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1
p. 80-84
A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Début :
Puis que nous sommes revenus à la Bataille de Cassel, / CASSEL estoit connu par ces grandes journées [...]
Mots clefs :
Cassel, Philippe, Héros, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Puis que nous ſommes re- venus àlaBataille de Caſſel , il
faut que je vous faffe part de ces Vers qu'a faits M'Marti- net, Ayde des Ceremonies, fur les Victoires de Son Alteſſe
Royale.
骨骨や骨好好好好好炉炉炉炉
A MONSIEUR,
Sur les Conqueſtes.
C
ASSEL estoit connu partes
grandes journées ,
Qui couvrirent d'honneur deux
Teftes couronnées.
Sous lenomde PHILIPPE , égale- mentheureux ,
Si l'on vit triompher ces Princes
genereux ,
60 LE MERCVRE
Superbes de leur Nom , &jaloux
de leur Gloire ,
Comme eux d'un pas hardy tu
cours àla Victoire ;
Mais ta rare conduite a dequoy
nous charmer ,
Tu cherches l'Ennemy fans quitter Saint Omer.
Sans détacher les tiens du pied
de lamuraille ,
Tupréviens le Secours , tu gagnes
La Bataille,
Et tout couvert deSang, reviens
d'un pas vainqueur Donneraux Affiegeans de laforce
&ducœur.
Sevoyant hors d'estat de defendre
la Place ,
Déja les Aſſiegezont recours àta
grace:
D'une Ame fi Royale on doit tout
esperer ,
Et
GALANT. 61
8*
18939
Et ta Blemence est feûre à qui veut l'implorer.
Deces fameux Héros tu ranimes
la cendre,
On croit en te voyantvoir unautreAlexandre:
Ta Valeur admirable,&tes Faits
inoüis
Font reconnoiſtre en toy le par fang de Loürs.
Viens bannir de nos cœurs la
trainte&les alarmes ,
Au Vainqueur des Vainqueurs
viens consacrer tesArmes ,
Des Drapeaux Ennemis viens chargerſes Autels ,
Payeràses grandeurs des Tributs
immortels ,
Et par un humble aveu de Sa hautepuiſſance ,
Signaler & ton zele & tareconnoiffance.
Tome V. F
}
62 LE MERCVRE
٢٠
Sans elle un coup fatal cust rompu
les accords
Qui tiennent attachez & ton
ame & ton corps ;
Laiffe pour quelques jours refpirer ton Armée,
Ettandis que partout laprompte
Renommée
Ira femel le buit de tes travaux
guerriers ,
Viens respirer toy-mefme à l'ombre
des Lauriers.
faut que je vous faffe part de ces Vers qu'a faits M'Marti- net, Ayde des Ceremonies, fur les Victoires de Son Alteſſe
Royale.
骨骨や骨好好好好好炉炉炉炉
A MONSIEUR,
Sur les Conqueſtes.
C
ASSEL estoit connu partes
grandes journées ,
Qui couvrirent d'honneur deux
Teftes couronnées.
Sous lenomde PHILIPPE , égale- mentheureux ,
Si l'on vit triompher ces Princes
genereux ,
60 LE MERCVRE
Superbes de leur Nom , &jaloux
de leur Gloire ,
Comme eux d'un pas hardy tu
cours àla Victoire ;
Mais ta rare conduite a dequoy
nous charmer ,
Tu cherches l'Ennemy fans quitter Saint Omer.
Sans détacher les tiens du pied
de lamuraille ,
Tupréviens le Secours , tu gagnes
La Bataille,
Et tout couvert deSang, reviens
d'un pas vainqueur Donneraux Affiegeans de laforce
&ducœur.
Sevoyant hors d'estat de defendre
la Place ,
Déja les Aſſiegezont recours àta
grace:
D'une Ame fi Royale on doit tout
esperer ,
Et
GALANT. 61
8*
18939
Et ta Blemence est feûre à qui veut l'implorer.
Deces fameux Héros tu ranimes
la cendre,
On croit en te voyantvoir unautreAlexandre:
Ta Valeur admirable,&tes Faits
inoüis
Font reconnoiſtre en toy le par fang de Loürs.
Viens bannir de nos cœurs la
trainte&les alarmes ,
Au Vainqueur des Vainqueurs
viens consacrer tesArmes ,
Des Drapeaux Ennemis viens chargerſes Autels ,
Payeràses grandeurs des Tributs
immortels ,
Et par un humble aveu de Sa hautepuiſſance ,
Signaler & ton zele & tareconnoiffance.
Tome V. F
}
62 LE MERCVRE
٢٠
Sans elle un coup fatal cust rompu
les accords
Qui tiennent attachez & ton
ame & ton corps ;
Laiffe pour quelques jours refpirer ton Armée,
Ettandis que partout laprompte
Renommée
Ira femel le buit de tes travaux
guerriers ,
Viens respirer toy-mefme à l'ombre
des Lauriers.
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Résumé : A MONSIEUR, Sur ses Conquestes.
Le poème de M. Martinet célèbre les victoires du prince Philippe lors de la bataille de Cassel. L'auteur loue la stratégie et le courage du prince, soulignant que Cassel a été le théâtre de grandes journées honorant deux têtes couronnées. Sous le nom de Philippe, les princes ont triomphé, fiers de leur nom et de leur gloire. Le prince a cherché l'ennemi sans quitter Saint-Omer, a prévenu les secours, gagné la bataille et est revenu victorieux pour encourager les assiégés. Ces derniers, incapables de défendre la place, ont imploré la grâce du prince, connue pour sa bonté. Le prince est comparé à Alexandre pour sa valeur et ses exploits. Le poème appelle à bannir la crainte, à consacrer les armes au vainqueur et à offrir les drapeaux ennemis comme tribut à sa puissance. Enfin, il est conseillé au prince de laisser son armée se reposer et de profiter de sa renommée pour se reposer à l'ombre des lauriers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 203
ALLEMAGNE.
Début :
On célebra le 8 de ce mois l'anniversaire de la naissance de l'Empereur, qui est entré dans la [...]
Mots clefs :
Vienne, Dresde, Cassel, Naissance de l'Empereur
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE. T #
DE VIENNE ,
le
14 Décembre.
On célebra le 8 de ce mois l'anniverſaire de la
naiffance de l'Empereur , qui eft entré dans la
quarante- feptieme année de fon âge.
On chanta le 31 de Decembre le Te Deum
dans la Chapelle du Palais , pour remercier Dieu
des faveurs qu'il lui a plû de répandre pendant
Pannée 1754 fur les Etats de l'Impératrice Reine.
DE DRESDE , leis Décembre.
Il paroît un nouvel Edit pour abréger les for
malités judiciaires , & diminuer les frais des pro
cédures.
DE CASSEL , le 9 Janvier.
Le Prince héréditaire , en déclarant qu'il a em
braffé la Religion Catholique , a donné au Landgrave
& aux Etats du Landgraviat un acte en 19
articles , dans lefquels il explique fes fentimens,
DE VIENNE ,
le
14 Décembre.
On célebra le 8 de ce mois l'anniverſaire de la
naiffance de l'Empereur , qui eft entré dans la
quarante- feptieme année de fon âge.
On chanta le 31 de Decembre le Te Deum
dans la Chapelle du Palais , pour remercier Dieu
des faveurs qu'il lui a plû de répandre pendant
Pannée 1754 fur les Etats de l'Impératrice Reine.
DE DRESDE , leis Décembre.
Il paroît un nouvel Edit pour abréger les for
malités judiciaires , & diminuer les frais des pro
cédures.
DE CASSEL , le 9 Janvier.
Le Prince héréditaire , en déclarant qu'il a em
braffé la Religion Catholique , a donné au Landgrave
& aux Etats du Landgraviat un acte en 19
articles , dans lefquels il explique fes fentimens,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 8 décembre, l'Allemagne a célébré les 47 ans de l'Empereur. Le 31 décembre, un Te Deum a remercié Dieu pour les faveurs accordées aux États de l'Impératrice Reine en 1754. Le 18 décembre, Dresde a simplifié les formalités judiciaires. Le 9 janvier, le Prince héréditaire de Cassel a adopté la Religion Catholique et présenté un acte de 19 articles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 195-203
ALLEMAGNE.
Début :
L'Armée Impériale continue de suivre de près celle des Prussiens. [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Armée impériale, Prusse, Général, Maréchal, Troupes, Bataille, Cavalerie, Grenadiers, Colonels, Ennemis, Bravoure, Défaite des ennemis, Armée du Prince de Soubise, Quartier général, Duc de Broglie, Infanterie, Régiments, Comte, Duc, Baron, Cassel, Munitions, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGN Ε.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En 1758, des affrontements militaires ont eu lieu en Bohême entre les armées impériale et prussienne. Le 3 juillet, l'armée impériale, dirigée par le comte de Lascy, a découvert une colonne prussienne près de Zwittau. Le 7 juillet, Lascy a attaqué l'arrière-garde prussienne à Krenau, détruisant plusieurs charriots et capturant du butin. Les Prussiens, après une résistance initiale, se sont retirés à la nuit tombée. L'armée impériale a poursuivi les Prussiens et les a engagés près de Wostzetin le 12 juillet. Malgré une victoire initiale, l'arrivée du roi de Prusse avec des renforts a forcé les impériaux à se replier. Les Prussiens ont perdu plus de mille hommes, tandis que les impériaux ont capturé des canons et des charriots. Parallèlement, le prince de Soubise a détaché Fischer pour prendre le fort de Zighenhein, capturant des prisonniers et des provisions. Le duc de Broglie, sous les ordres de Soubise, a engagé les Prussiens près de Caffel le 23 juillet. Après une bataille intense, les impériaux ont repoussé les Prussiens, capturant des canons et infligeant des pertes significatives. Les impériaux ont perdu environ 1600 hommes, tandis que les Prussiens ont vu leur armée réduite de 8000 à 3000 hommes. Le prince de Soubise est arrivé à Cassel le 25 juillet pour attendre des renforts. En septembre 1758, une confrontation a opposé les forces prussiennes à celles du Maréchal Daun. Les Prussiens ont subi des pertes, dont le colonel de Brankenbourg, et ont dû fuir précipitamment. Les forces opposées ont capturé un canon, cinq charriots de munitions et un sixième qui a explosé. Les pertes autrichiennes se sont limitées à deux soldats tués, quinze blessés et un officier blessé. Le 26 septembre, l'armée prussienne a quitté les environs de Koniggratz. Les troupes légères autrichiennes ont harcelé les Prussiens en retraite. L'armée du Maréchal Daun s'est déplacée et est campée entre Koniggratz et Jaromitz. Les généraux Jahnus et Ziscowitz ont pénétré en Silésie, mis les villes de Friedberg et Patschar à contribution, et capturé un convoi contenant trente-et-un mille florins destiné à Breslau. Le 29 septembre, les ennemis n'ont fait aucun mouvement notable, mais ont envoyé un détachement à Neustadt. Le Maréchal Daun a avancé son armée en trois colonnes pour forcer les Prussiens à évacuer la Bohême. Cependant, les Prussiens avaient déjà quitté les lieux. Le 31 septembre, un mouvement prussien a suggéré une tentative d'entrée en Silésie via Trautnau, mais les dispositions du général Jahnus ont arrêté leur avancée. Le comte de Kalnocki a repoussé une attaque prussienne près de Neustadt, tuant soixante hommes, un capitaine et un lieutenant, et blessant de nombreux autres, tout en ne perdant que vingt-cinq hommes et aucun officier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 203-208
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun a reçu le confirmation de la victoire remportée par les Russes [...]
Mots clefs :
Armée impériale, Quartier général, Maréchal Daun, Russes, Roi de Prusse, Attaques, Morts, Prisonniers, Victoire, Prise du fort de Sonnenstein, Ennemis, Guerre, Comte, Garnison, Vienne, Conseil aulique, Contingent, Officier, Comte de Browne, Prince de Soubise, Cassel, Armée, Otages, Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNES
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit plusieurs affrontements militaires entre les forces autrichiennes et prussiennes. Le 25 août, les troupes autrichiennes, dirigées par le comte de Fermer, ont vaincu les Prussiens. Cette bataille a laissé 25 000 morts prussiens sur le champ de bataille et 2 000 prisonniers. Les Autrichiens ont perdu 21 pièces d'artillerie mais en ont récupéré 29 ainsi que 8 étendards. Les 27 et 28 août, les Autrichiens ont demandé à reprendre les combats. Par ailleurs, un détachement autrichien a remporté une victoire à Kunstadt en Silésie, capturant un cornette et 48 hommes prussiens. Les Prussiens ont quitté leur camp de Zedlitz avec prudence, évitant ainsi toute poursuite. Le fort de Sonneftein a été conquis après un siège. La garnison prussienne, composée de 1 442 hommes, s'est rendue le 6 septembre. Les Autrichiens ont trouvé 38 pièces d'artillerie et 10 drapeaux. Parmi les prisonniers figuraient deux colonels, un lieutenant-colonel, un major, neuf capitaines et 1 297 soldats. Le Conseil Aulique a ordonné au duc de Saxe-Gotha de retirer ses troupes de l'armée hanovrienne et de fournir son contingent à l'armée impériale. Un mandement a également été envoyé au roi de Danemark pour soutenir le duc de Mecklembourg contre les Prussiens. Le prince de Soubise a mené des opérations près de Cassel, repoussant une attaque du général Oberg. Les forces ennemies, estimées à 24 000 hommes, n'ont pas attaqué, permettant aux Autrichiens de renforcer leurs positions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 204-209
Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Début :
La prise de Minden par le Duc de Broglie ayant dérangé le projet que [...]
Mots clefs :
Duc de Broglie, Prise de Minden, Armée, Ennemis, Maréchal de Contades, Siège, Prince Ferdinand , Mouvements des troupes, Tactique militaire, Bataillons, Attaque, Infanterie, Cavalerie, Canons, Blessés et morts, Général, Commandant, Retraite, Cassel
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texteReconnaissance textuelle : Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Relation de ce qui s'eft paffé à l'action du premier
Août près de Minden , entre l'armée du Roi &
celle des Alliés .
La prife de Minden par le Duc de Broglie
ayant dérangé le projet que le Prince Ferdinand
avoit de fe retirer fous cette ville , & notre
armée s'y étant rendue le 15 Juillet , les ennemis
dirigèrent leur marche fur Petershagen ;
• ils s'avancèrent le 16 à Todenhaufen , & s'emparèrent
le 17 d'un bois qui n'étoit qu'à une deinie-
lieue de Minden.
Comme on pouvoit croire que l'ennemi cherchoit
à engager une affaire , & l'objet du Maréchal
de Contades n'étant que de conferver Minden
& de couvrir le fiége de Munſter , on fir
prendre à l'armée une pofition défenfive. Elle fe
SEPTEMBRE 1759. 205
couvrit d'un petit ruilleau & d'un marais regardé
comme impraticable , la droite appuyée à Minden
, la gauche à la montagne & a des bois.
Le Prince Ferdinand renonçant à nous attaquer
, s'occupa des moyens de nous refferrer
dans notre pofition , & de gêner l'arrivée de
nos convois . 11 fit auffi travailler à des retranchemens
en avant , & dans le bois qui débouchoit
dans la plaine de Minden.
Quand ce Prince crut la gauche affez formidable
pour réfifter à nos efforts , il fit faire à
fon armée un mouvement qui la raprocha du
marais. Son quartier général fut établi au village
de Hill ..
Le Prince héréditaire fut enfuite détaché avec
un corps de douze mille hommes fur Labbecké ,
d'où il s'avança au débouché de nos convois.
3
Ce mouvement engagea le Maréchal de Contades
à faire un détachement de trois mille
hommes aux ordres du Duc de Briffac , pour
protéger nos communications & couvrir les gros
équipages qui avoient été envoyés à Coesfeld.
Le détachement du Prince héréditaire de Brunf
wick ayant affoibli l'armée ennemie , dont le
flanc gauche paroiffoit fort étendu , le Maréchal
de Contades jugea que le moment éroit favorable
pour l'attaquer. L'ara će ennemie étoit derrière
le village de Hill , la gauche derrière celui
d'Holtzhaufen , & cette armée tenoit encore au
Wefer par un corps particulier campé entre le
village de Todenhaufen & celui de Petershagen.
C'eft fur ce corps particulier que le Maréchal
de Contades jugea néceffaire de faire fes premiers
efforts , dans le deffein de le culbuter & d'em➡
bratler enfuite le flanc gauche de l'ennemi.
Le Duc de Broglie avec les troupes de fa ré→
ferve fut chargé de cette attaque ; on la renforça
de huit Bataillons des Grenadiers de France
206 MERCURE DE FRANCE.
& Royaux , de fix piéces de canon de 12 livres
& de quatre obufiers , & il lui fut prefcrit dans
la difpofition générale d'attaquer l'ennemi vivement
& avec rapidité , pour ne pas donner le
temps au Prince Ferdinand d'arriver far notre
gauche qu'on avoit rendue moins forte en nombre
de troupes , parce qu'on vouloit faire le principal
effort par notre droite.
L'armée fe forma en bataille au point du jour ,
appuyant la gauche au marais , occupant le vil .
lage d'Hullem & les hayes qui l'environnent.
Quatre Brigades d'Infanterie aux ordres da
Marquis de Guerchy formoient la gauche de la
premiere ligne , foutenue en feconde ligne par
le corps des troupes Saxones aux ordres du
Comte de Luface.
Trois Brigades de Cavalerie aux ordres du Duc
de Filtz-James formoient le centre de la ligne
dans une grande bruyere qui eft entre le village
de Hullem & celui de Todenhaufen , & elles
étoient foutenues par trois autres Brigades de Cavalerie
en feconde ligne , aux ordres da Marquis
Dumefnil.
La Gendarmerie & fes Carabiniers étoient en
réferve en troifiéme ligne derriere le centre.
La droite de la ligne étoit compofée de quatre
Brigades d'Infanterie aux ordres du Chevalier de
Nicolay ; elle étoit placée à la droite de la Cavalerie
, & foutenue en feconde ligne par deux
Brigades d'Infanterie aux ordres du Comte de
Saint- Germain.
La réſerve du Duc de Broglie faifoit la droite
du tout ; & le Chevalier de Nicolay avoit ordre
de concerter les mouvemens avec ceux du Duc
de Broglie , & même de le foutenir , pour faire
dans cette partie un effort plus décifi£.
SEPTEMBRE. 1759. 107
L'action commença à cette droite à cinq heures
du matin par une canonnade fort vive entre les
troupes du Duc de Broglie , & le corps ennemi
qui s'étoit avancé au village de Todenhaufen.
Cette canonnade dura près de trois heures.
Pendant ce temps - là , fur l'avis que donna le
Duc de Broglie que les ennemis avoient plus
de troupes dans cette partie qu'on ne l'avoit jugé
la veille , le Maréchal de Contades fit marcher
deux brigades d'infanterie de la feconde ligne ,
pour renforcer encore cette droite ; mais l'attaque
ordonnée n'ayant pas eu lieu , le Prince
Ferdinand eut le temps de porter les troupes de
fa droite fur fon centre , & fit déboucher promptement
neuf bataillons fans canon fur la bruyere
vis-à - vis de notre Cavalerie; tandis que d'autres
troupes avec du canon attaquoient la gauche
aux ordres du Marquis de Guerchy , qui foutint
cette attaque avec beaucoup de fermeté.
Le Duc de Filtz James voyant déboucher
cette Infanterie vis - à- vis de lui , fit marcher fur
elle une partie de fa Cavalerie , qui fut repoulfée.
Le Maréchal de Contades dit alors au Duc
de Broglie de retourner à ſa réſerve & de fe
contenter de contenir la gauche des Ennemis ,
en attendant le fuccès du combat qui venoit de
s'engager.
Il ordonna en même temps au Marquis de
Beaupreau d'occuper avec les Brigades d'Infanterie
de Touraine & de Rouergue , & huit piéces de
canon de huit , quelques maifons entourées de
haies , qui étoient en avant de la droite de notre
Cavalerie , pour la protéger , & pour prendre
à revers l'Infanterie ennemie . Pendant que cer
208 MERCURE DE FRANCE.
'ordre s'exécutoit , quelques Brigades de Cavalerie
marcherent de nouveau fur l'Infanterie ennemie
qui foutint cette charge avec autant de fermeté
que la premiere . La Gendarmerie & les Carabiniers
firent avec peu de fuccès une troifiéme
charge. Le Marquis de Poyanne qui les commandoit
fut bleflé d'un coup de feu & de quelques
coups de fabre ; & la droite de la Cavalerie
commandée par le Marquis de Vogué, en fit une
quatriéme auffi infructueule que les autres.
Le Prince de Condé pendant toutes ces attaques
chargea à la tête de la Cavalerie avec une valeur
digne de fon fang & de fon nom .
Toute cette Cavalerie étant en déroute , le
centre fut percé. Les Brigades de Touraine &
de Rouergue qui n'avoient pas encore achevé
d'occuper les maiſons dont on vient de parler ,
furent attaquées par leur flanc droit par plu
fieurs Efcadrons de Cavalerie , & fouffrirent ertrêmement.
Le Marquis de Beaupreau qui les
commandoit fut bleffé de plufieurs coups de labre
, & le Marquis de Monty de deux coups de
feu. Elles fe replierent fur la Brigade d'Auvergne
& d'Anhalt , que le Maréchal de Contades plaça
à la hâte dans les haies en arrière de la bruyere.
L'Ennemi fe rendit maître de ces maifons & f
plaça du canon qui tira avec beaucoup de vivacité
fur nos troupes.
Tandis que ces différentes attaques ſe faifoient
au centre , l'Ennemi pouffoit avec beaucoup de
vivacité celle de notre gauche.
Le Comte de Luface foutint nos brigades de la
première ligne , & attaqua avec quelques baraillons
Saxons une tête de colonne d'Infanterie ennemie
qui débouchoit fur lui ; mais malgré les
efforts qu'il fit de fa perfonne , & avec les troupes
animées par fon exemple , les Brigades d'Aquitaine
& de Condé furent obligées de fe replier
SEPTEMBRE. 1759. 209
8
avec une perte confidérable , & le Marquis dé
Maugiron qui les commandoit fut bleffé de deux
coups de feu .
Dans ce défordre général , le Maréchal de
Contades ordonna la retraite , le Marquis de
Guerchy & le Comte de Luface replierent dans
le camp les Brigades d'Infanterie de la gauche.
Les troupes du Duc de Broglie firent leur retraite
fur la Ville de Minden ; & la Cavalerie entra
auffi dans le camp.
Ce fut dans le moment de cette retraite que le
Maréchal de Contades apprit que le Duc de
Briffac avoit été attaqué & battu auprès de Coovelt
par le corps du Prince héréditaire de Brunfwick
, & que ce Prince étoit maître du Pont de
Coovelt fur la Wera.
Il apprit en même temps par le Commandant
de l'escorte des gros équipages qui étoient à Remen
, que les Ennemis marchoient à lui , & que
pour s'en garantir il avoit fait bruler le Pont des
Salines de Remen.
Cer Pont de Coovelt occupé par l'Ennemi , &
celui des Salines brulé , qui devoient fervir a la
retraite de l'Armée , déterminerent le Maréchal
de Contades à lui faire paffer le Wefer pour fe
retirer fur Einbeck ; & l'ordre en fut donné aux
équipages , aux convois de pain qui étoient à
l'Armée , & aux troupes.
On n'a eu jufqu'à préfent que des détails imparfaits
de la perte qu'on a faite. Elle roule principalement
fur les quarante Efcadrons & les quatre
Brigades d'Infanterie qui ont eu le plus de
part a l'action .
L'Armée s'eft retirée vers Caffel. Je donnerai
dans le Mercure prochain le détail de cette marche
qui fait beaucoup d'honneur aux troupes &
aux Officiers Généraux qui les commandoient ,
Août près de Minden , entre l'armée du Roi &
celle des Alliés .
La prife de Minden par le Duc de Broglie
ayant dérangé le projet que le Prince Ferdinand
avoit de fe retirer fous cette ville , & notre
armée s'y étant rendue le 15 Juillet , les ennemis
dirigèrent leur marche fur Petershagen ;
• ils s'avancèrent le 16 à Todenhaufen , & s'emparèrent
le 17 d'un bois qui n'étoit qu'à une deinie-
lieue de Minden.
Comme on pouvoit croire que l'ennemi cherchoit
à engager une affaire , & l'objet du Maréchal
de Contades n'étant que de conferver Minden
& de couvrir le fiége de Munſter , on fir
prendre à l'armée une pofition défenfive. Elle fe
SEPTEMBRE 1759. 205
couvrit d'un petit ruilleau & d'un marais regardé
comme impraticable , la droite appuyée à Minden
, la gauche à la montagne & a des bois.
Le Prince Ferdinand renonçant à nous attaquer
, s'occupa des moyens de nous refferrer
dans notre pofition , & de gêner l'arrivée de
nos convois . 11 fit auffi travailler à des retranchemens
en avant , & dans le bois qui débouchoit
dans la plaine de Minden.
Quand ce Prince crut la gauche affez formidable
pour réfifter à nos efforts , il fit faire à
fon armée un mouvement qui la raprocha du
marais. Son quartier général fut établi au village
de Hill ..
Le Prince héréditaire fut enfuite détaché avec
un corps de douze mille hommes fur Labbecké ,
d'où il s'avança au débouché de nos convois.
3
Ce mouvement engagea le Maréchal de Contades
à faire un détachement de trois mille
hommes aux ordres du Duc de Briffac , pour
protéger nos communications & couvrir les gros
équipages qui avoient été envoyés à Coesfeld.
Le détachement du Prince héréditaire de Brunf
wick ayant affoibli l'armée ennemie , dont le
flanc gauche paroiffoit fort étendu , le Maréchal
de Contades jugea que le moment éroit favorable
pour l'attaquer. L'ara će ennemie étoit derrière
le village de Hill , la gauche derrière celui
d'Holtzhaufen , & cette armée tenoit encore au
Wefer par un corps particulier campé entre le
village de Todenhaufen & celui de Petershagen.
C'eft fur ce corps particulier que le Maréchal
de Contades jugea néceffaire de faire fes premiers
efforts , dans le deffein de le culbuter & d'em➡
bratler enfuite le flanc gauche de l'ennemi.
Le Duc de Broglie avec les troupes de fa ré→
ferve fut chargé de cette attaque ; on la renforça
de huit Bataillons des Grenadiers de France
206 MERCURE DE FRANCE.
& Royaux , de fix piéces de canon de 12 livres
& de quatre obufiers , & il lui fut prefcrit dans
la difpofition générale d'attaquer l'ennemi vivement
& avec rapidité , pour ne pas donner le
temps au Prince Ferdinand d'arriver far notre
gauche qu'on avoit rendue moins forte en nombre
de troupes , parce qu'on vouloit faire le principal
effort par notre droite.
L'armée fe forma en bataille au point du jour ,
appuyant la gauche au marais , occupant le vil .
lage d'Hullem & les hayes qui l'environnent.
Quatre Brigades d'Infanterie aux ordres da
Marquis de Guerchy formoient la gauche de la
premiere ligne , foutenue en feconde ligne par
le corps des troupes Saxones aux ordres du
Comte de Luface.
Trois Brigades de Cavalerie aux ordres du Duc
de Filtz-James formoient le centre de la ligne
dans une grande bruyere qui eft entre le village
de Hullem & celui de Todenhaufen , & elles
étoient foutenues par trois autres Brigades de Cavalerie
en feconde ligne , aux ordres da Marquis
Dumefnil.
La Gendarmerie & fes Carabiniers étoient en
réferve en troifiéme ligne derriere le centre.
La droite de la ligne étoit compofée de quatre
Brigades d'Infanterie aux ordres du Chevalier de
Nicolay ; elle étoit placée à la droite de la Cavalerie
, & foutenue en feconde ligne par deux
Brigades d'Infanterie aux ordres du Comte de
Saint- Germain.
La réſerve du Duc de Broglie faifoit la droite
du tout ; & le Chevalier de Nicolay avoit ordre
de concerter les mouvemens avec ceux du Duc
de Broglie , & même de le foutenir , pour faire
dans cette partie un effort plus décifi£.
SEPTEMBRE. 1759. 107
L'action commença à cette droite à cinq heures
du matin par une canonnade fort vive entre les
troupes du Duc de Broglie , & le corps ennemi
qui s'étoit avancé au village de Todenhaufen.
Cette canonnade dura près de trois heures.
Pendant ce temps - là , fur l'avis que donna le
Duc de Broglie que les ennemis avoient plus
de troupes dans cette partie qu'on ne l'avoit jugé
la veille , le Maréchal de Contades fit marcher
deux brigades d'infanterie de la feconde ligne ,
pour renforcer encore cette droite ; mais l'attaque
ordonnée n'ayant pas eu lieu , le Prince
Ferdinand eut le temps de porter les troupes de
fa droite fur fon centre , & fit déboucher promptement
neuf bataillons fans canon fur la bruyere
vis-à - vis de notre Cavalerie; tandis que d'autres
troupes avec du canon attaquoient la gauche
aux ordres du Marquis de Guerchy , qui foutint
cette attaque avec beaucoup de fermeté.
Le Duc de Filtz James voyant déboucher
cette Infanterie vis - à- vis de lui , fit marcher fur
elle une partie de fa Cavalerie , qui fut repoulfée.
Le Maréchal de Contades dit alors au Duc
de Broglie de retourner à ſa réſerve & de fe
contenter de contenir la gauche des Ennemis ,
en attendant le fuccès du combat qui venoit de
s'engager.
Il ordonna en même temps au Marquis de
Beaupreau d'occuper avec les Brigades d'Infanterie
de Touraine & de Rouergue , & huit piéces de
canon de huit , quelques maifons entourées de
haies , qui étoient en avant de la droite de notre
Cavalerie , pour la protéger , & pour prendre
à revers l'Infanterie ennemie . Pendant que cer
208 MERCURE DE FRANCE.
'ordre s'exécutoit , quelques Brigades de Cavalerie
marcherent de nouveau fur l'Infanterie ennemie
qui foutint cette charge avec autant de fermeté
que la premiere . La Gendarmerie & les Carabiniers
firent avec peu de fuccès une troifiéme
charge. Le Marquis de Poyanne qui les commandoit
fut bleflé d'un coup de feu & de quelques
coups de fabre ; & la droite de la Cavalerie
commandée par le Marquis de Vogué, en fit une
quatriéme auffi infructueule que les autres.
Le Prince de Condé pendant toutes ces attaques
chargea à la tête de la Cavalerie avec une valeur
digne de fon fang & de fon nom .
Toute cette Cavalerie étant en déroute , le
centre fut percé. Les Brigades de Touraine &
de Rouergue qui n'avoient pas encore achevé
d'occuper les maiſons dont on vient de parler ,
furent attaquées par leur flanc droit par plu
fieurs Efcadrons de Cavalerie , & fouffrirent ertrêmement.
Le Marquis de Beaupreau qui les
commandoit fut bleffé de plufieurs coups de labre
, & le Marquis de Monty de deux coups de
feu. Elles fe replierent fur la Brigade d'Auvergne
& d'Anhalt , que le Maréchal de Contades plaça
à la hâte dans les haies en arrière de la bruyere.
L'Ennemi fe rendit maître de ces maifons & f
plaça du canon qui tira avec beaucoup de vivacité
fur nos troupes.
Tandis que ces différentes attaques ſe faifoient
au centre , l'Ennemi pouffoit avec beaucoup de
vivacité celle de notre gauche.
Le Comte de Luface foutint nos brigades de la
première ligne , & attaqua avec quelques baraillons
Saxons une tête de colonne d'Infanterie ennemie
qui débouchoit fur lui ; mais malgré les
efforts qu'il fit de fa perfonne , & avec les troupes
animées par fon exemple , les Brigades d'Aquitaine
& de Condé furent obligées de fe replier
SEPTEMBRE. 1759. 209
8
avec une perte confidérable , & le Marquis dé
Maugiron qui les commandoit fut bleffé de deux
coups de feu .
Dans ce défordre général , le Maréchal de
Contades ordonna la retraite , le Marquis de
Guerchy & le Comte de Luface replierent dans
le camp les Brigades d'Infanterie de la gauche.
Les troupes du Duc de Broglie firent leur retraite
fur la Ville de Minden ; & la Cavalerie entra
auffi dans le camp.
Ce fut dans le moment de cette retraite que le
Maréchal de Contades apprit que le Duc de
Briffac avoit été attaqué & battu auprès de Coovelt
par le corps du Prince héréditaire de Brunfwick
, & que ce Prince étoit maître du Pont de
Coovelt fur la Wera.
Il apprit en même temps par le Commandant
de l'escorte des gros équipages qui étoient à Remen
, que les Ennemis marchoient à lui , & que
pour s'en garantir il avoit fait bruler le Pont des
Salines de Remen.
Cer Pont de Coovelt occupé par l'Ennemi , &
celui des Salines brulé , qui devoient fervir a la
retraite de l'Armée , déterminerent le Maréchal
de Contades à lui faire paffer le Wefer pour fe
retirer fur Einbeck ; & l'ordre en fut donné aux
équipages , aux convois de pain qui étoient à
l'Armée , & aux troupes.
On n'a eu jufqu'à préfent que des détails imparfaits
de la perte qu'on a faite. Elle roule principalement
fur les quarante Efcadrons & les quatre
Brigades d'Infanterie qui ont eu le plus de
part a l'action .
L'Armée s'eft retirée vers Caffel. Je donnerai
dans le Mercure prochain le détail de cette marche
qui fait beaucoup d'honneur aux troupes &
aux Officiers Généraux qui les commandoient ,
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Résumé : Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Le 15 juillet 1759, l'armée française, dirigée par le Maréchal de Contades, s'installa à Minden après que le Duc de Broglie eut pris la ville. Cette action perturba les plans du Prince Ferdinand de se retirer à Minden. Les ennemis avancèrent vers Petershagen, s'emparèrent d'un bois près de Minden et prirent des positions défensives. Le Maréchal de Contades positionna son armée derrière un ruisseau et un marais, avec la droite à Minden et la gauche protégée par une montagne et des bois. Le Prince Ferdinand, renonçant à attaquer, renforça ses positions et gêna les convois français. Le Maréchal de Contades, voyant une opportunité après le départ du Prince héréditaire de Brunswick, décida d'attaquer. L'armée française se forma en bataille au point du jour, avec des unités d'infanterie et de cavalerie réparties stratégiquement. L'action débuta à cinq heures du matin par une canonnade entre les troupes du Duc de Broglie et les ennemis à Todenhaufen. Malgré des renforts, l'attaque française fut repoussée. Les ennemis perçèrent le centre français, et la cavalerie ennemie repoussa plusieurs charges françaises. Le Maréchal de Contades ordonna la retraite après des pertes significatives. Pendant la retraite, il fut informé que le Duc de Brissac avait été battu près de Coesfeld par le Prince héréditaire de Brunswick, et que les ponts nécessaires à la retraite étaient soit occupés, soit détruits. L'armée se retira vers Cassel. Les détails des pertes étaient encore incomplets, mais elles étaient principalement parmi les unités de cavalerie et d'infanterie ayant participé à l'action.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 190
De BERLIN, le 31 Mai 1764.
Début :
On mande de Cassel que la convention qui a été faite pour dix ans [...]
Mots clefs :
Cassel, Troupes, Cour, Convention
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BERLIN, le 31 Mai 1764.
DeBERLIN , le 31 Mai 1764 .
On mande de Caſſel que la convention qui a
été faite pour dix ans entre cette Cour & celle de
Mayence en 1754 , & par laquelle Elles ſe ſont
engagées à ſe rendre réciproquement les déſerteurs
de leurs troupes , vient d'être renouvellée
pour dix autres années.
On mande de Caſſel que la convention qui a
été faite pour dix ans entre cette Cour & celle de
Mayence en 1754 , & par laquelle Elles ſe ſont
engagées à ſe rendre réciproquement les déſerteurs
de leurs troupes , vient d'être renouvellée
pour dix autres années.
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7
p. 147-148
De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Début :
Le différend qui étoit survenu entre les Etats-Généraux & le Landgrave [...]
Mots clefs :
États-généraux, Landgrave, Dispute, Régence, Cassel, Comte, Ministres, Conseillers, Estime, Amitié, Déclaration, Envoyé , Satisfaction, Pouvoir, Mémoire, Hautes Puissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
De FRANCFORT , le 2 Septembre 1764.
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
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Résumé : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Le 2 septembre 1764, un différend entre les États-Généraux et le Landgrave de Hesse-Cassel concernant la conduite de la Régence de Cassel à l'égard du Comte de Warstensleben, ministre des Hautes Puissances auprès du Cercle du Haut-Rhin, a été résolu. Le Sieur de Moser, conseiller privé et ministre du Landgrave, a été envoyé à La Haye pour cette mission. Le 30 août, il a présenté une déclaration en français aux députés des États-Généraux, qu'il leur a ensuite remise par écrit en langue allemande. Le Landgrave a exprimé son mécontentement face à la conduite de la Régence de Cassel et a affirmé son intention de ne jamais offenser la République ou porter atteinte à ses droits et prérogatives. Il a également réitéré son désir de maintenir l'amitié et la bienveillance avec les États-Généraux. Les États-Généraux ont accepté cette déclaration et ont exprimé leur satisfaction de voir les différends terminés, rétablissant ainsi la bonne intelligence et l'amitié entre la République et la Maison de Hesse. Le 4 septembre, le Sieur de Moser a eu une nouvelle conférence avec les députés des États-Généraux pour discuter des griefs du Landgrave contre le Comte de Warstensleben, qui a également envoyé un mémoire pour justifier sa conduite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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