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3051
p. 2010-2012
Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Début :
Coignard, débite depuis peu le troisiéme & dernier volume des Oeuvres de S. Basile, qui comprend [...]
Mots clefs :
Religieux, Saint Basile, Religion chrétienne, Religion
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texteReconnaissance textuelle : Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Coignard, débite depuis peu le troifiéme &
dernier volume des OEuvres de S. Bafile, qui comprend
le Traité du S. Efprit & les Lettres rangées
par ordre Chronologique . On a mis dans
l'Appendix XXIV . Difcours que Metaphrafte a
tirés des Ouvrages de S. Bafile , & le Livre de la
Virginité, qu'on a eu tort d'attribuer à ce Saint,
quoiqu'il foit d'un Evêque du quatriéme fiecle.
On voit à la tête du volume une fçavante Préface ,
où l'on examine plufieurs queftions dogmatiques
& enfuite la Vie admirable de ce faint Archevêque.
Ily a huit ans que le fecond Volume de faint
Bafile a paru , & comme plufieurs perfonnes fe
plaignoient de ce retardemcnt , l'Auteur de la
Préface en fait connoître les raifons. Le fçavant
Religieux, dit- il, qui avoit entrepris l'Edition
Dom Julien Garnier , Religieux de S, Germain.
de
SEPTEMBRE. 1730. 2011
'de S. Bafile, étoit déja fort incommodé lorsqu'il
mit au jour le fecond Volume. Cependant l'envie
de rendre fervice au public , l'engagea à
préparer le troifiéme . Il ſe mit à revoir sa Traduction
,y ajoutant de tems en tems des Notes
Hiftoriques , tirées de M. Tillemond , pour ſuppléer
à la Vie de S. Bafile qu'il avoit promife ,
qu'il n'étoit plus en état de compofer. Mais
à peine en étoit - il à la moitié de ce travail
que les forces lui manquerent entierement ,
enfin il mourut le 3. de Juin 1725. Outre le regret
que fa mort caufa à tous fes Confreres , dont
il étoit fort estimé , on eut le déplaifir de voir
qu'un Ouvrage qui étoit attendu des Sçavans .
& que plufieurs avoient déja payé par avance,
ne paroitroit pas fi - tôt ; car quoique les Manufcrits
fuffent déja collationnés fort exactement
, à l'exception néanmoins de celui de M.
le Premier Président de Harlay , il reftoit bien
des chofes à faire pour donner une Edition
exacte , principalement en ce qui regarde l'arrangement
des Lettres par ordre Chronologique
, la vie de S. Bafile & l'examen de fa
doctrine,
Les Lettres de S. Bafile paroîtront bientôt traduites
en François par un Religieux de la Congrégation
de S. Maur , qui a eu communication
des feuilles de la nouvelle Edition , à méfure
que
l'on imprimoit.
&
Il nous refte à dire que Dom Prudent Maran,
Religieux de l'Abbaye de S. Germain des Prez ,
રે qui on doit entierement le troifiéme Tome ,
le plus important de l'Edition de S. Bafile , travaille
à une Edition de S. Juftin , Martir , qui
comprendra auffi ce que nous avons de Tatien ,
fon Difciple, de Menagore & de Théophile d'An-
Lioche , lefquels à l'exemple du faint Martir , ont
écrit
2012 MERCURE DE FRANCE
' écrit dans le fecond fiecle de l'Eglife des Apolo
gies en faveur de la Religion Chrétienne.
dernier volume des OEuvres de S. Bafile, qui comprend
le Traité du S. Efprit & les Lettres rangées
par ordre Chronologique . On a mis dans
l'Appendix XXIV . Difcours que Metaphrafte a
tirés des Ouvrages de S. Bafile , & le Livre de la
Virginité, qu'on a eu tort d'attribuer à ce Saint,
quoiqu'il foit d'un Evêque du quatriéme fiecle.
On voit à la tête du volume une fçavante Préface ,
où l'on examine plufieurs queftions dogmatiques
& enfuite la Vie admirable de ce faint Archevêque.
Ily a huit ans que le fecond Volume de faint
Bafile a paru , & comme plufieurs perfonnes fe
plaignoient de ce retardemcnt , l'Auteur de la
Préface en fait connoître les raifons. Le fçavant
Religieux, dit- il, qui avoit entrepris l'Edition
Dom Julien Garnier , Religieux de S, Germain.
de
SEPTEMBRE. 1730. 2011
'de S. Bafile, étoit déja fort incommodé lorsqu'il
mit au jour le fecond Volume. Cependant l'envie
de rendre fervice au public , l'engagea à
préparer le troifiéme . Il ſe mit à revoir sa Traduction
,y ajoutant de tems en tems des Notes
Hiftoriques , tirées de M. Tillemond , pour ſuppléer
à la Vie de S. Bafile qu'il avoit promife ,
qu'il n'étoit plus en état de compofer. Mais
à peine en étoit - il à la moitié de ce travail
que les forces lui manquerent entierement ,
enfin il mourut le 3. de Juin 1725. Outre le regret
que fa mort caufa à tous fes Confreres , dont
il étoit fort estimé , on eut le déplaifir de voir
qu'un Ouvrage qui étoit attendu des Sçavans .
& que plufieurs avoient déja payé par avance,
ne paroitroit pas fi - tôt ; car quoique les Manufcrits
fuffent déja collationnés fort exactement
, à l'exception néanmoins de celui de M.
le Premier Président de Harlay , il reftoit bien
des chofes à faire pour donner une Edition
exacte , principalement en ce qui regarde l'arrangement
des Lettres par ordre Chronologique
, la vie de S. Bafile & l'examen de fa
doctrine,
Les Lettres de S. Bafile paroîtront bientôt traduites
en François par un Religieux de la Congrégation
de S. Maur , qui a eu communication
des feuilles de la nouvelle Edition , à méfure
que
l'on imprimoit.
&
Il nous refte à dire que Dom Prudent Maran,
Religieux de l'Abbaye de S. Germain des Prez ,
રે qui on doit entierement le troifiéme Tome ,
le plus important de l'Edition de S. Bafile , travaille
à une Edition de S. Juftin , Martir , qui
comprendra auffi ce que nous avons de Tatien ,
fon Difciple, de Menagore & de Théophile d'An-
Lioche , lefquels à l'exemple du faint Martir , ont
écrit
2012 MERCURE DE FRANCE
' écrit dans le fecond fiecle de l'Eglife des Apolo
gies en faveur de la Religion Chrétienne.
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Résumé : Oeuvres de S. Basile &c. [titre d'après la table]
Le troisième et dernier volume des Œuvres de Saint Basile a été récemment publié par Coignard. Ce volume comprend le Traité du Saint Esprit et les Lettres de Saint Basile, classées par ordre chronologique. L'appendice inclut vingt-quatre discours de Métaphraste et le Livre de la Virginité, attribué à tort à Saint Basile. Le volume est introduit par une préface savante qui aborde des questions dogmatiques et présente la vie de cet archevêque. Le second volume avait été publié huit ans plus tôt. Le retard de la publication du troisième volume est dû à la maladie et au décès de Dom Julien Garnier, éditeur de Saint Basile, survenu le 3 juin 1725. Dom Prudent Maran, de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, a pris en charge la publication de ce tome. Les lettres de Saint Basile seront bientôt traduites en français par un religieux de la Congrégation de Saint Maur. Dom Maran travaille également à une édition des œuvres de Saint Justin, martyr, incluant celles de Tatien, Ménagore et Théophile d'Antioche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3052
p. 112-114
« PLAN du Dictionnaire Universel de Mathématique & de Physique, par [...] »
Début :
PLAN du Dictionnaire Universel de Mathématique & de Physique, par [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « PLAN du Dictionnaire Universel de Mathématique & de Physique, par [...] »
PLAN du Dictionnaire Universel de
Mathématique & de Physique, par
M. Saverien, de la Société Royale de
Lyon, &c.
Ceci nous annonce que le grand Ou-
vrage de M. Saverien est enfin fini, &
quil ne tardera pas à paroître. C'est pour
en instruire le Public, que les Libraires-
associés, Jombert & Rollin, distribuent
aux Curieux le Plan, qui sert de Préface
au Dictionnaire Universel de Mathémati-
que. M. Saverien rend d'abord raison des
motifs, qui l'ont déterminé à composer
un pareil Dictionnaire, dans lequel on
trouvera les plus belles découvertes qui-
ont été faites jusques à ce jour dans la Ma-
thématique & dans la Physique, & l'histoi-
re générale & particulière de ces deux
sciences; ces motifs sont l'importance d'a-
voir sous un même point de vue les riches-
ses, dont nous sommes en possession. Com-
me ces découvertes & ces richesses sont ici
ctès-abondantes. M. Saverien s'est attaché
dans son Plan à les distinguer dans les clas-
ses, ausquelles elles appartiennent. Il fait
MAT.
1752.
113
voir que les unes dépendent de l'imagina-
tion; ce sont les Mathématiques pures.
D'autres font le fruit de l'usage des sens,
telles que les expériences, les observations
& en général la Physique, & enfin les
dernieres, produites par le jugement for-
ment la science des causes, annexées avec
les sciences Physico-Mathématiques. Sui-
vant ces trois divisions, l'Auteur déploye
tout le fond de la Mathématique & de la
Physique. Il forme un tableau ou une es-
pece de Mappemonde Mathématique où
l'on découvre d'un mêmè coup d'œeil les
objeis généraux des Mathématiques dans
leur véritable place; de sorte qu'on distin-
gue leur liaison & leur dépendance l'une
de l'autre. Rien n'est plus riche, plus
grand que cet assemblage; & de toutes les
connoissances, il nen est point, qui fasse
plus d'honneur à l'homme. L'Entendement,
dit M. Saverien, est là à découvert, & le
sujet de son attention paroit fort au-dessus de
sa portée.
L'Auteur expose après cela les précau-
tions qu'il a prises, pour mettre cette gran-
de entreptise à execution. Les productions
de l'imagination forment une branche de
son ouvrage; celles des sens la seconde y
& les œeuvres du jugement la troisiome.
De ces trois branches, M. Saverien com-
114MERCUREDE FRANCE.
pose l'Arbre Mathématique, dont les ra-
meaux sont les articles que contient son
Dictionnaire. On sent bien que les carac-
reres des Rameaux doivent faire le fond
des articles, & leur dépendance avec les
autres rameaux, les renvois & les liaisons
de ces mêmes articles. Aussi c'est l'atten-
tion qu'a continuellement l'Auteur en dé-
coupant ces Rameaux, pour en former son
Ouvrage. Le travail auquel M. Saverien
a été obligé de se livrer pour l'exécuter est
prodigieux. Il cite quelques-uns des livres
principaux, qui lui ont servi particuliére-
ment, & il avoue que son Dictionnaire est
le fruit de ses travaux continuels sur la
Mathématique & la Physique, commencés
dès l'âge le plus tendre. Le Plan est termi-
ne par un bel éloge des Mathématiques. M.
Saverien prouve là d'une façon nouvelle
qu'aucune science ne contribue peut-être
plus à épurer les moeurs; parce qu elle rend
l'esprit attentif & qu'elle apprend à apper-
cevoir clairement & distinctement les ob-
jets. C'est une chose à voir que le dévelop-
pement de cette preuve.
Nous ne manquerons pas de rendre
compte du Dictionnaire lorsqu'il paroîtra.
Mathématique & de Physique, par
M. Saverien, de la Société Royale de
Lyon, &c.
Ceci nous annonce que le grand Ou-
vrage de M. Saverien est enfin fini, &
quil ne tardera pas à paroître. C'est pour
en instruire le Public, que les Libraires-
associés, Jombert & Rollin, distribuent
aux Curieux le Plan, qui sert de Préface
au Dictionnaire Universel de Mathémati-
que. M. Saverien rend d'abord raison des
motifs, qui l'ont déterminé à composer
un pareil Dictionnaire, dans lequel on
trouvera les plus belles découvertes qui-
ont été faites jusques à ce jour dans la Ma-
thématique & dans la Physique, & l'histoi-
re générale & particulière de ces deux
sciences; ces motifs sont l'importance d'a-
voir sous un même point de vue les riches-
ses, dont nous sommes en possession. Com-
me ces découvertes & ces richesses sont ici
ctès-abondantes. M. Saverien s'est attaché
dans son Plan à les distinguer dans les clas-
ses, ausquelles elles appartiennent. Il fait
MAT.
1752.
113
voir que les unes dépendent de l'imagina-
tion; ce sont les Mathématiques pures.
D'autres font le fruit de l'usage des sens,
telles que les expériences, les observations
& en général la Physique, & enfin les
dernieres, produites par le jugement for-
ment la science des causes, annexées avec
les sciences Physico-Mathématiques. Sui-
vant ces trois divisions, l'Auteur déploye
tout le fond de la Mathématique & de la
Physique. Il forme un tableau ou une es-
pece de Mappemonde Mathématique où
l'on découvre d'un mêmè coup d'œeil les
objeis généraux des Mathématiques dans
leur véritable place; de sorte qu'on distin-
gue leur liaison & leur dépendance l'une
de l'autre. Rien n'est plus riche, plus
grand que cet assemblage; & de toutes les
connoissances, il nen est point, qui fasse
plus d'honneur à l'homme. L'Entendement,
dit M. Saverien, est là à découvert, & le
sujet de son attention paroit fort au-dessus de
sa portée.
L'Auteur expose après cela les précau-
tions qu'il a prises, pour mettre cette gran-
de entreptise à execution. Les productions
de l'imagination forment une branche de
son ouvrage; celles des sens la seconde y
& les œeuvres du jugement la troisiome.
De ces trois branches, M. Saverien com-
114MERCUREDE FRANCE.
pose l'Arbre Mathématique, dont les ra-
meaux sont les articles que contient son
Dictionnaire. On sent bien que les carac-
reres des Rameaux doivent faire le fond
des articles, & leur dépendance avec les
autres rameaux, les renvois & les liaisons
de ces mêmes articles. Aussi c'est l'atten-
tion qu'a continuellement l'Auteur en dé-
coupant ces Rameaux, pour en former son
Ouvrage. Le travail auquel M. Saverien
a été obligé de se livrer pour l'exécuter est
prodigieux. Il cite quelques-uns des livres
principaux, qui lui ont servi particuliére-
ment, & il avoue que son Dictionnaire est
le fruit de ses travaux continuels sur la
Mathématique & la Physique, commencés
dès l'âge le plus tendre. Le Plan est termi-
ne par un bel éloge des Mathématiques. M.
Saverien prouve là d'une façon nouvelle
qu'aucune science ne contribue peut-être
plus à épurer les moeurs; parce qu elle rend
l'esprit attentif & qu'elle apprend à apper-
cevoir clairement & distinctement les ob-
jets. C'est une chose à voir que le dévelop-
pement de cette preuve.
Nous ne manquerons pas de rendre
compte du Dictionnaire lorsqu'il paroîtra.
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3053
p. 108-112
« HISTOIRE DE FRANCE, depuis l'établissement de la Monarchie Françoise [...] »
Début :
HISTOIRE DE FRANCE, depuis l'établissement de la Monarchie Françoise [...]
Mots clefs :
Histoire, Monarchie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE DE FRANCE, depuis l'établissement de la Monarchie Françoise [...] »
HISTOIRE DE
FRANCE , depuis
l'établiſſement de la
Monarchie Françoiſe
OCTOBRE . 1755. 10
dans les Gaules ; par le P. Daniel , de la
Compagnie de Jefus. Nouvelle Edition ,
augmentée de notes , de differtations critiques
& hiftoriques , de l'hiftoire du regne
de Louis XIII , & d'un journal , de
celui de Louis XIV , 16 vol . in-4° , propofés
par foufcriptions .
Le prix de feize volumes en feuilles ,
fera , pour ceux qui n'auront pas foufcrit ,
de deux cens livres en petit papier , & de
deux cens foixante livres en grand papier.
Mais pour favorifer ceux qui voudront
dès - à - préfent en affurer un exemplaire ,
les Libraires ci- après nommés ont fixé le
prix defdits ſeize volumes en petit papier
à 162 livres , & en grand papier à 204 liv.
qu'on payera felon l'ordre qui fuit :
Petit papier . On payera àpréfent48 liv.
En retirant les tomes I , II , III ,
IV , V , en Septembre 1755 42
En retirant les tomes VI , VII ,
VIII , IX , X , en Janvier 1756 · 36
En retirant les tomes XI , XII ,
XIII , XIV , XV , en Juin 1756 36
En retirant le tome XVI & dernier
, en Novembre 1756
·
Total 162 liv .
110 MERCURE DE FRANCE.
Grand papier . Les Soufcripteurs
payeront d'avance
·
En retirant les tomes I , II , III ,
IV , V , en Septembre 1755 •
En retirant les tomes VI , VII ,
VIII, IX , X , en Janvier .
En retirant les tomes XI , XII ,
72 liv.
48
42
XIII , XIV , XV , en Juin 1756 42
En retirant le tome XVI & dernier
, en Novembre 1756
Total
204
On ne recevra des affurances pour ces
feize volumes que jufqu'au mois de Septembre
1755 inclufivement .
Les Soufcripteurs font priés de faire retirer
leurs exemplaires dans le courant de
1757 , paffé lequel tems les avances feront
perdues pour eux . Sans cette condition
on n'auroit pas propofé l'avantage de
la
foufcription .
On pourra foufcrire à Paris ,
Chez Le Mercier , Defaint & Saillant ,
De Hanfy , Jean- Th. Heriffant , Boudet
Bauche , Durand , Claude- J. B. Heriffant ,
d'Houry fils , Defprez , & Le Prieur.
ANACREON vengé , ou Lettres au
fujet de la nouvelle traduction d'AnaOCTOBRE.
1755 .
IPE
créon , annoncée dans l'année littéraire ,
qui contient 117 pages .
On trouve cette brochure chez Duchefne
, rue S. Jacques ; au Palais , chez Knapen
, Morel & Le Gras ; & chez l'auteur ,
rue de la Perle , au Marais , au coin de la
Vieille rue du Temple . Elle eft de Mme.
de la Manfeliere David.
NOUVEAU TRAITÉ de la Sphere ,
où l'on explique d'une maniere claire &
fimple tout ce qui a rapport à cette fcience
, avec un difcours fur les éclipfes , tant
du foleil & de la lune , que des autres
aftres. A Paris , chez Debure l'aîné , quai
des Auguftins , à l'image S. Paul 1755 .
LES Commentaires de Céfar , traduction
nouvelle , avec le latin à côté , 2 vol.
in- 12 . A Paris , chez Jofeph Barbon , rue
S. Jacques aux Cicognes . 1755 .
RELATION de la vie & de la mort
de quélques Religieux de l'Abbaye de la
Trape , nouvelle édition , augmentée de
plufieurs vies qui n'avoient pas encore paru
, avec une differtation abrégée de cette
Abbaye. 5 vol . A Paris , chez Guillaume
Defprez Imprimeur du Roi & du Clergé .
de France , rue S. Jacques à S. Profper ,
& aux trois vertus.
112 MERCURE DE FRANCE.
ESSAT fur la nature du commerce en
général , traduit de l'Anglois .
Cet ouvrage qui n'eft pas une traduction,
mais qui au contraire a été traduit du
François en Anglois , eft un des meilleurs
qui aient été faits fur le commerce , peutêtre
même eft- il le premier , puifqu'il y a
plus de vingt ans qu'il a été compofé par
M. Cantillon , lors Banquier à Paris , &
lié particuliérement avec Milord Bolinbroke.
Il eft furprenant qu'on ait attendu
fi tard à le mettre au jour. Nous fomines
toujours très- obligés à ceux qui nous le
donnent aujourd'hui . C'eft un vrai préfent
fait au public. Il eft divifé en trois parties
, & chaque partie en plufieurs chapitres.
Il fe trouve chez Barrois , quai des
Auguftins.
FRANCE , depuis
l'établiſſement de la
Monarchie Françoiſe
OCTOBRE . 1755. 10
dans les Gaules ; par le P. Daniel , de la
Compagnie de Jefus. Nouvelle Edition ,
augmentée de notes , de differtations critiques
& hiftoriques , de l'hiftoire du regne
de Louis XIII , & d'un journal , de
celui de Louis XIV , 16 vol . in-4° , propofés
par foufcriptions .
Le prix de feize volumes en feuilles ,
fera , pour ceux qui n'auront pas foufcrit ,
de deux cens livres en petit papier , & de
deux cens foixante livres en grand papier.
Mais pour favorifer ceux qui voudront
dès - à - préfent en affurer un exemplaire ,
les Libraires ci- après nommés ont fixé le
prix defdits ſeize volumes en petit papier
à 162 livres , & en grand papier à 204 liv.
qu'on payera felon l'ordre qui fuit :
Petit papier . On payera àpréfent48 liv.
En retirant les tomes I , II , III ,
IV , V , en Septembre 1755 42
En retirant les tomes VI , VII ,
VIII , IX , X , en Janvier 1756 · 36
En retirant les tomes XI , XII ,
XIII , XIV , XV , en Juin 1756 36
En retirant le tome XVI & dernier
, en Novembre 1756
·
Total 162 liv .
110 MERCURE DE FRANCE.
Grand papier . Les Soufcripteurs
payeront d'avance
·
En retirant les tomes I , II , III ,
IV , V , en Septembre 1755 •
En retirant les tomes VI , VII ,
VIII, IX , X , en Janvier .
En retirant les tomes XI , XII ,
72 liv.
48
42
XIII , XIV , XV , en Juin 1756 42
En retirant le tome XVI & dernier
, en Novembre 1756
Total
204
On ne recevra des affurances pour ces
feize volumes que jufqu'au mois de Septembre
1755 inclufivement .
Les Soufcripteurs font priés de faire retirer
leurs exemplaires dans le courant de
1757 , paffé lequel tems les avances feront
perdues pour eux . Sans cette condition
on n'auroit pas propofé l'avantage de
la
foufcription .
On pourra foufcrire à Paris ,
Chez Le Mercier , Defaint & Saillant ,
De Hanfy , Jean- Th. Heriffant , Boudet
Bauche , Durand , Claude- J. B. Heriffant ,
d'Houry fils , Defprez , & Le Prieur.
ANACREON vengé , ou Lettres au
fujet de la nouvelle traduction d'AnaOCTOBRE.
1755 .
IPE
créon , annoncée dans l'année littéraire ,
qui contient 117 pages .
On trouve cette brochure chez Duchefne
, rue S. Jacques ; au Palais , chez Knapen
, Morel & Le Gras ; & chez l'auteur ,
rue de la Perle , au Marais , au coin de la
Vieille rue du Temple . Elle eft de Mme.
de la Manfeliere David.
NOUVEAU TRAITÉ de la Sphere ,
où l'on explique d'une maniere claire &
fimple tout ce qui a rapport à cette fcience
, avec un difcours fur les éclipfes , tant
du foleil & de la lune , que des autres
aftres. A Paris , chez Debure l'aîné , quai
des Auguftins , à l'image S. Paul 1755 .
LES Commentaires de Céfar , traduction
nouvelle , avec le latin à côté , 2 vol.
in- 12 . A Paris , chez Jofeph Barbon , rue
S. Jacques aux Cicognes . 1755 .
RELATION de la vie & de la mort
de quélques Religieux de l'Abbaye de la
Trape , nouvelle édition , augmentée de
plufieurs vies qui n'avoient pas encore paru
, avec une differtation abrégée de cette
Abbaye. 5 vol . A Paris , chez Guillaume
Defprez Imprimeur du Roi & du Clergé .
de France , rue S. Jacques à S. Profper ,
& aux trois vertus.
112 MERCURE DE FRANCE.
ESSAT fur la nature du commerce en
général , traduit de l'Anglois .
Cet ouvrage qui n'eft pas une traduction,
mais qui au contraire a été traduit du
François en Anglois , eft un des meilleurs
qui aient été faits fur le commerce , peutêtre
même eft- il le premier , puifqu'il y a
plus de vingt ans qu'il a été compofé par
M. Cantillon , lors Banquier à Paris , &
lié particuliérement avec Milord Bolinbroke.
Il eft furprenant qu'on ait attendu
fi tard à le mettre au jour. Nous fomines
toujours très- obligés à ceux qui nous le
donnent aujourd'hui . C'eft un vrai préfent
fait au public. Il eft divifé en trois parties
, & chaque partie en plufieurs chapitres.
Il fe trouve chez Barrois , quai des
Auguftins.
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Résumé : « HISTOIRE DE FRANCE, depuis l'établissement de la Monarchie Françoise [...] »
Le document présente plusieurs publications et offres de souscription. L'ouvrage principal est une histoire de France depuis l'établissement de la monarchie françoise dans les Gaules, rédigée par le Père Daniel de la Compagnie de Jésus. Cette nouvelle édition, enrichie de notes critiques et historiques, ainsi que des histoires des règnes de Louis XIII et Louis XIV, est proposée en seize volumes in-4°. Le prix des seize volumes en feuilles est de deux cents livres en petit papier et deux cents soixante livres en grand papier pour les non-souscripteurs. Les souscripteurs bénéficient d'un tarif réduit à 162 livres en petit papier et 204 livres en grand papier, avec des paiements échelonnés jusqu'en novembre 1756. Les souscriptions sont acceptées jusqu'en septembre 1755 et les exemplaires doivent être retirés en 1757. D'autres publications mentionnées incluent 'Anacreon vengé', un 'Nouveau Traité de la Sphère', une nouvelle traduction des 'Commentaires de César', une 'Relation de la vie & de la mort de quelques Religieux de l'Abbaye de la Trappe', et un essai sur la nature du commerce traduit de l'anglais, initialement écrit en français par M. Cantillon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3054
p. 55-61
Nouvelles d'Espagne.
Début :
De Sarragosse le 21. Avril. Le Roy a fait publier un [...]
Mots clefs :
Saragosse, Madrid, Cervera
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles ci'E[pgne.
DeSarra£oflc ! e21 Avril.
Le î{oja faitpublier un
Décret en forme de Règlement
pour le Gouvernement dù-
Royaume d'Aragon. Ce De
cret portequejusqua ce que la
Paix donne lien de formerune,
Ordonnance perpetuelle
Sa Majestéaresolu dedonne,r
au Prince de Tserclas de Tilyl
le Commandement général ,
tant civil que Militaire, de
Police&deFinance squily.
aura une Audiance composée.
dedeux Salles
,
l'unepour le
Civil, dans laquelle ilyaura
quatre Auditeurs quijugeront
Ion les anciennes Loix d'A.
ragon; l'autre pour le Criminel
,
otl. ily en aura cinq qui
jugerontJeIon lesLoix de Cà4
stille ; qu'outre ces Oiffcient
cette Atidiantr aura un President&
un Procureur General
; que le Conseil des Finances,
otttre le Presidentqui
serale CommandantGeneral,
seracomposéde huit personnes,
dent deux feront Ecclesiastiques
,deuxdeprincipaleNoblrffi
deux Gentilshommes,
& deux des plus confiderablct
Bourgeois de Sarragosse ou de
-
quelque autre Ville duRoyau*
me avècunSecretaire.
Les préparatifs pour.['ou..î
verture. de la CampagneJfont:
prejqueennerement acbevevç
Toutes les Recrues ont desja
paffél'Ebre ainsiqu'unegran*
de partie des Chevaux de re.
monte. Ily a ordrede faire
prendre Le vert aureste,pen
dantqu'on lefera prendreàla
Cavalerie qui estenCataloyo-
ne.La grosseArtillerie de- Vdliner,
dans laquelle il yaJox~
Zé gros Mortiers,doitarriver
dans trois jours & elle
partyraaujfttofl pour Lertda
avec unautre train qui esticy.
Les Lettresde Madrid
portent qu'on avoit esté
dansde grandes inquiétudesà
eaule du mauvais
etat de la santéde laRepne
;in-aisque la nouvelle
qu'ony avoit reçu qu'elle
estoit entièrement delivrée
de lafiévre double
tierce qui l'avoit reprise,
avoirbeaucoup re;cny<
Cc11es deCervera one:
appris qu'un Regiment
Ennemi compose,d'italiens
&, d'Espagnols,estoit
venu se rendre à M.r le
Marquis de Valdecanas
avec le Colonel.&tousles
autresOfficiers.CeGene*
ral avoit reçu un grand
Convoy de- coures iortes
de provision avec neuf
piècesdeCanon,& ilCe
pre'paroit àattaquer IgualadaoùJ
les Ennemis
avoienc fait rentrer une
Garnison de mille hom,
mes*
Don FelipeRamirezde
Arellano, Lieutenant Generat
,a défait prés d'Almeida.
un Party decent
cinquantePortugais qui
avoitenlevéun Troupeau
de bétail. Le Party Portugaisestoit
compp-se'decent
Cavaliers;&de cinquanteGrenadier&
Don
garnirez n'avoit quesoixante
Cavalierssans lnfanterieJla
ramènele,butin
'<]ue les Ennemie
avoient pris sans avoir
perdu.un.seul homme; il ya eu que luy quia reçu
une legere blessure;à la
jambe.
DeSarra£oflc ! e21 Avril.
Le î{oja faitpublier un
Décret en forme de Règlement
pour le Gouvernement dù-
Royaume d'Aragon. Ce De
cret portequejusqua ce que la
Paix donne lien de formerune,
Ordonnance perpetuelle
Sa Majestéaresolu dedonne,r
au Prince de Tserclas de Tilyl
le Commandement général ,
tant civil que Militaire, de
Police&deFinance squily.
aura une Audiance composée.
dedeux Salles
,
l'unepour le
Civil, dans laquelle ilyaura
quatre Auditeurs quijugeront
Ion les anciennes Loix d'A.
ragon; l'autre pour le Criminel
,
otl. ily en aura cinq qui
jugerontJeIon lesLoix de Cà4
stille ; qu'outre ces Oiffcient
cette Atidiantr aura un President&
un Procureur General
; que le Conseil des Finances,
otttre le Presidentqui
serale CommandantGeneral,
seracomposéde huit personnes,
dent deux feront Ecclesiastiques
,deuxdeprincipaleNoblrffi
deux Gentilshommes,
& deux des plus confiderablct
Bourgeois de Sarragosse ou de
-
quelque autre Ville duRoyau*
me avècunSecretaire.
Les préparatifs pour.['ou..î
verture. de la CampagneJfont:
prejqueennerement acbevevç
Toutes les Recrues ont desja
paffél'Ebre ainsiqu'unegran*
de partie des Chevaux de re.
monte. Ily a ordrede faire
prendre Le vert aureste,pen
dantqu'on lefera prendreàla
Cavalerie qui estenCataloyo-
ne.La grosseArtillerie de- Vdliner,
dans laquelle il yaJox~
Zé gros Mortiers,doitarriver
dans trois jours & elle
partyraaujfttofl pour Lertda
avec unautre train qui esticy.
Les Lettresde Madrid
portent qu'on avoit esté
dansde grandes inquiétudesà
eaule du mauvais
etat de la santéde laRepne
;in-aisque la nouvelle
qu'ony avoit reçu qu'elle
estoit entièrement delivrée
de lafiévre double
tierce qui l'avoit reprise,
avoirbeaucoup re;cny<
Cc11es deCervera one:
appris qu'un Regiment
Ennemi compose,d'italiens
&, d'Espagnols,estoit
venu se rendre à M.r le
Marquis de Valdecanas
avec le Colonel.&tousles
autresOfficiers.CeGene*
ral avoit reçu un grand
Convoy de- coures iortes
de provision avec neuf
piècesdeCanon,& ilCe
pre'paroit àattaquer IgualadaoùJ
les Ennemis
avoienc fait rentrer une
Garnison de mille hom,
mes*
Don FelipeRamirezde
Arellano, Lieutenant Generat
,a défait prés d'Almeida.
un Party decent
cinquantePortugais qui
avoitenlevéun Troupeau
de bétail. Le Party Portugaisestoit
compp-se'decent
Cavaliers;&de cinquanteGrenadier&
Don
garnirez n'avoit quesoixante
Cavalierssans lnfanterieJla
ramènele,butin
'<]ue les Ennemie
avoient pris sans avoir
perdu.un.seul homme; il ya eu que luy quia reçu
une legere blessure;à la
jambe.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le 21 avril, le roi d'Espagne a publié un décret établissant un règlement pour le gouvernement du Royaume d'Aragon, en vigueur jusqu'à la conclusion de la paix. Ce décret nomme le Prince de Tserclas de Tilly au commandement général civil et militaire, ainsi que de la police et des finances. Une audience composée de deux salles sera créée : une pour les affaires civiles, avec quatre auditeurs jugant selon les anciennes lois d'Aragon, et une autre pour les affaires criminelles, avec cinq auditeurs jugant selon les lois castillanes. Cette audience inclura également un président et un procureur général. Le Conseil des Finances, dirigé par le commandant général, sera composé de huit personnes, incluant deux ecclésiastiques, deux nobles, deux gentilshommes, et deux bourgeois influents de Sarragosse ou d'une autre ville du royaume, ainsi qu'un secrétaire. Les préparatifs pour l'ouverture de la campagne sont presque achevés. Les recrues et une grande partie des chevaux de remonte ont déjà passé l'Èbre. Les troupes doivent prendre le vert, ainsi que la cavalerie en Catalogne. La grosse artillerie de Valence, incluant seize gros mortiers, doit arriver dans trois jours pour partir ensuite vers Lérida. Les lettres de Madrid indiquent que la reine s'est rétablie après des inquiétudes sur sa santé. Les troupes ennemies, composées d'Italiens et d'Espagnols, se sont rendues au Marquis de Valdecanas, qui se prépare à attaquer Igualada. Don Felipe Ramirez de Arellano a défait un groupe de cinquante Portugais près d'Almeida, récupérant un butin sans perte humaine, bien qu'il ait été légèrement blessé.
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3055
p. 110-117
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Les Lettres de Catalogne portent que l'armée du Roy [...]
Mots clefs :
Espagne, Fourrages, Lettres de Catalogne, Gérone, Garnison, Ennemis, Suspension d'armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Eſpagne.
LEs Lettres de Catalogne
portent que l'armée du Roy
eftoit tousjours campée le
long de la Segre , & qu'elle
attendoit pourſe mettre en
mouvement l'arrivée des
Regiments des Gardes Efpagnoles &Wallones , que
le Marquis de Ceva Grimaldi Lieutenant General , qui
eftoit avec fix mille hommes du coſté de Balaguer ,
avoit paffé la Segre , &
s'eftoit avancé vers Agra-
GALANT. In
munt pour confommer &
enlever les fourrages , ce
qu'il avoit executéfans que
les Ennemis , qui n'avoient
encore rien entrepris , y
euffent fait aucune oppofition. D'autres Lettres apportent que le Gouverneur
de Roſes ayant eſté informéque lesEnnemis avoient
fait ungrand amas de fourrage prés de Mataro à quatre lieues de Barcelonne ,
y avoit envoyé dans des
barques foixante Grenadiers , qui ayant mis pied
à terre de nuit , avoient
112 MERCURE
bruflé les fourrages , pillé
plufieurs maifons de la cofte , & s'eftant enfuite rem,
barquez avec leur butin ,
eftoient retournez à Rofes
fans que les Ennemis . ſe
miffent en devoir de les
pourfuivre. On écrit de
Gironne que la Garniſon a
bru flé foixante chariots
chargez de grains que les
Ennemis avoient amaffez
dans le Lampourdan pour
les envoyer à Barcelonne.
L'armée du Roy continuëde confommer les fourrages de l'autre cofté de la
Segre ,
CALANT. TIS
Segre , ce qui oblige les
Ennemis à aller chercher
des fourrages fi loin , que
leur cavalerie en eft extre
mement fatiguée. Ils ont
fait un détachement à deffein d'enlever les fourrages
au voisinage de Balaguer.
Le Gouverneur en ayant
eu avis , fit fortir des troupes qui les attaquerent
avec tant de valeur qu'ils
les mirent en fuite , & firent plus de deux cents
prifonniers.
On éctit de Penifcola
qu'on y attendoit un con1712. Septembre. K
114 MERCURE
voy de France de vingtdeux Baftimens chargez de
grains , & eſcortez par trois
Fregates.
fe
Ön mande de Gibraltar
que le Gouverneur Anglois
avoit declaré aux troupes
Hollandoifes qu'elles
préparaffent à le retirer à
l'arrivée des deux Regiments Anglois qu'il attendoit de Catalogne.
&
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis de Bay y eftoit arrivé
de Salamanque , & qu'il
avoit envoyé ordre aux
GALANT. 115
troupes qui estoient en
quartier de rafraiſchiffement de marcher vers
Badajoz , où il devoit arriver le 24. pour ouvrir la
campagne.
>
On efcrit de Liſbonne ,
qu'on atenu un grand confeil de guerre , auquel les
Generaux & les Gouverneurs de trois Provinces
ont affifté en prefence de
la Reine , que les troupes
Angloifes eftoient preites
à s'embarquer, & qu'elles
n'attendoient qu'une eſcadre pour retourner en AnKij
116 MERCURE
gleterre ; qu'on a rappellé
de Catalogne les troupes
qui y reftent , qu'on y arme neuf ou dix vaiffeaux
pour les envoyer à Rio Janeiro avec deux ou trois
Regiments.
On a eu avis de Cadiz
que quelques Fregates qui
en eftoient forties le dix
Aouſt,pour donner la chaffe à des armateurs qui
croifoient de ce cofté- là ,
en avoient pris deux Zelandois qu'ils y avoient envoyez , && que le 12. ils y
avoient auffi envoyé deux
GALANT. 117
prifes Portuguaifes , dont
la charge eftoit eftimée
cent mille écus ; que le 31.
on vit paroiftre une efcadre Angloife de dix où
douze vaiffeaux de guerre
qui s'approcha de la Ville ,
mais au lieu d'exercer quel
que hoftilité , elle la falua
de plufieurs coups de canon , pour lesquels on luy
rendit le falut , ce qui fait
juger qu'il y a une fufpenfron d'armes avec l'Angleterre.
d'Eſpagne.
LEs Lettres de Catalogne
portent que l'armée du Roy
eftoit tousjours campée le
long de la Segre , & qu'elle
attendoit pourſe mettre en
mouvement l'arrivée des
Regiments des Gardes Efpagnoles &Wallones , que
le Marquis de Ceva Grimaldi Lieutenant General , qui
eftoit avec fix mille hommes du coſté de Balaguer ,
avoit paffé la Segre , &
s'eftoit avancé vers Agra-
GALANT. In
munt pour confommer &
enlever les fourrages , ce
qu'il avoit executéfans que
les Ennemis , qui n'avoient
encore rien entrepris , y
euffent fait aucune oppofition. D'autres Lettres apportent que le Gouverneur
de Roſes ayant eſté informéque lesEnnemis avoient
fait ungrand amas de fourrage prés de Mataro à quatre lieues de Barcelonne ,
y avoit envoyé dans des
barques foixante Grenadiers , qui ayant mis pied
à terre de nuit , avoient
112 MERCURE
bruflé les fourrages , pillé
plufieurs maifons de la cofte , & s'eftant enfuite rem,
barquez avec leur butin ,
eftoient retournez à Rofes
fans que les Ennemis . ſe
miffent en devoir de les
pourfuivre. On écrit de
Gironne que la Garniſon a
bru flé foixante chariots
chargez de grains que les
Ennemis avoient amaffez
dans le Lampourdan pour
les envoyer à Barcelonne.
L'armée du Roy continuëde confommer les fourrages de l'autre cofté de la
Segre ,
CALANT. TIS
Segre , ce qui oblige les
Ennemis à aller chercher
des fourrages fi loin , que
leur cavalerie en eft extre
mement fatiguée. Ils ont
fait un détachement à deffein d'enlever les fourrages
au voisinage de Balaguer.
Le Gouverneur en ayant
eu avis , fit fortir des troupes qui les attaquerent
avec tant de valeur qu'ils
les mirent en fuite , & firent plus de deux cents
prifonniers.
On éctit de Penifcola
qu'on y attendoit un con1712. Septembre. K
114 MERCURE
voy de France de vingtdeux Baftimens chargez de
grains , & eſcortez par trois
Fregates.
fe
Ön mande de Gibraltar
que le Gouverneur Anglois
avoit declaré aux troupes
Hollandoifes qu'elles
préparaffent à le retirer à
l'arrivée des deux Regiments Anglois qu'il attendoit de Catalogne.
&
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis de Bay y eftoit arrivé
de Salamanque , & qu'il
avoit envoyé ordre aux
GALANT. 115
troupes qui estoient en
quartier de rafraiſchiffement de marcher vers
Badajoz , où il devoit arriver le 24. pour ouvrir la
campagne.
>
On efcrit de Liſbonne ,
qu'on atenu un grand confeil de guerre , auquel les
Generaux & les Gouverneurs de trois Provinces
ont affifté en prefence de
la Reine , que les troupes
Angloifes eftoient preites
à s'embarquer, & qu'elles
n'attendoient qu'une eſcadre pour retourner en AnKij
116 MERCURE
gleterre ; qu'on a rappellé
de Catalogne les troupes
qui y reftent , qu'on y arme neuf ou dix vaiffeaux
pour les envoyer à Rio Janeiro avec deux ou trois
Regiments.
On a eu avis de Cadiz
que quelques Fregates qui
en eftoient forties le dix
Aouſt,pour donner la chaffe à des armateurs qui
croifoient de ce cofté- là ,
en avoient pris deux Zelandois qu'ils y avoient envoyez , && que le 12. ils y
avoient auffi envoyé deux
GALANT. 117
prifes Portuguaifes , dont
la charge eftoit eftimée
cent mille écus ; que le 31.
on vit paroiftre une efcadre Angloife de dix où
douze vaiffeaux de guerre
qui s'approcha de la Ville ,
mais au lieu d'exercer quel
que hoftilité , elle la falua
de plufieurs coups de canon , pour lesquels on luy
rendit le falut , ce qui fait
juger qu'il y a une fufpenfron d'armes avec l'Angleterre.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Les nouvelles d'Espagne rapportent plusieurs événements militaires. En Catalogne, l'armée royale est positionnée le long de la Segre et attend des renforts. Le Marquis de Ceva Grimaldi a traversé la Segre avec six mille hommes pour sécuriser des fourrages. Le gouverneur de Roses a envoyé des grenadiers détruire des fourrages ennemis près de Mataro. À Gironne, la garnison a brûlé des chariots de grains ennemis. L'armée royale continue de sécuriser des fourrages, épuisant ainsi la cavalerie ennemie. Un détachement ennemi a été repoussé près de Balaguer, faisant plus de deux cents prisonniers. À Peniscola, un convoi français de grains est attendu. À Gibraltar, les troupes hollandaises se préparent à partir. En Estrémadure, le Marquis de Bay a ouvert la campagne à Badajoz. À Lisbonne, un conseil de guerre a décidé du rappel des troupes de Catalogne et de l'armement de vaisseaux pour Rio Janeiro. À Cadix, des frégates ont capturé des navires zélandais et portugais, et une escadre anglaise a suggéré une suspension d'armes avec l'Angleterre.
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3056
p. 112-119
Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
La paix qui est à la veille d'être concluë entre tous [...]
Mots clefs :
Empereur, Roi, Comte, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles, [titre d'après la table]
La paix qui eſt à la veille
d'être concluë entre tous
les Princes du Nord , & la
tranquilité dont l'Europe
va joüir , vont deſormais
faciliter les moyens d'éta.
blir des correſpondances ,
dont les nouvelles ne feront
ni
GALANT . 43
J
ni moins agreables , ni
moins intereſſantes , pour
n'être plus chargées du détail
des alarmes de la
fi
Les rebeles Catalans &
Barcelonois touchent au
moment de leur reduction.
Voiciunt extrait d'une
lettre que j'ai reçûë du
camp devant Barcelone ,
dattée du 29.May.
Aprés un ample détail de
tout ce qui s'eſt paffé au
- poſte des Capucins , que
Male Comte d'Eſtaires ,
Maréchal de Camp& Che -
Juin 1714 K
114 MERCURE
人
valier de la Toiſon d'Or , a
emporté avec toute la valeur
imaginable , on ajoûte
qu'on prend de ſi juſtes
meſures pour attaquer cette
ville avec la derniere vigueur
, qu'elle ne peut évi
ter d'être miſe en poudre ;
que M. Orry eſttoûjours au
camp , où il auroit voulu
traiter avec les Barcelo
nois , qui n'en ont point
voulu entendre parler , &
qui difent toûjours qu'ils
periront plutôt tous , que
de ſe rendre fans un ordre
de l'Empereur : mais mala
GALANTI
gré leurs beaux diſcours
on eft perfuadé qu'ils ne
défendront rien, fi on les
attaque auſſi vivement qu
ils l'apprehendent
On a eu avis de Varſovie
parune lettre du 12. deMay,
que le Palatin de Maſovie
feroit forti de Conſtantinople
depuis plus d'un mois
avec une entiere fatisfacu
tion , s'il avoit voulu con
fentir à figner le traité que
leGrandViſir lui a propofé
touchant lepaſſage du Roy
de Suede par la Pologhe,
& lacceffion debrUkraine.
Kij
116 MERCURE
Le Roy de Pologne a trouvécettedemandedesTurcsi
ſi injuſte , qu'il a ordonné à
ſes Generaux Saxons de te
nir leurs troupes prêtes à
marcher au premier ordre.
On apprehende fort que la
Nobleſſe de Lithuanie
celle de la grande Pologne
ne cauſe ici des defordres
anſquels il fera fort difficile
de remedier , ſi leRoyn'arrêre
pas les vexations & les
executions militaires que
les troupes Saxones font
fur leurs terres , & dont el
les demandent la fatisfac
GALANT. 117
tion qu'elles pretendent
leur être dûë.
On écrit de Hambourg ,
que la Reine d'Angleterre
a fait propoſer une ſuſpenſion
d'armes auRoy de Danemark
, à laquelle il a refufé
de conſentir auſſi bien
que le Czar.
Toutes les lettres d'Allemagne
ne parlent que de
la bonne intelligence du
Roy de Suede avec le
Grand Seigneur,qu'il a prié
de donner les ordres neceſſaires
pour fon retour
dans ſes Etats.i.amlyngby
118 MERCURE
Le May le Comte de
Seilern , Plenipotentiaire
de l'Empereur , partit de
Vienne , pour aller à l'afſemblée
de Bade en Suiſſe
travailler à la paix entre la
France & l'Empire.....
Le 11. le Comte de Goës,
auffi Plenipotentiaire de
l'Empereur , prit la même
route. Les conferences ont
été ouvertes le 4. à l'affemblée
de Bade.
On écrit de Milan que
Don Vincenzo Gonzaga ,
Duc de Guastalla , eft mort
d'apoplexie le 28. Avril, âgé
GALANT. 119
de quatre- vingt ans, a
Le s. May Aleſſandro Aldobrandini
, Nonce duPape
, fit ſon entrée publique
dans Venife.
Le 10. Fête de l'Afcenfion
,leDoge,accompagné
dusNonce , monta fur le
Bucentaure , où il fit , comme
cela ſe pratique tous les
ans à pareil jour , la ceremonie
d'époufer la mer.
d'être concluë entre tous
les Princes du Nord , & la
tranquilité dont l'Europe
va joüir , vont deſormais
faciliter les moyens d'éta.
blir des correſpondances ,
dont les nouvelles ne feront
ni
GALANT . 43
J
ni moins agreables , ni
moins intereſſantes , pour
n'être plus chargées du détail
des alarmes de la
fi
Les rebeles Catalans &
Barcelonois touchent au
moment de leur reduction.
Voiciunt extrait d'une
lettre que j'ai reçûë du
camp devant Barcelone ,
dattée du 29.May.
Aprés un ample détail de
tout ce qui s'eſt paffé au
- poſte des Capucins , que
Male Comte d'Eſtaires ,
Maréchal de Camp& Che -
Juin 1714 K
114 MERCURE
人
valier de la Toiſon d'Or , a
emporté avec toute la valeur
imaginable , on ajoûte
qu'on prend de ſi juſtes
meſures pour attaquer cette
ville avec la derniere vigueur
, qu'elle ne peut évi
ter d'être miſe en poudre ;
que M. Orry eſttoûjours au
camp , où il auroit voulu
traiter avec les Barcelo
nois , qui n'en ont point
voulu entendre parler , &
qui difent toûjours qu'ils
periront plutôt tous , que
de ſe rendre fans un ordre
de l'Empereur : mais mala
GALANTI
gré leurs beaux diſcours
on eft perfuadé qu'ils ne
défendront rien, fi on les
attaque auſſi vivement qu
ils l'apprehendent
On a eu avis de Varſovie
parune lettre du 12. deMay,
que le Palatin de Maſovie
feroit forti de Conſtantinople
depuis plus d'un mois
avec une entiere fatisfacu
tion , s'il avoit voulu con
fentir à figner le traité que
leGrandViſir lui a propofé
touchant lepaſſage du Roy
de Suede par la Pologhe,
& lacceffion debrUkraine.
Kij
116 MERCURE
Le Roy de Pologne a trouvécettedemandedesTurcsi
ſi injuſte , qu'il a ordonné à
ſes Generaux Saxons de te
nir leurs troupes prêtes à
marcher au premier ordre.
On apprehende fort que la
Nobleſſe de Lithuanie
celle de la grande Pologne
ne cauſe ici des defordres
anſquels il fera fort difficile
de remedier , ſi leRoyn'arrêre
pas les vexations & les
executions militaires que
les troupes Saxones font
fur leurs terres , & dont el
les demandent la fatisfac
GALANT. 117
tion qu'elles pretendent
leur être dûë.
On écrit de Hambourg ,
que la Reine d'Angleterre
a fait propoſer une ſuſpenſion
d'armes auRoy de Danemark
, à laquelle il a refufé
de conſentir auſſi bien
que le Czar.
Toutes les lettres d'Allemagne
ne parlent que de
la bonne intelligence du
Roy de Suede avec le
Grand Seigneur,qu'il a prié
de donner les ordres neceſſaires
pour fon retour
dans ſes Etats.i.amlyngby
118 MERCURE
Le May le Comte de
Seilern , Plenipotentiaire
de l'Empereur , partit de
Vienne , pour aller à l'afſemblée
de Bade en Suiſſe
travailler à la paix entre la
France & l'Empire.....
Le 11. le Comte de Goës,
auffi Plenipotentiaire de
l'Empereur , prit la même
route. Les conferences ont
été ouvertes le 4. à l'affemblée
de Bade.
On écrit de Milan que
Don Vincenzo Gonzaga ,
Duc de Guastalla , eft mort
d'apoplexie le 28. Avril, âgé
GALANT. 119
de quatre- vingt ans, a
Le s. May Aleſſandro Aldobrandini
, Nonce duPape
, fit ſon entrée publique
dans Venife.
Le 10. Fête de l'Afcenfion
,leDoge,accompagné
dusNonce , monta fur le
Bucentaure , où il fit , comme
cela ſe pratique tous les
ans à pareil jour , la ceremonie
d'époufer la mer.
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Résumé : Nouvelles, [titre d'après la table]
En juin 1714, des développements politiques et militaires significatifs se produisent en Europe. Une paix entre les princes du Nord est annoncée, promettant une tranquillité facilitant les correspondances. En Espagne, les rebelles catalans et barcelonais sont sur le point d'être vaincus après un assaut réussi au poste des Capucins par le comte d'Estaires. Les mesures contre Barcelone sont décrites comme implacables, malgré la volonté des Barcelonais de résister. En Pologne, le roi refuse les demandes turques concernant le passage du roi de Suède et l'accession de l'Ukraine, préparant ses troupes à une confrontation. La reine d'Angleterre propose une suspension d'armes au roi de Danemark, mais cette proposition est refusée par le Danemark et le Czar. En Allemagne, une bonne intelligence est notée entre le roi de Suède et le Grand Seigneur. Les plénipotentiaires de l'Empereur, le comte de Seilern et le comte de Goës, se rendent à l'assemblée de Bade pour travailler à la paix entre la France et l'Empire. Enfin, le duc de Guastalla, Don Vincenzo Gonzaga, décède d'apoplexie, et le nonce du Pape, Alessandro Aldobrandini, fait son entrée publique à Venise.
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3057
p. 111-120
CREATION d'Officiers de Marine.
Début :
Le 23. Janvier, le Roy fit à Marly un remplacement [...]
Mots clefs :
Chevalier, Lieutenants, Marly, Grenadiers, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CREATION d'Officiers de Marine.
CREATION
d'Officiersde Marine.
LE 13. Janvier,le Roy sit
à Marly un remplacement
d'Officiers des Galeres.
Chefd'Escadre.
Le Commandeur - de
Bourfeville.
Commandant des Grenadiers.
Le Sieur de Fontette.
Capitaines.
Les Sieurs de Laubefpin.
De Lubieres.
LeCommandant de Marcellangcs.
Le
Le Chevalier de Marfillac
de la Messeliere.
Le Commandeur de la
Periniere.
< Major.
Le Sieur du Chaftelier.
Capitaines- Lieutenants.
Le Chevalierde Bissy.
Les Marquis d'Efpennes.
DeLefpinay.
Les Chevaliers de Moncolieu.
l
De Levy.
Et de Tranftourette.
Lieutenants.
Les Sieurs Chevalier de
Pontfrach.
De Maroulles.
De Champagne.
Thoron d'Artignofe.
Cassendi Campagne.
De Sabran.
Le Marquis decaftclannè.
Sous-Lieutenants de la Rtale.
Le Sieur de la Gareimfe^
Le Chevalier de Pilles.
Sous-Lieutenants de Galeres.
Les Sieurs de Ginestet.
De Bernages.
De Tournesort
De Langerie.
DeGaillac.
De Caumont.
Le Chevalier de Romieu,
De Gardanne.
De Pontevez Maubouf
quet.
De Saint Ofraaanc.
Chevaliers.
DeCastelanned'Espennes.
De Puydorfile.
, DeMontolieu.
Et de Fontette.
Enseignes de la Reale.
Les Sieurs Bayard.
Chevalier.
f De Pontevez-Tournon.
Enseignes de Galeres,
Les Sieurs de Flotte.
De Soessans.
Chevalier de Ponce-v.e*z. DesTourres.
DeVilleneuve deVaucluse.
D'Espaner.
LeChevalier d'Haraucourt
DeChabannes.
De Manse.
S. Victoret.
DeChaumont.
Le Chevalier de Pigeon.
Dorgnon Terras.
De Savonnieres.
Et le Chevalier de la Fare.
Capitaine de la Compagnie
des Gardes de rEtendart.
Le Chevalier de Courtebonne.
Lieutenant.
Le Commandeur de Froulay.
Enseigne.
*->
Le Sieur-la Balme.
MareschaldesLogis.
Le Sieur Bosco.
Sa Adajefié a fait Chevaliers
de Saint Louis.
Les Sieurs de Com-bant.,
De Chaumonr.
De Cheyladet.
De Cambray.
Ferrant.
Pelicor.
La Combe.
Bevoland.
Chasteauneuf.
D'Heureux.
Marin.
Du Revert Darcuffia;
De BarasChantcrcier.
Le Comte de Beüil.
De Neuvi.
De Razac.
Juliani.
Le Chevalier de Maulevrier..
•j
DeC1aux.] Desidery.
Luguet.
Et de Pontfrach.
NO VVELLEJ
d'Officiersde Marine.
LE 13. Janvier,le Roy sit
à Marly un remplacement
d'Officiers des Galeres.
Chefd'Escadre.
Le Commandeur - de
Bourfeville.
Commandant des Grenadiers.
Le Sieur de Fontette.
Capitaines.
Les Sieurs de Laubefpin.
De Lubieres.
LeCommandant de Marcellangcs.
Le
Le Chevalier de Marfillac
de la Messeliere.
Le Commandeur de la
Periniere.
< Major.
Le Sieur du Chaftelier.
Capitaines- Lieutenants.
Le Chevalierde Bissy.
Les Marquis d'Efpennes.
DeLefpinay.
Les Chevaliers de Moncolieu.
l
De Levy.
Et de Tranftourette.
Lieutenants.
Les Sieurs Chevalier de
Pontfrach.
De Maroulles.
De Champagne.
Thoron d'Artignofe.
Cassendi Campagne.
De Sabran.
Le Marquis decaftclannè.
Sous-Lieutenants de la Rtale.
Le Sieur de la Gareimfe^
Le Chevalier de Pilles.
Sous-Lieutenants de Galeres.
Les Sieurs de Ginestet.
De Bernages.
De Tournesort
De Langerie.
DeGaillac.
De Caumont.
Le Chevalier de Romieu,
De Gardanne.
De Pontevez Maubouf
quet.
De Saint Ofraaanc.
Chevaliers.
DeCastelanned'Espennes.
De Puydorfile.
, DeMontolieu.
Et de Fontette.
Enseignes de la Reale.
Les Sieurs Bayard.
Chevalier.
f De Pontevez-Tournon.
Enseignes de Galeres,
Les Sieurs de Flotte.
De Soessans.
Chevalier de Ponce-v.e*z. DesTourres.
DeVilleneuve deVaucluse.
D'Espaner.
LeChevalier d'Haraucourt
DeChabannes.
De Manse.
S. Victoret.
DeChaumont.
Le Chevalier de Pigeon.
Dorgnon Terras.
De Savonnieres.
Et le Chevalier de la Fare.
Capitaine de la Compagnie
des Gardes de rEtendart.
Le Chevalier de Courtebonne.
Lieutenant.
Le Commandeur de Froulay.
Enseigne.
*->
Le Sieur-la Balme.
MareschaldesLogis.
Le Sieur Bosco.
Sa Adajefié a fait Chevaliers
de Saint Louis.
Les Sieurs de Com-bant.,
De Chaumonr.
De Cheyladet.
De Cambray.
Ferrant.
Pelicor.
La Combe.
Bevoland.
Chasteauneuf.
D'Heureux.
Marin.
Du Revert Darcuffia;
De BarasChantcrcier.
Le Comte de Beüil.
De Neuvi.
De Razac.
Juliani.
Le Chevalier de Maulevrier..
•j
DeC1aux.] Desidery.
Luguet.
Et de Pontfrach.
NO VVELLEJ
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Résumé : CREATION d'Officiers de Marine.
Le 13 janvier à Marly, une décision royale a été prise concernant le remplacement d'officiers de marine. Plusieurs postes ont été attribués, incluant ceux de chef d'escadre, commandant des grenadiers, capitaines, capitaines-lieutenants, lieutenants, sous-lieutenants, et enseignes. Le Commandeur de Bourfeville a été nommé chef d'escadre, le Sieur de Fontette commandant des grenadiers. D'autres officiers nommés sont les Sieurs de Laubespin, de Lubières, et le Chevalier de Marfillac. Le texte mentionne également la nomination de plusieurs chevaliers de Saint-Louis, tels que les Sieurs de Combant, de Chaumont, et le Chevalier de Maulevrier. Des postes spécifiques comme celui de capitaine de la Compagnie des Gardes de l'Étendard et de maréchal des logis ont été attribués au Chevalier de Courtebonne et au Sieur Bosco.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3058
p. 108-118
EPITRE CHAGRINE A MADEMOISELLE D. L. C.
Début :
Voicy un Ouvrage de l'Illustre Madame des Houlieres. / He bien, quel noir chagrin vous occupe aujourd'huy ? [...]
Mots clefs :
Gens, Temps, Respect, Amour, Lois, Époux, Achéron, Cour, Vivre, Commerce
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE CHAGRINE A MADEMOISELLE D. L. C.
oicyun Ouvrage de l'IIluftre Madame des Houlieres. Sonnom vous répond de
fa beauté.
25222-22-2522:22225
EPITRE CHAGRINE
A MADEMOISELLE D.L.C.
H
E bien, quel noir chagrin vous
occupe aujourd'huy ?
M'eft venudemanderavec unfierfourire
Un jeune Seigneur , qu'on peut dire
Auffibeau que l'Amour , auffi traitre
que luy.
Vous gardez unprofondfilence.
( A t-il repris jurant à demy bas )
Eft- ceque vous ne daignez pas
GALANT 109
De ce que vous pensez mefaire confidence,
Ien'enfuispas peut- eftre affez digne.
Aces mots,
Pourjoindre un autre Fat,il m'a tourné le dos.
Q
Queldifcours pouvois -je luyfaire,
Moy qui dans ce meſme moment
Repaffois dans ma tefte avec étonnement
Dela nouvelle Cour la conduite ordinaire?
M'auroit-il jamais pardonné
La peinture vive &fincere
De cent vices aufquels il s'est abandonné?
Non , contre moyle dépit , la colere,
Le chagrin , tout auroit agy.
Mais quoy que mes difcours euffent pu
luy déplaire,
110 MERCURE
Son front n'en auroit point rougy.
BA
Iefçay defes pareilsjufqu'où l'audace monte.
Atoutce qui leurplaift ofent- ils s'emporter ,
Loin d'en avoir la moindre honte ,
Eux- mefmes vont en plaifanter.
BA
De leurs déreglemens Hiftoriens fidelles ,
Avec unfront d'airain ils feront mille fois
Unodieuxdétail des plus affreux
droits.
On diroit à les voir traiter de bagatelles ,
Les horreurs les plus criminelles ,
Que ce n'est point pour eux quefont
faites les Loix,
GALANT. III
Tant ils ont de mépris pour elles.
3
Avec gens fans merite & du rang
le plus bas
Ils font volontiers connoiffance.
Mais auffi quels égards &quelle dé
ference
Veut-on qu'on ait pour eux ?helas!
Ilsfont oublier leur naiſſance
Quandils ne s'enfouviennentpas.
Daignent-ils nousrendre visite,
Le plus ombrageux des Epoux
N'enfçauroit devenirjaloux.
Ce n'est pointpour noftre merite.
Leurs yeux n'en trouvent pointen
nous.
Ce n'est que pour parler de leur gain,
de leurperte ,
Se dirc que d'un vin qui les charmera tous ,
112 MERCURE
On a fait une heureuse &fure décou
verte ,
Se montrer quelques Billets doux,
Se dandiner dans une chaife ,
Faire tous leurs trocqs à leur aife,
Etfe donner des rendez- vous.
Siparun pur hazard quelqu'un d'entre eux s'avife ,
D'avoir des fentimens tendres , refpcctueux,
Tout le refte s'enformalife.
Il n'eſt pour l'arracher à ce panchant heureux ,
Affront qu'on ne luy faffe , horreurs
qu'on ne luy dife,
Et l'onfait tant qu'enfin il n'ofe eftre
amoureux.
$3
Cauferune heureavec des Femmes,
Leur prefenter la main , parler de
leurs attraits.
GALANT. ng
Entre lesjeunes gens font des crimes
infames
Qu'ils ne fe pardonnent jamais.
**
Où font ces cœurs galans ? Oùſont ces
ames fieres ?
Les Nemours , les Montmorancis
Les Bellegardes , les Buffys ,
Les Guifes & les Balompieres ?
S'il reste encor quelquesfoucis
Lors que de l'Acheron on a traversé
t'onde ,
Quelle indignation leur donnent les
récits
De ce qui fe paffe en ce monde !
Que n'y peuvent-ils revenir.
Par leurs bons exemples peut- effre
On verroit la tendreſſe &le respect
. renaistre
Que la débauche asceu bannir.
Septembre 168 .
K
114 MERCURE
CD
Mais des Destins impitoyables
Les Arrests font irrevocables ,
Quipaſſe l'Acheron ne le repasse plus
Rien ne ramenera l'ufage
D'estre galant , fidelle , fage,
Losjeunes gens pourjamaisſontperdus.
CD
A bien confiderer les chofes,
On a tort de fe plaindre d'eux.
De leurs déreglemens honteux
Nous fommes les uniques caufes.
Pourquoy leur permettre d'avoir
Ces impertinens caracteres ?
Que ne les renons - nous commefaifoient nos Meres ,
Dans le respect , dans le devoir !
Avoicnt-elles plus de pouvoir ,
Plus de beauté que nous , plus d'ef
prit, plus d'adreffe ?
1
GALANT. H
Ah !pouvons - nous penfer au temps
de leurjeuneffe
Etfans honte, &fans defefpoir !
Dans plus d'un Réduit agreable
On voyoit venir tour à tomr
Tout ce qu'unefuperbe Cour
Avoit de galant & d'aimable..
L'efprit, le refpect & l'amour
Yrépandoientfur tout un charme in
explicable.
Les innocens plaifirs par qui le pluslongjour
Plus vifte qu'un moment s'écoulé,,
Tousles foirs s'y trouvoient enfoule,
Et les tranfports , & les defirs.
Sans le fecours de l'efperance,
Ace qu'on dit , prenoient naiffances
Au milieu de tous ces plaifirs.
1
Cet heureux temps n'eft plus , un autre
aprisfaplace. Kij
116 MERCURE
Les jeunes gens portent l'audace
Iufques à la brutalité.
Quand ils nenousfont pas une incivilité ,
Ilfemble qu'ils nous faffent grace.
Mais , me répondra- t on, que voulez.
vous qu'on faffe?
Sice defordre n'eftsouffert,
Regardez quelfort nous menaces
Nos maisonsferont un defert.
Il eft vray ; mais feachez que lors
qu'on les en chaffe ,
Cen'est que du bruit que l'on perd.
Eft- ce unfi grandmalheur de voir fa
chambre vuide
Demédifans , dejeunes fous,
D'infipides railleurs, qui n'ont rien de
Solide
Que le mépris qu'ils ontpournous ?
GALANT. 117
*3
Ouy , par nos indignes manieres
Ils ont droit de nous méprifer.
Si nous eftions plus fages &plus
fieres
On les verroit en mieux ufer.
Mais inutilemet on traite cesmatieres,
On yperdfa peine &fon temps.
Aux dépens defagloire on cherche des
Amans.
Qu'importe que leurs cœurs foient
fans delicateffe,
Sans ardeur , fansfincerité.
On les quitte de foins & defidelité,
De respect & de politeſſe,
On ne leur donne pas le temps
fonbaiter
de
Ce qu'au moins par des pleurs , des
foins , des compla fances
On devroit leurfaire acheter.
118 MERCURE
On les gafte , on leurfait de honteu
fes avance's Jac
Qui ne font que les dégouter.
$3
Vous, aimable Daphné, quel'aveugle
fortune
Condamne à vivre dans des lieux
où l'on ne connoit point cette foule
importune
Quifuit icy nos demy.Dieux.
Ne vous plaignez jamais de vostre
deftinée.
Il vaut mieux mille & mille fois
Avec vos Rochers & vos Bois ,
S'entretenir toute l'année ,
Que de paffer une heure ou deux
Avec un tas d'Etourdis, de Cocquettes .
Des Ours & des Serpens de vosfom.
bres retraites ,
Lecommerce eft moins dangereux..
fa beauté.
25222-22-2522:22225
EPITRE CHAGRINE
A MADEMOISELLE D.L.C.
H
E bien, quel noir chagrin vous
occupe aujourd'huy ?
M'eft venudemanderavec unfierfourire
Un jeune Seigneur , qu'on peut dire
Auffibeau que l'Amour , auffi traitre
que luy.
Vous gardez unprofondfilence.
( A t-il repris jurant à demy bas )
Eft- ceque vous ne daignez pas
GALANT 109
De ce que vous pensez mefaire confidence,
Ien'enfuispas peut- eftre affez digne.
Aces mots,
Pourjoindre un autre Fat,il m'a tourné le dos.
Q
Queldifcours pouvois -je luyfaire,
Moy qui dans ce meſme moment
Repaffois dans ma tefte avec étonnement
Dela nouvelle Cour la conduite ordinaire?
M'auroit-il jamais pardonné
La peinture vive &fincere
De cent vices aufquels il s'est abandonné?
Non , contre moyle dépit , la colere,
Le chagrin , tout auroit agy.
Mais quoy que mes difcours euffent pu
luy déplaire,
110 MERCURE
Son front n'en auroit point rougy.
BA
Iefçay defes pareilsjufqu'où l'audace monte.
Atoutce qui leurplaift ofent- ils s'emporter ,
Loin d'en avoir la moindre honte ,
Eux- mefmes vont en plaifanter.
BA
De leurs déreglemens Hiftoriens fidelles ,
Avec unfront d'airain ils feront mille fois
Unodieuxdétail des plus affreux
droits.
On diroit à les voir traiter de bagatelles ,
Les horreurs les plus criminelles ,
Que ce n'est point pour eux quefont
faites les Loix,
GALANT. III
Tant ils ont de mépris pour elles.
3
Avec gens fans merite & du rang
le plus bas
Ils font volontiers connoiffance.
Mais auffi quels égards &quelle dé
ference
Veut-on qu'on ait pour eux ?helas!
Ilsfont oublier leur naiſſance
Quandils ne s'enfouviennentpas.
Daignent-ils nousrendre visite,
Le plus ombrageux des Epoux
N'enfçauroit devenirjaloux.
Ce n'est pointpour noftre merite.
Leurs yeux n'en trouvent pointen
nous.
Ce n'est que pour parler de leur gain,
de leurperte ,
Se dirc que d'un vin qui les charmera tous ,
112 MERCURE
On a fait une heureuse &fure décou
verte ,
Se montrer quelques Billets doux,
Se dandiner dans une chaife ,
Faire tous leurs trocqs à leur aife,
Etfe donner des rendez- vous.
Siparun pur hazard quelqu'un d'entre eux s'avife ,
D'avoir des fentimens tendres , refpcctueux,
Tout le refte s'enformalife.
Il n'eſt pour l'arracher à ce panchant heureux ,
Affront qu'on ne luy faffe , horreurs
qu'on ne luy dife,
Et l'onfait tant qu'enfin il n'ofe eftre
amoureux.
$3
Cauferune heureavec des Femmes,
Leur prefenter la main , parler de
leurs attraits.
GALANT. ng
Entre lesjeunes gens font des crimes
infames
Qu'ils ne fe pardonnent jamais.
**
Où font ces cœurs galans ? Oùſont ces
ames fieres ?
Les Nemours , les Montmorancis
Les Bellegardes , les Buffys ,
Les Guifes & les Balompieres ?
S'il reste encor quelquesfoucis
Lors que de l'Acheron on a traversé
t'onde ,
Quelle indignation leur donnent les
récits
De ce qui fe paffe en ce monde !
Que n'y peuvent-ils revenir.
Par leurs bons exemples peut- effre
On verroit la tendreſſe &le respect
. renaistre
Que la débauche asceu bannir.
Septembre 168 .
K
114 MERCURE
CD
Mais des Destins impitoyables
Les Arrests font irrevocables ,
Quipaſſe l'Acheron ne le repasse plus
Rien ne ramenera l'ufage
D'estre galant , fidelle , fage,
Losjeunes gens pourjamaisſontperdus.
CD
A bien confiderer les chofes,
On a tort de fe plaindre d'eux.
De leurs déreglemens honteux
Nous fommes les uniques caufes.
Pourquoy leur permettre d'avoir
Ces impertinens caracteres ?
Que ne les renons - nous commefaifoient nos Meres ,
Dans le respect , dans le devoir !
Avoicnt-elles plus de pouvoir ,
Plus de beauté que nous , plus d'ef
prit, plus d'adreffe ?
1
GALANT. H
Ah !pouvons - nous penfer au temps
de leurjeuneffe
Etfans honte, &fans defefpoir !
Dans plus d'un Réduit agreable
On voyoit venir tour à tomr
Tout ce qu'unefuperbe Cour
Avoit de galant & d'aimable..
L'efprit, le refpect & l'amour
Yrépandoientfur tout un charme in
explicable.
Les innocens plaifirs par qui le pluslongjour
Plus vifte qu'un moment s'écoulé,,
Tousles foirs s'y trouvoient enfoule,
Et les tranfports , & les defirs.
Sans le fecours de l'efperance,
Ace qu'on dit , prenoient naiffances
Au milieu de tous ces plaifirs.
1
Cet heureux temps n'eft plus , un autre
aprisfaplace. Kij
116 MERCURE
Les jeunes gens portent l'audace
Iufques à la brutalité.
Quand ils nenousfont pas une incivilité ,
Ilfemble qu'ils nous faffent grace.
Mais , me répondra- t on, que voulez.
vous qu'on faffe?
Sice defordre n'eftsouffert,
Regardez quelfort nous menaces
Nos maisonsferont un defert.
Il eft vray ; mais feachez que lors
qu'on les en chaffe ,
Cen'est que du bruit que l'on perd.
Eft- ce unfi grandmalheur de voir fa
chambre vuide
Demédifans , dejeunes fous,
D'infipides railleurs, qui n'ont rien de
Solide
Que le mépris qu'ils ontpournous ?
GALANT. 117
*3
Ouy , par nos indignes manieres
Ils ont droit de nous méprifer.
Si nous eftions plus fages &plus
fieres
On les verroit en mieux ufer.
Mais inutilemet on traite cesmatieres,
On yperdfa peine &fon temps.
Aux dépens defagloire on cherche des
Amans.
Qu'importe que leurs cœurs foient
fans delicateffe,
Sans ardeur , fansfincerité.
On les quitte de foins & defidelité,
De respect & de politeſſe,
On ne leur donne pas le temps
fonbaiter
de
Ce qu'au moins par des pleurs , des
foins , des compla fances
On devroit leurfaire acheter.
118 MERCURE
On les gafte , on leurfait de honteu
fes avance's Jac
Qui ne font que les dégouter.
$3
Vous, aimable Daphné, quel'aveugle
fortune
Condamne à vivre dans des lieux
où l'on ne connoit point cette foule
importune
Quifuit icy nos demy.Dieux.
Ne vous plaignez jamais de vostre
deftinée.
Il vaut mieux mille & mille fois
Avec vos Rochers & vos Bois ,
S'entretenir toute l'année ,
Que de paffer une heure ou deux
Avec un tas d'Etourdis, de Cocquettes .
Des Ours & des Serpens de vosfom.
bres retraites ,
Lecommerce eft moins dangereux..
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Résumé : EPITRE CHAGRINE A MADEMOISELLE D. L. C.
Dans une épître adressée à Mademoiselle D.L.C., l'auteur exprime un profond chagrin après une rencontre avec un jeune seigneur beau mais traître et indifférent. Ce seigneur incarne la jeunesse contemporaine, caractérisée par l'audace et la brutalité, en contraste avec le respect et la galanterie des générations passées. Il affiche ses vices sans vergogne et fréquente des personnes de basse extraction, ne rendant visite aux autres que pour ses propres intérêts. L'auteur regrette la perte des mœurs anciennes, marquées par l'esprit, le respect et l'amour. Elle critique les jeunes d'aujourd'hui, les accusant de mépriser autrui en raison de leurs comportements indignes. Elle déplore également que les femmes actuelles ne sachent plus éduquer les jeunes hommes comme le faisaient leurs mères, avec plus de pouvoir et de sagesse. L'épître se conclut par un conseil à Daphné, vivant retirée dans des lieux sauvages, de ne pas se plaindre de son sort, préférable à la compagnie des étourdis et des coquettes. L'auteur préfère la solitude et la tranquillité aux interactions sociales avec des personnes perçues comme superficielles ou dangereuses, comparées à des ours et des serpents. Elle estime que le commerce social est moins risqué dans des retraites solitaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3059
p. 108-120
SUITE de la Poëtique Françoise de M. MARMONTEL.
Début :
C'EST avec un nouveau plaisir que nous revenons à cet Ouvrage où l'utile [...]
Mots clefs :
Poète, Nature, Auteur, Tableau, Beauté, Préceptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Poëtique Françoise de M. MARMONTEL.
SUITE de la Poëtique Françoise
C'EST
de M. MARMONTEL.
'EST avec un nouveau plaifir que
nous revenons à cet Ouvrage où l'utile
&l'agréable ſe trouvent réunis. Il nous
apprend que le Poëte doit joindre l'étudede
fon Art à ſes talens naturels. L'étude
de l'Art a deux branches; les préceptes&
les modéles . Mais avant que de paffer
à l'une& a l'autre M. Marmontel
veut que le Poëte commence par s'étudier
lui-même , & il lui indique les
moyens de connoître s'il est né Poëte.
,
NOVEMBRE. 1763. 109
A cette étude perſonnelle il fautjoindre
celle de la langue qui eſt l'inſtrument
de la Poëfie. Le Poëte doit apprendre à
la manier ; car dans ſes mains elle doit
avoir la docilité de la cire à prendre
la forme qu'il veut lui donner. L'étude
de la Nature , & principalement l'étude
de l'homme entre encore dans le ſyftême
de M. Marmontel. Toutes ces connoiſſances
développées avec eſprit , ouvrent
une vaſte carrière au génie poëtique
, & forment dans cet Ouvrage
comme autant de petits morceaux de
Poëfie , dont voici un exemple . » C'eſt
>>à l'Obfervateur , dit M. Marmontel, à
>> déterminer l'attraction & les mouve-
>> mens des corps céleſtes;c'eſt au Poëte à
>> peindre leur balancement , leur har-
>>>monie&leurs immuables révolutions ...
>>Tandis que le Phyficien analyſe le
>> fon & la lumière , le Poëte fera en-
>> tendre à l'âme l'explosion du tonner-
» re , & ces longs retentiſſemens qui
>> ſemblent de montagne en montagne
» annoncer la chûte du monde. Il lui
» fera voir le feu bleuâtre des éclairs ſe
» briſer en lames étincelantes , & fen-
>>dre à fillons redoublés cette maſſe
» obfcure de nuages qui ſemble affaif
110 MERCURE DE FRANCE .
>> fer l'horifon. Tandis que l'un tâche
» d'expliquer l'émanation des odeurs ,
>>l'autre rend ce phénomène viſible à
>> l'eſprit , en feignant que les zéphirs
>> agitent dans l'air leurs aîles humec-
>> tées des larmes de l'Aurore & des doux
>> parfums du matin.
Le ſtyle eſt une autre partie de la
Poëfie , qui n'est pas moins effentielle
que les précédentes . M. Marmontel diftingue
ſes qualités permanentes & fes
modes accidentels. Les qualités permanentes
du ſtyle poëtique font la clarté
la préciſion , la juſteſſe , la correction ,
la facilité , l'abondance , la richeſſe , l'élégance
, le naturel , la décence , le coloris
& l'harmonie. L'Auteur appelle
modes ou accidens du ſtyle , ce qui
le diftingue de lui-même , comme ſes
tours & fes mouvemens , le ton que le
ſujet lui donne , le caractère que la
penſée lui imprime , celui qu'il emprunte
des moeurs , de la ſituation , de l'intentionde
celui qui parle. M. Marmontel
traite de toutes ces qualités féparément;
ce font des détails qui doivent
ſe lire dans l'Ouvrage même. Ils font
enrichis par des exemples choiſis , &
qui , quoique connus , plaiſent encore
par une heureuſe application qui ſemNOVEMBRE.
1763 .
ble leur donner le mérite de la nouveauté.
D'autres fois l'Auteur fait
lui-même , en quelque forte , les exemples
qu'il propoſe. Telle eſt cette Traduction
d'une Idylle de Kleist , célébre
Poëte Allemand , qu'il cite à propos du
ſtyle , & des moyens de l'animer. M.
Marmontel a ainſi rendu en vers la Piéce
Allemande qu'il nous donne pour
exemple.
Elle fuit ; un eſpace immenſe
Dérobe Thémire à mes yeux.
Ici même , ô cruel abſence !
Ici j'ai reçu ſes adieux.
Viens-tu d'auprès d'elle , ô Zéphire ?
Oui ſans doute elle t'attiroit.
Viens , approche , & que je reſpire
Le ſouffle qu'elle reſpiroit.
Ruiſſeaux , ſur les pas de Thémire
Coulez à flots précipités ,
Et dites-lui que tous ſoupire
Dans les vallons qu'elle a quittés ;
Dites lui que de la prairie
Son abſence a ſeché les fleurs ;
Que des bois la feuille eſt ſétrie ,
Que je languis, que je me meurs.
Quel heureux vallon ma Bergère.
Orne-t-elle de ſes appas ?
Foulé par ſa danſe légère ,
112 MERCURE DE FRANCE .
Quel gazon fleurit ſous ſes pas.
Quel est le fortuné boccage-
Que ſes accens font retentir ?
Quelle fontaine a le plaiſir
De lui retracer ſon image.
M. Marmontel examine par quel degrés
les images poëtiques d'abord introduites
par le beſoin , font devenues un
ornement de luxe dans le langage. C'eſt
le ſujet d'un chapitre qui traite des images
ou du coloris. Ce morceau eſt philofophique
& un peu abſtrait. Les deux
chapitres ſuivans ſur l'harmonie du ſtyle
& le méchaniſme des vers , nous entraîneroient
dans des détails , qui excédroient
les bornes d'un éxtrait , & fourniroient
peu de citations agréables. Voici
comme l'Auteur débute dans celui
qui traite de l'invention .
» Pour concevoir l'objet de la Poë-
» fie dans toute fon étendue , il faut
" ofer conſidérer la nature comme
>> préſente à l'intelligence fuprême.
» Alors non ſeulement l'état a Stuel des
>> chofes , mais le cahos , ſon dévelop-
>> pement , les métamorphofes , les ré-
„ volutions de ce tout immenfe & de
> ſes parties ; ces phénomènes innom-
» brables qu'ont du produire la circuNOVEMBRE.
1763. 113
,
>> lation de la matière d'après les loix
» du mouvement , & le commerce
>> mutuel de la penſée & du mouve-
>> ment d'après les loix de l'union , de
>> l'eſprit & de la matière ; tout ce qui
» dans le jeu des élémens , dans l'or-
>> ganiſation des Etres vivans , animés ,
>> fenfibles , a pu concourir à varier
>> le ſpectacle mobile & fucceffif de
>> l'Univers , eſt réuni dans le même
>> tableau. Ce n'eſt pas tout à l'or-
>> dre préſent , aux viciffitudes paſſées
>> ſe joint la chaîne infinie des poffi-
»bles d'après l'eſſence même des
>> Etres , & non ſeulement ce qui eſt ,
>> mais ce qui ſeroit dans l'immenfité
>> du temps & de l'eſpace , fi la natu-
>> re développoit jamais le tréſor iné-
>> puiſable des germes renfermés dans
" ſon ſein. C'eſt ainſi que Dieu voit
>> la Nature , c'eſt ainſi que ſelon fa
>> foibleſſe le Poëte doit la contem-
» pler. S'emparer des cauſes ſecondes ,
>> les faire agir dans ſa penſée , felon
>>les loix de leur harmonie ; réaliſer ain-
>> fi les poffibles , raſſembler les dé-
» bris du paffé ; hâter la fécondité de
>> l'avenir ; donner une éxiftence appa-
>> rente & fenfible à ce qui n'eſt encore
» & ne fera peut- être jamais que dans
114 MERCURE DE FRANCE.
» l'effence idéale des choſes : c'eſt ce
» qu'on appelle inventer. Il ne faut
>>donc pas être ſurpris ſi l'on a regar-
» dé le génie poëtique comme une
» émanation de la Divinité même ....
» On voit par là combien le champ
» de la fiction doit être vaſte
» combien l'inventeur qui s'élance dans
>> la carrière des poſſibles , laiſſe loin
>> de lui l'imitateur fidèle & timide qui
» peint ce qu'il a ſous les yeux
,
&
On voit par ce début que M, Marmontel
traite ce ſujet d'une manière
nouvelle , & qu'il ne fuit point les
traces de donneurs de préceptes qui
ont écrit avant lui fur cette matière .
Tout le chapitre eſt dans le même
goût. L'Auteur approfondit ſes principes
, & remonte à la nature des choſes
, dont il tire enfuite des conféquences
toujours juſtes ,& qui répandent un
grand jour fur toutes les parties de l'Art
Poetique. Il demande à la vérité de ſes
Lecteurs une grande attention pour le
fuivre dans ces nouvelles routes ; ma's
quand on a une fois ſaiſi ſes idées primitives
, tout le ſyſtême ſe développe
avec facilité.
Dans le Chapitre intitulé du
choix dans l'imitation , l'Auteur com-
-
NOVEMBRE. 1763. 1ης
,
Stabat
le ſentiment de ceux qui confondent
la beauté poëtique avec la beauté
naturelle. Les vues dans lesquelles opére
la Poësie , dit M. Marmontel , ne font
pas celles de la Nature. Ce qui eſt beau
pour un Art , peut ne l'être pas pour les
autres. La beauté du Peintre ou du S
tuaire peut être ou n'être pas celle du
Poëte , & réciproquement ſelon l'effet
qu'ils veulent produire. Enfin ce qui
fait beauté dans un Poëme ou dans
tel endroit d'un Poëme , devient un défaut
, même en Poësie , dès qu'on le
déplace , & qu'on l'employe mal-àpropos.
Il ne fuffit donc pas , il n'eſt
pas même beſoin qu'une choſe ſoit
belle dans la Nature , pour qu'elle foit
belle en Poëfie ; il faut qu'elle ſoit telle
que l'exige l'effet que l'on veut opérer.
Nous citerons d'après l'Auteur quelques
exemples qui prouvent que la beauté
poëtique dépend du rapport des objets
avec nous-mêmes .
>> Lorſque la peinture d'un Payſage
>> riant & paiſible nous cauſe une douce
» émotion , une rêverie agréable , con-
>> ſultez-vous , & vous trouverez que
>> dans ce moment , vous vous ſuppo-
>> fez affis au pied de ce hêtre , au bord
>> de ce ruiſſeau , ſur cette herbe ten
116 MERCURE DE FRANCE .
>> dre & fleurie , au milieu de ces trou-
>> peaux qui de retour le foir au Villa-
>> ge , vous donneront un lait délicieux.
>> Si ce n'eſt pas vous , c'eſt un de vos
>> ſemblables que vous croyez voir dans
>> cet état fortuné ; mais fon bonheur
>> eſt ſi près de vous , qu'il dépend de
>> vous d'en jouir , & cette penſée eſt
» pour vous ce qu'eſt pour l'Avare la
>> vue de fon or , l'équivalent de la jouif-
>>fance.
» Mais à ce beau Tableau que vous
>> préſente la Nature , le Poëte ſçait
>>qu'il manque quelque choſe. Il place
>> une Bergère au bord du ruiſſeau ;
>>il la fait jeune & jolie , ni trop né-
>> gligée , de peur de bleſſer votre déli-
>> cateffe; ni trop parée , de peur de dé-
>> truire votre illufion. Il lui donne un
>> air fimple & naïf ; car il ſçait que
» vous aimez à trouver un coeur facile
» à ſéduire ; il lui donne une voix tou-
>> chante , organe d'une âme ſenſible ;
»& il la peint ſe mirant dans l'eau , &
» mêlant des fleurs à ſes cheveux, com-
>> me pour annoncer qu'elle a ce defir
>> de plaire qui ſuppoſe le beſoin d'ai-
» mer. S'il veut rendre le tableau plus
>> piquant , il place non loin d'elle un
>>boccage ſombre où vous croirez qu'il
NOVEMBRE . 1763 . 117
> eft facile de l'attirer. Il feindra même
» qu'un Berger l'y appelle, Vous le ver-
» rez entre les arbres , le feu du defir
» dans les yeux ; & un mouvement
>> confus de jalouſie ſe mêlera , fi elle
>> lui ſourit , au ſentiment qu'elle vous
> inſpire.
M. Marmontel ſuppoſe au contraire ,
que l'intention du Poëte ſoit de caufer
à ſon Lecteur une ſombre mélancolie.
» C'eſt un déſert qu'il vous peindra ,
>> continue-t-il , le bruit d'un torrent qui
>> ſe précipite fur des rochers , & qui va
>> dormir dans des gouffres , trouble ſeul
>> dans ce lieu ſauvage le filence de la
» Nature. Vous y voyez des chênes
>>briſés par la foudre mais que la
>>>hache a reſpectés. Des montagnes
> couronnés de frimats terminent l'ho-
>> rifon. De tous les oiſeaux , l'Aigle
>> ſeule oſe y dépoſer les fruits de fes
>> amours. Il vole tenant dans ſes griffes,
>> un tendre agneau enlevé à ſa mère ,
" & dont le bêlement timide ſe fait
>> entendre dans les airs. Cependant
» l'aigle aux aîles étendues arrive
> joyeux de ſa proie ; il la dépouille ,
>>la déchire & la partage à ſes petits.
„ Plus bas la Lionne alaite les fiens ;
» & dans les yeux de cette bête féroce,
118 MERCURE DE FRANCE .
» l'amour maternel ſe peint avec dou-
» ceur. Ces deux actions toutes fimples
>> concourent avec l'image du lieu ,
>> à exciter dans l'âme cette crainte que
>> les enfans aiment fi fort à éprouver,
» & dont l'homme qui est toujours en-
>> fant par le coeur , ne dédaigne pas de
» jouir encore.
Il eſt certain que ces deux tableaux
font très-poëtiques ; & que le Lecteur
n'a pas moins de defir d'être auprès de
la bergère , que de plaifir de n'être pas
au bord de ce torrent , au pied de ces
rochers , parmi ces animaux terribles ;
car il n'eſt pas moins doux de contempler
les maux dont on eft exempt , que
de voir les biens dont on peut jouir.
Nous ajouterons au Tableau précédent
une autre peinture qui ne la céde
pas aux deux premieres. M. Marmontel
joint toujours l'éxemple au précepte ; &
cet éxemple, c'eſt ſouvent lui-même qui
le fait. » Qu'un Poëte , dit-il , décrive
>> un incendie , l'image des flammes &
>>des débris nous affectera plus ou moins,
>> felon que nous avons l'imagination
>> plus ou moins vive , & le plus grand
» nombre même , en ſera foiblement
» ému. Mais qu'il nous préſente ſimple-
>>ment fur unbalcon de la maison qui
NOVEMBRE. 1763. 119
» brûle , une mère tenant ſon enfant
>> dans ſes bras , & luttant contre la
>> Nature pour ſe réfoudre à le jetter ,
>> plutôt que de le voir confumé avec
>> el'e par les flammes qui l'envir onnent;
» qu'il la repréſente meſurant tour-à-
>>> tour avec des yeux égarés l'effrayante
>> hauteur de la chûte ,& le peu d'eſpa-
>> ce , plus effrayant encore , qui la fé
>> pare des feux dévorans ; tantôt éle-
>> vant ſon enfant vers le Ciel , avec les
» regards de l'ardente prière ; tantôt
>>prenant avec violence la réſolution
» de le laiſſer tomber , & le retenant
>> tout-à-coup avec le cri du déſeſpoir
»& des entrailles maternelles. Alors le
>> preſſant dans ſon ſein , & le baignant
>> de ſes larmes , & dans l'inſtant même
>> ſe refuſant à ſes innocentes careſſes
» qui lui déchirent le coeur ; ah ! qui
>> ne ſent l'effet que ce Tableau doit
>> faire , s'il eſt peint avec vérité.
?
Ce Tableau ſeroit un vrai Poëme
s'il étoit revêtu des ornemens de la ver
ſification ; & même ſans cet avantage
il produit tous les effets de la plus touchante
Poëfie. Ces fortes de morceaux
qui font affez fréquens dans ce Livre ,
ôtent aux préceptes la ſéchereſſe inféparable
des Ouvrages didactiques . Auffi
120 MERCURE DE FRANCE.
paffons-nous-nous légérement fur les
règles qu'il faut lire avec attention dans
le Livre , pour nous attacher aux exemples
qui font plus agréables , & qui font
plus à la portée du commun des Lecteurs.
D'ailleurs les préceptes qui forment
le premier volume de cette Poëtique ne
regardent que la Poësie en général , ce
qui les rend encore plus abſtraits. Nous
parlerons dans le Mercure ſuivant , des
différens genres de Poësie , depuis le
Poëme Epique juſqu'au Madrigal ; car
M. Marmontel a traité de tous ces genres
ſéparément.
C'EST
de M. MARMONTEL.
'EST avec un nouveau plaifir que
nous revenons à cet Ouvrage où l'utile
&l'agréable ſe trouvent réunis. Il nous
apprend que le Poëte doit joindre l'étudede
fon Art à ſes talens naturels. L'étude
de l'Art a deux branches; les préceptes&
les modéles . Mais avant que de paffer
à l'une& a l'autre M. Marmontel
veut que le Poëte commence par s'étudier
lui-même , & il lui indique les
moyens de connoître s'il est né Poëte.
,
NOVEMBRE. 1763. 109
A cette étude perſonnelle il fautjoindre
celle de la langue qui eſt l'inſtrument
de la Poëfie. Le Poëte doit apprendre à
la manier ; car dans ſes mains elle doit
avoir la docilité de la cire à prendre
la forme qu'il veut lui donner. L'étude
de la Nature , & principalement l'étude
de l'homme entre encore dans le ſyftême
de M. Marmontel. Toutes ces connoiſſances
développées avec eſprit , ouvrent
une vaſte carrière au génie poëtique
, & forment dans cet Ouvrage
comme autant de petits morceaux de
Poëfie , dont voici un exemple . » C'eſt
>>à l'Obfervateur , dit M. Marmontel, à
>> déterminer l'attraction & les mouve-
>> mens des corps céleſtes;c'eſt au Poëte à
>> peindre leur balancement , leur har-
>>>monie&leurs immuables révolutions ...
>>Tandis que le Phyficien analyſe le
>> fon & la lumière , le Poëte fera en-
>> tendre à l'âme l'explosion du tonner-
» re , & ces longs retentiſſemens qui
>> ſemblent de montagne en montagne
» annoncer la chûte du monde. Il lui
» fera voir le feu bleuâtre des éclairs ſe
» briſer en lames étincelantes , & fen-
>>dre à fillons redoublés cette maſſe
» obfcure de nuages qui ſemble affaif
110 MERCURE DE FRANCE .
>> fer l'horifon. Tandis que l'un tâche
» d'expliquer l'émanation des odeurs ,
>>l'autre rend ce phénomène viſible à
>> l'eſprit , en feignant que les zéphirs
>> agitent dans l'air leurs aîles humec-
>> tées des larmes de l'Aurore & des doux
>> parfums du matin.
Le ſtyle eſt une autre partie de la
Poëfie , qui n'est pas moins effentielle
que les précédentes . M. Marmontel diftingue
ſes qualités permanentes & fes
modes accidentels. Les qualités permanentes
du ſtyle poëtique font la clarté
la préciſion , la juſteſſe , la correction ,
la facilité , l'abondance , la richeſſe , l'élégance
, le naturel , la décence , le coloris
& l'harmonie. L'Auteur appelle
modes ou accidens du ſtyle , ce qui
le diftingue de lui-même , comme ſes
tours & fes mouvemens , le ton que le
ſujet lui donne , le caractère que la
penſée lui imprime , celui qu'il emprunte
des moeurs , de la ſituation , de l'intentionde
celui qui parle. M. Marmontel
traite de toutes ces qualités féparément;
ce font des détails qui doivent
ſe lire dans l'Ouvrage même. Ils font
enrichis par des exemples choiſis , &
qui , quoique connus , plaiſent encore
par une heureuſe application qui ſemNOVEMBRE.
1763 .
ble leur donner le mérite de la nouveauté.
D'autres fois l'Auteur fait
lui-même , en quelque forte , les exemples
qu'il propoſe. Telle eſt cette Traduction
d'une Idylle de Kleist , célébre
Poëte Allemand , qu'il cite à propos du
ſtyle , & des moyens de l'animer. M.
Marmontel a ainſi rendu en vers la Piéce
Allemande qu'il nous donne pour
exemple.
Elle fuit ; un eſpace immenſe
Dérobe Thémire à mes yeux.
Ici même , ô cruel abſence !
Ici j'ai reçu ſes adieux.
Viens-tu d'auprès d'elle , ô Zéphire ?
Oui ſans doute elle t'attiroit.
Viens , approche , & que je reſpire
Le ſouffle qu'elle reſpiroit.
Ruiſſeaux , ſur les pas de Thémire
Coulez à flots précipités ,
Et dites-lui que tous ſoupire
Dans les vallons qu'elle a quittés ;
Dites lui que de la prairie
Son abſence a ſeché les fleurs ;
Que des bois la feuille eſt ſétrie ,
Que je languis, que je me meurs.
Quel heureux vallon ma Bergère.
Orne-t-elle de ſes appas ?
Foulé par ſa danſe légère ,
112 MERCURE DE FRANCE .
Quel gazon fleurit ſous ſes pas.
Quel est le fortuné boccage-
Que ſes accens font retentir ?
Quelle fontaine a le plaiſir
De lui retracer ſon image.
M. Marmontel examine par quel degrés
les images poëtiques d'abord introduites
par le beſoin , font devenues un
ornement de luxe dans le langage. C'eſt
le ſujet d'un chapitre qui traite des images
ou du coloris. Ce morceau eſt philofophique
& un peu abſtrait. Les deux
chapitres ſuivans ſur l'harmonie du ſtyle
& le méchaniſme des vers , nous entraîneroient
dans des détails , qui excédroient
les bornes d'un éxtrait , & fourniroient
peu de citations agréables. Voici
comme l'Auteur débute dans celui
qui traite de l'invention .
» Pour concevoir l'objet de la Poë-
» fie dans toute fon étendue , il faut
" ofer conſidérer la nature comme
>> préſente à l'intelligence fuprême.
» Alors non ſeulement l'état a Stuel des
>> chofes , mais le cahos , ſon dévelop-
>> pement , les métamorphofes , les ré-
„ volutions de ce tout immenfe & de
> ſes parties ; ces phénomènes innom-
» brables qu'ont du produire la circuNOVEMBRE.
1763. 113
,
>> lation de la matière d'après les loix
» du mouvement , & le commerce
>> mutuel de la penſée & du mouve-
>> ment d'après les loix de l'union , de
>> l'eſprit & de la matière ; tout ce qui
» dans le jeu des élémens , dans l'or-
>> ganiſation des Etres vivans , animés ,
>> fenfibles , a pu concourir à varier
>> le ſpectacle mobile & fucceffif de
>> l'Univers , eſt réuni dans le même
>> tableau. Ce n'eſt pas tout à l'or-
>> dre préſent , aux viciffitudes paſſées
>> ſe joint la chaîne infinie des poffi-
»bles d'après l'eſſence même des
>> Etres , & non ſeulement ce qui eſt ,
>> mais ce qui ſeroit dans l'immenfité
>> du temps & de l'eſpace , fi la natu-
>> re développoit jamais le tréſor iné-
>> puiſable des germes renfermés dans
" ſon ſein. C'eſt ainſi que Dieu voit
>> la Nature , c'eſt ainſi que ſelon fa
>> foibleſſe le Poëte doit la contem-
» pler. S'emparer des cauſes ſecondes ,
>> les faire agir dans ſa penſée , felon
>>les loix de leur harmonie ; réaliſer ain-
>> fi les poffibles , raſſembler les dé-
» bris du paffé ; hâter la fécondité de
>> l'avenir ; donner une éxiftence appa-
>> rente & fenfible à ce qui n'eſt encore
» & ne fera peut- être jamais que dans
114 MERCURE DE FRANCE.
» l'effence idéale des choſes : c'eſt ce
» qu'on appelle inventer. Il ne faut
>>donc pas être ſurpris ſi l'on a regar-
» dé le génie poëtique comme une
» émanation de la Divinité même ....
» On voit par là combien le champ
» de la fiction doit être vaſte
» combien l'inventeur qui s'élance dans
>> la carrière des poſſibles , laiſſe loin
>> de lui l'imitateur fidèle & timide qui
» peint ce qu'il a ſous les yeux
,
&
On voit par ce début que M, Marmontel
traite ce ſujet d'une manière
nouvelle , & qu'il ne fuit point les
traces de donneurs de préceptes qui
ont écrit avant lui fur cette matière .
Tout le chapitre eſt dans le même
goût. L'Auteur approfondit ſes principes
, & remonte à la nature des choſes
, dont il tire enfuite des conféquences
toujours juſtes ,& qui répandent un
grand jour fur toutes les parties de l'Art
Poetique. Il demande à la vérité de ſes
Lecteurs une grande attention pour le
fuivre dans ces nouvelles routes ; ma's
quand on a une fois ſaiſi ſes idées primitives
, tout le ſyſtême ſe développe
avec facilité.
Dans le Chapitre intitulé du
choix dans l'imitation , l'Auteur com-
-
NOVEMBRE. 1763. 1ης
,
Stabat
le ſentiment de ceux qui confondent
la beauté poëtique avec la beauté
naturelle. Les vues dans lesquelles opére
la Poësie , dit M. Marmontel , ne font
pas celles de la Nature. Ce qui eſt beau
pour un Art , peut ne l'être pas pour les
autres. La beauté du Peintre ou du S
tuaire peut être ou n'être pas celle du
Poëte , & réciproquement ſelon l'effet
qu'ils veulent produire. Enfin ce qui
fait beauté dans un Poëme ou dans
tel endroit d'un Poëme , devient un défaut
, même en Poësie , dès qu'on le
déplace , & qu'on l'employe mal-àpropos.
Il ne fuffit donc pas , il n'eſt
pas même beſoin qu'une choſe ſoit
belle dans la Nature , pour qu'elle foit
belle en Poëfie ; il faut qu'elle ſoit telle
que l'exige l'effet que l'on veut opérer.
Nous citerons d'après l'Auteur quelques
exemples qui prouvent que la beauté
poëtique dépend du rapport des objets
avec nous-mêmes .
>> Lorſque la peinture d'un Payſage
>> riant & paiſible nous cauſe une douce
» émotion , une rêverie agréable , con-
>> ſultez-vous , & vous trouverez que
>> dans ce moment , vous vous ſuppo-
>> fez affis au pied de ce hêtre , au bord
>> de ce ruiſſeau , ſur cette herbe ten
116 MERCURE DE FRANCE .
>> dre & fleurie , au milieu de ces trou-
>> peaux qui de retour le foir au Villa-
>> ge , vous donneront un lait délicieux.
>> Si ce n'eſt pas vous , c'eſt un de vos
>> ſemblables que vous croyez voir dans
>> cet état fortuné ; mais fon bonheur
>> eſt ſi près de vous , qu'il dépend de
>> vous d'en jouir , & cette penſée eſt
» pour vous ce qu'eſt pour l'Avare la
>> vue de fon or , l'équivalent de la jouif-
>>fance.
» Mais à ce beau Tableau que vous
>> préſente la Nature , le Poëte ſçait
>>qu'il manque quelque choſe. Il place
>> une Bergère au bord du ruiſſeau ;
>>il la fait jeune & jolie , ni trop né-
>> gligée , de peur de bleſſer votre déli-
>> cateffe; ni trop parée , de peur de dé-
>> truire votre illufion. Il lui donne un
>> air fimple & naïf ; car il ſçait que
» vous aimez à trouver un coeur facile
» à ſéduire ; il lui donne une voix tou-
>> chante , organe d'une âme ſenſible ;
»& il la peint ſe mirant dans l'eau , &
» mêlant des fleurs à ſes cheveux, com-
>> me pour annoncer qu'elle a ce defir
>> de plaire qui ſuppoſe le beſoin d'ai-
» mer. S'il veut rendre le tableau plus
>> piquant , il place non loin d'elle un
>>boccage ſombre où vous croirez qu'il
NOVEMBRE . 1763 . 117
> eft facile de l'attirer. Il feindra même
» qu'un Berger l'y appelle, Vous le ver-
» rez entre les arbres , le feu du defir
» dans les yeux ; & un mouvement
>> confus de jalouſie ſe mêlera , fi elle
>> lui ſourit , au ſentiment qu'elle vous
> inſpire.
M. Marmontel ſuppoſe au contraire ,
que l'intention du Poëte ſoit de caufer
à ſon Lecteur une ſombre mélancolie.
» C'eſt un déſert qu'il vous peindra ,
>> continue-t-il , le bruit d'un torrent qui
>> ſe précipite fur des rochers , & qui va
>> dormir dans des gouffres , trouble ſeul
>> dans ce lieu ſauvage le filence de la
» Nature. Vous y voyez des chênes
>>briſés par la foudre mais que la
>>>hache a reſpectés. Des montagnes
> couronnés de frimats terminent l'ho-
>> rifon. De tous les oiſeaux , l'Aigle
>> ſeule oſe y dépoſer les fruits de fes
>> amours. Il vole tenant dans ſes griffes,
>> un tendre agneau enlevé à ſa mère ,
" & dont le bêlement timide ſe fait
>> entendre dans les airs. Cependant
» l'aigle aux aîles étendues arrive
> joyeux de ſa proie ; il la dépouille ,
>>la déchire & la partage à ſes petits.
„ Plus bas la Lionne alaite les fiens ;
» & dans les yeux de cette bête féroce,
118 MERCURE DE FRANCE .
» l'amour maternel ſe peint avec dou-
» ceur. Ces deux actions toutes fimples
>> concourent avec l'image du lieu ,
>> à exciter dans l'âme cette crainte que
>> les enfans aiment fi fort à éprouver,
» & dont l'homme qui est toujours en-
>> fant par le coeur , ne dédaigne pas de
» jouir encore.
Il eſt certain que ces deux tableaux
font très-poëtiques ; & que le Lecteur
n'a pas moins de defir d'être auprès de
la bergère , que de plaifir de n'être pas
au bord de ce torrent , au pied de ces
rochers , parmi ces animaux terribles ;
car il n'eſt pas moins doux de contempler
les maux dont on eft exempt , que
de voir les biens dont on peut jouir.
Nous ajouterons au Tableau précédent
une autre peinture qui ne la céde
pas aux deux premieres. M. Marmontel
joint toujours l'éxemple au précepte ; &
cet éxemple, c'eſt ſouvent lui-même qui
le fait. » Qu'un Poëte , dit-il , décrive
>> un incendie , l'image des flammes &
>>des débris nous affectera plus ou moins,
>> felon que nous avons l'imagination
>> plus ou moins vive , & le plus grand
» nombre même , en ſera foiblement
» ému. Mais qu'il nous préſente ſimple-
>>ment fur unbalcon de la maison qui
NOVEMBRE. 1763. 119
» brûle , une mère tenant ſon enfant
>> dans ſes bras , & luttant contre la
>> Nature pour ſe réfoudre à le jetter ,
>> plutôt que de le voir confumé avec
>> el'e par les flammes qui l'envir onnent;
» qu'il la repréſente meſurant tour-à-
>>> tour avec des yeux égarés l'effrayante
>> hauteur de la chûte ,& le peu d'eſpa-
>> ce , plus effrayant encore , qui la fé
>> pare des feux dévorans ; tantôt éle-
>> vant ſon enfant vers le Ciel , avec les
» regards de l'ardente prière ; tantôt
>>prenant avec violence la réſolution
» de le laiſſer tomber , & le retenant
>> tout-à-coup avec le cri du déſeſpoir
»& des entrailles maternelles. Alors le
>> preſſant dans ſon ſein , & le baignant
>> de ſes larmes , & dans l'inſtant même
>> ſe refuſant à ſes innocentes careſſes
» qui lui déchirent le coeur ; ah ! qui
>> ne ſent l'effet que ce Tableau doit
>> faire , s'il eſt peint avec vérité.
?
Ce Tableau ſeroit un vrai Poëme
s'il étoit revêtu des ornemens de la ver
ſification ; & même ſans cet avantage
il produit tous les effets de la plus touchante
Poëfie. Ces fortes de morceaux
qui font affez fréquens dans ce Livre ,
ôtent aux préceptes la ſéchereſſe inféparable
des Ouvrages didactiques . Auffi
120 MERCURE DE FRANCE.
paffons-nous-nous légérement fur les
règles qu'il faut lire avec attention dans
le Livre , pour nous attacher aux exemples
qui font plus agréables , & qui font
plus à la portée du commun des Lecteurs.
D'ailleurs les préceptes qui forment
le premier volume de cette Poëtique ne
regardent que la Poësie en général , ce
qui les rend encore plus abſtraits. Nous
parlerons dans le Mercure ſuivant , des
différens genres de Poësie , depuis le
Poëme Epique juſqu'au Madrigal ; car
M. Marmontel a traité de tous ces genres
ſéparément.
Fermer
3060
p. 106-127
ODE.
Début :
La triste Nouvelle que je vous ay fait attendre sans / PRetendez vous toûjours avec les cri de guerre [...]
Mots clefs :
Chancelier, Décès, Ministre, Sagesse, Louanges, Guerriers, Louis, Auguste monarque, Héros, Gloire, Fortune, Actions héroïques, Prudence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE.
La trifte Nouvelle que je
vous ay fait attendre fans
rien expliquer , en finiffant
GALANT. 107
ma derniere Lettre , eftoit ;
la mort de Mule · Chance…
lier. Il ne vous a pas efté
difficile de le connoiftre ,
puis que la douleur qu'elle
a répandue dans toute la
France , convient aux ter
mes que j'ay employez pour
vous l'anoncer. Quoy que
vous foyez inftruite de toutes
les grandes qualitez que
poffedoit ce Sage Miniftre,
la Peinture que M' Magnin
en a faite dans l'Ode que
je vous envoye , ne vous
fera pas defagreable. Sa modeftie
qui m'eftoit connuë ,
108 MERCURE
que
m'empefcha de luy faire?
voir le jour lors qu'elle fut
achevée , mais jay
jay crû
je pouvois aprés fa mort
parler des louanges qui vont
eftre dans la bouche de nos
plus grands Orateurspor
252522252 SSS25ESS
PR
ODE.
Retendez vous toujours avec les
cris de guerre
Mefler de vostre voix les timides accords
?
Estes- vous fille du tonnerre
Four foûtenir des tons fi hardis &
C
forts ?
GALANT. 109
Non , non, je vous connois , ma Mafc ;
un airpaisible
De vos plus chers accens eft le panchant
fenfible ,
Laiffez à nos Guerriersfuivre nos Ennemis.
Avecque les Tambours qu'un autre
s'abandonne ,
Vous en avez déjafait affezpour Bellonne
,
• Songez , fongez , quels droits vous
devez à Themis .
Si du plus grand des Rois la gloire,
triomphante ,
De vos regards charmez l'unique
enchantement
,
Sans ceffe à vos yeux fe prefente,
Vous la verrez icy briller également.
Sur toutes les vertus , il cherit la justice
,
Elle eft de fes deffeins la fainte directrice
;
110 MERCURE
Et quand vous chanterez le fage LE
TELLIER ,
Quand vostre voix fuivra le beau
feu, qui l'anime ,
Elle fera l'Echo de la Royale eftime
De LOVIS, qui daigna lefaire Chancelier.
Placé dans ce baut rang par ce Monarque
Augufte ,
Dieupar la voix du Peuple avoitprédit
fon choix s
Et qui ne le croiroit pasjufte ,
du vray
Sçait peu
merite & le prix
& le poids.
Tant & tant de vertus fiſouvent admirées
Par mille emplois diversfi long- temps
épurées ,
Cettejudicieuse & fage égalité
Dans l'agitation des temps les plus
contraires ,
GALANT.
III
Ont dû faire avoüer mefme àfes adverfaires
,
Qu'iljoüit d'un honneur qu'il a bien
merité.
**
O vous , de la faveur chancelante &
fragile
Efclaves enchantez , courtisans malheureux
,
Par un chemin court facile
Voulez - vous arriver au fuccés de vos
voeux ?
Concevez une fois qu'un meriteSolide
Doit de tous vos deffens eftre l'ame
& la guide ;
Mais pour en voir de prés un exemple
aujourd'huy,
Bu Heros que je chante examinez la
vie ,
Songez en la voyant de tant d'hon
neur remplie ,
Qu'on n'y peut arris er qu'en vivant
comme lny,
112 MERCURE
$ 3
Parcourez defes ans la noble & longuefuire.
Les revolutions de tant d'évenemens
Ne verrez- vous pas fa conduite
Egalement reglée &fage en tous les
temps .
Le mener droit au port à travers les
tempeftes
Qui menaçoient & mefme écrafoient
tant de teftes ?
Toûjours heureux &calme en cesjours
orageux ,
On a veu LE TELLIER en Politique
- habile
Sçavoir fe ménager , fçavoirfe rendre
utile
Et prendre le party le plus avanageux.
Vousfçavez, vous fçavez,grands &
fameux Miniftres ,
GALANT. 113.
↓
Illuftres Cardinaux , Richelieu , Mázarin
,
Combien de prefages finistres
Il a fecu conjurer d'un air doux &
Serain.
De mille embarquemens , il a veu le
naufrage,
Seur , tranquille , toujours à l'abry de
l'orage;
Mais pouvoit-il manquer en ce peni
ble effort ?
Dans fa fidelité conftante & fans.
égale
Il a toûjours fuivy Pautorité Royale,
Ainfi que le Cadran fuit l'Etoile du
Nord.
N'avons-nous pas encor des témoins
plus illustres
De ce zele éclatant éprouvé tant de
fois ?
~Zele pendant combien de luftress
Novembre 1685. K
114 MERCURE
Confideré, chery, reveré des François ?
Et de LOVIS le Iufte , & d'ANNE
la
Regente
,
Ne merita-t-il pas une estime écla-
Tante ?
Egal dans tous les temps, & deguer
re & de paix ,
Il vit fans s'alarmer mille affreuſes
alarmes
Ilfutfans fe troubler dans le trouble
des
Armes ,
Et tout fut ébranlé , fans qu'il lefuft
jamais.
33
Quand les vents en fureur d'une
mer agitée ,
Soufflant de toutes parts , ontfoulevé
les flots,
Et que la tempefte irritée
Semble braver l'audace , & l'art des
Matelo
Vr Nautonnier obſervant ſa
Bonfole
GALANT.
115
S'applique , fe ménage &fuitfi bien
fon Pole ,
Que tandis la
que vague engloutit
cent Vaiſſeaux ,
Tranquille fur fon bord &plaignant
leur difgrace ,
Il attend le retour d'une heureuſe bonace
, "
Et fe met à couvert de la fierté des
eaux.
RA
De mefme de ce temps & difficile &
Sombre ,
Temps plein de tous coftez , de trou
bles , d'embarras ,
De pieges& d'écueilsfans nombre,
LE TELLIER fagement ne fe tirat-
il pas ?
Il plaignit , en prenant de plus juf
tes mesures,
De ceux qui s'égaroient les tristes
avantures,
Kij
116 MERCURE
Illes invita mefme àprévoir le danger;
Il fceut au bon Party fidellement fe
rendre ,
Et par quelques appas qu'on voulut
le Surprendre ,
A nul autre jamais on ne put l'engager.
$3
Du fecret des Heros confidentes dif
crettes ,
Doctes Soeurs , qui vivez en faveur
auprés d'eux ,
Venez , fçavantes Interpretes,
Venez , conduisez- moy dans ce fonds
lumineux.
De ces ménagemens d'intereft & de
gloire
Montrez - moy les refforts , écrivezò
moy Hiftoire,
Ľ
Je prétendrois en vain icy les démef-
Ler
»
GALANT. 117
Je ne vois qu'un amas de vertus excellentes
De mouvemens reglez , d'habitudes
conftantes ;
Le détail , c'est à vous de me le re--
veler.
**
Que les foibles Humains aſpirant à
la gloire ,
Fixent tant qu'ils voudront leurs def
feins icy - bas,
Et
pour
embellir leur biftoire,
Et pourfauver leur nom de la nuit du
ινέρας ;
De mille contretemps la furpriſe imprévenë
Forçant de leur raifon la foible retenuë,
Dans les plus beaux endroits les veut
faire échouer.
Ainfi de mon Heros dans fa longue
carriere ,
118 MERCURE
L'égalité toujours&ſage®uliere
Eftfans doute un effort qu'on ne peut
trop louer.
$2
Dans cettefermeté conftante, inébranlable
,
Maintenirſafaveur, & vieillir à la
Cour';
Où voit - on d'exemple femblable ?
Le deftin n'eft-il pas d'y tomber sour
à tour ?
Des projets les plus beaux la Fortune
fe joue,
Tout fuit le mouvement de fa volage
rouë
Et tel le venten poupe eft tout fierde
monter
S'applaudit vainement,maisplus heu
reux qu'habile
Il ne s'apperçoit pas dans ce poftefragile,
Que celuy qui le fuit va le precipiter.
GALANT. 119
**
De ces enteftemens dont la vapeurfa
tale
Au comble des honneurs ne peutſe démentir
,
Par fa prudencefans égale
Le Heros queje chante àſceu ſe garantir.
Une application à fes devoirs fidelle
Par tout également aſignaléfon zele;
Mille endroits de l'Histoire ontfceule
remarquer,
Ont tracé de fes foins les heureux a
vantages ,
Toûjours reglé , toûjours à la tefte des
Sages ;
Avec d'autresjamais le fceut- on embarquer
?
*3
Dans fes deffeins fon ame &contente
&
tranquille
Nefut jamais en butte à nul`trouble
indifcrets
120 MERCURE
Un abord égal & facile
Eft le figne conftant de ce repos fecret.
Elevé dans un rang , dont la hauteur
étonne ,
Des grandes Dignitez dont l'éclat
l'environne ,
Un air doux & ferain tempere la
fierté.
Le respect vait de prés l'amour qui
le feconde,
Etjamais , non jamais on ne vit dans.
Les
le monde
graces mieux d'accord avec la
Majefté.
Mouvemens orgueilleux des Puiffances
humaines ,
Trifte écueil des heureux , fatal enchantement
,
Foible tranfport des amès vaines,
Qui t'ajamais icy veu regner unmo-
Cement ?
LE
GALANT. 121
LE TELLIER a des biens , des bonneurs
en partage ;
Mais en fit-ou jamais un plus modefte
usage ?
Conduit par une fage &fupréme rai-
Son,
De fes profperitez il fut toujours le
Maiftre,
(Son.
Et l'on ne dira point qu'elles ayent
fait paroiftre,
Nyfolles vanitez, ny luxe enfa mai-
03
Qu'on ne s'y trompe point; les vertus
domestiques
Sont de l'Homme public le premier
élement ,
Et les actions heroïques
Sur ce principe heureux roulent uniquement.
Ces travauxéclatans qui brillent dans
l'Hiftoire ,
Novembre 1685. L
122 MERCURE
Ces Monumens pompeux & d'hon
neur & de gloire ,
Bienfouvent du merite ont le dehors
trompeur.
Lafeule ambition agit & les enfante,
Et fous quelque couleur qu'elle les reprefente
,
Nous prouve - t - elle affez la droiture
du coeur ?
XD
Mais icy des vertus lafource eft vive
A
&
pure ,
Tout eftfincere , heureux , conftant ,
de bonne foy ;
Deux Regles en font la meſure ,
Plairefur tout à Dieu , plaire enfuite
àfon Roy.
LE TELLIER s'eft acquis par une
longue étude
De ces deux grands devoirs la fidelle
babitude ,
Reglé dans fes defirs , jufte dans fes
defeins ,
GALANT. 123
Guidé par la raison , fondé ſur des
maximes
Toujours également feures & legiti
mes ;
A-t-iljamais manqué d'arriver à ſes
fins ?
Semblable, mon Heros , à ce Palmier
Yauguste.
Par l'Oracle divin celebré tant de
fois ,
Floriant fous LOVIS le Fufte ,
Et fous LOVIS le Grand le plus parfait
des Rois.
Du faifte des honneurs ce Miniftre
fidelle
Bien loin dans l'avenir voitfagloire
immortelle
De l'un à l'autre bout remplir tout
l'Univers ,
Et nos Nevcux charmez
beaux
exemples ,
par
mille
Lij
124 MERCURE
En confacrer l'Histoire , en graver
dans les Temples ,
Fufqu'à la fin des temps les monumens
divers.
Mefme defes Enfans (grande &rare
merveille ,
Qui fait faire icy bas tant de voeux
Superflus )
Par unefaveurfans pareille
Dans un merite égal ils verront les
vertus .
Elevez à des foins d'une haute importance
Ne fignalent - ils pas la gloire de la
France ?
Louvois du Grand LOVIS .....
mais où vont mes transports ?
Ce nom feul me découvre une vafte
Carriere
Et ma Mufe déja n'a que trop de matiere,
GALANT. 125
Sans l'engager encore à de nouveaux
efforts. RA
Peut.eftre un jour , peut - eſtre ayant
repris baleine ,
Temeraire qu'elle eft , elle pourroit ofer
Abandonner icyfa veine
Qui commence à tarir & vcutſe repofer.
Aux celebres Acteurs je remets la
Trompette ,
Mais ce filet de voix forty de ma retraite
,
Doit à me foûtenir au moins les inciter.
Le deffein estheureux , la matiere infinie;
Certes, une fi longue , unefi belle vie,
Aux Maiftres des beaux Arts fournit
bien à chanter.
**
Illuftre Chancelier , toy par qui la fu-
Liij ftice
126 MERCURE
Voit regner defes Loix la fincere vi
gucur ,
Honore d'un regard propice
Ce grain d'encens brûlé dans l'ardeur
de mon coeur.
Si la fincerité decide du merite
Des voeux dont envers toy le Parnaffe
s'acquitte ,
De tajuste équité j'oferayprésumer,
Tout foible que je fuis , qu'encor que
mon offrande
Ne foit ny du bel air , nyfublime ,
ny grande ,
Ta bonté pourroit bien te lafaite eſ
timer.
**
Acheve de remplir tes belles deftinées
A l'honneur de la France & de ce
Siecle heureux ,
De mille Palmes couronnées ,
Puiffent- elles s'étendre auffi loin que
mes voeux ;
GALANT. 127
Que tandis que LOVIS , les delices
du monde ,
Tfera revererfa Sageffe profonde ,
Redonnant aux, Humains un nouveau
Siecle d'or ,
Du fage LE TELLIER la prudence.
fidelle
Signale fous fes loix fon ardeur &
・fon zele ,
Et qu'Achille jamais n'abandonne
Nestor.
vous ay fait attendre fans
rien expliquer , en finiffant
GALANT. 107
ma derniere Lettre , eftoit ;
la mort de Mule · Chance…
lier. Il ne vous a pas efté
difficile de le connoiftre ,
puis que la douleur qu'elle
a répandue dans toute la
France , convient aux ter
mes que j'ay employez pour
vous l'anoncer. Quoy que
vous foyez inftruite de toutes
les grandes qualitez que
poffedoit ce Sage Miniftre,
la Peinture que M' Magnin
en a faite dans l'Ode que
je vous envoye , ne vous
fera pas defagreable. Sa modeftie
qui m'eftoit connuë ,
108 MERCURE
que
m'empefcha de luy faire?
voir le jour lors qu'elle fut
achevée , mais jay
jay crû
je pouvois aprés fa mort
parler des louanges qui vont
eftre dans la bouche de nos
plus grands Orateurspor
252522252 SSS25ESS
PR
ODE.
Retendez vous toujours avec les
cris de guerre
Mefler de vostre voix les timides accords
?
Estes- vous fille du tonnerre
Four foûtenir des tons fi hardis &
C
forts ?
GALANT. 109
Non , non, je vous connois , ma Mafc ;
un airpaisible
De vos plus chers accens eft le panchant
fenfible ,
Laiffez à nos Guerriersfuivre nos Ennemis.
Avecque les Tambours qu'un autre
s'abandonne ,
Vous en avez déjafait affezpour Bellonne
,
• Songez , fongez , quels droits vous
devez à Themis .
Si du plus grand des Rois la gloire,
triomphante ,
De vos regards charmez l'unique
enchantement
,
Sans ceffe à vos yeux fe prefente,
Vous la verrez icy briller également.
Sur toutes les vertus , il cherit la justice
,
Elle eft de fes deffeins la fainte directrice
;
110 MERCURE
Et quand vous chanterez le fage LE
TELLIER ,
Quand vostre voix fuivra le beau
feu, qui l'anime ,
Elle fera l'Echo de la Royale eftime
De LOVIS, qui daigna lefaire Chancelier.
Placé dans ce baut rang par ce Monarque
Augufte ,
Dieupar la voix du Peuple avoitprédit
fon choix s
Et qui ne le croiroit pasjufte ,
du vray
Sçait peu
merite & le prix
& le poids.
Tant & tant de vertus fiſouvent admirées
Par mille emplois diversfi long- temps
épurées ,
Cettejudicieuse & fage égalité
Dans l'agitation des temps les plus
contraires ,
GALANT.
III
Ont dû faire avoüer mefme àfes adverfaires
,
Qu'iljoüit d'un honneur qu'il a bien
merité.
**
O vous , de la faveur chancelante &
fragile
Efclaves enchantez , courtisans malheureux
,
Par un chemin court facile
Voulez - vous arriver au fuccés de vos
voeux ?
Concevez une fois qu'un meriteSolide
Doit de tous vos deffens eftre l'ame
& la guide ;
Mais pour en voir de prés un exemple
aujourd'huy,
Bu Heros que je chante examinez la
vie ,
Songez en la voyant de tant d'hon
neur remplie ,
Qu'on n'y peut arris er qu'en vivant
comme lny,
112 MERCURE
$ 3
Parcourez defes ans la noble & longuefuire.
Les revolutions de tant d'évenemens
Ne verrez- vous pas fa conduite
Egalement reglée &fage en tous les
temps .
Le mener droit au port à travers les
tempeftes
Qui menaçoient & mefme écrafoient
tant de teftes ?
Toûjours heureux &calme en cesjours
orageux ,
On a veu LE TELLIER en Politique
- habile
Sçavoir fe ménager , fçavoirfe rendre
utile
Et prendre le party le plus avanageux.
Vousfçavez, vous fçavez,grands &
fameux Miniftres ,
GALANT. 113.
↓
Illuftres Cardinaux , Richelieu , Mázarin
,
Combien de prefages finistres
Il a fecu conjurer d'un air doux &
Serain.
De mille embarquemens , il a veu le
naufrage,
Seur , tranquille , toujours à l'abry de
l'orage;
Mais pouvoit-il manquer en ce peni
ble effort ?
Dans fa fidelité conftante & fans.
égale
Il a toûjours fuivy Pautorité Royale,
Ainfi que le Cadran fuit l'Etoile du
Nord.
N'avons-nous pas encor des témoins
plus illustres
De ce zele éclatant éprouvé tant de
fois ?
~Zele pendant combien de luftress
Novembre 1685. K
114 MERCURE
Confideré, chery, reveré des François ?
Et de LOVIS le Iufte , & d'ANNE
la
Regente
,
Ne merita-t-il pas une estime écla-
Tante ?
Egal dans tous les temps, & deguer
re & de paix ,
Il vit fans s'alarmer mille affreuſes
alarmes
Ilfutfans fe troubler dans le trouble
des
Armes ,
Et tout fut ébranlé , fans qu'il lefuft
jamais.
33
Quand les vents en fureur d'une
mer agitée ,
Soufflant de toutes parts , ontfoulevé
les flots,
Et que la tempefte irritée
Semble braver l'audace , & l'art des
Matelo
Vr Nautonnier obſervant ſa
Bonfole
GALANT.
115
S'applique , fe ménage &fuitfi bien
fon Pole ,
Que tandis la
que vague engloutit
cent Vaiſſeaux ,
Tranquille fur fon bord &plaignant
leur difgrace ,
Il attend le retour d'une heureuſe bonace
, "
Et fe met à couvert de la fierté des
eaux.
RA
De mefme de ce temps & difficile &
Sombre ,
Temps plein de tous coftez , de trou
bles , d'embarras ,
De pieges& d'écueilsfans nombre,
LE TELLIER fagement ne fe tirat-
il pas ?
Il plaignit , en prenant de plus juf
tes mesures,
De ceux qui s'égaroient les tristes
avantures,
Kij
116 MERCURE
Illes invita mefme àprévoir le danger;
Il fceut au bon Party fidellement fe
rendre ,
Et par quelques appas qu'on voulut
le Surprendre ,
A nul autre jamais on ne put l'engager.
$3
Du fecret des Heros confidentes dif
crettes ,
Doctes Soeurs , qui vivez en faveur
auprés d'eux ,
Venez , fçavantes Interpretes,
Venez , conduisez- moy dans ce fonds
lumineux.
De ces ménagemens d'intereft & de
gloire
Montrez - moy les refforts , écrivezò
moy Hiftoire,
Ľ
Je prétendrois en vain icy les démef-
Ler
»
GALANT. 117
Je ne vois qu'un amas de vertus excellentes
De mouvemens reglez , d'habitudes
conftantes ;
Le détail , c'est à vous de me le re--
veler.
**
Que les foibles Humains aſpirant à
la gloire ,
Fixent tant qu'ils voudront leurs def
feins icy - bas,
Et
pour
embellir leur biftoire,
Et pourfauver leur nom de la nuit du
ινέρας ;
De mille contretemps la furpriſe imprévenë
Forçant de leur raifon la foible retenuë,
Dans les plus beaux endroits les veut
faire échouer.
Ainfi de mon Heros dans fa longue
carriere ,
118 MERCURE
L'égalité toujours&ſage®uliere
Eftfans doute un effort qu'on ne peut
trop louer.
$2
Dans cettefermeté conftante, inébranlable
,
Maintenirſafaveur, & vieillir à la
Cour';
Où voit - on d'exemple femblable ?
Le deftin n'eft-il pas d'y tomber sour
à tour ?
Des projets les plus beaux la Fortune
fe joue,
Tout fuit le mouvement de fa volage
rouë
Et tel le venten poupe eft tout fierde
monter
S'applaudit vainement,maisplus heu
reux qu'habile
Il ne s'apperçoit pas dans ce poftefragile,
Que celuy qui le fuit va le precipiter.
GALANT. 119
**
De ces enteftemens dont la vapeurfa
tale
Au comble des honneurs ne peutſe démentir
,
Par fa prudencefans égale
Le Heros queje chante àſceu ſe garantir.
Une application à fes devoirs fidelle
Par tout également aſignaléfon zele;
Mille endroits de l'Histoire ontfceule
remarquer,
Ont tracé de fes foins les heureux a
vantages ,
Toûjours reglé , toûjours à la tefte des
Sages ;
Avec d'autresjamais le fceut- on embarquer
?
*3
Dans fes deffeins fon ame &contente
&
tranquille
Nefut jamais en butte à nul`trouble
indifcrets
120 MERCURE
Un abord égal & facile
Eft le figne conftant de ce repos fecret.
Elevé dans un rang , dont la hauteur
étonne ,
Des grandes Dignitez dont l'éclat
l'environne ,
Un air doux & ferain tempere la
fierté.
Le respect vait de prés l'amour qui
le feconde,
Etjamais , non jamais on ne vit dans.
Les
le monde
graces mieux d'accord avec la
Majefté.
Mouvemens orgueilleux des Puiffances
humaines ,
Trifte écueil des heureux , fatal enchantement
,
Foible tranfport des amès vaines,
Qui t'ajamais icy veu regner unmo-
Cement ?
LE
GALANT. 121
LE TELLIER a des biens , des bonneurs
en partage ;
Mais en fit-ou jamais un plus modefte
usage ?
Conduit par une fage &fupréme rai-
Son,
De fes profperitez il fut toujours le
Maiftre,
(Son.
Et l'on ne dira point qu'elles ayent
fait paroiftre,
Nyfolles vanitez, ny luxe enfa mai-
03
Qu'on ne s'y trompe point; les vertus
domestiques
Sont de l'Homme public le premier
élement ,
Et les actions heroïques
Sur ce principe heureux roulent uniquement.
Ces travauxéclatans qui brillent dans
l'Hiftoire ,
Novembre 1685. L
122 MERCURE
Ces Monumens pompeux & d'hon
neur & de gloire ,
Bienfouvent du merite ont le dehors
trompeur.
Lafeule ambition agit & les enfante,
Et fous quelque couleur qu'elle les reprefente
,
Nous prouve - t - elle affez la droiture
du coeur ?
XD
Mais icy des vertus lafource eft vive
A
&
pure ,
Tout eftfincere , heureux , conftant ,
de bonne foy ;
Deux Regles en font la meſure ,
Plairefur tout à Dieu , plaire enfuite
àfon Roy.
LE TELLIER s'eft acquis par une
longue étude
De ces deux grands devoirs la fidelle
babitude ,
Reglé dans fes defirs , jufte dans fes
defeins ,
GALANT. 123
Guidé par la raison , fondé ſur des
maximes
Toujours également feures & legiti
mes ;
A-t-iljamais manqué d'arriver à ſes
fins ?
Semblable, mon Heros , à ce Palmier
Yauguste.
Par l'Oracle divin celebré tant de
fois ,
Floriant fous LOVIS le Fufte ,
Et fous LOVIS le Grand le plus parfait
des Rois.
Du faifte des honneurs ce Miniftre
fidelle
Bien loin dans l'avenir voitfagloire
immortelle
De l'un à l'autre bout remplir tout
l'Univers ,
Et nos Nevcux charmez
beaux
exemples ,
par
mille
Lij
124 MERCURE
En confacrer l'Histoire , en graver
dans les Temples ,
Fufqu'à la fin des temps les monumens
divers.
Mefme defes Enfans (grande &rare
merveille ,
Qui fait faire icy bas tant de voeux
Superflus )
Par unefaveurfans pareille
Dans un merite égal ils verront les
vertus .
Elevez à des foins d'une haute importance
Ne fignalent - ils pas la gloire de la
France ?
Louvois du Grand LOVIS .....
mais où vont mes transports ?
Ce nom feul me découvre une vafte
Carriere
Et ma Mufe déja n'a que trop de matiere,
GALANT. 125
Sans l'engager encore à de nouveaux
efforts. RA
Peut.eftre un jour , peut - eſtre ayant
repris baleine ,
Temeraire qu'elle eft , elle pourroit ofer
Abandonner icyfa veine
Qui commence à tarir & vcutſe repofer.
Aux celebres Acteurs je remets la
Trompette ,
Mais ce filet de voix forty de ma retraite
,
Doit à me foûtenir au moins les inciter.
Le deffein estheureux , la matiere infinie;
Certes, une fi longue , unefi belle vie,
Aux Maiftres des beaux Arts fournit
bien à chanter.
**
Illuftre Chancelier , toy par qui la fu-
Liij ftice
126 MERCURE
Voit regner defes Loix la fincere vi
gucur ,
Honore d'un regard propice
Ce grain d'encens brûlé dans l'ardeur
de mon coeur.
Si la fincerité decide du merite
Des voeux dont envers toy le Parnaffe
s'acquitte ,
De tajuste équité j'oferayprésumer,
Tout foible que je fuis , qu'encor que
mon offrande
Ne foit ny du bel air , nyfublime ,
ny grande ,
Ta bonté pourroit bien te lafaite eſ
timer.
**
Acheve de remplir tes belles deftinées
A l'honneur de la France & de ce
Siecle heureux ,
De mille Palmes couronnées ,
Puiffent- elles s'étendre auffi loin que
mes voeux ;
GALANT. 127
Que tandis que LOVIS , les delices
du monde ,
Tfera revererfa Sageffe profonde ,
Redonnant aux, Humains un nouveau
Siecle d'or ,
Du fage LE TELLIER la prudence.
fidelle
Signale fous fes loix fon ardeur &
・fon zele ,
Et qu'Achille jamais n'abandonne
Nestor.
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Résumé : ODE.
La lettre annonce la mort de Michel Le Tellier, un ministre sage et respecté, dont la disparition a provoqué une grande tristesse en France. Une ode écrite par M. Magnin célèbre les qualités de Le Tellier, qu'il n'avait pas osé révéler de son vivant par modestie. Cette ode le décrit comme un homme juste et vertueux, apprécié par le roi Louis XIV, qui l'avait nommé chancelier. Le Tellier est loué pour sa sagesse, son équité et sa fidélité constante à l'autorité royale, même dans les périodes tumultueuses. Il est comparé à un marin navigant sereinement malgré les tempêtes, symbolisant sa capacité à gérer les crises avec calme et habileté. L'auteur invite à méditer sur la vie exemplaire de Le Tellier, marquée par une conduite droite et une loyauté inébranlable. Le texte rend également hommage au ministre Louvois, décrit comme un héros dont la carrière est marquée par une constance et une régularité exemplaires. Louvois maintient sa faveur à la cour et vieillit sans jamais rencontrer d'exemples semblables de fermeté. Grâce à sa prudence et son application à ses devoirs, il parvient à éviter les entraves. Son caractère est marqué par une tranquillité et une égalité d'humeur constantes, même face aux honneurs et aux dignités. Il utilise ses biens et ses honneurs avec modestie, guidé par une sagesse supérieure. Ses vertus domestiques sont la base de ses actions héroïques, et il se distingue par une ambition pure et sincère, visant à plaire à Dieu et à son roi. Louvois est comparé à un palmier auguste, florissant sous Louis XIV, et sa gloire est destinée à être immortelle. Le texte se termine par un hommage à Louvois, souhaitant qu'il continue à honorer la France et à inspirer les générations futures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3062
p. 1571
« RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
Début :
RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...]
Mots clefs :
Recueil d'Edits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
R
ECUEIL d'Edits , Ordonnances et
Déclarations concernant l'Epargne ,
le Trésor Royal , et les Parties Casuelles
et autres Affaires de Finances , sous les
Regnes de Louis XI. François I. Henry II.
François II. Charles IX. Henry III. Henry IV Louis XIII. Louis XIV. et Louis
XV. avec un Tarifdes anciennes et nouvelles évaluations des Office de France
ensemble des droits de Polette , ou Annuel , et de huitiéme derier , survivance
ou droit de Mutation des mêmes Offices.
Volume in - 8. sans nom d'Imprimeur ,
1732.
ECUEIL d'Edits , Ordonnances et
Déclarations concernant l'Epargne ,
le Trésor Royal , et les Parties Casuelles
et autres Affaires de Finances , sous les
Regnes de Louis XI. François I. Henry II.
François II. Charles IX. Henry III. Henry IV Louis XIII. Louis XIV. et Louis
XV. avec un Tarifdes anciennes et nouvelles évaluations des Office de France
ensemble des droits de Polette , ou Annuel , et de huitiéme derier , survivance
ou droit de Mutation des mêmes Offices.
Volume in - 8. sans nom d'Imprimeur ,
1732.
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Résumé : « RECUEIL d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Epargne, le [...] »
Le document 'Recueil d'Edits, Ordonnances et Déclarations concernant l'Épargne, le Trésor Royal, et les Parties Casuelles et autres Affaires de Finances' couvre les règnes de Louis XI à Louis XV. Il compile des édits et ordonnances sur les finances royales et inclut un tarif des évaluations des offices de France et des droits de mutation. Publié en 1732, cet ouvrage in-octavo n'a pas de mention d'imprimeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3063
p. 107
CHANSON A BOIRE.
Début :
Apres quantité de Chansons d'amour, je vous en envoye une / Pourquoy me dites-vous, Catin, [...]
Mots clefs :
Catin, Ivrogne, Cabaret, Bouteille, Verre
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON A BOIRE.
Apres quantité de Chan
fons d'amour , je vous en envoye
une à Boire . Les paroles
font de M' Diéreville.
CHANSON A BOIRE..
P
Ourquoy me dites - vous; Catin
,
Queje nefuis plus qu'unYvrogne,
Et qu'on me voit toûjours avec ma.
rouge trogne
Au Cabaret le Verre en main ?
C'est voftre rigueurfans pareille
Qui mefait tant aimer le douxjus de
la Treille.
Que vostre coeurpour moy devienne
plus humain,
Et vous me verrez dés demain
Gaffermon Verre & ma.Bouteille.
fons d'amour , je vous en envoye
une à Boire . Les paroles
font de M' Diéreville.
CHANSON A BOIRE..
P
Ourquoy me dites - vous; Catin
,
Queje nefuis plus qu'unYvrogne,
Et qu'on me voit toûjours avec ma.
rouge trogne
Au Cabaret le Verre en main ?
C'est voftre rigueurfans pareille
Qui mefait tant aimer le douxjus de
la Treille.
Que vostre coeurpour moy devienne
plus humain,
Et vous me verrez dés demain
Gaffermon Verre & ma.Bouteille.
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3066
p. 1575
ENIGME.
Début :
Deux freres de concert portent un édifice, [...]
Mots clefs :
Pieds
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
DEux freres de concert portent un édifice ,
Sans lequel ils ne seroitent pas ;
L'un d'eux ne peut sans l'autre faire un pas ;
La fin du jour interrompt leur office.
DEux freres de concert portent un édifice ,
Sans lequel ils ne seroitent pas ;
L'un d'eux ne peut sans l'autre faire un pas ;
La fin du jour interrompt leur office.
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3070
p. 97
DEUXIÈME LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un breuvage connu, [...]
Mots clefs :
Cidre
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texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME LOGOGRYPHE.
DEUXIE ME LOGOGRYPHE.
J E suis un breuvage conmu
Mais , qui n'est point par tout egalement couru ;
Une Lettre de moins , je change de substance ,
Et suis divers en forme , aussi bien qu'en cou
1
leur ,
Mais
, si d'un
Element
j'éprouve
la rigueur
C'en est fait de ma consistance :
Si dans cet état actuel ,
Vous abbatez mon chef , je suis péché mortel ;
Qu'autre tête me soit donnée ,
Mon propre est d'expliquer , quand on veut la
pensée.
Arrangez-moi d'un autre sens ,
Je suis la marque des vieux ans.
Choisissez sur mon tout deux membres à ras
battre ,
Je serai piéce de Théatre.
A la Fere , le 16 Aoust 1730,-
D ...
J E suis un breuvage conmu
Mais , qui n'est point par tout egalement couru ;
Une Lettre de moins , je change de substance ,
Et suis divers en forme , aussi bien qu'en cou
1
leur ,
Mais
, si d'un
Element
j'éprouve
la rigueur
C'en est fait de ma consistance :
Si dans cet état actuel ,
Vous abbatez mon chef , je suis péché mortel ;
Qu'autre tête me soit donnée ,
Mon propre est d'expliquer , quand on veut la
pensée.
Arrangez-moi d'un autre sens ,
Je suis la marque des vieux ans.
Choisissez sur mon tout deux membres à ras
battre ,
Je serai piéce de Théatre.
A la Fere , le 16 Aoust 1730,-
D ...
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3071
p. 95
ENIGME.
Début :
Je suis aux plus vives douleurs [...]
Mots clefs :
Temps
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
JE suis aux plus vives douleurs
L'unique & souverain remède ;
Dans la nature touc me cède •
St selon que je change > on ckange aussi da
moeurs.
Il nV 11 que l'experiencr
Qi' aise voir l'importance
De jcilité dont je suis.
Heureux, qui connoîc tout mon prix.
JE suis aux plus vives douleurs
L'unique & souverain remède ;
Dans la nature touc me cède •
St selon que je change > on ckange aussi da
moeurs.
Il nV 11 que l'experiencr
Qi' aise voir l'importance
De jcilité dont je suis.
Heureux, qui connoîc tout mon prix.
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3072
p. 2411
LOGOGRYPHUS.
Début :
Prosum autumnali, brumali tempore prosum : [...]
Mots clefs :
Candela
3073
p. 939
LOGOGRYPHUS.
Début :
Integra, mortales animos & Numina flecto. [...]
Mots clefs :
Musica
3076
p. 111-112
AUTRE à Damon.
Début :
O le bon vin que je découvris hier, [...]
Mots clefs :
Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE à Damon.
AUTRE
à Damon.a
O le bon vin que je découvris
hier
,
Longtempsya que n'en bus de
fi fier,
Je vais mon cher , t'en raconter.
l'hiſtoire ;
Mais par tel fi que ne voudras
me croire ,
Etque viendras toy même Lef¬
fayer
Leandre & moy paffions dans
um quartier
112 MERCURE
Quand tout d'un coup entendîmes
crier
Par des gens qui de s'enyvrer
font gloire ,
O le bon vin !
Lors de monter ne nous fallut
prier,
Puis entre nous dîmes nous faut
un tier ,
De ce réduit gardens bien la me-
C moire
Avec Damon fi nous pouvions
en boire ,
Ce feroit lors qu'il faudroit s'écrier
,
O le bon vin !
à Damon.a
O le bon vin que je découvris
hier
,
Longtempsya que n'en bus de
fi fier,
Je vais mon cher , t'en raconter.
l'hiſtoire ;
Mais par tel fi que ne voudras
me croire ,
Etque viendras toy même Lef¬
fayer
Leandre & moy paffions dans
um quartier
112 MERCURE
Quand tout d'un coup entendîmes
crier
Par des gens qui de s'enyvrer
font gloire ,
O le bon vin !
Lors de monter ne nous fallut
prier,
Puis entre nous dîmes nous faut
un tier ,
De ce réduit gardens bien la me-
C moire
Avec Damon fi nous pouvions
en boire ,
Ce feroit lors qu'il faudroit s'écrier
,
O le bon vin !
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3078
p. 113-114
AUTRE.
Début :
Fille des jeux, des ris, charme de la jeunesse, [...]
Mots clefs :
Escarpolette
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A ÜTRE .
Ille des jeux , des ris , charme de la jeuneffe
On me conftruit fans frais , & fans beaucoup d'adreffe
,
Je fuis le plus fouvent dans de charmans vergers ;
Où mainte Bergerette avec jeunes Bergers ,
Sans crainte , fans défirs , guidés par l'innocence
Viennent goûter en paix les plaifirs de l'enfance.
En me voyant aller , le bon vieillard fourit ,
La tendre mere tremble , & bientôt me détruit
Elle à grande raifon , & prend un parti fage
Le philofophe en moi , reconnoît une image
De l'aveugle Déeffe , à qui tous les morteis
Plus aveugles encore élevent des Autels ,
Si je viens à caffer , je caufe des allarmes ,
Quelque fois des malhears , & fais verfer des
larmes.
"
2
On peut parer ce coup par quelqu'attention :
Mafquons un peu mes traits. Ma compofition
Six confonnes raffemble aveque fix voyelles
Suivons notre Protée , & fes formes nouvelles ,.
Dette , qu'un homme prudent a grand foin de
payer ;
Meuble très- néceffaire en byver au foyer ,
Deux bons poiffons d'eau douce un fleuve d'I
salie ,,
F14 MERCURE DEFRANCE.
Où Mazale le Comte acquit gloire infinie ;,
Fléau dont la peinture excite latterreur ;
Ce qu'un Abbé vondroit voir changer de couleur,
Piéce utile , importante à qui fait fon ménage ,
Ce qui fur la toilette eft d'un fréquent ufage
Grains qui dans un ragoût éguifent l'appétit ,
Un fort gras animal , d'un excellent débit ,
Ce qui fait des heureux trente fix fois l'année ,
Et dans quoi l'on vous fert foupe bien mitonnée ; ,
Ce que fille éloignée attend de fon Amant ,
"
Argent que fans regret on paye fort fouvent.
C'eft affez , cher. Lecteur cher. Lecteur , vous peindre une
amufette:
Comme le cache- cache , ou bien la climufette..
Ille des jeux , des ris , charme de la jeuneffe
On me conftruit fans frais , & fans beaucoup d'adreffe
,
Je fuis le plus fouvent dans de charmans vergers ;
Où mainte Bergerette avec jeunes Bergers ,
Sans crainte , fans défirs , guidés par l'innocence
Viennent goûter en paix les plaifirs de l'enfance.
En me voyant aller , le bon vieillard fourit ,
La tendre mere tremble , & bientôt me détruit
Elle à grande raifon , & prend un parti fage
Le philofophe en moi , reconnoît une image
De l'aveugle Déeffe , à qui tous les morteis
Plus aveugles encore élevent des Autels ,
Si je viens à caffer , je caufe des allarmes ,
Quelque fois des malhears , & fais verfer des
larmes.
"
2
On peut parer ce coup par quelqu'attention :
Mafquons un peu mes traits. Ma compofition
Six confonnes raffemble aveque fix voyelles
Suivons notre Protée , & fes formes nouvelles ,.
Dette , qu'un homme prudent a grand foin de
payer ;
Meuble très- néceffaire en byver au foyer ,
Deux bons poiffons d'eau douce un fleuve d'I
salie ,,
F14 MERCURE DEFRANCE.
Où Mazale le Comte acquit gloire infinie ;,
Fléau dont la peinture excite latterreur ;
Ce qu'un Abbé vondroit voir changer de couleur,
Piéce utile , importante à qui fait fon ménage ,
Ce qui fur la toilette eft d'un fréquent ufage
Grains qui dans un ragoût éguifent l'appétit ,
Un fort gras animal , d'un excellent débit ,
Ce qui fait des heureux trente fix fois l'année ,
Et dans quoi l'on vous fert foupe bien mitonnée ; ,
Ce que fille éloignée attend de fon Amant ,
"
Argent que fans regret on paye fort fouvent.
C'eft affez , cher. Lecteur cher. Lecteur , vous peindre une
amufette:
Comme le cache- cache , ou bien la climufette..
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3079
p. 2487-2488
LOGOGRYPHE.
Début :
Dix membres font de moi le plus charmant séjour, [...]
Mots clefs :
Versailles
3080
p. 1571-1572
Memorial de Paris, [titre d'après la table]
Début :
MEMORIAL DE PARIS et de ses Environs, à l'usage [...]
Mots clefs :
Mémorial de Paris
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texteReconnaissance textuelle : Memorial de Paris, [titre d'après la table]
MEMORIAL DE PARIS et de ses Environs ,
1572 MERCURE DE FRANCE
rons,à l'usage des Voyageurs. Par M. l'Abbé Antonini. A Paris , Quai des Augustins , chez Muzier in- 12. de 164.
pages.
J.
Tous les Etrangers et quantité de
François,et mêmedeParisiens auront obligation à l'Auteur de ce petit Ouvrage
de leur avoir indiqué les principales Curiositez de la Ville de Paris.
1572 MERCURE DE FRANCE
rons,à l'usage des Voyageurs. Par M. l'Abbé Antonini. A Paris , Quai des Augustins , chez Muzier in- 12. de 164.
pages.
J.
Tous les Etrangers et quantité de
François,et mêmedeParisiens auront obligation à l'Auteur de ce petit Ouvrage
de leur avoir indiqué les principales Curiositez de la Ville de Paris.
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3081
p. 539-540
« PHAEDRI FABULAE & Publii Syri Sententia. 1. vol. in 16. Parisiis, Ex Typographia [...] »
Début :
PHAEDRI FABULAE & Publii Syri Sententia. 1. vol. in 16. Parisiis, Ex Typographia [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « PHAEDRI FABULAE & Publii Syri Sententia. 1. vol. in 16. Parisiis, Ex Typographia [...] »
PHADRI FABULE Publii Syri Sen
tentia. 1. vol. in 16. Parifiis , Ex Typographia
Regia M. DCC. XXIX.
Co
$ 40 MERCURE DE FRANCE.
Ce petit Volume , qui ne contient que
86. pages & qui eft précedé d'une Vignette
très - bien gravée , doit paffer pour
un Chef- d'oeuvre d'impreffion , par la
beauté finguliere des Caracteres , qui dans
leur petiteffe ont toute l'élegance & la
netteté qu'on peut defirer . On ne pouvoit
pas traiter plus noblement un Auteur
auffi poli & auffi recherché
que Phedre
tentia. 1. vol. in 16. Parifiis , Ex Typographia
Regia M. DCC. XXIX.
Co
$ 40 MERCURE DE FRANCE.
Ce petit Volume , qui ne contient que
86. pages & qui eft précedé d'une Vignette
très - bien gravée , doit paffer pour
un Chef- d'oeuvre d'impreffion , par la
beauté finguliere des Caracteres , qui dans
leur petiteffe ont toute l'élegance & la
netteté qu'on peut defirer . On ne pouvoit
pas traiter plus noblement un Auteur
auffi poli & auffi recherché
que Phedre
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3082
p. 943-944
« ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
Début :
ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...]
Mots clefs :
Livre de Job, Prix de l'Académie royale des sciences, Études militaires, Livre de la Genèse, Perkin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie ,
qui comprend le Plan general de tout
l'Ouvrage , et l'Exercice de l'Infanterie ,
avec des figures ; dédié au Roy , par
M. Bottée , Capitaine au Régiment de la
Fere. A Paris , ruë S. Jacques et Quay de
Conty , chezJombert et chezTabarie , 1731.
in 12. de 514. pages , sans l'Epitre , la Préface , l'Avertissement , les figures et 23.
Planches gravées in 12.
MEMOIRE sur le sujet du Prix proposé
par l'Académie Royale des Sciences en
l'année 1729. touchant la meilleure Méthode d'observer sur Mer la déclinaison
de l'Eguille aimantée , ou la variation de
la Boussole. Par M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hydrographie, au Havre.
Nouvelle Edition. A Paris , chez Jacq.
Guerin , Quay des Augustins , 1732.
Ex.
944 MERCURE DE FRANCE
EXPLICATION du Livre de la Genese ,
où selon la Méthode des Peres , on s'attache à découvrir les Mysteres de J. C,
et les Regles des mœurs renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture. A Paris
ruë S. Jacques , chez Babuti , 1732.6. vol.
in 12.
EXPLICATION du Livre de Job , selon la
même Méthode. Chez le même 51732.
4. vol. in 12.
PERKIN , faux Duc d'York sous
Henry VII. Roy d'Angleterre. Nouvelle
Historique. Par le sieur la Paix de Lizan
cour. A Paris , Quay de Conty et Pon
S.Michel, chez Nyon ,fils, et Hardil 1732.
qui comprend le Plan general de tout
l'Ouvrage , et l'Exercice de l'Infanterie ,
avec des figures ; dédié au Roy , par
M. Bottée , Capitaine au Régiment de la
Fere. A Paris , ruë S. Jacques et Quay de
Conty , chezJombert et chezTabarie , 1731.
in 12. de 514. pages , sans l'Epitre , la Préface , l'Avertissement , les figures et 23.
Planches gravées in 12.
MEMOIRE sur le sujet du Prix proposé
par l'Académie Royale des Sciences en
l'année 1729. touchant la meilleure Méthode d'observer sur Mer la déclinaison
de l'Eguille aimantée , ou la variation de
la Boussole. Par M. Meynier , Ingenieur
du Roy pour la Marine , cy- devant Professeur Royal d'Hydrographie, au Havre.
Nouvelle Edition. A Paris , chez Jacq.
Guerin , Quay des Augustins , 1732.
Ex.
944 MERCURE DE FRANCE
EXPLICATION du Livre de la Genese ,
où selon la Méthode des Peres , on s'attache à découvrir les Mysteres de J. C,
et les Regles des mœurs renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture. A Paris
ruë S. Jacques , chez Babuti , 1732.6. vol.
in 12.
EXPLICATION du Livre de Job , selon la
même Méthode. Chez le même 51732.
4. vol. in 12.
PERKIN , faux Duc d'York sous
Henry VII. Roy d'Angleterre. Nouvelle
Historique. Par le sieur la Paix de Lizan
cour. A Paris , Quay de Conty et Pon
S.Michel, chez Nyon ,fils, et Hardil 1732.
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Résumé : « ETUDES MILITAIRES. Premiere Partie, qui comprend le Plan general [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages publiés au début du XVIIIe siècle. 'Études Militaires', œuvre en deux parties de M. Bottée, capitaine au Régiment de la Fère, a été dédiée au roi et publiée à Paris en 1731 par Jombert et Tabarie. Elle compte 514 pages, des figures et 23 planches gravées. Le 'Mémoire sur le sujet du Prix proposé par l'Académie Royale des Sciences en 1729' de M. Meynier, ingénieur du roi pour la Marine et ancien professeur royal d'hydrographie au Havre, traite de la meilleure méthode pour observer en mer la déclinaison de l'aiguille aimantée. Cet ouvrage a été publié à Paris en 1732 par Jacq. Guerin. Le document mentionne également des explications des Livres de la Genèse et de Job, selon la méthode des Pères, visant à découvrir les mystères de Jésus-Christ et les règles des mœurs dans l'Écriture, publiés en 1732 par Babuti. Enfin, une 'Nouvelle Historique' sur Perkin, faux Duc d'York sous Henry VII, roi d'Angleterre, a été écrite par le sieur la Paix de Lizan et publiée en 1732 par Nyon, fils, et Hardil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3084
p. 1575-1576
AUTRE.
Début :
On me sent sans me voir ; je suis pourtant un corps, [...]
Mots clefs :
Vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
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3085
p. 109-110
LOGOGRYPHE.
Début :
Tous les matins je suis blanc de figure, [...]
Mots clefs :
Arlequin
3086
p. 2009-2010
ENIGME.
Début :
Je nâquis l'an mille trois cent, [...]
Mots clefs :
Poudre à canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E nâquis l'an mille trois cent ,
Et mon pere tout feul me donna la naiſſance ;
A l'exemple du Tout- Puiffant ,
D'une terre choiſie il forma ma ſubſtance .
Femelle ,
2010 MERCURE DE FRANCE.
Femelle , il me falloit de l'éclat , du brillant ;
Mon pere , homme de goût , me fit autre que blonde;
Enchanté de fon fruit , jaloux de tout le monde ,
Dès qu'il me vit formée , il me tint au Couvent ,
Y vécut avec moi fans craindre la cenfure ,
Mais bien-tôt laffe de mon fort ,
Qui n'offroit à mes yeux qu'un pere & fa tonſure ,
A ce Geolier je fçus donner la mort .
Du même coup , je crois , j'abattis quelques têtes ;
Quoiqu'il en foit , du Cloître je fortis.
Par mille traits mortels j'étendis mes conquêtes ;
La Pourpre, le Croiffant, l'Aigle , les Fleurs - de- Lys,
Sous ma protection je mis toute la Terre.
Veux-tu , Lecteur , juger de mon pouvoir ?
Des effets furprenans peuvent te faire voir
Que j'égale celui du Maître du Tonnerre.
N. * à V. **
E nâquis l'an mille trois cent ,
Et mon pere tout feul me donna la naiſſance ;
A l'exemple du Tout- Puiffant ,
D'une terre choiſie il forma ma ſubſtance .
Femelle ,
2010 MERCURE DE FRANCE.
Femelle , il me falloit de l'éclat , du brillant ;
Mon pere , homme de goût , me fit autre que blonde;
Enchanté de fon fruit , jaloux de tout le monde ,
Dès qu'il me vit formée , il me tint au Couvent ,
Y vécut avec moi fans craindre la cenfure ,
Mais bien-tôt laffe de mon fort ,
Qui n'offroit à mes yeux qu'un pere & fa tonſure ,
A ce Geolier je fçus donner la mort .
Du même coup , je crois , j'abattis quelques têtes ;
Quoiqu'il en foit , du Cloître je fortis.
Par mille traits mortels j'étendis mes conquêtes ;
La Pourpre, le Croiffant, l'Aigle , les Fleurs - de- Lys,
Sous ma protection je mis toute la Terre.
Veux-tu , Lecteur , juger de mon pouvoir ?
Des effets furprenans peuvent te faire voir
Que j'égale celui du Maître du Tonnerre.
N. * à V. **
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3087
p. 112-114
LES CLOCHES
Début :
Ton... tan... ton temps est passé, [...]
Mots clefs :
Cloches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES CLOCHES
LES CLOCHES
Ton.tan. ton temps
ejlpajjé,
Vieille coquette,
Ton tin ton timbre rf1
cassé
Vieille pendule tu repette,
a cinquante ans.
Le carillon de la clochette
Qui sonnoit l'heure d'tt.
mourette Dans , ton Printemps ,
Tu n'avois qu'à; tinter
&ta doucesonette at..
tiroitun Amant,
JMaisaprejents
Ton toxin, tintant,
Ne reveillepersonne,
Dis moi quand sur le
tendreton,
Ta grossi clochesonne,
Tententon,
Non non non ,
Si l'on tentent,
Ce n'ejl qu'auson,
De ton argentcomptant.
Ton.tan. ton temps
ejlpajjé,
Vieille coquette,
Ton tin ton timbre rf1
cassé
Vieille pendule tu repette,
a cinquante ans.
Le carillon de la clochette
Qui sonnoit l'heure d'tt.
mourette Dans , ton Printemps ,
Tu n'avois qu'à; tinter
&ta doucesonette at..
tiroitun Amant,
JMaisaprejents
Ton toxin, tintant,
Ne reveillepersonne,
Dis moi quand sur le
tendreton,
Ta grossi clochesonne,
Tententon,
Non non non ,
Si l'on tentent,
Ce n'ejl qu'auson,
De ton argentcomptant.
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3088
p. 95-97
LE LOGOGRYPHE. A Madame la Comtesse de B***
Début :
Lorsque jadis Oedipe dévoila [...]
Mots clefs :
Panneau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE LOGOGRYPHE. A Madame la Comtesse de B***
LE LOGOGRYPHE.
A Madame la Comteft de B * * Z
ILorsqueiadis Oedipe dévoila
€e que le Sphinx en mots énigmatiques
Vint proposer , s'il meritoit par là
D'être fait Roi des peuples Thebaniques,
Sage B *"* *> l'Oedipe de nos jours,
Qui voyez clair oû maint Sçavant tâtonne,.
jS'auriez-vous pas avec pareils secours
îlus de cent fois m«rité la Couronne ?
Bien assuré que votre oeil pénétrant
Aura dans peu dtYoilé mon mistere.- -
Evj Poli.
A Madame la Comteft de B * * Z
ILorsqueiadis Oedipe dévoila
€e que le Sphinx en mots énigmatiques
Vint proposer , s'il meritoit par là
D'être fait Roi des peuples Thebaniques,
Sage B *"* *> l'Oedipe de nos jours,
Qui voyez clair oû maint Sçavant tâtonne,.
jS'auriez-vous pas avec pareils secours
îlus de cent fois m«rité la Couronne ?
Bien assuré que votre oeil pénétrant
Aura dans peu dtYoilé mon mistere.- -
Evj Poli.
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3089
p. 100-102
Autre du même Auteur.
Début :
Je n'ay point de regret d'être sans . . . attelage, [...]
Mots clefs :
Chevaux, Vendange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre du même Auteur.
Autre du même Auteur.
Je n'aypoint de regretd'êtresans
attelage
Ni qu'un pauvre Artisan ait été
mon parain ;
Etje riauroispas moinsl'airtranquille
cf serein,
Jjhiand j'aurois comme un Autre)
unefemme volage:
Cesi elle qui se doit garantir du
pillage,
C'estpourleschevaux seulsqu'on
inventa le frein,
Pourrois-je la reduire à changer de
refrain,
J>)uand elle veut courrir de feuil- lageen feüillage.
Je mangerois de l'herbe en tout
tems brin à brin,
Au lieu de beaux cheveux je porterois
du crin,
Etdussai-je êtresourd à nepouvoir
en tendre;
Pourvu que la vendange aille toûjoursson
train,
Et que je puisse boire à segal d'un
marin,
Des malheurs d'ici bas nul ne me
peut surprendre.
Je n'aypoint de regretd'êtresans
attelage
Ni qu'un pauvre Artisan ait été
mon parain ;
Etje riauroispas moinsl'airtranquille
cf serein,
Jjhiand j'aurois comme un Autre)
unefemme volage:
Cesi elle qui se doit garantir du
pillage,
C'estpourleschevaux seulsqu'on
inventa le frein,
Pourrois-je la reduire à changer de
refrain,
J>)uand elle veut courrir de feuil- lageen feüillage.
Je mangerois de l'herbe en tout
tems brin à brin,
Au lieu de beaux cheveux je porterois
du crin,
Etdussai-je êtresourd à nepouvoir
en tendre;
Pourvu que la vendange aille toûjoursson
train,
Et que je puisse boire à segal d'un
marin,
Des malheurs d'ici bas nul ne me
peut surprendre.
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3090
p. 1991-1993
Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
Début :
DICTIONNAIRE ECONOMIQUE, contenant divers moyens d'augmenter son bien, [...]
Mots clefs :
Dictionnaire économique, Moyens, Augmenter
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texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
DICTIONNAIRE ECONOMIQUE conte
nant divers moyens d'augmenter son bien
et de conserver sa santé , avec plusieurs
Remedes assurez et approuvez pour un
très-grand nombre de maladies , et de
beaux secrets pour parvenir à une lonE、 vj que
1992 MERCURE DE FRANCE
>
gue et heureuse vieillesse. Quantité de
moyens pour élever , nourrir , guerir et
faire profiter toutes sortes d'Animaux domestiques , comme Brebis , Moutons
Boeufs , Chevaux , Mulets , Abeilles et
Vers à Soye. Differen filets pour la Pêche,
de toutes sortes de Poissons et pour la
Chasse de toutes sortes d'Oiseaux et d'Animaux. Une infinité de secrets découverts dans le Jardinage , la Botanique ,
l'Agriculture , les Terres , les Vigne , les
Arbres ; comme aussi la connoissance des
Plantes des Pay Etrangers et leurs qualit z specifiques. Les moy ns de tirer tout
l'avantage des Fabriques de Savon , d'Amidon , filer le Coron , de faire à peu
de frais des Pierreries artificielles , fort
ressemblantes aux na urelles ; de peindre
en Miniature sans sçavoir le De sein , et
travailler Bayettes ou Eroffes établies nouvellement en ce Royaume , pour l'usage
de ce Pays et pour l'Espagne. Les moyens
dont se servent les Marchands pour faire
de gros établissemens ; ceux par lesquels
les Anglois et les Hollandois se sont enrichis , en trafiquant des Chevaux , des
Chevres et des Brebis. Tout ce que doi
vent faire les Artisans , Jardiniers , Vignerons , Marchands , Négocians , Banquiers , Commissionnaires , Magistrats ,
•
Officiers
SEPTEMBRE. 1732 1993
Officiers de Justice , Gentilshommes et
autres d'une qualité ou d'un emploi plus
relevé , pour s'enrichir. Chacun pourra
se convaincre de toutes ces veritez en
cherchant ce qui peut lui convenir , chaque chose étant rangée par ordre alphabetique , comme dans les autres Dictionnaires. Par M. Nel Chomel¸ Prêtre , Curé
de la Paroisse de S. Vincent de Lyon.
Troisiéme Edition , revûë , corrigée et
augmenté d'un très-grand nombre de
nouvelles Découvertes et Secrets utiles
à tout le monde. Par M Danjou , Prêtre ,
enrichie d'un grand nombre de figures.
A Lyon , et se vend à Paris , ruë S Jacques , chez Etienne Gineau , et ch z la
veuve Elienne. 2. vol. in folio . Prix 40.
livres relié.
nant divers moyens d'augmenter son bien
et de conserver sa santé , avec plusieurs
Remedes assurez et approuvez pour un
très-grand nombre de maladies , et de
beaux secrets pour parvenir à une lonE、 vj que
1992 MERCURE DE FRANCE
>
gue et heureuse vieillesse. Quantité de
moyens pour élever , nourrir , guerir et
faire profiter toutes sortes d'Animaux domestiques , comme Brebis , Moutons
Boeufs , Chevaux , Mulets , Abeilles et
Vers à Soye. Differen filets pour la Pêche,
de toutes sortes de Poissons et pour la
Chasse de toutes sortes d'Oiseaux et d'Animaux. Une infinité de secrets découverts dans le Jardinage , la Botanique ,
l'Agriculture , les Terres , les Vigne , les
Arbres ; comme aussi la connoissance des
Plantes des Pay Etrangers et leurs qualit z specifiques. Les moy ns de tirer tout
l'avantage des Fabriques de Savon , d'Amidon , filer le Coron , de faire à peu
de frais des Pierreries artificielles , fort
ressemblantes aux na urelles ; de peindre
en Miniature sans sçavoir le De sein , et
travailler Bayettes ou Eroffes établies nouvellement en ce Royaume , pour l'usage
de ce Pays et pour l'Espagne. Les moyens
dont se servent les Marchands pour faire
de gros établissemens ; ceux par lesquels
les Anglois et les Hollandois se sont enrichis , en trafiquant des Chevaux , des
Chevres et des Brebis. Tout ce que doi
vent faire les Artisans , Jardiniers , Vignerons , Marchands , Négocians , Banquiers , Commissionnaires , Magistrats ,
•
Officiers
SEPTEMBRE. 1732 1993
Officiers de Justice , Gentilshommes et
autres d'une qualité ou d'un emploi plus
relevé , pour s'enrichir. Chacun pourra
se convaincre de toutes ces veritez en
cherchant ce qui peut lui convenir , chaque chose étant rangée par ordre alphabetique , comme dans les autres Dictionnaires. Par M. Nel Chomel¸ Prêtre , Curé
de la Paroisse de S. Vincent de Lyon.
Troisiéme Edition , revûë , corrigée et
augmenté d'un très-grand nombre de
nouvelles Découvertes et Secrets utiles
à tout le monde. Par M Danjou , Prêtre ,
enrichie d'un grand nombre de figures.
A Lyon , et se vend à Paris , ruë S Jacques , chez Etienne Gineau , et ch z la
veuve Elienne. 2. vol. in folio . Prix 40.
livres relié.
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Résumé : Dictionnaire Economique, &c. [titre d'après la table]
Le texte décrit un dictionnaire économique intitulé 'Dictionnaire économique contenant divers moyens d'augmenter son bien et de conserver sa santé'. Cet ouvrage propose des remèdes pour traiter diverses maladies et des conseils pour une vieillesse longue et heureuse. Il inclut des méthodes pour élever, nourrir et soigner des animaux domestiques comme les brebis, moutons, bœufs, chevaux, mulets, abeilles et vers à soie. Le dictionnaire offre également des techniques de pêche et de chasse pour différentes espèces de poissons, oiseaux et animaux. Il explore les secrets du jardinage, de la botanique, de l'agriculture et les connaissances sur les plantes étrangères. Le texte mentionne des moyens de profit dans diverses fabriques, comme celles de savon, d'amidon, de filer le corail, de créer des pierreries artificielles, de peindre en miniature et de travailler des étoffes. Il détaille les stratégies des marchands et les méthodes des Anglais et Hollandais pour s'enrichir en trafiquant des animaux. Le dictionnaire s'adresse à divers professionnels, y compris artisans, jardiniers, vignerons, marchands, négociants, banquiers, magistrats, officiers de justice, gentilshommes et autres personnes de qualité. L'ouvrage est rédigé par M. Nel Chomel, prêtre et curé de la paroisse de Saint-Vincent de Lyon, et enrichi par M. Danjou, prêtre. La troisième édition, revue, corrigée et augmentée, est disponible en deux volumes in-folio au prix de 40 livres reliés.
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3091
p. 749-752
« NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
Début :
NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
NOUVELLE METHODE très - courte
& très-facile pour apprendre aux Enfans,
les premiers Principes de la Langue Latine
& de la Poëfie . A Paris , rue S. Jacques
, chez R. M. d'Espilly , in- 12 . de
261. pages. (
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire.
dc
750 MERCURE DE FRANCE
de France & de Bourgogne , contenant
un Journal de Paris fous les Regnes de
Charles VI. & de Charles VII . l'hiſtoire
du meurtre de Jean fans peur , Duc de
Bourgogne , avec les preuves &c. A Paris
, Quai de Conti & ruë S. Jacques , chez
Gandouin & chez Giffart 1729. 2. vol . in-
4. de plus de 800. pages les deux.
EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation
ordinaire aux femmes , où l'on
examine les Phénomenes , les retours , les
vices & la Méthode curative qui la concernent
, felon les loix de la Mechanique,
écrit en Anglois par M. Freind , & traduit
par M. de Vaux , Maître Chirurgien Juré
à Paris , & ancien Prevoft de fa Communauté.
Rue S. Jacques , chez Jacques Clouzier
1730. in- 12.
DISCOURS CRITIQUE fur la Tragédie
Françoife & fur l'habillement des
Acteurs , contenant quelques Remarques
particulieres fur la Tragédie Italienne ,
traduit de l'Italien , par M *** Ruë S.
Severin , chez Jacques Chardon 1730. bro--
chure in- 12.
LES CHARMES DE LA SOCIETE
DU CHRETIEN. Rue S. Jacques , chez
Jacques Etienne 1730. in- 12,
VOYA
AVRIL. 1730. 751
VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie
de Jefus, en Turquie , en Perfe, en
Armenie , en Arabie & en Barbarie. A
Paris , rue S. Severin , chez Jacques Vinsent
1730. in- 12, de 647. pages.
REFLEXIONS CRITIQUES fur le
Traité de l'ufage , des differentes faignées
principalement de celle du pied , en
forme de Lettres. A Paris , Quai des Auguftins
, chez Rollin , pere 1730, in- 12 , de
500. pages.
DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE
COMMERCE , contenant tout ce qui
concerne le Commerce qui fe fait dans
les quatre Parties du Monde , par Terre ,
par Mer , de proche en proche , & par
des voyages de long cours , tant en gros
qu'en détail &c. Tome III . pour fervir
de Supplement aux deux premiers Volumes
, compofé en partie fur les Mémoi-'
res de feu S. Jacques Savary des Bruflons
&c. & perfectionné par M. Philemon-
Louis Savary , Chanoine de l'Eglife Royale
de S. Maur des Foffez , fon frere. A Pa
ris , rue S. Jacques , chez Jacques Etienne
1730. in-folio..
CONFERENCE DE LA FABLE AVEC
L'HISTOIRE SAINTE , où l'on voit'
que
752 MERCURE DE FRANCE
que les grandes Fables , le culte & les mi-
Ateres du Paganiſme ne font que
des copies
alterées des Hiftoires , des Ufages &
des Traditions des Hebreux . Par M. de
Lavaur , Quai des Auguftins , chez André
Caillean 1730. 2. Vol. in- 12.
DESCRIPTION DE LA VILLE DE
LISBONNE , où l'on traite de la Cour ,
de la Langue Portugaiſe & des moeurs des
Habitans , du Gouvernement , des Revenus
du Roi & des Forces par Mer & par
Terre , des Colonies Portugaifes & du
Commerce de cette Capitale . Quay de
Gêvres , chez P, Prault 1730, in - 12,
SERMONS CHOISIS fur les Mifteres ,
la verité de la Religion , differens fujets
de la Morale Chrétienne &c. Ruë S.
Jacques , chez Mercier, pere , & N. Lottin
1730. in 12. Le fecond Vol. paroîtra
dans peu.
& très-facile pour apprendre aux Enfans,
les premiers Principes de la Langue Latine
& de la Poëfie . A Paris , rue S. Jacques
, chez R. M. d'Espilly , in- 12 . de
261. pages. (
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire.
dc
750 MERCURE DE FRANCE
de France & de Bourgogne , contenant
un Journal de Paris fous les Regnes de
Charles VI. & de Charles VII . l'hiſtoire
du meurtre de Jean fans peur , Duc de
Bourgogne , avec les preuves &c. A Paris
, Quai de Conti & ruë S. Jacques , chez
Gandouin & chez Giffart 1729. 2. vol . in-
4. de plus de 800. pages les deux.
EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation
ordinaire aux femmes , où l'on
examine les Phénomenes , les retours , les
vices & la Méthode curative qui la concernent
, felon les loix de la Mechanique,
écrit en Anglois par M. Freind , & traduit
par M. de Vaux , Maître Chirurgien Juré
à Paris , & ancien Prevoft de fa Communauté.
Rue S. Jacques , chez Jacques Clouzier
1730. in- 12.
DISCOURS CRITIQUE fur la Tragédie
Françoife & fur l'habillement des
Acteurs , contenant quelques Remarques
particulieres fur la Tragédie Italienne ,
traduit de l'Italien , par M *** Ruë S.
Severin , chez Jacques Chardon 1730. bro--
chure in- 12.
LES CHARMES DE LA SOCIETE
DU CHRETIEN. Rue S. Jacques , chez
Jacques Etienne 1730. in- 12,
VOYA
AVRIL. 1730. 751
VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie
de Jefus, en Turquie , en Perfe, en
Armenie , en Arabie & en Barbarie. A
Paris , rue S. Severin , chez Jacques Vinsent
1730. in- 12, de 647. pages.
REFLEXIONS CRITIQUES fur le
Traité de l'ufage , des differentes faignées
principalement de celle du pied , en
forme de Lettres. A Paris , Quai des Auguftins
, chez Rollin , pere 1730, in- 12 , de
500. pages.
DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE
COMMERCE , contenant tout ce qui
concerne le Commerce qui fe fait dans
les quatre Parties du Monde , par Terre ,
par Mer , de proche en proche , & par
des voyages de long cours , tant en gros
qu'en détail &c. Tome III . pour fervir
de Supplement aux deux premiers Volumes
, compofé en partie fur les Mémoi-'
res de feu S. Jacques Savary des Bruflons
&c. & perfectionné par M. Philemon-
Louis Savary , Chanoine de l'Eglife Royale
de S. Maur des Foffez , fon frere. A Pa
ris , rue S. Jacques , chez Jacques Etienne
1730. in-folio..
CONFERENCE DE LA FABLE AVEC
L'HISTOIRE SAINTE , où l'on voit'
que
752 MERCURE DE FRANCE
que les grandes Fables , le culte & les mi-
Ateres du Paganiſme ne font que
des copies
alterées des Hiftoires , des Ufages &
des Traditions des Hebreux . Par M. de
Lavaur , Quai des Auguftins , chez André
Caillean 1730. 2. Vol. in- 12.
DESCRIPTION DE LA VILLE DE
LISBONNE , où l'on traite de la Cour ,
de la Langue Portugaiſe & des moeurs des
Habitans , du Gouvernement , des Revenus
du Roi & des Forces par Mer & par
Terre , des Colonies Portugaifes & du
Commerce de cette Capitale . Quay de
Gêvres , chez P, Prault 1730, in - 12,
SERMONS CHOISIS fur les Mifteres ,
la verité de la Religion , differens fujets
de la Morale Chrétienne &c. Ruë S.
Jacques , chez Mercier, pere , & N. Lottin
1730. in 12. Le fecond Vol. paroîtra
dans peu.
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Résumé : « NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfans [...] »
En 1730 à Paris, plusieurs publications notables ont été éditées. Parmi elles, des ouvrages éducatifs comme 'NOUVELLE METHODE très-courte & très-facile pour apprendre aux Enfants les premiers Principes de la Langue Latine & de la Poëfie' par R. M. d'Espilly. Les 'MEMOIRES pour servir à l'Hiftoire de France & de Bourgogne' couvrent les règnes de Charles VI et Charles VII, ainsi que l'histoire du meurtre de Jean sans Peur, Duc de Bourgogne, et sont édités par Gandouin et Giffart. 'EMMENOLOGIE Ou Traité de l'évacuation ordinaire aux femmes' est un ouvrage médical traduit par M. de Vaux. Le 'DISCOURS CRITIQUE sur la Tragédie Françoise & sur l'habillement des Acteurs' est une traduction anonyme d'un texte italien. D'autres publications incluent 'LES CHARMES DE LA SOCIETE DU CHRETIEN', 'VOYAGE d'un Miffionnaire de la Compagnie de Jefus' en Turquie, Perse, Arménie, Arabie et Barbarie, et 'REFLEXIONS CRITIQUES sur le Traité de l'ufage des différentes faignées'. Le 'DICTIONNAIRE UNIVERSEL DE COMMERCE' est un supplément compilé par Philemon-Louis Savary. 'CONFERENCE DE LA FABLE AVEC L'HISTOIRE SAINTE' de M. de Lavaur compare les fables païennes aux histoires hébraïques. Enfin, 'DESCRIPTION DE LA VILLE DE LISBONNE' traite de la cour portugaise, de la langue, des mœurs, du gouvernement et du commerce. Le texte mentionne également des 'SERMONS CHOISIS' sur divers sujets de morale chrétienne.
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3092
p. 111-115
Essai de littérature, [titre d'après la table]
Début :
Essais de litterature par M. Leonard à Londres, & se trouve à Paris chez Des [...]
Mots clefs :
Atis, Zila, Homme, Oiseau, Nicolas-Germain Léonard, Carrière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essai de littérature, [titre d'après la table]
Effais de litterature par M. Leonard à Londres
, & fe trouve à Paris chez Des
Vente de la Doué , libraire , rue Saint
112 MERCURE DE FRANCE.
Jacques, vis- à vis le Collège de Louisle
Grand , in 8 ° , 132 pages.
Ces effais font compofés d'épîtres philofophiques
, d'idiles , de poëmes & de
difcours. Il n'y a d'ouvrages en profe dans
ce recueil , qu'un morceau intitulé les
orages & Rofette , un roman paftoral .
M. Leonard a lu avec foin les ouvrages
de M. Rouffeau , & n'a prefque fait que
mettre en vers fes idées . C'eſt ainfi qu'il
s'adreſſe à un homme dégoûté de la vie ,
& afpirant au repos de la mort.
Jeune homme , il te fied bien de fonger au repos
Pour jouir de ce droit n'as - tu plus rien à faire ?
L'athlète fe repofe au bout de la carriere ,
Et peut aller cueillir le fruit de les travaux ;
Devant l'être vengeur paroîtras-tu fans honte ?
Obferve le préfent , rapproche le paffé.
Qu'as-tu fait dans le pofte où fon choix t'a placé ?
De quelle oeuvre aujourd'hui peux - tu lui rendre
compte ?
Tu crois avoir vecu quand tu prends ton eflor !
Diffipe le fommeil dont la vapeur t'enivre ;
Ami , c'eſt en vivant que l'homme apprend à
vivre.
Regarde autour de toi , ne vois - tu pas encor
Des devoirs à remplir , des modèles à fuivre.
Quede noeuds au bonheur t'attacheront un jour ,
SEPTEMBRE. 1769. 113
Quand , digne d'être époux & pere ,
Tu te reproduiras dans les fruits de l'amour;
Quand , fur l'aile de l'âge emporté fans retour ,
Tu verras tes enfans entrer dans la carriere ,
Et, rivaux de ta gloire , y briller à leurtour !
Il y a beaucoup de facilité dans ces
poëlies . Nous citerons encore une petite
idile où il y a des graces , da fentiment
& de la délicateffe.
Unjour à la bergere , Atis porte un oiſeau ;
Je l'ai pris , lui dit- il , fous le prochain berceau :
J'étois caché fous le feuillage ,
Et je tenois à tous ce gracieux langage.
Venez , c'eſt à Zila que je veux vous offrir.
Eft - il quelqu'un de vous qui veuille être farouche
?
Petits oifeaux , combien elle va vous chérir !
Vous aurez tous les jours des baifers de fa bouche:
Vous ferez nourris de fa main ,
Vous ferez admis dans fa couche
Et vous dormirez fur fon fein.
J'ignore fi ma voix a fçu le faire entendre ;
Mais celui - ci s'eft laiffé prendre :
On eut dit que , charmé d'un auffi beau deſtin ,
Il fe prêtoit à mon deffein
Tant il fembloit peu fe défendre.
114 MERCURE DE FRANCE.
ZILA.
Bel oifeau , tu veux donc habiter pármi nous .
Ah , demeure je t'en conjure ;
Nous t'offrirons une onde , auffi fraîche , auffi
pure
Que l'onde qui s'échappe à travers les cailloux.
Des grains , des fleurs , de la verdure ,
Tous les plaifirs enfin qui flatteront tes goûts.
En lui parlant ainfi , Zila , fur fon plumage
Glifloit légerement la main :
L'oifeau battoit de l'aîle , & de fon eſclavage
Tentoit de rompre le lien.
•
Zila foupire : hélas ! s'il avoit une amie.
Dit-elle , fans aimer peut-on paller ſa vie ?
Comme nous , n'a - t- il pas un coeur ?
:
Quand tu l'as pris , peut-être en ce moment d'horreur
,
Il venoit de quitter cette moitié chérie ;
Encor rempli de fon bonheur ,
Aveugle & fourd à tout le refte ,
Il couroit au piége funefte
Sans en reconnoître l'erreur ;
Sa compagne l'attend fans doute :
Pour elle quel chagrin amer !
Ah ! mon bien-aimé , qu'il en coûte
Deperdre pourjamais ce qu'on a de plus cher !
Pour un moment , tous deux , mettons nous à la
place.
SEPTEMBRE. 1769. 115
Si l'on vouloit un jour me féparer de toi ,
Atis , quelle affreule diſgrace !
A cet infortuné laiflons prendre l'effor.
Que nous ferons benis ! quels tranfports , quelle
fête ,
Quand le couple amoureux va fe revoir encor!
Atis , que de plaifirs ce retour leur apprête !
Bel oifeau , je te rends à tes premiers liens ;
Pars , tu diras à ton amie ,
Qu'enchaîné , comme toi , fous une loi chérie ,
En faveur de les feux , Atis fit grace aux tiens .
, & fe trouve à Paris chez Des
Vente de la Doué , libraire , rue Saint
112 MERCURE DE FRANCE.
Jacques, vis- à vis le Collège de Louisle
Grand , in 8 ° , 132 pages.
Ces effais font compofés d'épîtres philofophiques
, d'idiles , de poëmes & de
difcours. Il n'y a d'ouvrages en profe dans
ce recueil , qu'un morceau intitulé les
orages & Rofette , un roman paftoral .
M. Leonard a lu avec foin les ouvrages
de M. Rouffeau , & n'a prefque fait que
mettre en vers fes idées . C'eſt ainfi qu'il
s'adreſſe à un homme dégoûté de la vie ,
& afpirant au repos de la mort.
Jeune homme , il te fied bien de fonger au repos
Pour jouir de ce droit n'as - tu plus rien à faire ?
L'athlète fe repofe au bout de la carriere ,
Et peut aller cueillir le fruit de les travaux ;
Devant l'être vengeur paroîtras-tu fans honte ?
Obferve le préfent , rapproche le paffé.
Qu'as-tu fait dans le pofte où fon choix t'a placé ?
De quelle oeuvre aujourd'hui peux - tu lui rendre
compte ?
Tu crois avoir vecu quand tu prends ton eflor !
Diffipe le fommeil dont la vapeur t'enivre ;
Ami , c'eſt en vivant que l'homme apprend à
vivre.
Regarde autour de toi , ne vois - tu pas encor
Des devoirs à remplir , des modèles à fuivre.
Quede noeuds au bonheur t'attacheront un jour ,
SEPTEMBRE. 1769. 113
Quand , digne d'être époux & pere ,
Tu te reproduiras dans les fruits de l'amour;
Quand , fur l'aile de l'âge emporté fans retour ,
Tu verras tes enfans entrer dans la carriere ,
Et, rivaux de ta gloire , y briller à leurtour !
Il y a beaucoup de facilité dans ces
poëlies . Nous citerons encore une petite
idile où il y a des graces , da fentiment
& de la délicateffe.
Unjour à la bergere , Atis porte un oiſeau ;
Je l'ai pris , lui dit- il , fous le prochain berceau :
J'étois caché fous le feuillage ,
Et je tenois à tous ce gracieux langage.
Venez , c'eſt à Zila que je veux vous offrir.
Eft - il quelqu'un de vous qui veuille être farouche
?
Petits oifeaux , combien elle va vous chérir !
Vous aurez tous les jours des baifers de fa bouche:
Vous ferez nourris de fa main ,
Vous ferez admis dans fa couche
Et vous dormirez fur fon fein.
J'ignore fi ma voix a fçu le faire entendre ;
Mais celui - ci s'eft laiffé prendre :
On eut dit que , charmé d'un auffi beau deſtin ,
Il fe prêtoit à mon deffein
Tant il fembloit peu fe défendre.
114 MERCURE DE FRANCE.
ZILA.
Bel oifeau , tu veux donc habiter pármi nous .
Ah , demeure je t'en conjure ;
Nous t'offrirons une onde , auffi fraîche , auffi
pure
Que l'onde qui s'échappe à travers les cailloux.
Des grains , des fleurs , de la verdure ,
Tous les plaifirs enfin qui flatteront tes goûts.
En lui parlant ainfi , Zila , fur fon plumage
Glifloit légerement la main :
L'oifeau battoit de l'aîle , & de fon eſclavage
Tentoit de rompre le lien.
•
Zila foupire : hélas ! s'il avoit une amie.
Dit-elle , fans aimer peut-on paller ſa vie ?
Comme nous , n'a - t- il pas un coeur ?
:
Quand tu l'as pris , peut-être en ce moment d'horreur
,
Il venoit de quitter cette moitié chérie ;
Encor rempli de fon bonheur ,
Aveugle & fourd à tout le refte ,
Il couroit au piége funefte
Sans en reconnoître l'erreur ;
Sa compagne l'attend fans doute :
Pour elle quel chagrin amer !
Ah ! mon bien-aimé , qu'il en coûte
Deperdre pourjamais ce qu'on a de plus cher !
Pour un moment , tous deux , mettons nous à la
place.
SEPTEMBRE. 1769. 115
Si l'on vouloit un jour me féparer de toi ,
Atis , quelle affreule diſgrace !
A cet infortuné laiflons prendre l'effor.
Que nous ferons benis ! quels tranfports , quelle
fête ,
Quand le couple amoureux va fe revoir encor!
Atis , que de plaifirs ce retour leur apprête !
Bel oifeau , je te rends à tes premiers liens ;
Pars , tu diras à ton amie ,
Qu'enchaîné , comme toi , fous une loi chérie ,
En faveur de les feux , Atis fit grace aux tiens .
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Résumé : Essai de littérature, [titre d'après la table]
Le texte décrit une œuvre littéraire de M. Leonard, publiée à Londres et disponible à Paris chez Des Vente de la Doué. Intitulé 'Mercure de France', ce recueil comprend divers genres littéraires tels que des épîtres philosophiques, des idylles, des poèmes et des discours. Il inclut également un roman pastoral en prose nommé 'Les orages & Rosette'. M. Leonard s'est inspiré des œuvres de M. Rousseau, notamment pour une épître destinée à un homme désillusionné par la vie et désirant la tranquillité de la mort. Cette épître incite le jeune homme à méditer sur ses actions passées et à poursuivre sa vie avec vigueur. Le recueil contient aussi une idylle intitulée 'Zila', où Atis offre un oiseau à Zila. Cette idylle aborde les thèmes de l'amour et de la liberté à travers le dialogue entre Zila et l'oiseau, qui aspire à retrouver son compagnon.
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3093
p. 111-115
Dignité de Prevost de S. Paul de Liege, conferée à Mr le Comte de Berlo, Evêque de Namur, [titre d'après la table]
Début :
Le Chapitre de Lieges a conferé la dignité de Prevost de S. Paul [...]
Mots clefs :
Dignité, Prévôt de Saint Paul, Comte de Berlo, Evêque de Namur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dignité de Prevost de S. Paul de Liege, conferée à Mr le Comte de Berlo, Evêque de Namur, [titre d'après la table]
Le Chapitre de Liege a conferé la dignité de Prevoft de S.
Paul à M' le Comte de Berlo , Evêque de Namur. Elle
vacquoit par la promotion de
M' le Baron de Selis à la dignité
de grand Doyen de Liege. Ce
Comte eft d'une tres - grande
Maifon originaire des Paysbas , où elle eſtoit déja connuë
dans le temps que cette Prinsipauté avoit fes Souverains
particuliers. Ce Prelat eftoit
proche parent de Mr le Prince
de Wirtemberg Colonel d'un
112 MERCURE
Regiment Suedois , & couſin
du Roy de Suede ; & qui vient
de mourir à Dubno d'une fiévre chaude , âgé feulement de
vingt ans . La Maiſon de Berlo
eft auffi alliée à celles de Rupelmonde, de Spinola , de Horne,
de Waffanaert , & de Brandebourg Bergopzom . Elle a donné à l'Empire plufieurs Generaux d'Armée , de grands & fameux Capitaines , & d'habiles
Miniftres aux Empereurs d'Allemagne. Elle a auffi donné à
l'Eglife d'excellens fujets , des
Evêques & d'habiles & zelez
défenfeurs de la veritable Reli-
GALANT 113
gion. Ce fut par les vives follicitations de l'un d'eux que les
Peres Crombach &Papebroch
Jefuites , entreprirent la belle
Differtation fur le tranfport
qu'ils prétendent avoir efté fait
des corps de S. Gervais & de
S. Prothais, de Milan à Brifack.
C'eſt à Mr de Berlo , qui vient
d'eftre élu grand Doyen de
Liege , qu'on eft redevable de
plufieurs ouvrages qui n'auroient jamais vûle jour s'il n'avoit encouragé les Auteurs par
fes bienfaits. Il a engagé depuis peu Mr Nilant fçavant Hollandois , a publier
Mars 1710. K
114 MERCURE
fon Recueil de Fables en Profe,
qui a eu un fort grand fuccés ,
& il y a beaucoup d'autres ouvrages d'une grande utilité
pour les Sçavans , defquels
nous aurons l'unique obligation à ce Prelat zelé pour la
perfection des Sciences , lorfqu'ils paroîtront. Mr de Berlo
fut nommé à l'Evêché de Namur par le feu Roy d'Eſpagne
Charles II. qui avoit marqué
pour luy en differentes occafions une tres- grande confideration , la conduite de ce Prelat pendant fon fejour à la
Cour d'Efpagne & avant qu'il
GALANY 115
fut élevé à l'Epiſcopat luy
ayant toûjours attiré beaucoup
d'eftime. Il eft grand Theologien , & fur tout verfé dans la
connoiffance des Langues.
Paul à M' le Comte de Berlo , Evêque de Namur. Elle
vacquoit par la promotion de
M' le Baron de Selis à la dignité
de grand Doyen de Liege. Ce
Comte eft d'une tres - grande
Maifon originaire des Paysbas , où elle eſtoit déja connuë
dans le temps que cette Prinsipauté avoit fes Souverains
particuliers. Ce Prelat eftoit
proche parent de Mr le Prince
de Wirtemberg Colonel d'un
112 MERCURE
Regiment Suedois , & couſin
du Roy de Suede ; & qui vient
de mourir à Dubno d'une fiévre chaude , âgé feulement de
vingt ans . La Maiſon de Berlo
eft auffi alliée à celles de Rupelmonde, de Spinola , de Horne,
de Waffanaert , & de Brandebourg Bergopzom . Elle a donné à l'Empire plufieurs Generaux d'Armée , de grands & fameux Capitaines , & d'habiles
Miniftres aux Empereurs d'Allemagne. Elle a auffi donné à
l'Eglife d'excellens fujets , des
Evêques & d'habiles & zelez
défenfeurs de la veritable Reli-
GALANT 113
gion. Ce fut par les vives follicitations de l'un d'eux que les
Peres Crombach &Papebroch
Jefuites , entreprirent la belle
Differtation fur le tranfport
qu'ils prétendent avoir efté fait
des corps de S. Gervais & de
S. Prothais, de Milan à Brifack.
C'eſt à Mr de Berlo , qui vient
d'eftre élu grand Doyen de
Liege , qu'on eft redevable de
plufieurs ouvrages qui n'auroient jamais vûle jour s'il n'avoit encouragé les Auteurs par
fes bienfaits. Il a engagé depuis peu Mr Nilant fçavant Hollandois , a publier
Mars 1710. K
114 MERCURE
fon Recueil de Fables en Profe,
qui a eu un fort grand fuccés ,
& il y a beaucoup d'autres ouvrages d'une grande utilité
pour les Sçavans , defquels
nous aurons l'unique obligation à ce Prelat zelé pour la
perfection des Sciences , lorfqu'ils paroîtront. Mr de Berlo
fut nommé à l'Evêché de Namur par le feu Roy d'Eſpagne
Charles II. qui avoit marqué
pour luy en differentes occafions une tres- grande confideration , la conduite de ce Prelat pendant fon fejour à la
Cour d'Efpagne & avant qu'il
GALANY 115
fut élevé à l'Epiſcopat luy
ayant toûjours attiré beaucoup
d'eftime. Il eft grand Theologien , & fur tout verfé dans la
connoiffance des Langues.
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Résumé : Dignité de Prevost de S. Paul de Liege, conferée à Mr le Comte de Berlo, Evêque de Namur, [titre d'après la table]
Le Chapitre de Liège a nommé le Comte de Berlo, Évêque de Namur, à la dignité de Prévôt de Saint-Paul. Cette nomination a suivi celle du Baron de Selis au poste de grand Doyen de Liège. Le Comte de Berlo appartient à une famille illustre des Pays-Bas, connue pour ses souverains historiques. Il est proche parent du Prince de Wurtemberg et cousin du Roi de Suède, récemment décédé. La Maison de Berlo est alliée à plusieurs familles nobles et a fourni à l'Empire des généraux, capitaines et ministres. Elle a également offert à l'Église des évêques et défenseurs de la religion. Le Comte de Berlo a encouragé les Pères Crombach et Papenbroch à écrire sur le transport des corps de Saint Gervais et Saint Prothais. Il est responsable de la publication du recueil de fables en prose de Mr Nilant. Nommé à l'Évêché de Namur par le défunt Roi d'Espagne Charles II, il est reconnu pour ses compétences en théologie et en langues.
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3094
p. 112-116
CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
Début :
Je viens des lointains climats [...]
Mots clefs :
Chanson, Étrennes, Comtesse, Amour, Aventure, Prédiction, Feu, Compliment, Entretien, Attraits
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
CHANSON
en étrennes.
ParM.D.L.T.
Avec un petit Mored'argent émaillé
de noir.
eA Madame la Comtesse de. J E viens des lointains
climats
Exprés
, je vous jure,
Pour m'attacher à vos
pas)
Ne me refusezdoncpas
La bonne avanture au
gué, La
La bonne avanture.
Si l'ardentflambeau des
ceux
Noircit ma figure J'aimeroismafy m, ieux
Brûler aufeu de 'Vos
yeux.
La bonne avanture, eSc.
D'un équipage brillant
Jefais la parure;
Jefais bien un compliment,
Etjedisfortjoliment:
La bonne arvanture9 Çfc,
Jde'hvouus pir,édis aujour- Prédiction el sure
Que maint , amoureux
transi
Vous diratout cetan-ci,
La bonne avanture, &c.
Je ne vous couterai rien
Pour la nourriture, Vous voir est l'unique
bien
Qu'ilfaut pourmon entretien.
La bonne avanture, Çfc.
CheZnous onfaitde vos
traits
La blanchepeinture
Je viens pour voir de - plusprés
Si blancvaut noir en attraits.
Labonneavnnture, &c.
Un blanc amant roÕilJ
vientvoir
J'en fesie ) ÇbdngeZ donc du^tanc
au noir,
Si de moy voulez,avoir
La bonne avanture au
gué,
La bonne avanture.-
en étrennes.
ParM.D.L.T.
Avec un petit Mored'argent émaillé
de noir.
eA Madame la Comtesse de. J E viens des lointains
climats
Exprés
, je vous jure,
Pour m'attacher à vos
pas)
Ne me refusezdoncpas
La bonne avanture au
gué, La
La bonne avanture.
Si l'ardentflambeau des
ceux
Noircit ma figure J'aimeroismafy m, ieux
Brûler aufeu de 'Vos
yeux.
La bonne avanture, eSc.
D'un équipage brillant
Jefais la parure;
Jefais bien un compliment,
Etjedisfortjoliment:
La bonne arvanture9 Çfc,
Jde'hvouus pir,édis aujour- Prédiction el sure
Que maint , amoureux
transi
Vous diratout cetan-ci,
La bonne avanture, &c.
Je ne vous couterai rien
Pour la nourriture, Vous voir est l'unique
bien
Qu'ilfaut pourmon entretien.
La bonne avanture, Çfc.
CheZnous onfaitde vos
traits
La blanchepeinture
Je viens pour voir de - plusprés
Si blancvaut noir en attraits.
Labonneavnnture, &c.
Un blanc amant roÕilJ
vientvoir
J'en fesie ) ÇbdngeZ donc du^tanc
au noir,
Si de moy voulez,avoir
La bonne avanture au
gué,
La bonne avanture.-
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Résumé : CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
La chanson 'En étrennes' est dédiée à Madame la Comtesse de J. L'auteur, M.D.L.T., offre un petit Mored'argent émaillé de noir comme cadeau. Il se présente comme venant de lointains climats pour se lier à elle et lui propose une bonne aventure. L'auteur exprime son désir de brûler au feu de ses yeux, même si cela noircit son visage. Il se vante d'un équipage brillant et prédit que de nombreux amoureux transis diront la même chose à la comtesse. Il assure qu'il ne lui coûtera rien pour la nourriture, car la voir est son unique bien. Il compare les attraits du blanc et du noir, mentionnant un amant blanc qui vient également voir la comtesse. L'auteur invite cette dernière à choisir entre le blanc et le noir pour obtenir la bonne aventure.
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3095
p. 86-90
ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Début :
Jusqu'à quand verrons-nous par neuf Filles ridées [...]
Mots clefs :
Amour, Muses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
ODE
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Le poème 'ODE ANACREONTIVE' de Mr Roy célèbre la réception d'une nouvelle mule. Il commence par décrire neuf filles ridées et des sommets habités, évoquant des idées d'agrément et de nouveauté. L'auteur s'adresse à Horace, soulignant que l'amour nécessite des voix plus jeunes pour célébrer sa gloire. Il critique les douceurs fades des savants et les histoires anciennes d'Hélène et de Pâris, préférant ressusciter les Grâces et les jeunes Saphos. Le poème met en avant l'importance du choix en amour, recommandant de sélectionner des cœurs tendres et des appas adorables, charmants mais modestes. L'auteur exprime son choix pour Clinjenejah, dont il chante les louanges, tout en mentionnant huit autres prétendantes qui doivent entrer dans les rangs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3096
p. 95-100
Abregé de l'Histoire des 24. Peres de l'Eglise, &c. [titre d'après la table]
Début :
ABREGÉ de l'Histoire des 24. Peres de l'Eglise. HISTOIRE abregée des Empereurs [...]
Mots clefs :
Style, Empereurs romains, Beau, Poètes, Règne, Auteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abregé de l'Histoire des 24. Peres de l'Eglise, &c. [titre d'après la table]
Anneau’ dePHistoire de 24. Peres de
PEglise} Hrsrome abregée des Empereurs
Romains , depuis JulesÎCesar jusqu?
Constantin le Grand. CARACTERES de 58 A
des meilleurs Historiens , Orareurs , et
Poëtes Grecs , Latins et François. Brochu
re in-u, Le prix est 1g sols. A Pari; f
' - chez‘,
9?,‘ ME RCU RE DE FRANC Ë
1
cheg. ‘Tintin , rua? Judas , Montagne sainte
Genwiéw , 173 z. -
Cet Ouvrage est propre à orner l’es-‘
prit des jeunes gens des deux sexes, qui
pourront acquérir en très-peu de tems une_
connaissance generale des matieres qui y
sont traitées. Il est coznposé de trois par
ties. Dans la premier-e , l’Auteur rapporte
en peu de mots la vie de chacun des 2.4.
Petes de l’E lise. Dans la seconde , il dé-L
crit d’un stiFe vif et animé la vie des an
ciens Empereurs Romains , avec les traits
les plus frapans et les mieux marquez qui
ont signalé leur Empire. On n’a qu’à_lire,
entr’auttes,l’article de Neton et de Dio-À
cletien. Dans la troisième , il marque d’u
ne manière nette et concise, quel a été.
le caractere des Auteurs dont il traite _,’
les bonnes et les mauvaises qualirez de
leur stile. Il n’a dit que deux mots de nos
Poëtes François , Corneille , Racine, Boi
leau, Moliete , 8C0. parce qu'ils sont assez -
con nus.
Cet Ouvrage en general est bien écrit.‘
Le stile des Caracteres est fleuri et bril-j
lant. O'n en pourra juger si on lit l’arti—‘
cle de Tire-Live , page 12,4. Les Çarac-Ï
reres de Fenelon , page 145. et les suivans
jusqu’à la page r55. La beauté du papier:
ctdes caradtcres répondent à la maniete
- ’ ' ‘ dont
u
a
JANVIE R. 1733. 97
dont il est écrit , mais pour mettre sous
les yeux du Lecteur quelque chose qui
_ lui donne une idée de ces Portraits, choi
sissons celui-ci parmi les Empereurs Ro
mains. '
. v
Au meilleur de tous les Peres succeda a
le plus méchant derous les fils. Commo
de ayant pris les Rênes de l’Empire dans
un âge encore tendre , se iaissa entiere
ment corrompre par les flateurs ; de sorte
que sans avoir aucune des qualitez de
Marc-Aurele , il eut presque tous les via
ces de Neron ', quoique son extrême
cruauté cr ses infames débauches eussent
fait revivre le tems malheureux de Domi
tien et de Caligula , il voulut cependant
que son Règne fut appellé le siècle d’or.
"Les Palmes fréquentes qu’il remporta
dans les Combats des Gladiateurs , étoient
quelque chose pour lui de plus grand que
les Triomphes les plus honorables et les
plus glorieux. Il étoit si adroit à lancer le
Javelot et à tirer de l’A rc,qu’il tuoit quel-a
‘quefois en un seul jour cent bêtes sauva
ges. Il lançoit ensuite les Javelots et les
Flèches sur le peuple pour couronner un‘
si beau spectacle. Fier de semblables Ex
ploits , il ajoûta au grand nombre des tia
tres magnifiques qu'il s’étoit déja donnés ,
çeluî dflnvincible et d’Hercule Romaicn.
e
98-M'ERCURE DE FRANCE.‘
Ce monstre plus féroce que toutes les
bêtes qu’il avoir fait périr , fut empoison
né par sa Maîtresse Marcia , e: ensuite
étranglé par un Athlète nommé Narcis
'se ,.la r56 année de son Règne , et la 32.5
“de son âge.
MALHERBE est un des Auteurs à qui la
. Poésie Françoise a le plus dbbligarion.
C’est lui quile premier fit sentir une jus
te cadence dans nos Vers , et qui nous
apprit le choix et Parrangement des mots.
La Nature ne l’avoit pas faitgrand Poëte t,
mais il cortigea cedéfaut par son esprit
et par son travail. (Qelques-unes de ses,
Odes ne vieilliront jamais , parce que le
bon goût est de tous les siécles. Il y mon;
tre d’un stile plein et uniforme tout ce
que la Nature a de plus sublime et de
plus beau , de plus naïf et de plus sim
ple. Ses pensées sont justes , ses expresà
rions sont nobles , son vers aisé , sesifign
tes variées , mais il ne s’en permet jamais
de trop hardies , et sage jusques dans ses
cmportemens , il a presque toujours fait
voit qu’en peut être raisonnable sans être
froid.
-“ Rousseau s’est rendu très-celébre par‘
ses Poésies. C’est un des Auteurs de notre
siecle qu’on lit et qu’en estime le plus.
Le Poëte , mais leaPoëtc admirable {par
J. a roi:
Ï JANVIER)‘ 1733.
‘toit dans plusieurs de ses Odes. On
toit , en lisant sa Traduction des Pseaue
mes de David , qu’il étoit animé du mê- u
‘ me feu dont ce Prophete étoit embrasé.‘
Son Ode contre la Fortune , vaut seule
un long Poëme , et surpasse tout ce que
les Anciens ont jamais fait de meilleur en
ce genre , 86C. * ,.
. LA M o -r r s. La Politesse de lîexpresa
sion , et la justesse du raisonnement," forà
ment le caractere propre de cet Illustre
Académicien , 8m. .
LA FONTAINE , qu’on peut appeller le
Phedre François , est dans toutes ses fa.
‘blcs ingénieux , naïf et charmant a on ne
peut le lire sans être agréablement ÏDSÂ
truie , et on n’en peut quitter la lecture,
tans souhaiter de la reprendre. .
t CLsMaNr MARDI‘ vivoit sous le Regne
de François I. c’est le plus ancien de nos
bons Poëtes; mais il semble renaître tous
les ans; sa vivacité naturelle er son agré
ment lui donnentun air de jeunesse qui’
brille jusques dans son vieux langage. Il
afait en qznelque- sorte la fortune de beau
coup d’anciens motsnqubn emprunte
volontiers de lui , et qu on employe mê
me à titre d'ornement. Jamais il ne fiat
plus à la mode qu'à ptesent ',.il est du hel
esprit de le copier t, et on est presque sûr
d’être
t
äooMEiRCURiîeDEFRANCËg
d’êtte applaudi de certaines gcns,avcc
une piece Marotique. .
Du CsaceAu a mieux imité que per.‘
sonne, l'élégant badinage de Marot. La
charmante naïveté qui se trouve dans ses
pensées, ses tours ingénieux, sa diction
pure et enjoüée ne sont pas ses seuls ta
ens , il sçait aussi répandre une noblesse
et une dignité merveilleuse sur les cho
ses qui en patoissent le moins suscepti
bles. Cc qu’il dit,est ordinairement assez
commun pour le Fond , mais il le presen
te sous des jours qui lui donnent un
air de nouveauté et quelque chose de pi-q
quant. Le naturel et le vrai sont , pour
ainsi dire, le fond et la matiere de ses
Ouvrages. Rien de plus simple pour l’ot
dinairc que ses sujets ; mais il a soin de
les relever par une ‘versification aisée et
coulante; par une fécondité, une délicaé
tesse 5 une netteté d'expression , et , si
j'ose le dire , par une qui plaisent infinimentl.égSèareMtéusdee Pesitncgeaayu;‘ l
ct badine , mais elle ne s’écarte jamais des
regles de la bienséance et du devoir.
PEglise} Hrsrome abregée des Empereurs
Romains , depuis JulesÎCesar jusqu?
Constantin le Grand. CARACTERES de 58 A
des meilleurs Historiens , Orareurs , et
Poëtes Grecs , Latins et François. Brochu
re in-u, Le prix est 1g sols. A Pari; f
' - chez‘,
9?,‘ ME RCU RE DE FRANC Ë
1
cheg. ‘Tintin , rua? Judas , Montagne sainte
Genwiéw , 173 z. -
Cet Ouvrage est propre à orner l’es-‘
prit des jeunes gens des deux sexes, qui
pourront acquérir en très-peu de tems une_
connaissance generale des matieres qui y
sont traitées. Il est coznposé de trois par
ties. Dans la premier-e , l’Auteur rapporte
en peu de mots la vie de chacun des 2.4.
Petes de l’E lise. Dans la seconde , il dé-L
crit d’un stiFe vif et animé la vie des an
ciens Empereurs Romains , avec les traits
les plus frapans et les mieux marquez qui
ont signalé leur Empire. On n’a qu’à_lire,
entr’auttes,l’article de Neton et de Dio-À
cletien. Dans la troisième , il marque d’u
ne manière nette et concise, quel a été.
le caractere des Auteurs dont il traite _,’
les bonnes et les mauvaises qualirez de
leur stile. Il n’a dit que deux mots de nos
Poëtes François , Corneille , Racine, Boi
leau, Moliete , 8C0. parce qu'ils sont assez -
con nus.
Cet Ouvrage en general est bien écrit.‘
Le stile des Caracteres est fleuri et bril-j
lant. O'n en pourra juger si on lit l’arti—‘
cle de Tire-Live , page 12,4. Les Çarac-Ï
reres de Fenelon , page 145. et les suivans
jusqu’à la page r55. La beauté du papier:
ctdes caradtcres répondent à la maniete
- ’ ' ‘ dont
u
a
JANVIE R. 1733. 97
dont il est écrit , mais pour mettre sous
les yeux du Lecteur quelque chose qui
_ lui donne une idée de ces Portraits, choi
sissons celui-ci parmi les Empereurs Ro
mains. '
. v
Au meilleur de tous les Peres succeda a
le plus méchant derous les fils. Commo
de ayant pris les Rênes de l’Empire dans
un âge encore tendre , se iaissa entiere
ment corrompre par les flateurs ; de sorte
que sans avoir aucune des qualitez de
Marc-Aurele , il eut presque tous les via
ces de Neron ', quoique son extrême
cruauté cr ses infames débauches eussent
fait revivre le tems malheureux de Domi
tien et de Caligula , il voulut cependant
que son Règne fut appellé le siècle d’or.
"Les Palmes fréquentes qu’il remporta
dans les Combats des Gladiateurs , étoient
quelque chose pour lui de plus grand que
les Triomphes les plus honorables et les
plus glorieux. Il étoit si adroit à lancer le
Javelot et à tirer de l’A rc,qu’il tuoit quel-a
‘quefois en un seul jour cent bêtes sauva
ges. Il lançoit ensuite les Javelots et les
Flèches sur le peuple pour couronner un‘
si beau spectacle. Fier de semblables Ex
ploits , il ajoûta au grand nombre des tia
tres magnifiques qu'il s’étoit déja donnés ,
çeluî dflnvincible et d’Hercule Romaicn.
e
98-M'ERCURE DE FRANCE.‘
Ce monstre plus féroce que toutes les
bêtes qu’il avoir fait périr , fut empoison
né par sa Maîtresse Marcia , e: ensuite
étranglé par un Athlète nommé Narcis
'se ,.la r56 année de son Règne , et la 32.5
“de son âge.
MALHERBE est un des Auteurs à qui la
. Poésie Françoise a le plus dbbligarion.
C’est lui quile premier fit sentir une jus
te cadence dans nos Vers , et qui nous
apprit le choix et Parrangement des mots.
La Nature ne l’avoit pas faitgrand Poëte t,
mais il cortigea cedéfaut par son esprit
et par son travail. (Qelques-unes de ses,
Odes ne vieilliront jamais , parce que le
bon goût est de tous les siécles. Il y mon;
tre d’un stile plein et uniforme tout ce
que la Nature a de plus sublime et de
plus beau , de plus naïf et de plus sim
ple. Ses pensées sont justes , ses expresà
rions sont nobles , son vers aisé , sesifign
tes variées , mais il ne s’en permet jamais
de trop hardies , et sage jusques dans ses
cmportemens , il a presque toujours fait
voit qu’en peut être raisonnable sans être
froid.
-“ Rousseau s’est rendu très-celébre par‘
ses Poésies. C’est un des Auteurs de notre
siecle qu’on lit et qu’en estime le plus.
Le Poëte , mais leaPoëtc admirable {par
J. a roi:
Ï JANVIER)‘ 1733.
‘toit dans plusieurs de ses Odes. On
toit , en lisant sa Traduction des Pseaue
mes de David , qu’il étoit animé du mê- u
‘ me feu dont ce Prophete étoit embrasé.‘
Son Ode contre la Fortune , vaut seule
un long Poëme , et surpasse tout ce que
les Anciens ont jamais fait de meilleur en
ce genre , 86C. * ,.
. LA M o -r r s. La Politesse de lîexpresa
sion , et la justesse du raisonnement," forà
ment le caractere propre de cet Illustre
Académicien , 8m. .
LA FONTAINE , qu’on peut appeller le
Phedre François , est dans toutes ses fa.
‘blcs ingénieux , naïf et charmant a on ne
peut le lire sans être agréablement ÏDSÂ
truie , et on n’en peut quitter la lecture,
tans souhaiter de la reprendre. .
t CLsMaNr MARDI‘ vivoit sous le Regne
de François I. c’est le plus ancien de nos
bons Poëtes; mais il semble renaître tous
les ans; sa vivacité naturelle er son agré
ment lui donnentun air de jeunesse qui’
brille jusques dans son vieux langage. Il
afait en qznelque- sorte la fortune de beau
coup d’anciens motsnqubn emprunte
volontiers de lui , et qu on employe mê
me à titre d'ornement. Jamais il ne fiat
plus à la mode qu'à ptesent ',.il est du hel
esprit de le copier t, et on est presque sûr
d’être
t
äooMEiRCURiîeDEFRANCËg
d’êtte applaudi de certaines gcns,avcc
une piece Marotique. .
Du CsaceAu a mieux imité que per.‘
sonne, l'élégant badinage de Marot. La
charmante naïveté qui se trouve dans ses
pensées, ses tours ingénieux, sa diction
pure et enjoüée ne sont pas ses seuls ta
ens , il sçait aussi répandre une noblesse
et une dignité merveilleuse sur les cho
ses qui en patoissent le moins suscepti
bles. Cc qu’il dit,est ordinairement assez
commun pour le Fond , mais il le presen
te sous des jours qui lui donnent un
air de nouveauté et quelque chose de pi-q
quant. Le naturel et le vrai sont , pour
ainsi dire, le fond et la matiere de ses
Ouvrages. Rien de plus simple pour l’ot
dinairc que ses sujets ; mais il a soin de
les relever par une ‘versification aisée et
coulante; par une fécondité, une délicaé
tesse 5 une netteté d'expression , et , si
j'ose le dire , par une qui plaisent infinimentl.égSèareMtéusdee Pesitncgeaayu;‘ l
ct badine , mais elle ne s’écarte jamais des
regles de la bienséance et du devoir.
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Résumé : Abregé de l'Histoire des 24. Peres de l'Eglise, &c. [titre d'après la table]
Le document présente un ouvrage intitulé 'Anneau de l'Histoire de 24 Pères de l'Église et des Empereurs Romains, depuis Jules César jusqu'à Constantin le Grand'. Cet ouvrage est structuré en trois parties. La première partie expose brièvement la vie de 24 Pères de l'Église. La seconde partie décrit de manière vivante la vie des anciens empereurs romains, en mettant en avant leurs traits les plus marquants. La troisième partie évalue de façon concise les caractéristiques des auteurs grecs, latins et français, en mentionnant brièvement des poètes français tels que Corneille, Racine, Boileau et Molière. L'ouvrage est bien écrit, avec un style fleuri et brillant, et est destiné à enrichir l'esprit des jeunes gens des deux sexes en leur offrant une connaissance générale des matières traitées. Parmi les empereurs romains, le texte mentionne Commode, fils de Marc-Aurèle, qui se laissa corrompre par les flatteurs. Son règne fut marqué par la cruauté et les débauches. Commode fut empoisonné par sa maîtresse Marcia et ensuite étranglé par un athlète nommé Narcisse. Le document mentionne également des poètes français tels que Malherbe, connu pour avoir introduit une juste cadence dans la poésie française, et Rousseau, célèbre pour ses poésies et sa traduction des Psaumes de David. La Fontaine est décrit comme le Phèdre français, ingénieux et charmant. Marot, vivant sous le règne de François I, est loué pour sa vivacité et son agrément, tandis que Du Bellay est apprécié pour son élégant badinage et sa diction pure.
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3097
p. 115-121
FABLE addressée à Mercure.
Début :
Les bons Rois sont des Dieux les vivantes images, [...]
Mots clefs :
Fable, Mercure, Lion, Journal espagnol, Couronne d'Espagne, Guerre franco-espagnole
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texteReconnaissance textuelle : FABLE addressée à Mercure.
FABLE
addreffée à Mercure.
Les bons Rois font des Dieux
les vivantes images ,
•Kij
116 MERCURE
Et puifquefur la terre ilsfont
Jes Lieutenans,
Etats , Villes , Sujets en rendant leurs hommages.
Comme aux Divinitez leur
doivent des prefens.
Sur ce fujet , Seigneur
Mercure ,
Si vous voulez par avanture
Inftruire la Pofterité;
J'ay reduit dans ces vers , dont
vousprendrez lecture ,
Un Journal Espagnol plein
defincerité.
Quand par l'ordre du Ciel
Philippe dans l'Efpagne
GALANT. 117
Reçeut les honneurs fouverains ,
Un Lion qu'en tous lieuxfon
grand cœur accompagne ,
Lion apprivoife , Lion des
plus humains ,
Autrefois amené des deferts
Affriquains ,
Député de Léon en quitta la
Campagne
Pour offrir au Monarque une
Couronne d'or,
Que l'on porta dans le
Trefor,
D'Afie originaire, &d'antique
famille
Vint un fage Elephant, Spectacle tout nouveau,
18 MERCURE
Qui pour l'hommage de
Caftille
Sur fon dos élevé préſentoit
un Chaft au.
Ainfi pouffé de vive & noble
jaloufic
Unfier chevald'Andaloufie
Apportoit un riche harnois
Qui fervit , comme on croit , à
Xerxes autrefois.
}
Pour une pareille Ambaffade
Sortit des &Forefts de
Grenade
Un Cerf, dont chaque cor de
grenades orné
Eit voir pompeufement, Panis
malcouronnés alana
GALANT. 119
Du fidel Pays des Nobles
Afturies
En vain l'homme croyoit a
river des premiers.
( Pouvoit-il devancer de fi
legers Courriers?)
Pour orner du Palais les
longues Galleries
Par tout il voit mefl : r les lys
& les lauriers.
Il présente une toile , où la
Gloire découvre
Des Augufte Bourbons mille
& mille neveux ,
Que dans Madrid er dans
le Louvre
Adoreront un jour tant de
peuples heureux
120 MERCURE
Reünis par lafoy d'une illuſtre
alliance
Qui fera triompher & l'Ef
pagne & la France.
Le Monarque content de leur
foumiffion ,
Et des prefens offerts pour leur
reconnoiẞance ,
Leur promit fa protection ;
Sa liberté marqua fa bienveillance.
De la Catalogne à l'inftant
A tortueux replis arrive un
long Serpent,
Qui tient entre fes dents une
rofe incarnate,
Teinte
+
GALANT. 126
Teinte du beau fang de
Venus
D'une Courfine & delicate
Alors d'un vain plaifir les
yeuxfont pre-venus
Mais ,fuis loin, dit le Roys
c'eft en vainqu'on meflate:
Tu caches ton venin qui peut
faire mourir..
De charbons enflamez on deKoit te couvrir.
Retourne à Barcelonne, &
rentré en ta mafure.
Là tous font tes pareils , amis
2003 de l'imposture,
Gens plus méchants que tog
qui te ferontperir.
Octobre 1712.
addreffée à Mercure.
Les bons Rois font des Dieux
les vivantes images ,
•Kij
116 MERCURE
Et puifquefur la terre ilsfont
Jes Lieutenans,
Etats , Villes , Sujets en rendant leurs hommages.
Comme aux Divinitez leur
doivent des prefens.
Sur ce fujet , Seigneur
Mercure ,
Si vous voulez par avanture
Inftruire la Pofterité;
J'ay reduit dans ces vers , dont
vousprendrez lecture ,
Un Journal Espagnol plein
defincerité.
Quand par l'ordre du Ciel
Philippe dans l'Efpagne
GALANT. 117
Reçeut les honneurs fouverains ,
Un Lion qu'en tous lieuxfon
grand cœur accompagne ,
Lion apprivoife , Lion des
plus humains ,
Autrefois amené des deferts
Affriquains ,
Député de Léon en quitta la
Campagne
Pour offrir au Monarque une
Couronne d'or,
Que l'on porta dans le
Trefor,
D'Afie originaire, &d'antique
famille
Vint un fage Elephant, Spectacle tout nouveau,
18 MERCURE
Qui pour l'hommage de
Caftille
Sur fon dos élevé préſentoit
un Chaft au.
Ainfi pouffé de vive & noble
jaloufic
Unfier chevald'Andaloufie
Apportoit un riche harnois
Qui fervit , comme on croit , à
Xerxes autrefois.
}
Pour une pareille Ambaffade
Sortit des &Forefts de
Grenade
Un Cerf, dont chaque cor de
grenades orné
Eit voir pompeufement, Panis
malcouronnés alana
GALANT. 119
Du fidel Pays des Nobles
Afturies
En vain l'homme croyoit a
river des premiers.
( Pouvoit-il devancer de fi
legers Courriers?)
Pour orner du Palais les
longues Galleries
Par tout il voit mefl : r les lys
& les lauriers.
Il présente une toile , où la
Gloire découvre
Des Augufte Bourbons mille
& mille neveux ,
Que dans Madrid er dans
le Louvre
Adoreront un jour tant de
peuples heureux
120 MERCURE
Reünis par lafoy d'une illuſtre
alliance
Qui fera triompher & l'Ef
pagne & la France.
Le Monarque content de leur
foumiffion ,
Et des prefens offerts pour leur
reconnoiẞance ,
Leur promit fa protection ;
Sa liberté marqua fa bienveillance.
De la Catalogne à l'inftant
A tortueux replis arrive un
long Serpent,
Qui tient entre fes dents une
rofe incarnate,
Teinte
+
GALANT. 126
Teinte du beau fang de
Venus
D'une Courfine & delicate
Alors d'un vain plaifir les
yeuxfont pre-venus
Mais ,fuis loin, dit le Roys
c'eft en vainqu'on meflate:
Tu caches ton venin qui peut
faire mourir..
De charbons enflamez on deKoit te couvrir.
Retourne à Barcelonne, &
rentré en ta mafure.
Là tous font tes pareils , amis
2003 de l'imposture,
Gens plus méchants que tog
qui te ferontperir.
Octobre 1712.
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Résumé : FABLE addressée à Mercure.
Le texte, adressé à Mercure, célèbre les bons rois qui deviennent des dieux vivants et reçoivent des hommages. Il relate l'accession au trône de Philippe en Espagne, où divers animaux symboliques offrent des présents. Un lion, représentant Léon, apporte une couronne d'or. Un éléphant d'Asie, pour la Castille, présente un chast. Un cheval d'Andalousie offre un riche harnois ayant appartenu à Xerxès. Un cerf des Asturies, orné de grenades, apporte des présents pompeux. Un homme du Pays Basque offre une toile montrant la gloire des Bourbons, qui seront adorés en Espagne et en France grâce à une alliance illustre. Le roi, satisfait de ces hommages, promet sa protection et sa bienveillance. Un serpent de Catalogne, tenant une rose incarnate, est repoussé par le roi, qui le renvoie à Barcelone, le comparant à des imposteurs. Le texte se conclut en octobre 1712.
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3098
p. 113-120
Genealogie de la Maison du Duc de Shrewburi Ambassadeur de Sa Majesté la Reine de la Grande Bretagne. [titre d'après la table]
Début :
Le Duc de Shrewsbury arriva à Paris le 12. Janvier 1713. [...]
Mots clefs :
Roi, Ambassadeur, Angleterre, Chevalier, Shrewsbury
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Genealogie de la Maison du Duc de Shrewburi Ambassadeur de Sa Majesté la Reine de la Grande Bretagne. [titre d'après la table]
Le Duc de Shrewsbury
arriva à Paris le 12. Janvier
1713. il eut le 17. à Marly
audience particuliere du
Roy.
Charles Duc de Shrewsbury
, Ambaffadeur de Sa
Janu, 1713.
K
114 MERCURE
Majefté la Reine de la Grande
Bretagne en France , a
été Secretaire d'Eftat de
Guillaume troifiéme , Roy
de la Grande Bretagne. Il
defcend d'une des plus anciennes
& des plus illuftres
familles du pays de Caux
en Normandie , des Barons ,
de Cleuville , qui avoient
feance à la Cour de l'Echiquier
. Ils ont toûjours été
en trés grande veneration
depuis leur paffage en Angleterre
, & ont rendu de
grands fervices à leurs Princes
; auffi en ont - ils reçû
GALANT. 15
de grandes faveurs . Geoffroy
de Talbot embraſſa le
parti de l'Imperatrice Ma
haud , legitime heritiere
de la Couronne d'Angleterre
, contre le Roy Etienne.
Richard Talbot , troifiéme
du nom , fon arrie
re- petit - fils , fervit en la
guerre de Cambridge le
Roy Edouard premier ; &
fon fils Gilbert Talbot , fecond
du nom , ſe fit diftinguer
fous le regne d'Edouard
fecond. Le Roy
Edouard troifiéme le fit fon
Chambellan , & le combla
Kij
116 MERCURE
de bienfaits . Richard quatriéme
fon fils , auffi - bien
que Gilbert troifiéme fon
pere , ont toûjours été reconnus
avec la qualité de
Pairs du Royaume , & ont
affifté en cette qualité à
tous les Parlemens convoquez
par le Roy.
Le premier qui a porté
la qualité de Comte de
Shrevvfbury , a été Jean
Talbot , fils de Richard cinquiéme
du nom , Seigneur
de Gaderich ; lequel Jean
Talbot , Comte de Shrevvfbury
, & de Vvaterford en
GALANT. 117
w
t
The
Irlande , fut Maréchal de
France vers l'an 1441. pour
le Roy d'Angleterre Henry
VI. Ce Prince lui donna
pour recompenfe de fes
grands fervices le Comté
de Shrevvfbury , que fes
defcendans ont toûjours
poffedé depuis avec honneur
, étant le fecond Comté
d'Angleterre. Il fut plufieurs
fois Ambaffadeur
pour fon Prince , fut Gouverneur
d'Irlande , & Sénéchal
du Royaume. Il commanda
en Guyenné en qualité
de Gouverneur & de
118 MERCURE
Lieutenant general , prit
Bordeaux , remit beaucoup
de places de cette Province
à l'obeïffance des Anglois :
mais en fecourant Câtillon ,
il fut tué d'un coup de canon
avec un de fes fils en
1456. ce qui ruïna les affaires
des Anglois dans la
Guyenne , enfuite de quoy
ils furent chaffez de Fran
ce.
Jean Talbot , fecond du
nom , fon fils , fit la
guerre
en France , & le Roy Hen--
ry VI. le fit Chevalier en
1426. Chancelier d'Irlan
GALANT .
119
de , & grand Treforier du
Royaume. Georges fon pe
tit-fils fut Chevalier de la
Jarretiere. François Talbot,
Comte de Shrevvſbury
fils de Georges , fut auffi
Chevalier de la Jarretiere.
Georges fecond , fils de
François , fut Chevalier de
la Jarretiere , Comte ,
Maréchal d'Angleterre ,
dans laquelle qualité il fe
fit fort diftinguer. La Reine
Elifabeth envoya en France
en qualité d'Ambaffadeur
fon fils Gilbert , Comte
de Shrevvſbury en 1596.
82
120 MERCURE
Il ne laiſſa que
des filles de
fon mariage avec Marie de
Cavendich ; ainfi finit cette
branche .
ร
La branche d'où deſcend
M. le Duc de Shrevvíbury
d'à -prefent , Ambaffadeur
de la Grande Bretagne
vient de Gilbert Talbot
troifiéme fils de Jean fecond
, Comte de Shrevvfbury
, & par confequent
petit-fils du Maréchal Talbot
, Jean premier du nom.
M. l'Ambaffadeur eſt le
douziéme Comte de ce
nom en ligne droite .
arriva à Paris le 12. Janvier
1713. il eut le 17. à Marly
audience particuliere du
Roy.
Charles Duc de Shrewsbury
, Ambaffadeur de Sa
Janu, 1713.
K
114 MERCURE
Majefté la Reine de la Grande
Bretagne en France , a
été Secretaire d'Eftat de
Guillaume troifiéme , Roy
de la Grande Bretagne. Il
defcend d'une des plus anciennes
& des plus illuftres
familles du pays de Caux
en Normandie , des Barons ,
de Cleuville , qui avoient
feance à la Cour de l'Echiquier
. Ils ont toûjours été
en trés grande veneration
depuis leur paffage en Angleterre
, & ont rendu de
grands fervices à leurs Princes
; auffi en ont - ils reçû
GALANT. 15
de grandes faveurs . Geoffroy
de Talbot embraſſa le
parti de l'Imperatrice Ma
haud , legitime heritiere
de la Couronne d'Angleterre
, contre le Roy Etienne.
Richard Talbot , troifiéme
du nom , fon arrie
re- petit - fils , fervit en la
guerre de Cambridge le
Roy Edouard premier ; &
fon fils Gilbert Talbot , fecond
du nom , ſe fit diftinguer
fous le regne d'Edouard
fecond. Le Roy
Edouard troifiéme le fit fon
Chambellan , & le combla
Kij
116 MERCURE
de bienfaits . Richard quatriéme
fon fils , auffi - bien
que Gilbert troifiéme fon
pere , ont toûjours été reconnus
avec la qualité de
Pairs du Royaume , & ont
affifté en cette qualité à
tous les Parlemens convoquez
par le Roy.
Le premier qui a porté
la qualité de Comte de
Shrevvfbury , a été Jean
Talbot , fils de Richard cinquiéme
du nom , Seigneur
de Gaderich ; lequel Jean
Talbot , Comte de Shrevvfbury
, & de Vvaterford en
GALANT. 117
w
t
The
Irlande , fut Maréchal de
France vers l'an 1441. pour
le Roy d'Angleterre Henry
VI. Ce Prince lui donna
pour recompenfe de fes
grands fervices le Comté
de Shrevvfbury , que fes
defcendans ont toûjours
poffedé depuis avec honneur
, étant le fecond Comté
d'Angleterre. Il fut plufieurs
fois Ambaffadeur
pour fon Prince , fut Gouverneur
d'Irlande , & Sénéchal
du Royaume. Il commanda
en Guyenné en qualité
de Gouverneur & de
118 MERCURE
Lieutenant general , prit
Bordeaux , remit beaucoup
de places de cette Province
à l'obeïffance des Anglois :
mais en fecourant Câtillon ,
il fut tué d'un coup de canon
avec un de fes fils en
1456. ce qui ruïna les affaires
des Anglois dans la
Guyenne , enfuite de quoy
ils furent chaffez de Fran
ce.
Jean Talbot , fecond du
nom , fon fils , fit la
guerre
en France , & le Roy Hen--
ry VI. le fit Chevalier en
1426. Chancelier d'Irlan
GALANT .
119
de , & grand Treforier du
Royaume. Georges fon pe
tit-fils fut Chevalier de la
Jarretiere. François Talbot,
Comte de Shrevvſbury
fils de Georges , fut auffi
Chevalier de la Jarretiere.
Georges fecond , fils de
François , fut Chevalier de
la Jarretiere , Comte ,
Maréchal d'Angleterre ,
dans laquelle qualité il fe
fit fort diftinguer. La Reine
Elifabeth envoya en France
en qualité d'Ambaffadeur
fon fils Gilbert , Comte
de Shrevvſbury en 1596.
82
120 MERCURE
Il ne laiſſa que
des filles de
fon mariage avec Marie de
Cavendich ; ainfi finit cette
branche .
ร
La branche d'où deſcend
M. le Duc de Shrevvíbury
d'à -prefent , Ambaffadeur
de la Grande Bretagne
vient de Gilbert Talbot
troifiéme fils de Jean fecond
, Comte de Shrevvfbury
, & par confequent
petit-fils du Maréchal Talbot
, Jean premier du nom.
M. l'Ambaffadeur eſt le
douziéme Comte de ce
nom en ligne droite .
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Résumé : Genealogie de la Maison du Duc de Shrewburi Ambassadeur de Sa Majesté la Reine de la Grande Bretagne. [titre d'après la table]
Le Duc de Shrewsbury, Charles Duc de Shrewsbury, arriva à Paris le 12 janvier 1713 et rencontra le roi à Marly le 17 janvier. Il était l'ambassadeur de la Reine de Grande-Bretagne en France et avait été Secrétaire d'État de Guillaume III. Sa famille, les Barons de Cleuville, est originaire de Normandie et a rendu de nombreux services aux princes anglais, recevant en retour de grandes faveurs. Plusieurs membres de cette famille ont occupé des postes importants : Geoffroy de Talbot soutint l'Imperatrice Maud, Richard Talbot servit Édouard Ier, et Gilbert Talbot se distingua sous Édouard II. Édouard III nomma Richard Talbot et Gilbert Talbot Pairs du Royaume. Jean Talbot, Maréchal de France sous Henri VI, reçut le comté de Shrewsbury et fut ambassadeur et gouverneur d'Irlande. Son fils, Jean Talbot, fit la guerre en France et fut chevalier. Georges Talbot et François Talbot furent Chevaliers de la Jarretière. Georges second fut Maréchal d'Angleterre. Gilbert Talbot, ambassadeur en 1596 sous Élisabeth Ire, est l'ancêtre du Duc de Shrewsbury actuel, douzième comte de ce nom.
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3099
p. 2011-2021
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Début :
Le premier de ces deux volumes contient les changemens, les corrections et [...]
Mots clefs :
Pontus de Tyard, Paris, Lyon, France, Jean de Tournes, Ouvrage, Volumes, Savants, Écrit, Traité, Français, Mamert Patisson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
Illustres, dans la République des Let
tres, & c. Tom. 20 et 21. A Paris , chez.
Briasson , rue S. Jacques , à la Science..
173.2.
Le premier de ces deux volumes contient
les changemens , les corrections et
les additions que l'Auteur a trouvées à
propos de faire pour les Tomes 11. 11 .
13. 14. 15. 16. 17. et 18. précedens . Ony
remarque par tout son exactitude et
son amour pour la verité ; et qu'il ne
tient pas à ses soins infatigables , que
nous n'ayons en ce genre un Ouvrage
parfait. Ce vingtiéme tome contient aussi
trois Tables qui sont d'une grande utilité
dans un pareil Recueil ; sçavoir , une
Table Générale des Matiéres qni ont été
traitées par les Auteurs dont il est parlé
dans les neuf volumes précédens ; une
Table alphabétique des Auteurs , contenus
dans les 20 volumes de ces Mémoires;
et une Table Nécrologique, qui marque
la date de la mort des Sçavans contenus
dans les neuf volumes précédens.
Le
1012 MERCURE DE FRANCE
Le 21. dont nous avons icy à rendrè
compte , contient les Noms , l'Eloge et
le Catalogue raisonné de 36 Sçavans , qui
ont vécu en différens temps , et qui se
sont distinguez pour la plupart , dans la
République des Lettres. Tels sont , entre
les autres , le Cardinal Bessarion
Pontus de Tyard, Philippe Cluvier , Jean
Louis Vivés , Edouard Pocock , Nicolas
Rigault , Gilles - André de la Roque, Jean
Fronteau , et Louis Boivin.Pour ne point
exceder certaines bornes , nous nous contenterons
de rapporter icy ce que l'Auteur
expose au sujet de Pontus de Tyard .
PONTus de Tyard , Seigneur de Bissy ,
nâquit vers l'an 1521. au Château de Bissy
, dans le Diocèse de Mâcon , de Jean
de Tyard , Lieutenant General au Bailliage
du Mâconnois, et de Jeanne de Ganay
, fille d'un Chancelier de France.
Son nom est écrit tantôt Tyard , et
tantôt Thiard ; mais cette orthographe
est vicieuse il doit s'écrire Tyard ; c'est
ainsi que les meilleurs Auteurs l'ont écrit,
-et c'est ainsi qu'il l'a écrit lui- même.
Pour ce qui est du nom de Ponthus
c'est celui d'un Héros fabuleux , sur lequel
on a un Roman , qui est fort peu
connu , et qui se trouve dans le Catalogue
de la Bibliotheque de M. du Fay ,
Sous
SEPTEMBRE , 1733. 2013
Bous ce titre: Le Roman du noble Roy Ponthus
, fils du Roy de Galice , et de la belle
Sidoine, fille du Roy de Bretagne , in 4.sans
date , en Lettre Gothique . On étoit autrefois
dans l'usage de donner de semblables
noms aux Enfans ; ainsi Jamin , Poëte
comtemporain de Pontus de Tyard ,
a porté celui d'Amadis , dont le Roman
n'est ignoré de personne. M. de la Monnoye
, qui nous apprend ces particularitez
dans ses Additions , aux Jugemens des
Sçavans de Baillet , rapporte dans le Ménagiana
, tom. I. pag. 236. une plaisanterie
sur ce sujet , qu'il ne faut pas omettre,
Pontus de Tyard étant , dit- il , à la
» cérémonie d'un Baptême, en qualité de
>>Parrain ; le Curé faisoit difficulté de
» nommer l'Enfant , Pontus , sur ce qu'il
» ne connoissoit point de Saint de ce
» nom- là. Comment , lui dit l'Evêque 2
M. le Curé ,vous ne songez donc pas au
» Saint , dont l'Eglise fait mention dans
» l'Hymne : Quem terra , Pontus, athera ?
» A ces mots , le bon Curé , qui ne s'étoit
jamais fort chargé de latin ; Monsei-
» gneur , lui dit- il , je vous demande par
» don , il est vrai que je n'y songeois pas.
» Et là- dessus il baptisa l'enfant sous ce
» nom.
2014 MERCURE DE FRANCE
Il fut instruit avec beaucoup de soin ,
dès son enfance, dans les Langues Latine
et Grecque , et même dans l'Hebraïques
mais quoiqu'il affecte de faire parade de
cette derniere, dans son Traité : De recta
nominum impositione , ce qu'il en sçavoit
étoit fort peu de chose ; ce peu lui a fait
cependant trouver place dans la Gallia
Orientalis , de Colomies , parmi les Sçavans
Hébraïsans François.
La Poësie Françoise l'occupa aussi dans
sa jeunesse , et il acquit par là de la réputation.
Ronsard lui attribuë même la
gloire d'avoir le premier introduit les
Sonnets en France. Mais la fortune n'a
point été dans la suite aussi riante à l'égard
de ses Poësies, qu'elle le fut d'abord.
Il a contribué lui-même à les faire disgracier
, par le mépris qu'il en fit ,et qu'il
en inspira aux autres dans un âge plus
mûr.
Il quitta la Poësie , pour se donner
à des Etudes plus sérieuses , et passa à
la Philosophie , aux Mathématiques , et
enfin à la Théologie. La plupart de ses
Ouvrages sont des preuves des connoissances
qu'il avoit acquises dans toutes
ses Sciences. Mais elles étoient alors si
imparfaites , ou la maniere dont on s'y
prenoit pour les apprendre étoit si mauvaise
,
SEPTEMBRE. 1733. 2015
yaise , que tout ce qui nous reste de lui
est un cahos d'érudition mal dirigée , où
Il n'y a presque rien à apprendre.
passa quelques années à la Cour
Roy Henri III . qui conçut de l'afection
pour lui , et lui donna l'Evêché
de Châlons sur Saone , dont il prit possession
le 16. Juin 1578. après avoir été
quelques années Archidiacre de cette
Église et Protonotaire Apostolique.
S'étant trouvé le premier des Dépu
tez de sa Province , dans l'Assemblée
des Etats qui fut tenuë à Blois l'an 1588.
il soutint l'autorité du Roy contre le
reste du Clergé , qui favorisoit la ligue ,
et il parla en sa faveur avec tant de force
et de dignité , qu'il fit de fortes impressions
sur l'esprit de ceux qui assistoient
à cette Assemblée , et en ramena
plusieurs à leur devoir,
Après 20. ans d'Episcopat , se voyant
accablé par les années et affligé des troubles
qui agitoient le Royaume , il se démit
de son Evêché et en fit pourvoir
Cyrus de Tyard , son neveu . S'étant ensuite
retiré dans une de ses Terres , il
ne s'occupa plus que du soin de son saat
. Ce fut là qu'il mourut le 23. Sepembre
1605. âgé de 84. ans.
Il exprima ses sentimens sur sa mort
dans
2018 MERCURE DE FRANCE
dans ces Vers , qu'il composa lui - même
avant que de mourir .
Non teneor longe dulcisque cupidine vita
Sat vixit , cui non vita pudenda fuit.
Nec fama illustris me tangit gloria , forsan ;
Per genium vivent sat mea scripta suum.
Nil
que moror quo sint mea membra tegenda se
pulchro ;
Hac propria baredis sit pia cura mei.
Sed cupio ut tandem mens Christo inixa levetur;
Peccati duro pondere , ad Astra vehar.
Ces Vers ont été gravez sur un Monument
qu'on lui a rigé dans le Choeur
de l'Eglise Cathédrale de Châlons , avec
ces mots au bas .
Pontus Tyardaus Bissianus Ep. Cabil.
Extremum hoc voveb, scribebat,
Il conserva jusqu'à la fin de sa vie là
vigueur de son corps et de son esprit.
Comme il avoit un grand corps et qu'il
étoit assidu à l'étude , il mangeoit beaucoup
et bûvoit de- même , sans mettre
jamais d'eau dans son vin , si violent que
soient ceux qui croissent sur le bord de
La Saône. Ce qu'il y a de singulier , c'est
qu'en se mettant au lit , il avaloit toûjours
un grand verre de vin pur , sans
que
SEPTEMBRE. 1733. 2017
uc sa santé en fût jamais alterée. Baillet et
1x qui l'ont suivi , ont trouvé que ce
coit point assez , et ont substitué mal
propos , au grand verre dont parle
M. Thou , un pot , en disant qu'il avoit
coûtume de boire un pot de vin pur
avant que de s'endormir..
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Erreurs Amoureuses. Lyon , Jean de
Tournes , 1549 . in 8.Il n'a pas mis son nom
à cet Ouvrage , qui contient plusieurs
Sonnets , divisez en trois Livres.
2. Solitaire premier , ou Prose des Mu
ses et de la Fureur Poëtique . Avec des Vers
Lyriques sur la fin . Lyon , Jean de Tournes
, 1552. in fol.
3. Solitaire second , on Prose des Muses.
Avec des Vers Lyriques sur la fin .
Lyon , Jean de Tournes , 1552. in 8.
4. Les Oeuvres Poëtiques de Pontus de
Tyard. A sçavoir , trois Livres des Erreurs,
Amoureuses. Un Livre de Vers
Lyriques. Un Recueil de ses nouvelles
Euvres Poëtiques . Paris , Galiot du Pré,
1573. in 4, Tout cela n'est plus recher
ché , ni presque connu de personne.
5. Leon Hebreu , de l'Amour , Dialo
gue, Lyon , Jean de Tournes
, issi.
in 8. Il parut la même année une autre
Tra
2018 MERCURE DE FRANCE
Traduction de l'Ouvrage de Leon , sous
ce titre La sainte Philosophie de l'Amour
de Leon Hebreu , traduite de l'Italien
par le sieur du Parc (Denis Sauvage.)
Lyon , Guillaume Roville , 1551. in 8.
Ce Livre ne méritoit pas qu'on prît tant
de peine pour lui.
6. Discours du Temps , de l'An et de
ses parties. Lyon , Jean de Tournes, 1556.
in & . It. Paris , et Mamert Patisson , 1556.
in 4. C'est l'Edition que du Verdier a
mise mal à propos , in folio.
7. L'Univers , on Discours des parties
et de la nature du Monde. Lyon , Jean
de Tournes , 1557. in 4. Il y a dans ce
Livre , au rapport de du Verdier , quelques
pages prises et traduites mot à mot
du Livre du Monde de Philon , Juif.
L'Auteur l'ayant depuis revû et augmenté
, le publia de nouveau sous le
titre suivant.
8. Deux Discours de la nature du Mon
de et de ses parties ; à sçavoir , le premier
Curieux , traitant des choses matérielles ; et
le second Curieux , des intellectuelles. Paris,
Mamert Patisson , 1578. in 4. On voit
à la tête un avant- Discours par J. D. du
Perron , Professeur du Roy aux Langues,
aux Mathématiques et en la Philosophic,
qui fut ensuite Cardinal.
9.
SEPTEMBRE 1733. 2019
9. Mantice , on Discours de la verité
divination par Astrologie. Lyon , Jean
de Tournes , 1558. in 4.
to. Ephemerides Octava Sphere , seu
Tabelle Diaria Ortus , Occasus , et mediationis
coeli illustrium stellarum inerransium
, pro universâ Galliâ , et his regionibus
que Polum Boreum elevatum habent
ad so, grad. Lugduni , Joan. Torà
39.
pasius
, 1562.
in
fol.
11. De Coelestibus Asterismis Poematium
ad Petrum Ronsardum. Paris , apud
Galeotum à Prato , 1573. in 4.
12. Homelies sur les Evangiles. Paris ;
Mamert Patisson , 1586. in 8.
13. Duodecim Fabula Fluviorum vel
Fontium : unà cum Descriptione pro Pictura
et Epigrammatis. Paris , Joan . Richer,
1586. in 8. Je ne sçai ce que c'est que
cet Ouvrage , ni en quelle Langue il est
écrits le P. Louis Jacob en rapporte ainsi
le titre , mais sans marquer s'il est écrit
en Latin ou en François.
14. Les Discours Philosophiques de Pontus
de Tyard. Paris , 1587. in 4. C'est un
Recueil des Ouvrages que j'ai marquez
au N° 2. 3. 6. E. 9.
15. Homelies sur le Décalogue. Paris ,
1588. in 8.
16. Extrait de la Généalogie de Hugues
Capes
2020 MERCURE DE FRANCE
Capet , Roy de France , et des premiers
Successeurs de la Race de Charlemagne en
France. Paris , Mamert Patisson , 1594.
in 8. M. de Thou , dans le 77. Livre de
son Histoire , attribue à Pontus de Tyard
cet Ouvrage , qui est anonyme , et Duchêne
, à la page 30. de sa Bibliotheque
des Historiens de France , dit qu'il l'a
fait pour servir de Réponse au Livre de
François de Rosieres, intitulé : Stemmata
Ducum Lotharingia. Paris , 1580. in fol.
17. Derecta nominum impositione . Lugduni
, Jacobus Roussin ; 1603. in 8 .
Pontus de Tyard , marque dans l'Epitre
à Louis de Tyard , son neveu , qui est
à la tête de ce petit Traité , que dans
le commencement des troubles de la
France , il avoit traduit du Grec deux
Opuscules de Philon , et qu'il avoit composé
ce Traité pour servir de Préface à
sa Traduction ; mais que Fréderic Morel
l'ayant prévenu en publiant une Version
Latine d'un de ces mêmes Opuscules
, et en promettant la Version de
l'autre , il avoit supprimé la sienne , et
sé contentoit de donner au Public l'Ouvrage
qu'il lui adressoit , avec quelques
Notes sur les Livres qu'il avoit traduits.
18. Annotationes in Libros Philonis Judai
, de Transnominatis , et Allegoria Sa
STR.
SEPTEMBRE . 1733. 2021
cra . A la suite du Traité précedent .
19. Fragmentum Epistola pii cujusdam
Episcopi , quo Pseudo -Jesuita Caroli , et
ejs Congerronum maledicta repellit. Hanovix
, 1604. in 8. A la suite de Caroli
Molinai Consilium super commodis et in-
Commodis nova Secta Jesuitarum . Item.
dans la Bibliothecâ Pontificia , editâ à
Joanne Scherzero, Lipsiæ , 1677. in 4.
avec la Souscription P. T. E. C. qui signifie
Pontus Tyardaus Episcopus Cabilonensis.
Item. Traduit en François à la
page 378. du Livre de David Homme
intitulé : Le Contr' Assassin. Lyon , 1612 .
Fermer
Résumé : MEMOIRE pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, &c. Tom. 20 et 21. A Paris, chez Briasson, ruë S. Jacques, à la Science. 1732.
Le texte présente deux volumes d'une œuvre intitulée 'Mémoire pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres'. Le vingtième volume inclut des corrections et des additions pour les tomes précédents, ainsi que trois tables utiles : une Table Générale des Matières, une Table alphabétique des Auteurs et une Table Nécrologique. Le vingt-et-unième volume éloge 36 savants, dont Pontus de Tyard. Pontus de Tyard, né vers 1521 au Château de Bissy, reçut une éducation précoce en langues anciennes et en poésie. Il est reconnu pour avoir introduit les sonnets en France. Par la suite, il se consacra à des études plus sérieuses telles que la philosophie, les mathématiques et la théologie. Sa carrière le mena à la cour de Henri III, où il obtint l'évêché de Châlons-sur-Saône. Il soutint l'autorité royale lors des États de Blois en 1588. Après vingt ans d'épiscopat, il se retira et mourut en 1605 à l'âge de 84 ans. Le texte mentionne également plusieurs des œuvres de Tyard, qui couvrent une large gamme de genres, allant des poèmes à des traités théologiques et philosophiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3100
p. 113-129
CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
Début :
Une des principales difficultez qui faisoient apprehender à [...]
Mots clefs :
Mehmet Riza Beg, Ambassadeur, Lyon, Marseille, Valence, Compliment, Paris, Officiers, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHAPITRE VI. DES AVANTURES, disgraces, & extravagances singulieres qui arriverent, pendant le voyage de Mehemet, depuis Marseille, jusqu'à Lyon.
CHAPITRE VI.
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
DES AVANTURES ,
disgraces , extravagances
fingulieres qui arriverent,pendant
le voyage de Mehemet د
depuis Marseille , jusqu'à
Lyon.
Une des principales difficultez
qui faifoient apprehender à
Decembre 1715 .. K
114 MERCURE
Mehemet fon départ de Marſeille
, c'eſt qu'après avoir em
prunté à toutes mains , il y
eſtoitredevable àtout lemonde
,&qu'il ne devoit fa braverie
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirſa mifeargent
pou
il eſt fort bien dit recomme il
dans l'Opera de Theonoe )
pout cacher fai bien que mal
la pauvreté des fiens ,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'on cut l'indulgence de luy
prêter , qu'à la bonté de quelques
Marchands qui luy avancerent
à beaux deniers comptants,
le prix de ces dépenfes.
Il craignit le blame&les noms
GALANT. τις
odieux quenous donnons volontiers
à tous ceux qui nous
eſcroquent. Neanmoins il ſo
tira de ce mauvais pas ſous
caution , & monta enfin à
chevalle 22. du mois de Decembre
1714.
Il ſe lamenta à la porte de
cette belle Ville , de regret de
la quitter , & voyagea ainfi
juſqu'à Aix , d'où la mauvaiſe
humeur l'accompagna
tout le lendemain juſqu'à
Lambeze , & fi M. Honoré ,
Aſſeſſeur des Etats , à ladite
Ville, n'avoit étudié,compofé,
&prononcé enfin àMehemet
Kij
116 MERCURE
un tres beau&tres long compliment
où ſon Excellence
n'entendoit rien , ny les Interprêtes
non plus , peut eltre
que le reſte de l'auditoire , ſa
melancolie auroit pû avoir des
fuites tres fâcheuſes ; mais les
Dames vinrent heureuſement
àla queuë de ce compliment ,
l'Ambaſſadeur les trouva bellcs
,& les receut bien . I fuma,
ſoupa , fe coucha& dormit de
même.
Lelendemain il ſe levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville , il luy
fallut paffer la Durance , qui
GALANT. 117
eſt la plus capricieuſe riviere
de France , & qui ſe trouva
malheureuſement pour luy, le
même jour , d'auſſi méchante
humeurqu'il avoit eſté la veille
& la furveille. Cependant
aprés bien des peines & des
perils , il la traverſa à force
de bras , ſes Mariniers invoquant
d'un côté S. Nicolas ,&
luy& fsgens , Mahomet du
leur , ce qui fit , à ce que l'on
m'a afſcuré ,un conflit deJurif
diction qui penſa tout gâter.
Orgon eſt untrou où on ne
fot pa curieux de voir
où il ne s'ennuya qu'une nuit,
,&
118 MERCURE
guere
Delà il fut à Avignon
mais il n'y fut pas bien receu
parlaraiſon queles Orientaux,
quelques zelez Musulmans
qu'ils folent,ne trouvent
leurcompte dans les Etats du
S Pere Auſfi en déguerpit- il
le lendemain du grand matin,
pour aller coucher àOrange,
où il paffa une ſoirée fort
agreable. Les habitans de ce
canton ne font pas ſi ſcrupuleux
que leurs voiſins , & l'on
ne trouve pas aux portes de
leur Ville ( comme aux environs
)des ſoldats qui couchent
en joug les paffants, pour leur
GALANT. 119
faire dire leur Confiteor. Fy ay
dit le mien , moy qui vous parle,
j'ay eu bien peur, que la pour
ne me le fit oublier , auquel cas
j'étois tondu. A Orange , vous
dis-je,Mehemet fut charméde
la bonne compagnie , tout le
monde s'empreffaale divertir,
&par reconnoiffance il fit prefenter
du thé &du caffe àtout
le monde ; mais per fonne n'en
voulut. Il fit enfuite trois
triftes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanture digne de
toute l'attention du Lecteur ,
&de tous les efforts de l'imagination
de l'Auteur.
120 MERCURE
Un empreſſe porteur de
mauvaiſes nouvelleseſtoit parti
la veille de Montelimar , &
&eſtoit venu àtoute bride annoncer
( comme choſe trés
importante ) aux Habitans ,
Echevins , Maire &Gouverneur
de Valence , que le len
demain l'Ambaſſadeur, de
Per ſe y devoit arriver avec tout
fon train. Alors les bonnes
gens s'imaginent que c'eſt tout
au moins le grand Mogol qui
va tomber chez eux , ils fonnent
la groſſe Cloche de la
Ville , les Magiſtrats s'affemblent
, le peuple fourmille
surp
CALANT. II
dansles ruës ,onamorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice , on dreſſe
tout l'appareil d'ungrandbanquet,&&
l'om ordonne àla gare
niſon de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainſi diſpoſé ,on attend
Son Excellence , à bon
efcient. Elle arrive en effet
vers lestrois heures aprés midi,
alors chacun s'empreffe à re-
1 garder d'un oeil de pitié une
troupe deBohêmes , moüillez
juſqu'auxios , faits comme des
mouces& érintez comme des
foldats de recruë. Un brancart
Decembre 1715 .
22 MERCURE
porté pardes mules, fur deiquel
dit on, font les Preſents meſe
timables que le Grand Sophi
envoye au Roy ,8s douxipants
vres caleches crotécs. juſques
par deſſus l'imperial,dans lafa
quelles ſont ſagement , àdeur
aife , &incognito ,Models.
Olon , & deux ou trois autres
François que deuts commif
fions attachentàla fuite de ce
charmantEtrangerade role
Quandiphanoommencé
une fortiſe, on veut llachever,
celaeſtde l'uſage ,la dépense
de cellercy étoit faire ,&coles
entrepreneursde cette fottiſe
n'en voulurent pas avoir ledéGALANT
1
7
menti La voicytelle à peu prés
qu'on me l'a écrite.
Le Maire de Valence mal
informéapparemmentdesufa
ges& coûtumes de l'Alcoran
ſe rendit en robede ceremo
nic accompagné d'un bon
nombre deRobins , ſuivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambaſſadeur , à qui
il fit un beau compliment,
en luy preſentant le vin de la
Ville. Mehemer impatient
d'apprendre ce que ſignifioit
ce nouveau ceremonial , demanda
ce qu'il y avoit dans
ces bouteilles. On luy dit que
4
Lij
4
124 MERCURE
C'étoit du vin.Alors le feu
luy montant au vifage , il dit ,
enmettant la main fur la poignée
de fon fabre , est- ce pour
on'infulter que cette canaille m'apporte
du vin, à moyqui n'en bois
pas? parMahomet, fi ces gens ne
fortent , fi on ne leurcaffe toutà
l'heure leurs bouteilles fur la
teste,je les vais tous exterminer.
On ne les fir pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monfieur Ambaladeur , ny
pour les hater de gagner l'ef
calier , d'où ils furent bien tốt
dans la rue, à fe regarder comne
des gens parfaitement ré
GALANT, 125
compenfez de leur ſotte civili
té. Cependant les, Interpretes,
& les Armeniens/quicſtoient
à ſon ſervice , s'accommode.
rent àbon compte du prefent
des Mflieurs de Ville , dont
ils bûrent le vin à bon mart
ché.
2 Le même foit il arriva une
autre avanture non moins fin,
guliere que celle cy , mais
d'une nature bien differente.
On avoit détaché des compa
gnies de lagarniſon, un certain
nombre de foldats pour mont
ter la garde à la maiſon de
Mehemet. Le ſieur des Marais,
Liij
126 MERCURE
Lieutenantde la Marechauffée
de Marseille , qui avoit ordre
de ſuivre l'Ambaſſadeur julqu'à
Paris,&d'eſcorter ſesPre
ſents avecquatre archers de ſa
brigade , regarda cette nouvel.
le garde comme une injure
qu'on luy faiſoit ,& prétendie
que l'Officier & les foldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Per
fan , n'avoient rien à faire , ny
de garde à monter où il eſtoir?
L'Officier commandé , voulut
de ſon cofté faire ſon devoir ,
& ſans écouter le verbiage du
Gout des Marais ,alloit faire
GALANT. 127
main baſſe ſurduy & fur fes
gans zadorſque l'Ambaffadeur
parut. Sa prefence appaifa ce
tumulte , & l'Officier fut congediende
son poste avec fes
foldatsios abaca da
ob Lerefte de cette nuit ſe paffarà
Vordinziic both al
Lelendemainil fut coucher
S Vallier , &de Vallier à
Vienne, où il reçût des hon
neurs plus fimples , & mieux
concertez qu'à Valence , &
dont ill fortit tres- content',
pour se rendre à Lyon , cù il
luy arriva des chofes firares,
que d'eſpace qu'elles occu-
Liiij
128 MERCURE
peroientacyyme déterminerà
renmedtrela urie autre fois à les
conter: Je diviſeray cate Hif
toire en quatreparties, fil'on
eft contentdecellequ'onvient
de lire ; la ſeconde contiendra
les Avantures deMehemetde.
puis la Ville de Lyon , où jede
laiſſe juſqu'au jour de fontEntrée
à Paris lastroiſiénič & la
quatriéme inſtruiront le Leereur
detoutes les circonstances
curieuſes de ſon Audience à
Verfailles ,&de ſon ſéjourlà
Paris, juſqu'au jour de fonembarquement
au Havrerne vul
-Plus nous irons en avant,
GALANT. 129
plus nous verrons le beau &
le merveilleux de cetre Hif
toire. Ainſt il eſtidevoſtreprudence
de m'encourager àvous
sseenniirruppaarroollee,, ſſiiivvoous eſtes cur
Tieux d'en ſçavoir la fina
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