Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
8102
p. 44-45
LE SONGE.
Début :
JE reposois sur la fougère ; [...]
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texteReconnaissance textuelle : LE SONGE.
LE SONGE.
JE reposois sur la fougère ;
Morphée avoit fermé mes yeux ;
Je croyois être avec Glycère ,
Et le Plaifir m'ouvroit les Cieux.
Minerve m'offrit la ſageſſe ;
Vénus les grâces , la beauté ;
Hébé la fraîcheur , la jeuneſſes
Mars ſes lauriers & ſa fierté.
MAR S. 1764.
Bacchus dit: Bois ; Apollon , chante ,
Et prends ce luth , s'il t'a charmés
Viens , ditPlutus , ſi l'Or te tente ;
Amour me dit: Aime, & j'aimai.
JE reposois sur la fougère ;
Morphée avoit fermé mes yeux ;
Je croyois être avec Glycère ,
Et le Plaifir m'ouvroit les Cieux.
Minerve m'offrit la ſageſſe ;
Vénus les grâces , la beauté ;
Hébé la fraîcheur , la jeuneſſes
Mars ſes lauriers & ſa fierté.
MAR S. 1764.
Bacchus dit: Bois ; Apollon , chante ,
Et prends ce luth , s'il t'a charmés
Viens , ditPlutus , ſi l'Or te tente ;
Amour me dit: Aime, & j'aimai.
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8104
p. 284-285
ENIGME.
Début :
Ne me prens pas pour une bagatelle, [...]
Mots clefs :
Moulin à vent
8105
p. 280-282
Benéfices donnez par le Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ne voulant s'occuper le jour de Pasques qu'à [...]
Mots clefs :
Religion, Abbayes, Abbé, Décès, Évêque, Diocèse, Démission, Bénéfices
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texteReconnaissance textuelle : Benéfices donnez par le Roy, [titre d'après la table]
Le Roy ne voulant s'occuper
le jour de Paſques qu'à
des chofes qui regardent, la
Religion , donna pluſieurs
Abbayes . M l'Abbé de la
Chaftre,Neveu de Madame
la Mareſchale de Humieres,
fut nommé à celle de Saint
Sever , vacante par la mort de
M' l'Eveſque d'Aire . Cette
Abbaye eſt dans le meſme
Eveſché. L'Abbaye de Saint
Victor de Caux Diocéſe de
Roüen, fut donnée àM l'Abbé
de Beauvau , Fils de M' le
Marquis duRivau. Elle estoit
vacante par la démiſſionvo.
4
GALANT 281
lontaire de M'le Comte de
Clere,&M-l'Abbé de la Motte,
Chanoine , & Archidiacte
de l'Eglife de Paris,& frere de
Medela Motte Intendant des
Bâtimens de fa Majesté , cut
l'Abbaye de Maffay Dioceſe
de Bourges , vacante par la
mortdeM' l'Abbé Bourdelot.
Ce premier s'eftoit démis de
I'Abbaye de Vertus Diocéſe
deChalons en Champagne,
que Sa Majefté a donnée à
MF'Abbé de Lufancy , Do-
Steur de la Maiſon de Sorbonne,
& Frere de M de
Lifancy , qui a cité Capitai
Avril 168 Aa
•
28 MERCURE
ne aux Gardes. Quelques
jours auparavant Madame
de Vaudetar avoit efté pour
veue de l'Abbaye de Saint
Leger de Preaux , Ordre de
Saint Benoift , Diocéſe de Li
fieux , vacante par la démis
fion de Madame Olivier de
Neuville.
le jour de Paſques qu'à
des chofes qui regardent, la
Religion , donna pluſieurs
Abbayes . M l'Abbé de la
Chaftre,Neveu de Madame
la Mareſchale de Humieres,
fut nommé à celle de Saint
Sever , vacante par la mort de
M' l'Eveſque d'Aire . Cette
Abbaye eſt dans le meſme
Eveſché. L'Abbaye de Saint
Victor de Caux Diocéſe de
Roüen, fut donnée àM l'Abbé
de Beauvau , Fils de M' le
Marquis duRivau. Elle estoit
vacante par la démiſſionvo.
4
GALANT 281
lontaire de M'le Comte de
Clere,&M-l'Abbé de la Motte,
Chanoine , & Archidiacte
de l'Eglife de Paris,& frere de
Medela Motte Intendant des
Bâtimens de fa Majesté , cut
l'Abbaye de Maffay Dioceſe
de Bourges , vacante par la
mortdeM' l'Abbé Bourdelot.
Ce premier s'eftoit démis de
I'Abbaye de Vertus Diocéſe
deChalons en Champagne,
que Sa Majefté a donnée à
MF'Abbé de Lufancy , Do-
Steur de la Maiſon de Sorbonne,
& Frere de M de
Lifancy , qui a cité Capitai
Avril 168 Aa
•
28 MERCURE
ne aux Gardes. Quelques
jours auparavant Madame
de Vaudetar avoit efté pour
veue de l'Abbaye de Saint
Leger de Preaux , Ordre de
Saint Benoift , Diocéſe de Li
fieux , vacante par la démis
fion de Madame Olivier de
Neuville.
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Résumé : Benéfices donnez par le Roy, [titre d'après la table]
Le roi a attribué plusieurs abbayes à l'occasion de Pâques. L'abbé de la Chaître, neveu de la Maréchale de Humières, a été nommé à l'abbaye de Saint-Sever, vacante après le décès de l'Évêque d'Aire, dans le même diocèse. L'abbaye de Saint-Victor de Caux, située dans le diocèse de Rouen, a été donnée à l'abbé de Beauvau, fils du Marquis du Rivau. L'abbaye de Massay, dans le diocèse de Bourges, a été attribuée à l'abbé de la Motte, chanoine et archidiacre de l'Église de Paris, frère de Médaille Motte, intendant des Bâtiments du Roi. Cette abbaye était vacante après la mort de l'abbé Bourdelot, qui avait démissionné de l'abbaye de Vertus, dans le diocèse de Chalons en Champagne. Cette dernière a été donnée à l'abbé de Lufancy, docteur de la Maison de Sorbonne et frère du capitaine de Lifancy aux Gardes. Quelques jours plus tôt, Madame de Vaudetar avait reçu l'abbaye de Saint-Léger de Préaux, ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Lisieux, vacante après la démission de Madame Olivier de Neuville.
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8106
p. 272-274
A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Début :
Mr le Duc de Saint Aignan a un mérite si genéralement / Favory des Neuf Soeurs, tu sçais plaire omnibus, [...]
Mots clefs :
Favori, Trésor, Aimer
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
M' le Duc de Saint Aignan
a un mérite fi genéralement
reconnu , qu'il donne lieu
tous les jours à toutes fortes
d'Ouvrages d'efprit. En voicy
un que vous aimerez. Il cft
de Madame des Houlieres,
fur des Bouts- rimez qui ont
cours depuis deux mois.
GALANT. 273
A MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN.
F
Avery
Avory des NeufSaurs, tufçais
plaire omnibus;
Doux à qui i'cftfoumis, fatal à qui
to fâche,
Tufers LOVIS LE GRAND fans
cfpoir,fans relâche,
Etde quatre tu fais donner la mart
tribus.
$2
Tupourrois infpirer la valeur auplus
lâche,
GrandDuc, on voit revivre en toy
Gafton Phebus,
Tufçais l'art d'employer noblement
ton quibus;
Atespropres dépens plus d'un bel
Efpritmâche.
274 MERCURE
S2
Le Sort pour toy conftant, t'aime,
te rit; Itcm ,
Te deftine un Trefor ( c'est là le
tu-autem )
Qu'un Etranger cacha durant une
grande ire.
$2
Tupeux encore aimer, &faire dire
amo.
Que ton Hiftoire unjourferaplaiſir
à lire,
Sijamais on l'écrit fideli calamo!
a un mérite fi genéralement
reconnu , qu'il donne lieu
tous les jours à toutes fortes
d'Ouvrages d'efprit. En voicy
un que vous aimerez. Il cft
de Madame des Houlieres,
fur des Bouts- rimez qui ont
cours depuis deux mois.
GALANT. 273
A MONSIEUR
LE DUC DE S. AIGNAN.
F
Avery
Avory des NeufSaurs, tufçais
plaire omnibus;
Doux à qui i'cftfoumis, fatal à qui
to fâche,
Tufers LOVIS LE GRAND fans
cfpoir,fans relâche,
Etde quatre tu fais donner la mart
tribus.
$2
Tupourrois infpirer la valeur auplus
lâche,
GrandDuc, on voit revivre en toy
Gafton Phebus,
Tufçais l'art d'employer noblement
ton quibus;
Atespropres dépens plus d'un bel
Efpritmâche.
274 MERCURE
S2
Le Sort pour toy conftant, t'aime,
te rit; Itcm ,
Te deftine un Trefor ( c'est là le
tu-autem )
Qu'un Etranger cacha durant une
grande ire.
$2
Tupeux encore aimer, &faire dire
amo.
Que ton Hiftoire unjourferaplaiſir
à lire,
Sijamais on l'écrit fideli calamo!
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Résumé : A MONSIEUR LE DUC DE S. AIGNAN.
Madame des Houlières a dédié un poème au Duc de Saint Aignan, intitulé 'GALANT'. Ce poème loue ses talents et ses mérites, sa capacité à inspirer et à plaire. Il le compare à Louis le Grand et souligne son soutien à des esprits brillants. Le sort lui est favorable, et son histoire pourrait être plaisante à lire si elle est fidèlement écrite.
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8107
p. 283-285
« Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Début :
Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...]
Mots clefs :
Vin, Galanterie
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texteReconnaissance textuelle : « Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Je garde pour le mois
prochain plusieurs aû-
,
tresN réponsesqu'on m'a
cnvoyees, tant sur cette
question : Si le Vin est
une bonne chose? que sur
la question galante: Que
peut-on dire pour blasmer
ou pourjustiferuntom.r
me amoureux d'unefemmequi
n'auroit nybeauté
ny esprit?
Laissons aussi la même
question galante pource
mois-cy. La matiere est
ample, & il est bon de
fonder à perpetuité dans
les Mercures un Article
Galant,aussi-bien qu'un
Article Bachique. Il y a
longtemps que l'Amour
& le Vin font des sujets
amusants. On ne s'en est
pointennuyédepuis tant
de siecles Si l'on s'en ennuyv-
e, ce sera ma faute
oucelle des Anonymes
quiselasseront de traiter
agréablementdes sujets
Aheureux*^.J*
prochain plusieurs aû-
,
tresN réponsesqu'on m'a
cnvoyees, tant sur cette
question : Si le Vin est
une bonne chose? que sur
la question galante: Que
peut-on dire pour blasmer
ou pourjustiferuntom.r
me amoureux d'unefemmequi
n'auroit nybeauté
ny esprit?
Laissons aussi la même
question galante pource
mois-cy. La matiere est
ample, & il est bon de
fonder à perpetuité dans
les Mercures un Article
Galant,aussi-bien qu'un
Article Bachique. Il y a
longtemps que l'Amour
& le Vin font des sujets
amusants. On ne s'en est
pointennuyédepuis tant
de siecles Si l'on s'en ennuyv-
e, ce sera ma faute
oucelle des Anonymes
quiselasseront de traiter
agréablementdes sujets
Aheureux*^.J*
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Résumé : « Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Un texte annonce la publication prochaine de réponses sur deux questions. La première concerne les bienfaits du vin. La seconde, galante, explore les arguments pour blâmer ou justifier un homme amoureux d'une femme sans beauté ni esprit. L'auteur reporte cette discussion au mois suivant. Il souligne l'importance de traiter régulièrement l'amour et le vin, sources d'amusement depuis des siècles.
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8108
p. 1784-1786
EPITRE, A Monsieur Darnaud.
Début :
Pour répondre, Darnaud, à ta galante Epitre, [...]
Mots clefs :
Apollon, Vers, Plaisirs
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A Monsieur Darnaud.
EPITRE ,
A Monfieur Darnaud,
Pour répondre , Darnaud , à ta galante Epitre ,
Si , comme à toi , Venus me dreffoit mon Pupître ,
Apollon , comme à toi , me dicteroit des Vers,
Qu'admireroit tout l'Univers.
Mais , vrai difciple d'Epicure,
Contente de pourvoir à mes autres befoins ,
Venus pour moi ne prend tels foins .
Je fuis donc la fimple Nature ,
( Non celle- là , qui fait les Sçavans confommés ,
Çes Auteurs , fi fort renommés ;
Non celle qui fait un Poëte ,
Comme toi , digne des leçons
Qu'Apoflon
A OU´S T. 1744. 1785
Qu'Apollon fait aux heureux nourriffons ,
Dont il prétend orner la tête
Du Laurier immortel , qui couronne fon front ,
Et qu'on moiffonne au double Mont , )
Mais celle qui nous fait connoître
Pour quelle fin elle nous a fait naître ,
Qui nous apprend qu'il faut jouir ,
Que l'inftant , qui fuit , & qui paffe
Eft en effet paffé , pour ne plus revenir ,
Et ne laiffe après lui d'autre fruit , d'autre trace ;
Qu'un incommode fouvenir.
Voilà inon Maître . Arnaud , dis - moi de grace ,
Eft-ce celui- là que tu fers?
Oui , mais ce n'eft celui qui t'inſpire ces Vers ,
Qui te procurent notre hommage ,
Ces Vers qu'un jeune homme à ton âge
Sçait lire à peine , & que tu fais ,
Ce font morceaux finis que tes premiers Effais,
Que ne puis-je du moins louer ce que j'admire
Mais la Nature , qui m'inſpire ,
Ne m'a doué de ce talent.
La louange eft un Don d'Apollon , qui te guide ,'
Qui t'apprend à chanter & les travaux d'Alcide
Et la gloire d'un Conquérant ;
A peindre les plaifirs où l'Amour nous invite ,
A mettre fur la Scéne un Héros , un Amant ,
A louer un ami charmé de ton mérite ,
Et qui t'eftime infiniment.
Mais
1786 MERCURE DE FRANCE.
Mais ce n'eft fur ce point qu'il faut que je réponde
A l'Epitre que je reçois.
Soumis & docile à ta voix
Qu'on m'applaud fſe , ou qu'on me fronde ,
Je me rendrai demain à l'endroit indiqué ,
A l'heure que tu m'as marqué .
Mais comment y mener tout le charmant Cortége
Qu'as demandé ? Las ! les plaifirs ,
Les ris , les jeux font- ils gens de Collége ?
Je n'y connois que des défirs.
Engeance incommode & maudite ,
Qui du foir au matin fans ceffe nous agite.
Avec moi je les menerai ,
Et, point ne me feront à charge ;
€
En te voyant je les fatisferai :
Mais lorsque je te quitterai ,
Ils reviendront , les cruels , à la charge ,
Et plus ne m'abandonneront
Ains toujours me tourmenteront ,
Jufqu'à ce que dans ma Cellule
Tu revienne appaifer leur indifcrete ardeur ;
Viens donc , Darnaud , fans façon , fans ſcrupule ¿
Chés ton ami , chés ton admirateur .
A Monfieur Darnaud,
Pour répondre , Darnaud , à ta galante Epitre ,
Si , comme à toi , Venus me dreffoit mon Pupître ,
Apollon , comme à toi , me dicteroit des Vers,
Qu'admireroit tout l'Univers.
Mais , vrai difciple d'Epicure,
Contente de pourvoir à mes autres befoins ,
Venus pour moi ne prend tels foins .
Je fuis donc la fimple Nature ,
( Non celle- là , qui fait les Sçavans confommés ,
Çes Auteurs , fi fort renommés ;
Non celle qui fait un Poëte ,
Comme toi , digne des leçons
Qu'Apoflon
A OU´S T. 1744. 1785
Qu'Apollon fait aux heureux nourriffons ,
Dont il prétend orner la tête
Du Laurier immortel , qui couronne fon front ,
Et qu'on moiffonne au double Mont , )
Mais celle qui nous fait connoître
Pour quelle fin elle nous a fait naître ,
Qui nous apprend qu'il faut jouir ,
Que l'inftant , qui fuit , & qui paffe
Eft en effet paffé , pour ne plus revenir ,
Et ne laiffe après lui d'autre fruit , d'autre trace ;
Qu'un incommode fouvenir.
Voilà inon Maître . Arnaud , dis - moi de grace ,
Eft-ce celui- là que tu fers?
Oui , mais ce n'eft celui qui t'inſpire ces Vers ,
Qui te procurent notre hommage ,
Ces Vers qu'un jeune homme à ton âge
Sçait lire à peine , & que tu fais ,
Ce font morceaux finis que tes premiers Effais,
Que ne puis-je du moins louer ce que j'admire
Mais la Nature , qui m'inſpire ,
Ne m'a doué de ce talent.
La louange eft un Don d'Apollon , qui te guide ,'
Qui t'apprend à chanter & les travaux d'Alcide
Et la gloire d'un Conquérant ;
A peindre les plaifirs où l'Amour nous invite ,
A mettre fur la Scéne un Héros , un Amant ,
A louer un ami charmé de ton mérite ,
Et qui t'eftime infiniment.
Mais
1786 MERCURE DE FRANCE.
Mais ce n'eft fur ce point qu'il faut que je réponde
A l'Epitre que je reçois.
Soumis & docile à ta voix
Qu'on m'applaud fſe , ou qu'on me fronde ,
Je me rendrai demain à l'endroit indiqué ,
A l'heure que tu m'as marqué .
Mais comment y mener tout le charmant Cortége
Qu'as demandé ? Las ! les plaifirs ,
Les ris , les jeux font- ils gens de Collége ?
Je n'y connois que des défirs.
Engeance incommode & maudite ,
Qui du foir au matin fans ceffe nous agite.
Avec moi je les menerai ,
Et, point ne me feront à charge ;
€
En te voyant je les fatisferai :
Mais lorsque je te quitterai ,
Ils reviendront , les cruels , à la charge ,
Et plus ne m'abandonneront
Ains toujours me tourmenteront ,
Jufqu'à ce que dans ma Cellule
Tu revienne appaifer leur indifcrete ardeur ;
Viens donc , Darnaud , fans façon , fans ſcrupule ¿
Chés ton ami , chés ton admirateur .
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8109
p. 285-288
MORTS.
Début :
Dame Paule-Marguerite-Françoise de Gondy, veuve de Messire François [...]
Mots clefs :
Dame, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Paulc-Marguerite-
FrançoisedeGondy
, veuve de
Messire Frnnçois-Timanuel de
Crcquy Duc deLefdiguieres,
&c. mourut le ri. dumois
pasle, &c.
Dame Victoire Rouxel de
Mcdavy de Grancey,&c. mourut
le 13.Jaavier dernier,&c.
Dame Marguerite Auzaner)
veuve de Mtiïire Antoine le
Fevre,Seigneurdela Malmaison
& de Bifly, &c. mourut 1c
13. du mois pallè.
,
M. Charles Gaspard Dôdun,
ConfeiHei honoraireau
Par lement
) mourut le 14.
Janvier, &c.
M Jeun de Marillon, Conseiller
nu Parlement, mourut
le 29 Janvier, &C.
M. Nicolas Henry de la
Michod!ere,Gon{eillerauParlementmourut
le25* Janvier,
&C.
M. Philippcs* Emanuël de
Colanges) Maistre des Rcquêtes
honoraire, si célébré par
ses chanfonnctes, mourut le
31. du mois pasle.
Dame Loiiife Goret,epouse
le M. Melchior François
:ourren, Colonel Suiflfe &
higadierdesArmées du Roy,
fiotirur leiS Janvier dernIer" kc. M Charles Purifot., Prorureur
General de la Cour
les Comptes, Aides & Finan-
:es de Normandie, mourutle
du mois pasle, &c.
Damoiselle Lucie de Cofcentin
de Tourville, mourut
le 14.Janvier dernier., &c.
Dame Bonne Mirie Bachelier
de Beaubourg, femme da
Mtflire Denis Noël Brularr ,
Marquis de Rouvray, mourut
k de ce mois) &c.
Mtflîre Cesar Alexandre
de Beaudeau, Comte de Para
bere & de Pardailian, &c.
mourut le
1 3. de ce mois,
&c.
Dame Paulc-Marguerite-
FrançoisedeGondy
, veuve de
Messire Frnnçois-Timanuel de
Crcquy Duc deLefdiguieres,
&c. mourut le ri. dumois
pasle, &c.
Dame Victoire Rouxel de
Mcdavy de Grancey,&c. mourut
le 13.Jaavier dernier,&c.
Dame Marguerite Auzaner)
veuve de Mtiïire Antoine le
Fevre,Seigneurdela Malmaison
& de Bifly, &c. mourut 1c
13. du mois pallè.
,
M. Charles Gaspard Dôdun,
ConfeiHei honoraireau
Par lement
) mourut le 14.
Janvier, &c.
M Jeun de Marillon, Conseiller
nu Parlement, mourut
le 29 Janvier, &C.
M. Nicolas Henry de la
Michod!ere,Gon{eillerauParlementmourut
le25* Janvier,
&C.
M. Philippcs* Emanuël de
Colanges) Maistre des Rcquêtes
honoraire, si célébré par
ses chanfonnctes, mourut le
31. du mois pasle.
Dame Loiiife Goret,epouse
le M. Melchior François
:ourren, Colonel Suiflfe &
higadierdesArmées du Roy,
fiotirur leiS Janvier dernIer" kc. M Charles Purifot., Prorureur
General de la Cour
les Comptes, Aides & Finan-
:es de Normandie, mourutle
du mois pasle, &c.
Damoiselle Lucie de Cofcentin
de Tourville, mourut
le 14.Janvier dernier., &c.
Dame Bonne Mirie Bachelier
de Beaubourg, femme da
Mtflire Denis Noël Brularr ,
Marquis de Rouvray, mourut
k de ce mois) &c.
Mtflîre Cesar Alexandre
de Beaudeau, Comte de Para
bere & de Pardailian, &c.
mourut le
1 3. de ce mois,
&c.
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8110
p. 285-288
RONDEAU.
Début :
J'aurois peur de déclarer trop ouvertement / Par un bonheur je connus Alizon [...]
Mots clefs :
Bonheur, Rondeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU.
J'aurois peur de déclarer
trop ouvertement
ce qirî je sens, si j'avoüois
ingenuëment ce que je
pense du Rondeau qui
fuit. Cependant je ne
peux m'empêcher de
vous dire que je letrouve
bien joly.
RONDEAU.
PArun bonheurje connus
Ilizon
Pour qui j'étois brulant
commeun tizon.
Sa taille autant que sa
beauté m'excite,
Mais plus je l'aime ~S
je lasollicite;
Moins de mon mal fobtiens
laguerison.
Cela viendra, dis-je,dans
sa,faison
Sa mereunjour lalaisse
à lamaison,
Va du matinfaire longue
viJite;
Par un bonheur!
Ie visl'objet qui troubloit
ma raison,
AJJîs aufrais sur un tendregazon
,
Au jeu d'Amour doucement
je ¡Sjnvite,.
Et je parviens enfin ait
but que je médite,
Ainsi finit ma peineLf
ma prison ,
Par un bonheur.
trop ouvertement
ce qirî je sens, si j'avoüois
ingenuëment ce que je
pense du Rondeau qui
fuit. Cependant je ne
peux m'empêcher de
vous dire que je letrouve
bien joly.
RONDEAU.
PArun bonheurje connus
Ilizon
Pour qui j'étois brulant
commeun tizon.
Sa taille autant que sa
beauté m'excite,
Mais plus je l'aime ~S
je lasollicite;
Moins de mon mal fobtiens
laguerison.
Cela viendra, dis-je,dans
sa,faison
Sa mereunjour lalaisse
à lamaison,
Va du matinfaire longue
viJite;
Par un bonheur!
Ie visl'objet qui troubloit
ma raison,
AJJîs aufrais sur un tendregazon
,
Au jeu d'Amour doucement
je ¡Sjnvite,.
Et je parviens enfin ait
but que je médite,
Ainsi finit ma peineLf
ma prison ,
Par un bonheur.
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8111
p. 1752-1756
LES MIRACLES, ODE DE M. PIRON.
Début :
Homme incredule, écoute, & soumets ton audace, [...]
Mots clefs :
Yeux, Nature, Miracle, Eau, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES MIRACLES, ODE DE M. PIRON.
LES MIRACLES ,.
O DE
DE M. PIRON.
Omme incredule , écoute , & foumets ton
audace,
L'Epouvante fur toi va répandre fa glace.
Que ton front pâliffe une fois !
Viens , contemple avec moi dans toute fa puiffance
Celui dont les éclairs annoncent la préſence ,
Et dont le Tonnerre eft la voix :
Quelle eft la Majefté de cet Etre fublime ,
Dont le haut Firmament & le profond abîme
Ne limitent pas le pouvoir ?
Vain Monarque , à les yeux , que paroît to
Royaume ,
Quand l'Univers entier n'eft qu'un leger atomes
Que de fon foufle-il fiy -mouvoir
Dez
AO UST. 1730. 1733
De ce fouffe divin s'anima la Nature ;
Elle reçût de lui fa loi conftante & pure .
nous fommes tous ! Infenfés que
Parceque cette Loi triomphe fans obftacles ,
Que rien n'en interrompt à nos yeux les miracles
Ils ceffent de l'être pour nous.
Les Tenebres , le jour , les Ondes refrenées ;
Le cercle des Saifons l'une à l'autre enchaînées
Contre l'Athée ont prononcé.
Reconnoîtrons-nous moins la fageffe éternelle
Au bel ordre établi qui par tout la revele ,
Qu'à ce bel ordre renverſé ?
Hé bien ! Mortel aveugle , il faut te ſatisfaire,
Préfere un Phénomene à l'Aftre qui t'éclaire
Dieu fe conforme à ton erreur ;
A ta fragilité fon pouvoir ſe meſure ;
Interrompant le cours des loix de la Nature
Il va s'en déclarer l'Auteur.
Sous un Prince endurci , toute l'Egypte en ar
mes
A volé fur les pas de Jacob en allarmes ;
Il n'a que fon Dieu pour appui.
De fes perfécuteurs la courfe impitoyable
Le ferre entre les bords d'une Mer effroyable ,
Et le trépas qui fond fur lui.
L'Elér
1754 MERCURE DE FRANCE
L'Element redouté lui préfente un azile ;
L'onde fuit , fe divife , & le flot immobile
Refte fufpendu dans les airs ;
La main qui , ravageant de coupables Campagnes,
Jadis fous l'Eau profonde a caché les Montagnes.
Vient fecher le gouffre des Mers.
Dans ce Vallon bordé de hauts Rochers liquides
Je vois entrer les Chars des Guerriers homicides
Leurs pas n'en font point rallentis ;
Mais le peuple chéri touche à peine au rivage
Que du flot qui reprend fon empire & fa rage
Les Barbares font engloutis .
Le Defert à ce peuple inſpire une autre crainte,
Là jamais de l'Oifeau la foif ne fut éteinte ;
Jamais fruit ne s'y recueillit.
L'Air offre l'aliment que refufoit la terre ;
Le reinede à la foif fort du fein de la pierre-
Le Roc eft frappé ; l'eau jaillit .
Je garde devant vous un timide filence ;
Sommet du Mont facré qu'embraſa la préſence
Du difpenfateur de la Loi !
Le miracle vivant de cette Loi fuprême
Que de fon doigt fur vous Dieu nous traça lui
même ,
Parle fuffifamment fans moi.
Aux
A O UST. 1730. 1733
Aux Rives du Jourdain fuivons l'Arche terri
ble ;
L'Hebreu mal agueri par elle eft invincible ;
Les Clairons ont frappé l'écho.
L'eau remonte à fa fource , où l'effroi la rappelles
L'Arche avance , elle aborde ; & je vois devant elle
Tomber les murs de Jericho.
L'Amorrhéen faifi d'une terreur panique ,
Dans laNuit qui s'approche a fa reffource unique,
Vain efpoir dont il fe nourrit !
Celui de fes Vainqueurs peut -il être frivole a
Arrête , dit leur Chef, au Soleil qui s'envole ;
L'Aftre s'arrête , & tout périt.
La flamme , ou l'eau du Ciel tombe à la voix
d'Elie :
Des Monftres dont la faim redouble la furie
Daniel n'eft point offenfé.
Leur fein fert à Jonas de retraite paiſible.
Sous les coups foudroyans d'un vengeur invif
ble
Sennacherib eft terraffé.
L'Arche a brifé Dagon ... Mais quels plus grands
miracles
Imposent tout à coup filence aux faux Oracles ?
Satan fuit au fond des Enfers.
O prodige qui rend la Nature interdite!!
Dien
1756 MERCURE DE FRANCE
Dieu fe fait homme , il naît , il meurt , il reſſuſcite
;
Les Cieux par lui nous font ouverts.
Leve les yeux , ôtoi , qu'un foufle met en poudre
,
Mortel , ici t'attend ou la palme , ou la foudre ;
Choifis , tu n'as plus qu'un moment ;
Préviens le jour d'horreur, d'ire , & d'ignomini
Ou le coupable doit revenir à la vie
Pour mourir éternellement.
O DE
DE M. PIRON.
Omme incredule , écoute , & foumets ton
audace,
L'Epouvante fur toi va répandre fa glace.
Que ton front pâliffe une fois !
Viens , contemple avec moi dans toute fa puiffance
Celui dont les éclairs annoncent la préſence ,
Et dont le Tonnerre eft la voix :
Quelle eft la Majefté de cet Etre fublime ,
Dont le haut Firmament & le profond abîme
Ne limitent pas le pouvoir ?
Vain Monarque , à les yeux , que paroît to
Royaume ,
Quand l'Univers entier n'eft qu'un leger atomes
Que de fon foufle-il fiy -mouvoir
Dez
AO UST. 1730. 1733
De ce fouffe divin s'anima la Nature ;
Elle reçût de lui fa loi conftante & pure .
nous fommes tous ! Infenfés que
Parceque cette Loi triomphe fans obftacles ,
Que rien n'en interrompt à nos yeux les miracles
Ils ceffent de l'être pour nous.
Les Tenebres , le jour , les Ondes refrenées ;
Le cercle des Saifons l'une à l'autre enchaînées
Contre l'Athée ont prononcé.
Reconnoîtrons-nous moins la fageffe éternelle
Au bel ordre établi qui par tout la revele ,
Qu'à ce bel ordre renverſé ?
Hé bien ! Mortel aveugle , il faut te ſatisfaire,
Préfere un Phénomene à l'Aftre qui t'éclaire
Dieu fe conforme à ton erreur ;
A ta fragilité fon pouvoir ſe meſure ;
Interrompant le cours des loix de la Nature
Il va s'en déclarer l'Auteur.
Sous un Prince endurci , toute l'Egypte en ar
mes
A volé fur les pas de Jacob en allarmes ;
Il n'a que fon Dieu pour appui.
De fes perfécuteurs la courfe impitoyable
Le ferre entre les bords d'une Mer effroyable ,
Et le trépas qui fond fur lui.
L'Elér
1754 MERCURE DE FRANCE
L'Element redouté lui préfente un azile ;
L'onde fuit , fe divife , & le flot immobile
Refte fufpendu dans les airs ;
La main qui , ravageant de coupables Campagnes,
Jadis fous l'Eau profonde a caché les Montagnes.
Vient fecher le gouffre des Mers.
Dans ce Vallon bordé de hauts Rochers liquides
Je vois entrer les Chars des Guerriers homicides
Leurs pas n'en font point rallentis ;
Mais le peuple chéri touche à peine au rivage
Que du flot qui reprend fon empire & fa rage
Les Barbares font engloutis .
Le Defert à ce peuple inſpire une autre crainte,
Là jamais de l'Oifeau la foif ne fut éteinte ;
Jamais fruit ne s'y recueillit.
L'Air offre l'aliment que refufoit la terre ;
Le reinede à la foif fort du fein de la pierre-
Le Roc eft frappé ; l'eau jaillit .
Je garde devant vous un timide filence ;
Sommet du Mont facré qu'embraſa la préſence
Du difpenfateur de la Loi !
Le miracle vivant de cette Loi fuprême
Que de fon doigt fur vous Dieu nous traça lui
même ,
Parle fuffifamment fans moi.
Aux
A O UST. 1730. 1733
Aux Rives du Jourdain fuivons l'Arche terri
ble ;
L'Hebreu mal agueri par elle eft invincible ;
Les Clairons ont frappé l'écho.
L'eau remonte à fa fource , où l'effroi la rappelles
L'Arche avance , elle aborde ; & je vois devant elle
Tomber les murs de Jericho.
L'Amorrhéen faifi d'une terreur panique ,
Dans laNuit qui s'approche a fa reffource unique,
Vain efpoir dont il fe nourrit !
Celui de fes Vainqueurs peut -il être frivole a
Arrête , dit leur Chef, au Soleil qui s'envole ;
L'Aftre s'arrête , & tout périt.
La flamme , ou l'eau du Ciel tombe à la voix
d'Elie :
Des Monftres dont la faim redouble la furie
Daniel n'eft point offenfé.
Leur fein fert à Jonas de retraite paiſible.
Sous les coups foudroyans d'un vengeur invif
ble
Sennacherib eft terraffé.
L'Arche a brifé Dagon ... Mais quels plus grands
miracles
Imposent tout à coup filence aux faux Oracles ?
Satan fuit au fond des Enfers.
O prodige qui rend la Nature interdite!!
Dien
1756 MERCURE DE FRANCE
Dieu fe fait homme , il naît , il meurt , il reſſuſcite
;
Les Cieux par lui nous font ouverts.
Leve les yeux , ôtoi , qu'un foufle met en poudre
,
Mortel , ici t'attend ou la palme , ou la foudre ;
Choifis , tu n'as plus qu'un moment ;
Préviens le jour d'horreur, d'ire , & d'ignomini
Ou le coupable doit revenir à la vie
Pour mourir éternellement.
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Résumé : LES MIRACLES, ODE DE M. PIRON.
Le poème 'Les Miracles, ou de M. Piron' invite les incrédules à reconnaître la puissance divine à travers divers miracles. Il décrit la majesté de Dieu, dont le pouvoir dépasse les limites du firmament et de l'abîme. Le texte souligne que la nature et l'univers entier sont soumis à la loi divine, et que les miracles en sont des manifestations. Plusieurs miracles bibliques sont cités, tels que la traversée de la mer Rouge par les Hébreux, la chute des murs de Jéricho, l'arrêt du soleil pour Josué, et la résurrection de Jésus-Christ. Le poème met en garde les incrédules contre l'erreur de privilégier des phénomènes naturels à la sagesse divine et les exhorte à reconnaître la puissance de Dieu.
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8112
p. 66-70
« D'autres Lettres portent que les Ennemis font élever un [...] »
Début :
D'autres Lettres portent que les Ennemis font élever un [...]
Mots clefs :
Major, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « D'autres Lettres portent que les Ennemis font élever un [...] »
D'autres Letrres portent
que les Ennemis font élever
un Fort dans le Marais de
Bouchain, à la pointe qui
cft entre l'Escaut & le Senset,
afin d'établir une communication
seure entre ces
deux Places, & pour en
rendre l'invertissement plus
difficile ; que leur Armée
fcroitdéja retirée à cause de
la disette des fourages &
des incommoditez que les
Troupes souffrent, s'il n'etoit
absolument necessaire
de repater les brèches de
Bouchainavant qu'elles se
separent; que les Provinces
de Brabant, de Flandre, &
de Haynaut avoient cfte
taxées pour fournir du foin
de la paille, & de l'avoine,
&mesme laChastellenie de
Lille, quoy que ses fourages
ayent esté consommez pendant
la Campagne; qu'on
écoit convenu de part &
d'autre de fournir des grains
aux Paysans pour ensemencer
leurs terres, de leur
rendre leurs Bestiaux, & de
deffendre aux soldats fous
peine de la vie de les leur
enlever: Que le Partisandu
Moulin, étant forti de Namur,
avec deuxmille hommes,
avoit traversé tout le
Brabant, & s'etoit avancé
jusqu'au prés de Heusden,
où il avoit surpris & pillé
le Chasteau de Mouwen.
& plusieurs autres lieux, de
la Province d Holande,
d'ou il s'eroit ensuite retiré
sans aucune perte, avec un:
grand nombre d'Otages;
& que Mr le Maréchal de
Villarsavoit accordé congé
sur leur parole au Comte
dErbach
, &- au Major de
Wasnaer
, que Mr leComte
deCoignies avoit fait prisonniers
dans unfourageprés
de Landrecies, de-mcunc
qu'au General Major Bor k,
& au Comte de Denhof,
prisà l'attaque de Hordain.
que les Ennemis font élever
un Fort dans le Marais de
Bouchain, à la pointe qui
cft entre l'Escaut & le Senset,
afin d'établir une communication
seure entre ces
deux Places, & pour en
rendre l'invertissement plus
difficile ; que leur Armée
fcroitdéja retirée à cause de
la disette des fourages &
des incommoditez que les
Troupes souffrent, s'il n'etoit
absolument necessaire
de repater les brèches de
Bouchainavant qu'elles se
separent; que les Provinces
de Brabant, de Flandre, &
de Haynaut avoient cfte
taxées pour fournir du foin
de la paille, & de l'avoine,
&mesme laChastellenie de
Lille, quoy que ses fourages
ayent esté consommez pendant
la Campagne; qu'on
écoit convenu de part &
d'autre de fournir des grains
aux Paysans pour ensemencer
leurs terres, de leur
rendre leurs Bestiaux, & de
deffendre aux soldats fous
peine de la vie de les leur
enlever: Que le Partisandu
Moulin, étant forti de Namur,
avec deuxmille hommes,
avoit traversé tout le
Brabant, & s'etoit avancé
jusqu'au prés de Heusden,
où il avoit surpris & pillé
le Chasteau de Mouwen.
& plusieurs autres lieux, de
la Province d Holande,
d'ou il s'eroit ensuite retiré
sans aucune perte, avec un:
grand nombre d'Otages;
& que Mr le Maréchal de
Villarsavoit accordé congé
sur leur parole au Comte
dErbach
, &- au Major de
Wasnaer
, que Mr leComte
deCoignies avoit fait prisonniers
dans unfourageprés
de Landrecies, de-mcunc
qu'au General Major Bor k,
& au Comte de Denhof,
prisà l'attaque de Hordain.
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Résumé : « D'autres Lettres portent que les Ennemis font élever un [...] »
Le texte décrit plusieurs événements militaires et logistiques. Les ennemis ont construit un fort dans le marais de Bouchain, entre l'Escaut et le Senset, pour sécuriser la communication entre deux places et compliquer une éventuelle attaque. Leur armée, initialement en retrait en raison de la pénurie de fourrage et des conditions difficiles, doit rester pour réparer les brèches de Bouchain. Les provinces de Brabant, de Flandre et de Hainaut, ainsi que la châtellenie de Lille, sont taxées pour fournir du foin, de la paille et de l'avoine, malgré la consommation précédente. Un accord est conclu pour fournir des grains aux paysans, leur rendre leurs bêtes et interdire aux soldats de les enlever sous peine de mort. Par ailleurs, un parti de Namur, fort de deux mille hommes, a traversé le Brabant, pillé le château de Mouwen et d'autres lieux en Hollande, avant de se retirer avec de nombreux otages. Le maréchal de Villars a libéré sur parole le comte d'Erbach et le major de Wasnaer, capturés par le comte de Coignies lors d'un fourrage près de Landrecies. De même, le général major Borck et le comte de Denhof, pris lors de l'attaque de Hordain, ont été libérés.
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8113
p. 271-276
Morts, &c. [titre d'après la table]
Début :
Jean-Baptiste Voile, Sieur de la Garde, Conseiller du Roy [...]
Mots clefs :
Maître des requêtes, Premier président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, &c. [titre d'après la table]
Jean - Baptiste Voile
,
Sieur de la Garde, Conseiller
du Royen ses Conseils,
Maistre des Requetfes*.
ôc Secretaire des Commandements
de S. A. R.
Madame
»
est mort le 5.
Octobre.
René Roland le Vayer,
Seigneur de Boutigny ,
Conseiller au Parlement,
est mort à la campagne. Il
estoit de la mesme Race
dont estoit le célébré La
Motte le Vayer.
Florent deCreil Bourneseau,
fils de feu Mr de
Creil, Maistre des Requelles,
est mort le 24.
Octobre. Mr d'Argouges,
Lieutenant Civil,a epOU4
se sa soeur.
Anne- Françoise- Marc
de la Ferté, veuve d'AlexandreTarteron,
Seigneur
de Monciers, &c. President
au Grand-Conseil, est
morte le
2. 7. du mesme
mois.,
Marre-CamillePalavicini
,
qui avoit épousé le
12.. Janvier 1670. Jean-
Baptiste Rospigliosi3 Duc
de Za(y,.i,-ole
,
Neveu du
Pape Clement IX. mourut
à Rome le 4. Septembre,
Elle laissedeuxFils, dont
l'un aura le Palais de Rospigliosi
, &l'autre le Palatia.
Elle a donné quarante
mille écus pour l'establissement
de six Chapelains
,
en saveur de sixstudiants,
On a déja appris par les
Nouvelles publiques la
mort duCardinal Vincent
Grimani Vice-Roy de Naples
depuis la derniere revolution.
Il mourut le26.
Septembre d'une retention
d'urine,âgé de 58. ans.
Il avoit esté fait Cardinal
le22.JuilletI697.àla nomination
de l'Empereur,
Personne n'ignore qu'il avoit
encouru lesCensures
dont il aesté absous à l'occasson
de sa mort.
Dés qu'un Vice-Roy de
Naples est mort, on fait
une élection pour remplir
la place per interim. On a
éleu le Comte Borromée
de Milan.
On a obmis dans le
Mercure dernier que Mr
Deschiens de laNeuville
Maistre des Requestes, , a
esté nommé Intendant de
Pau, par la mort deMrle
Camus de la Grange, &
Mr du Fenoil, aussi Maistre
des Requestes, a esté
nomme Premier President
de ce Parlement.
Pierre Cardin le Bret,
aussi Maistre des Requestes
, & Intendant de Provence,
a esté nommé Prémier
President du Parlement
d'Aix, par la morf
de Pierre Cardin le Bret,
son pere.
,
Sieur de la Garde, Conseiller
du Royen ses Conseils,
Maistre des Requetfes*.
ôc Secretaire des Commandements
de S. A. R.
Madame
»
est mort le 5.
Octobre.
René Roland le Vayer,
Seigneur de Boutigny ,
Conseiller au Parlement,
est mort à la campagne. Il
estoit de la mesme Race
dont estoit le célébré La
Motte le Vayer.
Florent deCreil Bourneseau,
fils de feu Mr de
Creil, Maistre des Requelles,
est mort le 24.
Octobre. Mr d'Argouges,
Lieutenant Civil,a epOU4
se sa soeur.
Anne- Françoise- Marc
de la Ferté, veuve d'AlexandreTarteron,
Seigneur
de Monciers, &c. President
au Grand-Conseil, est
morte le
2. 7. du mesme
mois.,
Marre-CamillePalavicini
,
qui avoit épousé le
12.. Janvier 1670. Jean-
Baptiste Rospigliosi3 Duc
de Za(y,.i,-ole
,
Neveu du
Pape Clement IX. mourut
à Rome le 4. Septembre,
Elle laissedeuxFils, dont
l'un aura le Palais de Rospigliosi
, &l'autre le Palatia.
Elle a donné quarante
mille écus pour l'establissement
de six Chapelains
,
en saveur de sixstudiants,
On a déja appris par les
Nouvelles publiques la
mort duCardinal Vincent
Grimani Vice-Roy de Naples
depuis la derniere revolution.
Il mourut le26.
Septembre d'une retention
d'urine,âgé de 58. ans.
Il avoit esté fait Cardinal
le22.JuilletI697.àla nomination
de l'Empereur,
Personne n'ignore qu'il avoit
encouru lesCensures
dont il aesté absous à l'occasson
de sa mort.
Dés qu'un Vice-Roy de
Naples est mort, on fait
une élection pour remplir
la place per interim. On a
éleu le Comte Borromée
de Milan.
On a obmis dans le
Mercure dernier que Mr
Deschiens de laNeuville
Maistre des Requestes, , a
esté nommé Intendant de
Pau, par la mort deMrle
Camus de la Grange, &
Mr du Fenoil, aussi Maistre
des Requestes, a esté
nomme Premier President
de ce Parlement.
Pierre Cardin le Bret,
aussi Maistre des Requestes
, & Intendant de Provence,
a esté nommé Prémier
President du Parlement
d'Aix, par la morf
de Pierre Cardin le Bret,
son pere.
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Résumé : Morts, &c. [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs décès et nominations notables. Jean-Baptiste Voile, Sieur de la Garde, Conseiller du Roi et Secrétaire des Commandements de Madame, est décédé le 5 octobre. René Roland le Vayer, Seigneur de Boutigny et Conseiller au Parlement, est mort à la campagne. Florent de Creil Bourneseau, fils de feu Monsieur de Creil, Maître des Requêtes, est décédé le 24 octobre. Monsieur d'Argouges, Lieutenant Civil, a épousé sa sœur. Anne-Françoise-Marc de la Ferté, veuve d'Alexandre Tarteron, Seigneur de Monciers et Président au Grand-Conseil, est morte le 2 juillet. Marie-Camille Palavicini, épouse de Jean-Baptiste Rospigliosi, Duc de Zagarolo et neveu du Pape Clément IX, est décédée à Rome le 4 septembre, laissant deux fils. Le Cardinal Vincent Grimani, Vice-Roy de Naples, est mort le 26 septembre à l'âge de 58 ans. Le Comte Borromée de Milan a été élu pour le remplacer par intérim. Parmi les nominations, Monsieur Deschiens de la Neuville est devenu Intendant de Pau, Monsieur du Fenoil Premier Président du Parlement de Pau, et Pierre Cardin le Bret Premier Président du Parlement d'Aix, succédant à son père.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8114
p. 272-277
Zele des nouveaux Convertis de Niort, pour tout ce qui regarde la Religion Catholique. [titre d'après la table]
Début :
Il me seroit difficile de vous exprimer combien les nouveaux Convertis [...]
Mots clefs :
Nouveaux convertis, Croyance, Vérité, Placet, Écriture, Sens, Cérémonie, Niort, Conversions, Couvent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Zele des nouveaux Convertis de Niort, pour tout ce qui regarde la Religion Catholique. [titre d'après la table]
Ilme feroitdifficile de
vous_ exprimer combien les
nouveaux Convertis se fortiricnc
tous les jours dans la
nouvelle croyance qu'ils ont
embrassée. On dévoie estre
perluade que cela arrivèrent
à ceux qui voudroient écouter,
puis qu'il n'y a que l'obstination
à fermer l'oreille,
8c les yeux à la vérité
,
qui
empesche de la découvrir.
Les nouveaux Réunis de la
Ville de Niort en Poitou »
ont écouté,&ils ont crut
& cela fait voir qu'onne peut
entendre parler la véritésans
la reconnoistre. Ils estoient
au nombre de quatre mille,
qui doivent au Roy: & au
»Pere le Blanc, Cordelier de
la Provincede Touraine, les
lumières qu'ils ont receucs.
-
Ils ont fait cannoistre par un
Placer à Mr l'Archevesque
deParis, qu'ils avoient este
édifiez delàconduite de ce
Pere; & instruits par ses Sermons
pendant l'Avent & le
Caresme dernier; ce qui les
engageoit à le supplier d'obtenirduRoyqu'ilretournast
auprèsd'eux,afin que dansles
principales Festesde l'année
, il achevast de leur découvrir
le veritable sens de
l'Ecriture-Sainte,& des Misteres
sacrez, & qu'en leur et
lp'Eligqluiasen,t les ceremonies de
& de l'Office divin
ii
t
ilpuft les porter à la pénitence
& a la sanctification des
iroeurs,&donner à leurs consciences
le reposqu'ilscherchent.
M Augier de la Teraudiere
leur a dressécePlacet,
& a elle député icy pour
en solliciter la réponse. C'est
un homme d'un mérité distingué
,
dontje vous ay parlé
dans plusieurs de mesLettres)
& qui a déjà esté quatre fois
Maire de la Ville de Niort.
Sa pieté est sincere, & son
zele desinteressé, ce qu'il a
fait connoistre dans le temps
des Convergions, ayant travaille
à celles de près de vingt
mille personnes. Comme le
Roy ne cherche que le salut
desamesde sesSujets,&qu'il
ne luy importe par qui ils
recoivent les lumieres dont
iillssoonnttbbeessooiinn,, ce Monarque, C~ Monar~ue, aaccordéàces heureux Réunis
, le Pere qu'ils luyont fait
demander, & parce qu'estant
Vicaire de son Ordre au
grand Convent de Paris, cet
Employ sembloit l'y devoir J arrester 1 , Sa Majesté a ordonnéqu'on
luy en conservast lec
droits & les privilèges, pendant
qu'un autre en feroit les
rfonctions,
n'estant pas juste
que dans letemps qu'il ferviroit
le public, il fust destitué
ï d'unhonneur qu'il s'estateir
ré par son merite
vous_ exprimer combien les
nouveaux Convertis se fortiricnc
tous les jours dans la
nouvelle croyance qu'ils ont
embrassée. On dévoie estre
perluade que cela arrivèrent
à ceux qui voudroient écouter,
puis qu'il n'y a que l'obstination
à fermer l'oreille,
8c les yeux à la vérité
,
qui
empesche de la découvrir.
Les nouveaux Réunis de la
Ville de Niort en Poitou »
ont écouté,&ils ont crut
& cela fait voir qu'onne peut
entendre parler la véritésans
la reconnoistre. Ils estoient
au nombre de quatre mille,
qui doivent au Roy: & au
»Pere le Blanc, Cordelier de
la Provincede Touraine, les
lumières qu'ils ont receucs.
-
Ils ont fait cannoistre par un
Placer à Mr l'Archevesque
deParis, qu'ils avoient este
édifiez delàconduite de ce
Pere; & instruits par ses Sermons
pendant l'Avent & le
Caresme dernier; ce qui les
engageoit à le supplier d'obtenirduRoyqu'ilretournast
auprèsd'eux,afin que dansles
principales Festesde l'année
, il achevast de leur découvrir
le veritable sens de
l'Ecriture-Sainte,& des Misteres
sacrez, & qu'en leur et
lp'Eligqluiasen,t les ceremonies de
& de l'Office divin
ii
t
ilpuft les porter à la pénitence
& a la sanctification des
iroeurs,&donner à leurs consciences
le reposqu'ilscherchent.
M Augier de la Teraudiere
leur a dressécePlacet,
& a elle député icy pour
en solliciter la réponse. C'est
un homme d'un mérité distingué
,
dontje vous ay parlé
dans plusieurs de mesLettres)
& qui a déjà esté quatre fois
Maire de la Ville de Niort.
Sa pieté est sincere, & son
zele desinteressé, ce qu'il a
fait connoistre dans le temps
des Convergions, ayant travaille
à celles de près de vingt
mille personnes. Comme le
Roy ne cherche que le salut
desamesde sesSujets,&qu'il
ne luy importe par qui ils
recoivent les lumieres dont
iillssoonnttbbeessooiinn,, ce Monarque, C~ Monar~ue, aaccordéàces heureux Réunis
, le Pere qu'ils luyont fait
demander, & parce qu'estant
Vicaire de son Ordre au
grand Convent de Paris, cet
Employ sembloit l'y devoir J arrester 1 , Sa Majesté a ordonnéqu'on
luy en conservast lec
droits & les privilèges, pendant
qu'un autre en feroit les
rfonctions,
n'estant pas juste
que dans letemps qu'il ferviroit
le public, il fust destitué
ï d'unhonneur qu'il s'estateir
ré par son merite
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Résumé : Zele des nouveaux Convertis de Niort, pour tout ce qui regarde la Religion Catholique. [titre d'après la table]
Le texte relate l'enthousiasme des nouveaux convertis à une nouvelle foi, attribué à leur ouverture d'esprit et à l'écoute de la vérité. À Niort, en Poitou, environ quatre mille personnes, reconnaissantes envers le roi et le Père le Blanc, un cordelier de Touraine, ont été inspirées par ses sermons durant l'Avent et le Carême précédents. Elles désirent son retour pour poursuivre ses enseignements sur l'Écriture Sainte et les mystères sacrés afin de se repentir et de sanctifier leurs vies. Ces convertis ont sollicité l'archevêque de Paris via un placet rédigé par M. Augier de la Teraudiere, connu pour avoir contribué à la conversion de près de vingt mille personnes. Le roi, préoccupé par le salut de ses sujets, a approuvé leur demande, permettant au Père le Blanc de conserver ses droits et privilèges au grand couvent de Paris tout en continuant à servir à Niort.
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8115
p. 286-293
Essai sur la Musique, [titre d'après la table]
Début :
Essai sur la Musique, deux volumes in-4o. orné d'un grand nombre de Figures & [...]
Mots clefs :
Musique, Ouvrage, Grecs, Chansons, Livre, Temps, Romains, Nombre, Poètes, Musiciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essai sur la Musique, [titre d'après la table]
Efai fur la Mufique , deux volumes in- 40.
orné d'un grand nombre de Figures &
de Chanfons notées , propofé par foufcription
. L'Ouvrage fera divifé en cinq
Livres.
LIVRE PREMIER .
CH. Ier, De la Mufique en général .
CH. II. Sa Divifion.
CH. III.
CH . IV .
CH. V.
CH . VI .
CH. VII.
CH . VIII.
CH, IX .
CH. X.
CH . XI .
CH. XII.
Divifion de la Mufique inftrumentale
ou pratique.
Antiquité de la Mufique.
Comment elle fut trouvée.
Des premiers Chants confacrés
à Dieu.
De la Mufique après le Déluge.
Dans les Funérailles des Hébreux
& des Égyptiens.
Quelle connoiffance Moïfe eut
de la Mufique.
De la Mufique du temps de
David.
Du temps de Salomon.
Depuis Salomon jufqu'à Cyrus.
DE FRANCE. 287
CH. XIII. De la Mufique dans les Repas ,
les Vendanges & les Obféques.
CH. XIV. De la Mufique des Chaldéens
CH. XV .
CH. XVI.
& autres Orientaux .
De celle des Égyptiens.
De celle des Grecs.
CH. XVII. De celle des Romains.
CH. XVIII . De la Mufique en Italie .
CH. XIX. De la Saltation , ou Art de la
Pantomime.
CH. XX.
CH. XXI.
Des Jeux publics des Grecs &
des Romains.
Des Acclamations & Applau
diffemens chez les Anciens,
CH. XXII . De la Mufique depuis les Gau
lois jufqu'à nous,
CH. XXIII . Explication des Signes & Caractères
de la Mufique an
cienne , depuis le quatorzième
Siècle environ , juf
qu'au feizième .
CH. XXIV . De la Mufique & des Inftru-
CH. Ier,
CH. II.
mens des Chinois.
LIVRE SE CON D,
Poëtes Muficiens , Grecs &
Romains , avec une Notice
de leurs Vies & de leurs
Ouvrages.
Muficiens Grecs & Romains,
28 . MERCURE
CH. III .
CH. IV .
CH. V.
CH . VI
CH. VII.
CH. VIII.
CH. IX .
Auteurs Grecs & Romains ,
qui ont écrit fur la Mufique.
Poëtes Lyriques , Italiens &
François.
Troubadours & autres Poëtes
Provençaux , avec quelques,
unes de leurs Chanfons.
Compofiteurs Italiens.
Compofiteurs François.
Muficiens Italiens & François,
Auteurs Italiens & François ,
qui ont écrit fur la Mufique,
LIVRE TROISIÈME.
Ce Livre renfermera un Traité de compofition
à l'ufage des Gens du Monde , pour
les mettre à portée d'entendre cette matière ,
abftraite par elle- même , & quelquefois fort
embrouillée par les Gens de l'Art .
pas
Il faut excepter de cette Claffe : 1 ° . L'Ouvrage
d'un fameux Géomètre , qui n'a
dédaigné d'éclaircir plufieurs Principes obfcurs
de Rameau. Cet excellent Ouvrage de
M. d'Alembert, doit être le Guide des jeunes
Compofiteurs. 2 ° . Les favantes Differtations
de M. l'Abbé Arnaud , de l'Académie
Françoiſe & de celle des Infcriptions &
Belles- Lettres , qui fait allier le goût le plus
délicat , aux plus profondes connoiffances
dans plufieurs genres ; & que l'on preſſe en
vain depuis long-temps de mettre au jour
les
DE FRANCE. 289
les fruits de fes laborieufes recherches.
3º. Les Ouvrages de M. l'Abbé Rouſſier , à
connu par la clarté qu'il répand dans fes
Ecrits , & particulièrement dans fon excellent
Mémoire fur la mufique des Anciens.
1 eût été plus heureux pour le Public , qu'il
eût voulu remplir la tâche que nous avons
hafardée ; perfonne ne pouvoit mieux s'en
acquitter que lui , & nous aurions été les
premiers à l'en remercier. 40. L'Effai fut
' Union de la Poéfie & de la Mufique , pat
M. le Chevalier de Chaftellux , de l'Académie
Françoife ; Ouvrage auffi bien fenti
que raifonné , & qui a fervi de fignal à la
dernière révolution de la mufique en France.
C'eft à lui que l'on doit , peut- être , les réflexions
que nos Poëtes lyriques & nos nouveaux
Muficiens , ont commencé à faire fut
un Art , qui , malgré les chef- d'oeuvres.de
Quinault , de Lully & du grand Rameau ,
n'étoit encore qu'à fon enfance , & depuis
ce temps-là s'aggrandit de jour en jour.
5º. L'Ellai fur la révolution de la Mufique
en Françe , par M. de Marmontel , de l'Académie
Françoife ; Ouvrage que l'on n'a tant
critiqué , que parce qu'on ne l'a pas affez
médité , & qui mérite , à tant de titres ,
l'eftime & les éloges des Lecteurs fans par
tialité , & c.
as Septembre 1778.
N
290
MERCURE
LIVRE QUATRIÈME,
Il comprendra l'Hiftoire des Chanfons
depuis celles des Anciens jufqu'aux nôtres.
On y en a inféré un grand nombre , qui ont
paru dignes d'être fauvées de l'oubli, & on en
trouvera de plufieurs fiècles , afin de pouvoir
juger de l'efprit qui régnoit aux temps de
ces différentes époques des Arts : on en
trouvera auffi une grande quantité de Provençales
, dont plufieurs remontent jufqu'au
temps des Troubadours. On a déchiffré les
anciens Airs du mieux qu'on a pu´, & cè
n'eft pas fans peine qu'on y eft parvenu.
Plufieurs de ces Airs font charmans , & au
ront le mérite de la nouveauté. Pour en faire
fentir l'harmonie , on en a mis le plus grand
nombre à quatre parties , & on efe affuret
que l'effet en eft agréable , lorfqu'on les
exécute avec précifion , & fur- tout à demivoix.
Les trois parties ajoutées , ne font
point obligées ; ainfi ces Chanfons pour ~
font fe chanter à voix feule , quand on le
voudra.
On y trouvera plufieurs exemples de la
mufique des Grecs. Les Airs ont été déchiffrés
par le favant M. Burette , & on
pourra les exécuter à quatre parties , quoique
les Grecs ne les aient jamais entendus
de cette manière. Par- là , on a voulu prouver
que cette mufique étoit fufceptible de.
DE FRANCE.
la plus belle harmonie ; qu'il est étonnant
que les Grecs ne l'aient pas connue , &
qu'ils font impardonnables s'ils l'ont connue
& rejettée .
On n'a épargné ni peines ni foins , pour
que cette partie de l'Ouvrage parut intéreſ
fante aux Lecteurs.
LIVRE CINQUIÈME.
Ce dernier Livre renfermera l'Hiftoire
de tous les Inftrumens de mufique , connus
depuis plus de deux mille ans. Il fera orné
d'Eftampes faites avec foin , qui repréſenteront
tous ces Inftrumens , & enfeigneront
à les monter & à les accorder. L'Auteur a
reçu les plus grands fecours en ce genre ,
des plus habiles Maîtres pour les Inftrumens
connus de notre temps , & s'empreffera de
publier la reconnoiffance qu'il leur doir.
Enfin , on n'a rien négligé pour rendre
cet Effai digne des bontés du Public . L'envie
feule d'être utile , a pu réfoudre l'Auteur
à dépouiller tous les Livres & Manufcrits
de la Bibliothèque du Roi , qui traitent
de la mufique , ainfi que toutes les richeſſes
de M. le Duc de la Vallière , & de M. le
Marquis de Paulmy , en ce genre. La feule
récompenfe qu'il ofe en attendre , c'eſt la
gloire d'avoir été utile.
Les frais qu'entraîne une pareille Edition ,
ornée de beaucoup de Figures , & d'une
Nij
291 MERCURE
grande quantité de Chanfons gravées avec
le plus grand foin , ont déterminé les Édireurs
à propofer cet Ouvrage par foufcription.
Le Public peut compter fur la plus
grande exactitude à remplir les conditions
que l'on va lui propofer.
Il y aura deux volumes in -4° , ornés de
figures & d'un grand nombre de Chanfons
à quatre parties ; & pour la commodité
de ceux qui voudront les exécuter , on
joindra à chaque exemplaire quatre Parties
féparées de ces Chanfons.
Les deux volumes & les quatre parties
féparées , coûteront aux Soufcripteurs la
fomme de quarante- huit livres , dont un
louis en foufcrivant , & un louis en recevant
l'Ouvrage , au plus tard à Pâques prochain ,
& peut-être beaucoup plus tôt,
Ceux qui n'auront pas fouferit paieront
foixante & douze livres , & il ne fera tiré
que très-peu d'exemplaires par de - là le
nombre néceffaire pour remplir les foufcriptions.
On pourra foufcrire pour la France jufqu'au
premier Novembre prochain , & pour
Etranger jufqu'au premier Décembre faivant.
Ceux qui foufcriront pour douze exemplaires
, auront le treizième fans payer.
On ſouſcrit à Rome , chez M. Lefevre de
Revel , chez M, Digne , Conful de France ;
DE FRANCE. 293
à Londres, chez M. Swinton & Compagnie ,
Editeur du Courrier de l'Europe; aux Deux-
Ponts , à l'Imprimerie Ducale ; & à Paris
chez MM. Née & Mafquelier , Graveurs ,
rue des Francs - Bourgeois , Place Saint - Michel
; de la Foffe , Graveur , rue du Petit-
Caroufel ; Ruault , Libraire , rue de la
Harpe.
Cet Ouvrage eft de M. de Laborde. Ses
talens & fes connoiffances en mufique , lui
donnent bien le droit d'être l'Hiftorien d'un
Art qu'il a cultivé toute fa vie avec fuccès ,
& fon amour pour les Arts doit intéreffer
tous les Artiftes à fes travaux.
orné d'un grand nombre de Figures &
de Chanfons notées , propofé par foufcription
. L'Ouvrage fera divifé en cinq
Livres.
LIVRE PREMIER .
CH. Ier, De la Mufique en général .
CH. II. Sa Divifion.
CH. III.
CH . IV .
CH. V.
CH . VI .
CH. VII.
CH . VIII.
CH, IX .
CH. X.
CH . XI .
CH. XII.
Divifion de la Mufique inftrumentale
ou pratique.
Antiquité de la Mufique.
Comment elle fut trouvée.
Des premiers Chants confacrés
à Dieu.
De la Mufique après le Déluge.
Dans les Funérailles des Hébreux
& des Égyptiens.
Quelle connoiffance Moïfe eut
de la Mufique.
De la Mufique du temps de
David.
Du temps de Salomon.
Depuis Salomon jufqu'à Cyrus.
DE FRANCE. 287
CH. XIII. De la Mufique dans les Repas ,
les Vendanges & les Obféques.
CH. XIV. De la Mufique des Chaldéens
CH. XV .
CH. XVI.
& autres Orientaux .
De celle des Égyptiens.
De celle des Grecs.
CH. XVII. De celle des Romains.
CH. XVIII . De la Mufique en Italie .
CH. XIX. De la Saltation , ou Art de la
Pantomime.
CH. XX.
CH. XXI.
Des Jeux publics des Grecs &
des Romains.
Des Acclamations & Applau
diffemens chez les Anciens,
CH. XXII . De la Mufique depuis les Gau
lois jufqu'à nous,
CH. XXIII . Explication des Signes & Caractères
de la Mufique an
cienne , depuis le quatorzième
Siècle environ , juf
qu'au feizième .
CH. XXIV . De la Mufique & des Inftru-
CH. Ier,
CH. II.
mens des Chinois.
LIVRE SE CON D,
Poëtes Muficiens , Grecs &
Romains , avec une Notice
de leurs Vies & de leurs
Ouvrages.
Muficiens Grecs & Romains,
28 . MERCURE
CH. III .
CH. IV .
CH. V.
CH . VI
CH. VII.
CH. VIII.
CH. IX .
Auteurs Grecs & Romains ,
qui ont écrit fur la Mufique.
Poëtes Lyriques , Italiens &
François.
Troubadours & autres Poëtes
Provençaux , avec quelques,
unes de leurs Chanfons.
Compofiteurs Italiens.
Compofiteurs François.
Muficiens Italiens & François,
Auteurs Italiens & François ,
qui ont écrit fur la Mufique,
LIVRE TROISIÈME.
Ce Livre renfermera un Traité de compofition
à l'ufage des Gens du Monde , pour
les mettre à portée d'entendre cette matière ,
abftraite par elle- même , & quelquefois fort
embrouillée par les Gens de l'Art .
pas
Il faut excepter de cette Claffe : 1 ° . L'Ouvrage
d'un fameux Géomètre , qui n'a
dédaigné d'éclaircir plufieurs Principes obfcurs
de Rameau. Cet excellent Ouvrage de
M. d'Alembert, doit être le Guide des jeunes
Compofiteurs. 2 ° . Les favantes Differtations
de M. l'Abbé Arnaud , de l'Académie
Françoiſe & de celle des Infcriptions &
Belles- Lettres , qui fait allier le goût le plus
délicat , aux plus profondes connoiffances
dans plufieurs genres ; & que l'on preſſe en
vain depuis long-temps de mettre au jour
les
DE FRANCE. 289
les fruits de fes laborieufes recherches.
3º. Les Ouvrages de M. l'Abbé Rouſſier , à
connu par la clarté qu'il répand dans fes
Ecrits , & particulièrement dans fon excellent
Mémoire fur la mufique des Anciens.
1 eût été plus heureux pour le Public , qu'il
eût voulu remplir la tâche que nous avons
hafardée ; perfonne ne pouvoit mieux s'en
acquitter que lui , & nous aurions été les
premiers à l'en remercier. 40. L'Effai fut
' Union de la Poéfie & de la Mufique , pat
M. le Chevalier de Chaftellux , de l'Académie
Françoife ; Ouvrage auffi bien fenti
que raifonné , & qui a fervi de fignal à la
dernière révolution de la mufique en France.
C'eft à lui que l'on doit , peut- être , les réflexions
que nos Poëtes lyriques & nos nouveaux
Muficiens , ont commencé à faire fut
un Art , qui , malgré les chef- d'oeuvres.de
Quinault , de Lully & du grand Rameau ,
n'étoit encore qu'à fon enfance , & depuis
ce temps-là s'aggrandit de jour en jour.
5º. L'Ellai fur la révolution de la Mufique
en Françe , par M. de Marmontel , de l'Académie
Françoife ; Ouvrage que l'on n'a tant
critiqué , que parce qu'on ne l'a pas affez
médité , & qui mérite , à tant de titres ,
l'eftime & les éloges des Lecteurs fans par
tialité , & c.
as Septembre 1778.
N
290
MERCURE
LIVRE QUATRIÈME,
Il comprendra l'Hiftoire des Chanfons
depuis celles des Anciens jufqu'aux nôtres.
On y en a inféré un grand nombre , qui ont
paru dignes d'être fauvées de l'oubli, & on en
trouvera de plufieurs fiècles , afin de pouvoir
juger de l'efprit qui régnoit aux temps de
ces différentes époques des Arts : on en
trouvera auffi une grande quantité de Provençales
, dont plufieurs remontent jufqu'au
temps des Troubadours. On a déchiffré les
anciens Airs du mieux qu'on a pu´, & cè
n'eft pas fans peine qu'on y eft parvenu.
Plufieurs de ces Airs font charmans , & au
ront le mérite de la nouveauté. Pour en faire
fentir l'harmonie , on en a mis le plus grand
nombre à quatre parties , & on efe affuret
que l'effet en eft agréable , lorfqu'on les
exécute avec précifion , & fur- tout à demivoix.
Les trois parties ajoutées , ne font
point obligées ; ainfi ces Chanfons pour ~
font fe chanter à voix feule , quand on le
voudra.
On y trouvera plufieurs exemples de la
mufique des Grecs. Les Airs ont été déchiffrés
par le favant M. Burette , & on
pourra les exécuter à quatre parties , quoique
les Grecs ne les aient jamais entendus
de cette manière. Par- là , on a voulu prouver
que cette mufique étoit fufceptible de.
DE FRANCE.
la plus belle harmonie ; qu'il est étonnant
que les Grecs ne l'aient pas connue , &
qu'ils font impardonnables s'ils l'ont connue
& rejettée .
On n'a épargné ni peines ni foins , pour
que cette partie de l'Ouvrage parut intéreſ
fante aux Lecteurs.
LIVRE CINQUIÈME.
Ce dernier Livre renfermera l'Hiftoire
de tous les Inftrumens de mufique , connus
depuis plus de deux mille ans. Il fera orné
d'Eftampes faites avec foin , qui repréſenteront
tous ces Inftrumens , & enfeigneront
à les monter & à les accorder. L'Auteur a
reçu les plus grands fecours en ce genre ,
des plus habiles Maîtres pour les Inftrumens
connus de notre temps , & s'empreffera de
publier la reconnoiffance qu'il leur doir.
Enfin , on n'a rien négligé pour rendre
cet Effai digne des bontés du Public . L'envie
feule d'être utile , a pu réfoudre l'Auteur
à dépouiller tous les Livres & Manufcrits
de la Bibliothèque du Roi , qui traitent
de la mufique , ainfi que toutes les richeſſes
de M. le Duc de la Vallière , & de M. le
Marquis de Paulmy , en ce genre. La feule
récompenfe qu'il ofe en attendre , c'eſt la
gloire d'avoir été utile.
Les frais qu'entraîne une pareille Edition ,
ornée de beaucoup de Figures , & d'une
Nij
291 MERCURE
grande quantité de Chanfons gravées avec
le plus grand foin , ont déterminé les Édireurs
à propofer cet Ouvrage par foufcription.
Le Public peut compter fur la plus
grande exactitude à remplir les conditions
que l'on va lui propofer.
Il y aura deux volumes in -4° , ornés de
figures & d'un grand nombre de Chanfons
à quatre parties ; & pour la commodité
de ceux qui voudront les exécuter , on
joindra à chaque exemplaire quatre Parties
féparées de ces Chanfons.
Les deux volumes & les quatre parties
féparées , coûteront aux Soufcripteurs la
fomme de quarante- huit livres , dont un
louis en foufcrivant , & un louis en recevant
l'Ouvrage , au plus tard à Pâques prochain ,
& peut-être beaucoup plus tôt,
Ceux qui n'auront pas fouferit paieront
foixante & douze livres , & il ne fera tiré
que très-peu d'exemplaires par de - là le
nombre néceffaire pour remplir les foufcriptions.
On pourra foufcrire pour la France jufqu'au
premier Novembre prochain , & pour
Etranger jufqu'au premier Décembre faivant.
Ceux qui foufcriront pour douze exemplaires
, auront le treizième fans payer.
On ſouſcrit à Rome , chez M. Lefevre de
Revel , chez M, Digne , Conful de France ;
DE FRANCE. 293
à Londres, chez M. Swinton & Compagnie ,
Editeur du Courrier de l'Europe; aux Deux-
Ponts , à l'Imprimerie Ducale ; & à Paris
chez MM. Née & Mafquelier , Graveurs ,
rue des Francs - Bourgeois , Place Saint - Michel
; de la Foffe , Graveur , rue du Petit-
Caroufel ; Ruault , Libraire , rue de la
Harpe.
Cet Ouvrage eft de M. de Laborde. Ses
talens & fes connoiffances en mufique , lui
donnent bien le droit d'être l'Hiftorien d'un
Art qu'il a cultivé toute fa vie avec fuccès ,
& fon amour pour les Arts doit intéreffer
tous les Artiftes à fes travaux.
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Résumé : Essai sur la Musique, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Efai fur la Mufique' est structuré en deux volumes et cinq livres. Le premier livre analyse l'histoire et les pratiques musicales à travers différentes époques et cultures, couvrant la musique instrumentale, religieuse, funéraire, ainsi que celle associée aux repas, vendanges et obsèques. Il explore également la musique des Chaldéens, Égyptiens, Grecs, Romains et autres civilisations anciennes. Le deuxième livre se focalise sur les poètes musiciens grecs et romains, ainsi que sur les compositeurs italiens et français. Le troisième livre offre un traité de composition musicale accessible au grand public, recommandant des ouvrages de d'Alembert, l'abbé Arnaud, l'abbé Roussier, le chevalier de Chastellux et Marmontel. Le quatrième livre retrace l'histoire des chansons depuis l'Antiquité jusqu'aux époques modernes, incluant des airs grecs et des chansons provençales. Le cinquième livre traite de l'histoire des instruments de musique connus depuis plus de deux mille ans, accompagné d'illustrations et de conseils techniques d'experts. L'auteur, M. de Laborde, a consulté divers livres et manuscrits de la Bibliothèque du Roi, ainsi que les collections du Duc de la Vallière et du Marquis de Paulmy. L'ouvrage est enrichi de nombreuses figures et chansons gravées avec soin. Pour couvrir les frais d'édition, l'ouvrage est proposé par souscription à un coût de quarante-huit livres pour les souscripteurs, payables en deux fois, et soixante-douze livres pour les non-souscripteurs. Les souscriptions sont ouvertes jusqu'au 1er novembre en France et jusqu'au 1er décembre à l'étranger, avec des réductions pour les achats de douze exemplaires. Les souscriptions peuvent être effectuées à Rome, Londres, Deux-Ponts et Paris auprès de plusieurs libraires et graveurs mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8116
p. 64-69
TRADITION LAPPONE.
Début :
HACHO, ancien Roi de la Lapponie, étoit dans sa jeunesse le plus renommé [...]
Mots clefs :
Luxe, Forêt, Usage, Miel, Armées, Indolence, Fruits, Austérité , Intempérance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADITION LAPPONE.
TRADITION LAPPONE.
HACHO , ancien Roi de la Lapponie,
étoit dans ſa jeuneſſe le plus renommé
des guerriers du Nord. Ses différens exploits
ſe liſent , dit- on , encore aujourd'hui
, fur une colonne de pierre à fufil
parmi les rochers de Hanga , & font
chantés ſur les harpes des Lappons auDECEMBRE.
1763. 63
Il faut vivre avec ſes ſemblables ,
Sans trop éxiger des humains.
Envaindans ſa mifantropie
Ce Philoſophe ténébreux
Blâme ces ſoins officieux
Qui font le charme de la vie.
Froids & frivoles argumens !
Quelquefois contraire à toi-même ,
Cynique , malgré ton ſyſtème ,
Tu fais tout ce que tu défends.
J'abhorre ce bas ſtratagême ,
Par qui tant de Sots ſont dupés ,
Quoique dignes d'être trompés.
Tu devrois l'abhorrer toi-même :
Pourquoi donc le pratiques- tu ?
J'entrevois ce que tu médites ;
Et le Vice a fes hypocrites
Sans doute ainſi que la Vertu .
Le.... tient de la Nature
Un coeur franc, droit , ſenſible , bon ;
Mais de plaire il n'a pas le don
Il lui faut un peu de parure.
Il manque de piquans attraits
Aſa civilité trop nue ;
Et pour charmer , quoiqu'ingénue ,
Elle a beſoin des airs français.
>
64 MERCURE DE FRANCE.
Heureux qui poſſede l'aiſance ,
Le langage , le ton , le goût ,
Qui ſans éffort embellit tout ,
Et dont le germe n'eſt qu'en France !
Cet aimableje nefais quoi
Qui plaît , & que l'inſtant fait naître ,
Et ces petits riens que peut- être
On aime ſans ſçavoir pourquoi.
François , en dépit de l'envie ,
Cultivez ces talens flatteurs ;
Bornez à l'art de plaire aux coeurs
Toute votre philofophie ;
Laiſſez murmurer les jaloux .
L'Atticiſine fin de la Grèce ,
Brilla moins que la politeffe
Qui regne aujourd'hui parmi vous.
Par le Solitaire des montagnes du Bugey.
TRADITION LAPPONE.
HACHO , ancien Roi de la Lapponie,
étoit dans ſa jeuneſſe le plus renommé
des guerriers du Nord, Ses différens exploits
ſe liſent , dit- on , encore aujourd'hui
, fur une colonne de pierre à fufil
parmi les rochers de Hanga , & font
chantés ſur les harpes des Lappons au
DECEMBRE. 1763. 63
tour des feux qu'ils allument la nuit
dans leurs fêtes folemnelles. Il pouffa
l'intrépidité au point de tenter le dan
gereux paſſage du lac Vether vis-à- vis de
P'Iſle de Wisard ; de descendre ſeul
dans le vaſte ſouterrain où un Magicien
étoit renfermé & lié depuis fix fiecles ,
& où il déchiffra les caractères gothiques
gravés ſur ſa maſſue d'airain . Sa
vue étoit , dit-on , fi perçante, que d'un
coup d'oeil il émouſſoit les fléches de
ſes ennemis. A l'âge de douze ans il entreprit
de porter un vaſe d'airain d'un
poids prodigieux pendant une heure entière
, en préfence de tous les Chefs qui
ſe trouvoient alors dans le château de
ſon père.
Hacho n'étoit pas moins célébre par
ſa prudence : deux de ſes proverbes
font encore dans la bouche des Lappons.
Pour exprimer la vigilance de l'Etre
Suprême , il avoit coutume de dire
que le verrouil d'ODIN * étoit toujours
mis à sa porte. Pour prouver que la
condition de la vie la plus heureuſe
n'eſt pas toujours la plus affurée , il difoit
à ſes amis : Quand vous passezfur
une glace unie & douce , craignez l'abîme
qu'elle couvre. Ses compatriotes s'é-
* Divinité des anciens Scandinaves..
66 MERCURE DE FRANCE.
tant unjour déterminés à quitter leurs
forêts glacées pour chercher un climat
plus doux ; Hacho eut l'adreſſe de les
retenir& en même tempsde les confoler,
en leur diſant que les Peuples Orientaux
, malgré la fertilité de leur terre ,
étoient encore moins heureux. Vos.
nuits , ajoutoit-il , font du moins tranquilles
& paisibles , tandis que leurfommeil
està chaque inſtant interrompupar
le bruit effrayam que produisent fur
leur tête les préparatifs du lever du
Soleil.
Sa tempérance & l'austérité de fes
moeurs étoient ſes vertus principales. Il
s'étoit interdit le vin ,à plus forte rai--
ſon les liqueurs fortes ſi recherchées &
fi chériesdans les Pays Septentrionaux.
Il couchoit régulièrement tout armé
avec ſa lance dans la main , & auroit
dédaigné de ſe ſervir d'une hache de
bataille dont la poignée eût été garnie
de cuivre. Il ne persévéra pourtant pas
dans ce mépris du luxe : tant il eſtdifficile
de n'y pas céder tôt ou tard !
Un foir , après la chaffe du Gulos , ou
Chien Sauvage , ſe trouvant égaré dans
une vaſte forêt , après avoir fatigué tout
le jour fans avoir rencontré dequoi ſe
raffraîchir ; le hazard lui fit trouver
DECEMBRE. 1763 . 67
dansletroncd'un ſapin quelques rayons
de miel. Le beſoin les lui fit goûter ;
il trouva ce mets admirable & s'en rafſaſia
avec plaifir. Adater de cet inſtant,
lemiel devint tellement de ſon goût ,
qu'on en ſervoit tous les jours à ſa table.
Son palais , par degrés , ſe raffina
&ne tarda pas à devenir trop délicat
pour les anciens alimens dont ce Prince
faisoit uſage ; ſes repas furent plus
recherchés ; ſes jardins , où les plus
beaux fruits mûriſſoient & tomboient
en pourriture ſans qu'il daignât y faire
attention , furent alors mieux cultivés ,
& fuffifoient à peine au luxe de ſes
deſſerts. Les fruits qu'il ne tarda pas à
trouver trop rafraîchiſſans , lui rendirent
bientôt l'uſage du vin néceſſaire ;
&l'uſage lui en parut ſi agréable , qu'il
ne tarda pas à en abuſer. Sa façon de
vivre enfin changea au point de parfumer
ſes appartemens en y brulant les
bois & les aromatiques les plus rares ,&
de vouloir que ſon héaume fût décoré
d'une couronne de dents de Rhenne :
l'indolence en un mot & l'amour outré
du bien- être , éteignirent enfin en lui
tout ſentiment de gloire & de vertus
militaires.
Mais tandis que le voluptueux Hacho
68 MERCURE DE FRANCE.
étoit ainſi plongé dans la moleffe , un
Courriſantrès- effrayé vint un matin lui
annoncer que la nuit précédente un
oiſeau de mauvaiſe augure avoit bû
l'huile de la lampe perpétuelle du Temple
d'Odin. Un autre Meſſager ſurvint ,
qui lui apprit que le Roi de Norvége ,
avec une armée formidable , étoit entré
dans la Lapponie. Hacho déja
frappé des finiſtres préſages, de la nuit ,
& depuis long-temps énervé par le
luxe , fortit de ſa voluptueuſe léthargie
, efſſaya de ranimer en lui quelques
étincelles de ſon ancienne valeur , &
marcha vers ſon ennemi,
,
Les deux armées ſe rencontrerent :
dans la forêt où le Roi Hacho s'étoit
ci-devant égaré à la chaſſe ; & le hazard
voulut que le Roi de Norvége
lui proposât de terminer leurs différends
par un combat fingulier , précisément
à l'endroit même où ſon adverſaire
avoit trouvé les rayons de miel. Hacho ,
trop affoibli du ſeul poids de ſes propres
armes , fut bientôt terraffé ; & avant
que fon infolent adverſaire lui abbattit
la tête , il prononca cette exclamamation
, que les Lappons modernes
répétent chaque jour à leurs enfans :
» L'homme adonné au vice doit dater
DECEMBRE. 1763. 69
> ſa perte du jour où il a cédé pour la
>> première fois à la tentation. Avec
>> quelle juſtice je me vois aujourd'hui
>> victime de ma foibleſſe , dans les lieux
» même où j'ai cédé au funefte attrait qui
» m'a détourné des voies de l'innocence
>> de mes moeurs ! C'eſt le miel que
» j'ai goûté dans cette forêt , & non
>> le bras du tyran de Norvége , qui
>> vient de ſubjuguer Hacho,
D. L. P.
HACHO , ancien Roi de la Lapponie,
étoit dans ſa jeuneſſe le plus renommé
des guerriers du Nord. Ses différens exploits
ſe liſent , dit- on , encore aujourd'hui
, fur une colonne de pierre à fufil
parmi les rochers de Hanga , & font
chantés ſur les harpes des Lappons auDECEMBRE.
1763. 63
Il faut vivre avec ſes ſemblables ,
Sans trop éxiger des humains.
Envaindans ſa mifantropie
Ce Philoſophe ténébreux
Blâme ces ſoins officieux
Qui font le charme de la vie.
Froids & frivoles argumens !
Quelquefois contraire à toi-même ,
Cynique , malgré ton ſyſtème ,
Tu fais tout ce que tu défends.
J'abhorre ce bas ſtratagême ,
Par qui tant de Sots ſont dupés ,
Quoique dignes d'être trompés.
Tu devrois l'abhorrer toi-même :
Pourquoi donc le pratiques- tu ?
J'entrevois ce que tu médites ;
Et le Vice a fes hypocrites
Sans doute ainſi que la Vertu .
Le.... tient de la Nature
Un coeur franc, droit , ſenſible , bon ;
Mais de plaire il n'a pas le don
Il lui faut un peu de parure.
Il manque de piquans attraits
Aſa civilité trop nue ;
Et pour charmer , quoiqu'ingénue ,
Elle a beſoin des airs français.
>
64 MERCURE DE FRANCE.
Heureux qui poſſede l'aiſance ,
Le langage , le ton , le goût ,
Qui ſans éffort embellit tout ,
Et dont le germe n'eſt qu'en France !
Cet aimableje nefais quoi
Qui plaît , & que l'inſtant fait naître ,
Et ces petits riens que peut- être
On aime ſans ſçavoir pourquoi.
François , en dépit de l'envie ,
Cultivez ces talens flatteurs ;
Bornez à l'art de plaire aux coeurs
Toute votre philofophie ;
Laiſſez murmurer les jaloux .
L'Atticiſine fin de la Grèce ,
Brilla moins que la politeffe
Qui regne aujourd'hui parmi vous.
Par le Solitaire des montagnes du Bugey.
TRADITION LAPPONE.
HACHO , ancien Roi de la Lapponie,
étoit dans ſa jeuneſſe le plus renommé
des guerriers du Nord, Ses différens exploits
ſe liſent , dit- on , encore aujourd'hui
, fur une colonne de pierre à fufil
parmi les rochers de Hanga , & font
chantés ſur les harpes des Lappons au
DECEMBRE. 1763. 63
tour des feux qu'ils allument la nuit
dans leurs fêtes folemnelles. Il pouffa
l'intrépidité au point de tenter le dan
gereux paſſage du lac Vether vis-à- vis de
P'Iſle de Wisard ; de descendre ſeul
dans le vaſte ſouterrain où un Magicien
étoit renfermé & lié depuis fix fiecles ,
& où il déchiffra les caractères gothiques
gravés ſur ſa maſſue d'airain . Sa
vue étoit , dit-on , fi perçante, que d'un
coup d'oeil il émouſſoit les fléches de
ſes ennemis. A l'âge de douze ans il entreprit
de porter un vaſe d'airain d'un
poids prodigieux pendant une heure entière
, en préfence de tous les Chefs qui
ſe trouvoient alors dans le château de
ſon père.
Hacho n'étoit pas moins célébre par
ſa prudence : deux de ſes proverbes
font encore dans la bouche des Lappons.
Pour exprimer la vigilance de l'Etre
Suprême , il avoit coutume de dire
que le verrouil d'ODIN * étoit toujours
mis à sa porte. Pour prouver que la
condition de la vie la plus heureuſe
n'eſt pas toujours la plus affurée , il difoit
à ſes amis : Quand vous passezfur
une glace unie & douce , craignez l'abîme
qu'elle couvre. Ses compatriotes s'é-
* Divinité des anciens Scandinaves..
66 MERCURE DE FRANCE.
tant unjour déterminés à quitter leurs
forêts glacées pour chercher un climat
plus doux ; Hacho eut l'adreſſe de les
retenir& en même tempsde les confoler,
en leur diſant que les Peuples Orientaux
, malgré la fertilité de leur terre ,
étoient encore moins heureux. Vos.
nuits , ajoutoit-il , font du moins tranquilles
& paisibles , tandis que leurfommeil
està chaque inſtant interrompupar
le bruit effrayam que produisent fur
leur tête les préparatifs du lever du
Soleil.
Sa tempérance & l'austérité de fes
moeurs étoient ſes vertus principales. Il
s'étoit interdit le vin ,à plus forte rai--
ſon les liqueurs fortes ſi recherchées &
fi chériesdans les Pays Septentrionaux.
Il couchoit régulièrement tout armé
avec ſa lance dans la main , & auroit
dédaigné de ſe ſervir d'une hache de
bataille dont la poignée eût été garnie
de cuivre. Il ne persévéra pourtant pas
dans ce mépris du luxe : tant il eſtdifficile
de n'y pas céder tôt ou tard !
Un foir , après la chaffe du Gulos , ou
Chien Sauvage , ſe trouvant égaré dans
une vaſte forêt , après avoir fatigué tout
le jour fans avoir rencontré dequoi ſe
raffraîchir ; le hazard lui fit trouver
DECEMBRE. 1763 . 67
dansletroncd'un ſapin quelques rayons
de miel. Le beſoin les lui fit goûter ;
il trouva ce mets admirable & s'en rafſaſia
avec plaifir. Adater de cet inſtant,
lemiel devint tellement de ſon goût ,
qu'on en ſervoit tous les jours à ſa table.
Son palais , par degrés , ſe raffina
&ne tarda pas à devenir trop délicat
pour les anciens alimens dont ce Prince
faisoit uſage ; ſes repas furent plus
recherchés ; ſes jardins , où les plus
beaux fruits mûriſſoient & tomboient
en pourriture ſans qu'il daignât y faire
attention , furent alors mieux cultivés ,
& fuffifoient à peine au luxe de ſes
deſſerts. Les fruits qu'il ne tarda pas à
trouver trop rafraîchiſſans , lui rendirent
bientôt l'uſage du vin néceſſaire ;
&l'uſage lui en parut ſi agréable , qu'il
ne tarda pas à en abuſer. Sa façon de
vivre enfin changea au point de parfumer
ſes appartemens en y brulant les
bois & les aromatiques les plus rares ,&
de vouloir que ſon héaume fût décoré
d'une couronne de dents de Rhenne :
l'indolence en un mot & l'amour outré
du bien- être , éteignirent enfin en lui
tout ſentiment de gloire & de vertus
militaires.
Mais tandis que le voluptueux Hacho
68 MERCURE DE FRANCE.
étoit ainſi plongé dans la moleffe , un
Courriſantrès- effrayé vint un matin lui
annoncer que la nuit précédente un
oiſeau de mauvaiſe augure avoit bû
l'huile de la lampe perpétuelle du Temple
d'Odin. Un autre Meſſager ſurvint ,
qui lui apprit que le Roi de Norvége ,
avec une armée formidable , étoit entré
dans la Lapponie. Hacho déja
frappé des finiſtres préſages, de la nuit ,
& depuis long-temps énervé par le
luxe , fortit de ſa voluptueuſe léthargie
, efſſaya de ranimer en lui quelques
étincelles de ſon ancienne valeur , &
marcha vers ſon ennemi,
,
Les deux armées ſe rencontrerent :
dans la forêt où le Roi Hacho s'étoit
ci-devant égaré à la chaſſe ; & le hazard
voulut que le Roi de Norvége
lui proposât de terminer leurs différends
par un combat fingulier , précisément
à l'endroit même où ſon adverſaire
avoit trouvé les rayons de miel. Hacho ,
trop affoibli du ſeul poids de ſes propres
armes , fut bientôt terraffé ; & avant
que fon infolent adverſaire lui abbattit
la tête , il prononca cette exclamamation
, que les Lappons modernes
répétent chaque jour à leurs enfans :
» L'homme adonné au vice doit dater
DECEMBRE. 1763. 69
> ſa perte du jour où il a cédé pour la
>> première fois à la tentation. Avec
>> quelle juſtice je me vois aujourd'hui
>> victime de ma foibleſſe , dans les lieux
» même où j'ai cédé au funefte attrait qui
» m'a détourné des voies de l'innocence
>> de mes moeurs ! C'eſt le miel que
» j'ai goûté dans cette forêt , & non
>> le bras du tyran de Norvége , qui
>> vient de ſubjuguer Hacho,
D. L. P.
Fermer
8117
p. 266-284
EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
Début :
Le 17. Janvier, l'Abbé Seguy, nommé par le Roi à l'Abbaye de Genlis, [...]
Mots clefs :
Église, Peuple, Saint Sulpice, Dieu, Vertu, Chrétiens, Cour, Évêque, Dignité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
EXTR AIT dit Panégyriquede
S. Sulpice-
LE 1 7. Janvier , P Abbé Seguy , nom
mé par le Roi à- P Abbaye de Gcnlis ,
prononça ce Discoucs dans l'Eglise Parói.'
îul; de S. Suldce, avec uli applau»
diíse.neat universel. Jamais réputation
a'*
FE V R ÏE R. 17% o.
í'k été plus prompte que celle de ce non»
vel Orateur , dont le premier succès a et©'
assez éclatant pour être honoré de Pattendon
8c des récompenses de la Cour^
Le Public échauffé fur ion compte , at- -
tendoit avec impatience ce second Dis
cours » qui a mis , pour ainsi dire , le sceau1
à sa réputation , & avec d'autant plus de
Ì'ustice que son sujet , bien moins favora-
>le que 1c premier, ne pàroiffoit point
susceptible des traits vifs & grands qu'il
lui a prêtez. L'Extrait du Panégyrique d©'
S. Louis a fait? tant de plaisir , qu'on a'
fort souhaité voir aussi celui du Panégy
rique de S.Sulpice, Se nous avons enfin;
obtenu le consentement de M. l'Abbé Se--
guy pour faire usage du secours des Co-j
pistes qui lui ont enlevé son Discours.
-L'Orateur a pris pour Texte ces paroles
de l'Ecclesiastique : Fattum est illi fungi
facerdotin , . .& habere lait ier)* in nomine;
ejus. Voici l'Exorde , à quelques lignes^
près>
Si l'on fçait à travers les expressions
les plus simples pénétrer le sens le plus
élevé , quelles grandes idées se présentent
à ces mots ! Voilà , Chrétiens , un
Eloge digne d'Àaron , qui en est l'ob'jet
& pour dire encore plus , digne de l'Esprit
Saint qui en est l'Auteur. En effet:
loiier un homme d'avoir mérité le Sacer
doce
MERCÙRE Ï>È FÍIANCÉ.
doce & U plénitude du Sacerdoce , qtíî
«st le Pontificat , n'est-ce pas le rôties
d'avoir mérité le plus sublime de rous le»
Ministères, celui de Pacificateur , de Mé
diateur entre Dieu & son Peuple , & quelle
louange pourroit, ce semble , égaler celle
îà , si ce qui suit n'y mettoit le comble
en ajoutant que ce Ministère si auguste^
Aaron l'exerça avec gloire en Israël ,
FaSinm est Mi fungi facerdotio .... &
habere laudem ih nomme ejuù
Cette idée , toute grande qu'elle est y
Chrétiens Auditeurs , l'est-elle trop pour
k sujet qui nous assemble .... Par tout
l'Histoite de fa vie ( de S. Sulpice) m'a
présenté un homme visiblement destinés
pour entrer en part du gouvernement de
l'Eglise ; un homme que la Grâce de Jé
sus- Christ prit soin de préparer dès soit
enfance à la dignité de Pasteur dans l'E
glise; Un homme élevé d'une commune
voix à ce comble d'honneur pour l'édiSfication
& pour l'utilité de PEglise.
C'est à ce point de vûë que m'ont paru se
íapporter toutes les faces sous lesquelles
on peut l'envifager quand j'entre
prends de vous retracer une si belle vie,-
c'est ou comme la préparation la plusparfaite
à la dignité Episcopale , ou com
me l'accomplissement le plus entier des
ieyoiis qui y sont attachez ; car voici et»
FEVRIER. 1730. ìSf
in deux mots le Plan du Discours que je
consacre à la gloire de S. Sulpice. II mé
rita d'être élevé à l'honneur suprême de
l'Episcopar , & il soutint glorieusement
le poids immense de ''Episcopat. FaElum
eft illi fungi Sacerdotio .... & habere
Uudem in nornine ejus.
Dieu immortel , qui n'aliénez jamais»
votre gloire,c'est à vous que se rapportent
fes louanges de vos Saints , & c'est à vous
aussi que se rapporteroient celles d'un
de vos plus dignesMinistres qui m'écoute..
dans ce saint Temple , dont la construc--
fion n'etoit possible qu'à lui seul. Avec
quel zelc vous prépare-t-il une demeure,
pendant qu'un autre Serviteur fidèle que
tous vous êtes choisi dans fa maison , tra
vaille sans relâche à votre gloire j Pon-i
tifc & deffenscur illustre de votre Reli
gion sacrée. Ainsi Moyse executoit le Pla»
de votre auguste Tabernacle, tandis qu'ho
noré du Pontificat, Aaron son frère préíîdoit
à votre culte divin ... Je rentre
dans mon sujet , mais je sens que je n'enpuis
soutenir le poids si Marie ne s'intefefle
à^'entreprise.
Le comprenons-nous ce que c'est que
d'être un des Pasteurs préposez au gou
vernement de l'Eglise que J.C. a acquise
j»ar son Sang ? nous formons-nous une
aslez haute idée de la grandeur de ce Mi
nistère
t7ò MËRCÚRE DE FRANGÉ; .
«istere ? L'Episcopat , Chrétiens , l'Epìs»
copat n'est rien moins que le Tribunal
irréprochable de cette foi , fans laquelle
on ne peut être sauvé ; la succession non
interrompue du pouvoir &é des fonctions
des Apôtres, le complément, la plénitu
de surabondante du caractère conféré aux
autres Ministres de l' Autel , l'autorité dtf
droit ..divin fur les Fidèles & Air les Pré*
tres qui les conduisent , le gage sensible
de l'union de J. C avec son Eglise , la
participation immédiate de la puissance du
Fils de Dieu lui-même, la íourec primi-*
tive du pouvoir de Her & dé délier suc
la Terre , de conférer la Grâce & de la
suspendre* de rendre présente la Victime
adorable ôc de l'immolct!, Quelle dignité
que celle qui réunit en soi de si grandes
choses , mais aussi de la part de notre
Saint, quelle vertu, quelle capacité à
tous égards , quelle répugnance à aceep.
ter tant de grandeur.Pen rendirent digne l
trois principaux chefs dont je fais tout le
fond de cette première Parrîe. Reprenons.
U semble, Chrétiens, que Sulpice ne
pouvoit naturellement échapper au mon»
de,si son cceiK n'eût été spécialement desti
né de Dieu pour être à lui. La Cour , où sa
naissance Cappella dès ses premières an
nées- la Cour est-elle l'ecole ordinaire de
í* vcítu- > Cet âge même où lc coeur tout
m
FEVRIER. 1730. t7t
m bute aux passions , à peine Ce trouva
libre , est peut-être moins dangereux , 8ç
foubliois presque de vous dire que Sul
pice fut au Seigneur dès le point du jour,
itomme parle le Prophète , dès fa jeunesse,
parce que j'ai quelque chose de plus glo
rieux pour lui à vous dire ; c'est qu'il fut
au Seigneur dans des lieux, the'atre uni
versel desfoiblesses & des vanitez humai
nes , à la Cour. Ce n'est donc pas ici ,
Chrétiens 4 une vertu à l'abri des dangers
du siécle ; c'est une vertu à l'épreuvc des
charmes & des engagemens du monde le
plus séduisant, que l'on appelle le grand
monde , une vertu constamment sollicitée
& constamment victorieuse. . . .
L'Abbé Seguy , après avoir mis dans
tout son jour la vertu de S. Sulpice au
milieu des dangers de la Cour , le repré
sente dans fa Retraire domestique , &
voici comment il en parle.
Il quitte donc cette Cour, où il ne
voit aucun des vrais biens qu'il aime,
où font réunis ensemble tous les faus
biens qu'il n'aime pas j il se fait de sa
maison une retraite particulière aussi inr
accessible aux attaques des folles passions
que le fut jamais celle des Hilarions 8c
des Antoines. La solitude Chrétienne ,
mes frères , ne pensez pas qu'il faille ab
solument l'aller cherchée dans l'ornbre
>7* MERCURE DE FRANCE. ...^
-du Cloitre ou dans l'horreur des Déserts.'
,Un coeur tumultueux , plein des ide'es
des engagemens du siécle ne feroit pas
seul dans les Antres profonds de la Thé-
.baïde même. La vraye solitude est souyent
dans un genre de vie retirée , quoiqu'au
milieu du monde , dans les senti-» ,
.mens qui y font conformes dans le coeur,
L'Orateur , en parlant de l'humble
•résistance de S. Sulpice , lorsque son Evo
que voulut l'ordonner Prêrre, dit: T'
Malgte' un attrait naturel pour cet état ,
3e Serviteur de Dieu, par un effet de cette
íhurnilké qui met le comble à sa vertu re
fuse de repondre à un dessein qu'a fait
jiaître sa vertu même, & pour le fairô
passer de l'état laïque à la Cléricature,
de la Cléricature au Sacerdoce , il faut
que le saint Evêque engage les Princes à
íe joindre à lui. C'est ainsi que la mo
destie des Saints leur cache quelquefois
la volonté divine qu'ils adorent , & que
le Ciel fait exécuter fur eux fa volonté
fans rien faire perdre à leur modestie.
Vous résistiez donc en vain , digne Disci
ple de J. C. yous en deviez être le Prêrre ,
parce que vous en fûtes la Victime. Il étoit,
il étoit convenable que vous pussiez osfric
à l'Autel l'Agneau sans tache , vous qui
pouviez vous offrir avec lui. Vous sçaveát .
É?éja ce qu'il fut dans la vie scculkre,Chré.
liens
FEVRIER. 1730. *73
{tiens Auditeurs , jugez de ce qu'il fut dans,
le Sacerdoce. . . Sa vie inspire, persuade
la vertu que respirent tous ses discours 4
íes exemples font citez dans les familles ,
son simple aspect est une leçon , son seul
nom rappelle une idée salutaire. De'ja se
répand le bruit de sa sainteté dans les Pro
vinces voisines. La Cour l'entendir, & le
Prince Religieux qui commandoit alors
à nos Ancêtres , Clotaire II. jetta les yeux
fur le Serviteur de J. C. pour le charger
d'un emploi plus honorable encore par !»
sainteté de ses fonctions , que considérable
par l'accès & le crédit qu'il donnoit au
près du Monarque . • . Mais il s'agissoit
d'engager l'Homme de Dieu à l'accepter
& son Evêque fut intéressé pour cela ; car
Comme ce Prélat n'eût jamais pû fans le
Prince , forcer l'humilité de Sulpice à re
cevoir le Sacerdoce , le Prince n'eut aust|
jamais pû fans lui,forcer la vertu du Saint
à rentrer dans le grand monde. On l'y sic
rentrer. Sulpice reparoît à la Cour & il
l'édisie de nouveau. La Cour , quelques
passions qui y règnent s n'en est pas moins
pleine d'estime pour la vertu , & fans la.
pratiquer mieux que le peuple , elle fçaic
& la connoître mieux & la respecter dar
vantage.
Rien n'est plus beau & plus délicat que
1c Porcraic que fait V dateur de son Saint;
úm
*74 MERCURE DE FRANCE. - "
áans le crédit que lui donnoient fa Char»
,ge de Grand- Aumônier & l 'amitié de Clo-
,«aire.
Clotaire , dit-il , qui lui doit la conser
vation de ses jours , veut qu'il ait aux
affaires une part considérable , qui ne fut
jamaisl'objet de ses voeux... Je reconnois
ici , ô mon Dieu ! un grand exemple de
;la conduite que vous tenez quelquefois
^ur ceux qui vous aiment ; quoiqu'ordinairement
jaloux de les cacher dans le
secret de votre face, cependant pour lc
bien de leurs frères , pour l'honneur mêjne
de la vertu , vous les menez de temps
jcn temps comme par la main fur la Scène
changeante du monde , vous leur faites
trouver grâce devant les Dieux de la
Terre & toujours fur de leur coeur , vous
les prêtez pour récompense aux bons Rois,
À qui ils font nécessaires.
Ensuite l'Abbé Seguy fait voir S. S ulice
attentif dans fa faveur à ménager pou r
a timide vertu la protection du Monar
que , charmé de pouvoir prêter la voix
aux larmes des malheureux , se rendant
cher à sa Nation , comme un autre M ardochée
, & par le charme d'une douceur
toute Chrétienne , trouvant lc secret de
ne mécontenter personne, malgré l'impuissance
, de procurer des grâces à tous,
conduisant & exécutant tout ce qu'il se
propose
t
FEVRIER; 1730. 171
propose par une nouvelle sorte de politi
que., la droiture & la sincérités agissanc
afec zele & avec zele sçlon la science
dans tout ce qui a rapport à la Religion ,
& qui demande l'appui de l'autorité Roya
le pour l'Eglise ; enfin dans une situation
où d'autres sacrifieroient leur ame , ayant
aux yeux des hommes mêmes le mérite
de ne sacrifier que son repos : tel & plus
grand encore par le saint usage de son cré
dit étoit Sulpice, Chr. Aud. & s'il n'est pa»
le seul1 que son Portrait vous représente,
c'est une heureuse ressemblance qui honore
notre siécle. Au reste , il est bon pour votre
instruction , mes Frères , que vous remar
quiez la cause du saint usage que fit Sulpice
de sa faveur à la Cour, & la raison du bon
heur qu'il eut d'y conserver sa vertu dans
tous les temps. Dieu l'y avoit appelle ; &
parce qu'il l'y avoit appelle , il le sauva,
des écueils dangereux contre lesquels onc
brisés mille autres ; parce qu'il l'y avoit
appelle , il le mit au-dessus des foiblesses
ordinaires du sang , il lui fît oublier le
soin de l'élevation des siens & de leur
fortune particulière ; parce qu'il l'y avoie
appelle , bien loin de l'abandonner à l'amour
du plaisir qui y règne , il se servit
de lui pour y confondre les voluptueux
par son exemple ; parce qu'il l'y avoit
a^pellé, il fit faire en lui la voix de la
g cupidit4
íT6 MERCURE DE FRANCeI^I
cupidité , il lui donna ce détachement ÍÎ
nécellâire à qui peut obtenir tout ce qu'il
désire ; parce qu'il l'y avoit appelle , il
lui conserva au milieu de la pompe &c du
luxe de la Cour , un gout constant pour
la simplicité la plus modeste 3, parce qu'il
l'y avoit appellé , il l'entretint au centre
même du grand monde dans un esprit de
retraite qui l'engageoit à se dérober de
temps en temps à la Cour , pour donner
au loin de recueillir son coeur tous les
momens dont il étoit le maître ; parce
qu'il l'y avoit appellé , il justifia fa voca
tion. Ceux que Dieu lui-même expose,,
sont dans le monde fans appartenir au
monde -, Dieu est avec eux , mais aussi
ceux qui s'exposent sans son aveu, y pensent-
ils sérieusement ....
Si Sulpice y eût été porté par ses pro
pres conseils , il y auroit fait infaillible
ment naufrage. La Providence qui veut
peut-êtte tel d'entre vous loin du tumulte
du monde, le voulut long-temps lui au
rnilieu des dangers du siécle , & elle avoit
ses raisons. Ce n'étoit pas fans dessein,
qu'elle l'avoit fait naître avec les avan
tages des richesses & du rang , qu'elle lui
fit passer plusieurs années parmi les déli
ces & les vaihes pompes contre lesquelles
il étoit obligé de se deffendre. Elle le des.
«inpit à remplir dan&son Eglise une place
fEVRIER. 1730. 277:
^ni pour erre sainte , sacrée, de droit di
vin , n'en expose pás moins aux périls in
séparables des grandes places , une place
qu'une vertu à l'épreuve des tentation»
de la grandeur & de l'abondance , est feule
digne de remplir.Car depuis que les Chrér
tiens , trop indignes de leurs premier*
Ancêtres , ont renoncé à cette heureuse
pauvreté qui fut comme le berceau de leuc
Religion , depuis que l'amour des abbaifiemens
a fait place chez eux aux fatales
chimères de l'orgueil, il a fallu appuyer
l'autorité Episcopale de tout ce que l'ofmlence
, le rang ont de plus imposant à
eurs yeux. Sulpice avoit donc beloin d'u
ne vertu, éminente > éprouvée., pour ré
pondre dignement aux desseins de Dieu
fur lui , & vous avez vû si la sienne ne
fut pas telle, in integritate\ mais la vertu
feule n'eût pas suífi sans une capacité pro
portionnée à fa destination , in doftrina...
Il l'avoit , & si vous me demandez com
ment parmi les distractions & tumulte du
siécle il trouva le temps de l'acquerir , je
vous répondrai qu'il le trouva 3 force
d'attention à saisir & à employer des momens
qu'un autre auroit perdus en amufemens
frivoles ou criminels , je vous fe
rai ressouvenir de cette Retraite domcstN
que de plusieurs années où tout son temp»
jgtoit partagé entre Dieu & une étude re-
P i) glce
' ' '
*78 MERCURE D£ FRANCE; .
glée qui avoic rapporc à lui. Lorsqu'il so
faisoit ainsi par principe d'occupation un
fond de saintes connoissances , il ne prêt
voyoit pas qu'il dût un jour par état les
communiquer aux autres ... U n'e'toit pas
moins propre à annoncer les veritez Evan
géliques aux Grands, qu'à instruise les
petits & à cathéchiser les Habitans des
Campagnes , il éclaircuìoit les doutes des
âmes timorées , il assermissoit la foi des
ames foibles , il étoit utile à son Evêque
Blême qui le consultoit. .....
Voilà ce que c'étoit que les lumières
de Sulpice, Chrétiens Auditeurs, elles
ne faisoient point peut-être cette science
si étendue, li variée, de beaucoup de Sçavans
de nos jours , mais elles faisoient
une science utile à son prochain , à luimême
, & sur tout sobre, modeste , s'arrêtant
où elle devoit ; & plut à Dieu que
plusieurs de nos frères n'en eussent point
d'autre , qu'ils fussent & bien plus hum
bles ôc moins curieux, & par là moins
sujets à des égaremens déplorables. Car ,
ô Ciel ! vous confondez le téméraire re
gard qui veut s'élever jusqu'à la hauteuç
inaccessible des trésors de votre sagesse*
Rendez- nous l'heureuse simplicité des pre
miers temps de l'Eglise.'On ne sçavoit pas
disputer, ah I mais on sçavoit obéïr. . . . ,
L'Orateur , après avoir pafl[é avec un
«P*
FEVRIER. i7?ò. if9
írt infini au troisième Chef de sa subdi-,
vision , continue :
Ici, Chrétiens, s'offre un nouveau spec-i
tacle. C'est une aíTemble'e d'esprits violens
& factieux , qui se calme au seul nom de
Sulpice. Le Siège Episcopal e'toit vacant
& le peuple, alors maître du choix de son
Evêque.étok divisé en plusieurs partis qui
«n alloient venir aux mains , si une voix
sortie du milieu de tant de clameurs, n'eût
tout-à-coUp nommé Sulpice. A un nom
si respecté les troubles cessent, les esprits
font d'accord , & cette Assemblée tumul
tueuse , dont les cris differens étoient la
voix de mille passions différentes , devient
eh un moment par la réunion inespérés
de ses suffrages, l'Infcrprete du choix de
Dieu-même. Mais voici un spectacle plus
grand encore } c'est Sulpice qui refuse
d'accepter la dignité sacrée qu'on lui dé
fère ; on le presse & il résiste pour la pre
mière fois à la volonté de son Dieu , mais
remarquez qu'il y résiste dans une occa
sion où il est beau , j'ose le dire , de la
méconnoître .... c'est mériter l'Episcopat
que d'avoir la pieté , la science né
cessaire pour en exercer avec fruit les
fonctions augustes ; le refuser toutefois
par Religion , c'est avoir un mérite aufli
éminent que la place même. .. .
La résistance de Sulpice aux empréssemens
du peuple , venoit de son profond[
*8a MERCURE DE FRANCE,
respect pour la dignité sacrée qu'il mt*
ritoit si parfaitement, il regardok l'Episcopat
comme le caractère le plus auguste, le
plus élevé dont un Chrétien puisse être
revêtu ici bas. Il avoir toujours été parti
culièrement recommandable par son res
pect pour les premiers Oints duSeigneur,
& il vivoit dans un siécle où des discours»
injurieux à leur gloire , étoient un crime
presque inconnu. >
L'Abbé Seguy termine cette première
Partie pat une morale forte & convena
ble., & passe à son second Point , où it
fait voir S. Sulpice soutenant dignement
le poids immense de l'Episcopat»
La plus grande idée qu'on puisse don
ner d'un Ministre du Seigneur, n'ëst pas;
de dire qu'il mérita d'être honoré du ca
ractère Episcopal ; non , quelque grand
que soit un, tel éloge : mais dire qu'ayant
ïeçû ce caractère sacré , il le mérita tou
jours , est la suprême louange. Il y a
Chrétiens entre la gloire d'être élevé pas
fes vertus à une dignité éminente &c celle
d'en remplk parfaitement les devoirs, une
différence qu'il est aisé de sentir.pour peu
qu'on y réfléchisse . ... Audi parmi rant
d'hommes que les suffrages des peuples
élevèrent 3ux places les plus augustes ;
combien en a-t'on vû qui en auroient
toujours paru dignes s'ils ne les eussent
jamais occupées. Sulpice digne de l'Egifç
i
Ê E VRIER. 1730. M
-tèçat y ôc avant d'y parvenir , & après
y êtrcparvenUjjustifia pleinement le choix
de son peuple, & cela par Pesprit de son
gouvernement , par ses travaux , par se*
succès mêmes. '
L'Abbé Seguy, dans le premier mem
bre de cette subdivision , fait voir Pesprit
du gouvernement du S. Evêque comme
nn esprit de bonté , de fermeté, de sagesse,
& il en rapporte entr'autres exemples un
trait de ce S. Pasteur à Poccasion des ve
xations inoiiies & des cruautez qu'exerçoient
certains exacteurs d'un impôt trop
fort qui mettoit le comble à la misère du)
peuple. 1
Sulpice én est témoin', dit Phabile Pa--
-ft-egyriste , & ses entrailles paternelles en
font émues. Il s'adresse avec douceur aux
barbares Officiers , il leur fait la plus tou
chante peinture de Pétat déplorable de
son peuple, il les conjure au nom du Dieu
■ée bonté de cesser d'indignes poursuites,:
qui auiïì bien ne servent qu'à réduire au
plus affreux desespoir une partie de sort
troupeau, & sans doure il leur auroit ins
piré des fentimens plus humains, si de tels
coeurs en eussent été capables. Eh bien ,
cruels ! je me fuis inutilement abbaiffé
jusqu'à la prière -, il ne me reste qu'à vous
lancer les foudres spirituels qui m'ont été
confies. A Dieu ne plaise , que je m'op-
D iiij pose
*#* MERCURE DE FRANCÈ
pose aux ordres du Prince ; ce n'est páS
a vos pareils qu'il est donné de lui être
plus soumis & plus attachez qu'un Evê
que. Mon Rot n'ignore pas mon zele , il
n'ignore que vos cruautez. Je lui écris-,
il nous fera fçavoir sa volonté souverai
ne... Je vous abandonnerai , s'il l'exige,
& le Troupeau & le Pasteur même ; mars
en attendant n'espérez pas que je souffre
votre barbarie 5 je ne verrai point écraser
ainsi mon peuple , dont lés cris me dé
chirent ; percez plutôt ce coeur qui ne peut
vous abandonner.
Fermeté héroïque, Chrétiens Auditeurs,
qui fans une prudence infinie auroit eu-,
je l'avoue , ses dangers ; mais l'esprit de
sagesse égak toûjours en Sulpice l'esprit
de force. Spiritus fortitudinis , fpiritus fa~
■pievtì* & intelleSius. Tandis que par la
vigueur de fa conduite il arrête les per
sécutions des Publicains barbares , il ex
horte d'un autre côté les riches à leur
payer le nouveau tribut , il recommande
vivement au peuple les sentimens d'atta
chement 8c d'obéissance qu'il doit à son
Souverain , il paraît prêt à accabler da
poids de son indignation quiconque óferoit
s'en écarter, & cependant il conjure
celui qui tient en ses mains les coeurs des
Rois-, de lui rendre favorable Dagobert ,
qui avoit succédé à Clouirc.
L'ait
FEVRIER. 1730. igj
L'art avec lequel l'Oratcur entre dans
la seconde partie de sa subdivision, & la
manière dont il décrit les travaux Aposto
liques du saint Evêque , auroient ici leur
place , si on pouvoit abréger cet endroit
sans le gâter. . . .
Que vous dirai-je de plus ? aussi infa
tigable , aussi prompt que plein de zelc ,
occupé sans relâche , íans altération , il
ne l'est que des intérêts du Ciel & du foin
de son Diocèse. U ne tient d'une main qu'à
ses Ouailles & de l'autre qu'à son Dieu.
L'article des succès du saint Evêque est
traité avec la même dignité & le même
feu. La conversion des Juifs de Bourges
faite par son ministère , n'y est pas ou
bliée , & l'Orateur pour relever ce grand
succès , parlant de ['obstination des Juifs
dit ... . malheureuse race , ton aveugle
ment est la peine de tes ingratitudes. C'est'
du trésor de la colère qu'est sortie ton
obstination insensée ; terrible exemple des
vengeances du Seigneur , tu portes im
primez fur toi les signes les plus marquezde
fa colère , & toi feule ne les reconnòfs
pas ; tu gardes chèrement les Livres saints
où fe lit ta condamnation manifeste , &
toi feule ne l'y trouves pas ; tu fers au
monde entier de témoin contre toi-même
& toi feule ne t'en apperçois pas ; & fi
par une eípece de prodige la vérité puis-
, v ; D v saute
i84< MERCURE DE FRANCE;
íante arrache à quelques-uns des tiens le*
fatal bandeau , ne les voit-on pas presquo
toûjours lui enlever peu de temps après
fa victoire ,& lui voiier une haine plus
cruelle que jamais ; ainsi se justifient les
oracles de tesProphetes par qui a été pre'dk
ton endurciflemenr déplorable. \4ais,Chrétiens,
Sulpice devoir avoir la gloire de
triompher de tant d'obstination. Il prêche
donc J. O crucifié à des infortunez qui le
regardent comme un sujet de scandale , iÈ
lutte contre leurs opiniâtres préjugez Sc
il en triomphe. Ce ne font plus ces enne
mis irréconciliables de rHomme-Dieu ;
ce font des vaincus, qui trop contens de
l'être, baignent de larmes de joye les ar
mes qu'ils remettent au vainqueur. Que
j'aime á les voir gémir amoureusement au
pied de>Ja Croix , ils en font le glorieux
& nouveau trophée. Plus de différence:
de culte dans la même Ville. Les enfans
de Sara Sc d'Agar se font réunis. Que les
Esprits Célestes en soient transportez de
joye , que l'Eglise en faíse retenrir ses
Temples de Chanrs d'allegreíse , que la
Îostcrité de ces Esclaves devenus libres en
. Chemise à jamais ta mémoire du siint:
Pasteur lonr Di u s'est íervi pour renou-
Tcller fur letirs pères Sc fur eux ses an
ciennes miséricordes.
S. Sulpice-
LE 1 7. Janvier , P Abbé Seguy , nom
mé par le Roi à- P Abbaye de Gcnlis ,
prononça ce Discoucs dans l'Eglise Parói.'
îul; de S. Suldce, avec uli applau»
diíse.neat universel. Jamais réputation
a'*
FE V R ÏE R. 17% o.
í'k été plus prompte que celle de ce non»
vel Orateur , dont le premier succès a et©'
assez éclatant pour être honoré de Pattendon
8c des récompenses de la Cour^
Le Public échauffé fur ion compte , at- -
tendoit avec impatience ce second Dis
cours » qui a mis , pour ainsi dire , le sceau1
à sa réputation , & avec d'autant plus de
Ì'ustice que son sujet , bien moins favora-
>le que 1c premier, ne pàroiffoit point
susceptible des traits vifs & grands qu'il
lui a prêtez. L'Extrait du Panégyrique d©'
S. Louis a fait? tant de plaisir , qu'on a'
fort souhaité voir aussi celui du Panégy
rique de S.Sulpice, Se nous avons enfin;
obtenu le consentement de M. l'Abbé Se--
guy pour faire usage du secours des Co-j
pistes qui lui ont enlevé son Discours.
-L'Orateur a pris pour Texte ces paroles
de l'Ecclesiastique : Fattum est illi fungi
facerdotin , . .& habere lait ier)* in nomine;
ejus. Voici l'Exorde , à quelques lignes^
près>
Si l'on fçait à travers les expressions
les plus simples pénétrer le sens le plus
élevé , quelles grandes idées se présentent
à ces mots ! Voilà , Chrétiens , un
Eloge digne d'Àaron , qui en est l'ob'jet
& pour dire encore plus , digne de l'Esprit
Saint qui en est l'Auteur. En effet:
loiier un homme d'avoir mérité le Sacer
doce
MERCÙRE Ï>È FÍIANCÉ.
doce & U plénitude du Sacerdoce , qtíî
«st le Pontificat , n'est-ce pas le rôties
d'avoir mérité le plus sublime de rous le»
Ministères, celui de Pacificateur , de Mé
diateur entre Dieu & son Peuple , & quelle
louange pourroit, ce semble , égaler celle
îà , si ce qui suit n'y mettoit le comble
en ajoutant que ce Ministère si auguste^
Aaron l'exerça avec gloire en Israël ,
FaSinm est Mi fungi facerdotio .... &
habere laudem ih nomme ejuù
Cette idée , toute grande qu'elle est y
Chrétiens Auditeurs , l'est-elle trop pour
k sujet qui nous assemble .... Par tout
l'Histoite de fa vie ( de S. Sulpice) m'a
présenté un homme visiblement destinés
pour entrer en part du gouvernement de
l'Eglise ; un homme que la Grâce de Jé
sus- Christ prit soin de préparer dès soit
enfance à la dignité de Pasteur dans l'E
glise; Un homme élevé d'une commune
voix à ce comble d'honneur pour l'édiSfication
& pour l'utilité de PEglise.
C'est à ce point de vûë que m'ont paru se
íapporter toutes les faces sous lesquelles
on peut l'envifager quand j'entre
prends de vous retracer une si belle vie,-
c'est ou comme la préparation la plusparfaite
à la dignité Episcopale , ou com
me l'accomplissement le plus entier des
ieyoiis qui y sont attachez ; car voici et»
FEVRIER. 1730. ìSf
in deux mots le Plan du Discours que je
consacre à la gloire de S. Sulpice. II mé
rita d'être élevé à l'honneur suprême de
l'Episcopar , & il soutint glorieusement
le poids immense de ''Episcopat. FaElum
eft illi fungi Sacerdotio .... & habere
Uudem in nornine ejus.
Dieu immortel , qui n'aliénez jamais»
votre gloire,c'est à vous que se rapportent
fes louanges de vos Saints , & c'est à vous
aussi que se rapporteroient celles d'un
de vos plus dignesMinistres qui m'écoute..
dans ce saint Temple , dont la construc--
fion n'etoit possible qu'à lui seul. Avec
quel zelc vous prépare-t-il une demeure,
pendant qu'un autre Serviteur fidèle que
tous vous êtes choisi dans fa maison , tra
vaille sans relâche à votre gloire j Pon-i
tifc & deffenscur illustre de votre Reli
gion sacrée. Ainsi Moyse executoit le Pla»
de votre auguste Tabernacle, tandis qu'ho
noré du Pontificat, Aaron son frère préíîdoit
à votre culte divin ... Je rentre
dans mon sujet , mais je sens que je n'enpuis
soutenir le poids si Marie ne s'intefefle
à^'entreprise.
Le comprenons-nous ce que c'est que
d'être un des Pasteurs préposez au gou
vernement de l'Eglise que J.C. a acquise
j»ar son Sang ? nous formons-nous une
aslez haute idée de la grandeur de ce Mi
nistère
t7ò MËRCÚRE DE FRANGÉ; .
«istere ? L'Episcopat , Chrétiens , l'Epìs»
copat n'est rien moins que le Tribunal
irréprochable de cette foi , fans laquelle
on ne peut être sauvé ; la succession non
interrompue du pouvoir &é des fonctions
des Apôtres, le complément, la plénitu
de surabondante du caractère conféré aux
autres Ministres de l' Autel , l'autorité dtf
droit ..divin fur les Fidèles & Air les Pré*
tres qui les conduisent , le gage sensible
de l'union de J. C avec son Eglise , la
participation immédiate de la puissance du
Fils de Dieu lui-même, la íourec primi-*
tive du pouvoir de Her & dé délier suc
la Terre , de conférer la Grâce & de la
suspendre* de rendre présente la Victime
adorable ôc de l'immolct!, Quelle dignité
que celle qui réunit en soi de si grandes
choses , mais aussi de la part de notre
Saint, quelle vertu, quelle capacité à
tous égards , quelle répugnance à aceep.
ter tant de grandeur.Pen rendirent digne l
trois principaux chefs dont je fais tout le
fond de cette première Parrîe. Reprenons.
U semble, Chrétiens, que Sulpice ne
pouvoit naturellement échapper au mon»
de,si son cceiK n'eût été spécialement desti
né de Dieu pour être à lui. La Cour , où sa
naissance Cappella dès ses premières an
nées- la Cour est-elle l'ecole ordinaire de
í* vcítu- > Cet âge même où lc coeur tout
m
FEVRIER. 1730. t7t
m bute aux passions , à peine Ce trouva
libre , est peut-être moins dangereux , 8ç
foubliois presque de vous dire que Sul
pice fut au Seigneur dès le point du jour,
itomme parle le Prophète , dès fa jeunesse,
parce que j'ai quelque chose de plus glo
rieux pour lui à vous dire ; c'est qu'il fut
au Seigneur dans des lieux, the'atre uni
versel desfoiblesses & des vanitez humai
nes , à la Cour. Ce n'est donc pas ici ,
Chrétiens 4 une vertu à l'abri des dangers
du siécle ; c'est une vertu à l'épreuvc des
charmes & des engagemens du monde le
plus séduisant, que l'on appelle le grand
monde , une vertu constamment sollicitée
& constamment victorieuse. . . .
L'Abbé Seguy , après avoir mis dans
tout son jour la vertu de S. Sulpice au
milieu des dangers de la Cour , le repré
sente dans fa Retraire domestique , &
voici comment il en parle.
Il quitte donc cette Cour, où il ne
voit aucun des vrais biens qu'il aime,
où font réunis ensemble tous les faus
biens qu'il n'aime pas j il se fait de sa
maison une retraite particulière aussi inr
accessible aux attaques des folles passions
que le fut jamais celle des Hilarions 8c
des Antoines. La solitude Chrétienne ,
mes frères , ne pensez pas qu'il faille ab
solument l'aller cherchée dans l'ornbre
>7* MERCURE DE FRANCE. ...^
-du Cloitre ou dans l'horreur des Déserts.'
,Un coeur tumultueux , plein des ide'es
des engagemens du siécle ne feroit pas
seul dans les Antres profonds de la Thé-
.baïde même. La vraye solitude est souyent
dans un genre de vie retirée , quoiqu'au
milieu du monde , dans les senti-» ,
.mens qui y font conformes dans le coeur,
L'Orateur , en parlant de l'humble
•résistance de S. Sulpice , lorsque son Evo
que voulut l'ordonner Prêrre, dit: T'
Malgte' un attrait naturel pour cet état ,
3e Serviteur de Dieu, par un effet de cette
íhurnilké qui met le comble à sa vertu re
fuse de repondre à un dessein qu'a fait
jiaître sa vertu même, & pour le fairô
passer de l'état laïque à la Cléricature,
de la Cléricature au Sacerdoce , il faut
que le saint Evêque engage les Princes à
íe joindre à lui. C'est ainsi que la mo
destie des Saints leur cache quelquefois
la volonté divine qu'ils adorent , & que
le Ciel fait exécuter fur eux fa volonté
fans rien faire perdre à leur modestie.
Vous résistiez donc en vain , digne Disci
ple de J. C. yous en deviez être le Prêrre ,
parce que vous en fûtes la Victime. Il étoit,
il étoit convenable que vous pussiez osfric
à l'Autel l'Agneau sans tache , vous qui
pouviez vous offrir avec lui. Vous sçaveát .
É?éja ce qu'il fut dans la vie scculkre,Chré.
liens
FEVRIER. 1730. *73
{tiens Auditeurs , jugez de ce qu'il fut dans,
le Sacerdoce. . . Sa vie inspire, persuade
la vertu que respirent tous ses discours 4
íes exemples font citez dans les familles ,
son simple aspect est une leçon , son seul
nom rappelle une idée salutaire. De'ja se
répand le bruit de sa sainteté dans les Pro
vinces voisines. La Cour l'entendir, & le
Prince Religieux qui commandoit alors
à nos Ancêtres , Clotaire II. jetta les yeux
fur le Serviteur de J. C. pour le charger
d'un emploi plus honorable encore par !»
sainteté de ses fonctions , que considérable
par l'accès & le crédit qu'il donnoit au
près du Monarque . • . Mais il s'agissoit
d'engager l'Homme de Dieu à l'accepter
& son Evêque fut intéressé pour cela ; car
Comme ce Prélat n'eût jamais pû fans le
Prince , forcer l'humilité de Sulpice à re
cevoir le Sacerdoce , le Prince n'eut aust|
jamais pû fans lui,forcer la vertu du Saint
à rentrer dans le grand monde. On l'y sic
rentrer. Sulpice reparoît à la Cour & il
l'édisie de nouveau. La Cour , quelques
passions qui y règnent s n'en est pas moins
pleine d'estime pour la vertu , & fans la.
pratiquer mieux que le peuple , elle fçaic
& la connoître mieux & la respecter dar
vantage.
Rien n'est plus beau & plus délicat que
1c Porcraic que fait V dateur de son Saint;
úm
*74 MERCURE DE FRANCE. - "
áans le crédit que lui donnoient fa Char»
,ge de Grand- Aumônier & l 'amitié de Clo-
,«aire.
Clotaire , dit-il , qui lui doit la conser
vation de ses jours , veut qu'il ait aux
affaires une part considérable , qui ne fut
jamaisl'objet de ses voeux... Je reconnois
ici , ô mon Dieu ! un grand exemple de
;la conduite que vous tenez quelquefois
^ur ceux qui vous aiment ; quoiqu'ordinairement
jaloux de les cacher dans le
secret de votre face, cependant pour lc
bien de leurs frères , pour l'honneur mêjne
de la vertu , vous les menez de temps
jcn temps comme par la main fur la Scène
changeante du monde , vous leur faites
trouver grâce devant les Dieux de la
Terre & toujours fur de leur coeur , vous
les prêtez pour récompense aux bons Rois,
À qui ils font nécessaires.
Ensuite l'Abbé Seguy fait voir S. S ulice
attentif dans fa faveur à ménager pou r
a timide vertu la protection du Monar
que , charmé de pouvoir prêter la voix
aux larmes des malheureux , se rendant
cher à sa Nation , comme un autre M ardochée
, & par le charme d'une douceur
toute Chrétienne , trouvant lc secret de
ne mécontenter personne, malgré l'impuissance
, de procurer des grâces à tous,
conduisant & exécutant tout ce qu'il se
propose
t
FEVRIER; 1730. 171
propose par une nouvelle sorte de politi
que., la droiture & la sincérités agissanc
afec zele & avec zele sçlon la science
dans tout ce qui a rapport à la Religion ,
& qui demande l'appui de l'autorité Roya
le pour l'Eglise ; enfin dans une situation
où d'autres sacrifieroient leur ame , ayant
aux yeux des hommes mêmes le mérite
de ne sacrifier que son repos : tel & plus
grand encore par le saint usage de son cré
dit étoit Sulpice, Chr. Aud. & s'il n'est pa»
le seul1 que son Portrait vous représente,
c'est une heureuse ressemblance qui honore
notre siécle. Au reste , il est bon pour votre
instruction , mes Frères , que vous remar
quiez la cause du saint usage que fit Sulpice
de sa faveur à la Cour, & la raison du bon
heur qu'il eut d'y conserver sa vertu dans
tous les temps. Dieu l'y avoit appelle ; &
parce qu'il l'y avoit appelle , il le sauva,
des écueils dangereux contre lesquels onc
brisés mille autres ; parce qu'il l'y avoit
appelle , il le mit au-dessus des foiblesses
ordinaires du sang , il lui fît oublier le
soin de l'élevation des siens & de leur
fortune particulière ; parce qu'il l'y avoie
appelle , bien loin de l'abandonner à l'amour
du plaisir qui y règne , il se servit
de lui pour y confondre les voluptueux
par son exemple ; parce qu'il l'y avoit
a^pellé, il fit faire en lui la voix de la
g cupidit4
íT6 MERCURE DE FRANCeI^I
cupidité , il lui donna ce détachement ÍÎ
nécellâire à qui peut obtenir tout ce qu'il
désire ; parce qu'il l'y avoit appelle , il
lui conserva au milieu de la pompe &c du
luxe de la Cour , un gout constant pour
la simplicité la plus modeste 3, parce qu'il
l'y avoit appellé , il l'entretint au centre
même du grand monde dans un esprit de
retraite qui l'engageoit à se dérober de
temps en temps à la Cour , pour donner
au loin de recueillir son coeur tous les
momens dont il étoit le maître ; parce
qu'il l'y avoit appellé , il justifia fa voca
tion. Ceux que Dieu lui-même expose,,
sont dans le monde fans appartenir au
monde -, Dieu est avec eux , mais aussi
ceux qui s'exposent sans son aveu, y pensent-
ils sérieusement ....
Si Sulpice y eût été porté par ses pro
pres conseils , il y auroit fait infaillible
ment naufrage. La Providence qui veut
peut-êtte tel d'entre vous loin du tumulte
du monde, le voulut long-temps lui au
rnilieu des dangers du siécle , & elle avoit
ses raisons. Ce n'étoit pas fans dessein,
qu'elle l'avoit fait naître avec les avan
tages des richesses & du rang , qu'elle lui
fit passer plusieurs années parmi les déli
ces & les vaihes pompes contre lesquelles
il étoit obligé de se deffendre. Elle le des.
«inpit à remplir dan&son Eglise une place
fEVRIER. 1730. 277:
^ni pour erre sainte , sacrée, de droit di
vin , n'en expose pás moins aux périls in
séparables des grandes places , une place
qu'une vertu à l'épreuve des tentation»
de la grandeur & de l'abondance , est feule
digne de remplir.Car depuis que les Chrér
tiens , trop indignes de leurs premier*
Ancêtres , ont renoncé à cette heureuse
pauvreté qui fut comme le berceau de leuc
Religion , depuis que l'amour des abbaifiemens
a fait place chez eux aux fatales
chimères de l'orgueil, il a fallu appuyer
l'autorité Episcopale de tout ce que l'ofmlence
, le rang ont de plus imposant à
eurs yeux. Sulpice avoit donc beloin d'u
ne vertu, éminente > éprouvée., pour ré
pondre dignement aux desseins de Dieu
fur lui , & vous avez vû si la sienne ne
fut pas telle, in integritate\ mais la vertu
feule n'eût pas suífi sans une capacité pro
portionnée à fa destination , in doftrina...
Il l'avoit , & si vous me demandez com
ment parmi les distractions & tumulte du
siécle il trouva le temps de l'acquerir , je
vous répondrai qu'il le trouva 3 force
d'attention à saisir & à employer des momens
qu'un autre auroit perdus en amufemens
frivoles ou criminels , je vous fe
rai ressouvenir de cette Retraite domcstN
que de plusieurs années où tout son temp»
jgtoit partagé entre Dieu & une étude re-
P i) glce
' ' '
*78 MERCURE D£ FRANCE; .
glée qui avoic rapporc à lui. Lorsqu'il so
faisoit ainsi par principe d'occupation un
fond de saintes connoissances , il ne prêt
voyoit pas qu'il dût un jour par état les
communiquer aux autres ... U n'e'toit pas
moins propre à annoncer les veritez Evan
géliques aux Grands, qu'à instruise les
petits & à cathéchiser les Habitans des
Campagnes , il éclaircuìoit les doutes des
âmes timorées , il assermissoit la foi des
ames foibles , il étoit utile à son Evêque
Blême qui le consultoit. .....
Voilà ce que c'étoit que les lumières
de Sulpice, Chrétiens Auditeurs, elles
ne faisoient point peut-être cette science
si étendue, li variée, de beaucoup de Sçavans
de nos jours , mais elles faisoient
une science utile à son prochain , à luimême
, & sur tout sobre, modeste , s'arrêtant
où elle devoit ; & plut à Dieu que
plusieurs de nos frères n'en eussent point
d'autre , qu'ils fussent & bien plus hum
bles ôc moins curieux, & par là moins
sujets à des égaremens déplorables. Car ,
ô Ciel ! vous confondez le téméraire re
gard qui veut s'élever jusqu'à la hauteuç
inaccessible des trésors de votre sagesse*
Rendez- nous l'heureuse simplicité des pre
miers temps de l'Eglise.'On ne sçavoit pas
disputer, ah I mais on sçavoit obéïr. . . . ,
L'Orateur , après avoir pafl[é avec un
«P*
FEVRIER. i7?ò. if9
írt infini au troisième Chef de sa subdi-,
vision , continue :
Ici, Chrétiens, s'offre un nouveau spec-i
tacle. C'est une aíTemble'e d'esprits violens
& factieux , qui se calme au seul nom de
Sulpice. Le Siège Episcopal e'toit vacant
& le peuple, alors maître du choix de son
Evêque.étok divisé en plusieurs partis qui
«n alloient venir aux mains , si une voix
sortie du milieu de tant de clameurs, n'eût
tout-à-coUp nommé Sulpice. A un nom
si respecté les troubles cessent, les esprits
font d'accord , & cette Assemblée tumul
tueuse , dont les cris differens étoient la
voix de mille passions différentes , devient
eh un moment par la réunion inespérés
de ses suffrages, l'Infcrprete du choix de
Dieu-même. Mais voici un spectacle plus
grand encore } c'est Sulpice qui refuse
d'accepter la dignité sacrée qu'on lui dé
fère ; on le presse & il résiste pour la pre
mière fois à la volonté de son Dieu , mais
remarquez qu'il y résiste dans une occa
sion où il est beau , j'ose le dire , de la
méconnoître .... c'est mériter l'Episcopat
que d'avoir la pieté , la science né
cessaire pour en exercer avec fruit les
fonctions augustes ; le refuser toutefois
par Religion , c'est avoir un mérite aufli
éminent que la place même. .. .
La résistance de Sulpice aux empréssemens
du peuple , venoit de son profond[
*8a MERCURE DE FRANCE,
respect pour la dignité sacrée qu'il mt*
ritoit si parfaitement, il regardok l'Episcopat
comme le caractère le plus auguste, le
plus élevé dont un Chrétien puisse être
revêtu ici bas. Il avoir toujours été parti
culièrement recommandable par son res
pect pour les premiers Oints duSeigneur,
& il vivoit dans un siécle où des discours»
injurieux à leur gloire , étoient un crime
presque inconnu. >
L'Abbé Seguy termine cette première
Partie pat une morale forte & convena
ble., & passe à son second Point , où it
fait voir S. Sulpice soutenant dignement
le poids immense de l'Episcopat»
La plus grande idée qu'on puisse don
ner d'un Ministre du Seigneur, n'ëst pas;
de dire qu'il mérita d'être honoré du ca
ractère Episcopal ; non , quelque grand
que soit un, tel éloge : mais dire qu'ayant
ïeçû ce caractère sacré , il le mérita tou
jours , est la suprême louange. Il y a
Chrétiens entre la gloire d'être élevé pas
fes vertus à une dignité éminente &c celle
d'en remplk parfaitement les devoirs, une
différence qu'il est aisé de sentir.pour peu
qu'on y réfléchisse . ... Audi parmi rant
d'hommes que les suffrages des peuples
élevèrent 3ux places les plus augustes ;
combien en a-t'on vû qui en auroient
toujours paru dignes s'ils ne les eussent
jamais occupées. Sulpice digne de l'Egifç
i
Ê E VRIER. 1730. M
-tèçat y ôc avant d'y parvenir , & après
y êtrcparvenUjjustifia pleinement le choix
de son peuple, & cela par Pesprit de son
gouvernement , par ses travaux , par se*
succès mêmes. '
L'Abbé Seguy, dans le premier mem
bre de cette subdivision , fait voir Pesprit
du gouvernement du S. Evêque comme
nn esprit de bonté , de fermeté, de sagesse,
& il en rapporte entr'autres exemples un
trait de ce S. Pasteur à Poccasion des ve
xations inoiiies & des cruautez qu'exerçoient
certains exacteurs d'un impôt trop
fort qui mettoit le comble à la misère du)
peuple. 1
Sulpice én est témoin', dit Phabile Pa--
-ft-egyriste , & ses entrailles paternelles en
font émues. Il s'adresse avec douceur aux
barbares Officiers , il leur fait la plus tou
chante peinture de Pétat déplorable de
son peuple, il les conjure au nom du Dieu
■ée bonté de cesser d'indignes poursuites,:
qui auiïì bien ne servent qu'à réduire au
plus affreux desespoir une partie de sort
troupeau, & sans doure il leur auroit ins
piré des fentimens plus humains, si de tels
coeurs en eussent été capables. Eh bien ,
cruels ! je me fuis inutilement abbaiffé
jusqu'à la prière -, il ne me reste qu'à vous
lancer les foudres spirituels qui m'ont été
confies. A Dieu ne plaise , que je m'op-
D iiij pose
*#* MERCURE DE FRANCÈ
pose aux ordres du Prince ; ce n'est páS
a vos pareils qu'il est donné de lui être
plus soumis & plus attachez qu'un Evê
que. Mon Rot n'ignore pas mon zele , il
n'ignore que vos cruautez. Je lui écris-,
il nous fera fçavoir sa volonté souverai
ne... Je vous abandonnerai , s'il l'exige,
& le Troupeau & le Pasteur même ; mars
en attendant n'espérez pas que je souffre
votre barbarie 5 je ne verrai point écraser
ainsi mon peuple , dont lés cris me dé
chirent ; percez plutôt ce coeur qui ne peut
vous abandonner.
Fermeté héroïque, Chrétiens Auditeurs,
qui fans une prudence infinie auroit eu-,
je l'avoue , ses dangers ; mais l'esprit de
sagesse égak toûjours en Sulpice l'esprit
de force. Spiritus fortitudinis , fpiritus fa~
■pievtì* & intelleSius. Tandis que par la
vigueur de fa conduite il arrête les per
sécutions des Publicains barbares , il ex
horte d'un autre côté les riches à leur
payer le nouveau tribut , il recommande
vivement au peuple les sentimens d'atta
chement 8c d'obéissance qu'il doit à son
Souverain , il paraît prêt à accabler da
poids de son indignation quiconque óferoit
s'en écarter, & cependant il conjure
celui qui tient en ses mains les coeurs des
Rois-, de lui rendre favorable Dagobert ,
qui avoit succédé à Clouirc.
L'ait
FEVRIER. 1730. igj
L'art avec lequel l'Oratcur entre dans
la seconde partie de sa subdivision, & la
manière dont il décrit les travaux Aposto
liques du saint Evêque , auroient ici leur
place , si on pouvoit abréger cet endroit
sans le gâter. . . .
Que vous dirai-je de plus ? aussi infa
tigable , aussi prompt que plein de zelc ,
occupé sans relâche , íans altération , il
ne l'est que des intérêts du Ciel & du foin
de son Diocèse. U ne tient d'une main qu'à
ses Ouailles & de l'autre qu'à son Dieu.
L'article des succès du saint Evêque est
traité avec la même dignité & le même
feu. La conversion des Juifs de Bourges
faite par son ministère , n'y est pas ou
bliée , & l'Orateur pour relever ce grand
succès , parlant de ['obstination des Juifs
dit ... . malheureuse race , ton aveugle
ment est la peine de tes ingratitudes. C'est'
du trésor de la colère qu'est sortie ton
obstination insensée ; terrible exemple des
vengeances du Seigneur , tu portes im
primez fur toi les signes les plus marquezde
fa colère , & toi feule ne les reconnòfs
pas ; tu gardes chèrement les Livres saints
où fe lit ta condamnation manifeste , &
toi feule ne l'y trouves pas ; tu fers au
monde entier de témoin contre toi-même
& toi feule ne t'en apperçois pas ; & fi
par une eípece de prodige la vérité puis-
, v ; D v saute
i84< MERCURE DE FRANCE;
íante arrache à quelques-uns des tiens le*
fatal bandeau , ne les voit-on pas presquo
toûjours lui enlever peu de temps après
fa victoire ,& lui voiier une haine plus
cruelle que jamais ; ainsi se justifient les
oracles de tesProphetes par qui a été pre'dk
ton endurciflemenr déplorable. \4ais,Chrétiens,
Sulpice devoir avoir la gloire de
triompher de tant d'obstination. Il prêche
donc J. O crucifié à des infortunez qui le
regardent comme un sujet de scandale , iÈ
lutte contre leurs opiniâtres préjugez Sc
il en triomphe. Ce ne font plus ces enne
mis irréconciliables de rHomme-Dieu ;
ce font des vaincus, qui trop contens de
l'être, baignent de larmes de joye les ar
mes qu'ils remettent au vainqueur. Que
j'aime á les voir gémir amoureusement au
pied de>Ja Croix , ils en font le glorieux
& nouveau trophée. Plus de différence:
de culte dans la même Ville. Les enfans
de Sara Sc d'Agar se font réunis. Que les
Esprits Célestes en soient transportez de
joye , que l'Eglise en faíse retenrir ses
Temples de Chanrs d'allegreíse , que la
Îostcrité de ces Esclaves devenus libres en
. Chemise à jamais ta mémoire du siint:
Pasteur lonr Di u s'est íervi pour renou-
Tcller fur letirs pères Sc fur eux ses an
ciennes miséricordes.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
Le 17 janvier 1730, l'abbé Seguy, nommé par le roi à l'abbaye de Genlis, prononça un discours panégyrique de Saint Sulpice dans l'église paroissiale de Saint Sulpice, suscitant une admiration universelle. Ce discours confirma sa réputation, déjà établie par un précédent succès. L'extrait du panégyrique de Saint Louis ayant été bien accueilli, le public attendait avec impatience celui de Saint Sulpice. L'abbé Seguy accepta de partager son discours, qui fut publié dans le Mercure de France. L'orateur choisit comme texte les paroles de l'Ecclésiastique : 'Il lui fut donné de remplir l'office de prêtre, et de louer son nom.' Il souligna que louer un homme ayant mérité le sacerdoce et la plénitude du pontificat est le plus sublime des ministères, celui de pacificateur et médiateur entre Dieu et son peuple. Saint Sulpice fut présenté comme un homme destiné au gouvernement de l'Église, préparé dès son enfance à la dignité de pasteur. Le discours se structura autour de deux axes principaux : la préparation parfaite de Saint Sulpice à la dignité épiscopale et l'accomplissement entier des devoirs attachés à cette fonction. L'orateur insista sur la grandeur du ministère épiscopal, qui est le tribunal irréprochable de la foi, la succession des Apôtres, et l'autorité divine sur les fidèles. Saint Sulpice, malgré les dangers et les séductions de la cour, resta fidèle à sa vocation. Il quitta la cour pour une retraite domestique, refusant les honneurs et les passions mondaines. Son évêque et le prince Clotaire II durent insister pour qu'il accepte le sacerdoce et des responsabilités plus importantes. À la cour, il se distingua par sa vertu, son humilité et son zèle pour la religion. L'abbé Seguy conclut en soulignant que Saint Sulpice, appelé par Dieu à la cour, y conserva sa vertu grâce à la protection divine. Il utilisa son crédit pour le bien de l'Église et des malheureux, restant toujours humble et détaché des plaisirs mondains. Le texte traite également de la vie et des vertus de Sulpice, un homme d'Église ayant occupé une place éminente dans son diocèse. Sulpice a passé plusieurs années à se défendre contre les délices et les vaines pompes, tout en remplissant une fonction sacrée et divine dans son Église. Sa vertu, éprouvée par les tentations de la grandeur et de l'abondance, était nécessaire pour répondre aux desseins de Dieu. Sulpice a acquis une capacité proportionnée à sa destination grâce à une attention constante et à une retraite domestique dédiée à l'étude et à la prière. Lorsqu'il a été nommé évêque, Sulpice a refusé la dignité sacrée par humilité, mais il a finalement accepté pour répondre à la volonté divine. Son gouvernement épiscopal était marqué par la bonté, la fermeté et la sagesse. Il a protégé son peuple contre les cruautés des exacteurs d'impôts et a exhorté les riches à payer leurs tributs tout en recommandant l'obéissance au souverain. Sulpice a également mené des travaux apostoliques infatigables, convertissant notamment les Juifs de Bourges. Sa vie et son œuvre ont été marquées par une science utile, sobre et modeste, toujours au service de son prochain et de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8118
p. 286-305
Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Début :
Je ne suis pas le maistre de satisfaire l'empressement que / [...]
Mots clefs :
Avocat, Homme, Esprit, Probité, Justice, Vertu, Vérité, Lumières, Ennemis, Confiance, Paix, Qualités, Honnête homme, Orateur, Éloquence, Qualités du coeur, Avocat, Avocat du roi au Châtelet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Je ne fuis pas le maiſtrede
fatisfaire l'empreſſement que
GALANT. 287
vous me marquez , Meffieurs ,
pour les Pieces d'Eloquence
que leurs Auteurs , quelques
belles qu'elles foient ,& malgré
les applaudiſſemens qu'elles
ont receuës de tous ceux
qui les ont entendu prononcer
, n'aiment ſouvent pas à
rendre publiques. S'il ne tenoit
qu'à moyde vousen fairepart,
jecroy querien ne feroit plus
capable de contenter parfaite.
ment voſtre curiofité que le
Diſcours que MonfieurChauvelin
Avocat General fit dans
le Parlement , le 26. Novembre
dernier , ſur laréputation
188 MERCURE
des Avocats ,j'en ay entendur
de quelques uns de fes Audi
teurs ,&lû des fragmens dans
une Gazette de Hollande
dont je croy qu'il n'approuveroit
pas la peine qu'on prendroit
de les imiter. Je ſerois
preſquedans le même embarras
au ſujet de la Harangue de
M. Herault Avocat du Roy
du Chaſtelet , fi un de mes
amis n'avoit pas pris le ſoin
d'en ramaffer exactement les
morceaux que vous allez lire.
C'eſt un preſent qu'il m'a fait,
& certainement un preſent
que jecroy vous faire.
Le
GALANT. 289
A
Le but queM. Herault s'eſt
propoſé dans leDifcours qu'il
a fait aux Avocats à la
rentrée du Chaſtelet , a été de
leur faire perfuader que les
qualitez du coeur ſont preferables
à celles de l'eſprit. Loin ,
dit- il , de trop donner à la gloire
qui vient de l'esprit , affeurons
aux qualitez du coeur la préference
qu'elles meritent ,
fons voir qu'ellesfontplus effentielles
à l'Avocat que celles de
l'esprit. L'Orateur , continuet-
il un peu plus loin , doit eftre
honneste homme , éloquent, mais
la probitéfait le fond de fon ca-
Decembre 1714. Bb
fai290
MERCURE
1
ractere , l'éloquence n'en estpour
ainſi dire , que le colori : la probité
demande ſes demande festpremiersfoins , l'art
de bien dire ne demande que les
Seconds.Orator, ditQuintilien ,
vir bonus , dicendi peritus ...
vous en conviendrez bientoft ,
ajoute t- il , vous eſtes,nous ofons
le dire , neceffaires auxMagiftrats.
Le Jugefait par vous ce
qu'il ne peutfaire parluy-mêm ;
par vous , il demaſque les fourbes
qui viennent par des dehors
trompeurs furprendreſon équité,
en ſurprenant ſa compaffion. Par
à travers un amas confus
de circonstances embroüillées , il
vous
GALANT. 291
va reconnoijtre delivrer l'innocence
opprimée par l'imposture :
c'est par vous qu'il fuit la chicane
dans tous ſes détours , vous
luy montrez la verité, c'estàluy
de la vanger. Qui réuffira le
mieux dans ſes fonctions ſi importantes
& fihonorables ? qui
remplira mieux l'attente dufuge?
ou l'Avocat habile , fans probité,
ou l'Avocat honnestehomme.
Le premier aveuglé par l'in
terest, ou féduit par ta preſomption
, entreprendra la deffenſe
des cauſes les plus injustes , se
fiant trop à luy même , il aura
trop peu d'application pour les
Bbij
292 MERCURE
ilmé.
autres , plus il fera éloquent ,
plus ilfera dangereux ; aux lumieres
pures qui éclairent ,
lera un fauxbrillant qui ébloüit ,
ſaſcience luy fournira de ſpécieuses
raiſons pourparer le men-
Jonge , &fon industrie luy mettra
en mains des Armes pour combattre
la justice ; il puiſera dans
Son efprit millemoyens capcieux ,
mille détours peu finceres : icy il
donnera de belles couleurs à la
cupidité , il mettra l'innocence
dans unfaux jour , nul fcrupule
d'impofer aux Magistrats, de calomnier
ſes Parties , de trabir
mêmeſes Clients . Que d'intriGALANT.
293
gues. Car de quoy ne peut pas
eftre capable un Avocat avec un
bel eſprit ,fans un bon
beaucoup de lumieres
coeur, avec
د
;
peu
efde
probité ; en un mot qui est
habilefans estre honneſte homme.
Au contraire , dit il, dans un
autre endroit , à la loüarige
d'un Avocat honneſte hom,
me , le fuge instruit d'une cause
parun Avocat, qui avec un
prit mediocre , joint une vertu
qui ne l'estpas ,qui à la verité,
a moins d'éloquence , mais plus
de bonnefoy , habile, non pas autant
qu'on peut le foubaitter ,
mais autant qu'on peut lefou-
Bb iij
294 MERCURE
>
haitter honneste homme : comme
il n'a pas un grand fonds d'érudition
, il a la Justice pour fin
laſageſſe pour confeil , comme
c'est la droiture de ſon coeur
qui fait celle de ſon esprit ,fon
esprit ne porte jamais de faußes
lumieres dansfon coeur , fcrupuleuxſurtout,
il cherchepluſtoſtà
affurer le repos de ſa confcience ,
qu'à se preparer l'honneur d'une
victoire, il nese laiſſe ni émouvoir
par l'autorité , ni entraîner
par une compaffion aveugle qui
n'envisage dans la mifere ,que la
miſere même , il neprête ſon ſecours
à l'affligéquelorsqu'ilmerite
GALANT. 295
d'estre jecouru , il ne prend fous
Sa protection l'opprimé , que ,
quand il reconnoît injuste la puif-
Jance qui l'accable , ex par- là
digne enfin de la confiance du Juge,
lefuge avec luy marche en
feureté, & dans le cahos d'une
cauſe que la cupidité avoit pris
Soin d'embarraffer , il ne craint
p'us qu'on ne lui déguise,ou qu'on
ne luy ſupprimeſes faiis , qu'on
ne ſubſtiriüe la vray-Jemblance
à la verité , qu'au lieu de développer
lesens de la Loy ,on ne luy
coorrrroommmpppee le texte qu'au licu en
2
d'éclairerſon eſprit on ne s'appli
que àfurprendre ſon coeur , il ſe
B b iiij
८
296 MERCURE
repoſe enfinfur l'attention exacte
de l'Orateur qui l'empêche de ſe
tromper luy-même , &fur la
bonne foy qui luyfait ignorer
l'art funeste de tromper les autres
... SSii ll''oonn eefsttccoonduitparla droiture
de ſon coeur , on est toujours
habile à conduire les autres par
les routes de la ſageſſe , on sçait
tout dans une ſcience où le coeur
est le Maistre qui inſtruit ....
En parlant de l'Avocat
fans probité , le coeur , dit- il ,
n'a que trop d'empireſur l'esprit ,
la raison devroit le conduire
c'eſt luy qui domine la raison , il
la réduit enfervitude , il ne luy
GALANT. 197
permet plus d'écouter la ſageße
qui luy feroit connoiſtre la justice
ola verité , il faut que l'esprit
malgréluy , penſe comme le coeur
fent ,&fi le coeur est esclave de
quelque paſſion , il faut que la
raiſon pour estre écoutée apprenne
le langage de cette paſſion....
L'Avocat honneste homme neſe
laiſſegagner ny intimider ; il ne
craint d'avoir pour ennemis que
la verité , infenfible aux plus
touchantes prieres , rien ne le
frappe que lajustice ,rien ne luy
est recommandable que la justice,
&s'il en estoit beſoin , il la défendroit
contre le fuge même....
298 MERCURE
1
د
S'il manque de brillant pour
furprendre , il nemanque point de
force pour convaincre... En un
mot la veritéſur les lévres de
l'honneste homme ,fait aimer
fait triompher la justice ; &jamais
lajustice neſe trouveparlay
la victime de l'interest.
Le Client , les Parties , tout
l'Etat est intereßé à la probité
de l'Avocat , & il ne faut pas
croire que lorſqu'il s'acquitte de
fes fonctions , il le ſerve moins
que les guerriers qui repouſſent
loin de nos frontieres , ceux qui
qui les attaquent. L'Etat porte
dans ſes entrailles des ennemis
د
THEQUE DELAVILL
nous a
GALANT
plus dangereux , &plus remuans
que toutes les Puißances liguées
au dehors : ne parlons même plus
d'ennemis étrangers , aujourdhuy
que la ſageße du Roy
rendu la Paix,fans qu'il luy
ait coûté tout ce que ſon amour
pourfonpeuple, estoitprest de luy
Sacrifier aujourd'huy que ce
Monarque grand dans l'une
l'autrefortune,faifiſſant le moment
heureux que fa pieté avoit
obtenu du Ciel , a changé une
partie de nos ennemis en alliez
zelez, & réduit l'autre par la
force de ses armes , aujourd'huy
د
qu'il leur donne en Vainqueur ,
300 MERCURE
la Paix qu'ils luy avoient refufée.
Enfin , conclut-il dans la
premiere partie de ſon difcours
, glorieuse profeſſion , dans
laquelle rien ne borne l'honneur
de servir l'Etat, ou pendant la
guerre on a l'avantage de faire
gouter par la justice ,les fruits
de la Paix , ou pendant la Paix
on a la gloire de receüillir les
Lauriers qui viennentse confondre
avec les Palmes .
Dans la ſeconde partie , Ce
n'est pas aßz , dit- il , que l'Avocat
, avec les qualitez du coeur
foitplus utile auxJuges &au
GALANT . 301
Public , qu'avec les qualicez de
l'esprit , il estencoreplus utile à
luy-même.
Qu'il est aisé de concevoir ce
que la renommée en aura bientoft
publié , ce que la réputation
luy procurera de confiance,ceque
fa
la confiance luy attirera de nouveaux
Chents ; l'on verra les
innocens & les opprimez sempreffer
également aprés luy
maison devenir frequentéc comme
unTemple ,ſes décisions écoutées,
receuës comme des Oracles.
Il a le coeur compatißant; qui eft
la veuve , quifontles orphelins,
quifont les malheureux qui neſe
302 MERCURE
trouvent intereßezàl'avoir pour
Patron. Il est incapable de tromper
, les grands
les petits se Je
croiront donc également enſeuretéen
le rendant l'arbitre de leur
fortune ,&vous ne le verrez
descendre du Barreau , que pour
venir exercer chez luy uneMagiftrature
domestique d'autant
pius floriſſante qu'elle n'aura
pour titre que la vertu même....
Ne pensez pas d'ailleurs , que
pour devenir homme privéildevienne
pour cela homme moins
neceffaire à la Republique , Sa
maison n'est plus afſiegée des
plaideurs , mais son cabinet est
GALANT. 303
l'école de la vertu , on s'y affemble
en foule pour s'y instruire
les jeunes le prennent pour leur
maiſtre ,les autres ſefe le choiſiſſent
pourleur conſeil , tous ont en luy
la même confiance ; c'est la vertu
& la probité qui l'ont formé ,
peut- on suivre de plus fideles
guides.... Qu'elle excuſe pourroit
apporter Orateur,fi les qualitez
effentielles luy manquoient
puiſque lafacilité deles acquerir
égale encore la neceffité de les
poffeder.
Quant aux Procureurs ....
manquent- ils deScience,lesFuges
peuventy suppléer par leurs
304 MERCURE
lumieres ; mais lorsqu'ils manquent
de probité ; les Juges ne
peuventysuppléerparleur vertu.
Perfectionnez vostre coeur , il eft
le centre des paſſions quand on le
neglige ; il est leprincipe de toutes
les vertus ,quand on le cultive.
Enfin voicy comme il conclut,
Pourquoy dans la ſocieté civile ,
voyez vous qu'onsevanteſiſouvent
d'avoir un bon coeur , &fi
rarement d'avoir un bel eſprit ;
l'amour proprey trouvefon compte;
c'est qu'enſepiquant du bon
coeur on oublie rien pour fon
éloge,au lieu qu'enſepiquantseulement
du bel eſprit , on laiffe
,
mille
GALANT. 305
mille défauts à foupçonner :en
un mot ( croyez nous ) le bon coeur
est tout à la fois ce qui ſoutient
la dignité de l'Avocat , &ce qui
fait le plus grand merite du
Procureur.
fatisfaire l'empreſſement que
GALANT. 287
vous me marquez , Meffieurs ,
pour les Pieces d'Eloquence
que leurs Auteurs , quelques
belles qu'elles foient ,& malgré
les applaudiſſemens qu'elles
ont receuës de tous ceux
qui les ont entendu prononcer
, n'aiment ſouvent pas à
rendre publiques. S'il ne tenoit
qu'à moyde vousen fairepart,
jecroy querien ne feroit plus
capable de contenter parfaite.
ment voſtre curiofité que le
Diſcours que MonfieurChauvelin
Avocat General fit dans
le Parlement , le 26. Novembre
dernier , ſur laréputation
188 MERCURE
des Avocats ,j'en ay entendur
de quelques uns de fes Audi
teurs ,&lû des fragmens dans
une Gazette de Hollande
dont je croy qu'il n'approuveroit
pas la peine qu'on prendroit
de les imiter. Je ſerois
preſquedans le même embarras
au ſujet de la Harangue de
M. Herault Avocat du Roy
du Chaſtelet , fi un de mes
amis n'avoit pas pris le ſoin
d'en ramaffer exactement les
morceaux que vous allez lire.
C'eſt un preſent qu'il m'a fait,
& certainement un preſent
que jecroy vous faire.
Le
GALANT. 289
A
Le but queM. Herault s'eſt
propoſé dans leDifcours qu'il
a fait aux Avocats à la
rentrée du Chaſtelet , a été de
leur faire perfuader que les
qualitez du coeur ſont preferables
à celles de l'eſprit. Loin ,
dit- il , de trop donner à la gloire
qui vient de l'esprit , affeurons
aux qualitez du coeur la préference
qu'elles meritent ,
fons voir qu'ellesfontplus effentielles
à l'Avocat que celles de
l'esprit. L'Orateur , continuet-
il un peu plus loin , doit eftre
honneste homme , éloquent, mais
la probitéfait le fond de fon ca-
Decembre 1714. Bb
fai290
MERCURE
1
ractere , l'éloquence n'en estpour
ainſi dire , que le colori : la probité
demande ſes demande festpremiersfoins , l'art
de bien dire ne demande que les
Seconds.Orator, ditQuintilien ,
vir bonus , dicendi peritus ...
vous en conviendrez bientoft ,
ajoute t- il , vous eſtes,nous ofons
le dire , neceffaires auxMagiftrats.
Le Jugefait par vous ce
qu'il ne peutfaire parluy-mêm ;
par vous , il demaſque les fourbes
qui viennent par des dehors
trompeurs furprendreſon équité,
en ſurprenant ſa compaffion. Par
à travers un amas confus
de circonstances embroüillées , il
vous
GALANT. 291
va reconnoijtre delivrer l'innocence
opprimée par l'imposture :
c'est par vous qu'il fuit la chicane
dans tous ſes détours , vous
luy montrez la verité, c'estàluy
de la vanger. Qui réuffira le
mieux dans ſes fonctions ſi importantes
& fihonorables ? qui
remplira mieux l'attente dufuge?
ou l'Avocat habile , fans probité,
ou l'Avocat honnestehomme.
Le premier aveuglé par l'in
terest, ou féduit par ta preſomption
, entreprendra la deffenſe
des cauſes les plus injustes , se
fiant trop à luy même , il aura
trop peu d'application pour les
Bbij
292 MERCURE
ilmé.
autres , plus il fera éloquent ,
plus ilfera dangereux ; aux lumieres
pures qui éclairent ,
lera un fauxbrillant qui ébloüit ,
ſaſcience luy fournira de ſpécieuses
raiſons pourparer le men-
Jonge , &fon industrie luy mettra
en mains des Armes pour combattre
la justice ; il puiſera dans
Son efprit millemoyens capcieux ,
mille détours peu finceres : icy il
donnera de belles couleurs à la
cupidité , il mettra l'innocence
dans unfaux jour , nul fcrupule
d'impofer aux Magistrats, de calomnier
ſes Parties , de trabir
mêmeſes Clients . Que d'intriGALANT.
293
gues. Car de quoy ne peut pas
eftre capable un Avocat avec un
bel eſprit ,fans un bon
beaucoup de lumieres
coeur, avec
د
;
peu
efde
probité ; en un mot qui est
habilefans estre honneſte homme.
Au contraire , dit il, dans un
autre endroit , à la loüarige
d'un Avocat honneſte hom,
me , le fuge instruit d'une cause
parun Avocat, qui avec un
prit mediocre , joint une vertu
qui ne l'estpas ,qui à la verité,
a moins d'éloquence , mais plus
de bonnefoy , habile, non pas autant
qu'on peut le foubaitter ,
mais autant qu'on peut lefou-
Bb iij
294 MERCURE
>
haitter honneste homme : comme
il n'a pas un grand fonds d'érudition
, il a la Justice pour fin
laſageſſe pour confeil , comme
c'est la droiture de ſon coeur
qui fait celle de ſon esprit ,fon
esprit ne porte jamais de faußes
lumieres dansfon coeur , fcrupuleuxſurtout,
il cherchepluſtoſtà
affurer le repos de ſa confcience ,
qu'à se preparer l'honneur d'une
victoire, il nese laiſſe ni émouvoir
par l'autorité , ni entraîner
par une compaffion aveugle qui
n'envisage dans la mifere ,que la
miſere même , il neprête ſon ſecours
à l'affligéquelorsqu'ilmerite
GALANT. 295
d'estre jecouru , il ne prend fous
Sa protection l'opprimé , que ,
quand il reconnoît injuste la puif-
Jance qui l'accable , ex par- là
digne enfin de la confiance du Juge,
lefuge avec luy marche en
feureté, & dans le cahos d'une
cauſe que la cupidité avoit pris
Soin d'embarraffer , il ne craint
p'us qu'on ne lui déguise,ou qu'on
ne luy ſupprimeſes faiis , qu'on
ne ſubſtiriüe la vray-Jemblance
à la verité , qu'au lieu de développer
lesens de la Loy ,on ne luy
coorrrroommmpppee le texte qu'au licu en
2
d'éclairerſon eſprit on ne s'appli
que àfurprendre ſon coeur , il ſe
B b iiij
८
296 MERCURE
repoſe enfinfur l'attention exacte
de l'Orateur qui l'empêche de ſe
tromper luy-même , &fur la
bonne foy qui luyfait ignorer
l'art funeste de tromper les autres
... SSii ll''oonn eefsttccoonduitparla droiture
de ſon coeur , on est toujours
habile à conduire les autres par
les routes de la ſageſſe , on sçait
tout dans une ſcience où le coeur
est le Maistre qui inſtruit ....
En parlant de l'Avocat
fans probité , le coeur , dit- il ,
n'a que trop d'empireſur l'esprit ,
la raison devroit le conduire
c'eſt luy qui domine la raison , il
la réduit enfervitude , il ne luy
GALANT. 197
permet plus d'écouter la ſageße
qui luy feroit connoiſtre la justice
ola verité , il faut que l'esprit
malgréluy , penſe comme le coeur
fent ,&fi le coeur est esclave de
quelque paſſion , il faut que la
raiſon pour estre écoutée apprenne
le langage de cette paſſion....
L'Avocat honneste homme neſe
laiſſegagner ny intimider ; il ne
craint d'avoir pour ennemis que
la verité , infenfible aux plus
touchantes prieres , rien ne le
frappe que lajustice ,rien ne luy
est recommandable que la justice,
&s'il en estoit beſoin , il la défendroit
contre le fuge même....
298 MERCURE
1
د
S'il manque de brillant pour
furprendre , il nemanque point de
force pour convaincre... En un
mot la veritéſur les lévres de
l'honneste homme ,fait aimer
fait triompher la justice ; &jamais
lajustice neſe trouveparlay
la victime de l'interest.
Le Client , les Parties , tout
l'Etat est intereßé à la probité
de l'Avocat , & il ne faut pas
croire que lorſqu'il s'acquitte de
fes fonctions , il le ſerve moins
que les guerriers qui repouſſent
loin de nos frontieres , ceux qui
qui les attaquent. L'Etat porte
dans ſes entrailles des ennemis
د
THEQUE DELAVILL
nous a
GALANT
plus dangereux , &plus remuans
que toutes les Puißances liguées
au dehors : ne parlons même plus
d'ennemis étrangers , aujourdhuy
que la ſageße du Roy
rendu la Paix,fans qu'il luy
ait coûté tout ce que ſon amour
pourfonpeuple, estoitprest de luy
Sacrifier aujourd'huy que ce
Monarque grand dans l'une
l'autrefortune,faifiſſant le moment
heureux que fa pieté avoit
obtenu du Ciel , a changé une
partie de nos ennemis en alliez
zelez, & réduit l'autre par la
force de ses armes , aujourd'huy
د
qu'il leur donne en Vainqueur ,
300 MERCURE
la Paix qu'ils luy avoient refufée.
Enfin , conclut-il dans la
premiere partie de ſon difcours
, glorieuse profeſſion , dans
laquelle rien ne borne l'honneur
de servir l'Etat, ou pendant la
guerre on a l'avantage de faire
gouter par la justice ,les fruits
de la Paix , ou pendant la Paix
on a la gloire de receüillir les
Lauriers qui viennentse confondre
avec les Palmes .
Dans la ſeconde partie , Ce
n'est pas aßz , dit- il , que l'Avocat
, avec les qualitez du coeur
foitplus utile auxJuges &au
GALANT . 301
Public , qu'avec les qualicez de
l'esprit , il estencoreplus utile à
luy-même.
Qu'il est aisé de concevoir ce
que la renommée en aura bientoft
publié , ce que la réputation
luy procurera de confiance,ceque
fa
la confiance luy attirera de nouveaux
Chents ; l'on verra les
innocens & les opprimez sempreffer
également aprés luy
maison devenir frequentéc comme
unTemple ,ſes décisions écoutées,
receuës comme des Oracles.
Il a le coeur compatißant; qui eft
la veuve , quifontles orphelins,
quifont les malheureux qui neſe
302 MERCURE
trouvent intereßezàl'avoir pour
Patron. Il est incapable de tromper
, les grands
les petits se Je
croiront donc également enſeuretéen
le rendant l'arbitre de leur
fortune ,&vous ne le verrez
descendre du Barreau , que pour
venir exercer chez luy uneMagiftrature
domestique d'autant
pius floriſſante qu'elle n'aura
pour titre que la vertu même....
Ne pensez pas d'ailleurs , que
pour devenir homme privéildevienne
pour cela homme moins
neceffaire à la Republique , Sa
maison n'est plus afſiegée des
plaideurs , mais son cabinet est
GALANT. 303
l'école de la vertu , on s'y affemble
en foule pour s'y instruire
les jeunes le prennent pour leur
maiſtre ,les autres ſefe le choiſiſſent
pourleur conſeil , tous ont en luy
la même confiance ; c'est la vertu
& la probité qui l'ont formé ,
peut- on suivre de plus fideles
guides.... Qu'elle excuſe pourroit
apporter Orateur,fi les qualitez
effentielles luy manquoient
puiſque lafacilité deles acquerir
égale encore la neceffité de les
poffeder.
Quant aux Procureurs ....
manquent- ils deScience,lesFuges
peuventy suppléer par leurs
304 MERCURE
lumieres ; mais lorsqu'ils manquent
de probité ; les Juges ne
peuventysuppléerparleur vertu.
Perfectionnez vostre coeur , il eft
le centre des paſſions quand on le
neglige ; il est leprincipe de toutes
les vertus ,quand on le cultive.
Enfin voicy comme il conclut,
Pourquoy dans la ſocieté civile ,
voyez vous qu'onsevanteſiſouvent
d'avoir un bon coeur , &fi
rarement d'avoir un bel eſprit ;
l'amour proprey trouvefon compte;
c'est qu'enſepiquant du bon
coeur on oublie rien pour fon
éloge,au lieu qu'enſepiquantseulement
du bel eſprit , on laiffe
,
mille
GALANT. 305
mille défauts à foupçonner :en
un mot ( croyez nous ) le bon coeur
est tout à la fois ce qui ſoutient
la dignité de l'Avocat , &ce qui
fait le plus grand merite du
Procureur.
Fermer
Résumé : Extrait d'un Discours éloquent que M. Herault, Avocat du Roy du Chastelet, a prononcé dans la Grande Chambre de cette Cour le 22. Octobre dernier. [titre d'après la table]
Le Mercure Galant de décembre 1714 mentionne deux discours récents. Le premier, prononcé par Monsieur Chauvelin au Parlement le 26 novembre précédent, n'est pas détaillé. Le second, tenu par Monsieur Hérault, Avocat du Roi au Châtelet, lors de la rentrée du Châtelet, souligne la supériorité des qualités du cœur sur celles de l'esprit pour un avocat. Hérault met en avant la nécessité de la probité, considérant l'éloquence comme un simple accessoire. Un avocat honnête et probe aide les magistrats à démêler la vérité et à rendre justice, tandis qu'un avocat habile mais sans probité peut être dangereux en utilisant son éloquence pour tromper. Le texte insiste sur le rôle crucial de l'avocat honnête dans la société, qui défend la justice. Il doit comprendre et parler le langage des passions humaines, car la raison seule ne suffit pas. L'avocat honnête sert la vérité et la justice, même contre le pouvoir souverain. Sa probité est essentielle pour les clients, les parties et l'État, qui combat des ennemis intérieurs plus dangereux que les menaces extérieures. L'avocat, par sa probité et sa compétence, attire la confiance et devient un refuge pour les innocents et les opprimés. Même après avoir quitté le barreau, il continue de servir la République en étant un modèle de vertu et de probité. Le texte souligne également l'importance de la probité des procureurs, qui ne peut être compensée par la science ou la vertu des juges. La probité est essentielle pour maintenir la dignité de l'avocat et constitue la plus grande qualité du procureur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8119
p. 274-345
Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
Début :
Je ne doute point que vous n'appreniez avec beaucoup [...]
Mots clefs :
Religion, Conversions, Abjurations, Religion prétendue réformée, Calvinistes, Édits, Roi de France, Évêques, Zèle, Catholiques, Religionnaires, Église, Hérésie, Vérité, Erreurs, Nouveau converti, Communauté, Province, Duc de Noailles, Ennemis, Nîmes, Montpellier, Languedoc, Dauphiné, Déclaration, Interdiction, Ministres, Controverses, M. Allard, Grenoble
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
n'appreniez avec beaucoup
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
de plaisir, que Mademoiselle
Bernard de Roüen, pour qui
îles galants Ouvrages qui ont
«[parud'elle vous ont donné
citant d'estime
, a fait Abjuration
depuis huit jours. Coinnme
elle a infiniment de l'ef-
1 prix, il est aisé de juger qu'elle
n'a renoncé aux erreurs où
à sa naissàncel'avoit engagée,
» ijuaprès une serieuse & lon-
R gue recherche de la verite.
Mais, Madame,il iR s'agit
plus de vous parler de la Con.
versîon des Particuliers,conmej'ay
fait dans la pluspart
de mes Lettres, il faut presentement
vous entretenir
descelledequantité de Villes
entieres. Lezele deSa Majesté
pour la gloire de Dieu, ôc
sa bonté pour tous ses Sujets;
l'ayant engagé à travailler
O \D, avec degrands foins au salut
des Ames de ceux qui étoient
nez dans la Religion Prétendue
Reforme'e,beaucoup des
principaux de cette Religion,
se font fait instruire
; & comme
ilsavaient plus de lumieres
& plus d'esprit que les autres,
ils ont eu aussi plus de
pénétration, pour reconnoître
que la seule Eglise Catholique
elt la veritable. Beaucoup
ont écrit les Motifs qui
;
les avoient en gagez à se convertir,
& je vous ay fait part
Touvent de ces beaux Ouvrages.
Les moins éclairez,
voyant les plus habiles d'entre
eux, & sur lesquels ils re-
Igloient leur créance, convaincus
des erreurs du Cal-
'viniime
",
se fontrendus en
foule, & voilà à quoy sont
deuës la plus grande partie
des Conversions que nous
voyons tous les jours. Cela
est si vray,que le changement
qui est arrivé dans toutelaVille
de Castres, est une
fuite de celuy de deux personnes
connuës de toute
l'Europe, par la force & par
la beauté de leur esprit. Ce
sont Mr Dacier & Mademoiselle
le Fevre sa Femme,dont
les Ouvrages sont si estimez
de tous les Sçavans. L'Abjuration
qu'ils firent le dernier
mois, de la Religion Prétenduë
Reformée, fut fuivie
de celle de beaucoup de
Personnes de marque, à qui
ces illustres Convertissent;
signer une Délibération de
rentrer dans l'Eglise Catholique.
Ces Conversions en j
attirerent d'autres, ôc c'est
par là que celles qui se font:
faites depuis en sigrad nomItre
dans toutes les Villes du
Languedoc ont commencé.
Vousle pouvezvoir par cette
Réponse queMrDacierafaite
àuneLettre de MrMitton,
dont le merite est connu de
tout le Inonde, & qui luy
uvoit écrit pour l'exhorter à
ouvrir les yeuxà la verité.
A Castres le'jj, Septembre 1685, LE S marques que vms me
donner de vostreAmitié
Jidonjieur3 me fontsi cheres &
siprecieusesJ que je riay pû lire
,sans des transports de joye la Lettre
que vous m'ave^ fait l'honneur
de m'écrlre. Je Juisçerfuadé - que celle que jevousécrisaujourd'hui
ne vous en donnera pas
moins j car elle vous apprendra,
que ma Femme & mey pommes
tres-bons Catholiques. Neus le
prions ilya plus de quatremois,
si nous neufjionsménagé les choses
pour rtndrenoflre Conversion
pinsagreable a Dieueau Roy,
& plusutile à noflre Pays.
Cela nous a heureusement 'reü{-
Jy;En nous déclarant,nous avons
olhgélaplus grande partie de
la Ville à nous suivre. Jeudy
derniernous leur flfmes (îgner une
Délibérationtrès-conforme a la
volonté du Roy. Cela entraîne
tout le resse
, & tout Caflres
fera Catholique dans quatre
joufs lon a jujetdeopérer que
ce bon exemple servira d'inftru-
Rion aux Vdles Toffres
, c
peut-eflremesme à tout le Languedoc.
Voilà,Monsieur
;"
la
plus grande nouvelle que vous
puijJiez recevoir. Si ce que nous
avonsfait pouvoit eflre de quel..
que méritéauprès de Sa Majefié,
nous souhaiterions que cela nous
fervifl a nous rapprocher de
vous.A4Femme Gn" moy regretons
extrêmement voflre Conversation.
Nous avonsplus de
besoin que jamais aavoir devant
les yeux les exemples de vojire
politesse ; mais quelque passion
que nous ayons pour cela3 nous
laissons cefoin a la Providence,
de peur mfouiller par des démarches
qui paroiflroient interef-
JeesJaplus fainte & la plus def
înteressée de toutes les Allions.
Faites-nous feulement la grâce
de vous souvenirtoujours de
nous & de nous écrire. Quand
on nous laissera dans nostre Retraite
, nous noferons nous en
plaindre, & nous aimerons toujours
un lieu où par la Benediélion
de Dieu nous avonsforte
de si bons fruits. Je fuis ,
Monsieur, avec tout l'attache,
ment pojjibie
,
Foflre}&c. )i
* 1
>* ".: Il y a par Apostille. Le
-seulOuvrageejue]aye de prcjl,
cess un petit Traitésur la Rcli.
gion. Je l'ttycomposé a mesure
%jueje travail/ois à meclaircir;
il m'a déjà servyy uuttiillement àà
lever les scrupules de ceux quise
font adressèz k moy.
HAVl--HJ Le 2. du mois pasle Mr
l'Evesque de Saintes s'estanc
rendu à Saint Jean d*Angely,
Ville fameuse par ses Rebel.
lions
,
& qui a esté longtemps
le Siege de l'Heresie
fit assembler les Religionnaires,&
leur ayant explique
les intentions du Roy,
touchant leur retour à l'Eglise
Catholique
,
il les assu- *ra que Sa Majesté useroit
toûjours de plus de douceur
à les porter à s'y reÜnir)
que leurs Predecesseursn'avoientemployé
de violence
pour les contraindre à
s'en separer
;
qu'ainsi Elle
vouloit bien leur donner des
marques de ses bontez
, en
leur permettant de s'assembler
pour reconnoistre l'erreur
qu'ilsavoient suivie
leurs Pcres , & eux depuis plus
d'un Siecle
,
& se faire instruire
des Veritez Catholiques
,
sur lesquelles des Personnes
tres capables les éclairciroient
de tous leurs
Doutes.Le 8. du mesmemois
ces Assemblées commencerent
par l'ordre de ce Prelat
,
qui se retirant à Saintes
où le grand nombre de Conversions
qui s' y
faisoient rendoit
sa presence necessaire
laissa ses ordres , au P. Dom
Anselme Clairé
,
Prieur de
l'Abbaye de Saint Jean, qui
fit aussi tost venir le Pere
Dom Laurent Faidy
,
fameux
dans les Controverses,
pour presider à ces Aiïèmblées,
en presence de M le
Lieutenant General
,
& des
autres Magiltrats de la Ville.
On demanda d'abord aux
Religionnaires la cause de
leur separation d'avec l'Eglise
Romaine, & ils furent
favorablement écoutez sur
toutes les difEcultez qu'ils
proposerent, dont ce zelé
Religieux
,
& le Pere Augustin
de Saint Jean d'AngelyCapucin,
tres-fameux
aussi dans les matières de
Controverse,leur donnerent
des solutions plus que susfisantes
; mais comme c'est
1-e caractere des Pretendus
Reformez d'estre opiniastres
à défendre leurs erreurs, Mr
Durand leur Ministre qui
parloit au nom de tous les
autres, témoignoit toûjours,
au moins extérieurement,
qu'il n'estoit pas convaincu
par les Réponses qui luy étoient
faites. Ces Assemblées
furent continuées huit jours,
foir &: matin dans le Palais;
& pendant ce temps,l'obstination
l'emportant toujours
du costé des Religionnaires,
le Pere Prieur de l'Abbaye
qui assistoit, ou quelque Religieux
de sa part, à toutes
ces Conferences, resolut
d'en avoir de particulieres
avec les plus attachez à la
SetÍe de Calvin. Il vit sur
tout le Ministre
,
& Mr le
Valois fameux Avocat dela
Ville, & l'un des principaux
du party, toujours sence en pre- de MrLambert,Lieutenant
General, & de Mf
le Maistre Avocat du Roy.
Il leur apporta de si puissantes
santesraisons qu'enfin illes
convainquit. Ceux-cy en
ayant attiré un grand nombre
d'autres, le Pere Prieur
fit sçavoir à Mr l'Evesque
de Saintes que tout estoit
disposéà une Reconciliation
generale, & qu'on ne faisoit
que l'attendre pour la faire.
Ce Prelat, si consideré
par son grand zele pour
le Salut & pour la Conversion
des Ames
,
se rendit à
S. Jean d'Angely le Dimanche
16. du mois. Il y arriva
à dix heures du matin
& alladescendreàl'Abbaye,
où le Pere Prieur luy rendit
compte de ce quis'estoit
paiTé. A mesme temps Mrle
Lieutenant General, &>'Mr le
Procureur du Roy
,
firent,
venir par son ordre Mr Du-»
rand Ministre
,
& quelques
autres des principaux Reli"
gionnaires dans la grande
Sallede l'Abbaye.Lors qu'ils
furent assemblez, Mr l'Evesque
de Saintes leur fit ravoir
de nouveau les volontez
de Sa Majesté, &
leur ayant representé d'une
maniere aussi honnesteque
douce ,l'obligation où ils
estoient. de s'y soumettre,
le Ministre prit la parole,
ôc luytémoigna au nom de
tous, qu'ils estoient fort resolus
de profiter des bontez
du Roy, & des instructions
salutaires qu'ils avoiét
receuës. Il donna la Declaration
qu'ilavoit projettée
avec ceux desonparty,&
sur quelque équivoque que
Mr l'Evesque y remarqua,il
es obligea de la reformer.
ls se rassemblerent pour ce- a, & après plusieurs conestations
des plus obltincz,
ls se déterminerentenfin à
faire toutes choses comme
on les souhaitoit d'eux. Pour
rendre cette Action plus solemnelle,
ils se trouverent à
deux heures après midy du
mesmejour au Palais, où
l'on alla processionnellement
en cet ordre. Mr Mathias
Bar, Curé Vicaire perpetuel
de la Paroisse,avec
quelques autres Ecclenafciques,
estoit precedé de la
Croix & de la Baniere. Le:
Pere Prieur de l'Abbaye 06
toute sa Communauté marchoient
ensuite, ayant M
FEvetaue à leur telle en habits
Pontificaux. Mrs les
Magistratslessuivoientvêtus
de leurs Robes de Palais,
avec un tres-grand concours
de peuple. Pendant la Procession
y on continua de
Chanter le Veni Creator que
quatreChantres de l'Abbaye
avoient entonnéau pied du
grand Autel, & on le finit
à la porte du Palais. Le Ministre
& les autres Religionnaires
, y attendoient M.
l'Evesquequileurtémoigna
sa joye de les voir dans de
si heureusesdispositions,&
leur demanda si c'estoit de
bon coeur qu'ils se refolvoient
à abjurer l'Herdie j
dans laquelle ilsavoient si
long-temps perseveré. Alors j
le Ministre & tous les autres
répondirent qu'ilsfai-j
soient cette Adion sans nulle
conrrainte
,
& d'autant plus
volontiers qu'on les avoit
convaincus de l'erreur où
ils vivoient. Cela estant fait
M. l'Eveique les fit tous
mettre à genoux,& après
qu'ils eurent abjuré par la
bouche du Ministre à haute
intelligible voix, ils furent
conduitsavec le corps
1
de la Procession au mesme
ordre qu'on estoit venu les
prendre, en; chantant les
Pseaumes
,
In exitu Israël;
SuperaBabilonis, & Miserere
mei Deus. La Procession
s'arrefta à la grande porte
de l'Eglise,& M. l'Evêque
de Saintes leur ayant fait
une Exhortation tres-touchante
, leur donna à tous
l'Absolution de leur heresie,
aprèsquoyils furent introduits
dans l'Eglise par ce
Prélat, qui entonna le Te
Deum. On chanta les autres
Prieres en action de graces,
& ils s'embrasserent tous
tant le Ministre que les autres,
avec desdemonstrations
de joye extraordinaires. Ce
qu'il y a d'admirable
,
c'est
que cette Ville qui a esté si
longtemps infectée del'heresie
,
& qui pendant plus
de vingt années n'avoit [out:
-
sert aucun Exercice de la
Religion Catholique, y elt
rentrée en huit jours par la
feule force de la verité,
sans que l'on air employé
nulle violence, chacun s'étant
fait instruire,&ayant
esté convaincu de ses erreurs.
La Ville de Montpellier
a suivy l'exemple de Saint
[ Jeand'Angely. La Deliberation
ya esté prise par ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée, pour se convertir
en corps, & elle fut conceuLë
een ces termes. jour du mois de Sep':"-
rembrefNous eslans ajjem-,
blek par l'ordre de M. le Duc.
de Noailles
,
Commandant en
Chef dans cette Province
,
qui
tous a exhorte% de Juinjre les
bonnes inspirationsqu'il a plett
d Dieu de donnerd ceux qui fesontàcomme
nous, trouvezfeparez
tie la veritable Eg-par le
malheur de leur naijjance
y
@T
de répondre au zele& auxjàintes
intentions que le Royade voir
tous ses Sujets remis dans feuleReligion une ;Alous avons délibéré
sur cette matierey é'l' nous
avons creu ne pouvoir prendre
un meilleur party cjuedembrafi
ferlaReligionCatholique, Apofiolique
& Romainey que nos Peres ont quittée) renonçant à
toutes les erreurs contraires; En
foy dequoy Mous avons fîgné la
presenteDélibération
que nous
avons portée a M. le Duc de
Noailles
, promettant de faire
Abjuration quand il le trouvera
à-ptopos, dans les formes&en
la maniere prcfcrite par les Regles
de la Religion Catholique.
'--' Ces Conversions font deuës
aux soins de Mr le Duc de
Noaillesaussi-bien qu'àceux
de Mr le Cardinal de Bonzi,
de Mr l'Evesque de Montpellier)
& de Mrsde Baville,
& Daguesseau. Le concours
a esté si grand dans toutl'Evesché
de Montpellier, &
dans les Eglises où l'onrecevoit
les Abjurationsdesgens
de toutes fortes d'Etats, qu'-
on estoit quelquefois deux
heuresàattendre que les p1 1r,e- miers fisseent place aux autres.
La 1 u tres.La pluspart des Catholiques
furent obligez de ce- der la leur aux Convertis, le
premier Dimanche qui suivit laDélibération, tantcesderniers
vinrent en grandnombre
entendre la Messe dans
l'Eglise Nostre-Dame Apres cechangement général, M1- l'Evesque de Montpellieral- laàLunes&à Minguio, re- cevoir l'Abjuration de tous
ceux de ces Communautez
en Corps. SaintGilles,Sommieres,
5c plusieurs autres
Villes&Lieux voisins
, renoncerent
à l'Heresie dans
le mesme temps.
La Ville de Nismes ne doit
pas moins à M. le Duc de
Noailles, pour ce qui regarde
les Conversions que les
autres Villes dont je viens
de vous parler. Ce Duc y a
fait tout ce que le Roy attendoit
de son zele. Il a parlé,
il a pressé,ses raisons ont elle
vives; mais sa douceur, sa
conduite, & son exemple
n'ont pas esté ce qui a le
moins contribué à gagner
les Religionnaires. Il a travaillé
à convertir les Ministres
mesmees &ily a sibien
reiiflî, qu'ayant reconnu leur
erreurilsl'ontpreschée , pu- bliquement; & ce qu'ils ont dit,aprèsavoirestéconvaincus,
a rendu plusde quinze
mille personneà l'FCT]i(p
Mr le Maréchal Ducde
Duraspassant par Nerac
pour se rendre dans son Duché
de Duras,trouva beaucoup
de Peuple assemblé;&
en ayant demandé la cause,
il apprit que les Pretendus
Reformezdéliberoient s'ils
se rendroient Catholiques,
? & que mesme ils agitoient
> des Questions de Religion.
Comme il sçaitparfaitement
».celle de Calvin, parce qu'il
en a esté, il disputa, & leur fit
connoistre si clairement que
l'Eglise Catholique est la veritable
Eglise, qu'ils se convertirent
tous. Il fit la mesme
chose dansle Duché de
Duras, où par ses lumieres
& ses soins il ne reste aucun
Religionnaire. Un Obstiné
qui tenoit une Bible,luy
ayant fait voir un Passage,
par lequel il combattoit les
veritez de nostre Religion,
D
ce Duc prit la Bible, & layli
fit lire plus bas l'eclaircisse
ment de ce Passage. Le Reli-
gionnairè changea aulIi-tolHl,
desentimens, & plusieurs seil
convertirent aussi-bien que
luy.Lereste suivit.prelque.-)i
-aussi-tost. Mr de Durasarrivai
de Guienne, lors quele Roy v<
partit de Chambor pour Fon- tainebleau, & il asseura qu'illi
y avoit déja en ce temps-là il
cent quinzemille nouveaux XI i1ce.
Le Peuple estant assemblé
àMilhau,Ville de Roüergue, u
pourdéliberer s'il se convertiroit
ou nom, il y en eut qui
s'aviserent de se demander
les uns aux autres pourquoy
ils estoient de la Religion de
Calvin. - On foüilla juique
t dans l'origine, & l'on trouva
que la Ville estant autrefois
toute Catholique, ceux
; qui estoient du party contraire,
se trouvant avec une
Armée à leurs Portes, pen--
dant les Guerres Civiles que
*
la Religionavoitexcitées,les
avoient engagez à prendre
la leur; & il fut conclu ,que
l puis que ce n'estoit point par
une parfaiteconnoissance de
la vraye Religion, qu'ils a--
voient quitté celle de leurs
Peres, il estoit injuste de balancer
plus long-temps à -, y y
rentrer.
Le 2. de ce mois, il y eut il
une semblable Déliberation n
dans la Ville d'Alais. Mr le
Marquis de la Fare, Gouver- -1
neur de Biescou, & Mrdela
Fare Gaujac sonFrere,cy-de-À
vant Capitaine de Cavalerie,
qui y resident tous deux, es- J
tant entrez en négociation
avec quelques-uns desPre- -'
tendusReformez,pour les z\
engager à le soûmettre à la
volontédu Roy, leur apporterent
dès raisons si fortes,
qu'enfin ils les firent consentir
à s'assmbler pour déliberer
en Corps de Communauté
de se rendre Catholiques
Ainsi le jour que je viens de
vous marquer ,
ils firentune
Assemblée de tous les Chefs
de Famille, en presence de
Mrs de la Fare, & ceux qui.
avoient le plus de lumieres;
ayant entrainé les plus ob-.
stinez, la Déliberation fut:
prise
,
& signée conformément
aux intentions de Sa
Majesté
, par tous ceux de
l'Assemblée, au nom de tous,,,
les Religionnaires; après
quoy on députa deux des
principaux Habitans
, pour
l'aller porter à M. le Duc de
Noailles qui estoit à Nifines.
Cette Conversion a esté de
prés de quatre mille personnes,
en sorte qu'il ne reste
plus dans Alais que quelques
Femmes qui n'ont pas voulu
quitter si toit la Religion où
elles sont nées. b
Je ne puis mieuxvous apprendre
ce qui s' est passé en
Dauphiné,à l'égard des Pretendus
Retormez de cette
Province,qu'en vous faisant
part d'une Lettre qui m'a esté
adressée. En voicy la Copie.
A L'AUTHEUR
DU MERCURE GALANT.
A Grenoble, le 6. Oâobre1685, V OM /oüez incejjammenï
noflre ÀugusteCiïlonarque
3 parce quincejjamment la
matiere vous y convie ; mais
Att!oüez, Monsieur, que parmy
tout ce qu'il fait, qui merite des
Eloges, Jes foins & sa vigilance
pour étoufferïHerefe dans
son Royaume, font des sujets
admirables pour les luy attirer..
Il fait comme ces Fils aiftez,
qui travaillentcontinuellement à
reparer les ruines de leur maison,
a remettre dans leur Famille les
biens disPersèz, à rappeller les
Freres é'garez, & à j&ûtenir
l'éclat de leur race. Comme il
est le Fils Asné de l'Eglise3
on voit bien qu'en cette qualité
il s'applique à redonner a cette
bonne Mere les Enfans quelle
avoit perdus, à les remettre en
estat de recevoir d'elle ses careiJes
er ses benedrélions, &
à leur inspirer l' obeissance &
le rtspt Et que les véritables Chrefiiens
luy doivent. On ne trouveplus
de rebelles ny d!obfline^;
toutes les Provinces retentirent
du bruit des Conruerfiensfyequentes.
Ce rieflplus cette France qui
se déchiroit eUe-mesme ; ce ne font
plus des Citoyens acharnez à Je
perdre ou à se corrompre; il n'y a
plus ny interess
3
ny politique, ny
ménagement;les violences& les
contraintes n'ont plus de heu ;
ce riefl iu"avec des femimens
de pieté & de connoissance que
les PretendusReforme^ courent
à la Religion de leurs Peres.
Ils ne se rendentquaprèsavoir
esté inflruits ; ils écoutent la gret..
ce> Ù enfin wut Je faitsi deu.
cement (t)si agreabtementJ que
l'on nentend parler, ny de promessesy
ny de bienfaits, ny de
recompensès, pour des changemens
aujJi jufles que jufquicy ils
o'ntparu difficiles. Je mefuis'volontiers
chargé de VQUâ apprendre
que cess de cette maniéré que ceux
de la Religim Pretenduë Reformée
de Dauphiné ont fait leurs
Conversions, & mesmepresque
par tout en Corps de Communauté.
Ceux du Bailliage de
Briançon ont commencé.Alonfizur
le Bret nostre Intendant>
qui
qui sejt trouve Jur les lieux3 a
admire ce zele, & l'a écrit avec
etonnement. En effet, quinen
auroit de voir les Kullécs de
TrageUa3 de j3uryras & de
Ceptnney où (peIne, on top,t
trouver trois ou quatre Maisons
Catholiques, teJire toutes Ja.ujourd'huy-,
cfy:voir triompher la
véritable Keligion^aprésquelle en Õ Ll 4 eslé bannie pendant un Siecle?
Quinze mille personnesy ontfait
leur Abjuration en moins de huit
jours. Le Bailliage d'Ambrun a,
suivy unfibelExernple.LaVillede
Dye,ou lHercfie avoittoujours
le plus triomphé. ne voit
plm dans Jon enceinte aucun
RclWionnaire,bien quily en eust
huit mille.Les Villes de Gap&
de Montehmart Je font rendues
en Corps de Communauté. Le
Bourg de Menei £n
Triéves,OH
depuis ftx''Vingt ans il riy a eu
aucun Catholique, en est aujourd'hui
remply. Mifoen}la(Jrave9
le Mont Délans
,
dans le Pays
d'oyfans,font revenus de rnef
me. Tout efloit plein d'Heretiques.
LaMurea qui estencore
un zrana Bourg5 Ci" ciont les
Habitans efloient a moitié de
la Religion Pretendué ReformiOe,#
en a plus aucun, &
J J tout cela s'eftfait dans le mois
de Septembre. La Ville de Romans
n-en a plus gueres. Quel
Prodige!Mais ilness jamais
d)obstacles pour les Viéloires de
Louis LE GRAND. Ses Conlquefles
pour le 'Patrimoine de Eghfe-} foqt auJF promptes que
- celles qu'il a-faites pourlefient
Je ne vous du rien encore de Grenoble
, où quantité de gens de
mérité3 de qualité (Ô?d'esprit3si
fontmjlruire.Jmfiiien.tofl fef
pere.yoKsfaÍrepàtt des)grades gjr
fameuses Conversions qui sy pre.
pwent.+Dejalefécond de ce mois,
JV,o~l.e,7.4JtcquescDq;dje/sfDeSeigneur de
Sahon, de Cbafleauneufù de
J\4a^amyConseiller au Parlement
de GrtnobleJ afaitabjuration.
lefuis, Monfi:ur,tojlrr,
&c.
ALLARD, ancien President
en l'Election de Grenoble.
On a eu avis que tous les
Pretendus Reformez de la
Ville deLoudun qui estoient
au nombre de trois mille se
sont aussi convertis. Je ne
vous dis rien de Montauban
ny des Villes des environs,
qui en se faisant toutes
Catholiques, ont precedé
ces Conversions.Onoublie
Jûcoft: à
*
present des miliers
de Convertis,qu'on,
ne faisoit autrefois une feule
personne. Ce qu'il y a d'admirable,
c'estque tous ceux
qui renoncent à Calvin,
-
ont gens éclairez des lulieres
de la Foy, qui reonnoissent
la verité
,
& qui
- rendant d'eux-mesmes iennent , en foule après des
éliberations autentiques &
olontaire,demander qu'on
esreçoive dans la veritable
Eglise.
La Ville de Chastelleraut
suivy l'exemple de Loudun
,
& tout s'y est converty.
Les Pretendus Reformez
des Villes voisines se
font instruire pour les imiter,
& tous les Matelots de
lacoste duPaïs d'Aunixau
nombre de quinze cens ont
embrasséla Religion Catholique,
aussi-bien que tout ce
quireftoit à Lyon qui profesfoit
la Pretenduë Reformée.
Tous les Chefs de ces Familles
qui se montoient à soixante
& dix, yont esté trouver
Mr l'Archevesque,& ont.
déclaré qu'eux &leur famille
estoient prests de renoncer
-
à l'Heresie de Calvin; ce
qu'ils ont signé, aprésquoy
ils ont tous fait Abjuration.
Jamais on ne vit tant d'union
qu'il en a paru en cette
rencontre , entre les Catholiques
Se ces nouveaux
Convertis;ils ne se rencontroient
point sans se donner
des marques de leur joye,
&sanss'embrasser. Tous les
Habitans de la Rochelle ont
fait aussi Abjuration à la reserve
de ceux de quatorze
Familles, dont plusieurs foiu
sur le point d'abjurer com-
• me les autres, s'ils ne l'ont
pas déja fait.
Le Pere Alexis du Bue
Theatin
,
qui depuis plusieurs
années a fait un fr
grand nombre de Conversions,
en a fait encore beaucoup
depuis quinze jours.
Voicy par quelles paroles il
finit sa Controverse le Dimanche21.
de ce mois, en
s'adressantaux Pretendus Reformez.
Enfans de la Terre ; Nouveaux
venus, qui a'VtZ presché
jujqxa present des Nowveautez
JcaxdaleuJes(èf des Dogmes inconnus
à toute l'ancienne Eg/ife;
qquuii nn'1a'Vez débité que des.fort- tdes. fo4-
ges & des calomnies
J
il efrtemps
de former la retraite) de changer
de ~f (~r de vous réunir
ail Corps de J. C. dont vous
vous esses (eparez avec tant din~
juflice. Toutes choses vous invitent
à cette réunion
,
le jifence de
l'Ecriture des Peres sur toi
.Ãrtl'cl. !..:::
A
Articles 1101,Il.; r;, rIl., 17,f-U i l& rric*uvtXifefcydevos
Minières qui vous trompent &
"(Jous seduisent depuis plus d"un
Siecle; l'exemple de vos Freres
qui rentrent en foule dans lE.
glzjè ; veflre propre Salut qui cft
impossible dans le Sclnfme ou vous
vive%.Ajouter atouscesMotifs
les Souhaits duplusgrand Ma-.
narque de la Terre, a qui vous
deveKtout accorder3puis qu'il ne sagit qau~e ddfev~oou~s~attirera la pro- ~r /?rcsession
de la ruerité. Dieu l'afitfl
citéen nosjours pour détruire l'He..
rejie dans le fein de fis Etats5
er pour y faire fleurir la feule
Jtisa£ aj4rt*ja a?er* 7?r»Lin *
—•— l''fU;,
veritMeReligionCatholique,
"¿r jy\jL. V '\V111-"1'{" j '1/1'1. aeflcl'uniqueReligion de tous
les Rays fis Àugufcs Predeces
feurs. Cess à frç pieds que ce
Aionflrefurieux dont les mouvemens
ont esté si violens & si
pernicieux a cette Monarchie,
va eflre dhbatu. Le-Ciel luy a
reserve cette gloire> & danspeu
par la rtdyjance}cette Jc-glise qui
se dit Rej-orrnee
,
qui a esle pendant
douze cens ans invijtble dans
l'Univers,Jeraheureusement invijible
en France. Que la pensée
d'une Aflionjiglorieufe,ogrand
Roy ! remplijje vojlre coeur de
joye. Dieu qui a pris plaisir a
vous revêtir de sa force pour une
si grinde entreprise3 fera Le Proteêîeur
de vostre Personne Sacrée
d'une maniere toute particu.
lirrc. Il vous comblera de Jes
faveurs, il étendra les limites de
vostreRoyaume
, en vous affitjettifJant
psr des Conquefîesglorhufes
ces. Notions Infiddes qui
t 'oublent le repos de ses enfans. Iii\
affermira Voflre Sceptre par /«\
nombre devos Descendans; /&\
élevera VoflreAuthoritépar deae
fus celle des plusgrands Monar..-,:
ques du Monde:Enfin tous lesi^
Ennemis de la Véritéferontdanne
l humiliation edans la douleur^
& le Peuple fidele & obeiflantlu
joiïiudun bon-heurquiferafuir-\
1y des Benediélions du Ciel.
Le Roy voyant que les
Conversions .augnlenroientJf
de jour en jour,que la plus
part des Personnes d'un eflJl:
prit solide avoient abjuré
& que la Tréve luylaissoit
un repos dont ses Ayeux
rm'avoient point joüy
, a en- fin donné un Edit qui porte
JIe dernier coup à l'Heresie.
Cét Edit défend de faire aucun
Exercice public de la
R. P. R dans le Royaume.
LaJustice des Motifs qui
:>ont obligé Sa Majeflé d'en
user ainsi
,
paroist évidente
dans le Discours qui luy sert
b d'avant propos, *& elleest
d'autant plus claire,que pour
J la persuader il n'a fallu qu'exposer
les faits sans aucun
raisonnement. Comme la
Vérité fait plus briller
il ce
Discours que les figures de)j
l'Eloquence, chacun de~3
meure d'accord que l'on n'aL',
jamais rien veu,ny de si prudent
ny de si juste.Voicy
les raisons qui y sont dé^-h
duites. '¡
Henry le Grand,Ayeul
de Sa Majesté, voulant eni'f.
pescher que la Paix qu'il a—i
voit procurée à sesSujets,
après les grandes pert-s2- qu'ilsavoientsouffertespar
la durée des Guerres Civiles xc
& Etrangeres, ne sult trou
blée à l'occasion de la
P. R.comme il eQoir arrivé h
I
sous lesRegnes des Roys les
Predecesseurs, regla par [on
Edit donné à Nantes au mois
d'Avril1598. la conduite
qu'on devoit tenir à l'égard
de ceux de cette Religion
Se les lieux dans lesquels ils
en pouvoient faire l'Exercice.
Il établie des Jugesextraordinaires
pour leur ad.
ministrer la Justice
,
& pourveutmesine
pardes Articles
particuliers A tout ce qu'il
jugea necessaire pour maintenir
la tranquillité dans son
Royaume, & pour diminuer
l'aversion qui estoit entre
ceux de l'une & de l'autre Religion
,
afin d'estre plus en
estat de travailler, comme
il avoitresolu de faire, pour
réünir à l'Eglise ceux qui s'en
estoient si facilement éloignez
; & comme il ne pût
effectuer son intention à cause
de sa mort précipitée, &
que l'execution de cét Edit
fut mesme interrompu pendant
la minorité du feu Roy
par de nouvelles entreprises
des Pretendus Reformez
elles donnerent occasion à,
les priver de divers avantages
qui leur avoientestéaccordez.
Neantmoins usant
de sa clemence ordinaire,
il leur accorda encore nouvel un Edit à Nisimes au
mois de Juillet 1629. au
moyen duquella tranquillité
ayant de nouveau esté
retablie, ce Prince animé
dumesme esprit& dumefme
zele pour la Religion
que Henry IV. sonPredecesseury
resolut de profiter
de ce repos, pour tâcher
d)execurer son pieux
dessein
; mais les Guerres
ellant survenuës peu d'années
après
,
& le Royaume.
ayant esté peu de temps
sans agitation, depuis i6tf.
jusqu'àlaTréve concluë
en 1684. avec les Princes
de l'Europe, il n'a pas
esié possible de faire autre
chose pour l'avantage
de la Religion,que de diminuer
le nombre des Exercices
de la pretendue Reformée
par l'Interdiction de
ceux qui se sont trouvez établis
au prejudice de la disposition
des Edits, & par la
Suppresion des Chambres
my parties dont l'Erection
n'avoit esié faite que par provision.
Dieu ayant enfin permis
que la France joiïilïè
dun parfait repos,& que
le Roy luymesme n'estant
pas occupé des soins de proteger
ses Sujets contre ses Ennemis,
ait pu profiter de cette
Trêve qu'il a facilitée dans
la veuë de donner son entie-
Te application à rechercher
Iles
r
moyens de parvenir au;
succez du dessein des Roys
IHeury IV. & Louis XIIL:
b dans lequel il est entré dés
>1 son Avenementàla Couron-
-
(LUe; Sa Majestévoit prefen-
~tement avec la justerecon-
-
noissance qu'Elle doit à
Dieu, que Tes soins ont eu la
fin qu'Elle s'estoit proposée,
puisque la meilleure & la
plus grande partie de ses Sujets
de la R. P. R. ont embrasse
la Catholique;& d'autant
qu'au moyen d'un si
grand nombre de Conversions,
l'exécution de l'Edit
de Nantes, &tout ce qui a
esté ordonné en faveur de la
R. P. R. demeure inutile;
Elleajugé qu'Elle ne pouvoit
rien faire de mieux pour
effacer entierement la memoire
des Troubles, de la
confusion, & des maux que
le progrez de cette fausse
Religion a causez dans le
Royaume, qui ont donné
lieu à cétEdit, & à tant d'autres
Edits & Déclarations qui
lot preceidée,où qui ont estéfaits
en consequence
, que
de le revoquer en
touteson
étenduë. C'estcequ'Ellea
fait par l'Edit dont je vous
parle, qui a estéenregistré
en la Chambre des Vacations
le 22. de ce mois.
Cet Edit revoque non seulement
celuy de Nantesdonné en
Avril1598. avec les Articles arrestez
le deuxiéme May de la mefme
année, & les Lettres Patenres
qui furent expediées sur ces
Artictes,mais encore l'Edit donné
à Nismes enjuillet 1629. que
Sa Majesté declare nuls, & comme
non avenus; ensemble toutes
les Concevions faites pard'autres
Edits,Declarations&Arrestsaux
Pretendus Reformez, dequelque
nature qu'elles puisssentestre en
consequence dequoy Elle veut& illuyplaist, quetous lesTemples
de ceux de la Religion Pretenduë
Reformée situez dans son Royaume,
Terres & Seigneuries de [on,
obeïssance, soient incessamment
démolis.
Il est défendu par ce mesme
Edità tous Pretendus Reformez,
depluss'assemblerpourfairel'Exercice
de cette Religion en aucunlieu ou
mùfcn particulière, fomquelque prétexte
que ccpu:[fi estre, mesme d'Exercicesréels
eudequand
biences Exercicesauroientesté maintenuspar
des ArrcJIs du Conseild'Etat
; £r à tous SeiTueurs de quelque
condition quils foiintydefaire l'Exercice
dâris leurs Maisons & Fiefs,
le tout à peine contre ceux quiferont
cet Exercice, de confiscation de corps
& de biens.
Les autres Articles sont, !Zflt
tous Ministres de lit Religion Pretendue
Reformée,sortirontdu Royaume
quinze jours aprés la publication de
l'Edit, sans y pouvoir jèjOUÍÍUf au
dd.1, ny pendant ce temps de quinzaine
faireaucun Presche, Ex hortation
ny autrt jonEfiOIJ) à peine des
Gaitrts.
J^ue ceux desMinistresquise convertiront,
continueront àjoüir leur
vie durant, & leurs Veuvesaprès
leur decés
,
tandis quelles seront en
viduité
,
des mefines exemptions de
Taille & Logement de Gens deguerre,
dont ils ont jouy pendantqu'ilsfaisoient
la fonction de Ministres; &
qtt'en outre Sa Majesté leurferapayer,
aujjileur viedurant,unepensionplus
forte d'un tiers que les Apointemens
qu'ils touchoient en qualitéde MinijfTes,
de la moitié de Jaquette Pension
leurs Veuvesjoüiront Iluffi aprés leur
mort, tant qu'elles demeureront en
viduité.
£hte les Miniflres convertis, qui
voudront se faire Avocats , ou prendre
les Degrés de Docteursaux Loix,
feront dijJfnjtz des trois ans d'étude
preferites par les Déclarations duRoy;
& quaprès avoirfubyjes Examens
ordinaires
ordinaires , ils Jiront reccw Docteurs,
s'ils en fontjugez, capables, en payant
feulement la moitiédes Droits que Po,%
a accoufttmé de percevoir de ceux
qu'on reçût en chaque Univerfi*.
Zue les Ecoles particulières pour
l'tnfirucïion des Enfans de ceux de la
Religion Pretendue Refermée,& toutes
les chofts généralement quelconques
,qui peuvent marquer une Concijfion,
quelle quelle puisse tfre
,
en
faveur de cette Religion,front dtfendues.
Jt>u£ les Enfansqui naiflrent des
Prétendu*Reformez, ^feront dorefiulsumt
baptisez, par les Curez, des Paroisses,
estantenjointaux Peres&aux
Meres de les envoyer aux Egltfes J
cet effet là, d peine de cinq cens livres
d'amende ; 6- que ces Enfins
(irontenfuite élever en la Ret;g>,,d,,
Catholique, Apoftotique & Romaine,
a quoy ilcfi ordonné tres-exprefémentauxJugés
des lieux de terni II,
main.
jÇhie ceux de lit Religion ?retendue
Riformée quifesontretirez, duRoyaume
avant la publication de cet Edit,
rentreront dans la poffission de leufs
biens, & en jouiront comme ils auvoientpufaire
s'ils y eBoienttoujours
demeure&
, pourveu qu'ils y reviennentdans
le temps de quatre mois du
jour de cette Publication;au contraire
que les biens de ceux qui dans oe temps
là de quatre mois ne reviendrontpas
dans le Royaume, demeureront confifquez,
en conjequence de la Déclara*
tion du 20. d'Aoufl dernitr.
Zue les Preter,dwReformez,eux,
leurs Femmes & Ensans, ne pourront
îortirdurayamrijc,njtriortcraiiieraf
uurs b"",s&effets,fouspeine des Galèrespourles
Hommes}&deconffcaiicn
de corps & de biens pour les Femmes.
J^ue lesDéclarationsrendues contre
les Relaps, feront executées jiLon
leurforme 6 teneur. Ue ceux de la Religion Prétendue
Reformée,enattendant qu'ilplau
Je 4 Dieu de les éclairtr comme les autres
, pourront demeurer dans les ViL
les & Lieux du Royaume,ycontinuer
leurcommerce,de/(Ûrs liens,
sans qu'on lespuijfetroubler
fefcher,fouspntexte ny cm- de leur Rclirien
Cet Edit ayant este publié le
jour mesme de l' Enregistrement,
on commença dés le lendemain à
démolir leTempledeCharenton.
Les Conversions estoient déja
tres- nombreusesà Paris, & il y
en avoit tous les jours presque
dans toutes les l'aroilies• & dans
beaucoup de Communautez;de
forte que chacun estant en mouvement
pour son salut,& plusieurs
se convertissant,ou se faisant instruire,
cet Edit, au lieu de produireaucun
des effets qu'on en
auroit pu craindre autrefois
, a
plûtost servy à ébranler les plus
obstinez
,
qu'à leur faire prendre
des fenrimens contraires à leur
conscience& à leur devoir. Ainsi
il y a lieu d'esperer que le reste
des Religionnairesde Paris,suivra
bien-tost l'exemple de ses Freres,
qu'il voit tous les jours courir en
foule aux pieds des Autels. On y
vient de voir Mrle Duc de Ri-
* chemont, Fils naturel du feu Roy
d'Angleterre. Il afait Abjuration
dans la Chapelle du Chasteau de
Fontainebleau,à l'issuë de la Messe
du Roy, en presencede Sa Majesté
& de toute la Cour,entreles
mains de Mrl'Evesque deMeaux,
qui luy fit un tres beau Discours
sur ce iujer.
J'apprens que Mr le Marquis
de Mirepoix s'est fort distingué
,4
par le zele qu'il a fait voir pour
la Conversion des Pretendus Reformez.
Comme il est extremément
aimé dans cette Province,
luy seul, c'est à dire, suivy de sa
feule Maison,sansaucun aurre secours
,
il a fait changer de Reli.
gion, par son éloquence, & par
la force de la vérité à tout ce qu'il y en avoir dans Mazeres
le Carla , , Saverdan, Lasbordes,
Savarat, Camarade, Mazdazil.
L'exemple, de ces sixVilles,qui
sont des plus importances de la
Province, a esté suivy detousles
Religionnaires des environs. Mr
de la Berchere Intendant de
Guyenne, qui alla joindre M'll
Marquis de MirepoixàMazeres,
seconda tres bien son zele. Mr
l'Abbé de Pailhez de qui cette
Villedépend, n'y fut
pas inutile,
& s'y comporta d'une maniéré
digne de luv. Je vous écriray le
mois prochain les circonstances
de cette grande Action.
Quelque difficile que foit la
Conversion des Heretiques,nous
en voyons aujourd'huy la France
presque entièrementpurgée. Ce
miracle est dû au zele, à la pieté,.
& aux foins du Roy,& il suffit que
ce grand Monarque vive pour
achever un si surprenant Ouvra- ¡
ge.C'est ce qui a esté parfaire:
ment bien representé parune Devise,
dont le Corps est un Soleil
arresté par l'ordre de Josué,com-
-
battant contre les Alllaiccites)
Ennemisdu Peuple de Dieu,avec
ces mots.
Stantem viftoriacertafequetur.
La pensée en est heureuse, & les
quatre Vers suivans l'expriment
d'une maniere également noble
& naturelle.
Contre les Ennemis envieux de si
gloire,
Du Soleil autrefois le Ciel fixa le
cours ;
NOMSflmmes feurs de la viBoire,
Si d'un autre Soleil il prolonge les
iguri.
L'Autheurde cetteDevise cft
un jeune Homme (ritialité, de
dix-sept ans, d'unesprit rare, & d'une application extraordinaire,
c'est le Fils aisné de Mrle Mazuier,
Procureur General auParlementdeToulouse,
dont le zele
pourles interests du Roy & de la
Religion estassez connu. Ilasoûtenu
avec applaudissement une de
ces Theses de universelles,que si peu sopersûonnets eentrnepreinnren.t de
Si je voulois attendre la fin des, Conversions, dont les nouvelles
me viennent de tous costez, je ne finirais point cetArticle. Je les remetsjusqu'au
mois prochain,dans
lequel temps j'espere queje vous entretiendray du changement de
tout ce qui reste de Calvinistes en France. Je croymesme qu'il y a déjà beaucoupplus de Villes en-*
rarementCatholiques que je ne
nous en ay nommé, l'empresse-
¡jfnt estant si grand à fc rendre,&
nouvelles des Abjurations qui
font en Corps, arrivent en si.
.'ivand nombre, que l'on en perd
memoire.
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Résumé : Tout ce qui s'est passé depuis deux mois touchant les affaires de la Religion Pretenduë Reformée. [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle, la France a connu plusieurs conversions au catholicisme parmi des figures influentes et des intellectuels protestants. Des personnalités respectées comme Monsieur Dacier et sa femme ont inspiré ces conversions. Des assemblées et des entretiens privés à Castres et Saint-Jean-d'Angély ont encouragé les protestants à revenir au catholicisme, aboutissant à des abjurations publiques. Des villes comme Montpellier, Saint-Gilles, Sommières, et Nîmes ont également vu des conversions massives, influencées par des figures telles que le Duc de Noailles et le Maréchal Duc de Duras. En Dauphiné, des milliers de personnes ont abjuré leur foi réformée à Briançon, Ambrun, et Lyon, grâce à des acteurs clés comme le Père Alexis du Bué. Le texte met en avant les mesures prises par le roi pour promouvoir le catholicisme et met en garde contre les dangers des 'Minières'. Il souligne l'importance de la religion catholique, unique foi des rois prédécesseurs. Le roi est encouragé à se réjouir car Dieu le protégera et étendra son royaume. Un édit royal interdit tout exercice public de la religion prétendue réformée (R.P.R.), révoquant ainsi les édits précédents en faveur des protestants, notamment l'Édit de Nantes de 1598 et celui de Nîmes de 1629. Cet édit ordonne la démolition des temples protestants et interdit tout exercice public ou privé de la religion réformée, sous peine de confiscation de biens et de corps. Les ministres protestants doivent quitter le royaume dans les quinze jours suivant la publication de l'édit, sauf s'ils se convertissent. Les enfants nés de parents protestants doivent être élevés dans la foi catholique. Des figures notables comme le Duc de Richmond et le Marquis de Mirepoix sont mentionnées pour leur zèle dans la conversion des protestants. Grâce à la piété et aux efforts du roi, la France est ainsi presque entièrement purgée de l'hérésie.
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8120
p. 285
ENIGME.
Début :
Grace au favorable Element, [...]
Mots clefs :
Bassinoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME .
Race au favorable Element ,
Aqui de mon employ je demeure
obligée ,
Au centre du repos jefuis en mouvement,
Mais inutile ailleurs & long- temps negligée.
Un guide me conduit le bâton à la main,
Chofe qu'on ne sçauroit douter qui ne
dépluife ,
Et me méne par un chemin ,
Où tout autre que moy vient se mettre à
fon aife.
Race au favorable Element ,
Aqui de mon employ je demeure
obligée ,
Au centre du repos jefuis en mouvement,
Mais inutile ailleurs & long- temps negligée.
Un guide me conduit le bâton à la main,
Chofe qu'on ne sçauroit douter qui ne
dépluife ,
Et me méne par un chemin ,
Où tout autre que moy vient se mettre à
fon aife.
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8121
p. 288
MORTS.
Début :
Messire Honoré Caille, Sieur du Fourny, Auditeur des Comptes, celebre [...]
Mots clefs :
Histoire, Titres, Gentilhomme ordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
Messire Honoré Caille , Sieur du Fourny, Auditeur
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
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8122
p. 285
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle, à mon ordinaire. Elle ne doit / Mon sort est singulier, je suis masle & femelle, [...]
Mots clefs :
Chanvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Jevous envoyeune Enigme nouvelle,
à mon ordinaire. Elle ne doit
pasembaraffer beaucoup vos Amies.
ENIGME
Mon fort eft fingulter, je fuis
masle&femelle,
Sansqu'Hermaphrodite onm'appelle.
Dans ce terrible jour qui caufe tant
d'effroy ,
Malheuràqui ſe ſert de moy.
Je ſuis , Madame , &c. N
AParis ce 28. Février 1700.
à mon ordinaire. Elle ne doit
pasembaraffer beaucoup vos Amies.
ENIGME
Mon fort eft fingulter, je fuis
masle&femelle,
Sansqu'Hermaphrodite onm'appelle.
Dans ce terrible jour qui caufe tant
d'effroy ,
Malheuràqui ſe ſert de moy.
Je ſuis , Madame , &c. N
AParis ce 28. Février 1700.
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8123
p. 71
VERS à M. P ... pour le jour de S. Joseph sa Fête.
Début :
CHEF Ami, dans ce jour de Fête [...]
Mots clefs :
Fête, Candeur, Violette, Cœur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à M. P ... pour le jour de S. Joseph sa Fête.
VERS à M. P ... pour le jour de
S. Jofeph fa Fête.
CHEF Ami , dans ce jour de Fête
Reçois cette humble violette ,
Le fymbole de la candeur.
De mes fleurs elle eft la plus belle ,
Et la plus digne de ton coeur :
Je n'ai pas trouvé d'immortelle.
S. Jofeph fa Fête.
CHEF Ami , dans ce jour de Fête
Reçois cette humble violette ,
Le fymbole de la candeur.
De mes fleurs elle eft la plus belle ,
Et la plus digne de ton coeur :
Je n'ai pas trouvé d'immortelle.
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8124
p. 287-288
Avis important aux Muses qui negligent leurs Personnes.
Début :
Muses au teint presque olivâtre, [...]
Mots clefs :
Traits, Muses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis important aux Muses qui negligent leurs Personnes.
Avis important aux Muſes qui
negligent leurs Perſonnes.
Mufes auteintpresque olivâtre,
Qui ne mettezrouge nyplaire ,
Qui refufeztout àvossens,
Onfçaitqu' Appollon vostrefrere,
En parcourant noſtre bemifphere ,
Présde Montmartre vous logea ,
Et que Diane en délogea
Craignant beaucoup la médifance;
Carvousjafezfans complaisance,
Et ne respectezque les Rois
Dontvousfuivezles douces loix.
Loüis le plus grand des Monarques
,
Ravipar les cruelles Parques
288 MERCURE
Fut longtemps de vos chants
l'objet ;
Ilest devenu leſujet
Devos chagrins &de vos larmes;
Contre la mort baiffezles armes,
Chantezſon tres-digne Neveu ,
Vous aurezdes François l'aveus
Mais embellißez vos viſages ,
On fait cas des belles images
Etl'on estime les Portraits,
Quandils reffemblent traits pour
traits.
negligent leurs Perſonnes.
Mufes auteintpresque olivâtre,
Qui ne mettezrouge nyplaire ,
Qui refufeztout àvossens,
Onfçaitqu' Appollon vostrefrere,
En parcourant noſtre bemifphere ,
Présde Montmartre vous logea ,
Et que Diane en délogea
Craignant beaucoup la médifance;
Carvousjafezfans complaisance,
Et ne respectezque les Rois
Dontvousfuivezles douces loix.
Loüis le plus grand des Monarques
,
Ravipar les cruelles Parques
288 MERCURE
Fut longtemps de vos chants
l'objet ;
Ilest devenu leſujet
Devos chagrins &de vos larmes;
Contre la mort baiffezles armes,
Chantezſon tres-digne Neveu ,
Vous aurezdes François l'aveus
Mais embellißez vos viſages ,
On fait cas des belles images
Etl'on estime les Portraits,
Quandils reffemblent traits pour
traits.
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8125
p. 259-260
EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
Début :
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon, [...]
Mots clefs :
Newton, Physicien, Énigme, Génie, Uranie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
EPIGRAMME,
Sur le celebre Newton.
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon ¸-
Les divins Ecrits de Newton ›
Le Dieu des Vers , surpris de ce que la Nature ,
N'étoit plus une Enigme obscure ,
Et que tout étoit dévoilé ,
Parut
260 MERCURE DE FRANCE
Parut étrangement troublé.
Quoi ! dit-il , fumant de colere ,
L'homme n'ignorera donc plus rien !
7
Muses , quelle de vous est assez temeraire
Pour éclairer ainsi ce grand Physicien 2
Appaise ton couroux , repondit Uranie ,
nulle de mes sœurs Scache que
N'a jamais inspiré cet excellent genie ,
C'est la sage Pallas , ô Dieu de l'harmonie
Qui le comble de ses faveurs :
Cette bienfaisante Deesse
Le visite et l'instruit sans cesse
Elle devoile tout à ce sublime esprit ,
Elle dicte , Newton écrit
Sur le celebre Newton.
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon ¸-
Les divins Ecrits de Newton ›
Le Dieu des Vers , surpris de ce que la Nature ,
N'étoit plus une Enigme obscure ,
Et que tout étoit dévoilé ,
Parut
260 MERCURE DE FRANCE
Parut étrangement troublé.
Quoi ! dit-il , fumant de colere ,
L'homme n'ignorera donc plus rien !
7
Muses , quelle de vous est assez temeraire
Pour éclairer ainsi ce grand Physicien 2
Appaise ton couroux , repondit Uranie ,
nulle de mes sœurs Scache que
N'a jamais inspiré cet excellent genie ,
C'est la sage Pallas , ô Dieu de l'harmonie
Qui le comble de ses faveurs :
Cette bienfaisante Deesse
Le visite et l'instruit sans cesse
Elle devoile tout à ce sublime esprit ,
Elle dicte , Newton écrit
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Résumé : EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
L'épigramme célèbre Newton, physicien éclairé par ses lectures. Le Dieu des Vers s'indigne que la Nature soit désormais compréhensible. Uranie, muse de l'astronomie, révèle que Pallas, déesse de la sagesse, inspire et instruit constamment Newton.
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8126
p. 71-72
RÉPONSE à M. D ...
Début :
Cher Ami, tu connois mon cœur, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Violette, Immortelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à M. D ...
RÉPONSE à M. D …….
Cher Ami, tu connois mon coeur ,
Ton Bouquet en eft l'interprètes
De ta part une violette
72
MERCURE DE FRANCE.
Me fatte plus qu'une autre fleur.
Elle eft de mon coeur le modéle ,
La feule fleur digne de moi ;
Mais je te laille l'immortele ,
La feule fleur dignè de toi.
Par M. DE CAIX.
Cher Ami, tu connois mon coeur ,
Ton Bouquet en eft l'interprètes
De ta part une violette
72
MERCURE DE FRANCE.
Me fatte plus qu'une autre fleur.
Elle eft de mon coeur le modéle ,
La feule fleur digne de moi ;
Mais je te laille l'immortele ,
La feule fleur dignè de toi.
Par M. DE CAIX.
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8127
p. 287-289
Devises. [titre d'après la table]
Début :
Voicy deux Devises de M. Magnin, qui ont esté faites sur / HANC MENTEM SOL IPSE FECIT. Par un esprit secret [...]
Mots clefs :
Devises, Mariage, Ardeur, Soleil, Lys, Gloire, Paix, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Devises. [titre d'après la table]
Voicy deux Devifes de
M. Magnin , qui ont eſté
faites fur ce Mariage. Deux
Palmiers inclinez l'un vers
l'autre , & fur lefquels le Soleil
darde fes rayons
.
288 MERCURE
HANC MENTEM SOL
IPSE FECIT.
Par un efprit fecret l'un vers
l'autre inclinez,
S'ilsparoiffent épris d'une ardeur
innocente
,
De ces doux mouvemens la caufe
eft éclatante,
C'est l'aspect du Soleil qui les leur
a donnez.
AUTRE DEVISE.
Le Soleil formant l'Arc-en-
Ciel courbé fur deux Lys.
GALANT. 289
HOC FOEDERE LILIA
NECTIT .
Sous ce Signe qui les affemble,
Parles foins de l'Aftre du jour,
La Gloire , la Paix & l'Amour,
Semblent s'intereffer à les unir enfemble.
M. Magnin , qui ont eſté
faites fur ce Mariage. Deux
Palmiers inclinez l'un vers
l'autre , & fur lefquels le Soleil
darde fes rayons
.
288 MERCURE
HANC MENTEM SOL
IPSE FECIT.
Par un efprit fecret l'un vers
l'autre inclinez,
S'ilsparoiffent épris d'une ardeur
innocente
,
De ces doux mouvemens la caufe
eft éclatante,
C'est l'aspect du Soleil qui les leur
a donnez.
AUTRE DEVISE.
Le Soleil formant l'Arc-en-
Ciel courbé fur deux Lys.
GALANT. 289
HOC FOEDERE LILIA
NECTIT .
Sous ce Signe qui les affemble,
Parles foins de l'Aftre du jour,
La Gloire , la Paix & l'Amour,
Semblent s'intereffer à les unir enfemble.
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Résumé : Devises. [titre d'après la table]
M. Magnin a créé deux devises pour un mariage. La première montre deux palmiers inclinés sous le soleil, symbolisant une ardeur innocente. La seconde représente un arc-en-ciel unissant deux lys sous les rayons du soleil, symbolisant la gloire, la paix et l'amour.
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8128
p. 45-47
EPITRE A Madame D** M***.
Début :
Cette Dame avoit écrit à l'Auteur qu'un homme d'esprit étoit dans un / LA Rose au milieu d'un Parterre, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Madame D** M***.
EPITRE
A Madame D** M***.
Brille au-deſſus des autres fleurs ;
Elle perd bientôt ſes couleurs.
Qui ſous l'herbe brille humblement
Et ſur le ſeind'une Lifette
Que la Roſe au teint délicats
Etma timideviolette
45
Cette Dame avoit écrit à l'Auteur
qu'un homme d'esprit étoit dans un
Cercle ce qu'étoit la Roſe dans un Par
terre. L'Auteur lui répondit par l'Epitre
ſuivante :
LA Rose au milieu d'un Parterre,
Plusbelle,maisplus paſſagère ,
Mais l'innocente violette ,
Echappe aux attaques du vent ,
Va parerun corſet galant,
Oui , j'aime mieux l'humble Fleurette,
Un ſoufflel'embellit , mais un fouffle l'abat
46 MERCURE DE FRANCE.
Garde plus longtemps ſon éclat.
Tel eſt le bon eſprit , toujours prudent & ſage ,
S'exprimant toujours ſans écart ,
Il a la douceur en partage ,
Il eſt modeſte en ſon langage ,
Et la Nature eſt tout ſon fard.
Souvent dans l'ombre d'un nuage
Il ſe dérobe à tous les yeux ;
Mais , tel qu'un aſtre radieux ,
C'eſt pour éclairer d'avantage.
Le ſtore qui rompt le paſſage
A l'éblouiſſante clarté ,
Eſt l'heureuſe timidité
Dont mon cœur chérit le partage ,
Puiſqu'il eſt le premier hommage
Qu'il oſe offrir à la beauté.
Qu'un Fat ambré , dans ſa manie
Sur un nouveau jargon monté ,
D'hommede bonne compagnie
Soutienne la célébrité ;
Que , par Cydaliſe ou Julie ,
Son nom dans les Boudoirs chanté
De la bouche de la Folie
Paſſeauxfaftes pompeux de la frivolité ;
C'eſt ſon deſtin : qu'un autrey porte envie;
Je n'en faurois être tenté.
Il eſt des prix pour le Génie,
Il en eſt pour la vanitéa
MARS. 1764.
Que le pèrede la ſaillie ,
Que ſemble ſervir le hazard,
D'unmotqui ne doit rien à l'Art,
De la pâle mélancolie
Ranime le ſombre regard ;
Oui , que P.... vous faſſe rire :
Seul il a ce droit , j'y conſens ;
Mais vous le connoillez , Thémire ,
C'eſt le moindre de ſes talens.
Moi qui ne ſuis P... ni petit-maître ,
Je me renferme dans mon être ,
Toutmon eſprit eſt dans mon cœur ;
Vous m'apprenez à le connoître.
Vos beauxyeux ſçavent tout charmer ;
Votreeſprit ſçait inſtruire & plaire ;
Etnous ,nous ne ſçavons qu'aimer.
Vousvoyez bien qu'il faut nous taire.
47
Par M. COSTARD, Fils.
A Madame D** M***.
Brille au-deſſus des autres fleurs ;
Elle perd bientôt ſes couleurs.
Qui ſous l'herbe brille humblement
Et ſur le ſeind'une Lifette
Que la Roſe au teint délicats
Etma timideviolette
45
Cette Dame avoit écrit à l'Auteur
qu'un homme d'esprit étoit dans un
Cercle ce qu'étoit la Roſe dans un Par
terre. L'Auteur lui répondit par l'Epitre
ſuivante :
LA Rose au milieu d'un Parterre,
Plusbelle,maisplus paſſagère ,
Mais l'innocente violette ,
Echappe aux attaques du vent ,
Va parerun corſet galant,
Oui , j'aime mieux l'humble Fleurette,
Un ſoufflel'embellit , mais un fouffle l'abat
46 MERCURE DE FRANCE.
Garde plus longtemps ſon éclat.
Tel eſt le bon eſprit , toujours prudent & ſage ,
S'exprimant toujours ſans écart ,
Il a la douceur en partage ,
Il eſt modeſte en ſon langage ,
Et la Nature eſt tout ſon fard.
Souvent dans l'ombre d'un nuage
Il ſe dérobe à tous les yeux ;
Mais , tel qu'un aſtre radieux ,
C'eſt pour éclairer d'avantage.
Le ſtore qui rompt le paſſage
A l'éblouiſſante clarté ,
Eſt l'heureuſe timidité
Dont mon cœur chérit le partage ,
Puiſqu'il eſt le premier hommage
Qu'il oſe offrir à la beauté.
Qu'un Fat ambré , dans ſa manie
Sur un nouveau jargon monté ,
D'hommede bonne compagnie
Soutienne la célébrité ;
Que , par Cydaliſe ou Julie ,
Son nom dans les Boudoirs chanté
De la bouche de la Folie
Paſſeauxfaftes pompeux de la frivolité ;
C'eſt ſon deſtin : qu'un autrey porte envie;
Je n'en faurois être tenté.
Il eſt des prix pour le Génie,
Il en eſt pour la vanitéa
MARS. 1764.
Que le pèrede la ſaillie ,
Que ſemble ſervir le hazard,
D'unmotqui ne doit rien à l'Art,
De la pâle mélancolie
Ranime le ſombre regard ;
Oui , que P.... vous faſſe rire :
Seul il a ce droit , j'y conſens ;
Mais vous le connoillez , Thémire ,
C'eſt le moindre de ſes talens.
Moi qui ne ſuis P... ni petit-maître ,
Je me renferme dans mon être ,
Toutmon eſprit eſt dans mon cœur ;
Vous m'apprenez à le connoître.
Vos beauxyeux ſçavent tout charmer ;
Votreeſprit ſçait inſtruire & plaire ;
Etnous ,nous ne ſçavons qu'aimer.
Vousvoyez bien qu'il faut nous taire.
47
Par M. COSTARD, Fils.
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8129
p. 285-287
ENIGMES.
Début :
J'allais essayer de me rompre encore la tête pour forger / Dans une prison claire & noire [...]
Mots clefs :
Balle du jeu de paume, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGMES.
J'alloi,essayer de me rompre
encore la tête pour forgerdes
Enigmes à ma mode,cela
veut dire sans vanité,desEnigmes
assez mauvaises ,lorsqu'unGascon
qui a beaucoup
d'esprit m'enaapporté deux-
Jeluy ay, demandé si ellesc-
* toient nouvelles,il mela ju- réde si bonne grace ,que je
n'ay pu luy refuser la satisfaction
de le croire.
-
Au reste , quand j'y serois trompé ,je
m'enIwlesmains ,6c je pen.
fc qu'on ne seroit pasen droit
de me reprocher riern là-deffus,
puifqu'il n'y a pas encore
quatre mJIS que je n'avoisJA*
mais ni lû ni£jit dEnigmes*;
Voicy à boncomptecellesdu.
Gascon.
ENIGMES.
Dansuneprisonclaire &\
notre
Je me promeneince
menty
Pourpeuqu'on veuille
tiroir* î
Ceux qui n'aiment que
mon tourment: Je suis faite àforce de
coups, Et pendant que je vù,,,
dmoonsouprtxne.st pas plu* pae plut
encore la tête pour forgerdes
Enigmes à ma mode,cela
veut dire sans vanité,desEnigmes
assez mauvaises ,lorsqu'unGascon
qui a beaucoup
d'esprit m'enaapporté deux-
Jeluy ay, demandé si ellesc-
* toient nouvelles,il mela ju- réde si bonne grace ,que je
n'ay pu luy refuser la satisfaction
de le croire.
-
Au reste , quand j'y serois trompé ,je
m'enIwlesmains ,6c je pen.
fc qu'on ne seroit pasen droit
de me reprocher riern là-deffus,
puifqu'il n'y a pas encore
quatre mJIS que je n'avoisJA*
mais ni lû ni£jit dEnigmes*;
Voicy à boncomptecellesdu.
Gascon.
ENIGMES.
Dansuneprisonclaire &\
notre
Je me promeneince
menty
Pourpeuqu'on veuille
tiroir* î
Ceux qui n'aiment que
mon tourment: Je suis faite àforce de
coups, Et pendant que je vù,,,
dmoonsouprtxne.st pas plu* pae plut
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8130
p. 246-249
MORTS.
Début :
Nicolas Boileau sieur Despreaux, l'un des quarante [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Nicolas Boileau sieur
Despreaux
,
l'un des quarante
de l'Académie Françoise
,
est mort sans alliance
le15. Mars 1711. âgé de
73. ans 4. mois. On en parlera
plus au long dans le
mois prochain.
MessireClaude deChotseus,
premier Maréchal de
France, Chevalier des Ordresdu
Roy, Gouverneur
delaVille & Citadelle de
Valenciennes, mourut le
15. Mars. Il estoit dans sa
soixante & dixhuitiéme
année. On en parlera au
mois prochain.
J.
RenéeBouthillierde
Chavigny,veuve de Jean
de Beuzelin
,
Chevalier
Seigneur de Bosmelet, Baron
d'Aufray
,
Seigneur de
Toste
, &c. Président à
Mortier au Parlement de
Normandie, est morte le
20. Mars17 H. âgée de 70.
ans, laissant pour fille unique
Anne-Marie de Beuzelin,
qui a épousé le
1 8.Juin
1698. Henry Jacques du
Caumont,Ducde la Force
)
Pair de France, &c.
Antoine Charles-Louis
Comte de Boufflers, Gouverneur
General de Flandres
>
Colonel d'un Regiment
d'Infanterie,filsaisné
de Louis François Duc
de Boufflers,Pair & Maréchal
de France, Chevalier
des Ordresdu Roy ôc de la
Toison d'Or, Capitaine
des Gardes du Corps de Sa
Majesté
, est mort le 22..
Mars IiII. âgé de 14. ans
3.mois.
MargueriteAngélique
deBethune,,Abbesse de S.
Pierre de R heims,est morte
âgée de 85. ans. Elle
estoitfille defeuMr le Duc
d'Orval, premier Ecuyer
de la Reine Mere
)
& il y
avoit soixante ans qu'elleestoit
Abbesse.
Donsfaitsparle
Nicolas Boileau sieur
Despreaux
,
l'un des quarante
de l'Académie Françoise
,
est mort sans alliance
le15. Mars 1711. âgé de
73. ans 4. mois. On en parlera
plus au long dans le
mois prochain.
MessireClaude deChotseus,
premier Maréchal de
France, Chevalier des Ordresdu
Roy, Gouverneur
delaVille & Citadelle de
Valenciennes, mourut le
15. Mars. Il estoit dans sa
soixante & dixhuitiéme
année. On en parlera au
mois prochain.
J.
RenéeBouthillierde
Chavigny,veuve de Jean
de Beuzelin
,
Chevalier
Seigneur de Bosmelet, Baron
d'Aufray
,
Seigneur de
Toste
, &c. Président à
Mortier au Parlement de
Normandie, est morte le
20. Mars17 H. âgée de 70.
ans, laissant pour fille unique
Anne-Marie de Beuzelin,
qui a épousé le
1 8.Juin
1698. Henry Jacques du
Caumont,Ducde la Force
)
Pair de France, &c.
Antoine Charles-Louis
Comte de Boufflers, Gouverneur
General de Flandres
>
Colonel d'un Regiment
d'Infanterie,filsaisné
de Louis François Duc
de Boufflers,Pair & Maréchal
de France, Chevalier
des Ordresdu Roy ôc de la
Toison d'Or, Capitaine
des Gardes du Corps de Sa
Majesté
, est mort le 22..
Mars IiII. âgé de 14. ans
3.mois.
MargueriteAngélique
deBethune,,Abbesse de S.
Pierre de R heims,est morte
âgée de 85. ans. Elle
estoitfille defeuMr le Duc
d'Orval, premier Ecuyer
de la Reine Mere
)
& il y
avoit soixante ans qu'elleestoit
Abbesse.
Donsfaitsparle
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Résumé : MORTS.
En mars 1711, plusieurs personnalités notables sont décédées. Nicolas Boileau, membre de l'Académie Française, est mort sans alliance le 15 mars à 73 ans et 4 mois. Le même jour, Claude de Chotseus, premier Maréchal de France et Gouverneur de Valenciennes, est décédé à 78 ans. Jean Renée Bouthillier de Chavigny, veuve de Jean de Beuzelin et Présidente à Mortier au Parlement de Normandie, est morte le 20 mars à 70 ans, laissant une fille unique, Anne-Marie de Beuzelin. Antoine Charles-Louis, Comte de Boufflers, Gouverneur Général de Flandres et Colonel d'un Régiment d'Infanterie, est décédé le 22 mars à l'âge de 14 ans et 3 mois. Marguerite Angélique de Bethune, Abbesse de Saint-Pierre de Reims, est morte à 85 ans après avoir occupé cette fonction pendant soixante ans. Des informations supplémentaires sur certains de ces décès seront fournies le mois suivant.
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8131
p. 291-294
RENDEZ-VOUS.
Début :
Je suppose que ceux qui m'ont demendé des / Salut amy : Je suis charmé [...]
Mots clefs :
Rendez-vous
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RENDEZ-VOUS.
Jeſuppoſe que ceux
qui m'ont demendé des
rendez-vous font de mes
amis , & qu'ils n'ont pas
voulu figner les lettres
qu'ils m'ont écrites pour
avoir le plaifir de badiner
avec moy plus à leur aiſe.
C'eſt leur affaire s'ils n'en
font pas , & s'ils en font
j'en ſuis ravi , & je les
invite à bon compte à
prendre en bonne part la
réponſe que je leur fais.
Si l'addreſſe que je donne
Bb ij
292 MERCURE
à chacun en particulier ,
leur plaiſt , en general ,
qu'ils ſe trouvent au rendez-
vous , je tiendray ma
parole
RENDEZ- vous.
3
Salut,amy:Jesuis char-
Du combatfingulier ou ta
Myse m'appelle:
Je voudrgis te parler auffi
galamment qu'ellers
Mais dufacre allon,Phebus
m'a réformé
da
GALANT. 293
Tu me promets honneur
gloire ,
Tu meflattes d'un grand
fuccés.
Mais crois-moy, ne briguons,
si nous pouvons
jamais
De place au temple de
memoire.
Allons rimer au cabaret ,
Faifons en un champ de
100
victoire
,
Chantons-y nos chansons
10
àboire ,
Et laiſſons franchement
Bb iij
294 MERCURE
nos vers au Cabinet.
Jefaisfur l'Helicon une
Valde figure ,
Jemeplais mieux ailleurs:
cours live mon Mercure ,
Et trouve-toy des que tu
l'auras lù ,
Chés Mouginot où okes
Darlu
qui m'ont demendé des
rendez-vous font de mes
amis , & qu'ils n'ont pas
voulu figner les lettres
qu'ils m'ont écrites pour
avoir le plaifir de badiner
avec moy plus à leur aiſe.
C'eſt leur affaire s'ils n'en
font pas , & s'ils en font
j'en ſuis ravi , & je les
invite à bon compte à
prendre en bonne part la
réponſe que je leur fais.
Si l'addreſſe que je donne
Bb ij
292 MERCURE
à chacun en particulier ,
leur plaiſt , en general ,
qu'ils ſe trouvent au rendez-
vous , je tiendray ma
parole
RENDEZ- vous.
3
Salut,amy:Jesuis char-
Du combatfingulier ou ta
Myse m'appelle:
Je voudrgis te parler auffi
galamment qu'ellers
Mais dufacre allon,Phebus
m'a réformé
da
GALANT. 293
Tu me promets honneur
gloire ,
Tu meflattes d'un grand
fuccés.
Mais crois-moy, ne briguons,
si nous pouvons
jamais
De place au temple de
memoire.
Allons rimer au cabaret ,
Faifons en un champ de
100
victoire
,
Chantons-y nos chansons
10
àboire ,
Et laiſſons franchement
Bb iij
294 MERCURE
nos vers au Cabinet.
Jefaisfur l'Helicon une
Valde figure ,
Jemeplais mieux ailleurs:
cours live mon Mercure ,
Et trouve-toy des que tu
l'auras lù ,
Chés Mouginot où okes
Darlu
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Résumé : RENDEZ-VOUS.
L'auteur d'une correspondance interprète les demandes de rendez-vous qu'il a reçues comme provenant d'amis souhaitant badiner librement avec lui. Il accepte cette situation et invite ses correspondants à bien prendre en compte sa réponse. Il précise que si l'adresse donnée plaît, ils doivent se rendre au rendez-vous, et il tiendra sa parole. Dans une lettre à un ami nommé Amy, l'auteur exprime son désir de parler galamment mais reconnaît que Phébus l'a réformé de ce rôle. Il refuse les promesses d'honneur et de gloire, préférant éviter de briguer une place au temple de mémoire. Il propose plutôt d'aller rimer au cabaret, de faire d'un champ de victoire et de chanter des chansons à boire, laissant leurs vers au cabinet. L'auteur se plaît mieux ailleurs qu'à l'Hélicon et demande à son messager de se rendre chez Mouginot pour le trouver.
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8132
p. 287-290
Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbaye de la Deserte, située à Lyon ayant vacqué [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Deserte, Madame de Quibly, Mort, Abbesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Deferte ,
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
fituée à Lyon ayant vacqué
par la mort de Madame de
Quibly , derniere Abbeffe &
qui avoit cfté Coadjutrice de
feue Me fa tante
nomma il y a quelque temps
à cette Abbaye Mc de Chatillon , Religieufe de l'Abbayede Saint Pierre de la même
Ville. La nouvelle Abbeffe
eft fœur aînée de Me d'Hyle Roy
288 MERCURE
Yours dont le merite eft fi
connu dans le monde. Mr
l'Evêque de Châlons fur Sзone
fie quelque temps aprés la
Ceremoniede Benir cette nouvelle Abbeffe , dans l'Eglife
de la Deferte. Me de Roftaing
Abbeffe de Chazaut & Me
de la Tour- vidant Prieure
perpetuelle du Monaſtere de
Saint Benoift de la même Ville,
furent les Abbeffes, affiftantes ;
& la derniere futi appellée
faute d'autre Abbeffe.
l'Evêque de Saint Flour , qui
fe trouva alors à Lyon , affiſta -
à la Ceremonie en Camail &
Mr
en
m Wuwuu དང go: ཀྱ
GALANT 289
I
2
Mc en Rochet , de même que
l'ancien Abbé de Saint Antoi
ne. Toute la Nobleffe de Lyon
dont la meilleure partie appartient à la nouvelle Abbeffe
affifta à la Ceremonie , & Mr
l'Evêque de Chalons , fit ouvrir les portes du Convent qui
eft tres vafte & qui eft d'une
grande ancienneté, à tout ceux
qui y voulurent entrer. Me
de Châtillon eft d'une des
meilleures Maifons du Pays.
Elle eft alliée à la Maiſon de
la Chaize & à celle de Rochefort. Elle refifta long - temps
avant que d'accepter cette
Bb
•
Mars 1710.
290 MERCURE
Abbaye, & elle ne l'a fait que
par l'ordre exprés de fes Supericurs & defeüe Me l'Abbeffe
de Saint Pierre.
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Résumé : Me de Chastillon est nommée par le Roy, Abbesse de la Deserte, [titre d'après la table]
L'Abbaye de la Déferte à Lyon est devenue vacante après le décès de Madame de Quibly, dernière abbesse. Madame de Châtillon, sœur aînée de Madame d'Hyle Roy, a été nommée pour lui succéder. La cérémonie de bénédiction a eu lieu en mars 1710 en présence de l'évêque de Châlons-sur-Saône, de l'évêque de Saint-Flour, de Madame de Roftaing, abbesse de Chazaut, et de Madame de la Tour-Vidant, prieure perpétuelle du monastère de Saint-Benoît. Toute la noblesse lyonnaise, dont une grande partie est liée à la nouvelle abbesse, a assisté à l'événement. Madame de Châtillon, issue d'une famille prestigieuse, est alliée aux maisons de la Chaize et de Rochefort. Elle a accepté cette charge sur ordre de ses supérieurs et de la défunte abbesse de Saint-Pierre, après avoir longtemps résisté.
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8133
p. 2181-2185
LES JARDINS DE S. MARTIN. ODE. A M. de Sainte Marie, Lieutenant. General de Nevers.
Début :
Muse qui sur les pas d'Horace [...]
Mots clefs :
Jardins, Saint-Martin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES JARDINS DE S. MARTIN. ODE. A M. de Sainte Marie, Lieutenant. General de Nevers.
LES JARDINS DE S. MARTIN,
O DE .
A M. de Sainte Marie , Lieutenant.
General de Nevers .
Mufe qui fur les pas d'Horace
Conduis tes plus chers nouriffons ,
Toi , qui du Chantre de la Thrace
Animas les chants & les fons ,
Infpire-moi qu'à ma foibleffe
Succede cette noble yvreffe ,
Supérieure à l'art humain :
Que ces Jardins , que ces Boccages
Soient peints par de vives images
Où l'on reconnoiffe ta main.
Eft-ce Apollon Pan : ou quelqu'autre
Qui tient fa Cour en ces Bofquets ?
Jamais le celebre le Naûtre
N'en a tracé de plus parfaits ;
Les fentiers qui vont & reviennent
Offrent
2182 MERCURE DE FRANCE
Offrent à ceux qui s'y promenent
D
De l'ombre à chaque heure du jouf :
Les lits , les tapis de verdure
Des vaſes l'ordre & la figure
Brillent par tout dans ce féjour.
Là , du Roffignol qui gazouille
J'aime à diftinguer les chanſons ,
De fon gozier qui me chatouille
J'admire les differens fons ;
En l'écoutant je crois entendre
Des fameux Cygnes du Méandre
Les tons les plus harmonieux ;
Et fa voix peut rendre croyable
Ce que nous raconte la Fable
De leurs accens mélodieux.
Tout ce que j'apperçois m'engage
A croire ces lieux enchantés ,
Et mon coeur que le choix partage
Vole de beautés en beautés.
Ici le Dieu du Jardinage
Aux Mortels difpenfe l'uſage
De fes dons les plus précieux ;
Là l'induftrieuſe Pomone
A fçû fe ménager un Trône
Dans un Verger délicieux .
Une
OCTOBRE . 1730. 2183
Une impérieufe Terraſſe
Regne fur un vafte terrain ;
₹
On trouve dans ce qu'elle embraffe
Un Canal , un grand Boulingrin ;
L'un & l'autre trompent la vuë ,
Et cette erreur n'eft reconnuë
Qu'en les voyant ſéparément ;
Entr'eux eft l'Empire de Flore ,
Et les fleurs qu'elle y fait éclore
N'en font pas l'unique ornement.
Un nouveau fpectacle m'emporte ;
Ciel ! quelle carriere à fournir !
Dans le beau feu qui me transporte
Je vais lire dans l'avenir ;
Je vois l'eau qui part en furie ,
S'élancer , retomber en pluye ,
Et fe relever vers les Cieux ;
Que de Baffins , que de Cafcades ,
Séjour charmant pour les Naïades
Qui viendront habiter ces lieux !
器
Jardins de Mécene & de Pline ,
Ceffez de vous enorgueillir
De tout ce que l'on imagine
Pour vous peindre & vous embellir ;
N'attendez plus notre fuffrage ;
Venez
£ 184 MERCURE DE FRANCE
Venez vous-même rendre hommage
Aux agrémens de S. Martin ;
Cedez : ici tout vous ſurpaſſe ;
Ce Jardin magnifique efface
Tous les charmes du Laurentin .
Vous qu'un refpect aveugle entraîne
En faveur de l'Antiquité ,
Rompez un moment cette chaîne ,
Et jugez avec liberté ;
Vous conviendrez que nos Ancêtres
Etoient , au prix des nouveaux Maîtres
Novices dans l'Art de planter ;
Et votre efprit devenu libre ,
Oublira les Rives du Tibre
Pour ce que je viens de chanter.
Grand Magiftrat , c'eft ton ouvrage ,
Que fi haut je viens d'élever ;
C'est toi qui plantas ce Bocage ;
Tu prens foin de le cultiver :
C'est là que quittant l'air auftere
Que demande ton miniſtere
Tu goutes d'innocens plaifirs :
C'est là
que
marchant fur les traces
Des Cicerons & des Horaces ,
Tu mets à profit tes loisirs,
Mon
OCTOBRE . 1730. 2185
Mon efprit plein de tes merveilles
T'en offre ce leger crayon :
Heureux ! fi le fruit de mes veilles
Mérite quelque attention ;
Mais fi mon Appollon fidele
Eut voulu feconder mon zele ,
J'allois à l'immortalité
Et dans le Temple de mémoire ,
J'aurois pû tranfmettre ta gloire
A la fage pofterité,
L'Abbé Boyfedi.
O DE .
A M. de Sainte Marie , Lieutenant.
General de Nevers .
Mufe qui fur les pas d'Horace
Conduis tes plus chers nouriffons ,
Toi , qui du Chantre de la Thrace
Animas les chants & les fons ,
Infpire-moi qu'à ma foibleffe
Succede cette noble yvreffe ,
Supérieure à l'art humain :
Que ces Jardins , que ces Boccages
Soient peints par de vives images
Où l'on reconnoiffe ta main.
Eft-ce Apollon Pan : ou quelqu'autre
Qui tient fa Cour en ces Bofquets ?
Jamais le celebre le Naûtre
N'en a tracé de plus parfaits ;
Les fentiers qui vont & reviennent
Offrent
2182 MERCURE DE FRANCE
Offrent à ceux qui s'y promenent
D
De l'ombre à chaque heure du jouf :
Les lits , les tapis de verdure
Des vaſes l'ordre & la figure
Brillent par tout dans ce féjour.
Là , du Roffignol qui gazouille
J'aime à diftinguer les chanſons ,
De fon gozier qui me chatouille
J'admire les differens fons ;
En l'écoutant je crois entendre
Des fameux Cygnes du Méandre
Les tons les plus harmonieux ;
Et fa voix peut rendre croyable
Ce que nous raconte la Fable
De leurs accens mélodieux.
Tout ce que j'apperçois m'engage
A croire ces lieux enchantés ,
Et mon coeur que le choix partage
Vole de beautés en beautés.
Ici le Dieu du Jardinage
Aux Mortels difpenfe l'uſage
De fes dons les plus précieux ;
Là l'induftrieuſe Pomone
A fçû fe ménager un Trône
Dans un Verger délicieux .
Une
OCTOBRE . 1730. 2183
Une impérieufe Terraſſe
Regne fur un vafte terrain ;
₹
On trouve dans ce qu'elle embraffe
Un Canal , un grand Boulingrin ;
L'un & l'autre trompent la vuë ,
Et cette erreur n'eft reconnuë
Qu'en les voyant ſéparément ;
Entr'eux eft l'Empire de Flore ,
Et les fleurs qu'elle y fait éclore
N'en font pas l'unique ornement.
Un nouveau fpectacle m'emporte ;
Ciel ! quelle carriere à fournir !
Dans le beau feu qui me transporte
Je vais lire dans l'avenir ;
Je vois l'eau qui part en furie ,
S'élancer , retomber en pluye ,
Et fe relever vers les Cieux ;
Que de Baffins , que de Cafcades ,
Séjour charmant pour les Naïades
Qui viendront habiter ces lieux !
器
Jardins de Mécene & de Pline ,
Ceffez de vous enorgueillir
De tout ce que l'on imagine
Pour vous peindre & vous embellir ;
N'attendez plus notre fuffrage ;
Venez
£ 184 MERCURE DE FRANCE
Venez vous-même rendre hommage
Aux agrémens de S. Martin ;
Cedez : ici tout vous ſurpaſſe ;
Ce Jardin magnifique efface
Tous les charmes du Laurentin .
Vous qu'un refpect aveugle entraîne
En faveur de l'Antiquité ,
Rompez un moment cette chaîne ,
Et jugez avec liberté ;
Vous conviendrez que nos Ancêtres
Etoient , au prix des nouveaux Maîtres
Novices dans l'Art de planter ;
Et votre efprit devenu libre ,
Oublira les Rives du Tibre
Pour ce que je viens de chanter.
Grand Magiftrat , c'eft ton ouvrage ,
Que fi haut je viens d'élever ;
C'est toi qui plantas ce Bocage ;
Tu prens foin de le cultiver :
C'est là que quittant l'air auftere
Que demande ton miniſtere
Tu goutes d'innocens plaifirs :
C'est là
que
marchant fur les traces
Des Cicerons & des Horaces ,
Tu mets à profit tes loisirs,
Mon
OCTOBRE . 1730. 2185
Mon efprit plein de tes merveilles
T'en offre ce leger crayon :
Heureux ! fi le fruit de mes veilles
Mérite quelque attention ;
Mais fi mon Appollon fidele
Eut voulu feconder mon zele ,
J'allois à l'immortalité
Et dans le Temple de mémoire ,
J'aurois pû tranfmettre ta gloire
A la fage pofterité,
L'Abbé Boyfedi.
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Résumé : LES JARDINS DE S. MARTIN. ODE. A M. de Sainte Marie, Lieutenant. General de Nevers.
Le poème est dédié à M. de Sainte Marie, Lieutenant Général de Nevers, et célèbre les jardins de Saint-Martin. L'auteur invoque l'inspiration pour décrire ces jardins, qu'il compare aux créations du jardinier Le Nôtre. Les jardins offrent de l'ombre à toute heure grâce à leurs sentiers, lits de verdure et vases disposés harmonieusement. Les chants des oiseaux y sont comparés à ceux des cygnes du Méandre. L'auteur admire également la terrasse, le canal, le boulingrin, ainsi que les cascades et bassins. Les jardins de Saint-Martin surpassent ceux de Mécène et de Pline, et l'auteur invite à reconnaître la supériorité des nouveaux maîtres de l'art de planter. Il conclut en rendant hommage à l'œuvre de M. de Sainte Marie, soulignant que les jardins sont le fruit de son travail et de son goût pour les plaisirs innocents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8136
p. 288
Mort de Mr l'Evêque de Nismes, [titre d'après la table]
Début :
A peine les personnes d'une aussi grande distinction & aussi [...]
Mots clefs :
Mort, Evêque de Nîmes
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texteReconnaissance textuelle : Mort de Mr l'Evêque de Nismes, [titre d'après la table]
88 MERCURE
A peine les perfonnes d'une
auffi grande diftinction & auffi
utiles à la Religion que Mr Fléchier , Evêque de Nifmes
font-elles decedées , que la Renommée apprend par tout leur
mort ; mais il n'eft pas aifé
d'en rapporter dans le même
moment toutes les grandes
chofes qui leur ont fait meriter une approbation generale.
Je ne puis donc aujourd'huy
vous apprendre que fa mort ,
& je me trouve obligé de remettre au mois prochain à
vous en parler
A peine les perfonnes d'une
auffi grande diftinction & auffi
utiles à la Religion que Mr Fléchier , Evêque de Nifmes
font-elles decedées , que la Renommée apprend par tout leur
mort ; mais il n'eft pas aifé
d'en rapporter dans le même
moment toutes les grandes
chofes qui leur ont fait meriter une approbation generale.
Je ne puis donc aujourd'huy
vous apprendre que fa mort ,
& je me trouve obligé de remettre au mois prochain à
vous en parler
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8137
p. 286
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye merite bien d'estre examinée. / Il n'est permis qu'à deux Rivales, [...]
Mots clefs :
Billard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que je vous
envoye merite bien d'eftre examinée.
ENIGM E..
Il n'eftpermis qu'à deux Rivales ,
Qui font parfaitement égales ,
De fe battrefur moy toujours impunément.
fay coupsde bâton frequemment ,
Inceffamentfermoy l'on paffe , l'on repaffe.
Fay mes précipices , mes bords ,
Un fer me tient par le milieu du corps ;
Mais nonobftant cette disgrace
Dans toutes les Saifons , fans eſtre diapré,
Je suis toujours vert comme un pré.
envoye merite bien d'eftre examinée.
ENIGM E..
Il n'eftpermis qu'à deux Rivales ,
Qui font parfaitement égales ,
De fe battrefur moy toujours impunément.
fay coupsde bâton frequemment ,
Inceffamentfermoy l'on paffe , l'on repaffe.
Fay mes précipices , mes bords ,
Un fer me tient par le milieu du corps ;
Mais nonobftant cette disgrace
Dans toutes les Saifons , fans eſtre diapré,
Je suis toujours vert comme un pré.
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8138
p. 285-286
Piéce d'Eloquence, [titre d'après la table]
Début :
Le R.P. Porée, Professeur d'Eloquence au College de Louis [...]
Mots clefs :
Éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Piéce d'Eloquence, [titre d'après la table]
Le R. P. Porée;Profelïèur
d'Eloquence, au
Collège a de Louis
?
le
Grand
, a fait un Ditcours
Latin sur la Satyre.
Un de mes amis qui
çftoItdei'Afïèrnbiée, &
qui a une mémoire prqdigieuse
m'en a promis
un Extrait en François
que j'espere vous donner
le mois prochain.
d'Eloquence, au
Collège a de Louis
?
le
Grand
, a fait un Ditcours
Latin sur la Satyre.
Un de mes amis qui
çftoItdei'Afïèrnbiée, &
qui a une mémoire prqdigieuse
m'en a promis
un Extrait en François
que j'espere vous donner
le mois prochain.
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8140
p. 272-273
Le Roy nomma Madame de Beringhen à cette Abbaye. [titre d'après la table]
Début :
Madame de Beringhen sa Niece, qui estoit Religieuse dans cette [...]
Mots clefs :
Abbesse, Nièce, Nominations, Ordres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy nomma Madame de Beringhen à cette Abbaye. [titre d'après la table]
Madame de Beringhen fa
Niece , qui eftoit Religieufe
dans cette Abbaye , luy a fuccedé
, par la Nomination du
Roy. Elle eſt Fille d'Henry ,
1
GALANT. 273
1 Comte de Beringhen , premier
Ecuyer de Sa Majefté ,
Chevalier de fes Ordres
& Gouverneur des Citadel
les de Marſeille ; & de Dame
Anne du Blé d'Huxelles, foeur
de la defunte Abbeffe.
Niece , qui eftoit Religieufe
dans cette Abbaye , luy a fuccedé
, par la Nomination du
Roy. Elle eſt Fille d'Henry ,
1
GALANT. 273
1 Comte de Beringhen , premier
Ecuyer de Sa Majefté ,
Chevalier de fes Ordres
& Gouverneur des Citadel
les de Marſeille ; & de Dame
Anne du Blé d'Huxelles, foeur
de la defunte Abbeffe.
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8141
p. 287-288
ENIGME.
Début :
Bien que d'abord je frape sans parler, [...]
Mots clefs :
Marteau d'une porte
8142
p. 288-289
ENIGME.
Début :
Quoy qu'un nombre infiny dannées [...]
Mots clefs :
Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME
Voy qu'un nombre infiny
dannées
Mait rendu mille & mille
fois,
Maifre & témoin des deftinées,
Er
GALANT. 289.
Et des Royaumes & des Rois ,
Quoy qu'une caduque vieil .
reffe.
Qui conduit doucement les autres
Jau trépas ,
Semble devoir rallentir la vi
reffe,
Dont jeprecipite mes pas ,
Fen'ay point changé de métho
de
,
Je vais toûjours , je cours inceſ-
Samment ,
Et quoy que bien plus vieux
qu'Herode ,
Jefuis encor plus leger que
le
vent .
Voy qu'un nombre infiny
dannées
Mait rendu mille & mille
fois,
Maifre & témoin des deftinées,
Er
GALANT. 289.
Et des Royaumes & des Rois ,
Quoy qu'une caduque vieil .
reffe.
Qui conduit doucement les autres
Jau trépas ,
Semble devoir rallentir la vi
reffe,
Dont jeprecipite mes pas ,
Fen'ay point changé de métho
de
,
Je vais toûjours , je cours inceſ-
Samment ,
Et quoy que bien plus vieux
qu'Herode ,
Jefuis encor plus leger que
le
vent .
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8143
p. 83-84
L'ANONIME BURLESQUE, Sur l'Air, Reveillez-vous belle endormie.
Début :
Reveillez-vous, Seigneur Mercure, [...]
Mots clefs :
Mercure, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ANONIME BURLESQUE, Sur l'Air, Reveillez-vous belle endormie.
L'ANONIME
BUKLESUE
Sur l'Air ,
Reveillez
- vous
belle endormie. REveillez-vous,Seigne--
u--r- *M» e- rcure,
Réveillez^ vostre amy
Lecteur;
Serieuse litterature
Endort le Public &
l'Auteur.
~3L~
Vou4devencTjtrop Philosophe,
Chantez sur v:9'tre premier
ton.
Si vous donnez solide
étoffe,
Eguayez au moins la
façon.
BUKLESUE
Sur l'Air ,
Reveillez
- vous
belle endormie. REveillez-vous,Seigne--
u--r- *M» e- rcure,
Réveillez^ vostre amy
Lecteur;
Serieuse litterature
Endort le Public &
l'Auteur.
~3L~
Vou4devencTjtrop Philosophe,
Chantez sur v:9'tre premier
ton.
Si vous donnez solide
étoffe,
Eguayez au moins la
façon.
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8144
p. 286-287
Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Mr de Vigny, Lieutenant Genéral de l'Artillerie, & Lieutenant [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Colonel, Mademoiselle , Fille aînée, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage, [titre d'après la table]
M' de Vigny , Lieutenant
Genéral de l'Artillerie
•
&
Lieutenant Colonel , commandant
le Regiment des
Fuzeliers Bombardiers du
Roy , époufa fur la fin du
dernier mois Mademoiſelle
Piques , Fille aînée de M' Piques
Confeiller en la Cour
des Aydes , & cy.deva
Réfident pour Sa Majeſté er.
Suéde
lors que la Reyne
GALANT. 287
Chriſtine poffedoit cette
Coronne. M' de Vigny eſt
un Homme fingulier. Je vous
en ay parlé plufieurs fois , &
les Relations des Sieges de
Valenciennes , de Cambray,
& de Luxembourg font fon
éloge. '
Genéral de l'Artillerie
•
&
Lieutenant Colonel , commandant
le Regiment des
Fuzeliers Bombardiers du
Roy , époufa fur la fin du
dernier mois Mademoiſelle
Piques , Fille aînée de M' Piques
Confeiller en la Cour
des Aydes , & cy.deva
Réfident pour Sa Majeſté er.
Suéde
lors que la Reyne
GALANT. 287
Chriſtine poffedoit cette
Coronne. M' de Vigny eſt
un Homme fingulier. Je vous
en ay parlé plufieurs fois , &
les Relations des Sieges de
Valenciennes , de Cambray,
& de Luxembourg font fon
éloge. '
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Résumé : Mariage, [titre d'après la table]
Le texte évoque M. de Vigny, Lieutenant Général de l'Artillerie et Lieutenant Colonel commandant le Régiment des Fusiliers Bombardiers du Roy. Il souligne ses mérites lors des sièges de Valenciennes, Cambrai et Luxembourg. Il mentionne aussi le décès de Mademoiselle Piques, fille de M. Piques, Conseiller à la Cour des Aydes et résident en Suède sous la Reine Christine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8145
p. 286-288
ENIGME.
Début :
Vous ferez part à vos Amies de l'Enigme nouvelle que je / Je suis bon & mauvais, invisible & visible, [...]
Mots clefs :
Serein
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Vous ferez part à vos Amies
de l'Enigme nouvelle que je
vous envoye.
ENIGM E.
E fuis bon & mauvais , inviſible
JB & visible
, JE
On me cherit & craint , & par divers
effets
Flus je merens fenfible,
Plusj'agrée ou déplais.
2
Certain bruit exceffif m'eft fort antipathique
Ainfi que le grandjourje hay lafom²
bre nuit,
Par l'unje fuis comme détruit,
GALANT. 287
L'autre rend mon pouvoir &vain &
chimerique
.
2.
Mon Pere ne me peut fouffrir ,
Si-toft qu'il m'apperçoit ilfuit comme
en colere
Et fans le promptfecours & l'accueil
de ma Mere,
Il me faudroit bientoft perir.
$
Dans cet accablement , dans ces triftes
alarmes ,
Je fuis & nefuisplus , je meurs , &
vis toujours.
Cependant par de certains charmes
Je favorise les Amours .
S
Enfin tout eft en moy bizarre &fort
étrange,
Mon être eft fimple & compofé,
288 MERCURE
Etfi l'on m'a jamais donné quelque
Louange,
Je fuis beaucoup plus méprisé.
de l'Enigme nouvelle que je
vous envoye.
ENIGM E.
E fuis bon & mauvais , inviſible
JB & visible
, JE
On me cherit & craint , & par divers
effets
Flus je merens fenfible,
Plusj'agrée ou déplais.
2
Certain bruit exceffif m'eft fort antipathique
Ainfi que le grandjourje hay lafom²
bre nuit,
Par l'unje fuis comme détruit,
GALANT. 287
L'autre rend mon pouvoir &vain &
chimerique
.
2.
Mon Pere ne me peut fouffrir ,
Si-toft qu'il m'apperçoit ilfuit comme
en colere
Et fans le promptfecours & l'accueil
de ma Mere,
Il me faudroit bientoft perir.
$
Dans cet accablement , dans ces triftes
alarmes ,
Je fuis & nefuisplus , je meurs , &
vis toujours.
Cependant par de certains charmes
Je favorise les Amours .
S
Enfin tout eft en moy bizarre &fort
étrange,
Mon être eft fimple & compofé,
288 MERCURE
Etfi l'on m'a jamais donné quelque
Louange,
Je fuis beaucoup plus méprisé.
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8146
p. 288-290
Dissertation courte & sçavante sur le langage des Logogrifes. [titre d'après la table]
Début :
J'ay maintenant, Messieurs, quelque chose de bien plus interessant [...]
Mots clefs :
Logogriphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertation courte & sçavante sur le langage des Logogrifes. [titre d'après la table]
J'ay maintenant,Meſſieurs,
quelque choſe de bien plus intereſſant
à vous conter , que
tout
GALANT. 289
tout ce que vous avez lû juſqu'à
preſent ,j'ay des Logogrifes
à vous propoſer. Quelbarbare
mot pour le peuple &
pour la Province ! des Logogri.
fes ! ouy, vous dis-je , des Logogrifes
,&il n'eſt pas aujourd'huy
permis à d'honnêtes
gens , comme vous , d'ignorer
que c'eſt une nouvelle façon
d'écrire , familiere à la Cour ,
qui devient àla mode àlaVille,
& qui eſt d'autant plus refpec.
table, que c'eſt une eſpece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdesEgyptiens.
Pour moyje neſçaurois regar-
Decembre 1715 . Bb
290 MERCURE
derun Logogrife entre deux yeux,
ſans m'imaginer voir à l'inſtant un
Taliſman, unObeliſque , une Pyramide
, ou même un Crocodile,
quelque choſe de bien plus intereſſant
à vous conter , que
tout
GALANT. 289
tout ce que vous avez lû juſqu'à
preſent ,j'ay des Logogrifes
à vous propoſer. Quelbarbare
mot pour le peuple &
pour la Province ! des Logogri.
fes ! ouy, vous dis-je , des Logogrifes
,&il n'eſt pas aujourd'huy
permis à d'honnêtes
gens , comme vous , d'ignorer
que c'eſt une nouvelle façon
d'écrire , familiere à la Cour ,
qui devient àla mode àlaVille,
& qui eſt d'autant plus refpec.
table, que c'eſt une eſpece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdesEgyptiens.
Pour moyje neſçaurois regar-
Decembre 1715 . Bb
290 MERCURE
derun Logogrife entre deux yeux,
ſans m'imaginer voir à l'inſtant un
Taliſman, unObeliſque , une Pyramide
, ou même un Crocodile,
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8147
p. 290-292
CHANSON.
Début :
Voyons maintenant ce que nous ferons du reste de ce Livre, / Je ne veux sortant de la vie, [...]
Mots clefs :
Vin de Bourgogne, Bouillon, Cérémonie, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
Voyons maintenant ceque
nous ferons du reſte de ce Livre
, qui me paroît déja bien
GALANT. 291
avancé , ſinon , je vous avouë
qu'il me paroît bien long , &
que la plume me tombe des
mains. L'Histoire entiere &
nouvelle de Mehemet Riza
Beg , Ambaſſadeur de Perſe ,
& que je vous donneray dans
dix jours , revûë , augmentéc
de la moitié , & toute corrigée,
aépuisé en verité ma tête
, mes yeux , & mes doigts ,
&il ne me reſte à preſent de
courage tout au plus,que pour
vous propoſer de chanter ma
Chanfon & de deviner mes
Enigmes , que je vais , avec
voſtre permiffion , vous don-
Bb ij
292 MERCURE
ner ſans ceremonie.
CHANSON.
Je ne veuxfortant de la vie .
Nilugubreceremonie ,
Ni tenture , ni carillon ;
Maisque mon beritier digne fils
d'un yurogne ,
Dans unmuidde vinde Bourgogne
,
$
Mefaffe mettre au courtboüillon.
nous ferons du reſte de ce Livre
, qui me paroît déja bien
GALANT. 291
avancé , ſinon , je vous avouë
qu'il me paroît bien long , &
que la plume me tombe des
mains. L'Histoire entiere &
nouvelle de Mehemet Riza
Beg , Ambaſſadeur de Perſe ,
& que je vous donneray dans
dix jours , revûë , augmentéc
de la moitié , & toute corrigée,
aépuisé en verité ma tête
, mes yeux , & mes doigts ,
&il ne me reſte à preſent de
courage tout au plus,que pour
vous propoſer de chanter ma
Chanfon & de deviner mes
Enigmes , que je vais , avec
voſtre permiffion , vous don-
Bb ij
292 MERCURE
ner ſans ceremonie.
CHANSON.
Je ne veuxfortant de la vie .
Nilugubreceremonie ,
Ni tenture , ni carillon ;
Maisque mon beritier digne fils
d'un yurogne ,
Dans unmuidde vinde Bourgogne
,
$
Mefaffe mettre au courtboüillon.
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8148
p. 282-285
Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes, [titre d'après la table]
Début :
La premiere Enigme du dernier mois, dont le mot estoit [...]
Mots clefs :
Énigme, Orange, Mot, Réponses, Liste de noms, Monsieur, Madame, Perruque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes, [titre d'après la table]
La premiere Enigme da
dernier mois?, dont le mot
eſtoit l'Orange , a efté expli
quée dans ſon vray ſens par
Ms Terrier de Chapouval;
Picard de Noblan , du Collé
ge de Preſle ; l'Olivier de Peronne
, & L. Boucher, ancien
ASA
GALANT 283
Curé de Nogent le Roy , ce
dernieren Versioύς
SD
Ceux qui ont expliqué la
ſeconde fur la Perruque , qui
en eſtoit le vray ſens , font
M'Leger de la Verbiffonne;
Comiers; Cherpy , Prieur de
la Rigaudiere de Nantes,
Etienne , Préſident à Senlis
; La Giraudiere, de la Ruë
Maubue ce dernier en
Vers; Tamiriſte de la Ruë de
la Ceriſave ; Liſis de la Ruë
Saint Martin ; J. R. le Com
plaiſant de la Cour du Palais ,
Mademoiſelle Nanon Chef
feret de la vieille Ruë di
•
Aa ij
284 MERCURE
:
1
Temple , en Vers ; la Petite
Tonton Jamar de Sens ; la
Blonde Loüifon ; la Migna-
Ture du Cloitre Sainte Geneviefve;
la Petite Marote du
Tertre de la Rue du Four ; la
Jeune Marchande des Sciences
du Quay des Auguſtins;
la Charmante Picarde du
mefme Quay , & l'Eveillée
Parifienne du meſme lieu.
Voicy les noms de ceux
qui ont trouvé le vray Sens
de l'une & de l'autre . Mademoiſelle
de la Bertoche de
Doullans ; & Mrs de l'Hôpi
tal, Lieutenant au Grenier à
GALANT 285
Sel,& de Fleffel de Vermol
letde Doullans En Vers. Mademoiselle
de Launay ; Buret
de Vitré , M'l'Epiney-Buret;
C. Hutuge d'Orleans , & le
Rival du Charbonnier de
Rheims
dernier mois?, dont le mot
eſtoit l'Orange , a efté expli
quée dans ſon vray ſens par
Ms Terrier de Chapouval;
Picard de Noblan , du Collé
ge de Preſle ; l'Olivier de Peronne
, & L. Boucher, ancien
ASA
GALANT 283
Curé de Nogent le Roy , ce
dernieren Versioύς
SD
Ceux qui ont expliqué la
ſeconde fur la Perruque , qui
en eſtoit le vray ſens , font
M'Leger de la Verbiffonne;
Comiers; Cherpy , Prieur de
la Rigaudiere de Nantes,
Etienne , Préſident à Senlis
; La Giraudiere, de la Ruë
Maubue ce dernier en
Vers; Tamiriſte de la Ruë de
la Ceriſave ; Liſis de la Ruë
Saint Martin ; J. R. le Com
plaiſant de la Cour du Palais ,
Mademoiſelle Nanon Chef
feret de la vieille Ruë di
•
Aa ij
284 MERCURE
:
1
Temple , en Vers ; la Petite
Tonton Jamar de Sens ; la
Blonde Loüifon ; la Migna-
Ture du Cloitre Sainte Geneviefve;
la Petite Marote du
Tertre de la Rue du Four ; la
Jeune Marchande des Sciences
du Quay des Auguſtins;
la Charmante Picarde du
mefme Quay , & l'Eveillée
Parifienne du meſme lieu.
Voicy les noms de ceux
qui ont trouvé le vray Sens
de l'une & de l'autre . Mademoiſelle
de la Bertoche de
Doullans ; & Mrs de l'Hôpi
tal, Lieutenant au Grenier à
GALANT 285
Sel,& de Fleffel de Vermol
letde Doullans En Vers. Mademoiselle
de Launay ; Buret
de Vitré , M'l'Epiney-Buret;
C. Hutuge d'Orleans , & le
Rival du Charbonnier de
Rheims
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Résumé : Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes, [titre d'après la table]
Le texte décrit les solutions apportées à deux énigmes. La première énigme, dont le mot était 'Orange', a été résolue par plusieurs personnes, notamment Ms Terrier de Chapouval, Picard de Noblan, l'Olivier de Peronne, et L. Boucher, Curé de Nogent le Roy. La seconde énigme, dont le mot était 'Perruque', a été expliquée par M. Leger de la Verbiffonne, Comiers, Cherpy, Prieur de la Rigaudiere de Nantes, Etienne, Président à Senlis, ainsi que d'autres individus listés dans le texte. Parmi eux, certains ont exprimé leurs solutions en vers, comme Tamiriste de la Rue de la Cerisave, J. R. le Complaisant de la Cour du Palais, et la Petite Tonton Jamar de Sens. Le texte mentionne également des personnes ayant trouvé le vrai sens des deux énigmes, telles que Mademoiselle de la Bertoche de Doullans, Mrs de l'Hôpital, et Mademoiselle de Launay.
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8149
p. 1-4
Lettre de Saragosse du 12 Juillet.
Début :
Le Roy, la Reine & le Prince sont toûjours à Corella, [...]
Mots clefs :
Saragosse, Troupes, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Saragosse du 12 Juillet.
Lettre de Saragosse du12 Juillet.
Le Roy, la Reine& le
Princesonttoûjours à Corella,
crl'onAffure qu'ilsy resteront
jusquesaprés les grandes chaleurs,
qu'ils retourneront à
Madrid.
On a transporté ici cent
mille mesures de bled C- de
farine qui étoient en reserve à
Zafaglia dans la Navarre, on
,va les conduire à Lerida. Ona
aujji faittransporter à Pampelune
les Armes & les Munitions
qu'on a apportées de
France.
Monsieur le Comte de
Muret quicommande les Troupes
Françoises qui ont passé
en Espagne a attaquéun Corps
de Troupes des ennemis qui
s'éstoit retranchésur la Segre,
les à fOrceZ dans leurs retranchements
) en afait cinq cens
prisonniers
,
enatué un grand
nombre, & pris tous leurs
Bagages.
Un Party de Miquelets,
s'estantjoint à un grand nombre
de Volontaires marcherent
à Mongon, où le Regiment
de Chastillon Cavalerie
estoit en quartier, à dessein de
le surprendre& de l'enlever;
maisles Officiers de ce Regiment
en ayant eû avisse preéparerent
à les combattre. Ils
les reçurent avec une si bonne
contenance qu'ils les rompirent
en t'eurent beaucoup, & firent
quatre-vingt prisonniers dont
plusieurs furent aussi-tout
pendus.
Le Roy, la Reine& le
Princesonttoûjours à Corella,
crl'onAffure qu'ilsy resteront
jusquesaprés les grandes chaleurs,
qu'ils retourneront à
Madrid.
On a transporté ici cent
mille mesures de bled C- de
farine qui étoient en reserve à
Zafaglia dans la Navarre, on
,va les conduire à Lerida. Ona
aujji faittransporter à Pampelune
les Armes & les Munitions
qu'on a apportées de
France.
Monsieur le Comte de
Muret quicommande les Troupes
Françoises qui ont passé
en Espagne a attaquéun Corps
de Troupes des ennemis qui
s'éstoit retranchésur la Segre,
les à fOrceZ dans leurs retranchements
) en afait cinq cens
prisonniers
,
enatué un grand
nombre, & pris tous leurs
Bagages.
Un Party de Miquelets,
s'estantjoint à un grand nombre
de Volontaires marcherent
à Mongon, où le Regiment
de Chastillon Cavalerie
estoit en quartier, à dessein de
le surprendre& de l'enlever;
maisles Officiers de ce Regiment
en ayant eû avisse preéparerent
à les combattre. Ils
les reçurent avec une si bonne
contenance qu'ils les rompirent
en t'eurent beaucoup, & firent
quatre-vingt prisonniers dont
plusieurs furent aussi-tout
pendus.
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Résumé : Lettre de Saragosse du 12 Juillet.
Le 12 juillet, le roi, la reine et le prince résident à Corella, où ils resteront jusqu'à la fin des grandes chaleurs avant de retourner à Madrid. Cent mille mesures de blé et de farine, initialement stockées à Zafaglia en Navarre, ont été transportées à Saragosse et seront ensuite dirigées vers Lerida. Des armes et des munitions apportées de France ont été acheminées à Pampelune. Le comte de Muret, commandant des troupes françaises en Espagne, a attaqué un corps ennemi sur la Segre, faisant cinq cents prisonniers, tuant de nombreux ennemis et s'emparant de leurs bagages. Par ailleurs, un groupe de Miquelets, rejoint par des volontaires, a tenté de surprendre le régiment de Chastillon Cavalerie à Mongon. Les officiers de ce régiment, prévenus à l'avance, ont repoussé l'attaque, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi et capturant quatre-vingt prisonniers, dont plusieurs ont été pendus.
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8150
p. 260-264
MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
Début :
Train de Carrosse inversable, par conséquent moins dangereux, et pour [...]
Mots clefs :
Carrosse, Voitures, Chevaux, Train, Roues, Académie des sciences
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
MEMOIRE là l'Academie des
Sciences , le 24 Novembre 1731. par
M. du Quet.
>
Rain de Carrosse inversable , par
conséquent moins dangereux , et
pour être porté aussi doucement que dans
un Batteau , beaucoup plus en seureté
sur lequel on pourra lire et écrire , sans
être interrompu par le bruit , que les
Roues causent en roulant sur le pavé,
quoiqu'on aille aussi vîte que sur les Carosses ordinaires.
-Les
FEVRIER. 1732. 267
Les Roues qui servent actuellement
quoique tres- utiles , ont pourtant des défauts tres-considérables lorsqu'elles roulent sur le pavé, ou à cause de son inégalité , elles sont obligées de rouler toujours en sautillant , outre que ce sautillement continuel oblige de faire le Train
et le Corps du Carosse plus fort pour y
résister; il faut encore suspendre le Corps,
y ajouter une quantité de fers qui rend
tout cet assemblage tres- pesant et ébranle le pavé ; les Essieux d'un autre côté ,
qui sont sujets à casser par cet ébranlement continuel , ajoutent encore un
poids de plusieurs quintaux , qui se fait
sentir tres - rudement , lorsque les Carrosses montent sur un plan incliné , plus
ou moins , selon l'inclinaison du plan.
,
Ce ne sont pas là les seuls deffauts des
Rouës , leur propre pesanteur lorsqu'elles
montent est un surcroît de difficulté
pour les Chevaux , parce qu'ils portent
la moitié de tout le fardeau , lorsqu'ils
montent sur un plan , dont la ligne est
entre la perpendiculaire et l'horisontale ;
d'ailleurs les Roues étant faites de bois ,
sont sujettes à la pourriture , et il arrive
souvent que les rayes des Roues étant parvenues à un certain dégré de pourriture
imprévoyable,elles se brisent et tout tombe
262 MERCURE DE FRANCE
be, en grand danger de faire périr ceux
qui sont dans le Carosse; ces accidens n'arrivent que trop souvent.
Les Hollandois , considerant le fracas
que ces Roues causent par la destruction
des plans où elles passent en y faisant de
profondes ornieres , considerant aussi la
dépense qu'elles obligent de faire , et la
peine des Chevaux , lorsqu'ils sont obligez de monter les plans inclinez , en ont
secoué le joug , en appliquant le corps
du Carosse sur des Traineaux , de même
que nous voyons icy trainer les Balots
de Marchandises, ce qui doit être de tresmauvaise grace à l'œil.
La figure du Train que j'ai l'honneur”
de presenter , éleve le corps du Carosse
à la même hauteur que ceux dont on se
sert actuellement , et l'on y peut donner
tel ornement qu'on voudra , en faisant
travailler les ouvriers qui auront dugoût
pour cela. Il faut remarquer que le corps
du Carosse et le Train , ne faisant ensemble qu'un seul et mêmecorps, les Chevaux qui le traîneront n'auront pas plus
de peine qu'aux Carosses ordinaires sur le
pavé de niveau , et ils en auront moins
en montant qu'avec les autres , à cause de
la legereté de ces nouvelles voitures et de
pesanteur des Carosses ordinaires , qui la
avec
FEVRIER. 1732. 263
avec leur Train , pesent au moins le triple , et que les frotemens ne sont que
par rapport à la pesanteur ou à la pres
sion.
Le plan incliné , sur lequel j'ai appliqué une portion de représentation de pa
vé , peut faire aisément connoître la différence qu'il y a entre rouler et traîner
puisque l'on voit qu'un même poids fait
monter ce modele plus facilement , en le
traînant sur ce plan incliné , qu'en le
faisant monter avec les rouës.
Les Cochers qui sont assis sur les petites Rouës , qui sautillent davantage que
les grandes , gouverneront ces voitures
beaucoup plus à leur aise. Les Laquais seront aussi portez plus doucement ; ainsi
on peut conclure que les Maîtres et leurs
Domestiques seront plus en seureté sur
ces nouvelles voitures , que sur celles de
l'ordinaire , et avec plus de commodité.
Le Roy , les Proprietaires des Maisons
et le public ont interêr que ces nouvelles
voitures soient en usage dans Paris , dont
le pavé humecté toute l'année , convient
parfaitement à ce tirage.
L'interêt du Roy s'y trouve , par rap
port au roulage,qui ébranle le pavé, qu'il
ne faudroit pas renouveller aussi souvent,
les Proprietaires des Maisons , à cause que
cet
264 MERCURE DE FRANCE
cet ébranlement peut endommager les fon--
demens de leurs Bâtimens ; le public, par
rapport au bruit du roulage et du danger
qu'il y a lorsqu'un Carosse verse pour
ceux qui passent à côté , soit qu'un des
Essieux manque , soit une des Rouës.
On peut encore ajouter à l'avantage de
ces nouvelles voitures , que lorsque les
Chevaux prennent le mors aux dents ,
ceux qui seront dans ces voitures , pourront sortir hors du Carosse , sans courir
le même danger du funeste accident qui
est arrivé à Madame la Présidente de la
Chaise , et à bien d'autres personnes de
distinction qui ont péri , faute de l'usade ces nouvelles voitures.
ge
On doit encore représenter que lorsque
les Chevaux prennent le mors aux dents ,
le Carosse allant à leur gré , et sans pouvoir être gouverné par le Cocher , il est
exposé à se heurter contre la premiere
borne , qui cause un choc , qui fait quitter la Cheville ouvriere , alors le Cocher
est en danger de perdre la vie , sans parler du fracas qui arrive au corps du Carosse et au Train , et du danger que les
personnes de pied courent d'être surprises à la rencontre d'un pareil accident.
O
Sciences , le 24 Novembre 1731. par
M. du Quet.
>
Rain de Carrosse inversable , par
conséquent moins dangereux , et
pour être porté aussi doucement que dans
un Batteau , beaucoup plus en seureté
sur lequel on pourra lire et écrire , sans
être interrompu par le bruit , que les
Roues causent en roulant sur le pavé,
quoiqu'on aille aussi vîte que sur les Carosses ordinaires.
-Les
FEVRIER. 1732. 267
Les Roues qui servent actuellement
quoique tres- utiles , ont pourtant des défauts tres-considérables lorsqu'elles roulent sur le pavé, ou à cause de son inégalité , elles sont obligées de rouler toujours en sautillant , outre que ce sautillement continuel oblige de faire le Train
et le Corps du Carosse plus fort pour y
résister; il faut encore suspendre le Corps,
y ajouter une quantité de fers qui rend
tout cet assemblage tres- pesant et ébranle le pavé ; les Essieux d'un autre côté ,
qui sont sujets à casser par cet ébranlement continuel , ajoutent encore un
poids de plusieurs quintaux , qui se fait
sentir tres - rudement , lorsque les Carrosses montent sur un plan incliné , plus
ou moins , selon l'inclinaison du plan.
,
Ce ne sont pas là les seuls deffauts des
Rouës , leur propre pesanteur lorsqu'elles
montent est un surcroît de difficulté
pour les Chevaux , parce qu'ils portent
la moitié de tout le fardeau , lorsqu'ils
montent sur un plan , dont la ligne est
entre la perpendiculaire et l'horisontale ;
d'ailleurs les Roues étant faites de bois ,
sont sujettes à la pourriture , et il arrive
souvent que les rayes des Roues étant parvenues à un certain dégré de pourriture
imprévoyable,elles se brisent et tout tombe
262 MERCURE DE FRANCE
be, en grand danger de faire périr ceux
qui sont dans le Carosse; ces accidens n'arrivent que trop souvent.
Les Hollandois , considerant le fracas
que ces Roues causent par la destruction
des plans où elles passent en y faisant de
profondes ornieres , considerant aussi la
dépense qu'elles obligent de faire , et la
peine des Chevaux , lorsqu'ils sont obligez de monter les plans inclinez , en ont
secoué le joug , en appliquant le corps
du Carosse sur des Traineaux , de même
que nous voyons icy trainer les Balots
de Marchandises, ce qui doit être de tresmauvaise grace à l'œil.
La figure du Train que j'ai l'honneur”
de presenter , éleve le corps du Carosse
à la même hauteur que ceux dont on se
sert actuellement , et l'on y peut donner
tel ornement qu'on voudra , en faisant
travailler les ouvriers qui auront dugoût
pour cela. Il faut remarquer que le corps
du Carosse et le Train , ne faisant ensemble qu'un seul et mêmecorps, les Chevaux qui le traîneront n'auront pas plus
de peine qu'aux Carosses ordinaires sur le
pavé de niveau , et ils en auront moins
en montant qu'avec les autres , à cause de
la legereté de ces nouvelles voitures et de
pesanteur des Carosses ordinaires , qui la
avec
FEVRIER. 1732. 263
avec leur Train , pesent au moins le triple , et que les frotemens ne sont que
par rapport à la pesanteur ou à la pres
sion.
Le plan incliné , sur lequel j'ai appliqué une portion de représentation de pa
vé , peut faire aisément connoître la différence qu'il y a entre rouler et traîner
puisque l'on voit qu'un même poids fait
monter ce modele plus facilement , en le
traînant sur ce plan incliné , qu'en le
faisant monter avec les rouës.
Les Cochers qui sont assis sur les petites Rouës , qui sautillent davantage que
les grandes , gouverneront ces voitures
beaucoup plus à leur aise. Les Laquais seront aussi portez plus doucement ; ainsi
on peut conclure que les Maîtres et leurs
Domestiques seront plus en seureté sur
ces nouvelles voitures , que sur celles de
l'ordinaire , et avec plus de commodité.
Le Roy , les Proprietaires des Maisons
et le public ont interêr que ces nouvelles
voitures soient en usage dans Paris , dont
le pavé humecté toute l'année , convient
parfaitement à ce tirage.
L'interêt du Roy s'y trouve , par rap
port au roulage,qui ébranle le pavé, qu'il
ne faudroit pas renouveller aussi souvent,
les Proprietaires des Maisons , à cause que
cet
264 MERCURE DE FRANCE
cet ébranlement peut endommager les fon--
demens de leurs Bâtimens ; le public, par
rapport au bruit du roulage et du danger
qu'il y a lorsqu'un Carosse verse pour
ceux qui passent à côté , soit qu'un des
Essieux manque , soit une des Rouës.
On peut encore ajouter à l'avantage de
ces nouvelles voitures , que lorsque les
Chevaux prennent le mors aux dents ,
ceux qui seront dans ces voitures , pourront sortir hors du Carosse , sans courir
le même danger du funeste accident qui
est arrivé à Madame la Présidente de la
Chaise , et à bien d'autres personnes de
distinction qui ont péri , faute de l'usade ces nouvelles voitures.
ge
On doit encore représenter que lorsque
les Chevaux prennent le mors aux dents ,
le Carosse allant à leur gré , et sans pouvoir être gouverné par le Cocher , il est
exposé à se heurter contre la premiere
borne , qui cause un choc , qui fait quitter la Cheville ouvriere , alors le Cocher
est en danger de perdre la vie , sans parler du fracas qui arrive au corps du Carosse et au Train , et du danger que les
personnes de pied courent d'être surprises à la rencontre d'un pareil accident.
O
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Résumé : MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
Le 24 novembre 1731, M. du Quet présente à l'Académie des Sciences un mémoire proposant un nouveau type de carrosse inversable, conçu pour être plus sûr et plus confortable que les modèles traditionnels. Les roues des carrosses actuels présentent plusieurs inconvénients : elles provoquent des secousses sur les pavés inégaux, nécessitent des structures lourdes et des suspensions, et sont sujettes à la casse et à la pourriture. Les Hollandais ont déjà adopté des traîneaux pour pallier ces problèmes. Le nouveau modèle de carrosse proposé par M. du Quet élève le corps du véhicule à la même hauteur que les carrosses actuels, mais il est plus léger et plus facile à traîner, notamment sur les plans inclinés. Ce modèle offre un trajet plus doux et plus sûr pour les cochers et les laquais. Le roi, les propriétaires de maisons et le public ont intérêt à adopter ces nouvelles voitures, car elles réduisent l'ébranlement du pavé, le bruit et les dangers liés aux accidents de carrosse. En cas de fuite des chevaux, les occupants pourront sortir en sécurité, évitant ainsi des accidents mortels comme celui survenu à Madame la Présidente de la Chaise. Le document met également en lumière les dangers pour les piétons en cas de choc du carrosse contre une borne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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