Résultats : 11995 texte(s)
Détail
Liste
2501
p. 3-27
LA CONVENTION matrimoniale.
Début :
Une nouvelle mariée, femme tres-vertueuse, mais encore plus enjoüée, [...]
Mots clefs :
Épouse, Mari, Dispute, Marche, Convention, Amour, Lettre, Souper mystérieux, Paris, Importun
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texteReconnaissance textuelle : LA CONVENTION matrimoniale.
LA CONVENTION
matrimoniale.
uNe * nouvelle mariée,
femme tres -
vertueuse.,
mais encore plus enjouée,
demandoit à son mary
s'il seroit aussi fidelle 5-
qu'elle. fly.pit Yçfolu de
Tertre> cela n'est p-is
égal, respondit le mary,
qui entendoitraillerie,
mais qui ne plaisantoit
quede fang-fioUL--Non,
continua-t-il? il n'est pas
juste qu'un homme borne sa tendresse à sa femme
,
maisune *
femmes
doit borner la sienne à
son mary. Ils disputerent
quelque tempsfiirj ebeœ
matieresirebattus,&
de se dirent que des plaisanteries usées que je
n'aime point à repeter,
& que vous aimeriez encoremoins à lire.
Le resultat de leur dis
pute fut un marché conclu entre eux ;
sçavoir,
qu'ils s'entre-aimeroient
tant que leur amour durerait
,
mais ils s'obligerent de faire succeder à
cet amour,estime, amitié
,
égards, en un mot
fout ce que se promet-
tent les époux après quelques mois demariage
,
lorsqu'ils sont prests de
se haïr, ceux - cy se promirent de plus, une sincerité sans reserve
,
une
confiance mutuelle, u
si exacte qu'ils ne se cacheroient aucun deleurs
sentiments, non pas met
me leurs infidelitez
,
si le
cas arrivoit,c'est-à-dire,
à l'égard du mary, car la
femme solidement vertueuse, promitde bonne
foy
,
que ne pouvant re spondre de la durée de son
amour, elle refpondoit
du moins de la durée de
son indifférence.
Le maryd'aussi bonne
foy que sa femme, avoüa
qu'il ne pouvoit en promettre autant, & sa femme plus raisonnable qu'-
on ne pourroit se l'imaginer, n'exigea de luy qu'
une feule chose.
G)est le moins que vous
yutJJïeZjfaire pour moy,
dit-elle, quandvostre
amour cessera,que de rriestimer aficz* pour me confier vossecrets
,
f5 je vous
declare, que si vous me
caci)ez, jamais les moindres circonstances de vos
avantures
,
je me tiens
en conscience relevée du
serment de fidelité que je
vous faits..
Le mary trouva cette
menace
-tres-equitable
Se après avoir juré qu'il
n'aimeroit jamais que sa.
femme, illuy jura que si
par malheur il devenoit
parjure
,
iln'auroit point
d'autre confidente que sa
chcre époule.
Ce fut là les conventions matrimoniales de
ces nouveaux mariez,
conventions verbalesfeulement, car ilsavoient
oubliéde les stipuler dans
leurcontract de mariage.
Quelques mois de fidelité s'écoulerent, celle du
Jllary ne resista pas long-
temps à certaine voisine,
femme de peu de merite
,
à sa beauté près, sonmary estoit si brutal qu'il
meritoit bien une femme*
coquette, elle ne put refuser à nostre jeune marié une partie de campagne
,
il ne sagissoit pourtant que d'un souper ?
car ilsestoient tous deux
mariez, ainsi ma plume
est trop reguliere pour
écrire cette avanture si je
n'avois sceu de bonne
part qu'ils n'avoient dessein que de boire ensemble feulement. Quoy
qu'il en soit, le nouveau
marién'eut pas le courage de confier à sa femme cette nouvelle inclination: voicy comme elle
en fut informée.
Un jeune fat beau de
visage, droit & guindée
tres feur de plaire
,
se
crut aimé d'elle
,
quoy
qu'elleluy jurast qu'il
n'en estoitrien;il comr
mençoit à l'importuner
beaucoup, elle luy don-
,
na son congé qu'il ne voulut point prendre;
farce que, disoit-il; cette
rueriu, qui soppoje a mon
bonheur, doit ceder a une
raisonsans répliqué: cep
que rvojlre." >mdry vous
trompe. Elle, luydemanda des preuves convainquantes
,
moyennant
quoy elle luy promit ce
qu'ellen'avoit nulle enviedeluy accorder. Pçiv
dant qu'on travailloit à
la
convaincre
,un Laquais
de cette voisine vint pour
apporter une Lettre à son
maryqui estoit partidès
le grand matin pour. Ver
,
failles, elle connoissoit
les livrées delavoisine;
dès qu'elle vit le Laquais,
elle luy détacha un des
siensqui legagna. Dix
louis d'or firent tomber
la Lettre des mains du
porteur,
,
& onluyen
promit dix. autres pour
aller dire à sa maistresse
qu'il avoitremis la Lettre
entre les mains dumary ;
cela estoit necessaire pour
l'idée que cette Lettre fist
naistre à nostreépouse
offensée.Voicy ce que
marquoit la Lettre avec
d'autres traits qui la mirent entièrement au fait.
Moncher, &c. nous ne
pouvonspas aller ce soir
à la maisonde campagne de Mr,&c. jevous
prie de remettre ce souper
à demain, &c.
Dans cette Lettre estoit
enfermé un billet sur lequel le concierge qui
avoit préparéle souper à
la maison de campagne,
devoitlaissèr entrer trois
Dames & un homme. Le
22. Juin iyiz. les Dames
avoient renvoyé le billet
afin que son Amant changeast la date; car parcertaines circonstances trop
longues à deduire, ce
souper mysterieux, en
maison d'emprunt,avoit
esté ordonnéparunti e,eoronneparuntIers, ers,
& l'Amant ne devoitsy
rendre que tard au retour
de Versailles, oùilefloit
allé dès le matin pour affaires impreveuës.
Ces deux billets suffisoient pour faire naistre
l'idée dont vous allez
voir la quite. 1
Nostre jeune mariéequi avoit3com~
me j'ay desja dit, beaucoup de gayeté dans l'ef
prit, pria deux de ses
amies
amies de venir avec elle
à la campagne manger
le soupes de son mary
,
,& le jeune importun arriva tout a propos pour
faire le quatrièmeporté
par le billet. Enfin 'vous
mavezpersuade,luy
.dit-elle dèsqu'elle le vit
entrer,je- conviens
,qu'il est juste queceluy
qui mafiaiLçonnoifiretinfidelite mon mary, m'aide à m'enranger
mgiiiezen carrosse avec
nousje veux njous donner âsouper a la campagne. Jugez si la vanité
du fat fut flattée, car il
estoit plus vain qu'amoureux
,
& il fut ravy d'avoir ces deux autres Dames pour tesmoins de sa
bonne fortune. Ils arriverent enfin tous quatre
à la maison de campagne,
où il futencore plus charmé de la seste magnifique & galante qu'il creut
préparée , 1 exprés 1 pour luy.
Le concierge les receut
sur le billet qui estoit de
la main de celuy qui
avoit ordonné la feste,&
sur lequel on devoit recevoir sa compagnie.
Les Dames userent de
la maison & de la feste
avec une liberté qui confirmoit encore te concierge dans son erreur. Elles
se firentservirle fouperen
attendant le mary qui arriva bien-tost après avec
l'impatience d'un Amant
qui croit estre attendu
par samaistrsse Le concierge luy dit à son arrivée que ces trois Dames
&. son amy estoient desja à,table
,
& avoient fait
servir malgréluy
,
qui
vouloit l'attendre, il fut
charmé que sa maistresse
en usast si librement, &
cette liberté luy fut de si
bon augure qu'il ne fit
qu'un faut delà dans la
salle ,<& courutavectant
daprecipitation,qu'iles-
toit au milieu des trois
Dames avant que de s'estre apperceu que ce n'estoient pas celles qu'il croyoit trouver là. Quelle
surprise fut la sienne, il resta immobiledansun fauteüil où sa femme le fit
tomber auprèsd'elle,pendant que les deux compagnes retenoient dans
un autre le petit homme à
bonne fortune, qui avoit
voulu
fuirà l'arrivée du
mary. Mettez- vous à la
place de l'un de l'autre
06 jugez lequel des deux
cistoit leplus estourdi ou
du mâry ou du galant.
La femme rompit le silence la premiere Vous
avez manquéa vos conventions, dit- elle à son
mary, il netient pas à
Monsieurqueje n'execute les miennes
,
vous m'avezfait mistere de vos
nouvelles amours ,
& si
Monsieurn'avoit eu la
bonte de m'en, avertir
vous fériez, icy bien plus
avojlreaise que vous n'y
estes. Ce seroit pourtant
dommagequ'une feste si
galamment préparée se
passast tristement
,
qJous
¿tqJeZ.icy deux partis a
prendre, choisissez:l'un
c'est de nous laisser avec
,
Monsieur dans la joyer
que vous troubleriez à
coup seurparl'humeur où
je vous voy :
l'autre party ycejt de restergayement avec nous, enchas.
sant d'icy celuy que jeny'
ay amenéquepour leconfondre.
Cette alternativefut
donnée ~~ol~lJé~ aumaryd'une
au inary, d'une
iàçonc sienjouée sidouçe.&si naturelle
,
que
loin•. de soupconner la
vertu 1desa.fenmie, ilsut
nouvellad'amour pour
^elle/ Dèsce - moment
toute la honte &la consusionretomberent sur le
pccijt:.fax, qu'on reconduisit
duifit en le bernant jusqu'à la porte de la maison
;
$C le mary, qui estoit
homme à craindre pour
luy, luy ordonna, fous
peinedubaston, s'ily
manquoit, d'exercerson
employ de donneur d'avis, en allant de ce pas
avertirla voisine Goquette qu'il la prioit de.M
plus compter sur luy.
Cette commission fut
donnéeavec des menaces
si serieuses, que le petit
homme à bonne fortune
retourna toute la nuit de
son pied à Paris, où l'on
k sit suivre par un valet
à cheval, qui promit de
luy faire accomplir exactement cette penitence
dontla femme ne voulut
rien rabattre.
Cetteaimable perron
ne ainsidebarrasséedeson
importun, & seflattant
d'avoir regagné du
moins pour un temps,le
cœur de son marv, luy
fit avoüer à table qu'il
n'avoit pas de regret à sa
voisine. Cesouper se fit
avec tantde gayeté,qu'on
pourra dire après cela,
que comme il riejl chere
que d'avaricieux, il n'est
bonnes festesqu'entre
maris & femmes.
matrimoniale.
uNe * nouvelle mariée,
femme tres -
vertueuse.,
mais encore plus enjouée,
demandoit à son mary
s'il seroit aussi fidelle 5-
qu'elle. fly.pit Yçfolu de
Tertre> cela n'est p-is
égal, respondit le mary,
qui entendoitraillerie,
mais qui ne plaisantoit
quede fang-fioUL--Non,
continua-t-il? il n'est pas
juste qu'un homme borne sa tendresse à sa femme
,
maisune *
femmes
doit borner la sienne à
son mary. Ils disputerent
quelque tempsfiirj ebeœ
matieresirebattus,&
de se dirent que des plaisanteries usées que je
n'aime point à repeter,
& que vous aimeriez encoremoins à lire.
Le resultat de leur dis
pute fut un marché conclu entre eux ;
sçavoir,
qu'ils s'entre-aimeroient
tant que leur amour durerait
,
mais ils s'obligerent de faire succeder à
cet amour,estime, amitié
,
égards, en un mot
fout ce que se promet-
tent les époux après quelques mois demariage
,
lorsqu'ils sont prests de
se haïr, ceux - cy se promirent de plus, une sincerité sans reserve
,
une
confiance mutuelle, u
si exacte qu'ils ne se cacheroient aucun deleurs
sentiments, non pas met
me leurs infidelitez
,
si le
cas arrivoit,c'est-à-dire,
à l'égard du mary, car la
femme solidement vertueuse, promitde bonne
foy
,
que ne pouvant re spondre de la durée de son
amour, elle refpondoit
du moins de la durée de
son indifférence.
Le maryd'aussi bonne
foy que sa femme, avoüa
qu'il ne pouvoit en promettre autant, & sa femme plus raisonnable qu'-
on ne pourroit se l'imaginer, n'exigea de luy qu'
une feule chose.
G)est le moins que vous
yutJJïeZjfaire pour moy,
dit-elle, quandvostre
amour cessera,que de rriestimer aficz* pour me confier vossecrets
,
f5 je vous
declare, que si vous me
caci)ez, jamais les moindres circonstances de vos
avantures
,
je me tiens
en conscience relevée du
serment de fidelité que je
vous faits..
Le mary trouva cette
menace
-tres-equitable
Se après avoir juré qu'il
n'aimeroit jamais que sa.
femme, illuy jura que si
par malheur il devenoit
parjure
,
iln'auroit point
d'autre confidente que sa
chcre époule.
Ce fut là les conventions matrimoniales de
ces nouveaux mariez,
conventions verbalesfeulement, car ilsavoient
oubliéde les stipuler dans
leurcontract de mariage.
Quelques mois de fidelité s'écoulerent, celle du
Jllary ne resista pas long-
temps à certaine voisine,
femme de peu de merite
,
à sa beauté près, sonmary estoit si brutal qu'il
meritoit bien une femme*
coquette, elle ne put refuser à nostre jeune marié une partie de campagne
,
il ne sagissoit pourtant que d'un souper ?
car ilsestoient tous deux
mariez, ainsi ma plume
est trop reguliere pour
écrire cette avanture si je
n'avois sceu de bonne
part qu'ils n'avoient dessein que de boire ensemble feulement. Quoy
qu'il en soit, le nouveau
marién'eut pas le courage de confier à sa femme cette nouvelle inclination: voicy comme elle
en fut informée.
Un jeune fat beau de
visage, droit & guindée
tres feur de plaire
,
se
crut aimé d'elle
,
quoy
qu'elleluy jurast qu'il
n'en estoitrien;il comr
mençoit à l'importuner
beaucoup, elle luy don-
,
na son congé qu'il ne voulut point prendre;
farce que, disoit-il; cette
rueriu, qui soppoje a mon
bonheur, doit ceder a une
raisonsans répliqué: cep
que rvojlre." >mdry vous
trompe. Elle, luydemanda des preuves convainquantes
,
moyennant
quoy elle luy promit ce
qu'ellen'avoit nulle enviedeluy accorder. Pçiv
dant qu'on travailloit à
la
convaincre
,un Laquais
de cette voisine vint pour
apporter une Lettre à son
maryqui estoit partidès
le grand matin pour. Ver
,
failles, elle connoissoit
les livrées delavoisine;
dès qu'elle vit le Laquais,
elle luy détacha un des
siensqui legagna. Dix
louis d'or firent tomber
la Lettre des mains du
porteur,
,
& onluyen
promit dix. autres pour
aller dire à sa maistresse
qu'il avoitremis la Lettre
entre les mains dumary ;
cela estoit necessaire pour
l'idée que cette Lettre fist
naistre à nostreépouse
offensée.Voicy ce que
marquoit la Lettre avec
d'autres traits qui la mirent entièrement au fait.
Moncher, &c. nous ne
pouvonspas aller ce soir
à la maisonde campagne de Mr,&c. jevous
prie de remettre ce souper
à demain, &c.
Dans cette Lettre estoit
enfermé un billet sur lequel le concierge qui
avoit préparéle souper à
la maison de campagne,
devoitlaissèr entrer trois
Dames & un homme. Le
22. Juin iyiz. les Dames
avoient renvoyé le billet
afin que son Amant changeast la date; car parcertaines circonstances trop
longues à deduire, ce
souper mysterieux, en
maison d'emprunt,avoit
esté ordonnéparunti e,eoronneparuntIers, ers,
& l'Amant ne devoitsy
rendre que tard au retour
de Versailles, oùilefloit
allé dès le matin pour affaires impreveuës.
Ces deux billets suffisoient pour faire naistre
l'idée dont vous allez
voir la quite. 1
Nostre jeune mariéequi avoit3com~
me j'ay desja dit, beaucoup de gayeté dans l'ef
prit, pria deux de ses
amies
amies de venir avec elle
à la campagne manger
le soupes de son mary
,
,& le jeune importun arriva tout a propos pour
faire le quatrièmeporté
par le billet. Enfin 'vous
mavezpersuade,luy
.dit-elle dèsqu'elle le vit
entrer,je- conviens
,qu'il est juste queceluy
qui mafiaiLçonnoifiretinfidelite mon mary, m'aide à m'enranger
mgiiiezen carrosse avec
nousje veux njous donner âsouper a la campagne. Jugez si la vanité
du fat fut flattée, car il
estoit plus vain qu'amoureux
,
& il fut ravy d'avoir ces deux autres Dames pour tesmoins de sa
bonne fortune. Ils arriverent enfin tous quatre
à la maison de campagne,
où il futencore plus charmé de la seste magnifique & galante qu'il creut
préparée , 1 exprés 1 pour luy.
Le concierge les receut
sur le billet qui estoit de
la main de celuy qui
avoit ordonné la feste,&
sur lequel on devoit recevoir sa compagnie.
Les Dames userent de
la maison & de la feste
avec une liberté qui confirmoit encore te concierge dans son erreur. Elles
se firentservirle fouperen
attendant le mary qui arriva bien-tost après avec
l'impatience d'un Amant
qui croit estre attendu
par samaistrsse Le concierge luy dit à son arrivée que ces trois Dames
&. son amy estoient desja à,table
,
& avoient fait
servir malgréluy
,
qui
vouloit l'attendre, il fut
charmé que sa maistresse
en usast si librement, &
cette liberté luy fut de si
bon augure qu'il ne fit
qu'un faut delà dans la
salle ,<& courutavectant
daprecipitation,qu'iles-
toit au milieu des trois
Dames avant que de s'estre apperceu que ce n'estoient pas celles qu'il croyoit trouver là. Quelle
surprise fut la sienne, il resta immobiledansun fauteüil où sa femme le fit
tomber auprèsd'elle,pendant que les deux compagnes retenoient dans
un autre le petit homme à
bonne fortune, qui avoit
voulu
fuirà l'arrivée du
mary. Mettez- vous à la
place de l'un de l'autre
06 jugez lequel des deux
cistoit leplus estourdi ou
du mâry ou du galant.
La femme rompit le silence la premiere Vous
avez manquéa vos conventions, dit- elle à son
mary, il netient pas à
Monsieurqueje n'execute les miennes
,
vous m'avezfait mistere de vos
nouvelles amours ,
& si
Monsieurn'avoit eu la
bonte de m'en, avertir
vous fériez, icy bien plus
avojlreaise que vous n'y
estes. Ce seroit pourtant
dommagequ'une feste si
galamment préparée se
passast tristement
,
qJous
¿tqJeZ.icy deux partis a
prendre, choisissez:l'un
c'est de nous laisser avec
,
Monsieur dans la joyer
que vous troubleriez à
coup seurparl'humeur où
je vous voy :
l'autre party ycejt de restergayement avec nous, enchas.
sant d'icy celuy que jeny'
ay amenéquepour leconfondre.
Cette alternativefut
donnée ~~ol~lJé~ aumaryd'une
au inary, d'une
iàçonc sienjouée sidouçe.&si naturelle
,
que
loin•. de soupconner la
vertu 1desa.fenmie, ilsut
nouvellad'amour pour
^elle/ Dèsce - moment
toute la honte &la consusionretomberent sur le
pccijt:.fax, qu'on reconduisit
duifit en le bernant jusqu'à la porte de la maison
;
$C le mary, qui estoit
homme à craindre pour
luy, luy ordonna, fous
peinedubaston, s'ily
manquoit, d'exercerson
employ de donneur d'avis, en allant de ce pas
avertirla voisine Goquette qu'il la prioit de.M
plus compter sur luy.
Cette commission fut
donnéeavec des menaces
si serieuses, que le petit
homme à bonne fortune
retourna toute la nuit de
son pied à Paris, où l'on
k sit suivre par un valet
à cheval, qui promit de
luy faire accomplir exactement cette penitence
dontla femme ne voulut
rien rabattre.
Cetteaimable perron
ne ainsidebarrasséedeson
importun, & seflattant
d'avoir regagné du
moins pour un temps,le
cœur de son marv, luy
fit avoüer à table qu'il
n'avoit pas de regret à sa
voisine. Cesouper se fit
avec tantde gayeté,qu'on
pourra dire après cela,
que comme il riejl chere
que d'avaricieux, il n'est
bonnes festesqu'entre
maris & femmes.
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Résumé : LA CONVENTION matrimoniale.
Le texte décrit une convention matrimoniale entre un jeune couple. La femme, vertueuse mais enjouée, interroge son mari sur sa fidélité. Le mari répond que les hommes ne doivent pas limiter leur tendresse à une seule femme, contrairement aux femmes. Ils conviennent de s'aimer tant que leur amour durera, mais de passer à l'estime et à l'amitié si l'amour cesse. Ils s'engagent également à la sincérité et à la confiance mutuelle, y compris la confession des infidélités. Quelques mois plus tard, le mari cède à une voisine coquette et accepte un souper avec elle. La femme découvre l'infidélité grâce à une lettre interceptée. Elle organise alors un souper à la campagne avec deux amies et un jeune homme importun, où ils surprennent le mari en flagrant délit. La femme révèle au mari qu'il a manqué à leurs conventions en cachant ses nouvelles amours. Elle lui offre deux choix : soit il les laisse avec le jeune homme, soit il reste gaiement avec eux en chassant l'importun. Impressionné par la ruse de sa femme, le mari choisit de rester et ordonne au jeune homme de prévenir la voisine coquette qu'il ne doit plus compter sur lui. Le souper se termine dans la gaieté, et la femme se réjouit d'avoir regagné le cœur de son mari.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2502
p. 27-32
LIVRE ESPAGNOL.
Début :
Il paroist depuis peu un Livre en Espagnol, qui meriteroit [...]
Mots clefs :
Livre espagnol, Médecine, Hippocrate, Maladie, Practiciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRE ESPAGNOL.
LIVRE ESPAGNOL:
IL paroist depuis peu
un
Livre en Espagnol, qui meriteroit bien qu'on le traduisist en François:il est
d'un des plus excellents
Medecins de l'Europe, & •
cet autheursemble ne s"cf,
tre consommé dansla theorie, &dans la pratique de
la medecine que pour détruire tous les fauxpréjugez dont cette scienceest
obscurcie.-
Letitredu Livreest,Hippocrate deffendu detoutes
lescalomnies;dont les Medecins l'accusoientinjustenient en particulier dans
la cure des maladies ai-,
guës';. & onfait voirque Jufquesaàperfentperfanne
n'a sceu comment il traietoit ces maladies, c'est ce
qu'explique, comentant le
premier des aphorismes,le
Docteur Michel Marcellino -
Boix
,
natif du Royaume
deValence, membredu
Collegedes trois Langues,
Professeur en Medecine
{JansTypivçrfïçe' d'Alcala
, Fondateur de l'Académie
Royale deSeville, & à present Medecin honoraire
du Roy.
:
h
Ce Livre a
esté escrit par l'autheur, pour détruire la
confusiondes sistemes, qui
au lieu d'avancer la Medecine, retardent considerablement ses progrez, il explique mot par mot les paroles du premier aphorisme d'Hippocrare,&àchaque periode fait un discours
qui comprend tout ce qu'il
y a
de meilleur & de plus
necessaire aux Medecins
pour bienconduire leurs
malades.Il fait voir par
plusieurs partages des Livres légitimés d'Hippocrate,quelle a
efi¿ sa pratique
dans les maladies aiguës.
Il prétend qu'il faut écou-
ter la nature
-
sans la détourner des mouvements
critiques qu'elle feroit sans
l'importune pratique des
saignées & purgations faites dans ces maladiesla
ordinairement mal à propos:il prouve tout cela par
l'experience
,
la raison &
l'authorité non feulement
d'Hippocrate, mais des
meilleurs Praticiens de
l'Europe. C'est asseurement un Livre, où l'autheur fait connoistre beaucoup d'érudition, & une
profonde connoissance en
tout ce qui regarde sa prôsession.
IL paroist depuis peu
un
Livre en Espagnol, qui meriteroit bien qu'on le traduisist en François:il est
d'un des plus excellents
Medecins de l'Europe, & •
cet autheursemble ne s"cf,
tre consommé dansla theorie, &dans la pratique de
la medecine que pour détruire tous les fauxpréjugez dont cette scienceest
obscurcie.-
Letitredu Livreest,Hippocrate deffendu detoutes
lescalomnies;dont les Medecins l'accusoientinjustenient en particulier dans
la cure des maladies ai-,
guës';. & onfait voirque Jufquesaàperfentperfanne
n'a sceu comment il traietoit ces maladies, c'est ce
qu'explique, comentant le
premier des aphorismes,le
Docteur Michel Marcellino -
Boix
,
natif du Royaume
deValence, membredu
Collegedes trois Langues,
Professeur en Medecine
{JansTypivçrfïçe' d'Alcala
, Fondateur de l'Académie
Royale deSeville, & à present Medecin honoraire
du Roy.
:
h
Ce Livre a
esté escrit par l'autheur, pour détruire la
confusiondes sistemes, qui
au lieu d'avancer la Medecine, retardent considerablement ses progrez, il explique mot par mot les paroles du premier aphorisme d'Hippocrare,&àchaque periode fait un discours
qui comprend tout ce qu'il
y a
de meilleur & de plus
necessaire aux Medecins
pour bienconduire leurs
malades.Il fait voir par
plusieurs partages des Livres légitimés d'Hippocrate,quelle a
efi¿ sa pratique
dans les maladies aiguës.
Il prétend qu'il faut écou-
ter la nature
-
sans la détourner des mouvements
critiques qu'elle feroit sans
l'importune pratique des
saignées & purgations faites dans ces maladiesla
ordinairement mal à propos:il prouve tout cela par
l'experience
,
la raison &
l'authorité non feulement
d'Hippocrate, mais des
meilleurs Praticiens de
l'Europe. C'est asseurement un Livre, où l'autheur fait connoistre beaucoup d'érudition, & une
profonde connoissance en
tout ce qui regarde sa prôsession.
Fermer
Résumé : LIVRE ESPAGNOL.
Un livre en espagnol récemment publié mérite d'être traduit en français. Son auteur, le docteur Michel Marcellino Boix, éminent médecin européen, vise à démanteler les faux préjugés en médecine. Intitulé 'Hippocrate défendu de toutes les calomnies', l'ouvrage conteste les accusations injustes portées contre Hippocrate, notamment dans le traitement des maladies aiguës. Boix, natif du Royaume de Valence, membre du Collège des trois Langues, professeur de médecine à Alcalá et fondateur de l'Académie Royale de Séville, commente le premier aphorisme d'Hippocrate. Il clarifie les systèmes médicaux qui retardent les progrès de la médecine et explique mot par mot les paroles de cet aphorisme. Boix fournit des discours détaillés sur les meilleures pratiques pour les médecins et démontre la méthode d'Hippocrate à travers des extraits légitimes de ses œuvres. Il critique les pratiques courantes de saignées et de purgations, prônant l'écoute de la nature sans perturber ses mouvements. Ses arguments sont soutenus par l'expérience, la raison et l'autorité d'Hippocrate ainsi que des meilleurs praticiens européens. Le livre révèle l'érudition et la profonde connaissance de l'auteur en médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2503
p. 32-42
EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Début :
Monsieur, Un habile Chimiste de mes amis, qui ne veut [...]
Mots clefs :
Londres, Chat, Venin, Rage, Expérience, Chimiste, Baquet, Araignées, Musique, Remède
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texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
EXPERIENCE
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
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Résumé : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Un chimiste a mené une expérience sur un chat enragé afin de tester un remède. Pour préserver son anonymat jusqu'à la vérification de son traitement, il a suspendu un chat robuste avec des cordes et l'a soumis à des coups violents pour provoquer une rage intense. Ensuite, le chat a été immergé dans un baquet d'eau tiède contenant une distillation préparée à partir d'araignées italiennes, similaires aux tarentules. Après ce traitement, le chat est devenu calme et a accepté de la nourriture avec douceur. Le texte décrit également les effets variés du venin de la tarentule, qui peuvent inclure l'incapacité à dormir, des plaintes continues, des rires incessants, des grincements de dents, ou des danses. Le venin affecte également la perception des couleurs et peut provoquer des vomissements ou des sueurs abondantes. La distillation utilisée dans l'expérience est dérivée de ce venin, connu pour ses effets surprenants et contraires. Le chimiste prévoit de tester son remède sur d'autres animaux et humains atteints de rage avant de le rendre public.
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2504
p. 42-59
MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Début :
Louis Joseph Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Mort, Général, Apprentissage, Armée, Commandement, Espagne, Roi, Siège, Campagne, Combat, Valeur, Victoire, Héros
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texteReconnaissance textuelle : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Ona différé l'article de
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
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Résumé : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Le texte relate la vie et les exploits militaires de Louis Joseph de Vendôme, Duc de Vendôme, Pair de France, Prince de Martigues, Chevalier des Ordres du Roy, Grand Sénéchal et Gouverneur de la Provence, et Général des Galères. Né petit-fils d'un grand roi, il montra dès son enfance des qualités rares telles que l'humanité, l'affabilité, la générosité et la compassion. Il s'illustra très tôt dans sa carrière militaire, servant avec assiduité et gravissant les échelons jusqu'à devenir un grand général. Sous la tutelle de Turenne et de Crequy, il participa à de nombreuses batailles, comme celle d'Altenheim où il fut grièvement blessé. Il se distingua également lors des sièges de Barcelone et de Cremone, et dans diverses campagnes en Allemagne, en Flandres et en Italie. Ses actions militaires, telles que la prise de plusieurs villes et la victoire à la bataille de Luzara, contribuèrent à affermir la couronne du Roi d'Espagne. Le Duc de Vendôme était également connu pour sa magnificence et son hospitalité, notamment lors des séjours du Dauphin à sa maison d'Anet. Il reçut de grandes marques de confiance du Roi, qui lui confia divers commandements importants. Sa carrière militaire fut marquée par des succès notables, bien que la victoire lui ait parfois échappé, comme à la bataille d'Oudenarde. Le texte mentionne également la préparation d'un journal détaillant ses actions en Espagne, soulignant l'impact de ses exploits sur la couronne espagnole.
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2505
p. 60-72
Nouvelles Responses aux Questions des Mercures précedens, sur les grands parleurs, & les taciturnes.
Début :
Aux éloquences diffuses & brillantes on preferoit l'éloquence tenebreuse [...]
Mots clefs :
Éloquence, Grands parleurs, Taciturnes, Entendre, Table, Esprit, Discours
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Responses aux Questions des Mercures précedens, sur les grands parleurs, & les taciturnes.
Nouvelles Kefponjèsaux
Que(lions des Mercuresprécedens, sur les
grandsparleurs, &les
taciturnes. Auxéloquencesdiffuses & brillantes on prese
reroit l'éloquence tenebreuse d'Heraclite incité
par les Citoïens à haranguer le peuple dans une
sédition.Ilponte sur la
Tribune,' verse de l'eau
froidedans un vase
,
se
saupoudre de farine, l'avale & s'en va sans rien
dire, signifiant par là à
sesCytoiens que leur luxe & leurs excès en tou-
,
teschosesaussi-bien qu'en
paroles estoient la cause
de leurs désordres Se
qu'il n'y avoit que la fragilité qui pust les faire
cesser. Le symbole estoit
obscur,mais il donna de
l'attention
au peuple, le
fit penser & le rendit fage. Celui qui pique Se
embarrasse nostre entendement par une idée obscure, nous déplaift moins
que celui qui lui oste
[on action en l'étouffant
( pour ainsi dire) par
une éloquence trop diffuse
,
nous aimons mieux
n'entendre pas assez que
d'entendre trop.
Eloquence de Table.
Plutarque compare nos
tre esprit & nostre aIne
à une merenourrice à le-
gard du corps; S6 dit
que de mesme qu'elle
ne prend les plaisirs & ne
fait bonne chere qu'après
avoir allaitté son nourrisfouSe l'avoir fait dormir,
nôtre esprit pareillement
ne doit songerà s'exercer
qu'après avoir bien traitté son poupon. Il ne peut
être tranquille ni content
que l'autre n'ait ce qu'il
lui faut & ne foit en bon
estat. Homere fait manger ses Heros en silence,
après quoi le plus digne
foit par son rang soitpar
son esprit entretient la
compagnie.
,
Athenée semocque avec
raison du pedantesque
banquet d'Epicure où
l'on ne voyoit que des
éplucheurs d'atomes, &C
où l'un des plus severes
commença d'abord par
proposer une question
comme dansl'Ecole. Un
.-
plat devuide&d'atomes
a
l'entrée de table quels
entremets.
entremets. Les Sophistes
croient bien mieux celebrer l'entrée de table,
parce qu'ils s'empressent
dés le potage à debiter
leurs vains arguments.
On les voit, dit un Grec,
suffoquez par le potage
qui veut entrer, & la
vanité qui veut sortir
dans le mefine temps.
LeGrammairien & le
Rhetoricienont raison
de dire qu'ils né font rien
lors qu'ils ne
parlent
point, le silence au contraire ne couste rien au
Philosophe à l'homme de bon sens, parce
qu'il estpersuadé qu'on
n'est aimable & estimable qu'autant qu'on a
d'attention pour les autres & peu pour foy. Il
efl: persuadé que l'homme fê montre tel par le
silenceencore mieux que
par la parole. Non seulement lebabil & les
grandes conversations
sont ridiculesàl'entrée
decable, l'esprit mesme,
tout cfpdt- qu'ilest, doit
eY taire, & ne se regargeralors que comme
présidentà une fonction
corporelle comme le surintendant & surveillant
4tJ goust. Lecorps estant
satisfait veut bien partagor^LV<C1eiprk la volupté a laquelle tout le
restedurepasestdestiné;
alorstous propos intelligibles
,
agréables & fa-
ges feront reçeus avec
plaisir ;
je dis intelligibles à toute l'assemblée
,
car les discours comme
le vin doivent estre commun en un repas, & le
Metaphysicien où le Geometrequi veulent y
donner un plat de leur façon,font d'aussi mauvasse compagnie que le
Renard à l'égard de la
Cigogne, & de la Cigogne àl'égard du Renard.
Selon les Anciens tout
Sophiste devoit estre exclus de la table, & n'y point
troubler la vérité & le plaisir dans le seul afile qui leur
reste & où ils doivent régner seuls
:
j'entends la verité du cœur & non de rcc.
prie, car celuy- cy est si fort
altéré & abatardi des son
enfance,par la tirannie du
Sofisme, qu'on ne peut plus
se fierà ce qui part de lui.
Les discours quisortent du
cœursont tousjours agréables par eux-mesmes, & un
grain de selsuffit pour leur
donner un goust charmant. Voir & estre vu eû
le charme & la perfection
de la societé;mais qujpeuç
estre vu impunement ôç
qui peut voir&penetrer le
cœur d'autruiassez chajricablement& assez£^çmejuï
Il estmal aisé&prcfque-iHipossible d'assortir une comT
pagnie où l'on puUlegosuC
ter ce plaisir,il;fa^tplaft^fl:
s'en mefier que
feïpçrefYî
Repetez-vous efuvççtJ
vous nefme ce Proverbe
Arabe, teivim estentré, ig
secret va sortir ,ilplu*
seur comme plus ordinaire
à table de se moquer de son
prochain que de se fier à
luy,cen'estpas à dire que
la raillerie doive estre approuvai table plus qu'ailleurs. Au contraire dit un
Auteur Grec, comme on
renveseaisément ceux qui
sont dans un lieu glissant
& penchant pour peu
qu'on leur touche, aink
desesprits échauffez parle
vin sont tousjours prests à
broncher de colere.
Quipeut divertir & rai ller une personne en mesme
temps, loin de l'offenser
,
qui peut à l'occasion du
moindre petit ridicule innocent qu'on luy presente,
imaginer des traits plaisants
,
& leur donner un
tourvif & poli, qui sçait
se moquer de soy-mesme
encore plus souvent
,
Se
plus plaisamment que des
autres, aura attrape le vray
cfprit de raillerie
,
qui fait
l'agrément d'un convive
Que(lions des Mercuresprécedens, sur les
grandsparleurs, &les
taciturnes. Auxéloquencesdiffuses & brillantes on prese
reroit l'éloquence tenebreuse d'Heraclite incité
par les Citoïens à haranguer le peuple dans une
sédition.Ilponte sur la
Tribune,' verse de l'eau
froidedans un vase
,
se
saupoudre de farine, l'avale & s'en va sans rien
dire, signifiant par là à
sesCytoiens que leur luxe & leurs excès en tou-
,
teschosesaussi-bien qu'en
paroles estoient la cause
de leurs désordres Se
qu'il n'y avoit que la fragilité qui pust les faire
cesser. Le symbole estoit
obscur,mais il donna de
l'attention
au peuple, le
fit penser & le rendit fage. Celui qui pique Se
embarrasse nostre entendement par une idée obscure, nous déplaift moins
que celui qui lui oste
[on action en l'étouffant
( pour ainsi dire) par
une éloquence trop diffuse
,
nous aimons mieux
n'entendre pas assez que
d'entendre trop.
Eloquence de Table.
Plutarque compare nos
tre esprit & nostre aIne
à une merenourrice à le-
gard du corps; S6 dit
que de mesme qu'elle
ne prend les plaisirs & ne
fait bonne chere qu'après
avoir allaitté son nourrisfouSe l'avoir fait dormir,
nôtre esprit pareillement
ne doit songerà s'exercer
qu'après avoir bien traitté son poupon. Il ne peut
être tranquille ni content
que l'autre n'ait ce qu'il
lui faut & ne foit en bon
estat. Homere fait manger ses Heros en silence,
après quoi le plus digne
foit par son rang soitpar
son esprit entretient la
compagnie.
,
Athenée semocque avec
raison du pedantesque
banquet d'Epicure où
l'on ne voyoit que des
éplucheurs d'atomes, &C
où l'un des plus severes
commença d'abord par
proposer une question
comme dansl'Ecole. Un
.-
plat devuide&d'atomes
a
l'entrée de table quels
entremets.
entremets. Les Sophistes
croient bien mieux celebrer l'entrée de table,
parce qu'ils s'empressent
dés le potage à debiter
leurs vains arguments.
On les voit, dit un Grec,
suffoquez par le potage
qui veut entrer, & la
vanité qui veut sortir
dans le mefine temps.
LeGrammairien & le
Rhetoricienont raison
de dire qu'ils né font rien
lors qu'ils ne
parlent
point, le silence au contraire ne couste rien au
Philosophe à l'homme de bon sens, parce
qu'il estpersuadé qu'on
n'est aimable & estimable qu'autant qu'on a
d'attention pour les autres & peu pour foy. Il
efl: persuadé que l'homme fê montre tel par le
silenceencore mieux que
par la parole. Non seulement lebabil & les
grandes conversations
sont ridiculesàl'entrée
decable, l'esprit mesme,
tout cfpdt- qu'ilest, doit
eY taire, & ne se regargeralors que comme
présidentà une fonction
corporelle comme le surintendant & surveillant
4tJ goust. Lecorps estant
satisfait veut bien partagor^LV<C1eiprk la volupté a laquelle tout le
restedurepasestdestiné;
alorstous propos intelligibles
,
agréables & fa-
ges feront reçeus avec
plaisir ;
je dis intelligibles à toute l'assemblée
,
car les discours comme
le vin doivent estre commun en un repas, & le
Metaphysicien où le Geometrequi veulent y
donner un plat de leur façon,font d'aussi mauvasse compagnie que le
Renard à l'égard de la
Cigogne, & de la Cigogne àl'égard du Renard.
Selon les Anciens tout
Sophiste devoit estre exclus de la table, & n'y point
troubler la vérité & le plaisir dans le seul afile qui leur
reste & où ils doivent régner seuls
:
j'entends la verité du cœur & non de rcc.
prie, car celuy- cy est si fort
altéré & abatardi des son
enfance,par la tirannie du
Sofisme, qu'on ne peut plus
se fierà ce qui part de lui.
Les discours quisortent du
cœursont tousjours agréables par eux-mesmes, & un
grain de selsuffit pour leur
donner un goust charmant. Voir & estre vu eû
le charme & la perfection
de la societé;mais qujpeuç
estre vu impunement ôç
qui peut voir&penetrer le
cœur d'autruiassez chajricablement& assez£^çmejuï
Il estmal aisé&prcfque-iHipossible d'assortir une comT
pagnie où l'on puUlegosuC
ter ce plaisir,il;fa^tplaft^fl:
s'en mefier que
feïpçrefYî
Repetez-vous efuvççtJ
vous nefme ce Proverbe
Arabe, teivim estentré, ig
secret va sortir ,ilplu*
seur comme plus ordinaire
à table de se moquer de son
prochain que de se fier à
luy,cen'estpas à dire que
la raillerie doive estre approuvai table plus qu'ailleurs. Au contraire dit un
Auteur Grec, comme on
renveseaisément ceux qui
sont dans un lieu glissant
& penchant pour peu
qu'on leur touche, aink
desesprits échauffez parle
vin sont tousjours prests à
broncher de colere.
Quipeut divertir & rai ller une personne en mesme
temps, loin de l'offenser
,
qui peut à l'occasion du
moindre petit ridicule innocent qu'on luy presente,
imaginer des traits plaisants
,
& leur donner un
tourvif & poli, qui sçait
se moquer de soy-mesme
encore plus souvent
,
Se
plus plaisamment que des
autres, aura attrape le vray
cfprit de raillerie
,
qui fait
l'agrément d'un convive
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Résumé : Nouvelles Responses aux Questions des Mercures précedens, sur les grands parleurs, & les taciturnes.
Le texte 'Nouvelles Kefponjèsaux' explore les principes d'éloquence et de comportement approprié lors des repas. Il commence par une comparaison entre différents styles d'éloquence, opposant la simplicité et l'obscurité d'Héraclite à l'éloquence diffuse et brillante. Plutarque compare l'esprit et l'âme à une nourrice qui doit prendre soin du corps avant de s'exercer elle-même. Homère et Athénée critiquent les repas où les discussions philosophiques ou pédantesques dominent, au détriment du silence et de la convivialité. Les sophistes et les érudits sont décrits comme des mauvais convives, perturbant la vérité et le plaisir des repas par leurs interventions. Le texte met en avant l'importance du silence et de l'attention aux autres lors des repas, soulignant que les discours doivent être intelligibles et agréables pour tous. Les Anciens excluaient les sophistes des tables pour préserver la vérité du cœur. La raillerie est déconseillée, car elle peut offenser les esprits échauffés par le vin. Enfin, le texte valorise la capacité à divertir et à railler avec politesse et auto-dérision, qualifiant cela comme l'agrément d'un convive.
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2506
p. 87-109
SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Début :
La lumiere entant qu'elle est contenuë dans le corps [...]
Mots clefs :
Corps lumineux, Lumière, Corps opaque, Ombres, Catoptrique, Dioptrique, Arc-en-ciel, Parélie, Microscopes, Couronnes célestes, Vision
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
SUITE DU DISCOURS
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
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Résumé : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Le texte explore la nature et la propagation de la lumière. La lumière, issue d'un corps lumineux, est décrite comme une action par laquelle ce corps émet de la lumière matérielle autour de lui. Cette émission résulte du mouvement d'une matière fluide et agitée à la surface du corps lumineux, qui tend à s'étendre. Un combat perpétuel oppose cette matière à l'éther environnant, chacun alternant entre victoire et défaite. La lumière se propage en poussant les couches de lumière environnantes, formant des sphères concentriques similaires aux cercles dans l'eau après un impact. La lumière pénètre facilement les parties transparentes de l'œil pour impressionner les esprits animaux au fond de l'œil, permettant ainsi la vision. Le texte distingue entre la lumière directe et la lumière réfléchie, expliquant que les objets sont vus grâce à la lumière réfléchie par leur surface. Les couleurs et les ombres sont également mentionnées comme des effets de la lumière. Le texte annonce une suite de discours sur les ombres, les pénombres, la lumière réfléchie et la lumière réfractée, ainsi que sur les propriétés des miroirs et des verres. Il mentionne également des phénomènes célestes comme les arcs-en-ciel et les parhélies, dont l'explication sera développée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2507
p. 117-120
NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Début :
La tranchée a esté ouverte devant Douay hier au soir [...]
Mots clefs :
Flandre, Douai, Prince Eugène, Retranchement
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
NOUVELLES
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
de FlanSres.
Du Camp de Hefnain-Lietard
le 15.Aoufl 1711.
La tranchée aesié ouverte devant Douay hier
au foir à huit heures, & a
cfié poussee à soixante soi-
ses du chemin couvert .,il'
y a
deux attaques à la Ville, l'une à la porte NostreDame, & l'autre à la ports
Morelle,(L'on a
fait une
troisieme attaque au sort
d'Escarpe,on a
conduit cette tranchée avec succez,5
& sans beaucoup de pèrre,
nous n'avons eu qu'un Capitaine du Regiment de
Lanoy tué, deux Lieutenants, un fous
-
Lieutenant, & un Ingenieur
blessez nous avons tra,
vaillépris de dejux heures
&ns sans quelesennemi
s'en apperceulfent. Comme la garnison de la place
cft foible
,
& qu'elle fera
attaquée avec vigueur nous,,
cfperons en efire maistres
aussi bien que du Fore
avant le 26. de ce mois.
Le Prince Eugene a
saic
cesjours-cy quelquesmouvements du costé d'Orchies & de la Deulle pour
tafeher de nous inquieter3
êc de jetter du secours dans
Douay
,
à quoy il n'a pu
reussir. Il fait courir le
bruit dans son armée depuis deux jours qu'il veut
nous attaquer,& nous forcer absolument à abandonner l'entreprise de ce siege, mais ces menaces ne
nous font point peur, &
nous sommes prests à le
bien recevoir en cas qu'il
ose tascher de nous forcer
dans nos retranchements
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Résumé : NOUVELLE de Flandres. Du Camp de Hesnain-Lietard le 15. Aoust 1712.
Le 15 août 1711, un rapport depuis le camp de Hefnain-Lietard mentionne que la tranchée devant Douai a été avancée à soixante toises du chemin couvert. Deux attaques ont été menées à Douai, l'une à la porte Notre-Dame et l'autre à la porte Morelle. Une troisième attaque a réussi au sort d'Escarpe sans pertes majeures. Un capitaine du régiment de Lanoy a été tué, et deux lieutenants, un sous-lieutenant et un ingénieur ont été blessés. Les travaux ont été réalisés sans alerter l'ennemi. La garnison de Douai étant faible, une attaque vigoureuse est prévue avant le 26 août. Le Prince Eugène a tenté des mouvements près d'Orchies et de la Deulle pour perturber les opérations, mais sans succès. Il menace d'attaquer pour forcer l'abandon du siège, mais les troupes sont prêtes à le repousser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2508
p. 121-123
Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
Début :
Fort de Scarpe. Le 15. 2. bataillons de Picardie. Le [...]
Mots clefs :
Douai, Fort de Scarpe, Bataillons, État des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
But des troupes de l'armée
qui doivent avoir la tête
de la tranché de la ville de
Doiiay & dufort de Scarpt.
Fort deScarpe.
Le 15. 2..
bataillons dePicardie.
Le 16. 3. bataillons de Pi.
cardie..
Le 17. 1. dePiemont.
Le 18.1. de Piemont.
Le
1 9. 3. de Piémont
Le 10,1. du Roy.
Le11. 1. du Roy.
Le 21. 3.duRoy.
Le 2. 3. 4. du Roy.
Le 14. le Maine.
Le 15.le Maine.
1 Le 16. Meuse, *
Les Gardes Françoises &
Suiffes.
Le 16. Gardes de Cologne,
Le 17. Navarre.
,
Le 18. Champagne..
Le 19.Bourbonnois.
Le10.Broïïes.
Le21.Royal.
Le 11. Poitou.
.;
*
Le 13.Lionnois.
- Le 14. Touraine.
Le 15. Gondrin.
>
Le 26. la Reine.
qui doivent avoir la tête
de la tranché de la ville de
Doiiay & dufort de Scarpt.
Fort deScarpe.
Le 15. 2..
bataillons dePicardie.
Le 16. 3. bataillons de Pi.
cardie..
Le 17. 1. dePiemont.
Le 18.1. de Piemont.
Le
1 9. 3. de Piémont
Le 10,1. du Roy.
Le11. 1. du Roy.
Le 21. 3.duRoy.
Le 2. 3. 4. du Roy.
Le 14. le Maine.
Le 15.le Maine.
1 Le 16. Meuse, *
Les Gardes Françoises &
Suiffes.
Le 16. Gardes de Cologne,
Le 17. Navarre.
,
Le 18. Champagne..
Le 19.Bourbonnois.
Le10.Broïïes.
Le21.Royal.
Le 11. Poitou.
.;
*
Le 13.Lionnois.
- Le 14. Touraine.
Le 15. Gondrin.
>
Le 26. la Reine.
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Résumé : Etat des troupes de l'armée qui doivent avoir la tête de la tranché de la ville de Doüay & du fort de Scarpe.
Du 14 au 26, l'armée française déploie diverses troupes pour atteindre la tête de la tranchée de Douai et le fort de Scarpe. Les bataillons de Picardie, du Piémont, du Roi, du Maine, de la Meuse, les Gardes Françaises, les Suisses, les Gardes de Cologne, de Navarre, de Champagne, de Bourbonnais, de Bretagne, du Royal, de Poitou, de Lionnois, de Touraine, de Gondrin et de la Reine sont mobilisés à plusieurs reprises.
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2509
p. 123-126
Pompe Funebre.
Début :
La ville de Dreux, qui s'est de tout temps signalée [...]
Mots clefs :
Dreux, Pompe funèbre, Église, Duc de Vendôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pompe Funebre.
Pompe Vuntbreé
La ville de Dreux, qui
Vest de touttemps signalée par sa fidélité envers le
Roy, & par son attachement envers les Seigneurs
Comtes de Dreux, qu'il a
pluàSaMajestede luichoi- sircomme étant duDomaine de laCouronne de France, a
crû ne pouvoir don-
ner des marques plus grandes de son zele & de sa reconnoissance à Son Altesse
Serenissime Monseigneur
le Duc de Vendôme, Comte de Dreux, qu'en faisant
celebrer un Service folemnel pour le repos de l'ame
de ce Prince, dans la principaleParoisse,où,parles
foins de M. Mallet, Maire
de la ville,on éleva dans le
Chœur de cette Eglise un
magnifique Mausolée,tout
brillant de lumieres, & orné d'une infinité d'armoi-
-—-
-
—
roJl*
cernant les principalesvernus de cet îllustre Prince.
Toute l'Egtilè étoit tenduede noir, aussi bien que
l'Hôtel de Ville
,
d'où lapompe funebre partit, en
observant rordre qu'on avoit tenu à la pompe sunebre de Monsieur de Soifsans, dernier Comte de
Dreux. Messieurs les Maire
& Echevins n'ont rien omispour rendre cette action
des plus éclatantes-, ayant
invité a cette ceremonie
Meilleurs du Chapitre, tout
le Corps du Bailliage vainfi
que celui de rEleaion, des
Eaux & Forêts, du Grenier
à Sel. & tour ce qu'il y a
dans la ville de personnes.
de distinction, qui y ont assisté.
-
La ville de Dreux, qui
Vest de touttemps signalée par sa fidélité envers le
Roy, & par son attachement envers les Seigneurs
Comtes de Dreux, qu'il a
pluàSaMajestede luichoi- sircomme étant duDomaine de laCouronne de France, a
crû ne pouvoir don-
ner des marques plus grandes de son zele & de sa reconnoissance à Son Altesse
Serenissime Monseigneur
le Duc de Vendôme, Comte de Dreux, qu'en faisant
celebrer un Service folemnel pour le repos de l'ame
de ce Prince, dans la principaleParoisse,où,parles
foins de M. Mallet, Maire
de la ville,on éleva dans le
Chœur de cette Eglise un
magnifique Mausolée,tout
brillant de lumieres, & orné d'une infinité d'armoi-
-—-
-
—
roJl*
cernant les principalesvernus de cet îllustre Prince.
Toute l'Egtilè étoit tenduede noir, aussi bien que
l'Hôtel de Ville
,
d'où lapompe funebre partit, en
observant rordre qu'on avoit tenu à la pompe sunebre de Monsieur de Soifsans, dernier Comte de
Dreux. Messieurs les Maire
& Echevins n'ont rien omispour rendre cette action
des plus éclatantes-, ayant
invité a cette ceremonie
Meilleurs du Chapitre, tout
le Corps du Bailliage vainfi
que celui de rEleaion, des
Eaux & Forêts, du Grenier
à Sel. & tour ce qu'il y a
dans la ville de personnes.
de distinction, qui y ont assisté.
-
Fermer
Résumé : Pompe Funebre.
La ville de Dreux a manifesté sa loyauté envers le roi et son attachement aux seigneurs comtes de Dreux en organisant un service solennel pour le repos de l'âme de Monseigneur le Duc de Vendôme, comte de Dreux. Ce service a eu lieu dans la principale paroisse de la ville, où un mausolée somptueux a été érigé dans le chœur de l'église, décoré de lumières et d'armoiries symbolisant les vertus du prince. L'église et l'Hôtel de Ville étaient tendus de noir, et la cérémonie funèbre a suivi le protocole observé lors des funérailles de Monsieur de Soissons, dernier comte de Dreux. Les autorités locales, incluant le maire et les échevins, ont convié les membres du chapitre, le corps du bailliage, la vannerie, les eaux et forêts, le grenier à sel, ainsi que toutes les personnes de distinction de la ville, afin de rendre cet hommage le plus éclatant possible.
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2510
p. 126-140
MORTS.
Début :
Soeur Isabelle de Sericourt Esclainvilliers, Abbesse de l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Sericourt Esclainvilliers, Giraud, Tallemant, De la Roche, Maison de Bailleul, Bonnin de Chalucet, Maison de Rohan, Macé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
1•
Sœur Isàbelle de Serk
court Efclainvillicrs, Ab~
besse de l'Abbaye defaineMichel de Doullens, mou.,
rut dans son Abbaye le du>
xiéme de ce mois,âgée de
quatre-vingt-huit ans. Elle
étoit sœur de feu M. d'.El:-
cfaiiivillie,rsLieutenant gé-
,
néral des armées du Roy,
& Commissaire général de
laCavalerie Legere de
France êc du Chevalier
d-Eiclainvilliers, Brigadier
desarmées du Roy, tue à
ta. bataille de faine Denys
:
tance du feu Marquis d'Esélairivilliersfyfaréchal de
ca-m; mort à Mantouë;
&, grandetante du Marquis d'Efctainvilliers
,
servant actuellement Colonel
d'unregiment de cavalerie, le seul qui reste de
cette illustre & ancienne
famille de la Province de
Picardie.
Monsieur de Giraud;
Mestre de Camp de cavalerie du regiment du Maine )& Brigadier des armées
duRoy, étant en marche
à la tête dudit regiment,
pour aller aux ennemis >U.
lui prit proche la Sambre;
19. du mois de Juillet dernier, une hemorragie de
sang, à trois, heures aprés
midy,causée
par uneveine
qui se cassa dans son corps,
qui lui fit perdre son Gtng.
par la bouche. Il fut trané:
portéà saint Quentin, où it
mourut le lendemain 20. à
minuit, âgé de cinquanteneufans. C'étoit un bon Ofi
sicier, qui avoit servi Sa
Majesté quarante & un an
avec honneur & distinction
dans ses armées.
Messire Paul Tal'Iemant,.
Prieur de saint Geny, l'un
de; quarante de l'Acaderrlie Françoise,&Vétéran
de celle des Médaillés Be
Inscriptions,mourut le joi
Juillet 1711*
Dame Marie Martin de laRoche;çpouiê:deM.lTt
sire Charles VireaiidesEfe
poisses, Conseiller; Secretaire du Roy,Maîtrede la
Chambre aux Deniersde
Sa Majesté;&Fermier
general,mourut le 3. Aoûs
1711., -iDamëMarkjdeBaiLIèûî,
ycuvçdeMeflixe. Jacques
deHautefort, Marquis de
saintChamarra:y^mourut la
raAàûtjjwi. Elle étoit fille
de Messire Charles deBailleul, Seigneur duPerray
Jt¡
&c. grand Louvetier de
France.
La Maisonde Bailleulest
une des plus nobles & des
plus anciennesduRoyaume^originairedeNormandie','o"èjce«xdecettefamille se signalerent aux
voyages de laTerreSainte.
& la conquêted'Angleterre. On assurequ'undecette famille ayant eu l'honneur dans une bataille de
remettre cheval un Duc
de Bretagnequiavoit été
délTIOnré, ce Prince, en,
ceconnoissance d'un service
si important ,lui permit de
joindre les armes de Bretagne à celles de sa famille.
Messire Loüis-Armand
Bonnin de Chalucet, Evêque deToulon, est mort
dans (on, Diocese, fort regrettéàcause de sa charité,
& du bien qu'ily a
faitpendant plusieurs années.
François de Rohan,Prince de Soubize,Lieutenant
général des armées du Roy
en 1677. Capitaine-Lieutenant de ses Gendarmes,
'Gouverneur de Champagne & de Brie, mourut le
24. Août à Fontainebleau.
Jlavoic épousé le 17. Avril
,j6^. Anne Chabot deRo-
,han, fille aînée de Henry
Chabot, Duc de Rohan,
& de Marguerite,Duchesse
de Rohan, qui mourut le
4.Février 1709. âgéedesoixante & un an. De cette alliance sont issus Loüis de
,Rohan, dit le Prince de
; Rohan, Colonel d'un regi- [ment de cavalerie, mort à
: Paris le 5. Novembre 1689.
a
d'une blessure cjuil avoitre-
çûé dans une occasion en
Flandres, n'étant âgé que
de vingt-trois ans; Hercules-Meriadée, dit le Prince de Rohan; Henry-Louis,
dit le Chevalier de Rohan,
Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy,tuéà
la bataille de Ramilly en
1706. Armand-Gaston-Maximilien, Cardinal, & Evêque de Strasbourg
;
Frederic-Paul-Malo de Rohan;
Anne-Marguerite de Rohan, Abbesse de Jouarre;
Constance-Emilie,mariée
par procuration à Paris le
18May1683àDon Joseph
de Camara, Comte de Ribera grande, Gouverneur
de Tillede saisitMici'--iel.
de la ville de Poule delGarde ; & Emilie-SophroniePelagie de Rohan, mariée
le21.Juillet 1694. par procuration avec Alphonse de
Vasconcellos
,
Comte de
Calheta.
Hercules
-
Meriadéede
Rohan, dit le Prince de
Rohan, fut pourvû du Gouvernement de Champagne
& de Brie, par la demission
du Prince de Soubize son
pere, quile fitrecevoir aussi
à sa Charge de CapitaineLieutenant des Gendarmes
de la Garde du Roy, lepremier Janvier 1704. Il a
épousé le 15. Fevrier 1694.
Anne-Geneviève de Levy
de Ventadour, veuve de
Louis de laTour, Vicomte
deTurenne,& fille unique
de LouisCharles de Levy,
Duc de Ventadour, & de
Charlotte-EleonoreMagdelaine de la Motte-Houdancourt, de laquelle il a
des enfans.Je ne parle point
ici de l'ancienneté decette
illustre
illustre Maison, ni des
Charges considerables qu'-
elle a
toujours possedées
::
je renvoye le lecteur à
ce
que j'en ai dit dans le Mercure de Juin.
MessireAuguste Macé
le Boulanger,Baron de
Maflieres
,
Seigneur de
Viarmes, &c. Conseillerdu.
Royen ses Conseils, Maître desRequêtes honoraire
de son Hôtel, & President
en son GrandConseil,mourut le 16. Août 1712. en (a
quatre vingt-deuxièmean-
née, ayant une fille uniquequi avoit épousé M. le Ca--
mus de Pontcarré, Premier Prefideot du Parie-;
ment.
Dame Catherine de
Mouy
,
veuve de Melïire
Philippe Jacques, Seigneur
deVitry sur Seine, & de
Mont-Saint-Pere, Greffier
en Chef du Parlemenr:),
mourut le 19. Août 1712.
Dame Marguerite Pichan, épouse de M. Charles de Benoise, Chevalier
GbnfeilLcr du Roy en
ses
Gonfeils, & d'honneur au
Parlement, mourut le 1 3. Aoûtâgé de soixante &
u-nan-2 1.
Messire Loüis Rolin
Rouillé;, Seigneur & Com- te deJouy,Villeras, Fontaine- Guerin, &c. Maître des Requêtes de l'Hôteldu Roy,& Controlleur
geîïèràl des Postes mourut le 13..Août.
Dame Marie de Bailleul, veuve de Messire Hen-
ry
-François Marquis de
Franquetot, mourut le 23.
Août.
Elle étoit fille de feu M.
le President de Bailleul, &.:
-
sœur du President d'aujourd'hui.
-
Dame Catherine le Tek:
lier, veuve de M. Paul-Armand Langloisde Blac,,
fort, Chevalier. Maître
d'Hôtelordinaire duRoy,
mourut le 2
5. Août 1712.
âgé de soixante & dix-Iepc.
an
1•
Sœur Isàbelle de Serk
court Efclainvillicrs, Ab~
besse de l'Abbaye defaineMichel de Doullens, mou.,
rut dans son Abbaye le du>
xiéme de ce mois,âgée de
quatre-vingt-huit ans. Elle
étoit sœur de feu M. d'.El:-
cfaiiivillie,rsLieutenant gé-
,
néral des armées du Roy,
& Commissaire général de
laCavalerie Legere de
France êc du Chevalier
d-Eiclainvilliers, Brigadier
desarmées du Roy, tue à
ta. bataille de faine Denys
:
tance du feu Marquis d'Esélairivilliersfyfaréchal de
ca-m; mort à Mantouë;
&, grandetante du Marquis d'Efctainvilliers
,
servant actuellement Colonel
d'unregiment de cavalerie, le seul qui reste de
cette illustre & ancienne
famille de la Province de
Picardie.
Monsieur de Giraud;
Mestre de Camp de cavalerie du regiment du Maine )& Brigadier des armées
duRoy, étant en marche
à la tête dudit regiment,
pour aller aux ennemis >U.
lui prit proche la Sambre;
19. du mois de Juillet dernier, une hemorragie de
sang, à trois, heures aprés
midy,causée
par uneveine
qui se cassa dans son corps,
qui lui fit perdre son Gtng.
par la bouche. Il fut trané:
portéà saint Quentin, où it
mourut le lendemain 20. à
minuit, âgé de cinquanteneufans. C'étoit un bon Ofi
sicier, qui avoit servi Sa
Majesté quarante & un an
avec honneur & distinction
dans ses armées.
Messire Paul Tal'Iemant,.
Prieur de saint Geny, l'un
de; quarante de l'Acaderrlie Françoise,&Vétéran
de celle des Médaillés Be
Inscriptions,mourut le joi
Juillet 1711*
Dame Marie Martin de laRoche;çpouiê:deM.lTt
sire Charles VireaiidesEfe
poisses, Conseiller; Secretaire du Roy,Maîtrede la
Chambre aux Deniersde
Sa Majesté;&Fermier
general,mourut le 3. Aoûs
1711., -iDamëMarkjdeBaiLIèûî,
ycuvçdeMeflixe. Jacques
deHautefort, Marquis de
saintChamarra:y^mourut la
raAàûtjjwi. Elle étoit fille
de Messire Charles deBailleul, Seigneur duPerray
Jt¡
&c. grand Louvetier de
France.
La Maisonde Bailleulest
une des plus nobles & des
plus anciennesduRoyaume^originairedeNormandie','o"èjce«xdecettefamille se signalerent aux
voyages de laTerreSainte.
& la conquêted'Angleterre. On assurequ'undecette famille ayant eu l'honneur dans une bataille de
remettre cheval un Duc
de Bretagnequiavoit été
délTIOnré, ce Prince, en,
ceconnoissance d'un service
si important ,lui permit de
joindre les armes de Bretagne à celles de sa famille.
Messire Loüis-Armand
Bonnin de Chalucet, Evêque deToulon, est mort
dans (on, Diocese, fort regrettéàcause de sa charité,
& du bien qu'ily a
faitpendant plusieurs années.
François de Rohan,Prince de Soubize,Lieutenant
général des armées du Roy
en 1677. Capitaine-Lieutenant de ses Gendarmes,
'Gouverneur de Champagne & de Brie, mourut le
24. Août à Fontainebleau.
Jlavoic épousé le 17. Avril
,j6^. Anne Chabot deRo-
,han, fille aînée de Henry
Chabot, Duc de Rohan,
& de Marguerite,Duchesse
de Rohan, qui mourut le
4.Février 1709. âgéedesoixante & un an. De cette alliance sont issus Loüis de
,Rohan, dit le Prince de
; Rohan, Colonel d'un regi- [ment de cavalerie, mort à
: Paris le 5. Novembre 1689.
a
d'une blessure cjuil avoitre-
çûé dans une occasion en
Flandres, n'étant âgé que
de vingt-trois ans; Hercules-Meriadée, dit le Prince de Rohan; Henry-Louis,
dit le Chevalier de Rohan,
Enseigne des Gendarmes
de la Garde du Roy,tuéà
la bataille de Ramilly en
1706. Armand-Gaston-Maximilien, Cardinal, & Evêque de Strasbourg
;
Frederic-Paul-Malo de Rohan;
Anne-Marguerite de Rohan, Abbesse de Jouarre;
Constance-Emilie,mariée
par procuration à Paris le
18May1683àDon Joseph
de Camara, Comte de Ribera grande, Gouverneur
de Tillede saisitMici'--iel.
de la ville de Poule delGarde ; & Emilie-SophroniePelagie de Rohan, mariée
le21.Juillet 1694. par procuration avec Alphonse de
Vasconcellos
,
Comte de
Calheta.
Hercules
-
Meriadéede
Rohan, dit le Prince de
Rohan, fut pourvû du Gouvernement de Champagne
& de Brie, par la demission
du Prince de Soubize son
pere, quile fitrecevoir aussi
à sa Charge de CapitaineLieutenant des Gendarmes
de la Garde du Roy, lepremier Janvier 1704. Il a
épousé le 15. Fevrier 1694.
Anne-Geneviève de Levy
de Ventadour, veuve de
Louis de laTour, Vicomte
deTurenne,& fille unique
de LouisCharles de Levy,
Duc de Ventadour, & de
Charlotte-EleonoreMagdelaine de la Motte-Houdancourt, de laquelle il a
des enfans.Je ne parle point
ici de l'ancienneté decette
illustre
illustre Maison, ni des
Charges considerables qu'-
elle a
toujours possedées
::
je renvoye le lecteur à
ce
que j'en ai dit dans le Mercure de Juin.
MessireAuguste Macé
le Boulanger,Baron de
Maflieres
,
Seigneur de
Viarmes, &c. Conseillerdu.
Royen ses Conseils, Maître desRequêtes honoraire
de son Hôtel, & President
en son GrandConseil,mourut le 16. Août 1712. en (a
quatre vingt-deuxièmean-
née, ayant une fille uniquequi avoit épousé M. le Ca--
mus de Pontcarré, Premier Prefideot du Parie-;
ment.
Dame Catherine de
Mouy
,
veuve de Melïire
Philippe Jacques, Seigneur
deVitry sur Seine, & de
Mont-Saint-Pere, Greffier
en Chef du Parlemenr:),
mourut le 19. Août 1712.
Dame Marguerite Pichan, épouse de M. Charles de Benoise, Chevalier
GbnfeilLcr du Roy en
ses
Gonfeils, & d'honneur au
Parlement, mourut le 1 3. Aoûtâgé de soixante &
u-nan-2 1.
Messire Loüis Rolin
Rouillé;, Seigneur & Com- te deJouy,Villeras, Fontaine- Guerin, &c. Maître des Requêtes de l'Hôteldu Roy,& Controlleur
geîïèràl des Postes mourut le 13..Août.
Dame Marie de Bailleul, veuve de Messire Hen-
ry
-François Marquis de
Franquetot, mourut le 23.
Août.
Elle étoit fille de feu M.
le President de Bailleul, &.:
-
sœur du President d'aujourd'hui.
-
Dame Catherine le Tek:
lier, veuve de M. Paul-Armand Langloisde Blac,,
fort, Chevalier. Maître
d'Hôtelordinaire duRoy,
mourut le 2
5. Août 1712.
âgé de soixante & dix-Iepc.
an
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Résumé : MORTS.
Le document recense les décès de personnalités notables de l'aristocratie et du clergé français entre 1711 et 1712. Parmi les défunts, Sœur Isabelle de Serk, abbesse de l'Abbaye de Fains, est décédée à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Elle était liée à la famille d'Eclainvilliers, reconnue pour ses services militaires. Monsieur de Giraud, Mestre de Camp de cavalerie et Brigadier des armées du Roi, est mort à cinquante-neuf ans à la suite d'une hémorragie survenue lors d'une marche vers la Sambre. Messire Paul Tallemand, Prieur de Saint Geny et membre de l'Académie Française, est également mentionné parmi les décès. D'autres personnalités notables incluent Dame Marie Martin de la Roche, épouse de Charles Virelaides, et Dame Marguerite Pichan, épouse de Charles de Benoise. Le document mentionne également plusieurs membres de la famille de Rohan, notamment François de Rohan, Prince de Soubize, et plusieurs de ses descendants. Messire Loüis-Armand Bonnin de Chalucet, Évêque de Toulon, et Messire Auguste Macé le Boulanger, Baron de Maflieres et Président au Grand Conseil, figurent aussi parmi les défunts. Plusieurs dames de l'aristocratie, telles que Dame Catherine de Mouy et Dame Marie de Bailleul, sont également citées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2511
p. 141-144
EXPLOIT POUR UNE DAMOISELLE. A un jeune Marquis, pour une gageure perduë.
Début :
L'An mil sept cent douze, un Lundi, [...]
Mots clefs :
Exploit, Promesse, Pari, Paiement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLOIT POUR UNE DAMOISELLE. A un jeune Marquis, pour une gageure perduë.
E X PL OIT. POTT
UNE DAMOISELLE.
A lm jeuneMarquis
,
pour une
1%^€ure fen/tlë.
-
'; -,
L'Anmilsept
cent douze,
un Lundi,
Dix-neufAvril,avantmiNoble & charmante Da-.
moiselle,
Arçnable LpiïifeT..diy;>
Souveraine naturelle
De tout mortel assez har-
-' di
Pourlever les --
yeu?e elle,fiu*
En vertu de certain pari
Fait l'autre jour en la ruel-
, ,, 7
Je~~ :
Sommé, dénoncé, j'interpelle,
Non pas un Marquis é+
ftourdi-,:
Un*lee^nofoetfânscef-^
veUé",
Dont lepublicméprisela fe-quelk^-
,
Mais iaii jèufrèSttgncurde*
prudencemuni,
Homme à sa promessesidçlle>.
De payer sans délai-à tihoy Sergent Royal !'-"
L'interêt & le principal
Du contenu dans certaine
promesse
,
Compromis, cedule, ou billet,
Suivant les jugemens dont
la teneur expresse
Au susdit payement le condamne tout net:
Duquel present exploit j'ai
délaissé copie
A son le quais nommé Jasmin,
Controllée àParis, écrite de
ma main.
Signé, l'amantSergent na0-
tif de Normandie,
Qui par-tout où la trouvera
Autres exploits lui donnera.
UNE DAMOISELLE.
A lm jeuneMarquis
,
pour une
1%^€ure fen/tlë.
-
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L'Anmilsept
cent douze,
un Lundi,
Dix-neufAvril,avantmiNoble & charmante Da-.
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Arçnable LpiïifeT..diy;>
Souveraine naturelle
De tout mortel assez har-
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Pourlever les --
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En vertu de certain pari
Fait l'autre jour en la ruel-
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Je~~ :
Sommé, dénoncé, j'interpelle,
Non pas un Marquis é+
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Homme à sa promessesidçlle>.
De payer sans délai-à tihoy Sergent Royal !'-"
L'interêt & le principal
Du contenu dans certaine
promesse
,
Compromis, cedule, ou billet,
Suivant les jugemens dont
la teneur expresse
Au susdit payement le condamne tout net:
Duquel present exploit j'ai
délaissé copie
A son le quais nommé Jasmin,
Controllée àParis, écrite de
ma main.
Signé, l'amantSergent na0-
tif de Normandie,
Qui par-tout où la trouvera
Autres exploits lui donnera.
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Résumé : EXPLOIT POUR UNE DAMOISELLE. A un jeune Marquis, pour une gageure perduë.
Le document est une sommation adressée à un jeune Marquis par un Sergent Royal, datée du 19 avril 1712. Le Sergent informe le Marquis qu'il doit payer une dette résultant d'un pari. Il se présente comme un homme de parole et exige le paiement immédiat du principal et des intérêts, conformément à des jugements antérieurs. Une copie de cette sommation a été laissée à un certain Jasmin, contrôlée à Paris et rédigée par le Sergent lui-même. Originaire de Normandie, le Sergent se tient prêt à fournir d'autres documents pour récupérer la somme due.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2512
p. 145-150
Du Camp d'Henin-Lietard, ce 11. Août 1712.
Début :
Nos lignes de circonvallation du côté d'Orchies sont achevées [...]
Mots clefs :
Henin-Lietard, Scarpe, Marais, Maréchal, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp d'Henin-Lietard, ce 11. Août 1712.
DuCampd'Henin-Lietard,
ce II.Août jyiiu
Nos lignesdecirconvallationducôté d'Orchies
sont achevées, la droite à
Lalain, ayant la Scarpe devant nous jusqu'à Pont à
Rache, où la ligne commence de l'autre côté dela
Scarpe, derriere la petite
riviere de Flines,que nous
avons diguée
,
& dont les
eaux forment une espece de
marêt ou inondation ,qui
fortifie le poste
:
de là la li-,
gne passe à
Belle Foriere,
& va jusqu'a Auby sur le
canal,où la gauche est ap- puyée, ayant toûjours devant elle cette petite riviere qu'on appelle en cet endroit le ruisseau de Querchin, & qui nous sert d'avant-fossé, avec beaucoup
,
de marêrs & watregans. M.
d'Albergotty est à la droite
decetteligne, ôcM. deBroglio àAuby, avec des ponts
qui communiquent dans la
,
plaine de Lens.
Monsieur le Maréchal a
pris le parti de défendre le
ruisseau des Souchets, qui'
cft fort bon: ainsi les ennemis ne pouvant nous attaquer., àce qui paroît, & secourir Douay que par la
plaine de Lens, lechamp
de bataille est marqué, la
droite à Lens,&la gauche
au Mont saint Eloy. Nous
avons retranché une tête,
dune demie lieuë, qui est
entre Carency & la source
de la Scarpe. Nous avons
des troupes à Carency, à
Giveney, au Grele, à Carrieres, à Auby derriere le
canal, sans celles que M. de
Broglio a
au-delà; & lar~
ornée est campée entre la
Scarpe & le Moulinet, à
portée de marcher par la
droite à Lalain.&lelong de
la Scarpe,ou par la gauche
.dansla plaine de Lens. Voila quelle est nôtre position.
Nousavons trouvé les lignes decirconvallationtoutes faites du côté de Bouchain
,
c'est à dire depuis
Brebieresurla Scarpe, passant àCorbehensurle Moulinet,jusqu'au petitruisseau
de Lalain. Ils n'ont point
rafé non plus leurs lignes
d'Henin-Lietard 5c de Vitry: mais nous ne nous en
servons
pas.
Les ennemis sont campez à Seclin entre la haute
Deule & la Marque, la droite àEmerain, & la gauche
à.Fretin:ils ont taiïÏeunpetit corpssous Tournay.
Nous faisons faire isoooo.
fascines, que M. de Valory
Ingenieur a
demandées d'avance
.,,
sans cellesque l'on
fera journellement. L'onreserve à Marchiennes quelques belandres pour en porter. Il y a
trente-six esca-
drons, & quarante batailIons destinez ausiege; il en
reste encor cent vingt-huit
à l'armée d'observation. Il
n'y a
dans la place que huit
bataillons fortfoibles, sans
munitions, ou fort peu. On
arrêta hier un Ingenieurqui
vouloit s'yjetter.
ce II.Août jyiiu
Nos lignesdecirconvallationducôté d'Orchies
sont achevées, la droite à
Lalain, ayant la Scarpe devant nous jusqu'à Pont à
Rache, où la ligne commence de l'autre côté dela
Scarpe, derriere la petite
riviere de Flines,que nous
avons diguée
,
& dont les
eaux forment une espece de
marêt ou inondation ,qui
fortifie le poste
:
de là la li-,
gne passe à
Belle Foriere,
& va jusqu'a Auby sur le
canal,où la gauche est ap- puyée, ayant toûjours devant elle cette petite riviere qu'on appelle en cet endroit le ruisseau de Querchin, & qui nous sert d'avant-fossé, avec beaucoup
,
de marêrs & watregans. M.
d'Albergotty est à la droite
decetteligne, ôcM. deBroglio àAuby, avec des ponts
qui communiquent dans la
,
plaine de Lens.
Monsieur le Maréchal a
pris le parti de défendre le
ruisseau des Souchets, qui'
cft fort bon: ainsi les ennemis ne pouvant nous attaquer., àce qui paroît, & secourir Douay que par la
plaine de Lens, lechamp
de bataille est marqué, la
droite à Lens,&la gauche
au Mont saint Eloy. Nous
avons retranché une tête,
dune demie lieuë, qui est
entre Carency & la source
de la Scarpe. Nous avons
des troupes à Carency, à
Giveney, au Grele, à Carrieres, à Auby derriere le
canal, sans celles que M. de
Broglio a
au-delà; & lar~
ornée est campée entre la
Scarpe & le Moulinet, à
portée de marcher par la
droite à Lalain.&lelong de
la Scarpe,ou par la gauche
.dansla plaine de Lens. Voila quelle est nôtre position.
Nousavons trouvé les lignes decirconvallationtoutes faites du côté de Bouchain
,
c'est à dire depuis
Brebieresurla Scarpe, passant àCorbehensurle Moulinet,jusqu'au petitruisseau
de Lalain. Ils n'ont point
rafé non plus leurs lignes
d'Henin-Lietard 5c de Vitry: mais nous ne nous en
servons
pas.
Les ennemis sont campez à Seclin entre la haute
Deule & la Marque, la droite àEmerain, & la gauche
à.Fretin:ils ont taiïÏeunpetit corpssous Tournay.
Nous faisons faire isoooo.
fascines, que M. de Valory
Ingenieur a
demandées d'avance
.,,
sans cellesque l'on
fera journellement. L'onreserve à Marchiennes quelques belandres pour en porter. Il y a
trente-six esca-
drons, & quarante batailIons destinez ausiege; il en
reste encor cent vingt-huit
à l'armée d'observation. Il
n'y a
dans la place que huit
bataillons fortfoibles, sans
munitions, ou fort peu. On
arrêta hier un Ingenieurqui
vouloit s'yjetter.
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Résumé : Du Camp d'Henin-Lietard, ce 11. Août 1712.
Le 2 août, les lignes de circonvallation autour d'Orchies sont achevées. La ligne s'étend de Lalain à Pont-à-Rache, traversant la Scarpe et la rivière de Flines, diguée pour créer une inondation. Elle continue vers Belle Forière et Auby, où elle est appuyée sur le canal. Le ruisseau de Querchin sert d'avant-fossé, renforcé par des marécages et des watergans. Monsieur d'Albergotty est positionné à droite de cette ligne, tandis que Monsieur de Broglio se trouve à Auby, avec des ponts permettant la communication dans la plaine de Lens. Le maréchal a décidé de défendre le ruisseau des Souchets pour empêcher les ennemis d'attaquer et de secourir Douai, sauf par la plaine de Lens. Le champ de bataille est ainsi délimité entre Lens à droite et le Mont Saint Eloy à gauche. Une tête de pont est retranchée entre Carency et la source de la Scarpe. Des troupes sont déployées à Carency, Giveney, Le Grele, Carrieres et Auby, derrière le canal. La garnison est campée entre la Scarpe et le Moulinet, prête à marcher soit vers Lalain et la Scarpe, soit dans la plaine de Lens. Les lignes de circonvallation du côté de Bouchain sont également terminées, de Brebières à Corbehem sur le Moulinet, jusqu'au ruisseau de Lalain. Les ennemis sont campés à Seclin, entre la haute Deule et la Marque, avec leur droite à Emerain et leur gauche à Fretin. Ils ont également déployé un petit corps sous Tournay. Des fascines sont en cours de fabrication, et des belandres sont réservées à Marchiennes. Trente-six escadrons et quarante bataillons sont destinés au siège, tandis que cent vingt-huit restent dans l'armée d'observation. La place forte compte huit bataillons faibles en munitions. Un ingénieur tentant de s'y introduire a été arrêté.
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2513
p. 163-170
Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Début :
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron le 5. [...]
Mots clefs :
Douai, Prince Eugène, Villars, Flandre, Tournay
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Extrait deplusieurs lettres de
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
Flandres.
L'armée du Prince Eugene coucha à la Cambron
le 5. Août, le lendemain à
Leuse. Celle du Maréchal
de Villars étoit à Mortagne, côtoyant celle des alliez. Larmée de Monsieur
de Villars est plus forte que
celle des ennemis de cinquante bataillons. M. d'Albergotty
,
qui fait le siege
de Doüay, travaille à ses lignes de circonvallation, ôc
à faire faire des fascines.
Le Prince Eugene dîna
& soupa le onze à l'Isle. Ila
fait un detachement de son,
armée de quarante bataillons & trente escadrons
,
pouraller du côté de PCJnt.
a Rache. Ilsontavec eux,
quarante pieces de canon,
ilsenont tirédix-sept de.
l'Isle, & les autres de Tournay. Ils publient qu'ils vont,
tâcher: de forcer. quelques
postesde ce côté-là, & faire en forte de jetter du secours dans Doüay. Le restes
de leur arméeestsousles
1
1
armes- prêt à marcher.
Les Deputez des Etats
Généraux ont donné carte
blanche au PrinceEugene:
mais à mêmetemps ils ont
prié ce Prince de ne points
avoir d'affaire de Malplacue
-
que.
Messieursles Deputezdes
EtatsGeneraux sont partis
le 12. pour aller prendre
leur quartieràBerslé:l'on,
croit que l'armée s'avancera de ce côté là.
Le Prince Eugeneétoit le
i$. Août avec toute son infaAtçrie
,
son artillerie,&
trente escadrons, aux environs de l'Isle, sa droite
vers le Pont à Vendin, &\.
sa gauche àRibencourt, où
est son quartier. Il a
laissé;
pour couvrir son camp de'
cavalerie qui est à Seclin,
deux brigades d'infanterie.
Le bruit a couruqu'il devoit attaquer le mêmejour
le château du Forêt, & le
lendemain les retranchemens qui sont triples de ce
côté-là. On doute fort qu'il
le fasse, attendu que M. le
Maréchal de Villars est plus
retranché là qu'ailleurs
en second lieu qu'iln'y a
qu'un front fort étroit par où l'on puisse venir atta- quer
nos retranchemens.
Leslettres de l'Isle du 14,
portent que le Prince Eugene n'avoit point encore
attaqué le château du Forêt, non plus que nos re-
-
tranchernens
; que ce Prince se disposoit à aller attaquer ce château avec cinquante piecesde canon, &
que toute son attention est
de jetter du secours dans
Doüay :
on' croit qu'il ne
négligera rien pour y parvenir.
La cavalerie ennemiea
fait un fourrage le 14. dans
la Châtellenie de l'Isle. Oit
mande de Flandres qu'on a
arrêté un Ingénieur qui
vouloit se jetter dans Doüai,
qui dit que le Prince Eugene avoit dessein d'yfaire
entrer dix bataillons par le
côté d'Auby, ou six autres
par celuide Bouchain, où
ils font entrez. On afïiire
qu'ils manquentdevivres,
aussibien que la garnison,
qui n'a que du pain d'avoine. Le dessein des ennemis
ayantmanqué par les précamions
cautions que le Maréchal
de Villars avoitprise, il
s'avança hier verslesre»
tranchemensdePont à Rache, ayant sa droite à Carvin & Epinoy, le centre à
Autricourt,& la gauche
vers Coutiche. Il employa
le reste du jour, comme il
a fait aujourd'hui avec plusieursOfficiers,àreconnoîtrelesretranchemens. Lartillerie, les munitions, &
une grande quantité de fascines ont été amenées, &
ainsi on ouvrira demain au
soir la tranchéedevant
Doüay. Le General Hompesch yentra le 30.Juillet
evec trois bataillons tirez.
derille^cdeTournayjainsiil y a
huit bataillons: mais
pomme ils sont foibles, la
gar,ni[on.n'eH: que de 3500
fantaŒnsf & de 2.ou 300
fihevaux. "
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Résumé : Extrait de plusieurs lettres de Flandres.
Au début août, les armées du Prince Eugène et du Maréchal de Villars se préparent en Flandres. L'armée du Prince Eugène, plus nombreuse, se déplace et renforce des positions stratégiques. Les députés des États Généraux ont donné carte blanche au Prince Eugène, mais lui ont demandé d'éviter une bataille à Malplaquet. Les troupes du Prince Eugène se préparent à attaquer des positions françaises, notamment le château du Forêt et les retranchements près de Doüay, mais ces attaques n'ont pas encore eu lieu. La cavalerie ennemie effectue des raids pour se ravitailler, et des ingénieurs ennemis sont arrêtés en tentant de rejoindre Doüay. Le Maréchal de Villars, bien retranché, avance vers les retranchements de Pont-à-Rache et prépare des travaux de siège. La garnison de Doüay, bien que renforcée, manque de vivres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2514
p. 170-186
MORT.
Début :
Milord Richard Cromwel, fils aîné d'Olivier Cromwel, si fameux [...]
Mots clefs :
Olivier Cromwel, Londres, Angleterre, Protecteur, Aldermans, Richard Cromwel, Mort, Gentilhomme, Supplice, Honneur, Parlement, Général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
v./Milord Richard Cromyvel, fils aîné d'Olivier
Cromvvel
,
si fameux dans
Hiiftoire, d'Angleterre,
mourut à Lpndjjes le 2,4,
juillet 1712. âgé de quatrevingt-dix ans;lequel, aprés
la mort de son pere, arrivée le 13. Septembre1658.
fut déclaré protecteur avec
une promptitudenecessaire
ence rencontre,& le privé
Conseils'étant assemblé,
delibera sur la nomination
que le défunt avoit faite de
la personne de son fils aîné: ce qui futagréé unanimement de toute l'Angleterre, & ensuite il fut proclamé le lendemain14. par
tous leslieux dela-ville de
Londres, avec
grande fo*
lemnité, &il setrouvaun
grand concours de peuple.
La proclamation etoit conçûë en cestermes, & publiée àhautevoix par le
Roy d'armes.
Comme il a
plûà Dieu
par sa providence retirerdu
mondele Serenissime & renomméOlivier, Seigneur
procecteurdecetteRépublique, SonAlcesseapendant savie;,félonl'humble
requête & avis du Parlement, declaré & ordonné
le trés-noble & illustre Seigneur Richard, son fils aî-
-i
né,pour luisucceder dans
le gouvernements de ces
Nations.Nous,duduprivé
Conseil,avecMilord Maire
& les Aldermans de Londres, lesOfficiers de l'armée, & plusieursautres des
principaux de la Noblesse,
publions & declarons d'une
communevoix,&d'un consentement general, de langue & de cœur, ledit noble
& illustre Seigneur Richard
être justement protecteur
de cette République d'Angleterre, d'Ecosse & d'Irlande, & des Seigneuries 8e
Territoires qui en dépendent; en sorte que nous reconnoissionsluidevoirtoute fidélité ÔQ inviolable
obeïssance,selon les loix ôs
ladite humble requête &
avis; avec toute affeéèiol\
cordiale: suppliant le Seigneur, par qui lesPrinces
regnent,delebenir d'une
longue vie, & de combler
ces Nations de bonheur
sous son gouvernement.
L'apresdînée le Maire
les Aldermans vinrent en
ceremonie trouver Son AltesseàVvitheal, pour fë
condouloir avec elle, au
nom de tous lespeuples de
Londres,de laperte de Milord sonpere,& la feliciter
pareillement de son élection en qualité de protecteur ; ce qu'ayant fait en
presence des Seigneurs du
Conseil, qui s'y étoientexprés trouvez,ce Maire remit l'épée de la ville entre
les mains de Son Altesse,
quila lui rendit aussitôt.
Cette proclamation &reconnoissance étant faite,
il reçut quantité d'Adresses.
des Juges de paix, des Mi>-
niftres,&Genjilsl^ommes,
en un motde toutes les \iU
ks des Royaumes.Ilfitplusieursreglemenspourla sûreté publique.
Le 24. Février. 1659. le
Parlement nouveaud'Angleterre fut assemblé, le
reconnut pour proted:ew:;.
&-suprêmeMagistratd'Angleterre,d'Ecosse & d'Ir-.
lande; &par son Ordonnance du 3. May suivantil
cassa & dissouditle Parlement pour plusieursraisons
importantes, parce que le
parti du Roy CharlesII.
commençoitàéclater fi*
bienque ce futla derniere
action qu'ilfitenqualité de
protecteur, parce que la
jalousie& la défiance s'étant glissées contre ce nouveaUi¡ Parlement & corure
le protecteur,que le parti
contraireapprehendoit qu'-
on ne declarât Roy, firent
agirlesOfficiers de l'armée,
qui après plusieursassemblées resolurentde rétablir
l'ancienParlement qui avoit été cassé par le défunt
protecteur ,& firent une
Ordonnancepourson réta-
blissement,promettant leur
assistance; ce qui fut fait^
& aprés les Officiers prélenterent Requête àce Parlement rétabli, & demanderent quelestrois Nations
fussent regies fous le gouvernement d'un Etat libre
sans Protecteur, Royauté,
ni Chambre desSeigneurs,
& un Comité,futchargé
d'aller trouverMilord Richard Cromvvel pour lui
proposer d'acquiescer au
Gouvernement; ce qu'il fit
par écrit, & son frere Henny Cromvvel ,Viceroy d'Ii:./
lande, se démitde son autorité parordre duParlement
entre les mains de deux,
Commissaires,&vintrendre
compte de sa gestion; aprèsquoy onlui permit de se retirer en tellieu,dela campagne qu'illui plairoit.
Cependant les Chevaliers Georges Booth, &,.
Thomas Middletonprirent
les armes en sa, Comté de
Chester pour le Roy d'Ari,
glecerre ,Nqui y,sur proclawe&tout le gouvernement
d'Angleterre fut cliangé,,
&l'ancien Parlement fut
cassé par l'autorité des Offî-1
ciers destroupes comman:
dées parle General Morek,
qui étoit le plusfort. Il vint:
à Londres, où ayant été re-*
çûavechonneur ce furItii^qui procuralacafîàtionL
de l'ancien Parlement, &l
l'établissement. d'un nou«v
veau; , composé d'unç
Chambre des Seigneurs ÔC
d'une Chambre des Communes. Ce nouveau Parlement reconnut pour Roy.
Charles II. du nom , qui
pour lors étoit aux PaysBas yôc il paira. en Angle-
terre le 4.Juin166o.foc
reçuà, Douvrespar 1le General Morek,àlatètede
.4000. Gentilshommes;&
quatre joursaprèsilfit ion
crLcreeaLondres, accorda
une amnistie& un pardon
général des troubles passez,
Jt l'exclusion de vingt-huit
personnes qui avoient eu
part àla mortduRoy son
Pere., dont quelques-uns
furentpunis du dernier supplice.
Comme je ne pretens
point traiter de l'histoire
d'Angleterre, qu'il faudroit
-des" volumes entiers pour
la contenir,n'ayant fait ce
traité qu'au sujet de la mort
-de Richard Cromvvel, &
pour faire connoître ce qui
arriva après la mort d'Oliviersonpere jusqu'au réra-
"!blilfement du RoyCharles
II. il est necessaire de dire
quelque chose des entreprises dudit OlivierCromwel.
Olivier Cromvvel3 simple Gentilhomme, devint
fort capable par son application à l'étude de l'Histoire &de la Politique, fut
d'abord Capitaine de cavalerie dans l'armée des re,
belescontrele Roy Charles
premier, fous l'autorité du
Parlement. En 1641. il s'avança dans les Charges militaires
, par sasouplesse &
parson courage il devint
Commissaire général de
l'armée Parlementaire,que
Thomas Farfax commandoit contre son Souverain.
Il défit le Duc de Bukingham, & broiiilla son Prince légitimeirreconciliablement avec le Parlement,
& il fut le principal auteur
d'un attentat incroyableà
la posterité, par le juge.
ment qui fut renducontre
9c Roy Charles premier,
lui firentcouper latêtesur
un échafaut en public le 9. Février 1648. Cet homme
ayant joint l'artifice, laviolence, la perfidie,le faux
zele de justice & de religion, devint l'exemple d'une élévation outrée; si bien
que leRoyétantmort, il
ne songea plus ou-à regner
sanstrône &sansle nom de
Roy, ayant pris celui de
Protecteur, & exerça une
-
puis-
sanceabsoluë jusques à sa
mort,arrivée letreize Septembre 1658. fut enterré avec la magnificenceRoyale
dans le tombeau des Rois,
ayant les habits Royaux, la
couronne sur la tête, le
sceptre &; le globe Royal
en main: mais le Roy Charles fecond ne fut pas plûtôt rentré à Londres,& a- prés f011 couronnement,
qu'il fit déterrer son cadavre, & ceux d'Mon & de
Bradeshau,&lesfit attacher
au gibet public; ensuite on
fit une fosse profonde au bas
du gibet, où on les jett£>
dedans. La tête de Crom^
vvel fut mise sur un pieu,
& posée où elle cft. encore,
sur la salle où le Roy Charks premier aété jugé indignement par ses sujets beles. reAinsivoila la fin de
cette grande élévation d'un
homme qui aété fameux
tyran en Angleterre sous
le nom, de protecteur; de
ce Royaume.
v./Milord Richard Cromyvel, fils aîné d'Olivier
Cromvvel
,
si fameux dans
Hiiftoire, d'Angleterre,
mourut à Lpndjjes le 2,4,
juillet 1712. âgé de quatrevingt-dix ans;lequel, aprés
la mort de son pere, arrivée le 13. Septembre1658.
fut déclaré protecteur avec
une promptitudenecessaire
ence rencontre,& le privé
Conseils'étant assemblé,
delibera sur la nomination
que le défunt avoit faite de
la personne de son fils aîné: ce qui futagréé unanimement de toute l'Angleterre, & ensuite il fut proclamé le lendemain14. par
tous leslieux dela-ville de
Londres, avec
grande fo*
lemnité, &il setrouvaun
grand concours de peuple.
La proclamation etoit conçûë en cestermes, & publiée àhautevoix par le
Roy d'armes.
Comme il a
plûà Dieu
par sa providence retirerdu
mondele Serenissime & renomméOlivier, Seigneur
procecteurdecetteRépublique, SonAlcesseapendant savie;,félonl'humble
requête & avis du Parlement, declaré & ordonné
le trés-noble & illustre Seigneur Richard, son fils aî-
-i
né,pour luisucceder dans
le gouvernements de ces
Nations.Nous,duduprivé
Conseil,avecMilord Maire
& les Aldermans de Londres, lesOfficiers de l'armée, & plusieursautres des
principaux de la Noblesse,
publions & declarons d'une
communevoix,&d'un consentement general, de langue & de cœur, ledit noble
& illustre Seigneur Richard
être justement protecteur
de cette République d'Angleterre, d'Ecosse & d'Irlande, & des Seigneuries 8e
Territoires qui en dépendent; en sorte que nous reconnoissionsluidevoirtoute fidélité ÔQ inviolable
obeïssance,selon les loix ôs
ladite humble requête &
avis; avec toute affeéèiol\
cordiale: suppliant le Seigneur, par qui lesPrinces
regnent,delebenir d'une
longue vie, & de combler
ces Nations de bonheur
sous son gouvernement.
L'apresdînée le Maire
les Aldermans vinrent en
ceremonie trouver Son AltesseàVvitheal, pour fë
condouloir avec elle, au
nom de tous lespeuples de
Londres,de laperte de Milord sonpere,& la feliciter
pareillement de son élection en qualité de protecteur ; ce qu'ayant fait en
presence des Seigneurs du
Conseil, qui s'y étoientexprés trouvez,ce Maire remit l'épée de la ville entre
les mains de Son Altesse,
quila lui rendit aussitôt.
Cette proclamation &reconnoissance étant faite,
il reçut quantité d'Adresses.
des Juges de paix, des Mi>-
niftres,&Genjilsl^ommes,
en un motde toutes les \iU
ks des Royaumes.Ilfitplusieursreglemenspourla sûreté publique.
Le 24. Février. 1659. le
Parlement nouveaud'Angleterre fut assemblé, le
reconnut pour proted:ew:;.
&-suprêmeMagistratd'Angleterre,d'Ecosse & d'Ir-.
lande; &par son Ordonnance du 3. May suivantil
cassa & dissouditle Parlement pour plusieursraisons
importantes, parce que le
parti du Roy CharlesII.
commençoitàéclater fi*
bienque ce futla derniere
action qu'ilfitenqualité de
protecteur, parce que la
jalousie& la défiance s'étant glissées contre ce nouveaUi¡ Parlement & corure
le protecteur,que le parti
contraireapprehendoit qu'-
on ne declarât Roy, firent
agirlesOfficiers de l'armée,
qui après plusieursassemblées resolurentde rétablir
l'ancienParlement qui avoit été cassé par le défunt
protecteur ,& firent une
Ordonnancepourson réta-
blissement,promettant leur
assistance; ce qui fut fait^
& aprés les Officiers prélenterent Requête àce Parlement rétabli, & demanderent quelestrois Nations
fussent regies fous le gouvernement d'un Etat libre
sans Protecteur, Royauté,
ni Chambre desSeigneurs,
& un Comité,futchargé
d'aller trouverMilord Richard Cromvvel pour lui
proposer d'acquiescer au
Gouvernement; ce qu'il fit
par écrit, & son frere Henny Cromvvel ,Viceroy d'Ii:./
lande, se démitde son autorité parordre duParlement
entre les mains de deux,
Commissaires,&vintrendre
compte de sa gestion; aprèsquoy onlui permit de se retirer en tellieu,dela campagne qu'illui plairoit.
Cependant les Chevaliers Georges Booth, &,.
Thomas Middletonprirent
les armes en sa, Comté de
Chester pour le Roy d'Ari,
glecerre ,Nqui y,sur proclawe&tout le gouvernement
d'Angleterre fut cliangé,,
&l'ancien Parlement fut
cassé par l'autorité des Offî-1
ciers destroupes comman:
dées parle General Morek,
qui étoit le plusfort. Il vint:
à Londres, où ayant été re-*
çûavechonneur ce furItii^qui procuralacafîàtionL
de l'ancien Parlement, &l
l'établissement. d'un nou«v
veau; , composé d'unç
Chambre des Seigneurs ÔC
d'une Chambre des Communes. Ce nouveau Parlement reconnut pour Roy.
Charles II. du nom , qui
pour lors étoit aux PaysBas yôc il paira. en Angle-
terre le 4.Juin166o.foc
reçuà, Douvrespar 1le General Morek,àlatètede
.4000. Gentilshommes;&
quatre joursaprèsilfit ion
crLcreeaLondres, accorda
une amnistie& un pardon
général des troubles passez,
Jt l'exclusion de vingt-huit
personnes qui avoient eu
part àla mortduRoy son
Pere., dont quelques-uns
furentpunis du dernier supplice.
Comme je ne pretens
point traiter de l'histoire
d'Angleterre, qu'il faudroit
-des" volumes entiers pour
la contenir,n'ayant fait ce
traité qu'au sujet de la mort
-de Richard Cromvvel, &
pour faire connoître ce qui
arriva après la mort d'Oliviersonpere jusqu'au réra-
"!blilfement du RoyCharles
II. il est necessaire de dire
quelque chose des entreprises dudit OlivierCromwel.
Olivier Cromvvel3 simple Gentilhomme, devint
fort capable par son application à l'étude de l'Histoire &de la Politique, fut
d'abord Capitaine de cavalerie dans l'armée des re,
belescontrele Roy Charles
premier, fous l'autorité du
Parlement. En 1641. il s'avança dans les Charges militaires
, par sasouplesse &
parson courage il devint
Commissaire général de
l'armée Parlementaire,que
Thomas Farfax commandoit contre son Souverain.
Il défit le Duc de Bukingham, & broiiilla son Prince légitimeirreconciliablement avec le Parlement,
& il fut le principal auteur
d'un attentat incroyableà
la posterité, par le juge.
ment qui fut renducontre
9c Roy Charles premier,
lui firentcouper latêtesur
un échafaut en public le 9. Février 1648. Cet homme
ayant joint l'artifice, laviolence, la perfidie,le faux
zele de justice & de religion, devint l'exemple d'une élévation outrée; si bien
que leRoyétantmort, il
ne songea plus ou-à regner
sanstrône &sansle nom de
Roy, ayant pris celui de
Protecteur, & exerça une
-
puis-
sanceabsoluë jusques à sa
mort,arrivée letreize Septembre 1658. fut enterré avec la magnificenceRoyale
dans le tombeau des Rois,
ayant les habits Royaux, la
couronne sur la tête, le
sceptre &; le globe Royal
en main: mais le Roy Charles fecond ne fut pas plûtôt rentré à Londres,& a- prés f011 couronnement,
qu'il fit déterrer son cadavre, & ceux d'Mon & de
Bradeshau,&lesfit attacher
au gibet public; ensuite on
fit une fosse profonde au bas
du gibet, où on les jett£>
dedans. La tête de Crom^
vvel fut mise sur un pieu,
& posée où elle cft. encore,
sur la salle où le Roy Charks premier aété jugé indignement par ses sujets beles. reAinsivoila la fin de
cette grande élévation d'un
homme qui aété fameux
tyran en Angleterre sous
le nom, de protecteur; de
ce Royaume.
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Résumé : MORT.
Le texte relate la vie et la mort de Richard Cromwell, fils aîné d'Olivier Cromwell, une figure emblématique de l'histoire anglaise. Richard Cromwell est décédé à Londres le 24 juillet 1712 à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Après la mort de son père, survenue le 13 septembre 1658, Richard a été déclaré protecteur de la République d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Cette nomination a été approuvée unanimement par le Parlement et proclamée le 14 septembre avec une grande solennité. La proclamation a été publiée à haute voix par le Roi d'armes, reconnaissant Richard Cromwell comme successeur de son père. Richard Cromwell a reçu des adresses de diverses autorités et a pris plusieurs mesures pour la sécurité publique. Cependant, en février 1659, le Parlement nouvellement assemblé l'a reconnu comme protecteur suprême, mais l'a dissous en mai de la même année en raison de tensions politiques. Les officiers de l'armée ont ensuite rétabli l'ancien Parlement, mettant fin au protectorat de Richard Cromwell. Les partisans du roi Charles II ont pris les armes, et le général Monk a restauré Charles II sur le trône le 4 juin 1660. Charles II a accordé une amnistie générale, à l'exception de vingt-huit personnes impliquées dans la mort de son père. Le texte mentionne également la vie d'Olivier Cromwell, qui est passé de simple gentilhomme à protecteur après avoir joué un rôle clé dans la guerre civile anglaise. Il a été l'un des principaux responsables de l'exécution du roi Charles Ier en 1648 et a exercé une puissance absolue jusqu'à sa mort en 1658. Après la restauration de Charles II, le cadavre d'Olivier Cromwell a été exhumé et exposé publiquement, marquant la fin de son règne tyrannique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2515
p. 195-208
CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Début :
Un jeune Officier devint amoureux d'une jeune personne appellée [...]
Mots clefs :
Mère, Fille, Lyon, Deux pères, Officier amoureux, Fidélité, Marianne, Juge, Procès, Loi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
CONTRE-PARTII
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
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Résumé : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Le texte raconte l'histoire d'un jeune officier amoureux de Marianne, une jeune femme qu'il préfère à un vieux bourgeois riche. Une riche veuve, bienveillante mais ni jeune ni belle, souhaite également aider l'officier. Les deux jeunes amants, confrontés à des pressions et des difficultés financières, décident de se marier chacun avec l'aîné de l'autre pour assurer leur avenir, promettant de ne jamais se revoir après leur mariage. Marianne épouse rapidement le vieillard, qui décède neuf mois plus tard. L'officier épouse la veuve, qui donne naissance à une fille avant de mourir. L'officier confie sa fille à la même nourrice que celle de Marianne. Marianne refuse de voir l'officier tant que son mari est en vie. Peu après, Marianne et son beau-père doivent partir en voyage, laissant les deux filles chez la nourrice. À la mort de la nourrice, une voisine prend en charge la fille restante pour percevoir les deux pensions. L'officier revient de la guerre et récupère la petite fille, croyant qu'elle est la sienne. Un procès s'ensuit entre les deux pères pour déterminer la véritable filiation de l'enfant. Un juge propose de laisser la mère choisir son enfant parmi plusieurs filles. Marianne reconnaît immédiatement sa fille. Les juges, bien que divisés, décident de suivre la loi, attribuant l'enfant au père légitime, le vieillard. Cependant, l'enfant refuse le vieillard et court vers l'officier, affirmant qu'il est son vrai père.
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2516
p. 208-211
MORTS.
Début :
Messire de Marboeuf, President au Mortier dans le Parlement de [...]
Mots clefs :
Marboeuf, Parlement de Bretagne, Le Roux d'Infreville
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Messire de Marbœuf,
President au Mortier dans leParlement de Bretagne,
mourut le 26. Juillet 1712.. âgé d'environ soixante ans.
Son integrité &sagrande
vertu l'ont fait regretter de
tout le monde. Il étcit d'unedes plus anciennes & des
plus illustres familles de
cette Province, tant dans
la Robe que dansl'Epée; &
étoit
étoit petit-fils de ce fameux
Marbœuf,President au même Parlement, qui a eu
trentedeux enfans presque tous vivans ensemble.
Celui-ci laisse trois enfans,
dont deux ont pris le parti
de. l'Egliseou du Cloître,
le troisiémeest encore trop
jeunepour posseder laCharge de President. Il avoit
pour freres l'Abbé de Langonet de Marbœuf, le President du Gué de Marbœuf,
leComte de Marbœuf,Bri-
»
gadier desarméesduRoy,
Se, Colonel du regiment de
dragons de Bretagne; deux
freres Chevaliers de Malte,
dont l'un est à present Commandeur;trois fœurs, dont
lune est veuve du Marquis
de Quebriac,l'autre est
veuve du Marquisde Birague, la troisiéme est Reli-.:
gieufe de laVisitation de
":. Rennes en Bretagne. Ra.
bine de. Marbœuf, sa tante, qui étoitune de ces
trente-deux enfans,avoit
épousé le Marquis de la Roche de Kernezne, second
Marquis de Bretagne, dont
il y a
unpetit-filsquiap-
prend actuellement ses exercices.
F. Loüis le Roux d'Infreville, Chevalier de Malte, le plus ancienChefd'efcadre des armées navales
du Roy, qu'ilservoit en
qualité deCapitaine de vaiseau depuisquarante- trois
ans, mourutà lnfreville le
23. Juillet, âgé de soixante
&dix ans.
Messire de Marbœuf,
President au Mortier dans leParlement de Bretagne,
mourut le 26. Juillet 1712.. âgé d'environ soixante ans.
Son integrité &sagrande
vertu l'ont fait regretter de
tout le monde. Il étcit d'unedes plus anciennes & des
plus illustres familles de
cette Province, tant dans
la Robe que dansl'Epée; &
étoit
étoit petit-fils de ce fameux
Marbœuf,President au même Parlement, qui a eu
trentedeux enfans presque tous vivans ensemble.
Celui-ci laisse trois enfans,
dont deux ont pris le parti
de. l'Egliseou du Cloître,
le troisiémeest encore trop
jeunepour posseder laCharge de President. Il avoit
pour freres l'Abbé de Langonet de Marbœuf, le President du Gué de Marbœuf,
leComte de Marbœuf,Bri-
»
gadier desarméesduRoy,
Se, Colonel du regiment de
dragons de Bretagne; deux
freres Chevaliers de Malte,
dont l'un est à present Commandeur;trois fœurs, dont
lune est veuve du Marquis
de Quebriac,l'autre est
veuve du Marquisde Birague, la troisiéme est Reli-.:
gieufe de laVisitation de
":. Rennes en Bretagne. Ra.
bine de. Marbœuf, sa tante, qui étoitune de ces
trente-deux enfans,avoit
épousé le Marquis de la Roche de Kernezne, second
Marquis de Bretagne, dont
il y a
unpetit-filsquiap-
prend actuellement ses exercices.
F. Loüis le Roux d'Infreville, Chevalier de Malte, le plus ancienChefd'efcadre des armées navales
du Roy, qu'ilservoit en
qualité deCapitaine de vaiseau depuisquarante- trois
ans, mourutà lnfreville le
23. Juillet, âgé de soixante
&dix ans.
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Résumé : MORTS.
Le texte évoque le décès de deux personnalités notables. Messire de Marbœuf, Président au Parlement de Bretagne, est décédé le 26 juillet 1712 à environ soixante ans. Son intégrité et sa vertu ont été universellement regrettées. Issu d'une des plus anciennes familles de Bretagne, il était petit-fils d'un autre Président au Parlement de Bretagne, connu pour avoir eu trente-deux enfants. Messire de Marbœuf laisse trois enfants, dont deux ont choisi la vie ecclésiastique, et un trop jeune pour succéder à sa charge. Il avait également plusieurs frères et sœurs occupant des postes prestigieux, comme Abbé, Président, Comte, Brigadier des armées du Roi, et Chevaliers de Malte. Une de ses tantes, Rabine de Marbœuf, avait épousé le Marquis de la Roche de Kernezne. Par ailleurs, François Louis le Roux d'Infreville, Chevalier de Malte et le plus ancien Chef d'escadre des armées navales du Roi, est décédé à Infreville le 23 juillet à l'âge de soixante-dix ans. Il servait en qualité de Capitaine de vaisseau depuis quarante-trois ans.
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2517
p. 211-216
DONS DU ROY.
Début :
Le 15. Août le Roy nomma à l'Evêché de Toulon [...]
Mots clefs :
Dons, Evêché de Toulon, Abbayes, Abbé du Crevy, Prieuré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONSDVROY.
Lei5.AoûtleRoynom-
ma à l'Evêché de Toulon
l'Abbé de Montauban
Grand Vicaire d'Apt.
Et donna l'Abbaye de
Vaux-Cernay, Ordre de
Cîteaux, Diocese de Pa":
ris, vacance par lamort de
Messire LoüisArmand
Bonnin de Chalucet,Evêque deToulon,àl'Abbé
de Broglio, Agent general
du Clergé.
Cette Abbaye est à huit
lieuës de Paris, & à une
lieuë &demiedeChevreuse, à l'occident d'hyver. Elle
fut fondée en mS. par- le
.,
Comte de Nelle, Connêcâble de France, &par sa
femme nommée Eve.
L'Abbaye de Lezat, Ord^e de saint Benoît, DiocesedeRieux, vacantepar
la mort de l'Abbé de Crussold'Uzez, Chanoine de
-
Strasbourg
,
aFAbbedeBe
rulle*
UAbbàyc deS.Paulde
Verdun, Ordre de Prémon
tré, vacante par la mort de
l'AbbéMolé, AbbédeSte
.: Croix
-
de Bordeaux
, -
au..
Pere Etheard
,
-
Abbé de la.
L'Abbaye du Rivet,Ordrrc deCîteaux
,
Diocese
de Bazas,auReverendPere
Jourdan de Fleins.
-
Il est d'une des meilleur
res famillesd'Angers,allié
a toutcequ'il ya de plus
distingué danslaNoblesse.
de la Province d'Anjou. Il
/efitReligieux en l'Abbaye
dePontron
: peu de temps
aprèsqu'il fut Prêtre on le
|ïc;Soupripir. Il fut choisi
g$urêtreDiredeurdesDa-
mes Religieuses de l'Abaye.
Royale de Panthemont,
dans le Fauxbourg faine,
Germain. Il s'est acquitté
de cet employ pendant
-
quinze ans; ensuite il fut
;
fait Prieur de l'Abbaye de
Lepau, proche laville du
Mans.
L'Abbaye de Gendras,
Ordre de saint Benoît, Diocese de Nîmes 3à l'Abbé de
Maniban.
,
LePrieurédeVauxàl'Evêque d'Arethuse.
1.
Le Prieuré de saint Léonard àl'AbbédeMaranzac.
L'Abbaye de laVirgini- té, Ordre de Cîteaux,Diocefedu Mans, à la Dame de
Preaux, Religieuse; de la..
due Abbaye.
Le 11. Août l'Abbé du
Crevy fut sacréEvêque du
Mans, dans la Chapelle du
Noviciat des Jesuites, par
l'Evêque de Tournay
,
asfifié des Evêques deQuimpçr& de Rennes.
Lei5.AoûtleRoynom-
ma à l'Evêché de Toulon
l'Abbé de Montauban
Grand Vicaire d'Apt.
Et donna l'Abbaye de
Vaux-Cernay, Ordre de
Cîteaux, Diocese de Pa":
ris, vacance par lamort de
Messire LoüisArmand
Bonnin de Chalucet,Evêque deToulon,àl'Abbé
de Broglio, Agent general
du Clergé.
Cette Abbaye est à huit
lieuës de Paris, & à une
lieuë &demiedeChevreuse, à l'occident d'hyver. Elle
fut fondée en mS. par- le
.,
Comte de Nelle, Connêcâble de France, &par sa
femme nommée Eve.
L'Abbaye de Lezat, Ord^e de saint Benoît, DiocesedeRieux, vacantepar
la mort de l'Abbé de Crussold'Uzez, Chanoine de
-
Strasbourg
,
aFAbbedeBe
rulle*
UAbbàyc deS.Paulde
Verdun, Ordre de Prémon
tré, vacante par la mort de
l'AbbéMolé, AbbédeSte
.: Croix
-
de Bordeaux
, -
au..
Pere Etheard
,
-
Abbé de la.
L'Abbaye du Rivet,Ordrrc deCîteaux
,
Diocese
de Bazas,auReverendPere
Jourdan de Fleins.
-
Il est d'une des meilleur
res famillesd'Angers,allié
a toutcequ'il ya de plus
distingué danslaNoblesse.
de la Province d'Anjou. Il
/efitReligieux en l'Abbaye
dePontron
: peu de temps
aprèsqu'il fut Prêtre on le
|ïc;Soupripir. Il fut choisi
g$urêtreDiredeurdesDa-
mes Religieuses de l'Abaye.
Royale de Panthemont,
dans le Fauxbourg faine,
Germain. Il s'est acquitté
de cet employ pendant
-
quinze ans; ensuite il fut
;
fait Prieur de l'Abbaye de
Lepau, proche laville du
Mans.
L'Abbaye de Gendras,
Ordre de saint Benoît, Diocese de Nîmes 3à l'Abbé de
Maniban.
,
LePrieurédeVauxàl'Evêque d'Arethuse.
1.
Le Prieuré de saint Léonard àl'AbbédeMaranzac.
L'Abbaye de laVirgini- té, Ordre de Cîteaux,Diocefedu Mans, à la Dame de
Preaux, Religieuse; de la..
due Abbaye.
Le 11. Août l'Abbé du
Crevy fut sacréEvêque du
Mans, dans la Chapelle du
Noviciat des Jesuites, par
l'Evêque de Tournay
,
asfifié des Evêques deQuimpçr& de Rennes.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le document détaille diverses nominations et vacances d'abbayes et de prieurés en France au XVIIIe siècle. Le 5 août, le roi nomma l'Abbé de Montauban Grand Vicaire d'Apt et attribua l'Abbaye de Vaux-Cernay, de l'Ordre de Cîteaux, à l'Abbé de Broglio. Cette abbaye est située à huit lieues de Paris et à une lieue et demie de Chevreuse, fondée au XIe siècle par le Comte de Nelle et son épouse Eve. D'autres nominations incluent l'Abbaye de Lezat, de l'Ordre de Saint Benoît, attribuée à l'Abbé de Berulle, et l'Abbaye de Saint-Paul de Verdun, de l'Ordre de Prémontré, attribuée au Père Etheard. L'Abbaye du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux, fut donnée au Père Jourdan de Fleins, issu d'une famille distinguée d'Angers. Ce dernier était également Directeur des Dames Religieuses de l'Abbaye Royale de Panthemont et Prieur de l'Abbaye de Lepau. L'Abbé de Maniban fut nommé à l'Abbaye de Gendras, de l'Ordre de Saint Benoît. Le 11 août, l'Abbé du Crevy fut sacré Évêque du Mans par l'Évêque de Tournay, assisté des Évêques de Quimper et de Rennes.
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2518
p. 217-219
Ordonnance du Roy pour la publication du Traité de suspension d'armes entre la France & l'Angleterre.
Début :
On fait à sçavoir à tous qu'il appartiendra, qu'il [...]
Mots clefs :
Ordonnance du roi, Suspension d'armes, France, Angleterre, Traite
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texteReconnaissance textuelle : Ordonnance du Roy pour la publication du Traité de suspension d'armes entre la France & l'Angleterre.
Ordonnance du Roy four U
publication duTraitédtfif.
pension d'armes entre fil
France
&ïjirizUtêtre. i
On faità sçâvoir à tous<
.iu"il appartiendra,cju'il;y.
àsuspension d'armes générale, & detous a&esd'hoG
tilité,'tâsit par terre-que par
i.ner.,èntÉé tres-haut/tre'spuissant, & trés
-
excellent
prince LÔULS., parlà grâce de Dieu Roy de Francè
'& de Navarre, nôtre souverain Seigneur; & trés-
haute, très-puissante, '.8Ç
très
-
excellente Princesse
ÀNNJ^, Reine delaGrande Bretagne, leursvassaux,
sujets,serviteurs, en tous
leurs Royaumes,Pays, Terres & Seigneuriesde leur
obeissance ,pendant le
temps de quatre mois,a
commencer,levingt-deuxiéme jour dupresentmois
d'Août,&sinissantlevingt- dçu.iç,dù- de Décembre prochain: pendant
lequel temps de quatre
mois il est défenduaux fîijets de Sa Majefté^dequel-
que qualité & condition
qu'ilssoient, d'exercer contreceux de la Reine de la
Grande Bretagne aucun
.'aéte d'hostilité par terre,
parmer,surles rivierès,
ou autres eaux
,
Se de leur
causer aucunprejudice ni
dommage, à peine d'être
punis severement comme
perturbateurs du repospublic. Fait àFontainebleau le
vingt-uniémeAoûtmil sept
cent douze. Signé, LOUIS,
& plus bas, Co LBEKT
publication duTraitédtfif.
pension d'armes entre fil
France
&ïjirizUtêtre. i
On faità sçâvoir à tous<
.iu"il appartiendra,cju'il;y.
àsuspension d'armes générale, & detous a&esd'hoG
tilité,'tâsit par terre-que par
i.ner.,èntÉé tres-haut/tre'spuissant, & trés
-
excellent
prince LÔULS., parlà grâce de Dieu Roy de Francè
'& de Navarre, nôtre souverain Seigneur; & trés-
haute, très-puissante, '.8Ç
très
-
excellente Princesse
ÀNNJ^, Reine delaGrande Bretagne, leursvassaux,
sujets,serviteurs, en tous
leurs Royaumes,Pays, Terres & Seigneuriesde leur
obeissance ,pendant le
temps de quatre mois,a
commencer,levingt-deuxiéme jour dupresentmois
d'Août,&sinissantlevingt- dçu.iç,dù- de Décembre prochain: pendant
lequel temps de quatre
mois il est défenduaux fîijets de Sa Majefté^dequel-
que qualité & condition
qu'ilssoient, d'exercer contreceux de la Reine de la
Grande Bretagne aucun
.'aéte d'hostilité par terre,
parmer,surles rivierès,
ou autres eaux
,
Se de leur
causer aucunprejudice ni
dommage, à peine d'être
punis severement comme
perturbateurs du repospublic. Fait àFontainebleau le
vingt-uniémeAoûtmil sept
cent douze. Signé, LOUIS,
& plus bas, Co LBEKT
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Résumé : Ordonnance du Roy pour la publication du Traité de suspension d'armes entre la France & l'Angleterre.
Le 21 août 1712, le roi Louis publie une ordonnance annonçant une suspension générale des armes entre la France et la Grande-Bretagne. Cette trêve, d'une durée de quatre mois, commence le 22 août 1712 et se termine le 22 décembre 1712. Pendant cette période, il est interdit aux sujets des deux monarques de se livrer à des actes d'hostilité par terre, mer ou sur les rivières, sous peine de sanctions sévères. L'ordonnance s'adresse à tous les vassaux, sujets et serviteurs des deux monarques dans leurs royaumes respectifs. Elle vise à maintenir la paix et à éviter tout préjudice ou dommage entre les deux parties.
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2519
p. 220-227
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
Le 21. Juillet le Colonel de Desaunay, envoyé par le [...]
Mots clefs :
Colonel de Desaunay, Major général Hill, Angleterre, Dublin, Ducs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles il'Angleterre.
:
Le 21.JuilletJe ColonaI
de Desaunayenvoyé par le Major General Hill vap<-
posta lanouvelleque leiq.
il étoitentré dans Dunket;-
jquje, La Reine luiHc donliercinq;cenrguinées.Qn
jiça,le.canon du Parc saint
<Jam4si&:derla Toijr*on fit
-dâns, yii)e desfeux& dçs
illuminations.Qnaembarj
quésurla riviere toutesfor- j
tesdemunitions & de vivres pour envoyer à Dun1
lerque
,
& on équipe un
paquebot quiira de Douvres toutesles semaines.
On affure que l'escadre
du Vice-Amiral Jennings
passeral'hiver au Port Mahon, & qu'il y aura toûjours des vaisseeauxde guerrepour la sûreté du commerce.
Les lettres de Dublin
portent que depuis que le
General Srevvart, qui commande en chef les troupes
,
d'Irlande en l'absence du
Duc d'Ormond, est arrivé, ilafait divers change-
mens parmilesOfficiers,
militaires, & que les Lords
Justiciersavoient aussifait
plusieurs reformes dans le
Gouvernement civil.
-' La Reine n'ayant pasencore disposé de la Charge
de grand Ecuyer, qui étoit
ci-devant possedée par le
Ducde Sommerfet,anomméles Sieurs Dar£y&:Fielding pour l'exercer par commission.
;-
Les deux partis opposèz
à Londres se sont donné de
-grands mouvemens pour
l'élection de trois nouveaux j
Deputez, des Communes, ~Ia placéiededeceux ceuxààqui quilàla
Cour à donne desemplois:
maisle parti desAnglicans
l'a. emporter puisque les
Sieurs Guillaume de Stcr phens,DïxeiVvindfor9
&
Jean Hind Cotton,ausquels
cesemplois nouveati avoient été
çteélus,(e premierpour le èffîfï;deNevvp°rc, dans Milçde Vvight; lesdeux
utres pqur l'Universite & Ja ville de Cambridge.
Milord Lansdown
a -, été .Controllçur de la Mai-
son de la Reine, a la lac«. ]
de MylordMansel, a qui
on a
donné la Charge de
Receveur de l'Echiquier.
Toutestes Villes,Bourgs
& Communautez font presenterdesAdresses à la
,
Reine, pour la remercier des.*-
soinsqu'elleprend pour,
leur donner la paix! Oi*v
écrit de Lisbonne dtf>5*
Juillet,
-
que le Comte de
Portmore étoit sur Tondé*,
partpour veniren Angleterre, & qu'illaisseroit au
-
Major General Pearce le
commandement des trou-
ses; Angloises.
Le SieurHillBrigadier,
Commandant des, troupes
qui sont à Dunkerque, &
"été faitMajor général,.
Le Chevalier Guillaume
Courtney a
été élû Mem-
-
brè de la Chambre Baisé à
Exceter pour leComtéde
EXevon, a laplace du Chevalier Guillaume Pole, qui
-
a
accepté unemploy à la
-Cour: Ils sonttous deux du
parti des Anglicans, quise
fortifie; tous les jours de
plus en plus, auill
-
bienen
Ijrlândè qu'en Angleterre,
Les lettres de Dublin
portentque les Chevaliers
Thomas Southyvel & Guillaume [aine Quentinqui
étoientdu. parti contraire,
avoient étédepossedezde
leurs Charges de Commisfaires des revenusde la
Couronne,& qu'onavoir
mis en
leur,pjaçeleSiçur
Sharp,fils de l'Archevêque
d'York, & les Sieurs Vvalpôle & Mediey, çelez.Anglicans.
Le Duc de Leedsmou- ;
rut le 6. Août dans leCom- ldans
fjquatre
-
vingt-sèptiéme;
année. annee., Il avoit été créeVicomte
£atimer par le Roy Charlés sécond ensuiteComte
de Danby. grand Tresorier & Chevalier,dé la Jar- xetiere.
A prés larévolutionil
fut fait President du Confçil Marquis deCarmarthen, & enfinDuc,deLeeds,
en 1694. .:
Il a
substitue sesbiens au
fils du Marquis de Carmarthen son fils, qui lui succede enses dignitez
:
Le 21.JuilletJe ColonaI
de Desaunayenvoyé par le Major General Hill vap<-
posta lanouvelleque leiq.
il étoitentré dans Dunket;-
jquje, La Reine luiHc donliercinq;cenrguinées.Qn
jiça,le.canon du Parc saint
<Jam4si&:derla Toijr*on fit
-dâns, yii)e desfeux& dçs
illuminations.Qnaembarj
quésurla riviere toutesfor- j
tesdemunitions & de vivres pour envoyer à Dun1
lerque
,
& on équipe un
paquebot quiira de Douvres toutesles semaines.
On affure que l'escadre
du Vice-Amiral Jennings
passeral'hiver au Port Mahon, & qu'il y aura toûjours des vaisseeauxde guerrepour la sûreté du commerce.
Les lettres de Dublin
portent que depuis que le
General Srevvart, qui commande en chef les troupes
,
d'Irlande en l'absence du
Duc d'Ormond, est arrivé, ilafait divers change-
mens parmilesOfficiers,
militaires, & que les Lords
Justiciersavoient aussifait
plusieurs reformes dans le
Gouvernement civil.
-' La Reine n'ayant pasencore disposé de la Charge
de grand Ecuyer, qui étoit
ci-devant possedée par le
Ducde Sommerfet,anomméles Sieurs Dar£y&:Fielding pour l'exercer par commission.
;-
Les deux partis opposèz
à Londres se sont donné de
-grands mouvemens pour
l'élection de trois nouveaux j
Deputez, des Communes, ~Ia placéiededeceux ceuxààqui quilàla
Cour à donne desemplois:
maisle parti desAnglicans
l'a. emporter puisque les
Sieurs Guillaume de Stcr phens,DïxeiVvindfor9
&
Jean Hind Cotton,ausquels
cesemplois nouveati avoient été
çteélus,(e premierpour le èffîfï;deNevvp°rc, dans Milçde Vvight; lesdeux
utres pqur l'Universite & Ja ville de Cambridge.
Milord Lansdown
a -, été .Controllçur de la Mai-
son de la Reine, a la lac«. ]
de MylordMansel, a qui
on a
donné la Charge de
Receveur de l'Echiquier.
Toutestes Villes,Bourgs
& Communautez font presenterdesAdresses à la
,
Reine, pour la remercier des.*-
soinsqu'elleprend pour,
leur donner la paix! Oi*v
écrit de Lisbonne dtf>5*
Juillet,
-
que le Comte de
Portmore étoit sur Tondé*,
partpour veniren Angleterre, & qu'illaisseroit au
-
Major General Pearce le
commandement des trou-
ses; Angloises.
Le SieurHillBrigadier,
Commandant des, troupes
qui sont à Dunkerque, &
"été faitMajor général,.
Le Chevalier Guillaume
Courtney a
été élû Mem-
-
brè de la Chambre Baisé à
Exceter pour leComtéde
EXevon, a laplace du Chevalier Guillaume Pole, qui
-
a
accepté unemploy à la
-Cour: Ils sonttous deux du
parti des Anglicans, quise
fortifie; tous les jours de
plus en plus, auill
-
bienen
Ijrlândè qu'en Angleterre,
Les lettres de Dublin
portentque les Chevaliers
Thomas Southyvel & Guillaume [aine Quentinqui
étoientdu. parti contraire,
avoient étédepossedezde
leurs Charges de Commisfaires des revenusde la
Couronne,& qu'onavoir
mis en
leur,pjaçeleSiçur
Sharp,fils de l'Archevêque
d'York, & les Sieurs Vvalpôle & Mediey, çelez.Anglicans.
Le Duc de Leedsmou- ;
rut le 6. Août dans leCom- ldans
fjquatre
-
vingt-sèptiéme;
année. annee., Il avoit été créeVicomte
£atimer par le Roy Charlés sécond ensuiteComte
de Danby. grand Tresorier & Chevalier,dé la Jar- xetiere.
A prés larévolutionil
fut fait President du Confçil Marquis deCarmarthen, & enfinDuc,deLeeds,
en 1694. .:
Il a
substitue sesbiens au
fils du Marquis de Carmarthen son fils, qui lui succede enses dignitez
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Angleterre et en Irlande. Le 21 juillet, le colonel Desaunay, envoyé par le Major General Hill, a annoncé l'entrée des troupes à Dunkerque. La Reine a récompensé Desaunay avec cinq cents guinées. Le comte de Portmore, présent à Tondé, devait se rendre en Angleterre, laissant le commandement des troupes au Major General Pearce. Le brigadier Hill a été promu Major général et commande les troupes à Dunkerque. En politique, le chevalier Guillaume Courtney a été élu à la Chambre Basse pour le comté de Devon, remplaçant le chevalier Guillaume Pole, nommé à la Cour. Les deux hommes appartiennent au parti des Anglicans, qui gagnent en influence en Irlande et en Angleterre. À Dublin, les chevaliers Thomas Southyvel et Guillaume Jacques Quentin ont été démis de leurs fonctions de commissaires des revenus de la Couronne, remplacés par Sharp, Walpole et Medley, tous Anglicans. Le duc de Leeds est décédé le 6 août à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Il avait été créé vicomte Latimer par le roi Charles II, puis comte de Danby, grand trésorier et chevalier de la Jarretière. Après la révolution, il fut président du Conseil, marquis de Carmarthen, et enfin duc de Leeds en 1694. Ses biens ont été transmis au fils du marquis de Carmarthen, qui lui succède dans ses dignités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2520
p. 228-237
Nouvelles de Hollande.
Début :
On ne parle à la Haye & dans tout le [...]
Mots clefs :
Hollande, Denain, Marchiennes, Prince Eugène, Siège de Douai, Duc d'Ormond
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Hollande.
NouvellesMHollanâ
Onne,parleàlaHaye&
dans tout le pays que des
nouvelles queplufictilrscou-i
riers de l'armée ont apportées depuisle 16. Juillet, de
ce qui s'estpassé àDenain.
& aux environs. On nefut
point informé d'abord de
lagrande perte qu'on y
avoit faite :mais depuis
on a
apprisqu'à peine ils'étoit sauvéquatre centhommes de tout le camp de De—!
nain; quele Comte d'Al-
bemarle General avoitété
pris,avec le Lieutenant
generalSickinga,le Prince
bel, deHolstein leComte,leCorneille SieurZo- de
Nassau, & le Baron d'AIS
j-)erg,Marécli.,iux deCamp;
aue le jeunePrincé d'An-
*Jia1lt a
été tué sonfrereMaréchal deCamp noyé,avec
le Comte deDhona,Lieutenant t>général & GouverneurdeMons, lons,&le&-le Com Comteèe
de Nassau Vvoudenberg,
Maréchal deCamp:&enfin que pas un Officier néral, geni aucun 1.)Officier-
dont on ait connoissancey
ne s'est échapé.On a
sçû
ensuitequele 31. Juillet la
garnifbn de Marchienne
s'étoit rendue prisonniere
de guerre,avec perte de
cent cinquante belandres
-e desmagasins qui étoient
dansla plièe)suffisans pour
toute la campagne; que
l'armée,du Prince Eugène
,aflanque' de pain durant
six jours ; que ce Prince
manquant de munitions &
de vivres, avoit eteoulio-é
de lever le siege de Landrecy
,
& que le Maréchal
•SëViflars:,avoitassïegé
Douay. Cesnouvellesarrivées ensipeu de temps
ontcausédanstoutle pays
&Wchagrind'autantplus
grand,que les personnes
Pbi.en >i^teriripnnéës disent
qu'onpôuv6ic"éviter toxil
tes ces pertes par la fàfpensiond'armes qu'on a
réfusée.
LesEtatsGeiierauxlortt
obligez maintenant de faire partir de Bruxelles leurs
convois surdes chariots,
qui sonttous les joursex-
posez àêtre enlevezparlés
François, à moinsqu'ils ne
fatiguent, leurstroupes en
les faifimtaccompagner
pardepuissantes efeortes.
Le Prince Eugene ayant
pté rejoint par le Prince
<fAnhalc avec les troupes
deAinees
au siege de Laiidrecy, vint camper le deux
Août vers Bossut êcsaint
Guillain. Le trois il alla
camper à Havré,&le quatre il continua sa marche
par la plaine de Lens, pour
allerpasserl'Escaut à Tournay,&tâcher de faire le-
verle siege deDoüay.
Comme son armée est af-
•
foiblie par les pertes qu'il
agraires, & par-la desertion, le Major général Grovenstein,Gouverneur de
Bouchain, qui avoit fait
une course. en Champagne
; ôc au pays MelIin, arriva
le 26. du mois deJuilletà
Bruxellesyavecsestroupes reduites àla moitié, &
ilenpartit le 30. pour aller
joindrel'armée. Les' regi-
- mens de Caril
,
de Mestrail,
4ëcun autre,qui sontfortis de Gand depuis que les
Anglais y
sont entrez, arriverent le premier de ce
mois àBruxelles, &le 2. ils. prirent aussi laroute
d'Ath & deTournay. D'un
autre côté le Prince Eugene y. qui avoit retire des
?..
places une partie des garnisons ôc des Gouverneurs
.pour renforcer ion armée,
est obligé de l'affoiblir pour
remettre les places en état
de défense. Ila jetté 2. ou3.
bataillons dans Bouchain,il
,
a mis le régiment de Douglasau Quesnoy
,
ceux de aSpar & de Cavanac à Mons,
&le regiment de May qui
ecoic a Oudenarde, a
ordre
d'aller renforcer la garnison de Tlfle, Le General
Hompeîch, Gouverneur
deMons, àqui on. a
donné le commaridèm^riî des
placesconquises, àcause
de laprison du Comte d'Albemarle qui possedoit cet erqploy.yafaitentrer dans 'pôiiày deux bataillons tirez de Bethune, où il faudra lesremplacer.
Le Duc d'Ormond , afin
de fairesubsistercommodément son armée,l'a distri-
buée de lamaniere fiiivantëi».
Il a
envoyéàBrugesquatre regimens& sixpièces
de canon ";,,
& ila occupé
le postede Leffingue sur le*
canalde Plassendal à ï>Jku.
porc. -
Ilaenvoyé six bataillons;
àDunkerque. Ilamis six bataillons
dans Gand
,
où ilfait sarefidence avec les principaux
Officiers.
La cavalerie va secan-
-
tonner dans le pays de
Vvaës, & les Etats du pays -
fournissent les vivres ôctes|
fourrages à ses troupes, enh
deduction des droits qu'ils,
ont accoûtumédepayer.
n Un convojr.de.sept cent
chariot ,chargez de farine
w& d'autres provisions,par-
-ni: le5.d'Août deBruxelles,
éc il arrivale7. à Mons,
-!escossé par lesregimens ou :
-.b:ataiUOr\s deMetrail, Ca-
-
ris&Colier, sortisdeGand
cà latrive'e1 desAnglôis:
: néanmoins onapprend que
le'armée, pain esttoûjours cher à
qui en a manque
"dÏÏrantplusiéùrs jours ;ce
*qui cause une grande defçrtion,.
Onne,parleàlaHaye&
dans tout le pays que des
nouvelles queplufictilrscou-i
riers de l'armée ont apportées depuisle 16. Juillet, de
ce qui s'estpassé àDenain.
& aux environs. On nefut
point informé d'abord de
lagrande perte qu'on y
avoit faite :mais depuis
on a
apprisqu'à peine ils'étoit sauvéquatre centhommes de tout le camp de De—!
nain; quele Comte d'Al-
bemarle General avoitété
pris,avec le Lieutenant
generalSickinga,le Prince
bel, deHolstein leComte,leCorneille SieurZo- de
Nassau, & le Baron d'AIS
j-)erg,Marécli.,iux deCamp;
aue le jeunePrincé d'An-
*Jia1lt a
été tué sonfrereMaréchal deCamp noyé,avec
le Comte deDhona,Lieutenant t>général & GouverneurdeMons, lons,&le&-le Com Comteèe
de Nassau Vvoudenberg,
Maréchal deCamp:&enfin que pas un Officier néral, geni aucun 1.)Officier-
dont on ait connoissancey
ne s'est échapé.On a
sçû
ensuitequele 31. Juillet la
garnifbn de Marchienne
s'étoit rendue prisonniere
de guerre,avec perte de
cent cinquante belandres
-e desmagasins qui étoient
dansla plièe)suffisans pour
toute la campagne; que
l'armée,du Prince Eugène
,aflanque' de pain durant
six jours ; que ce Prince
manquant de munitions &
de vivres, avoit eteoulio-é
de lever le siege de Landrecy
,
& que le Maréchal
•SëViflars:,avoitassïegé
Douay. Cesnouvellesarrivées ensipeu de temps
ontcausédanstoutle pays
&Wchagrind'autantplus
grand,que les personnes
Pbi.en >i^teriripnnéës disent
qu'onpôuv6ic"éviter toxil
tes ces pertes par la fàfpensiond'armes qu'on a
réfusée.
LesEtatsGeiierauxlortt
obligez maintenant de faire partir de Bruxelles leurs
convois surdes chariots,
qui sonttous les joursex-
posez àêtre enlevezparlés
François, à moinsqu'ils ne
fatiguent, leurstroupes en
les faifimtaccompagner
pardepuissantes efeortes.
Le Prince Eugene ayant
pté rejoint par le Prince
<fAnhalc avec les troupes
deAinees
au siege de Laiidrecy, vint camper le deux
Août vers Bossut êcsaint
Guillain. Le trois il alla
camper à Havré,&le quatre il continua sa marche
par la plaine de Lens, pour
allerpasserl'Escaut à Tournay,&tâcher de faire le-
verle siege deDoüay.
Comme son armée est af-
•
foiblie par les pertes qu'il
agraires, & par-la desertion, le Major général Grovenstein,Gouverneur de
Bouchain, qui avoit fait
une course. en Champagne
; ôc au pays MelIin, arriva
le 26. du mois deJuilletà
Bruxellesyavecsestroupes reduites àla moitié, &
ilenpartit le 30. pour aller
joindrel'armée. Les' regi-
- mens de Caril
,
de Mestrail,
4ëcun autre,qui sontfortis de Gand depuis que les
Anglais y
sont entrez, arriverent le premier de ce
mois àBruxelles, &le 2. ils. prirent aussi laroute
d'Ath & deTournay. D'un
autre côté le Prince Eugene y. qui avoit retire des
?..
places une partie des garnisons ôc des Gouverneurs
.pour renforcer ion armée,
est obligé de l'affoiblir pour
remettre les places en état
de défense. Ila jetté 2. ou3.
bataillons dans Bouchain,il
,
a mis le régiment de Douglasau Quesnoy
,
ceux de aSpar & de Cavanac à Mons,
&le regiment de May qui
ecoic a Oudenarde, a
ordre
d'aller renforcer la garnison de Tlfle, Le General
Hompeîch, Gouverneur
deMons, àqui on. a
donné le commaridèm^riî des
placesconquises, àcause
de laprison du Comte d'Albemarle qui possedoit cet erqploy.yafaitentrer dans 'pôiiày deux bataillons tirez de Bethune, où il faudra lesremplacer.
Le Duc d'Ormond , afin
de fairesubsistercommodément son armée,l'a distri-
buée de lamaniere fiiivantëi».
Il a
envoyéàBrugesquatre regimens& sixpièces
de canon ";,,
& ila occupé
le postede Leffingue sur le*
canalde Plassendal à ï>Jku.
porc. -
Ilaenvoyé six bataillons;
àDunkerque. Ilamis six bataillons
dans Gand
,
où ilfait sarefidence avec les principaux
Officiers.
La cavalerie va secan-
-
tonner dans le pays de
Vvaës, & les Etats du pays -
fournissent les vivres ôctes|
fourrages à ses troupes, enh
deduction des droits qu'ils,
ont accoûtumédepayer.
n Un convojr.de.sept cent
chariot ,chargez de farine
w& d'autres provisions,par-
-ni: le5.d'Août deBruxelles,
éc il arrivale7. à Mons,
-!escossé par lesregimens ou :
-.b:ataiUOr\s deMetrail, Ca-
-
ris&Colier, sortisdeGand
cà latrive'e1 desAnglôis:
: néanmoins onapprend que
le'armée, pain esttoûjours cher à
qui en a manque
"dÏÏrantplusiéùrs jours ;ce
*qui cause une grande defçrtion,.
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Résumé : Nouvelles de Hollande.
En juillet 1712, durant la guerre de Succession d'Espagne, les forces alliées subissent une lourde défaite à la bataille de Denain le 16 juillet. Seuls quatre cents hommes survivent, et plusieurs hauts officiers, dont le Comte d'Albemarle, le Prince de Holstein et le Baron d'Aisberg, sont capturés ou tués. La garnison de Marchienne se rend le 31 juillet, entraînant la perte de cent cinquante barils de poudre et de magasins essentiels. L'armée du Prince Eugène, manquant de munitions et de vivres, lève le siège de Landrecy, tandis que le Maréchal de Villars assiège Douai. Ces revers provoquent un grand chagrin dans le pays, certains estimant que ces pertes auraient pu être évitées par une suspension d'armes refusée. Les États Généraux doivent protéger leurs convois contre les Français. Le Prince Eugène, rejoint par le Prince de Porc, envoie des bataillons à Dunkerque et Gand, et la cavalerie se déplace dans le pays de Waës. Un convoi de sept cents chariots, parti de Bruxelles le 5 août, est attaqué mais arrive à Mons le 7 août, escorté par des régiments de Gand et des Anglais. Malgré cela, l'armée manque toujours de pain, causant une grande désertion.
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2521
p. 238-240
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
Le Prince de Schwartzenberg, le Comte de Mollart, & le [...]
Mots clefs :
Comte, Allemagne, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
«-
«$»;.
Le Prince deSchvvartzenberg, le Comte de Mollart,
& le Comtede GalUrfch se
preparentà partir pour accompagner en Catalogne
l'Archiduchesse Marie-Elisabeth,quivatenirà Barxjçelonnelapiace,del'Arçl^i-
,
d^chelle, quelePrince
deSchvvartzenberg& le
Comte de Mollart doivent
-
ramener-,.ôc leComte de
.CaHarich yrestera en qua- kté d^GraadlMaîtredela
J)..,
Maison dela Princesse.
On écrit de Presbourg.
Que l'Archiducaaccordée
auxProtestans la permission de bâtirdes Temples
-
à
,
kurs dépens. Comme il ya
encoredesHongrois en arn)es, que fëJPrjpcç Ragotziarefuséd'accepter
-
-
l'amnistie qui lui aété of-
.'fçttt de k part de l'Archiduc, dac,.onondoit doitenvoyertrois envoyer [~ojs
regimens qui
,. campoient
gtiro'ur de Presbourg,vers
les frontieres de Hongrie&
de Transylvanie, pour dissiper ces Mécontens, &veil-
ler à la sûretéde ces pays-là.
Les lettres de Constantinop!e portent que les Turcs
persistenttoûjoursàvouloir
faire escorterle Roy de Suede dans ses Eracs;,& qu'il
paroissoit qu'ayant appris lesresolutionsprises en Angleterre pour lapaix, ils ne laconcluroient pas à preficnt avec le Czar,sielle n'é-
.,roit pas déja faite, &qu'ils
font disposezà renouveller
,,, ,
.; la guerre à
la moindrec°+t- jjr^vention '-'-'.,
«$»;.
Le Prince deSchvvartzenberg, le Comte de Mollart,
& le Comtede GalUrfch se
preparentà partir pour accompagner en Catalogne
l'Archiduchesse Marie-Elisabeth,quivatenirà Barxjçelonnelapiace,del'Arçl^i-
,
d^chelle, quelePrince
deSchvvartzenberg& le
Comte de Mollart doivent
-
ramener-,.ôc leComte de
.CaHarich yrestera en qua- kté d^GraadlMaîtredela
J)..,
Maison dela Princesse.
On écrit de Presbourg.
Que l'Archiducaaccordée
auxProtestans la permission de bâtirdes Temples
-
à
,
kurs dépens. Comme il ya
encoredesHongrois en arn)es, que fëJPrjpcç Ragotziarefuséd'accepter
-
-
l'amnistie qui lui aété of-
.'fçttt de k part de l'Archiduc, dac,.onondoit doitenvoyertrois envoyer [~ojs
regimens qui
,. campoient
gtiro'ur de Presbourg,vers
les frontieres de Hongrie&
de Transylvanie, pour dissiper ces Mécontens, &veil-
ler à la sûretéde ces pays-là.
Les lettres de Constantinop!e portent que les Turcs
persistenttoûjoursàvouloir
faire escorterle Roy de Suede dans ses Eracs;,& qu'il
paroissoit qu'ayant appris lesresolutionsprises en Angleterre pour lapaix, ils ne laconcluroient pas à preficnt avec le Czar,sielle n'é-
.,roit pas déja faite, &qu'ils
font disposezà renouveller
,,, ,
.; la guerre à
la moindrec°+t- jjr^vention '-'-'.,
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduchesse Marie-Élisabeth se prépare à se rendre en Catalogne, accompagnée du Prince de Schwarzenberg, du Comte de Mollart et du Comte de Gallurch. Elle visitera Barcelone avant de revenir avec le Prince de Schwarzenberg et le Comte de Mollart. Le Comte de Caharich restera en tant que Grand Maître de la Maison de la Princesse. À Presbourg, l'Archiduc a autorisé les Protestants à construire des temples à leurs frais. En raison de la présence de Hongrois armés et du refus du Prince Rákóczi d'accepter l'amnistie, trois régiments sont envoyés vers les frontières de Hongrie et de Transylvanie pour disperser les mécontents et assurer la sécurité. Les lettres de Constantinople révèlent que les Turcs insistent pour escorter le Roi de Suède et sont informés des résolutions anglaises pour la paix. Ils refusent de conclure la paix avec le Czar si celle-ci n'est pas déjà faite et se tiennent prêts à renouveler les hostilités en cas d'intervention.
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2522
p. 241-260
Traduction de la Protestation des Seigneurs de la Chambre Haute.
Début :
Nous jugeons qu'il est necessaire d'avoir la seureté [...]
Mots clefs :
Chambre haute, Conditions de Paix, France, Négociation, Compensation, Alliés, Maison de Bourbon, Rhin, Portugal, Protestation, Angleterre, Offres de la France, Patrie, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Protestation des Seigneurs de la Chambre Haute.
Traduction de la Protestation
des Seigneurs de la Chambre/
Haute.
N r-,
Ous jugeons qu'il
estnecessaired'avoir
la seureté proposée, -1dune
garantie mutuelle, parce que
Nous, concevons que les
Conditions delaPaix quoti
a
offertes, procedentd'une Nt'-
gociationséparée conduiteparles
Ministresavecla France ,sans
la participation des principaux
jdihe^
,
particulierement des
Etats GenerAUX) comme ils
le disent dans leur Lettre à
la Reine: Eux dont Sa
Majesté regarde les interests
comme inséparablesdusien,
ainsi qu'Elles'en est expliquée àce Parlement. Et
Nous concevons que' cette
Negociation est contraire à
ces ordres que S. M. déclara
avoir donnez, dans la réponrgrendit à f'Aj
dresse de cette Chambre,
qu'Elleavoit charge ses Plenipotentiaires,àUtrecht de
concerterjW-ec çeux des Alht
Elle estencorecontraire àla
Résolution contenuëd ans
le M:(Taaedu.iiJanvier',
qu„ BUe.CMfnvoy^ çettq Chambre,de l'Union étroite
où Elle se proposoit d'entrer
avec Eux, pour obtenir, une
bonne P~~ pour
Tdntir& la ma.Z.Ptenir-uni
qu'Elle l'avoit déclarédans
son discours àl'ouverture
de cerrç^eflion,'x^Elie.m}
treroit avec Eux dans les Engagemens les plusétroits,pour
continuer ïalliance, afin de
rendreIfPa>x generale, (Iflt
0* durable. De plus, Nous
jugeons cette Négociation
contraire au VIII. Article
de la Grande Alliance, qui
oblige expressement tous les
AiltcTide ne traiter que
conjointement & du cçmmm
consentement de toutes les
Partiës.
Nous concevons que le
refus qu'on fait d'ajoûter ces
paroles, peut estre çonfideré
par les Alliez comme une
approbation que cette Chambre
donneroit à cette Methode
qu'on a
prise de traiter avec la
France,qui peut teur pafroiftre Coramt tendant à
une Paixseparée, contre laquelle S. M. a
temoigné
son juvctjtoh, & qui 2Çilé
de plus reconnu dans cette
Chambre comme une chose
folle,scelerate ~0* de mauvaise
foi; - quiseroitde fascheuse consequence pour ce
Royaume, &qui empêcheroit certe Garantie de la
Paix par les Alliez, laquelle
est absolument necessaire
pour leur fureté mutuelle;
ce qui Nouslaisseroitexposé
au pouvoir de la France, n'y
ayant point de raison d'attendre
,
du secours d'eux à
l'avenir, aprèsune si grande
violation de lafoi publique.
'j4'Il'nous ^arbift encore,
cjlietertemanierede traStcr
séparement peur excitet une
si grande méfiance entre les
/Ult^'qtj'èik^eèc-lè^ijette
dans la tentationdeprendre
de pareilles mesures, & donner parcemoyen occasion
ai.fôFranéede romprecette
Uhien: qui nous a
esléfl
utile juTcjuà présent, & si
formidable pour Elle, &
iJoht-'+âjjafence fcule peut
l'encourager, ou àdifférer
la conclusion de la Paix, ou
en imposer aux Alliez dans
le cours de ce Traité. :
Il Nous paroit qu'une
Union parfaite entre les Alliez est d'autant plus necefïùire dans le cas present, que
le fondement de coûtes les
Offres de la France qui regardent tant la Grande
-
Bretagne que les Alliezetbasti
sur la Renonciation du Duc
d'A njou à
ce Royaume là:
Renonciation qui,à nôtre avis,
est si rrom?tu(r, qu'aucunHomme raisonnable, beaucoupmoins des Nationsentieres, ne peuvent la confidc-
ici comme unesureté vala- J
ble. L'experience suffit pour j
Nous convaincre,combien j
peu Nous devons Nous |
exposer sur les Renonciations
de la MaisondeBourbon; Et
quoi qu'il arrivât,que le
present Ducd'Anjou secrût
lié par son present Aéte,
( ce que son Grand Pere n'a
pas fait;) il ne fera pas
j
moinslibreà sesDescendans
de dire, qu'aucun A£le desa
façon ne pouvoit les priver
d'un Droit que la Naissance
leur donne; sur tout quand
ce Droit est tel, que de l'avis
de tous les François il doit
estre maintenu inviolablement
selon la Constitutionfondamentale du Royaume de France,
Nous ne croyons pas
qu'il soit sur de dépendre
& de faire fonds sur cette
partie principale du Traité,
de fupofcr qu'il s'execute de
lui-mesme, ~e que cejl l'interess de la France de la maintenir; puisqu'au contraire,
il est manife ste qu'Elle a
fait
des effortsconstans depuis
le Traité de Pirenées) pour
unir ensemble les Monarchies de France &d'Efpagne>
laquelleUnionElleregarde ;
comme son plus grand a1
vantage, & commele 1
moyen le plus efficace pour
établir la MonarchieUniverJelle dans la Maison de 1
13ourbolJ. •
1nd mesmeon pourroit raisonablement se pro-
-
|
mettre,que les deux Couronnes de France & d'Es- |
pagne resteroient separées 1
dans des Branches de la |
Misson de Bourbon;cependant, cela est contraire à la
Grande Alliance mefme^
<quiexposel'Vfutpttion que
le Roy de France a
fait de la
Monarchie d'Espagne pour
le Ducd'Anjou, comme la
principale cause de la Guerre.
Et pour ce qui est du
Port-Mabon; de Gibraltar,
dè'V'ïdfïentoyÔC des autres
avantages que laFrance offre à la Grande-Bretagne;
outre qu'ils sont précaires.
Sc' qu'il fera au pouvoir de
la Francede Nous les oster
quand il luy plaira, vû la
situation de cesRoyaumes
& les vastes Richesses&
forces qu'on leur làiflera*:
Nous concevons qu'il est
impossible qu'aucun Homme puisse les envisager, en
aucun degré comme une
Compensation à la Grande
Bretagne pour l'Éspagne &
les Indes, qu'on laisse à la
MaisondeBourbon; ce q4*-
enrr'autres confcquencessatales, fera extrêmement préjudiciableànos Manufactures de.Laines, s'il ne les
ruine pas entièrement.
-.
Qpant à la démolition
de Dunkerque, quoi- que
Nous avoüons qu'elle contribura beaucoup à la
furetédenostreCommerce,
cependant, Nous avons raison de craindre, par ce qui
a
esté dit dans le Débat,
qu'on siest pas encoreconvenu de le démolit,que
moyennant un
Equivalent
qui soit à la satisfaction du
J^oydeFïance, 'r:
[ Pour ce quiregarde en
particulier les interests des
-pliiez, quoy qu'ils ne soient pas encore arreftezj
cependantpar ce qui pa- roist, les Alliez courent
risque d'estre laissez dans un
état,exposé,qui nesçauroit
du tout consister
avec nostre
propre lufcté.-
Le Rhin qu'on propose
pour Barrièredel'Empire
a1lie Strjj^jurg ,&Hannii
nghen entreles mains de la
France & la premiere de ces
P.laççs a
citéregardée comme la Clefdel'Empire..
Les propositionss de,l3
France touchant la Barriere
des Etats.Généraux,neles
privent pasfçulçrncnc, de
toutes lesPlaces quiot}t ejle
prisès depuisl'année1709.
Jpais, aussi dre deup.- outrois
fym^o/nftrifcssans£s.Ç)jv
pimclcsifrentlejr ftalf
Généraux en atteAnnée-la;
ce qui rendra leur Barrière
entièrement insuffisante, &
ce qui, par const queac, a
foiblit considerablement la
fureté de la Grande
Bretagne.
- Le Portugal paroist entièrement abandonné au
pouvoir de l'Espagne, no.
nobstant les grands avantages que Nous avons reçu
de ce Royaume, parraport à nostre Commerce, pendant cette Guerre, laquelle
pourrait nous estre encore
extrêmement, avantageuse,
Sur le tout, il y a une
différence si petite & si peu
considerableentré ces Offres
de la France, &ceux qu'Elle
fit le 11.Février N. S. à
Vtrecht, qui éroient signées
Huxelles,qu'il Nous paroist,
en les comparant ensemble,
que tant les uns que les
autres font l'effetd'uneNego.
tion Jecrete e particulière
avec Id France. Et cette
Chambre ayant alors unamimement concouru a
témoigner à la Reinefin plus
grand resentiment contre les
Conditions offertes à S.M.
& à ses Alliez par les Plenipotentiaires de France, &
S. M. ayant favorablement
reçu cette Adresse, & ayant
recompensé cette marque
d'obeïssance & de zele par
de sinceres remercimens de sa
part; le Respect que Nous
avons pour S. M. & la
justice que Nous devons à
nostre Patrie, ne Nous permettent pas de retracter
nostre sentiment, ny do
croire les Conclusions presentement bonnes pour Nous
& pour les, Alliez, ny de
donner
-
quelque aprobation
aparente à
ce qui futreçu
alors par la Chambre & par
les Alliez avec mépris &
detelfattons.
Pour ces raisons, Nous
sommes d'avis que les
Offres de la France fonc
trompeuses, & cachent des
pièges; qu'elles ne sont en
aucune maniéré proportionnées aux avantages que S.
M. peut justement attendre, |
pour Ces Royaumes & pour
!
ses Alliez, des grands fuc- j
césdont il a
plû à Dieu de
È
bénir leurs Armes pendant
t
-
w
le cours de cette Guerre;
que ces Offres ne font pas
necessaires pour conserverla
Balance du Pouvoir dans
l'Europe, ni pour la fureté
future de S. M. & de ses
Alliez,quand mesme elles
feroient exactement accomplies, & que telles qu'elles
sont, elles ne renferment
aucune fureté pour leur
execution; ce qui rend
absolument necessaire la
-
Proposition; que Nous
avons faite, qu'onprenne des
de concert avec les Allie%,
afin de les porter à se joindre à
S. M. dans une Garantie
mutuelle.
Cette Protestation se
trouve signée par lesDucs
de Sommerset de Devonsbire,
de Bolton, de Marlbourough,
de Ritiland & de Montait:
le Marquis de Dorchester:
les Comtes de Berklery, de
-
Godilpbin, de Carlisle, de
Scarborough, de Bridgewater,
de Lincoln ÔC de Bradfort,
le Vicomte de Townshend:
les Evesques d'Ely, de St
j4[apb9 d'Oxfort, & de
Banger: les Barons de Haversbam, de Mohum., &
Cowper
des Seigneurs de la Chambre/
Haute.
N r-,
Ous jugeons qu'il
estnecessaired'avoir
la seureté proposée, -1dune
garantie mutuelle, parce que
Nous, concevons que les
Conditions delaPaix quoti
a
offertes, procedentd'une Nt'-
gociationséparée conduiteparles
Ministresavecla France ,sans
la participation des principaux
jdihe^
,
particulierement des
Etats GenerAUX) comme ils
le disent dans leur Lettre à
la Reine: Eux dont Sa
Majesté regarde les interests
comme inséparablesdusien,
ainsi qu'Elles'en est expliquée àce Parlement. Et
Nous concevons que' cette
Negociation est contraire à
ces ordres que S. M. déclara
avoir donnez, dans la réponrgrendit à f'Aj
dresse de cette Chambre,
qu'Elleavoit charge ses Plenipotentiaires,àUtrecht de
concerterjW-ec çeux des Alht
Elle estencorecontraire àla
Résolution contenuëd ans
le M:(Taaedu.iiJanvier',
qu„ BUe.CMfnvoy^ çettq Chambre,de l'Union étroite
où Elle se proposoit d'entrer
avec Eux, pour obtenir, une
bonne P~~ pour
Tdntir& la ma.Z.Ptenir-uni
qu'Elle l'avoit déclarédans
son discours àl'ouverture
de cerrç^eflion,'x^Elie.m}
treroit avec Eux dans les Engagemens les plusétroits,pour
continuer ïalliance, afin de
rendreIfPa>x generale, (Iflt
0* durable. De plus, Nous
jugeons cette Négociation
contraire au VIII. Article
de la Grande Alliance, qui
oblige expressement tous les
AiltcTide ne traiter que
conjointement & du cçmmm
consentement de toutes les
Partiës.
Nous concevons que le
refus qu'on fait d'ajoûter ces
paroles, peut estre çonfideré
par les Alliez comme une
approbation que cette Chambre
donneroit à cette Methode
qu'on a
prise de traiter avec la
France,qui peut teur pafroiftre Coramt tendant à
une Paixseparée, contre laquelle S. M. a
temoigné
son juvctjtoh, & qui 2Çilé
de plus reconnu dans cette
Chambre comme une chose
folle,scelerate ~0* de mauvaise
foi; - quiseroitde fascheuse consequence pour ce
Royaume, &qui empêcheroit certe Garantie de la
Paix par les Alliez, laquelle
est absolument necessaire
pour leur fureté mutuelle;
ce qui Nouslaisseroitexposé
au pouvoir de la France, n'y
ayant point de raison d'attendre
,
du secours d'eux à
l'avenir, aprèsune si grande
violation de lafoi publique.
'j4'Il'nous ^arbift encore,
cjlietertemanierede traStcr
séparement peur excitet une
si grande méfiance entre les
/Ult^'qtj'èik^eèc-lè^ijette
dans la tentationdeprendre
de pareilles mesures, & donner parcemoyen occasion
ai.fôFranéede romprecette
Uhien: qui nous a
esléfl
utile juTcjuà présent, & si
formidable pour Elle, &
iJoht-'+âjjafence fcule peut
l'encourager, ou àdifférer
la conclusion de la Paix, ou
en imposer aux Alliez dans
le cours de ce Traité. :
Il Nous paroit qu'une
Union parfaite entre les Alliez est d'autant plus necefïùire dans le cas present, que
le fondement de coûtes les
Offres de la France qui regardent tant la Grande
-
Bretagne que les Alliezetbasti
sur la Renonciation du Duc
d'A njou à
ce Royaume là:
Renonciation qui,à nôtre avis,
est si rrom?tu(r, qu'aucunHomme raisonnable, beaucoupmoins des Nationsentieres, ne peuvent la confidc-
ici comme unesureté vala- J
ble. L'experience suffit pour j
Nous convaincre,combien j
peu Nous devons Nous |
exposer sur les Renonciations
de la MaisondeBourbon; Et
quoi qu'il arrivât,que le
present Ducd'Anjou secrût
lié par son present Aéte,
( ce que son Grand Pere n'a
pas fait;) il ne fera pas
j
moinslibreà sesDescendans
de dire, qu'aucun A£le desa
façon ne pouvoit les priver
d'un Droit que la Naissance
leur donne; sur tout quand
ce Droit est tel, que de l'avis
de tous les François il doit
estre maintenu inviolablement
selon la Constitutionfondamentale du Royaume de France,
Nous ne croyons pas
qu'il soit sur de dépendre
& de faire fonds sur cette
partie principale du Traité,
de fupofcr qu'il s'execute de
lui-mesme, ~e que cejl l'interess de la France de la maintenir; puisqu'au contraire,
il est manife ste qu'Elle a
fait
des effortsconstans depuis
le Traité de Pirenées) pour
unir ensemble les Monarchies de France &d'Efpagne>
laquelleUnionElleregarde ;
comme son plus grand a1
vantage, & commele 1
moyen le plus efficace pour
établir la MonarchieUniverJelle dans la Maison de 1
13ourbolJ. •
1nd mesmeon pourroit raisonablement se pro-
-
|
mettre,que les deux Couronnes de France & d'Es- |
pagne resteroient separées 1
dans des Branches de la |
Misson de Bourbon;cependant, cela est contraire à la
Grande Alliance mefme^
<quiexposel'Vfutpttion que
le Roy de France a
fait de la
Monarchie d'Espagne pour
le Ducd'Anjou, comme la
principale cause de la Guerre.
Et pour ce qui est du
Port-Mabon; de Gibraltar,
dè'V'ïdfïentoyÔC des autres
avantages que laFrance offre à la Grande-Bretagne;
outre qu'ils sont précaires.
Sc' qu'il fera au pouvoir de
la Francede Nous les oster
quand il luy plaira, vû la
situation de cesRoyaumes
& les vastes Richesses&
forces qu'on leur làiflera*:
Nous concevons qu'il est
impossible qu'aucun Homme puisse les envisager, en
aucun degré comme une
Compensation à la Grande
Bretagne pour l'Éspagne &
les Indes, qu'on laisse à la
MaisondeBourbon; ce q4*-
enrr'autres confcquencessatales, fera extrêmement préjudiciableànos Manufactures de.Laines, s'il ne les
ruine pas entièrement.
-.
Qpant à la démolition
de Dunkerque, quoi- que
Nous avoüons qu'elle contribura beaucoup à la
furetédenostreCommerce,
cependant, Nous avons raison de craindre, par ce qui
a
esté dit dans le Débat,
qu'on siest pas encoreconvenu de le démolit,que
moyennant un
Equivalent
qui soit à la satisfaction du
J^oydeFïance, 'r:
[ Pour ce quiregarde en
particulier les interests des
-pliiez, quoy qu'ils ne soient pas encore arreftezj
cependantpar ce qui pa- roist, les Alliez courent
risque d'estre laissez dans un
état,exposé,qui nesçauroit
du tout consister
avec nostre
propre lufcté.-
Le Rhin qu'on propose
pour Barrièredel'Empire
a1lie Strjj^jurg ,&Hannii
nghen entreles mains de la
France & la premiere de ces
P.laççs a
citéregardée comme la Clefdel'Empire..
Les propositionss de,l3
France touchant la Barriere
des Etats.Généraux,neles
privent pasfçulçrncnc, de
toutes lesPlaces quiot}t ejle
prisès depuisl'année1709.
Jpais, aussi dre deup.- outrois
fym^o/nftrifcssans£s.Ç)jv
pimclcsifrentlejr ftalf
Généraux en atteAnnée-la;
ce qui rendra leur Barrière
entièrement insuffisante, &
ce qui, par const queac, a
foiblit considerablement la
fureté de la Grande
Bretagne.
- Le Portugal paroist entièrement abandonné au
pouvoir de l'Espagne, no.
nobstant les grands avantages que Nous avons reçu
de ce Royaume, parraport à nostre Commerce, pendant cette Guerre, laquelle
pourrait nous estre encore
extrêmement, avantageuse,
Sur le tout, il y a une
différence si petite & si peu
considerableentré ces Offres
de la France, &ceux qu'Elle
fit le 11.Février N. S. à
Vtrecht, qui éroient signées
Huxelles,qu'il Nous paroist,
en les comparant ensemble,
que tant les uns que les
autres font l'effetd'uneNego.
tion Jecrete e particulière
avec Id France. Et cette
Chambre ayant alors unamimement concouru a
témoigner à la Reinefin plus
grand resentiment contre les
Conditions offertes à S.M.
& à ses Alliez par les Plenipotentiaires de France, &
S. M. ayant favorablement
reçu cette Adresse, & ayant
recompensé cette marque
d'obeïssance & de zele par
de sinceres remercimens de sa
part; le Respect que Nous
avons pour S. M. & la
justice que Nous devons à
nostre Patrie, ne Nous permettent pas de retracter
nostre sentiment, ny do
croire les Conclusions presentement bonnes pour Nous
& pour les, Alliez, ny de
donner
-
quelque aprobation
aparente à
ce qui futreçu
alors par la Chambre & par
les Alliez avec mépris &
detelfattons.
Pour ces raisons, Nous
sommes d'avis que les
Offres de la France fonc
trompeuses, & cachent des
pièges; qu'elles ne sont en
aucune maniéré proportionnées aux avantages que S.
M. peut justement attendre, |
pour Ces Royaumes & pour
!
ses Alliez, des grands fuc- j
césdont il a
plû à Dieu de
È
bénir leurs Armes pendant
t
-
w
le cours de cette Guerre;
que ces Offres ne font pas
necessaires pour conserverla
Balance du Pouvoir dans
l'Europe, ni pour la fureté
future de S. M. & de ses
Alliez,quand mesme elles
feroient exactement accomplies, & que telles qu'elles
sont, elles ne renferment
aucune fureté pour leur
execution; ce qui rend
absolument necessaire la
-
Proposition; que Nous
avons faite, qu'onprenne des
de concert avec les Allie%,
afin de les porter à se joindre à
S. M. dans une Garantie
mutuelle.
Cette Protestation se
trouve signée par lesDucs
de Sommerset de Devonsbire,
de Bolton, de Marlbourough,
de Ritiland & de Montait:
le Marquis de Dorchester:
les Comtes de Berklery, de
-
Godilpbin, de Carlisle, de
Scarborough, de Bridgewater,
de Lincoln ÔC de Bradfort,
le Vicomte de Townshend:
les Evesques d'Ely, de St
j4[apb9 d'Oxfort, & de
Banger: les Barons de Haversbam, de Mohum., &
Cowper
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Résumé : Traduction de la Protestation des Seigneurs de la Chambre Haute.
Les seigneurs de la Chambre Haute ont exprimé leur protestation contre les conditions de paix proposées par la France. Ils soulignent que ces conditions résultent de négociations séparées menées par les ministres français sans la participation des États Généraux, ce qui est contraire aux ordres du roi et à la Grande Alliance. Cette dernière stipule que les traités doivent être conclus conjointement et avec le consentement de toutes les parties. Les signataires craignent que le refus d'ajouter certaines paroles dans les négociations puisse être interprété comme une approbation de la méthode française, ce qui pourrait être vu comme une paix séparée. Ils redoutent que cela n'entraîne une méfiance accrue et des violations de la foi publique, exposant ainsi le royaume au pouvoir de la France. La protestation met également en garde contre la renonciation du Duc d'Anjou au trône de Grande-Bretagne, jugée peu fiable. De plus, les offres françaises concernant des territoires comme Port-Mahon et Gibraltar sont considérées comme précaires et insuffisantes pour compenser la perte de l'Espagne et des Indes. Les seigneurs estiment que les propositions françaises sont trompeuses et cachent des pièges, et qu'elles ne sont pas proportionnées aux avantages attendus par le roi et ses alliés. Ils insistent sur la nécessité d'une garantie mutuelle entre les alliés pour assurer la sécurité future. La protestation est signée par plusieurs ducs, marquis, comtes, vicomtes, évêques et barons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2523
p. 261-265
Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Début :
La nuit du 14 au 15. le Regiment des Gardes [...]
Mots clefs :
Camp, Douai, Scarpe, Siège, Expédition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Du Camp d'Henin-Lietard
ce 18. AOUst.171Zr.
La nuit du 14 au 1 5. le
Regiment des Gardes ouvrit la tranchée devant
Dotiay en deux endroits;
l'attaque de la gauche est
appuyée à l'Inondation,
coupe laChaufféeS. Eloy,
& va regagner la tranchée
de la droite qui fut ouverte
a Sains &
poussee
cette nuic
jurqu'à soixante toises des
Palissades. Picardie ouvrit
la tranchée au Fort de
Scarpe, nous simesaussi
une fausse attaque à la
porte de Querchm, mais
les ennemis n'y tirerent pas
un coup; nous embrassons
aux deux - attaques de la
Ville la porte S. Eloy & la
porte Nostre-Damc avec
un Pont surla Scarpe pour
cbmmuniquerà l'attaque
du Fort; il n'y a
dans la
placeque 3000 fort hommes &
peu de munitions;il y ,
avoit eu 40 bataillons destinez au Siege, mais les
Troupes qui sont campées
depuis aussi sur le Canal de
la Deulc julquàl'Alainlur
la Scarpe font devenues
l'armée d'observation par
le mouvement que les ennemis ontfait glitst sont
avancez la droiteà Carvain
Epinoy, la gauche à
Hauteur de Vatines; de
forte quec'est la grande
Armée qui fait- le Siege)
nous avons 1G pieces de
canon qui tireront ce soir
a la Visse, ,&, 10; au Fort
avecdesMortiers.
On écrit de Lille du 20.
Aoust que le Prince Eugene
aquittélaresolution de
nous attaquer dans nos
retranchements & de fe-
:
courir Doüay, qu'il a
fait
ramener tous les Gabions
qui avoient esté destinez
pour cette expédition &
les a
fait conduire à Tlfle
pour sen servir dans le
¿
-que depuis le
1 7.
on tiroir en breche, que le
Fortde Scarpe
étoit le 18.
en feu, & quon ne croyoit
pas qu'il put encore durer
deux ou trois jours, que
r
le Prince Eugene a
envoyé
deux mille Cavaliers demonccz à Bethune, Aire &
S.
S. Venant en Garnison, la
maladie étant d'ans leurs
chevaux; dauttes Lettres
portent que l'armée des
Alliez devoit venir de Ribaucourt dans son Camp
de Seclin le 21 ou le 22,.
à caufc de la disette de fourages & d'eaux, que les
Députez estoient arrivez le
20. aumatinàLille,cequifaisoit croire que leur armée
neremerciepas longtemps à
Seclin
ce 18. AOUst.171Zr.
La nuit du 14 au 1 5. le
Regiment des Gardes ouvrit la tranchée devant
Dotiay en deux endroits;
l'attaque de la gauche est
appuyée à l'Inondation,
coupe laChaufféeS. Eloy,
& va regagner la tranchée
de la droite qui fut ouverte
a Sains &
poussee
cette nuic
jurqu'à soixante toises des
Palissades. Picardie ouvrit
la tranchée au Fort de
Scarpe, nous simesaussi
une fausse attaque à la
porte de Querchm, mais
les ennemis n'y tirerent pas
un coup; nous embrassons
aux deux - attaques de la
Ville la porte S. Eloy & la
porte Nostre-Damc avec
un Pont surla Scarpe pour
cbmmuniquerà l'attaque
du Fort; il n'y a
dans la
placeque 3000 fort hommes &
peu de munitions;il y ,
avoit eu 40 bataillons destinez au Siege, mais les
Troupes qui sont campées
depuis aussi sur le Canal de
la Deulc julquàl'Alainlur
la Scarpe font devenues
l'armée d'observation par
le mouvement que les ennemis ontfait glitst sont
avancez la droiteà Carvain
Epinoy, la gauche à
Hauteur de Vatines; de
forte quec'est la grande
Armée qui fait- le Siege)
nous avons 1G pieces de
canon qui tireront ce soir
a la Visse, ,&, 10; au Fort
avecdesMortiers.
On écrit de Lille du 20.
Aoust que le Prince Eugene
aquittélaresolution de
nous attaquer dans nos
retranchements & de fe-
:
courir Doüay, qu'il a
fait
ramener tous les Gabions
qui avoient esté destinez
pour cette expédition &
les a
fait conduire à Tlfle
pour sen servir dans le
¿
-que depuis le
1 7.
on tiroir en breche, que le
Fortde Scarpe
étoit le 18.
en feu, & quon ne croyoit
pas qu'il put encore durer
deux ou trois jours, que
r
le Prince Eugene a
envoyé
deux mille Cavaliers demonccz à Bethune, Aire &
S.
S. Venant en Garnison, la
maladie étant d'ans leurs
chevaux; dauttes Lettres
portent que l'armée des
Alliez devoit venir de Ribaucourt dans son Camp
de Seclin le 21 ou le 22,.
à caufc de la disette de fourages & d'eaux, que les
Députez estoient arrivez le
20. aumatinàLille,cequifaisoit croire que leur armée
neremerciepas longtemps à
Seclin
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Résumé : Du Camp d'Henin-Lietard ce 18. Aoust 1712.
Le rapport militaire du 18 août 1712 décrit les opérations autour de Douai. La nuit du 14 au 15 août, le Régiment des Gardes a ouvert une tranchée devant Douai, coupant la chaussée Saint-Éloy et avançant jusqu'à soixante toises des palissades. Le régiment de Picardie a ouvert une tranchée au Fort de Scarpe, tandis qu'une fausse attaque a été menée à la porte de Querchm sans réponse ennemie. Les forces françaises ont encerclé les portes Saint-Éloy et Notre-Dame, avec un pont sur la Scarpe pour communiquer avec l'attaque du Fort. Douai compte 3000 hommes et peu de munitions. Initialement, 40 bataillons étaient destinés au siège, mais les troupes sont devenues l'armée d'observation en raison des mouvements ennemis. La grande armée française assiège Douai avec 16 pièces de canon et 10 mortiers. Un rapport du 20 août mentionne que le Prince Eugène a renoncé à attaquer les retranchements français et à secourir Douai. Le Fort de Scarpe était en feu le 18 août et ne pouvait tenir plus de deux ou trois jours. Le Prince Eugène a envoyé 2000 cavaliers à Béthune, Aire et Saint-Venant en raison de la maladie de leurs chevaux. L'armée des Alliés devait se déplacer de Ribaucourt à Seclin, mais la disette de fourrages et d'eau a retardé ce mouvement. Des députés sont arrivés à Lille le 20 août, suggérant que l'armée alliée ne resterait pas longtemps à Seclin.
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2524
p. 265-276
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Régiment des Gardes d'Infanterie, commandé par le Marquis [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes, Régiment des gardes wallones, Saragosse, Lettres, Perpignan, Miquelets, Carabiniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles pagne. J'Elfagne.
Le Régiment des Gardes
d'Infanterie
,
commandé
par le Marquis d'Aytona,
composé de 3116. hommes effectifs, est en marche
pour allerjoindre l'Armée
en Catalogne, les Officiers
de ce Régiment qui avoient
esté faits prisonniers font
partis pours'y rendre,ayant
esté échangez.
Le Régiment des Gardes
Walones donc le Duc d'Avreett Colonel, doit partir
incessament pour aller joindre l'Armée qui s'assemble
vers Lerida.
,
OnécritdeSaragosse que
le Prince Tierclas de Tilly
étoitsur le point de partir
pour aller se mettre à la
teste de l'Arméequ'il doit
commander.
D'autres Lettres de
Saragosse portent que le
14. Juillet douze cent
hommes des Troupes reglées des ennemis & huit
cent Miquelets, attaquèrent
un Convoy de sixcent
Chariots & de deux cent
Mulets qui alloit deMequinença à Lerida, mais
que lescorte composée de
quatre cent chevaux & de
iepc cent Fantassins, la pluspart Troupes Françoises,
les reçeut avec tant de
vigueur qu'ilsfurententierement défaits & poursuivis
jusqu'aux Montagnes, avec
perte de plus de deux cent
ommes tuez & de quatre
cent prisonniers parmi
lesquels étoienc pluficurs
Chefs des rebelles.
On mande de Saragosse
que le Prince de Tserclas
de Tilly,après avoir visité
toutes les places Frontieres
& les Magasins, étoitallé à
Fraga surla Cinca, où il as-
sembloit ton Armée.Suiuant les derniers, avis de ce
Pays-là l'Armée d'Espagne
fera du moins aussi forte
en Infanterie &en Cavalerie que l'année derniere, sans
y
comprendre les Troupes
necessaires pour les Places
des Royaumes d'Aragon &
deValence,&celles qui ont
este occupées en Catalogne.
Le General Staremberg a
mis en quartier de cantonnement ses Troupes aux en virons de Montblanc, de SantaColoma&d'Igualada, à la
reserve du détachement qu'il
avoit envoyé dans le Lampourdan ou il n'a fait aucune entreprise, & qui y
est
resté pour consommer les
grains & les, fourages du
Pays que pour empescher
les troupes Françoises qui y
font ne viennent faire des
courses aux environs de
Barcelonne, pendant que
toute l'Armée ennemie se-<
roit au-delà du Lobregat,
Le Prince Tferclas de
Tilly a
retiré la Garnison
de Cerveraà cause de la
difficulté qu'il y
avoit ày mener des Convois, poursatta-
cher à réduire cntierement
les volontaires &les Miquelets d'Aragon & de Catalogne au Nord de la Segre.
,
Onécrit dePerpignan du
11. Juillet qu'on avoit conduitde Roses à Gironne un
grand Convoy de blé &
de farine, escorté par quatre
cent chevaux & six cent
Fantassins sans aucune opposition des ennemis.
Quinze -cent Miquelets
avec quelques Troupes reglées avoient investi le Château d'Agcr entre les deux
Nogucra & à cinq lieués
de Balaguer: MaisDom PatricioLaules Maréréchal de
Camp, qui commande en
ces quartiers là,ayant mar- chepourlescombatre,les
obligea à prendre la fuite
avecrant de diligence qu'il
ne put les joindre.
Les Lettres de Cadiz du 24.
Juillet portent que les Anglois de la Garnison de Gibraltars'étoient emparez de
tous les posses occupez par
les Troupes Hollandoises,
qui devoient s'embarquer à
la premiere occasion pour retourner en leur Pays; cette
nouvelle a
esté depuis confïrméc. Douze Bastiments
Portugais fortis de Lisbone
pouraller acheter des grains
en Barbarie escostez par
quatre Vaisseaux de Guerre,
avoient esté batus dans le
Détroit d'une tempeste
qui en avoit fait perir huit,
que les quatre autres ayant
échoüé à la coste avoient
esté enlevez par des Armateurs François, & qu'on ne
sçavoient pas ce que les
autres étoient devenus.
On écrit du Camp de
Weissenbourg, du 19.
Aoust que les ennemis aprés
avoir publié qu'ils alloient
repasser le Rhin & envoyer
un grand détachement en
Flandres, marchèrent la nuit
du 13. au 14. vers leslignes de
Weissenbourg, & vin ent
camper en deux lignes entre
Otrer bach & Steinfeld. Ils
distribuerent du plomb & de
la poudre à leurs Troupes,
& ils dresserent des batrency
comme pour attaquer les
lignes. Mais tous ces préparatifs se terminèrent à une
canonnade qui dura le 15.
& 16. de part & d'autre,
sans autre effet que de cinq
hommes tuez des Troupes
du Roy & de trente de celles
des ennemis. La nuit du 15.
au 16. ils firent quelques
tentatives à la droite & à la
gauche; mais à la premiere
déchatge ils se renverserent
les uns sur les autres, particulièrement à la gauche où
Commandoit le comte de
Sezane; & ayant voulu tourner parla Montagne endeux
colonnes pour la prendre
en flanc, elles se rencolitrerent & se chargèrent sans
se rcconnoistte;en forte
qu'il y eut trois Ofticiers &
& quarante soldats tuez &
plus de cène blessez. La
nuit suivante ils retirerent
leur canon, Se le Comte de
Sezane estans sorti avec des
Grenadiers & des Carabin
niers,a.fait rüiner& brusler
leurs batteries. Une de leurs
troupes s'étant approchée;
des Carabiniers sansles voir
à causedu broüillard, fut
fort mal traitée. Ce matin
ils ont marché vers Kandel:
ce qui a estéconfirmépar
les Partis & par leurs deserteurs qui viennent en grand
nombre
Le Régiment des Gardes
d'Infanterie
,
commandé
par le Marquis d'Aytona,
composé de 3116. hommes effectifs, est en marche
pour allerjoindre l'Armée
en Catalogne, les Officiers
de ce Régiment qui avoient
esté faits prisonniers font
partis pours'y rendre,ayant
esté échangez.
Le Régiment des Gardes
Walones donc le Duc d'Avreett Colonel, doit partir
incessament pour aller joindre l'Armée qui s'assemble
vers Lerida.
,
OnécritdeSaragosse que
le Prince Tierclas de Tilly
étoitsur le point de partir
pour aller se mettre à la
teste de l'Arméequ'il doit
commander.
D'autres Lettres de
Saragosse portent que le
14. Juillet douze cent
hommes des Troupes reglées des ennemis & huit
cent Miquelets, attaquèrent
un Convoy de sixcent
Chariots & de deux cent
Mulets qui alloit deMequinença à Lerida, mais
que lescorte composée de
quatre cent chevaux & de
iepc cent Fantassins, la pluspart Troupes Françoises,
les reçeut avec tant de
vigueur qu'ilsfurententierement défaits & poursuivis
jusqu'aux Montagnes, avec
perte de plus de deux cent
ommes tuez & de quatre
cent prisonniers parmi
lesquels étoienc pluficurs
Chefs des rebelles.
On mande de Saragosse
que le Prince de Tserclas
de Tilly,après avoir visité
toutes les places Frontieres
& les Magasins, étoitallé à
Fraga surla Cinca, où il as-
sembloit ton Armée.Suiuant les derniers, avis de ce
Pays-là l'Armée d'Espagne
fera du moins aussi forte
en Infanterie &en Cavalerie que l'année derniere, sans
y
comprendre les Troupes
necessaires pour les Places
des Royaumes d'Aragon &
deValence,&celles qui ont
este occupées en Catalogne.
Le General Staremberg a
mis en quartier de cantonnement ses Troupes aux en virons de Montblanc, de SantaColoma&d'Igualada, à la
reserve du détachement qu'il
avoit envoyé dans le Lampourdan ou il n'a fait aucune entreprise, & qui y
est
resté pour consommer les
grains & les, fourages du
Pays que pour empescher
les troupes Françoises qui y
font ne viennent faire des
courses aux environs de
Barcelonne, pendant que
toute l'Armée ennemie se-<
roit au-delà du Lobregat,
Le Prince Tferclas de
Tilly a
retiré la Garnison
de Cerveraà cause de la
difficulté qu'il y
avoit ày mener des Convois, poursatta-
cher à réduire cntierement
les volontaires &les Miquelets d'Aragon & de Catalogne au Nord de la Segre.
,
Onécrit dePerpignan du
11. Juillet qu'on avoit conduitde Roses à Gironne un
grand Convoy de blé &
de farine, escorté par quatre
cent chevaux & six cent
Fantassins sans aucune opposition des ennemis.
Quinze -cent Miquelets
avec quelques Troupes reglées avoient investi le Château d'Agcr entre les deux
Nogucra & à cinq lieués
de Balaguer: MaisDom PatricioLaules Maréréchal de
Camp, qui commande en
ces quartiers là,ayant mar- chepourlescombatre,les
obligea à prendre la fuite
avecrant de diligence qu'il
ne put les joindre.
Les Lettres de Cadiz du 24.
Juillet portent que les Anglois de la Garnison de Gibraltars'étoient emparez de
tous les posses occupez par
les Troupes Hollandoises,
qui devoient s'embarquer à
la premiere occasion pour retourner en leur Pays; cette
nouvelle a
esté depuis confïrméc. Douze Bastiments
Portugais fortis de Lisbone
pouraller acheter des grains
en Barbarie escostez par
quatre Vaisseaux de Guerre,
avoient esté batus dans le
Détroit d'une tempeste
qui en avoit fait perir huit,
que les quatre autres ayant
échoüé à la coste avoient
esté enlevez par des Armateurs François, & qu'on ne
sçavoient pas ce que les
autres étoient devenus.
On écrit du Camp de
Weissenbourg, du 19.
Aoust que les ennemis aprés
avoir publié qu'ils alloient
repasser le Rhin & envoyer
un grand détachement en
Flandres, marchèrent la nuit
du 13. au 14. vers leslignes de
Weissenbourg, & vin ent
camper en deux lignes entre
Otrer bach & Steinfeld. Ils
distribuerent du plomb & de
la poudre à leurs Troupes,
& ils dresserent des batrency
comme pour attaquer les
lignes. Mais tous ces préparatifs se terminèrent à une
canonnade qui dura le 15.
& 16. de part & d'autre,
sans autre effet que de cinq
hommes tuez des Troupes
du Roy & de trente de celles
des ennemis. La nuit du 15.
au 16. ils firent quelques
tentatives à la droite & à la
gauche; mais à la premiere
déchatge ils se renverserent
les uns sur les autres, particulièrement à la gauche où
Commandoit le comte de
Sezane; & ayant voulu tourner parla Montagne endeux
colonnes pour la prendre
en flanc, elles se rencolitrerent & se chargèrent sans
se rcconnoistte;en forte
qu'il y eut trois Ofticiers &
& quarante soldats tuez &
plus de cène blessez. La
nuit suivante ils retirerent
leur canon, Se le Comte de
Sezane estans sorti avec des
Grenadiers & des Carabin
niers,a.fait rüiner& brusler
leurs batteries. Une de leurs
troupes s'étant approchée;
des Carabiniers sansles voir
à causedu broüillard, fut
fort mal traitée. Ce matin
ils ont marché vers Kandel:
ce qui a estéconfirmépar
les Partis & par leurs deserteurs qui viennent en grand
nombre
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le texte décrit divers mouvements et événements militaires en Europe, principalement en Espagne et en Allemagne. En Catalogne, le Régiment des Gardes d'Infanterie, dirigé par le Marquis d'Aytona, se dirige vers l'armée, rejoint par des officiers échangés contre des prisonniers. Le Régiment des Gardes Wallones, sous le Duc d'Avreett, doit également partir pour rejoindre les forces près de Lerida. À Saragosse, le Prince Tserclas de Tilly se prépare à prendre le commandement de l'armée. Un convoi en route vers Lerida est attaqué par des troupes ennemies mais repoussé par une escorte française. L'armée d'Espagne se renforce, comparable à l'année précédente, à l'exception des troupes nécessaires pour les places en Aragon, Valence et Catalogne. Le Général Staremberg cantonne ses troupes près de Montblanc, Santa Coloma et Igualada, tandis que le Prince Tserclas de Tilly retire la garnison de Cervera pour réduire les volontaires et Miquelets en Aragon et Catalogne. À Perpignan, un convoi de blé est conduit sans opposition. En Catalogne, des Miquelets investissent le château d'Ager mais sont repoussés par Dom Patricio Laules. À Cadix, les Anglais de Gibraltar prennent possession des postes occupés par les Hollandais. Douze navires portugais sont détruits par une tempête dans le détroit de Gibraltar. En Allemagne, les ennemis tentent d'attaquer les lignes de Weissenbourg mais sont repoussés avec des pertes mineures. Les troupes ennemies se retirent après des tentatives infructueuses et des pertes significatives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2525
p. 277-291
Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Début :
Comme il y a lieu d'esperer un heureux succés [...]
Mots clefs :
Suspension d'armes, France, Angleterre, Conférences d'Utrecht, Négociations de paix internationales, Guerre anglo-française, Armes, Traité de paix, Grande-Bretagne, Reine de Grande-Bretagne, Troupes, Espagne, Garnisons, Ratifications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
jpension d*Armes
entrelaFrance &
>
l'Angleterre. cOmme il y a
lieu d'esperer un heureux succés des Conférences établies
à Ucrecht par les foins de
leurs Majestez Très-Chrétienne & Britannique, pour
le rétablissement de la Paix
generale
,
& qu'elles ont
jugé necessaire de prévenir
tous les évenemens de guerre
,
capables de troubler
l'étatoù la négociation se
trouve presentement;leursdites Majestez, attentives
au bon heur de la Chrétienté, sont convenuës d'une
suspension d'armes, comme
du moyen le plus sur pour
parvenir au bien général
qu'Elles fc proposent. Et
quoy que jusqu'à present
Sa Majesté Britannique
,
nait pû persuader ses Alliez
d'entrer dans ces mêmes
sentimens
,
le refus qu'ils
font de les suivre n'estanc
pas une raisonsuffisante
pour empescher Sa Majesté
Très
-
Chrétienne de mar-
quer par des preuves cffectives, le desitqu'Elle a
de
rétablir au plutôt une parfaire amitié, & une sincere
correspondance entre Elle
& la Reine de la GrandeBretagne, les Royaumes,
Etats & Sujets de L L. MM.
Saditc Majesté Trés-Chrétienne après avoir confié
aux troupes Angloises la
garde des Ville, Citadelle,
!& Forts de Dunkerque,,
pour marque de sa bonne
foy, consent & promet,
comme la Reine de la Grande-Bretagne promet aussi
de sa part.
I
Qu'il y aura suspension
générale de routes entreprises & faits d'armes, & generalement de tous Actes
d'hostilitez entre les Armées,
Troupes, Flotes
,
Escadres
& Navires de leurs Majestez
Très-Chrétienne & Britannique, pendant le terme
de quatre mois, à commencer du vingt-deuxième du
present mois d'Aoust, jusqu'au vingt
-
deuxième du
mois de Décembre pro- -chain..)
II.
<
*
*
La même
V
suspension fera
établie entre les garnisons,
& gens de guerre, que leurs
Majestez tiennent pour la
deffense & garde de leurs
Places, dans tous les lieux
où leurs armes agissent, ou
peuventagir, tant par Terre
que par Mcr,o-U autres eaux:
en forte que s'il arrivoit quc pendant le temps de la suspension, on y contrevint
de part ou d'autre
,
par
la prise d'une ou plusieurs
Places, soit par attaque
,
surprise
,
ou intelligence se.
crette
,
en quelque endroit
du monde que ce fut,qu'on
fit des prisonniers ou quelques autres actes d'hostilité,
par quelque accident imprévû30 de. la nature de ceux
quon ne peut prévenir,
contraires àla presente cessation d'Armes;cette conavention se réparera de
part & d'autre, de bonne
soy, sans delay, ni difficulté,
restituant sans aucune diminution, ce qui aura esté pris,
& mettant les prisonniers
en liberté, sans demander
aucune chose pour leur ran
çon, ni pour leur dépense.
III.
Pour prévenir pareillement
tous sujets de plaintes, &
contestations quipourroient
naistre à l'occasion des Vaisseaux
,
Marchandises
,
ou
autres effets qui seroient pris
J. par Mer,pendant le temps
de la suspension, on est
convenu réciproquement
»
que lesdits Vaisseaux
,
Marl, chandifes & effets qui seroient pris dans laManche,
& dans les Mers du Nord,
après l'espace de douze
jours, à compter depuis la
signarure dela susditeSuspension
,
feront de part &
d'autres restituez réciproquement.
Que le terme fera de six
semaines pour les prises faites depuis la Manche, les
Mers Britanniques & les
Mers du Nord, jusqu'au
Cap Saint Vincent.
-
Et pareillement de six
semaines, depuis &au-delà
de ce Cap jusqu'à la Ligne,
fpiidana-,j}'Ocean) foit dans
la Mer Méditerranée.
Enfin de six mois au- delà de la Ligne, & dans tous
les autres endroits du mon
de, sans aucune exception
ny autre diflinâtoti plus
particulière de temps & de
lieu.
¿
IV.
Comme la même Suspension fera observée entre les
Royaumes déjà GrandeBretagne & d'Espagne
;
Sa
Majesté Britannique promet
qn'aucun de ses Navires de
guerre ou Marchands,Bar-
,
ques ou autres Bastiments
,
appartenans à Sa Majesté
Britannique ou à ses Sujets,
ne seront désormais employez à transporter, ou
convoyer en Portugal, en
Catalogne, ny dans aucun
des lieux où la guerre sesait
presentement,des Troupes,
Chevaux, Armes,Habits,
& en general toutes munitions de Guerre & de bouche.
V.
Toutesfois il fera libre à
Sa Majesté Britannique, de
faire transporter des Troupes,
des munitions de guerre & de bouche, & autres
provisions dans les Placesde
Gilbraltar, & de Port- Mahon,actuellement occupées
par ses Armes, & dont la
possession luy doit demeurer
par le Traité de Paix qui
interviendra, comme aussi
de retirer d'Espagne le?
troupes Angloises & generalement tous les effets qui
luy appartiennent dans ce
Royaume, soit pour les
faire passer dans l'Isle de
Minorque, soit pour lescon-
duire dans la Grande Bretagne
,
sans que lesdits transports soient fenfez contrairesà la su spension.
VI.
:
1
La Reine de la GrandeBretagne pourra pareillement sans y
contrevenir
prester ses Vaisseaux, pour
transporter en Portugalles
Troupes de cette Nation,
qui sont actuellement en
Catalogne
,
& pour transporter en Italie les Troupes j
Allemandes qui. sont aussi
dans
dans la même Province.
VII.
Immédiatement aprèsque
le present Traité de Suspension aura esté declaré en
Espagne, le Roy se fait sort
que le blocus de Gibraltar
fera levée, & que la garnison
Angloisesaussi bien que les
Marchands qui se trouveront dans cette Place, pourront en toute liberté vivre,
traiter & négocier avec les
Espagnols.
vm.
Les ratifications du prenne Traité se ront échangées de parer d'autre dans
je terme de quinze jours,
ou plustost si faire se peut.
ENFOYde quoy,&en
vertu de ces Ordres & pou.
voirs queNous soussignez
avons reçu du Roy TrèsChrétien & de la Reinede
la Grande-Bretagne
,
ryx
Maistre & Maistresse, avons
signé les presentes & y
avonsfait apposer les Sceaux
de nos Armes. Fait à Paris
le dixneuvième Aoust mil
;
sep cent douze.
(L. S.) COLBERT DETORCY.
! (L. S. ) BOLINGBROkE.
entrelaFrance &
>
l'Angleterre. cOmme il y a
lieu d'esperer un heureux succés des Conférences établies
à Ucrecht par les foins de
leurs Majestez Très-Chrétienne & Britannique, pour
le rétablissement de la Paix
generale
,
& qu'elles ont
jugé necessaire de prévenir
tous les évenemens de guerre
,
capables de troubler
l'étatoù la négociation se
trouve presentement;leursdites Majestez, attentives
au bon heur de la Chrétienté, sont convenuës d'une
suspension d'armes, comme
du moyen le plus sur pour
parvenir au bien général
qu'Elles fc proposent. Et
quoy que jusqu'à present
Sa Majesté Britannique
,
nait pû persuader ses Alliez
d'entrer dans ces mêmes
sentimens
,
le refus qu'ils
font de les suivre n'estanc
pas une raisonsuffisante
pour empescher Sa Majesté
Très
-
Chrétienne de mar-
quer par des preuves cffectives, le desitqu'Elle a
de
rétablir au plutôt une parfaire amitié, & une sincere
correspondance entre Elle
& la Reine de la GrandeBretagne, les Royaumes,
Etats & Sujets de L L. MM.
Saditc Majesté Trés-Chrétienne après avoir confié
aux troupes Angloises la
garde des Ville, Citadelle,
!& Forts de Dunkerque,,
pour marque de sa bonne
foy, consent & promet,
comme la Reine de la Grande-Bretagne promet aussi
de sa part.
I
Qu'il y aura suspension
générale de routes entreprises & faits d'armes, & generalement de tous Actes
d'hostilitez entre les Armées,
Troupes, Flotes
,
Escadres
& Navires de leurs Majestez
Très-Chrétienne & Britannique, pendant le terme
de quatre mois, à commencer du vingt-deuxième du
present mois d'Aoust, jusqu'au vingt
-
deuxième du
mois de Décembre pro- -chain..)
II.
<
*
*
La même
V
suspension fera
établie entre les garnisons,
& gens de guerre, que leurs
Majestez tiennent pour la
deffense & garde de leurs
Places, dans tous les lieux
où leurs armes agissent, ou
peuventagir, tant par Terre
que par Mcr,o-U autres eaux:
en forte que s'il arrivoit quc pendant le temps de la suspension, on y contrevint
de part ou d'autre
,
par
la prise d'une ou plusieurs
Places, soit par attaque
,
surprise
,
ou intelligence se.
crette
,
en quelque endroit
du monde que ce fut,qu'on
fit des prisonniers ou quelques autres actes d'hostilité,
par quelque accident imprévû30 de. la nature de ceux
quon ne peut prévenir,
contraires àla presente cessation d'Armes;cette conavention se réparera de
part & d'autre, de bonne
soy, sans delay, ni difficulté,
restituant sans aucune diminution, ce qui aura esté pris,
& mettant les prisonniers
en liberté, sans demander
aucune chose pour leur ran
çon, ni pour leur dépense.
III.
Pour prévenir pareillement
tous sujets de plaintes, &
contestations quipourroient
naistre à l'occasion des Vaisseaux
,
Marchandises
,
ou
autres effets qui seroient pris
J. par Mer,pendant le temps
de la suspension, on est
convenu réciproquement
»
que lesdits Vaisseaux
,
Marl, chandifes & effets qui seroient pris dans laManche,
& dans les Mers du Nord,
après l'espace de douze
jours, à compter depuis la
signarure dela susditeSuspension
,
feront de part &
d'autres restituez réciproquement.
Que le terme fera de six
semaines pour les prises faites depuis la Manche, les
Mers Britanniques & les
Mers du Nord, jusqu'au
Cap Saint Vincent.
-
Et pareillement de six
semaines, depuis &au-delà
de ce Cap jusqu'à la Ligne,
fpiidana-,j}'Ocean) foit dans
la Mer Méditerranée.
Enfin de six mois au- delà de la Ligne, & dans tous
les autres endroits du mon
de, sans aucune exception
ny autre diflinâtoti plus
particulière de temps & de
lieu.
¿
IV.
Comme la même Suspension fera observée entre les
Royaumes déjà GrandeBretagne & d'Espagne
;
Sa
Majesté Britannique promet
qn'aucun de ses Navires de
guerre ou Marchands,Bar-
,
ques ou autres Bastiments
,
appartenans à Sa Majesté
Britannique ou à ses Sujets,
ne seront désormais employez à transporter, ou
convoyer en Portugal, en
Catalogne, ny dans aucun
des lieux où la guerre sesait
presentement,des Troupes,
Chevaux, Armes,Habits,
& en general toutes munitions de Guerre & de bouche.
V.
Toutesfois il fera libre à
Sa Majesté Britannique, de
faire transporter des Troupes,
des munitions de guerre & de bouche, & autres
provisions dans les Placesde
Gilbraltar, & de Port- Mahon,actuellement occupées
par ses Armes, & dont la
possession luy doit demeurer
par le Traité de Paix qui
interviendra, comme aussi
de retirer d'Espagne le?
troupes Angloises & generalement tous les effets qui
luy appartiennent dans ce
Royaume, soit pour les
faire passer dans l'Isle de
Minorque, soit pour lescon-
duire dans la Grande Bretagne
,
sans que lesdits transports soient fenfez contrairesà la su spension.
VI.
:
1
La Reine de la GrandeBretagne pourra pareillement sans y
contrevenir
prester ses Vaisseaux, pour
transporter en Portugalles
Troupes de cette Nation,
qui sont actuellement en
Catalogne
,
& pour transporter en Italie les Troupes j
Allemandes qui. sont aussi
dans
dans la même Province.
VII.
Immédiatement aprèsque
le present Traité de Suspension aura esté declaré en
Espagne, le Roy se fait sort
que le blocus de Gibraltar
fera levée, & que la garnison
Angloisesaussi bien que les
Marchands qui se trouveront dans cette Place, pourront en toute liberté vivre,
traiter & négocier avec les
Espagnols.
vm.
Les ratifications du prenne Traité se ront échangées de parer d'autre dans
je terme de quinze jours,
ou plustost si faire se peut.
ENFOYde quoy,&en
vertu de ces Ordres & pou.
voirs queNous soussignez
avons reçu du Roy TrèsChrétien & de la Reinede
la Grande-Bretagne
,
ryx
Maistre & Maistresse, avons
signé les presentes & y
avonsfait apposer les Sceaux
de nos Armes. Fait à Paris
le dixneuvième Aoust mil
;
sep cent douze.
(L. S.) COLBERT DETORCY.
! (L. S. ) BOLINGBROkE.
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Résumé : Suspension d'Armes entre la France & l'Angleterre.
Le document est une convention de suspension d'armes entre la France et l'Angleterre, motivée par l'espoir d'un succès des conférences de paix à Utrecht et par le désir de prévenir les événements de guerre qui pourraient perturber les négociations. Les deux majestés, attentives au bien de la chrétienté, ont convenu de cette suspension comme moyen de parvenir à la paix générale. La suspension d'armes est effective pendant quatre mois, du 22 août au 22 décembre. Elle concerne toutes les hostilités entre les armées, troupes, flottes et navires des deux nations. En cas de violation, les parties doivent restituer ce qui a été pris et libérer les prisonniers sans rançon. Pour les prises en mer, les vaisseaux, marchandises et autres effets doivent être restitués réciproquement après des délais spécifiques selon les zones géographiques. La suspension est également observée entre la Grande-Bretagne et l'Espagne. La Grande-Bretagne s'engage à ne pas transporter des troupes ou des munitions de guerre vers les lieux où la guerre sévit actuellement, sauf pour Gibraltar, Minorque et Port-Mahon. Les ratifications du traité doivent être échangées dans un délai de quinze jours. Le document est signé à Paris le 19 août 1712 par Colbert de Torcy pour la France et Bolingbroke pour l'Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2526
p. 291-294
Au Camp de Lewadre ce 19 Aoust 1712. Lettre de M. le M. de ***. au Comte de Lionne.
Début :
Je vous suis tres-obligé Mr de la part que [...]
Mots clefs :
Camp, Lewadre, Namur, Marchand, Copie d'une lettre, Anvers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp de Lewadre ce 19 Aoust 1712. Lettre de M. le M. de ***. au Comte de Lionne.
Au Camp de Lewadre,
ce 29.Aoust1712.
LettredeM.leM.de***
auComte de Lionne. ( Je vous suis très-obligé
Mr de la part que vous voulez- bien prendre à mes
tres justes & très-vives dou-
¡
leurs, voicy un temps où il
faut,pour ainsi dire,s'oublier
foi-mcfmc pour ne songer
qu'au service du Roy &
de l'Etat.
Vous verrez par la Copie
cy jointe d'un Bourgeois
de Namur que selon lesapparences un parti que j'ay
détaché il y a
quelque jours
aura fait - un assez hardy
voyage & le secret a
esté
grand
,
car je vous assure
que hors leCommandant
& rooy personne du monde
n'en a
rien sçu
Copie d'une Lettre qu'un
Marchandde Namur a receu
de son Correspondant
danversle15.Aoust
1712.
Je vousdiray que les
François font de justes
represailles de ce que le
Comte de Grovestein a
voulu faire en Champagne,
ils ont commence par la
Ville de Tercoten. à laquelle
après l'avoir pillé ils ont
mis le feu.
J'ayparlé ce matin à un
Batelier qui m'a dit que
tout estenflasme dans ce
Çayst jusques aux portes
dc-:Roterdam.> La Ville de
Steembergen estoit aussi en
flilme,lattionrs'est passé
hier à onze heures du matin,
cest Mr Jacques Pa steur
qui les commande; on dit
qu'il y a
environ cinq mille
,
hommes.
ce 29.Aoust1712.
LettredeM.leM.de***
auComte de Lionne. ( Je vous suis très-obligé
Mr de la part que vous voulez- bien prendre à mes
tres justes & très-vives dou-
¡
leurs, voicy un temps où il
faut,pour ainsi dire,s'oublier
foi-mcfmc pour ne songer
qu'au service du Roy &
de l'Etat.
Vous verrez par la Copie
cy jointe d'un Bourgeois
de Namur que selon lesapparences un parti que j'ay
détaché il y a
quelque jours
aura fait - un assez hardy
voyage & le secret a
esté
grand
,
car je vous assure
que hors leCommandant
& rooy personne du monde
n'en a
rien sçu
Copie d'une Lettre qu'un
Marchandde Namur a receu
de son Correspondant
danversle15.Aoust
1712.
Je vousdiray que les
François font de justes
represailles de ce que le
Comte de Grovestein a
voulu faire en Champagne,
ils ont commence par la
Ville de Tercoten. à laquelle
après l'avoir pillé ils ont
mis le feu.
J'ayparlé ce matin à un
Batelier qui m'a dit que
tout estenflasme dans ce
Çayst jusques aux portes
dc-:Roterdam.> La Ville de
Steembergen estoit aussi en
flilme,lattionrs'est passé
hier à onze heures du matin,
cest Mr Jacques Pa steur
qui les commande; on dit
qu'il y a
environ cinq mille
,
hommes.
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Résumé : Au Camp de Lewadre ce 19 Aoust 1712. Lettre de M. le M. de ***. au Comte de Lionne.
Le 29 août 1712, depuis le Camp de Lewadre, M. le M. de*** adresse une lettre au Comte de Lionne pour le remercier de sa sollicitude envers ses douleurs. Il insiste sur la nécessité de se consacrer uniquement au service du Roi et de l'État. Une copie d'une lettre d'un bourgeois de Namur est incluse, révélant des représailles françaises contre les actions du Comte de Grovestein en Champagne. Les Français ont attaqué et pillé la ville de Tercoten, y mettant le feu. Un batelier a signalé que les flammes étaient visibles jusqu'aux portes de Rotterdam. La ville de Steembergen a également été incendiée, hier à onze heures du matin, sous le commandement de M. Jacques Pasteur. On estime que cinq mille hommes participent à ces opérations.
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2527
p. 294-305
Du Camp devant Douay.
Début :
Le Maréchal de Villars, a reglé que les Officiers Generaux [...]
Mots clefs :
Douai, Maréchal de Villars, Prince Eugène, Fort de Scarpe, Henin-Lietard, Lettres, Garnison, Canon, Coigny
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp devant Douay.
:Douay*
'rC( < 'a
Le Maréchal de 'ViUart,.
a
reglé que les Officiers
Generaux monteraient la
tranchée selon leur anncienneté
,
ansi le Comte de
Gassion estant indisposé
,
Monsieur le Marquis d'Alegre a monté la tranchée
avec la Regiment des Gardes.
A l'attaque du Fort de
Scarpe,leComte d'Albertgoti montala tranchée avec
le Regiment de Picardie,
& elle fut poussée à trente
toises sans d'autre perte que d'un Valet d'Officier, les
deux nuits suivanteslatranchée fut pouffée jusqu'àla
contrescarpe
,
sans aucune
perte. La nuit du 17 au iS.-
a minuit on commença a
batre la Ville & le Fort avec
vingt
-
six pieces de canon
& des mortiers, & mettre
vingt autres pieces de cannonen batterie, les bombes
ont fait de grands ravages
dans le Fort le
1
8. ayant
mis le feu à l'Eglise & à
la maison du Gouverneur,
& aux Cazernes.
Les Lettres du 28assurent
qu'il, yavoit prés de quatre
cent malades & deux cent
portant les armes, pris dans
le Fort d'Escarpe, & dixhuit pieces de canon.
Que l'attaque de Saint
Eloy devenoit considérable
& qu'il y
avoit des batteries qui battoient en
brcche
; on avance fort à la
droite, ensorte que l'on espere que l'on aura la Place
vers le quatre ou le cinq.
Il y a
bien des malades.
Que le Maréchal deVillars
avoit marché à d'Henin
Lietard
,
à Levendrc entre
Doiiay & Bouchain:il a
marché depuis avec quinze
mille hommes à Ribaucourt
& y
fait des retranchements
Le Prince Eugene s'estoit
retiré à Marquese
,
derrier
Lille & avoit détaché foix
-
ante Mons.. Escadrons du costé de
Le Maréchal de ViH.ars
avoit détaché de son cofté
Monsieur de Coigny
,
avec
ses Dragons pour empecher
un Convoy qui vouloir cni
trer dans le Quednoy, pour
y porter des vivres & en retirer les canons que le Prince
Eugrne avoit à Landrecy.
Les Lettres de l'Armée
de Flandres du zi. Aouft5
portentqu'on coupa le 2. yla communication du Fory
avec la Ville où la Garnison
vouloit tacher de se retirer.
Il n'y avoit eû au Siege jusqu'a ce jour, que trois cent
hommes tuezou bltflfcz.
- On remarqua le vingtquatre ,que l'inondation se
perdoitd'elle-même dans les
terres ;
cependant comme
les Assiegez pouvoit lacher
de nouvelles caux,on acheva la coupure pour les faite
écouler. Le vingt
- quatre
ou le vingt
-
cinq on s'empara du chemin-couvert
du Fort, le même jour, on
fit une batterie pour battre
le Fort en breche
, on fie
jouër le 26 une mine qui fit
un si grand effet,que cinquan
te hommes qui estoient
en cet endroit furent presque tous accablez en mêmetemps, les grenadiers du
Regiment des Vaisseaux se
jetèrent]la bayonette au
bout du fusil dans le chemin
couvert ..& poursuivirent
les ennemisjusqu'à la seconde traverse
,
pour facvoriser les travailleursqui
firent un logementdans la
Place d'Armes. On continuoit de battre en breche
la Villeaussi bien que le
Fort, dont on commençoit
à combler le Fossé
: mais la
garnison craignant d'estre
emporté d'assaut batit la
chamade le vingt- sept.
Elle s'est renduë prisonniere de Guerre, & on a
accordé aux Officiers d'envoyer leurs bagages dans
quelqu'une de leurs Places,
de cinq cent hommes qui y
estoient il n'en reste que -
trois cent; on a
trouvé dans
le Fort dix huit pieces de
canon,&onad'abordouvert les éclusespour faire
couler les eaux, ce qui
faciliterabeaucoup l'attaque
delaVille. ",
Les ennemisqui depuis it. de cemoiscampoient
à Ribaucourt,avoient tfa;,
vailé sans relâche à preparer
des Gabions,desGlayes, des
Fascines & a
faire venir
cinquante pieces de. Canon
pour attaquer nosretran»
chementsjtnaisils n'avoient
encore rien entrepris, ou
avoir cru le 20 qu'ils. se re.
retireroient maison aprit
que ce n'estoit qu'un détachement qui marchoit du
cofté de Mons. La disette
de pain &de fourage étoit
toujours si grande dans
,
leur arméequ'ils- étoient
obligé d'aller sourager audelà de la Lis du costé
de Varneton. Néanmoins
aprés avoirplusieurs fois
reconnu lesretranchement
ils jugerent qu'ils ne pouvoient les attaquer sans exposer toute leur armée,b
25.ilsfirent défiler leurs
bagages & leur artillerie, le
foir ils. brûlèrent les grands
amas de facines, de clayes
&deGabions qu'ils avoient
préparez & le
-
2 5. toute
leur armée marcha & se retira entre Lille & Tournay.
Le Partisan Jaquot
ayant joint vers Namur
le Partisan du Moulin
qui avoit 1 5 00. Chevaux,
marcha du costé d'Anvers
avec six pieces de Campagne & neufPontons.
Le Maréchal de Villars
a
envoyé le Marquis ..Je---
Coigny du cossé duQues-
- noy avec sa reserve de Dragons, sur lavis qu'il a eu
que le PrinceEugène hiioïc
marcher un détachement
de ce costé là pour tâcher
d'emmener à Mons 90.
piècesde gros Canons qui
font dansle Quesnoy.
Il est arrivé la semaine
passé àlaMonnoyede cette
Ville douze charettes venant de Brest chargées de
piastres & de lingots d'or
êc d'argent pour estre convertisenespeces
'rC( < 'a
Le Maréchal de 'ViUart,.
a
reglé que les Officiers
Generaux monteraient la
tranchée selon leur anncienneté
,
ansi le Comte de
Gassion estant indisposé
,
Monsieur le Marquis d'Alegre a monté la tranchée
avec la Regiment des Gardes.
A l'attaque du Fort de
Scarpe,leComte d'Albertgoti montala tranchée avec
le Regiment de Picardie,
& elle fut poussée à trente
toises sans d'autre perte que d'un Valet d'Officier, les
deux nuits suivanteslatranchée fut pouffée jusqu'àla
contrescarpe
,
sans aucune
perte. La nuit du 17 au iS.-
a minuit on commença a
batre la Ville & le Fort avec
vingt
-
six pieces de canon
& des mortiers, & mettre
vingt autres pieces de cannonen batterie, les bombes
ont fait de grands ravages
dans le Fort le
1
8. ayant
mis le feu à l'Eglise & à
la maison du Gouverneur,
& aux Cazernes.
Les Lettres du 28assurent
qu'il, yavoit prés de quatre
cent malades & deux cent
portant les armes, pris dans
le Fort d'Escarpe, & dixhuit pieces de canon.
Que l'attaque de Saint
Eloy devenoit considérable
& qu'il y
avoit des batteries qui battoient en
brcche
; on avance fort à la
droite, ensorte que l'on espere que l'on aura la Place
vers le quatre ou le cinq.
Il y a
bien des malades.
Que le Maréchal deVillars
avoit marché à d'Henin
Lietard
,
à Levendrc entre
Doiiay & Bouchain:il a
marché depuis avec quinze
mille hommes à Ribaucourt
& y
fait des retranchements
Le Prince Eugene s'estoit
retiré à Marquese
,
derrier
Lille & avoit détaché foix
-
ante Mons.. Escadrons du costé de
Le Maréchal de ViH.ars
avoit détaché de son cofté
Monsieur de Coigny
,
avec
ses Dragons pour empecher
un Convoy qui vouloir cni
trer dans le Quednoy, pour
y porter des vivres & en retirer les canons que le Prince
Eugrne avoit à Landrecy.
Les Lettres de l'Armée
de Flandres du zi. Aouft5
portentqu'on coupa le 2. yla communication du Fory
avec la Ville où la Garnison
vouloit tacher de se retirer.
Il n'y avoit eû au Siege jusqu'a ce jour, que trois cent
hommes tuezou bltflfcz.
- On remarqua le vingtquatre ,que l'inondation se
perdoitd'elle-même dans les
terres ;
cependant comme
les Assiegez pouvoit lacher
de nouvelles caux,on acheva la coupure pour les faite
écouler. Le vingt
- quatre
ou le vingt
-
cinq on s'empara du chemin-couvert
du Fort, le même jour, on
fit une batterie pour battre
le Fort en breche
, on fie
jouër le 26 une mine qui fit
un si grand effet,que cinquan
te hommes qui estoient
en cet endroit furent presque tous accablez en mêmetemps, les grenadiers du
Regiment des Vaisseaux se
jetèrent]la bayonette au
bout du fusil dans le chemin
couvert ..& poursuivirent
les ennemisjusqu'à la seconde traverse
,
pour facvoriser les travailleursqui
firent un logementdans la
Place d'Armes. On continuoit de battre en breche
la Villeaussi bien que le
Fort, dont on commençoit
à combler le Fossé
: mais la
garnison craignant d'estre
emporté d'assaut batit la
chamade le vingt- sept.
Elle s'est renduë prisonniere de Guerre, & on a
accordé aux Officiers d'envoyer leurs bagages dans
quelqu'une de leurs Places,
de cinq cent hommes qui y
estoient il n'en reste que -
trois cent; on a
trouvé dans
le Fort dix huit pieces de
canon,&onad'abordouvert les éclusespour faire
couler les eaux, ce qui
faciliterabeaucoup l'attaque
delaVille. ",
Les ennemisqui depuis it. de cemoiscampoient
à Ribaucourt,avoient tfa;,
vailé sans relâche à preparer
des Gabions,desGlayes, des
Fascines & a
faire venir
cinquante pieces de. Canon
pour attaquer nosretran»
chementsjtnaisils n'avoient
encore rien entrepris, ou
avoir cru le 20 qu'ils. se re.
retireroient maison aprit
que ce n'estoit qu'un détachement qui marchoit du
cofté de Mons. La disette
de pain &de fourage étoit
toujours si grande dans
,
leur arméequ'ils- étoient
obligé d'aller sourager audelà de la Lis du costé
de Varneton. Néanmoins
aprés avoirplusieurs fois
reconnu lesretranchement
ils jugerent qu'ils ne pouvoient les attaquer sans exposer toute leur armée,b
25.ilsfirent défiler leurs
bagages & leur artillerie, le
foir ils. brûlèrent les grands
amas de facines, de clayes
&deGabions qu'ils avoient
préparez & le
-
2 5. toute
leur armée marcha & se retira entre Lille & Tournay.
Le Partisan Jaquot
ayant joint vers Namur
le Partisan du Moulin
qui avoit 1 5 00. Chevaux,
marcha du costé d'Anvers
avec six pieces de Campagne & neufPontons.
Le Maréchal de Villars
a
envoyé le Marquis ..Je---
Coigny du cossé duQues-
- noy avec sa reserve de Dragons, sur lavis qu'il a eu
que le PrinceEugène hiioïc
marcher un détachement
de ce costé là pour tâcher
d'emmener à Mons 90.
piècesde gros Canons qui
font dansle Quesnoy.
Il est arrivé la semaine
passé àlaMonnoyede cette
Ville douze charettes venant de Brest chargées de
piastres & de lingots d'or
êc d'argent pour estre convertisenespeces
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Résumé : Du Camp devant Douay.
Le texte décrit des événements militaires impliquant le Maréchal de Villars et le Prince Eugène. Lors de l'attaque du Fort de Scarpe, le Comte d'Albert-Goti a mené le Régiment de Picardie sans subir de pertes significatives. Les bombardements sur la ville et le fort ont commencé le 17 août, causant des ravages importants. Le 28 août, de nombreux malades et soldats ainsi que dix-huit pièces de canon ont été capturés. Le Maréchal de Villars a déplacé ses troupes à Ribaucourt et construit des retranchements. Le Prince Eugène s'est retiré à Marquese, derrière Lille. Des escadrons ont été détachés pour empêcher un convoi de ravitailler le Quesnoy. Les lettres de l'Armée de Flandres du 21 août indiquent que la communication entre le fort et la ville a été coupée, avec seulement trois cents hommes tués ou blessés jusqu'alors. Le 24 août, l'inondation s'est résorbée, et les assiégés ont été contraints de se rendre le 27 août. La garnison, réduite à trois cents hommes, a capitulé. Dix-huit pièces de canon ont été trouvées dans le fort. Les ennemis, malgré leurs préparatifs, ont jugé les retranchements imprenables et se sont retirés entre Lille et Tournay. Le Partisan Jaquot a rejoint le Partisan du Moulin près de Namur et a marché vers Anvers. Le Maréchal de Villars a envoyé le Marquis de Coigny pour empêcher le Prince Eugène de déplacer des canons vers Mons. Douze charettes chargées de piastres et de lingots sont arrivées à la Monnoye de Quesnoy.
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2528
s. p.
TABLE.
Début :
La Convention Matrimoniale. 3 Livre Espagnol. 27 Experience sur un [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE
TA Convention Marimr niale. 3
LivreEjjagnoL 27
Expérience sur un QbAt enragé> Extraitd'une Lettre
jingloife±deLmdreu 5*'
Mort de Monjiejur le Duc de
endofnr.4e
Nouvelles&eponfe$4HX
tions des Mercures précédém. 6o
Sur lesgrands Parleurs &les
Tarciturnes. 70
SuiteduDiscoursPréliminaire
surlaLumieresinférédans
le Mercure préce dent. 87
Vavare
,
& le Patisser
,
Conte. 109
Nouvelles de Flandre
,
du
Camp d'Henin Lietard le
quinze Aoust1711. 117 o'
Etat desTroupes de ÏArmee qui
doivent avoir la trfie de /4
tranchéedelaVillede Doiiay,
•& du Fort de Scarpe. 1it
Pompe Fumbre,11y*
Morts 116
Exploitpour une Dimoifeffe.,
à un jeune Marquis, pour
unegageureperdue.141
DuCamp d'HemnLietard
ceIIAoust145
EpitreàMr de Veniofine3
sur laBataille de Veillaviciosa 150
Extrait de plusieurs Lettres
deFlandres. lC3
Mort deRichard Cromwel. 170
Article des Enigmes, Parodie
de l'Enigmes du mois passé.C ,.' 1S7
-
Enigme Bxrlefque.192,
Ordonnance < du Roy pour
la publication du Traité
d'Armes
,
entre la France
&l'Angleterre. 217
Nouvelles d'Angleterre. 110
Nouvelles d'Hollande.218
Protestation. 241
Nouvelles d'EJjtagne.16j
SuspensiondAmres entre la France & l'Angleterre.
TA Convention Marimr niale. 3
LivreEjjagnoL 27
Expérience sur un QbAt enragé> Extraitd'une Lettre
jingloife±deLmdreu 5*'
Mort de Monjiejur le Duc de
endofnr.4e
Nouvelles&eponfe$4HX
tions des Mercures précédém. 6o
Sur lesgrands Parleurs &les
Tarciturnes. 70
SuiteduDiscoursPréliminaire
surlaLumieresinférédans
le Mercure préce dent. 87
Vavare
,
& le Patisser
,
Conte. 109
Nouvelles de Flandre
,
du
Camp d'Henin Lietard le
quinze Aoust1711. 117 o'
Etat desTroupes de ÏArmee qui
doivent avoir la trfie de /4
tranchéedelaVillede Doiiay,
•& du Fort de Scarpe. 1it
Pompe Fumbre,11y*
Morts 116
Exploitpour une Dimoifeffe.,
à un jeune Marquis, pour
unegageureperdue.141
DuCamp d'HemnLietard
ceIIAoust145
EpitreàMr de Veniofine3
sur laBataille de Veillaviciosa 150
Extrait de plusieurs Lettres
deFlandres. lC3
Mort deRichard Cromwel. 170
Article des Enigmes, Parodie
de l'Enigmes du mois passé.C ,.' 1S7
-
Enigme Bxrlefque.192,
Ordonnance < du Roy pour
la publication du Traité
d'Armes
,
entre la France
&l'Angleterre. 217
Nouvelles d'Angleterre. 110
Nouvelles d'Hollande.218
Protestation. 241
Nouvelles d'EJjtagne.16j
SuspensiondAmres entre la France & l'Angleterre.
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'un ouvrage historique. Il commence par la 'Convention Marimr niale' et inclut divers extraits de lettres et nouvelles. Les sujets abordés sont variés, allant des expériences sur un objet enragé à des nouvelles de Flandre et des camps militaires. Le texte mentionne la mort du Duc de Montmorency et de Richard Cromwell. Il comprend également des articles sur les grands parleurs et les taciturnes, ainsi qu'un conte intitulé 'Vavare, & le Patisser'. Des nouvelles militaires détaillent l'état des troupes et les exploits militaires, comme la bataille de Villaviciosa. Le document se termine par des nouvelles d'Angleterre, de Hollande et d'Espagne, ainsi qu'une ordonnance du roi pour la publication du Traité d'Armes entre la France et l'Angleterre.
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2529
p. 3-45
LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Début :
Une Dame jolie, enjoüée, & de beaucoup d'esprit, vertueuse [...]
Mots clefs :
Blonde, Brune, Languedoc, Mari absent, Galanterie, Maîtresse, Soupçon, Amant jaloux, Convalescence, Paris, Abbesse, Conseiller, Amour, Carrosse, Abbaye, Veuve, Couvent, Tromperie, Jalousie, Cheveux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
LA BLONDE BRUNE
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
femme & maistreffe.
UNeDame jolie , enjouée , & de beaucoup
d'efprit , vertueufe dans
le fond , mais aimant le
Septembre 1712. Aij
4 MERCURE
monde , & les amufe->
ments d'une galanterie
fans vice , ne put s'empefcher de fuivre cette
maniere de vie pendant
l'abfence de fon mary ,
que d'importantes affai
res avoient appellé dans
le Languedoc pour quelque temps. Il eftoit tresnouveau marić , & avoit
épousé la femme par un
accommodement de famille , & ne l'avoit pas
veuë plus de deux outrois
GALANT.
jours avant ſon mariage,
& avoit efté contraint de
partir peu de jours après.
Il aima d'abord cette
femme ; mais foit jaloufic , foit delicateffe fcrupuleufe fur le point
d'honneuril eftoit un
peu trop fevere für fa
conduite ; & il luy recommanda en partant
une regularité devivie
fort efloignée des innocentes libertez qu'elle s'eftoit donnée eftant fille ,
Aiij
6 MERCURE
& qu'elle s'eftoit promis
de continuer après fon
mariage , ainfi fe voyant
maitreffe de fes actions
par ce départ , elle oùblia tous les fcrupules
qu'onlui avoit donnez en
partant , elle eftoit née
pour la vie agréable ,
l'occafion eftoit belle
elle crut qu'il luy eftoit
permis de s'en fervir ,
pourveu qu'elle évitaft
l'éclat ; elle ne vouloit
point recevoir de vifites
GALANT.
7
chez elle , mais elle avoit
des amis & des amies de
fon humeur , on la vit ,
elle plut & n'en fut point
fafchée. On lui fit de tendres déclarations , elle les
reçeut en femme d'efprit
qui veut eftre aimée &
ne point aimer, elle ne fe
faſchoit de rien, pourveu
qu'onne paffaft point les
bornes qu'elles s'eftoit
prefcrites conformément
à un fond de fageffe qui
ne pourroit eftre alteré ,
*
A iiij
8 MERCURE
les plus médifans one
pouvoient avoir que des
foupçons mal fondez , &
ceux qui eftoient les plus
entreprenans s'aperceurent bien - toft qu'il n'y
avoit à efperer d'elle que
l'agrément de la focieté
generale , ils l'en eſtimerent davantage & n'en
curent pas moins d'empreffement à la voir, car
elle plaifoit , mefme aux
femmes qui fe fentoient
un merite inferieur au
GALANT
fien , tout alloit bien jufque là mais un de ces
jeunes conquerants qui
ne veulent des femmes
que la gloire de s'en eſtre
fait aimer , prétendit un
jour eftre aimé d'elle
plus férieufement qu'elle
ne vouloit , elle le regarada fierement , changea
de ftile , prit un air fevere
& rabbatit tellement fa
vanité , qu'elle s'en fit un
ennemi tres- dangereux
il examina de prés toutes
10 MERCURE
fes demarches , la vit de
facile accès à tous ceux
qu'il regardoit comme
fes rivaux , & fans fonger qu'ils ne luy avoient
pas donné les mefmes fujets de plainte que luy , il
les mit tous fur fon compte , il prit confeil de fa
jaloufie , & ne fongea
plus qu'à fe vanger , il en
trouva une occafion toute autre qu'il ne l'efpe
roit.
La Dame eftoit allée à
GALANT.
IF
une Campagne pour
quelques jours avec une
amie;
par malheur pour
elle fon mary revint
justement de Languedoc le lendemain du
départ de fa femme , &
fut fort défagreablement
furpris de nela point
trouver chez elle en arrivant. Le premier homme qu'il vit en fortant
de chez luy ce fut l'amant jaloux , avec qui
il avoit toujours vécu
12 MERCURE
affez familierement , le
mary luy confia le chagrin qu'il avoit contre ſa
femme; il prit cette occafionpour la juftifier de la
maniere dont les prudes
medifent ordinairement
de leurs émules , c'eſtà- dire en excufant malignement les fautes qu'on
ignoreroit fans elle; il entra dans le détail de toutes les connoiffances qu
elleavoit faites depuisfon
départ , & de toutes les
GALANT. 13
parties où elles'étoit trouvée, en louant une vertu
qui pouvoit eftre à l'épreuve de tout cela , mais
cette vertu eftoit ce qui
frappoit moins le mary
les épreuves où elle s'eftoit mife le frappoient
bien davantage , en un
motil l'enviſageacomme
tres-coupable, il s'emporte, il fulmine, & il auroit
pris quelque refolution
violente, fi quelques amis
mieux intentionnez
MERCURE
n'cuffent un peu adouci
le venin que le premier
avoit infinue dans le
cœur de ce pauvre mari ,
cependant tout ce que
ceux- cy purent gagner
ce fut qu'en attendant
un éclairciſſement plus
ample cette femme iroit,
fous quelque prétexte
qu'ils trouverent , paffer
quelques femaines dans
un Couvent à quinze
lieues de Paris , dont par
bonheur l'Abeffe fe trouE
GALANT. S
foeur d'un de ces prudents amis , & la femme
va
executa cette retraite demivolontaire dès qu'elle
fut de retour ; & deux
parentes du maryfechargerent de l'y conduire.
La voila donc dans le
Couvent , fes manieres
engageantes & flateufes
la rendirent bien- toft intime amie de l'Abbeffe ,
elle fe fit aimer de tout le
Couvent, c'eftoit une neceffité pour elle que la
stoleg
16 MERCURE
vie gaye , elle fe fit des
plaifirs de tout ce qui en
peut donner dans la retraite , & elle fit amitié
avec une jeune Provençale, parente de l'Abbeſſe
qui eftoit aufli dans le
Couvent pour paſſer la
premiere année de fon
veuvage, mais elle eftoit
auffi gaye que celle - cy
qui n'eftoit pas veuve
celle - cy eut une fantaifie fi forte d'apprendre
le Provençal qu'elle le
parloit
GALANT. 17
parloit au bout de quelque temps auffi bien que
cette veuve qu'elle ne
quittoit pas d'un moment.
Le temps de cette retraite dura prés d'une an
née au lieu de quelques
femaines › parce que le
mary fut obligé de retourner en Languedoc
& qu'il ne voulut pas la
laiffer feule à Paris une
feconde fois. Pendant ce
temps là elle eut la petite
Septembre 1712. B
18 MERCURE
verole , & n'en fut prefque point marquée, mais
il fe fit un petit changementdans les traits defon
de temps vifage , en peu
la convalefcence joignit
de l'embonpoint à fa taille qui eftoit fort menuë ;
& fon teint s'éclaircit
beaucoup , elle perdit de
beaux cheveux blonds
qu'elle avoit , en forte
que mettant un jour en
badinant une coifure de
la veuve , qui eftoit bru
GALANT 19
ne , elle fe trouva fi jolic
en brun & en mefme
temps fi diférente de ce
qu'elle eftoit en blond
avant fa petite verolo
que joignant à cela le
langage Provençal, qu'el
le s'eftoit rendu naturel ,
ellecrutpouvoir fatisfaire
une fantaiſie qui luyvint;
c'eftoit d'accompagner
fan amie dans un pe
tit voyage qu'elle alloit
faire à Paris , & d'y paſfer
incognito pour une Pra
Bij
20 MERCURE
vençale parente de cette
veuve , elle en obtint la
permiffion de l'Abbeffe
& du frere de cetteAbbef
fe, qui eftoit, commej'ay
dit , le vray ami de confiance du mary , & qui
avoit mefme affez d'af1
cendant fur luy pour ſe
charger de ce qui pourroit arriver , lorſque par
hazard elle feroit reconnuë par quelqu'un. En
unmot , il ne put refuſer
cette petite confolation
GALANT. 28
d'aller voir Paris , à une
femme qu'il fçavoit innocente , & que fon mary qui menaçoit d'eftre
encore trois mois en Lan
guedoc, avoit déja laiffé
un an dans le Couvent ,
il partit donc avec la veritable & la fauffe brune,
qu'il mena en arrivant à
Paris chez unvieux Confeiller dont la femme eftoit tres vertueuse , il ne
pouvoit la placer mieux
pour la fureté du mary.
22 MERCURE
Il fit croire aifément au
vieux Confeiller & à fa
femme qu'elle eftoit Provençale & parente de la
veuve.
Nos deux brunes firent pendant quelques
jours l'admiration du petit nombre de gens que
voyoit la Confeillere , &
elles eftoient un jourtoutes trois avec le Confeiller dans fon Cabinet en
fortant de Table , lorfqu'un Soliciteur impa
}
GALANT. 27
que
tes
tient ne trouvant perfonne pour l'annoncer, parce
gens difnoient
entra dans le Cabinet du
Confeiller. Qui pourroit
imaginer la bizarerie de
cette incident , le mary
jaloux eftoit revenu en
poſté pour un procèsimportant dont ce Confeil
ler venoit d'eftre nommé
Rapporteur , il eſtoit encore aux compliments
avec le Confeiller quand
la parole luy manqua
&
24 MERCURE
tout à coup , par la ref
femblance eftonnante
qui le frappa malgré les
changemens dont j'ay
parlé ; le Conſeiller luy
dit ce qu'il croyoit de
bonne foy , que cette
belle Provençale eftoit
arrivée de Provence depuis deux jours avec la
veuve. Le mary ne put
s'empefcher contre lá
bienséance mefme de s'avancer vers les deux Dames , il leur marqua là
caufe
GALANT.
caufedefoneftonnement,
& il cuftfansdoutereconneu fa femme fans la préfence d'efprit qu'elle cut
de neparler que Provençal , comme fi elle n'euft
pas fceu bien parler
François , ce jargon dépayfa encore le mary qui
s'en tint à l'eftonnement
d'une telle reffemblance
entre une brune & fa
femme qui eftoit blonde.
En ce moment l'ami qui
avoit difné avec les DaSeptembre 1712, C
26 MERCURE
mes, & qui eftoit reſté un
moment dans le Jardin ,
fut eftonnéen remontant
de trouver dans l'antichambre un Laquais de
fon ami qu'il croyoit encore en Languedoc , &
fut bien plus furpris encore quand ce Laquais
lui dit que fon Maiſtre
eftoit dans le Cabinet du
Confeiller , il entra fort
allarmé , mais la fcene
qu'il y trouva l'ayant un
peu raffuré , lui fit naiſtre
GALANT
. 17
en grossune idée qu'il
perfectionna dans la fuite , & aprés avoir appuyé
ta folicitation de fon ami
auprès du Conſeiller , il
fortit avec luy , le fortifia dans l'idée de la
reffemblance , & lui promit pour la rareté dufait
de luy faire voir le lende-
-main cette brune, & dès
le foir mefme il prévint
ola Confeillere en lui contant la verité de tout , &
luy faiſant approuver le
C ij
& MERCURE
deffein qu'il avoit , car
foupçonnoit desja le mary d cftre un peu amoureux de fa femme traveftie. ?
La vifite du lendemain
fe pafla plus gayement
que la premiere entreveuë, car la femme ayant
concertéfon perfonnage,
le fouftint à merveille, &
dit à fon mary en langage Provençal cent jolies
chofes , que la veuve lui
interpretoit à mefure ,
GALANT. 29
elle interpretoit enfuite
la femme ce que fon mary lui difoit bon François : ce jeu donna à l'amyla fene du monde la
en
plus divertiflante , & le
maryfortit delà fì amouBeux , que fon amy n'en
douta plus ; mais il fe
garda bien de lui tefmoi
gner qu'il s'en apperceut,
de peur de le de le contraindre. Le fingulier de cett
avanture , c'eft qu'en certains momens le maryreCij
30 MERCURE
connoiffoit fi fort fa femme, que cela refroidiffoit
un peueu fon amour, toutes les differences qu'il
trouvoit le frappant , enfuite fon amour redoubloit , & les fcrupules lui
prenoient , il vit ainfi plufieurs fois fa femme, mais
le jour de fon départ eftoit arrivé , on dit hautement qu'elle retournoit
en Provence, & elle partit
pour fe rendre au Cou
vent.
ALANT 31
Ce départ mit le mary
dans un tel abbatement
qu'il ne put s'empeſcher
de faire confidence àa fon
amy du cruel cftat où
cette feparation l'avoit
que
mis. Alors Famylui confeilla de profiter de la reffemblance, de taſcher
fa femme remplaçaft cette perte dans fon cœur.
Ils partirent tous deux
pour aller au Couvent ,
où la femme redevenue
blonde , prit des ajuſte
C iiij
32 MERCURI
ments if differents de
ceux qu'elle avoit cftant
brune , que le mary crup
voirune autre perfonne ,
il y trouvoit pourtant
quelques uns des mefmes
charmes , mais celle - cy
ne fervoit qu'à lui faire
regreter l'autre , en lus
en reveillant lidée. vio
Sur ces entrefaites un
courier vint apporter une
lettre à l'amy & cette
lettre eftoit de la veuve,
qui de concert avec lui
CALANTI #
cftoit allée à une terre
qu'avoit le Confeiller à
quatre lieues du Cou
vent, cette lettre portoit,
que la belle brune s'erant
trouvée indifposée &
cette femme fe trouvant
fur la route du Langue
doc elle y séjourneroit
deux où trois jours. Il
montra le commencement de cette lettre au
mary , qui en lut en mef.
me temps la fin , où la
veuve marquoit à l'amy
34 MERCURE
comme par une espece de
confidence , que l'indif
pofition de la brune n'eftoit qu'un prétexte pour
taſcher de retournerà Paris , pour revoir fon amy
pour qui elle avoit le
cœur pris. Jugez de l'effet que cette fin de lettre
fit fur le pauvre mary .
l'amy reprit fa lettre fans
lui parler davantage de
la veuve ni de fa compagne , & dit enfuite qu'ef
tant obligé de refter deux
GALANT. 35
ou trois jours avec la
foeur Abbeffe ; il lui
donnoit fon Caroffe pour
s'en retourner à Paris ; le
mary fut charmé de cet
incident & profita du
Caroffe , il gagna le Cocher & marcha droit
vers la terre où il croyoit
trouver la brune , & c'eft
ce que l'amy avoit prévû,
la blonde partit àl'inftant
par un chemin de traverfe avec une Chaife de
pofte , & l'amy à Che-
36 MERCURE
val , ils arriverent une
heure avant le Caroffe
dont le Cocher avoit ordre d'aller fort douce,
ment, & la blonde cut
tout le loifir de le faire
brune ,
avant que fon
maryfuftarrivé, l'amyfe
fit cacher dans le Chaf
teau , & cette entreveuë
fut fi vive qu'il y eut déclaration d'amour depart
&
d'autre , car le mary
eut la tefte fi troublée de
puis la lecture de la lettre,
GALANT. 37-
qu'il fut incapable d'aucune reflexion fur l'infi- .
delitéqu'il faifoit à fa femme dans le moment
qu'ils eftoient dans le fort
de leur tendreffe l'amy
parut , la brune feignit
?
d'eftre furpriſe & troublée , fe retira avec précipitation & laiffa les
deux amis feuls enfemble , alors l'amy prenant
un ton fort fevere , dite
au mary qu'il s'etoit bien
douté de l'infidelité qu'il
38 MERCURE
vouloit faire à fa femme,
& qu'il lui avoit exprés
laiffé fon Carroffe pour
avoir lieu de le furprendre , & de lui faire cent
reproches des mauvais
procedez qu'il avoit eus
avec fa femme fur de
fimples apparences , lorf
qu'il eftoit réellement infidelle. Ce mary fut tres
honteux , fon amy avoit
beaucoupd'afcendant fur
fon efprit , il lui fit promettre qu'il ne reverroit
CALANT. 39
pas
་
jamaistla brune ?, ible
promit , mais ce n'eftoit
là ce qu'on vouloit
de lui , l'amy reprit avec
lui le chemin de l'Abbaye , & le détermina à
reprendre fa femme pour
la remener à Paris , il le
promit , mais il eut befoin de toute fa raiſon &
de toute celle de fon amy
pour faire un tel effort
fur lui-mefme. Il arriva à
l'Abbaye dans un eſtat
qui cuft fait pitié à tout
40 MERCURE
a
autre qu'à cet amy. Ils
prirent leurs mefures en
arrivant à l'Abbaye pour
pouvoir partir le lendemain pour Paris , la femme eftoit à l'Abbaye avant eux , & par le mefme chemin qu'elle avoit
pris pour aller , elle en
eftoit revenue , & reparut en blonde , mais ce
n'eftoit plus cette blonde
foumife , gracieuſe , &
fuppliante que le maryy
avoit laiffée le matin , elle
prit
GALANT 41
prit un autre ton , elle fit
la ferme jaloufe , & en
prétence de l'Abbofle dé
clara qu'elle fçavoit l'in ,
fidelité de fon mary , l'amy & l'Abbele joue
rent fr bien leur perfonnage , & feconderent fi
bien les juftes reproches
de la femme irritée , quo
le mary veritablement
convaincu de fon tort refolut fincerement de tafa
cher debien vivre avec fa
femme & d'oublier la
Septembre 1712.
D.
42 MERCURE
Provençale , il le promit,
mais la femme feignit de
ne fe fier pas à fes promeffes , de vouloir refter
au Couvent , & fe retira
fierement. L'Abbeffe, l'a
my, & le mary difnerent
fort triftement , & on le
fit refter à table autant de
temps qu'il fallut pour
donner le loifir à la blonde de redevenir brune ;
elle n'oublia rien cette
derniere fois pour plaire
à fon amant mary , il fut
GALANT
fort furpris de la voir entrer dans le parloir où ils
mangcoient, l'Abbeffe &
l'amyfeignirent auffi d'eftre furpris , la fcene qui
fe paffa s'imagine mieux
qu'elle ne fe peut écrire ,
jamais mary ne s'eft trou
vé dans un pareil embar
ras , car l'Abbeffe & l'amyne pouvoient traiter
la chofe fi férieuſement
qu'ils ne leur échapaft
quelques éclats de rire ,
ils eftoient dans cette fi
Dij
44 MERCURE
tuation lorfque la Pro
vençale commença à par
ler bon François , & à
déclarer ouvertementfon
amour , fans lui dire encore qu'elle eftoit fa fenrme, & ils firentprudem
ment de tromper le mari
par degrez, car s'ileuft appris tout d'un coup que
celle qu'il aimoit fi pafs
fionnément alloit eftre en
fa poffeffion , il en feroit
mort de joye. Enfin le
dénouement fut mené
GALANT. 45
de maniere , que le mary
fut auffi amoureux aprés
Féclairciffement , & mef
me plus qu'il ne l'avoit
eftéavant & dans la fuitele mary devenant
moins amoureux &
moins jaloux , & la femme devenant plus refervée cela fit un très bon
menage : enfin l'amy fut
remercié de la tromperie
innocente comme du
meilleure office qu'il
pouvoit rendre au mary
& à la femme
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Résumé : LA BLONDE BRUNE femme & maistresse.
Le texte raconte l'histoire d'une femme mariée, décrite comme jolie, enjouée et spirituelle, mais vertueuse. En septembre 1712, son mari, nouvellement marié et parti pour le Languedoc, lui recommande de mener une vie régulière. Libérée de la surveillance de son mari, la femme oublie les recommandations et profite de sa liberté tout en évitant les scandales. Elle reçoit des déclarations d'amour mais reste maîtresse de ses actions. Un jeune homme, jaloux et offensé par son refus, décide de se venger en révélant au mari les fréquentations de sa femme. Furieux, le mari envoie sa femme dans un couvent. Là, elle se lie d'amitié avec une jeune veuve provençale et apprend le provençal. Après avoir contracté la variole, elle change d'apparence et décide de se faire passer pour une Provençale. Avec l'aide de l'abbé et du frère de l'abbesse, elle retourne à Paris incognito. Par un hasard extraordinaire, son mari la rencontre sans la reconnaître. Grâce à une lettre trompeuse, le mari découvre la supercherie et retrouve sa femme. L'histoire se termine par une réconciliation et une déclaration d'amour entre les époux. Parallèlement, une intrigue complexe implique le mari, sa femme et un ami. Lors d'un moment d'intimité entre le mari et sa femme, cette dernière, déguisée en brune, feint la surprise et se retire, laissant les deux amis seuls. L'ami, prenant un ton sévère, accuse le mari d'infidélité et lui révèle qu'il a laissé son carrosse pour le surprendre. Le mari, honteux, promet de ne plus revoir la brune. L'ami le convainc de reprendre sa femme pour la ramener à Paris. À l'abbaye, la femme, désormais blonde, joue la jalouse et accuse son mari d'infidélité. L'ami et l'abbé jouent leur rôle pour convaincre le mari de son tort. La femme feint de ne pas croire aux promesses du mari et se retire au couvent. Pendant le dîner, la femme redevient brune et surprend son mari. L'ami et l'abbesse parviennent à tromper le mari par degrés, révélant progressivement l'amour de la femme. Finalement, le mari devient encore plus amoureux après l'éclaircissement. La situation évolue vers un ménage harmonieux, avec le mari moins jaloux et la femme plus réservée. L'ami est remercié pour sa tromperie innocente, considérée comme un service précieux rendu au couple.
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2530
p. 46-48
A MADAME.. En luy envoyant aux Etrennes une petite Chienne.
Début :
De l'amitié la plus fidelle, [...]
Mots clefs :
Étrennes, Chienne, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME.. En luy envoyant aux Etrennes une petite Chienne.
AMADAME..
200V
En luy envoyant aux
Etrennes une petite
Chienne.
DE l'amitié la plus
fidelle
Je vous donne un gage
koly vivant, V
Cette petite Chienne eft
meilleure que belle ,
Elle vous flatera ſouvent;
Careffer & baifer , voila
wetout fon langage in
Sans qu'un colier de fer
GALANT 47
marque fon efclavage.
L'amitié prés de vous
toujours l'enchainera ,
Elle eſt ſi chaſte , elle eſt
fi fage ,
Que jamais chien du voi
finage ,
Aprés elle n'aboyera.
Vous l'entendrez gronder d'une voix une
peu forte ,
Quand un Indifcret ou
bliera
Entrant l'hiver chezvous
de fermer voftre porte.
48 MERCURE
Quand un Importun y
viendra , E
Elle connoift telles gens
àla mine ,
Etquand j'iray yous voir
elle les chaffera; si (
Et mefine elle n'annoncera.
Quand vous viendrez
chez moi la Chienne,
vous fuivra ,
Elle fçait la Maifon , &
yous avertira
De vifiter voftre voiſici
200V
En luy envoyant aux
Etrennes une petite
Chienne.
DE l'amitié la plus
fidelle
Je vous donne un gage
koly vivant, V
Cette petite Chienne eft
meilleure que belle ,
Elle vous flatera ſouvent;
Careffer & baifer , voila
wetout fon langage in
Sans qu'un colier de fer
GALANT 47
marque fon efclavage.
L'amitié prés de vous
toujours l'enchainera ,
Elle eſt ſi chaſte , elle eſt
fi fage ,
Que jamais chien du voi
finage ,
Aprés elle n'aboyera.
Vous l'entendrez gronder d'une voix une
peu forte ,
Quand un Indifcret ou
bliera
Entrant l'hiver chezvous
de fermer voftre porte.
48 MERCURE
Quand un Importun y
viendra , E
Elle connoift telles gens
àla mine ,
Etquand j'iray yous voir
elle les chaffera; si (
Et mefine elle n'annoncera.
Quand vous viendrez
chez moi la Chienne,
vous fuivra ,
Elle fçait la Maifon , &
yous avertira
De vifiter voftre voiſici
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Résumé : A MADAME.. En luy envoyant aux Etrennes une petite Chienne.
L'auteur envoie une chienne en cadeau d'Étrennes, la décrivant comme fidèle et sage. La chienne est chaste, ne provoque pas les autres chiens et grogne contre les intrus. Elle connaît les gens importuns et la maison du destinataire, qu'elle incite à visiter les voisins. L'amitié entre l'auteur et le destinataire est comparée à une chaîne indéfectible.
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2531
p. 56-66
« La Maison Destaing dont l'origine se perd dans l'antiquité [...] »
Début :
La Maison Destaing dont l'origine se perd dans l'antiquité [...]
Mots clefs :
Maison Destaing, Louis XIV, Armoiries, Bataille de Bovine, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Maison Destaing dont l'origine se perd dans l'antiquité [...] »
La Maiſon Deftaing
dont l'origine fe perd dans
l'antiquité , a tousjours en
de grands hommes qui ont
efté attachez à l'Eftat , & à
l'Eglife. Il y a plus de fix.
cents ans que l'on voit un
traité entre le Duc de Bourbon &le Comte de Rhodez , qui pour lors eftoient
des Souverains , dans lequel le Comte Deftaing eſt
GALANT $7
entré comme arbitre &
leur proche parent. Lafameule journée de Bovine
merita à Guy Deftaing , autrement Dieu - donné , les
Armes & les Livrées du
Roy, pour avoir fauve le
Roy qui eftoit dans la meflée , & auquel on avoit enlevé l'Oriflamme , qui fut
repris par ce Guy Def
taing. Il remonta le Roy
qui eftoit tombé fous fon
cheval , & qui ne pouvoit
s'en retirer , le cheval ayant
efté bleffé de plufieurs
coupsde lance. Après quoy
18 MERCURE
Guy Deftaing rallia les
- troupes , fe mit à la tefte de
l'armée, gagna la bataille ,
& rapporta au Royl'Ecuf
fon quiluy avoit efté enlevé des mains. Il eftoit un
des vingt- quatre feigneurs
deſtinez pour garder la
Perfonne du Roy , lequel
luy ayant demandé quelle
recompenfe ilvouloit , n'en
youlut que celles de l'Ecu
qu'il avoit remporté , pour
luy & fes Defcendants. Le
Roy Louis XIV. en fait
mention dans fon Ordonnance au ſujet des Armoi
GALANT. 59
ries. La perte de cette bataille de Bovine auroit mis
'la France à deux doigts de
fa perte, ce qui obligea Philippe Augufte , pour en tef
moigner fa reconnoiffance
à Dieu, de fonder une Abbaye , dans laquelle on pût
à perpetuité en offrir des
actes de grace à Dieu , il
voulut qu'elle portaft le
nom de la Victoire , cette
Abbaye de la Victoire eft
à douze ou quatorze lieuës
de Paris : il y a un grand
nombre d'autres perfonnes.
illuftres dans cette Maifen
60 MERCURE
dans le party des armes ,
quiont tousjours fervi utilement l'Estat , cela fe per
petuë jufques à aujour
d'huy, où ils font dans des
employs confiderables , il
y a deux Lieutenants Generaux , & plufieurs Briga
diers & Colonels. 4
Ils ont eu également dans
l'Eglife de grands hom
mes , Amantius Deftaing
fut le premier Evefque de
Rhodez, l'an fept- cens , la
Bienheureux François Def
taing , beatifié par la voix
du peuple , & le dernier
GALANT. 61
Evefque de Rhodez par
élection a donné dans tous
les temps des marques de
fa fainteté , & de ton vivant des preuves de fes li
beralitez envers les pauvres , les monuments qui
reftent encore dans cette
Eglife , où fon corps repo
fe donnent à connoiftre
quel a efté le caractere de
ce grand homme , il fur
choifi pour Ambaffadeur
en Cour de Rome , pour
la répudiation d'une Rei
ne Pierre Deftaing pre-!
mierement Evefque de
1
62 MERCURE
•
Saint Flour , fut transferé à
Bourges, & en l'année 1370.
fut fait Cardinal, il fut fait
Gouverneur &Vice- Legat
d'Avignon , il fut Evefque
d'Office , Camerlingue &
Doyen du facré College ,
il gaigna deux batailles
contre les Lombards
aprés quoy il ramena d'A
vignon à Rome le Pape
qui en avoit cfté chaffe ,
qui y fut paifible pendant
la vie dudit Cardinal , au
fujer dequoy il eut de
grandes negociations avec
Sainte Catherine de Sien-
CALANT. 63
ne , de laquelle il paroift.
plufieurs Lettres au Chaf
teau Deftaing. Oncompte
aujourd'huy qu'il y a eu
douze Evefques ou Arche
vefques dans cette Maifon. Celuy au fujet duquel
on vient de faire les vers
qui eft Evêque de Saint
Flour a efté le trentedeuxième Comte de Lyon
de fa Maiſon , dans laquelle s'eft fonduë la Maifon
du Terrail , du fameux
Chevalier Bayart, furnomméle Chevalier fans peur
& fans reproche. Feu Ma
64 MERCURE
dame la Marquise de Sa
lians Mere de Monfieur
l'Evefque de Saint Flour
d'aujourd'huy , eftoit fille
unique , & la derniere de
cette Maiſon , & comme
elle eftoit une riche heritiere , elle voulut que fon
fils aifné joignit le nom du
Terrail à celuy Deftaing
& lui donna par préference aux autres enfans
cette condition , la moitié
de fes biens , par préciput
&avantage. On remarque
un grand nombre de grandes alliances dans cette
Maiſon ,
C
GALANT. 65
L
Maifon & prefque tousjoursdes heritieres , ce qui
femble eftre une protection
vifible de Dieu , & une recompenfe de ce qu'ils ont
fait pour l'Eglife , par les li
beralitez qu'ils lui ont fai
tes dans tous les temps , &
notamment dans l'Eglife
de Rhodez , de Conques ,
de Bonneval , Daubrac ,
de Ville Dieu , & dans le
Monaftere des Jacobins de
Saint Flour , dont ils font
en plus grande partie Fondateurs , celuy qui a fait la
vie des Papes d'Avignon ,
E
66 MERCURE
parle à tout moment du
Cardinal Deftaing. Je ne
prétends faire icy qu'une
petite ébauche de ce qui
eft venu à ma connoiſſance , & il feroit difficile de
ramaffer tant de grandes.
actions , paffées dans un fi
grand nombre de fiécles
pendant lefquels cette
Maifon s'eft tousjours foultenue & fe fouftient encore
avec éclat
dont l'origine fe perd dans
l'antiquité , a tousjours en
de grands hommes qui ont
efté attachez à l'Eftat , & à
l'Eglife. Il y a plus de fix.
cents ans que l'on voit un
traité entre le Duc de Bourbon &le Comte de Rhodez , qui pour lors eftoient
des Souverains , dans lequel le Comte Deftaing eſt
GALANT $7
entré comme arbitre &
leur proche parent. Lafameule journée de Bovine
merita à Guy Deftaing , autrement Dieu - donné , les
Armes & les Livrées du
Roy, pour avoir fauve le
Roy qui eftoit dans la meflée , & auquel on avoit enlevé l'Oriflamme , qui fut
repris par ce Guy Def
taing. Il remonta le Roy
qui eftoit tombé fous fon
cheval , & qui ne pouvoit
s'en retirer , le cheval ayant
efté bleffé de plufieurs
coupsde lance. Après quoy
18 MERCURE
Guy Deftaing rallia les
- troupes , fe mit à la tefte de
l'armée, gagna la bataille ,
& rapporta au Royl'Ecuf
fon quiluy avoit efté enlevé des mains. Il eftoit un
des vingt- quatre feigneurs
deſtinez pour garder la
Perfonne du Roy , lequel
luy ayant demandé quelle
recompenfe ilvouloit , n'en
youlut que celles de l'Ecu
qu'il avoit remporté , pour
luy & fes Defcendants. Le
Roy Louis XIV. en fait
mention dans fon Ordonnance au ſujet des Armoi
GALANT. 59
ries. La perte de cette bataille de Bovine auroit mis
'la France à deux doigts de
fa perte, ce qui obligea Philippe Augufte , pour en tef
moigner fa reconnoiffance
à Dieu, de fonder une Abbaye , dans laquelle on pût
à perpetuité en offrir des
actes de grace à Dieu , il
voulut qu'elle portaft le
nom de la Victoire , cette
Abbaye de la Victoire eft
à douze ou quatorze lieuës
de Paris : il y a un grand
nombre d'autres perfonnes.
illuftres dans cette Maifen
60 MERCURE
dans le party des armes ,
quiont tousjours fervi utilement l'Estat , cela fe per
petuë jufques à aujour
d'huy, où ils font dans des
employs confiderables , il
y a deux Lieutenants Generaux , & plufieurs Briga
diers & Colonels. 4
Ils ont eu également dans
l'Eglife de grands hom
mes , Amantius Deftaing
fut le premier Evefque de
Rhodez, l'an fept- cens , la
Bienheureux François Def
taing , beatifié par la voix
du peuple , & le dernier
GALANT. 61
Evefque de Rhodez par
élection a donné dans tous
les temps des marques de
fa fainteté , & de ton vivant des preuves de fes li
beralitez envers les pauvres , les monuments qui
reftent encore dans cette
Eglife , où fon corps repo
fe donnent à connoiftre
quel a efté le caractere de
ce grand homme , il fur
choifi pour Ambaffadeur
en Cour de Rome , pour
la répudiation d'une Rei
ne Pierre Deftaing pre-!
mierement Evefque de
1
62 MERCURE
•
Saint Flour , fut transferé à
Bourges, & en l'année 1370.
fut fait Cardinal, il fut fait
Gouverneur &Vice- Legat
d'Avignon , il fut Evefque
d'Office , Camerlingue &
Doyen du facré College ,
il gaigna deux batailles
contre les Lombards
aprés quoy il ramena d'A
vignon à Rome le Pape
qui en avoit cfté chaffe ,
qui y fut paifible pendant
la vie dudit Cardinal , au
fujer dequoy il eut de
grandes negociations avec
Sainte Catherine de Sien-
CALANT. 63
ne , de laquelle il paroift.
plufieurs Lettres au Chaf
teau Deftaing. Oncompte
aujourd'huy qu'il y a eu
douze Evefques ou Arche
vefques dans cette Maifon. Celuy au fujet duquel
on vient de faire les vers
qui eft Evêque de Saint
Flour a efté le trentedeuxième Comte de Lyon
de fa Maiſon , dans laquelle s'eft fonduë la Maifon
du Terrail , du fameux
Chevalier Bayart, furnomméle Chevalier fans peur
& fans reproche. Feu Ma
64 MERCURE
dame la Marquise de Sa
lians Mere de Monfieur
l'Evefque de Saint Flour
d'aujourd'huy , eftoit fille
unique , & la derniere de
cette Maiſon , & comme
elle eftoit une riche heritiere , elle voulut que fon
fils aifné joignit le nom du
Terrail à celuy Deftaing
& lui donna par préference aux autres enfans
cette condition , la moitié
de fes biens , par préciput
&avantage. On remarque
un grand nombre de grandes alliances dans cette
Maiſon ,
C
GALANT. 65
L
Maifon & prefque tousjoursdes heritieres , ce qui
femble eftre une protection
vifible de Dieu , & une recompenfe de ce qu'ils ont
fait pour l'Eglife , par les li
beralitez qu'ils lui ont fai
tes dans tous les temps , &
notamment dans l'Eglife
de Rhodez , de Conques ,
de Bonneval , Daubrac ,
de Ville Dieu , & dans le
Monaftere des Jacobins de
Saint Flour , dont ils font
en plus grande partie Fondateurs , celuy qui a fait la
vie des Papes d'Avignon ,
E
66 MERCURE
parle à tout moment du
Cardinal Deftaing. Je ne
prétends faire icy qu'une
petite ébauche de ce qui
eft venu à ma connoiſſance , & il feroit difficile de
ramaffer tant de grandes.
actions , paffées dans un fi
grand nombre de fiécles
pendant lefquels cette
Maifon s'eft tousjours foultenue & fe fouftient encore
avec éclat
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Résumé : « La Maison Destaing dont l'origine se perd dans l'antiquité [...] »
La Maison Deftaing, dont les origines remontent à l'antiquité, a toujours produit des hommes attachés à l'État et à l'Église. Il y a plus de six cents ans, un traité entre le Duc de Bourbon et le Comte de Rodez mentionne le Comte Deftaing comme arbitre et proche parent. La bataille de Bouvines, au cours de laquelle Guy Deftaing sauva le roi en reprenant l'Oriflamme et en ralliant les troupes, lui valut les armes et les livrées royales. Le roi Louis XIV fit mention de cet exploit dans une ordonnance concernant les armoiries. La victoire à Bouvines évita la perte de la France, ce qui poussa Philippe Auguste à fonder l'Abbaye de la Victoire. La Maison Deftaing a également fourni des hommes illustres à l'Église, comme Amantius Deftaing, premier évêque de Rodez en 700, et le bienheureux François Deftaing, évêque de Rodez. Pierre Deftaing, évêque de Saint-Flour, fut transféré à Bourges et devint cardinal en 1370. Il gagna deux batailles contre les Lombards et ramena le pape d'Avignon à Rome. Douze évêques ou archevêques proviennent de cette maison. La Maison Deftaing a également connu de grandes alliances et des héritières, ce qui semble être une protection divine en récompense de leurs libéralités envers l'Église. Ils ont fondé plusieurs monastères et églises, notamment à Rodez, Conques, Bonneval, Daubrac, et Ville Dieu. La Maison Deftaing continue de se distinguer par ses actions et ses contributions.
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2532
p. 67-70
DONS DU ROY.
Début :
Le Roy a donné au Marquis de Courcillon le Gouvernement [...]
Mots clefs :
Dons, Marquis de Courcillon, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROT.
LE Roy a donné au Marquis de Courcillon le Gouvernement de la Province
de Touraine , fur la demif
fion volontaire du Marquisde Dangeau fon Pere,
à qui le Roy donneun Brevet pour commander fa vie
durant dans cette Provin
ce nonobftant fa demif
fion. Quoique le Marquis
de Courcillon ait à peine
25. ans , il ya10. ans qu'il
a commencé à fervir à la
guerre , il fit une ou deux
F ij.
68 MERCURE ME
campagnes dans la premiere Compagnie des
Moufquetaires. En 1704.
le Roy luy donna le Regiment de Cavalerie de fon
grand oncle le Cardinal de
Furſtemberg , & quelque
temps aprés , le Roy voulut que ce Regiment fe
nommaſt le Regiment de
Courcillon. En 1706. à la
bataille de Ramillyle Marquis deCourcillon,à la teſte
de fes deux Efcadrons rompit les Efcadrons ennemis
qui luy eftoient oppoſez ;
& y receut un coup de fa-
CALANT: 69
bre à la tefte. En 17096 à
la bataille de Malplaquet ,
lorfqu'il chargeoit à la teste
de fon Regiment, il recent
un coup de carabine qui
luy caffa la cuiffe , il fallut
luy couper fur le champ
de bataille, la fermeté avec
laquelle il fouftint l'operation , contribua beaucoup
à fa guerifon , mais au bout
de quelques mois un accidant furvenu à fa playe
obligea à une feconde operation plus douloureufe &
plus dangereufe encore
que la premiere , & il l'a
1
70 MERCURE
foultint avecla meſme fermeté, & le trouve preſentement en état de continuer à fervir. En 1710. le
Roi le fit Brigadier de Cavalerie.
LE Roy a donné au Marquis de Courcillon le Gouvernement de la Province
de Touraine , fur la demif
fion volontaire du Marquisde Dangeau fon Pere,
à qui le Roy donneun Brevet pour commander fa vie
durant dans cette Provin
ce nonobftant fa demif
fion. Quoique le Marquis
de Courcillon ait à peine
25. ans , il ya10. ans qu'il
a commencé à fervir à la
guerre , il fit une ou deux
F ij.
68 MERCURE ME
campagnes dans la premiere Compagnie des
Moufquetaires. En 1704.
le Roy luy donna le Regiment de Cavalerie de fon
grand oncle le Cardinal de
Furſtemberg , & quelque
temps aprés , le Roy voulut que ce Regiment fe
nommaſt le Regiment de
Courcillon. En 1706. à la
bataille de Ramillyle Marquis deCourcillon,à la teſte
de fes deux Efcadrons rompit les Efcadrons ennemis
qui luy eftoient oppoſez ;
& y receut un coup de fa-
CALANT: 69
bre à la tefte. En 17096 à
la bataille de Malplaquet ,
lorfqu'il chargeoit à la teste
de fon Regiment, il recent
un coup de carabine qui
luy caffa la cuiffe , il fallut
luy couper fur le champ
de bataille, la fermeté avec
laquelle il fouftint l'operation , contribua beaucoup
à fa guerifon , mais au bout
de quelques mois un accidant furvenu à fa playe
obligea à une feconde operation plus douloureufe &
plus dangereufe encore
que la premiere , & il l'a
1
70 MERCURE
foultint avecla meſme fermeté, & le trouve preſentement en état de continuer à fervir. En 1710. le
Roi le fit Brigadier de Cavalerie.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le texte décrit la nomination du Marquis de Courcillon au poste de gouverneur de la province de Touraine, succédant au Marquis de Dangeau, qui a démissionné volontairement. Le roi accorde au Marquis de Dangeau un brevet lui permettant de rester en Touraine. Le Marquis de Courcillon, alors âgé de 25 ans, a débuté sa carrière militaire à 15 ans dans la première Compagnie des Mousquetaires. En 1704, le roi lui confie le Régiment de Cavalerie de son grand-oncle, le Cardinal de Furstemberg, qui est renommé Régiment de Courcillon. Lors de la bataille de Ramillies en 1706, il rompt les lignes ennemies et est blessé à la tête. En 1709, à la bataille de Malplaquet, il est grièvement blessé à la cuisse, nécessitant deux opérations chirurgicales. En 1710, le roi le nomme Brigadier de Cavalerie.
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2533
p. 70-72
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
On mande de Roses du 11. Septembre que les les [...]
Mots clefs :
Espagne, Pétards, Lieutenant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Espagne.
ONmande de Roſes dus
H. Septembre que les Generaux Wetzel , & Humada tenterent de furprendre
la place , avec des échelles,
des petards , qu'ils avoient
fait venir par mer, & deux
GALANTH
mille Grenadiers où foldats choifis , ils s'emparerent d'abord d'un petio
poſte à la barriere de Caf
tillon gardé parun fergenc
& vingt foldats , dont fix
furent tuez. Ils travaillerent enſuite à rompre cette
barriere avec des haches :
mais le fieur Franco Lieutenant de Roy y eftant accouru avec les troupes
Françoifes & Efpagnoles ,
força les ennemis à fe retirer , aprés avoir eu deux
cens hommes tués ou blef
sés & d'abandonner les
72 MERCURE
petards & les autres préparatifs qu'ils avoient amenez , il n'y a eu quefept
ou huit foldats du Regiment de Labadie , & un
Capitaine bleffé. Tous les
Officiers fe font diftinguez
en cette occafion , fur tout
le Lieutenant de Roy , le
fieur du Reveft Commandant des Troupes Françoi
fes le fieur de Labadie.
Colonel , & le fieur Prefte
filliers .
d'Espagne.
ONmande de Roſes dus
H. Septembre que les Generaux Wetzel , & Humada tenterent de furprendre
la place , avec des échelles,
des petards , qu'ils avoient
fait venir par mer, & deux
GALANTH
mille Grenadiers où foldats choifis , ils s'emparerent d'abord d'un petio
poſte à la barriere de Caf
tillon gardé parun fergenc
& vingt foldats , dont fix
furent tuez. Ils travaillerent enſuite à rompre cette
barriere avec des haches :
mais le fieur Franco Lieutenant de Roy y eftant accouru avec les troupes
Françoifes & Efpagnoles ,
força les ennemis à fe retirer , aprés avoir eu deux
cens hommes tués ou blef
sés & d'abandonner les
72 MERCURE
petards & les autres préparatifs qu'ils avoient amenez , il n'y a eu quefept
ou huit foldats du Regiment de Labadie , & un
Capitaine bleffé. Tous les
Officiers fe font diftinguez
en cette occafion , fur tout
le Lieutenant de Roy , le
fieur du Reveft Commandant des Troupes Françoi
fes le fieur de Labadie.
Colonel , & le fieur Prefte
filliers .
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Le 7 septembre, les généraux Wetzel et Humada ont tenté de capturer une place forte en Espagne en utilisant des échelles et des pétards, transportés par mer, ainsi que deux mille grenadiers et soldats choisis. Ils ont d'abord pris un petit poste à la barrière de Castillon, gardé par un sergent et vingt soldats, dont six furent tués. Les assaillants ont ensuite essayé de démolir la barrière avec des haches. Le sieur Franco, lieutenant du roi, est intervenu avec les troupes françaises et espagnoles, forçant les ennemis à se retirer après avoir subi deux cents hommes tués ou blessés. Les assaillants ont abandonné les pétards et autres préparatifs. Du côté français, sept ou huit soldats du régiment de Labadie et un capitaine ont été blessés. Les officiers se sont distingués, notamment le lieutenant du roi, le sieur du Revest, commandant des troupes françaises, le sieur de Labadie, colonel, et le sieur Preste, fils aîné.
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2534
p. 97-109
GENEALOGIE de la Maison de la Vieuville.
Début :
Je vous appris le mois de May dernier la perte [...]
Mots clefs :
Généalogie, Maison de la Vieuville, Ordre de Malthe, Bailly, Ambassadeur, Bailly de la Vieuville, Noblesse
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texteReconnaissance textuelle : GENEALOGIE de la Maison de la Vieuville.
GENEALOGIE
dela Maifondela Vieuville.
JE vous appris le mois de
May dernier la perte que
l'Ordre de Malthe avoit
faite de Monfieur le Bailly
Septembre 1712.
I
98
MERCURE
de Noailles fon Ambaſſadeur extraordinaire auprés
du Roy.
Le Grand Maiſtre vient
de choifir Monfieur le Bailly de la Vieuville pour
remplir cette Dignité ; fon
illuftre naiffance , fon merite perfonnel , & la parfaite connoiffance que ce
nouveau Miniftre a des interefts de fon Ordre , ont
engagé le Grand Maiſtre
à faire ce choix .
Le Roy qui a trouvé
bon que Monfieur le Bailly
de la Vieuville acceptaft
GALANT. 99
cette Ambaffade , l'honore
de fa bienveillance , ainfi
les affaires de Malthe ne
pouvoient eftre remiſes en
de meilleures mains.
La Maiſon de la Vieuville eft divisée en deux
branches , dont l'une eft
eftablie en Picardie : celle
dont eft forti Mr l'Ambaffadeur dont je vous parle ,
eft originaire de Bretagne
où elle eftoit diftinguée il
y a plufieurs fiecles. Le
premier qui vint en France
fur Sebaftien de la Vieuville,
Seigneur de Farbus , qui
1 ij
100 MERCURE
accompagna la Reine Anne de Bretagne lors de fon
mariage avec Charles VIII.
Id eut de Perrine de faint
Vaaft fa femme en 151
Pierre de la Vieuville Chevalier de l'Ordre du Roy,
Gentilhomme de fa Chambre, Gouverneur de Reims,
Mezieres & du Retelois.
Cathe- Il époufa en 1,39.
rine de la Tafte de Montferant , dont il eut Robert
Marquis de la Vieuville ,
grandFauconnier de France , Chevalier des Ordres
du Roy, envoyé en Am-
GALANT. 101
baffade en Allemagne pour
le fait de la Religion. Il
époula en premieres nôcès
N. de Boffut fille de Claude de Boffut feigneur de
Longueval , & d'Anne de
Linange , dont il eut Henriette de la Vieuville femme d'Antoine de Joyeufe
feigneur de faint Lambert ,
d'où defcendent les feigneurs de faint Lambert, &
les Comtes de Grandpré ;
Robert prit une feconde
alliance en 1981. avec Catherine d'O , dont il eut
Charles premier du nom Duc
I iij
102 MERCURE
de la Vieuville , Chevalier
des Ordres du Roy , premier Capitaine de ſes Gardes du Corps , grand Fauconnier de France , Surintendant des Finances en
1623. Il introduifit dans
les affaires le Cardinal de
Richelieu , qui bientoft
après le fupplanta. Après
la mort de cette Eminence,
& fous le miniſtère du Cardinal de Mazarin le Duc
de la Vieuville fut rappellé,
& fut fait une feconde fois
Surintendant des Finances.
Il avoit épousé Marie Bou-
GALANT. 103
hier , fille de Vincent Bouhier ,feigneur de Beaumarchais , dont il eut Vincent
Marquis de la Vieuville ,
mort au ſervice du Roy
d'Angleterre au combat
donné près de Newbury,
Charles II. du nom Duc de la
Vieuville qui fuit , CharlesFrançois Evefque de Rennes , Lucrece Françoife ,
mariée en 1655. avec Ambroife Duc de Bournonville, Gouverneur de Paris ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Anne d'Autriche ,
dont eft venuë N. de BourI j
104 MERCURE
nonville , à prefent veuve
du feu Marefchal Duc de
Noailles ; Charles mourut
à Paris en 1653. & eſt enterré dans l'Eglife des Minimes de la Place Royale
où fe voit fa fepulture.
Charles I I. du nom Duc
de la Vieuville , Chevalier
des Ordres du Roy en 1689.
Chevalier d'Honneur de la
Reine , Gouverneur de
Monfieur le Duc de Chartres , à preſent Duc d'Orleans , Gouverneur du Poitou, épousa en 1649. Françoife - Marie de Vienne ,
GALANT. 105
Comteffe de Chefteauvieux , fille unique de René
de Vienne Comte de Chateauvieux , & de Marie de
la Guefle. Il eft mort en
1689. âgé de foixante &treize ans ; il eft enterré aux
Minimes auprès de ſon Pere. De fon mariage font
venus René François , Marquis de la Vieuville qui fuit,
Charles Emanuel Comte
de Vienne Meftre de Camp
du Regiment du Roy, Cavalerie ; marié en 1685. à
N. Mitte de Chevrieres
fille du Marquis de faint
106 MERCURE
Chaumont & de SufanneCharlotte de Gramont
Toulangeon , Frere Jean
de la Vieuville , Bailly ,
Grandcroix , Ambaffadeur
extraordinaire de l'Ordre
de Malthe près Sa Majeſté,
Commandeur des Commanderies
qui eft celuy qui vient d'ef
tre fait Ambaffadeur , &
trois filles , Abbeffes & Religieufes.
René- François , Marquis de la Vieuville , cydevant Colonel du Regi
GALANT. 107
ment de Navarre , Chevalier d'Honneur de la feuë
Reine , Gouverneur de la
Province du Poitou . épou
fa en 1676. N. la MotheHoudancourt , fille de Mr
de la Mothe-Houdancourt,
Gouverneur de Corbie , &
de Catherine de Beaujeu ,
dont il a eu N. mariée au
Marquis de Neubourg , &
d'autres enfans. Il a pris
une feconde alliance en
1689. avec Marie- Louife
de la Chauffée d'Eu , fille
du feigneur de la Chauffée
d'Eu , Comte d'Arreſt , &
108 MERCURE
de Françoiſe de Sermoife
premiere Dame d'Atour de
Madame la Ducheffe de
Berry , dont il a N. mariée au Marquis de Parabcre , N. Colonel du Reginent de Berry , & d'autres
enfans.
Avant que de finir cet
article , je vous diray que
Monfieur le Bailly de la
Vieuville eft le huitiéme
Ambaffadeur extraordinai
puis le
que ceux qui font reveftus
re que les Grands Maiftres
ayent envoyé à la Cour deregne du Roy , &
GALANT. 109
de ce caractere joüiffent des
meſmes honneurs , prérogatives & avantages que
les autres Ambaffadeurs
des Teftes couronnées, tant
par l'eftime que Sa Majefté & les prédeceffeurs Rois
ont toujours euë pour cet
Ordre en general , que par
rapport à la dignité du
Grand Maistre de Malthe ,
Prince fouverain de cette
Ifle , & autres en dépendantes , & le Chef de la
plus glorieuſe Nobleſſe de
l'Europe.
dela Maifondela Vieuville.
JE vous appris le mois de
May dernier la perte que
l'Ordre de Malthe avoit
faite de Monfieur le Bailly
Septembre 1712.
I
98
MERCURE
de Noailles fon Ambaſſadeur extraordinaire auprés
du Roy.
Le Grand Maiſtre vient
de choifir Monfieur le Bailly de la Vieuville pour
remplir cette Dignité ; fon
illuftre naiffance , fon merite perfonnel , & la parfaite connoiffance que ce
nouveau Miniftre a des interefts de fon Ordre , ont
engagé le Grand Maiſtre
à faire ce choix .
Le Roy qui a trouvé
bon que Monfieur le Bailly
de la Vieuville acceptaft
GALANT. 99
cette Ambaffade , l'honore
de fa bienveillance , ainfi
les affaires de Malthe ne
pouvoient eftre remiſes en
de meilleures mains.
La Maiſon de la Vieuville eft divisée en deux
branches , dont l'une eft
eftablie en Picardie : celle
dont eft forti Mr l'Ambaffadeur dont je vous parle ,
eft originaire de Bretagne
où elle eftoit diftinguée il
y a plufieurs fiecles. Le
premier qui vint en France
fur Sebaftien de la Vieuville,
Seigneur de Farbus , qui
1 ij
100 MERCURE
accompagna la Reine Anne de Bretagne lors de fon
mariage avec Charles VIII.
Id eut de Perrine de faint
Vaaft fa femme en 151
Pierre de la Vieuville Chevalier de l'Ordre du Roy,
Gentilhomme de fa Chambre, Gouverneur de Reims,
Mezieres & du Retelois.
Cathe- Il époufa en 1,39.
rine de la Tafte de Montferant , dont il eut Robert
Marquis de la Vieuville ,
grandFauconnier de France , Chevalier des Ordres
du Roy, envoyé en Am-
GALANT. 101
baffade en Allemagne pour
le fait de la Religion. Il
époula en premieres nôcès
N. de Boffut fille de Claude de Boffut feigneur de
Longueval , & d'Anne de
Linange , dont il eut Henriette de la Vieuville femme d'Antoine de Joyeufe
feigneur de faint Lambert ,
d'où defcendent les feigneurs de faint Lambert, &
les Comtes de Grandpré ;
Robert prit une feconde
alliance en 1981. avec Catherine d'O , dont il eut
Charles premier du nom Duc
I iij
102 MERCURE
de la Vieuville , Chevalier
des Ordres du Roy , premier Capitaine de ſes Gardes du Corps , grand Fauconnier de France , Surintendant des Finances en
1623. Il introduifit dans
les affaires le Cardinal de
Richelieu , qui bientoft
après le fupplanta. Après
la mort de cette Eminence,
& fous le miniſtère du Cardinal de Mazarin le Duc
de la Vieuville fut rappellé,
& fut fait une feconde fois
Surintendant des Finances.
Il avoit épousé Marie Bou-
GALANT. 103
hier , fille de Vincent Bouhier ,feigneur de Beaumarchais , dont il eut Vincent
Marquis de la Vieuville ,
mort au ſervice du Roy
d'Angleterre au combat
donné près de Newbury,
Charles II. du nom Duc de la
Vieuville qui fuit , CharlesFrançois Evefque de Rennes , Lucrece Françoife ,
mariée en 1655. avec Ambroife Duc de Bournonville, Gouverneur de Paris ,
Chevalier d'Honneur de la
Reine Anne d'Autriche ,
dont eft venuë N. de BourI j
104 MERCURE
nonville , à prefent veuve
du feu Marefchal Duc de
Noailles ; Charles mourut
à Paris en 1653. & eſt enterré dans l'Eglife des Minimes de la Place Royale
où fe voit fa fepulture.
Charles I I. du nom Duc
de la Vieuville , Chevalier
des Ordres du Roy en 1689.
Chevalier d'Honneur de la
Reine , Gouverneur de
Monfieur le Duc de Chartres , à preſent Duc d'Orleans , Gouverneur du Poitou, épousa en 1649. Françoife - Marie de Vienne ,
GALANT. 105
Comteffe de Chefteauvieux , fille unique de René
de Vienne Comte de Chateauvieux , & de Marie de
la Guefle. Il eft mort en
1689. âgé de foixante &treize ans ; il eft enterré aux
Minimes auprès de ſon Pere. De fon mariage font
venus René François , Marquis de la Vieuville qui fuit,
Charles Emanuel Comte
de Vienne Meftre de Camp
du Regiment du Roy, Cavalerie ; marié en 1685. à
N. Mitte de Chevrieres
fille du Marquis de faint
106 MERCURE
Chaumont & de SufanneCharlotte de Gramont
Toulangeon , Frere Jean
de la Vieuville , Bailly ,
Grandcroix , Ambaffadeur
extraordinaire de l'Ordre
de Malthe près Sa Majeſté,
Commandeur des Commanderies
qui eft celuy qui vient d'ef
tre fait Ambaffadeur , &
trois filles , Abbeffes & Religieufes.
René- François , Marquis de la Vieuville , cydevant Colonel du Regi
GALANT. 107
ment de Navarre , Chevalier d'Honneur de la feuë
Reine , Gouverneur de la
Province du Poitou . épou
fa en 1676. N. la MotheHoudancourt , fille de Mr
de la Mothe-Houdancourt,
Gouverneur de Corbie , &
de Catherine de Beaujeu ,
dont il a eu N. mariée au
Marquis de Neubourg , &
d'autres enfans. Il a pris
une feconde alliance en
1689. avec Marie- Louife
de la Chauffée d'Eu , fille
du feigneur de la Chauffée
d'Eu , Comte d'Arreſt , &
108 MERCURE
de Françoiſe de Sermoife
premiere Dame d'Atour de
Madame la Ducheffe de
Berry , dont il a N. mariée au Marquis de Parabcre , N. Colonel du Reginent de Berry , & d'autres
enfans.
Avant que de finir cet
article , je vous diray que
Monfieur le Bailly de la
Vieuville eft le huitiéme
Ambaffadeur extraordinai
puis le
que ceux qui font reveftus
re que les Grands Maiftres
ayent envoyé à la Cour deregne du Roy , &
GALANT. 109
de ce caractere joüiffent des
meſmes honneurs , prérogatives & avantages que
les autres Ambaffadeurs
des Teftes couronnées, tant
par l'eftime que Sa Majefté & les prédeceffeurs Rois
ont toujours euë pour cet
Ordre en general , que par
rapport à la dignité du
Grand Maistre de Malthe ,
Prince fouverain de cette
Ifle , & autres en dépendantes , & le Chef de la
plus glorieuſe Nobleſſe de
l'Europe.
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Résumé : GENEALOGIE de la Maison de la Vieuville.
Le texte relate la nomination de Monsieur le Bailly de la Vieuville comme ambassadeur extraordinaire de l'Ordre de Malte auprès du roi. Cette décision a été prise par le Grand Maître en raison de la naissance illustre, du mérite personnel et de la connaissance approfondie des intérêts de l'Ordre du nouveau ministre. Le roi a approuvé cette nomination et a exprimé sa bienveillance envers le nouvel ambassadeur. La Maison de la Vieuville est divisée en deux branches, l'une établie en Picardie et l'autre originaire de Bretagne. Sébastien de la Vieuville fut le premier membre de cette famille à venir en France, accompagnant Anne de Bretagne lors de son mariage avec Charles VIII. La lignée inclut plusieurs personnages notables, tels que Pierre de la Vieuville, Chevalier de l'Ordre du Roi et Gouverneur de Reims, et Robert de la Vieuville, Marquis et grand fauconnier de France. Robert de la Vieuville eut plusieurs descendants, dont Charles, Duc de la Vieuville, qui introduisit le Cardinal de Richelieu dans les affaires financières et fut lui-même Surintendant des Finances. Charles II, Duc de la Vieuville, mourut en 1653 et fut enterré à Paris. Charles III, Duc de la Vieuville, épousa Françoise-Marie de Vienne et eut plusieurs enfants, dont René-François, Marquis de la Vieuville, et Jean de la Vieuville, le nouvel ambassadeur. Jean de la Vieuville est le huitième ambassadeur extraordinaire envoyé par les Grands Maîtres de Malte à la cour du roi. Les ambassadeurs de cet Ordre jouissent des mêmes honneurs, prérogatives et avantages que les autres ambassadeurs des têtes couronnées.
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2535
p. 110-117
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Les Lettres de Catalogne portent que l'armée du Roy [...]
Mots clefs :
Espagne, Fourrages, Lettres de Catalogne, Gérone, Garnison, Ennemis, Suspension d'armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Eſpagne.
LEs Lettres de Catalogne
portent que l'armée du Roy
eftoit tousjours campée le
long de la Segre , & qu'elle
attendoit pourſe mettre en
mouvement l'arrivée des
Regiments des Gardes Efpagnoles &Wallones , que
le Marquis de Ceva Grimaldi Lieutenant General , qui
eftoit avec fix mille hommes du coſté de Balaguer ,
avoit paffé la Segre , &
s'eftoit avancé vers Agra-
GALANT. In
munt pour confommer &
enlever les fourrages , ce
qu'il avoit executéfans que
les Ennemis , qui n'avoient
encore rien entrepris , y
euffent fait aucune oppofition. D'autres Lettres apportent que le Gouverneur
de Roſes ayant eſté informéque lesEnnemis avoient
fait ungrand amas de fourrage prés de Mataro à quatre lieues de Barcelonne ,
y avoit envoyé dans des
barques foixante Grenadiers , qui ayant mis pied
à terre de nuit , avoient
112 MERCURE
bruflé les fourrages , pillé
plufieurs maifons de la cofte , & s'eftant enfuite rem,
barquez avec leur butin ,
eftoient retournez à Rofes
fans que les Ennemis . ſe
miffent en devoir de les
pourfuivre. On écrit de
Gironne que la Garniſon a
bru flé foixante chariots
chargez de grains que les
Ennemis avoient amaffez
dans le Lampourdan pour
les envoyer à Barcelonne.
L'armée du Roy continuëde confommer les fourrages de l'autre cofté de la
Segre ,
CALANT. TIS
Segre , ce qui oblige les
Ennemis à aller chercher
des fourrages fi loin , que
leur cavalerie en eft extre
mement fatiguée. Ils ont
fait un détachement à deffein d'enlever les fourrages
au voisinage de Balaguer.
Le Gouverneur en ayant
eu avis , fit fortir des troupes qui les attaquerent
avec tant de valeur qu'ils
les mirent en fuite , & firent plus de deux cents
prifonniers.
On éctit de Penifcola
qu'on y attendoit un con1712. Septembre. K
114 MERCURE
voy de France de vingtdeux Baftimens chargez de
grains , & eſcortez par trois
Fregates.
fe
Ön mande de Gibraltar
que le Gouverneur Anglois
avoit declaré aux troupes
Hollandoifes qu'elles
préparaffent à le retirer à
l'arrivée des deux Regiments Anglois qu'il attendoit de Catalogne.
&
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis de Bay y eftoit arrivé
de Salamanque , & qu'il
avoit envoyé ordre aux
GALANT. 115
troupes qui estoient en
quartier de rafraiſchiffement de marcher vers
Badajoz , où il devoit arriver le 24. pour ouvrir la
campagne.
>
On efcrit de Liſbonne ,
qu'on atenu un grand confeil de guerre , auquel les
Generaux & les Gouverneurs de trois Provinces
ont affifté en prefence de
la Reine , que les troupes
Angloifes eftoient preites
à s'embarquer, & qu'elles
n'attendoient qu'une eſcadre pour retourner en AnKij
116 MERCURE
gleterre ; qu'on a rappellé
de Catalogne les troupes
qui y reftent , qu'on y arme neuf ou dix vaiffeaux
pour les envoyer à Rio Janeiro avec deux ou trois
Regiments.
On a eu avis de Cadiz
que quelques Fregates qui
en eftoient forties le dix
Aouſt,pour donner la chaffe à des armateurs qui
croifoient de ce cofté- là ,
en avoient pris deux Zelandois qu'ils y avoient envoyez , && que le 12. ils y
avoient auffi envoyé deux
GALANT. 117
prifes Portuguaifes , dont
la charge eftoit eftimée
cent mille écus ; que le 31.
on vit paroiftre une efcadre Angloife de dix où
douze vaiffeaux de guerre
qui s'approcha de la Ville ,
mais au lieu d'exercer quel
que hoftilité , elle la falua
de plufieurs coups de canon , pour lesquels on luy
rendit le falut , ce qui fait
juger qu'il y a une fufpenfron d'armes avec l'Angleterre.
d'Eſpagne.
LEs Lettres de Catalogne
portent que l'armée du Roy
eftoit tousjours campée le
long de la Segre , & qu'elle
attendoit pourſe mettre en
mouvement l'arrivée des
Regiments des Gardes Efpagnoles &Wallones , que
le Marquis de Ceva Grimaldi Lieutenant General , qui
eftoit avec fix mille hommes du coſté de Balaguer ,
avoit paffé la Segre , &
s'eftoit avancé vers Agra-
GALANT. In
munt pour confommer &
enlever les fourrages , ce
qu'il avoit executéfans que
les Ennemis , qui n'avoient
encore rien entrepris , y
euffent fait aucune oppofition. D'autres Lettres apportent que le Gouverneur
de Roſes ayant eſté informéque lesEnnemis avoient
fait ungrand amas de fourrage prés de Mataro à quatre lieues de Barcelonne ,
y avoit envoyé dans des
barques foixante Grenadiers , qui ayant mis pied
à terre de nuit , avoient
112 MERCURE
bruflé les fourrages , pillé
plufieurs maifons de la cofte , & s'eftant enfuite rem,
barquez avec leur butin ,
eftoient retournez à Rofes
fans que les Ennemis . ſe
miffent en devoir de les
pourfuivre. On écrit de
Gironne que la Garniſon a
bru flé foixante chariots
chargez de grains que les
Ennemis avoient amaffez
dans le Lampourdan pour
les envoyer à Barcelonne.
L'armée du Roy continuëde confommer les fourrages de l'autre cofté de la
Segre ,
CALANT. TIS
Segre , ce qui oblige les
Ennemis à aller chercher
des fourrages fi loin , que
leur cavalerie en eft extre
mement fatiguée. Ils ont
fait un détachement à deffein d'enlever les fourrages
au voisinage de Balaguer.
Le Gouverneur en ayant
eu avis , fit fortir des troupes qui les attaquerent
avec tant de valeur qu'ils
les mirent en fuite , & firent plus de deux cents
prifonniers.
On éctit de Penifcola
qu'on y attendoit un con1712. Septembre. K
114 MERCURE
voy de France de vingtdeux Baftimens chargez de
grains , & eſcortez par trois
Fregates.
fe
Ön mande de Gibraltar
que le Gouverneur Anglois
avoit declaré aux troupes
Hollandoifes qu'elles
préparaffent à le retirer à
l'arrivée des deux Regiments Anglois qu'il attendoit de Catalogne.
&
Les Lettres d'Eftremadure portent que le Marquis de Bay y eftoit arrivé
de Salamanque , & qu'il
avoit envoyé ordre aux
GALANT. 115
troupes qui estoient en
quartier de rafraiſchiffement de marcher vers
Badajoz , où il devoit arriver le 24. pour ouvrir la
campagne.
>
On efcrit de Liſbonne ,
qu'on atenu un grand confeil de guerre , auquel les
Generaux & les Gouverneurs de trois Provinces
ont affifté en prefence de
la Reine , que les troupes
Angloifes eftoient preites
à s'embarquer, & qu'elles
n'attendoient qu'une eſcadre pour retourner en AnKij
116 MERCURE
gleterre ; qu'on a rappellé
de Catalogne les troupes
qui y reftent , qu'on y arme neuf ou dix vaiffeaux
pour les envoyer à Rio Janeiro avec deux ou trois
Regiments.
On a eu avis de Cadiz
que quelques Fregates qui
en eftoient forties le dix
Aouſt,pour donner la chaffe à des armateurs qui
croifoient de ce cofté- là ,
en avoient pris deux Zelandois qu'ils y avoient envoyez , && que le 12. ils y
avoient auffi envoyé deux
GALANT. 117
prifes Portuguaifes , dont
la charge eftoit eftimée
cent mille écus ; que le 31.
on vit paroiftre une efcadre Angloife de dix où
douze vaiffeaux de guerre
qui s'approcha de la Ville ,
mais au lieu d'exercer quel
que hoftilité , elle la falua
de plufieurs coups de canon , pour lesquels on luy
rendit le falut , ce qui fait
juger qu'il y a une fufpenfron d'armes avec l'Angleterre.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Les nouvelles d'Espagne rapportent plusieurs événements militaires. En Catalogne, l'armée royale est positionnée le long de la Segre et attend des renforts. Le Marquis de Ceva Grimaldi a traversé la Segre avec six mille hommes pour sécuriser des fourrages. Le gouverneur de Roses a envoyé des grenadiers détruire des fourrages ennemis près de Mataro. À Gironne, la garnison a brûlé des chariots de grains ennemis. L'armée royale continue de sécuriser des fourrages, épuisant ainsi la cavalerie ennemie. Un détachement ennemi a été repoussé près de Balaguer, faisant plus de deux cents prisonniers. À Peniscola, un convoi français de grains est attendu. À Gibraltar, les troupes hollandaises se préparent à partir. En Estrémadure, le Marquis de Bay a ouvert la campagne à Badajoz. À Lisbonne, un conseil de guerre a décidé du rappel des troupes de Catalogne et de l'armement de vaisseaux pour Rio Janeiro. À Cadix, des frégates ont capturé des navires zélandais et portugais, et une escadre anglaise a suggéré une suspension d'armes avec l'Angleterre.
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2536
p. 118-120
Copie d'une Lettre écrite de Chamberry le 8. Septembre.
Début :
Toute la Cavalerie qui estoit à Montmelian pour consommer les [...]
Mots clefs :
Chambéry, Montmélian
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une Lettre écrite de Chamberry le 8. Septembre.
Copie d'une Lettre écrite de
Chamberry le 8. Septembre.
Toute la Cavalerie qui
eftoit à Montmelian pour
confommer les fourrages
a eu ordre de marcher à
Modanne. On a envoyé
des Couriers icy pour faire
partir inceffamment les
Officiers qui y eſtoient ;
toute l'Infanterie eft en
mouvement dans les montagnes du Mont Geneve.
Son Alteffe Royale a fait
retirer toute l'artillerie qui
n'eftoit pas dans les places
GALANT. 119
fortes pour
les ramparts d'Alexandrie ,
de Valence , de Cony &
de Turin.
la mettre fur
Il paffe icy tous les jours
des Courriers qui vont &
viennent d'Utrech, Le dernier qui a paffé , a affeuré
qu'il en arriveroit dans
deux ou trois jours un autre qui apporteroit de bonnes nouvelles.
Les Lettres de Grenoble
du 12. Septembre portent
que le Marefchal de Berwick avoit marché par la
Vallée de Queyras vers
Piemont avec trente fix
le
*120 MERCURE
lea
Bataillons & vingt Efcadrons , que le Marquis de
Cadrieux qui commandoit
l'avant-garde , eftoit arrivé
9. à faint Pierre , apres
avoir pris un pofte gardé
par cinquante hommes ,
dont plufieurs furent faits
prifonniers , & que le ro . it
s'eftoit emparé de Venafco
à deux lieues de Saluces.
D'autres Lettres portent
que le Marefchal de Berwick eftoit le 11. à la Chana
au delà des Alpes à une
Heuë & demiede ChasteauDauphin , où fon arrieregarde le devoit joindre.
Chamberry le 8. Septembre.
Toute la Cavalerie qui
eftoit à Montmelian pour
confommer les fourrages
a eu ordre de marcher à
Modanne. On a envoyé
des Couriers icy pour faire
partir inceffamment les
Officiers qui y eſtoient ;
toute l'Infanterie eft en
mouvement dans les montagnes du Mont Geneve.
Son Alteffe Royale a fait
retirer toute l'artillerie qui
n'eftoit pas dans les places
GALANT. 119
fortes pour
les ramparts d'Alexandrie ,
de Valence , de Cony &
de Turin.
la mettre fur
Il paffe icy tous les jours
des Courriers qui vont &
viennent d'Utrech, Le dernier qui a paffé , a affeuré
qu'il en arriveroit dans
deux ou trois jours un autre qui apporteroit de bonnes nouvelles.
Les Lettres de Grenoble
du 12. Septembre portent
que le Marefchal de Berwick avoit marché par la
Vallée de Queyras vers
Piemont avec trente fix
le
*120 MERCURE
lea
Bataillons & vingt Efcadrons , que le Marquis de
Cadrieux qui commandoit
l'avant-garde , eftoit arrivé
9. à faint Pierre , apres
avoir pris un pofte gardé
par cinquante hommes ,
dont plufieurs furent faits
prifonniers , & que le ro . it
s'eftoit emparé de Venafco
à deux lieues de Saluces.
D'autres Lettres portent
que le Marefchal de Berwick eftoit le 11. à la Chana
au delà des Alpes à une
Heuë & demiede ChasteauDauphin , où fon arrieregarde le devoit joindre.
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Résumé : Copie d'une Lettre écrite de Chamberry le 8. Septembre.
Le 8 septembre, des mouvements militaires significatifs sont rapportés à Chamberry. La cavalerie de Montmelian a été ordonnée de se déplacer à Modane, et des courriers ont été envoyés pour faire partir immédiatement les officiers présents à Chamberry. L'infanterie se déplace dans les montagnes du Mont Genevo. Son Altesse Royale a ordonné le retrait de l'artillerie non utilisée dans les places fortes pour renforcer les fortifications d'Alexandrie, Valence, Coni et Turin. Des courriers transitent quotidiennement entre Chamberry et Utrecht. Le 12 septembre, des lettres de Grenoble indiquent que le maréchal de Berwick a avancé vers le Piémont avec trente-six bataillons et vingt escadrons. L'avant-garde, commandée par le marquis de Cadrieux, a atteint Saint-Pierre après avoir pris un poste gardé par cinquante hommes, dont plusieurs ont été faits prisonniers. Les forces royales se sont emparées de Venasco, à deux lieues de Saluces. D'autres lettres signalent que le maréchal de Berwick était le 11 septembre à La Chana, au-delà des Alpes, à une heure et demie de Château-Dauphin, où son arrière-garde devait le rejoindre.
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2537
p. 121-132
Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Début :
Nos pont sur l'avant-fossé commencez dés le 31. [...]
Mots clefs :
Turgis, Comte de Lionne, Pont, Radeau, Maréchal, Douai, Action, Tranchée
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texteReconnaissance textuelle : Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Au camp de Turgis ce 8. Sep?
rembre 1712.
Relation.
AM.le Comtede Lionne , premier
Ecuyer, &c.
31.
Nos ponts fur l'avantfoffé commencez dés le
Août, &fouventbrûlez par
les ennemis , ne purent êtro
achevez que le 7. à trois
heures aprés midy, & même affez imparfaitement :
mais M. le Maréchal de
Villars craignant que les
ennemis , qui les avoient
déja brûlez plufieurs fois ,
Sept. 1712.
L
122 MERCURE
jettant continuellement des
feux d'artifice ne les brûlaffent encore , & d'ailleurs
des ponts de efperant que
radeau pris aux ennemis à
Marchiennes nous feroient
de quelques fecours , ordonna l'attaque , dans le
moment que les Ingenieurs
affurerent que les quatre
de fafcines étoient en ponts
etat.
Elle fe fit par vingt compagnies de grenadiers , divifées en fix corps , foûtenues de dix autres compagnies. M. le Comte de Lef
GALANT. 123
par, Colonel de Bourdonnois , attaqua la demie-lune
de la droite , M. de Crecy
Brigadier marcha par les
deux ponts qui alloient au
chemin couvert , dix compagnies degrenadiers ayant
ordre de prendre à droite
& à gauche , & de s'étendre
vers les deux demi-lunes.
Le Prince d'Ifanghem ,
Maréchal de camp de tran
chée , devoit fe fervir des
deux ponts de radeau pour
aller à la demi-lune de la
gauche & au chemin couvert; & le Chevalier de BroLij
124 MERCURE
glio , Colonel de tranchée ,
devoit marcher à la gauche
de tout. M. de Valory,Lieu.
tenant general & commandant les Ingenieurs au fiege , ſe tint a la droite , M.
de Vieuxpont , Lieutenant
general de tranchée , donnant fes ordres aux deux
attaques de la droite. M. le
Maréchal de Villars étoit
dans le centre , où étoir M,
le Duc , & plufieurs Officiers generaux. M. le Maréchal de Montefquiou s'y
trouva auffi , M. d'Alber
gotty volontaire , M.de Sil
GALANT. 12f
Ty de même , auffi- bien que
M. de Belrieux Brigadier
d'infanterie , allerent à là
gauche , & y fervirent trésutilement.
Le fignal fut donné par
fix coups de canon de la
batterie du centre , &
toutes les têtes des grenadiers partirent , & empor
terent tout ce qui étoit devant elles : mais les ponts
de fafcines fe trouverent fi
mauvais , qu'à peine les
premieres compagnies avoient-elles paffe , que trois .
de ces ponts fondirent , en:
Lij
126 MERCURE
forte que le refte des grenadiers paffa dans l'eau juf
qu'aux épaules , & fans qu'-
aucun des travailleurs pût
fuivre pour faire le logement. L'extrême valeur des
grenadiers les foûtint , &
Meffieurs les Commandans.
des attaques differentes travaillerent fi vivement au
rétabliffement des ponts ,
qu'en moins d'une heure &
demie on en raccommoda
deux , & les travailleurs s'établirent fur les deux demilunes de la droite. Les ponts,
de radeau fur leſquels on ne
GALANT. 127
comptoit gueres , reüffirent
mieux , & ayant été jettez
dans des lieux où les ennemis ne craignoient rien ,
parce qu'ils étoient aſſurez qu'il n'y avoit pas de
ponts de fafcines , fe rendirent maîtres. avec peu de
peril de la grande demi- lune de la gauche. Nos grenadiers occuperent tous les
chemins couverts , & en
trerent dans la quatriéme
demi-lune qui eft entre le
chemin couvert & le rempart devant la breche , que
Ion prit , oùl'on tua tour ce
Liiij
128 MERCURE
qui défendoit cette demiJune.
Cette action , qui a été
trés vive , nous coûte quatre Capitaines de grena
diers , & environ deux cent
hommes tuez ou bleffez.
Cette perte eft mediocre
pour une auffi vigoureuſe
action : elle auroit encore
moins coûté fans le defor
'dre des ponts , qui a beaucoup retardé , & rendu le
logement plus difficile.
Nous fommes demeurez
maîtres des trois demi lu
nes & du chemin couvert
GALANT 129,
*
qui eft à la gauche. La breche au corps de la place eſt
trés - grande & trés- pratiquable , il n'y a entre nous
& cette breche que deux
trés petites demi - lunes ,
dont l'une a été prefque
abandonnée : ainfi nous avons lieu d'efperer que le
Comte d'Hompefche parlera bientôt.
M. le Maréchal de Vil
lars fe loue extrémement de
Meffieurs les Officiers generaux & particuliers qui
ant commandé dans les atcaques , de M. de Valory
130 43 MERCURE
Lieutenant general & commandant les Ingenieurs.
Meffieurs d'Albergotty ,
de Silly & de Belrieux , tous
volontaires , ont trés- bien
fait , & trés utilement fervi
aà la gauche.
A peine l'action étoit elle
finie , que M. le Maréchal
de Villars reçut divers cou
riers à la tranchée , qui luy
apprirent que l'armée ennemie paffoit l'Efcaut à Tournay le mêmejour, &paroif
foit vouloir marcher vers
Mons. Sur le champles ordres furent donnez pour
a
GALANT. 7131
*
fortifier par la plus grande
partie des troupes la tête
que nous avions déja vers
Valenciennes fous les ordres de Meffieurs de Saint
Fremont, de Coigny & de
Croiffy. M. le Maréchal a
laiffe le commandement
des troupes qui doivent
achever le fiege à M. d'Albergotty. Il nous paroît qu'
il a d'autres deffeins : il eft
parti en pofte ce matin ,
pour joindre la tête de fon
arméeée , que l'on dit devoir
paffer l'Escaut aujourd'hɩ i
même à Valenciennes.
132 MERCURE
Nous apprenons dans le
moment que la garniſon de
Douay s'eft rendue priſonniere de guerre
rembre 1712.
Relation.
AM.le Comtede Lionne , premier
Ecuyer, &c.
31.
Nos ponts fur l'avantfoffé commencez dés le
Août, &fouventbrûlez par
les ennemis , ne purent êtro
achevez que le 7. à trois
heures aprés midy, & même affez imparfaitement :
mais M. le Maréchal de
Villars craignant que les
ennemis , qui les avoient
déja brûlez plufieurs fois ,
Sept. 1712.
L
122 MERCURE
jettant continuellement des
feux d'artifice ne les brûlaffent encore , & d'ailleurs
des ponts de efperant que
radeau pris aux ennemis à
Marchiennes nous feroient
de quelques fecours , ordonna l'attaque , dans le
moment que les Ingenieurs
affurerent que les quatre
de fafcines étoient en ponts
etat.
Elle fe fit par vingt compagnies de grenadiers , divifées en fix corps , foûtenues de dix autres compagnies. M. le Comte de Lef
GALANT. 123
par, Colonel de Bourdonnois , attaqua la demie-lune
de la droite , M. de Crecy
Brigadier marcha par les
deux ponts qui alloient au
chemin couvert , dix compagnies degrenadiers ayant
ordre de prendre à droite
& à gauche , & de s'étendre
vers les deux demi-lunes.
Le Prince d'Ifanghem ,
Maréchal de camp de tran
chée , devoit fe fervir des
deux ponts de radeau pour
aller à la demi-lune de la
gauche & au chemin couvert; & le Chevalier de BroLij
124 MERCURE
glio , Colonel de tranchée ,
devoit marcher à la gauche
de tout. M. de Valory,Lieu.
tenant general & commandant les Ingenieurs au fiege , ſe tint a la droite , M.
de Vieuxpont , Lieutenant
general de tranchée , donnant fes ordres aux deux
attaques de la droite. M. le
Maréchal de Villars étoit
dans le centre , où étoir M,
le Duc , & plufieurs Officiers generaux. M. le Maréchal de Montefquiou s'y
trouva auffi , M. d'Alber
gotty volontaire , M.de Sil
GALANT. 12f
Ty de même , auffi- bien que
M. de Belrieux Brigadier
d'infanterie , allerent à là
gauche , & y fervirent trésutilement.
Le fignal fut donné par
fix coups de canon de la
batterie du centre , &
toutes les têtes des grenadiers partirent , & empor
terent tout ce qui étoit devant elles : mais les ponts
de fafcines fe trouverent fi
mauvais , qu'à peine les
premieres compagnies avoient-elles paffe , que trois .
de ces ponts fondirent , en:
Lij
126 MERCURE
forte que le refte des grenadiers paffa dans l'eau juf
qu'aux épaules , & fans qu'-
aucun des travailleurs pût
fuivre pour faire le logement. L'extrême valeur des
grenadiers les foûtint , &
Meffieurs les Commandans.
des attaques differentes travaillerent fi vivement au
rétabliffement des ponts ,
qu'en moins d'une heure &
demie on en raccommoda
deux , & les travailleurs s'établirent fur les deux demilunes de la droite. Les ponts,
de radeau fur leſquels on ne
GALANT. 127
comptoit gueres , reüffirent
mieux , & ayant été jettez
dans des lieux où les ennemis ne craignoient rien ,
parce qu'ils étoient aſſurez qu'il n'y avoit pas de
ponts de fafcines , fe rendirent maîtres. avec peu de
peril de la grande demi- lune de la gauche. Nos grenadiers occuperent tous les
chemins couverts , & en
trerent dans la quatriéme
demi-lune qui eft entre le
chemin couvert & le rempart devant la breche , que
Ion prit , oùl'on tua tour ce
Liiij
128 MERCURE
qui défendoit cette demiJune.
Cette action , qui a été
trés vive , nous coûte quatre Capitaines de grena
diers , & environ deux cent
hommes tuez ou bleffez.
Cette perte eft mediocre
pour une auffi vigoureuſe
action : elle auroit encore
moins coûté fans le defor
'dre des ponts , qui a beaucoup retardé , & rendu le
logement plus difficile.
Nous fommes demeurez
maîtres des trois demi lu
nes & du chemin couvert
GALANT 129,
*
qui eft à la gauche. La breche au corps de la place eſt
trés - grande & trés- pratiquable , il n'y a entre nous
& cette breche que deux
trés petites demi - lunes ,
dont l'une a été prefque
abandonnée : ainfi nous avons lieu d'efperer que le
Comte d'Hompefche parlera bientôt.
M. le Maréchal de Vil
lars fe loue extrémement de
Meffieurs les Officiers generaux & particuliers qui
ant commandé dans les atcaques , de M. de Valory
130 43 MERCURE
Lieutenant general & commandant les Ingenieurs.
Meffieurs d'Albergotty ,
de Silly & de Belrieux , tous
volontaires , ont trés- bien
fait , & trés utilement fervi
aà la gauche.
A peine l'action étoit elle
finie , que M. le Maréchal
de Villars reçut divers cou
riers à la tranchée , qui luy
apprirent que l'armée ennemie paffoit l'Efcaut à Tournay le mêmejour, &paroif
foit vouloir marcher vers
Mons. Sur le champles ordres furent donnez pour
a
GALANT. 7131
*
fortifier par la plus grande
partie des troupes la tête
que nous avions déja vers
Valenciennes fous les ordres de Meffieurs de Saint
Fremont, de Coigny & de
Croiffy. M. le Maréchal a
laiffe le commandement
des troupes qui doivent
achever le fiege à M. d'Albergotty. Il nous paroît qu'
il a d'autres deffeins : il eft
parti en pofte ce matin ,
pour joindre la tête de fon
arméeée , que l'on dit devoir
paffer l'Escaut aujourd'hɩ i
même à Valenciennes.
132 MERCURE
Nous apprenons dans le
moment que la garniſon de
Douay s'eft rendue priſonniere de guerre
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Résumé : Au camp de Turgis ce 8. Septembre 1712. Relation. A M. le Comte de Lionne, premier Ecuyer &c.
Le 8 septembre 1712, au camp de Turgis, les ponts nécessaires à l'attaque furent achevés à trois heures de l'après-midi, mais de manière imparfaite. Le maréchal de Villars ordonna l'attaque, craignant que les ennemis ne détruisent les ponts. L'assaut fut mené par vingt compagnies de grenadiers, divisées en six corps, soutenues par dix autres compagnies. Les officiers, dont le comte de Lionne, le comte de Lef, le prince d'Isanghem, et le chevalier de Broglio, dirigèrent différentes sections de l'attaque. Malgré des ponts de fascines défectueux, les grenadiers prirent les demi-lunes et les chemins couverts. Les ponts de radeau, initialement sous-estimés, permirent de prendre la grande demi-lune de gauche. Cette action coûta la vie à quatre capitaines de grenadiers et environ deux cents hommes tués ou blessés. Les Français restèrent maîtres des trois demi-lunes et du chemin couvert à gauche. La brèche dans la place ennemie est grande et praticable. Le maréchal de Villars reçut des nouvelles de l'armée ennemie traversant l'Escaut à Tournai et se dirigeant vers Mons. Il renforça les troupes à Valenciennes et laissa le commandement du siège à M. d'Albergotty, partant lui-même pour rejoindre son armée. La garnison de Douai s'est rendue prisonnière de guerre.
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2538
p. 132-140
Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Début :
Il s'agit de sçavoir si en 19. années Solaires [...]
Mots clefs :
Minutes, Heures, Temps, Journal des savants, Années solaires grégoriennes astronomiques, Mois lunaires astronomiques, Calendrier, Astronomes, Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Note fur le Journal des Scavans , par rapport à la con
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
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Résumé : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Le texte traite de la précision des calendriers et des observations astronomiques, en comparant les années solaires grégoriennes et les mois lunaires. Les réformateurs du calendrier ont noté que 235 mois lunaires dépassent 19 années solaires grégoriennes d'environ une heure et 58 minutes. M. Cassini a affiné cette estimation à une heure, 37 minutes et 38,52 secondes. Depuis Hipparque, les astronomes s'accordent sur cet excédent, avec des variations mineures. M. Touraine, auteur du 'Traité des Instructions du Calendrier universel', argue que cet excédent ne permet pas de donner une minute à chaque lune des 235 mois lunaires, car 117 minutes d'excédent ne suffisent pas pour être divisées entre 235 lunes. Le texte mentionne également des erreurs dans les nouvelles lunes placées en mai et juin 1711 par M. de Lieutaud, incluant une lunaison trop grande de 14 heures et 24 minutes, et une lunaison de 30 jours entiers, trois heures et six minutes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2539
p. 141-143
OPERATION.
Début :
Nouvelle Lune en Juin le 167 de l'année à [...]
Mots clefs :
Opération, Lune, Astronomie, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERATION.
OPERATIONS
Nouvelle Lune en Juin
le 167 de l'année à 6. heu
res , 18. minutes du matin.
Nouvelle Lune en- May
le 137. de l'année à 3. heu
res , 12. minutes du matin.
Il reſte 30. jours , 3. heu
res , 6. minutes.
a
Oftez de ces 30. jours , 3 .
heures, 6. minutes, 29. jours,
12. heures , 44. minutes.
All refte les oo. 14 heu
res , 227 minutes.
Par confequent dans la
14 MERCURE
་
connoiffance destemps que
M. Lieutaud a donnée au
Public pour l'année 1711. il
s'y trouve une Lune, & un
mois Lunairetrop grandde
14. heures & 22 minutes ,
&uneLunaifonde30. jours,
3. heures & 6. minutes. Ce
font deux erreurs contrai
res au Calendrier Gregorien , & aux propres fenti
mens de M. Caffini , dont
voici lesparoles : Omnis Lunatio 29%
ad 30 extenditur. C'étoit à
M. Touraine qu'il écrivoit
il y a plus de quinze ans
dies fuperat, nulla
GALANT 143
pour répondre à une regle
duCalendrier , canon 2. Ut
nimirum Lunationes ita fibi
mutuò fuccedant , ut alterna.
tim fex contineant 39. dies ,
& fex alia dies tantum 29″.
complectantur
Nouvelle Lune en Juin
le 167 de l'année à 6. heu
res , 18. minutes du matin.
Nouvelle Lune en- May
le 137. de l'année à 3. heu
res , 12. minutes du matin.
Il reſte 30. jours , 3. heu
res , 6. minutes.
a
Oftez de ces 30. jours , 3 .
heures, 6. minutes, 29. jours,
12. heures , 44. minutes.
All refte les oo. 14 heu
res , 227 minutes.
Par confequent dans la
14 MERCURE
་
connoiffance destemps que
M. Lieutaud a donnée au
Public pour l'année 1711. il
s'y trouve une Lune, & un
mois Lunairetrop grandde
14. heures & 22 minutes ,
&uneLunaifonde30. jours,
3. heures & 6. minutes. Ce
font deux erreurs contrai
res au Calendrier Gregorien , & aux propres fenti
mens de M. Caffini , dont
voici lesparoles : Omnis Lunatio 29%
ad 30 extenditur. C'étoit à
M. Touraine qu'il écrivoit
il y a plus de quinze ans
dies fuperat, nulla
GALANT 143
pour répondre à une regle
duCalendrier , canon 2. Ut
nimirum Lunationes ita fibi
mutuò fuccedant , ut alterna.
tim fex contineant 39. dies ,
& fex alia dies tantum 29″.
complectantur
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Résumé : OPERATION.
Le texte traite des phases de la Lune et des erreurs dans un calendrier. Il mentionne deux nouvelles lunes : la première en juin, le 167e jour de l'année à 6 heures et 18 minutes du matin, et la seconde en mai, le 137e jour de l'année à 3 heures et 12 minutes du matin. La durée entre ces deux nouvelles lunes est calculée à 30 jours, 3 heures et 6 minutes. Cependant, des divergences sont notées dans les données fournies par M. Lieutaud pour l'année 1711, indiquant une Lune trop grande de 14 heures et 22 minutes et une lunaison de 30 jours, 3 heures et 6 minutes. Ces erreurs contredisent le calendrier grégorien et les observations de M. Cassini, qui stipule que toute lunaison s'étend de 29 à 30 jours. Le texte cite également une règle du calendrier canon 2, précisant que les lunaisons doivent alterner entre 29 et 30 jours.
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2540
p. 143-146
Du 19. Septembre 1712.
Début :
M. le Marquis de Saucourt est arrivé à Versailles avant [...]
Mots clefs :
Douai, Marquis de Saucourt, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Du 19. Septembre 1712.
Du 19. Septembre 17127
M. le Marquis de Sau
court eft arrivé à Verſailles
avant- hier au foir avec 20..
drapeaux qu'on a pris dans
Douay. L'armée étoit cam
pée à Prefeau , qui travailloit aux ouvrages pour le
144 MERCURE
fiege , où les Officiers ont
travaillé eux- mêmes. La
garniſon de Douay eſt allé
Beauvais attendre les or
dres de la Cour , pour les
Provinces où le Roy voudra lés envoyer.
Elle étoit compofée en
fortant de 1700. foldats, 250.
Officiers , 1200. bleffez ou
malades , plufieurs Officiers
generaux , & autres principaux Officiers, aufquels M.
le Maréchal a donné permiffion pour aller quelques
mois chez eux. Ona trouvé.
dans la place 200. milliers
de
GALANT. 145
de poudre, une nombreuſe
artillerie, &unetrés- grande
provifion d'avoine. M. le
Maréchal ayant inveſti le
Quesnoy le même jour que
Douay a demandé à capituler , a preffé tout ce qui
eft neceffaire pour l'ouver
ture de la tranchée.
L'armée ennemie a marché trés-vîte de l'Escaut à
Mons , & paffé même les
rivieres d'Ayne & de la
Trouille avec une precipitation qui marquoir un deffin de venir à nous. Elle
a fejourné deux jours , &
Sept. 1712.
N
146 MERCURE
nous à donné le temps de
raffembler les troupes qui
étoient devant Douay , &
perfectionner nos ouvra
ges , ainfi on croit qu'ils
nous laifferont faire cefiege
auffi tranquilement que ces
lui de Douay.
M. le Marquis de Sau
court eft arrivé à Verſailles
avant- hier au foir avec 20..
drapeaux qu'on a pris dans
Douay. L'armée étoit cam
pée à Prefeau , qui travailloit aux ouvrages pour le
144 MERCURE
fiege , où les Officiers ont
travaillé eux- mêmes. La
garniſon de Douay eſt allé
Beauvais attendre les or
dres de la Cour , pour les
Provinces où le Roy voudra lés envoyer.
Elle étoit compofée en
fortant de 1700. foldats, 250.
Officiers , 1200. bleffez ou
malades , plufieurs Officiers
generaux , & autres principaux Officiers, aufquels M.
le Maréchal a donné permiffion pour aller quelques
mois chez eux. Ona trouvé.
dans la place 200. milliers
de
GALANT. 145
de poudre, une nombreuſe
artillerie, &unetrés- grande
provifion d'avoine. M. le
Maréchal ayant inveſti le
Quesnoy le même jour que
Douay a demandé à capituler , a preffé tout ce qui
eft neceffaire pour l'ouver
ture de la tranchée.
L'armée ennemie a marché trés-vîte de l'Escaut à
Mons , & paffé même les
rivieres d'Ayne & de la
Trouille avec une precipitation qui marquoir un deffin de venir à nous. Elle
a fejourné deux jours , &
Sept. 1712.
N
146 MERCURE
nous à donné le temps de
raffembler les troupes qui
étoient devant Douay , &
perfectionner nos ouvra
ges , ainfi on croit qu'ils
nous laifferont faire cefiege
auffi tranquilement que ces
lui de Douay.
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Résumé : Du 19. Septembre 1712.
Le 17 septembre 1712, le Marquis de Saucourt a apporté à Versailles 20 drapeaux capturés à Douai. L'armée française, alors campée à Préfau, travaillait aux ouvrages de siège. La garnison de Douai, composée de 1 700 soldats, 250 officiers et 1 200 blessés ou malades, a été transférée à Beauvais en attendant les ordres de la Cour. La place forte contenait 200 milliers de poudre, une artillerie nombreuse et une grande provision d'avoine. Le Maréchal a accordé une permission de quelques mois à plusieurs officiers généraux et principaux officiers. Le même jour, la ville du Quesnoy a demandé à capituler, et les préparatifs pour l'ouverture de la tranchée ont été accélérés. L'armée ennemie a traversé rapidement l'Escaut, les rivières d'Ayne et de la Trouille, mais a fait une pause de deux jours, permettant aux troupes françaises de se préparer devant Douai. On espère que le siège du Quesnoy se déroulera aussi tranquillement que celui de Douai.
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2541
p. 146-161
MARIAGE.
Début :
Le 9. du mois d'Août dernier Messire Sebastien de [...]
Mots clefs :
Famille de Guilliet, Famille Boissat, Dauphiné, Généalogie, Enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Le 9. du mois d'Août
dernier Meffire Sebaftien
de Guilliet , Confeiller au
Parlement de Dauphiné ,
Seigneur de Mont Saint
Clair , Leyflin , Aouſte &
•
GALANT 147
Chimilin , a époulé à Grenoble, dans la Chapelle de
l'Evêché , Mademoiſelle de
Boiffat - Cuirieu , fille de
Meffire Charles de Boiffat,
Seigneur de Cuirieu , faint
Didier, Gages & Lauzane;
& de Dame Jeanne-Marie
de Vélin. M. l'Evêque de
Grenoble , allié des deux
parties leur a donné la benediction nuptiale à quatre
heures du matin.
La famille de Guilliet en
Dauphiné eft bonne , elle
eft originaire de Savoye ,
où eft reftée la branche des
Nij
148 MERCURE
Seigneurs de Montou, qui a
donné des Prefidens à la
Chambre des Comptes de
Chamberry. La branche
qui a paffé en Dauphinés'eft
stablie en 145. dans la ville
de Tourdupin , au Bailliage
de Vienne , & l'on voit dans
FEglife Paroifliale de cette
ville la Chapelle & le vaſe
de cette feconde branche ;
dont le droit de Patronage
appartient à ce nouveau
marié. Dés l'année 1461. Rolland de Guilliet fut pourvû
pár Louis XI . d'une Charge
de Confeiller au mêmePar
GALANT. 149
lement , dont les provifions
font enregistrées dans la
Chambre des Comptes de
la même Province. Nicolas
de Guilliet , fils de Pierre ,
& deFrançoife de Grimand
de Mont-faint Clair, a ren
du des fervices à l'Etat fous
le regne d'Henry IV..dans
plufieurs expeditions , dont
il avoit été chargé par le
Connetable de Leldiguieres , duquel il acquit l'amitié & la protection , dont la
Famille s'eft reffentie depuis , par la maniere dont il
sen étoit acquitté avec JacNiij
Iso MERCURE
ques de Guillier fon frere ,
qui dans les mêmes expedi
tions fut fait prifonnier de
guerre , & détenu juſqu'à ce
qu'il eût payé fa rançon à
Galas , commandant une
bande de troupes Neapolitaines qui firent une irru
ption en Dauphiné en 1587.
Scipion de Guilliet , premier fils de Nicolas , a acquis beaucoup de reputa
tion par fon fçavoir , par les
ouvrages qu'il a compofez ,
& par les negociations aufquelles il a été employé par
le feu Roy Louis XIII, &
GALANT. 15i
par la feue Reine Mere pendant fa Regence. Il avoit
commencé de briller en
qualité d'Avocat Conſiſtorial dans le Barreau du Parlement de Dauphiné : aprés
il fut gratifié en 1617. d'une
Charge de Senateur au Senat de Chamberry , a été
enſuite Maître des Requê
tes , ' Intendant de l'armée
du Roy Louis XIII. en Italie , alors commandée par
Charles-Emanuel Duc de
Savoye &enfin Envoyé de
France dans les Cours de
Rome , de Venife & de PiéNiiij
152 MERCURE
mont. Dans la derniere de
ces Cours il fut employé à
negocier le mariage deMal
dame Chrétienne de Fran
ce, fœur du Roy Louis XIII.
avec le Sereniffime Victor
Amedée , Prince de Pié
mont. Aprés quoy il com
pofa un Traité des Alliances.
des Maifons de France &
de Savoye , imprimé à Paris
en 1619. dans lequel Traité
il fait mention de treize dif
ferens mariages qu'il y a
voit déja eus pour fors entre
ces deux Maiſons , de quoy
Son Alteffe Royale de Sa-
GALANTA 153
voye fut fi contente, qu'el
le de retint dans fon Senat
deChamberry jufqu'en
1626. Il avoit été marié à
Laurence de faint Laurens,.
-Michel de Guillier , Seigneur de la Plattiere , fe.
cond fils de Nicolas , a fervi plus de vingt années le
feu Roy Louis XIII, tant
dans la Compagnie des
Gendarmes , commandée
par le Connêtable de Lef
diguieres , qu'en qualité de
Capitaine de cent hommes.
d'armes fous le Maréchal
de Crequy , & avoit époulé
14 MERCURE
Françoife Allemand , tante
de Meffire Ennemond Allemand de Montmartin,
Evêque & Prince de Gre
noble. Georgede Guilliet ,
troifiéme fils de Nicolas , a
été Chanoine de Vienne
Prieur de Terney , & Aumônier de la Reine Mere!
Claude de Guilliet, quatriéme fils de Nicolas , a aufli
été Chanoine de Vienne,
& Official dés 1598. de Pierre , & aprés de Jerôme de
Villars Archevêques. Pierre
de Guilliet , cinquiéme fils
de Nicolas,a été Lieutenane
GALANT Pss
general du Bailliage de
Vienne , lors qu'à caufe des
troubles qui étoient en
Dauphiné au commence.
ment du Regne du Roy
Henry IV. ce fiege a été
transferé dans la ville de
Beaurepaire.
François de Guillier , Ma
giftrat trés-fçavant , fils aîné de Scipion , a rempli
avec éclat la Charge d'Avo
cat General au même Par
lement de Dauphiné , de
laquelle il eft mort revêtų
en 1673. &avoit époufé Marie de Pourroy , de laquelle
156 MERCURE
il n'a eu qu'une fille, mariée
à Mellire Alphonfe de la
Baume , Seigneur de Plu
vinel. Charles de Guilliet
Seigneur de la Chapelle , &
de Tiers en partie , fecond
fils de Scipion , a été Capitaine dans le regiment de
Charolois , & Maître d'Hô.
tel du Roy.
Scipion Nicolas de Guil
liet , Seigneur de la Plaftie
re & de Moydieres, premier
fils de Michel, a fervi le feu
Roy & Sa Majesté regnante
à prefent pendant foixante
années conſecutives , ayant
GALANT. 157J.
commencé dés l'âge de 14.
ans à porter les armes en
qualité de volontaire fous le
grand Prince de Condé, II
a depuis donné dans une infinité d'occafions des mar
ques d'une valeur & d'une
habiletépeu commune dans
le métier de la guerre ; a
paffé par tous les emplois du
fervice de l'infanterie , &
eft mort en 1696. Maréchal
de Camp des armées du
Roy , & Gouverneur des
Ville & Bailliage de Pontarlier en Comté, & du Fort de
Joux. Sa Majeſté l'avoit gra-
158 MERCURE
*
tifié de ce Gouvernement
lors de la prise de Befançon.
Jacques Jofeph de Guilliet
fon frere , Seigneur de la
Plattiere , &c. a auffi donné
des preuves de fon courage
& de fon attachement au
fervice. Il mourut en 1703.
Lieutenant Colonel de Gas
:
tinois , ayant laiffé de Sibille
Pichon fon époufe Scipion
Nicolas de Guillier , Seis
gneur de la Plattiere , &c.a
La famille de Guilliet eft
alle à celles de Mury, de
1a Porte , Allemand , & c.
La famille de Boiffat
GALANT. 559
avec laquelle s'allie le Con
feiller dont je vous apprens
le mariage , eft trés- diftinguée en Dauphiné par fes
emplois & par fes belles alliances.
"
André de Boiffat , fils de
Pierre de Boiflat , fecond
Seigneur de Licieu & de
Gages , a acquis une grande
reputation dans le ferviceŢ
eft mort fans fuire , Lieute
nant general des armées du
Roy, & Gouverneur dupays
de Salée en Rouflillon.
Jean de Boiffat , Seigneur
de Cuiricu , frere de Pierre
160 MERCURE
de Boiffat premier , a formé
lafeconde branche de cette
famille , d'où eft fortie la
nouvelle mariée. De Fran
çoiſe de Courbeau , fille de
Claude & de Jeanne Allemand , il a eu André de
Boiffat , Seigneur de Cui.
rieu , marié à Marguerite
de Berenger ; & Pierre de
Boiffat quatriéme , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy , qui a
été marié à Charlotte de
Villars , fille de Meffire
Claude de Villars , Cheva
lier de l'Ordre du Roy, Gentilhom.
GALANT 981
ulhomme ordinaire de fa
Chambre , ayeul de M. le
Maréchalde Villars , de qui
La nouvelle mariée a l'honneur d'être petite-niece.
Charles de Boiffat a cinq
enfans , ycompris Marguerite de Boiffat , qui eft celle
dont le mariage vient d'ềtre fait.
Cette famille , outre l'alhance qu'elle eft glorieule
d'avoir avec la Maifon de
Villars , eft encore alliée à
celle de Clermont , Alle
mand, & de Beranger.
Le 9. du mois d'Août
dernier Meffire Sebaftien
de Guilliet , Confeiller au
Parlement de Dauphiné ,
Seigneur de Mont Saint
Clair , Leyflin , Aouſte &
•
GALANT 147
Chimilin , a époulé à Grenoble, dans la Chapelle de
l'Evêché , Mademoiſelle de
Boiffat - Cuirieu , fille de
Meffire Charles de Boiffat,
Seigneur de Cuirieu , faint
Didier, Gages & Lauzane;
& de Dame Jeanne-Marie
de Vélin. M. l'Evêque de
Grenoble , allié des deux
parties leur a donné la benediction nuptiale à quatre
heures du matin.
La famille de Guilliet en
Dauphiné eft bonne , elle
eft originaire de Savoye ,
où eft reftée la branche des
Nij
148 MERCURE
Seigneurs de Montou, qui a
donné des Prefidens à la
Chambre des Comptes de
Chamberry. La branche
qui a paffé en Dauphinés'eft
stablie en 145. dans la ville
de Tourdupin , au Bailliage
de Vienne , & l'on voit dans
FEglife Paroifliale de cette
ville la Chapelle & le vaſe
de cette feconde branche ;
dont le droit de Patronage
appartient à ce nouveau
marié. Dés l'année 1461. Rolland de Guilliet fut pourvû
pár Louis XI . d'une Charge
de Confeiller au mêmePar
GALANT. 149
lement , dont les provifions
font enregistrées dans la
Chambre des Comptes de
la même Province. Nicolas
de Guilliet , fils de Pierre ,
& deFrançoife de Grimand
de Mont-faint Clair, a ren
du des fervices à l'Etat fous
le regne d'Henry IV..dans
plufieurs expeditions , dont
il avoit été chargé par le
Connetable de Leldiguieres , duquel il acquit l'amitié & la protection , dont la
Famille s'eft reffentie depuis , par la maniere dont il
sen étoit acquitté avec JacNiij
Iso MERCURE
ques de Guillier fon frere ,
qui dans les mêmes expedi
tions fut fait prifonnier de
guerre , & détenu juſqu'à ce
qu'il eût payé fa rançon à
Galas , commandant une
bande de troupes Neapolitaines qui firent une irru
ption en Dauphiné en 1587.
Scipion de Guilliet , premier fils de Nicolas , a acquis beaucoup de reputa
tion par fon fçavoir , par les
ouvrages qu'il a compofez ,
& par les negociations aufquelles il a été employé par
le feu Roy Louis XIII, &
GALANT. 15i
par la feue Reine Mere pendant fa Regence. Il avoit
commencé de briller en
qualité d'Avocat Conſiſtorial dans le Barreau du Parlement de Dauphiné : aprés
il fut gratifié en 1617. d'une
Charge de Senateur au Senat de Chamberry , a été
enſuite Maître des Requê
tes , ' Intendant de l'armée
du Roy Louis XIII. en Italie , alors commandée par
Charles-Emanuel Duc de
Savoye &enfin Envoyé de
France dans les Cours de
Rome , de Venife & de PiéNiiij
152 MERCURE
mont. Dans la derniere de
ces Cours il fut employé à
negocier le mariage deMal
dame Chrétienne de Fran
ce, fœur du Roy Louis XIII.
avec le Sereniffime Victor
Amedée , Prince de Pié
mont. Aprés quoy il com
pofa un Traité des Alliances.
des Maifons de France &
de Savoye , imprimé à Paris
en 1619. dans lequel Traité
il fait mention de treize dif
ferens mariages qu'il y a
voit déja eus pour fors entre
ces deux Maiſons , de quoy
Son Alteffe Royale de Sa-
GALANTA 153
voye fut fi contente, qu'el
le de retint dans fon Senat
deChamberry jufqu'en
1626. Il avoit été marié à
Laurence de faint Laurens,.
-Michel de Guillier , Seigneur de la Plattiere , fe.
cond fils de Nicolas , a fervi plus de vingt années le
feu Roy Louis XIII, tant
dans la Compagnie des
Gendarmes , commandée
par le Connêtable de Lef
diguieres , qu'en qualité de
Capitaine de cent hommes.
d'armes fous le Maréchal
de Crequy , & avoit époulé
14 MERCURE
Françoife Allemand , tante
de Meffire Ennemond Allemand de Montmartin,
Evêque & Prince de Gre
noble. Georgede Guilliet ,
troifiéme fils de Nicolas , a
été Chanoine de Vienne
Prieur de Terney , & Aumônier de la Reine Mere!
Claude de Guilliet, quatriéme fils de Nicolas , a aufli
été Chanoine de Vienne,
& Official dés 1598. de Pierre , & aprés de Jerôme de
Villars Archevêques. Pierre
de Guilliet , cinquiéme fils
de Nicolas,a été Lieutenane
GALANT Pss
general du Bailliage de
Vienne , lors qu'à caufe des
troubles qui étoient en
Dauphiné au commence.
ment du Regne du Roy
Henry IV. ce fiege a été
transferé dans la ville de
Beaurepaire.
François de Guillier , Ma
giftrat trés-fçavant , fils aîné de Scipion , a rempli
avec éclat la Charge d'Avo
cat General au même Par
lement de Dauphiné , de
laquelle il eft mort revêtų
en 1673. &avoit époufé Marie de Pourroy , de laquelle
156 MERCURE
il n'a eu qu'une fille, mariée
à Mellire Alphonfe de la
Baume , Seigneur de Plu
vinel. Charles de Guilliet
Seigneur de la Chapelle , &
de Tiers en partie , fecond
fils de Scipion , a été Capitaine dans le regiment de
Charolois , & Maître d'Hô.
tel du Roy.
Scipion Nicolas de Guil
liet , Seigneur de la Plaftie
re & de Moydieres, premier
fils de Michel, a fervi le feu
Roy & Sa Majesté regnante
à prefent pendant foixante
années conſecutives , ayant
GALANT. 157J.
commencé dés l'âge de 14.
ans à porter les armes en
qualité de volontaire fous le
grand Prince de Condé, II
a depuis donné dans une infinité d'occafions des mar
ques d'une valeur & d'une
habiletépeu commune dans
le métier de la guerre ; a
paffé par tous les emplois du
fervice de l'infanterie , &
eft mort en 1696. Maréchal
de Camp des armées du
Roy , & Gouverneur des
Ville & Bailliage de Pontarlier en Comté, & du Fort de
Joux. Sa Majeſté l'avoit gra-
158 MERCURE
*
tifié de ce Gouvernement
lors de la prise de Befançon.
Jacques Jofeph de Guilliet
fon frere , Seigneur de la
Plattiere , &c. a auffi donné
des preuves de fon courage
& de fon attachement au
fervice. Il mourut en 1703.
Lieutenant Colonel de Gas
:
tinois , ayant laiffé de Sibille
Pichon fon époufe Scipion
Nicolas de Guillier , Seis
gneur de la Plattiere , &c.a
La famille de Guilliet eft
alle à celles de Mury, de
1a Porte , Allemand , & c.
La famille de Boiffat
GALANT. 559
avec laquelle s'allie le Con
feiller dont je vous apprens
le mariage , eft trés- diftinguée en Dauphiné par fes
emplois & par fes belles alliances.
"
André de Boiffat , fils de
Pierre de Boiflat , fecond
Seigneur de Licieu & de
Gages , a acquis une grande
reputation dans le ferviceŢ
eft mort fans fuire , Lieute
nant general des armées du
Roy, & Gouverneur dupays
de Salée en Rouflillon.
Jean de Boiffat , Seigneur
de Cuiricu , frere de Pierre
160 MERCURE
de Boiffat premier , a formé
lafeconde branche de cette
famille , d'où eft fortie la
nouvelle mariée. De Fran
çoiſe de Courbeau , fille de
Claude & de Jeanne Allemand , il a eu André de
Boiffat , Seigneur de Cui.
rieu , marié à Marguerite
de Berenger ; & Pierre de
Boiffat quatriéme , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy , qui a
été marié à Charlotte de
Villars , fille de Meffire
Claude de Villars , Cheva
lier de l'Ordre du Roy, Gentilhom.
GALANT 981
ulhomme ordinaire de fa
Chambre , ayeul de M. le
Maréchalde Villars , de qui
La nouvelle mariée a l'honneur d'être petite-niece.
Charles de Boiffat a cinq
enfans , ycompris Marguerite de Boiffat , qui eft celle
dont le mariage vient d'ềtre fait.
Cette famille , outre l'alhance qu'elle eft glorieule
d'avoir avec la Maifon de
Villars , eft encore alliée à
celle de Clermont , Alle
mand, & de Beranger.
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Résumé : MARIAGE.
Le 9 août, Sébastien de Guilliet, conseiller au Parlement de Dauphiné et seigneur de plusieurs domaines, a épousé Mademoiselle de Boiffat-Cuirieu à Grenoble. La cérémonie de bénédiction nuptiale a été célébrée par l'évêque de Grenoble à quatre heures du matin. La famille de Guilliet, originaire de Savoie, s'est installée en Dauphiné en 1455. Plusieurs membres de cette famille ont occupé des postes prestigieux, notamment des conseillers au Parlement et des militaires. Par exemple, Nicolas de Guilliet a servi sous Henri IV, et son fils Jacques de Guilliet a été lieutenant colonel de Gastonais. La famille de Boiffat, alliée à celle de Guilliet, est également distinguée en Dauphiné par ses emplois et ses alliances, notamment avec la maison de Villars. Charles de Boiffat, père de la mariée, a cinq enfants, dont Marguerite de Boiffat, l'épouse de Sébastien de Guilliet.
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2542
p. 168-169
POMPE FUNEBRE.
Début :
Le Chapitre de l'Eglise de Nôtre-Dame d'Etampes [...]
Mots clefs :
Pompe funèbre, Duc de Vendôme, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POMPE FUNEBRE.
POMPE FUNEBRE.
Le Chapitre de l'Eg ife
de Nâtre-Dame d'Etampes
a fait celebrer un Service
folemnel en la même Eglife
le 13.du prefent mois , pour
le repos de l'ame de S. A..
Mon
GALANT. 189
Monfeigneur le Duc de
Vendôme & d'Eftampes ,
Prince d'Anet , fon bienfaicteur. La Meffe a été dite
par Monfeigneur l'Evêque
de Vvaterford & de Limerik en Irlande: il y a eu Oraifon funebre prononcée par
le R. P. Gramain Jeſuite ;
tout le Clergé de la Ville
& du Duché, avec les Magiftrats de la même ville, y
ont affifté.
Le Chapitre de l'Eg ife
de Nâtre-Dame d'Etampes
a fait celebrer un Service
folemnel en la même Eglife
le 13.du prefent mois , pour
le repos de l'ame de S. A..
Mon
GALANT. 189
Monfeigneur le Duc de
Vendôme & d'Eftampes ,
Prince d'Anet , fon bienfaicteur. La Meffe a été dite
par Monfeigneur l'Evêque
de Vvaterford & de Limerik en Irlande: il y a eu Oraifon funebre prononcée par
le R. P. Gramain Jeſuite ;
tout le Clergé de la Ville
& du Duché, avec les Magiftrats de la même ville, y
ont affifté.
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Résumé : POMPE FUNEBRE.
Le Chapitre de l'Église de Notre-Dame d'Étampes a organisé un service funèbre le 13 du mois pour le Duc de Vendôme et d'Étampes, Prince d'Anet. La messe a été dirigée par l'Évêque de Waterford et de Limerick. L'oraison funèbre a été prononcée par le Père Gramain. Le clergé et les magistrats de la ville y ont assisté.
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2543
p. 169-173
MORTS.
Début :
N. le Tonnelier Breteüil, Chevalier de Malthe, Capitaine au [...]
Mots clefs :
Chevalier de Malthe, Académie royale des sciences, Casini
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
N. le Tonnelier Breteuil
Sept. 17120 P
170 MERCURE
Chevalier de Malthe , Ca
pitaine au regiment des
Gardes Françoifes , mourut
fubitement le 12. Septembre. Il étoit fils de feu M. de
Breteuil, Confeiller d'Etat ,
qui a exercé plufieurs années la Chargede Controlleur general des Finances ;
& frere de feu M. de Breteüil , auffi Confeiller d'Etat
& Intendant des Finances ;
de feu M. l'Evêque de Bologne; &de M. le Baronde
Breteuil , qui eft à prefent
Introducteur des Ambaſſadeurs, aprés avoir été Lec-
GALANT. 177
teur de la Chambre du
Roy, &Envoyé en plufieurs
Cours.
2
M.Jean- Dominique Caf
fini , de l'Academie Royale
des Sciences , l'un des plus
grands Aftronomes de ce
fiecle , que le Roy avoič
fait venir de Bologne il y
a plufieurs années , pour
lui donner la conduite de
l'Obfervatoire , y mourut
le 14. Septembre , âgé de
quatre-vingt-huit ans , laif
fantun fils Maître des Compres. 40 arai TuGL , MALÍ
Pij
17 MERCURE
M. Sebaftien Malo, Che
valier Seigneur de Bour
donnay , Adainville , Gouf
fainville & autres lieux
mourut fans alliance le 15.
Septembre, âgé de 85. ans.
Il étoit frere de M. Malode
Sery , mort Confeiller de la
Grand Chambre.
M. Jean-Baptifte le Ragois de Bretonvilliers, Che.
valier Seigneur de faint Dié,
Noify le Sec & autres lieux,
Lieutenant general pour
Roy au Gouvernement de
Paris , mourut fans alliance
le
GALANT 13
le 17. Septembre , âgé de 57.
ans. Il étoit fils & frere de
Meffieurs de Bretonvilliers,
morts Prefidens de la
Chambre des Comptes.
2014 S
M. Charles - Paul Bailly, Chevalier Seigneur du
Bourgneuf, mourut le ry.
Septembre.
N. le Tonnelier Breteuil
Sept. 17120 P
170 MERCURE
Chevalier de Malthe , Ca
pitaine au regiment des
Gardes Françoifes , mourut
fubitement le 12. Septembre. Il étoit fils de feu M. de
Breteuil, Confeiller d'Etat ,
qui a exercé plufieurs années la Chargede Controlleur general des Finances ;
& frere de feu M. de Breteüil , auffi Confeiller d'Etat
& Intendant des Finances ;
de feu M. l'Evêque de Bologne; &de M. le Baronde
Breteuil , qui eft à prefent
Introducteur des Ambaſſadeurs, aprés avoir été Lec-
GALANT. 177
teur de la Chambre du
Roy, &Envoyé en plufieurs
Cours.
2
M.Jean- Dominique Caf
fini , de l'Academie Royale
des Sciences , l'un des plus
grands Aftronomes de ce
fiecle , que le Roy avoič
fait venir de Bologne il y
a plufieurs années , pour
lui donner la conduite de
l'Obfervatoire , y mourut
le 14. Septembre , âgé de
quatre-vingt-huit ans , laif
fantun fils Maître des Compres. 40 arai TuGL , MALÍ
Pij
17 MERCURE
M. Sebaftien Malo, Che
valier Seigneur de Bour
donnay , Adainville , Gouf
fainville & autres lieux
mourut fans alliance le 15.
Septembre, âgé de 85. ans.
Il étoit frere de M. Malode
Sery , mort Confeiller de la
Grand Chambre.
M. Jean-Baptifte le Ragois de Bretonvilliers, Che.
valier Seigneur de faint Dié,
Noify le Sec & autres lieux,
Lieutenant general pour
Roy au Gouvernement de
Paris , mourut fans alliance
le
GALANT 13
le 17. Septembre , âgé de 57.
ans. Il étoit fils & frere de
Meffieurs de Bretonvilliers,
morts Prefidens de la
Chambre des Comptes.
2014 S
M. Charles - Paul Bailly, Chevalier Seigneur du
Bourgneuf, mourut le ry.
Septembre.
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Résumé : MORTS.
En septembre 1712, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le chevalier de Malthe, capitaine au régiment des Gardes Françaises, est décédé subitement le 12 septembre. Il était le fils de feu M. de Breteuil, conseiller d'État et ancien contrôleur général des Finances, et avait pour frères un conseiller d'État et intendant des Finances, l'évêque de Boulogne, et le baron de Breteuil, introducteur des ambassadeurs. Jean-Dominique Cassini, astronome de l'Académie Royale des Sciences et directeur de l'Observatoire, est mort le 14 septembre à l'âge de quatre-vingt-huit ans, laissant un fils maître des comptes. Sébastien Malo, chevalier seigneur de Bourdonnay, Adainville, Gouffaingville et autres lieux, est décédé sans alliance le 15 septembre à l'âge de 85 ans. Il était le frère de M. Malo de Sery, ancien conseiller de la Grand Chambre. Jean-Baptiste Le Ragois de Bretonvilliers, chevalier seigneur de Saint-Dié, Noisy-le-Sec et autres lieux, lieutenant général pour le roi au gouvernement de Paris, est mort sans alliance le 17 septembre à l'âge de 57 ans. Il était le fils et le frère des sieurs de Bretonvilliers, anciens présidents de la Chambre des Comptes. Charles-Paul Bailly, chevalier seigneur du Bourgneuf, est décédé le 19 septembre.
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2544
p. 179-188
RÉPONSE A LA question du Mercure : Si la raillerie est plus utile que nuisible dans un repas.
Début :
Monsieur, cette question me paroît une veritable question de Mercure; [...]
Mots clefs :
Repas, Raillerie, Table, Esprit, Malignité, Ridicule, Langue
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A LA question du Mercure : Si la raillerie est plus utile que nuisible dans un repas.
REPONSE A LA
queftion du Mercure :
Si ta raillerie eft plus utile que
nuifible dans un repas.
Monfieur , cette quef.
tion me paroît une verita-
180 MERCURE
ble queftion de Mercure ;
car elle donneroit lieu toute
feule à plufieurs volumes
pour & contre ; car il y
tant de fortes de railleries ,
qu'il faudroit les definir toutes , pour en pouvoir approuver ou blâmer l'ufage.
Si l'on ne railloit jamais , le
monde feroit bien trifte ; fi
Fon railloit toûjours, ce fe
roit un vrai coupe- gorge.
Celui qui fe veut mêler
de railler doit, commeonl'a
dit dans le Mercure prece
dent , avoir affez de fineffe
& de prefence d'efprit pour
GALANT. 181
pouvoir divertir la perfonne
même fur qui tombe la raillerie. Heureux qui peut , à
Poccafion du moindre petit ridicule innocent qu'on
lui prefente , imaginer des
traits réjoüiſſans &piquans,
& leur donner un tour vif
& poli qui faffe fentir qu'il
n'y a ni orgueil ni malicę
dans celui qui raille. Celui
qui fçait furprendre commeun éclair fans bleffer , &
fe moquer de foy - même
plus vivement que des autres , peutfe rendre aimable
par la raillerie , & en ce cas
4
182 MERCURE
Je l'aime &je l'approuve.¨´
Si l'on n'a au moins la
meilleure partie de ces qualitez , doit-on fe mêler dé
railler ? Il ne faut pas beaucoup d'invention & de vi
vacité d'efprit pour atta
quer les hommes par leurs
endroits foibles & leurs dé
fauts. La malignité & l'orgüeil font de fi puiffans fecoursdans ce combat , que
l'efprit n'a preſque plusrien
à y faire. Qui ne fent pas
cette malignité & cet or,
güeil dans les railleries or
dinaires? Onne raille point,
GALANT 1831
ou on ne raille gueres ceux
qui font refpectez ou que
l'on craint, & l'on apperçoit
toûjours le fentiment de fuperiorité & d excellence qu'-
ont les mauvais railleurs fur
ceux qu'ils attaquent. On
ne voit pas moins le plaifir
fecret qu'ils ont de ridicu
lifer & d'avilir ouvertement
la perfonne qu'ils raillent.
Le mauvais railleur fair
avec la langue ce que
l'enfant malicieux fait avec
les jeux de main. Quelque déguisée & quel.
que affaiſonnée que foit la
184 MERCURE
malignité , lors qu'elle at
taque un veritable défaut ,
un veritable ridicule, ce fera toûjours de mauvais vin
frelaté , qui grate d'abord ,
& laiffe enfuite une mauvaiſe bouche. Plus le trait
eft déguifé , & plus il fait la
playe profonde & dangereuſe. Loin de moy ce cauftique railleur qui vient em
poifonner mon plat , aigrir
mon vin, &remplir de mali.
gnité toute ma compagnie,
au lieu de la joye innocente
& cordiale que l'agreable
convive fçait lui inſpirer.
II
GALANT.: 185
Il y a une autre forte de
raillerie qui vient au fecours
de la langue & de l'efprit ;
c'eft de contrefaire. Elle
offenfe peu , fi elle s'attache
à des défauts peu effentiels ;
elle divertit beaucoup , &
foulage l'orgueil de phifieurs affiftans , qui ne font
point contens de voir quelqu'un exempt des traits de
la moquerie.
Anacharfis dans un repas
ne montra aucun figne de
joye à la vûë des plailante,
ries des boufons gagez
pendant que tous les autres
Sept. 1712.
af
186 MERCURE
éclatoient de rire ३ mais à
l'afpect d'unfinge fon front
fourcilleux fe dévelope , &
ilen rit de tout fon cœur
difant que cet animal étoit
ridicule par nature , au lieu
que l'homme l'étoit par art.
Le temps des plaifanteries
vives n'eft fouvent que trop
court , quelquefois même
il ne vient point du tout.
Beaucoup de repas e font
malheureux , & un feul
homme gravement impertinent gâte un bonsaffortiment de convives , &fait
degenerer un grand repas
GALANT 187
en une affemblée de Nou
veliftes, epokpela Soaple!
Pour remedier à cet in
convenient , & à celui de
Tintemperance & de la pe
tulance de la langue , les
anciens avoient imaginéles
jeux de table , par exemple,
des enigmes , qu'ils appelloient Grifi : diverfes re
compenfes étoient affignées
à ceux qui les devinoient ,
& diverfes punitions à ceux
qui les manquoient. A
Athenes , felon Atenée , on
donnoit aux premiers certaine portion deviande , &
Qij
188 MERCURE
on contraignoit les autres
d'avaler tout d'un trait , &
fans prendre haleine , un
grand verre d'eau falée. La
raillerie des Romains étoit
plus inftructive que diver
tiffante , & plus mordante
que delicate : c'eft pourquoy ils en ufoient rarement à table.
queftion du Mercure :
Si ta raillerie eft plus utile que
nuifible dans un repas.
Monfieur , cette quef.
tion me paroît une verita-
180 MERCURE
ble queftion de Mercure ;
car elle donneroit lieu toute
feule à plufieurs volumes
pour & contre ; car il y
tant de fortes de railleries ,
qu'il faudroit les definir toutes , pour en pouvoir approuver ou blâmer l'ufage.
Si l'on ne railloit jamais , le
monde feroit bien trifte ; fi
Fon railloit toûjours, ce fe
roit un vrai coupe- gorge.
Celui qui fe veut mêler
de railler doit, commeonl'a
dit dans le Mercure prece
dent , avoir affez de fineffe
& de prefence d'efprit pour
GALANT. 181
pouvoir divertir la perfonne
même fur qui tombe la raillerie. Heureux qui peut , à
Poccafion du moindre petit ridicule innocent qu'on
lui prefente , imaginer des
traits réjoüiſſans &piquans,
& leur donner un tour vif
& poli qui faffe fentir qu'il
n'y a ni orgueil ni malicę
dans celui qui raille. Celui
qui fçait furprendre commeun éclair fans bleffer , &
fe moquer de foy - même
plus vivement que des autres , peutfe rendre aimable
par la raillerie , & en ce cas
4
182 MERCURE
Je l'aime &je l'approuve.¨´
Si l'on n'a au moins la
meilleure partie de ces qualitez , doit-on fe mêler dé
railler ? Il ne faut pas beaucoup d'invention & de vi
vacité d'efprit pour atta
quer les hommes par leurs
endroits foibles & leurs dé
fauts. La malignité & l'orgüeil font de fi puiffans fecoursdans ce combat , que
l'efprit n'a preſque plusrien
à y faire. Qui ne fent pas
cette malignité & cet or,
güeil dans les railleries or
dinaires? Onne raille point,
GALANT 1831
ou on ne raille gueres ceux
qui font refpectez ou que
l'on craint, & l'on apperçoit
toûjours le fentiment de fuperiorité & d excellence qu'-
ont les mauvais railleurs fur
ceux qu'ils attaquent. On
ne voit pas moins le plaifir
fecret qu'ils ont de ridicu
lifer & d'avilir ouvertement
la perfonne qu'ils raillent.
Le mauvais railleur fair
avec la langue ce que
l'enfant malicieux fait avec
les jeux de main. Quelque déguisée & quel.
que affaiſonnée que foit la
184 MERCURE
malignité , lors qu'elle at
taque un veritable défaut ,
un veritable ridicule, ce fera toûjours de mauvais vin
frelaté , qui grate d'abord ,
& laiffe enfuite une mauvaiſe bouche. Plus le trait
eft déguifé , & plus il fait la
playe profonde & dangereuſe. Loin de moy ce cauftique railleur qui vient em
poifonner mon plat , aigrir
mon vin, &remplir de mali.
gnité toute ma compagnie,
au lieu de la joye innocente
& cordiale que l'agreable
convive fçait lui inſpirer.
II
GALANT.: 185
Il y a une autre forte de
raillerie qui vient au fecours
de la langue & de l'efprit ;
c'eft de contrefaire. Elle
offenfe peu , fi elle s'attache
à des défauts peu effentiels ;
elle divertit beaucoup , &
foulage l'orgueil de phifieurs affiftans , qui ne font
point contens de voir quelqu'un exempt des traits de
la moquerie.
Anacharfis dans un repas
ne montra aucun figne de
joye à la vûë des plailante,
ries des boufons gagez
pendant que tous les autres
Sept. 1712.
af
186 MERCURE
éclatoient de rire ३ mais à
l'afpect d'unfinge fon front
fourcilleux fe dévelope , &
ilen rit de tout fon cœur
difant que cet animal étoit
ridicule par nature , au lieu
que l'homme l'étoit par art.
Le temps des plaifanteries
vives n'eft fouvent que trop
court , quelquefois même
il ne vient point du tout.
Beaucoup de repas e font
malheureux , & un feul
homme gravement impertinent gâte un bonsaffortiment de convives , &fait
degenerer un grand repas
GALANT 187
en une affemblée de Nou
veliftes, epokpela Soaple!
Pour remedier à cet in
convenient , & à celui de
Tintemperance & de la pe
tulance de la langue , les
anciens avoient imaginéles
jeux de table , par exemple,
des enigmes , qu'ils appelloient Grifi : diverfes re
compenfes étoient affignées
à ceux qui les devinoient ,
& diverfes punitions à ceux
qui les manquoient. A
Athenes , felon Atenée , on
donnoit aux premiers certaine portion deviande , &
Qij
188 MERCURE
on contraignoit les autres
d'avaler tout d'un trait , &
fans prendre haleine , un
grand verre d'eau falée. La
raillerie des Romains étoit
plus inftructive que diver
tiffante , & plus mordante
que delicate : c'eft pourquoy ils en ufoient rarement à table.
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Résumé : RÉPONSE A LA question du Mercure : Si la raillerie est plus utile que nuisible dans un repas.
Le texte répond à une question posée dans le Mercure concernant l'utilité et les dangers de la raillerie lors des repas. L'auteur reconnaît que la raillerie peut être bénéfique si elle est employée avec finesse et esprit, mais nuisible lorsqu'elle est malveillante. Il distingue deux types de railleurs : ceux qui savent railler avec humour et délicatesse, et ceux qui utilisent la raillerie pour blesser ou montrer leur supériorité. La raillerie malveillante est comparée à un mauvais vin frelaté, laissant une mauvaise impression. L'auteur mentionne également la raillerie par imitation, qui peut divertir sans offenser. Il critique les repas gâchés par des plaisanteries inappropriées et loue les anciens qui utilisaient des jeux de table pour éviter les excès de langage. Les Romains, par exemple, préféraient une raillerie plus instructive et moins offensive.
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2545
p. 195-196
MORTS.
Début :
Dame Jeanne-Madelaine de Marillac, fille de Messire René de [...]
Mots clefs :
Marillac, La Fayette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT
Dame Jeanne- Madelaine
deMarillac , fille de Meffire
René de Marillac , Doyen
des Confeillers d'Etat , &
de DameMarie Bochard de
Sarron , qui avoit épouſé en -
1 Decembre 1689. Meffire
7
Rij
198 MERCURE
René Tremand , Marquis
de la Fayette , Brigadier des
armées du Roy, mourut le
13. Septembre 1712. âgée de
quarante-deux ans , laiffant
pour fille uniqueDameMarie- Madelaine Marquiſe de
la Fayette , qui a épouſé en
1706. Meffire Charles Bretagne, Duc de la Tremoille,
Prince de Tarente, premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy
Dame Jeanne- Madelaine
deMarillac , fille de Meffire
René de Marillac , Doyen
des Confeillers d'Etat , &
de DameMarie Bochard de
Sarron , qui avoit épouſé en -
1 Decembre 1689. Meffire
7
Rij
198 MERCURE
René Tremand , Marquis
de la Fayette , Brigadier des
armées du Roy, mourut le
13. Septembre 1712. âgée de
quarante-deux ans , laiffant
pour fille uniqueDameMarie- Madelaine Marquiſe de
la Fayette , qui a épouſé en
1706. Meffire Charles Bretagne, Duc de la Tremoille,
Prince de Tarente, premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy
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Résumé : MORTS.
Dame Jeanne-Madelaine de Marillac, fille de René de Marillac et Marie Bochard de Sarron, a épousé René Tremand, Marquis de la Fayette, en 1689. Le Marquis est décédé en 1712, laissant une fille unique, Marie-Madelaine, qui a épousé Charles Bretagne, Duc de la Tremoille, en 1706.
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2546
p. 197-204
L'AMOUR ET LA HAINE, MAUVAIS PEINTRES L'UN ET L'AUTRE. Trait historique d'un Prince Arabe.
Début :
Boudabat, Prince Arabe, étoit homme de beaucoup d'esprit ; il [...]
Mots clefs :
Peintre, Amour, Haine, Portrait, Prince, Princesse, Défauts, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR ET LA HAINE, MAUVAIS PEINTRES L'UN ET L'AUTRE. Trait historique d'un Prince Arabe.
L'AMOUR
ET LA HAINE
MAUVAIS PEINTRES
sbshot
L'UN ET L'AUTRE.
Trait hiftorique d'un Prince
stomer Arabe, opna
BOudabat, Prince Arabe , étoit hommesde
beaucoup d'efprit ; il
avoit tout le goût imaginable pour les beaux
R iij
198 MERCURE
arts : mais il étoit aveuglément amoureux d'une Greque fort laide , &
n'aimoit gueres fa femme, quoy qu'elle fût la
plus belle Princeſſe de
l'Orient. Il voulut un
jour les faire peindretoutes deux , & penfa faire
tourner la tête à un excellent Peintre. Il fit recommencer cent fois ces
deux portraits. Celui de
La femme lui paroiſſoit
toujours trop flaté , &
GALANT 199
celui de fa ' maîtreffe ,
•quelque flaté qu'il fuft,
lui paroiffoit indigne de
Toriginal ; il en faifoit
reformer tous les traits
Fun aprés l'autre , felon
que fon imagination en
étoit frapée en forte qu'
infenfiblement le Peintre fit de fa laide maîtreffe une Venus. Rien
n'y manquoit que la reffemblance. Faites le toujours beau, difoit lePrin
ce, il fera bien facile enR. iiij
200 MERCURE
Сер
fuite de lui donner la
reffemblance, deux coups
de pinceau feront l'affai1re. Par exemple , difoitil , en faifant parcourir
Kaux yeux du Peintre les
traits les plus marquez
dans le vifage de fa maîtreffe , marquez bien ce
petit pli qui eft à côté de
la bouche de ma Dame,
marquez legerementcette petite élevation fur le
milieu du nez , grandiffez un peu la bouche;
GALANT00201
cet oeil eft à la verité un
peutrop grand, appetif
fez- le. LePeintre obeilfant reformoit ainfi petit
à petit les traits flatez ;
lawreffemblance venoit
au portrait mais la laideur venoit auffi , & le
Prince n'étoit plus content du Peintre , ni du
portrait.
Quand il s'agiffoit du
portrait de la femme ,
C'étoit des difficultez
toutes oppofées ; car le
5
202 MERCURE
Prince , en voulant dizminuer les beautez diminuoit la reflemblance. Enfin unjour le Peintre pouffé à bout lui dit :
6
Seigneur : je perds ici le
temps & la patience ;
carilfaudroit, pour vous
contenter , que je fille
le portrait devotrefentme fi laid , & celui de
vôtre maîtreffe fi beau,
que cela juſtifiât vôtre
amour. Je crois que tu
as raiſon , répondit le
GALANT 1203
a
Prince qui entendoit
raillerie , laiffons là les
deux portraits oils feroient tort à ma reputation ou à la tienne. Le
Peintre lui répondit : Ce
fera mieux fait , Seigneur car mon pinceau
ne peut pas fuivre vôtre imagination , it eft
fait pour fuivre la mienne. Si vous étiez Peintre, vous pourriez peutêtre faire un beau portrait de vôtre maîtreffe;
204 MERCURE
& fi j'étois mari de votre femme , j'en ferois
peut-être un portrait en
laid qui ne laifseroit pas
de lui ressembler.as
Unfaifeur de portraits
eft auffi embarassé qu'un
bon critique d'ouvrages
d'efprit ; onne peutgueres marquer les défauts
d'un ouvrage fans déplaire à l'auteur , ni en
louer les beautez fans
déplaire à fes rivaux
ET LA HAINE
MAUVAIS PEINTRES
sbshot
L'UN ET L'AUTRE.
Trait hiftorique d'un Prince
stomer Arabe, opna
BOudabat, Prince Arabe , étoit hommesde
beaucoup d'efprit ; il
avoit tout le goût imaginable pour les beaux
R iij
198 MERCURE
arts : mais il étoit aveuglément amoureux d'une Greque fort laide , &
n'aimoit gueres fa femme, quoy qu'elle fût la
plus belle Princeſſe de
l'Orient. Il voulut un
jour les faire peindretoutes deux , & penfa faire
tourner la tête à un excellent Peintre. Il fit recommencer cent fois ces
deux portraits. Celui de
La femme lui paroiſſoit
toujours trop flaté , &
GALANT 199
celui de fa ' maîtreffe ,
•quelque flaté qu'il fuft,
lui paroiffoit indigne de
Toriginal ; il en faifoit
reformer tous les traits
Fun aprés l'autre , felon
que fon imagination en
étoit frapée en forte qu'
infenfiblement le Peintre fit de fa laide maîtreffe une Venus. Rien
n'y manquoit que la reffemblance. Faites le toujours beau, difoit lePrin
ce, il fera bien facile enR. iiij
200 MERCURE
Сер
fuite de lui donner la
reffemblance, deux coups
de pinceau feront l'affai1re. Par exemple , difoitil , en faifant parcourir
Kaux yeux du Peintre les
traits les plus marquez
dans le vifage de fa maîtreffe , marquez bien ce
petit pli qui eft à côté de
la bouche de ma Dame,
marquez legerementcette petite élevation fur le
milieu du nez , grandiffez un peu la bouche;
GALANT00201
cet oeil eft à la verité un
peutrop grand, appetif
fez- le. LePeintre obeilfant reformoit ainfi petit
à petit les traits flatez ;
lawreffemblance venoit
au portrait mais la laideur venoit auffi , & le
Prince n'étoit plus content du Peintre , ni du
portrait.
Quand il s'agiffoit du
portrait de la femme ,
C'étoit des difficultez
toutes oppofées ; car le
5
202 MERCURE
Prince , en voulant dizminuer les beautez diminuoit la reflemblance. Enfin unjour le Peintre pouffé à bout lui dit :
6
Seigneur : je perds ici le
temps & la patience ;
carilfaudroit, pour vous
contenter , que je fille
le portrait devotrefentme fi laid , & celui de
vôtre maîtreffe fi beau,
que cela juſtifiât vôtre
amour. Je crois que tu
as raiſon , répondit le
GALANT 1203
a
Prince qui entendoit
raillerie , laiffons là les
deux portraits oils feroient tort à ma reputation ou à la tienne. Le
Peintre lui répondit : Ce
fera mieux fait , Seigneur car mon pinceau
ne peut pas fuivre vôtre imagination , it eft
fait pour fuivre la mienne. Si vous étiez Peintre, vous pourriez peutêtre faire un beau portrait de vôtre maîtreffe;
204 MERCURE
& fi j'étois mari de votre femme , j'en ferois
peut-être un portrait en
laid qui ne laifseroit pas
de lui ressembler.as
Unfaifeur de portraits
eft auffi embarassé qu'un
bon critique d'ouvrages
d'efprit ; onne peutgueres marquer les défauts
d'un ouvrage fans déplaire à l'auteur , ni en
louer les beautez fans
déplaire à fes rivaux
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Résumé : L'AMOUR ET LA HAINE, MAUVAIS PEINTRES L'UN ET L'AUTRE. Trait historique d'un Prince Arabe.
Le texte raconte l'histoire du prince arabe Boubdat, passionné par les arts et éperdument amoureux d'une Grecque laide, au détriment de sa femme, la plus belle princesse de l'Orient. Boubdat commande les portraits de ses deux compagnes à un peintre. Insatisfait des résultats, il demande des retouches incessantes. Pour la Grecque, il exige qu'elle soit représentée plus belle, au point que le peintre crée une Vénus sans ressemblance. Pour sa femme, il demande de diminuer ses beautés, altérant également la ressemblance. Exaspéré, le peintre avoue l'impossibilité de contenter le prince, qui abandonne le projet. Le peintre conclut que son art ne peut suivre l'imagination du prince et que chacun doit se contenter de ses propres limites.
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2547
p. 208-216
Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Début :
Avant de partir du Bresil, j'avois reçû de Monsieur [...]
Mots clefs :
Supplément, Rio de Janeiro, Monsieur du Clerc, La Reine des Anges, Vaisseau, Cayenne, Brésil, France
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texteReconnaissance textuelle : Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Supplément de la Relation de
la defiente de Monfieur
du Clerc à Rio de Janeiro,
donnée dans le Mercure de
May dernier.
Avant de partir du Brefil , j'avois reçûde Monfieur
du Guay un ordre de fervir
d'Officier fur le vaiffeau la
Reine des Anges , qui avoit
été pris dans la baye de Rio
de Janeiro, & que l'on a
voit
GALANT 209
voit chargé de fucre du
pays , pour l'amener en
France : mais nous étions
armez fi à la hâte , & avec
fi peu de précaution , que
fitôt que nous fûmes à la
mer le vaiffeau fit beaucoup d'eau , & qu'au premier coup devent que nous
reçûmes nous eûmes, une
partie de nos voiles empor
tées.
Nous étions fi fort chargez , qu'il ne nous fut pas
poffible de fuivre l'efcadre :
ainfi Monfieur du Guay në
jugeant pas à propos
Sept. 17.12.
S
de
1/210
MERCURE
14
nousattendre,àcauſe du re
tardement cófiderable que
nous aurions caufé à tous les
autres vaiffeaux,nous affifta
du mieux qu'il fut poffible
avant de nous quitter , &
donna ordre au Chevalier
de la Rufiniere , qui commandoit la Reine des Anges , de relâcherpen cas
d'incommodité, à une des.
Iles de la Martinique, pour
y prendre les chofes qui lui
feroient neceffaires & fe
mettre en état d'arriver en
France. Il détacha auffi la
fregate du Roy l'Aigle i
GALANT. 211
commandée par Monfieur
de la Marre de Caen , pour
› nous convoyer ; & nous
donnertousles fecours dont
* nous aurions befoin.
Le Capitaine de l'Aigle
fe trouvant Commandant
des deux navires , en ver
-tu de la Commiſſion de
Lieutenant de vaiffeau ,
nous amena relâcher à l'Ifle
de Cayenne : mais n'ayant
pû ycarenner le navire , &
n'y ayant trouvé ni les vivres , ni les autres chofes
qui nous manquoient , on
fur obligé de defarmer la
Sij
212 MERCURE
Reine des Anges , & de la
laiffer a Cayenne avec fa
cargaiſon. Nous étions deftinez , aprés cet accident ,
de paffer fur la fregate du
Roy l'Aigle mais par un
malheur inattendu elle fe
perdit la nuit du 6. au 7. Fe-
::
vrier 1712. par une tourmente de vent nordnordeft , qui la porta fur un
banc , où elle a été enticrement crevée..
44
Aprés un coup fi funeſte , il a falu avoir recours
à la Reine des Anges , qui
étoit déja échouée fur les
1
GALANT
213
vales. On s'eft mis en devoir de la raccommoder
du débris de l'Aigle , dont
on a fauvé une grande partie des vivres , & tous les
grés. On ne fçait pas encore fi on pourra la mettre en état d'aller en France ; fi cela n'eft pas poffible , on tâchera au moins
de la mener à la Martinique afin d'y paffer les
troupes , & les équipages
des deux navires , qui
incommoderoient
derablement la colonie
de Cayenne , s'ils étoient
confi-
214 MERCURE
obligez d'y refter longtemps.
રે
Cependant Monfieur de
la Marre de Caen étant
chargé de plus de monde
-qu'il n'en pouvoit conte
nir dans la Reine des Anges , a jugé à propos de:
-faire un detachement de
foldats & d'Officiers
nombre defquels j'ai été,
pour paffer en France , fur
un petit navire Marchand
de Saint Malo , nommé
le faint Jean Baptiſte , qui
étoit prêt à partir , & ila.
*
du
V
JGALANTA $215
donné un ordre au Sieur
des Vaux , Capitaine du
dit vaiffeau , de nous donner paffage. Nous fommes partis de Cayenne le
Mercredi dixiéme Février
mil fept cent douze , &
fommes arrivez au Portlouis le onziéme Avril.
Voila , Monſeigneur
害
un compte fidele de toute
ma conduite , & de ce qui
s'eft paffé , à peu prés , de
plus memorable dans les
lieux où je me fuis trouvé , depuis le dixiéme May
216 MERCURE
mil ſept cent dix , qui fut
le jour que l'efcadre de
Monfieur du Clerc partit:
de la Rochelle.
la defiente de Monfieur
du Clerc à Rio de Janeiro,
donnée dans le Mercure de
May dernier.
Avant de partir du Brefil , j'avois reçûde Monfieur
du Guay un ordre de fervir
d'Officier fur le vaiffeau la
Reine des Anges , qui avoit
été pris dans la baye de Rio
de Janeiro, & que l'on a
voit
GALANT 209
voit chargé de fucre du
pays , pour l'amener en
France : mais nous étions
armez fi à la hâte , & avec
fi peu de précaution , que
fitôt que nous fûmes à la
mer le vaiffeau fit beaucoup d'eau , & qu'au premier coup devent que nous
reçûmes nous eûmes, une
partie de nos voiles empor
tées.
Nous étions fi fort chargez , qu'il ne nous fut pas
poffible de fuivre l'efcadre :
ainfi Monfieur du Guay në
jugeant pas à propos
Sept. 17.12.
S
de
1/210
MERCURE
14
nousattendre,àcauſe du re
tardement cófiderable que
nous aurions caufé à tous les
autres vaiffeaux,nous affifta
du mieux qu'il fut poffible
avant de nous quitter , &
donna ordre au Chevalier
de la Rufiniere , qui commandoit la Reine des Anges , de relâcherpen cas
d'incommodité, à une des.
Iles de la Martinique, pour
y prendre les chofes qui lui
feroient neceffaires & fe
mettre en état d'arriver en
France. Il détacha auffi la
fregate du Roy l'Aigle i
GALANT. 211
commandée par Monfieur
de la Marre de Caen , pour
› nous convoyer ; & nous
donnertousles fecours dont
* nous aurions befoin.
Le Capitaine de l'Aigle
fe trouvant Commandant
des deux navires , en ver
-tu de la Commiſſion de
Lieutenant de vaiffeau ,
nous amena relâcher à l'Ifle
de Cayenne : mais n'ayant
pû ycarenner le navire , &
n'y ayant trouvé ni les vivres , ni les autres chofes
qui nous manquoient , on
fur obligé de defarmer la
Sij
212 MERCURE
Reine des Anges , & de la
laiffer a Cayenne avec fa
cargaiſon. Nous étions deftinez , aprés cet accident ,
de paffer fur la fregate du
Roy l'Aigle mais par un
malheur inattendu elle fe
perdit la nuit du 6. au 7. Fe-
::
vrier 1712. par une tourmente de vent nordnordeft , qui la porta fur un
banc , où elle a été enticrement crevée..
44
Aprés un coup fi funeſte , il a falu avoir recours
à la Reine des Anges , qui
étoit déja échouée fur les
1
GALANT
213
vales. On s'eft mis en devoir de la raccommoder
du débris de l'Aigle , dont
on a fauvé une grande partie des vivres , & tous les
grés. On ne fçait pas encore fi on pourra la mettre en état d'aller en France ; fi cela n'eft pas poffible , on tâchera au moins
de la mener à la Martinique afin d'y paffer les
troupes , & les équipages
des deux navires , qui
incommoderoient
derablement la colonie
de Cayenne , s'ils étoient
confi-
214 MERCURE
obligez d'y refter longtemps.
રે
Cependant Monfieur de
la Marre de Caen étant
chargé de plus de monde
-qu'il n'en pouvoit conte
nir dans la Reine des Anges , a jugé à propos de:
-faire un detachement de
foldats & d'Officiers
nombre defquels j'ai été,
pour paffer en France , fur
un petit navire Marchand
de Saint Malo , nommé
le faint Jean Baptiſte , qui
étoit prêt à partir , & ila.
*
du
V
JGALANTA $215
donné un ordre au Sieur
des Vaux , Capitaine du
dit vaiffeau , de nous donner paffage. Nous fommes partis de Cayenne le
Mercredi dixiéme Février
mil fept cent douze , &
fommes arrivez au Portlouis le onziéme Avril.
Voila , Monſeigneur
害
un compte fidele de toute
ma conduite , & de ce qui
s'eft paffé , à peu prés , de
plus memorable dans les
lieux où je me fuis trouvé , depuis le dixiéme May
216 MERCURE
mil ſept cent dix , qui fut
le jour que l'efcadre de
Monfieur du Clerc partit:
de la Rochelle.
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Résumé : Supplément de la Relation de la descente de Monsieur du Clerc à Rio de Janeiro, donnée dans le Mercure de May dernier.
Après avoir reçu l'ordre de servir sur le vaisseau 'La Reine des Anges', capturé à Rio de Janeiro et destiné à être ramené en France, l'officier a dû faire face à plusieurs difficultés. Le vaisseau, chargé à la hâte, a commencé à prendre l'eau et a subi des dommages aux voiles. En raison de sa charge excessive, il a été abandonné par Monsieur du Guay, qui a ordonné au Chevalier de la Rufinière de se ravitailler aux Îles de la Martinique et a détaché la frégate 'L'Aigle' pour l'escorter. La frégate a tenté de relâcher à l'île de Cayenne, mais a dû désarmer 'La Reine des Anges' et la laisser sur place faute de vivres et de réparations. 'L'Aigle' s'est perdue lors d'une tempête le 7 février 1712. 'La Reine des Anges' a été réparée avec les débris de 'L'Aigle'. Si le vaisseau ne pouvait être remis en état, il serait dirigé vers la Martinique pour débarquer les troupes et les équipages. Monsieur de la Marre de Caen a organisé un détachement de soldats et d'officiers, dont l'auteur, pour les envoyer en France sur un navire marchand de Saint-Malo, 'Le Saint Jean Baptiste'. Ils sont partis de Cayenne le 10 février 1712 et sont arrivés à Port-Louis le 11 avril 1712. Le texte se conclut par un compte rendu des événements survenus depuis le départ de l'escadre de Monsieur du Clerc de La Rochelle le 10 mai 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2548
p. 217-237
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
Début :
General. Mr le Maréchal Duc de Villars. Mr le Maréchal [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée de Flandres, Première ligne, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Seconde ligne, Lieutenants, Réserve, Brigadiers, Maréchaux de camp, Général, Maréchal de Villars
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
t 2
Iim im
m3
232 MERGURE
Heffy, any
Surbeck,
La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
6
S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
de l'Armée de Flandres.
General.
Mr le Maréchal Duc de
Villars.
Mr. le Maréchal de
Montefquiou.
Lieutenants Generaux.
Hautefort , du Rofel ,
Rechberg , Jcoffreville
Septembre 1712. T
218 MERCURE
Puiffegure , Goefbriand ,
Duc de Guiche , Comte de
Villars Albergothy ,
Vivans , la Valliere , Prince
de Rohan, Saint Fremont.
>
Maréchaux de Camp.
Prince Charles , Comte
de Nille , Château- Morand,
Izanghuien , Montmorency, Duc de Mortemart ,
Rooth, Nangis, Choifeüil ,
Leffart , le Vidame, Silly.
Brigadiers.
Bellefond , Labillarderie ,
Caftelmoront, Saumery ,
GALANT. 219
Courtade , Kaukemberg ,
Choileul , Nugent , Montbazon , Periffant , Livoy ,
Beaupuys, Berrieux,Obrien ,
Lyonne , Aubigné , Bernoldt , Arling , Gaffion ,
Capy , Gacé , Dannifis Gi
rault , Saint Micault , Dauffkirck, Rouvroy, Paſteur ,
PREMIERE LIGNE.
DRAGONS.
Royal,
Beauffremont ,
Lefpinay,
odus.cle
.
3.
3.
の
Tij
110 MERCURE
CAVALERIE.
Maifon du Roy,
Gendarmerie ,
13
&
21
Royal Rouffillon , 3
Cayeux,
Royal Piedmont , 3
Saint Agnan ,
Royal Allemand, 3
Rottenbourg,
Druhot ,
GALANT. 220
Prince Marcillac,
Choifcul ,
Courcillon ,
Nugent,
Villeroy, tionnoduc
Royal Etrangeryonel ♬
دم
61
INFANTERIESVOJ
Picardie ,
Royal Rouffillon ,
Aunay,
on 3 Bat.
6
Tiij
221 MERCURE
Picmont,
Bourgogne ,
Montroux ,
Bourbonnois ,
Mortemart
Nivernois,
youlliv
cua13 Lvos
10
Le Roy,
Royal Comtois I
6
LeMaine ,
Bacqueville, nuos
Bigotre,
0
GALANT. 223
Lée ,
Obrien ,
Odonel ,
Dorington,
Galmoy ,
3
Gardes Françoiles,
Gardes Suiffes ,
Royal ,
Royal la Marine,
Royal Italien ,
Bevil Broffe ,
Alface ,
3
2
6
4
Tiiij
224 MERCURE
Champagne,
Izanguien ,
Guyenne ,
3
I
Genfac ,
Deflandes ,
Navarre ,
70
6
CAVALERIE.
Cravattes ,
Capy,
Frezin ,
3 Efc.
GALANT. 555
Dauphin Etranger , 3
Vaudrey,
Schepy.
Bretagne,
Gefvres ,
Villequier ,
Dumaine ,
Prince Lambefc ,
Condé,
Bourbon ,
Arco-Baviere ,
Dauffkirck,
7
322
7
3
3
3
3
6
3
3
6
226 MERCURE
Carabiniers ,
Gardes Baviere ,
Gardes d'Eſpagne
DRAGONS.
Bonelle,
Paſteur ,
Flavacourt,
¿
Lieutenants Generaux.
10
Sailly , Mezieres , Vicu
3
GALANT. 227
pont , Dreux , Brandlée ,
Chevalier de Croiffy , Lée,
Bouzolde
Davaray.
Conflans
Maréchaux de Camp.
Mortany, Cofta , Chevalier del Roye, Mouchy,
Beuil , Mercy , Lambert ,
Comte de la Marck, Duc
de Duras Flavacourt ,
Beauveau,Arab isn
esackoT
Brigadiers.
Livry, Gaydon, Marte-
128 MERCURE
tevile, Ryos , la Tremoille,
Tourotte , Simiane , Saint
Morel, Crecy, Sebret, Lifle,
Greder, May, Altermalt,
Perrin, Colandre , Tricault,
Forfac ,
C
Jouy , Melun
Sandrafky, Saa, Poth.
SECONDE LIGNE
CAVALERIE
Colonel General ,
Toulouze ,
3
Livry,
GALANT. 227
Chartres
Efclainvillier
Aubeterre,
7
Marteville,
Ligondez ,
Joyeuſe ,
Rios ,
Vertamont
Raigecourt ,
6
Villepreux,
Dupalais ,
Dautanne ,
230 MERCURE
Tourotte ,
Saint Blimont ,
Simiane,
la Reyne,
42
INFANTERIE
Poitou ,
2 Bat.
Greder Allemand
Aunix,
6
Limofin ,
Boulonnois ,
Solre ,
zicleg, a
< 2
6
2
GALANT. 231
Perche ,
Sparre,
Santere ,
6
LaFere ,
Lorraine ,
Saint Second ,
Villars,
Greder,
Phiffer ,
Brandlée ,
May,
2
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m3
232 MERGURE
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La Sarre ,
Perrin,
Prince Electoral,
Les Vaiffeaux ,
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S
3
Lamarck,
Nice ,
Beauce,
Agenois ,
Lyonnois ,
GI
GALANT. 233
CAVALERIE,
Orleans , 3 Efc.
Villiers ,
Montauban ,
7
Dufief,
2
Meleun ,
Pardeilhant,
Forfac,
Paon ,
Brabant , CA
Gouffier ,
Brifac M
4
Septembre 1712. V
2
2
234 MERCURE.
Lenoncourt ,
Saint Phal ,
Flandres,
$
Cofta Baviere ,
Poth ,
6.
Cauferau ,
Beringhen ,
Commiffaire General ,
2
3
3.
8 ያ
42
Coigny Lieutenant General.
Pezeux Maréchal de
Camp.
GALANT. 235
Marbeuf.
Chatillon.
De Labre.
RESERVE.
DRAGONS.
La Reyne ,
Bretagne ,
Coettman ,
3
3
3
Guienne . 3
12
Pourieres ,
3
Chatillon ,
Parpaille
3
3.
Vij
236 MERCURE
Clermont ,
Saint Chaumont
Le Coigneux ,
De Labre ,
33
12
3
3
m
m
n
m
3
3
Broglio Lieutenant General.
Tarneau , Caubom.
RESERVE.
CAVALERIE.
Le Roy,
Beaujeu ,
Tarneau,
3 Elc.
2
GALANT. 237
Du Beffé ,
Beauvaire ,
La Tour,
7
D. de Granville ,
H. de Verfeille ,
17
Houffards de Ratzky,
3
3
Camperont au quartier
general.
Royal Artillerie ,
Bombardiers ,
Total Elcadrons
Total Bataillons ,
23
257
134
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée de Flandres.
En septembre 1712, l'ordre de bataille de l'Armée de Flandres est structuré en trois lignes : première ligne, seconde ligne et réserve. Les principaux officiers incluent le Maréchal Duc de Villars et le Maréchal de Montefquiou. Les lieutenants généraux sont Hautefort, du Rofel, Rechberg, Jcoffreville, Puiffegure, Goefbriand, Duc de Guiche, Comte de Villars, Albergothy, Vivans, la Valliere, Prince de Rohan, et Saint Fremont. Les maréchaux de camp comprennent le Prince Charles, Comte de Nille, Château-Morand, Izanghuien, Montmorency, Duc de Mortemart, Rooth, Nangis, Choiseul, Leffart, le Vidame, et Silly. Les brigadiers incluent Bellefond, Labillarderie, Castelmoront, Saumery, Courtade, Kaukemberg, Choiseul, Nugent, Montbazon, Periffant, Livoy, Beaupuys, Berrieux, O'Brien, Lyonne, Aubigné, Bernoldt, Arling, Gaffion, Capy, Gacé, Dannifis Girault, Saint Micault, Dauffkirck, Rouvroy, et Pasteur. Les unités de dragons, de cavalerie et d'infanterie sont détaillées. La première ligne comprend les dragons Royal, Beauffremont, Lefpinay, et les cavaleries Maison du Roy, Gendarmerie, Royal Rouffillon, Cayeux, Royal Piedmont, Saint Agnan, Royal Allemand, Rottenbourg, et Druhot. L'infanterie inclut les régiments Picardie, Royal Rouffillon, Aunay, Picardmont, Bourgogne, Montroux, Bourbonnois, Mortemart, Nivernois, Le Roy, Royal Comtois, Le Maine, Bacqueville, Bigorre, Lee, O'Brien, Odonel, Dorington, Galmoy, Gardes Françaises, Gardes Suisses, Royal, Royal la Marine, Royal Italien, Bevil Broffe, et Alface. La seconde ligne comprend des unités telles que le Colonel Général, Toulouze, Livry, Chartres, Esclainvillier, Aubeterre, Marteville, Ligondez, Joyeuse, Rios, Vertamont, Raigecourt, Villepreux, Dupalais, Dautanne, Tourotte, Saint Blimont, Simiane, et la Reyne. La réserve inclut les dragons La Reyne, Bretagne, Coettman, Guienne, Pourieres, Chatillon, Parpaille, Clermont, Saint Chaumont, Le Coigneux, De Labre, et les cavaleries Le Roy, Beaujeu, Tarneau, Du Beffé, Beauvaire, La Tour, D. de Granville, H. de Verfeille, et Houffards de Ratzky. Le total des escadrons est de 234 et celui des bataillons de 257.
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2549
p. 238-249
ORDRE DE BATAILLE de l'Armée des Alliez Commandée par Mr le Prince Eugene en 1712. & Mr le Comte de Tilly.
Début :
Generaux. Le Prince hereditaire de Hesse Cassel, Doff, Baron de [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Prince Eugène, Comte de Tilly, Lieutenants généraux, Armée des Alliés, Brigadiers, Généraux, Première ligne, Seconde ligne
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée des Alliez Commandée par Mr le Prince Eugene en 1712. & Mr le Comte de Tilly.
ORDRE DE BATAILLE
de l'Armée des Alliez
Commandée par Mr le
Prince Eugene en 1712.
& Mr le Comte de Tilly.
Generaux.
Le Prince hereditaire de
Heffe Caffel, Doff, Baron
de Fagel, Comte de Velen.
Lieutenants Generaux
Hompefch,Wittenhoff ,
Prince Witter , Heffe
"Averochs, Heyden, Muray,
GALANT 239
Vanderbeck, Ballandt , Fectrembach , Falkenſten.
Generaux Majors.:
Slipenbach , Groneftein ,
Portail , Maurice , Schmettau , Recteren , Poleren ,
Elft , Huffen , Keppel
Sackem , Holſtein Dalberg,
Bonneval , Altein , Velen ,
Lobkowitz, Croiy.
Brigadiers.
La Roche , Sturler
Rechtereny Chavonne 2.
C
240 MERCURE
Schwartz , Berekhoffer
Douglas , Wittenhorft
Glinftra, Loohaufert, Fairs,
Maffembach.
PREMIERE LIGNE.
Spleny Houffards ,
Savoye Dragons ,
Wolkel Dragons ,
Daudignier Dragons ,
2
Palfy,
Vefterloo, 3
Falkenſtein
C
Croiy ,
Lobkowitz,
45
Haflingen ,
GALANT. 241
Hallingen,
Fechembach ,
Holſtein ,
Dalberg,
Theuftmeiſter , 3.
Lib ,
Baden ,
Tarhing ,
Grenadiers Heffe .
Erp. Prince Heffe ,
Prince George Heffe ,
Mortz,
Gardes Heffoifes ,
Fagel ,
Amama,
Villegas ,
Sturler ,
Septembre 1712. X
I
242 MERCURE
Croou Prius ,
Prince Withelm Heffe, 1
Recteren ,
Jacot,
I
I
Schmidt ,
2
Chaurnue ,
Schwartz ,
Elit,
Lip ,
1
Berckhoffer
Monteſſe ,
Keppel ,
Lindeboorn ,
Murray ,
Wood,
Collier ,
Lauder ,
I
GALANT 243
Gardes Hollandoifes ,
45
Erp. Prince Heffe Dra.
Veffentels ,
Leib Regt Heffe ,
Erp. Prius,
Athlone ,
Groveſtein ,
Prince Virtemberg ,
Orange,
Saint Gravemoir ,
Chanclos
Pritzelwerz ,
Saxcheilbourg,
Herbach ,
Obdam ,
Gardes Bleues ,
3
4
2
2
2
2
Xij
144 MERCURE
Gardes du Corps ,
Carabiniers ,
Gardes Dragons ,
General.
42
Milord- Albermarle.
Lieutenants Generaux.
4
Oyen, Lalecq, Athlone ,
Holftembeck Dhona
Collier , Lauder, Hacx A
thaufen , Schellart.
Generaux Majors, k
Cralinge, Chanclos Flec
GALANT. 245
Kembourg , Putzelwitz
ECK , Waffenaer , Ivoy ,
Vegelin , Zobel, Wolfskel,
Hatzfels , Wirtemberg ,
Schomborn.
Brigadiers.
Idfinga, May, Druheffe,
Velderen Cronftrom ,
Hanftein, Fabrice, Voofot,
Hunnerben Benthem ,
Rechteren.
SECONDE LIGNE.
Fels Dragons ,
Saint Amour Dragons , 6
Xiij
246 MERCURE
Velen Dragons ,
Viligenftein , Dragons , 3
Rahn Dragons ,
Savoye Emanuel ,
Virtemberg,
3
3
4
6
Leib Regiment Palatin , 3
Schelart ,
Hatzfelt ,
3
3
40
Grenadiers Palatins ,
Efferen ,
Fracdenberg,
Dillembourg,
Fultzbach ,
Meynnug,
Yvelbach ,
0
Ketteler ,
GALANT. 247
Radinge,
Denhoff,
Exterde ,
Holfteinbeck ,
Viconge ,
Huffer
| Idfinga ,
May,
I
2
Prince Maximien Heffe , 2
Leib Regiment ,
Herman ,
Prince Wirtemberg ,
I
I
Naffau Dillembourg, I
Buchwitz,
I
Metrael ,
2
Keppelfoe ,
I
Prince Alberche , I
Xiiij
248 MERCURE
Velderen ,
Orange,
Yvoy,
Heyden,
Albermarle ,
I
2
I
36
Aurochs ,
4
Boynebourg,
2
Spicgel ,
2
Gardes du Corps d'Orange ,
10yen ,
Laluk ,
I
I
2
Rechteren General Maj, 2
Woorft,
Gorgin
Glinftra ,
2
I
2
GALANT. 249
· Hunnerben ,
& Ginckel .
Rechteren Brigadier
Wittenghoff ,
H. Hombourg,
Tilly,
2
I
3
21
Dopff Dragons ,
4
35
Bat. Efc.
Premiere ligne 43 87
Seconde ligne 36 75
Total 79 16
de l'Armée des Alliez
Commandée par Mr le
Prince Eugene en 1712.
& Mr le Comte de Tilly.
Generaux.
Le Prince hereditaire de
Heffe Caffel, Doff, Baron
de Fagel, Comte de Velen.
Lieutenants Generaux
Hompefch,Wittenhoff ,
Prince Witter , Heffe
"Averochs, Heyden, Muray,
GALANT 239
Vanderbeck, Ballandt , Fectrembach , Falkenſten.
Generaux Majors.:
Slipenbach , Groneftein ,
Portail , Maurice , Schmettau , Recteren , Poleren ,
Elft , Huffen , Keppel
Sackem , Holſtein Dalberg,
Bonneval , Altein , Velen ,
Lobkowitz, Croiy.
Brigadiers.
La Roche , Sturler
Rechtereny Chavonne 2.
C
240 MERCURE
Schwartz , Berekhoffer
Douglas , Wittenhorft
Glinftra, Loohaufert, Fairs,
Maffembach.
PREMIERE LIGNE.
Spleny Houffards ,
Savoye Dragons ,
Wolkel Dragons ,
Daudignier Dragons ,
2
Palfy,
Vefterloo, 3
Falkenſtein
C
Croiy ,
Lobkowitz,
45
Haflingen ,
GALANT. 241
Hallingen,
Fechembach ,
Holſtein ,
Dalberg,
Theuftmeiſter , 3.
Lib ,
Baden ,
Tarhing ,
Grenadiers Heffe .
Erp. Prince Heffe ,
Prince George Heffe ,
Mortz,
Gardes Heffoifes ,
Fagel ,
Amama,
Villegas ,
Sturler ,
Septembre 1712. X
I
242 MERCURE
Croou Prius ,
Prince Withelm Heffe, 1
Recteren ,
Jacot,
I
I
Schmidt ,
2
Chaurnue ,
Schwartz ,
Elit,
Lip ,
1
Berckhoffer
Monteſſe ,
Keppel ,
Lindeboorn ,
Murray ,
Wood,
Collier ,
Lauder ,
I
GALANT 243
Gardes Hollandoifes ,
45
Erp. Prince Heffe Dra.
Veffentels ,
Leib Regt Heffe ,
Erp. Prius,
Athlone ,
Groveſtein ,
Prince Virtemberg ,
Orange,
Saint Gravemoir ,
Chanclos
Pritzelwerz ,
Saxcheilbourg,
Herbach ,
Obdam ,
Gardes Bleues ,
3
4
2
2
2
2
Xij
144 MERCURE
Gardes du Corps ,
Carabiniers ,
Gardes Dragons ,
General.
42
Milord- Albermarle.
Lieutenants Generaux.
4
Oyen, Lalecq, Athlone ,
Holftembeck Dhona
Collier , Lauder, Hacx A
thaufen , Schellart.
Generaux Majors, k
Cralinge, Chanclos Flec
GALANT. 245
Kembourg , Putzelwitz
ECK , Waffenaer , Ivoy ,
Vegelin , Zobel, Wolfskel,
Hatzfels , Wirtemberg ,
Schomborn.
Brigadiers.
Idfinga, May, Druheffe,
Velderen Cronftrom ,
Hanftein, Fabrice, Voofot,
Hunnerben Benthem ,
Rechteren.
SECONDE LIGNE.
Fels Dragons ,
Saint Amour Dragons , 6
Xiij
246 MERCURE
Velen Dragons ,
Viligenftein , Dragons , 3
Rahn Dragons ,
Savoye Emanuel ,
Virtemberg,
3
3
4
6
Leib Regiment Palatin , 3
Schelart ,
Hatzfelt ,
3
3
40
Grenadiers Palatins ,
Efferen ,
Fracdenberg,
Dillembourg,
Fultzbach ,
Meynnug,
Yvelbach ,
0
Ketteler ,
GALANT. 247
Radinge,
Denhoff,
Exterde ,
Holfteinbeck ,
Viconge ,
Huffer
| Idfinga ,
May,
I
2
Prince Maximien Heffe , 2
Leib Regiment ,
Herman ,
Prince Wirtemberg ,
I
I
Naffau Dillembourg, I
Buchwitz,
I
Metrael ,
2
Keppelfoe ,
I
Prince Alberche , I
Xiiij
248 MERCURE
Velderen ,
Orange,
Yvoy,
Heyden,
Albermarle ,
I
2
I
36
Aurochs ,
4
Boynebourg,
2
Spicgel ,
2
Gardes du Corps d'Orange ,
10yen ,
Laluk ,
I
I
2
Rechteren General Maj, 2
Woorft,
Gorgin
Glinftra ,
2
I
2
GALANT. 249
· Hunnerben ,
& Ginckel .
Rechteren Brigadier
Wittenghoff ,
H. Hombourg,
Tilly,
2
I
3
21
Dopff Dragons ,
4
35
Bat. Efc.
Premiere ligne 43 87
Seconde ligne 36 75
Total 79 16
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE de l'Armée des Alliez Commandée par Mr le Prince Eugene en 1712. & Mr le Comte de Tilly.
En 1712, l'Armée des Alliés, dirigée par le Prince Eugène et le Comte de Tilly, comprenait plusieurs grades et unités militaires. Les généraux incluaient le Prince héritier de Hesse-Cassel, le Baron de Fagel et le Comte de Velen. Les lieutenants généraux étaient Hompech, Wittenhoff et le Prince Witter, parmi d'autres. Les généraux majors comprenaient Slipenbach, Groneftein et Bonneval, tandis que les brigadiers mentionnés étaient La Roche, Sturler et Rechteren. La première ligne de l'armée se composait de diverses unités de dragons et de grenadiers, telles que les Savoye Dragons, les Daudignier Dragons et les grenadiers de Hesse. La seconde ligne incluait les Fels Dragons, les Saint Amour Dragons et les grenadiers palatins. L'armée totalisait 79 bataillons et 162 escadrons, répartis en 43 bataillons et 87 escadrons dans la première ligne, et 36 bataillons et 75 escadrons dans la seconde ligne.
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2550
p. 250-261
ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
Début :
Generaux. Duc de Wirtemberg. Orkenay, Lumlay. Lieutenants Generaux. Cheuse, Gersdorff, [...]
Mots clefs :
Ordre de bataille, Armée des Alliés, Duc d'Ormond, Généraux, Première ligne, Seconde ligne, Lieutenants, Brigadiers
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texteReconnaissance textuelle : ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
ORDRE DE BATAILLE.
de l'Armée des Alliez ,
commandée par Mr le
Duc d'Ormont,
en 1712.
Generaux.
Duc de Wirtemberg.
Orkenay ,
Lumlay.
Lieutenants Generaux.
Cheufe , Gersdorff
Schwertzel, Wilke, North,
GALANT. 25t
Wirhers , Row , Stair
Cadogan, Wood.
Generaux Majors.
Schmettau Milkan
Boiffer , Stocken , Prince de
Heffe, Seckendorf, Sabine,
Evans, Primrole , Barner ,
Schmettau ,
Kellum.
Sibourg
Brigadiers.
Preſton , Panton , Napper,
Waleff, Sutton , Durel ,
Ruffel, Moriffon , Corbel,
Bonnard , Romling, Pre-
252 MERCURE
torius , Pleffe , Oeles
wirtemberg, Kaneyl.
PREMIERE LIGNE.
Colonitz Houffards ,Mos
Stairs Dragons ,
Ker Dragons,
Roffe,
Lumley
Cadogan,
Palmes ,
Hatwick ,
Wood;
Waleff Dragons ,
Schmettau Dragons ,
Vandernath ,
40
CALANT. 253
Gardes Britanniques ,
Royal ,
Sabine ,
Neulon ,
Hertford ,
Royal ,
Primroſe ,
Evans ,
Durel ,
Selwin ,
Preſton,
Lée ,
Stern ,
Web ,
Silbourg,
Procok ,
Sutten,
#54 MERCURE
Nort,
Hamilthon,
Whyn,
I
Orrery,
Barner ,
2
Erp. Prince wolfenbutel , 1
Beveren Wolfenbutel ,
Gardes ,
Craons Pirius ,
I
Seckendorff ,
Goltz ,
I
Weiffenfels ,
r
Koningine ,
Schwertzel ,
I
Pleffe ,
Fichnen ,
Bonnard,
I
GALANT. 245
Pretorius ,
Dapremont,
Boiffet ,
Romling,
I
Gardes Danoifes ,
I
I
42
Leib Regiment Saxe Dragons ,
Milkau ,
4
4
Winkel,
4
Ranzau,
2
Cheufe ,
2.
Schmettau , 2
Wirtemberg,
[ 2
Kneyl ,
2
Grabo ,
Leutego ,
256 MERGURE
Leib Regiment Danois , 2
Wirtemberg Goels Dragons ,
33
Bulow ,
Generaux.
Prince Dhanalt Deffaw.
Lieutenants Generaux.
Fehoulembourg , Saint
Laurent , Rantzaw , Natzmar.
GALANT. 257
Generaux Majors.
Bothmar, Pentz , Gatani ,
Troffel , Borck , du Portail ,
Pannewitz,
Brigadiers.
Voutteno , Vauderable ,
Lobert, Reeden , Raders ,
Montagnes Cofovitz
Dubreuil ,
Breitenbach ,
Icahn
,
Septembre 1712. X
158 MERCURE
SECONDE - LIGNE.
2
LeibRegiment Dragons , 4
Prince Alberche Dragons, 4
Dorflng Dragons ,
4
Pannewitz Dragons , 4
Wanderalbe Dragons , 4
Leib Regiment Cavalerie, 3
Croon Prius ,
Prince Frederick ,
Henden ,
Duportail ,
Catte ,
3
3
36
Leib Regiment Infanterie, 2
Prince Alberche ,
GALANT 259
Erp. Prius ,
Alt Dhona,
Varenne ,
Hanalt Zerbet ,
Heydent,
Trofelle ,
Groumlkow ,
Anspach ,
Cavanach,
Ottingen,
Gavain ,
Cofortz
Recke ,
Melleville ,
I
I
I
I
Delver , I
Boldenin , :I
Merneger,
Yij
1260 MERCURE
Diepenbrouck ,
Staatmeiſter ,
Beling ,
Tecklembourg,
·
Dubreuil ,
Rantzau ,
Bothmar Dragons ,
Ghele Dragons ,
Saint Laurent ,
Vorghl,
Schuyter
Grote,
I
I
I
I
28
4
3
2.
2
2
3 Pentz ,
Schoulembourg ,
Leib Regiment
Icahn,
3
42
12
2
GALANT.261
Bulow ,
4
29
Bat. Efc.
Premiere ligne 42-73
Seconde ligne 28 65
Total 70 138
de l'Armée des Alliez ,
commandée par Mr le
Duc d'Ormont,
en 1712.
Generaux.
Duc de Wirtemberg.
Orkenay ,
Lumlay.
Lieutenants Generaux.
Cheufe , Gersdorff
Schwertzel, Wilke, North,
GALANT. 25t
Wirhers , Row , Stair
Cadogan, Wood.
Generaux Majors.
Schmettau Milkan
Boiffer , Stocken , Prince de
Heffe, Seckendorf, Sabine,
Evans, Primrole , Barner ,
Schmettau ,
Kellum.
Sibourg
Brigadiers.
Preſton , Panton , Napper,
Waleff, Sutton , Durel ,
Ruffel, Moriffon , Corbel,
Bonnard , Romling, Pre-
252 MERCURE
torius , Pleffe , Oeles
wirtemberg, Kaneyl.
PREMIERE LIGNE.
Colonitz Houffards ,Mos
Stairs Dragons ,
Ker Dragons,
Roffe,
Lumley
Cadogan,
Palmes ,
Hatwick ,
Wood;
Waleff Dragons ,
Schmettau Dragons ,
Vandernath ,
40
CALANT. 253
Gardes Britanniques ,
Royal ,
Sabine ,
Neulon ,
Hertford ,
Royal ,
Primroſe ,
Evans ,
Durel ,
Selwin ,
Preſton,
Lée ,
Stern ,
Web ,
Silbourg,
Procok ,
Sutten,
#54 MERCURE
Nort,
Hamilthon,
Whyn,
I
Orrery,
Barner ,
2
Erp. Prince wolfenbutel , 1
Beveren Wolfenbutel ,
Gardes ,
Craons Pirius ,
I
Seckendorff ,
Goltz ,
I
Weiffenfels ,
r
Koningine ,
Schwertzel ,
I
Pleffe ,
Fichnen ,
Bonnard,
I
GALANT. 245
Pretorius ,
Dapremont,
Boiffet ,
Romling,
I
Gardes Danoifes ,
I
I
42
Leib Regiment Saxe Dragons ,
Milkau ,
4
4
Winkel,
4
Ranzau,
2
Cheufe ,
2.
Schmettau , 2
Wirtemberg,
[ 2
Kneyl ,
2
Grabo ,
Leutego ,
256 MERGURE
Leib Regiment Danois , 2
Wirtemberg Goels Dragons ,
33
Bulow ,
Generaux.
Prince Dhanalt Deffaw.
Lieutenants Generaux.
Fehoulembourg , Saint
Laurent , Rantzaw , Natzmar.
GALANT. 257
Generaux Majors.
Bothmar, Pentz , Gatani ,
Troffel , Borck , du Portail ,
Pannewitz,
Brigadiers.
Voutteno , Vauderable ,
Lobert, Reeden , Raders ,
Montagnes Cofovitz
Dubreuil ,
Breitenbach ,
Icahn
,
Septembre 1712. X
158 MERCURE
SECONDE - LIGNE.
2
LeibRegiment Dragons , 4
Prince Alberche Dragons, 4
Dorflng Dragons ,
4
Pannewitz Dragons , 4
Wanderalbe Dragons , 4
Leib Regiment Cavalerie, 3
Croon Prius ,
Prince Frederick ,
Henden ,
Duportail ,
Catte ,
3
3
36
Leib Regiment Infanterie, 2
Prince Alberche ,
GALANT 259
Erp. Prius ,
Alt Dhona,
Varenne ,
Hanalt Zerbet ,
Heydent,
Trofelle ,
Groumlkow ,
Anspach ,
Cavanach,
Ottingen,
Gavain ,
Cofortz
Recke ,
Melleville ,
I
I
I
I
Delver , I
Boldenin , :I
Merneger,
Yij
1260 MERCURE
Diepenbrouck ,
Staatmeiſter ,
Beling ,
Tecklembourg,
·
Dubreuil ,
Rantzau ,
Bothmar Dragons ,
Ghele Dragons ,
Saint Laurent ,
Vorghl,
Schuyter
Grote,
I
I
I
I
28
4
3
2.
2
2
3 Pentz ,
Schoulembourg ,
Leib Regiment
Icahn,
3
42
12
2
GALANT.261
Bulow ,
4
29
Bat. Efc.
Premiere ligne 42-73
Seconde ligne 28 65
Total 70 138
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Résumé : ORDRE DE BATAILLE. de l'Armée des Allez, commandée par Mr le Duc d'Ormont, en 1712.
En 1712, l'Armée des Alliés, dirigée par le Duc d'Ormont, est structurée en divers grades et unités militaires. Les généraux incluent le Duc de Wirtemberg, Orkenay et Lumlay. Les lieutenants généraux sont Cheufe, Gersdorff, Schwertzel, Wilke, North, Galant, Wirhers, Row, Stair, Cadogan et Wood. Les généraux majors comprennent Schmettau, Milkan, Boiffer, Stocken, Prince de Heffe, Seckendorf, Sabine, Evans, Primrole, Barner, Kellum et Sibourg. Les brigadiers incluent Preston, Panton, Napper, Waleff, Sutton, Durel, Ruffel, Moriffon, Corbel, Bonnard, Romling, Pretorius, Pleffe, Oeleswirtemberg et Kaneyl. L'ordre de bataille comprend deux lignes. La première ligne inclut des unités de cavalerie et d'infanterie telles que les Colonitz Houffards, les Stairs Dragons, les Ker Dragons, les Gardes Britanniques, et plusieurs régiments de dragons et d'infanterie. La seconde ligne comprend le Leib Regiment Dragons, le Prince Alberche Dragons, le Dorfling Dragons, et d'autres régiments de cavalerie et d'infanterie. Des unités spécifiques comme le Leib Regiment Saxe Dragons, le Leib Regiment Danois, et les Gardes Danoises sont également mentionnées. Les effectifs totaux sont de 70 bataillons et 138 escadrons.
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