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1
p. 1731-1747
DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
Début :
Un zèle indiscret est souvent l'occasion d'un scandale ; c'est l'idée qu'on [...]
Mots clefs :
Dieu, Cause, Sagesse, Mécanisme, Ray, Création, Physique, Mouvement, Nature, Lois, Corps, Causes, Principes, Cartésianisme, Descartes, Philosophie, Système, Phénomènes
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texteReconnaissance textuelle : DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
DEFENSE du Cartesianisme, par M. le
Gendre de S. Aubin ; contre les accusations
des Docteurs Cudwort et Ray.
UN
N zéle indiscret est souvent l'occasion
d'un scandale;c'est l'idée qu'on
doit se former des accufations intentées
par les Docteurs Cudwort et Ray , contre
le Cartesianisme. Elles sont contenuës
dans un Livre Anglois , intitulé : L'Existenca
" 1732 MERCURE DE FRANCE
sence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans
les Oeuvres de la Création ; par le sieur
Ray,Membre de la Société Royale. La Traduction
Françoise , imprimée à Utrecht,
en 1723. se débite depuis peu à Paris.
On est étonné qu'un Philosophe , qui
écrit uniquement en vûë de manifester la
Sagesse de Dieu dans la Création, débute,
page 5. par approuver un sentiment qu'il
atribue à des Philosophes judicieux ; sçavoir
, que plus les genres , ou les ordres
des Etres sont imparfaits , plus les especes
en sont nombreuses . Est- ce là un
préambule convenable à un Panégyriste
de la Sagesse de Dieu dans la Création ?
Ne devoit il pas plutôt dire que ce qui
paroît imparfait aux vues bornées de notre
entendement , a son utilité et sa destination
dans les Décrets éternels de la Providence
? Ce seroit là un beau champ
pour les Cartésiens qu'il attaque d'une
maniere outrageante ; ne pourroient- ils
pas le traiter de prévaricateur dans une
cause si évidente , et qu'il soutient si
mal ?
Pour faire éclater , dit il , page 12. la
grandeur et l'étendue infinie de l'esprit
de Dieu , il observe que rien ne marque
davantage la supériorité du génie , que
d'inventer des Machines differentes , qui
pros
AOU'ST. 1733. 1733
E
4
€
>
produisent le même effet , et soient destinées
aux mêmes fins . Mais suivant les notions
les plus saines et les plus communes ,
rien ne marque davantage la sagesse
de
l'ouvrier que le Méchanisme le plus simple
et le moins chargé de ressorts . C'est donc
sur une sorte de Méchanisme qu'il fonde
la sagesse de Dieu dans la Création, mais
sur un Mechanisme de détail , qu'il présente
à la pensée , d'une maniere aussi
basse , que celui des Cartésiens est sublime.
Quoique le sieur Ray tâche de décrier
le Cartesianisme sans ménagement, il établit
, pages 2 et 3. comme le sentiment le
plus universellement
reçu , tout ce que
cette Philosophie dans sa nouveauté parut
avoir de plus difficile à concilier avec la
Religion ; sçavoir, l Hypothèse des Tourbillons
, suivant laquelle chaque Etoile ,
pour me servir des propres termes du
Traducteur , est un Soleil ou un Corps
semblable à cet astre , environné de même
d'un Choeur de Planetes , qui tournent
autour de lui. Il avance de plus , qu'il
n'y a aucune de ces Planétes qui ne soit
remplie, selon toutes les apparences , d'une
grande variété de créatures corporelles ,
animées et inanimées . Personne n'ignore
que cette partie de la Physique nouvelle
fut
1734 MERCURE DE FRANCE
fut exposée à la censure , et allarma quelques
personnes pieuses , qui trouvoient
ce systême peu conforme à ce qui nous
cst enseigné sur la Création dans la Genése
; mais il a été reçu depuis comme
une hypothese , sur laquelle on écrit et
on dispute publiquement , et il y a longtemps
que tous les scrupules sont levez à
cet égard.
A la maniére dont le S Ray fait connoître
quels sont les principes de sa Phylosophie
, qui ne le prendroit pour un
Cartésien ? Sectateur de cette Physique ,
il va néanmoins lui imputer les intentions
les plus criminelles. » Il semble
» dit-il, pag. 28.qu'il soit necessaire d'exa-
>> miner un peu les principes d'une Secte
» de Déïstes de profession; j'entends celle
» de Descartes et de ses Disciples , qui
» ont pour but d'éluder et de détruire un
» argument qui a eu tant de force dans
» tous les siècles , pour prouver l'exis-
» tence d'un Dieu . Le premier grief d'une
accusation si grave , est que Descartes
exclud de la Physique toute la considération
des causes finales . Le Sr Ray cite ,
pages 29 et 30. les Passages des Méditations
Métaphysiques , des principes de
Philosophie , et de la quatrième Réponse
aux Objections de Gassendi , où Descartes
dit
AOUST. 1733 1735
1
dit
que toutes
les causes
qu'on
a accoutumé
de tirer
de la fin , ne sont
d'aucun
usage
dans
la Physique
,puisqu'on
ne sçauroit
se persuader
, sans
témérité
, qu'on
puisse
pénétrer
dans
les fins
que
Dieu
s'est proposées
. Il est facile
de répondre
à
cette
objection
, que
la raison
alléguée
par Descartes
, pour
ne pas expliquer
les effets
naturels
par
les fins que
Dieu s'est
proposées
, est trèspieuse
et trèsédifiante
, et qu'il
auro
t pû se contenter
d'établir
en général
, que la Physique
étant
une
recherche
des causes
naturelles
, ce
n'est
pas
parler
en Physicien
, que
de
donner
pour
cause
de la production
d'un Phénoméne
, que Dieu
a eu en vûë
de le
produire
. Car
c'est
ce que tout
Chrétien
sçait
, sans
étudier
la Physique
; cette
science
de tres
- bornée
qu'elle
est , deviendroit
infiniment
étenduë
, si l'on
recevoit
au nombre
des explications
Physiques
, qu'un
efft
naturel
arrive
, parce
qu'il
est conforme
à la fin que Dieu
s'est proposée
. Je suppose
que pour
expliquer
la construction
d'une
Montre
, on s'avisat
de dire
que
ce qui cause
les mouvemens
réglez
de cette
machine
, c'est
l'intention
de l'ouvrier
qui l'a faite
dans
le
dessein
de marquer
les heures
; cette
cause
finale
en Physique
ne seroit
comptée
G
pour
1736 MERCURE DE FRANCE
pour rien ; et on ne pourroit prouver
mieux que cette Montre est l'ouvrage
d'un Artiste , et non l'effet du hazard
qu'en faisant observer l'action du ressort,
le tirage de la chaîne , les engrainures des
rouës , et sur tout la proportion et le concours
des mouvemens. Quel est donc le
véritable objet de la Physique ,? C'est de
déduire les Phénoménes , des Loix géné
rales de la nature , établies par Dieu , et
rapportées au Créateur . Une pareille Philosophie
peut- elle donner lieu aux inveçtives
de l'Auteur Anglois » Les Carthé
» siens , dit- il , page 34. tâchent de dé-
» truire notre grand argument , en pré-
»tendant résoudre tous les Phénomènes
» de la nature , et rendre compte de la
» production et de la formation de l'Uni-
» vers , et de tous les Etres corporels qu'il
» contient , soit celestes ou terrestres ; ani-
» mez ou inanimcz , même sans en exclunre
les animaux , et cela par une foible
»hypothèse de la matiere divisée, et mise
» en mouvement de telle ct telle maniés
» re. . . . . De maniére que Dieu n'a eu
» autre chose à faire qu'à créer la matiére ,
»la diviser en partics , et la mettre en
»mouvement , suivant un petit nombre
de certaines Loix , et que cela ne pouvoit
manquer de produite de soi-même
...
12
AOUST. 1733 : 1737
le monde et toutes les créatures qui y
sont contenues. Pour la réfutation de
cette hypothése ,, continue cet Auteur ,
n'aurois qu'à renvoyer le Lecteur au
» systême du Docteur Cudwort ; mais
» pour lui épargner cette peine, je vais en
transcrire les paroles..... Dieuse con
tentant de regarder en spectateur in-
» différents ce Lusus Atomorum , ou cette
» danse agréable des Atômes , et les différents
effets qui en résultent. Non con-
» tens de cela , ces Déïstes méchaniques
» ont excédé et surpassé en ceci les Athées
» atomiques , par une extravagance plus
oursée que la leur ; car les Athées de
profession n'ont jamais osé affirmer que
» ce systéme régulier des choses fut le ré-
» sultat d'un mouvement fortuit d'Atomes
au commencement , avant d'avoir
produit pendant bien du temps des
combinaisons ineptes ou des assembla-
» ges de choses particulières , et des sys-
» têmes ridicules du tout. Ils supposoient
» même que la régularité des choses de ce
monde ne subsisteroit pas toujours , et
» que la confusion et le désordre s'y re-
> mettroient avec le temps ; qu'outre le
monde que nous habitons , il y en a encore
en ce moment un nombre inexprimable
d'autres irréguliers , dont il
Cij n'y
1738 MERCURE DE FRANCE
» n'y en a pas d'un entre mille et dix mil-
» le , qui ait une régularité pareille au
» nôtre ...... Mais nos Déïstes micha
» niques prétendent que leurs Atomes
» n'ont jamais bronché dans leurs mou-
» vemens, ni produit aucun systéme inep-
» te , ni aucunes formes impropres , et
» qu'ils se sont placez et rangez dès le
commencement avec tant d'ordre et de
» méthode , que la sagesse même n'auroit
» pû le faire mieux , ni avec plus d'exactitude.
C'est par cette raison que çes
» Déi tes re ettent absolument le grand
» a gument qui prouve l'Existence de
Dicu , tiré du Phénoméne de la nature
n artificielle des choses , sur lequel on a si
» fort insisé dans tous les siècles , et qui
» fait ordinairement le plus d'effet sur l'es-
» prit humain. Les Athées s'applaudissent
» cependant en secret , er triomphent de
>> voir la cause du Déïsme trahie de cette
» maniere par ses partisans et ses défen-
» seurs les plus zélez , et le grand argu-
» ment éludé pour favoriser leur cause.
Rien ne sçauroit marquer une plus gran
» de dépravation d'esprit , ni plus de folic
et de stupidité dans les Déïstes pré.en-
» dus , que de n'avoir aucun égard à la
forme régulière et artificielle des cho
ses , ni aux impressions de l'art et de
AOUST . 1733 . 1739
wla
sagesse divine , et de ne regarder
» le Monde et les productions de la Na-
» ture , qu'avec des yeux de boeuf ou de
» cheval.
Le sieur Ray , dans la fureur qui le
transporte , n'entend pas les termes dont
il se sert car qu'est- ce qu'un Déïste , suivant
la notion génerale ? C'est un impiet
qui ne suit aucune Religion particuliere ,
qui reconnoît , à la verité , l'existence de
Dieu mais qui refuse de croire les Mysteres
que Dieu a révelez. Or ces Deïstes qui refusent
de se rendre à l'évidence de la révé.
lation , ne sont pas ceux qui font le moins
valoir le grand argument de l'existence
de Dieu , tiré de sa sagesse dans la Création.
On ne sçait ce que le sieur Ray
veut dire par ces paroles : » Les Athées
» s'applaudissent cependant en secret , et
» triomphent de voir la cause du Déïsme
>>trahie de cette maniere par ses Parti-
» sans et ses Deffenseurs les plus zelez .
Il prend ici la cause du Déïsme pour une
bonne cause trahie , et il semble appli
quer aux Carthésiens les termes de Partis
sans et de Deffenseurs les plus zelez de
la bonne cause. Mais c'est bien plutôt
cet Auteur qui trahit la cause qu'il entreprend
de soutenir , par la foiblesse
avec laquelle il traite son sujet . S'il eût
Ciij fair
1740 MERCURE DE FRANCE
ა
fait remarquer , comme les Carthésiensces
Loix générales dont l'uniformité produit
un Monde si diversifié ; s'il se fût
élevé jusqu'à un méchanisme sublime
qui donnât une idée de la Création proportionnée
à ce que notre foible esprit
peut concevoir de plus grand et de plus
magnifique ; si en s'attachant à ce qu'il.
ya de plus merveilleux dans la Nature
il eût observé , comme ceux qu'il appelle-
Deistes , que cette multitude immense
de mouvemens des Corps Celestes , que
révolutions si constantes des Astres ,
que cette fécondité si riche et si brillan-.
te de l'Univers , que tous ces Phénomenes
si utiles à l'homme , et qui étalent
à ses yeux un spectacle digne du Créateur
, qu'enfin la beauté ravissante de
toutes les Oeuvres de Dieu , est un
témoignage continuel et invincible de sa
sagesse et de sa toute- puissance dans la
Création , par la simplicité et l'ordre des
ressorts qui y sont employez , il eût rem--
pli son sujet avec la dignité convenable ,
mais il ne s'arrête qu'à un petit détail ,
et ne présente par tout que des images.
basses et imparfaites d'un sujet qui surpasse
ses forces.
C'est favoriser l'athéïsme et le syste
me du hazard , que de rejetter le méchaA
O UST. 173′3 ; 1741
chanisme de la Nature , par lequel les
Carthésiens n'entendent autre chose que
les loix generales du mouvement établics
par le Créateur. Que chaque Philosophe
conçoive et suppose ces Loix
générales à son gré , que
differens Phisiciens
suivent des vues systématiquesfort
éloignées ; tous au moins doivent
convenir que ce n'est pas une pensée raisonnable
sur l'Etre suprême , de croire
que l'uniformité et la simplicité manquent
à ses Productions . Le principal but
de la Physique est donc de rapporter tous
les raisonnemens à ces principes. C'est à
quoi les Carthésiens ont beaucoup mieux
réussi qu'aucune autre Secte de Philosophes
, ayant mieux expliqué le méchanisme
general de la Nature; et ' on peut
dire que ceux qui tâchent d'étendre et
de pousser plus loin ce méchanisme , sont
ceux qui pensent et qui s'expliquent le
mieux au sujet de la sagesse et de la toùte-
puissance de Dieu dans la Création . A
la verité , le Philosophe rempli de pré
somption , se persuade qu'il peut concevoir
et faire entendre aux autres cet ordre
admirable établi dans les Ouvrages
de Dieu ; au lieu que le Physitien modeste
, qui connoît la foiblesse et l'incer
titude de ses lumieres , ne regarde tous
Ciij les
742 MERCURE DE FRANCE
les raisonnemens physiques que comme
des hypothéses.
>>
Continuons de rapporter la censure de
la Philosophie Carthésienne par l'Auteur
Anglois. Il se trouve , dit-il , pag. 35 .
» plusieurs Phénomenes dans la Ñature ,
» lesquels étant en partie au- dessus de la
»force et de la portée , et en partie con-
>> traires aux Loix du Méchanisme , ils
» ne sçauroient se résoudre sans avoir re-
>> cours aux causes finales et à quelques
» principes de vie ; par exemple , ce-
» lui de la gravité ou du penchant que
» les corps ont à descendre , le mouve-
» ment du diaphragme dans la respira-
» tion , la systole et la diastole du coeur ,
» qui n'est autre chose qu'une contraction
et un relâchement des muscles ,
» et par consequent ne sçauroit être un
» mouvement méchanique , mais un prin-
» cipe de vie. Nous pourrions encore
» ajoûter à cela entre plusieurs autres
» choses , l'intersection des plans de l'E-
» quateur et de l'Ecliptique ou du mou-
» vement diurne ou journalier de la Ter-
» re sur un axe qui n'est pas parallele à
celui de l'écliptique , ni perpendiculaire
à son plan ..... On ne sçauroit
» donc attribuer la continuation de ce
» double mouvement annuel et diurne
nde
23
A O UST. 17337 1748
de la Terre sur des axes non paralleles,
» à autre chose qu'à une cause finale ou
» mentale , ou rò fixTisov , parce qu'il
étoit à propos que cela fût ainsi , la
» varieté des saisons de l'année en dé
» pendant. Mais le plus considerable de
» tous les Phénoménes pir içuliers est la
»formation et l'organisation des corps
>> des animaux , remplis de tant de varietez
et de merveilles , que ces Philo-
» sophes méchaniques n'en pouvant faire
»la solution par le mouvement nécessaire
» de la matiere , sans qu'elle fût dirigée
par l'esprit à de certaines fins , ont pru-
» demment interrompu leur systéme en
» cet endroit , où ils devoient traiter des
» animaux , et n'en ont pas touché un
» seul mot.
23
On connoît clairement par cette critique
, que le sieur Ray est aussi peu
versé dans la Philosophie Carthésienne
qu'il est injuste dans l'accusation qu'il
intente contre elle. Nous avons vû plus
haut qu'il attribuë aux Carthésiens un
systéme d'Atomes , quoique les trois Elemens
de Descartes soient divisibles à l'infini
, et que par conséquent Descartes
rejette les Atomes , qui signifient des Elemens
indivisibles. Le sieur Ray ne se
trompe pas moins, en disant que dans les
C v Phé1744
MERCURE DE FRANCE
:
Phénomenes qu'il cite , il y a de la contrarieté
au Mechanisme de la Nature. Il
est vrai que les loix générales du mouvement
n'expliquent pas la construction
du corps des animaux , ni la forme de
ces organes merveilleux qui servent aux
differentes fonctions du principe qui les
anime. Le mouvement circulaire des
trois Elémens de Descartes ne peut faires
concevoir , par exemple, comment ont
été produits les instrumens de la faculté
visuelle ; mais les Carthésiens doivent :
seulement avouer que leur méchanisme ,
quoiqu'il n'y ait aucune contrarieté , est
insuffisant pour expliquer tous les Phé
noménes , et sur tout l'organisation admirable
des animaux ,, les corps animezz
et inanimez étant vrai- semblable--
ment produits suivant des loix differen--
tes, ou plutôt dont nous n'appercevons
pas la liaison. * Il ne s'ensuit pas de ce
que la Créature est incapable de conce
voir entierement le grand Ouvrage de :
la Création , qu'il lui soit defendu de rechercher
les causes physiques et naturel
+
La plupart même des Carthésiens estiment aun
aujet de l'organisation continuelle et toujours
cemblable , des Plantes et des Animaux , que tous :
res corps formez en même-temps par le Souve
fain Etre , dans les graines ou dans les oeufs , nesont
que se développer successivement,
leas
A O UST. 1733. 17455
les , suivant les principes les plus géné
caux et les plus simples , en les rappor
tánt à la sagesse et à la toute- puissance
du Créateur.
Les difficultez qui se trouveut sur la
pesanteur , ne peuvent se résoudre par
des principes de vie qui n'ont aucun rapport
avec elle , ou par des causes finales ,.
qui ne sont en aucune maniere des causes
physiques ; et si les explications que
Descartes a données de la pesanteur , ont
été attaquées par de fortes objections ,
tous les Philosophes se sont au moins
accordez à tirer ces Explications d'un '
méchanisme général de la Nature. Le
'steur Ray est si peu d'accord avec luid
même au sujet de la respiration et de la¹
systole et diastole du coeur, qu'après avoir
affirmé que ces mouvemens ne peuvent
être méchaniques , il regarde ailleurs com
me une question douteuse de sçavoir si
les bêtes sont des vrayes machines , ou
s'il convient de leur attribuer la vie et le
sentiment.
cliptiqueant
à l'intersection
de l'é-
1
de l'équateur , on en peut donner
plusieurs raisons qui n'ont rien de
contraire au systéme Carthésien . L'obli
quité de l'écliptique par rapport à l'équateur
, dont l'axe conserve toujours
son parallelisme est assurément la cause
av de
1746 MERCURE DE FRANCE
de la varieté des Saisons , mais cette cause
finale , encore une fois , ne peut passer
pour une cause phisique. L'Explication
naturelle de ce phénoméne peut se rapporter
, suivant les principes d'un Méchanisme
général , ou aux particules cannelées
, qui traversant les pores du G'obe
Terrestre d'un certain sens , déterminent
sa position , ou à la qualité du fluide qui
emporte la Terre par un mouvement
circulaire , ou à la pression des tourbillons
voisins , ou à la résistance que tout
corps solide apporte à l'impression du
mouvement qu'il reçoit , ou à toutes ces
causes réunis , ou aux differentes hypotheses
que la sagacité du Physicien lui
fera inventer. Dieu permet à l'homme
de faire quelques raisonnemens assez vraisemblables
sur les Corps Celestes , si prodigieusement
éloignez de nous ,
afin que
cette étude éleve notre esprit à la Majesté
de l'Etre suprême , en même - temps
que la présomption de l'homme est domptée
par la profonde ignorance où il est
de ce qui est au- dedans de lui - même et
de ce qui fait partie de sa propre substance.
C'est une calomnie insoutenable de
dire que les Carthésiens rejettent absolument
le grand argument qui prouve
» l'eA
O UST. 1733 1747
» l'éxistence de Dieu , tiré du phénoméne
de la forme artificielle des choses .
Nulle Philosophie au contraire ne donne
des idées aussi sublimes de la sagesse
de Dieu dans la Création ; nulle Physique
ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , en rapportant tous les phénoménes
qu'elle peut expliquer à des loix
simples et génerales émanées nécessairement
de la Toute puissance divine . C'est
l'argument le plus invincible contre l'Athéïsme
, c'est l'exclusion la plus forte du
hazard , dont la régularité et l'uniformité
ne peuvent être les productions . Plus l'idée
d'un méchanisme est générale , constante
et uniforme , comme dans le Carthésianisme
, plus elle est inséparable des
idées de dessein et de sagesse. Ces Re-
Aléxions suffisent pour prouver des veritez
si évidentes, d'autant plus que pour
détruire l'Athéïsme par le raisonnement ,
il faudroit que quelque homme qui raisonne
fût capable d'Athéïsme , ce qui est
impossible. Il est donc certain que l'accusation
du Carthésianisme par les Docteurs
Cudwort et Ray , est au fond trèsfrivole
et très mal fondée , injurieuse à
plusieurs saints et sçavans personnages ,
qui ont soutenu cette Philosophie , et aux
Écoles qui l'enseignent publiquement.
Gendre de S. Aubin ; contre les accusations
des Docteurs Cudwort et Ray.
UN
N zéle indiscret est souvent l'occasion
d'un scandale;c'est l'idée qu'on
doit se former des accufations intentées
par les Docteurs Cudwort et Ray , contre
le Cartesianisme. Elles sont contenuës
dans un Livre Anglois , intitulé : L'Existenca
" 1732 MERCURE DE FRANCE
sence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans
les Oeuvres de la Création ; par le sieur
Ray,Membre de la Société Royale. La Traduction
Françoise , imprimée à Utrecht,
en 1723. se débite depuis peu à Paris.
On est étonné qu'un Philosophe , qui
écrit uniquement en vûë de manifester la
Sagesse de Dieu dans la Création, débute,
page 5. par approuver un sentiment qu'il
atribue à des Philosophes judicieux ; sçavoir
, que plus les genres , ou les ordres
des Etres sont imparfaits , plus les especes
en sont nombreuses . Est- ce là un
préambule convenable à un Panégyriste
de la Sagesse de Dieu dans la Création ?
Ne devoit il pas plutôt dire que ce qui
paroît imparfait aux vues bornées de notre
entendement , a son utilité et sa destination
dans les Décrets éternels de la Providence
? Ce seroit là un beau champ
pour les Cartésiens qu'il attaque d'une
maniere outrageante ; ne pourroient- ils
pas le traiter de prévaricateur dans une
cause si évidente , et qu'il soutient si
mal ?
Pour faire éclater , dit il , page 12. la
grandeur et l'étendue infinie de l'esprit
de Dieu , il observe que rien ne marque
davantage la supériorité du génie , que
d'inventer des Machines differentes , qui
pros
AOU'ST. 1733. 1733
E
4
€
>
produisent le même effet , et soient destinées
aux mêmes fins . Mais suivant les notions
les plus saines et les plus communes ,
rien ne marque davantage la sagesse
de
l'ouvrier que le Méchanisme le plus simple
et le moins chargé de ressorts . C'est donc
sur une sorte de Méchanisme qu'il fonde
la sagesse de Dieu dans la Création, mais
sur un Mechanisme de détail , qu'il présente
à la pensée , d'une maniere aussi
basse , que celui des Cartésiens est sublime.
Quoique le sieur Ray tâche de décrier
le Cartesianisme sans ménagement, il établit
, pages 2 et 3. comme le sentiment le
plus universellement
reçu , tout ce que
cette Philosophie dans sa nouveauté parut
avoir de plus difficile à concilier avec la
Religion ; sçavoir, l Hypothèse des Tourbillons
, suivant laquelle chaque Etoile ,
pour me servir des propres termes du
Traducteur , est un Soleil ou un Corps
semblable à cet astre , environné de même
d'un Choeur de Planetes , qui tournent
autour de lui. Il avance de plus , qu'il
n'y a aucune de ces Planétes qui ne soit
remplie, selon toutes les apparences , d'une
grande variété de créatures corporelles ,
animées et inanimées . Personne n'ignore
que cette partie de la Physique nouvelle
fut
1734 MERCURE DE FRANCE
fut exposée à la censure , et allarma quelques
personnes pieuses , qui trouvoient
ce systême peu conforme à ce qui nous
cst enseigné sur la Création dans la Genése
; mais il a été reçu depuis comme
une hypothese , sur laquelle on écrit et
on dispute publiquement , et il y a longtemps
que tous les scrupules sont levez à
cet égard.
A la maniére dont le S Ray fait connoître
quels sont les principes de sa Phylosophie
, qui ne le prendroit pour un
Cartésien ? Sectateur de cette Physique ,
il va néanmoins lui imputer les intentions
les plus criminelles. » Il semble
» dit-il, pag. 28.qu'il soit necessaire d'exa-
>> miner un peu les principes d'une Secte
» de Déïstes de profession; j'entends celle
» de Descartes et de ses Disciples , qui
» ont pour but d'éluder et de détruire un
» argument qui a eu tant de force dans
» tous les siècles , pour prouver l'exis-
» tence d'un Dieu . Le premier grief d'une
accusation si grave , est que Descartes
exclud de la Physique toute la considération
des causes finales . Le Sr Ray cite ,
pages 29 et 30. les Passages des Méditations
Métaphysiques , des principes de
Philosophie , et de la quatrième Réponse
aux Objections de Gassendi , où Descartes
dit
AOUST. 1733 1735
1
dit
que toutes
les causes
qu'on
a accoutumé
de tirer
de la fin , ne sont
d'aucun
usage
dans
la Physique
,puisqu'on
ne sçauroit
se persuader
, sans
témérité
, qu'on
puisse
pénétrer
dans
les fins
que
Dieu
s'est proposées
. Il est facile
de répondre
à
cette
objection
, que
la raison
alléguée
par Descartes
, pour
ne pas expliquer
les effets
naturels
par
les fins que
Dieu s'est
proposées
, est trèspieuse
et trèsédifiante
, et qu'il
auro
t pû se contenter
d'établir
en général
, que la Physique
étant
une
recherche
des causes
naturelles
, ce
n'est
pas
parler
en Physicien
, que
de
donner
pour
cause
de la production
d'un Phénoméne
, que Dieu
a eu en vûë
de le
produire
. Car
c'est
ce que tout
Chrétien
sçait
, sans
étudier
la Physique
; cette
science
de tres
- bornée
qu'elle
est , deviendroit
infiniment
étenduë
, si l'on
recevoit
au nombre
des explications
Physiques
, qu'un
efft
naturel
arrive
, parce
qu'il
est conforme
à la fin que Dieu
s'est proposée
. Je suppose
que pour
expliquer
la construction
d'une
Montre
, on s'avisat
de dire
que
ce qui cause
les mouvemens
réglez
de cette
machine
, c'est
l'intention
de l'ouvrier
qui l'a faite
dans
le
dessein
de marquer
les heures
; cette
cause
finale
en Physique
ne seroit
comptée
G
pour
1736 MERCURE DE FRANCE
pour rien ; et on ne pourroit prouver
mieux que cette Montre est l'ouvrage
d'un Artiste , et non l'effet du hazard
qu'en faisant observer l'action du ressort,
le tirage de la chaîne , les engrainures des
rouës , et sur tout la proportion et le concours
des mouvemens. Quel est donc le
véritable objet de la Physique ,? C'est de
déduire les Phénoménes , des Loix géné
rales de la nature , établies par Dieu , et
rapportées au Créateur . Une pareille Philosophie
peut- elle donner lieu aux inveçtives
de l'Auteur Anglois » Les Carthé
» siens , dit- il , page 34. tâchent de dé-
» truire notre grand argument , en pré-
»tendant résoudre tous les Phénomènes
» de la nature , et rendre compte de la
» production et de la formation de l'Uni-
» vers , et de tous les Etres corporels qu'il
» contient , soit celestes ou terrestres ; ani-
» mez ou inanimcz , même sans en exclunre
les animaux , et cela par une foible
»hypothèse de la matiere divisée, et mise
» en mouvement de telle ct telle maniés
» re. . . . . De maniére que Dieu n'a eu
» autre chose à faire qu'à créer la matiére ,
»la diviser en partics , et la mettre en
»mouvement , suivant un petit nombre
de certaines Loix , et que cela ne pouvoit
manquer de produite de soi-même
...
12
AOUST. 1733 : 1737
le monde et toutes les créatures qui y
sont contenues. Pour la réfutation de
cette hypothése ,, continue cet Auteur ,
n'aurois qu'à renvoyer le Lecteur au
» systême du Docteur Cudwort ; mais
» pour lui épargner cette peine, je vais en
transcrire les paroles..... Dieuse con
tentant de regarder en spectateur in-
» différents ce Lusus Atomorum , ou cette
» danse agréable des Atômes , et les différents
effets qui en résultent. Non con-
» tens de cela , ces Déïstes méchaniques
» ont excédé et surpassé en ceci les Athées
» atomiques , par une extravagance plus
oursée que la leur ; car les Athées de
profession n'ont jamais osé affirmer que
» ce systéme régulier des choses fut le ré-
» sultat d'un mouvement fortuit d'Atomes
au commencement , avant d'avoir
produit pendant bien du temps des
combinaisons ineptes ou des assembla-
» ges de choses particulières , et des sys-
» têmes ridicules du tout. Ils supposoient
» même que la régularité des choses de ce
monde ne subsisteroit pas toujours , et
» que la confusion et le désordre s'y re-
> mettroient avec le temps ; qu'outre le
monde que nous habitons , il y en a encore
en ce moment un nombre inexprimable
d'autres irréguliers , dont il
Cij n'y
1738 MERCURE DE FRANCE
» n'y en a pas d'un entre mille et dix mil-
» le , qui ait une régularité pareille au
» nôtre ...... Mais nos Déïstes micha
» niques prétendent que leurs Atomes
» n'ont jamais bronché dans leurs mou-
» vemens, ni produit aucun systéme inep-
» te , ni aucunes formes impropres , et
» qu'ils se sont placez et rangez dès le
commencement avec tant d'ordre et de
» méthode , que la sagesse même n'auroit
» pû le faire mieux , ni avec plus d'exactitude.
C'est par cette raison que çes
» Déi tes re ettent absolument le grand
» a gument qui prouve l'Existence de
Dicu , tiré du Phénoméne de la nature
n artificielle des choses , sur lequel on a si
» fort insisé dans tous les siècles , et qui
» fait ordinairement le plus d'effet sur l'es-
» prit humain. Les Athées s'applaudissent
» cependant en secret , er triomphent de
>> voir la cause du Déïsme trahie de cette
» maniere par ses partisans et ses défen-
» seurs les plus zélez , et le grand argu-
» ment éludé pour favoriser leur cause.
Rien ne sçauroit marquer une plus gran
» de dépravation d'esprit , ni plus de folic
et de stupidité dans les Déïstes pré.en-
» dus , que de n'avoir aucun égard à la
forme régulière et artificielle des cho
ses , ni aux impressions de l'art et de
AOUST . 1733 . 1739
wla
sagesse divine , et de ne regarder
» le Monde et les productions de la Na-
» ture , qu'avec des yeux de boeuf ou de
» cheval.
Le sieur Ray , dans la fureur qui le
transporte , n'entend pas les termes dont
il se sert car qu'est- ce qu'un Déïste , suivant
la notion génerale ? C'est un impiet
qui ne suit aucune Religion particuliere ,
qui reconnoît , à la verité , l'existence de
Dieu mais qui refuse de croire les Mysteres
que Dieu a révelez. Or ces Deïstes qui refusent
de se rendre à l'évidence de la révé.
lation , ne sont pas ceux qui font le moins
valoir le grand argument de l'existence
de Dieu , tiré de sa sagesse dans la Création.
On ne sçait ce que le sieur Ray
veut dire par ces paroles : » Les Athées
» s'applaudissent cependant en secret , et
» triomphent de voir la cause du Déïsme
>>trahie de cette maniere par ses Parti-
» sans et ses Deffenseurs les plus zelez .
Il prend ici la cause du Déïsme pour une
bonne cause trahie , et il semble appli
quer aux Carthésiens les termes de Partis
sans et de Deffenseurs les plus zelez de
la bonne cause. Mais c'est bien plutôt
cet Auteur qui trahit la cause qu'il entreprend
de soutenir , par la foiblesse
avec laquelle il traite son sujet . S'il eût
Ciij fair
1740 MERCURE DE FRANCE
ა
fait remarquer , comme les Carthésiensces
Loix générales dont l'uniformité produit
un Monde si diversifié ; s'il se fût
élevé jusqu'à un méchanisme sublime
qui donnât une idée de la Création proportionnée
à ce que notre foible esprit
peut concevoir de plus grand et de plus
magnifique ; si en s'attachant à ce qu'il.
ya de plus merveilleux dans la Nature
il eût observé , comme ceux qu'il appelle-
Deistes , que cette multitude immense
de mouvemens des Corps Celestes , que
révolutions si constantes des Astres ,
que cette fécondité si riche et si brillan-.
te de l'Univers , que tous ces Phénomenes
si utiles à l'homme , et qui étalent
à ses yeux un spectacle digne du Créateur
, qu'enfin la beauté ravissante de
toutes les Oeuvres de Dieu , est un
témoignage continuel et invincible de sa
sagesse et de sa toute- puissance dans la
Création , par la simplicité et l'ordre des
ressorts qui y sont employez , il eût rem--
pli son sujet avec la dignité convenable ,
mais il ne s'arrête qu'à un petit détail ,
et ne présente par tout que des images.
basses et imparfaites d'un sujet qui surpasse
ses forces.
C'est favoriser l'athéïsme et le syste
me du hazard , que de rejetter le méchaA
O UST. 173′3 ; 1741
chanisme de la Nature , par lequel les
Carthésiens n'entendent autre chose que
les loix generales du mouvement établics
par le Créateur. Que chaque Philosophe
conçoive et suppose ces Loix
générales à son gré , que
differens Phisiciens
suivent des vues systématiquesfort
éloignées ; tous au moins doivent
convenir que ce n'est pas une pensée raisonnable
sur l'Etre suprême , de croire
que l'uniformité et la simplicité manquent
à ses Productions . Le principal but
de la Physique est donc de rapporter tous
les raisonnemens à ces principes. C'est à
quoi les Carthésiens ont beaucoup mieux
réussi qu'aucune autre Secte de Philosophes
, ayant mieux expliqué le méchanisme
general de la Nature; et ' on peut
dire que ceux qui tâchent d'étendre et
de pousser plus loin ce méchanisme , sont
ceux qui pensent et qui s'expliquent le
mieux au sujet de la sagesse et de la toùte-
puissance de Dieu dans la Création . A
la verité , le Philosophe rempli de pré
somption , se persuade qu'il peut concevoir
et faire entendre aux autres cet ordre
admirable établi dans les Ouvrages
de Dieu ; au lieu que le Physitien modeste
, qui connoît la foiblesse et l'incer
titude de ses lumieres , ne regarde tous
Ciij les
742 MERCURE DE FRANCE
les raisonnemens physiques que comme
des hypothéses.
>>
Continuons de rapporter la censure de
la Philosophie Carthésienne par l'Auteur
Anglois. Il se trouve , dit-il , pag. 35 .
» plusieurs Phénomenes dans la Ñature ,
» lesquels étant en partie au- dessus de la
»force et de la portée , et en partie con-
>> traires aux Loix du Méchanisme , ils
» ne sçauroient se résoudre sans avoir re-
>> cours aux causes finales et à quelques
» principes de vie ; par exemple , ce-
» lui de la gravité ou du penchant que
» les corps ont à descendre , le mouve-
» ment du diaphragme dans la respira-
» tion , la systole et la diastole du coeur ,
» qui n'est autre chose qu'une contraction
et un relâchement des muscles ,
» et par consequent ne sçauroit être un
» mouvement méchanique , mais un prin-
» cipe de vie. Nous pourrions encore
» ajoûter à cela entre plusieurs autres
» choses , l'intersection des plans de l'E-
» quateur et de l'Ecliptique ou du mou-
» vement diurne ou journalier de la Ter-
» re sur un axe qui n'est pas parallele à
celui de l'écliptique , ni perpendiculaire
à son plan ..... On ne sçauroit
» donc attribuer la continuation de ce
» double mouvement annuel et diurne
nde
23
A O UST. 17337 1748
de la Terre sur des axes non paralleles,
» à autre chose qu'à une cause finale ou
» mentale , ou rò fixTisov , parce qu'il
étoit à propos que cela fût ainsi , la
» varieté des saisons de l'année en dé
» pendant. Mais le plus considerable de
» tous les Phénoménes pir içuliers est la
»formation et l'organisation des corps
>> des animaux , remplis de tant de varietez
et de merveilles , que ces Philo-
» sophes méchaniques n'en pouvant faire
»la solution par le mouvement nécessaire
» de la matiere , sans qu'elle fût dirigée
par l'esprit à de certaines fins , ont pru-
» demment interrompu leur systéme en
» cet endroit , où ils devoient traiter des
» animaux , et n'en ont pas touché un
» seul mot.
23
On connoît clairement par cette critique
, que le sieur Ray est aussi peu
versé dans la Philosophie Carthésienne
qu'il est injuste dans l'accusation qu'il
intente contre elle. Nous avons vû plus
haut qu'il attribuë aux Carthésiens un
systéme d'Atomes , quoique les trois Elemens
de Descartes soient divisibles à l'infini
, et que par conséquent Descartes
rejette les Atomes , qui signifient des Elemens
indivisibles. Le sieur Ray ne se
trompe pas moins, en disant que dans les
C v Phé1744
MERCURE DE FRANCE
:
Phénomenes qu'il cite , il y a de la contrarieté
au Mechanisme de la Nature. Il
est vrai que les loix générales du mouvement
n'expliquent pas la construction
du corps des animaux , ni la forme de
ces organes merveilleux qui servent aux
differentes fonctions du principe qui les
anime. Le mouvement circulaire des
trois Elémens de Descartes ne peut faires
concevoir , par exemple, comment ont
été produits les instrumens de la faculté
visuelle ; mais les Carthésiens doivent :
seulement avouer que leur méchanisme ,
quoiqu'il n'y ait aucune contrarieté , est
insuffisant pour expliquer tous les Phé
noménes , et sur tout l'organisation admirable
des animaux ,, les corps animezz
et inanimez étant vrai- semblable--
ment produits suivant des loix differen--
tes, ou plutôt dont nous n'appercevons
pas la liaison. * Il ne s'ensuit pas de ce
que la Créature est incapable de conce
voir entierement le grand Ouvrage de :
la Création , qu'il lui soit defendu de rechercher
les causes physiques et naturel
+
La plupart même des Carthésiens estiment aun
aujet de l'organisation continuelle et toujours
cemblable , des Plantes et des Animaux , que tous :
res corps formez en même-temps par le Souve
fain Etre , dans les graines ou dans les oeufs , nesont
que se développer successivement,
leas
A O UST. 1733. 17455
les , suivant les principes les plus géné
caux et les plus simples , en les rappor
tánt à la sagesse et à la toute- puissance
du Créateur.
Les difficultez qui se trouveut sur la
pesanteur , ne peuvent se résoudre par
des principes de vie qui n'ont aucun rapport
avec elle , ou par des causes finales ,.
qui ne sont en aucune maniere des causes
physiques ; et si les explications que
Descartes a données de la pesanteur , ont
été attaquées par de fortes objections ,
tous les Philosophes se sont au moins
accordez à tirer ces Explications d'un '
méchanisme général de la Nature. Le
'steur Ray est si peu d'accord avec luid
même au sujet de la respiration et de la¹
systole et diastole du coeur, qu'après avoir
affirmé que ces mouvemens ne peuvent
être méchaniques , il regarde ailleurs com
me une question douteuse de sçavoir si
les bêtes sont des vrayes machines , ou
s'il convient de leur attribuer la vie et le
sentiment.
cliptiqueant
à l'intersection
de l'é-
1
de l'équateur , on en peut donner
plusieurs raisons qui n'ont rien de
contraire au systéme Carthésien . L'obli
quité de l'écliptique par rapport à l'équateur
, dont l'axe conserve toujours
son parallelisme est assurément la cause
av de
1746 MERCURE DE FRANCE
de la varieté des Saisons , mais cette cause
finale , encore une fois , ne peut passer
pour une cause phisique. L'Explication
naturelle de ce phénoméne peut se rapporter
, suivant les principes d'un Méchanisme
général , ou aux particules cannelées
, qui traversant les pores du G'obe
Terrestre d'un certain sens , déterminent
sa position , ou à la qualité du fluide qui
emporte la Terre par un mouvement
circulaire , ou à la pression des tourbillons
voisins , ou à la résistance que tout
corps solide apporte à l'impression du
mouvement qu'il reçoit , ou à toutes ces
causes réunis , ou aux differentes hypotheses
que la sagacité du Physicien lui
fera inventer. Dieu permet à l'homme
de faire quelques raisonnemens assez vraisemblables
sur les Corps Celestes , si prodigieusement
éloignez de nous ,
afin que
cette étude éleve notre esprit à la Majesté
de l'Etre suprême , en même - temps
que la présomption de l'homme est domptée
par la profonde ignorance où il est
de ce qui est au- dedans de lui - même et
de ce qui fait partie de sa propre substance.
C'est une calomnie insoutenable de
dire que les Carthésiens rejettent absolument
le grand argument qui prouve
» l'eA
O UST. 1733 1747
» l'éxistence de Dieu , tiré du phénoméne
de la forme artificielle des choses .
Nulle Philosophie au contraire ne donne
des idées aussi sublimes de la sagesse
de Dieu dans la Création ; nulle Physique
ne ramene davantage l'esprit au
Créateur , en rapportant tous les phénoménes
qu'elle peut expliquer à des loix
simples et génerales émanées nécessairement
de la Toute puissance divine . C'est
l'argument le plus invincible contre l'Athéïsme
, c'est l'exclusion la plus forte du
hazard , dont la régularité et l'uniformité
ne peuvent être les productions . Plus l'idée
d'un méchanisme est générale , constante
et uniforme , comme dans le Carthésianisme
, plus elle est inséparable des
idées de dessein et de sagesse. Ces Re-
Aléxions suffisent pour prouver des veritez
si évidentes, d'autant plus que pour
détruire l'Athéïsme par le raisonnement ,
il faudroit que quelque homme qui raisonne
fût capable d'Athéïsme , ce qui est
impossible. Il est donc certain que l'accusation
du Carthésianisme par les Docteurs
Cudwort et Ray , est au fond trèsfrivole
et très mal fondée , injurieuse à
plusieurs saints et sçavans personnages ,
qui ont soutenu cette Philosophie , et aux
Écoles qui l'enseignent publiquement.
Fermer
Résumé : DÉFENSE du Cartésianisme, par M. le Gendre de S. Aubin ; contre les accusations des Docteurs Cudwort et Ray.
Le texte est une défense du cartésianisme contre les critiques des docteurs Cudworth et Ray, exprimées dans leur ouvrage 'L'Existence et la Sagesse de Dieu, manifestées dans les Oeuvres de la Création'. Le défenseur du cartésianisme reproche à Ray d'avoir commencé son livre en approuvant l'idée que les êtres imparfaits sont plus nombreux que les parfaits, ce qui est jugé inapproprié pour un panégyriste de la sagesse divine. Ray est également critiqué pour avoir fondé la sagesse divine sur un mécanisme de détail, jugé bas et imparfait comparé au mécanisme sublime des cartésiens. Malgré ses attaques contre le cartésianisme, Ray reconnaît certaines hypothèses cartésiennes, comme celle des tourbillons et la diversité des créatures sur les planètes. Le défenseur du cartésianisme répond aux accusations de Ray en expliquant que Descartes exclut les causes finales de la physique pour se concentrer sur les causes naturelles. Il argue que cette approche est pieuse et édifiante, et que la physique doit déduire les phénomènes des lois générales de la nature établies par Dieu. Le texte critique Ray pour avoir accusé les cartésiens de détruire l'argument de l'existence de Dieu en réduisant la création à des lois mécaniques. Le défenseur du cartésianisme conclut que les cartésiens ont mieux expliqué le mécanisme général de la nature et la sagesse divine que toute autre secte philosophique. Le texte discute également de divers phénomènes naturels, comme la gravité, la respiration, les mouvements du cœur, et les mouvements de la Terre, qui semblent défier les lois du mécanisme et nécessitent l'intervention de causes finales ou de principes de vie. Il critique l'incapacité des philosophes mécanistes à expliquer l'organisation des corps animaux, soulignant que ces philosophes interrompent leur système lorsqu'ils abordent ce sujet. Les cartésiens reconnaissent l'insuffisance de leur mécanisme pour expliquer tous les phénomènes, notamment l'organisation des animaux, mais estiment que les corps animés et inanimés sont produits selon des lois différentes. Le texte aborde des difficultés spécifiques comme la pesanteur, la respiration, et les mouvements du cœur, soulignant que les explications cartésiennes, bien que critiquées, restent mécanistes. Il mentionne l'obliquité de l'écliptique par rapport à l'équateur et les diverses causes possibles de ce phénomène, tout en insistant sur le fait que les causes finales ne peuvent être des causes physiques. Enfin, le texte réfute l'accusation selon laquelle les cartésiens rejettent l'argument de la forme artificielle des choses pour prouver l'existence de Dieu. Il affirme que la philosophie cartésienne donne des idées sublimes de la sagesse divine et constitue un argument fort contre l'athéisme. Le texte conclut en dénonçant les accusations frivoles et mal fondées contre le cartésianisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 926-928
Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
Début :
CAUSES CELEBRES et interessantes, avec les jugemens qui les ont décidées, recüeillies [...]
Mots clefs :
Causes, Innocent condamné, Mariage, Juges, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
CAUSES CELEBRES et interessantes , avec
les jugemens qui les ont décidées , recueillies
par M .... Avocat au Parlement
tom.
MA Y. 1734
927
tomes III . et IV. in 12. de 480. pages
chacun . A Paris , ruë S. Jacques , chez
la Veuve de Laune et Guill. Cavelier , et
au Palais chez Théodore le Gras et Jean de
Neuilly. M. DCC. XXXIV .
L'Auteur de ce Livre encouragé par le
succès qu'ont eu les deux premiers volumes
, vient d'en donner au Public un
troisième et un quatrième . Il n'a rien oublié
pour exciter la curiosité , soit par le
choix des causes , soit en sacrifiant le fatras
de la Procedure pour préserver de
l'ennui , soit en rappellant d'autres matieres
curieuses à propos des sujets qu'il
traite. On peut dire que c'est par- là qu'il
a réüssi à faire lire par les Dames même
un Livre de Jurisprudence ; car il y a telle
cause dans ce Livre , laquelle , quoique
conforme à la verité, est plus belle qu'e
belle Fable. Ainsi cet Ouvrage instruit et
divertit tout ensemble , l'Auteur ayant
toujours eu soin de joindre l'agréable à
Putile.
L'affaire toute extraordinaire de la Piwardiere
, celle de Beau - Sergent et de
Madelaine Jollivet , de la Belle Epiciere ,
de le Brun ou de l'Innocent Condamné ,
et plusieurs Testamens singuliers, font là
matiere du troiséme tome.
Le quatriéme contient l'Histoire Tragique
$
928 MERCURE DE FRANCE
gique de Madame Tiquet et les Causes "
suivantes ; la Legataire présumée indigne,
les Juges de Mante , ou les Juges Prévaricataires
punis, la Cause de Dieu , ou Societé
contractée avec Dieu , par un Marchand
, executée ; Injures et Voyes de
fait , ou Insulte faite par la Marquise de
T. à la Dame de L. punie ; le Mariage
mal assorti , le Mariage avorté , les Faux
Hermaphrodites , Different entre un Bailly
et le Procureur du Roi du même Siege ,'
et l'Innocent Condamné , autre que le
Brun.
les jugemens qui les ont décidées , recueillies
par M .... Avocat au Parlement
tom.
MA Y. 1734
927
tomes III . et IV. in 12. de 480. pages
chacun . A Paris , ruë S. Jacques , chez
la Veuve de Laune et Guill. Cavelier , et
au Palais chez Théodore le Gras et Jean de
Neuilly. M. DCC. XXXIV .
L'Auteur de ce Livre encouragé par le
succès qu'ont eu les deux premiers volumes
, vient d'en donner au Public un
troisième et un quatrième . Il n'a rien oublié
pour exciter la curiosité , soit par le
choix des causes , soit en sacrifiant le fatras
de la Procedure pour préserver de
l'ennui , soit en rappellant d'autres matieres
curieuses à propos des sujets qu'il
traite. On peut dire que c'est par- là qu'il
a réüssi à faire lire par les Dames même
un Livre de Jurisprudence ; car il y a telle
cause dans ce Livre , laquelle , quoique
conforme à la verité, est plus belle qu'e
belle Fable. Ainsi cet Ouvrage instruit et
divertit tout ensemble , l'Auteur ayant
toujours eu soin de joindre l'agréable à
Putile.
L'affaire toute extraordinaire de la Piwardiere
, celle de Beau - Sergent et de
Madelaine Jollivet , de la Belle Epiciere ,
de le Brun ou de l'Innocent Condamné ,
et plusieurs Testamens singuliers, font là
matiere du troiséme tome.
Le quatriéme contient l'Histoire Tragique
$
928 MERCURE DE FRANCE
gique de Madame Tiquet et les Causes "
suivantes ; la Legataire présumée indigne,
les Juges de Mante , ou les Juges Prévaricataires
punis, la Cause de Dieu , ou Societé
contractée avec Dieu , par un Marchand
, executée ; Injures et Voyes de
fait , ou Insulte faite par la Marquise de
T. à la Dame de L. punie ; le Mariage
mal assorti , le Mariage avorté , les Faux
Hermaphrodites , Different entre un Bailly
et le Procureur du Roi du même Siege ,'
et l'Innocent Condamné , autre que le
Brun.
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Résumé : Causes celebres et interessantes, [titre d'après la table]
Le texte décrit une œuvre intitulée 'CAUSES CELEBRES et intéressantes, avec les jugements qui les ont décidées', rédigée par un avocat au Parlement. Les tomes III et IV, publiés en 1734, comptent chacun 480 pages et sont disponibles à Paris. L'auteur, stimulé par le succès des deux premiers volumes, a choisi des causes remarquables et évité les détails procéduraux pour rendre l'ouvrage accessible et captivant, même pour les dames. Le troisième tome aborde l'affaire de la Piwardiere, de Beau-Sergent et Madeleine Jollivet, de la Belle Épicerie, de Le Brun ou de l'Innocent Condamné, ainsi que plusieurs testaments singuliers. Le quatrième tome inclut l'Histoire Tragique de Madame Tiquet, la Légataire présumée indigne, les Juges de Mante ou les Juges Prévaricateurs punis, la Cause de Dieu, les Injures et Voies de fait, le Mariage mal assorti, le Mariage avorté, les Faux Hermaphrodites, un différend entre un Bailli et le Procureur du Roi, et une autre affaire d'Innocent Condamné. L'ouvrage vise à allier instruction et divertissement, rendant les sujets juridiques agréables et utiles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 108-116
« MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, ou Résultat de nouvelles observations-pratiques [...] »
Début :
MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, ou Résultat de nouvelles observations-pratiques [...]
Mots clefs :
Médecine, Médecine expérimentale, Maladies, Causes, Observations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, ou Résultat de nouvelles observations-pratiques [...] »
MÉDECINE EXPÉRIMENTALE,
ou Réſultat de nouvelles obfervations - pratiques
& anatomiques , premiere partie.
A Paris , chez Duchefne , Libraire , rue
S. Jacques , au Temple du Goût. 1755.
Cet ouvrage n'eft pas moins intéreffant
JUIN. 1755. 109
par la forme que par le fond. L'auteur a
dépouillé la Médecine de ces termes barbares
, qui effraient autant un lecteur que
les maladies qu'ils expriment 5 il la fait
parler un langage clair & précis, qui la met
à la portée de tout le monde . On lit fon
premier volume comme un ouvrage de
pur agrément. Ce que je trouve de plus
eftimable dans cet Ecrivain , c'est qu'on
voit qu'il n'a voulu rendre fon livre élégant
que pour le rendre plus utile , &
qu'un zéle éclairé l'a produit d'après les
obfervations pour le bien de l'humanité :
c'eft dans ce fens qu'il eft beau d'être
philantrope. Travailler à prolonger la vie
des hommes , ou à la rendre moins douloureuſe
, voilà la vraie philofophie réduire
en pratique . Hypocrate à mes yeux mérite
mieux le nom de fage que Bias ou
Thalés . M. T ...... eft d'autant plus digne
de ce titre , qu'il exerce la fcience
de guérir les hommes fans intérêt ; le
feul qui l'anime eft la perfection de l'art
relativement à leur bien -être. Son traité
eft divifé en trois parties. Dans la premiere
qui paroît , il offre fes réflexions
fur les befoins de la Médecine , fur le danger
des fyftêmes , & fur la néceffité de l'obfervation
; il montre en même tems la
route particuliere qu'il a fuivie pour ob110
MERCURE DE FRANCE.
ferver , & donne enfuite le précis de quel-,
ques confidérations fur les maladies en
général , fur les maladies aiguës , fur les
maladies chroniques , fur l'air & fur les
alimens.
L'auteur prouve les befoins de l'art par
l'état actuel des hommes , quant à leur
multiplication & à leur conftitution . 1 ° .
C'eſt un fait conftaté , dit l'auteur , que
dans les deux premieres années de la vie
le tiers de l'humanité eft moiffonné , & il
paroît que cette proportion n'a pas toujours
eu lieu fi l'on a égard aux caufes qui
fomentent actuellement cette perte prématurée.
2 ° . L'abus qu'on fait des denrées
qu'on tire des Indes depuis leur découverte,
& l'excès qu'on fait des liqueurs fpiritueu
fes depuis l'introduction de l'eau-de - vie ,
font périr un vingt-huitieme des hommes.
3°. Les progrès lents ou rapides de ce mal ,
aujourd'hui fi répandu que la plus honnête,
femme n'en eft pas à l'abri , & qui n'eft connu
parmi nous que depuis deux cens foixante
ans environ, autorifent à croire qu'au
moins un autre vingt-huitieme des hommes
périt par ce poifon. 4°. L'apprêt pernicieux
des alimens qu'il dénature , l'irrégularité
des faifons & celle des moeurs , font un
nouveau ravage. Comme on fe livre avant
le tems au plaifir , on eft vieillard de
JUIN. 1755. 111
">
bonne heure , & la mort eft précoce .
» Les maladies , dit éloquemment M.
» T ... fe multiplient , & fe reproduifent
» à vue d'oeil. Celles qui étoient ou paf-
» foient pour fimples , deviennent fouvent
compliquées ; elles ne vont plus le front
» levé comme autrefois , elles empruntent
>> le mafque , elles jouent le Prothée , elles
» nous donnent le change , elles nous éga-
» rent ; les fymptômes en font plus fourds,
& par là plus aggravans : ainfi les hommes
» déja affoiblis par l'organiſation , font
» encore minés dans l'état de fanté même
» par les caufes qui peuvent fomenter cette
foibleffe , c'eft- à- dire que l'attaque, eft
» devenue beaucoup plus violente , & la dé-
» fenfe beaucoup plus difficile. ... Un coup
» de vent , ajoûte- t - il , abbat quelquefois
» tout-à- coup une partie des fruirs d'un
» verger , c'eft le fléau qui moiffonne. Une
» année humide & pluvieufe en fait tom-
» ber
peu-à -peu encore un plus grand nom-
» bre avant leur maturité , c'eſt le dépé-
» riffement en détail. Telle eſt malheureufement
notre pofition préſente vis- à- vis
» des fiécles reculés.
C'est-à-dire qu'il meurt aujourd'hui plus
d'hommes par ces maux compliqués & fecrets
qui minent leurs jours , qu'il n'en mouroit
autrefois par la guerre alors plus meur112
MERCURE DE FRANCE.
triere , & par la pefte plus fréquente & plus
générale , qui moiffonnoient prefque tout
d'un coup des provinces entieres . M. T ....
prouve par là la néceffité d'avoir recours à
une fûre méthode , pour obvier autant qu'il
dépend de nous au danger de tant de maladies
qui étoient inconnues à nos peres. Y
peut- on parvenir par les fyftêmes ? il fait
voir qu'ils font la plus mauvaiſe voie .
·
» On ne trouve , dit-il , dans nos fyftê-
»mes que des notions flottantes , des in-
» certitudes continuelles , la théorie allant
>> fouvent d'un côté , & la pratique de
» l'autre .... Ouvrez les faftes littéraires
» de l'art , lifez l'hiftoire de la Médecine
» de le Clerc , de Fieund , de Schultz , &c.
» ou pour mieux dire , contentez - vous de
» lire l'hiſtoire des opinions des Philofo-
>> phes , vous y trouverez en même tems
» celle des opinions des Médecins . Combien
de fois n'ont-ils pas adopté comme
principes facrés de l'art tout ce qu'il a
plû à l'imagination échauffée d'un philofophe
d'ériger en fyftême ? ... Que cet
affemblage fait un coup d'oeil humiliant
» pour l'efprit & pour la raifon ! il s'agit
» pourtant de la chofe la plus effentielle &
la plus intéreffante pour les hommes , il
» s'agit de leur confervation .
2
»
"
On ne peut trouver dans les principes
JUIN. 1755. 113
gratuits de théorie des fecours proportionnés
aux dégrés des maux qui les exigent
, ce n'eft que dans l'obfervation fcrupuleufe
des phénomenes fucceffifs des maladies
: dans l'analogie pratique , entre les
fymptômes qui s'offrent , & ceux qui ont
frappé ailleurs ; ce qui fert à établir la néceffité
de cette même obfervation.
:
2
Elle a été le berceau & l'école de la Médecine
; ce n'eft que depuis qu'on s'eft remis
à obferver qu'on a vu l'art s'élever au
point où il est aujourd'hui. Les premiers
Médecins affidus au lit des malades , ne le
quittoient que pour mettre par écrit l'hif
toire des phénomenes , du cours , de l'heureux
& funefte événement des maladies ,
de l'application des remedes & de leurs.
effets interprêtes de la nature , la vérité
s'exprimoit par leur bouche ; ce n'eft plus
qu'aux dépens de cette même vérité qu'ils
n'ont plus été imités . Si l'on s'étoit tenu
au plan fage que nous avoient tracé Hyppocrate
, Galien , &c. nous n'aurions plus
de
regrets fur le paffé , plus de plaintes fur
le préfent , moins de fouhaits à former ſur
l'avenir ce font les expreffions de l'Auteur
, que je copie toujours exactement ,
perfuadé qu'on ne peut pas mieux dire .
Il s'eft preferit pour régles , 1 °. de ne point
répéter ce qui a été dit par d'autres . 2 ° .
114 MERCURE DE FRANCE.
De ne point affigner des principes gra
tuits , dont on veuille enfuite tirer des
conféquences arbitraires . 3 ° . De ne point
confondre les caufes avec leurs effets. 4°.
De n'avancer aucun fait qu'à l'appui d'une
expérience immuable. 5. D'avoir attention
qu'en produifant quelque chofe de
nouveau , tous les phénomenes quelconques
puiffent reffortir aux caufes & aux
raifons données , & réciproquement .
Quelle opinion ne doit - on pas avoir
d'un livre affervi à des loix fifages ! Quelle
eftime & quelle confiance ne doit pas inf
pirer l'auteur qui porte la bonne foi juf
qu'à faire ce rare & modefte aven ! La
plupart des obfervateurs , dit - il , ne s'annoncent
que par leurs fuccès , & moi je n'ai
prefque que des regrets à former fur la perte
de ceux qui ont donné lieu à ces obfervations ;
mais en perdant les uns j'ai appris à fauver
les autres , & je réferve la méthode & le détail
de mes cures pour un autre ouvrage.
Les bornes d'un extrait ne me permettent
pas de m'étendre fur le refte de cette premiere
partie je renvoie le lecteur à l'ouvrage
même, qui mérite fi bien d'être acheté
& d'être lû. Les deux autres parties qui
n'ont pas encore vû le jour , font un recueil
des obfervations fondées la plupart
fur les découvertes qui y ont donné lieu .
JUIN. 1755. 115
NOUVEAUX GLOBES céleftes &
terreftres , de neuf pouces de diametre ;
par M. Robert de Vaugondy , Géographe
ordinaire du Roi.
Ces globes font la réduction des grands
que l'auteur a faits il y a trois ans , par
ordre du Roi ; ils font deftinés principalement
pour l'inftruction de la jeuneffe . Le
célefte fur-tout eft compofé de façon à
pouvoir faire connoître avec une grande
Facilité les étoiles , par le fecours d'aligne
mens qui joignent les étoiles les unes aux
autres , & qui forment dans les conftellations
des triangles & des quadrilateres ,
figures très - connues & bien plus réelles
que celles d'hommes & d'animaux que les
anciens & les modernes ont imaginées. Il
ne s'agit que d'orienter & de difpofer le
globe pour un jour & une heure propofée ,
pour avoir par ce globe l'état actuel du
ciel ; pour lors en confidérant ce globe , &
rapportant au ciel ces figures de triangles
& de quadrilateres , l'on vient aifément à
connoître la grandeur & la pofition de ces
étoiles. Un Seigneur , autant recommendable
par fes lumieres que par fon illuftre
naillance , a bien voulu communiquer
cette idée nouvelle à l'auteur , qui l'a exécutée
, en faisant imprimer le globe célefte
en deux couleurs ; fçavoir , en noir
116 MERCURE DE FRANCE.
pour les étoiles & les figures ordinaires des
conftellations , & en rouge pour les alignemens.
L'on ne doute point que le public
n'applaudiffe à une invention fi fimple
& fi avantageufe.
Ces globes , comme ceux de dix - huit
pouces , fe vendent à Paris , chez le fieur
Robert , Géographe ordinaire du Roi , quai
de l'Horloge du Palais , proche le Pont
neuf.
ou Réſultat de nouvelles obfervations - pratiques
& anatomiques , premiere partie.
A Paris , chez Duchefne , Libraire , rue
S. Jacques , au Temple du Goût. 1755.
Cet ouvrage n'eft pas moins intéreffant
JUIN. 1755. 109
par la forme que par le fond. L'auteur a
dépouillé la Médecine de ces termes barbares
, qui effraient autant un lecteur que
les maladies qu'ils expriment 5 il la fait
parler un langage clair & précis, qui la met
à la portée de tout le monde . On lit fon
premier volume comme un ouvrage de
pur agrément. Ce que je trouve de plus
eftimable dans cet Ecrivain , c'est qu'on
voit qu'il n'a voulu rendre fon livre élégant
que pour le rendre plus utile , &
qu'un zéle éclairé l'a produit d'après les
obfervations pour le bien de l'humanité :
c'eft dans ce fens qu'il eft beau d'être
philantrope. Travailler à prolonger la vie
des hommes , ou à la rendre moins douloureuſe
, voilà la vraie philofophie réduire
en pratique . Hypocrate à mes yeux mérite
mieux le nom de fage que Bias ou
Thalés . M. T ...... eft d'autant plus digne
de ce titre , qu'il exerce la fcience
de guérir les hommes fans intérêt ; le
feul qui l'anime eft la perfection de l'art
relativement à leur bien -être. Son traité
eft divifé en trois parties. Dans la premiere
qui paroît , il offre fes réflexions
fur les befoins de la Médecine , fur le danger
des fyftêmes , & fur la néceffité de l'obfervation
; il montre en même tems la
route particuliere qu'il a fuivie pour ob110
MERCURE DE FRANCE.
ferver , & donne enfuite le précis de quel-,
ques confidérations fur les maladies en
général , fur les maladies aiguës , fur les
maladies chroniques , fur l'air & fur les
alimens.
L'auteur prouve les befoins de l'art par
l'état actuel des hommes , quant à leur
multiplication & à leur conftitution . 1 ° .
C'eſt un fait conftaté , dit l'auteur , que
dans les deux premieres années de la vie
le tiers de l'humanité eft moiffonné , & il
paroît que cette proportion n'a pas toujours
eu lieu fi l'on a égard aux caufes qui
fomentent actuellement cette perte prématurée.
2 ° . L'abus qu'on fait des denrées
qu'on tire des Indes depuis leur découverte,
& l'excès qu'on fait des liqueurs fpiritueu
fes depuis l'introduction de l'eau-de - vie ,
font périr un vingt-huitieme des hommes.
3°. Les progrès lents ou rapides de ce mal ,
aujourd'hui fi répandu que la plus honnête,
femme n'en eft pas à l'abri , & qui n'eft connu
parmi nous que depuis deux cens foixante
ans environ, autorifent à croire qu'au
moins un autre vingt-huitieme des hommes
périt par ce poifon. 4°. L'apprêt pernicieux
des alimens qu'il dénature , l'irrégularité
des faifons & celle des moeurs , font un
nouveau ravage. Comme on fe livre avant
le tems au plaifir , on eft vieillard de
JUIN. 1755. 111
">
bonne heure , & la mort eft précoce .
» Les maladies , dit éloquemment M.
» T ... fe multiplient , & fe reproduifent
» à vue d'oeil. Celles qui étoient ou paf-
» foient pour fimples , deviennent fouvent
compliquées ; elles ne vont plus le front
» levé comme autrefois , elles empruntent
>> le mafque , elles jouent le Prothée , elles
» nous donnent le change , elles nous éga-
» rent ; les fymptômes en font plus fourds,
& par là plus aggravans : ainfi les hommes
» déja affoiblis par l'organiſation , font
» encore minés dans l'état de fanté même
» par les caufes qui peuvent fomenter cette
foibleffe , c'eft- à- dire que l'attaque, eft
» devenue beaucoup plus violente , & la dé-
» fenfe beaucoup plus difficile. ... Un coup
» de vent , ajoûte- t - il , abbat quelquefois
» tout-à- coup une partie des fruirs d'un
» verger , c'eft le fléau qui moiffonne. Une
» année humide & pluvieufe en fait tom-
» ber
peu-à -peu encore un plus grand nom-
» bre avant leur maturité , c'eſt le dépé-
» riffement en détail. Telle eſt malheureufement
notre pofition préſente vis- à- vis
» des fiécles reculés.
C'est-à-dire qu'il meurt aujourd'hui plus
d'hommes par ces maux compliqués & fecrets
qui minent leurs jours , qu'il n'en mouroit
autrefois par la guerre alors plus meur112
MERCURE DE FRANCE.
triere , & par la pefte plus fréquente & plus
générale , qui moiffonnoient prefque tout
d'un coup des provinces entieres . M. T ....
prouve par là la néceffité d'avoir recours à
une fûre méthode , pour obvier autant qu'il
dépend de nous au danger de tant de maladies
qui étoient inconnues à nos peres. Y
peut- on parvenir par les fyftêmes ? il fait
voir qu'ils font la plus mauvaiſe voie .
·
» On ne trouve , dit-il , dans nos fyftê-
»mes que des notions flottantes , des in-
» certitudes continuelles , la théorie allant
>> fouvent d'un côté , & la pratique de
» l'autre .... Ouvrez les faftes littéraires
» de l'art , lifez l'hiftoire de la Médecine
» de le Clerc , de Fieund , de Schultz , &c.
» ou pour mieux dire , contentez - vous de
» lire l'hiſtoire des opinions des Philofo-
>> phes , vous y trouverez en même tems
» celle des opinions des Médecins . Combien
de fois n'ont-ils pas adopté comme
principes facrés de l'art tout ce qu'il a
plû à l'imagination échauffée d'un philofophe
d'ériger en fyftême ? ... Que cet
affemblage fait un coup d'oeil humiliant
» pour l'efprit & pour la raifon ! il s'agit
» pourtant de la chofe la plus effentielle &
la plus intéreffante pour les hommes , il
» s'agit de leur confervation .
2
»
"
On ne peut trouver dans les principes
JUIN. 1755. 113
gratuits de théorie des fecours proportionnés
aux dégrés des maux qui les exigent
, ce n'eft que dans l'obfervation fcrupuleufe
des phénomenes fucceffifs des maladies
: dans l'analogie pratique , entre les
fymptômes qui s'offrent , & ceux qui ont
frappé ailleurs ; ce qui fert à établir la néceffité
de cette même obfervation.
:
2
Elle a été le berceau & l'école de la Médecine
; ce n'eft que depuis qu'on s'eft remis
à obferver qu'on a vu l'art s'élever au
point où il est aujourd'hui. Les premiers
Médecins affidus au lit des malades , ne le
quittoient que pour mettre par écrit l'hif
toire des phénomenes , du cours , de l'heureux
& funefte événement des maladies ,
de l'application des remedes & de leurs.
effets interprêtes de la nature , la vérité
s'exprimoit par leur bouche ; ce n'eft plus
qu'aux dépens de cette même vérité qu'ils
n'ont plus été imités . Si l'on s'étoit tenu
au plan fage que nous avoient tracé Hyppocrate
, Galien , &c. nous n'aurions plus
de
regrets fur le paffé , plus de plaintes fur
le préfent , moins de fouhaits à former ſur
l'avenir ce font les expreffions de l'Auteur
, que je copie toujours exactement ,
perfuadé qu'on ne peut pas mieux dire .
Il s'eft preferit pour régles , 1 °. de ne point
répéter ce qui a été dit par d'autres . 2 ° .
114 MERCURE DE FRANCE.
De ne point affigner des principes gra
tuits , dont on veuille enfuite tirer des
conféquences arbitraires . 3 ° . De ne point
confondre les caufes avec leurs effets. 4°.
De n'avancer aucun fait qu'à l'appui d'une
expérience immuable. 5. D'avoir attention
qu'en produifant quelque chofe de
nouveau , tous les phénomenes quelconques
puiffent reffortir aux caufes & aux
raifons données , & réciproquement .
Quelle opinion ne doit - on pas avoir
d'un livre affervi à des loix fifages ! Quelle
eftime & quelle confiance ne doit pas inf
pirer l'auteur qui porte la bonne foi juf
qu'à faire ce rare & modefte aven ! La
plupart des obfervateurs , dit - il , ne s'annoncent
que par leurs fuccès , & moi je n'ai
prefque que des regrets à former fur la perte
de ceux qui ont donné lieu à ces obfervations ;
mais en perdant les uns j'ai appris à fauver
les autres , & je réferve la méthode & le détail
de mes cures pour un autre ouvrage.
Les bornes d'un extrait ne me permettent
pas de m'étendre fur le refte de cette premiere
partie je renvoie le lecteur à l'ouvrage
même, qui mérite fi bien d'être acheté
& d'être lû. Les deux autres parties qui
n'ont pas encore vû le jour , font un recueil
des obfervations fondées la plupart
fur les découvertes qui y ont donné lieu .
JUIN. 1755. 115
NOUVEAUX GLOBES céleftes &
terreftres , de neuf pouces de diametre ;
par M. Robert de Vaugondy , Géographe
ordinaire du Roi.
Ces globes font la réduction des grands
que l'auteur a faits il y a trois ans , par
ordre du Roi ; ils font deftinés principalement
pour l'inftruction de la jeuneffe . Le
célefte fur-tout eft compofé de façon à
pouvoir faire connoître avec une grande
Facilité les étoiles , par le fecours d'aligne
mens qui joignent les étoiles les unes aux
autres , & qui forment dans les conftellations
des triangles & des quadrilateres ,
figures très - connues & bien plus réelles
que celles d'hommes & d'animaux que les
anciens & les modernes ont imaginées. Il
ne s'agit que d'orienter & de difpofer le
globe pour un jour & une heure propofée ,
pour avoir par ce globe l'état actuel du
ciel ; pour lors en confidérant ce globe , &
rapportant au ciel ces figures de triangles
& de quadrilateres , l'on vient aifément à
connoître la grandeur & la pofition de ces
étoiles. Un Seigneur , autant recommendable
par fes lumieres que par fon illuftre
naillance , a bien voulu communiquer
cette idée nouvelle à l'auteur , qui l'a exécutée
, en faisant imprimer le globe célefte
en deux couleurs ; fçavoir , en noir
116 MERCURE DE FRANCE.
pour les étoiles & les figures ordinaires des
conftellations , & en rouge pour les alignemens.
L'on ne doute point que le public
n'applaudiffe à une invention fi fimple
& fi avantageufe.
Ces globes , comme ceux de dix - huit
pouces , fe vendent à Paris , chez le fieur
Robert , Géographe ordinaire du Roi , quai
de l'Horloge du Palais , proche le Pont
neuf.
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Résumé : « MÉDECINE EXPÉRIMENTALE, ou Résultat de nouvelles observations-pratiques [...] »
L'ouvrage 'Médecine expérimentale', publié en 1755 à Paris par Duchefne, est reconnu pour son style clair et accessible, rendant la médecine compréhensible à un large public. L'auteur, M. T......, ambitionne de rendre la médecine utile et philanthropique, avec pour objectifs de prolonger la vie et de réduire la douleur. Son traité est structuré en trois parties. La première partie traite des besoins de la médecine, des dangers des systèmes médicaux existants et de la nécessité de l'observation. L'auteur met en lumière les besoins de la médecine en se basant sur l'état actuel de l'humanité. Il observe que le tiers des humains meurt dans les deux premières années de vie. De plus, les abus alimentaires et la consommation excessive de liqueurs spirituelles causent la mort d'un vingt-huitième des hommes. Les maladies récentes et les aliments dénaturés contribuent également à une mortalité précoce. Les maladies se multiplient et deviennent plus complexes, rendant leur traitement difficile. L'auteur critique les systèmes médicaux actuels, les jugeant incertains et inefficaces. Il prône une observation scrupuleuse des phénomènes des maladies pour améliorer les soins. L'auteur s'engage à ne pas répéter les travaux des autres, à éviter les principes gratuits, à ne pas confondre causes et effets, et à ne présenter que des faits appuyés par des expériences immuables. Il réserve le détail de ses méthodes et de ses cures pour un autre ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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