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Liste
8151
p. 2883-292
Funerailles faites à Mr le Prince Pamphile, [titre d'après la table]
Début :
On a fait à Rome des funerailles magnifiques à Mr le [...]
Mots clefs :
Cardinal, Prince Pamphile, Funérailles, Rome
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texteReconnaissance textuelle : Funerailles faites à Mr le Prince Pamphile, [titre d'après la table]
On a fait à Romé des funerailles
GALANT 289
railles magnifiques à Mr le
Prince Pamphile , dans l'Eglife
de fainte Agnés de la Place
Navone , fondée & bâtie par
les Princes de fa Maiſon , & à
laquelle il avoit fait lui - même
de grands biens. Ce Prince
dont la pieté eftoit connuë
dans toute l'Italie a laiffe 8o.
mille écus en legs pieux & autres œuvres de picté qu'il a ordonnées , &la plus grande partie de ce fond eft deftiné au foulagement des pauvres qui l'ont
generalement regretté à cauſe
des grands biens qu'il leur faifoit , & qui alloient ordinaireFévrier 1710. Bb
290 MERCURE
ment à vingt mille écus cha
que année , & qui augmen
toient lorfque les neceffitez pu
bliques devenoient plus grandes , puis qu'on a remarqué que
dans l'année du grand Jubilé
elles monterent à plus de cin
quante mille écus. Quelques
jours aprés la mort de ce Prince
Mr le Cardinal Pamphile fon
frere prefenta au Pape le Prince de Valmontone fon neveu ,
& fils du deffunt , & petit - fils
du Prince Pamphile neveu du
Pape Innocent X. qui quitta
le Chapeau de Cardinal pour
époufer la Princeffe de Roffa-
GALANT 291
no , grand' - mere de ce jeune
Prince & mere de celuy qui
vient de mourir. Le Prince
Pamphile eftoit Cardinal Patron & premier Miniftre du
Pape fon oncle , & ce Pontife
n'ayant plus de neveu ſur qui
répandre fes graces , adopta le
Cardinal Aftalli qui tomba enfuite dans la difgrace de Sa
Sainteté , & alla mourir de chagrin dans fon Evêché de Catagne en Sicile. Le Cardinal
Azolin qui a eu tant de part
1
à
la confiance de la Reine de
Suede , s'éleva fur les ruines
de fa fortune. Le Prince de
Bb ij
292 MERCURE
Valmontone eft à prefent Chef
de la Maiſon Pamphile. C'eft
un jeune Seigneur de la Cour
de Rome, qui a porté les armes
en Hongrie il y a quelques années avec beaucoup de répu
tation.
GALANT 289
railles magnifiques à Mr le
Prince Pamphile , dans l'Eglife
de fainte Agnés de la Place
Navone , fondée & bâtie par
les Princes de fa Maiſon , & à
laquelle il avoit fait lui - même
de grands biens. Ce Prince
dont la pieté eftoit connuë
dans toute l'Italie a laiffe 8o.
mille écus en legs pieux & autres œuvres de picté qu'il a ordonnées , &la plus grande partie de ce fond eft deftiné au foulagement des pauvres qui l'ont
generalement regretté à cauſe
des grands biens qu'il leur faifoit , & qui alloient ordinaireFévrier 1710. Bb
290 MERCURE
ment à vingt mille écus cha
que année , & qui augmen
toient lorfque les neceffitez pu
bliques devenoient plus grandes , puis qu'on a remarqué que
dans l'année du grand Jubilé
elles monterent à plus de cin
quante mille écus. Quelques
jours aprés la mort de ce Prince
Mr le Cardinal Pamphile fon
frere prefenta au Pape le Prince de Valmontone fon neveu ,
& fils du deffunt , & petit - fils
du Prince Pamphile neveu du
Pape Innocent X. qui quitta
le Chapeau de Cardinal pour
époufer la Princeffe de Roffa-
GALANT 291
no , grand' - mere de ce jeune
Prince & mere de celuy qui
vient de mourir. Le Prince
Pamphile eftoit Cardinal Patron & premier Miniftre du
Pape fon oncle , & ce Pontife
n'ayant plus de neveu ſur qui
répandre fes graces , adopta le
Cardinal Aftalli qui tomba enfuite dans la difgrace de Sa
Sainteté , & alla mourir de chagrin dans fon Evêché de Catagne en Sicile. Le Cardinal
Azolin qui a eu tant de part
1
à
la confiance de la Reine de
Suede , s'éleva fur les ruines
de fa fortune. Le Prince de
Bb ij
292 MERCURE
Valmontone eft à prefent Chef
de la Maiſon Pamphile. C'eft
un jeune Seigneur de la Cour
de Rome, qui a porté les armes
en Hongrie il y a quelques années avec beaucoup de répu
tation.
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Résumé : Funerailles faites à Mr le Prince Pamphile, [titre d'après la table]
Le texte décrit les funérailles du Prince Pamphile à Rome, célébrées dans l'église Sainte-Agnès de la Place Navone, fondée par sa famille. Connu pour sa piété, le Prince a laissé un legs de 80 000 écus pour des œuvres de charité, principalement destiné à aider les pauvres, qui recevaient annuellement environ 20 000 écus, montant à 50 000 écus lors du grand Jubilé. Après sa mort, son frère, le Cardinal Pamphile, a présenté au Pape son neveu, le Prince de Valmontone, fils du défunt et petit-fils du Prince Pamphile, neveu du Pape Innocent X. Le Prince Pamphile était Cardinal Patron et premier ministre du Pape, qui, n'ayant plus de neveu, adopta le Cardinal Astalli, tombé en disgrâce et mort de chagrin. Le Cardinal Azolin, ayant gagné la confiance de la Reine de Suède, a pris sa place. Actuellement, le Prince de Valmontone, un jeune seigneur de la cour romaine, dirige la Maison Pamphile et a servi en Hongrie avec distinction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8152
p. 2160-2165
METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
Début :
L'Art de la Navigation facilite le Sillage du Vaisseau, en augmentant son [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Navigation, Sillage, Corps du navire, Naufrage, Méthode
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texteReconnaissance textuelle : METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
METHODEpourgouverner un Vaisseau , et pour en retarder le Sillage dans
une Merqui n'a point defond.
' Art de la Navigation facilite le SilL'lage du Vaisseau, en augmentant. Sos
volume supérieur , et en diminuant son
volume inférieur ( ou la partie du Vaisseau qui est dans l'eau ) et par ce moyen ,
avec un peu de vent, on fait beaucoup de
chemin.
i
Sur ce príncipe , il est évident qu'on
retardera le Sillage du Vaisseau en faisant
le contraire ; c'est à- dire, en diminuant le
volume du Vaisseau qui est hors de l'eau,
et en augmentant celui qui est dans l'eau.
Il n'est pas question de la diminution
du volume superieur du Vaisseau pendant la tempête ; c'est une chose connuë;
mais il y a lieu d'être surpris qu'on n'ait
pas songé plutôt à la nécessité d'augmen
ter le volume inférieur du Vaisseau ; ce
qui est pourtant aussi sûr et aussi facile
qu'il est necessaire. Or il être aug peut
nienté tout contre le Corps du Navire ,
ou à quelque distance ; chacune de ces
deux augmentations peut- être exécutée
atilement en bien des manieres. On ne
donnera
OCTOBRE. 1732 2167
donnera icy que deux manieres de faire
cette augmentation loin du Vaisseau, parce qu'elles out toutes les qualitez qu'on
peut désirer. Elles sont sures , simples ,
d'une exécution facile , et de peu de dépense ; outre l'effet ordinaire de retar
der le mouvement du Bâtiment, elles ont
encore celui de le gouverner; en sorte que
par ces opérations , le Sillage du Vaisseau
est retardé considérablement , et le Navire reste toujours dans la même situation
à l'égard du vent , quelque changement
qui arrive dans le vent.
La premiere augmentation de volume
consiste en une voile de la forme qu'on
voudra , qui sera attachée par ses bords ,
à peu près comme le sont des Bassins de
Balance, à un Cable, d'une longueur convenable amaré au Vaisseau. Cette surface étant chargée d'un poids qui ne luž
permettra point de rester sur l'eau , lors
qu'elle n'agit point, fera deux effets.
Le premier de retarder le mouvement
du Vaisseau , parce qu'elle ne pourra le
suivre , sans entraîner en même temps le
volume d'eau ; ce qui diminuera le mouvement du Vaisseau , à propertion de la
grandeur de cette surface.
Son second effet de gouverner le Bâti
ment, parce que la partie à laquelle le Cable
2162 MERCURE DE FRANCE
Cable sera attaché , sera toujours exposée
au vent. Ainsi,supposant qu'on aura présenté au vent la partie du Vaisseau la plus
favorable , pour résister à la tempête , il
est vrai de dire qu'unNavire sera gouverné de la maniere la plus avantageuse , car
on peut aisément changer la situation du
Vaisseau. En un mot , cette furface aussibien que celle qu'on va proposer , seront
de vraies Ancres flotantes , qui procureront les avantages d'une Ancre qui labou
re; avec cette difference , que la résistance de l'eau étant de beaucoup plus douce
que celle de la terre , l'impression du vent
et des vagues sur le Vaisseau , sera bien
moins préjudiciable avec les Ancres flotantes , qu'avec les Ancres ordinaires.
La seconde maniere d'augmenter le volume du Vaisseau , est aussi simple ; elle
consiste uniquement en une Vergue qu'on
attache par les bouts à une corde ; laquelle pour cet effet est divisée en deux
son extrêmité , et forme un triangle
avec la Vergue. Or la Vergue suivra le
Vaisseau en travers , et trouvera par conséquent de la résistance dans toute sa longueur. Cette Vergue doit être comme la
surface précedente , accompagnée d'un
poids suffisant pour l'attirer en bas lorsqu'elle cesse d'être traînée par le Vaisseau.
Ов
OCTOBRE. 1732 : 2163
On n'entrera point à presént dans plusieurs détails , qui contribueront à perfectionner le moyen qu'on propose. On les
expliquera dans la suite.
Les avantages de ces nouvelles opéra- tions seront tres- considérables ; car outre
le retardement du Sillage et le gouvernement du Vaisseau , qui se feront d'euxmêmes, à la faveur des nouvelles Ancres,
et sans que l'équipage ait besoin de travailler , ni même d'être exposé au mauvais temps sur le Tillac ; on peut dire
que le Capot sera tres- difficile , pour ne
rien dire de plus ; et qu'un Vaisseau sera
bien foible , s'il est brisé par les Vagues ;
étant si aisé de le tenir dans la situation la
plus avantageuse.
Je ne parle pas de la facilité de ces opérations , persuadé qu'on sent assez qu'un
Equipage qui n'auroit pas la force de les
faire , seroit peu en état de naviguer.
Le cas de Tempête ne sera pas le seul
où l'augmentation du volume inférieur
du Vaisseau sera utile. On fera voir
qu'il le sera en bien d'autres occasions importantes. Les Expériences qu'on a faites
quoiqu'en petit ) rendent tout ce qu'on
vient de dire , tres-sensible.
L'Auteur de ce Mémoire, prétend qu'on
pourra par les moyens qui y sont propo- sea
2164 MERCURE DE FRANCE
sez , prévenir beaucoup de Naufrages . qui seroient inévitables d'ailleurs. Il se flatte
que la proposition qu'il fit l'année derniere , de rendre la Navigation plus sûre
et plus facile , ne sera plus regardée , comme elle l'a été jusqu'icy , et qu'on pren
dra ce qu'il donne aujourd'hui pour une
preuve suffisante de la premiere Partie de
sa proposition. A l'égard de l'autre Par
tie qui a la facilité de la Navigation pour
objet ; en attendant la maniere , dont l
premiere sera reçue. Il ne craint point d'a
vancer qu'il mettra les chofes aú poing
que le moindre Pilote fera en état de dé.
cider une question qui embarrasseroit le
plus habiles du métier , et cela sans une
grande étude , ni même beaucoup d'ap
plication. Dès la premiere explication i!
sera en état de décider , sans crainte de se
tromper. La proposition est un peu forte
aussi ne l'ai-je voulu faire , dit il , qu'après avoir donné de nouvelles preuves de suffisance. Ainsi sans retracter rien de c
que j'ai avancé , je crois pouvoir dire que
sans avoir trouvé les longitudes , je dônnerai des moyens qui feront un effet fort
approchant. Je ferai voir , par exemple ,
que la grande difference qui se trouve
dans la route de plusieurs Pilotes également habiles , ne vient que des courans.
Le
OCTOBRE. 1732. 2169
Le remede à cette erreur sera un moyen
de connoître les courans que je donnerai,
Le moyen sera de pratique , je n'en proposerai jamais d'autre ; je donnerai ure
maniete de mesurer le Sillage bien plus
exacte et même plus facile que toutes celles dont on s'est servi jusqu'à aujourd'hui;
en un mot , sans parler de bien d'autres
choses de moindre conséquence , j'espere que le public n'aura pas moins lieu
d'être content des moyens que je donnerai pour la facilité de la Navigation , que
je crois qu'il le sera de ceux que je donne
aujourd'hui,
une Merqui n'a point defond.
' Art de la Navigation facilite le SilL'lage du Vaisseau, en augmentant. Sos
volume supérieur , et en diminuant son
volume inférieur ( ou la partie du Vaisseau qui est dans l'eau ) et par ce moyen ,
avec un peu de vent, on fait beaucoup de
chemin.
i
Sur ce príncipe , il est évident qu'on
retardera le Sillage du Vaisseau en faisant
le contraire ; c'est à- dire, en diminuant le
volume du Vaisseau qui est hors de l'eau,
et en augmentant celui qui est dans l'eau.
Il n'est pas question de la diminution
du volume superieur du Vaisseau pendant la tempête ; c'est une chose connuë;
mais il y a lieu d'être surpris qu'on n'ait
pas songé plutôt à la nécessité d'augmen
ter le volume inférieur du Vaisseau ; ce
qui est pourtant aussi sûr et aussi facile
qu'il est necessaire. Or il être aug peut
nienté tout contre le Corps du Navire ,
ou à quelque distance ; chacune de ces
deux augmentations peut- être exécutée
atilement en bien des manieres. On ne
donnera
OCTOBRE. 1732 2167
donnera icy que deux manieres de faire
cette augmentation loin du Vaisseau, parce qu'elles out toutes les qualitez qu'on
peut désirer. Elles sont sures , simples ,
d'une exécution facile , et de peu de dépense ; outre l'effet ordinaire de retar
der le mouvement du Bâtiment, elles ont
encore celui de le gouverner; en sorte que
par ces opérations , le Sillage du Vaisseau
est retardé considérablement , et le Navire reste toujours dans la même situation
à l'égard du vent , quelque changement
qui arrive dans le vent.
La premiere augmentation de volume
consiste en une voile de la forme qu'on
voudra , qui sera attachée par ses bords ,
à peu près comme le sont des Bassins de
Balance, à un Cable, d'une longueur convenable amaré au Vaisseau. Cette surface étant chargée d'un poids qui ne luž
permettra point de rester sur l'eau , lors
qu'elle n'agit point, fera deux effets.
Le premier de retarder le mouvement
du Vaisseau , parce qu'elle ne pourra le
suivre , sans entraîner en même temps le
volume d'eau ; ce qui diminuera le mouvement du Vaisseau , à propertion de la
grandeur de cette surface.
Son second effet de gouverner le Bâti
ment, parce que la partie à laquelle le Cable
2162 MERCURE DE FRANCE
Cable sera attaché , sera toujours exposée
au vent. Ainsi,supposant qu'on aura présenté au vent la partie du Vaisseau la plus
favorable , pour résister à la tempête , il
est vrai de dire qu'unNavire sera gouverné de la maniere la plus avantageuse , car
on peut aisément changer la situation du
Vaisseau. En un mot , cette furface aussibien que celle qu'on va proposer , seront
de vraies Ancres flotantes , qui procureront les avantages d'une Ancre qui labou
re; avec cette difference , que la résistance de l'eau étant de beaucoup plus douce
que celle de la terre , l'impression du vent
et des vagues sur le Vaisseau , sera bien
moins préjudiciable avec les Ancres flotantes , qu'avec les Ancres ordinaires.
La seconde maniere d'augmenter le volume du Vaisseau , est aussi simple ; elle
consiste uniquement en une Vergue qu'on
attache par les bouts à une corde ; laquelle pour cet effet est divisée en deux
son extrêmité , et forme un triangle
avec la Vergue. Or la Vergue suivra le
Vaisseau en travers , et trouvera par conséquent de la résistance dans toute sa longueur. Cette Vergue doit être comme la
surface précedente , accompagnée d'un
poids suffisant pour l'attirer en bas lorsqu'elle cesse d'être traînée par le Vaisseau.
Ов
OCTOBRE. 1732 : 2163
On n'entrera point à presént dans plusieurs détails , qui contribueront à perfectionner le moyen qu'on propose. On les
expliquera dans la suite.
Les avantages de ces nouvelles opéra- tions seront tres- considérables ; car outre
le retardement du Sillage et le gouvernement du Vaisseau , qui se feront d'euxmêmes, à la faveur des nouvelles Ancres,
et sans que l'équipage ait besoin de travailler , ni même d'être exposé au mauvais temps sur le Tillac ; on peut dire
que le Capot sera tres- difficile , pour ne
rien dire de plus ; et qu'un Vaisseau sera
bien foible , s'il est brisé par les Vagues ;
étant si aisé de le tenir dans la situation la
plus avantageuse.
Je ne parle pas de la facilité de ces opérations , persuadé qu'on sent assez qu'un
Equipage qui n'auroit pas la force de les
faire , seroit peu en état de naviguer.
Le cas de Tempête ne sera pas le seul
où l'augmentation du volume inférieur
du Vaisseau sera utile. On fera voir
qu'il le sera en bien d'autres occasions importantes. Les Expériences qu'on a faites
quoiqu'en petit ) rendent tout ce qu'on
vient de dire , tres-sensible.
L'Auteur de ce Mémoire, prétend qu'on
pourra par les moyens qui y sont propo- sea
2164 MERCURE DE FRANCE
sez , prévenir beaucoup de Naufrages . qui seroient inévitables d'ailleurs. Il se flatte
que la proposition qu'il fit l'année derniere , de rendre la Navigation plus sûre
et plus facile , ne sera plus regardée , comme elle l'a été jusqu'icy , et qu'on pren
dra ce qu'il donne aujourd'hui pour une
preuve suffisante de la premiere Partie de
sa proposition. A l'égard de l'autre Par
tie qui a la facilité de la Navigation pour
objet ; en attendant la maniere , dont l
premiere sera reçue. Il ne craint point d'a
vancer qu'il mettra les chofes aú poing
que le moindre Pilote fera en état de dé.
cider une question qui embarrasseroit le
plus habiles du métier , et cela sans une
grande étude , ni même beaucoup d'ap
plication. Dès la premiere explication i!
sera en état de décider , sans crainte de se
tromper. La proposition est un peu forte
aussi ne l'ai-je voulu faire , dit il , qu'après avoir donné de nouvelles preuves de suffisance. Ainsi sans retracter rien de c
que j'ai avancé , je crois pouvoir dire que
sans avoir trouvé les longitudes , je dônnerai des moyens qui feront un effet fort
approchant. Je ferai voir , par exemple ,
que la grande difference qui se trouve
dans la route de plusieurs Pilotes également habiles , ne vient que des courans.
Le
OCTOBRE. 1732. 2169
Le remede à cette erreur sera un moyen
de connoître les courans que je donnerai,
Le moyen sera de pratique , je n'en proposerai jamais d'autre ; je donnerai ure
maniete de mesurer le Sillage bien plus
exacte et même plus facile que toutes celles dont on s'est servi jusqu'à aujourd'hui;
en un mot , sans parler de bien d'autres
choses de moindre conséquence , j'espere que le public n'aura pas moins lieu
d'être content des moyens que je donnerai pour la facilité de la Navigation , que
je crois qu'il le sera de ceux que je donne
aujourd'hui,
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Résumé : METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
Le texte aborde des techniques pour gouverner un vaisseau et retarder son sillage dans une mer sans fond. La navigation est facilitée en augmentant le volume supérieur du vaisseau et en diminuant le volume inférieur. Pour retarder le sillage, il est recommandé de réduire le volume hors de l'eau et d'augmenter celui immergé. L'accent est mis sur l'importance d'accroître le volume inférieur du vaisseau, ce qui peut être réalisé par diverses méthodes. Deux approches spécifiques sont proposées pour augmenter le volume inférieur. La première méthode consiste à attacher une voile à un câble chargé d'un poids. Cette voile retarde le mouvement du vaisseau et le gouverne en résistant au vent. La seconde méthode utilise une vergue attachée à une corde, formant un triangle, qui offre une résistance sur toute sa longueur. Ces méthodes présentent plusieurs avantages, notamment le retardement du sillage et le gouvernement du vaisseau sans effort supplémentaire de l'équipage. Elles sont simples, économiques et efficaces, même en cas de tempête. Le texte souligne également leur utilité pour prévenir les naufrages et améliorer la sécurité et la facilité de la navigation. L'auteur mentionne qu'il pourra fournir des moyens pratiques pour connaître les courants et mesurer le sillage avec précision.
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8153
p. 70-76
« J'insere ici le sentiment d'un amateur sur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait [...] »
Début :
J'insere ici le sentiment d'un amateur sur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait [...]
Mots clefs :
Chant, Musique, Art du chant, Plaisirs, Méthode, Étude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'insere ici le sentiment d'un amateur sur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait [...] »
J'infere ici le fentiment d'un amateur
fur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait
que j'en avois promis , & je fuis perfuadé
que le lecteur y gagnera.
L'ART du chant eft compofé avec tant
de méthode & de précifion , que je crois
plus à propos d'expofer les avantages qui
doivent naturellement réfulter de cet
écrit , que d'en donner une analyfe fuperficielle
& inutile. M. Bérard , après avoir
examiné avec une finguliere attention les
organes de la voix , confidérée par rapport
au chant , emploie les deux autres parties
à établir des principes & des régles pour
donner à la Mufique chantante toute l'expreffion
dont elle eft fufceptible ; & afini
de mettre tous les amateurs plus à portée
de profiter des réflexions & des nouvelles
découvertes qu'il venoit de leur offrir , on
trouve à la fin de fon ouvrage un affez
grand nombre d'exemples choifis de tou
tes les efpeces de chant , qui , en répandant
un nouveau jour fur fes principes ,
en rendront l'application facile & l'ufage
invariable. Un pareil ouvrage exécuté par
un homme qui joindroit à un goût fûr &
délicat une expérience confommée , & une
étude réfléchie de fon art , ne pourroit
manquer de produire les effets les plus
utiles. L'accueil que toutes les perfonnes
M A I.
1755 71
éclairées , à qui la Mufique françoiſe eſt
chere , ont fait à l'art du chant , annonce
que le public le recevra volontiers cómme
une production de ce genre. Le premier
avantage qui fe préfente & qui intéreſſe
toute la nation , c'eft que ce livre bien lû
& bien médité , fera enfin connoître à toutes
les perfonnes impartiales , qu'il eft faux
(comme le publient la prévention & l'injuftice
) que le chant françois endorme par
une fade uniformité . Pour peu qu'on réfléchiffe
avec quel foin , avec quel détail l'auteur
enfeigne la maniere d'exprimer les divers
effets de la nature & des paffions , on
fera convaincu qu'il n'y a point de peuple
au monde qui ait autant penfé que nous a
donner à fon chant plus de variété , plus
de vérité & d'analogie avec les différens
objets qu'on fe propofe de préfenter. Mais
ce n'eft point affez pour M. B. d'avoir
contribué à notre gloire , il multiplie encore
& affure nos plaifirs. Jamais le goût
du chant ne fut auffi général qu'il l'eft
aujourd'hui parmi nous : cependant com
bien de perfonnes fe trouvent dans une
efpece d'impoffibilité de fe livrer à une
étude fi flateufe , foit par la rareté des
bons Maîtres , foit par les différentes occupations
, qui ne laiffent que peu de momens
à employer pour les chofes de goût
ou de fimple amufement ?
72 MERCURE
DE FRANCE.
Le préfent que M. B. vient de faire au
public , remédie , du moins en grande partie
, à ces difficultés , qui jufqu'à préfent
avoient été infurmontables
: en effet , les
perfonnes qui font abfolument étrangeres
à la mufique , & celles qui en ont déja une
connoiffance commencée, ne peuvent manquer
de tirer les plus grands fecours de cet
ouvrage , les premieres , conduites par un
Maître qui pendant quelque tems leur developpera
tous les principes de l'art du
chant ; les autres , par leurs propres réflexions
, parviendront
facilement & fûrement
au même but où jufques-là ils n'auroient
pû atteindre qu'avec beaucoup de
peines , & après bien des années . Dans
toutes nos fociétés particulieres où le goût
du chant fait une des principales occupations
, quels avantages ne recueillera-t - on
pas du livre de M. Bérard , pour peu qu'on
acquiere par habitude & par réflexion un
ufage familier de ces principes , au lieu
de ces contre fens fi ordinaires à des perfonnes
peu verfées dans l'art du chant ,
& qui font gémir tous les gens de bon
goût ? par la méthode des nouveaux fignes ,
fi l'on ne parvient pas à la perfection qu'on
ne doit attendre que des grands Maîtres ,
ne fera- t-on pas für du moins de pouvoir
chanter les morceaux même les plus frappans
,
M A I. 1755. 73'
pans , avec le caractere , la vérité & les
agrémens qui leur font propres ?
Parmi toutes les découvertes dont M. Bérard
a enrichi fon ouvrage , celle de l'invention
des fignes nous paroît mériter les plus
grands éloges: jufqu'ici nous avons entendu
nos excellens chanteurs exécuter plufieurs
endroits de nos Opéra avec tant de vérité
& tant de graces , que nous defefpérions
qu'ils puffent être imités ; comme ils devoient
à une étude profonde & réfléchie
des organes de la voix ces traits éclatans
ces paffages heureux qui nous faififfent &
qui nous enlevent , il étoit impoffible à
des perfonnes peu appliquées de faifir leur
fecret. M. Bérard vient de nous découvrir
ce méchanifme curieux , que nous admirions
fans en connoître les refforts , & par
là nous a mis en état de devenir les rivaux
même de ceux que nous n'aurions jamais
ofé regarder que comme nos maîtres . Mais
c'eft principalement aux compofiteurs en
mufique de marquer à l'auteur toute leur
reconnoiffance : quel fupplice n'étoit - ce
pas pour un habile Muficien de voir le mê
me ouvrage , qui dans la bouche d'excellens
acteurs confervoit toutes fes graces ,
défiguré enfuite fouvent au point de ne
pouvoir lui même fe reconnoître ? La méthode
des nouveaux fignes va lui fauver
D
74 MERCURE DE FRANCE.
tous ces dégoûts fi ordinaires dans la capitale
même , & infiniment plus communs
encore dans nos provinces : il peut être
fur à préfent que tous ceux qui voudront
profiter des moyens que M. B. leur offre
rendront les compofitions avec la principale
partie de tous les agrémens qui lui
font propres
.
>
Nous ne pouvons avec bienféance ters
miner cet article fans nous arrêter un mo
ment fur l'Opéra , cette partie fi importan
te de nos plaifirs . Nous accufons la nature
d'être pour nous plus avare que pour nos
peres , on veut que les bons fujets foient
plus rares qu'ils n'ont jamais été , & c'eft
à cette prétendue difette qu'on attribue la
diminution trop fenfible de nos plaifirs
cependant fi nous voulons examiner les
chofes avec attention nous verrons que
le défaut d'art & non pas de fujets , eft la
vraie caufe de cette décadence de talens
dont nous nous plaignons. Depuis bien
des années nous avons vû débuter plus
d'un acteur qui donnoit d'abord les plus
belles efperances , nous nous flations avec
juftice que le tems & l'étude acheveroient
infenfiblement ce que la nature avoit fi
heureuſement commencé ; cependant loin
de voir le talent fe perfectionner & s'ac
croître , il tombe bientôt dans l'oubli , &
MA I.
1755575
nous nous étonnons feulement d'avoir pu
l'admirer. Si l'on veut remonter à la vraie
fource de ce mal , on verra qu'il naît principalement
du peu de foin que nous prenons
de former nos éleves : un jeune acteur
abandonné à lui - même , où fuivant
une routine imparfaite & aveugle , pourrat-
il corriger ou adoucir ce qui peut être
défectueux dans fa voix pourra- t- il ac
querit ces graces touchantes , ces fineſſes
de chant qui font le fruit de l'art le plus
confommé ?
Nous ne pouvons trop les avertir ici
que nos acteurs s'appliquent avec foin à
méditer les principes de M. Bérard fur l'ar❤
ticulation & la prononciation , fur la nouvelle
ortographe de chant qu'il propofe ,
fur la néceffité de doubler de certaines lettres
; mais fur - tout qu'ils faffent un ufage
un peu conftant de tous les fecrets qu'il
leur indique pour l'infpiration & pour
l'expiration , ils fe verront bientôt dédom
magés par les fuffrages du public , des peines
que cette étude pourroit leur caufer.
La méthode qu'on leur propofe , doit d'aurant
plus mériter leur confiance ; qu'elle a
été jufqu'ici le fondement des fuccès de
tous les excellens chanteurs que nous avons
admiré jufqu'aujourd'hui . Ces réflexions
déja confirmées par l'expérience , doivent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
+
nous faire augurer qu'il eft encore des
moyens de rétablir l'Opéra dans fon ancienne
gloire , du moins pouvons - nous
nous affurer que fi nous manquons de
fujets & par conféquent de plaifirs , nous
ne devons en accufer que nous-mêmes.
On délivre actuellement chez Ch. Ant
Jombert , Libraire , rue Dauphine , le tome
III de l'Architecture françoife . Le to
me IV de cet ouvrage utile ne pourra pa◄
roître que vers la fin de cette année , par
les raifons que l'on verra dans le Profpectus
qui vient d'être publié à ce fujet.
Le même Libraire vient de mettre en
vente un Dictionnaire portatif de l'Ingénieur
, où l'on explique les principaux ter
mes des ſciences les plus néceffaires à un
Ingénieur , fçavoir , l'Arithmétique , l'Algebre
, la Géométrie , l'Architecture civile ,
fa Charpenterie , la Serrurerie , l'Architec
ture hydraulique , l'Architecture militaire,
la Fortification , l'attaque & la défenfe des
places , les mines , l'Artillerie , la Marine ,
la Pyrotechnie . Par M. Belidor , Colonel
d'Infanterie , ancien Profeffeur de Mathé
matiques , &c. un vol . in- 8 ° . petit format,
Prix 3 liv . 12 f. relié.
fur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait
que j'en avois promis , & je fuis perfuadé
que le lecteur y gagnera.
L'ART du chant eft compofé avec tant
de méthode & de précifion , que je crois
plus à propos d'expofer les avantages qui
doivent naturellement réfulter de cet
écrit , que d'en donner une analyfe fuperficielle
& inutile. M. Bérard , après avoir
examiné avec une finguliere attention les
organes de la voix , confidérée par rapport
au chant , emploie les deux autres parties
à établir des principes & des régles pour
donner à la Mufique chantante toute l'expreffion
dont elle eft fufceptible ; & afini
de mettre tous les amateurs plus à portée
de profiter des réflexions & des nouvelles
découvertes qu'il venoit de leur offrir , on
trouve à la fin de fon ouvrage un affez
grand nombre d'exemples choifis de tou
tes les efpeces de chant , qui , en répandant
un nouveau jour fur fes principes ,
en rendront l'application facile & l'ufage
invariable. Un pareil ouvrage exécuté par
un homme qui joindroit à un goût fûr &
délicat une expérience confommée , & une
étude réfléchie de fon art , ne pourroit
manquer de produire les effets les plus
utiles. L'accueil que toutes les perfonnes
M A I.
1755 71
éclairées , à qui la Mufique françoiſe eſt
chere , ont fait à l'art du chant , annonce
que le public le recevra volontiers cómme
une production de ce genre. Le premier
avantage qui fe préfente & qui intéreſſe
toute la nation , c'eft que ce livre bien lû
& bien médité , fera enfin connoître à toutes
les perfonnes impartiales , qu'il eft faux
(comme le publient la prévention & l'injuftice
) que le chant françois endorme par
une fade uniformité . Pour peu qu'on réfléchiffe
avec quel foin , avec quel détail l'auteur
enfeigne la maniere d'exprimer les divers
effets de la nature & des paffions , on
fera convaincu qu'il n'y a point de peuple
au monde qui ait autant penfé que nous a
donner à fon chant plus de variété , plus
de vérité & d'analogie avec les différens
objets qu'on fe propofe de préfenter. Mais
ce n'eft point affez pour M. B. d'avoir
contribué à notre gloire , il multiplie encore
& affure nos plaifirs. Jamais le goût
du chant ne fut auffi général qu'il l'eft
aujourd'hui parmi nous : cependant com
bien de perfonnes fe trouvent dans une
efpece d'impoffibilité de fe livrer à une
étude fi flateufe , foit par la rareté des
bons Maîtres , foit par les différentes occupations
, qui ne laiffent que peu de momens
à employer pour les chofes de goût
ou de fimple amufement ?
72 MERCURE
DE FRANCE.
Le préfent que M. B. vient de faire au
public , remédie , du moins en grande partie
, à ces difficultés , qui jufqu'à préfent
avoient été infurmontables
: en effet , les
perfonnes qui font abfolument étrangeres
à la mufique , & celles qui en ont déja une
connoiffance commencée, ne peuvent manquer
de tirer les plus grands fecours de cet
ouvrage , les premieres , conduites par un
Maître qui pendant quelque tems leur developpera
tous les principes de l'art du
chant ; les autres , par leurs propres réflexions
, parviendront
facilement & fûrement
au même but où jufques-là ils n'auroient
pû atteindre qu'avec beaucoup de
peines , & après bien des années . Dans
toutes nos fociétés particulieres où le goût
du chant fait une des principales occupations
, quels avantages ne recueillera-t - on
pas du livre de M. Bérard , pour peu qu'on
acquiere par habitude & par réflexion un
ufage familier de ces principes , au lieu
de ces contre fens fi ordinaires à des perfonnes
peu verfées dans l'art du chant ,
& qui font gémir tous les gens de bon
goût ? par la méthode des nouveaux fignes ,
fi l'on ne parvient pas à la perfection qu'on
ne doit attendre que des grands Maîtres ,
ne fera- t-on pas für du moins de pouvoir
chanter les morceaux même les plus frappans
,
M A I. 1755. 73'
pans , avec le caractere , la vérité & les
agrémens qui leur font propres ?
Parmi toutes les découvertes dont M. Bérard
a enrichi fon ouvrage , celle de l'invention
des fignes nous paroît mériter les plus
grands éloges: jufqu'ici nous avons entendu
nos excellens chanteurs exécuter plufieurs
endroits de nos Opéra avec tant de vérité
& tant de graces , que nous defefpérions
qu'ils puffent être imités ; comme ils devoient
à une étude profonde & réfléchie
des organes de la voix ces traits éclatans
ces paffages heureux qui nous faififfent &
qui nous enlevent , il étoit impoffible à
des perfonnes peu appliquées de faifir leur
fecret. M. Bérard vient de nous découvrir
ce méchanifme curieux , que nous admirions
fans en connoître les refforts , & par
là nous a mis en état de devenir les rivaux
même de ceux que nous n'aurions jamais
ofé regarder que comme nos maîtres . Mais
c'eft principalement aux compofiteurs en
mufique de marquer à l'auteur toute leur
reconnoiffance : quel fupplice n'étoit - ce
pas pour un habile Muficien de voir le mê
me ouvrage , qui dans la bouche d'excellens
acteurs confervoit toutes fes graces ,
défiguré enfuite fouvent au point de ne
pouvoir lui même fe reconnoître ? La méthode
des nouveaux fignes va lui fauver
D
74 MERCURE DE FRANCE.
tous ces dégoûts fi ordinaires dans la capitale
même , & infiniment plus communs
encore dans nos provinces : il peut être
fur à préfent que tous ceux qui voudront
profiter des moyens que M. B. leur offre
rendront les compofitions avec la principale
partie de tous les agrémens qui lui
font propres
.
>
Nous ne pouvons avec bienféance ters
miner cet article fans nous arrêter un mo
ment fur l'Opéra , cette partie fi importan
te de nos plaifirs . Nous accufons la nature
d'être pour nous plus avare que pour nos
peres , on veut que les bons fujets foient
plus rares qu'ils n'ont jamais été , & c'eft
à cette prétendue difette qu'on attribue la
diminution trop fenfible de nos plaifirs
cependant fi nous voulons examiner les
chofes avec attention nous verrons que
le défaut d'art & non pas de fujets , eft la
vraie caufe de cette décadence de talens
dont nous nous plaignons. Depuis bien
des années nous avons vû débuter plus
d'un acteur qui donnoit d'abord les plus
belles efperances , nous nous flations avec
juftice que le tems & l'étude acheveroient
infenfiblement ce que la nature avoit fi
heureuſement commencé ; cependant loin
de voir le talent fe perfectionner & s'ac
croître , il tombe bientôt dans l'oubli , &
MA I.
1755575
nous nous étonnons feulement d'avoir pu
l'admirer. Si l'on veut remonter à la vraie
fource de ce mal , on verra qu'il naît principalement
du peu de foin que nous prenons
de former nos éleves : un jeune acteur
abandonné à lui - même , où fuivant
une routine imparfaite & aveugle , pourrat-
il corriger ou adoucir ce qui peut être
défectueux dans fa voix pourra- t- il ac
querit ces graces touchantes , ces fineſſes
de chant qui font le fruit de l'art le plus
confommé ?
Nous ne pouvons trop les avertir ici
que nos acteurs s'appliquent avec foin à
méditer les principes de M. Bérard fur l'ar❤
ticulation & la prononciation , fur la nouvelle
ortographe de chant qu'il propofe ,
fur la néceffité de doubler de certaines lettres
; mais fur - tout qu'ils faffent un ufage
un peu conftant de tous les fecrets qu'il
leur indique pour l'infpiration & pour
l'expiration , ils fe verront bientôt dédom
magés par les fuffrages du public , des peines
que cette étude pourroit leur caufer.
La méthode qu'on leur propofe , doit d'aurant
plus mériter leur confiance ; qu'elle a
été jufqu'ici le fondement des fuccès de
tous les excellens chanteurs que nous avons
admiré jufqu'aujourd'hui . Ces réflexions
déja confirmées par l'expérience , doivent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
+
nous faire augurer qu'il eft encore des
moyens de rétablir l'Opéra dans fon ancienne
gloire , du moins pouvons - nous
nous affurer que fi nous manquons de
fujets & par conféquent de plaifirs , nous
ne devons en accufer que nous-mêmes.
On délivre actuellement chez Ch. Ant
Jombert , Libraire , rue Dauphine , le tome
III de l'Architecture françoife . Le to
me IV de cet ouvrage utile ne pourra pa◄
roître que vers la fin de cette année , par
les raifons que l'on verra dans le Profpectus
qui vient d'être publié à ce fujet.
Le même Libraire vient de mettre en
vente un Dictionnaire portatif de l'Ingénieur
, où l'on explique les principaux ter
mes des ſciences les plus néceffaires à un
Ingénieur , fçavoir , l'Arithmétique , l'Algebre
, la Géométrie , l'Architecture civile ,
fa Charpenterie , la Serrurerie , l'Architec
ture hydraulique , l'Architecture militaire,
la Fortification , l'attaque & la défenfe des
places , les mines , l'Artillerie , la Marine ,
la Pyrotechnie . Par M. Belidor , Colonel
d'Infanterie , ancien Profeffeur de Mathé
matiques , &c. un vol . in- 8 ° . petit format,
Prix 3 liv . 12 f. relié.
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Résumé : « J'insere ici le sentiment d'un amateur sur l'art du chant ; il tiendra lieu de l'extrait [...] »
Le texte présente une critique élogieuse de l'ouvrage 'L'Art du chant' de M. Bérard, publié en 1755. L'auteur admire la méthode et la précision de Bérard, soulignant que l'ouvrage ne se contente pas d'une analyse superficielle mais examine en profondeur les organes de la voix et établit des principes et des règles pour enrichir l'expression musicale. L'ouvrage inclut de nombreux exemples illustrant l'application de ces principes. L'auteur conteste l'idée que le chant français soit monotone, comme le prétendent certaines préventions injustes. Bérard démontre comment exprimer divers effets de la nature et des passions, apportant ainsi variété et vérité au chant français. L'ouvrage remédie également aux difficultés rencontrées par ceux qui souhaitent étudier le chant, que ce soit par manque de maîtres qualifiés ou de temps. Il est utile tant pour les débutants que pour les musiciens déjà expérimentés. Dans les sociétés où le chant est une occupation principale, l'ouvrage de Bérard permet d'éviter les erreurs courantes et d'améliorer la qualité du chant. L'auteur loue particulièrement l'invention de nouveaux signes par Bérard, qui permettent de reproduire les performances des grands chanteurs et d'améliorer les compositions musicales. Il encourage les compositeurs et les acteurs à utiliser les principes de Bérard pour améliorer leurs performances et restaurer la gloire de l'Opéra français. Enfin, le texte mentionne la disponibilité du tome III de 'L'Architecture françoise' et d'un 'Dictionnaire portatif de l'Ingénieur' chez le libraire Ch. Ant Jombert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8154
p. 289-295
Nouvelles de Paris.
Début :
Les Deputez d'Artois eurent audience du Roy le 5. Février [...]
Mots clefs :
Roi, Province, Excellence, Secrétaire, Marquis de Dreux, Sieur des Granges, Sieur Voisin, Clergé, Noblesse, Duchesse de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Les Deputez d'Artois
eurent audiencedu Roy le
5. Février,& presenterent le
Cahier de la Province à Sa
Majesté,étant conduits par
le Marquis de Dreux,grand
Maître des Ceremonies, &
par le Sieur des Granges.
Ils furent presentez parle
Duc d'Elbeuf Gouverneur
de la Province, & par le
SieurVoisinMinistre & Secretaire
d'Etat.La parole
fut portée par l'Abbé de la
Croix,Prevôt de l'Eglise
d'Arras, pour le Clergé
par le Marquis de Crequy.
HentonDéputé pourla
Nobleflc-jrôc par le Sieur
AnsartdeGonnehem,De
putédu Tiers-Etat.
Le 7- laDuchesse de
Schrewsbury eut l'honneurdesaluer
Sa Majesté
dansson cabinet:elle yfut
conduiteparle Baron de
BreteuilIntroducteur de
•Arajbaââdears,êcpresentée
parlaDuchesse d'Aumont
Ellesalua aussi Monfçi
guebrJriDauphiny Mad$
me la Duchesse de Berry;
Madame, & Madame la
Duchesse d'Orléans, conduite
& presentée comme
chez le Roy. Elle prit le
Tabouret au souper de Sa
Majesté.
Le même jour le Sieur
Cornelio Bentivoglio, Archevêque
de Carthage c;
Nonce ordinaire du Pape,
eut audience particulière
du Roy»-i î-
Le 13 les Deputez des
Etats de Bretagne eurent
audience du Roy , & presenterent
le Cahier de la
Province. Ils furent presentez
par le Comte de Toulouse,
Gouverneur de la
Province, & par le Marquis
de Torcy, Ministre &
Secrétaire d'Etat.
M. le Comte de Pinto,
frere de Son Excellence
M, le Duc d'Ossune, arriva
de Madriden cette ville
la nuit du 11 au n.Février.
Le 16. M. le Duc donna
un bal magnifique.
Le 22 Son Excellence
traita magnifiquement
,
M. le Maréchal de Villars.
M. d'Albergotty, Lieu..
tenantg, eneral- des-.armé0es
du Roy;& Chevalier du
Saint Esprit.
& M.leMarquis de Torcy,
Ministre & Secretaire
d'Etat.
M.le Marquis d'Angeau.
M. le MarquisdeNesle.
M.leChevalier de Crôifc
sy
vu M. le Comte de Truzy,
& autres Seigneurs de distinction.
Mesdames la Gorritefle
-d'Evreux.
La Duchesse de Dura&)
La Marquise de Nesle.
rttlLa Marquise deTorcy,
.& autresDames. ') Lerepas fut precedé
d'un concert des plusma-
'gnifiques,:&fut suivi d'un
al3 qui dura jusquau lendemain
huit heures.
Le 26. 27. & 28. il y eut
encore des bals, où la plupart
des personnes de distinction
sont
venuës. Il y
avoit dans tous les bals que
Son Excellence a donnez
toutes fortes de rafraîchissemens
& de fruits.
Le j3. le Prince François
Ragotzi. Prince deTransylvanie
,
arrivé depuis
quelquesjours incogitto à
Paris, tous le nom du Comte
deSaaros, eut l'honneur
de saluer le Roy, quilere-
-£UC trésfavorablement.
Les Deputez d'Artois
eurent audiencedu Roy le
5. Février,& presenterent le
Cahier de la Province à Sa
Majesté,étant conduits par
le Marquis de Dreux,grand
Maître des Ceremonies, &
par le Sieur des Granges.
Ils furent presentez parle
Duc d'Elbeuf Gouverneur
de la Province, & par le
SieurVoisinMinistre & Secretaire
d'Etat.La parole
fut portée par l'Abbé de la
Croix,Prevôt de l'Eglise
d'Arras, pour le Clergé
par le Marquis de Crequy.
HentonDéputé pourla
Nobleflc-jrôc par le Sieur
AnsartdeGonnehem,De
putédu Tiers-Etat.
Le 7- laDuchesse de
Schrewsbury eut l'honneurdesaluer
Sa Majesté
dansson cabinet:elle yfut
conduiteparle Baron de
BreteuilIntroducteur de
•Arajbaââdears,êcpresentée
parlaDuchesse d'Aumont
Ellesalua aussi Monfçi
guebrJriDauphiny Mad$
me la Duchesse de Berry;
Madame, & Madame la
Duchesse d'Orléans, conduite
& presentée comme
chez le Roy. Elle prit le
Tabouret au souper de Sa
Majesté.
Le même jour le Sieur
Cornelio Bentivoglio, Archevêque
de Carthage c;
Nonce ordinaire du Pape,
eut audience particulière
du Roy»-i î-
Le 13 les Deputez des
Etats de Bretagne eurent
audience du Roy , & presenterent
le Cahier de la
Province. Ils furent presentez
par le Comte de Toulouse,
Gouverneur de la
Province, & par le Marquis
de Torcy, Ministre &
Secrétaire d'Etat.
M. le Comte de Pinto,
frere de Son Excellence
M, le Duc d'Ossune, arriva
de Madriden cette ville
la nuit du 11 au n.Février.
Le 16. M. le Duc donna
un bal magnifique.
Le 22 Son Excellence
traita magnifiquement
,
M. le Maréchal de Villars.
M. d'Albergotty, Lieu..
tenantg, eneral- des-.armé0es
du Roy;& Chevalier du
Saint Esprit.
& M.leMarquis de Torcy,
Ministre & Secretaire
d'Etat.
M.le Marquis d'Angeau.
M. le MarquisdeNesle.
M.leChevalier de Crôifc
sy
vu M. le Comte de Truzy,
& autres Seigneurs de distinction.
Mesdames la Gorritefle
-d'Evreux.
La Duchesse de Dura&)
La Marquise de Nesle.
rttlLa Marquise deTorcy,
.& autresDames. ') Lerepas fut precedé
d'un concert des plusma-
'gnifiques,:&fut suivi d'un
al3 qui dura jusquau lendemain
huit heures.
Le 26. 27. & 28. il y eut
encore des bals, où la plupart
des personnes de distinction
sont
venuës. Il y
avoit dans tous les bals que
Son Excellence a donnez
toutes fortes de rafraîchissemens
& de fruits.
Le j3. le Prince François
Ragotzi. Prince deTransylvanie
,
arrivé depuis
quelquesjours incogitto à
Paris, tous le nom du Comte
deSaaros, eut l'honneur
de saluer le Roy, quilere-
-£UC trésfavorablement.
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le 5 février, les députés de la province d'Artois, conduits par le Marquis de Dreux et le Sieur des Granges, présentèrent leur cahier au roi. L'Abbé de la Croix parla pour le clergé, le Marquis de Crequy pour la noblesse et le Sieur Ansart de Gonnehem pour le tiers-état. Le 7 février, la Duchesse de Schrewsbury salua le roi, accompagnée par le Baron de Breteuil. Le même jour, l'Archevêque de Carthage et Nonce ordinaire du Pape eut une audience particulière avec le roi. Le 13 février, les députés des États de Bretagne présentèrent leur cahier, introduits par le Comte de Toulouse et le Marquis de Torcy. Le 11 février, le Comte de Pinto arriva de Madrid. Le 16 février, le Duc d'Ossune organisa un bal. Le 22 février, il reçut plusieurs seigneurs et dames de distinction. Des bals eurent lieu les 26, 27 et 28 février. Le 13 mars, le Prince François Ragotzi, Prince de Transylvanie, arriva incognito à Paris et salua le roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8155
p. 277-283
Trait comique. [titre d'après la table]
Début :
Nous tirons à la fin, Mademoiselle, & je vous invite [...]
Mots clefs :
Tragédie, Comédie, Comédiens, Spectacle, Foire de Bel-air, Foire Saint-Laurent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Trait comique. [titre d'après la table]
Nous tirons à la fin, Mademoiselle
,
& je vous invite
serieusement à voir de quelle
maniere je vais m'y prendre
pour arriver au dénoüement
de ma piece, C'est là ordinairement
ou l'on attend tous les
Auteurs. Li fez..
J'ay jusqu'à present montré
tant de zele pour Messieurs les
Comediens, & je me sens un sigrandfond de tendressepour
eux, que je ne puis pas me rcfoudre
à laisser échapcr la
moindre occasion que j'ay d'en
parler. Quoique le sujet ne soit
pas fort interessant de luy même,
je suisincorrigible là desfus.
On parle volontiers de ce
- que l'on aime. Cela
est dans le coeur.
Un Samedy 20 dece mois
on presenta dans la Salle de la
Comedie, la Tragédie d'Andronic
,
qui fut suivie de la
premiere reprefenration de la
fausse Veuve, ou du Jalouxsans
;
jaloujte.
Cette Tragédie quiest
vrayement belle,& rempliede
toute la majesté du Cotburnc,
fit rire à gorge:déployée tous
les Spectateurs, je ne sçay
pourquoy *,
mais je pense que
la comique distrinbution des
rôles contribua parfaitement
à ces éclats. Andronic fit tout
ce qu'un grand Acteur peut
faire, & fut toujours applaudi
; mais l'Empereur son pere
ne le fut pas; au contraire, on
ne luy voulut jamais accorder
le titre d'Empereur. Il
faut avouer que le Parterre
est bien malinde ne pas se
prêter quelquefois aux Acteurs.
Cependant cetEmpereur
alla son train jusqu'à la
fin de la piece. La Tragédie
finie, on luy dit d'annoncer,
ce qu'il fit en ces termes.
MESSIEURS,
Nous aurons l'honneur de
vous donner demain leJoiieur&
leGrondeur:je souhaite que la
petite Pieceque vous aUe7, voir9
vousfasje rire autant que vous
alle rià la grande.
Mille applaudissemens suivirentcette
faillie,& chacun luy
sçût bon gré de n'avoir pas plû
dans la Tragedie. La petite
piece enfin commena; mais
le
le souhait de l'Acteur ne fut
pas rempli. On y rit quelquefois
par ricochet & par cantons.
Le succés infortuné de cette
Comedie, n'oste que peu de
choseou rien, du merite de
son Auteur. Ilest homme de
beaucoupd'esprit, & sa muse
est mere de cinq enfans, dont
l'aîné qui est le Curieux impertinent
,
est celuy qui fent le
plus son bien. La chûte de
cette petite picce fit soupirer
le Public apréslesSpectacles
de la Foire S. Laurent qui fut
enfinouverte le 2.5. de ce mois.
Dés ce même jour, la Comedie
& l'Opéra furent desertez,
comme de raison. Chacun
courut en foule chez les Sieurs
Dominique & Baxter. La réputation
des Auteurs qui travaillent
pour eux, avoit déja
promis à tout le monde des
plaisirsinteressans à la Foire.
Mille & mille personnes de
tout âge, sexe, qualitez&
condition y furent en iffet, y
resterent avec toute la satisfactionimaginable,&
onsortirent
charmées des nouveautcz qu'-
elles venoient d'y voir. - Au
Jeu de Betair sur tout, les saillies
continuelles, la fine critique,
les bons mots, la conduite
& la propreté du Spectacle,
répandirent sur toute
!'aHemb!ee un air de serenité&
de gayeté qu'on ne voitpoint
ailleurs.
,
& je vous invite
serieusement à voir de quelle
maniere je vais m'y prendre
pour arriver au dénoüement
de ma piece, C'est là ordinairement
ou l'on attend tous les
Auteurs. Li fez..
J'ay jusqu'à present montré
tant de zele pour Messieurs les
Comediens, & je me sens un sigrandfond de tendressepour
eux, que je ne puis pas me rcfoudre
à laisser échapcr la
moindre occasion que j'ay d'en
parler. Quoique le sujet ne soit
pas fort interessant de luy même,
je suisincorrigible là desfus.
On parle volontiers de ce
- que l'on aime. Cela
est dans le coeur.
Un Samedy 20 dece mois
on presenta dans la Salle de la
Comedie, la Tragédie d'Andronic
,
qui fut suivie de la
premiere reprefenration de la
fausse Veuve, ou du Jalouxsans
;
jaloujte.
Cette Tragédie quiest
vrayement belle,& rempliede
toute la majesté du Cotburnc,
fit rire à gorge:déployée tous
les Spectateurs, je ne sçay
pourquoy *,
mais je pense que
la comique distrinbution des
rôles contribua parfaitement
à ces éclats. Andronic fit tout
ce qu'un grand Acteur peut
faire, & fut toujours applaudi
; mais l'Empereur son pere
ne le fut pas; au contraire, on
ne luy voulut jamais accorder
le titre d'Empereur. Il
faut avouer que le Parterre
est bien malinde ne pas se
prêter quelquefois aux Acteurs.
Cependant cetEmpereur
alla son train jusqu'à la
fin de la piece. La Tragédie
finie, on luy dit d'annoncer,
ce qu'il fit en ces termes.
MESSIEURS,
Nous aurons l'honneur de
vous donner demain leJoiieur&
leGrondeur:je souhaite que la
petite Pieceque vous aUe7, voir9
vousfasje rire autant que vous
alle rià la grande.
Mille applaudissemens suivirentcette
faillie,& chacun luy
sçût bon gré de n'avoir pas plû
dans la Tragedie. La petite
piece enfin commena; mais
le
le souhait de l'Acteur ne fut
pas rempli. On y rit quelquefois
par ricochet & par cantons.
Le succés infortuné de cette
Comedie, n'oste que peu de
choseou rien, du merite de
son Auteur. Ilest homme de
beaucoupd'esprit, & sa muse
est mere de cinq enfans, dont
l'aîné qui est le Curieux impertinent
,
est celuy qui fent le
plus son bien. La chûte de
cette petite picce fit soupirer
le Public apréslesSpectacles
de la Foire S. Laurent qui fut
enfinouverte le 2.5. de ce mois.
Dés ce même jour, la Comedie
& l'Opéra furent desertez,
comme de raison. Chacun
courut en foule chez les Sieurs
Dominique & Baxter. La réputation
des Auteurs qui travaillent
pour eux, avoit déja
promis à tout le monde des
plaisirsinteressans à la Foire.
Mille & mille personnes de
tout âge, sexe, qualitez&
condition y furent en iffet, y
resterent avec toute la satisfactionimaginable,&
onsortirent
charmées des nouveautcz qu'-
elles venoient d'y voir. - Au
Jeu de Betair sur tout, les saillies
continuelles, la fine critique,
les bons mots, la conduite
& la propreté du Spectacle,
répandirent sur toute
!'aHemb!ee un air de serenité&
de gayeté qu'on ne voitpoint
ailleurs.
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Résumé : Trait comique. [titre d'après la table]
Le 20 du mois, une tragédie intitulée 'Andronic' a été représentée, suivie de la comédie 'La fausse Veuve, ou le Jaloux sans jalouse'. Bien que la tragédie ait été de qualité, le public a réagi de manière inattendue en riant excessivement, probablement en raison de la distribution des rôles. L'acteur interprétant l'Empereur n'a pas été apprécié, contrairement à celui jouant Andronic. Après la tragédie, l'acteur a annoncé la pièce suivante, 'Le Joli et Le Grondeur', qui n'a pas suscité autant de rires que prévu. Cette comédie a marqué la fin des spectacles de la foire Saint-Laurent, ouverte le 25 du mois. Dès lors, le public s'est tourné vers les spectacles des Sieurs Dominique et Baxter, appréciant particulièrement le jeu de bétail pour ses saillies, critiques fines, bons mots et la qualité de la représentation.
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8156
p. 289-295
Suite des Nouvelles d'Angletette.
Début :
La Reine a nommé le Duc de Shrewsbury pour aller [...]
Mots clefs :
Angleterre, Duc d'Hamilton, Marquis de Carmarthen, Proclamation, Traité de paix, Duc d'Ormond
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Angletette.
Suite des Nouvelles
d'Angletette.
LA Reine a nommé le
Duc de Shrewfbury pour
alleren France à la place
du feu Duc d'Hamilton.
Ce Seigneur revint le six
Décembre de Windsor
,
il
ordonna à ses Domestiques
de se tenir prests à partir
dans douze ou quinze jours
au plus tard.
Le Marquis de Carmarthen fils du nouveau Duc
de Léeds, épousela fille du
Comte d'Oxfort, Grand
Thresorier.
Le 5. De0cembreMylord
Marlborough partit de
Londres pour aller s'embarquer àDouvres& passer
à Ostende.
On a
publiéune proclamation Dier laquelle on prometcinq cent livres sterlin
de recompense à ceux qui
livreront le General MaKartney entre lesmjinsde
la justice. Le Colonel Hamilton qui est venu se presenter volontairement
,
à
esté envoyé à la prison de1
Newgate, pour estre jugé
J à la prochaine Session de
LoldBailly. Deux porteurs
de chaires avant declaré
qu'ils avoient portéle sieur
Macartenay deguisé en
o
femme chez le Duc deRichemond
; on y envoya
quelques Huissiers
,
soutenus par un détachement
des Gardes
,
maison ne l'y
trouva pas. La Duchesse
d'Hamilton a
fait publier
qu'elledonneroit trois cens
livres sterlin, outre les cinq
cens que la Reine a promises à
ceux qui livreront le
Lieutenant General Macartenay entre les mains
de la Justice: mais quelque
recherche qu'on ait faite
on n'a pu jusqu'à present le
trouver.
On attend à la Cour
d'Angleterre le Prince Ragotzi:il vient prier la Reine d'employer fès bons
offices pour faire inserer
dans le Traité de Paix qu'il
fera restabli dans la paisible
possession de ses biens. Le
bruit court qu'il passera en
France pour le mesme sujet.
Le Marquis de Monteleonarrivaà Londres le seize Décembre avec plusieurs
seigneurs Espagnols. Le
ifcur Lewis premier Commis de Mylord Darmouch
Secretaire d'Estat
,
fut le
recevoir à deux mille de
Londres avec un carosse à
six chevaux de la Reine
,
& l'a conduit chez ce Mylord, où ilaesté complimenté par les seigneurs du
Conseil
,
avec lesquels il
a
esté magnifiquement
traité.
Le Comte d'Arran frere
du Duc d'Ormond, alla à Windsor pour remercier la
Reine de la Charge de
Grand Maistre d'Artillerie
d'Irlande que Sa Majesté
lui a
donnée.
Le Comte d'Oxfort
Grand Thresorier
,
le Vicomte deBullingbrookSecretaire d'Estat, & plusieurs
autres qui ont des Emplois
à la Cour
,
allerent à la'
Cour du Ban du Roy où.
ils presterent les sermens
portez par les Loix.
Le Colonel Hamilton
qui est prisonnier à New-
gate est tres souvent vifué*
par ses amis & par ses Avocats,il doit estre jugé à la
premiere Sessionde la Cour
de Lold Bailly qui se tiendra le vingt-cinq. Les tesmoins ont esté citez pour
y
comparoistre
d'Angletette.
LA Reine a nommé le
Duc de Shrewfbury pour
alleren France à la place
du feu Duc d'Hamilton.
Ce Seigneur revint le six
Décembre de Windsor
,
il
ordonna à ses Domestiques
de se tenir prests à partir
dans douze ou quinze jours
au plus tard.
Le Marquis de Carmarthen fils du nouveau Duc
de Léeds, épousela fille du
Comte d'Oxfort, Grand
Thresorier.
Le 5. De0cembreMylord
Marlborough partit de
Londres pour aller s'embarquer àDouvres& passer
à Ostende.
On a
publiéune proclamation Dier laquelle on prometcinq cent livres sterlin
de recompense à ceux qui
livreront le General MaKartney entre lesmjinsde
la justice. Le Colonel Hamilton qui est venu se presenter volontairement
,
à
esté envoyé à la prison de1
Newgate, pour estre jugé
J à la prochaine Session de
LoldBailly. Deux porteurs
de chaires avant declaré
qu'ils avoient portéle sieur
Macartenay deguisé en
o
femme chez le Duc deRichemond
; on y envoya
quelques Huissiers
,
soutenus par un détachement
des Gardes
,
maison ne l'y
trouva pas. La Duchesse
d'Hamilton a
fait publier
qu'elledonneroit trois cens
livres sterlin, outre les cinq
cens que la Reine a promises à
ceux qui livreront le
Lieutenant General Macartenay entre les mains
de la Justice: mais quelque
recherche qu'on ait faite
on n'a pu jusqu'à present le
trouver.
On attend à la Cour
d'Angleterre le Prince Ragotzi:il vient prier la Reine d'employer fès bons
offices pour faire inserer
dans le Traité de Paix qu'il
fera restabli dans la paisible
possession de ses biens. Le
bruit court qu'il passera en
France pour le mesme sujet.
Le Marquis de Monteleonarrivaà Londres le seize Décembre avec plusieurs
seigneurs Espagnols. Le
ifcur Lewis premier Commis de Mylord Darmouch
Secretaire d'Estat
,
fut le
recevoir à deux mille de
Londres avec un carosse à
six chevaux de la Reine
,
& l'a conduit chez ce Mylord, où ilaesté complimenté par les seigneurs du
Conseil
,
avec lesquels il
a
esté magnifiquement
traité.
Le Comte d'Arran frere
du Duc d'Ormond, alla à Windsor pour remercier la
Reine de la Charge de
Grand Maistre d'Artillerie
d'Irlande que Sa Majesté
lui a
donnée.
Le Comte d'Oxfort
Grand Thresorier
,
le Vicomte deBullingbrookSecretaire d'Estat, & plusieurs
autres qui ont des Emplois
à la Cour
,
allerent à la'
Cour du Ban du Roy où.
ils presterent les sermens
portez par les Loix.
Le Colonel Hamilton
qui est prisonnier à New-
gate est tres souvent vifué*
par ses amis & par ses Avocats,il doit estre jugé à la
premiere Sessionde la Cour
de Lold Bailly qui se tiendra le vingt-cinq. Les tesmoins ont esté citez pour
y
comparoistre
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Angletette.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et sociaux en Angleterre. La Reine a nommé le Duc de Shrewsbury pour remplacer le Duc d'Hamilton en France. Le Marquis de Carmarthen, fils du Duc de Leeds, a épousé la fille du Comte d'Oxford, Grand Trésorier. Le 5 décembre, Lord Marlborough a quitté Londres pour se rendre à Ostende. Une proclamation offre une récompense de cinq cents livres sterling pour la capture du Général Macartney. Le Colonel Hamilton, s'étant présenté volontairement, a été incarcéré à la prison de Newgate en attendant son jugement. Des témoins ont affirmé avoir transporté Macartney déguisé en femme chez le Duc de Richmond, mais les recherches n'ont pas abouti. La Duchesse d'Hamilton a ajouté trois cents livres sterling à la récompense offerte par la Reine. Le Prince Ragotzi est attendu à la Cour d'Angleterre pour demander l'intervention de la Reine afin de récupérer ses biens. Le Marquis de Monteleon est arrivé à Londres avec plusieurs seigneurs espagnols, accueilli par le Comte Lewis. Le Comte d'Arran a remercié la Reine pour sa nomination au poste de Grand Maître d'Artillerie d'Irlande. Plusieurs dignitaires, dont le Comte d'Oxford et le Vicomte de Bullingbrook, ont prêté serment à la Cour du Ban du Roi. Le Colonel Hamilton, prisonnier à Newgate, reçoit fréquemment la visite de ses amis et avocats en vue de son jugement imminent.
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8157
p. 72-82
DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
Début :
LE FINANCIER. AVOUEZ que vous futes heureux qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue [...]
Mots clefs :
Financier, Terre, Richesses, Femmes, Accord, Ordre primitif, Uniforme, Variée, Artistes
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texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
DIA LOGUE entre ALCINOUS & un
FINANCIER.
LE FINANCIER.
Ανοι
T
VOUEZ que vous futes heureux
qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue
magnificence ?
ALCINOUS.
Que fignifie ce langage ! N'ai- je pas
été le Prince le plus magnifique de mon
temps ?
LE FINANCIER.
Il falloit être auffi pauvre qu'un Roi
d'Itaque pour admirer d'auffi minces richeffes.
ALCINO US.
Qui donc êtes -vous , pour en parler
ainfi futes- vous Roi de Memphis , ou
de Babylone ?
LE FINANCIER .
Je ne fus que l'un des Receveurs d'un
Monarque
I
M A I. 1763. 73
Monarque dont la demeure pourroit à
jufte titre émerveiller plus d'un Ulyſſe,
& les vertus occuper lus d'un Homère. }
ALCINOU S.
Quoi ? un Traitant ( car je crois que
c'est là le mot ) ofera faire affaut de
luxe avec moi ?
LE FINANCIER.
Mon cher Souverain de Phéacie ( car
vous fçavez qu'ici l'on fe parle fans façon
) apprenez que le moindre de ces
Traitans peut furpaffer en richeſſes un
Roi des temps héroïques .
ALCINO U S.
Voilà un grand mot qui fort de votre
bouche... Connoiffez vous bien les tems
dont vous parlez ? Homère lui - même
vous eft-il bien connu ? Il me femble
que vos prédéceffeurs ne fçavoient que
chiffrer.
LE FINANCIER.
Tout change d'un fiécle à l'autre. Aujourd'hui
plufieurs de mes pareils peuvent
lire Homère dans fa langue. D'autres
même compofent dans la leur des
ouvrages qu'ils ne donneroient pas
pour Iliade & Odyffée.
ALCINO U S.
Ils ont donc admiré , ainſi que vous,
ces portes , ces chambranles , ces an-
D
74 MERCURE DE FRANCE .
neaux , ces chiens , ces efclaves d'or &
d'argent , & tant d'autres merveilles
qu'Homère dit avoir décoré mon Palais.
LE FINANCIER .
Je ne vois dans toutes ces chofes , que
de l'or en barre & en maffe ; genre de
fpectacle où un Financier pourroit l'emporter
fur plus d'un Potentat. La vraie
magnificence ne confifte point dans ce
vain étalage ; mais bien à prodiguer
l'or pour acquérir certains ornemens de
caprice.
ALCINOUS.
Eh , quels ornemens ?
LE
FINANCIER.
Par exemple, des Vafes , des Pagodes,
des Magots , des Peintures , & c.
ALCINO u s.
J'entends. C'eſt- à- dire qu'il n'éxiſte
parmi vous ni arts ni induſtrie , & que
c'eft un tribut que vous payez à celle
des Chinois .
LE FINANCIER .
C'est tout le contraire. Nos Artiſtes
produifent des chefs- d'oeuvres qu'on admire
en paffant , felon l'ufage. De plus ,
ma Nation eft affez fertile en productions
fantaftiques pour ruiner toutes les
Nations de l'Europe & de l'Afie ce
qui lui réuffit à l'égard de quelquesM
A I. 1763. 73
unes. Quant à elle , fa méthode eft de
rendre cette efpéce de tribut aux Chinois,
qui jufqu'à préfent ont eu celle
de ne le rendre à perfonne.
ALCINO U S.
Ce trait feul fait leur éloge : ils s'en
tiennent au folide , & ma conduite fut
leur exemple. Mes richeffes étoient des
richeffes réelles.
LE FINANCIER.
Peut-être le bon Homère en parle-t-il
un peu en aveugle . Autrement vous
euffiez bien fait de fubftituer à vos efclaves
, des efclaves naturels qui euffent
épargné à la Princeffe votre fille le foin
de laver elle- même fes robes & celles
de fes frères .
ALCINOUS.
Quoi ? vos femmes ne prennent- elles
pas le même foin ?
LE FINANCIER .
Les esclaves de leurs efclaves dédaigneroient
de le prendre. J'aime auffi
beaucoup à voir la Reine , votre augufte
épouſe , filer fa quenouille depuis le
point du jour jufques long-temps après
Îe crépuscule.
ALCINOUS.
Ne faut-il pas qu'une femme s'occLE
pe ?
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
LE FINANCIER .
Oh , les nôtres ne font pas inutiles.
ALCINO US.
Apparemment que leurs travaux font
plus importans que ceux qui captivoient
ma chère Areté.
LE FINANCIER .
N'en doutez pas . Ce font elles qui
repréfentent , qui tiennent le jeu , la
table & le peu de converfation qui eft
aujourd'hui d'ufage. De là , elles vont
fe montrer au Spectacle , y faire des
noeuds , juger la Piéce , protéger ou
dénigrer l'Auteur. Ce font elles auffi
qui difpenfent aux gens de Lettres les
fortunes , les honneurs , les réputations ,
le rang , l'eftime & jufqu'au ridicule.
ALCINOU s .
Leur crédit fut moins étendu parmi
nous. J'eus cependant beaucoup d'égards
pour ma chère Areté , qui eut
pour moi celui de n'en abuſer jamais.
LE FINANCIER.
,
De quoi pouvoit abuſer une Reine
dont la fonction journalière étoit de filer
? Vous-même , quels pouvoient être
vos plaifirs.
ALCINOUS .
J'en eus de plus d'une efpéce. J'aimai
la bonne chère , la mufique , la
M A 1. 1763. 77
danfe. Homère a dû vous inftruire de
mes goûts. Ne me repréfente-t il pas
quelque part , affis à table comme un
Dieu?
LE FINANCIER .
Il me femble que les repas de l'Olympe
durent être différens des vôtres ; ou
Comus , à coup fûr , étoit mauvais cuifinier.
ALCINOUS.
Quoi done ? n'ai -je pas traité fplendi
dement le fage Ulyffe , mon hôte ?
LE FINANCIER.
Ulyffe trouva chez vous de quoi affouvir
fa faim dévorante . Lui-même
n'étoit pas accoutumé à des feftins plus
délicats . Mais quel eft le fou -traitant ,
qui voudroit s'accommoder de pareils
mets ? Le dos d'un boeuf , d'un veau ,
d'un mouton
, d'un porc , fervi tout
entier devant un convive n'étoit- il
pas bien propre à ranimer fon appétit
?
ALCINOUS.
Eh , qu'euffiez-vous donc fervi au Roi
d'Itaque ?
LE FINANCIER .
Ce qu'on peut décemment offrir à
un honnête homme ; c'eft-à-dire quelques
mets légers. & piquans ; tels qu'u-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
ne aîle de faifan , ou de perdrix , tant
foit peu du rable ou du ventre d'un
liévre , quelques poiffons rares , quelques
menus entremets , & c . Que n'aije
ici le Dictionnaire de Cuifine , les
Dons de Comus , le Cuifinier François ,
& tant d'autres ouvrages effentiels compofés
fur cette matière difficile & inépuifable
! vous verriez ....
ALCINOUS.
Quoi , l'on s'amufe chez vous à écrire.
fur un pareil fujer ?
LE FINANCIER.
Voilà une queftion bien digne d'un
Roi , qui fut , comme un fimple Contrôleur
de nos Fermes , borné à une
fimple cuifinière ! Apprenez que nous
avons plus d'écrits fur la cuifine , qu'il
n'y en eut de votre temps
fur toutes les
autres matières enfemble. Mais revenons
à notre objet. Il me femble qu'on
ne fervoit même dans vos grands repas ,
que d'une feule efpéce de vin ?
ALCINO U S.
N'étoit- ce pas affez ? Nous buvions
d'excellent vin grec ; vin dont quelques
rafades fans eau , fuffifoient pour enyvrer
un Polypheme.
LE FINANCIER .
Ce vin- là nous eft connu , & nous
MA I. 1763. 79
en ufons parce qu'il vient d'outre - mer.
Mais que je vous plains de n'avoir jamais
goûté ni du Bourgogne , ni du
Champagne , ni du Grave , ni du Tocai
, ni du Malaga , ni du...
ALCINO US.
Arrêtez ! cette énumération devient
fuperflue. Je n'ai
pas même connu de
nom ces vins que vous citez , & je
doute qu'aucun d'eux l'eût emporté fur
grec.
mon vin
LE FINANCIER .
J'oubliois les liqueurs , autre avantage
précieux que vous ne connûtes jamais..
Ces liqueurs & la plûpart de ces vins font,
pour l'ordinaire , verfés par les femmes ,
par les femmes toujours charmantes vers
la fin d'un repas , & que vous aviez la
mal-adreffe d'éloigner des vôtres.
ALCINO U S.
En revanche , nous les chargions de
certains emplois qui n'étoient pas fans
agrément pour elles & pour nous. C'étoient
elles qui ....
LE FINANCIER .
Je fcais en quoi confiftoient ces fonctions
, & j'avoue qu'elles avoient leur
mérite. Mais en être réduit au feul vin
grec !...
D iv
80 MERCURE DE FRANCE .
ALCINOUS.
Hé bien ! je vous paffe cet article. Il
m'en reste affez d'autres à faire valoir.
Parlons d'abord du divin chantre Démodocus
, lui qui marioit fi ingénieuſement
fa lyre avec fa voix . Je doute que
vous ayez connu cette heureuſe manière
d'égayer un repas.
LE
FINANCIER .
Il faut , mon Prince , vous réfoudre
à cliffer fur cet article comme fur les
précédens . Votre mufique fut auffi uniforme
que votre cuiſine & votre cellier.
La nôtre , au contraire , fut auffi variée
que nos mets & nos vins. Il nous faut
un concert complet , & non la fimple
voix d'un homme & le fimple fon d'une
lyre , fuffent-ils même divins , à la manière
de votre temps.
ALCINOUS.
Je vois qu'il vous faut de la profufion
partout. Mais que pourrez-vous oppofer
à la grandeur , à la beauté de mes
jardins ? Vous favez avec quel enthoufiafme
Homère en parle.
LE FINANCIER.
Souvenez-vous bien qu'ils n'étoient
peuplés que d'arbres à fruits , & qu'une
pareille décoration eft ignoble
.
MA I. 1763.
81
ALCINOUS.
Comment ! vous m'étonnez . De quels
arbres voudriez -vous donc faire uſage ?
Eft-il naturel de cultiver ceux qui ne
produisent rien ?
LE FINANCIER.
Ce qui eft fi naturel , eft rarement
digne qu'on s'en occupe . Il faut du fingulier
, du piquant. Il faut dérober au
foleil l'afpect de la terre , & ne laiſſer
à la terre même qu'une fécondité ſtérile .
Autrement votre parc & l'enclos de votre
Jardinier , feront abfolument femblables.
J'ai , moi qui vous parle , arraché
au domaine de Cérès , plus de terrain
que fon Triptoleme n'en eût
pu culfiver
en un an .
ALCINOUS.
Voilà une fingulière manie ! Mais du
moins aurez -vous refpecté l'ordre primitif
des chofes ; laiffé couler une fontaine
, ferpenter un ruiffeau , fubfifter
une colline , un vallon , un bofquet comme
la nature l'avoit d'abord difpofé. En
un mot , l'art n'aura fait que la feconder
au lieu de l'anéantir.
LE FINANCIER
Au contraire , j'ai voulu qu'il la
domptât en tout point. J'ai parlé &
bientôt une terraffe a fuccédé à un val-
D.V
82 MERCURE DE FRANCE.
lon , un baffin à une colline , le gazon
au gravier , le gravier au gazon , l'eau.
à la terre , la terre à l'eau ; en un mot
j'ai voulu être créateur & j'y ai réuffi .
Par-là , mon jardin eft devenu auffi
éxactement compaflé que les vers du
Poëte qui a chanté le vôtre.
ALCINO U S.
Je ne fçais , mais je préfume que cette
exacte fymétrie , eft auffi infipide en fait
de jardins qu'elle eft agréable en fait de
vers.
LE FINANCIER .
Il me femble que nous vifons fort
nous trouver d'accord.
peu à
ALGINO U S.,
J'avoue que cet accord me paroît difficile.
LE FINANCIER .
Effayons toutefois de nous rappro
cher. Je vous laiffe juge de la question ;:
mais foyez fincère.
ALCINO U S.
Je le ferai , & voici ma déciſion.
Peut-être de mon temps fuivions- nous
la nature de trop près ; mais à coup für
vous vous en êtes trop éloignés.
Par M. DE LA DIXmerie,
FINANCIER.
LE FINANCIER.
Ανοι
T
VOUEZ que vous futes heureux
qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue
magnificence ?
ALCINOUS.
Que fignifie ce langage ! N'ai- je pas
été le Prince le plus magnifique de mon
temps ?
LE FINANCIER.
Il falloit être auffi pauvre qu'un Roi
d'Itaque pour admirer d'auffi minces richeffes.
ALCINO US.
Qui donc êtes -vous , pour en parler
ainfi futes- vous Roi de Memphis , ou
de Babylone ?
LE FINANCIER .
Je ne fus que l'un des Receveurs d'un
Monarque
I
M A I. 1763. 73
Monarque dont la demeure pourroit à
jufte titre émerveiller plus d'un Ulyſſe,
& les vertus occuper lus d'un Homère. }
ALCINOU S.
Quoi ? un Traitant ( car je crois que
c'est là le mot ) ofera faire affaut de
luxe avec moi ?
LE FINANCIER.
Mon cher Souverain de Phéacie ( car
vous fçavez qu'ici l'on fe parle fans façon
) apprenez que le moindre de ces
Traitans peut furpaffer en richeſſes un
Roi des temps héroïques .
ALCINO U S.
Voilà un grand mot qui fort de votre
bouche... Connoiffez vous bien les tems
dont vous parlez ? Homère lui - même
vous eft-il bien connu ? Il me femble
que vos prédéceffeurs ne fçavoient que
chiffrer.
LE FINANCIER.
Tout change d'un fiécle à l'autre. Aujourd'hui
plufieurs de mes pareils peuvent
lire Homère dans fa langue. D'autres
même compofent dans la leur des
ouvrages qu'ils ne donneroient pas
pour Iliade & Odyffée.
ALCINO U S.
Ils ont donc admiré , ainſi que vous,
ces portes , ces chambranles , ces an-
D
74 MERCURE DE FRANCE .
neaux , ces chiens , ces efclaves d'or &
d'argent , & tant d'autres merveilles
qu'Homère dit avoir décoré mon Palais.
LE FINANCIER .
Je ne vois dans toutes ces chofes , que
de l'or en barre & en maffe ; genre de
fpectacle où un Financier pourroit l'emporter
fur plus d'un Potentat. La vraie
magnificence ne confifte point dans ce
vain étalage ; mais bien à prodiguer
l'or pour acquérir certains ornemens de
caprice.
ALCINOUS.
Eh , quels ornemens ?
LE
FINANCIER.
Par exemple, des Vafes , des Pagodes,
des Magots , des Peintures , & c.
ALCINO u s.
J'entends. C'eſt- à- dire qu'il n'éxiſte
parmi vous ni arts ni induſtrie , & que
c'eft un tribut que vous payez à celle
des Chinois .
LE FINANCIER .
C'est tout le contraire. Nos Artiſtes
produifent des chefs- d'oeuvres qu'on admire
en paffant , felon l'ufage. De plus ,
ma Nation eft affez fertile en productions
fantaftiques pour ruiner toutes les
Nations de l'Europe & de l'Afie ce
qui lui réuffit à l'égard de quelquesM
A I. 1763. 73
unes. Quant à elle , fa méthode eft de
rendre cette efpéce de tribut aux Chinois,
qui jufqu'à préfent ont eu celle
de ne le rendre à perfonne.
ALCINO U S.
Ce trait feul fait leur éloge : ils s'en
tiennent au folide , & ma conduite fut
leur exemple. Mes richeffes étoient des
richeffes réelles.
LE FINANCIER.
Peut-être le bon Homère en parle-t-il
un peu en aveugle . Autrement vous
euffiez bien fait de fubftituer à vos efclaves
, des efclaves naturels qui euffent
épargné à la Princeffe votre fille le foin
de laver elle- même fes robes & celles
de fes frères .
ALCINOUS.
Quoi ? vos femmes ne prennent- elles
pas le même foin ?
LE FINANCIER .
Les esclaves de leurs efclaves dédaigneroient
de le prendre. J'aime auffi
beaucoup à voir la Reine , votre augufte
épouſe , filer fa quenouille depuis le
point du jour jufques long-temps après
Îe crépuscule.
ALCINOUS.
Ne faut-il pas qu'une femme s'occLE
pe ?
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
LE FINANCIER .
Oh , les nôtres ne font pas inutiles.
ALCINO US.
Apparemment que leurs travaux font
plus importans que ceux qui captivoient
ma chère Areté.
LE FINANCIER .
N'en doutez pas . Ce font elles qui
repréfentent , qui tiennent le jeu , la
table & le peu de converfation qui eft
aujourd'hui d'ufage. De là , elles vont
fe montrer au Spectacle , y faire des
noeuds , juger la Piéce , protéger ou
dénigrer l'Auteur. Ce font elles auffi
qui difpenfent aux gens de Lettres les
fortunes , les honneurs , les réputations ,
le rang , l'eftime & jufqu'au ridicule.
ALCINOU s .
Leur crédit fut moins étendu parmi
nous. J'eus cependant beaucoup d'égards
pour ma chère Areté , qui eut
pour moi celui de n'en abuſer jamais.
LE FINANCIER.
,
De quoi pouvoit abuſer une Reine
dont la fonction journalière étoit de filer
? Vous-même , quels pouvoient être
vos plaifirs.
ALCINOUS .
J'en eus de plus d'une efpéce. J'aimai
la bonne chère , la mufique , la
M A 1. 1763. 77
danfe. Homère a dû vous inftruire de
mes goûts. Ne me repréfente-t il pas
quelque part , affis à table comme un
Dieu?
LE FINANCIER .
Il me femble que les repas de l'Olympe
durent être différens des vôtres ; ou
Comus , à coup fûr , étoit mauvais cuifinier.
ALCINOUS.
Quoi done ? n'ai -je pas traité fplendi
dement le fage Ulyffe , mon hôte ?
LE FINANCIER.
Ulyffe trouva chez vous de quoi affouvir
fa faim dévorante . Lui-même
n'étoit pas accoutumé à des feftins plus
délicats . Mais quel eft le fou -traitant ,
qui voudroit s'accommoder de pareils
mets ? Le dos d'un boeuf , d'un veau ,
d'un mouton
, d'un porc , fervi tout
entier devant un convive n'étoit- il
pas bien propre à ranimer fon appétit
?
ALCINOUS.
Eh , qu'euffiez-vous donc fervi au Roi
d'Itaque ?
LE FINANCIER .
Ce qu'on peut décemment offrir à
un honnête homme ; c'eft-à-dire quelques
mets légers. & piquans ; tels qu'u-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
ne aîle de faifan , ou de perdrix , tant
foit peu du rable ou du ventre d'un
liévre , quelques poiffons rares , quelques
menus entremets , & c . Que n'aije
ici le Dictionnaire de Cuifine , les
Dons de Comus , le Cuifinier François ,
& tant d'autres ouvrages effentiels compofés
fur cette matière difficile & inépuifable
! vous verriez ....
ALCINOUS.
Quoi , l'on s'amufe chez vous à écrire.
fur un pareil fujer ?
LE FINANCIER.
Voilà une queftion bien digne d'un
Roi , qui fut , comme un fimple Contrôleur
de nos Fermes , borné à une
fimple cuifinière ! Apprenez que nous
avons plus d'écrits fur la cuifine , qu'il
n'y en eut de votre temps
fur toutes les
autres matières enfemble. Mais revenons
à notre objet. Il me femble qu'on
ne fervoit même dans vos grands repas ,
que d'une feule efpéce de vin ?
ALCINO U S.
N'étoit- ce pas affez ? Nous buvions
d'excellent vin grec ; vin dont quelques
rafades fans eau , fuffifoient pour enyvrer
un Polypheme.
LE FINANCIER .
Ce vin- là nous eft connu , & nous
MA I. 1763. 79
en ufons parce qu'il vient d'outre - mer.
Mais que je vous plains de n'avoir jamais
goûté ni du Bourgogne , ni du
Champagne , ni du Grave , ni du Tocai
, ni du Malaga , ni du...
ALCINO US.
Arrêtez ! cette énumération devient
fuperflue. Je n'ai
pas même connu de
nom ces vins que vous citez , & je
doute qu'aucun d'eux l'eût emporté fur
grec.
mon vin
LE FINANCIER .
J'oubliois les liqueurs , autre avantage
précieux que vous ne connûtes jamais..
Ces liqueurs & la plûpart de ces vins font,
pour l'ordinaire , verfés par les femmes ,
par les femmes toujours charmantes vers
la fin d'un repas , & que vous aviez la
mal-adreffe d'éloigner des vôtres.
ALCINO U S.
En revanche , nous les chargions de
certains emplois qui n'étoient pas fans
agrément pour elles & pour nous. C'étoient
elles qui ....
LE FINANCIER .
Je fcais en quoi confiftoient ces fonctions
, & j'avoue qu'elles avoient leur
mérite. Mais en être réduit au feul vin
grec !...
D iv
80 MERCURE DE FRANCE .
ALCINOUS.
Hé bien ! je vous paffe cet article. Il
m'en reste affez d'autres à faire valoir.
Parlons d'abord du divin chantre Démodocus
, lui qui marioit fi ingénieuſement
fa lyre avec fa voix . Je doute que
vous ayez connu cette heureuſe manière
d'égayer un repas.
LE
FINANCIER .
Il faut , mon Prince , vous réfoudre
à cliffer fur cet article comme fur les
précédens . Votre mufique fut auffi uniforme
que votre cuiſine & votre cellier.
La nôtre , au contraire , fut auffi variée
que nos mets & nos vins. Il nous faut
un concert complet , & non la fimple
voix d'un homme & le fimple fon d'une
lyre , fuffent-ils même divins , à la manière
de votre temps.
ALCINOUS.
Je vois qu'il vous faut de la profufion
partout. Mais que pourrez-vous oppofer
à la grandeur , à la beauté de mes
jardins ? Vous favez avec quel enthoufiafme
Homère en parle.
LE FINANCIER.
Souvenez-vous bien qu'ils n'étoient
peuplés que d'arbres à fruits , & qu'une
pareille décoration eft ignoble
.
MA I. 1763.
81
ALCINOUS.
Comment ! vous m'étonnez . De quels
arbres voudriez -vous donc faire uſage ?
Eft-il naturel de cultiver ceux qui ne
produisent rien ?
LE FINANCIER.
Ce qui eft fi naturel , eft rarement
digne qu'on s'en occupe . Il faut du fingulier
, du piquant. Il faut dérober au
foleil l'afpect de la terre , & ne laiſſer
à la terre même qu'une fécondité ſtérile .
Autrement votre parc & l'enclos de votre
Jardinier , feront abfolument femblables.
J'ai , moi qui vous parle , arraché
au domaine de Cérès , plus de terrain
que fon Triptoleme n'en eût
pu culfiver
en un an .
ALCINOUS.
Voilà une fingulière manie ! Mais du
moins aurez -vous refpecté l'ordre primitif
des chofes ; laiffé couler une fontaine
, ferpenter un ruiffeau , fubfifter
une colline , un vallon , un bofquet comme
la nature l'avoit d'abord difpofé. En
un mot , l'art n'aura fait que la feconder
au lieu de l'anéantir.
LE FINANCIER
Au contraire , j'ai voulu qu'il la
domptât en tout point. J'ai parlé &
bientôt une terraffe a fuccédé à un val-
D.V
82 MERCURE DE FRANCE.
lon , un baffin à une colline , le gazon
au gravier , le gravier au gazon , l'eau.
à la terre , la terre à l'eau ; en un mot
j'ai voulu être créateur & j'y ai réuffi .
Par-là , mon jardin eft devenu auffi
éxactement compaflé que les vers du
Poëte qui a chanté le vôtre.
ALCINO U S.
Je ne fçais , mais je préfume que cette
exacte fymétrie , eft auffi infipide en fait
de jardins qu'elle eft agréable en fait de
vers.
LE FINANCIER .
Il me femble que nous vifons fort
nous trouver d'accord.
peu à
ALGINO U S.,
J'avoue que cet accord me paroît difficile.
LE FINANCIER .
Effayons toutefois de nous rappro
cher. Je vous laiffe juge de la question ;:
mais foyez fincère.
ALCINO U S.
Je le ferai , & voici ma déciſion.
Peut-être de mon temps fuivions- nous
la nature de trop près ; mais à coup für
vous vous en êtes trop éloignés.
Par M. DE LA DIXmerie,
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Résumé : DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
Le dialogue oppose Alcinoüs, roi de Phéacie, et un financier contemporain. Alcinoüs se vante de sa magnificence et de ses richesses, telles que décrites par Homère, tandis que le financier minimise ces richesses en les comparant à celles des traitants modernes. Il affirme que les financiers d'aujourd'hui surpassent en richesse les rois des temps héroïques. Alcinoüs, sceptique, interroge le financier sur sa connaissance des temps anciens et d'Homère. Le financier répond que les temps changent et que les financiers modernes sont également lettrés. Alcinoüs mentionne les merveilles de son palais, ornées d'or et d'argent, que le financier réduit à de simples barres d'or. Le financier explique que la véritable magnificence réside dans l'acquisition d'objets de caprice, comme des vases, des pagodes et des peintures. Alcinoüs critique cette vision, estimant que les financiers dépendent des productions chinoises. Le financier rétorque que leur nation produit également des chefs-d'œuvre et ruine les autres nations par ses productions. Le dialogue aborde ensuite les rôles des femmes. Alcinoüs défend les tâches domestiques de sa femme et de sa fille, tandis que le financier décrit les femmes modernes comme des figures influentes dans la société, contrôlant les arts, les lettres et les spectacles. Alcinoüs admire la musique et la bonne chère, mais le financier trouve ses goûts trop simples, préférant des mets plus raffinés et variés. Le financier énumère également les vins et liqueurs modernes, inconnus d'Alcinoüs. Enfin, ils discutent de la musique et des jardins. Alcinoüs vante le chanteur Démodocus, mais le financier préfère les concerts complets. Alcinoüs admire ses jardins naturels, tandis que le financier préfère des jardins artificiels et symétriques. Le dialogue se termine sur un désaccord quant à la préférence pour la nature ou l'artifice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8158
p. 284-299
Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
Début :
L'Ambassadeur d'Alger, dont je vous ay mandé des choses [...]
Mots clefs :
Alger, Ambassadeurs, Marquis, Vaisseau, Perles, Galerie, Présents, Envoyés, Royaume, Esclaves, Marquis d'Amfreville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
L'Ambaffadeur d'Alger,
dont je vous ay mandé des
chofes fi curieufes dans toutes
mes Lettres de l'Eté dernier
, s'eftant embarqué vers
la fin du mefme Efté fur le
Vaiffeau de M le Marquis
d'Amfreville , pour retourner
à Alger avec tous les Efclaves
que le Roy avoit rendus
, ce Vaiffeau n'eut pas
น
GALANT. 285
plûtôt paru devant cette forte
Place , qu'elle en fit éclater
fa joye . Vous vous fouvenez
fans doute de M' de Choifeüil
, qui dans la fédition
élevée parmy le Peuple d'Alger
, lors que nos Bombes
defoloient la Ville , fe vit fi
fouvent fur le point d'eftre
exposé à la bouche du Canon
, & qui en fut toûjours
garanty par un genéreux Algérien
. Comme il eftoit demeuré
à Alger depuis ce
temps -là , le Dey Fenvoya
chercher fur l'heure , & luy
dit, Qu'il fçavoit qu'il ne l'a
286 MERCURE
voit jamais regardé en Efclave,
mais comme un Officier de l'Empereur
des François ; & que s'il
avoit efté exposé à la fureur
d'un Peuple ému , il devoit eſtre
perfuadé qu'il n'en avoit pas eſté
le maiftre , parce qu'il n'eftoit pas
pour lors encore bien affermy dans
la nouvelle Dignité où il venoit
de monter. Enfin il luy parla
d'une maniere que l'on peut
prendre pour une fatisfaction
du paffé , & finit en luy difant
, Que pour luy faire connoistre
encore mieux , qu'il ne
l'avoit jamais regardé comme un
Efclave , il le renvoyoit fans
GALANT. 287
S
l'on
qu'il fust compris parmy les au
tres Esclaves qu'il eftoit fur le
point de rendre qu'il en faifoitunPréfent
à l'Empereur de France
, & qu'il pouvoit dés- lors aller
trouver M le Marquis d' Amfreville.
Ainfi il fortit le premier
d'Alger , avant que
euft rendu aucun Efclave de
part ny d'autre. Enfuite on
reftitua cinq cens Chrétiens,
fçavoir trois cens vingt Sujers
du Roy , fuivant les Etats
fournis par M' du Sault , qui
vous eft affez connu par toutes
mes Relations d'Alger;
cent cinq Etrangers de tou288
MERCURE
tes Nations , pris fous le Pa
villon de France pendant la
derniere Guerre , fuivant un
autre Etat fourny par le mef
me M' du Sault , & foixante
& quinze Anglois & Hol
landois , pris auffi pendant la
derniere Guerre , mais fous
des Pavillons Etrangers
, &
que le Roy avoit demandez
d'augmentation. Ces cente
quatrevingt Efclaves de toutes
les Nations de l'Europe ,
qui doivent leur liberté au
Roy , l'ont eue avec les
termes les plus foûmis de la
part du Dey , qui fit dire à
M
GALANT. 289
M le Marquis d'Amfreville,
Que fi Sa Majesté en vouloit
un plus grand nombre , Elle n'avoit
qu'à leur faire fçavoir fes
intentions , & qu'ils obeiroient.
Quand M le Commiffaire
Genéral Hayet vouloit parler
de la grandeur , de la magnificence
, & de la juftice du
Roy , Ce n'est pas à vous à
m'en parler , répondoit Mezomorto
, & je fus icy fon Procureur
, pour foutenir fes intérefts.
+
L'Ambaffadeur d'Alger
qui revenoit de France , étant
débarqué avec fa Suite , & les
Mars 1685.
Bb
290 MERCURE
Efclaves qu'il ramenoit , la
joye fut fi grande dans toute
la Ville , qu'on y fit une Feſte
genérale à la gloire de Sa Majefté
, il fut même réfolu qu'on
la renouvelleroit tous les ans
en mémoire du Roy.Cet Ambaſſadeur
ayant fait un détail
de tous les bons traitemens
qu'il avoit receus en France,
on jugea à propos de dépelcher
un Envoyé Extraordinaire
, pour y conduire les
Chevaux que l'Ambaſſadeur
qui eftoit de retour y devoit
mener , mais qu'on avoit diferé
d'envoyer , parce qu'on
GALANT. 291
n'en avoit pas d'affez beaux
lors qu'il partit pour venir en
France , & qu'on en vouloit
faire chercher par tout le
Pais. Vous fçavez que les
Chevaux de Barbarie font
tres- eftimez , & qu'en ce Païslà
pour conferver la mémoire
des bonnes races , on fait ce
qui ne s'y pratique pas pour
les Hommes , c'est à dire,
la genéalogie des Chevaux .
Ceux que Mezomorto avoit
fait chercher pour le Roy
par toute la Barbarie , ayant
efté choifis avec grand foin,
& amenez à Alger , ce Dey
Bb ij
292 MERCURE
qui ne vouloit envoyer en
France qu'une Perfonne de
la plus haute conſidération ,
jetta les yeux fur Hadgi Mé
hémet. Il avoit efté Controlleur
des Finances dans le
Royaume d'Alger du temps
du Dey Hady Haly. Ce Dey
il fe retira à la
Mecque avec fa Farnille , &
apres y avoir demeuré quelque
temps , il voyagea dans
tout l'Orient pendant douze
ou treize années ; & comme
du temps du Gouvernement
de Hady Haly ce fut cet Hadgi
Méhémet qui fit Mezoeftant
mort ,
GALANT. 293
morto Capitaine de Vaiffeau,
ce nouveau Dey ayant efte
élû , luy écrivit auffi . toft à la
Mecque , Qu'il le prioit de le
venir trouver à Alger , où il
prétendoit l'élever mesme audeffus
de luy, s'il luy eftoit pof
fible ; & à fon retour il n'a
pas crû pouvoir faire rien de
plus glorieux pour un Hom,
me dont il eft Creature ,
que
de l'envoyer auprés du Roy.
C'est l'Envoyé qui eft arrivé
icy. Il fut mené à Versailles
le Dimanche matin 1. de ce
mois , & conduit dans la
fuperbe Gallerie de ce Châ
Bb iij.
294 MERCURE
"
teau. Il vit Sa Majefté com
me par rencontre , lors qu'Elle
traverſoit cette Gallerie pour
aller à la Meffe , car l'on ne
donne point en France d'Audience
dans les formes à ces
fortes d'Envoyez . A pres trois
profondes révérences , il fit
en Langue Turque un Dif
cours au Roy , plein de foumiffion
& de refpect , pour
remercier Sa Majefté de la
liberté qu'il luy avoit plú de
donner aux Turcs & Mores
Sujets d'Alger , qui eſtoient
Efclaves fur fes Galeres , &
compara ce Monarque à Sa
GÁLANT. 295
lomon , avec les termes les
plus magnifiques pour Sa
Majefté , & les plus refpectueux
& les plus foumis pour
le Royaume & la Républi
que d'Alger. Il pria le Roy
d'accepter des Chevaux Barbes
, qu'il avoit ordre de luy
préfenter de la part du Dey..
M' de la Croix le Fils , Secretaire-
Interpréte de Sa Majefté
, expliqua fon Diſcours,
Enfuite cet Envoyé préſenta
au Roy les Lettres du Dey
& du Bacha , qui estoient
dans un Sac de Brocard d'or ,
& Sa Majesté les mit entre
Bb iiij
296 MERCURE
les mains de M' le Marquis
de
Seignelay Secretaire
d'Etat.
L'aprefdinée ce mefme
Envoyé prefenta au Roy les
Barbes dont je viens de vous.
parler. De douze que l'on
avoit embarquez , il en eftoit
mort deux en chemin . Sa
Majefté témoigna que cePrefent
luy eftoit fort agréable,
& en donna deux fur l'heure
à Monfeigneur le Dauphin,
dont il y en avoit un qui
avoit une Houffe en Broderie
de Perles. C'eftoit la plus.
précieufe qu'eûtMezomorto.
GALANT 297
Apres cela , Méhémet Chelebi
, Fils de l'Envoyé , fe profterna
aux pieds de Sa Majefté
, qui le reçut d'une maniere
tres-favorable . Cet Envoyé
a efté charmé de la Perfonne
du Roy , & de la civi
lité de tous les François , & a
dit , Que dans tous les Voyages.
qu'il avoit faits , il n'avoit point
rencontré de Nation fi honnefte.
La Gallerie de Verſailles luy
a paru une chofe furprenante
, & il dit , Qu'il la regardoit
avec application , parce qu'il n'avoit
jamais rien vú de fi beau,
& qu'il eftoit affuré de ne voir
298 MERCURE
"
jamais rien qui approchaft de a
magnificence. Cet Envoyé a
retourné à Verſailles , où il a
eu l'honneur de voir dîner le
Roy. Il fit enfuite preſent à
Monſeigneur le Dauphin de
deux fournimens de Chaffe ,
avec quelques accompagnemens
, & une Ceinture bro
dée de Perles , à laquelle ils
eftoient attachez . Il donna
auſſi à Madame la Dauphine
quelques Curiofitez de for
Païs , & entr'autres des Souliers
brodez de Perles , de la
maniere qu'ils fe portent à
Alger. Il fit à ce Prince & à
GALANT 299
cette Princeffe des Complimens
fort galans , en leur offrant
ces Prefens ; M' de la
Croix les
interpreta .
dont je vous ay mandé des
chofes fi curieufes dans toutes
mes Lettres de l'Eté dernier
, s'eftant embarqué vers
la fin du mefme Efté fur le
Vaiffeau de M le Marquis
d'Amfreville , pour retourner
à Alger avec tous les Efclaves
que le Roy avoit rendus
, ce Vaiffeau n'eut pas
น
GALANT. 285
plûtôt paru devant cette forte
Place , qu'elle en fit éclater
fa joye . Vous vous fouvenez
fans doute de M' de Choifeüil
, qui dans la fédition
élevée parmy le Peuple d'Alger
, lors que nos Bombes
defoloient la Ville , fe vit fi
fouvent fur le point d'eftre
exposé à la bouche du Canon
, & qui en fut toûjours
garanty par un genéreux Algérien
. Comme il eftoit demeuré
à Alger depuis ce
temps -là , le Dey Fenvoya
chercher fur l'heure , & luy
dit, Qu'il fçavoit qu'il ne l'a
286 MERCURE
voit jamais regardé en Efclave,
mais comme un Officier de l'Empereur
des François ; & que s'il
avoit efté exposé à la fureur
d'un Peuple ému , il devoit eſtre
perfuadé qu'il n'en avoit pas eſté
le maiftre , parce qu'il n'eftoit pas
pour lors encore bien affermy dans
la nouvelle Dignité où il venoit
de monter. Enfin il luy parla
d'une maniere que l'on peut
prendre pour une fatisfaction
du paffé , & finit en luy difant
, Que pour luy faire connoistre
encore mieux , qu'il ne
l'avoit jamais regardé comme un
Efclave , il le renvoyoit fans
GALANT. 287
S
l'on
qu'il fust compris parmy les au
tres Esclaves qu'il eftoit fur le
point de rendre qu'il en faifoitunPréfent
à l'Empereur de France
, & qu'il pouvoit dés- lors aller
trouver M le Marquis d' Amfreville.
Ainfi il fortit le premier
d'Alger , avant que
euft rendu aucun Efclave de
part ny d'autre. Enfuite on
reftitua cinq cens Chrétiens,
fçavoir trois cens vingt Sujers
du Roy , fuivant les Etats
fournis par M' du Sault , qui
vous eft affez connu par toutes
mes Relations d'Alger;
cent cinq Etrangers de tou288
MERCURE
tes Nations , pris fous le Pa
villon de France pendant la
derniere Guerre , fuivant un
autre Etat fourny par le mef
me M' du Sault , & foixante
& quinze Anglois & Hol
landois , pris auffi pendant la
derniere Guerre , mais fous
des Pavillons Etrangers
, &
que le Roy avoit demandez
d'augmentation. Ces cente
quatrevingt Efclaves de toutes
les Nations de l'Europe ,
qui doivent leur liberté au
Roy , l'ont eue avec les
termes les plus foûmis de la
part du Dey , qui fit dire à
M
GALANT. 289
M le Marquis d'Amfreville,
Que fi Sa Majesté en vouloit
un plus grand nombre , Elle n'avoit
qu'à leur faire fçavoir fes
intentions , & qu'ils obeiroient.
Quand M le Commiffaire
Genéral Hayet vouloit parler
de la grandeur , de la magnificence
, & de la juftice du
Roy , Ce n'est pas à vous à
m'en parler , répondoit Mezomorto
, & je fus icy fon Procureur
, pour foutenir fes intérefts.
+
L'Ambaffadeur d'Alger
qui revenoit de France , étant
débarqué avec fa Suite , & les
Mars 1685.
Bb
290 MERCURE
Efclaves qu'il ramenoit , la
joye fut fi grande dans toute
la Ville , qu'on y fit une Feſte
genérale à la gloire de Sa Majefté
, il fut même réfolu qu'on
la renouvelleroit tous les ans
en mémoire du Roy.Cet Ambaſſadeur
ayant fait un détail
de tous les bons traitemens
qu'il avoit receus en France,
on jugea à propos de dépelcher
un Envoyé Extraordinaire
, pour y conduire les
Chevaux que l'Ambaſſadeur
qui eftoit de retour y devoit
mener , mais qu'on avoit diferé
d'envoyer , parce qu'on
GALANT. 291
n'en avoit pas d'affez beaux
lors qu'il partit pour venir en
France , & qu'on en vouloit
faire chercher par tout le
Pais. Vous fçavez que les
Chevaux de Barbarie font
tres- eftimez , & qu'en ce Païslà
pour conferver la mémoire
des bonnes races , on fait ce
qui ne s'y pratique pas pour
les Hommes , c'est à dire,
la genéalogie des Chevaux .
Ceux que Mezomorto avoit
fait chercher pour le Roy
par toute la Barbarie , ayant
efté choifis avec grand foin,
& amenez à Alger , ce Dey
Bb ij
292 MERCURE
qui ne vouloit envoyer en
France qu'une Perfonne de
la plus haute conſidération ,
jetta les yeux fur Hadgi Mé
hémet. Il avoit efté Controlleur
des Finances dans le
Royaume d'Alger du temps
du Dey Hady Haly. Ce Dey
il fe retira à la
Mecque avec fa Farnille , &
apres y avoir demeuré quelque
temps , il voyagea dans
tout l'Orient pendant douze
ou treize années ; & comme
du temps du Gouvernement
de Hady Haly ce fut cet Hadgi
Méhémet qui fit Mezoeftant
mort ,
GALANT. 293
morto Capitaine de Vaiffeau,
ce nouveau Dey ayant efte
élû , luy écrivit auffi . toft à la
Mecque , Qu'il le prioit de le
venir trouver à Alger , où il
prétendoit l'élever mesme audeffus
de luy, s'il luy eftoit pof
fible ; & à fon retour il n'a
pas crû pouvoir faire rien de
plus glorieux pour un Hom,
me dont il eft Creature ,
que
de l'envoyer auprés du Roy.
C'est l'Envoyé qui eft arrivé
icy. Il fut mené à Versailles
le Dimanche matin 1. de ce
mois , & conduit dans la
fuperbe Gallerie de ce Châ
Bb iij.
294 MERCURE
"
teau. Il vit Sa Majefté com
me par rencontre , lors qu'Elle
traverſoit cette Gallerie pour
aller à la Meffe , car l'on ne
donne point en France d'Audience
dans les formes à ces
fortes d'Envoyez . A pres trois
profondes révérences , il fit
en Langue Turque un Dif
cours au Roy , plein de foumiffion
& de refpect , pour
remercier Sa Majefté de la
liberté qu'il luy avoit plú de
donner aux Turcs & Mores
Sujets d'Alger , qui eſtoient
Efclaves fur fes Galeres , &
compara ce Monarque à Sa
GÁLANT. 295
lomon , avec les termes les
plus magnifiques pour Sa
Majefté , & les plus refpectueux
& les plus foumis pour
le Royaume & la Républi
que d'Alger. Il pria le Roy
d'accepter des Chevaux Barbes
, qu'il avoit ordre de luy
préfenter de la part du Dey..
M' de la Croix le Fils , Secretaire-
Interpréte de Sa Majefté
, expliqua fon Diſcours,
Enfuite cet Envoyé préſenta
au Roy les Lettres du Dey
& du Bacha , qui estoient
dans un Sac de Brocard d'or ,
& Sa Majesté les mit entre
Bb iiij
296 MERCURE
les mains de M' le Marquis
de
Seignelay Secretaire
d'Etat.
L'aprefdinée ce mefme
Envoyé prefenta au Roy les
Barbes dont je viens de vous.
parler. De douze que l'on
avoit embarquez , il en eftoit
mort deux en chemin . Sa
Majefté témoigna que cePrefent
luy eftoit fort agréable,
& en donna deux fur l'heure
à Monfeigneur le Dauphin,
dont il y en avoit un qui
avoit une Houffe en Broderie
de Perles. C'eftoit la plus.
précieufe qu'eûtMezomorto.
GALANT 297
Apres cela , Méhémet Chelebi
, Fils de l'Envoyé , fe profterna
aux pieds de Sa Majefté
, qui le reçut d'une maniere
tres-favorable . Cet Envoyé
a efté charmé de la Perfonne
du Roy , & de la civi
lité de tous les François , & a
dit , Que dans tous les Voyages.
qu'il avoit faits , il n'avoit point
rencontré de Nation fi honnefte.
La Gallerie de Verſailles luy
a paru une chofe furprenante
, & il dit , Qu'il la regardoit
avec application , parce qu'il n'avoit
jamais rien vú de fi beau,
& qu'il eftoit affuré de ne voir
298 MERCURE
"
jamais rien qui approchaft de a
magnificence. Cet Envoyé a
retourné à Verſailles , où il a
eu l'honneur de voir dîner le
Roy. Il fit enfuite preſent à
Monſeigneur le Dauphin de
deux fournimens de Chaffe ,
avec quelques accompagnemens
, & une Ceinture bro
dée de Perles , à laquelle ils
eftoient attachez . Il donna
auſſi à Madame la Dauphine
quelques Curiofitez de for
Païs , & entr'autres des Souliers
brodez de Perles , de la
maniere qu'ils fe portent à
Alger. Il fit à ce Prince & à
GALANT 299
cette Princeffe des Complimens
fort galans , en leur offrant
ces Prefens ; M' de la
Croix les
interpreta .
Fermer
Résumé : Suite des Affaires d'Alger, avec l'Audience donnée à l'Envoyé du mesme Etat, [titre d'après la table]
En 1685, des échanges diplomatiques significatifs eurent lieu entre la France et Alger. L'ambassadeur d'Alger quitta la France à bord du vaisseau du Marquis d'Amfreville et fut accueilli avec joie à Alger. Le Dey d'Alger exprima sa satisfaction envers M. de Choiseul, un officier français protégé par un Algérien lors d'une rébellion. Le Dey renvoya M. de Choiseul en France avec d'autres esclaves libérés, soulignant qu'il ne l'avait jamais considéré comme un esclave mais comme un officier de l'empereur des Français. La libération des esclaves se poursuivit avec la restitution de cinq cents chrétiens, incluant trois cent vingt sujets du roi de France, cent cinq étrangers pris sous le pavillon français, et soixante-quinze Anglais et Hollandais. Le Dey offrit de libérer davantage d'esclaves si le roi de France le souhaitait. À son retour en France, l'ambassadeur d'Alger fut accueilli avec une grande fête à Alger en l'honneur du roi de France. En réponse, le Dey d'Alger envoya un envoyé extraordinaire, Hadgi Méhémet, pour conduire des chevaux au roi de France. Cet envoyé fut reçu à Versailles et présenta des lettres du Dey et du Bacha, ainsi que des chevaux barbes en cadeau. Le roi de France accepta ces présents et en offrit deux au Dauphin. L'envoyé fut impressionné par la cour et la civilisation française, soulignant la magnificence de la galerie de Versailles. Il fit également des présents au Dauphin et à la Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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s. p.
CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
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Des RR. PP. Benedictins de la Congregation de S. Maur. [...]
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texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
Des RR.PP.Benedictinsde la Congrégation
de S. Maur. sAncliAugustinsHipponenfu Episcopi Opera, denuò
castigata&illustrata, cum Indicibus, Ó
Vita ejusdemsanctiAugustini, fol. 8. vol.
-
Il
Petit papier, veau, 164. liv
Moyen papier, 114. livl
-Grand papier, 310.liv Eorumdem Operum Indices; cum Vita sanct
Augustini, fol. separément,petit pap. 21.liv
Moyen papier, 2.4-lilv
Grand papier, 40.Hr.
— Les volumes se vendent separément, en pe,, titpapier, 18.liv.
Moyen papier,14.Ht!;
Grand - papier,0.l'y Vita. S. Augustins, fol. separément, 6.Ht
SanEfi Hilarii Episcopi Pictaviensis Opéra, emenda
ta & illujîrata
,
fol.petit papier, 18. lnj
Moyen papier, 14.li^
Grand papier, 40.1iv
Fromondus ÍlIScripturltm,Roth,magi 1709.fol.12.l.
P. Alexander in Paulum, fol. 1710. 12.l.
Sancti Gregorii Episcopi Turonensis Opera, castigata
& édita fludio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis sancti Benedicti,Congregationis
sanctiMauri,fol. 15.liv.
Histoire de Bretagne ,composée sur les Titres
& les Auteurs originaux, par Dom Guy Alexis
Lobineau , Beiieàiâln de la Congrégation
de S. Maur, avec les Preuves; & enrichie de
Portraits, de Tombeaux, de Sceaux, & autres
monumens gravez en taille-douce, fol.
2.vol. 1707. 60.liv.
Méditations pour tous les Jours de l'Année, tirées
des Evangiles qui se lisent à la Messe, &
pour les Fêtes principales des Saints, avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainssant, Bene- fdiébn de la Congregration de S. Maur,in 4.
quatrième édition, 1707. 6.liv.
DomniEdmundi MarteneBenedictini Congrégationis
S. Mauri
,
Commentarius in Regulamsancti
Benedictilitteralis. moralis. historicus. in 4.
7. liv. 10. f.
omitolus,4.Rothomagi 1710. 7.liv.
Ouvrages de M.Baluze.
concillorum nova Colleflio) in tjua continentur plurima
Cencilia, nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus : feu Supplementum ad CollectionemConciliorumLabbai,
fol. 1707. petit
papier, 15.liv.
I Grand papier, * 14.liv.
onciliaGallia Narbonensis, nunc primùm editll.
cum Notis,in 8. 4.1iv.
luftr. Domini P. de Marca Archiepiscopi Parisienfis
Dissertationes de ConcordiaSacerdotii & Im-
'leri; : feu de Libertatibus EcclesiaGallicana.
Novissima editio auÏÏMi illustrata, fol. petitpapGirearn,
15'.Inr.-i dpapier,24.liv.|
—— Ejusdem de Mtrea Hispanica,sive Limes Mifpanicus
,
hoc est, Géographica & HiftorieJJ Descriptio,
Catalonia& Ruscinonis : accessere Gesta
veterum Comitum Barcinonensium,Nicolai SpecialisResSicula
,&c. omnia nunc primùm edita,
fol. petitpapier, Grand - papier,24.liv. Ejusdem Dissertationes tres, cum Notis & Ap-J
-pendiceattorumveterum. in 8. 3.IIV. Ejusdem Opuscula, nune primùm in lucem
édita,in8. 2. IIV.
Vita Paparum Avenionensium
,
hoc est, 0iftorin
Pentificum Romanorum qui in Gallia fédérant1,
ab anno1305. ad annum 1394.scriptaab auéîo-'
ribus co'ètaneïi,cum Notis. in 4. 2. vol. 14. liv.
SanctiAgobardiArchiepiscopiEugdienensis Opera, 1
mtnon Lcidradi & Amalonis Archiepiscoporum
ZrHgdanenJtttfh Epistola& opuscula. eutnNotu,
in 8,2.-vol. Sancti CafariiEpiscopiArelatensis Homilia, nan- j
qnarn anfehac edita,cumNotis. in B. 1.1.10.H
MariiMercatorisOpera
, cum Notis. in 8. 3.liv. 1
.,B,ginonu Abbatis Prumiensis Llhri duo de Eccle-J
fiaftiâs Disciplinis& Religione chrifthmtf;, &c.
cum Notis. in- 8. 4-.liv.
SalvianiMassiliensis,& vincentii LirinensisOpéra,
cumNotis uberioribus. in g. tertia editio. 3.liv.!
Pita Petri Castellani MagniFrancis.Eleemojy- !
narii
,
à-PetroGallando-scripta,cumNotà.
in8. 1.liv.10.f.
Miscellaneorum Libri quinque ,hoe est
,
CogoéPiobg-Ï j
terum Monumentorum. in 8. 5. vol. *5.liv. i
Les volumes.sevendent separément 3.liv.
Htllolfede la Ville de ROllon) iii 12..-3.vol. 6. l.
Sermons du PtJdc la, Ruë, in 12.3. vol. 6. lîy;.
Ouvrages de feuMreArmand le Bouthiiuer
DE RANCE
,
Abbéde la-Trappe.
Dela Sainteté &- des Devoirs dela vie monastique
, avec les éclaircissemens sur les difficultez
survenuës- au sujet de ce Livre
,
in 4. J.
vol. 17. liv.
-Les mêmes in iz. 3..V0L Sjiv. Les Eclaircissemens, in. 4. separément, 6. l.
Les mêmes in iz. separément, 2.liv. 10. f.
Cinq Chapitres tirez du Livre de la Vie Monastique,
sçavoir, de l'Amour de Dieu, de la
Priere, de la Mort, dès Jugemens de Dieu,
Se delaComponction,in12. I. liv.
Discours de laPureté d'intention,& des moyens
poury arriver,in12. I.liv.10.f.
Carte de la Visite de M.l'Abbé de la Trappe à
l'Abbaïe des Clairets,avec une Instruction sur
lamortde Dom Muce,in1-2.
Instruction de S.Dorothée Percdel'Eglise Grecque
, traduites du Grec en François,avec la
la Vie de ce saint Pere
,
in 8. 2. liv. 5. f.
Xnftru&ions sur les principaux sujets de la Pieté
& de la Morale Chrétienne, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres de Pieté choistes & écrites àdifférentes
personnes, in îz. 2.vol.4.liv. Méditations sur la Regle de S. Benoît, troisiéme
édition,augmentée de la véritable Préparation
-
à la mort, in iz. 2. liv.
De laveritable Préparationà lamort, in12. separément.
1.livv.
Réponses au Traitédes Etudes Monastiques de
Dom JeanMabillon,in4.- 6. liv.
Le Texte de la Réglé de S. Benoît, trad. in 12. I.L
La Regle de S.Benoît, traduite & expliquée félon
sonveritableesprit, in-4. 2. vol. ii. liv.
La même in u. 1, vol. 5liv..
Reflexions morales sur les quatte Evangiles,
in 12.4.vol. 7.liv.4«.fv
Reglemensgénéraux de l'Abbaïede la Trappe;
in12.2.vol. 3.liv.12. f.
Vies des Saints par Ribadeneira, fol. 2. vol. papierfin.
if.liir.
DepapierChampy,2.vol. 12. Lv.
Relationde la Mort de Dom Abraham Beugnier,
in 12. brochure. 8. f.
Relation de quelques circonstances de la Mort
de M. l'Abbé de la Trappe; in 12. brochu- re,£.•£ Traité abregé des Obligations dès Chrêtiens,
illn. I.liv.16.f.
Du R. P.Dom LE NAIN, Soûprieur de PAbbaïe
- de la Trappe.
Homeliea sur le Prophete Jeremie, in 8. z.
vol. 7.liv.12. f.
Histoire de l'Ordre de Cîteaux,ou Vies des
Saints de cet Ordre, in12.. 9.vol. I6.-1iv. 4. f..
De Nosseigneursdu Clergé de France.
-Procès verbal de l'Assemblée de1690. fol. 6.1. -Del'Assemblée de1693.&1695. fol. 10. 1.
—Del'Assembléede I¡OI.& 1702. fol. 6.1.,;
Relation des Assemblées de MM. les Prelats pour f
la condamnation du Livre de M. l'Archevêque
de Cambray, in 4. 4.liv.
Recueil concernant l'établissement dé deux Seminaires
dans leDiocese de Reims, in 4. 6.1.
DuR.P.DUBOIS,del'Oratoire.
piftoria, Ecclesie parisiensis. fol. 2. vol. 30.liv.
Le second Tome separément. 15.liv,
Du R.P; AME lotte,de l'Oratoire.
Le Nouveau Testament traduit sur la Vulgate
avec des Notes & des Cartes dela Terre'
fainte,in4.2.vol. iz.Iîv
Le même in i~ iv si
Du R. P.HARDOUIN,de la Compagnie
de Jefu*.
AAnnùtirrrrhheettiiccuiai de Numrmniiss aannttiiqquuisisCCoolloonniiaarruumm &
Municipiorum adjoannem Vaillant, in 4. 3.liv.
Sancti Joannis Chrysostomi Epistola ad C&farium
Monachum Grec. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis, & Dissertatione de Sacramento Altarts-,
in4. 4.liv.
De disserens Auteurs.
Compendium Institutionum justiniani, feu cornpen--
diosa corum tractatio
,
in 11. 1. hv.
Coeur affectif de S. françoisde Sales, tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans Tes Ecrits,
pour la consolation des ames devotes,par
M.Gambard,in12. I.liv.12.f.
DiurnaleCisterctensead usumFuliensium, rubronigrum,
in24.maroquin. } liv.
Discours de S. Bernard,composez à la priere de
sa soeur la Religieuse
,
où sont contenus tous
les principaux points du Christianisme
, nouvelle
traductionin16. i.liv.10. f.
Exercice Journalier à l'usage des Religieuses de
la Con gregation de N. Dame, in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Mette de Paroisse,
par Messire François de Harlay Archevêque
deRoüen,imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris, in 11. I. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
1 in 12. 15.vol. 45*||v.'
- Lesvolumes sevendent separément 3.Ilv.
Replement pour le Regiment des Gardes, in 12. liv.
rieres Chrêtiennes recueilliës par ordre de
1 feu M.l'Archevêque de Paris, en Latin & en
j François;avec une In/huélion pour la Consession
& Communion,& une Conduite .pOIit:
biest gagner le Jubilé, in ii. troisiéme édition.
z.IIV.10.
Tradition del'Eglise sur le Silence Chrêtien &
Monastique,contrel'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general
, & en
particulier contre la trop grande frequenta-
* tion des Parloirs des Religieuses, par M. Her- )
mant, in H. I.liv. 16. f.
Traité du Cancer, & des moyens de le guerir,
'N parM.Alliot,in12. I.liv.I0.f.
Traité des Ecoles Episcopales, par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglise de Paris,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine, Religieuse
de la Visitation, morte en 1694. in iz. 1. I.Io.f.
Del'Usage de celebrer le Service divin en langue
non valgaire, par le R. P. Caponnel Chanoine
Regulier, in 12. I. liv.5. f.
Histoire du Concile de Trente, par Fra Paolo,
in 4. S.Ily.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, fol.
2.vol. 18.liv.
—Lesmêmes,in4.6.vol. 36.liv.
L'Art de Tourner, ou defaire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour: ouvrage
tres-curieux 6c tres-necessaire à ceux qui s'exercent
auTour,Latin & Franç. fol. IJ.liv-,
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
M. de la soffe, seconde édition, augmentée
de deux Odes, l'une de Pindare, & l'autre
d'Horace,in 12. 2.liv.10. f.
Nouvelle Grammaire Espagnole,par M.Perger,
in 12. 1.liy. 5.f.
Nouvelle Traduction deJustin, avec des Remarques,
in ii.z. vol. 4.liv.10. f.
Conquête du Mexique, in 11.. 2.vol. 5.liv.
Conquête du Perou,in n.z. vol. 4.liv. 10. f.
Voyage d'Alepà Jerusalem, in 12.. 2.liv.
Traité delaNoblesse.parlaRoque, 4. 1710.7,"!.
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoise du
Pere Chifflet, avec un Abregé d'Orthographe,
in il- 1.liv.10.f.
De la Connoissance de Dieu, par M. Ferrand,
in12. 2.liv.10.f.
Novum Testamentum Gracum, in 18. 1. liv. 16. f.
L'Esprit de l'Ecriture fainte, in 11.2.vol.3.l. 10.f.
Le Comte de Cardonne, in 12. 1. liv. 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt,
par Madame D. in 12. I. liv.16. f.
Furteriana, ou les bons mots de M. Furetiere,
in 11. 2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes,
in 12. i.liv.
Riblia sacra, in 4. 6. liv.
Amusemens serieux & comiques, par M. du
Freny, in 11. I. liv.10.f.
Grammaire Allemande, dePerger, in 11. 1.IIV.
Elsass de Littérature pour la connoissance des
bons Livres, & Supplément des Essais, in ii,.
4. vol. 8. liv.
Le Jeu de l'Hombre, augmenté des Décisions
nouvelles,& des Regles sur les Incidens de
de ce Jeu,in12. 1. liv.10. f.
LaViedeM.deMolierein12. 2.liv.
Les Mémoires & la Vie de M. de Thou, 4. Rotterdam
, * 5.liv.
Histoire de la Virginie,contenant celle de ion.
établissement & de son gouvernement jufqu'à
present, les productions naturelles du
-
Païs, la Religion, les Loix & les Coutumes
des Indiens naturels
, par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là, in iz. enrichie de figuresentaille-
douce, 2. liv 5. f.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche,qui enseigne
les devoirs du Maître d'Hôtel & du
Sommelier, la maniere de faire les Confitures
tures seches & liquides, les Liqueurs, les
Eaux, les Parfums, laCuisine, à découper ;
les viandes, & à faire lapâtisserie; huitiéme
édition, corrigée & augmentée des Pâtes,des
Liqueurs nouvelles, & des nouveaux Ragoûts
qu'on sert aujourd'hui:Avec des modeles
pour dresser les Services de Table, ifi
11.1713.. 2liv. 5. f.
Abregé de la Sainte Bible, en forme de Questions
5c Réponses familières,tirées de differens
Auteurs ; divisé en deux parties, l'ancien
Se le nouveau Testament
, par le R. P.
Guerad
,
de la Congregation de saintMaur-,
seconde édition,in 14. 2 liv.
Les Delices de l'Italie, contenant une description
exacte du Païs, des principales Villes,
de toutes lesAntiquitez, &de toutes les Raretez
qui s'y trouvent, ouvrage enrichi d'un
tres-grand nombre de figuresen taille douce,
in 12.4. vol. 11. Ily.
Traité des Jardinages
, par M. de la Quintinie,
in 4°. r vol. 11liv.,;
Le Prince Grec
,
in 12. 2 liy.J
Histoire de D. Quixotte, derniere édition
,
aug-1'
mentée d'un volume qui va jusqu'à sa mort,,
in 12.6 vol. 1$liv;
Les Fables de la Fontaine, in 12.5 vol. 10. liv;
La Prjncesse de Cleves, in II.. 2liv. 10 01
L'Arithmetique de Legendre, nouvelle édition.-
augmentée de lamanière de compter aux Jettons,
in 12. 2liv. ¡of.
Les Oeuvres de S. Evremond
,
in 12. 7 vol.15 liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron
,
12.2liv.10il- l'
Zayde Jin 12. 2 vol. 4 liv-
Toutes les Oeuvres de feu Mr. le Noble, 10 oO
il vol. in ia. sous preslé.? Style du Conseil,parM.Gauret, in 4. 5 Iii:
iCOdcde la Mariné, in 4..,Ii. Traité historique des Monnoyesde France
, par
M.leBlanc,in4. 9 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble, in 12. 2 liv.
Traité de laParole, in 12. brochure, 8 f.
Lucien d'Ablancourt, nouvelle édition, augmentée
de Notes, in 12. 3vol. 6 liv.
Numismata areaImperatorumAugustorumCesarum
in Coloniis, Municipiti & Urbis Jure
Listio donatis, ex omni modulopercussa
, autore
JoanneFoy-Vaillant, in fol. z vol. 36 liv.
L'Histoire reduite à ses principes, dediée à
Monsevigneour lle.D3uc ldeiBvourg.o1gne,0in12. f.
Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans, &
le Genie Familier, par M. D. in H. rl.15 f.
D.Guzmand'Alfarache,in12. 3vol. 71.10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven,in12. 1fiv.10 f.
Virgile, de Martignac, in12. 3vol. 6 liv.
Lucrece ,
de la nature des choses
, avec des remarques
sur les endroits les plusdifficiles,
traduction nouvelle, in12.2 vol. 4.1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteüil, ou veritez historiques,
composées du Joüeur, du Nouvelliste, du Financier,
du Critique, de l'Inconnu, du Sincere,
du Subtil, de l'Hypocrite, e de plusieurs
autres personnages de differens caracteres,
in ii. 1liv.5f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr, livre rempli
d'évenemens, &écrit dans le même stile que
Telemaque, pic M.leR.-- in12. 2liv.
LePrince Erastus, fils de l'Empereur Diocletian,
in ii. -tv.5f-
L4 Voyages de M. Tavernier, derniere édition,
revûë & corrigée de quantitée de fautes, &
^gmewtéc de la vie & mort le l'Auteut ,
avec plusieurs planches nouvelles qui nenf
point paru dans les précédentes éditions
,
le
tour dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plusieurs voyages avec lui, in 12. 6 vol. 15 liv.
Abregé de Geographie, & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre, particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France: le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur,
avec les routes des Postes de France & d'Espagne,
dedié à S. A. S. Monseigneur le Prince
de Dombes, par M. Poncein, in 12. 1 liv. 5
f.
Les Metamorphoses d'Ovide, traduites par M.
du Ryer, derniere édition, in 12.3 vol. 6 liv.
—Les mêmes en Rondeaux, avec figures,de
Benserade, imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv.
Les Fables d'Esope Phrygien, avec celles de
Philielphe, traduction nouvelle, enrichie de
Discours moraux & historique, & de Quadrains
à la fin de chaque discours, avec figures.
On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Esope, lesTables diverses d'Abrias
& d'Avienus, in 12. 2 vol. 4 liv. 10 f.
Les Memoires de la VieduComteD avant sa
retraite, contenans diverses avantures qui
peuvent servir d'instruction à ceux qui ont à
vivre dans le grand monde; rédigezparM. de S.Evremont, in u.i vol. 4 liv. 10 f.
Les Mémoires de MessireRoger Rabutin, Comte
de Bussy. in 12. 3 vol. 7 liv. 10 f.
Idem, Ses Lettres,nouv. édit.in 12. 4 vol. 8 l.
Histoire de France par Mezeray
,
derniere édit.
4. 3 vol. 24 liv
Idem. in ix. 7 vol. 21liv.
Les Oeuvres d'Homere,traduites en François
par M. D enrichies de figures en taille
douce, divisées eu 4vol. in n. ia 1
Quinte-Curce, de la traduct. de M. de Vuagelas, avecleLatinàcôté,1.vol. in12. 4 l.10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François, avec
des Remarques critiques & historiques, de M.
Dacier, troisiéme édition, revûë, corrigée
& augmentée considerablement par l'Auteur,
in 12.10 vol. 20liv.
Histoire de France, P. Marcelle, in 12. 4 vol. 8 l.
Lexicon BUXllrji, in 8. 4 liv.10f.
Corpus Juris Canonici, à Petrp Pitboeo, cum appendiceJurisCanonici
; continensLibrum septimum
Decretalium, 6- Jo. Pauli Lancelotti institutiones
Juris Canonici, in fol. x vol. 20liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille, Sieur de
Romanci,1703.2.vol. 13liv.
Recüeil de bons mots des Anciens & des Modert
nes,in12. 2liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille,in12.10vol. 25liv.
Racine,2vol.6liv. Campistron, nouvelle édition, augmentéed'une
Tragedie & d'une Comedie,& ornée de figures, 4liv-
De la Fosse
, avec ses Poësies, i vol. 5 liv.
Legrand
, 2 liv. 10 f.
Crébillon, 3liv.
Pradon, 3liv.
De la Grange, augmenté d'Ino & Melicerte ,
Tragedie, 2 liv. 10 f.
Moliere, 8 vol.nouvelleédition, augmentée
de sa Vie, avec de nouvelles Remarques, 15 1.
Dancourt, 8vol.nouvelle édition, augmentée
deplusieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions précédentes, avec
figures&musique, M 11,..
Regnard, 2 vol. 5liv.
Poisson,2vol.. 3-liVi.
De Hauteroche, 2 liv. 10 C
Palaprat
, 2. édition augmentée de plusieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées,
& d'un Recuëil de Pieces en Vers, 2 vol.
5liv.
Baron, ; liv.
De Riviere, 2liv. 10 f.
De la Thuillerie
, 1 liv.
Boindin, - i liv.
De Champ-mêlé, 2 liv.
De Montfleury, 2 vol. 5 liv.
Boursault
, z vol. 5 liv.
De Mademoiselle Barbier, 2.liv.10. f.
Quinaut, 2. liv. 10. f.
Theatre François, 6. vol. 15.liv.
Theatre Lyrique avec une Préface oùl'on traite
du Poëme de l'Opera, & la Réponse à une Epître Satyrique contre ce spectacle
, par
M. leB. in 12. 1.. liv.
Piecesfebarces.
îdomenée.
Hypermndhe. Attée.ÇC.
Elcéhe.
AbCaloo. J
Rhadamiste&Zenobie, N
Cyrus. -~
Getâ. J
Les Tyndarydes. 1 Tragédies..
Saiil.
Medée. i
Herode. >
Ino&Melicerte. -
Polydore. -~
La Mort d'Ulysse. (
Mustapha. C
Asrrippa. ou le faux.Tiberinus. -
Le Curieux Impertinent. A
Les Agioteurs. VL'AmourCharlatan.
V.
Le Naufrage. *~
Danaé. f
Turcaret.
Crispin Rival.
3Ç
Comed ies,
Le Jaloux desabusé.
LesMetamorphoses. V
L'Amour vangé. V
EsopeàlaVille.
«y
Esopeà laCour. f
SanchoPanfa Gouverneur. r"
La Devinerellc. j
Les Airs notez des Comédies Fi-anîoires, par
M.Gillier,in4. 7.liv.
Cantates & Arictes de M. le B. fol. 7.liv- 10. f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra,
5.liv.
Le Mercure Galant, 1. liv.10.f.
Et broché, i.liv.j.f.
Recueil de Piecesen Vers, adresses à S. A. S.
Monseigneur le Duc de Vendôme, & plusieurs
Essai, de Poësies diverses, par M. dePalaprat,
1.vol.in12. 1.liv.10. f.
Et toutes les autres Pieees de Théâtre,tantanciennes
quenouvelles.
L'Histoire cté l'Empire, contenant f011 origine,
son progrès, ses révolutions, la forme de
son gouvernement, sa politique, ses alliant
ces,ses négociations, & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
~Vveftphalie,& autres: par le Sieur Heiss.
Nouvelle édition,continuée jusquesàprefent,
& augmentée de plusieurs Remarques.
5.vol. in12. 12.liv.10. f.
listoire Genealogique & Chronologique de la
Maison Royale de France, des grands Officiers
de la Couronne, & de la Maison du
Roy; avec les qualitez, l'origine & le progrès
de leur famille: ensembleles Statuts &
le Catalogue des Chevaliers, Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Esprit. Le tout
dressé sur les Titres originaux,Registres des
Chartres du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes, & du Châtelet de Paris,
Cartulaires d'Eglises, Manuscrits & Memoimoires
qui sont dans la Bibliothèque du Roy,
& autres. Par le P. Anselme, Augustin Déchaussè.
Revuë, corrigée & augmentée par
l'Auteur, & après son décès continué jusques
à1pre7sent"par.u;n de6Ces am.is,I2.IvolV. in fo.l. htbonnaire d'Agricu lture, contenant generalement
tout ce qui regarde le ménage de la
campagne, & l'ornement des Jardins, &c.
in4.souspresse.
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fournir les Vivres aux Troupes avec
toute l'oeconomie possible
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8. 1. vol. 3.liv.10.
.1 Connoissance parfaite des Chevaux
, contenant
la maniere de les gouverner , nourrir &
entreniren bon corps, & de les conserver en
santé dans les voyages; avec un détail général
de toutes leurs maladies,des signes & des
causes d'oùelles proviennent, des moyens de
les prévenir, & de les en guerir par des remedes
expérimentez depuis long-temps,& à
la portée de tout le monde.Joint à une nouvelle
Instruction sur le Haras,bien plus étendue
que celles qui ont paru jusques à present,
afin d'élever de beaux Poulains pour touiet
fortes d'usages. On trouve aussi dans ce Li.
vre l'Art de monter à cheval, & de dresser le
chevaux de manege, tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit. Le tout enrichi de figutesentaille-
douce,in8. 3.lY.io. f.
Lettre à M. de. sur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte; qui explique ce qui a
donné lieu auxFables des Dieux de l'AntiquitéinIl.
i.liv.
La Rivales travestie, in 12. a.lir.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerison
de toutes fortes de maladies, donnez par une
personne charitable, augmentez des
de S. Maur. sAncliAugustinsHipponenfu Episcopi Opera, denuò
castigata&illustrata, cum Indicibus, Ó
Vita ejusdemsanctiAugustini, fol. 8. vol.
-
Il
Petit papier, veau, 164. liv
Moyen papier, 114. livl
-Grand papier, 310.liv Eorumdem Operum Indices; cum Vita sanct
Augustini, fol. separément,petit pap. 21.liv
Moyen papier, 2.4-lilv
Grand papier, 40.Hr.
— Les volumes se vendent separément, en pe,, titpapier, 18.liv.
Moyen papier,14.Ht!;
Grand - papier,0.l'y Vita. S. Augustins, fol. separément, 6.Ht
SanEfi Hilarii Episcopi Pictaviensis Opéra, emenda
ta & illujîrata
,
fol.petit papier, 18. lnj
Moyen papier, 14.li^
Grand papier, 40.1iv
Fromondus ÍlIScripturltm,Roth,magi 1709.fol.12.l.
P. Alexander in Paulum, fol. 1710. 12.l.
Sancti Gregorii Episcopi Turonensis Opera, castigata
& édita fludio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis sancti Benedicti,Congregationis
sanctiMauri,fol. 15.liv.
Histoire de Bretagne ,composée sur les Titres
& les Auteurs originaux, par Dom Guy Alexis
Lobineau , Beiieàiâln de la Congrégation
de S. Maur, avec les Preuves; & enrichie de
Portraits, de Tombeaux, de Sceaux, & autres
monumens gravez en taille-douce, fol.
2.vol. 1707. 60.liv.
Méditations pour tous les Jours de l'Année, tirées
des Evangiles qui se lisent à la Messe, &
pour les Fêtes principales des Saints, avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainssant, Bene- fdiébn de la Congregration de S. Maur,in 4.
quatrième édition, 1707. 6.liv.
DomniEdmundi MarteneBenedictini Congrégationis
S. Mauri
,
Commentarius in Regulamsancti
Benedictilitteralis. moralis. historicus. in 4.
7. liv. 10. f.
omitolus,4.Rothomagi 1710. 7.liv.
Ouvrages de M.Baluze.
concillorum nova Colleflio) in tjua continentur plurima
Cencilia, nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus : feu Supplementum ad CollectionemConciliorumLabbai,
fol. 1707. petit
papier, 15.liv.
I Grand papier, * 14.liv.
onciliaGallia Narbonensis, nunc primùm editll.
cum Notis,in 8. 4.1iv.
luftr. Domini P. de Marca Archiepiscopi Parisienfis
Dissertationes de ConcordiaSacerdotii & Im-
'leri; : feu de Libertatibus EcclesiaGallicana.
Novissima editio auÏÏMi illustrata, fol. petitpapGirearn,
15'.Inr.-i dpapier,24.liv.|
—— Ejusdem de Mtrea Hispanica,sive Limes Mifpanicus
,
hoc est, Géographica & HiftorieJJ Descriptio,
Catalonia& Ruscinonis : accessere Gesta
veterum Comitum Barcinonensium,Nicolai SpecialisResSicula
,&c. omnia nunc primùm edita,
fol. petitpapier, Grand - papier,24.liv. Ejusdem Dissertationes tres, cum Notis & Ap-J
-pendiceattorumveterum. in 8. 3.IIV. Ejusdem Opuscula, nune primùm in lucem
édita,in8. 2. IIV.
Vita Paparum Avenionensium
,
hoc est, 0iftorin
Pentificum Romanorum qui in Gallia fédérant1,
ab anno1305. ad annum 1394.scriptaab auéîo-'
ribus co'ètaneïi,cum Notis. in 4. 2. vol. 14. liv.
SanctiAgobardiArchiepiscopiEugdienensis Opera, 1
mtnon Lcidradi & Amalonis Archiepiscoporum
ZrHgdanenJtttfh Epistola& opuscula. eutnNotu,
in 8,2.-vol. Sancti CafariiEpiscopiArelatensis Homilia, nan- j
qnarn anfehac edita,cumNotis. in B. 1.1.10.H
MariiMercatorisOpera
, cum Notis. in 8. 3.liv. 1
.,B,ginonu Abbatis Prumiensis Llhri duo de Eccle-J
fiaftiâs Disciplinis& Religione chrifthmtf;, &c.
cum Notis. in- 8. 4-.liv.
SalvianiMassiliensis,& vincentii LirinensisOpéra,
cumNotis uberioribus. in g. tertia editio. 3.liv.!
Pita Petri Castellani MagniFrancis.Eleemojy- !
narii
,
à-PetroGallando-scripta,cumNotà.
in8. 1.liv.10.f.
Miscellaneorum Libri quinque ,hoe est
,
CogoéPiobg-Ï j
terum Monumentorum. in 8. 5. vol. *5.liv. i
Les volumes.sevendent separément 3.liv.
Htllolfede la Ville de ROllon) iii 12..-3.vol. 6. l.
Sermons du PtJdc la, Ruë, in 12.3. vol. 6. lîy;.
Ouvrages de feuMreArmand le Bouthiiuer
DE RANCE
,
Abbéde la-Trappe.
Dela Sainteté &- des Devoirs dela vie monastique
, avec les éclaircissemens sur les difficultez
survenuës- au sujet de ce Livre
,
in 4. J.
vol. 17. liv.
-Les mêmes in iz. 3..V0L Sjiv. Les Eclaircissemens, in. 4. separément, 6. l.
Les mêmes in iz. separément, 2.liv. 10. f.
Cinq Chapitres tirez du Livre de la Vie Monastique,
sçavoir, de l'Amour de Dieu, de la
Priere, de la Mort, dès Jugemens de Dieu,
Se delaComponction,in12. I. liv.
Discours de laPureté d'intention,& des moyens
poury arriver,in12. I.liv.10.f.
Carte de la Visite de M.l'Abbé de la Trappe à
l'Abbaïe des Clairets,avec une Instruction sur
lamortde Dom Muce,in1-2.
Instruction de S.Dorothée Percdel'Eglise Grecque
, traduites du Grec en François,avec la
la Vie de ce saint Pere
,
in 8. 2. liv. 5. f.
Xnftru&ions sur les principaux sujets de la Pieté
& de la Morale Chrétienne, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres de Pieté choistes & écrites àdifférentes
personnes, in îz. 2.vol.4.liv. Méditations sur la Regle de S. Benoît, troisiéme
édition,augmentée de la véritable Préparation
-
à la mort, in iz. 2. liv.
De laveritable Préparationà lamort, in12. separément.
1.livv.
Réponses au Traitédes Etudes Monastiques de
Dom JeanMabillon,in4.- 6. liv.
Le Texte de la Réglé de S. Benoît, trad. in 12. I.L
La Regle de S.Benoît, traduite & expliquée félon
sonveritableesprit, in-4. 2. vol. ii. liv.
La même in u. 1, vol. 5liv..
Reflexions morales sur les quatte Evangiles,
in 12.4.vol. 7.liv.4«.fv
Reglemensgénéraux de l'Abbaïede la Trappe;
in12.2.vol. 3.liv.12. f.
Vies des Saints par Ribadeneira, fol. 2. vol. papierfin.
if.liir.
DepapierChampy,2.vol. 12. Lv.
Relationde la Mort de Dom Abraham Beugnier,
in 12. brochure. 8. f.
Relation de quelques circonstances de la Mort
de M. l'Abbé de la Trappe; in 12. brochu- re,£.•£ Traité abregé des Obligations dès Chrêtiens,
illn. I.liv.16.f.
Du R. P.Dom LE NAIN, Soûprieur de PAbbaïe
- de la Trappe.
Homeliea sur le Prophete Jeremie, in 8. z.
vol. 7.liv.12. f.
Histoire de l'Ordre de Cîteaux,ou Vies des
Saints de cet Ordre, in12.. 9.vol. I6.-1iv. 4. f..
De Nosseigneursdu Clergé de France.
-Procès verbal de l'Assemblée de1690. fol. 6.1. -Del'Assemblée de1693.&1695. fol. 10. 1.
—Del'Assembléede I¡OI.& 1702. fol. 6.1.,;
Relation des Assemblées de MM. les Prelats pour f
la condamnation du Livre de M. l'Archevêque
de Cambray, in 4. 4.liv.
Recueil concernant l'établissement dé deux Seminaires
dans leDiocese de Reims, in 4. 6.1.
DuR.P.DUBOIS,del'Oratoire.
piftoria, Ecclesie parisiensis. fol. 2. vol. 30.liv.
Le second Tome separément. 15.liv,
Du R.P; AME lotte,de l'Oratoire.
Le Nouveau Testament traduit sur la Vulgate
avec des Notes & des Cartes dela Terre'
fainte,in4.2.vol. iz.Iîv
Le même in i~ iv si
Du R. P.HARDOUIN,de la Compagnie
de Jefu*.
AAnnùtirrrrhheettiiccuiai de Numrmniiss aannttiiqquuisisCCoolloonniiaarruumm &
Municipiorum adjoannem Vaillant, in 4. 3.liv.
Sancti Joannis Chrysostomi Epistola ad C&farium
Monachum Grec. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis, & Dissertatione de Sacramento Altarts-,
in4. 4.liv.
De disserens Auteurs.
Compendium Institutionum justiniani, feu cornpen--
diosa corum tractatio
,
in 11. 1. hv.
Coeur affectif de S. françoisde Sales, tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans Tes Ecrits,
pour la consolation des ames devotes,par
M.Gambard,in12. I.liv.12.f.
DiurnaleCisterctensead usumFuliensium, rubronigrum,
in24.maroquin. } liv.
Discours de S. Bernard,composez à la priere de
sa soeur la Religieuse
,
où sont contenus tous
les principaux points du Christianisme
, nouvelle
traductionin16. i.liv.10. f.
Exercice Journalier à l'usage des Religieuses de
la Con gregation de N. Dame, in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Mette de Paroisse,
par Messire François de Harlay Archevêque
deRoüen,imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris, in 11. I. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
1 in 12. 15.vol. 45*||v.'
- Lesvolumes sevendent separément 3.Ilv.
Replement pour le Regiment des Gardes, in 12. liv.
rieres Chrêtiennes recueilliës par ordre de
1 feu M.l'Archevêque de Paris, en Latin & en
j François;avec une In/huélion pour la Consession
& Communion,& une Conduite .pOIit:
biest gagner le Jubilé, in ii. troisiéme édition.
z.IIV.10.
Tradition del'Eglise sur le Silence Chrêtien &
Monastique,contrel'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general
, & en
particulier contre la trop grande frequenta-
* tion des Parloirs des Religieuses, par M. Her- )
mant, in H. I.liv. 16. f.
Traité du Cancer, & des moyens de le guerir,
'N parM.Alliot,in12. I.liv.I0.f.
Traité des Ecoles Episcopales, par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglise de Paris,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine, Religieuse
de la Visitation, morte en 1694. in iz. 1. I.Io.f.
Del'Usage de celebrer le Service divin en langue
non valgaire, par le R. P. Caponnel Chanoine
Regulier, in 12. I. liv.5. f.
Histoire du Concile de Trente, par Fra Paolo,
in 4. S.Ily.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, fol.
2.vol. 18.liv.
—Lesmêmes,in4.6.vol. 36.liv.
L'Art de Tourner, ou defaire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour: ouvrage
tres-curieux 6c tres-necessaire à ceux qui s'exercent
auTour,Latin & Franç. fol. IJ.liv-,
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
M. de la soffe, seconde édition, augmentée
de deux Odes, l'une de Pindare, & l'autre
d'Horace,in 12. 2.liv.10. f.
Nouvelle Grammaire Espagnole,par M.Perger,
in 12. 1.liy. 5.f.
Nouvelle Traduction deJustin, avec des Remarques,
in ii.z. vol. 4.liv.10. f.
Conquête du Mexique, in 11.. 2.vol. 5.liv.
Conquête du Perou,in n.z. vol. 4.liv. 10. f.
Voyage d'Alepà Jerusalem, in 12.. 2.liv.
Traité delaNoblesse.parlaRoque, 4. 1710.7,"!.
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoise du
Pere Chifflet, avec un Abregé d'Orthographe,
in il- 1.liv.10.f.
De la Connoissance de Dieu, par M. Ferrand,
in12. 2.liv.10.f.
Novum Testamentum Gracum, in 18. 1. liv. 16. f.
L'Esprit de l'Ecriture fainte, in 11.2.vol.3.l. 10.f.
Le Comte de Cardonne, in 12. 1. liv. 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt,
par Madame D. in 12. I. liv.16. f.
Furteriana, ou les bons mots de M. Furetiere,
in 11. 2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes,
in 12. i.liv.
Riblia sacra, in 4. 6. liv.
Amusemens serieux & comiques, par M. du
Freny, in 11. I. liv.10.f.
Grammaire Allemande, dePerger, in 11. 1.IIV.
Elsass de Littérature pour la connoissance des
bons Livres, & Supplément des Essais, in ii,.
4. vol. 8. liv.
Le Jeu de l'Hombre, augmenté des Décisions
nouvelles,& des Regles sur les Incidens de
de ce Jeu,in12. 1. liv.10. f.
LaViedeM.deMolierein12. 2.liv.
Les Mémoires & la Vie de M. de Thou, 4. Rotterdam
, * 5.liv.
Histoire de la Virginie,contenant celle de ion.
établissement & de son gouvernement jufqu'à
present, les productions naturelles du
-
Païs, la Religion, les Loix & les Coutumes
des Indiens naturels
, par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là, in iz. enrichie de figuresentaille-
douce, 2. liv 5. f.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche,qui enseigne
les devoirs du Maître d'Hôtel & du
Sommelier, la maniere de faire les Confitures
tures seches & liquides, les Liqueurs, les
Eaux, les Parfums, laCuisine, à découper ;
les viandes, & à faire lapâtisserie; huitiéme
édition, corrigée & augmentée des Pâtes,des
Liqueurs nouvelles, & des nouveaux Ragoûts
qu'on sert aujourd'hui:Avec des modeles
pour dresser les Services de Table, ifi
11.1713.. 2liv. 5. f.
Abregé de la Sainte Bible, en forme de Questions
5c Réponses familières,tirées de differens
Auteurs ; divisé en deux parties, l'ancien
Se le nouveau Testament
, par le R. P.
Guerad
,
de la Congregation de saintMaur-,
seconde édition,in 14. 2 liv.
Les Delices de l'Italie, contenant une description
exacte du Païs, des principales Villes,
de toutes lesAntiquitez, &de toutes les Raretez
qui s'y trouvent, ouvrage enrichi d'un
tres-grand nombre de figuresen taille douce,
in 12.4. vol. 11. Ily.
Traité des Jardinages
, par M. de la Quintinie,
in 4°. r vol. 11liv.,;
Le Prince Grec
,
in 12. 2 liy.J
Histoire de D. Quixotte, derniere édition
,
aug-1'
mentée d'un volume qui va jusqu'à sa mort,,
in 12.6 vol. 1$liv;
Les Fables de la Fontaine, in 12.5 vol. 10. liv;
La Prjncesse de Cleves, in II.. 2liv. 10 01
L'Arithmetique de Legendre, nouvelle édition.-
augmentée de lamanière de compter aux Jettons,
in 12. 2liv. ¡of.
Les Oeuvres de S. Evremond
,
in 12. 7 vol.15 liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron
,
12.2liv.10il- l'
Zayde Jin 12. 2 vol. 4 liv-
Toutes les Oeuvres de feu Mr. le Noble, 10 oO
il vol. in ia. sous preslé.? Style du Conseil,parM.Gauret, in 4. 5 Iii:
iCOdcde la Mariné, in 4..,Ii. Traité historique des Monnoyesde France
, par
M.leBlanc,in4. 9 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble, in 12. 2 liv.
Traité de laParole, in 12. brochure, 8 f.
Lucien d'Ablancourt, nouvelle édition, augmentée
de Notes, in 12. 3vol. 6 liv.
Numismata areaImperatorumAugustorumCesarum
in Coloniis, Municipiti & Urbis Jure
Listio donatis, ex omni modulopercussa
, autore
JoanneFoy-Vaillant, in fol. z vol. 36 liv.
L'Histoire reduite à ses principes, dediée à
Monsevigneour lle.D3uc ldeiBvourg.o1gne,0in12. f.
Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans, &
le Genie Familier, par M. D. in H. rl.15 f.
D.Guzmand'Alfarache,in12. 3vol. 71.10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven,in12. 1fiv.10 f.
Virgile, de Martignac, in12. 3vol. 6 liv.
Lucrece ,
de la nature des choses
, avec des remarques
sur les endroits les plusdifficiles,
traduction nouvelle, in12.2 vol. 4.1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteüil, ou veritez historiques,
composées du Joüeur, du Nouvelliste, du Financier,
du Critique, de l'Inconnu, du Sincere,
du Subtil, de l'Hypocrite, e de plusieurs
autres personnages de differens caracteres,
in ii. 1liv.5f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr, livre rempli
d'évenemens, &écrit dans le même stile que
Telemaque, pic M.leR.-- in12. 2liv.
LePrince Erastus, fils de l'Empereur Diocletian,
in ii. -tv.5f-
L4 Voyages de M. Tavernier, derniere édition,
revûë & corrigée de quantitée de fautes, &
^gmewtéc de la vie & mort le l'Auteut ,
avec plusieurs planches nouvelles qui nenf
point paru dans les précédentes éditions
,
le
tour dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plusieurs voyages avec lui, in 12. 6 vol. 15 liv.
Abregé de Geographie, & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre, particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France: le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur,
avec les routes des Postes de France & d'Espagne,
dedié à S. A. S. Monseigneur le Prince
de Dombes, par M. Poncein, in 12. 1 liv. 5
f.
Les Metamorphoses d'Ovide, traduites par M.
du Ryer, derniere édition, in 12.3 vol. 6 liv.
—Les mêmes en Rondeaux, avec figures,de
Benserade, imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv.
Les Fables d'Esope Phrygien, avec celles de
Philielphe, traduction nouvelle, enrichie de
Discours moraux & historique, & de Quadrains
à la fin de chaque discours, avec figures.
On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Esope, lesTables diverses d'Abrias
& d'Avienus, in 12. 2 vol. 4 liv. 10 f.
Les Memoires de la VieduComteD avant sa
retraite, contenans diverses avantures qui
peuvent servir d'instruction à ceux qui ont à
vivre dans le grand monde; rédigezparM. de S.Evremont, in u.i vol. 4 liv. 10 f.
Les Mémoires de MessireRoger Rabutin, Comte
de Bussy. in 12. 3 vol. 7 liv. 10 f.
Idem, Ses Lettres,nouv. édit.in 12. 4 vol. 8 l.
Histoire de France par Mezeray
,
derniere édit.
4. 3 vol. 24 liv
Idem. in ix. 7 vol. 21liv.
Les Oeuvres d'Homere,traduites en François
par M. D enrichies de figures en taille
douce, divisées eu 4vol. in n. ia 1
Quinte-Curce, de la traduct. de M. de Vuagelas, avecleLatinàcôté,1.vol. in12. 4 l.10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François, avec
des Remarques critiques & historiques, de M.
Dacier, troisiéme édition, revûë, corrigée
& augmentée considerablement par l'Auteur,
in 12.10 vol. 20liv.
Histoire de France, P. Marcelle, in 12. 4 vol. 8 l.
Lexicon BUXllrji, in 8. 4 liv.10f.
Corpus Juris Canonici, à Petrp Pitboeo, cum appendiceJurisCanonici
; continensLibrum septimum
Decretalium, 6- Jo. Pauli Lancelotti institutiones
Juris Canonici, in fol. x vol. 20liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille, Sieur de
Romanci,1703.2.vol. 13liv.
Recüeil de bons mots des Anciens & des Modert
nes,in12. 2liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille,in12.10vol. 25liv.
Racine,2vol.6liv. Campistron, nouvelle édition, augmentéed'une
Tragedie & d'une Comedie,& ornée de figures, 4liv-
De la Fosse
, avec ses Poësies, i vol. 5 liv.
Legrand
, 2 liv. 10 f.
Crébillon, 3liv.
Pradon, 3liv.
De la Grange, augmenté d'Ino & Melicerte ,
Tragedie, 2 liv. 10 f.
Moliere, 8 vol.nouvelleédition, augmentée
de sa Vie, avec de nouvelles Remarques, 15 1.
Dancourt, 8vol.nouvelle édition, augmentée
deplusieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions précédentes, avec
figures&musique, M 11,..
Regnard, 2 vol. 5liv.
Poisson,2vol.. 3-liVi.
De Hauteroche, 2 liv. 10 C
Palaprat
, 2. édition augmentée de plusieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées,
& d'un Recuëil de Pieces en Vers, 2 vol.
5liv.
Baron, ; liv.
De Riviere, 2liv. 10 f.
De la Thuillerie
, 1 liv.
Boindin, - i liv.
De Champ-mêlé, 2 liv.
De Montfleury, 2 vol. 5 liv.
Boursault
, z vol. 5 liv.
De Mademoiselle Barbier, 2.liv.10. f.
Quinaut, 2. liv. 10. f.
Theatre François, 6. vol. 15.liv.
Theatre Lyrique avec une Préface oùl'on traite
du Poëme de l'Opera, & la Réponse à une Epître Satyrique contre ce spectacle
, par
M. leB. in 12. 1.. liv.
Piecesfebarces.
îdomenée.
Hypermndhe. Attée.ÇC.
Elcéhe.
AbCaloo. J
Rhadamiste&Zenobie, N
Cyrus. -~
Getâ. J
Les Tyndarydes. 1 Tragédies..
Saiil.
Medée. i
Herode. >
Ino&Melicerte. -
Polydore. -~
La Mort d'Ulysse. (
Mustapha. C
Asrrippa. ou le faux.Tiberinus. -
Le Curieux Impertinent. A
Les Agioteurs. VL'AmourCharlatan.
V.
Le Naufrage. *~
Danaé. f
Turcaret.
Crispin Rival.
3Ç
Comed ies,
Le Jaloux desabusé.
LesMetamorphoses. V
L'Amour vangé. V
EsopeàlaVille.
«y
Esopeà laCour. f
SanchoPanfa Gouverneur. r"
La Devinerellc. j
Les Airs notez des Comédies Fi-anîoires, par
M.Gillier,in4. 7.liv.
Cantates & Arictes de M. le B. fol. 7.liv- 10. f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra,
5.liv.
Le Mercure Galant, 1. liv.10.f.
Et broché, i.liv.j.f.
Recueil de Piecesen Vers, adresses à S. A. S.
Monseigneur le Duc de Vendôme, & plusieurs
Essai, de Poësies diverses, par M. dePalaprat,
1.vol.in12. 1.liv.10. f.
Et toutes les autres Pieees de Théâtre,tantanciennes
quenouvelles.
L'Histoire cté l'Empire, contenant f011 origine,
son progrès, ses révolutions, la forme de
son gouvernement, sa politique, ses alliant
ces,ses négociations, & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
~Vveftphalie,& autres: par le Sieur Heiss.
Nouvelle édition,continuée jusquesàprefent,
& augmentée de plusieurs Remarques.
5.vol. in12. 12.liv.10. f.
listoire Genealogique & Chronologique de la
Maison Royale de France, des grands Officiers
de la Couronne, & de la Maison du
Roy; avec les qualitez, l'origine & le progrès
de leur famille: ensembleles Statuts &
le Catalogue des Chevaliers, Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Esprit. Le tout
dressé sur les Titres originaux,Registres des
Chartres du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes, & du Châtelet de Paris,
Cartulaires d'Eglises, Manuscrits & Memoimoires
qui sont dans la Bibliothèque du Roy,
& autres. Par le P. Anselme, Augustin Déchaussè.
Revuë, corrigée & augmentée par
l'Auteur, & après son décès continué jusques
à1pre7sent"par.u;n de6Ces am.is,I2.IvolV. in fo.l. htbonnaire d'Agricu lture, contenant generalement
tout ce qui regarde le ménage de la
campagne, & l'ornement des Jardins, &c.
in4.souspresse.
.e Munitionaire des Armées de France,qui enseigneà
fournir les Vivres aux Troupes avec
toute l'oeconomie possible
, par M. Nodo, in
8. 1. vol. 3.liv.10.
.1 Connoissance parfaite des Chevaux
, contenant
la maniere de les gouverner , nourrir &
entreniren bon corps, & de les conserver en
santé dans les voyages; avec un détail général
de toutes leurs maladies,des signes & des
causes d'oùelles proviennent, des moyens de
les prévenir, & de les en guerir par des remedes
expérimentez depuis long-temps,& à
la portée de tout le monde.Joint à une nouvelle
Instruction sur le Haras,bien plus étendue
que celles qui ont paru jusques à present,
afin d'élever de beaux Poulains pour touiet
fortes d'usages. On trouve aussi dans ce Li.
vre l'Art de monter à cheval, & de dresser le
chevaux de manege, tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit. Le tout enrichi de figutesentaille-
douce,in8. 3.lY.io. f.
Lettre à M. de. sur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte; qui explique ce qui a
donné lieu auxFables des Dieux de l'AntiquitéinIl.
i.liv.
La Rivales travestie, in 12. a.lir.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerison
de toutes fortes de maladies, donnez par une
personne charitable, augmentez des
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Résumé : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
Le document présente une liste d'ouvrages religieux et littéraires, ainsi que leurs prix selon le format de papier (petit, moyen, grand). Ces œuvres proviennent principalement des bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur et couvrent des sujets variés tels que la théologie, l'histoire, la liturgie et la spiritualité. Parmi les auteurs et compilateurs notables figurent Dom Guy Alexis Lobineau, Dom Edmund Martène, et Armand Jean le Bouthillier de Rancé. Les ouvrages incluent des œuvres de saints comme Augustin, Grégoire de Tours, et Bernard de Clairvaux, ainsi que des textes historiques et des traités sur la vie monastique. Les prix varient en fonction du format et du contenu des volumes, certains étant vendus séparément. Le texte mentionne également des ouvrages de divers auteurs contemporains sur des sujets allant de la grammaire à l'histoire, en passant par la littérature et les sciences naturelles. Parmi les œuvres littéraires, on trouve des contes, des traductions de classiques anciens, et des mémoires. Par exemple, 'Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans' par M. D. in H., 'D.Guzman d'Alfarache' en trois volumes, et 'Les Avantures d'Apollonius de Tyr' par M. le R. Les traductions incluent les épigrammes d'Ovide, les œuvres de Virgile, et 'Lucrece' avec des remarques sur les passages difficiles. Des mémoires historiques et personnels sont également mentionnés, comme 'Les Mémoires de la Vie du Comte D' par M. de Sévérémont et 'Les Mémoires de Messire Roger Rabutin, Comte de Bussy'. Des ouvrages sur la géographie, les voyages, et l'histoire sont également listés, tels que 'Abregé de Geographie' par M. Poncein et 'L'Histoire de France' par Mezeray. Le document inclut aussi des œuvres théâtrales, comme celles de Corneille, Racine, Molière, et Dancourt, souvent augmentées de nouvelles pièces ou de remarques. Des recueils de poésie, des cantates, et des motets sont également mentionnés, ainsi que des traités sur l'agriculture, les chevaux, et la médecine. Enfin, des ouvrages sur l'histoire de l'Empire et des maisons royales, comme 'L'Histoire de l'Empire' par le Sieur Heiss et 'Histoire Généalogique & Chronologique de la Maison Royale de France' par le P. Anselme, complètent la liste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8160
p. 68-84
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
Début :
Le but de votre Journal, Monsieur, étant d'annoncer les productions nouvelles [...]
Mots clefs :
Physique systématique, Abrégé, Solidité de la matière, Physique expérimentale, Opinion, Système, Révolutions célestes , Éclipses, Électricité, Attraction
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
LETTRE A L'AUTEUR DU
MERCURE.
SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE
à l'usage des Ecoliers. Par M. DE
SAINTIGNON , de la Société Royale
des Sciences & Arts de Metz , &c.
Le but de votre Journal , Monfieur ,
étant d'annoncer les productions nouvelles
des Sciences & des Arts , & ce
qui n'eſt pas moins utile , de les préfenter
d'une manière qui puiſſe fixer le cas
que le Public en doit faire , j'eſpére que
vous voudrez bien inférer dans le MerJUIN.
1763 . 69
cure prochain l'Analyſe ſuivante d'une
partie du Traité abrégé de Physique à
l'usage des Ecoliers , par M. de Saintignon
, de la Congrégation de Notre Sauveur
, de la Société Royale des Sciences
& Arts de Metz , &c. Si cet Ouvrage
convient à ceux à qui M. de Saintignon
le deſtine , c'eſt un travail précieux
qu'on ne peut trop ſe hater de
faire connoître : dans le cas contraire il
eſt important de leur épargner la perte
d'un temps qu'ils peuvent employer plus
utilement , & de prévenir le tort que
peuvent faire à des têtes neuves, les traces
que laiſſe toujours après foi un
ouvrage élémentaire qui manque d'exa-
Ctitude. Dans l'un & l'autre cas , les remarques
que j'ai l'honneur de vous
adreſſer feront utiles , fi elles font bornées
à ce que renferme véritablement
le Livre de M. de Saintignon. Afin que
le Lecteur n'héſite point à m'accorder.
ſa confiance fur ce point, j'aurai ſoin
de tranfcrire l'ouvrage même le plus
ſouvent que je pourrai.
En lifant dans la Préface du Traité
abrégé de Phyfique la déclaration qu'y
fait M. de Saintignon , qu'il ne prétend
pas fe donner pour Auteur , il n'eſt aucun
Lecteur ſans doute qui ne ſe ſente
70 MERCURE DE FRANCE.
diſpoſé à lui accorder le mérite de la
modeſtie ; on ne ſuppoſe pas volontiers
que quelqu'un entreprenne d'écrire en
fix volumes un abrégé fur cette matière
fans avoir rien de nouveau à donner.
Nous accordons cependant à M. de
Saintignon la vérité de ſa déclaration
dans ce ſens qu'il a copié comme il
l'avoue lui-même , des Ouvrages de
ce genre que tout le monde a entre les
mains ; mais on verra par la ſuite , qu'il
y a hazardé de fon chef beaucoup de
choſes qu'il n'a trouvées nulle-part ,
mais qui auront peine à être reçues.
Parmi les Ouvrages que M. de Saintignona
incorporés dans ſon Livre , l'excellent
traité de Phyſique expérimentale
de M. l'Abbé Nollet eſt celui dont
il paroît avoir tiré plus que de tout autre.
Nous applaudirions à ce choix , fi M.
de Saintignon eût obſervé partout la
même marche qu'il a ſuivie dans un
très-grand nombre d'endroits , celle de
s'en tenir aux expreffions de l'Auteur ;
mais les changemens qu'il s'eſt permis
d'y faire en quelques occaſions ,ne nous
ont point paru avoir ni l'exactitude ni
la clarté qu'on eſt en droit d'éxiger
dans un Ouvrage élémentaire. Par exemple
, M. de Saintignon après avoir penJUIN.
1763 . 71
dant quelques lignes ſuivi M. l'Abbé
Nollet mot à mot ſur les idées qu'il
donne de la ſolidité , au lieu d'adopter
ces expreffions ſi claires & fi exactes
de l'Auteur qu'il copie... » Etre ſolide
>> eſt une propriété non ſeulement com-
» munee, mais même éſſentielle à tous
>>les corps ; c'eſt le ſigne le moins équi-
>>voque de leur éxiſtence , &c. M. de
Saintignon ,dis-je, y ſubſtitue les ſuivantes
, il paroît qu'on peut confondre la
folidité de la matière avec la matière
méme ... La ſolidité eſt une ſuite de l'étendue
folide.
L'uſage des Planches dans les Livres
foit de Mathématique, ſoit de Phyſique ,
eſt d'une utilité généralement reconnue.
Le ſeul motif qui puiſſe engager un
Auteur à s'en paſſer , eſt celui de diminuer
les frais. Mais ce motif eſt il--
luſoire lorſqu'on veut écrire ſur ces
matières pour des commençans. En effet
il eſt aiſéde ſe convaincre queles planches
véritablement néceſſaires n'augmententque
très-médiocrement le prix,
& que leur fuppreffion au contraire
rend le Livre abſolument inutile à ceux
à qui on le deſtine. M. de Saintignon
qui a pris ce dernier parti , a néanmoins
ſenti l'impoffibilité de ſe paſſer entière
72 MERCURE DE FRANCE.
ment de figures ; mais malheureuſement
outre qu'il n'en a employé qu'un trèspetit
nombre , elles manquent d'ailleurs
dans les endroits où elles étoient bien
plus néceſſaires , par exemple dans la
defcription des machines , ou dans l'expoſition
des Phénomènes un peu compofés.
,
M. de Saintignon a tâché de faire
marcher enfemble la Phyſique ſyſtématique
& la Phyſique expérimentale .
Sous ce dernier titre on s'attend à
trouver dans cet ouvrage des expériences
décrites avec netteté & avec
exactitude : elles n'y font cependant
qu'indiquées ou imparfaitement décrites
: nous dirions plutôt que c'eſt une
hiſtoire abrégée de la Phyfique expérimentale.
Quant à la partie fyſtématique,
on la trouve expoſée dans le premier
volume , ſous ce titre : Systéme de M.
de la Periere.
J'avoue que je ne connoiſſois pas le
ſyſtême de M. de la Periere ; ainfi je
ne fuis pas en état de juger fi ce dernier
a lieu d'être content de la manière
dont M. de Saintignon a rendu
ſes idées ; mais ce que je puis afſurer ,
c'eſt que , quoique je ne fois pas neuf
en cette matière , je n'ai pû juſqu'ici
parvenir
JUIN. 1763 . 73
parvenir à entendre ce ſyſtême , je veux
dire à le concilier avec les principes de
la faine méchanique. On en verra par la
fuite quelques échantillons ; obſervons
ſeulement que c'eſt de ce ſyſtême , que
M. de Saintignon entreprend de déduire
l'explication de différens Phénomènes
que la Phyſique conſidére .
C'eſt ſans doute par égard pour la
réputation de Newton , que M. de Saintignon
, après avoir expoſé les avantages
qu'il croit voir dans le ſyſtème de M.
de la Periere , accorde quelques pages
à la réfutation de ce qu'il appelle le
ſyſtême de Newton , qu'il paroît confondre
avec les inepties de quelquesuns
des Sectateurs de ce grand homme .
Nous ne raporterons pas ici cette réfutation
, parce qu'elle eſt longue , &
qu'elle ne plairoit pas même aux Anti-
Newtoniens ; car elle n'intéreſſe aucunement
l'opinion de Newton ; nous
rapporterons cependant la conclufion :
Enfin , dit M. de Saintignon , quand
tout auroit répondu à l'attente des calculateurs
, même pour l'explication des
phénomènes terrestres , on pourroit encore.
n'avoir pas deviné le vrai mechaniſme
du monde , puisqu'il eft incontestable
que le Créateur a été libre dans le choix
D
74 MERCURE DE FRANCE.
des moyens & dans l'exécution.
Si ces raiſons ſont concluantes , elles
le font indifféremment contre tout fyftême
; & M. de Saintignon n'a cependant
pas eu intention , je penſe ,
d'y comprendre celui qu'il adopte. Si
M. de Saintignon avoit moins de dégoût
pour le calcul & les Calculateurs ,
qu'il ne le témoigne dans ſon Livre ,
il auroit trouvé dans la Doctrine des
probabilités , qu'il y a infiniment plus
à parier pour un ſyſtême qui rempliroit
ces conditions , que pour tout autre.
Pour traiter les Newtoniens avec
cette ſévérité , il ne faudroit pas ſe permettre
d'avancer que la matière peut
être réfléchie par le néant. C'eſt cependant
la manière dont M. de Saintignon
ſe tire , dans ſon Ouvrage , de quelques
difficultés qui l'embarraſſent.
M. de Saintignon nous aſſure qu'on
va donner les derniers coups auSystéme
Newtonien , en démontrant que les révolutions
célestes nefont pas des éclipses.
Il ne nomme pas l'Auteur , & cela eft
fort fage , car l'expreſſion ne lui feroit
pas honneur. Mais en attendant que
cette redoutable menace , priſe dans le
ſens que M. de Saintignon avoit deffein
d'exprimer , arrive à l'exécution , paffons
JUIN. 1763 . 75
1
àd'autres choses ; car fans doute le Lecteur
ne nous ſçauroit pas gré de nous appeſantir
ſur toutes les inadvertances qui
échappentà M. de Sain tignon dans cette
prétendue réfutation. Ce feroit affez inutilement
, qu'en tranſcrivant M. de Saintignon
, nous rappellerions les vains efforts
qui ont été faits par ceux qui ont
mieux aimé entreprendre de réfuter
Newton, que de ſe mettre en état de l'entendre.
L'Électricité entre les mains de M.
l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur fort
chez M. de Saintignon que l'Attraction
entre celles de Newton : elle y eft attaquée
de la même manière , c'est-à- dire ,
par la répétition des objections faites par
d'autres. L'équité demandoit que l'on
fit ſuivre les réponſes quiy ont été faites.
Il ſemble qu'on n'a fait mention de ces
deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raisonnemens , les
idées de M. De la Périere.
J'ai paffé ſous filence les notions que
M. de Saintignon donne de la matière
& de ſes propriétés générales : cela va
quelquefois affez bien quand il tranſcrit;
mais quand il marche ſeul , alors , propriétés
& qualités font la même chose.....
les couleurs , les odeurs , & c , n'existent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
qu'en apparence.... On ne doit point rai-
Jonner contre l'expérience .... Laifferonsnousà
nos arrières - neveux la commiſſion
de raifonner ?..... Nous ne concluons cependant
pas que l'étendue foit effentielle
aux corps , &c.
On a penfé jufqu'ici en Phyſique que
le feu& la lumière étoient très-élaſtiques
; M. de Saintignon les croit trèscompreffibles
: fans doute , il veut dire
très -élastiques ; mais cette inattention
peut induire en erreur un Ecolier , qui
croit qu'on a ſoin d'employer les mots
felon leur fignification.
Perfonne aujourd'hui ne s'aviſeroit
de confondre l'inertie avec la pefanteur ;
l'expérience & le raiſonnement ont féparé
ces deux propriétés. Quoi qu'il en
foit , M. de Saintignon , nonobſtant le
principe qu'il a porté ci-deſſus , qu'on ne
doit point raifonner contre l'expérience ,
nous affure que l'inertie est la même cho-
Se que la pesanteur , & dans un autre
endroit , que les corps en mouvement
n'ont pas d'inertie. Ceci n'eſt cependant
pas une affaire d'opinions. Voyons quelques-
uns des raiſonnemens de M. de
Saintignon.
L'Attraction , dit M. de Saintignon ,
n'est pas la cause de la force d'inertie.
JUIN. 1763.. 77
On en convient , mais on ne conviendra
pas , je penſe , que le raiſonnement ,
que M. de Saintignon emploie pour le
prouver ,foit concluant ; car , continuet-
il , cette qualité merveilleuse qui agiroitfi
puiſſamment ſur les corps , devroit
empêcher toute évaporation , toute tranfpiration
des corpsſolides ou fluides ; elle
empêcheroit la lune d'attirer les eaux de
l'océan , ou elle ne l'empêcheroit pas d'attirerjusqu'à
elle tous les nuages de notre
Atmosphère.
Non-feulement ce raiſonnement ne
prouve rien de ce qui eft en queſtion ,
mais il paroît qu'en écrivant ceci , M.
de Saintignon a perdu de vue les principes
de la Méchanique. Comment ne
s'est- il pas rappellé , par exemple , qu'une
aiguille ſoumiſe à l'action de deux aimans
prend toujours une fituation telle
que les actions de cesdeuxaimans ſur elle,
ſe font mutuellement équilibre. Si M.
de Saintignon avoit eu moins de répugnance
pour le calcul & les calculateurs
, il auroit vu que la lune peut élever
les eaux de l'Océan , agir fur l'Atmofphère
, & cependant , en vertu de
cette action même , les chofes demeurer
en l'état où elles font actuellement ;
mais malheureuſement tout cela a été
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
prouvé par des Calculateurs , & ne peut
par conféquent contribuer en rien àdégoûter
M. de Saintignon de ces déclamations
, qui d'ailleurs font , ce me femble
, très-déplacées dans un Ouvrage
élémentaire.
La cauſe de la dureté des corps fait
depuis longtemps l'objetdes méditations
des Phyſiciens. M. de Saintignon ſe.
tire aifément de cette queſtion en y
appliquant le prétendu ſyſtême de M.
De la Périere : il est vrai que dans un
endroit , les élémens de la matière ont
une dureté radicale , & dans un autre
, ils ne font points durs par leur nature
, parce qu'ils font matière ; mais
à ces petites contradictions près , il n'y
aplus rien d'obfcur dans la cauſe de la
dureté des corps ; cela eſt évident , car
la cohésion des parties d'un corps eft occafionnéeparla
preſſion extérieure d'une
maſſe prodigieuse de fluides quelconques
plus déliés que l'air que nous ref.
pirons , qui environne tous les corps en
les preſſantplus ou moins perpendiculairement
à leursfurfaces dans la direction
de leur centre parfon reffort , que rien
ne gêne & ne dégrade au-dehors , tandis
que les portions des mémesfluides
*
en-
* Nous avons pris la liberté de mettre engaJUI
N. 1763 . 79
gagées dans les corps y font affoiblies
&plus ou moins dégradées par les chocs ,
les réfléctions, les réfractions que leur oc
fionnent le mélange & la fréquente rencontre
des parties non-élastiques de ces
corps dont il arrive , &c. Combien de
ſuppoſitions dans ce paſſage ? Combien
dedifcours il faudroit pour y répandre
la clarté ? On croira , peut-être , que ce
n'eſt qu'un énoncé dont l'explication &
ladémonstration viendront enſuite ; mais
M. de Saintignon ne les promet & ne
les donne point. Il ne feroit pas voir ,
par exemple , que les corps ſont preffés
tout à la fois perpendiculairement à leurs
furfaces & dans la direction de leurs
centres , ſurtout après avoir attribué aux
parties de la matière une forme non-ſphérique.
La cauſe de la fléxibilité , de la moleffe
, &c, n'eſt pas expliquée plus clairement
, & l'on peut àjuſte titre ſe plaindre
du défaut de méthode ſenſible à chaque
pas , foit dans la ſucceſſion des
matières, ſoit dans le choix des exemples,
gées , affoiblies , dégradées , &c , quoique dans le
Texte de M. de Saintignon tout cela ſoit au mafculin
; cependant comme nous ne nous flatons
pas d'entendre ce Paſſage , ſi M. de Saintignon
penſe que nous avons eu tort , nous conviendrons
que c'eſt pour n'y avoir rien entendu.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
foit enfin dans les définitions même qui
fort ſouvent n'arrivent qu'après qu'on a
fait longtemps uſage des expreffions
qu'elles doivent éclaircir. Il y auroit encore
beaucoup d'autres choſes à remarquer
fur tous ces objets ; tels ſeroient ,
par exemple , un grand nombre de pafſages
de la nature de celui-ci. Lafléxibilité
ne paroît différer de la molleſſe que
du plus au moins , elle peut s'allier avec
une grande dureté.
L'expoſition des loix de l'union de
l'âme & du corps , ainſi que plufieurs
autres queſtions de Métaphyfique ſur lef
quelles Mde Saintignon s'arrête trop ,
& qu'il eſt dangereux d'entreprendre
apres M. de Buffon , n'est pas dans l'Ouvrage
de M. de Saintignon , un tableau
intéreſſant pour les Lecteurs de bon
goût; & nous ne croyons pas qu'ils y
voyent avec plaifir que le cerveau ou le
fiége de l'âme , eft le bureau d'adreſſe où
doivent aboutir les dépêches du dehors.
Que l'âme ſoit là ou ailleurs , cela eſt
fort indifférent; mais nous ne penſons pas
que les dépéches qui arrivent à ce bureau
d'adreſſe de la part des corps odorans ,
s'y annoncent ſelon la raiſon inverſe du
quarré des diſtances. Avec beaucoup
d'abſtractions , cela est vrai , & fe déJUIN.
1763 . 81
montre même d'une manière beaucoup
plus courte que ne l'a fait M. de Saintignon.
Mais eu égard à tout , il n'en eft
pas ainfi , & il eût été bon d'en prévenir
les Ecoliers. Les odeurs & les faveurs
ont encore donné lieu à M. de Saintignon
de joindre à ſa Differtation un
difcours contre la cuiſine moderne que
bien des gens n'approuveront pas .
La plus grande partie de ce qui vient
enfuite fur les fons renferme encore un
grand nombre d'expreffions & d'affertions
de la nature des précédentes .....
La vitesse dufon dépend de la vitelſſfe des
parties founantes , &c. Ceci ſemble fuppofer
un déplacement ſenſible dans les
partiesfonnantes. Ce qu'on ne croit pas
communément en Phyfiques: cette propofition
eſt au moins mal fonnante . Il
en eft de même de cette autre-ci.... Une
pendule de trois pieds huit lignes & demie ,
éxécute une vibration à chaquefeconde
depuis la plus grandejusqu'à la plus petite.
On ne dit point dans le cas préfent
une pendule mais un pendule : & pour
parler plus clairement & plus exactement
, on doit dire un pendule de trois
pieds huit lignes & demie , acheve chacune
de ſes ofcillations en une ſeconde ,
foit que ees ofcillations foient ou ne
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
foient pas d'une égale érendue , pourvu
que cette étendue foit médiocre. Paffons
au mouvement.
Pour faire entendre clairement à ſes
Ecoliers * , que la quantité de mouvement
ſe meſure en multipliant la maffe
par la vîteſſe , M. de Saintignon choiſit
l'exemple ſuivant. Si un homme peut
faire une lieue en une heure , dix hommes
qui marcheroient dix fois moins víte ,
ne laiſſeroient pas de faire entr'eux
une lieue en une heure de temps , car
chacun d'eux feroit la dixième partie
d'une heure.
On voit bien que M. de Saintignon
a voulu dire la dixiéme partie d'une
lieue ; mais approuvera- t-on cette manière
de prouver la propoſition dont il
s'agit ? Pour moi il me semble qu'elle
ne prouve rien. Quand on voit un Auteur
expliquer ainſi les chofes les plus
élémentaires , on ſe ſent de la défiance
pour celles qui exigent de ſa part un
raiſonnement plus fuivi ; ne nous y arrêtons
pas , mais terminons cet Ecrit
par quelques Remarques fur la Pefanteur&
fur la Méchanique.
M. de Saintignon entreprend d'af-
*M. de Saintignon a été Profeſſeur de Philo-
Sophie.
JUI N. 1763 . 83
figner la cauſe de la peſanteur ; il regarde
d'abord avec lesAuteurs qu'il tranfcrit
, cette force comme appliquée à
chacune des parties de la matière ; mais
comme cette manière de conſidérer la
peſanteur ne cadre pas exactement avec
le ſyſtême qu'il a embraffe , quelques
pages après , M. de Saintignon ne la
regarde que comme appliquée à certaines
parties : on ſent bien à quelles conſéquences
cette marche conduit , ſans
compter l'inconféquence à laquelle M.
de Saintignon ſe laiſſe aller. Ce n'eſt
pas que M. de Saintignon ne ſente
bien que cela n'est pas régulier , mais
il répond .... Il n'y a pas de ſyſtême qui
n'aitses défauts , ce qui ne s'explique
pas aujourd'hui , s'expliquera peut- être .
par lafuite.
En parlant de l'Accélération dans la
chûte des graves M. de Saintignon dit ,
puisque la viteffe compenfe la masse , ur
corps d'une livre quitombe de vingtpieds
aura autant de mouvement qu'un corps
de cinq livres qui tomberoit de quatre
pieds feulement. Cette propofition eſt
contraire aux notions les plus communes
de laMéchanique. M. de Saintignon
appelle Phénomène la loi des eſpaces que
décrivent les corps graves. Paffons le
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
terme , mais c'eſt un Phénomène dont
M. de Saintignon n'étoit pas bien frappé
quand il avancé cette propoſition.
Terminons par une Remarque qui
nous diſpenſe évidemment d'aller plus
loin , & diſons que Mde Saintignon
confond à chaque inſtant le ſinus d'un
angle avec l'angle même, en employant
ce dernier au lieu du premier dans l'eſtimation
du rapport des puiſſances dans
l'équilibre .
Je ne puis croire que M. de Saintignon
, qui a profeſſé longtemps , à ce
qu'il dit , la Philofophie , ait fait avec
réfléxions les fautes que ſes expreffions
mettent en droit de lui repréſenter , & je
defire qu'on penſe avec moi , que ſes
inadvertances , ſon peu de méthode &
de clarté viennent du peu de loiſir qu'il
a eu & des affaires étrangères à la Phyfique
, dont il eſt occupé ; mais il n'en
eſt pas moins vrai que fon Livre a beſoin
de beaucoup de corrections avant que
d'être appliquable à l'uſage auquel il
l'a deſtiné.
J'ai l'honneur d'être , &c.
MERCURE.
SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE
à l'usage des Ecoliers. Par M. DE
SAINTIGNON , de la Société Royale
des Sciences & Arts de Metz , &c.
Le but de votre Journal , Monfieur ,
étant d'annoncer les productions nouvelles
des Sciences & des Arts , & ce
qui n'eſt pas moins utile , de les préfenter
d'une manière qui puiſſe fixer le cas
que le Public en doit faire , j'eſpére que
vous voudrez bien inférer dans le MerJUIN.
1763 . 69
cure prochain l'Analyſe ſuivante d'une
partie du Traité abrégé de Physique à
l'usage des Ecoliers , par M. de Saintignon
, de la Congrégation de Notre Sauveur
, de la Société Royale des Sciences
& Arts de Metz , &c. Si cet Ouvrage
convient à ceux à qui M. de Saintignon
le deſtine , c'eſt un travail précieux
qu'on ne peut trop ſe hater de
faire connoître : dans le cas contraire il
eſt important de leur épargner la perte
d'un temps qu'ils peuvent employer plus
utilement , & de prévenir le tort que
peuvent faire à des têtes neuves, les traces
que laiſſe toujours après foi un
ouvrage élémentaire qui manque d'exa-
Ctitude. Dans l'un & l'autre cas , les remarques
que j'ai l'honneur de vous
adreſſer feront utiles , fi elles font bornées
à ce que renferme véritablement
le Livre de M. de Saintignon. Afin que
le Lecteur n'héſite point à m'accorder.
ſa confiance fur ce point, j'aurai ſoin
de tranfcrire l'ouvrage même le plus
ſouvent que je pourrai.
En lifant dans la Préface du Traité
abrégé de Phyfique la déclaration qu'y
fait M. de Saintignon , qu'il ne prétend
pas fe donner pour Auteur , il n'eſt aucun
Lecteur ſans doute qui ne ſe ſente
70 MERCURE DE FRANCE.
diſpoſé à lui accorder le mérite de la
modeſtie ; on ne ſuppoſe pas volontiers
que quelqu'un entreprenne d'écrire en
fix volumes un abrégé fur cette matière
fans avoir rien de nouveau à donner.
Nous accordons cependant à M. de
Saintignon la vérité de ſa déclaration
dans ce ſens qu'il a copié comme il
l'avoue lui-même , des Ouvrages de
ce genre que tout le monde a entre les
mains ; mais on verra par la ſuite , qu'il
y a hazardé de fon chef beaucoup de
choſes qu'il n'a trouvées nulle-part ,
mais qui auront peine à être reçues.
Parmi les Ouvrages que M. de Saintignona
incorporés dans ſon Livre , l'excellent
traité de Phyſique expérimentale
de M. l'Abbé Nollet eſt celui dont
il paroît avoir tiré plus que de tout autre.
Nous applaudirions à ce choix , fi M.
de Saintignon eût obſervé partout la
même marche qu'il a ſuivie dans un
très-grand nombre d'endroits , celle de
s'en tenir aux expreffions de l'Auteur ;
mais les changemens qu'il s'eſt permis
d'y faire en quelques occaſions ,ne nous
ont point paru avoir ni l'exactitude ni
la clarté qu'on eſt en droit d'éxiger
dans un Ouvrage élémentaire. Par exemple
, M. de Saintignon après avoir penJUIN.
1763 . 71
dant quelques lignes ſuivi M. l'Abbé
Nollet mot à mot ſur les idées qu'il
donne de la ſolidité , au lieu d'adopter
ces expreffions ſi claires & fi exactes
de l'Auteur qu'il copie... » Etre ſolide
>> eſt une propriété non ſeulement com-
» munee, mais même éſſentielle à tous
>>les corps ; c'eſt le ſigne le moins équi-
>>voque de leur éxiſtence , &c. M. de
Saintignon ,dis-je, y ſubſtitue les ſuivantes
, il paroît qu'on peut confondre la
folidité de la matière avec la matière
méme ... La ſolidité eſt une ſuite de l'étendue
folide.
L'uſage des Planches dans les Livres
foit de Mathématique, ſoit de Phyſique ,
eſt d'une utilité généralement reconnue.
Le ſeul motif qui puiſſe engager un
Auteur à s'en paſſer , eſt celui de diminuer
les frais. Mais ce motif eſt il--
luſoire lorſqu'on veut écrire ſur ces
matières pour des commençans. En effet
il eſt aiſéde ſe convaincre queles planches
véritablement néceſſaires n'augmententque
très-médiocrement le prix,
& que leur fuppreffion au contraire
rend le Livre abſolument inutile à ceux
à qui on le deſtine. M. de Saintignon
qui a pris ce dernier parti , a néanmoins
ſenti l'impoffibilité de ſe paſſer entière
72 MERCURE DE FRANCE.
ment de figures ; mais malheureuſement
outre qu'il n'en a employé qu'un trèspetit
nombre , elles manquent d'ailleurs
dans les endroits où elles étoient bien
plus néceſſaires , par exemple dans la
defcription des machines , ou dans l'expoſition
des Phénomènes un peu compofés.
,
M. de Saintignon a tâché de faire
marcher enfemble la Phyſique ſyſtématique
& la Phyſique expérimentale .
Sous ce dernier titre on s'attend à
trouver dans cet ouvrage des expériences
décrites avec netteté & avec
exactitude : elles n'y font cependant
qu'indiquées ou imparfaitement décrites
: nous dirions plutôt que c'eſt une
hiſtoire abrégée de la Phyfique expérimentale.
Quant à la partie fyſtématique,
on la trouve expoſée dans le premier
volume , ſous ce titre : Systéme de M.
de la Periere.
J'avoue que je ne connoiſſois pas le
ſyſtême de M. de la Periere ; ainfi je
ne fuis pas en état de juger fi ce dernier
a lieu d'être content de la manière
dont M. de Saintignon a rendu
ſes idées ; mais ce que je puis afſurer ,
c'eſt que , quoique je ne fois pas neuf
en cette matière , je n'ai pû juſqu'ici
parvenir
JUIN. 1763 . 73
parvenir à entendre ce ſyſtême , je veux
dire à le concilier avec les principes de
la faine méchanique. On en verra par la
fuite quelques échantillons ; obſervons
ſeulement que c'eſt de ce ſyſtême , que
M. de Saintignon entreprend de déduire
l'explication de différens Phénomènes
que la Phyſique conſidére .
C'eſt ſans doute par égard pour la
réputation de Newton , que M. de Saintignon
, après avoir expoſé les avantages
qu'il croit voir dans le ſyſtème de M.
de la Periere , accorde quelques pages
à la réfutation de ce qu'il appelle le
ſyſtême de Newton , qu'il paroît confondre
avec les inepties de quelquesuns
des Sectateurs de ce grand homme .
Nous ne raporterons pas ici cette réfutation
, parce qu'elle eſt longue , &
qu'elle ne plairoit pas même aux Anti-
Newtoniens ; car elle n'intéreſſe aucunement
l'opinion de Newton ; nous
rapporterons cependant la conclufion :
Enfin , dit M. de Saintignon , quand
tout auroit répondu à l'attente des calculateurs
, même pour l'explication des
phénomènes terrestres , on pourroit encore.
n'avoir pas deviné le vrai mechaniſme
du monde , puisqu'il eft incontestable
que le Créateur a été libre dans le choix
D
74 MERCURE DE FRANCE.
des moyens & dans l'exécution.
Si ces raiſons ſont concluantes , elles
le font indifféremment contre tout fyftême
; & M. de Saintignon n'a cependant
pas eu intention , je penſe ,
d'y comprendre celui qu'il adopte. Si
M. de Saintignon avoit moins de dégoût
pour le calcul & les Calculateurs ,
qu'il ne le témoigne dans ſon Livre ,
il auroit trouvé dans la Doctrine des
probabilités , qu'il y a infiniment plus
à parier pour un ſyſtême qui rempliroit
ces conditions , que pour tout autre.
Pour traiter les Newtoniens avec
cette ſévérité , il ne faudroit pas ſe permettre
d'avancer que la matière peut
être réfléchie par le néant. C'eſt cependant
la manière dont M. de Saintignon
ſe tire , dans ſon Ouvrage , de quelques
difficultés qui l'embarraſſent.
M. de Saintignon nous aſſure qu'on
va donner les derniers coups auSystéme
Newtonien , en démontrant que les révolutions
célestes nefont pas des éclipses.
Il ne nomme pas l'Auteur , & cela eft
fort fage , car l'expreſſion ne lui feroit
pas honneur. Mais en attendant que
cette redoutable menace , priſe dans le
ſens que M. de Saintignon avoit deffein
d'exprimer , arrive à l'exécution , paffons
JUIN. 1763 . 75
1
àd'autres choses ; car fans doute le Lecteur
ne nous ſçauroit pas gré de nous appeſantir
ſur toutes les inadvertances qui
échappentà M. de Sain tignon dans cette
prétendue réfutation. Ce feroit affez inutilement
, qu'en tranſcrivant M. de Saintignon
, nous rappellerions les vains efforts
qui ont été faits par ceux qui ont
mieux aimé entreprendre de réfuter
Newton, que de ſe mettre en état de l'entendre.
L'Électricité entre les mains de M.
l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur fort
chez M. de Saintignon que l'Attraction
entre celles de Newton : elle y eft attaquée
de la même manière , c'est-à- dire ,
par la répétition des objections faites par
d'autres. L'équité demandoit que l'on
fit ſuivre les réponſes quiy ont été faites.
Il ſemble qu'on n'a fait mention de ces
deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raisonnemens , les
idées de M. De la Périere.
J'ai paffé ſous filence les notions que
M. de Saintignon donne de la matière
& de ſes propriétés générales : cela va
quelquefois affez bien quand il tranſcrit;
mais quand il marche ſeul , alors , propriétés
& qualités font la même chose.....
les couleurs , les odeurs , & c , n'existent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
qu'en apparence.... On ne doit point rai-
Jonner contre l'expérience .... Laifferonsnousà
nos arrières - neveux la commiſſion
de raifonner ?..... Nous ne concluons cependant
pas que l'étendue foit effentielle
aux corps , &c.
On a penfé jufqu'ici en Phyſique que
le feu& la lumière étoient très-élaſtiques
; M. de Saintignon les croit trèscompreffibles
: fans doute , il veut dire
très -élastiques ; mais cette inattention
peut induire en erreur un Ecolier , qui
croit qu'on a ſoin d'employer les mots
felon leur fignification.
Perfonne aujourd'hui ne s'aviſeroit
de confondre l'inertie avec la pefanteur ;
l'expérience & le raiſonnement ont féparé
ces deux propriétés. Quoi qu'il en
foit , M. de Saintignon , nonobſtant le
principe qu'il a porté ci-deſſus , qu'on ne
doit point raifonner contre l'expérience ,
nous affure que l'inertie est la même cho-
Se que la pesanteur , & dans un autre
endroit , que les corps en mouvement
n'ont pas d'inertie. Ceci n'eſt cependant
pas une affaire d'opinions. Voyons quelques-
uns des raiſonnemens de M. de
Saintignon.
L'Attraction , dit M. de Saintignon ,
n'est pas la cause de la force d'inertie.
JUIN. 1763.. 77
On en convient , mais on ne conviendra
pas , je penſe , que le raiſonnement ,
que M. de Saintignon emploie pour le
prouver ,foit concluant ; car , continuet-
il , cette qualité merveilleuse qui agiroitfi
puiſſamment ſur les corps , devroit
empêcher toute évaporation , toute tranfpiration
des corpsſolides ou fluides ; elle
empêcheroit la lune d'attirer les eaux de
l'océan , ou elle ne l'empêcheroit pas d'attirerjusqu'à
elle tous les nuages de notre
Atmosphère.
Non-feulement ce raiſonnement ne
prouve rien de ce qui eft en queſtion ,
mais il paroît qu'en écrivant ceci , M.
de Saintignon a perdu de vue les principes
de la Méchanique. Comment ne
s'est- il pas rappellé , par exemple , qu'une
aiguille ſoumiſe à l'action de deux aimans
prend toujours une fituation telle
que les actions de cesdeuxaimans ſur elle,
ſe font mutuellement équilibre. Si M.
de Saintignon avoit eu moins de répugnance
pour le calcul & les calculateurs
, il auroit vu que la lune peut élever
les eaux de l'Océan , agir fur l'Atmofphère
, & cependant , en vertu de
cette action même , les chofes demeurer
en l'état où elles font actuellement ;
mais malheureuſement tout cela a été
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
prouvé par des Calculateurs , & ne peut
par conféquent contribuer en rien àdégoûter
M. de Saintignon de ces déclamations
, qui d'ailleurs font , ce me femble
, très-déplacées dans un Ouvrage
élémentaire.
La cauſe de la dureté des corps fait
depuis longtemps l'objetdes méditations
des Phyſiciens. M. de Saintignon ſe.
tire aifément de cette queſtion en y
appliquant le prétendu ſyſtême de M.
De la Périere : il est vrai que dans un
endroit , les élémens de la matière ont
une dureté radicale , & dans un autre
, ils ne font points durs par leur nature
, parce qu'ils font matière ; mais
à ces petites contradictions près , il n'y
aplus rien d'obfcur dans la cauſe de la
dureté des corps ; cela eſt évident , car
la cohésion des parties d'un corps eft occafionnéeparla
preſſion extérieure d'une
maſſe prodigieuse de fluides quelconques
plus déliés que l'air que nous ref.
pirons , qui environne tous les corps en
les preſſantplus ou moins perpendiculairement
à leursfurfaces dans la direction
de leur centre parfon reffort , que rien
ne gêne & ne dégrade au-dehors , tandis
que les portions des mémesfluides
*
en-
* Nous avons pris la liberté de mettre engaJUI
N. 1763 . 79
gagées dans les corps y font affoiblies
&plus ou moins dégradées par les chocs ,
les réfléctions, les réfractions que leur oc
fionnent le mélange & la fréquente rencontre
des parties non-élastiques de ces
corps dont il arrive , &c. Combien de
ſuppoſitions dans ce paſſage ? Combien
dedifcours il faudroit pour y répandre
la clarté ? On croira , peut-être , que ce
n'eſt qu'un énoncé dont l'explication &
ladémonstration viendront enſuite ; mais
M. de Saintignon ne les promet & ne
les donne point. Il ne feroit pas voir ,
par exemple , que les corps ſont preffés
tout à la fois perpendiculairement à leurs
furfaces & dans la direction de leurs
centres , ſurtout après avoir attribué aux
parties de la matière une forme non-ſphérique.
La cauſe de la fléxibilité , de la moleffe
, &c, n'eſt pas expliquée plus clairement
, & l'on peut àjuſte titre ſe plaindre
du défaut de méthode ſenſible à chaque
pas , foit dans la ſucceſſion des
matières, ſoit dans le choix des exemples,
gées , affoiblies , dégradées , &c , quoique dans le
Texte de M. de Saintignon tout cela ſoit au mafculin
; cependant comme nous ne nous flatons
pas d'entendre ce Paſſage , ſi M. de Saintignon
penſe que nous avons eu tort , nous conviendrons
que c'eſt pour n'y avoir rien entendu.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
foit enfin dans les définitions même qui
fort ſouvent n'arrivent qu'après qu'on a
fait longtemps uſage des expreffions
qu'elles doivent éclaircir. Il y auroit encore
beaucoup d'autres choſes à remarquer
fur tous ces objets ; tels ſeroient ,
par exemple , un grand nombre de pafſages
de la nature de celui-ci. Lafléxibilité
ne paroît différer de la molleſſe que
du plus au moins , elle peut s'allier avec
une grande dureté.
L'expoſition des loix de l'union de
l'âme & du corps , ainſi que plufieurs
autres queſtions de Métaphyfique ſur lef
quelles Mde Saintignon s'arrête trop ,
& qu'il eſt dangereux d'entreprendre
apres M. de Buffon , n'est pas dans l'Ouvrage
de M. de Saintignon , un tableau
intéreſſant pour les Lecteurs de bon
goût; & nous ne croyons pas qu'ils y
voyent avec plaifir que le cerveau ou le
fiége de l'âme , eft le bureau d'adreſſe où
doivent aboutir les dépêches du dehors.
Que l'âme ſoit là ou ailleurs , cela eſt
fort indifférent; mais nous ne penſons pas
que les dépéches qui arrivent à ce bureau
d'adreſſe de la part des corps odorans ,
s'y annoncent ſelon la raiſon inverſe du
quarré des diſtances. Avec beaucoup
d'abſtractions , cela est vrai , & fe déJUIN.
1763 . 81
montre même d'une manière beaucoup
plus courte que ne l'a fait M. de Saintignon.
Mais eu égard à tout , il n'en eft
pas ainfi , & il eût été bon d'en prévenir
les Ecoliers. Les odeurs & les faveurs
ont encore donné lieu à M. de Saintignon
de joindre à ſa Differtation un
difcours contre la cuiſine moderne que
bien des gens n'approuveront pas .
La plus grande partie de ce qui vient
enfuite fur les fons renferme encore un
grand nombre d'expreffions & d'affertions
de la nature des précédentes .....
La vitesse dufon dépend de la vitelſſfe des
parties founantes , &c. Ceci ſemble fuppofer
un déplacement ſenſible dans les
partiesfonnantes. Ce qu'on ne croit pas
communément en Phyfiques: cette propofition
eſt au moins mal fonnante . Il
en eft de même de cette autre-ci.... Une
pendule de trois pieds huit lignes & demie ,
éxécute une vibration à chaquefeconde
depuis la plus grandejusqu'à la plus petite.
On ne dit point dans le cas préfent
une pendule mais un pendule : & pour
parler plus clairement & plus exactement
, on doit dire un pendule de trois
pieds huit lignes & demie , acheve chacune
de ſes ofcillations en une ſeconde ,
foit que ees ofcillations foient ou ne
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
foient pas d'une égale érendue , pourvu
que cette étendue foit médiocre. Paffons
au mouvement.
Pour faire entendre clairement à ſes
Ecoliers * , que la quantité de mouvement
ſe meſure en multipliant la maffe
par la vîteſſe , M. de Saintignon choiſit
l'exemple ſuivant. Si un homme peut
faire une lieue en une heure , dix hommes
qui marcheroient dix fois moins víte ,
ne laiſſeroient pas de faire entr'eux
une lieue en une heure de temps , car
chacun d'eux feroit la dixième partie
d'une heure.
On voit bien que M. de Saintignon
a voulu dire la dixiéme partie d'une
lieue ; mais approuvera- t-on cette manière
de prouver la propoſition dont il
s'agit ? Pour moi il me semble qu'elle
ne prouve rien. Quand on voit un Auteur
expliquer ainſi les chofes les plus
élémentaires , on ſe ſent de la défiance
pour celles qui exigent de ſa part un
raiſonnement plus fuivi ; ne nous y arrêtons
pas , mais terminons cet Ecrit
par quelques Remarques fur la Pefanteur&
fur la Méchanique.
M. de Saintignon entreprend d'af-
*M. de Saintignon a été Profeſſeur de Philo-
Sophie.
JUI N. 1763 . 83
figner la cauſe de la peſanteur ; il regarde
d'abord avec lesAuteurs qu'il tranfcrit
, cette force comme appliquée à
chacune des parties de la matière ; mais
comme cette manière de conſidérer la
peſanteur ne cadre pas exactement avec
le ſyſtême qu'il a embraffe , quelques
pages après , M. de Saintignon ne la
regarde que comme appliquée à certaines
parties : on ſent bien à quelles conſéquences
cette marche conduit , ſans
compter l'inconféquence à laquelle M.
de Saintignon ſe laiſſe aller. Ce n'eſt
pas que M. de Saintignon ne ſente
bien que cela n'est pas régulier , mais
il répond .... Il n'y a pas de ſyſtême qui
n'aitses défauts , ce qui ne s'explique
pas aujourd'hui , s'expliquera peut- être .
par lafuite.
En parlant de l'Accélération dans la
chûte des graves M. de Saintignon dit ,
puisque la viteffe compenfe la masse , ur
corps d'une livre quitombe de vingtpieds
aura autant de mouvement qu'un corps
de cinq livres qui tomberoit de quatre
pieds feulement. Cette propofition eſt
contraire aux notions les plus communes
de laMéchanique. M. de Saintignon
appelle Phénomène la loi des eſpaces que
décrivent les corps graves. Paffons le
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
terme , mais c'eſt un Phénomène dont
M. de Saintignon n'étoit pas bien frappé
quand il avancé cette propoſition.
Terminons par une Remarque qui
nous diſpenſe évidemment d'aller plus
loin , & diſons que Mde Saintignon
confond à chaque inſtant le ſinus d'un
angle avec l'angle même, en employant
ce dernier au lieu du premier dans l'eſtimation
du rapport des puiſſances dans
l'équilibre .
Je ne puis croire que M. de Saintignon
, qui a profeſſé longtemps , à ce
qu'il dit , la Philofophie , ait fait avec
réfléxions les fautes que ſes expreffions
mettent en droit de lui repréſenter , & je
defire qu'on penſe avec moi , que ſes
inadvertances , ſon peu de méthode &
de clarté viennent du peu de loiſir qu'il
a eu & des affaires étrangères à la Phyfique
, dont il eſt occupé ; mais il n'en
eſt pas moins vrai que fon Livre a beſoin
de beaucoup de corrections avant que
d'être appliquable à l'uſage auquel il
l'a deſtiné.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
La lettre critique le 'Traité abrégé de Physique à l'usage des Écoliers' de M. de Saintignon, membre de la Société Royale des Sciences et Arts de Metz. L'auteur évalue la qualité de cet ouvrage destiné aux élèves, en vérifiant s'il est précis et utile ou s'il risque de nuire aux étudiants par ses inexactitudes. L'auteur reconnaît que M. de Saintignon a principalement copié des œuvres existantes, notamment le traité de physique expérimentale de l'Abbé Nollet, mais critique les modifications apportées, jugées inexactes et peu claires. La lettre déplore l'absence de planches illustratives et note que les expériences sont mal décrites. Le traité combine la physique systématique et expérimentale, mais l'auteur trouve le système de M. de la Perière, utilisé par M. de Saintignon, difficile à comprendre et incompatible avec les principes de la mécanique. La lettre mentionne également une réfutation du système de Newton, jugée inintéressante et non pertinente. M. de Saintignon critique les théories de Newton sur le mécanisme du monde et les phénomènes célestes, affirmant que les calculs n'expliquent pas nécessairement le mécanisme exact du monde. Il attaque l'électricité et l'attraction sans proposer de solutions alternatives solides, répétant des objections déjà formulées. Le texte souligne l'incohérence de M. de Saintignon, qui commet des erreurs conceptuelles comme confondre inertie et pesanteur, et ignore les principes de la mécanique. L'ouvrage contient des explications obscures et mal démontrées sur la dureté des corps et des digressions sur des sujets comme les odeurs et la cuisine moderne. Les explications sur des concepts physiques élémentaires, comme la mesure de la quantité de mouvement et la pesanteur, sont jugées imprécises et incohérentes. L'auteur conclut que l'ouvrage nécessite de nombreuses corrections avant de pouvoir être utilisé de manière appropriée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8163
p. 281
ENIGME.
Début :
Sans secours vont mal mes affaires, [...]
Mots clefs :
Broche tournée par un chien
8165
p. 291-292
« Je ne sçay, Madame, si je suis maintenant quitte avec [...] »
Début :
Je ne sçay, Madame, si je suis maintenant quitte avec [...]
Mots clefs :
Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne sçay, Madame, si je suis maintenant quitte avec [...] »
Je ne ſçay , Madame , fi je
ſuis maintenant quitte avec
vous , de l'indulgence quevous
avez cuë pour moi ,& je vous
trouve bienheureuſe , ſi jene
vous ay pas impatienté plus
d'une fois. Mais je ſuis encore,
dites-vous , à vôtre difcretion,
&vous prétendez que je vous
paye d'une façon , ou d'une autre
, tout ce que vous m'avez
gagné. Rendez moy ſolvable,
&je vous payerai comptant.
La monnoye des Auteurs eſt à
peu prés comme celledes Singes
,les uns payent ſouvent en
fotiſes ,& les autres engamba-
Bbij
292 MERCURE
des. De quelle façon en voulez-
vous? je vous entends;vous
me demandez une Chanfon ,
deux Enigmes , & un Compliment.
Soit. Vous allez être
ſervie ſans delay.
ſuis maintenant quitte avec
vous , de l'indulgence quevous
avez cuë pour moi ,& je vous
trouve bienheureuſe , ſi jene
vous ay pas impatienté plus
d'une fois. Mais je ſuis encore,
dites-vous , à vôtre difcretion,
&vous prétendez que je vous
paye d'une façon , ou d'une autre
, tout ce que vous m'avez
gagné. Rendez moy ſolvable,
&je vous payerai comptant.
La monnoye des Auteurs eſt à
peu prés comme celledes Singes
,les uns payent ſouvent en
fotiſes ,& les autres engamba-
Bbij
292 MERCURE
des. De quelle façon en voulez-
vous? je vous entends;vous
me demandez une Chanfon ,
deux Enigmes , & un Compliment.
Soit. Vous allez être
ſervie ſans delay.
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Résumé : « Je ne sçay, Madame, si je suis maintenant quitte avec [...] »
L'auteur d'une lettre exprime son incertitude quant à ses remerciements pour l'indulgence de la destinataire. Il reconnaît sa dette envers elle et accepte de payer. Elle demande une chanson, deux énigmes et un compliment, qu'il promet de fournir rapidement. Il compare les paiements des auteurs à la monnaie des singes, pouvant être des sottises ou des farces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8166
p. 287-288
CHANSON.
Début :
Une timide Bergere [...]
Mots clefs :
Berger, Danger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Une timide Bergere
Maisfenfible au jeu d'amour ,
Aufond d'un boisfolitaire
Chantoit ainſi l'autre jour :
Quelplaifirpour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ,
Si l'on pouvoit fans danger
Selaißer , ſe laiſſer conterfleu-
Оüy,
rettes.
ॐ
mon coeur vous en affure
Colin commande aux amours
Par un baifer je vous jure
Qu'ils m'obéiſſent toûjours.
288 MERCURE
Quel plaifir pour lesfillettes
Avec un prudent Berger
Si l'on pouvoitfans danger
Se laißer , ſe laiffer conterfleurettes.
Une timide Bergere
Maisfenfible au jeu d'amour ,
Aufond d'un boisfolitaire
Chantoit ainſi l'autre jour :
Quelplaifirpour les fillettes ,
Avec un tendre Berger ,
Si l'on pouvoit fans danger
Selaißer , ſe laiſſer conterfleu-
Оüy,
rettes.
ॐ
mon coeur vous en affure
Colin commande aux amours
Par un baifer je vous jure
Qu'ils m'obéiſſent toûjours.
288 MERCURE
Quel plaifir pour lesfillettes
Avec un prudent Berger
Si l'on pouvoitfans danger
Se laißer , ſe laiffer conterfleurettes.
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Résumé : CHANSON.
Une bergère timide, dans un bois solitaire, souhaite des moments tendres avec un berger prudent. Elle assure que son cœur est sûr et que Colin peut commander aux amours par un baiser. Le texte insiste sur le plaisir et la sécurité dans les échanges amoureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8167
p. 286-287
RECEPTIONS au Parlement.
Début :
Le 7. de ce mois, Mr le Prince de Conty prit [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTIONS au Parlement.
RECEPTIONS
au Parlement.
Le 7. de ce mois,Mr
le Prince de Conty prie
seance au Parlement avec
les ceremonies ordinaires.
Le mesme jour
,
Mr le
Duc de la Tremoille y fut
reçu Duc& Pair de Fran-
, ce.
Le 1.t. de ce mois, Mr
leDuc de S. Agnan fut
reçu Duc & Pair au Parle-
> ment,.&y prit seance sur
la démission deMr le Duc
de Beauvilliers son frere
-ainé.
au Parlement.
Le 7. de ce mois,Mr
le Prince de Conty prie
seance au Parlement avec
les ceremonies ordinaires.
Le mesme jour
,
Mr le
Duc de la Tremoille y fut
reçu Duc& Pair de Fran-
, ce.
Le 1.t. de ce mois, Mr
leDuc de S. Agnan fut
reçu Duc & Pair au Parle-
> ment,.&y prit seance sur
la démission deMr le Duc
de Beauvilliers son frere
-ainé.
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8168
p. 290-291
Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Début :
Dés qu'il eut remis les Sceaux entre les mains du / Ne craignons plus de Mars l'injuste violence. [...]
Mots clefs :
Roi, Chancelier de France, Daniel François Voysin de La Noiraye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Dés qu'il eut remis les
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
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Résumé : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Le roi a nommé Monsieur Voisin Chancelier de France, lui remettant les Sceaux. Cette décision est motivée par la faveur royale et les qualités de Voisin. Le Comte de Caux a présenté un compliment le 5 février. Voisin est reconnu pour son rôle crucial en temps de guerre et de paix, assurant justice et équilibre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8169
p. 47-48
A Madame D***, qui avoit eu la féve le jour des Rois. IMPROMPTU.
Début :
POURQUOI vous étonner, Glycère ? [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madame D***, qui avoit eu la féve le jour des Rois. IMPROMPTU.
A Madame D***, qui avoit eu la
féve le jour des Rois.
IMPROMPTU.
POURQUOI vous étonner, Glycère ? L'événement n'est pas nouveau.
48 MERCURE DE FRANCE.
Quand l'Amour coupe le gâteau ,
La féve eſt toujours pour ſa mère.
Par le même.
féve le jour des Rois.
IMPROMPTU.
POURQUOI vous étonner, Glycère ? L'événement n'est pas nouveau.
48 MERCURE DE FRANCE.
Quand l'Amour coupe le gâteau ,
La féve eſt toujours pour ſa mère.
Par le même.
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8170
p. 285-286
« Vous pouvez voir dans la Planche, que j'ay eu le soin [...] »
Début :
Vous pouvez voir dans la Planche, que j'ay eu le soin [...]
Mots clefs :
Jetons, Devises, Trésor, Madame la Dauphine, Galère, Artillerie, Bâtiments, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : « Vous pouvez voir dans la Planche, que j'ay eu le soin [...] »
Vous pouvez voir dans la
Planche , que j'ay eu le foin
de faire graver les Jettons de
cette année. Les Devifes en
ont efté faites par les Illuftres.
que je vous ay nommez plufieurs
fois dans une femblable
occafion. Le premier de
ces Jettons eft pour le Trefor
Royal , le fecond pour la Maifon
de Madame la Dauphine,
286 MERCURE
le troifiéme pour les Galeres,
le quatrième pour l'Artillerie,
le cinquiéme pour les Bâtimens
, le fixiéme
le fixiéme pour l'Extraordinaire
des Guerres , le
feptiéme pour l'Ordinaire
des Guerres , le huitième pour
les Parties Cafuelles , le neuviéme
pour la Chambre aux
Deniers , le dixiéme pour la
Ville de Paris , & le dernier
pour celle de Dijon .
Planche , que j'ay eu le foin
de faire graver les Jettons de
cette année. Les Devifes en
ont efté faites par les Illuftres.
que je vous ay nommez plufieurs
fois dans une femblable
occafion. Le premier de
ces Jettons eft pour le Trefor
Royal , le fecond pour la Maifon
de Madame la Dauphine,
286 MERCURE
le troifiéme pour les Galeres,
le quatrième pour l'Artillerie,
le cinquiéme pour les Bâtimens
, le fixiéme
le fixiéme pour l'Extraordinaire
des Guerres , le
feptiéme pour l'Ordinaire
des Guerres , le huitième pour
les Parties Cafuelles , le neuviéme
pour la Chambre aux
Deniers , le dixiéme pour la
Ville de Paris , & le dernier
pour celle de Dijon .
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Résumé : « Vous pouvez voir dans la Planche, que j'ay eu le soin [...] »
Des jetons ont été créés pour l'année en cours par des personnages illustres. Ils sont destinés à diverses institutions : le Trésor Royal, la Maison de Madame la Dauphine, les Galères, l'Artillerie, les Bâtiments, l'Extraordinaire des Guerres, l'Ordinaire des Guerres, les Parties Casuelles, la Chambre aux Deniers, la Ville de Paris et la Ville de Dijon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8172
p. 289-290
« Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Début :
Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...]
Mots clefs :
Affaire de Tripoli, Plan, Exactitude
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texteReconnaissance textuelle : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Dans le temps que je vous
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
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Résumé : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
L'auteur a reçu un plan détaillé de la place de Tripoli, gravé avec précision, suite à une discussion sur l'Affaire de Tripoli. Ce plan est envoyé pour illustrer les actions du Maréchal d'Estrées et répondre aux attentes des lecteurs intéressés par les détails.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8173
p. 287-288
AIR NOUVEAU.
Début :
Je vous envoye un second Printemps. Il est encore / Ce qui fait le Printemps, [...]
Mots clefs :
Printemps, Oiseaux, Naissance, Zéphire, Peines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je vous envoye un fecond
Printemps
. Ileft encore d'un
tres-fçavant Maiſtre.
AIR NOUVEAU.
CEE quifait le Printemps,
N'eft pas toujours la naiſſante ver
dure,
288 MERCURE
1
Petits Oyfeaux , ce nefont point vos
chants,
6
Ny des Zephirs le doux mur
mure;
"May , Philis , s'il eft quelque
temps
Où vous fogez fenfible aux peines
quej'endure,
C'est pour may Philis , je vous
jure,
Ce quifait le Printemps.
Printemps
. Ileft encore d'un
tres-fçavant Maiſtre.
AIR NOUVEAU.
CEE quifait le Printemps,
N'eft pas toujours la naiſſante ver
dure,
288 MERCURE
1
Petits Oyfeaux , ce nefont point vos
chants,
6
Ny des Zephirs le doux mur
mure;
"May , Philis , s'il eft quelque
temps
Où vous fogez fenfible aux peines
quej'endure,
C'est pour may Philis , je vous
jure,
Ce quifait le Printemps.
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8174
p. 287-289
AUTRE.
Début :
La voix mourante me fait naistre, [...]
Mots clefs :
Silence
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
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8176
p. 278-280
ARTICLE des Enigmes.
Début :
Le mot de la grande Enigme du mois dernier ; c'est [...]
Mots clefs :
Coche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Enigmes.
ARTICLE
des Enigmes*
Le mot dela grande
Enigmedumois
dernier; c'est leCoche.
Voicy les noms de
ceux qui l'ont devinée;
car je ne veux rien retrancher
des anciens
Amufemencs du Public.
J'ay vû des gens
de bonesprit condamner
ces liftes de noms
badins& pueriles;
mais j'ayvû aussi des
gens de bon esprit s'amuser
à les lire.Je veux
croire que ceux qui me
lesenvoyent sontaussi
censezqueceux qui les
condamneront ; &£
puis qu'ils prennent
plaisir à les imaginer
bien ridicu les, je puis
sans deroger au borï
sensmettreicy les plus
extravagants qu'ors
pourra m envoyer.
des Enigmes*
Le mot dela grande
Enigmedumois
dernier; c'est leCoche.
Voicy les noms de
ceux qui l'ont devinée;
car je ne veux rien retrancher
des anciens
Amufemencs du Public.
J'ay vû des gens
de bonesprit condamner
ces liftes de noms
badins& pueriles;
mais j'ayvû aussi des
gens de bon esprit s'amuser
à les lire.Je veux
croire que ceux qui me
lesenvoyent sontaussi
censezqueceux qui les
condamneront ; &£
puis qu'ils prennent
plaisir à les imaginer
bien ridicu les, je puis
sans deroger au borï
sensmettreicy les plus
extravagants qu'ors
pourra m envoyer.
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Résumé : ARTICLE des Enigmes.
L'article évoque l'énigme du mois dernier, nommée 'Coche'. L'auteur mentionne les personnes ayant résolu l'énigme et souhaite maintenir les amusements traditionnels. Certains critiques trouvent ces listes frivoles, tandis que d'autres s'en amusent. L'auteur publiera les listes les plus extravagantes et invite à en envoyer d'autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8177
p. 84-86
Réponse.
Début :
Selon l'étoffe qu'on lui donne, [...]
Mots clefs :
Mercure, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse.
Réponse.
Selon l'étoffe qu'on luy
donne,
Mercure ajuste safaçon
ji sa muse grave, ou
boufonne,
Le Public doit donner le
ton.
En effet, Seigneur
Anonime, envoyezmoy
poësies gaillardes,
eruditions badines, caprices
folâtres, joyeux
sujets d'historiettes, je
mettrai le tout joyeusement
en oeuvre.
Reveillez,''vous
,
cher
Anonime,
C'est vostresommeil qui
m'endort,
Pourpeu que voflre feu
m'anime,
Va tout, (sr je cave au
plUl fort.
Selon l'étoffe qu'on luy
donne,
Mercure ajuste safaçon
ji sa muse grave, ou
boufonne,
Le Public doit donner le
ton.
En effet, Seigneur
Anonime, envoyezmoy
poësies gaillardes,
eruditions badines, caprices
folâtres, joyeux
sujets d'historiettes, je
mettrai le tout joyeusement
en oeuvre.
Reveillez,''vous
,
cher
Anonime,
C'est vostresommeil qui
m'endort,
Pourpeu que voflre feu
m'anime,
Va tout, (sr je cave au
plUl fort.
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8178
p. 288-291
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Roi, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy, [titre d'après la table]
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
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Résumé : Dons du Roy, [titre d'après la table]
Le 5 février, M. d'Armenonville a été nommé Directeur général des Finances et Secrétaire d'État des Commandements et Finances, remplaçant le Marquis de Torcy. Le Duc d'Orléans a justifié ce choix par l'expérience et les compétences de M. d'Armenonville acquises lors de ses précédentes fonctions. Le 8 février, M. de Verthamon a prêté serment pour la charge de Commandeur Secrétaire des Ordres du Roi, mais sans en conserver les responsabilités. Le 11 février, M. Claude le Bas de Montargis a prêté serment pour la même charge en présence du Duc d'Orléans, Régent du Royaume, des Princes du Sang et des Seigneurs de la Cour. Le 18 février, l'Ambassadeur d'Espagne a organisé un bal en l'honneur de la naissance du Prince Don Carlos. Par ailleurs, M. de Robineau a donné un bal pour célébrer la naissance du fils du Duc de Tallard.
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8179
p. 62-65
Nominations, & c. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a fait Conseiller d'Etat, Semestre, Mr Trudaine [...]
Mots clefs :
Duc, Prince, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nominations, & c. [titre d'après la table]
d'Etat, Semestre
,
Mr Trudaine
Intendant de Bourgogne
,& M1 Bignon Prévoit
des Marchands est monté
au rang des Conseillers
d'Erat Ordinaires, par la
more de Mr Phelyppeaux.
Le 19.AoustMr le
Prevost des Marchands, &
les Echevins allerent poster
le Scrutin au Royà Fontainebleau,
pour l'Election
de deux nouveaux Echevins.
Il fut pre senté à Sa
Majesté par MrLanglois
de la FortelleConseiller ap
Parlement. Les nouveaux
Echevins qui sont Mr
Tardif Conseiller de Ville,
& Mr Presti Bourgeois
prêtèrent ferment 9 de fidelité
entre les mains du Roy;ils
furent conduits par Mr des
Granges Maistre des Ceremonies.
Le Corps de Ville
eut ensuite l'honneur de
saluer Monseigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monseigneur le Ducde
Berry, MadameJa Duchesse
de Berry ,& Madame.
Le4, Septembre Mrs les
Députezdes Etats de Languedoc
allerent à Versailles
complimenter Monseigneur
le Duc de Bretagne, b & Monfeigncur le Duc
d'Anjou. Ils furent pre sentez
par Mr des Granges
Maistre des Ceremonies.
Le Roy a donnéla Charge
de Capitaine des Gardes
du Corps vacante par la
mort de Mr le Maréchal de
SoufRees, à Mr le Duc de
Charost Lieutenant General
des Armées de Sa
Majesté. Cette Charge avoic
autre fois esté possedée par
Loüis de Bethune Duc de
Charost son ayeul.
Le premier jour de Septembre
la Princesse
, veuve
du feu Prince de Naflaw
Stadhouder hereditaire de
Frise& deGroningue, accoucha
d'un Prince ,ce qui
fera différer ladécision du
Procès qu'il yavoit entre le
pere de ce jeune Prince, l'Eleveur de Brandebourg,
& les autres prétendants à
la succession du feu Prince
d'Orangè.
,
Mr Trudaine
Intendant de Bourgogne
,& M1 Bignon Prévoit
des Marchands est monté
au rang des Conseillers
d'Erat Ordinaires, par la
more de Mr Phelyppeaux.
Le 19.AoustMr le
Prevost des Marchands, &
les Echevins allerent poster
le Scrutin au Royà Fontainebleau,
pour l'Election
de deux nouveaux Echevins.
Il fut pre senté à Sa
Majesté par MrLanglois
de la FortelleConseiller ap
Parlement. Les nouveaux
Echevins qui sont Mr
Tardif Conseiller de Ville,
& Mr Presti Bourgeois
prêtèrent ferment 9 de fidelité
entre les mains du Roy;ils
furent conduits par Mr des
Granges Maistre des Ceremonies.
Le Corps de Ville
eut ensuite l'honneur de
saluer Monseigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monseigneur le Ducde
Berry, MadameJa Duchesse
de Berry ,& Madame.
Le4, Septembre Mrs les
Députezdes Etats de Languedoc
allerent à Versailles
complimenter Monseigneur
le Duc de Bretagne, b & Monfeigncur le Duc
d'Anjou. Ils furent pre sentez
par Mr des Granges
Maistre des Ceremonies.
Le Roy a donnéla Charge
de Capitaine des Gardes
du Corps vacante par la
mort de Mr le Maréchal de
SoufRees, à Mr le Duc de
Charost Lieutenant General
des Armées de Sa
Majesté. Cette Charge avoic
autre fois esté possedée par
Loüis de Bethune Duc de
Charost son ayeul.
Le premier jour de Septembre
la Princesse
, veuve
du feu Prince de Naflaw
Stadhouder hereditaire de
Frise& deGroningue, accoucha
d'un Prince ,ce qui
fera différer ladécision du
Procès qu'il yavoit entre le
pere de ce jeune Prince, l'Eleveur de Brandebourg,
& les autres prétendants à
la succession du feu Prince
d'Orangè.
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Résumé : Nominations, & c. [titre d'après la table]
Le document décrit plusieurs événements officiels et cérémoniels. Monsieur Trudaine, Intendant de Bourgogne, et Monsieur Bignon ont été nommés Conseillers d'État Ordinaires, remplaçant Monsieur Phelyppeaux. Le 19 août, le Prévôt des Marchands et les Échevins se rendirent à Fontainebleau pour élire deux nouveaux Échevins, Monsieur Tardif et Monsieur Presti, qui prêtèrent serment de fidélité au Roi. Ils saluèrent ensuite les membres de la famille royale. Le 4 septembre, les députés des États de Languedoc félicitèrent les Ducs de Bretagne et d'Anjou à Versailles. Le Roi nomma Monsieur le Duc de Charost Capitaine des Gardes du Corps, une charge précédemment détenue par son aïeul. Le 1er septembre, la Princesse veuve du Prince de Nassau accoucha d'un prince, retardant ainsi la décision d'un procès concernant la succession du Prince d'Orange entre l'Électeur de Brandebourg et d'autres prétendants.
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8180
p. 2179-2183
LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
Début :
MONSIEUR, Vou[s] auriez pû vous mieux adresser pour avoir l'analyse [...]
Mots clefs :
Médailles, Jésuites, Cabinet, Tournon, Revers, Bronze, Médaillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
LETTRE écrite de Dijon , à M. de
T... sur le Cabinet de Médailles des
RR. PP. Jesuites de Tournon.
MONSIEUR,
Vou auriez pû vous mieux adresser
pour avoir l'analyse des singularitez du
Médailler des P P. Jesuites de Tournon
dont on a depuis peu fait imprimer le
Catalogue à Avignon . Je n'ai eu ce Livre
que bien peu de temps
à ma disposition
, M. R. D. L. qui l'avoit apporté
de Paris , n'ayant fait ici qu'un
très petit séjour. Il auroit fallu n'être
pas si pressé pour examiner toutes les
karetez de ce Cabinet. Ce fut beaucoup
pour moi d'en remarquer une partie et
d'en faire à la hâte un Memoire. Ressouvenez-
vous- en bien , je vous prie , pour
que vous m'épargniez les justes reproches
que vous faites à ces demi - Sçavans
qui ont voulu vous faire connoître ce Médailler.
Vous ne trouverez pas du moins
dans mon Extrait ces grandes phrases
qui ne signifient rien , et qui laissent le
Lecteur aussipeu instruit qu'il l'étoit aųparavant.
Dans
2180 MERCURE DE FRANCE
Dans le Cabinet des Jesuites de Tournon
, il y a differentes suites de Médail
les ; 1 ° . de Rois , 2 ° . de Peuples et dé
Villes ; 3 ° . de Familles Romaines' ; 4º . de
l'As et de ses divisions ; 5. des Empereurs
Romains en or ; 6 ° . en argent ; 7 .
en grand ; 8 ° . moyen ; 9. et petit bronze
; 10° . de Medailles et de Monnoyes
modernes ; 11 ° . de Médailles contrefaites;
12 ° . de Pierres gravées , des Statuës , des
Urnes , &c. Il paroît qu'on ne s'est atë
taché à enrichir que les suites Imperiales
de bronze ; les autres , excepté celle
qui est en argent , sont peu nombreuses.
Dans le petit nombre on remarque cependant
des Médailles peu communes ;
il
y en a même qui n'ont pas été connues
jusques ici par les Antiquaires , et
qu'on peut avec eux appeller uniques.
Mon Mémoire me fournit une partie de
celles qui me parurent de ce genre dans
ce Cabinet. Peut-être vous feront- elles
naître le dessein de l'acheter ; on dit que
les Jésuites de Tournon veulent le vendre
pour rétablir leur Bibliotheque.
Une Chevre d'Afrique au Revers
ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΒΑΣΙΛΕΩΣ , Une Aigle
tenant la foudre dans ses serres Æ. III.
La tête de Diane. ( BAZIAEQE DINTIAZ.
Un Sanglier. A II .
A
La
OCTOBRE . 1733. 2181 .
La tête d'Anthiochus , ornée d'un Diademe,
Ο ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΚΟΥ ΕΠΙ-
ΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ ΚΑΛΛΙΝΙΚΟΣ.
Une Victoire . Æ. 111.
Deux Médailles d'Homere.
La tête de Rome. ROMA RESTITVTA. X
Jupiter assis , la Foud e à la main : jv-
PITER LIBERATOR . Arg.
·
Parmi les Médailles Imperiales de
grand Bronze , une Contorniate d'Auguste
au revers de C. GALLVS
IIIVIRAA AFF ; dans le Champ, S. C.
Un Tibere , deux Vitellius , deux Antinous
, un Médaillon d'Aelius Caesar ,
au revers de la Concorde assise Con-
CORD . TR. POT. cos. 11. Un Antonin Pie,
qui a pour revers le Sphinx et l't poque
L. B. Un autre : EПI APXONTOC KA
ΕΝΤΙΛΙΟΥ ΧΥΖΙ ΝΕΩΚΟΡΩΝ , avec un
Temple. Pertinax , les deux Gordiens
Afriquains , un Médaillon de Gordien
Pie : L'Empereur avec Tranquilline , se
donnent la main , avec la Legende de
ΓΑΡ ΟΥ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕΩΣ ΑΜΚ ΙΒ .
Trajan Dece au revers , LIBERTAS AVG La
ête de Q. Herennius : EPENN . ETPOYC .
MEC . AEKIOC KTINTOC KECAP ; au
vers , celle d'Hostilien ... OCTIAIAOC
KYINTOC KECAP . Deux Æmiliens.
Gallien au revers de AEQUITAS AVGG.
Un
2182 MERCURE DE FRANCE
Un autre : COL. TYRO . MET. Une Aigle
avec une Enseigne Militaire , dens laquelle
on lit ces mots : LEG. III. GAL.
Un Médaillon du même Prince : CONCORDIA
EXERCIT. La Déesse debout ,
avec une Patere à la main.
Dans le moyen Bronze , j'ai remarqué
un Othon , avec le revers d'une Tête
casquée , et l'Inscription POMH Vitellius
: IMP. VITEL. dans une contremarque
sans autre Legende 5 au revers : TPI-
ΠΟΛΕΙΤΩΝ. Les têtes accolées de Castor
et de Pollux . Hadrien : EITI COCOENOYC
APX. T. TIBEPIOHOA. Jupiter tenant
une Patere. M. Aurele : CONG. AVG. III,
TR.P. XX . IMP. 111. COS. 111. La Liberalité
debout ; elle tient une Tablette.
Un autre : MARTI VICTORI IM P. XI.
cos. 111. Le Dieu Mars , avec une Haste
et un Bouclier, Severe Alexandre : COL.
AVR. PIA. METR. SIO. au milieu d'une
Couronne, Gallien au revers de Salonine
et de Salonin. Diocletien avec cette Legende
: D. N. DIOCLETIANO AETER.
AVG. Val. Maximien : CONCORDIA FELIX
D D. N N. Val. Constantius : FORTVNAE
REDVCI AVGG NN. Deux autres Maximiens
: IMP. MAXIMIANVS JVN. AVG.
Maxence : SALVIS AVGG. Et Caess. FEL.
KART. Constantin : CONCORDIA PERPET.
DD.
NO
OCTOB
R E. 1733. 2183
Ci
DD. NN. Un autre : GENIO CAESARIS ,
un autre : TEMPORVM FELICITAS.
,
Dispensez moi , Monsieur , de m'étendre
davantage sur ces Médailles du
bas Empire. Les suites de moyen et de
petit Bronze de ces temps- là , sont trèsriches
par les têtes des Princes et par les
revers qu'elles contiennent . La plupart
sont rapportées dans le Numm sæculi
Constantiniani du P. Hardoüin , et par
le P. Bandury avec l'Etiquette , E.
Schedis D. Roman de Rives. Cet Abbé ,
à ce que m'a dit un de ses amis , a
vú plus d'une fois avec admiration ce
Cabinet. Sur l'avis qu'on en trouvoit le
Catalogue chez Bousquet , Libraire à
Geneve , j'ai pris des mesures pour en
faire venir deux Exemplaires ; il y en
aura un pour vous . La lecture que Vous
en ferez , sera plus agréable pour vous
que celle de ma Lettre. Je suis , & c.
T... sur le Cabinet de Médailles des
RR. PP. Jesuites de Tournon.
MONSIEUR,
Vou auriez pû vous mieux adresser
pour avoir l'analyse des singularitez du
Médailler des P P. Jesuites de Tournon
dont on a depuis peu fait imprimer le
Catalogue à Avignon . Je n'ai eu ce Livre
que bien peu de temps
à ma disposition
, M. R. D. L. qui l'avoit apporté
de Paris , n'ayant fait ici qu'un
très petit séjour. Il auroit fallu n'être
pas si pressé pour examiner toutes les
karetez de ce Cabinet. Ce fut beaucoup
pour moi d'en remarquer une partie et
d'en faire à la hâte un Memoire. Ressouvenez-
vous- en bien , je vous prie , pour
que vous m'épargniez les justes reproches
que vous faites à ces demi - Sçavans
qui ont voulu vous faire connoître ce Médailler.
Vous ne trouverez pas du moins
dans mon Extrait ces grandes phrases
qui ne signifient rien , et qui laissent le
Lecteur aussipeu instruit qu'il l'étoit aųparavant.
Dans
2180 MERCURE DE FRANCE
Dans le Cabinet des Jesuites de Tournon
, il y a differentes suites de Médail
les ; 1 ° . de Rois , 2 ° . de Peuples et dé
Villes ; 3 ° . de Familles Romaines' ; 4º . de
l'As et de ses divisions ; 5. des Empereurs
Romains en or ; 6 ° . en argent ; 7 .
en grand ; 8 ° . moyen ; 9. et petit bronze
; 10° . de Medailles et de Monnoyes
modernes ; 11 ° . de Médailles contrefaites;
12 ° . de Pierres gravées , des Statuës , des
Urnes , &c. Il paroît qu'on ne s'est atë
taché à enrichir que les suites Imperiales
de bronze ; les autres , excepté celle
qui est en argent , sont peu nombreuses.
Dans le petit nombre on remarque cependant
des Médailles peu communes ;
il
y en a même qui n'ont pas été connues
jusques ici par les Antiquaires , et
qu'on peut avec eux appeller uniques.
Mon Mémoire me fournit une partie de
celles qui me parurent de ce genre dans
ce Cabinet. Peut-être vous feront- elles
naître le dessein de l'acheter ; on dit que
les Jésuites de Tournon veulent le vendre
pour rétablir leur Bibliotheque.
Une Chevre d'Afrique au Revers
ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΒΑΣΙΛΕΩΣ , Une Aigle
tenant la foudre dans ses serres Æ. III.
La tête de Diane. ( BAZIAEQE DINTIAZ.
Un Sanglier. A II .
A
La
OCTOBRE . 1733. 2181 .
La tête d'Anthiochus , ornée d'un Diademe,
Ο ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΚΟΥ ΕΠΙ-
ΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ ΚΑΛΛΙΝΙΚΟΣ.
Une Victoire . Æ. 111.
Deux Médailles d'Homere.
La tête de Rome. ROMA RESTITVTA. X
Jupiter assis , la Foud e à la main : jv-
PITER LIBERATOR . Arg.
·
Parmi les Médailles Imperiales de
grand Bronze , une Contorniate d'Auguste
au revers de C. GALLVS
IIIVIRAA AFF ; dans le Champ, S. C.
Un Tibere , deux Vitellius , deux Antinous
, un Médaillon d'Aelius Caesar ,
au revers de la Concorde assise Con-
CORD . TR. POT. cos. 11. Un Antonin Pie,
qui a pour revers le Sphinx et l't poque
L. B. Un autre : EПI APXONTOC KA
ΕΝΤΙΛΙΟΥ ΧΥΖΙ ΝΕΩΚΟΡΩΝ , avec un
Temple. Pertinax , les deux Gordiens
Afriquains , un Médaillon de Gordien
Pie : L'Empereur avec Tranquilline , se
donnent la main , avec la Legende de
ΓΑΡ ΟΥ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕΩΣ ΑΜΚ ΙΒ .
Trajan Dece au revers , LIBERTAS AVG La
ête de Q. Herennius : EPENN . ETPOYC .
MEC . AEKIOC KTINTOC KECAP ; au
vers , celle d'Hostilien ... OCTIAIAOC
KYINTOC KECAP . Deux Æmiliens.
Gallien au revers de AEQUITAS AVGG.
Un
2182 MERCURE DE FRANCE
Un autre : COL. TYRO . MET. Une Aigle
avec une Enseigne Militaire , dens laquelle
on lit ces mots : LEG. III. GAL.
Un Médaillon du même Prince : CONCORDIA
EXERCIT. La Déesse debout ,
avec une Patere à la main.
Dans le moyen Bronze , j'ai remarqué
un Othon , avec le revers d'une Tête
casquée , et l'Inscription POMH Vitellius
: IMP. VITEL. dans une contremarque
sans autre Legende 5 au revers : TPI-
ΠΟΛΕΙΤΩΝ. Les têtes accolées de Castor
et de Pollux . Hadrien : EITI COCOENOYC
APX. T. TIBEPIOHOA. Jupiter tenant
une Patere. M. Aurele : CONG. AVG. III,
TR.P. XX . IMP. 111. COS. 111. La Liberalité
debout ; elle tient une Tablette.
Un autre : MARTI VICTORI IM P. XI.
cos. 111. Le Dieu Mars , avec une Haste
et un Bouclier, Severe Alexandre : COL.
AVR. PIA. METR. SIO. au milieu d'une
Couronne, Gallien au revers de Salonine
et de Salonin. Diocletien avec cette Legende
: D. N. DIOCLETIANO AETER.
AVG. Val. Maximien : CONCORDIA FELIX
D D. N N. Val. Constantius : FORTVNAE
REDVCI AVGG NN. Deux autres Maximiens
: IMP. MAXIMIANVS JVN. AVG.
Maxence : SALVIS AVGG. Et Caess. FEL.
KART. Constantin : CONCORDIA PERPET.
DD.
NO
OCTOB
R E. 1733. 2183
Ci
DD. NN. Un autre : GENIO CAESARIS ,
un autre : TEMPORVM FELICITAS.
,
Dispensez moi , Monsieur , de m'étendre
davantage sur ces Médailles du
bas Empire. Les suites de moyen et de
petit Bronze de ces temps- là , sont trèsriches
par les têtes des Princes et par les
revers qu'elles contiennent . La plupart
sont rapportées dans le Numm sæculi
Constantiniani du P. Hardoüin , et par
le P. Bandury avec l'Etiquette , E.
Schedis D. Roman de Rives. Cet Abbé ,
à ce que m'a dit un de ses amis , a
vú plus d'une fois avec admiration ce
Cabinet. Sur l'avis qu'on en trouvoit le
Catalogue chez Bousquet , Libraire à
Geneve , j'ai pris des mesures pour en
faire venir deux Exemplaires ; il y en
aura un pour vous . La lecture que Vous
en ferez , sera plus agréable pour vous
que celle de ma Lettre. Je suis , & c.
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Résumé : LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
La lettre, rédigée à Dijon, s'adresse à M. de T... et présente une analyse du Cabinet de Médailles des Jésuites de Tournon. L'auteur exprime son regret de n'avoir eu que peu de temps pour examiner le catalogue, récemment imprimé à Avignon. Il décrit diverses collections de médailles présentes dans le cabinet, incluant des séries de rois, de peuples et de villes, de familles romaines, de l'as et de ses divisions, ainsi que des médailles d'empereurs romains en or, argent et bronze. Le cabinet comprend également des médailles modernes et contrefaites. Certaines pièces sont particulièrement rares et uniques, jamais décrites par les antiquaires. L'auteur mentionne la présence de pierres gravées, statues et urnes. Parmi les médailles spécifiques notées figurent celles de Ptolémée, Antiochus, Homère, et plusieurs empereurs romains. Le cabinet possède aussi des médailles impériales de grand bronze, incluant des contorniates d'Auguste et des pièces de Tibère, Vitellius, Antonin le Pieux, et d'autres empereurs. L'auteur suggère que les Jésuites de Tournon envisagent de vendre le cabinet pour rétablir leur bibliothèque. Il conclut en précisant qu'il a commandé des exemplaires du catalogue pour M. de T... et pour lui-même.
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8181
p. 273-277
Action extraordinaire. [titre d'après la table]
Début :
Il arrive de temps en temps des choses si extraordinaires, [...]
Mots clefs :
Choses extraordinaires, Mystère, Jeune fille, Intendant, Toulouse, Dévotion, Mutilation, Poitrine, Rasoir, Pansements et bandages, Médecin, Indolore
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Action extraordinaire. [titre d'après la table]
Il arrive de temps en temps
des chofes fi extraordinaires,
qu'il eft difficile de ne pas
croire qu'elles le font par des
infpirations
fecretés , dont
nous tâcherions
inutilement
de pénetrer le myftere. Telle
eft l'action d'une jeune per
fonne de dix - fept ans , Fille
de M. Olivier , Intendant du
274 MERCURE
grand Prieur de Saint Jean ,
qui a caufé un étonnement
inconcevable à toute la Ville
de Toulouſe , où s'eft paffé
ce que je vay vous en dire.
On l'a toujours veue dans
de fort grandes pratiques de
devotion ; & comme elle
avoit fouvent entendu pref
cher contre les Femmes qui
n'ont pas foin de cacher leur
gorge , elle refolut de fe met
tre hors d'eftat de montrer
jamais la fienne. Elle appref
ta deux compreffes trempées
dans du vin , du fucre , & de
l'huile ; & avec un rafoir don't
t
K
GALANT 275
elle s'eftoit munie , elle fe
coupa le cofté gauche du
fein jufqu'à la poitrine. Pendant
qu'elle s'appliquoit l'u
ne des compreffes , fa Mere
l'appella pour quelque foin
domeftique. Elle fortit de fa
chambre , & aprés s'eftre acquittée
des commiffions qu'
on luy donna , elle retourna
au mefme lieu ; & toujours
également ferme dans fa refolution
, elle porta le rafoir
fur le cofté droit qui luy reftoit
à couper. Elle fe fervit
de l'autre compreffe ; mais
elle ne put fi bien l'appli
276 MERCURE
quer , qu'on ne s'apperceuſt
du fang qui couloit . Sa Mere
effrayée , envoya chercher
M. la Piriere , Chirurgien Ju
ré de la Ville , pour la panfer ,
& l'on eut beaucoup
beaucoup de pei
ne à obtenir d'elle , qu'elle
laiffaft voir le mal qu'elle s'é
toit fait, Ce que je vous dis
eft arrivé le Jeudy 31. de May .
On pourroit croire qu'il y auroit
eu de l'égarement d'ef
prit ; mais on affeure que
cette jeune Perfonne a tou
jours efté dans fon bon fens.
Elle a protefté que cette fanglante
operation ne luy avoit
GALANT 277
caufé aucune douleur , &
2
qu'elle s'y eftoit reſoluë par
le motif que je vous ay dit,
J'ay veu une Lettre du 6. de
ce mois , qui porte qu'elle
n'avoit point de fiévre
que fa vie ne couroit aucun
danger.
des chofes fi extraordinaires,
qu'il eft difficile de ne pas
croire qu'elles le font par des
infpirations
fecretés , dont
nous tâcherions
inutilement
de pénetrer le myftere. Telle
eft l'action d'une jeune per
fonne de dix - fept ans , Fille
de M. Olivier , Intendant du
274 MERCURE
grand Prieur de Saint Jean ,
qui a caufé un étonnement
inconcevable à toute la Ville
de Toulouſe , où s'eft paffé
ce que je vay vous en dire.
On l'a toujours veue dans
de fort grandes pratiques de
devotion ; & comme elle
avoit fouvent entendu pref
cher contre les Femmes qui
n'ont pas foin de cacher leur
gorge , elle refolut de fe met
tre hors d'eftat de montrer
jamais la fienne. Elle appref
ta deux compreffes trempées
dans du vin , du fucre , & de
l'huile ; & avec un rafoir don't
t
K
GALANT 275
elle s'eftoit munie , elle fe
coupa le cofté gauche du
fein jufqu'à la poitrine. Pendant
qu'elle s'appliquoit l'u
ne des compreffes , fa Mere
l'appella pour quelque foin
domeftique. Elle fortit de fa
chambre , & aprés s'eftre acquittée
des commiffions qu'
on luy donna , elle retourna
au mefme lieu ; & toujours
également ferme dans fa refolution
, elle porta le rafoir
fur le cofté droit qui luy reftoit
à couper. Elle fe fervit
de l'autre compreffe ; mais
elle ne put fi bien l'appli
276 MERCURE
quer , qu'on ne s'apperceuſt
du fang qui couloit . Sa Mere
effrayée , envoya chercher
M. la Piriere , Chirurgien Ju
ré de la Ville , pour la panfer ,
& l'on eut beaucoup
beaucoup de pei
ne à obtenir d'elle , qu'elle
laiffaft voir le mal qu'elle s'é
toit fait, Ce que je vous dis
eft arrivé le Jeudy 31. de May .
On pourroit croire qu'il y auroit
eu de l'égarement d'ef
prit ; mais on affeure que
cette jeune Perfonne a tou
jours efté dans fon bon fens.
Elle a protefté que cette fanglante
operation ne luy avoit
GALANT 277
caufé aucune douleur , &
2
qu'elle s'y eftoit reſoluë par
le motif que je vous ay dit,
J'ay veu une Lettre du 6. de
ce mois , qui porte qu'elle
n'avoit point de fiévre
que fa vie ne couroit aucun
danger.
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Résumé : Action extraordinaire. [titre d'après la table]
À Toulouse, une jeune fille de dix-sept ans, fille de M. Olivier, Intendant du grand Prieur de Saint Jean, se mutila après avoir entendu des prêches condamnant les femmes qui ne cachent pas leur poitrine. Elle se coupa le côté gauche de la poitrine avec un rasoir et appliqua une compresse imbibée de vin, de sucre et d'huile. Interrompue par sa mère pour une tâche domestique, elle revint couper le côté droit. Alarmée par le sang, la mère appela un chirurgien. L'incident se produisit le jeudi 31 mai. Malgré la gravité de ses blessures, la jeune fille ne ressentit aucune douleur et resta lucide. Une lettre du 6 juin confirma qu'elle n'avait pas de fièvre et que sa vie n'était pas en danger.
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8182
p. 291-296
Nouvelles de Paris.
Début :
Messire Charles François de Chasteauneuf de Rochebonne, Evêque Comte [...]
Mots clefs :
Duc, Castille, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Meffire Charles François
de Chasteauneuf de Roche
Bb ij
192 MERCURE
bonne , Evêque Comte de:
Noyon , Pair de France , pric :
féance au Parlement le 17.)
Janvier:
Le 26. M le Duc d'Offone!
traita magnifiquement le
Duc de Shrewsburio Am
baffadeur d'Angleterre , &
plufieurs autres Seigneurs &
Dames :
Mi le Duc d'Offonne :
defcend de la Maifon d'Acuña
, qui cft la cinquième
famille dans le Corps de
celle d'Italie & d'Espagne ,
& porte aujourd'huyle
nom de Tellez-Giron , depuis
GALANT 293
I
le mariage de D. Martin
Vafquez d'Acugna avec
Therefe fille & heritiere
Alphonse Tellez - Giron
Seigneur de Frufofe du Gr
ron , à caufe de fa mere , &
ce qui continue encore aujourd'huy
, & fut pere de
Jean Pacheco , & de Pierre
Giron ; le premier eft Chef
de la famille de Jean Pacheco
Ducs d'Efcalogne ; & la fecond
conferva le nom de
Tellez Giron. Ce Pierre Gi
ron a effe Maitre de l'Ordre
de Galatrava , & mourut en
1466. Cefur en la faveur de
*
Bb iij
294 MERCURE
fon arriere - petit- fils que le
Roy Philippe II . créa Offone
Ville d'Andaloufie , en Duché
en 1562. pour les aînez
defcendus de luy , duquel
defcend :
EX
François - Marie Paul Tellez
Giron 6 Duc d'Offone ,
5. Marquis de Penafiel , de
Fromefta & de Caracena, 10
Comte d'Uregan , fils du Duc
Gafpard Tellez Giron , Goaverneur
du Milanez, Confeil
ler d'Etat , & Grand Ecuyer
de la Reine d'Espagne . Il
mourut le 2 Juin 1694. & de
D. Anne- Antoinette de Bic
GALANT 295 .
navides Carillo de Tolede ,
Marquis de Fromeſta & de
Coracena fa feconde femme.
Il époufa au mois de Decem
bre 1694. D. Marie de Velafco
à Benavides , fille unique
de D. Inigo- Fernandez .
de Velafco & Touar dixiéme
Goneftable de Caftille ,
& huitiéme Duc de Frias ,
de laquelle il a des enfans.
Le Duc d'Offonne porte,
fes Armes coupé le chef.
parti de Caftille & de
Leon , & la pointe emmenchée
d'or & de gueules , qui
eft de Giron , mais il doit en296
MERCURE
core porter une bordure
échiquetée d'or & de gueules
de trois trajets chargée de
cinq écuffons de Portugal
qui font à caufe de fon origine
de la Maifon d'Acugna;
ce que nous ne voyons pas
en France qu'il a porté , fe
contentant fimplement des
Armes de Caftille , de Leon ,
& de Giron , comme je l'ay
dit ci- deffuso
Meffire Charles François
de Chasteauneuf de Roche
Bb ij
192 MERCURE
bonne , Evêque Comte de:
Noyon , Pair de France , pric :
féance au Parlement le 17.)
Janvier:
Le 26. M le Duc d'Offone!
traita magnifiquement le
Duc de Shrewsburio Am
baffadeur d'Angleterre , &
plufieurs autres Seigneurs &
Dames :
Mi le Duc d'Offonne :
defcend de la Maifon d'Acuña
, qui cft la cinquième
famille dans le Corps de
celle d'Italie & d'Espagne ,
& porte aujourd'huyle
nom de Tellez-Giron , depuis
GALANT 293
I
le mariage de D. Martin
Vafquez d'Acugna avec
Therefe fille & heritiere
Alphonse Tellez - Giron
Seigneur de Frufofe du Gr
ron , à caufe de fa mere , &
ce qui continue encore aujourd'huy
, & fut pere de
Jean Pacheco , & de Pierre
Giron ; le premier eft Chef
de la famille de Jean Pacheco
Ducs d'Efcalogne ; & la fecond
conferva le nom de
Tellez Giron. Ce Pierre Gi
ron a effe Maitre de l'Ordre
de Galatrava , & mourut en
1466. Cefur en la faveur de
*
Bb iij
294 MERCURE
fon arriere - petit- fils que le
Roy Philippe II . créa Offone
Ville d'Andaloufie , en Duché
en 1562. pour les aînez
defcendus de luy , duquel
defcend :
EX
François - Marie Paul Tellez
Giron 6 Duc d'Offone ,
5. Marquis de Penafiel , de
Fromefta & de Caracena, 10
Comte d'Uregan , fils du Duc
Gafpard Tellez Giron , Goaverneur
du Milanez, Confeil
ler d'Etat , & Grand Ecuyer
de la Reine d'Espagne . Il
mourut le 2 Juin 1694. & de
D. Anne- Antoinette de Bic
GALANT 295 .
navides Carillo de Tolede ,
Marquis de Fromeſta & de
Coracena fa feconde femme.
Il époufa au mois de Decem
bre 1694. D. Marie de Velafco
à Benavides , fille unique
de D. Inigo- Fernandez .
de Velafco & Touar dixiéme
Goneftable de Caftille ,
& huitiéme Duc de Frias ,
de laquelle il a des enfans.
Le Duc d'Offonne porte,
fes Armes coupé le chef.
parti de Caftille & de
Leon , & la pointe emmenchée
d'or & de gueules , qui
eft de Giron , mais il doit en296
MERCURE
core porter une bordure
échiquetée d'or & de gueules
de trois trajets chargée de
cinq écuffons de Portugal
qui font à caufe de fon origine
de la Maifon d'Acugna;
ce que nous ne voyons pas
en France qu'il a porté , fe
contentant fimplement des
Armes de Caftille , de Leon ,
& de Giron , comme je l'ay
dit ci- deffuso
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le texte relate des événements à Paris et mentionne plusieurs personnages notables. Le 26 janvier, le Duc d'Offone a accueilli magnifiquement le Duc de Shrewsbury, ambassadeur d'Angleterre, ainsi que d'autres seigneurs et dames. Le Duc d'Offone appartient à la maison d'Acuña, une des cinq principales familles d'Italie et d'Espagne, portant aujourd'hui le nom de Tellez-Giron. Cette lignée remonte au mariage de Don Martin Vazquez d'Acuña avec Thérèse, fille et héritière d'Alphonse Tellez-Giron. Leur fils, Pierre Giron, fut Maître de l'Ordre de Calatrava et mourut en 1466. Son arrière-petit-fils fut créé Duc d'Offone par le roi Philippe II en 1562. François-Marie-Paul Tellez-Giron, Duc d'Offone, est le fils du Duc Gaspard Tellez Giron, Gouverneur du Milanais, Conseiller d'État et Grand Écuyer de la Reine d'Espagne, décédé le 2 juin 1694. Le Duc d'Offone s'est marié en décembre 1694 avec D. Marie de Velasco à Benavides, fille unique de D. Inigo-Fernandez de Velasco et Touar, dixième Connétable de Castille et huitième Duc de Frias. Les armes du Duc d'Offone combinent des éléments de Castille, de Léon et de Giron.
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8183
p. 289-295
Nouvelles de Hollande.
Début :
Les Plenipotentiaires des Alliez continuent de tenir entre eux à [...]
Mots clefs :
Hollande, Plénipotentiaires, Tournay, Ministres, Garnison, Prince Eugène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Hollande.
Nouvelles de Hollande.
Les Plenipotentiaires des
Septembre 1712. Bb
136 MERGURE
Alliez continuent de tenir
entre eux à la Haye & à
Utrecht des conferences generales & particulieres fur
les affaires de la guerre pre
fente fans qu'on fçache
qu'ils Dayent encore pris
2
aucune refolution unanime.
Cependant ils paroiffent
plus difpofez que jamais
à confentir àunefufpenfion
d'Armes. On ne parle
point encore de tenir de
conference generale entre
les Miniftres des deux partis qui font en guerre; on
croir meime qu'elle nd ſc
2
GALANT. 123
tiendrampas encore fistoft
qu'on l'efperoit à cauſe du
different furvenu entre le
fieur Menager & la ficus
de Recheteren, l'un des
Plenipotentiaires des Etats
Generaux au fujet de leurs
domeſtiques dans la conference que les Miniftres des
Allez tinrent les Septem
bre Le Comte de Straford
declara de la part dea
Plenipotentiaires de France
que le Roy Trés Chreftien
demandoit une fatisfaction
publiquenfure cette affaire
avant que d'entrer en aus
B bij
191 MERCURE
cune autre negociation.
L'armée des Alliez quitta
le 3. Septembre le Camp
de Seclin & fur camper la
droire à Pont -à- Treffin ,
& la gauche prés de
Tournay.
Le Major General Keppel
Gouverneur de Bethune :
partit le 2 : Septembre pour
s'y rendre avec fon Regi
mont & celuy de LidenBoom. 22931
On a augmenté de fix
bataillons , la garnifon de
Tournay & on en a détaché dix autres qui campent
ada
GALANT. 293
à Marquette prés de l'Ifle ,
afin d'eftre à portée d'y entreren cas de befoin ; on
cherchoit les moyens de
jetter des vivres dans: Bou
chain & dans le Quefnay
& de retirer la groffe Artil
lerie qui eft dans cette derniere place.
Les Lettres de l'Armée
des Alliez du 12 Septembre
portent que le Prince Eus
gene voyant qu'il ne pous
voit pas empefcher la prifa
de Douay , & voulant s'op
pofer au fiege du Quefnoy,
ou du moins retirer l'Artil
Bb iij
194 MERCURE
}
à
toga
lerie qu'il y avoit laffée
aprés la levée du Siege de
Landrecies , fit pafferilen71
HEſcauta fon armée
Tournay & au-deffus , lė
8.il vintcamper à Leufe &
àCambron
Havre fur l'Haine , & ld
10. il paffa la Troüille &
mitla droiteà Saint Ghilain,
la gauche au deca du bois
oùle donna la bataille de
Malplaquet pil fire certa
marche avec une extreme
diligence cependant il ap,
prit par le Prince de Heffe
Caffel qu'il avoit détaché
#
GALANT 121
avec quarante Escadrons
qu'ilavaitéſtéprévenu par le
Maréchal de Villars qui
s'eftoit posté au deça - du
Quefnoy, ayant l'Hone ay
dovane kiyavoc de bons
retranchens.d
Les Plenipotentiaires des
Septembre 1712. Bb
136 MERGURE
Alliez continuent de tenir
entre eux à la Haye & à
Utrecht des conferences generales & particulieres fur
les affaires de la guerre pre
fente fans qu'on fçache
qu'ils Dayent encore pris
2
aucune refolution unanime.
Cependant ils paroiffent
plus difpofez que jamais
à confentir àunefufpenfion
d'Armes. On ne parle
point encore de tenir de
conference generale entre
les Miniftres des deux partis qui font en guerre; on
croir meime qu'elle nd ſc
2
GALANT. 123
tiendrampas encore fistoft
qu'on l'efperoit à cauſe du
different furvenu entre le
fieur Menager & la ficus
de Recheteren, l'un des
Plenipotentiaires des Etats
Generaux au fujet de leurs
domeſtiques dans la conference que les Miniftres des
Allez tinrent les Septem
bre Le Comte de Straford
declara de la part dea
Plenipotentiaires de France
que le Roy Trés Chreftien
demandoit une fatisfaction
publiquenfure cette affaire
avant que d'entrer en aus
B bij
191 MERCURE
cune autre negociation.
L'armée des Alliez quitta
le 3. Septembre le Camp
de Seclin & fur camper la
droire à Pont -à- Treffin ,
& la gauche prés de
Tournay.
Le Major General Keppel
Gouverneur de Bethune :
partit le 2 : Septembre pour
s'y rendre avec fon Regi
mont & celuy de LidenBoom. 22931
On a augmenté de fix
bataillons , la garnifon de
Tournay & on en a détaché dix autres qui campent
ada
GALANT. 293
à Marquette prés de l'Ifle ,
afin d'eftre à portée d'y entreren cas de befoin ; on
cherchoit les moyens de
jetter des vivres dans: Bou
chain & dans le Quefnay
& de retirer la groffe Artil
lerie qui eft dans cette derniere place.
Les Lettres de l'Armée
des Alliez du 12 Septembre
portent que le Prince Eus
gene voyant qu'il ne pous
voit pas empefcher la prifa
de Douay , & voulant s'op
pofer au fiege du Quefnoy,
ou du moins retirer l'Artil
Bb iij
194 MERCURE
}
à
toga
lerie qu'il y avoit laffée
aprés la levée du Siege de
Landrecies , fit pafferilen71
HEſcauta fon armée
Tournay & au-deffus , lė
8.il vintcamper à Leufe &
àCambron
Havre fur l'Haine , & ld
10. il paffa la Troüille &
mitla droiteà Saint Ghilain,
la gauche au deca du bois
oùle donna la bataille de
Malplaquet pil fire certa
marche avec une extreme
diligence cependant il ap,
prit par le Prince de Heffe
Caffel qu'il avoit détaché
#
GALANT 121
avec quarante Escadrons
qu'ilavaitéſtéprévenu par le
Maréchal de Villars qui
s'eftoit posté au deça - du
Quefnoy, ayant l'Hone ay
dovane kiyavoc de bons
retranchens.d
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Résumé : Nouvelles de Hollande.
En septembre 1712, les plénipotentiaires des puissances alliées se réunissent à La Haye et Utrecht pour discuter de la guerre en cours, mais sans parvenir à une résolution unanime. Ils envisagent cependant une suspension d'armes. Les négociations sont compliquées par un différend entre Menager et le fils de Recheteren, et par la demande du roi Très Chrétien d'une satisfaction publique avant toute négociation. Sur le front militaire, l'armée des Alliés se déplace de Seclin vers Pont-à-Treffin et Tournay le 3 septembre. Le major général Keppel, gouverneur de Béthune, rejoint cette région avec ses régiments. La garnison de Tournay est renforcée de six bataillons, tandis que dix autres bataillons sont positionnés à Marquette. Des efforts sont entrepris pour ravitailler Bouchain et le Quesnoy et pour retirer l'artillerie de cette dernière place. Le prince Eugène, ne pouvant empêcher la prise de Douai, déplace son armée vers Tournay et au-delà. Le 8 septembre, il campe à Leuze et Cambron, puis traverse la Troüille, positionnant ses troupes à Saint-Ghislain et au-delà du bois de Malplaquet. Cependant, il apprend que le maréchal de Villars l'a devancé en se postant près du Quesnoy avec des retranchements solides.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8184
p. 290-297
Nouvelles d'Italie.
Début :
On mande de Naples que le Viceroy a reçû un [...]
Mots clefs :
Italie, Naples, Cour de Vienne, Collateral, Vice-roi, Rebelles, Noblesse, Ordre de la Toison d'Or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Italie.
. Gibraltar;
.,
«
'J0n mande de Naples
queleViceroy a
reçû unf
ordre de Vienne par lequel
illuy est commandé depublier tquele-Royaumede
Naples, avoir été conquis
,
& que par consequent les
Barons étoient déchus de
leursj§çfs & deleursautres
avantages, que les Napolitains étoient regardés de la
Cour de Vienne comme des
sujetsrebelles quinemeritoient aucune grâce nyla
confirmation qu'ils demandoient de leurs privileges
;
cet ordre ayant été publié
dansleCollateral
,
causa
une surprise extraordinaire
par route la Ville, quoique
plusieurs affectionnez au
Gouvernement,fissentleurs
efforts pour appaiser le petit
ple,disant
que cette Decfâ*
ration ne regardait que It.
Barons. Le 11. Octobre
tous les Sieges & CÓfP'
s'assemblerent chacun dit,
particulier & resolurent d^
tenir une assemblée genetalc) le Viceroy qui en crai*
gnoit les suites manda
l'Eleu du peuple, & luy fit
des plaintes de ce qu'ilsouffroit que ces assembleés Te
fissent sans permission, qui
luy réponditqu'il n'avoit,
pu l'empêcher parce que
toute la Ville étoit émuë
de concert, & qu'iln'étoit
pas difficile de concevoir
qu'après avoir fait tant
d'efforts & donné tant de
preuve de zele pour la Maifan d'Autriche, nonseulement ils ne
pouvoient obtenir aucune des graces
qu'on leurs avoit promis
*
mais qu'onles traitoit de
sujets rebelles & de pris
conquis, ce qui leur persuadoit qu'on cherchoit des
prétextes -pour les ruiner
entierement;leViceroy luy"
dit qu'il entroit fort dans;
ces raisons, qu'il en informeroit au plûtôtla Cour
de vienne, & qu'afin de ne
pas rendre ses offres inutiles
il prioit le peuple de d/fierer
cette assemble generale jusqu'à ce qu'il eut reçûsréponse :
le peuple se bjffa:
persuader avec peine, les
Officiers Allemans pour in..
timider les Napolitains
publient qu'il viendra firo.-
mil hommes de nouvelle
Troupes pour les réduire à
leur devoir. D'autreslettres.
plus reccntcs portent que
le mécontentement public
cft fort augmenté à cause
des frequents emprisonnemens des personnes paisïbles qu'on arreste sur fa-.
moindre dénonciation &:
sur un soupçon, surtout
par l'emprisonnement du
Duc de Bisaccia Pignarelli,
Coulin du Prince de Cellamaré;iilétoit accuséd'avoir
eu correspondance avec le
Cardinal del Giudice fort
O'ncle,& fous ce pretexte
on envoya un Officier le
trouver à une de fcsTwres
où il luy iignifn l'ordre
de comparoistre devant
le Viceroy, fous peine de
trente mil Ecus, il fut
obligé de se faire porter à
Naples malgré une fievre
violente & ensuiteau Palais,
où il se justifia pleinement,
il fut renvoyé en samaison
où le lendemain il fut arrêté
& conduit au Château Saine
Elme où il est gardé étroitement. On assure que le
Prince dela Villa Caraccioli
& le Duc de Bruzzano Carassa, beau frere du Duc de
Popoliont été aussideman- t.
dés;la Cour de Vienne fait
ses efforts pour adoucir ces
procédés envers te principale Noblesse par des grâces
faites à quelques uns, ayaftt
envoyé la Toison d'or au
Prince de San SeveroSangro & à Don Livio
Odescalchi qui doit revenir à Naples pour la recevo
.,
«
'J0n mande de Naples
queleViceroy a
reçû unf
ordre de Vienne par lequel
illuy est commandé depublier tquele-Royaumede
Naples, avoir été conquis
,
& que par consequent les
Barons étoient déchus de
leursj§çfs & deleursautres
avantages, que les Napolitains étoient regardés de la
Cour de Vienne comme des
sujetsrebelles quinemeritoient aucune grâce nyla
confirmation qu'ils demandoient de leurs privileges
;
cet ordre ayant été publié
dansleCollateral
,
causa
une surprise extraordinaire
par route la Ville, quoique
plusieurs affectionnez au
Gouvernement,fissentleurs
efforts pour appaiser le petit
ple,disant
que cette Decfâ*
ration ne regardait que It.
Barons. Le 11. Octobre
tous les Sieges & CÓfP'
s'assemblerent chacun dit,
particulier & resolurent d^
tenir une assemblée genetalc) le Viceroy qui en crai*
gnoit les suites manda
l'Eleu du peuple, & luy fit
des plaintes de ce qu'ilsouffroit que ces assembleés Te
fissent sans permission, qui
luy réponditqu'il n'avoit,
pu l'empêcher parce que
toute la Ville étoit émuë
de concert, & qu'iln'étoit
pas difficile de concevoir
qu'après avoir fait tant
d'efforts & donné tant de
preuve de zele pour la Maifan d'Autriche, nonseulement ils ne
pouvoient obtenir aucune des graces
qu'on leurs avoit promis
*
mais qu'onles traitoit de
sujets rebelles & de pris
conquis, ce qui leur persuadoit qu'on cherchoit des
prétextes -pour les ruiner
entierement;leViceroy luy"
dit qu'il entroit fort dans;
ces raisons, qu'il en informeroit au plûtôtla Cour
de vienne, & qu'afin de ne
pas rendre ses offres inutiles
il prioit le peuple de d/fierer
cette assemble generale jusqu'à ce qu'il eut reçûsréponse :
le peuple se bjffa:
persuader avec peine, les
Officiers Allemans pour in..
timider les Napolitains
publient qu'il viendra firo.-
mil hommes de nouvelle
Troupes pour les réduire à
leur devoir. D'autreslettres.
plus reccntcs portent que
le mécontentement public
cft fort augmenté à cause
des frequents emprisonnemens des personnes paisïbles qu'on arreste sur fa-.
moindre dénonciation &:
sur un soupçon, surtout
par l'emprisonnement du
Duc de Bisaccia Pignarelli,
Coulin du Prince de Cellamaré;iilétoit accuséd'avoir
eu correspondance avec le
Cardinal del Giudice fort
O'ncle,& fous ce pretexte
on envoya un Officier le
trouver à une de fcsTwres
où il luy iignifn l'ordre
de comparoistre devant
le Viceroy, fous peine de
trente mil Ecus, il fut
obligé de se faire porter à
Naples malgré une fievre
violente & ensuiteau Palais,
où il se justifia pleinement,
il fut renvoyé en samaison
où le lendemain il fut arrêté
& conduit au Château Saine
Elme où il est gardé étroitement. On assure que le
Prince dela Villa Caraccioli
& le Duc de Bruzzano Carassa, beau frere du Duc de
Popoliont été aussideman- t.
dés;la Cour de Vienne fait
ses efforts pour adoucir ces
procédés envers te principale Noblesse par des grâces
faites à quelques uns, ayaftt
envoyé la Toison d'or au
Prince de San SeveroSangro & à Don Livio
Odescalchi qui doit revenir à Naples pour la recevo
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Résumé : Nouvelles d'Italie.
Au XVIIIe siècle, à Naples, le vice-roi reçoit un ordre de Vienne annonçant la conquête du royaume, entraînant la perte des privilèges des barons et des Napolitains, désormais considérés comme des sujets rebelles. Cette nouvelle suscite surprise et mécontentement. Le 11 octobre, les sièges et corporations de la ville se réunissent pour organiser une assemblée générale. Le vice-roi, inquiet, demande de reporter cette assemblée jusqu'à une réponse de Vienne. Malgré les tentatives d'apaisement, le mécontentement s'intensifie à cause des arrestations arbitraires, comme celle du Duc de Bisaccia Pignarelli, accusé de correspondance avec le Cardinal del Giudice. D'autres nobles, tels que le Prince de la Villa Caraccioli et le Duc de Bruzzano Carassa, sont également menacés. La Cour de Vienne tente de calmer les esprits en accordant des grâces à certains nobles, comme la Toison d'or au Prince de San Severo Sangro et à Don Livio Odescalchi.
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8185
p. 287-296
IDYLLE SUR LA PAIX.
Début :
Je vous envoye les Vers qui y furent chantez, ils sont / Un plein repos favorise vos voeux, [...]
Mots clefs :
Paix, Repos, Voeux, Délices, Désirs, Terreur, Jardins, Enfers, Ennemis, Roi victorieux, Esprit, Héros, Foudre, Destinée
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texteReconnaissance textuelle : IDYLLE SUR LA PAIX.
Je vous
envoye lesVers qui y furent
chantez , ils font de M. Racine
Tréforier de France, de
288 MERCURE
l'Académie Françoiſe. Ileft
connu par un fi grand nombre
de beaux Ouvrages , que
fon nom fait fon Eloge.
IDYLLE
SUR LA PAIX.
N plein repos favorife vos
UN
voeux
Peuples , chantez la Paix qui nous
rend tous beurcux.
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
ca
Charmante Paix , délices de la Terre,
Fille
GALANT. 289
Fille du Ciel, & mere des Plaiſirs,
Tu reviens combler nos defirs,
Tu bannis la Terreur , & les triftes
Soupirs
Malheureux enfans de la Guerre.
*3
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
03
Tarends le Fils àfa tremblăte Mere.
Par toy la jeune Epoufe fpere
D'eftre long- temps unie à ſon Epoux
aimé.
De ton retour le Laboureur charmé
Ne craint plus deformais , qu'une
main étrangere
Moiffonne avant le temps le champ
qu'il afemértás, a
(nouvelle.
Tu pares nos Jardins d'une grace
3
Fuillet 1685.
Bb
290 MERCURE
Turends le jour plus pur , & la terre
*3 (plus belle.
Un plein repos favorife nos voeux ,
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
Mais quelle main puissante &fecourable
A rappellé du Ciel cette Paix adorable
?
Quel Dieu fenfible aux vaux de
l'Univers
A replongé la Difcorde aux Enfers?
*3
Déja grondoient les borribles tonnerres
Par quifont brifez les rempars.
Déja marchoit devant les étendars
Bellone les cheveux épars ,
Et fe flattoit d'éternifer les guerres
GALANT 291
Que fa fureurSouffloit de toutes
parts.
Divine Paix, appren- nous par quels
charmes
Un calme fi profond fuccede à tant
d'allarmes ?
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux vous a fait ce
loifir.
Ca
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
PA
Ses Ennemis offensez de fa gloire
Vaincus cent fois , & cent fois fupplians,
Bb ij
292 MERCURE
En leurfureur de nouveau s'oublians
Ont ofé dans fes bras irriter la vi-
Etoire.
C
Qu'ont- ils gagné ces Efprits or
gueilleux
Qui menaffoient d'armer la terre entiere
? ST
Ils ont veu de nouveau refferrer leur
*
Luxembourg.
frontiere.
Ils ont veu ce * Roc foureilleux
Deleur orgueil l'efperance derniere,
De nos champs fortunez devenir la
barriere.
**
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Vn Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
03
Son bras eft craint du couchant à
l'Aurore.
GALANT. 293
La foudre quand il vent tombe aux
Climats gelez ,
Etfur les bords par le Soleil brûlez.
De fon couroux vangeur fur le rivage
More
La terre fume encore.
Malheureux les Ennemis
De ce Prince redoutable !
Heureux les Peuples foumis
Afon empire équitable !
Chantons, Bergers, & nous réjouif
fons.
Qu'il foit le fujet de nos feftes.
Le calme dont nous joüiſſons
N'eft plus fujet aux tempeftes.
Chantons, Bergers , & nous réjouif
fons .
Qu'il foirlefujet de nosfeftes.
Le bonheur dont nous joüions:
Bb iij
294 MERCURE
Le flate autantque toutes fes conque-
(Ates.
De ces lieux l'éclat & les attraits ,
Ces fleurs odorantes ,
Ces eaux bondiffantes ,
Ces ombrages frais ,
Sont des dons de fes mains bienfaifantes.
De ces Lieux l'éclat & les attraits
Sont des fruits de fes bien faits.
RA
Il veut bien quelquefois vifiter nos
bocages.
Nos Iardins ne luy déplaifentpas.
Arbres épais,redoublez vos obrages.
Fleurs , naiffez fous fes pas
RA
O Ciel ! ôfaintes Deftinées !
Qui prenezfoin de fes jours florif
fans ,
Retranchez de nos ans
GALANT. 295
Pour ajoûter à fes années.
**
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'avec luy foit toûjours la Paix
ou la Victoire.
Que le cours de fes ans dure autant
que
le cours
De la Seine & de la Loire.
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'il vive autant que fa gloire.
Ces Vers avoient efté mis
en Mufique par M. de Lully.
Il n'a jamais mieux réüffi
qu'en cette occafion. Les
grands Airs eftoient fi bien
meflez avec les Airs Cham-
Bb iiij
296 MERCURE
peftres , que chacun y trouvoit
dequoy fe fatisfaire felon
fon gouft. Cét Idille fut
chanté par les plus belles
voix de l'Opera .
envoye lesVers qui y furent
chantez , ils font de M. Racine
Tréforier de France, de
288 MERCURE
l'Académie Françoiſe. Ileft
connu par un fi grand nombre
de beaux Ouvrages , que
fon nom fait fon Eloge.
IDYLLE
SUR LA PAIX.
N plein repos favorife vos
UN
voeux
Peuples , chantez la Paix qui nous
rend tous beurcux.
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
ca
Charmante Paix , délices de la Terre,
Fille
GALANT. 289
Fille du Ciel, & mere des Plaiſirs,
Tu reviens combler nos defirs,
Tu bannis la Terreur , & les triftes
Soupirs
Malheureux enfans de la Guerre.
*3
Vn plein repos favorife nos voeux.
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
03
Tarends le Fils àfa tremblăte Mere.
Par toy la jeune Epoufe fpere
D'eftre long- temps unie à ſon Epoux
aimé.
De ton retour le Laboureur charmé
Ne craint plus deformais , qu'une
main étrangere
Moiffonne avant le temps le champ
qu'il afemértás, a
(nouvelle.
Tu pares nos Jardins d'une grace
3
Fuillet 1685.
Bb
290 MERCURE
Turends le jour plus pur , & la terre
*3 (plus belle.
Un plein repos favorife nos voeux ,
Chantons , chantons la Paix qui nous
rend tous heureux .
Mais quelle main puissante &fecourable
A rappellé du Ciel cette Paix adorable
?
Quel Dieu fenfible aux vaux de
l'Univers
A replongé la Difcorde aux Enfers?
*3
Déja grondoient les borribles tonnerres
Par quifont brifez les rempars.
Déja marchoit devant les étendars
Bellone les cheveux épars ,
Et fe flattoit d'éternifer les guerres
GALANT 291
Que fa fureurSouffloit de toutes
parts.
Divine Paix, appren- nous par quels
charmes
Un calme fi profond fuccede à tant
d'allarmes ?
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux vous a fait ce
loifir.
Ca
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Un Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
PA
Ses Ennemis offensez de fa gloire
Vaincus cent fois , & cent fois fupplians,
Bb ij
292 MERCURE
En leurfureur de nouveau s'oublians
Ont ofé dans fes bras irriter la vi-
Etoire.
C
Qu'ont- ils gagné ces Efprits or
gueilleux
Qui menaffoient d'armer la terre entiere
? ST
Ils ont veu de nouveau refferrer leur
*
Luxembourg.
frontiere.
Ils ont veu ce * Roc foureilleux
Deleur orgueil l'efperance derniere,
De nos champs fortunez devenir la
barriere.
**
Un Heros , des mortels l'amour &
le plaifir ,
Vn Roy victorieux nous a fait ce
loifir.
03
Son bras eft craint du couchant à
l'Aurore.
GALANT. 293
La foudre quand il vent tombe aux
Climats gelez ,
Etfur les bords par le Soleil brûlez.
De fon couroux vangeur fur le rivage
More
La terre fume encore.
Malheureux les Ennemis
De ce Prince redoutable !
Heureux les Peuples foumis
Afon empire équitable !
Chantons, Bergers, & nous réjouif
fons.
Qu'il foit le fujet de nos feftes.
Le calme dont nous joüiſſons
N'eft plus fujet aux tempeftes.
Chantons, Bergers , & nous réjouif
fons .
Qu'il foirlefujet de nosfeftes.
Le bonheur dont nous joüions:
Bb iij
294 MERCURE
Le flate autantque toutes fes conque-
(Ates.
De ces lieux l'éclat & les attraits ,
Ces fleurs odorantes ,
Ces eaux bondiffantes ,
Ces ombrages frais ,
Sont des dons de fes mains bienfaifantes.
De ces Lieux l'éclat & les attraits
Sont des fruits de fes bien faits.
RA
Il veut bien quelquefois vifiter nos
bocages.
Nos Iardins ne luy déplaifentpas.
Arbres épais,redoublez vos obrages.
Fleurs , naiffez fous fes pas
RA
O Ciel ! ôfaintes Deftinées !
Qui prenezfoin de fes jours florif
fans ,
Retranchez de nos ans
GALANT. 295
Pour ajoûter à fes années.
**
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'avec luy foit toûjours la Paix
ou la Victoire.
Que le cours de fes ans dure autant
que
le cours
De la Seine & de la Loire.
Qu'il regne ce Heros , qu'il triomphe
toûjours.
Qu'il vive autant que fa gloire.
Ces Vers avoient efté mis
en Mufique par M. de Lully.
Il n'a jamais mieux réüffi
qu'en cette occafion. Les
grands Airs eftoient fi bien
meflez avec les Airs Cham-
Bb iiij
296 MERCURE
peftres , que chacun y trouvoit
dequoy fe fatisfaire felon
fon gouft. Cét Idille fut
chanté par les plus belles
voix de l'Opera .
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Résumé : IDYLLE SUR LA PAIX.
L'idylle dédiée à Jean Racine célèbre la paix, présentée comme une source de bonheur et de repos pour les peuples. La paix est décrite comme une fille du ciel et mère des plaisirs, chassant la terreur et les soucis engendrés par la guerre. Elle permet aux familles de se réunir et aux agriculteurs de travailler sans crainte. Le texte loue un héros, un roi victorieux, qui a restauré la paix après des conflits. Ce roi est redouté par ses ennemis et aimé par ses sujets, incarnant à la fois la paix et la victoire. L'idylle exprime des vœux pour la longévité et le triomphe perpétuel de ce héros. Les vers ont été mis en musique par Jean-Baptiste Lully et interprétés par les meilleures voix de l'Opéra.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8186
p. 1787-1803
LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. sur l'Apologie des Normands, &c.
Début :
IL y a, M. quelques-tems qu'en me faisant plusieurs questions au sujet de mon [...]
Mots clefs :
Normands, Orateur, Normandie, Nation, Esprit, Évêque de Bayeux, Caen, Vertus, Province, Pierre Corneille, Apologie, Compatriotes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. sur l'Apologie des Normands, &c.
LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le
Marquis de B. fur l'Apologie des
Normands , & c.
Lya , M. quelque tems qu'en me fai-
I fant plufieurs questions au fujet de mon
Voyage Litteraire de Normandie , dont vous
avez depuis lû tout le Manuſcrit , vous me
fîtes auffi l'honneur de me propofer de donner
dans cet ouvrage un mot d'Apologie de
la Nation Normande ; je n'ignore pas le
bien & le mal qu'on en a dit & qu'on en dit
encore tous les jours , Nation , dis-je , fi in- .
genieufe , fi fage , fi vertueufe. Je pris , M.
la liberté de répondre que je me garderois
bien de me donner cette peine , & qu'elle
n'en a pas béfoin , pour détruire , une prévention
des plus mal fondées. Si j'avois été
alors mieux inftruit , ma réponſe auroit été
plus précife & plus fatisfaiſante. Oüi , M.
j'ignorois alors qu'un habile Profeffeur de
Rhétorique du Collège des Jéfuites de Caën
avoit prononcé un fort beau Difcours fur
ce fujet au mois de Novembre 1743.J'ignorois
en même-tems qu'un de mes amis de
cette Ville m'en avoit envoyé , peu de jours
après la prononciation , un fort bon Extrait,
Dij le1788
MERCURE DE FRANCE .
lequel Extrait je n'ai cependant reçû qu'au
commencement de ce mois d'Août. Je vais
M. le mettre ici fous vos yeux , perfuadé
que vous en ferez content , & que le Public ,
& toute la Nation , fi folidement juſtifiée ,
m'en fçauront gré.
APOLOGIE DES NORMANDS , par le
R. P. Du Parc , Profeffeur de Rhétorique
an College des Jéfuites de Caën , prononcée
au mois de Novembre 1743 .
que
dit
L'Orateur n'en veut qu'à des Cenfeurs
l'Envie arme contre les Normands : adverfus
invidos Normannorum Cenfores , c'eſt
le Titre de fa Harangue : pour le juftifier
il s'appuye de l'autorité d'un Ancien , qui a
que l'Envie s'élève toujours contre la fupériorité
du inérite , ou du rang . Non moins
étonné de la patience inépuifable de fes Compatriotes
, que de l'acharnement de leurs
Cenfeurs , il remonte jufqu'à l'origine de
ces injuftes préventions , & il en fixe l'Epoque
( que peut-être on pourroit reculer
un peu plus loin ) à ces Siècles où les Normands
, unis aux Neuftriens , effrayoient
également la France & l'Allemagne , l'Italie
& la Sicile. Les Peuples vaincus ne fe vengerent
de leurs défaites , qu'en faifant paffer
la bravoure de ces Vainqueurs pour fureur
barAOUST.
17440 1789
› barbare & leur Sageffe pour fourberie
odieufe. Depuis ces Siècles fameux , on n'a
point rendu juftice aux Normands ; on a
décrié ou diffimulé leurs Vertus , on a groffi
leurs défauts. L'Orateur entreprend , 1º. de
venger ce mérite calomnié ; 2 °. d'excufer
ces défauts exagerés.
Par la fimplicité de ce début , on voit
bien qu'on n'aura point à effuyer les clameurs
& l'enthoufiafme d'un Apologiſte
outré. Trop fage & trop judicieux pour
fuppofer que la Patrie ait befoin d'une
Apologie fort véhémente , l'Orateur laiffe
fentir , fans le dire , que le Préjugé qu'il
attaque , n'eft plus gueres que populaire ; il
mefure fes efforts à la foibleffe de fon ennemi.
PREMIERE PARTIE.
La valeur dans la Guerre , le fuccès dans
les Arts Liberaux , la ferveur dans la Piété
& dans la Religion , voilà les Vertus don't
nos differentes Provinces ont fait entr'elles
un partage abfolu , à l'exclufion de la Normandie
, à qui on n'a laiffé d'autre mérite
que celui d'une frauduleufe induſtrie &
d'une mauvaiſe foi , contraires aux Loix de
la Société. L'Orateur , pour faire fentir Finjuftice
d'une excluſion fi honteuſe à fa Pa-
Diij trie
1790 MERCURE DE FRANCE.
trie , commence par établir fon droit aux
Vertus Militaires.
Les hauts faits d'Armes du fameux Guifcard
, qui n'avoit pour efcorte que dix braves
Normands ; les Exploits merveilleux de
Guillaume le Conquérant , du vaillant Richard
, & de l'intrépide Robert , Ducs de
Normandie , font des Titres immortels &
inconteftables de la bravoure Normande.
Le P. Du Parc joint ici une ingénieux recit
d'une Expédition , dans laquelle de jeunes
Normands défirent une troupe nombreuſe
& formidable de Brigands. Les Camillis
les d'Eftampes , les d'Harcourts , les Louvignis
, les Brezés , les Tourvilles ne font pas
oubliés , non plus que M. de Guerchois
Eléve de Vendôme , & Compagnon de
Villars , & le Maréchal de Coigny , le
Vainqueur de Guaftalle. Quoique l'Encens ,
que l'on donne ici à ces Héros , ne doive
brûler qu'en l'honneur de leur Province
cependant la vapeur en eft fi douce , qu'ils
ne fçauroient manquer d'y être fenfibles.
>
Des Champs de Mars , l'Orateur paffe
dans les Temples de Pallas & des Muſes , où
fes Compatriotes ne figurent pas avec moins
d'avantage. On décrit ici le caractere de la
plupart des Auteurs , qui ont illuftré la Normandie
, Alexandre , Daniel , Legendre
Vertot, Brébeuf, les deux Corneilles, Porée,
FonAOUST.
1744. 1791
,
Fontenelle , &c. font repréfentés fi heureu
fement , qu'on ne fçait lequel on doit le
plus admirer , ou l'Erudition & l'Intelli-
-gence , ou le Pinceau & le Coloris du Peintre
Orateur. Voici le Parallele qu'on y fait
des Peres Alexandre & Daniel. Les gens
inftruits connoiffent le mérite fupérieur
quoiqu'inégal ,de ces deux Rivaux ; on fera
charmé de les voir péfés dans la même Balance
, & plus encore de voir que fi elle
panche d'un côté , c'eft une Critique fage &
éclairée qui l'y détermine , fans recevoir le
poids qu'un intérêt particulier auroit pû y
jetter.
Si je gardois le filence fur ces deux cé-
» lébres Ecrivains , l'Hiftoire s'en plaindroit
» avec juftice. L'un fut un prodige incroya
» ble de Mémoire & d'Erudition ; fon ftyle
>> eft auffi grave que fon fujet ; toujours vaf-
» te , toujours fécond dans fes fçavantes élu-
>> cubrations , il ne lui a manqué que d'être
»toujours également fain dans fa Doctrine ,
de forte que fi on retranchoit quelque
chofe de fon Ouvrage , ce feroit en aug-
»menter le prix. L'autre eft un Sçavant ,
>> dont le goût eft sûr , le jugement exquis ,
» l'efprit net , & l'érudition bien digerée .
» Sincére dans fon Hiftoire , en rendant
juftice au mérite des François , il n'a fait
»aucune grace à leurs défauts. Partout il
>>
Diiij »>y
1792 MERCURE DE FRANCE.
» y porte fi loin la précifion & l'exacti-
» tude , qu'on ne peut y rien ajoûter ,
» ni en rien retrancher , fans que la Vé-
» rité en fouffre . Ces deux. Grands Hom-
: mes méfurerent leurs forces dans un Combat
fingulier , l'Action für vive , & fit
honneur aux deux Rivaux. L'un comptoit
moins fur la bonté de fes armes , que fur fa
vigueur perfonnelle ; l'autre, avec autant de
courage , & plus de précaution , combattoit
fans frayeur , comme il triomphoit fans
fafte ; auffi étoit- ce un Athléte éprouvé ,
dont la Philofophie & la Théologie avoient
fouvent couronné la valeur & l'adreffe ..
L'Orateur , en nous difant que l'un des
deux Athlétes fe défioit de fes propres armes
, veut fans doute , excufer le premier ,
& nous infinuer qu'étant voilé par état à un
Systême , il donnoit nécellairement trop de
prix à fon Emule , qui pour prendre mieux
fon avantage
s'étoit fagement borné à
comparer Systême à Systême , & à oppoſer
principe à principe , conféquence à confé-
-quence .
Après l'Hiftoire & l'Epopée , le P. Du
Parc introduit la Tragédie. " Ellc me re-
» procheroit , dit -il , ce filence injurieux au
grand Corneille , cet Illuftre Normand ,
dont le mérite eft trop élevé , pour que
nos Eloges ou nos Cenfures puiffent l'at-
» teindre.
A OUST. 1744. 1793
>>
>>
, י
» teindre. D'autres ont peut-être la Verfifi-
» cation plus coulante , l'expreffion plus pu--
» re , le ftyle plus chatié , mais aucun n'a ,
» comme lui , cette grandeur dans les idées ,
>> cette élévation dans les fentimens , cette
>> nobleffe dans les Maximes , cette variété
» dans les Intrigues , qui frappe l'efprit ,
» étonne l'imagination , ébranle l'ame toute
» entiere , & tranfporte un Lecteur hors de
»lui-même ,fans qu'il puiffe réfifter au mou
» vement qui l'entraîne. Quelle vivacité ,
quelle richeffe dans les couleurs qu'il em
»ploye pour peindre les Héros ! Non que
»fes Portraits foient , comme on le lui a re-
>> proché , l'Ouvrage d'une heureufe Imagi
» nation , qui repréfente les Perfonnages ,
» moins tels qu'ils furent , que tels qu'ils
» dûrent être. Le Pinceau de Corneille est
>> fi vrai , fes traits conviennent fi-bien au
caractere de chaque Nation , qu'en lifant
fes Tragédies , on fe croit dans la compa-
>> gnie des Héros qu'il fait parler. Rome &
»Carthage exiftent dans l'efprit du Lecteus ,
»ou plûtôt fon coeur devient le Théatre des
>>>Guerres cruelles , que la Rivalité alluma
entre ces Républiques ennemies , & des
» Combats furieux , où leur haine invétérée
» s'affouvit de fang. Corneille trouva la Scé-
»ne Françoife fouillée par la licence , déf
» gurée par la barbarie , dégradée par lar
D.Yv Druf
1794 MERCURE DE FRANCE .
"
&
» rufticité . On ne peut lui difputer la gloire
» d'en avoir été le Pere , en la purgeant
» la délivrant de ces monftres , & d'y avoir
» ramené la pudeur , la décence & le bon
goût , en prenant pour modéle le févére
» & vertueux Sophocle . Corneille fçavoit
» que l'Amour , quand il joue le premier
» rôle au Théatre , ne peut s'y affujettir aux
» régles de la bienféance , & qu'il prétend
» y tyrannifer toutes les autres paffions ; loin
» de flater fon injurieufe molleffe , il ofa lui
arracher fon flambeau , dont l'ardeur avoit
déja commencé fes ravages fur la Scéne..
» Parmi plufieurs avantages finguliers , ce
génie fublime & divin a celui de s'élever
» haut , quand il prend fon effor , que fi
"perfonne ne peut en approcher , & celui
""
de nous forcer à l'admirer , fouvent même
» jufques dans fa chûte ou dans fes écarts.
» Le Frere du Grand Corneille ne lui fut
» pas plus uni par les liens du fang , que par
» la conformité d'inclinations. Nulle diffe-
» rence entre leur caractere ; dans le com-
» merce de la vie ils avoient l'efprit auff
plein de droiture & d'équité , que de fail-
»lies & d'agrémens dans leurs ingénieufes
»fictions ; leurs talens cependant ne font
»pas comparables. L'un , né pour le Tragi-
» que , fait fur le Théatre trembler le vice-
» au bruit de fon tonnerre. L'autre , Comi-
99
» que
AOUST. 1744.
1795
*99*
que & enjoué, l'y fait rougir & fe cacher
» à l'éclat des rifées , qui l'y accueillent .
» Cependant l'un n'a pas feulement plus de
magnificence & de majesté que l'autre , il
» a encore plus de nerf & de force . On di-
» roit que la Nature a partagé les talens entre
les deux Corneilles , comme la Coûtu-
» me de Normandie partage les biens entre
les freres uniquement jaloufe de bien
» pourvoir les aînés , elle laiffe le foin des
»cadets & de leur fortune à leur travail &
» à leur induſtrie. "
La troifiéme Subdivifion roule fur la Piété
des Normands . Le P. D. s'y trouve trop
chargé de matiere , pour pouvoir s'étendre
beaucoup . L'Eglife eft aflés magnifique dans
les Edifices & affés riche dans les revenus
qu'elle poffede en Normandie , pour qu'on
ne puiffe refufer aux Normands la gloire
d'une Piété généreufe & folide. L'Orateur ,
fans prefque s'y arrêter , à l'occafion des
inondations qui défolerent cette Province:
il y a peu d'années, rappelle à fes auditeurs
le fouvenir des pieufes contributions , que
M. l'Evêque de Bayeux , par la voye de
l'exemple & du zéle , impofa fur l'opulence
charitable de fes Diocèfains. On croiroit
voir l'ardeur de l'Illuftre Prélat , dont le
zéle tendre , humble , actif , univerfel , fent
toutes les miſéres , defcend dans tous les dé-
D vj
tails ,
#796 MERCURE DE FRANCE.
tails , fe multiplie dans tous les Lieux ,
pourvoit à tous les befoins ..
&
On pourroit demander pourquoi l'Orateur
ne s'étend pas davantage fur les loiianges
de M .. l'Evêque de Bayeux ; il avoit
prévenu cette objection ; il en parle dans
I'Epitre dédiée à ce Prélar , dans laquelle il
paroît craindre & la mauvaiſe humeur de
quelques Cenfeurs chagrins , qui lui feront
un crime d'avoir trop vanté la Normandie ,
& la foibleffe de quelques Normands , qui
penferont peut- être qu'il devoit prendre
fes intérêts de fa Patrie avec plus de chaleur
, & ne pas fe contenter de l'excufer en
badinant..
Il vient enſuite à un autre reproche qu'il
appréhende, plus que tout le refte . Ĉ'eſt
d'avoir paffé fous filence dans le Compliment
qu'il fit à M. l'Evêque de Bayeux.,
Illuftre Maifon de Luynes , les : Grands
Hommes qu'elle a produits , leurs actions ,
leurs vertus , les qualités du coeur & de l'efprit
qui la diftinguent ; de n'avoir rien dit
de M. le Duc de Chevreufe , fi connu au
Siége de Prague par fa générofité , ſa libéralité
, fon courage , & par quatre bleffures
qu'il y reçût ; de n'avoir pas fait mention
de cette fermeté d'ame , jointe à la plus folide
piété , qui rend M. de Bayeux le foûtien
& l'appui de la Religion , dont il venge les
droits ,
A O UST. 1744. 1797
droits , fans aigreur & fans amertume , mais
conftamment & fans foibleffe ; de cette Eloquence
douce & infinuante , qui a ramené
plus d'une fois au fein de la Vérité les Efprits
les plus opiniâtres ; de cette affabilité
charmante , qui lui gagne tous les coeurs ,
& donne un nouveau prix à fes bienfaits ;
de cette vigilance Paftorale , de ce zéle pur
& univerfel , qui fe livre aux petits comme
aux grands , qui porte l'Illuftre Pafteur à
prêcher fon peuple jufqu'au milieu même
des Campagnes , expofé aux injures de l'Air,
& uniquement occupé des intérêts de fon
Troupeau : voilà , dit le P. D. ce qu'on me
reprochera , fans doute , d'avoir oublié
mais pour louer fi dignement une . Maifon
fi diftinguée , un Prélat d'un fi rare mérite ,
un Difcours auroit- il fuffi ? Et que feroit
alors devenue la Caufe des Normands ? Il
ajoûte encore une autre raifon qui doit l'exeufer
, c'eft que M. de Luynes , malgré cette
bonté facile , qui le rend fi affable envers
tout le monde , n'écoute pas volontiers ceux.
qui le loüent , & qu'il eft auffi attentif à
éviter les louanges qu'à les mériter. Ainfi il
y avoit deux écueils à craindre ; s'étendre
fur les louanges de ce digne Prélát , c'étoit
vouloir lui déplaire ; omettre des Vertus ,
fi univerfellement eftimées , c'étoit s'attirer
L'indignation du Public. Le P. D. a uſé de
i
l'à
1798 MERCURE DE FRANCE.
L
Padreffe ordinaire des Orateurs , pour tromper
la modeftie de M. de Luynes ; fon zéle ,
fa vigilance , fa bonté , fa charité , fes talens
Académiques , toutes ces qualités font
loüées fans affectation par des traits répandus
dans la premiere & dans la feconde
Partie ainfi " dans l'Epitre Dédicatoire.
que
Cette premiere Partie finit par l'Eloge de
'de M. le Cardinal de Fleury , que M. de
Bayeux a fi dignement remplacé à l'Acadé
mie Françoife , & dont la mémoire fera
toujours chere à la Ville de Caën , par les
aumônes que S. E. y répandoit , & par la
protection dont elle honoroit tous les Ordres
de la Province , & en particulier l'Univerfité
de Caën. Les fleurs que l'Orateur
jette en paffant fur le Tombeau de ce Miniftre
, font affés choifies être mêlées:
pour
aux plus belles dont on ait orné ſon Maufolée.
SECONDE PARTIE
En changeant de matiere , le P. D. change
de ton . Jufqu'ici il nous a enchanté ,
maintenant il va nous amufer . Pour loüer
fes Compatriotes , il a déployé les charmes
du génie le plus gracieux ; pour les excufer ,
il prodigue le fel de l'efprit le plus enjoué.
Là , c'eft un Difcours rempli de gravité &
de
AOUST. 1744. 1799
"
"
de nobleſſe ; ici , ce n'eft qu'une converſation
, j'ai prefque dit un badinage , plein de
légéreté & de fineffe. Ces genres , ſí éloignés
& fi oppofés , femblent fe rapprocher
& fe réconcilier pour prendre l'air élégant
& agréable , que l'Auteur donne à tous fes:
Portraits. On trouve celui d'un Normand
tiré d'après l'idée que s'en font les Cenfeurs
qu'on va confondre . « Ils le repréfentent
»ce Normand , toujours élevé fur une Rouë
»mobile , d'où il obferve de quel côté ſouf-
»fle le vent de la fortune ; les fraudes volti
»gent à l'entour de fa tête , & font rétentir
» à fes oreilles un bruit flateur ; la diffimula-
»tion compofe l'air de fon vifage , & régle
» le mouvement de fa langue ; la fineffe di-
» rige tous les regards , & préfide au jeu des
» muſcles moteurs , d'où dépend l'action ,
»ou plûtôt le langage des yeux , dociles aux
impreffions qu'elle leur tranfmet. Ceux ci
parlent & fe taifent à fon gré , fans jamais
trahir le fécret des fentimens & des pen-
» fées , dont ils font les interprétes naturels.
»Formé à l'école de la flaterie & de la poli-
» telſe , ſon coeur reçoit de l'une le miel
» qu'il diſtille , & de l'autre le mafque dont
»il fe couvre : Mercure y joint fes bons offi-
» ces , qui ne font pas indifferens ; ce Dieu ,
» d'un vol careffant , jouë & folâtre fans
»ceffe près du cher nourriffon ; il fecoue
»
66
» fur
1800 MERCURE DE FRANCE.
fur lui fes aîles légères , & en fait tomber
une pluye de rufes & d'artifices , dont
"Pavide Normand ne laiffe rien échaper.
Ici , on trouve en détail les differens défauts
qu'on reproche aux Normands ; pour
montrer la fauffeté de ces préjugés , le P. D.
fe contente d'en indiquer la vraye fource.
Les Normands , plus actifs qu'aucun autre
Peuple pour amaffer du bien , plus attentifs
à le conferver , plus habiles à l'augmenter ,
ont fertilifé jufqu'aux Rocs arides de leurs
Montagnes , & par la commodité de leurs.
Ports ont rendu leur Province le Magaſin
de l'Europe , & le centre de fon Commerce.
Voilà tout le fondement du reproched'intérêt
, dont on les a chargés.
On fe plaint que dans la Société ils ne
font ni affés francs , ni affés ouverts ; qu'en
amitié ils font froids ou infidéles. La plus
rapide excurfion en leurs Villes feroit bientôt
rendre juſtice à leur exacte politeffe & .à
leur louable fincerité. On ne fçauroit leur
en demander davantage , fans exiger ou plus
de rufticité , ou moins de difcrétion dans
leurs manieres.
On les accufe encore d'être peu fcrupuleux
fur les intérêts de la bonne- foi & de la
vérité , accufation fondée uniquement fur
leur attention à ne point parler d'eux - mêmes
, ni de leurs affaires , & à éviter par là
less
AOUST. 1744. 1801
les difputes où l'on s'expofe , en fatisfaiſant
une curiofité fotte & déplacée .
Sont-ils donc fi ennemis de la difpute &
des Procès ? Oui fans doute , & ce n'eft que
pour les éviter que toutes leurs affaires fe
traitent & fe terminent en Juftice réglée.
C'est ici que F'Orateur touche finement l'article
des témoins de Normandie , en faisant
obferver que nulle part ils ne s'expliquent
avec plus de jufteffe , de reſpect & de Religion
, & que pulle part leurs fautes ne
font punies avec tant de févérité que dans
la Jurifprudence Normande.
Enfin l'air de la Normandie eft , dit- on ,
fi contagieux , qu'aucun Etranger ne peut y
féjourner , fans gagner le mal du Pays . Mais
ce prétendu mal eft un vrai bien pour ces
Etrangers. En Normandie les Bretons deviennent
plus laborieux & plus induſtrieux;
les Gafcons plus modeftes , & moins fanfarons
, les Champenois plus fins & plus déliés
, &c.
A propos des préventions que les Parifiens
, malgré leur bonté naturelle , ne laiffent
pas de conferver contre les Normands ,
le P.D. nous fait le Portrait de certains Seigneurs
de cette Capitale , qui font leur féjour
en Normandie , & qui font exempts
des préjugés populaires.
22 Nous les voyons , dit-il , auffi élevés
í
»par
1802 MERCURE DE FRANCE
•
»
par leur Dignité qué par leur Naiffance.
»L'éclat qui les couvre eft fi temperé par la
bonté de leur caractere & par la douceur
de leurs manieres , qu'il nous eft permis
»de les approcher avec confiance , & de
jouir , fans contrainte , des charmes de
» leur commerce. Nous admirons dans leurs
»difcours & dans leurs Ecrits l'Erudition la
plus recherchée , qui s'y produit avec ces
graces faciles & aifées , qui ne coulent
» qu'avec le fang des Dieux dans les plus
»beaux génies ; nous y fentons ces tours.
>> heureux qu'une noble fimplicité leur four-
» nit , pour éclaircir les plus fombres matieres
, & pour embellir les plus abftraites.
»L'Orateur avoue qu'ils ne doivent point
»ces belles qualités au féjour de la Normandie
, mais qu'ils les ont apportées avec
» eux.
A ces traits , il eft aifé de reconnoître M.
l'Evêque de Bayeux , quoique le P. D. ne
l'ait pas nommé ; furtout l'Académie de
Caën , dont il eft le reftaurateur , ne peut
s'y méprendre.
Mais encore , d'où vient cette réputation
de duplicité , qu'on nous reproche , dit l'Orateur
? Apparemment de l'alliance des Normands
avec les Neuftriens , alliance qui forma
entre eux une union fi étroite , qu'un
Normand & un Neuftrien fembloient ne
faire
A O UST. 1744. 1803
faire qu'une même perfonne. Je fuis fâché
d'être obligé d'omettre dans cet Extrait les
beautés d'un Difcours , qui n'eft pas fufceptible
d'abrégé ; j'en demande pardon au P.
du Parc , fi ennemi de la diffufion & de la
prolixité , & en même- tems fi jaloux de la
propreté & du bon goût , qu'on diroit qu'en
Pere fage & oeconome, il ne refuſe à aucune
des idées qu'il enfante , la parure qui lui ,
convient le mieux , mais fans vouloir y
ajoûter aucun de ces ornemens qui , fans relever
une véritable beauté , ne peuvent flater
qu'une vanité capricieufe. On doit juger
de- là quels font le choix & la pureté du
Latin , la clarté & l'exactitude du ſtyle .
Le fuccès de cette Piéce prouve que le
goût de la faine Antiquité a encore des Partifans.
Je crois , M. en finiffant ma Lettre , que
non feulement vous conviendrez de cette
vérité , mais que vous avonerez qu'on ne
peut pas difculper plus avantageufement
une Nation , dont le mérite ne vous est pas
inconnu , vous , MM.. qquuii poffedez des Domaines
confidérables dans cette belle &
grande Province , qui d'ailleurs n'avez jamais
donné dans les Préjugés vulgaires , &
qui êtes également équitable & éclairé.
J'ai l'honneur d'être , M. &c.
A Paris ,le 14 Août 1744.
Marquis de B. fur l'Apologie des
Normands , & c.
Lya , M. quelque tems qu'en me fai-
I fant plufieurs questions au fujet de mon
Voyage Litteraire de Normandie , dont vous
avez depuis lû tout le Manuſcrit , vous me
fîtes auffi l'honneur de me propofer de donner
dans cet ouvrage un mot d'Apologie de
la Nation Normande ; je n'ignore pas le
bien & le mal qu'on en a dit & qu'on en dit
encore tous les jours , Nation , dis-je , fi in- .
genieufe , fi fage , fi vertueufe. Je pris , M.
la liberté de répondre que je me garderois
bien de me donner cette peine , & qu'elle
n'en a pas béfoin , pour détruire , une prévention
des plus mal fondées. Si j'avois été
alors mieux inftruit , ma réponſe auroit été
plus précife & plus fatisfaiſante. Oüi , M.
j'ignorois alors qu'un habile Profeffeur de
Rhétorique du Collège des Jéfuites de Caën
avoit prononcé un fort beau Difcours fur
ce fujet au mois de Novembre 1743.J'ignorois
en même-tems qu'un de mes amis de
cette Ville m'en avoit envoyé , peu de jours
après la prononciation , un fort bon Extrait,
Dij le1788
MERCURE DE FRANCE .
lequel Extrait je n'ai cependant reçû qu'au
commencement de ce mois d'Août. Je vais
M. le mettre ici fous vos yeux , perfuadé
que vous en ferez content , & que le Public ,
& toute la Nation , fi folidement juſtifiée ,
m'en fçauront gré.
APOLOGIE DES NORMANDS , par le
R. P. Du Parc , Profeffeur de Rhétorique
an College des Jéfuites de Caën , prononcée
au mois de Novembre 1743 .
que
dit
L'Orateur n'en veut qu'à des Cenfeurs
l'Envie arme contre les Normands : adverfus
invidos Normannorum Cenfores , c'eſt
le Titre de fa Harangue : pour le juftifier
il s'appuye de l'autorité d'un Ancien , qui a
que l'Envie s'élève toujours contre la fupériorité
du inérite , ou du rang . Non moins
étonné de la patience inépuifable de fes Compatriotes
, que de l'acharnement de leurs
Cenfeurs , il remonte jufqu'à l'origine de
ces injuftes préventions , & il en fixe l'Epoque
( que peut-être on pourroit reculer
un peu plus loin ) à ces Siècles où les Normands
, unis aux Neuftriens , effrayoient
également la France & l'Allemagne , l'Italie
& la Sicile. Les Peuples vaincus ne fe vengerent
de leurs défaites , qu'en faifant paffer
la bravoure de ces Vainqueurs pour fureur
barAOUST.
17440 1789
› barbare & leur Sageffe pour fourberie
odieufe. Depuis ces Siècles fameux , on n'a
point rendu juftice aux Normands ; on a
décrié ou diffimulé leurs Vertus , on a groffi
leurs défauts. L'Orateur entreprend , 1º. de
venger ce mérite calomnié ; 2 °. d'excufer
ces défauts exagerés.
Par la fimplicité de ce début , on voit
bien qu'on n'aura point à effuyer les clameurs
& l'enthoufiafme d'un Apologiſte
outré. Trop fage & trop judicieux pour
fuppofer que la Patrie ait befoin d'une
Apologie fort véhémente , l'Orateur laiffe
fentir , fans le dire , que le Préjugé qu'il
attaque , n'eft plus gueres que populaire ; il
mefure fes efforts à la foibleffe de fon ennemi.
PREMIERE PARTIE.
La valeur dans la Guerre , le fuccès dans
les Arts Liberaux , la ferveur dans la Piété
& dans la Religion , voilà les Vertus don't
nos differentes Provinces ont fait entr'elles
un partage abfolu , à l'exclufion de la Normandie
, à qui on n'a laiffé d'autre mérite
que celui d'une frauduleufe induſtrie &
d'une mauvaiſe foi , contraires aux Loix de
la Société. L'Orateur , pour faire fentir Finjuftice
d'une excluſion fi honteuſe à fa Pa-
Diij trie
1790 MERCURE DE FRANCE.
trie , commence par établir fon droit aux
Vertus Militaires.
Les hauts faits d'Armes du fameux Guifcard
, qui n'avoit pour efcorte que dix braves
Normands ; les Exploits merveilleux de
Guillaume le Conquérant , du vaillant Richard
, & de l'intrépide Robert , Ducs de
Normandie , font des Titres immortels &
inconteftables de la bravoure Normande.
Le P. Du Parc joint ici une ingénieux recit
d'une Expédition , dans laquelle de jeunes
Normands défirent une troupe nombreuſe
& formidable de Brigands. Les Camillis
les d'Eftampes , les d'Harcourts , les Louvignis
, les Brezés , les Tourvilles ne font pas
oubliés , non plus que M. de Guerchois
Eléve de Vendôme , & Compagnon de
Villars , & le Maréchal de Coigny , le
Vainqueur de Guaftalle. Quoique l'Encens ,
que l'on donne ici à ces Héros , ne doive
brûler qu'en l'honneur de leur Province
cependant la vapeur en eft fi douce , qu'ils
ne fçauroient manquer d'y être fenfibles.
>
Des Champs de Mars , l'Orateur paffe
dans les Temples de Pallas & des Muſes , où
fes Compatriotes ne figurent pas avec moins
d'avantage. On décrit ici le caractere de la
plupart des Auteurs , qui ont illuftré la Normandie
, Alexandre , Daniel , Legendre
Vertot, Brébeuf, les deux Corneilles, Porée,
FonAOUST.
1744. 1791
,
Fontenelle , &c. font repréfentés fi heureu
fement , qu'on ne fçait lequel on doit le
plus admirer , ou l'Erudition & l'Intelli-
-gence , ou le Pinceau & le Coloris du Peintre
Orateur. Voici le Parallele qu'on y fait
des Peres Alexandre & Daniel. Les gens
inftruits connoiffent le mérite fupérieur
quoiqu'inégal ,de ces deux Rivaux ; on fera
charmé de les voir péfés dans la même Balance
, & plus encore de voir que fi elle
panche d'un côté , c'eft une Critique fage &
éclairée qui l'y détermine , fans recevoir le
poids qu'un intérêt particulier auroit pû y
jetter.
Si je gardois le filence fur ces deux cé-
» lébres Ecrivains , l'Hiftoire s'en plaindroit
» avec juftice. L'un fut un prodige incroya
» ble de Mémoire & d'Erudition ; fon ftyle
>> eft auffi grave que fon fujet ; toujours vaf-
» te , toujours fécond dans fes fçavantes élu-
>> cubrations , il ne lui a manqué que d'être
»toujours également fain dans fa Doctrine ,
de forte que fi on retranchoit quelque
chofe de fon Ouvrage , ce feroit en aug-
»menter le prix. L'autre eft un Sçavant ,
>> dont le goût eft sûr , le jugement exquis ,
» l'efprit net , & l'érudition bien digerée .
» Sincére dans fon Hiftoire , en rendant
juftice au mérite des François , il n'a fait
»aucune grace à leurs défauts. Partout il
>>
Diiij »>y
1792 MERCURE DE FRANCE.
» y porte fi loin la précifion & l'exacti-
» tude , qu'on ne peut y rien ajoûter ,
» ni en rien retrancher , fans que la Vé-
» rité en fouffre . Ces deux. Grands Hom-
: mes méfurerent leurs forces dans un Combat
fingulier , l'Action für vive , & fit
honneur aux deux Rivaux. L'un comptoit
moins fur la bonté de fes armes , que fur fa
vigueur perfonnelle ; l'autre, avec autant de
courage , & plus de précaution , combattoit
fans frayeur , comme il triomphoit fans
fafte ; auffi étoit- ce un Athléte éprouvé ,
dont la Philofophie & la Théologie avoient
fouvent couronné la valeur & l'adreffe ..
L'Orateur , en nous difant que l'un des
deux Athlétes fe défioit de fes propres armes
, veut fans doute , excufer le premier ,
& nous infinuer qu'étant voilé par état à un
Systême , il donnoit nécellairement trop de
prix à fon Emule , qui pour prendre mieux
fon avantage
s'étoit fagement borné à
comparer Systême à Systême , & à oppoſer
principe à principe , conféquence à confé-
-quence .
Après l'Hiftoire & l'Epopée , le P. Du
Parc introduit la Tragédie. " Ellc me re-
» procheroit , dit -il , ce filence injurieux au
grand Corneille , cet Illuftre Normand ,
dont le mérite eft trop élevé , pour que
nos Eloges ou nos Cenfures puiffent l'at-
» teindre.
A OUST. 1744. 1793
>>
>>
, י
» teindre. D'autres ont peut-être la Verfifi-
» cation plus coulante , l'expreffion plus pu--
» re , le ftyle plus chatié , mais aucun n'a ,
» comme lui , cette grandeur dans les idées ,
>> cette élévation dans les fentimens , cette
>> nobleffe dans les Maximes , cette variété
» dans les Intrigues , qui frappe l'efprit ,
» étonne l'imagination , ébranle l'ame toute
» entiere , & tranfporte un Lecteur hors de
»lui-même ,fans qu'il puiffe réfifter au mou
» vement qui l'entraîne. Quelle vivacité ,
quelle richeffe dans les couleurs qu'il em
»ploye pour peindre les Héros ! Non que
»fes Portraits foient , comme on le lui a re-
>> proché , l'Ouvrage d'une heureufe Imagi
» nation , qui repréfente les Perfonnages ,
» moins tels qu'ils furent , que tels qu'ils
» dûrent être. Le Pinceau de Corneille est
>> fi vrai , fes traits conviennent fi-bien au
caractere de chaque Nation , qu'en lifant
fes Tragédies , on fe croit dans la compa-
>> gnie des Héros qu'il fait parler. Rome &
»Carthage exiftent dans l'efprit du Lecteus ,
»ou plûtôt fon coeur devient le Théatre des
>>>Guerres cruelles , que la Rivalité alluma
entre ces Républiques ennemies , & des
» Combats furieux , où leur haine invétérée
» s'affouvit de fang. Corneille trouva la Scé-
»ne Françoife fouillée par la licence , déf
» gurée par la barbarie , dégradée par lar
D.Yv Druf
1794 MERCURE DE FRANCE .
"
&
» rufticité . On ne peut lui difputer la gloire
» d'en avoir été le Pere , en la purgeant
» la délivrant de ces monftres , & d'y avoir
» ramené la pudeur , la décence & le bon
goût , en prenant pour modéle le févére
» & vertueux Sophocle . Corneille fçavoit
» que l'Amour , quand il joue le premier
» rôle au Théatre , ne peut s'y affujettir aux
» régles de la bienféance , & qu'il prétend
» y tyrannifer toutes les autres paffions ; loin
» de flater fon injurieufe molleffe , il ofa lui
arracher fon flambeau , dont l'ardeur avoit
déja commencé fes ravages fur la Scéne..
» Parmi plufieurs avantages finguliers , ce
génie fublime & divin a celui de s'élever
» haut , quand il prend fon effor , que fi
"perfonne ne peut en approcher , & celui
""
de nous forcer à l'admirer , fouvent même
» jufques dans fa chûte ou dans fes écarts.
» Le Frere du Grand Corneille ne lui fut
» pas plus uni par les liens du fang , que par
» la conformité d'inclinations. Nulle diffe-
» rence entre leur caractere ; dans le com-
» merce de la vie ils avoient l'efprit auff
plein de droiture & d'équité , que de fail-
»lies & d'agrémens dans leurs ingénieufes
»fictions ; leurs talens cependant ne font
»pas comparables. L'un , né pour le Tragi-
» que , fait fur le Théatre trembler le vice-
» au bruit de fon tonnerre. L'autre , Comi-
99
» que
AOUST. 1744.
1795
*99*
que & enjoué, l'y fait rougir & fe cacher
» à l'éclat des rifées , qui l'y accueillent .
» Cependant l'un n'a pas feulement plus de
magnificence & de majesté que l'autre , il
» a encore plus de nerf & de force . On di-
» roit que la Nature a partagé les talens entre
les deux Corneilles , comme la Coûtu-
» me de Normandie partage les biens entre
les freres uniquement jaloufe de bien
» pourvoir les aînés , elle laiffe le foin des
»cadets & de leur fortune à leur travail &
» à leur induſtrie. "
La troifiéme Subdivifion roule fur la Piété
des Normands . Le P. D. s'y trouve trop
chargé de matiere , pour pouvoir s'étendre
beaucoup . L'Eglife eft aflés magnifique dans
les Edifices & affés riche dans les revenus
qu'elle poffede en Normandie , pour qu'on
ne puiffe refufer aux Normands la gloire
d'une Piété généreufe & folide. L'Orateur ,
fans prefque s'y arrêter , à l'occafion des
inondations qui défolerent cette Province:
il y a peu d'années, rappelle à fes auditeurs
le fouvenir des pieufes contributions , que
M. l'Evêque de Bayeux , par la voye de
l'exemple & du zéle , impofa fur l'opulence
charitable de fes Diocèfains. On croiroit
voir l'ardeur de l'Illuftre Prélat , dont le
zéle tendre , humble , actif , univerfel , fent
toutes les miſéres , defcend dans tous les dé-
D vj
tails ,
#796 MERCURE DE FRANCE.
tails , fe multiplie dans tous les Lieux ,
pourvoit à tous les befoins ..
&
On pourroit demander pourquoi l'Orateur
ne s'étend pas davantage fur les loiianges
de M .. l'Evêque de Bayeux ; il avoit
prévenu cette objection ; il en parle dans
I'Epitre dédiée à ce Prélar , dans laquelle il
paroît craindre & la mauvaiſe humeur de
quelques Cenfeurs chagrins , qui lui feront
un crime d'avoir trop vanté la Normandie ,
& la foibleffe de quelques Normands , qui
penferont peut- être qu'il devoit prendre
fes intérêts de fa Patrie avec plus de chaleur
, & ne pas fe contenter de l'excufer en
badinant..
Il vient enſuite à un autre reproche qu'il
appréhende, plus que tout le refte . Ĉ'eſt
d'avoir paffé fous filence dans le Compliment
qu'il fit à M. l'Evêque de Bayeux.,
Illuftre Maifon de Luynes , les : Grands
Hommes qu'elle a produits , leurs actions ,
leurs vertus , les qualités du coeur & de l'efprit
qui la diftinguent ; de n'avoir rien dit
de M. le Duc de Chevreufe , fi connu au
Siége de Prague par fa générofité , ſa libéralité
, fon courage , & par quatre bleffures
qu'il y reçût ; de n'avoir pas fait mention
de cette fermeté d'ame , jointe à la plus folide
piété , qui rend M. de Bayeux le foûtien
& l'appui de la Religion , dont il venge les
droits ,
A O UST. 1744. 1797
droits , fans aigreur & fans amertume , mais
conftamment & fans foibleffe ; de cette Eloquence
douce & infinuante , qui a ramené
plus d'une fois au fein de la Vérité les Efprits
les plus opiniâtres ; de cette affabilité
charmante , qui lui gagne tous les coeurs ,
& donne un nouveau prix à fes bienfaits ;
de cette vigilance Paftorale , de ce zéle pur
& univerfel , qui fe livre aux petits comme
aux grands , qui porte l'Illuftre Pafteur à
prêcher fon peuple jufqu'au milieu même
des Campagnes , expofé aux injures de l'Air,
& uniquement occupé des intérêts de fon
Troupeau : voilà , dit le P. D. ce qu'on me
reprochera , fans doute , d'avoir oublié
mais pour louer fi dignement une . Maifon
fi diftinguée , un Prélat d'un fi rare mérite ,
un Difcours auroit- il fuffi ? Et que feroit
alors devenue la Caufe des Normands ? Il
ajoûte encore une autre raifon qui doit l'exeufer
, c'eft que M. de Luynes , malgré cette
bonté facile , qui le rend fi affable envers
tout le monde , n'écoute pas volontiers ceux.
qui le loüent , & qu'il eft auffi attentif à
éviter les louanges qu'à les mériter. Ainfi il
y avoit deux écueils à craindre ; s'étendre
fur les louanges de ce digne Prélát , c'étoit
vouloir lui déplaire ; omettre des Vertus ,
fi univerfellement eftimées , c'étoit s'attirer
L'indignation du Public. Le P. D. a uſé de
i
l'à
1798 MERCURE DE FRANCE.
L
Padreffe ordinaire des Orateurs , pour tromper
la modeftie de M. de Luynes ; fon zéle ,
fa vigilance , fa bonté , fa charité , fes talens
Académiques , toutes ces qualités font
loüées fans affectation par des traits répandus
dans la premiere & dans la feconde
Partie ainfi " dans l'Epitre Dédicatoire.
que
Cette premiere Partie finit par l'Eloge de
'de M. le Cardinal de Fleury , que M. de
Bayeux a fi dignement remplacé à l'Acadé
mie Françoife , & dont la mémoire fera
toujours chere à la Ville de Caën , par les
aumônes que S. E. y répandoit , & par la
protection dont elle honoroit tous les Ordres
de la Province , & en particulier l'Univerfité
de Caën. Les fleurs que l'Orateur
jette en paffant fur le Tombeau de ce Miniftre
, font affés choifies être mêlées:
pour
aux plus belles dont on ait orné ſon Maufolée.
SECONDE PARTIE
En changeant de matiere , le P. D. change
de ton . Jufqu'ici il nous a enchanté ,
maintenant il va nous amufer . Pour loüer
fes Compatriotes , il a déployé les charmes
du génie le plus gracieux ; pour les excufer ,
il prodigue le fel de l'efprit le plus enjoué.
Là , c'eft un Difcours rempli de gravité &
de
AOUST. 1744. 1799
"
"
de nobleſſe ; ici , ce n'eft qu'une converſation
, j'ai prefque dit un badinage , plein de
légéreté & de fineffe. Ces genres , ſí éloignés
& fi oppofés , femblent fe rapprocher
& fe réconcilier pour prendre l'air élégant
& agréable , que l'Auteur donne à tous fes:
Portraits. On trouve celui d'un Normand
tiré d'après l'idée que s'en font les Cenfeurs
qu'on va confondre . « Ils le repréfentent
»ce Normand , toujours élevé fur une Rouë
»mobile , d'où il obferve de quel côté ſouf-
»fle le vent de la fortune ; les fraudes volti
»gent à l'entour de fa tête , & font rétentir
» à fes oreilles un bruit flateur ; la diffimula-
»tion compofe l'air de fon vifage , & régle
» le mouvement de fa langue ; la fineffe di-
» rige tous les regards , & préfide au jeu des
» muſcles moteurs , d'où dépend l'action ,
»ou plûtôt le langage des yeux , dociles aux
impreffions qu'elle leur tranfmet. Ceux ci
parlent & fe taifent à fon gré , fans jamais
trahir le fécret des fentimens & des pen-
» fées , dont ils font les interprétes naturels.
»Formé à l'école de la flaterie & de la poli-
» telſe , ſon coeur reçoit de l'une le miel
» qu'il diſtille , & de l'autre le mafque dont
»il fe couvre : Mercure y joint fes bons offi-
» ces , qui ne font pas indifferens ; ce Dieu ,
» d'un vol careffant , jouë & folâtre fans
»ceffe près du cher nourriffon ; il fecoue
»
66
» fur
1800 MERCURE DE FRANCE.
fur lui fes aîles légères , & en fait tomber
une pluye de rufes & d'artifices , dont
"Pavide Normand ne laiffe rien échaper.
Ici , on trouve en détail les differens défauts
qu'on reproche aux Normands ; pour
montrer la fauffeté de ces préjugés , le P. D.
fe contente d'en indiquer la vraye fource.
Les Normands , plus actifs qu'aucun autre
Peuple pour amaffer du bien , plus attentifs
à le conferver , plus habiles à l'augmenter ,
ont fertilifé jufqu'aux Rocs arides de leurs
Montagnes , & par la commodité de leurs.
Ports ont rendu leur Province le Magaſin
de l'Europe , & le centre de fon Commerce.
Voilà tout le fondement du reproched'intérêt
, dont on les a chargés.
On fe plaint que dans la Société ils ne
font ni affés francs , ni affés ouverts ; qu'en
amitié ils font froids ou infidéles. La plus
rapide excurfion en leurs Villes feroit bientôt
rendre juſtice à leur exacte politeffe & .à
leur louable fincerité. On ne fçauroit leur
en demander davantage , fans exiger ou plus
de rufticité , ou moins de difcrétion dans
leurs manieres.
On les accufe encore d'être peu fcrupuleux
fur les intérêts de la bonne- foi & de la
vérité , accufation fondée uniquement fur
leur attention à ne point parler d'eux - mêmes
, ni de leurs affaires , & à éviter par là
less
AOUST. 1744. 1801
les difputes où l'on s'expofe , en fatisfaiſant
une curiofité fotte & déplacée .
Sont-ils donc fi ennemis de la difpute &
des Procès ? Oui fans doute , & ce n'eft que
pour les éviter que toutes leurs affaires fe
traitent & fe terminent en Juftice réglée.
C'est ici que F'Orateur touche finement l'article
des témoins de Normandie , en faisant
obferver que nulle part ils ne s'expliquent
avec plus de jufteffe , de reſpect & de Religion
, & que pulle part leurs fautes ne
font punies avec tant de févérité que dans
la Jurifprudence Normande.
Enfin l'air de la Normandie eft , dit- on ,
fi contagieux , qu'aucun Etranger ne peut y
féjourner , fans gagner le mal du Pays . Mais
ce prétendu mal eft un vrai bien pour ces
Etrangers. En Normandie les Bretons deviennent
plus laborieux & plus induſtrieux;
les Gafcons plus modeftes , & moins fanfarons
, les Champenois plus fins & plus déliés
, &c.
A propos des préventions que les Parifiens
, malgré leur bonté naturelle , ne laiffent
pas de conferver contre les Normands ,
le P.D. nous fait le Portrait de certains Seigneurs
de cette Capitale , qui font leur féjour
en Normandie , & qui font exempts
des préjugés populaires.
22 Nous les voyons , dit-il , auffi élevés
í
»par
1802 MERCURE DE FRANCE
•
»
par leur Dignité qué par leur Naiffance.
»L'éclat qui les couvre eft fi temperé par la
bonté de leur caractere & par la douceur
de leurs manieres , qu'il nous eft permis
»de les approcher avec confiance , & de
jouir , fans contrainte , des charmes de
» leur commerce. Nous admirons dans leurs
»difcours & dans leurs Ecrits l'Erudition la
plus recherchée , qui s'y produit avec ces
graces faciles & aifées , qui ne coulent
» qu'avec le fang des Dieux dans les plus
»beaux génies ; nous y fentons ces tours.
>> heureux qu'une noble fimplicité leur four-
» nit , pour éclaircir les plus fombres matieres
, & pour embellir les plus abftraites.
»L'Orateur avoue qu'ils ne doivent point
»ces belles qualités au féjour de la Normandie
, mais qu'ils les ont apportées avec
» eux.
A ces traits , il eft aifé de reconnoître M.
l'Evêque de Bayeux , quoique le P. D. ne
l'ait pas nommé ; furtout l'Académie de
Caën , dont il eft le reftaurateur , ne peut
s'y méprendre.
Mais encore , d'où vient cette réputation
de duplicité , qu'on nous reproche , dit l'Orateur
? Apparemment de l'alliance des Normands
avec les Neuftriens , alliance qui forma
entre eux une union fi étroite , qu'un
Normand & un Neuftrien fembloient ne
faire
A O UST. 1744. 1803
faire qu'une même perfonne. Je fuis fâché
d'être obligé d'omettre dans cet Extrait les
beautés d'un Difcours , qui n'eft pas fufceptible
d'abrégé ; j'en demande pardon au P.
du Parc , fi ennemi de la diffufion & de la
prolixité , & en même- tems fi jaloux de la
propreté & du bon goût , qu'on diroit qu'en
Pere fage & oeconome, il ne refuſe à aucune
des idées qu'il enfante , la parure qui lui ,
convient le mieux , mais fans vouloir y
ajoûter aucun de ces ornemens qui , fans relever
une véritable beauté , ne peuvent flater
qu'une vanité capricieufe. On doit juger
de- là quels font le choix & la pureté du
Latin , la clarté & l'exactitude du ſtyle .
Le fuccès de cette Piéce prouve que le
goût de la faine Antiquité a encore des Partifans.
Je crois , M. en finiffant ma Lettre , que
non feulement vous conviendrez de cette
vérité , mais que vous avonerez qu'on ne
peut pas difculper plus avantageufement
une Nation , dont le mérite ne vous est pas
inconnu , vous , MM.. qquuii poffedez des Domaines
confidérables dans cette belle &
grande Province , qui d'ailleurs n'avez jamais
donné dans les Préjugés vulgaires , &
qui êtes également équitable & éclairé.
J'ai l'honneur d'être , M. &c.
A Paris ,le 14 Août 1744.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M. le Marquis de B. sur l'Apologie des Normands, &c.
Dans sa lettre au Marquis de B., M. D. L. R. aborde l'apologie des Normands suite à des questions sur son 'Voyage Littéraire de Normandie' et une proposition du Marquis pour rédiger une défense de cette nation. L'auteur mentionne un discours prononcé en 1743 par un professeur du Collège des Jésuites de Caen, intitulé 'Adversus invidos Normannorum Censores', qui critique les préjugés négatifs contre les Normands en soulignant leur bravoure et leur sagesse. Le discours met en avant la valeur militaire des Normands, citant Guillaume le Conquérant et Richard Cœur de Lion, ainsi que leur contribution aux arts libéraux avec des figures telles que Pierre Corneille et Bernard le Bouyer de Fontenelle. Pierre Corneille est particulièrement honoré pour sa grandeur d'idées et sa contribution à la tragédie française, tandis que son frère Thomas Corneille est reconnu pour ses talents en comédie. L'auteur exprime ses préoccupations concernant les critiques potentielles de son œuvre, craignant d'être blâmé pour avoir trop loué la Normandie ou omis certaines figures notables. Il discute des préjugés contre les Normands, les décrivant comme actifs, habiles en commerce et justes. Il réfute les accusations de duplicité et de froideur, soulignant leur politesse et leur exactitude. Le discours est loué pour son style classique et sa défense des Normands, prouvant leur mérite et l'absence de préjugés chez certains propriétaires terriens éclairés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8187
p. 290
Logogrifes. [titre d'après la table]
Début :
Il y en a de tres-simples, comme celui-ci par exemple ; mais c'est [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Logogrifes. [titre d'après la table]
Il y en a de tres-ſimples , comme
celui- ci par exemple , mais c'eſt
le Diable à deviner. Le voicy.
LA FAUTE EN EST AUX
DIEUX
QUI LA FIRENT SI BELLE.
Allons , courage , ferme , exercez-
vous , caffez-vous la tête ſi
vous voulez ; vous ferez bien fins
ſi vous m'obligez à vous en dire
le veritable ſens .
Pour cet autre , il eſt plus aifé ,
&l'intention de M. de M **
qui en eſt l'Auteur , & qui l'apreſentéàſon
Maître & au nôtre, eſt
que tout le monde le life .
celui- ci par exemple , mais c'eſt
le Diable à deviner. Le voicy.
LA FAUTE EN EST AUX
DIEUX
QUI LA FIRENT SI BELLE.
Allons , courage , ferme , exercez-
vous , caffez-vous la tête ſi
vous voulez ; vous ferez bien fins
ſi vous m'obligez à vous en dire
le veritable ſens .
Pour cet autre , il eſt plus aifé ,
&l'intention de M. de M **
qui en eſt l'Auteur , & qui l'apreſentéàſon
Maître & au nôtre, eſt
que tout le monde le life .
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8188
p. 74
LOGOGRYPHE. A Mlle le Riche.
Début :
Dans mes six pieds, belle Uranie, [...]
Mots clefs :
Esprit
8189
p. 48
VERS à Mlle MAZARELLI, Auteur d'un Eloge de SULLY.
Début :
QUOI, tu joins l'art d'instruire à celui de nous plaire ! [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS à Mlle MAZARELLI, Auteur d'un Eloge de SULLY.
VERS à Mlle MAZARELLI, Auteur
d'un Eloge de SULLY.
QUOI, tu joins l'art d'instruire à celui de nous plaire !
Et d'Apollon tu vasgroſſir la cour :
Ta main quide Sully trace le caractère Grave & folâtre tour-à-tour,
Nous trace des leçons,&careſſe l'Amour.
A tes rivaux tu fais rendre les armes :
D'une double victoire ils viennent t'honorer.
Charmés de tes talens , ſubjugués par tes char
mes,
Ils ne ſçavent que t'admirer.
Mais c'eſt prendre ſur nousuntropgrand avane
tage;
Ne te ſuffit-il pasde régnerſur noscoeurs?
Faut-il encor nous ravir les faveurs
Dontle deſtinafait notre partage ?
Que nous puiſſions au moins, oubliant tes ri
gueurs,
Parquelques biens balancer nosdiſgraces:
Laiffe-nous nos talens, ou donne-nous ses grâces!
d'un Eloge de SULLY.
QUOI, tu joins l'art d'instruire à celui de nous plaire !
Et d'Apollon tu vasgroſſir la cour :
Ta main quide Sully trace le caractère Grave & folâtre tour-à-tour,
Nous trace des leçons,&careſſe l'Amour.
A tes rivaux tu fais rendre les armes :
D'une double victoire ils viennent t'honorer.
Charmés de tes talens , ſubjugués par tes char
mes,
Ils ne ſçavent que t'admirer.
Mais c'eſt prendre ſur nousuntropgrand avane
tage;
Ne te ſuffit-il pasde régnerſur noscoeurs?
Faut-il encor nous ravir les faveurs
Dontle deſtinafait notre partage ?
Que nous puiſſions au moins, oubliant tes ri
gueurs,
Parquelques biens balancer nosdiſgraces:
Laiffe-nous nos talens, ou donne-nous ses grâces!
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Résumé : VERS à Mlle MAZARELLI, Auteur d'un Eloge de SULLY.
Le poème adresse des éloges à Mlle Mazarelli, auteure d'un éloge de Sully, pour son talent à instruire et plaire. Il compare son œuvre à celle d'Apollon et admire sa capacité à mêler gravité et légèreté. Les rivaux de Mlle Mazarelli sont conquis par ses talents et charmes. Le poète craint cependant que cette admiration ne devienne excessive et exprime le souhait qu'elle partage ses grâces avec tous.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8191
p. 264-265
« Je fermerai ce Mercure par un Avis important, qui est que [...] »
Début :
Je fermerai ce Mercure par un Avis important, qui est que [...]
Mots clefs :
Altesse royale, Pompes, Incendie, Accidents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je fermerai ce Mercure par un Avis important, qui est que [...] »
Je fermerai ce Mercure par
un Avis important , qui eft que
Son Alteffe Royale , qui veille
contiMERCURE.
265
un
continuellement au bien Public
a fait placer depuis
an des Pompes dans
les principaux quartiers de cette
Ville , & lever une Compagnie
d'ouvriers gagez en ha--
bits uniformes : ils font inftruits
au maniment defdites Pompes
contre les accidents du feu
par le fieur du Perrier
qui les
commande
.
un Avis important , qui eft que
Son Alteffe Royale , qui veille
contiMERCURE.
265
un
continuellement au bien Public
a fait placer depuis
an des Pompes dans
les principaux quartiers de cette
Ville , & lever une Compagnie
d'ouvriers gagez en ha--
bits uniformes : ils font inftruits
au maniment defdites Pompes
contre les accidents du feu
par le fieur du Perrier
qui les
commande
.
Fermer
8192
p. 692-693
SONNET Sur les Bouts-Rimez, proposez dans le Mercure, par une Dame.
Début :
Commencer un Sonnet par l'affreux mot de Mort. [...]
Mots clefs :
Sonnet, Cercueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET Sur les Bouts-Rimez, proposez dans le Mercure, par une Dame.
SONNET
Sur les Bouts - Rimez proposez dans
le Mercure , par une Dame.
Commencer Ommencer un Sonnet par l'affreux mot de
Mort.
Quand on ne veut parler de Cercücil ni de
C'est de gayeté de cœur vouloir périr au
Et se faire à soi- même une rude
Biere ,
Port .
Carricre.
Cet
AVRIL. 1732.
•693
Cet ouvrage sublime independant du
Ne se fait pas si-tôt qu'un tour de
Sort,
Gibeciere,
Et s'il ne nous plaît pas , quoique court ,
il en
Dort ,
Cotin , dans ses Ecrits , l'apprend mieux que Moliere
Il doit faire adoucir d'un Censeur l'œil Hagard,
Et contenter le goût du jeune et du
Rien ne doit y manquer , pas même une
Vieillard;
Apostrophe;
Si l'Auteur n'en bannit et le froid et le
Il aura sûrement , avec Echec et
·Plat ›
Mast ,
D'un Poëte crotté la triste Catastrophe.
THEVEN ART , Amiens
Sur les Bouts - Rimez proposez dans
le Mercure , par une Dame.
Commencer Ommencer un Sonnet par l'affreux mot de
Mort.
Quand on ne veut parler de Cercücil ni de
C'est de gayeté de cœur vouloir périr au
Et se faire à soi- même une rude
Biere ,
Port .
Carricre.
Cet
AVRIL. 1732.
•693
Cet ouvrage sublime independant du
Ne se fait pas si-tôt qu'un tour de
Sort,
Gibeciere,
Et s'il ne nous plaît pas , quoique court ,
il en
Dort ,
Cotin , dans ses Ecrits , l'apprend mieux que Moliere
Il doit faire adoucir d'un Censeur l'œil Hagard,
Et contenter le goût du jeune et du
Rien ne doit y manquer , pas même une
Vieillard;
Apostrophe;
Si l'Auteur n'en bannit et le froid et le
Il aura sûrement , avec Echec et
·Plat ›
Mast ,
D'un Poëte crotté la triste Catastrophe.
THEVEN ART , Amiens
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Résumé : SONNET Sur les Bouts-Rimez, proposez dans le Mercure, par une Dame.
En avril 1732, un texte critique l'usage du mot 'mort' en début de sonnet, prônant une approche plus joyeuse. La création poétique exige du travail et doit plaire à tous les âges. Un poème doit éviter le froid et le plat pour réussir. L'auteur cite Cotin comme plus instructif que Molière. Il avertit que manquer de ces qualités mène à l'échec. Le texte se termine par 'THEVEN ART, Amiens'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8193
p. 288-289
Morts, [titre d'après la table]
Début :
Je viens d'apprendre la mort de Messire Jean de Fieux, [...]
Mots clefs :
Décès, Messire, Seigneur, Dame, Veuve, Conseiller du roi
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texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Je viens d'apprendre la
mort de Meffire Jean de
Fieux , Seigneur de Bos,
Lieutenant de Roy de Nancy
, arrivée depuis peu de
jours , auffi bien que celle de
Dame Madeleine Thibault.
Elle
GALANT. 289
Elle eftoit veuve de Meffire
Edouard de Ligny, Seigneur
de Rantilly , Confeiller du
Roy en les Confeils ,' & Treforier
de fes Parties Cafuel
Jes.
mort de Meffire Jean de
Fieux , Seigneur de Bos,
Lieutenant de Roy de Nancy
, arrivée depuis peu de
jours , auffi bien que celle de
Dame Madeleine Thibault.
Elle
GALANT. 289
Elle eftoit veuve de Meffire
Edouard de Ligny, Seigneur
de Rantilly , Confeiller du
Roy en les Confeils ,' & Treforier
de fes Parties Cafuel
Jes.
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8194
p. 286-287
Mariage, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Marquis de Courcy, Fils de Mr de Bullion, Conseiller [...]
Mots clefs :
Mariage, Marquis de Courcy, Conseiller, Mademoiselle de Charmoy, Piété
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texteReconnaissance textuelle : Mariage, [titre d'après la table]
Mile Marquis de Courcy,
Fils de M de Bullion , Confeiller
en la Grand Chambre,
& Neveu de M. de Bullion,
Miniftre d'Etat, & Sur- Inten
GALANT. 287
dant des Finances , a épousé
Mademoiſelle de Charmoy,
Fille de M de Charmoy,
Maistre des Comptes , & Secretaire
des Commandemens
de Madame de Guife . On dit
beaucoup de bien de cette
nouvelle Mariée . C'eft une
jeune Brune des plus aimables
, & qui fe fait diftinguer
par fa Pieté.
Fils de M de Bullion , Confeiller
en la Grand Chambre,
& Neveu de M. de Bullion,
Miniftre d'Etat, & Sur- Inten
GALANT. 287
dant des Finances , a épousé
Mademoiſelle de Charmoy,
Fille de M de Charmoy,
Maistre des Comptes , & Secretaire
des Commandemens
de Madame de Guife . On dit
beaucoup de bien de cette
nouvelle Mariée . C'eft une
jeune Brune des plus aimables
, & qui fe fait diftinguer
par fa Pieté.
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8195
p. 249-250
Dons faits par le Roy.
Début :
Sa Majesté a donné le Gouvernement de Valenciennes, vacant [...]
Mots clefs :
Roi, Dons
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texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy.
onsfaitsparle Roy.
Sa Majesté a donné le
Gouvernement de Valenciennes,
vacant par la mort
de MrleMaréchal deChoiseul,
àMr le Chevalier de
Luxembourg; &celuy de
Langrcs à Mr le Chevalier
dePezeux. 'tJ.
Le Roy adonné l'Abbaye
du Port-Royal de Paris
àMe de Montperoux,
Abbesse du Paraclet d'Amiens;
& cette derniereà
Me le Vergeur de Saint
Souplet - Religieuse du
mesme Ordre.
A Peronne ce 25. Mars
1711.
MONSIEUR, :
Sa Majesté a donné le
Gouvernement de Valenciennes,
vacant par la mort
de MrleMaréchal deChoiseul,
àMr le Chevalier de
Luxembourg; &celuy de
Langrcs à Mr le Chevalier
dePezeux. 'tJ.
Le Roy adonné l'Abbaye
du Port-Royal de Paris
àMe de Montperoux,
Abbesse du Paraclet d'Amiens;
& cette derniereà
Me le Vergeur de Saint
Souplet - Religieuse du
mesme Ordre.
A Peronne ce 25. Mars
1711.
MONSIEUR, :
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8196
p. 289-290
« Si j'ay (comme bien d'autres) le talent de débiter un [...] »
Début :
Si j'ay (comme bien d'autres) le talent de débiter un [...]
Mots clefs :
Machine
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texteReconnaissance textuelle : « Si j'ay (comme bien d'autres) le talent de débiter un [...] »
Si j'ay ( comme bien d'autres)
le talent de débiter un
grand nombre de choses inutiles,
cela n'empêche pas que
je ne puisse souventendébiter
de fort bonnes, sur tout
quand je peux m'en donner la
peine.
i
Or est-il que, grace à
-
mon étoile qui me regarde
aujourd'huy plus favorablement
qu'hier, je sens que ma
machine est mieux montée
qu'elle ne l'a été pendant tout
le cours de ce mois ( il ne tient
qu'à vous, Messieurs
, par
parenthese
, que les ressorts
en aillent toûjours bien. )
Quoyqu'il en soit, je vais prosiser
du bon moment où je
me trouve, pour vous conter
l'Histoire de l'origine &, des
progrés d'une découverte
nouvelle, singuliere,curieuse,
& des plus importantes.
le talent de débiter un
grand nombre de choses inutiles,
cela n'empêche pas que
je ne puisse souventendébiter
de fort bonnes, sur tout
quand je peux m'en donner la
peine.
i
Or est-il que, grace à
-
mon étoile qui me regarde
aujourd'huy plus favorablement
qu'hier, je sens que ma
machine est mieux montée
qu'elle ne l'a été pendant tout
le cours de ce mois ( il ne tient
qu'à vous, Messieurs
, par
parenthese
, que les ressorts
en aillent toûjours bien. )
Quoyqu'il en soit, je vais prosiser
du bon moment où je
me trouve, pour vous conter
l'Histoire de l'origine &, des
progrés d'une découverte
nouvelle, singuliere,curieuse,
& des plus importantes.
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Résumé : « Si j'ay (comme bien d'autres) le talent de débiter un [...] »
L'auteur réfléchit sur sa capacité à produire des discours, allant des propos inutiles aux idées valables. Une amélioration récente, due à une 'étoile' favorable, l'inspire davantage. Il décide alors de raconter l'histoire de l'origine et des progrès d'une découverte nouvelle, qualifiée de singulière, curieuse et importante.
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8198
p. 294-295
« On trouve chez le Sieur de Launay ruë Saint Jacques [...] »
Début :
On trouve chez le Sieur de Launay ruë Saint Jacques [...]
Mots clefs :
Calendrier historique
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texteReconnaissance textuelle : « On trouve chez le Sieur de Launay ruë Saint Jacques [...] »
On trouve chez le Sicur
de Launay ruë Saint Jacques
à la Ville de Rome ,
prés la fontaine Saint Severin
; & chez le Sieur Rondet
ruë de la Harpe , la fuite du
GALANT. 295
Kalendrier Hiſtorique. Contenant
par ordre de datte
les Evenemens les plus remarquables
, arrivés dans
tous les Estats , & Empires
du monde , pendant les fix
derniers mois de l'année
1713. l'Extrait du pronon
céides Edits , Déclarations
&Arreſts publics dans la
meſme année avec une
Table Alphabetique des
Matieres , & un Catalogue
des Livres imprimés en
France depuis le commen
cemont de l'année 171
de Launay ruë Saint Jacques
à la Ville de Rome ,
prés la fontaine Saint Severin
; & chez le Sieur Rondet
ruë de la Harpe , la fuite du
GALANT. 295
Kalendrier Hiſtorique. Contenant
par ordre de datte
les Evenemens les plus remarquables
, arrivés dans
tous les Estats , & Empires
du monde , pendant les fix
derniers mois de l'année
1713. l'Extrait du pronon
céides Edits , Déclarations
&Arreſts publics dans la
meſme année avec une
Table Alphabetique des
Matieres , & un Catalogue
des Livres imprimés en
France depuis le commen
cemont de l'année 171
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Résumé : « On trouve chez le Sieur de Launay ruë Saint Jacques [...] »
Le 'Kalendrier Historique' compile les événements marquants de 1713 dans divers États et empires. Il inclut des extraits d'édits et de déclarations publiques. L'ouvrage est disponible chez Sicur de Launay à Rome et Rondet à Paris. Il contient une table alphabétique et un catalogue des livres imprimés en France depuis 1711.
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8199
p. 288-289
Suite des Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Le 16. de ce mois M. le Baron d'Imoff, Envoyé Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Audience publique du roi, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles. [titre d'après la table]
Le 16. decemois M. leBaron
d'Imoff, Envoyé Extraordinaire
du Duc de Brunswick
Wolfenbutel , eût ſa premiere
Audience publique du Roy ; il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs , qui avoit
été le prendre à Paris dans les
carroffes de Sa Majelté. Il eût
auffiAudience deMonſeigneur
Ic
GALANT. 289
P
it
S
F
le Dauphin & des Princes &
Princeſſes du Sang , ſuivant
l'uſage ordinaire.
Le 17. M. Mathias Goffin ,
Liegeois , General de l'Ordre
de ſainte Croix , cût auſſi Audience
publique du Roy , où il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctot à la maniere
accoûtuméc.
d'Imoff, Envoyé Extraordinaire
du Duc de Brunswick
Wolfenbutel , eût ſa premiere
Audience publique du Roy ; il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs , qui avoit
été le prendre à Paris dans les
carroffes de Sa Majelté. Il eût
auffiAudience deMonſeigneur
Ic
GALANT. 289
P
it
S
F
le Dauphin & des Princes &
Princeſſes du Sang , ſuivant
l'uſage ordinaire.
Le 17. M. Mathias Goffin ,
Liegeois , General de l'Ordre
de ſainte Croix , cût auſſi Audience
publique du Roy , où il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctot à la maniere
accoûtuméc.
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Résumé : Suite des Nouvelles. [titre d'après la table]
Le 16 décembre, le Baron d'Imhoff, envoyé du Duc de Brunswick-Wolfenbüttel, a eu une audience publique avec le Roi, introduit par le Chevalier de Sainctot. Il a également rencontré le Dauphin et les Princes du Sang. Le 17 décembre, Mathias Goffin, Général de l'Ordre de Sainte-Croix, a également été reçu par le Roi, escorté par le Chevalier de Sainctot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8200
p. 261-262
« J'ay promis ce Supplement, & j'en donneray un [...] »
Début :
J'ay promis ce Supplement, & j'en donneray un [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay promis ce Supplement, & j'en donneray un [...] »
Jay
promis ceSupplement,
& j'en don*
neray un à la fin de chaque
Mercure. L'usage
m en parois commode,
car j'y pourray mettre
generalement toutes
les Nouvelles &
tous les Avis qui me
viendront sur la fin des
Mois. Vous aurez dans
celuy-cy presque toutes
les Nouvelles du
mois d'Aoust que j'abrege
le plus que je
puis, estant surchargé
de Nouvelles à cause
des trois Mois en un ;
comme je l'ay déjà dir.
J'auray encore lesNouvelles
de deux Mois en
un, dans mon premier
Mercure.
promis ceSupplement,
& j'en don*
neray un à la fin de chaque
Mercure. L'usage
m en parois commode,
car j'y pourray mettre
generalement toutes
les Nouvelles &
tous les Avis qui me
viendront sur la fin des
Mois. Vous aurez dans
celuy-cy presque toutes
les Nouvelles du
mois d'Aoust que j'abrege
le plus que je
puis, estant surchargé
de Nouvelles à cause
des trois Mois en un ;
comme je l'ay déjà dir.
J'auray encore lesNouvelles
de deux Mois en
un, dans mon premier
Mercure.
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