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1
p. 2012-2013
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le 14. du mois dernier, le Roy donna Audience publique [...]
Mots clefs :
Séville, Roi de Maroc, Trône, Oran, Tanger, Cadix, Escadre
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
mande de Seville que fe 14. du mois
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 14 du mois précédent, le roi d'Espagne a reçu Muley-Hamet, prince maure et prétendant au trône du Maroc, qui a sollicité un soutien pour récupérer son trône en échange de la cession des villes d'Oran et de Tanger. Muley-Hamet a également été accueilli par la reine et les membres de la famille royale. Le 28 juin, un ambassadeur de Muley-Abdallah, roi actuel du Maroc, est arrivé à Séville pour proposer des offres au roi d'Espagne afin de dissuader son soutien à Muley-Hamet. Le roi a demandé un emprunt de 1 100 000 pièces de huit à la Chambre du Commerce de Cadix et a publié une ordonnance royale pour confisquer les effets algériens trouvés sur des vaisseaux anglais. Le 14 juillet, trois vaisseaux de guerre et une frégate sont arrivés à Cadix avec une cargaison évaluée à trois millions et 888 pièces de huit. L'escadre royale, renforcée par l'escadre anglaise, comptera 10 vaisseaux de guerre. Les régiments envoyés en Italie seront commandés par le comte de Charny et d'autres officiers généraux. Le 21 juillet, une tempête a détruit le couvent de la Sainte-Épine à Palencia.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1428-1429
D'ESPAGNE.
Début :
Le Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran [...]
Mots clefs :
Espagne, Expédition, Oran
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texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
D'ESPAGNE.
E Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran sur les Maures d'Afrique , et ayant à
cet effet assemblé une Armée considerable à Ali
çante , et fait tous les autres préparatifs nécessai res , S. M. a envoyé ses ordres dans toutes les
Villes de son Royaume pour faire des Prieres
publiques et demander à Dieu les graces et les
benedictions necessaires pour le succès de cette entreprise.
La Flotte pour cette Expedition est sur son départ , à ce que portent les dernieres Lettres de Se
ville , d'où l'on mande qu'on a embarqué , outre
les provisions ordinaires , une grande quantité de
Selles , et tout ce qui est necèssaire pour monter
la Cavallerie ; de plus 2000. Pelles et autres
Outils propres à remuer la terre ; 18, Fours de
Campagne 60000. Facines d'environ 20. pieds
de long, 81000. Sacqs de Laine; 102200. Gabions;
plus de 80000 Pors à feu , Saucissons , &c.
12scoo. livres de Poudre à Canon ; 21, millions 11 Fol
JUIN. 1732. 1429
de Rations pour les hommes et pour les chevaux,
24000 muids d'eau et de vin , &c. 80000. Aro
bes de Paille , chaque Arobe pesant 25. livres .
Le Capitaine d'un Bâtiment arrivé à Marseille
le 24. du mois dernier , dit avoir vu une partic
de la Flotte Espagnole, faisant route vers les Cô tes de Barbarie.
de ce Les Lettres d'Espagne portent que cette Flotte
est partie d'Alicante la nuit du 12. au 13 mois , nombreuse de 7. à 860. Voiles , en comptant tous les Bâtimens de transport.
E Roy ayant résolu de reprendre la Ville d'Oran sur les Maures d'Afrique , et ayant à
cet effet assemblé une Armée considerable à Ali
çante , et fait tous les autres préparatifs nécessai res , S. M. a envoyé ses ordres dans toutes les
Villes de son Royaume pour faire des Prieres
publiques et demander à Dieu les graces et les
benedictions necessaires pour le succès de cette entreprise.
La Flotte pour cette Expedition est sur son départ , à ce que portent les dernieres Lettres de Se
ville , d'où l'on mande qu'on a embarqué , outre
les provisions ordinaires , une grande quantité de
Selles , et tout ce qui est necèssaire pour monter
la Cavallerie ; de plus 2000. Pelles et autres
Outils propres à remuer la terre ; 18, Fours de
Campagne 60000. Facines d'environ 20. pieds
de long, 81000. Sacqs de Laine; 102200. Gabions;
plus de 80000 Pors à feu , Saucissons , &c.
12scoo. livres de Poudre à Canon ; 21, millions 11 Fol
JUIN. 1732. 1429
de Rations pour les hommes et pour les chevaux,
24000 muids d'eau et de vin , &c. 80000. Aro
bes de Paille , chaque Arobe pesant 25. livres .
Le Capitaine d'un Bâtiment arrivé à Marseille
le 24. du mois dernier , dit avoir vu une partic
de la Flotte Espagnole, faisant route vers les Cô tes de Barbarie.
de ce Les Lettres d'Espagne portent que cette Flotte
est partie d'Alicante la nuit du 12. au 13 mois , nombreuse de 7. à 860. Voiles , en comptant tous les Bâtimens de transport.
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Résumé : D'ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a entrepris de reconquérir la ville d'Oran, alors aux mains des Maures d'Afrique. Pour ce faire, il a rassemblé une armée imposante à Alicante et préparé les équipements nécessaires. Des prières publiques ont été ordonnées dans tout le royaume pour obtenir la bénédiction divine. La flotte, prête à partir, a embarqué diverses provisions, y compris des selles pour la cavalerie, 2000 pelles et autres outils, 18 fours de campagne, 60 000 fascines, 81 000 sacs de laine, 102 200 gabions, plus de 80 000 porcs à feu, 12 500 livres de poudre à canon, 21 millions 11 fol de rations pour les hommes et les chevaux, 24 000 muids d'eau et de vin, et 80 000 arobes de paille. Un capitaine à Marseille a confirmé avoir vu une partie de la flotte espagnole se diriger vers les côtes de Barbarie. Selon les lettres d'Espagne, cette flotte est partie d'Alicante la nuit du 12 au 13 juin, composée de 70 à 80 voiles, incluant tous les bâtiments de transport.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1629-1635
ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
Début :
Mon intention étant de ne laisser séparé du sein de [...]
Mots clefs :
Espagne, Traduction d'un décret, Toute-Puissance, Roi d'Espagne, Tribunaux, Alicante, Flotte, Armée, Oran
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
ESPAGNE.
TRADUCTION d'un Decret
de S. M. Catholique.
Mo
2
On intention étant de ne laisser séparé dis
sein de l'Eglise et de notre Religion Catho
lique , aucun des Domaines que la Divine Provi
dence remit à mes soins , quand elle me plaça sur le Trône de cette Monarchie , et qui par la superiorité
et la multitude de mes ennemis , m'ont été vioLemment et frauduleusement enlevez. J'ai médité
de tout temps la maniere dont je pourrois les réunirs .
mais comme la diversité des Evenemens m'a
empêchéjusqu'à present de parvenir à ce but tant
souhaité, je n'ai pu employer, selon ma volonté , les forces que la-Toute-Puissance m'a confiées; et quoique je ne sois pas aujourd'hui entierement libre d'autres soins , j'ai résolu de ne point differer à recouvrer l'importante Place d'Oran, qui a été autrefois l'objet de la pieté et de la valeur de la Nation
Espagnole ; et ayant principalement consideré
cette Place étant au pouvoir des Barbares Affri- que
cains, la porte est fermée à la Propagation de notre sacrée Religion , et qu'elle leur sert de moyen pour
mettre en esclavage les Habitans des Côtes immé--
·diates del'Espagne et d'ailleurs ayant dejustes raisons de craindre que les Barbares unefois instruits a
faire la guerre par Mer et par Terre , ne se préva- lent de cette Place et de son Port , pour causer des
fatalitez et des dommages aux Provinces voisines
de ce Royaume , si unefois elles étoient moins pourvûës de Troupes qu'elles ne le sont aujourd'hui.
Pour parveniravec l'assistance du Tout-Puissant ,
àun but si important , j'ai ordonné de faire assem-
:
H blox
1630 MERCURE DE FRANCE
>
dans
bler auprès d'Alicante un Corps de 30. mille hommes, s'il en est besoin , tant d'Infanterie que de
Cavalerie , pourvûs de tous les Vivres , Artillerie ,
Munitions et Outils convenables pour quelque entreprise considerable , sous les ordres du Capitaine General le Comte de Montemar et d'autres Officiers Generaux et particuliers que j'ai nommez
dont l'experience et la valeur me font esperer un
succès glorieux ; embarquez par mes ordres ,
un nombre suffisant de Navires ,
par les Escadres des Vaisseaux , des Galeres et
des Galiotes que j'ai fait armer, ils partent pour
le recouvrement d'Oran ; et comme toutes les pré- cautions humaines ne peuvent rien sans le secours de la Toute-Puissance , j'ordonne que ce Decret de
mon Conseil soit communiqué aux Archevêques ,
Evêques , Chapitres Ecclesiastiques , Villes et Bourgs
de mes Royaumes , comme on l'a pratiqué dans
d'autres occasions , afin d'obtenir , par des Prieres ,
et escortez
que le Tout-Puissant benisse et protege mes Armes
et mes vives ardeurs pour une Expedition si importante . Donné à Seville , le 6. Juin 1732. Signé,
MOY LE ROY. Et au bas est écrit , A
'Archevêque , Gouverneur du Conseil de Castille.
Le 25. Juin , les Tribunaux , le Corps de Ville
de Madrid , le Clergé Séculier et les Religieux
des Ordres Mandians , se rendirent à l'Eglise de
la Paroisse de sainte Marie de Almuneda , où en
vertu du Decret du Roy , adressé au Président
du Conseil de Castille , on commença des Prieres publiques pour demander à Dieu ses graces
et ses benedictions pour le succès de l'entreprise
de S. M. Cath. sur la Ville d'Oran en Afrique. L'ouverture de la Neuvaine se par une Procession generale qui sortit de cette Eglise, et se renfit
dit
JUILLET. 1732 : 1631
dit à celle de Sainte Croix. Le lendemain la mê
me Procession alla de la Paroisse de S. Jacques
à la Chapelle de N. Dame d'Atocha , et le 27. à
l'Eglise des Capucins de S. Antoine.
Le même jour , le Cardinal d'Astorga , Archevêque de Tolede , fit aussi l'ouverture des
Prieres publiques dans son Eglise Métropolitaine , dont relevoit autrefois la Ville d'Oran depuis la conquête qui en fut faite en 1509. par le
Cardinal Ximenes de Cisneros.
On a appris d'Alicante , que la Fotte du Roy
avoit mis à la voile le 15. du mois dernier , et
qu'on l'avoit perduë de vûë le 16.
Les Officiers Generaux qui commandent
dans l'Armée du Roy , embarquez sur cette
Flote , sont , le Comte de Montemar , qui en est
Capitaine General ; le Comte de Bureta ; Don
Philippe Dupuy ; le Comte de Zueveghen ; le
Marquis de Rerves ; le Vicomte del Puerto ,
Don Jerôme de Solis , le Marquis de Grassia
Real , le Comte de Roy- de - Ville , le Baron de
Sandrasqui, le Marquis de Montreal , Don Louis
d'Acosta , Don Gonçales de Carvagal´, le Marquis de Pozoblanco , Don François de Valanza ,
Don Jean Gonçales , Don Antoine Alvarés de
Bonorques , le Marquis de Santa- Cruz , et Don
Louis Dormay , Lieutenans Generaux ; Don Jo- seph Ybanez , Don André de Benincasa , Don
Barthelemy Ladron , Don Jean- Bapt. de Gages,
Don Renaud Mac- Donel , Don Jean Ely , le
Comte de Cecil , Don Nicolas Sangro , Don
Michel Cavanillas , Don Gregoire Gualoy Pueyo,
Don Dominique Sangro , Don Lelio Caraffe ,
Don François Ocampo , Don Joseph de Vicaria,
Don Isidore Germa , le Marquis de la Mina , le
Comte de Mariani , Don Luc Ferdinand PatinHij ho
1632 MERCURE DE FRANCE
Don
ho et Don André d'Afffito , Maréchaux de
Camp ; Don Sebastien d'Eselava , Don Manuel
de Sada-y- Antillon , Don Philippe Ramirez ,
Don Jean -François d'Horcasitas , Don Greg
Filtz Gerald , le Duc de S. Blas , Don Diegue
Fonce , Don Sauveur Joseph de Roldan , Jacques de Sylva , le Marquis de Baldacannas.et
Don Charles Vander Cruzen , Brigadiers.
Par la Liste publiée à Séville , des Régimens
employez à cette expedition , ces Troupes consistent en 32. Bataillons , faisant.21.23000 . hommes , 12. Escadrons , faisant 1676. hommes , er
12. Escadros de . Dragons , montant à 1709. hommes , ensemble 26377. hommes. L'Artillerie
consiste en 110. Pieces de Canon , dont. 60. porlivres de balle , 20. 16. livres , 16. 12.
livres , et 14. 4. livres , et 60 Mortiers , sçavoir , 20. de 18 et 40. de 12. pouces de circonference ;
Il y a cent Bombardiers , 25. Mineurs et 40. Ingenieurs. Outre les Escadrons marquez cy- dessus,
4. Régimens de. Cavalerie de 3 Escadrons chacun , ainsi que quelques Bataillons , ont ordre de
se tenir prêts à être transportez en Afrique , en
cas de besoin.
tent 240
" On a appris depuis de, Séville , que la Flote
partie d'Alicante , étoit composée de 12. Vaisseaux de ligne , 2 Frégates , 2. Galiotes à Bom
bes , sept Galeres , dix -huit Galiotes à Rames , 12. Barques longues armées , et plus de :
joo. Bâtimens de transport ; que cette Flate
avoit été retenue pendant 7. jours au Cap de Palos , par les vents contraires , qu'elle n'en étoit
partie que
le 24. et que le 25. elle étoit devant
Oran que les vents, contraires avoient fait retar
der le débarquement jusqu'au 28 au soir ; que
le 29. à la pointe du jour , les Troupes débarquées
JUILLET. 17325 1633
quées avoient commencé à s'étendre du côté de
la Plage des Aiguades , qui est à une lieuë au
Couchant du Château d'Almarza , ou Mazarquibir ; qu'elles s'y étoient mises en Bataille sur
einq lignes ; que pendant que ces lignes se for
moient , les Maures avoient paru au nombre de
10. à 12000 hommes divisez en plusieurs troupes , pour être moins exposez au grand feu de
PArtillerie des Vaisseaux et des Galeres ; qu'on
avoit remarqué que le premier coup de Canon
tiré par la Galere le S. Joseph , avoit emporté l'Etendart de la plus nombreuse Troupe des Mau
res , ce qui les avoit fait reculer ; que toutes les
Troupes du Roy , tant Infanterie que Cavalerie ;
avoient débarqué malgré les escarmouches continuelles des Ennemis , et qu'il n'y avoit eu qu'un
petit nombre de Soldats blessez ; que les Maureg
ayant reconnu que tout le débarquement étoit
fait , leur Commandant avoit envoyé un Déta
chement de Cavalerie pour enlever beaucoup de
Soldats qui étoient restez à une Fontaine un peur
éloignée du Camp des Espagnols ; que le Comte de Montemar averti de cette marche avoit envoyé contre eux un détachement de 16. Compa gnies de Grenadiers , commandé par Don Luc
Ferdinand Patinho , et de 400. Cavaliers, sous les
ordres du Marquis de la Mina , pour favoriser la
retraite de ces Soldats écartez, mais qu'une partie
du Régiment du Prince , qui par hazard avois
débarqué du même côté de la Fontaine , avoit eté
suffisant pour repousser les Maures , et pour
obliger à se retirer sur le haut de la Montagne.
Les Lettres reçûës en dernier lieu de Seville portent , que le 5. le 6. et le 7. de ce mois , Don
Diegue Yopuli , le Comte de Valhermoso , et le
Marquis de la Mina , y avoient été dépêchez par
H iij
les
le
1624 MERCURE DE FRANCE
le Comte de Montemar , pour apporter au Roy
la nouvelle et le détail du Combat qui s'étoit
donné le 30. du mois dernier aux environs de
Mazarquibir , entre l'Armée de S M. Cat. et celle des Maures. Ces Lettres ajoûtent que les Maures avoient été défaits et mis en fuite , et que le
premier de ce mois l'Armée du Roy avoit prisle Château de Mazarquibir , la Ville et les Forts
d'Oran ; qu'on y avoit trouvé 138. pieces de
Canon, parmi lesquelles il y en avoit 87. de
bronze , 7. Mortiers , une grande quantité de Fusils. , de Sabres et d'autres Armes , et beaucoup
de Munitions de guerre et de Provisions , que la
fuite précipitée des Maures ne leur a pas permis d'emporter.
Pour rendre graces à Dieu d'un succès si heureux , le Roy a écrit dans les principales Villes
de son Royaume , pour y faire chanter le Te
Deum , et en consequence des ordres de S. M.
on a fait à Sevi le une Procession generale du
Clergé Séculier et Régulier , à laquelle l'Archevêque et le Corps de Ville ont assisté, et on a exposé à la veneration publique le Corps du Roy S. Ferdinand.
Les. on chanta le Te Deum, et on fit une se
conde Procession , qui alla faire sa Station à la
Chapelle où l'on conserve le Corps de ce S. Roy.
Le 6. on recommença une Neuvaine dans l'Église de N. Dame de l'Antiga , où il y a une
Image miraculeuse de la sainte Vierge , devant
Jaque le S. Ferdinand alloit souvent faire ses
prieres.
Le 9. il y eut à Madrid des Réjouissances publiques , des Feux d'Artifices et des Illuminations
qui ont duré trois nuits consécutives , à l'occasion de la nouvelle du débarquement , et on les
:
JUILLET. 1732. 1635
a recommencées depuis pour la Prise d'Oran
et de Mazarquibir.
On apprend d'Alger , que la Regence avoit fait
de grands préparatifs pour sa deffense , en cas
que la Ville fût attaquée ; que le vieux et le nouveau Mole , étoient garnis de Troupes et d'Artillerie , que le Dey avoit renforcé de 9000.
hommes la Garnison d'Oran , où il avoit fait
entrer quelques Ingenieurs étrangers , pour la
deffense des Ouvrages ; qu'il y avoit actuellement à Alger 14000. hommes de Troupes re- glées , sans compter les Milices de la Ville , et
que la Régence pouvoit mettre en campagne un
Corps de 15000. hommes de Cavalerie,
TRADUCTION d'un Decret
de S. M. Catholique.
Mo
2
On intention étant de ne laisser séparé dis
sein de l'Eglise et de notre Religion Catho
lique , aucun des Domaines que la Divine Provi
dence remit à mes soins , quand elle me plaça sur le Trône de cette Monarchie , et qui par la superiorité
et la multitude de mes ennemis , m'ont été vioLemment et frauduleusement enlevez. J'ai médité
de tout temps la maniere dont je pourrois les réunirs .
mais comme la diversité des Evenemens m'a
empêchéjusqu'à present de parvenir à ce but tant
souhaité, je n'ai pu employer, selon ma volonté , les forces que la-Toute-Puissance m'a confiées; et quoique je ne sois pas aujourd'hui entierement libre d'autres soins , j'ai résolu de ne point differer à recouvrer l'importante Place d'Oran, qui a été autrefois l'objet de la pieté et de la valeur de la Nation
Espagnole ; et ayant principalement consideré
cette Place étant au pouvoir des Barbares Affri- que
cains, la porte est fermée à la Propagation de notre sacrée Religion , et qu'elle leur sert de moyen pour
mettre en esclavage les Habitans des Côtes immé--
·diates del'Espagne et d'ailleurs ayant dejustes raisons de craindre que les Barbares unefois instruits a
faire la guerre par Mer et par Terre , ne se préva- lent de cette Place et de son Port , pour causer des
fatalitez et des dommages aux Provinces voisines
de ce Royaume , si unefois elles étoient moins pourvûës de Troupes qu'elles ne le sont aujourd'hui.
Pour parveniravec l'assistance du Tout-Puissant ,
àun but si important , j'ai ordonné de faire assem-
:
H blox
1630 MERCURE DE FRANCE
>
dans
bler auprès d'Alicante un Corps de 30. mille hommes, s'il en est besoin , tant d'Infanterie que de
Cavalerie , pourvûs de tous les Vivres , Artillerie ,
Munitions et Outils convenables pour quelque entreprise considerable , sous les ordres du Capitaine General le Comte de Montemar et d'autres Officiers Generaux et particuliers que j'ai nommez
dont l'experience et la valeur me font esperer un
succès glorieux ; embarquez par mes ordres ,
un nombre suffisant de Navires ,
par les Escadres des Vaisseaux , des Galeres et
des Galiotes que j'ai fait armer, ils partent pour
le recouvrement d'Oran ; et comme toutes les pré- cautions humaines ne peuvent rien sans le secours de la Toute-Puissance , j'ordonne que ce Decret de
mon Conseil soit communiqué aux Archevêques ,
Evêques , Chapitres Ecclesiastiques , Villes et Bourgs
de mes Royaumes , comme on l'a pratiqué dans
d'autres occasions , afin d'obtenir , par des Prieres ,
et escortez
que le Tout-Puissant benisse et protege mes Armes
et mes vives ardeurs pour une Expedition si importante . Donné à Seville , le 6. Juin 1732. Signé,
MOY LE ROY. Et au bas est écrit , A
'Archevêque , Gouverneur du Conseil de Castille.
Le 25. Juin , les Tribunaux , le Corps de Ville
de Madrid , le Clergé Séculier et les Religieux
des Ordres Mandians , se rendirent à l'Eglise de
la Paroisse de sainte Marie de Almuneda , où en
vertu du Decret du Roy , adressé au Président
du Conseil de Castille , on commença des Prieres publiques pour demander à Dieu ses graces
et ses benedictions pour le succès de l'entreprise
de S. M. Cath. sur la Ville d'Oran en Afrique. L'ouverture de la Neuvaine se par une Procession generale qui sortit de cette Eglise, et se renfit
dit
JUILLET. 1732 : 1631
dit à celle de Sainte Croix. Le lendemain la mê
me Procession alla de la Paroisse de S. Jacques
à la Chapelle de N. Dame d'Atocha , et le 27. à
l'Eglise des Capucins de S. Antoine.
Le même jour , le Cardinal d'Astorga , Archevêque de Tolede , fit aussi l'ouverture des
Prieres publiques dans son Eglise Métropolitaine , dont relevoit autrefois la Ville d'Oran depuis la conquête qui en fut faite en 1509. par le
Cardinal Ximenes de Cisneros.
On a appris d'Alicante , que la Fotte du Roy
avoit mis à la voile le 15. du mois dernier , et
qu'on l'avoit perduë de vûë le 16.
Les Officiers Generaux qui commandent
dans l'Armée du Roy , embarquez sur cette
Flote , sont , le Comte de Montemar , qui en est
Capitaine General ; le Comte de Bureta ; Don
Philippe Dupuy ; le Comte de Zueveghen ; le
Marquis de Rerves ; le Vicomte del Puerto ,
Don Jerôme de Solis , le Marquis de Grassia
Real , le Comte de Roy- de - Ville , le Baron de
Sandrasqui, le Marquis de Montreal , Don Louis
d'Acosta , Don Gonçales de Carvagal´, le Marquis de Pozoblanco , Don François de Valanza ,
Don Jean Gonçales , Don Antoine Alvarés de
Bonorques , le Marquis de Santa- Cruz , et Don
Louis Dormay , Lieutenans Generaux ; Don Jo- seph Ybanez , Don André de Benincasa , Don
Barthelemy Ladron , Don Jean- Bapt. de Gages,
Don Renaud Mac- Donel , Don Jean Ely , le
Comte de Cecil , Don Nicolas Sangro , Don
Michel Cavanillas , Don Gregoire Gualoy Pueyo,
Don Dominique Sangro , Don Lelio Caraffe ,
Don François Ocampo , Don Joseph de Vicaria,
Don Isidore Germa , le Marquis de la Mina , le
Comte de Mariani , Don Luc Ferdinand PatinHij ho
1632 MERCURE DE FRANCE
Don
ho et Don André d'Afffito , Maréchaux de
Camp ; Don Sebastien d'Eselava , Don Manuel
de Sada-y- Antillon , Don Philippe Ramirez ,
Don Jean -François d'Horcasitas , Don Greg
Filtz Gerald , le Duc de S. Blas , Don Diegue
Fonce , Don Sauveur Joseph de Roldan , Jacques de Sylva , le Marquis de Baldacannas.et
Don Charles Vander Cruzen , Brigadiers.
Par la Liste publiée à Séville , des Régimens
employez à cette expedition , ces Troupes consistent en 32. Bataillons , faisant.21.23000 . hommes , 12. Escadrons , faisant 1676. hommes , er
12. Escadros de . Dragons , montant à 1709. hommes , ensemble 26377. hommes. L'Artillerie
consiste en 110. Pieces de Canon , dont. 60. porlivres de balle , 20. 16. livres , 16. 12.
livres , et 14. 4. livres , et 60 Mortiers , sçavoir , 20. de 18 et 40. de 12. pouces de circonference ;
Il y a cent Bombardiers , 25. Mineurs et 40. Ingenieurs. Outre les Escadrons marquez cy- dessus,
4. Régimens de. Cavalerie de 3 Escadrons chacun , ainsi que quelques Bataillons , ont ordre de
se tenir prêts à être transportez en Afrique , en
cas de besoin.
tent 240
" On a appris depuis de, Séville , que la Flote
partie d'Alicante , étoit composée de 12. Vaisseaux de ligne , 2 Frégates , 2. Galiotes à Bom
bes , sept Galeres , dix -huit Galiotes à Rames , 12. Barques longues armées , et plus de :
joo. Bâtimens de transport ; que cette Flate
avoit été retenue pendant 7. jours au Cap de Palos , par les vents contraires , qu'elle n'en étoit
partie que
le 24. et que le 25. elle étoit devant
Oran que les vents, contraires avoient fait retar
der le débarquement jusqu'au 28 au soir ; que
le 29. à la pointe du jour , les Troupes débarquées
JUILLET. 17325 1633
quées avoient commencé à s'étendre du côté de
la Plage des Aiguades , qui est à une lieuë au
Couchant du Château d'Almarza , ou Mazarquibir ; qu'elles s'y étoient mises en Bataille sur
einq lignes ; que pendant que ces lignes se for
moient , les Maures avoient paru au nombre de
10. à 12000 hommes divisez en plusieurs troupes , pour être moins exposez au grand feu de
PArtillerie des Vaisseaux et des Galeres ; qu'on
avoit remarqué que le premier coup de Canon
tiré par la Galere le S. Joseph , avoit emporté l'Etendart de la plus nombreuse Troupe des Mau
res , ce qui les avoit fait reculer ; que toutes les
Troupes du Roy , tant Infanterie que Cavalerie ;
avoient débarqué malgré les escarmouches continuelles des Ennemis , et qu'il n'y avoit eu qu'un
petit nombre de Soldats blessez ; que les Maureg
ayant reconnu que tout le débarquement étoit
fait , leur Commandant avoit envoyé un Déta
chement de Cavalerie pour enlever beaucoup de
Soldats qui étoient restez à une Fontaine un peur
éloignée du Camp des Espagnols ; que le Comte de Montemar averti de cette marche avoit envoyé contre eux un détachement de 16. Compa gnies de Grenadiers , commandé par Don Luc
Ferdinand Patinho , et de 400. Cavaliers, sous les
ordres du Marquis de la Mina , pour favoriser la
retraite de ces Soldats écartez, mais qu'une partie
du Régiment du Prince , qui par hazard avois
débarqué du même côté de la Fontaine , avoit eté
suffisant pour repousser les Maures , et pour
obliger à se retirer sur le haut de la Montagne.
Les Lettres reçûës en dernier lieu de Seville portent , que le 5. le 6. et le 7. de ce mois , Don
Diegue Yopuli , le Comte de Valhermoso , et le
Marquis de la Mina , y avoient été dépêchez par
H iij
les
le
1624 MERCURE DE FRANCE
le Comte de Montemar , pour apporter au Roy
la nouvelle et le détail du Combat qui s'étoit
donné le 30. du mois dernier aux environs de
Mazarquibir , entre l'Armée de S M. Cat. et celle des Maures. Ces Lettres ajoûtent que les Maures avoient été défaits et mis en fuite , et que le
premier de ce mois l'Armée du Roy avoit prisle Château de Mazarquibir , la Ville et les Forts
d'Oran ; qu'on y avoit trouvé 138. pieces de
Canon, parmi lesquelles il y en avoit 87. de
bronze , 7. Mortiers , une grande quantité de Fusils. , de Sabres et d'autres Armes , et beaucoup
de Munitions de guerre et de Provisions , que la
fuite précipitée des Maures ne leur a pas permis d'emporter.
Pour rendre graces à Dieu d'un succès si heureux , le Roy a écrit dans les principales Villes
de son Royaume , pour y faire chanter le Te
Deum , et en consequence des ordres de S. M.
on a fait à Sevi le une Procession generale du
Clergé Séculier et Régulier , à laquelle l'Archevêque et le Corps de Ville ont assisté, et on a exposé à la veneration publique le Corps du Roy S. Ferdinand.
Les. on chanta le Te Deum, et on fit une se
conde Procession , qui alla faire sa Station à la
Chapelle où l'on conserve le Corps de ce S. Roy.
Le 6. on recommença une Neuvaine dans l'Église de N. Dame de l'Antiga , où il y a une
Image miraculeuse de la sainte Vierge , devant
Jaque le S. Ferdinand alloit souvent faire ses
prieres.
Le 9. il y eut à Madrid des Réjouissances publiques , des Feux d'Artifices et des Illuminations
qui ont duré trois nuits consécutives , à l'occasion de la nouvelle du débarquement , et on les
:
JUILLET. 1732. 1635
a recommencées depuis pour la Prise d'Oran
et de Mazarquibir.
On apprend d'Alger , que la Regence avoit fait
de grands préparatifs pour sa deffense , en cas
que la Ville fût attaquée ; que le vieux et le nouveau Mole , étoient garnis de Troupes et d'Artillerie , que le Dey avoit renforcé de 9000.
hommes la Garnison d'Oran , où il avoit fait
entrer quelques Ingenieurs étrangers , pour la
deffense des Ouvrages ; qu'il y avoit actuellement à Alger 14000. hommes de Troupes re- glées , sans compter les Milices de la Ville , et
que la Régence pouvoit mettre en campagne un
Corps de 15000. hommes de Cavalerie,
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Résumé : ESPAGNE. TRADUCTION d'un Decret de S. M. Catholique.
Le 6 juin 1732, le roi d'Espagne promulgue un décret visant à récupérer la ville d'Oran, alors sous contrôle des Barbaresques. Le roi exprime son intention de réunir les domaines séparés de l'Église et de la religion catholique, enlevés par la force et la fraude. La possession d'Oran par les Barbaresques empêche la propagation de la religion catholique et menace les côtes espagnoles. Pour cette raison, il ordonne l'assemblage d'une armée de 30 000 hommes près d'Alicante, sous le commandement du Comte de Montemar, et la préparation d'une flotte composée de vaisseaux, galères et galiotes. Le décret appelle également à des prières publiques pour obtenir la bénédiction divine. Le 25 juin 1732, des prières publiques sont organisées à Madrid et dans d'autres villes pour le succès de l'expédition. La flotte, partie le 15 juin, atteint Oran le 25 juin. Malgré des vents contraires et des escarmouches avec les Maures, les troupes espagnoles débarquent et commencent à s'étendre. Le 30 juin, un combat a lieu près de Mazarquivir, où les Maures sont défaits. Le 1er juillet, l'armée espagnole prend le château de Mazarquivir, la ville et les forts d'Oran, y trouvant une grande quantité d'armes et de munitions. Pour célébrer cette victoire, le roi ordonne des actions de grâce, notamment des processions et des Te Deum dans les principales villes du royaume. Des réjouissances publiques sont organisées à Madrid. Alger, de son côté, avait préparé des défenses, mais celles-ci n'ont pas suffi à empêcher la prise d'Oran.
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4
p. 2057-2060
ESPAGNE.
Début :
Des Lettres d'Oran du 19 Août portent que le onziéme du même mois, les Maures au [...]
Mots clefs :
Espagne, Oran, Marquis de Santa Cruz
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DEs Lettres d'Oran du 19 Août portent que le onzième du même mois , les Maures au
nombre de seize mille , s'étoient présentez devant le Fort S. Philippe , l'un de ceux qui défendent et soutiennent la Ville : qu'ils y étoient venus avec tant d'impetuosité , qu'ils avoient fait
la descente du Fossé avant que le Commandant
de la Place pût mettre en deffense les cinquante
Espagnols qui sont dans ce Fort ; mais dès
qu'ils furent apperçus on chargea toute l'Artille Hij rie
2058 MERCURE DE FRANCE rie à cartouche : elle fut servie si à propos que
4500. Maures resterent étendus dans le Fossé..
Le reste qui fut extrêmement maltraité fut obligé de se retirer avec beaucoup de précipita
fion.
Les mêmes Lettres portent que le 18 du même mois le Marquis de Santa- Cruz , Gouverneur
et Capitaine Général de la Côte de Barbarie
étoit sorti de cette Place avec 500. Grenadiers
et 300. Dragons. Il étoit accompagné du Comte Mariani , Maréchal de Camp , et de Don
Philippe Ramirez , Brigadier. Ils poursuivirent
et mirent en fuïte un corps de Cavallerie Mauses de deux mille Chevaux , qui s'étoient approchez d'Oran. Les Espagnols n'ont perdu en tout.
que trois Chevaux , et quelques Soldats blessez.
M. Keene , Ministre Plénipotentiaire du Roi
d'Angleterre , ayant representé au Roi d'Espagne -
que la Garnison de Gibraltar ne pouvoit qu'avec de grandes difficultez tirer des provisions des
côtes voisines de cette Place , S. M. a donné or- dre aux Gouverneurs et Commandans des côtes.
de l'Andalousie et des Royaumes de Grenade et
de Murcie , de faire livrer à cette Garnison tous
les vivres et provisions dont elle pourra avoir
besoin , à condition qu'elle ne pourra les faire
transporter qu'avec des Passeports des Gouverneurs, et que ces provisions ne lui seront livrées
que dans les Ports oùil y a des Bureaux de Doüa- Re établis.
Les Lettres de Seville portent , que confor
mément aux intentions du Roi , le Comte de
Montemar avoit donné ordre au Marquis de
Villadarias qui étoit allé avec 7000. hommesfai
re le Siege de la petite Ville de Mazagran , de re- venir
SEPTEMBRE. 1732. 2099
venir au Camp avec ses Troupes , et que depuis
ce Général faisoit tous les préparatifs nécessaires ™
pour faire rembarquer toutes les Troupes du Roi,
à l'exception de 7 à 8000. hommes qui doivent
rester en Garnison à Orán et à Marzaquibir
pour la deffense de ces deux Places , dont le Roi
a donné le Gouvernement au Marquis de SantaCruz , ci-devant Plénipotentiaire d'Espagne auCongrès de Soissons.
S. M. a fait Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Don Joseph Patinho , son Ministre de la »
Marine , et le Comte de Montemar , Lieutenant
- Général de ses Armées.
On a reçû avis que le Comte de Montemar
étoit retourné à Alicante avec la Flotte d'Espa
gne , et qu'on avoit congedié tous les Bâtimens
de transport . On a appris depuis que ce Général
qui a commandé en chef l'Armée en Afrique ,
arriva à Seville le 18 du mois dernier , et qu'il
eut une Audience très- favorable du Roi et de la
Reine , et lui marquerent leur satisfaction sur
l'heureuse expédition d'Oran.
>
On augmente par ordre du Roi les Régimens d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
cinq hommes par Compagnie , et le bruit courtqu'on fera au Printems prochain un nouvel armement plus considérable que le dernier ; mais
on ne dit pas encore à quelle expédition il est destiné.
Le nommé Jacob , Ingénieur , et fils naturel
du Duc de Riperda , qu'on avoit arrêté il y a
quelque tems à Ceuta où il étoit allé pour lever
le plan de cette Place , et pour séduire quelques
Officiers de la Garnison , a eu la question à Seville , et on assure qu'il a déclaré des choses trèsimportantes.
Hiiij Less
vi
2060 MERCURE DE FRANCE
Les Lettres de Miquenez portent que le Roi
Muley- Abdallah avoit fait couper la tête à plu
sieurs Chefs de l'Armée des Noirs , qui depuis
les Victoires remportées sur les Arabes et autres
Sujets rebelles à ce Prince , étoient devenus si
insolens , qu'ils vouloient imposer des loix au
Roi même , et qu'ils refusoient d'obéïr à ses ordres ; que les Deputez de Sainte Croix avoient obtenu de ce Prince une diminution considerable des impositions exorbitantes qu'on faisoit
payer à cette Ville depuis la Guerre civile , et
qu'au commencement du mois de Juillet dernier , le Roi de Maroc avoit donné ordre au
Gouverneur de Tetuan d'assembler des Troupes
qu'on croyoit destinées à faire le Siege de Ceuta ;
qu'on publioit que ce Prince se mettroit à leur
tête , et que le Duc de Riperda auroit la direc
tion du Siege.
DEs Lettres d'Oran du 19 Août portent que le onzième du même mois , les Maures au
nombre de seize mille , s'étoient présentez devant le Fort S. Philippe , l'un de ceux qui défendent et soutiennent la Ville : qu'ils y étoient venus avec tant d'impetuosité , qu'ils avoient fait
la descente du Fossé avant que le Commandant
de la Place pût mettre en deffense les cinquante
Espagnols qui sont dans ce Fort ; mais dès
qu'ils furent apperçus on chargea toute l'Artille Hij rie
2058 MERCURE DE FRANCE rie à cartouche : elle fut servie si à propos que
4500. Maures resterent étendus dans le Fossé..
Le reste qui fut extrêmement maltraité fut obligé de se retirer avec beaucoup de précipita
fion.
Les mêmes Lettres portent que le 18 du même mois le Marquis de Santa- Cruz , Gouverneur
et Capitaine Général de la Côte de Barbarie
étoit sorti de cette Place avec 500. Grenadiers
et 300. Dragons. Il étoit accompagné du Comte Mariani , Maréchal de Camp , et de Don
Philippe Ramirez , Brigadier. Ils poursuivirent
et mirent en fuïte un corps de Cavallerie Mauses de deux mille Chevaux , qui s'étoient approchez d'Oran. Les Espagnols n'ont perdu en tout.
que trois Chevaux , et quelques Soldats blessez.
M. Keene , Ministre Plénipotentiaire du Roi
d'Angleterre , ayant representé au Roi d'Espagne -
que la Garnison de Gibraltar ne pouvoit qu'avec de grandes difficultez tirer des provisions des
côtes voisines de cette Place , S. M. a donné or- dre aux Gouverneurs et Commandans des côtes.
de l'Andalousie et des Royaumes de Grenade et
de Murcie , de faire livrer à cette Garnison tous
les vivres et provisions dont elle pourra avoir
besoin , à condition qu'elle ne pourra les faire
transporter qu'avec des Passeports des Gouverneurs, et que ces provisions ne lui seront livrées
que dans les Ports oùil y a des Bureaux de Doüa- Re établis.
Les Lettres de Seville portent , que confor
mément aux intentions du Roi , le Comte de
Montemar avoit donné ordre au Marquis de
Villadarias qui étoit allé avec 7000. hommesfai
re le Siege de la petite Ville de Mazagran , de re- venir
SEPTEMBRE. 1732. 2099
venir au Camp avec ses Troupes , et que depuis
ce Général faisoit tous les préparatifs nécessaires ™
pour faire rembarquer toutes les Troupes du Roi,
à l'exception de 7 à 8000. hommes qui doivent
rester en Garnison à Orán et à Marzaquibir
pour la deffense de ces deux Places , dont le Roi
a donné le Gouvernement au Marquis de SantaCruz , ci-devant Plénipotentiaire d'Espagne auCongrès de Soissons.
S. M. a fait Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Don Joseph Patinho , son Ministre de la »
Marine , et le Comte de Montemar , Lieutenant
- Général de ses Armées.
On a reçû avis que le Comte de Montemar
étoit retourné à Alicante avec la Flotte d'Espa
gne , et qu'on avoit congedié tous les Bâtimens
de transport . On a appris depuis que ce Général
qui a commandé en chef l'Armée en Afrique ,
arriva à Seville le 18 du mois dernier , et qu'il
eut une Audience très- favorable du Roi et de la
Reine , et lui marquerent leur satisfaction sur
l'heureuse expédition d'Oran.
>
On augmente par ordre du Roi les Régimens d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
cinq hommes par Compagnie , et le bruit courtqu'on fera au Printems prochain un nouvel armement plus considérable que le dernier ; mais
on ne dit pas encore à quelle expédition il est destiné.
Le nommé Jacob , Ingénieur , et fils naturel
du Duc de Riperda , qu'on avoit arrêté il y a
quelque tems à Ceuta où il étoit allé pour lever
le plan de cette Place , et pour séduire quelques
Officiers de la Garnison , a eu la question à Seville , et on assure qu'il a déclaré des choses trèsimportantes.
Hiiij Less
vi
2060 MERCURE DE FRANCE
Les Lettres de Miquenez portent que le Roi
Muley- Abdallah avoit fait couper la tête à plu
sieurs Chefs de l'Armée des Noirs , qui depuis
les Victoires remportées sur les Arabes et autres
Sujets rebelles à ce Prince , étoient devenus si
insolens , qu'ils vouloient imposer des loix au
Roi même , et qu'ils refusoient d'obéïr à ses ordres ; que les Deputez de Sainte Croix avoient obtenu de ce Prince une diminution considerable des impositions exorbitantes qu'on faisoit
payer à cette Ville depuis la Guerre civile , et
qu'au commencement du mois de Juillet dernier , le Roi de Maroc avoit donné ordre au
Gouverneur de Tetuan d'assembler des Troupes
qu'on croyoit destinées à faire le Siege de Ceuta ;
qu'on publioit que ce Prince se mettroit à leur
tête , et que le Duc de Riperda auroit la direc
tion du Siege.
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Résumé : ESPAGNE.
En août 1732, seize mille Maures lancèrent une attaque contre le Fort Saint-Philippe à Oran, mais furent repoussés par l'artillerie espagnole, subissant 4500 pertes. Le Marquis de Santa-Cruz, Gouverneur de la Côte de Barbarie, repoussa également un corps de cavalerie maure près d'Oran. Parallèlement, M. Keene, Ministre Plénipotentiaire du Roi d'Angleterre, sollicita l'aide du Roi d'Espagne pour ravitailler la garnison de Gibraltar, ce que le Roi accepta sous certaines conditions. Le Comte de Montemar, qui assiégeait Mazagran, fut rappelé pour organiser le rembarquement des troupes espagnoles, à l'exception de celles restant à Oran et Marzaquivir sous le commandement du Marquis de Santa-Cruz. Le Roi d'Espagne décerna l'Ordre de la Toison d'Or à Don Joseph Patinho et au Comte de Montemar. Ce dernier retourna à Alicante et obtint une audience favorable du Roi et de la Reine. Des rumeurs évoquaient un nouvel armement prévu pour le printemps. Jacob, ingénieur et fils naturel du Duc de Riperda, fut interrogé à Séville après son arrestation à Ceuta. Au Maroc, le Roi Muley-Abdallah exécuta des chefs rebelles et négocia une réduction des impôts pour Sainte-Croix. Des troupes furent rassemblées à Tetuan en vue d'un possible siège de Ceuta, dirigé par le Duc de Riperda.
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5
p. 2389-2397
CINQUIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M le Marquis de B. dans laquelle, à l'occasion d'Oran, et d'André Doria, il est parlé d'une nouvelle Edition des Oeuvres de Sigonius, &c.
Début :
Je ne vous parle plus, Monsieur, d'Oran, ni de Marsalquibir. Vous êtes suffisamment instruit [...]
Mots clefs :
Oran, Sigonius, Bibliothèques, République des Lettres, Ouvrage, M. Argelati, Histoire, Antiquité, André Doria
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CINQUIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M le Marquis de B. dans laquelle, à l'occasion d'Oran, et d'André Doria, il est parlé d'une nouvelle Edition des Oeuvres de Sigonius, &c.
CINQUIEME LETTRE de M. D.
L. R. écrite à M le Marquis de B.
dans laquelle , à l'occasion d'Oran , et
d'André Doria, il est parlé d'une nouvelle
Edition des Oeuvres de Sigonius , &C.
J
2
E ne vous parle plus , Monsieur , d'Oran ni
de Marsalquibir. Vous êtes suffisamment ins
truit de toutes les circonstances de la conquête
de ces deux Places, et des suites qu'elle a eues jus
qu'à présent. La saison où nous sommes défend
L'attendre d'autres progrès avant le retour du
Printemps. Vous sçavez , sans doute , Monsieur , que dès le commencement du mois de
Septembre la Mer Mediterranée n'est presque
plus praticable du côté de la Barbarie , et qu'il
en coûta cher à l'Empereur Charles V. lorsqu'il
entreprit en personne, au mois d'Octobre 1541 .
La Conquête d'Alger , avec une puissante Flote
qui périt miserablement sur ces Côtes. Laissons
donc pour quelque- tems les Affaires d'Affrique.
Oran sçaura bien- en attendant , se soutenir
avec un si brave * Gouverneur, contre les foibles
efforts des Maures. C'est inutilement qu'ils ont
attaqué depuis quelques tems le Fort de S. André , c'est avec aussi peu de succès qu'ils ont
cru faire une diversion importante en engageant
le Roi de Maroc à faire de nouveaux efforts contre la Ville de Ceuta , efforts favorisez par la
*Le Marquis de Santa-Crux.
D v
déser-
1 2390 MERCURE DE FRANCE
* désertion et par la trahison d'unSeigneur Espagnol , que sa conscience punit peut être déja , et
que le Ciel confondra un jour. Mettons plutôt
Monsieur , à la place d'Exploits guerriers , qui
ne sont pas de saison , quelque chose qui ne soie
guéres moins de votre ressort , et qui puisse vous
Occuper agréablement dans le séjour que vous continuez de faire dans vos Terres.
>
Un sujet se présente ici naturellement , et qui
un raport indirect à celui que je suis obligé de
quitter ou de suspendre. J'ai eu l'honneur de
vous parler dans ma derniere Lettre du Sçavant
Jesuite , Charles Sigonius , Auteur de la vie d'André Doria , et je vous ai dit , ce me semble
qu'il n'est pas aisé d'assembler tous ses Ouvra→
ges , qui sont cependant considérables , cet Au- teur n'ayant traité que de grands sujets et
Payant toujours fait habilement, ils manquent aut
jourdhui dans plusieurs bonnes Bibliotheques , et
les Provinces en sont presque entierement de
pourvûës. Comme je me plaignois de cette disette,
et que je faisois des vœux pour une nouvelle Edia
tion , j'ai été agréablement surpris par la récep
tion d'un Imprimé latin de 8. pages in- 4. pu
blié à Milan il y a quelques mois , qui contient
le plan d'une belle Edition de Sigonius , laquelle
se fait actuellement dans cette Ville. C'est, Monsieur , de quoi j'aurai l'honneur de vous rendre
compte dans ma Lettre d'aujourd'hui.
L'Auteur de cette entreprise est M. Argelati ,
Homme du premier mérite , et des plus connus
dans la République des Lettres , singulierement par la part qu'il à au vaste Recueil des Ecrivains
de l'Histoire d'Italie Il est Directeur de la Sa
*Le Duc de Riperda.
cieté
NOVEMBRE. 1732 2391
cieté Palatine , Académie des plus celébres de
l'Europe , fondée à Milan par le Comte Archin
to , Neveu du Cardinal- Archevêque de ce même ´nom.
M. Argelati commence dans son Ecrit adressé
à tous les Sçavans de l'Europe , par relever le
mérite litteraire de Sigonius , reconnu de tout
le monde sçavant , et le prix de ses Ouvrages ,
imprimez plus d'une fois , tant en Italie que
dans le reste de l'Europe , ce qui n'a pas empê
ché , dit-il , qu'ils ne soient devenus enfin d'une
grande rareté , au regret des habiles gens , et
surtout des amateurs de l'Antiquité. Il y a longtems que notre Sçavant s'étoit proposé de remé
dier à cet inconvenient, en donnant une nouvelle
Edition de Sigonius ; il s'y est enfin déterminé ,
et il a mis la main à l'œuvre dans les conjonctures , et par les considerations énoncées assez au
long dans son Programme que je me dispense de répéter ici.
Je n'obmettrai pas cependant une circonstance bien louable , qui marque un grand désinteressement et un pareil amour pour les Lettres ,
c'est que pour accelerer cette Edition, et pour le
ver toute difficulté , M. Argelati s'est mis en
état de fournir de son propre fonds tout ce qui
peut être nécessaire à l'éxecution de son entreprise , pour ne faire aucun tort aux Membres de
Ja Societé Palatine ni au Public , ne Palatinorum
Sociorum , dit- il , rationes diverterem in aliam causam , vel postrema comuni cura priorem aliquantisperpublico cum incommodo turbarem.
Le premier soin du sçavant Editeur a été de rechercher et d'assembler en un corps , non- seulement tous les Ouvrages imprimez de Sigonius ,
dont quelques-uns sont devenus très-rares , mais
D vj encore
2392 MERCURE DE FRANCE
encore ceux qui n'ont jamais vu le jour : ce qu'il n'a pû faire par lui-même a été éxecuté par des
Amis sçavans et éclairez. Visite de Bibliotheques, d'Archives publiques et particulieres , rien
n'a été oublié ; ce qui a été suivi d'un succès
auquel M. Argelati avoue que la grande réputa tion de Sigonius a eu beaucoup de part , particulierement à l'égard des Ouvrages Manuscrits de
notre Auteur , dont cette nouvelle Edition sera enrichie dans les derniers volumes.
L'ordre et la coutume demandoient de mettre
à la tête de l'Edition un abregé de la vie du celébre Sigonius. Personne ne pouvoit mieux s'en
acquitter , dit M. Argelati , que M. L. A. Muratori , qui outre son rate sçavoir et sa sagacité ,
se trouve être de la même Ville de Modene , Paarie de Sigonius , et par conséquent plus à portée
qu'un autre de prendre des instructions domesiques et sûres. Le succès de ce travail a été audelà de tout ce qu'on pouvoit attendre de M. Muratori. Ceux qui aiment à s'instruire de l'Histoire Litteraire et personnelle de certains Sçavans ,
trouveront, sans doute,de quoi se contenter dans le travail dont il s'est chargé au sujet de Sigonius. Sur quoi M. Argelati lui marque une parfaite reconnoissance.
Le premier volume de la nouvelle Edition commence par les Fastes Consulaires de cet Auteur.
Tout le monde connoît l'importance et la necessité des Fastes Consulaires , on sçait aussi en combien d'embarras et de difficultez ils ont souvent jetté les amateurs de l'Antiquité. On avoit
lieu de croire que cet Ouvrage , si pénible en soi,
avoit été rendu parfait par le travail de Sigonius:
mais comme depuis sa mort , on a déterré quan
tité de Monumens Antiques , et qu'on en désouyre
NOVEMBRE. 1732. 2393
couvre encore tous les jours , on s'en est servi
pour perfectionner encore davantage , pour corriger même en plusieurs endroits l'Ouvrage du docte Ecrivain, C'est un soin dont a bien voulu
se charger , à la priere de M. Argelati , le R. P.
Joseph- Marie Stampa de Côme , Clerc Régulier
de la Congrégation des Somasques , qui a fait entrer dans cette Edition toutes les Observations
des plus célebres Critiques sur le sujet en question, sçavoir celles du P. Petau, de Pighius , d'Almelowen , qui ont plus servi à confirmer qu'à
corriger les Fastes de Sigonius , celles de Mezabarba , du P. Pagi , de M. de Tillemont , du P. Blanchini , et suivant l'ordre des tems , celles
du Cardinal Noris , de M. Reland , de Cuspinien , et de Panvinius , sans oublier les propres
Observations du P. Stampa , qui n'a pas toujours
souscrit à toutes les Remarques de ces grands
Critiques , et qui a donné de son fonds une belle
Dissertation préliminaire , et d'autres Discours
remplis d'érudition sur cette matiere , à quoi il
faut ajoûter la continuation des mêmes Fastes ,
qu'il a conduits depuis la mort d'Auguste , Epoque où Sigonius s'étoit arrêté , jusqu'à l'Empire
de Diocletien et de Max imien. Autre Epoque où
commence un second Ouvrage de notre Auteur,,
dont on va parler , et qui acheve de remplir le
premier Tome.
Cet Ouvrage , divisé en plusieurs Livres , est
tout historique , et regarde l'Empire d'Occident ,
de Occidentali Imperio. Il a été revû et illustré
par un sçavant Benedictin du Mont- Cassin, nommé le P. Dom Janvier Salinas , Napolitain.
M. Arlegati fait ici un court éloge de la capacité
de ce Religieux , dont le travail immense doit Stre
2394 MERCURE DE FRANCE
1
être d'un grand secours
à ceux qui étudieront cet
autre Quvrage de Sigonius
.
Le second Volume contiendra en XX
. Livres
P'Histoire du Regne d'Italie
, de REGNO ITALIE
C'est la revision de ce grand Ouvrage
, qui occupe actuellement M. Argelati , aidé des lumieres et du travail infatigable de M. Joseph- Antoi
ne Saxi
, Préfet de la Bibliotheque Ambroisienne. Ce travail sera sans doute d'une grande utilité à cette partie de l'Edition de Sigonius , on
en peut juger par le témoignage qu'en rend l'Editeur , il est magnifique et fort étendu dans le
Programme Latin
.
,
M. Argelati déclare ensuite qu'il n'a fait encore aucun arrangement à l'égard des autres
Ouvrages de Sigonius
, mais que chacun de ces
Ouvrages paroîtra dans cette Edition avec les
Notes et les Observations qui lui conviennent
soit anciennes et déja publiées
, soit nouvelles et
fournies par de sçavans Hommes
. Par exemple
,
à l'égard des Traitez intitulez de Antiquo Jure Civium Romanorum , Italia ac Provinciarum,
de Judiciis. De Binis Comitiis et Lege curiata.
On aura dans la nouvelle Edition
, non
-seulement les Annotations de Grævius , répandues
dans son Trésor des Antiquitez Romaines
, mais
encore les Prolegomenes du sçavant Horatius
Blanci
. Jurisconsulte Romain
, et les Commentaires suivis de Jean Maderni de Milan , autre
fameux Jurisconsulte
.
,
et.
Pour ce qui regarde les Livres de Atheniensium,
eorumque ac Lacedamoniorum Temporibus
, P'Illustre Editeur nous apprend qu'ils ont occupé la
capacité d'un Homme de Lettres des plus versez dans la connoissance des Langues Orientales , et
dans celle de l'Histoire
, lequel s'est enfin renda
NOVEMBRE. 1732. 2395
du à ses instances réïterées , à condition qu'il ne
seroit point nommé ; rare exemple de modestie , consentant avec peine qu'on nommât seulement la Compagnie de Jesus , dont il est mem
bre. Surquoi M. Argelati prend occasion de
marquer en ces termes , sa reconnoissance generale et particuliere : Hoc erit perpetua laudis argumentum; nam sicut cœtus iste Lucidissimas quot in cœlo stellas doctrinarum omnium faces enumerat.
ita cuique me devotum beneficiorum acceptorum memoria perpetuo profiteor.
Sigonius ne s'est pas contenté de traiter l'Histoire et l'Antiquité prophane. Il a aussi écrit sur
la Republique des Hebreux , et des Commentaires
sur l'Histoire de Sulpice Severe , qui ont été publiez de son vivant ; sans compter huit Livres entiers de l'Histoire de l'Eglise , qu'il avoit composez , et qu'on ne desespere pas de retrouver. Le
tout ensemble pourra former un volume entier ,
séparé des autres , suivant le plan de l'habile Editeur , qui a eu soin d'enrichir les deux premiers Ouvrages des Notes et des Eclaircissemens dont
ils avoient besoin.
Il marque là-dessus sa parfaité reconnoissance
envers M. l'Abbé Laurent Maffei , si connu par
ses Ouvrages , et particulierement par ses Re- marques sur le 4° Tome d'Anastase le Bibliotequaire. Ce Docte Abbé s'est en effet donné de
grands soins pour ce qui regarde les Livres de
la République des Hebreux , et les Commentalres sur Sulpice Severe , lesquels servent beaucoup pour l'intelligence du premier Ouvrage.
Nul n'étoit plus propre que lui pour ce travail
ni plus à portée de profiter de plusieurs secours ;
singulierement de celui de la Biblioteque du Comte Charles Archinto , l'une des plus belles et des
mieux fournies dè l'Italic,
Majs
2396 MERCURE DE FRANCE
Mais ce que M. Argelati a le plus affectionné
entre les Ouvrages de Sigonius , c'est ce que cet
Auteur a écrit de la Ville de Boulogne , Patrie de
l'Editeur , qui a quelque rapport à l'Histoire
tant sacrée que prophane. Il s'est présenté plusieurs Sçavans Boulonnois , que le même amour
de la Patrie a portés à concourir là - dessus, avec
M. Argelati. Deux de ces Sçavans , Auteurs de
plusieurs Ouvrages imprimez , ont principalement mis la main à l'œuvre : sçavoir , le R. P.
Louis Rabbi Servite , qui a revû tout ce qui concerne l'Histoire Sainte ; et M. Alexandre Machiavelli, fameux Jurisca soulte , qui s'est donné
le mêmesoin pour l'Histoire prophane.
A l'égard de la Vie du Celebre André Doria
écrite par Sigonius, M Argelati ne s'est déchargé sur personne du soin de la revoir et d'y faire
les augmentations convenables ; il s'est attaché
sur tout à y ajouter les Traitez, les Négociations
et les autres Actes publics des affaires importan
tes ausquelles ce grand Capitaine a eu part. Ces Monumens ont été tirez des Archives de la République de Gennes, et obligemment communiquez par M. Mutius , à qui la Garde en est confiée , et qui aime beaucoup les Lettres et les
Sçavans.
Je ne doute pas , Monsieur , que M. Argelati
ne voye aussi , avec plaisir , peut-être avec quel- que profit,certaines circonstances de la Vie d'André Doria , qui sont dans les Lettres que je me suis donné l'honneur de vous écrire au sujet de
la conquête d'Oran , et qui sont omises dans
Sigonius : La Médaille , par exemple , frappée
en son honneur , que j'ai fait graver , et la Statue de Marbre qui lui a été érigée , qu'on peut
• Mercure de Septembre 1732.
faire
NOVEMBRE. 1732. 2397
faire graver dans la nouvelle Edition ; à quoi je
dois ajoûter deux beaux Portraits du même An
dré Doria , qui ont été peints , l'un par Sébas
tien Vénitien Frate del Piombo , vers l'année
1540 et l'autre par Agnolo Bronzino , Peintre
de réputation , Eleve de Piantorme , vers 1550.
lesquels doivent être à Gennes , dans le Palais
Doria.
Sigonius ayant aussi écrit la Vie de Scipion , et celle de P. Emile , sur les Monumens Histori-'
ques , Grecs et Latins , M. Argelati s'est pareillement appliqué à les revoir et à les perfectionner.
Enfin le Sçavant Editeur s'est entierement prêté
à la revision, à la Critique et à l'illustration du Traité , intitulé : Judicium de Romana Historia
Scriptoribus : Ouvrage que plusieurs Critiques ont douté être veritablement de Sigonius. M. Argelati y a épuisé sa patience et n'a rien oublié pour le rendre utile ; nouvelles Cartes Géographiques ,
plus exactes que les premieres , Tables et Indices
tres amples , enfin tout ce qui peut concourir à
rendre un Ouvrage parfait , a été employé.
Voilà , Monsieur , l'Exposition la plus exacte
et la plus abrégée que je puis vous faire de l'entreprise et du labeur de M. Argelati , sur les Euvres de Sigonius , tirée de son Programme Latin.
Je ne doute pas que vous n'en soyicz édifié , ainsi
que de sa générosité et de son désinteressement. Ilfinit , en marquant sa parfaite reconnoissance
envers Sa Majesté Imperiale , Auguste Protec
trice de la Société Palatine de Milan , sous les
Auspices de laquelle , lui et tous les Membres de
cette Académie , travaillent heureusement à l'avancement des Lettres , et en particulier à la perfection de l'Histoire, Je suis , Monsieur , &c.
A Paris , ce 25 Octobre 1732
L. R. écrite à M le Marquis de B.
dans laquelle , à l'occasion d'Oran , et
d'André Doria, il est parlé d'une nouvelle
Edition des Oeuvres de Sigonius , &C.
J
2
E ne vous parle plus , Monsieur , d'Oran ni
de Marsalquibir. Vous êtes suffisamment ins
truit de toutes les circonstances de la conquête
de ces deux Places, et des suites qu'elle a eues jus
qu'à présent. La saison où nous sommes défend
L'attendre d'autres progrès avant le retour du
Printemps. Vous sçavez , sans doute , Monsieur , que dès le commencement du mois de
Septembre la Mer Mediterranée n'est presque
plus praticable du côté de la Barbarie , et qu'il
en coûta cher à l'Empereur Charles V. lorsqu'il
entreprit en personne, au mois d'Octobre 1541 .
La Conquête d'Alger , avec une puissante Flote
qui périt miserablement sur ces Côtes. Laissons
donc pour quelque- tems les Affaires d'Affrique.
Oran sçaura bien- en attendant , se soutenir
avec un si brave * Gouverneur, contre les foibles
efforts des Maures. C'est inutilement qu'ils ont
attaqué depuis quelques tems le Fort de S. André , c'est avec aussi peu de succès qu'ils ont
cru faire une diversion importante en engageant
le Roi de Maroc à faire de nouveaux efforts contre la Ville de Ceuta , efforts favorisez par la
*Le Marquis de Santa-Crux.
D v
déser-
1 2390 MERCURE DE FRANCE
* désertion et par la trahison d'unSeigneur Espagnol , que sa conscience punit peut être déja , et
que le Ciel confondra un jour. Mettons plutôt
Monsieur , à la place d'Exploits guerriers , qui
ne sont pas de saison , quelque chose qui ne soie
guéres moins de votre ressort , et qui puisse vous
Occuper agréablement dans le séjour que vous continuez de faire dans vos Terres.
>
Un sujet se présente ici naturellement , et qui
un raport indirect à celui que je suis obligé de
quitter ou de suspendre. J'ai eu l'honneur de
vous parler dans ma derniere Lettre du Sçavant
Jesuite , Charles Sigonius , Auteur de la vie d'André Doria , et je vous ai dit , ce me semble
qu'il n'est pas aisé d'assembler tous ses Ouvra→
ges , qui sont cependant considérables , cet Au- teur n'ayant traité que de grands sujets et
Payant toujours fait habilement, ils manquent aut
jourdhui dans plusieurs bonnes Bibliotheques , et
les Provinces en sont presque entierement de
pourvûës. Comme je me plaignois de cette disette,
et que je faisois des vœux pour une nouvelle Edia
tion , j'ai été agréablement surpris par la récep
tion d'un Imprimé latin de 8. pages in- 4. pu
blié à Milan il y a quelques mois , qui contient
le plan d'une belle Edition de Sigonius , laquelle
se fait actuellement dans cette Ville. C'est, Monsieur , de quoi j'aurai l'honneur de vous rendre
compte dans ma Lettre d'aujourd'hui.
L'Auteur de cette entreprise est M. Argelati ,
Homme du premier mérite , et des plus connus
dans la République des Lettres , singulierement par la part qu'il à au vaste Recueil des Ecrivains
de l'Histoire d'Italie Il est Directeur de la Sa
*Le Duc de Riperda.
cieté
NOVEMBRE. 1732 2391
cieté Palatine , Académie des plus celébres de
l'Europe , fondée à Milan par le Comte Archin
to , Neveu du Cardinal- Archevêque de ce même ´nom.
M. Argelati commence dans son Ecrit adressé
à tous les Sçavans de l'Europe , par relever le
mérite litteraire de Sigonius , reconnu de tout
le monde sçavant , et le prix de ses Ouvrages ,
imprimez plus d'une fois , tant en Italie que
dans le reste de l'Europe , ce qui n'a pas empê
ché , dit-il , qu'ils ne soient devenus enfin d'une
grande rareté , au regret des habiles gens , et
surtout des amateurs de l'Antiquité. Il y a longtems que notre Sçavant s'étoit proposé de remé
dier à cet inconvenient, en donnant une nouvelle
Edition de Sigonius ; il s'y est enfin déterminé ,
et il a mis la main à l'œuvre dans les conjonctures , et par les considerations énoncées assez au
long dans son Programme que je me dispense de répéter ici.
Je n'obmettrai pas cependant une circonstance bien louable , qui marque un grand désinteressement et un pareil amour pour les Lettres ,
c'est que pour accelerer cette Edition, et pour le
ver toute difficulté , M. Argelati s'est mis en
état de fournir de son propre fonds tout ce qui
peut être nécessaire à l'éxecution de son entreprise , pour ne faire aucun tort aux Membres de
Ja Societé Palatine ni au Public , ne Palatinorum
Sociorum , dit- il , rationes diverterem in aliam causam , vel postrema comuni cura priorem aliquantisperpublico cum incommodo turbarem.
Le premier soin du sçavant Editeur a été de rechercher et d'assembler en un corps , non- seulement tous les Ouvrages imprimez de Sigonius ,
dont quelques-uns sont devenus très-rares , mais
D vj encore
2392 MERCURE DE FRANCE
encore ceux qui n'ont jamais vu le jour : ce qu'il n'a pû faire par lui-même a été éxecuté par des
Amis sçavans et éclairez. Visite de Bibliotheques, d'Archives publiques et particulieres , rien
n'a été oublié ; ce qui a été suivi d'un succès
auquel M. Argelati avoue que la grande réputa tion de Sigonius a eu beaucoup de part , particulierement à l'égard des Ouvrages Manuscrits de
notre Auteur , dont cette nouvelle Edition sera enrichie dans les derniers volumes.
L'ordre et la coutume demandoient de mettre
à la tête de l'Edition un abregé de la vie du celébre Sigonius. Personne ne pouvoit mieux s'en
acquitter , dit M. Argelati , que M. L. A. Muratori , qui outre son rate sçavoir et sa sagacité ,
se trouve être de la même Ville de Modene , Paarie de Sigonius , et par conséquent plus à portée
qu'un autre de prendre des instructions domesiques et sûres. Le succès de ce travail a été audelà de tout ce qu'on pouvoit attendre de M. Muratori. Ceux qui aiment à s'instruire de l'Histoire Litteraire et personnelle de certains Sçavans ,
trouveront, sans doute,de quoi se contenter dans le travail dont il s'est chargé au sujet de Sigonius. Sur quoi M. Argelati lui marque une parfaite reconnoissance.
Le premier volume de la nouvelle Edition commence par les Fastes Consulaires de cet Auteur.
Tout le monde connoît l'importance et la necessité des Fastes Consulaires , on sçait aussi en combien d'embarras et de difficultez ils ont souvent jetté les amateurs de l'Antiquité. On avoit
lieu de croire que cet Ouvrage , si pénible en soi,
avoit été rendu parfait par le travail de Sigonius:
mais comme depuis sa mort , on a déterré quan
tité de Monumens Antiques , et qu'on en désouyre
NOVEMBRE. 1732. 2393
couvre encore tous les jours , on s'en est servi
pour perfectionner encore davantage , pour corriger même en plusieurs endroits l'Ouvrage du docte Ecrivain, C'est un soin dont a bien voulu
se charger , à la priere de M. Argelati , le R. P.
Joseph- Marie Stampa de Côme , Clerc Régulier
de la Congrégation des Somasques , qui a fait entrer dans cette Edition toutes les Observations
des plus célebres Critiques sur le sujet en question, sçavoir celles du P. Petau, de Pighius , d'Almelowen , qui ont plus servi à confirmer qu'à
corriger les Fastes de Sigonius , celles de Mezabarba , du P. Pagi , de M. de Tillemont , du P. Blanchini , et suivant l'ordre des tems , celles
du Cardinal Noris , de M. Reland , de Cuspinien , et de Panvinius , sans oublier les propres
Observations du P. Stampa , qui n'a pas toujours
souscrit à toutes les Remarques de ces grands
Critiques , et qui a donné de son fonds une belle
Dissertation préliminaire , et d'autres Discours
remplis d'érudition sur cette matiere , à quoi il
faut ajoûter la continuation des mêmes Fastes ,
qu'il a conduits depuis la mort d'Auguste , Epoque où Sigonius s'étoit arrêté , jusqu'à l'Empire
de Diocletien et de Max imien. Autre Epoque où
commence un second Ouvrage de notre Auteur,,
dont on va parler , et qui acheve de remplir le
premier Tome.
Cet Ouvrage , divisé en plusieurs Livres , est
tout historique , et regarde l'Empire d'Occident ,
de Occidentali Imperio. Il a été revû et illustré
par un sçavant Benedictin du Mont- Cassin, nommé le P. Dom Janvier Salinas , Napolitain.
M. Arlegati fait ici un court éloge de la capacité
de ce Religieux , dont le travail immense doit Stre
2394 MERCURE DE FRANCE
1
être d'un grand secours
à ceux qui étudieront cet
autre Quvrage de Sigonius
.
Le second Volume contiendra en XX
. Livres
P'Histoire du Regne d'Italie
, de REGNO ITALIE
C'est la revision de ce grand Ouvrage
, qui occupe actuellement M. Argelati , aidé des lumieres et du travail infatigable de M. Joseph- Antoi
ne Saxi
, Préfet de la Bibliotheque Ambroisienne. Ce travail sera sans doute d'une grande utilité à cette partie de l'Edition de Sigonius , on
en peut juger par le témoignage qu'en rend l'Editeur , il est magnifique et fort étendu dans le
Programme Latin
.
,
M. Argelati déclare ensuite qu'il n'a fait encore aucun arrangement à l'égard des autres
Ouvrages de Sigonius
, mais que chacun de ces
Ouvrages paroîtra dans cette Edition avec les
Notes et les Observations qui lui conviennent
soit anciennes et déja publiées
, soit nouvelles et
fournies par de sçavans Hommes
. Par exemple
,
à l'égard des Traitez intitulez de Antiquo Jure Civium Romanorum , Italia ac Provinciarum,
de Judiciis. De Binis Comitiis et Lege curiata.
On aura dans la nouvelle Edition
, non
-seulement les Annotations de Grævius , répandues
dans son Trésor des Antiquitez Romaines
, mais
encore les Prolegomenes du sçavant Horatius
Blanci
. Jurisconsulte Romain
, et les Commentaires suivis de Jean Maderni de Milan , autre
fameux Jurisconsulte
.
,
et.
Pour ce qui regarde les Livres de Atheniensium,
eorumque ac Lacedamoniorum Temporibus
, P'Illustre Editeur nous apprend qu'ils ont occupé la
capacité d'un Homme de Lettres des plus versez dans la connoissance des Langues Orientales , et
dans celle de l'Histoire
, lequel s'est enfin renda
NOVEMBRE. 1732. 2395
du à ses instances réïterées , à condition qu'il ne
seroit point nommé ; rare exemple de modestie , consentant avec peine qu'on nommât seulement la Compagnie de Jesus , dont il est mem
bre. Surquoi M. Argelati prend occasion de
marquer en ces termes , sa reconnoissance generale et particuliere : Hoc erit perpetua laudis argumentum; nam sicut cœtus iste Lucidissimas quot in cœlo stellas doctrinarum omnium faces enumerat.
ita cuique me devotum beneficiorum acceptorum memoria perpetuo profiteor.
Sigonius ne s'est pas contenté de traiter l'Histoire et l'Antiquité prophane. Il a aussi écrit sur
la Republique des Hebreux , et des Commentaires
sur l'Histoire de Sulpice Severe , qui ont été publiez de son vivant ; sans compter huit Livres entiers de l'Histoire de l'Eglise , qu'il avoit composez , et qu'on ne desespere pas de retrouver. Le
tout ensemble pourra former un volume entier ,
séparé des autres , suivant le plan de l'habile Editeur , qui a eu soin d'enrichir les deux premiers Ouvrages des Notes et des Eclaircissemens dont
ils avoient besoin.
Il marque là-dessus sa parfaité reconnoissance
envers M. l'Abbé Laurent Maffei , si connu par
ses Ouvrages , et particulierement par ses Re- marques sur le 4° Tome d'Anastase le Bibliotequaire. Ce Docte Abbé s'est en effet donné de
grands soins pour ce qui regarde les Livres de
la République des Hebreux , et les Commentalres sur Sulpice Severe , lesquels servent beaucoup pour l'intelligence du premier Ouvrage.
Nul n'étoit plus propre que lui pour ce travail
ni plus à portée de profiter de plusieurs secours ;
singulierement de celui de la Biblioteque du Comte Charles Archinto , l'une des plus belles et des
mieux fournies dè l'Italic,
Majs
2396 MERCURE DE FRANCE
Mais ce que M. Argelati a le plus affectionné
entre les Ouvrages de Sigonius , c'est ce que cet
Auteur a écrit de la Ville de Boulogne , Patrie de
l'Editeur , qui a quelque rapport à l'Histoire
tant sacrée que prophane. Il s'est présenté plusieurs Sçavans Boulonnois , que le même amour
de la Patrie a portés à concourir là - dessus, avec
M. Argelati. Deux de ces Sçavans , Auteurs de
plusieurs Ouvrages imprimez , ont principalement mis la main à l'œuvre : sçavoir , le R. P.
Louis Rabbi Servite , qui a revû tout ce qui concerne l'Histoire Sainte ; et M. Alexandre Machiavelli, fameux Jurisca soulte , qui s'est donné
le mêmesoin pour l'Histoire prophane.
A l'égard de la Vie du Celebre André Doria
écrite par Sigonius, M Argelati ne s'est déchargé sur personne du soin de la revoir et d'y faire
les augmentations convenables ; il s'est attaché
sur tout à y ajouter les Traitez, les Négociations
et les autres Actes publics des affaires importan
tes ausquelles ce grand Capitaine a eu part. Ces Monumens ont été tirez des Archives de la République de Gennes, et obligemment communiquez par M. Mutius , à qui la Garde en est confiée , et qui aime beaucoup les Lettres et les
Sçavans.
Je ne doute pas , Monsieur , que M. Argelati
ne voye aussi , avec plaisir , peut-être avec quel- que profit,certaines circonstances de la Vie d'André Doria , qui sont dans les Lettres que je me suis donné l'honneur de vous écrire au sujet de
la conquête d'Oran , et qui sont omises dans
Sigonius : La Médaille , par exemple , frappée
en son honneur , que j'ai fait graver , et la Statue de Marbre qui lui a été érigée , qu'on peut
• Mercure de Septembre 1732.
faire
NOVEMBRE. 1732. 2397
faire graver dans la nouvelle Edition ; à quoi je
dois ajoûter deux beaux Portraits du même An
dré Doria , qui ont été peints , l'un par Sébas
tien Vénitien Frate del Piombo , vers l'année
1540 et l'autre par Agnolo Bronzino , Peintre
de réputation , Eleve de Piantorme , vers 1550.
lesquels doivent être à Gennes , dans le Palais
Doria.
Sigonius ayant aussi écrit la Vie de Scipion , et celle de P. Emile , sur les Monumens Histori-'
ques , Grecs et Latins , M. Argelati s'est pareillement appliqué à les revoir et à les perfectionner.
Enfin le Sçavant Editeur s'est entierement prêté
à la revision, à la Critique et à l'illustration du Traité , intitulé : Judicium de Romana Historia
Scriptoribus : Ouvrage que plusieurs Critiques ont douté être veritablement de Sigonius. M. Argelati y a épuisé sa patience et n'a rien oublié pour le rendre utile ; nouvelles Cartes Géographiques ,
plus exactes que les premieres , Tables et Indices
tres amples , enfin tout ce qui peut concourir à
rendre un Ouvrage parfait , a été employé.
Voilà , Monsieur , l'Exposition la plus exacte
et la plus abrégée que je puis vous faire de l'entreprise et du labeur de M. Argelati , sur les Euvres de Sigonius , tirée de son Programme Latin.
Je ne doute pas que vous n'en soyicz édifié , ainsi
que de sa générosité et de son désinteressement. Ilfinit , en marquant sa parfaite reconnoissance
envers Sa Majesté Imperiale , Auguste Protec
trice de la Société Palatine de Milan , sous les
Auspices de laquelle , lui et tous les Membres de
cette Académie , travaillent heureusement à l'avancement des Lettres , et en particulier à la perfection de l'Histoire, Je suis , Monsieur , &c.
A Paris , ce 25 Octobre 1732
Fermer
Résumé : CINQUIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M le Marquis de B. dans laquelle, à l'occasion d'Oran, et d'André Doria, il est parlé d'une nouvelle Edition des Oeuvres de Sigonius, &c.
La cinquième lettre de M. D. au Marquis de B. aborde les récentes conquêtes d'Oran et de Marsalquibir, soulignant que la saison rend impossible toute nouvelle avancée militaire avant le printemps. L'auteur évoque les difficultés rencontrées par l'Empereur Charles V lors de la conquête d'Alger en 1541 et espère qu'Oran, sous la gouvernance du Marquis de Santa-Crux, pourra résister aux attaques maures. Le texte change ensuite de sujet pour discuter de la nouvelle édition des œuvres de Carlo Sigonio (Sigonius), un savant jésuite. Les œuvres de Sigonius, bien que considérées comme importantes, sont rares et difficiles à trouver. Une nouvelle édition est en cours à Milan, dirigée par M. Argelati, un homme de lettres renommé. Cette édition inclut non seulement les œuvres imprimées de Sigonius, mais aussi des manuscrits inédits. M. Argelati a rassemblé ces œuvres avec l'aide de savants et de bibliothèques publiques et privées. L'édition est enrichie par des contributions de plusieurs érudits, comme le Père Joseph-Marie Stampa pour les Fastes Consulaires, et le Père Dom Janvier Salinas pour l'histoire de l'Empire d'Occident. Le second volume traitera de l'histoire du règne d'Italie, révisée par M. Joseph-Antoine Saxi. Chaque ouvrage sera accompagné de notes et d'observations, anciennes et nouvelles, fournies par des savants. M. Argelati a également révisé et perfectionné plusieurs écrits de Sigonius, notamment la vie de Scipion et celle de P. Émile, en se basant sur des monuments historiques grecs et latins. Il a travaillé sur la révision critique et l'illustration du traité 'Judicium de Romana Historia Scriptoribus', dont l'authenticité avait été remise en question. Pour ce traité, Argelati a ajouté des cartes géographiques plus exactes, des tables et des indices amples afin de rendre l'ouvrage parfait. Le texte mentionne également des portraits d'André Doria, peints par Sébastien Vénitien Frate del Piombo vers 1540 et par Agnolo Bronzino vers 1550, conservés à Gênes dans le Palais Doria. Enfin, Argelati exprime sa reconnaissance envers Sa Majesté Impériale, protectrice de la Société Palatine de Milan, sous l'égide de laquelle il et les membres de l'Académie travaillent à l'avancement des lettres et à la perfection de l'histoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 2486-2488
ESPAGNE.
Début :
On a appris d'Oran, que les deux Convois qu'on y avoit envoyez de Cadix et d'Alicante [...]
Mots clefs :
Espagne, Oran, Dey d'Alger, Divan, Marquis de Santa Cruz
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Na appris d'Oran , que les deux Convois
qu'on y avoit envoyez de Cadix et d'Alicante , y étoient arrivez ; que quelques Troupes
de Maures descendus des Montagnes , continuoient d'inquieter la Garnison qui est occupée
à de nouvelles fortifications qu'on y construitt;
que le Marquis de Santa-Cruz avoit envoyé contre eux quelques détachemens qui les avoient
obligez à prendre la fuite; et qu'il ne paroissoit pas qu'on eût rien à craindre de leur part ,
tant que les Algeriens seroient hors d'état de
mettre une Flotte en Mer ; que le Dey d'Alger
étoit mort le 3. de Septembre , âgé d'environ 88 .
ans , et que le Cnafnagi ou Trésorier de la Régence, son beau-frere , avoit été élu en sa place.
Les dernieres Lettres d'Oran , portent que les
Maures avoient commencé le Siege de cette Place
avec deux Armées , l'une commandée par Bigotillo , qui en étoit cy-devant Gouverneur , et
l'autre par le fils du feu Dey d'Alger ; que le Marquis de Santa- Cruz ayant détaché roo.
hommes de sa Garnison pour escorter un Convoi qu'il vouloit faire entrer dans le Fort de
fainte Croix , les Maures avoient attaqué l'es- Corte ; que l'action avoit été très- vive d'abord ,
mais que les Espagnols ayant mis la bayonette
aubout du fusil, les Maures avoient pris la fuite
après avoir perdu près de 1200. hommes , et que le Convoi étoit entré dans le Fort , dont on avoit
réparé la breche qui y avoit êté faite quelques
jours auparavant ; que depuis cette action ;
Maures s'étoient emparez d'un poste important
qui ôtoit la communication entre la Ville ee le
>
les
{Fort
NOVEMBRE. 1732. 2487
Fort , que ce poste n'étant pas éloigné de la Mer,
quelques Vaisseaux de guerre Espagnols arrivez d'Alicante , avoient cañonné les Ennemis et les
avoient obligez de l'abandonner ; que l'Artillerie
des Maures étoit mal servie , qu'ils manquoient
de munitions de guerre,et qu'on avoit appris par
un Deserteur qu'il s'étoit tenu à Alger un Divan,
dans lequel le nouveau Dey avoit demandé des
secours pour continuer le Siege d'Oran , mais que
Jes autres Chefs de la Régence avoient réprésenté
que c'étoit une entreprise témeraire , et qu'il étoit
impossible de reprendre cette Place tant que la
Régence n'auroit pas de Flotte pour empêcher
l'arrivée des secours. Ces Lettres ajoûtent que le
Marquis de Santa Cruz étoit résolu d'attaquer les
Maures dans leurs tranchées, et de les obliger à lever le Siege , aussi - tôt qu'il auroit reçu le renfort de Troupes qu'il attendoit de Barcelone et d'Alicante.
$ On a reçû avis que le 17. Octobre , le Gouverneur de Ceuta a fait une sortie composée de
12. Bataillons de 14. Compagnies de Grenadiers
et de toute la Cavalerie de la Garnison ; que ces Troupes ayant attaqué les Maures dans leurs
tranchées , les avoient obligez de prendre la fuite
après un combat de six heures , qu'ils avoient abandonné leurs munitions de leur Ar- guerre ,
tillerie et toutes leurs provisions ; qu'on avoit
encloüé leurs Canons, brulé leurs Baraques, comblé leurs tranchées et abandonné leur Camp au
pillage des Soldats Espaglols.
Le Marquis de Santa Cruz ayant écrit en Cour
depuis , qu'il avoit paru dans le Canal d'Oran ,
neuf Vaisseaux de guerre Algeriens , un de 70.
pieces de Canon , quatre de so. et les autres de
30. à 40. le Roi a envoyé des Ordres aux ComHvj mandans
2498 MERCURE DE FRANCE
mandans des Vaisseaux de guerre la Galice
l'Andalousie , le Conquerant et le Lion , de join- dre trois autres Vaisseaux de guerre Maltois qui
sont sortis depuis peu d'Alicante , et d'aller en
semble attaquer les Vaisseaux Algeriens.
Na appris d'Oran , que les deux Convois
qu'on y avoit envoyez de Cadix et d'Alicante , y étoient arrivez ; que quelques Troupes
de Maures descendus des Montagnes , continuoient d'inquieter la Garnison qui est occupée
à de nouvelles fortifications qu'on y construitt;
que le Marquis de Santa-Cruz avoit envoyé contre eux quelques détachemens qui les avoient
obligez à prendre la fuite; et qu'il ne paroissoit pas qu'on eût rien à craindre de leur part ,
tant que les Algeriens seroient hors d'état de
mettre une Flotte en Mer ; que le Dey d'Alger
étoit mort le 3. de Septembre , âgé d'environ 88 .
ans , et que le Cnafnagi ou Trésorier de la Régence, son beau-frere , avoit été élu en sa place.
Les dernieres Lettres d'Oran , portent que les
Maures avoient commencé le Siege de cette Place
avec deux Armées , l'une commandée par Bigotillo , qui en étoit cy-devant Gouverneur , et
l'autre par le fils du feu Dey d'Alger ; que le Marquis de Santa- Cruz ayant détaché roo.
hommes de sa Garnison pour escorter un Convoi qu'il vouloit faire entrer dans le Fort de
fainte Croix , les Maures avoient attaqué l'es- Corte ; que l'action avoit été très- vive d'abord ,
mais que les Espagnols ayant mis la bayonette
aubout du fusil, les Maures avoient pris la fuite
après avoir perdu près de 1200. hommes , et que le Convoi étoit entré dans le Fort , dont on avoit
réparé la breche qui y avoit êté faite quelques
jours auparavant ; que depuis cette action ;
Maures s'étoient emparez d'un poste important
qui ôtoit la communication entre la Ville ee le
>
les
{Fort
NOVEMBRE. 1732. 2487
Fort , que ce poste n'étant pas éloigné de la Mer,
quelques Vaisseaux de guerre Espagnols arrivez d'Alicante , avoient cañonné les Ennemis et les
avoient obligez de l'abandonner ; que l'Artillerie
des Maures étoit mal servie , qu'ils manquoient
de munitions de guerre,et qu'on avoit appris par
un Deserteur qu'il s'étoit tenu à Alger un Divan,
dans lequel le nouveau Dey avoit demandé des
secours pour continuer le Siege d'Oran , mais que
Jes autres Chefs de la Régence avoient réprésenté
que c'étoit une entreprise témeraire , et qu'il étoit
impossible de reprendre cette Place tant que la
Régence n'auroit pas de Flotte pour empêcher
l'arrivée des secours. Ces Lettres ajoûtent que le
Marquis de Santa Cruz étoit résolu d'attaquer les
Maures dans leurs tranchées, et de les obliger à lever le Siege , aussi - tôt qu'il auroit reçu le renfort de Troupes qu'il attendoit de Barcelone et d'Alicante.
$ On a reçû avis que le 17. Octobre , le Gouverneur de Ceuta a fait une sortie composée de
12. Bataillons de 14. Compagnies de Grenadiers
et de toute la Cavalerie de la Garnison ; que ces Troupes ayant attaqué les Maures dans leurs
tranchées , les avoient obligez de prendre la fuite
après un combat de six heures , qu'ils avoient abandonné leurs munitions de leur Ar- guerre ,
tillerie et toutes leurs provisions ; qu'on avoit
encloüé leurs Canons, brulé leurs Baraques, comblé leurs tranchées et abandonné leur Camp au
pillage des Soldats Espaglols.
Le Marquis de Santa Cruz ayant écrit en Cour
depuis , qu'il avoit paru dans le Canal d'Oran ,
neuf Vaisseaux de guerre Algeriens , un de 70.
pieces de Canon , quatre de so. et les autres de
30. à 40. le Roi a envoyé des Ordres aux ComHvj mandans
2498 MERCURE DE FRANCE
mandans des Vaisseaux de guerre la Galice
l'Andalousie , le Conquerant et le Lion , de join- dre trois autres Vaisseaux de guerre Maltois qui
sont sortis depuis peu d'Alicante , et d'aller en
semble attaquer les Vaisseaux Algeriens.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, des convois de Cadix et Alicante ont atteint Oran, où la garnison construit de nouvelles fortifications. Les troupes mauresques, descendues des montagnes, inquiètent la garnison. Le Marquis de Santa-Cruz a repoussé les Maures, dont la menace est limitée par l'absence de flotte algérienne. Le Dey d'Alger est décédé, et son beau-frère, le Cnafnagi, a été élu à sa place. Les Maures ont commencé le siège d'Oran avec deux armées commandées par Bigotillo et le fils du défunt Dey. Le Marquis de Santa-Cruz a envoyé 100 hommes pour escorter un convoi vers le Fort de Sainte-Croix, repoussant les assaillants qui ont perdu près de 1200 hommes. Les Maures ont coupé la communication entre la ville et le fort, mais des vaisseaux espagnols les ont forcés à abandonner le poste. Les Maures manquent de munitions et d'artillerie efficace. Le Marquis de Santa-Cruz prévoit d'attaquer les Maures dès l'arrivée de renforts. À Ceuta, le gouverneur a repoussé les Maures après un combat de six heures. Neuf vaisseaux algériens ont été repérés dans le canal d'Oran. Le roi a ordonné aux commandants des vaisseaux de guerre de Galice, Andalousie, Conquerant et Lion de se joindre à trois vaisseaux maltais pour attaquer les vaisseaux algériens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 2488-2489
PORTUGAL.
Début :
On a appris de Campo-Major, sur la Frontiere d'Espagne, que la nuit du 15. au 16, [...]
Mots clefs :
Portugal, Campo-Major, Orage, Lisbonne, Dey, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L..
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
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Résumé : PORTUGAL.
Le 15 au 16 septembre, un violent orage a frappé Campo-Mayor, à la frontière d'Espagne. La foudre a touché la grande tour du château, provoquant un incendie dans le magasin à poudre, qui contenait environ 120 000 livres de poudre, ainsi que des bombes et grenades chargées. L'explosion a détruit le château et ses quatre tours inférieures, ravageant plus des trois quarts de la ville. Quelques maisons ont été épargnées grâce à l'absence de communication du feu à une autre tour contenant encore 50 barils de poudre. L'hôpital des Frères de la Charité a été entièrement détruit, causant la mort d'un religieux et blessant les autres. Dans le couvent de l'Ordre de Saint-François, trois religieux ont été tués et les autres blessés. Le portail de la principale église et l'hôpital de la Miséricorde ont également été détruits. Le 19 septembre, environ 300 à 400 blessés et plus de 200 morts ont été retirés des ruines. Le roi a envoyé des chirurgiens de Lisbonne pour soigner les blessés et a ordonné des réparations urgentes des fortifications. Par ailleurs, le Dey de Tripoli a reçu un vaisseau de 50 canons chargé de munitions de guerre du Grand Seigneur, et a envoyé des troupes vers Oran pour menacer la garnison espagnole.
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8
p. 2692-2696
ESPAGNE.
Début :
Le 7. Novembre, on fit partir de Barcelone un Convoy de 25 Bâtimens de transport, [...]
Mots clefs :
Espagne, Convoi, Lettres, Oran, Ceuta, Marquis de Santa Cruz
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E7. Novembre , on fit partir de Barcelone
un Convoy de 25 Bâtimens de transport ,
escortés par le Vaisseau de Guerre le S. François , sur lesquels on avoit embarqué quatre Bataillons et 800. Grenadiers des Régimens des
Gardes Espagnols et Walones.
Le 10. ce Convoy passa à la hauteur d'Alicante , où il fut joint par les Vaisseaux de Guer- re de Malte , dont on a déja parlé , et par quatre
Vaisseaux de Guerre du Roi , qui n'ayant
pú doubler le Cap Palos , à cause des vents contraires , étoient entrés dans le Port d'Alicante.
Ces quatre Vaisseaux ont à bord un Bataillon du
Régiment d'Arragon , et 9. Compagnies du Régiment d'Ultonia , Infanterie ; on a appris depuis que ce Convoy est arrivé à Oran , dont la
Garnison , au moyen de ce renfort , est compo
sée présentement de 20 Bataillons et de 2 Compagnies de Grenadiers , dont celles des Régimens
des Gardes Espagnoles et Walonnes sont de cent hommes chacune.
Des Lettres écrites depuis portent que le
Gouverneur du Château de Sainte Croix s'étant
apperçu que les Maures travailloient dans un
Valon au pied de ce Château , avoit fait la nuit du 11 au 12 de Novembre une sortie de deux
Compagnies de Grenadiers et de quelques Tra
vailleurs qui les attaquerent et en tuerent un
grand nombre ; qu'on avoit reconnu alors
qu'ils avoient ouvert deux Mines au pied de ce
Fort , mais qu'il leur étoit impossible d'en tirer
aucun avantage , parce qu'il y avoit de ce côté-là
un Rocher d'une dureté impénétrable ; que les
1.Vol.
Maures
DECEMBRE. 1732. 2693
Maures qui avoient pris d'abord la fuite , étoient
revenus en plus grand nombre , et qu'ils avoient
attaqué les Grenadiers dans leur Retraite ; mais
que le feu du Fort les avoit obligez de se retirer
après avoir perdu plus de 400 hommes ; que les
Espagnols n'avoient eu que cinq Soldats de tuez dans cette sortie.
Ces Lettres ajoûtent que quelques déserteurs
Maures avoient rapporté que le nommé Lazarin ,
homme riche et puissant dans le pays , dont les
Terres étoient situées aux environs de Mostagan , à 14 lieues d'Oran , s'étoit retiré avec tous
ses effets et bestiaux , pour ne pas être exposé
aux cruautez de Bigotillo , l'un des Generaux
des Maures , et qu'en faveur des Chrétiens , il
avoit levé des Soldats Maures avec lesquels il
avoit enlevé une partie des Troupeaux de Bigotillo , et les avoit emmené dans des Terres éloignées , où il s'étoit retranché pour se deffendre
et conserver sa prise.
D'autres nouvelles reçues d'Oran portent , que
le 21 Novembre au matin , le Gouverneur de
Cette Ville avoit fait une sortie de 10000. hom
mes , qu'il avoit attaqué en même tems les
Turcs et les Maures dans leurs Tranchées ; qu'il
les avoit obligez de prendre la fuite après quelque résistance ; qu'il les avoit poursuivis plus
d'une fieue , et que la Garnison étoit rentrée dans la Place.
On a appris par des Lettres anterieures , qu'u
ne Compagnie de Grenadiers du Régiment de Cantabria , qui étoit dans un poste avancé , l'avoit abandonné sans qu'on sçut ce qui l'y avoit
obligé ; que quelques jours après , cette Compa
gnie se trouvant dans le même poste les ennemis étoient venus l'insulter , que le Lieutenant I. Vol. Hiiij s'é-
2894 MERCURE DE FRANCE
s'étoit avancé à la tête de 20 Grenadiers , la
bayonnette au bout du fusil , malgré les ordres
du Capitaine , qui le trai.oit de téméraire ; que
ce Lieutenant lui ayant répondu qu'il vouloit
faire voir que ce n'avoit point été par faute de
courage qu'on avoit fait la retraite des jours précédens , le Capitaine avoit marché avec toute
la Compagnie que Don François d'Araona Commandant du Château de Sainte Croix , et
du second Bataillon du même Régiment , avoit
joint cette Compagnie , qu'ils avoient attaqué
les Maures avec tant de valeur , qu'après leur
avoir tué plus de 200. hommes , ils les avoient Contraints de rentrer dans leurs tranchées.
Les dernieres Lettres reçûës portent , que dans
la sortie que le Marquis de Santa Cruz fit faire
le 21 de Novembre , il avoit fait attaquertous les
Postes occupez par les Turcs et les Maures , et
que s'étant apperçu qu'un Détachement des
Troupes Espagnoles avoit été coupé par un
Corps de Cavalerie Maure , et qu'il étoit en
danger d'être taillé en piéces , il étoit sorti de la Place à la tête d'un autre détachement pour le
secourir , qu'il avoit obligé ce Corps de Cavalerie à prendre la fuite ; qu'en même- tems les autres Troupes Espagnoles avoient chassé les
Maures de tous leurs quartiers ; que le Marquis
de Santa-Crux , Capitaine General´et Gouverneur d'Oran , le Marquis de Valdecanas , Brigadier des Armées du Roi , et le Colonel Don Joseph Pinel , ayant eu le malheur d'être tuez dans
ces differentes attaques , et que d'ailleurs ces
Troupes étant extrêmement fatiguées , elles
étoient rentrées dans la Place vers les cinq heures après midi : que le 23 , l'Officier qui commandoit dans Oran ,à la place du Marquis de
I. Vol Santa
DECEMBRE. 1722. 2695
1
Santa- Cruz , avoit fait une seconde sortie genezale , et qu'ayant attaqué en même- tems tous
les quartiers des Maures , il les en avoit chassés;
qu'on comptoit qu'ils avoient perdu plus de
Ioooo. hommes dans ces deux actions ; que les
Maures ayant passé les Montagues , n'avoient
pas reparu depuis le23.et que les détachemens de
Cavalerie qu'on avoit envoyés à la découverte
n'en avoient pû apprendre aucunes nouvelles.
Ces derniers avis ajoûtent , que du côté des
Espagnols il y avoit environ 600. hommes de
tuez , et près de 1500 blessez ; que les Troupes
Espagnoles qui sont encore à Oran montoient à
13000. hommes , et qu'une partie étoit actuellément campée hors de la Place dans le Camp
que les Turcs et les Maures occupoient , qu'elles
en avoient brûlé les barraques et détruit les
Fortins qu'ils avoient construits et élevez autour de ce Camp , et que quelques recherches
qu'on eut faites , on n'avoit encore pû trouver
le corps du Marquis de Santa- Cruz.
On mande de Seville , que le Marquis de
Villadarias , Lieutenant General des Armées du
Roi , que S. M. vient de nommer pour commander en Chef à Oran , à la place du Marquis de Santa- Cruz , doit s'y rendre incessam
ment.
On écrit de Ceuta que le 14 du mois dernier il étoit venu du côté de Tetuan un Corps de Troupes de 4000. hommes d'Infanterie , et de
4000. de Cavalerie , que le même jour le Gouverneur de Ceuta avoit fait une sortie qui avoit
mis toutes ces nouvelles Troupes en fuite ; les
mêmes Lettres portent que les Noirs de Miquenez s'étoient soulevez , et qu'ils avoient proclamé Roi un frere du Roi régnant , lequel s'étoi mis à leur tête,
I. Vole Hv D'au
2696 MERCURE DE FRANCE
D'autres Lettres portent que l'Armée du Roi
de Maroc se tenoit encore à plus d'une lieuë de
Ceuta sans oser rien entreprendre ; que le Gou- verneur voulant connoître sûrement l'état de cette Armée , avoit fait embarquer le 15 de Novembre so hommes qui avoient mis pied à terre
le 20 dans une plage où ils s'étoient cachez
derriere un Rocher ; que le 21 au matin huit
Maures armez s'étant approchez de ce Rocher
les Espagnols en avoient tué trois et fait deux
autres prisonniers que le bruit de la Mousquete- rie avoit attiré les Maures de ce côté là , mais
que les Espagnols avoient eu le tems de se rembarquer avec leurs prisonniers , desquels on avoit
appris qu'il n'y avoit dans le Camp des Maures
que 4000. hommes d'Infanterie et 1500. de
Cavalerie.
E7. Novembre , on fit partir de Barcelone
un Convoy de 25 Bâtimens de transport ,
escortés par le Vaisseau de Guerre le S. François , sur lesquels on avoit embarqué quatre Bataillons et 800. Grenadiers des Régimens des
Gardes Espagnols et Walones.
Le 10. ce Convoy passa à la hauteur d'Alicante , où il fut joint par les Vaisseaux de Guer- re de Malte , dont on a déja parlé , et par quatre
Vaisseaux de Guerre du Roi , qui n'ayant
pú doubler le Cap Palos , à cause des vents contraires , étoient entrés dans le Port d'Alicante.
Ces quatre Vaisseaux ont à bord un Bataillon du
Régiment d'Arragon , et 9. Compagnies du Régiment d'Ultonia , Infanterie ; on a appris depuis que ce Convoy est arrivé à Oran , dont la
Garnison , au moyen de ce renfort , est compo
sée présentement de 20 Bataillons et de 2 Compagnies de Grenadiers , dont celles des Régimens
des Gardes Espagnoles et Walonnes sont de cent hommes chacune.
Des Lettres écrites depuis portent que le
Gouverneur du Château de Sainte Croix s'étant
apperçu que les Maures travailloient dans un
Valon au pied de ce Château , avoit fait la nuit du 11 au 12 de Novembre une sortie de deux
Compagnies de Grenadiers et de quelques Tra
vailleurs qui les attaquerent et en tuerent un
grand nombre ; qu'on avoit reconnu alors
qu'ils avoient ouvert deux Mines au pied de ce
Fort , mais qu'il leur étoit impossible d'en tirer
aucun avantage , parce qu'il y avoit de ce côté-là
un Rocher d'une dureté impénétrable ; que les
1.Vol.
Maures
DECEMBRE. 1732. 2693
Maures qui avoient pris d'abord la fuite , étoient
revenus en plus grand nombre , et qu'ils avoient
attaqué les Grenadiers dans leur Retraite ; mais
que le feu du Fort les avoit obligez de se retirer
après avoir perdu plus de 400 hommes ; que les
Espagnols n'avoient eu que cinq Soldats de tuez dans cette sortie.
Ces Lettres ajoûtent que quelques déserteurs
Maures avoient rapporté que le nommé Lazarin ,
homme riche et puissant dans le pays , dont les
Terres étoient situées aux environs de Mostagan , à 14 lieues d'Oran , s'étoit retiré avec tous
ses effets et bestiaux , pour ne pas être exposé
aux cruautez de Bigotillo , l'un des Generaux
des Maures , et qu'en faveur des Chrétiens , il
avoit levé des Soldats Maures avec lesquels il
avoit enlevé une partie des Troupeaux de Bigotillo , et les avoit emmené dans des Terres éloignées , où il s'étoit retranché pour se deffendre
et conserver sa prise.
D'autres nouvelles reçues d'Oran portent , que
le 21 Novembre au matin , le Gouverneur de
Cette Ville avoit fait une sortie de 10000. hom
mes , qu'il avoit attaqué en même tems les
Turcs et les Maures dans leurs Tranchées ; qu'il
les avoit obligez de prendre la fuite après quelque résistance ; qu'il les avoit poursuivis plus
d'une fieue , et que la Garnison étoit rentrée dans la Place.
On a appris par des Lettres anterieures , qu'u
ne Compagnie de Grenadiers du Régiment de Cantabria , qui étoit dans un poste avancé , l'avoit abandonné sans qu'on sçut ce qui l'y avoit
obligé ; que quelques jours après , cette Compa
gnie se trouvant dans le même poste les ennemis étoient venus l'insulter , que le Lieutenant I. Vol. Hiiij s'é-
2894 MERCURE DE FRANCE
s'étoit avancé à la tête de 20 Grenadiers , la
bayonnette au bout du fusil , malgré les ordres
du Capitaine , qui le trai.oit de téméraire ; que
ce Lieutenant lui ayant répondu qu'il vouloit
faire voir que ce n'avoit point été par faute de
courage qu'on avoit fait la retraite des jours précédens , le Capitaine avoit marché avec toute
la Compagnie que Don François d'Araona Commandant du Château de Sainte Croix , et
du second Bataillon du même Régiment , avoit
joint cette Compagnie , qu'ils avoient attaqué
les Maures avec tant de valeur , qu'après leur
avoir tué plus de 200. hommes , ils les avoient Contraints de rentrer dans leurs tranchées.
Les dernieres Lettres reçûës portent , que dans
la sortie que le Marquis de Santa Cruz fit faire
le 21 de Novembre , il avoit fait attaquertous les
Postes occupez par les Turcs et les Maures , et
que s'étant apperçu qu'un Détachement des
Troupes Espagnoles avoit été coupé par un
Corps de Cavalerie Maure , et qu'il étoit en
danger d'être taillé en piéces , il étoit sorti de la Place à la tête d'un autre détachement pour le
secourir , qu'il avoit obligé ce Corps de Cavalerie à prendre la fuite ; qu'en même- tems les autres Troupes Espagnoles avoient chassé les
Maures de tous leurs quartiers ; que le Marquis
de Santa-Crux , Capitaine General´et Gouverneur d'Oran , le Marquis de Valdecanas , Brigadier des Armées du Roi , et le Colonel Don Joseph Pinel , ayant eu le malheur d'être tuez dans
ces differentes attaques , et que d'ailleurs ces
Troupes étant extrêmement fatiguées , elles
étoient rentrées dans la Place vers les cinq heures après midi : que le 23 , l'Officier qui commandoit dans Oran ,à la place du Marquis de
I. Vol Santa
DECEMBRE. 1722. 2695
1
Santa- Cruz , avoit fait une seconde sortie genezale , et qu'ayant attaqué en même- tems tous
les quartiers des Maures , il les en avoit chassés;
qu'on comptoit qu'ils avoient perdu plus de
Ioooo. hommes dans ces deux actions ; que les
Maures ayant passé les Montagues , n'avoient
pas reparu depuis le23.et que les détachemens de
Cavalerie qu'on avoit envoyés à la découverte
n'en avoient pû apprendre aucunes nouvelles.
Ces derniers avis ajoûtent , que du côté des
Espagnols il y avoit environ 600. hommes de
tuez , et près de 1500 blessez ; que les Troupes
Espagnoles qui sont encore à Oran montoient à
13000. hommes , et qu'une partie étoit actuellément campée hors de la Place dans le Camp
que les Turcs et les Maures occupoient , qu'elles
en avoient brûlé les barraques et détruit les
Fortins qu'ils avoient construits et élevez autour de ce Camp , et que quelques recherches
qu'on eut faites , on n'avoit encore pû trouver
le corps du Marquis de Santa- Cruz.
On mande de Seville , que le Marquis de
Villadarias , Lieutenant General des Armées du
Roi , que S. M. vient de nommer pour commander en Chef à Oran , à la place du Marquis de Santa- Cruz , doit s'y rendre incessam
ment.
On écrit de Ceuta que le 14 du mois dernier il étoit venu du côté de Tetuan un Corps de Troupes de 4000. hommes d'Infanterie , et de
4000. de Cavalerie , que le même jour le Gouverneur de Ceuta avoit fait une sortie qui avoit
mis toutes ces nouvelles Troupes en fuite ; les
mêmes Lettres portent que les Noirs de Miquenez s'étoient soulevez , et qu'ils avoient proclamé Roi un frere du Roi régnant , lequel s'étoi mis à leur tête,
I. Vole Hv D'au
2696 MERCURE DE FRANCE
D'autres Lettres portent que l'Armée du Roi
de Maroc se tenoit encore à plus d'une lieuë de
Ceuta sans oser rien entreprendre ; que le Gou- verneur voulant connoître sûrement l'état de cette Armée , avoit fait embarquer le 15 de Novembre so hommes qui avoient mis pied à terre
le 20 dans une plage où ils s'étoient cachez
derriere un Rocher ; que le 21 au matin huit
Maures armez s'étant approchez de ce Rocher
les Espagnols en avoient tué trois et fait deux
autres prisonniers que le bruit de la Mousquete- rie avoit attiré les Maures de ce côté là , mais
que les Espagnols avoient eu le tems de se rembarquer avec leurs prisonniers , desquels on avoit
appris qu'il n'y avoit dans le Camp des Maures
que 4000. hommes d'Infanterie et 1500. de
Cavalerie.
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Résumé : ESPAGNE.
En novembre 1732, un convoi de 25 bâtiments de transport, escorté par le vaisseau de guerre le Saint-François, quitta Barcelone avec quatre bataillons et 800 grenadiers des régiments des Gardes Espagnols et Wallons. Le 10 novembre, près d'Alicante, le convoi fut rejoint par des vaisseaux de Malte et quatre vaisseaux royaux transportant un bataillon du régiment d'Aragon et neuf compagnies du régiment d'Ultonia. Le convoi arriva à Oran, renforçant la garnison qui compta alors 20 bataillons et 2 compagnies de grenadiers. Le 11 novembre, le gouverneur du château de Sainte-Croix attaqua des Maures dans un vallon. Les Maures, bien que repoussés, avaient tenté de miner le fort sans succès. Lors de leur retraite, les grenadiers espagnols subirent des pertes, avec cinq soldats tués. Des déserteurs maures rapportèrent que Lazarin, un homme influent, s'était retiré pour échapper aux cruautés de Bigotillo, un général maure, et levait des soldats pour attaquer les troupeaux de ce dernier. Le 21 novembre, le gouverneur d'Oran mena une sortie avec 10 000 hommes contre les Turcs et les Maures dans leurs tranchées. Après une résistance, les ennemis furent repoussés et poursuivis sur plus d'une lieue. Lors de cette sortie, le marquis de Santa Cruz, capitaine général et gouverneur d'Oran, ainsi que le marquis de Valdecanas et le colonel Don Joseph Pinel furent tués. Les troupes espagnoles, fatiguées, rentrèrent dans la place. Le 23 novembre, une seconde sortie chassa les Maures de leurs quartiers, qui se retirèrent dans les montagnes après avoir perdu plus de 1 000 hommes. Du côté espagnol, environ 600 hommes furent tués et près de 1 500 blessés. Les troupes espagnoles à Oran totalisaient 13 000 hommes, une partie campant hors de la place. Le marquis de Villadarias fut nommé pour remplacer le marquis de Santa Cruz. À Ceuta, une sortie contre 4 000 hommes d'infanterie et 4 000 de cavalerie maures mit ces troupes en fuite. Les Noirs de Miknez se soulevèrent et proclamèrent un frère du roi régnant comme leur roi. L'armée du roi de Maroc, bien que présente, n'osa pas entreprendre d'action. Des espions espagnols confirmèrent la présence de 4 000 hommes d'infanterie et 1 500 de cavalerie dans le camp maure.
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9
p. 2903-2905
ESPAGNE.
Début :
On a appris d'Oran, depuis les dernieres nouvelles que nous en avons publiées, que [...]
Mots clefs :
Espagne, Oran, Cavalerie, Ceuta, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
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Résumé : ESPAGNE.
En 1732, des événements militaires et politiques impliquaient l'Espagne et les Maures. Le 21 novembre, environ 32 000 Maures, dont 7 500 cavaliers, affrontaient les troupes espagnoles qui comblaient leurs tranchées, notamment sur la Mazera, près du Château de Sainte-Croix endommagé. Des espions signalèrent que l'armée maure était campée derrière une montagne à deux lieues d'Oran. Lors de cette attaque, Bigotillo et deux de ses parents furent blessés. Le fils du défunt Dey d'Alger, général maure, se préparait à retourner à Alger avec ses troupes, laissant Bigotillo environ 800 à 900 Turcs. Le 13 décembre, les Maures se retirèrent d'une lieue de leur camp. À Oran, l'image miraculeuse de Notre-Dame de Penna de Francia fut transportée à l'église paroissiale. Le Marquis de Villadarias succéda au Marquis de Santa-Cruz comme gouverneur d'Oran, et le Duc de Liria fut nommé Lieutenant Général des armées. La Marquise de Santa-Cruz reçut une pension et des commandements pour ses fils. Le 16 décembre, la garnison d'Oran continuait les fortifications sans être inquiétée. À Ceuta, 600 cavaliers marocains tiraient contre une nouvelle palissade, mais leurs intentions restaient inconnues. Les troupes marocaines s'étaient retirées des environs de Ceuta, mais la garnison restait en alerte.
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10
p. 65-74
SEPTIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta.
Début :
Je vous fais, Monsieur, mon compliment sur votre heureux retour à Paris. Ce retour me [...]
Mots clefs :
Ceuta, Oran, Alger, Barbarie, Siège, Vaisseaux, Arabe, Mer, Cloches, Espagnols
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texteReconnaissance textuelle : SEPTIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta.
SEL.PRT.IécÈritMe Eà M.LÇleTMTarRqEuidsede; B. au
sujet de: Villes d’Or4n et de Gema.
_, E- vous fais, Monsieur, mon compliment su:
» votre heureux retour à Paris. Ce retour me
fait un double laisir car il me dis ense de vous
. 4 . P *. .
écrire aa_ suite des affaires d’Oran depuis ma der
_niere Lettre; vous en êtes sans doute déa lei-s
. . . i . l l’
nement instruit. Il m’e ar ne aussi le chaorin de
_ O
:vous apprendre le premier une triste nouvelle,
le malheur arrive’ au Marquis de Saï-n'a‘ Cruz dans
l'action du 1.1. Novembre dernier. A cela près, je
-n’aurois presque eu que des choses agréables a‘.
vous dire , et ÿaurois fini par la levée du Siege
.de cette Place , par la démolition des travaux des
Maures et par leur retraite, circonstances qui
{ont Pétat présent des choses, suivant les der-e
pseres Lettres (Pfispagne et (Ÿliflïique. .
' D v Au
l.
Z5 MERCURE DE FRANCE
Au lieu de tout ce détail’, qui seroit pour vous,’
Monsieur , une répcrition , je crois devoir vous
faire part du précis d’une Lettre que ÿai reçûë
depuis peu d’Algcr , dans laquelle Oran n'est pas
oublié , et qui contient certaines particularitez
que vous ne serez pas fâché de sçavoir. La.
Lettre est datée du 2.3. Octobre dernier et
écrite par un Voyageur éclairé. ‘
sa Jamais Expedition n’a été plus heureuse ni
u plus visiblement favorisée du Ciel que celle
a d’0ran.Le Gouverneur Maure étoit eu état de
se faire acheter bien cher cette Place aux Espa-g
a gnols, il ne manquait ni de monde ni de mus
a: nitions pour faire une longue résistance , favo
g, risé d’ailleurs par la situation avantageuse des
u Forts, et par une Arméede sa Nation , qui de
ne voit rendre le débarquement des Troupes Chré
o. tiennes très-difficile. Si ce débarquement eût
a été diEeré seulement de deux jours , il devenait
o: presque impossible, â cause d’un vent d’Est,
p: qui survinr si frais et si violent , que tous les
hBâtimens de transport seroienr in ailliblement
upériær avec leur charge. De plus , en ternpori-i
u sant un peu de la part du Commandant , une
nseconde Armée de Turcs et de Maures , accou
u rus de toutes parts , se seroit jointe à la pre-j
n» miere, et auroit rendu la retraite et le rembar
p; quement de PArmée Chrétienne absolument
a nécessaire et évalement érilleux - mais comme
. D ’
aje l’ai d'abord reimrque’, le Ciel a voulu benitfi
m les Armes et les pieuses intentions du Roy d’Es-_'
D) Pflgfltn
a Après un ‘tel succès qui a d'abord rempli
‘a de consternation et d'épouvante toute la Bar—,
ce barie ,- si la saison avancée, ou cl’autres Consi-j
a dcrations , m'envoient "pas arrêté les progrès de
i . 98E
JANVIER. I733, 57
a ces mêmes Armes , on peut assurer que les Es
» pagnols se scroicnt rendus maîtres de toute
a: cette Côte et d’Alger même, saris beaucoup
u dbposition. On craignait ici si fort cet éve
.. nemcnt, que le Dey et tout le Pays étaient
a: plus disposez â la retraite , ou plutôt â la fuite
w dans les Montagnes les plus inaccessibles, qu'à.
a la deffense.
.. Mais ces dispositions n’ont ‘pas duré; l'in
a action des Espagnols a fait reprendre courage
æ aux Infidelcs , ils ont réütii toutes leurs Forces
a pour faire le Sicge d’Oran , qu’ils ont elfective
un ment formé depuis la my-Septembre , avec une
a grande Armée de Terre et avec une Escadre
v» tic dix Vaisseaux de guerre , sans compter plu
“sieurs Galiotes , et autres Bâtimens chargez de
v munitions pour le Camp et de quelques Trou
v pes de débarquement.
v D'autres Vaisseaux Algeriens croisent ce
s: pendant sur les Côtes dOEspagne, tnlevent tou
are sorte de Bâtimens , sur tout ceux qui sont
vchargez ‘pour Oran, et troublent cntieremen;
vie commerce D’un autre côte’ les Chrétiens
Pqui sont à Alger sont assez maltraitcz dans les
' v circonstances où sont les choses. .
n Vous jugez bien que dans ce temps «le trou
cible il n’est pas facile de faire les recherches
.0- clont vous me chargez dans votre dernier Me
v moire. La Ville de Tcmectn, ou comme on
ä> prononce ici, Tlmuan, subsiste encore , mais
m elle est fort éloignée de son ancienne splendeur.
u Avant la Prise d’Oran par les Maures sur les
a: Espagnols en 17.38. c’étoit le Siege des Deys,
u ou des Gouverneurs de la Province de Porteur.
.3: On y entretient une Garnison de zoo hommes
a giron clçang tous les ans, selon Pusagc du
V . D_ v; a: Royaume
58 MERCURE DE "FRANCE
wkoyaume cPAlger à Pégard de toutes les Places‘
si qui en dépendent. Cette Ville est admirable-g
sur-ment bien située , l’air y est très-salubre , et la
sa fertilité de son Territoire ne sçauroit être plus
a grande avec les meilleures eaux du monde. Elle
a; est a go milles environ au Sud-Ouest d’Oran, et
a après de 340. milies.d’Alger.Les habitans son:
,, presque tous ]uifs. Ses Fortifications sont fore
M peu de chose. Vous trouverés dans le Morerï
a une autre peinture de cette Ville, mais for!
,, éloignée de la verité. Alger est traité de même
_,, dans ce Livre, tout y est éxageré s surtout
ale nombre des Esclaves Chrétiens qu’en y fait:
s, monter âquarante milles , et qui ne sont pas
a seulement au nombre de zyoo.
- ne M. Thomas Shaw, Ministre AnglicamDoc.‘
m1611]: de l’Université d’Oxford , et fort habile
a. homme , dont je crois vous avoir déja par-«j
a. lé , nous a epfin quitté; il s’est embarqué le
9: t; juillet det-‘Ëiier pour se retirer en Angleterre;
sa après avoir visité Pîtalie. Il a demeuré plus
a de douze ans à A-lger , pendant lequel tems il
p a parcouru tous les Lieux qui en dépendent, le—_
5, vant les Plans des plus considérables , et faisan:
n: des Cirtes éxactes des Provinces , 8re. pour en
a richir PHistoire naturelle qu’il a composée du.
o: Royaume d’Algtr , et qu-’il prétend publier
u en peu de tems. ‘On peut présumer que cette
a Histoire sera curieuse et‘ recherchée, ifAuteut
a: ayant eu tout le tems et toutes les commodi
5o tez nécessaires pour être instruit , et ayant v6
a: et éxaminé tout ce qui a été écrit sur cette
o: matiere par M. Durand , ci-devant Consul
n: d’Alger , par les Religieux Trinitaires , pars
a: M. Laugier , Commissaire de la Marine ê’
m Amstrtdam l dont [Ouvrage q; imprimé , et
' n paç
JANVIER. I733. ‘G9
a- par‘ M. Peyssonnel, Médecin de Marseille , en
» voyé par le Roi en 172,1‘. à Alger et à Tunia
o: pour faire de nouvellesdécouvertes , &c.
n Les Cloches ‘d’©ran , dont vous mäævcz
se parlé , se voyent encore aujourdïiui ici â la.
w Porte qui conduit au Port. 1l y en a six de dif
n lereute grandeur , poséeseles unes sur les au
» rres contre une muÙille. Cette situation , ce
a; les COOEODCIUIÉS présentes ne permettent guéres
a: d’en prendre les Inscriptions. Elles ne sont pas
a: extrêmement grosses , la plus considérable n’a.
a» quïînviron quatre pieds de hauteur ,avec un
a: diamétrc proportionné. ]’ai liî une seule Ins
» criprion , laquelle est en Espagnol, e: contient:
- ces mots: Ai mm de la. sais que est» hache m
uMurrin si endo Prelado el Rmo Padre Balus
ovzar al Arma 1,74. C’ÎsÎ'ài-diÎC, qu"il y a une
v des six Cloches qui a été fondue à Murcie Pan
e: 1 r74. Le Très-Révereixd Pere Baltazar en étant
u alors Evêque.
n Vous sçavez‘ que les Mahometans se font
sa une espécc de trophée des Cloches par eux en
» levées sur les Chrétiens. On. voir encore au
a jounÿhui dans la principale Mosquée de la‘
a Ville de Maroc deux grandes Cloches suspen
n: duës à rebours, attachées a‘. la Net‘ par de gros
sa ses clæînes , que le Roi Almanzot fit empor
v: ter «Pläspagne.
Depuis la date de cette Lettre les choses ont‘
changé -:lc face , comme vous le sçavez , Mon
sieur; une Escadre de Vaisseaux de Guerre Es-i
pagnols , fortifiée par deux Vaisseaux de guerre
de Malte , a fait disparoîtrc PEscadre Turque 9
qui est rentrée i A-lger. Oran a reçû 4658660113
considérables , et vous êtes instruit de’ tout le
ICÜIC.
7o MERCURE DE FRANCE
Je ne vous dirai donc rien ici d’une Relation ‘Ê
Espagnole imprimée à Barcclone, des deux sari-g
glantes actions du u. Cedu 2. 3. Novembre _, 1a
quelle je viens de recevoir , après une attente de
près d’un mois, de la part du plus lent et du
plus distrait de mes amis. On y rend bien justi
ce a‘. la conduite et à la valeur du Marquis de
Sania-Cruz , qui a été t'a’ dans une fatale cir
consiance , ex rimée en ces termes dans la Re
lation. Vifîldûp erre desarden las Moras se nacre»
nm à aprovecharla cm las arma: 1214m4: , y fue
pretisso pasmssm par encima de elles para incorpo
nme ton l» Trop» : En cuya arnsion se perdra à cl
Marque: de SantmCmz , sir; que las paras Solda
das de Crwnlltri» , y Dragage: que le Mompanns
km , pudiessen emlmraznr su desgvacizda mume ,
ton lntima univerml , par la; prendas , y valor que
l: adornalzavz. l
Mais c’est assez parler dflllger et d'Oran , je
n’oul>lit pas , Monsieur , ce que je vous ai pro
mis au sujet de la Ville de Ccuta , dont le S:égc
par les Troupes du Roi de Maroc , a déja sur
passé en longueur le Siège de Troye. je ne
crois pas cependant que Ccuta fournisse jamais
le sujet d’une lliade: ce sera beaucoup pour cette
Ville si‘ le petit morceau historique que voici
peut. se trouver de votre goût, et vougamuser
agréablement. j -
La Ville de Ceuta est située dans FEmbOu.‘
chute du détroit de Gibraltar , à Pcntlroit où ce
"' Reluion du la succedzda m las do: Funcianfs
que m et dia u. y 1,3. de Noviembre de 1731.
inca la Guamitian de 012m ton el extraite de
les Turco: , y Maros , que l» sitinwn. Barcclona.
P9: Joseph Texido, 8re. 1732.. «
fameux
JANVIER. 1733. 7:
fameux Détroit est le plus retressi par les deux
Côtes, ensorte que le trajet de celle düfllïrique ,
ou est Ceuta . en Espagne , n’esr que d’environ
cinq lieues. Si on en croit quelques Écrivains
Espagnols , cette Ville est des plus anciennes et
des plus illustres de toute la Mauritanie, les Ro- _
\
mains qui la bâtirenr y tenoient leurs Flores , a
cause de la commodite de son Port , et la nom
merent enfin la Ville des Romains , ou la Ville
ar excellence , ce ue {ont aujourd’hui setrcible lceonnfiormmgruû’elle Potte C111
Un Historien Arabe lui donne une origine
‘bien plus ancienne ; c’est , selon lui , un Fils de
Noë qui l’a fondée deux cens trente ans après
le Déluge : mais défions-nous un peu des Ecri
vains de cette Nation , qui donnent pour la plâ
art dans le merveilleux ; et traitent PI-Iistoire
gomme la Fable. Ortelius vent que Ccuta soit
Pancienne Essilissn . dont la position " est mar
qué dans Ptoloméc, mais cette position est fort
differente de celle de Ceuta , comme nous Pal
Ions voir.
Abulfeda , ce fameux Geographe Arabe dont
j’ai parlé plusieurs fois, et dont on vient de
donner une belle Édition , avec une Traduction
Latine , &c. en Angleterre , parle de Ceuta qu’il
nomme 525m au nombre LXXVII. de ses Ta
bles Géographiques: il la place â neuf degrez
cinq minutes de longitude , et â g; dcgrcz tren
.te minutes de latitude sous le (V. Climat dans
la Barbarie * Ulterieure. sa Elle est, dit-il , si
’ 1393m’. 3o min. de longit. et 3; kg. ;6
min. de tarit. - -
9‘ Cc Giagrapêc divise la Barbarie m «vitrerie»
v 7€
72 MERCURE m: FRANCE
h tuée entre deux Mers , Pocean et la Médireg:
mranée, c’est Pabord de deux grands Pays .
o: la Barbarie et FESpagne , Ville de passage e:
n de commerce. Elle est baignée de la Mer de
‘ puis son Entrée du côte’ de Terre. Le chemin
Vaoqui conduit à cette Entrée est du côté du
v Couchant: il est fort ÿroit et presque tout
h entouré de la Mer, de sorte qu’il ne tiendroit
” qu’au’x Habitans de faire passer la Mer autour
°= de la Ville , et n’cn faire une Isle. Elle a de
'° hautes muuilles de pierre. Le Port est a 1'0
=> rient de la Ville , et la Mer est très-étroite en
a cct endroit ; de sorte que quand le tems es:
o: serain on découvre de Seâta la Ville dflâlgezi
u rat-Alkozra , ou Algezire , sur les Terres .1’Es
"pagne- L’Eau y est en abondance, et il y a.
a d’ailleurs des Citernes dans lesquelles on con-g
v serve l'eau de pluye. ’
Tel émit Pétat-cie Ceuta au temps dvlbulfeda
qui acheva son ouvrage vers Pannée r32. r. Il clé
clare que cc qu’il dit de cette Ville est tire’ prin
cipalement dflothman EBnsaid,surnorume'./1l ma.
3726i, ou FAlTricain , qui étoit de ce même Païs.
Abnlfcda, pour le dire en passant , que j'ai qua
lifié de Géographe Arabe , n’avoit rien d'Arabe
que la Langue et la Religion , c'est» â-dire , celle
de Mahomct. Il éroit de Syrie et d’une Race dis
tinguée , la même qui a donné naissance au
n ou Orientale . qui commence aux Frontieres
dOEgypte , et finit à telle: du Royaume de Tzmis ,'
devers Cuzmvan ; en moyenne , qui comprend le
‘Roy vume de Tunis , et les Provinces Orientales de
celui nlîalger ,- et en uloerieuré , qui commente aux
Frontieres Occidentales dÏ/Ilgêr , et comprend tout
l; reste de la Barbarie du tête’ du Couohnnt:
grand
r JANVTER.‘ 173;: '73»
‘grand Saladin , comme je‘ l'ai remarqué ailleurs.
Lorsque les premiers Califes , successeurs de
Mahomqt , eurent conquis PAIÏriquc . cc qui aré
riva vers" Pan 4;. de l’Hégire’66 s. de j. C.) ils
chasserent les Goths de plusieurs Contrées Mari
times , dont ces Barbares s’e'toient emparcz, dans
la décadence de PEmpire Romain, et en PSHÎCÜH,
lier de la Ville de Ceuta. Cette Ville devint ce
lebre sous la Domination des Arabes , cfiest-âs
dire, sous les Califes et sous divers Rois ou Prin
' ces leurs successeurs , lesquels y firent fleurir le
commerce et les Arts. Les Artisans de Ceuta sur-Ï
passaient en habileté ceux de Damas pour toute
sorte d’Ouvrage d’Orfévrerie , de Coutellerie , et
pour la fabrique des plus belles Îztotïes, et sur
tout de riches Tapis ,dont on venoit se pour-i
voir de toutes les Parties de l'intrigue et de
PEurope. ' ‘
Les Lettres fleurirent aussi dans Ceuta , pen
dant sa. prosperité . ce qui paroît par les noms e:
par les ouvrages de quelques Sçavans , originai.
res de cette Vrle {qui sont rapporte: par les Bi
bliographes Mahométaxis; lesquels par cette rai
son , portent tous le surnom J'AI Seétbi , ou de
Ceuta. Eqtflaurres Aboulfadhl Abbns, plus connu
sous le nom de Cadhi-Aïadh , qui mourut Pan
544.. de PHégire ( r r49. de]. C. ) Il est parlé
de lui avec de grands Eloges , par Ben Schunah ,
qui a donné un Cazalogue de ses Ouvrages. [o
seph Ben jahia , fameux Medecin juif, 8c grand
Philosophe , q-ii fut" premier Medccin du Sultan
d’Alcp Aldhacr. Il mourut l’an 513. de PHégi-ä
re n26. de j.C. et Mohammes. Ben-Omar , mort
l’an 7m. de la même Époque r tu. de j. C. Son
principal Ouvrage est’ intitulé : Erlaircissemem
mr le: dxfertnzt: 8cm: du Mahamémmc ; Ou
yrage
74MERCUREDEFRANCL
vrage dont la traduction seroit necessaire pouf
empêcher les hcrivains de l’Europe de coneinuer
leurs méprises sur ce sujet.
La prosperité de cette Ville fut altérée dans
la suite par de grandes disgraces ; la plus fatale
lui vint de la part d’Abdulmumen , Roy de Ma
xoc , qui l'ayant prise,après un Siège opiniâtre ,
la fit démolir et en transporta les Habitans. Al.
mansor , l’un de ses successeurs, la fie rebâtir, et
la repeupla â cause de sa situation; ensortc qu’el.
le devint encore une Place cousidérablumais un
Roy Mahométan de Grenade s’en étant emparé
dans des tems de troublc,il la désola une seconde
fois. Il est vrai qu’elle se rétablit encore par les
avantages du commerce et de la situation _. mais
on remarque que Ceuta n’est jamais revenue dans
cette grande splendeur , où elle s’étoit vuë sous
PEmpire des Califes ,et sous quelques Princes
leurs successeurs.
Il me reste, Monsieur ,’ à vous apprendre com.‘
ment cette Ville a passé pour la premiere foil
de la domination des Mahométans au pouvoir
d'un Monarque Chrétien ; ce qui est un point
(Pflistoire des plus singuliers , et i conduire le
morceau Historique que j’ai entrepris sur Ceuta,
jusquäu temps present; ce qui fera le sujet d’une
autre Lettre , moins longue que eelle-cy , et que
vous nïattendrez pas long-temps. j’ai Fhonneu
d’être , Monsieur . 8re
_ A Pari: , ce 24 Decembrt 173 2..
sujet de: Villes d’Or4n et de Gema.
_, E- vous fais, Monsieur, mon compliment su:
» votre heureux retour à Paris. Ce retour me
fait un double laisir car il me dis ense de vous
. 4 . P *. .
écrire aa_ suite des affaires d’Oran depuis ma der
_niere Lettre; vous en êtes sans doute déa lei-s
. . . i . l l’
nement instruit. Il m’e ar ne aussi le chaorin de
_ O
:vous apprendre le premier une triste nouvelle,
le malheur arrive’ au Marquis de Saï-n'a‘ Cruz dans
l'action du 1.1. Novembre dernier. A cela près, je
-n’aurois presque eu que des choses agréables a‘.
vous dire , et ÿaurois fini par la levée du Siege
.de cette Place , par la démolition des travaux des
Maures et par leur retraite, circonstances qui
{ont Pétat présent des choses, suivant les der-e
pseres Lettres (Pfispagne et (Ÿliflïique. .
' D v Au
l.
Z5 MERCURE DE FRANCE
Au lieu de tout ce détail’, qui seroit pour vous,’
Monsieur , une répcrition , je crois devoir vous
faire part du précis d’une Lettre que ÿai reçûë
depuis peu d’Algcr , dans laquelle Oran n'est pas
oublié , et qui contient certaines particularitez
que vous ne serez pas fâché de sçavoir. La.
Lettre est datée du 2.3. Octobre dernier et
écrite par un Voyageur éclairé. ‘
sa Jamais Expedition n’a été plus heureuse ni
u plus visiblement favorisée du Ciel que celle
a d’0ran.Le Gouverneur Maure étoit eu état de
se faire acheter bien cher cette Place aux Espa-g
a gnols, il ne manquait ni de monde ni de mus
a: nitions pour faire une longue résistance , favo
g, risé d’ailleurs par la situation avantageuse des
u Forts, et par une Arméede sa Nation , qui de
ne voit rendre le débarquement des Troupes Chré
o. tiennes très-difficile. Si ce débarquement eût
a été diEeré seulement de deux jours , il devenait
o: presque impossible, â cause d’un vent d’Est,
p: qui survinr si frais et si violent , que tous les
hBâtimens de transport seroienr in ailliblement
upériær avec leur charge. De plus , en ternpori-i
u sant un peu de la part du Commandant , une
nseconde Armée de Turcs et de Maures , accou
u rus de toutes parts , se seroit jointe à la pre-j
n» miere, et auroit rendu la retraite et le rembar
p; quement de PArmée Chrétienne absolument
a nécessaire et évalement érilleux - mais comme
. D ’
aje l’ai d'abord reimrque’, le Ciel a voulu benitfi
m les Armes et les pieuses intentions du Roy d’Es-_'
D) Pflgfltn
a Après un ‘tel succès qui a d'abord rempli
‘a de consternation et d'épouvante toute la Bar—,
ce barie ,- si la saison avancée, ou cl’autres Consi-j
a dcrations , m'envoient "pas arrêté les progrès de
i . 98E
JANVIER. I733, 57
a ces mêmes Armes , on peut assurer que les Es
» pagnols se scroicnt rendus maîtres de toute
a: cette Côte et d’Alger même, saris beaucoup
u dbposition. On craignait ici si fort cet éve
.. nemcnt, que le Dey et tout le Pays étaient
a: plus disposez â la retraite , ou plutôt â la fuite
w dans les Montagnes les plus inaccessibles, qu'à.
a la deffense.
.. Mais ces dispositions n’ont ‘pas duré; l'in
a action des Espagnols a fait reprendre courage
æ aux Infidelcs , ils ont réütii toutes leurs Forces
a pour faire le Sicge d’Oran , qu’ils ont elfective
un ment formé depuis la my-Septembre , avec une
a grande Armée de Terre et avec une Escadre
v» tic dix Vaisseaux de guerre , sans compter plu
“sieurs Galiotes , et autres Bâtimens chargez de
v munitions pour le Camp et de quelques Trou
v pes de débarquement.
v D'autres Vaisseaux Algeriens croisent ce
s: pendant sur les Côtes dOEspagne, tnlevent tou
are sorte de Bâtimens , sur tout ceux qui sont
vchargez ‘pour Oran, et troublent cntieremen;
vie commerce D’un autre côte’ les Chrétiens
Pqui sont à Alger sont assez maltraitcz dans les
' v circonstances où sont les choses. .
n Vous jugez bien que dans ce temps «le trou
cible il n’est pas facile de faire les recherches
.0- clont vous me chargez dans votre dernier Me
v moire. La Ville de Tcmectn, ou comme on
ä> prononce ici, Tlmuan, subsiste encore , mais
m elle est fort éloignée de son ancienne splendeur.
u Avant la Prise d’Oran par les Maures sur les
a: Espagnols en 17.38. c’étoit le Siege des Deys,
u ou des Gouverneurs de la Province de Porteur.
.3: On y entretient une Garnison de zoo hommes
a giron clçang tous les ans, selon Pusagc du
V . D_ v; a: Royaume
58 MERCURE DE "FRANCE
wkoyaume cPAlger à Pégard de toutes les Places‘
si qui en dépendent. Cette Ville est admirable-g
sur-ment bien située , l’air y est très-salubre , et la
sa fertilité de son Territoire ne sçauroit être plus
a grande avec les meilleures eaux du monde. Elle
a; est a go milles environ au Sud-Ouest d’Oran, et
a après de 340. milies.d’Alger.Les habitans son:
,, presque tous ]uifs. Ses Fortifications sont fore
M peu de chose. Vous trouverés dans le Morerï
a une autre peinture de cette Ville, mais for!
,, éloignée de la verité. Alger est traité de même
_,, dans ce Livre, tout y est éxageré s surtout
ale nombre des Esclaves Chrétiens qu’en y fait:
s, monter âquarante milles , et qui ne sont pas
a seulement au nombre de zyoo.
- ne M. Thomas Shaw, Ministre AnglicamDoc.‘
m1611]: de l’Université d’Oxford , et fort habile
a. homme , dont je crois vous avoir déja par-«j
a. lé , nous a epfin quitté; il s’est embarqué le
9: t; juillet det-‘Ëiier pour se retirer en Angleterre;
sa après avoir visité Pîtalie. Il a demeuré plus
a de douze ans à A-lger , pendant lequel tems il
p a parcouru tous les Lieux qui en dépendent, le—_
5, vant les Plans des plus considérables , et faisan:
n: des Cirtes éxactes des Provinces , 8re. pour en
a richir PHistoire naturelle qu’il a composée du.
o: Royaume d’Algtr , et qu-’il prétend publier
u en peu de tems. ‘On peut présumer que cette
a Histoire sera curieuse et‘ recherchée, ifAuteut
a: ayant eu tout le tems et toutes les commodi
5o tez nécessaires pour être instruit , et ayant v6
a: et éxaminé tout ce qui a été écrit sur cette
o: matiere par M. Durand , ci-devant Consul
n: d’Alger , par les Religieux Trinitaires , pars
a: M. Laugier , Commissaire de la Marine ê’
m Amstrtdam l dont [Ouvrage q; imprimé , et
' n paç
JANVIER. I733. ‘G9
a- par‘ M. Peyssonnel, Médecin de Marseille , en
» voyé par le Roi en 172,1‘. à Alger et à Tunia
o: pour faire de nouvellesdécouvertes , &c.
n Les Cloches ‘d’©ran , dont vous mäævcz
se parlé , se voyent encore aujourdïiui ici â la.
w Porte qui conduit au Port. 1l y en a six de dif
n lereute grandeur , poséeseles unes sur les au
» rres contre une muÙille. Cette situation , ce
a; les COOEODCIUIÉS présentes ne permettent guéres
a: d’en prendre les Inscriptions. Elles ne sont pas
a: extrêmement grosses , la plus considérable n’a.
a» quïînviron quatre pieds de hauteur ,avec un
a: diamétrc proportionné. ]’ai liî une seule Ins
» criprion , laquelle est en Espagnol, e: contient:
- ces mots: Ai mm de la. sais que est» hache m
uMurrin si endo Prelado el Rmo Padre Balus
ovzar al Arma 1,74. C’ÎsÎ'ài-diÎC, qu"il y a une
v des six Cloches qui a été fondue à Murcie Pan
e: 1 r74. Le Très-Révereixd Pere Baltazar en étant
u alors Evêque.
n Vous sçavez‘ que les Mahometans se font
sa une espécc de trophée des Cloches par eux en
» levées sur les Chrétiens. On. voir encore au
a jounÿhui dans la principale Mosquée de la‘
a Ville de Maroc deux grandes Cloches suspen
n: duës à rebours, attachées a‘. la Net‘ par de gros
sa ses clæînes , que le Roi Almanzot fit empor
v: ter «Pläspagne.
Depuis la date de cette Lettre les choses ont‘
changé -:lc face , comme vous le sçavez , Mon
sieur; une Escadre de Vaisseaux de Guerre Es-i
pagnols , fortifiée par deux Vaisseaux de guerre
de Malte , a fait disparoîtrc PEscadre Turque 9
qui est rentrée i A-lger. Oran a reçû 4658660113
considérables , et vous êtes instruit de’ tout le
ICÜIC.
7o MERCURE DE FRANCE
Je ne vous dirai donc rien ici d’une Relation ‘Ê
Espagnole imprimée à Barcclone, des deux sari-g
glantes actions du u. Cedu 2. 3. Novembre _, 1a
quelle je viens de recevoir , après une attente de
près d’un mois, de la part du plus lent et du
plus distrait de mes amis. On y rend bien justi
ce a‘. la conduite et à la valeur du Marquis de
Sania-Cruz , qui a été t'a’ dans une fatale cir
consiance , ex rimée en ces termes dans la Re
lation. Vifîldûp erre desarden las Moras se nacre»
nm à aprovecharla cm las arma: 1214m4: , y fue
pretisso pasmssm par encima de elles para incorpo
nme ton l» Trop» : En cuya arnsion se perdra à cl
Marque: de SantmCmz , sir; que las paras Solda
das de Crwnlltri» , y Dragage: que le Mompanns
km , pudiessen emlmraznr su desgvacizda mume ,
ton lntima univerml , par la; prendas , y valor que
l: adornalzavz. l
Mais c’est assez parler dflllger et d'Oran , je
n’oul>lit pas , Monsieur , ce que je vous ai pro
mis au sujet de la Ville de Ccuta , dont le S:égc
par les Troupes du Roi de Maroc , a déja sur
passé en longueur le Siège de Troye. je ne
crois pas cependant que Ccuta fournisse jamais
le sujet d’une lliade: ce sera beaucoup pour cette
Ville si‘ le petit morceau historique que voici
peut. se trouver de votre goût, et vougamuser
agréablement. j -
La Ville de Ceuta est située dans FEmbOu.‘
chute du détroit de Gibraltar , à Pcntlroit où ce
"' Reluion du la succedzda m las do: Funcianfs
que m et dia u. y 1,3. de Noviembre de 1731.
inca la Guamitian de 012m ton el extraite de
les Turco: , y Maros , que l» sitinwn. Barcclona.
P9: Joseph Texido, 8re. 1732.. «
fameux
JANVIER. 1733. 7:
fameux Détroit est le plus retressi par les deux
Côtes, ensorte que le trajet de celle düfllïrique ,
ou est Ceuta . en Espagne , n’esr que d’environ
cinq lieues. Si on en croit quelques Écrivains
Espagnols , cette Ville est des plus anciennes et
des plus illustres de toute la Mauritanie, les Ro- _
\
mains qui la bâtirenr y tenoient leurs Flores , a
cause de la commodite de son Port , et la nom
merent enfin la Ville des Romains , ou la Ville
ar excellence , ce ue {ont aujourd’hui setrcible lceonnfiormmgruû’elle Potte C111
Un Historien Arabe lui donne une origine
‘bien plus ancienne ; c’est , selon lui , un Fils de
Noë qui l’a fondée deux cens trente ans après
le Déluge : mais défions-nous un peu des Ecri
vains de cette Nation , qui donnent pour la plâ
art dans le merveilleux ; et traitent PI-Iistoire
gomme la Fable. Ortelius vent que Ccuta soit
Pancienne Essilissn . dont la position " est mar
qué dans Ptoloméc, mais cette position est fort
differente de celle de Ceuta , comme nous Pal
Ions voir.
Abulfeda , ce fameux Geographe Arabe dont
j’ai parlé plusieurs fois, et dont on vient de
donner une belle Édition , avec une Traduction
Latine , &c. en Angleterre , parle de Ceuta qu’il
nomme 525m au nombre LXXVII. de ses Ta
bles Géographiques: il la place â neuf degrez
cinq minutes de longitude , et â g; dcgrcz tren
.te minutes de latitude sous le (V. Climat dans
la Barbarie * Ulterieure. sa Elle est, dit-il , si
’ 1393m’. 3o min. de longit. et 3; kg. ;6
min. de tarit. - -
9‘ Cc Giagrapêc divise la Barbarie m «vitrerie»
v 7€
72 MERCURE m: FRANCE
h tuée entre deux Mers , Pocean et la Médireg:
mranée, c’est Pabord de deux grands Pays .
o: la Barbarie et FESpagne , Ville de passage e:
n de commerce. Elle est baignée de la Mer de
‘ puis son Entrée du côte’ de Terre. Le chemin
Vaoqui conduit à cette Entrée est du côté du
v Couchant: il est fort ÿroit et presque tout
h entouré de la Mer, de sorte qu’il ne tiendroit
” qu’au’x Habitans de faire passer la Mer autour
°= de la Ville , et n’cn faire une Isle. Elle a de
'° hautes muuilles de pierre. Le Port est a 1'0
=> rient de la Ville , et la Mer est très-étroite en
a cct endroit ; de sorte que quand le tems es:
o: serain on découvre de Seâta la Ville dflâlgezi
u rat-Alkozra , ou Algezire , sur les Terres .1’Es
"pagne- L’Eau y est en abondance, et il y a.
a d’ailleurs des Citernes dans lesquelles on con-g
v serve l'eau de pluye. ’
Tel émit Pétat-cie Ceuta au temps dvlbulfeda
qui acheva son ouvrage vers Pannée r32. r. Il clé
clare que cc qu’il dit de cette Ville est tire’ prin
cipalement dflothman EBnsaid,surnorume'./1l ma.
3726i, ou FAlTricain , qui étoit de ce même Païs.
Abnlfcda, pour le dire en passant , que j'ai qua
lifié de Géographe Arabe , n’avoit rien d'Arabe
que la Langue et la Religion , c'est» â-dire , celle
de Mahomct. Il éroit de Syrie et d’une Race dis
tinguée , la même qui a donné naissance au
n ou Orientale . qui commence aux Frontieres
dOEgypte , et finit à telle: du Royaume de Tzmis ,'
devers Cuzmvan ; en moyenne , qui comprend le
‘Roy vume de Tunis , et les Provinces Orientales de
celui nlîalger ,- et en uloerieuré , qui commente aux
Frontieres Occidentales dÏ/Ilgêr , et comprend tout
l; reste de la Barbarie du tête’ du Couohnnt:
grand
r JANVTER.‘ 173;: '73»
‘grand Saladin , comme je‘ l'ai remarqué ailleurs.
Lorsque les premiers Califes , successeurs de
Mahomqt , eurent conquis PAIÏriquc . cc qui aré
riva vers" Pan 4;. de l’Hégire’66 s. de j. C.) ils
chasserent les Goths de plusieurs Contrées Mari
times , dont ces Barbares s’e'toient emparcz, dans
la décadence de PEmpire Romain, et en PSHÎCÜH,
lier de la Ville de Ceuta. Cette Ville devint ce
lebre sous la Domination des Arabes , cfiest-âs
dire, sous les Califes et sous divers Rois ou Prin
' ces leurs successeurs , lesquels y firent fleurir le
commerce et les Arts. Les Artisans de Ceuta sur-Ï
passaient en habileté ceux de Damas pour toute
sorte d’Ouvrage d’Orfévrerie , de Coutellerie , et
pour la fabrique des plus belles Îztotïes, et sur
tout de riches Tapis ,dont on venoit se pour-i
voir de toutes les Parties de l'intrigue et de
PEurope. ' ‘
Les Lettres fleurirent aussi dans Ceuta , pen
dant sa. prosperité . ce qui paroît par les noms e:
par les ouvrages de quelques Sçavans , originai.
res de cette Vrle {qui sont rapporte: par les Bi
bliographes Mahométaxis; lesquels par cette rai
son , portent tous le surnom J'AI Seétbi , ou de
Ceuta. Eqtflaurres Aboulfadhl Abbns, plus connu
sous le nom de Cadhi-Aïadh , qui mourut Pan
544.. de PHégire ( r r49. de]. C. ) Il est parlé
de lui avec de grands Eloges , par Ben Schunah ,
qui a donné un Cazalogue de ses Ouvrages. [o
seph Ben jahia , fameux Medecin juif, 8c grand
Philosophe , q-ii fut" premier Medccin du Sultan
d’Alcp Aldhacr. Il mourut l’an 513. de PHégi-ä
re n26. de j.C. et Mohammes. Ben-Omar , mort
l’an 7m. de la même Époque r tu. de j. C. Son
principal Ouvrage est’ intitulé : Erlaircissemem
mr le: dxfertnzt: 8cm: du Mahamémmc ; Ou
yrage
74MERCUREDEFRANCL
vrage dont la traduction seroit necessaire pouf
empêcher les hcrivains de l’Europe de coneinuer
leurs méprises sur ce sujet.
La prosperité de cette Ville fut altérée dans
la suite par de grandes disgraces ; la plus fatale
lui vint de la part d’Abdulmumen , Roy de Ma
xoc , qui l'ayant prise,après un Siège opiniâtre ,
la fit démolir et en transporta les Habitans. Al.
mansor , l’un de ses successeurs, la fie rebâtir, et
la repeupla â cause de sa situation; ensortc qu’el.
le devint encore une Place cousidérablumais un
Roy Mahométan de Grenade s’en étant emparé
dans des tems de troublc,il la désola une seconde
fois. Il est vrai qu’elle se rétablit encore par les
avantages du commerce et de la situation _. mais
on remarque que Ceuta n’est jamais revenue dans
cette grande splendeur , où elle s’étoit vuë sous
PEmpire des Califes ,et sous quelques Princes
leurs successeurs.
Il me reste, Monsieur ,’ à vous apprendre com.‘
ment cette Ville a passé pour la premiere foil
de la domination des Mahométans au pouvoir
d'un Monarque Chrétien ; ce qui est un point
(Pflistoire des plus singuliers , et i conduire le
morceau Historique que j’ai entrepris sur Ceuta,
jusquäu temps present; ce qui fera le sujet d’une
autre Lettre , moins longue que eelle-cy , et que
vous nïattendrez pas long-temps. j’ai Fhonneu
d’être , Monsieur . 8re
_ A Pari: , ce 24 Decembrt 173 2..
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Résumé : SEPTIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta.
La lettre traite des événements récents à Oran et Gema, et commence par féliciter le destinataire pour son retour à Paris. L'auteur mentionne la mort du Marquis de Santa Cruz lors d'une action militaire le 1er novembre précédent. Malgré ce deuil, il rapporte des nouvelles positives, notamment la levée du siège d'Oran, la démolition des travaux des Maures et leur retraite. La lettre détaille une expédition espagnole à Oran, soulignant que les Espagnols ont réussi à vaincre les Maures grâce à une intervention divine, malgré les défenses maures et les conditions météorologiques défavorables. Après cette victoire, les Espagnols ont continué leurs progrès, menaçant même Alger. Cependant, les Maures ont repris courage et ont formé un siège autour d'Oran avec une armée terrestre et une escadre navale. L'auteur mentionne également la ville de Tlemcen, autrefois siège des Deys, et sa situation géographique par rapport à Oran et Alger. Il parle des recherches difficiles dans ces circonstances et des mauvais traitements subis par les Chrétiens à Alger. La lettre se termine par des informations sur les cloches d'Oran, encore visibles à la porte du port, et sur les intentions des Mahometans de se servir des cloches comme trophées. L'auteur mentionne également des changements récents, comme la disparition de l'escadre turque et les renforts reçus par Oran. Il promet de parler de la ville de Ceuta dans une prochaine lettre. Ceuta, sous la domination arabe, connut une période de prospérité marquée par le développement du commerce et des arts. Les artisans de Ceuta étaient renommés pour leur habileté en orfèvrerie, coutellerie, et fabrication de tapisseries, attirant des clients de toute la Méditerranée et de l'Europe. La ville fut également un centre de savoir, avec des savants comme Aboulfadhl Abns, connu sous le nom de Cadhi-Aïadh, et Joseph Ben Jahia, un médecin et philosophe juif. La prospérité de Ceuta fut perturbée par des événements tragiques, notamment la destruction ordonnée par Abdulmumen, roi de Maroc, et la désolation causée par un roi mahométan de Grenade. Bien que la ville se soit rétablie par la suite, elle n'atteignit jamais plus la splendeur qu'elle avait connue sous l'Empire des Califes. Le texte mentionne également la transition de Ceuta sous la domination d'un monarque chrétien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 153-154
ESPAGNE.
Début :
On apprend par les dernieres Nouvelles reçûës d'Oran, que l'Armée des Maures étoit [...]
Mots clefs :
Oran, Galiotes, Canon, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
‘N apprend par les dtrnieres Nouvelles tel
çtîës d’Oran , que 'l’Arme'e des Maures étoit
toujours campée â trois lieuës de la Place, et
qu’elle faisoit des mouvemens continuels qui
paroissoient n’avoir pour objet que d’assurer la.
subsistance de leurs Troupes. Les mêmes Lettres»
marquent que la Garnisdn d’Oran avoit achevé
de rétablir les Fortifications de la Ville et des
Châteaux , et qu’on y avoit ajouté plusieurs
Ouvrages avancez qui étaient necessairlîls potä
Ü .
154; MERCURE ‘DTËFRÀNCE
h communication des Forts, et pour la plu!
grande sûreté de la Place , encas que les Man-i
12's prissent le parti de Passiéger une seconde.
is. ' '
‘ L’Escadre que les îlgeriens avoient équipée
ur aller au secours ’Orarii , et qui est la lu:
änsidemble que cette Régence ait jamais räite
en Mer , étoit commandée par Hasen-Acachi ,
et composée de n: Vaisseaux de Guerre , quatre
saîques , et 7 Galiotes. La Capitaine qui est un
fVaisseau neuf, étoit montée de 76 piéces du
Canon ., et les autres depuis t8. jusqurà.“ Pie.
ces , faisant en tout , y compris les sarqucs et,
l'es Galiotes, in. piéces de Canon , et ayant-â:
bord 295c. Turcs , 187e. Renegats , et 39a lis
claves Chrétiens , en tout 62.30 hommes; ccpcn
dan; quelque formidable que Fur cette Escadre .
elle n’a pas osé attendre celle des Espagnol: ,
quoiqifinferieurede beaucoup ; mais yéçan; en
suite éloignée de la Côte , elle a enlevé un grand
riombre de Bâtimens de diverses Nations, sous
prétexlte qu’ils aväiänt à bord des provisions
pour aGarnison rail.
‘N apprend par les dtrnieres Nouvelles tel
çtîës d’Oran , que 'l’Arme'e des Maures étoit
toujours campée â trois lieuës de la Place, et
qu’elle faisoit des mouvemens continuels qui
paroissoient n’avoir pour objet que d’assurer la.
subsistance de leurs Troupes. Les mêmes Lettres»
marquent que la Garnisdn d’Oran avoit achevé
de rétablir les Fortifications de la Ville et des
Châteaux , et qu’on y avoit ajouté plusieurs
Ouvrages avancez qui étaient necessairlîls potä
Ü .
154; MERCURE ‘DTËFRÀNCE
h communication des Forts, et pour la plu!
grande sûreté de la Place , encas que les Man-i
12's prissent le parti de Passiéger une seconde.
is. ' '
‘ L’Escadre que les îlgeriens avoient équipée
ur aller au secours ’Orarii , et qui est la lu:
änsidemble que cette Régence ait jamais räite
en Mer , étoit commandée par Hasen-Acachi ,
et composée de n: Vaisseaux de Guerre , quatre
saîques , et 7 Galiotes. La Capitaine qui est un
fVaisseau neuf, étoit montée de 76 piéces du
Canon ., et les autres depuis t8. jusqurà.“ Pie.
ces , faisant en tout , y compris les sarqucs et,
l'es Galiotes, in. piéces de Canon , et ayant-â:
bord 295c. Turcs , 187e. Renegats , et 39a lis
claves Chrétiens , en tout 62.30 hommes; ccpcn
dan; quelque formidable que Fur cette Escadre .
elle n’a pas osé attendre celle des Espagnol: ,
quoiqifinferieurede beaucoup ; mais yéçan; en
suite éloignée de la Côte , elle a enlevé un grand
riombre de Bâtimens de diverses Nations, sous
prétexlte qu’ils aväiänt à bord des provisions
pour aGarnison rail.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, les dernières nouvelles d'Oran rapportent que l'armée des Maures est toujours présente à trois lieues de la ville, effectuant des mouvements pour assurer la subsistance de ses troupes. La garnison d'Oran a achevé de restaurer les fortifications de la ville et des châteaux, ajoutant des ouvrages avancés pour renforcer la défense et la communication entre les forts. L'escadre algérienne, destinée à secourir Oran, est la plus importante jamais assemblée par la régence d'Alger. Elle est commandée par Hasen-Acachi et composée de neuf vaisseaux de guerre, quatre saïques et sept galiotes, totalisant 314 pièces de canon et 623 hommes à bord, incluant des Turcs, des renégats et des esclaves chrétiens. Malgré sa puissance, l'escadre algérienne n'a pas affronté l'escadre espagnole, inférieure en nombre, et s'est éloignée après avoir capturé plusieurs bâtiments sous prétexte qu'ils transportaient des provisions pour la garnison d'Oran.
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12
p. 591-594
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres d'Oran du 6. Fevrier, portent que le matin du même jour, quelques Travailleurs [...]
Mots clefs :
Oran, Ennemis, Espagnols, Cavalerie, Maures, Vaisseau, Infanterie, Escadre
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE..
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
Es Lettres d'Oran du 6. Fevrier , portent que
leurs étant sortis de cette Place pour reconnoître
des Palmiers qu'on avoit abbattus la veille , cinq
d'entre eux qui s'avancerent plus que les autres ,
tomberent dans une embuscade des Ennemis qui
les auroient enveloppez , s'ils ne se fussent retirez
précipitamment. Ils avertirent les Piquets qui
soutenoient les Travailleurs du Fort de S. Philippe
, de se tenir sur leurs gardes , et aussi -tôt les
Piquets marcherent en bon ordre aux Ennemis ,
dont le nombre pouvoit monter à 1500. Il y eut
grand feu de part et d'autre , mais les Ennemis.
curent à soutenir , non seulement celui des Pi→✩
quets , mais encore celui de l'Artillerie des Forts
de S. Philippe et de S. André Les Grenadiers
eurent ordre d'aller au secours des Piquets , et on
fit monter la Cavalerie à cheval pour soutenir
les Grenadiers, Ceux- ci étant arrivez les premiers
au poste des Ennemis , se rangerent.en bataille ,
dans le dessein de couper les Ennemis , qui s'en
étant apperçus , se retirerent. La Cavalerie Espagnole
, pour engager un combat entre les Trou
pes d'Infanterie , feignit deux fois de prendre la
fuite , afin d'attirer les Ennemis , mais ce fut inutilement.
Les Maures ont perdu ffo . hommes ,
et du côté des Espagnols il y a eu un Enseigne et
deux Soldats tuez et 17. blessez.
On a appris depuis le détail qu'on va lire au
sujet de cette Action: Quatre Compagnies de Grenadiers
commandez pour couvrir des Travailleurs
qui coupoient du bois au bas de la Montagne de
da la Mazetta , étant sorties de la Place au point dujour
192 MERCURE DE FRANCE
jour , apperçurent un nombre considerable d'Ennemis
qui se voyant découverts , firent feu et les ›
obligerent de se retirer jusqu'à ce qu'elles eussent
été jointes par cinq autres Compagnies de
Grenadiers qu'on envoya du Fort S. Philippe à s
leur secours ; soutenuës de ce renfort , elles retournerent
à l'Ennemi , et l'action s'engagea vi→
vement de part et d'autre. Le Commandant de la
Place , averti que ces gens étoient aux mains avec
les Maures , sortit avec 300. chevaux et huit
Compagnies d'Infanterie , et se mit en bataille
plaçant sa Cavalerie au centre , et son Infanterie
sur les aîles. Aussi-tôt les Maures firent avancer
un Corps de Cavalerie pour attaquer la Cavalerië
Espagnole , qui recula afin que les Ennemis , la
poursuivant , fussent pris en flanc des deux côtez
par l'Infanterie. Cette feinte réussit ; les Ennemis
s'étant trop avancez , les deux ailes se replierent
, et les ayant mis entre deux feux , leur tue
rent beaucoup de monde ; le reste ne s'étant sauvé
qu'avec peine , alla se rallier près d'un Corps
d'Infanterie et de Cavalerie , qui étoit posté à
quelque distance dans la Plaine des Salines.
Cependant le Bey Bigotillo s'étoit avancé avec
dix Drapeaux , et s'étoit mis en bataille vis- à - vis
le front des Travailleurs ; le Commandant Espagnol
et le Gouverneur du Fort de Sainte Croix
l'ayant apperçu , firent chacun un détachement
pour le couper , l'un du côté de la Montagne
l'autre par le Barranco , ou Vallon creux ; mais
Bigotillo ayant vû ce mouvement , se retira a■
plus vite,et alla rejoindre le gros des Ennemis qui
prirent la fuite. Les Espagnols poursuivirent les
Fuyards pendant un assez long espace , et après .
s avoir chassez jusques hors de la vûë d'Oran ,
rentrerent dans la Place avec une grande quantité
MARS. 1733. 195
tité de chevaux pris sur les Ennemis. Cette action
a durédepuis le point du jour jusqu'à quatre heures
du soir , et les Maures ont perdu près de 600.
hommes , au lieu que les Espagnols n'ont cu
qu'un Lieutenant de Dragons et deux Soldats
de tuez.
On a reçu avis de Barcelone , que l'Escadre que
le Roy avoit dans la Méditerranée
, étoit rentrée
dans ce Port , selon les mêmes Lettres , cette Escadre
étant sur les Côtes de Barbarie
, découvrit
près du Golfe d'Arseo , à la hauteur de Mostagan
, un Vaisseau
de 46. pieces de Canon , qui
servoit cy-devant de Capitane
à l'Escadre
d'Alger
; Don Blaise de Lezo, qui commandoit
l'Escadre
du Roy , fit force de voiles pour donner
la chasse à ce Vaisseau
; mais comme le Vaisai –
seau ennemi avoit deux lieües d'avance
, la nuit
survint
avant qu'on pût le joindre , et le Capi
taine en profita pour débarquer
300. Turcs et
quelques
vivres qu'il transportoit
d'Alger
au
Camp des Maures. Le lendemain
au point du
jour , on apperçut
ce Vaisseau
derriere un Cap
et vers les neuf heures et demie on commença
le canoner. Il essuya pendant
près de deux heures
les bordées de tous les Vaisseaux
de l'Escadre
Espagnole
, sans être beaucoup
endommagé
. Cependant
le Capitaine
Algerien
voyant que le feu
de l'Artillerie
des Espagnols
ne discontinuoit
point et perdant l'espoir de conserver
son Vaisseau
, songea à sauver l'Equipage
qu'il fit débarquer.
Don Blaise de Lezo , après avoir canoné
pendant
cinq heures le Vaisseau
Algerien
, détacha
les Gardes de la Marine et 200. bommes
pour le couler à fond , ce qui fut executé malgré
le grand feu des Algeriens
rangez en bataille sous
une batterie que les Maures avoient sur le Rivage.
Les
394 MERCURE DE FRANCE
Les Espagnols qui ont enlevé les cordages , le
Canon et tout ce que les Eunemis avoient laissé
dans le Vaisseau , n'ont eu dans ce combat, que
7. hommes tuez et 33. blessez .
On apprend par des Lettres d'Allemagne , que
plusieurs Officiers Espagnols qui sont au service
de PElecteur Palatin , ont obtenu la permission
de venir en Espagne pour faire la prochaine
Campagne d'Afrique en qualité de Volontaires.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 6 février, à Oran, cinq soldats espagnols tombèrent dans une embuscade après avoir remarqué des palmiers abattus. Ils alertèrent les piquets protégeant les travailleurs du Fort de Saint-Philippe, qui affrontèrent environ 1500 ennemis. Un combat intense s'ensuivit, impliquant l'artillerie des forts de Saint-Philippe et de Saint-André. Les grenadiers et la cavalerie espagnole intervinrent, forçant les ennemis à se retirer. Les Maures perdirent 100 hommes, tandis que les Espagnols déplorèrent la mort d'un enseigne et de deux soldats, ainsi que 17 blessés. Par la suite, quatre compagnies de grenadiers, protégeant des travailleurs coupant du bois, furent attaquées par les ennemis. Renforcées par cinq autres compagnies, elles contre-attaquèrent. Le commandant de la place, avec 300 cavaliers et huit compagnies d'infanterie, engagea les Maures en bataille. La cavalerie espagnole feignit la fuite pour attirer les ennemis dans un piège, tuant beaucoup d'entre eux. Le Bey Bigotillo, avec dix drapeaux, tenta une attaque mais se retira face aux détachements espagnols. Les Espagnols poursuivirent les fuyards jusqu'à les chasser hors de vue d'Oran, rentrant avec une grande quantité de chevaux ennemis. Cette action dura de l'aube à 16 heures, avec près de 600 Maures tués contre un lieutenant de dragons et deux soldats espagnols. À Barcelone, l'escadre royale espagnole, revenue de la Méditerranée, découvrit un vaisseau algérien près du golfe d'Arseo. Malgré une poursuite, la nuit permit au vaisseau ennemi de débarquer 300 Turcs et des vivres. Le lendemain, l'escadre espagnole canonna le vaisseau pendant cinq heures, le coulant finalement à fond malgré la résistance algérienne. Les Espagnols récupérèrent les cordages et le canon, subissant 7 morts et 33 blessés.
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13
p. 643-649
NEUVIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta, en particulier sur M. le Marquis de Santa-Cruz.
Début :
Vous me faites, Monsieur, l'honneur de me demander ce que je pense de certains bruits [...]
Mots clefs :
Oran, Ceuta, Alger, Maures, Marquis de Santa Cruz, Espagnols, Prisonnier
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texteReconnaissance textuelle : NEUVIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta, en particulier sur M. le Marquis de Santa-Cruz.
NEUVIE' ME LETTRE de
M. D. L R. écrite à M. le Marquis
de B. au sujet des Villes d'Oran et de
Ceuta , en particulier sur M. le Marquis
de Santa-Cruz;
'Ous me faites , Monsieur , l'honneur de me
V demander ceque je pense de certains bruits
qui se sont répandus , et dont on a même imprimé
quelque chose dans des Nouvelles publiques
, au sujet du Marquis de Santa- Cruz , qu'on
a prétendu n'avoir pas été tué dans l'Action du
21. Novembre devant Oran , et être actuellement
prisonnier à Alger . Votre demande ne pouvoit
jamais me venir plus à propos ; une Lettre tout
récemment reçuë d'Alger , me met en état d'y
répondre pertinemment. Elle est de la même personne
, dont vous avez déja vû une autre Lettre,
insérée dans une des miennes. Voici , Monsieur,
tout ce qu'elle contient sur ce sujet.
93
MONSIEUR,
J'ai reçû le premier jour de cette année la
B Lettre
644 MERCURE DE FRANCE
>>
రు
95
» Lettre que vous m'avez fait l'honneur de mé
crire pour avoir quelque éclaircissement sur le
>> triste sort de M. le Marquis de Santa- Cruz ,
dans la malheureuse sortie qu'il fit le 21. Novembre
dernier. Les motifs que vous me détaillez
pour m'y engager , font connoître la
haute estime qu'on avoit pour ce grand hommè,
et que son mérite personnel rend sa perte
» veritablement digne des regrets les plus amers ;
mais il n'en falloit pas tant pour me porter
faire une chose à laquelle je m'interesse et je
» prens autant de part que personne ; heureux si
dans mes perquisitions je pouvois trouver de
quoi flatter les foibles esperances de Madame
la Marquise son Epouse, et temperer un peu sa
juste douleur ; mais la mort de ce Seigneur ne
» me paroît que trop certaine ; les Turcs et les
»Maures d'une part , et de l'autre les Officiers er
» les Soldats faits prisonniers , et arrivez ici de-'
» puis huit jours , l'assurent tous unanimement ;
גכ
و د
il y en a même plusieurs qui certifient avoir
» été témoins oculaires de la barbare cruauté avec
laquelle ce brave Géneral a été traité ; enfin ,
Monsieur , quelques Algeriens ajoûtent les fus
» nestes circonstances que voici.
ɔɔ
Ayant été d'abord renversé de son cheval
par un coup de fusil à la cuisse , et le cheval s'é-
" tant échappé , le General fut aussi - tôt saisi par
cinq ou six Maures , ausquels il se fit connoî-
» tre , avec promesse d'une grande récompense
»si on le traitoit humainement ; ces Barbares lui
" arracherent d'abord tout ce qu'il avoit de pré
" cieux , en commençant par la chaîne d'or à laquelle
étoient attachez ses Ordres de Chevale-
Prie , ensuite une Montre et une Bague de grand
prix , l'or qu'il avoit sur lui , & c . Il survint
un
AVRIL. 1733- 645
၁
» un moment après une dispute entre les Maures
au sujet du Prisonnier , chacun voulant le
posseder ; mais enfin craignant que le Commandant
des Turcs ne se le fit rendre d'autorité
avec toutes ses dépouilles , ils prirent le
cruel parti de lui couper la tête et de met-
» tre ensuite son corps en pieces : voilà ce
» que j'ai entendu dire à plusieurs personnes ,qui,
comme je l'ai dit , se donnent pour témoins
D de l'action.
» Ce qu'il y a de bien certain , Monsieur , c'est
» que M. de Santa - Cruz n'est ni à Alger ni dans
»le Camp des Algeriens ; il n'y a pas non plus
םכ
23
d'apparence qu'il soit prisonnier parmi les
» Maures. Après les grandes diligences qu'a fait
Bigotillos pour le découvrir mort ou vif, il
» n'auroit pas manqué de le trouver , s'il étoit
» en vie , je crois que sa tête et son corps ont été
»si fort défigurez qu'il n'aura pas été possible
» de le reconnoître. Une partie de ceux qui fu-
» rent faits prisonniers dans cette même journée,
au nombre de 119. sont ici, comme je l'ai
marqué cy- dessus ; j'en ai questionné plusieurs,
» les autres Font été par les Religieux Espagnols
de laRédemption,que j'ai employez pour ce sujet,
lesquels m'ont donné une Liste des Officiers,
la même que le General Turc fit faire par une
» feinte qui lui réussit ; car pour bien reconnoî-
> noître les Officiers , il fit dire à toute la troupe
»des Prisonniers , qu'il vouloit envoyer les Soldats
à Alger , mais qu'à l'égard des Officiers ,
»son intention étoit de négocier leur rançon
par argent ou par échange , et cependant les
renvoyer à Oran ; alors chacun s'empressa de
>> se faire connoître pour ce qu'il étoit ; mais le
» General Turc ayant fait le discernement qu'il
Bij souhaitoit
"
646
MERCURE
DE FRANCE
souhaitoit , les a tous envoyez à Alger avec la
Liste contenant leurs qualitez . Aucun de ces
Officiers n'est François, mais il y a beaucoup de
» Soldats ; on assure qu'il y en a encore un grand
nombre de toutes les Nations de l'Europe , qui
» sont restez au pouvoir des Maures , lesquels
> ne veulent ni les rendre ni les vendre aux
Turcs, dans l'esperance d'en tirer un plus grand
prix d'ailleurs.
כ כ
ם כ
Voilà , Monsieur , tout ce que j'ai pû apprendre
de la fatale destinée de M. le Marqnis
» de Santa- Cruz . La perte d'un General si plein
» de valeur , si expérimenté , si zelé pour la Religion
et pour sa Patrie , ne peut être assez
» pleurée ; sur tout , s'il est vrai , comme on le
» dit, qu'elle ait été occasionnée par la mauvaise
>> manoeuvre de quelques Régimens , qui auroient
dû se sacrifier mille fois pour la conservation
de ce grand Capitaine . Nous commençons d'être
ici un peu plus tranquiles, ce qui m'engagera
à continuer de vous donner de mes nouvelles.
» J'ai l'honneur d'être , &c.
>>
A Alger , le 6. Janvier 1733 .
Je n'aurai pas , Monsieur , beaucoup de cho
ses à vous dire aujourd'hui au sujet d'Ōran et de
Ceuta 3 vous sçavez , sans doute , les nouvelles
courantes et l'inaction qu'il y a eû de
part et d'autre à l'égard de ces deux Places jusqu'au
. Février , jour auquel il y eut une action
assez vive entre les Troupes de la Garnison d'Oran
et les Maures , laquelle dura depuis le matinjusqu'au
soir , et fut tout à l'avantage des Espagnols.
La saison où nous allons entrer , fournira
, sans doute , d'autres Evenemens , et je
17
compte
AVRIL. 1733. 647
compte fort sur mes Correspondances pour avoir
le plaisir de continuer de vous instruire des nouvelles
d'Affrique , sur tout si dans ce temps-là
vous n'êtes point à Paris .
En attendant je crois , Monsieur , que vous
ferez bien de continuer votre lecture de Marmol,
Auteur Espagnol , qui a fait un Ouvrage assez
instructif sur cette grande Partie du Monde ;
vous y apprendrez des choses curieuses , et qui
vous mettront au fait de plusieurs sujets qui se
présentent souvent , et sur lesquels on n'a ordinairement
que des idées superficielles ; mais lisez
, s'il est possible , cet Auteur dans sa Langue
naturelle , n'ayez pas , du moins , trop de confiance
en la Traduction qu'en a faite M. d'Ablancourt
, qui n'eut ni le temps de la revoir ni
de publier lui-même son travail. Outre que les
noms Arabes composez, des Lieux et des Personnes
, déja assez mal traitez pár Marmol , sont
encore plus défigurez dans d'Ablancourt , je
trouve en quelques endroits sa Version fort deffectueuse
, peu limée , même par rapport à notre
Langue , qu'il devoit sçavoir mieux qu'un autre ,
vous pourrez en juger par la maniere dont il
s'exprime à l'égard du fameux Port de Marsalquibir
, qui est auprès d'Oran , et dont le nom
signifie en Arabe ce que les Romains ont dit en
Latin , Portus Magnus . Notre Traducteur écrit
Marsa-qui-Vir , ce qui est une veritable corruption.
Cette Place , dit - il ensuite , qui signifie le
grand Port , &c. Je vous demande , Monsieur , si
c'est là du François ? une place qui signifie , &c .
Je puis vous assurer que ce n'est pas non plus le
sens de la phrase Espagnole.
Je vois aussi avec plaisir que vous prenez goût
à la Géographie d'Abulfeda , cet Auteur Arabe ,
B iij
dont
648 MERCURE DE FRANCE
dont je vous ai parlé à l'occasion de la Ville de
Ceuta , et dont l'Edition entiere doit être présentement
publiée à Londres. Vous me demandez
si ce Géographe , qui vivoit dans le XIV . siecle ,
a fait quelque mention d'Oran . Il n'a assurément
pas oublié cette Ville dans la courte Description
qu'il fait de la Côte de Barbarie. » Oran,
ou Ouahran , dit - il , est une Ville du Pays des
» Bereberes,du côté du Couchant située sur le bord
» de la Mer , distante d'une journée de chemin
de Tremecen ; ceux qui l'ont vûë rapportent
qu'elle sert de Port à Tremecen ; elle est située
» à l'Orient , tant soit peu Septentrional de cette
Capitale. Sa longitude est d'environ 15. D. 20.
M. et sa latitude de 18 : D. 5o . M. Le Cherif
Edrisi dit dans sa Géographie , que cette Ville
» Maritime est ceinte d'une très forte Muraille ,
et qu'elle est située vis - à- vis d'Almerie en Espagne.
39
Marmol n'a pas connu ce Géographe qui auroit
pû le redresser en plusieurs endroirs de son
Affrique , Ouvrage , comme je l'ai déja dit , qui a
son merite et ses deffauts . L'Auteur est presque
toujours prévenu en faveur de la prétendue antiquité
des Lieux dont il parle . C'est lui qui le
premier a fait d'Oran , de Ceuta , et de quelques
autres Places de l'Affrique , des Colonies Romai
nes , ce qui n'a pas le moindre fondement dans
l'Histoire ni ailleurs . La plupart de ces Villes
doivent leur origine aux Califes ou à des Princes
Mahométans leurs Successeurs.
Il me reste à vous dire un mot des affaires de
Ceuta , qui n'ont pas changé de situation depuis
mes dernieres Lettres. L'inaction est encore plus
grande de la part des Maures qui sont devant
cette Place , que de ceux qui sont aux environs
d'Oran
AVRIL. 1733. 649
d'Oran. On prétend même que les Troupes du
Camp de Ceuta sont fort diminuées par la retrai
te de près de 2000. Noirs , occasionnée par les
troubles du Royaume de Maroc , que le nouveau
Roy a bien de la peine à appaiser. Quoiqu'il en
soit c'est une grande entreprise pour d'aussi mauvais
guerriers , que celle de prendre par force une
telle Place .
Je suis encore plus fortifié dans mon opinion
depuis que j'en ai vu le Plan ces jours passez tel
qu'il a été levé sur les lieux par d'habiles Ingénieurs
Espagnols ; ce qui me donne une grande
idée de la Ville et des Fortifications , qui sont en
grand nombre et bien entendues. Comme rien
n'est oublié dans ce Plan , et que tous les environs
de Ceuta y sont exactement décrits , j'y ai
remarqué avec plaisir jusqu'à l'ancienne Eglise
de S. Samson , qui subsiste encore à une lieue du
corps de la Place , dans laquelle Jean I. Roy de
Portugal , fit les Princes ses fils Chevaliers , après
la Prise d'Oran , suivant le Projet dont je vous
ai parlé dans ma précédente Lettre. J'ai l'honneur
d'être , Monsieur , &c.
A Paris le 14. Mars 1733-
M. D. L R. écrite à M. le Marquis
de B. au sujet des Villes d'Oran et de
Ceuta , en particulier sur M. le Marquis
de Santa-Cruz;
'Ous me faites , Monsieur , l'honneur de me
V demander ceque je pense de certains bruits
qui se sont répandus , et dont on a même imprimé
quelque chose dans des Nouvelles publiques
, au sujet du Marquis de Santa- Cruz , qu'on
a prétendu n'avoir pas été tué dans l'Action du
21. Novembre devant Oran , et être actuellement
prisonnier à Alger . Votre demande ne pouvoit
jamais me venir plus à propos ; une Lettre tout
récemment reçuë d'Alger , me met en état d'y
répondre pertinemment. Elle est de la même personne
, dont vous avez déja vû une autre Lettre,
insérée dans une des miennes. Voici , Monsieur,
tout ce qu'elle contient sur ce sujet.
93
MONSIEUR,
J'ai reçû le premier jour de cette année la
B Lettre
644 MERCURE DE FRANCE
>>
రు
95
» Lettre que vous m'avez fait l'honneur de mé
crire pour avoir quelque éclaircissement sur le
>> triste sort de M. le Marquis de Santa- Cruz ,
dans la malheureuse sortie qu'il fit le 21. Novembre
dernier. Les motifs que vous me détaillez
pour m'y engager , font connoître la
haute estime qu'on avoit pour ce grand hommè,
et que son mérite personnel rend sa perte
» veritablement digne des regrets les plus amers ;
mais il n'en falloit pas tant pour me porter
faire une chose à laquelle je m'interesse et je
» prens autant de part que personne ; heureux si
dans mes perquisitions je pouvois trouver de
quoi flatter les foibles esperances de Madame
la Marquise son Epouse, et temperer un peu sa
juste douleur ; mais la mort de ce Seigneur ne
» me paroît que trop certaine ; les Turcs et les
»Maures d'une part , et de l'autre les Officiers er
» les Soldats faits prisonniers , et arrivez ici de-'
» puis huit jours , l'assurent tous unanimement ;
גכ
و د
il y en a même plusieurs qui certifient avoir
» été témoins oculaires de la barbare cruauté avec
laquelle ce brave Géneral a été traité ; enfin ,
Monsieur , quelques Algeriens ajoûtent les fus
» nestes circonstances que voici.
ɔɔ
Ayant été d'abord renversé de son cheval
par un coup de fusil à la cuisse , et le cheval s'é-
" tant échappé , le General fut aussi - tôt saisi par
cinq ou six Maures , ausquels il se fit connoî-
» tre , avec promesse d'une grande récompense
»si on le traitoit humainement ; ces Barbares lui
" arracherent d'abord tout ce qu'il avoit de pré
" cieux , en commençant par la chaîne d'or à laquelle
étoient attachez ses Ordres de Chevale-
Prie , ensuite une Montre et une Bague de grand
prix , l'or qu'il avoit sur lui , & c . Il survint
un
AVRIL. 1733- 645
၁
» un moment après une dispute entre les Maures
au sujet du Prisonnier , chacun voulant le
posseder ; mais enfin craignant que le Commandant
des Turcs ne se le fit rendre d'autorité
avec toutes ses dépouilles , ils prirent le
cruel parti de lui couper la tête et de met-
» tre ensuite son corps en pieces : voilà ce
» que j'ai entendu dire à plusieurs personnes ,qui,
comme je l'ai dit , se donnent pour témoins
D de l'action.
» Ce qu'il y a de bien certain , Monsieur , c'est
» que M. de Santa - Cruz n'est ni à Alger ni dans
»le Camp des Algeriens ; il n'y a pas non plus
םכ
23
d'apparence qu'il soit prisonnier parmi les
» Maures. Après les grandes diligences qu'a fait
Bigotillos pour le découvrir mort ou vif, il
» n'auroit pas manqué de le trouver , s'il étoit
» en vie , je crois que sa tête et son corps ont été
»si fort défigurez qu'il n'aura pas été possible
» de le reconnoître. Une partie de ceux qui fu-
» rent faits prisonniers dans cette même journée,
au nombre de 119. sont ici, comme je l'ai
marqué cy- dessus ; j'en ai questionné plusieurs,
» les autres Font été par les Religieux Espagnols
de laRédemption,que j'ai employez pour ce sujet,
lesquels m'ont donné une Liste des Officiers,
la même que le General Turc fit faire par une
» feinte qui lui réussit ; car pour bien reconnoî-
> noître les Officiers , il fit dire à toute la troupe
»des Prisonniers , qu'il vouloit envoyer les Soldats
à Alger , mais qu'à l'égard des Officiers ,
»son intention étoit de négocier leur rançon
par argent ou par échange , et cependant les
renvoyer à Oran ; alors chacun s'empressa de
>> se faire connoître pour ce qu'il étoit ; mais le
» General Turc ayant fait le discernement qu'il
Bij souhaitoit
"
646
MERCURE
DE FRANCE
souhaitoit , les a tous envoyez à Alger avec la
Liste contenant leurs qualitez . Aucun de ces
Officiers n'est François, mais il y a beaucoup de
» Soldats ; on assure qu'il y en a encore un grand
nombre de toutes les Nations de l'Europe , qui
» sont restez au pouvoir des Maures , lesquels
> ne veulent ni les rendre ni les vendre aux
Turcs, dans l'esperance d'en tirer un plus grand
prix d'ailleurs.
כ כ
ם כ
Voilà , Monsieur , tout ce que j'ai pû apprendre
de la fatale destinée de M. le Marqnis
» de Santa- Cruz . La perte d'un General si plein
» de valeur , si expérimenté , si zelé pour la Religion
et pour sa Patrie , ne peut être assez
» pleurée ; sur tout , s'il est vrai , comme on le
» dit, qu'elle ait été occasionnée par la mauvaise
>> manoeuvre de quelques Régimens , qui auroient
dû se sacrifier mille fois pour la conservation
de ce grand Capitaine . Nous commençons d'être
ici un peu plus tranquiles, ce qui m'engagera
à continuer de vous donner de mes nouvelles.
» J'ai l'honneur d'être , &c.
>>
A Alger , le 6. Janvier 1733 .
Je n'aurai pas , Monsieur , beaucoup de cho
ses à vous dire aujourd'hui au sujet d'Ōran et de
Ceuta 3 vous sçavez , sans doute , les nouvelles
courantes et l'inaction qu'il y a eû de
part et d'autre à l'égard de ces deux Places jusqu'au
. Février , jour auquel il y eut une action
assez vive entre les Troupes de la Garnison d'Oran
et les Maures , laquelle dura depuis le matinjusqu'au
soir , et fut tout à l'avantage des Espagnols.
La saison où nous allons entrer , fournira
, sans doute , d'autres Evenemens , et je
17
compte
AVRIL. 1733. 647
compte fort sur mes Correspondances pour avoir
le plaisir de continuer de vous instruire des nouvelles
d'Affrique , sur tout si dans ce temps-là
vous n'êtes point à Paris .
En attendant je crois , Monsieur , que vous
ferez bien de continuer votre lecture de Marmol,
Auteur Espagnol , qui a fait un Ouvrage assez
instructif sur cette grande Partie du Monde ;
vous y apprendrez des choses curieuses , et qui
vous mettront au fait de plusieurs sujets qui se
présentent souvent , et sur lesquels on n'a ordinairement
que des idées superficielles ; mais lisez
, s'il est possible , cet Auteur dans sa Langue
naturelle , n'ayez pas , du moins , trop de confiance
en la Traduction qu'en a faite M. d'Ablancourt
, qui n'eut ni le temps de la revoir ni
de publier lui-même son travail. Outre que les
noms Arabes composez, des Lieux et des Personnes
, déja assez mal traitez pár Marmol , sont
encore plus défigurez dans d'Ablancourt , je
trouve en quelques endroits sa Version fort deffectueuse
, peu limée , même par rapport à notre
Langue , qu'il devoit sçavoir mieux qu'un autre ,
vous pourrez en juger par la maniere dont il
s'exprime à l'égard du fameux Port de Marsalquibir
, qui est auprès d'Oran , et dont le nom
signifie en Arabe ce que les Romains ont dit en
Latin , Portus Magnus . Notre Traducteur écrit
Marsa-qui-Vir , ce qui est une veritable corruption.
Cette Place , dit - il ensuite , qui signifie le
grand Port , &c. Je vous demande , Monsieur , si
c'est là du François ? une place qui signifie , &c .
Je puis vous assurer que ce n'est pas non plus le
sens de la phrase Espagnole.
Je vois aussi avec plaisir que vous prenez goût
à la Géographie d'Abulfeda , cet Auteur Arabe ,
B iij
dont
648 MERCURE DE FRANCE
dont je vous ai parlé à l'occasion de la Ville de
Ceuta , et dont l'Edition entiere doit être présentement
publiée à Londres. Vous me demandez
si ce Géographe , qui vivoit dans le XIV . siecle ,
a fait quelque mention d'Oran . Il n'a assurément
pas oublié cette Ville dans la courte Description
qu'il fait de la Côte de Barbarie. » Oran,
ou Ouahran , dit - il , est une Ville du Pays des
» Bereberes,du côté du Couchant située sur le bord
» de la Mer , distante d'une journée de chemin
de Tremecen ; ceux qui l'ont vûë rapportent
qu'elle sert de Port à Tremecen ; elle est située
» à l'Orient , tant soit peu Septentrional de cette
Capitale. Sa longitude est d'environ 15. D. 20.
M. et sa latitude de 18 : D. 5o . M. Le Cherif
Edrisi dit dans sa Géographie , que cette Ville
» Maritime est ceinte d'une très forte Muraille ,
et qu'elle est située vis - à- vis d'Almerie en Espagne.
39
Marmol n'a pas connu ce Géographe qui auroit
pû le redresser en plusieurs endroirs de son
Affrique , Ouvrage , comme je l'ai déja dit , qui a
son merite et ses deffauts . L'Auteur est presque
toujours prévenu en faveur de la prétendue antiquité
des Lieux dont il parle . C'est lui qui le
premier a fait d'Oran , de Ceuta , et de quelques
autres Places de l'Affrique , des Colonies Romai
nes , ce qui n'a pas le moindre fondement dans
l'Histoire ni ailleurs . La plupart de ces Villes
doivent leur origine aux Califes ou à des Princes
Mahométans leurs Successeurs.
Il me reste à vous dire un mot des affaires de
Ceuta , qui n'ont pas changé de situation depuis
mes dernieres Lettres. L'inaction est encore plus
grande de la part des Maures qui sont devant
cette Place , que de ceux qui sont aux environs
d'Oran
AVRIL. 1733. 649
d'Oran. On prétend même que les Troupes du
Camp de Ceuta sont fort diminuées par la retrai
te de près de 2000. Noirs , occasionnée par les
troubles du Royaume de Maroc , que le nouveau
Roy a bien de la peine à appaiser. Quoiqu'il en
soit c'est une grande entreprise pour d'aussi mauvais
guerriers , que celle de prendre par force une
telle Place .
Je suis encore plus fortifié dans mon opinion
depuis que j'en ai vu le Plan ces jours passez tel
qu'il a été levé sur les lieux par d'habiles Ingénieurs
Espagnols ; ce qui me donne une grande
idée de la Ville et des Fortifications , qui sont en
grand nombre et bien entendues. Comme rien
n'est oublié dans ce Plan , et que tous les environs
de Ceuta y sont exactement décrits , j'y ai
remarqué avec plaisir jusqu'à l'ancienne Eglise
de S. Samson , qui subsiste encore à une lieue du
corps de la Place , dans laquelle Jean I. Roy de
Portugal , fit les Princes ses fils Chevaliers , après
la Prise d'Oran , suivant le Projet dont je vous
ai parlé dans ma précédente Lettre. J'ai l'honneur
d'être , Monsieur , &c.
A Paris le 14. Mars 1733-
Fermer
Résumé : NEUVIÈME LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. au sujet des Villes d'Oran et de Ceuta, en particulier sur M. le Marquis de Santa-Cruz.
Le texte est une lettre adressée au Marquis de B. pour clarifier les rumeurs concernant la mort du Marquis de Santa-Cruz. L'auteur répond à une demande d'éclaircissements sur ces rumeurs et fournit des informations basées sur une lettre récente reçue d'Alger. Cette lettre confirme la mort du Marquis de Santa-Cruz, tué après avoir été renversé de son cheval et capturé par des Maures. Les témoins et les prisonniers confirment la cruauté de son traitement et l'absence de son corps reconnaissable. La lettre mentionne également l'inaction militaire récente à Oran et Ceuta. Elle rapporte une action militaire vive en février où les Espagnols ont eu l'avantage. L'auteur recommande la lecture de l'œuvre de Marmol sur l'Afrique et discute de la géographie d'Abulfeda concernant Oran. Il note également les troubles au Maroc et l'état des fortifications de Ceuta.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 1449-1451
ESPAGNE.
Début :
Le Roy, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, séjournerent le 4. de ce mois au [...]
Mots clefs :
Prince des Asturies, Princesse des Asturies, Maures, Ennemis, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
E Roy , la Reine , le Prince et la Princesse des
Asturies , séjournerent le 4. de ce mois au
Village de Viso , à cause de la solemnité de la
Fête Dieu , et Leurs Majestez firent leurs dévotions
dans l'Eglise Paroissiale . Le 5. elles arrive
rent à Valdepennas , &c Et l'on a appris que 1
12. Juin la Cour étoit arrivée au Château d'A
ranjues , où tous les Seigneurs et la plus grande
partie de la Noblesse de Madrid , s'étoient rendu
pour recevoir L. M. L'Infant Don Louis et le..
Infantes continuoient leur marche à petitea
journées. Le plaisir que cause le retour de la Fa
mille Royale , est inexprimable. L'Infant Dor
Louis et les Infantes arriverent le 1 6. de ce moi
à Aranjues.
Selon les nouveaux avis reçus d'Oran , la perte
que les Maures ont faite dans la derniere action ,
est bien plus grande qu'on ne l'avoit dit d'abord.
Ils ont perdu près de 3000. hommes , et ils ont
eu un très grand nombre de blessez .
Les dernieres nouvelles d'Oran , marquent que
les Maures ont fait une nouvelle et derniere tentative
pour s'emparer du Bastion de la Place d'Odu
côté d'Ytro , lequet ils avoient déja atran
,
II. Vol. I ij taqué
རྣཆད པ TRANCE
taqué plusieurs fois inutilement. Un Détachement
considerable de leurs Troupes s'étant vent
poster dans le Valon de la Fontaine , et dans le
Parage qu'on nomme de los Hijuelos , le Marquis
de Villadarias ordonna aux Grenadiers et aux Volontaires
de faire une sortie , et d'aller soutenus des
Dragons, charger en flanc les Ennemis; il fit marcher
en même-temps dix Compagnies d'un autre
côté du Vallon, pour les prendre par le flanc opposé.
Au signal qu'il fit donner du Fort de S.Philippe,
les Grenadiers et les Volontaires commencerent
l'attaque avec tant de valeur , qu'ils chasserent les
Maures et les poursuivirent jusques sur l'éminence
voisine de la Montagne de la Mazetta. Ayant été
joints en cet endroit par les Dragons , ils continuerent
de pousser les Ennemis , et les obligerent encore
de reculer jusqu'à la Montagne , où pendant
Jong-temps le feu fut très - vif de part et d'autre ,
mais à la fin toute l'Armée des Maures étant venuë
au secours du Détachement , les Espagnols
se retirerent sous le Fort de S, Ferdinand, Les Ennemis
, qui avoient toutes leurs forces réunies et
qui avoient eu la précaution de tenir leurs Troupes
plus serrées que dans les attaques précédentes,
poursuivirent et essuyerent un si grand feu de
Canon et de Mousqueterie , que la perte qu'ils
ont faite en cette occasion , est infiniment plus
considerable que celle qu'ils firent dans l'action
du 19. du mois d'Avril dernier .
les
Le combat étant fini , les Espagnols retournerent.
en bon ordre dans la Place et dans leurs
autres postes. La Garnison a eu dans cette occasjon
près de 400. hommes de tuez ou blessez ; du
nombre de ces derniers sont le Marquis de Mi
romenil , Colonel , Don Matthias del Campo ,
premier Lieutenant dans le Régiment des Gardes
11. Vol. Wallones
JUIN. 1733. 1451
Wallones , Don Ignace de Quiroga , et Don
Ferdinand Corbalan , Sergens Majors.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, la famille royale, incluant la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies, a participé à la fête de la Fête Dieu le 4 juin au village de Viso, où ils ont prié dans l'église paroissiale. Le 5 juin, ils se sont rendus à Valdepennas. Le 12 juin, la cour est arrivée au Château d'Aranjues, accueillie par les seigneurs et la noblesse de Madrid. L'Infant Don Louis et les Infantes ont rejoint Aranjues le 16 juin après un voyage à petites journées. Le retour de la famille royale a suscité une grande joie. À Oran, les Maures ont subi des pertes importantes lors de leurs attaques contre les Espagnols. Lors de la dernière action, ils ont perdu près de 3 000 hommes et ont eu un grand nombre de blessés. Les Maures ont tenté de s'emparer du bastion de la place d'Oduc côté d'Ytro, mais ont été repoussés par les grenadiers et les volontaires espagnols, soutenus par les dragons. Le combat a été intense, avec des pertes considérables pour les Maures. La garnison espagnole a également subi des pertes, avec près de 400 hommes tués ou blessés, dont plusieurs officiers de haut rang. Après le combat, les Espagnols se sont retirés en bon ordre dans la place et leurs postes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 1451-1453
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Début :
Je vous dirai d'abord ce que je viens d'apprendre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave, [...]
Mots clefs :
Maures, Turcs, Marquis de Villadarias, Oran, Travailleurs, Espagnol, Feu, Place, Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
le 25. May , contenant des Nouvelles
d'Oran.
E vous dirai d'abord ce que je viens d'appren→
dre par un Espagnol qu'on a amené ici esclave ,
et qui n'est parti d'Oran que depuis douze jours .
Cet Espagnol , ancien dans le Service , m'a assuré
que la Place est abondamment pourvûë de toutes
sortes de provisions de guerre et de bouche. La maladie
contagieuse y a cessé , les Châteaux sont fortifiez
et dans un état à ne plus craindre les efforts
barbaresques , d'autant plus que beaucoup de Maures
, qui en sont bien informez , et qui ennuyez d'un
si long service et de la durée du Siege , se débandent
et fournissen même à la Place,par la communicasion
des Maures de Paix , quantité de Bestiaux ,
ce qui donne un grand soulagement aux Assiegez.
Les Turcs n'ignorent pas ce commerce , mais ils ne
sont pas en état de s'y opposer , ils n'osent pas même
sortir de leur Camp , n'ayant pas moins à craindre
du côté de ces Maures , que de celui des Chrétiens ;
aussi les Turcs ne cessent- ils de demander du secours.
Le Dey cependant n'a pas un homme à leur
envoyer , il a fallu pour contenir les Maures et lever
les Garannes ou Tributs qu'on a coûtume d'éxiger
, envoyer les Camps ordinaires , et pour cela
dégarnir la Ville d'Alger de Soldats . Le puissant
secours qu'on attend du G. S. a retenu jusqu'à présent
les Maures dans la soumission et les Turcs de-
* On appelle ainsi ceux des Maures qui sont
dans les interêts des Espagnols.
II. Vol. I iij vant
145 MERCURE DE FRANCE
vant Oran. Ceux- cy, dès qu'ils seront informez de
la disgrace arrivée à leurs Vaisseaux,pourront bien,
malgré le Dey, abandonner les Tentes et les Bagages
et se retirer à la sourdine pour se dérober à la cruauté
des Maures , du moins c'est ainsi que Pon en juge ,
d'autant mieux que ces Turcs ont eu en dernier lieu
un échec qui les a fort éclaircis . Voici de quelle maniere
le rapporte l'Espagnol qui a été présent à tout.
M. le Marquis de Villadarias , voyant que Les
Maures ne laissoient pas de venir prendre de
Peau à la Fontaine , malgré ses précautions et malgré
le feu du Fort de S. Ferdinand , fit faire une
Galere ou un Boyau de bonne massonnerie , avec de
petits creneaux ou meurtrieres qui donnoient vèrs la
Fontaine, pour écarter ceux qui y viendroient, ce qui
incommodera fort l'Ennemi , qui d'ailleurs ne peut
avoir que de mauvaises eaux. Bigotillos s'étant apperçu
du dessein des Espagnols , se proposa d'enlever
les Travailleurs,mais le M.de Villadarias en ayant
eu vent , fit marcher les Travailleurs à l'ordinaire
avec soixante hommes pour les couvrir ; ilfu encore
sortir 1500. Grenadiers en deux bandes , l'une à
droite et l'autre à gauche , avec ordre de se cacher
dans des Ravines voisines qui favorisoient tout-àfait
son dessein Les Maures se croyant sûrs de leur
coup , ne manquerent point de s'avancer en assez.
grand nombre ; alors les 60. Soldats commandez
pour couvrir les Travailleurs , firent semblant de
redouter ce grand nombre et de se retirer , pour attirer
l'Ennemi dans Pembuscade ; il y donna efectivement
, et les 1500. Grenadiers sortirent de leurs
Ravines et firent feu de tous côtez. A ce coup imprévû
les Turcs et les Maures accoururent en foule
pour secourir les leurs . Le M. de Villadarias , à porsée
de découvrir tout ce qui se passoit , donna ordre
aux siens de feindre une retraite pour attirer insen-
II. Val. siblement
JUIN. 1733. 1453
siblement les Assiegeans sous le Canon . Ce strata
gême lui aparfaitement bien réussi . Trois des Chateaux
firent feu de leurs Canons avec mitrailles et
Bombes , si à propos , qu'il resta sur la place plús
hommes , sans compter les blessez . Les
Turcs y ont perdu plus de 300. des leurs ; ils sont
d'autant plus affligez de cette perte , qu'ils se voyent
hors d'état de la réparer , aussi ne pensent- ils qu'à
se ménager et à conserver leurs têtes .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Alger, le 25. May, contenant des Nouvelles d'Oran.
Le 25 mai, une lettre rapporte des nouvelles d'Oran par un Espagnol récemment arrivé à Alger. Cet ancien soldat indique qu'Oran est bien approvisionnée en vivres et en matériel de guerre. La maladie contagieuse a cessé et les châteaux sont fortifiés, permettant de repousser les attaques barbaresques. De nombreux Maures, lassés du siège, désertent et fournissent des vivres aux assiégés via les Maures de paix. Les Turcs, conscients de ce commerce, ne peuvent l'empêcher et craignent autant les Maures que les Chrétiens. Ils demandent des renforts, mais le Dey d'Alger ne peut en envoyer, car il doit maintenir l'ordre parmi les Maures et lever des tributs, ce qui nécessite de retirer des soldats de la ville. Le marquis de Villadarias, commandant espagnol, a construit une structure pour protéger les travailleurs à la fontaine. Les Maures, tentant de capturer ces travailleurs, sont tombés dans une embuscade préparée par les Espagnols. Les grenadiers espagnols ont ouvert le feu, causant des pertes importantes parmi les Turcs et les Maures. Les Turcs, affligés par cette défaite, cherchent maintenant à se protéger et à conserver leurs forces.
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16
p. 726-729
« ABREGÉ de la Vie de S. Gaud, Evêque d'Evreux, de S. Pair, Evêque [...] »
Début :
ABREGÉ de la Vie de S. Gaud, Evêque d'Evreux, de S. Pair, Evêque [...]
Mots clefs :
Évêque d'Évreux, Histoire, Oran, Évêque d'Avranches, Aurore et Phébus, Commandement de la loi, Retraite, Empire des shérifs, Dictionnaire universel des arts et des sciences, Pensées chrétiennes, Merlin Coccai, Épîtres et évangiles
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texteReconnaissance textuelle : « ABREGÉ de la Vie de S. Gaud, Evêque d'Evreux, de S. Pair, Evêque [...] »
BREGE de la Vie de S. Gaud ,
Evêque d'Evreux , de S. Pair , Evêque
d'Avranches , de S. Scabilion , Abbé
de S.Senier , aussi Evêque d'Avranches ,
et de S. Aroaste , Prêtre ; tous Anacho
retes du Desert de Scyey , inhumez dans
l'Eglise de S. Pair sur Mer , Diocèse de
Coutances , &c. le tout conforme aux
MartyAVRIL.
1734. 727
Martyrologes , aux meilleurs Historiens
et particulierement à un Manuscrit trèsancien
, qui se trouve dans les Archives
de la Paroisse de S. Pair , dont il y
a copie dans celle de la Cathédrale d'Evreux.
Par M. le Rouault , Curé de saint
Pair sur Mer. De l'Imprimerie de Montalant
, 1734. in 12.
AURORE ET PHEBUS , Histoire Espagnole.
A Paris , ruë S. Jacques, chez And.
Morin , 1733. in 12. de 143. pages.
LE GRAND COMMANDEMENT DE LA LOy,
ou le principal devoir de l'homme envers
Dieu et envers le Prochain, expliqué selon
les Principes de S. Thomas . Par le P. Bermard
d'Arras, Capucin , Lecteur en Théologie
. Chez J. B. Coignard , fils , rue saint
Jacques , vol. in 12.
RETRAITE de la Marquise de Gozanne ,
contenant diverses Histoires galantes et
yeritables. Chez Etienne Ganeau , ruë
S. Jacques 1734. in 12. 2. vol.
HISTOIRE DE L'EMPIRE DES CHERIFS
EN AFRIQUE , sa Description Géographique
et Historique ; la Relation de la
Prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es-
E vj pagne ,
728 MERCURE DE FRANCE
pagne , avec l'Abregé de la Vie de M. de
Santa-Cruz , cy - devant Ambassadeur en
France , et Gouverneur d'Oran , depuis
la Prise de cette Ville , ornée d'un Plan
très- exact de la Ville d'Oran , et d'une
Carte de l'Empire des Cherifs , par M. ***..
A Paris , chez Prault , Quay de Gêvres ,
au Paradis , 1733. in 12. de 508. pages
sans les Tables,
DICTIONNAIRE Universel des Arts et
des Sciences de M. B. C. de l'Academie
Françoise , nouvelle Edition , revûë , corrigée
et augmentée , par M. ... de l'Académie
des Sciences. A Paris , chez
P. G. le Mercier , fils , rue S. Jacques ,
1732. 2. vol. in fol . prix 36. livres.
PENSE'ES CHRETIENNES pour
tous les jours du mois , avec des Passages
de l'Ecriture Sainte , et une Instruction
familiere pour servir de regles dens
les actions principales de la vie . M. Lambert.
Chez le même , 1732. in 24. prix
15. sols.
LES EPITRES ET EVANGILES de toute
Pannée , avec des Refléxions ; l'Ordinaire
de la Messe en Latin en François , Chez
le même , 1732. in 12. gros caractere.
HISAVRIL
1734. 729
HISTOIRE MACARONIQUE de Merlin
Cocaie , Prototype de Rabelais , avec
l'horrible Bataille des Mouches et des
Fourmis. Sans nom d'Imprimeur , 1734-
2. vol. in 12. d'environ 4co. pag chacun.
Evêque d'Evreux , de S. Pair , Evêque
d'Avranches , de S. Scabilion , Abbé
de S.Senier , aussi Evêque d'Avranches ,
et de S. Aroaste , Prêtre ; tous Anacho
retes du Desert de Scyey , inhumez dans
l'Eglise de S. Pair sur Mer , Diocèse de
Coutances , &c. le tout conforme aux
MartyAVRIL.
1734. 727
Martyrologes , aux meilleurs Historiens
et particulierement à un Manuscrit trèsancien
, qui se trouve dans les Archives
de la Paroisse de S. Pair , dont il y
a copie dans celle de la Cathédrale d'Evreux.
Par M. le Rouault , Curé de saint
Pair sur Mer. De l'Imprimerie de Montalant
, 1734. in 12.
AURORE ET PHEBUS , Histoire Espagnole.
A Paris , ruë S. Jacques, chez And.
Morin , 1733. in 12. de 143. pages.
LE GRAND COMMANDEMENT DE LA LOy,
ou le principal devoir de l'homme envers
Dieu et envers le Prochain, expliqué selon
les Principes de S. Thomas . Par le P. Bermard
d'Arras, Capucin , Lecteur en Théologie
. Chez J. B. Coignard , fils , rue saint
Jacques , vol. in 12.
RETRAITE de la Marquise de Gozanne ,
contenant diverses Histoires galantes et
yeritables. Chez Etienne Ganeau , ruë
S. Jacques 1734. in 12. 2. vol.
HISTOIRE DE L'EMPIRE DES CHERIFS
EN AFRIQUE , sa Description Géographique
et Historique ; la Relation de la
Prise d'Oran , par Philippe V. Roy d'Es-
E vj pagne ,
728 MERCURE DE FRANCE
pagne , avec l'Abregé de la Vie de M. de
Santa-Cruz , cy - devant Ambassadeur en
France , et Gouverneur d'Oran , depuis
la Prise de cette Ville , ornée d'un Plan
très- exact de la Ville d'Oran , et d'une
Carte de l'Empire des Cherifs , par M. ***..
A Paris , chez Prault , Quay de Gêvres ,
au Paradis , 1733. in 12. de 508. pages
sans les Tables,
DICTIONNAIRE Universel des Arts et
des Sciences de M. B. C. de l'Academie
Françoise , nouvelle Edition , revûë , corrigée
et augmentée , par M. ... de l'Académie
des Sciences. A Paris , chez
P. G. le Mercier , fils , rue S. Jacques ,
1732. 2. vol. in fol . prix 36. livres.
PENSE'ES CHRETIENNES pour
tous les jours du mois , avec des Passages
de l'Ecriture Sainte , et une Instruction
familiere pour servir de regles dens
les actions principales de la vie . M. Lambert.
Chez le même , 1732. in 24. prix
15. sols.
LES EPITRES ET EVANGILES de toute
Pannée , avec des Refléxions ; l'Ordinaire
de la Messe en Latin en François , Chez
le même , 1732. in 12. gros caractere.
HISAVRIL
1734. 729
HISTOIRE MACARONIQUE de Merlin
Cocaie , Prototype de Rabelais , avec
l'horrible Bataille des Mouches et des
Fourmis. Sans nom d'Imprimeur , 1734-
2. vol. in 12. d'environ 4co. pag chacun.
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Résumé : « ABREGÉ de la Vie de S. Gaud, Evêque d'Evreux, de S. Pair, Evêque [...] »
Le document présente une liste de publications et de manuscrits historiques. Il commence par un résumé des vies de saints, notamment Saint Gaud, évêque d'Évreux, Saint Pair, évêque d'Avranches, Saint Scabilion, abbé de Saint-Senier et également évêque d'Avranches, et Saint Aroaste, prêtre. Ces saints étaient anachorètes du désert de Scyey et sont inhumés dans l'église de Saint Pair sur Mer, diocèse de Coutances. Les informations proviennent des martyrologes, des historiens et d'un manuscrit ancien des archives de la paroisse de Saint Pair, avec une copie à la cathédrale d'Évreux. Le texte mentionne également plusieurs ouvrages publiés entre 1732 et 1734, incluant des histoires espagnoles, des traités théologiques, des récits galants, des histoires de l'Empire des Cherifs en Afrique, un dictionnaire universel des arts et des sciences, des pensées chrétiennes, des épîtres et évangiles avec des réflexions, et une histoire macaronique de Merlin Cocaie. Chaque ouvrage est accompagné de détails sur l'éditeur, l'imprimeur, le format et le prix.
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17
p. 223-225
ESPAGNE.
Début :
Dans le tems qu'on croyoit ce Royaume délivré du tremblement de terre, [...]
Mots clefs :
Belém, Oran, Tremblement de terre, Edifices détruits, Secours étrangers, Marchandises, Indemnités, Sa Majesté, Duc d'Aveyro, Tonnerre, Incendie
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE BELEM , le 13 Février.
Dans le tems qu'on croyoit ce Royaume délivré
du tremblement de terre , on a effuyé ici de nouvelles
fecouffes. Elles ont été même affez fortes
pour renverser plufieurs des bâtimens que les
précédentes avoient épargnés à Liſbonne. L'Hôtel
du Comte de Refende , Grand Amiral de Portugal
, eft du nombre des édifices nouvellement
détruits.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Il eft arrivé d'Irlande dans le Tage cinq Navires
chargés de proviſions. On en attend un fixieme ,
qui a été équipé à Dublin. Le Vaiffeau de guerre
le Hamptoncourt , & les autres Bâtimens partis des
Ports d'Angleterre , n'ont pas encore paru . Le Roi
a ordonné que dans la diftribution des fecours
envoyés par la Grande - Bretagne , on pourvût
avant tout aux befoins des fujets de cette Puiffance
établis en Portugal. Pour fubvenir aux dépenfes
qu'exige la reconstruction de la Douane , du Magafin
des Indes & de celui de la Marine , on a
augmenté de quatre pour cent les droits impofés
fur les marchandifes étrangeres. Le fieur Caftres ,
Envoyé Extraordinaire de Sa Majefté Britannique,
a demandé que les Negocians Anglois fuffent
exemptés de payer ce nouveau droit .
Le Duc d'Aveyro , Grand Maître de la Maiſon
de Sa Majeſté , étant un des Seigneurs qui ont le
plus perdu dans le défaſtre général , le Roi lui a
accordé une indemnité de deux cens mille crufades.
Sa Majefté , animée des fentimens que les
calamités publiques ne pouvoient manquer de
lui infpirer , retranche fur fes plaifirs , afin d'être
plus en état de foulager les malheureux . Elle a
fait dire aux Muficiens Italiens qu'Elle avoit à fon
fervice , qu'ils pouvoient aller ailleurs tirer parti
de leurs talens .
D'ORAN , le 8 Novembre 1755 .
Le premier de ce mois avant le lever du foleil
il fe forma fur cette Ville un nuage épais , duquel
il fortit des flammes à diverſes repriſes . Au bout
d'une heure , ce nuage creva avec un horrible
bruit , & tout l'athmofphere fut inondé d'un déluge
de feu . Le tonnerre tomba fur la grande
AVRIL. 1756. 225
Eglife ,, perça le clocher , & frappa le Sonneur
fans le bleffer. Vers dix heures & un quart du
matin , plufieurs violentes fecouffes de tremblement
de terre augmenterent la frayeur dont chacun
étoit faifi . L'aiguille de la Tour de l'Eglife
des Francifcains fut abattue. La plupart des maifons
de la Ville & des environs ont été ébranlées
mais il n'y en a eu aucune de renversée .
DE BELEM , le 13 Février.
Dans le tems qu'on croyoit ce Royaume délivré
du tremblement de terre , on a effuyé ici de nouvelles
fecouffes. Elles ont été même affez fortes
pour renverser plufieurs des bâtimens que les
précédentes avoient épargnés à Liſbonne. L'Hôtel
du Comte de Refende , Grand Amiral de Portugal
, eft du nombre des édifices nouvellement
détruits.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Il eft arrivé d'Irlande dans le Tage cinq Navires
chargés de proviſions. On en attend un fixieme ,
qui a été équipé à Dublin. Le Vaiffeau de guerre
le Hamptoncourt , & les autres Bâtimens partis des
Ports d'Angleterre , n'ont pas encore paru . Le Roi
a ordonné que dans la diftribution des fecours
envoyés par la Grande - Bretagne , on pourvût
avant tout aux befoins des fujets de cette Puiffance
établis en Portugal. Pour fubvenir aux dépenfes
qu'exige la reconstruction de la Douane , du Magafin
des Indes & de celui de la Marine , on a
augmenté de quatre pour cent les droits impofés
fur les marchandifes étrangeres. Le fieur Caftres ,
Envoyé Extraordinaire de Sa Majefté Britannique,
a demandé que les Negocians Anglois fuffent
exemptés de payer ce nouveau droit .
Le Duc d'Aveyro , Grand Maître de la Maiſon
de Sa Majeſté , étant un des Seigneurs qui ont le
plus perdu dans le défaſtre général , le Roi lui a
accordé une indemnité de deux cens mille crufades.
Sa Majefté , animée des fentimens que les
calamités publiques ne pouvoient manquer de
lui infpirer , retranche fur fes plaifirs , afin d'être
plus en état de foulager les malheureux . Elle a
fait dire aux Muficiens Italiens qu'Elle avoit à fon
fervice , qu'ils pouvoient aller ailleurs tirer parti
de leurs talens .
D'ORAN , le 8 Novembre 1755 .
Le premier de ce mois avant le lever du foleil
il fe forma fur cette Ville un nuage épais , duquel
il fortit des flammes à diverſes repriſes . Au bout
d'une heure , ce nuage creva avec un horrible
bruit , & tout l'athmofphere fut inondé d'un déluge
de feu . Le tonnerre tomba fur la grande
AVRIL. 1756. 225
Eglife ,, perça le clocher , & frappa le Sonneur
fans le bleffer. Vers dix heures & un quart du
matin , plufieurs violentes fecouffes de tremblement
de terre augmenterent la frayeur dont chacun
étoit faifi . L'aiguille de la Tour de l'Eglife
des Francifcains fut abattue. La plupart des maifons
de la Ville & des environs ont été ébranlées
mais il n'y en a eu aucune de renversée .
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Résumé : ESPAGNE.
En 1755 et 1756, des événements significatifs ont eu lieu en Espagne et à Oran. À Lisbonne, après un tremblement de terre, de nouvelles secousses ont détruit plusieurs bâtiments, dont l'Hôtel du Comte de Resende, Grand Amiral de Portugal. Cinq navires irlandais chargés de provisions sont arrivés dans le Tage, avec un sixième attendu. Le roi a ordonné que les secours britanniques soient prioritairement distribués aux sujets britanniques établis au Portugal. Pour financer la reconstruction de la Douane, du Magasin des Indes et de celui de la Marine, les droits sur les marchandises étrangères ont été augmentés de quatre pour cent. Le sieur Castres, Envoyé Extraordinaire de Sa Majesté Britannique, a demandé l'exemption de ce nouveau droit pour les négociants anglais. Le Duc d'Aveyro, ayant subi de lourdes pertes, a reçu une indemnité de deux cents mille cruzades. Le roi a réduit ses dépenses personnelles pour aider les victimes. À Oran, le 1er novembre 1755, un nuage épais a libéré des flammes et un déluge de feu, suivi d'un tonnerre qui a frappé le clocher d'une église sans blesser le sonneur. Des secousses sismiques ont ensuite ébranlé les maisons sans en renverser aucune.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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