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Liste
1
p. 10-24
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Il y a eu icy dans le mesme temps beaucoup [...]
Mots clefs :
Conversions, Amour, Cavalier, Demoiselle, Croyances, Coeur, Habits, Religion, Mariage, Religion prétendue réformée, Catholique, Renoncer à l'erreur, Aveu, Vérité, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Il y a eu icy dans le meſ
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans un parc parisien, un cavalier s'éprend d'une jeune femme appartenant à une religion différente de la sienne. Pour se rapprocher d'elle, il simule l'adoption de ses croyances et obtient ainsi sa confiance. Leur relation évolue rapidement, et la jeune femme accepte de l'épouser après qu'il lui a révélé sa véritable foi catholique. Elle décide de se convertir, soutenue par un érudit. Cependant, une parente de la jeune femme, scandalisée par cette conversion, persuade la mère de s'opposer au mariage. La mère refuse catégoriquement l'union malgré les supplications et les menaces de sa fille, qui reste résolue. La jeune femme abjure publiquement sa foi, mais cette action ne lui procure guère de satisfaction en raison des obstacles rencontrés. La mère, furieuse, refuse de pardonner à l'amant et surveille étroitement sa fille. Parallèlement, le père du cavalier désapprouve la relation en raison d'une dot insuffisante, interdisant à son fils de fréquenter la jeune femme. Malgré ces difficultés, les amants continuent de communiquer par lettres, se promettant une fidélité éternelle et espérant surmonter les obstacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 239-249
Livre de M. Forestier, contenant les raisons qui ont obligé les Protestans de France à se réünir à l'Église Romaine. [titre d'après la table]
Début :
J'ay encore a vous entretenir d'un Ouvrage singulier en sa maniere, [...]
Mots clefs :
Ouvrage, Conversion, Ministre, Hollande, Ambassadeur, Abjuration, Hérésie, Protestants, Louis le Grand, Prétendus réformés, Église catholique, Ennemis, Croyances, Cérémonies, Écriture, Conciles, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livre de M. Forestier, contenant les raisons qui ont obligé les Protestans de France à se réünir à l'Église Romaine. [titre d'après la table]
J'ay encore à vous entrecenir
d'un Ouvrage singulier
en samaniéré, & je croy que
tout cc que je vous envoye
ce moiscy touchant les Arts,
&lesSciences,vous donnera.
dIkujdtfi&epus1-osuçV'djaSmesfoi,n?; estM'-JEpi'elîijpiî,çjrfnt^jçivous
ayparlerans*Jeteti^ps, de{&
conversion.Il cft né àMontpe,
Ujfcry& a exercé les fonctionsdeMinistredlaReligion
prétenduëreformée., Comme
ses parens sont Hollandais, ilcHé;élevéen- Hollande
désj^ge^de;(Jix. huit 1110is;,
&, çpiyoyê par les Etats-
Générauxdes Provinces unies
des Plys-b?s en 1675. en qua
litéde Ministreà l'arméede
Mfte Marquis,deMonpoüil
lan. En.iS^éril fut nommé
-,
i,
par
par les mesmes Etats pour
allerà la Porte Othomaneavec
leur Ambassadeur,& en
1681. pour venir en France avec
l'Ambassadeur qu'ils y
envoyerent il sir abjuration
de l'Heresie en Octobre1686.
entre les mains de Mrl'Archevesque
de Paris. Tant de
differens Emplois marquant
l'estime que les Etats Généraux
faisoient du sÇav-oir de
MA Forestier, vous doivent
faire avoir bonne opinion de
iorr Ouvrage. Il contient les
juites & principales raisons
qui ont obligé les Protestans
de France a le reiïmr a 1bglise
Romaine fous le Regne
deLOUIS LE GRAND.
• La premiere est fondée sur
leur Schisme.L'Autheur prou.
ve par des Argumess invincibles,
tirez de - l'Ecriture,des
Saints Peres, & des propres
princi pes des Pretendus Reformez
,qu'ils n'ont pu, sans
se déclarermanifestement rebellesà
Dieu, & àses Ministres,
se separer de l'Eglise
Romaine , & il resout toutes
les difficultez principales des
Averlaires,, •'
Dans la", seconde
,
l'Autheur
fait voir d'une maniere
auez particuliere
, que les
Pretendus Reformezsont la
vraye Babylone del'Apocalypse
,&ilparle de leursDu
vi sions scandaleuses, & des
Differends infinis qu'ils ont
enrre- eux en matiere de Religion
, comme s'en estant in-
-
rbrmé luy mesne, ce qu'ila
pû faire,à cause des occasions
où il s'cil. rencontré. Il juftifie
inefrne;leglise Catholique
contre lesaccusations de
ses Ennemis, & montre corn-.*
ment les portes de l'Enfer ne
prévaudront jamais contre
elle. X ij
On peut dire que parmy
les differentes methodes dont
les Docteurs Catholiques se
font servis tres utilement pour
la conversion desPretendus
Reformez, la plus considerableest
celle qui esttirée de
ionien quelesProtestans de
France sirent avecles Lutheriens
en 1631 & de celle qu'ils
ont avec les Protestansd'Angleterre.
C'est la troiúémé
raison dont l'Autheur se fert
dans cet Ouvrage,&il prouve
par leurs propres Docteurs,
quecesLutheriens& Anglois
nes'accordent guere avec les
Pirote(tamclc ce Royaume,
sur les principauxArticles de
leucCroyance..Ilfaicniefme
voirparleurs Liturgies conrment
cIlles &An^teis.s'accordent avec:
les GackqUqucs sur des Arti
eles-îd^KQ^de la derniere con*-
sequence
,
d'où il conclud.
par une conclusion necessaire
,quelesProtestans de-j
France,qui ont bien voula
s'unic avec des Etrangers,
n'ont pûrefuserde s' unir avec
ceux irlife Gallicane
IqLuifont leurs propres Freres.
résoutaussi toutes les difficultez
que l'on peut former
contre cette Réunion.
L'Autheur fait voir dans la
quatriéme,qu'on doitnecefsairement
reconnoistre les
Traditions Apostoliques, &:
avoir une venerition particuliere
pour la Messe( dont il
ra pporte en peu de paroles la
plusparte desMysteres) pour
les autres Sacremens,& enfin'
pour les Cérémonies,&cela
par l'Ecriture. & par le témoignage
des Saints Peres qui
ont vêcu pendant les premiers
Siecles, que les Prétendus
Reformez nomment
les beaux jours del'Eglise.
Cet Ouvragea ejïç leu .pai?
plusieurs personnes fort.éclair
rees, qui l' ont trouvé tres-uti
le pour ramener à, ,la connois
lance dela Verité ceux.qui
sont encore dans l'égarement
& pour confirmer;dansles
sentimens de la Foy Catholique
les Réünis, Ces mesmes
perfonçes ont.die. -qu'il, elfe
remplyd'.esprit &f' de ju gement,
&que l'A uthcur y a
traité les principaux Articlesdasqsléae
,Reljgiond'une.maniéré- ,agreable,
solide,& particuliere;
que les difficultézqu'on
nous oppose y sont
levées clairement, & qu'il y
fait voir une connoissance
profonde de l'Histoire & des
Conciles. Le Roy ,à qui cet
Ouvrage est dédié,comme à
celuy qui a prés Dieu a le plus
contribué àcette réunion
generale, par sapieté & par
foozete. aJtnirabfe pour fEglise
, si connoistre l'estime
qu'il en faisoit par les marques
de bontéqu'il donna le
derniermoisiTAutheur,qui.
eut kdorifaîactqnAehtendre
de saproprebouche, que S4
Majellë eiïda contente du
bon témoignagequonluy
avoit rendu de saç^nduire'^
&.,qu'EUe se souviendrait de|
luy. Ce futMr l'Archevesque.
de Paris qui le p^clenraa$£
Roy. L'Autheur ijcpeuta!j}
sez seloüer desbpntcz^qu£
cegrandPrélatW:è'Ëmki
gnéesenplusieursrencontrès.
OntrouvesonOu^ra^e
àrueSaintJacque$.;-.& dans laCour^-neuvedu^Palais, au
Dauphin. ",.j. : c
, Je ,ypia|
d'un Ouvrage singulier
en samaniéré, & je croy que
tout cc que je vous envoye
ce moiscy touchant les Arts,
&lesSciences,vous donnera.
dIkujdtfi&epus1-osuçV'djaSmesfoi,n?; estM'-JEpi'elîijpiî,çjrfnt^jçivous
ayparlerans*Jeteti^ps, de{&
conversion.Il cft né àMontpe,
Ujfcry& a exercé les fonctionsdeMinistredlaReligion
prétenduëreformée., Comme
ses parens sont Hollandais, ilcHé;élevéen- Hollande
désj^ge^de;(Jix. huit 1110is;,
&, çpiyoyê par les Etats-
Générauxdes Provinces unies
des Plys-b?s en 1675. en qua
litéde Ministreà l'arméede
Mfte Marquis,deMonpoüil
lan. En.iS^éril fut nommé
-,
i,
par
par les mesmes Etats pour
allerà la Porte Othomaneavec
leur Ambassadeur,& en
1681. pour venir en France avec
l'Ambassadeur qu'ils y
envoyerent il sir abjuration
de l'Heresie en Octobre1686.
entre les mains de Mrl'Archevesque
de Paris. Tant de
differens Emplois marquant
l'estime que les Etats Généraux
faisoient du sÇav-oir de
MA Forestier, vous doivent
faire avoir bonne opinion de
iorr Ouvrage. Il contient les
juites & principales raisons
qui ont obligé les Protestans
de France a le reiïmr a 1bglise
Romaine fous le Regne
deLOUIS LE GRAND.
• La premiere est fondée sur
leur Schisme.L'Autheur prou.
ve par des Argumess invincibles,
tirez de - l'Ecriture,des
Saints Peres, & des propres
princi pes des Pretendus Reformez
,qu'ils n'ont pu, sans
se déclarermanifestement rebellesà
Dieu, & àses Ministres,
se separer de l'Eglise
Romaine , & il resout toutes
les difficultez principales des
Averlaires,, •'
Dans la", seconde
,
l'Autheur
fait voir d'une maniere
auez particuliere
, que les
Pretendus Reformezsont la
vraye Babylone del'Apocalypse
,&ilparle de leursDu
vi sions scandaleuses, & des
Differends infinis qu'ils ont
enrre- eux en matiere de Religion
, comme s'en estant in-
-
rbrmé luy mesne, ce qu'ila
pû faire,à cause des occasions
où il s'cil. rencontré. Il juftifie
inefrne;leglise Catholique
contre lesaccusations de
ses Ennemis, & montre corn-.*
ment les portes de l'Enfer ne
prévaudront jamais contre
elle. X ij
On peut dire que parmy
les differentes methodes dont
les Docteurs Catholiques se
font servis tres utilement pour
la conversion desPretendus
Reformez, la plus considerableest
celle qui esttirée de
ionien quelesProtestans de
France sirent avecles Lutheriens
en 1631 & de celle qu'ils
ont avec les Protestansd'Angleterre.
C'est la troiúémé
raison dont l'Autheur se fert
dans cet Ouvrage,&il prouve
par leurs propres Docteurs,
quecesLutheriens& Anglois
nes'accordent guere avec les
Pirote(tamclc ce Royaume,
sur les principauxArticles de
leucCroyance..Ilfaicniefme
voirparleurs Liturgies conrment
cIlles &An^teis.s'accordent avec:
les GackqUqucs sur des Arti
eles-îd^KQ^de la derniere con*-
sequence
,
d'où il conclud.
par une conclusion necessaire
,quelesProtestans de-j
France,qui ont bien voula
s'unic avec des Etrangers,
n'ont pûrefuserde s' unir avec
ceux irlife Gallicane
IqLuifont leurs propres Freres.
résoutaussi toutes les difficultez
que l'on peut former
contre cette Réunion.
L'Autheur fait voir dans la
quatriéme,qu'on doitnecefsairement
reconnoistre les
Traditions Apostoliques, &:
avoir une venerition particuliere
pour la Messe( dont il
ra pporte en peu de paroles la
plusparte desMysteres) pour
les autres Sacremens,& enfin'
pour les Cérémonies,&cela
par l'Ecriture. & par le témoignage
des Saints Peres qui
ont vêcu pendant les premiers
Siecles, que les Prétendus
Reformez nomment
les beaux jours del'Eglise.
Cet Ouvragea ejïç leu .pai?
plusieurs personnes fort.éclair
rees, qui l' ont trouvé tres-uti
le pour ramener à, ,la connois
lance dela Verité ceux.qui
sont encore dans l'égarement
& pour confirmer;dansles
sentimens de la Foy Catholique
les Réünis, Ces mesmes
perfonçes ont.die. -qu'il, elfe
remplyd'.esprit &f' de ju gement,
&que l'A uthcur y a
traité les principaux Articlesdasqsléae
,Reljgiond'une.maniéré- ,agreable,
solide,& particuliere;
que les difficultézqu'on
nous oppose y sont
levées clairement, & qu'il y
fait voir une connoissance
profonde de l'Histoire & des
Conciles. Le Roy ,à qui cet
Ouvrage est dédié,comme à
celuy qui a prés Dieu a le plus
contribué àcette réunion
generale, par sapieté & par
foozete. aJtnirabfe pour fEglise
, si connoistre l'estime
qu'il en faisoit par les marques
de bontéqu'il donna le
derniermoisiTAutheur,qui.
eut kdorifaîactqnAehtendre
de saproprebouche, que S4
Majellë eiïda contente du
bon témoignagequonluy
avoit rendu de saç^nduire'^
&.,qu'EUe se souviendrait de|
luy. Ce futMr l'Archevesque.
de Paris qui le p^clenraa$£
Roy. L'Autheur ijcpeuta!j}
sez seloüer desbpntcz^qu£
cegrandPrélatW:è'Ëmki
gnéesenplusieursrencontrès.
OntrouvesonOu^ra^e
àrueSaintJacque$.;-.& dans laCour^-neuvedu^Palais, au
Dauphin. ",.j. : c
, Je ,ypia|
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Résumé : Livre de M. Forestier, contenant les raisons qui ont obligé les Protestans de France à se réünir à l'Église Romaine. [titre d'après la table]
MA Forestier, né à Montpellier et élevé en Hollande, a occupé plusieurs postes importants, notamment celui de ministre de la religion réformée. En 1675, il fut envoyé par les États-Généraux des Provinces-Unies comme ministre auprès de l'armée du marquis de Montpouillan. En 1678, il accompagna l'ambassadeur ottoman et en 1681, il revint en France avec l'ambassadeur des Provinces-Unies. En octobre 1686, il abjura l'hérésie devant l'archevêque de Paris. L'ouvrage de Forestier explore les motivations des protestants français à revenir à l'Église romaine sous le règne de Louis XIV. Les points clés abordés sont : 1. **Schisme** : Forestier affirme que les protestants se sont séparés illégalement de l'Église romaine, allant à l'encontre des Écritures et des enseignements des saints pères. 2. **Babylone de l'Apocalypse** : Il identifie les protestants comme la véritable Babylone, mettant en avant leurs divisions et scandales internes. 3. **Discrepances doctrinales** : Il souligne que, malgré leur union avec des étrangers, les protestants français ne peuvent refuser de s'unir avec l'Église gallicane, leurs frères. 4. **Traditions apostoliques** : Il justifie la reconnaissance des traditions apostoliques et la vénération de la messe et des sacrements, appuyé par les Écritures et les témoignages des saints pères. L'ouvrage a été bien accueilli par des personnes éclairées, qui l'ont jugé utile pour convertir ceux qui sont égarés et pour renforcer la foi des convertis. Le roi Louis XIV, à qui l'ouvrage est dédié, a exprimé son estime en récompensant l'auteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 70-73
Traduction de la Lettre du Grand Seigneur au Roy.
Début :
La gloire des plus majestueux Rois de la croyance de [...]
Mots clefs :
Rois, Croyances, Louis, Amitié, Sincérité, Duc, Ambassade , Félicité, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre du Grand Seigneur au Roy.
Traduction de la Lettre du
Grand Seigneur au Roy.
LAgloire des plus majestueux
Rois la croyance de JESUS ,
le choifi entre les Princes de la
Religion du Meffre , l'Arbitre de
MERCURE. 71
toutes les Nations Chrêtiennes ,
Seigneur de majefté & d'honneur,
Patron de louange & de gloire ,
LOUIS EMPEREUR DE FRANCE ,
dont la fin des jours foit comblée
de bonheur & de felicité.
A l'arrivée de cette fublime &
imperialle Lettre , vous fçaurez
que la Lettre d'amitié & de compliments
, qui m'a efté envoyée
de votre part , eftant arrivée , &
ayant efté préfentée avec fa traduction
au pied de mon Throne
Imperial , Siege de la Juſtice , & de
l'équité , par l'entremiſe de mon
Vilir IBRAHIM PACHA , PréfentementCAIMACAM
DE MON EPERON
IMPERIAL, dont la grandeur
foit de durée , j'ay connu par
fon contenu plein de fincerité &
d'amitié , que de l'avis du glorieux
, parmi les Princes de la
royance de JESUS , le choifi
parmi les Grands Honorez de la
Religion du Meffie , dont la
fin foit hûreufe : LE DUG D'ORLEANS
VOTRE ONCLE , ET
72
LE NOUVEAU
VOTRE REGENT , par raport à
votre Minorité , vous aviez trouvé
à propos de rappeler l'Exemplaire
des Grands de la Religion
du Meffie le Comte Defalleurs
dont la fin foit hûreufe , à qui
votre GLORIEUX BIS- AYE UL,
qui a quitté ce monde paffager ,
avoit ci-devant confié l'Ambaffade
de mon hûreuſe PORTE , me priant,
pour , en recompenſe de ſes longs
Tervices , le faire jouir du repos
qu'il a merité , & qui lui eft dû ,
de vous le renvoyer. Et me marquant
en même tems , que vous
n'oublierez rien pour entretenir ,
& maintenir la forte , conftante , &
fincere amitié , que vos glorieux
Ancêtres ont toujours eue avec
ma fublime PORTE , dont la félicité
eft attachée à l'Eternité ; Il est très
fûr , & très veritable , que nous
entretiendrons & maintiendrons
auffi du côté de votre Perfonne
Imperiale , l'amitié , & la bonne
correfpondance , qu'il y a toujours
eûë jufques à prefent , entre
د
Nos
MERCURE. 73
Nos Ancêtres de glorieufe memoire
& les Votres , avec les mêmes
fins que vous y avez apporté
de votre part. Ayant donc
trouvé convenable , fuivant votre
priere , de vous renvoyer votre
fufdit Ambaffadeur , qui eft un
vieillard très fage , très prudent ,
& très confommé dans les affaires ,
qui a très parfaitement bien rempli
les devoirs de fon Ambaffade ,
pour fe rendre auprès de vous. Je
vous écris par lui cette Lettre ,
qui marque la félicité , & la profpérité
, & vous reconnoîtrés , quand
vous la recevrez , la penfée , & le
défir , que j'ay d'entretenir & maintenir
comme il fe doit , la
bonne intelligence , & la forte &
fincere amitié , qui eft entre nous .
Ecrit dans le commencement de
la Lune de Zilkade Icherife , l'an
1128 ; cela repond à peu prés au
au 15 Octobre 1716.
,
A Andrinople la bien gardée ,
lieu de Victoire , & de profpérité.
Grand Seigneur au Roy.
LAgloire des plus majestueux
Rois la croyance de JESUS ,
le choifi entre les Princes de la
Religion du Meffre , l'Arbitre de
MERCURE. 71
toutes les Nations Chrêtiennes ,
Seigneur de majefté & d'honneur,
Patron de louange & de gloire ,
LOUIS EMPEREUR DE FRANCE ,
dont la fin des jours foit comblée
de bonheur & de felicité.
A l'arrivée de cette fublime &
imperialle Lettre , vous fçaurez
que la Lettre d'amitié & de compliments
, qui m'a efté envoyée
de votre part , eftant arrivée , &
ayant efté préfentée avec fa traduction
au pied de mon Throne
Imperial , Siege de la Juſtice , & de
l'équité , par l'entremiſe de mon
Vilir IBRAHIM PACHA , PréfentementCAIMACAM
DE MON EPERON
IMPERIAL, dont la grandeur
foit de durée , j'ay connu par
fon contenu plein de fincerité &
d'amitié , que de l'avis du glorieux
, parmi les Princes de la
royance de JESUS , le choifi
parmi les Grands Honorez de la
Religion du Meffie , dont la
fin foit hûreufe : LE DUG D'ORLEANS
VOTRE ONCLE , ET
72
LE NOUVEAU
VOTRE REGENT , par raport à
votre Minorité , vous aviez trouvé
à propos de rappeler l'Exemplaire
des Grands de la Religion
du Meffie le Comte Defalleurs
dont la fin foit hûreufe , à qui
votre GLORIEUX BIS- AYE UL,
qui a quitté ce monde paffager ,
avoit ci-devant confié l'Ambaffade
de mon hûreuſe PORTE , me priant,
pour , en recompenſe de ſes longs
Tervices , le faire jouir du repos
qu'il a merité , & qui lui eft dû ,
de vous le renvoyer. Et me marquant
en même tems , que vous
n'oublierez rien pour entretenir ,
& maintenir la forte , conftante , &
fincere amitié , que vos glorieux
Ancêtres ont toujours eue avec
ma fublime PORTE , dont la félicité
eft attachée à l'Eternité ; Il est très
fûr , & très veritable , que nous
entretiendrons & maintiendrons
auffi du côté de votre Perfonne
Imperiale , l'amitié , & la bonne
correfpondance , qu'il y a toujours
eûë jufques à prefent , entre
د
Nos
MERCURE. 73
Nos Ancêtres de glorieufe memoire
& les Votres , avec les mêmes
fins que vous y avez apporté
de votre part. Ayant donc
trouvé convenable , fuivant votre
priere , de vous renvoyer votre
fufdit Ambaffadeur , qui eft un
vieillard très fage , très prudent ,
& très confommé dans les affaires ,
qui a très parfaitement bien rempli
les devoirs de fon Ambaffade ,
pour fe rendre auprès de vous. Je
vous écris par lui cette Lettre ,
qui marque la félicité , & la profpérité
, & vous reconnoîtrés , quand
vous la recevrez , la penfée , & le
défir , que j'ay d'entretenir & maintenir
comme il fe doit , la
bonne intelligence , & la forte &
fincere amitié , qui eft entre nous .
Ecrit dans le commencement de
la Lune de Zilkade Icherife , l'an
1128 ; cela repond à peu prés au
au 15 Octobre 1716.
,
A Andrinople la bien gardée ,
lieu de Victoire , & de profpérité.
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