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1
p. 1457-1465
Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Début :
LOUIS-HECTOR DE VILLARS, Duc de Villars, Pair de France, Grand d'Espagne de la premiere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Roi, Armée impériale, Pair de France, Lieutenant général, Ennemis, Victoire complète, Commandement, Rhin, Armées, Troupes, Campagne, Électeur de Bavière, Prince Louis de Bade, Prince Eugène, Roi de Sardaigne
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texteReconnaissance textuelle : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
HOVA TUIN (1731 ) $1457
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
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Résumé : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Louis Hector de Villars, Duc de Villars, fut un militaire et diplomate français de renom, né en 1652. Il débuta sa carrière militaire en 1671 comme aide de camp du maréchal de Bellefonds. Il se distingua lors de plusieurs sièges et batailles, notamment à Maastricht, Zutphen, et sur le Rhin. En 1673, il servit sous le vicomte de Turenne et participa à de nombreux combats, se montrant particulièrement courageux et stratégique. Promu brigadier en 1688 et maréchal de camp en 1690, il commanda des troupes en Allemagne et en Italie. Il fut nommé lieutenant général en 1693 et participa à diverses campagnes, notamment en Italie et sur le Rhin. En 1702, il fut déclaré maréchal de France et général de l'armée en Allemagne. Il joua un rôle crucial dans plusieurs batailles, comme celle de Hochstädt en 1704, et participa à la prise de plusieurs villes et forteresses. En 1709, il reçut une blessure grave à la bataille de Malplaquet. En reconnaissance de ses services, le roi érigea sa terre de Vaux-le-Vicomte en duché et le nomma pair de France. Il continua de servir dans diverses campagnes, notamment en Flandres et en Allemagne, et participa à la signature de traités de paix à Rastatt et en Suisse en 1714. Villars fut également ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire pour les traités de paix à Rastatt. Il fut nommé président du Conseil de guerre en 1715 et conseiller au Conseil de régence en 1718. En 1723, il devint ministre d'État. En 1731, il fut nommé maréchal général des camps et armées du roi et commanda les troupes en Italie. Il mourut en 1734 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars était le fils de Pierre de Villars, Marquis de Villars, Chevalier des Ordres du Roy, et de Marie Gigault de Bellefonds. Son père, décédé en 1698 à l'âge de 75 ans, avait occupé divers postes prestigieux, dont celui d'Ambassadeur en Savoie, à Madrid et au Danemark. Sa mère est morte en 1706 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars s'est marié le 23 janvier 1702 avec Jeanne-Angélique Rocque de Varengeville, fille de Jacques Rocque, Ambassadeur de France à Venise, et de Charlotte-Angélique Courtin, décédée en 1732. De cette union est né un fils unique, Honoré-Armand de Villars, Duc de Villars, Pair de France, Gouverneur de Provence et Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie. Honoré-Armand a été nommé Brigadier des Armées du Roi après avoir rapporté la nouvelle de la réduction du Château de Milan en janvier 1734.
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2
p. 173-176
ALLEMAGNE.
Début :
Les nouvelles de Dresde portent que le 26 du même mois, la Princesse [...]
Mots clefs :
Hambourg, Princesse, Naissance, Armée impériale, Charles de Lorraine, Ennemis, Déplacement des troupes, Bataille, Stade, Médecine militaire, Duc de Cumberland
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE HAMBOURG , le 30 Septembre.
LES nouvelles de Drefde portent que le 26
du même mois , la Princeffe épouse du Prince Electoral
de Saxe eft accouchée d'une Princeffe . Selon
les avis reçus de Poméranie , le fort de Pénamunde
a capitulé le 23. La garnifon a mieux
aimé être prifonniere de guerre , que de fe foumettre
à la condition de ne point fervir pendant
deux ans. Les Suédois ont trouvé dans le fort
vingt pieces de canon . On mande de Warfovie ,
que la diette particuliere de Szroda s'eft féparée
le 14 , fans avoir pris aucune réfolution .
Du Quartier général de l'armée Impériale à
Greibnig , le 27 Septembre 1757.
L'Armée Impériale , après avoir détaché quelques
Troupes vers Strigau , quitta le 24 du même
mois le camp de Jawer , pour venir camper
à
Nicolstadt .
Le 25 , le Prince Charles de Lorraine & le
Feld -Maréchal Comte de Daun allerent à la pointe
du jour reconnoître la fituation de l'ennemi , &
obferverent que , pour mieux s'étendre aux envi
rons de Lignitz , il ne formoit qu'une feule li
Hij
174 MERCURE DE FRANCE.
Son
gne qu'il avoit jetté beaucoup de monde dans
les Villages de Barfchdorff & de Koifchwitz fitués
devant fon front , & que ces Villages étoient
garnis de canons . D'après ces difpofitions ,
Alteffe Royale jugea à propos , pour s'approcher
de Lignitz , de faire marcher l'aile droite de l'ar
mée Impériale par Seyfersdorff , l'aile gauche fe !
porta à une lieue au-delà de Wohlftadt , & le
Quartier Général fut établi à Greibnig.
་f
C
le m
Comme les Pruffiens avoient beaucoup de monde
dans le Village de Koifchwitz & pouvoient
incommoder la premiere ligne de l'armée , le
Comte de Sprecher , Lieutenant- Général , fut | k
commandé avec les Grenadiers , pour en déloger
l'ennemi , & après une canonnade d'environ
une heure & demie , les Pruffiens furent obligés
d'abandonner ce pofte..
Le 22 de grand matin , le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun , ayant remar
qué que
les tentes de l'Infanterie ennemie étoient
encore tendues , & que celles de la Cavalerie
étoient pliées , réfolurent de les déloger de Barf
chdorff , pofte qui étoit occupé par quatre
taillons & par quelques Efcadrons de Huffards
On fit pour cet effet travailler cinq cens hommes.
à des fafcines ; on tira de tous les Régimess
huit cens Volontaires , & tous les Grenadiers eurent
ordre de fe tenir prêts . Vers les trois heu
res après- midi , l'artillerie commença à tirer fur
Barfchdorff. Les ennemis qui étoient campés fur
des hauteurs derriere ce Village , fe mirent en
bataille , établirent quelques batteries pour les
oppofer aux nôtres , & firent fans fuccès un feu
très -vif. Un de nos obus fit fauter en l'air un
charriot de munitions de guerre , & deux Canonpiers
Pruffiens. On tira de part & d'autre juf
Ch
NOVEMBRE. 1757. 171
qu'à fix heures du foir , & les ennemis décam
perent , après avoir mis le feu à Barfchdorff. Ils
ont fait marcher leur artillerie , leurs pontons
& leurs bagages vers Merfchwitz , & ont enfuite
abandonné Lignitz , où l'on a trouvé beau→
coup de bleffés . Le Prince Charles a mis dans
Lignitz une garnifon de deux mille hommes d'Infanterie
& cent chevaux. Les Pruffiens y ant
laiffé quatre cens mille rations de foin , trente
tonneaux de farine , trente muids d'avoine , &
environ cent trente tonneaux de fel. Les Généraux
de Haddick & de Beck ont été chargés de
harceler l'ennemi dans fa retraite . Le dernier
avec un Corps de mille hommes d'Infanterie ,
deux cens Huffards & quelques pieces de canon ,
leur a pris foixante - douze charriots d'ordonnance
chargés d'avoine , quatre charriots remplis des
bagages de divers Officiers , & un charriot d'eaude-
vie. Il leur a fait auffi quelques prifonniers , &
il n'a perdu que huit hommes & cinq chevaux
tués ou bleffés.
DE STADE , le 8 Septembre.
Le Dac de Cumberland s'eft embarqué le 6
d'octobre fur une frégate Angloife , pour le rendre
à Londres . Il a été joint au Cuxhaven , ૩
Pembouchure de l'Elbe , par des vaiffeaux de
guerre Anglois , qui doivent l'efcorter.
Le fieur de Gevigland Docteur , & ancien
Profeffeur de Médecine en l'Univerfité de Paris ,
Médecin des Armées du Roi , eut ordre de fe
détacher de l'Hôpital ambulant de l'armée vers
la fin du mois d'août , pour fe rendre à Hanovre
à l'effet d'y prendre foin de plufieurs Officiers
qui refterent malades à la fuite du quartier gé
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
néral . Le zele & l'activité de ce Médecin ne k
font jamais ralentis , la méthode avec laquelle
il a adminiftré l'hypécacuana pour les dytente
ries qui régnoient alors , lui ayant toujours
parfaitement réuffi , il s'eft acquis l'eftime & la
confiance d'une grande partie des Officiers de
l'armée , autant par fon exactitude défintéreflét
que par la sûreté de la pratique.
DE HAMBOURG , le 30 Septembre.
LES nouvelles de Drefde portent que le 26
du même mois , la Princeffe épouse du Prince Electoral
de Saxe eft accouchée d'une Princeffe . Selon
les avis reçus de Poméranie , le fort de Pénamunde
a capitulé le 23. La garnifon a mieux
aimé être prifonniere de guerre , que de fe foumettre
à la condition de ne point fervir pendant
deux ans. Les Suédois ont trouvé dans le fort
vingt pieces de canon . On mande de Warfovie ,
que la diette particuliere de Szroda s'eft féparée
le 14 , fans avoir pris aucune réfolution .
Du Quartier général de l'armée Impériale à
Greibnig , le 27 Septembre 1757.
L'Armée Impériale , après avoir détaché quelques
Troupes vers Strigau , quitta le 24 du même
mois le camp de Jawer , pour venir camper
à
Nicolstadt .
Le 25 , le Prince Charles de Lorraine & le
Feld -Maréchal Comte de Daun allerent à la pointe
du jour reconnoître la fituation de l'ennemi , &
obferverent que , pour mieux s'étendre aux envi
rons de Lignitz , il ne formoit qu'une feule li
Hij
174 MERCURE DE FRANCE.
Son
gne qu'il avoit jetté beaucoup de monde dans
les Villages de Barfchdorff & de Koifchwitz fitués
devant fon front , & que ces Villages étoient
garnis de canons . D'après ces difpofitions ,
Alteffe Royale jugea à propos , pour s'approcher
de Lignitz , de faire marcher l'aile droite de l'ar
mée Impériale par Seyfersdorff , l'aile gauche fe !
porta à une lieue au-delà de Wohlftadt , & le
Quartier Général fut établi à Greibnig.
་f
C
le m
Comme les Pruffiens avoient beaucoup de monde
dans le Village de Koifchwitz & pouvoient
incommoder la premiere ligne de l'armée , le
Comte de Sprecher , Lieutenant- Général , fut | k
commandé avec les Grenadiers , pour en déloger
l'ennemi , & après une canonnade d'environ
une heure & demie , les Pruffiens furent obligés
d'abandonner ce pofte..
Le 22 de grand matin , le Prince Charles & le
Feld-Maréchal Comte de Daun , ayant remar
qué que
les tentes de l'Infanterie ennemie étoient
encore tendues , & que celles de la Cavalerie
étoient pliées , réfolurent de les déloger de Barf
chdorff , pofte qui étoit occupé par quatre
taillons & par quelques Efcadrons de Huffards
On fit pour cet effet travailler cinq cens hommes.
à des fafcines ; on tira de tous les Régimess
huit cens Volontaires , & tous les Grenadiers eurent
ordre de fe tenir prêts . Vers les trois heu
res après- midi , l'artillerie commença à tirer fur
Barfchdorff. Les ennemis qui étoient campés fur
des hauteurs derriere ce Village , fe mirent en
bataille , établirent quelques batteries pour les
oppofer aux nôtres , & firent fans fuccès un feu
très -vif. Un de nos obus fit fauter en l'air un
charriot de munitions de guerre , & deux Canonpiers
Pruffiens. On tira de part & d'autre juf
Ch
NOVEMBRE. 1757. 171
qu'à fix heures du foir , & les ennemis décam
perent , après avoir mis le feu à Barfchdorff. Ils
ont fait marcher leur artillerie , leurs pontons
& leurs bagages vers Merfchwitz , & ont enfuite
abandonné Lignitz , où l'on a trouvé beau→
coup de bleffés . Le Prince Charles a mis dans
Lignitz une garnifon de deux mille hommes d'Infanterie
& cent chevaux. Les Pruffiens y ant
laiffé quatre cens mille rations de foin , trente
tonneaux de farine , trente muids d'avoine , &
environ cent trente tonneaux de fel. Les Généraux
de Haddick & de Beck ont été chargés de
harceler l'ennemi dans fa retraite . Le dernier
avec un Corps de mille hommes d'Infanterie ,
deux cens Huffards & quelques pieces de canon ,
leur a pris foixante - douze charriots d'ordonnance
chargés d'avoine , quatre charriots remplis des
bagages de divers Officiers , & un charriot d'eaude-
vie. Il leur a fait auffi quelques prifonniers , &
il n'a perdu que huit hommes & cinq chevaux
tués ou bleffés.
DE STADE , le 8 Septembre.
Le Dac de Cumberland s'eft embarqué le 6
d'octobre fur une frégate Angloife , pour le rendre
à Londres . Il a été joint au Cuxhaven , ૩
Pembouchure de l'Elbe , par des vaiffeaux de
guerre Anglois , qui doivent l'efcorter.
Le fieur de Gevigland Docteur , & ancien
Profeffeur de Médecine en l'Univerfité de Paris ,
Médecin des Armées du Roi , eut ordre de fe
détacher de l'Hôpital ambulant de l'armée vers
la fin du mois d'août , pour fe rendre à Hanovre
à l'effet d'y prendre foin de plufieurs Officiers
qui refterent malades à la fuite du quartier gé
Hiv
176 MERCURE DE FRANCE.
néral . Le zele & l'activité de ce Médecin ne k
font jamais ralentis , la méthode avec laquelle
il a adminiftré l'hypécacuana pour les dytente
ries qui régnoient alors , lui ayant toujours
parfaitement réuffi , il s'eft acquis l'eftime & la
confiance d'une grande partie des Officiers de
l'armée , autant par fon exactitude défintéreflét
que par la sûreté de la pratique.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En septembre 1757, plusieurs événements militaires et politiques ont marqué l'Allemagne. À Dresde, la princesse épouse du Prince Électeur de Saxe a donné naissance à une princesse. En Poméranie, le fort de Pénamunde s'est rendu le 23 septembre, préférant la captivité à deux ans de service inactif. Les Suédois y ont récupéré vingt pièces de canon. À Szroda, la diète particulière s'est dissoute le 14 septembre sans prendre de décision. Du côté de l'armée impériale, après avoir quitté le camp de Jawer le 24 septembre, elle s'est dirigée vers Nicolstadt. Le Prince Charles de Lorraine et le Feld-Maréchal Comte de Daun ont évalué la position ennemie près de Lignitz. Pour se rapprocher de Lignitz, l'armée impériale a déplacé son aile droite vers Seyfersdorff et son aile gauche au-delà de Wohlstadt, établissant son quartier général à Greibnig. Les Prussiens, positionnés dans les villages de Barfchdorff et Koifchwitz, ont été chassés après une canonnade. Le 22 septembre, les troupes impériales ont attaqué Barfchdorff, occupé par les Prussiens. Après un combat intense, les Prussiens ont abandonné le village, laissant des provisions et des munitions. Le Prince Charles a installé une garnison à Lignitz. Les généraux Haddick et Beck ont harcelé les Prussiens en retraite, capturant des charriots de provisions et faisant quelques prisonniers. À Stade, le Duc de Cumberland s'est embarqué pour Londres le 6 octobre, escorté par des vaisseaux de guerre anglais. Le Docteur Gevigland, médecin des armées du Roi, a été envoyé à Hanovre pour soigner des officiers malades, gagnant la confiance des officiers par son zèle et son efficacité.
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3
p. 176-178
ALLEMAGNE.
Début :
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à passé par cette Ville ; [...]
Mots clefs :
Vienne, Soldats croates, Hongrie, Diète, Armée impériale, Verden, Mouvements des troupes, Ennemis, Maréchal de Richelieu, Ordres militaires, Chevaliers, Hanovre, Osnabrück
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 15 Janvier.
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à
paffé par cette Ville ; elle fera fuivie fucceffivement
de plufieurs autres corps de cette Nation
dont on a tiré depuis la guerre de très- bons fervices.
Les Etats du Royaume de Hongrie ont tenu à
Peft une Diette extraordinaire , dont l'objet a été
de prendre de folides arrangemens , pour fournir à
leur Souveraine un corps de troupes confidérable.
Ils offrent d'une part vingt mille hommes pour
réparer l'armée du Prince Charles & la plus
grande partie de l'Infanterie qui eft dans ce
Royaume en fera retirée , pour être employée en
Boheme.
?
L'armée de l'Empire qui a moins fouffert à la
bataille de Rofback que celle de France , va être
inceffamment en état de recommencer les opérations.
DE VERDEN , le premier Janvier.
La retraite précipitée des Hanovriens n'a pas
ralenti l'activité de nos mouvemens , dont voici
Ja fuite . M. le Duc de Broglie , Lieutenant - Général,
fe porta le 25 Décembre avec un corps détaché, de
Walfrode à Oberndorffmarck , & pour plus grande
fûreté , les troupes pafferent la nuit dans les bois.
FEVRIER. 1758. 177
Òn devoit partir le lendemain matin à trois heures
, pour le porter fur Bergen , ou le dépaffer
fuivant les nouvelles qu'on auroit de la marche
des ennemis ; mais ce même jour 25 , à dix heures
du foir , un Courier apporta unelettre de M.
le Maréchal Duc de Richelieu , datée du 24 >
avec l'ordre de fe retirer fur la Bohme d'où l'on
étoit parti , d'avoir l'oeil au pont de Rethem , &
d'obferver attentivement tout ce qui pourroit fe
paſſer de ce côté- là . Ainfi nous revîames fur nos
pas , & nous ne pûmes inquiéter l'ennemi du
côté de Hermanfbourg .
Nous reçûmes ordre le 28 de nous portér
promptement fur la Wumme , dont le paffage
étoit occupé par plufieurs poftes des ennemis. On
fit en deux marches forcées plus de dix - huit lieues,
& nous y arrivâmes la nuit du 29. Le 30 avant le
jour , ayant trouvé une arche du pont de Burch
rompue , notre infanterie paffa la Wumme for
la glace. Elle ne parut pas affez forte pour paffer
la Čavalerie ; mais M. le Duc de Broglie , M. le
Chevalier de laTouche ,& plufieurs Officiers le rendirent
à pied avec les Grenadiers à Wegefack.
Dès la nuit même les énnemis avoient abandonné
ce pofte , & nous y trouvâmes le magafin de trois
cens mille rations de foin , que nous y avions laiffé
au mois de Septembre. Nos Grenadiers y refterent
aux ordres de M. le Comte de Wamfer , Brigadier
; M. le Chevalier de Beauveau occupa le
Village de Lefum avec un détachement , & M. de
Solar celui de Burgdam , que les ennemis avoient
évacué à trois heures du matin. Les Officiers Généraux
partirent de Vegefack fur des charriots ,
pour aller reprendre leurs chevaux qu'ils avoient
laiffés à Burch , & delà ils fe tranſporterent à
Gropel , prés de Brême.
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
L'armée Hanovrienne a pris des quartiers de
cantonnement dans le voifinage d'Ultzen & de
Lunebourg.
DE HANOVRE , le 4 Janvier.
1
Après avoir forcé les Hanovriens à quitter les
bords de l'Aller , les premiers foins de M. le Maréchal
Duc de Richelieu , ont été de faire cantonner
les troupes, & de bien affurer les quartiers.
Depuis le 30 du mois dernier , il a quitté la Ville
de Zell en y laiffant une forte garnifon , & il eft
venu , avec près de 30 Bataillons , établir ici fon
quartier général. Par la pofition que ce Général
a prife , il eft maître de tout le cours de l'Aller ,
depuis le Wezer jufqu'à l'Ocker.
D'OSNABRUCK, le 9 Janvier.
Avant-hier , on a tranſporté à Wefel , fous une
bonne eſcorte , les barrils & les caifles d'argent
qui avoient été faifies à la pofte Hanovrienne de
cette Ville.
Le Régiment de Champagne eft depuis le 6 en
garnifon dans cette Ville ; celui de Condé , cavalerie
, en eft forti le même jour , pour aller cantonner
aux environs de Wefel , & il fera rem
placé par un autre Régiment de Cavalerie.
DE VIENNE , le 15 Janvier.
Une colonne de cinq mille cinq cens Croates à
paffé par cette Ville ; elle fera fuivie fucceffivement
de plufieurs autres corps de cette Nation
dont on a tiré depuis la guerre de très- bons fervices.
Les Etats du Royaume de Hongrie ont tenu à
Peft une Diette extraordinaire , dont l'objet a été
de prendre de folides arrangemens , pour fournir à
leur Souveraine un corps de troupes confidérable.
Ils offrent d'une part vingt mille hommes pour
réparer l'armée du Prince Charles & la plus
grande partie de l'Infanterie qui eft dans ce
Royaume en fera retirée , pour être employée en
Boheme.
?
L'armée de l'Empire qui a moins fouffert à la
bataille de Rofback que celle de France , va être
inceffamment en état de recommencer les opérations.
DE VERDEN , le premier Janvier.
La retraite précipitée des Hanovriens n'a pas
ralenti l'activité de nos mouvemens , dont voici
Ja fuite . M. le Duc de Broglie , Lieutenant - Général,
fe porta le 25 Décembre avec un corps détaché, de
Walfrode à Oberndorffmarck , & pour plus grande
fûreté , les troupes pafferent la nuit dans les bois.
FEVRIER. 1758. 177
Òn devoit partir le lendemain matin à trois heures
, pour le porter fur Bergen , ou le dépaffer
fuivant les nouvelles qu'on auroit de la marche
des ennemis ; mais ce même jour 25 , à dix heures
du foir , un Courier apporta unelettre de M.
le Maréchal Duc de Richelieu , datée du 24 >
avec l'ordre de fe retirer fur la Bohme d'où l'on
étoit parti , d'avoir l'oeil au pont de Rethem , &
d'obferver attentivement tout ce qui pourroit fe
paſſer de ce côté- là . Ainfi nous revîames fur nos
pas , & nous ne pûmes inquiéter l'ennemi du
côté de Hermanfbourg .
Nous reçûmes ordre le 28 de nous portér
promptement fur la Wumme , dont le paffage
étoit occupé par plufieurs poftes des ennemis. On
fit en deux marches forcées plus de dix - huit lieues,
& nous y arrivâmes la nuit du 29. Le 30 avant le
jour , ayant trouvé une arche du pont de Burch
rompue , notre infanterie paffa la Wumme for
la glace. Elle ne parut pas affez forte pour paffer
la Čavalerie ; mais M. le Duc de Broglie , M. le
Chevalier de laTouche ,& plufieurs Officiers le rendirent
à pied avec les Grenadiers à Wegefack.
Dès la nuit même les énnemis avoient abandonné
ce pofte , & nous y trouvâmes le magafin de trois
cens mille rations de foin , que nous y avions laiffé
au mois de Septembre. Nos Grenadiers y refterent
aux ordres de M. le Comte de Wamfer , Brigadier
; M. le Chevalier de Beauveau occupa le
Village de Lefum avec un détachement , & M. de
Solar celui de Burgdam , que les ennemis avoient
évacué à trois heures du matin. Les Officiers Généraux
partirent de Vegefack fur des charriots ,
pour aller reprendre leurs chevaux qu'ils avoient
laiffés à Burch , & delà ils fe tranſporterent à
Gropel , prés de Brême.
H v
178 MERCURE DE FRANCE.
L'armée Hanovrienne a pris des quartiers de
cantonnement dans le voifinage d'Ultzen & de
Lunebourg.
DE HANOVRE , le 4 Janvier.
1
Après avoir forcé les Hanovriens à quitter les
bords de l'Aller , les premiers foins de M. le Maréchal
Duc de Richelieu , ont été de faire cantonner
les troupes, & de bien affurer les quartiers.
Depuis le 30 du mois dernier , il a quitté la Ville
de Zell en y laiffant une forte garnifon , & il eft
venu , avec près de 30 Bataillons , établir ici fon
quartier général. Par la pofition que ce Général
a prife , il eft maître de tout le cours de l'Aller ,
depuis le Wezer jufqu'à l'Ocker.
D'OSNABRUCK, le 9 Janvier.
Avant-hier , on a tranſporté à Wefel , fous une
bonne eſcorte , les barrils & les caifles d'argent
qui avoient été faifies à la pofte Hanovrienne de
cette Ville.
Le Régiment de Champagne eft depuis le 6 en
garnifon dans cette Ville ; celui de Condé , cavalerie
, en eft forti le même jour , pour aller cantonner
aux environs de Wefel , & il fera rem
placé par un autre Régiment de Cavalerie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 15 janvier, 5 500 Croates ont traversé Vienne, suivis d'autres corps connus pour leurs services militaires. En Hongrie, une Diète extraordinaire à Pest a offert 20 000 hommes pour renforcer l'armée du Prince Charles, avec une partie de l'infanterie hongroise déployée en Bohême. L'armée de l'Empire se prépare à reprendre les opérations après la bataille de Rossbach. Le 1er janvier, les Hanovriens ont battu en retraite sans ralentir les mouvements français. Le Duc de Broglie a mené des troupes de Walfrode à Oberndorffmarck. Le Maréchal Duc de Richelieu a ordonné la retraite vers la Bohême et la surveillance du pont de Rethem. Les troupes françaises ont occupé plusieurs postes ennemis et sécurisé des villages. L'armée hanovrienne s'est cantonnée près d'Ulzen et de Lunebourg. Richelieu a établi son quartier général à Hanovre, contrôlant le cours de l'Aller. À Osnabrück, des fonds ont été transportés à Wesel sous escorte, et les régiments de Champagne et de Condé ont renforcé les garnisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 195-199
ALLEMAGNE.
Début :
Les Prussiens avoient établi vis-à-vis de l'isle de Rugen, près de [...]
Mots clefs :
Stralsund, Prussiens, Artillerie, Contribution financière, Ratisbonne, Recrutement, Violence, Hambourg, Diminution des contributions, Poméranie, Armée impériale, Quartier général, Silésie, Troupes, Ennemi, Combats, Colonel, Mouvements des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les Suédois ont détruit une batterie prussienne près de Stahlbroë, sur l'île de Rügen, après une intense canonnade. Les Prussiens, affaiblis par des détachements, ne comptaient plus que 15 à 16 000 hommes dans la région, permettant aux Suédois de préparer une nouvelle incursion en Poméranie prussienne. Le comte de Dohna, nouveau commandant prussien, a demandé aux États de la Poméranie suédoise une contribution supplémentaire de 60 000 écus et une quantité de blé, malgré les assurances du maréchal de Lehwald. À Reftock, les Prussiens ont enlevé des habitants pour les enrôler de force, provoquant une grande consternation. À Hambourg, le roi de Prusse a accordé une réduction de 500 000 écus aux habitants du Duché de Mecklenbourg, incapables de payer les contributions imposées. Les troupes prussiennes ont évacué cette région pour renforcer l'armée en Poméranie, où elles ont fortifié Stettin. Sur les frontières de Silésie, les Prussiens ont pris plusieurs postes avancés de l'armée impériale, notamment à Braunau et Halbstadt, après des affrontements mineurs. Ils ont également tenté sans succès de prendre plusieurs positions impériales, comme Schatzlar et Potifch. La ville de Schweidnitz s'est rendue aux Prussiens la nuit du 16 au 17 avril.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 183-187
ALLEMAGNE.
Début :
Un corps ennemi de Hussards & de Dragons soutenu de quelque Infanterie, [...]
Mots clefs :
Dresde, Attaque de la ville, Escarmouche, Armée impériale, Moravie, Opérations militaires, Prussiens, Régiments, Général Laudon, Ennemis, Combats, Maréchal, Lieutenant-colonel, Mouvements des troupes, Francfort, Violence, Incendie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DRESDE , le 18 Mai.
UN corps ennemi de Huffards & de Dragons
9"
foutenu de quelque Infanterie , ayant marché par
des routes détournées avec de l'artillerie vers Zittau
, a tenté de furprendre cette Ville . Mais le
Général Maguire , qui commande les poftes avancés
des Impériaux fur cette frontiere a fait
échouer l'entrepriſe , en faisant avancer des troupes
pour couvrir Zittau . Après une eſcarmouche
affez vive , où il y a eu de part & d'autre beaucoup
de morts & de bleffés , les Pruffiens ont été
forcés d'abandonner la partie.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 24.
Mai.
Depuis le 14 de Mai jufqu'à ce jour , les Pruffiens
ont fait bien des mouvemens , foit pour
nous donner le change fur l'objet de leurs opérations
, foit pour nous furprendre. Un gros de
leurs troupes , compofé principalement de Cavalerie
, s'étant porté des deux côtés de Profnitz
pour aller déloger le Marquis de Ville de Predlitz
, dès que ce Cénéral s'apperçut que les enne184
MERCURE DE FRANCE.
mis s'approchoient de lui avec des forces bien fua
rieures aux fiennes ; il fe replia en bon ordre. I
fut cependant pourfuivi jufqu'au défilé de Drillitz,
où après quelques efcarmouches affez vives , les
Huffards Pruffiens atteignirent le Régiment de
Wirtemberg Dragons. Le fieur de Saint- Ighon ,
Major général , qui commandoit ce Régiment ,
ayant laiffé les ennemis s'engager dans le défilé ,
les chargea avec une telle vigueur qu'il les mit
dans le plus grand défordre ; de forte qu'un grand
nombre de fuyards fe jetterent dans des marais
très- profonds. Le même Régiment tomba enfuite
fur un gros de Huffards ennemis qui harceloient
fes Régimens de Modene & de Birkenfeld , Cuiraffiers
, & il les difperfa fi bien qu'il n'en reparut
pas un feul.
Le zo , le Général Laudon ayant été reconnoître
ce qui fe paffoit près d'Olmurz , il obferva que
toutes les difpofitions de l'ennemi tendoient au
fiege de certe Place , attendu que le Maréchal
Keith & le Général de la Mothe Fouquet avoient
pris une nouvelle poſition à Krenau , que le Roi
de Pruffe avec le Prince d'Anhalt . Deffau occupoit
un autre camp à Sħabelin , & que les camps de
Littau & de Czelechowitz étoient confidérable
ment affoiblis.
Un parti de Huffards ennemis s'étoit avancé
près de la petite ville de Namierz dans l'intention
de la piller. Le fieur de Palafti , Major du Régi
ment d'Efterhazi , Huffards , qui fe trouvoit
portée , envoya un détachement qui les fit bientôt
retirer. Les ennemis , pour revenir à la charge ,
fortirent en force du village de Slatenitz , avec de
la Cavalerie & des Dragons : malgré leur fupérioté
, le fieur de Palafti marcha contr'eux avec
deux cens Huffards , & manoeuvra fi bien , qu'il les
obligea de regagner leur pofte
JUILLET. 1758. 185
Le même jour , un détachement du corps de
Jahnus ayant rencontré près de Neuftadt beaucoup
de chariots ennemis deſtinés à charger dans
cette ville des vivres & des fourrages , en prit dixneuf&
quatre- vingts - deux chevaux .
La nuit du 19 au zo , le fieur de Lannius , Lieu
tenant - Colonel du Régiment de Péterwaradin ,
troupes légeres , fut détaché par le Général Jahnus
du côté de Friedland , & il fit de fi bonnes difpo
fitions, qu'ayant furpris les ennemis à Potkerfdorff
& à Annerfdorff , il renverfa totalement les Chaffeurs
, les Huffards & les autres troupes qui occu
poient ces deux poftes. L'allarme fut auffi - tôt répandue
dans la petite ville de Bahren , où étoit le
Général Pruffien Putkomer avec les Régimens de
Bornſtadt & du Prince Henri , Infanterie ; un Basaillon
de convalefcens , un Eſcadron du Régi
ment de Wirtemberg , Dragons , & vingt-une
pieces d'artillerie . Ce Général en conféquence
fortit précipitamment de Bahren , pour occuper
les hauteurs qui l'environnent. Les ennemis dans
cette action ont eu cent quarante hommes tués ,
& on leur a pris trente chevaux avec beaucoup de
bagage, fans compter plus de quatre- vingts Defer
teurs qui nous font venus. Cette affaire a mis en
mouvement tous les poftes des ennemis. Les troupes
qui alloient joindre leur armée par le chemin
qui conduit à Hoff , rétrograderent avec beaucoup
de viteffe , & l'on a fçu que les ennemis avoient
tranfporté de l'endroit où s'eft fait le choc huit
charriots remplis de bleffés. Un Lieutenant intercepta
le même jour entre Bahren & Sternberg
des lettres de l'armée ennemie , qui ont été envoyées
au quartier général.
Cinq Efcadrons de Huffards Proffiens arrivés le
22 à Landshut , & qui cantonnoient fous le canon
186 MERCURE DE FRANCE,
de cette Place , ont pensé être enlevés par le fieur
de Kalnocky , Lieutenant - Général , qui étoit refté
à Trautenau avec un fort détachement. Ce Général
, après les avoir fait reconnoître par le Colonel
Comte de Bethlem , tourna ces cinq Efcadrons
leur tua beaucoup de monde , fit treize prifonniers
, & s'empara de cent deux chevaux . Cette
affaire ne lui a coûté que quatre hommes tués &
dix bleffés .
De leur côté , les ennemis ont voulu furprendre
le Général Laudon , Dix Bataillons , quinze Efcadrons
de Cavalerie , & deux Régimens de Huffards
, fortirent dans ce deffein du camp de Czelechowitz
, & marcherent en trois colonnes fur
Premiftawitz , pour attaquer les poftes avancés
que nous avions dans ce quartier - là . Ce corps
s'étoit mis en marche la nuit à onze heures , & le
Roi de Pruffe y étoit en perfonne. A la pointe du
jour , les Pruffiens firent fur nos poftes un trèsgrand
feu d'artillerie qui les obligea de fe replier.
Mais le Général Laudon s'étant avancé avec deux
Régimens de Huffards , l'ennemi fur le champ fit
halte , & bientôt regagna fon camp. Il fut pourfuivi
par plufieurs détachemens qui ramenerent
quelques prifonniers , & tomberent enfuite le fabre
à la main fur un Bataillon de Grenadiers Pruffiens
poftés dans un village , qu'ils taillerent en
pieces.
C'eft le 13 Mai au foir que s'eft faite la jonc
tion du corps commandé par le Général Harfch
avec notre armée. Nous avons quitté le 23 le
camp de Leutomiffel , pour nous transporter à
Zwittau , & le Général Harſch s'eft porté en même
temps de Nickel à Mahrifch- Tribau.
L'Impératrice-Reine a ordonné d'armer tous les
habitans de cette Province qui , de leur propre
JUILLET. 1758 . 187
mouvement , voudront concourir à la défenſe de
leur pays , ainfi que tous les artifans & les chaffeurs
qui fe trouveront de bonne volonté . Un Receveur
de Lundenbourg , nommé Annibal Boglies
qui , dans les précédentes guerres , a rendu de fort
bons fervices , ayant offert de les conduire , la
Cour a envoyé des ordres de l'employer & de feconder
fon zele.
DE FRANCFORT , le 21 Mai.
Pour colorer la violence commife contre le
droit des gens & les égards dûs aux Souverains ,
dans l'enlèvement de M. le Marquis de Fraigne ,
les gazettes de Berlin l'ont repréſenté fauffement
comme un fimple Voyageur , qui faifoit à Zerbſt
le métier d'Efpion. On eft maintenant bien inftruit
qu'il y réfidoit de l'aveu de la Cour de France.
Ce Marquis avoit trouvé le moyen de s'échapper
de la Citadelle de Magdebourg , où il eft détenu
prifonnier ; mais il a été repris fur la route
de Zerbft , & il eft beaucoup plus étroitement
refferré .
On écrit de Breflau , qu'il y a eu le 13 de Mai
un incendie confidérable à Glogau , que le feu a
pris au College des Jéfuites , & qu'une Eglife Catholique
, une églife des Luthériens , l'hôpital ,
toutes les maiſons voifines , & le village de Bruffo ,
qui eft contigu à la Ville , ont été réduits en cendres.
DE DRESDE , le 18 Mai.
UN corps ennemi de Huffards & de Dragons
9"
foutenu de quelque Infanterie , ayant marché par
des routes détournées avec de l'artillerie vers Zittau
, a tenté de furprendre cette Ville . Mais le
Général Maguire , qui commande les poftes avancés
des Impériaux fur cette frontiere a fait
échouer l'entrepriſe , en faisant avancer des troupes
pour couvrir Zittau . Après une eſcarmouche
affez vive , où il y a eu de part & d'autre beaucoup
de morts & de bleffés , les Pruffiens ont été
forcés d'abandonner la partie.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 24.
Mai.
Depuis le 14 de Mai jufqu'à ce jour , les Pruffiens
ont fait bien des mouvemens , foit pour
nous donner le change fur l'objet de leurs opérations
, foit pour nous furprendre. Un gros de
leurs troupes , compofé principalement de Cavalerie
, s'étant porté des deux côtés de Profnitz
pour aller déloger le Marquis de Ville de Predlitz
, dès que ce Cénéral s'apperçut que les enne184
MERCURE DE FRANCE.
mis s'approchoient de lui avec des forces bien fua
rieures aux fiennes ; il fe replia en bon ordre. I
fut cependant pourfuivi jufqu'au défilé de Drillitz,
où après quelques efcarmouches affez vives , les
Huffards Pruffiens atteignirent le Régiment de
Wirtemberg Dragons. Le fieur de Saint- Ighon ,
Major général , qui commandoit ce Régiment ,
ayant laiffé les ennemis s'engager dans le défilé ,
les chargea avec une telle vigueur qu'il les mit
dans le plus grand défordre ; de forte qu'un grand
nombre de fuyards fe jetterent dans des marais
très- profonds. Le même Régiment tomba enfuite
fur un gros de Huffards ennemis qui harceloient
fes Régimens de Modene & de Birkenfeld , Cuiraffiers
, & il les difperfa fi bien qu'il n'en reparut
pas un feul.
Le zo , le Général Laudon ayant été reconnoître
ce qui fe paffoit près d'Olmurz , il obferva que
toutes les difpofitions de l'ennemi tendoient au
fiege de certe Place , attendu que le Maréchal
Keith & le Général de la Mothe Fouquet avoient
pris une nouvelle poſition à Krenau , que le Roi
de Pruffe avec le Prince d'Anhalt . Deffau occupoit
un autre camp à Sħabelin , & que les camps de
Littau & de Czelechowitz étoient confidérable
ment affoiblis.
Un parti de Huffards ennemis s'étoit avancé
près de la petite ville de Namierz dans l'intention
de la piller. Le fieur de Palafti , Major du Régi
ment d'Efterhazi , Huffards , qui fe trouvoit
portée , envoya un détachement qui les fit bientôt
retirer. Les ennemis , pour revenir à la charge ,
fortirent en force du village de Slatenitz , avec de
la Cavalerie & des Dragons : malgré leur fupérioté
, le fieur de Palafti marcha contr'eux avec
deux cens Huffards , & manoeuvra fi bien , qu'il les
obligea de regagner leur pofte
JUILLET. 1758. 185
Le même jour , un détachement du corps de
Jahnus ayant rencontré près de Neuftadt beaucoup
de chariots ennemis deſtinés à charger dans
cette ville des vivres & des fourrages , en prit dixneuf&
quatre- vingts - deux chevaux .
La nuit du 19 au zo , le fieur de Lannius , Lieu
tenant - Colonel du Régiment de Péterwaradin ,
troupes légeres , fut détaché par le Général Jahnus
du côté de Friedland , & il fit de fi bonnes difpo
fitions, qu'ayant furpris les ennemis à Potkerfdorff
& à Annerfdorff , il renverfa totalement les Chaffeurs
, les Huffards & les autres troupes qui occu
poient ces deux poftes. L'allarme fut auffi - tôt répandue
dans la petite ville de Bahren , où étoit le
Général Pruffien Putkomer avec les Régimens de
Bornſtadt & du Prince Henri , Infanterie ; un Basaillon
de convalefcens , un Eſcadron du Régi
ment de Wirtemberg , Dragons , & vingt-une
pieces d'artillerie . Ce Général en conféquence
fortit précipitamment de Bahren , pour occuper
les hauteurs qui l'environnent. Les ennemis dans
cette action ont eu cent quarante hommes tués ,
& on leur a pris trente chevaux avec beaucoup de
bagage, fans compter plus de quatre- vingts Defer
teurs qui nous font venus. Cette affaire a mis en
mouvement tous les poftes des ennemis. Les troupes
qui alloient joindre leur armée par le chemin
qui conduit à Hoff , rétrograderent avec beaucoup
de viteffe , & l'on a fçu que les ennemis avoient
tranfporté de l'endroit où s'eft fait le choc huit
charriots remplis de bleffés. Un Lieutenant intercepta
le même jour entre Bahren & Sternberg
des lettres de l'armée ennemie , qui ont été envoyées
au quartier général.
Cinq Efcadrons de Huffards Proffiens arrivés le
22 à Landshut , & qui cantonnoient fous le canon
186 MERCURE DE FRANCE,
de cette Place , ont pensé être enlevés par le fieur
de Kalnocky , Lieutenant - Général , qui étoit refté
à Trautenau avec un fort détachement. Ce Général
, après les avoir fait reconnoître par le Colonel
Comte de Bethlem , tourna ces cinq Efcadrons
leur tua beaucoup de monde , fit treize prifonniers
, & s'empara de cent deux chevaux . Cette
affaire ne lui a coûté que quatre hommes tués &
dix bleffés .
De leur côté , les ennemis ont voulu furprendre
le Général Laudon , Dix Bataillons , quinze Efcadrons
de Cavalerie , & deux Régimens de Huffards
, fortirent dans ce deffein du camp de Czelechowitz
, & marcherent en trois colonnes fur
Premiftawitz , pour attaquer les poftes avancés
que nous avions dans ce quartier - là . Ce corps
s'étoit mis en marche la nuit à onze heures , & le
Roi de Pruffe y étoit en perfonne. A la pointe du
jour , les Pruffiens firent fur nos poftes un trèsgrand
feu d'artillerie qui les obligea de fe replier.
Mais le Général Laudon s'étant avancé avec deux
Régimens de Huffards , l'ennemi fur le champ fit
halte , & bientôt regagna fon camp. Il fut pourfuivi
par plufieurs détachemens qui ramenerent
quelques prifonniers , & tomberent enfuite le fabre
à la main fur un Bataillon de Grenadiers Pruffiens
poftés dans un village , qu'ils taillerent en
pieces.
C'eft le 13 Mai au foir que s'eft faite la jonc
tion du corps commandé par le Général Harfch
avec notre armée. Nous avons quitté le 23 le
camp de Leutomiffel , pour nous transporter à
Zwittau , & le Général Harſch s'eft porté en même
temps de Nickel à Mahrifch- Tribau.
L'Impératrice-Reine a ordonné d'armer tous les
habitans de cette Province qui , de leur propre
JUILLET. 1758 . 187
mouvement , voudront concourir à la défenſe de
leur pays , ainfi que tous les artifans & les chaffeurs
qui fe trouveront de bonne volonté . Un Receveur
de Lundenbourg , nommé Annibal Boglies
qui , dans les précédentes guerres , a rendu de fort
bons fervices , ayant offert de les conduire , la
Cour a envoyé des ordres de l'employer & de feconder
fon zele.
DE FRANCFORT , le 21 Mai.
Pour colorer la violence commife contre le
droit des gens & les égards dûs aux Souverains ,
dans l'enlèvement de M. le Marquis de Fraigne ,
les gazettes de Berlin l'ont repréſenté fauffement
comme un fimple Voyageur , qui faifoit à Zerbſt
le métier d'Efpion. On eft maintenant bien inftruit
qu'il y réfidoit de l'aveu de la Cour de France.
Ce Marquis avoit trouvé le moyen de s'échapper
de la Citadelle de Magdebourg , où il eft détenu
prifonnier ; mais il a été repris fur la route
de Zerbft , & il eft beaucoup plus étroitement
refferré .
On écrit de Breflau , qu'il y a eu le 13 de Mai
un incendie confidérable à Glogau , que le feu a
pris au College des Jéfuites , & qu'une Eglife Catholique
, une églife des Luthériens , l'hôpital ,
toutes les maiſons voifines , & le village de Bruffo ,
qui eft contigu à la Ville , ont été réduits en cendres.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mai 1758, plusieurs événements militaires significatifs ont eu lieu en Allemagne et en Moravie. À Dresde, le 18 mai, une force ennemie composée de hussards, de dragons et d'infanterie, soutenue par de l'artillerie, a tenté de surprendre la ville de Zittau. Le général Maguire, commandant les postes avancés des Impériaux, a réussi à repousser cette attaque après une escarmouche violente. En Moravie, du 14 au 24 mai, les Prussiens ont effectué divers mouvements pour tromper ou surprendre les Impériaux. Le marquis de Ville de Predlitz s'est replié en bon ordre face à des forces ennemies supérieures, et le régiment de Wirtemberg Dragons a repoussé les hussards prussiens lors d'une escarmouche près du défilé de Drillitz. Le 20 mai, le général Laudon a observé que les Prussiens se préparaient à assiéger Olmütz, avec des positions ennemies à Krenau et Šabelin. Des détachements impériaux ont également repoussé des attaques ennemies près de Namierz et de Slatenitz. La nuit du 19 au 20 mai, le lieutenant-colonel Lannius a surpris les Prussiens à Potkerstorff et Annerstorff, capturant des chevaux et du bagage. Le 22 mai, le lieutenant-général Kalnocky a attaqué cinq escadrons de hussards prussiens à Landshut, capturant des prisonniers et des chevaux. Les Prussiens ont également tenté de surprendre le général Laudon, mais ont été repoussés. Le 13 mai, le corps commandé par le général Harsch a rejoint l'armée impériale, et l'impératrice-reine a ordonné d'armer les habitants volontaires pour la défense du pays. À Francfort, le 21 mai, les gazettes de Berlin ont faussement représenté le marquis de Fraigne comme un espion, alors qu'il résidait à Zerbst avec l'aveu de la Cour de France. Il avait été repris après s'être échappé de la citadelle de Magdebourg. Un incendie à Glogau, le 13 mai, a détruit plusieurs bâtiments, dont une église catholique, une église luthérienne, un hôpital et des maisons voisines.
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6
p. 197-200
ALLEMAGNE.
Début :
Sur l'avis qu'avoit depuis quelques jours le Maréchal Comte de Daun, [...]
Mots clefs :
Moravie, Armée impériale, Ravitaillement, Comte, Ennemi, Général Laudon, Prusse, Explosions, Canons, Baron de Ziskowitz, Capitaine, Régiments, Mouvements des troupes, Ratisbonne, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 2 juillet, l'Armée Impériale en Moravie fut informée d'un convoi prussien transportant des vivres et des munitions. Le Maréchal Comte de Daun envoya le Comte de Laudon et le Baron de Ziskowitz pour l'intercepter. Le 28 juin, Laudon attaqua près de Gundersdorff mais dut se retirer en attendant Ziskowitz. Les Prussiens reçurent des renforts, portant leur effectif à plus de quinze mille hommes. Le 30 juin, Laudon et Ziskowitz attaquèrent conjointement et capturèrent le convoi, qui comprenait plus de trois mille charriots chargés de vivres, de munitions et d'habits. En raison des pertes de chevaux et de conducteurs, une partie des munitions dut être détruite. Les Prussiens perdirent près d'un million de florins lors de la première attaque et environ mille cent douze hommes sur le champ de bataille. Les troupes impériales capturèrent six pièces de canon, un Major général, deux Majors, de nombreux officiers et près de sept cents soldats. Le Baron de Ziskowitz captura également six pièces de canon et mille charriots, faisant prisonniers un Major, vingt-huit officiers et deux bataillons de Grenadiers. L'action dura de midi à quatre heures, avec une bravoure égale des deux côtés. Le même jour, le Comte de Daun fit attaquer les postes avancés prussiens, forçant le Roi de Prusse à lever le siège d'Olmutz. Les Prussiens abandonnèrent des canons, des mortiers et des munitions et furent poursuivis par les généraux impériaux. Par ailleurs, des lettres de Berlin rapportèrent des incursions de troupes impériales en Brandebourg, où elles tirèrent des contributions et capturèrent des détachements prussiens.
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7
p. 195-203
ALLEMAGNE.
Début :
L'Armée Impériale continue de suivre de près celle des Prussiens. [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Armée impériale, Prusse, Général, Maréchal, Troupes, Bataille, Cavalerie, Grenadiers, Colonels, Ennemis, Bravoure, Défaite des ennemis, Armée du Prince de Soubise, Quartier général, Duc de Broglie, Infanterie, Régiments, Comte, Duc, Baron, Cassel, Munitions, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGN Ε.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1758, des affrontements militaires ont eu lieu en Bohême entre les armées impériale et prussienne. Le 3 juillet, l'armée impériale, dirigée par le comte de Lascy, a découvert une colonne prussienne près de Zwittau. Le 7 juillet, Lascy a attaqué l'arrière-garde prussienne à Krenau, détruisant plusieurs charriots et capturant du butin. Les Prussiens, après une résistance initiale, se sont retirés à la nuit tombée. L'armée impériale a poursuivi les Prussiens et les a engagés près de Wostzetin le 12 juillet. Malgré une victoire initiale, l'arrivée du roi de Prusse avec des renforts a forcé les impériaux à se replier. Les Prussiens ont perdu plus de mille hommes, tandis que les impériaux ont capturé des canons et des charriots. Parallèlement, le prince de Soubise a détaché Fischer pour prendre le fort de Zighenhein, capturant des prisonniers et des provisions. Le duc de Broglie, sous les ordres de Soubise, a engagé les Prussiens près de Caffel le 23 juillet. Après une bataille intense, les impériaux ont repoussé les Prussiens, capturant des canons et infligeant des pertes significatives. Les impériaux ont perdu environ 1600 hommes, tandis que les Prussiens ont vu leur armée réduite de 8000 à 3000 hommes. Le prince de Soubise est arrivé à Cassel le 25 juillet pour attendre des renforts. En septembre 1758, une confrontation a opposé les forces prussiennes à celles du Maréchal Daun. Les Prussiens ont subi des pertes, dont le colonel de Brankenbourg, et ont dû fuir précipitamment. Les forces opposées ont capturé un canon, cinq charriots de munitions et un sixième qui a explosé. Les pertes autrichiennes se sont limitées à deux soldats tués, quinze blessés et un officier blessé. Le 26 septembre, l'armée prussienne a quitté les environs de Koniggratz. Les troupes légères autrichiennes ont harcelé les Prussiens en retraite. L'armée du Maréchal Daun s'est déplacée et est campée entre Koniggratz et Jaromitz. Les généraux Jahnus et Ziscowitz ont pénétré en Silésie, mis les villes de Friedberg et Patschar à contribution, et capturé un convoi contenant trente-et-un mille florins destiné à Breslau. Le 29 septembre, les ennemis n'ont fait aucun mouvement notable, mais ont envoyé un détachement à Neustadt. Le Maréchal Daun a avancé son armée en trois colonnes pour forcer les Prussiens à évacuer la Bohême. Cependant, les Prussiens avaient déjà quitté les lieux. Le 31 septembre, un mouvement prussien a suggéré une tentative d'entrée en Silésie via Trautnau, mais les dispositions du général Jahnus ont arrêté leur avancée. Le comte de Kalnocki a repoussé une attaque prussienne près de Neustadt, tuant soixante hommes, un capitaine et un lieutenant, et blessant de nombreux autres, tout en ne perdant que vingt-cinq hommes et aucun officier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 203-208
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun a reçu le confirmation de la victoire remportée par les Russes [...]
Mots clefs :
Armée impériale, Quartier général, Maréchal Daun, Russes, Roi de Prusse, Attaques, Morts, Prisonniers, Victoire, Prise du fort de Sonnenstein, Ennemis, Guerre, Comte, Garnison, Vienne, Conseil aulique, Contingent, Officier, Comte de Browne, Prince de Soubise, Cassel, Armée, Otages, Corps
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNES
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit plusieurs affrontements militaires entre les forces autrichiennes et prussiennes. Le 25 août, les troupes autrichiennes, dirigées par le comte de Fermer, ont vaincu les Prussiens. Cette bataille a laissé 25 000 morts prussiens sur le champ de bataille et 2 000 prisonniers. Les Autrichiens ont perdu 21 pièces d'artillerie mais en ont récupéré 29 ainsi que 8 étendards. Les 27 et 28 août, les Autrichiens ont demandé à reprendre les combats. Par ailleurs, un détachement autrichien a remporté une victoire à Kunstadt en Silésie, capturant un cornette et 48 hommes prussiens. Les Prussiens ont quitté leur camp de Zedlitz avec prudence, évitant ainsi toute poursuite. Le fort de Sonneftein a été conquis après un siège. La garnison prussienne, composée de 1 442 hommes, s'est rendue le 6 septembre. Les Autrichiens ont trouvé 38 pièces d'artillerie et 10 drapeaux. Parmi les prisonniers figuraient deux colonels, un lieutenant-colonel, un major, neuf capitaines et 1 297 soldats. Le Conseil Aulique a ordonné au duc de Saxe-Gotha de retirer ses troupes de l'armée hanovrienne et de fournir son contingent à l'armée impériale. Un mandement a également été envoyé au roi de Danemark pour soutenir le duc de Mecklembourg contre les Prussiens. Le prince de Soubise a mené des opérations près de Cassel, repoussant une attaque du général Oberg. Les forces ennemies, estimées à 24 000 hommes, n'ont pas attaqué, permettant aux Autrichiens de renforcer leurs positions.
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9
p. 193-201
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir occupé quelque temps le camp de Stolpen, [...]
Mots clefs :
Bataille, Maréchal Daun, Victoire, Prusse, Camps militaires, Armée impériale, Mouvements des troupes, Général, Montagne, Ennemis, Colonnes milliaires, Attaques, Maréchal Keith, Comte, Duc, Canons, Officiers, Perte, Blessés et morts, États d'Autriche
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE. ·
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
La bataille de Hoch-Kirchen, qui eut lieu le 14 octobre 1758, opposa l'armée impériale royale, dirigée par le maréchal Comte de Daun, aux forces prussiennes commandées par le roi de Prusse. Le comte de Marainville, témoin oculaire, rédigea un rapport détaillé de cette victoire impériale. Avant la bataille, le maréchal Daun se déplaça de Stolpen vers Kitl près de Loëbau en Haute Lusace pour empêcher le roi de Prusse de se porter en Silésie ou d'envoyer des renforts au général Fouquet. Les deux armées se trouvèrent à portée de canon, obligeant Daun à ajuster ses dispositions. Il renforça sa droite sur la montagne de Stromberg avec des batteries de gros canon et soutint sa gauche avec des batteries sur les flancs des montagnes. Le roi de Prusse, de son côté, avait placé des batteries et des redoutes sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen. Le 13 octobre, Daun déplaça une grande partie de sa seconde ligne et de sa réserve vers les montagnes de Bautzen. Le général Laudon attaqua la droite des Prussiens, tandis que les troupes de la première ligne se préparèrent à attaquer le village de Hoch-Kirchen. Le duc d'Aremberg et le prince de Dourlach furent chargés d'attaquer la gauche ennemie. Le 14 octobre, à l'aube, les colonnes impériales avancèrent. Les Grenadiers impériaux forcèrent les retranchemens sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen malgré une résistance acharnée. Le village de Hoch-Kirchen fut pris après un combat intense, et la victoire fut consolidée par une charge du comte de Lacy. Les Prussiens subirent de lourdes pertes, évaluées à sept ou huit mille hommes tués ou blessés, et deux mille prisonniers, dont soixante-six officiers. Cent quatorze pièces de canon et vingt-neuf drapeaux furent capturés. Parmi les officiers prussiens tués figuraient le maréchal Keith et le prince Frédéric de Brunswick. Le prince Maurice d'Anhalt-Dessau fut blessé et fait prisonnier. Les Impériaux subirent également des pertes, estimées entre trois et quatre mille hommes. Parmi les officiers blessés, on compte le Marquis d'Einfe, Lieutenant-Feld-Maréchal, le sieur de Siskowitz, Major Général, et les frères Comte de Brown, l'un Major Général blessé à la tête, l'autre Colonel avec une jambe cassée. Les officiers tués incluent un Major Général, probablement le sieur Hardeneck, le Baron de Buttler, et le Comte d'Etienne. Le Comte de Montazet, Maréchal de Camp au service de France, fut blessé à la tête mais se distingua dans une mêlée de cavalerie. Le Maréchal Daun eut son cheval blessé. Cette journée marque la fin d'une belle campagne et renforce la réputation du Maréchal Daun, le plaçant parmi les plus grands capitaines. En reconnaissance de ses services, les Etats d'Autriche offrirent au Comte de Daun trois cent mille florins pour racheter la Seigneurie de Ladendorff. Le 18 octobre, une symphonie fut jouée en hommage à ses exploits.
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10
p. 200-201
De Vienne le 25. Novembre.
Début :
La saison étant trop avancée pour reprendre le siège de Neifs, [...]
Mots clefs :
Siège, Saison, Roi de Prusse, Quartier d'hiver, Maréchal Daun, Dresde, Armée impériale, Bataille, Misère
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 25. Novembre.
De Vienne le 25. Novembre .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
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Résumé : De Vienne le 25. Novembre.
En novembre 1758, les troupes autour de Neifs se sont séparées en raison de l'avancée de la saison. Elles se sont repliées à Ziegenball, puis à Zachmantel, avant d'être mises en quartiers d'hiver. Le Général de Ville est resté en Silésie avec son corps, tandis que le Comte de Harsch est retourné en Bohême avec ses troupes. Le Maréchal Daun a levé le blocus de Dresde à cause de l'incendie des faubourgs et des risques pour la Famille Royale. L'Armée Impériale s'est repliée vers Pyrna et Gishubel pour hiverner en Bohême. Les Généraux Laudon, Okelli et de Whela surveillaient les mouvements du Prince Henri en Lusace. À Bautzen, les Prussiens ont pillé et détruit la ville et ses environs après la bataille d'Hochkirchen, laissant la région dans une misère extrême.
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11
p. 209-211
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Début :
La Famille Royale jouit jusqu'à présent d'une bonne santé ; c'est la seule [...]
Mots clefs :
Famille royale, Dresde, Incendie, Maréchal Daun, Cruauté, Lois de la guerre, Dégâts, Victimes, Armée impériale, Troupes, Sieur Zavoiski, Comte, Prince, Barbares
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La lettre de Pyrna datée du 11 novembre décrit une situation critique à Dresde. La famille royale est en bonne santé, mais la ville est en flammes. L'auteur se rend au quartier général à Nodnitz où il rencontre le maréchal Daun et d'autres généraux en deuil. Daun nie toute responsabilité dans l'incendie. L'auteur propose d'envoyer un trompette au comte de Schmettau, commandant de Dresde, pour assurer la sécurité de la famille royale. Le colonel Zavoiski exécute cette mission, soulignant l'inhumanité des actions du commandant. Pendant ce temps, Daun et l'auteur rencontrent des réfugiés et leur fournissent de l'aide. Auparavant, le commandant de Dresde avait assuré aux habitants qu'ils n'avaient rien à craindre, mais il a ensuite ordonné l'incendie des faubourgs, causant de nombreuses victimes. Zavoiski rapporte que Schmettau justifie ses actions par des ordres royaux et ne garantit pas la sécurité de la famille royale. La situation est désespérée, et l'auteur hésite entre exposer la famille royale ou se retirer sans agir.
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12
p. 211
DE VIENNE.
Début :
Le Journal de l'armée de l'Empire ne contient depuis quelques temps [...]
Mots clefs :
Armée impériale, Journal, Attaques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE.
DE VIENNE.
E Journal de l'armée de l'Empire ne contient
depuis quelque temps aucun événement confidétable.
Tout s'eft paflé en chocs & en attaques de
Poftes , dont les avantages de part & d'autre ont
ée à -peu -près compenfés.
E Journal de l'armée de l'Empire ne contient
depuis quelque temps aucun événement confidétable.
Tout s'eft paflé en chocs & en attaques de
Poftes , dont les avantages de part & d'autre ont
ée à -peu -près compenfés.
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13
p. 205-206
DE BAMBERG, le 6 Janvier.
Début :
L'armée de l'Empire vient de prendre ses quartiers dans la Franconie & [...]
Mots clefs :
Franconie, Armée impériale, Maréchal, Prince de Deux-Ponts, Détachement, Alliés, Prisonniers, Pillage, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BAMBERG, le 6 Janvier.
De BAMBERG , le 6 Janvier.
L'armée de l'Empire vient de prendre les quar
tiers dans la Franconie & dans le Voigtland. Le
106 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal de Serbelloni , qui la commande , en
Fabfence du Prince de Deux- ponts , a établi ici
fon quartier général. Les différens corps dont
elle eft compofée , font difpofés de manière à le
raffembler facilement & avec promptitude.
de
Un détachement de Chaffeurs & de Huffards
de cette armée , furprit , le 29 du mois derniér ,
la Ville d'Erfurth. Il y avoit un détachement de
l'armée des Alliés , qui fut obligé de fe rendre prifonnier.
On a pris dans cette occafion un grand
nombre de chariots chargés de malades ,
vivres , & de bagage. Il s'eft fait encore, de la part
de ces détachemens de Huffards , la prife d'un
convoi de quarante chariots chargés de pain & de
farine , avec ſon eſcorte , deſtiné pour l'armée du
Prince Ferdinand ; & à Néda , celle d'un petit
corps d'artillerie Heffoife .
L'armée de l'Empire vient de prendre les quar
tiers dans la Franconie & dans le Voigtland. Le
106 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal de Serbelloni , qui la commande , en
Fabfence du Prince de Deux- ponts , a établi ici
fon quartier général. Les différens corps dont
elle eft compofée , font difpofés de manière à le
raffembler facilement & avec promptitude.
de
Un détachement de Chaffeurs & de Huffards
de cette armée , furprit , le 29 du mois derniér ,
la Ville d'Erfurth. Il y avoit un détachement de
l'armée des Alliés , qui fut obligé de fe rendre prifonnier.
On a pris dans cette occafion un grand
nombre de chariots chargés de malades ,
vivres , & de bagage. Il s'eft fait encore, de la part
de ces détachemens de Huffards , la prife d'un
convoi de quarante chariots chargés de pain & de
farine , avec ſon eſcorte , deſtiné pour l'armée du
Prince Ferdinand ; & à Néda , celle d'un petit
corps d'artillerie Heffoife .
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Résumé : DE BAMBERG, le 6 Janvier.
Le 6 janvier, l'armée de l'Empire a pris le contrôle de quartiers en Franconie et en Voigtland. Le maréchal de Serbelloni a établi son quartier général à Bamberg. Le 29 décembre, un détachement a surpris Erfurth, capturant des alliés, des chariots de malades, de vivres et de bagages. Des hussards ont également pris un convoi de quarante chariots de pain et de farine, ainsi qu'un corps d'artillerie hessoise à Néda.
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14
p. 198-199
DE VIENNE, le 3 Avril.
Début :
Le Général Laudon avoit ouvert la campagne vers le milieu du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Général Laudon, Campagne militaire, Intempéries, Retard, Quartier général, Détachement des troupes, Prince de Deux-Ponts, Hongrie, Armée impériale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 3 Avril.
De VIENNE, le 3 Avril.
Le Général Laudon avoit ouvert la campagne
vers le milieu du mois dernier , par la prife de la
Ville de Neustadt . Mais le froid & les pluies , qui
continuent dans la haure Silétie , ne lui ont pas
permis de continuer les opérations , qu'il avoit
commencées. Il a repris fon quartier général à
Jagerndorf. Un détachement de nos troupes a
enlevé , près de Leobfchutz trois cens recrues
Pruffices , qui étoient efcortées par trente
Huliards.
MA I. 1760. 199
Le Prince de Deux - Ponts , revêtu du com
mandement général de la Hongrie , eft préfentement
de retour de ce Royaume , où il avoit été
prendre connoiffance de quelques objets relatifs
à fon commandement. Il fe difpofe à partir in
ceffamment pour le mettre à la tête de l'armée
de l'Empire.
Le Général Laudon avoit ouvert la campagne
vers le milieu du mois dernier , par la prife de la
Ville de Neustadt . Mais le froid & les pluies , qui
continuent dans la haure Silétie , ne lui ont pas
permis de continuer les opérations , qu'il avoit
commencées. Il a repris fon quartier général à
Jagerndorf. Un détachement de nos troupes a
enlevé , près de Leobfchutz trois cens recrues
Pruffices , qui étoient efcortées par trente
Huliards.
MA I. 1760. 199
Le Prince de Deux - Ponts , revêtu du com
mandement général de la Hongrie , eft préfentement
de retour de ce Royaume , où il avoit été
prendre connoiffance de quelques objets relatifs
à fon commandement. Il fe difpofe à partir in
ceffamment pour le mettre à la tête de l'armée
de l'Empire.
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Résumé : DE VIENNE, le 3 Avril.
Le 3 avril, depuis Vienne, le général Laudon a pris Neustadt et déplacé son quartier général à Jagerndorf. Les opérations ont été interrompues par des conditions météorologiques défavorables. Un détachement a capturé trois cents recrues prussiennes et trente hussards près de Leobschütz. Le Prince de Deux-Ponts, nommé commandant général de la Hongrie, se prépare à rejoindre l'armée de l'Empire.
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15
p. 183
DE NUREMBERG, le 3 Février 1763.
Début :
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin a envoyé ordre au Général d'Effern, qui [...]
Mots clefs :
Électeur, Général, Ordre, Armée impériale, Altesse, Troupes palatines, Déplacement des troupes, Duché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NUREMBERG, le 3 Février 1763.
DE NUREMBERG , le 3 Février 1763 .
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin
envoyé ordre au Général d'Effern , qui commande
fon contingent , de quitter l'Armée de l'Empire
& de fe rendre dans les Etats de fon Alteffe
Electorale ; & qu'en conféquence les troupes Pa
latines fe font mifes en marche , & ont paffé la
riviére du Tauber le premier de ce mois , pour
fe porter dans le Duché de Neubourg.
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin
envoyé ordre au Général d'Effern , qui commande
fon contingent , de quitter l'Armée de l'Empire
& de fe rendre dans les Etats de fon Alteffe
Electorale ; & qu'en conféquence les troupes Pa
latines fe font mifes en marche , & ont paffé la
riviére du Tauber le premier de ce mois , pour
fe porter dans le Duché de Neubourg.
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