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1
p. 70-103
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
de Venise. Le Maistre d'un Navire Venitien, arrivé de [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Cambrai, Strasbourg, Rome, Francfort, Cadix, Varsovie, Dauphiné, Lisbonne, Vigo, Alicante, Lérida, Saragosse, Dublin, Toulon, Bayonne, Hollande, Madrid, Venise
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLES
de divers endroits.
de Venise.
Le Maistre d'un Navire
Venitien, arrivé de Tripoly
de Barbarie, a raporré que
la Milice du Pays s'etoit
revoltée contre les Deis;
qu'elle en avoir massacré
trois ; qu'un autre qui
s'etant sauvé étoit allé à
Constantinople en avoit
raporté des ordres pour son
retablissement; Mais que
loin queles Peuples y
voulussent consentir,les
troubles étoient beaucoup
augmentez depuis son
retour. Et Ici j, Septembre
il arriva une Marsiliane, qui
avoit raporté que ce Dei
avoir aussi esté massacré par
la Milice & parle Peuple,
& .que les autres s'étoient
sauvez avec beaucoup de
peine.
--
De Rome.
Le 18. Septembre on
celebraàRomedans l'Eglise
Nationale de S. Louis, un
Service solemnel pour le
repos de l'Ame de feu
Monseigneur le Dauphin,
avec un appareil tres-magnifique
du dessein de Mr
•
le Gros fameux Sculpteur
François. Mr le Cardinal
de la Tremoille s'y rendit
avec un Cortege de plus de
soixante Prelats, & les
Cardinaux y assistèrent en
Corps.
de
de Madrid.
Le 26. dumesmemois
on fit aulIi les obseques de
ce Prince à Madrid,avec une
grande magnificence dans
l'Eglisedu Monastere Royal
des Religieuses de l'Incarnation.
Tous les Grands &
Conseils y assisterent, avec
un nombre extraordinaire
de Peuple. La premiere
grande Messe fut celebréc
pontificalement par lEvesque
d'Urgel, la seconde par
l'Evesque deLerida
,
la troifiélne
par le Patriarche des
Indes, & l'Oraison Funebre
fut prononcée par le
Pere Augustin de Cattejon
Jesuite.
Le 2.7. & le 28. les Religieuses
du mesme Monastere
firent aussi faire un
Service solemnel peur le
repos de l'Ame decePrince.
La qiacnéme Messe fut
celebrée pontificalement
par le Pere Alonzo Pimentel
Dominiquain.
Les mesmes jours 2.7. &
2.8. le Cops de Ville fit
faire les mesmes obseques
dans l'Eglise du Monastere
Royal des Dominiquains.
L'Evesque de Lerida y
officia pontificalement, &
Dom Juan de las Heras
prononça l'Oraison Fune.
bre.
Le ig. & le 30. Septembre,
& le 1rOctobre
, les mesmesobseques furent
faitesdans le Monastere
Royal des Carmelites Deschaussées.
La Me(Te fut celebrée
pontificalement par
l'Evesque de Gironne, &
l'OraisonFunebre fut prononcée
par le Pere Pierre
de la Conception, Carme
Deschaussé.
De Holande.
Les Etats Generaux ayant
accepté dêtre Parrains du
jeune Prince de Nassaw,
fils du feu Prince de Nassaw
Srathouder hereditaire de
Frise
,
luy ont fait present
d'une obligation de quatre
mille florins de rente qui luy
devoit estre envoyée dans
une Boëte d'or, avec une
somme pour les Domestiques
de la Chambre de la
Princcffe sa mcre. Les Etats
d'Holande ont aussi fait present
à ce Prince d'une obligation
de deux mille cinq
cens florins de rente dans
une Boëte d'or; & la Province
de Frise luy a confervé
toutes les Charges du
feu Prince son pere, avec
les Regiments des Gardes
de Cavallerie & d'Infanterie,
& une pension de cinq,
mille florins;
DeBayonne le iyOétobre.
Une Fregate du Roy de
rrente canons, commandée
par Mr de la Mothe a attaqué
un Vaisseau Anglois de
soixante canons & l'ayant
abordé après trois heures
de combat, elle alloit s'en
emparer lors qu'il sauta en
l'air avec tout l'équipage
par le feu qui prit à la Sainte
Barbe où étoient les Poudres;
& cela sans que la
Fregate ait reçu d'autre
dommage que ses voiles
brulées.
Deux autres Fregates y
ont amené le 2. un Navire
Anglois chargé de Soyes,
de Cotton, de Noix,de raisins
secs, de beaucoup d'autres
drogues propres à la
Teinture, le tout estimé
deux cens mille livres.
Un Armateur y amena
aussi un Bastiment de la
mesme Nation, chargé de
Sucre.
De Toulon.
Il arriva icy le 4. un
Navire tout demasté qui
étoit remorqué par deux
Armateurs. C'est un Vaisseau
Portugais chargé de
Sucre, de Tabac, & de
Cuir, le tout estimé cent
cinquante mille écus.
Le mesme jour il arriva
aussi un Vaisseau Catalan,
chargé de Vins & d'autres
provisions pour Barcelone.
De Dublin.
La populace, au nombre
de quatre a cinq mille personnes,
a fait de grands
desordres, enlevant les
Toiles peintes des Bouriques
& dechirant les habirs
des femmes qui en étoient
venues, àcause du grand
prejudice que ces Toiles
causoiencaux Manufactures
de Laine; mais ce
desordre fut appaisé par une
proclamation qui fut publiée.
De Lisbone le 26.Septembre.
La misere est extreme
dans ce Royaume; les vivres
n'y ont presque plus
de prix. Le Roy à de nou.
veau envoyé trente Bastimens
en Barbarie pour y
acheter des grains; Mais
comme lis ne sont escortez
que par quatre Vaisseaux de
guerre, on craint qu'ils ne
soient encore enlevez par
les Vaisseaux François qui
croi sent vers le Détroit. Sur
des avis qu 'on a eus de la
Frontiere que les Troupes
Espagnoles avoient reçu
toutes leurs Recruës, leurs
remontes, & un mois de
paye, tous les Officiers qui
étoient icy son partis pour
se rendre à leurs Corps,
Mais nôtre Armée n'a point
de Magasins. Un de nos
Vaisseaux de 54. canons &
de 150.hommes déquipage
ayant donné sur un Banc,
en entrant dans la Rivière,
cil peri; mais tout l'équipage
s'est fauvé l'exception
de dix huit per sonnes qui
ont erté noyées.
D~Z<<' le zz.
*
:
Il partit d'icy un grand
Convoy de vivres avec dix
pieces de canon de 24.livres
de balle & plusieurs Mortiers
pour aller joindtc
l'Armée. Mr de Vendosme
a ordonné de luy envoyer
encore quelque pieces de
canon du mesme calibre.
De Sarragose le 7. Octobre
Le 23. Septembre il
partit d'icy un Convoy de
cent trente Chariots & de
deux cent Mulets chargez
de grains rj que l'on fait
moudre à Fraga & à Lerida
d'où on les transporte à
l'Armée
d'A,lcantr.
- Deux Galliotcs de rifle
d'Ivica ayaj.it attaque un
Navire François par le travers
de Denia, les Galleres
d'Espagne qui étoient dans
ce Port en sortirent, prirent
une de ces Galliotes qui
étoit montée de quatre
vingt dix hommes.Trente
furent tuez dans le combat,
.& les soixante restant surent
mis à la Rame.
De Vigo.
Le 14. Septembre, la
Frégate la Susanne amena
une prise Hollandoisede
trois ce ns tonneaux chargée
de Seigle.
La Fregate le Grison, de
Saint Jean de Luz, y amena
le mesme jour quatre prises,
dont deux de cent tonneaux
chacune étoient chargées de
froment, une de Seigle,
d'Orge, & de plusieurs
Ballots de Marchandises, &
la quatrième du port de
trois cens tonneaux, étoic
chargée d'Acier
,
de Draps
fins, & d'autres riches Marchandises.
Cette Fregate;
avec quelques autres Armateurs
aamené dans ce Port
en fort peu de temps vingtcinq
pri ses.
De Dunkerque.
Le Chevalier Bart, &le
Comte Philippe ont amené
une prise chargée de Vins
de Teinte, d'Oranges & de
Citrons; laFregate la Mutine
a amené un Navire
Anglois chargé de Charbon
de terre, & deux Rançons
de quatre mille trois cens
florins; & la Fregatre la
Sorciereaamené deux Bast -
mens Hollandois chargez
de Moruë.
De Dauphiné.
L'armée de Mr le Duc
de Savoye ayant repassé les
Alpes; & de celle duRoy
consommé les fourages
dans les Vallées dDulx &
dePragelas,MrdeBerwick
ramene les troupes par- la
Vallée de Maurienne, pour
ldes'hdiivsterirbsuer en quartier -,
De Romele 2 6. Septembre. -Le 21. on tint une trÓÏt.
siéme Congregation touchant
l'immunité Eclesiastique
en presence du Pape,
où il se trouva dix Cardinauxavec
les Prelats. Le
foirmesme, undes Expeditionnaires
d'Espagne fut
arresté dans sa maison parce
qu'il avoit servi de temoin
à la signification que Mr
de Molines avoit fait faire
à l'Agent des Eglises de ce
mesme Royaume, pour luy
ordonner d'aller rendre
compte de sa conduite,avec
deffence de s'ingerer dans
les affaires des Eglisesd'Efpagne
parce qu'elles avoient
revoqué leurs procurations
dont il étoit chargé cydevant.
L'autre Expeditionnaire
ayant esté averty
se retira en lieu de seureté.
Le lendemain le Cardinal
Pauluccy, Secretaire d'Etat,
écrivit un billet de la parc
du Pape à Mr Molines où il
il luy marquoit de s'abstenir
de toutes ses fonctions
de Doyen de la Rote,ainsi
que de ses autres emplois.
Le 2 5. il reçut un autre
billet par lequel le Cardinal
Vicaire luy signifioit quele
Pape l'avoit suspendu de
ses Ordres sacrez.
De Varsovie du25.
Septembre.
L'Envoyé du grand Seigneur
; les Députez du Roy
de Suède
, ceux du Kan des
Tartares; & ceux du Palatin
de Kiowie ont eû une Conserence
à Jaslowiecz, à l'entrée
de la haute Podolie avec
plusieurs Senateurs Polonois,
qui ayant déclaré qu'ils
ctoient Députez de la parc
du Roy Auguste, & de
la Républiquede Pologne,
l'envoyé Turc a refusé
de traiter avec eux, & de
leur délivrer les Lettres
dont le Grand Vizir l'avoit
chargé, s'exeusant sur
ce qu'il ne reconnoissoit pas
pour Representans de la Republique,
ceux qui venoient
dela part du Roy Auguste;
que le Grand Seigneur
ne reconnoissoit pas Roy
de Pologne; ajoutant qu'il
avoit ordre de faire des Proposicions
avantageuses à la
Pologne,qu'ilne pouvoir
leur expliquer; mais que 10
grand Visir esperoit que la
Republique favoriseroit le
passage du Roy de Suede ,
& que les Moscovites sortiroient
des Etats de Pologne
,conformement au
Traité conclu avec le Czar,
ensuite dequoy ils se sont
retirez.
De Carelsbade, en Bobeme.
Le Gzar a déclaré que
par le Traité conclu avec le
grand Visir, il avoit promis
de ne se plus méslerdes
Affaires de Pologne, pourvû
que le Roy de Suede ne
s'enmêlastpasnonplus,&
que si Sa Majesté Suedoise
s'en mêloit ; il affisteroit le
Roy Auguste son Allié, de
toutes ses forces; qu'à l'égard
de la restitution d'Asaph
, il ne l'executeroit
qu'aprés que le Roy de
Suede feroit party avec une
Escorte de cinq mille hommes
seulement, pour retourner
dans ses états, &
que si cette Efcortc étoit
plus forteil s'oposeroit à
son passage.
De Francfort le 13. Oéîobre.
Le 11. on fit forcir d'icy
tous les Etrangers, excepté
ceux de la suite des Electeurs
&des Ambassadeurs,
& le lendemain 12. l'Archiduc
fut élû Empreur par les
Electeurs de Tréves, de
Mayence, & Palatin, presents
: & les Ambassadeurs
des Eleveurs de Saxe, de
Brandebourg, & du Duc
d'Hanover, nonobstant les
Protestations de nullité des
ElecteursdeCologne ÔC
de Baviere.
<
«
De Lunevillele16.
Madame la Duchessede
Lorraine, est acouçhée lanuit
derniere d'une Princesfc
; & il est arrivé aujourd'huy
un Courrier dépeché
par l'Electeur de Trêves
qui a rapporté que l'Archiduc
avoit été élû Empereur
le 12, d'une voix unanime.
--
De Cadix le 6. Oftobrt,
Il est venuce marin trente
six Deserteurs de la Garnsson
de Gilbraltar, parmy
lesquels
lesquels il y a deux Lieutenants.
Ils se plaigent de n'a
voir touché aucun prest de
puis six mois; & on dit que
les deux Bataillons qu'on y
a amenez de Portugal ne 0 montoient qu'à trois cens
hommes; dont plus de la
moirié estoient malades, &
que deux Fregates chargées
de vivres, étoient peries en
entrant dans la Baye.
protestent contrel'Election
précipitée d'un Empereur
en faveur de l'Archiduc,
la Capitulation perpetuelle
n'étant pas encore reglée ni
les griefs de l'Empire purgez
touchant les trois Religions
tolerées en Alemagne ; les
Tribunaux de Justice &
l'évaluation des Monnoyes;
Mr Albano
, a déja representé,
que cette élection ne
pouvoit être canonique sans
la presence des Electeurs
de Cologne,& de Baviere :
On n'y a point parlé du neuvième
Ek£toratr, ny de
l'érection de la Prusse en
Royaume.
De Strajbouro le
1 8.
Le Prince Eugene
, a fait
faire de grandes réjouïssances
dans fun Camp pour
l'Electiondu nouvel Empereur
; deux jours aprés il envoya
reconnoîtrenoslignes
par des Ingenieurs escortez
de deux cens Chevaux; mais
nos Troupes étant sorties
sur eux, il y en eut dix neuf
tuez, & quatorze de pris
avec un des Ingenieurs.
Un party de vingt cinq
de nos Houssards, ayant
pénétré dans le derriere de
leur Armée ; mit le feu à
un amas de fourages,&coupa
à coups de fabre environ
mille sacs de farine, a près
quoy ce party se retira avec
trente neuf Chevaux des
ennemis, sans avoir perdu
un seul homme, quoy qu'il
eust été poursuivy pendant
plus de quatre heures.
De Cambray.
JLcs Inspecteurs d'Infanterie
ont commencé au
jourd'huy à faire leur revue,
après laquelle lesTroupes
marcheront dans les Quartiers
qui leur son defigncz.
Mr d'Albergothi a fait faire
devant les Retranchements
deVauvrechain,des Redoutes
& des Fortins oùl'on a
placé de l'Artillerie.
L'infanterie Ennemie est
encore prés de Bouchain, &
on luya envoyé de Tournay,
quatre cens Chariots
chargez de vivres. La Garnsson
deCondé, qui a esté
considerablement augmentée,
à bruié des Fourages,
& enlevé douze cens Sacs
d'A voine
De Dunhrcju?.
Deux de nos Fregates ont
amené deux Bastimens Hollandois
chargez d'Huile de
Baleine, & z-, un Anglors sur
lequelon a trouvé quinze
mille livres sterlin en Guinées,
&environ pourcent
mille livres de Marchandises.
Mr de Benac a fait deux
autres prises, estimées cinquante
mille écus chacune.
de divers endroits.
de Venise.
Le Maistre d'un Navire
Venitien, arrivé de Tripoly
de Barbarie, a raporré que
la Milice du Pays s'etoit
revoltée contre les Deis;
qu'elle en avoir massacré
trois ; qu'un autre qui
s'etant sauvé étoit allé à
Constantinople en avoit
raporté des ordres pour son
retablissement; Mais que
loin queles Peuples y
voulussent consentir,les
troubles étoient beaucoup
augmentez depuis son
retour. Et Ici j, Septembre
il arriva une Marsiliane, qui
avoit raporté que ce Dei
avoir aussi esté massacré par
la Milice & parle Peuple,
& .que les autres s'étoient
sauvez avec beaucoup de
peine.
--
De Rome.
Le 18. Septembre on
celebraàRomedans l'Eglise
Nationale de S. Louis, un
Service solemnel pour le
repos de l'Ame de feu
Monseigneur le Dauphin,
avec un appareil tres-magnifique
du dessein de Mr
•
le Gros fameux Sculpteur
François. Mr le Cardinal
de la Tremoille s'y rendit
avec un Cortege de plus de
soixante Prelats, & les
Cardinaux y assistèrent en
Corps.
de
de Madrid.
Le 26. dumesmemois
on fit aulIi les obseques de
ce Prince à Madrid,avec une
grande magnificence dans
l'Eglisedu Monastere Royal
des Religieuses de l'Incarnation.
Tous les Grands &
Conseils y assisterent, avec
un nombre extraordinaire
de Peuple. La premiere
grande Messe fut celebréc
pontificalement par lEvesque
d'Urgel, la seconde par
l'Evesque deLerida
,
la troifiélne
par le Patriarche des
Indes, & l'Oraison Funebre
fut prononcée par le
Pere Augustin de Cattejon
Jesuite.
Le 2.7. & le 28. les Religieuses
du mesme Monastere
firent aussi faire un
Service solemnel peur le
repos de l'Ame decePrince.
La qiacnéme Messe fut
celebrée pontificalement
par le Pere Alonzo Pimentel
Dominiquain.
Les mesmes jours 2.7. &
2.8. le Cops de Ville fit
faire les mesmes obseques
dans l'Eglise du Monastere
Royal des Dominiquains.
L'Evesque de Lerida y
officia pontificalement, &
Dom Juan de las Heras
prononça l'Oraison Fune.
bre.
Le ig. & le 30. Septembre,
& le 1rOctobre
, les mesmesobseques furent
faitesdans le Monastere
Royal des Carmelites Deschaussées.
La Me(Te fut celebrée
pontificalement par
l'Evesque de Gironne, &
l'OraisonFunebre fut prononcée
par le Pere Pierre
de la Conception, Carme
Deschaussé.
De Holande.
Les Etats Generaux ayant
accepté dêtre Parrains du
jeune Prince de Nassaw,
fils du feu Prince de Nassaw
Srathouder hereditaire de
Frise
,
luy ont fait present
d'une obligation de quatre
mille florins de rente qui luy
devoit estre envoyée dans
une Boëte d'or, avec une
somme pour les Domestiques
de la Chambre de la
Princcffe sa mcre. Les Etats
d'Holande ont aussi fait present
à ce Prince d'une obligation
de deux mille cinq
cens florins de rente dans
une Boëte d'or; & la Province
de Frise luy a confervé
toutes les Charges du
feu Prince son pere, avec
les Regiments des Gardes
de Cavallerie & d'Infanterie,
& une pension de cinq,
mille florins;
DeBayonne le iyOétobre.
Une Fregate du Roy de
rrente canons, commandée
par Mr de la Mothe a attaqué
un Vaisseau Anglois de
soixante canons & l'ayant
abordé après trois heures
de combat, elle alloit s'en
emparer lors qu'il sauta en
l'air avec tout l'équipage
par le feu qui prit à la Sainte
Barbe où étoient les Poudres;
& cela sans que la
Fregate ait reçu d'autre
dommage que ses voiles
brulées.
Deux autres Fregates y
ont amené le 2. un Navire
Anglois chargé de Soyes,
de Cotton, de Noix,de raisins
secs, de beaucoup d'autres
drogues propres à la
Teinture, le tout estimé
deux cens mille livres.
Un Armateur y amena
aussi un Bastiment de la
mesme Nation, chargé de
Sucre.
De Toulon.
Il arriva icy le 4. un
Navire tout demasté qui
étoit remorqué par deux
Armateurs. C'est un Vaisseau
Portugais chargé de
Sucre, de Tabac, & de
Cuir, le tout estimé cent
cinquante mille écus.
Le mesme jour il arriva
aussi un Vaisseau Catalan,
chargé de Vins & d'autres
provisions pour Barcelone.
De Dublin.
La populace, au nombre
de quatre a cinq mille personnes,
a fait de grands
desordres, enlevant les
Toiles peintes des Bouriques
& dechirant les habirs
des femmes qui en étoient
venues, àcause du grand
prejudice que ces Toiles
causoiencaux Manufactures
de Laine; mais ce
desordre fut appaisé par une
proclamation qui fut publiée.
De Lisbone le 26.Septembre.
La misere est extreme
dans ce Royaume; les vivres
n'y ont presque plus
de prix. Le Roy à de nou.
veau envoyé trente Bastimens
en Barbarie pour y
acheter des grains; Mais
comme lis ne sont escortez
que par quatre Vaisseaux de
guerre, on craint qu'ils ne
soient encore enlevez par
les Vaisseaux François qui
croi sent vers le Détroit. Sur
des avis qu 'on a eus de la
Frontiere que les Troupes
Espagnoles avoient reçu
toutes leurs Recruës, leurs
remontes, & un mois de
paye, tous les Officiers qui
étoient icy son partis pour
se rendre à leurs Corps,
Mais nôtre Armée n'a point
de Magasins. Un de nos
Vaisseaux de 54. canons &
de 150.hommes déquipage
ayant donné sur un Banc,
en entrant dans la Rivière,
cil peri; mais tout l'équipage
s'est fauvé l'exception
de dix huit per sonnes qui
ont erté noyées.
D~Z<<' le zz.
*
:
Il partit d'icy un grand
Convoy de vivres avec dix
pieces de canon de 24.livres
de balle & plusieurs Mortiers
pour aller joindtc
l'Armée. Mr de Vendosme
a ordonné de luy envoyer
encore quelque pieces de
canon du mesme calibre.
De Sarragose le 7. Octobre
Le 23. Septembre il
partit d'icy un Convoy de
cent trente Chariots & de
deux cent Mulets chargez
de grains rj que l'on fait
moudre à Fraga & à Lerida
d'où on les transporte à
l'Armée
d'A,lcantr.
- Deux Galliotcs de rifle
d'Ivica ayaj.it attaque un
Navire François par le travers
de Denia, les Galleres
d'Espagne qui étoient dans
ce Port en sortirent, prirent
une de ces Galliotes qui
étoit montée de quatre
vingt dix hommes.Trente
furent tuez dans le combat,
.& les soixante restant surent
mis à la Rame.
De Vigo.
Le 14. Septembre, la
Frégate la Susanne amena
une prise Hollandoisede
trois ce ns tonneaux chargée
de Seigle.
La Fregate le Grison, de
Saint Jean de Luz, y amena
le mesme jour quatre prises,
dont deux de cent tonneaux
chacune étoient chargées de
froment, une de Seigle,
d'Orge, & de plusieurs
Ballots de Marchandises, &
la quatrième du port de
trois cens tonneaux, étoic
chargée d'Acier
,
de Draps
fins, & d'autres riches Marchandises.
Cette Fregate;
avec quelques autres Armateurs
aamené dans ce Port
en fort peu de temps vingtcinq
pri ses.
De Dunkerque.
Le Chevalier Bart, &le
Comte Philippe ont amené
une prise chargée de Vins
de Teinte, d'Oranges & de
Citrons; laFregate la Mutine
a amené un Navire
Anglois chargé de Charbon
de terre, & deux Rançons
de quatre mille trois cens
florins; & la Fregatre la
Sorciereaamené deux Bast -
mens Hollandois chargez
de Moruë.
De Dauphiné.
L'armée de Mr le Duc
de Savoye ayant repassé les
Alpes; & de celle duRoy
consommé les fourages
dans les Vallées dDulx &
dePragelas,MrdeBerwick
ramene les troupes par- la
Vallée de Maurienne, pour
ldes'hdiivsterirbsuer en quartier -,
De Romele 2 6. Septembre. -Le 21. on tint une trÓÏt.
siéme Congregation touchant
l'immunité Eclesiastique
en presence du Pape,
où il se trouva dix Cardinauxavec
les Prelats. Le
foirmesme, undes Expeditionnaires
d'Espagne fut
arresté dans sa maison parce
qu'il avoit servi de temoin
à la signification que Mr
de Molines avoit fait faire
à l'Agent des Eglises de ce
mesme Royaume, pour luy
ordonner d'aller rendre
compte de sa conduite,avec
deffence de s'ingerer dans
les affaires des Eglisesd'Efpagne
parce qu'elles avoient
revoqué leurs procurations
dont il étoit chargé cydevant.
L'autre Expeditionnaire
ayant esté averty
se retira en lieu de seureté.
Le lendemain le Cardinal
Pauluccy, Secretaire d'Etat,
écrivit un billet de la parc
du Pape à Mr Molines où il
il luy marquoit de s'abstenir
de toutes ses fonctions
de Doyen de la Rote,ainsi
que de ses autres emplois.
Le 2 5. il reçut un autre
billet par lequel le Cardinal
Vicaire luy signifioit quele
Pape l'avoit suspendu de
ses Ordres sacrez.
De Varsovie du25.
Septembre.
L'Envoyé du grand Seigneur
; les Députez du Roy
de Suède
, ceux du Kan des
Tartares; & ceux du Palatin
de Kiowie ont eû une Conserence
à Jaslowiecz, à l'entrée
de la haute Podolie avec
plusieurs Senateurs Polonois,
qui ayant déclaré qu'ils
ctoient Députez de la parc
du Roy Auguste, & de
la Républiquede Pologne,
l'envoyé Turc a refusé
de traiter avec eux, & de
leur délivrer les Lettres
dont le Grand Vizir l'avoit
chargé, s'exeusant sur
ce qu'il ne reconnoissoit pas
pour Representans de la Republique,
ceux qui venoient
dela part du Roy Auguste;
que le Grand Seigneur
ne reconnoissoit pas Roy
de Pologne; ajoutant qu'il
avoit ordre de faire des Proposicions
avantageuses à la
Pologne,qu'ilne pouvoir
leur expliquer; mais que 10
grand Visir esperoit que la
Republique favoriseroit le
passage du Roy de Suede ,
& que les Moscovites sortiroient
des Etats de Pologne
,conformement au
Traité conclu avec le Czar,
ensuite dequoy ils se sont
retirez.
De Carelsbade, en Bobeme.
Le Gzar a déclaré que
par le Traité conclu avec le
grand Visir, il avoit promis
de ne se plus méslerdes
Affaires de Pologne, pourvû
que le Roy de Suede ne
s'enmêlastpasnonplus,&
que si Sa Majesté Suedoise
s'en mêloit ; il affisteroit le
Roy Auguste son Allié, de
toutes ses forces; qu'à l'égard
de la restitution d'Asaph
, il ne l'executeroit
qu'aprés que le Roy de
Suede feroit party avec une
Escorte de cinq mille hommes
seulement, pour retourner
dans ses états, &
que si cette Efcortc étoit
plus forteil s'oposeroit à
son passage.
De Francfort le 13. Oéîobre.
Le 11. on fit forcir d'icy
tous les Etrangers, excepté
ceux de la suite des Electeurs
&des Ambassadeurs,
& le lendemain 12. l'Archiduc
fut élû Empreur par les
Electeurs de Tréves, de
Mayence, & Palatin, presents
: & les Ambassadeurs
des Eleveurs de Saxe, de
Brandebourg, & du Duc
d'Hanover, nonobstant les
Protestations de nullité des
ElecteursdeCologne ÔC
de Baviere.
<
«
De Lunevillele16.
Madame la Duchessede
Lorraine, est acouçhée lanuit
derniere d'une Princesfc
; & il est arrivé aujourd'huy
un Courrier dépeché
par l'Electeur de Trêves
qui a rapporté que l'Archiduc
avoit été élû Empereur
le 12, d'une voix unanime.
--
De Cadix le 6. Oftobrt,
Il est venuce marin trente
six Deserteurs de la Garnsson
de Gilbraltar, parmy
lesquels
lesquels il y a deux Lieutenants.
Ils se plaigent de n'a
voir touché aucun prest de
puis six mois; & on dit que
les deux Bataillons qu'on y
a amenez de Portugal ne 0 montoient qu'à trois cens
hommes; dont plus de la
moirié estoient malades, &
que deux Fregates chargées
de vivres, étoient peries en
entrant dans la Baye.
protestent contrel'Election
précipitée d'un Empereur
en faveur de l'Archiduc,
la Capitulation perpetuelle
n'étant pas encore reglée ni
les griefs de l'Empire purgez
touchant les trois Religions
tolerées en Alemagne ; les
Tribunaux de Justice &
l'évaluation des Monnoyes;
Mr Albano
, a déja representé,
que cette élection ne
pouvoit être canonique sans
la presence des Electeurs
de Cologne,& de Baviere :
On n'y a point parlé du neuvième
Ek£toratr, ny de
l'érection de la Prusse en
Royaume.
De Strajbouro le
1 8.
Le Prince Eugene
, a fait
faire de grandes réjouïssances
dans fun Camp pour
l'Electiondu nouvel Empereur
; deux jours aprés il envoya
reconnoîtrenoslignes
par des Ingenieurs escortez
de deux cens Chevaux; mais
nos Troupes étant sorties
sur eux, il y en eut dix neuf
tuez, & quatorze de pris
avec un des Ingenieurs.
Un party de vingt cinq
de nos Houssards, ayant
pénétré dans le derriere de
leur Armée ; mit le feu à
un amas de fourages,&coupa
à coups de fabre environ
mille sacs de farine, a près
quoy ce party se retira avec
trente neuf Chevaux des
ennemis, sans avoir perdu
un seul homme, quoy qu'il
eust été poursuivy pendant
plus de quatre heures.
De Cambray.
JLcs Inspecteurs d'Infanterie
ont commencé au
jourd'huy à faire leur revue,
après laquelle lesTroupes
marcheront dans les Quartiers
qui leur son defigncz.
Mr d'Albergothi a fait faire
devant les Retranchements
deVauvrechain,des Redoutes
& des Fortins oùl'on a
placé de l'Artillerie.
L'infanterie Ennemie est
encore prés de Bouchain, &
on luya envoyé de Tournay,
quatre cens Chariots
chargez de vivres. La Garnsson
deCondé, qui a esté
considerablement augmentée,
à bruié des Fourages,
& enlevé douze cens Sacs
d'A voine
De Dunhrcju?.
Deux de nos Fregates ont
amené deux Bastimens Hollandois
chargez d'Huile de
Baleine, & z-, un Anglors sur
lequelon a trouvé quinze
mille livres sterlin en Guinées,
&environ pourcent
mille livres de Marchandises.
Mr de Benac a fait deux
autres prises, estimées cinquante
mille écus chacune.
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Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
Le texte relate diverses nouvelles provenant de plusieurs régions. À Venise, une rébellion de la milice de Tripoli contre les Deys a entraîné la mort de trois d'entre eux. Un Dey, réfugié à Constantinople, est revenu avec des ordres pour rétablir son autorité, mais les troubles ont persisté. En septembre, une Marseillaise a rapporté que ce Dey avait également été massacré par la milice et le peuple. À Rome, un service solennel a été célébré le 18 septembre pour le repos de l'âme du feu Dauphin, en présence du cardinal de la Tremoille et de plusieurs prélats. À Madrid, les obsèques du prince ont été célébrées avec magnificence le 26 septembre dans l'église du monastère royal des Religieuses de l'Incarnation, avec des messes et oraisons funèbres prononcées par des dignitaires religieux. En Hollande, les États Généraux ont accepté de parrainer le jeune prince de Nassau, fils du feu prince de Nassau, en lui offrant une rente et des charges militaires. À Bayonne, une frégate française a attaqué un vaisseau anglais de soixante canons, qui a explosé. Deux autres frégates ont capturé un navire anglais chargé de diverses marchandises. À Toulon, un vaisseau portugais démâté et un vaisseau catalan chargé de vins sont arrivés. À Dublin, des désordres causés par la populace ont été apaisés par une proclamation après la destruction de toiles peintes préjudiciables aux manufactures de laine. À Lisbonne, la misère est extrême et le roi a envoyé des navires en Barbarie pour acheter des grains, malgré les menaces des vaisseaux français. À Saragosse, un convoi de chariots et de mulets chargés de grains a été envoyé à l'armée d'Alcant. À Vigo, plusieurs frégates ont amené des prises hollandaise et anglaise chargées de diverses marchandises. À Dunkerque, des prises chargées de vins, de charbon, de morue et d'huile de baleine ont été amenées. En Dauphiné, l'armée du duc de Savoie ayant consommé les fourages, Mr de Berwick a ramené les troupes par la vallée de Maurienne pour les mettre en quartiers d'hiver. À Rome, une congrégation a traité de l'immunité ecclésiastique en présence du Pape, et un expéditionnaire espagnol a été arrêté. À Varsovie, une conférence a eu lieu entre divers envoyés, mais l'envoyé turc a refusé de traiter avec les députés du roi Auguste. À Carlsbad, le czar a déclaré qu'il n'interviendrait plus dans les affaires de Pologne à condition que le roi de Suède en fasse autant. À Francfort, l'archiduc a été élu empereur par les électeurs de Trèves, de Mayence et du Palatin, malgré les protestations des électeurs de Cologne et de Bavière. À Luneville, la duchesse de Lorraine a accouché d'une princesse. À Cadix, trente-six déserteurs de la garnison de Gibraltar se sont plaints de ne pas avoir touché de solde depuis six mois. À Strasbourg, le prince Eugène a célébré l'élection du nouvel empereur et des escarmouches ont eu lieu entre les troupes françaises et ennemies. À Cambrai, les inspecteurs d'infanterie ont commencé leur revue et les troupes ont marché vers leurs quartiers, tandis que des redoutes et des fortins ont été construits devant les retranchements de Vauvrechain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 52-90
NOUVELLES de divers endroits.
Début :
De Venise le 14. Novembre. On a fait icy pendant [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Bataillon, Madrid, Courtrai, Arras, La Haye, Fort-Louis, Bayonne, Huningue, Milan, Naples, Angleterre, Grenoble, Gênes, Rome, Londres, Paix, Lisbonne, Venise, Cadix, Vaisseaux, Deuil, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de divers endroits.
NOUVELLES
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
de divers endroits.
De Venise le 14. Novembre,
On a fait icy pendant
trois jours des Prieres publiques
dans les Eglisesde
S. Marc, & de S. Roch,
avec l'Exposition du Saine
Sacrement, pour demander
à Dieu qu'illuy plaise faire
cesser le lféau dela mortalité
sur les Bestiaux qui continue
avec une grande violence.
-
Tous les Corps & toutes les
Communautez ont ercé en
Procession à ces Eglises,
; pendant ces trois jours,
durant lesquels les assemblées
particulieres ont elle
dessendues
)
& les Theatres
fermez. Cette maladie s'est
communiquée dans le Mantoüan,
dans la Stirie, &dans
la Carinthie,oùelle fait de
grands ravages.
De Milan le 11. Novembre,
Les Ambassadeurs de Venise
eurent le 7. Audiancc
de l'Archiduc. Le Comte
Antonio Rainoldi alla les
prendre au CollegeHelvetique
où ils étoient logez,
avec un Carrosse à quatre
Chevaux. Ils étoient en habit
de deüil, ainsi que toute
leur Livrée; mais les jours
suivants, ils parurent vêrus
magnifiquement,ainsi que
toote leur suite.
Le 8. le Cardinal Impenalc
Legat à Latere , envo yé
par le Pape pour complimenter
ce Prince, fit son
entréepublique. Le Comte
Rainoldi alla le prendreavec
plusieurs Carrosses à six
Chevaux au Monastere de
Castellazzo,&leconduisit
jusqu'au dehors de la Porte
Romaine où s'etant mis
sous un Dais, il donna la
Benediction au Clergé.
L'Archiduc arriva ensuite,
& après des compliments
reciproques,ils monterent àcheval
, & entrerent dans
laVille. LeClergéseculier
& regulier commençoit la
marche; les Gardes à pied
& à cheval marchoient ensuite;
puis vingt- quatre
Mulets du Legat avec de
riches couvertures,ungrand
Carrosse, & une Litiere;
douze Estafiers de l'Archiduc,
avec chacun un cheval
de main; les Valets de
Chambre du Legat avec
deux Masses; les Principaux
de sa fuite à cheval, ses
Estafiers vestus de sa livrée:
ceux de l'Archiduc étoient
en deüil. Ce Prince étoit
fous un Dais de Toiled'or
ayant le Legat à sa gauche.
Pluficurs Seigneursmarchoient
devant eux & ils
étoient suivis de douze
Evesques ouPrelats àcheval.
Le Senat venoit ensuite,
suivi des Tribunaux & des
soixante Decurions de la
Ville. Ils arriverent en cet
ordre devant l'Eglise Metropolitaine;
mais L'Archiduc
n'y entra pas, & il alla
droit au Palais. Le Legat y
entra, & fut reçu par
le
Cardinal Archinto qui en
est Archevesque;il fut ensuite
conduit au Palais dans
un Carrosse à six chevaux, ÔC
de-là au logement qui luy
avoitesté pre paré. Le lendemain
il rendit encore visite
à l'Archiduc qui le reçut à
la seconde Anti -chambre,
& le reconduisitjusqu'à la
troisiéme.
Les Ambassadeurs de la
Republique de Genes, firent
aussi leur Entrée le mesme
jour; & curent Audiance;
& le lendemain matin 10.
ceux de la Republique de
Lucques eurent aussi Audiance
, & l'aprésdînée du
mesme jour l'Archiduc
partit puur aller coucher à
Lodi.
DeLisbone le 9.Novembre.
La nouvelle qui s'étoir
répanduë depuis huit jours
que laPaix se traitoit en AnJgleterre,
a été confirmée par
un Exprés dépeché par nôtre
Ambassadeur en cette:
Cour là, qui a apporté les
Préliminaires. Le Comte do
Portmore , a reçu ordre do
remener en Angleterre les
Troupes de cette Couronne,
excepté deux Bataillons
pour remplacer les Soldats
qui manquent à la Garnison,
de Gibraltar ; sept Vaisseaux
de guerre Ancrloisqui
toient dans nostre Port, en
partirent hier pour retourneren
Angleterre. Le pain
est toujours très -
cher icy,
&on estfort en peine des
Bâtimens qui sont allez charger
des grains en Barbarie.
De Naples le 10 Novembre.
Le 3. de ce moison commença
les réjoüissances publiques
, pour l'Elcction de
Archiduc à l'Empire. Elles
levoient durer trois jours;
nais le foir du troisiémeà
ine demi- heure de nuit,il
omba une si grande pluye
qu'elle éteignit toutes les iluminations,
gasta les Tenures
qui étoient en plusieurs
endroits, & trempa tellenent
les Artifices,qu'ayant
econnu le lendemain qu'ils
le pourroient plus servir
)nIes abandonna , au pillage
tinÍi que toutes les Machines.
Le Vice-Roy qui dévoit
aller ce foir
-
là visiter les
Feux d'Artifice, préparez
sur la Mer avec de grandes
Machines chargées de
fruits
,
donna unBal dans
le Salon duPalais,pour supléer
à l'execution de ces
grands préparatifs, qu'on
renouvellera après le Couronnement.
Le S. il fitchanter
le Te Deurn dans l'Eglise
du grand Convent des,
Dominicains ,& il y tint
Chapelle; pendant laquelle
l'Infanterie Allemande qui
étoit dans la Place fit trois
décharges de Mousqueterie,
& les Canonniers des !
Chasteaux
,
firent trois salves
de toute l'Artillerie. Il
le fie chanter hier dans l'Eg'ife
des Theatins,&doit de
main le faire chanterdans
celle de la MaisonProfesse
des Jesuites,
De Cadiz le 12.Novembre.
Des Armateurs François
amenèrent avant-hier icy
trois Vaisseaux Hollandois.
qui venoient du Levant. Ils
sont chargez de Soye
,
de
Cottonfilé, deCaffé&d'autres
riches Marchandises,
letout estimé prés d'uai
million.
¡Une: FrégateFrançoise
ayant attaqué sur les costes
de Galice, un Vaisseau de
Guerre Portugais,montede
60.pieces de canon, étoit
sur le point de s'en emparer
après quatre heures de combat,
lors que le feu ayant
pris au Vaisseau, il sauta en
l'air avec tout l'Equipage,
dont on ne put sauver que
trois personnes.
Ilest encore venu quarante
sept Deserteurs de Gibraltar
)
presque tous Hollandois
,& qui continuent.
de dire que laGarnison n'est
point payée, & que les vivres
y sont à untrès- haut
prix.
De Rome le 14. Novembre,
Le trois de ce mois, la
Marquise de Prié
, comme
Ambassadrice de la Cour
de Vienne, quitta le deüil
& reçue les compliments sur
l'Election de l'Archiduc à
l'Empire. Il y eut le foir une
grande Assemblée chez elle
où se touverent la Connéta
ble Colonne,Dona Maria
Bernardina
,
les Neveux du
Pape,l'Envoyé de Portugal,
& plusîeurs autres -Perronnes
distinguées
: Le Prince
d'Avellino
,
avoit mandé à
ses principaux Domestiques
de donner part aux Cardinaux
de l'Election de l'Archiduc,
& de faire des illuminations
pendant rTois1
soirs ; mais les Maistres desj
Ceremonies ayant reprefenté
qu'il étoit contre l'ordre i
qu'il se fie fous les yeux dirr
Pape,desréjoüissances pour
une nouvelle dont on n.1avoit
point donné part à Sa|
Sainteté
>
ces
réjouifTanccsjji
ont elle differées.
110 ",
De Venise le zi. Novembre.
L'Archiducayant passéle
14. à Bussolengo
,
sur les
Frontières de l'EtatVenitien
sur sa route de Milan à Inspruch
,
les Procurateurs Pisani
& da-Lezze,Ambassadeurs
Extraordinaires de la
République,le complimencerent.
Ce Prince futconduit
au Palais qui luy avoit
été prepare; & qui étoit
magnifiquement meublé & -
illuminé,&où il trouva une
garde de deuxmille Cava -
liers ou Dragons tous habillez
de neuf Le lendemain les
Ambassadeurs luy presenterent
un Régale de Cire
,
de
Miroirs, de Crstaux, de
Confitures, &de plusieurs
autres choses galantes: On
luy servit un repas magnifi.
que après lequel il alla à Roveredo,
accompagné par les
mêmes Ambassadeurs, &
pardeuxmille Cavaliers
ou Dragons,quine le quitterent
que sur les Frontières
du Trentin. Ce Prince fie
present aux Ambassadeurs
de chacun une Boeste à portrait,
garnies de pierreries , D
& estimées nulle Pisto- les.
DtLjhonne le 13.Novembre
On esticy dans de grandes
inquiétudes, sur l'avis qu'on
a eu , que Mr du Gué-
Troüin,avoit. débarqué des
Troupes aux lsles du Cap
Vert ; & qu'érant entrée
dans la Baye de Tous -
les,.
Saints,il avoi t pillé la Ville
de San Salvador, Capitale
du Brésil
,
ainsiqu'unautre
Port, où il avoitbrûlé tous
les Vaisseaux qui y étoient.
De Londres le 24. Novembre.
Mr l'Evêque de Bristo,
Garde du Sceau Privé se prépare
à partir pour la Hollande
en qualitéd'Ambassadeur-
Pîenipotentaire pour
les Négociations de la Paix,
que tous les Pcules des trois.
Royaumes souhaitoient
avec tant d'empressement ;
qu'il avoit esté resolu en
plusieurs endroits de pre- 1
senter des Adresses à la Reine
pour la supliet de la con- 1 clure aux conditions qu'El- j
le & sonConseil jugeroienc
à propos; mais on s'en est
abstenu de crainte qu'il ne
parust qu'on voudroit donner
atteinte au pouvoirabsolu
qu'a le Souverain defaire
la Paix & la Guerre, quand
illuy plaist.
¡ Trois cens prisonniers
François ont été transportezà
Calais
, pour estre
échangez.
La Foudre étant tombée
la nuit du 16. au 17. sur l'EglisedeSouthwel
,
dansle
Comté de Nottingham.
).'
cette Eglise aété brûlée 3-
vec l'Ecole quien étoit prdche,&
les Cloches fonduës.
DupremierDécembre.
Le 25. Novembre il arriva
un Courrier du Comte
de Strafford, qui apporta le
consentement des Etats Géncraux
pour traiter de la
Paix sur le pied des Prelimi
mires,&les Passeports pour
les Ambassadeurs du Roy ]
Tres -
Chrestien. Outre les
vingt - cinq gros Vaifleatffc-«
de guerre qui ont été desarmez,
on en desarme encore
plusieurs autres.
Le28. jour de la naissance
de la Reine Elisabeth
, auquel
le menupeupleavoit
coutume, avant le regne de
JacquesII. de célebrer la
memoire de cette Princesse
en brulant l'Effigiedu Pape,
&celles de plusieurs Cardinaux
& Religieux,je Conseil
fut averti que quelques mal
intentionnez
,
avoient fait
faire secrettement de grands
préparatifs, dans le dessein
de causer quelque tulmute.
On envoya des Huissiers,
avec un Détachement de
Grenadiers commandé par
un Officier
,
dans l'endroit
qu'un avoit indiqué, & ils y
trouverent une figure du
Pape,avec plusicurs autres
de Cardinaux,& Religieux,
& même du Diable dans un
Chariot, qui fut brisé ainsi
que toutes les Figures. Le
foir du mêmejour,&la nuit
suivante on fit prendre les
armesaux Milices, qui firent
des patroüilles dans les ruës;
mais il ne se passa pas J:
moindre désordre.
De Cents le 26. Novembre.
Monsieur le Marquis de
Monteleon
,
Ambassadeur
d'Espagne ayant reçû ordre
de se rendre à Madrid pour
y recevoir ses instructions
sur les Congrez de la Paix
ausquels il doit assister
, en
qualité de Plenipotentiaire,
prit hier son Audiance de
de congé du Sénat.
Les Gx mille Allemands
qui s'étoient avancez sur
nôtre Frontiere pour y prendredesQuartiers
d'hiver,
marchent dans le Mantoüan
où ils occuperont les Quartiers
qui étoient destinez
aux Troupes. de BranSebourg
qui retournent en
Allemagne,
Il est entré h1uit mille-
Allemands sur lesTerres du
Grand DucOU\ il prennent
des Quartiers, ce Prince ayant
refusé de fournir aux
Commissaires Impériaux
les huit cens mille livres que
l'Archiduc luy avoit fais
demander,
De Grenoble30.Novembre.
Il parut il y a quelques
jours de ce costé. cy un gros
party delaGarnisondeSuze
qui étoit venu par Exiles.
Aussi tost qu'on en eut avis
on fit sortir trente Dragons
avec chacun un fantassin en
croupe: Ils trouverent les
Ennemis qui rafraichifsoient
dans un Village;Les
Fantassins yentrerent criant
qui vive, & au premier feu
que nos gens firent sur eux,
ils se retirerent. Les Dragons
qui les observoient les poursuivirent
& mirent en désordre
; cinq furent tuez &
trente cinq faits prisonnires.
De Huninguele 4. Decembre,
Nôtre garnisona faitune
course dans la Forest Noire
sans aucune oppoficion
,
&
a ramené un gros butin.
Les Lettres de Hombourg
,
portent que soixante Husfars
ennemis étant entrez
dans le Pays, avoient commencé
à piller & brûler;
mais quedesDétachemens
de certe Place & de Saar
sa Loüis, ayant été à leur poucsuite,
les avoient battus;
& repris le butin qu'ils
avoient fait.
De Bayone le 4. Décembre.
Il y a presentement icy
18 Bastimens Anglois qui
ont apporté diverses Marchandées
pour les vendre,
& ensuite chargerdes Vins
& des Eaux
-
de- vie.
Une Fregate du Roy de
34. canons a pris un Flessingois
de 32. canons & de
150. hommes d'équipage ,
dont plus de 60ont été tuez
dans le combat qui a duré
cinq heures.
Des Lettres de Gibraltar
du 20. du passé portent que
la disette y étoit si grande
que le Commandant de la
Place étoit obligé de tenir
les Portes fermées pour
empêcher la desertion:que
quatreBastimens Portugais
étant entrez dans la Baye
pour se mettre à couvert
d'un gros temps qui auroit
pû les jetter sur les costes
de Barbarie, on leur avoir
fait décharger le grains qu'ils
avoient à leur bord
, de
remboursé l'argent qu'il
leur avoit couité.
On a aussiappris que les
Maures qui sont devant
Ceuta ayant voulu emporter
parEscalade le Bastion de
S. Pierre avoient esté vivementrepoussezjusques
dans
leur Camp avec perte de
plusde 1200 hommes; &
qu'il écoit arrivé de Carthagene
à cette Place, un tenfort
de 400. hommes &
beaucoup de munitions de
guerre & de bouche.
," Du Fort-Louis le10.
DéCembrr.P
;
Le Commandant de
Lauterbourg ayant eu avis
que le 6. au foir il devoit
sortir un Bataillon de Philisbourg
pour aller a Landau
,envoya un party de
Dragons & de Grenadiers
xjui se porterent sur le chemin
en des lieux couverts.
Les Ennemisétant tombez
dans l'Embuscade, furent
envelopez; le Commandant
fut tué avec plusieurs Soldats,
& le reste pris. Ce
bataillon étoit des Troupes
de Souabe & de Franconie,
& alloit relever un autre
bataillon des mêmes Trou- pesquiestàLandau.?
De la Haye le 8. Décembre9
Le Courier que le Comte
de Goes, Envoyéde la
Cour de Vienne avoit dé*
pêche à Milan pour porter àl'Archiducles Préliminairesde
la Paix, en revint le
2.1 Novembre. Il apporta
uneLettre par laquelle cc
Prince prie les Etats Gcné-.,
raux de n'avoir point d'égard
à ces Preliminaires,
qu'il les avoir rejettez, &
qu'il protestoit contre
toutes les Assemblées&les
Negotiations qu'on pouroit
faire sur cesujet.
On a appris depuis que ce
Prince persiste dans la résolution
de ne point envoyer
de Plenipotentiaires pour
traiter de la Paix sur le pied
des Preliminaires.
Hier le Comte de Strafr!
ford
,
Ambassadeur Plenipotentiaire
d'Angleterre
communiqua aux Ministres
detous les Alliez dans une
Assemblée que l'on tint exprés,
que la Reine sa Maitrciïc
avoit nommé la Ville
d'Utrecht pour le lieu où se
tiendroient les Conferences
pour laPaix, & que l'ouverture
s'en feroit le 12, Janvier
prochain. Il remit enfuite
à chacun de ces Ministres
une Lettre de la Reine
de la Grande Bretagne
qu'elle écrivoit à leurs Maîtres
pour les inviter à y envoyer
leurs Plénipotentiaires..
D'Arras le ii. Décembre.
Monsieur le Marechal de
Montcfquiau, partit d'icy
avanthier avec la plus grande
partie de notre Garnison
pour se mettre à la teste
d'un Darachemem de trois
cens hommes par bataillon,
& de centhommes parRe- -
giment de Cavalerie & de
Dragons de. toutes lcs.,
Troupes qui sont depuis la
Meuse juiqu'àla Mer. Leur
rendez vous étoit le long de
la Scarpe depuis Douay
jusqu'à Mortagne, & le
long du Canal & de la Deule,
Ces Troupes n'ont point de
bagages, & n'ont porté des
vivres que pour quatre
jours, & des outils à remues
laterre; elles travaillent à
combler le canal en quelques
endroits, à rüiner les
Ponts, les Ecluses & les Digues
de cemême Canal
,
de
la Scarpe, & de la Deule
afin d'ôter , aux Ennemisle
moyen d'établir leurs Magasins
de vivres & de munitions
à Douay pour la Canv»
pagne prochaine,ainsi quils
l'avoient projetté.
Pendant qu'une partie de
ce gros Détachement commençoitces
travaux, Mr de
Goëbriant marchoit à la
petiteVille deLillers, où les
Ennemis avoient cinq cens
hommes qui ont esté faits
prisonniers; &les Fortifications
qu'ils y avoient faites
ont esté démolies.
De Courtray le 18. Decembre.
Un Parti de cènehommes
de la garnisond'Ipres
ayant rencontréplusieurs
Détachements de cinq Rements,
lesadéfaits l'unaprés
l'autre
,
& en a fait la plus
part prisonniers.
Le mêmejoursoixante
Hussards, furent surpris la
nuit dans un Village à deux
lieuës de Cologne
) par un
party de trente Fantassins
François qui leur enleverent
trente chevaux,
A Madrid le 3. Décembre.
Le Conséil envoyaVeridredy
dernier des instructions
aux Plénipotentiaires
qui doivent partir incessamment
pour les Conferences
de la Paix Le Roya donné
la Charge de President du
Conseil de Guerre à Mr
le Marquis de Bedmar : Les
Lettres de Malaga portent
qu'il y étoit arrivé un Bastinient
venant de Gibraltar
où il y avoit quatre - vingt
six Soldats de la Garnison ;
de cettePlace, qui ayant
monté de nuit dans ce Vais-
-
seau obligerent lesMatelots
f de mettre à la voile, aprést
avoir eux mêmes coupé les f
cables *>
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Résumé : NOUVELLES de divers endroits.
À la fin de l'année 1700, divers événements politiques et militaires ont marqué l'Europe. À Venise, des prières publiques ont été organisées pour lutter contre une épidémie affectant le bétail, qui s'est également propagée dans le Mantouan, la Styrie et la Carinthie. À Milan, les ambassadeurs de Venise ont été reçus par l'Archiduc, et le cardinal Impérial a fait une entrée publique. Les ambassadeurs de Gênes et de Lucques ont également été accueillis. À Lisbonne, la paix en Angleterre a été confirmée par des préliminaires apportés par un ambassadeur. À Naples, les réjouissances pour l'élection de l'Archiduc à l'Empire ont été perturbées par la pluie. À Cadix, des navires hollandais chargés de marchandises ont été capturés par des armateurs français, et une frégate française a attaqué un vaisseau portugais. Des déserteurs de Gibraltar continuaient d'arriver. À Rome, la marquise de Prié a reçu des compliments pour l'élection de l'Archiduc. À Lisbonne, des inquiétudes ont surgi concernant des troupes débarquées aux îles du Cap-Vert. À Londres, des préparatifs pour la paix ont été mentionnés, et des prisonniers français ont été transportés à Calais. Des troubles ont été évités lors de la célébration de la naissance de la reine Élisabeth. À Cents, l'ambassadeur d'Espagne a pris congé du Sénat pour se rendre à Madrid. Des troupes allemandes ont occupé des quartiers d'hiver dans le Mantouan et sur les terres du Grand-Duc. À Grenoble, des dragons ont repoussé une garnison ennemie. À Huningue, une garnison a fait une course dans la Forêt-Noire. À Bayonne, des navires anglais ont apporté des marchandises, et une frégate française a capturé un vaisseau flessingois. À Gibraltar, la disette était grande, et des Maures ont été repoussés lors d'une attaque. À Fort-Louis, un bataillon ennemi a été pris en embuscade. Sur le plan militaire, un bataillon de Souabe et de Franconie se dirigeait vers Landau pour relever un autre bataillon. Le 21 novembre, le comte de Goes, envoyé de la Cour de Vienne, est revenu de Milan avec des préliminaires de paix, que l'archiduc a rejetés et contre lesquels il a protesté. L'Angleterre a proposé Utrecht comme lieu pour les conférences de paix, prévues pour le 12 janvier. Le maréchal de Montreuil a quitté Arras avec des troupes pour des travaux de défense le long de la Scarpe et du canal, afin d'empêcher les ennemis d'établir des magasins. Mr de Goëbriant a capturé des ennemis à Lillers. À Courtray, des détachements ennemis ont été défaits et des hussards ont été surpris près de Cologne. À Madrid, des instructions ont été envoyées aux plénipotentiaires pour les conférences de paix, et un bastiment est arrivé à Malaga avec des soldats de Gibraltar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 102-117
Dernieres Nouvelles.
Début :
De Lisbonne le 4. Decembre. [...]
Mots clefs :
Madrid, Strasbourg, Arras, Hambourg, Bender, Lisbonne
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texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles.
Dernieres Nouvelles.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
Fermer
Résumé : Dernieres Nouvelles.
Le roi a convoqué son conseil pour adopter des mesures en réponse aux circonstances actuelles. Un émissaire a été envoyé en Angleterre pour informer la reine que Sa Majesté remet ses intérêts concernant la paix. Des plénipotentiaires ont été nommés à Londres et à La Haye pour participer au congrès. La confirmation de l'expédition française au Brésil est arrivée par un navire de San Salvador. À Gironne, le marquis de Fiennes a dirigé dix-huit bataillons et douze escadrons vers Ostalric. Les ennemis, prévenus, ont avancé avec 400 chevaux, deux bataillons et des miquelets, mais se sont retirés face à l'avant-garde de Fiennes. À Humbourg, des troupes suédoises ont tenté une sortie de Wismar, repoussant la cavalerie danoise et attaquant des régiments de dragons. Le combat a duré deux heures, permettant au général Rantzaw de disposer ses troupes. Environ seize cents Suédois sont rentrés en ville, le reste étant tué ou capturé. À Bender, l'envoyé Funck rapporte que le Grand Visir promet au roi de Suède des troupes et de l'argent. Les Moscovites utilisent des artifices pour retarder la paix avec la Porte ottomane, mais celle-ci semble prête à reprendre les armes. Le roi de Suède prévoit de partir pour la Pologne cet hiver. En Artois, des troupes ont saboté des infrastructures pour empêcher le transport de munitions. Des prisonniers hollandais ont été capturés à Lillers. Les ennemis ont rassemblé des garnisons frontalières, mais se sont retirés face à l'arrière-garde commandée par le comte de Broglio. À Strasbourg, les ennemis ont tenté de conduire un convoi de blé à Landau, mais l'ont fait rentrer en ville face à la menace des troupes françaises. Des déserteurs ennemis rapportent ne pas être payés. Un détachement de Brisack a engagé et capturé des hussards ennemis. À Madrid, le comte de Starhemberg a tenté de changer la garnison de Tarragone, mais les officiers anglais ont refusé. En France, deux sacres épiscopaux ont eu lieu : le père Athanase de Megrigny a été sacré évêque de Graffe et l'abbé Le Pilleur évêque de Saintes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 49-79
NOUVELLES.
Début :
Le Parlement s'est assemblé aujourd'huy suivant la derniere prorogation. La Reine [...]
Mots clefs :
Parlement et discours royal, Préparation à la paix, Levée de troupes et nominations, Londres, Événements militaires et affrontements, Commerce maritime et flottes, Lille, Berlin, Varsovie, Rome, Vienne, Hambourg, Lisbonne, Cadix, Toulon, Namur, Dunkerque, Lauterbourg, Thionville, Condé, Messine
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
-
De Londres le 18. Decembre.
LE Parlement s'est assembléaujourd'huy
suivant la derniere prorogation. La Reine étant allée à la Chambre des Seigneurs, & les Communes
y
étant arrivées, elle a
fait .,
un discours qui contient en
substance
:
Qu'elle étoit
bien aise de leur pouvoir
dire que nonobstant les artifices de ceux qui cher-
choient à continuer la
guerre, le lieu & le temps
pour l'ouverture d'un traité de paix generale étoient
fixez: que la plûpart des
Alliez, principalement les
Etats Generaux, avoient
par leur promptitude à y
concourir témoigné leur
confianceenelle & qu'-
elle ne doutoit pas que ses
propres sujets ne fussent
persuadez del'affection
quelleavoit pour eux,que
sa principale attention (croit d'affermir la Religion,
les droits & les libertez de
la nation, & la succession
à la Couronne dans la ligne protestante: quaprés
,
une guerre qui avoit couté tant de fang & tant de
trésors. elle travailleroit
Ide,tout son pouvoir à favoriser & à augmenter le
commerce de ses sujets:
que non seulement elle
s'employeroit à procurer
une satisfactionraisonnable à
tous les Princes
[ & Etats engagez dans
ï cette guerre, mais qu'elle
se joindroit avec eux par
| les liens les plus étroits
pour rendre la paix ferme
& durable:que le moyen
le plus efficace pour réussir étant de se préparer de
bonne heure à la guerre,
elle recommandoic aux
Communes de donner
avec toute la diligence poc.
sible les subsides necessaires pour la campagne prochaine
:
& elle finit son
discours en leur recommandant l'union, & d'éviter tout ce quipourroit
donner lieu de croire qu'il
y
eût de la division parmi
eux. Les Communes se re-
tirerent ensuite, après quoy
il y eut un long débat parmi les Seigneurs, qui conclurent à la pluralité de six
voix de representer à la
Reine par une adresse,qu'il
ny auroit jamais de paix
fûre tant que l'Espagne seroit possedée par un Prince de la Maisonde France:
mais les Communes au
contraire rèsolurent à la
pluralité de cent cinquante voix d'établir un Comité qui seroit chargé de travailler à une adresse pour
remercier la Reine de ce
qu'elle leur avoit déclaré
touchant la paix generale.
DeLille le16. janvier.
Les nouvelles que nous
avons reçuës hier de Londres & de la Haye, nous
assûrent toutes une paix
prochaine. La Chambre
des Communes persiste
toûjours: L'Evêque de BrifiaI, & M. de Buys qui
-
étoient à Londres sont arrivez à Utrek, où les conferences se tiendront le z2.
du courant.
Monsieur le Prince Eugene quiest passé le8. en
Angleterre, n'y est point
allépourtâcher de mettre
quelque obstacle à lapaix;
au contraire i' on aÍfLlre
qu'il y
est passé dela part
de l'Empereur pour assûrer
la Reine qu'il entrera avec
plaisirdans le CTaicé gene- ral,&qu'il y envoyera
incessamment ses Ambassadeurs.
La Reine a
nommé Milord Amilton pour être de
la Grande Chambre; mais
les Seigneurs ne veulent
point le recevoir à causè.
qu'il est Escossois.-
„
> ,"
De Berlin le 14. Decembre.
L'Electeurde Brandebourg aordonnéunenouvelle levée de six mille
nommes. Les Etatsseront
obligez dejes fournir,suivant la répartition qui en
a
été faite par chaque Bailliage, qui fera obligé de
les fournir. Pour cet effet
on arrête tous les vagabonds & les mandians.
-
Son. Altesse Electorale
a
donné la Prévôté duChapitre de Magdebourg,
vaccante par le decez du
Prince de Saxe Barbi
,
aa
Prince Louis son frere:
cette Prévôté vaut dix mil
écus de rente.
De Varsovie le 30. Novembre.
Les Generaux Szeremetof ôù Ronne n'ont pû faire consentir lesSenateurs
Polonois, qui sont à Leopol, à accorder des Quartiers d'Hyver aux Troupes
du Czar, & ont enfin été
obligez de promettre qu'ils
les feroient sortir du Royaume, suivant le traitté
conclu avec les Turcs. Elles doivent aller hyverner
dans le Duché de Severie,
& vers Kiovie & Sivoleusko.
De ?tome le5Decembre.
Le General des Jesuites
,
ses Assistans, & les Procu.
reurs des Provinces ont
presenté au Pape dans une
audience que Sa Sainteté
leur a
accordée, un aéte
signé de tous, portant qu'-
ilssesoûmettoient entierement aux Decrets de 1704.
& aux autres émanez en
consequence sur les ceremonies Chinoises, & donnerent toutes les marques
& lesassurances d'une entiere obeïssance pour le S.
Siege. Le Pape qui les re5ur très favorablement ordonna que cet acte fût
imprimé.
MonsieurPignatelliEvêque de Leccé, ayant été
enlevé violemment de son
Palais par ordre du Viceroy de Naples, & ensuits
conduit horsdu Royaume,
est arrivé ici aujourd'hui
dans un carosse à six chevaux, que le Cardinal Paulucci avoir envoyé au devant de lui avec un de ses
Gentilshommes, & estallé
descendre aux Théatins,
où le Pape lui avoit fait
préparer un logement.
Dans la Congregation de
rimmumceEccIefiaiHque
tenuë au sujet de ce Prelat, il a
été resolu de le
soûtenir.
Sa Sainteté a
reçû des
lettres de Dom Annibal
Albani, par lesquelles il
mande que l'Archiduc lui
avoitpromis dans deux audiences qu'illui avoit données) qu'il restituëroitComacchio au S. Siege aprés
foa couronnement.
rDu 12,.
Mardi, jour de la Conception, on celebra l'anniversaire du couronnement
du Pape, dans sa chapelle.
Les illuminations, les feux
d'artifice, &: les aumônes
se firent à l'ordinaire.
MonsieurCafarelli,Gouverneur de cette ville, est
mort aprés une longue maladie, ôc le Pape a
dispensé
sa famille de faire la cavalcade
accoûcumée à la mort
du Gouverneur,n'étant pas
assez riche pour faire cette
dépense. Sa Sainteté a
donne ce Gouvernement à M.
Scorti, Milanois, Auditeur
de Rote; & sonCanonicat
deS.PierreàM.l'AbbéRiviera Secretaire du sacré
College,& de la Congre-
igation consistoriale.
Du 19.
L'Archiduc, ayant enfin
tdonné part de son Election
:au. Pape par le Marquis de
Rona, Sa Sainteté ordon-
:na aussitôt qu'on chantât
le Te Deumy & qu'on fist
des feux & des illuminations, le Marquis de Prié
a
étédéclaré Ambassadeur
de l'Empereur 'en! cette
--
Cour, & le Prince ,d'A.
vellino retourne à Naples
avec laqualité de Grand
Chancellier du Royaume.
M. Odescalchi a
été nommé Nonce en Pologne,&
M. Doria qui revient de
sa Vicelegation d'Avignon
a
été nomme Archevêque
in partibus. Mardi dernier
la Congregation consistoriale confirmal'élection
du Doyen de Saltzbourg,
à l'Evêché d'Olmutz, nonobstantlesinstancesde l'ElecteurdeTreves en faveur
de son frere. Le même jour
Monsieur le Cardinal de la
Tremoille assista à la Messe
que le Chapitrede S. Jean
a
a coutume de dire pour le
Roy le jour de sainte Luce,
& il y
fut accompagné par
plus de soixante carosses.
Son Eminence donna enfuite un grand repas.
M. de Molines refusant
toûjours de remettre aux
Ministres de la Cour de
Vienne les carosses que le
Duc d'Ucede avoit laissez
au Palais d'Espagne
,
& qui
ont été confisquez depuissa
rebellion
,
ils le menacent
de les faire enlever de vive
force; ce qui a
obligé M.
de Molines d'augmenterle
nombre des gens qu'il avoir
déja pour la sûreté de son
Palais & de sa Personne.
De Vienne le 16. Decembre,
Toutes les lettres de Valaquie & des frontieres de
Turquie portent, que le
Grand Visir aprés avoir celebré le Beïram à Andrinople un Capigiarrivé de
Constantinople lui avoit
apporté de la part du Grand
Seigneur un riche Caftan
,
avec d'autres marques d'affection -& de distinction ;
mais quelemême Officier
aprèsleslui avoir delivrées,
avoit porté un ordre à l'Aga des Janissaires, par lequel il lui étoit enjoint d'arrêter le GrandVisir, de
l'enyoyer prisonnier à Constantinople, & de prendre
le commandement de l'arméejusquàce que le Grand
Seigneur eût nommé un
autre GrandVisir
: ce qui
a
été execute.
Dtf Hambourgle25. Decemb.
On a
reçû des lettres de
Rostok qui portent que le
Commandant dés troupes
que le Roy de Dannemarck y a
laissées pourgarder les magasins qu'il a en
cette ville, ayant demandé
permission aux Magistrats
devisiter leur Arsenal&
leurs magasins,ilslalui
refuserent : mais que s'en
étant fait ouvrir les portes
-
deviveforce pendant que
les habitans étoient au sermon, cette violence caafa,
un grandtumulte. On demanda à ce Commandant
quelle railon il avoit pour
en agir de la sorte; & sur
ce qu'il répondit qu'il avoit
voulu visiterl'Arsenal pour
s'en servir en cas de besoin,
les habitans répondirent
qu'ilsperiroient plûtôt que
de laisser enlever leur artillerie & leurs munitions. Incontinent les Magiilrats firent tendre les c
haînes dans
les ruës qui aboutissent à
l'Arsenal, & y
firent pointer du canon chargé à
cartouche, & plusieurs compagnies de Bourgeois y
sont tous les jours de garde.
u.
DeLisbonne le 14.Decembre.
,
On a
reçû des lettres d'Elvas du 6. qui portent que
les troupes Espagnoles qui
font en quartier aux environs de Badajoz, ont fait
une course fort avant dans
le pays, d'où elles ont amené cinq cent bêtes à corne,
& beaucoup d'Orages pour
les contributions.
De Cadis le 27. Decembre.
La Flotte de Bucnotai-
res a mis aujourd'hui à la
voile avec quatre Navires
François, qui vont à la
Mer du Sud.
Il eH: arrivé une Corvette de la Martinique, qui a
rapporté que M. du GuéTroüin en revenoit avec
M. du Casse, & qu'il étoit
richement chargé.
De Toulon le24. Decembre.
Trois vaisseaux de guerre, sortis de ce Port pour
aller donner la chasse à
quelques armateurs enne-
mis, quicroisoient sur les.
côtes de Provence, ont
trouvé quatre vaisseaux
Hollandois, qui portoient
des provisions à Porc-Mahon,qu'ilsavoient chargées en Calabre.Dés qu'ils
apperçûrent les nôtres ils
prirent chasse pour les éviter,mais ils furent bientôt joints: deux se rendirent sans faire grande résistance
}
mais les deux autres se deffendirent pendant quatre heures, & ne
si: rendirentqu'aprés avoir
perdu la plus grande partie
tie de leur équipage.
De Namur le 6.Janvier.
Un Parti de nôtre Garnisonsétant joint avanthyer à un détachement de
celle de Charleroy, attaquerent auprès de Louvain cent quarante hommes des ennemis, qui en
étoient fortis pour aller à
Bruges, & les poursuivirent jusqu'aux Portes de
cette Place: quatorze furent tuez,& quarante-deux
faits prisonniers, qui ont
été amenez icy.
Un autre détachement
a
été mettre le feu à des
batteaux chargez de fourages, qui remontoient la
Meuse pour aller à Liége;
mais en se retirant il aété
attaqué par un Parti de la
Garnison d'Huy beaucoup
superieur, qui tua six hommes, &en fit seize prisonniers. Le reste se sauva à
la faveur de la nuit qui
survint.
De Dunkerque le 5Janvier.
Un Armateur de Calais
a
amené un vaisseau Hambourgeois chargé de diverses Marchandises pour
plus de cent cinquante
mille écus.
Un autre Armateur a
aussi amené une grosse
Flutte Hollandoise du port
de quatre.cent tonneaux,
chargée de Saumon, de
Cuivre &: d'Etain.
De Lauterbourg le 16. Dec.
Un Capitaine de Hussars
de nôtre garnison a
brûlé
avec trente hommes seuls-
ment, les magasins de fourages que les ennemis
avoient entre Philisbourg
& Spire, & il est revenu
sans avoir été joint par les
detachemens qui avoient
été envoyez à sa poursuite.
De Thionville le 24.Decemb.
La garnison du Fort de
S. Martin prés de Treves,
ayant attaqué un détachement de celle de Traerbach
,
l'a défait entierement:mais elle a
perdu30.
Hommes, & en a eu 19. de
blessez.
De Condéle 18. Decembre.
Nostre Commandant
ayantenvoyé soixante dragons & quarante Grenadiers pour mettre le feu à
plusieurs Batteaux chargez
de fourage & de munitions
que les ennemis avoient sur
l'Escaut, entre Mortagne
& S.Amand, pousserentd'abord deux cens hommes
qui les gardoient: mais ils
furent obligez ensuite de
se retirer avec précipitation
,
pour éviter d'être
coupez par plusieurs détachemens ennemis qui les
cherchoient.
DeMessinele 26.Décembre,
; Onembarquaavanthier
ici deux bataillons & des
munitions de guerre& de
bouche, pour Portolongone. On a
reçu des remises
de Madrid pour lesrecrues,
& pour la remonte denôtre cavalerie.
Les Liparotesontattaqué
le convoi de Naples qui
venoit de Calabre, chargé
de grains, ils en ont coulé
quatre bâtimens à
fond, &
en ont pris six autres qu'ils
ont menez à Lipari.
Un vaisseau François de
64. canons, eH: arrivé ici
ce matinavec un gros Navire Angloisqu'ilavoit pris
dans le canal de Malthe.
Ce vaisseau est chargé de
soye, decotton,, Ôc. de caffé.
La nuit du 14. & celle
du
2.y. on ressentit ici plusieurs secousses, assez violentes de tremblemens de
terre, mais qui n'ont cependant causé aucun dommage. G iii
-
De Londres le 18. Decembre.
LE Parlement s'est assembléaujourd'huy
suivant la derniere prorogation. La Reine étant allée à la Chambre des Seigneurs, & les Communes
y
étant arrivées, elle a
fait .,
un discours qui contient en
substance
:
Qu'elle étoit
bien aise de leur pouvoir
dire que nonobstant les artifices de ceux qui cher-
choient à continuer la
guerre, le lieu & le temps
pour l'ouverture d'un traité de paix generale étoient
fixez: que la plûpart des
Alliez, principalement les
Etats Generaux, avoient
par leur promptitude à y
concourir témoigné leur
confianceenelle & qu'-
elle ne doutoit pas que ses
propres sujets ne fussent
persuadez del'affection
quelleavoit pour eux,que
sa principale attention (croit d'affermir la Religion,
les droits & les libertez de
la nation, & la succession
à la Couronne dans la ligne protestante: quaprés
,
une guerre qui avoit couté tant de fang & tant de
trésors. elle travailleroit
Ide,tout son pouvoir à favoriser & à augmenter le
commerce de ses sujets:
que non seulement elle
s'employeroit à procurer
une satisfactionraisonnable à
tous les Princes
[ & Etats engagez dans
ï cette guerre, mais qu'elle
se joindroit avec eux par
| les liens les plus étroits
pour rendre la paix ferme
& durable:que le moyen
le plus efficace pour réussir étant de se préparer de
bonne heure à la guerre,
elle recommandoic aux
Communes de donner
avec toute la diligence poc.
sible les subsides necessaires pour la campagne prochaine
:
& elle finit son
discours en leur recommandant l'union, & d'éviter tout ce quipourroit
donner lieu de croire qu'il
y
eût de la division parmi
eux. Les Communes se re-
tirerent ensuite, après quoy
il y eut un long débat parmi les Seigneurs, qui conclurent à la pluralité de six
voix de representer à la
Reine par une adresse,qu'il
ny auroit jamais de paix
fûre tant que l'Espagne seroit possedée par un Prince de la Maisonde France:
mais les Communes au
contraire rèsolurent à la
pluralité de cent cinquante voix d'établir un Comité qui seroit chargé de travailler à une adresse pour
remercier la Reine de ce
qu'elle leur avoit déclaré
touchant la paix generale.
DeLille le16. janvier.
Les nouvelles que nous
avons reçuës hier de Londres & de la Haye, nous
assûrent toutes une paix
prochaine. La Chambre
des Communes persiste
toûjours: L'Evêque de BrifiaI, & M. de Buys qui
-
étoient à Londres sont arrivez à Utrek, où les conferences se tiendront le z2.
du courant.
Monsieur le Prince Eugene quiest passé le8. en
Angleterre, n'y est point
allépourtâcher de mettre
quelque obstacle à lapaix;
au contraire i' on aÍfLlre
qu'il y
est passé dela part
de l'Empereur pour assûrer
la Reine qu'il entrera avec
plaisirdans le CTaicé gene- ral,&qu'il y envoyera
incessamment ses Ambassadeurs.
La Reine a
nommé Milord Amilton pour être de
la Grande Chambre; mais
les Seigneurs ne veulent
point le recevoir à causè.
qu'il est Escossois.-
„
> ,"
De Berlin le 14. Decembre.
L'Electeurde Brandebourg aordonnéunenouvelle levée de six mille
nommes. Les Etatsseront
obligez dejes fournir,suivant la répartition qui en
a
été faite par chaque Bailliage, qui fera obligé de
les fournir. Pour cet effet
on arrête tous les vagabonds & les mandians.
-
Son. Altesse Electorale
a
donné la Prévôté duChapitre de Magdebourg,
vaccante par le decez du
Prince de Saxe Barbi
,
aa
Prince Louis son frere:
cette Prévôté vaut dix mil
écus de rente.
De Varsovie le 30. Novembre.
Les Generaux Szeremetof ôù Ronne n'ont pû faire consentir lesSenateurs
Polonois, qui sont à Leopol, à accorder des Quartiers d'Hyver aux Troupes
du Czar, & ont enfin été
obligez de promettre qu'ils
les feroient sortir du Royaume, suivant le traitté
conclu avec les Turcs. Elles doivent aller hyverner
dans le Duché de Severie,
& vers Kiovie & Sivoleusko.
De ?tome le5Decembre.
Le General des Jesuites
,
ses Assistans, & les Procu.
reurs des Provinces ont
presenté au Pape dans une
audience que Sa Sainteté
leur a
accordée, un aéte
signé de tous, portant qu'-
ilssesoûmettoient entierement aux Decrets de 1704.
& aux autres émanez en
consequence sur les ceremonies Chinoises, & donnerent toutes les marques
& lesassurances d'une entiere obeïssance pour le S.
Siege. Le Pape qui les re5ur très favorablement ordonna que cet acte fût
imprimé.
MonsieurPignatelliEvêque de Leccé, ayant été
enlevé violemment de son
Palais par ordre du Viceroy de Naples, & ensuits
conduit horsdu Royaume,
est arrivé ici aujourd'hui
dans un carosse à six chevaux, que le Cardinal Paulucci avoir envoyé au devant de lui avec un de ses
Gentilshommes, & estallé
descendre aux Théatins,
où le Pape lui avoit fait
préparer un logement.
Dans la Congregation de
rimmumceEccIefiaiHque
tenuë au sujet de ce Prelat, il a
été resolu de le
soûtenir.
Sa Sainteté a
reçû des
lettres de Dom Annibal
Albani, par lesquelles il
mande que l'Archiduc lui
avoitpromis dans deux audiences qu'illui avoit données) qu'il restituëroitComacchio au S. Siege aprés
foa couronnement.
rDu 12,.
Mardi, jour de la Conception, on celebra l'anniversaire du couronnement
du Pape, dans sa chapelle.
Les illuminations, les feux
d'artifice, &: les aumônes
se firent à l'ordinaire.
MonsieurCafarelli,Gouverneur de cette ville, est
mort aprés une longue maladie, ôc le Pape a
dispensé
sa famille de faire la cavalcade
accoûcumée à la mort
du Gouverneur,n'étant pas
assez riche pour faire cette
dépense. Sa Sainteté a
donne ce Gouvernement à M.
Scorti, Milanois, Auditeur
de Rote; & sonCanonicat
deS.PierreàM.l'AbbéRiviera Secretaire du sacré
College,& de la Congre-
igation consistoriale.
Du 19.
L'Archiduc, ayant enfin
tdonné part de son Election
:au. Pape par le Marquis de
Rona, Sa Sainteté ordon-
:na aussitôt qu'on chantât
le Te Deumy & qu'on fist
des feux & des illuminations, le Marquis de Prié
a
étédéclaré Ambassadeur
de l'Empereur 'en! cette
--
Cour, & le Prince ,d'A.
vellino retourne à Naples
avec laqualité de Grand
Chancellier du Royaume.
M. Odescalchi a
été nommé Nonce en Pologne,&
M. Doria qui revient de
sa Vicelegation d'Avignon
a
été nomme Archevêque
in partibus. Mardi dernier
la Congregation consistoriale confirmal'élection
du Doyen de Saltzbourg,
à l'Evêché d'Olmutz, nonobstantlesinstancesde l'ElecteurdeTreves en faveur
de son frere. Le même jour
Monsieur le Cardinal de la
Tremoille assista à la Messe
que le Chapitrede S. Jean
a
a coutume de dire pour le
Roy le jour de sainte Luce,
& il y
fut accompagné par
plus de soixante carosses.
Son Eminence donna enfuite un grand repas.
M. de Molines refusant
toûjours de remettre aux
Ministres de la Cour de
Vienne les carosses que le
Duc d'Ucede avoit laissez
au Palais d'Espagne
,
& qui
ont été confisquez depuissa
rebellion
,
ils le menacent
de les faire enlever de vive
force; ce qui a
obligé M.
de Molines d'augmenterle
nombre des gens qu'il avoir
déja pour la sûreté de son
Palais & de sa Personne.
De Vienne le 16. Decembre,
Toutes les lettres de Valaquie & des frontieres de
Turquie portent, que le
Grand Visir aprés avoir celebré le Beïram à Andrinople un Capigiarrivé de
Constantinople lui avoit
apporté de la part du Grand
Seigneur un riche Caftan
,
avec d'autres marques d'affection -& de distinction ;
mais quelemême Officier
aprèsleslui avoir delivrées,
avoit porté un ordre à l'Aga des Janissaires, par lequel il lui étoit enjoint d'arrêter le GrandVisir, de
l'enyoyer prisonnier à Constantinople, & de prendre
le commandement de l'arméejusquàce que le Grand
Seigneur eût nommé un
autre GrandVisir
: ce qui
a
été execute.
Dtf Hambourgle25. Decemb.
On a
reçû des lettres de
Rostok qui portent que le
Commandant dés troupes
que le Roy de Dannemarck y a
laissées pourgarder les magasins qu'il a en
cette ville, ayant demandé
permission aux Magistrats
devisiter leur Arsenal&
leurs magasins,ilslalui
refuserent : mais que s'en
étant fait ouvrir les portes
-
deviveforce pendant que
les habitans étoient au sermon, cette violence caafa,
un grandtumulte. On demanda à ce Commandant
quelle railon il avoit pour
en agir de la sorte; & sur
ce qu'il répondit qu'il avoit
voulu visiterl'Arsenal pour
s'en servir en cas de besoin,
les habitans répondirent
qu'ilsperiroient plûtôt que
de laisser enlever leur artillerie & leurs munitions. Incontinent les Magiilrats firent tendre les c
haînes dans
les ruës qui aboutissent à
l'Arsenal, & y
firent pointer du canon chargé à
cartouche, & plusieurs compagnies de Bourgeois y
sont tous les jours de garde.
u.
DeLisbonne le 14.Decembre.
,
On a
reçû des lettres d'Elvas du 6. qui portent que
les troupes Espagnoles qui
font en quartier aux environs de Badajoz, ont fait
une course fort avant dans
le pays, d'où elles ont amené cinq cent bêtes à corne,
& beaucoup d'Orages pour
les contributions.
De Cadis le 27. Decembre.
La Flotte de Bucnotai-
res a mis aujourd'hui à la
voile avec quatre Navires
François, qui vont à la
Mer du Sud.
Il eH: arrivé une Corvette de la Martinique, qui a
rapporté que M. du GuéTroüin en revenoit avec
M. du Casse, & qu'il étoit
richement chargé.
De Toulon le24. Decembre.
Trois vaisseaux de guerre, sortis de ce Port pour
aller donner la chasse à
quelques armateurs enne-
mis, quicroisoient sur les.
côtes de Provence, ont
trouvé quatre vaisseaux
Hollandois, qui portoient
des provisions à Porc-Mahon,qu'ilsavoient chargées en Calabre.Dés qu'ils
apperçûrent les nôtres ils
prirent chasse pour les éviter,mais ils furent bientôt joints: deux se rendirent sans faire grande résistance
}
mais les deux autres se deffendirent pendant quatre heures, & ne
si: rendirentqu'aprés avoir
perdu la plus grande partie
tie de leur équipage.
De Namur le 6.Janvier.
Un Parti de nôtre Garnisonsétant joint avanthyer à un détachement de
celle de Charleroy, attaquerent auprès de Louvain cent quarante hommes des ennemis, qui en
étoient fortis pour aller à
Bruges, & les poursuivirent jusqu'aux Portes de
cette Place: quatorze furent tuez,& quarante-deux
faits prisonniers, qui ont
été amenez icy.
Un autre détachement
a
été mettre le feu à des
batteaux chargez de fourages, qui remontoient la
Meuse pour aller à Liége;
mais en se retirant il aété
attaqué par un Parti de la
Garnison d'Huy beaucoup
superieur, qui tua six hommes, &en fit seize prisonniers. Le reste se sauva à
la faveur de la nuit qui
survint.
De Dunkerque le 5Janvier.
Un Armateur de Calais
a
amené un vaisseau Hambourgeois chargé de diverses Marchandises pour
plus de cent cinquante
mille écus.
Un autre Armateur a
aussi amené une grosse
Flutte Hollandoise du port
de quatre.cent tonneaux,
chargée de Saumon, de
Cuivre &: d'Etain.
De Lauterbourg le 16. Dec.
Un Capitaine de Hussars
de nôtre garnison a
brûlé
avec trente hommes seuls-
ment, les magasins de fourages que les ennemis
avoient entre Philisbourg
& Spire, & il est revenu
sans avoir été joint par les
detachemens qui avoient
été envoyez à sa poursuite.
De Thionville le 24.Decemb.
La garnison du Fort de
S. Martin prés de Treves,
ayant attaqué un détachement de celle de Traerbach
,
l'a défait entierement:mais elle a
perdu30.
Hommes, & en a eu 19. de
blessez.
De Condéle 18. Decembre.
Nostre Commandant
ayantenvoyé soixante dragons & quarante Grenadiers pour mettre le feu à
plusieurs Batteaux chargez
de fourage & de munitions
que les ennemis avoient sur
l'Escaut, entre Mortagne
& S.Amand, pousserentd'abord deux cens hommes
qui les gardoient: mais ils
furent obligez ensuite de
se retirer avec précipitation
,
pour éviter d'être
coupez par plusieurs détachemens ennemis qui les
cherchoient.
DeMessinele 26.Décembre,
; Onembarquaavanthier
ici deux bataillons & des
munitions de guerre& de
bouche, pour Portolongone. On a
reçu des remises
de Madrid pour lesrecrues,
& pour la remonte denôtre cavalerie.
Les Liparotesontattaqué
le convoi de Naples qui
venoit de Calabre, chargé
de grains, ils en ont coulé
quatre bâtimens à
fond, &
en ont pris six autres qu'ils
ont menez à Lipari.
Un vaisseau François de
64. canons, eH: arrivé ici
ce matinavec un gros Navire Angloisqu'ilavoit pris
dans le canal de Malthe.
Ce vaisseau est chargé de
soye, decotton,, Ôc. de caffé.
La nuit du 14. & celle
du
2.y. on ressentit ici plusieurs secousses, assez violentes de tremblemens de
terre, mais qui n'ont cependant causé aucun dommage. G iii
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Résumé : NOUVELLES.
Le texte présente diverses nouvelles politiques et militaires d'Europe. À Londres, le Parlement s'est réuni et la Reine a prononcé un discours annonçant la fixation du lieu et du temps pour l'ouverture d'un traité de paix générale. Elle a exprimé sa confiance dans la loyauté de ses alliés et de ses sujets, et a souligné son engagement à affermir la religion, les droits et les libertés de la nation, ainsi qu'à favoriser le commerce. Elle a également recommandé aux Communes de préparer les subsides nécessaires pour la prochaine campagne militaire et a insisté sur l'union et l'évitation des divisions. Les Communes ont ensuite résolu de former un comité pour remercier la Reine, tandis que les Seigneurs ont demandé que l'Espagne ne soit pas possédée par un Prince de la Maison de France pour une paix durable. À Lille, les nouvelles de Londres et de La Haye confirment une paix prochaine. L'Évêque de Bristol et M. de Buys sont arrivés à Utrecht pour les conférences de paix. Le Prince Eugène est passé en Angleterre pour assurer la Reine de l'engagement de l'Empereur dans le traité de paix. La Reine a nommé Lord Hamilton à la Grande Chambre, mais les Seigneurs refusent de l'accepter en raison de sa nationalité écossaise. À Berlin, l'Électeur de Brandebourg a ordonné une nouvelle levée de six mille hommes et a attribué la Prévôté du Chapitre de Magdebourg à son frère, le Prince Louis. À Varsovie, les généraux polonais n'ont pas réussi à obtenir des quartiers d'hiver pour les troupes du Czar et doivent les faire sortir du royaume. À Rome, le Général des Jésuites et ses assistants se sont soumis aux décrets de 1704 concernant les cérémonies chinoises. L'Évêque de Lecce a été enlevé et conduit à Rome, où le Pape lui a préparé un logement. Le Pape a également reçu des lettres promettant la restitution de Comacchio après le couronnement de l'Archiduc. À Vienne, le Grand Visir a été arrêté et remplacé après avoir reçu des marques d'affection du Grand Seigneur. À Hambourg, un tumulte a éclaté après que le commandant des troupes danoises a forcé l'Arsenal de Rostock. À Lisbonne, des troupes espagnoles ont mené une course dans le pays, capturant du bétail et des provisions. À Cadix, une flotte de buckaniers a mis voile pour la Mer du Sud, accompagnée de navires français. À Toulon, des vaisseaux français ont capturé des navires hollandais transportant des provisions. À Namur, des détachements français ont attaqué des ennemis près de Louvain et ont capturé des prisonniers. Un autre détachement a mis le feu à des bateaux ennemis sur la Meuse. À Dunkerque, des armateurs ont capturé des vaisseaux hollandais et hambourgeois chargés de marchandises. À Lauterbourg, un capitaine de hussards a brûlé des magasins ennemis près de Philisbourg. À Thionville, la garnison du Fort de Saint-Martin a défait un détachement ennemi mais a subi des pertes. À Condé, un détachement français a mis le feu à des bateaux ennemis sur l'Escaut mais a dû se retirer face à des renforts ennemis. À Messine, des troupes et des munitions ont été embarquées pour Portolongone. Les Lipariotes ont attaqué un convoi de Naples, coulant plusieurs bâtiments. Un vaisseau français a capturé un navire anglais chargé de marchandises diverses. Des tremblements de terre ont été ressentis sans causer de dommages.
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5
p. 136-143
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Le Roy a fait Lieutenant General Don Tiberio Carafa. [...]
Mots clefs :
Marquis, Espagne, Catalogne, Blocus, Gérone, Prisonniers, Maréchal de Berwick, Tortose, Tarragone, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOVVELLES
d'Ejpagne.
LE Royafait Lieutenant
General Don Tiberio Carasa.
Le Connefiable deCastille
mourut le dix-neuf
Janvier après une longue,
maladie,îon corps accompagné
des Officiers de la
Maison du Roy
,
de la
principale Noblesse dela
Cour & des Ordres Religieux
, fut enterré le lendemain
dans l'Eglise des
Trinicaires Deschaussez.
Sa Charge de Majordome
Major fut donnée
le mesme jour par Sa Majestsé
, avec un applaudissement
général au Duc
d'Efcalona Marquis de Villena,
en consideration de
ses services & de safidélité.
Les Lettres de Catalogne
portent que l'armée
Françoise s'estantavancée
le deux Janvier pour faire
lever le blocus de Gironde
,
le General Scarem.
berg avoit rassemblé toutes
les troupes qu'il avoit
postées à la garde du pat
sage, & s'estoit retiré vers
Oftalric
, que deux cens
cinquante hommes qui
couvroient l'arriegarde de
son armée, ayant voulu
disputer un partage,
avoient tous esté tuez ou
faits prisonniers, outre
plus de quinze cens
hommes qu'il avoit perdus
durant le blocus ou
dans trois assautsqu'il
avoit donnez aux ouvrages
extérieurs delaplace,
& qu'ensuite le Mareschal
de Berwick y avoit fait
entrer tous les secours necessaires.
Sa Majestéafait publier
un Decret par lequel il
accorde une amnistie génerale
à tous les Catalans
qui viendront se presenter
à quelqu'un de ses Généraux
, & que tous leurs
biens mesme confisquez,
leur feront restituez ; que
s'ils ne profitent de cette
grace ,
ils feront traitez
avec toutes les rigueurs de
la justice.
Les Lettres de Tortose
portent que l'armée estoit
preste à se mettre en marche
vers la campagne de
Tarragone
, qu'on avoit
amassé des provisions pour
la faire subsister pendant
deux mois, qu'il estoit arrivé
à Vinaroz entre Pcnifcola
& l'Ebro huit barques
chargées de blé
.0
ou
d'orge, & qu'on en prépa-,
roit encore d'autresà Alicante
& à Cartagene, que
les Troupes Portugaises
qui retournent par terre
deCatalogneenleurpays,
devoient passer rEbro le
douze Janvier à Mequinença.
On mande de Lcrida
que le Marquis de
Cera Grimaldi Lieutenant
General, ayant appris que lesEnnemis avoient abardonné
Cervera & les postes
des environs,s'estoit
avancé avec ses Troupes,
&s'en estoit emparé après
avoirdéfait un grand
nombre de Miquelets qui
avoient voulu s'opposerà
Belpuch à son passage,
qu'il en avoit tué plus de
cent cinquante. D'autres
Lettres de Lerida portent
que le Marquis Grimaldi
estoit tousjours à Cervera
,
d'où les Ennemis s'estoient
retirez avec tant de
précipitation, qu'ils avoient
abandonné deux
- mille sacs de farine, de
blé, & d'orge, avec beaucoup
de munitions de
guerre. Que le Prince
Tserclas de Tilly estoit encore
campe avec l'armée
au delà de Tortose, où il
attendoit les ordres pour
se mettre en marche.
Les Lettres de Lifbonne
portent que le Roy de
Portugal reformoit ses
Troupes pour les réduire
surlepiedoù ellesestoient
avant la guerre; qu'on
desarmoit aussi les Vaisseaux
de guerre, à la reserve
de huit destinez à ef
corter les Vaisseaux Marchands
contre les Corsaires
de Barbarie, & qu'un
Armateur de Vigoen Galice
y avoit amené un Navire
Hollandois chargé de
Café, de Raisins de passe)
& d'autres marchandises.
d'Ejpagne.
LE Royafait Lieutenant
General Don Tiberio Carasa.
Le Connefiable deCastille
mourut le dix-neuf
Janvier après une longue,
maladie,îon corps accompagné
des Officiers de la
Maison du Roy
,
de la
principale Noblesse dela
Cour & des Ordres Religieux
, fut enterré le lendemain
dans l'Eglise des
Trinicaires Deschaussez.
Sa Charge de Majordome
Major fut donnée
le mesme jour par Sa Majestsé
, avec un applaudissement
général au Duc
d'Efcalona Marquis de Villena,
en consideration de
ses services & de safidélité.
Les Lettres de Catalogne
portent que l'armée
Françoise s'estantavancée
le deux Janvier pour faire
lever le blocus de Gironde
,
le General Scarem.
berg avoit rassemblé toutes
les troupes qu'il avoit
postées à la garde du pat
sage, & s'estoit retiré vers
Oftalric
, que deux cens
cinquante hommes qui
couvroient l'arriegarde de
son armée, ayant voulu
disputer un partage,
avoient tous esté tuez ou
faits prisonniers, outre
plus de quinze cens
hommes qu'il avoit perdus
durant le blocus ou
dans trois assautsqu'il
avoit donnez aux ouvrages
extérieurs delaplace,
& qu'ensuite le Mareschal
de Berwick y avoit fait
entrer tous les secours necessaires.
Sa Majestéafait publier
un Decret par lequel il
accorde une amnistie génerale
à tous les Catalans
qui viendront se presenter
à quelqu'un de ses Généraux
, & que tous leurs
biens mesme confisquez,
leur feront restituez ; que
s'ils ne profitent de cette
grace ,
ils feront traitez
avec toutes les rigueurs de
la justice.
Les Lettres de Tortose
portent que l'armée estoit
preste à se mettre en marche
vers la campagne de
Tarragone
, qu'on avoit
amassé des provisions pour
la faire subsister pendant
deux mois, qu'il estoit arrivé
à Vinaroz entre Pcnifcola
& l'Ebro huit barques
chargées de blé
.0
ou
d'orge, & qu'on en prépa-,
roit encore d'autresà Alicante
& à Cartagene, que
les Troupes Portugaises
qui retournent par terre
deCatalogneenleurpays,
devoient passer rEbro le
douze Janvier à Mequinença.
On mande de Lcrida
que le Marquis de
Cera Grimaldi Lieutenant
General, ayant appris que lesEnnemis avoient abardonné
Cervera & les postes
des environs,s'estoit
avancé avec ses Troupes,
&s'en estoit emparé après
avoirdéfait un grand
nombre de Miquelets qui
avoient voulu s'opposerà
Belpuch à son passage,
qu'il en avoit tué plus de
cent cinquante. D'autres
Lettres de Lerida portent
que le Marquis Grimaldi
estoit tousjours à Cervera
,
d'où les Ennemis s'estoient
retirez avec tant de
précipitation, qu'ils avoient
abandonné deux
- mille sacs de farine, de
blé, & d'orge, avec beaucoup
de munitions de
guerre. Que le Prince
Tserclas de Tilly estoit encore
campe avec l'armée
au delà de Tortose, où il
attendoit les ordres pour
se mettre en marche.
Les Lettres de Lifbonne
portent que le Roy de
Portugal reformoit ses
Troupes pour les réduire
surlepiedoù ellesestoient
avant la guerre; qu'on
desarmoit aussi les Vaisseaux
de guerre, à la reserve
de huit destinez à ef
corter les Vaisseaux Marchands
contre les Corsaires
de Barbarie, & qu'un
Armateur de Vigoen Galice
y avoit amené un Navire
Hollandois chargé de
Café, de Raisins de passe)
& d'autres marchandises.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
En Espagne, le connétable de Castille est décédé le 19 janvier et a été enterré le lendemain. Sa charge a été attribuée au duc d'Escalion, marquis de Villena. En Catalogne, l'armée française, dirigée par le général Scharenberg, s'est retirée après des pertes lors du blocus de Gironde. Le maréchal de Berwick a apporté des secours. Le roi a publié un décret d'amnistie pour les Catalans, avec restitution des biens confisqués. À Tortose, l'armée se préparait à marcher vers Tarragone avec des provisions pour deux mois. Des barques chargées de blé et d'orge sont arrivées à Vinaroz, et d'autres étaient prévues à Alicante et Carthagène. Les troupes portugaises retournaient dans leur pays en passant l'Èbre à Mequinença. À Lerida, le marquis de Cera Grimaldi a repris Cervera après avoir défait les Miquelets, récupérant des sacs de farine, de blé et d'orge, ainsi que des munitions. Le prince Tserclas de Tilly campait au-delà de Tortose, attendant les ordres. À Lisbonne, le roi de Portugal réformait ses troupes et désarmait les vaisseaux de guerre, sauf huit pour escorter les vaisseaux marchands contre les corsaires de Barbarie. Un armateur de Vigo a amené un navire hollandais chargé de marchandises.
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6
p. 262-267
Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
Début :
On attend icy de jour à autre notre Flote du [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Flotte, Corsaires , Troupes, Paix, Négociants, Vaisseaux, Méditerranée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
Extraitd'une Lettre de Lisbone
le 28. de Septembre.
On artcnd icy de jour à
autre notre Flote du Bresil,
& on a envoyé à sa rencontre
huit Vaisseaux de guerre
sur l'avis que plusieurs Bastimens
Corsaires de Salé croisoient
sur la route.. La reformedes
Troupes qui avoic
cité arrêté dans le Conseil il
« y a plusde deux mois n'est
point encore commencée,on
ne croit pas même qu'ettc se
fasse avant la conclusion de
la Paix avec l'Espagne. Nous
venons d'apprendre que deux
de nos Bastimens qui venoient
du Levant ont esté pris dans
la Mediterranée par ks Corsaires
d'Alger. La perte est
considerable pour nos Negotians
>
leurs charges estans de
plus d'un million. On apprend
de Cadix qu'il est arrivé
ii" Vaisseaux de guerre
Anglois qui retournent de la
Mediterranée dans les Ports
d'A ngleterre.
On mande de Marseille
que le 10. Octobre le Maréchal
de Tessé alerté avec
quatre Galleres à la rencontre
de leurs Altesses Royales
de Savoye, & leurs a porté
toutes sortes derafraîchissemens.
Il fut à bord du Vaisseau
Amiraloù leurs Altesses
estoient; il y sur reçû avec
tous les « bc>nncurs IInables.
bles. Ils firent de grandes
largesses àtoute la Chiourme.
On a amené dans ce Port la
semaine passéeuneTartane de
Naples, chargée de munitions
de guerre pour Barcelone,
& une Barque Genoise
chargée de bleds pour la
mêmeVille. Ces Bastimens
ont esté pris par une de
nos Fregates. Un Vaisseau de
guerre Malthois a pris aprés
un combat de trois heures
un Cor faired'Alger où il y
avoit quarante-six Esclaves
Chretiens qui ont esté remis
en liberté.
On écrit de Thionville,
qu'un parti ennemi de soixante
Cavaliers ayant p<,lfé
la Morelle à un gué au dessous
de Treves, pour venir
piller dans les trois Eveschez
a esté coupé & défait, qu'il
ne s'en est fauvé que dix, les
autres ayant esté tuez ou faits
pri fonniers.
Il en arrivé à Compiegne
des Chariots venants de Bruxelles
qui ont raporté à Mt
de Baviere tous les effets qu'il
y avoit laissé lorsqu'il fut obligé
après la bataille de Ramillies
de se retirer de cette
place.
On mande de Flandres
qu'on tiroit tous les nouveaux
Regimens qui y sont
pour les envoyer en Alsace,
où on dit qu'ils y feront
cassez, & ensuite incorporez
dans les vieux Corps, auC.
quels ils serviront de recruës.
le 28. de Septembre.
On artcnd icy de jour à
autre notre Flote du Bresil,
& on a envoyé à sa rencontre
huit Vaisseaux de guerre
sur l'avis que plusieurs Bastimens
Corsaires de Salé croisoient
sur la route.. La reformedes
Troupes qui avoic
cité arrêté dans le Conseil il
« y a plusde deux mois n'est
point encore commencée,on
ne croit pas même qu'ettc se
fasse avant la conclusion de
la Paix avec l'Espagne. Nous
venons d'apprendre que deux
de nos Bastimens qui venoient
du Levant ont esté pris dans
la Mediterranée par ks Corsaires
d'Alger. La perte est
considerable pour nos Negotians
>
leurs charges estans de
plus d'un million. On apprend
de Cadix qu'il est arrivé
ii" Vaisseaux de guerre
Anglois qui retournent de la
Mediterranée dans les Ports
d'A ngleterre.
On mande de Marseille
que le 10. Octobre le Maréchal
de Tessé alerté avec
quatre Galleres à la rencontre
de leurs Altesses Royales
de Savoye, & leurs a porté
toutes sortes derafraîchissemens.
Il fut à bord du Vaisseau
Amiraloù leurs Altesses
estoient; il y sur reçû avec
tous les « bc>nncurs IInables.
bles. Ils firent de grandes
largesses àtoute la Chiourme.
On a amené dans ce Port la
semaine passéeuneTartane de
Naples, chargée de munitions
de guerre pour Barcelone,
& une Barque Genoise
chargée de bleds pour la
mêmeVille. Ces Bastimens
ont esté pris par une de
nos Fregates. Un Vaisseau de
guerre Malthois a pris aprés
un combat de trois heures
un Cor faired'Alger où il y
avoit quarante-six Esclaves
Chretiens qui ont esté remis
en liberté.
On écrit de Thionville,
qu'un parti ennemi de soixante
Cavaliers ayant p<,lfé
la Morelle à un gué au dessous
de Treves, pour venir
piller dans les trois Eveschez
a esté coupé & défait, qu'il
ne s'en est fauvé que dix, les
autres ayant esté tuez ou faits
pri fonniers.
Il en arrivé à Compiegne
des Chariots venants de Bruxelles
qui ont raporté à Mt
de Baviere tous les effets qu'il
y avoit laissé lorsqu'il fut obligé
après la bataille de Ramillies
de se retirer de cette
place.
On mande de Flandres
qu'on tiroit tous les nouveaux
Regimens qui y sont
pour les envoyer en Alsace,
où on dit qu'ils y feront
cassez, & ensuite incorporez
dans les vieux Corps, auC.
quels ils serviront de recruës.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
La lettre du 28 septembre de Lisbonne mentionne divers événements maritimes et militaires. Huit vaisseaux de guerre ont été envoyés pour protéger la flotte du Brésil contre les corsaires de Salé. La réforme des troupes, décidée depuis plus de deux mois, est retardée jusqu'à la conclusion de la paix avec l'Espagne. Deux navires marchands revenant du Levant ont été capturés par des corsaires d'Alger, causant des pertes importantes aux négociants. À Cadix, deux vaisseaux de guerre anglais sont revenus de la Méditerranée. À Marseille, le maréchal de Tessé a accueilli les Altesses Royales de Savoie. Une tartane de Naples et une barque génoise, chargées de munitions et de blé pour Barcelone, ont été capturées par une frégate française. Un vaisseau de guerre maltais a libéré quarante-six esclaves chrétiens après un combat contre un corsaire d'Alger. En Allemagne, un parti ennemi de soixante cavaliers a été défait près de Trèves. À Compiègne, des chariots de Bruxelles ont rapporté les effets du prince de Bavière après la bataille de Ramillies. En Flandre, de nouveaux régiments sont envoyés en Alsace pour être intégrés dans les vieux corps.
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7
p. 5-12
Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous mene point au Japon, mais en Portugal [...]
Mots clefs :
Portugal, Lisbonne, Baptême, Seigneurs, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Je ne vous mene
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
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8
p. 1651
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne, qu'un des Vaisseaux de guerre qui sont sortis du Tage avec la [...]
Mots clefs :
Portugal, Vaisseau de guerre, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
N mande de Lisbonne , qu'un des Vaiffeaux
guerre
derniere Flote qu'on a envoyée au Brefil , ira
jufqu'à S. Salvador , parce qu'il a d'abord des
Officiers chargez des Ordres du Roi pour arrêter
le Gouverneur du Brefil , qui ayant découvert
une Mine de Diamans dans le Pays , en a vendu
à fon profit pour des fommes confiderables ,
avant que d'en donner connoiffance à S. M. On
a fait polír dans cette Capitale quelques - uns de
ces Diamans, mais on affure que les Jouailliers
né les ont pas trouvez auffi durs & d'auffi belle
eau que ceux de Vifapour , de Golconde & des
autres Mines des Indes Orientales.
N mande de Lisbonne , qu'un des Vaiffeaux
guerre
derniere Flote qu'on a envoyée au Brefil , ira
jufqu'à S. Salvador , parce qu'il a d'abord des
Officiers chargez des Ordres du Roi pour arrêter
le Gouverneur du Brefil , qui ayant découvert
une Mine de Diamans dans le Pays , en a vendu
à fon profit pour des fommes confiderables ,
avant que d'en donner connoiffance à S. M. On
a fait polír dans cette Capitale quelques - uns de
ces Diamans, mais on affure que les Jouailliers
né les ont pas trouvez auffi durs & d'auffi belle
eau que ceux de Vifapour , de Golconde & des
autres Mines des Indes Orientales.
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Résumé : PORTUGAL.
Un vaisseau de guerre portugais est envoyé au Brésil pour arrêter le gouverneur, accusé d'avoir découvert une mine de diamants et de les avoir vendus à son profit avant d'en informer le roi. Les diamants, polis à Lisbonne, étaient moins durs et de moindre qualité que ceux des Indes Orientales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 2269-2270
« Le 25. & le 26. du mois dernier, on pesa à des Balances construites avec de la charpente & une [...] »
Début :
Le 25. & le 26. du mois dernier, on pesa à des Balances construites avec de la charpente & une [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Cloches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25. & le 26. du mois dernier, on pesa à des Balances construites avec de la charpente & une [...] »
Le 25. & le 26. du mois dernier , on peſa à des
Balances conftruites avec de la charpente & une
Romaine , fur le Port S. Nicolas , les deux groffes
Cloches & les quatre petites , que le fieur Martin
a fondues ici pour le Roi de Portugal , & qu'on
doit embarquer fur la Riviere pour le Havre &
Lisbonne . L'une des groffes pefe 20990. livres ,
& l'autre 19834. Les 4. petites pefent 6000. liv.-
On prétend que toutes ces Cloches n'ont ni le
poids , ni les proportions requifes , & que le Fondeur
n'y a pas employé , à beaucoup près , tout
le Métail qui lui a été fourni .
On mande de Genes , que les huit Cloches que
Te Roi de Portugal y a fait fondre & qu'on a embarquées
pour Lisbonne,pefent près de 64milliers
On a appris de Londres , qu'on y avoit embar
qué pour Lisbonne , deux Globes de cuivre , Pun
Celeſte & l'autre Terreftre , de 42. pouces de dia--
metre , qui y ont été faits pour le Roi de Por
tugal.
Sur
2270 MERCURE DE FRANCE
DES TROPES , ou des differens Sens dans
lefquels on peut prendre un même mot dans une
même Langue. Ouvrage utile pour l'intelligence
des Auteurs , & qui peut fervir d'introduction à
la Rhétorique & à la Logique. Par M. du Marfais.
A Paris , ruë S. Jacques , Chez la Veuve
de Jean - Baptifte Brocas, au Chef S. Jean. in- 8.
Nous croyons que cet Ouvrage fera reçû fa
vorablement du Public.
Sur la Mort de la Chienne du Chevalier
de Folard.
TACALINA, FESTIVISSIMA. AC. OMNIUM. CAEST.
TELLARUM. HIC. SIT A.
MOX. HERI. DELICIA . NUNC.
MOEROR. INGEN S. AC. DESIDERIUM.
O. MALA. MORS. CUR.
IACALINAM. HUMANUM. PENE .
INTELLECTUM. SORTITAM.
GRATIS . RELUCTANTIBUS. TAM ›
DIRE. TRUCIDASTI.
Le fieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée,
donne encore avis qu'il a le fecret d'une Opiat
fans gout , qui préferve les dents de fe gâter &
de tomber. Il demeure au grand Cloître fainte
Opportune , à Paris.
Balances conftruites avec de la charpente & une
Romaine , fur le Port S. Nicolas , les deux groffes
Cloches & les quatre petites , que le fieur Martin
a fondues ici pour le Roi de Portugal , & qu'on
doit embarquer fur la Riviere pour le Havre &
Lisbonne . L'une des groffes pefe 20990. livres ,
& l'autre 19834. Les 4. petites pefent 6000. liv.-
On prétend que toutes ces Cloches n'ont ni le
poids , ni les proportions requifes , & que le Fondeur
n'y a pas employé , à beaucoup près , tout
le Métail qui lui a été fourni .
On mande de Genes , que les huit Cloches que
Te Roi de Portugal y a fait fondre & qu'on a embarquées
pour Lisbonne,pefent près de 64milliers
On a appris de Londres , qu'on y avoit embar
qué pour Lisbonne , deux Globes de cuivre , Pun
Celeſte & l'autre Terreftre , de 42. pouces de dia--
metre , qui y ont été faits pour le Roi de Por
tugal.
Sur
2270 MERCURE DE FRANCE
DES TROPES , ou des differens Sens dans
lefquels on peut prendre un même mot dans une
même Langue. Ouvrage utile pour l'intelligence
des Auteurs , & qui peut fervir d'introduction à
la Rhétorique & à la Logique. Par M. du Marfais.
A Paris , ruë S. Jacques , Chez la Veuve
de Jean - Baptifte Brocas, au Chef S. Jean. in- 8.
Nous croyons que cet Ouvrage fera reçû fa
vorablement du Public.
Sur la Mort de la Chienne du Chevalier
de Folard.
TACALINA, FESTIVISSIMA. AC. OMNIUM. CAEST.
TELLARUM. HIC. SIT A.
MOX. HERI. DELICIA . NUNC.
MOEROR. INGEN S. AC. DESIDERIUM.
O. MALA. MORS. CUR.
IACALINAM. HUMANUM. PENE .
INTELLECTUM. SORTITAM.
GRATIS . RELUCTANTIBUS. TAM ›
DIRE. TRUCIDASTI.
Le fieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée,
donne encore avis qu'il a le fecret d'une Opiat
fans gout , qui préferve les dents de fe gâter &
de tomber. Il demeure au grand Cloître fainte
Opportune , à Paris.
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Résumé : « Le 25. & le 26. du mois dernier, on pesa à des Balances construites avec de la charpente & une [...] »
Le 25 et 26 du mois précédent, des cloches fondues par le sieur Martin pour le Roi de Portugal ont été pesées sur le Port Saint-Nicolas. Les deux grandes cloches pesaient respectivement 20990 et 19834 livres, tandis que les quatre petites pesaient 6000 livres au total. Cependant, ces cloches ne répondent pas aux exigences de poids et de proportions requises, et le fondeur n'a pas utilisé tout le métal fourni. De Gênes, il est signalé que huit cloches destinées à Lisbonne pèsent environ 64000 livres. De Londres, deux globes en cuivre, l'un céleste et l'autre terrestre, de 42 pouces de diamètre, ont été embarqués pour Lisbonne à la demande du Roi de Portugal. Par ailleurs, un ouvrage intitulé 'Des Tropes, ou des différents Sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même Langue' par M. du Marsais a été publié à Paris. Cet ouvrage est jugé utile pour l'intelligence des auteurs et peut servir d'introduction à la rhétorique et à la logique. Enfin, un avis de décès pour la chienne du Chevalier de Folard a été publié, ainsi qu'une annonce du sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, proposant un opiat sans goût pour préserver les dents.
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10
p. 2919-2920
« On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...] »
Début :
On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Aurore boréale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande de Lisbonne que le 4 du mois de Janvier, vers les 8 heures du soir [...] »
On mande de Lisbonne que le 4 du
mois de Janvier , vers les 8 heures du foir
il parut à l'horifon une Aurore Boréale ,
d'une feule colonne , qui une heure après
IF. Vol. fe Gv
1 2920
MERCURE
DE FRANCE
fe fépara en quatre. Leur lumiere fut
vive vers les onze heures du foir , mais
elle diminua enfuite infenfiblement & difparut
entierement à minuit . Ce Phénoméne
a été vû à Elvas , à Campo-Mayor ,
à Evora , à Porto , & dans plufieurs autres
Villes de Portugal.
mois de Janvier , vers les 8 heures du foir
il parut à l'horifon une Aurore Boréale ,
d'une feule colonne , qui une heure après
IF. Vol. fe Gv
1 2920
MERCURE
DE FRANCE
fe fépara en quatre. Leur lumiere fut
vive vers les onze heures du foir , mais
elle diminua enfuite infenfiblement & difparut
entierement à minuit . Ce Phénoméne
a été vû à Elvas , à Campo-Mayor ,
à Evora , à Porto , & dans plufieurs autres
Villes de Portugal.
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11
p. 601-602
PORTUGAL.
Début :
On a reçu avis du Fort de Sanmadina, au Cap [...]
Mots clefs :
Fort, Gouverneur, Lisbonne, Cargaison, Café
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL..
1
-
Na reçu avis du Fort de Sanmadina , an
Cap de Bonne Esperance , que le 23. de Dé
cembre dernier , le Gouverneur de ce Fort , qui
est Indien et Commandant General des Hottentons
, avoit été averti par un pauvre Ouvrier
nommé Mogavatti , que le Commandant d'une
Province voisine avoit prémedité de surprendre
ce Fort la nuit suivante ; que vers les dix heures
du soir la Place avoit été attaquée par 12000.
hommes qui s'étoient emparez de tous les dehors ,
mais que le Gouverneur ayant reçu quelque secours
et mis son artillerie en batterie , les Assiegeans
avoient été repoussez avec perte de 4000.
hommes ; que le Commandant et son Lieutenant
avoient été faits prisonniers , et que le reste des
troupes avoit pris la fuite.
On mande de Lisbonne que les derniers Vaisseaux
qui y sont arrivez de Maranhaon , ont apporté
une Cargaison assez considerable d'un
Caffé qui croît naturellement et sans être cultivé ,
dans les environs de cette place , on le trouve
plus
602 MERCURE DE FRANCE.
plus beau et de meilleur goût que celui qu'on apporte
du Levant , et l'on assure qu'il y en a dans
le païs en assez grande quantité pour en charger
20. Vaisseaux tous les ans.
On apprend de tous côtez que l'Hyver a été extrêmement
rigoureux dans toute l'Europe, et que
les neiges ont été par tout extrêmement abondantes
, même dans les pays les plus méridionaux ,
comme en Espagne et en Portugal où il en esttom
bé en divers endroits de la hauteur d'une toise.
1
-
Na reçu avis du Fort de Sanmadina , an
Cap de Bonne Esperance , que le 23. de Dé
cembre dernier , le Gouverneur de ce Fort , qui
est Indien et Commandant General des Hottentons
, avoit été averti par un pauvre Ouvrier
nommé Mogavatti , que le Commandant d'une
Province voisine avoit prémedité de surprendre
ce Fort la nuit suivante ; que vers les dix heures
du soir la Place avoit été attaquée par 12000.
hommes qui s'étoient emparez de tous les dehors ,
mais que le Gouverneur ayant reçu quelque secours
et mis son artillerie en batterie , les Assiegeans
avoient été repoussez avec perte de 4000.
hommes ; que le Commandant et son Lieutenant
avoient été faits prisonniers , et que le reste des
troupes avoit pris la fuite.
On mande de Lisbonne que les derniers Vaisseaux
qui y sont arrivez de Maranhaon , ont apporté
une Cargaison assez considerable d'un
Caffé qui croît naturellement et sans être cultivé ,
dans les environs de cette place , on le trouve
plus
602 MERCURE DE FRANCE.
plus beau et de meilleur goût que celui qu'on apporte
du Levant , et l'on assure qu'il y en a dans
le païs en assez grande quantité pour en charger
20. Vaisseaux tous les ans.
On apprend de tous côtez que l'Hyver a été extrêmement
rigoureux dans toute l'Europe, et que
les neiges ont été par tout extrêmement abondantes
, même dans les pays les plus méridionaux ,
comme en Espagne et en Portugal où il en esttom
bé en divers endroits de la hauteur d'une toise.
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Résumé : PORTUGAL.
Le texte décrit une attaque militaire au Fort de Sanmadina, au Cap de Bonne Espérance. Le 23 décembre précédent, le gouverneur, un Indien et commandant général des Hottentots, a été alerté par un ouvrier nommé Mogavatti d'une attaque imminente par le commandant d'une province voisine. Cette attaque, menée par 12 000 hommes, a débuté vers dix heures du soir. Malgré la prise des extérieurs du fort, les assaillants ont été repoussés après l'arrivée de renforts et l'utilisation de l'artillerie, subissant une perte de 4 000 hommes. Le commandant et son lieutenant ont été capturés, et le reste des troupes a fui. Par ailleurs, des navires arrivés à Lisbonne en provenance de Maranhão ont apporté une cargaison significative de café, qui pousse naturellement dans cette région. Ce café est décrit comme étant de meilleure qualité que celui du Levant et disponible en quantité suffisante pour charger 20 vaisseaux annuellement. Le texte mentionne également que l'hiver a été particulièrement rigoureux en Europe, avec des chutes de neige abondantes, même dans des pays méridionaux comme l'Espagne et le Portugal, où la neige a atteint une hauteur d'une toise en divers endroits.
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12
p. 751-752
Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des Lettres de Lisbonne, du commencement du mois passé, portent [...]
Mots clefs :
Tempête, Lisbonne, Poisson, Inconnu, Hercule, Pêcheurs, Temple, Carthaginois, Statue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des Lettres de Lisbonne , du commencement
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
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Résumé : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des lettres de Lisbonne signalent un poisson inconnu échoué entre Condé et Varzin, mesurant 11 pieds 4 pouces de haut et 46 pieds 8 pouces de circonférence. À Cadix, des ruines d'un ancien temple païen, probablement carthaginois, ont été découvertes avec une statue de bronze et des médailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 784-785
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque tous [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Fâcheuses nouvelles, Inondation, Magasin de sel, Forteresse de S. Julien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL..
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
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Résumé : PORTUGAL.
Le 7 février, une tempête a causé des dégâts considérables dans plusieurs provinces du Portugal. À Abrantes, une inondation inédite depuis un siècle a été enregistrée. À Porto, plus de quatre pieds de neige ont recouvert les rues. Dans les Algarves, la mer a monté de manière exceptionnelle, submergeant les plaines jusqu'à six à sept pieds de hauteur. Cette montée des eaux a détruit de nombreuses maisons dans divers villages, notamment à Albufeira et Alvor, où les magasins de sel ont été ravagés. Les arbres le long de la côte ont été déracinés. La Tour de S. Laurent et la Forteresse de S. Julien ont subi des dommages significatifs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 2660
PORTUGAL.
Début :
On écrit de Lisbonne, que le 4. Octobre le Roi, accompagné de l'Infant Don Antoine [...]
Mots clefs :
Infant, Lisbonne, Religieux franciscains de la Réforme
15
p. 2663-2664
ADDITION.
Début :
Par les dernieres Lettres de Constantinople, on a appris que c'étoit Osman, Pacha de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Grand vizir, Divan, Milice, Tremblement de terre, Bataillon, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
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Résumé : ADDITION.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. À Constantinople, Osman, Pacha de Bosnie, a été nommé Grand Visir et a proposé des mesures pour rétablir la paix entre le Grand Sultan, la milice et le peuple. Il a recommandé de cesser les poursuites contre les suspects des récentes révoltes et de rouvrir les cafés publics, ce qui a conduit à l'abandon des procès en cours et à la nomination de nouveaux responsables militaires. À Moscou, une victoire du roi de Perse sur une troupe ottomane de 20 000 hommes près de Bagdad a été confirmée. En Italie, un tremblement de terre a détruit une grande partie de Barletta et de nombreuses maisons à Canosa, causant plusieurs morts. Par ailleurs, deux bataillons du régiment de Ligneville et le régiment de dragons de Saxe-Gotha se préparent à partir pour Gênes pour renforcer les troupes impériales contre les rebelles corses. À Lisbonne, un décret royal a levé les interdictions de correspondance avec la Cour de Rome, mises en place en juillet 1728.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 3047-3050
REGLEMENT fait et publié à Livourne , au sujet des Troupes débarquées , &c.
Début :
Les Troupes Espagnoles qu'on introduira dans les Places de la Toscane, seront payées et entretenues [...]
Mots clefs :
Toscane, Bataillons, Dragons, Garnisons, Lisbonne, Londres
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texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT fait et publié à Livourne , au sujet des Troupes débarquées , &c.
REGLEMENT fait et publié à
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
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Résumé : REGLEMENT fait et publié à Livourne , au sujet des Troupes débarquées , &c.
Le document est un règlement publié à Livourne en décembre 1731, concernant l'introduction de troupes espagnoles dans les places de la Toscane. Les troupes espagnoles seront payées et entretenues aux frais du roi d'Espagne, sans que le trésor du Grand-Duc ou le pays soient tenus de subvenir à leurs besoins. Deux bataillons de troupes espagnoles, accompagnés de 300 dragons, entreront à Pise. Deux autres bataillons seront stationnés à Porto-Ferrajo, et 60 à 70 dragons avec autant d'infanterie seront à Livourne, jusqu'à ce que des quartiers soient convenus pour les autres troupes. Le Comte de Charni aura le commandement suprême du militaire à Livourne, où les troupes espagnoles et toscanes feront le service alternativement. Le Comte de Charni ne pourra se mêler des affaires civiles, économiques, politiques ou marchandes, ni du département de la santé, qui relèvent du gouverneur de Livourne. Les galères du Grand-Duc resteront sous le commandement du prince de la maison royale, qui pourra réduire mais non augmenter les troupes toscanes au-delà du tiers. Le salut sera rendu selon le style ordinaire de la place, et les officiers espagnols et le gouverneur de Porto-Ferrajo conviendront de leur autorité respective. En cas de besoin, les provisions et munitions de guerre pourront être tirées des magasins du Grand-Duc à un prix raisonnable. Le document est signé par Frère Sauveur Ascanio, Emmanuel Comte de Charni, le Marquis de Mari, Charles Renuccini, Charles Wager et François Colman.
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17
p. 169
MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
Début :
Il est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs 6710 [...]
Mots clefs :
Vienne, Lisbonne, Dresde, Copenhague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
MORTS ET NAISSANCES
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
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Résumé : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
En 1671, Vienne a enregistré 16 710 décès et 17 310 naissances. En 1731, Copenhague a compté 703 mariages, 1 887 naissances et 2 420 décès. À Lisbonne, Jean Rodrigues Escarinhado, 125 ans, et sa femme Antoinette Rodrigues, 104 ans, sont décédés après 88 ans de mariage. Un prince est né à Dresde, fils de la Duchesse de Hostein-Beck.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 2488-2489
PORTUGAL.
Début :
On a appris de Campo-Major, sur la Frontiere d'Espagne, que la nuit du 15. au 16, [...]
Mots clefs :
Portugal, Campo-Major, Orage, Lisbonne, Dey, Oran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L..
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
Na appris de Campo- Major , fur la Fron
tiere d'Espagne , que la nuit du 15. au 16,
Septembre, on y avoit essuyé un Orage terrible , et
que le tonnerre étant tombé sur la grande Tour du Château de cette Ville , il avoit mis le feu au
Magazin des Poudres , dans lequel il y en avort
près de 120. milliers , outre une grande quantité de Bombes et de Grenades toutes chargées ; que
Peffet de la poudre avoit été si violent , que tout
Te Château et les quatre Tours inferieures avoient
sauté en l'air , et que plus des trois quarts de la
Ville avoient été entierement détruits ; qu'il n'en
seroit pas resté une seule maison sur pied , si le
feu s'étoit communiqué à une autre Tour peu
éloignée , dans laquelle il y avoit encore so. barils de poudre , qu'outre les maisons renversées ,
celles qui restent avoient été fort endommagées
par la chute des pierres du Château , qui en ont brisé les couvertures et la charpente ; que l'Hôpital des Freres de la Charité avoit été entierement ruiné ; qu'un des Religieux avoit été écrasé,
que dans le Convent de l'Ordre de S. François ,
trois Religieux avoient été tuez , et tous les autres blessez que le Portail de la principale Eglife
avoit été abbatu , l'Hôpital de la Misericorde totalement détruit ; que le 19. on avoit retiré de dessous les ruines 3 ou 400. blessez , et plus de
200, corps morts. Le Roi y a envoyé un grand
;
>
nombre
NOVEMBRE. 1732. 2489
nombre de Chirurgiens de Lisbonne , pour panser les blessez , ausquels S. M. a envoyé tous les
autres secours necessaires dans leurs besoins et
S. M. a donné des ordres pour travailler au plu
tôt aux réparations des Fortifications de cette -
Place.
¿
Le Patron d'une Barque arrivée depuis peu
de Tripoli à Livourne , a rapporté que le G. S.
avoit fait present au Dey de cette Régence d'un
Vaisseau de so. Canons , chargé de munitions
de guerre ; que le Dey avoit envoyé du côté d'O,
ran un corps de Troupes commandé par son fils,
avec quelques pieces de Canon ; qu'on croyoit
que ces Troupes joindroient celles de la Régence
d'Alger , pour inquiéter la Garnison Espagnole d'Oran.
G
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Résumé : PORTUGAL.
Le 15 au 16 septembre, un violent orage a frappé Campo-Mayor, à la frontière d'Espagne. La foudre a touché la grande tour du château, provoquant un incendie dans le magasin à poudre, qui contenait environ 120 000 livres de poudre, ainsi que des bombes et grenades chargées. L'explosion a détruit le château et ses quatre tours inférieures, ravageant plus des trois quarts de la ville. Quelques maisons ont été épargnées grâce à l'absence de communication du feu à une autre tour contenant encore 50 barils de poudre. L'hôpital des Frères de la Charité a été entièrement détruit, causant la mort d'un religieux et blessant les autres. Dans le couvent de l'Ordre de Saint-François, trois religieux ont été tués et les autres blessés. Le portail de la principale église et l'hôpital de la Miséricorde ont également été détruits. Le 19 septembre, environ 300 à 400 blessés et plus de 200 morts ont été retirés des ruines. Le roi a envoyé des chirurgiens de Lisbonne pour soigner les blessés et a ordonné des réparations urgentes des fortifications. Par ailleurs, le Dey de Tripoli a reçu un vaisseau de 50 canons chargé de munitions de guerre du Grand Seigneur, et a envoyé des troupes vers Oran pour menacer la garnison espagnole.
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19
p. 381-382
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne qu'il étoit entré dans le Port de cette Ville, depuis le 30 du [...]
Mots clefs :
Guerre, Infanterie, Anglais, Hollandais, Lisbonne
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAI .
N mande de Lisbonne qu'il étoit entré
dans le Port de cette ville , depuis le 30 du
mois de Decembre 1731. jusqu'au 27 du même
mois de l'année derniere , 855 Vaisseaux Marchands
, dont its sont Portugais , et 740 song
Etrangers ; sçavoir , 59 François , 534 Anglois ,
109 Hollandois , 21 Suédois , 8 Espagnols ,
Hambourgeois , 2 de Trieste , a Maltois , 1 Génois
et un de Dantzick ; sans compter 9 Vais
seaux de Guerre , et zo Paquebots Anglois , et
7 Vaisseaux de Guerre Hollandois.
Le Roy ne voulant recevoir à l'avenir , dans
ses Troupes que des Officiers qui ayent toutes
les connoissances nécessaires à leur profession
a établi à Lisbonne , à Yana , à Elvas et à Almeyda
, quatre Académies , dans lesquelles les
jeunes gens qui seront destinez à porter les Armes
, pourront s'instruire de tout ce qui peut
regarder l'Art Militaire. Les places d'Enseignes
seront remplies par ceux qui se distingueront
dans ces Académics , et aucun Officier ne pourra
être
282 MERCURE DE FRANCE
ètre admis dans aucun Poste , jusqu'à celui de
Colonel , qu'il n'ait été examiné auparavant par
l'Ingénieur Général du Royaume , en presence
des Ministres du Conseil de Guerre et de la Junte
des trois Etats . S. M. a aussi résolu de former
dans chaque Régiment d'Infanterie une Compagnie
d'Ingénieurs , qui auront seuls droit de
prétendre aux Places de Capitaines de ces Compagnies,
et qui pourront parvenir à celle de Sergent
Major d'Infanterie.
N mande de Lisbonne qu'il étoit entré
dans le Port de cette ville , depuis le 30 du
mois de Decembre 1731. jusqu'au 27 du même
mois de l'année derniere , 855 Vaisseaux Marchands
, dont its sont Portugais , et 740 song
Etrangers ; sçavoir , 59 François , 534 Anglois ,
109 Hollandois , 21 Suédois , 8 Espagnols ,
Hambourgeois , 2 de Trieste , a Maltois , 1 Génois
et un de Dantzick ; sans compter 9 Vais
seaux de Guerre , et zo Paquebots Anglois , et
7 Vaisseaux de Guerre Hollandois.
Le Roy ne voulant recevoir à l'avenir , dans
ses Troupes que des Officiers qui ayent toutes
les connoissances nécessaires à leur profession
a établi à Lisbonne , à Yana , à Elvas et à Almeyda
, quatre Académies , dans lesquelles les
jeunes gens qui seront destinez à porter les Armes
, pourront s'instruire de tout ce qui peut
regarder l'Art Militaire. Les places d'Enseignes
seront remplies par ceux qui se distingueront
dans ces Académics , et aucun Officier ne pourra
être
282 MERCURE DE FRANCE
ètre admis dans aucun Poste , jusqu'à celui de
Colonel , qu'il n'ait été examiné auparavant par
l'Ingénieur Général du Royaume , en presence
des Ministres du Conseil de Guerre et de la Junte
des trois Etats . S. M. a aussi résolu de former
dans chaque Régiment d'Infanterie une Compagnie
d'Ingénieurs , qui auront seuls droit de
prétendre aux Places de Capitaines de ces Compagnies,
et qui pourront parvenir à celle de Sergent
Major d'Infanterie.
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Résumé : PORTUGAL.
Le document décrit les activités portuaires et les réformes militaires au Portugal entre le 30 décembre 1731 et le 27 décembre 1732. Pendant cette période, 855 vaisseaux marchands ont accosté au port de Lisbonne, dont 740 étaient étrangers. Parmi ces vaisseaux étrangers, on comptait 59 français, 534 anglais, 109 hollandais, 21 suédois, 8 espagnols, 2 de Trieste, 4 maltais, 1 génois et 1 de Dantzick. De plus, 9 vaisseaux de guerre et 20 paquebots anglais, ainsi que 7 vaisseaux de guerre hollandais, ont été enregistrés. Sur le plan militaire, le roi du Portugal a instauré quatre académies à Lisbonne, Yana, Elvas et Almeyda pour former les jeunes à une carrière militaire. Les places d'enseignes seront attribuées aux meilleurs élèves de ces académies. Aucun officier ne pourra accéder à un poste supérieur à celui de colonel sans être examiné par l'ingénieur général du royaume, en présence des ministres du Conseil de Guerre et de la Junte des trois États. Le roi a également décidé de créer une compagnie d'ingénieurs dans chaque régiment d'infanterie, ces ingénieurs pouvant accéder aux postes de capitaines et de sergent major d'infanterie.
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20
p. 1627-1628
« On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
Début :
On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...]
Mots clefs :
Général, Lisbonne, Comte, Directeur, Académie royale d'histoire portugaise
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texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale
de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du
mois de Mai dernier , Don François - Xavier de
Menezés , Comte d'Ericeira , lût l'Eloge de
deffunt Marquis d'Abrantes , Directeur de cette
Académie ; son Discours fut trouvé fort éloquent
; il n'y eut rien d'oublié sur les grandes
qualitez et sur la vaste érudition de cet illus
tre Directeur. Don Pierre d'Almeïda , Comté
d'Assumar , General de Bataille , Gouverneur
et Capitaine General de la Province das Minas ,
fut élu dans la même Assemblée pour lui succeder
dans cette qualité.
On mande de Lisbonne qu'on y avoit aussi
appris d'Aurique , que la femme de Blaise Figueira
, habitant du Village de Junqueiros dans
les environs de certe Ville , est accouchée le 10.
du mois dernier d'une fille , le lendemain d'une
seconde ,
1628 MERCURE DE FRANCE
seconde , le 13 d'une troisiéme , et le 14 d'une
quatrième , qui ont toutes reçû le Baptême ,
mais qui sont mortes peu après leur nais
sance.
de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du
mois de Mai dernier , Don François - Xavier de
Menezés , Comte d'Ericeira , lût l'Eloge de
deffunt Marquis d'Abrantes , Directeur de cette
Académie ; son Discours fut trouvé fort éloquent
; il n'y eut rien d'oublié sur les grandes
qualitez et sur la vaste érudition de cet illus
tre Directeur. Don Pierre d'Almeïda , Comté
d'Assumar , General de Bataille , Gouverneur
et Capitaine General de la Province das Minas ,
fut élu dans la même Assemblée pour lui succeder
dans cette qualité.
On mande de Lisbonne qu'on y avoit aussi
appris d'Aurique , que la femme de Blaise Figueira
, habitant du Village de Junqueiros dans
les environs de certe Ville , est accouchée le 10.
du mois dernier d'une fille , le lendemain d'une
seconde ,
1628 MERCURE DE FRANCE
seconde , le 13 d'une troisiéme , et le 14 d'une
quatrième , qui ont toutes reçû le Baptême ,
mais qui sont mortes peu après leur nais
sance.
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Résumé : « On écrit de Lisbonne que l'Académie Royale de l'Histoire s'étant assemblée sur la fin du [...] »
À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a honoré le Marquis d'Abrantes par un discours de Don François-Xavier de Menezés. Don Pierre d'Almeïda a été élu pour lui succéder. Par ailleurs, la femme de Blaise Figueira a donné naissance à quatre filles en quatre jours, toutes décédées après leur baptême.
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21
p. 1843
« On apprend de Lisbonne, que sur la fin du mois de Juin, on découvrit en foüillant la terre [...] »
Début :
On apprend de Lisbonne, que sur la fin du mois de Juin, on découvrit en foüillant la terre [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Ferreira, Romains
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Lisbonne, que sur la fin du mois de Juin, on découvrit en foüillant la terre [...] »
On apprend de Lisbonne , que sur la fin du
mois de juin , on découvrit en fouillant la terre
aux environs de la Ville de Ferreira , les fondemens
d'un Edifice bâti du temps des Romains , et détruit
par les Gots ou par les Maures . Sur l'une de
ces Pierres est l'inscription suivante : D. M.
Antonia Maxuma , Antonia Modesta , Laurentius
Gener , Maritus ex testamento,
mois de juin , on découvrit en fouillant la terre
aux environs de la Ville de Ferreira , les fondemens
d'un Edifice bâti du temps des Romains , et détruit
par les Gots ou par les Maures . Sur l'une de
ces Pierres est l'inscription suivante : D. M.
Antonia Maxuma , Antonia Modesta , Laurentius
Gener , Maritus ex testamento,
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22
p. 2228
« On écrit de Lisbonne, de la fin du mois dernier, que dans la derniere Assemblée publique, [...] »
Début :
On écrit de Lisbonne, de la fin du mois dernier, que dans la derniere Assemblée publique, [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Académie royale de l'histoire, Diocèse, Tables de pierres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Lisbonne, de la fin du mois dernier, que dans la derniere Assemblée publique, [...] »
On écrit de Lisbonne , de la fin du mois dernier
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
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Résumé : « On écrit de Lisbonne, de la fin du mois dernier, que dans la derniere Assemblée publique, [...] »
L'Académie Royale de l'Histoire a tenu une assemblée à Lisbonne présidée par le Comte d'Ericeira. Don Nuno de Siva-Teiles a présenté la vie d'un Évêque du Diocèse de Porto. Don Martin de Mendoca de Pina a lu une dissertation sur des tables de pierres taillées, utilisées pour des sacrifices dans les premiers siècles du Royaume de Portugal.
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23
p. 791-792
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
On apprend de Lisbonne que la nommée Scholastiq[u]e de S. Benoît, native de la [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Pays étrangers, Rafael Bluteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
N apprend de Lisbonne que la nommée
•
Shariq de
native de la
Ville de Santarem où elle avoit été baptisée dans,
l'Eglise de S.e Eyrie, et fille de François Fernandes
et d'Agnès Diaz , est morte le 3 révrier dernier
, âgée de 136 ans e mois et 17 jours Elle
avoit été mariée cinq fois , mais elle est morte
veuve et sans posterité , tous les Enfans qu'elle .
avoit eus étant morts avant elle. On ajoute que
dans l'âge où elle étoit , elle continuoit d'aller
entendre la Messe sans bâton et sans être accompagnée
de personne,
Les du même mois de Février , mourut à
Lisbonne à l'âge de 124 ans , la nommée Marie-
Anne Rodrigues , veuve , demeurant dans la rue
de Silva , de la Paroisse des Saints , et fut inhumée
dans l'Eglise de l'Esperance , où elle avoit
sa sépulture.
+
Le 13 Fevrier
1734
mourut
à Lisbonne
dans
la maison
des
Chanoines
Réguliers
de la divine
Providence
, à l'âge
de 96 ans
, le P. D.
Raphaël
Bluteau
, Cierc
Régulier
de cette
Congrégation
,:
Qual
ficateur
du S. Office
de l'Inquisition
, Académicien
de
nombre
de
l'Académie
Royale
d'Histoire
Portugaise
et autrefois
Prédicateur
de
Henriette
Marie
de France
, Reine
d'Angleterre
, Religieux
de beaucoup
de nerites
"
et tort
connu dans le Royaume de Portugal et même
dans les Pays Etrangers , par sa grande érudi
tion dans les Lettres Sacrées et Profanes , et par
plusieurs Ouvrages qu'il a r ndus publics
Hij
9
dont
792 MERCURE DE FRANCE
>
dont les principaux sont son Vocabulaire , ou
Dictionnaire Portugais et latin en 10 tomes in
fol. son Oraculum utriusque Testamenti , qui est
actuellement sous presse , et son Museum Bluteavianum
, encore manuscrit , mais pour l'Im.
pression duquel il avoit obtenu les Priviléges
nécessaires . Ce sçavant et laborieux Religieux
étoit né à Londres de parens François le 4 Décembre
1638. le 28 du même mois de Février
l'Académie des Apliqués occupa sa Conference
à faire le Panegyrique de ce Pere , les deux Directeurs
firent l'éloge de ses vertus et de sa
Science. Les Docteurs Philippe de Oliveira et
Hyacinte de Silva de Miranda , Membres de
cette Académie , firent chacun un discours pour
discuter ce Problême : S'il étoit plus glorieux à
l'Angleterre d'avoir donné naissance à ce grand
Homme, ou au Portugal de l'avoir possedé jusqu'à
sa mort. On y lut aussi plusieurs Pieces
faites à sa louange tant en Latin qu'en Portugais
.
20 Février 1734. mourut à Madrid à l'âge
53 ans , D. Antoine Fernandes de Hijar et
Navarre , Duc de Lecera , Comte de Belchite
Grand Commandeur de Montalvan , dans l'Or
dre de S. Jacques, et Grand d'Espagne de la premiere
classe ,
de
Lé
9
2
Le premier Mars , D. Rose de Bonavides et
Aragon , Duchesse de Gandie mourut à Madrid
à l'âge de 54 ans , elle étoit fille de D. François
de Benavides et Aragon , neuviéme Comte
de S. Etienne , et avoit été mariée en 1694.
avec D. Louis de Borgia et Cordoue onzième
Duc de Gandie, Marquis deLombay &c.etGrand
d'Espagne de la premiere classe.
N apprend de Lisbonne que la nommée
•
Shariq de
native de la
Ville de Santarem où elle avoit été baptisée dans,
l'Eglise de S.e Eyrie, et fille de François Fernandes
et d'Agnès Diaz , est morte le 3 révrier dernier
, âgée de 136 ans e mois et 17 jours Elle
avoit été mariée cinq fois , mais elle est morte
veuve et sans posterité , tous les Enfans qu'elle .
avoit eus étant morts avant elle. On ajoute que
dans l'âge où elle étoit , elle continuoit d'aller
entendre la Messe sans bâton et sans être accompagnée
de personne,
Les du même mois de Février , mourut à
Lisbonne à l'âge de 124 ans , la nommée Marie-
Anne Rodrigues , veuve , demeurant dans la rue
de Silva , de la Paroisse des Saints , et fut inhumée
dans l'Eglise de l'Esperance , où elle avoit
sa sépulture.
+
Le 13 Fevrier
1734
mourut
à Lisbonne
dans
la maison
des
Chanoines
Réguliers
de la divine
Providence
, à l'âge
de 96 ans
, le P. D.
Raphaël
Bluteau
, Cierc
Régulier
de cette
Congrégation
,:
Qual
ficateur
du S. Office
de l'Inquisition
, Académicien
de
nombre
de
l'Académie
Royale
d'Histoire
Portugaise
et autrefois
Prédicateur
de
Henriette
Marie
de France
, Reine
d'Angleterre
, Religieux
de beaucoup
de nerites
"
et tort
connu dans le Royaume de Portugal et même
dans les Pays Etrangers , par sa grande érudi
tion dans les Lettres Sacrées et Profanes , et par
plusieurs Ouvrages qu'il a r ndus publics
Hij
9
dont
792 MERCURE DE FRANCE
>
dont les principaux sont son Vocabulaire , ou
Dictionnaire Portugais et latin en 10 tomes in
fol. son Oraculum utriusque Testamenti , qui est
actuellement sous presse , et son Museum Bluteavianum
, encore manuscrit , mais pour l'Im.
pression duquel il avoit obtenu les Priviléges
nécessaires . Ce sçavant et laborieux Religieux
étoit né à Londres de parens François le 4 Décembre
1638. le 28 du même mois de Février
l'Académie des Apliqués occupa sa Conference
à faire le Panegyrique de ce Pere , les deux Directeurs
firent l'éloge de ses vertus et de sa
Science. Les Docteurs Philippe de Oliveira et
Hyacinte de Silva de Miranda , Membres de
cette Académie , firent chacun un discours pour
discuter ce Problême : S'il étoit plus glorieux à
l'Angleterre d'avoir donné naissance à ce grand
Homme, ou au Portugal de l'avoir possedé jusqu'à
sa mort. On y lut aussi plusieurs Pieces
faites à sa louange tant en Latin qu'en Portugais
.
20 Février 1734. mourut à Madrid à l'âge
53 ans , D. Antoine Fernandes de Hijar et
Navarre , Duc de Lecera , Comte de Belchite
Grand Commandeur de Montalvan , dans l'Or
dre de S. Jacques, et Grand d'Espagne de la premiere
classe ,
de
Lé
9
2
Le premier Mars , D. Rose de Bonavides et
Aragon , Duchesse de Gandie mourut à Madrid
à l'âge de 54 ans , elle étoit fille de D. François
de Benavides et Aragon , neuviéme Comte
de S. Etienne , et avoit été mariée en 1694.
avec D. Louis de Borgia et Cordoue onzième
Duc de Gandie, Marquis deLombay &c.etGrand
d'Espagne de la premiere classe.
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
En février et mars 1734, plusieurs décès notables ont été enregistrés. À Lisbonne, Shariq de, originaire de Santarem, est décédée à l'âge de 136 ans et 17 jours. Baptisée dans l'Église de S.e Eyrie, elle était fille de François Fernandes et d'Agnès Diaz et n'avait pas de descendance. Marie-Anne Rodrigues, veuve de 124 ans, a également été inhumée à Lisbonne dans l'Église de l'Espérance. Le Père Raphaël Bluteau, chanoine régulier de la divine Providence, est mort à Lisbonne à 96 ans. Qualificateur du Saint-Office de l'Inquisition et académicien, il était connu pour ses œuvres érudites, notamment un dictionnaire portugais-latin et un ouvrage sur les Écritures saintes. Né à Londres, il a été honoré par l'Académie des Appliqués. À Madrid, D. Antoine Fernandes de Hijar et Navarre, Duc de Lecera, est décédé à 53 ans. Le 1er mars, D. Rose de Bonavides et Aragon, Duchesse de Gandie, est morte à 54 ans. Elle était fille de D. François de Benavides et Aragon et avait épousé D. Louis de Borgia et Cordoue.
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24
p. 192-193
ESPAGNE.
Début :
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordonné aux Corrégidors de prendre, chacun dans leur [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 10 Octobre.
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordon
né aux Corregidors de prendre , chacun dans leur
département , une note exacte des biens- fonds dont
jouiffent les Communautés Religieufes , & de fe
faire apporter les titres en vertu defquels elles les
poffedent.
DE MADRID , le 15 Octobre.
Le 9 de ce mois leurs Majeftés partirent pour
le Château de l'Efcurial. L'Académie Espagnole
ayang
DECEMBRE. 1754. 193
ayant à fa tête le Duc de Huefcar , leur préfenta
le 8 un éloge funebre de la feue Reine Douairiere
de Portugal , & un nouveau Traité de l'Ortographe
Caftillane . ·
Il est arrivé de Cadix un courier , par lequel on
a appris l'arrivée du vaiffeau le Jefus-Marie& Jo-
Seph , qui revient de Callao , de Lima. Ce bâtiment
étoit chargé de la valeur de feize cens cinquante-
trois mille neuf cens vingt- huit piaftres ,
tant en or qu'en argent monnoyé ou non monnoyé
, & il avoit à bord beaucoup de cacao , de
cuirs , de cafcarille , d'étain & de laine de Vigogne.
DE LISBONNE , le 10 Octobre.
Par un décret publié depuis peu le Roi a ordon
né aux Corregidors de prendre , chacun dans leur
département , une note exacte des biens- fonds dont
jouiffent les Communautés Religieufes , & de fe
faire apporter les titres en vertu defquels elles les
poffedent.
DE MADRID , le 15 Octobre.
Le 9 de ce mois leurs Majeftés partirent pour
le Château de l'Efcurial. L'Académie Espagnole
ayang
DECEMBRE. 1754. 193
ayant à fa tête le Duc de Huefcar , leur préfenta
le 8 un éloge funebre de la feue Reine Douairiere
de Portugal , & un nouveau Traité de l'Ortographe
Caftillane . ·
Il est arrivé de Cadix un courier , par lequel on
a appris l'arrivée du vaiffeau le Jefus-Marie& Jo-
Seph , qui revient de Callao , de Lima. Ce bâtiment
étoit chargé de la valeur de feize cens cinquante-
trois mille neuf cens vingt- huit piaftres ,
tant en or qu'en argent monnoyé ou non monnoyé
, & il avoit à bord beaucoup de cacao , de
cuirs , de cafcarille , d'étain & de laine de Vigogne.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a récemment publié un décret ordonnant aux corregidors de recenser les biens-fonds des communautés religieuses et de collecter les titres de propriété. Le 9 octobre, Leurs Majestés ont quitté Madrid pour le Château de l'Escurial. Le 8 décembre, l'Académie Espagnole, dirigée par le Duc de Huéscar, a présenté un éloge funèbre de la défunte Reine Douairière de Portugal et un nouveau traité sur l'orthographe castillane. Par ailleurs, un courrier de Cadix a annoncé l'arrivée du vaisseau Jésus-Marie-Joseph en provenance de Callao, Lima, transportant une cargaison évaluée à 153 928 piastres en or et argent, ainsi que du cacao, des cuirs, de la cannelle, de l'étain et de la laine de vigogne.
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25
p. 221-222
ESPAGNE.
Début :
On apprend que l'Empereur de la Chine, non seulement a [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Chine, Catholique, Chabecs, Combat, Don Pedre Elguero, Don Joseph de Flon, Capitaine de Frégate, Prisonniers de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 20 Mars.
On apprend que l'Empereur de la Chine , non
feulement a renouvellé les Edits de quelques- uns
de fes prédéceffeurs en faveur des Chrétiens ,
mais qu'il leur fait bâtir une églife à les dépens
dans la capitale de fes Etats. Selon les mêmes
lettres , il fe trouve actuellement à la Chine plus
de cent foixante neuf mille perfonnes qui font
profeffion de la religion catholique.
DE MADRID , le 22 Avril,
Cinq Chabecs du Roi armés en courſe , &
commandés par Don Jofeph de Flon , Capitaine
de frégate , attaquerent le 16 de ce mois dans les
environs d'Alicante, trois Corfaires algériens , l'un
de vingt- quatre canons , l'autre de vingt-deux ,
& le troifiéme de quatorze. Après un combat qui .
duré plus de quatorze heures , ils s'en font
emparés. On a fait fur les bâtimens ennemis
quatre cens quatre-vingt- quatorze efclaves ; du
Côté des Efpagnols il y a eu cinquante bleffés.
Don Pedre Elguero , Lieutenant de vaiffeau ,2.
K iij
122 MERCURE DE FRANCE.
commandant le Chabec le Gavilan , a été tué ,
ainfi que cinq foldats ou matelots. Ali Mouffa
qui commandoit les trois Chabecs algériens , eft
du nombre des prifonniers faits par les Espagnols.
DE LISBONNE , le 20 Mars.
On apprend que l'Empereur de la Chine , non
feulement a renouvellé les Edits de quelques- uns
de fes prédéceffeurs en faveur des Chrétiens ,
mais qu'il leur fait bâtir une églife à les dépens
dans la capitale de fes Etats. Selon les mêmes
lettres , il fe trouve actuellement à la Chine plus
de cent foixante neuf mille perfonnes qui font
profeffion de la religion catholique.
DE MADRID , le 22 Avril,
Cinq Chabecs du Roi armés en courſe , &
commandés par Don Jofeph de Flon , Capitaine
de frégate , attaquerent le 16 de ce mois dans les
environs d'Alicante, trois Corfaires algériens , l'un
de vingt- quatre canons , l'autre de vingt-deux ,
& le troifiéme de quatorze. Après un combat qui .
duré plus de quatorze heures , ils s'en font
emparés. On a fait fur les bâtimens ennemis
quatre cens quatre-vingt- quatorze efclaves ; du
Côté des Efpagnols il y a eu cinquante bleffés.
Don Pedre Elguero , Lieutenant de vaiffeau ,2.
K iij
122 MERCURE DE FRANCE.
commandant le Chabec le Gavilan , a été tué ,
ainfi que cinq foldats ou matelots. Ali Mouffa
qui commandoit les trois Chabecs algériens , eft
du nombre des prifonniers faits par les Espagnols.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte présente deux événements concernant l'Espagne. Le premier événement, rapporté depuis Lisbonne le 20 mars, mentionne que l'Empereur de Chine a renouvelé les édits favorables aux Chrétiens et a financé la construction d'une église dans la capitale. Il est également indiqué qu'il y a plus de cent soixante-neuf mille pratiquants de la religion catholique en Chine. Le second événement, signalé depuis Madrid le 22 avril, relate l'attaque de trois corsaires algériens par cinq navires espagnols commandés par Don Joseph de Flon près d'Alicante. Après un combat de plus de quatorze heures, les Espagnols ont pris possession des navires ennemis. Quatre cent quatre-vingt-quatorze esclaves ont été libérés, tandis que cinquante personnes ont été blessées du côté espagnol, dont Don Pedre Elguero, lieutenant de vaisseau, et cinq soldats ou matelots ont été tués. Ali Mouffa, commandant des corsaires algériens, a été capturé.
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26
p. 201
ESPAGNE.
Début :
Deux des vaisseaux destinés à croiser sur les côtes de ce [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Vaisseaux, Roi, Marquis, Lieutenant général des armées, Fête de St-Ferdinand
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 15 Mai.
Deux des vaiffeaux deſtinés à croifer fur les cotes
de ce Royaume , mirent à la voile il y a quel
ques jours. Ils ont pris fous leur convoi plufieurs
bâtimens Hollandois , qu'ils doivent escorter jufqu'au
cap de Finifterre.
DE MADRID , le 3 Juin.
On a célébré le 30 du mois dernier, avec beau
coup de magnificence , la Fête de Saint Ferdinand
dont le Roi porte le nom. Le foir , après
un divertiffement en mufique , leurs Majeftés fe
rendirent dans les jardins qui , par le goût nouveau
dans lequel ils étoient illuminés , offroient
un coup d'oeil des plus frappans. Un très -beau feu
d'artifice termina cette éclatante journée.
Le Roi a créé Grand d'Efpagne de la premiere
claffe le Marquis de. Sarria , Lieutenant- Général
de fes armées , & Colonel du Régiment des Gar
des Eſpagnoles.
DE LISBONNE , le 15 Mai.
Deux des vaiffeaux deſtinés à croifer fur les cotes
de ce Royaume , mirent à la voile il y a quel
ques jours. Ils ont pris fous leur convoi plufieurs
bâtimens Hollandois , qu'ils doivent escorter jufqu'au
cap de Finifterre.
DE MADRID , le 3 Juin.
On a célébré le 30 du mois dernier, avec beau
coup de magnificence , la Fête de Saint Ferdinand
dont le Roi porte le nom. Le foir , après
un divertiffement en mufique , leurs Majeftés fe
rendirent dans les jardins qui , par le goût nouveau
dans lequel ils étoient illuminés , offroient
un coup d'oeil des plus frappans. Un très -beau feu
d'artifice termina cette éclatante journée.
Le Roi a créé Grand d'Efpagne de la premiere
claffe le Marquis de. Sarria , Lieutenant- Général
de fes armées , & Colonel du Régiment des Gar
des Eſpagnoles.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 15 mai, deux vaisseaux espagnols ont quitté Lisbonne pour escorter des bâtiments hollandais jusqu'au cap Finisterre. À Madrid, la fête de Saint Ferdinand a été célébrée le 30 mai avec magnificence. Le roi a nommé le Marquis de Sarria Lieutenant-Général et Colonel du Régiment des Gardes Espagnoles, Grand d'Espagne de la première classe.
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27
p. 243-245
ESPAGNE.
Début :
Cette Cour se propose de faire peupler par des Portugais [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Marine, Vaisseaux, Nouveau monde, Don Manuel Diegue Escobedo, Reine Louise-Élisabeth d'Orléans, Roi Louis I, Sa Majesté, Comte de Baschi
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG N E.
DE LISBONNE , le 10 Juin.
Cette Cour le propofe de faire peupler par des
Portugais les pays fitués le long de la riviere de
Sena, autrement appellée la Riviere d'or. En conféquence
, elle a fait publier qu'elle accorderoit
plufieurs avantages aux familles qui voudroient
s'y établir. On y enverra tous les jeunes gens débauchés
de l'un & l'autre fexe , & les gens mariés
qui auront une mauvaiſe conduite. Plufieurs de
ces différentes fortes de perfonnes ont été déja
arrêtées , & l'on doit les embarquer fur le vaiffeau
le Glorieux , appartenant à la nouvelle Compagnie
de Commerce. Il les conduira juſqu'à Mofambique
, dont le Gouverneur eft chargé de leur
affigner des terres , & de leur fournir les maté
riaux néceffaires pour conftruire des habitations.
Deux vaiffeaux de guerre qui ont eſcorté la
Aotte deftinée pour Maranham , revinrent le premier
de ce mois à Cafcaës. Ils n'ont rencontré
aucun Corſaire. Un autre vaiſſeau du Roi fit voile
hier d'ici pour Saint Ubés , d'où il doit conduire
à Cafcaës plufieurs navires Hollandois. Ces navires
, & ceux de la même nation qui font actuel
lement dans ce dernier port , feront enfuite convoyés
par ce vaiffeau & par deux autres , jufqu'à
la hauteur du Cap de Finifterre . On équippe le
nouveau vaiſſeau de l'invention du Préfident de
la marine.
Lij
244 MERCURE DE FRANCE:
Avant-hier , le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de France , fe rendit avec tout fon cortège à Maravilla
, maiſon de plaifance des Patriarches de
Liſbonne. Il y eft traité aux dépens du Roi. Demain
, ce Miniftre fera fon entrée publique en
cette ville. Après qu'il fera de retour en fon hôtel
, le Marquis de Valenza ira le prendre dans
les caroffes du Roi , pour le conduire à l'audience
de Sa Majefté.
DE MADRID , le premier Juillet.
Les vaiffeaux de guerre l'Europe & la Caftille ;
le vaiffeau de regiftre le Dragon , & le paquebot
le Jupiter , font arrivés le 12 Juin à Cadix. Ces
bâtimens font partis le 6 Avril de la Havane avec
les vaiffeaux le Mercure , le Mars , l'Avis & le S.
Jacques , dont ils ont été féparés par un coup de
vent , en débouchant du canal. Don Manuel Diegue
Efcobedo , Intendant de la marine à Saint - Sebastien
, a donné avis à Sa Majeſté , que le 9 le
vaiffeau le Saint- Ignace , de la Compagnie des
Caraques , étoit entré dans le port du Paffage.
Le Roi a appris auffi par des lettres du Comte de
Perelada , for Ambaffadeur en Portugal , l'arrivée
de la frégate le Saint- Sebastien à Liſbonne. La
charge de ces deux derniers bâtimens confifte en
lingots d'argent , en cuirs , en tabac , en cacao ,
& en divers autres marchandiſes.
On célébra le 18 dans la Chapelle du Palais le
fervice annuel pour le repos de l'ame de la Reine
Louife - Elifabeth d'Orléans , épouſe du feu Roi
Louis I. L'Archevêque de Pharfale officia pontificalement
à la Meffe , qui fut chantée par la Mu
fique .
Les vaiffeaux le Mercure le Mars & le Saint
"
AQUST. 1755. 245
ra-
Jacques font auffi arrivés à Cadix. La charge de
ces bâtimens , foit en efpeces d'or & d'argent ,
foit en marchandifes , monte à cent quatre - vingtdix
huit mille quatre cens vingt - trois piaftres .
On a appris que le 10 & le 12 il étoit entré dans
la baye de Cartagene deux polaques , à bord defquelles
étoient trois cens vingt-cinq elclaves ,
chetés à Alger par les Religieux Déchauffes de
P'Ordre de la Trinité . Cent quatre - vingt- onze
de ces captifs ont été échangés contre des Turcs ,
que Sa Majefté a permis de tirer de fes galeres.
Dans le nombre des perfonnes qui doivent leur
liberté aux Peres Rédempteurs , font deux Reli
gieux Francifcains , neuf femmes & neuf enfans .
DE LISBONNE , le 10 Juin.
Cette Cour le propofe de faire peupler par des
Portugais les pays fitués le long de la riviere de
Sena, autrement appellée la Riviere d'or. En conféquence
, elle a fait publier qu'elle accorderoit
plufieurs avantages aux familles qui voudroient
s'y établir. On y enverra tous les jeunes gens débauchés
de l'un & l'autre fexe , & les gens mariés
qui auront une mauvaiſe conduite. Plufieurs de
ces différentes fortes de perfonnes ont été déja
arrêtées , & l'on doit les embarquer fur le vaiffeau
le Glorieux , appartenant à la nouvelle Compagnie
de Commerce. Il les conduira juſqu'à Mofambique
, dont le Gouverneur eft chargé de leur
affigner des terres , & de leur fournir les maté
riaux néceffaires pour conftruire des habitations.
Deux vaiffeaux de guerre qui ont eſcorté la
Aotte deftinée pour Maranham , revinrent le premier
de ce mois à Cafcaës. Ils n'ont rencontré
aucun Corſaire. Un autre vaiſſeau du Roi fit voile
hier d'ici pour Saint Ubés , d'où il doit conduire
à Cafcaës plufieurs navires Hollandois. Ces navires
, & ceux de la même nation qui font actuel
lement dans ce dernier port , feront enfuite convoyés
par ce vaiffeau & par deux autres , jufqu'à
la hauteur du Cap de Finifterre . On équippe le
nouveau vaiſſeau de l'invention du Préfident de
la marine.
Lij
244 MERCURE DE FRANCE:
Avant-hier , le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de France , fe rendit avec tout fon cortège à Maravilla
, maiſon de plaifance des Patriarches de
Liſbonne. Il y eft traité aux dépens du Roi. Demain
, ce Miniftre fera fon entrée publique en
cette ville. Après qu'il fera de retour en fon hôtel
, le Marquis de Valenza ira le prendre dans
les caroffes du Roi , pour le conduire à l'audience
de Sa Majefté.
DE MADRID , le premier Juillet.
Les vaiffeaux de guerre l'Europe & la Caftille ;
le vaiffeau de regiftre le Dragon , & le paquebot
le Jupiter , font arrivés le 12 Juin à Cadix. Ces
bâtimens font partis le 6 Avril de la Havane avec
les vaiffeaux le Mercure , le Mars , l'Avis & le S.
Jacques , dont ils ont été féparés par un coup de
vent , en débouchant du canal. Don Manuel Diegue
Efcobedo , Intendant de la marine à Saint - Sebastien
, a donné avis à Sa Majeſté , que le 9 le
vaiffeau le Saint- Ignace , de la Compagnie des
Caraques , étoit entré dans le port du Paffage.
Le Roi a appris auffi par des lettres du Comte de
Perelada , for Ambaffadeur en Portugal , l'arrivée
de la frégate le Saint- Sebastien à Liſbonne. La
charge de ces deux derniers bâtimens confifte en
lingots d'argent , en cuirs , en tabac , en cacao ,
& en divers autres marchandiſes.
On célébra le 18 dans la Chapelle du Palais le
fervice annuel pour le repos de l'ame de la Reine
Louife - Elifabeth d'Orléans , épouſe du feu Roi
Louis I. L'Archevêque de Pharfale officia pontificalement
à la Meffe , qui fut chantée par la Mu
fique .
Les vaiffeaux le Mercure le Mars & le Saint
"
AQUST. 1755. 245
ra-
Jacques font auffi arrivés à Cadix. La charge de
ces bâtimens , foit en efpeces d'or & d'argent ,
foit en marchandifes , monte à cent quatre - vingtdix
huit mille quatre cens vingt - trois piaftres .
On a appris que le 10 & le 12 il étoit entré dans
la baye de Cartagene deux polaques , à bord defquelles
étoient trois cens vingt-cinq elclaves ,
chetés à Alger par les Religieux Déchauffes de
P'Ordre de la Trinité . Cent quatre - vingt- onze
de ces captifs ont été échangés contre des Turcs ,
que Sa Majefté a permis de tirer de fes galeres.
Dans le nombre des perfonnes qui doivent leur
liberté aux Peres Rédempteurs , font deux Reli
gieux Francifcains , neuf femmes & neuf enfans .
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Résumé : ESPAGNE.
En 1755, plusieurs initiatives diplomatiques et maritimes ont été entreprises en Espagne et au Portugal. La Cour de Lisbonne prévoit de peupler les régions le long de la rivière Sénégal avec des Portugais volontaires, en leur offrant des avantages. Des individus malhonnêtes seront envoyés à Mozambique pour y établir des habitations. Deux vaisseaux de guerre revenus à Cascais ont escorté une flotte vers Maranhão sans incident. Un vaisseau royal se dirige vers Saint-Ubés pour escorter des navires hollandais jusqu'au Cap Finisterre. À Lisbonne, le Comte de Bashi, ambassadeur de France, a été reçu et fera son entrée publique. À Madrid, plusieurs vaisseaux de guerre et de commerce sont arrivés à Cadix après une tempête. Le Roi a été informé de l'arrivée de la frégate Saint-Sébastien à Lisbonne et du Saint-Ignace au port du Passage. Un service annuel a été célébré pour la reine Louise-Élisabeth d'Orléans. Les vaisseaux Mercure, Mars et Saint-Jacques sont arrivés à Cadix avec une cargaison évaluée à cent quatre-vingt-huit mille quatre cent vingt-trois piastres. Deux polaques transportant des esclaves libérés par les Religieux Déchauffes de l'Ordre de la Trinité sont entrés dans la baie de Carthagène, incluant deux religieux franciscains, neuf femmes et neuf enfants.
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28
p. 223-224
ESPAGNE.
Début :
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre de l'année [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Málaga, Alicante, Flotte marchande, Marchandises, Lingots, Navires
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE
.
DE LISBONNE , le 31 Juillet.
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre
de l'année derniere de Fernambouc , eft de retour
ici depuis le 24 de ce mois. Elle eft compofée de
onze navires marchands , & indépendamment
des
marchandifes dont elle eft chargée , elle a apporté
deux cens cinq mille quatre cens cruzades.
Deux bâtimens de la Capitainerie de Paraïbafont
venus de conſerve avec cette fotte.
Kiv
24 MERCURE DE FRANCE.
DE MADRID , le 2 Septembre.
On a appris par un courier extraordinaire de Dog
Etienne-Jofeph d'Abaria , Préſident du Tribunal de
la Contractation des Indes, que le vaiffeau la Nuefta
Segnora de Begogna étoit entré le 22 du mois
dernier dans le port de Cadix. Ce bâtiment qui
revient de Callao de Lima , avoit à bord la valeur
de quatre cens cinquante-trois mille deux
cens vingt-neuf piaftres , tant en lingots d'or
qu'en vaiffelle d'argent , outre huit cens fept
quintaux d'étain , cinq cens quarante - cinq de
cuivre , deux cens cinquante livres de baume ,
une grande quantité de cafcarille & de laine de
Vigogne , & plufieurs autres marchandiſes.
DE MALAGA , le 14 Août.
Deux chabecs françois envoyés en courſe contre
les Saletins , ont amené dans ce port une barque
de Tetuan , dont ils fe font rendus maîtres
& fur laquelle ils ont fait feize cfclaves.
D'ALICANTE , le 31 Août.
Un navire venant de Portugal , a rapporté que
M. Claftrier , Commandant d'un bâtiment de
Marſeille , armé pour donner la chaffe aux Barbarefques
, s'étoit emparé d'une galiotte de Salé ,
fur laquelle il y avoit quatre- vingt Maures.
Quelques jours auparavant cette galiotte avoit
enlevé deux navires efpagnols & une tartane
françoife. Le Capitaine du bâtiment par lequel
on a reçu ces avis a ajouté que fans le fecours
de M. Claftrier , il auroit été pris par la même
galiotte.
.
DE LISBONNE , le 31 Juillet.
La flotte qui avoit fait voile le 21 Décembre
de l'année derniere de Fernambouc , eft de retour
ici depuis le 24 de ce mois. Elle eft compofée de
onze navires marchands , & indépendamment
des
marchandifes dont elle eft chargée , elle a apporté
deux cens cinq mille quatre cens cruzades.
Deux bâtimens de la Capitainerie de Paraïbafont
venus de conſerve avec cette fotte.
Kiv
24 MERCURE DE FRANCE.
DE MADRID , le 2 Septembre.
On a appris par un courier extraordinaire de Dog
Etienne-Jofeph d'Abaria , Préſident du Tribunal de
la Contractation des Indes, que le vaiffeau la Nuefta
Segnora de Begogna étoit entré le 22 du mois
dernier dans le port de Cadix. Ce bâtiment qui
revient de Callao de Lima , avoit à bord la valeur
de quatre cens cinquante-trois mille deux
cens vingt-neuf piaftres , tant en lingots d'or
qu'en vaiffelle d'argent , outre huit cens fept
quintaux d'étain , cinq cens quarante - cinq de
cuivre , deux cens cinquante livres de baume ,
une grande quantité de cafcarille & de laine de
Vigogne , & plufieurs autres marchandiſes.
DE MALAGA , le 14 Août.
Deux chabecs françois envoyés en courſe contre
les Saletins , ont amené dans ce port une barque
de Tetuan , dont ils fe font rendus maîtres
& fur laquelle ils ont fait feize cfclaves.
D'ALICANTE , le 31 Août.
Un navire venant de Portugal , a rapporté que
M. Claftrier , Commandant d'un bâtiment de
Marſeille , armé pour donner la chaffe aux Barbarefques
, s'étoit emparé d'une galiotte de Salé ,
fur laquelle il y avoit quatre- vingt Maures.
Quelques jours auparavant cette galiotte avoit
enlevé deux navires efpagnols & une tartane
françoife. Le Capitaine du bâtiment par lequel
on a reçu ces avis a ajouté que fans le fecours
de M. Claftrier , il auroit été pris par la même
galiotte.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 24 juillet, une flotte de onze navires marchands est revenue à Lisbonne après avoir quitté Fernambouc le 21 décembre précédent, transportant des marchandises et 254 400 cruzades. Deux bâtiments de la Capitainerie de Paraïba l'accompagnaient. Le 22 août, le vaisseau 'Nuestra Señora de Begona' est arrivé au port de Cadix en provenance de Callao de Lima avec 453 229 piastres en lingots d'or et vaisselle d'argent, 877 quintaux d'étain, 545 quintaux de cuivre, 250 livres de baume, de la cannelle, de la laine de vigogne et diverses autres marchandises. Le 14 août, deux navires français ont capturé une barque de Tétouan et fait seize esclaves. Le 31 août, un navire en provenance du Portugal a rapporté que M. Clastrier, commandant un bâtiment de Marseille, avait capturé une galiotte de Salé avec 80 Maures à bord. Cette galiotte avait précédemment capturé deux navires espagnols et une tartane française. Le capitaine du bâtiment a ajouté qu'il aurait été pris par la même galiotte sans l'intervention de M. Clastrier.
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29
p. 220
ESPAGNE.
Début :
Le Roi, pour augmenter la population dans ses Etats en Amérique, [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Madrid, Déclaration du roi, Amérique latine, Mariages mixtes, Démographie, Archevêques
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 2 Août.
Le Roi , pour augmenter la population dans fes
Etats en Amérique , vient de donner une déclaration
, par laquelle il eft dit qu'à l'avenir les Portugais
qui épouferont des Indiennes , ou les Por
tugaifés qui prendront des Indiens pour maris,
non feulement n'encoureront aucun deshonneur ,
mais même éprouveront les effets de la bienveillance
de Sa Majefté ; que les enfans nés de ces
mariages feront admis à tous emplois , honneurs
& dignités , fans avoir befoin d'aucune difpenfe ;
que cette grace aura même un effet rétroactif
pour les mariages de cette nature , contractés
avant la publication de la préfente déclaration : &
que toute perfonne affez hardie pour les reprocher
à celles qui les auront contractés , ou à celles
qui en feront provenues , fera condamnée au
banniffement.
DE MADRID , le 30 Septembre.
Le 21 de ce mois , le Sr Jerôme Spinola , Archevêque
de Laodicée , Nonce du Pape auprès da
Roi , fit fon entrée publique en cette ville .
Avant -hier , le Cardinal de Cordoue , Archevêque
de Tolede , fut facré dans l'Eglife des Hieronymites
par l'Archevêque de Pharfale , Inquifiteur
Général , affifté des Evêques de Maxolea &
de Tricomy. Le Roi ayant fait l'honneur à ce
Cardinal de vouloir être fon parrain , le Due
d'Albe a repréſenté Sa Majeſté dans cette cérémonic.
DE LISBONNE , le 2 Août.
Le Roi , pour augmenter la population dans fes
Etats en Amérique , vient de donner une déclaration
, par laquelle il eft dit qu'à l'avenir les Portugais
qui épouferont des Indiennes , ou les Por
tugaifés qui prendront des Indiens pour maris,
non feulement n'encoureront aucun deshonneur ,
mais même éprouveront les effets de la bienveillance
de Sa Majefté ; que les enfans nés de ces
mariages feront admis à tous emplois , honneurs
& dignités , fans avoir befoin d'aucune difpenfe ;
que cette grace aura même un effet rétroactif
pour les mariages de cette nature , contractés
avant la publication de la préfente déclaration : &
que toute perfonne affez hardie pour les reprocher
à celles qui les auront contractés , ou à celles
qui en feront provenues , fera condamnée au
banniffement.
DE MADRID , le 30 Septembre.
Le 21 de ce mois , le Sr Jerôme Spinola , Archevêque
de Laodicée , Nonce du Pape auprès da
Roi , fit fon entrée publique en cette ville .
Avant -hier , le Cardinal de Cordoue , Archevêque
de Tolede , fut facré dans l'Eglife des Hieronymites
par l'Archevêque de Pharfale , Inquifiteur
Général , affifté des Evêques de Maxolea &
de Tricomy. Le Roi ayant fait l'honneur à ce
Cardinal de vouloir être fon parrain , le Due
d'Albe a repréſenté Sa Majeſté dans cette cérémonic.
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Résumé : ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a publié une déclaration pour encourager les unions entre Portugais et Indiens en Amérique. Cette déclaration assure que les Portugais épousant des Indiennes ou les Portugaises épousant des Indiens ne subiront aucun déshonneur et bénéficieront de la bienveillance royale. Les enfants de ces unions pourront accéder à tous les emplois, honneurs et dignités sans discrimination. Cette grâce est rétroactive pour les mariages déjà contractés avant la publication de la déclaration. Toute critique de ces unions sera punie par le bannissement. À Madrid, le 21 septembre, Jérôme Spinola, archevêque de Laodicée et nonce du Pape, a fait son entrée publique. Le cardinal de Cordoue, archevêque de Tolède, a été sacré dans l'église des Hiéronymites par l'archevêque de Pharsale, l'inquisiteur général, assisté des évêques de Maxolea et de Tricomy. Le roi, représenté par le duc d'Albe, a été le parrain du cardinal lors de cette cérémonie.
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30
p. 214-218
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Vous serez sans doute informé, Monsieur, du malheur que vient [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Portugal, Effondrements, Incendie, Tsunami, Lisbonne, Dégâts, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Le 1er novembre 1755, Lisbonne a été frappée par un violent tremblement de terre à 9 heures 45 du matin, par un temps calme et un ciel serein. Le séisme s'est manifesté en trois secousses principales. La première, faible et de courte durée, n'a pas causé de dégâts majeurs. La deuxième, beaucoup plus violente, a duré environ huit à dix minutes et a provoqué l'effondrement de nombreuses maisons. Une troisième secousse a suivi, augmentant la confusion et l'horreur. Après environ dix à douze minutes, le séisme s'est calmé, mais des incendies ont éclaté dans divers quartiers, alimentés par un vent violent. Les habitants, terrifiés, ont fui vers la campagne. La mer, en flux et reflux violents, a également causé des ravages, détruisant des navires et menaçant de submerger la ville. Les secousses se sont poursuivies, avec des pics d'intensité à la sortie de la Lune et au crépuscule du matin. Le 8 novembre et le 16 novembre, des secousses supplémentaires ont été ressenties. Le tremblement de terre et les incendies ont détruit 18 paroisses, de nombreux couvents, palais royaux et privés, ainsi que des infrastructures publiques. Les environs de Lisbonne ont également été ravagés, et plusieurs villes du Royaume des Algarves ont été inondées. La bibliothèque de São Domingos et celles des comtes d'Ériceira et de Vimieiro ont été détruites. Le nombre de morts est estimé entre 30 000 et 40 000 personnes. En raison des destructions, depuis le roi jusqu'au dernier membre de la République, tout le monde a dû camper.
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31
p. 196-197
ESPAGNE.
Début :
On a reçu, au sujet des tremblements de terre qui ont détruit [...]
Mots clefs :
Madrid, Lisbonne, Tremblement de terre, Quito, Pérou, Décombres, Morts, Régiments, Sieur Castres, Droit sur les marchandises étrangères
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E&SPAGNE.
DE MADRID , le 16 Mars.
On a reçu , au fujet des tremblemens de terre
qui ont détruit la ville de Quíto dans le Pérou ,
une Relation contenant les particularités fuivantes.
Le 26 Avril de l'année derniere , à huit
heures du matin , de violentes fecouffes donnerent
les premieres allarmes , & durerent trois
minutes. Peu après les fecouffes recommencerent
, mais avec moins de force ; elles fe fuccéderent
prefque fans interruption pendant le refte
de la matinée . Le 27 , à cinq heures après- midi ,
la fecouffe fut fi forte , que la plupart des Habitans
fortirent de la Ville , afin de n'être pas enfevelis
fous les ruines de leurs maifons . Entre
onze heures & minuit la terre trembla de nouveau
pendant cinq minutes . Après un court intervalle
on éprouva un nouveau tremblement
& l'on compta quatorze fecouffes confécutives.
Pendant toute la nuit les Eccléfiaftiques & les
Religieux furent occupés à exhorter & à confeffer
dans les rues & dans les places publiques . L'air
retentiffoit de plaintes & de gémiffemens . Le 28
fut l'époque fatale de la ruine de la Ville. On ne
peut fans horreur fe rappeller le fouvenir de cette
affreufe journée . Édifices publics , maifons particulieres
, tout s'écroula fucceffivement . A ce cruel
fpectacle , les Magiftrats firent ouvrir les prifons ,
& donnerent la liberté à toutes les perfonnes qui
n'étoient pas détenues pour des crimes capitaux.
Le Vicaire Général , en l'abſence de l'Evêque ,
donna permiffion aux Religieufes de quitter leur
clôture. Heureufement dans le commun défaftre ,
il n'a péri que 14 ou 15 perfonnes , tant vieillards
AVRIL 1756. no
1.97
que femmes & enfans. Tous les Habitans font
actuellement
difperfés dans la campagne ſous des
Tentes ou dans des Baraques. Le Gouverneur a
retiré dans ſa maiſon de campagne plus de fix cens
perfonnes , & il fournit aux frais de leur fubfiftance
. Depuis le 28 Avril jufqu'au 30 Mai que
cette Relation a été écrite , il s'eft paffé peu de
jours fans qu'on n'ait fenti quelque fecouffe.
DE LISBONNE , le 19 Février.
Le 19 Février au matin , on fentit encore ici
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ;
ellé dara près de trois minutes , & fa direction parut
être de l'Eft au Sud . Plufieurs Régimens d'Infanterie
, & celui de Dragons d'Evora , travaillent
à ouvrir des chemins à travers les ruines des mai
fons pour les voitures deftinées à enlever les décombres.
A l'exemple du fieur Caftres , Envoyé
Extraordinaire du Roi de la Grande- Bretagne , les
autres Miniftres Etrangers ont fait des repréfentations
au fujet de l'augmentation des droits établis
fur les marchandifes qui viennent du dehors .
DE MADRID , le 16 Mars.
On a reçu , au fujet des tremblemens de terre
qui ont détruit la ville de Quíto dans le Pérou ,
une Relation contenant les particularités fuivantes.
Le 26 Avril de l'année derniere , à huit
heures du matin , de violentes fecouffes donnerent
les premieres allarmes , & durerent trois
minutes. Peu après les fecouffes recommencerent
, mais avec moins de force ; elles fe fuccéderent
prefque fans interruption pendant le refte
de la matinée . Le 27 , à cinq heures après- midi ,
la fecouffe fut fi forte , que la plupart des Habitans
fortirent de la Ville , afin de n'être pas enfevelis
fous les ruines de leurs maifons . Entre
onze heures & minuit la terre trembla de nouveau
pendant cinq minutes . Après un court intervalle
on éprouva un nouveau tremblement
& l'on compta quatorze fecouffes confécutives.
Pendant toute la nuit les Eccléfiaftiques & les
Religieux furent occupés à exhorter & à confeffer
dans les rues & dans les places publiques . L'air
retentiffoit de plaintes & de gémiffemens . Le 28
fut l'époque fatale de la ruine de la Ville. On ne
peut fans horreur fe rappeller le fouvenir de cette
affreufe journée . Édifices publics , maifons particulieres
, tout s'écroula fucceffivement . A ce cruel
fpectacle , les Magiftrats firent ouvrir les prifons ,
& donnerent la liberté à toutes les perfonnes qui
n'étoient pas détenues pour des crimes capitaux.
Le Vicaire Général , en l'abſence de l'Evêque ,
donna permiffion aux Religieufes de quitter leur
clôture. Heureufement dans le commun défaftre ,
il n'a péri que 14 ou 15 perfonnes , tant vieillards
AVRIL 1756. no
1.97
que femmes & enfans. Tous les Habitans font
actuellement
difperfés dans la campagne ſous des
Tentes ou dans des Baraques. Le Gouverneur a
retiré dans ſa maiſon de campagne plus de fix cens
perfonnes , & il fournit aux frais de leur fubfiftance
. Depuis le 28 Avril jufqu'au 30 Mai que
cette Relation a été écrite , il s'eft paffé peu de
jours fans qu'on n'ait fenti quelque fecouffe.
DE LISBONNE , le 19 Février.
Le 19 Février au matin , on fentit encore ici
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ;
ellé dara près de trois minutes , & fa direction parut
être de l'Eft au Sud . Plufieurs Régimens d'Infanterie
, & celui de Dragons d'Evora , travaillent
à ouvrir des chemins à travers les ruines des mai
fons pour les voitures deftinées à enlever les décombres.
A l'exemple du fieur Caftres , Envoyé
Extraordinaire du Roi de la Grande- Bretagne , les
autres Miniftres Etrangers ont fait des repréfentations
au fujet de l'augmentation des droits établis
fur les marchandifes qui viennent du dehors .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 26 avril de l'année précédente, Quito, au Pérou, a été ravagée par des tremblements de terre. À huit heures du matin, des secousses violentes ont duré trois minutes, suivies de mouvements sismiques continus jusqu'à l'après-midi. Le 27 avril, une forte secousse a poussé les habitants à fuir la ville. Entre onze heures et minuit, la terre a tremblé à nouveau pendant cinq minutes, avec quatorze secousses consécutives. Les ecclésiastiques ont passé la nuit à réconforter les habitants. Le 28 avril, la ville était entièrement détruite, entraînant la libération des prisonniers non capitaux et la permission pour les religieuses de quitter leur cloître. Seules 14 ou 15 personnes, principalement des vieillards, femmes et enfants, ont péri. Les habitants se sont dispersés dans la campagne sous des tentes ou dans des baraques. Le gouverneur a accueilli plus de six cents personnes dans sa maison de campagne. Des secousses ont continué à être ressenties jusqu'au 30 mai. À Lisbonne, le 19 février, une nouvelle secousse a été ressentie pendant près de trois minutes. Les régiments d'infanterie et de dragons ont travaillé à dégager les ruines. Les ministres étrangers ont protesté contre l'augmentation des droits sur les marchandises étrangères.
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32
p. 246-247
ESPAGNE.
Début :
Don Ascensio Mendez, Prêtre, né à Coïmbre en Portugal, mourut [...]
Mots clefs :
Madrid, Don Ascensio Mendez, Lisbonne, Victimes du tremblement de terre, Projet de reconstruction, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit deux événements distincts en Espagne et au Portugal. À Madrid, le 6 avril, il est rapporté que Don Afcenfio Mendez, un prêtre né à Coïmbre au Portugal, est décédé le 24 mars à l'âge de 102 ans, 4 mois et 26 jours. Malgré son grand âge, il se rendait à pied chaque matin à l'Hôpital Général pour dire la messe et n'utilisait jamais de lunettes. À Lisbonne, le 3 mars, il est mentionné que les habitants de la capitale, dont les maisons sont encore habitables, les occupent pendant la journée et retournent camper dans des tentes à la campagne pour dormir. La reconstruction de Lisbonne prévoit une nouvelle enceinte plus grande que l'ancienne, avec des rues plus larges et des maisons à deux étages seulement. Cependant, la sécurité récemment retrouvée a été perturbée par un violent tremblement de terre survenu deux jours avant la date du rapport, plus puissant que ceux ressentis depuis le 21 décembre précédent.
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33
p. 209
ESPAGNE.
Début :
Presque tous les jours on éprouve ici quelques nouvelles secousses [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Dégâts, Reconstruction, Régence d'Hambourg, Aide matérielle
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 28 Mars.
- Prefque tous les jours on éprouve ici quelques
nouvelles fecouffes de tremblement de terre . C'eſt
ordinairement pendant le crépuscule du matin &
quelques inftans après le coucher du foleil , qu'elles
fe font fentir . Le 11 , il y en eut une qui caufa
divers dommages. Une maifon dans laquelle
étoient logés fept Domeftiques du Comte d'Aran
da , Ambaffadeur Extraordinaire d'Efpagne , fur
renversée , & ils coururent rifque de périr fous
les ruines. Heureuſement on les en retira , mais
cinq ont été confidérablement bleffés.
Deux Navires chargés de bois de charpente &
d'autres matériaux, que la Régence de Hambourg
envoie au Roi pour être employés à la reconftruction
de cette Ville , font entrés dans le Tage .
DE LISBONNE , le 28 Mars.
- Prefque tous les jours on éprouve ici quelques
nouvelles fecouffes de tremblement de terre . C'eſt
ordinairement pendant le crépuscule du matin &
quelques inftans après le coucher du foleil , qu'elles
fe font fentir . Le 11 , il y en eut une qui caufa
divers dommages. Une maifon dans laquelle
étoient logés fept Domeftiques du Comte d'Aran
da , Ambaffadeur Extraordinaire d'Efpagne , fur
renversée , & ils coururent rifque de périr fous
les ruines. Heureuſement on les en retira , mais
cinq ont été confidérablement bleffés.
Deux Navires chargés de bois de charpente &
d'autres matériaux, que la Régence de Hambourg
envoie au Roi pour être employés à la reconftruction
de cette Ville , font entrés dans le Tage .
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Résumé : ESPAGNE.
Depuis le 28 mars, des secousses sismiques fréquentes sont signalées à Lisbonne, souvent au crépuscule ou après le coucher du soleil. Le 11 mars, une secousse a endommagé une maison abritant sept domestiques du Comte d'Aranda, blessant grièvement cinq d'entre eux. Deux navires de la Régence de Hambourg, chargés de matériaux pour la reconstruction, sont entrés dans le Tage.
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34
p. 196-198
ESPAGNE.
Début :
Depuis trois semaines on n'a entendu ici aucun bruit souterrein, ni senti [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Barcelone, Tempête, Maladies, Elvas, Essaim de sauterelles, Ravages des champs, Don Antoine Barcelos, Galiotes, Combats sur mer
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
DE LISBONNE , le 7 Juin.
Depuis trois ſemaines on n'a entendu ici aucun
bruit fouterrein , ni fenti aucune feçouffe . Mais
le 29 Juin on en éprouva une à quatre lieues de
cette Ville dans les environs des montagnes de
Cintra. Il y eut le 24 du même mois , & les deux
jours fuivans , une horrible tempête . Ce ne fur
qu'avec beaucoup de peine qu'on empêcha les
Tentes de la Famille Royale , d'être emportées
par le vent . Le 30 Leurs Majeftés partirent avec
les Infans Don Pedre & Don Antoine , pour Salvaterra
.
Les maladies font de grands ravages dans la
Province d'Alentejo .
La ville d'Elvas & ſes environs , non feulement
ont partagé tous les défaftres communs au refte
du Royaume , mais encore ont éprouvé un féau
particulier. Le ciel fe couvrit fubitement , il y a
quelques jours , d'un nuage fi épais , que la lumière
du foleil en fut prefque toralement éclipfée . Bientôt
ce nuage defcendit jufqu'à terre , & l'on s'apperçut
qu'il n'étoit autre chofe qu'une multitude
infinie de fauterelles . Elles fe répandirent en un
inftant dans toute la campagne ; & il y en avoit
A O UST. 1756. 197
'dans plufieurs endroits jufqu'à la hauteur de deux
palmes. En vain les païfans eurent- ils recours à
tous les moyens poffibles , pour exterminer ces.
infectes. Il en paroiffoit le lendemain un plus
grand nombre , qu'on n'en avoit détruit la veille .
Les champs n'en ont été délivrés , qu'après avoir
été entiérement ravagés. Une partie de ces animaux
voraces eft allée ſe précipiter dans la Guadiana
& dans d'autres rivieres : une autre partie eft
venue fondre fur cette Ville , & s'ils n'y ont pas
caufé le même dommage qu'à la campagne , ils y
ont caufé beaucoup d'incommodité.
DE BARCELONE , le 27 Juin .
Don Antoine Barcelos , Commandant le Cha
bec le Courier de Mayorque , étant parti d'ici
pour Palma , découvrit le 13 de ce mois , entre
deux & trois heures du matin , fur la pointe de
Lio- Liobnegat , deux Galiotes Barbareſques , qui
avoient les voiles ferrées. Dès que les Galiotes
l'apperçurent , elles mirent leurs voiles au vent ,
& s'aidant en même- tems de leurs rames , elles
vinrent fur lui . Lorfqu'elles furent à deux portées
de canon , elles reconnurent à la manceuvre
que le Chabec n'étoit pas un Navire Marchand.
Elles revirerent de bord , dans le deffein de
prendre la fuite. Don Barcelo gagna le vent. Un
calme qui furvint , facilita à l'un des Corfaires
le moyen de dériver fur le Chabec. Les Elpagnols
préfenterent la proue à l'ennemi , qui eut
fon éperon & fa vergue de trinquet rompus . Cet
accident ne le rebuta point . Quelques-uns de fes
gens fauterent avec intrépidité dans le Chabec ,
mais ils furent fur le champ maſſacrés. Tous
ceux qui les fuivirent , eurent le même fort ; &
I j
198 MERCURE DE FRANCE.
les autres furent obligés de fe rendre. La Galiote
étoit armée de deux canons & de douze
pierriers . Il y avoit à bord vingt-quatre Turcs &
quarante-cinq Maures. Cinquante & un hommes
de cet équipage ont été tués à l'abordage ; &
douze , du nombre defquels eft le Capitaine nommé
Ali , ont été bleffés. Perfonne n'a été tué du
côté des Eſpagnols , & ils n'ont eu de bleffés que
leur Contre-Maître & cinq Matelots. Le fuccès de
ce combat fait d'autant plus d'honneur à Don Barcelos
, que fon équipage n'étoit compofé que
de quarante-quatre hommes , y compris huit
Mouffes. On a fçu par le Capitaine Ali , que
la Galiote dont on s'eft emparé , appartenoit au
Bey d'Alger. L'autre Galiote , qui a pris la fuite
pendant l'action , eft plus forte que celle- ci ea
équipage.
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Résumé : ESPAGNE.
En juin 1756, plusieurs événements marquants se sont produits en Espagne et ses environs. À Lisbonne, après trois semaines de tranquillité, une secousse sismique a été ressentie près des montagnes de Cintra le 29 juin. Une violente tempête a également frappé la région du 24 au 26 juin, mettant en danger les tentes de la famille royale, qui a quitté Lisbonne pour Salvaterra le 30 juin. La province d'Alentejo était touchée par des maladies. À Elvas, un nuage de sauterelles a causé des ravages malgré les efforts pour les exterminer, envahissant les champs et atteignant la ville. À Barcelone, le 27 juin, Don Antoine Barcelos, commandant le chébec le Courier de Mayorque, a affronté deux galiotes barbaresques près de Lio-Liobnegat. Après un combat acharné, les Espagnols ont capturé une galiote, tuant 51 membres de l'équipage ennemi et en blessant 12, sans perte de leur côté. La galiote capturée appartenait au Bey d'Alger. L'équipage espagnol, composé de 44 hommes, a été salué pour son courage.
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35
p. 199-200
ESPAGNE.
Début :
On essuya encore ici, le 10 & le 11 de ce mois, deux violentes secousses. [...]
Mots clefs :
Tremblements de terre, Fumée, Soufre, Pillage, Chantage, Scélérat, Lisbonne
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 22 Juillet.
On effuya encore ici , le 10 & le 11 de ce mois
deux violentes fecouffes. Le 10 , il fortit du fein
de la terre un tourbillon de fumée , qui en s'éle-
I AV
200 MERCURE DE FRANCE.
vant s'étendit peu à peu fur tout l'horizon , &
déroba entiérement la lumiere du foleil. Tant
que l'obfcurité dura , l'air fut infecté d'une odeur
infupportable de foufre. Il y eut le 18 au matin
une nouvelle fecouffe , mais elle fur légere . Malgré
tous les foins que le Gouvernement fe donne
pour affurer la tranquillité publique , les vols &
les affaffinats continuent d'être fréquens dans
cette malheureufe Ville. Chaque jour quelquesunes
des perfonnes riches reçoivent des billets
anonymes , par lefquels on les menace de les
brûler dans leurs demeures , fi elles ne portent à
des endroits marqués les fommes qu'on leur demande.
On arrêta dernierement deux fcélérats
qui fe difpofoient à mettre le feu à des baraques
de la Ville - Baffe. Ils ont déclaré que dix - huit de
leurs complices devoient en faire autant dans
différentes rues , & qu'ils auroient profité tous du
défordre général pour piller les habitations qu'ils
auroient trouvées abandonnées.
DE LISBONNE , le 22 Juillet.
On effuya encore ici , le 10 & le 11 de ce mois
deux violentes fecouffes. Le 10 , il fortit du fein
de la terre un tourbillon de fumée , qui en s'éle-
I AV
200 MERCURE DE FRANCE.
vant s'étendit peu à peu fur tout l'horizon , &
déroba entiérement la lumiere du foleil. Tant
que l'obfcurité dura , l'air fut infecté d'une odeur
infupportable de foufre. Il y eut le 18 au matin
une nouvelle fecouffe , mais elle fur légere . Malgré
tous les foins que le Gouvernement fe donne
pour affurer la tranquillité publique , les vols &
les affaffinats continuent d'être fréquens dans
cette malheureufe Ville. Chaque jour quelquesunes
des perfonnes riches reçoivent des billets
anonymes , par lefquels on les menace de les
brûler dans leurs demeures , fi elles ne portent à
des endroits marqués les fommes qu'on leur demande.
On arrêta dernierement deux fcélérats
qui fe difpofoient à mettre le feu à des baraques
de la Ville - Baffe. Ils ont déclaré que dix - huit de
leurs complices devoient en faire autant dans
différentes rues , & qu'ils auroient profité tous du
défordre général pour piller les habitations qu'ils
auroient trouvées abandonnées.
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Résumé : ESPAGNE.
En juillet, Lisbonne a été frappée par plusieurs secousses sismiques. Le 10 juillet, une violente secousse a provoqué un tourbillon de fumée obscurcissant le ciel et répandant une odeur de soufre. Une autre secousse, plus légère, a eu lieu le 18 juillet. Malgré les efforts du gouvernement pour maintenir l'ordre, des vols et des incendies criminels se multiplient. Des menaces anonymes contraignent des personnes riches à payer des sommes d'argent sous peine d'incendie. Récemment, deux individus ont été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à mettre le feu à des baraques. Ils ont avoué que dix-huit complices devaient incendier divers endroits de la ville pour piller les habitations abandonnées.
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36
p. 218-219
ESPAGNE.
Début :
Il y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les environs un violent [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Obidos, Tremblement de terre, Reconstruction de la capitale, Paraguay, Rébellion matée, Málaga
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 14 Août.
11 y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les
environs un violent tremblement de terre . Dans
quelques montagnes voisinages de ce Bourg , il
OCTOBRE. 1756. 219
s'eft fait diverfes ouvertures , d'où il fort de l'eau
en abondance. On commencera le mois de Janvier
prochain , à rebâtir cette Capitale , & l'on y
employera vingt mille Ouvriers. Les maiſons
n'auront que deux étages. La largeur des princi
pales rues fera de dix toifes.
DE MADRID , le 21 Septembre.
On apprend du Paraguay , que les troupes du
Roi , jointes à celles de Portugal , ont défait un
corps de Rebelles . Ces derniers ont perdu quatorze
cens hommes , & on leur a enlevé huit canons
& autant de Drapeaux. Du côté des Européens
, il n'y a eu que cinq Soldats tués & quarante-
trois bleffés .
On a reçu avis de Malaga , qu'un Armateur
de Marſeille avoit repris quatre Navires François
que la Frégate l'Espérance , de l'Efcadre de l'Ami
fal Hawke , conduiſoit à Gibraltar.
DE LISBONNE , le 14 Août.
11 y eut le 3 de ce mois à Obédos & dans les
environs un violent tremblement de terre . Dans
quelques montagnes voisinages de ce Bourg , il
OCTOBRE. 1756. 219
s'eft fait diverfes ouvertures , d'où il fort de l'eau
en abondance. On commencera le mois de Janvier
prochain , à rebâtir cette Capitale , & l'on y
employera vingt mille Ouvriers. Les maiſons
n'auront que deux étages. La largeur des princi
pales rues fera de dix toifes.
DE MADRID , le 21 Septembre.
On apprend du Paraguay , que les troupes du
Roi , jointes à celles de Portugal , ont défait un
corps de Rebelles . Ces derniers ont perdu quatorze
cens hommes , & on leur a enlevé huit canons
& autant de Drapeaux. Du côté des Européens
, il n'y a eu que cinq Soldats tués & quarante-
trois bleffés .
On a reçu avis de Malaga , qu'un Armateur
de Marſeille avoit repris quatre Navires François
que la Frégate l'Espérance , de l'Efcadre de l'Ami
fal Hawke , conduiſoit à Gibraltar.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 3 août, un séisme a touché Obédos en Espagne, provoquant des ouvertures dans les montagnes d'où l'eau a jailli. La reconstruction débutera en janvier avec vingt mille ouvriers. Les nouvelles maisons auront deux étages maximum et les principales rues feront dix toises de large. À Madrid, le 21 septembre, les troupes espagnoles et portugaises ont vaincu des rebelles au Paraguay, subissant cinq morts et quarante-trois blessés. À Malaga, un armateur a repris quatre navires français.
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37
p. 203-204
ESPAGNE.
Début :
Les Lettres de Buenos-Ayres marquent que, depuis la victoire remportée par [...]
Mots clefs :
Madrid, Buenos Aires, Victoire contre les Sauvages, Roi Très-Chrétien, Lisbonne, Navires, Marchandises, Danger, Tempête
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
DE MADRID , le 25 Janvier.
Les Lettres de Buenos - Ayres marquent que ,
depuis la victoire remportée par les troupes Efpagnoles
& Portugaifes fur les Indiens voifins de la
riviere d'Urugay , les Vainqueurs ont continué
leur marche ; que malgré tous les obſtacles que
leur oppofoit un pays montueux & couvert de
bois , ils ont foumis tous les peuples de ces cantons
; & que ces peuples fe difpofent à paffer
dans les nouveaux établiffemens , qui leur ont été
affignés.
Un Courier étant arrivé le 20 de Versailles ;
avec la nouvelle que le Roi Très- Chrétien étoit
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
parfaitement guéri de fa bleffure , le Roi fit chanter
fur le champ le Te Deum dans fa Chapelle
& ordonna qu'on célébrât cet heureux événement
par trois jours de réjouiffances & d'illuminations.
DE LISBONNE , le 4 Janvier.
Il a été annoncé dans les lettres datées du
23 du mois dernier , que deux Navires de la flotte
de la Baie de Tous les Saints étoient en grand
danger. Quelque diligence qu'on ait apportée.
pour les fecourir , ils ont coulé bas dans la Barre.
Ces Bâtimens fe nommoient le Gafparino & la
Sanada. Le premier étoit le Navire le plus riche
de la flotte. Outre fon chargement particulier ,
il avoit une partie de celui du Vaiffeau de retour
de Goa , qui étant arrivé à la Baie de Tous les
Saints , ne fe trouva pas en état de continuer fa
route. Des équipages du Gafparino & de la Sanada
, il n'a péri que deux Matelots. Dans la
même tempête deux Navirės Anglois , qui étoient
à l'ancre dans le Tage , ont eu leurs cables brifés.
Un de ces Bâtimens a échoué contre un banc de
fable ; mais on a fauvé toute la cargaifon. Hier ,
le feu du ciel tomba fur un Vaiffeau de guerre
la même Nation , renverfa le grand mât , & tua
quelques perfonnes de l'équipage.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit plusieurs événements en Espagne, en France et au Portugal. En Espagne, des lettres de Buenos Aires rapportent la victoire des troupes espagnoles et portugaises contre les Indiens voisins de la rivière d'Uruguay. Les vainqueurs ont soumis les peuples des cantons environnants, qui se préparent à s'installer dans de nouveaux établissements. En France, un courrier arrivé à Versailles le 20 janvier annonce la guérison complète du roi Louis XV d'une blessure. Un Te Deum a été chanté dans la chapelle royale et trois jours de réjouissances ont été ordonnés. Au Portugal, des lettres datées du 23 décembre précédent signalent le naufrage de deux navires de la flotte de la Baie de Tous les Saints, le Gasparino et la Sanada, malgré les efforts de secours. Le Gasparino transportait une partie du chargement d'un vaisseau de retour de Goa. Seuls deux matelots ont péri. Deux navires anglais ont également subi des dommages lors de la même tempête, mais leur cargaison a été sauvée. Enfin, un vaisseau de guerre anglais a été frappé par la foudre, renversant son grand mât et tuant plusieurs membres de l'équipage.
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38
p. 182-183
ESPAGNE.
Début :
Un bruit souterrein, semblable à celui d'un coup de canon, se fit entendre la nuit [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Lord Tyrawley, Gibraltar, Négociants étrangers, Consuls étrangers, Expulsion
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 16 janvier 1757, Lisbonne a subi un tremblement de terre sans dommage. À Gibraltar, dès novembre 1755, le Lord Tyrawley avait expulsé les négociants étrangers. En janvier 1757, il a également expulsé les consuls, dont celui de la Nation Hollandaise, malgré ses espoirs d'exemption.
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39
p. 208-209
ESPAGNE.
Début :
Vers la fin du mois de Janvier, le Corsaire Anglois l'Anti-Gallican entra [...]
Mots clefs :
Cadix, Corsaire anglais, Compagnie des Indes, Vaisseau, Capitaine, Tensions, Attaque, Lisbonne, Tremblement de terre
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
*
DE CADIX , le 6 Mars.
on
Vers la fin du mois de Janvier , le Corſaire
Anglois l'Anti-Gallican entra dans ce Port avec
le Vaiffeau de la Compagnie des Indes de France
le Duc de Penthievre , dont il s'étoit emparé. Sur
la réclamation que le Roi Très- Chrétien a faite
de cette prife , il vint ici un ordre du Gouvernement
de la tenir en fequeftre , jufqu'à ce qu'on
cût examiné fi elle étoit légitime. Après les informations
requiſes , on a jugé que le Vaiffeau
devoit être reftitué. Le 28 du mois dernier ,"
fut informé que le Capitaine du Corfaire , réfolu
de ne point fe deffaifir de fa priſe , avoit fait
paffer fon équipage à bord de ce Bâtiment , &
qu'il y avoit raffemblé jufqu'à trois cens hommes
, que lui avoient fournis divers Capitaines
de Navires de fa nation . Auffitôt le Commandant
de Port fit envelopper le Vaiffeau le Duc
de Penthievre par les Vaiffeaux du Roi l'Amérique
& le Lévrier , & leur ordonna de faire feu
au moindre mouvement que les Anglois feroient
pour lever l'ancre . Le 2 de ce mois , on envoya
trois fois, les fommer de rendre la prife . Le Ca.
pitaine Corfaire ayant refufé conftamment d'obéir
, les deux Vaiffeaux de guerre lui lâcherent
chacun une bordée , & il fut obligé de baiffer
pavillon. Il a eu trois hommes tués & quatre
bleffés . On a mis plufieurs compagnies de grenadiers
fur le vaiffeau le Duc de Penthievre , pour
empêcher les Anglois d'en reprendre poffeffion .
Les lettres de Lisbonne marquent que le t
de ce mois , à trois heures du matin , on y a
M A I. 1757. 209
encore effluyé une violente fecouffe de tremble
ment de terre.
*
DE CADIX , le 6 Mars.
on
Vers la fin du mois de Janvier , le Corſaire
Anglois l'Anti-Gallican entra dans ce Port avec
le Vaiffeau de la Compagnie des Indes de France
le Duc de Penthievre , dont il s'étoit emparé. Sur
la réclamation que le Roi Très- Chrétien a faite
de cette prife , il vint ici un ordre du Gouvernement
de la tenir en fequeftre , jufqu'à ce qu'on
cût examiné fi elle étoit légitime. Après les informations
requiſes , on a jugé que le Vaiffeau
devoit être reftitué. Le 28 du mois dernier ,"
fut informé que le Capitaine du Corfaire , réfolu
de ne point fe deffaifir de fa priſe , avoit fait
paffer fon équipage à bord de ce Bâtiment , &
qu'il y avoit raffemblé jufqu'à trois cens hommes
, que lui avoient fournis divers Capitaines
de Navires de fa nation . Auffitôt le Commandant
de Port fit envelopper le Vaiffeau le Duc
de Penthievre par les Vaiffeaux du Roi l'Amérique
& le Lévrier , & leur ordonna de faire feu
au moindre mouvement que les Anglois feroient
pour lever l'ancre . Le 2 de ce mois , on envoya
trois fois, les fommer de rendre la prife . Le Ca.
pitaine Corfaire ayant refufé conftamment d'obéir
, les deux Vaiffeaux de guerre lui lâcherent
chacun une bordée , & il fut obligé de baiffer
pavillon. Il a eu trois hommes tués & quatre
bleffés . On a mis plufieurs compagnies de grenadiers
fur le vaiffeau le Duc de Penthievre , pour
empêcher les Anglois d'en reprendre poffeffion .
Les lettres de Lisbonne marquent que le t
de ce mois , à trois heures du matin , on y a
M A I. 1757. 209
encore effluyé une violente fecouffe de tremble
ment de terre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 6 mars à Cadix, le corsaire anglais l'Anti-Gallican a capturé le vaisseau français Duc de Penthievre et l'a amené dans le port. Le roi de France a réclamé le vaisseau, et l'Espagne a ordonné de le garder en séquestre jusqu'à l'examen de la légitimité de la prise. Après enquête, il a été décidé de restituer le vaisseau. Le 28 février, le capitaine du corsaire a refusé de se dessaisir de sa prise et a rassemblé environ trois cents hommes. Le commandant du port a alors entouré le Duc de Penthievre avec les vaisseaux espagnols l'Amérique et le Lévrier, prêts à faire feu. Le 2 mars, après des sommations restées sans réponse, les vaisseaux de guerre ont tiré, forçant le capitaine à baisser pavillon. Trois hommes ont été tués et quatre blessés. Des grenadiers ont été déployés à bord pour empêcher les Anglais de reprendre le vaisseau. Par ailleurs, une violente secousse de tremblement de terre a été signalée à Lisbonne le 1er mai.
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40
p. 193-195
ESPAGNE.
Début :
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une violente émeute. [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Sédition, Émeute, Commerce des vins, Compagnie, Mécontentement du peuple, Saccages, Gouverneur, Tremblement de terre, Corsaire anglais
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
DE LISBONNE , le 29 Mars.
Il y eut le 23 du mois dernier à Oporto une
violente émeute. Entre les neuf & dix heures du
matin , on vit defcendre de la Cordoaria une trou
pe d'hommes , ayant une femme à leur tête , &
criant Vive le Peuple. S'étant rendus chez l'Elu ,
qui étoit malade au lit , ils le contraignirent de
s'habiller , le mirent dans une chaiſe à porteurs ,
& l'emmenerent avec eux. En même temps quelques
féditieux monterent fur les tours de l'Eglife
de la Miféricorde , & fonnerent le tocfin , au bruit
duquel plufieurs milliers d'habitans s'affemblerent.
Cette nouvelle troupe joignit la premiere ,
& elles allerent enfemble demander à l'Intendant
de la Ville la fuppreffion de la Compagnie , qui
vient d'y être établie pour le commerce des vins.
Une autre bande de mutins inveſtit cependant la
maiſon du Provéditeur de la Compagnie. Ilfe mit
en défenſe , & fit tirer plufieurs coups de fufil ,
dont quelques perfonnes furent bleffées. Auffitôt la
populace en fureur força les portes , pénétra dans
les appartemens , brifa les meubles , & déchira
les livres & les papiers. Le Gouverneur d'Oporto
ayant fait prendre les armes à la garniſon , mar
cha vers le lieu où le défordre étoit le plus grand.
L'Intendant de fon côté envoya ordre aux Cordeliers
de commencer la Proceffion qu'ils ont
coutume de faire le Mercredi des Cendres , afin
d'opérer par ce pieux fpectacle une diverfion dans
l'efprit du peuple. Effectivement , dès que la
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Proceffion parut , l'orage fe calma. Il est à re
marquer que pendant toute la fédition il n'échappa
à la plus vile canaille aucun mot contre le
refpect du au Roi & à fes Miniftres. Pendant le
pillage de la maifon du Provéditeur de la Compagnie,
quelques jeunes gens vouloient enlever un
fac , dans lequel il y avoit plus de vingt mille
crufades . Un Grenadier leur dit que cet argent
appartenoit au Roi , & ils fe retirerent , fans y
toucher. Comme il étoit à craindre que le trouble
ne recommençât après la Proceffion , le Gouverneur
, pour fatisfaire les habitans , promit de
leur faire rendre juftice fur les griefs dont ils fe
plaignoient, Ils infifterent pour que la nouvelle
Compagnie fût fupprimée , ou qu'elle achetâr
leurs vins dans les temps fixés , & les payât argent
Comptant , ainfi que faifoient les Anglois. La
Garnifon 'd'Oporto a été renforcée de trois Régimens
, & la Cour y a envoyé un Commiffaire
avec ordre d'informer contre les auteurs de la ré,
volte.
Don Antoine-de Villena s'étant rendu à Oporto
avec le Régiment de Cavalerie de Chaves ,
pour faire arrêter & punir les auteurs de la révolte;
la populace de la Ville s'eft attroupée de nouveau
tumultueufement. Il a fallu charger les mu
tins , pour les difperfer. On en a tué plufieurs ,
& le Régiment de Chaves a perdu auffi quelques
Cavaliers.
Trois fecouffes de tremblement de terre ont
jetté ici de nouveau l'allarme . On fentit la premiere
le 16 à onze heures & demie du foir ; la
feconde à quatre heures après- midi , & la troifeme
le 18 à cinq heures & demie du matin,
Elles ont été accompagnées de plafieurs bruits
fouterreins. La premiere & la troifieme ant agi
JUI N. 1757.
195
par ondulations. Quelques maifons ont été ébranlées
à Caſcaës. On n'a point de nouvelles , qu'il
foit arrivé ailleurs aucun dommage.
Un Corfaire Anglois ayant pillé un Navire qui
portoit Pavillon de Portugal , & qui avoit à bord
une riche cargaifon , le Roi a demandé à Sa Majefté
Britannique une fatisfaction convenable.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 23 février, une émeute violente a éclaté à Oporto. Vers neuf heures du matin, un groupe d'hommes, dirigé par une femme, a forcé l'Elu, malade, à les suivre. Simultanément, des individus ont sonné le tocsin à l'église de la Miséricorde, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Ces groupes ont demandé à l'Intendant de la Ville la suppression d'une nouvelle compagnie de commerce des vins. Une autre bande a attaqué la maison du Provéditeur de la Compagnie, provoquant des échanges de tirs et des pillages. Le Gouverneur d'Oporto a déployé la garnison pour rétablir l'ordre, tandis que l'Intendant a organisé une procession pour apaiser la foule. Pendant l'émeute, aucun mot contre le Roi ou ses ministres n'a été prononcé, et un grenadier a empêché le vol d'une somme d'argent appartenant au Roi. Pour éviter une reprise des troubles, le Gouverneur a promis de traiter les griefs des habitants, notamment la suppression de la compagnie ou l'achat de leurs vins en espèces. La garnison d'Oporto a été renforcée, et un commissaire a été envoyé pour enquêter sur la révolte. Plus tard, la population s'est de nouveau soulevée à l'arrivée de Don Antoine-de Villena avec le Régiment de Cavalerie de Chaves, entraînant des affrontements et des pertes des deux côtés.
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41
p. 210
ESPAGNE.
Début :
Les habitants d'Oporto, en punition de leur révolte, sont condamnés à avoir chez [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Porto, Punition, Troupes, Emprisonnement, Pendaison, Madrid, Corsaire anglais, Tirs
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
DE LISBONNE , le 7 Mai.
Les habitans d'Oporto , en punition de leur révolte
, font condamnés à avoir chez eux , pendant
un temps illimité , un nombre confidérable de
troupes entretenus à leurs dépens. On a ôté au
peuple la prérogative d'avoir voix dans le Sénat.
Les Procureurs de la Ville , & les Corps de métiers
, font fupprimés à perpétuité . Plus de trois
cens perfonnes de tout rang ont été renfermées
dans diverfes prifons. Quoique le Juge du peuple
n'ait préſenté la requête des Bourgeois , qu'après
y avoir été contraint par les féditieux , la Sentence
prononcée contre lui , porte qu'il fera
amende honorable , la corde au col , & qu'il
fera conduit ainfi dans les principales rues par le
Bourreau.
DE MADRID , le 31 Mai.
Un Corfaire Anglois , ayant rencontré un
Vaiffeau des Caraques , a voulu le vifiter . Sur le
refus que ce dernier Bâtiment a fait d'amener
l'Anglois lui a tiré fa bordée , qui a tué deux Eſpagnols
, & en a bleffé plufieurs.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne et au Portugal, des mesures sévères sont prises contre les révoltés. À Oporto, les habitants doivent héberger des troupes à leurs frais, perdent leur droit de vote et voient leurs institutions supprimées. Plus de trois cents personnes sont emprisonnées. À Madrid, un corsaire anglais tue deux Espagnols après un refus de visite.
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42
p. 192-195
« Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Début :
Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...]
Mots clefs :
Espagne, Lisbonne, Tremblement de terre, Secousses violentes, Dégâts, Mer, Victimes
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texteReconnaissance textuelle : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
DE LISBONNE , le 1 Octobre.
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
Cette Ville affligée de tant de maux , fembloit
goûter enfin quelque calme ; les fecouffes de la
terre étoient moins fréquentes ; on commençoit
à refpirer, lorfqu'on a reçu le détail de l'horrible
bouleversement caufé dans quelques- unes de nos
Ifles par un nouveau tremblement de terre . Le 9
Juillet dernier à onze heures quarante-cinq minu◄
tes de la nuit , une fecouffe affreuſe , dont la durée
fut d'environ deux minutes , fut reffentie dans
la plupart des Açores. Toutes les maifons de l'lfle
d'Angra furent violemment ébranlées . L'impul
fion du tremblement qui d'abord étoit verticale ,
devint bientôt horifontale , & fuivit la direction
de l'Ouest à l'Et. Pendant ces deux minutes , ļa
SPETS
DECEMBRE. 1757.
195
ferre fut agitée d'une telle force , que fi la fecouffe
eût duré quelques inftans de plus , tous les bâtimens
s'écrouloient , étoient engloutis . Le 10 vers
les dix heures du matin , il y eut une nouvelle fecouffe
, qui reprit à4 heures après midi , avec autant
de violence que la veille ; mais dont la durée
fut plus courte. Dans l'Ile Saint - Georges , à 12
lieues d'Angra , la terre trembla le même jour &
aux mêmes heures ; mais la fecouffe fut fi furieufe,
que 1043 perfonnes furent écraſées fous les
ruines des maifons. La frayeur des habitans redoubla
le 10 au matin , à la vue de dix -huit nouvelle
Ifles qui s'éleverent à la diſtance de cent
braffes & au Nord de l'Ifle. Aux Fayans des Vimes
, la même ſecouffe renverfa tous les édifices ;
on n'y reconnoît plus ni maiſons , ni temples ,
ni rues : on ne voit que des décombres & des
monceaux de pierres. La terre en quelque endroits
s'eft détachée du fol , & a roulé dans la mer. On
voit encore des langues de terre éloignées du rivage
, & entourées d'eau , conferver leur forme
avec tout ce qu'elles contenoient. Sur une de ces
Illes flotantes , eft une maison entourée d'arbres ,
qui n'eft point du tout endommagée . Monte- Formofo
, fitué à P'Eſt - Sud- Eſt de cette Ifle , s'eft
féparé en deux parties : l'une a croulé dans la
Mer , & fe trouve éloignée de l'autre de près de
cent braffes. Depuis la pointe de l'Eft de l'ile de
Topo , jufqu'au Bourg de la Caletha , on ne voit
encore que des ruines ; aucun bâtiment n'a réfifté.
La terre s'eft même ouverte en plufieurs endroits,
& un terrein de près d'un quart de lieue d'étendue
s'eft précipité dans la Mer. Quelques montagnes
ont changé de place ; d'autres ont entièrement
difparu , en forte que la
communication entre
Quelque- unes de ces Illes , qui étoit impraticable
I
194 MERCURE DE FRANCE.
autrefois par l'à plomb ou l'efcarpement des ro
chers , eft maintenant libre ; une plaine a fuccédé
aux montagnes. Une partie du village de Norte-
Grande s'eft auffi ſéparée du refte , & a été former
une Iſle nouvelle à la diſtance de 1 so braffes . Tous
les habitans de ces Ifles , confternés , remplis de
terreur , vivent dans les bois , & l'épouvante les
fuit partout , la terre toujours agitée leur montrant
de tous côtés des tombeaux. D'énormes
maffes de pierre fe détachent continuellement des
rochers ; il s'eft ouvert de toutes parts des gouffres
profonds qui les engloutiffent , & l'on voit
prefque tous les jours des rochers entiers s'affaiffer
, ou s'anéantir. L'Ifle du Pic a foiblement fenti
ces diverfes fecouffes , fi ce n'eft dans la partie
qui répond à l'Ile Saint- Georges. Ce quartier a
beaucoup fouffert , & onze perfonnes y ont péri.
Le jour de la premiere fecoufle , la Mer étoit dans
une agitation extraordinaire : les flots entrerent
avec fureur dans l'Ile Saint - Georges , en fuivant la
direction de l'Oueſt à l'Eft ; dans l'Ile du Pic ,
leur direction fut de l'Eſt à l'Oueft , & du Sud à
l'Queſt dans l'Ifle Gracieuſe. L'ifle du Fayal n'a
éprouvé qu'une légere fecouffe , & le mouvement
de la Mer y a été prefqu'infenfible. Dans les lies
de Saint-Michel & de Sainte-Marie , on a fenti
feulement l'effet d'une fecouffe ordinaire : les
Inles des Fleurs & du Corbeau ont été ſeules entiérement
exemptes du malheur général.
On apprend par un Vaiffeau qui vient d'arriver
du Cap Verd , qu'au mois d'Avril dernier , un
Volcan de l'Ifle du Feu , qui vomiffoit fans ceffe
des flammes , s'eft fubitement affaiffé , & que le
village Dos Mofteiros a été enseveli fous les
débris du mont. Les habitans ayant été avertis de
l'événement par plufieurs fignes, fe font heureu
DECEMBRE. 1757.
195
fement fauvés. Deux Bergers feulement ont perda
la vie avec leurs troupeaux .
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Résumé : « Cette Ville affligée de tant de maux, sembloit goûter enfin quelque calme ; [...] »
Le 9 juillet, Lisbonne, déjà affectée par des tremblements de terre, subit un nouveau séisme à 23h45, qui dura environ deux minutes et toucha principalement les Açores. À Angra, toutes les maisons furent ébranlées par une secousse initialement verticale puis horizontale, allant de l'ouest à l'est. La violence du tremblement menaça de détruire tous les bâtiments. Le 10 juillet, deux nouvelles secousses eurent lieu à 10h et 16h, avec une intensité similaire mais une durée plus courte. À l'île Saint-Georges, 1043 personnes périrent sous les décombres. La terreur des habitants augmenta à la vue de nouvelles îles émergées au nord de l'île. Aux Fayals des Vimes, tous les édifices furent détruits. La terre se détacha en plusieurs endroits, formant des langues de terre flottantes. Monte Formoso se scinda en deux parties, l'une s'effondrant dans la mer. Entre la pointe est de l'île de Topo et le bourg de la Calheta, seuls des ruines étaient visibles. Des montagnes changèrent de place ou disparurent, modifiant la topographie des îles. Les habitants, terrifiés, vivaient dans les bois, évitant les zones instables. L'île du Pic ressentit faiblement les secousses, sauf dans la partie proche de l'île Saint-Georges, où onze personnes périrent. La mer fut également agitée, avec des directions variées selon les îles. Les îles de Saint-Michel et de Sainte-Marie subirent une secousse ordinaire, tandis que les îles des Fleurs et du Corbeau furent épargnées. Par ailleurs, un volcan à l'île du Feu s'effondra en avril, ensevelissant le village Dos Mosteiros, mais les habitants furent sauvés grâce à des signes avant-coureurs.
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43
p. *191-191
ESPAGNE.
Début :
Le 31 de Décembre, vers les six heures du matin, cette Ville a encore ressenti [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Bruits, Secousses violentes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 10 Janvier.
Le 31 de Décembre , vers les fix heures da
matin , cette Ville a encore reffenti un nouveau
tremblement de terre dont la fecouffe a duré
trenté ou trente-deux ſecondes. Elle étoit accompagnée
d'un bruit fouterrein . C'eft la plus violente
qu'on ait effuyée depuis celle du premier Novem
bre 1755 ; mais elle n'a point cauſé de dommage.
DE LISBONNE , le 10 Janvier.
Le 31 de Décembre , vers les fix heures da
matin , cette Ville a encore reffenti un nouveau
tremblement de terre dont la fecouffe a duré
trenté ou trente-deux ſecondes. Elle étoit accompagnée
d'un bruit fouterrein . C'eft la plus violente
qu'on ait effuyée depuis celle du premier Novem
bre 1755 ; mais elle n'a point cauſé de dommage.
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44
p. 200
ESPAGNE.
Début :
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Arrêt du roi, Reconstruction, Plan, Propriétaires, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 2 juin, un arrêté royal a ordonné la reconstruction de Lisbonne en cinq ans. Les propriétaires doivent suivre un plan approuvé. Les terrains pour les rues seront payés par les bénéficiaires, ceux pour les places publiques par le Roi. Le 3 juin, une nouvelle secousse sismique a été ressentie.
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