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1
p. 197-203
« Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Début :
Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...]
Mots clefs :
Flandre, Dom Juan, Courrier, Conquêtes, Sièges, Espagne, Armée
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texteReconnaissance textuelle : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Je croy devoir vous avertir (&vous ferez ſans doute bienaiſe de l'apprendre ) que quand leCourierde Flandre , qui por- toit àDom Jüan la Nouvellede
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
GALANT. 129
1
ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
2
jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
GALANT. 129
1
ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
2
jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
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Résumé : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Le Courrier de Flandre arrive à Madrid, apportant des nouvelles des conquêtes françaises. Les grands seigneurs se rendent chez Dom Juan pour connaître les succès des sièges. Dom Juan révèle que trois places fortes ont été prises et que le Prince d'Orange a perdu une bataille. Un grand d'Espagne admire la rapidité des succès français, à quoi Dom Juan répond que le mérite et la fortune sont inséparables, et que la vérité force même les ennemis à louer les vainqueurs. En France, le roi rassemble son armée de Flandre pour une revue, malgré les récentes victoires. L'armée compte 86 escadrons et 38 bataillons de troupes de qualité. Plusieurs officiers sont récompensés, notamment Monsieur de Monpapou nommé cornette des Mousquetaires et Monsieur le Chevalier de Tauriac nommé enseigne des Gens-d'armes Écossais. Monsieur Courtin, conseiller d'État et ambassadeur en Angleterre, obtient un congé pour raisons de santé. Il a servi dans plusieurs ambassades importantes, notamment en Suède, en Allemagne, en Flandre, et lors des conférences de paix à Cologne. Monsieur de Barillon est choisi pour le remplacer, confirmant que les gens de robe sont aussi capables que ceux d'épée pour les grandes ambassades.
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2
p. 41-43
Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Début :
Apres vous avoir entretenuë de tant de choses où l'Amour [...]
Mots clefs :
Guerre, Flandre, Duc de Luxembourg, M. de la Cardonnière
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texteReconnaissance textuelle : Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Apres vous avoir entretenuë detant de choſes où l'Amour a
part , trouvez bon que je vous parle unmoment de cequi re- garde laGuerre. Envous man- dant la derniere fois la vigou
GALANT. 27 - reuſe Actionde M de Roſamel
Lieutenant des Gendarmes de
Flandre , j'oubliay de vous mar- = quer que Monfieur le Duc de Luxembourg qui estoit venu camper à Veſer ſur le grand Eſcaut entre Gand&Dendermonde, avoit fait partir enmeſ- me temps trois Détachemens,
l'un ſous les ordres de Mde la
Cardonniere Lieutenant General , pour aller aux Portes de cette derniere Ville ; &les deux
autres ſous ceux de M Dau--
ger Brigadier de Cavalerie , &
de M' le Marquis d'Uxel Briga- dier d'Infanterie. Celuy de M
de la Cardonniere n'avoit rien
àexecuter. Il eſtoit fait feulementpour couvrir les deuxder
niers.
M' le Marquis d'Uxel alla juf- qu'au Village de S. Jean Stien ,
Bij
28 LE MERCVRE
aux Portes de Hulſt , où ilbrûla
quelques lieuësde Païs , & em- mena quantité de Chevaux &
de Beſtiaux , les Habitans s'eſtans retirez .
Je n'ajoûteray rien à ce queje vous aydéja dit deM deRofa- mel , qui fut détaché par M
Dauger , &qui s'eſtant fait ou- vrir la Barriere du Pont d'Anvers , s'en rendit maiſtre avec
une bravoure qu'on ne ſçauroit
part , trouvez bon que je vous parle unmoment de cequi re- garde laGuerre. Envous man- dant la derniere fois la vigou
GALANT. 27 - reuſe Actionde M de Roſamel
Lieutenant des Gendarmes de
Flandre , j'oubliay de vous mar- = quer que Monfieur le Duc de Luxembourg qui estoit venu camper à Veſer ſur le grand Eſcaut entre Gand&Dendermonde, avoit fait partir enmeſ- me temps trois Détachemens,
l'un ſous les ordres de Mde la
Cardonniere Lieutenant General , pour aller aux Portes de cette derniere Ville ; &les deux
autres ſous ceux de M Dau--
ger Brigadier de Cavalerie , &
de M' le Marquis d'Uxel Briga- dier d'Infanterie. Celuy de M
de la Cardonniere n'avoit rien
àexecuter. Il eſtoit fait feulementpour couvrir les deuxder
niers.
M' le Marquis d'Uxel alla juf- qu'au Village de S. Jean Stien ,
Bij
28 LE MERCVRE
aux Portes de Hulſt , où ilbrûla
quelques lieuësde Païs , & em- mena quantité de Chevaux &
de Beſtiaux , les Habitans s'eſtans retirez .
Je n'ajoûteray rien à ce queje vous aydéja dit deM deRofa- mel , qui fut détaché par M
Dauger , &qui s'eſtant fait ou- vrir la Barriere du Pont d'Anvers , s'en rendit maiſtre avec
une bravoure qu'on ne ſçauroit
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Résumé : Divers Détachemens de l'Armée de Flandre. [titre d'après la table]
Le Duc de Luxembourg a établi son camp à Veser sur le grand Escaut, entre Gand et Dendermonde. Il a envoyé trois détachements. Le premier, dirigé par M. de la Cardonniere, avait pour mission de couvrir les deux autres. Le deuxième détachement, sous les ordres de M. Dauger, et le troisième, commandé par le Marquis d'Uxel, avaient des missions spécifiques. Le Marquis d'Uxel a atteint le village de S. Jean Stien, près de Hulst, où il a incendié plusieurs lieux et capturé des chevaux et du bétail, les habitants ayant fui. Par ailleurs, M. de Rosamel, sous les ordres de M. Dauger, a mené une action courageuse en s'emparant du Pont d'Anvers après avoir forcé la barrière.
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3
p. 43-46
SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
Début :
Monsieur le Duc de Luxembourg ne s'estoit avancé sur le / Tenter au mois d'Avril le secours d'une Place [...]
Mots clefs :
Flandre, Place, Ennemis, Campagne
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
M' le Duc de Luxembourg ne s'eſtoit avancé ſur le Canal
de Bruxelles que pour faire quiter la Sambre aux Ennemis;
cequ'ils firent , dés qu'ils eurent
appris qu'il eſtoit ſi proche d'eux. Leur Campagne n'a pas eſté fortglorieuſe. Voyez-en la peinture dans ce Sonnet.
GALANT. 29 1
P
やややややややややややや や
SUR LA CAMPAGNE
des Ennemis en Flandre.
SONNET IRREGULIER.
Enter au mois d'Avril lefecours
d'unePlace
Etnepouvoir lafecourir ;
Chercher une Bataille , ardammens ,
Ets'y voir bien batus pour prix deleur audace.
1
S'aviſer quatre mois apres cette difgrace,
Pour essayerdes'aguerrir ,
Deformerungrand Siege, &craignant
d'ypérir.
Lelever auſſitost,&fuirde bonne grace.
Faireavorterparlàtous les vaſtes projets Qu'apres de longs Conſeils vingtsMi- nistres ontfaits ;
Biij
30 LE MERCVRE '
Pour les en confoter , conquérir deuse Chaumieres.
Ceder par tout l'avantage aux Prançois;
C'est ainsiqu'on aveu réüſſir les affaires Etdes fiers Espagnols,&des bonsHol landois.
de Bruxelles que pour faire quiter la Sambre aux Ennemis;
cequ'ils firent , dés qu'ils eurent
appris qu'il eſtoit ſi proche d'eux. Leur Campagne n'a pas eſté fortglorieuſe. Voyez-en la peinture dans ce Sonnet.
GALANT. 29 1
P
やややややややややややや や
SUR LA CAMPAGNE
des Ennemis en Flandre.
SONNET IRREGULIER.
Enter au mois d'Avril lefecours
d'unePlace
Etnepouvoir lafecourir ;
Chercher une Bataille , ardammens ,
Ets'y voir bien batus pour prix deleur audace.
1
S'aviſer quatre mois apres cette difgrace,
Pour essayerdes'aguerrir ,
Deformerungrand Siege, &craignant
d'ypérir.
Lelever auſſitost,&fuirde bonne grace.
Faireavorterparlàtous les vaſtes projets Qu'apres de longs Conſeils vingtsMi- nistres ontfaits ;
Biij
30 LE MERCVRE '
Pour les en confoter , conquérir deuse Chaumieres.
Ceder par tout l'avantage aux Prançois;
C'est ainsiqu'on aveu réüſſir les affaires Etdes fiers Espagnols,&des bonsHol landois.
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Résumé : SUR LA CAMPAGNE des Ennemis en Flandre. SONNET IRREGULIER.
Le Duc de Luxembourg a avancé sur le Canal de Bruxelles, forçant les ennemis à quitter la Sambre. Les ennemis ont tenté de prendre une place en avril et de se regrouper en août, mais ont été vaincus et ont fui. Leurs projets ont échoué, limités à la conquête de deux chaumières. Les Français, Espagnols et Hollandais ont marqué un succès.
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4
p. 46-53
CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Début :
On ne peut pas dire qu'ils n'ayent point réüssy / Je croy que mon devoir m'oblige [...]
Mots clefs :
Charleroi, Consolation, Perte, Armée, Luxembourg, Siège, Flandre
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texteReconnaissance textuelle : CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Onnepeutpas direqu'ilsn'a- yentpoint réüſſy dans leurs en- trepriſes , ſi en venant affieger Charleroy , ils n'ont eu deſſein que de chagriner Me de Mon- ral , quicommeje vous ay deja dit, euſt eſté bien- aiſe qu'ils luy cuſſent laiſſe l'occaſion de les
viſiter. Voicyune Lettrede con- folationque luy en a écrite une Perſonne fort ſpirituelle. Elle merite bien que vous la voyiez..
GALANT. 31
ل
CONSOLATION
AM DE MONTAL ,
Sur la Levée du Siege de Charleroy:
Ecroyque mon devoir m'oblige JDen'attendrepaspluslong-temps
A vous faire sçavoir l'interest que je
prens
Alapertequi vous afflige.
Je viens d'aprendre avec douleur Quedes conféderezla premiere chaleur S'est bientoft convertie en glace ,
Etque vous peſtezfort contrevostre malheur,
Deles voirdécamper d'autour devostre
Place.
Laperte est grande afſſurément ,
Etplus grande qu'on ne peut croire,
Puis qu'enfin vous perdezdans ce dé
campement L'occaſiond'augmenter vostre gloire.
Sans examiner les motifs
(
Biiij
32 LE MERCVRE
Que l'on eutpour ofer un tel Siege en treprendre ,
Vit- on jamaisplus belle Armée en Flan- dre,
Etdeplus grandspréparatifs ?
Quelle noble Cavalerie ! ۲
Cent cinquante Escadrons , vingt mille Pionniers ,
Cinquante Bataillons aumoins d'Infan terie,
Trois Lignes quipar tout couvroient tous les Quartiers ,
Cent gros Canons &vingt Mortiers Tous prests àmettre en baterie ;
Tout celapromettoit matiere ploits,
avosExEtflatoit Vostre Seigneurie ,
Que c'estoit tout de bon , & non par raillerie 4
Ainsi que la premiere fois.
L'ayfçeu quefans pouſſer trop avant les affaires,
Ilsse tenoient fort loin , craignant les vilains tours 4
Qui voussont affez ordinaires ,
Etces diables de Mousquetaires
GALAN T. 33 .
Quifrapentplus fort que desfourds;
Quedés le premierjour ils manquoient deFarine ;
Quevoyant déjala Famine ,
Qui d'une grande Armée est le plus granddes maux ,
Quoy que mal àleur aise, ils faisoient bonnemine,
Et continuoient leurs Travaux ;
Mais qu'auſſitostqu'ils aperçeurent Le brave Luxembourgmarcherle long
desBois
Lesplus hardis d'entre euxſeteurent.
Etbienplus encor,quand ilsſceurent Nos Soldats animez par l'Illustre Louvois.
Alors leurs Generauxs'entr'envoyant la Plote,
(Aumoins, àcequ'on dit car on peut bienpenser Quece Secours les dût embaraſſer )
Hermosadit auPrince , &viſte , qu'on
Se bote
Leslaiſſerez- vous avancer ?
Pourmoy, je cours occuper cette mote
De peur que l'Ennemy ne s'y vienne
placer
:
Bv
34. LE MERGVRE L'honneur,luyditlePrince,apartient àl'Eglife,
Que Monsieur d'Osnabruk entame
l'action.
Si jyvay ,répond-il , que l'on medé
baptife,
Dois-je aller le premieràla Proceſſion?? Cherchezdegrace une autre dupe.. Pendant leur contestation
Le Vaillant Luxembourg occupe Quelques Postes avantageux.
Ainsi vuider le Camp ,repaſſer la Ri
viere ,
Fut lemeilleurparty pour eux Quine laiſſerent rien derriere.
Ocomme en jurant fermealors Vous avanciez de vos Dehors
Pourdennerſurl'Arrieregarde !! Jem'enraporte bien àvous,
Sans un Ruiſſeauqui vous retarde Ils euffent comme il faut fenty vostre?
couroux,
Vin de leurs Officierspayapourtous les
autres ,
Etde cequede loin onſetira de coups,, Vn Chien , dit-on , y demeura dess
Nostres..
GALAN T. 35 Sivous m'en demandezla raiſon au- jourd'huy ,
LesChienssefont la guerre entre toutes
lesBestes ,
DelaTriple Union le Cerbere à trois testes
Déchargesafureurfur un Chien comme luy.
C'est pour ce digne Exploit qu'il ve- noient fi grande erre ,
Pauvres Flamans, gardez- vous bien Deleurplus reprocher qu'ilsfont payez
pourrien.
CesTronpes quifaisoient trembler toute laTerre ,
Tout ce grand apareil de guerre ,
Etمجھے vostre argent enfin on fait mourir unChien.
Comme on doit des Heros conferver la
memoire,
Ce Chienmerite affez qu'on luy dreſſe unTombeau,
Et qu'un bel Epitaphe éternise sa gloire.
Voyez si celuy - cy vous paroist affez beau.
Bvj
viſiter. Voicyune Lettrede con- folationque luy en a écrite une Perſonne fort ſpirituelle. Elle merite bien que vous la voyiez..
GALANT. 31
ل
CONSOLATION
AM DE MONTAL ,
Sur la Levée du Siege de Charleroy:
Ecroyque mon devoir m'oblige JDen'attendrepaspluslong-temps
A vous faire sçavoir l'interest que je
prens
Alapertequi vous afflige.
Je viens d'aprendre avec douleur Quedes conféderezla premiere chaleur S'est bientoft convertie en glace ,
Etque vous peſtezfort contrevostre malheur,
Deles voirdécamper d'autour devostre
Place.
Laperte est grande afſſurément ,
Etplus grande qu'on ne peut croire,
Puis qu'enfin vous perdezdans ce dé
campement L'occaſiond'augmenter vostre gloire.
Sans examiner les motifs
(
Biiij
32 LE MERCVRE
Que l'on eutpour ofer un tel Siege en treprendre ,
Vit- on jamaisplus belle Armée en Flan- dre,
Etdeplus grandspréparatifs ?
Quelle noble Cavalerie ! ۲
Cent cinquante Escadrons , vingt mille Pionniers ,
Cinquante Bataillons aumoins d'Infan terie,
Trois Lignes quipar tout couvroient tous les Quartiers ,
Cent gros Canons &vingt Mortiers Tous prests àmettre en baterie ;
Tout celapromettoit matiere ploits,
avosExEtflatoit Vostre Seigneurie ,
Que c'estoit tout de bon , & non par raillerie 4
Ainsi que la premiere fois.
L'ayfçeu quefans pouſſer trop avant les affaires,
Ilsse tenoient fort loin , craignant les vilains tours 4
Qui voussont affez ordinaires ,
Etces diables de Mousquetaires
GALAN T. 33 .
Quifrapentplus fort que desfourds;
Quedés le premierjour ils manquoient deFarine ;
Quevoyant déjala Famine ,
Qui d'une grande Armée est le plus granddes maux ,
Quoy que mal àleur aise, ils faisoient bonnemine,
Et continuoient leurs Travaux ;
Mais qu'auſſitostqu'ils aperçeurent Le brave Luxembourgmarcherle long
desBois
Lesplus hardis d'entre euxſeteurent.
Etbienplus encor,quand ilsſceurent Nos Soldats animez par l'Illustre Louvois.
Alors leurs Generauxs'entr'envoyant la Plote,
(Aumoins, àcequ'on dit car on peut bienpenser Quece Secours les dût embaraſſer )
Hermosadit auPrince , &viſte , qu'on
Se bote
Leslaiſſerez- vous avancer ?
Pourmoy, je cours occuper cette mote
De peur que l'Ennemy ne s'y vienne
placer
:
Bv
34. LE MERGVRE L'honneur,luyditlePrince,apartient àl'Eglife,
Que Monsieur d'Osnabruk entame
l'action.
Si jyvay ,répond-il , que l'on medé
baptife,
Dois-je aller le premieràla Proceſſion?? Cherchezdegrace une autre dupe.. Pendant leur contestation
Le Vaillant Luxembourg occupe Quelques Postes avantageux.
Ainsi vuider le Camp ,repaſſer la Ri
viere ,
Fut lemeilleurparty pour eux Quine laiſſerent rien derriere.
Ocomme en jurant fermealors Vous avanciez de vos Dehors
Pourdennerſurl'Arrieregarde !! Jem'enraporte bien àvous,
Sans un Ruiſſeauqui vous retarde Ils euffent comme il faut fenty vostre?
couroux,
Vin de leurs Officierspayapourtous les
autres ,
Etde cequede loin onſetira de coups,, Vn Chien , dit-on , y demeura dess
Nostres..
GALAN T. 35 Sivous m'en demandezla raiſon au- jourd'huy ,
LesChienssefont la guerre entre toutes
lesBestes ,
DelaTriple Union le Cerbere à trois testes
Déchargesafureurfur un Chien comme luy.
C'est pour ce digne Exploit qu'il ve- noient fi grande erre ,
Pauvres Flamans, gardez- vous bien Deleurplus reprocher qu'ilsfont payez
pourrien.
CesTronpes quifaisoient trembler toute laTerre ,
Tout ce grand apareil de guerre ,
Etمجھے vostre argent enfin on fait mourir unChien.
Comme on doit des Heros conferver la
memoire,
Ce Chienmerite affez qu'on luy dreſſe unTombeau,
Et qu'un bel Epitaphe éternise sa gloire.
Voyez si celuy - cy vous paroist affez beau.
Bvj
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Résumé : CONSOLATION A Mr DE MONTAL, Sur la Levée du Siege de Charleroy.
Le texte décrit l'échec d'une tentative de siège de Charleroy par des confédérés. La levée du siège est vue comme une occasion manquée pour Monsieur de Montal de gagner en gloire. Une lettre de consolation mentionne les préparatifs impressionnants des confédérés, incluant une cavalerie noble, des pionniers, de l'infanterie et des canons. Cependant, les assaillants ont manqué de farine dès le premier jour et ont craint les tactiques des Mousquetaires. L'arrivée du duc de Luxembourg et des soldats, encouragés par Louvois, a poussé les confédérés à se retirer. Les généraux adverses ont discuté de leur stratégie, permettant à Luxembourg d'occuper des positions avantageuses. Les confédérés ont quitté le camp sans laisser de traces. La lettre relate également la mort d'un chien, soulignant l'absurdité de la guerre, et propose humoristiquement d'élever un tombeau au chien.
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5
p. 54-57
EPITAPHE.
Début :
Cy gît le grand Citron, Chien d'un gentil courage, [...]
Mots clefs :
Chien, Charleroi, Chagrin, Batailles, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE.
ΕΡΙΤΑΡΗΕ.
CYgele Y gît le grand Citron ,
Chien d'un gentil courage ,
Qui d'un coup de Mouſquet en la fleurde fon âge,
Proche de Charleroy mourut au Lit d'honneur,
Aboyantavec trop d'ardeur Apres les Alliez lors qu'ils plioient bagage.
Jamais Chien n'eut ſur terre un
plus glorieux Sort ,
Unmonded'Ennemis s'eſt armé
pour ſa mort.
L'avoir tué, c'eſt plus qu'abatre cent murailles ;
Trois Peuples aſſemblez on fait ce grand effort ,
Que l'on doit mettre au rang des celebres Batailles ,
Et les Estats de Flandre encor
GALANT. 37
A
Par avance ont payé deux cens
f mille eſcus d'or
Pour les frais de ſes funerailles.
LeurArmée en fortit quite à trop bom
marché,
Etvous parustes bienfâché D'avoirfaitsi peu de carnage ;
Maisquelque Perſonne foûtient Quevous lefustes davantage ,
Parce qu'ils vous voloient , outre leur
équipage,
Un Baston qui vous appartient.
Carainsi que chacun le conte ,
Ilesttres-aſſuréque le vaillantMontal,
Par leur évasion trop prompte ... Perdun Baston de Marefchal.
Vous en eftiez inconfolable ,
Vous juriez,vouspeſtiez en diable ,
Et l'on vous entendoit crier du mesme
ton Qu'un Aveugle en colere , &qui perd Son Baston.. Quepourtant cechagrin n'ait rien qui
vous tourmente ,. Vous verrez quelque jour tous vos defirs
contens2
38 LE MERCVRE Ce Baston viendra dans son temps Etvous n'y perdrez que l'attente.. Nevous suffit-ilpas que le plus grand
des Rois
Vous a veu triompher déja plus d'une fois,
Etqued'aucunſervice il ne perd la memoire ?
S'il vous donneplus tard ce prix de vos Exploits,
Vous le poffederez avecque plus de gloires Gest cequeje soubaite , &fuis de tout
mon cœur,
Vostre tres-humble Serviteur.
CYgele Y gît le grand Citron ,
Chien d'un gentil courage ,
Qui d'un coup de Mouſquet en la fleurde fon âge,
Proche de Charleroy mourut au Lit d'honneur,
Aboyantavec trop d'ardeur Apres les Alliez lors qu'ils plioient bagage.
Jamais Chien n'eut ſur terre un
plus glorieux Sort ,
Unmonded'Ennemis s'eſt armé
pour ſa mort.
L'avoir tué, c'eſt plus qu'abatre cent murailles ;
Trois Peuples aſſemblez on fait ce grand effort ,
Que l'on doit mettre au rang des celebres Batailles ,
Et les Estats de Flandre encor
GALANT. 37
A
Par avance ont payé deux cens
f mille eſcus d'or
Pour les frais de ſes funerailles.
LeurArmée en fortit quite à trop bom
marché,
Etvous parustes bienfâché D'avoirfaitsi peu de carnage ;
Maisquelque Perſonne foûtient Quevous lefustes davantage ,
Parce qu'ils vous voloient , outre leur
équipage,
Un Baston qui vous appartient.
Carainsi que chacun le conte ,
Ilesttres-aſſuréque le vaillantMontal,
Par leur évasion trop prompte ... Perdun Baston de Marefchal.
Vous en eftiez inconfolable ,
Vous juriez,vouspeſtiez en diable ,
Et l'on vous entendoit crier du mesme
ton Qu'un Aveugle en colere , &qui perd Son Baston.. Quepourtant cechagrin n'ait rien qui
vous tourmente ,. Vous verrez quelque jour tous vos defirs
contens2
38 LE MERCVRE Ce Baston viendra dans son temps Etvous n'y perdrez que l'attente.. Nevous suffit-ilpas que le plus grand
des Rois
Vous a veu triompher déja plus d'une fois,
Etqued'aucunſervice il ne perd la memoire ?
S'il vous donneplus tard ce prix de vos Exploits,
Vous le poffederez avecque plus de gloires Gest cequeje soubaite , &fuis de tout
mon cœur,
Vostre tres-humble Serviteur.
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Résumé : EPITAPHE.
Le texte raconte la mort héroïque d'un chien nommé Citron, tué par des ennemis après avoir montré du courage en aboyant sur des alliés en retraite. Sa mort est comparée à une grande bataille impliquant trois peuples et les États de Flandre, qui ont financé ses funérailles. L'armée ennemie a quitté le champ de bataille sans causer de graves dommages, mais a volé un bâton de maréchal appartenant à un personnage non nommé, probablement un général ou un maréchal. Ce dernier est très affecté par cette perte et jure de récupérer son bâton. Le texte se conclut sur une note d'espoir, suggérant que le bâton sera rendu et que le personnage verra ses désirs exaucés avec le soutien du 'plus grand des Rois'.
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6
p. 299-304
Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
Je la quite pour vous entretenir de ce qui s'est [...]
Mots clefs :
Flandre, Longueval, Guerre, Prince d'Orange, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Je la quite pour vous entretenirde ce qui s'eſt paffe dans celle de Flandre depuis
ma derniere Lettre. Les Ennemis n'ont fongé qu'à s'y éta- plir une communication libre entre Bruxelles & Mons , & à
faire des Redoutes. Il ne nous
faudra qu'un moment pour de-
GALANT. 201
truire leurs Ouvrages. Qui prend Valenciennes d'affaut ,
&force Cambray àſe rendre ,
forcera des Redoutes quand il voudra. Aufſi les avons - nous
laiſſe faire. Puis qu'ils fongent à ſe defendre, ils ne ſe croyent plus en état de nous attaquer.
Cependant toutes leurs pré- cautions ne les peuvent mettre à couvert de nos entrepriſes.
On a étably des Contribu- tions ; & comme la Guerre a
ſes Loix pour faire payer ceux quionttrop de lenteur à y fa- tisfaire , Monfieur le mareſchal
deHumieres a puny ce retar- dementpar quelques vifites un peu chagrinantes pour les né- gligens. Outre le Camp volant de Monfieur le Baron de Quin- cy il eſtoit accompagné de Meſſieurs de Joyeufe &d'Al
i i
202 LE MERCVRE
bret , qui commandoient de grands Détachemens. Ils ont eſté ſur le bord du Canal de Bruges, où la Chaſtellenie d'Y- pres les envoya prier d'attendre trois jours. M. le marefchal de Humieres paſſa le Canal , affura les Contributions , s'approcha
de, Gand , & revint joindre
Monfieur le Duc de Luxem- bourg. Le Prince d'Orange quita l'Armée , & en laiſſa le Commandement au Comte de
Valdec , qui craignant la fa- mine ,ou du moins voulant faire meilleure chere que les
autres , envoya auffitoftdeman- der des Paſſeports à Monfieur de Luxembourg pour fes Pour- voyeurs. Il ne me reſte plus à
vousparlerque de deux Actions particulieres trop remarqua- bles pour me difpenfer de leur
GALANT. 203 donner les loñanges qui leur font deües. Elles ſont de deux
Parens du meſine nom. La pre- miere eſt de Monfieurle Comte
de Longueval qui commande les Dragons Dauphins. Il fut détaché pour aller dans l'Iſle de Bierutick , à deux lieuës de
Fleſſingue , & ayant paffé à la faveur d'une marée baffe , &
fous la Mouſqueterie d'une Re- douted'un Fort&d'un longParapet qui estoit garny d'Infan- terie, ilymit le feu enplein mi- dy , & ſe retira avec plus de foixante Priſonniers . Quelque hardiequefoit cetteAction, on pouvoit tout attendre d'un
Homme qui a pris le Fort aux Vaches. Ce qui fuit ne vous
paroiſtra pas moins digne d'e- ftre admire , & vous yverrezde lapreſence d'efprit meſlée avec
(
I vj
204 LE MERCVRE
beaucoup de courage. M² de Longueval Capitaine de Ca- valerie , ayant eſté détaché avec cinquante Maiſtres pour quelque Expédition , prit un Guide qui connoiſſoit fi mal les lieux , que s'eſtant égarez ,
ils ſe trouverent au milieu du
Campdes Ennemis,à trente pas dela Tente du Prince de Naffau. M de Longuéval ayant adroitement découvert qu'il n'y eſtoit pas , entra dans la Tente , le demanda, &dit qu'il luy venoit rendre compte d'une Commiſſion dont ill'avoit chargé. Il ajoûta qu'il avoit eu beaucoup de fatigue , & pria qu'on luy fiſt donner quelques rafraichiſſemens. On luy ap- porta des Eauxglacéesde tou- res fortes ,& pendant le repos qu'il feignoit de prendre, il exa-
GALANT. 205 minatous ceux qui estoientdas
la Tente ,& les ayantjugez in- capables de luy refifter , il s'en faiſit , fit prendre tout ce qu'il rencontra de meilleur , & traverſa le Camp Ennemy avec fon butin , &fes Priſonniers.
Cette vigoureuſe Action y mit Falarme , & il s'en apperçeut lors qu'il en fortoit.
ma derniere Lettre. Les Ennemis n'ont fongé qu'à s'y éta- plir une communication libre entre Bruxelles & Mons , & à
faire des Redoutes. Il ne nous
faudra qu'un moment pour de-
GALANT. 201
truire leurs Ouvrages. Qui prend Valenciennes d'affaut ,
&force Cambray àſe rendre ,
forcera des Redoutes quand il voudra. Aufſi les avons - nous
laiſſe faire. Puis qu'ils fongent à ſe defendre, ils ne ſe croyent plus en état de nous attaquer.
Cependant toutes leurs pré- cautions ne les peuvent mettre à couvert de nos entrepriſes.
On a étably des Contribu- tions ; & comme la Guerre a
ſes Loix pour faire payer ceux quionttrop de lenteur à y fa- tisfaire , Monfieur le mareſchal
deHumieres a puny ce retar- dementpar quelques vifites un peu chagrinantes pour les né- gligens. Outre le Camp volant de Monfieur le Baron de Quin- cy il eſtoit accompagné de Meſſieurs de Joyeufe &d'Al
i i
202 LE MERCVRE
bret , qui commandoient de grands Détachemens. Ils ont eſté ſur le bord du Canal de Bruges, où la Chaſtellenie d'Y- pres les envoya prier d'attendre trois jours. M. le marefchal de Humieres paſſa le Canal , affura les Contributions , s'approcha
de, Gand , & revint joindre
Monfieur le Duc de Luxem- bourg. Le Prince d'Orange quita l'Armée , & en laiſſa le Commandement au Comte de
Valdec , qui craignant la fa- mine ,ou du moins voulant faire meilleure chere que les
autres , envoya auffitoftdeman- der des Paſſeports à Monfieur de Luxembourg pour fes Pour- voyeurs. Il ne me reſte plus à
vousparlerque de deux Actions particulieres trop remarqua- bles pour me difpenfer de leur
GALANT. 203 donner les loñanges qui leur font deües. Elles ſont de deux
Parens du meſine nom. La pre- miere eſt de Monfieurle Comte
de Longueval qui commande les Dragons Dauphins. Il fut détaché pour aller dans l'Iſle de Bierutick , à deux lieuës de
Fleſſingue , & ayant paffé à la faveur d'une marée baffe , &
fous la Mouſqueterie d'une Re- douted'un Fort&d'un longParapet qui estoit garny d'Infan- terie, ilymit le feu enplein mi- dy , & ſe retira avec plus de foixante Priſonniers . Quelque hardiequefoit cetteAction, on pouvoit tout attendre d'un
Homme qui a pris le Fort aux Vaches. Ce qui fuit ne vous
paroiſtra pas moins digne d'e- ftre admire , & vous yverrezde lapreſence d'efprit meſlée avec
(
I vj
204 LE MERCVRE
beaucoup de courage. M² de Longueval Capitaine de Ca- valerie , ayant eſté détaché avec cinquante Maiſtres pour quelque Expédition , prit un Guide qui connoiſſoit fi mal les lieux , que s'eſtant égarez ,
ils ſe trouverent au milieu du
Campdes Ennemis,à trente pas dela Tente du Prince de Naffau. M de Longuéval ayant adroitement découvert qu'il n'y eſtoit pas , entra dans la Tente , le demanda, &dit qu'il luy venoit rendre compte d'une Commiſſion dont ill'avoit chargé. Il ajoûta qu'il avoit eu beaucoup de fatigue , & pria qu'on luy fiſt donner quelques rafraichiſſemens. On luy ap- porta des Eauxglacéesde tou- res fortes ,& pendant le repos qu'il feignoit de prendre, il exa-
GALANT. 205 minatous ceux qui estoientdas
la Tente ,& les ayantjugez in- capables de luy refifter , il s'en faiſit , fit prendre tout ce qu'il rencontra de meilleur , & traverſa le Camp Ennemy avec fon butin , &fes Priſonniers.
Cette vigoureuſe Action y mit Falarme , & il s'en apperçeut lors qu'il en fortoit.
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Résumé : Tout ce qui s'est fait en Flandre depuis le Mois dernier. [titre d'après la table]
Le texte relate les récents événements en Flandre. Les ennemis ont tenté d'établir une communication entre Bruxelles et Mons et de construire des redoutes. Les forces françaises ont choisi de laisser les ennemis se fortifier, sachant qu'elles pourront détruire ces ouvrages facilement. Occupés à se défendre, les ennemis ne peuvent plus attaquer. Les opérations françaises continuent malgré tout. Des contributions ont été établies, et le maréchal de Humieres a puni les retards de paiement par des visites punitives. Accompagné de plusieurs officiers, il a traversé le canal de Bruges, assuré les contributions, approché Gand, et rejoint le duc de Luxembourg. Le prince d'Orange a quitté l'armée, laissant le commandement au comte de Valdec, qui a demandé des passeports pour ses pourvoyeurs. Deux actions remarquables sont mises en avant. Le comte de Longueval, commandant des dragons Dauphins, a capturé plus de soixante prisonniers lors d'une mission dans l'île de Bierutick. Ensuite, en tant que capitaine de cavalerie, il a infiltré le camp ennemi, volé des provisions et capturé des prisonniers après avoir feint de rendre compte d'une commission au prince de Nassau.
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7
p. 97-104
Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Début :
Ils partirent le Lundy 14. d'Octobre, & allerent disner à S. [...]
Mots clefs :
Flandre, Saint-Denis, Roi, Abbaye, Corps, Bénédictins, Ouverture, Ambassadeurs, Tombeaux, Pierreries
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texteReconnaissance textuelle : Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Ils partirent le Lundy 14. d'Otobre
,& allerent diſner à S.
Denis,Ville de l'Iſle de France
à deux lieuës de Paris . Vous
ſçavez qu'elle eſt tres-confiderable
par une Abbaye de
Benedictins , qui eſt le lieu de
la Sepulture de nos Rois. Il
y a pluſieurs autres Eglifes
dans laVille , Paroiffes&Monaſteres.
Le Roy Henry I. y
fit aſſembler un grand nom
bredePrelats en 1053. pour ſe
trouver à l'ouverture de la
Chaſſe de S. Denys , fur ce
I
98 III. P. du Voyage
qu'il s'eſtoir émeu quelque
temps auparavant une fameuſe
diſpure , entre les Religieux
de cette Abbaye , & ceux de
S. Himmeran de Ratisbonne.
Ces derniers avoient fait
courir le bruit qu'ils avoient
le Corps de S. Denys Arcopagire
, & qu'il leur avoit été
donné par le Roy Arnoul.
L'ouverture de la Chaffe du
Saint ayant eſté faite en prefence
de ces Prelats affemblez
, on y trouva fon Corps
tout entier , à la referve d'un
bras , que le Pape Estienne
III. avoit emporté à Rome!)
I
1
des Amb.de Siam. 99
Quoy que les Ambaſſadeurs
ne deuſſent s'arreſter à
S. Denis que pour y diſner ,
ils ne laifferent pas de voir le
Trefor & les Tombeaux de
ceux de nos Rois , dont les
Corps ſont dans l'Egliſe de
l'Abbaye. Je ne vous repete
point ce que c'eſt que leTrefor
; il y a peu de perſonnes
enFrance qui ne l'ayentveu,
&d'ailleurs on a fait imprimer
pluſieurs Livres , qui ne
font remplis que de ce qu'il
contient. Les Ambaſſadeurs
s'attacherent particulierement
à regarder les Pierreries. Ils
Fij
100 III . P. du Voyage
en examinerent pluſieurs ,&
mirent meſme de la lumiere
derriere quelques-unes , qui
eftoient enchaſſées de maniere
qu'elles pouvoient eſtre
veuës des deux coſtez , & ils
en trouverent une que la lumiere
ainſi miſe faiſoit paroiſtre
d'une autre couleur.
Il y a quantité de choſes dans
ce Treſor que nous ſommes
obligez de reverer , & que la
Religion nous rend precieufes
, mais comme elles ne devoient
pas les toucher , on
peut dire qu'ils en virent
quantité , auſquelles ils ne
des Amb. de Siam. 101
s'arrêterent pas. On remarqua
même qu'encore que le beau
travail , l'or & les pierreries ,
les attachaffent beaucoup , ils
font tellement frappez de
tout ce qui a du raport au
Roy , qu'ils regarderent avec
beaucoup plus d'attention ,
& de plaifir les Ornemens
Royaux qui ſont conſervez
dans le meſme lieu qui enferme
le Trefor. Les figures
qui ornent les Tombeaux des
Rois , leur parurent merveilleuſes.
Ils en trouverent les
Bas- reliefs fort beaux , mais
fur toutceux qui font autour
I iij
102 111. P. du Voyage
du Tombeau de François I.
où l'on voit pluſieurs Batailles.
Cet ouvrage qui a des
beautez pour toutes les perſonnes
qui le voyent , en a
beaucoup davantage pour
ceux qui ont une parfaite
connoiſſance des beaux Arts .
Ils confidererent attentivement
le Tombeau de feu
Mr de Turenne & quoy
qu'il leur parût par luy-même
tres-digne de leur curiofité,
ils en admirerent encore
moins la magnificence qu'ils
ne firent la reconnoiffance
du Roy qui paroiffoit avec
des Amb.de Siam. 103
tant d'éclat pour un illuftre
Sujet, dans ce monumentque
Sa Majefté avoit fait élever à
ſes dépens. Ils dirent , que ce
Monarque prenoit tant de plaifor
à faire du bien , & à bonorer
le vray merite , qu'il n'épar
gnoit rien pour faire vivre la
memoire de ceux qui n'avoient
point épargnéleursang pour luy,
que cette maniere d'agir excitant
l'ardeur de tous fes braves
Sujets , il eſtoit impoffible qu'il
ne fût toujours vainqueur. Ils
examinerent la hauteur , la
longueur , & la largeur de
l'Eglife , & fortirent apres
I iiij
104 III. P. duVoyage
avoir remercié les Peres Benedictins
qui avoient pris
ſoin de leur faire voir toutes
ces chofes
,& allerent diſner à S.
Denis,Ville de l'Iſle de France
à deux lieuës de Paris . Vous
ſçavez qu'elle eſt tres-confiderable
par une Abbaye de
Benedictins , qui eſt le lieu de
la Sepulture de nos Rois. Il
y a pluſieurs autres Eglifes
dans laVille , Paroiffes&Monaſteres.
Le Roy Henry I. y
fit aſſembler un grand nom
bredePrelats en 1053. pour ſe
trouver à l'ouverture de la
Chaſſe de S. Denys , fur ce
I
98 III. P. du Voyage
qu'il s'eſtoir émeu quelque
temps auparavant une fameuſe
diſpure , entre les Religieux
de cette Abbaye , & ceux de
S. Himmeran de Ratisbonne.
Ces derniers avoient fait
courir le bruit qu'ils avoient
le Corps de S. Denys Arcopagire
, & qu'il leur avoit été
donné par le Roy Arnoul.
L'ouverture de la Chaffe du
Saint ayant eſté faite en prefence
de ces Prelats affemblez
, on y trouva fon Corps
tout entier , à la referve d'un
bras , que le Pape Estienne
III. avoit emporté à Rome!)
I
1
des Amb.de Siam. 99
Quoy que les Ambaſſadeurs
ne deuſſent s'arreſter à
S. Denis que pour y diſner ,
ils ne laifferent pas de voir le
Trefor & les Tombeaux de
ceux de nos Rois , dont les
Corps ſont dans l'Egliſe de
l'Abbaye. Je ne vous repete
point ce que c'eſt que leTrefor
; il y a peu de perſonnes
enFrance qui ne l'ayentveu,
&d'ailleurs on a fait imprimer
pluſieurs Livres , qui ne
font remplis que de ce qu'il
contient. Les Ambaſſadeurs
s'attacherent particulierement
à regarder les Pierreries. Ils
Fij
100 III . P. du Voyage
en examinerent pluſieurs ,&
mirent meſme de la lumiere
derriere quelques-unes , qui
eftoient enchaſſées de maniere
qu'elles pouvoient eſtre
veuës des deux coſtez , & ils
en trouverent une que la lumiere
ainſi miſe faiſoit paroiſtre
d'une autre couleur.
Il y a quantité de choſes dans
ce Treſor que nous ſommes
obligez de reverer , & que la
Religion nous rend precieufes
, mais comme elles ne devoient
pas les toucher , on
peut dire qu'ils en virent
quantité , auſquelles ils ne
des Amb. de Siam. 101
s'arrêterent pas. On remarqua
même qu'encore que le beau
travail , l'or & les pierreries ,
les attachaffent beaucoup , ils
font tellement frappez de
tout ce qui a du raport au
Roy , qu'ils regarderent avec
beaucoup plus d'attention ,
& de plaifir les Ornemens
Royaux qui ſont conſervez
dans le meſme lieu qui enferme
le Trefor. Les figures
qui ornent les Tombeaux des
Rois , leur parurent merveilleuſes.
Ils en trouverent les
Bas- reliefs fort beaux , mais
fur toutceux qui font autour
I iij
102 111. P. du Voyage
du Tombeau de François I.
où l'on voit pluſieurs Batailles.
Cet ouvrage qui a des
beautez pour toutes les perſonnes
qui le voyent , en a
beaucoup davantage pour
ceux qui ont une parfaite
connoiſſance des beaux Arts .
Ils confidererent attentivement
le Tombeau de feu
Mr de Turenne & quoy
qu'il leur parût par luy-même
tres-digne de leur curiofité,
ils en admirerent encore
moins la magnificence qu'ils
ne firent la reconnoiffance
du Roy qui paroiffoit avec
des Amb.de Siam. 103
tant d'éclat pour un illuftre
Sujet, dans ce monumentque
Sa Majefté avoit fait élever à
ſes dépens. Ils dirent , que ce
Monarque prenoit tant de plaifor
à faire du bien , & à bonorer
le vray merite , qu'il n'épar
gnoit rien pour faire vivre la
memoire de ceux qui n'avoient
point épargnéleursang pour luy,
que cette maniere d'agir excitant
l'ardeur de tous fes braves
Sujets , il eſtoit impoffible qu'il
ne fût toujours vainqueur. Ils
examinerent la hauteur , la
longueur , & la largeur de
l'Eglife , & fortirent apres
I iiij
104 III. P. duVoyage
avoir remercié les Peres Benedictins
qui avoient pris
ſoin de leur faire voir toutes
ces chofes
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Résumé : Depart des Ambassadeurs pour Flandre, & ce qui se passe à Saint Denis. [titre d'après la table]
Le 14 octobre, des voyageurs se rendirent à Saint-Denis, ville de l'Île-de-France située à deux lieues de Paris. Saint-Denis est connue pour son abbaye bénédictine, lieu de sépulture des rois de France, ainsi que pour ses nombreuses églises, paroisses et monastères. En 1053, le roi Henri Ier y convoqua des prélats pour ouvrir la châsse de Saint Denis et résoudre une dispute entre les religieux de cette abbaye et ceux de Saint Emmeran de Ratisbonne concernant la possession du corps de Saint Denis. Lors de leur visite, les ambassadeurs du Siam, initialement prévus pour déjeuner, explorèrent le trésor et les tombeaux royaux de l'abbaye. Ils admirèrent les pierreries, les ornements royaux, les figures et les bas-reliefs des tombeaux, notamment celui de François Ier, représentant plusieurs batailles. Ils examinèrent aussi le tombeau du maréchal de Turenne, appréciant la reconnaissance royale manifestée par ce monument. Les ambassadeurs notèrent la grandeur de l'église et remercièrent les pères bénédictins pour leur accueil.
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8
p. 245-269
Lille. [titre d'après la table]
Début :
Ce même jour 3. de Novembre ils allerent coucher à [...]
Mots clefs :
Lille, Ville, Fort, Sébastien Le Prestre de Vauban, Roi, La Rablière, Place, Hôtel de la monnaie, Flandre, Citadelle, Ambassadeurs, Monde, Argent, Gendarmes, France, Temps, Dames, Moulin, Peuple, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lille. [titre d'après la table]
Ce même jour 3. de Novembre
ils allerent coucher à
Lifle , qui eſt ſur la Riviere de
Deulle , dont l'eau remplit ſes
doubles foffez qu'on a diftinguez
de demy-lunes. La Ville
eft fort grande & a des Eglifes
magnifiques. Baudoüin V.
dit de Lifle , Comte de Flandre
y fonda la Collegiale de
S. Pierre . C'eſt la plus confiderable
. Lifle , Capitale de la
Flandre nommée Gallicane ,
fut entourée deMurailles par
le meſme Baudoüin V. en
1046. Philippes le Hardy y
établit une Chambre des
X iij
246 II P. du Voyage
Comtes en 1385. Le Roy la foûmit
en 1667. & comme elle eſt
reftée à la France par la Paix
d'Aix la Chapelle en 1668, Sa
Majesté y a fait élever une
forte Citadelle flanquée de
cinq grands BaſtionsRoyaux.
Apeine les Ambaſſadeurs furent-
ils fortis de Menin, qu'ils
commencerent à voir le Peuple
de Lifle qui rempliſſoit la
Campagne. A une lieuë de la
Place, ils trouverent un fort
grand nombre de Caroffes &
de Chevaux , tant de la Nobleſſe
de la Ville , que decelle
des environs .On avoitran
des Amb . de Siam. 247
gélaGendarmerie en bataille,
elle eſtoit fort leſte , & commandée
par Me Doleac qui
eſtoit à la teſte , & qui falia
les Ambaſſadeurs ainſi que
tous les Officiers ; chacun
d'eux avoit l'épée à la main.
Mde la Rabliere Comman--
dant , les reçût hors la Ville ,
&leur preſenta Mts du Magiftrat
qui leur témoignerent
la joye qu'ils avoient de les
recevoir ,& d'executer l'ordre
du Roy. Ces premiers
complimens eſtant finis , ils
entrerent dans la Ville , où la
foule du Peuple eſtoit fi gran-
X iiij
248 III. P. du Voyage
de , que les Ambaſſadeurs di
rent qu'ils croyoient eftre encore au
jour de leur Entrée à Paris. Aprés
avoir paſſé dans pluſieurs
grandes&belles ruës bordées
de Troupes , ils retrouverent
la Gendarmerie en bataille
dans la place. M² de la Rabliere
les alla voir peu de
temps aprés leur arrivée , &
leur demanda le Mot. Ils
ſçavoient que Me le Maref
chal de Humieres , Gouverneur
de Lifle , commandoit
les Armées du Roy , & eftoit
grand Maître de l'Artillerie ,
c'eſt pourquoy ils donnerent,
des Anb. de Siam. 249
quand le Soleil menace , le Tonnere
gronde. Il y eut beaucoup
de monde à les voir fouper ,
&fur tout quantité de Dames,
il s'en trouva un grand nombre
de fort belles. Le lendemain
M de la Rabliere donna
ordre qu'on amenaft des
Caroſſes à la porte du lieu où
ils eftoient logez , & les conduiſit
à la Citadelle. Ils y furent
receus au bruit du Canon
, comme ils l'avoient eſté
le jour precedent au bruit de
celuy de la Ville. L'Infanterie
eſtoit en bataille. Ils monterent
fur les Remparts , & en
250 III P duVoyage
firent le tour , avec M Morion
qui en eſt Lieutenant de
Roy , ainſi qu'avec le Major &
l'Ingenieur ,je dis l'Ingenieur,
parcequ'il y en a undans chaque
Place. On leur dit que
Mr de Vauban estoit Gouverneur
de cette Citadelle qu'il avoit
luy-mefme fait construire ,
que c'étoit le premier homme du
Monde pour les Fortifications ,
&que tout ce qu'il y avoit de
beaux Ouvrages en France de
cette nature , avoient étéfaits par
fesfoins. Ils allerent voir fon
Jardin qui eſt dans la meſme
Citadelle , & entrerent dans
des Amb. de Siam. 251
une Grotte où l'on fit moüiller
beaucoup de monde pour
les divertir. Ils virent auffi
P'Arcenal qui eſt dans le même
lieu ,& generalement tout
ce qu'ils jugerent digne de
leur curioſité , c'eſt à dire qu'ils
ne laiſſerent aucun endroit de
la Place ſans le viſiter. Le même
jour ils eurent le plaifir
d'une Chaſſe , dont ils avoient
eſté priez par Me de la Rabliere
; ils allerent juſques à la
porte de la Ville dans les Caroffes
qu'il leur avoit envoyez,
puis ils monterent à cheval.
Il y avoit auſſi quantité de
252 III. P. du Voyage
Dames à cheval fort parées
& veſtuës en Amazones , &
plus de vingt mille perfonnes.
Les chiens prirent beaucoup
de gibier , & comme la populace
en prit encore davantage
, on fut contraint de
faire ceffer la chaffe , & d'obliger
du moins autant qu'on
le pût , tout ce grand Peuple
à rentrer. M du Magiftrat
leur donnerent la Comedie
dans l'Hôtel de Ville , aprés
quoy ils pafferent dans une
grande Sale , où il y avoit un
fort beau Concert de voix , &
d'inſtrumens qui dura une
1
desAmb. de Siam. 253
heure & demie. Ils allerent
delà dans une autre Salle où
eſtoit ſervie une collation magnifique
de vingt couverts.
Les Dames ſe mirent à table,
& la beauté de Mlle de la
Rianderie , qui charma toute
l'Aflemblée , auroit eu tous
les applaudiſſemens, ſiſa douceur
n'euſt pas eu l'avantage
de les partager. L'Ambaffadeur
donna ce ſoir là pour
mot , Ie defendray mon Ouvrage
, voulant dire que M de
Vauban qui avoit fait la Citadelle
, la defendroit auffibien
que la Ville , ſi l'une &
254 III. P. du Voyage
l'autre eſtoit attaquée. L'af-
Auence du monde ſe trouva
ſi grande pour les voir fouper
, qu'il y avoit apparence
que la plus part des Dames ,
loin de pouvoir trouver place
, ne pourroient pas meſme
entrer. Cela fut cauſe que les
Ambaſſadeurs prierent qu'on
ne laiſſaſt entrer qu'elles , difant
que les hommes les pouvoient
voir dans les autres lieux
où ils alloient.
Le lendemain ils furen tconduits
dans l'Hôtel de la Monnoye
par Mr de la Rabliere.
Ils commencerent par la Fondes
Amb de Siam. 255
derie , où ils virent faire les
moûles & couler dedans l'Argent
fondu , d'où l'on tira en
leur prefence les lames pour
les Loüis d'Argent de 40 ſols,
qui furent portez au Moulin ,
où ils les virent allonger &
recuire ', & enſuite coûper les
flancs. Ils en coûperent euxmêmes
pluſieurs . De là ils allerent
dans l'ouvrerie , où
les Ouvriers Ajuſteurs limerent
ces flancs , & les rendirent
du juſte poids. Enſuite
on les mena dans le Blanchi
ment, où l'on fit rougir les
flancs puis on les mit
د
256 III. P. du Voyage
boüillir à la maniere ordinaire
pour leur rendre leur
couleur naturelle. Aprés cela
ils allerent voir la nouvelle
Machine qui met les Lettres
fur la tranche avec autant de
promptitude, que de facilité
& de propreté. Ils eurent le
plaifir d'en marquer eux -
mêmes pluſieurs, & fe rendirent
dans le Monnoyage, où
aprés qu'ils eurent veu monnoyer
pluſieurs Pieces
Maiſtre de la Monnoye remarqua
qu'ils avoient envie
de voir de plus prés comme
cela ſe faiſoit. Auſſi - tôt il
د
le
des Amb. de Siam. 257
pria le premier Ambaſſadeur
d'entrer dans la Foſſe à côté
du Monnoyeur , & de mettre
luy- même les Pieces fous
la preſſe. Il le fit , & re
garda avec plaifir ſon ouvrage
, voyant la Piece recevoir
ſon empreinte des deux côtez
en même temps . Il marqua
par un ſigne de tête qu'il
comprenoit bien la choſe.
On fit voir auſſi aux Ambaſſadeurs
comment on faifoit
les laveures, & de quelle
maniere on retrouvoit l'Argent
qu'ils avoient remarqué
eſtre dans les fables des moû
Y
A
258 111. P. du Voyage
les , & qu'ils avoient veu ſe
répandre quand on avoit
jetté la Fonte dans ces moûles.
Ils furent furpris d'apprendre
que cét Argent-là
qui eft imperceptible, ſe retrouvoit
par le moyen du vif
Argent , ou Mercure . On
voulut les conduire dans l'ef
ſayerie & dans la Chambre
de la Délivrance ; mais le
temps manquoit , & on avoit
encore beaucoup de choſes à
leur faire voir ailleurs . Се-
pendant on s'apperçût qu'on
ne les tiroit de tous ces Travaux
qu'avec peine , parce
des Amb . de Siam . 159
qu'ils ne pouvoient ſe laffer
d'admirer toutes ces diverſes
machines , principalement
celles du Moulin & du Monnoyage.
Ils manioient les
Coûpoirs & les Rouleaux,
ainſi que les autres uſtenciles,
&en admiroient l'invention.
Enfin ils firent beaucoup de
remerciemens au Maîtrede la
Monnoye , & luy dirent que
l'on ne pouvoit eſtre plus
content qu'ils eftoient , &
qu'ils auroient bien voulu
avoir plus de temps pour
viſiter plus exactement tous
leurs Travaux. Ils deman-
Y ij
60. III. P. du Voyage
derent, ſi l'on n'auroit pas plûtôt
fait de jetter nos Efpeces en
moûle , comme ils faisoient les
leurs , parce que cela faciliteroit
beaucoup le travailerépargneroit
bien du monde & de la dépense .
Le Maiſtre de la Monnoye
répondit , que la Monnoyejettée
en moûle n'est jamais fi belle
que la nôtre ; &qu'à l'égard dia
grand embarras &de la grande
on ſouhaitoit plutôt
l'augmenter que de la diminuër,
pouréviter les Faux- monnoyeurs
qui font fort embaraffez quand
ils font obligez d'avoir tant de
machines. Ils virent tout
dépense ,
des Amb. de Siam. 261
د
cela en moins d'une heure
& demie le tout ayant
eſté tenu tout preſt. En entrant
& en fortant de l'Hôtel
des Monnoyes , ils regarderent
avec furpriſe le grand
Bâtiment que Sa Majefté a
fait faire pour fabriquer la
Monnoye de Flandre. S'il
eût eſté achevé , leur étonnement
eût eſté plus grand , le
deſſein en eſtant tres - beau ;
mais il n'y en a que la moitie
de bâty.
Au fortir de la monnoye,
ils allerent à l'Hôpital Comteſſe
, où ils virent des Reli262
III. P. du Voyage
gieuſes ( toutes Filles de qualité
) qui ont ſoin des malades
& des Bleffez de la Garniſon.
Leur zele les édifia beaucoup,
& leur Eglife leur parut extrémement
belle. Elles leur
firent preſent de quelques
Bouquets de leurs ouvrages,
qu'ils trouverent trés - bien
travaillez , & dont ils les remercierent
avec toute l'honnefteté
poſſible.
M Doleac qui commandoit
la Gendarmerie leur envoya
dire qu'il la feroit monter à
cheval. Ils eurent du chagrin
d'eſtre obligez de fe conten
desAmb. de Siam. 263
ter de l'avoir veuë à leur arrivée
; mais le reſte de leur
aprés- dînée devoit eſtre employée
à voir la Place, les Arcenaux
& les Magaſins. Ils
avoient eſté ſurpris de la
beauté de cette Gendarmerie
auſſi nombreuſe que leſte.
Elle estoit composée des Gendarmes
Ecoffois, de ceux de Bourgogne
& de Flandre , des Gendarmes
Anglois , des Gendarmes
& Chevaux-Legers de la Reine,
des Gendarmes &Chevaux-
Legers de Monseigneur le Dauphin
, & des Gendarmes d'Anjou.
Les Ambaſſadeuts firent
264 III . P. du Voyage
ce jour-là le tour de la Place,
qu'ils trouverent d'une grande
beauté. Ils viſiterent auffi
les Arcenaux & les Magaſins,
& furent furpris de les voir
ſi propres & d'y trouver tout
en fi bon ordre. On leur dit
que c'eſtoit par les foins de Mr
du Mets , l'un des plus braves
Officiers que le Roy ait dansſes
Troupes , & qui entend parfaitement
l' Artillerie. Ils dirent
qu'ils en avoient oüy parler fi
avantageusement en tant d'endroits
, qu'ils auroient bien foubaité
de le voir. En rentrant
ils allerent aux Jeſuites , où
tous
des Amb. de Siam. 265
tous les Peres les receurent.
Aprés qu'ils eurent viſité une
partie de leur Maiſon , on
leur fit voir un moulin à eau
qui peut eſtre mis au nombre
des chofes les plus extraordinaires
, puiſque ſans que
perſonne agiffe, il entonne le
bled, meut & fait tout le refte
que nous voyons dans les
Moulins , lorſque les hommes
s'en meflent. Ils demanderent
le Plan de ce moulin , & on
les fatisfit là-deſſus , ils furent
enfuite conduits dans une
grande Sale , où ils trouverent
une magnifique Collation. Ils
Z
226 III. P. du Voyage
dirent à ces Peres , qu'il n'appartenoit
qu'à eux de ſe diftinguer
en tout , & qu'ils ne manqueroient
pas de rendre compte
au Roy de Siam du bon accueil
qu'ils avoient reçu de leur Compagnie
dans tous les endroits où
ils les avoient trouvez établis.
Ils donnerent ce ſoir là pour
mot , point d'amis , ny d'ennemis
que les fiens , & allerent
ſouper chez M de la Rabliere
, qui les avoit invités. Ce
Repas fut d'une tres--grande
magnificence , & accompagné
d'une Simphonie , compoſée
d'un fort grand nom
des Amb. de Siam. 267
bre d'Inſtrumens , on y but
les Santés de l'AlianceRoyale,
& l'on recommença pluſieurs
fois celle du Roy. Il y eût un
grandBal apres le ſoupé , où
Mlle Deſpiere ſe fit admirer.
On m'a aſſuré qu'elle eſt de la
force de tout ce qu'il y a de
perſonnes en France qui dancent
le mieux. Les Ambaſſa .
deurs ne s'en retournerent
qu'aprés minuit. Ce ne fut
pas fans avoir fait de grands
remerciemens à de la Rabliere,
non ſeulement du regale
qu'il leur venoit de donner ,
Zij
268 III. P. du Voyage
mais encore de fes manieres
honneſtes . Le maiſtre de la
Monnoye les vint ſaluër le lendemain.
Ils le reconurent auffitoft
, & le receurent d'une maniere
tres - obligeante. Ils dînerent
cejour-là de fort bonne
heure , & fortirent de la
Ville de la maniere qu'ils y
eſtoient entrés , ils parlerent
beaucoup de m' de la Rabliere
pendant le chemin , & dirent
qu'on pouvoit appeller Lille , la
Reyne de Flandre , comme Paris
la Reyne de France , & recommençant
continuellement à
parler des grandeurs du Roy,
des Amb. de Siam. 269
ils dirent que rien n'en approchoit
, & que ce qui en parois
foitsouffroit la veuë , mais non
pas l'expreffion.
ils allerent coucher à
Lifle , qui eſt ſur la Riviere de
Deulle , dont l'eau remplit ſes
doubles foffez qu'on a diftinguez
de demy-lunes. La Ville
eft fort grande & a des Eglifes
magnifiques. Baudoüin V.
dit de Lifle , Comte de Flandre
y fonda la Collegiale de
S. Pierre . C'eſt la plus confiderable
. Lifle , Capitale de la
Flandre nommée Gallicane ,
fut entourée deMurailles par
le meſme Baudoüin V. en
1046. Philippes le Hardy y
établit une Chambre des
X iij
246 II P. du Voyage
Comtes en 1385. Le Roy la foûmit
en 1667. & comme elle eſt
reftée à la France par la Paix
d'Aix la Chapelle en 1668, Sa
Majesté y a fait élever une
forte Citadelle flanquée de
cinq grands BaſtionsRoyaux.
Apeine les Ambaſſadeurs furent-
ils fortis de Menin, qu'ils
commencerent à voir le Peuple
de Lifle qui rempliſſoit la
Campagne. A une lieuë de la
Place, ils trouverent un fort
grand nombre de Caroffes &
de Chevaux , tant de la Nobleſſe
de la Ville , que decelle
des environs .On avoitran
des Amb . de Siam. 247
gélaGendarmerie en bataille,
elle eſtoit fort leſte , & commandée
par Me Doleac qui
eſtoit à la teſte , & qui falia
les Ambaſſadeurs ainſi que
tous les Officiers ; chacun
d'eux avoit l'épée à la main.
Mde la Rabliere Comman--
dant , les reçût hors la Ville ,
&leur preſenta Mts du Magiftrat
qui leur témoignerent
la joye qu'ils avoient de les
recevoir ,& d'executer l'ordre
du Roy. Ces premiers
complimens eſtant finis , ils
entrerent dans la Ville , où la
foule du Peuple eſtoit fi gran-
X iiij
248 III. P. du Voyage
de , que les Ambaſſadeurs di
rent qu'ils croyoient eftre encore au
jour de leur Entrée à Paris. Aprés
avoir paſſé dans pluſieurs
grandes&belles ruës bordées
de Troupes , ils retrouverent
la Gendarmerie en bataille
dans la place. M² de la Rabliere
les alla voir peu de
temps aprés leur arrivée , &
leur demanda le Mot. Ils
ſçavoient que Me le Maref
chal de Humieres , Gouverneur
de Lifle , commandoit
les Armées du Roy , & eftoit
grand Maître de l'Artillerie ,
c'eſt pourquoy ils donnerent,
des Anb. de Siam. 249
quand le Soleil menace , le Tonnere
gronde. Il y eut beaucoup
de monde à les voir fouper ,
&fur tout quantité de Dames,
il s'en trouva un grand nombre
de fort belles. Le lendemain
M de la Rabliere donna
ordre qu'on amenaft des
Caroſſes à la porte du lieu où
ils eftoient logez , & les conduiſit
à la Citadelle. Ils y furent
receus au bruit du Canon
, comme ils l'avoient eſté
le jour precedent au bruit de
celuy de la Ville. L'Infanterie
eſtoit en bataille. Ils monterent
fur les Remparts , & en
250 III P duVoyage
firent le tour , avec M Morion
qui en eſt Lieutenant de
Roy , ainſi qu'avec le Major &
l'Ingenieur ,je dis l'Ingenieur,
parcequ'il y en a undans chaque
Place. On leur dit que
Mr de Vauban estoit Gouverneur
de cette Citadelle qu'il avoit
luy-mefme fait construire ,
que c'étoit le premier homme du
Monde pour les Fortifications ,
&que tout ce qu'il y avoit de
beaux Ouvrages en France de
cette nature , avoient étéfaits par
fesfoins. Ils allerent voir fon
Jardin qui eſt dans la meſme
Citadelle , & entrerent dans
des Amb. de Siam. 251
une Grotte où l'on fit moüiller
beaucoup de monde pour
les divertir. Ils virent auffi
P'Arcenal qui eſt dans le même
lieu ,& generalement tout
ce qu'ils jugerent digne de
leur curioſité , c'eſt à dire qu'ils
ne laiſſerent aucun endroit de
la Place ſans le viſiter. Le même
jour ils eurent le plaifir
d'une Chaſſe , dont ils avoient
eſté priez par Me de la Rabliere
; ils allerent juſques à la
porte de la Ville dans les Caroffes
qu'il leur avoit envoyez,
puis ils monterent à cheval.
Il y avoit auſſi quantité de
252 III. P. du Voyage
Dames à cheval fort parées
& veſtuës en Amazones , &
plus de vingt mille perfonnes.
Les chiens prirent beaucoup
de gibier , & comme la populace
en prit encore davantage
, on fut contraint de
faire ceffer la chaffe , & d'obliger
du moins autant qu'on
le pût , tout ce grand Peuple
à rentrer. M du Magiftrat
leur donnerent la Comedie
dans l'Hôtel de Ville , aprés
quoy ils pafferent dans une
grande Sale , où il y avoit un
fort beau Concert de voix , &
d'inſtrumens qui dura une
1
desAmb. de Siam. 253
heure & demie. Ils allerent
delà dans une autre Salle où
eſtoit ſervie une collation magnifique
de vingt couverts.
Les Dames ſe mirent à table,
& la beauté de Mlle de la
Rianderie , qui charma toute
l'Aflemblée , auroit eu tous
les applaudiſſemens, ſiſa douceur
n'euſt pas eu l'avantage
de les partager. L'Ambaffadeur
donna ce ſoir là pour
mot , Ie defendray mon Ouvrage
, voulant dire que M de
Vauban qui avoit fait la Citadelle
, la defendroit auffibien
que la Ville , ſi l'une &
254 III. P. du Voyage
l'autre eſtoit attaquée. L'af-
Auence du monde ſe trouva
ſi grande pour les voir fouper
, qu'il y avoit apparence
que la plus part des Dames ,
loin de pouvoir trouver place
, ne pourroient pas meſme
entrer. Cela fut cauſe que les
Ambaſſadeurs prierent qu'on
ne laiſſaſt entrer qu'elles , difant
que les hommes les pouvoient
voir dans les autres lieux
où ils alloient.
Le lendemain ils furen tconduits
dans l'Hôtel de la Monnoye
par Mr de la Rabliere.
Ils commencerent par la Fondes
Amb de Siam. 255
derie , où ils virent faire les
moûles & couler dedans l'Argent
fondu , d'où l'on tira en
leur prefence les lames pour
les Loüis d'Argent de 40 ſols,
qui furent portez au Moulin ,
où ils les virent allonger &
recuire ', & enſuite coûper les
flancs. Ils en coûperent euxmêmes
pluſieurs . De là ils allerent
dans l'ouvrerie , où
les Ouvriers Ajuſteurs limerent
ces flancs , & les rendirent
du juſte poids. Enſuite
on les mena dans le Blanchi
ment, où l'on fit rougir les
flancs puis on les mit
د
256 III. P. du Voyage
boüillir à la maniere ordinaire
pour leur rendre leur
couleur naturelle. Aprés cela
ils allerent voir la nouvelle
Machine qui met les Lettres
fur la tranche avec autant de
promptitude, que de facilité
& de propreté. Ils eurent le
plaifir d'en marquer eux -
mêmes pluſieurs, & fe rendirent
dans le Monnoyage, où
aprés qu'ils eurent veu monnoyer
pluſieurs Pieces
Maiſtre de la Monnoye remarqua
qu'ils avoient envie
de voir de plus prés comme
cela ſe faiſoit. Auſſi - tôt il
د
le
des Amb. de Siam. 257
pria le premier Ambaſſadeur
d'entrer dans la Foſſe à côté
du Monnoyeur , & de mettre
luy- même les Pieces fous
la preſſe. Il le fit , & re
garda avec plaifir ſon ouvrage
, voyant la Piece recevoir
ſon empreinte des deux côtez
en même temps . Il marqua
par un ſigne de tête qu'il
comprenoit bien la choſe.
On fit voir auſſi aux Ambaſſadeurs
comment on faifoit
les laveures, & de quelle
maniere on retrouvoit l'Argent
qu'ils avoient remarqué
eſtre dans les fables des moû
Y
A
258 111. P. du Voyage
les , & qu'ils avoient veu ſe
répandre quand on avoit
jetté la Fonte dans ces moûles.
Ils furent furpris d'apprendre
que cét Argent-là
qui eft imperceptible, ſe retrouvoit
par le moyen du vif
Argent , ou Mercure . On
voulut les conduire dans l'ef
ſayerie & dans la Chambre
de la Délivrance ; mais le
temps manquoit , & on avoit
encore beaucoup de choſes à
leur faire voir ailleurs . Се-
pendant on s'apperçût qu'on
ne les tiroit de tous ces Travaux
qu'avec peine , parce
des Amb . de Siam . 159
qu'ils ne pouvoient ſe laffer
d'admirer toutes ces diverſes
machines , principalement
celles du Moulin & du Monnoyage.
Ils manioient les
Coûpoirs & les Rouleaux,
ainſi que les autres uſtenciles,
&en admiroient l'invention.
Enfin ils firent beaucoup de
remerciemens au Maîtrede la
Monnoye , & luy dirent que
l'on ne pouvoit eſtre plus
content qu'ils eftoient , &
qu'ils auroient bien voulu
avoir plus de temps pour
viſiter plus exactement tous
leurs Travaux. Ils deman-
Y ij
60. III. P. du Voyage
derent, ſi l'on n'auroit pas plûtôt
fait de jetter nos Efpeces en
moûle , comme ils faisoient les
leurs , parce que cela faciliteroit
beaucoup le travailerépargneroit
bien du monde & de la dépense .
Le Maiſtre de la Monnoye
répondit , que la Monnoyejettée
en moûle n'est jamais fi belle
que la nôtre ; &qu'à l'égard dia
grand embarras &de la grande
on ſouhaitoit plutôt
l'augmenter que de la diminuër,
pouréviter les Faux- monnoyeurs
qui font fort embaraffez quand
ils font obligez d'avoir tant de
machines. Ils virent tout
dépense ,
des Amb. de Siam. 261
د
cela en moins d'une heure
& demie le tout ayant
eſté tenu tout preſt. En entrant
& en fortant de l'Hôtel
des Monnoyes , ils regarderent
avec furpriſe le grand
Bâtiment que Sa Majefté a
fait faire pour fabriquer la
Monnoye de Flandre. S'il
eût eſté achevé , leur étonnement
eût eſté plus grand , le
deſſein en eſtant tres - beau ;
mais il n'y en a que la moitie
de bâty.
Au fortir de la monnoye,
ils allerent à l'Hôpital Comteſſe
, où ils virent des Reli262
III. P. du Voyage
gieuſes ( toutes Filles de qualité
) qui ont ſoin des malades
& des Bleffez de la Garniſon.
Leur zele les édifia beaucoup,
& leur Eglife leur parut extrémement
belle. Elles leur
firent preſent de quelques
Bouquets de leurs ouvrages,
qu'ils trouverent trés - bien
travaillez , & dont ils les remercierent
avec toute l'honnefteté
poſſible.
M Doleac qui commandoit
la Gendarmerie leur envoya
dire qu'il la feroit monter à
cheval. Ils eurent du chagrin
d'eſtre obligez de fe conten
desAmb. de Siam. 263
ter de l'avoir veuë à leur arrivée
; mais le reſte de leur
aprés- dînée devoit eſtre employée
à voir la Place, les Arcenaux
& les Magaſins. Ils
avoient eſté ſurpris de la
beauté de cette Gendarmerie
auſſi nombreuſe que leſte.
Elle estoit composée des Gendarmes
Ecoffois, de ceux de Bourgogne
& de Flandre , des Gendarmes
Anglois , des Gendarmes
& Chevaux-Legers de la Reine,
des Gendarmes &Chevaux-
Legers de Monseigneur le Dauphin
, & des Gendarmes d'Anjou.
Les Ambaſſadeuts firent
264 III . P. du Voyage
ce jour-là le tour de la Place,
qu'ils trouverent d'une grande
beauté. Ils viſiterent auffi
les Arcenaux & les Magaſins,
& furent furpris de les voir
ſi propres & d'y trouver tout
en fi bon ordre. On leur dit
que c'eſtoit par les foins de Mr
du Mets , l'un des plus braves
Officiers que le Roy ait dansſes
Troupes , & qui entend parfaitement
l' Artillerie. Ils dirent
qu'ils en avoient oüy parler fi
avantageusement en tant d'endroits
, qu'ils auroient bien foubaité
de le voir. En rentrant
ils allerent aux Jeſuites , où
tous
des Amb. de Siam. 265
tous les Peres les receurent.
Aprés qu'ils eurent viſité une
partie de leur Maiſon , on
leur fit voir un moulin à eau
qui peut eſtre mis au nombre
des chofes les plus extraordinaires
, puiſque ſans que
perſonne agiffe, il entonne le
bled, meut & fait tout le refte
que nous voyons dans les
Moulins , lorſque les hommes
s'en meflent. Ils demanderent
le Plan de ce moulin , & on
les fatisfit là-deſſus , ils furent
enfuite conduits dans une
grande Sale , où ils trouverent
une magnifique Collation. Ils
Z
226 III. P. du Voyage
dirent à ces Peres , qu'il n'appartenoit
qu'à eux de ſe diftinguer
en tout , & qu'ils ne manqueroient
pas de rendre compte
au Roy de Siam du bon accueil
qu'ils avoient reçu de leur Compagnie
dans tous les endroits où
ils les avoient trouvez établis.
Ils donnerent ce ſoir là pour
mot , point d'amis , ny d'ennemis
que les fiens , & allerent
ſouper chez M de la Rabliere
, qui les avoit invités. Ce
Repas fut d'une tres--grande
magnificence , & accompagné
d'une Simphonie , compoſée
d'un fort grand nom
des Amb. de Siam. 267
bre d'Inſtrumens , on y but
les Santés de l'AlianceRoyale,
& l'on recommença pluſieurs
fois celle du Roy. Il y eût un
grandBal apres le ſoupé , où
Mlle Deſpiere ſe fit admirer.
On m'a aſſuré qu'elle eſt de la
force de tout ce qu'il y a de
perſonnes en France qui dancent
le mieux. Les Ambaſſa .
deurs ne s'en retournerent
qu'aprés minuit. Ce ne fut
pas fans avoir fait de grands
remerciemens à de la Rabliere,
non ſeulement du regale
qu'il leur venoit de donner ,
Zij
268 III. P. du Voyage
mais encore de fes manieres
honneſtes . Le maiſtre de la
Monnoye les vint ſaluër le lendemain.
Ils le reconurent auffitoft
, & le receurent d'une maniere
tres - obligeante. Ils dînerent
cejour-là de fort bonne
heure , & fortirent de la
Ville de la maniere qu'ils y
eſtoient entrés , ils parlerent
beaucoup de m' de la Rabliere
pendant le chemin , & dirent
qu'on pouvoit appeller Lille , la
Reyne de Flandre , comme Paris
la Reyne de France , & recommençant
continuellement à
parler des grandeurs du Roy,
des Amb. de Siam. 269
ils dirent que rien n'en approchoit
, & que ce qui en parois
foitsouffroit la veuë , mais non
pas l'expreffion.
Fermer
Résumé : Lille. [titre d'après la table]
Le 3 novembre, les ambassadeurs séjournèrent à Lille, une ville située sur la rivière Deûle, célèbre pour ses eaux remplissant ses doubles fossés en forme de demi-lunes. Lille est une grande ville avec des églises magnifiques. Baudouin V de Lille, Comte de Flandre, y fonda la collégiale de Saint-Pierre. Lille, capitale de la Flandre gallicane, fut entourée de murailles par Baudouin V en 1046. Philippe le Hardy y établit une Chambre des Comtes en 1385. Le roi la soumit en 1667 et, selon la Paix d'Aix-la-Chapelle en 1668, elle resta à la France. Sa Majesté y fit construire une citadelle flanquée de cinq grands bastions royaux. À leur arrivée, les ambassadeurs furent accueillis par une foule nombreuse et une gendarmerie commandée par M. Doleac. M. de la Rablière, commandant, les reçut et leur présenta les membres du magistrat. Ils entrèrent ensuite dans la ville, où la foule était si dense qu'ils crurent revivre leur entrée à Paris. Après avoir traversé plusieurs rues bordées de troupes, ils retrouvèrent la gendarmerie en bataille sur la place. Le lendemain, M. de la Rablière les conduisit à la citadelle, où ils furent reçus au bruit du canon. Ils visitèrent les remparts avec M. Morion, lieutenant du roi, et l'ingénieur. On leur expliqua que M. de Vauban était le gouverneur de cette citadelle, qu'il avait lui-même construite, et qu'il était réputé pour ses fortifications. Ils visitèrent également le jardin, une grotte, et l'arsenal. Dans l'après-midi, ils participèrent à une chasse et assistèrent à une comédie suivie d'un concert et d'une collation magnifique à l'hôtel de ville. Les ambassadeurs furent ensuite conduits à l'hôtel de la Monnoye, où ils virent la fabrication des monnaies, de la fonte des moules à la mise en circulation des pièces. Ils admirèrent les machines et les processus de fabrication. Ils exprimèrent leur admiration et leur souhait de voir plus de détails, mais le temps manquait. Ils visitèrent également l'hôpital Comtesse, où des religieuses soignaient les malades et les blessés. Elles leur offrirent des bouquets de leurs ouvrages. M. Doleac leur envoya un message pour leur montrer la gendarmerie, mais ils durent décliner en raison de leur emploi du temps chargé. Les ambassadeurs firent le tour de la place, visitèrent les arsenaux et les magasins, et furent impressionnés par leur organisation. Ils se rendirent ensuite chez les Jésuites, où ils virent un moulin à eau remarquable. Ils furent invités à une collation et exprimèrent leur gratitude pour l'accueil reçu. Le soir, ils souperèrent chez M. de la Rablière, où un grand bal fut organisé. Ils ne quittèrent la ville que le lendemain, après avoir dîné de bonne heure, en parlant des grandeurs du roi et des beautés de Lille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 321-324
Matiere que doit contenir la IV. Partie. [titre d'après la table]
Début :
Quoy qu'il me reste encore à vous parler de la reception [...]
Mots clefs :
Voyage, Volume, Flandre, Ambassade , Volumes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Matiere que doit contenir la IV. Partie. [titre d'après la table]
Quoy qu'il me reſte encore
à vous parler de la reception
qui a eſté faite aux Ambaſſadeurs
en pluſieurs Villes , je
fuis obligé de finir icy cette
322 III. P. du Voyage
troifiéme Partie , afin de la
donner dans le temps ordinaire.
S'il ne s'étoit agy que
du Voyage de Flandre , il auroit
fallu le metre dans un
feul volume , mais toute cette
Relation n'eftant qu'un
Journal de l'Ambaſſade de
Siam en France , qui contiendra
quatre Volumes , & ces
quatre Volumes enſemble ne
devant former qu'un ſeul
Ouvrage , je ne me fuis pas
attaché à mettre dans un même
Volume tout ce qui regarde
la meſme matiere. Celuy-
cy commence par queldes
Amb. de Siam. 323
1
ques endroits qui n'ont pu
eſtre employez dans la defcription
de Verſailles , contenuë
dans la ſeconde Partie,de
mefme que celuy qui le doit
ſuivre renfermera ce qui n'a
pû trouver place du Voyage
de Flandre dans ce troifiéme
Volume avec quantité de circõſtances
nouvelles, touchant
ce Voyage, qui font arrivées
depuis que ce Volume eſt achevé
, & d'autres qu'on attend
encore. La quatriéme &
derniere Partie de cette Ambaſſade
ſera compoſée , outre
ce qui reſte à dire de Flandre,
324 III . P. du Voyage
de ce que les Ambaffadeurs
ont vû , fait & dit à Paris depuis
leur Voyage , ce qui ne
fera pas moins curieux , que
ce que l'on a vû dans les Volumes
precedens . On ajoutera
à toutes ces chofes l'Audience
de congé qu'ils doivent
avoir avant leur départ ,
les harangues qu'il feront , la
liſte des preſens qu'ils recevront
, & tout ce qui regardera
cette Ambaſſade , juſqu'à
ce qu'elle ſoit entierement finie.
à vous parler de la reception
qui a eſté faite aux Ambaſſadeurs
en pluſieurs Villes , je
fuis obligé de finir icy cette
322 III. P. du Voyage
troifiéme Partie , afin de la
donner dans le temps ordinaire.
S'il ne s'étoit agy que
du Voyage de Flandre , il auroit
fallu le metre dans un
feul volume , mais toute cette
Relation n'eftant qu'un
Journal de l'Ambaſſade de
Siam en France , qui contiendra
quatre Volumes , & ces
quatre Volumes enſemble ne
devant former qu'un ſeul
Ouvrage , je ne me fuis pas
attaché à mettre dans un même
Volume tout ce qui regarde
la meſme matiere. Celuy-
cy commence par queldes
Amb. de Siam. 323
1
ques endroits qui n'ont pu
eſtre employez dans la defcription
de Verſailles , contenuë
dans la ſeconde Partie,de
mefme que celuy qui le doit
ſuivre renfermera ce qui n'a
pû trouver place du Voyage
de Flandre dans ce troifiéme
Volume avec quantité de circõſtances
nouvelles, touchant
ce Voyage, qui font arrivées
depuis que ce Volume eſt achevé
, & d'autres qu'on attend
encore. La quatriéme &
derniere Partie de cette Ambaſſade
ſera compoſée , outre
ce qui reſte à dire de Flandre,
324 III . P. du Voyage
de ce que les Ambaffadeurs
ont vû , fait & dit à Paris depuis
leur Voyage , ce qui ne
fera pas moins curieux , que
ce que l'on a vû dans les Volumes
precedens . On ajoutera
à toutes ces chofes l'Audience
de congé qu'ils doivent
avoir avant leur départ ,
les harangues qu'il feront , la
liſte des preſens qu'ils recevront
, & tout ce qui regardera
cette Ambaſſade , juſqu'à
ce qu'elle ſoit entierement finie.
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Résumé : Matiere que doit contenir la IV. Partie. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage en quatre volumes relatant l'ambassade de Siam en France. L'auteur doit conclure la troisième partie pour respecter les délais de publication. Bien que le voyage en Flandre aurait pu être contenu dans un seul volume, l'ensemble de la relation est un journal de l'ambassade, nécessitant une organisation spécifique. Le troisième volume commence par des éléments non inclus dans la description de Versailles et inclura des informations supplémentaires sur le voyage en Flandre, ainsi que des circonstances nouvelles survenues après l'achèvement du volume. La quatrième et dernière partie couvrira les activités des ambassadeurs à Paris après leur voyage, y compris leur audience de congé, les harangues, la liste des présents reçus, et tous les aspects de l'ambassade jusqu'à son terme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 351-376
Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
Début :
Enfin l'on ne doit plus avoir d'inquietude touchant la playe [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Ennemis, Flandre, Troupes, Campagne, Argent, Hollande, Nations, Guerre, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
Enfin l'on ne doit plus avoir
d'inquietude couchant la playe
de Mr le Maréchal de Villars ,
devant eſtre à prefent reputée
comme guerie, puifqu'un pois
pourroit à peine y entrer prefentement , & qu'il pourroit fc
mettre en Campagne fi la neceffité le demandoit ; & comme ce Maréchal netefpire que,
la guerre & qu'il veut eftre en
cftat de bonne heure de fe
fignaler & de faire voir aux
Alliez qu'il n'apprehende pas
leurs menaces, il a tres certainementdonnéordre qu'on travaillaft à tous les équipages
352 MERCURE
& qu'on luy fift venir quantité de vin de Bourgogne.
Il fembloit que les Ennemis
le preparoient à faire quelques
mouvemens en Flandre , & Mr
le Maréchal de Barwick avoir
eſté nommé pour y faire une
tournée & pour les obferver ;
mais comme l'on a cfté informé qu'ils eftoient tranquiles
&quefa prefencen y eftoit pas
neceffaire , ce Maréchal n'eft
pas parti.
Mrle Maréchal d'Harcourt
eftant retombé en paralyfie ,
Mr Fagon l'a fait faigner , &
luy a fait prendre l'Emerique ,
GALANT 353
prétendant que cette paralyfie
ne vient point du dedans , &
qu'elle n'eſt qu'exterieure , &
par confequent point dangereufe. Ce Maréchal partit le
28. pour aller aux caux de
Bourbon & fon, deffein eft
de faire encore la Campagne
fur le Rhin ou nos Troupes
fontnombreufes, en boneftat,
& ne manquent de rien , ſuivant que les Ennemis le publient eux - mêmes tous les
jours , & il y a lieu de croire
qu'ils ne feront pas en eftat de
leur refifter , ny d'envoyer des
Troupes en Flandres & fur le
Fanvier 1710. Gg
354 MERCURE
Rhin , les Princes d'Allemagne
n'eftant pas payez des fubfides
que l'Angleterre & la Hollande font convenus de leur donner , & que ſelon toutes les apparences , ils ne pourront leur
payer encore de long- temps ,
l'argent manquant abfolument à ces deux Nations.
Je fçay de certitude par un
homme revenu depuis peu
d'Angleterre , qu'il a efté furpris en y arrivant , d'y trouver
le pain plus cher qu'à Paris , &
la rareté de l'argent encore
plus grande , & l'on ne doit pas
s'en étonner , les fubfides que
GALANT 355
l'Angleterre a payez depuis le
commencement de la guerre ,
toutes les Nations quiluy donne des Troupes ou qui font diverfion en la faveur , l'ayant
entierement épuifée , joint que
l'argent que luy coûte fes
Troupes pendant chaque cam
pagne , eft dépenſé hors du
Royaume, & que depuis plufieurs années l'argent en fort
fans qu'il y entre d'efpeces, tou
tes les Marchandifes que fes
Flotes luy apportent n'cftant
que pour l'ufage de fes Habitans.
A l'égard de la Holande,
Ggij
356 MERCURE
y a déja plufieurs années
que je vous ay marqué que
quelques Provinces avoient declaré qu'elles n'eftoient pas en
eftat de fournir aux frais de la
Guerre; ce que vient encore
de declarer la Province d'Utrecht . Je vous ay marqué auffi
y a long-temps , que la plufpart de ceux qui poffedoient
des Terres à la Campagne, les
ont abandonnées , les Taxes
qu'elles payoient eftant beau
coup plus fortes que les revenus qu'ils en tiroient ; & prefentement encore les Etats Genetaux viennent d'impofer
GALANT 357
quatre fois pour cette année
le deux centiéme denier fur
les Terres , les Obligations, les
Actions des deux Compagnies , les Rentes viageres , &
generalement fur tous les
biens qui y font fujers. Et
comme ce fond , quand mefme il feroit entierement rem
ply , ne fuffiroit qu'à peine
pour fubvenir à la moitié des
dépenses ordinaires &extraordinaires de la Guerre, il faudra
avoir recours à de nouveaux
emprunts ; mais le credit des
Etats ayant déja ſouffert quelques atteintes , tant par leur
358 MERCURE
derniere Lotterie qui n'a pû
eftre remplie que par la neceflité où ils le font trouvez
de donner leurs Obligations
en payement des avances confiderables qui devoient eftre
remboursées en argent comptant , il eft à prefent queſtion
de fçavoir s'ils pourront par
le moyen defdits nouveaux
emprunts qui font leur unique reffource , fuppléer à l'autre moitié defdites dépenfes.
Il eft à remarquer queceux
qui ont des Obligations de
l'Etat , auront de la peine à
trouver de l'argent fur ces
GALANT 359
•
Obligations, & qu'ils n'enpouront trouver qu'avec beaucoup de perte.
D'ailleurs , vous avez déja
fçû le pitoyable cftat où fe
trouve aujourd'huy la Marine
d'Holande ; qu'il eft dû beaucoup aux Capitaines qui ont
avancé , fuivant l'ufage du
Pays , tout ce qui a regardé
depuis long- temps l'équipement de leurs Vaiffeaux, & qui
n'ayant plus dequoy y fournir,
demandent ce qui leur eſt dû,
& que l'on paye toutes les
fommes qui font neceffaires
pour mettre en Mer cette an
360 MERCURE
née , moyennantquoy ils s'offrent de fervir , l'impoffibilité
eftant entiere qu'ils puiffent
fervir autrement.
Au reste , les dernieres nouvelles d'Amfterdam portent
que la plupart des Negocians
voyant chaquejour leur Commerce déperir , & le rifque
qu'ils courent d'eftre entierement ruïnez fi la Guerre continue , n'ont plus la mefme
opiniaftreté qu'ils avoient à la
continuer.
Il eft aifé de juger par tou
tes ces chofes de l'eftat our fe
trouve la Holande , & qu'elle
ne
GALANT 361
ne peutabfolument continuer
la guerre beaucoup de temps.
Je reviens encore à l'Angleterre , qui par les fonds accordez par le Parlement pour
la Campagne prochaine , pretend éblouir tout le monde;
& en effet rien n'eft plus ébloüiffant que les calculs de
toutes les fommes que le Parlement accorde ; mais fans
entrer dans les détails & dans
l'impoffibilité qui fe trouve de
les lever tous , quand mefine.
l'Angleterre feroit dans l'opulence , il eft certain que quand
tous les Anglois feroient por
Fanvier 1710. Hh
36 MERCURE
tez à fournir ces fommes , la
rareté de l'argent qui eft au
jourd'huy plus grande en Angleterre qu'en aucun autre lieu
de l'Europa, en empefcheroit,
& que le Proverbe , qui dic,
Perfonne nedonne ce qu'il n'apas,
eft veritable. Elle doit des
fommes immenfes à Monfieur
le Duc de Savoye , qui n'eft
pas un Prince à attendre longtemps , craignant que le boul
verfement des Affaires ne luy!
fift perdre ce qui luy ´eft dû ;!
ce qui n'embaraffe pas peu les
Anglois.
Quant à ce qui regarde la.
GALANT 363
France , elle renferme des
fommes immenfes qui font
cachéos , & l'abondance y fera grande lors que l'on aura
trouvé les moyens de les faire
fortir des mains de ceux qui
les gardent avec tant de foin ;
& pour n'en pas dourerazil
n'y a qu'à fe fouvenir que da
derniere reforme eftoit de fix
cens millions ; ce qui eft un
fait inconteftable , & qu'on a
reconnu lors qu'on a donné
coursà toutes les efpeces reformées & non reformées,
qu'il y avoit un tiers de l'argent du Royaume qui n'avort
Hhij
364 MERCURE
point efté porté à la Monnoye pour eftre reformé ; &
ce qui obligea de leur donner
cours , fut que l'on trouvoit
tous les jours des fommes
tres confiderables fous les
fcellez faits chez les perfonInes qui mouroient , & j'en
pourrois rapporter pour plu
fieurs millions , fi je voulois
nommer ceux qui n'avoient
pas fait reformer leur argent.
Il eft auffi entré en France
plufieurs millions depuis que
Monfeigneur le Duc d'Anjou
a pris poffeffion de la Cou
ronne d'Espagne , tant parce
2
GALANT 365
qu'elle lui appartenoit , que
parce que Charles II. l'avoir
reconnu pour fon Succeffeur.
Tout cet argent n'y est pas entré par le Commerce que les
François ont fait au Perou ;
mais par les grandes depenfes
queles Eſpagnols ont faites en
Francepour foutenir la Guerre
las France leur ayant foutny
des Armes , des Draps &
quantité d'autres choſes neceffaires à la Guerre. NosModes
font auffi caufe que les Efpagnols ont acheté beaucoup
de chofes en France & plu
ficurs qui ont eu des Emplois
34
Hhij
366 MERCURE
dans le Perou , d'où ils ont
raporté de grandes fommes ,
& qui ont demeuré affez longtemps en France , &fur tout à
Paris , y ont fait de grandes
dépenfes , enforte que lorsque
tout l'argent caché commencera à voir le jour , on verra
plus dedouze cens millions circuler au lieu qu'il n'y a pas aujourd'huy dans le Commerce,
200. millions de nouvelles ef-
< peces qui font tout l'argent qui
circule dans le Royaume. 1
A l'égard des bleds , il fufit
qu'il ait commencé à entrer
dans le Royaume pour que
GALANT 367
Fabondance s'y trouve bien
toft , & pour engager les Ufuriers à mettre en vente ceux
qu'ils tiennent cachez , &d'ailleurs comme il paroift que la
srecolter doit cftre des plus
abondantes , on ne manquera
bien- toft plus dans le Royaume ni d'argent ni de bleds.
Mrs de l'Academie Françoi
fe s'eftant affemblez felon l'ufage , quarante jours aprés la
mort de Mr.de Corneille , &
de Mr le Comte de Crecy pour
nommerceuxquidoivent remplir leurs places , ont choifi Mr
le Prefident de Melmes & Mr
368 MERCURE
l'Abbé Oudart de la Mothe,
connu par plusieurs ouvrages
de Theatre & par le beau Ree
cueil d'Odes qu'il a donné zau
public , & qui a reçu un aps
plaudiffementgeneral . Il a rem
porté ſept ou huit Prix del'Academie de Toulouſe , & deux
ou trois de l'Academie Françoife , oùilaleu l'avantage de
parler plufieurs fois & de faire
des Remerciemens à ce fçavant
& illuftre: Corps.
Mrle President de Melines,
diftingué pár fon nom, par ſon
efpriti & par fes dignitez elt
entré par detteb nomination
CALANT 369
dans un Corps ou l'on atoujours vû des Cardinaux , des
Evêques , des Ducs & Pairs &
des Miniftres d'Etat. Ainfi l'on
peut dire qu'il n'eft pas déplacé.
Je dois ajoûtericy ce que j'ay
oublié de vous dire dans 1 E.
loge que j'ay fait de Mr de
Corneille ; fçavoir , que fon
grand travail , & fur tout le
grand nombre de Livres & de
Memoires qu'il a cfté obligé
de lire pour compofer les cinq
Volumes infolio qu'il a donnez
au Public , luy avoient fait perdre la vûë quelques années
370 MERCURE
avant,fa mort; que fon Eloge
aefté fait par un Aveugle, &
que fa place a efté remplie par
unautre Aveugle qui doit faire
auffi fon Eloge le jour de fa res
ception.
Avant que d'entrer dans
Article de la Marine dont
j'ay beaucoup à vous entrete
nit , je dois vous dire que ce
Corps qui a toujours fait honneur à la France , & qui dans
les temps les plus difficiles a
toujours tenu tefte en mefme
temps aux deux Nations qui
pretendent à l'Empire de la
Mer, & qui ne font riches &
GALANT 37£
celebres que par leur Com
merce ; je dois , dis-je , vous
dire que ce Corps , qui tous
les mois fe rend fameux par
un grand nombre de Prifes,
d'actions éclatantes , & de
Vaiffeaux Ennemis pris on
coulez à fond , va malgré la
rareté d'argent qui ſe trouve
aujourd'huy prefque chez tous
les Princes de l'Europe , recevoir une fomme confiderable,
MrleComte de Pontchartrain?
ayant trouvé des expediens
de luy en faire toucher fans
qu'il en coûte rien au Roy.
Je paffe à la fuite des Expe
372 MERCURE
ditions dont je vous envoye
unJournal tous les mois beaucoup plus circonftancié que
celuy que l'on trouve dans plu .
fieurs nouvelles publiques.
De Cartagenne du Détroit
le 25. Decembre.
Mrle Chevalier de Norey,
Commandant les Vaiffeaux du
Roy le Rubis & le Trident, fic
rencontre le 19. Decembre,
eftant Nord & Sud d'Alborand, à 5 ou 6. licues de.
la Cofte d'Espagne , de deux
Vaiffeaux de guerre Anglois,
l'un
GALANT 373
l'un de 70. Canons , & l'autre
de cinquante - quatre fous le
vent Mr le Chevalier de
Norey, quoy qu'avec des for.
ces inégales , attaqua ces deux
Vaiffeaux à demy portée du
moufquet. Le Combat dura
depuis dix heures du matin juſqu'à deux heures aprés midy,
•fans qu'il pût les aborder , &
il en fut feparé par les Courans en forte qu'ils furent
obligez de faire route à Gibraltar , n'ayant que la Mizaine & le Petit Hunier, & la
plufpart de leurs Equipages
eftant tuez ou bleffez. Mr de
Janvier 1710.
I i
374 MERCURE
Norey n'a eu que 29. hommes hors de combat. Mr du
Vigné , Lieutenant de Vaifſeau , y aa efté tué ,,
ainfi que
Mr le Chevalier de Caftelanne
Enfeigne , qui fervoit fur le
Trident.
Mr Robert Leguillon, Commandant la Barque Longue la
Revanche , armée à Calais , y
conduifit le 4. Janvier un Bâtiment Anglois , chargé de
5oo. barils de beurre , & de
200. barils de boeuf fallé.
Lemefme Capitaine a auffi
débarqué une rançon de 100.
livres sterlin.
GALANT · 375
Le Capitaine Louvet qui
monte la Barque la Toifon , a
pris un Navire Anglois , chargé de 136. Caiffes d'oranges
aigres , & de 8. Caiffes de citrons.
Le Capitaine François Polu,
Commandant la Triumphante,
& Jacques du Pleffis qui monte la Revanche , ont pris un
Dogre Hollandois.
Le Capitaine Marc- Tefte,
Commandant la Barque le
Comte de Brionne , a apporté
pour 2000. livres de rançons
Angloifes en efpeces.
François Bachelier , ComIi ij
376 MERCURE
4
ATM
mandant le Dogre le Prompt,
a amené une rançon Hollandoife de 1600. florins
d'inquietude couchant la playe
de Mr le Maréchal de Villars ,
devant eſtre à prefent reputée
comme guerie, puifqu'un pois
pourroit à peine y entrer prefentement , & qu'il pourroit fc
mettre en Campagne fi la neceffité le demandoit ; & comme ce Maréchal netefpire que,
la guerre & qu'il veut eftre en
cftat de bonne heure de fe
fignaler & de faire voir aux
Alliez qu'il n'apprehende pas
leurs menaces, il a tres certainementdonnéordre qu'on travaillaft à tous les équipages
352 MERCURE
& qu'on luy fift venir quantité de vin de Bourgogne.
Il fembloit que les Ennemis
le preparoient à faire quelques
mouvemens en Flandre , & Mr
le Maréchal de Barwick avoir
eſté nommé pour y faire une
tournée & pour les obferver ;
mais comme l'on a cfté informé qu'ils eftoient tranquiles
&quefa prefencen y eftoit pas
neceffaire , ce Maréchal n'eft
pas parti.
Mrle Maréchal d'Harcourt
eftant retombé en paralyfie ,
Mr Fagon l'a fait faigner , &
luy a fait prendre l'Emerique ,
GALANT 353
prétendant que cette paralyfie
ne vient point du dedans , &
qu'elle n'eſt qu'exterieure , &
par confequent point dangereufe. Ce Maréchal partit le
28. pour aller aux caux de
Bourbon & fon, deffein eft
de faire encore la Campagne
fur le Rhin ou nos Troupes
fontnombreufes, en boneftat,
& ne manquent de rien , ſuivant que les Ennemis le publient eux - mêmes tous les
jours , & il y a lieu de croire
qu'ils ne feront pas en eftat de
leur refifter , ny d'envoyer des
Troupes en Flandres & fur le
Fanvier 1710. Gg
354 MERCURE
Rhin , les Princes d'Allemagne
n'eftant pas payez des fubfides
que l'Angleterre & la Hollande font convenus de leur donner , & que ſelon toutes les apparences , ils ne pourront leur
payer encore de long- temps ,
l'argent manquant abfolument à ces deux Nations.
Je fçay de certitude par un
homme revenu depuis peu
d'Angleterre , qu'il a efté furpris en y arrivant , d'y trouver
le pain plus cher qu'à Paris , &
la rareté de l'argent encore
plus grande , & l'on ne doit pas
s'en étonner , les fubfides que
GALANT 355
l'Angleterre a payez depuis le
commencement de la guerre ,
toutes les Nations quiluy donne des Troupes ou qui font diverfion en la faveur , l'ayant
entierement épuifée , joint que
l'argent que luy coûte fes
Troupes pendant chaque cam
pagne , eft dépenſé hors du
Royaume, & que depuis plufieurs années l'argent en fort
fans qu'il y entre d'efpeces, tou
tes les Marchandifes que fes
Flotes luy apportent n'cftant
que pour l'ufage de fes Habitans.
A l'égard de la Holande,
Ggij
356 MERCURE
y a déja plufieurs années
que je vous ay marqué que
quelques Provinces avoient declaré qu'elles n'eftoient pas en
eftat de fournir aux frais de la
Guerre; ce que vient encore
de declarer la Province d'Utrecht . Je vous ay marqué auffi
y a long-temps , que la plufpart de ceux qui poffedoient
des Terres à la Campagne, les
ont abandonnées , les Taxes
qu'elles payoient eftant beau
coup plus fortes que les revenus qu'ils en tiroient ; & prefentement encore les Etats Genetaux viennent d'impofer
GALANT 357
quatre fois pour cette année
le deux centiéme denier fur
les Terres , les Obligations, les
Actions des deux Compagnies , les Rentes viageres , &
generalement fur tous les
biens qui y font fujers. Et
comme ce fond , quand mefme il feroit entierement rem
ply , ne fuffiroit qu'à peine
pour fubvenir à la moitié des
dépenses ordinaires &extraordinaires de la Guerre, il faudra
avoir recours à de nouveaux
emprunts ; mais le credit des
Etats ayant déja ſouffert quelques atteintes , tant par leur
358 MERCURE
derniere Lotterie qui n'a pû
eftre remplie que par la neceflité où ils le font trouvez
de donner leurs Obligations
en payement des avances confiderables qui devoient eftre
remboursées en argent comptant , il eft à prefent queſtion
de fçavoir s'ils pourront par
le moyen defdits nouveaux
emprunts qui font leur unique reffource , fuppléer à l'autre moitié defdites dépenfes.
Il eft à remarquer queceux
qui ont des Obligations de
l'Etat , auront de la peine à
trouver de l'argent fur ces
GALANT 359
•
Obligations, & qu'ils n'enpouront trouver qu'avec beaucoup de perte.
D'ailleurs , vous avez déja
fçû le pitoyable cftat où fe
trouve aujourd'huy la Marine
d'Holande ; qu'il eft dû beaucoup aux Capitaines qui ont
avancé , fuivant l'ufage du
Pays , tout ce qui a regardé
depuis long- temps l'équipement de leurs Vaiffeaux, & qui
n'ayant plus dequoy y fournir,
demandent ce qui leur eſt dû,
& que l'on paye toutes les
fommes qui font neceffaires
pour mettre en Mer cette an
360 MERCURE
née , moyennantquoy ils s'offrent de fervir , l'impoffibilité
eftant entiere qu'ils puiffent
fervir autrement.
Au reste , les dernieres nouvelles d'Amfterdam portent
que la plupart des Negocians
voyant chaquejour leur Commerce déperir , & le rifque
qu'ils courent d'eftre entierement ruïnez fi la Guerre continue , n'ont plus la mefme
opiniaftreté qu'ils avoient à la
continuer.
Il eft aifé de juger par tou
tes ces chofes de l'eftat our fe
trouve la Holande , & qu'elle
ne
GALANT 361
ne peutabfolument continuer
la guerre beaucoup de temps.
Je reviens encore à l'Angleterre , qui par les fonds accordez par le Parlement pour
la Campagne prochaine , pretend éblouir tout le monde;
& en effet rien n'eft plus ébloüiffant que les calculs de
toutes les fommes que le Parlement accorde ; mais fans
entrer dans les détails & dans
l'impoffibilité qui fe trouve de
les lever tous , quand mefine.
l'Angleterre feroit dans l'opulence , il eft certain que quand
tous les Anglois feroient por
Fanvier 1710. Hh
36 MERCURE
tez à fournir ces fommes , la
rareté de l'argent qui eft au
jourd'huy plus grande en Angleterre qu'en aucun autre lieu
de l'Europa, en empefcheroit,
& que le Proverbe , qui dic,
Perfonne nedonne ce qu'il n'apas,
eft veritable. Elle doit des
fommes immenfes à Monfieur
le Duc de Savoye , qui n'eft
pas un Prince à attendre longtemps , craignant que le boul
verfement des Affaires ne luy!
fift perdre ce qui luy ´eft dû ;!
ce qui n'embaraffe pas peu les
Anglois.
Quant à ce qui regarde la.
GALANT 363
France , elle renferme des
fommes immenfes qui font
cachéos , & l'abondance y fera grande lors que l'on aura
trouvé les moyens de les faire
fortir des mains de ceux qui
les gardent avec tant de foin ;
& pour n'en pas dourerazil
n'y a qu'à fe fouvenir que da
derniere reforme eftoit de fix
cens millions ; ce qui eft un
fait inconteftable , & qu'on a
reconnu lors qu'on a donné
coursà toutes les efpeces reformées & non reformées,
qu'il y avoit un tiers de l'argent du Royaume qui n'avort
Hhij
364 MERCURE
point efté porté à la Monnoye pour eftre reformé ; &
ce qui obligea de leur donner
cours , fut que l'on trouvoit
tous les jours des fommes
tres confiderables fous les
fcellez faits chez les perfonInes qui mouroient , & j'en
pourrois rapporter pour plu
fieurs millions , fi je voulois
nommer ceux qui n'avoient
pas fait reformer leur argent.
Il eft auffi entré en France
plufieurs millions depuis que
Monfeigneur le Duc d'Anjou
a pris poffeffion de la Cou
ronne d'Espagne , tant parce
2
GALANT 365
qu'elle lui appartenoit , que
parce que Charles II. l'avoir
reconnu pour fon Succeffeur.
Tout cet argent n'y est pas entré par le Commerce que les
François ont fait au Perou ;
mais par les grandes depenfes
queles Eſpagnols ont faites en
Francepour foutenir la Guerre
las France leur ayant foutny
des Armes , des Draps &
quantité d'autres choſes neceffaires à la Guerre. NosModes
font auffi caufe que les Efpagnols ont acheté beaucoup
de chofes en France & plu
ficurs qui ont eu des Emplois
34
Hhij
366 MERCURE
dans le Perou , d'où ils ont
raporté de grandes fommes ,
& qui ont demeuré affez longtemps en France , &fur tout à
Paris , y ont fait de grandes
dépenfes , enforte que lorsque
tout l'argent caché commencera à voir le jour , on verra
plus dedouze cens millions circuler au lieu qu'il n'y a pas aujourd'huy dans le Commerce,
200. millions de nouvelles ef-
< peces qui font tout l'argent qui
circule dans le Royaume. 1
A l'égard des bleds , il fufit
qu'il ait commencé à entrer
dans le Royaume pour que
GALANT 367
Fabondance s'y trouve bien
toft , & pour engager les Ufuriers à mettre en vente ceux
qu'ils tiennent cachez , &d'ailleurs comme il paroift que la
srecolter doit cftre des plus
abondantes , on ne manquera
bien- toft plus dans le Royaume ni d'argent ni de bleds.
Mrs de l'Academie Françoi
fe s'eftant affemblez felon l'ufage , quarante jours aprés la
mort de Mr.de Corneille , &
de Mr le Comte de Crecy pour
nommerceuxquidoivent remplir leurs places , ont choifi Mr
le Prefident de Melmes & Mr
368 MERCURE
l'Abbé Oudart de la Mothe,
connu par plusieurs ouvrages
de Theatre & par le beau Ree
cueil d'Odes qu'il a donné zau
public , & qui a reçu un aps
plaudiffementgeneral . Il a rem
porté ſept ou huit Prix del'Academie de Toulouſe , & deux
ou trois de l'Academie Françoife , oùilaleu l'avantage de
parler plufieurs fois & de faire
des Remerciemens à ce fçavant
& illuftre: Corps.
Mrle President de Melines,
diftingué pár fon nom, par ſon
efpriti & par fes dignitez elt
entré par detteb nomination
CALANT 369
dans un Corps ou l'on atoujours vû des Cardinaux , des
Evêques , des Ducs & Pairs &
des Miniftres d'Etat. Ainfi l'on
peut dire qu'il n'eft pas déplacé.
Je dois ajoûtericy ce que j'ay
oublié de vous dire dans 1 E.
loge que j'ay fait de Mr de
Corneille ; fçavoir , que fon
grand travail , & fur tout le
grand nombre de Livres & de
Memoires qu'il a cfté obligé
de lire pour compofer les cinq
Volumes infolio qu'il a donnez
au Public , luy avoient fait perdre la vûë quelques années
370 MERCURE
avant,fa mort; que fon Eloge
aefté fait par un Aveugle, &
que fa place a efté remplie par
unautre Aveugle qui doit faire
auffi fon Eloge le jour de fa res
ception.
Avant que d'entrer dans
Article de la Marine dont
j'ay beaucoup à vous entrete
nit , je dois vous dire que ce
Corps qui a toujours fait honneur à la France , & qui dans
les temps les plus difficiles a
toujours tenu tefte en mefme
temps aux deux Nations qui
pretendent à l'Empire de la
Mer, & qui ne font riches &
GALANT 37£
celebres que par leur Com
merce ; je dois , dis-je , vous
dire que ce Corps , qui tous
les mois fe rend fameux par
un grand nombre de Prifes,
d'actions éclatantes , & de
Vaiffeaux Ennemis pris on
coulez à fond , va malgré la
rareté d'argent qui ſe trouve
aujourd'huy prefque chez tous
les Princes de l'Europe , recevoir une fomme confiderable,
MrleComte de Pontchartrain?
ayant trouvé des expediens
de luy en faire toucher fans
qu'il en coûte rien au Roy.
Je paffe à la fuite des Expe
372 MERCURE
ditions dont je vous envoye
unJournal tous les mois beaucoup plus circonftancié que
celuy que l'on trouve dans plu .
fieurs nouvelles publiques.
De Cartagenne du Détroit
le 25. Decembre.
Mrle Chevalier de Norey,
Commandant les Vaiffeaux du
Roy le Rubis & le Trident, fic
rencontre le 19. Decembre,
eftant Nord & Sud d'Alborand, à 5 ou 6. licues de.
la Cofte d'Espagne , de deux
Vaiffeaux de guerre Anglois,
l'un
GALANT 373
l'un de 70. Canons , & l'autre
de cinquante - quatre fous le
vent Mr le Chevalier de
Norey, quoy qu'avec des for.
ces inégales , attaqua ces deux
Vaiffeaux à demy portée du
moufquet. Le Combat dura
depuis dix heures du matin juſqu'à deux heures aprés midy,
•fans qu'il pût les aborder , &
il en fut feparé par les Courans en forte qu'ils furent
obligez de faire route à Gibraltar , n'ayant que la Mizaine & le Petit Hunier, & la
plufpart de leurs Equipages
eftant tuez ou bleffez. Mr de
Janvier 1710.
I i
374 MERCURE
Norey n'a eu que 29. hommes hors de combat. Mr du
Vigné , Lieutenant de Vaifſeau , y aa efté tué ,,
ainfi que
Mr le Chevalier de Caftelanne
Enfeigne , qui fervoit fur le
Trident.
Mr Robert Leguillon, Commandant la Barque Longue la
Revanche , armée à Calais , y
conduifit le 4. Janvier un Bâtiment Anglois , chargé de
5oo. barils de beurre , & de
200. barils de boeuf fallé.
Lemefme Capitaine a auffi
débarqué une rançon de 100.
livres sterlin.
GALANT · 375
Le Capitaine Louvet qui
monte la Barque la Toifon , a
pris un Navire Anglois , chargé de 136. Caiffes d'oranges
aigres , & de 8. Caiffes de citrons.
Le Capitaine François Polu,
Commandant la Triumphante,
& Jacques du Pleffis qui monte la Revanche , ont pris un
Dogre Hollandois.
Le Capitaine Marc- Tefte,
Commandant la Barque le
Comte de Brionne , a apporté
pour 2000. livres de rançons
Angloifes en efpeces.
François Bachelier , ComIi ij
376 MERCURE
4
ATM
mandant le Dogre le Prompt,
a amené une rançon Hollandoife de 1600. florins
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Résumé : Article qui regarde les Affaires du temps. Cet Article a esté fait avant que l'on sçut la situation des Affaires presentes. [titre d'après la table]
En début d'année 1710, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Europe. Le maréchal de Villars, guéri de sa blessure, est prêt à reprendre le combat. Le maréchal de Barwick est nommé pour surveiller les mouvements ennemis en Flandre, mais cette mission est annulée en raison de la tranquillité des ennemis. Le maréchal d'Harcourt, souffrant de paralysie, est soigné par Mr Fagon et se prépare à rejoindre les troupes sur le Rhin. Les ennemis, notamment les princes d'Allemagne, manquent de fonds en raison des retards de paiement des subsides par l'Angleterre et la Hollande. La Hollande, confrontée à des difficultés financières, impose de nouvelles taxes et peine à trouver des crédits. L'Angleterre, malgré ses efforts pour lever des fonds, souffre d'une grande rareté d'argent. En revanche, la France possède des réserves d'argent cachées et bénéficie de l'afflux de fonds liés à la succession espagnole. Sur le plan maritime, la marine française continue de se distinguer par ses prises et ses actions éclatantes. Plusieurs capitaines français ont récemment capturé des navires ennemis et des rançons. Par ailleurs, l'Académie française a élu deux nouveaux membres pour remplacer Corneille et le comte de Crecy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 293-294
Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
Début :
A l'égard des Affaires de Flandre, je me trouve obligé [...]
Mots clefs :
Flandre, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
A l'égard des Affaires de
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
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Résumé : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
En juin 1710, les opérations militaires en Flandre sont incertaines. Les ennemis, effrayés par l'approche des troupes, se retirent dans leurs retranchements et rappellent des troupes assiégeant Douai. Monsieur d'Albergotti prolonge ainsi le siège de Douai. La lettre est datée du 3 juin 1710 à Paris.
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12
p. 153-156
NOUVELLE RECENTE
Début :
Il vient d'arriver une nouvelle de Flandre dont le fond est [...]
Mots clefs :
Flandre, Ennemis, Détachement
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE RECENTE
NOUVELLE RECENTE
Il vient d'arriver une
nouvelle de Flandre dont
le fond est déjàcomfirmé,
mais comme l'Impression
presse, on ne vous donne
icy que le premier détail
qui en est venu, & dont
quelques circonitances
pouroient être sujetes à
re-
forme: voici ce qu'on en
dit aujourd'huy.
M. de Vivans avoit fait
un détachement pour faciliter l'arrivée d'un convoy pour Maubeuge, 4
pour achever d'en remplir
les magazins comme on a
fait dans toutes nos places,
nos gens conduisent se
convoylorsqu'ils eurentavis que cinq-cent chevaux
des ennemi venoient pour
l'enlever
,
les nostresjugerent que les ennemis
les voyant un nombre a
peu prés égal n'entrepren-
». droient pas de les attaquer.
Nôtre commandant mit
en embuscade la plus
grande partie de son efcorte, & marcha tres lentement avec le reste, qui
étant en tres petit nombre
attira les ennmis & c'est ce
qu'il souhaittoit; car après
une maneuvre dont on ne
sçait pas encore bien le détail, on fit donner insensiblement les ennemis dans
l'embuscade, & tous se rejoignirent sur eux,enforte
qu'ils -ont ététaillez en pièces, on dit que tous nos
gens ainsi réunis ne compofoient encore qu'environ quatre-cent hommes.
Il vient d'arriver une
nouvelle de Flandre dont
le fond est déjàcomfirmé,
mais comme l'Impression
presse, on ne vous donne
icy que le premier détail
qui en est venu, & dont
quelques circonitances
pouroient être sujetes à
re-
forme: voici ce qu'on en
dit aujourd'huy.
M. de Vivans avoit fait
un détachement pour faciliter l'arrivée d'un convoy pour Maubeuge, 4
pour achever d'en remplir
les magazins comme on a
fait dans toutes nos places,
nos gens conduisent se
convoylorsqu'ils eurentavis que cinq-cent chevaux
des ennemi venoient pour
l'enlever
,
les nostresjugerent que les ennemis
les voyant un nombre a
peu prés égal n'entrepren-
». droient pas de les attaquer.
Nôtre commandant mit
en embuscade la plus
grande partie de son efcorte, & marcha tres lentement avec le reste, qui
étant en tres petit nombre
attira les ennmis & c'est ce
qu'il souhaittoit; car après
une maneuvre dont on ne
sçait pas encore bien le détail, on fit donner insensiblement les ennemis dans
l'embuscade, & tous se rejoignirent sur eux,enforte
qu'ils -ont ététaillez en pièces, on dit que tous nos
gens ainsi réunis ne compofoient encore qu'environ quatre-cent hommes.
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Résumé : NOUVELLE RECENTE
Une récente nouvelle en provenance de Flandre rapporte qu'un détachement commandé par M. de Vivans avait été envoyé pour faciliter l'arrivée d'un convoi destiné à approvisionner Maubeuge. Alors que les troupes françaises conduisaient le convoi, elles rencontrèrent environ cinq cents cavaliers ennemis cherchant à l'intercepter. Les Français, bien que moins nombreux, jugèrent que les ennemis n'oseraient pas les attaquer en raison de la proximité des effectifs. Le commandant français mit alors en place une embuscade avec la majeure partie de ses forces, tandis qu'un petit groupe avançait lentement pour attirer les ennemis. Cette manœuvre permit de surprendre les assaillants, qui furent pris au piège et vaincus. Les forces françaises, réunies, ne comptaient qu'environ quatre cents hommes.
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13
p. 66-68
Nouvelles de Flandres.
Début :
Nous avons quatre-vingt mille hommes en Flandres, le Comte [...]
Mots clefs :
Flandre, Bataillons, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Nous avons quatre-vingt
mille hommes en Flandres,
le Comte de Broglioa desja commencé à estendre
soixante dix Bataillons depuis Biache à Arleux, Sailly
,
Marquion jusqu'à rE.
cluse
,
ensorte qu'il a
sa
droite à Cambray
,
& sa
gauche à Arras.
Les Ennemis sontassemblez de leur costé en grand
corpssur la Deüille,ils menacent d'assieger nos Places
,
sur tout Cambray &
Arras: nous sommes disposez de manière à leur
faire quelque embarras
pour y
reiilïir
,
puisqu'il
faut qu'ils partent la Censée & l'Escarpe devant
nous, nostre armée d'ailleurs se grossissant tous les
jours.
La Reine de la Grande
Bretagne a
fait reformer
trois Régiments qu'elle
avoit en Portugal, ainsi il
n'y reste plus grande chose.
Il est venu prés de cinq
millions de laflotte du
Guay-Troüin que l'on tra-
vaille actuellement à la
monnoye. Mr de Lomont
a
ordre de faire décharger
tous les vaisseaux qui sont
dans le port de Dunkerque. Mr Ducasse est parti
de la Corogne pour aller
trouver le Roy d'Espagne
Nous avons quatre-vingt
mille hommes en Flandres,
le Comte de Broglioa desja commencé à estendre
soixante dix Bataillons depuis Biache à Arleux, Sailly
,
Marquion jusqu'à rE.
cluse
,
ensorte qu'il a
sa
droite à Cambray
,
& sa
gauche à Arras.
Les Ennemis sontassemblez de leur costé en grand
corpssur la Deüille,ils menacent d'assieger nos Places
,
sur tout Cambray &
Arras: nous sommes disposez de manière à leur
faire quelque embarras
pour y
reiilïir
,
puisqu'il
faut qu'ils partent la Censée & l'Escarpe devant
nous, nostre armée d'ailleurs se grossissant tous les
jours.
La Reine de la Grande
Bretagne a
fait reformer
trois Régiments qu'elle
avoit en Portugal, ainsi il
n'y reste plus grande chose.
Il est venu prés de cinq
millions de laflotte du
Guay-Troüin que l'on tra-
vaille actuellement à la
monnoye. Mr de Lomont
a
ordre de faire décharger
tous les vaisseaux qui sont
dans le port de Dunkerque. Mr Ducasse est parti
de la Corogne pour aller
trouver le Roy d'Espagne
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le texte décrit des opérations militaires et logistiques en Flandres. L'armée française, forte de quatre-vingt mille hommes sous le commandement du Comte de Broglio, est déployée de Biache à Récluse, avec la droite à Cambray et la gauche à Arras. Soixante-dix bataillons sont positionnés pour défendre ces places fortes contre les ennemis massés sur la Deüille, qui menacent d'assiéger Cambray et Arras. Les forces françaises sont prêtes à repousser ces menaces. Par ailleurs, la Reine de Grande-Bretagne a reformé trois régiments précédemment stationnés au Portugal, réduisant ainsi sa présence militaire dans ce pays. La flotte du Guay-Troüin a rapporté près de cinq millions, actuellement en cours de monnayage. Mr de Lomont a reçu l'ordre de décharger les vaisseaux à Dunkerque, et Mr Ducasse est parti de La Corogne pour rencontrer le Roi d'Espagne.
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14
p. 313-314
Nouvelles de Flandres.
Début :
Monsieur le Maréchal de Monstesquiou ayant eu avis que les [...]
Mots clefs :
Flandre, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de FUndres;)
Monsieurle Maréchal de
Montesquiouayant eu avis
:..que les ennemis s'assembloient vers Orchies,fit
avancer quelques bataillons vers laSensée,pour
en empêcherle passage. Les
ennemis parurent de l'autre côté de cette riviere;
mais voyant la bonnecontenance de nos troupes,ils
se retirerentvers Douay
sans rien entreprendre. Les
Etats Générauxdemandent
des sommes considerable
aux Etats du Brabant,de
Flandres & du Hainaut. On
assùrequeces derniersleur
ont accordé ua subside de
quatre-vingt-dix mille florins, outre lesfourrages.
Monsieurle Maréchal de
Montesquiouayant eu avis
:..que les ennemis s'assembloient vers Orchies,fit
avancer quelques bataillons vers laSensée,pour
en empêcherle passage. Les
ennemis parurent de l'autre côté de cette riviere;
mais voyant la bonnecontenance de nos troupes,ils
se retirerentvers Douay
sans rien entreprendre. Les
Etats Générauxdemandent
des sommes considerable
aux Etats du Brabant,de
Flandres & du Hainaut. On
assùrequeces derniersleur
ont accordé ua subside de
quatre-vingt-dix mille florins, outre lesfourrages.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le maréchal de Montesquiou a déplacé des bataillons vers la Sensée pour empêcher les ennemis de passer. Ces derniers se sont retirés vers Douai après avoir vu la résistance française. Parallèlement, les États Généraux ont sollicité des fonds auprès des États du Brabant, de Flandre et du Hainaut, qui ont accordé une subvention de quatre-vingt-dix mille florins et des fourrages.
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15
p. 49-52
Nouvelle de Flandres.
Début :
Le Prince Eugene arriva le 25. a Tournay, où il a [...]
Mots clefs :
Ennemis, Arras, Cavalerie, Infanterie, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle de Flandres.
Nouvelle de Flandres,
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
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Résumé : Nouvelle de Flandres.
En mai 1712, le Prince Eugène se rend à Tournai et réunit les officiers généraux pour un conseil de guerre. Les forces ennemies sont positionnées près du Wardre, avec leur droite à Ferin et leur gauche à Pequencourt, Douai étant derrière elles. Les Anglais sont campés à Pont-à-Rache, en attente du Duc d'Ormond. Les troupes alliées sont situées à May. Le 30 mai, l'armée française se rassemble près d'Oily pour camper en formation. Auparavant, la cavalerie était dispersée entre le Careler et Couturel, prête à avancer au signal de trois coups de canon. L'infanterie était cantonnée dans les villages entre Etrun sur l'Escaut et Montenencourt, occupant les passages stratégiques de la Sensée, de la Scarpe et des lignes au-delà d'Arras. Plusieurs escarmouches ont eu lieu, durant lesquelles les troupes du Roi ont toujours repoussé les ennemis. Un groupe de hussards ayant traversé l'Escaut a été capturé, et un autre parti ennemi a été défait près de Péronne.
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16
p. 290-300
Nouvelles de Flandres.
Début :
Les armées de Flandres sont assez tranquilles de part & [...]
Mots clefs :
Flandre, Armées, Bouchain, Arras, Tournay, Ypres, Utrecht
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Les armées de Flandres ſont aſſez tranquilles de part & d'autre ; ce
qu'on attribue à la di-
GALANT. 291
1 ne
fette de fourrages , & à
ce que toutes les troupes
n'étoient point encore.
arrivées. Les regimens
de cuiraffiers de Lobkovvitz & defainte Croix,
qui font la tête des troupes Auftrichiennes ,
partirent que le 9. de ce
mois des environs de
Bruxelles , où elles ont
fejourné, étant fatiguées
de leur longue marche
& du mauvais temps.
Ceux qui la fuivent n'éBb ij
292 MERCURE
tant gueres en meilleur
état , fejournent auffi
prés la même ville. On
necroit pas qu'elles puiſ
fent joindre l'armée avant le vingt - cinq du
mois. holandish
Le Duc d'Ormond
partit le neuf de Gand
pour l'armée. Les lettres
de Lifle & de Tournay
affurent que les Anglois
étoient encore campeż
à Bailieu que le Prince
Eugene n'est parti de
GALANT 293
Tournay , pour aller
joindre l'armée , que le
dix. ch
:
On écrit de Bouchain,
que l'armée des Alliez
étoit toûjours tranquille neanmoins on croit
qu'elle ſe mettra bientôt en mouvement , à
caufe que l'artillerie &
les munitions y font arrivées , & que le reſte
des troupes de l'Electeur Palatin & de l'Archiduc doivent joindre
B biij
294 MERCURE
avant la fin de ce mois.
On mande d'Arras ,
望
qu'on continuë de voiturer en cette ville des
farines , de l'avoine , &
du fourrage fec. L'armée du Royoccupe tou
jours les mêmes poftes
le long de l'Efcaut , de
la Senfée , & de la Scarpe. LeMaréchal de Villars afait faire deux éclufes à Cambray : l'une
pour remplir les foffez
de l'eau de l'Escaut ; l'au-
GALANT. 295
tre pour retenir l'eau de
cette riviere , qui innonde & fe répand des deux
côtez un quart de lieuë
au- deffus de la ville.
On écrit de Tournay,
que le Duc d'Ormond a
affifté aux confeils de
guerre qui s'y font tenus. Il a fait la revuë
des troupes Angloiſes ,
quicampoient entre Baifieu , fur le chemin de
Tournay à Lifle , d'où
elles allerent le 19 joinBb iiij
296 MERCURE
dre la grande armée
qui eft toujours campée
à la Vvarde & à Lieu
faint Amand , prés de
Bouchain. Le Prince
Eugene , le Duc d'Ormond , & les autres Generaux s'y rendirent le
vingt.
On écrit d'Ypres, qu'-
un detachement de la
garniſon a battu quelques partis des ennemis ,
dont l'un conduifoit à
leur armée un grand
GALANT 297
nombre de beftiaux ,
qu'on leur a enlevez.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point
eu d'affemblée generale
le trente Avril , ni le
quatre de ce mois , à
caufe que les Plenipotentiaires de France n'avoient point receu d'inftructions pour répondre aux demandes fpecifiques des Alliez.
Le Sieur Menager eut
le vingt- neuf une con-
298 MERCURE
ference particuliere avec
le Sieur Buis , l'un des
Plenipotentiaires
Provinces Unies.
des
Le Maréchal d'Uxelles eut une autre conference avec le Comte de
Sinzendorf, Plenipotentiaire de l'Archiduc.
Le Comte de la Corfana , fecond Plenipotentiaire de l'Archiduc ,
fe rendit àUtrecht le 5,
où les Miniftres des deux
partis fe vifitent fre-
GALANT. 299
quemment. Il y a eudes
conferences entre ceux
des Alliez mais il n'y
en a point eu de generale le quatre , le fept ,
& le onze. On croit qu'-
il n'y en aura point jufqu'à ce que les Plenipotentiaires de France
ayent receu de nouveaux
ordres.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point.
eu de conference generale le quatorze , ni le
300 MERCURE
dix - huit , à cause que
les Plenipotentiaires de
France n'avoient point
encore receu de nouveaux ordres.
Les armées de Flandres ſont aſſez tranquilles de part & d'autre ; ce
qu'on attribue à la di-
GALANT. 291
1 ne
fette de fourrages , & à
ce que toutes les troupes
n'étoient point encore.
arrivées. Les regimens
de cuiraffiers de Lobkovvitz & defainte Croix,
qui font la tête des troupes Auftrichiennes ,
partirent que le 9. de ce
mois des environs de
Bruxelles , où elles ont
fejourné, étant fatiguées
de leur longue marche
& du mauvais temps.
Ceux qui la fuivent n'éBb ij
292 MERCURE
tant gueres en meilleur
état , fejournent auffi
prés la même ville. On
necroit pas qu'elles puiſ
fent joindre l'armée avant le vingt - cinq du
mois. holandish
Le Duc d'Ormond
partit le neuf de Gand
pour l'armée. Les lettres
de Lifle & de Tournay
affurent que les Anglois
étoient encore campeż
à Bailieu que le Prince
Eugene n'est parti de
GALANT 293
Tournay , pour aller
joindre l'armée , que le
dix. ch
:
On écrit de Bouchain,
que l'armée des Alliez
étoit toûjours tranquille neanmoins on croit
qu'elle ſe mettra bientôt en mouvement , à
caufe que l'artillerie &
les munitions y font arrivées , & que le reſte
des troupes de l'Electeur Palatin & de l'Archiduc doivent joindre
B biij
294 MERCURE
avant la fin de ce mois.
On mande d'Arras ,
望
qu'on continuë de voiturer en cette ville des
farines , de l'avoine , &
du fourrage fec. L'armée du Royoccupe tou
jours les mêmes poftes
le long de l'Efcaut , de
la Senfée , & de la Scarpe. LeMaréchal de Villars afait faire deux éclufes à Cambray : l'une
pour remplir les foffez
de l'eau de l'Escaut ; l'au-
GALANT. 295
tre pour retenir l'eau de
cette riviere , qui innonde & fe répand des deux
côtez un quart de lieuë
au- deffus de la ville.
On écrit de Tournay,
que le Duc d'Ormond a
affifté aux confeils de
guerre qui s'y font tenus. Il a fait la revuë
des troupes Angloiſes ,
quicampoient entre Baifieu , fur le chemin de
Tournay à Lifle , d'où
elles allerent le 19 joinBb iiij
296 MERCURE
dre la grande armée
qui eft toujours campée
à la Vvarde & à Lieu
faint Amand , prés de
Bouchain. Le Prince
Eugene , le Duc d'Ormond , & les autres Generaux s'y rendirent le
vingt.
On écrit d'Ypres, qu'-
un detachement de la
garniſon a battu quelques partis des ennemis ,
dont l'un conduifoit à
leur armée un grand
GALANT 297
nombre de beftiaux ,
qu'on leur a enlevez.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point
eu d'affemblée generale
le trente Avril , ni le
quatre de ce mois , à
caufe que les Plenipotentiaires de France n'avoient point receu d'inftructions pour répondre aux demandes fpecifiques des Alliez.
Le Sieur Menager eut
le vingt- neuf une con-
298 MERCURE
ference particuliere avec
le Sieur Buis , l'un des
Plenipotentiaires
Provinces Unies.
des
Le Maréchal d'Uxelles eut une autre conference avec le Comte de
Sinzendorf, Plenipotentiaire de l'Archiduc.
Le Comte de la Corfana , fecond Plenipotentiaire de l'Archiduc ,
fe rendit àUtrecht le 5,
où les Miniftres des deux
partis fe vifitent fre-
GALANT. 299
quemment. Il y a eudes
conferences entre ceux
des Alliez mais il n'y
en a point eu de generale le quatre , le fept ,
& le onze. On croit qu'-
il n'y en aura point jufqu'à ce que les Plenipotentiaires de France
ayent receu de nouveaux
ordres.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point.
eu de conference generale le quatorze , ni le
300 MERCURE
dix - huit , à cause que
les Plenipotentiaires de
France n'avoient point
encore receu de nouveaux ordres.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le texte décrit la situation militaire et diplomatique dans les Flandres. Les armées des deux camps sont relativement calmes en raison de la pénurie de fourrages et de l'arrivée progressive des troupes. Les régiments de cuirassiers de Lobkowitz et de la Fainte Croix ont quitté Bruxelles le 9 du mois pour se reposer. Le duc d'Ormond a quitté Gand pour rejoindre l'armée, tandis que les Anglais étaient encore campés à Bailieu. Le prince Eugène est parti de Tournai pour rejoindre l'armée le 10. À Bouchain, l'armée des Alliés attend les troupes de l'Électeur Palatin et de l'Archiduc, prévues avant la fin du mois. L'armée du Roi occupe toujours les mêmes positions le long de l'Escaut, de la Senne et de la Scarpe. Le maréchal de Villars a effectué des écluses à Cambray pour réguler l'eau de l'Escaut. Le duc d'Ormond a participé aux conseils de guerre à Tournai et a revu les troupes anglaises. Un détachement d'Ypres a battu des partisans ennemis. À Utrecht, les conférences générales entre les plénipotentiaires sont suspendues en attendant de nouvelles instructions des plénipotentiaires français, mais plusieurs conférences particulières ont eu lieu entre les ministres des deux parties.
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17
p. 249-250
Nouvelles de Flandres.
Début :
On écrit de l'Armée de Flandres du 19. Juin [...]
Mots clefs :
Flandre, Dragons, Fantassins, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le 19 juin, des rumeurs évoquent une tranchée devant Le Quesnoy. Le 18 juin, la garnison, composée de cent dragons et mille fantassins, détruit un épaulement ennemi et vainc deux cents hommes. Après un combat intense, elle se retire avec une perte de trente hommes.
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18
p. 120-127
Nouvelles de Flandres.
Début :
Un parti de Hussarts de l'armée du Roy enleva [...]
Mots clefs :
Armée, Flandre, Hussards, Noyelles, Duc Dormond, Butin de guerre, Ennemis, Meuse, Traerbach, Pays de Messin
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Un parti de Huffarts de
l'armée du Roy enleva la
grande garde de la droite
des Ennemis près d'Avelne le fec, un Capitaine &
plufieurs autres furent tuez,
il fit trente deux prifonniers , & enleva trense
deux
1
GALANT. 121
deux chevaux fans d'autre
perte qu'un Huffart.
Noftre armée eſt toujours campée à Noyelles ;
on attend pour decamper,
la décifion de la propofition qui a efté faite pour
une fufpenfion d'armes de
deux mois , & la retraite
des troupes que commande le Duc Dormond.
pour faiLe détachement que le
Prince Eugene fit
re une courſe en Picardie
& en Champagne , eſtoit
de deux mille huit cens
chevaux , Cavaliers , DraJuillet 1712.
L
122 MERCURE
gons , Huffarts & Grenadiers à cheval , ils partirent de leur armée,divifez
en plufieurs petits corps
pour cacher leur marche,
ils ne fe raffemblerent qu'à
vingt inq lieuës de leur
camp , ils firent une fi
grande diligence que les
détachemens que le Marechal de Villars fit partir
vingt heures après , fous
les ordres du Marquis de
faint Fremont, & des Comtes de Coignie & de faint
Maurice ne purent les
joindre.
GALANT. 123
Les ennemis marchoient
nuit &jour , envoyant des
partis à droite & à gauche
de leur route ; ils mirent le
feu à deux ou à trois villages , enleverent du butin ,
& prirent des oftages dont
la plufpart fe font fauvez
dans la precipitation de
leur marche. Ils n'ont ofé
attaquer aucun lieu fermé,
ils arriverent le 7 Juin à
la Meule qu'ils pafferent
près de faint Michel & la
Moſelle vers le Pont à
Mouffon ; de là ils entre34
rent dans le pays Meffin
Lij
124 MERCURE
où ils bruflerent dix fept
ou dix huit villages , contre les droits de la guerre ,
d'autant que ces lieux payoient contribution à Landau.
que
On écrit de Traerbach
le détachement commandépar le General Groveftein, eftoit arrivé au voifinage de cette place , que
fes troupes eftoient tres fatiguées par la précipitation
de leur courfe , & qu'elles
eftoient reduites à quinze
cens hommes , de forte
qu'ils en ont perdu unę
GALANT. 125
bonne partie , ils attendoient environ deux cens
hommes qui eftoient reftez
derriere,comme ils étoient
à pied , & qu'on n'en avoit
point de nouvelles , on ne
doutoit prefque plus qu'ils
n'euffent efté défaits par
les habitans du pays Mef
fin , irritez des pillages &
des incendies qu'ony avoit
faits.
On apprend du pays
Meffin que les peuples font
refolus de ne point payer
les contributions jufqu'à ce
qu'on ait donné fatisfacLiij
126 MERCURE
tion de cette contraven
tion : de maniere que tout
l'avantage de cette courſe
confifte en quelque argent
qu'on a pillé & exigé des
villages , & aux effets que
les foldats ont emportez.
Les ennemis ouvrirent
la tranchée devant le Quef .
noy en deux endroits la
nuit du 19. au 20 de Juin ;
à l'attaque droite ils ne firent aucune perte à cauſe
qu'on travailloit dans un
chemin creux , & qu'ils ne
furent pas découverts à
l'attaque de la gauche , ils
GALANT. 127
perdirent huit ou dix hommes , & eurent un grand
nombre de bleffez , parmy
lefquels eft le Major General Seckendorf. Les Affiegez faifoient un feu extraordinaire de moufqueterie & de canon , & le 17.
une deleurs bombes brufla
la ferme de Bear , où les
Alliez s'étoient logez ; on
a eu avis de l'armée qu'elle
s'eftoit renduë le 4. & que
la Garnifon avoit efté faite
prifonniere de guerre.
Un parti de Huffarts de
l'armée du Roy enleva la
grande garde de la droite
des Ennemis près d'Avelne le fec, un Capitaine &
plufieurs autres furent tuez,
il fit trente deux prifonniers , & enleva trense
deux
1
GALANT. 121
deux chevaux fans d'autre
perte qu'un Huffart.
Noftre armée eſt toujours campée à Noyelles ;
on attend pour decamper,
la décifion de la propofition qui a efté faite pour
une fufpenfion d'armes de
deux mois , & la retraite
des troupes que commande le Duc Dormond.
pour faiLe détachement que le
Prince Eugene fit
re une courſe en Picardie
& en Champagne , eſtoit
de deux mille huit cens
chevaux , Cavaliers , DraJuillet 1712.
L
122 MERCURE
gons , Huffarts & Grenadiers à cheval , ils partirent de leur armée,divifez
en plufieurs petits corps
pour cacher leur marche,
ils ne fe raffemblerent qu'à
vingt inq lieuës de leur
camp , ils firent une fi
grande diligence que les
détachemens que le Marechal de Villars fit partir
vingt heures après , fous
les ordres du Marquis de
faint Fremont, & des Comtes de Coignie & de faint
Maurice ne purent les
joindre.
GALANT. 123
Les ennemis marchoient
nuit &jour , envoyant des
partis à droite & à gauche
de leur route ; ils mirent le
feu à deux ou à trois villages , enleverent du butin ,
& prirent des oftages dont
la plufpart fe font fauvez
dans la precipitation de
leur marche. Ils n'ont ofé
attaquer aucun lieu fermé,
ils arriverent le 7 Juin à
la Meule qu'ils pafferent
près de faint Michel & la
Moſelle vers le Pont à
Mouffon ; de là ils entre34
rent dans le pays Meffin
Lij
124 MERCURE
où ils bruflerent dix fept
ou dix huit villages , contre les droits de la guerre ,
d'autant que ces lieux payoient contribution à Landau.
que
On écrit de Traerbach
le détachement commandépar le General Groveftein, eftoit arrivé au voifinage de cette place , que
fes troupes eftoient tres fatiguées par la précipitation
de leur courfe , & qu'elles
eftoient reduites à quinze
cens hommes , de forte
qu'ils en ont perdu unę
GALANT. 125
bonne partie , ils attendoient environ deux cens
hommes qui eftoient reftez
derriere,comme ils étoient
à pied , & qu'on n'en avoit
point de nouvelles , on ne
doutoit prefque plus qu'ils
n'euffent efté défaits par
les habitans du pays Mef
fin , irritez des pillages &
des incendies qu'ony avoit
faits.
On apprend du pays
Meffin que les peuples font
refolus de ne point payer
les contributions jufqu'à ce
qu'on ait donné fatisfacLiij
126 MERCURE
tion de cette contraven
tion : de maniere que tout
l'avantage de cette courſe
confifte en quelque argent
qu'on a pillé & exigé des
villages , & aux effets que
les foldats ont emportez.
Les ennemis ouvrirent
la tranchée devant le Quef .
noy en deux endroits la
nuit du 19. au 20 de Juin ;
à l'attaque droite ils ne firent aucune perte à cauſe
qu'on travailloit dans un
chemin creux , & qu'ils ne
furent pas découverts à
l'attaque de la gauche , ils
GALANT. 127
perdirent huit ou dix hommes , & eurent un grand
nombre de bleffez , parmy
lefquels eft le Major General Seckendorf. Les Affiegez faifoient un feu extraordinaire de moufqueterie & de canon , & le 17.
une deleurs bombes brufla
la ferme de Bear , où les
Alliez s'étoient logez ; on
a eu avis de l'armée qu'elle
s'eftoit renduë le 4. & que
la Garnifon avoit efté faite
prifonniere de guerre.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
En juillet 1712, des affrontements militaires ont eu lieu en Flandres et en Picardie. Un détachement de l'armée royale a attaqué la garde ennemie près d'Avelgne, tuant un capitaine et plusieurs autres, capturant 32 prisonniers et deux chevaux sans pertes significatives. L'armée royale, campée à Noyelles, attendait une décision sur une suspension d'armes de deux mois et le retrait des troupes du Duc Dormond. Le Prince Eugène a mené une incursion en Picardie et en Champagne avec 2 800 cavaliers, dragons, hussards et grenadiers à cheval, divisés en petits groupes pour masquer leur marche. Malgré les efforts du maréchal de Villars, les détachements français n'ont pas pu les rattraper. Les ennemis ont pillé et incendié plusieurs villages, notamment dans le pays Messin, où les habitants se sont réfugiés. Le détachement commandé par le général Groveftein, réduit à 150 hommes, attendait des renforts mais craignait d'avoir été défait par les habitants irrités par les pillages. Les habitants du pays Messin refusent de payer les contributions jusqu'à ce que leurs plaintes soient satisfaites. Les ennemis ont ouvert des tranchées devant le Quesnoy, subissant des pertes lors de l'attaque de la gauche. Les assiégés ont riposté avec un feu intense, et une bombe a détruit une ferme où les alliés étaient logés. La garnison du Quesnoy s'est rendue le 4 juillet.
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19
p. 117-120
NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Début :
La tranchée a esté ouverte devant Douay hier au soir [...]
Mots clefs :
Flandre, Douai, Prince Eugène, Retranchement
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
NOUVELLES
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
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Résumé : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Le 15 août 1711, un rapport depuis le camp de Hefnain-Lietard mentionne que la tranchée devant Douai a été avancée à soixante toises du chemin couvert. Deux attaques ont été menées à Douai, l'une à la porte Notre-Dame et l'autre à la porte Morelle. Une troisième attaque a réussi au sort d'Escarpe sans pertes majeures. Un capitaine du régiment de Lanoy a été tué, et deux lieutenants, un sous-lieutenant et un ingénieur ont été blessés. Les travaux ont été réalisés sans alerter l'ennemi. La garnison de Douai étant faible, une attaque vigoureuse est prévue avant le 26 août. Le Prince Eugène a tenté des mouvements près d'Orchies et de la Deulle pour perturber les opérations, mais sans succès. Il menace d'attaquer pour forcer l'abandon du siège, mais les troupes sont prêtes à le repousser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 163-170
Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Début :
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron le 5. [...]
Mots clefs :
Douai, Prince Eugène, Villars, Flandre, Tournay
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Extrait deplusieurs lettres de
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
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Résumé : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Au début août, les armées du Prince Eugène et du Maréchal de Villars se préparent en Flandres. L'armée du Prince Eugène, plus nombreuse, se déplace et renforce des positions stratégiques. Les députés des États Généraux ont donné carte blanche au Prince Eugène, mais lui ont demandé d'éviter une bataille à Malplaquet. Les troupes du Prince Eugène se préparent à attaquer des positions françaises, notamment le château du Forêt et les retranchements près de Doüay, mais ces attaques n'ont pas encore eu lieu. La cavalerie ennemie effectue des raids pour se ravitailler, et des ingénieurs ennemis sont arrêtés en tentant de rejoindre Doüay. Le Maréchal de Villars, bien retranché, avance vers les retranchements de Pont-à-Rache et prépare des travaux de siège. La garnison de Doüay, bien que renforcée, manque de vivres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 264-268
Nouvelles de Flandres.
Début :
Un détachement de Troupes Françoises s'étant approché de Mons la nuit [...]
Mots clefs :
Garnison, Flandre
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Un détachement de Trou
au 5
pes Françoifes s'étant approché
de Mons la nuit du 4 .
de Janvier , jetterent
avec des petits Mortiers , des
artifices fur des Magafins de
Foin & d'Avoine L. qui
étoient dans les ouvrages
exterieures , mais ils n'en
brulerent qu'environ vingt
mille rations. Les Lettres
d'Ypres portent , que les
François font de grands
preparatifs fur la Frontiere ,
&
GALANT 265
& qu'un parti de la Garniſon
en a defait un de foixante
& dix hommes de celle
d'Audenarde . Celles de Namur
portent que le fieur
du Moulin étant allé en parti
avoit brulé plufieurs batteaux
chargez de fourages
qui remontoient fur la
Meufe de Mastricht à
Liege . Dautres Lettres plus
récentes
de Namur portent
que depuis le commencement
de Janvier les partis
de la Garnifon avoient fait
plufieurs courſes , & avoient
toûjours amené des prifon,
Fanvier 1713 .
Ꮓ
266 MERCURE
niers & du butin , & qu'un
de cinquante Huffars étant
arrivé jufqu'au canal de
Bruxelles , avoient pillé la
Barque & fait vingt - cinq
prifonniers , la plufpart Of
ficiers.
On mande de Dunkerque
du 27. Decembre que
depuis quelques jours , les
Armateurs de ce Port y
avoient amené fix prifes
Hollandoifes , dont il y en
avoit trois chargées de
grains , deux autres d'Oranges,
de Citrons , de Figues,
de raifins fees, & d'autres
GALANT 267
Marchandifes , & que la
fixiéme qui étoit fort riche ,
étoit chargée de fucre & de
cuivre .
Les Lettres de Tournay
du 12 Janvier portent que
le Landgrave de Heffe - Caffel
avoit envoyé ordre à fes
Troupes qui y font en garnifon,
d'en fortit pour tevenir
dans fès Etats , & qu'elles .
pártiroient fitoft qu'elles auroient
des réponfes de la
Haye ; que les Troupes Da
noiſes qui font en diverſes
places avoient reçûs le
mefme ordre. Le bruit
Zij
268 MERCURE
court mefme que celles de
Hanover ont auffi ordre de
s'en retourner.
Un détachement de Trou
au 5
pes Françoifes s'étant approché
de Mons la nuit du 4 .
de Janvier , jetterent
avec des petits Mortiers , des
artifices fur des Magafins de
Foin & d'Avoine L. qui
étoient dans les ouvrages
exterieures , mais ils n'en
brulerent qu'environ vingt
mille rations. Les Lettres
d'Ypres portent , que les
François font de grands
preparatifs fur la Frontiere ,
&
GALANT 265
& qu'un parti de la Garniſon
en a defait un de foixante
& dix hommes de celle
d'Audenarde . Celles de Namur
portent que le fieur
du Moulin étant allé en parti
avoit brulé plufieurs batteaux
chargez de fourages
qui remontoient fur la
Meufe de Mastricht à
Liege . Dautres Lettres plus
récentes
de Namur portent
que depuis le commencement
de Janvier les partis
de la Garnifon avoient fait
plufieurs courſes , & avoient
toûjours amené des prifon,
Fanvier 1713 .
Ꮓ
266 MERCURE
niers & du butin , & qu'un
de cinquante Huffars étant
arrivé jufqu'au canal de
Bruxelles , avoient pillé la
Barque & fait vingt - cinq
prifonniers , la plufpart Of
ficiers.
On mande de Dunkerque
du 27. Decembre que
depuis quelques jours , les
Armateurs de ce Port y
avoient amené fix prifes
Hollandoifes , dont il y en
avoit trois chargées de
grains , deux autres d'Oranges,
de Citrons , de Figues,
de raifins fees, & d'autres
GALANT 267
Marchandifes , & que la
fixiéme qui étoit fort riche ,
étoit chargée de fucre & de
cuivre .
Les Lettres de Tournay
du 12 Janvier portent que
le Landgrave de Heffe - Caffel
avoit envoyé ordre à fes
Troupes qui y font en garnifon,
d'en fortit pour tevenir
dans fès Etats , & qu'elles .
pártiroient fitoft qu'elles auroient
des réponfes de la
Haye ; que les Troupes Da
noiſes qui font en diverſes
places avoient reçûs le
mefme ordre. Le bruit
Zij
268 MERCURE
court mefme que celles de
Hanover ont auffi ordre de
s'en retourner.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
En janvier 1713, plusieurs événements militaires et maritimes ont marqué la Flandres. La nuit du 4 janvier, des soldats français ont incendié environ vingt mille rations de foin et d'avoine près de Mons. À Ypres, les Français préparaient des opérations frontalières et un groupe de la garnison a vaincu un détachement de soixante-dix hommes d'Audenarde. À Namur, des troupes ont brûlé des bateaux chargés de fourrages sur la Meuse. Divers raids ont été menés, capturant des prisonniers et du butin, comme un groupe de cinquante hussards qui ont fait vingt-cinq prisonniers, principalement des officiers. À Dunkerque, des armateurs ont capturé six navires hollandais, dont trois chargés de grains, trois de fruits et marchandises diverses, et un richement chargé de sucre et de cuivre. Des lettres de Tournay rapportent que les troupes du Landgrave de Hesse-Cassel et les troupes danoises ont reçu l'ordre de quitter leurs garnisons pour retourner dans leurs États. Des rumeurs évoquent un retrait similaire des troupes de Hanovre.
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22
p. 128-132
NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
Début :
Les Conferences entre les Ministres des Alliez sont plus frequentes [...]
Mots clefs :
Archiduc, Régiment, Catalogne, Utrecht, Flandre, Conférence, Traité de la Barrière, Électeur de Brandebourg
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
NOUVELLES
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
d'Utrecht & de
Flandres.
LEs Conferences entre
les Ministres des Alliez
sont plus frequentes qu'auparavant,
il y en a mesme
eu plusieurs entre les Plenipotentiaires
de France,
d'Angleterre, des Estats
Généraux &de l'Archiduc..
Les Lettres de Hollande
portent que les Estats Géneraux
ont ratifié le Traitré
de la Barriere, & de la
Succession à la Couronne
de la grande Bretagne. On
asseure que l'évacuation de
la Catalogne eil reglée.
On mande de Tournay
que le Regiment Saxon de
Seckendorf de deux Bataillons,
qui estoit à lasolde
Angloise
, ayant receu
ordre de s'en retourner,
voulut sortir le13 Février,
le Commandant dela Ela*
ce pria le Colonel de ce
Regiment, d'attendre qu'il
eust receu les ordres de la
Haye. Les Lettres de Bruxelles
portent que les Troupes
Danoises à la solde
d'Angleterre s'estoientas-
Semblées à Vilvorde au
nombre de Gx mille hommes
pour retourner en leur
pays, ayant esté rappellées
par le Roy de Danneniarc.
Celles de Liege du
18 porrent que les Troupes
de l'Electeur de Brandebourg
qui composent la
plus grande partie de la
garnison
,
refufoient depuis
quelques jours de faire
le service jusqu'à ce qu'
on leur paye tous les arrerages
qui leur sont deus;
elles se font faisies des portes
d'Auroix & de sainte
Marguerite,disant qu'elles
leurestoient necessaires
pour avoir communication
avec celles qui logent dans
lleess FFaauuxxbboouurrggss.. On rmnaann,..~"
de de Cambray que deux
Partis de Maubeuge & de
Condé avoient surpris près
d'Ath un poste gardé par
quatre - vingt Fantassinsd'un
des Regimenrs ds
l'Archiduc, qui furent cous
faits prisonniers.
MORTS.
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Résumé : NOUVELLES d'Utrecht & de Flandres.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Europe. Les conférences entre les ministres des Alliés, incluant ceux de France, d'Angleterre, des États Généraux et de l'Archiduc, se sont multipliées. Les États Généraux des Pays-Bas ont approuvé le traité de la Barrière et de la Succession à la Couronne de la Grande-Bretagne. L'évacuation de la Catalogne est en cours de régulation. À Tournay, le régiment saxon de Seckendorf, sous commandement anglais, a reçu l'ordre de se retirer, mais attend les instructions de La Haye. Les troupes danoises au service de l'Angleterre se sont rassemblées à Vilvorde pour retourner dans leur pays, suite à un rappel du roi du Danemark. À Liège, les troupes de l'Électeur de Brandebourg ont refusé de servir jusqu'au paiement de leurs arriérés, se barricadant aux portes d'Auroix et de Sainte-Marguerite. Enfin, des troupes de Maubeuge et de Condé ont surpris un poste près d'Ath, capturant quatre-vingts fantassins d'un régiment de l'Archiduc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 442-446
AU MARECHAL DUC DE VILLARS. ODE
Début :
Toi, qui des Héros de la Grece [...]
Mots clefs :
Duc de Villars, Gloire, Guerre, Victoire, Cohortes, Bataille, Ravager, Flandre, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU MARECHAL DUC DE VILLARS. ODE
AU MARECHAL DUC DE VILLARS,
ODE
Toi , qui des Héros de la Grece
Célebras jadis les exploits ,
Viens seconder ma hardiesse ,
Viens , Homere , affermis ma voix.
Qu'un Guerrier que la France admire
M'entende dignement écrire
Ses plus hauts faits dans mes Chansons
Et que les Filles de mémoire
M'aident à consacrer la gloire
De l'appui de leurs nourissons.
Quelle
MARS.
443 1731.
+
Quelle vengeance
meurtriere
,
Quel Dieu jaloux de nos succès
A réuni l'Europe entiere
Pour faire avorter nos projets ?
Quel Démon ardent à nous nuire
Contre Louis , dans son Empire
Arme des sujets inhumains ? *
Les barbares Soeurs de Megere
A cette secte sanguinaire
Inspirent les plus noirs desseins,
On voit des Bataillons perfides
Sortis tout d'un coup des forêts ,
Ainsi que des torrens rapides
Ravager nos riches guerets ;
Les Temples , objets de leur rage ,
Sont détruits , ou pleins de carnage ,
Tout cede à leur férocité :
Quel vaillant guerrier , quel Alcide
Domptera l'audace intrépide
De ces Monstres d'impieté ?
Quoi ! leurs cohortes menaçantes
Qui couvroient nos sillons de morts ,
A l'aspect de Villars tremblantes ,
Cedent à ses premiers efforts !
* Les Fanatiques.
B iiij
Leurs
444 MERCURE DE FRANCE
Leurs Chefs malgré leur arrogance
Ne trouvent que dans sa clémence
Dequoi dissiper leur terreur :
En vain la discorde sans cesse
Chez tous nos ennemis s'empresse
D'armer pour aider leur fureur.
Vous qui dans Thionville allarmée
Voulez foudroyer nos Guerriers ,
Que ne renversez- vous l'Armée
Qui vous ravit tant de lauriers
Le feu de vos Troupes nombreuses ,
Ni du Rhin les ondes fougueuses.
Ne sçauroient arrêter Villars .
Courez au combat ; sa présence
Doit exciter votre vengeance
A tenter les plus grands hazards.
Que vois-je ? déja vers la Flandre
Ils ont précipité leurs pas ;
Est- ce pour ne rien entreprendre
* Campagne de 1705. au commencement de
laquelle le Prince Eugene et M. Malebouroug
joignirent toutes leurs forces pour pénetrerjusqu'en
France par Thionville ; mais M. de Villars
avec des forces très inférieures se campa
de façon qu'il couvrit Thionville et les autres
Places voisines , en sorte qu'ils n'oserent entreprendre
ce Siege ni l'attaquer.
་
Qu'ils
MARS.
445. 1731.
Qu'ils ont armé tant de Soldats ?
Pour vous , grand Héros , que l'Alsące
Vit imiter la noble audace
Du fier Vainqueur de Darius ,
Vous faites voir qu'à la vaillance
Vous sçavez joindre la prudencè ,
Qui fit triompher Fabius. ( b )
Le Dieu qui lance le tonnerre ,
Pour se vanger de nos forfaits
A- t'il pour toujours de la Terre
Exilé Themis et la Paix ?
Que d'Escadrons ! que de cohortes
Ont deja jusques à nos portes
Fait avancer leurs Etendarts !
Mais quel éclat nous environne ?
Est-ce Mars , suivi de Bellonne ,
Qui vient deffendre nos Remparts ?
Fier Eugene , qui jusqu'en France
Prétends signaler tes exploits ,
Tu cours trop tard à la défense
De Denain réduit aux abois ;
Voy ce Camp rempli de carnage ;
(a ) Bataille de Fridelingue , comparée am
passage de Granique d'Alexandre.
(b ) Dictateur qui par sa prudence renvers
soit tous les projets d'Annibal.
B v La
446 MERCURE DE FRANCE
La mort sous une horrible image
Remplit tous tes Soldats d'effroi
Tu fuis toi-même plein d'allarmes
N'osant disputer à nos armes
Douay , Bouchain et le Quenoy.
En vain Mars jaloux de l'hommage
Et des offrandes des Mortels ,
Des Germains foutient le courage
Pour fe conferver des Autels ;
Fribourg et Landau sont en cendre ,
Quoiqu'il s'arme pour les deffendre ,
Nos fiers ennemis font défaits :
Villars , suivi de la Victoire
Dispose pour comble de gloire
*
Et de la guerre et de la paix.
Campagne d'Allemagne de 1713-
Par M. de Sainte Falaye , de Montfort-
Lamaury.
ODE
Toi , qui des Héros de la Grece
Célebras jadis les exploits ,
Viens seconder ma hardiesse ,
Viens , Homere , affermis ma voix.
Qu'un Guerrier que la France admire
M'entende dignement écrire
Ses plus hauts faits dans mes Chansons
Et que les Filles de mémoire
M'aident à consacrer la gloire
De l'appui de leurs nourissons.
Quelle
MARS.
443 1731.
+
Quelle vengeance
meurtriere
,
Quel Dieu jaloux de nos succès
A réuni l'Europe entiere
Pour faire avorter nos projets ?
Quel Démon ardent à nous nuire
Contre Louis , dans son Empire
Arme des sujets inhumains ? *
Les barbares Soeurs de Megere
A cette secte sanguinaire
Inspirent les plus noirs desseins,
On voit des Bataillons perfides
Sortis tout d'un coup des forêts ,
Ainsi que des torrens rapides
Ravager nos riches guerets ;
Les Temples , objets de leur rage ,
Sont détruits , ou pleins de carnage ,
Tout cede à leur férocité :
Quel vaillant guerrier , quel Alcide
Domptera l'audace intrépide
De ces Monstres d'impieté ?
Quoi ! leurs cohortes menaçantes
Qui couvroient nos sillons de morts ,
A l'aspect de Villars tremblantes ,
Cedent à ses premiers efforts !
* Les Fanatiques.
B iiij
Leurs
444 MERCURE DE FRANCE
Leurs Chefs malgré leur arrogance
Ne trouvent que dans sa clémence
Dequoi dissiper leur terreur :
En vain la discorde sans cesse
Chez tous nos ennemis s'empresse
D'armer pour aider leur fureur.
Vous qui dans Thionville allarmée
Voulez foudroyer nos Guerriers ,
Que ne renversez- vous l'Armée
Qui vous ravit tant de lauriers
Le feu de vos Troupes nombreuses ,
Ni du Rhin les ondes fougueuses.
Ne sçauroient arrêter Villars .
Courez au combat ; sa présence
Doit exciter votre vengeance
A tenter les plus grands hazards.
Que vois-je ? déja vers la Flandre
Ils ont précipité leurs pas ;
Est- ce pour ne rien entreprendre
* Campagne de 1705. au commencement de
laquelle le Prince Eugene et M. Malebouroug
joignirent toutes leurs forces pour pénetrerjusqu'en
France par Thionville ; mais M. de Villars
avec des forces très inférieures se campa
de façon qu'il couvrit Thionville et les autres
Places voisines , en sorte qu'ils n'oserent entreprendre
ce Siege ni l'attaquer.
་
Qu'ils
MARS.
445. 1731.
Qu'ils ont armé tant de Soldats ?
Pour vous , grand Héros , que l'Alsące
Vit imiter la noble audace
Du fier Vainqueur de Darius ,
Vous faites voir qu'à la vaillance
Vous sçavez joindre la prudencè ,
Qui fit triompher Fabius. ( b )
Le Dieu qui lance le tonnerre ,
Pour se vanger de nos forfaits
A- t'il pour toujours de la Terre
Exilé Themis et la Paix ?
Que d'Escadrons ! que de cohortes
Ont deja jusques à nos portes
Fait avancer leurs Etendarts !
Mais quel éclat nous environne ?
Est-ce Mars , suivi de Bellonne ,
Qui vient deffendre nos Remparts ?
Fier Eugene , qui jusqu'en France
Prétends signaler tes exploits ,
Tu cours trop tard à la défense
De Denain réduit aux abois ;
Voy ce Camp rempli de carnage ;
(a ) Bataille de Fridelingue , comparée am
passage de Granique d'Alexandre.
(b ) Dictateur qui par sa prudence renvers
soit tous les projets d'Annibal.
B v La
446 MERCURE DE FRANCE
La mort sous une horrible image
Remplit tous tes Soldats d'effroi
Tu fuis toi-même plein d'allarmes
N'osant disputer à nos armes
Douay , Bouchain et le Quenoy.
En vain Mars jaloux de l'hommage
Et des offrandes des Mortels ,
Des Germains foutient le courage
Pour fe conferver des Autels ;
Fribourg et Landau sont en cendre ,
Quoiqu'il s'arme pour les deffendre ,
Nos fiers ennemis font défaits :
Villars , suivi de la Victoire
Dispose pour comble de gloire
*
Et de la guerre et de la paix.
Campagne d'Allemagne de 1713-
Par M. de Sainte Falaye , de Montfort-
Lamaury.
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Résumé : AU MARECHAL DUC DE VILLARS. ODE
Le texte est une ode dédiée au maréchal duc de Villars, célébrant ses exploits militaires. L'auteur demande à Homère de l'inspirer pour chanter les hauts faits de Villars. Il exprime son indignation face à la coalition européenne qui menace la France et les succès de Louis XIV. Les ennemis, décrits comme des barbares, ravagent les terres françaises et détruisent les temples. Villars, par sa vaillance et sa prudence, parvient à repousser ces attaques. Le texte mentionne plusieurs batailles et sièges, comme celui de Thionville, où Villars, malgré des forces inférieures, protège les places stratégiques. Il compare Villars à des héros antiques comme Alcide, Fabius et Alexandre. L'ode se termine en soulignant la victoire de Villars à Denain et la prise de plusieurs villes, comme Douay, Bouchain et le Quenoy, ainsi que la défaite des ennemis à Fribourg et Landau. Villars est ainsi présenté comme un héros qui apporte la victoire et la paix.
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