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p. 1997-1999
« L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
Début :
L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Buste, Sculpture, Chapelle, Tableau, Assomption
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texteReconnaissance textuelle : « L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
L'attention continuelle & particuliere que nous
avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts ,
nous oblige à ne pas garder le silence sur un Ouvrage public et singulier. On le voit à Paris dans
la Chapelle de la Vierge de l'Eglise Paroissiale
de S. Sauveur , où l'on a fait un heureux alliage
de la Peinture , de la Sculpture et de l'Architecture.
Cette Chapelle est peinte par M. Noël- Nico-
1998 MERCURE DE FRANCE
las Coypel , Peintre ordinaire du Roi , et Adjoint-Professeur en son Académie. L'Architecture de l'Autel est de M. Blondel , Architecte du
Roi , d'un ordre composite. Il est adossé contre
le mur des bas côtez de l'Eglise ; on le découvre
aisément par trois grandes arcades par où l'on
entre dans la Chapelle. Quatre pilliers dans les
encoigneures reçoivent la retombée de quatre
pendentifs qui rachetent le tambour d'une coupole de 22 pieds de diametre.
Le Tableau represente l'Assomption de la sainte Vierge. Elle paroît dans un ravissement de
joye convenable au Sujet ; plusieurs Anges l'en- vironnent dans différentes actions d'admiration
et de respect ; ce morceau comme sujet principal
occupe la partie qui eft précisément au- dessus de
P'Autel , & attire les premiers regards. Plusieurs
Groupes d'Anges , les uns peints , les autres en
sculpture de relief , sont representés dans les
pendentifs et sur le couronnement de l'Autel ;
quelques-uns forment des concerts , et la plus
grande partie pour honorer le Triomphe de la
Vierge , exposent à la vûë l'Arche d'Alliance ' et
ses autres symboles. Toutes ces Peintures et
Sculptures sont au- dessous de la Corniche , c'està- dire , à 19 ou 20 pieds de haut.
Le Plafond represente un Ciel qui s'ouvre pour
recevoir la sainte Vierge , le S. Esprit descend
au devant d'elle , le Pere Eternel est assis , ayant
J. C. à sa droite ; il est environné d'Anges et de
Saints Patriarches , et de quelques Saints du
nouveau Testament , n'y ayant introduit que
ceux qui y étoient placez lorsque la sainte Vierge y fut reçûe.
Cette voûte est presque platte , et n'a que sept
pouces de bombement. Les Sculptures que l'on voit
SEPTEMBR E. 1732. 1999
Voit dans cet Ouvrage sont de M. Jean- Baptiste
le Moine , le fils , Sculpteur de l'Académie Roya
le , qui dans une grande jeunesse a déja tout le
mérite d'un homme consommé dans son Art ,
& qui a sçû traiter sa Sculpture avec toute l'intelligence possible, pour qu'elle se liât avec la Peinture , M. Coypel ne s'étant servi de sculpture que dans les endroits où les saillies de l'Architecture
ne lui permettoient pas d'introduire la Peinture
et en même tems pour lier toute sa composition ;
ensorte que cela pût produire un même tout , et
donner plus de mouvement à tout le Sujet. Les
Curieux qui ont été voir cet Ouvrage , l'unique
que nous ayons en France de cette espece , ont
trouvé que les liaisons étoient justes , et que l'habile Peintre avoit heureusement rempli ce qu'on
attendoit de lui pour l'effet de cet Ouvrage singulier.
>
M. le Moine , dont nous venons de parler est
le même qui a fait depuis peu le Portrait du Roi
en Buste , d'une ressemblance parfaite , où l'on trouve toutes les finesses de l'Art. Ce Buste doit
servir de modele pour la Statue Equestre en bronze , à laquelle M. le Moine travaille actuellement pour la Ville de Bordeaux. On en voit
avec grand plaisir le modele dans son Attelier au Roule.
avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts ,
nous oblige à ne pas garder le silence sur un Ouvrage public et singulier. On le voit à Paris dans
la Chapelle de la Vierge de l'Eglise Paroissiale
de S. Sauveur , où l'on a fait un heureux alliage
de la Peinture , de la Sculpture et de l'Architecture.
Cette Chapelle est peinte par M. Noël- Nico-
1998 MERCURE DE FRANCE
las Coypel , Peintre ordinaire du Roi , et Adjoint-Professeur en son Académie. L'Architecture de l'Autel est de M. Blondel , Architecte du
Roi , d'un ordre composite. Il est adossé contre
le mur des bas côtez de l'Eglise ; on le découvre
aisément par trois grandes arcades par où l'on
entre dans la Chapelle. Quatre pilliers dans les
encoigneures reçoivent la retombée de quatre
pendentifs qui rachetent le tambour d'une coupole de 22 pieds de diametre.
Le Tableau represente l'Assomption de la sainte Vierge. Elle paroît dans un ravissement de
joye convenable au Sujet ; plusieurs Anges l'en- vironnent dans différentes actions d'admiration
et de respect ; ce morceau comme sujet principal
occupe la partie qui eft précisément au- dessus de
P'Autel , & attire les premiers regards. Plusieurs
Groupes d'Anges , les uns peints , les autres en
sculpture de relief , sont representés dans les
pendentifs et sur le couronnement de l'Autel ;
quelques-uns forment des concerts , et la plus
grande partie pour honorer le Triomphe de la
Vierge , exposent à la vûë l'Arche d'Alliance ' et
ses autres symboles. Toutes ces Peintures et
Sculptures sont au- dessous de la Corniche , c'està- dire , à 19 ou 20 pieds de haut.
Le Plafond represente un Ciel qui s'ouvre pour
recevoir la sainte Vierge , le S. Esprit descend
au devant d'elle , le Pere Eternel est assis , ayant
J. C. à sa droite ; il est environné d'Anges et de
Saints Patriarches , et de quelques Saints du
nouveau Testament , n'y ayant introduit que
ceux qui y étoient placez lorsque la sainte Vierge y fut reçûe.
Cette voûte est presque platte , et n'a que sept
pouces de bombement. Les Sculptures que l'on voit
SEPTEMBR E. 1732. 1999
Voit dans cet Ouvrage sont de M. Jean- Baptiste
le Moine , le fils , Sculpteur de l'Académie Roya
le , qui dans une grande jeunesse a déja tout le
mérite d'un homme consommé dans son Art ,
& qui a sçû traiter sa Sculpture avec toute l'intelligence possible, pour qu'elle se liât avec la Peinture , M. Coypel ne s'étant servi de sculpture que dans les endroits où les saillies de l'Architecture
ne lui permettoient pas d'introduire la Peinture
et en même tems pour lier toute sa composition ;
ensorte que cela pût produire un même tout , et
donner plus de mouvement à tout le Sujet. Les
Curieux qui ont été voir cet Ouvrage , l'unique
que nous ayons en France de cette espece , ont
trouvé que les liaisons étoient justes , et que l'habile Peintre avoit heureusement rempli ce qu'on
attendoit de lui pour l'effet de cet Ouvrage singulier.
>
M. le Moine , dont nous venons de parler est
le même qui a fait depuis peu le Portrait du Roi
en Buste , d'une ressemblance parfaite , où l'on trouve toutes les finesses de l'Art. Ce Buste doit
servir de modele pour la Statue Equestre en bronze , à laquelle M. le Moine travaille actuellement pour la Ville de Bordeaux. On en voit
avec grand plaisir le modele dans son Attelier au Roule.
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Résumé : « L'attention continuelle & particuliere que nous avons sur tout ce qui regarde les beaux Arts, [...] »
La chapelle de l'église paroissiale de Saint-Sauveur à Paris présente une œuvre publique remarquable combinant peinture, sculpture et architecture. Noël Nicolas Coypel, peintre du roi et adjoint-professeur à l'Académie royale de peinture et de sculpture, a peint la chapelle. L'architecture de l'autel, de style composite, est conçue par Jacques-François Blondel, architecte du roi. L'autel est adossé au mur des bas-côtés de l'église et accessible par trois grandes arcades. Quatre piliers supportent des pendentifs qui soutiennent une coupole de 22 pieds de diamètre. Le tableau principal représente l'Assomption de la Vierge Marie, entourée d'anges en diverses attitudes d'admiration et de respect. Des groupes d'anges, peints et sculptés en relief, sont présents dans les pendentifs et sur le couronnement de l'autel. Le plafond illustre le ciel s'ouvrant pour recevoir la Vierge, avec le Saint-Esprit descendant à sa rencontre, le Père Éternel assis avec Jésus-Christ à sa droite, et des anges ainsi que des saints patriarches et saints du Nouveau Testament. Les sculptures sont réalisées par Jean-Baptiste le Moine, sculpteur de l'Académie royale, qui a su intégrer harmonieusement la sculpture et la peinture. Les visiteurs ont apprécié la justesse des liaisons entre les différents éléments artistiques. Le Moine a également réalisé un buste du roi, servant de modèle pour une statue équestre en bronze pour la ville de Bordeaux, visible dans son atelier au Roule.
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2
p. 52-56
LETTRE aux Auteurs du Mercure en conséquence de celle qui se trouve dans le second volume de Juin 1747 à la page 81.
Début :
Puisque M. Ga. de Dammartin se persuade qu'il est arrivé au but pour ce [...]
Mots clefs :
Piment, Paris, Assomption, Prieur, Église de Notre-Dame de Paris
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE aux Auteurs du Mercure en conséquence de celle qui se trouve dans le second volume de Juin 1747 à la page 81.
LETTRE aux Auteurs du Mercure en
conféquence de celle qui fe trouve dans le
fecond volume de Juin 1747 à la page
81.
Uifque M. Ga. de Dammartin fe per
fuade qu'il eft arrivé au butpour ce
qui eftdel'interpretationdu motFragonou
Fraçon dont les Bollandiftes n'ontpu don
ner l'explication , & celaà lafaveur des li
vres qui traitent de Pharmacie & de Dro
gues, il trouvera bon que je m'adreffe à
lui par la voie du Mercure pour avoir
l'intelligence d'un autre terme qui certai
nement regarde les Droguiftes. Il y a à
la vérité dans le Gloffaire de Du Cange
un article affés longfur ce mot,mais il ne
fatisfait pas à mes difficultés.
Il s'agit du terme Latin Pigmentumqui
fe rend en François par Piement ou Pi
AOUS T. 1747. 53
ment. Ce qui m'oblige à faire une per
quifition fur ce mot , eft un endroit de
Sauval tome 2 des antiquités de Paris page
459. Ony lit dans l'article intitulé , Re
devancesdues aux gens d'Eglife , ces lignes:
Bien que les redevances duesau Chapi
tre deNotre-Dame ne cédaffent en rien
»pour le nombre à celles de Saint Denis,
on fecontentera pourtant de ce que j'en
rapporterai ici. Les Prieurs du Doyenné
d'Iffy lui devoient autrefois tous les
*
ans la veille de l'Affomptionune char
rette de piement. Celui de Mailly en
1261 pour avoir manqué à lapayer fut.
fufpendu par l'Official , condamné à
l'amende , & à l'envoyer au Chapitre
»cette année-là même la veille de Saint
Denis , & après à l'ordinaire au mois
» d'Août.
Je demande à M.Ga. ce que c'étoit que
cette charrette de piement , ou plutôt ce
quec'étoit quece piement dont les Prieurs
de ce Diocèfe devoient la quantité d'une
voiture au Chapitre de Notre-Dame de
Paris il y a cinq cent ans.
Je fens bien que l'hommage étoit dûà
l'Affomption, parce que c'étoit la Fête de
la Cathédrale , mais cepiementdûà cette
Ciij
↑Il avouludire Château-Fort ou Macy.
54 MERCURE DEFRANCE.
faifon qui eft chaude , avoit-il quelque
rapport avec la chaleur ? Auroit-ce été une
efpéce de rafraîchiffement que chaque
Prieur étoit obligé à fon tour d'envoyer
au Chapitre ? Quelques-uns rendent en
François Pigmentum , par liqueur faite de
vin & demiel:c'étoit apparemment l'hy
pocras d'alors. D'autres penfent que c'é
toit une efpéce d'aromate d'où eft venu
que dans le Roman d'Athis pour fignifier
une falle parfumée , on dit unefalle empi
mentée , de lys, de glaiaire enjonchée. Sup
pofé que c'eut été unefpéce d'aromate,
n'auroit-ce point été quelques branches
.
d'arbriffeaux de fenteur dont on auroit
jonchélepavé de l'Eglife , ou qu'on auroit
attaché aux piliers , & furtout aux gale
ries pour parfumer l'Eglife ?
Comme j'ai de la peine à croire que
l'on cût pû du fond de l'Archidiaconné de
Jofas , dans un tems de chaleur tel que
la canicule qui alors étoit à l'Affomption
peu près du dégré dont elle eft mainte
nant au od'Août , voiturer des charretées
de vin miellé jufqu'à Paris , par exemple
duPrieuré de Forges, de celui de Limours,
d'Ivette , ou de Chevreufe
>
à moins
que les Prieurs ne priffent l'expédient de
faire faire à Paris cette confection. , je
ferois plus porté à croire qu'il s'agiffoit de
AOUS T.
1747.
55
branchages ou herbes odoriferantes. Dans
l'ancien Office de l'Affomption que l'on
chantoit alors, il n'y avoit prefque pas de
Répons ou d'Antiennes qui ne parlaffent
d'aromates d'après le Cantique des Canti
ques , & onaimoitfort alors à repréſenter
fenfiblement ce que l'on chantoit. Je con
nois une Cathédrale dont la Fête patro
nale tombe pareillementaumois d'Août
quoique differente de l'Affomption , à
laquelle Fête au treiziéme fiécle fous
Saint Louis il y avoit une dépenfe de pig
ment pour lafomme de trente fols , mais
j'ignore également ce que c'étoit que ce
Pigmentum. Ce qui me faitpancher à dire
qu'il s'agit de quelques herbes ou arbuſtes
oderiferans dont ces Prieurs devoient la
charge d'une charrette , eft que celui de
Marly le-Château ayant été négligentde
l'envoyer à l'Affomption fut condamné
pour réparer fa faute , de la fournir à la
Fête de Saint Denis qui étoitune grande
folemnité à Notre-Dame , & oùle vin
miellé ne paroiffoit plus être de faifon.
Je m'étois adrefféàun très-habile hom
me deParis pour fçavoir s'il n'avoit rien
vû qui fixât le fens de ce mot Pigmentum
ouredevance de piement , mais il n'avoit
rien trouvé là-deffus. Je laiffe à M. Ga. à
fixer mes doutes. Comme il ne connoît
Ciiij
56 MERCURE DEFRANCE.
peut-être pas la nature du territoire du
Doyennéde Château-Fort dont lesPrieurs
étoient tenus à la redevance en queſtion
je lui dirai que le terrain eft plus mon
tueux ou montagneux que dans le refte
du Diocéfe de Paris , qu'il y a force terres
rouges qui marquent des mineraux ou au
moins des mines defer. Il s'y trouve auffi
des forêts , mais cela n'eft pas fingulier à
ce canton. Intelligentipauca.
;
Ce 22Juillet 1747.
conféquence de celle qui fe trouve dans le
fecond volume de Juin 1747 à la page
81.
Uifque M. Ga. de Dammartin fe per
fuade qu'il eft arrivé au butpour ce
qui eftdel'interpretationdu motFragonou
Fraçon dont les Bollandiftes n'ontpu don
ner l'explication , & celaà lafaveur des li
vres qui traitent de Pharmacie & de Dro
gues, il trouvera bon que je m'adreffe à
lui par la voie du Mercure pour avoir
l'intelligence d'un autre terme qui certai
nement regarde les Droguiftes. Il y a à
la vérité dans le Gloffaire de Du Cange
un article affés longfur ce mot,mais il ne
fatisfait pas à mes difficultés.
Il s'agit du terme Latin Pigmentumqui
fe rend en François par Piement ou Pi
AOUS T. 1747. 53
ment. Ce qui m'oblige à faire une per
quifition fur ce mot , eft un endroit de
Sauval tome 2 des antiquités de Paris page
459. Ony lit dans l'article intitulé , Re
devancesdues aux gens d'Eglife , ces lignes:
Bien que les redevances duesau Chapi
tre deNotre-Dame ne cédaffent en rien
»pour le nombre à celles de Saint Denis,
on fecontentera pourtant de ce que j'en
rapporterai ici. Les Prieurs du Doyenné
d'Iffy lui devoient autrefois tous les
*
ans la veille de l'Affomptionune char
rette de piement. Celui de Mailly en
1261 pour avoir manqué à lapayer fut.
fufpendu par l'Official , condamné à
l'amende , & à l'envoyer au Chapitre
»cette année-là même la veille de Saint
Denis , & après à l'ordinaire au mois
» d'Août.
Je demande à M.Ga. ce que c'étoit que
cette charrette de piement , ou plutôt ce
quec'étoit quece piement dont les Prieurs
de ce Diocèfe devoient la quantité d'une
voiture au Chapitre de Notre-Dame de
Paris il y a cinq cent ans.
Je fens bien que l'hommage étoit dûà
l'Affomption, parce que c'étoit la Fête de
la Cathédrale , mais cepiementdûà cette
Ciij
↑Il avouludire Château-Fort ou Macy.
54 MERCURE DEFRANCE.
faifon qui eft chaude , avoit-il quelque
rapport avec la chaleur ? Auroit-ce été une
efpéce de rafraîchiffement que chaque
Prieur étoit obligé à fon tour d'envoyer
au Chapitre ? Quelques-uns rendent en
François Pigmentum , par liqueur faite de
vin & demiel:c'étoit apparemment l'hy
pocras d'alors. D'autres penfent que c'é
toit une efpéce d'aromate d'où eft venu
que dans le Roman d'Athis pour fignifier
une falle parfumée , on dit unefalle empi
mentée , de lys, de glaiaire enjonchée. Sup
pofé que c'eut été unefpéce d'aromate,
n'auroit-ce point été quelques branches
.
d'arbriffeaux de fenteur dont on auroit
jonchélepavé de l'Eglife , ou qu'on auroit
attaché aux piliers , & furtout aux gale
ries pour parfumer l'Eglife ?
Comme j'ai de la peine à croire que
l'on cût pû du fond de l'Archidiaconné de
Jofas , dans un tems de chaleur tel que
la canicule qui alors étoit à l'Affomption
peu près du dégré dont elle eft mainte
nant au od'Août , voiturer des charretées
de vin miellé jufqu'à Paris , par exemple
duPrieuré de Forges, de celui de Limours,
d'Ivette , ou de Chevreufe
>
à moins
que les Prieurs ne priffent l'expédient de
faire faire à Paris cette confection. , je
ferois plus porté à croire qu'il s'agiffoit de
AOUS T.
1747.
55
branchages ou herbes odoriferantes. Dans
l'ancien Office de l'Affomption que l'on
chantoit alors, il n'y avoit prefque pas de
Répons ou d'Antiennes qui ne parlaffent
d'aromates d'après le Cantique des Canti
ques , & onaimoitfort alors à repréſenter
fenfiblement ce que l'on chantoit. Je con
nois une Cathédrale dont la Fête patro
nale tombe pareillementaumois d'Août
quoique differente de l'Affomption , à
laquelle Fête au treiziéme fiécle fous
Saint Louis il y avoit une dépenfe de pig
ment pour lafomme de trente fols , mais
j'ignore également ce que c'étoit que ce
Pigmentum. Ce qui me faitpancher à dire
qu'il s'agit de quelques herbes ou arbuſtes
oderiferans dont ces Prieurs devoient la
charge d'une charrette , eft que celui de
Marly le-Château ayant été négligentde
l'envoyer à l'Affomption fut condamné
pour réparer fa faute , de la fournir à la
Fête de Saint Denis qui étoitune grande
folemnité à Notre-Dame , & oùle vin
miellé ne paroiffoit plus être de faifon.
Je m'étois adrefféàun très-habile hom
me deParis pour fçavoir s'il n'avoit rien
vû qui fixât le fens de ce mot Pigmentum
ouredevance de piement , mais il n'avoit
rien trouvé là-deffus. Je laiffe à M. Ga. à
fixer mes doutes. Comme il ne connoît
Ciiij
56 MERCURE DEFRANCE.
peut-être pas la nature du territoire du
Doyennéde Château-Fort dont lesPrieurs
étoient tenus à la redevance en queſtion
je lui dirai que le terrain eft plus mon
tueux ou montagneux que dans le refte
du Diocéfe de Paris , qu'il y a force terres
rouges qui marquent des mineraux ou au
moins des mines defer. Il s'y trouve auffi
des forêts , mais cela n'eft pas fingulier à
ce canton. Intelligentipauca.
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Ce 22Juillet 1747.
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Résumé : LETTRE aux Auteurs du Mercure en conséquence de celle qui se trouve dans le second volume de Juin 1747 à la page 81.
Dans une lettre datée du 22 juillet 1747, l'auteur répond à une publication du *Mercure* de juin 1747 et s'adresse à M. Ga. de Dammartin pour clarifier le terme latin 'Pigmentum', traduit en français par 'Piement'. L'auteur cite un passage de Sauval mentionnant des redevances dues par les Prieurs du Doyenné d'Issy au Chapitre de Notre-Dame de Paris, incluant une charrette de piement à la veille de l'Assomption. L'auteur explore plusieurs hypothèses sur la nature du piement : une boisson à base de vin et de miel, un arôme, ou des branches odorantes pour parfumer l'église. Il privilégie l'idée que le piement pourrait être des herbes ou arbustes odorants, estimant improbable le transport de charrettes de vin miellé en période de forte chaleur depuis des prieurés éloignés jusqu'à Paris. L'auteur mentionne également une dépense similaire dans une autre cathédrale, soulignant la difficulté de déterminer précisément la nature du piement. La lettre décrit aussi le territoire du Doyenné de Château-Fort, notant sa topographie, la présence de forêts et de terres rouges.
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