Résultats : 4 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 257-274
Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Début :
Je quite la Cour pour la Cour. En effet, Madame, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle d'Aumont, Marquis de Beringhen, Cour, Mariage, Ordre, Chevalier de Malthe, Maison, Boulogne, Parure, Souper, Table, Dames, Opéra, Monsieur Le Tellier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Je quite la Cour pour la Cour.. En effet , Madame , je croy ne m'en éloigner pas , en vous par- lant d'un Mariage qui a donné lieu icy depuis peu à une Feſte tres-magnifique. M. le Marquis de Beringhen a épousé Made- moifelled'Aumont. Je croy,Ma
GALANT. 165 dame , que vous ne demanderez pas d'autres preuves de ſa No- bleſſe , que celles qu'il a don- nées en ſe faiſant recevoir Chevalier de Malte; elles font affez
rigoureuſes pour tenir lieu de Titre de Nobleſſe. Peut- eftre
ferez-vous ſurpriſe qu'un Che- valier de Malte ſe marie ; mais
les Chevaliers de cet Ordre ne
font leurs Vœux qu'à vingt- cinq ans , & il ne les avoit pas.
Ce Marquis eſt d'une des plus anciennes Familles des Païs- Bas .
Son Grand-Pere eſtoit fort conſideré de Henry I V. qui l'em- -ploya en pluſieurs Négotiations .importantes aupres des Princes d'Allemagne. M. le Comte de Beringhen ſon Pereeſt Premier Ecuyer du Roy ( dont ilala fur- vivance)Gouverneur des Citadelles de Marseille, & Chevalier
166 LE MERCVRE
د
une
des Ordres du Roy. C'eſt un parfaitement honneſte - Hom- me , à qui une grande modeſtie en toutes chofes , une fidelité éprouvée , une exactitude de probité qui ne ſe rencontre pas en tout le monde prudence reconnuë , &une fa- geſſe qu'on admire , ont acquis l'eſtime de toute la Cour. Madame de Beringhen ſa Fem- me eſtoit Fille de feu Monfieur
le marquis d'Uxelles , Gouver- neurde Châlons. Cette Famille
originaire de Bourgogne , eſt affez connuë par ſes ſervices &
fon ancienneté. Le nomd'Uxelles afaitbruit dansles Armées.
Pluſieurs qui le portoient , en ont commandé , &pluſieurs y
font morts l'Epée àlamain pour le ſervice de leur Prince. Le
Marié eſt bien fait , de belle
GALAN T. 167
taille , il a de l'eſprit & du me- rite ;&dans pluſieurs rencon-- tres qui ont fait paroiſtre ſon courage, il s'eſt montré digne Heritierde celuy de feu M. le Marquisde Beringhen fon Fre- re , qui fut tué devant Beſan- çon. Comme il eſt demeuré Chefde ſa Famille , le Roy qui le confidere , luy a défendu de s'expoſer davantage , & par cet- te marque d'eſtime il a voulu faire connoiſtre à Monfieur le
Premier la bienveillance parti- culiere dont il l'honore. La Mariée eſt Fillede M. le Ducd'Aumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur
de Boulogne & du Païs Boulo- nois. Il avoit épousé enpremie- res Nopces une Fille de Mon- fieur le Tellier , Chevalier &
Tréſorier des Ordres duRoy,
168 LE MERCVRE
Marquis de Louvois , Seigneur de Chaville , Miniſtre & Secretaire d'Etat ; & c'eſt de ce Mariage qu'eſt mademoiselled'Au- mont dont je vous parle. Elle
eſt bien faite , a une fortgran- de jeuneſſe , &c'eſt un Charme qu'elle ſoûtient par beaucoup d'autres qui la rendent toute ai- mable. J'aurois beaucoup àvous
dire , madame , fur ce qui regar- de la Maiſon d'Aumont. Elle eſt
remplie d'un nombre infiny de grands Perſonnages , Cheva- liers des Ordres , mareſchaux
de France , Gouverneurs de
Provinces , & autres qui ont *poffedé les plus belles Charges del'Etat. Avant l'an 1381.Pier- re d'Aumont fut Chambellan
des Roys Jean & CharlesV. Et Pierre II. fi renommé dans l'Hiſtoire , le fut de Charles VI. &
Garde
GALANT. 169
Garde de l'Oriflame de France.
Jean Sire d'Aumont , qui vivoit - avant l'an 1595. reçeut le Ba- ſton de Mareſchal , qu'il merita par quantité degrandes Actions qu'il fit à une infinité de Sieges &de Batailles. Je ne vousdiray
rien de celles de feu M. le Ма-
_reſchal d'Aumont , Pere du
Duc qui porte aujourd'huy ce nom. Comme ila veſcu de nos
jours , il n'y a perſonne qui ne les ſcache. Il eſt mort Gouver neurde Paris , & l'eſtoit encor
de Boulogne &du Païs Boulonois. C'eſt un Gouvernement
attaché des lõgtemps à leur Fa- mille , qui eſt entrée dans les plusgrandes Alliaces.Vous n'en douterez pas , quand je vous ✓ auray dit que Jean VI. d'Au- mont avoit épousé Antoinette Chabot ſeconde Fille de Philip- Tome VIII. H
170 LE MERCVRE
pe Chabot Comte de Garny &
de Buzançois , Sieur de Brion ,
Admiral de France , & Gouverneur de Bourgogne , & de Françoiſe LonguyDamedePai- gny , Sœur aifnée de Jaqueline de Longuy Ducheſſe de Mont- penfier , Trifayeule maternelle d'Anne Marie Loüiſe d'Orleans,
Souveraine de Dombes , Princeffe de la Roche-fur-Yon, &
Ducheſſe de Montpenfier. Le jourdu mariage eſtant arreſté ,
on prit les ordres de Monfieur le
Ducd'Aumont. Comme il s'entend admirablement àtout, c'eſt
un des premiers Hommes du monde à n'en donner quede ju- ſtes ſur les grandes choſes. Sa prévoyance en facilite l'execu- tion , &il explique toûjours ſi.
bien ce qu'il penſe , qu'on entre ans peinedans tout ce qu'ils'eſt
GALAN T. 171
imaginé. La Nopce ſe fit dans fon Hoſtel. Il eſt d'une beauté
ſurprenante ; rien n'égale celle des Apartemens, ils font &di- féremment conſtruits , & diféremment ornez. Touty eſt d'u- ne magnificence achevée ; la propreté ſemble y difputer de prix avec la ſomptuoſité des Meubles ; Raretez partout , par tout Tableaux admirables &des
plusgrands maiſtres ; & ce qui frape furtoutes choſes, ce font pluſieurs Portraits antiques des Deſcendans de cette maiſon,qui marquentje ne-ſçay-quoy de fi noble &de fi grand , qu'il fuf- firoient preſque pour en perfua- derl'ancienneté.Vousvous imaginez aſſez la joyequiéclata fur le viſage detous les Intereſſez ſans que je m'arreſte à vous la dépeindre. Le marié parut l'air
د
Hij
172 LE MERCVRE
content , d'une parure magnifi- que, propre&bien entenduë ,
&foûtint cettegrade feſte avec un agrément toutparticulier.La Mariéequi demeuroit chezM
leTellierdepuis qu'elle eſt for- tiedu Convent, & qui a beau- coup profité de l'exemple de Madamele Tellier,dont chacun connoiſt le bon ſens &la piete,
arriva ſur les huit heures du
foir. Quoyqu'elle brillaſt d'une infinité de Pierreries, ſa Perſon- ne la paroit encor plus que tou- te autre chofe. Ellevint avecun
petit air ſérieux&nonchalant,
qui luy donnoitune gracemer- veilleufe , & jamais à quatorze ans onne s'eſt mieux tiré d'une
illuftre & grande Compagnie affembléepourelle feule, &das unjour où les Filles font le plus ſeverement critiquées. La Salle
2
GALAN T. 173 du Souper eſtoit éclairée d'un nombre infiny de Luftres. Il y
en avoitſur la Table de toutes
fortesde manieres, c'eſtoit commeun Theatrequi regnoitdans le milieu, maisdont la longueur ne caufoit aucunembarras.Tout
futfervy avec une propreté &
aune magnificence inconceva- ble. De chaque coſté de laTa- ble il y avoit deux rangs de vingt - cinq Plats chacun , qui faiſoiet centPlats en tout,& ces
centPlats furent relevez quatre fois. Le Fruit , & tout ce qu'il y a deplus delicat &de plus dé- licieux pour compoſer le plus ſuperbe Deſſert , eſtoit ſervy aumilieu de toute la longueur de la Table , dans des Baffins
de vermeil cizelé de diferentes
formes , &garnis en Pyramides tres-hautes de tout cequ'on ſe
Hiij
174 LE MERCVRE
peut imaginer de propre à ſatiſ- faire le gouft ; le tout dans des Porcelaines fines qui estoient là de toutes les fortes. Cette efpe- cede Montagne queformoit ce magnifique Deſſert , &qui fut trouvéeſur la Table en s'y met- tant , ne fatisfaifoit pas moins
les yeux. Quoyqu'il euſt de la fimetrie , il y avoit des endroits irréguliers , la juſteſſe ſe trou- voitdans leur inégalité , &on voyoit partout une agreabledi- verſité de couleurs. A chaque coſté du Fruit il y avoit des Flambeaux de vermeil du haut
de la Tablejuſqu'au bas,& com- me il eſtoit difficile qu'on pût ſervirfans confufion les quatre cens Plats quifurent mis àdou- ble rang des deux coſtez en quatre diférens Services , le Maistre -d'Hoſtel ſe ſervit de
GALANT. 175
aquelqu'un AUE DE LAVILL
1893
précaution. Il ranga tous ceux qui portoient leurs Plats, vis-à- vis des endroits où ils devoient
eſtreplacez , de forte qu'enpaf- fant entre leurs rangs , il les po- foit en unmoment ſur la Table
fans aucundeſordre. Cela fitdiz
re agreablement cauſe des rangs , qu'il croyoit voin N
un Exercice de Gens de Guerre. Si
la ſuite n'en eſtoit pas plus dan gereuſe , les Recruës ſe feroient facilement. Laricheſſe du Buffet ſurpaſſe l'imagination ; il eſtoit toutdevermeil , & on ne
vitjamais une ſi grande quanti- téde Vaſes cizelez. Pendant le
Souper,les Violons du Royjoüe- rent dans un grand Sallon qui répondoit à la Salle. Les Dames qui en furent eſtoient ( ſouvenez- vous je vous prie que je ne leurdonne aucun rang )Mefda Hiiij
176 LE MERCVRE
mes le Tellier , d'Aumont , de
Louvois , de Flez , dela Mote ,
dUxelles, de Frontenac,de Soubiſe , de Foix , de Coaquin , de Chaſteauneuf , de la Ferté , &
Mademoiselle d'Aumont, Fille
du feu Marquis de ce nom. Ces
dernieres eſtoient magnifique- mentparées. Au fortir de laTa- ble , on montadans des Aparte- mens enchantez. Les belles
Voix del'Opéra s'y trouverents Ia Symphonie les ſeconda , & à
minuit le Mariage fut celebré.
Je ne vous parle pointdes riches & brillans Préfens qui ont eſté faits à la Mariće parMonfieur le Tellier & Mr le Premier, je vous diray ſeulement que ceux de M'le Marquis de Louvois , &de M. l'Archeveſque de Rheims ,
fes Oncles, ont fort paru. Jugez ſi luy ayant donné unAmeuble
GALANT. 177
ment de Chambre d'argent , &
tout ce qui peut ſervir à l'orner,
il peut y avoir eu rien de plus magnifique.Je tiens ces Particu- laritez d'une belle Damequi a
plus de part que moy à cette Deſcription. Comme elle a infiniment de l'eſprit , je n'ay fait que ſuivre fidellementſes idées.
GALANT. 165 dame , que vous ne demanderez pas d'autres preuves de ſa No- bleſſe , que celles qu'il a don- nées en ſe faiſant recevoir Chevalier de Malte; elles font affez
rigoureuſes pour tenir lieu de Titre de Nobleſſe. Peut- eftre
ferez-vous ſurpriſe qu'un Che- valier de Malte ſe marie ; mais
les Chevaliers de cet Ordre ne
font leurs Vœux qu'à vingt- cinq ans , & il ne les avoit pas.
Ce Marquis eſt d'une des plus anciennes Familles des Païs- Bas .
Son Grand-Pere eſtoit fort conſideré de Henry I V. qui l'em- -ploya en pluſieurs Négotiations .importantes aupres des Princes d'Allemagne. M. le Comte de Beringhen ſon Pereeſt Premier Ecuyer du Roy ( dont ilala fur- vivance)Gouverneur des Citadelles de Marseille, & Chevalier
166 LE MERCVRE
د
une
des Ordres du Roy. C'eſt un parfaitement honneſte - Hom- me , à qui une grande modeſtie en toutes chofes , une fidelité éprouvée , une exactitude de probité qui ne ſe rencontre pas en tout le monde prudence reconnuë , &une fa- geſſe qu'on admire , ont acquis l'eſtime de toute la Cour. Madame de Beringhen ſa Fem- me eſtoit Fille de feu Monfieur
le marquis d'Uxelles , Gouver- neurde Châlons. Cette Famille
originaire de Bourgogne , eſt affez connuë par ſes ſervices &
fon ancienneté. Le nomd'Uxelles afaitbruit dansles Armées.
Pluſieurs qui le portoient , en ont commandé , &pluſieurs y
font morts l'Epée àlamain pour le ſervice de leur Prince. Le
Marié eſt bien fait , de belle
GALAN T. 167
taille , il a de l'eſprit & du me- rite ;&dans pluſieurs rencon-- tres qui ont fait paroiſtre ſon courage, il s'eſt montré digne Heritierde celuy de feu M. le Marquisde Beringhen fon Fre- re , qui fut tué devant Beſan- çon. Comme il eſt demeuré Chefde ſa Famille , le Roy qui le confidere , luy a défendu de s'expoſer davantage , & par cet- te marque d'eſtime il a voulu faire connoiſtre à Monfieur le
Premier la bienveillance parti- culiere dont il l'honore. La Mariée eſt Fillede M. le Ducd'Aumont , Premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur
de Boulogne & du Païs Boulo- nois. Il avoit épousé enpremie- res Nopces une Fille de Mon- fieur le Tellier , Chevalier &
Tréſorier des Ordres duRoy,
168 LE MERCVRE
Marquis de Louvois , Seigneur de Chaville , Miniſtre & Secretaire d'Etat ; & c'eſt de ce Mariage qu'eſt mademoiselled'Au- mont dont je vous parle. Elle
eſt bien faite , a une fortgran- de jeuneſſe , &c'eſt un Charme qu'elle ſoûtient par beaucoup d'autres qui la rendent toute ai- mable. J'aurois beaucoup àvous
dire , madame , fur ce qui regar- de la Maiſon d'Aumont. Elle eſt
remplie d'un nombre infiny de grands Perſonnages , Cheva- liers des Ordres , mareſchaux
de France , Gouverneurs de
Provinces , & autres qui ont *poffedé les plus belles Charges del'Etat. Avant l'an 1381.Pier- re d'Aumont fut Chambellan
des Roys Jean & CharlesV. Et Pierre II. fi renommé dans l'Hiſtoire , le fut de Charles VI. &
Garde
GALANT. 169
Garde de l'Oriflame de France.
Jean Sire d'Aumont , qui vivoit - avant l'an 1595. reçeut le Ba- ſton de Mareſchal , qu'il merita par quantité degrandes Actions qu'il fit à une infinité de Sieges &de Batailles. Je ne vousdiray
rien de celles de feu M. le Ма-
_reſchal d'Aumont , Pere du
Duc qui porte aujourd'huy ce nom. Comme ila veſcu de nos
jours , il n'y a perſonne qui ne les ſcache. Il eſt mort Gouver neurde Paris , & l'eſtoit encor
de Boulogne &du Païs Boulonois. C'eſt un Gouvernement
attaché des lõgtemps à leur Fa- mille , qui eſt entrée dans les plusgrandes Alliaces.Vous n'en douterez pas , quand je vous ✓ auray dit que Jean VI. d'Au- mont avoit épousé Antoinette Chabot ſeconde Fille de Philip- Tome VIII. H
170 LE MERCVRE
pe Chabot Comte de Garny &
de Buzançois , Sieur de Brion ,
Admiral de France , & Gouverneur de Bourgogne , & de Françoiſe LonguyDamedePai- gny , Sœur aifnée de Jaqueline de Longuy Ducheſſe de Mont- penfier , Trifayeule maternelle d'Anne Marie Loüiſe d'Orleans,
Souveraine de Dombes , Princeffe de la Roche-fur-Yon, &
Ducheſſe de Montpenfier. Le jourdu mariage eſtant arreſté ,
on prit les ordres de Monfieur le
Ducd'Aumont. Comme il s'entend admirablement àtout, c'eſt
un des premiers Hommes du monde à n'en donner quede ju- ſtes ſur les grandes choſes. Sa prévoyance en facilite l'execu- tion , &il explique toûjours ſi.
bien ce qu'il penſe , qu'on entre ans peinedans tout ce qu'ils'eſt
GALAN T. 171
imaginé. La Nopce ſe fit dans fon Hoſtel. Il eſt d'une beauté
ſurprenante ; rien n'égale celle des Apartemens, ils font &di- féremment conſtruits , & diféremment ornez. Touty eſt d'u- ne magnificence achevée ; la propreté ſemble y difputer de prix avec la ſomptuoſité des Meubles ; Raretez partout , par tout Tableaux admirables &des
plusgrands maiſtres ; & ce qui frape furtoutes choſes, ce font pluſieurs Portraits antiques des Deſcendans de cette maiſon,qui marquentje ne-ſçay-quoy de fi noble &de fi grand , qu'il fuf- firoient preſque pour en perfua- derl'ancienneté.Vousvous imaginez aſſez la joyequiéclata fur le viſage detous les Intereſſez ſans que je m'arreſte à vous la dépeindre. Le marié parut l'air
د
Hij
172 LE MERCVRE
content , d'une parure magnifi- que, propre&bien entenduë ,
&foûtint cettegrade feſte avec un agrément toutparticulier.La Mariéequi demeuroit chezM
leTellierdepuis qu'elle eſt for- tiedu Convent, & qui a beau- coup profité de l'exemple de Madamele Tellier,dont chacun connoiſt le bon ſens &la piete,
arriva ſur les huit heures du
foir. Quoyqu'elle brillaſt d'une infinité de Pierreries, ſa Perſon- ne la paroit encor plus que tou- te autre chofe. Ellevint avecun
petit air ſérieux&nonchalant,
qui luy donnoitune gracemer- veilleufe , & jamais à quatorze ans onne s'eſt mieux tiré d'une
illuftre & grande Compagnie affembléepourelle feule, &das unjour où les Filles font le plus ſeverement critiquées. La Salle
2
GALAN T. 173 du Souper eſtoit éclairée d'un nombre infiny de Luftres. Il y
en avoitſur la Table de toutes
fortesde manieres, c'eſtoit commeun Theatrequi regnoitdans le milieu, maisdont la longueur ne caufoit aucunembarras.Tout
futfervy avec une propreté &
aune magnificence inconceva- ble. De chaque coſté de laTa- ble il y avoit deux rangs de vingt - cinq Plats chacun , qui faiſoiet centPlats en tout,& ces
centPlats furent relevez quatre fois. Le Fruit , & tout ce qu'il y a deplus delicat &de plus dé- licieux pour compoſer le plus ſuperbe Deſſert , eſtoit ſervy aumilieu de toute la longueur de la Table , dans des Baffins
de vermeil cizelé de diferentes
formes , &garnis en Pyramides tres-hautes de tout cequ'on ſe
Hiij
174 LE MERCVRE
peut imaginer de propre à ſatiſ- faire le gouft ; le tout dans des Porcelaines fines qui estoient là de toutes les fortes. Cette efpe- cede Montagne queformoit ce magnifique Deſſert , &qui fut trouvéeſur la Table en s'y met- tant , ne fatisfaifoit pas moins
les yeux. Quoyqu'il euſt de la fimetrie , il y avoit des endroits irréguliers , la juſteſſe ſe trou- voitdans leur inégalité , &on voyoit partout une agreabledi- verſité de couleurs. A chaque coſté du Fruit il y avoit des Flambeaux de vermeil du haut
de la Tablejuſqu'au bas,& com- me il eſtoit difficile qu'on pût ſervirfans confufion les quatre cens Plats quifurent mis àdou- ble rang des deux coſtez en quatre diférens Services , le Maistre -d'Hoſtel ſe ſervit de
GALANT. 175
aquelqu'un AUE DE LAVILL
1893
précaution. Il ranga tous ceux qui portoient leurs Plats, vis-à- vis des endroits où ils devoient
eſtreplacez , de forte qu'enpaf- fant entre leurs rangs , il les po- foit en unmoment ſur la Table
fans aucundeſordre. Cela fitdiz
re agreablement cauſe des rangs , qu'il croyoit voin N
un Exercice de Gens de Guerre. Si
la ſuite n'en eſtoit pas plus dan gereuſe , les Recruës ſe feroient facilement. Laricheſſe du Buffet ſurpaſſe l'imagination ; il eſtoit toutdevermeil , & on ne
vitjamais une ſi grande quanti- téde Vaſes cizelez. Pendant le
Souper,les Violons du Royjoüe- rent dans un grand Sallon qui répondoit à la Salle. Les Dames qui en furent eſtoient ( ſouvenez- vous je vous prie que je ne leurdonne aucun rang )Mefda Hiiij
176 LE MERCVRE
mes le Tellier , d'Aumont , de
Louvois , de Flez , dela Mote ,
dUxelles, de Frontenac,de Soubiſe , de Foix , de Coaquin , de Chaſteauneuf , de la Ferté , &
Mademoiselle d'Aumont, Fille
du feu Marquis de ce nom. Ces
dernieres eſtoient magnifique- mentparées. Au fortir de laTa- ble , on montadans des Aparte- mens enchantez. Les belles
Voix del'Opéra s'y trouverents Ia Symphonie les ſeconda , & à
minuit le Mariage fut celebré.
Je ne vous parle pointdes riches & brillans Préfens qui ont eſté faits à la Mariće parMonfieur le Tellier & Mr le Premier, je vous diray ſeulement que ceux de M'le Marquis de Louvois , &de M. l'Archeveſque de Rheims ,
fes Oncles, ont fort paru. Jugez ſi luy ayant donné unAmeuble
GALANT. 177
ment de Chambre d'argent , &
tout ce qui peut ſervir à l'orner,
il peut y avoir eu rien de plus magnifique.Je tiens ces Particu- laritez d'une belle Damequi a
plus de part que moy à cette Deſcription. Comme elle a infiniment de l'eſprit , je n'ay fait que ſuivre fidellementſes idées.
Fermer
Résumé : Mariage de M. le Marquis de Beringhen, & de Mademoiselle d'Aumont. [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage récent entre le Marquis de Beringhen et Mademoiselle d'Aumont. Le Marquis de Beringhen provient d'une des plus anciennes familles des Pays-Bas et a été reçu Chevalier de Malte, bien qu'il n'ait pas encore prononcé ses vœux. Son grand-père était considéré par Henri IV, et son père était Premier Écuyer du Roi et Gouverneur des citadelles de Marseille. La mariée, Mademoiselle d'Aumont, est la fille du Duc d'Aumont, Premier Gentilhomme de la Chambre et Gouverneur de Boulogne. La famille d'Aumont est connue pour ses services militaires et ses hautes charges à la cour. Le mariage a été célébré avec une grande magnificence. La fête s'est déroulée dans l'hôtel du Duc d'Aumont, décoré somptueusement avec des meubles rares et des tableaux de maîtres. La mariée, âgée de quatorze ans, a impressionné par sa grâce et son aisance. Le souper était somptueux, avec cent plats relevés quatre fois et un dessert luxueux. La soirée a été animée par les violons du Roi et des voix de l'Opéra. Des présents magnifiques ont été offerts à la mariée, notamment un ameublement de chambre en argent par le Marquis de Louvois et l'Archevêque de Reims.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 169-173
MORTS.
Début :
N. le Tonnelier Breteüil, Chevalier de Malthe, Capitaine au [...]
Mots clefs :
Chevalier de Malthe, Académie royale des sciences, Casini
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
N. le Tonnelier Breteuil
Sept. 17120 P
170 MERCURE
Chevalier de Malthe , Ca
pitaine au regiment des
Gardes Françoifes , mourut
fubitement le 12. Septembre. Il étoit fils de feu M. de
Breteuil, Confeiller d'Etat ,
qui a exercé plufieurs années la Chargede Controlleur general des Finances ;
& frere de feu M. de Breteüil , auffi Confeiller d'Etat
& Intendant des Finances ;
de feu M. l'Evêque de Bologne; &de M. le Baronde
Breteuil , qui eft à prefent
Introducteur des Ambaſſadeurs, aprés avoir été Lec-
GALANT. 177
teur de la Chambre du
Roy, &Envoyé en plufieurs
Cours.
2
M.Jean- Dominique Caf
fini , de l'Academie Royale
des Sciences , l'un des plus
grands Aftronomes de ce
fiecle , que le Roy avoič
fait venir de Bologne il y
a plufieurs années , pour
lui donner la conduite de
l'Obfervatoire , y mourut
le 14. Septembre , âgé de
quatre-vingt-huit ans , laif
fantun fils Maître des Compres. 40 arai TuGL , MALÍ
Pij
17 MERCURE
M. Sebaftien Malo, Che
valier Seigneur de Bour
donnay , Adainville , Gouf
fainville & autres lieux
mourut fans alliance le 15.
Septembre, âgé de 85. ans.
Il étoit frere de M. Malode
Sery , mort Confeiller de la
Grand Chambre.
M. Jean-Baptifte le Ragois de Bretonvilliers, Che.
valier Seigneur de faint Dié,
Noify le Sec & autres lieux,
Lieutenant general pour
Roy au Gouvernement de
Paris , mourut fans alliance
le
GALANT 13
le 17. Septembre , âgé de 57.
ans. Il étoit fils & frere de
Meffieurs de Bretonvilliers,
morts Prefidens de la
Chambre des Comptes.
2014 S
M. Charles - Paul Bailly, Chevalier Seigneur du
Bourgneuf, mourut le ry.
Septembre.
N. le Tonnelier Breteuil
Sept. 17120 P
170 MERCURE
Chevalier de Malthe , Ca
pitaine au regiment des
Gardes Françoifes , mourut
fubitement le 12. Septembre. Il étoit fils de feu M. de
Breteuil, Confeiller d'Etat ,
qui a exercé plufieurs années la Chargede Controlleur general des Finances ;
& frere de feu M. de Breteüil , auffi Confeiller d'Etat
& Intendant des Finances ;
de feu M. l'Evêque de Bologne; &de M. le Baronde
Breteuil , qui eft à prefent
Introducteur des Ambaſſadeurs, aprés avoir été Lec-
GALANT. 177
teur de la Chambre du
Roy, &Envoyé en plufieurs
Cours.
2
M.Jean- Dominique Caf
fini , de l'Academie Royale
des Sciences , l'un des plus
grands Aftronomes de ce
fiecle , que le Roy avoič
fait venir de Bologne il y
a plufieurs années , pour
lui donner la conduite de
l'Obfervatoire , y mourut
le 14. Septembre , âgé de
quatre-vingt-huit ans , laif
fantun fils Maître des Compres. 40 arai TuGL , MALÍ
Pij
17 MERCURE
M. Sebaftien Malo, Che
valier Seigneur de Bour
donnay , Adainville , Gouf
fainville & autres lieux
mourut fans alliance le 15.
Septembre, âgé de 85. ans.
Il étoit frere de M. Malode
Sery , mort Confeiller de la
Grand Chambre.
M. Jean-Baptifte le Ragois de Bretonvilliers, Che.
valier Seigneur de faint Dié,
Noify le Sec & autres lieux,
Lieutenant general pour
Roy au Gouvernement de
Paris , mourut fans alliance
le
GALANT 13
le 17. Septembre , âgé de 57.
ans. Il étoit fils & frere de
Meffieurs de Bretonvilliers,
morts Prefidens de la
Chambre des Comptes.
2014 S
M. Charles - Paul Bailly, Chevalier Seigneur du
Bourgneuf, mourut le ry.
Septembre.
Fermer
Résumé : MORTS.
En septembre 1712, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le chevalier de Malthe, capitaine au régiment des Gardes Françaises, est décédé subitement le 12 septembre. Il était le fils de feu M. de Breteuil, conseiller d'État et ancien contrôleur général des Finances, et avait pour frères un conseiller d'État et intendant des Finances, l'évêque de Boulogne, et le baron de Breteuil, introducteur des ambassadeurs. Jean-Dominique Cassini, astronome de l'Académie Royale des Sciences et directeur de l'Observatoire, est mort le 14 septembre à l'âge de quatre-vingt-huit ans, laissant un fils maître des comptes. Sébastien Malo, chevalier seigneur de Bourdonnay, Adainville, Gouffaingville et autres lieux, est décédé sans alliance le 15 septembre à l'âge de 85 ans. Il était le frère de M. Malo de Sery, ancien conseiller de la Grand Chambre. Jean-Baptiste Le Ragois de Bretonvilliers, chevalier seigneur de Saint-Dié, Noisy-le-Sec et autres lieux, lieutenant général pour le roi au gouvernement de Paris, est mort sans alliance le 17 septembre à l'âge de 57 ans. Il était le fils et le frère des sieurs de Bretonvilliers, anciens présidents de la Chambre des Comptes. Charles-Paul Bailly, chevalier seigneur du Bourgneuf, est décédé le 19 septembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 85-91
De Venise.
Début :
Philippe de Variny grand Phisicien, Professeur Royal, mourut à Venise [...]
Mots clefs :
Venise, Philippe de Variny, Chevalier de Saint Marc, Doge, Lion de Saint Marc, Chevalier de Malthe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise.
De Venise.
,
Philippe de Variny grand
Phisicien,Professeur Royal,
mourut à Venise le 2.8.
Octobre.Ilétoit C hevalier
de S. Marc. Onne fera peutestre pas fâchédesçavoirce
.(jue c'est que Chevalier de
S. Marc.
Il y en a
de trois fortes,
la premiere cft une espece
derécompense dont leSenat
honnore particulieremenc
ceux d'entre les Nobles
Venitiens, qui ont fait de
grandes actions pour le
service de la Republique,ou
qui s'étant dignement acquittédes Ambassadesqu'on
leur avoit confiécs,reçoivent
du Senar mesme le titre de
de Chevalier qui leur avoit
été conférépar lesTêtes
Couronnées,auprés de squels
ils estoient Ambassadeurs;
ils ont le privilege de porter
la Stole d'or aux jours
de ceremonies, & sont
mesme dirtinguez les autres
jours pnr un galon d'or qui
borde la Stole noire qu'ils
portent ordinairement. Les
-
.f*'
deux autres onc accoûtumé
de se conferer à ceux qui
par le mérité des armes ou
des lettres, ont acquis l'estime de la Republique;quoique ceux-cy portent une
mesme marque de Chevalerie, on fait grande différence entre ceux qui le foilt
publiquement dans l'ExcellentissimeCollège, & ceux
qui en reçoivent le caractère
en particulier dansla chambre du Doge qui a
le pouvoir d'en créer de cette forte
quand il luy plaist. Voicy
ce qui se pratique pour la
reception des premiers.
L ExcellentissimeCollège
estant assemblé, le Cavalier
du Doge accompagnéde
l'Ecuyer & des autres Officiers de sa Sérénité,fait entrer celuy qu'on doit recevoir & le conduit aprèsles
trois reverences ordinaires
jusques au second degré du
Trône,aprés qu'il s'y est mis àOgenoux,leDogeassissous
~à D(, noux leS) a
ffis fous
un Dais au milieu de la Seigneurie luy fait connoistre
la refolurion qui a
été prise
de le faire Chevalier de fain^"
Marc,ensuite de quoy ille
frappe de l'Epée Ducale sur
chaque épaule,luydisant à>
chaque fois, estoMiles fidelis
-
& puis sur la tête en disant
encore, esto Eques Divi
Marci. Dans ce même rems
les Officiersluy attachent aux
pieds les Eperons d'or qu'ils
-
retirentaussitôt. Celaétant
fait le Doge luy met au col
une chaîne d'or où pend le
Lion de S. Marc, Symbole
ordinaire de la République;
au sortir de là il est conduit par ses Officiers jusqu'a
la porte du Palais au bruit
des Clairons & des Trom-
pettes. Ceux qui font reçus
ont le droit de Bourgeoisie
& le privilege de porter dans
leurs armes un musle de Lion
pour cimier. C'estun homme qu'on estime fort, la
distinctiondontMonsieur
de Varini a
été gratifié en le
recevant, c'est que la pluspart de ceux qu'oncrée Chevaliers de cette forte,achètent la chaîne qu'on leur met
au col, Se qu'il doit la sienne
àla libéralité de la Republique. La Croix d'or qui
pend au bas est chargée
d'azur,elleressemble fort
à celle de nos Chevaliers le
Malthe;ily a un rond au
milieu, dans lequel est un
Lion ailé d'uncôté qui tient
un
livre,& de l'autre: une
inscription.
S. C.
ALOYSIUS
CONTARENO.
DEI GRATIA
DUX VENETIARUM.
Et autour du rond.
VIRTUTIS
,
ET
HONORIS PRÆMIU
,
Philippe de Variny grand
Phisicien,Professeur Royal,
mourut à Venise le 2.8.
Octobre.Ilétoit C hevalier
de S. Marc. Onne fera peutestre pas fâchédesçavoirce
.(jue c'est que Chevalier de
S. Marc.
Il y en a
de trois fortes,
la premiere cft une espece
derécompense dont leSenat
honnore particulieremenc
ceux d'entre les Nobles
Venitiens, qui ont fait de
grandes actions pour le
service de la Republique,ou
qui s'étant dignement acquittédes Ambassadesqu'on
leur avoit confiécs,reçoivent
du Senar mesme le titre de
de Chevalier qui leur avoit
été conférépar lesTêtes
Couronnées,auprés de squels
ils estoient Ambassadeurs;
ils ont le privilege de porter
la Stole d'or aux jours
de ceremonies, & sont
mesme dirtinguez les autres
jours pnr un galon d'or qui
borde la Stole noire qu'ils
portent ordinairement. Les
-
.f*'
deux autres onc accoûtumé
de se conferer à ceux qui
par le mérité des armes ou
des lettres, ont acquis l'estime de la Republique;quoique ceux-cy portent une
mesme marque de Chevalerie, on fait grande différence entre ceux qui le foilt
publiquement dans l'ExcellentissimeCollège, & ceux
qui en reçoivent le caractère
en particulier dansla chambre du Doge qui a
le pouvoir d'en créer de cette forte
quand il luy plaist. Voicy
ce qui se pratique pour la
reception des premiers.
L ExcellentissimeCollège
estant assemblé, le Cavalier
du Doge accompagnéde
l'Ecuyer & des autres Officiers de sa Sérénité,fait entrer celuy qu'on doit recevoir & le conduit aprèsles
trois reverences ordinaires
jusques au second degré du
Trône,aprés qu'il s'y est mis àOgenoux,leDogeassissous
~à D(, noux leS) a
ffis fous
un Dais au milieu de la Seigneurie luy fait connoistre
la refolurion qui a
été prise
de le faire Chevalier de fain^"
Marc,ensuite de quoy ille
frappe de l'Epée Ducale sur
chaque épaule,luydisant à>
chaque fois, estoMiles fidelis
-
& puis sur la tête en disant
encore, esto Eques Divi
Marci. Dans ce même rems
les Officiersluy attachent aux
pieds les Eperons d'or qu'ils
-
retirentaussitôt. Celaétant
fait le Doge luy met au col
une chaîne d'or où pend le
Lion de S. Marc, Symbole
ordinaire de la République;
au sortir de là il est conduit par ses Officiers jusqu'a
la porte du Palais au bruit
des Clairons & des Trom-
pettes. Ceux qui font reçus
ont le droit de Bourgeoisie
& le privilege de porter dans
leurs armes un musle de Lion
pour cimier. C'estun homme qu'on estime fort, la
distinctiondontMonsieur
de Varini a
été gratifié en le
recevant, c'est que la pluspart de ceux qu'oncrée Chevaliers de cette forte,achètent la chaîne qu'on leur met
au col, Se qu'il doit la sienne
àla libéralité de la Republique. La Croix d'or qui
pend au bas est chargée
d'azur,elleressemble fort
à celle de nos Chevaliers le
Malthe;ily a un rond au
milieu, dans lequel est un
Lion ailé d'uncôté qui tient
un
livre,& de l'autre: une
inscription.
S. C.
ALOYSIUS
CONTARENO.
DEI GRATIA
DUX VENETIARUM.
Et autour du rond.
VIRTUTIS
,
ET
HONORIS PRÆMIU
Fermer
Résumé : De Venise.
Le texte relate la mort de Philippe de Variny, physicien et professeur royal, survenue à Venise le 2 août 1700. Il était Chevalier de Saint-Marc, une distinction vénitienne. Les Chevaliers de Saint-Marc sont divisés en trois catégories. La première récompense les nobles vénitiens pour des actions remarquables au service de la République ou pour avoir représenté Venise auprès des cours étrangères. Ces chevaliers portent une stole d'or lors des cérémonies et un galon d'or sur leur stole noire en temps ordinaire. Les deux autres catégories concernent ceux ayant mérité cette distinction par leurs exploits militaires ou intellectuels. La cérémonie de réception se déroule dans l'Excellentissime Collège, où le Doge frappe l'épaule du récipiendaire avec l'épée ducale et lui remet une chaîne d'or avec un lion de Saint-Marc. Philippe de Variny a reçu cette distinction sans acheter la chaîne, contrairement à la plupart des récipiendaires. La croix d'or qu'il porte ressemble à celle des Chevaliers de Malte et comporte une inscription et un lion ailé tenant un livre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 78-80
De Paris.
Début :
Le Baron d'Espar, General Suedois, est arrivé ici depuis [...]
Mots clefs :
Chevalier de Malthe, Lyon, Roi, Piédestal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
LeBarond'Espar,General
Suedois) est arrivé ici
depuis quelques jours;dépêché
par le Roy sonmaître
pour quelque négociation
, & on veut qu'il ait
engagé le Duché de Deux-
Ponts au Roy de France
',
pour plusieurssommes d'argent
qu'il lui a envoyées.
-"Unegrande partieMes
Officiers François vent servir
dans la Républiquede
Venise contre les Turcs.. T
Le Comte d'Estaires,
Ambassadeur d'Angleterre,
est arrivé en cetteville
pour remplacer M. Prior,
qui s'en retournera dans
peu. G iiij
Il est arrivé à Lyon pliîsieurs
barques chargées de
marbre de Genes, pour erre
employé à l'ornement du
pié d'estal de la Figure du
Roy,mise dans la Place de
Louis le Grand, ci- devant
Bellecour.
Les Chevaliers de Malthe
ont reçu un dernier ordre
du Grand Maître de se
rendre à Malrhe pour le 15.
de Mars. Il partent aduellement.
LeBarond'Espar,General
Suedois) est arrivé ici
depuis quelques jours;dépêché
par le Roy sonmaître
pour quelque négociation
, & on veut qu'il ait
engagé le Duché de Deux-
Ponts au Roy de France
',
pour plusieurssommes d'argent
qu'il lui a envoyées.
-"Unegrande partieMes
Officiers François vent servir
dans la Républiquede
Venise contre les Turcs.. T
Le Comte d'Estaires,
Ambassadeur d'Angleterre,
est arrivé en cetteville
pour remplacer M. Prior,
qui s'en retournera dans
peu. G iiij
Il est arrivé à Lyon pliîsieurs
barques chargées de
marbre de Genes, pour erre
employé à l'ornement du
pié d'estal de la Figure du
Roy,mise dans la Place de
Louis le Grand, ci- devant
Bellecour.
Les Chevaliers de Malthe
ont reçu un dernier ordre
du Grand Maître de se
rendre à Malrhe pour le 15.
de Mars. Il partent aduellement.
Fermer
Résumé : De Paris.
Le baron d'Espar, général suédois, est à Paris pour négocier avec le roi de France concernant le Duché de Deux-Ponts. Plusieurs officiers français se préparent à aider la République de Venise contre les Turcs. Le comte d'Estaires remplace M. Prior comme ambassadeur d'Angleterre. À Lyon, du marbre de Gênes arrive pour la statue royale. Les Chevaliers de Malte doivent rejoindre Malte avant le 15 mars.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer