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1
p. 164-172
SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Début :
Venons aux Vers que Mr de Corneille l'aisné a presentez [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Roi, Feuille volante, Victoires, Parélie, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
Ve- nons aux Vers que Mr deCor- neille l'aiſné a preſentez au Roy fur ces Conqueſtes. Je - pourrois me diſpenſerde vous les envoyer , parce qu'ils font imprimez ; mais comme ils ne le font qu'en feüille volante, il eſt bon devousdonner lieu de
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
les conſerver &d'ailleurs fi le mot de Parélie a embaraſſé
quelqu'une de vos Dames de Province , vous leur en ferez
voir l'explication dans le cha-
120 LE MERCVRE
;
gement des deux Vers où ce moteſtoit employé.
SUR LES VICTOIRES
Du ROY.
E vous l'avois bien dit , Enne- IE mis de la France ,
Quepour vous la Victoire auroit
peu de constance ,
Etque de Philisbourgàvos armes
rendu
Lepéniblefuccésvous feroit cher
vendu.
Apeine la Campagne aux Zéphirs est ouverte ,
Et trois Villes déjareparent nostre
perte ;
Trois Villes dont la moindre cust
pûfaire unEtat ,
Lors que chaque Province avoit
fon Potentat ;
Trois
GALANT. 121
Trois Villes qui pouvoient tenir
autantd'années ,
Si le Cielà Loüis ne les eust destinées Et commefi leur priſe étoit trop
peupournous,
Mont-Caffelvous apprendceque peſent nos coups.
Loürs n'aqu'àparoiſtre, &vos Murailles tombent ,
Iln'a qu'àdonner l'ordre, &vas
Hérosfu combent ;
Et tandis quefa gloire arreſte en d'autres lieux
L'honneurdeſapresence, &l'ef- fortdesesyeux ,
L'Ange de qui le brasfoûtientfon Diademe
Vous terraſſe pour luy par un au- tre luy-meſme ,
EtDieu pour luy donner unferme &digne appuy ,
Tome V. L
122 LE MERCVRE
Ne fait qu'un Conquerant de
PHILIPPE &de luy.
Ainſi quandle Soleil fur un
épais nüage ,
Poursefaire unſecond , imprime Sonimage,
Leur hauteur est égale , &leur
éclatpareil ,
Nous voyons deux Soleils qui ne font qu'un Soleil :
Sous un double dehors il est toujours unique ,
Seul maistre des rayons qu'àl'autre il communique ,
Et ce brillantportrait qu'illumi- nent ſes foins
Ne brilleroit pas tant ,
reſſembloit moins.
s'il luy
-Mais c'est aßez, Grand Roy,c'est affez de Conquestes ,
Laiſſe àd'autres ſaiſons celleson tu t'appreſtes:
GALANT. 123 Quelque jufte bonheur qui fuive
tes projets,
Nous envions ta veuë àtes nouveaux Sujets.
Ils bravent tes Drapeaux, tes Ca- nons les foudroyent,
Etpour tout chaſtiment tu les vois,
ils te voyent ;
Quelprix de leur défaite, &que
tantdebonté
Rarement accompagne un Vainqueur irrité!
Pour nous , qui nemettons noftre
bien qu'en ta veuë ,
Vange- nous du long-temps que nous l'avons perduë,
Du vol qu'ils nous en font vien nousfaire raiſon ,
Ramene nos Soleils deſſus nostre
Orifon :
Quandon vient d'entaſſervictoi refur victoire,
L 2
124 LE. MERCVRE
In moment de repos fait mieux.
gouter lagloire,
Et je te le redis , nous devenons
jaloux
Decesmeſmesbonheurs quit'éloignent de nous.
S'ilfaut combatre encor, tupeux
deton Versailles
Forcerdes Bastions, &gagnerdes
Batailles ,
Et tes Pareils, pourvaincre en ces
nobles hazards ,
N'ont pas toûjours beſoin d'y porter leurs regards.
C'est deton Cabinet qu'ilfaut que
tu contemples Quelfruit tes Ennemis tirent de
tes Exemples ,
Et par quel long tiſſu d'illustres
actions,
Ils sçauront profiter de tes inf tructions.
GALANT. 125 Egalezen six mois l'effet de fix Semaines ;
Vousferiezaffezforts pouren ve- niràbout ,
Si vous ne trouviezpas nostre grand Roy par tout.
Par tout vous trouverezSon ame,
&Son ouvrage ,
Des Chefs faits de samain , for- mezsurson courage ,
Pleins de ſa haute idée, intrépides , vaillans ,
Iamais presque afſaillis , toûjours presque affaillans ;
Par tout de vrais François , Sol- dats dés leurs enfance,
Attachezau devoir , prompts à
l'obeiſſance ;
Par tout enfin des cœurs quiſçavent aujourd'huy Lefairepartout craindre , &ne craindre que luy.
L3
126 LE MERCVRE
Sur le Zele , Grand Roy , de ces
ames guerrieres,
Tu peux te reposerduſoinde tes
Frontieres,
Attendant que leur bras vainqueurde tes Flamans,
Mefle un nouveaux triomphe à
tes délaffemens.
Qu'il réduiſſe à la Paix laHol- lande &l'Espagne,
Que par un coup de Maistre il fermeta Campagne ,
Et que l'Aigle jaloux n'enpuiſſe
remporter Que lefortdes Lions que tu viens
de dompter.
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Résumé : SUR LES VICTOIRES DU ROY.
La lettre accompagne des vers dédiés aux victoires du roi, présentés par Monsieur de Corneille l'aîné. L'auteur souligne que ces vers, bien que déjà imprimés en feuilles volantes, méritent d'être conservés. Il explique le mot 'Parélie', qui pourrait avoir embarrassé certaines dames de province. Les vers célèbrent les conquêtes récentes du roi, notamment la prise de trois villes importantes, et mettent en avant la rapidité et l'efficacité des victoires royales. Le texte compare le roi à un soleil dont l'éclat est unique et incomparable. Il exprime également le désir de voir le roi revenir et de profiter de ses victoires. Enfin, il loue les soldats français, formés par le roi, qui sont courageux et dévoués, et exprime l'espoir que leurs victoires continueront de protéger les frontières du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 87-109
SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Début :
La lumiere entant qu'elle est contenuë dans le corps [...]
Mots clefs :
Corps lumineux, Lumière, Corps opaque, Ombres, Catoptrique, Dioptrique, Arc-en-ciel, Parélie, Microscopes, Couronnes célestes, Vision
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
SUITE DU DISCOURS
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
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Résumé : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Le texte explore la nature et la propagation de la lumière. La lumière, issue d'un corps lumineux, est décrite comme une action par laquelle ce corps émet de la lumière matérielle autour de lui. Cette émission résulte du mouvement d'une matière fluide et agitée à la surface du corps lumineux, qui tend à s'étendre. Un combat perpétuel oppose cette matière à l'éther environnant, chacun alternant entre victoire et défaite. La lumière se propage en poussant les couches de lumière environnantes, formant des sphères concentriques similaires aux cercles dans l'eau après un impact. La lumière pénètre facilement les parties transparentes de l'œil pour impressionner les esprits animaux au fond de l'œil, permettant ainsi la vision. Le texte distingue entre la lumière directe et la lumière réfléchie, expliquant que les objets sont vus grâce à la lumière réfléchie par leur surface. Les couleurs et les ombres sont également mentionnées comme des effets de la lumière. Le texte annonce une suite de discours sur les ombres, les pénombres, la lumière réfléchie et la lumière réfractée, ainsi que sur les propriétés des miroirs et des verres. Il mentionne également des phénomènes célestes comme les arcs-en-ciel et les parhélies, dont l'explication sera développée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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