'approche. Les noms de
ceux qui les ont deviné font ,
la Bergere Tire - oreille ,
Comteffe d'Efcarbagnas , le
petit Chat de Clelic , le bienheureux
Aronce , la belle bru
ne de la ruë neuve S. Euftache,
le Comte de G. C. D⋅ fon aimable
Epouſe, & le faux bourdon
des Capucins. Paffons à
Novembre 1715 . K
la
114 MERCURE
celles de ce mois .
trop jufte de vous en donner ,
puifqu'elles font ( & tout le
monde en convient ) le principal
ornement de ce Volume.
Le mot de celles du mois paffé
étoit le Bateau échapé , & la
Lunette d'approche. Les noms de
ceux qui les ont deviné font ,
la Bergere Tire - oreille ,
Comteffe d'Efcarbagnas , le
petit Chat de Clelic , le bienheureux
Aronce , la belle bru
ne de la ruë neuve S. Euftache,
le Comte de G. C. D⋅ fon aimable
Epouſe, & le faux bourdon
des Capucins. Paffons à
Novembre 1715 . K
la
114 MERCURE
celles de ce mois .
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3160
p. 541-543
« On trouve chez Delespine, pere & fils, Libraires, ruë S. Jacques, à l'Image saint [...] »
Début :
On trouve chez Delespine, pere & fils, Libraires, ruë S. Jacques, à l'Image saint [...]
Mots clefs :
Italien, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On trouve chez Delespine, pere & fils, Libraires, ruë S. Jacques, à l'Image saint [...] »
On trouve chez Delefpine , pere & fils,
Libraires , rue S. Jacques , à l'image faint
Paul , les Voyages du Pere Labat , de
l'Ordre des Freres Prêcheurs , en Espagne
& en Italie , in - 12 . 8. volumes . L'Auteur
y fait une fidelle deſcription des endroits
où il a été ; il y a inferé une Defcription
de la Ville de Florence , &
des environs , qu'il a traduite de l'Italien
, & une Relation exacte de la Cour
de Rome , des Ceremonies qui s'y obſervent
du Pape , des Cardinaux , de tous
les Officiers du S. Siege , de leurs Jurifdictions
, Revenus & autres chofes qui
peuvent donner une idée parfaite de cette
Cour ; traduite de l'Italien du fieur Je
rêine
542 MERCURE
DE FRANCE
.
Tême Limadoro , Chevalier de l'Ordre de
S. Etienne , & Gentilhomme Siennois.
On peut juger de cet Ouvrage par la réputation
que l'Auteur s'eft acquife pare
mi les gens d'efprit & de mérite , 1730.
Le même Libraire a imprimé la Relation
des Fêtes données à Rome , au mois
de Novembre dernier , par le Cardinal
de Polignac , avec une Cantate en deux
Actes , dont les Paroles font de l'Abbé
Méthaftafe. Le tout traduit de l'Italien .
Le Breton , pere , Libraire , Quay de
Conty , près la rue Guenegaud , imprime
les Philofophes Amoureux , Comédie en
Vers & en cinq Actes , par M. Nericault
Deftouches , repréſentée pour la premiere
fois le 26. Novembre 1279. fur le Théatre
de la Comedie Françoife . L'Auteur
l'a retirée, craignant de trouver encore des
Spectateurs indifpofez contre lui , & il a
mieux aimé prendre pour juge le Lecteur
tranquille ; cette Piece fera en vente à la
fin du mois.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET
HISTORIQUES , pour faciliter l'intelligence
de l'Ecriture Sainte , par divers
Auteurs. A la Hays , chez Ga. Vander
Poel , 1730. 2. volumes.
L'HONM.
ARS. 1730. 545
L'HONNESTE HOMME , ou Recueil
de Pieces choifies fur differens ſujets ,
comme fur l'Amitié , l'Amour , la Galanterie
, le Mariage , la Morale , les Affaires
de Commerce , la Peinture , l'Hiftoire
, la Poëfie , &c. A Londres , chez
Innys , J. Knapton , &c. 3. vol. in- 8 . cm
Anglois.
Libraires , rue S. Jacques , à l'image faint
Paul , les Voyages du Pere Labat , de
l'Ordre des Freres Prêcheurs , en Espagne
& en Italie , in - 12 . 8. volumes . L'Auteur
y fait une fidelle deſcription des endroits
où il a été ; il y a inferé une Defcription
de la Ville de Florence , &
des environs , qu'il a traduite de l'Italien
, & une Relation exacte de la Cour
de Rome , des Ceremonies qui s'y obſervent
du Pape , des Cardinaux , de tous
les Officiers du S. Siege , de leurs Jurifdictions
, Revenus & autres chofes qui
peuvent donner une idée parfaite de cette
Cour ; traduite de l'Italien du fieur Je
rêine
542 MERCURE
DE FRANCE
.
Tême Limadoro , Chevalier de l'Ordre de
S. Etienne , & Gentilhomme Siennois.
On peut juger de cet Ouvrage par la réputation
que l'Auteur s'eft acquife pare
mi les gens d'efprit & de mérite , 1730.
Le même Libraire a imprimé la Relation
des Fêtes données à Rome , au mois
de Novembre dernier , par le Cardinal
de Polignac , avec une Cantate en deux
Actes , dont les Paroles font de l'Abbé
Méthaftafe. Le tout traduit de l'Italien .
Le Breton , pere , Libraire , Quay de
Conty , près la rue Guenegaud , imprime
les Philofophes Amoureux , Comédie en
Vers & en cinq Actes , par M. Nericault
Deftouches , repréſentée pour la premiere
fois le 26. Novembre 1279. fur le Théatre
de la Comedie Françoife . L'Auteur
l'a retirée, craignant de trouver encore des
Spectateurs indifpofez contre lui , & il a
mieux aimé prendre pour juge le Lecteur
tranquille ; cette Piece fera en vente à la
fin du mois.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET
HISTORIQUES , pour faciliter l'intelligence
de l'Ecriture Sainte , par divers
Auteurs. A la Hays , chez Ga. Vander
Poel , 1730. 2. volumes.
L'HONM.
ARS. 1730. 545
L'HONNESTE HOMME , ou Recueil
de Pieces choifies fur differens ſujets ,
comme fur l'Amitié , l'Amour , la Galanterie
, le Mariage , la Morale , les Affaires
de Commerce , la Peinture , l'Hiftoire
, la Poëfie , &c. A Londres , chez
Innys , J. Knapton , &c. 3. vol. in- 8 . cm
Anglois.
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Résumé : « On trouve chez Delespine, pere & fils, Libraires, ruë S. Jacques, à l'Image saint [...] »
En 1730, plusieurs publications et ouvrages sont disponibles chez différents libraires. Chez Delefpine, père et fils, on trouve les 'Voyages du Père Labat', un moine dominicain décrivant ses voyages en Espagne et en Italie. L'ouvrage inclut des descriptions de Florence et de ses environs, ainsi qu'une relation de la cour de Rome, des cérémonies papales et des fonctions des cardinaux, traduites de l'italien. Le même libraire a également imprimé la relation des fêtes données à Rome en novembre par le Cardinal de Polignac, incluant une cantate en deux actes de l'Abbé Méthastase. Le Breton, père, propose les 'Philosophes Amoureux', une comédie en vers et en cinq actes de M. Nericault Destouches, représentée pour la première fois le 26 novembre 1729 au Théâtre de la Comédie Française. Les 'Traitez Géographiques et Historiques' pour faciliter l'intelligence de l'Écriture Sainte, par divers auteurs, sont disponibles en deux volumes chez Ga. Vander Poel à La Haye. L'ouvrage 'L'Honnête Homme', un recueil de pièces choisies sur divers sujets, est publié en trois volumes en anglais à Londres chez Innys et J. Knapton.
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3161
p. 115-117
AUTRE.
Début :
Serai-je donc toujours auditeur bénévole ? [...]
Mots clefs :
Bouclier
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
Erai-je donc toujours auditeur bénévole z
Ne pourrai- je pas à mon tour
Exercer mon efprit. fur un objet, frivole
Compofer Logogriphe ? Oui , je veux en ce jour
Prendre fur moi le grave rôle
D'ennuyer , d'exceder un Lecteur morfondu
Et me vanger ainſi du tems que j'ai perdu ,
En m'arrêtant fur telle faribole.
Je ferois attrapé , fije n'étois pas lu.
A mes pareils choſe très- ordinaire :
Voyons , cachons- nous bien fous l'aile du myf
tere ,
Car fi j'étois , par malheur entendu ,
Cela gâteroit mon affaire.
Chez les Anciens mon nom eft très- fameux,
Je fus préfent à plus de cent batailles ,
Fai vu tomber les plus fortes murailles ;
Un Capitaine , un foldat valeureux.
Combattoit près de moi , jufqu'à l'heure deze
niere ,
Ma préſence augmentoit fon audace guerriera,
De l'ennemi victorieux
Si je devenois la conquête ,
Un guerrier généreux
Ne vouloit point furvivre à ma défaite .
116 MERCURE DE FRANCE.
Je méritois par mes exploits
Les regrets dont ma perte étoit toujours fuivie
On m'a vu mille & mille fois
A mes dépens fauver la vie
Aux Héros rangés fons mes loix.
Trempé de fang & couvert de pouffiere ,
On me vit au milieu des plus affieux hazards
Braver la lance meurtriere ,
M'expofer fans défente à tous les coups de Mars .
Ces Phalanges prefqu'invincibles
Qui femoient fous leurs pas le carnage & l'effroi
C'étoit ma valeur , c'étoit moi
Qui les rendois fi fortes , fi terribles .
Aujourdhui , vieux foldat , on me compte pour riem
Et l'on m'a mis au rang des Invalides ,
Quoique je pûffe encor fort bien
Parer plufieurs traits homicides."
Vous trouverez en renverfant mon nom
L'inftrument d'un jeu d'exercice ,
: 0
Et le lit fur lequel expire maint laron
Condamné par le juge au plus affreux fuplice ,,
L'art dans lequel excelle tout Aatteur ;
Une piéce d'argent qui vaut plus d'une obole ,.
Du Réprouvé le vrai fimbole ,
La bafe de la tête , un ton , une couleur ,
y
Ce qu'on trouve à Paris dans la plupart des rues
Ce que font jour & nuit des gens aux mains
crachues ;,
M. AR S.
17521 117
Un folitaire au cloître condaniné ,
Ce que fait le jus de la treille ,
Lorfque le doux glou glou vient frapper notre
oreille ;
Le titre faftueux d'un homme couronné ;
Un fer armé de pointe. & pourvû d'une tête ;
Ce que pour le dîner tous les jours on apprête ,
Ce qui fait des cheveux la grace & l'ornement,
De notre corps la plus -noble partie
Que tout le monde fçait néceffaire à la vie
Et qui bat & fe trouble , auffi -tôt que Siivie ,
Voit approcher fon tendre Amant.
Cen eft affez ; devincz maintenant.
Erai-je donc toujours auditeur bénévole z
Ne pourrai- je pas à mon tour
Exercer mon efprit. fur un objet, frivole
Compofer Logogriphe ? Oui , je veux en ce jour
Prendre fur moi le grave rôle
D'ennuyer , d'exceder un Lecteur morfondu
Et me vanger ainſi du tems que j'ai perdu ,
En m'arrêtant fur telle faribole.
Je ferois attrapé , fije n'étois pas lu.
A mes pareils choſe très- ordinaire :
Voyons , cachons- nous bien fous l'aile du myf
tere ,
Car fi j'étois , par malheur entendu ,
Cela gâteroit mon affaire.
Chez les Anciens mon nom eft très- fameux,
Je fus préfent à plus de cent batailles ,
Fai vu tomber les plus fortes murailles ;
Un Capitaine , un foldat valeureux.
Combattoit près de moi , jufqu'à l'heure deze
niere ,
Ma préſence augmentoit fon audace guerriera,
De l'ennemi victorieux
Si je devenois la conquête ,
Un guerrier généreux
Ne vouloit point furvivre à ma défaite .
116 MERCURE DE FRANCE.
Je méritois par mes exploits
Les regrets dont ma perte étoit toujours fuivie
On m'a vu mille & mille fois
A mes dépens fauver la vie
Aux Héros rangés fons mes loix.
Trempé de fang & couvert de pouffiere ,
On me vit au milieu des plus affieux hazards
Braver la lance meurtriere ,
M'expofer fans défente à tous les coups de Mars .
Ces Phalanges prefqu'invincibles
Qui femoient fous leurs pas le carnage & l'effroi
C'étoit ma valeur , c'étoit moi
Qui les rendois fi fortes , fi terribles .
Aujourdhui , vieux foldat , on me compte pour riem
Et l'on m'a mis au rang des Invalides ,
Quoique je pûffe encor fort bien
Parer plufieurs traits homicides."
Vous trouverez en renverfant mon nom
L'inftrument d'un jeu d'exercice ,
: 0
Et le lit fur lequel expire maint laron
Condamné par le juge au plus affreux fuplice ,,
L'art dans lequel excelle tout Aatteur ;
Une piéce d'argent qui vaut plus d'une obole ,.
Du Réprouvé le vrai fimbole ,
La bafe de la tête , un ton , une couleur ,
y
Ce qu'on trouve à Paris dans la plupart des rues
Ce que font jour & nuit des gens aux mains
crachues ;,
M. AR S.
17521 117
Un folitaire au cloître condaniné ,
Ce que fait le jus de la treille ,
Lorfque le doux glou glou vient frapper notre
oreille ;
Le titre faftueux d'un homme couronné ;
Un fer armé de pointe. & pourvû d'une tête ;
Ce que pour le dîner tous les jours on apprête ,
Ce qui fait des cheveux la grace & l'ornement,
De notre corps la plus -noble partie
Que tout le monde fçait néceffaire à la vie
Et qui bat & fe trouble , auffi -tôt que Siivie ,
Voit approcher fon tendre Amant.
Cen eft affez ; devincz maintenant.
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3162
p. 945-947
« LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
Début :
LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...]
Mots clefs :
Prince Jakaya, Apocalypse, Lettres héroïques, Femmes galantes de l'Antiquité, Le Zodiaque de la vie, Histoire de l'Empire, Pratiques superstitieuses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA,
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition ; Anecdotes secrettes de la Cour
Ottomane. A Paris , chez Jacques Clowzier , rue S. Jacques , 2. vol. in 12. Prix
3. liv. broché.
REFLEXIONS INSTRUCTIVES ET MORALES
sur l'Apocalypse. Par M. l'Abbé Genreau,
Guré de Notre Dame de Dijon. Ru
S. Severin , chez d'Houry , 1732. in 12.
de 636. pages.
LETTRES HEROÏQUES , Historiques et
interessantes , sur differens sujets . Rue
S. Severin , chez Mesnier, 1732. in 12.
de 220. pages.
HISTOIRE SECRETTE des Femmes Galantes de l'Antiquité. A Rožen , chez Jore,
et se trouve à Paris , ruë S. Jacques , chez
Et.
34 MERCURE DE FRANCE
Et. Ganeau , 1732. 3. vol. in 12. Prix
6. livres, reliez.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Précepte
pour diriger la conduite et les mœurs des
hommes. Traduit- du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada , par M. de la Monnerie , 2. vol.
in 12. de 250. pages. A Paris , ruë S. Jacques, chez Briasson.
HISTOIRE DE L'EMPIRE , contenant son
origine , son progrès , ses Révolutions ,
la forme de son Gouvernement , sa politique , ses négociations, et les nouveaux
Reglemens qui ont été faits par les Traitez deWestphalie et autres. Par M. Heisse.
Nouvelle Edition , augmentée de Notes
Historiques et Politiques , continuée jusqu'à present par M. V. G. J. D. G. S.
A Paris , 1731. in 12. dix volumes , et
in 4. 3. vol:
HISTOIRE CRITIQUE des Pratiques superstitieuses qui ont séduit les Peuples et
embarassé les Sçavans ; avec la Méthode
et les Principes pour discerner les effets
naturels d'avec ceux qui ne le sont pas.
Par le P. le Brun , Prêtre de l'Oratoire..
Seconde Edition , considerablement aug
mentée ,
MAY. 7732 947
mentée , 3. vol. in 12. avec figures. Chez
la veuve Delaulne , et chez Chaubert.
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition ; Anecdotes secrettes de la Cour
Ottomane. A Paris , chez Jacques Clowzier , rue S. Jacques , 2. vol. in 12. Prix
3. liv. broché.
REFLEXIONS INSTRUCTIVES ET MORALES
sur l'Apocalypse. Par M. l'Abbé Genreau,
Guré de Notre Dame de Dijon. Ru
S. Severin , chez d'Houry , 1732. in 12.
de 636. pages.
LETTRES HEROÏQUES , Historiques et
interessantes , sur differens sujets . Rue
S. Severin , chez Mesnier, 1732. in 12.
de 220. pages.
HISTOIRE SECRETTE des Femmes Galantes de l'Antiquité. A Rožen , chez Jore,
et se trouve à Paris , ruë S. Jacques , chez
Et.
34 MERCURE DE FRANCE
Et. Ganeau , 1732. 3. vol. in 12. Prix
6. livres, reliez.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Précepte
pour diriger la conduite et les mœurs des
hommes. Traduit- du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada , par M. de la Monnerie , 2. vol.
in 12. de 250. pages. A Paris , ruë S. Jacques, chez Briasson.
HISTOIRE DE L'EMPIRE , contenant son
origine , son progrès , ses Révolutions ,
la forme de son Gouvernement , sa politique , ses négociations, et les nouveaux
Reglemens qui ont été faits par les Traitez deWestphalie et autres. Par M. Heisse.
Nouvelle Edition , augmentée de Notes
Historiques et Politiques , continuée jusqu'à present par M. V. G. J. D. G. S.
A Paris , 1731. in 12. dix volumes , et
in 4. 3. vol:
HISTOIRE CRITIQUE des Pratiques superstitieuses qui ont séduit les Peuples et
embarassé les Sçavans ; avec la Méthode
et les Principes pour discerner les effets
naturels d'avec ceux qui ne le sont pas.
Par le P. le Brun , Prêtre de l'Oratoire..
Seconde Edition , considerablement aug
mentée ,
MAY. 7732 947
mentée , 3. vol. in 12. avec figures. Chez
la veuve Delaulne , et chez Chaubert.
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Résumé : « LES AVANTURES DU PRINCE JAKAYA, ou le Triomphe de l'Amour [...] »
Le document énumère diverses publications du début du XVIIIe siècle. Parmi elles, 'Les Aventures du Prince Jakaya' est publié à Paris chez Jacques Clowzier en deux volumes in-12 au prix de 3 livres broché. 'Réflexions instructives et morales sur l'Apocalypse' par l'Abbé Genreau, curé de Notre Dame de Dijon, est publié en 1732 chez d'Houry à Paris et contient 636 pages. 'Lettres héroïques, historiques et intéressantes' est également publié en 1732 chez Mesnier à Paris, en un volume in-12 de 220 pages. 'Histoire secrète des Femmes galantes de l'Antiquité' est disponible chez Etienne Ganeau à Paris en trois volumes in-12 au prix de 6 livres reliés. 'Le Zodiaque de la vie' est traduit du poème latin de Marcel Palingène par M. de la Monnerie et publié en deux volumes in-12 de 250 pages chez Briasson à Paris. 'Histoire de l'Empire' par M. Heisse, augmentée de notes historiques et politiques, est publiée en 1731 en dix volumes in-12 et trois volumes in-4. Enfin, 'Histoire critique des Pratiques superstitieuses' par le Père le Brun est publié en seconde édition augmentée en trois volumes in-12 avec figures chez la veuve Delaulne et Chaubert.
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3163
p. 114-116
PARODIE nouvelle.
Début :
Ton tan ton temps est passé, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE nouvelle.
PARO DIE
nouvelle.
Ton tantontemps cft
paf.,
Jidansauvage,
Ton tin ton timbre cft
- casse,
Tu veux qu'après leMa«
riage,
Aprés deux ans,
Ta femme pour toysoit
constante,
Et pour tout autre indiferente,
Dansson Printemps ,
Crois tu que ton couroux
que ton bruitéclatant,
Chassera sonAmant,
Elle l'attend,
Ton toxintintant,
N'éfrayera personne,
Dismoyquandsur le
tristeton,
Ta grole clochesonne,
Te plaint-on,
Non nonnon,
De tes tourmens,
Dansmachanson,
L'on. rira dans cent ans
Les airs des deux Chan-
, fons ci-dessus, sont imprimez&
connus.
nouvelle.
Ton tantontemps cft
paf.,
Jidansauvage,
Ton tin ton timbre cft
- casse,
Tu veux qu'après leMa«
riage,
Aprés deux ans,
Ta femme pour toysoit
constante,
Et pour tout autre indiferente,
Dansson Printemps ,
Crois tu que ton couroux
que ton bruitéclatant,
Chassera sonAmant,
Elle l'attend,
Ton toxintintant,
N'éfrayera personne,
Dismoyquandsur le
tristeton,
Ta grole clochesonne,
Te plaint-on,
Non nonnon,
De tes tourmens,
Dansmachanson,
L'on. rira dans cent ans
Les airs des deux Chan-
, fons ci-dessus, sont imprimez&
connus.
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Résumé : PARODIE nouvelle.
Le poème 'PARO DIE' relate les inquiétudes d'un homme sur l'infidélité de sa femme après leur mariage. Il doute de l'efficacité de ses menaces et craint que sa femme attende un amant malgré tout. Les tourments de l'homme susciteront des rires plutôt que de la pitié. Les airs des chansons mentionnées sont déjà imprimés et connus.
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3164
p. 115-118
Répresailles. [titre d'après la table]
Début :
Pourquoy me cherchez-vous querelle, Monsieur ** ? [...]
Mots clefs :
Nicolas Boileau, Transitions, Style, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Répresailles. [titre d'après la table]
Pourquoy me cherchezvous
querelle,Monfieur**?
Vous paſſez pour avoir une
étude polic par un grand
uſage du beau monde , où
la fortunevous a fait naître,
&où vôtremerite vous dif
tingue. Cependant vous
vous déchaînez contremoi,
comme ſi àchaque inftant
je donnois des ſoufflets à
Ronſard. Vous ne m'avez
pourtant jamais vû , je ne
vousconnois pas,& à peine
ſçavez-vous de quoy je fuis
capable. Vous ai je offenlé
? ai-je mal parlé de vous ?
Kij
MERCURE
Non : mais j'ai mis le tombeau
de Boileau dans un de
mes Journaux ,& de làvous
concluez & publiez que le
Mercure eſt deteſtable, que
vous ne le voulez plus lire ,
& qu'il n'y a point d'eſprit
bien fait qui ne soit obligé
en confcience de le trouver
tout de travers , comme
vous. Jevous fuis obligé de
vos fuffrages : mais fi par
malheur vousjettez les yeux
fur celui-ci , & fi vous y li .
ſez la lettre que j'ai l'honneur
de vous écrire, vous
allez ſans doute diredemoy
!
GALANT.
17
biendesbelles choſes. Mes
tranſitions vontvous paroî
tre tirées aux cheveux , mes
événemens dérangez , mon
ſtile épuisé , & mes comparaiſons
ridicules. Mais je
reprendrai , s'il vous plaît ,
avec vous un des textes de
la Preface de mon premier
livre , & en réponſe je vous
dirai de bonne foy , que je
n'ai jamais fongé à vous
contenter , ſi vous êtes du
nombre de ces gens qui ne
ſe contentent jamais.. J'examinerois
peut être davantage
avec vous le fon118
MERCURE
dement de vos murmures ,
fi je n'avois pas des comptes
plus preſſez à rendre aupublic.
querelle,Monfieur**?
Vous paſſez pour avoir une
étude polic par un grand
uſage du beau monde , où
la fortunevous a fait naître,
&où vôtremerite vous dif
tingue. Cependant vous
vous déchaînez contremoi,
comme ſi àchaque inftant
je donnois des ſoufflets à
Ronſard. Vous ne m'avez
pourtant jamais vû , je ne
vousconnois pas,& à peine
ſçavez-vous de quoy je fuis
capable. Vous ai je offenlé
? ai-je mal parlé de vous ?
Kij
MERCURE
Non : mais j'ai mis le tombeau
de Boileau dans un de
mes Journaux ,& de làvous
concluez & publiez que le
Mercure eſt deteſtable, que
vous ne le voulez plus lire ,
& qu'il n'y a point d'eſprit
bien fait qui ne soit obligé
en confcience de le trouver
tout de travers , comme
vous. Jevous fuis obligé de
vos fuffrages : mais fi par
malheur vousjettez les yeux
fur celui-ci , & fi vous y li .
ſez la lettre que j'ai l'honneur
de vous écrire, vous
allez ſans doute diredemoy
!
GALANT.
17
biendesbelles choſes. Mes
tranſitions vontvous paroî
tre tirées aux cheveux , mes
événemens dérangez , mon
ſtile épuisé , & mes comparaiſons
ridicules. Mais je
reprendrai , s'il vous plaît ,
avec vous un des textes de
la Preface de mon premier
livre , & en réponſe je vous
dirai de bonne foy , que je
n'ai jamais fongé à vous
contenter , ſi vous êtes du
nombre de ces gens qui ne
ſe contentent jamais.. J'examinerois
peut être davantage
avec vous le fon118
MERCURE
dement de vos murmures ,
fi je n'avois pas des comptes
plus preſſez à rendre aupublic.
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Résumé : Répresailles. [titre d'après la table]
Dans un dialogue, Galant accuse Mercure de lui chercher querelle sans motif. Mercure révèle que cette dispute découle de la publication d'un tombeau de Boileau dans le journal de Galant, qui a qualifié le Mercure de détestable et dénué de bon goût. Galant anticipe les critiques de Mercure sur son style et son contenu, affirmant ne pas avoir cherché à le satisfaire. Mercure, quant à lui, doit répondre aux attentes du public et n'a pas le temps de s'attarder sur les plaintes de Galant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3165
p. 1993-1996
Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
Début :
GALLIA CHRISTIANA, in Provincias Ecclesiasticas distributa, &c. Tomus V. [...]
Mots clefs :
Gaule chrétienne, Diocèse, Malines, Constance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
GALLIA , CHRISTIANA in Provincias
Ecclesiasticas distributa , &c. Tomus V.
c'est- à- dire , LA GAULE CHRETIENNE ,
divisée en Provinces Ecclésiastiques , dans
laquelle on voit la suite et l'Histoire des
Archevêques , des Evêques , et des Abbez de tous les Pays compris dans l'ancienne Gaule , depuis l'origine des Eglises jusqu'à notre tems , avec des Preuves
tirées des Monumens autentiques ; par
des Religieux Bénédictins de la Congré
gation
1994 MERCURE DE FRANCE
gation de S. Maur. Tome V. A Paris , de
l'Imprimerie Royale 1731. Fol. de 1114.
pages , sans les Preuves et les Tables.
Les grands Diocèses de Malines et de
Mayence , et ceux de leurs Suffragants ,
font la matiere de ce cinquiéme Volume
de la Gaule Chrétienne. Cette matiere est
des plus abondantes , puisqu'elle embrasse presque toute la Flandre généralement
prise , et une partie considerable de l'Allemagne. Malines , qui d'abord fut du
Diocèse de Liege , attachée pour le spirituel à l'Evêché de Cambray , fut érigée
en Archevêché en 1559. et a pour Suffragants les Evêques d'Anvers , de Bois - leDuc , de Gand , de Bruges , d'Ipres , et
de Ruremond , qui est dans la Gueldre.
Le premier Archevêq e de Malines fut
le Cardinal Perrenot de Granvelle , fort
connu dans l'Histoire. On trouve quelques Sçavans parmi les Suffragants de
cette Métropole , entr'autres Sonnius
Evêque d'Anvers , qui publia en 1556.
des Dimonstrations tirées de la parole de
Dieu sur les VI. Sacremens , et des Staturs Synodaux ; et Corneille Jansen
Evêque de Gand Auteur de quantité
d'Ouvrages , dont le plus estimé est la
Concorde Evangelique , &c.
>
Mayence peut se vanter d'avoir été éclaiτές
SEPTEMBRE. 1732 1995
rée dès les premiers tems des lumieres de
la Foi , s'il est vrai, commeon le prétend ,
que S. Crescent , Disciple de S. Paul , air
été son premier Evêque. Du moins la
Mission de Crescent dans les Gaules , ou
dans la Germanie , vers l'an 8o. de J. C.
ne sçauroit être contestée après le témoignage d'Eusebe , qui assure que ce Disciple souffrit le martyre à Mayence , où il comme le marque aussi
S. Jerôme dans son Catalogue des Hommes Illustres.
fût inhumé
3
?
Carloman et Pepin firent ériger Mayence en Métropole Le Pape Zacharie soumit à ce te Eglise Tongres , Cologne
Wormes , Spire , Utrech , et toutes les
autres parties de la Germanie dont
S. Boniface avoit été l'Apôtre. Le premier
des Archevêques de Mayence qui porta
le titre d'Electeur fut , selon nos Auteurs,
Sillegi e , d'une condition basse , mais extrêmement relevé par sa science et par
ses vertus. Sa modestie alla jusqu'à prendre pour armoiries une Rouc , en mémoire de la profession de son pere qui étoit
Charron , ou Charpentier. Les Archevêques de Mayence ont depuis conservé les
mêmes Armoiries.
La Ville de Constance , qui tire son
nom de Constant , pere de Constantin
est
و
1996 MERCURE DE FRANCE
est aussi un Evêché suffragant de Mayence. Elle est située dans la Souabe. Ce Diocèse étoit autrefois le plus étendu de toute l'Allemagne , et malgré la P. Réformation il contient encore aujourd'hui un
très-grand nombre deParroisses.L'Evêque
possesseur de plusieurs grandes Seigneuries dans l'Empire , est Directeur du cercle de Souabe , avec le Duc de Wittemberg ; et les Barons de Zeweyer , sont ses
Echansons héréditaires.
Il y a lieu de croire que ce dernier Volume era aussi favorablement reçû que les
précédens. L'ordre alphaberique , suivi
par les sçavans Auteurs de cet Ouvrage ,
promet dans le Tome suivant les Métropoles de Narbonne et de Paris
Ecclesiasticas distributa , &c. Tomus V.
c'est- à- dire , LA GAULE CHRETIENNE ,
divisée en Provinces Ecclésiastiques , dans
laquelle on voit la suite et l'Histoire des
Archevêques , des Evêques , et des Abbez de tous les Pays compris dans l'ancienne Gaule , depuis l'origine des Eglises jusqu'à notre tems , avec des Preuves
tirées des Monumens autentiques ; par
des Religieux Bénédictins de la Congré
gation
1994 MERCURE DE FRANCE
gation de S. Maur. Tome V. A Paris , de
l'Imprimerie Royale 1731. Fol. de 1114.
pages , sans les Preuves et les Tables.
Les grands Diocèses de Malines et de
Mayence , et ceux de leurs Suffragants ,
font la matiere de ce cinquiéme Volume
de la Gaule Chrétienne. Cette matiere est
des plus abondantes , puisqu'elle embrasse presque toute la Flandre généralement
prise , et une partie considerable de l'Allemagne. Malines , qui d'abord fut du
Diocèse de Liege , attachée pour le spirituel à l'Evêché de Cambray , fut érigée
en Archevêché en 1559. et a pour Suffragants les Evêques d'Anvers , de Bois - leDuc , de Gand , de Bruges , d'Ipres , et
de Ruremond , qui est dans la Gueldre.
Le premier Archevêq e de Malines fut
le Cardinal Perrenot de Granvelle , fort
connu dans l'Histoire. On trouve quelques Sçavans parmi les Suffragants de
cette Métropole , entr'autres Sonnius
Evêque d'Anvers , qui publia en 1556.
des Dimonstrations tirées de la parole de
Dieu sur les VI. Sacremens , et des Staturs Synodaux ; et Corneille Jansen
Evêque de Gand Auteur de quantité
d'Ouvrages , dont le plus estimé est la
Concorde Evangelique , &c.
>
Mayence peut se vanter d'avoir été éclaiτές
SEPTEMBRE. 1732 1995
rée dès les premiers tems des lumieres de
la Foi , s'il est vrai, commeon le prétend ,
que S. Crescent , Disciple de S. Paul , air
été son premier Evêque. Du moins la
Mission de Crescent dans les Gaules , ou
dans la Germanie , vers l'an 8o. de J. C.
ne sçauroit être contestée après le témoignage d'Eusebe , qui assure que ce Disciple souffrit le martyre à Mayence , où il comme le marque aussi
S. Jerôme dans son Catalogue des Hommes Illustres.
fût inhumé
3
?
Carloman et Pepin firent ériger Mayence en Métropole Le Pape Zacharie soumit à ce te Eglise Tongres , Cologne
Wormes , Spire , Utrech , et toutes les
autres parties de la Germanie dont
S. Boniface avoit été l'Apôtre. Le premier
des Archevêques de Mayence qui porta
le titre d'Electeur fut , selon nos Auteurs,
Sillegi e , d'une condition basse , mais extrêmement relevé par sa science et par
ses vertus. Sa modestie alla jusqu'à prendre pour armoiries une Rouc , en mémoire de la profession de son pere qui étoit
Charron , ou Charpentier. Les Archevêques de Mayence ont depuis conservé les
mêmes Armoiries.
La Ville de Constance , qui tire son
nom de Constant , pere de Constantin
est
و
1996 MERCURE DE FRANCE
est aussi un Evêché suffragant de Mayence. Elle est située dans la Souabe. Ce Diocèse étoit autrefois le plus étendu de toute l'Allemagne , et malgré la P. Réformation il contient encore aujourd'hui un
très-grand nombre deParroisses.L'Evêque
possesseur de plusieurs grandes Seigneuries dans l'Empire , est Directeur du cercle de Souabe , avec le Duc de Wittemberg ; et les Barons de Zeweyer , sont ses
Echansons héréditaires.
Il y a lieu de croire que ce dernier Volume era aussi favorablement reçû que les
précédens. L'ordre alphaberique , suivi
par les sçavans Auteurs de cet Ouvrage ,
promet dans le Tome suivant les Métropoles de Narbonne et de Paris
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Résumé : Gallia Christiana, &c. Tome V. [titre d'après la table]
Le cinquième tome de 'Gallia Christiana' ou 'La Gaule Chrétienne', publié en 1731, relate l'histoire des archevêques, évêques et abbés des régions de l'ancienne Gaule. Ce volume de 1114 pages se concentre sur les diocèses de Malines et de Mayence, ainsi que sur leurs diocèses suffragants. Malines, érigée en archevêché en 1559, compte parmi ses suffragants les évêques d'Anvers, de Bois-le-Duc, de Gand, de Bruges, d'Ipres et de Ruremond. Le premier archevêque de Malines fut le Cardinal Perrenot de Granvelle. Mayence, éclairée dès les premiers temps par la foi, aurait eu pour premier évêque Saint Crescent. Carloman et Pepin érigèrent Mayence en métropole, et le pape Zacharie soumit plusieurs régions de la Germanie à cette église. Sillegi fut le premier archevêque de Mayence à porter le titre d'électeur. Le diocèse de Constance, suffragant de Mayence, est situé en Souabe et contient encore de nombreuses paroisses malgré la Réforme. L'évêque de Constance possède plusieurs seigneuries et est directeur du cercle de Souabe. Le tome suivant traitera des métropoles de Narbonne et de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3166
p. 105-108
Réception de l'Abbé Alaric à l'Académie Françoise. [titre d'après la table]
Début :
Le Jeudi 30. Decembre dernier M. l'Abbé Alary, prit séance à l'Académie [...]
Mots clefs :
Abbé Alary, Roi, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réception de l'Abbé Alaric à l'Académie Françoise. [titre d'après la table]
Le Jeudi 30. Decembre dernier M.
l'Abbé Alary , prit séance à l'Académie
Françoise qui l'âvok élû pour remplir la*
place de feu M. de Mesmes , Premier
President du Parlement de Paris. M.'
l'Abbé Alary a eu Phonneur d'être un>
des instituteurs choisis pour les études
du Roy , & on peut avancer hardiment
qu'il est plus glorieux pour lui de s'êtrepresenté
avec ce titre qu'avec des ouvra
ges même applaudis. Quoique fa mcw
destie íèmble leule lui avoir dicté fa ha
rangue ; on sent pourtant bien que fòrí
esprit s'en est mêlé, & que ses foins ont
parfaitement réussi. Ce discours finement
& délicatement écrit , met le public etí
droit de faire de justes «proches à celui qui
l'a composé ; ne dòit.on pas tenir compte?
de fe4.talens à ee public qui les perfec
tionne ? I/Exorde de M. l'Abbé Alary ,
fait autant honneur à son coeur qu'à sort
esprit. C'est un monument de fa recon-'
noistànce pour M. le Marquis , & M.
l'Abbé deDangeau, 8c l'aveu genereux1
qu'il fait des bienfaits qu'il en a reçus
n'est pas moins une lòiiange pour lui y
que pour ces deux illustres frères.
Les Portraits du Cardinal de Riche
lieu & de Louis le Grand , quoique trai
tez déja par mille pinceaux paroislent
ensuite avec des couleurs nouvelles, &
eepenr
&á MERCURÉ DE FRANGÉ..
cependant justes. route l'Europe attenti~
ve k ses d^fieins, dit-il , en parlanc du
Cardinal de Richelieu, & executant ses
ordres dans le temps même qu'elle croyois
te plus y résister, auroit fuffi a l'ambition
du politique le p lus consommé , mais les
vastes projets d'Armand alloient encore
plus loin y toujours plein des siecles futurs
quand le sien sembloit épuiser tous ses foinsy
& l'occuper tout entier , il comptoit que...-.
la gloire de la Nation feroit ensevelie y fi
la langue qui la devoit immortaliser n'é
tait portée kfa plus haute perfection. Voici
tìn trait qui seul caracterise Loiiis XIW
il refpeEloit fa place, il la faisoit respec
ter aux autres , il étoit homme pour les
malheureux , il étoit Roy quand il falloit.
Pepriroer P injustice y & vanger l'inno*
cence. On rte peut peindre les vertus de
Ce grand Roy, íàns penser à celles de
íòn arriere - petit.fils. A peine sorti de.
l'enfance , il marche déjà fur les traces de
son prédecesseur ; l'amour de l'ordre , la
bienseance qui regle ses discours & ses
átìions , cette discretion fi necessaire pour là
gouvernement :, cette douceur ces grâces
majestueuses , tout nous rappelle son au*
giiste Bifayeul.
M. l'Ancien Evêque de Fréjus ne
í^auroìt être oublié quand on parle d'un
Prince aimable , précieux dépost confié k
ses
JANVIER tftf/ i#r
set soins. Ce Prélat qui duns le sein de lit
Cour a sait éclater un^defintenss.ment di
gne des premiers siecles de l'Eglise ne fan.
ge qu'à donner un f ere k la Patrie.
Agrès ces éloges íiiit celui de M. le
Premier President de Meímes , qui est
manié avec un art infini ; celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans défunt n'a pas'
moins de force & de finelîe. Quelle forte
de connotjfance avoit échapée h [a penetralion
? chaque art lui avoit découvert fis
délicatesses , & l'accueil. le plus affable ,
la simplicité ta plus modeste , rehaussoient
encore le prix de ses plus rares qualite'^.
Quelle fuperiorité ne falloit-il pas pour
s'attirer le réspeSì sans l'appareil de la
grandeur \ l'hommage forcé que les. place»
exigent approthc-t'il de celui qjti ne ft
rend q u k la personne \ Vous *n'en connoifi
yê^ point d'autre , ajoûte.t'il , en s'ad-.
dielíant à ses nouveaux Confreres , &
9.est l' ifnique qu'il Vous convient de rece
voir & de rendre* . Le mente seul a des
droits fur vous \ il doit justifier les fa
iseurs de la. fortune t ou accompagner l'é
clat de la- naissance ; vous voulei toujours'
que les. digntte^ soient la preuve des talens
ou la récompense de la vertu.
. Cet Extrait de la Harangue de M.
l'Abbé Atary, & le peu d'usage qu'il a
fait jusqu'à present pour le public d'une.
V.Hi élo~''
ie# MERCURE CE FRANCE.
éloquence si brillance &c si neuve , dé
montrent claire mejjf que ce ne sont pas
toujours les meilleures plumes qui écri.*
vent davantage. La réponse de' M. l'Abbé
D"ubos , Secretaire perpetuel de l'AcgdérriieFrançoile
soutient cette proposition en'
faveur de M.- l'Abbé Alaryv II est vrai ,'
lui dit.il , Monsieur, que vous n'appor
tez. pas ici les titres qui déterminent ordi*
nairement C Académie dans les èlvEtions.
Vos ouvrages n'ont paru encore qu'aux?
yeux de vos amis , mais vous nous appor
tez. des talens qui justifient bien nôtre.
choix :. une' érudition capable de faire
honneur à des sçavans qui auroient vécu
deux fois l'âge ou vous êtes : un juge
ment aujfi solide que fi vous aviez. em
ployé' tout votre temps à l'étude des feien-'
ces y dont le principal' merite e(l de nous
accoutumer à' raisonner avec just jfe , &c.
La précision ne nous permet pas dedonner
un abregé plus étendu de la repon-'
se de M . ï Abbé Dubos qui raísemble bien
des traks dignes d'être citez.
Nous ne rappellerons que celui.ci au
fbjet de M. le Duc , chargé par le Roy
des fonctions de Principal Ministre. C'est'
un Prince dit M. l'Abbé Dubos , trop'
juste pour prendre des résolutions qui ne
fiient pas équitables > & trop ferme pour
VarUr dans celUs qu'il aura prises.
l'Abbé Alary , prit séance à l'Académie
Françoise qui l'âvok élû pour remplir la*
place de feu M. de Mesmes , Premier
President du Parlement de Paris. M.'
l'Abbé Alary a eu Phonneur d'être un>
des instituteurs choisis pour les études
du Roy , & on peut avancer hardiment
qu'il est plus glorieux pour lui de s'êtrepresenté
avec ce titre qu'avec des ouvra
ges même applaudis. Quoique fa mcw
destie íèmble leule lui avoir dicté fa ha
rangue ; on sent pourtant bien que fòrí
esprit s'en est mêlé, & que ses foins ont
parfaitement réussi. Ce discours finement
& délicatement écrit , met le public etí
droit de faire de justes «proches à celui qui
l'a composé ; ne dòit.on pas tenir compte?
de fe4.talens à ee public qui les perfec
tionne ? I/Exorde de M. l'Abbé Alary ,
fait autant honneur à son coeur qu'à sort
esprit. C'est un monument de fa recon-'
noistànce pour M. le Marquis , & M.
l'Abbé deDangeau, 8c l'aveu genereux1
qu'il fait des bienfaits qu'il en a reçus
n'est pas moins une lòiiange pour lui y
que pour ces deux illustres frères.
Les Portraits du Cardinal de Riche
lieu & de Louis le Grand , quoique trai
tez déja par mille pinceaux paroislent
ensuite avec des couleurs nouvelles, &
eepenr
&á MERCURÉ DE FRANGÉ..
cependant justes. route l'Europe attenti~
ve k ses d^fieins, dit-il , en parlanc du
Cardinal de Richelieu, & executant ses
ordres dans le temps même qu'elle croyois
te plus y résister, auroit fuffi a l'ambition
du politique le p lus consommé , mais les
vastes projets d'Armand alloient encore
plus loin y toujours plein des siecles futurs
quand le sien sembloit épuiser tous ses foinsy
& l'occuper tout entier , il comptoit que...-.
la gloire de la Nation feroit ensevelie y fi
la langue qui la devoit immortaliser n'é
tait portée kfa plus haute perfection. Voici
tìn trait qui seul caracterise Loiiis XIW
il refpeEloit fa place, il la faisoit respec
ter aux autres , il étoit homme pour les
malheureux , il étoit Roy quand il falloit.
Pepriroer P injustice y & vanger l'inno*
cence. On rte peut peindre les vertus de
Ce grand Roy, íàns penser à celles de
íòn arriere - petit.fils. A peine sorti de.
l'enfance , il marche déjà fur les traces de
son prédecesseur ; l'amour de l'ordre , la
bienseance qui regle ses discours & ses
átìions , cette discretion fi necessaire pour là
gouvernement :, cette douceur ces grâces
majestueuses , tout nous rappelle son au*
giiste Bifayeul.
M. l'Ancien Evêque de Fréjus ne
í^auroìt être oublié quand on parle d'un
Prince aimable , précieux dépost confié k
ses
JANVIER tftf/ i#r
set soins. Ce Prélat qui duns le sein de lit
Cour a sait éclater un^defintenss.ment di
gne des premiers siecles de l'Eglise ne fan.
ge qu'à donner un f ere k la Patrie.
Agrès ces éloges íiiit celui de M. le
Premier President de Meímes , qui est
manié avec un art infini ; celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans défunt n'a pas'
moins de force & de finelîe. Quelle forte
de connotjfance avoit échapée h [a penetralion
? chaque art lui avoit découvert fis
délicatesses , & l'accueil. le plus affable ,
la simplicité ta plus modeste , rehaussoient
encore le prix de ses plus rares qualite'^.
Quelle fuperiorité ne falloit-il pas pour
s'attirer le réspeSì sans l'appareil de la
grandeur \ l'hommage forcé que les. place»
exigent approthc-t'il de celui qjti ne ft
rend q u k la personne \ Vous *n'en connoifi
yê^ point d'autre , ajoûte.t'il , en s'ad-.
dielíant à ses nouveaux Confreres , &
9.est l' ifnique qu'il Vous convient de rece
voir & de rendre* . Le mente seul a des
droits fur vous \ il doit justifier les fa
iseurs de la. fortune t ou accompagner l'é
clat de la- naissance ; vous voulei toujours'
que les. digntte^ soient la preuve des talens
ou la récompense de la vertu.
. Cet Extrait de la Harangue de M.
l'Abbé Atary, & le peu d'usage qu'il a
fait jusqu'à present pour le public d'une.
V.Hi élo~''
ie# MERCURE CE FRANCE.
éloquence si brillance &c si neuve , dé
montrent claire mejjf que ce ne sont pas
toujours les meilleures plumes qui écri.*
vent davantage. La réponse de' M. l'Abbé
D"ubos , Secretaire perpetuel de l'AcgdérriieFrançoile
soutient cette proposition en'
faveur de M.- l'Abbé Alaryv II est vrai ,'
lui dit.il , Monsieur, que vous n'appor
tez. pas ici les titres qui déterminent ordi*
nairement C Académie dans les èlvEtions.
Vos ouvrages n'ont paru encore qu'aux?
yeux de vos amis , mais vous nous appor
tez. des talens qui justifient bien nôtre.
choix :. une' érudition capable de faire
honneur à des sçavans qui auroient vécu
deux fois l'âge ou vous êtes : un juge
ment aujfi solide que fi vous aviez. em
ployé' tout votre temps à l'étude des feien-'
ces y dont le principal' merite e(l de nous
accoutumer à' raisonner avec just jfe , &c.
La précision ne nous permet pas dedonner
un abregé plus étendu de la repon-'
se de M . ï Abbé Dubos qui raísemble bien
des traks dignes d'être citez.
Nous ne rappellerons que celui.ci au
fbjet de M. le Duc , chargé par le Roy
des fonctions de Principal Ministre. C'est'
un Prince dit M. l'Abbé Dubos , trop'
juste pour prendre des résolutions qui ne
fiient pas équitables > & trop ferme pour
VarUr dans celUs qu'il aura prises.
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Résumé : Réception de l'Abbé Alaric à l'Académie Françoise. [titre d'après la table]
Le 30 décembre dernier, l'Abbé Alary a été élu à l'Académie Française pour succéder à M. de Mesmes, Premier Président du Parlement de Paris. L'Abbé Alary a été l'un des instituteurs choisis pour les études du Roi, ce qui est considéré comme un honneur supérieur à celui des œuvres applaudies. Son discours, finement et délicatement écrit, a été bien accueilli par le public. L'exorde de l'Abbé Alary rend hommage à son cœur et à son esprit, et il reconnaît les bienfaits reçus de M. le Marquis et M. l'Abbé de Dangeau. Les portraits du Cardinal de Richelieu et de Louis XIV sont présentés avec des couleurs nouvelles et justes. Richelieu est décrit comme un homme dont les vastes projets dépassaient son époque, tandis que Louis XIV est loué pour ses vertus et son respect des malheureux. Le jeune Louis XIV est comparé à son auguste bisaïeul, Henri IV, en raison de ses qualités telles que l'amour de l'ordre et la bienveillance. L'ancien Évêque de Fréjus est également mentionné pour ses qualités et son dévouement à la patrie. Les éloges de M. de Mesmes et du Duc d'Orléans sont soulignés pour leur art et leur finesse. La harangue de l'Abbé Alary démontre son éloquence et son talent, bien que ses œuvres n'aient pas encore été largement publiées. La réponse de l'Abbé Dubos, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française, souligne que l'Abbé Alary, bien qu'il n'ait pas encore publié d'ouvrages, apporte des talents et une érudition qui justifient son élection. L'Abbé Dubos mentionne également le Duc, chargé par le Roi des fonctions de Principal Ministre, en le décrivant comme juste et ferme dans ses résolutions.
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3167
p. 117-120
NOUVELLES des Cantons Suisses.
Début :
Il s'est élevé des troubles en Suisse il y [...]
Mots clefs :
Cantons suisses, Suisse, Zurich, Berne, Protestants, Catholiques, Ambassadeur de France, Bremgarten
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES des Cantons Suisses.
NOUVELLES
des Cantons Suiffes.
IL s'eft élevé des troubles en Suiffe il y a environ cinq ans pour le Com.
té de Tockembourg , dont
les habitans font partie Catholiques , & partie Proteftans. On prétend que
l'Abbé de faint Gal qui en
eſt ſeigneur , troubloit les
Proteftants dans l'exercice
de leur Religion. Les Cantons de Zurich & de Berne,
dont les peuples de cette
118 MERCURE
Comté font alliez , voulurent s'y oppoſer , & quelques Cantons Catholiques
entreprirent de fouftenir
les droits de l'Abbé de faint
Gal. Il s'eft tenu plufieurs
conferences à la follicitation des Cantons neutres
de Bafle & de Schafhouſe ,
& de l'Ambaffadeur de
France, pour terminer ces
differentsàl'amiable , mais
tres - inutilement , depuis
quelque temps on eſt venu à une rupture ouverte.
Les Cantons de Zurich &
de Berne ont affemblé de
GALANT. 119
groffes armées avec lef
quelles ils ontforcé les paffages qui les feparent , ont
donné un combat près de
Bremgarten , où ils perdirent trois ou quatre cens
hommes , & les Catholiques cinq cens & deux picces de canon , & enfuite
ils s'emparerent de Brem
garten & du Comté de
Bade.
Depuis ce temps - la le
Comte du Luc Ambaffadeur de France & les
Cantons neutres ont obtenuunefufpenfion d'armes,
120 MERCURE
ils font convenus que les
Députez des deux parties.
s'affembleroient à Arran ,
où l'on efpere trouver des
moyens pour reftablir la
tranquillité dans tout le
corps Helvetique.
des Cantons Suiffes.
IL s'eft élevé des troubles en Suiffe il y a environ cinq ans pour le Com.
té de Tockembourg , dont
les habitans font partie Catholiques , & partie Proteftans. On prétend que
l'Abbé de faint Gal qui en
eſt ſeigneur , troubloit les
Proteftants dans l'exercice
de leur Religion. Les Cantons de Zurich & de Berne,
dont les peuples de cette
118 MERCURE
Comté font alliez , voulurent s'y oppoſer , & quelques Cantons Catholiques
entreprirent de fouftenir
les droits de l'Abbé de faint
Gal. Il s'eft tenu plufieurs
conferences à la follicitation des Cantons neutres
de Bafle & de Schafhouſe ,
& de l'Ambaffadeur de
France, pour terminer ces
differentsàl'amiable , mais
tres - inutilement , depuis
quelque temps on eſt venu à une rupture ouverte.
Les Cantons de Zurich &
de Berne ont affemblé de
GALANT. 119
groffes armées avec lef
quelles ils ontforcé les paffages qui les feparent , ont
donné un combat près de
Bremgarten , où ils perdirent trois ou quatre cens
hommes , & les Catholiques cinq cens & deux picces de canon , & enfuite
ils s'emparerent de Brem
garten & du Comté de
Bade.
Depuis ce temps - la le
Comte du Luc Ambaffadeur de France & les
Cantons neutres ont obtenuunefufpenfion d'armes,
120 MERCURE
ils font convenus que les
Députez des deux parties.
s'affembleroient à Arran ,
où l'on efpere trouver des
moyens pour reftablir la
tranquillité dans tout le
corps Helvetique.
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Résumé : NOUVELLES des Cantons Suisses.
Il y a environ cinq ans, des troubles ont éclaté dans le comté de Tockembourg, en Suisse, peuplé de Catholiques et de Protestants. L'Abbé de Saint-Gall, seigneur du comté, était accusé de perturber les Protestants dans l'exercice de leur religion. Les cantons de Zurich et de Berne, alliés des Protestants, tentèrent de s'opposer à ces troubles, tandis que certains cantons catholiques soutenaient les droits de l'Abbé. Plusieurs conférences, organisées à la demande des cantons neutres de Bâle et de Schaffhouse, ainsi que de l'ambassadeur de France, échouèrent à résoudre le conflit à l'amiable. La situation dégénéra en rupture ouverte, menant à un combat près de Bremgarten où les cantons de Zurich et de Berne subirent des pertes humaines et matérielles. Ils prirent ensuite le contrôle de Bremgarten et du comté de Bade. Depuis, le comte du Luc, ambassadeur de France, et les cantons neutres ont obtenu une suspension des hostilités et ont convenu de réunir des députés des deux parties à Aarau pour restaurer la tranquillité dans le corps helvétique.
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3168
p. 110-113
« On s'est plaint que mes Nouvelles estoient seiches & avortées [...] »
Début :
On s'est plaint que mes Nouvelles estoient seiches & avortées [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On s'est plaint que mes Nouvelles estoient seiches & avortées [...] »
On s'est plaintquemesNouvelles
estoientseiches &avortédj
quo'n les vouloitétoffées,
nourries &c. J'ay déjà prosité
de cet avis, & dans la
fuite je les nourriray encore
plus de détails &de circonstances;
mais jamais de reflexionsnide
raisonnemens
politiques. Un particulier
qui ne voit que le dehors de
la machine politique sans en
connoistre les ressorts cachez,
ne peut jamais raisonner
solidement.
On s'est plaint aussi de
machanson contre lePays
Normand,dont j'ai dit:
N'en attendez ni bon njinf
ni franchise.
Je fais reparation d'honneuraux
Normands;ils excellent
en prudence & en
force d'esprit,& s'ils pêchent
un peu en sincerité, c'est
un pêché originel qui est
commun à toutes les
Nations. Ainsi dés qu'on
aura planté des vignes en
Normandie, je feray volontiersNormand,
&jeme
dédiray de tout ce que j'ay
dit dans ma Chanson.
Je me dédis aussi paravance
des choses les plus innocentes
que je pouray dire,
& dont quelqu'un se choquera
par malice.
Tout homme qui jetteraune
pierre en l'air dans
les ruës de Paris ne peur
pas jurer qu'elle ne blessera
personne, par exemple tous
les Amantsinconstants doivent
estre choquez de la
Chansonqui suit.
estoientseiches &avortédj
quo'n les vouloitétoffées,
nourries &c. J'ay déjà prosité
de cet avis, & dans la
fuite je les nourriray encore
plus de détails &de circonstances;
mais jamais de reflexionsnide
raisonnemens
politiques. Un particulier
qui ne voit que le dehors de
la machine politique sans en
connoistre les ressorts cachez,
ne peut jamais raisonner
solidement.
On s'est plaint aussi de
machanson contre lePays
Normand,dont j'ai dit:
N'en attendez ni bon njinf
ni franchise.
Je fais reparation d'honneuraux
Normands;ils excellent
en prudence & en
force d'esprit,& s'ils pêchent
un peu en sincerité, c'est
un pêché originel qui est
commun à toutes les
Nations. Ainsi dés qu'on
aura planté des vignes en
Normandie, je feray volontiersNormand,
&jeme
dédiray de tout ce que j'ay
dit dans ma Chanson.
Je me dédis aussi paravance
des choses les plus innocentes
que je pouray dire,
& dont quelqu'un se choquera
par malice.
Tout homme qui jetteraune
pierre en l'air dans
les ruës de Paris ne peur
pas jurer qu'elle ne blessera
personne, par exemple tous
les Amantsinconstants doivent
estre choquez de la
Chansonqui suit.
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Résumé : « On s'est plaint que mes Nouvelles estoient seiches & avortées [...] »
Le texte aborde plusieurs critiques concernant des nouvelles jugées incomplètes. L'auteur promet d'enrichir ces nouvelles de détails et de circonstances sans ajouter de réflexions politiques. Il souligne que seul un expert en politique peut raisonner de manière solide sur ce sujet. Une autre critique porte sur une chanson contre le Pays Normand, où l'auteur avait initialement déclaré que les Normands manquaient de sincérité. Il se rétracte ensuite, affirmant que leur manque de sincérité est un défaut commun à toutes les nations. Il reconnaît leur prudence et leur force d'esprit. L'auteur promet de se dédire à l'avance de toute parole susceptible de choquer quelqu'un par malice. Il utilise une métaphore pour illustrer cette idée : lancer une pierre en l'air dans les rues de Paris sans savoir si elle blessera quelqu'un. Il conclut en mentionnant que tous les amants inconstants seront choqués par la chanson suivante.
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3169
p. 735-738
Recueil de tous les Ouvrages de M. de Launoy, &c. [titre d'après la table]
Début :
J. LAUNOII, Constantiensis, &c. Opera omnia ad selectiorem Ordinem, revocata [...]
Mots clefs :
Jean de Launoy, Théologie, Recueil d’œuvres, Faculté de Paris, Recueil d’œuvres, Dissertation critique, Érudition, Genève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de tous les Ouvrages de M. de Launoy, &c. [titre d'après la table]
J. LAUNOII , Constantiensis , &c.
Opera omnia ad selectiorem Ordinem
revocata &c. C'est- à-dire , RECUEIL
de tous les Ouvrages de Jean de Launoy ,
de Coutance , Docteur en Théologie de
la Faculté de Paris , de la Societé de Na--
varre , réduits en ordre ; augmentez et
enrichis de quelques Ouvrages qui n'ont
point encore paru , de plusieurs Notes
Dogmatiques , Historiques & Critiques ;
de la vie de l'Auteur , de differens Monumens
qui regardent M. de Launoy luimême.
736 MERCURE DE FRANCE .
l
même ou ses Ecrits ; de Préfaces mises à
la tête de chaque volume , et d'Index trèsamples.
On y a joint une Dissertation des
differens succès des Ouvrages de M. de
Launoy. Cette Edition est divisée en cinq
Tomes , qui composeront dix volumes in
folio.Elle est proposée par Souscription. A
Geneve , aux dépens de Fabre et de Barillot ,
Associez , et de Marc-Michel Bousquet et
de ses Associez , 1731.
Les Editeurs de cet Ouvrage font distribuer
un Prospectus imprimé en Latin
de 12. pages in folio , par lequel on peut
juger non-seulement de la beauté des caracteres
et du papier , mais encore de la
richesse de l'Edition , du sçavoir et de la
sagacité des Editeurs. Ce Prospectus comprend
sous le nom de Prodrome , l'ordre
qu'on a suivi en donnant les Ouvrages de
ce celebre Docteur ; on y justifie aussi
M. de Launoy sur plusieurs choses que
ses Adversaires lui ont imputé. Le Prospectus
comprend encore la Liste de
tous ses Ouvrages , les conditions des
Souscriptions , et les Libraires des differens
Royaumes chez qui on pourra souscrire
.
L'Ouvrage entier comprendra 1800 .
feuilles de la même grandeur et des mêmêmes
caracteres que le Prospectus . Les
Editeurs avertissent que si le nombre des
feuilles.
AVRIL. 1731. 737
feuilles étoit moindre que le nombre de
1800. l'argent que l'on donnera en dernier
lieu sera moins considerable à proportion
; mais que si au contraire le nombre
des feuilles devient plus grand , la
derniere somme n'augmentera pas à moins
le nombre des feuilles de surcroît
ne passe celui de dix , auquel cas on augmentera
la somme qu'on payera à la fin
par proportion avec le prix des Souscripque
tions.
La somme totale des Souscriptions
montera à 75. livres , monnoye commune
de Genève , que l'on payera dans le tems
marqué. En souscrivant , on payera 15.
livres , et on recevra le premier Tome
divisé en deux Parties , au mois d'Avril
1731. pour lequel on payera 15. autres
livres . Pour le cinquéme Tome , divisé en
deux Parties , et qui comprend les Lettres
, on le distribuera dans le mois de
Juillet de cette année 1731. 12. livres.
Pour le second Tome , aussi divisé en deux
Parties , qu'on recevra au mois de Décembre
de la même année , 12. livres . Pour
le troisiéme Tome , divisé en deux Parties,
qu'on recevra au mois de Juillet de
Fannée 1732. 12. livres. Et 9. livres
pour le quatriéme Tome , divisé aussi en
deux Parties , qu'on recevra au mois de
Decembre 1732. Somme totale. 75.
liv
Qn
738 MERCURE DE FRANCE:
On pourra souscrire depuis le premier
de Janvier jusqu'à la fin du mois de Juil
let de l'année 1731. ceux qui n'auront
pas souscrit payeront cent livres , monnoye
commune de Genêve . On souscrira
à Paris , chez Coignard , fils ; Montalant,
Cavelier , fils , N. L. Guerin , Briasson , et
de Bure, le fils . A Lyon , chez de Ville , et
Chalmette , Perisse , du Plain , Plaignard,
Bruysset et Journet . A Marseille , chez
Carry et Berte.
Les Jardiniers de Chelsea près de Londres
, ont fait imprimer in folio , chez
Rivington et du Barril , un Catalogue des
Arbres et des Arbrisseaux , tant naturels
qu'étrangers , qui soutiennent en plein air
le froid du climat. Il les ont représentez
avec leurs couleurs naturelles en 20. Plan
ches gravées , ou environ. Les noms sont
en Latin et en Anglois.
Opera omnia ad selectiorem Ordinem
revocata &c. C'est- à-dire , RECUEIL
de tous les Ouvrages de Jean de Launoy ,
de Coutance , Docteur en Théologie de
la Faculté de Paris , de la Societé de Na--
varre , réduits en ordre ; augmentez et
enrichis de quelques Ouvrages qui n'ont
point encore paru , de plusieurs Notes
Dogmatiques , Historiques & Critiques ;
de la vie de l'Auteur , de differens Monumens
qui regardent M. de Launoy luimême.
736 MERCURE DE FRANCE .
l
même ou ses Ecrits ; de Préfaces mises à
la tête de chaque volume , et d'Index trèsamples.
On y a joint une Dissertation des
differens succès des Ouvrages de M. de
Launoy. Cette Edition est divisée en cinq
Tomes , qui composeront dix volumes in
folio.Elle est proposée par Souscription. A
Geneve , aux dépens de Fabre et de Barillot ,
Associez , et de Marc-Michel Bousquet et
de ses Associez , 1731.
Les Editeurs de cet Ouvrage font distribuer
un Prospectus imprimé en Latin
de 12. pages in folio , par lequel on peut
juger non-seulement de la beauté des caracteres
et du papier , mais encore de la
richesse de l'Edition , du sçavoir et de la
sagacité des Editeurs. Ce Prospectus comprend
sous le nom de Prodrome , l'ordre
qu'on a suivi en donnant les Ouvrages de
ce celebre Docteur ; on y justifie aussi
M. de Launoy sur plusieurs choses que
ses Adversaires lui ont imputé. Le Prospectus
comprend encore la Liste de
tous ses Ouvrages , les conditions des
Souscriptions , et les Libraires des differens
Royaumes chez qui on pourra souscrire
.
L'Ouvrage entier comprendra 1800 .
feuilles de la même grandeur et des mêmêmes
caracteres que le Prospectus . Les
Editeurs avertissent que si le nombre des
feuilles.
AVRIL. 1731. 737
feuilles étoit moindre que le nombre de
1800. l'argent que l'on donnera en dernier
lieu sera moins considerable à proportion
; mais que si au contraire le nombre
des feuilles devient plus grand , la
derniere somme n'augmentera pas à moins
le nombre des feuilles de surcroît
ne passe celui de dix , auquel cas on augmentera
la somme qu'on payera à la fin
par proportion avec le prix des Souscripque
tions.
La somme totale des Souscriptions
montera à 75. livres , monnoye commune
de Genève , que l'on payera dans le tems
marqué. En souscrivant , on payera 15.
livres , et on recevra le premier Tome
divisé en deux Parties , au mois d'Avril
1731. pour lequel on payera 15. autres
livres . Pour le cinquéme Tome , divisé en
deux Parties , et qui comprend les Lettres
, on le distribuera dans le mois de
Juillet de cette année 1731. 12. livres.
Pour le second Tome , aussi divisé en deux
Parties , qu'on recevra au mois de Décembre
de la même année , 12. livres . Pour
le troisiéme Tome , divisé en deux Parties,
qu'on recevra au mois de Juillet de
Fannée 1732. 12. livres. Et 9. livres
pour le quatriéme Tome , divisé aussi en
deux Parties , qu'on recevra au mois de
Decembre 1732. Somme totale. 75.
liv
Qn
738 MERCURE DE FRANCE:
On pourra souscrire depuis le premier
de Janvier jusqu'à la fin du mois de Juil
let de l'année 1731. ceux qui n'auront
pas souscrit payeront cent livres , monnoye
commune de Genêve . On souscrira
à Paris , chez Coignard , fils ; Montalant,
Cavelier , fils , N. L. Guerin , Briasson , et
de Bure, le fils . A Lyon , chez de Ville , et
Chalmette , Perisse , du Plain , Plaignard,
Bruysset et Journet . A Marseille , chez
Carry et Berte.
Les Jardiniers de Chelsea près de Londres
, ont fait imprimer in folio , chez
Rivington et du Barril , un Catalogue des
Arbres et des Arbrisseaux , tant naturels
qu'étrangers , qui soutiennent en plein air
le froid du climat. Il les ont représentez
avec leurs couleurs naturelles en 20. Plan
ches gravées , ou environ. Les noms sont
en Latin et en Anglois.
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Résumé : Recueil de tous les Ouvrages de M. de Launoy, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une édition des œuvres complètes de Jean de Launoy, docteur en théologie de la Faculté de Paris et membre de la Société de Navarre. Intitulée 'Recueil de tous les Ouvrages de Jean de Launoy', cette édition est enrichie de notes dogmatiques, historiques et critiques, ainsi que de la biographie de l'auteur et de divers documents le concernant. Elle est structurée en cinq tomes, soit dix volumes in-folio, et proposée par souscription. L'édition inclut également une dissertation sur les succès des œuvres de Launoy et des préfaces pour chaque volume. Un prospectus en latin détaille la qualité des caractères et du papier, ainsi que la richesse de l'édition. Il justifie Launoy contre certaines accusations et liste ses ouvrages et les conditions de souscription. L'ouvrage complet comprendra 1800 feuilles. Les souscriptions, ouvertes du 1er janvier à fin juillet 1731, coûtent 75 livres, monnaie commune de Genève. Les livraisons sont prévues d'avril 1731 à décembre 1732, et les souscriptions peuvent être faites à Paris, Lyon, Marseille et Londres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3170
p. 114-118
NOUVELLES d'Allemagne.
Début :
L'Archiduc a donné au Comte Nicolas Palsi la Charge de [...]
Mots clefs :
Juge, Chancelier, Bohême, Vivres, Allemagne, Hongrie, Vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Allemagne.
NOUVELLES
d'Allemagne.
L'Archiduc
a donne au
Comte Nicolas Palsi la
Çharge de grand Juge de
Hongrie, vacante par la
mort du Comte George
Erdedi ,& le gouvernement
du Comté d'Arva
que le mesme Comte Erdedi
possedoit, a esté donné
au Comte de Sinmaningh
Vice -
Président de
la Chambre de Hongrie.
On apeuré mesme que
l'Archiduc a nommé le
Comte de Thaun à la Viceroyauté
de Naples) &
qu'il a aussidonnéau Comte
SchileK la Charge de
grand Chancelier de Boheme
J
& celle de Commissaire
general des guerres
au Comte de Thierheim.
On a envoyé des ordres
en Hongrie pour reparer&
augmenter les fortifications
des places, &
pour remplir les magasins.
On fait à Vienne de grands
préparatifs pour la, campagne
prochaine quoyqu'on
parle fort d'une paix
generale. On asseure que
l'Archiduchesse doit bientost
revenir en cette Cour.
Les Lettres de Constantinople
du commencement
de Janvier confirment les
grands préparatifs de guerre
que font les Turcs pour
l'ouverture de la campagne
; elles adjoustent qu'il
y avoir ordre d'armer un
grand nombre de Galeres,
de Tartanes & de Bastïmens
de transport, qui do&
vent estre employez sur le
Danube, afin de conduire
les provisions pour la fub-?
sistance de l'armée, & pour
remplir les magasinsqui
sont establis à Silistrie
,
à
Thessalonique,& end'autres
endroits
y on juge par
le grand amas de vivres
que la principalearmée
fera tres- nombreuse. Depuis
l'arrivée du Grand
Seigneur à Andrinople, il
a fait depescher un Aga
avec de nouvelles instructions
pour aller en Pologne
expliquer au corps
de la Republique les intentions
de ce Prince touj
chant la declaration de la
guerre contre les Moscovites,&
au retour du Roy
de Suede. Les mesmes Lettres
portent que le Visir
avoit eu une conference
sur le mesme sujet avec le
Palatin de Mafovie.
d'Allemagne.
L'Archiduc
a donne au
Comte Nicolas Palsi la
Çharge de grand Juge de
Hongrie, vacante par la
mort du Comte George
Erdedi ,& le gouvernement
du Comté d'Arva
que le mesme Comte Erdedi
possedoit, a esté donné
au Comte de Sinmaningh
Vice -
Président de
la Chambre de Hongrie.
On apeuré mesme que
l'Archiduc a nommé le
Comte de Thaun à la Viceroyauté
de Naples) &
qu'il a aussidonnéau Comte
SchileK la Charge de
grand Chancelier de Boheme
J
& celle de Commissaire
general des guerres
au Comte de Thierheim.
On a envoyé des ordres
en Hongrie pour reparer&
augmenter les fortifications
des places, &
pour remplir les magasins.
On fait à Vienne de grands
préparatifs pour la, campagne
prochaine quoyqu'on
parle fort d'une paix
generale. On asseure que
l'Archiduchesse doit bientost
revenir en cette Cour.
Les Lettres de Constantinople
du commencement
de Janvier confirment les
grands préparatifs de guerre
que font les Turcs pour
l'ouverture de la campagne
; elles adjoustent qu'il
y avoir ordre d'armer un
grand nombre de Galeres,
de Tartanes & de Bastïmens
de transport, qui do&
vent estre employez sur le
Danube, afin de conduire
les provisions pour la fub-?
sistance de l'armée, & pour
remplir les magasinsqui
sont establis à Silistrie
,
à
Thessalonique,& end'autres
endroits
y on juge par
le grand amas de vivres
que la principalearmée
fera tres- nombreuse. Depuis
l'arrivée du Grand
Seigneur à Andrinople, il
a fait depescher un Aga
avec de nouvelles instructions
pour aller en Pologne
expliquer au corps
de la Republique les intentions
de ce Prince touj
chant la declaration de la
guerre contre les Moscovites,&
au retour du Roy
de Suede. Les mesmes Lettres
portent que le Visir
avoit eu une conference
sur le mesme sujet avec le
Palatin de Mafovie.
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Résumé : NOUVELLES d'Allemagne.
Le texte décrit plusieurs nominations et préparatifs militaires en Europe et en Turquie. En Hongrie, l'Archiduc a nommé le Comte Nicolas Palsi grand Juge, remplaçant le Comte George Erdedi décédé. Le gouvernement du Comté d'Arva a été confié au Comte de Sinmaningh. Le Comte de Thaun a été nommé Vice-roi de Naples, le Comte Schilek grand Chancelier de Bohême et Commissaire général des guerres, et le Comte de Thierheim Commissaire général des guerres. Des ordres ont été envoyés pour renforcer les fortifications et remplir les magasins en Hongrie. À Vienne, des préparatifs pour la prochaine campagne sont en cours, malgré les rumeurs de paix générale. L'Archiduchesse est attendue à la cour. À Constantinople, les préparatifs de guerre des Turcs sont confirmés, avec l'armement de nombreux navires pour transporter des provisions sur le Danube. L'armée turque devrait être nombreuse. Le Grand Seigneur a envoyé un Aga en Pologne pour expliquer ses intentions de guerre contre les Moscovites et le retour du Roi de Suède. Le Visir a également eu une conférence avec le Palatin de Masovie sur le même sujet.
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3171
p. 115-119
Lettre à Mademoiselle de L** Demoiselle aussi aimable qu'elle est ingenieuse à se tourmenter elle-même.
Début :
Charmante Iris qui sans chercher à plaire, [...]
Mots clefs :
Fortune, Coeur, Amour, Heureux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à Mademoiselle de L** Demoiselle aussi aimable qu'elle est ingenieuse à se tourmenter elle-même.
Lettre à Mademoiſelle de L* *
Demoiselle auſſi aimable
qu'elle eſt ingenieuſe à ſe
tourmenter elle-même.
१
Charmante Iris quifans chercheràplaire
, A
Sçavez si bien le fecret de charmer,
Vous dont le coeur genereux &
fincere,
Pourfonreposſçût trop bien l'art
d'aimer
Vous dont l'esprit formé par la
lecture ,
Ne parle pas toûjours mode &
Kij
116 MERCURE
coëffure ,
Souffrez Iris que ma Muse aujourd'huy
Cherche à tromper un moment
vostre ennuy .
Auprés de vous l'on voit toujours
les Graces,
Pourquoy bannir lesPlaisirs&
tes Jeux
L'Amourles veut raſſemblerfur
vos traces ,
Pourquoy chercher à vous éloigner
d'eux,
Du noir chagrin volontaire victime,
Vousſeule Iris faites voſtre tourment,
GALANT. 117
Et voſtre coeur croiroitsefaire un
crime,
S'il se prétoit à la joye un moment.
Devos malheurs jeſçaytoute
l'histoire ,
L'Amour,l'Hymen ont trabi vos
defirs,
Oubliez les. Ce n'est que des
plaisirs
Dont nous devons conferver la
memoire.
Les maux paffez ne ſont plus de
Urais maux,
Le preſentſeul eſt de noftre appanage
,
Et l'avenir peut confoler le
118 MERCURE
fage,
Mais ne sçauroit alterer fon
repos.
Du cher objet que vostre coeur
adore
Ne craignez rien ? comptezsur
vos attraits?
Il vous aima , ſon coeur vous
aime encore ,
Etfon amour nefinira jamais.
Pourfon bonheur bien moins que
pour le vostre ,
De la fortune il brigue les faveurs
,
Elle vous doit aprés tant de rigueurs
,
PourSon honneur rendre heureux
GALANT. 119
l'un l'autre.
D'un tendre ami qui jamais ne
rendit
A la fortune un criminel hommage
Ce font les voeux , &fi vous
eftes fage ,
Dés ce moment goûtezsur fon
prefage
Le fort heureux qu'il vous
predit.
Demoiselle auſſi aimable
qu'elle eſt ingenieuſe à ſe
tourmenter elle-même.
१
Charmante Iris quifans chercheràplaire
, A
Sçavez si bien le fecret de charmer,
Vous dont le coeur genereux &
fincere,
Pourfonreposſçût trop bien l'art
d'aimer
Vous dont l'esprit formé par la
lecture ,
Ne parle pas toûjours mode &
Kij
116 MERCURE
coëffure ,
Souffrez Iris que ma Muse aujourd'huy
Cherche à tromper un moment
vostre ennuy .
Auprés de vous l'on voit toujours
les Graces,
Pourquoy bannir lesPlaisirs&
tes Jeux
L'Amourles veut raſſemblerfur
vos traces ,
Pourquoy chercher à vous éloigner
d'eux,
Du noir chagrin volontaire victime,
Vousſeule Iris faites voſtre tourment,
GALANT. 117
Et voſtre coeur croiroitsefaire un
crime,
S'il se prétoit à la joye un moment.
Devos malheurs jeſçaytoute
l'histoire ,
L'Amour,l'Hymen ont trabi vos
defirs,
Oubliez les. Ce n'est que des
plaisirs
Dont nous devons conferver la
memoire.
Les maux paffez ne ſont plus de
Urais maux,
Le preſentſeul eſt de noftre appanage
,
Et l'avenir peut confoler le
118 MERCURE
fage,
Mais ne sçauroit alterer fon
repos.
Du cher objet que vostre coeur
adore
Ne craignez rien ? comptezsur
vos attraits?
Il vous aima , ſon coeur vous
aime encore ,
Etfon amour nefinira jamais.
Pourfon bonheur bien moins que
pour le vostre ,
De la fortune il brigue les faveurs
,
Elle vous doit aprés tant de rigueurs
,
PourSon honneur rendre heureux
GALANT. 119
l'un l'autre.
D'un tendre ami qui jamais ne
rendit
A la fortune un criminel hommage
Ce font les voeux , &fi vous
eftes fage ,
Dés ce moment goûtezsur fon
prefage
Le fort heureux qu'il vous
predit.
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3172
p. 113-118
ORPHEE. Paraphrase d'une Rédondille Espagnole de D. Francisco de Quévédo, qui commence, Al Infierno el Tracio Orfée Su muger Baxó à Buscar &c.
Début :
La Rédondille d'Orphée est une Piéce de M. de Senecé, / Pour r'avoir sa Femme Euridice [...]
Mots clefs :
Femme, Enfers, Jugement, Diable, Coupables, Tourment, Passion, Parque, Époux, Ennui, Cruauté, Fable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORPHEE. Paraphrase d'une Rédondille Espagnole de D. Francisco de Quévédo, qui commence, Al Infierno el Tracio Orfée Su muger Baxó à Buscar &c.
La Rédondille d'Orphée eft
une Piéce de M. de Senecé , Prej
mier Valer de Chambre de la feuë
Kiij
114 LE MERCURE
Reïne , dont on imprime actuellement
un Volume d'Epigrames &
d'autres Poëfies qui paroîtront
dans peu . Le Public pourra juger
de l'Ouvrage par cet Echantillon.
ORPHE' E.
Paraphrafe d'une Rédondille Ef
pagnole de D. Francifco de
Quévédo , qui commence , Al Infierno
el Tracio Orfeo Su muger
baxó à Buscar &c .
Po
Our r'avoir fa Femme Euridice
Orphée aux Enfers s'en alla :
Eft-il fibizarre caprice
Dont on s'étonne aprés cela ?.
Dans un accez de ce délire
Où fon Jugement fe perdit ,
Pouvoit- il chercher rien de pire ;
Ny dans un endroit plus maudit ?
Il chanta des airs pitoyables ,
Dont le tendre accompagnement
fufpendit la fureur des Diables ,
Et des Coupables , le tourment.
Sa voix ne touchoit point leur
Ame ,
·•
D'AVRIL 315
Mais la feule admiration
Qu'un fot , pour recouvrer la Femme,
Témoignât tant de Paffion .
Alors Pluton , hôchant la tête ,
Dit au Chanteur Alangouri :
O ! Maître fou , comme Poëte .
Et beaucoup plus comme Mari .
Proferpine eft bonne Diableffe ;
Mais je te jure fur ma Foy ,
Que les fix mois qu'elle me laiffe
Ne font pas les moins gays pour
moy.
Fût - elle aux Cieux cent ans
encore
Pour fe fouftraire à mon pouvoir ,
Je n'irois point fur la Mandore
Braire en Bémol pour la r'avoir.
Quand tu concus quelque efpérance
De nous fléchir par tes accords
Ignorois - tu que le Silence
Eft le charme unique des Morts ?
Puifqu'une impertinente flâme
Pour le troubler t'a fait venir ,
Parques , qu'on lui rende fa Fem-
K iiij me,
116 LE MERCURE
On ne fçauroit mieux le punir.
En vertu de mon indulgence
Bientôt , puifqu'il le veut ainsi ,
Il fera damné par avance ,
Et peut - être un peu plus qu'icy.
Mais pour payer de fa Mufique
Le plaifir aux Enfers fi neuf,
Ajoutons y quelque Rubrique
Qui puiffe encore le faire veuf :
A ce foin l'équité m'invite ,
Qui fouffre qu'enmême fujet
On récompenfe le mérite
Quand on a puni le forfait.
-
Rendez - lui donc fa Demoifelle
Qui le fuivra fans dire mot ;
Mais , s'il tourne les yeux fur elle ,
Qu'on me la refourre au Cachot.
Peu de coeurs , de chaîne auffi
forte ,
Avec leurs moitiés font unis :
Que j'en fçais , qui de cette forte.
Seroient charmés d'être punis !
Ah ! fi des Femmes incommodes
Des tours de tête délivroient ;-
Que de Maris , comme Pagodes
D ' AVRIL. 117
Inceffamment la tourneroient !
Ainfi fur fon Thrône de braize
Parla le Monarque enroüé :
Son fage Arrêt , dans la fournaize
Par tout fon Peuple fut loué.
L'ordre eft fuivi. Mais cette Fête
Se termine en piteux regrets :
Orphée ayant tourné la tête
Redevient veuf fur nouveaux frais.
Dans fon impatience extrême
Que fa raifon ne peut calmer ,
Le malheureux perd ce qu'il aime
Aforce de le trop aimer.
Vaine & légere comme un fonge
Qu'un dormeur prend pour vérité ,
L'Ombre gémit , & fe replonge
Dans l'éternelle obfcurité.
Sans murmurer de fon fupplice
La pauvre ame renonce au jour :
Pouvoit-elle en bonne juftice
Se plaindre d'un excez d'amour ?
Sa double mort la défefpére
Qui vient rompre un noeud fi parfait;
Mais quoi ? La caufe en eft fi chére .
Qu'il faut pardonner à l'effet .
L'Epoux qui la voit difparoître
Se livre à fon mortel ennuy ,
118. LE MERCURE
Incapable de reconnoître
Le bien qu'on lui fait malgré lui .
L'Enfer à fes plaintes touchantes
Ceffant de fe laiffer charmer ,
Dans laThrace , par les Bacchantes
Il s'en va fe faire affommer.
Du beau fexe double victime
Chantre affligé , confole toi ;
Force gens d'un rang plus fublime ´-
Ont bien fubi la même Loy.
C'eft vainement qu'on s'évertuë
Contre un vainqueur fi redouté :
Et qu'importe,au fond,qui nous tuë,
Ses faveurs , ou fa Cruauté ?
Femmes , fi cette Hiftoriette
Irrite vos coeurs inhumains ,
C'est un Espagnol qui l'a faite ,
Pour moi , je m'en lave les mains.
Ovide , à cette même Fable
( Direz- vous) donne untour galant}
Le Romain étoit raifonnable ,
L'Efpagnol n'eft qu'un infolent .
Et vive Hymen ! fous fon Empire
On boit , on mange , on fait dodo
Puis .. d'accord. Mais le mot pour
rire
Eft cependant pour QUE VA'DO.
une Piéce de M. de Senecé , Prej
mier Valer de Chambre de la feuë
Kiij
114 LE MERCURE
Reïne , dont on imprime actuellement
un Volume d'Epigrames &
d'autres Poëfies qui paroîtront
dans peu . Le Public pourra juger
de l'Ouvrage par cet Echantillon.
ORPHE' E.
Paraphrafe d'une Rédondille Ef
pagnole de D. Francifco de
Quévédo , qui commence , Al Infierno
el Tracio Orfeo Su muger
baxó à Buscar &c .
Po
Our r'avoir fa Femme Euridice
Orphée aux Enfers s'en alla :
Eft-il fibizarre caprice
Dont on s'étonne aprés cela ?.
Dans un accez de ce délire
Où fon Jugement fe perdit ,
Pouvoit- il chercher rien de pire ;
Ny dans un endroit plus maudit ?
Il chanta des airs pitoyables ,
Dont le tendre accompagnement
fufpendit la fureur des Diables ,
Et des Coupables , le tourment.
Sa voix ne touchoit point leur
Ame ,
·•
D'AVRIL 315
Mais la feule admiration
Qu'un fot , pour recouvrer la Femme,
Témoignât tant de Paffion .
Alors Pluton , hôchant la tête ,
Dit au Chanteur Alangouri :
O ! Maître fou , comme Poëte .
Et beaucoup plus comme Mari .
Proferpine eft bonne Diableffe ;
Mais je te jure fur ma Foy ,
Que les fix mois qu'elle me laiffe
Ne font pas les moins gays pour
moy.
Fût - elle aux Cieux cent ans
encore
Pour fe fouftraire à mon pouvoir ,
Je n'irois point fur la Mandore
Braire en Bémol pour la r'avoir.
Quand tu concus quelque efpérance
De nous fléchir par tes accords
Ignorois - tu que le Silence
Eft le charme unique des Morts ?
Puifqu'une impertinente flâme
Pour le troubler t'a fait venir ,
Parques , qu'on lui rende fa Fem-
K iiij me,
116 LE MERCURE
On ne fçauroit mieux le punir.
En vertu de mon indulgence
Bientôt , puifqu'il le veut ainsi ,
Il fera damné par avance ,
Et peut - être un peu plus qu'icy.
Mais pour payer de fa Mufique
Le plaifir aux Enfers fi neuf,
Ajoutons y quelque Rubrique
Qui puiffe encore le faire veuf :
A ce foin l'équité m'invite ,
Qui fouffre qu'enmême fujet
On récompenfe le mérite
Quand on a puni le forfait.
-
Rendez - lui donc fa Demoifelle
Qui le fuivra fans dire mot ;
Mais , s'il tourne les yeux fur elle ,
Qu'on me la refourre au Cachot.
Peu de coeurs , de chaîne auffi
forte ,
Avec leurs moitiés font unis :
Que j'en fçais , qui de cette forte.
Seroient charmés d'être punis !
Ah ! fi des Femmes incommodes
Des tours de tête délivroient ;-
Que de Maris , comme Pagodes
D ' AVRIL. 117
Inceffamment la tourneroient !
Ainfi fur fon Thrône de braize
Parla le Monarque enroüé :
Son fage Arrêt , dans la fournaize
Par tout fon Peuple fut loué.
L'ordre eft fuivi. Mais cette Fête
Se termine en piteux regrets :
Orphée ayant tourné la tête
Redevient veuf fur nouveaux frais.
Dans fon impatience extrême
Que fa raifon ne peut calmer ,
Le malheureux perd ce qu'il aime
Aforce de le trop aimer.
Vaine & légere comme un fonge
Qu'un dormeur prend pour vérité ,
L'Ombre gémit , & fe replonge
Dans l'éternelle obfcurité.
Sans murmurer de fon fupplice
La pauvre ame renonce au jour :
Pouvoit-elle en bonne juftice
Se plaindre d'un excez d'amour ?
Sa double mort la défefpére
Qui vient rompre un noeud fi parfait;
Mais quoi ? La caufe en eft fi chére .
Qu'il faut pardonner à l'effet .
L'Epoux qui la voit difparoître
Se livre à fon mortel ennuy ,
118. LE MERCURE
Incapable de reconnoître
Le bien qu'on lui fait malgré lui .
L'Enfer à fes plaintes touchantes
Ceffant de fe laiffer charmer ,
Dans laThrace , par les Bacchantes
Il s'en va fe faire affommer.
Du beau fexe double victime
Chantre affligé , confole toi ;
Force gens d'un rang plus fublime ´-
Ont bien fubi la même Loy.
C'eft vainement qu'on s'évertuë
Contre un vainqueur fi redouté :
Et qu'importe,au fond,qui nous tuë,
Ses faveurs , ou fa Cruauté ?
Femmes , fi cette Hiftoriette
Irrite vos coeurs inhumains ,
C'est un Espagnol qui l'a faite ,
Pour moi , je m'en lave les mains.
Ovide , à cette même Fable
( Direz- vous) donne untour galant}
Le Romain étoit raifonnable ,
L'Efpagnol n'eft qu'un infolent .
Et vive Hymen ! fous fon Empire
On boit , on mange , on fait dodo
Puis .. d'accord. Mais le mot pour
rire
Eft cependant pour QUE VA'DO.
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3173
p. 242[1]-2430
Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE PARNASSE FRANCOIS, dédié au Roi, par M. Titon du Tillet, Commissaire [...]
Mots clefs :
Parnasse, Vignettes, Estampes, Poètes, Musiciens, Histoire générale, Titon du Tillet, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
LE PARNASSE FRANÇOIS , dédié au Roi ,
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
Fermer
Résumé : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Le Parnasse Français', un ouvrage de M. Titon Du Tillet dédié au Roi et publié en 1732. Ce livre de près de 800 pages, illustré de vignettes et d'estampes, se compose de plusieurs sections clés. La première section expose le projet de l'auteur de créer un monument en bronze célébrant la gloire de la France et de Louis le Grand, en hommage aux poètes et musiciens français. L'auteur compare cet hommage aux honneurs accordés aux artistes dans l'Antiquité, notamment par les Grecs et les Romains. Le livre décrit ensuite le Parnasse Français, divisé en trois parties. La première partie présente les figures et leurs représentations. La deuxième détaille la disposition du monument et l'arrangement des figures avec leurs attributs et symboles. La troisième explique les analogies et les innovations par rapport au Parnasse grec. L'ouvrage inclut également un ordre chronologique des poètes et musiciens, des essais sur la poésie et la musique, des remarques sur l'origine et le progrès de ces arts en France, et un poème latin avec son imitation en français. Des lettres de M. Rousseau et de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon Du Tillet sont également présentes. M. Titon Du Tillet a augmenté le nombre de poètes et de musiciens représentés dans cette édition par rapport à la précédente, et a ajouté des essais et des remarques sur la poésie et la musique. Le Parnasse Français est ainsi présenté comme une histoire générale de la poésie et de la musique françaises. L'auteur classe les poètes et musiciens en différentes catégories, reconnaissant que tous ne sont pas de mérite égal. Il mentionne des figures emblématiques comme Malherbe, Racine, Molière, et Lully, tout en rendant hommage à d'autres poètes et musiciens moins célèbres mais méritants. Le Parnasse Français est consacré aux poètes et musiciens décédés, mais des places sont laissées pour les artistes vivants. M. Titon Du Tillet a également fait exécuter des médaillons de bronze pour certains poètes et musiciens, dont les noms sont listés dans le texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3174
p. 114-124
Observations sur une mort subite.
Début :
Un jeune homme de seize ans, qui depuis l'âge de [...]
Mots clefs :
Veine, Sang, Ventricule, Coeur, Cercle, Poumon, Jeune, Difficulté, Entonnoir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations sur une mort subite.
Observations sur une mort
subite.
Un jeune homme de seize
ans, qui depuis l'âge de
quatorze ans maigrissoit,
étoit sujet à une toux & à
une difficulté de respirer
) & tomboit en foiblesse
quand il avoit fait quelque
exercice violent, ou s'étoit
mis dans une grande colere,
s'étant un soir emporté
avec excés contre un
camarade qu'il avoit
, &
ayant aprés cela soupé deux
fois plus qu'à l'ordinaire,
se coucha à dix heures, &
dormit jusqu'à deux, qu'il
fut réveillé par une toux
violente, à laquelle succeda
un grand crachement de
fang & la mort à cinq
heures du matiu.)
On l'ouvrit, & on "îui
trouva beaucoup de fang
fort peu écumeux dans la
trachée & dans ses bronches
;
du fang noirâtre & à
demi caillé dans les deux
troncs de la veine cave,
dans le ventricule droit du
coeur, & dans l'artere pulmonaire
; pas une goutte
de fang dans le ventriculegauohe.-
Le tronc de la veine du
poumon étoit extraordinairement
dilaté, & aussi
gros quetout le coeur, lx;
la cavité étoit assezexactement
occupée par un corps
étranger rond, & épais de
deux pouces.
Le cercle membraneux
qui entoure intérieurement
l'embouchure de l'oreillette
gauche dans le coeur
étoit par son bord inférieur
plus épais qu'à l'ordinaire,
osseux&plus étroit que par
le bord supericur
; ce qui
est contraire à la conformation
commune.
Pour rendre raison de la
mort de ce jeune homme,
& des accidens qui l'ont
precedée, on ne se sert que
d'un seul des faits qu'on a
observez
,
& on en deduic
tous les autres.--.J
Le cercle membraneux
placé à l'embouchure de
loreillette gauche du coeur
est une espece de petit entonnoir,
dont l'ouverture
la plus étroiteesttournée
vers le haut ou vers la bafe
du coeur. Le fang poussé
par la contraction de l'oreillette
gauche est obligéd'augmenter
sa vîtesse,pour
passer d'abord par la partie
la plus étroite de cet entonnoir;
après quoy il coule
sans difficulté par la partie
la plus large dans le ventricule
gauche.
Supposé, comme il est
assez vrai-semblable, que
par la premiere conformation
du corps de ce jeune
homme cct entonnoir fût
renversé, & que le bord le
plus étroit du cercle membranenx
fût en bas, le fang
qui a passé d'abord par la
- partie la plus large sans augmenter
sa vÎcelfe) n'a pû
passer facilement par la
partie la plus étroite; ôc
dans l'effort qu'il a fait contre
l'obstacle, c'est à dire
contre le bord inférieur de
ce cercle
,
ill'a frapé [avçc
plus de force, ôc a poussé
dans les interstices de ces
fibres des particules salines,
qui non feulement l'ont
Tendu à la longe plus épais,
parce qu'elles s'y amassoient
en grande quantité :
mais qui l'ont encore rendu
0sseux
-
parce quelles étoient
salines.
Ce bord devenu osseux a
perdu sa flexibilieé,&quand k fang de la veine du poumon
se presrentoi- t pour entrer
1 rrer dans le ventricule gauche,
& que le cercle membraneux
auroit dû s'élargir
pour faciliter son entrée,
l'ossificationl'en empêchoie,
& une partie du fang
demeuroit dans la veine.
De là l'extrêmedilatation
de ce vaisseau
, & le polype.
,-
Le polype formé, le fang
ne passoit plus qu'avec
beaucoup de peine dans la
veine du poumon, & par consequent sejournoit dans
les arteres de cette partie,
s'y amassoit, les dilatoit,
les rendoit plus minces, &
élargiffoit leurs pores. Les
parties les plus subtiles du
fang, comme ses sels & les
serositez,s'échapoient donc
aisément par ces pores
agrandis, & de là elles ne
pouvoient passer que dans
la cavité des cellules du
poûmon
,
dans les bronches
Se dans la trachée.
Cette cause de la toux &
de la difficulté de respirer
est assez évidente. Il est clair
aussi que la colere ou un
grand exercice subtilisant
encore plus le fang, lui
! donnoient encore plus de
i facilité à passer dans les
1 conduits de la respiration,
f & que comme il abandonnoit
presrque entierement
la route des veines pulmonaires
, & que par confe- Iqucnt le ventricule gauche
! avoir peu de fang à pousser
r dans l'aorte,lesfoiblesses
f devoient s'en ensuivre, Ôc
I
enfin lamort, lors qu'il ne
passa aucun fang de la veine
du poumon dans le ventricule
gauche.
A tout cela il est aisé de
joindre ce que les alimens
pris avec excés dans de pareilles
circonitances, peuvent
avoir contribué à une
mort si prompte.
subite.
Un jeune homme de seize
ans, qui depuis l'âge de
quatorze ans maigrissoit,
étoit sujet à une toux & à
une difficulté de respirer
) & tomboit en foiblesse
quand il avoit fait quelque
exercice violent, ou s'étoit
mis dans une grande colere,
s'étant un soir emporté
avec excés contre un
camarade qu'il avoit
, &
ayant aprés cela soupé deux
fois plus qu'à l'ordinaire,
se coucha à dix heures, &
dormit jusqu'à deux, qu'il
fut réveillé par une toux
violente, à laquelle succeda
un grand crachement de
fang & la mort à cinq
heures du matiu.)
On l'ouvrit, & on "îui
trouva beaucoup de fang
fort peu écumeux dans la
trachée & dans ses bronches
;
du fang noirâtre & à
demi caillé dans les deux
troncs de la veine cave,
dans le ventricule droit du
coeur, & dans l'artere pulmonaire
; pas une goutte
de fang dans le ventriculegauohe.-
Le tronc de la veine du
poumon étoit extraordinairement
dilaté, & aussi
gros quetout le coeur, lx;
la cavité étoit assezexactement
occupée par un corps
étranger rond, & épais de
deux pouces.
Le cercle membraneux
qui entoure intérieurement
l'embouchure de l'oreillette
gauche dans le coeur
étoit par son bord inférieur
plus épais qu'à l'ordinaire,
osseux&plus étroit que par
le bord supericur
; ce qui
est contraire à la conformation
commune.
Pour rendre raison de la
mort de ce jeune homme,
& des accidens qui l'ont
precedée, on ne se sert que
d'un seul des faits qu'on a
observez
,
& on en deduic
tous les autres.--.J
Le cercle membraneux
placé à l'embouchure de
loreillette gauche du coeur
est une espece de petit entonnoir,
dont l'ouverture
la plus étroiteesttournée
vers le haut ou vers la bafe
du coeur. Le fang poussé
par la contraction de l'oreillette
gauche est obligéd'augmenter
sa vîtesse,pour
passer d'abord par la partie
la plus étroite de cet entonnoir;
après quoy il coule
sans difficulté par la partie
la plus large dans le ventricule
gauche.
Supposé, comme il est
assez vrai-semblable, que
par la premiere conformation
du corps de ce jeune
homme cct entonnoir fût
renversé, & que le bord le
plus étroit du cercle membranenx
fût en bas, le fang
qui a passé d'abord par la
- partie la plus large sans augmenter
sa vÎcelfe) n'a pû
passer facilement par la
partie la plus étroite; ôc
dans l'effort qu'il a fait contre
l'obstacle, c'est à dire
contre le bord inférieur de
ce cercle
,
ill'a frapé [avçc
plus de force, ôc a poussé
dans les interstices de ces
fibres des particules salines,
qui non feulement l'ont
Tendu à la longe plus épais,
parce qu'elles s'y amassoient
en grande quantité :
mais qui l'ont encore rendu
0sseux
-
parce quelles étoient
salines.
Ce bord devenu osseux a
perdu sa flexibilieé,&quand k fang de la veine du poumon
se presrentoi- t pour entrer
1 rrer dans le ventricule gauche,
& que le cercle membraneux
auroit dû s'élargir
pour faciliter son entrée,
l'ossificationl'en empêchoie,
& une partie du fang
demeuroit dans la veine.
De là l'extrêmedilatation
de ce vaisseau
, & le polype.
,-
Le polype formé, le fang
ne passoit plus qu'avec
beaucoup de peine dans la
veine du poumon, & par consequent sejournoit dans
les arteres de cette partie,
s'y amassoit, les dilatoit,
les rendoit plus minces, &
élargiffoit leurs pores. Les
parties les plus subtiles du
fang, comme ses sels & les
serositez,s'échapoient donc
aisément par ces pores
agrandis, & de là elles ne
pouvoient passer que dans
la cavité des cellules du
poûmon
,
dans les bronches
Se dans la trachée.
Cette cause de la toux &
de la difficulté de respirer
est assez évidente. Il est clair
aussi que la colere ou un
grand exercice subtilisant
encore plus le fang, lui
! donnoient encore plus de
i facilité à passer dans les
1 conduits de la respiration,
f & que comme il abandonnoit
presrque entierement
la route des veines pulmonaires
, & que par confe- Iqucnt le ventricule gauche
! avoir peu de fang à pousser
r dans l'aorte,lesfoiblesses
f devoient s'en ensuivre, Ôc
I
enfin lamort, lors qu'il ne
passa aucun fang de la veine
du poumon dans le ventricule
gauche.
A tout cela il est aisé de
joindre ce que les alimens
pris avec excés dans de pareilles
circonitances, peuvent
avoir contribué à une
mort si prompte.
Fermer
Résumé : Observations sur une mort subite.
Le texte relate le cas d'un jeune homme de seize ans ayant souffert depuis l'âge de quatorze ans de maigreur, toux, difficulté à respirer et faiblesse après des efforts intenses ou des colères. Une soirée, après un accès de colère et un repas copieux, il décéda subitement à la suite d'une violente quinte de toux. L'autopsie révéla une accumulation de sang dans la trachée, les bronches, les troncs de la veine cave, le ventricule droit du cœur et l'artère pulmonaire, mais aucune trace de sang dans le ventricule gauche. Le tronc de la veine pulmonaire était dilaté et contenait un corps étranger. Le cercle membraneux entourant l'embouchure de l'oreillette gauche du cœur présentait une conformation anormale, avec un bord inférieur épaissi et osseux. La cause de la mort fut attribuée à une anomalie congénitale. Normalement, le sang passe par un entonnoir membraneux dont l'ouverture la plus étroite est tournée vers le haut. Chez ce jeune homme, cet entonnoir était renversé, rendant difficile le passage du sang. Les efforts du sang contre cet obstacle avaient épaissi et ossifié le bord inférieur du cercle membraneux, empêchant ainsi le sang de passer correctement. Cela provoqua une dilatation extrême de la veine pulmonaire et la formation d'un polype. Le sang, ne passant plus correctement, s'accumula dans les artères pulmonaires, causant toux et difficulté à respirer. La colère ou l'exercice intensif exacerbait ces symptômes en facilitant le passage du sang dans les conduits respiratoires, privant ainsi le ventricule gauche de sang et entraînant des faiblesses fatales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3175
p. 118-167
LA DEFFENSE DES BOUTS-RIMEZ, OU Réponse à la Lettre de Mr de Bellocq, qui est dans le Mercure Galant du mois de Juillet 1694.
Début :
L'Ouvrage qui suit merite vostre curiosité ; il est de Mr / Mes Amis de Cabinet, qui sçavent mes goûts, & mes [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Rimes, Sonnet, Poésie, Poètes, Jeu, Lanternistes, Gloire, Style, Matière, Perroquet, Jean-François Sarasin, Sentiments, Poète, Toulouse, Princesse de Conty, Auteur, Poème, Parnasse, Défense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA DEFFENSE DES BOUTS-RIMEZ, OU Réponse à la Lettre de Mr de Bellocq, qui est dans le Mercure Galant du mois de Juillet 1694.
LA DEFFENSE
DES BOUTS-RIMEZ,
OV
Réponfià laLettredeAdr
,
de Bellocq, qui cil dans
le MercureGalant du
moisdeJuillet 1694..
M 1 !1.. Es Amis de Cabinet
qui sçavent mes goûts,
&mes sentimens pour les ouvrages
d'esprit,s'etonneront
sans doutede me voir prendec
la deffense des Bouts rimez,
pour kfquels je leur ay
toujours marqué assez peu
d'inclination, & mesine pour
le Sonnet ordinaire, qui est
entre les petits POëlUtS) le
chef
-
d'oeuvre des Poëtes;
mais quoy qu'on n'aime pas
certaines choses,on ne laisse
pas de les estimer, &de les
loüer quand elles le méritent,
& qu'elles ont l'approbation
des habilesgens,&desconnoisseurs.
J'aychargé autrefois
mes tablettes & ma memoire
desplus beaux Sonmets,
sans oubliermesme celuy
luy ic Desportes,qui faisoit
les délices de Henry III. &
qui valut dix mille écus àce
Poëte. C'estl'ouvrage d'efpric
lIr plus precieux, & qui a elle
le mieux payé. Je recite encore
souvent les Sonnées de
Job & d'U ranie, & si j'avois
esté de ce. tem ps là, j'aurois
esté Jobelin,ou Uranin, car
assurement j'eussepris party,
&je n'aurois pas fait comme
Balzac., & plusïeurs autres
beaux Esprits
,
qui n'osesent
jamais se déclarer ny pourny
contre. Les Bouts - rimez de
Sarasin sur la mort du Perroquet,
m'onttoujours plû; &
pour venir à ceux que Mrs les
Académiciens de Toulouse,
nommez Lanternistes, ont
propofezau Public,je trouve
le Sonnet du Chevalier de
Pont, qui a remporté le Prix,
fort beau. Peut estremesme
qu'on m'auroit vû dans le
Mercure Galant luy en disputer
la gloire, si d'autres occuparions
ne m'en avoient
empêché; carquand ils'agit
d'un Prix à la loüange du
Roy
,
il est difficile de n'estre
pas tenté d'entrer dans la lice
comme les autres. C'tlt
une témerité qui est pardon-.
nable. Aussi j'avouë que ce
n' est point par prudence ou
par modestie que je ne l'ay
pas fait; mais à l'heure qu'il
est, je ne m'aviferay pas de
grossir le triomphe du Vainqueur
par le nombre des
Vaincus. Je fuis plÛlOtl: d'avis,
battu pour battu
,
de
prendre le party des Boursrimez
,que je voy tom ber en
ruine, si quelqu'un ne s'oppose
à Mr Bellocq ,qui vient
de leur faire une cruelle guerre,
dans une Letrre fort spi.
rituelle, & galamment écrite,
t
qui se trouve dans le Mercure;
Galant du mois de Juillet dernier.
L'entrepriseest hardie,
maiselle est loüable, quand
mesme je n'y réuffirois pas,
& si j'y réussis, quel honneur
n'auray-je point d'avoir combattu
le General Bellocq
» rétabli les Bouts-rimez, &:
défendu lacause des Lanternistes?
Cela me donne des
idées qui me réjouissent pa
avance, &qui me font pren
dre la plumeaux perils de qui
il apparciendra. -
Cependant comme j'en
treprens feulement ladefense I
des Bouts rimez
,
& que je
n'aynullement en vûë d'attaquer
M1 Bellocq, pour qui
j'ay toute l'estime&toutela
consideration que ses Ouvrages
J
peuventinspirer dans
l'esprit d'un honneste homme,
je n'ay pas dessein de
faire une Critique de cette
Apologie,quoy qu'il foit
permis de repousser la force
par la force. On ne doit donc
pas s'attend re que je m'atta.
che icy à examiner sa Letrre,
& son Sonnet pour Madame
la Princesse de Conty. La
Lettre est pleine d'esprit, de
sel, & d'agrément, & s'il y
quelque chose de dur &
di
violent qui recombe sur Mrs
les Lanternistes, c'est à eu»]
de le peser,& d'y faire toute
l'attention qu'il leur plaira.
Pour le Sonnet, l'incomparable
Princesseà ia gloire de"
laquelle il cit fait, le met à
couvert de toute censure.
Neanmoins comme l'Auteur
arelevé luy-mesme le mot de
J.tobufte dans le sens qu'il
luya donné, & dont il se fait
un scrupule, je veux bien luy
dire ma pensée la.d,,ssus)&je
le fais d'autant plus volontiers,
que cela peur servir aî
l'intelligence des Bouts rimez,
& pour les julttfler auprés
de ceux qui sont prévenus
concre ce genre de Poësie.
Il est surprenant que !\,P
Bellocq, qui se récrie tant
contre la bizarreriedesBoutsrimez,
ait rendu celuy de Rohaflt
barbare
,
de propre ôc
simple qu'il eltoua par rafplication
metaphorique qu il
en afaite. A le bi n prendre,
les Bouts rimez doivent estre
composez determes propres,
naturels&usitez,quoy qu'ils
paroissent heteroclites & barbares,
& toute leur singularité
ne vient que de leur arrangement,
& du peu de convenance
qu'ilsontensemble-
Il est vray que pour les remplir
plus facilement, on peut,
leur donner un sens figuré,
O mais il ne faut pas abuser de
cette regle
, autrement on
fait un Sonnet en galimatias,
qui n'a rien de naturel, en
quoy consiste toute sa beauté
;
naturel difficile à attraper,
& qu'on ne trouve qu'en
s'éloignant de la metaphore,
& en Lissant aux mots leur
signification propre & ordinaire.
Cette façon de parler
est trop hardie,surtoutdans
un petit Poëmeoù tout doit
estre poli, exact & correct.
Cette epithete pourroit passer
dans quelque description
d'un Poëme Epique, où la
fougue du Poëte, qui ne luy
donne pas le loisir de réflechir,
efi. pardonnable; mais
icy,où l'on doit agir de sang
rassis, on ne luy fera point de
grâce, ny de quartier , par
la raison mesme qu'il en devroit
leplus attendre pour la
beauté & l'élegance deson
stile, qu'il a fait paroistre ailleurs.
Un celebre Auteur, ennemy
dangereux & redoutable,
& qui avoit lçu joindre l'adresseà
la force,tenta autrefois
la deffaite des Boutsrimez
, mais si Dulot fut
vaincu, & les Bouts-rimez
mis en fuite, la défaite ne fut
pas entiere
,
& le vainqueur
ne joüit paslong
- temps du'
fruit de sa victoire. Comme
Sarazin entreprit cette guerre
sans necessité
,
& seulement
pour complaire à un grand
Prince qu'il servoit, il sir paroistre
plus d'emportement
& de faux zele, que de prudence
,& de conduite; car
puis qu'il avoit rempli avanr
la défaite des Bouts-rimez,
ceux qu'un fameux Ministre
d-EHat avoit proposez sur la
morr du Perroquet d'une Dame
illustre dela Cour, il ne
devoit pas détruire ensuite ce
qui avoit contribué à sa gloire,&
pouffer de la sorte nn.
venteur d'une chose quiluy
avoit esté si avantageuse. Je
sçay bien qu'on a loüé Sarasin
d'avoir employé les mesmes
mots prescrits à la défaite
des Bouts rimez, en faisant
de ces rimes burlesques, les
HerosimaginairesdesonPoëme;
maiss'i l y a deteipric,&:de
l'inventionen cel a,il y aaussi
de la rufe & de la malice, 6c
je doute fort si ce ridicule ne
rejallit poïnt sur la Dame qui
pleuroit son Perroquet, &
sur le Ministre qui avoit donnê
les rimes pour faire son
epitaphe.
Mais quoy qu'il en foie,
ces deux formidables ennemis
des Bouts-rimez,onttenté
une entreprise vaine, & à
laquelle ils n'ont pû réüssir.
Dulot vaincu avec les quatorze
Generaux,& ses Troupes
taillées enpieces dans la
Plaine de Grenelle,n'ont pû
abatre & ruinerce parti. Cette
Plaine a esté comme le
Champ de Cadmus,quia
produit de nouveaux Soldats
quil'ontrelevé,& qui le foutiendront
toujours malgré
tous ses ennemis. LesBoutsrimez
,semblables aux Gots à
sqiui Mr Bellocq les compare
plaisamment
,
ontreparu
de temps en temps ,
& fait
des coures sur le Parnasse
François, où ils ont bien la
mine de regner plus longtemps,
que ne firent ces Peuples
dans les Gaules : & comme
s'ils avoient la mdme
destinée,ils ont choisi aussibien
qu'eux le Languedoc,
& la Ville de Toulouse pour
retraite, & poury établir leur
em pire, sous les loix&la conduite
des Lanternistes,Chefs
qui ont succedé glorieusementau
fameuxDulot.Quelle
joye pour ce Dulot, lors
qu'un deces Lanternistes luy
viendra annoncer quelque
jour,dans les Champs Elisées,
le rerablissement de ces chers
enfans
,
& fidelles sujets les
Bouts-rlmcz! Quelle gloire
pour ces Lanterniites de les
avoir ralliez, & mis non seulementen
estat de tenir teste
à leurs ennemis
,
mais d'aller
de pair dans l'empire de la
Poësie
, avec tous les autres
Poëmes, & d'avoir la Muse
Terpficore pour Patronne, &
Apollon mesme pour Protecteur.
A prés cela, on aura beau
faire, on ne viendra jamais à
bout de chass r les Bouts rimez
du Parnasse. En vain on
presentera des requestes à
ApoBaa ; en vain on les décriera
à la Cour & à la Ville.
La Muse enjouée & badine
qui préside aux Jeux Poëtiques
,aura soin de les deffendre
& de les proteger, & ils
seront toujours le divertissement
des jeunes Poëtes , &
des personnes galantes qui
aiment nostre Poësie.AVersailles
comme à Paris,à Paris
comme à Toulouse,on sera
cLs Bouts-rimez ,on les remettra
sur le tapis, & ils red
viendront à la mode l'en
en comme des Proverbes; ils
sont décriez, on plaisante de
ceux quis'en servent;cependant,
on jouëencore tous ks
jours aux Proverbes. C'estun
jeu, dit-on;& je repons que
les Bouts-rimez sont aussi un
jeu quiamuse, & quifait plaisir
aux personnes spirituelles
qui ont du genie pour les
Vers. Toutes les Sciences,
tous les beaux Arts, ont leurs
jeux, ôc leurs délassemens,
pour ceux qui s'attachent
avec trop d'application, ou
quine font pas capables d'une
meditation profonde, &
d'untravail assidu.Telles sont
les Recreations Mathematiques,
les Questions, les Experiences
}
& les Problêmes
dans la Philosophie & dans
la Morale, & les Bouts-rimez,
les Rondeaux, & les
Balladesdans nostre Poësie,
pour délasser les Poëtes qui
travaillent à des Poëmes serieux
& de longue haleine,
ou pour amuser ceux qui ne
font des Vers que pour se
divertir. Mais de tous ces
Jeux poëtiques, il est certain
que les Bouts rimez font les
plus spirituels & les plus agréables
dans - les Compagnies,
& j'ajoûte, les plus
propres pour exercer un commerce
avec les Dames & avec
ses Amis. Tout le monde n'a
pas de genie pour lesImpromptu
; il faut rêver quelquefois
longtemps pour bien
tourner un Rondeau,&pour
en faire un bon, & du goust
de Marot&de Voiture, mais
pour remplir des Bouts rimez
il ne faut qu'un peu d'esprit
& de feu d'imagination, Se
sçavoir la mesure des Vers,
on fait un Sonnet dans un
moment. Les meilleurs & les
plus heureux font ceux qu'-
on remplit sur le champ, ôc
dont les rimes sont les plus
heteroclites. Je parle dans
les occasions de galanterie
où l'on jouë & où l'onbadine;
car en matiere serieuse,
& dans le stile sublime, far
vouë qu'ils sont tres-difficiles,
& qu'onenfait peu d'excellens.
C'est mesme un fort
bon moyen pour apprendre
àfairedes Vers & à compofer
juste,parce qu'on apprend
- par là tout d'un coup larime,
la mesure du Vers, & la suite,
-
&laliaison dudiscours, sans
parler de la composition du
Sonnet, qui de tous les petits
Poëmes estleplusingenieux,
&leplus difficile. Les Boutsrimez
en sont comme le canevas
,
& quand ils sont bien
disposez
,
cela donne une
grande facilité pour en faire
un bon.
A prendre la chose dans
son origine, lesBouts-rimez
doivent leur naissance au
Sonnet. Tous les Poëtes qui
s'attachent àce genre de
Poësie, commencent presque
toujours par là
, car on cil
bien avancé quand on a ttouvé&
disposé les rimes. Du
Lot, célébré Inventeur des
Bouts-rimez, ne fit que publier
ce secret, & en établir
l'ulage; ce qui donna lieu cn
fuite d'en choisit de bizarres
& de ridicules pour se faire
un jeu, & pour rendre le Sonnet
plus difficile. Comme
l'histoire de cette Invention
deDulor estdans la Préfacé
queMrPelissonfîtpour mettreàlateste
du Poëme de la1
défaite des Bouts-rimez par
Sarasin,je n'en parleray pas
davantage;j'aime mieux dire
quelque chose de la nature
des Bouts-rimez,afin que le
Lecteur pleinement instruit,
puisse juger plus équitablement
du mérité de leur cause.
! Pour bien réüssir dans la
composition des Bouts-rimez,
il faut choi sir des Rimes
propres & convenables
au fujec qu'on veut traiter;
car je ne suis pas de l'avis de
ceux qui commencent d'abord
par des Rimes vagues
& arbitraires, sans se proposer
aucune matiere déterminée.
Je sçay bien qu'on les
peut appliquer en fuiteâ differens
su jets, mais comme
il est libre à chacun de les appliquer
à celuy qu'il aime le
nieux, je soutiensqu'on doit
Lu commencement choisir
une matière à laquelleils conviennent;
mais sur rout qui
soit propre à inspirer des sentimens
nobles & relevez,
tendres & galans, selon que
le sujet le demande, des pensées
ingenieuses & delicates,
judicieuses & raisonnables
des expressions justes & naturelles;
un stile pur & intelligible;
&non pas des sentimens
bas, & des pensées fausses&
extravagantes;desexpressions
forcées,& précieuses; un stile
obscur & barbare. Et c'est en
cela que doit consister ladifserence
des Boutsrimez
,
&
de
a
de la Poësie burlesque. Les
Rimes capricieuses & fantasques
sont bonnes, ou du
moins su pportables, dans les
fumées de Satire & de galanteie,
où il est permis de badier
quelquefois
, & d'outrer
es choses; mais non pas dans
es matieres graves & serieues,
où tout doit estresensé,
grand
,
pompeux,&sublime.
Les Bouts-rimez sur la mort
~ln Perroquet de Madame du
Plessi s Belliére, estoient
Fort bien trouvez, mais je
rous avoue que je n'en pourois
souffrir iur la mort d'un
grand Prince, quelqueinvention
)
& quelque tour que le
Poëte pustleur donner. ilen
a paru d'autres longtemps
aprés, qui ontfait bruit dans
le monde, par les veritez
dont ils estoient remplis sur
plusieurs personnes de differentes
conditions. Ils eurent
un merveilleux succés dans
la Satire, mais il s'en fallut
bien qu'ilsn'eussent le mesme
bonheur, lors qu'on voulue
les;remplirà la louange du
Roy,&de quelques Dames
de laCour.Ilscommencoient
parïïiqmçiBrilut.e, 1. t,
Tabac, & finissoient par Eclanche,
ôiRcbjM.Lîp\uCp3Lttdtnos
Poëtes y échoucrent,& il n'y
cut queMademoiselle deScudery
quien remporta toute la
gloire; mais en effet, il n'appartient
qu'à elle de changer
la brique en diamant, & de
faire un Sonnet achevé d'un
Rebus.
Ce n'est pas en ces termes
qu'on doit loüer un grand
Roy. Il me semble-que je
l'encens haranguer par les
Députez de la Villette, ou
de Vaugirard. Je ne prérens
pas pour cela blâmer le defsein
desLanterniftes,&conJ
damner plusieurs Bouts-rimez
que des personnesdistinguées
par leur qualité,
&r,
par leuresprit, ont proposez
aurrefois au public, à lagloire
du Roy. Au contraire, je les;
approuve, je les loüe
,
mais
ils pardonneront à ma sincerité
,
si en deffendant les
Bouts-rimez, j'en condamne
l'excés qui consille principalement
dans le choix bizarre desMais, dit on,si
on enexclud les Rimes ex- traordinaires ,ils n'auront
rien de rare,d'ingeaieux, de
difficile; ce ne fera plus que
le simple squeleted'un Sonnet
commun. Comme on ne
se laffe point de rebatre (OÛ"
jours la mesme chose , je re-
# peteray encore une fois pour
toutes , que je ne pretens
point exclurre les Rimes singulieres
des fuicts, enjouez
i
ou satyriques ; mais seulement
des matieres serieuses,
& relevées, telles que sont les
Panegyriques des Princes
dans lesquels il est assez mal-,
aisé de réussir avec les Rimes
les plus nobles, & les plus
riches;& si on y fait un peu
d'attention, on avoüera avec
moy , que des Bouts-rimez.
tout simples font plus difficiles
à remplir que les autres
On en voit tous les jours de
fort beaux de cette maniéré,
quiconfirment l'opinion que
j'avance. Cela estant ainsi , il n'y aura plus rien à critiquer
dans ce genre de Poësie,
& son conviendra mesme
qu'elle peutestre de quelque
utilité, sans parler du plaisir
qu'elle peut donner, comme
un jeu d'esprit fort agreable.
Il ya encore une autre chose
fort blâmable dans les
Bout*rimez-.-elle vient de la
part deceuxquiles donnent,
c'estle mauvaisarrangement
ou plutost l'affectation avec
laquelle ils les disposent. Ils
croyent qu'il y a une grande
finesse à ce jeu, mais en voulant
les rendre plus difficiles,
ils lesrendent seulementplus
bizarres &plus ridicules, car
ceux qui n'onten vue que de
remplir les rimes,&faire simplement
quatorze Vers, ne
s'arrestent pas pourcette dit
ficulté, & se mettent peu en
peine de cet impertinent arrangement
; mais ceux qui
veulent faire un Sonnet juste,
lié, & suivi
,
tombent par là
dans un galimatias qu'il etc
impossible d'éviter,quelque
penetration,& quelque nettetéd'esprit
qu'ils puissent
avoir.C'est icy le plus grand
deffaut des Bouts-rimez,&
un abus étrange de ceux qui
s'y appliquent; car pourquoy
ne leur pas donner une
disposition naturelle, & convenable
dans les Quatrains
& dans lesTercets,afin que
le Sonnet n'ait rien d'extravagant?
Ceux que Mrs les
Lanternistesont proposezau
Public, n'ont rien de bizarre
& d'affecté
,
& sont placez
dans cette raisonnable oeconomie
que je demande. Aussi
ont-ils produit des Sonnets
fort justes& fort beaux; mais
quelquefois on échouë sur de
certaines rimes pour trop de
rafinement, & pour ne vouloir
pas s'en servir dans leur
sens naturel.C'est ce que la
pluspart ont fait au mot de
Buste dans les rimes des Lan.
temistes. Monsieur le Duc,
Mrl'AbbéBrunet, l'ont pris
figurément pour le mot de
corps, dans leurs beaux Sonnets
pour Madame la Princesse
de Conty. Je n'ay garde
de reprendre cela comme
une faute, dans desSonnets
dont le stile effc si pur, & la
construction si aisée, & où
les rimes sont appliquées
avec tant de justesse,
qu'il
semble que tout ce qu'elles
pouvoient avoir de dur &de
barbare,n'ait servi qu'à rendre
les Vers plus forts& plus
majestueux. Mais pour reve-t
nir au mot debuste,qui estun
terme de l'art, dont lès Scul-
- pteurs & les peintres se seri
vent pour exprimer une mamere
antique, de representer
les personnes à demi corps,
& sans mains, on peut facilement
s'en servir dans sa signification
propre sans employer
le sensmoral; & c'est
ce qu'a fait heureusement
Mr leDuc de la Feuïllade.
Que l'on montrey ofntyjeule~
mentvojlrc Buste
Dans les trisses climats où régnent
les glaçons.
Il y a encore une autre forte
de Bouts.rimez, qu'on
fait tous les jours dont l'o*
rigineeftauffi ancienne que
nostre Poësie.C'estquand
on répond dans les mesmes
rimes aux Vers que l'on nous
envoye;ce qui arrive souvent
sans y penser
,
&: sans préméditation;
& pour lors on
y réussit, car cela vient naturellement
, & sans y estre
forcé; mais s'ily a de l'affectation
)
& qu'on s'en fasse
un jeu,cen'est plus rien
,
qui
vaille, &l'oneH encoreplus
contraint que dans les prescrits
de commande. Mais
c'est assez parler de la compoficion
des Bouts-rimez,
achevons leur Apologie,
Comme je fuis trop sincere
pour approuver ce qui est
blâmable, & pour louër ce
qui ne le merite pas,je conviens
ingenument avec les
Critiques, que les Bouts-rimex
ne sont qu'un jeu d'esprit
; qu'on les a pouffez trop
Join, que l'excés en est condamnable,
& qu'on a raison
de vouloirreformer cet abus
surle Parnasse: mais aussi on
demeurera d'accord ave nioi.
que l'invention en est loüable
;
qu'ils ne sont pas indignes
de l'amusement des
bons Poëtes, & des honnestes
gens, & qu'ils ne doivent
pasestre bannis de la Republique
des Lettres. Il ne faut
pass'étonner qu'on les ait
décriez& tournezen ridicule
aprés que Sarasin s'en fut
avisé le premier
3
&qu'il eut
fait connoistre le caractere
extravagant de leur Auteur.
Tous les Critiques enjouëz
& spirituelsont triomphé depuis
surce sujet, & ont eu
un beau champ de plaisanter.
M Bellocq y est entré com<
me les autres, & semble en!
estresorti victorieux. Cependant
quand la grace de la
HCLWcaucë estperduë pour
ces fortes dechoses,ellesont
peu d'agrément, on s'enlasse
& ons'en dégoûte, quoy que
la matiere soit inépuisable.
Voilace que je répons aux
Antilantermites,& à tous
ceux qui font une si cruelle
guerre auxBouts-rimez, car
il faut plaisanter avec ceux
qui plaisantent, ou plûtost
avec ceux qui donnent des
plaisanteries pour de bonnes
raisons. Mais pour finir plus
feriel\(è:m' nt ce dilcours , je
fuis persuadéque tous les
^dprns bien sensez seront
grace aux Bouts-rimez, &
prendront leur parti, aprés
avoir reconnu leur merite,
&ce qu'on en peut faire lors
qu'ils tombent entre les
mains d'un genie heureux,
& qui a du talent pour la
Poësie. Je n'en veux pour
exemple que les beaux Sonnets
qui viennent de paroître
sur lesrimes des Lanternistes,
à la loüange de Madame la
Prince sse de Conty, comme
la plus belle & la plus
riche matiere qu'on pouvoit
prendre pour luyplaire, dans
le desir qu'elle avoitmarque
de les voir dignement mis
en oeuvre; ayant proposé
son Portrait enrichi de Diamansàceluyquiyréussiroit
le mieux ; Prix bien capable
d'exciter la plus noble émulation
qui fut jamais entre
les Poëtes; Portrait dont la
seule idéevaut un antousiasmequi
peut inspirertout
ce que lenaturel, l'art & l'invention
sçauroient avoir de
grand, de merveilleux, de
ublime
>
de rendre, de fin,
k de delicat, comme on le
peut voir entre autres dans
e Sonnet de Monsieur le
Duc,si digne de ce Prix, ce
qui fait que je ne puis m'env.
pescher d'appliqueràtous les
deux cette Epigramme d'un
Ancien, sur le Portrait célébre
de la Venus d'Appelle.
Egrcjjdm nuper Vcnerem de
marmorisIIndis1 marmori s *nd<s
, Afpice pracltrinobile Apd/if
opw.
Hacvisa Pallas, fic cum Junonc
locuta rfl :
Deforma Veneris cedere jure
decct.
Envoicy latraduction, que
j'ay faire feulement pour
mieux expliquer ma pensée.
Quand d'un dosse pinceau l'inge:
nieuxappelle
Reprefinta Venuîensortant de
kiner,
,
1J
Palltf en surcharmée
1 & d'un -ire amer,
La montrantàJunon:Cédonsluyylujydit
elle,
,
La qjoiredestre la plus belle.
Madame la Princesse de
Contyn'at-elie pas lemesme
droit que Venuseut autrefois
sur lesDéesses, d'exiger
des plus belles Personnes
dela terre,qu' elles luy cedent
toue l'avantage de la beauté;
beauté dont on doit reconnoistre
icy le pouvoir,&qui
échaufe si vivement les ames,
que je nesuis point surpris
qu'on aitsi bien réussi pour
elle dans ces Bouts-rimez.
Avoüons que le triomphe
seroit complet, de celuy qui
par deux Sonnets superieurs
à tous les autres, emporteroit
sur ses Concurrens le
Portrait de nostre Auguste
Monarque, &celuy de cette
incomparable Princesse. On
pourroit bien dire de cet
heureux Vainqueur.
fleureuxd'avoirfaitunOuii
.r( 'v1Jrraagg~e
Qui de Louis & d'elle a meriték
iÚ limage;
Il voit, en regardant l'un&tau.
tre tableau,•
Tout ceque l'Universadegrand
; 1
q 0* de beau.-vt i. L Mais heureuse & glorieuse,
v tout ensemble
, cette
naissante Academie de Toulouse
, de s'estre attiré les
regards,& la protection de
cette incomparable Princesse
se, en travaillant à la gloire
du Roy. Que de grâces ne
doit elle point rendre à Apoll
lon. & aux Muses d'avoirrendu
les jeux ôc ses amusemens
si précieux! L'honneur dW
voir rétabli lesBoucs ! rimez
est le moindreavantage qu'
elle s'en doit promettre; elle peut encoresevanter
d'avoir fait mettre au jour
lesplus beaux Sonnets qui
ayent parudepuisceux deJob
& d'Uraniede galante & d'amoureuse
mémoire, & qui ni
font pas moins debruit dans
le monde. Ils font déjà secte
ôcjparty àla Cour & à la Ville
& je prevoy qu'ils vont exciter
-
une grosse guerre-sur. le
Parnasse
, car leurs Auteurs
font bien d'autres Paladins
que Voiture, & Benserade.
Ce sont la pluspart des Héros
& des Demi- Dieux qui
sont crcm b ler l'Olimpe
,
&
donc on doit craindre la soudre;
maisApollon sur tour.
Enfin, aux Bouts-rimek tout devientfavorabley
Et le nom de Conry qui leurfut
sifatal,
Sous cette Princejjeadorable9
Leur fait autant de bien, qu'il
leur a fait de mal.
DES BOUTS-RIMEZ,
OV
Réponfià laLettredeAdr
,
de Bellocq, qui cil dans
le MercureGalant du
moisdeJuillet 1694..
M 1 !1.. Es Amis de Cabinet
qui sçavent mes goûts,
&mes sentimens pour les ouvrages
d'esprit,s'etonneront
sans doutede me voir prendec
la deffense des Bouts rimez,
pour kfquels je leur ay
toujours marqué assez peu
d'inclination, & mesine pour
le Sonnet ordinaire, qui est
entre les petits POëlUtS) le
chef
-
d'oeuvre des Poëtes;
mais quoy qu'on n'aime pas
certaines choses,on ne laisse
pas de les estimer, &de les
loüer quand elles le méritent,
& qu'elles ont l'approbation
des habilesgens,&desconnoisseurs.
J'aychargé autrefois
mes tablettes & ma memoire
desplus beaux Sonmets,
sans oubliermesme celuy
luy ic Desportes,qui faisoit
les délices de Henry III. &
qui valut dix mille écus àce
Poëte. C'estl'ouvrage d'efpric
lIr plus precieux, & qui a elle
le mieux payé. Je recite encore
souvent les Sonnées de
Job & d'U ranie, & si j'avois
esté de ce. tem ps là, j'aurois
esté Jobelin,ou Uranin, car
assurement j'eussepris party,
&je n'aurois pas fait comme
Balzac., & plusïeurs autres
beaux Esprits
,
qui n'osesent
jamais se déclarer ny pourny
contre. Les Bouts - rimez de
Sarasin sur la mort du Perroquet,
m'onttoujours plû; &
pour venir à ceux que Mrs les
Académiciens de Toulouse,
nommez Lanternistes, ont
propofezau Public,je trouve
le Sonnet du Chevalier de
Pont, qui a remporté le Prix,
fort beau. Peut estremesme
qu'on m'auroit vû dans le
Mercure Galant luy en disputer
la gloire, si d'autres occuparions
ne m'en avoient
empêché; carquand ils'agit
d'un Prix à la loüange du
Roy
,
il est difficile de n'estre
pas tenté d'entrer dans la lice
comme les autres. C'tlt
une témerité qui est pardon-.
nable. Aussi j'avouë que ce
n' est point par prudence ou
par modestie que je ne l'ay
pas fait; mais à l'heure qu'il
est, je ne m'aviferay pas de
grossir le triomphe du Vainqueur
par le nombre des
Vaincus. Je fuis plÛlOtl: d'avis,
battu pour battu
,
de
prendre le party des Boursrimez
,que je voy tom ber en
ruine, si quelqu'un ne s'oppose
à Mr Bellocq ,qui vient
de leur faire une cruelle guerre,
dans une Letrre fort spi.
rituelle, & galamment écrite,
t
qui se trouve dans le Mercure;
Galant du mois de Juillet dernier.
L'entrepriseest hardie,
maiselle est loüable, quand
mesme je n'y réuffirois pas,
& si j'y réussis, quel honneur
n'auray-je point d'avoir combattu
le General Bellocq
» rétabli les Bouts-rimez, &:
défendu lacause des Lanternistes?
Cela me donne des
idées qui me réjouissent pa
avance, &qui me font pren
dre la plumeaux perils de qui
il apparciendra. -
Cependant comme j'en
treprens feulement ladefense I
des Bouts rimez
,
& que je
n'aynullement en vûë d'attaquer
M1 Bellocq, pour qui
j'ay toute l'estime&toutela
consideration que ses Ouvrages
J
peuventinspirer dans
l'esprit d'un honneste homme,
je n'ay pas dessein de
faire une Critique de cette
Apologie,quoy qu'il foit
permis de repousser la force
par la force. On ne doit donc
pas s'attend re que je m'atta.
che icy à examiner sa Letrre,
& son Sonnet pour Madame
la Princesse de Conty. La
Lettre est pleine d'esprit, de
sel, & d'agrément, & s'il y
quelque chose de dur &
di
violent qui recombe sur Mrs
les Lanternistes, c'est à eu»]
de le peser,& d'y faire toute
l'attention qu'il leur plaira.
Pour le Sonnet, l'incomparable
Princesseà ia gloire de"
laquelle il cit fait, le met à
couvert de toute censure.
Neanmoins comme l'Auteur
arelevé luy-mesme le mot de
J.tobufte dans le sens qu'il
luya donné, & dont il se fait
un scrupule, je veux bien luy
dire ma pensée la.d,,ssus)&je
le fais d'autant plus volontiers,
que cela peur servir aî
l'intelligence des Bouts rimez,
& pour les julttfler auprés
de ceux qui sont prévenus
concre ce genre de Poësie.
Il est surprenant que !\,P
Bellocq, qui se récrie tant
contre la bizarreriedesBoutsrimez,
ait rendu celuy de Rohaflt
barbare
,
de propre ôc
simple qu'il eltoua par rafplication
metaphorique qu il
en afaite. A le bi n prendre,
les Bouts rimez doivent estre
composez determes propres,
naturels&usitez,quoy qu'ils
paroissent heteroclites & barbares,
& toute leur singularité
ne vient que de leur arrangement,
& du peu de convenance
qu'ilsontensemble-
Il est vray que pour les remplir
plus facilement, on peut,
leur donner un sens figuré,
O mais il ne faut pas abuser de
cette regle
, autrement on
fait un Sonnet en galimatias,
qui n'a rien de naturel, en
quoy consiste toute sa beauté
;
naturel difficile à attraper,
& qu'on ne trouve qu'en
s'éloignant de la metaphore,
& en Lissant aux mots leur
signification propre & ordinaire.
Cette façon de parler
est trop hardie,surtoutdans
un petit Poëmeoù tout doit
estre poli, exact & correct.
Cette epithete pourroit passer
dans quelque description
d'un Poëme Epique, où la
fougue du Poëte, qui ne luy
donne pas le loisir de réflechir,
efi. pardonnable; mais
icy,où l'on doit agir de sang
rassis, on ne luy fera point de
grâce, ny de quartier , par
la raison mesme qu'il en devroit
leplus attendre pour la
beauté & l'élegance deson
stile, qu'il a fait paroistre ailleurs.
Un celebre Auteur, ennemy
dangereux & redoutable,
& qui avoit lçu joindre l'adresseà
la force,tenta autrefois
la deffaite des Boutsrimez
, mais si Dulot fut
vaincu, & les Bouts-rimez
mis en fuite, la défaite ne fut
pas entiere
,
& le vainqueur
ne joüit paslong
- temps du'
fruit de sa victoire. Comme
Sarazin entreprit cette guerre
sans necessité
,
& seulement
pour complaire à un grand
Prince qu'il servoit, il sir paroistre
plus d'emportement
& de faux zele, que de prudence
,& de conduite; car
puis qu'il avoit rempli avanr
la défaite des Bouts-rimez,
ceux qu'un fameux Ministre
d-EHat avoit proposez sur la
morr du Perroquet d'une Dame
illustre dela Cour, il ne
devoit pas détruire ensuite ce
qui avoit contribué à sa gloire,&
pouffer de la sorte nn.
venteur d'une chose quiluy
avoit esté si avantageuse. Je
sçay bien qu'on a loüé Sarasin
d'avoir employé les mesmes
mots prescrits à la défaite
des Bouts rimez, en faisant
de ces rimes burlesques, les
HerosimaginairesdesonPoëme;
maiss'i l y a deteipric,&:de
l'inventionen cel a,il y aaussi
de la rufe & de la malice, 6c
je doute fort si ce ridicule ne
rejallit poïnt sur la Dame qui
pleuroit son Perroquet, &
sur le Ministre qui avoit donnê
les rimes pour faire son
epitaphe.
Mais quoy qu'il en foie,
ces deux formidables ennemis
des Bouts-rimez,onttenté
une entreprise vaine, & à
laquelle ils n'ont pû réüssir.
Dulot vaincu avec les quatorze
Generaux,& ses Troupes
taillées enpieces dans la
Plaine de Grenelle,n'ont pû
abatre & ruinerce parti. Cette
Plaine a esté comme le
Champ de Cadmus,quia
produit de nouveaux Soldats
quil'ontrelevé,& qui le foutiendront
toujours malgré
tous ses ennemis. LesBoutsrimez
,semblables aux Gots à
sqiui Mr Bellocq les compare
plaisamment
,
ontreparu
de temps en temps ,
& fait
des coures sur le Parnasse
François, où ils ont bien la
mine de regner plus longtemps,
que ne firent ces Peuples
dans les Gaules : & comme
s'ils avoient la mdme
destinée,ils ont choisi aussibien
qu'eux le Languedoc,
& la Ville de Toulouse pour
retraite, & poury établir leur
em pire, sous les loix&la conduite
des Lanternistes,Chefs
qui ont succedé glorieusementau
fameuxDulot.Quelle
joye pour ce Dulot, lors
qu'un deces Lanternistes luy
viendra annoncer quelque
jour,dans les Champs Elisées,
le rerablissement de ces chers
enfans
,
& fidelles sujets les
Bouts-rlmcz! Quelle gloire
pour ces Lanterniites de les
avoir ralliez, & mis non seulementen
estat de tenir teste
à leurs ennemis
,
mais d'aller
de pair dans l'empire de la
Poësie
, avec tous les autres
Poëmes, & d'avoir la Muse
Terpficore pour Patronne, &
Apollon mesme pour Protecteur.
A prés cela, on aura beau
faire, on ne viendra jamais à
bout de chass r les Bouts rimez
du Parnasse. En vain on
presentera des requestes à
ApoBaa ; en vain on les décriera
à la Cour & à la Ville.
La Muse enjouée & badine
qui préside aux Jeux Poëtiques
,aura soin de les deffendre
& de les proteger, & ils
seront toujours le divertissement
des jeunes Poëtes , &
des personnes galantes qui
aiment nostre Poësie.AVersailles
comme à Paris,à Paris
comme à Toulouse,on sera
cLs Bouts-rimez ,on les remettra
sur le tapis, & ils red
viendront à la mode l'en
en comme des Proverbes; ils
sont décriez, on plaisante de
ceux quis'en servent;cependant,
on jouëencore tous ks
jours aux Proverbes. C'estun
jeu, dit-on;& je repons que
les Bouts-rimez sont aussi un
jeu quiamuse, & quifait plaisir
aux personnes spirituelles
qui ont du genie pour les
Vers. Toutes les Sciences,
tous les beaux Arts, ont leurs
jeux, ôc leurs délassemens,
pour ceux qui s'attachent
avec trop d'application, ou
quine font pas capables d'une
meditation profonde, &
d'untravail assidu.Telles sont
les Recreations Mathematiques,
les Questions, les Experiences
}
& les Problêmes
dans la Philosophie & dans
la Morale, & les Bouts-rimez,
les Rondeaux, & les
Balladesdans nostre Poësie,
pour délasser les Poëtes qui
travaillent à des Poëmes serieux
& de longue haleine,
ou pour amuser ceux qui ne
font des Vers que pour se
divertir. Mais de tous ces
Jeux poëtiques, il est certain
que les Bouts rimez font les
plus spirituels & les plus agréables
dans - les Compagnies,
& j'ajoûte, les plus
propres pour exercer un commerce
avec les Dames & avec
ses Amis. Tout le monde n'a
pas de genie pour lesImpromptu
; il faut rêver quelquefois
longtemps pour bien
tourner un Rondeau,&pour
en faire un bon, & du goust
de Marot&de Voiture, mais
pour remplir des Bouts rimez
il ne faut qu'un peu d'esprit
& de feu d'imagination, Se
sçavoir la mesure des Vers,
on fait un Sonnet dans un
moment. Les meilleurs & les
plus heureux font ceux qu'-
on remplit sur le champ, ôc
dont les rimes sont les plus
heteroclites. Je parle dans
les occasions de galanterie
où l'on jouë & où l'onbadine;
car en matiere serieuse,
& dans le stile sublime, far
vouë qu'ils sont tres-difficiles,
& qu'onenfait peu d'excellens.
C'est mesme un fort
bon moyen pour apprendre
àfairedes Vers & à compofer
juste,parce qu'on apprend
- par là tout d'un coup larime,
la mesure du Vers, & la suite,
-
&laliaison dudiscours, sans
parler de la composition du
Sonnet, qui de tous les petits
Poëmes estleplusingenieux,
&leplus difficile. Les Boutsrimez
en sont comme le canevas
,
& quand ils sont bien
disposez
,
cela donne une
grande facilité pour en faire
un bon.
A prendre la chose dans
son origine, lesBouts-rimez
doivent leur naissance au
Sonnet. Tous les Poëtes qui
s'attachent àce genre de
Poësie, commencent presque
toujours par là
, car on cil
bien avancé quand on a ttouvé&
disposé les rimes. Du
Lot, célébré Inventeur des
Bouts-rimez, ne fit que publier
ce secret, & en établir
l'ulage; ce qui donna lieu cn
fuite d'en choisit de bizarres
& de ridicules pour se faire
un jeu, & pour rendre le Sonnet
plus difficile. Comme
l'histoire de cette Invention
deDulor estdans la Préfacé
queMrPelissonfîtpour mettreàlateste
du Poëme de la1
défaite des Bouts-rimez par
Sarasin,je n'en parleray pas
davantage;j'aime mieux dire
quelque chose de la nature
des Bouts-rimez,afin que le
Lecteur pleinement instruit,
puisse juger plus équitablement
du mérité de leur cause.
! Pour bien réüssir dans la
composition des Bouts-rimez,
il faut choi sir des Rimes
propres & convenables
au fujec qu'on veut traiter;
car je ne suis pas de l'avis de
ceux qui commencent d'abord
par des Rimes vagues
& arbitraires, sans se proposer
aucune matiere déterminée.
Je sçay bien qu'on les
peut appliquer en fuiteâ differens
su jets, mais comme
il est libre à chacun de les appliquer
à celuy qu'il aime le
nieux, je soutiensqu'on doit
Lu commencement choisir
une matière à laquelleils conviennent;
mais sur rout qui
soit propre à inspirer des sentimens
nobles & relevez,
tendres & galans, selon que
le sujet le demande, des pensées
ingenieuses & delicates,
judicieuses & raisonnables
des expressions justes & naturelles;
un stile pur & intelligible;
&non pas des sentimens
bas, & des pensées fausses&
extravagantes;desexpressions
forcées,& précieuses; un stile
obscur & barbare. Et c'est en
cela que doit consister ladifserence
des Boutsrimez
,
&
de
a
de la Poësie burlesque. Les
Rimes capricieuses & fantasques
sont bonnes, ou du
moins su pportables, dans les
fumées de Satire & de galanteie,
où il est permis de badier
quelquefois
, & d'outrer
es choses; mais non pas dans
es matieres graves & serieues,
où tout doit estresensé,
grand
,
pompeux,&sublime.
Les Bouts-rimez sur la mort
~ln Perroquet de Madame du
Plessi s Belliére, estoient
Fort bien trouvez, mais je
rous avoue que je n'en pourois
souffrir iur la mort d'un
grand Prince, quelqueinvention
)
& quelque tour que le
Poëte pustleur donner. ilen
a paru d'autres longtemps
aprés, qui ontfait bruit dans
le monde, par les veritez
dont ils estoient remplis sur
plusieurs personnes de differentes
conditions. Ils eurent
un merveilleux succés dans
la Satire, mais il s'en fallut
bien qu'ilsn'eussent le mesme
bonheur, lors qu'on voulue
les;remplirà la louange du
Roy,&de quelques Dames
de laCour.Ilscommencoient
parïïiqmçiBrilut.e, 1. t,
Tabac, & finissoient par Eclanche,
ôiRcbjM.Lîp\uCp3Lttdtnos
Poëtes y échoucrent,& il n'y
cut queMademoiselle deScudery
quien remporta toute la
gloire; mais en effet, il n'appartient
qu'à elle de changer
la brique en diamant, & de
faire un Sonnet achevé d'un
Rebus.
Ce n'est pas en ces termes
qu'on doit loüer un grand
Roy. Il me semble-que je
l'encens haranguer par les
Députez de la Villette, ou
de Vaugirard. Je ne prérens
pas pour cela blâmer le defsein
desLanterniftes,&conJ
damner plusieurs Bouts-rimez
que des personnesdistinguées
par leur qualité,
&r,
par leuresprit, ont proposez
aurrefois au public, à lagloire
du Roy. Au contraire, je les;
approuve, je les loüe
,
mais
ils pardonneront à ma sincerité
,
si en deffendant les
Bouts-rimez, j'en condamne
l'excés qui consille principalement
dans le choix bizarre desMais, dit on,si
on enexclud les Rimes ex- traordinaires ,ils n'auront
rien de rare,d'ingeaieux, de
difficile; ce ne fera plus que
le simple squeleted'un Sonnet
commun. Comme on ne
se laffe point de rebatre (OÛ"
jours la mesme chose , je re-
# peteray encore une fois pour
toutes , que je ne pretens
point exclurre les Rimes singulieres
des fuicts, enjouez
i
ou satyriques ; mais seulement
des matieres serieuses,
& relevées, telles que sont les
Panegyriques des Princes
dans lesquels il est assez mal-,
aisé de réussir avec les Rimes
les plus nobles, & les plus
riches;& si on y fait un peu
d'attention, on avoüera avec
moy , que des Bouts-rimez.
tout simples font plus difficiles
à remplir que les autres
On en voit tous les jours de
fort beaux de cette maniéré,
quiconfirment l'opinion que
j'avance. Cela estant ainsi , il n'y aura plus rien à critiquer
dans ce genre de Poësie,
& son conviendra mesme
qu'elle peutestre de quelque
utilité, sans parler du plaisir
qu'elle peut donner, comme
un jeu d'esprit fort agreable.
Il ya encore une autre chose
fort blâmable dans les
Bout*rimez-.-elle vient de la
part deceuxquiles donnent,
c'estle mauvaisarrangement
ou plutost l'affectation avec
laquelle ils les disposent. Ils
croyent qu'il y a une grande
finesse à ce jeu, mais en voulant
les rendre plus difficiles,
ils lesrendent seulementplus
bizarres &plus ridicules, car
ceux qui n'onten vue que de
remplir les rimes,&faire simplement
quatorze Vers, ne
s'arrestent pas pourcette dit
ficulté, & se mettent peu en
peine de cet impertinent arrangement
; mais ceux qui
veulent faire un Sonnet juste,
lié, & suivi
,
tombent par là
dans un galimatias qu'il etc
impossible d'éviter,quelque
penetration,& quelque nettetéd'esprit
qu'ils puissent
avoir.C'est icy le plus grand
deffaut des Bouts-rimez,&
un abus étrange de ceux qui
s'y appliquent; car pourquoy
ne leur pas donner une
disposition naturelle, & convenable
dans les Quatrains
& dans lesTercets,afin que
le Sonnet n'ait rien d'extravagant?
Ceux que Mrs les
Lanternistesont proposezau
Public, n'ont rien de bizarre
& d'affecté
,
& sont placez
dans cette raisonnable oeconomie
que je demande. Aussi
ont-ils produit des Sonnets
fort justes& fort beaux; mais
quelquefois on échouë sur de
certaines rimes pour trop de
rafinement, & pour ne vouloir
pas s'en servir dans leur
sens naturel.C'est ce que la
pluspart ont fait au mot de
Buste dans les rimes des Lan.
temistes. Monsieur le Duc,
Mrl'AbbéBrunet, l'ont pris
figurément pour le mot de
corps, dans leurs beaux Sonnets
pour Madame la Princesse
de Conty. Je n'ay garde
de reprendre cela comme
une faute, dans desSonnets
dont le stile effc si pur, & la
construction si aisée, & où
les rimes sont appliquées
avec tant de justesse,
qu'il
semble que tout ce qu'elles
pouvoient avoir de dur &de
barbare,n'ait servi qu'à rendre
les Vers plus forts& plus
majestueux. Mais pour reve-t
nir au mot debuste,qui estun
terme de l'art, dont lès Scul-
- pteurs & les peintres se seri
vent pour exprimer une mamere
antique, de representer
les personnes à demi corps,
& sans mains, on peut facilement
s'en servir dans sa signification
propre sans employer
le sensmoral; & c'est
ce qu'a fait heureusement
Mr leDuc de la Feuïllade.
Que l'on montrey ofntyjeule~
mentvojlrc Buste
Dans les trisses climats où régnent
les glaçons.
Il y a encore une autre forte
de Bouts.rimez, qu'on
fait tous les jours dont l'o*
rigineeftauffi ancienne que
nostre Poësie.C'estquand
on répond dans les mesmes
rimes aux Vers que l'on nous
envoye;ce qui arrive souvent
sans y penser
,
&: sans préméditation;
& pour lors on
y réussit, car cela vient naturellement
, & sans y estre
forcé; mais s'ily a de l'affectation
)
& qu'on s'en fasse
un jeu,cen'est plus rien
,
qui
vaille, &l'oneH encoreplus
contraint que dans les prescrits
de commande. Mais
c'est assez parler de la compoficion
des Bouts-rimez,
achevons leur Apologie,
Comme je fuis trop sincere
pour approuver ce qui est
blâmable, & pour louër ce
qui ne le merite pas,je conviens
ingenument avec les
Critiques, que les Bouts-rimex
ne sont qu'un jeu d'esprit
; qu'on les a pouffez trop
Join, que l'excés en est condamnable,
& qu'on a raison
de vouloirreformer cet abus
surle Parnasse: mais aussi on
demeurera d'accord ave nioi.
que l'invention en est loüable
;
qu'ils ne sont pas indignes
de l'amusement des
bons Poëtes, & des honnestes
gens, & qu'ils ne doivent
pasestre bannis de la Republique
des Lettres. Il ne faut
pass'étonner qu'on les ait
décriez& tournezen ridicule
aprés que Sarasin s'en fut
avisé le premier
3
&qu'il eut
fait connoistre le caractere
extravagant de leur Auteur.
Tous les Critiques enjouëz
& spirituelsont triomphé depuis
surce sujet, & ont eu
un beau champ de plaisanter.
M Bellocq y est entré com<
me les autres, & semble en!
estresorti victorieux. Cependant
quand la grace de la
HCLWcaucë estperduë pour
ces fortes dechoses,ellesont
peu d'agrément, on s'enlasse
& ons'en dégoûte, quoy que
la matiere soit inépuisable.
Voilace que je répons aux
Antilantermites,& à tous
ceux qui font une si cruelle
guerre auxBouts-rimez, car
il faut plaisanter avec ceux
qui plaisantent, ou plûtost
avec ceux qui donnent des
plaisanteries pour de bonnes
raisons. Mais pour finir plus
feriel\(è:m' nt ce dilcours , je
fuis persuadéque tous les
^dprns bien sensez seront
grace aux Bouts-rimez, &
prendront leur parti, aprés
avoir reconnu leur merite,
&ce qu'on en peut faire lors
qu'ils tombent entre les
mains d'un genie heureux,
& qui a du talent pour la
Poësie. Je n'en veux pour
exemple que les beaux Sonnets
qui viennent de paroître
sur lesrimes des Lanternistes,
à la loüange de Madame la
Prince sse de Conty, comme
la plus belle & la plus
riche matiere qu'on pouvoit
prendre pour luyplaire, dans
le desir qu'elle avoitmarque
de les voir dignement mis
en oeuvre; ayant proposé
son Portrait enrichi de Diamansàceluyquiyréussiroit
le mieux ; Prix bien capable
d'exciter la plus noble émulation
qui fut jamais entre
les Poëtes; Portrait dont la
seule idéevaut un antousiasmequi
peut inspirertout
ce que lenaturel, l'art & l'invention
sçauroient avoir de
grand, de merveilleux, de
ublime
>
de rendre, de fin,
k de delicat, comme on le
peut voir entre autres dans
e Sonnet de Monsieur le
Duc,si digne de ce Prix, ce
qui fait que je ne puis m'env.
pescher d'appliqueràtous les
deux cette Epigramme d'un
Ancien, sur le Portrait célébre
de la Venus d'Appelle.
Egrcjjdm nuper Vcnerem de
marmorisIIndis1 marmori s *nd<s
, Afpice pracltrinobile Apd/if
opw.
Hacvisa Pallas, fic cum Junonc
locuta rfl :
Deforma Veneris cedere jure
decct.
Envoicy latraduction, que
j'ay faire feulement pour
mieux expliquer ma pensée.
Quand d'un dosse pinceau l'inge:
nieuxappelle
Reprefinta Venuîensortant de
kiner,
,
1J
Palltf en surcharmée
1 & d'un -ire amer,
La montrantàJunon:Cédonsluyylujydit
elle,
,
La qjoiredestre la plus belle.
Madame la Princesse de
Contyn'at-elie pas lemesme
droit que Venuseut autrefois
sur lesDéesses, d'exiger
des plus belles Personnes
dela terre,qu' elles luy cedent
toue l'avantage de la beauté;
beauté dont on doit reconnoistre
icy le pouvoir,&qui
échaufe si vivement les ames,
que je nesuis point surpris
qu'on aitsi bien réussi pour
elle dans ces Bouts-rimez.
Avoüons que le triomphe
seroit complet, de celuy qui
par deux Sonnets superieurs
à tous les autres, emporteroit
sur ses Concurrens le
Portrait de nostre Auguste
Monarque, &celuy de cette
incomparable Princesse. On
pourroit bien dire de cet
heureux Vainqueur.
fleureuxd'avoirfaitunOuii
.r( 'v1Jrraagg~e
Qui de Louis & d'elle a meriték
iÚ limage;
Il voit, en regardant l'un&tau.
tre tableau,•
Tout ceque l'Universadegrand
; 1
q 0* de beau.-vt i. L Mais heureuse & glorieuse,
v tout ensemble
, cette
naissante Academie de Toulouse
, de s'estre attiré les
regards,& la protection de
cette incomparable Princesse
se, en travaillant à la gloire
du Roy. Que de grâces ne
doit elle point rendre à Apoll
lon. & aux Muses d'avoirrendu
les jeux ôc ses amusemens
si précieux! L'honneur dW
voir rétabli lesBoucs ! rimez
est le moindreavantage qu'
elle s'en doit promettre; elle peut encoresevanter
d'avoir fait mettre au jour
lesplus beaux Sonnets qui
ayent parudepuisceux deJob
& d'Uraniede galante & d'amoureuse
mémoire, & qui ni
font pas moins debruit dans
le monde. Ils font déjà secte
ôcjparty àla Cour & à la Ville
& je prevoy qu'ils vont exciter
-
une grosse guerre-sur. le
Parnasse
, car leurs Auteurs
font bien d'autres Paladins
que Voiture, & Benserade.
Ce sont la pluspart des Héros
& des Demi- Dieux qui
sont crcm b ler l'Olimpe
,
&
donc on doit craindre la soudre;
maisApollon sur tour.
Enfin, aux Bouts-rimek tout devientfavorabley
Et le nom de Conry qui leurfut
sifatal,
Sous cette Princejjeadorable9
Leur fait autant de bien, qu'il
leur a fait de mal.
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3177
p. 96
ENTRETIEN DE DEUX PROCUREURS. EPIGRAMME.
Début :
Accommoder les Plaideurs n'est mon vice, [...]
Mots clefs :
Procureurs, Entretien, Pillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENTRETIEN DE DEUX PROCUREURS. EPIGRAMME.
ENTRETIEN
DE DEUX PROCUREURS.
EPIGRAMM E.
AccCocommmmoodder les Plaideurs n'est mon vice ,
Disoit Pillard ; quand les gens ont du bien
Confrere , il faut laisser faire Justice :
C'est mon avis , mais chacun a le sien,
Maître Pillard , ce peut être le mien ,
Sans que pour ce je change de Méthode ,
Répond Griffon ; quand les gens n'ont plus rien,
La Charité veut qu'on les raccommode.
DE DEUX PROCUREURS.
EPIGRAMM E.
AccCocommmmoodder les Plaideurs n'est mon vice ,
Disoit Pillard ; quand les gens ont du bien
Confrere , il faut laisser faire Justice :
C'est mon avis , mais chacun a le sien,
Maître Pillard , ce peut être le mien ,
Sans que pour ce je change de Méthode ,
Répond Griffon ; quand les gens n'ont plus rien,
La Charité veut qu'on les raccommode.
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3178
p. 1736
ENIGME.
Début :
Je vais ; où ? d'où je viens ; actif ou paresseux, [...]
Mots clefs :
Fleuve
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E vais ; ou d'où je viens ; actif ou paresseux,
Dans ma course , rien ne m'arrête ;
Je n'ai jamais ni pied , ni tête ,
J'ay des bras , point de mains ; devine si tu peux
E vais ; ou d'où je viens ; actif ou paresseux,
Dans ma course , rien ne m'arrête ;
Je n'ai jamais ni pied , ni tête ,
J'ay des bras , point de mains ; devine si tu peux
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3179
p. 114
ENIGME.
Début :
Quoique par un effet du plus bizarre usage, [...]
Mots clefs :
Montre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Quoique par un effet du plus bizarre uſage ,
Maint cadet ne m'ait plus qu'à titre d'ornement.
De mon utilité , je donne à tout moment
Le plus affuré témoignage ;
Au tems paffé , je recevois mon prix ,
D'une vafte circonférence ,
Elle m'attire aujourd'hui des mépris ,
Et l'homme de goût ne m'encenfe ,
Qu'autant que je m'offre à les yeux
•
Sous l'afpect féduifant d'une taille mignone ,
La cenfure , il eft vrai , dit & prône en tous lieux ,
Qu'ainfi réduite à rien , j'en deviens bien moias
bonne ,
Mais graces à l'habileté ,
De ceux qui de nos jours , préſident à mon être ,
Ce préjugé trompeur fans crédit eft reſté ;
Mon fort eft de tenir compagnie à mon maître ,
Malheur à moi , fi le dérangement
Sur ma fage conduite exerce un long empire ,
Il me prive auffi tôt de fon attachement ,
Et je perds fans retour , la faveur du bean fire ,
Pour m'en aller ſouvent de main en main ,
De la dupe & du fot exciter le chagrin.
Anonime de Rouen.
Quoique par un effet du plus bizarre uſage ,
Maint cadet ne m'ait plus qu'à titre d'ornement.
De mon utilité , je donne à tout moment
Le plus affuré témoignage ;
Au tems paffé , je recevois mon prix ,
D'une vafte circonférence ,
Elle m'attire aujourd'hui des mépris ,
Et l'homme de goût ne m'encenfe ,
Qu'autant que je m'offre à les yeux
•
Sous l'afpect féduifant d'une taille mignone ,
La cenfure , il eft vrai , dit & prône en tous lieux ,
Qu'ainfi réduite à rien , j'en deviens bien moias
bonne ,
Mais graces à l'habileté ,
De ceux qui de nos jours , préſident à mon être ,
Ce préjugé trompeur fans crédit eft reſté ;
Mon fort eft de tenir compagnie à mon maître ,
Malheur à moi , fi le dérangement
Sur ma fage conduite exerce un long empire ,
Il me prive auffi tôt de fon attachement ,
Et je perds fans retour , la faveur du bean fire ,
Pour m'en aller ſouvent de main en main ,
De la dupe & du fot exciter le chagrin.
Anonime de Rouen.
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3180
p. 944
ENIGME.
Début :
J'elevai jusques aux Cieux [...]
Mots clefs :
Plume à écrire
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
'Elevai jusques aux Cieux
Celle qui me donna l'Etre ;
Je sers à présent un Maître ,
Que je rendrois glorieux ,
Immortel , incomparable ,
S'il sçavoit faire valoir ,
Mon incroyable pouvoir.
Quand je vins à son service ,
Je n'avois tache ni vice.
Dès l'abord il m'arracha ,
La grand' barbe que je porte.
Il faut voir de quelle sorte
De me noircir il tâcha
Mais admirez son caprice ,
M'ayant maltraitée ainsi ,
Il veut tout de même aussi
Que les autres je noircisse .
'Elevai jusques aux Cieux
Celle qui me donna l'Etre ;
Je sers à présent un Maître ,
Que je rendrois glorieux ,
Immortel , incomparable ,
S'il sçavoit faire valoir ,
Mon incroyable pouvoir.
Quand je vins à son service ,
Je n'avois tache ni vice.
Dès l'abord il m'arracha ,
La grand' barbe que je porte.
Il faut voir de quelle sorte
De me noircir il tâcha
Mais admirez son caprice ,
M'ayant maltraitée ainsi ,
Il veut tout de même aussi
Que les autres je noircisse .
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3183
p. 938
ENIGME.
Début :
Filles du Dieu du Jour, nous formons notre Pere, [...]
Mots clefs :
Heures du cadran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Illes du Dieu du Jour , nous formons notre
Pere ,
Et n'éxiftons jamais enſemble un ſeul moment ;
Sujettes pour toujours à ce Deftin févere,
Nous nous fuyons , Lecteur , pour ton arrangement.
Duchemin.
Illes du Dieu du Jour , nous formons notre
Pere ,
Et n'éxiftons jamais enſemble un ſeul moment ;
Sujettes pour toujours à ce Deftin févere,
Nous nous fuyons , Lecteur , pour ton arrangement.
Duchemin.
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3185
p. 1626-1627
TROISIÈME ENIGME.
Début :
C'est presque toujours deux jumelles, [...]
Mots clefs :
Échelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIÈME ENIGME.
TROISIEME ENIG ME.
' Eſt preſque toujours deux jumelles ,
C'E
Qui me font telle que je fuis,
En Europe il eft un Pays
Qui porte le même nom qu'elles .
J'annonce quelquefois la mort ,
Double ou fimple , roide ou flexible ;
Je fuis en certains cas nuifible ,
Sans qu'on puiffe dire elle à tort.
Geographie , Architecture ,
Connoiffent mon nom , ma figure.
A l'homme de Mer , au Guerrier ,
Comme à maint & maint Ouvrier, she
Mes fervices ne font étranges.
De moi fe font fervis les Anges.
Lieu dans Paris porte mon nom
Comme
JUILLET. 11772266.. 1627
Comme maint Port de grand renom,
Mais j'en dis trop , je me décele ,
Fayons d'ici chez quelque Belle.
' Eſt preſque toujours deux jumelles ,
C'E
Qui me font telle que je fuis,
En Europe il eft un Pays
Qui porte le même nom qu'elles .
J'annonce quelquefois la mort ,
Double ou fimple , roide ou flexible ;
Je fuis en certains cas nuifible ,
Sans qu'on puiffe dire elle à tort.
Geographie , Architecture ,
Connoiffent mon nom , ma figure.
A l'homme de Mer , au Guerrier ,
Comme à maint & maint Ouvrier, she
Mes fervices ne font étranges.
De moi fe font fervis les Anges.
Lieu dans Paris porte mon nom
Comme
JUILLET. 11772266.. 1627
Comme maint Port de grand renom,
Mais j'en dis trop , je me décele ,
Fayons d'ici chez quelque Belle.
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3186
p. 112-113
HISTOIRE des Philosophes modernes, avec leur Portrait dans le goût du crayon ; par M. SAVERIEN, publiée par le Sr FRANÇOIS, Graveur des Desseins du Cabinet du Roi, &c., rue S. Jacques, à la vieille Poste, vis-à-vis la rue du Plâtre. Tome IV, contenant l'Histoire des Restaurateurs des Sciences, seconde Partie. A Paris, chez différens Libraires, 1764 ; avec Approbation & Privilège du Roi.
Début :
CE Volume qui contient l'Histoire de Newton, Leibnitz, Halley, Jean Bernoully [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE des Philosophes modernes, avec leur Portrait dans le goût du crayon ; par M. SAVERIEN, publiée par le Sr FRANÇOIS, Graveur des Desseins du Cabinet du Roi, &c., rue S. Jacques, à la vieille Poste, vis-à-vis la rue du Plâtre. Tome IV, contenant l'Histoire des Restaurateurs des Sciences, seconde Partie. A Paris, chez différens Libraires, 1764 ; avec Approbation & Privilège du Roi.
HISTOIRE des Philosophes modernes,
avec leur Portrait dans le goût du
crayon ; par M. SAVERIEN, publiée
par le Sr FRANÇOIS, Graveur des
Desseins du Cabinet du Roi, &c.,
rue S. Jacques, à la vieille Poste,
vis-à-vis la rue du Plâtre. Tome IV,
contenant l'Histoire des Restaurateurs
des Sciences, seconde Partie. A Paris,
chez différens Libraires, 1764 ;
avec Approbation & Privilège du Roi.
CE Volume qui contient l'Histoire de
Newton, Leibnitz, Halley, Jean Bernoully
& Wolf, paroit être fait avec
le même ſoin que les précédens. Il a
dû en coûter plus à l'Auteur ; car les
ſyſtêmes qu'il expoſe tels que ceux de
Newton , de Leibnitz & de Wolf, font
très-abſtraits, M. Saverien n'oubie rien
pour ſe rendre intelligible à tout le
monde , ſans affoiblir la profondeur de
la théorie qui forme la baſe de ces fyf-
têmes. La même clarté & netteté ré-
gne dans le Diſcours préliminaire , con-
Jenantla théoriedu mouvementdes Corps
FEVRIER. 1764.
113
celeftes , déduites de leur origine , pour
fervirdefuplément au Systéme dumonde
de Newton. C'eſt un ſyſtême par le-
quel l'Auteur explique fans attraction ,
la caufedes forces centripete & centri-
fuge , & en général toute la théorie du
mouvementdes corpscélestes.Ontrouve
ici une nouvelle explication de lacauſe
de la peſanteur des corps. M. Savérien
en avoit déja publié une exquiffe dans
leMercure , en 1756 ; mais elle eſt ici
très-développée & confirmée par des ex-
périences.
Al'égarddes portraits , leSr François
áfaitun choix éclairédesTableaux & des
Eſtampes , d'après leſquels il les a traités
avec le plus grand ſoin. Ainſi ce nou-
veau Volume eſt digne du même ac-
cueil dont le Public ahonoré les pré-
cédens.
Le Graveur avertit qu'il donne gratis
dans ce Volume , le Portrait de Schafles-
bury, qui manquoit à la claſſe des mo-
raliſtes. Ily a toujours deux Editions de
cet Ouvrage , une in- 12 & une in-
4°. Le prix de l'in- 12 eſt de cin-
quante ſols , & celui de l'in-4° , de
6 liv. broché.
avec leur Portrait dans le goût du
crayon ; par M. SAVERIEN, publiée
par le Sr FRANÇOIS, Graveur des
Desseins du Cabinet du Roi, &c.,
rue S. Jacques, à la vieille Poste,
vis-à-vis la rue du Plâtre. Tome IV,
contenant l'Histoire des Restaurateurs
des Sciences, seconde Partie. A Paris,
chez différens Libraires, 1764 ;
avec Approbation & Privilège du Roi.
CE Volume qui contient l'Histoire de
Newton, Leibnitz, Halley, Jean Bernoully
& Wolf, paroit être fait avec
le même ſoin que les précédens. Il a
dû en coûter plus à l'Auteur ; car les
ſyſtêmes qu'il expoſe tels que ceux de
Newton , de Leibnitz & de Wolf, font
très-abſtraits, M. Saverien n'oubie rien
pour ſe rendre intelligible à tout le
monde , ſans affoiblir la profondeur de
la théorie qui forme la baſe de ces fyf-
têmes. La même clarté & netteté ré-
gne dans le Diſcours préliminaire , con-
Jenantla théoriedu mouvementdes Corps
FEVRIER. 1764.
113
celeftes , déduites de leur origine , pour
fervirdefuplément au Systéme dumonde
de Newton. C'eſt un ſyſtême par le-
quel l'Auteur explique fans attraction ,
la caufedes forces centripete & centri-
fuge , & en général toute la théorie du
mouvementdes corpscélestes.Ontrouve
ici une nouvelle explication de lacauſe
de la peſanteur des corps. M. Savérien
en avoit déja publié une exquiffe dans
leMercure , en 1756 ; mais elle eſt ici
très-développée & confirmée par des ex-
périences.
Al'égarddes portraits , leSr François
áfaitun choix éclairédesTableaux & des
Eſtampes , d'après leſquels il les a traités
avec le plus grand ſoin. Ainſi ce nou-
veau Volume eſt digne du même ac-
cueil dont le Public ahonoré les pré-
cédens.
Le Graveur avertit qu'il donne gratis
dans ce Volume , le Portrait de Schafles-
bury, qui manquoit à la claſſe des mo-
raliſtes. Ily a toujours deux Editions de
cet Ouvrage , une in- 12 & une in-
4°. Le prix de l'in- 12 eſt de cin-
quante ſols , & celui de l'in-4° , de
6 liv. broché.
Fermer
3186
HISTOIRE des Philosophes modernes, avec leur Portrait dans le goût du crayon ; par M. SAVERIEN, publiée par le Sr FRANÇOIS, Graveur des Desseins du Cabinet du Roi, &c., rue S. Jacques, à la vieille Poste, vis-à-vis la rue du Plâtre. Tome IV, contenant l'Histoire des Restaurateurs des Sciences, seconde Partie. A Paris, chez différens Libraires, 1764 ; avec Approbation & Privilège du Roi.
3187
p. 112-113
AUTRE.
Début :
Inanimé, je puis devenir pere [...]
Mots clefs :
Oeuf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
I Nanimé , je puis devenir pere
D'un être , ami Lecteur , qui reffemble à ma
mere.
Ne t'en étonne point , Edipe curieux ,
Même au lieu d'un j'en puis produire deux
Mais rarement ce dernier cas arrive .
De peur de fatiguer ton imaginative
Par un amas d'obfcures liaiſons
Je t'offrirai peu de combinaiſons.
Détruis d'abord ma fymmétrie
JUILLET. 113 1750.
Ote ma queue & mon chef ſeulement ,
Ce qui refte fans changement
Prefente une Ville en Neuftrie.
Replace-les , tu vois fans beaucoup d'induftrie
Une interjection qui marque la douleur ,
Ce qui dans Albion a bien fait du ravage ,
Dont on ne put fans peine arrêter la futeur;!
Tu trouveras auffi le contrafte du Sage.
C'en eft affez , devine cher Lecteur ,
Je n'en puis dire davantage.
I Nanimé , je puis devenir pere
D'un être , ami Lecteur , qui reffemble à ma
mere.
Ne t'en étonne point , Edipe curieux ,
Même au lieu d'un j'en puis produire deux
Mais rarement ce dernier cas arrive .
De peur de fatiguer ton imaginative
Par un amas d'obfcures liaiſons
Je t'offrirai peu de combinaiſons.
Détruis d'abord ma fymmétrie
JUILLET. 113 1750.
Ote ma queue & mon chef ſeulement ,
Ce qui refte fans changement
Prefente une Ville en Neuftrie.
Replace-les , tu vois fans beaucoup d'induftrie
Une interjection qui marque la douleur ,
Ce qui dans Albion a bien fait du ravage ,
Dont on ne put fans peine arrêter la futeur;!
Tu trouveras auffi le contrafte du Sage.
C'en eft affez , devine cher Lecteur ,
Je n'en puis dire davantage.
Fermer
3188
p. 944-945
AUTRE.
Début :
De vingt membres au moins, se compose mon corps, [...]
Mots clefs :
Écriture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
DE vingt membres au moins , se compose
mon corps ,
De qui tous, le bon sens n'en produit au dehors,
Que par differens traits de l'humeur la plus noire ,
QuoiMAY.
949 1733
Quoiqu'il en soit , chacun sur ma foi peut me
croire ;
Si mon Art dont l'emploi n'est dû qu'à l'équité ,
Pour établir l'erreur , combat la verité ,
Ce n'est pas qu'il ne soit de soi -même équitable a
L'usage est le défaut qui le rend condannable .
Le Chinois, l'Iroquois , l'Hébreu, le Chaldéen ,
Le Latin , l'Allemand , François , Italien ,
Mille Langues , par moi sur la Terre et sær
POnde ,
Sans voix se font entendre aux quatre coins du
Monde.
DE vingt membres au moins , se compose
mon corps ,
De qui tous, le bon sens n'en produit au dehors,
Que par differens traits de l'humeur la plus noire ,
QuoiMAY.
949 1733
Quoiqu'il en soit , chacun sur ma foi peut me
croire ;
Si mon Art dont l'emploi n'est dû qu'à l'équité ,
Pour établir l'erreur , combat la verité ,
Ce n'est pas qu'il ne soit de soi -même équitable a
L'usage est le défaut qui le rend condannable .
Le Chinois, l'Iroquois , l'Hébreu, le Chaldéen ,
Le Latin , l'Allemand , François , Italien ,
Mille Langues , par moi sur la Terre et sær
POnde ,
Sans voix se font entendre aux quatre coins du
Monde.
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3189
p. 2442-2443
ENIGME.
Début :
Je suis par mon état tant soit peu babillarde ; [...]
Mots clefs :
Histoire
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
JE fuis par mon état tant foit peu babillarde ;
Je redis tout ce qu'on a fait ;
Si j'en déguiſe quelque trait .
Je ne fuis plus qu'une bavarde.
Souvent mon Pere fe hazarde
De me broder , pour m'embellir ,
Mais il me perd , quand il me farde ,
Et le clinquant ne fert qu'à m'avilir.
Mes vrais amis cherchent à m'enrichir
Par des préfens d'une beauté réelle ,
Mais les brillans , les mieux placés ,
Ont beau me faire trouver belle ,
Mes Amans les plus empreffés
No
NOVEMBRE. 1743. 2443
Ne témoignent pour moi de zéle ,
Qu'autant qu'ils m'éprouvent fidéle.
Je fers également la noble Antiquité ,
Mes chers contemporains , & la Pofterité ;
Je tire les défunts de la nuit éternelle ;
Je puis donner la vie & l'immortalité ,
Mais il faut , pour cela , que je fois immortelle .
D. B. C. G. d'Entrevaux .
JE fuis par mon état tant foit peu babillarde ;
Je redis tout ce qu'on a fait ;
Si j'en déguiſe quelque trait .
Je ne fuis plus qu'une bavarde.
Souvent mon Pere fe hazarde
De me broder , pour m'embellir ,
Mais il me perd , quand il me farde ,
Et le clinquant ne fert qu'à m'avilir.
Mes vrais amis cherchent à m'enrichir
Par des préfens d'une beauté réelle ,
Mais les brillans , les mieux placés ,
Ont beau me faire trouver belle ,
Mes Amans les plus empreffés
No
NOVEMBRE. 1743. 2443
Ne témoignent pour moi de zéle ,
Qu'autant qu'ils m'éprouvent fidéle.
Je fers également la noble Antiquité ,
Mes chers contemporains , & la Pofterité ;
Je tire les défunts de la nuit éternelle ;
Je puis donner la vie & l'immortalité ,
Mais il faut , pour cela , que je fois immortelle .
D. B. C. G. d'Entrevaux .
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3191
p. 119-120
MORT. du Duc d'Alençon
Début :
Le Prince dont Madame la Duchesse de Berry estoit accouchée [...]
Mots clefs :
Duchesse de Berry, Duc d'Alençon, Aumônier, Marquis de Pompadour
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texteReconnaissance textuelle : MORT. du Duc d'Alençon
M 0 R T.
du Duc dJ.Alcnçon
LE Prince dont Madame
laDuchesse de Berry
estoit accouchée avant
terme le 26. de Mars,
& auquel le Roy avoit
donné letitre deDuc d'Alençon,
mourut le 16.Avril
âgé de 21.jour feulement.
Le 17. son corps fut conduit
à saint Denys , &
presenté par l'Evesque de
Séez premier Aumosnier
de Monseigneur le Duc
de Berry, accompagne
du Duc de S. Aignan
premier Gentilhomme de
la Chambre
,
& du Marquis
de Pompadour qui y
avoientesté envoyés par
le Roy avec vingt Pages,
le coeur fut porté aux Valde
Grâce.
On avoit promis le
Mercure passé des mémoires
sur les Familles de
Joyeuse & de Montholon,
- on lesa receus fort tard
,
on estobligé d'attendre le
mois prochain.
du Duc dJ.Alcnçon
LE Prince dont Madame
laDuchesse de Berry
estoit accouchée avant
terme le 26. de Mars,
& auquel le Roy avoit
donné letitre deDuc d'Alençon,
mourut le 16.Avril
âgé de 21.jour feulement.
Le 17. son corps fut conduit
à saint Denys , &
presenté par l'Evesque de
Séez premier Aumosnier
de Monseigneur le Duc
de Berry, accompagne
du Duc de S. Aignan
premier Gentilhomme de
la Chambre
,
& du Marquis
de Pompadour qui y
avoientesté envoyés par
le Roy avec vingt Pages,
le coeur fut porté aux Valde
Grâce.
On avoit promis le
Mercure passé des mémoires
sur les Familles de
Joyeuse & de Montholon,
- on lesa receus fort tard
,
on estobligé d'attendre le
mois prochain.
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Résumé : MORT. du Duc d'Alençon
Le Duc d'Alençon, fils de la Duchesse de Berry, est né le 26 mars avant terme et décéda le 16 avril à 21 jours. Son corps fut transporté à l'abbaye de Saint-Denis, accompagné par des dignitaires royaux. Son cœur fut inhumé aux Val-de-Grâce. Le texte mentionne un retard dans la réception des mémoires sur les familles de Joyeuse et de Montholon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3192
p. 115-116
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Début :
On continuë à compter ici sur la Guerre entre l'Empereur & la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Extrait d'une Lettre du Cardinal
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
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3193
p. 1736-1737
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis quelquefois de Métal, [...]
Mots clefs :
Flambeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E suis quelquefois de Métal ,
Et quelquefois aussi je suis d'autre matiere ;
Mais l'on peut dire en géneral ,
Qu'ingenument je sers à la lumiere ,
Voulez- vous de mon corps sçavoir l'arangement.
De huit membres on le compose ,
Coupez ma tête seulement ,
Il vous restera peu de chose ,
Renversez
JUILLET 1737 1731.
Renversez à present ma premiere moitié ;
Autant que l'on peut on l'évite ;
L'autre dans son integrité ,
Fait de certains objets la gloire et le mérite ,
Otez la tête encor , je suis un Element ;
Un , six et huit , je fus pris dans le Firmament ;
Un , deux , trois , quatre et six , désigne ma com
pagne;
Cinq , trois , deux , cercle de plaisir ;
Plus souvent à la Ville encor qu'en la Campagne ,
Je suis le charme du loisir.
E suis quelquefois de Métal ,
Et quelquefois aussi je suis d'autre matiere ;
Mais l'on peut dire en géneral ,
Qu'ingenument je sers à la lumiere ,
Voulez- vous de mon corps sçavoir l'arangement.
De huit membres on le compose ,
Coupez ma tête seulement ,
Il vous restera peu de chose ,
Renversez
JUILLET 1737 1731.
Renversez à present ma premiere moitié ;
Autant que l'on peut on l'évite ;
L'autre dans son integrité ,
Fait de certains objets la gloire et le mérite ,
Otez la tête encor , je suis un Element ;
Un , six et huit , je fus pris dans le Firmament ;
Un , deux , trois , quatre et six , désigne ma com
pagne;
Cinq , trois , deux , cercle de plaisir ;
Plus souvent à la Ville encor qu'en la Campagne ,
Je suis le charme du loisir.
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3196
p. 2014-2015
Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu un Ouvrage de Musique, intitulé Concert de Simphonie, par M. Aubert, [...]
Mots clefs :
Musique, Concertos, Symphonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu un Ouvrage de Mufique ,
intitulé Concert de Simphonie , par M. Aubert ,
Intendant de la Mufique de S. A. S. M. le Duc ,
Ordinaire de la Chambre du Roi & de l'Acadé
mie Royale. Il fe vend à Paris , chez l'Auteur ,
rue de la Vieille Bouclerie , proche la rue de la
Huchette , à la Chaife Royale , chez le St Boivin
, rue S. Honoré , à la Regle d'Or , & chez
le Sr le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'or.
Le prix eft de 3. livres iz fols , les trois parties
féparées. On trouve tous les Ouvrages de l'Auteur
à ces adreffes. Nous parlerons encore de la
fuite de celui- ci ; en attendant , voici un Avertiffement
que l'Auteur a mis à la tête.
Quoique les Concerto Italiens ayent eu quel
que fuccès depuis plufieurs années en France , ou
l'on a rendu juſtice à tout ce que Corelli , Vival
di & quelques autres ont fait d'excellent dans ce
genre , on a cependant remarqué que cette forte
de mufique, malgré l'habileté d'une partie de ceux
de tout le monde
, & fur tout de celui des Dames , dont le jugement
a toûjours déterminé les plaifirs de la
Nation. De plus la plupart des jeunes gens croyant
fe former la main par les difficultés & les traits
extraordinaires dont on charge depuis peu prefque
tous ces Ouvrages , perdent les graces , la
netteté & la belle fimplicité du gout François .
qui l'executent , n'eft pas du gout
On a encore obfervé que ces pieces ne peuvent
s'executer ni fur la fute , ni fur le hautbois ,
que
SEPTEMBRE . 1730. 2015
que par un très petit nombre de gens illuftres
c'eft ce qui a determiné à effayer un genre de
Mufique , qui non-feulement fut plus ailé à entendre
, mais auffi dont l'exécution fut à la portée
des écoliers plus ou moins habiles comme à
celle des Maîtres , & où toutes fortes d'Inftrumens
puffent conferver leurs fons naturels & les
plus imitateurs de la voix , ce qui a toujours dû
& doit toujours être leur objet. Le projet de
l'Auteur a été de joindre des traits vifs & de la
gayeté à ce que nous appellons des chants François
; il ne fe flatte pas de l'avoir rempli , mais
il ouvre la carriere à de plus habiles . Ces Piéces
peuvent s'executer à grand Choeur , comme les
Concerto , & font très utiles pour les Académies,
& tout ce qui s'appelle Orqueftre ; fi elles font
bien reçûës l'Auteur fera fes efforts pour en
donner une fuite nouvelle tous les deux mois
pendant une année.
intitulé Concert de Simphonie , par M. Aubert ,
Intendant de la Mufique de S. A. S. M. le Duc ,
Ordinaire de la Chambre du Roi & de l'Acadé
mie Royale. Il fe vend à Paris , chez l'Auteur ,
rue de la Vieille Bouclerie , proche la rue de la
Huchette , à la Chaife Royale , chez le St Boivin
, rue S. Honoré , à la Regle d'Or , & chez
le Sr le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'or.
Le prix eft de 3. livres iz fols , les trois parties
féparées. On trouve tous les Ouvrages de l'Auteur
à ces adreffes. Nous parlerons encore de la
fuite de celui- ci ; en attendant , voici un Avertiffement
que l'Auteur a mis à la tête.
Quoique les Concerto Italiens ayent eu quel
que fuccès depuis plufieurs années en France , ou
l'on a rendu juſtice à tout ce que Corelli , Vival
di & quelques autres ont fait d'excellent dans ce
genre , on a cependant remarqué que cette forte
de mufique, malgré l'habileté d'une partie de ceux
de tout le monde
, & fur tout de celui des Dames , dont le jugement
a toûjours déterminé les plaifirs de la
Nation. De plus la plupart des jeunes gens croyant
fe former la main par les difficultés & les traits
extraordinaires dont on charge depuis peu prefque
tous ces Ouvrages , perdent les graces , la
netteté & la belle fimplicité du gout François .
qui l'executent , n'eft pas du gout
On a encore obfervé que ces pieces ne peuvent
s'executer ni fur la fute , ni fur le hautbois ,
que
SEPTEMBRE . 1730. 2015
que par un très petit nombre de gens illuftres
c'eft ce qui a determiné à effayer un genre de
Mufique , qui non-feulement fut plus ailé à entendre
, mais auffi dont l'exécution fut à la portée
des écoliers plus ou moins habiles comme à
celle des Maîtres , & où toutes fortes d'Inftrumens
puffent conferver leurs fons naturels & les
plus imitateurs de la voix , ce qui a toujours dû
& doit toujours être leur objet. Le projet de
l'Auteur a été de joindre des traits vifs & de la
gayeté à ce que nous appellons des chants François
; il ne fe flatte pas de l'avoir rempli , mais
il ouvre la carriere à de plus habiles . Ces Piéces
peuvent s'executer à grand Choeur , comme les
Concerto , & font très utiles pour les Académies,
& tout ce qui s'appelle Orqueftre ; fi elles font
bien reçûës l'Auteur fera fes efforts pour en
donner une fuite nouvelle tous les deux mois
pendant une année.
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Résumé : Nouveau Concert de simphonie &c. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de l'ouvrage musical 'Concert de Simphonie' par Monsieur Aubert, Intendant de la Musique du Duc et Ordinaire de la Chambre du Roi et de l'Académie Royale. Cet ouvrage est disponible à Paris chez plusieurs libraires au prix de 3 livres 12 sols pour les trois parties séparées. L'auteur souligne que les concertos italiens, bien que populaires en France, présentent des difficultés qui nuisent à la simplicité et à la grâce du goût français. De plus, ces pièces nécessitent un petit nombre de musiciens, limitant ainsi leur accessibilité. Pour pallier ces inconvénients, Aubert a composé des pièces plus accessibles, adaptées à divers instruments et niveaux de compétence. Ces compositions allient des traits vifs et de la gaieté aux chants français et peuvent être exécutées en grand chœur, utiles pour les académies et les orchestres. L'auteur prévoit de publier une suite de ces pièces tous les deux mois pendant une année, si elles rencontrent un bon accueil.
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3197
p. 114-116
ENIGME.
Début :
Sous l'appas séduisant d'un doux exterieur [...]
Mots clefs :
Bigote
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Sous l'appas féduifant d'un
doux exterieur
Fe cache une befte félonne ,
Et plus jay dans mon fein , de
de fureur , fiel,
Plus on diroit que je ſuis bonne.
Un peuple temeraire , ignorant,
bebêté,
Se trompe à mafine grimace
Et nesçauroit penfer , tant il eft
entêté
Que je fois animal rapace. :
GALANT ris
Je ravis toutefois quand j'en
trouve le lieu.
Certain autre animal perfide ,
Fantôt blanc , tantôt noir , m'aide
à cacher mon jeu
د
Et des coups c'eft luy qui decide.
Il fçait en le flattant mener
noftre troupeau
Dont il eftle pere , & le maistre,
Et des Brebis fouvent , ô prodige
nouveau !
Le Berger reçoit dequoy patre.
Comme un autre animal dont
jay tout le maintien ,
F'aime friande nourriture ,
Kij
116 MERCURE
Etquand j'écorcherois , je ne voudrois
pour rien
Souffrir la moindre égratigneure.
Avec humilitejufque au bout
des argots
Je cache ma laideur cruelle ,
Rarement je fuis jeune , ou j'ay
bien des défauts ,
Et prefque jamais nefuis belle.
Le nom qu'on m'attribuë eft
prefque un conte en l'air,
Et devient toujours plus chimere,
Mais quant à moy je vis , j'ay
des os , de la chair ,
Et voisfouvent naître mon pere.
Sous l'appas féduifant d'un
doux exterieur
Fe cache une befte félonne ,
Et plus jay dans mon fein , de
de fureur , fiel,
Plus on diroit que je ſuis bonne.
Un peuple temeraire , ignorant,
bebêté,
Se trompe à mafine grimace
Et nesçauroit penfer , tant il eft
entêté
Que je fois animal rapace. :
GALANT ris
Je ravis toutefois quand j'en
trouve le lieu.
Certain autre animal perfide ,
Fantôt blanc , tantôt noir , m'aide
à cacher mon jeu
د
Et des coups c'eft luy qui decide.
Il fçait en le flattant mener
noftre troupeau
Dont il eftle pere , & le maistre,
Et des Brebis fouvent , ô prodige
nouveau !
Le Berger reçoit dequoy patre.
Comme un autre animal dont
jay tout le maintien ,
F'aime friande nourriture ,
Kij
116 MERCURE
Etquand j'écorcherois , je ne voudrois
pour rien
Souffrir la moindre égratigneure.
Avec humilitejufque au bout
des argots
Je cache ma laideur cruelle ,
Rarement je fuis jeune , ou j'ay
bien des défauts ,
Et prefque jamais nefuis belle.
Le nom qu'on m'attribuë eft
prefque un conte en l'air,
Et devient toujours plus chimere,
Mais quant à moy je vis , j'ay
des os , de la chair ,
Et voisfouvent naître mon pere.
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3198
p. 117-119
« Le Factum qu'on vient de lire m'a jetté si loin, & je me [...] »
Début :
Le Factum qu'on vient de lire m'a jetté si loin, & je me [...]
Mots clefs :
Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Factum qu'on vient de lire m'a jetté si loin, & je me [...] »
Le Factum qu'on vient de
lire m'a jetté si loin, & je me
fuis apperccu si tard de ce qu'il
ôte au reste des matieres destinées
à remplir ce Volume,que
je ne songe maintenant qu'à le
grossir, pour ne derober rien
aux Lecteurs ,à qui j é p..rgnc:
en mesmetemps la peine de
lire ce mois-ci la Declaration
du feu Roy,& l'Arrest de la
Cour de Parlement pour l'enregistrement
de ladite Declaration
concernant les Jesuites.Si
ce Memoire a paru long, je
mets immédiatement à sasuite
des pieces qu'on trouvera
sans doute plus interessantes,
à commencer par la copie
d'une Lettre que je viens de
recevoir de M. P. dont tous les
Ouvrages ont esté jusqu'à present
favorablement receus du
Public.Voicy les propres teriecs
de sa Lettre.
lire m'a jetté si loin, & je me
fuis apperccu si tard de ce qu'il
ôte au reste des matieres destinées
à remplir ce Volume,que
je ne songe maintenant qu'à le
grossir, pour ne derober rien
aux Lecteurs ,à qui j é p..rgnc:
en mesmetemps la peine de
lire ce mois-ci la Declaration
du feu Roy,& l'Arrest de la
Cour de Parlement pour l'enregistrement
de ladite Declaration
concernant les Jesuites.Si
ce Memoire a paru long, je
mets immédiatement à sasuite
des pieces qu'on trouvera
sans doute plus interessantes,
à commencer par la copie
d'une Lettre que je viens de
recevoir de M. P. dont tous les
Ouvrages ont esté jusqu'à present
favorablement receus du
Public.Voicy les propres teriecs
de sa Lettre.
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3199
p. 524-526
EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
Début :
Le Livre que vous voulez connoître est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID, [...]
Mots clefs :
Psaumes de David, Prière, Auteur, Esprit, Approbation, Censeurs, Dogme, Morale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
EXTRAIT d'une Lettre sur un Livre de
Pieté imprimé depuis peu.
Le Livre que vous voulez connoître
est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID ,
selon l'Esprit , ou les Pseaumes en forme
de Prieres Chrétiennes . Dédiées à la
Reine , seconde Edition , revûë et corrigée
par M. L. L. R. A Paris , rue Saint
Jacques , de l'Imprimerie de facques Co-
Lombat 1733. in 12. de 479. pages , sans
P'Epître , l'Avertissement et les Tables .
Quoique plusieurs Pseaumes soient en
effet des Prieres
› puisque l'Eglise en
com-
>
MARS. 1734. 525
L
compose ses Offices, l'Auteur ayant trouvé
qu'il y en a beaucoup d'autres d'Historiques
, de Dogmatiques et de Moraux,
il a appliqué l'Histoire , le Dogme et la
Morale à celui qui les prononce , et il
lui fait trouver le défaut ou la rectitude
de sa conduite dans l'Histoire sa foy
dans le Dogme , ses vices ou ses vertus
dans la Morale , en lui rendant propre
et particulier ce que le Prophete dit de
lui même , ou des autres en general .
,
>
Mon dessein est uniquement de reveiller
la foy , dit l'Auteur ( a ) à la fin de
son Avertissement et de ranimer la
pieté des fideles par les sentimens pleins
de zele et de confiance en Dieu que je
mets dans leur bouche. Daigne celui qui
les a inspirez autrefois au S. Prophete ,
les imprimer de nouveau dans leur ame,
et leur en faire produire des fruits dignes
de l'Eternité !
Ce peu de lignes suffiront pour vous
faire connoître le caractére de l'Auteur
de ce Livre. Pour l'idée generale de l'Ouvrage
, on peut la prendre dans l'Approbation
des deux Censcurs. Le premier
s'exprime ainsi. Ces Paraphrases des Pseaumes
m'ont paru propres à donner l'idée , et
( a ) M. J. B. Vassoult , Confesseur et Predica
teur ordinaire de la Maison du Roy.
326 MERCURE DE FRANCE
inspirer le gout de la sublimité de ce Livre
Divin ; et d'autant , plus utile
→ que la
plupart de ceux qui lisent et qui récitent les
Pseaumes , les récitent et les lisent sans gout,
faute de comprendre les touchantes veritez
et les saintes et humbles Prieres qui y sont
renfermées. A Paris le 16 Septembre 1726
Signé De Villiers.
La seconde Approbation signée LeRouge,
et datée du 18 Avril 1730. contient ces
mots. On ne pouvoit gueres donner sur cette
matiere , rien de plus pieux et qui fut plus
à la portée des fideles. Dans quelque état et
quelque situation que chacun se rencontre
il trouvera dans ce Livre d'excellentes Prieres
conformes à ses besoins et à ceux de l'Eglise.
La pureté du stile avec lequel elles
sont écrites , n'ôte rien à l'Onction et à l'esprit
du Pseaume d'où elles sont tirées , l'Auteur
ayant sçu parfaitement alier l'un avec
l'autre. C'est le témoignage que j'ai cru devoir
porter de cet Ouvrage qui ne contient
rien que de très-orthodoxe.
Pieté imprimé depuis peu.
Le Livre que vous voulez connoître
est intitulé LES PSEAUMES DE DAVID ,
selon l'Esprit , ou les Pseaumes en forme
de Prieres Chrétiennes . Dédiées à la
Reine , seconde Edition , revûë et corrigée
par M. L. L. R. A Paris , rue Saint
Jacques , de l'Imprimerie de facques Co-
Lombat 1733. in 12. de 479. pages , sans
P'Epître , l'Avertissement et les Tables .
Quoique plusieurs Pseaumes soient en
effet des Prieres
› puisque l'Eglise en
com-
>
MARS. 1734. 525
L
compose ses Offices, l'Auteur ayant trouvé
qu'il y en a beaucoup d'autres d'Historiques
, de Dogmatiques et de Moraux,
il a appliqué l'Histoire , le Dogme et la
Morale à celui qui les prononce , et il
lui fait trouver le défaut ou la rectitude
de sa conduite dans l'Histoire sa foy
dans le Dogme , ses vices ou ses vertus
dans la Morale , en lui rendant propre
et particulier ce que le Prophete dit de
lui même , ou des autres en general .
,
>
Mon dessein est uniquement de reveiller
la foy , dit l'Auteur ( a ) à la fin de
son Avertissement et de ranimer la
pieté des fideles par les sentimens pleins
de zele et de confiance en Dieu que je
mets dans leur bouche. Daigne celui qui
les a inspirez autrefois au S. Prophete ,
les imprimer de nouveau dans leur ame,
et leur en faire produire des fruits dignes
de l'Eternité !
Ce peu de lignes suffiront pour vous
faire connoître le caractére de l'Auteur
de ce Livre. Pour l'idée generale de l'Ouvrage
, on peut la prendre dans l'Approbation
des deux Censcurs. Le premier
s'exprime ainsi. Ces Paraphrases des Pseaumes
m'ont paru propres à donner l'idée , et
( a ) M. J. B. Vassoult , Confesseur et Predica
teur ordinaire de la Maison du Roy.
326 MERCURE DE FRANCE
inspirer le gout de la sublimité de ce Livre
Divin ; et d'autant , plus utile
→ que la
plupart de ceux qui lisent et qui récitent les
Pseaumes , les récitent et les lisent sans gout,
faute de comprendre les touchantes veritez
et les saintes et humbles Prieres qui y sont
renfermées. A Paris le 16 Septembre 1726
Signé De Villiers.
La seconde Approbation signée LeRouge,
et datée du 18 Avril 1730. contient ces
mots. On ne pouvoit gueres donner sur cette
matiere , rien de plus pieux et qui fut plus
à la portée des fideles. Dans quelque état et
quelque situation que chacun se rencontre
il trouvera dans ce Livre d'excellentes Prieres
conformes à ses besoins et à ceux de l'Eglise.
La pureté du stile avec lequel elles
sont écrites , n'ôte rien à l'Onction et à l'esprit
du Pseaume d'où elles sont tirées , l'Auteur
ayant sçu parfaitement alier l'un avec
l'autre. C'est le témoignage que j'ai cru devoir
porter de cet Ouvrage qui ne contient
rien que de très-orthodoxe.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre sur un livre de Pieté imprimé depuis peu.
Le livre 'Les Pseaumes de David, selon l'Esprit, ou les Pseaumes en forme de Prieres Chrétiennes' a été publié en 1733 à Paris par Jacques Colombat. L'ouvrage, de 479 pages, est dédié à la Reine et contient des paraphrases des Psaumes adaptées pour les fidèles. L'auteur, M. J. B. Vassoult, confesseur et prédicateur ordinaire de la Maison du Roy, vise à réveiller la foi et ranimer la piété des lecteurs. Il transforme les Psaumes historiques, dogmatiques et moraux en prières personnelles, permettant aux lecteurs de réfléchir sur leur conduite, leur foi et leurs vertus. Deux censeurs approuvent l'ouvrage : De Villiers souligne que les paraphrases aident à comprendre et apprécier la sublimité des Psaumes, souvent lus sans goût ni compréhension. LeRouge loue la piété et l'accessibilité des prières, adaptées à divers besoins et situations, tout en conservant l'onction et l'esprit originaux des Psaumes.
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3200
p. 752-754
Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Début :
On croit devoir prévenir le Public au sujet d'un Ouvrage que l'on se propose [...]
Mots clefs :
Âme, Bêtes
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texteReconnaissance textuelle : Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Plan & Sommaire d'un Traité fur l'Ame
des Bêtes.
On croit devoir prévenir le Public au
fujet d'un Ouvrage que l'on fe propoſe
à mettre au jour , & qui a pour titre :
Nouveaux Effais fur l'ame des Bêtés
où l'on prétend établir d'une maniere
démonftrative que les Animaux n'ont
point
>
AVRIL 1730. 753
n'ont point d'ame capable de fentiment
& de connoiffance , mais qu'ils font de
purs Antomates ; on y prend occafion
d'établir , fuivant les plus évidens principes
de la Métaphyfique , la Nature de
la fubftance qui penfe, & d'entrer dans un
curieux détail fur des particularitez intereffantes
de l'Hiftoire des Animaux ; &
on entreprend d'expliquer tout ce que
l'on voit faire aux Bêtes de mieux concerté
, de plus impofant & de mieux imaginé
par une Mécanique fimple , aifée ,
naturelle & palpable dans le fyftême de
la Trituration ou de l'ofcillation des Parties
folides , adopté aujourd'hui de la plûpart
des Sçavans , & confiderablement
enrichi & perfectionné par les nouvelles
découvertes .
Voici en quatre Refléxions le réſultat
du Livre. 1 ° L'ame des Bêtes eft inutile
& c'eft multiplier les êtres fans neceffité
que de l'admettre. 20 Elle eft incompatible
avec les fonctions animales exercées
avec trop de conftance & d'uniformité ,
pour qu'il y préfide une ame variable de
fa nature , & toujours remuante . 30 Elle
paroît attaquer par plufieurs endroits la
Majefté fuprême , ainfi l'interêt de Dieu
s'y oppofe. 4° Elle eft contraire aux privileges
de l'homme , & détruit nos droits
fur les animaux ; c'eft pourquoi notre
F inte754
MERCURE DE FRANCE
interêt demande auffi qu'on lui refuſe
l'existence. Quand tout cela fera prouvé,
on fera peut-être plus de difficulté qu'on
ne fait d'ordinaire , de prendre le parti
de l'ame des Bêtes , & je me perfuade ,
dit M. Le Tellier , fils , Medecin de Peronne
, Auteur de ce ſyſtême , que l'on
aura quelque répugnance à demeurer dans
une opinion fi foiblement défendue
&
combattue avec tant d'avantage,
des Bêtes.
On croit devoir prévenir le Public au
fujet d'un Ouvrage que l'on fe propoſe
à mettre au jour , & qui a pour titre :
Nouveaux Effais fur l'ame des Bêtés
où l'on prétend établir d'une maniere
démonftrative que les Animaux n'ont
point
>
AVRIL 1730. 753
n'ont point d'ame capable de fentiment
& de connoiffance , mais qu'ils font de
purs Antomates ; on y prend occafion
d'établir , fuivant les plus évidens principes
de la Métaphyfique , la Nature de
la fubftance qui penfe, & d'entrer dans un
curieux détail fur des particularitez intereffantes
de l'Hiftoire des Animaux ; &
on entreprend d'expliquer tout ce que
l'on voit faire aux Bêtes de mieux concerté
, de plus impofant & de mieux imaginé
par une Mécanique fimple , aifée ,
naturelle & palpable dans le fyftême de
la Trituration ou de l'ofcillation des Parties
folides , adopté aujourd'hui de la plûpart
des Sçavans , & confiderablement
enrichi & perfectionné par les nouvelles
découvertes .
Voici en quatre Refléxions le réſultat
du Livre. 1 ° L'ame des Bêtes eft inutile
& c'eft multiplier les êtres fans neceffité
que de l'admettre. 20 Elle eft incompatible
avec les fonctions animales exercées
avec trop de conftance & d'uniformité ,
pour qu'il y préfide une ame variable de
fa nature , & toujours remuante . 30 Elle
paroît attaquer par plufieurs endroits la
Majefté fuprême , ainfi l'interêt de Dieu
s'y oppofe. 4° Elle eft contraire aux privileges
de l'homme , & détruit nos droits
fur les animaux ; c'eft pourquoi notre
F inte754
MERCURE DE FRANCE
interêt demande auffi qu'on lui refuſe
l'existence. Quand tout cela fera prouvé,
on fera peut-être plus de difficulté qu'on
ne fait d'ordinaire , de prendre le parti
de l'ame des Bêtes , & je me perfuade ,
dit M. Le Tellier , fils , Medecin de Peronne
, Auteur de ce ſyſtême , que l'on
aura quelque répugnance à demeurer dans
une opinion fi foiblement défendue
&
combattue avec tant d'avantage,
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Résumé : Plan & Sommaire d'un Traité sur l'Ame des Bêtes.
Le traité 'Nouveaux Essais sur l'âme des Bêtes' de M. Le Tellier, fils, médecin de Péronne, soutient que les animaux n'ont pas d'âme capable de sentiment et de connaissance, mais sont des automates. L'ouvrage utilise des principes métaphysiques pour analyser la substance pensante et les comportements animaux. Il explique les actions complexes des animaux par une mécanique naturelle, basée sur la trituration ou l'oscillation des parties solides, une théorie largement acceptée et enrichie par de nouvelles découvertes. Le livre conclut avec quatre réflexions principales : l'inutilité de l'âme des bêtes, son incompatibilité avec les fonctions animales, son opposition à la majesté divine et son contraire aux privilèges humains. L'auteur espère convaincre les lecteurs de rejeter l'idée de l'âme des animaux.
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