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1
p. 192-212
Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Début :
L'Academie Royale des Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Discours, Mercure, Opium, Vitriol, Vapeurs, Sel, Chaux, Tartre, Chimiste
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Ne croyant pas pou voir donner ce mois-ci
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
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Résumé : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale des Sciences le 6 avril, l'Abbé Bignon félicita la compagnie pour l'absence de décès d'académiciens au dernier semestre. Plusieurs mémoires furent présentés. Mr Lemery, fils, lut un mémoire sur les différentes couleurs des précipités du mercure, expliquant que le mercure dissous dans l'esprit de nitre change de couleur selon les substances ajoutées. Il attribua la couleur jaune ou rouge du mercure à la présence de 'parties de feu' dans les substances mélangées. Mr Cassini, fils, présenta un mémoire sur le flux et le reflux de la mer, fournissant des moyens de déterminer l'heure des marées en France et démontrant que les mouvements réguliers de la mer dépendent principalement de la pression lunaire. Mr Boulduc, père, découvrit un nouvel opium à partir des fleurs de coquelicot, somnifère doux et utile, contrairement à l'opium ordinaire qui peut avoir des effets néfastes. Mr Vinflou, anatomiste, discuta des glandes animales, les classant en six catégories : glandes conglobées, conglomérées, en grain, à poil, irrégulières et imperceptibles. Il décrivit la structure de plusieurs glandes, comme celles de l'estomac, du rein, du foie et de la rate. L'Abbé Bignon conclut chaque présentation en soulignant l'utilité des observations et découvertes présentées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 32-42
EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Début :
Monsieur, Un habile Chimiste de mes amis, qui ne veut [...]
Mots clefs :
Londres, Chat, Venin, Rage, Expérience, Chimiste, Baquet, Araignées, Musique, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
EXPERIENCE
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
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Résumé : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Un chimiste a mené une expérience sur un chat enragé afin de tester un remède. Pour préserver son anonymat jusqu'à la vérification de son traitement, il a suspendu un chat robuste avec des cordes et l'a soumis à des coups violents pour provoquer une rage intense. Ensuite, le chat a été immergé dans un baquet d'eau tiède contenant une distillation préparée à partir d'araignées italiennes, similaires aux tarentules. Après ce traitement, le chat est devenu calme et a accepté de la nourriture avec douceur. Le texte décrit également les effets variés du venin de la tarentule, qui peuvent inclure l'incapacité à dormir, des plaintes continues, des rires incessants, des grincements de dents, ou des danses. Le venin affecte également la perception des couleurs et peut provoquer des vomissements ou des sueurs abondantes. La distillation utilisée dans l'expérience est dérivée de ce venin, connu pour ses effets surprenants et contraires. Le chimiste prévoit de tester son remède sur d'autres animaux et humains atteints de rage avant de le rendre public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 101-121
Rentrée de l'Academie.
Début :
Le Mercredi 15. Novembre l'Academie Royale des Sciences reprit ses [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Fontenelle, Éloge, Botaniste, Poudre, Chimiste, Extensibilité, Matériaux , M. Homberg, Charité
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texteReconnaissance textuelle : Rentrée de l'Academie.
Rentrée de l' Academie.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
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Résumé : Rentrée de l'Academie.
Le 15 novembre, l'Académie Royale des Sciences reprit ses activités avec une assemblée publique. Monsieur de Fontenelle, secrétaire de l'Académie, rendit hommage à Monsieur Blondin, un botaniste récemment décédé. Ensuite, le Sieur Martino Poli, associé étranger, présenta une méthode pour créer une poudre imitant les perles orientales. Il utilisa du bismuth ou de l'étain de glace et du sublimé corrosif, distillés pour obtenir une poudre fine et résistante au feu. Poli discuta des volatilisations et fixations en chimie, affirmant que beaucoup de ces processus ne sont pas véritables et promettant un mémoire sur le sujet. Il mentionna les usages de sa poudre, notamment pour créer des perles et dans la peinture. Monsieur de Reaumur lut ensuite un mémoire sur la divisibilité et l'extensibilité de la matière, illustré par des exemples comme les feuilles d'or battu et les fils d'araignée. Il mentionna également la possibilité de tirer le verre en un fil fin et flexible, et décrivit l'anatomie des organes des araignées produisant leurs fils. Monsieur Homberg présenta un mémoire sur la pénétration des métaux par certaines substances, comme la matière magnétique, l'encre de sympathie, et les émanations de la pierre de Boulogne. Il décrivit plusieurs expériences, dont une où un sel passe à travers une cuillère de fer sans l'altérer. L'assemblée se conclut par des observations médicales rapportées par M. Imbert. La première concernait un charpentier resté endormi pendant quatre mois après un choc émotionnel. La seconde portait sur un homme en Hollande ayant dormi plus d'un an. M. Imbert accompagna ces observations de réflexions et d'explications physiques.
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p. 968-969
COULEURS pour la Peinture, nouvellement inventées. Extrait d'une Lettre écrite de Londres le 15. Avril 1730.
Début :
Mr Boyle Godefroy, Chimiste de réputation dans cette Ville, a fait deux ou trois Découvertes [...]
Mots clefs :
Couleurs, Chimiste, Peinture
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texteReconnaissance textuelle : COULEURS pour la Peinture, nouvellement inventées. Extrait d'une Lettre écrite de Londres le 15. Avril 1730.
COULEURS pour la Peinture , nouvellement
inventées. Extrait d'une Lettre
écrite de Londres le 15. Avril 1730 .
Mdans cette ville , a fait deux ou trois Dé-
R Boyle Godefroy, Chimifte de réputation ,
Couvertes qui feront d'un grand ufage dans la
Peinture,par la compofition nouvelle de laCouleur
verte , dont on ne peut fe paffer. La premiere regarde
le verd avec lequel on peint les Ornemens
des maifons , des Vaiſſeaux , & autres Décorations,
Les Ingrédiens qui font ce verd coutent
beaucoup , & font dangereux à la fanté de ceux
qui la préparent, ou qui s'en fervent, comme l'experience
le montre tous les jours. De plus ce Verd
n'c
MAY. 1730. 960
•
n'eft point de durée , il perd fa force & s'efface
entierement en peu de tenips. La nouvelle
Compofition donne une très-belle couleur verte
pour les ufages qu'on vient de dire , elle eft d'une
confiftance molle , n'a pas beſoin d'être pilée , &
n'eft en aucune façon mal- faiſante . Elle dure longtemps
, conferve le bois & le fer fur lequel on
l'employe , & eft enfin d'un fort bas prix.
L'autre Découverte regarde les Peintres en
Miniature , en Payfages & en Fleurs , qui ne fe
font jamais fervis d'autre verd, que d'une compofition
de jaune & de bleu . M. Boyle en a inventé
une autre qui a toutes les qualitez qu'on peut defirer.
Elle donne trois ou quatre differentes Teintes
, & eft encore d'un prix fort raiſonnable : fan's
parler d'un autre Verd de fon invention , qui
fervira pour les Peintres en Eventails & autres
femblables Ouvrages . Le tout a été examiné &
approuvé par des Juges competans ; enforte que
dans peu de jours ces nouvelles Couleurs fe vendront
publiquement , en vertu d'une Patente du
Roi d'Angleterre , chez M. Reads , près le Can
baret , dans la Place dite le Convent Jardin.
inventées. Extrait d'une Lettre
écrite de Londres le 15. Avril 1730 .
Mdans cette ville , a fait deux ou trois Dé-
R Boyle Godefroy, Chimifte de réputation ,
Couvertes qui feront d'un grand ufage dans la
Peinture,par la compofition nouvelle de laCouleur
verte , dont on ne peut fe paffer. La premiere regarde
le verd avec lequel on peint les Ornemens
des maifons , des Vaiſſeaux , & autres Décorations,
Les Ingrédiens qui font ce verd coutent
beaucoup , & font dangereux à la fanté de ceux
qui la préparent, ou qui s'en fervent, comme l'experience
le montre tous les jours. De plus ce Verd
n'c
MAY. 1730. 960
•
n'eft point de durée , il perd fa force & s'efface
entierement en peu de tenips. La nouvelle
Compofition donne une très-belle couleur verte
pour les ufages qu'on vient de dire , elle eft d'une
confiftance molle , n'a pas beſoin d'être pilée , &
n'eft en aucune façon mal- faiſante . Elle dure longtemps
, conferve le bois & le fer fur lequel on
l'employe , & eft enfin d'un fort bas prix.
L'autre Découverte regarde les Peintres en
Miniature , en Payfages & en Fleurs , qui ne fe
font jamais fervis d'autre verd, que d'une compofition
de jaune & de bleu . M. Boyle en a inventé
une autre qui a toutes les qualitez qu'on peut defirer.
Elle donne trois ou quatre differentes Teintes
, & eft encore d'un prix fort raiſonnable : fan's
parler d'un autre Verd de fon invention , qui
fervira pour les Peintres en Eventails & autres
femblables Ouvrages . Le tout a été examiné &
approuvé par des Juges competans ; enforte que
dans peu de jours ces nouvelles Couleurs fe vendront
publiquement , en vertu d'une Patente du
Roi d'Angleterre , chez M. Reads , près le Can
baret , dans la Place dite le Convent Jardin.
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Résumé : COULEURS pour la Peinture, nouvellement inventées. Extrait d'une Lettre écrite de Londres le 15. Avril 1730.
En avril 1730, à Londres, Robert Boyle et Godefroy ont inventé de nouvelles couleurs pour la peinture. La première découverte est une nouvelle composition de couleur verte, destinée à peindre les ornements des maisons, des vaisseaux et autres décorations. Les ingrédients traditionnels de cette couleur verte sont coûteux et dangereux pour la santé. La nouvelle composition offre une couleur verte de haute qualité, non toxique, durable et économique. Elle protège également le bois et le fer. La seconde découverte concerne les peintres en miniature, en paysages et en fleurs, qui utilisaient jusqu'alors une composition de jaune et de bleu. Boyle a inventé une nouvelle composition verte offrant plusieurs teintes différentes, tout en restant abordable. Il a également développé un autre vert destiné aux peintres d'éventails et autres ouvrages similaires. Ces nouvelles couleurs ont été examinées et approuvées par des juges compétents. Elles seront bientôt disponibles à la vente chez M. Reads, près du Canberet, dans la Place du Convent Jardin, en vertu d'une patente royale.
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