Résultats : 698 texte(s)
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201
p. 2237-2240
Compliment en Vaudeville, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 5 Octobre, on donna la derniere Représentation des Piéces dont on vient [...]
Mots clefs :
Compliment, Vaudeville, Mlle Delisle, Chant
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texteReconnaissance textuelle : Compliment en Vaudeville, &c. [titre d'après la table]
es Octobre , on donna la derniere
Re-
2238 MERCURE DE FRANCE
Représentation des Piéces dont on vient
de parler , pour la clôture de la Foire ; la
Dlle Delisle , premiere Actrice de l'Opéra
Comique , fit un compliment en Vaudeville , que voici. Elle chante , sur l'a
Belle Iris , vous avez deux pommes.
Notre Troupe aujourd'hui m'honore
Du soin de faire ses adieux ; *
L'emploi , sans doute , est glorieux ,
Mais le chagrin qui me dévore ,
Etouffe en ce moment ma voix ,
蘿
Cet adieu nous met aux abois.
Air: Charmante Gabrielle.
Votre aimable présence ;
Combloit tous nos désirs
De votre complaisance ,
Naissoient tous vos plaisirs.
Cruelle départie !
Malheureux jour ;
Que ne suis-je sans vie ,
Ou sans amour !
Air: Si Margoton avoit voulu.
C'en est donc fait , il faut ce soir ,
Renoncer au bien de vous voir ,
Messieurs , je gage
Que vous vous sentez attendris ,
Ah
OCTOBRE. 1732 2239
Ah! quel dommage ,
De quitter de si bons amis.
Air , de Biriby.
Mais j'ai trop de présomption ,
En tenant ce langage ,
Ce n'est qu'à la perfection,
Qu'est dû votre suffrage ;
Ne nous flatons pas sans raison ,
La faridondaine , la faridondon ,
Puisque nous avons réussi , biriby ,
Ala façon de Barbari , mon ami.
Air , du Confiteor.
Nous avons fait tous nos efforts
Pour mériter votre présence ,
Sensibles à nos vifs transports ,
Vous avez eu de l'indulgence ,
Pour un nouvel Entrepreneur ,
Comme pour un nouvel Autheur.
,
"
Air : Je ne suis né ni Roy , ni Prince.
Oui , pour nous vos bontez sont telles 1
Que préférant des bagatelles ,
Vous humanisez votre goût ;
Trop heureux d'avoir sçu vous plaire ;
Cela nous prouve bien qu'en tout ,
Un peu d'Allure est necessaire.
La Merejalouse , PAllure , et le Compliment
2240 MERCURE DE FRANCE
pliment sont de la composition de M.
Carolet.
Re-
2238 MERCURE DE FRANCE
Représentation des Piéces dont on vient
de parler , pour la clôture de la Foire ; la
Dlle Delisle , premiere Actrice de l'Opéra
Comique , fit un compliment en Vaudeville , que voici. Elle chante , sur l'a
Belle Iris , vous avez deux pommes.
Notre Troupe aujourd'hui m'honore
Du soin de faire ses adieux ; *
L'emploi , sans doute , est glorieux ,
Mais le chagrin qui me dévore ,
Etouffe en ce moment ma voix ,
蘿
Cet adieu nous met aux abois.
Air: Charmante Gabrielle.
Votre aimable présence ;
Combloit tous nos désirs
De votre complaisance ,
Naissoient tous vos plaisirs.
Cruelle départie !
Malheureux jour ;
Que ne suis-je sans vie ,
Ou sans amour !
Air: Si Margoton avoit voulu.
C'en est donc fait , il faut ce soir ,
Renoncer au bien de vous voir ,
Messieurs , je gage
Que vous vous sentez attendris ,
Ah
OCTOBRE. 1732 2239
Ah! quel dommage ,
De quitter de si bons amis.
Air , de Biriby.
Mais j'ai trop de présomption ,
En tenant ce langage ,
Ce n'est qu'à la perfection,
Qu'est dû votre suffrage ;
Ne nous flatons pas sans raison ,
La faridondaine , la faridondon ,
Puisque nous avons réussi , biriby ,
Ala façon de Barbari , mon ami.
Air , du Confiteor.
Nous avons fait tous nos efforts
Pour mériter votre présence ,
Sensibles à nos vifs transports ,
Vous avez eu de l'indulgence ,
Pour un nouvel Entrepreneur ,
Comme pour un nouvel Autheur.
,
"
Air : Je ne suis né ni Roy , ni Prince.
Oui , pour nous vos bontez sont telles 1
Que préférant des bagatelles ,
Vous humanisez votre goût ;
Trop heureux d'avoir sçu vous plaire ;
Cela nous prouve bien qu'en tout ,
Un peu d'Allure est necessaire.
La Merejalouse , PAllure , et le Compliment
2240 MERCURE DE FRANCE
pliment sont de la composition de M.
Carolet.
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Résumé : Compliment en Vaudeville, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1732, une représentation théâtrale marqua la clôture de la foire. La demoiselle Delisle, première actrice de l'Opéra Comique, prononça un compliment en vaudeville. Elle exprima son chagrin de devoir dire adieu au public, soulignant que cet adieu les mettait 'aux abois'. Elle remercia le public pour sa présence et sa complaisance, regrettant le départ imminent. La troupe reconnut les efforts faits pour mériter la présence du public et exprima sa gratitude pour l'indulgence montrée envers un nouvel entrepreneur et un nouvel auteur. Le compliment fut composé par M. Carolet et inclut plusieurs airs connus, tels que 'Charmante Gabrielle' et 'Biriby'. La troupe souligna l'importance de l'allure et de la qualité pour plaire au public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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202
p. 2240-2252
Scylla, Tragédie. Extrait. [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique remit au Théatre le 11 Septembre la Tragédie [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Scylla, Tragédie, Musique, Enfers, Hymen, Théâtre
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texteReconnaissance textuelle : Scylla, Tragédie. Extrait. [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Musique re
mit au Théatre le 11 Septembre la Tra
gédie du Scylla ; dont le Poëme est de
M. Duché , et la Musique de M. Théobalde : En voicy un Extrait.
Au Prologue. Le Théatre représente
le rivage de la Mer. Thétis environnée des
Fleuves et des Nayades , qui forment sa
Cour , expose le sujet , par ces Vers :
Astre du jour , flambeau du monde,
Sortez du vaste sein de l'Onde ;
Répandez vos feux dans les airs ;
Embellissez les champs , éclairez ces rivages ;
Soyez les témoins des hommages ,
Que nous rendous au Dieu qui regit l'Univers &c.
Elle fait entendre que c'est l'Anniver
saire de la victoire que Jupiter remporta
sur les Titans , qu'il s'agit de celebrer ;
elle invite les Dieux des Champs et des
Bois à cette auguste fête ; ils se rangent
auprès d'elle , le choeur prie Jupiter de
descendre des Cieux , pour être témoin
des hommages qu'on lui rend. Mars er
descend et annonce à Thétis ce qui empêche
OCTOBRE. 1732 2241
pêche Jupiter de venir lui- même; il s'explique ainsi :
L'ordre de Jupiter sur ces rives m'attire ;
Ce Dieu , pour consacrer vos jeux ,
Descendroit du celeste Empire ;
Mais les Géants contre lui rassemblez
Cherchent à vanger leur outrage ;
Le dépit , la fureur les a tous aveuglez , &c.
Mars prédit la nouvelle deffaite des
Titans , il n'y a pas leu de douter que
Fallégorie ne tombe sur la dertiere victoire de Louis le Grand , qui fut suivie
de la paix , Mars et Thétis le font assez
entendre par ces Vers :
Que chacun en ces lieux jouisse
Des douceurs d'une heureuse paiz ;
Que dans les fers la Discorde gémisse ;
Jupiter va combler vos plus ardens souhaits ;
Qu'il vainque , qu'il triomphe , et l'enchaîne
jamais.
Les Divinitez , des Eaux , des Champs
et des Bois- forment la fête de ce Prologue , lequel est different de celui qui
fut donné à la naissance de cet Opéra ;
l'Envie précipitée dans les Enfers par la
France, en faisoit le sujet.
Au premier Acte de la Tragédie , le
Théatrereprésente une Place entre la Ville
G de
2242 MERCURE DE FRANCE .
de Megare et le Camp de Minos , qui assiége cette Ville : Scylla , fille de Nisus
Roy de Mégare , ouvre la Scene par ces Vers :
,
Quel trouble ! quel chagrin malgré moi me dévore !
L'Amour seul dans mon cœur veut se faire obéiïr,
J'aime un vainqueur cruel , que je devrois haïr ,
Et je cesse d'aimer un Amant qui m'adore , &c,
Doris , confidente de Scylla , vient lui
annoncer que la paix va réünir Nisus avec
Minos , Scylla en paroît affligée ; parce
que cette paix va presser son Hymen avec
Dardanus qu'elle n'aime plus. Doris l'oblige à lui ouvrir son cœur. Scylla lui
confesse qu'elle aime Minos , Roy de
Crete, tout ennemi qu'il est de Nisusson
Pere. Voici comment elle lui fait entendre
la naissance de ce nouvel amour.
Tu te souviens du jour qu'un désir curieux
Me fit chercher à voir ce Héros glorieux;
J'allai sur nos remparts , attaquez par ses armes,
Je le vis ; je sentis de secrettes allarmes ;
Et mon cœur, trahi par mes yeux ,
Fut séduit , malgré moi , par d'agréables charmes , &c.
Dardanus vient se réjouir avec Scylla
du bonheur que la Paix leur va procurer;
il
OCTOBRE. 17320 2243
il lui dit tendrement que le Roy sonPere
ne veut plus differer leur Hymen , qui
n'avoit été retardé que par la Guerre ; if
est surpris de la froideur avec laquelle
Scylla reçoit une nouvelle qui devroit lui
faire plaisir ; elle ne le satisfait gueres par
sa réponse , et sur tout par la priere qu'elle lui fait de differer cet Hymen. Dardanus se livre à des soupçons jaloux , qu'il
fait connoître par ces Vers :
Vous déguisez en vain le trouble de votre amne
Je vous ai vûë , à mes yeux ,
mille fois ,
De nos fiers ennemis relever les Exploits ,
i
Vous vantez leurs vertus , vous dédaignez ma flamme .
De Nisus en ce jour condamnez- vous le choix x
Scylla feint d'être offensée des soupçons
de Dardanus ; l'arrivée de Capys , Reine
de Beotie , l'empêche d'éclater en de plus
longs reproches ; elle se retire. Dardanus
la suit , pour tâcher de l'appaiser .
Capys se plaint à Ismene , magicienne , et
sa parente , de l'infidelité de Dardanus,
par ces Vers :
Dardanus a troublé le repos de mes jours ;
Il épouse Scylla , si la paix est certaine ;
Voi quel sort funeste m'entraîne
Voi tous les malheurs où je cours.
Gij Ismene
/
2244 MERCURE DE FRANCE
Ismene lui promet d'empêcher cette
Paix si funeste par la force de ses enchantemens et de ceux d'Artemidor, son frere, Nisus et Minos viennent se jurer la
Paix , en présence des Mégatiens et des
Candiots , qui font la Fête de ce premier
Acte, Voici quel est le serment des deux
Rois.
Dieux immortels , qui regnezsur les Roix,
Vous qui les protegez , et vangez leurs injures
Dieux , quipunissez les parjures ,
Daignez écouter notre voix ;
Approuvez le serment que nous allons vous faire
De rendre à ces lieux pour jamais .
Les douceurs d'une heureuse paix.
Nousjurons ...
Le serment est interrompu par un éclat
de Tonnerre. Nisus et Minos vont consulter le Devin , sur un évenement qui
n'est produit que par les charmes d'Ismene.
Scylla fait entendre par unMonologue,
au second Acte, quelle eft la situation de
son cœur.
3
{
Vain espoir , qui trompez un cœur crédule
tendre ,
Cessez de flatter ma langueur ;
En vain vous voulez me surprendre ,
Mon-
OCTOBRE. 1732. 2245
Mon amour n'a rien à prétendre ;
Je dois fuir pour jamais un trop charmant vaing queur, &c.
Minos vient apprendre à Scylla que le
Peuple court au Temple de Pallas , pout
en obtenir une Paix , qui doit être suivie
de son Hymen avec Dardanus ; il lui die
avec un sentiment d'envie :
Un Héros vous plaît , il vous aime
L'Hymenée et l'Amour,vont l'offrir à vos vœux!
Que votre bonheur est extrême !
-Et que Dardanus est heureux !
Scylla regarde à son tour , avec des yeux
d'envie , la prétendue indifference'de Minos ; elle lui dit ,
Que votre sort paroît digne d'envie !
Rien ne trouble la paix de votre illustre vie ;- ~
Tout cede à vos faits éclatants ,
Du Dieu qui fait aimer , vous bravez la puis- sance ;
Hélas ! les cœurs soûmis à son obéissance`,
Quand ils semblent les plus contents,
Souvent voudroient jouir de votre indifference.
Minos lui répond :
Des troubles amoureux , j'ai craint d'être agité
Heureux si toujours invincible
Ce cœur que l'on croit insensible ,
G iij Avoit
2246 MERCURE DE FRANCE
Avoit pujusqu'icy garder sa liberté , &c.
.Hélas ! adorable Princesse ,
Si j'osois découvrir la douleur qui me presse ,
Și mon cœur à vos yeux se montroit en ce jour
Vous ne m'accuseriez que d'avoir trop d'amour
Après ces Vers , Minos déclare à Scylla
que c'est elle seule qui est l'objet de cet
amour. Scylla l'invite à se livrer à l'esperance ; elle lui promet d'obtenir de
Nisus qu'il differe son Hymen avec
Dardanus. L'arrivée de Capys les oblige
à se retirer..
Capys voïant Scylla se retirer avec
Minos , commence à soupçonner leurs
amours ; elle se flatte de l'esperance de
voir rompre son Hymen avec Dardanus.
Ismene l'affermit dans cette esperance , et
pour lui faire voir quelle est la force
des enchantemens qu'elle veut employer
pour la rendre heureuse , elle lui en donne une épreuve; elle évoque des Démons,
transformez en plaisirs ; cette Fête a parur
frivole; mais elle a donné lieu à une tresbelle passacaille , qui , dansée par la De
Salle , fait un plaisir inexprimable. Il auroit été à souhaiter pour Capys ; qu'elle
eut produit sur elle l'effet qu'Ismene s'en
étoit promis ; elle fait connoître à cette
Magicienne combien il s'en faut qu'elle
n'ait
OCTOBRE. 1732. 2247
n'ait rendu le calme à son cœur , par ces
quatre Vers :
Quel vain espoir , hélas ! peut flater mes sou- haits !
Si Dardanus pour moi consent d'être infidelle
Qui pourra m'assurer qu'une flamme nouvelle
Ne le dérobe un jour à mes foibles attràirs ?
Le Théatre représente un Parc au troisiéme Acte. Capys fait connoître à Artemidor et à Ismene que leur art ne sçauroit soulager ses ennuis , si Dardanus ne
lui donne son cœur indépendamment du
secours de leurs enchantemens. Dardanus
vient; Capys sort de peur que son amour
ne la trahisse. Artemidor et Ismene se tirent à l'écart pour entendre les plaintes
de cet Amant désesperé , lequel exprime
ses regrets par ce Monologue :
Paisibles ennemis du jour ,
Arbres épais , retraites sombres ,
Cachez dans l'horreur de vos ombres
Mon désespoir et mon amour.
Une indifference cruelle
Fait naître ma douleur mortelle ;
Je voi ce que j'adore insensible à mes feux ;
Et mon cœur trop constant , en cessant d'être heureux ,
Ne peut cesser d'être fidelle.
Giiij Arte-
2248 MERCURE DE FRANCE
Artemidor et Ismene s'approchent de
Dardanus et lui offrent le secours de leur
Art, pour éclaircir ses doutes au sujet de
Scylla. Il consent qu'ils évoquent l'ombre de Tirésie ; il assiste à leurs enchante
mens.Le Frere et la Sœur appellent d'autres Magiciens ; cette Fête a été tres- ap
plaudie; le St Dupré s'y est distingué à son
ordinaire ; il fait voir tous les jours qu'on
ne l'a jamais surpassé, pour ne rien dire de
plus ; après l'évocation , la Statuë de Tiresie, qui paroit couchée sur son tombeau
semble animée , on entend ces Vers :
Sans vouloir penetrer dans les Arrêts du sort ,
Songe à rompre les nœuds d'une chaîne cruelle
Tu dois faire un heureux effort ,
Et quitter pour jamais une Amante infidelle ;
Capys t'offre un destin tranquille et plein d'ap
pas ;
Que de maux si ton cœur trahit ton esperance
J'en ai trop dit , le ciel m'impose le silence ,
Et je dois retomber dans la nuit du trépas.
Après cet Oracle , qu'on a trouvé trop
long , Capys vient pour consoler Dardanus , qui ne lui répond rien , taht il est
plongé dans la douleur , et saisi de deses
poir ; il se retire dans le dessein de se
donner la mort. Capys outrée de son silence
OCTOBRE. 1732. 2249
lence et de son départ , finit cet Acte
ce beau Monologue.
Haine , dépit , rage , vangeance
par
Je veux suivie aujourd'hui vos plus barbares loix ;
Mes maux et vos fureurs m'agitent à la fois ,
Et je cede à leur violence ;
Haine , &c.
Amour , je n'entends plus ta voix
Assez de tes malheurs j'ai fait l'expérience :
Il faut en me vangeant d'un ingrat qui m'of fense ,
Moi-même me punir de mon funeste choix ;
Haine , dépit , rage , vangeance ,
Je veux suivre aujourd'hui vos plus barbaresloix.
Ce morceau , tres- beau par lui- même
reçoit une nouvelle force , par la belle
voix et le jeu expressif de l'Actrice qui le
chante; on doit reconnoître à ce juste
éloge la Dile Antier , qui soutient parfaitement le nom de premiere Actrice ,
que personne ne lui conteste.
Au 4 Acte , le Théatre represente un
Bois. Capys s'abandonne à la douleur ;
mais à cette douleur succede un désespoir
affreux , à la nouvelle qu'Artemidor lui
apporte. Il lui apprend que Nisus consent
enfin à la Paix ; Capys juge par là que
Gov Dar1
2250 MERCURE DE FRANCE
Dardanus va bientôt épouser Scylla ; elle
presse Artemidor de servir sa fureur ; ils
chantent un Duo, qui fait un grand effet ;
en voici les paroles :
Que le fer, que la flamme ,
le désespoir qui regne votre
A Désolent ces climats ;
Suivez
Suivons dans
Portez
2mon }
ame;
Portons } par tout l'effroi , la terreut, le trépas ;
Que le fer , que la flamme ,
Désolent ces climats.
Artemidor appelle les Furies et leur:
ordonne de s'emparer du cœur de Nisus,
afin qu'il rallume le flambeau de la guer
re. Des Bergers et des Bergeres viennent
chanter les douceurs de la Paix , et forment une Fête gracieuse , dans laquelle
les Dlies Camargo et Sallé dansent un Pas
de Deux, des plus charmans qu'ont ait jamais vûs.
Scylla vient inviter les Bergers à aller
répandre par tout la joïe , où la Paix les
livre.Dans l'esperance qu'elle a que Minos
l'obtiendra de la main de son Pere , elle.
chante un Monologue , avec un Double ,
qui fait admirer de tout le monde la legéreté de sa voix et la propreté et l'ame
de son chant, c'est la De Pellissier; elle
s'y
OCTOBRE. 1732. 2251
·
s'y fait generalement applaudir.
Minos vient changer la joie de Scylla
en une douleur mortelle ; il lui apprend
que Nisus veut continuer la guerre , et
que pour lui il n'a plus à chercher que
la plus prompte mort , puis qu'il ne sçauroit vivre sans elle ; cette Scene est trèspatétique , et le S Chassé la jote et la
chante également bien , secondé de la
Dile Pellissier.
Scylla au desespoir , fait entendre aux
Spectateurs qu'elle est capable de tour entreprendre , pour sauver son Amant, aux
dépens même du sort de son Pere , qui' .
est attaché à un de ses Cheveux , comme on l'a exposé dans le premier Acte. '
L'Action du Ve Acte est si odieuse que
nous ne sçaurions passer trop légerement
par dessus. Scylla dans l'entr'Acte a coupé le Cheveu fatal , d'où dépendoit le
sort de son Pere. Elle l'annonce dès la
premiere Scene , non , sans de vifs remords; une troupe de Magiciens vient
celebrer la victoire de Nisus ; ce qui fait
une espece de contradiction avec le Cheveu coupé , à moins que l'Auteur n'ait
voulu supposer que le crime de la Fille
envers son pere n'étoit pas encore com- ›
mis. On apprend enfin le véritable fort
G vj de.
A
2252 MERCURE DE FRANCE
de Nisus; c'est Doris qui l'annonce par ce
Vers :
Nisus vient d'éprouver un funeste trépas.
Minos vainqueur , fait grace aux vain.
cus ; il demande Scylla , qui se presente
à ses yeux empoisonnée ; elle confesse
son crime à celui pour qui elle l'a commis ;elle expire enfin , en disant ces cinq ,
Vers , addressez à l'ombre de Nisus:
Manes sacrez , je meurs pour vous vanger ;.
Appaisez- vous par ce promt sacrifice ,.
Après mon crime affreux , je ne devois songer
Qu'à vous faire , en mourant , une promte justice.
Manes sacrez , je meurs pour vous vanger.
mit au Théatre le 11 Septembre la Tra
gédie du Scylla ; dont le Poëme est de
M. Duché , et la Musique de M. Théobalde : En voicy un Extrait.
Au Prologue. Le Théatre représente
le rivage de la Mer. Thétis environnée des
Fleuves et des Nayades , qui forment sa
Cour , expose le sujet , par ces Vers :
Astre du jour , flambeau du monde,
Sortez du vaste sein de l'Onde ;
Répandez vos feux dans les airs ;
Embellissez les champs , éclairez ces rivages ;
Soyez les témoins des hommages ,
Que nous rendous au Dieu qui regit l'Univers &c.
Elle fait entendre que c'est l'Anniver
saire de la victoire que Jupiter remporta
sur les Titans , qu'il s'agit de celebrer ;
elle invite les Dieux des Champs et des
Bois à cette auguste fête ; ils se rangent
auprès d'elle , le choeur prie Jupiter de
descendre des Cieux , pour être témoin
des hommages qu'on lui rend. Mars er
descend et annonce à Thétis ce qui empêche
OCTOBRE. 1732 2241
pêche Jupiter de venir lui- même; il s'explique ainsi :
L'ordre de Jupiter sur ces rives m'attire ;
Ce Dieu , pour consacrer vos jeux ,
Descendroit du celeste Empire ;
Mais les Géants contre lui rassemblez
Cherchent à vanger leur outrage ;
Le dépit , la fureur les a tous aveuglez , &c.
Mars prédit la nouvelle deffaite des
Titans , il n'y a pas leu de douter que
Fallégorie ne tombe sur la dertiere victoire de Louis le Grand , qui fut suivie
de la paix , Mars et Thétis le font assez
entendre par ces Vers :
Que chacun en ces lieux jouisse
Des douceurs d'une heureuse paiz ;
Que dans les fers la Discorde gémisse ;
Jupiter va combler vos plus ardens souhaits ;
Qu'il vainque , qu'il triomphe , et l'enchaîne
jamais.
Les Divinitez , des Eaux , des Champs
et des Bois- forment la fête de ce Prologue , lequel est different de celui qui
fut donné à la naissance de cet Opéra ;
l'Envie précipitée dans les Enfers par la
France, en faisoit le sujet.
Au premier Acte de la Tragédie , le
Théatrereprésente une Place entre la Ville
G de
2242 MERCURE DE FRANCE .
de Megare et le Camp de Minos , qui assiége cette Ville : Scylla , fille de Nisus
Roy de Mégare , ouvre la Scene par ces Vers :
,
Quel trouble ! quel chagrin malgré moi me dévore !
L'Amour seul dans mon cœur veut se faire obéiïr,
J'aime un vainqueur cruel , que je devrois haïr ,
Et je cesse d'aimer un Amant qui m'adore , &c,
Doris , confidente de Scylla , vient lui
annoncer que la paix va réünir Nisus avec
Minos , Scylla en paroît affligée ; parce
que cette paix va presser son Hymen avec
Dardanus qu'elle n'aime plus. Doris l'oblige à lui ouvrir son cœur. Scylla lui
confesse qu'elle aime Minos , Roy de
Crete, tout ennemi qu'il est de Nisusson
Pere. Voici comment elle lui fait entendre
la naissance de ce nouvel amour.
Tu te souviens du jour qu'un désir curieux
Me fit chercher à voir ce Héros glorieux;
J'allai sur nos remparts , attaquez par ses armes,
Je le vis ; je sentis de secrettes allarmes ;
Et mon cœur, trahi par mes yeux ,
Fut séduit , malgré moi , par d'agréables charmes , &c.
Dardanus vient se réjouir avec Scylla
du bonheur que la Paix leur va procurer;
il
OCTOBRE. 17320 2243
il lui dit tendrement que le Roy sonPere
ne veut plus differer leur Hymen , qui
n'avoit été retardé que par la Guerre ; if
est surpris de la froideur avec laquelle
Scylla reçoit une nouvelle qui devroit lui
faire plaisir ; elle ne le satisfait gueres par
sa réponse , et sur tout par la priere qu'elle lui fait de differer cet Hymen. Dardanus se livre à des soupçons jaloux , qu'il
fait connoître par ces Vers :
Vous déguisez en vain le trouble de votre amne
Je vous ai vûë , à mes yeux ,
mille fois ,
De nos fiers ennemis relever les Exploits ,
i
Vous vantez leurs vertus , vous dédaignez ma flamme .
De Nisus en ce jour condamnez- vous le choix x
Scylla feint d'être offensée des soupçons
de Dardanus ; l'arrivée de Capys , Reine
de Beotie , l'empêche d'éclater en de plus
longs reproches ; elle se retire. Dardanus
la suit , pour tâcher de l'appaiser .
Capys se plaint à Ismene , magicienne , et
sa parente , de l'infidelité de Dardanus,
par ces Vers :
Dardanus a troublé le repos de mes jours ;
Il épouse Scylla , si la paix est certaine ;
Voi quel sort funeste m'entraîne
Voi tous les malheurs où je cours.
Gij Ismene
/
2244 MERCURE DE FRANCE
Ismene lui promet d'empêcher cette
Paix si funeste par la force de ses enchantemens et de ceux d'Artemidor, son frere, Nisus et Minos viennent se jurer la
Paix , en présence des Mégatiens et des
Candiots , qui font la Fête de ce premier
Acte, Voici quel est le serment des deux
Rois.
Dieux immortels , qui regnezsur les Roix,
Vous qui les protegez , et vangez leurs injures
Dieux , quipunissez les parjures ,
Daignez écouter notre voix ;
Approuvez le serment que nous allons vous faire
De rendre à ces lieux pour jamais .
Les douceurs d'une heureuse paix.
Nousjurons ...
Le serment est interrompu par un éclat
de Tonnerre. Nisus et Minos vont consulter le Devin , sur un évenement qui
n'est produit que par les charmes d'Ismene.
Scylla fait entendre par unMonologue,
au second Acte, quelle eft la situation de
son cœur.
3
{
Vain espoir , qui trompez un cœur crédule
tendre ,
Cessez de flatter ma langueur ;
En vain vous voulez me surprendre ,
Mon-
OCTOBRE. 1732. 2245
Mon amour n'a rien à prétendre ;
Je dois fuir pour jamais un trop charmant vaing queur, &c.
Minos vient apprendre à Scylla que le
Peuple court au Temple de Pallas , pout
en obtenir une Paix , qui doit être suivie
de son Hymen avec Dardanus ; il lui die
avec un sentiment d'envie :
Un Héros vous plaît , il vous aime
L'Hymenée et l'Amour,vont l'offrir à vos vœux!
Que votre bonheur est extrême !
-Et que Dardanus est heureux !
Scylla regarde à son tour , avec des yeux
d'envie , la prétendue indifference'de Minos ; elle lui dit ,
Que votre sort paroît digne d'envie !
Rien ne trouble la paix de votre illustre vie ;- ~
Tout cede à vos faits éclatants ,
Du Dieu qui fait aimer , vous bravez la puis- sance ;
Hélas ! les cœurs soûmis à son obéissance`,
Quand ils semblent les plus contents,
Souvent voudroient jouir de votre indifference.
Minos lui répond :
Des troubles amoureux , j'ai craint d'être agité
Heureux si toujours invincible
Ce cœur que l'on croit insensible ,
G iij Avoit
2246 MERCURE DE FRANCE
Avoit pujusqu'icy garder sa liberté , &c.
.Hélas ! adorable Princesse ,
Si j'osois découvrir la douleur qui me presse ,
Și mon cœur à vos yeux se montroit en ce jour
Vous ne m'accuseriez que d'avoir trop d'amour
Après ces Vers , Minos déclare à Scylla
que c'est elle seule qui est l'objet de cet
amour. Scylla l'invite à se livrer à l'esperance ; elle lui promet d'obtenir de
Nisus qu'il differe son Hymen avec
Dardanus. L'arrivée de Capys les oblige
à se retirer..
Capys voïant Scylla se retirer avec
Minos , commence à soupçonner leurs
amours ; elle se flatte de l'esperance de
voir rompre son Hymen avec Dardanus.
Ismene l'affermit dans cette esperance , et
pour lui faire voir quelle est la force
des enchantemens qu'elle veut employer
pour la rendre heureuse , elle lui en donne une épreuve; elle évoque des Démons,
transformez en plaisirs ; cette Fête a parur
frivole; mais elle a donné lieu à une tresbelle passacaille , qui , dansée par la De
Salle , fait un plaisir inexprimable. Il auroit été à souhaiter pour Capys ; qu'elle
eut produit sur elle l'effet qu'Ismene s'en
étoit promis ; elle fait connoître à cette
Magicienne combien il s'en faut qu'elle
n'ait
OCTOBRE. 1732. 2247
n'ait rendu le calme à son cœur , par ces
quatre Vers :
Quel vain espoir , hélas ! peut flater mes sou- haits !
Si Dardanus pour moi consent d'être infidelle
Qui pourra m'assurer qu'une flamme nouvelle
Ne le dérobe un jour à mes foibles attràirs ?
Le Théatre représente un Parc au troisiéme Acte. Capys fait connoître à Artemidor et à Ismene que leur art ne sçauroit soulager ses ennuis , si Dardanus ne
lui donne son cœur indépendamment du
secours de leurs enchantemens. Dardanus
vient; Capys sort de peur que son amour
ne la trahisse. Artemidor et Ismene se tirent à l'écart pour entendre les plaintes
de cet Amant désesperé , lequel exprime
ses regrets par ce Monologue :
Paisibles ennemis du jour ,
Arbres épais , retraites sombres ,
Cachez dans l'horreur de vos ombres
Mon désespoir et mon amour.
Une indifference cruelle
Fait naître ma douleur mortelle ;
Je voi ce que j'adore insensible à mes feux ;
Et mon cœur trop constant , en cessant d'être heureux ,
Ne peut cesser d'être fidelle.
Giiij Arte-
2248 MERCURE DE FRANCE
Artemidor et Ismene s'approchent de
Dardanus et lui offrent le secours de leur
Art, pour éclaircir ses doutes au sujet de
Scylla. Il consent qu'ils évoquent l'ombre de Tirésie ; il assiste à leurs enchante
mens.Le Frere et la Sœur appellent d'autres Magiciens ; cette Fête a été tres- ap
plaudie; le St Dupré s'y est distingué à son
ordinaire ; il fait voir tous les jours qu'on
ne l'a jamais surpassé, pour ne rien dire de
plus ; après l'évocation , la Statuë de Tiresie, qui paroit couchée sur son tombeau
semble animée , on entend ces Vers :
Sans vouloir penetrer dans les Arrêts du sort ,
Songe à rompre les nœuds d'une chaîne cruelle
Tu dois faire un heureux effort ,
Et quitter pour jamais une Amante infidelle ;
Capys t'offre un destin tranquille et plein d'ap
pas ;
Que de maux si ton cœur trahit ton esperance
J'en ai trop dit , le ciel m'impose le silence ,
Et je dois retomber dans la nuit du trépas.
Après cet Oracle , qu'on a trouvé trop
long , Capys vient pour consoler Dardanus , qui ne lui répond rien , taht il est
plongé dans la douleur , et saisi de deses
poir ; il se retire dans le dessein de se
donner la mort. Capys outrée de son silence
OCTOBRE. 1732. 2249
lence et de son départ , finit cet Acte
ce beau Monologue.
Haine , dépit , rage , vangeance
par
Je veux suivie aujourd'hui vos plus barbares loix ;
Mes maux et vos fureurs m'agitent à la fois ,
Et je cede à leur violence ;
Haine , &c.
Amour , je n'entends plus ta voix
Assez de tes malheurs j'ai fait l'expérience :
Il faut en me vangeant d'un ingrat qui m'of fense ,
Moi-même me punir de mon funeste choix ;
Haine , dépit , rage , vangeance ,
Je veux suivre aujourd'hui vos plus barbaresloix.
Ce morceau , tres- beau par lui- même
reçoit une nouvelle force , par la belle
voix et le jeu expressif de l'Actrice qui le
chante; on doit reconnoître à ce juste
éloge la Dile Antier , qui soutient parfaitement le nom de premiere Actrice ,
que personne ne lui conteste.
Au 4 Acte , le Théatre represente un
Bois. Capys s'abandonne à la douleur ;
mais à cette douleur succede un désespoir
affreux , à la nouvelle qu'Artemidor lui
apporte. Il lui apprend que Nisus consent
enfin à la Paix ; Capys juge par là que
Gov Dar1
2250 MERCURE DE FRANCE
Dardanus va bientôt épouser Scylla ; elle
presse Artemidor de servir sa fureur ; ils
chantent un Duo, qui fait un grand effet ;
en voici les paroles :
Que le fer, que la flamme ,
le désespoir qui regne votre
A Désolent ces climats ;
Suivez
Suivons dans
Portez
2mon }
ame;
Portons } par tout l'effroi , la terreut, le trépas ;
Que le fer , que la flamme ,
Désolent ces climats.
Artemidor appelle les Furies et leur:
ordonne de s'emparer du cœur de Nisus,
afin qu'il rallume le flambeau de la guer
re. Des Bergers et des Bergeres viennent
chanter les douceurs de la Paix , et forment une Fête gracieuse , dans laquelle
les Dlies Camargo et Sallé dansent un Pas
de Deux, des plus charmans qu'ont ait jamais vûs.
Scylla vient inviter les Bergers à aller
répandre par tout la joïe , où la Paix les
livre.Dans l'esperance qu'elle a que Minos
l'obtiendra de la main de son Pere , elle.
chante un Monologue , avec un Double ,
qui fait admirer de tout le monde la legéreté de sa voix et la propreté et l'ame
de son chant, c'est la De Pellissier; elle
s'y
OCTOBRE. 1732. 2251
·
s'y fait generalement applaudir.
Minos vient changer la joie de Scylla
en une douleur mortelle ; il lui apprend
que Nisus veut continuer la guerre , et
que pour lui il n'a plus à chercher que
la plus prompte mort , puis qu'il ne sçauroit vivre sans elle ; cette Scene est trèspatétique , et le S Chassé la jote et la
chante également bien , secondé de la
Dile Pellissier.
Scylla au desespoir , fait entendre aux
Spectateurs qu'elle est capable de tour entreprendre , pour sauver son Amant, aux
dépens même du sort de son Pere , qui' .
est attaché à un de ses Cheveux , comme on l'a exposé dans le premier Acte. '
L'Action du Ve Acte est si odieuse que
nous ne sçaurions passer trop légerement
par dessus. Scylla dans l'entr'Acte a coupé le Cheveu fatal , d'où dépendoit le
sort de son Pere. Elle l'annonce dès la
premiere Scene , non , sans de vifs remords; une troupe de Magiciens vient
celebrer la victoire de Nisus ; ce qui fait
une espece de contradiction avec le Cheveu coupé , à moins que l'Auteur n'ait
voulu supposer que le crime de la Fille
envers son pere n'étoit pas encore com- ›
mis. On apprend enfin le véritable fort
G vj de.
A
2252 MERCURE DE FRANCE
de Nisus; c'est Doris qui l'annonce par ce
Vers :
Nisus vient d'éprouver un funeste trépas.
Minos vainqueur , fait grace aux vain.
cus ; il demande Scylla , qui se presente
à ses yeux empoisonnée ; elle confesse
son crime à celui pour qui elle l'a commis ;elle expire enfin , en disant ces cinq ,
Vers , addressez à l'ombre de Nisus:
Manes sacrez , je meurs pour vous vanger ;.
Appaisez- vous par ce promt sacrifice ,.
Après mon crime affreux , je ne devois songer
Qu'à vous faire , en mourant , une promte justice.
Manes sacrez , je meurs pour vous vanger.
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Résumé : Scylla, Tragédie. Extrait. [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Musique a présenté la tragédie 'Scylla' au Théâtre le 11 septembre. Le poème est de M. Duché et la musique de M. Théobalde. Le prologue se déroule sur le rivage de la mer, où Thétis, entourée des Fleuves et des Nayades, célèbre l'anniversaire de la victoire de Jupiter sur les Titans. Mars annonce que Jupiter ne peut assister à la fête en raison de la rébellion des Géants. Le prologue fait allusion à la victoire de Louis le Grand et à la paix qui a suivi. Dans le premier acte, la scène se passe entre la ville de Mégare et le camp de Minos. Scylla, fille du roi Nisus de Mégare, est déchirée entre son amour pour Minos, ennemi de son père, et son devoir. Dardanus, qu'elle doit épouser, est jaloux et soupçonneux. Capys, reine de Béotie, se plaint de l'infidélité de Dardanus à Ismène, une magicienne. Nisus et Minos se jurent la paix, mais leur serment est interrompu par un tonnerre, provoqué par les enchantements d'Ismène. Au deuxième acte, Scylla exprime son désespoir amoureux. Minos lui avoue son amour, mais leur conversation est interrompue par Capys. Capys, espérant rompre le mariage de Scylla et Dardanus, assiste à une fête de démons évoqués par Ismène. Dardanus, désespéré, se plaint de l'indifférence de Scylla. Au troisième acte, Capys exprime son désespoir à Artemidor et Ismène. Dardanus évoque l'ombre de Tirésias, qui lui conseille de quitter Scylla. Capys, furieuse, décide de se venger. Au quatrième acte, Capys apprend que la paix est conclue et presse Artemidor de rallumer la guerre. Scylla, espérant obtenir Minos, chante un monologue. Minos lui apprend que Nisus veut continuer la guerre, plongeant Scylla dans le désespoir. Dans le cinquième acte, Scylla coupe le cheveu fatal attaché au sort de son père. Une troupe de magiciens célèbre la victoire de Nisus, mais le véritable sort de Nisus reste à révéler. Minos, victorieux, accorde la grâce aux vaincus et demande la présence de Scylla. Cette dernière apparaît empoisonnée et avoue son crime à Minos. Avant de mourir, elle adresse cinq vers à l'ombre de Nisus, exprimant son désir de vengeance et sa volonté de faire justice. Elle répète que sa mort est un sacrifice pour venger Nisus et qu'elle ne pouvait envisager autre chose après son crime affreux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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203
p. 2252-2253
« On prépare pour le commencement du mois prochain un Opera nouveau, [...] »
Début :
On prépare pour le commencement du mois prochain un Opera nouveau, [...]
Mots clefs :
Opéra, Biblis, Comédiens-Français, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On prépare pour le commencement du mois prochain un Opera nouveau, [...] »
On prépare pour le commencement
du mois prochain un Opera nouveau ,
qui a pour titre Biblis , dont nous parle
rons en son temps.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre les trois Cousines , que le Public .
revoit toujours avec le même plaisir. Les
quatre principaux Rôles , de la Meuniere,.
de Colette , de Blaise , et de M. de Lorme
sont parfaitement joüez par les Dlles Lamotte et d'Angeville , et par les Sieurs
Armand et Montmenil.
II
>
OCTOBRE. 1732. 2253-
Ils ont aussi remis la petite Comédie.
duFlorentin, dans laquelle la Dule Legrand
joue le Rôle d'Hortense avec applaudissement
du mois prochain un Opera nouveau ,
qui a pour titre Biblis , dont nous parle
rons en son temps.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre les trois Cousines , que le Public .
revoit toujours avec le même plaisir. Les
quatre principaux Rôles , de la Meuniere,.
de Colette , de Blaise , et de M. de Lorme
sont parfaitement joüez par les Dlles Lamotte et d'Angeville , et par les Sieurs
Armand et Montmenil.
II
>
OCTOBRE. 1732. 2253-
Ils ont aussi remis la petite Comédie.
duFlorentin, dans laquelle la Dule Legrand
joue le Rôle d'Hortense avec applaudissement
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Résumé : « On prépare pour le commencement du mois prochain un Opera nouveau, [...] »
En octobre 1732, la préparation d'un nouvel opéra, 'Biblis', est annoncée. Les comédiens français reprennent 'Les trois Cousines' avec les demoiselles Lamotte et d'Angeville, ainsi que les sieurs Armand et Montmenil. La pièce 'Le Florentin' est également remise en scène, avec la demoiselle Legrand dans le rôle d'Hortense.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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204
p. 242[1]-2430
Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE PARNASSE FRANCOIS, dédié au Roi, par M. Titon du Tillet, Commissaire [...]
Mots clefs :
Parnasse, Vignettes, Estampes, Poètes, Musiciens, Histoire générale, Titon du Tillet, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
LE PARNASSE FRANÇOIS , dédié au Roi ,
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
par M. Titon DuTillet,Commissaire Provincial des Guerres , ci devant Capitaine
de Dragons , et Maître d'Hôtel de feuë
MADAME LA DAUPHINE , MERE DU ROI.
in -fol. de près de 800 pages , orné de 10.
Vignettes , et de 13 Estampes en taillesdouces. AParis, chez Coignard le fils, Im
primeur du Roi et de l'Académie Françoise,
1732. prix 24 liv. le grand papier , et
15 liv. le petit. Ce volume contient 1.
un Discours sur le dessein que l'Auteur
s'est proposé en faisant éxécuter en Bronze le PARNASSE FRANÇOIS A LA GLOIRS
PE LA FRANCE ET DE LOUIS LE GRAND ,
**
2422 MERCURE DE FRANCE
ET A LA MEMOIRE DES ILLUSTRES POETES
ET MUSICIENS FRANÇOIS. Il donne dans
ce discours une idée des honneurs et des
Monumens que les Peuples les plus célébres de l'Antiquité , surtout les Grecs et
les Romains , accordoient aux personnes
qui se distinguoient dans les Sciences et
dans les beaux Arts ; il marque qu'il a
imité leur exemple en élevant le Parnasse
François.
2. Il fait la description de ce Parnasse ;
qu'il divise en trois parties. La premiere
fait connoître les figures qui composent
ce Groupe , ce qu'elles représentent , et
les rangs différens que nos Poëtes et nos
Musiciens y occupent. Dans la seconde
on voit la disposition de tout ce qui forme će Monument , et l'arrangement des
Figures avec leurs Attributs et leurs Simboles. Dans la troisième , on marque en
quoi le Parnasse FRANÇOIS est allégorique et analogique au PARNASSE DE LA
GRECE , et en quoi il est d'une nouvelle
invention. 3. Un ordre Chronologique
des Poëtes et des Musiciens rassemblez
jusqu'à présent sur lePARNASSE FRANÇOIS,
où l'on donne un Extrait de leur vie
un Catalogue de leurs Ouvrages , sur les
quels on rapporte les jugemens de plusieurs sçavans Critiques.
4.
NOVEMBRE. 1732. 2423
4. Un Essai , ou des Remarques sur la
Poësie et sur la Musique en géneral.
5. Des Remarques plus étenduës sur
l'origine et sur le progrès de la Poësie et
de la Musique Françoise , et particulierement sur nos Spectacles et nos Piéces, de
Théatre.
et
6. Un Poëme Latin du Pere Vaniere , Jésuite , sur le Parnasse François ,
avec une Imitation de ce Poëme en François , la plus grande partie en Vers ,
l'autre en Prose , par le Pere Brumoy , Jésuite. Une Lettre de M. Rousseau , et une
de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon
Du Tillet sur son Parnasse.
M. Titon DuTillet a fait graver en 1723-
une grande et magnifique Estampe du
Parnasse dont nous avons fait la description dans le Mercure du mois de Septembre 172 3. et depuis il a donné une description de ce Monument avec une liste
alphabétique des Poëtes et des Musiciens
qui y sont rassemblez ; nous en avons fait
mention au mois de Juin 1727. que parut
cette Edition ; mais celle dont il vient de
faire part au Public est infiniment plus
ample , parce qu'il y a augmenté le nombre des Poëtes et des Musiciens sur le
Parnasse , et qu'il s'est étendu davantage
sur les articles de ceux dont il avoit parlé
dans la premiere Edition ; outre l'Essai et
les
#424 MERCURE DE FRANCE
les Remarques sur la Poësie et sur la Mu¬
sique qu'il donne dans celle- ci.
On peut dire de cet Ouvrage que nonseulement c'est la description du Parnasse François ; mais encore une Histoi
re générale de la Poësie et de la Musi
que Françoise, où les Curieux trouveront
de quoi se satisfaire.
>
CommeM. Titon du Tillet fait paroî
tre sur le Parnasse environ 250 Poëtes ou
Musiciens , il les distribuë en trois et même en quatre classes pour les y placer. I
marque dans son premier Discours, qu'il
ne lui convient pas d'être aussi severe que
Horace et Despréaux , dont il n'ignore pas
les Arrêts redoutables55; le premier dit
Dieux ni les hommes ne peuvent soufrir la
médiocrité dans les Vers , et qu'on arrache
jusqu'aux Affiches de leurs Ouvrages , mises
sur les Colonnes et aux coins des ruës.
Mediocribus esse Poëtis.
que
Non Di , non homines , non concessere columna.
let
Despréaux est du même sentiment , et
s'explique de cette maniere :
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire ;
Il n'est point de dégrez du médiocre au pire.
Et dans un autre endroit, en parlant de
peuxqui veulent meriter une place sur le Par
NOVEMBRE. 1732. 242
Farnasse , en traitant des sujets nobles et
élevez , il dit :
Qui ne vole au sommet, tombe au plus bas dégré
Mais il ne faut pas prendre Horace et
Defpreaux tout-à-fait à la lettre dans les
Passages cy-dessus où ils parlent du caracte- re élevé et du sublime de la Poësie , tel que
celui de l'Epopée ou du Poëte Epique , de
Ode Héroïque , et de la Tragedie ; car il est
d'autresgoûts de Poësie , où celui qui y réussit merite le titre de Poëte , et quelque rang
sur le Parnasse.
le Pourquoi voudroit- on qu'il n'y eut que
sommet du Parnasse d'habité , le milieu et
tes differentes Terrasses de cette Montagne
n'offrent-elles pas des endroits rians et délieieux où l'onpeutêtre placé avec distinction et selon le mérite de ses ouvrages.
Voici les Classes ou les Monumens diffe
rens qui distinguent les Poëtes et les Musisiens sur le Parnasse François. 1. Lafigure,
en Pied. 2. Les Médaillons ( cette Classe
peut bien êtrejointe avec la premiere ). 3. Les
noms gravez sur un premier Rouleau de
Bronze. 4. Un second Rouleau contient encore d'autres noms. 5. Un autre Rouleau où
sont écrits les noms de plusieurs personnes
d'un excellent gout , Amateurs et Protecteurs
de la Poësie et de la Musique , qui ont composé
2426 MERCURE DE FRANCE
posé aussi quelques jolis vers ou qui ont excellé dans l'art de chanter ou de jouer de
quelque Instrument. A la tête des Amateurs
et des Protecteurs de la Poësie , on a placé
LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Pour faire encore quelque honneur à
notre Nation, M. Titon a mis à la fin de
ce volume une Liste d'environ cinq cent
Poëtes ou Musiciens , dont quelques- uns
peuvent avoir quelque mérite. Il les place dans les Avances ou dans les Campagnes qui environnent le Parnasse , afin
qu'Apollon et son Conseil puissent en admettre quelques- uns sur ce Mont sacré ,
s'ils les en trouvent dignes. Les Curieux
en Poësie et en Musique doivent lui sçavoir bon gré de leur rappelfer les noms
de tous ces Poëtes et de tous ces Musiciens , et en même temps de leur donner
une idée générale de l'hiftoire de notre
Poësie et de notre Musique , d'en faire
voir l'origine , les progrès et le haut
point de perfection où ces deux beaux
Arts sont montez en France, sous le Regne de Louis le Grand , qui est l'Apollon
du Parnasse François.
Pour revenir aux Poëtes et aux Musiciens qu'il a placés sur ce Parnasse , il dit :
Je n'ai point prétendu , comme on peut le
voir , par les differens monumens qu'on trouve
NOVEMBRE. 1732 2427
trouve sur ce Groupe de Bronze , et même
par les Places differentes que les Figures et
Les Médaillons y occupent , que tous les Poëtes et les Musiciens qui y sont rassemblez
soient d'un merite égal et digne des mêmes
honneurs. Je sçai bien qu'on ne trouve pas
facilement des MALHERBES et des RAGANS
pour l'ODE ; des CORNEILLES et des RACINES pour la TRAGEDIE ; des MOLIERESpour
la COMEDIE ; des LA FONTAINE pour LES
FABLES et LES CONTES ; des CHAPELLESpour
la Poësie naturelle , legere et badine ;` des
RACANS et des SEGRAIS pour la PASTORALE et l'EGLOGUE ; des DESPREAUX pour la
SATIRE ; des QUINAULTS pour la MUSIQUE
GHANTANTE ; des LULLYSpourla MUSIQUE,
et des Poëtes François et des Poëtes Latins
tels que les principaux de notre Parnasse
et des DAMES , telles que Mesdames de la
SUZE , des HouLIERES et Mad. de SCUDERY, qui y representent les 3 GRACES.
Il a fallu quelquefois plusieurs siècles pour
trouver un seul de ces beaux génies , et c'est
peut- être le plus grand effort de la nature de
les avoir tous produits dans un même siecle ;
sans parler de tant d'autres hommes qui ont
excellé en même-temps en France dans toutes
Les autres sciences et dans tous les autres beaux
Arts , differens de la Poësie et de la Musique.
Qu'on
2428 MERCURE DE FRANCE
1
Qu'on compteroit peu de ces grands hommes
depuis le regne de César et d'Auguste ! On
roiroit que la nature ce seroit reposée plus de
dix- sept cent ans pourfaire un pareil prodige et rendre le Regne de Louis LE GRAND
T'admiration de tous les siècles.
>
Rendons les bonneurs suprêmes à nosgrands
Poëtes , les Souverains du Parnasse , et
jouissons de leurs excellens Ouvrages ; mais
rendons aussijustice à plusieurs autres de nos.
Poëtes , qui ne les ont point égalé , mais dont
les écrits ne laissent pas d'avoir leur beauté
et leur agrément , donnant à chacun la gloire
et la récompense qui lui est dûë.
Stet sua cuique Mercos.
Comme le Parnasse François n'est consacré qu'aux Poëtes et qu'aux Musiciens
que la mort a enlevez , M. Titon y a
laissé des Places destinées pour y mettre
nos illustres Poëtes et nos fameux Musiciens vivans après leur mort. Il marque
même qu'il sera aisé d'augmenter de
moitié ce Groupe , en y ajoutant par la
Base , deux ou trois terrasses de Bronze
sur lesquelles on pourra placer autant de
figures qu'on le jugera à propos , et pour
y mettre tous les grands Poëtes et tous les fameux Musiciens dont la nature voudra favoriser la France dans les siécles
avenir.
I
NOVEMBRE. 1732. 2429
Il paroît que M. Titon auroit bien souhaité pouvoir passer les bornes qu'il a dû
se prescrire par ces paroles d'un ancien
Auteur , Cineri gloria datur ; les Monu
mens les plus glorieux ne s'accordent
qu'après la mort. Il a même crû qu'il lui
étoit permis de faire exécuter les Médail
lons de nos trois plus anciens Poëtes vi
vans , qui jouissent d'une grande réputa- tion: Ce sont Messieurs de FONTENELLE et
Rousseau , Poëtes François ; et le P. VANIERE, Jésuite , Poëte Latin ; et ceux de
nos deux plus anciens Musiciens pour les
Opéra; Mess. CAMPRA et DESTOUCHES.
Il est bienpersuadé que les Personnes d'esprit et de mérite ne lui en sçauront pas
mauvais gré ; ce fera dans la suite aux Maîtres de l'Art à leur assigner sur le
Parnasse les places qu'ils y méritent. Il
annonce aussi qu'il doit faire exécuter
des Médaillons des Poëtes qui ont le plus
de réputation parmi ceux dont les noms
sont gravez sur le premier Rouleau qu'on
voit sur le Parnasse , et même ceux de
nos Poëtes vivans , qu'il tiendra toûjours
en reserve , pour être placez , quand il
conviendra , sur le Parnasse. Pour rendre
la suite des Médaillons des Poëtes et des
Musiciens François plus complette , il
compte de donner dans quelque- temps les
F Médail
4430 MERCURE DE FRANCE
Médaillons des Poëtes , et des Musiciens qui sont representez en figures
en pied sur le Parnasse , comme ceux
des Dames, qui y representent les trois
Graces.
Il a fait exécuter jusqu'à present 24
Médaillons de Bronze , qui ont deux pou
ces de diametre : Voici les noms de ceux
qui y sont représentez : LA REINE MARGUERITE , CLEMENT MAROT , MALHERJE , VOITURE , SCEVOLE DE SAINTE
MARTHE , MAYNARD , SARASIN , SCARRÓN, BENSERADE, QUINAULT, SANTEUIL,
RAPIN , COMMIRE , LA RUE , LAINEZ ,
LA LANDE, MARAIS , LA MOTTE , LE P.
VANIERE, FONTENELLE, ROUSSEAU,CAMPRA, DESTOUCHES , MAD, DE LA GUERRE.
Sur les revers de ces Médaillons on
mis des devifes et des symboles conve
nables aux caracteres des Personnes qui
font representées sur la tête des Médail
lons
Le sieur Curé , Sculpteur et Cizeleur ,
demeurant à la descente du Quai Pelle
rier,a exécuté ces Médaillons; et M.Titon
lui a permis de les vendre, pour satisfaire
ceux qui en feront curieux.
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Résumé : Le Parnasse François, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Le Parnasse Français', un ouvrage de M. Titon Du Tillet dédié au Roi et publié en 1732. Ce livre de près de 800 pages, illustré de vignettes et d'estampes, se compose de plusieurs sections clés. La première section expose le projet de l'auteur de créer un monument en bronze célébrant la gloire de la France et de Louis le Grand, en hommage aux poètes et musiciens français. L'auteur compare cet hommage aux honneurs accordés aux artistes dans l'Antiquité, notamment par les Grecs et les Romains. Le livre décrit ensuite le Parnasse Français, divisé en trois parties. La première partie présente les figures et leurs représentations. La deuxième détaille la disposition du monument et l'arrangement des figures avec leurs attributs et symboles. La troisième explique les analogies et les innovations par rapport au Parnasse grec. L'ouvrage inclut également un ordre chronologique des poètes et musiciens, des essais sur la poésie et la musique, des remarques sur l'origine et le progrès de ces arts en France, et un poème latin avec son imitation en français. Des lettres de M. Rousseau et de M. de Saint Hyacinthe à M. Titon Du Tillet sont également présentes. M. Titon Du Tillet a augmenté le nombre de poètes et de musiciens représentés dans cette édition par rapport à la précédente, et a ajouté des essais et des remarques sur la poésie et la musique. Le Parnasse Français est ainsi présenté comme une histoire générale de la poésie et de la musique françaises. L'auteur classe les poètes et musiciens en différentes catégories, reconnaissant que tous ne sont pas de mérite égal. Il mentionne des figures emblématiques comme Malherbe, Racine, Molière, et Lully, tout en rendant hommage à d'autres poètes et musiciens moins célèbres mais méritants. Le Parnasse Français est consacré aux poètes et musiciens décédés, mais des places sont laissées pour les artistes vivants. M. Titon Du Tillet a également fait exécuter des médaillons de bronze pour certains poètes et musiciens, dont les noms sont listés dans le texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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205
p. 2451
« Voici un avis assez singulier, et qui peut flatter les hommes de notre âge d'une heureuse et [...] »
Début :
Voici un avis assez singulier, et qui peut flatter les hommes de notre âge d'une heureuse et [...]
Mots clefs :
Danse, Âge, Vieillesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voici un avis assez singulier, et qui peut flatter les hommes de notre âge d'une heureuse et [...] »
Voici un avis assez singulier , et qui peut flatfer les hommes de notre âge d'une heureuse et
longue vieillesse.
Le Sr Dumirail , pere , âgé de 82 ans passez
Pensionnaire du Roy , qui a dansé dans les Balfets de la Cour , dans la jeunesse de Louis XIV.
et long tems à l'Académie Royale de Musique,
qui a conservé sa taille déliée , et qui marche
comme s'il n'avoit que 30 ans , donne avis qu'il
tient à present sa Salle rue du Four , Fauxbourg S. Germain. II y montre entr'autres Danses le
Rigaudon Anglois , qui est une Danse fort vive ,
coupée et légere.
longue vieillesse.
Le Sr Dumirail , pere , âgé de 82 ans passez
Pensionnaire du Roy , qui a dansé dans les Balfets de la Cour , dans la jeunesse de Louis XIV.
et long tems à l'Académie Royale de Musique,
qui a conservé sa taille déliée , et qui marche
comme s'il n'avoit que 30 ans , donne avis qu'il
tient à present sa Salle rue du Four , Fauxbourg S. Germain. II y montre entr'autres Danses le
Rigaudon Anglois , qui est une Danse fort vive ,
coupée et légere.
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Résumé : « Voici un avis assez singulier, et qui peut flatter les hommes de notre âge d'une heureuse et [...] »
L'avis concerne le Sr Dumirail, 82 ans, pensionnaire du Roi, ancien danseur des ballets de la cour de Louis XIV et membre de l'Académie Royale de Musique. Malgré son âge, il conserve une taille déliée et enseigne la danse rue du Four, dans le Faubourg Saint-Germain. Il propose notamment le Rigaudon Anglais, une danse vive et légère.
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206
p. 2453-2454
LE TEMPS FUGITIF. AIR.
Début :
Aussi prompt qu'un éclair dans les airs dispersé, [...]
Mots clefs :
Temps fugitif, Vitesse extrême
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texteReconnaissance textuelle : LE TEMPS FUGITIF. AIR.
LE TEMPS FUGITIF.
A
AIR.
Ussi prompt qu'un éclair dans les airs dis- persé ,
Plus fugitif qu'un Flot , qu'un autre Flot rem- place ;
O Toi ! dont chaque instant s'efface
G Par
2454 MERCURE DE FRANCE
Par un instant aussi- tôt effacé.
Rapide Temps ! en vain dans ta vitesse extrême
Tu sembles , sans retour , t'anéantir toi- même;
Je ne me plaindrois pas de toi ་ ་
Sans le Nectar et ce que j'aime ;
Tu coulerois encor trop lentement pour moi,
A
AIR.
Ussi prompt qu'un éclair dans les airs dis- persé ,
Plus fugitif qu'un Flot , qu'un autre Flot rem- place ;
O Toi ! dont chaque instant s'efface
G Par
2454 MERCURE DE FRANCE
Par un instant aussi- tôt effacé.
Rapide Temps ! en vain dans ta vitesse extrême
Tu sembles , sans retour , t'anéantir toi- même;
Je ne me plaindrois pas de toi ་ ་
Sans le Nectar et ce que j'aime ;
Tu coulerois encor trop lentement pour moi,
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207
p. 2467-2468
« Les Comédiens François ont repris à leur retour de Fontainebleau la Tragédie de Zäire de [...] »
Début :
Les Comédiens François ont repris à leur retour de Fontainebleau la Tragédie de Zäire de [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Zaïre, Fontainebleau, Académie royale de musique, Scylla, Opéra, Isis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François ont repris à leur retour de Fontainebleau la Tragédie de Zäire de [...] »
Les Comédiens François ont repris à leur retour de Fontainebleau la Tragédie de Zaire de.
M.
2468 MERCURE DE FRANCE
M. de Voltaire , qui a toujours un très-grand
succès. Elle est parfaitement représentée par la
Die Gaussin qui y joue le principal Rôle , er par les Srs Dufresne , Sarrazin , Granval , Legrand , &c. qui remplissent les personnages
d'Orosmanes , de Lusignan , de Nerestan , de Chatillon , &c. nous donnerons quelques Frag mens de ce Poëme.
Le4 Nov.l'Académie Royale de Musique donna
la derniere Représentation de l'Opéra de Scylla
dans lequel la Dile Monville , nouvelle Actrice ,
sœur de la Dlle Julie , doubla le Rôle de Capis
que chantoit la Dlle Antiers Elle a assez de ,
voix , de l'action et de l'intelligence.
.
Le 4. on donna la premiere Représentation de
Biblis , dont le Poëme est de M. Fleury , et la
Musique de M. de la Coste. Nous en parlerons plus au long. On en donna la cinquiéme
Représentation le 13. et on remit au Théatre
Amadis de Gaule. Le 18. la Dile le Maure y
chanta son Rôle Doriane , avec des applaudisse
mens tres-bien mérités.
On va remettre incessamment l'Opéra d'Isis ;
que le Public attend avec impatience,
Le 11. Fête de S. Martin , BAcadémie Roya¬
le de Musique donna le premier Bal public qu'on
donne tous les ans à pareil jour , et qu'on continue pendant différens jours jusqu'à l'Avent. Qn
les reprend ordinairement à la Fête des Rois jus,
qu'au Carême.
M.
2468 MERCURE DE FRANCE
M. de Voltaire , qui a toujours un très-grand
succès. Elle est parfaitement représentée par la
Die Gaussin qui y joue le principal Rôle , er par les Srs Dufresne , Sarrazin , Granval , Legrand , &c. qui remplissent les personnages
d'Orosmanes , de Lusignan , de Nerestan , de Chatillon , &c. nous donnerons quelques Frag mens de ce Poëme.
Le4 Nov.l'Académie Royale de Musique donna
la derniere Représentation de l'Opéra de Scylla
dans lequel la Dile Monville , nouvelle Actrice ,
sœur de la Dlle Julie , doubla le Rôle de Capis
que chantoit la Dlle Antiers Elle a assez de ,
voix , de l'action et de l'intelligence.
.
Le 4. on donna la premiere Représentation de
Biblis , dont le Poëme est de M. Fleury , et la
Musique de M. de la Coste. Nous en parlerons plus au long. On en donna la cinquiéme
Représentation le 13. et on remit au Théatre
Amadis de Gaule. Le 18. la Dile le Maure y
chanta son Rôle Doriane , avec des applaudisse
mens tres-bien mérités.
On va remettre incessamment l'Opéra d'Isis ;
que le Public attend avec impatience,
Le 11. Fête de S. Martin , BAcadémie Roya¬
le de Musique donna le premier Bal public qu'on
donne tous les ans à pareil jour , et qu'on continue pendant différens jours jusqu'à l'Avent. Qn
les reprend ordinairement à la Fête des Rois jus,
qu'au Carême.
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Résumé : « Les Comédiens François ont repris à leur retour de Fontainebleau la Tragédie de Zäire de [...] »
Le texte décrit des événements liés au théâtre et à la musique en France. Les Comédiens Français ont repris la tragédie 'Zaire' de Voltaire à leur retour de Fontainebleau, avec un grand succès. La pièce met en vedette la Die Gaussin dans le rôle principal, ainsi que les acteurs Dufresne, Sarrazin, Granval et Legrand, interprétant respectivement Orosmanes, Lusignan, Nerestan et Chatillon. Le 4 novembre, l'Académie Royale de Musique a présenté la dernière représentation de l'opéra 'Scylla', où la Dile Monville, sœur de la Dlle Julie, a doublé le rôle de Capis. Le même jour, la première de 'Biblis', avec un poème de M. Fleury et une musique de M. de la Coste, a été donnée. La cinquième représentation de 'Biblis' a eu lieu le 13 novembre, suivie de la reprise de 'Amadis de Gaule'. Le 18 novembre, la Dile le Maure a chanté le rôle de Doriane dans 'Amadis de Gaule', recevant des applaudissements. L'opéra 'Isis' est annoncé pour une prochaine reprise, attendu avec impatience par le public. Le 11 novembre, à la fête de Saint-Martin, l'Académie Royale de Musique a organisé le premier bal public de l'année, qui se poursuit jusqu'à l'Avent et reprend à la fête des Rois jusqu'au Carême.
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208
p. 2470-2471
« Le 27 du mois d'Août, les Barnabites de Montargis firent représenter par leurs Pensionnaires [...] »
Début :
Le 27 du mois d'Août, les Barnabites de Montargis firent représenter par leurs Pensionnaires [...]
Mots clefs :
Barnabites de Montargis, Absalon, Tragédie, Danses, Ballet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 27 du mois d'Août, les Barnabites de Montargis firent représenter par leurs Pensionnaires [...] »
Le 27 du mois d'Août , les Barnabites de Mon
targis firent représenter par leurs Pensionnaires
et les Ecoliers de leur College, la Tragédie d'Ab
salon. L´s Entr'Actes étoient remplis par unBallet
de l'Ambition , dans lequel on faisoit voir par
des Danses ingénieusement figurées et parfaite- ment conformes aux différens traits de l'Histoi
re et de la Fable , propres aux Sujets , et exposez
par ordre dans les Programmes , les sources de
cette passion , les moyens qu'elle employe , les
excès ausquels elle se porte , et les suites fâcheu
ses qu'elle produit. Le grand concours de monde , tant de la Ville que des environs , rendoit:
ce spectacle des plus magnifiques : mais la distribution des Prix accordez par S. A. R. Monsei
gneur le Duc d'Orleans , Protecteur et bienfaiteur du College , et dont le Portrait étoit en fa
ce du Théatre , en releva beaucoup la pompe.
Elle fut faite par M. Bouseonnier , Premier Président au Présidial de Montargis , ' et fut suivie
de la récitation d'une OdeFrançoise, en actions de
graces de la liberalité de Son Altesse Serenissime.
La magnificence et la varieté des habits , la décoration du Spectacle , et les mouvemens du Théa~
tre ont rendu cette Représentation beaucoup.
plus
NOVEMBRE. 1732. 247
plus belle , que ne l'avoient été les précédentes.
Les Acteurs de la Tragédie et du Ballet , dont la
plûpart ont remporté des prix , se sont attiré des
applaudissemens universels , et ont parfaitement rempli l'attente du Public.
targis firent représenter par leurs Pensionnaires
et les Ecoliers de leur College, la Tragédie d'Ab
salon. L´s Entr'Actes étoient remplis par unBallet
de l'Ambition , dans lequel on faisoit voir par
des Danses ingénieusement figurées et parfaite- ment conformes aux différens traits de l'Histoi
re et de la Fable , propres aux Sujets , et exposez
par ordre dans les Programmes , les sources de
cette passion , les moyens qu'elle employe , les
excès ausquels elle se porte , et les suites fâcheu
ses qu'elle produit. Le grand concours de monde , tant de la Ville que des environs , rendoit:
ce spectacle des plus magnifiques : mais la distribution des Prix accordez par S. A. R. Monsei
gneur le Duc d'Orleans , Protecteur et bienfaiteur du College , et dont le Portrait étoit en fa
ce du Théatre , en releva beaucoup la pompe.
Elle fut faite par M. Bouseonnier , Premier Président au Présidial de Montargis , ' et fut suivie
de la récitation d'une OdeFrançoise, en actions de
graces de la liberalité de Son Altesse Serenissime.
La magnificence et la varieté des habits , la décoration du Spectacle , et les mouvemens du Théa~
tre ont rendu cette Représentation beaucoup.
plus
NOVEMBRE. 1732. 247
plus belle , que ne l'avoient été les précédentes.
Les Acteurs de la Tragédie et du Ballet , dont la
plûpart ont remporté des prix , se sont attiré des
applaudissemens universels , et ont parfaitement rempli l'attente du Public.
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Résumé : « Le 27 du mois d'Août, les Barnabites de Montargis firent représenter par leurs Pensionnaires [...] »
Le 27 août, les Barnabites de Montargis organisèrent une représentation de la tragédie d'Absalon par leurs pensionnaires et écoliers. Les entractes furent occupés par un ballet intitulé 'L'Ambition', illustrant les sources, les moyens, les excès et les conséquences funestes de cette passion. Le ballet était accompagné de programmes détaillant ces aspects. La représentation attira une grande foule de la ville et des environs, rendant le spectacle magnifique. La distribution des prix, accordés par le Duc d'Orléans, protecteur et bienfaiteur du collège, fut faite par M. Bouseonnier, Premier Président au Présidial de Montargis. Cette cérémonie fut suivie de la récitation d'une ode française en action de grâce pour la générosité du Duc. La magnificence des habits, la décoration du spectacle et les mouvements du théâtre rendirent cette représentation plus belle que les précédentes. Les acteurs de la tragédie et du ballet, dont la plupart reçurent des prix, furent acclamés par le public et répondirent pleinement aux attentes.
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209
p. 2562-2563
Le Dimanche 16 Novembre, chez M. de Pradel Audet, Conseiller du Roi. Menuet.
Début :
Lorsque deux coeurs, [...]
Mots clefs :
M. de Pradel Audet, Mariage, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Dimanche 16 Novembre, chez M. de Pradel Audet, Conseiller du Roi. Menuet.
Le Dimanche 16 Novembre , chez M. de Pradel Audet , Conseiller du Roin
Menuet.
Lorsque deux cœurs ,
Qu'unit un charmant mariage ,
Lorsque deux cœurs ,
Eprouvent les mêmes ardeurs ,
Tout l'embarras du ménage
Ne fait encor qu'augmenter leur amour ;
Et l'on ne sçait dans ce tendre esclavage
Lequel vaut mieux de la nuit ou du jour.
Voi tu ses yeux ,
Son nez fin , sa bouche adorable
I. Vol. Voi
DECEMBRE. 1732. 256
Voi-tu ses yeux ?
C'est Venus qui brille en ces lieux.
Si cette Déesse aimable
Eut scû choisir un Epoux tel que toi ;
Mars eut envain d'un commerce durable
Youlu briser entre eux la douce lai.
Un tendré Hymen ,
Cher Oncle , à ma Tante te lie ;
Un tendre Hymen
Tient toujours l'Amour par la main,
Fils bien né , fille jolie ,
A chaque instant vous font cherir vos nœuds.
Qu'en cinquante ans nous puissions pleins de vie ,
Boire avec vous à vos triples Neveux.
Menuet.
Lorsque deux cœurs ,
Qu'unit un charmant mariage ,
Lorsque deux cœurs ,
Eprouvent les mêmes ardeurs ,
Tout l'embarras du ménage
Ne fait encor qu'augmenter leur amour ;
Et l'on ne sçait dans ce tendre esclavage
Lequel vaut mieux de la nuit ou du jour.
Voi tu ses yeux ,
Son nez fin , sa bouche adorable
I. Vol. Voi
DECEMBRE. 1732. 256
Voi-tu ses yeux ?
C'est Venus qui brille en ces lieux.
Si cette Déesse aimable
Eut scû choisir un Epoux tel que toi ;
Mars eut envain d'un commerce durable
Youlu briser entre eux la douce lai.
Un tendré Hymen ,
Cher Oncle , à ma Tante te lie ;
Un tendre Hymen
Tient toujours l'Amour par la main,
Fils bien né , fille jolie ,
A chaque instant vous font cherir vos nœuds.
Qu'en cinquante ans nous puissions pleins de vie ,
Boire avec vous à vos triples Neveux.
Fermer
Résumé : Le Dimanche 16 Novembre, chez M. de Pradel Audet, Conseiller du Roi. Menuet.
Le 16 novembre, chez M. de Pradel Audet, Conseiller du Roi, une célébration a eu lieu avec un menuet et des poèmes. Le premier poème évoque l'union de deux cœurs dans un mariage, soulignant la beauté de la personne aimée et le souhait d'un amour constant. Le second poème, daté de décembre 1732, célèbre l'union d'un oncle et d'une tante, exprimant le désir de vivre pleinement et de porter un toast après cinquante ans de vie commune.
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210
p. 2563-2565
Le Lundi, chez M. de la Piqueliere air de l'Allure,
Début :
Dites-nous, Haringhton, tout de bon, [...]
Mots clefs :
Harrington, Allure, Compagnon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Lundi, chez M. de la Piqueliere air de l'Allure,
Le Lundi , chez M. de la Piqueliere
air de l'Allure,
Dites- nous , Haringthon , tout de bon ,
Si votre valeur dure ,
Tentez-vous sans affront , tout de bon ,
La galante avanture tout de bon ?
M. Goupil de la Piqueliere est un homme de dise
tinction du Croisic , qui a commandé les plus grands Vaisseaux de la Riviere de Nantes , avec commission en Guerre. Ily a deux ans qu'il est marié
unejeune et aimable Dame.
I. Vol, Voilà ,
2564 MERCURE DE FRANCE
Voilà , compagnon , l'Allure , compagnon .
Voilà , compagnon , l'Allure.
M
Déja de Janneton , * tout de bon ,
Le petit cœur murmure ,
De voir mon Apollon , tout de bon ,
Curieux sans mesure , tout de bon.
Voilà , &c.
Son noble vermillon , tout de bon ,
Confirme mon augure ; .
Et son œil plus fripon , tout de bon ,
De vos exploits m'assûre , tout de bon.
Voilà , &c.
M
Avoüez sans façon , tout de bon ,
Cousin › que la Nature ,
Vous fait en elle un don , tout de bon ,
D'une rare structure , tout de bon.
Voilà , &c.
Vous sçavez, Haringthon , tout de bon,
Seconder sa figure ,
Appas , esprit , raison , tout de bon ,
*Jeanne est le nom de Baptème de Mme Ha
ringthon.
I. Vol Sont
DECEMBRE. 1732.
2565
font en vous , je le jure , tout de bon.
Voilà , &c.
M
En neuf mois un garçon , tout de bon;
Lui rendra sa ceinture ;
De vous deux ce poupon , tout de bon ;
Sera la portraiture , tout de bon.
Voilà , &c.
M
Donnons sur ce jambon , tout de bon .
L'Hôte nous en conjure ,
Epargner son flacon , tout de bon ,
Seroit lui faire injure , tout de bon.
Voilà , &c.
Sa Dame a sur son front , tout de bon,
Les Graces en peinture ,
Au corps l'ame répond , tout de bon,
C'est la franchise pure , tout de bon.
Voilà , &c
air de l'Allure,
Dites- nous , Haringthon , tout de bon ,
Si votre valeur dure ,
Tentez-vous sans affront , tout de bon ,
La galante avanture tout de bon ?
M. Goupil de la Piqueliere est un homme de dise
tinction du Croisic , qui a commandé les plus grands Vaisseaux de la Riviere de Nantes , avec commission en Guerre. Ily a deux ans qu'il est marié
unejeune et aimable Dame.
I. Vol, Voilà ,
2564 MERCURE DE FRANCE
Voilà , compagnon , l'Allure , compagnon .
Voilà , compagnon , l'Allure.
M
Déja de Janneton , * tout de bon ,
Le petit cœur murmure ,
De voir mon Apollon , tout de bon ,
Curieux sans mesure , tout de bon.
Voilà , &c.
Son noble vermillon , tout de bon ,
Confirme mon augure ; .
Et son œil plus fripon , tout de bon ,
De vos exploits m'assûre , tout de bon.
Voilà , &c.
M
Avoüez sans façon , tout de bon ,
Cousin › que la Nature ,
Vous fait en elle un don , tout de bon ,
D'une rare structure , tout de bon.
Voilà , &c.
Vous sçavez, Haringthon , tout de bon,
Seconder sa figure ,
Appas , esprit , raison , tout de bon ,
*Jeanne est le nom de Baptème de Mme Ha
ringthon.
I. Vol Sont
DECEMBRE. 1732.
2565
font en vous , je le jure , tout de bon.
Voilà , &c.
M
En neuf mois un garçon , tout de bon;
Lui rendra sa ceinture ;
De vous deux ce poupon , tout de bon ;
Sera la portraiture , tout de bon.
Voilà , &c.
M
Donnons sur ce jambon , tout de bon .
L'Hôte nous en conjure ,
Epargner son flacon , tout de bon ,
Seroit lui faire injure , tout de bon.
Voilà , &c.
Sa Dame a sur son front , tout de bon,
Les Graces en peinture ,
Au corps l'ame répond , tout de bon,
C'est la franchise pure , tout de bon.
Voilà , &c
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Résumé : Le Lundi, chez M. de la Piqueliere air de l'Allure,
Le texte relate une scène chez M. Goupil de la Piqueliere, un notable du Croisic, commandant des plus grands vaisseaux de la rivière de Nantes et en mission militaire. Marié depuis deux ans à Jeanne, surnommée Mme Haringthon, la conversation met en avant les compliments et les allusions à la beauté et aux qualités de cette dernière. Les échanges mentionnent également la prédiction de la naissance d'un enfant dans neuf mois, qui ressemblerait à ses parents. La scène se termine par des éloges sur la grâce et la franchise de Mme Haringthon, accompagnée d'une invitation à savourer les mets et boissons proposés par l'hôte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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211
p. 2565-2566
Le Mardi chez M. de Morvan, sur l'air: en Cana, Festin notable, &c. ou bien, Croyez-vous que l'Amour m'attrape, &c.
Début :
Nous volons de Fête en Fête; [...]
Mots clefs :
Fête, Bacchus, Amour, Morvan, Maîtresse
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texteReconnaissance textuelle : Le Mardi chez M. de Morvan, sur l'air: en Cana, Festin notable, &c. ou bien, Croyez-vous que l'Amour m'attrape, &c.
Le Mardi chez M. de Morvan , sur l'air:
en Cana , Festin notable , &c. ou bien
Croyez- vous que l'Amour m'attrape
&c.
Nous volons de Fête en Fête;
Par tout nouvelles douceurs ;
Bacchus nous bout dans la tête ,
L'Amour enflamme nos cœurs,
2566 MERCURE DE FRANCE
Quel sort charmant les assemble !
Quel aimable accord entr'eux !
Faisons-les bien vivre ensemble;
Is nous feront vivre heureux.
Haringthon chante , et soupire;
De sa belle Epouse épris.
L'Amour dans tout son Empire
N'a point d'Amans de leur prix.
L'Epoux dément l'axiome ,
Que prônent de sots Docteurs ,
Disant qu'à Table un grand homme ,
N'est pointungrand homme ailleurs.
Le Maître qui nous régale ,
Fait les honneurs à charmer ,
La Maitresse qui l'égale ,
En tout lieux se fait aimer.
Au Cabinet, à la Table ,
Que Morvan brille à propos ;
Là, par sa plume admirable ,
A Table par ses bons mots,
C
• Ancien Maire , Major de notre Ville , et
Subdélégué de M. l'Íntendant ; il est homme de
Lettres , et proche Parent de M. l'Abbé de Bellegarde,qui a écritplusieurs beaux Ouvrages en Prose,
en Cana , Festin notable , &c. ou bien
Croyez- vous que l'Amour m'attrape
&c.
Nous volons de Fête en Fête;
Par tout nouvelles douceurs ;
Bacchus nous bout dans la tête ,
L'Amour enflamme nos cœurs,
2566 MERCURE DE FRANCE
Quel sort charmant les assemble !
Quel aimable accord entr'eux !
Faisons-les bien vivre ensemble;
Is nous feront vivre heureux.
Haringthon chante , et soupire;
De sa belle Epouse épris.
L'Amour dans tout son Empire
N'a point d'Amans de leur prix.
L'Epoux dément l'axiome ,
Que prônent de sots Docteurs ,
Disant qu'à Table un grand homme ,
N'est pointungrand homme ailleurs.
Le Maître qui nous régale ,
Fait les honneurs à charmer ,
La Maitresse qui l'égale ,
En tout lieux se fait aimer.
Au Cabinet, à la Table ,
Que Morvan brille à propos ;
Là, par sa plume admirable ,
A Table par ses bons mots,
C
• Ancien Maire , Major de notre Ville , et
Subdélégué de M. l'Íntendant ; il est homme de
Lettres , et proche Parent de M. l'Abbé de Bellegarde,qui a écritplusieurs beaux Ouvrages en Prose,
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Résumé : Le Mardi chez M. de Morvan, sur l'air: en Cana, Festin notable, &c. ou bien, Croyez-vous que l'Amour m'attrape, &c.
Le texte relate une scène festive et harmonieuse chez M. de Morvan, où les invités savourent diverses douceurs et célébrations. Sous l'influence de Bacchus et de l'amour, l'atmosphère est agréable et unie. Harrington, particulièrement épris de sa belle épouse, exprime son amour de manière touchante. Le texte contredit les doctes qui affirment qu'un grand homme à table ne l'est pas nécessairement ailleurs. M. de Morvan, ancien maire et major de la ville, ainsi que subdélégué de l'intendant, est loué pour ses talents littéraires et ses qualités sociales. Il excelle autant par sa plume que par ses bons mots à table. De plus, il est mentionné comme étant un proche parent de l'abbé de Bellegarde, auteur de plusieurs beaux ouvrages en prose.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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212
p. 2647
AIR BACHIQUE.
Début :
Le Champenois, le Bourguignon, [...]
Mots clefs :
Vin, Bacchus
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texteReconnaissance textuelle : AIR BACHIQUE.
AIR BACHIQUE.
LE Champenois , le Bourguignon ,
>
Font part de leur bon vin à maint autre Canton :
Si Bacchus en plantoit de parcil en Bretagne
On y connoîtroit mieux la valeur de ce don ;
Et loin d'en envoyer en Bourgogne , en Champagne ,
Tout couleroit par le gozier Breton ,
Même la lie et le bondon.
Les paroles sont de Me Malcrais de
la Vigne.
LE Champenois , le Bourguignon ,
>
Font part de leur bon vin à maint autre Canton :
Si Bacchus en plantoit de parcil en Bretagne
On y connoîtroit mieux la valeur de ce don ;
Et loin d'en envoyer en Bourgogne , en Champagne ,
Tout couleroit par le gozier Breton ,
Même la lie et le bondon.
Les paroles sont de Me Malcrais de
la Vigne.
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213
p. 2647-2648
BRUNETTE.
Début :
Pour l'adorable Celimene, [...]
Mots clefs :
Feu, Coeur, Charmes, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BRUNETTE.
BRUNETTE.
Pour l'adorable Celimene ,
Je brûle d'un feu si charmant ,
Queje ne puis un seul moment ,
M'en éloigner sans quelque peine :
Je l'aime tant , tant , tant , tant , tant
Que mon cœur n'est jamais content.
Elle étale aux yeux tant de charmes ,
Qu'Amour en seroit amoureux
Auprès d'elle l'on est heureux ,"
I. Vol. Fv Sans
2648 MERCURE DE FRANCE
Sans gémir ni verser de larmes :
Je l'aime tant , &c.
諾
Quand dans le chemin de Cythere ,
Nous nous regardons tendrement
Elle me dit d'un ton charmant ,
Out, les Dieux t'ont fait pour me plaire,
Je t'aime tant , &c.
Ne ralentis jamais ta flame ,
Brule toûjours des mêmes feux
Cher Amant , pour combler mes vœux ,
Répons aux transports de mon aine ;
Je t'aime tant , tant , tant , tant , tant ,
Que mon cœur n'est jamais content.
Par M. Affichard.
Pour l'adorable Celimene ,
Je brûle d'un feu si charmant ,
Queje ne puis un seul moment ,
M'en éloigner sans quelque peine :
Je l'aime tant , tant , tant , tant , tant
Que mon cœur n'est jamais content.
Elle étale aux yeux tant de charmes ,
Qu'Amour en seroit amoureux
Auprès d'elle l'on est heureux ,"
I. Vol. Fv Sans
2648 MERCURE DE FRANCE
Sans gémir ni verser de larmes :
Je l'aime tant , &c.
諾
Quand dans le chemin de Cythere ,
Nous nous regardons tendrement
Elle me dit d'un ton charmant ,
Out, les Dieux t'ont fait pour me plaire,
Je t'aime tant , &c.
Ne ralentis jamais ta flame ,
Brule toûjours des mêmes feux
Cher Amant , pour combler mes vœux ,
Répons aux transports de mon aine ;
Je t'aime tant , tant , tant , tant , tant ,
Que mon cœur n'est jamais content.
Par M. Affichard.
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Résumé : BRUNETTE.
L'auteur exprime un amour intense et constant pour Célimène, la décrivant comme charmante et heureuse. Il mentionne un moment tendre sur le chemin de Cythère où elle lui avoue son amour. Il l'encourage à maintenir sa passion. La lettre est signée M. Affichard et provient du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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214
p. 2674-2683
EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
Début :
Le Théatre représente d'abord le Palais de Neptune; Amphitrite paroît [...]
Mots clefs :
Tragédie, Biblis, Sujets, Théâtre, Dieux, Oracle, Opéra, Chant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
EXTRAIT de la Tragédie de Biblis
annoncée dans le dernier Mercure.
LEE Théatre représente d'abord le Palais de Neptune ; Amphitrite paroît
sur un Trône , entouré de Nymphes
de Nereides, de DieuxMarins, et de FleuI. Vol.
ves.
DECEMBRE. 732 2678
ves. Amphitrite expose le sujet du Prolo
gue par ces Vers :
Vous qui formez la Cour du Souverain dest Mers ,
Glorieux soutiens de son Trône
Célebrez avec moi l'heureux jour où Latone
Evita le courroux de la Reine des Airs :
Par les bienfaits du Dieu de l'Onde
Apollon et Diane embellissent le monde.
Les Sujets de Neptune et d'Amphitri
te célebrent cet heureux évenement
Neptune vient se joindre à cette Fête. Junon la vient troubler , et fait connoître.
son indignation par ces Vers qui lient le
Prologue à la Tragédie.
Neptune est donc toujours contraire à mes de sirs ! & c.
Ah ! si le Dieu du jour et sa coupable mere
N'ont point éprouvé mon courroux ,
Du moins faisons tomber mes coups
Sur ce sang criminel qui ne sçauroit me plaire
Hâtons-nous , suivons ma fureur ;
Que l'Amour seconde ma haine ;
Qu'il allume des feux dont la coupable ar deur
Rende ma vangeance certaine , &c.
La Scene est à Milet. Au premier Acte
I. Val.
le
2676 MERCURE DE FRANCE
,
le Théatre représente le Temple d'Apollon. Caunus , frere de Biblis , ouvre la
Scene avec Ismene , Souveraine de la Carie. Après lui avoir parlé de son amour
il lui dit que le bonheur que lui fait esperer la Victoire qu'il vient de remporter
sur les Rebelles de ses Etats , est troublé
par la langueur mortelle de sa Sœur. Ils
implorent tous deux le secours du Ciel.
Biblis vient ; Ismene la laisse avec son
frere.
Biblis ne dit rien à Caunus qui puisse
lui faire soupçonner le détestable amour
dont elle brûle pour lui ; elle lui fait seulement entendre que les Dieux , et surtout Apollon dont elle est Prêtresse, sont
irritez contre elle. Pour rendre le calme
à ses États et à son cœur , elle le prie
d'accepter la Couronne que sa qualité de
grande Prêtresse du Dieu qui leur a donné la naissance a fait tomber sur sa tête ;
elle le presse de renvoyer Ismene dans ses
Etats ; ce dernier ordre le surprend ; il
persiste à refuser la Couronne , mais elle
lui apprend que tout est disposé à le reconnoître pour Roi ; elle lui prescrit ce, -
qui lui reste à faire par ces Vers :
Le peuple vient ici se ranger sous vos loix ;
Recevez son premier hommage ;
1. Vol.
Il
DECEMBRE. 1732. 2677
Il faut
gage A
que dans ce Temple un serment vous enrespecter les Décrets de nos Rois.
Le couronnement de Caunus est le sujet de la Fête de cet Acte ; le nouveau Roi
fait le serment que Biblis lui a imposé ;
le serment est interrompu par le bruit du
Tonnerre, et Apollon fait entendre l'Ora-›
cle que voici.
Tremble , malheureux , tremble , à l'aspect de ces lieux ;
Laisse jouir Biblis de la Couronne ;
Le plus cruel malheur pour toi seul l'environne ,
Fui ; respecte mon sang , et le Trône et les
Dieux.
Caunus se résout à obéïr aux Dieux ; les
peuples sortent avec lui ; Biblis reste seule
et fait connoître que c'est elle que l'Oracle regarde ; elle s'exprime ainsi :
Quelle fatale ardeur dans mon ame s'allume !
Ou suis-je ? qu'est- ce que je voi ?
Le feu mortel qui me consume
Dans un abîme affreux m'entraîne malgré moi ?
Le Théatre représente un Port de mer
au second Acte ; on y voit des Vaisseaux préparés pour le départ d'Ismene.
I. Vol. Ipis
2678 MERCURE DE FRANCE
Iphis , Prince d'Ionie , et amoureux de
Biblis , témoigne sa frayeur sur le péril
de sa Princesse.
Biblis vient le prier d'empêcher le départ de Caunus ; Iphis refuse de lui
obeïr , fondé sur la menace et l'ordre absolu d'Apollon ; Biblis lui deffend de la
voir jamais , s'il n'éxécute ce qu'elle lui
ordonne ; il se détermine enfin à lui
obeïr , quoiqu'il lui en puisse coûter.
Ismene se plaint tendrement à Caunus
de ce qu'il la renvoye dans ses Etats sans
l'y suivre ; Caunus lui répond qu'il n'ose l'associer à ses malheurs ; enfin touché
de ses larmes et excité par son amour , il
se réfout à partir avec elle.
Les Sujets d'Ismene et une Troupe de
Matelots, viennent célebrer la Victoire qui
a rétabli leur Souveraine sur le Trônequ'on avoit usurpé sur elle. Cette Fête a
fait un très grand plaisir , tant par rapport aux Danses parfaitement éxécutées
par les Dlles Camargo et Salé , que par les
Canevats chantés par la Dlle Petitpas.
La Fête est interrompue par Iphis , qui
vient annoncer à Caunus que Biblis se
soustrait pour jamais aux yeux de ses
Peuples ; tous les Ioniens le conjurent de
ne point partir et de régner sur eux ;
Caunus oppose à leurs prieres les mena- ,
I. Vol. ces
DECEMBRE. 1732 2679
ces d'Apollon ; il ne se détermine à rien ,
et fait entendre seulement qu'il va consulter les Dieux une seconde fois.
Au troisiéme Acte , le Théatre représente un Antre ; on y voit un Tombeau en
forme de Pyramide , où sont les Ancêtres
de Biblis. Elle se plaint de son sort par
ces Vers :
Séjour impénetrable à la clarté des Cieux ,
Antres affreux , objets funebres ,
Frémissez avec moi de mon sort rigoureux ;
Mais n'en rougissez pas , Manes de mes Ayeux ;
Je viens cacher mes feux dans l'horreur des te nebres.
Je n'ai point fait l'aveu du crime de mon cœur ,
Ma mort va lui donner sa premiere innocence ;
excitez la vengeance,
Dont je vais punir mon ardeur.
Ranimez mon courage ,
Séjour impénetrable , &c.
Iphis arrive ; Biblis irritée , lui ordonne
de la laisser dans ce lieu d'horreur ; Iphis
lui dit que Caunus viendra bien- tôt se
joindre à lui pour la rendre à la lumiere;
ce dernier coup accable Biblis ; elle de
mande à Iphis d'où vient que Caunus
n'est point parti ; Iphis étonné , lui répond que ce n'est que par son ordre exprès qu'il l'a retenu ; Biblis lui dit qu'il
I. Vol.
ne
2680 MERCURE DE FRANCE
ne devoit point lui obéïr ; elle lui deffend
d'apprendre à Caunus en quel lieu elle
s'est retirée et exige même un serment de lui sur ce sujet, Iphis la quitte en
l'assurant qu'il amenera bientôt son frere.
Biblis accablée de douleur , s'endort ; le
Théatre change et représente les Champs
Elisées. Des Songes sous la forme d'Amans heureux et d'Amans malheureux ,
se présentent à elle ; les premiers expos
sent leurs plaisirs par leurs danses et par
leurs chants , et les derniers expriment
leurs tourmens. Cette funeste image éveille Biblis en sursaut ; elle continuë à gé
mir des maux où le Ciel la condamne.
Caunus vient , sa présence augmente
le supplice de Biblis ; elle lui fait même
sentir que plus elle le voit , et plus elle
est malheureuse ; Caunus ne peut rien
comprendre à ce mystere. Biblis prend
enfin une derniere et noble résolution
qu'elle fait connoître par ces Vers qui finissent ce troisiéme Acte.
Venez , le Ciel m'éclaire ,
Je puis , sans l'offenser , voir encor la lumiere;
Couronnons de tendres ardeurs ;
Que l'Hymen àjamais vous joigne avec Ismene,
à
part.
Dieux , que ce Sacrifice appaise votre haine.
I. Vol.
Le
DECEMBRE. 1732. 1681
Le Théatre représente au quatriéme
'Acte , un lieu embelli pour celebrer l'Hymen de Caunus et d'Ismene. Celle- cy se
livre au doux plaisir de l'esperance. Biblis vient ; ismene lui témoigne sa reconnoissance au sujet de son Hymen , auquel elle a bien voulu consentir ; elle la
presse de renoncer au dessein qu'elle a
formé de quitter la Couronne et la vie ;
Biblis lui fait entendre qu'elle est toû
jours dans la résolution de cesser de vivre.
Caunus vient , suivi d'une troupe de
Peuples de divers endroits de la Grece ;
il invite sa sœur Biblis à couronner la
constance d'Iphis , comme Ismene va
couronner la sienne. La Fête commence ;
les Peuples témoignent par leurs chants
et par leurs jeux , le plaisir qu'ils ont de
voir finir leurs malheurs. Biblis invite
Caunus et Ismene à s'approcher de l'Autel pour être unis à jamais , et leur parle
ainsi :
Approchez, il est temps que l'Hymen vous unisse
Joignez vous à mes vœux au pié de cet Autel ;
Il faut qu'un sacrifice auguste et solemnel ,
Rende à jamais le Ciel à votre Hymen propice.
On amene la victime , sous prétexte
de l'immoler : Biblis veut s'immoler ellemême; Caunus lui retient le bras , elle
s'en plaint par ces Vers :
2682 MERCURE DE FRANCE
Dieux ! faudra t'il toujours par un funeste sort ,
Me voir retenir à la vie ,
Par cette même main qui me donne la mort.
Au cinquiéme Acte , le Théatre représente le Palais de Biblis. Caunus commence à soupçonner l'amour incestueux
de sa sœur , du moins il le fait connoître
par ces Vers qui commencent le dernier
Acte.
Qu'ai-je entendu ? grands Dieux ! et quel Démon barbare ,
A conduit la main de Biblis ?
Une soudaine horreur de mon ame s'empare ;
Où suis- je ? qu'ai-je vû ; je tremble ¦ je fréq
mis , &c.
Ismene vient s'affliger avec Caunus , du funeste présage qui vient de préceder leur Hymen ; Iphis tout éperdu ,
annonce à Caunus que Biblis persiste
dans le dessein de mourir , et que son
nom est sorti cent fois de la bouche
de cette sœur infortunée. Caunus veut
partir sans la voir , pour obéïr aux Dieux.
Biblis vient , elle prie Iphis , et Ismene.
de se retirer ; l'affreuse verité lui échappe,
Caunus en est épouvanté ; elle saisit le
moment de sa mortelle frayeur pour se
frapper.
1. Vol.
On
DECEMBRE. 1732: 2683
On a trouvé ce cinquiéme Acte superAu ; et tout le monde convient que la
Tragédie auroit beaucoup mieux fini par
' le sacrifice volontaire de Biblis , qui auroit pû être suivi de l'aveu de son amour
incestueux , auqel cas il auroit fallu mettre un Acte intermediaire. Au reste cette
Tragédie a été parfaitement executée.
Les Diles le Maure et Pélissier y ont
soutenu la réputation qu'elles se sont si
justement acquise par la beauté du chant
et par la justesse de l'action . Le sieur Dupré se fait tous les jours plus admirer par
la noblesse , la legereté et la finesse de sa danse,
annoncée dans le dernier Mercure.
LEE Théatre représente d'abord le Palais de Neptune ; Amphitrite paroît
sur un Trône , entouré de Nymphes
de Nereides, de DieuxMarins, et de FleuI. Vol.
ves.
DECEMBRE. 732 2678
ves. Amphitrite expose le sujet du Prolo
gue par ces Vers :
Vous qui formez la Cour du Souverain dest Mers ,
Glorieux soutiens de son Trône
Célebrez avec moi l'heureux jour où Latone
Evita le courroux de la Reine des Airs :
Par les bienfaits du Dieu de l'Onde
Apollon et Diane embellissent le monde.
Les Sujets de Neptune et d'Amphitri
te célebrent cet heureux évenement
Neptune vient se joindre à cette Fête. Junon la vient troubler , et fait connoître.
son indignation par ces Vers qui lient le
Prologue à la Tragédie.
Neptune est donc toujours contraire à mes de sirs ! & c.
Ah ! si le Dieu du jour et sa coupable mere
N'ont point éprouvé mon courroux ,
Du moins faisons tomber mes coups
Sur ce sang criminel qui ne sçauroit me plaire
Hâtons-nous , suivons ma fureur ;
Que l'Amour seconde ma haine ;
Qu'il allume des feux dont la coupable ar deur
Rende ma vangeance certaine , &c.
La Scene est à Milet. Au premier Acte
I. Val.
le
2676 MERCURE DE FRANCE
,
le Théatre représente le Temple d'Apollon. Caunus , frere de Biblis , ouvre la
Scene avec Ismene , Souveraine de la Carie. Après lui avoir parlé de son amour
il lui dit que le bonheur que lui fait esperer la Victoire qu'il vient de remporter
sur les Rebelles de ses Etats , est troublé
par la langueur mortelle de sa Sœur. Ils
implorent tous deux le secours du Ciel.
Biblis vient ; Ismene la laisse avec son
frere.
Biblis ne dit rien à Caunus qui puisse
lui faire soupçonner le détestable amour
dont elle brûle pour lui ; elle lui fait seulement entendre que les Dieux , et surtout Apollon dont elle est Prêtresse, sont
irritez contre elle. Pour rendre le calme
à ses États et à son cœur , elle le prie
d'accepter la Couronne que sa qualité de
grande Prêtresse du Dieu qui leur a donné la naissance a fait tomber sur sa tête ;
elle le presse de renvoyer Ismene dans ses
Etats ; ce dernier ordre le surprend ; il
persiste à refuser la Couronne , mais elle
lui apprend que tout est disposé à le reconnoître pour Roi ; elle lui prescrit ce, -
qui lui reste à faire par ces Vers :
Le peuple vient ici se ranger sous vos loix ;
Recevez son premier hommage ;
1. Vol.
Il
DECEMBRE. 1732. 2677
Il faut
gage A
que dans ce Temple un serment vous enrespecter les Décrets de nos Rois.
Le couronnement de Caunus est le sujet de la Fête de cet Acte ; le nouveau Roi
fait le serment que Biblis lui a imposé ;
le serment est interrompu par le bruit du
Tonnerre, et Apollon fait entendre l'Ora-›
cle que voici.
Tremble , malheureux , tremble , à l'aspect de ces lieux ;
Laisse jouir Biblis de la Couronne ;
Le plus cruel malheur pour toi seul l'environne ,
Fui ; respecte mon sang , et le Trône et les
Dieux.
Caunus se résout à obéïr aux Dieux ; les
peuples sortent avec lui ; Biblis reste seule
et fait connoître que c'est elle que l'Oracle regarde ; elle s'exprime ainsi :
Quelle fatale ardeur dans mon ame s'allume !
Ou suis-je ? qu'est- ce que je voi ?
Le feu mortel qui me consume
Dans un abîme affreux m'entraîne malgré moi ?
Le Théatre représente un Port de mer
au second Acte ; on y voit des Vaisseaux préparés pour le départ d'Ismene.
I. Vol. Ipis
2678 MERCURE DE FRANCE
Iphis , Prince d'Ionie , et amoureux de
Biblis , témoigne sa frayeur sur le péril
de sa Princesse.
Biblis vient le prier d'empêcher le départ de Caunus ; Iphis refuse de lui
obeïr , fondé sur la menace et l'ordre absolu d'Apollon ; Biblis lui deffend de la
voir jamais , s'il n'éxécute ce qu'elle lui
ordonne ; il se détermine enfin à lui
obeïr , quoiqu'il lui en puisse coûter.
Ismene se plaint tendrement à Caunus
de ce qu'il la renvoye dans ses Etats sans
l'y suivre ; Caunus lui répond qu'il n'ose l'associer à ses malheurs ; enfin touché
de ses larmes et excité par son amour , il
se réfout à partir avec elle.
Les Sujets d'Ismene et une Troupe de
Matelots, viennent célebrer la Victoire qui
a rétabli leur Souveraine sur le Trônequ'on avoit usurpé sur elle. Cette Fête a
fait un très grand plaisir , tant par rapport aux Danses parfaitement éxécutées
par les Dlles Camargo et Salé , que par les
Canevats chantés par la Dlle Petitpas.
La Fête est interrompue par Iphis , qui
vient annoncer à Caunus que Biblis se
soustrait pour jamais aux yeux de ses
Peuples ; tous les Ioniens le conjurent de
ne point partir et de régner sur eux ;
Caunus oppose à leurs prieres les mena- ,
I. Vol. ces
DECEMBRE. 1732 2679
ces d'Apollon ; il ne se détermine à rien ,
et fait entendre seulement qu'il va consulter les Dieux une seconde fois.
Au troisiéme Acte , le Théatre représente un Antre ; on y voit un Tombeau en
forme de Pyramide , où sont les Ancêtres
de Biblis. Elle se plaint de son sort par
ces Vers :
Séjour impénetrable à la clarté des Cieux ,
Antres affreux , objets funebres ,
Frémissez avec moi de mon sort rigoureux ;
Mais n'en rougissez pas , Manes de mes Ayeux ;
Je viens cacher mes feux dans l'horreur des te nebres.
Je n'ai point fait l'aveu du crime de mon cœur ,
Ma mort va lui donner sa premiere innocence ;
excitez la vengeance,
Dont je vais punir mon ardeur.
Ranimez mon courage ,
Séjour impénetrable , &c.
Iphis arrive ; Biblis irritée , lui ordonne
de la laisser dans ce lieu d'horreur ; Iphis
lui dit que Caunus viendra bien- tôt se
joindre à lui pour la rendre à la lumiere;
ce dernier coup accable Biblis ; elle de
mande à Iphis d'où vient que Caunus
n'est point parti ; Iphis étonné , lui répond que ce n'est que par son ordre exprès qu'il l'a retenu ; Biblis lui dit qu'il
I. Vol.
ne
2680 MERCURE DE FRANCE
ne devoit point lui obéïr ; elle lui deffend
d'apprendre à Caunus en quel lieu elle
s'est retirée et exige même un serment de lui sur ce sujet, Iphis la quitte en
l'assurant qu'il amenera bientôt son frere.
Biblis accablée de douleur , s'endort ; le
Théatre change et représente les Champs
Elisées. Des Songes sous la forme d'Amans heureux et d'Amans malheureux ,
se présentent à elle ; les premiers expos
sent leurs plaisirs par leurs danses et par
leurs chants , et les derniers expriment
leurs tourmens. Cette funeste image éveille Biblis en sursaut ; elle continuë à gé
mir des maux où le Ciel la condamne.
Caunus vient , sa présence augmente
le supplice de Biblis ; elle lui fait même
sentir que plus elle le voit , et plus elle
est malheureuse ; Caunus ne peut rien
comprendre à ce mystere. Biblis prend
enfin une derniere et noble résolution
qu'elle fait connoître par ces Vers qui finissent ce troisiéme Acte.
Venez , le Ciel m'éclaire ,
Je puis , sans l'offenser , voir encor la lumiere;
Couronnons de tendres ardeurs ;
Que l'Hymen àjamais vous joigne avec Ismene,
à
part.
Dieux , que ce Sacrifice appaise votre haine.
I. Vol.
Le
DECEMBRE. 1732. 1681
Le Théatre représente au quatriéme
'Acte , un lieu embelli pour celebrer l'Hymen de Caunus et d'Ismene. Celle- cy se
livre au doux plaisir de l'esperance. Biblis vient ; ismene lui témoigne sa reconnoissance au sujet de son Hymen , auquel elle a bien voulu consentir ; elle la
presse de renoncer au dessein qu'elle a
formé de quitter la Couronne et la vie ;
Biblis lui fait entendre qu'elle est toû
jours dans la résolution de cesser de vivre.
Caunus vient , suivi d'une troupe de
Peuples de divers endroits de la Grece ;
il invite sa sœur Biblis à couronner la
constance d'Iphis , comme Ismene va
couronner la sienne. La Fête commence ;
les Peuples témoignent par leurs chants
et par leurs jeux , le plaisir qu'ils ont de
voir finir leurs malheurs. Biblis invite
Caunus et Ismene à s'approcher de l'Autel pour être unis à jamais , et leur parle
ainsi :
Approchez, il est temps que l'Hymen vous unisse
Joignez vous à mes vœux au pié de cet Autel ;
Il faut qu'un sacrifice auguste et solemnel ,
Rende à jamais le Ciel à votre Hymen propice.
On amene la victime , sous prétexte
de l'immoler : Biblis veut s'immoler ellemême; Caunus lui retient le bras , elle
s'en plaint par ces Vers :
2682 MERCURE DE FRANCE
Dieux ! faudra t'il toujours par un funeste sort ,
Me voir retenir à la vie ,
Par cette même main qui me donne la mort.
Au cinquiéme Acte , le Théatre représente le Palais de Biblis. Caunus commence à soupçonner l'amour incestueux
de sa sœur , du moins il le fait connoître
par ces Vers qui commencent le dernier
Acte.
Qu'ai-je entendu ? grands Dieux ! et quel Démon barbare ,
A conduit la main de Biblis ?
Une soudaine horreur de mon ame s'empare ;
Où suis- je ? qu'ai-je vû ; je tremble ¦ je fréq
mis , &c.
Ismene vient s'affliger avec Caunus , du funeste présage qui vient de préceder leur Hymen ; Iphis tout éperdu ,
annonce à Caunus que Biblis persiste
dans le dessein de mourir , et que son
nom est sorti cent fois de la bouche
de cette sœur infortunée. Caunus veut
partir sans la voir , pour obéïr aux Dieux.
Biblis vient , elle prie Iphis , et Ismene.
de se retirer ; l'affreuse verité lui échappe,
Caunus en est épouvanté ; elle saisit le
moment de sa mortelle frayeur pour se
frapper.
1. Vol.
On
DECEMBRE. 1732: 2683
On a trouvé ce cinquiéme Acte superAu ; et tout le monde convient que la
Tragédie auroit beaucoup mieux fini par
' le sacrifice volontaire de Biblis , qui auroit pû être suivi de l'aveu de son amour
incestueux , auqel cas il auroit fallu mettre un Acte intermediaire. Au reste cette
Tragédie a été parfaitement executée.
Les Diles le Maure et Pélissier y ont
soutenu la réputation qu'elles se sont si
justement acquise par la beauté du chant
et par la justesse de l'action . Le sieur Dupré se fait tous les jours plus admirer par
la noblesse , la legereté et la finesse de sa danse,
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Résumé : EXTRAIT de la Tragédie de Biblis, annoncée dans le dernier Mercure.
La tragédie de Biblis, présentée au théâtre, commence par un prologue où Amphitrite, entourée de nymphes et de dieux marins, célèbre la protection d'Apollon et Diane contre Junon. Neptune rejoint la fête, mais Junon intervient pour exprimer sa colère et sa vengeance. L'action se déroule à Milet. Au premier acte, dans le temple d'Apollon, Caunus, frère de Biblis, parle à Ismene, souveraine de Carie, de son amour et de la maladie de sa sœur. Biblis apparaît et, sans révéler son amour incestueux pour Caunus, lui demande de devenir roi et de renvoyer Ismene. Caunus refuse la couronne mais accepte de renvoyer Ismene. Lors de son couronnement, une voix divine interrompt le serment, révélant que Biblis est maudite. Au deuxième acte, dans un port de mer, Iphis, amoureux de Biblis, refuse de retenir Caunus. Ismene et Caunus décident de partir ensemble. Une fête est interrompue par Iphis, annonçant la disparition de Biblis. Au troisième acte, dans une grotte, Biblis se plaint de son sort et décide de se sacrifier. Iphis lui annonce que Caunus viendra la chercher. Biblis, accablée, s'endort et fait des cauchemars. À son réveil, Caunus arrive, mais Biblis décide de se sacrifier pour apaiser les dieux. Au quatrième acte, lors de la célébration du mariage de Caunus et Ismene, Biblis tente de se sacrifier mais est arrêtée par Caunus. Au cinquième acte, dans le palais de Biblis, Caunus découvre la vérité sur l'amour incestueux de sa sœur. Biblis, épouvantée, se frappe mortellement. La tragédie se termine par la mort de Biblis, et l'exécution est saluée pour sa qualité.
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215
p. 2683-2685
Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 14. de ce mois, l'Academie Royale de Musique remit au Théatre [...]
Mots clefs :
Isis, Théâtre, Académie royale de musique, Tragédie, Lully, Quinault, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
e Dimanche 14. de ce mois , l'Academie Royale de Musique remit au Théatre Isis , Tragédie , dont les paroles sont
de Quinault , et la Musique de Lully. C'est
le septième Opera de ces illustres Auteurs.
Ils avoient déja fait ensemble Psiché , les
Fêtes de l'Amour et de Bacchus , Cadmus et
Hermione, Alceste, Thesée, et Atys . Isis n'avoit point été repris depuis 1720. Feu Mile
Fournet y chantoit alors le principal Rôle et le sieur Thévenard celui d'Hierax.
Dans la nouveauté de cet Opera , les deux
Rôles étoient joüez par la Dlle Aubry et
par le sieur Gayes et celui de Junon par
1. Vel.
la
2684 MERCURE DE FRANCE
la Diles. Christophle. Aujourd'hui ces Rôles
sont remplis par la Dlle le Maure , par
le sieur Chassé et par la Dle Antier. On représenta Isis sur le Théatre du Château
de S. Germain en Laye , devant le Roy,
en 1677. il servit de divertissement à la
Cour pendant une partie du Carnaval.
Il parut ensuite sur le Théatre de Paris ,
au mois d'Août de la même année.
L'admirable Trio des Parques. Le fil de
la vie , &c. que M. de Lully estimoit tant.
lui-même , passe pour le plus beau qu'il
ait jamais fait en ce genre.
Isis , selon M. de Freneuse , dans sa
comparaison de la Musique Françoise à la
Musique Italienne , est le plus sçavant
Opera de la composition de M. de Lully,
et qui cependant eut le moins de succès
dans sa nouveauté.
La plainte de Pan , à la sixiéme Scene
du troisiéme Acte : Hélas ! quel bruit
entend-je? &c. est regardée comme un
chef- d'œuvre , par la maniere dont il l'a
rendue après l'avoir copiée d'après nature,
à ce qu'on prétend ; car on croit entendre le même bruit et le même siflement
fait le vent en hyver à la campagne , que dans une grande maison , lorsqu'il s'engouffre dans les portes , dans les coridors ou dans les cheminées ; ce bruit ap- ذر IVol.
proche
DECEMBRE. 1732. 2685
proche fort du sifflement plaintif que font les Roseaux et d'autres Plantes de
cette espece agitées par le vent. C'est une
imitation naïve et parfaite de la Nature.
M. le Brun , dans son Théatre Lyrique,
a raison de dire qu'il faut éviter de mettre sur le Théatre un Dieu favorisé d'une
Mortelle , comme dans cette Piece , parce
qu'on ne s'interesse guere pour un Amant
dont le bonheur égale le pouvoir , કે
moins que l'incertitude de la Divinité ne
fasse subsister l'interêt.
On reproche à l'Auteur sur ce Poëme
que la Furie Erinnis , qu'il a introduite
est trop tranquille , &c. Nous parlerons
plus amplement de cet Opera, en rendant
compte à nos Lecteurs de son exécution ,
de son succès et des observations du Public en general , et des Critiques en particulier.
de Quinault , et la Musique de Lully. C'est
le septième Opera de ces illustres Auteurs.
Ils avoient déja fait ensemble Psiché , les
Fêtes de l'Amour et de Bacchus , Cadmus et
Hermione, Alceste, Thesée, et Atys . Isis n'avoit point été repris depuis 1720. Feu Mile
Fournet y chantoit alors le principal Rôle et le sieur Thévenard celui d'Hierax.
Dans la nouveauté de cet Opera , les deux
Rôles étoient joüez par la Dlle Aubry et
par le sieur Gayes et celui de Junon par
1. Vel.
la
2684 MERCURE DE FRANCE
la Diles. Christophle. Aujourd'hui ces Rôles
sont remplis par la Dlle le Maure , par
le sieur Chassé et par la Dle Antier. On représenta Isis sur le Théatre du Château
de S. Germain en Laye , devant le Roy,
en 1677. il servit de divertissement à la
Cour pendant une partie du Carnaval.
Il parut ensuite sur le Théatre de Paris ,
au mois d'Août de la même année.
L'admirable Trio des Parques. Le fil de
la vie , &c. que M. de Lully estimoit tant.
lui-même , passe pour le plus beau qu'il
ait jamais fait en ce genre.
Isis , selon M. de Freneuse , dans sa
comparaison de la Musique Françoise à la
Musique Italienne , est le plus sçavant
Opera de la composition de M. de Lully,
et qui cependant eut le moins de succès
dans sa nouveauté.
La plainte de Pan , à la sixiéme Scene
du troisiéme Acte : Hélas ! quel bruit
entend-je? &c. est regardée comme un
chef- d'œuvre , par la maniere dont il l'a
rendue après l'avoir copiée d'après nature,
à ce qu'on prétend ; car on croit entendre le même bruit et le même siflement
fait le vent en hyver à la campagne , que dans une grande maison , lorsqu'il s'engouffre dans les portes , dans les coridors ou dans les cheminées ; ce bruit ap- ذر IVol.
proche
DECEMBRE. 1732. 2685
proche fort du sifflement plaintif que font les Roseaux et d'autres Plantes de
cette espece agitées par le vent. C'est une
imitation naïve et parfaite de la Nature.
M. le Brun , dans son Théatre Lyrique,
a raison de dire qu'il faut éviter de mettre sur le Théatre un Dieu favorisé d'une
Mortelle , comme dans cette Piece , parce
qu'on ne s'interesse guere pour un Amant
dont le bonheur égale le pouvoir , કે
moins que l'incertitude de la Divinité ne
fasse subsister l'interêt.
On reproche à l'Auteur sur ce Poëme
que la Furie Erinnis , qu'il a introduite
est trop tranquille , &c. Nous parlerons
plus amplement de cet Opera, en rendant
compte à nos Lecteurs de son exécution ,
de son succès et des observations du Public en general , et des Critiques en particulier.
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Résumé : Isis, Opera remis, [titre d'après la table]
Le 14 du mois, l'Académie Royale de Musique a présenté l'opéra 'Isis' au Théâtre Isis, avec des paroles de Quinault et la musique de Lully. Cet opéra est le septième de leur collaboration, après 'Psiché', 'Les Fêtes de l'Amour et de Bacchus', 'Cadmus et Hermione', 'Alceste', 'Thésée' et 'Atys'. 'Isis' n'avait pas été repris depuis 1720, où Mlle Fournet et le sieur Thévenard interprétaient les rôles principaux. Lors de la nouvelle représentation, les rôles étaient tenus par la Dlle Aubry, le sieur Gayes et la Dlle Christophle. Actuellement, les rôles sont interprétés par la Dlle le Maure, le sieur Chassé et la Dlle Antier. 'Isis' a été joué pour la première fois au Théâtre du Château de Saint-Germain-en-Laye devant le roi en 1677, puis à Paris en août de la même année. L'opéra est célèbre pour son admirable trio des Parques, que Lully considérait comme l'un de ses plus beaux morceaux. Selon M. de Freneuse, 'Isis' est l'opéra le plus savant de Lully, bien qu'il ait eu peu de succès lors de sa première représentation. La plainte de Pan dans la sixième scène du troisième acte est particulièrement remarquée pour son imitation parfaite des bruits naturels. M. le Brun critique l'introduction d'un dieu favorisé par une mortelle, estimant que cela réduit l'intérêt dramatique. On reproche également à l'auteur d'avoir introduit une Furie Erinnis trop tranquille.
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216
p. 2685
« On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...] »
Début :
On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...]
Mots clefs :
Opéra, Adrien, Théâtre du marché au foin
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Vienne, qu'on y avoit représenté le 5. Novembre avec un très-grand succès [...] »
On apprend de Vienne , qu'on y avoit repré- senté les . Novembre avec un très- grand succès , le nouvel Opera d'Adrien , composé à l'oc casion de l'Anniversaire de laNaissance de l'Empereur , par le sieur Caldara , Sous- Maître de la
Chapelle de Musique de S. M. Imp.
On a représenté à Londres , sur le Théatre du
Marché au Foin , le nouvel Opera de Caton ,
dont le principal Rô'e est chanté par la Signora
Celestine Gismondi , nouvelle Chanteuse Italienne,
qui est fort applaudie.
Chapelle de Musique de S. M. Imp.
On a représenté à Londres , sur le Théatre du
Marché au Foin , le nouvel Opera de Caton ,
dont le principal Rô'e est chanté par la Signora
Celestine Gismondi , nouvelle Chanteuse Italienne,
qui est fort applaudie.
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217
p. 2701-2703
Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Début :
Les Musiciens de Paris célebreront le Mercredi 10 de ce mois, dans l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Musiciens de Paris, Service annuel, Confrères défunts, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Les Musiciens de Paris célebrerent le
Mercredi 10 de ce mois , dans l'Eglise de
S. Sulpice , le Service annuel et solemnel
pourleurs Confreres deffunts. L'affluence
fut ex raordinaire , et quantité de pere
sonnes de considération s'y trouverent.
:
Les deffunts , pour la mémoire des
quels se firent les Prieres sont les Sicurs
LE FEVRE , Prêtre , Beneficier de NotreDame LESCHENAULT , Prêtre , ancien
Maître de Musique des Saints Innocens ::
GARDINIER Prêtre : MARCHAND , Organiste du Roi : SALOMON , de la Musique
1.Vol. duz
2702 MERCURE DE FRANCE
du Roi: TOUVENELLE , du Concert Spirituel : MANCEAU , de S. Honoré : BeauPUIS , BAUDY pere , et DUMONT , Graveur
en Musique
On dit des Messes basses à toutes les
Chapelles depuis huit heures jusqu'à midi;
et avec la legere contribution que chaque
Musicien s'est imposée pour l'honoraire
de la Cerémonie , on eut bien au- delà de
la dépense ; les Musiciens ne sçauroient
trop- tôt donner des marques publiques
de leur reconnoissance à M. le Curé de
S. Sulpice des manieres prévenantes et
génereuses dont il a bien voulu les honorer Non seulement il n'a voulu rien
recevoir pour la sonnerie , le luminaire
et la décoration de l'Autel , &c. mais il
daigna même veiller à toute la cerémonie , au bon ordre et à l'arrangement ;
ensorte qu'au moyen des Suisses qu'il
avoit placez de tous côtez , il n'y cut
pas la moindre confusion.
La Musique fut éxecutée par M. DE LA
CROIX , Maître de Musique de la Sainte
Chapelle ; les voix et les instrumens se
signalerent avec une justesse et une précision qui se soutinrent jusqu'à la fin. L'Officiant fut M. Vasselin , Beneficier de l'Eglise de Paris.
Orationibus Sancta Ecclesiæ , et Sacrifi1.Vol.
cia
DECEMBRE 1732. 2703
io salutari , et Elemosynis , que pro eorum
spiritibus erogantur , non est dubitandum
mortuos adjuvari , ut cum eis misericordiùs
agatur à Domino , quam eorum peccata me¬
ruerunt. August. de verbis Apostoli.
Mercredi 10 de ce mois , dans l'Eglise de
S. Sulpice , le Service annuel et solemnel
pourleurs Confreres deffunts. L'affluence
fut ex raordinaire , et quantité de pere
sonnes de considération s'y trouverent.
:
Les deffunts , pour la mémoire des
quels se firent les Prieres sont les Sicurs
LE FEVRE , Prêtre , Beneficier de NotreDame LESCHENAULT , Prêtre , ancien
Maître de Musique des Saints Innocens ::
GARDINIER Prêtre : MARCHAND , Organiste du Roi : SALOMON , de la Musique
1.Vol. duz
2702 MERCURE DE FRANCE
du Roi: TOUVENELLE , du Concert Spirituel : MANCEAU , de S. Honoré : BeauPUIS , BAUDY pere , et DUMONT , Graveur
en Musique
On dit des Messes basses à toutes les
Chapelles depuis huit heures jusqu'à midi;
et avec la legere contribution que chaque
Musicien s'est imposée pour l'honoraire
de la Cerémonie , on eut bien au- delà de
la dépense ; les Musiciens ne sçauroient
trop- tôt donner des marques publiques
de leur reconnoissance à M. le Curé de
S. Sulpice des manieres prévenantes et
génereuses dont il a bien voulu les honorer Non seulement il n'a voulu rien
recevoir pour la sonnerie , le luminaire
et la décoration de l'Autel , &c. mais il
daigna même veiller à toute la cerémonie , au bon ordre et à l'arrangement ;
ensorte qu'au moyen des Suisses qu'il
avoit placez de tous côtez , il n'y cut
pas la moindre confusion.
La Musique fut éxecutée par M. DE LA
CROIX , Maître de Musique de la Sainte
Chapelle ; les voix et les instrumens se
signalerent avec une justesse et une précision qui se soutinrent jusqu'à la fin. L'Officiant fut M. Vasselin , Beneficier de l'Eglise de Paris.
Orationibus Sancta Ecclesiæ , et Sacrifi1.Vol.
cia
DECEMBRE 1732. 2703
io salutari , et Elemosynis , que pro eorum
spiritibus erogantur , non est dubitandum
mortuos adjuvari , ut cum eis misericordiùs
agatur à Domino , quam eorum peccata me¬
ruerunt. August. de verbis Apostoli.
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Résumé : Service solemnel pour les Musiciens de Paris, [titre d'après la table]
Le 10 décembre 1732, les Musiciens de Paris ont organisé un service annuel en mémoire de leurs confrères décédés à l'église Saint-Sulpice. L'événement a rassemblé une foule nombreuse, incluant des personnalités influentes. Les musiciens honorés étaient Le Fèvre, Leschenault, Gardinier, Marchand, Salomon, Touvnelle, Manceau, Beaupuis, Baudy père et Dumont. Des messes basses ont été célébrées de huit heures à midi dans toutes les chapelles. Les dépenses ont été couvertes par les contributions volontaires des musiciens. Ces derniers ont remercié M. le Curé de Saint-Sulpice pour sa générosité, notamment en offrant gratuitement la sonnerie, le luminaire et la décoration de l'autel, ainsi que pour l'organisation de la cérémonie. La musique a été dirigée par M. De La Croix, Maître de Musique de la Sainte Chapelle, avec précision. L'officiant était M. Vasselin, bénéficié de l'Église de Paris.
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218
p. 2724-2727
LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
Début :
Quand l'Air, le Feu; la Terre et l'Onde, [...]
Mots clefs :
Saisons, Musique, Récitatif, Hiver, Chaos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
LES SAISONS ,
CANT ATE
A mettre en Musique. ·
Quand l'Air , le Feu ; la Terre et l'Onde , -
Furent débrouillez du cahos ;
Vertumne regna seul dans l'Empire du Monde ,
Durant cet âge heureux du premier des Métaux.
Mais lorsque le Dieu du Tonnerre ,
Eat détrôné son pere , on lui ravit ses droits.
Cérés , Bacchus , l'Hyver , par une horrible =
guerre ,
Renverserent toutes ses Loix.
Et bien-tôt ses couleurs ne parerent la Terre ,
Qu'en ce temps où l'Amour vient vuider son
Carquois.
I.Vol
DECEMBRE. 1732. 2725
Air.
Ah ! sans ce malheur déplorable ,
Que les Mortels seroient heureux !
Le doux Printemps seroit durable ,
L'Amour n'éteindroit point ses feux ;
Du Dieu que chante Philoméle ,
Dans ses mélodieux Concerts ,
Tous les cœurs pourroient ainsi qu'elle ,
Jusqu'au tombeau porter les fers..
Ah ! &c. .
Récitatif.
Mais quoi ! Vertumine fuit,le tendre Amour s'enga vole ;
Philoméle gémit en traversant les Airs ,
Et les brulans Sujets d'Eole ,
Embrasent déja l'Univers ,
L'abondante Cérés regne dans les Campagnes;
De ses dons précieux l'or brille en nos Vallons ,
Et l'espoir d'en jouir , de l'Hôte des Montagnes s
Va faire celui des Sillons.
Air..
Imitons sa sage prudence ,
Après les plaisirs du Printemps,
Pensons à ceux de l'abondance ;
S'ils sont moins doux , ils sont constans.
Que tout encense la Déesse ,
1. Vol. Qui
2726 MERCURE DE FRANCE
Qui vient nous donner de beaux jours ,
Quand a disparu la jeunesse ,
Sur l'aîle des tendres Amours.
Imitons , &c.
Récitatif.
Dieux ! quel nouveau spectacle à mes yeux se
présente !
Je vois tous les Côteaux de la Pourpre couverts ;
Cérés fait place au Dieu dont la Liqueur char mante,
Fait les plaisirs de l'Univers.
Pomone vient mêler ses fruits à la vendange ;
Tout charme l'espoir des Buveurs ;
Le Thyrre est triomphant , et le vainqueur
Gange ,
Reçoit aussi l'encens des cœurs.
Aire
Livrons-nous à la douce yvresse,
De son agréable boisson ;
Elle éteint le mal qui nous presse ,
En submergeant notre raison.
Dans cette Liqueur immortelle,
On trouve la felicité,
L'Amour est perfide , infidelle ;
Bacchus seul est la verité.
Livrons , &c.
1. Vol.
Rici
DECEMBRE. 1732. 2727.
Récitatif.
Mais hélas ! l'Hyver vient ravager la Nature ,
Sur un Trône éclatant de nege et de glaçons ,
It déja nos Forêts ont perdu leur parure ,
Par le souffle des Aquillons.
Tout tremble à son aspect terrible ;
Les seuls plaisirs n'en sont point allarmez ;
Plus sa rigueur devient sensible ,
Plus des Mortels ils sont aimez.
Air.
L'Hyver,quoiqu'un Dieu redoutable,
Brille à mes yeux de mille attraits ,
En ce qu'il est inséparable ,
Des Jeux , des Ris et de la Paix ;
Son regne est celui des délices ;
·
Chacun peut sans soins , sans travaux ;
Avoir part aux doux sacrifices ,
Qu'il exige de ses Rivaux.
L'Hyver , &c.
CANT ATE
A mettre en Musique. ·
Quand l'Air , le Feu ; la Terre et l'Onde , -
Furent débrouillez du cahos ;
Vertumne regna seul dans l'Empire du Monde ,
Durant cet âge heureux du premier des Métaux.
Mais lorsque le Dieu du Tonnerre ,
Eat détrôné son pere , on lui ravit ses droits.
Cérés , Bacchus , l'Hyver , par une horrible =
guerre ,
Renverserent toutes ses Loix.
Et bien-tôt ses couleurs ne parerent la Terre ,
Qu'en ce temps où l'Amour vient vuider son
Carquois.
I.Vol
DECEMBRE. 1732. 2725
Air.
Ah ! sans ce malheur déplorable ,
Que les Mortels seroient heureux !
Le doux Printemps seroit durable ,
L'Amour n'éteindroit point ses feux ;
Du Dieu que chante Philoméle ,
Dans ses mélodieux Concerts ,
Tous les cœurs pourroient ainsi qu'elle ,
Jusqu'au tombeau porter les fers..
Ah ! &c. .
Récitatif.
Mais quoi ! Vertumine fuit,le tendre Amour s'enga vole ;
Philoméle gémit en traversant les Airs ,
Et les brulans Sujets d'Eole ,
Embrasent déja l'Univers ,
L'abondante Cérés regne dans les Campagnes;
De ses dons précieux l'or brille en nos Vallons ,
Et l'espoir d'en jouir , de l'Hôte des Montagnes s
Va faire celui des Sillons.
Air..
Imitons sa sage prudence ,
Après les plaisirs du Printemps,
Pensons à ceux de l'abondance ;
S'ils sont moins doux , ils sont constans.
Que tout encense la Déesse ,
1. Vol. Qui
2726 MERCURE DE FRANCE
Qui vient nous donner de beaux jours ,
Quand a disparu la jeunesse ,
Sur l'aîle des tendres Amours.
Imitons , &c.
Récitatif.
Dieux ! quel nouveau spectacle à mes yeux se
présente !
Je vois tous les Côteaux de la Pourpre couverts ;
Cérés fait place au Dieu dont la Liqueur char mante,
Fait les plaisirs de l'Univers.
Pomone vient mêler ses fruits à la vendange ;
Tout charme l'espoir des Buveurs ;
Le Thyrre est triomphant , et le vainqueur
Gange ,
Reçoit aussi l'encens des cœurs.
Aire
Livrons-nous à la douce yvresse,
De son agréable boisson ;
Elle éteint le mal qui nous presse ,
En submergeant notre raison.
Dans cette Liqueur immortelle,
On trouve la felicité,
L'Amour est perfide , infidelle ;
Bacchus seul est la verité.
Livrons , &c.
1. Vol.
Rici
DECEMBRE. 1732. 2727.
Récitatif.
Mais hélas ! l'Hyver vient ravager la Nature ,
Sur un Trône éclatant de nege et de glaçons ,
It déja nos Forêts ont perdu leur parure ,
Par le souffle des Aquillons.
Tout tremble à son aspect terrible ;
Les seuls plaisirs n'en sont point allarmez ;
Plus sa rigueur devient sensible ,
Plus des Mortels ils sont aimez.
Air.
L'Hyver,quoiqu'un Dieu redoutable,
Brille à mes yeux de mille attraits ,
En ce qu'il est inséparable ,
Des Jeux , des Ris et de la Paix ;
Son regne est celui des délices ;
·
Chacun peut sans soins , sans travaux ;
Avoir part aux doux sacrifices ,
Qu'il exige de ses Rivaux.
L'Hyver , &c.
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Résumé : LES SAISONS, CANTATE A mettre en Musique.
Le texte 'Les Saisons' est une œuvre poétique destinée à être mise en musique, décrivant les différentes saisons et leurs influences sur le monde. Initialement, Vertumne, dieu de la Terre, régnait seul durant l'âge d'or. Après son détrônement par le dieu du Tonnerre, Cérès, Bacchus et l'Hiver renversèrent ses lois, marquant les saisons par des conflits et des changements. Le texte commence par un air regrettant la perte de l'âge d'or, où le printemps serait durable et l'amour éternel. Un récitatif décrit la fuite de Vertumne et l'arrivée de l'amour, symbolisée par Philomèle. L'abondance de Cérès est célébrée, et les plaisirs de l'abondance sont encouragés après ceux du printemps. Un nouveau récitatif introduit l'arrivée de Bacchus, dont la liqueur charmante remplace les dons de Cérès. Pomone mêle ses fruits à la vendange, et l'ivresse de Bacchus est louée comme source de félicité. Enfin, l'hiver est décrit comme un dieu redoutable mais apportant des délices et des plaisirs, malgré sa rigueur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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219
p. 2764-2767
LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
Début :
Helas ! quelle clarté nouvelle ? [...]
Mots clefs :
Naissance du Messie, Fête des rois, Univers, Fils, Puissance
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texteReconnaissance textuelle : LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
LES Changemens divers dans la Nature,
sur la Naissance du Messie.
CANTIQUE pour la Fête des Rois ,
sur l'Air Au bord d'une Ondefugitive.
HElas ! quelle clarté nouvelle ?
Quel Astre brille dans les Cieux ?
Jamais la nuit ne fut si belle ;
Les Zéphirs regnent en ces lieux.
Flore revient ! Ah quels présages !
Tout rit , tout plaît dans nos Forêts ;
Les Oiseaux ; par leurs doux ramages ,
Font gouter des plaisirs parfaits.
Déja l'impatiente Aurore ,
Dore nos Champs et nos Côteaux ;
II. Vol. No
DECEMBRE. 1732. 276.5
Nos Prez reverdissent encore ,
Et les fleurs naissent près des eaux.
Un Dieu fait sentir sa présence
Tout enchante dans ces Deserts ;
Les vents redoutent sa puissance ,
Tout a changé dans l'Univers.
;
Quel bruit de Clairons , de Trompettes
Se mêle aux doux sons des Hautbois?
Qui regne ici dans ces retraites ,
Les Bergers sont parmi les Rois.
O ciel que vois- je ? quelle Etoile
Conduit les Mages dans ce lieu ?
La nuît se cache avec son voile ,
Pour laisser voir un Homme-Dieu.'
Mes yeux découvrent Pinvisible ,
L'Etre premier s'aneantit ;
Je comprends l'incompréhensible ;
Le Verbe Dieu s'assujettit.
Egal à son Pere en puissance ,
Il est de toute Eternité ,
Son Verbe , son Fils , sa substance ,
Sans alterer son unité.
II. Vol.
Une B vj
2766 MERCURE DE FRANCE
Une fille, vierge féconde ,
Augmente sa virginité ,
En enfantant l'Auteur du Monde ,
Sans blesser son integrité.
Du Ciel , de la Terre et de l'Onde ,
Je vois ici le Souverain ;
Grand Dieu ! que fais -je qui réponde ,
Au feu de votre amour divin ?
Sauveur , pour nous fermer l'abîme
Vous avez pris un Corps mortel ;
Si votre cœur sert de victime ,
C'est pour rendre l'homme immortel.
Contre l'orgueil ce Sauveur prêche;'
Mondain, range- toi sous ses Loix ,
Viens pour l'adorer dans sa Crêche
Comme font ces trois puissants Rois.
Ils offrent l'Or à sa Puissance ;
La Myrhe à son humanité ;
Et pour son origine immense ,
L'Encens à sa Divinité.
Venez, Monarques de la Terre,
Princes contrits , ne craignez pas ;
II. Vol.
DECEMBRE. 1732 2767
Il est desarmé du Tonnerre,
Hâtez- vous , il vous tend les bras.
Laisse , Mondaine , ta Toilette ,
Dieu connoît les passevolants ;
Porte- lui ton ame bien nette
C'est-là son Or et son Encens.
sur la Naissance du Messie.
CANTIQUE pour la Fête des Rois ,
sur l'Air Au bord d'une Ondefugitive.
HElas ! quelle clarté nouvelle ?
Quel Astre brille dans les Cieux ?
Jamais la nuit ne fut si belle ;
Les Zéphirs regnent en ces lieux.
Flore revient ! Ah quels présages !
Tout rit , tout plaît dans nos Forêts ;
Les Oiseaux ; par leurs doux ramages ,
Font gouter des plaisirs parfaits.
Déja l'impatiente Aurore ,
Dore nos Champs et nos Côteaux ;
II. Vol. No
DECEMBRE. 1732. 276.5
Nos Prez reverdissent encore ,
Et les fleurs naissent près des eaux.
Un Dieu fait sentir sa présence
Tout enchante dans ces Deserts ;
Les vents redoutent sa puissance ,
Tout a changé dans l'Univers.
;
Quel bruit de Clairons , de Trompettes
Se mêle aux doux sons des Hautbois?
Qui regne ici dans ces retraites ,
Les Bergers sont parmi les Rois.
O ciel que vois- je ? quelle Etoile
Conduit les Mages dans ce lieu ?
La nuît se cache avec son voile ,
Pour laisser voir un Homme-Dieu.'
Mes yeux découvrent Pinvisible ,
L'Etre premier s'aneantit ;
Je comprends l'incompréhensible ;
Le Verbe Dieu s'assujettit.
Egal à son Pere en puissance ,
Il est de toute Eternité ,
Son Verbe , son Fils , sa substance ,
Sans alterer son unité.
II. Vol.
Une B vj
2766 MERCURE DE FRANCE
Une fille, vierge féconde ,
Augmente sa virginité ,
En enfantant l'Auteur du Monde ,
Sans blesser son integrité.
Du Ciel , de la Terre et de l'Onde ,
Je vois ici le Souverain ;
Grand Dieu ! que fais -je qui réponde ,
Au feu de votre amour divin ?
Sauveur , pour nous fermer l'abîme
Vous avez pris un Corps mortel ;
Si votre cœur sert de victime ,
C'est pour rendre l'homme immortel.
Contre l'orgueil ce Sauveur prêche;'
Mondain, range- toi sous ses Loix ,
Viens pour l'adorer dans sa Crêche
Comme font ces trois puissants Rois.
Ils offrent l'Or à sa Puissance ;
La Myrhe à son humanité ;
Et pour son origine immense ,
L'Encens à sa Divinité.
Venez, Monarques de la Terre,
Princes contrits , ne craignez pas ;
II. Vol.
DECEMBRE. 1732 2767
Il est desarmé du Tonnerre,
Hâtez- vous , il vous tend les bras.
Laisse , Mondaine , ta Toilette ,
Dieu connoît les passevolants ;
Porte- lui ton ame bien nette
C'est-là son Or et son Encens.
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Résumé : LES Changemens divers dans la Nature, sur la Naissance du Messie. CANTIQUE pour la Fête des Rois, sur l'Air: Au bord d'une Onde fugitive.
Le texte est un cantique célébrant la naissance du Messie lors de la fête des Rois. Il décrit une nouvelle clarté et un astre brillant dans les cieux, annonçant des présages favorables. La nature se transforme avec le retour de Flore et le chant des oiseaux. L'Aurore illumine les champs, et un Dieu manifeste sa présence, changeant l'univers. Les bergers se trouvent parmi les rois, et une étoile guide les Mages vers un Homme-Dieu. Le texte exalte le mystère de l'Incarnation, où le Verbe de Dieu s'incarne sans altérer son unité. Une vierge féconde donne naissance à l'Auteur du Monde sans perdre sa virginité. Le Sauveur prend un corps mortel pour rendre l'homme immortel et prêche contre l'orgueil. Les Mages offrent de l'or à sa puissance, de la myrrhe à son humanité, et de l'encens à sa divinité. Le texte invite les monarques et les princes à adorer le Sauveur, désarmé du tonnerre, et à lui offrir leur âme pure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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220
p. 2883-2893
Isis, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Le 14 Décembre l'Académie Royale de Musique remit au Théatre la Tragédie [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Tragédie, Isis, Opéra, Théâtre, Décorations, Habits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Isis, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le 14 Décembre l'Académie Royale de
Musique remitau Théatre la Tragédie d'Isis. La grande réputation de Mrs de Lully
et Quinault , Auteurs de cet Opéra , en
doivent toujours garantir le succès ; le
II. Vol.
Gv Public
2884 MERCURE DE FRANCE
Public l'a revûë avec beaucoup de satisfaction.
Le Théatre représente au Prologue le
Palais de la Renommée ; la suite de cette
Déesse à cent voix , chante cés Vers :
Publions en tous lieux ,
Du plus grand des Heros la valeur triom
phante ;
Que la Terre et les Cieux
Retentissent du bruit de sa gloire éclatante.
La Renommée anime sa suite à chanter
le Heros de la France , et s'exprime
ainsi :
C'est lui dont les Dieux ont fait choix ,
Pour faire le bonheur de l'Empire François ;
En vain pourle troubler tout s'unit , tout cons
pire s
C'est en vain que l'envie a ligué tant de Rois ;
Heureux l'Empire
Qui suit ses loix !
Neptune ,
annoncé par les Tritons
vient au Palais de la Renommée , et dit
à la gloire du Heros qu'on celébre :
Mon Empire a servi de Théatre à la Guerre ;
Publiez des Exploits nouveaux;
II. Vol C'est
DECEMBRE. 1732. 2885
C'est le même Vainqueur si fameux sur là terre ,
Qui triomphe encor sur les eaux.
La Renommée chante avec Neptune
ces quatre Vers :
Celebrez
Celebrons son grand nom sur la Terre et sus
l'Onde
Qu'il ne soit pas borné par les plus vastes
Mers ,
Qu'il vole jusqu'au bout du monde ;
Qu'il dure autant que l'Univers.
Apollon , les Muses et les beaux Arts
viennent se joindre à cette Fête , et se
préparent à aller faire entendre leurs
chants dans une auguste Cour. La Renommée finit le Prologue par ces Vers à
la gloire du Vainqueur :
Ennemis de la paix , tremblez :
Vous le verrez bien-tôt courir à la victoire :
Vos efforts redoublés
Ne serviront qu'à redoubler sa gloire.
Ce Prologue a été très- applaudi ; la
Dile Antier qui le commence et qui le fi.
nit , n'y a pas peu contribué.
Au premier Acte le Théatre représente
de riantes Prairies , où le Fleuve Inachus
II. Vol. G vj ser-
2886 MERCURE DE FRANCE
serpente. Hierax , frere d'Argus et Amant
d'Io , fille d'Inachus , se plaint de l'inconstance de sa Maitresse. Pirante , son
ami , paroît surpris de sa tristesse , dans
le temps qu'il va posseder l'objet de son
amour ; Hierax lui répond :
L'inconstante n'a plus l'empressement extrême ,
De cet amour naissant qui répondoit au mien ;
Son changement paroît en dépit d'elle- même ;
Je ne le connoîs que trop bien ;
Sa bouche quelquefois dit encor qu'elle m'aime ;
Mais son cœur ni ses yeux ne m'en disent plus
rien.
Dans la suite de cette Scene , qui est
sans contredit la plus belle de la Piece ,
le même Hierax s'exprime ainsi :
Ce fut dans ces Vallons , où par mille détours ,
Inachus prend plaisir à prolonger son cours ;
Ce fut sur son charmant Rivage ,
Que sa fille volage ,
Me promit de m'aimer toûjours :
Le Zéphir fut témoin , l'Onde fut attentive ,
Quand la Nymphe jurâ de ne changer jamais ;
Mais le Zéphir leger et l'Onde fugitive ,
Ont enfin emporté les sermens qu'elle a faits.
Io se deffend le mieux qu'elle peut de
ΙΙ. vol. l'in-
DECEMBRE. 1732 2887
l'inconstance qu'Hierax lui reproche , elle
le prie de differer son Hymen de quelques jours , attendu un songe qu'elle a
fait ; elle ajoûte qu'il n'a point à se plaindre de quelque préference , puisqu'aucun
de ses Rivaux ne l'emporte sur lui , il
lui répond tendrement :
Le mal de mes Rivaux, n'égale point ma peine ;
La douce illusion d'une esperance vaïne ,
Ne les fait point tomber du faîte du bonheur.
Aucun d'eux, comme moi, n'a perdu votre cœur
Commeeux, à votre humeur sévere ,
Je ne suis point accoûtumé ,
Quel tourment de cesser de plaire ,
Lorsqu'on a fait l'essai du plaisir d'être aimé!
Hierax quitte Io , pour lui épargner
un fâcheux entretien ; lo dissimule moins
en parlant à Mycene , sa Confidente ; elle
lui avoue qu'Hierax se plaint avec justice;
puisque Jupiter est son Rival ; elle ajoûte
qu'elle se deffend autant qu'elle peut contre l'amour du plus grand des Dieux.
Mycene quitte la place à Mercure , qui
descend et qui annonce aux Peuples queJupiter vient les rendre heureux ; il parle un
autre langage à Io, à qui il fait tout l'honneur de la prochaine arrivée de Jupiter ;
la Nymphe tâche encore de se deffendre
f II. Fol
2888 MERCURE DE FRANCE
en faveur d'Hierax. Jupiter descend des
Cieux les Peuples s'assemblent pour lui
témoigner leur reconnoissance , &c. Cette
Fête finit le premier Acte.
Au second Acte , le Théatre est obscurci par des nuages qui l'environnent
de tous côtez ; lo ne sçait à quoi attri♣
buer cet évenement ; Jupiter la vient
rassurer , et lui dit et lui dit que c'est pour trom- per les yeux jaloux de Junon , qu'un nuage l'environne ; il la presse de répondre
son amour , elle ne fait que peu de
résistance , et n'a plus d'autre recours que
la fuite.
Mercure vient avertir Jupiter du danger qui menace ses nouvelles amours ; il
lui dit qu'il vient de voir Iris , et que
sans doute Junon n'est pas loin. Jupiter
allarmé , lui dit d'amuser Iris , et va pourvoir à la seureté d'Io.
La Scene entre Mercure et Iris est
très-legerement écrite , c'est la derniere.
dans ce goût badin que Quinault ait osé
mettre dans ses Tragédies Lyriques ; il
a bien senti que cette sorte de Comique
y étoit déplacée. Rien n'est plus élegant
que la Scene qui suit le Dialogue de Mercure et d'Iris , elle est entre Junon
et Iris ; en voici deux fragmens : c'est
Junon qui Parle de Jupiter.
II- Vol. Nos;
DECEMBRE. 1732. 2889
Non, non; je ne suis point une crédule Epouse,
Qu'on puisse tromper aisément ;
Voyons qui feindra mieux de Jupiter Amant,
Ou de Junon jalouse ,
Il est Maître des Cieux , la Terre suit sa loi
Sous sa toute-puissance, il faut que tout échisse
Mais puisqu'il ne prétend s'armer que d'artifice ,
Tout Jupiter qu'il est , il est moins fort que
inoi , &c. ...
L'Amour , cet amour infidelle ,
Qui du plus haut des Cieux l'appelle ,
Fait que tout lui rit- ici bas ;
Près d'une Maitresse nouvelle .
1
Dans le fond des Deserts , on trouve des appas
Et le Ciel même ne plaît pas ,
Avec une Epouse immortelle.
Quoique les Vers cités jusqu'ici , soient
les plus beaux de la Piece , nous en aurions encore à inserer dans cet Extrait ,
qui satisferoient la curiosité du Lecteurs
mais pour éviter la prolixité sur un Opera
fort connu, hous nous contenterons de
suivre l'action théatrale.
Jupiter arrive ; il demande à Junon
quel dessin l'appelle en ces lieux , attendu qu'elle devoit se rendre dans les
Jardins d'Hébé , pour embellir sa Cour
d'une nouvelle Nymphe ; Junon lui as11. Vol sure
2890 MERCURE DE FRANCE
sure qu'elle ne le suivra pas plus loin ,
et qu'elle vient lui demander une nouvelle marque.de son amour. Jupiter lui
promet de lui tout accorder , elle lui
demande la fille d'Inachus ; Jupiter ne
peut se retracter ; il ordonne à Mercure
d'aller tout disposer au gré de la Reine
des Cieux ; ici le Théatre change et répresente les Jardins d'Hébé ; les Nymphes
de cette Déesse qui préside à la Jeunesse,
font la Fête de cet Acte; Io est présentée
à Hébé , pour être un des plus beaux
ornemens de sa Cour.
•
Le Théatre représente au troisiéme
'Acte , un lieu solitaire , qui sert de demeure à Argus , auprès d'un Lac. Argus
annonce à lo que Junon l'a commise à sa
garde. Io se plaint de l'oubli de Jupiter.
Hierax veut entrer dans le lieu où Argus enferme lo ; Argus s'y oppose, et lui
apprend que Jupiter est son Rival.
Mercure , déguisé en Berger , vient à
la tête d'une Troupe qu'il a disposée à
servir l'amour du plus puissant des Dieux.
Il fait entendre à Argus que c'est par l'ordre de Pan qu'on va celebrer une fête en
l'honneur de Syrinx , que ce Dieu des
Bois a tendrement aimée ; Argus lui répond qu'il veutbien se prêter à leurs jeux
Innocens ; la Représentation de cette peII. Vol. tite
DECEMBRE. 1732 2890
tite Tragedie l'endort. Mercure se sert
de cet heureux moment de sommeil pour
enlever Io ; mais Hierax qui est present
ne dort pas ; il éveille Argus ; ils implorent tous deux l'assistance de Junon.
Mercure fait éprouver sa vengeance à Argus et à Hierax ; d'un coup de Caducée ,
il donne la mort à Argus et transforme
Hierax en Oyseau de Proye. Junon descend des Cieux. Mercure se retire et laisse
la malheureuse lo au pouvoir de sa jalouse Rivale. La Furie Erynnis évoquée
par Junon sort des Enfers ; Junon lui ordonne d'exercer ses plus cruelles barbaries sur sa nouvelle victime ; elle rend la
vie à Argus , qui changé en Paon , vient
se placer sur le devant du Char de Junon
et se met aux pieds de cette jalouse
Déesse.
Les deux derniers Actes ne roulent que
sur les divers supplices que la Furie fait
éprouver à Io. Cette infortunée Rivale
de l'Epouse de Jupiter est traînée des
Climats glacez aux Climats brûlans ;
elle se précipite dans la Mer,pour y trouver la fin de ses peines , et l'impitoyable
Erynnis l'en retire ; elle est enfin transportée à l'Antre fatal, où les Parques font
leur séjour. Elle leur demande la mort.
Ces trois inexorables Déïtez lui annonII. Vol. cent
2892 MERCURE DE FRANCE
cent qu'elle ne peut voir finir ses malheurs qu'en fléchissant la colere de Junon. Io invoque Jupiter. Ce Maître des
Dieux vient la consoler, mais il lui décla
re que depuis qu'il l'a soumise au pouvoir de la jalouse Reine des Cieux , il ne
peut la secourir qu'elle n'y consente ; il
ajoute que plus il l'aime , et plus il irrite
son implacable ennemie. Io le conjure
tendrement de l'aimer assez , pour contraindre sa redoutable Rivale à lui donner la mort. Junon vient enfin ; Jupiter la presse de se contenter des maux qu'elle
a faits à lo; Junon ne consent à vaincre są
vengeance qu'après que Jupiter aura vaincu son amour. Jupiter le lui promet; il
en jure par le Styx. Après le serment
Junon appaisée ordonne à la Furie de
ne plus tourmenter lo,et de rentrer dans
les Enfers. Junon consent qu'Io soit mise au rang des Divinitez que l'Univers adore ; les Dieux descendent des Cieux pour
recevoir cette nouvelle Déesse et pour
l'associer à leur gloire ; les Egyptiens
chez qui cette derniere action se passe
viennent celebrer son Apothéose et la reconnoissent pour leur Divinité tutelaire ,
sous le nom d'Isis.
Voilà quelle est cette Tragedie sur laquelle on a porté differens jugemens. On II. Vol. con-
DECEMBRE. 1732 2893
convient que la Musique en est tresbelle , et la versification tres- élegante ;
mais on n'y sent point cet interêt , qui
doit être l'ame de tous les Ouvrages de
Théatre; on rend pourtant juftice à Quinault ; il y a mis tout ce qui a dépendu
de lui , et si l'on a quelque chose à lui reprocher , c'est le choix du sujet qui ne
peut rien offrir que de triste et de desagréable.
Au reste cet Opera est tres-bien remis et tres-bien executé ; le sieur Chassé
qui est chargé du Rôle d'Hierax , et de
celui de Pan , s'en acquitte tres-bien et
merite parfaitement les applaudissemens
du public , de même que la De Antier ,
dans le rôle de Junon ; la Dlle le Maure
a toujours ces sons charmans , et cette
action naturelle qui la rendent si chere
aux Spectateurs. Elle joue le principal
Rôle.
Les Décorations et les Habits répon
dent à la magnificence du Spectacle , et
le Ballet figuré par le S Blondi est tresbien entendu et tres varié, La Dlle Ca
margo et le S Dupré , &c. y brillent à
leur ordinaire.
Musique remitau Théatre la Tragédie d'Isis. La grande réputation de Mrs de Lully
et Quinault , Auteurs de cet Opéra , en
doivent toujours garantir le succès ; le
II. Vol.
Gv Public
2884 MERCURE DE FRANCE
Public l'a revûë avec beaucoup de satisfaction.
Le Théatre représente au Prologue le
Palais de la Renommée ; la suite de cette
Déesse à cent voix , chante cés Vers :
Publions en tous lieux ,
Du plus grand des Heros la valeur triom
phante ;
Que la Terre et les Cieux
Retentissent du bruit de sa gloire éclatante.
La Renommée anime sa suite à chanter
le Heros de la France , et s'exprime
ainsi :
C'est lui dont les Dieux ont fait choix ,
Pour faire le bonheur de l'Empire François ;
En vain pourle troubler tout s'unit , tout cons
pire s
C'est en vain que l'envie a ligué tant de Rois ;
Heureux l'Empire
Qui suit ses loix !
Neptune ,
annoncé par les Tritons
vient au Palais de la Renommée , et dit
à la gloire du Heros qu'on celébre :
Mon Empire a servi de Théatre à la Guerre ;
Publiez des Exploits nouveaux;
II. Vol C'est
DECEMBRE. 1732. 2885
C'est le même Vainqueur si fameux sur là terre ,
Qui triomphe encor sur les eaux.
La Renommée chante avec Neptune
ces quatre Vers :
Celebrez
Celebrons son grand nom sur la Terre et sus
l'Onde
Qu'il ne soit pas borné par les plus vastes
Mers ,
Qu'il vole jusqu'au bout du monde ;
Qu'il dure autant que l'Univers.
Apollon , les Muses et les beaux Arts
viennent se joindre à cette Fête , et se
préparent à aller faire entendre leurs
chants dans une auguste Cour. La Renommée finit le Prologue par ces Vers à
la gloire du Vainqueur :
Ennemis de la paix , tremblez :
Vous le verrez bien-tôt courir à la victoire :
Vos efforts redoublés
Ne serviront qu'à redoubler sa gloire.
Ce Prologue a été très- applaudi ; la
Dile Antier qui le commence et qui le fi.
nit , n'y a pas peu contribué.
Au premier Acte le Théatre représente
de riantes Prairies , où le Fleuve Inachus
II. Vol. G vj ser-
2886 MERCURE DE FRANCE
serpente. Hierax , frere d'Argus et Amant
d'Io , fille d'Inachus , se plaint de l'inconstance de sa Maitresse. Pirante , son
ami , paroît surpris de sa tristesse , dans
le temps qu'il va posseder l'objet de son
amour ; Hierax lui répond :
L'inconstante n'a plus l'empressement extrême ,
De cet amour naissant qui répondoit au mien ;
Son changement paroît en dépit d'elle- même ;
Je ne le connoîs que trop bien ;
Sa bouche quelquefois dit encor qu'elle m'aime ;
Mais son cœur ni ses yeux ne m'en disent plus
rien.
Dans la suite de cette Scene , qui est
sans contredit la plus belle de la Piece ,
le même Hierax s'exprime ainsi :
Ce fut dans ces Vallons , où par mille détours ,
Inachus prend plaisir à prolonger son cours ;
Ce fut sur son charmant Rivage ,
Que sa fille volage ,
Me promit de m'aimer toûjours :
Le Zéphir fut témoin , l'Onde fut attentive ,
Quand la Nymphe jurâ de ne changer jamais ;
Mais le Zéphir leger et l'Onde fugitive ,
Ont enfin emporté les sermens qu'elle a faits.
Io se deffend le mieux qu'elle peut de
ΙΙ. vol. l'in-
DECEMBRE. 1732 2887
l'inconstance qu'Hierax lui reproche , elle
le prie de differer son Hymen de quelques jours , attendu un songe qu'elle a
fait ; elle ajoûte qu'il n'a point à se plaindre de quelque préference , puisqu'aucun
de ses Rivaux ne l'emporte sur lui , il
lui répond tendrement :
Le mal de mes Rivaux, n'égale point ma peine ;
La douce illusion d'une esperance vaïne ,
Ne les fait point tomber du faîte du bonheur.
Aucun d'eux, comme moi, n'a perdu votre cœur
Commeeux, à votre humeur sévere ,
Je ne suis point accoûtumé ,
Quel tourment de cesser de plaire ,
Lorsqu'on a fait l'essai du plaisir d'être aimé!
Hierax quitte Io , pour lui épargner
un fâcheux entretien ; lo dissimule moins
en parlant à Mycene , sa Confidente ; elle
lui avoue qu'Hierax se plaint avec justice;
puisque Jupiter est son Rival ; elle ajoûte
qu'elle se deffend autant qu'elle peut contre l'amour du plus grand des Dieux.
Mycene quitte la place à Mercure , qui
descend et qui annonce aux Peuples queJupiter vient les rendre heureux ; il parle un
autre langage à Io, à qui il fait tout l'honneur de la prochaine arrivée de Jupiter ;
la Nymphe tâche encore de se deffendre
f II. Fol
2888 MERCURE DE FRANCE
en faveur d'Hierax. Jupiter descend des
Cieux les Peuples s'assemblent pour lui
témoigner leur reconnoissance , &c. Cette
Fête finit le premier Acte.
Au second Acte , le Théatre est obscurci par des nuages qui l'environnent
de tous côtez ; lo ne sçait à quoi attri♣
buer cet évenement ; Jupiter la vient
rassurer , et lui dit et lui dit que c'est pour trom- per les yeux jaloux de Junon , qu'un nuage l'environne ; il la presse de répondre
son amour , elle ne fait que peu de
résistance , et n'a plus d'autre recours que
la fuite.
Mercure vient avertir Jupiter du danger qui menace ses nouvelles amours ; il
lui dit qu'il vient de voir Iris , et que
sans doute Junon n'est pas loin. Jupiter
allarmé , lui dit d'amuser Iris , et va pourvoir à la seureté d'Io.
La Scene entre Mercure et Iris est
très-legerement écrite , c'est la derniere.
dans ce goût badin que Quinault ait osé
mettre dans ses Tragédies Lyriques ; il
a bien senti que cette sorte de Comique
y étoit déplacée. Rien n'est plus élegant
que la Scene qui suit le Dialogue de Mercure et d'Iris , elle est entre Junon
et Iris ; en voici deux fragmens : c'est
Junon qui Parle de Jupiter.
II- Vol. Nos;
DECEMBRE. 1732. 2889
Non, non; je ne suis point une crédule Epouse,
Qu'on puisse tromper aisément ;
Voyons qui feindra mieux de Jupiter Amant,
Ou de Junon jalouse ,
Il est Maître des Cieux , la Terre suit sa loi
Sous sa toute-puissance, il faut que tout échisse
Mais puisqu'il ne prétend s'armer que d'artifice ,
Tout Jupiter qu'il est , il est moins fort que
inoi , &c. ...
L'Amour , cet amour infidelle ,
Qui du plus haut des Cieux l'appelle ,
Fait que tout lui rit- ici bas ;
Près d'une Maitresse nouvelle .
1
Dans le fond des Deserts , on trouve des appas
Et le Ciel même ne plaît pas ,
Avec une Epouse immortelle.
Quoique les Vers cités jusqu'ici , soient
les plus beaux de la Piece , nous en aurions encore à inserer dans cet Extrait ,
qui satisferoient la curiosité du Lecteurs
mais pour éviter la prolixité sur un Opera
fort connu, hous nous contenterons de
suivre l'action théatrale.
Jupiter arrive ; il demande à Junon
quel dessin l'appelle en ces lieux , attendu qu'elle devoit se rendre dans les
Jardins d'Hébé , pour embellir sa Cour
d'une nouvelle Nymphe ; Junon lui as11. Vol sure
2890 MERCURE DE FRANCE
sure qu'elle ne le suivra pas plus loin ,
et qu'elle vient lui demander une nouvelle marque.de son amour. Jupiter lui
promet de lui tout accorder , elle lui
demande la fille d'Inachus ; Jupiter ne
peut se retracter ; il ordonne à Mercure
d'aller tout disposer au gré de la Reine
des Cieux ; ici le Théatre change et répresente les Jardins d'Hébé ; les Nymphes
de cette Déesse qui préside à la Jeunesse,
font la Fête de cet Acte; Io est présentée
à Hébé , pour être un des plus beaux
ornemens de sa Cour.
•
Le Théatre représente au troisiéme
'Acte , un lieu solitaire , qui sert de demeure à Argus , auprès d'un Lac. Argus
annonce à lo que Junon l'a commise à sa
garde. Io se plaint de l'oubli de Jupiter.
Hierax veut entrer dans le lieu où Argus enferme lo ; Argus s'y oppose, et lui
apprend que Jupiter est son Rival.
Mercure , déguisé en Berger , vient à
la tête d'une Troupe qu'il a disposée à
servir l'amour du plus puissant des Dieux.
Il fait entendre à Argus que c'est par l'ordre de Pan qu'on va celebrer une fête en
l'honneur de Syrinx , que ce Dieu des
Bois a tendrement aimée ; Argus lui répond qu'il veutbien se prêter à leurs jeux
Innocens ; la Représentation de cette peII. Vol. tite
DECEMBRE. 1732 2890
tite Tragedie l'endort. Mercure se sert
de cet heureux moment de sommeil pour
enlever Io ; mais Hierax qui est present
ne dort pas ; il éveille Argus ; ils implorent tous deux l'assistance de Junon.
Mercure fait éprouver sa vengeance à Argus et à Hierax ; d'un coup de Caducée ,
il donne la mort à Argus et transforme
Hierax en Oyseau de Proye. Junon descend des Cieux. Mercure se retire et laisse
la malheureuse lo au pouvoir de sa jalouse Rivale. La Furie Erynnis évoquée
par Junon sort des Enfers ; Junon lui ordonne d'exercer ses plus cruelles barbaries sur sa nouvelle victime ; elle rend la
vie à Argus , qui changé en Paon , vient
se placer sur le devant du Char de Junon
et se met aux pieds de cette jalouse
Déesse.
Les deux derniers Actes ne roulent que
sur les divers supplices que la Furie fait
éprouver à Io. Cette infortunée Rivale
de l'Epouse de Jupiter est traînée des
Climats glacez aux Climats brûlans ;
elle se précipite dans la Mer,pour y trouver la fin de ses peines , et l'impitoyable
Erynnis l'en retire ; elle est enfin transportée à l'Antre fatal, où les Parques font
leur séjour. Elle leur demande la mort.
Ces trois inexorables Déïtez lui annonII. Vol. cent
2892 MERCURE DE FRANCE
cent qu'elle ne peut voir finir ses malheurs qu'en fléchissant la colere de Junon. Io invoque Jupiter. Ce Maître des
Dieux vient la consoler, mais il lui décla
re que depuis qu'il l'a soumise au pouvoir de la jalouse Reine des Cieux , il ne
peut la secourir qu'elle n'y consente ; il
ajoute que plus il l'aime , et plus il irrite
son implacable ennemie. Io le conjure
tendrement de l'aimer assez , pour contraindre sa redoutable Rivale à lui donner la mort. Junon vient enfin ; Jupiter la presse de se contenter des maux qu'elle
a faits à lo; Junon ne consent à vaincre są
vengeance qu'après que Jupiter aura vaincu son amour. Jupiter le lui promet; il
en jure par le Styx. Après le serment
Junon appaisée ordonne à la Furie de
ne plus tourmenter lo,et de rentrer dans
les Enfers. Junon consent qu'Io soit mise au rang des Divinitez que l'Univers adore ; les Dieux descendent des Cieux pour
recevoir cette nouvelle Déesse et pour
l'associer à leur gloire ; les Egyptiens
chez qui cette derniere action se passe
viennent celebrer son Apothéose et la reconnoissent pour leur Divinité tutelaire ,
sous le nom d'Isis.
Voilà quelle est cette Tragedie sur laquelle on a porté differens jugemens. On II. Vol. con-
DECEMBRE. 1732 2893
convient que la Musique en est tresbelle , et la versification tres- élegante ;
mais on n'y sent point cet interêt , qui
doit être l'ame de tous les Ouvrages de
Théatre; on rend pourtant juftice à Quinault ; il y a mis tout ce qui a dépendu
de lui , et si l'on a quelque chose à lui reprocher , c'est le choix du sujet qui ne
peut rien offrir que de triste et de desagréable.
Au reste cet Opera est tres-bien remis et tres-bien executé ; le sieur Chassé
qui est chargé du Rôle d'Hierax , et de
celui de Pan , s'en acquitte tres-bien et
merite parfaitement les applaudissemens
du public , de même que la De Antier ,
dans le rôle de Junon ; la Dlle le Maure
a toujours ces sons charmans , et cette
action naturelle qui la rendent si chere
aux Spectateurs. Elle joue le principal
Rôle.
Les Décorations et les Habits répon
dent à la magnificence du Spectacle , et
le Ballet figuré par le S Blondi est tresbien entendu et tres varié, La Dlle Ca
margo et le S Dupré , &c. y brillent à
leur ordinaire.
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Résumé : Isis, Tragédie, Extrait, [titre d'après la table]
Le 14 décembre, l'Académie Royale de Musique présenta l'opéra 'Isis' au théâtre, écrit par Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault, deux auteurs déjà célèbres. Le public accueillit favorablement la pièce. Le prologue se déroule au Palais de la Renommée, où la déesse et sa suite chantent les exploits d'un héros français. Neptune, accompagné des Tritons, célèbre les victoires de ce héros sur terre et sur mer. Apollon, les Muses et les beaux-arts se joignent à la fête, et la Renommée conclut en annonçant une victoire prochaine du héros. Dans le premier acte, la scène représente des prairies traversées par le fleuve Inachus. Hierax, frère d'Argus et amant d'Io, se plaint de l'inconstance de sa maîtresse. Io, fille d'Inachus, avoue finalement que Jupiter est son rival. Mercure annonce l'arrivée de Jupiter, qui vient rendre les peuples heureux. Io tente de résister à l'amour de Jupiter mais finit par fuir. Le second acte commence par un nuage qui obscurcit le théâtre. Jupiter rassure Io en expliquant que cela trompe Junon. Mercure avertit Jupiter du danger que représente Junon. Junon découvre la trahison de Jupiter et exige Io. Jupiter doit céder et ordonne à Mercure de préparer tout pour Junon. Io est présentée à Hébé dans les jardins d'Hébé. Le troisième acte se déroule près d'un lac, où Argus garde Io. Hierax veut entrer, mais Argus l'en empêche et révèle que Jupiter est son rival. Mercure, déguisé en berger, endort Argus et enlève Io. Junon descend des cieux et ordonne à la Furie Erynnis de tourmenter Io. Les deux derniers actes décrivent les supplices infligés à Io par la Furie. Io est traînée à travers divers climats, se précipite dans la mer, et est finalement conduite à l'antre des Parques. Elle invoque Jupiter, qui lui explique qu'il ne peut la secourir sans le consentement de Junon. Junon finit par apaiser sa vengeance après que Jupiter jure de vaincre son amour. Io est alors reconnue comme une divinité sous le nom d'Isis par les Égyptiens. L'opéra est bien exécuté, avec des décors magnifiques et des performances remarquables des acteurs, notamment le sieur Chassé, la De Antier, et la Dlle le Maure. La musique et la versification sont très appréciées, bien que l'intérêt dramatique soit jugé insuffisant.
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221
p. 392-395
Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a parlé dans le dernier Journal des Rhumes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vienne, [...]
Mots clefs :
Concert, Rhumes, Musique, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
On a parlé dans le dernier Journal des Rhu->
mes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vien
ne , et à 7. ou 8. lieues aux environs ; cette maladie
s'est répandue ensuite presque dans toute
l'Allemagne ; elle a gagné l'Alsace , la Lorraine ,
les Pays - Bas et les Provinces de France , et au- :
jourd'hui plus de la moitié des Habitans de Paris
en sont attaquez. Les Chapitres , les Compagnies
, les Communautez , les Colleges , en
sont très-incommodez. L'Opera , les Comédiens
François et Italiens , ont plusieurs fois été obli¬
gez
FEVRIER . 1733 393
gez de fermer leurs Théatres , se trouvant hors
d'état de continuer leurs Représentations ; chez
les Particuliers , aucune Maison n'en est exempte,
soit les Maîtres , soit les Domestiques. Et le Médecin
qu'on appelle pour voir un Malade , en
trouve cinq ou six à traitter. Les gens les plus
âgez ne se souviennent pas d'avoir jamais vû de
Rhumes si fâcheux , si tenaces et si longs , car
jusqu'à présent , les boissons , les saignées et les
purgatifs , n'en ont pû arrêter le cours.
On écrit de Londres , que les Rhumes y regnent
si fort, qu'il n'y a presque point de Famille
qui n'en soit attaquée ; que les Archevêques
de Cantorberi et d'Yorc, les Duchesses de Marlborough
, d'Ormond et de Bolton , et un grand
nombre d'aurtes personnes de distinction , sont
très -infcommodées de Rhumes et de fluxions , et ;
cette maladie est si generale dans la Ville , qu'on
a été obligé d'interrompre le Spectacle de l'Opera;
depuis quelque tems il y meurt beaucoup de mon
deet l'on compte qu'il y a actuellement plus de
40000. Malades. On a appris en dernier lieu
qu'ils y étoit mort jusqu'à 1588 personnes
par Semaine et beaucoup plus de jeunes gens
que de personnes d'un centain âge ; mais ces Lettres
ajoûtent que le nombre des Morts diminuoit
chaque Semaine de quelque centaine , et que la
derniere, Semaine le nombre n'avoit été que de
805.
r
Diverses personnes attribuent la plupart de ces
Rhumes dont presque tout le monde est attaqué
à Paris , à un grand brouillard , dont toure
la Ville fut couverte le 6 et de 7. de ce mois , et
qui fut aussi épais que celui du 21. Janvier de
l'année derniere. En effet avant quatre heures du
soir on ne se voyoit plus dans les rues ; et quand
I j
la
494 MERCURE DE FRANCE
la nuit fut close , on ne pouvoit se conduire
qu'à la clarté d'un flambeau , dont on voyoit à
peine une petite lucar à six pas ; et malgré ce
secours on ne laissoit pas encore de s'égarer , en
sorte que quantité de personnes , qui après avoir
beaucoup marché , se croyoient dans leurs quartiers
et fort près de chez eux , étoient fort étonnez
de s'en trouver encore très- éloignez.On dit que
les Aveugles des Quinze -Vingrs qui se retiroient
vers la chute du jour ,furent d'un secours merveilleux
à diverses personnes, à qui ils servirent de gui..
des jusques dans leurs rues. Les Lanternes ne donnoient
aucune clarté , et à peine pouvoit- on ap
percevoir celle sous laquelle on étoit. Les Offciers
de Police firent retirer tous les Fiacres des
Places , et on n'a pas oüi dire qu'il soit arrivé
aucun accident,
Le 2. Février , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , on y executa un Moter
de M. de la Lande , Eractavit , qu'on n'avoit
pas encore entendu , et un autre Motet de fen
PAbbé Gaveau , qui est un excellent morceau de
Musique,le Dominus regnavit terminale Concert,
qui fut précedé de differentes Pieces de Symphonie,
dont l'execution fait toujours beaucoup de plaisir.
Le . le sieur Buononcini , cy - devant Maître
de Musique des Empereurs Leopold et Joseph
connu par un grand nombre d'Ouvrages de Musique
en tout genre, et entr'autres , par 78. Opera
de sa composition , qu'il a fait executer en Italie
, sa Patrie , à la Cour de Vienne , et en Angleterre,
fit chanter au même Concert de la Musique
Latine , qui fut trouvée admirable dans
toutes ses parties , tant par la composition que
par l'excecution . Ce Concert finit par le Quare
fremuerunt , Motet de M. de la Lande,
FEVRIER. 1733 395
-Les Gens de M. l'Ambassadeur de Venise,firent
promener par la Ville , pendant les derniers jours
du Carnaval , un magnifique Chariot , tiré par
Chevaux superbement harnachez. Le Chariot étoit
précedé de quarante Masques à cheval , en habit
de differentes Nations. Il représentoit par sa forme
une Gondole dorée et ornée de differentes figures
symboliques , sur laquelle il y avoit plu
sieurs Gradins à differens étages, qui étoient oc
cupez par des Musiciens et par des Symphonis
・tes masquez , joüant de differens Instrumens.
Toute la Machine étoit surmontée d'un grand
Farasol à la Chinoise , qu'on baissoit et haussoir
dans le besoin , par le moyen d'un Ressort , afin
que le Char pût passer par tout , et principalement
par la Porte S: Antoine. C'est en cet endroit
que le Spectacle fut le plus brillant , par le concours
des Carrosses remplis de Masques et des
autres Mascarades à pied et à cheval , qui se joignirent
en file au Chariot , et qui occuperent!
pendant long- temps tout le Quartier de la Porte
et du Fauxbourg S. Antoine , où un Monde infini
étoit accouru pour les voir passer.
Le 2's. Février , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le Remboursement des Ac
tions , fut tirée en la maniere accoûtumée , à
1'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixiéme d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 314. Actions .
mes caterreux et Fluxions qui ont regné à Vien
ne , et à 7. ou 8. lieues aux environs ; cette maladie
s'est répandue ensuite presque dans toute
l'Allemagne ; elle a gagné l'Alsace , la Lorraine ,
les Pays - Bas et les Provinces de France , et au- :
jourd'hui plus de la moitié des Habitans de Paris
en sont attaquez. Les Chapitres , les Compagnies
, les Communautez , les Colleges , en
sont très-incommodez. L'Opera , les Comédiens
François et Italiens , ont plusieurs fois été obli¬
gez
FEVRIER . 1733 393
gez de fermer leurs Théatres , se trouvant hors
d'état de continuer leurs Représentations ; chez
les Particuliers , aucune Maison n'en est exempte,
soit les Maîtres , soit les Domestiques. Et le Médecin
qu'on appelle pour voir un Malade , en
trouve cinq ou six à traitter. Les gens les plus
âgez ne se souviennent pas d'avoir jamais vû de
Rhumes si fâcheux , si tenaces et si longs , car
jusqu'à présent , les boissons , les saignées et les
purgatifs , n'en ont pû arrêter le cours.
On écrit de Londres , que les Rhumes y regnent
si fort, qu'il n'y a presque point de Famille
qui n'en soit attaquée ; que les Archevêques
de Cantorberi et d'Yorc, les Duchesses de Marlborough
, d'Ormond et de Bolton , et un grand
nombre d'aurtes personnes de distinction , sont
très -infcommodées de Rhumes et de fluxions , et ;
cette maladie est si generale dans la Ville , qu'on
a été obligé d'interrompre le Spectacle de l'Opera;
depuis quelque tems il y meurt beaucoup de mon
deet l'on compte qu'il y a actuellement plus de
40000. Malades. On a appris en dernier lieu
qu'ils y étoit mort jusqu'à 1588 personnes
par Semaine et beaucoup plus de jeunes gens
que de personnes d'un centain âge ; mais ces Lettres
ajoûtent que le nombre des Morts diminuoit
chaque Semaine de quelque centaine , et que la
derniere, Semaine le nombre n'avoit été que de
805.
r
Diverses personnes attribuent la plupart de ces
Rhumes dont presque tout le monde est attaqué
à Paris , à un grand brouillard , dont toure
la Ville fut couverte le 6 et de 7. de ce mois , et
qui fut aussi épais que celui du 21. Janvier de
l'année derniere. En effet avant quatre heures du
soir on ne se voyoit plus dans les rues ; et quand
I j
la
494 MERCURE DE FRANCE
la nuit fut close , on ne pouvoit se conduire
qu'à la clarté d'un flambeau , dont on voyoit à
peine une petite lucar à six pas ; et malgré ce
secours on ne laissoit pas encore de s'égarer , en
sorte que quantité de personnes , qui après avoir
beaucoup marché , se croyoient dans leurs quartiers
et fort près de chez eux , étoient fort étonnez
de s'en trouver encore très- éloignez.On dit que
les Aveugles des Quinze -Vingrs qui se retiroient
vers la chute du jour ,furent d'un secours merveilleux
à diverses personnes, à qui ils servirent de gui..
des jusques dans leurs rues. Les Lanternes ne donnoient
aucune clarté , et à peine pouvoit- on ap
percevoir celle sous laquelle on étoit. Les Offciers
de Police firent retirer tous les Fiacres des
Places , et on n'a pas oüi dire qu'il soit arrivé
aucun accident,
Le 2. Février , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , on y executa un Moter
de M. de la Lande , Eractavit , qu'on n'avoit
pas encore entendu , et un autre Motet de fen
PAbbé Gaveau , qui est un excellent morceau de
Musique,le Dominus regnavit terminale Concert,
qui fut précedé de differentes Pieces de Symphonie,
dont l'execution fait toujours beaucoup de plaisir.
Le . le sieur Buononcini , cy - devant Maître
de Musique des Empereurs Leopold et Joseph
connu par un grand nombre d'Ouvrages de Musique
en tout genre, et entr'autres , par 78. Opera
de sa composition , qu'il a fait executer en Italie
, sa Patrie , à la Cour de Vienne , et en Angleterre,
fit chanter au même Concert de la Musique
Latine , qui fut trouvée admirable dans
toutes ses parties , tant par la composition que
par l'excecution . Ce Concert finit par le Quare
fremuerunt , Motet de M. de la Lande,
FEVRIER. 1733 395
-Les Gens de M. l'Ambassadeur de Venise,firent
promener par la Ville , pendant les derniers jours
du Carnaval , un magnifique Chariot , tiré par
Chevaux superbement harnachez. Le Chariot étoit
précedé de quarante Masques à cheval , en habit
de differentes Nations. Il représentoit par sa forme
une Gondole dorée et ornée de differentes figures
symboliques , sur laquelle il y avoit plu
sieurs Gradins à differens étages, qui étoient oc
cupez par des Musiciens et par des Symphonis
・tes masquez , joüant de differens Instrumens.
Toute la Machine étoit surmontée d'un grand
Farasol à la Chinoise , qu'on baissoit et haussoir
dans le besoin , par le moyen d'un Ressort , afin
que le Char pût passer par tout , et principalement
par la Porte S: Antoine. C'est en cet endroit
que le Spectacle fut le plus brillant , par le concours
des Carrosses remplis de Masques et des
autres Mascarades à pied et à cheval , qui se joignirent
en file au Chariot , et qui occuperent!
pendant long- temps tout le Quartier de la Porte
et du Fauxbourg S. Antoine , où un Monde infini
étoit accouru pour les voir passer.
Le 2's. Février , la Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le Remboursement des Ac
tions , fut tirée en la maniere accoûtumée , à
1'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixiéme d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 314. Actions .
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Résumé : Rhume, Broüilards, &c. [titre d'après la table]
En février 1733, une épidémie de rhumes et de fluxions sévissait à Vienne et dans les environs, puis s'est répandue en Allemagne, en Alsace, en Lorraine, aux Pays-Bas et dans les provinces de France. À Paris, plus de la moitié des habitants étaient touchés, affectant les chapitres, les compagnies, les communautés et les collèges. Les théâtres, y compris l'Opéra et les comédiens français et italiens, ont dû fermer à plusieurs reprises. Les particuliers, qu'ils soient maîtres ou domestiques, n'étaient pas épargnés. Les médecins trouvaient souvent plusieurs malades à traiter dans une même maison. Les rhumes étaient particulièrement tenaces et longs, résistants aux boissons, saignées et purgatifs. À Londres, l'épidémie était également sévère, touchant presque toutes les familles, y compris des personnalités de haut rang comme les archevêques de Cantorbéry et d'York, et plusieurs duchesses. Le spectacle de l'Opéra a dû être interrompu. La mortalité était élevée, avec plus de 40 000 malades et jusqu'à 1 588 décès par semaine, bien que ce nombre diminuât progressivement. À Paris, un épais brouillard le 6 et 7 février a été attribué à la propagation des rhumes. La visibilité était si faible que les lanternes et les aveugles des Quinze-Vingts servaient de guides. Les officiers de police ont retiré les fiacres des places publiques pour éviter les accidents. Le 2 février, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande et de l'Abbé Gaveau. Le musicien Buononcini a également interprété de la musique latine acclamée. Par ailleurs, les gens de l'ambassadeur de Venise ont promené un magnifique chariot représentant une gondole, accompagné de masques et de musiciens, lors des derniers jours du carnaval. Le 25 février, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
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222
p. 556-557
« On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
Début :
On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...]
Mots clefs :
Quatuors, Fortifications, Souscription, Relief
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
On nous prie encore d'avertir què M. Schultze
, de Berlin, a fait graver par Souscription , les
six premieres Simphonies du premier Livre de
ses douze Quatuor , sous le titre , Tratamento de
l'Harmonia , per Simfonie da Camera à quatro
Instrumenti , Violino , Flauto Traverso , e Viola
da gamba , o vero Violon cello , con il suo Basso
fondamentale , ils se vendent chez l'Auteur , ruë
de la Juifverie , près Notre- Dame , chez Veron ,
Luthier à Paris . On les trouve aussi chez le sieur
Boivin , rue S. Honoré , et chez le sieur le
Clerc , rue du Roule,
L'Auteur fera graver incessamment les six dernieres
Symphonies. Il avertit ceux qui voudrone
souscrire d'envoyer 24. livres aux adresses cydessus
, on leur délivrera le premier Livre déja
gravé et une Souscription signée de l'Auteur et
de celui qui le leur délivrera , au dos de laquelle
sera mis un reçû dudit premier Livre.
On avertit encore qu'il n'y aura que les Souscripteurs
à qui on remettra les douze Quatuor
en blanc pour 24. livres ,
Le Sicur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué avec soin à faire les Plans en relief
, c'est- à - dire , de représenter au naturel les
Maisons , Parterres , Jardins , Fortifications , et
generalement tout ce qui regarde le Civil et le
Militaire, il est aisé de comprendre que le relief est
infiniment au- dessus des représentations ordinaires
qui se font sur le papier.Il en a executé plusieurs
Morceaux pour differens Particuliers . CesReliefs se
font ou en bois , ou en carton , ou en terre glaise;
il fait aussi toutes sortes de Plans et Desseins à
executer . Il demeure rue de Vaugirard , chez
M. d'Armancourt , Maître de Mathématique
For
M-AR S. 1733 . SS
Fortifications et Architecture à l'Académie de
M. de la Gueriniere, â Paris Il ne recevra ni Paquets
ni Lettres dont le port ne sera pas payé.
, de Berlin, a fait graver par Souscription , les
six premieres Simphonies du premier Livre de
ses douze Quatuor , sous le titre , Tratamento de
l'Harmonia , per Simfonie da Camera à quatro
Instrumenti , Violino , Flauto Traverso , e Viola
da gamba , o vero Violon cello , con il suo Basso
fondamentale , ils se vendent chez l'Auteur , ruë
de la Juifverie , près Notre- Dame , chez Veron ,
Luthier à Paris . On les trouve aussi chez le sieur
Boivin , rue S. Honoré , et chez le sieur le
Clerc , rue du Roule,
L'Auteur fera graver incessamment les six dernieres
Symphonies. Il avertit ceux qui voudrone
souscrire d'envoyer 24. livres aux adresses cydessus
, on leur délivrera le premier Livre déja
gravé et une Souscription signée de l'Auteur et
de celui qui le leur délivrera , au dos de laquelle
sera mis un reçû dudit premier Livre.
On avertit encore qu'il n'y aura que les Souscripteurs
à qui on remettra les douze Quatuor
en blanc pour 24. livres ,
Le Sicur Garreau donne avis au Public , qu'il
s'est appliqué avec soin à faire les Plans en relief
, c'est- à - dire , de représenter au naturel les
Maisons , Parterres , Jardins , Fortifications , et
generalement tout ce qui regarde le Civil et le
Militaire, il est aisé de comprendre que le relief est
infiniment au- dessus des représentations ordinaires
qui se font sur le papier.Il en a executé plusieurs
Morceaux pour differens Particuliers . CesReliefs se
font ou en bois , ou en carton , ou en terre glaise;
il fait aussi toutes sortes de Plans et Desseins à
executer . Il demeure rue de Vaugirard , chez
M. d'Armancourt , Maître de Mathématique
For
M-AR S. 1733 . SS
Fortifications et Architecture à l'Académie de
M. de la Gueriniere, â Paris Il ne recevra ni Paquets
ni Lettres dont le port ne sera pas payé.
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Résumé : « On nous prie encore d'avertir que M. Schultze, de Berlin, a fait graver par Souscription, les [...] »
Le texte annonce la publication des six premières symphonies du premier livre des douze quatuors de M. Schultze, intitulé 'Trattamento de l'Harmonia, per Simfonie da Camera à quatro Instrumenti'. Ces œuvres sont disponibles à Berlin chez l'auteur et à Paris chez Veron, Boivin et le Clerc. Les six dernières symphonies seront bientôt gravées. Les souscripteurs peuvent obtenir le premier livre en envoyant 24 livres aux adresses mentionnées et recevront une souscription signée et un reçu. Seuls les souscripteurs pourront acheter les douze quatuors en blanc pour 24 livres. Par ailleurs, le sieur Garreau informe qu'il réalise des plans en relief représentant des maisons, parterres, jardins, fortifications et autres sujets civils et militaires. Ces reliefs, exécutés en bois, carton ou terre glaise, sont supérieurs aux représentations sur papier. Garreau propose également divers plans et dessins. Il réside rue de Vaugirard chez M. d'Armancourt, maître de mathématiques, et enseigne les fortifications et l'architecture à l'Académie de M. de la Guerinière à Paris. Il refuse les paquets et lettres dont le port n'est pas payé.
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223
p. 566-567
« Le 16. et 21. l'Académie Royale de Musique donna, par extraordinaire, pour [...] »
Début :
Le 16. et 21. l'Académie Royale de Musique donna, par extraordinaire, pour [...]
Mots clefs :
Théâtre, Opéra, Isis, Empire de l'amour
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texteReconnaissance textuelle : « Le 16. et 21. l'Académie Royale de Musique donna, par extraordinaire, pour [...] »
Le 16. et 21. l'Académie Royale de
Musique donna , par extraordinaire, pour
la Capitation des Acteurs , comme cela
se pratique toutes les années , l'Opera
d'Isis , qui fut suivi du Pas de Trois ,
dansé par la Dile Camargo et par les sieurs
Dumoulin et Dupré , dans la plus grande
perfection .
On prépare un Balet nouveau , qui a
pour titre l'Empire de l' Amour , pour être
joué à l'ouverture du Théatre.
Le
MARS . 1733. 567
Le 8. du mois dernier , on représenta à Ve
nise , sur le Théatre de S. Ange , le nouvel Opera
de Tigrane , qui eut un très- grand succès.
Musique donna , par extraordinaire, pour
la Capitation des Acteurs , comme cela
se pratique toutes les années , l'Opera
d'Isis , qui fut suivi du Pas de Trois ,
dansé par la Dile Camargo et par les sieurs
Dumoulin et Dupré , dans la plus grande
perfection .
On prépare un Balet nouveau , qui a
pour titre l'Empire de l' Amour , pour être
joué à l'ouverture du Théatre.
Le
MARS . 1733. 567
Le 8. du mois dernier , on représenta à Ve
nise , sur le Théatre de S. Ange , le nouvel Opera
de Tigrane , qui eut un très- grand succès.
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Résumé : « Le 16. et 21. l'Académie Royale de Musique donna, par extraordinaire, pour [...] »
En février 1733, l'Académie Royale de Musique présenta l'opéra 'Isis' les 16 et 21 février pour la Capitation des Acteurs. La danseuse La Camargo et les danseurs Dumoulin et Dupré exécutèrent un 'Pas de Trois' remarquable. À Venise, l'opéra 'Tigrane' fut joué le 8 février et obtint un grand succès. Un nouveau ballet, 'l'Empire de l'Amour', était en préparation pour l'ouverture du théâtre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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224
p. 816-817
« Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Début :
Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...]
Mots clefs :
Composition, Musique, Maure, Compagnie, Reine, Concert spirituel
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texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le Jeudy Saint 2. Avril , le Concert Spirituel
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
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Résumé : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le 2 avril, un concert du Concert Spirituel eut lieu au Château des Tuileries. Bononcini présenta un Miserere, avec la demoiselle Erremens interprétant des récits au goût italien. La demoiselle Le Maure chanta un nouveau Pange lingua, alternant avec les chœurs sur des extraits de Jephté et de la Bergerie de Roland. M. Mouret ajouta des versets musicaux, acclamés par le public. Le concert fut interrompu trois jours en raison du décès du Duc d'Anjou, puis reprit jusqu'au dimanche de Quasimodo. Les demoiselles Erremens, Le Maure, Courvasier et Lenner, ainsi que le sieur Massé, chantèrent divers motets nouveaux. Le sieur Sommis, violoniste du Roi de Sardaigne, exécuta des sonates et concertos avec maîtrise. Le 10 avril, le psaume Exultate justi de Bordier fut exécuté et applaudi. Le 25 mars, l'Abbé de Fitzjames chanta sa première messe à l'Abbaye Royale de Saint-Victor. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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225
p. 917-929
LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
Début :
MONSIEUR, J'ai lû dans votre Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Poètes, Musiciens, Manière, Lully, Parnasse, Auteur, Fautes, Édition, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
LETTRE de M. Titon du Tillet
M. de la R..
M
...
ONSIEUR ,
'ai lû dans votre Mercure du mois de
Mars , P.481.une Lettre qui m'est addressée
au sujet de l'Edition du Liv , intitule
le Parnasse François , que j'ai donnée :
Dame d'un esprit peu ordinaire.
L'année
18 MERCURE DE FRANCE
l'année derniere. Si je connoissois l'Auteur
de cette Lettre , je lui addresserois
ma réponse , et je le remercirois plus am
plement que je ne le fais icy , de la maniere
avantageuse dont il parle de cet
Ouvrage qu'il veut bien traiter d'Excellent
, et qu'il marque ne pouvoir être que
d'une extrême utilité et d'un agrément infini
à ceux qui voudront connoître le genie des
Poëtes et des Musiciens François , que mon
zele et mes travaux n'immortalisent pas
moins , que les Ouvrages qu'ils ont laissez.
Les louanges qu'on me fait l'honneur
de me donner sur mon zele, me font des
plus agréables , et je les reçois volontiers;
Personne ne pouvant en avoir davantage
pour la gloire de notre Nation et pour
celle des grands Hommes qu'elle a produits.
A l'égard des louanges qu'on me
donne sur mes travaux pour célébrer le
génie et les talens de nos. Poëtes et de nos
Musiciens , je sens que je suis encore bien
éloigné de la perfection où j'aurois souhaite
porter un pareil Ouvrage ; c'est
pourquoi je suis tres-obligé à celui qui
m' crit des Remarques ,dont il veut bien
me faire part sur quelques fautes qui ont
pû s'y glisser. Je reçois donc , avec plaisir
, ses Remarques , mais il me permettra
de lui dire que la plupart des fautes
qu'il
MA Y. 1733 .
1
919
qu'il a trouvées dans cette Edition ne me
paroissent pas réellement des fautes , où
que si elles en sont , elles ne sont pas .
bien essentielles.
Il prétend que le nom de des Iveteaux
doit commencer par un Y et non pas un
I ; cependant de Vigneul Marville 1 qui
fait un article assez étendu de des Iveteaux
, écrit ce nom par un I simple, de
même qu'il l'est dans le Dictionnaire de
Moreri . Il est vrai que Baillet , au cin .
quiéme volume des Jugemens des Sçavans ,
le met par un Y. L'Imprimeur auroit du
mettre dans mon Livre , à l'article des
Iveteaux , le premier v consonne , comme
il l'a mis à la Liste Alphabetique des
Poëtes et des Musiciens.
On doit écrire , dit l' Anonyme , Lulli ,
et non pas Lully , car c'est faire un nom
François d'un nom Italien. Je sçai bien
que les Italiens ne se servent point dans
leur Alphabet des Lettres K, X , Y ; c'est
pourquoi je ne dirai pas si Lully avoit
voulu mettre un Y à son nom , étant
dans son Païs , ou s'il l'a pris depuis qu'il
se fit naturaliser François ; mais il est certain
qu'il signoit Lully , avec un Y; c'est
ainsi qu'on peut le voir sur differens
1 Mélanges d'Histoire et de Litterature ;
tame 3.
Exem920
MERCURE DE FRANCE
Exemplaires imprimez , qui sont encore
aujourd'hui chez Ballard , paraphez de sa
propre main , de cette maniere , J. B.
Lully , &c.
Dans tous les Opéra que Lully a fait
imprimer et dans toutes les Epîtres Dédicatoires
au Roy, son nom est toujours
terminé par un Y , &c. Le nom de ce
fameux Musicien , mis au bas de son Portrait
gravé , est avec un Y. Charles Perrault
, dans ses Hommes Illustres , l'écrit
de même ; enfin la famille de Lully , qui
lui a fait élever un superbe Mausolée dans
P'Eglise des Petits Peres à Paris, a fait mettre
dans l'Inscription , son nom gravé
par un Y. Son fils et son petit - fils dans
leur fignature , mettent de même un Yà
leur nom . Il est vrai que dans le Dictionnaire
de Moreri on a écrit Lulli .
Il marque que le nom d'une illustre Chanteuse
est tout - à-fait défiguré , qu'on doit
écrire Mlle de Leufroy , et non pas Mlle le
Froid. Je répondrai que je connois cette
Demoiselle depuis plus de trente ans ,
qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire , et
qu'elle signe , le Froid , comme je l'ai
écrit. Il y a huit jours que je lui rendis
visite chez elle , ruë S.Loiiis dans l'Isle ;
elle me confirma qu'elle , ni son pere , ni
sa mere n'avoient jamais signé leur nom
autrement que le Froid.. A
MAY. 1733 . 527
A l'égard du nom du Président Nicole
qu'il croit devoir être écrit avec deux L,
comme Bayle le met dans son Dictionnaire
; je lui dirai qu'il n'est pas surprenant
que Bayle dans plus d'un million de
noms propres qu'il rapporte dans cet Ouvrage
, n'ait mis un L de plus qu'il ne
faut à ce nom ; mais que le celebre Nicole
, Auteur de plusieurs excellens Ouvrages
de Morale et de Piété, ne mettoit
qu'un Là son nom (comme on le voit dans
Moreri)et que dans les Oeuvres Poëtiques
du President Nicole, son parent, avec son
Epître Dédicatoire au Roy , imprimée
chez Charles de Sercy , Paris , 1670 &
1693. le nom de Nicole n'est écrit qu'avec
un L , de la maniere dont M. Nicole
, Lieutenant General et Président du
Présidial de Chartes , petit- fils du Poëte,
dont j'ai fait mention , signe encore son
nom aujourd'hui ,
J'ai écrit Montreul ( de même qu'il est
dans le Moreri ) en marquant qu'il faut
prononcer Montreuil celui qui me fait
part de ses Remarques dit qu'il faut écri
de Montereul , comme le marquent Pellisson
et l'Abbé d'Olivet , dans leur Histoire
de l'Académie Françoise ; pour moi
j'ai crû pouvoir faire le nom de Montreul
de deux sillabes , parce que Baillet , Mo-
•
reri
922 MERCURE DE FRANCE
.
reri, et Despréaux le font de même.com.
me on le voit dans ces Vers :
On ne voit point mes Vers , à l'envi de Mons
treuil ,
Grossir impunément les Feuillets d'un Recueil.
Montreuil , lui-même écrivoit , selon
toutes les apparences , son nom de cette
maniere ; ses Oeuvres avec son Epître
dédicatoire à M. Molé , et son Portrait
gravé au commencement , en sont des
prenves , car son nom y est par tout écrit,
Montreuil.
Voici des fautes qu'il m'objecte avec
raison . Les noms de Beüil , de Pillet , de
Pilles , sont mal écrits ; on doit mettre du
Bueil , de Pilet , de Piles ; aussi dans l'Edition
de mon Livre a t on mis quatre
ou cinq fois de Piles, et une seule fois de
Pilles. Il faut joindre aussi , comme il le
marque , les sillabes de chacun de ces
Noms, Lalande, Desmarets ; au lieu qu'on
les a séparé , la Lande , des Marets.
Je crois qu'il a raison de dire , qu'on
doit écrire Amfrye de Chaulieu, ou peutêtre
Affie , comme e l'ai mis dans le
premier Essai que j'ai donné de la Des
cription du Parnasse François , parce qu'il
est écrit de même sur les Registres mor
tuaires de l'Eglise du Temple,à Paris ; et
je
MAY. 1733 . $23
je pourrois bien avoir mal fait d'avoir
mis Auffre dans cette seconde Edition ,
sur ce que m'a assuré un célébre Académi
cien, qu'il falloit l'écrire de cette maniere ,
et comme il est imprime dans le Mercure
de Juillet 1720 .
Pour ce qui regarde quelques dattes de
la naissance , de la mort et de l'age des
Poëtes et des Musiciens dont je fait mention
, il n'est pas aisé parmi plus de trois
mille dattes , comprises celles de l'impression
de leurs Ouvrages , qu'on mette
quelquefois un chiffre pour un autre ;
mais dans huit ou dix endroits où il me
reprend sur ces dattès , qui ne sont pas
exactes , l'erreur ne va pas à quinze jours
de plus ou de moins, ou s'il va plus loin ,
comme peut être au seul article de Daniel
Huet , où l'on a marqué sa mort en
1711 , au lieu de 1741. pour lors le Leeteur
peut y suppléer facilement, et recon-
Loître l'erreur, parce qu'ayant mis à l'intitulé
de son article ; Daniel Huet , né en
1630. mort en 1711. âgé de 91 ans ; on
voit clairement qu'il faut mettre 1721 .
afin qu'il eut 91 à sa mort ; d'autant plus
que j'ai placé les Poëtes et les Musiciens
par ordie chronologique , ayant mis devant
Daniel Huet , l'Abbé de Chaulieu
M. Dacier , et Jacques Vergier , tous les
trois
24 MERCURE DE FRANCE
trois morts en 1720. cependant on a corrigé
cette faute à la main , dans la plus
grande partie des Exemplaires ; de même
que quatre ou cinq autres principales.
Santeuil est mort dans sa 68.année , au
lieu que je l'ai mis dans sa 67. et Thomas
Corneille dans sa 85. année , au lieu
qu'on l'a mis dans sa 84.
Il marque aussi d'après l'Abbé d'Oli
vet , dans son Histoire de l'Académie
Françoise , que du Ryer est mort en 1658.
et non pas en 1656. j'ai suivi cette detniere
datte d'après Ballet , Bayle et Moreri
, qui mettent la date de sa mort en
1656. on peut la vérifier sur les Regis
tres Mortuaires de la Paroisse de S. Gervais
, où il a été inhumé ; j'ai cependant
beaucoup de confiance en l'Abbé d'Olivet,
pour ce qui regarde les Académiciens
dont il a écrir la Vie , et je m'en
suis servi utilement dans cette seconde
Edition pour quelques-uns de nos Poëtes,
qui étoient de l'Académie .
J'ai omis , dit- il , les dates du temps
de la naissance de Ségrais , de Fléchier ,
de la Monnoye , de Valincour, du Pere
du Cerceau. J'ai négligé de mettre quelquefois
ces dates , parce qu'ayant mis
l'année de la mort d'une personne et celle
de son âge , on trouve aisément celle de
sa naissance.
,
MAY. • 1733.
925
Je n'ai pas oublié , comme il le marque ,
le Poëte de Lingendes , qu'il nomme Jean
au lieu de Pierre , cat Jean de Lingendes ,
parent de celui - cy , étoit un celebre Prédicateur
, qui fut nommé à l'Evêché de
Sarlat , puis à celui de Mâcon , et le
Pere de Lingendes , Jésuite , son cousin ,
aussi Prédicateur de réputation , s'appelloit
Claude. J'ai fait un article de Pierre
de Lingendes avec Montfuron , qui est
l'article LIII. pages 210. et 211. où
j'ai rapporté la maniere dont l'illustre
Mlle de Scudery , a celebré ces deux Poëtes
, au Tome 8. de son Roman de Clélie
, et que Barbin , dans son Recueil de
Poësies choisies , Tome 3. a donné des Vers
de Lingendes.
Boësset le pere , et Boësset le fils , Musiciens
, ne sont pas non plus oubliez ,
comme il le dit , j'ai marqué l'article de
Lambert ,, ppaaggee 339922.. »» qquuee de son temps.
il parut plusieurs Musiciens qui sui-
» virent ses traces , c'est- à- dire qui tra-
» vaillerent dans un goût tendre et gra-
>> cieux ; on doit mettre de ce nombre
»Boësset et le Camus , tous deux Maîtres
>> et Compositeurs de la Musique de la
» Chambre du Roy , qui s'acquirent de
» la réputation , par leurs Chansons ; on
"peut mettre aussi de ce nombre Boësset
;
}
926 MERCURE DE FRANCE
» set le fils , Mollie , Sicard , Moulinić ,
» du Buisson , &c. les Recueils de leurs
» Airs sont impriméz chez J. B. Chris-
»tophe Ballard.
A l'Article de Campistron , j'ai dit qu'il
composa par ordre du Duc de Vendôme ,
une Piece Lyrique , pour être chantée
en son Château d'Anet , où Monseigneur
le Dauphin passa quelques jours , j'aurois
bien fait de dire que cette Piece est
intitulée , Acis et Galatée , Pastorale Héroïque
, représentée en 1687. à Anet , et
la même année sur le Théatre de l'Opéra.
L'Auteur de ces Remarques auroit souhaité
que j'eusse fait mention dans l'ordre
chronologique des Poëtes et des Musiciens
de Jean Dasjac , de l'Académie
Françoise , homme connu par divers Ouvrages
en Prose Latine et Françoise , et
qui a composé aussi quelques Vers François
et Latins ; mais j'ai fait connoître
que mon dessein n'étoit pas de faire paroître
sur le Parnasse tous les François
qui se sont exercez dans la Poësie , dans
la Musique. J'ai crû même avoir trop
entrepris d'en présenter à Apollon plus
de 260. outre quatre ou cinq cens autres
dont j'ai rapporté seulement les noms,
et que j'ai dit qu'on pouvoit supposer s'y
promener
MAY. 1733 928
promener dans les Avenues riantes et
dans les Campagnes agréables qui environnent
le Parnasse , en attendant qu'Apollon
décide de leur sort. Je sçai bien
qu'il ne seroit pas difficile de mettre encore
les noms de plus de 200. autres François
qui ont donné au Public quelques petites
Poësies , et quelques Pieces de Théatre
; on trouve leurs noms entre ceux
de plusieurs autres Poëtes dont j'ai fait
mention sur le Parnasse . 1º . Au cinquiéme
volume des Jugemens des Sçavans
sur les Poëtes modernes , par Baillet . 2 ° .
Dans un Livre intitulé , Bibliotheque des
Théatres , qui vient de paroître en cette
année 1733. 3 ° . Dans les Recueils de Poësies
de Sercy , de la Fontaine , de Barbin ,
et du P. Bouhours , & c.
J'ai averti aussi au bas de la premiere
page de mon Livre , que j'avois laissé des
places en blanc,au bas de chaque Rouleau
où j'ai écrit les noms des Poëtes et des
Musiciens de notre Parnasse , et même
dans quelques autres endroits où j'ai mis
une suite d'autres noms de Personnes illustres
dans les Sciences et dans les Beaux
Arts , afin que les Partisans de quelquesunes
dont ils ne voyent point les noms ,
ayent la satisfaction de remplir eux - mêmes
ces vuides ou blancs , en y mettant
E les
928 MERCURE DE FRANCE
les noms de ces personnes ; on verra dans
mon Livre ces places que j'ai laissées en
blanc , depuis la page 35. jusqu'à la
page 45.
Si l'Auteur anonime avoit bien voulu
me communiquer ses Remarques avant
que de les faire imprimer , je crois qu'au
lieu de six pages qu'elles contiennent ,
nous aurions pû les renfermer dans une
demi page , à quoi j'aurois ajoûté une
autre demi page de quelques autres fau
tes sur lesquelles il a bien voulu me ménager;
mais il est bien difficile que dans
un volume in folio de près de 800. pages
, où l'on rapporte plus de 15oc . noms
propres , et plus de 3000. dates en chiffre,
il ne se glisse quelques fautes de l'Auteur
et encore plus de l'Imprimeur. J'a-
Joûterai cependant que je n'en ai point
trouvé de bien essentielles et auxquelles
le Lecteur éclairé ne puisse aisément suppléer.
Je vous prie , Monsieur , si vous connoissez
l'Auteur de cette Lettre , de vou
loir bien le remercier de ma part de la
maniere obligeante dont il a parlé de mon
Livre , et de lui dire que je serai charmé
de faire connoissance avec lui, et de lui
présenter un Exemplaire de cet Ouvrage
dont il témoigne que la lecture lui a fait
plaisir;
MAY. 1733.
929
plaisir ; je ne lui sçai que très - bon gré
des Remarques dont il m'a fait part ,
et je lui en serai toujours obligé , comme
je le serai à toutes les personnes d'éru
dition et de goût , qui voudront bien
m'aider de leurs avis pour perfectionner
un Ouvrage tel que celui que j'ai entrepris.
Je suis , & c .
M. de la R..
M
...
ONSIEUR ,
'ai lû dans votre Mercure du mois de
Mars , P.481.une Lettre qui m'est addressée
au sujet de l'Edition du Liv , intitule
le Parnasse François , que j'ai donnée :
Dame d'un esprit peu ordinaire.
L'année
18 MERCURE DE FRANCE
l'année derniere. Si je connoissois l'Auteur
de cette Lettre , je lui addresserois
ma réponse , et je le remercirois plus am
plement que je ne le fais icy , de la maniere
avantageuse dont il parle de cet
Ouvrage qu'il veut bien traiter d'Excellent
, et qu'il marque ne pouvoir être que
d'une extrême utilité et d'un agrément infini
à ceux qui voudront connoître le genie des
Poëtes et des Musiciens François , que mon
zele et mes travaux n'immortalisent pas
moins , que les Ouvrages qu'ils ont laissez.
Les louanges qu'on me fait l'honneur
de me donner sur mon zele, me font des
plus agréables , et je les reçois volontiers;
Personne ne pouvant en avoir davantage
pour la gloire de notre Nation et pour
celle des grands Hommes qu'elle a produits.
A l'égard des louanges qu'on me
donne sur mes travaux pour célébrer le
génie et les talens de nos. Poëtes et de nos
Musiciens , je sens que je suis encore bien
éloigné de la perfection où j'aurois souhaite
porter un pareil Ouvrage ; c'est
pourquoi je suis tres-obligé à celui qui
m' crit des Remarques ,dont il veut bien
me faire part sur quelques fautes qui ont
pû s'y glisser. Je reçois donc , avec plaisir
, ses Remarques , mais il me permettra
de lui dire que la plupart des fautes
qu'il
MA Y. 1733 .
1
919
qu'il a trouvées dans cette Edition ne me
paroissent pas réellement des fautes , où
que si elles en sont , elles ne sont pas .
bien essentielles.
Il prétend que le nom de des Iveteaux
doit commencer par un Y et non pas un
I ; cependant de Vigneul Marville 1 qui
fait un article assez étendu de des Iveteaux
, écrit ce nom par un I simple, de
même qu'il l'est dans le Dictionnaire de
Moreri . Il est vrai que Baillet , au cin .
quiéme volume des Jugemens des Sçavans ,
le met par un Y. L'Imprimeur auroit du
mettre dans mon Livre , à l'article des
Iveteaux , le premier v consonne , comme
il l'a mis à la Liste Alphabetique des
Poëtes et des Musiciens.
On doit écrire , dit l' Anonyme , Lulli ,
et non pas Lully , car c'est faire un nom
François d'un nom Italien. Je sçai bien
que les Italiens ne se servent point dans
leur Alphabet des Lettres K, X , Y ; c'est
pourquoi je ne dirai pas si Lully avoit
voulu mettre un Y à son nom , étant
dans son Païs , ou s'il l'a pris depuis qu'il
se fit naturaliser François ; mais il est certain
qu'il signoit Lully , avec un Y; c'est
ainsi qu'on peut le voir sur differens
1 Mélanges d'Histoire et de Litterature ;
tame 3.
Exem920
MERCURE DE FRANCE
Exemplaires imprimez , qui sont encore
aujourd'hui chez Ballard , paraphez de sa
propre main , de cette maniere , J. B.
Lully , &c.
Dans tous les Opéra que Lully a fait
imprimer et dans toutes les Epîtres Dédicatoires
au Roy, son nom est toujours
terminé par un Y , &c. Le nom de ce
fameux Musicien , mis au bas de son Portrait
gravé , est avec un Y. Charles Perrault
, dans ses Hommes Illustres , l'écrit
de même ; enfin la famille de Lully , qui
lui a fait élever un superbe Mausolée dans
P'Eglise des Petits Peres à Paris, a fait mettre
dans l'Inscription , son nom gravé
par un Y. Son fils et son petit - fils dans
leur fignature , mettent de même un Yà
leur nom . Il est vrai que dans le Dictionnaire
de Moreri on a écrit Lulli .
Il marque que le nom d'une illustre Chanteuse
est tout - à-fait défiguré , qu'on doit
écrire Mlle de Leufroy , et non pas Mlle le
Froid. Je répondrai que je connois cette
Demoiselle depuis plus de trente ans ,
qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire , et
qu'elle signe , le Froid , comme je l'ai
écrit. Il y a huit jours que je lui rendis
visite chez elle , ruë S.Loiiis dans l'Isle ;
elle me confirma qu'elle , ni son pere , ni
sa mere n'avoient jamais signé leur nom
autrement que le Froid.. A
MAY. 1733 . 527
A l'égard du nom du Président Nicole
qu'il croit devoir être écrit avec deux L,
comme Bayle le met dans son Dictionnaire
; je lui dirai qu'il n'est pas surprenant
que Bayle dans plus d'un million de
noms propres qu'il rapporte dans cet Ouvrage
, n'ait mis un L de plus qu'il ne
faut à ce nom ; mais que le celebre Nicole
, Auteur de plusieurs excellens Ouvrages
de Morale et de Piété, ne mettoit
qu'un Là son nom (comme on le voit dans
Moreri)et que dans les Oeuvres Poëtiques
du President Nicole, son parent, avec son
Epître Dédicatoire au Roy , imprimée
chez Charles de Sercy , Paris , 1670 &
1693. le nom de Nicole n'est écrit qu'avec
un L , de la maniere dont M. Nicole
, Lieutenant General et Président du
Présidial de Chartes , petit- fils du Poëte,
dont j'ai fait mention , signe encore son
nom aujourd'hui ,
J'ai écrit Montreul ( de même qu'il est
dans le Moreri ) en marquant qu'il faut
prononcer Montreuil celui qui me fait
part de ses Remarques dit qu'il faut écri
de Montereul , comme le marquent Pellisson
et l'Abbé d'Olivet , dans leur Histoire
de l'Académie Françoise ; pour moi
j'ai crû pouvoir faire le nom de Montreul
de deux sillabes , parce que Baillet , Mo-
•
reri
922 MERCURE DE FRANCE
.
reri, et Despréaux le font de même.com.
me on le voit dans ces Vers :
On ne voit point mes Vers , à l'envi de Mons
treuil ,
Grossir impunément les Feuillets d'un Recueil.
Montreuil , lui-même écrivoit , selon
toutes les apparences , son nom de cette
maniere ; ses Oeuvres avec son Epître
dédicatoire à M. Molé , et son Portrait
gravé au commencement , en sont des
prenves , car son nom y est par tout écrit,
Montreuil.
Voici des fautes qu'il m'objecte avec
raison . Les noms de Beüil , de Pillet , de
Pilles , sont mal écrits ; on doit mettre du
Bueil , de Pilet , de Piles ; aussi dans l'Edition
de mon Livre a t on mis quatre
ou cinq fois de Piles, et une seule fois de
Pilles. Il faut joindre aussi , comme il le
marque , les sillabes de chacun de ces
Noms, Lalande, Desmarets ; au lieu qu'on
les a séparé , la Lande , des Marets.
Je crois qu'il a raison de dire , qu'on
doit écrire Amfrye de Chaulieu, ou peutêtre
Affie , comme e l'ai mis dans le
premier Essai que j'ai donné de la Des
cription du Parnasse François , parce qu'il
est écrit de même sur les Registres mor
tuaires de l'Eglise du Temple,à Paris ; et
je
MAY. 1733 . $23
je pourrois bien avoir mal fait d'avoir
mis Auffre dans cette seconde Edition ,
sur ce que m'a assuré un célébre Académi
cien, qu'il falloit l'écrire de cette maniere ,
et comme il est imprime dans le Mercure
de Juillet 1720 .
Pour ce qui regarde quelques dattes de
la naissance , de la mort et de l'age des
Poëtes et des Musiciens dont je fait mention
, il n'est pas aisé parmi plus de trois
mille dattes , comprises celles de l'impression
de leurs Ouvrages , qu'on mette
quelquefois un chiffre pour un autre ;
mais dans huit ou dix endroits où il me
reprend sur ces dattès , qui ne sont pas
exactes , l'erreur ne va pas à quinze jours
de plus ou de moins, ou s'il va plus loin ,
comme peut être au seul article de Daniel
Huet , où l'on a marqué sa mort en
1711 , au lieu de 1741. pour lors le Leeteur
peut y suppléer facilement, et recon-
Loître l'erreur, parce qu'ayant mis à l'intitulé
de son article ; Daniel Huet , né en
1630. mort en 1711. âgé de 91 ans ; on
voit clairement qu'il faut mettre 1721 .
afin qu'il eut 91 à sa mort ; d'autant plus
que j'ai placé les Poëtes et les Musiciens
par ordie chronologique , ayant mis devant
Daniel Huet , l'Abbé de Chaulieu
M. Dacier , et Jacques Vergier , tous les
trois
24 MERCURE DE FRANCE
trois morts en 1720. cependant on a corrigé
cette faute à la main , dans la plus
grande partie des Exemplaires ; de même
que quatre ou cinq autres principales.
Santeuil est mort dans sa 68.année , au
lieu que je l'ai mis dans sa 67. et Thomas
Corneille dans sa 85. année , au lieu
qu'on l'a mis dans sa 84.
Il marque aussi d'après l'Abbé d'Oli
vet , dans son Histoire de l'Académie
Françoise , que du Ryer est mort en 1658.
et non pas en 1656. j'ai suivi cette detniere
datte d'après Ballet , Bayle et Moreri
, qui mettent la date de sa mort en
1656. on peut la vérifier sur les Regis
tres Mortuaires de la Paroisse de S. Gervais
, où il a été inhumé ; j'ai cependant
beaucoup de confiance en l'Abbé d'Olivet,
pour ce qui regarde les Académiciens
dont il a écrir la Vie , et je m'en
suis servi utilement dans cette seconde
Edition pour quelques-uns de nos Poëtes,
qui étoient de l'Académie .
J'ai omis , dit- il , les dates du temps
de la naissance de Ségrais , de Fléchier ,
de la Monnoye , de Valincour, du Pere
du Cerceau. J'ai négligé de mettre quelquefois
ces dates , parce qu'ayant mis
l'année de la mort d'une personne et celle
de son âge , on trouve aisément celle de
sa naissance.
,
MAY. • 1733.
925
Je n'ai pas oublié , comme il le marque ,
le Poëte de Lingendes , qu'il nomme Jean
au lieu de Pierre , cat Jean de Lingendes ,
parent de celui - cy , étoit un celebre Prédicateur
, qui fut nommé à l'Evêché de
Sarlat , puis à celui de Mâcon , et le
Pere de Lingendes , Jésuite , son cousin ,
aussi Prédicateur de réputation , s'appelloit
Claude. J'ai fait un article de Pierre
de Lingendes avec Montfuron , qui est
l'article LIII. pages 210. et 211. où
j'ai rapporté la maniere dont l'illustre
Mlle de Scudery , a celebré ces deux Poëtes
, au Tome 8. de son Roman de Clélie
, et que Barbin , dans son Recueil de
Poësies choisies , Tome 3. a donné des Vers
de Lingendes.
Boësset le pere , et Boësset le fils , Musiciens
, ne sont pas non plus oubliez ,
comme il le dit , j'ai marqué l'article de
Lambert ,, ppaaggee 339922.. »» qquuee de son temps.
il parut plusieurs Musiciens qui sui-
» virent ses traces , c'est- à- dire qui tra-
» vaillerent dans un goût tendre et gra-
>> cieux ; on doit mettre de ce nombre
»Boësset et le Camus , tous deux Maîtres
>> et Compositeurs de la Musique de la
» Chambre du Roy , qui s'acquirent de
» la réputation , par leurs Chansons ; on
"peut mettre aussi de ce nombre Boësset
;
}
926 MERCURE DE FRANCE
» set le fils , Mollie , Sicard , Moulinić ,
» du Buisson , &c. les Recueils de leurs
» Airs sont impriméz chez J. B. Chris-
»tophe Ballard.
A l'Article de Campistron , j'ai dit qu'il
composa par ordre du Duc de Vendôme ,
une Piece Lyrique , pour être chantée
en son Château d'Anet , où Monseigneur
le Dauphin passa quelques jours , j'aurois
bien fait de dire que cette Piece est
intitulée , Acis et Galatée , Pastorale Héroïque
, représentée en 1687. à Anet , et
la même année sur le Théatre de l'Opéra.
L'Auteur de ces Remarques auroit souhaité
que j'eusse fait mention dans l'ordre
chronologique des Poëtes et des Musiciens
de Jean Dasjac , de l'Académie
Françoise , homme connu par divers Ouvrages
en Prose Latine et Françoise , et
qui a composé aussi quelques Vers François
et Latins ; mais j'ai fait connoître
que mon dessein n'étoit pas de faire paroître
sur le Parnasse tous les François
qui se sont exercez dans la Poësie , dans
la Musique. J'ai crû même avoir trop
entrepris d'en présenter à Apollon plus
de 260. outre quatre ou cinq cens autres
dont j'ai rapporté seulement les noms,
et que j'ai dit qu'on pouvoit supposer s'y
promener
MAY. 1733 928
promener dans les Avenues riantes et
dans les Campagnes agréables qui environnent
le Parnasse , en attendant qu'Apollon
décide de leur sort. Je sçai bien
qu'il ne seroit pas difficile de mettre encore
les noms de plus de 200. autres François
qui ont donné au Public quelques petites
Poësies , et quelques Pieces de Théatre
; on trouve leurs noms entre ceux
de plusieurs autres Poëtes dont j'ai fait
mention sur le Parnasse . 1º . Au cinquiéme
volume des Jugemens des Sçavans
sur les Poëtes modernes , par Baillet . 2 ° .
Dans un Livre intitulé , Bibliotheque des
Théatres , qui vient de paroître en cette
année 1733. 3 ° . Dans les Recueils de Poësies
de Sercy , de la Fontaine , de Barbin ,
et du P. Bouhours , & c.
J'ai averti aussi au bas de la premiere
page de mon Livre , que j'avois laissé des
places en blanc,au bas de chaque Rouleau
où j'ai écrit les noms des Poëtes et des
Musiciens de notre Parnasse , et même
dans quelques autres endroits où j'ai mis
une suite d'autres noms de Personnes illustres
dans les Sciences et dans les Beaux
Arts , afin que les Partisans de quelquesunes
dont ils ne voyent point les noms ,
ayent la satisfaction de remplir eux - mêmes
ces vuides ou blancs , en y mettant
E les
928 MERCURE DE FRANCE
les noms de ces personnes ; on verra dans
mon Livre ces places que j'ai laissées en
blanc , depuis la page 35. jusqu'à la
page 45.
Si l'Auteur anonime avoit bien voulu
me communiquer ses Remarques avant
que de les faire imprimer , je crois qu'au
lieu de six pages qu'elles contiennent ,
nous aurions pû les renfermer dans une
demi page , à quoi j'aurois ajoûté une
autre demi page de quelques autres fau
tes sur lesquelles il a bien voulu me ménager;
mais il est bien difficile que dans
un volume in folio de près de 800. pages
, où l'on rapporte plus de 15oc . noms
propres , et plus de 3000. dates en chiffre,
il ne se glisse quelques fautes de l'Auteur
et encore plus de l'Imprimeur. J'a-
Joûterai cependant que je n'en ai point
trouvé de bien essentielles et auxquelles
le Lecteur éclairé ne puisse aisément suppléer.
Je vous prie , Monsieur , si vous connoissez
l'Auteur de cette Lettre , de vou
loir bien le remercier de ma part de la
maniere obligeante dont il a parlé de mon
Livre , et de lui dire que je serai charmé
de faire connoissance avec lui, et de lui
présenter un Exemplaire de cet Ouvrage
dont il témoigne que la lecture lui a fait
plaisir;
MAY. 1733.
929
plaisir ; je ne lui sçai que très - bon gré
des Remarques dont il m'a fait part ,
et je lui en serai toujours obligé , comme
je le serai à toutes les personnes d'éru
dition et de goût , qui voudront bien
m'aider de leurs avis pour perfectionner
un Ouvrage tel que celui que j'ai entrepris.
Je suis , & c .
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Résumé : LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
M. Titon du Tillet répond à une lettre publiée dans le Mercure de France, qui loue son ouvrage 'Le Parnasse François'. Il exprime sa gratitude pour les éloges et reconnaît l'utilité de son ouvrage pour connaître les poètes et musiciens français. Il accepte les remarques sur les fautes présentes dans son livre, bien qu'il conteste certaines corrections proposées. Par exemple, il défend l'orthographe 'Lully' avec un 'Y', en citant des sources et des signatures de Lully lui-même. Il corrige également des erreurs sur les noms de personnes comme Mlle de Leufroy et le Président Nicole. Il admet quelques erreurs de dates et de noms, mais justifie certaines omissions et erreurs mineures. Il mentionne avoir laissé des espaces blancs dans son livre pour que les lecteurs puissent ajouter des noms manquants. Enfin, il regrette que les remarques n'aient pas été partagées avant l'impression pour éviter des corrections inutiles. L'auteur du texte reconnaît également la présence de fautes, tant de sa part que de celle de l'imprimeur, mais estime qu'elles ne sont pas essentielles et que le lecteur éclairé pourra les corriger facilement. Il demande à son interlocuteur de remercier l'auteur de la lettre pour ses commentaires favorables sur son livre et exprime son désir de faire sa connaissance. Il offre également de lui envoyer un exemplaire de son ouvrage. L'auteur du texte apprécie les remarques faites et se déclare prêt à les utiliser pour améliorer son œuvre. Il exprime sa gratitude envers toutes les personnes érudites et de goût qui souhaiteraient l'aider à perfectionner son ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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226
p. 998-1000
L'Opera, Décoration du Génie du feu, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique donna le 31 de ce mois la seconde Représentation [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Décoration, Opéra, Génie du feu, Colonnes, Empire de l'amour
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texteReconnaissance textuelle : L'Opera, Décoration du Génie du feu, [titre d'après la table]
'Académie Royale de Musique donna
le 31 de ce mois la seconde Représentation
de l'Empire de l'Amour , Balet
Héroïque , dont nous avons rendu
compte dans le dernier Mercure ; mais
nous avons promis de parler de l'éclatante
et superbe Décoration du Génie du
Fen : C'est à quoi nous allons satis
faire.
Ce grand morceau d'Architecture re
présente un magnifique Palais , qui pa
roît aux yeux prodigieusement
vaste
formant une grande Galerie , au bout de
des laquelle on voit un Dôme , porté par
Colomnes et des Arcades , au travers desquels
se voyent obliquement , à droite
et à gauche , une continuation d'autres
Galeries en Arcades , portées par des colomnes
isolées , qui produisent à la vuë
un si grand éloignement, que l'oeil en est
étonné.
Toute la Décoration est très- richement
ornée , et d'un goût noble et grand, quoiqu'extrêmement
particulier et bizarre ;
Et cependant possible dans l'éxécution ,
par
MAY. 1733 .
par l'accouplement des colomnes et la
distribution du plan ; elle est , selon le
vrai caractere du génie du feu , si éclairée
par le ménagement du brillant des couleurs
et des lumieres , que l'imagination
ne peut rien concevoir qui caracterise si
bien ce Sujet.
•
Sur le rez - de -chaussée , à l'aplomb du
Dôme , on a placé une Urne avec son
piédestal , très- ornée
lumineuse et
transparente , d'où paroît partir la lumiere
qui éclaire toute la Décoration , laquelle
en devient si éclatante , qu'à pei
ne peut- on en soûtenir la vuë.
Cette Décoration , dans laquelle toutes
les finesses de l'Art sont employées, et que
le Public ne cesse d'honorer de ses applaudissemens
, est fort au - dessus de celle
du Palais du Soleil , et fort différente de
toutes celles qu'on a fait jusqu'ici , tang
par la Composition et l'Architecture, que
la matiere dont elle est composée
comme cuirs dorez faits exprès , fer blanc
poli et verni par dessus , couleurs les
plus éclatantes , toiles transparentes , et
dorures ; tout cela si bien disposé , qu'il
produit un effet qui paroît tenir de l'enpar
chantement .
>
Le sieur André , Peintre de l'Opera , a
peint cette Décoration sur les Desseins
H du
co MERCURE DE FRANCE
du Cavalier Servandoni , qui nous donne,
tous les jours de nouvelles preuves de
son génie , aisé varié et fécond.
On prépare le Ballet des Fêtes Grecques
et Romaines, pour le donner après celui
qu'on jouë à présent.
le 31 de ce mois la seconde Représentation
de l'Empire de l'Amour , Balet
Héroïque , dont nous avons rendu
compte dans le dernier Mercure ; mais
nous avons promis de parler de l'éclatante
et superbe Décoration du Génie du
Fen : C'est à quoi nous allons satis
faire.
Ce grand morceau d'Architecture re
présente un magnifique Palais , qui pa
roît aux yeux prodigieusement
vaste
formant une grande Galerie , au bout de
des laquelle on voit un Dôme , porté par
Colomnes et des Arcades , au travers desquels
se voyent obliquement , à droite
et à gauche , une continuation d'autres
Galeries en Arcades , portées par des colomnes
isolées , qui produisent à la vuë
un si grand éloignement, que l'oeil en est
étonné.
Toute la Décoration est très- richement
ornée , et d'un goût noble et grand, quoiqu'extrêmement
particulier et bizarre ;
Et cependant possible dans l'éxécution ,
par
MAY. 1733 .
par l'accouplement des colomnes et la
distribution du plan ; elle est , selon le
vrai caractere du génie du feu , si éclairée
par le ménagement du brillant des couleurs
et des lumieres , que l'imagination
ne peut rien concevoir qui caracterise si
bien ce Sujet.
•
Sur le rez - de -chaussée , à l'aplomb du
Dôme , on a placé une Urne avec son
piédestal , très- ornée
lumineuse et
transparente , d'où paroît partir la lumiere
qui éclaire toute la Décoration , laquelle
en devient si éclatante , qu'à pei
ne peut- on en soûtenir la vuë.
Cette Décoration , dans laquelle toutes
les finesses de l'Art sont employées, et que
le Public ne cesse d'honorer de ses applaudissemens
, est fort au - dessus de celle
du Palais du Soleil , et fort différente de
toutes celles qu'on a fait jusqu'ici , tang
par la Composition et l'Architecture, que
la matiere dont elle est composée
comme cuirs dorez faits exprès , fer blanc
poli et verni par dessus , couleurs les
plus éclatantes , toiles transparentes , et
dorures ; tout cela si bien disposé , qu'il
produit un effet qui paroît tenir de l'enpar
chantement .
>
Le sieur André , Peintre de l'Opera , a
peint cette Décoration sur les Desseins
H du
co MERCURE DE FRANCE
du Cavalier Servandoni , qui nous donne,
tous les jours de nouvelles preuves de
son génie , aisé varié et fécond.
On prépare le Ballet des Fêtes Grecques
et Romaines, pour le donner après celui
qu'on jouë à présent.
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Résumé : L'Opera, Décoration du Génie du feu, [titre d'après la table]
Le 31 mai 1733, l'Académie Royale de Musique a présenté la seconde représentation de l'Empire de l'Amour, un ballet héroïque. La décoration du Génie du Feu, décrite comme un magnifique palais prodigieusement vaste, comprend une grande galerie menant à un dôme soutenu par des colonnes et des arcades. Cette architecture, richement ornée avec un goût noble et grand, bien que particulier et bizarre, est réalisable grâce à l'accouplement des colonnes et la distribution du plan. Elle est éclairée de manière à représenter le caractère du génie du feu, avec un usage judicieux des couleurs et des lumières. Au rez-de-chaussée, sous le dôme, se trouve une urne lumineuse et transparente, source de lumière éclairant toute la décoration. Cette dernière, utilisant des cuirs dorés, du fer blanc poli et verni, des couleurs éclatantes, des toiles transparentes et des dorures, a été acclamée par le public pour ses finesses artistiques. Elle surpasse celle du Palais du Soleil et diffère de toutes les précédentes par sa composition et ses matériaux. La décoration a été peinte par le sieur André, d'après les dessins du Cavalier Servandoni. Par ailleurs, on prépare le ballet des Fêtes Grecques et Romaines pour une prochaine représentation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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227
p. 1163-1168
Essay sur le bon goût en Musique, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAY sur le bon goût en Musique. Par M. Grandval. A Paris, Quai de Gévres, [...]
Mots clefs :
Goût, Sentiment, Règles, Bon goût, Savants, Peuple, Oreilles, Connaître
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay sur le bon goût en Musique, &c. [titre d'après la table]
ESSAY sur le bon goût en Musique.Par
M. Grandval. A Paris , Quai de Gévres ,
chez P. Prault.173 2. brochure de 76 pag.
prix , 15 sols.
4
Voicy une matiere toute neuve , comme
l'Auteur l'expose dans une courte
Préface , en réfléchissant sur la difficulté
et la délicatesse de l'entreprise. Selon lui,
il y a deux grandes manieres de connoitre
les bonnes et les mauvaises choses ; le
sentiment intérieur et les Regles . Par le
sentiment on dira , il me semble , que
cela est bien , ou il me semble que cela
est mauvais. Par les Regles , on dira , cela
est bon ou mauvais , par telle raison, & c.
Or le plus sûr moyen de juger sainement
est de joindre le sentiment intérieur aux
Regles , d'appliquer l'un à l'autre ; de
bien démêler l'impression de l'un à l'effet
de l'autre ; ensorte qu'ils se prêtent un
mutuel secours équitable , et qu'il en ré-
-sulte un jugement sensé , qui fasse honneur
au goût de celui qui le rend .
I. Vol.
F Le
1164 MERCURE DE FRANCE
}
Le bon goût se distingue par les de
grez où l'on place les bonnes choses , les
mauvaises , les médiocres, les excellentes
et les détestables.
;
Il y a dans les Arts , dit l'Auteur , un
point de perfection ; celui qui le sent a le
goût parfait celui qui ne le sent pas et
qui va trop loin ou reste en deçà , a le
goût défectueux ; sur ce pied- là le bon
goût n'est autre chose que le sentiment
naturel , purifié par les Régles. 11 consiste
à sçavoir faire cas des choses , à. proportion
de ce qu'elles valent , et à les estimer
selon qu'elles sont estimables , par
de génie et l'art qui y sont employez , et
bien ou mal mis en oeuvre.
-
Il y a deux sortes d'oreilles ; l'une pour
le son , l'autre pour la mesure ou le mouvenient;
la premiere est blessée d'un faux
ton , qui fait connoître quand on chante
ou qu'on touche faux ; celle-là est impossible
à donner. L'autre fait chanter de
mesure , fait connoître quand on en est
sorti , et enseigne l'exacte précision de la
valeur des temps. Quelques uns ont l'une
au suprême dégré , à qui l'autre manque
entierement. J'ai connu des Musiciens ,
poursuit l'Auteur , qui avoient l'oreille
du son si parfaite , qu'ils auroient discerné
jusqu'à un demi ton de fausseté ,
L. Vol.
et
JUIN. 1733 1165
et qui ne pouvoient danser un Menuet
en cadance ; et des Maîtres à Danser qui
ne s'appercevoient pas quand on chantoit
faux .
⚫ M. Granval , veut sur tout qu'on sçache
promptement connoître le ton ma
jeur et le ton mineur , et qu'on y ait l'oreille
bien rompuë , afin d'être d'abord
sensible à la difference de l'un et de l'autre.
C'est pour cela , dit-il , qu'il n'y a
rien de si dangereux que d'être commencé
par de méchans Maîtres , soit à chanter
, soit à jouer des Instrumens , ou à
danser ; ils donnent un mauvais pli , de
mauvais principes ; ils gâtent la voix , la
main , la jambe , et qui pis est le goût ,
bien loin d'en donner.
Pour parvenir au bon goût en question
, il faut s'accoûtumer à juger , &c.
J'ai pris garde à l'Opéra et aux Concerts
que bien des personnes ne jugent point ,
ils tâchent de lire dans les yeux des autres
ce qu'ils doivent penser et sentir. Il
faut se demander à soi -même : Cet Air
m'a-t- il flaté l'oreille , m'a - t - il ému le
coeur ? oui. Voilà le sentiment qui approuve
; il reste à consulter les Regles ,
& c .
Le plaisir du coeur étant au- dessus de
celui des oreilles ; une Musique qui pê-
1. Vol.
Fij che
1166 MERCURE DE FRANCE
che contre les Loix qui vont à toucher le
coeur , pêche davantage que celle qui ne
manque qu'à celles qui visent à contenter
les oreilles . Pardonnons à deux cadences
semblables , trop voisines l'une de
l'autre , à quelques fautes contre les regles
de la compositions et ne pardonnons
point à un shant froid , ou forcé ,
ou sans expression , ni à une-Musique trop
chargée d'agrémens et pleine de richesses
, hors de saison. Tout cela est en purc
perte.
Les belles chofes ne le sont plus , hors
de leur place.
La raison met les bienséances , et les
bienséances mettent la perfection .
L'Auteur préfére l'approbation du peu
ple à celle des Sçavans , avec des modifications
; il donne de tres bonnes raisons
pour appuyer son sentiment , et il soutient
que ce qui emporte generalement
l'admiration du peuple qui va à l'Opéra ,
Sans emporter celle des Sçavans , est au
dessus de ce qui emporte celle des Sçavans
, sans toucher le peuple.
·
Par le Peuple , dit il , j'entends toujours
les honnêtes gens , conduits par la
nature , à laquelle ils s'abandonnent ,
S'entreprêtant chacun ses lumieres , se
redressant l'un l'autre , et prononçant ,
I. Vel. selon
JUIN. 1733. 1167
selon un sentiment commun et libre
C'est là le grand Juge. Ce sont plus d'oreilles
et plus d'yeux ; la nature parle davantage
et plus haut ; la verité sort du
milieu du Parterre , comme elle sortoit
autrefois de la multitude d'Athénes.
Pour se perfectionner le goût , il croit
qu'il faut écouter les raisonnemens des
Sçavans , déférer aux sentimens des connoisseurs
, et étudier les mouvemens du
Peuple .
Comme malgré tous nos soins et notre
application nous pouvons encore nous
tromper , il faut se faire une régle et une
habitude d'observer et d'éplucher nos
méprises , d'éxaminer nos propres jugemens
avec la même séverité que les ouvrages
d'autrui , de remonter jusqu'à la
cause de notre méprise , que nous remarquerons
nettement , pour être en
garde contre nos erreurs et n'être pas
si sujets à y retomber. L'utilité de cette
pratique , dit M. Granval , mene au bor
goût bien droit et bien vîte .... Rapellons-
nous souvent nos méprises , considérons
attentivement le ridicule que
nous nous serions attiré , si elles avoient
été connuës, La méditation n'est pas flateuse
mais ce sera son amertume qui
nous la rendra utile.
›
1. Vol Fiij L'Au1168
MERCURE DE FRANCE
L'Auteur estimeroit le goût d'une personne
qui diroit sûrement : Cette simphonie
est belle , mais elle a été mal éxécutée.
Celle- ci a été bien éxécuté , mais elle ne
vant rien.'
En parlant de Lully , qu'il recommande
de ne pas perdre de vuë , il
dit , que ses chants prouvent qu'il étoit
capable de penser ce qu'il exprimoit.
Quels tons fins , vifs , délicats , expressifs
, &c. Il croit qu'il est toujours tresavantageux
aux Artistes , de se proposer
un point de perfection au- delà même de
leur portée. Ils ne se mettroient jamais
en chemin , s'ils croyoient n'arriver qu'où
ils arrivent effectivement . Toutes les
Sciences ont leur chimere ; elles courent
après sans la pouvoir attrapef , mais elles
font en chemin de tres- heureuses dé-
-couvertes .
M. Grandval. A Paris , Quai de Gévres ,
chez P. Prault.173 2. brochure de 76 pag.
prix , 15 sols.
4
Voicy une matiere toute neuve , comme
l'Auteur l'expose dans une courte
Préface , en réfléchissant sur la difficulté
et la délicatesse de l'entreprise. Selon lui,
il y a deux grandes manieres de connoitre
les bonnes et les mauvaises choses ; le
sentiment intérieur et les Regles . Par le
sentiment on dira , il me semble , que
cela est bien , ou il me semble que cela
est mauvais. Par les Regles , on dira , cela
est bon ou mauvais , par telle raison, & c.
Or le plus sûr moyen de juger sainement
est de joindre le sentiment intérieur aux
Regles , d'appliquer l'un à l'autre ; de
bien démêler l'impression de l'un à l'effet
de l'autre ; ensorte qu'ils se prêtent un
mutuel secours équitable , et qu'il en ré-
-sulte un jugement sensé , qui fasse honneur
au goût de celui qui le rend .
I. Vol.
F Le
1164 MERCURE DE FRANCE
}
Le bon goût se distingue par les de
grez où l'on place les bonnes choses , les
mauvaises , les médiocres, les excellentes
et les détestables.
;
Il y a dans les Arts , dit l'Auteur , un
point de perfection ; celui qui le sent a le
goût parfait celui qui ne le sent pas et
qui va trop loin ou reste en deçà , a le
goût défectueux ; sur ce pied- là le bon
goût n'est autre chose que le sentiment
naturel , purifié par les Régles. 11 consiste
à sçavoir faire cas des choses , à. proportion
de ce qu'elles valent , et à les estimer
selon qu'elles sont estimables , par
de génie et l'art qui y sont employez , et
bien ou mal mis en oeuvre.
-
Il y a deux sortes d'oreilles ; l'une pour
le son , l'autre pour la mesure ou le mouvenient;
la premiere est blessée d'un faux
ton , qui fait connoître quand on chante
ou qu'on touche faux ; celle-là est impossible
à donner. L'autre fait chanter de
mesure , fait connoître quand on en est
sorti , et enseigne l'exacte précision de la
valeur des temps. Quelques uns ont l'une
au suprême dégré , à qui l'autre manque
entierement. J'ai connu des Musiciens ,
poursuit l'Auteur , qui avoient l'oreille
du son si parfaite , qu'ils auroient discerné
jusqu'à un demi ton de fausseté ,
L. Vol.
et
JUIN. 1733 1165
et qui ne pouvoient danser un Menuet
en cadance ; et des Maîtres à Danser qui
ne s'appercevoient pas quand on chantoit
faux .
⚫ M. Granval , veut sur tout qu'on sçache
promptement connoître le ton ma
jeur et le ton mineur , et qu'on y ait l'oreille
bien rompuë , afin d'être d'abord
sensible à la difference de l'un et de l'autre.
C'est pour cela , dit-il , qu'il n'y a
rien de si dangereux que d'être commencé
par de méchans Maîtres , soit à chanter
, soit à jouer des Instrumens , ou à
danser ; ils donnent un mauvais pli , de
mauvais principes ; ils gâtent la voix , la
main , la jambe , et qui pis est le goût ,
bien loin d'en donner.
Pour parvenir au bon goût en question
, il faut s'accoûtumer à juger , &c.
J'ai pris garde à l'Opéra et aux Concerts
que bien des personnes ne jugent point ,
ils tâchent de lire dans les yeux des autres
ce qu'ils doivent penser et sentir. Il
faut se demander à soi -même : Cet Air
m'a-t- il flaté l'oreille , m'a - t - il ému le
coeur ? oui. Voilà le sentiment qui approuve
; il reste à consulter les Regles ,
& c .
Le plaisir du coeur étant au- dessus de
celui des oreilles ; une Musique qui pê-
1. Vol.
Fij che
1166 MERCURE DE FRANCE
che contre les Loix qui vont à toucher le
coeur , pêche davantage que celle qui ne
manque qu'à celles qui visent à contenter
les oreilles . Pardonnons à deux cadences
semblables , trop voisines l'une de
l'autre , à quelques fautes contre les regles
de la compositions et ne pardonnons
point à un shant froid , ou forcé ,
ou sans expression , ni à une-Musique trop
chargée d'agrémens et pleine de richesses
, hors de saison. Tout cela est en purc
perte.
Les belles chofes ne le sont plus , hors
de leur place.
La raison met les bienséances , et les
bienséances mettent la perfection .
L'Auteur préfére l'approbation du peu
ple à celle des Sçavans , avec des modifications
; il donne de tres bonnes raisons
pour appuyer son sentiment , et il soutient
que ce qui emporte generalement
l'admiration du peuple qui va à l'Opéra ,
Sans emporter celle des Sçavans , est au
dessus de ce qui emporte celle des Sçavans
, sans toucher le peuple.
·
Par le Peuple , dit il , j'entends toujours
les honnêtes gens , conduits par la
nature , à laquelle ils s'abandonnent ,
S'entreprêtant chacun ses lumieres , se
redressant l'un l'autre , et prononçant ,
I. Vel. selon
JUIN. 1733. 1167
selon un sentiment commun et libre
C'est là le grand Juge. Ce sont plus d'oreilles
et plus d'yeux ; la nature parle davantage
et plus haut ; la verité sort du
milieu du Parterre , comme elle sortoit
autrefois de la multitude d'Athénes.
Pour se perfectionner le goût , il croit
qu'il faut écouter les raisonnemens des
Sçavans , déférer aux sentimens des connoisseurs
, et étudier les mouvemens du
Peuple .
Comme malgré tous nos soins et notre
application nous pouvons encore nous
tromper , il faut se faire une régle et une
habitude d'observer et d'éplucher nos
méprises , d'éxaminer nos propres jugemens
avec la même séverité que les ouvrages
d'autrui , de remonter jusqu'à la
cause de notre méprise , que nous remarquerons
nettement , pour être en
garde contre nos erreurs et n'être pas
si sujets à y retomber. L'utilité de cette
pratique , dit M. Granval , mene au bor
goût bien droit et bien vîte .... Rapellons-
nous souvent nos méprises , considérons
attentivement le ridicule que
nous nous serions attiré , si elles avoient
été connuës, La méditation n'est pas flateuse
mais ce sera son amertume qui
nous la rendra utile.
›
1. Vol Fiij L'Au1168
MERCURE DE FRANCE
L'Auteur estimeroit le goût d'une personne
qui diroit sûrement : Cette simphonie
est belle , mais elle a été mal éxécutée.
Celle- ci a été bien éxécuté , mais elle ne
vant rien.'
En parlant de Lully , qu'il recommande
de ne pas perdre de vuë , il
dit , que ses chants prouvent qu'il étoit
capable de penser ce qu'il exprimoit.
Quels tons fins , vifs , délicats , expressifs
, &c. Il croit qu'il est toujours tresavantageux
aux Artistes , de se proposer
un point de perfection au- delà même de
leur portée. Ils ne se mettroient jamais
en chemin , s'ils croyoient n'arriver qu'où
ils arrivent effectivement . Toutes les
Sciences ont leur chimere ; elles courent
après sans la pouvoir attrapef , mais elles
font en chemin de tres- heureuses dé-
-couvertes .
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Résumé : Essay sur le bon goût en Musique, &c. [titre d'après la table]
L'essai 'Sur le bon goût en Musique' de M. Grandval, publié à Paris en 1732, examine la délicatesse et la difficulté de juger le bon goût en musique. L'auteur propose deux méthodes pour évaluer les œuvres musicales : le sentiment intérieur et les règles. Il recommande de combiner ces deux approches pour obtenir un jugement équilibré et sensé. Le bon goût se manifeste par la capacité à classer les œuvres musicales en fonction de leur qualité, allant de la médiocre à l'excellente. Il réside dans le sentiment naturel purifié par les règles, permettant de valoriser les œuvres en fonction de leur mérite. L'auteur distingue deux types d'oreilles : l'une pour le son, l'autre pour la mesure. Il insiste sur l'importance de bien distinguer le ton majeur du ton mineur et de se méfier des mauvais maîtres qui peuvent fausser le goût. Pour développer le bon goût, il est essentiel de juger par soi-même et de consulter les règles après avoir écouté son sentiment. L'auteur privilégie l'approbation du peuple, guidé par la nature, tout en reconnaissant la valeur des savants et des connaisseurs. Il recommande de se perfectionner en observant et en corrigeant ses erreurs. L'auteur admire Jean-Baptiste Lully pour sa capacité à exprimer des émotions fines et délicates. Il encourage les artistes à viser un point de perfection au-delà de leurs capacités actuelles, ce qui favorise les découvertes et les progrès.
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228
p. 1198-1200
Estampes nouvelles, Portrait de M. des Portes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Joullain, Graveur, vient de mettre au jour une très-belle Estampe, d'après le Tableau [...]
Mots clefs :
Joullain, Graver, Desportes, Fêtes, Motets, Motet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, Portrait de M. des Portes, &c. [titre d'après la table]
Le sieur Joullain , Graveur , vient de mettre
au jour une très- belle Estampe , d'après le Tableau
en hauteur de M. Des Portes , Peintre ordi
naire du Roi , Conseiller en son Académie Royale
de Peinture et Sculpture , fait il y a 34. ans
lors de sa Reception à l'Académie. Cet habile
Maître s'est peint en Chasseur , avec des Chiens
et du Gibier mort , dans un fond de Paysage .
C'est sous la conduite de l'Auteur que le sieur
Joullain se fait honneur d'avoir gravé cet excellent
Tableau , qui a toujours fait l'admiration
de tous les Connoisseurs. Animé par l'accueil
favorable que Je Public vient de faire à cet Ouvrage
, le sieur Joullain a entrepris de graver
I. Vol. tous
JUIN. 1199
1733.
tous les précieux Morceaux de M. Des Portes ,
dont aucun n'a encore été gravé , quoiqu'ils fas--
sent depuis long-temps l'ornement des Maisons
Royales , des Cabinets des Princes et de ceux des
meilleurs Curieux . Suivant le Privilege que le
Graveur en a obtenu , il poursuivra son travail
jusqu'à la fin , c'est- à- dire , qu'il n'y comprendra
pas seulement toutes les Pieces qui ont paru
jusqu'à présent de cet habile Peintre , mais encore
celles auxquelles il travaille actuellement.
Le sieur Joullain se flate de son côté qu'il pourra
dans la suite , par son étude et son application
, rendre de plus en plus ses Ouvrages dignes.
de l'attention des Curieux. L'Estampe qui donne
lieu à cet Article , répond du succès de l'entreprise.
Pour satisfaire l'empressement du Public , on
lui donnera chaque Morceau aussi- tôt qu'il sera
achevé. Le sieur Joullain demeure chez le sieur
Gautrot , Marchand d'Estampes , Quay de le
Mégisserie , à la Ville de Rome.
Le sieur Lemaire ,Maître de Musique , à Paris ,
vient de faire mettre sous presse , les Motets qu'il
a composez pour le Concert Spirituel au Château
des Thuilleries, depuis 1728. jusqu'en 1733 .
Ces Ouvrages ayant plû au Public , il s'est déterminé
de les mettre au jour. Depuis 30. ans
on n'en a point donné de nouveaux .
La disposition de ces Motets est faite égale
ment pour les Communautez Religieuses , comme
pour les Concerts des Particuliers . Il y en a
pour toutes les grandes Fêtes de l'année ; pour
les Fêtes de Vierge , pour le S. Sacrement , er
pour plusieurs Fêtes particulieres , qui conviendront
à toutes les Maisons Religieuses. Chaque
I. Vola Salur
1200 MERCURE DE FRANCE
Salut contiendra un Motet à une ou deux voix ,
avec Simphonie , un Motet à une ou deux voix ,
sans Simphonie ; et un Domine , salvum fac Regem
, que l'on vendra 1. livre 10. sols. jusqu'au
nombre de 18. Saluts , que l'on donnera d'ici au
Carême prochain. On distribuera les six premiers
dans le courant du mois d'Août prochain,
et se vendront à Paris , au Mont Parnasse , ruë
S. Jean de Beauvais. Chez l'Auteur , ruë de la
Bouclerie , au bas du Pont S. Michel. Boivin , ruë
S. Honoré , à la Regle d'Or, Le Clerc , rue du
Roule , à la Croix d'Or.
Le même Auteur a fait graver dix Cantatilles
nouvelles , chantées au Concert du Château des
Thuilleries, dont le prix de chacune est de 24. f.
Il en donnera six autres nouvelles au mois de
Novembre prochain ; sçavoir , Hebé , Acis ,
l'Aurore , l'Amante Persuadée , la Bergere impa
tienté , le Sommeil de Climene. Les Paroles de ces
six sont de M. l'Affichard.
On va les graver incessamment de la même
forme les autres in
que
prix sera de 24 sols.
au jour une très- belle Estampe , d'après le Tableau
en hauteur de M. Des Portes , Peintre ordi
naire du Roi , Conseiller en son Académie Royale
de Peinture et Sculpture , fait il y a 34. ans
lors de sa Reception à l'Académie. Cet habile
Maître s'est peint en Chasseur , avec des Chiens
et du Gibier mort , dans un fond de Paysage .
C'est sous la conduite de l'Auteur que le sieur
Joullain se fait honneur d'avoir gravé cet excellent
Tableau , qui a toujours fait l'admiration
de tous les Connoisseurs. Animé par l'accueil
favorable que Je Public vient de faire à cet Ouvrage
, le sieur Joullain a entrepris de graver
I. Vol. tous
JUIN. 1199
1733.
tous les précieux Morceaux de M. Des Portes ,
dont aucun n'a encore été gravé , quoiqu'ils fas--
sent depuis long-temps l'ornement des Maisons
Royales , des Cabinets des Princes et de ceux des
meilleurs Curieux . Suivant le Privilege que le
Graveur en a obtenu , il poursuivra son travail
jusqu'à la fin , c'est- à- dire , qu'il n'y comprendra
pas seulement toutes les Pieces qui ont paru
jusqu'à présent de cet habile Peintre , mais encore
celles auxquelles il travaille actuellement.
Le sieur Joullain se flate de son côté qu'il pourra
dans la suite , par son étude et son application
, rendre de plus en plus ses Ouvrages dignes.
de l'attention des Curieux. L'Estampe qui donne
lieu à cet Article , répond du succès de l'entreprise.
Pour satisfaire l'empressement du Public , on
lui donnera chaque Morceau aussi- tôt qu'il sera
achevé. Le sieur Joullain demeure chez le sieur
Gautrot , Marchand d'Estampes , Quay de le
Mégisserie , à la Ville de Rome.
Le sieur Lemaire ,Maître de Musique , à Paris ,
vient de faire mettre sous presse , les Motets qu'il
a composez pour le Concert Spirituel au Château
des Thuilleries, depuis 1728. jusqu'en 1733 .
Ces Ouvrages ayant plû au Public , il s'est déterminé
de les mettre au jour. Depuis 30. ans
on n'en a point donné de nouveaux .
La disposition de ces Motets est faite égale
ment pour les Communautez Religieuses , comme
pour les Concerts des Particuliers . Il y en a
pour toutes les grandes Fêtes de l'année ; pour
les Fêtes de Vierge , pour le S. Sacrement , er
pour plusieurs Fêtes particulieres , qui conviendront
à toutes les Maisons Religieuses. Chaque
I. Vola Salur
1200 MERCURE DE FRANCE
Salut contiendra un Motet à une ou deux voix ,
avec Simphonie , un Motet à une ou deux voix ,
sans Simphonie ; et un Domine , salvum fac Regem
, que l'on vendra 1. livre 10. sols. jusqu'au
nombre de 18. Saluts , que l'on donnera d'ici au
Carême prochain. On distribuera les six premiers
dans le courant du mois d'Août prochain,
et se vendront à Paris , au Mont Parnasse , ruë
S. Jean de Beauvais. Chez l'Auteur , ruë de la
Bouclerie , au bas du Pont S. Michel. Boivin , ruë
S. Honoré , à la Regle d'Or, Le Clerc , rue du
Roule , à la Croix d'Or.
Le même Auteur a fait graver dix Cantatilles
nouvelles , chantées au Concert du Château des
Thuilleries, dont le prix de chacune est de 24. f.
Il en donnera six autres nouvelles au mois de
Novembre prochain ; sçavoir , Hebé , Acis ,
l'Aurore , l'Amante Persuadée , la Bergere impa
tienté , le Sommeil de Climene. Les Paroles de ces
six sont de M. l'Affichard.
On va les graver incessamment de la même
forme les autres in
que
prix sera de 24 sols.
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Résumé : Estampes nouvelles, Portrait de M. des Portes, &c. [titre d'après la table]
Le graveur Joullain a publié une estampe d'après un tableau de M. Des Portes, peintre du Roi et conseiller à l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Ce tableau, réalisé lors de la réception de Des Portes à l'Académie, le montre en chasseur avec des chiens et du gibier, sur un fond de paysage. Joullain, guidé par Des Portes, prévoit de graver toutes les œuvres de ce dernier, y compris celles en cours. Il réside chez le marchand d'estampes Gautrot, quai de la Mégisserie, à la Ville de Rome. Par ailleurs, le maître de musique Lemaire a publié des motets composés pour le Concert Spirituel au Château des Tuileries entre 1728 et 1733. Ces œuvres, destinées aux communautés religieuses et aux concerts particuliers, sont vendues 1 livre 10 sols par recueil. Les six premiers recueils seront distribués en août à plusieurs adresses à Paris. Lemaire a également fait graver dix cantatilles nouvelles, avec six autres prévues pour novembre, dont les paroles sont de M. l'Affichard.
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229
p. 1342-1348
DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Début :
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent pour contribuer au plaisir de la [...]
Mots clefs :
Musique, Choeur de musiciens, Poésie, Mortels, Désirs, Gloire, Plaisirs, Amours, Fille de mémoire, Concert, Académie de musique de Dijon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
DIVERTISSEMENT
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
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Résumé : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Le texte relate une représentation organisée par l'Académie de Musique de Dijon, où la Poésie et la Musique se réunissent pour le divertissement d'une assemblée raffinée. L'événement se tient dans la salle habituelle des concerts de Dijon. La Poésie et la Musique dialoguent, exprimant leur souhait de contribuer au plaisir des spectateurs. La Poésie admire la beauté de la ville et l'harmonie entre les vers et les chants. Les chœurs de poètes et de musiciens soulignent l'importance de ravir les sens et de prendre soin de la gloire et des plaisirs des mortels. La Poésie et la Musique invoquent les Grâces, les Rires, les Amours et leur mère pour les assister. La Musique s'adresse ensuite à divers personnages présents, incluant M. le Comte de Tavanes, les magistrats, les beaux esprits et les dames. La représentation inclut des scènes animées par divers instruments comme le cor, les trompettes et les musettes, ainsi que des divinités telles que Neptune, Pluton et Jupiter. Ces scènes illustrent divers thèmes comme la chasse, la guerre, la tranquillité et les plaisirs. Le chœur final invite à chanter et à fuir la tristesse, célébrant la joie et les plaisirs. Le texte est signé par M. Cocquart, avocat au Parlement de Dijon.
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230
p. 1408-1412
QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Début :
Un Ecclésiastique de Province qui a été consulté sur le Chant Ecclesiastique [...]
Mots clefs :
Chant, Église, Églises, Musiciens, Plain-chant, Juges, Question
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texteReconnaissance textuelle : QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Un Ecclesiastique de Province qui a
été consulté sur le Chant Ecclesiastique
par
les Editeurs des nouveaux Bréviaires
de plusieurs Diocèses , où l'on s'interesse
à avoir un Chant exempt de fautes
cependant varié , nous a prié de publier
ce qui suit :
QUESTION touchant l'autorité des
Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Il y a dans l'esprit de plusieurs per-
II. Vol. sonnes
JUIN. 1733. 1409
sonnes des préjugez si profondément enracinez
en faveur de ce qu'on appelle
aujourd'hui Musiciens d'Eglise , qu'on
des peines infinies à les en faire revenir.
Ces personnes se reposent tellement sur
la capacité de ces sujets , qu'elles n'osent
jamais parler de Chant d'Eglise , Chant
Grégorien , Plain Chant , que selon
-
ce qu'elles leur en entendent dire. Comme
c'est une illusion , qui , quoique nouvelle
, peut avoir de grandes suites , j'ai
cru qu'il étoit nécessaire de présenter Requête
à Mercure , et de me servir de
sa médiation pour notifier au Public la
chose sur laquelle je demande le jugement
des Doctes. Ce n'est pas , Messieurs
que je comprenne tous les Musiciens dans
une même classe . J'en ai trouvé d'assez
équitables pour se rendre aux remarques
que je leur ai fait faire , et qui ont déclaré
qu'ils ne croyoient pas que la maniere
dont on leur donne connoissance
du Plain-Chant dans les Maîtrises out
Ecoles de Psallette , pendant leur jeunesse,
fut suffisante pour les faire regarder dans
la suite comme des Juges compétants sur
ces sortes de matieres. Je me trouve lié
le commerce de la vie avec un certain
nombre de personnes , dans la plupart
desquelles il a fallu détruire le préjugé
par
11. Vol. en G vj
1410 MERCURE DE FRANCE
en question . Cela s'est fait aisément à
l'égard du grand nombre qui est de bonne
volonté ; mais il en reste encore d'autres
à convaincre dont je n'espere en gagner
qu'un certain nombre, parce qu'il y
en aura encore quelqu'un qui voudra absolument
rester dans son sentiment. J'avoie
qu'un si petit objet étoit de trop
peu de conséquence pour mettre aux
champs le Messager des Muses ; mais
comme ce qui est arrivé ici , peut arriver
ailleurs , j'ai cru qu'il étoit bon d'avoir
là - dessus le sentiment des Connoisscurs.
Voici donc précisément le sujet
de la Question .
Si les Musiciens peuvent et doivent être
écoutez et suivis dans les raisonnemens qu'ils
tiennent sur le Plain- Chant ou Chants d'Eglise
? S'ils sont en état de raisonner et d'être
crus sur les manieres dont il est varié
dans les Eglises differentes ; et s'ils en sont
Fuges tout- à-fait compétants et irrefragables ?
S'il n'y a pas deux extrémitez à éviter :
l'une de ne les croire juges en rien ; l'autre de
les croire juges en tout ; et en quoi donc ils
peuvent être consultez , et écoutez.
Vos Journaux , Messieurs , sont dépositaires
des Remarques Critiques que les
mauvais raisonnemens qui ont été faits
sur cette matiere , ont attirés à leurs Au-
II. Vol. teurs
JUIN. 1733. 1411
•
teurs. ( a) Il n'y a pas jusqu'à l'Ombre de
M. Thiers , qui , sortie de son tombeau
les a montrés au doigt , lorsqu'elle a parlé
de ceux qui précipitent l'Office divin ,
soit parce que leur infirmité et leur âge
le leur fait toujours trouver trop long.
soit à cause que desservant deux Eglises
, ( b ) ils ne peuvent se deffaire , lorsqu'ils
sont au service de la Mere , de la
mauvaise habitude qu'ils ont contractée
à celui de la Fille. Il n'y a pas un an ,
qu'un Anonyme se plaignit encore dans
vos Journaux (c) de ceux qui se donnent
pour Maîtres , sans jamais avoir été Disciples.
Il semble par ce qu'il dit du Lieu
où les Fideles s'assemblent et sur le .
Nosce teipsum , qu'il ait eu en vûë de réprimer.
ceux qui sans aucune étude , ni
même aucune teinture du Chant , entre .
prennent de juger de sa composition avec
une confiance qui va jusqu'à vouloir
tourner en ridicule les plus magnifiques
expressions qui s'y trouvent. Telles sont ,
par exemple , celles de l'excellent Antiphonier
usité dans l'Eglise de Paris depuis
l'Episcopat de M. de Harlay ; entre
,
(a) Merc. Juin 1726. 1. vol. pag. 1177. Mer.
Août 1726. pag. 1739. 1747. 1759 .
(b) Merc. Juin 1731. 2. vol. pag. 1443
(c) Merc. de May 1732. pag. 907. et 908.
&
II. Vol. autres
1412 MERCURE
DE FRANCE
autres celle du Saule , Saule, quid me per
sequeris ? de la Conversion de S. Paul . Si je
voulois ajoûter quelque chose à ces remarques
, je ferois observer que ce seroi !
une chose inouie , que dans des Eglise
nombreuses de Chanoines qui ont un
Clergé subsidiaire , on proposât de diminuer
la Table des Chants Psalmodi.
ques, pour la rendre aussi simple et stérile
que celle des Eglises Monastiques,
La Monotonie convient aux Solitaires ;
mais une Eglise Cathédrale ne doit pas
se laisser mettre de niveau avec celle d'un
Monastere. C'est à quoi ne font pas at
tention ceux qui ne cessent de déclamer
contre la varieté et la richesse des Tables
Psalmodiques
d'Eglises Séculieres , Cathé
drales ou Collegiales
; et il leur sied trèsmal
de proposer d'un côté pour modele
de
la penurie Monastique
, tandis que
l'autre ils distribuent
à pleines mains un
Ecrit qui établit la difference
totale qui
doit étre entre le Clergé Séculier et l'état
des Moines.
Ce 3. May 1733 .
été consulté sur le Chant Ecclesiastique
par
les Editeurs des nouveaux Bréviaires
de plusieurs Diocèses , où l'on s'interesse
à avoir un Chant exempt de fautes
cependant varié , nous a prié de publier
ce qui suit :
QUESTION touchant l'autorité des
Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Il y a dans l'esprit de plusieurs per-
II. Vol. sonnes
JUIN. 1733. 1409
sonnes des préjugez si profondément enracinez
en faveur de ce qu'on appelle
aujourd'hui Musiciens d'Eglise , qu'on
des peines infinies à les en faire revenir.
Ces personnes se reposent tellement sur
la capacité de ces sujets , qu'elles n'osent
jamais parler de Chant d'Eglise , Chant
Grégorien , Plain Chant , que selon
-
ce qu'elles leur en entendent dire. Comme
c'est une illusion , qui , quoique nouvelle
, peut avoir de grandes suites , j'ai
cru qu'il étoit nécessaire de présenter Requête
à Mercure , et de me servir de
sa médiation pour notifier au Public la
chose sur laquelle je demande le jugement
des Doctes. Ce n'est pas , Messieurs
que je comprenne tous les Musiciens dans
une même classe . J'en ai trouvé d'assez
équitables pour se rendre aux remarques
que je leur ai fait faire , et qui ont déclaré
qu'ils ne croyoient pas que la maniere
dont on leur donne connoissance
du Plain-Chant dans les Maîtrises out
Ecoles de Psallette , pendant leur jeunesse,
fut suffisante pour les faire regarder dans
la suite comme des Juges compétants sur
ces sortes de matieres. Je me trouve lié
le commerce de la vie avec un certain
nombre de personnes , dans la plupart
desquelles il a fallu détruire le préjugé
par
11. Vol. en G vj
1410 MERCURE DE FRANCE
en question . Cela s'est fait aisément à
l'égard du grand nombre qui est de bonne
volonté ; mais il en reste encore d'autres
à convaincre dont je n'espere en gagner
qu'un certain nombre, parce qu'il y
en aura encore quelqu'un qui voudra absolument
rester dans son sentiment. J'avoie
qu'un si petit objet étoit de trop
peu de conséquence pour mettre aux
champs le Messager des Muses ; mais
comme ce qui est arrivé ici , peut arriver
ailleurs , j'ai cru qu'il étoit bon d'avoir
là - dessus le sentiment des Connoisscurs.
Voici donc précisément le sujet
de la Question .
Si les Musiciens peuvent et doivent être
écoutez et suivis dans les raisonnemens qu'ils
tiennent sur le Plain- Chant ou Chants d'Eglise
? S'ils sont en état de raisonner et d'être
crus sur les manieres dont il est varié
dans les Eglises differentes ; et s'ils en sont
Fuges tout- à-fait compétants et irrefragables ?
S'il n'y a pas deux extrémitez à éviter :
l'une de ne les croire juges en rien ; l'autre de
les croire juges en tout ; et en quoi donc ils
peuvent être consultez , et écoutez.
Vos Journaux , Messieurs , sont dépositaires
des Remarques Critiques que les
mauvais raisonnemens qui ont été faits
sur cette matiere , ont attirés à leurs Au-
II. Vol. teurs
JUIN. 1733. 1411
•
teurs. ( a) Il n'y a pas jusqu'à l'Ombre de
M. Thiers , qui , sortie de son tombeau
les a montrés au doigt , lorsqu'elle a parlé
de ceux qui précipitent l'Office divin ,
soit parce que leur infirmité et leur âge
le leur fait toujours trouver trop long.
soit à cause que desservant deux Eglises
, ( b ) ils ne peuvent se deffaire , lorsqu'ils
sont au service de la Mere , de la
mauvaise habitude qu'ils ont contractée
à celui de la Fille. Il n'y a pas un an ,
qu'un Anonyme se plaignit encore dans
vos Journaux (c) de ceux qui se donnent
pour Maîtres , sans jamais avoir été Disciples.
Il semble par ce qu'il dit du Lieu
où les Fideles s'assemblent et sur le .
Nosce teipsum , qu'il ait eu en vûë de réprimer.
ceux qui sans aucune étude , ni
même aucune teinture du Chant , entre .
prennent de juger de sa composition avec
une confiance qui va jusqu'à vouloir
tourner en ridicule les plus magnifiques
expressions qui s'y trouvent. Telles sont ,
par exemple , celles de l'excellent Antiphonier
usité dans l'Eglise de Paris depuis
l'Episcopat de M. de Harlay ; entre
,
(a) Merc. Juin 1726. 1. vol. pag. 1177. Mer.
Août 1726. pag. 1739. 1747. 1759 .
(b) Merc. Juin 1731. 2. vol. pag. 1443
(c) Merc. de May 1732. pag. 907. et 908.
&
II. Vol. autres
1412 MERCURE
DE FRANCE
autres celle du Saule , Saule, quid me per
sequeris ? de la Conversion de S. Paul . Si je
voulois ajoûter quelque chose à ces remarques
, je ferois observer que ce seroi !
une chose inouie , que dans des Eglise
nombreuses de Chanoines qui ont un
Clergé subsidiaire , on proposât de diminuer
la Table des Chants Psalmodi.
ques, pour la rendre aussi simple et stérile
que celle des Eglises Monastiques,
La Monotonie convient aux Solitaires ;
mais une Eglise Cathédrale ne doit pas
se laisser mettre de niveau avec celle d'un
Monastere. C'est à quoi ne font pas at
tention ceux qui ne cessent de déclamer
contre la varieté et la richesse des Tables
Psalmodiques
d'Eglises Séculieres , Cathé
drales ou Collegiales
; et il leur sied trèsmal
de proposer d'un côté pour modele
de
la penurie Monastique
, tandis que
l'autre ils distribuent
à pleines mains un
Ecrit qui établit la difference
totale qui
doit étre entre le Clergé Séculier et l'état
des Moines.
Ce 3. May 1733 .
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Résumé : QUESTION touchant l'autorité des Musiciens en matiere de Chant d'Eglise.
Un ecclésiastique de province, sollicité par les éditeurs des nouveaux bréviaires de plusieurs diocèses pour ses réflexions sur le chant ecclésiastique, a décidé de publier ses pensées. Il s'interroge sur l'autorité des musiciens d'église en matière de chant grégorien ou plain-chant. Il observe que certaines personnes ont des préjugés en faveur des musiciens d'église, les considérant comme des juges compétents sans discussion. L'ecclésiastique souligne que cette illusion est récente mais pourrait avoir des conséquences importantes. Il a donc décidé de présenter une requête pour solliciter l'avis des doctes sur la question suivante : les musiciens peuvent-ils et doivent-ils être écoutés et suivis dans leurs raisonnements sur le plain-chant ou les chants d'église ? Sont-ils compétents pour juger des variations du chant dans différentes églises ? L'ecclésiastique met en garde contre deux extrêmes : ne pas croire les musiciens en rien ou les croire en tout. Il mentionne également des critiques passées dans les journaux concernant les mauvais raisonnements sur cette matière, y compris des remarques sur ceux qui précipitent l'office divin ou se donnent pour maîtres sans avoir été disciples. Il conclut en soulignant l'importance de la variété et de la richesse des tables psalmodiques dans les églises cathédrales, contrairement à la monotonie des églises monastiques.
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231
p. 1424-1427
Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique continue toujours avec grand succès les Représentations [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Académie royale de musique, Alarmes, Verts ombrages, Bocages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
'Académie Royale de Musique continue
toujours avec grand succès lesReprésentations
duBallet des Fêtes Grecques et
Romaines. Jamais reprise d'Opéra n'a été
plus brillante ni plus applaudie . Mrs Fuselier
et Blamont , Auteurs du Poëme et
de la Musique , doivent être contens de
ce succès , aussi grand que bien mérité.
Les Dlles , Antier , le Maure et Petitpas
s'y distinguent dans les Rôles qu'elles
joüent , avec toute l'intelligence et la
justesse possible de même que les Srs Tribou
et Chassé. Le Ballet , composé par le
Sr Blondi , est des mieux entendus , et fait
un plaisir infini . La Dlle Camargo s'y
distingue fort au Prologue dans le Personnage
de Terpsicore , par les differens
caracteres qu'elle exprime , et par ses pas
II, Vol.
brilJUIN.
1733 .
1425
brillans et toujours varicz . Voici ce qui a
été ajouté aux paroles des Divertissemens
- dans cette reprise.
Au Divertissement du premier Acte, le
Sr Féliot avec sa voix admirable d'Haute-
Conte , chante l'Air suivant , dont les
quatre derniers Vers sont ajoutez .
"
Un Grec.
Les Prix que la gloire présente
N'attire pas tous les coeurs dans sa Cour ;
Il en est que conduit une plus douce attente
L'Univers doit souvent ses Héros à l'amour ;
Vous , favoris de Mars , qui suivez la victoire
Triomphez , volez sur ses pas ;
Plus vous serez chers à la gloire
Plus l'objet de vos feux vous trouvera d'appas .
Parodie de l'Air des Baccantes , chantée
par la Dile Petitpas , au second Acte.
Livrons sans allarmes ,
Nos coeurs aux charmes ,
Que nous prodigue ce beau jour ;
Quand sur cette rive ,
Baccus arrive ,
Présenté par l'amour,
Ces Vainqueurs unissent leurs coups ;
Leur gloire est certaine ,
Notre fuite est vaine ;
1
II. Vol. Hij Non
1426 MERCURE DE FRANCE
Non ,rien n'échape à leur chaîne ,
Cedons , cedons tous ,
Rendons nous.
Livrons sans allarmes , &c,
Tendres Amans ,
Le Mirthe, plus que la Treille ,
Vous donne- t - il d'heureux momens ?
La raison sommeille ,
Le plaisir veille ,
Sous ses Rameaux charmans
Livrons sans allarmes , & c,
•
Parodie de la premiere Musette du
troisiéme Acte , chantée par la- même.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Il n'est point d'autre Cour ,
Que celle de l'Amour.
La douce Paix ,
Regne à jamais ,
Dans ces belles retraittes ;
Nos Voix et nos Musettes
Chantent ses attraits ;
Nos amourettes ,
Ressentent ses bienfaits.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
II. Vel, Rien
JUIN.
1427
•
1733.
Rien ne trouble la Cour ,
Et les voeux de l'Amour.
Point de tourmens
Jamais d'envie ,
Point de jalousie ,
Dans ces lieux charmans :
O l'heureuse vie !
Ménageons-en tous les momens.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Les Jeux seuls font la Cour ,
Que rassemble l'Amour.
toujours avec grand succès lesReprésentations
duBallet des Fêtes Grecques et
Romaines. Jamais reprise d'Opéra n'a été
plus brillante ni plus applaudie . Mrs Fuselier
et Blamont , Auteurs du Poëme et
de la Musique , doivent être contens de
ce succès , aussi grand que bien mérité.
Les Dlles , Antier , le Maure et Petitpas
s'y distinguent dans les Rôles qu'elles
joüent , avec toute l'intelligence et la
justesse possible de même que les Srs Tribou
et Chassé. Le Ballet , composé par le
Sr Blondi , est des mieux entendus , et fait
un plaisir infini . La Dlle Camargo s'y
distingue fort au Prologue dans le Personnage
de Terpsicore , par les differens
caracteres qu'elle exprime , et par ses pas
II, Vol.
brilJUIN.
1733 .
1425
brillans et toujours varicz . Voici ce qui a
été ajouté aux paroles des Divertissemens
- dans cette reprise.
Au Divertissement du premier Acte, le
Sr Féliot avec sa voix admirable d'Haute-
Conte , chante l'Air suivant , dont les
quatre derniers Vers sont ajoutez .
"
Un Grec.
Les Prix que la gloire présente
N'attire pas tous les coeurs dans sa Cour ;
Il en est que conduit une plus douce attente
L'Univers doit souvent ses Héros à l'amour ;
Vous , favoris de Mars , qui suivez la victoire
Triomphez , volez sur ses pas ;
Plus vous serez chers à la gloire
Plus l'objet de vos feux vous trouvera d'appas .
Parodie de l'Air des Baccantes , chantée
par la Dile Petitpas , au second Acte.
Livrons sans allarmes ,
Nos coeurs aux charmes ,
Que nous prodigue ce beau jour ;
Quand sur cette rive ,
Baccus arrive ,
Présenté par l'amour,
Ces Vainqueurs unissent leurs coups ;
Leur gloire est certaine ,
Notre fuite est vaine ;
1
II. Vol. Hij Non
1426 MERCURE DE FRANCE
Non ,rien n'échape à leur chaîne ,
Cedons , cedons tous ,
Rendons nous.
Livrons sans allarmes , &c,
Tendres Amans ,
Le Mirthe, plus que la Treille ,
Vous donne- t - il d'heureux momens ?
La raison sommeille ,
Le plaisir veille ,
Sous ses Rameaux charmans
Livrons sans allarmes , & c,
•
Parodie de la premiere Musette du
troisiéme Acte , chantée par la- même.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Il n'est point d'autre Cour ,
Que celle de l'Amour.
La douce Paix ,
Regne à jamais ,
Dans ces belles retraittes ;
Nos Voix et nos Musettes
Chantent ses attraits ;
Nos amourettes ,
Ressentent ses bienfaits.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
II. Vel, Rien
JUIN.
1427
•
1733.
Rien ne trouble la Cour ,
Et les voeux de l'Amour.
Point de tourmens
Jamais d'envie ,
Point de jalousie ,
Dans ces lieux charmans :
O l'heureuse vie !
Ménageons-en tous les momens.
Dans nos Bocages ,
Sous leurs verds ombrages ,
Les Jeux seuls font la Cour ,
Que rassemble l'Amour.
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Résumé : Les Fêtes Grecques et Romaines, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Musique présente avec succès les représentations du ballet 'Les Fêtes Grecques et Romaines'. Cette reprise d'opéra est particulièrement brillante et acclamée. Les auteurs, Fuselier pour le poème et Blamont pour la musique, sont félicités pour ce succès. Les danseuses Antier, le Maure et Petitpas, ainsi que les danseurs Tribou et Chassé, se distinguent par leur interprétation. Le ballet, composé par Blondi, est très apprécié. La danseuse Camargo se distingue au prologue dans le rôle de Terpsicore grâce à ses différents caractères et ses pas variés. Des ajouts ont été faits aux paroles des divertissements. Au premier acte, le chanteur Féliot interprète un air sur les prix de la gloire et de l'amour. Au second acte, la danseuse Petitpas chante une parodie de l'air des Baccantes, invitant à profiter des charmes du jour et de l'amour. Au troisième acte, elle chante une parodie de la première musette, décrivant une cour régie par l'amour et la paix, où règnent la douceur et le bonheur.
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232
p. 1427
« Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Début :
Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...]
Mots clefs :
Cinna, Académie royale de musique, Thuret
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texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt
de son Conseil , du même jour , a accordé
le Privilége de l'Académie Royale
de Musique au Sr de Thuret , qu'avoit
cy-devant le Sr Lecomte.
Le 17 Juin , le Sr Rosimont , jeune
homme , qui a du talent pour le Théatre
, représenta le principal Rôle dans la
Tragédie de Cinna , et il fut applaudi.
On lui trouve du feu , de l'intelligence
et du sentiment. Les Rôles d'Auguste
et d'Emilie , dans la même Piece , sont
tres- bien remplis par le Sr Sarrazin , et
par la Dlle Dufresne.
de son Conseil , du même jour , a accordé
le Privilége de l'Académie Royale
de Musique au Sr de Thuret , qu'avoit
cy-devant le Sr Lecomte.
Le 17 Juin , le Sr Rosimont , jeune
homme , qui a du talent pour le Théatre
, représenta le principal Rôle dans la
Tragédie de Cinna , et il fut applaudi.
On lui trouve du feu , de l'intelligence
et du sentiment. Les Rôles d'Auguste
et d'Emilie , dans la même Piece , sont
tres- bien remplis par le Sr Sarrazin , et
par la Dlle Dufresne.
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Résumé : « Le 30 May dernier, le Roy, par Arrêt de son Conseil, du même jour, a accordé [...] »
Le 30 mai, le roi a accordé le privilège de l'Académie Royale de Musique à Thuret, succédant à Lecomte. Le 17 juin, Rosimont a interprété le rôle principal dans Cinna, acclamé pour son feu, son intelligence et son sentiment. Sarrazin et Mademoiselle Dufresne ont également excellé dans leurs rôles.
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233
p. 1607-1611
L'Art d'apprendre la Musique, exposé d'une maniere nouvelle, [titre d'après la table]
Début :
Il paroîtra dans peu un nouveau Traité, intitulé : l'Art d'apprendre la Musique, exposé d'une [...]
Mots clefs :
Méthode, Difficultés, Musique, Apprendre, Pratique, Intelligible, Manière, Nomination, Exécution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Art d'apprendre la Musique, exposé d'une maniere nouvelle, [titre d'après la table]
Il paroîtra dans peu un nouveau Traité , intitulé
: l'Art d'apprendre la Musique , exposé d'une
maniere nouvelle et intelligible , par une suite de
Leçons qui se servent successivement de préparation.
Le prix sera de six livres broché. Il se vendra
chez la veuve Ribou , vis à vis la Comédie Françoise
, à l'Image S. Louis. Chez Boivin , ruë saint
Honoré , à la Regle d'Or , et chez le Clair , rưë du
Roulle , à la Croix d'or , 1733. in 4.
Ce n'est point ici une répetition de ce qu'on
pourroit avoir lû dans les autres Méthodes . L'Auteur
s'est tracé des routes nouvelles . Il paroît
qu'il a découvert et saisi le vrai sistême , et que
le moyen qu'il en donne pour parvenir à l'execution
de la Musique , est une voye également
facile , courte et sûre. Il ne propose pour premiere
Leçon que la pratique dépouillée de
toute difficulté embarrassante. Celle qu'il s'agit
de surmonter d'abord , n'est point composée de
plusieurs autres ; elle est vrayement une et indivisible.
Cette premiere pratique est liée à celle
qui la doit immédiatement suivre dans l'ordre
naturel , et qui par consequent n'a que le degré.
de difficulté qu'il faut , pour qu'un Commençant
puisse se servir de la connoissance de cette premiere
pratique pour arriver à une seconde. Îl en
est de-même de celle- cy à l'égard de la troisiéme.
Ainsi depuis le commencement jusqu'à la fin
» tout est enchaîné , tout est nuancé de façon
» qu'on passe d'une difficulté à l'autre , sans pres-
» que s'appecevoir d'aucune résistance . Plus cette
maniere d'enseigner est facile , plus elle est courte
1608 MERCURE DE FRANCE
te et sûre. On marche presque tout seul dans de
telles routes. Rien n'y arrête et tout y conduit
au terme sûrement et sans détour . Je prévois ,
dit l'Auteur , que les ménagemens dont je me
sers pour conduire de proche en proche à l'exccution
de la Musique , paroîtront une voye bien
longue à quelques- uns ; mais enfin ces difficultez
que je présente une à une dans un ordre sistematique
, existent et dans les Méthodes où elle viennent
s'offrir en foule , enveloppées confusément
l'une dans l'autre , et dans les Leçons que j'ay
données , où elles paroissent successivement au
grand jour. Sans de pareilles précautions , on
peut bien , à force de répetition , saisir enfin les
difficultez , mais non pas l'Art par lequel on les
surmonte.
res ,
>
Dans la Préface , l'Auteur explique d'abord ce
qu'il entend par le terme de Méthode. Elle ne
consiste pas, dit - il , à se faire de sistêmes arbitraifaux
et embrouillez , mais à fixer avec attention
et à étudier profondément celui qui est
tout-à- fait dans l'idée qui représente la science
qu'on veut enseigner. Il n'est pas question , continuë
- t'il de ramasser des principes mal conçus
et plus mal digerez , de les jetter sur le papier,
sans choix , sans sistême , sans liaison , sans défi
nition , et d'embrouiller si bien l'arrangement
naturel des principes , qu'on ne sçache où prendre
ceux qu'on ¡ cherche ; mais il s'agit de voir
quelle est la nature de la Science dont on veut traiter
, quels en sont les divers membres , les distinctions
, les liaisons , les notions primitives ,
les
routes faciles. Et quand on a bien penetré toutes
ees choses , il faut les présenter aux Commençans
dans l'ordre qu'elles se trouvent naturellement
rangées ; exposer à leurs yeux à quoi chacunc
JUILLET. 1733. 1609
"
cune d'elles se rapportent comme à son centre.
Il paroît que l'Auteur s'est par tout appliqué à
être intelligible , vrai , solide et houveau. La pres
miere regle qu'il s'est prescrite pour être intelligible
, c'est de se mettre et de se tenir constamment
à la place de ceux qui commencent ; ce
n'est que là qu'on peut sentir quels secours
leur sont nécessaires. Pour peu qu'on s'écarte
»de ce poste , on croit leur parler , tandis qu'on
» ne parle plus qu'à soi- même , et ce qu'on dit
n'est plus qu'un amas informe et ténebreux de
ce qu'on sçait , et non une Méthode de ce qu'on
» s'imagine d'enseigner.
en-
Après avoir promis de ne perdre jamais cette
regle de vûë , il remarque que toute l'execution
de la Musique ne consiste qu'à nommer ,
tonner , mesurer les sons , d'où il conclut que
routes les difficultez de ces faits se rapportent à
l'un de ces trois Chefs. Voilà d'où naît la premiere
division de son Ouvrage en trois Parties.
Chacune de ces trois parties à plusieurs sortes de
difficultez , lesquelles ne peuvent être traitées immédiatement
les unes à la suite des autres , sans
jetter un extrême embarras dans l'esprit des Com
mençans ; la raison en est qu'on ne sçauroit entendre
ni pratiquer ce que la nomination a de
plus difficile , qu'après avoir sçû en partie ce qui
regarde l'intonation , &c. C'est ce qui a obligé
l'Auteur à séparer ce que la nomination , l'intonation
et la mesure ont de plus facile et d'intelligible
, indépendamment l'une de l'autre , et de
le traiter en trois Chapitres dans la premiere Section
; il reprend ensuite dans la seconde ces trois
Parties , chacune à son tour , et il explique ce
qu'elles ont de moins aisé , mais qu'on peut desormais
entendre sans peine , après en avoir pré-
'G paré
1610 MERCURE DE FRANCE
paré les voyes dans la premiere Section . Il réserve
enfin
pour la troisiéme tour ce qui ne seroit
qu'un son vuide de sens , si on ne sçavoit pas tout
ce qu'il a expliqué auparavant . Au surplus chaque
Chapitre est divisé en autant d'articles que
la difficulté qu'on y traite a de degrez subordonnez
les unes aux autres,
•
Le second trait qui caracterise cette Méthode,
c'est que les pratiques que l'Auteur y propose
sont dans le vrai. Il se trouvera peut- être des
personnes qui les regarderont comme des moyens
trop faciles et même inutiles pour conduire à l'execution.
L'Auteur le prévoyoit; tout paroît aisé,
dit-il , à ceux.qui oublient ce qui leur en a coûté
pour surmonter ce qu'ils appellent ensuite des
difficultez pueriles . Ces difficultez qui n'ont pas
toujours été pueriles pour eux , se sont peu à
peu évanouies après bien des années d'exercice
et de patience. Ils ont enfin saisi le but ; l'execu
tion ne leur paroît plus qu'un jeu ; mais en estelle
devenue plus aisée pour les Commençans ?
Est-ce qu'on en sera moins capable d'executer
les chants qui auront ailleurs les mêmes difficul-
"rez , parce qu'on ne se sera pas cassé la tête à les
surmonter quand on en apprenoit la Méthode ?
Ainsi l'Auteur n'avance rien sans prenve. S'il
s'agit de quelque pratique nouvelle , de quelque
maniere de s'y prendre inusitée , il apporte sur
le champ la raison de ce qu'il conseille , où il arrange
les moyens qu'il propose , de façon qu'on
voit qu'ils sont naturellement faits, les uns pour
préparer voyes aux autres. La solidité de cette
Méthode paroît en ce que l'Auteur commence
d'abord par jetter de bons fondemens , en s'arrê
tant aux premieres et aux plus faciles difficultez,
qu'il ne quitte que lorsqu'ilprésume qu'un Commençant
les
JUILLET . 1733. 16TI
mençant peut monter plus haut sans peine ; il
n'abandonne jamais ceux qu'il conduit ; il les
encourage ; il leur fait entrevoir de loin en loin
et peu à peu les difficultez qui les décourageroient,
si elles se presentoient tout à coup sans ce ménagement
; il leur montre en tout la maniere aisée
d'en venir à bout. Il les avertit de temps en
temps du terrain qu'ils ont déja gagné , sa liaison
avec celui qui leur reste encore , et les rou
tes faciles pour passer outre , enfin il y a bien
du neuf et du curieux dans cet Ouvrage , soit
sur la nomination , l'intonation et la . mesure
des sons.
: l'Art d'apprendre la Musique , exposé d'une
maniere nouvelle et intelligible , par une suite de
Leçons qui se servent successivement de préparation.
Le prix sera de six livres broché. Il se vendra
chez la veuve Ribou , vis à vis la Comédie Françoise
, à l'Image S. Louis. Chez Boivin , ruë saint
Honoré , à la Regle d'Or , et chez le Clair , rưë du
Roulle , à la Croix d'or , 1733. in 4.
Ce n'est point ici une répetition de ce qu'on
pourroit avoir lû dans les autres Méthodes . L'Auteur
s'est tracé des routes nouvelles . Il paroît
qu'il a découvert et saisi le vrai sistême , et que
le moyen qu'il en donne pour parvenir à l'execution
de la Musique , est une voye également
facile , courte et sûre. Il ne propose pour premiere
Leçon que la pratique dépouillée de
toute difficulté embarrassante. Celle qu'il s'agit
de surmonter d'abord , n'est point composée de
plusieurs autres ; elle est vrayement une et indivisible.
Cette premiere pratique est liée à celle
qui la doit immédiatement suivre dans l'ordre
naturel , et qui par consequent n'a que le degré.
de difficulté qu'il faut , pour qu'un Commençant
puisse se servir de la connoissance de cette premiere
pratique pour arriver à une seconde. Îl en
est de-même de celle- cy à l'égard de la troisiéme.
Ainsi depuis le commencement jusqu'à la fin
» tout est enchaîné , tout est nuancé de façon
» qu'on passe d'une difficulté à l'autre , sans pres-
» que s'appecevoir d'aucune résistance . Plus cette
maniere d'enseigner est facile , plus elle est courte
1608 MERCURE DE FRANCE
te et sûre. On marche presque tout seul dans de
telles routes. Rien n'y arrête et tout y conduit
au terme sûrement et sans détour . Je prévois ,
dit l'Auteur , que les ménagemens dont je me
sers pour conduire de proche en proche à l'exccution
de la Musique , paroîtront une voye bien
longue à quelques- uns ; mais enfin ces difficultez
que je présente une à une dans un ordre sistematique
, existent et dans les Méthodes où elle viennent
s'offrir en foule , enveloppées confusément
l'une dans l'autre , et dans les Leçons que j'ay
données , où elles paroissent successivement au
grand jour. Sans de pareilles précautions , on
peut bien , à force de répetition , saisir enfin les
difficultez , mais non pas l'Art par lequel on les
surmonte.
res ,
>
Dans la Préface , l'Auteur explique d'abord ce
qu'il entend par le terme de Méthode. Elle ne
consiste pas, dit - il , à se faire de sistêmes arbitraifaux
et embrouillez , mais à fixer avec attention
et à étudier profondément celui qui est
tout-à- fait dans l'idée qui représente la science
qu'on veut enseigner. Il n'est pas question , continuë
- t'il de ramasser des principes mal conçus
et plus mal digerez , de les jetter sur le papier,
sans choix , sans sistême , sans liaison , sans défi
nition , et d'embrouiller si bien l'arrangement
naturel des principes , qu'on ne sçache où prendre
ceux qu'on ¡ cherche ; mais il s'agit de voir
quelle est la nature de la Science dont on veut traiter
, quels en sont les divers membres , les distinctions
, les liaisons , les notions primitives ,
les
routes faciles. Et quand on a bien penetré toutes
ees choses , il faut les présenter aux Commençans
dans l'ordre qu'elles se trouvent naturellement
rangées ; exposer à leurs yeux à quoi chacunc
JUILLET. 1733. 1609
"
cune d'elles se rapportent comme à son centre.
Il paroît que l'Auteur s'est par tout appliqué à
être intelligible , vrai , solide et houveau. La pres
miere regle qu'il s'est prescrite pour être intelligible
, c'est de se mettre et de se tenir constamment
à la place de ceux qui commencent ; ce
n'est que là qu'on peut sentir quels secours
leur sont nécessaires. Pour peu qu'on s'écarte
»de ce poste , on croit leur parler , tandis qu'on
» ne parle plus qu'à soi- même , et ce qu'on dit
n'est plus qu'un amas informe et ténebreux de
ce qu'on sçait , et non une Méthode de ce qu'on
» s'imagine d'enseigner.
en-
Après avoir promis de ne perdre jamais cette
regle de vûë , il remarque que toute l'execution
de la Musique ne consiste qu'à nommer ,
tonner , mesurer les sons , d'où il conclut que
routes les difficultez de ces faits se rapportent à
l'un de ces trois Chefs. Voilà d'où naît la premiere
division de son Ouvrage en trois Parties.
Chacune de ces trois parties à plusieurs sortes de
difficultez , lesquelles ne peuvent être traitées immédiatement
les unes à la suite des autres , sans
jetter un extrême embarras dans l'esprit des Com
mençans ; la raison en est qu'on ne sçauroit entendre
ni pratiquer ce que la nomination a de
plus difficile , qu'après avoir sçû en partie ce qui
regarde l'intonation , &c. C'est ce qui a obligé
l'Auteur à séparer ce que la nomination , l'intonation
et la mesure ont de plus facile et d'intelligible
, indépendamment l'une de l'autre , et de
le traiter en trois Chapitres dans la premiere Section
; il reprend ensuite dans la seconde ces trois
Parties , chacune à son tour , et il explique ce
qu'elles ont de moins aisé , mais qu'on peut desormais
entendre sans peine , après en avoir pré-
'G paré
1610 MERCURE DE FRANCE
paré les voyes dans la premiere Section . Il réserve
enfin
pour la troisiéme tour ce qui ne seroit
qu'un son vuide de sens , si on ne sçavoit pas tout
ce qu'il a expliqué auparavant . Au surplus chaque
Chapitre est divisé en autant d'articles que
la difficulté qu'on y traite a de degrez subordonnez
les unes aux autres,
•
Le second trait qui caracterise cette Méthode,
c'est que les pratiques que l'Auteur y propose
sont dans le vrai. Il se trouvera peut- être des
personnes qui les regarderont comme des moyens
trop faciles et même inutiles pour conduire à l'execution.
L'Auteur le prévoyoit; tout paroît aisé,
dit-il , à ceux.qui oublient ce qui leur en a coûté
pour surmonter ce qu'ils appellent ensuite des
difficultez pueriles . Ces difficultez qui n'ont pas
toujours été pueriles pour eux , se sont peu à
peu évanouies après bien des années d'exercice
et de patience. Ils ont enfin saisi le but ; l'execu
tion ne leur paroît plus qu'un jeu ; mais en estelle
devenue plus aisée pour les Commençans ?
Est-ce qu'on en sera moins capable d'executer
les chants qui auront ailleurs les mêmes difficul-
"rez , parce qu'on ne se sera pas cassé la tête à les
surmonter quand on en apprenoit la Méthode ?
Ainsi l'Auteur n'avance rien sans prenve. S'il
s'agit de quelque pratique nouvelle , de quelque
maniere de s'y prendre inusitée , il apporte sur
le champ la raison de ce qu'il conseille , où il arrange
les moyens qu'il propose , de façon qu'on
voit qu'ils sont naturellement faits, les uns pour
préparer voyes aux autres. La solidité de cette
Méthode paroît en ce que l'Auteur commence
d'abord par jetter de bons fondemens , en s'arrê
tant aux premieres et aux plus faciles difficultez,
qu'il ne quitte que lorsqu'ilprésume qu'un Commençant
les
JUILLET . 1733. 16TI
mençant peut monter plus haut sans peine ; il
n'abandonne jamais ceux qu'il conduit ; il les
encourage ; il leur fait entrevoir de loin en loin
et peu à peu les difficultez qui les décourageroient,
si elles se presentoient tout à coup sans ce ménagement
; il leur montre en tout la maniere aisée
d'en venir à bout. Il les avertit de temps en
temps du terrain qu'ils ont déja gagné , sa liaison
avec celui qui leur reste encore , et les rou
tes faciles pour passer outre , enfin il y a bien
du neuf et du curieux dans cet Ouvrage , soit
sur la nomination , l'intonation et la . mesure
des sons.
Fermer
Résumé : L'Art d'apprendre la Musique, exposé d'une maniere nouvelle, [titre d'après la table]
Le texte présente un nouveau traité intitulé 'L'Art d'apprendre la Musique', écrit par un auteur proposant une méthode innovante et accessible pour enseigner la musique. Ce traité est structuré en leçons progressives, chacune préparant la suivante afin de surmonter les difficultés de manière graduelle et sans résistance. L'auteur met l'accent sur l'importance de comprendre et d'étudier profondément le système naturel de la musique, plutôt que de se perdre dans des systèmes arbitraires et embrouillés. Le traité est divisé en trois parties principales : la nomination, l'intonation et la mesure des sons. Chaque partie est ensuite subdivisée en chapitres et articles, abordant les difficultés de manière progressive. L'auteur adopte le point de vue des débutants pour offrir des explications claires et nécessaires, évitant ainsi de parler uniquement pour lui-même. Il anticipe que certains pourraient trouver ses méthodes trop simples, mais justifie chaque pratique par des raisons solides et naturelles. L'ouvrage est disponible chez plusieurs libraires à Paris en 1733, au prix de six livres broché. L'auteur promet une méthode solide, encourageante et progressive, adaptée aux besoins des débutants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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234
p. 1841-1842
« Le sieur le Maire, Maitre de Musique à Paris, donne avis que les premiers Saluts annoncez [...] »
Début :
Le sieur le Maire, Maitre de Musique à Paris, donne avis que les premiers Saluts annoncez [...]
Mots clefs :
Saluts, Motets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur le Maire, Maitre de Musique à Paris, donne avis que les premiers Saluts annoncez [...] »
Le sieur le Maire , Maitre de Musique à Paris
, donne, avis que les premiers Saluts annoncez
dans le premier volume de Juin dernier , contenant
12. Motets nouveaux , sont actuellement em
Gvj vente
1842 MERCURE DE FRANCE
vente chez Ballard , au Mont Parnasse , chez
l'Auteur , ruë de la Bouclerie , Boivin , ruë saint
Honoré , et le Clerc , rue du Roulle. Les autres
Motets seront distribuez de mis en mois , jusqu'à
la fin de l'année .
, donne, avis que les premiers Saluts annoncez
dans le premier volume de Juin dernier , contenant
12. Motets nouveaux , sont actuellement em
Gvj vente
1842 MERCURE DE FRANCE
vente chez Ballard , au Mont Parnasse , chez
l'Auteur , ruë de la Bouclerie , Boivin , ruë saint
Honoré , et le Clerc , rue du Roulle. Les autres
Motets seront distribuez de mis en mois , jusqu'à
la fin de l'année .
Fermer
235
p. 1853-1860
L'ENVIE, Balet dansé à la Tragédie de Jonathas, Machabée.
Début :
DESSEIN ET DIVISION. On sçait que ce qui détermina en partie le brave Simon Machabée, [...]
Mots clefs :
Envie, Envieux, Ballet, Vertus, Troupe, Enfants, Jalousie, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ENVIE, Balet dansé à la Tragédie de Jonathas, Machabée.
ENVIE , Balet dansé à la Tragédie
de Jonathas , Machabée .
DESSEIN ET DIVISION. On sçait que
e qui détermina en partie le brave Simon Machabée
, à livrer la rançon et les Enfans de son
frere Jonathas , au perfide Triphon , General des
Troupes Syriennes , fut la crainte d'aigrir la haine
et l'envie du Peuple d'Israël , qui commençoit à
murmurer contre la lenteur de ses démarches en
faveur d'un Captif , dont il occupoit la place dans
Le Gouvernement . Ces plaintes ameres d'une Troupe
d'envieux , ont fait naître l'idée du Balet da
Envie , qui paroît avoir une liaison assez naturelle
avec la Piece Tragique , où l'on représente la
mort
1854 MERCURE DE FRANCE
mort de Jonathas et de ses enfans . Pour executer
ce dessein , on envisage l'Envie sous quatre rapports
essentiels qui fournissent les quatre parties de ce
Balet. La découvre les principales sources d'où
naît l'Envie. La 2 ° peint les noirs complots qu'el
le trame. La 3 fait voir le cruel supplice qu'elle
endure. La 4º montre les solides avantages qu'en
sire la Sagesse.
Le Theatre représente le délicieux Valon de
Tempé , où la Félicité et la Jalousie , assises sur
des Trônes , versent leurs dons à pleines mains
sur la Jeunesse de Thessalie , qui fait une Fête
où elle se réjouit de sa prosperité . Dans le lointain
de cet aimable séjour , paroît l'affreuse Caverne
de l'Envie , qui , se nourrissant de fiel
d'Aspic et de chair de Vipere , s'afflige de ne rien
voir d'affligeant et fond en larmes , parce qu'elle
' apperçoit aucun sujet de peurs. Elle détache
une Brigade de ses Sujets , qui viennent troubler
la Fête et le bonheur de ceux qui la celebrent.
Comme elle ne rit jamais que de ce qui fait pleuzer
les autres , elle s'applaudit d'avoir dissipé la
Troupe joyeuse , et prétend fixer son Empire
dans cette Contrée , qu'elle regarde comme un
Pays de conquête.
Ón voit dans la premeere Entrée les principales
sources d'où naît l'Envie . Petitesse de génie ,
basse rivalité , naturel mal -faisant.
Zole , miserable Sophiste , esprit mince et
borné , entreprend , avec le secours de certains
petits Crecs , de culbuter de la cime du double
Mont , le fameux Homere , dont il envie la
gloire. Il engage inême quelques Bouffons de
son parti à représenter cet ingenieux Aveugle
comme un simple Vielleur et comme une Muse
sampagnarde, dont ses Consorts se font unjouer.
Mais
A OUST. 17338 1855
Mais Minerve , Déesse du bon goût , châtie ces
insoleus ; et les Guerriers de laade vangent
Poutrage fait au Chan re de leurs exploits , &c.
Il n'est peut-être point de condition au monde
plus sujette à la jalousie de métier , que celle
des Auteurs Dia.matiques . Cette jalousie dégenere
quelquefois en basse riva ité , dont on ne
trace ici qu'un Portrait énigmatique dans la ridicule
avanture qu'un Ecrivain burlesque raconte
d'une Troupe de Comédiens nouvellement débarquez
dans une Vile de Province. Ils y sifflent
un Rival de Théatre ', et font une Parodie badine
d'une Piece sérieuse , où l'on représente le
festin de Théodoric , qui voit sortir de la tête.
d'un Foisson celle de Symmaque, égorgé par
son ordre.
>
Médee ne pouvant souffrir la douce union qui
regne dans la famille du vieux Roi Pélias , imagine
un stratagême funeste pour faire périr ce
respectable Vieillard . Elle se fait apporter par
ses Enchanteurs des herbes de Thessalie , qu'elle
met dans une chaudi re bouillante où elle
plonge son beau pere Ason , qu'elle rajeunit en
présence des enfans de Pélias. Elle leur persuade
par la vue de ce prodige de faire la même opération
à leur Pere , et même de lui trer tout le
sang des veines , pour le remplacer par de nouveau
sang. Le charm disparoît , il ne reste que
le corps ensanglanté du bon Prince , sacrifié au
naturel mal faisant de l'envieuse Megere.
1
SECONDE PARTIE. Les noirs complots que trame
Enve contre la Fortune contre la réputation
et quel ruefois même contre la vie de ceux dont le
bonheur ou les talens la chagrinent,
BELISAIRE , Vainqueur d'un grand nombre
de Nations , fait son Entrée triomphante dans
H Rome
1846 MERCURE DE FRANCE
Rome sur un Char traîné par des Lions d'Afri
que , où il a dompté les Vandales pour la seconde
fois. Il est placé au faîte de la roue de Fortune
, il y reçoit les hommages des Guerriers et
des Courtisans. Ce comble de grandeur anime
contre lui une foule d'envieux . Ils l'attaquent ,
le précipitent , lui Crévent les yeux , et l'enchaî
nent derriere le Char avec une partie de ses Suivans
, dont la plupart l'abandonnent dans sa dişgrace
, pour s'attacher à la fortune de ses Rivaux.
10:07
+
"
La Renommée publie , la trompette à la main ,
les louanges de la Probité , dont elle couronne
les vertus . La Calomnie , jalouse de ces éloges
suscite contre sa vertueuse Rivale une Troupe de
Furies qui l'enveloppent , lá saisissent et se préparent
à l'entraîner dans l'abîme déja ouvert sous
ses pieds. Mais du sein même de ce gouffre profond
sort la Verité , dont la brillante lumiere
jette la consternation parmi les Eumenides . Elles
sont mises en déroute par les Partisans de la
Déesse , qui fait ériger un Trophée à la gloire
de la Probité.
Des voisins envieux viennent accuser de malé
fice le pieux et laborieux Furius , dont le Vigno
ble étoit de bon rapport dans les années mêmes
ou ceux des autres ne portoient rien. Les Accusateurs
produisent des Baguettes magiques et
des Tambours prétendus enchantez , dont ils
soutiennent que l'Accusé se sert pour arracher
la Lune du Ciel , et pour évoquer des Monstres
odieux , qui répandent la grêle et la gelée sur les
Champs d'autrui . Pendant qu'on fait jouer cette
Machine frauduleuse , Furius , suivi de ses Enfans
, n'apporte pour sa deffense que les Outils
de son travail , qu'il expose aux yeux des Juges,
ср
AOUST. 1733.- 1857
en leur montrant le cal et le durillon de ses
mains , qu'il leve au Ciel. Il leur fait entendre
que c'est là toute sa Magie. Il est absous , et ses
Accusateurs sont confondus par l'équité des sages
Magistrats .
Le cruel supplice que souffre l'Envie , esr le
Sujet de la troisiéme Partie . 1 ° . L'hommage qu'elle
est forcée de rendre au vrai mérite 2 ° . L'aveu secret
qu'elle est contrainte de faire de sa propre inferiorité.
3. Le vif sentiment de son mal qu'elle
devore sans en oser dire le principe , de sorte qu'elle
est elle-même son plus grand supplice.
Les mêmes Seigneurs , qu'un dépit jaloux avoit
portés à bannir de Rome le grand Camille , s'en
voyant chassés par les Gaulois qui assicgent le
Capitole , sont forcez de recourir à la valeur de
çet illustre General , et par là de rendre homma-,
ge à son génie supérieur pour la guerre . Il se
met à la tête de quelques Officiers fuyards , il
charge les Assiegeans , et les oblige à laisser les
sommes d'argent que leur comptoient les Assiegez
pour se garantir du dernier malheur .
Quelques jeunes Béotiens , indignez de l'avantage
qu'avoient remporté sur eux de jeunes Mégariens
, dans un Combat du Ceste , viennent insulter
leurs Vainqueurs dans leur Triomphe , et
piquez d'une jalousie maligne , osent les defier à
la lutte , se flattant d'être aussi supérieurs en
adresse que leurs Rivaux l'avoient été en force.
Les Mégariens acceptent le défi , terrassent leurs
Adversaires , les relevent et les obligent à convenir
de leur inferiorité.
1.
Latone , dans un Sacrifice que lui offrent les
Matelots et les Bergers de son Isle de Delos ,
exige pour la principale victime l'insolent Titys
,qui avoit parû lui envier sa gloire. Pendant
Hij que
1818 MERCURE DE FRANCE
que les Insulaires rendent leurs hommages et
présentent leurs offrandes à cette Décse , ks Sal
crificateurs amenent le Coupable enchaî é au
pied de l'Autel , où un Vautour lui ronge le coeur
et le foye en punition de son attentat. De à il
est abîmé dans le Tartare. Les Déliens en témoignent
leur contentement par une Danse
joyeuse.
On expose dans la quatriéme Partie , les avantages
que la Sagesse tire de l'Envie . 1º . Elle ap- .
prend à ne donner prise à l'Envie par aucun foible.
2 ° . A concevoir un souverain mépris pour une
si lache passion. 3 ° . A confondre l'acharnement
des envieux
pratique constante des plus su par
blimes vertus.
la
Ulisse irrité de l'estime qu'a conçû toute la
Grece pour les éminentes quali ez de Palamede ,
le fait observer de près par des surveillans à gages.
Pendant que ce grand homme forme de jeunes
Heros à de nobles exercices , les Espions
apostez ont beau examiner toutes ses démarches,
ils ne trouvent rien dont on lui puisse faire un
crime . Ulisse a recours à l'Imposture , il saısıt le
moment où Palamede va au fourrage avec ses
Guerriers , il fait mettre dans sa Tente des sacs
d'argent ; il accuse Pa'amede à son retour d'avoir
reçu ces sommes de Priam . Les Chefs de
l'Armée condamnent l'Accusé . qui sur le champ
seroit victime de la fourberie , si ses braves Eleves
n'avoient soin de soustraire l'injus ice.
Alcide , après avoir dompté les Monstres ,
s'endort tranquillement à l'ombre de ses Lauriers;
une multitude de Pigmées bassement ja'ouse du
nom qu'il s'est acquis par ses exploits , vient
is ayer ses armes contre lui , chante victoire
avant le combat , investit ce Héros et tâche de
lai
AQUST. 1733 1859
lui enlever l'instrument de tant de triomphes.
Il ne daigne pas interrompre son repos pour de
si toibles ennemis Il se contente d'écarter d'un
geste et d'un soufle cette race importune , qui
échit le genouil devant lui au premier mouvement
de sa Massue Les compagnons de ses travaux
viennent se divertir de la posture supplian
te de ces petits témeraires , ausquels ils font plus
de peur que de mal. Cette Partie du Balet n'est
pas celle qui a été la moins applau die.
Arist de,, que les Athéniens surnommerent le
Juste , banui par les intrigues de quelques Factieux
, et par la dure loi de l'Ostracisme , se retire
dans une Campagne déserte où il n'est suivi
que par les Vertus . Il continue à leur rendre
un culte fidele. A leur tour elles lui érigent un
beau Monument , où il est placé au milieu d'elles
, et couronné par la Constance. Sa Patrie
éplorée vient à la tête des bons Citoyens , implorer
son secours contre les desordres que produit
son éloignement. Elle lui amene les Auteurs
de sa disgrace , les enchaîne à ses pieds , et le
conduit avec un pompeux appareil dans les murs
d'Athénes , où les Vertus lui font cortege à la
honte des Envieux .
Pour la distribution des Prix , voici le D.ssein
du Balet General.
L'Emulation est une passion aussi noble et
aussi louable que l'Envie est un vice bas et odieux.
La premiere , bien differente de la seconde , ne
s'attriste point du bonheur et du succès d'autrui;
mais elle s'anime à égaler ou même à surpasser
les talens et les vertus qu'elle voit dans les autres
. Elle pique le courage sans exciter la jalou- ;
sie. Elle aspire au bien que possedent d'illustres
Rivaux , sans vouloir les en dépouiller ; elle tend
A iij à
1860 MERCURE DE FRANCE
à la même gloire , sans vouloir la leur ravir. Le
motif en est honnête ; c'est le desir de se perfectionner.
L'effet en est utile ; c'est le progrès des
Beaux- Arts , d'où résulte le bien public.
-- Telle est l'émulation que Minerve et Apollon
couronnent dans leurs jeunes Eleves , en leur dis :
tribuant des Prix et des Lauriers , qui sont les
heureux fruits de leurs veilles et de leurs travaux .
Aprés la distribution solemnelle des Prix , les
deux Divinitez rassemblent leur Jeunesse victorieuse
, et lui montrent un plus digne objet de son
émulation ; c'est l'Olympe où les Vertus appellent
leurs plus zelez Favoris. Elles en descendent'
pour en tracer la route à toute la Troupe des
génereux Aspirans. L'Envie 'sortant de son Antre
avec les Partisans , fait une nouvelle tentative
pour traverser la marche des Braves , que son
aspect rend d'abord immobiles . Mais bien - tôt
après ils reprennent courage, ils mettent en fuite
les Envieux , ils font une Fête en forme de
Triomphe ; et superieurs à tous les évenemens ,
ils parviennent enfin à l'Olympe, où ils vont être
à couvert de tous les traits de l'Envie .
de Jonathas , Machabée .
DESSEIN ET DIVISION. On sçait que
e qui détermina en partie le brave Simon Machabée
, à livrer la rançon et les Enfans de son
frere Jonathas , au perfide Triphon , General des
Troupes Syriennes , fut la crainte d'aigrir la haine
et l'envie du Peuple d'Israël , qui commençoit à
murmurer contre la lenteur de ses démarches en
faveur d'un Captif , dont il occupoit la place dans
Le Gouvernement . Ces plaintes ameres d'une Troupe
d'envieux , ont fait naître l'idée du Balet da
Envie , qui paroît avoir une liaison assez naturelle
avec la Piece Tragique , où l'on représente la
mort
1854 MERCURE DE FRANCE
mort de Jonathas et de ses enfans . Pour executer
ce dessein , on envisage l'Envie sous quatre rapports
essentiels qui fournissent les quatre parties de ce
Balet. La découvre les principales sources d'où
naît l'Envie. La 2 ° peint les noirs complots qu'el
le trame. La 3 fait voir le cruel supplice qu'elle
endure. La 4º montre les solides avantages qu'en
sire la Sagesse.
Le Theatre représente le délicieux Valon de
Tempé , où la Félicité et la Jalousie , assises sur
des Trônes , versent leurs dons à pleines mains
sur la Jeunesse de Thessalie , qui fait une Fête
où elle se réjouit de sa prosperité . Dans le lointain
de cet aimable séjour , paroît l'affreuse Caverne
de l'Envie , qui , se nourrissant de fiel
d'Aspic et de chair de Vipere , s'afflige de ne rien
voir d'affligeant et fond en larmes , parce qu'elle
' apperçoit aucun sujet de peurs. Elle détache
une Brigade de ses Sujets , qui viennent troubler
la Fête et le bonheur de ceux qui la celebrent.
Comme elle ne rit jamais que de ce qui fait pleuzer
les autres , elle s'applaudit d'avoir dissipé la
Troupe joyeuse , et prétend fixer son Empire
dans cette Contrée , qu'elle regarde comme un
Pays de conquête.
Ón voit dans la premeere Entrée les principales
sources d'où naît l'Envie . Petitesse de génie ,
basse rivalité , naturel mal -faisant.
Zole , miserable Sophiste , esprit mince et
borné , entreprend , avec le secours de certains
petits Crecs , de culbuter de la cime du double
Mont , le fameux Homere , dont il envie la
gloire. Il engage inême quelques Bouffons de
son parti à représenter cet ingenieux Aveugle
comme un simple Vielleur et comme une Muse
sampagnarde, dont ses Consorts se font unjouer.
Mais
A OUST. 17338 1855
Mais Minerve , Déesse du bon goût , châtie ces
insoleus ; et les Guerriers de laade vangent
Poutrage fait au Chan re de leurs exploits , &c.
Il n'est peut-être point de condition au monde
plus sujette à la jalousie de métier , que celle
des Auteurs Dia.matiques . Cette jalousie dégenere
quelquefois en basse riva ité , dont on ne
trace ici qu'un Portrait énigmatique dans la ridicule
avanture qu'un Ecrivain burlesque raconte
d'une Troupe de Comédiens nouvellement débarquez
dans une Vile de Province. Ils y sifflent
un Rival de Théatre ', et font une Parodie badine
d'une Piece sérieuse , où l'on représente le
festin de Théodoric , qui voit sortir de la tête.
d'un Foisson celle de Symmaque, égorgé par
son ordre.
>
Médee ne pouvant souffrir la douce union qui
regne dans la famille du vieux Roi Pélias , imagine
un stratagême funeste pour faire périr ce
respectable Vieillard . Elle se fait apporter par
ses Enchanteurs des herbes de Thessalie , qu'elle
met dans une chaudi re bouillante où elle
plonge son beau pere Ason , qu'elle rajeunit en
présence des enfans de Pélias. Elle leur persuade
par la vue de ce prodige de faire la même opération
à leur Pere , et même de lui trer tout le
sang des veines , pour le remplacer par de nouveau
sang. Le charm disparoît , il ne reste que
le corps ensanglanté du bon Prince , sacrifié au
naturel mal faisant de l'envieuse Megere.
1
SECONDE PARTIE. Les noirs complots que trame
Enve contre la Fortune contre la réputation
et quel ruefois même contre la vie de ceux dont le
bonheur ou les talens la chagrinent,
BELISAIRE , Vainqueur d'un grand nombre
de Nations , fait son Entrée triomphante dans
H Rome
1846 MERCURE DE FRANCE
Rome sur un Char traîné par des Lions d'Afri
que , où il a dompté les Vandales pour la seconde
fois. Il est placé au faîte de la roue de Fortune
, il y reçoit les hommages des Guerriers et
des Courtisans. Ce comble de grandeur anime
contre lui une foule d'envieux . Ils l'attaquent ,
le précipitent , lui Crévent les yeux , et l'enchaî
nent derriere le Char avec une partie de ses Suivans
, dont la plupart l'abandonnent dans sa dişgrace
, pour s'attacher à la fortune de ses Rivaux.
10:07
+
"
La Renommée publie , la trompette à la main ,
les louanges de la Probité , dont elle couronne
les vertus . La Calomnie , jalouse de ces éloges
suscite contre sa vertueuse Rivale une Troupe de
Furies qui l'enveloppent , lá saisissent et se préparent
à l'entraîner dans l'abîme déja ouvert sous
ses pieds. Mais du sein même de ce gouffre profond
sort la Verité , dont la brillante lumiere
jette la consternation parmi les Eumenides . Elles
sont mises en déroute par les Partisans de la
Déesse , qui fait ériger un Trophée à la gloire
de la Probité.
Des voisins envieux viennent accuser de malé
fice le pieux et laborieux Furius , dont le Vigno
ble étoit de bon rapport dans les années mêmes
ou ceux des autres ne portoient rien. Les Accusateurs
produisent des Baguettes magiques et
des Tambours prétendus enchantez , dont ils
soutiennent que l'Accusé se sert pour arracher
la Lune du Ciel , et pour évoquer des Monstres
odieux , qui répandent la grêle et la gelée sur les
Champs d'autrui . Pendant qu'on fait jouer cette
Machine frauduleuse , Furius , suivi de ses Enfans
, n'apporte pour sa deffense que les Outils
de son travail , qu'il expose aux yeux des Juges,
ср
AOUST. 1733.- 1857
en leur montrant le cal et le durillon de ses
mains , qu'il leve au Ciel. Il leur fait entendre
que c'est là toute sa Magie. Il est absous , et ses
Accusateurs sont confondus par l'équité des sages
Magistrats .
Le cruel supplice que souffre l'Envie , esr le
Sujet de la troisiéme Partie . 1 ° . L'hommage qu'elle
est forcée de rendre au vrai mérite 2 ° . L'aveu secret
qu'elle est contrainte de faire de sa propre inferiorité.
3. Le vif sentiment de son mal qu'elle
devore sans en oser dire le principe , de sorte qu'elle
est elle-même son plus grand supplice.
Les mêmes Seigneurs , qu'un dépit jaloux avoit
portés à bannir de Rome le grand Camille , s'en
voyant chassés par les Gaulois qui assicgent le
Capitole , sont forcez de recourir à la valeur de
çet illustre General , et par là de rendre homma-,
ge à son génie supérieur pour la guerre . Il se
met à la tête de quelques Officiers fuyards , il
charge les Assiegeans , et les oblige à laisser les
sommes d'argent que leur comptoient les Assiegez
pour se garantir du dernier malheur .
Quelques jeunes Béotiens , indignez de l'avantage
qu'avoient remporté sur eux de jeunes Mégariens
, dans un Combat du Ceste , viennent insulter
leurs Vainqueurs dans leur Triomphe , et
piquez d'une jalousie maligne , osent les defier à
la lutte , se flattant d'être aussi supérieurs en
adresse que leurs Rivaux l'avoient été en force.
Les Mégariens acceptent le défi , terrassent leurs
Adversaires , les relevent et les obligent à convenir
de leur inferiorité.
1.
Latone , dans un Sacrifice que lui offrent les
Matelots et les Bergers de son Isle de Delos ,
exige pour la principale victime l'insolent Titys
,qui avoit parû lui envier sa gloire. Pendant
Hij que
1818 MERCURE DE FRANCE
que les Insulaires rendent leurs hommages et
présentent leurs offrandes à cette Décse , ks Sal
crificateurs amenent le Coupable enchaî é au
pied de l'Autel , où un Vautour lui ronge le coeur
et le foye en punition de son attentat. De à il
est abîmé dans le Tartare. Les Déliens en témoignent
leur contentement par une Danse
joyeuse.
On expose dans la quatriéme Partie , les avantages
que la Sagesse tire de l'Envie . 1º . Elle ap- .
prend à ne donner prise à l'Envie par aucun foible.
2 ° . A concevoir un souverain mépris pour une
si lache passion. 3 ° . A confondre l'acharnement
des envieux
pratique constante des plus su par
blimes vertus.
la
Ulisse irrité de l'estime qu'a conçû toute la
Grece pour les éminentes quali ez de Palamede ,
le fait observer de près par des surveillans à gages.
Pendant que ce grand homme forme de jeunes
Heros à de nobles exercices , les Espions
apostez ont beau examiner toutes ses démarches,
ils ne trouvent rien dont on lui puisse faire un
crime . Ulisse a recours à l'Imposture , il saısıt le
moment où Palamede va au fourrage avec ses
Guerriers , il fait mettre dans sa Tente des sacs
d'argent ; il accuse Pa'amede à son retour d'avoir
reçu ces sommes de Priam . Les Chefs de
l'Armée condamnent l'Accusé . qui sur le champ
seroit victime de la fourberie , si ses braves Eleves
n'avoient soin de soustraire l'injus ice.
Alcide , après avoir dompté les Monstres ,
s'endort tranquillement à l'ombre de ses Lauriers;
une multitude de Pigmées bassement ja'ouse du
nom qu'il s'est acquis par ses exploits , vient
is ayer ses armes contre lui , chante victoire
avant le combat , investit ce Héros et tâche de
lai
AQUST. 1733 1859
lui enlever l'instrument de tant de triomphes.
Il ne daigne pas interrompre son repos pour de
si toibles ennemis Il se contente d'écarter d'un
geste et d'un soufle cette race importune , qui
échit le genouil devant lui au premier mouvement
de sa Massue Les compagnons de ses travaux
viennent se divertir de la posture supplian
te de ces petits témeraires , ausquels ils font plus
de peur que de mal. Cette Partie du Balet n'est
pas celle qui a été la moins applau die.
Arist de,, que les Athéniens surnommerent le
Juste , banui par les intrigues de quelques Factieux
, et par la dure loi de l'Ostracisme , se retire
dans une Campagne déserte où il n'est suivi
que par les Vertus . Il continue à leur rendre
un culte fidele. A leur tour elles lui érigent un
beau Monument , où il est placé au milieu d'elles
, et couronné par la Constance. Sa Patrie
éplorée vient à la tête des bons Citoyens , implorer
son secours contre les desordres que produit
son éloignement. Elle lui amene les Auteurs
de sa disgrace , les enchaîne à ses pieds , et le
conduit avec un pompeux appareil dans les murs
d'Athénes , où les Vertus lui font cortege à la
honte des Envieux .
Pour la distribution des Prix , voici le D.ssein
du Balet General.
L'Emulation est une passion aussi noble et
aussi louable que l'Envie est un vice bas et odieux.
La premiere , bien differente de la seconde , ne
s'attriste point du bonheur et du succès d'autrui;
mais elle s'anime à égaler ou même à surpasser
les talens et les vertus qu'elle voit dans les autres
. Elle pique le courage sans exciter la jalou- ;
sie. Elle aspire au bien que possedent d'illustres
Rivaux , sans vouloir les en dépouiller ; elle tend
A iij à
1860 MERCURE DE FRANCE
à la même gloire , sans vouloir la leur ravir. Le
motif en est honnête ; c'est le desir de se perfectionner.
L'effet en est utile ; c'est le progrès des
Beaux- Arts , d'où résulte le bien public.
-- Telle est l'émulation que Minerve et Apollon
couronnent dans leurs jeunes Eleves , en leur dis :
tribuant des Prix et des Lauriers , qui sont les
heureux fruits de leurs veilles et de leurs travaux .
Aprés la distribution solemnelle des Prix , les
deux Divinitez rassemblent leur Jeunesse victorieuse
, et lui montrent un plus digne objet de son
émulation ; c'est l'Olympe où les Vertus appellent
leurs plus zelez Favoris. Elles en descendent'
pour en tracer la route à toute la Troupe des
génereux Aspirans. L'Envie 'sortant de son Antre
avec les Partisans , fait une nouvelle tentative
pour traverser la marche des Braves , que son
aspect rend d'abord immobiles . Mais bien - tôt
après ils reprennent courage, ils mettent en fuite
les Envieux , ils font une Fête en forme de
Triomphe ; et superieurs à tous les évenemens ,
ils parviennent enfin à l'Olympe, où ils vont être
à couvert de tous les traits de l'Envie .
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Résumé : L'ENVIE, Balet dansé à la Tragédie de Jonathas, Machabée.
Le ballet 'Envie' s'inspire de la tragédie de Jonathas Machabée. Simon Machabée, frère de Jonathas, a livré ce dernier et ses enfants au général syrien Triphon par crainte de la haine et de l'envie du peuple d'Israël, qui murmurait contre la lenteur de ses démarches pour libérer Jonathas. Le ballet explore l'Envie sous quatre aspects : ses sources, ses complots, son supplice et les avantages de la sagesse face à elle. La première partie met en lumière les principales sources de l'Envie, telles que la petitesse de génie, la basse rivalité et le naturel malfaisant. La deuxième partie illustre les complots de l'Envie contre la fortune, la réputation et la vie des personnes talentueuses ou heureuses. La troisième partie décrit le supplice de l'Envie, forcée de reconnaître le mérite des autres et de souffrir en silence. La quatrième partie expose les avantages de la sagesse, qui apprend à éviter les faiblesses que l'Envie exploite et à mépriser cette passion. Le ballet se déroule dans le Valon de Tempé, où la Félicité et la Jalousie distribuent leurs dons. L'Envie, nourrie de fiel et de chair de vipère, envoie ses sujets troubler la fête des jeunes Thessaliens. Diverses scènes illustrent les effets de l'Envie, comme la rivalité entre Zole et Homère, les intrigues de Médée, la chute de Bélisaire, et les accusations contre Furius. Le ballet se conclut par une distribution de prix à l'émulation, opposée à l'Envie, et par une ascension vers l'Olympe, symbole des vertus et des talents supérieurs.
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236
p. 1862-1864
VAUDEVILLE.
Début :
Que les Mortels redoutent le trépas, [...]
Mots clefs :
Vaudeville, Beauté, Âges, Surprendre, Étonner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE .
Ue les Mortels redoutent le trépas ,
Et que tout homme ait grande envie
De joüir long-temps de la vie ,
Cela ne me surprend pas :
Mais que chacun à l'abréger s'adonne ,
Et que pour en hâter le cours ,
Leur intempérance ait recours
Aux expédiens les plus courts ,
C'est-là ce qui m'étonne.
►
Que le Mari d'un Objet sans appas ,
Cherche un amusement aimable ,
Quoiqu'au fond il soit très - blâmable ,
Cela ne me surprend pas :
Mais que l'Epoux d'une Beauté mignonne ;
Qui de bien vivre a le renom
La quitte pour une Guenon ,
Qui jamais ne répondit non ,
1
C'est-là ce qui m'étonne.
Qu'à s'ajuster du haut jusques en bas ;
Iris , pour paroître jolie ,
Passe les trois quarts de sa vie "
Cela ne me surprend pas :
Mais qu'un Abbé tous les jours s'amidonne ,
Et
AOUST. 1733 . 1863
Et qu'à pas comptez ce Poupin ;
Sur la pointe de l'escarpin ,
Marche toujours droit comme un Pin ;
C'est-là ce qui m'étonne.
Qu'un Soupirant prodigue les ducats ,
Quand chez la Beauté qui le picque ,
Il est le premier et l'unique ,
Cela ne me surprend pas ;
Mais qu'au Pays où l'on danse et fredonne ;
Une foule d'enchérisseurs ,
Se ruinent pour des douceurs ,
Qu'ont goûté tant de Précurseurs ,
C'est-là ce qui m'étonne.
來
Que dans Alger on trouve des ingrats ;
Et que chez le Peuple Tartare ,
La reconnoissance soit rare ,
Cela ne me surprend pas :
Mais qu'à Paris mainte et mainte personne ,
Qui vint vous demander Lundi ,
Un plaisir qu'on lui fit Mardi ,
N'y pense plus le Mercredi ,
C'est- là ce qui m'étonne .
Cette Piece est terminée par un Ballet Pantomime
, inti ulé les Ages , représenté par quatre
differentes Entrées qui les caractérisent , et exe-
Hv cuté
1864 MERCURE DE FRANCE
cuté par de très- bons Sujets qui sont fort applaudis.
On trouvera l'Air noté du Vaudeville
au bas de la Chanson.
Ue les Mortels redoutent le trépas ,
Et que tout homme ait grande envie
De joüir long-temps de la vie ,
Cela ne me surprend pas :
Mais que chacun à l'abréger s'adonne ,
Et que pour en hâter le cours ,
Leur intempérance ait recours
Aux expédiens les plus courts ,
C'est-là ce qui m'étonne.
►
Que le Mari d'un Objet sans appas ,
Cherche un amusement aimable ,
Quoiqu'au fond il soit très - blâmable ,
Cela ne me surprend pas :
Mais que l'Epoux d'une Beauté mignonne ;
Qui de bien vivre a le renom
La quitte pour une Guenon ,
Qui jamais ne répondit non ,
1
C'est-là ce qui m'étonne.
Qu'à s'ajuster du haut jusques en bas ;
Iris , pour paroître jolie ,
Passe les trois quarts de sa vie "
Cela ne me surprend pas :
Mais qu'un Abbé tous les jours s'amidonne ,
Et
AOUST. 1733 . 1863
Et qu'à pas comptez ce Poupin ;
Sur la pointe de l'escarpin ,
Marche toujours droit comme un Pin ;
C'est-là ce qui m'étonne.
Qu'un Soupirant prodigue les ducats ,
Quand chez la Beauté qui le picque ,
Il est le premier et l'unique ,
Cela ne me surprend pas ;
Mais qu'au Pays où l'on danse et fredonne ;
Une foule d'enchérisseurs ,
Se ruinent pour des douceurs ,
Qu'ont goûté tant de Précurseurs ,
C'est-là ce qui m'étonne.
來
Que dans Alger on trouve des ingrats ;
Et que chez le Peuple Tartare ,
La reconnoissance soit rare ,
Cela ne me surprend pas :
Mais qu'à Paris mainte et mainte personne ,
Qui vint vous demander Lundi ,
Un plaisir qu'on lui fit Mardi ,
N'y pense plus le Mercredi ,
C'est- là ce qui m'étonne .
Cette Piece est terminée par un Ballet Pantomime
, inti ulé les Ages , représenté par quatre
differentes Entrées qui les caractérisent , et exe-
Hv cuté
1864 MERCURE DE FRANCE
cuté par de très- bons Sujets qui sont fort applaudis.
On trouvera l'Air noté du Vaudeville
au bas de la Chanson.
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Résumé : VAUDEVILLE.
Le texte est un vaudeville intitulé 'VAUDEVILLE' daté d'août 1733 et réédité en 1863 et 1864. Il explore diverses situations humaines absurdes mais compréhensibles. Le vaudeville commence par la contradiction entre le désir de vivre longtemps et les comportements qui abrègent la vie. Il aborde ensuite des thèmes tels que l'infidélité, les efforts excessifs pour la beauté et les dépenses extravagantes. Le texte mentionne également l'ingratitude dans différentes cultures et la volatilité des relations humaines à Paris. La pièce se termine par un ballet pantomime intitulé 'Les Âges', représenté par quatre entrées distinctes et exécuté par des sujets très applaudis. L'air du vaudeville est noté au bas de la chanson.
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237
p. 2035-2036
« Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Début :
Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Pensionnaire astronome, Accademia degli Infecondi, Machine, Danse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Le Samedi 22. Août , l'Académie Royale des
Sciences , élut Mrs Godin et Bouguer , de cette
Compagnie , et M. Plantade , de la Societé Royale
de Montpellier , pour remplir , au choix de
Roy , la Place de Pensionnaire Astronôme , vacante
depuis quelque temps par la mort de
M. le Chevalier de Louville , et le Samedi 29.
du même mois , le Comte de Maurepas , écrivit
à la Compagnie , que le Roy avoit choisi M. Godin.
2016 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome , que le 1o. du mois
dernier , P'Académie des Infeconds , tint une Assemblée
publique dans une des Sales du Palais du
Duc Riario de la Longara , laquelle étoit ornée
avec beaucoup de magnificence ; plusieurs Cardinaux
y assisterent , et divers Membres de
cette Académie réciterent des Pieces de Poësie ,
qui furent applaudies.
Tout ce qui peut concourir à étendre , augmenter
ou perfectionner les Arts , ne doit jamais ,
être négligé dans un Livre tel que celui - cy ,.
même pour les choses qui ne paroissent pas d'u
ne grande importance. L'utilité que les jeunes
gens peuvent tirer de deux Machines que le sieur
Deshayes , Maître à Danser a inventées , et que
l'Académie Royale des Sciences a approuvées ,
ont un juste rapport à ce petit raisonnement.
L'une de ces Machines sert à faire tenir la tête
droite , les épaules en arriere et le corps dans .
l'équilibre qu'il doit avoir ; elle sett beaucoup
pour les premiers principes de la Danse , et plus
encore l'autre , qui assujettit à marcher avec.
grace, les pieds en- dehors , plusieurs jeunes gens
éprouvent l'utilité de cette nouvelle invention
chez divers Maîtres de Pension ..
Le sieur Deshayes demeure ruë Charlot , au Ma.
rais , chez un Tapissier..
Sciences , élut Mrs Godin et Bouguer , de cette
Compagnie , et M. Plantade , de la Societé Royale
de Montpellier , pour remplir , au choix de
Roy , la Place de Pensionnaire Astronôme , vacante
depuis quelque temps par la mort de
M. le Chevalier de Louville , et le Samedi 29.
du même mois , le Comte de Maurepas , écrivit
à la Compagnie , que le Roy avoit choisi M. Godin.
2016 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome , que le 1o. du mois
dernier , P'Académie des Infeconds , tint une Assemblée
publique dans une des Sales du Palais du
Duc Riario de la Longara , laquelle étoit ornée
avec beaucoup de magnificence ; plusieurs Cardinaux
y assisterent , et divers Membres de
cette Académie réciterent des Pieces de Poësie ,
qui furent applaudies.
Tout ce qui peut concourir à étendre , augmenter
ou perfectionner les Arts , ne doit jamais ,
être négligé dans un Livre tel que celui - cy ,.
même pour les choses qui ne paroissent pas d'u
ne grande importance. L'utilité que les jeunes
gens peuvent tirer de deux Machines que le sieur
Deshayes , Maître à Danser a inventées , et que
l'Académie Royale des Sciences a approuvées ,
ont un juste rapport à ce petit raisonnement.
L'une de ces Machines sert à faire tenir la tête
droite , les épaules en arriere et le corps dans .
l'équilibre qu'il doit avoir ; elle sett beaucoup
pour les premiers principes de la Danse , et plus
encore l'autre , qui assujettit à marcher avec.
grace, les pieds en- dehors , plusieurs jeunes gens
éprouvent l'utilité de cette nouvelle invention
chez divers Maîtres de Pension ..
Le sieur Deshayes demeure ruë Charlot , au Ma.
rais , chez un Tapissier..
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Résumé : « Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Le 22 août, l'Académie Royale des Sciences élut Messieurs Godin, Bouguer et Plantade pour succéder au Chevalier de Louville en tant que Pensionnaire Astronôme. Le 29 août, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Godin pour ce poste. À Rome, le 1er du mois précédent, l'Académie des Infeconds organisa une assemblée publique dans une salle du Palais du Duc Riario de la Longara, avec la présence de plusieurs cardinaux et des récitals de poésie applaudis. Le texte met en avant l'importance de valoriser les contributions aux arts, même mineures. Il mentionne deux inventions du sieur Deshayes, Maître à Danser, approuvées par l'Académie Royale des Sciences. La première aide à maintenir une posture correcte pour la danse, tandis que la seconde favorise une marche gracieuse. Ces inventions sont utilisées par plusieurs jeunes gens chez divers Maîtres de Pension. Le sieur Deshayes réside rue Charlot, au Marais, chez un tapissier.
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238
p. 2047-2052
EXTRAIT de la petite Piece de l'Isle du Mariage, de l'Opera Comique, représentée le 20. Août, annoncée dans le dernier Mercure.
Début :
Le Théatre représente une Isle, et la Mer dans l'éloignement ; on y voit [...]
Mots clefs :
Hymen, Époux, Fille, Aimer, Temple, Amour, Amant, Vaudeville, Opéra-Comique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la petite Piece de l'Isle du Mariage, de l'Opera Comique, représentée le 20. Août, annoncée dans le dernier Mercure.
EXTRAIT de la petite Piece de l'Isle
du Mariage , de l'Opera Comique, représentée
le 20. Août , annoncée dans le
dernier Mercure.
L
E Théatre représente une Isle , et
la Mer dans l'éloignement ; on y voit
le Temple de l'Hymen caractérisé avec
ses attributs. L'Hymen ouvre la Scene
par ce Vaudeville , sur l'Air des Folies
d'Espagne.
Tendres Epoux , dont j'ai fini les peines,
Vous , qui goûtez les plaisirs les plus doux ,
Chantez ici le pouvoir de mes chaines ;
Dans ces beaux lieux , venez , heureux Epoux.
L'Hymen surpris de ne voir personne ,
continue de les appeller et de les exciter
au plaisir. L'Indifference personifiée paroît
seule , et chaute sur l'Air du Badinage.
Pour un Dieu comme vous
Vous n'êtes pas trop sage
D'insulter aux Epoux ,
Dans leur triste esclavage ;
Aujourd'hui qui s'engage ,
Sons les loix de l'Hymen ,
Demain ,
Renonce au badinage.
Gij L'In2048
MERCURE DE FRANCE
L'Indifference lui fait entendre que
les coeurs lui appartiennent de droit ;
aussi-tôt qu'ils sont sous son Empire , mais
Hymen rejette sur elle les mauvais procedez
des Epoux , & c.
Un Vieillard survient , qui a épousé
par inclination une jeune fille ; il se plaint
à l'Hymen de n'être point aimé , celuicy
lui répond que c'est plutôt sa faute
que la sienne , et qu'il ne doit pas lui
imputer une sottise que l'Amour lui a
fait faire , & c.
Une petite fille arrive , qui dit à
'Hymen qu'elle va se marier à un Amant
qu'elle aime , et que sa Mere veut lui
en donner un autre qu'elle n'aime point;
elle fait le portrait de tous les deux par
ce Vaudeville , qu'elle chante sur un Air
de la Comédie Italienne:
L'un est contrariant , farouche ;
Il n'a que des sermons en bouche ;
C'est un vrai Gaulois,
LOKA
L'autre est complaisant et traitable
Il badine , il aime la rable ,
C'est un vrai François ,
Autre sur l'Air des Débuts,
Quand celui-cy me sçait seulette ,
Pans ma chambre il aime à monter ;
D'abord
س و
LAYA DIL
2949 *755•
Dabord à mon col il se jette.
L'Hymen
C'est fort bien débuter.
La petite Fille.
Mais l'autre avec un air benest ,
Attend qu'on me fasse descendre'
Il me salue et puis se taist.
L'Hymen.
C'est mal s'y prendre.
La petite Fille quitte l'Hymen en le
conjurant de l'unir à l'Amant qu'elle
aime , & c.
- Un Gascon arrive et dit à l'Hymen
que si complaisance l'a conduit dans
son Temple , plutôt que lAmour , et
qu'il se fait violence pour épouser une
fille , belle , riche , sage , jeune & noble ,
il chante sur l'Air du Cap de bonne esperance.
J'attendris la plus cruelle ,
Panéantis son orgueil ,
La Beauté la plus rebelle .
M'évite comme un écueil ;
Aux Maris je fais la guerre
Mon aspect les desespere ;
Je suis leur épouvantail .
L'Univers est mon Serrail.
Ginj I
2050 MERCURE DE FRANCE
Il dit en sortant qu'il ne veut poing
se gêner en rien , et qu'il est comptable
de tous ses momens à l'Amour.
Un Suisse survient , qui se loüe fort
de l'Hymen , puisqu'il lui a donné une
femme qui , non seulement à la complaisance
de le laisser boire tant qu'il
veut , mais qui boit aussi de même pour
lui tenir compagnie.
Une jeune femme vient se plaindre
au Dieu de l'Hymen , de ce que depuis
qu'elle est mariée , son Mari lui préfere
une Maîtresse laide et coquette.
L'Hymen la plaint et blâme l'injustice
de son Epoux ; elle répond par ce Vaudeville
, sur l'Air : Charmante Gabrielle.
L'Amant est tout de flamme ,
Quand il veut être Epoux ,
Mais l'Hymen dans son ame
Eteint des feux si doux :
Triste ceremonię
Malheureux jour !
Si -tôt qu'on se marie ,
Adieu l'Amour.
Elle quitte l'Hymen , qui lui dit de
tout esperer de ses charmes et de sa
vertu .
Un gros Fermier vient remercier l'Hy .
men ,
SEPTEMBRE. 1733. 201
men , de lui avoir donné une femme
qui , par sa bonne mine , fait venir l'eau
au Moulin , il lui fait entendre qu'elle
est aimée du Seigneur de son Village
qui est complaisant , généreux et qu'il
a mille bontez pour lui ; l'Hymen répond
qu'il est charmé d'avoir fait son
bonheur et chante sur l'Air des Fraises.
Combien d'Epoux malheureux ,
Pour mieux vivre à leur aise ,
Prudemment ferment les yeux ,
Et suivent l'exemple heureux ,
Dé Blaise *, de Blaise , de Blaise
Léonore arrive avec sa Suivante Olivette
; elle est fort surprise de ne pas
trouver Léandre son Amant au Temple
de l'Hymen ce Dieu la questionne
et lui demande quel chemin elle a pris
pour arriver dans son Isle ; elle lui répond
sur l'Air de la Ceinture.
Nous avons du Temple d'Amour ,
Parcouru le séjour aimable.
L'Hymen.
Pour arriver droit à ma Cour ,
La route n'est pas favorable.
Enfin Léandre arrive , accompagné de
Pierrot , qui dit à Olivette qu'ayant pris
Giiij . le
2052 MERCURE DE FRANCE
le même chemin que son Maître , elle
doit aussi faire son bonheur. Léandre
épouse Léonore sous les auspices de l'Hymen
, qui leur promet mille douceurs ,
à quoi Olivette répond sur l'Air du
Charivari.
L'Hymen dore la pilule ,
C'est un Matois .
Dès qu'une fille crédule ,
Est sous ses Loix ,
Que fait près d'elle sọn Mary
Charivari.
Léandre dit à sa Maîtresse , sur l'Air
J'entends déja le bruit des Armes.
Couronnez l'ardeur qui me presse ,
Dans ce Temple portons nos pas ;
L'Amour m'y conduira sans cesse
Oui , j'en jure par vos appas.
Léonore.
C'est l'Amant qui fait la promesse ;
Mais l'Epoux ne la tiendra. pas.
Cette Piece , qui a été goûtée du Pưblic
, finit par un Balet caractérisé , sui .
vi d'un Vaudeville ; elle est de la conposition
de M. Carolet , qui travaille à
donner un 9. volume du Théatre de la
Foire , qui contiendra onze Pieces de sa
composition.
du Mariage , de l'Opera Comique, représentée
le 20. Août , annoncée dans le
dernier Mercure.
L
E Théatre représente une Isle , et
la Mer dans l'éloignement ; on y voit
le Temple de l'Hymen caractérisé avec
ses attributs. L'Hymen ouvre la Scene
par ce Vaudeville , sur l'Air des Folies
d'Espagne.
Tendres Epoux , dont j'ai fini les peines,
Vous , qui goûtez les plaisirs les plus doux ,
Chantez ici le pouvoir de mes chaines ;
Dans ces beaux lieux , venez , heureux Epoux.
L'Hymen surpris de ne voir personne ,
continue de les appeller et de les exciter
au plaisir. L'Indifference personifiée paroît
seule , et chaute sur l'Air du Badinage.
Pour un Dieu comme vous
Vous n'êtes pas trop sage
D'insulter aux Epoux ,
Dans leur triste esclavage ;
Aujourd'hui qui s'engage ,
Sons les loix de l'Hymen ,
Demain ,
Renonce au badinage.
Gij L'In2048
MERCURE DE FRANCE
L'Indifference lui fait entendre que
les coeurs lui appartiennent de droit ;
aussi-tôt qu'ils sont sous son Empire , mais
Hymen rejette sur elle les mauvais procedez
des Epoux , & c.
Un Vieillard survient , qui a épousé
par inclination une jeune fille ; il se plaint
à l'Hymen de n'être point aimé , celuicy
lui répond que c'est plutôt sa faute
que la sienne , et qu'il ne doit pas lui
imputer une sottise que l'Amour lui a
fait faire , & c.
Une petite fille arrive , qui dit à
'Hymen qu'elle va se marier à un Amant
qu'elle aime , et que sa Mere veut lui
en donner un autre qu'elle n'aime point;
elle fait le portrait de tous les deux par
ce Vaudeville , qu'elle chante sur un Air
de la Comédie Italienne:
L'un est contrariant , farouche ;
Il n'a que des sermons en bouche ;
C'est un vrai Gaulois,
LOKA
L'autre est complaisant et traitable
Il badine , il aime la rable ,
C'est un vrai François ,
Autre sur l'Air des Débuts,
Quand celui-cy me sçait seulette ,
Pans ma chambre il aime à monter ;
D'abord
س و
LAYA DIL
2949 *755•
Dabord à mon col il se jette.
L'Hymen
C'est fort bien débuter.
La petite Fille.
Mais l'autre avec un air benest ,
Attend qu'on me fasse descendre'
Il me salue et puis se taist.
L'Hymen.
C'est mal s'y prendre.
La petite Fille quitte l'Hymen en le
conjurant de l'unir à l'Amant qu'elle
aime , & c.
- Un Gascon arrive et dit à l'Hymen
que si complaisance l'a conduit dans
son Temple , plutôt que lAmour , et
qu'il se fait violence pour épouser une
fille , belle , riche , sage , jeune & noble ,
il chante sur l'Air du Cap de bonne esperance.
J'attendris la plus cruelle ,
Panéantis son orgueil ,
La Beauté la plus rebelle .
M'évite comme un écueil ;
Aux Maris je fais la guerre
Mon aspect les desespere ;
Je suis leur épouvantail .
L'Univers est mon Serrail.
Ginj I
2050 MERCURE DE FRANCE
Il dit en sortant qu'il ne veut poing
se gêner en rien , et qu'il est comptable
de tous ses momens à l'Amour.
Un Suisse survient , qui se loüe fort
de l'Hymen , puisqu'il lui a donné une
femme qui , non seulement à la complaisance
de le laisser boire tant qu'il
veut , mais qui boit aussi de même pour
lui tenir compagnie.
Une jeune femme vient se plaindre
au Dieu de l'Hymen , de ce que depuis
qu'elle est mariée , son Mari lui préfere
une Maîtresse laide et coquette.
L'Hymen la plaint et blâme l'injustice
de son Epoux ; elle répond par ce Vaudeville
, sur l'Air : Charmante Gabrielle.
L'Amant est tout de flamme ,
Quand il veut être Epoux ,
Mais l'Hymen dans son ame
Eteint des feux si doux :
Triste ceremonię
Malheureux jour !
Si -tôt qu'on se marie ,
Adieu l'Amour.
Elle quitte l'Hymen , qui lui dit de
tout esperer de ses charmes et de sa
vertu .
Un gros Fermier vient remercier l'Hy .
men ,
SEPTEMBRE. 1733. 201
men , de lui avoir donné une femme
qui , par sa bonne mine , fait venir l'eau
au Moulin , il lui fait entendre qu'elle
est aimée du Seigneur de son Village
qui est complaisant , généreux et qu'il
a mille bontez pour lui ; l'Hymen répond
qu'il est charmé d'avoir fait son
bonheur et chante sur l'Air des Fraises.
Combien d'Epoux malheureux ,
Pour mieux vivre à leur aise ,
Prudemment ferment les yeux ,
Et suivent l'exemple heureux ,
Dé Blaise *, de Blaise , de Blaise
Léonore arrive avec sa Suivante Olivette
; elle est fort surprise de ne pas
trouver Léandre son Amant au Temple
de l'Hymen ce Dieu la questionne
et lui demande quel chemin elle a pris
pour arriver dans son Isle ; elle lui répond
sur l'Air de la Ceinture.
Nous avons du Temple d'Amour ,
Parcouru le séjour aimable.
L'Hymen.
Pour arriver droit à ma Cour ,
La route n'est pas favorable.
Enfin Léandre arrive , accompagné de
Pierrot , qui dit à Olivette qu'ayant pris
Giiij . le
2052 MERCURE DE FRANCE
le même chemin que son Maître , elle
doit aussi faire son bonheur. Léandre
épouse Léonore sous les auspices de l'Hymen
, qui leur promet mille douceurs ,
à quoi Olivette répond sur l'Air du
Charivari.
L'Hymen dore la pilule ,
C'est un Matois .
Dès qu'une fille crédule ,
Est sous ses Loix ,
Que fait près d'elle sọn Mary
Charivari.
Léandre dit à sa Maîtresse , sur l'Air
J'entends déja le bruit des Armes.
Couronnez l'ardeur qui me presse ,
Dans ce Temple portons nos pas ;
L'Amour m'y conduira sans cesse
Oui , j'en jure par vos appas.
Léonore.
C'est l'Amant qui fait la promesse ;
Mais l'Epoux ne la tiendra. pas.
Cette Piece , qui a été goûtée du Pưblic
, finit par un Balet caractérisé , sui .
vi d'un Vaudeville ; elle est de la conposition
de M. Carolet , qui travaille à
donner un 9. volume du Théatre de la
Foire , qui contiendra onze Pieces de sa
composition.
Fermer
Résumé : EXTRAIT de la petite Piece de l'Isle du Mariage, de l'Opera Comique, représentée le 20. Août, annoncée dans le dernier Mercure.
La pièce de théâtre 'Le Mariage' de l'Opéra Comique, représentée le 20 août, se déroule sur une île où se trouve un temple dédié à l'Hymen. L'Hymen ouvre la scène en invitant les époux à célébrer leur bonheur, mais il est surpris par leur absence. L'Indifférence apparaît alors, affirmant que les cœurs lui appartiennent dès qu'ils sont sous son empire. Un vieillard se plaint à l'Hymen de ne pas être aimé par sa jeune épouse, et l'Hymen lui répond que c'est plutôt sa faute. Une petite fille arrive et explique qu'elle va se marier avec un amant qu'elle aime, tandis que sa mère veut lui imposer un autre époux. Elle décrit les deux hommes à travers des vaudevilles. Un Gascon explique ensuite qu'il se marie par complaisance plutôt que par amour. Un Suisse loue l'Hymen pour lui avoir donné une épouse qui partage son goût pour l'alcool. Une jeune femme se plaint de son mari infidèle, et l'Hymen la console en lui promettant qu'elle retrouvera l'amour grâce à ses charmes et à sa vertu. Un fermier remercie l'Hymen pour lui avoir donné une épouse aimée du seigneur du village. Léonore arrive au temple de l'Hymen à la recherche de son amant Léandre, qui finit par arriver et l'épouse sous les auspices de l'Hymen. La pièce se termine par un ballet et un vaudeville. La pièce est de la composition de M. Carolet, qui prépare un neuvième volume du Théâtre de la Foire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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239
p. 2053-2054
« Le 9. Septembre, l'Opera Comique donna une Piece nouvelle d'un Acte, [...] »
Début :
Le 9. Septembre, l'Opera Comique donna une Piece nouvelle d'un Acte, [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9. Septembre, l'Opera Comique donna une Piece nouvelle d'un Acte, [...] »
Le 9. Septembre , l'Opera Comique"
donna une Piece nouvelle d'un Acte
en Vaudeville , intitulé : Zéphire et la
Lune , ou la Nuit d'Elé. Elle fut précé--
dée d'un Prologue nouveau , qui a pour
Gy titre ,
2054 MERCURE DE FRANCE
titre , l'Impromptu. Ces deux Pieces sont
terminées par le Baler Pantomine des
Ages , dont on a déja parlé , et qui fait
toujours beaucoup de plaisir .
donna une Piece nouvelle d'un Acte
en Vaudeville , intitulé : Zéphire et la
Lune , ou la Nuit d'Elé. Elle fut précé--
dée d'un Prologue nouveau , qui a pour
Gy titre ,
2054 MERCURE DE FRANCE
titre , l'Impromptu. Ces deux Pieces sont
terminées par le Baler Pantomine des
Ages , dont on a déja parlé , et qui fait
toujours beaucoup de plaisir .
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240
p. 2072-2075
« Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
Début :
Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...]
Mots clefs :
Prologue, Rôles, Roi, Château, Musique, Duhamel, François Colin de Blamont, Motet, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
E 2. de ce mois après midy , le Roy
Lfit dans la Cour du Château de Meudon
, la Revue des deux Compagnies
de Mousquetaires de la Garde de Sa Majesté
, et après que le Roy cut passé
dans les rangs , ils firent l'Exercice des
vant S. M. qui en parut fort satisfaite ,
2 .
La nuit du 23. au 24. du mois dernier,
le feu prit chez un Boulanger du Fauxbourg
S. Martin , avec tant de violence
que toute la maison fut enfâmée avant
qu'on pût y apporter du secours ; quel,
ques autres maisons ont été endommagées
, et 15 , ou 18. personnes ont péri
dans cet lucendie , entr'autres un Religieus
SEPTEMBRE. 1933. 207}
gieux Récollet et deux Enfans de l'Hôpital
de la Trinité , qui travailloient à
L'éteindre , le plancher sur lequel ils
étoient s'étant abîmé tout à coup dans
les flâmes.
Le Concert d'Instrumens que l'Aca
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries ,à l'occasion
de la Fête du Roy , fut executé
par un grand nombre d'excellens Simphonistes
de la même Académie , qui
joüerent differens Morceaux de Musique
de M. de Lully et d'autres Maîtres modernes
, par une des plus belles soirées
qu'il soit possible de voir , et avec une
multitude incroyable de gens de tous
états , depuis les Princes et Princesses du
Sang , jusqu'à la plus simple Bougeoisie ;
et le tout avec un tel ordre , qu'il n'est
arrivé , non - seulement aucun accident ,
mais pas même de confusion , qu'autant
qu'il eenn falloit pour produire une va
rieté agréable et des oppositions char
mantes d'âges , de Sexes , de qualitez ,
de parures , dont le clair de la Lune ne
laissoit rien perdre ; ensorte que des
Compagnies entieres de gens de grande
condition et autres , étoient dans leur
particulier au milieu de la foule , assis sur
Hii des
2074 MERCURE
DE FRANCE
des chaises qu'on trouvoit en abondante
et qu'on disposoit en rond , &c .
Le 26. Août , il y eut Concert chez
la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de
Thetis et Pelée , qui fut continué le 29.
par le second et le troisiéme Acte , et
on finit le quatrième et le dernier Acte
le 2. Septembre. Les Rôles du Prologue
qui sont la Nuit , la Victoire et le Soleil ,
ont été chantéz par les Dlles Duhamel ,
Levy,et par le sieur le Begues les Princi
paux Rôles de la Piece ont été chantez par
les Dlles Antier , Mathieu , Lenner et
Courvasier , et par les sieurs Massé , le
Begue, Ducros, d'Angerville et du Bourg.
*
Le 29. on concerta le Prologue et le
premier Acte de Thésée ; les Rôles du
Prologue furent chantez par les Dlles Mathieu
et Duhamel , et par les sieurs du
Bourg et Richer , et ceux de la Piece
par les Diles Courvasier , Petitpas
Drouin et Duhamel , et par les sieurs
d'Angerville Chassé et Tribou ,
Le 23. la Reine voulut entendre le
Prologue de la premiere Entrée des Fêtes
Grecques et Romaines , de la composi →
tion de M. de Blamont. Les Dlles Antier.
et
SEPTEMBRE . 1733. 2079
et Petitpas chanterent dans le Prologue
les Roles de Clio et d'Erato , et les sieurs
Chassé et Jeliot , ceux d'Apollon et de
Terpsicore. On chanta la seconde et troisiéme
Entrée le 26. dont les principaux
Rôles furent remplis par les Dlles Antier
, Petitpas , le Maure et Mathieu
et par les sieurs Chassé et Jeliot ; tous
ces differens Concerts firent beaucoup
de plaisir et l'éxécution en fut parfaite.
Le 8. Septembre , Fête de la Nativité
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuilleries , on y chanta
le Confitebor , Motet de M. de la Lande,
qui fut suivi d'un petit Motet à voix
seule , chanté par la Dlle Petitpas , et
d'un autre par la Dlle Julie ; après plusieurs
Pieces de Simphonie excellem-
- ment executées , le Concert finit par lė
Motet Exultate justi , du même Auteur .
Lfit dans la Cour du Château de Meudon
, la Revue des deux Compagnies
de Mousquetaires de la Garde de Sa Majesté
, et après que le Roy cut passé
dans les rangs , ils firent l'Exercice des
vant S. M. qui en parut fort satisfaite ,
2 .
La nuit du 23. au 24. du mois dernier,
le feu prit chez un Boulanger du Fauxbourg
S. Martin , avec tant de violence
que toute la maison fut enfâmée avant
qu'on pût y apporter du secours ; quel,
ques autres maisons ont été endommagées
, et 15 , ou 18. personnes ont péri
dans cet lucendie , entr'autres un Religieus
SEPTEMBRE. 1933. 207}
gieux Récollet et deux Enfans de l'Hôpital
de la Trinité , qui travailloient à
L'éteindre , le plancher sur lequel ils
étoient s'étant abîmé tout à coup dans
les flâmes.
Le Concert d'Instrumens que l'Aca
démie Royale de Musique donne tous
les ans au Château des Thuilleries ,à l'occasion
de la Fête du Roy , fut executé
par un grand nombre d'excellens Simphonistes
de la même Académie , qui
joüerent differens Morceaux de Musique
de M. de Lully et d'autres Maîtres modernes
, par une des plus belles soirées
qu'il soit possible de voir , et avec une
multitude incroyable de gens de tous
états , depuis les Princes et Princesses du
Sang , jusqu'à la plus simple Bougeoisie ;
et le tout avec un tel ordre , qu'il n'est
arrivé , non - seulement aucun accident ,
mais pas même de confusion , qu'autant
qu'il eenn falloit pour produire une va
rieté agréable et des oppositions char
mantes d'âges , de Sexes , de qualitez ,
de parures , dont le clair de la Lune ne
laissoit rien perdre ; ensorte que des
Compagnies entieres de gens de grande
condition et autres , étoient dans leur
particulier au milieu de la foule , assis sur
Hii des
2074 MERCURE
DE FRANCE
des chaises qu'on trouvoit en abondante
et qu'on disposoit en rond , &c .
Le 26. Août , il y eut Concert chez
la Reine , M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de
Thetis et Pelée , qui fut continué le 29.
par le second et le troisiéme Acte , et
on finit le quatrième et le dernier Acte
le 2. Septembre. Les Rôles du Prologue
qui sont la Nuit , la Victoire et le Soleil ,
ont été chantéz par les Dlles Duhamel ,
Levy,et par le sieur le Begues les Princi
paux Rôles de la Piece ont été chantez par
les Dlles Antier , Mathieu , Lenner et
Courvasier , et par les sieurs Massé , le
Begue, Ducros, d'Angerville et du Bourg.
*
Le 29. on concerta le Prologue et le
premier Acte de Thésée ; les Rôles du
Prologue furent chantez par les Dlles Mathieu
et Duhamel , et par les sieurs du
Bourg et Richer , et ceux de la Piece
par les Diles Courvasier , Petitpas
Drouin et Duhamel , et par les sieurs
d'Angerville Chassé et Tribou ,
Le 23. la Reine voulut entendre le
Prologue de la premiere Entrée des Fêtes
Grecques et Romaines , de la composi →
tion de M. de Blamont. Les Dlles Antier.
et
SEPTEMBRE . 1733. 2079
et Petitpas chanterent dans le Prologue
les Roles de Clio et d'Erato , et les sieurs
Chassé et Jeliot , ceux d'Apollon et de
Terpsicore. On chanta la seconde et troisiéme
Entrée le 26. dont les principaux
Rôles furent remplis par les Dlles Antier
, Petitpas , le Maure et Mathieu
et par les sieurs Chassé et Jeliot ; tous
ces differens Concerts firent beaucoup
de plaisir et l'éxécution en fut parfaite.
Le 8. Septembre , Fête de la Nativité
de la Vierge , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuilleries , on y chanta
le Confitebor , Motet de M. de la Lande,
qui fut suivi d'un petit Motet à voix
seule , chanté par la Dlle Petitpas , et
d'un autre par la Dlle Julie ; après plusieurs
Pieces de Simphonie excellem-
- ment executées , le Concert finit par lė
Motet Exultate justi , du même Auteur .
Fermer
Résumé : « Le 2. de ce mois après midy, le Roy fit dans la Cour du Château de Meudon, [...] »
Le 2 septembre, le roi inspecta les Mousquetaires de la Garde à Meudon et fut satisfait de leur exercice. La nuit du 23 au 24 août, un incendie chez un boulanger à Saint-Martin détruisit sa maison et endommagea plusieurs autres, causant la mort de 15 à 18 personnes, dont un religieux Récollet et deux enfants de l'Hôpital de la Trinité. Le 26 août, un concert à l'Académie Royale de Musique aux Tuileries célébra la fête du roi avec des œuvres de Lully et d'autres compositeurs modernes, attirant une foule diverse sans incident. Du 26 août au 2 septembre, des concerts à la cour inclurent des extraits de 'Thetis et Pelée' et 'Thésée', avec des chanteurs tels que les demoiselles Duhamel, Antier, et Mathieu, ainsi que les sieurs Massé et le Begue. Le 23 août, la reine écouta le prologue des 'Fêtes Grecques et Romaines' de Blamont. Le 8 septembre, à la fête de la Nativité de la Vierge, un concert spirituel aux Tuileries présenta des motets de La Lande et des pièces de symphonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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241
p. 2222-2226
AVERTISSEMENT de l'Auteur d'une nouvelle Méthode, ou l'Art d'apprendre la Musique ; il en a été parlé au mois de Juillet, page 1607.
Début :
J'avois crû qu'il étoit assez indifferent de montrer la Musique sur la clef de Fa, ou sur [...]
Mots clefs :
Musique, Méthode, Clef, Auteur, Raisons, Maîtres de musique, Principes, Critique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT de l'Auteur d'une nouvelle Méthode, ou l'Art d'apprendre la Musique ; il en a été parlé au mois de Juillet, page 1607.
AVERTISSEMENT de l'Auteur
d'une nouvelle Méthode , ou l'Art d'upprendre
la Musique ; il en a été parlé au
mois de Juillet , page 1607 .
J
" Avois crû qu'il étoit assez indifferent de montrer
la Musique sur la clef de Fa , on sur
quelle autre que ce soit , on n'en apprend pas
moins l'intonation et la mesure des sons sur
P'une que sur l'autre , outre que les nominations
qu'indique la clef de Fa à la troisiéme ligne , reviennent
aux mêmes que celles que donnent
les
OCTOBRE . 1732. 2223
les autres clefs , quand on les charge de quelque
Diese oe de quelque Bemol.
Cependant les Maîtres de Musique m'ont fait
observer que je m'étois trop uniformement servi
d'une même clef , et ils m'en ont donné des raisons
que j'ai trouvées plausibles ; j'y défere , et
mes Planches sont corrigées . Ce n'a pas été une
petite affaire d'en trouver le moyen , et de l'exe-.
cuter ; mais la satisfaction que je ressens à suivre
des avis judiceux et utiles , me dédommagent assez
; j'ai donc partagé mes leçons aux differentes.
clefs , et c'est pour la commodité des personnes
qui apprennent à jouer des Instrumens , que j'ai
commencé par la clef d'Ut et que j'ai fait suivre
celle de Fa , après lesquelles viennent les autres
clefs chacune à son tour. Les Dames et les jeunes
gens se plaindront- ils à présent de ce que je
ne me suis point servi dès le commencement de
la clef qui leur est propre ? Mais pouvois - je mettre
tous les principes tout à la fois à toutes sor
tes de clefs ? Comment s'y prendre ? opter ; je
l'ai fait. Eh ! qu'importe de bonne foi , d'appren
dre la Musique sur telle clef ou sur telle autre ?
On dit que ma Méthode est trop raisonnée ;
la critique est nouvelle et un peu surprenante ,
sur tout si elle vient des Maîtres de cette Ville ,
presque tous gens d'esprit et dont j'entens dire
qu'ils aiment beaucoup à raisonner sur les principes,
et qu'ils sont fort exacts à donner la raison
de tout ce qu'ils enseignent . Cette observation ne
m'eût pas frappé , si elle avoit été faite dans les
Provinces où bien des Maîtres montrent la Musique
comme is Pont apprise et comme ils la
sçavent. L'ordre et la raison n'entient presque
pour rien dans leur maniere d'enseigner, aux ques
tions des Commençans , pour l'ordinaire , point
>
de .
224 MERCURE DE FRANCE
de réponse , du moins qui soit intelligible. Leur
grand Art consiste à repeter avec les Ecoliers ,
la
même leçon mille et mille fois , et leur meilleure
raison est de leur dire , écoutez , voyez , faites
comme moi . J'avoue qu'en voilà bien assez quand
on prend les hommes pour des machines.
On dit encore que ma Méthode est trop détaillée.
Mais qui s'en plaint ? Sont-ce les vrais
sçavans dans la pratique et dans la Théorie . Ils
n'ont que faire de mes leçons. Aussi n'est- ce pas
pour eux que l'on s'avise de composer des Méthodes
, Sont- ce les demi , les faux Sçavans ? Je
ne disconviens pas que ceux - cy pourroient trou
ver bon ce qsi est mauvais , et mauvais ce qui est
bon ; inutiles les endroits où je parle de ce qu'ils
croyent sçavoir ; et peut- être utiles ceux qu'ils
daigneront avouer nouveaux pour eux , s'ils
l'osent:
Je ne disconviens point aussi qu'ils pourront
bien condamner et peut - être approuver mon Livre
sans en avoir lû autre chose que le titre. Aussi
leur Critique et leur Approbation , je l'avoüe , ne
me touchent pas infiniment . Je n'ai point nonplus
écrit pour eux , prévoyant bien que ceux
qui s'imaginent d'en sçavoir beaucoup , ne se
serviroient pas de ma Méthode.
Ma vûë a été d'instruire ceux qui ont envie de
sçavoir réellement la Musique ; de leur dévelop
per méthodiquement les principes de cette Science
; de leur rendre raison de toutes ses pratiques,
de leur applanir la voye qui y conduit peu à peu
sans peine , mais sûrement et par le plus court
chemin. Je raisonne trop , je détaille trop , je
suis trop long , dit- on , mais que vouloit- on
que je fisse ! Une Analyse ? un point de vue
abregé de ce que je sçais ? Que cet Auteur
CSE.-
OCTOBR E. 1733. 2225
est obscur ! se seroit- on écrié. A peine a -t'il ébauché
la matiere. Son Livre n'est bon ni pour les
Maîtres qui sçavent le détail de ce qu'il ne sçait
qu'indiquer , ni pour les Ecoliers qui ne le trouvent
pas dans sa Méthode .
Cet Ouvrage , dit-on encore , ne sera guere
utile aux enfans. J'avoue que ceux qui ne pensent
point ne sçauroient entendre les explications
que je fais des principes de la Musique , et moins
encore les raisons que j'apporte en preuve des
pratiques que je conseille ; Mais de tels enfans
comprendront-ils mieux les raisons qu'un autre
leur dira? On ne leur en donne point, me répondrat'on
, on se contente de les exercer à la pratique.Eh
bien, que pouvois - je faire de mieux pour eux,que
de leur préparer une suite méthodique de leçons,
par où ils pussent surmonter aisément toutes les
difficultez de l'execution ? Prétendoit- on qu'en
faveur des enfans , j'eusse composé une Méthode,
dont les leçons se fissent pratiquer d'elles- mêmes
et que je n'entremêlasse point à ces leçons
des discours où les personnes qui pensent , verront
les raisons de ce qu'on leur fait executer
bien souvent sans leur dire pourquoi ? Il y en a,
dit on , qui ont trouvé la Préface admirable et
le Livre trop diffus . L'a-t'on lû , demandai-je ?
non , me répondit- on. La Critique est plaisante.
Eh comment juger qu'un Livre est trop diffus
sans l'avoir lû. Un Auteur est - il trop long , ou
parce qu'il employe bien des paroles pour dire
peu de chose? ou parce qu'il apprend bien des
choses en peu de paroles. Mais que servent les
justifications prématurées de l'Auteur , mises entre
des doubles virgules ? eh ! ne les lisez point ;
ce signe n'est que pour vous en avertir. D'autres
que vous ne les trouvent pas hors d'oeuvre. Enfia
2226 MERCURE DE FRANCE
fin je n'ai d'autre réponse à faire désormais à
ceux qui ont critiqué mon Livre et qui le critiqueront
à l'avenir, que celle- cy : l'avez- vous lû ?
êtes- vous en état de prononcer sur l'utilité ou
l'inutilité le bon ou le mauvais ? avez- vous de
bonnes raisons à m'alleguer de vos Critiques ?
Je suis prêt à vous entendre si vous voulez bien
me faire l'honneur de me parler , et prêt aussi
d'effacer tout ce que vous me démontrerez inutile.
On ne sçait , dit -on encore, où prenire cer
Auteur , personne ne le connoît . Me voici connu
, puisqu'on le veut , je suis Gouverneur de
deux Seigneurs de Dauphiné , dont le nom
est Messieurs de la Serre , je demeure au Fauxbourg
S. Germain , rue de l'Université , ches
M. le Coq , au premier.
d'une nouvelle Méthode , ou l'Art d'upprendre
la Musique ; il en a été parlé au
mois de Juillet , page 1607 .
J
" Avois crû qu'il étoit assez indifferent de montrer
la Musique sur la clef de Fa , on sur
quelle autre que ce soit , on n'en apprend pas
moins l'intonation et la mesure des sons sur
P'une que sur l'autre , outre que les nominations
qu'indique la clef de Fa à la troisiéme ligne , reviennent
aux mêmes que celles que donnent
les
OCTOBRE . 1732. 2223
les autres clefs , quand on les charge de quelque
Diese oe de quelque Bemol.
Cependant les Maîtres de Musique m'ont fait
observer que je m'étois trop uniformement servi
d'une même clef , et ils m'en ont donné des raisons
que j'ai trouvées plausibles ; j'y défere , et
mes Planches sont corrigées . Ce n'a pas été une
petite affaire d'en trouver le moyen , et de l'exe-.
cuter ; mais la satisfaction que je ressens à suivre
des avis judiceux et utiles , me dédommagent assez
; j'ai donc partagé mes leçons aux differentes.
clefs , et c'est pour la commodité des personnes
qui apprennent à jouer des Instrumens , que j'ai
commencé par la clef d'Ut et que j'ai fait suivre
celle de Fa , après lesquelles viennent les autres
clefs chacune à son tour. Les Dames et les jeunes
gens se plaindront- ils à présent de ce que je
ne me suis point servi dès le commencement de
la clef qui leur est propre ? Mais pouvois - je mettre
tous les principes tout à la fois à toutes sor
tes de clefs ? Comment s'y prendre ? opter ; je
l'ai fait. Eh ! qu'importe de bonne foi , d'appren
dre la Musique sur telle clef ou sur telle autre ?
On dit que ma Méthode est trop raisonnée ;
la critique est nouvelle et un peu surprenante ,
sur tout si elle vient des Maîtres de cette Ville ,
presque tous gens d'esprit et dont j'entens dire
qu'ils aiment beaucoup à raisonner sur les principes,
et qu'ils sont fort exacts à donner la raison
de tout ce qu'ils enseignent . Cette observation ne
m'eût pas frappé , si elle avoit été faite dans les
Provinces où bien des Maîtres montrent la Musique
comme is Pont apprise et comme ils la
sçavent. L'ordre et la raison n'entient presque
pour rien dans leur maniere d'enseigner, aux ques
tions des Commençans , pour l'ordinaire , point
>
de .
224 MERCURE DE FRANCE
de réponse , du moins qui soit intelligible. Leur
grand Art consiste à repeter avec les Ecoliers ,
la
même leçon mille et mille fois , et leur meilleure
raison est de leur dire , écoutez , voyez , faites
comme moi . J'avoue qu'en voilà bien assez quand
on prend les hommes pour des machines.
On dit encore que ma Méthode est trop détaillée.
Mais qui s'en plaint ? Sont-ce les vrais
sçavans dans la pratique et dans la Théorie . Ils
n'ont que faire de mes leçons. Aussi n'est- ce pas
pour eux que l'on s'avise de composer des Méthodes
, Sont- ce les demi , les faux Sçavans ? Je
ne disconviens pas que ceux - cy pourroient trou
ver bon ce qsi est mauvais , et mauvais ce qui est
bon ; inutiles les endroits où je parle de ce qu'ils
croyent sçavoir ; et peut- être utiles ceux qu'ils
daigneront avouer nouveaux pour eux , s'ils
l'osent:
Je ne disconviens point aussi qu'ils pourront
bien condamner et peut - être approuver mon Livre
sans en avoir lû autre chose que le titre. Aussi
leur Critique et leur Approbation , je l'avoüe , ne
me touchent pas infiniment . Je n'ai point nonplus
écrit pour eux , prévoyant bien que ceux
qui s'imaginent d'en sçavoir beaucoup , ne se
serviroient pas de ma Méthode.
Ma vûë a été d'instruire ceux qui ont envie de
sçavoir réellement la Musique ; de leur dévelop
per méthodiquement les principes de cette Science
; de leur rendre raison de toutes ses pratiques,
de leur applanir la voye qui y conduit peu à peu
sans peine , mais sûrement et par le plus court
chemin. Je raisonne trop , je détaille trop , je
suis trop long , dit- on , mais que vouloit- on
que je fisse ! Une Analyse ? un point de vue
abregé de ce que je sçais ? Que cet Auteur
CSE.-
OCTOBR E. 1733. 2225
est obscur ! se seroit- on écrié. A peine a -t'il ébauché
la matiere. Son Livre n'est bon ni pour les
Maîtres qui sçavent le détail de ce qu'il ne sçait
qu'indiquer , ni pour les Ecoliers qui ne le trouvent
pas dans sa Méthode .
Cet Ouvrage , dit-on encore , ne sera guere
utile aux enfans. J'avoue que ceux qui ne pensent
point ne sçauroient entendre les explications
que je fais des principes de la Musique , et moins
encore les raisons que j'apporte en preuve des
pratiques que je conseille ; Mais de tels enfans
comprendront-ils mieux les raisons qu'un autre
leur dira? On ne leur en donne point, me répondrat'on
, on se contente de les exercer à la pratique.Eh
bien, que pouvois - je faire de mieux pour eux,que
de leur préparer une suite méthodique de leçons,
par où ils pussent surmonter aisément toutes les
difficultez de l'execution ? Prétendoit- on qu'en
faveur des enfans , j'eusse composé une Méthode,
dont les leçons se fissent pratiquer d'elles- mêmes
et que je n'entremêlasse point à ces leçons
des discours où les personnes qui pensent , verront
les raisons de ce qu'on leur fait executer
bien souvent sans leur dire pourquoi ? Il y en a,
dit on , qui ont trouvé la Préface admirable et
le Livre trop diffus . L'a-t'on lû , demandai-je ?
non , me répondit- on. La Critique est plaisante.
Eh comment juger qu'un Livre est trop diffus
sans l'avoir lû. Un Auteur est - il trop long , ou
parce qu'il employe bien des paroles pour dire
peu de chose? ou parce qu'il apprend bien des
choses en peu de paroles. Mais que servent les
justifications prématurées de l'Auteur , mises entre
des doubles virgules ? eh ! ne les lisez point ;
ce signe n'est que pour vous en avertir. D'autres
que vous ne les trouvent pas hors d'oeuvre. Enfia
2226 MERCURE DE FRANCE
fin je n'ai d'autre réponse à faire désormais à
ceux qui ont critiqué mon Livre et qui le critiqueront
à l'avenir, que celle- cy : l'avez- vous lû ?
êtes- vous en état de prononcer sur l'utilité ou
l'inutilité le bon ou le mauvais ? avez- vous de
bonnes raisons à m'alleguer de vos Critiques ?
Je suis prêt à vous entendre si vous voulez bien
me faire l'honneur de me parler , et prêt aussi
d'effacer tout ce que vous me démontrerez inutile.
On ne sçait , dit -on encore, où prenire cer
Auteur , personne ne le connoît . Me voici connu
, puisqu'on le veut , je suis Gouverneur de
deux Seigneurs de Dauphiné , dont le nom
est Messieurs de la Serre , je demeure au Fauxbourg
S. Germain , rue de l'Université , ches
M. le Coq , au premier.
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Résumé : AVERTISSEMENT de l'Auteur d'une nouvelle Méthode, ou l'Art d'apprendre la Musique ; il en a été parlé au mois de Juillet, page 1607.
L'auteur présente une nouvelle méthode pour apprendre la musique, publiée en juillet 1732. Il précise que, bien que l'utilisation de la clef de Fa ou d'une autre soit indifférente pour apprendre l'intonation et la mesure des sons, il a choisi de diversifier les clefs dans ses leçons afin de répondre aux observations des maîtres de musique. Cette diversification vise à faciliter l'apprentissage pour les personnes jouant différents instruments. L'auteur commence par la clef d'Ut, suivie de la clef de Fa, puis des autres clefs. La méthode de l'auteur a suscité des critiques. Certains maîtres de musique estiment qu'elle est trop raisonnée et détaillée. En réponse, l'auteur explique que sa méthode est destinée à ceux qui souhaitent réellement apprendre la musique, en développant méthodiquement les principes et en expliquant les pratiques. Il reconnaît que les demi-savants ou les faux savants pourraient critiquer son ouvrage sans l'avoir lu en profondeur. L'auteur précise que son ouvrage n'est pas destiné aux enfants qui ne pensent pas encore, mais qu'il prépare une suite de leçons méthodiques pour surmonter les difficultés de l'exécution. Il invite les critiques à lire son livre avant de juger de son utilité ou de sa diffusion. Enfin, il se présente comme le gouverneur de deux seigneurs de Dauphiné et donne son adresse à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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242
p. 2230-2232
« Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
Début :
Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...]
Mots clefs :
Nîmes, Académie de musique, Almanach de Paris, Cantatilles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
Le Sr le Maire , Maître de Musique à Paris ,
1
vient
OCTOBRE. 223f 1733.
vient de donner au public six nouvelles Cantaril
les , imprimées, qui sont l'Aurore, la Bergere ima
patiante , Acis , Hebé , le Sommeil de Climene , cr
PAmante persuadée.
Il y en a dix autres , du même Auteur , qui
forment le premier volume , intitulées : Le Sa
crifice d'Amour , Endimion , la Constance , Ariane,
Iris , Bouquet , Borée , le Printemps , l'Eté,
l'Automne et Hyver .Ces différens Ouvrages sont
actuellement en vente , chez Ballard , au Mont-
Parnasse ; chez l'Auteur , rue de la Bouclerie
Boivin , ruës . Honoré , et le Clerc , ruë du Roule.
24
Le prix de chacun est de sols.Les 12 derniers
Saluts , qui contiennent 36 Motets , avec Simphonie
et sans S.mphonie , chantez au Concert
des Tuilleries , sont actuellement sous Preset
se vendrout aux memes adresses , 30 sols.
se
>
On a établi depuis peu à Nismes une Académie
de Musique ; et dans quelle Ville n'en a- ton
pas établi ; vû le goût general et ardent qu'on
a aujourd'hui pour la Musique? Il y a lieu même
de s'étonner que cette Ville , pleine d'agrémens
,d'ailleurs ait tardé si long-temps à se pro-!
Curer presque le seul qui lui manquoit. Au reste
cette Académie réussit fort bien , et l'on donne
avis aux Musiciens , Musiciennes , et Joueurs
d'Instrumens , qu'ils y seront fort bien reçus et
récompensez selon leurs talens et leur capacité.
Papillon , Graveur en Bois, et de la Société des
Arts , demeurant à Paris, au milieu du Pont S.Michel
, au Papillon , donne avis que son petit Almanach
de Paris , pour l'année 1734. sera parfait
de toutes les grandes Planches des mois , et
augmenté des Antiquitez de Paris , des noms des
Dieux
1232 MERCURE DE FRANCE
Dieux et Héros , et de plusieurs choses curieuses
dans la Géographie et dans l'Histoire universelle.
Le Traité Historique et Pratique de la Gravure
en Bois , de sa composition , est achevé.
Comme plusieurs personnes s'y interessent, l'on
ne manquera pas lorsqu'il sera sous presse, d'en
donner avis .
1
vient
OCTOBRE. 223f 1733.
vient de donner au public six nouvelles Cantaril
les , imprimées, qui sont l'Aurore, la Bergere ima
patiante , Acis , Hebé , le Sommeil de Climene , cr
PAmante persuadée.
Il y en a dix autres , du même Auteur , qui
forment le premier volume , intitulées : Le Sa
crifice d'Amour , Endimion , la Constance , Ariane,
Iris , Bouquet , Borée , le Printemps , l'Eté,
l'Automne et Hyver .Ces différens Ouvrages sont
actuellement en vente , chez Ballard , au Mont-
Parnasse ; chez l'Auteur , rue de la Bouclerie
Boivin , ruës . Honoré , et le Clerc , ruë du Roule.
24
Le prix de chacun est de sols.Les 12 derniers
Saluts , qui contiennent 36 Motets , avec Simphonie
et sans S.mphonie , chantez au Concert
des Tuilleries , sont actuellement sous Preset
se vendrout aux memes adresses , 30 sols.
se
>
On a établi depuis peu à Nismes une Académie
de Musique ; et dans quelle Ville n'en a- ton
pas établi ; vû le goût general et ardent qu'on
a aujourd'hui pour la Musique? Il y a lieu même
de s'étonner que cette Ville , pleine d'agrémens
,d'ailleurs ait tardé si long-temps à se pro-!
Curer presque le seul qui lui manquoit. Au reste
cette Académie réussit fort bien , et l'on donne
avis aux Musiciens , Musiciennes , et Joueurs
d'Instrumens , qu'ils y seront fort bien reçus et
récompensez selon leurs talens et leur capacité.
Papillon , Graveur en Bois, et de la Société des
Arts , demeurant à Paris, au milieu du Pont S.Michel
, au Papillon , donne avis que son petit Almanach
de Paris , pour l'année 1734. sera parfait
de toutes les grandes Planches des mois , et
augmenté des Antiquitez de Paris , des noms des
Dieux
1232 MERCURE DE FRANCE
Dieux et Héros , et de plusieurs choses curieuses
dans la Géographie et dans l'Histoire universelle.
Le Traité Historique et Pratique de la Gravure
en Bois , de sa composition , est achevé.
Comme plusieurs personnes s'y interessent, l'on
ne manquera pas lorsqu'il sera sous presse, d'en
donner avis .
Fermer
Résumé : « Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
En octobre 1733, le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, a publié six nouvelles cantates : 'L'Aurore', 'La Bergère impatiente', 'Acis', 'Hébé', 'Le Sommeil de Climène' et 'L'Amant persuadée'. Dix autres cantates, formant le premier volume, sont également disponibles, incluant 'Le Sacrifice d'Amour', 'Endimion', 'La Constance', 'Ariane', 'Iris', 'Bouquet', 'Borée', 'Le Printemps', 'L'Été', 'L'Automne' et 'L'Hyver'. Ces œuvres sont vendues chez Ballard, au Mont-Parnasse, chez l'auteur rue de la Bouclerie, chez Boivin rue Honoré et chez le Clerc rue du Roule, au prix de 12 sols chacune. Les '12 derniers Saluts', contenant 36 motets chantés au Concert des Tuileries, sont également en vente aux mêmes adresses, au prix de 30 sols. Par ailleurs, une Académie de Musique a été récemment établie à Nîmes, récompensant les musiciens et musiciennes selon leurs talents. Papillon, graveur en bois et membre de la Société des Arts, a annoncé la publication de son almanach pour 1734 et l'achèvement de son 'Traité Historique et Pratique de la Gravure en Bois'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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243
p. 2233-2249
Hypolite et Aricie, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique donna le premier Octobre la premiere [...]
Mots clefs :
Hippolyte, Thésée, Diane, Phèdre, Aricie, Amour, Père, Enfers, Mort, Monstre, Fils, Dieux, Vers, Théâtre, Destin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hypolite et Aricie, Extrait, [titre d'après la table]
' Académie Royale de Musique donna
le premier Octobre la premiere
Représentation de la Tragédie nouvelle ,
intitulée : Hippolyte et Aricie. Le Poëme
est de M.le Chevalier Pellegrin , et la Musique
de M. Rameau. Le premier est déja
connu par plusieurs Ouvrages applaudis ;
et le second vient de faire voir par son
coup d'essai , dans ce genre de Musique,
qu'il peut égaler les plus grands Maîtres.
L'accueil favorable que le public a fait à
cet Opéra en fait esperer de nombreuses
Représentations : En voici l'Extrait.
L'Auteur du Poëme déclare dans sa Préface
que c'est
pour
authoriser
le caractere
qu'il
donne
à Diane
dans
la Piéce
, qu'il
a
fait
son
Prologue
. Hygin
lui en a fourni
la Fable
. Le Théatre
représente
la Forêt
d'Erymanthe
, si fameuse
par
un des trayaux
d'Hercule
. Diane
le fait
connoître
F par
1234 MERCURE DE FRANCE
par ces Vers , qu'elle addresse à ses Nym
phes et aux habitans des Bois.
Vous êtes dans ces mêmes lieux ,
Où sur un monstre furieux ,
Vn fils de Jupiter , remporta la victoire ;
Mais un monstre plus fier le soumit à son tour g
Du plus grand des Héros vous surpassez l
gloire ,
Quand vous triomphez de l'Amour.
L'Amour ne peut souffrir que Diane
le bannisse de ses Forêts ; il vient lui demander
raison de cet outrage ; Diane invoque
Jupiter son Pere,et le prie de con-
Armer le don qu'il lui a fait de l'Empire
des Forêts ; Jupiter descend au bruit du
tonnerre,et annonce à Diane que le Destin
ordonne que l'Amour regne par tout,
avec cette restriction , qu'il n'exercera sa
puissance sur les sujets de Diane qu'un
seul jour de l'année ; il ajoute que ce jour
doit être éclairé par le flambeau de l'Hymen.
Diane obéit aux Loix du Destin ;
elle ne veut pas pourtant être témoin
d'une Fête si favorable à l'Amour ; elle
annonce le sujet de la Tragédie , par ces
Vers :
Hippolyte , Aricie , exposés à périr ,
Ne fondent que sur moi leur derniere esperances
conOCTOBRE.
1733. 2235
Contre une injuste violence ,
C'est à moi de les secourir.
L'Amour entreprend de consoler les
sujets de Diane de l'absence de leur Souveraine
, par les plus doux plaisirs. Il ap
pelle par ces Vers ,les Jeux et les Amours.
Regnez , aimables jeux , regnez dans ces Forêts,
Qu'à mes voeux empressez votre zêle réponde :
Si vous, tendres Amours , faites voler ces traits ,
D'où dépend le bonheur du monde.
Cet ordre produit une Fête aussi affec
tueuse que brillante : Le Prologue finit
par ces quatre Vers , conformes aux vofontez
suprêmes du Destin; c'est l'Amour
qui parle
Par de nouveaux plaisirs , couronnons ce grand
jour ,
Au Temple de l'Hymen il faut que je vous guide
,
Qu'à cette heureuse Fête , avec lui je préside;
Que son flambeau s'allume aux flammes de l'A }
mour.
Le Théatre représente au premier Acte
de la Tragédie , un Temple consacré à
Diane.
Aricie,Princesse du Sang des Pallantides ,
expose sa situation par ce Monologue.
Fij Tem2236
MERCURE DE FRANCE
> Temple sacré , séjour tranquille
Où Diane aujourd'hui doit recevoir mes voeux
A mon coeur agité daigne servir d'azile ,
Contre un amour trop malheureux ¿
Et toi , dont malgré moi , je rappelle l'image ,
Sher Prince , si mes voeux ne te sont pas offerts;
Du moins j'en apporte l'hommage
A la Déesse que tu sers,
Temple sacré , & c,
Hyppolite vient assûrer Aricie de l'in
dignation que lui inspire la violence que
Phédre lui fait par l'ordre que Thesée son
Pere lui en a donné à son départ de Tréséne
; il déplore son sort d'une maniere
qui le fait soupçonner d'être Amant ;
Voici comment il le fait connoître.
Dans un Pere irrité , confondez -vous son Fils
Et comptez- vous mon coeur entre vos ennemis
& c.
Je pourrois vous hair quelle injustice extreme
!
Je sens pour vous une pitié ,
Aussi tendre que l'amour même."
: Cette déclaration a paru bien ménagée
de part et d'autre.
Les Prêtresses de Diane forment la Fêe
de ce premier Acte,
Phodre
OCTOBRE.´´ 1733.´´ £ 237ì
Phedre vient ensuite féliciter Aricie
sur la gloire qu'elle va acquerir en s'unissant
aux Immortels , par les voeux
qu'elle doit offrir à Diane. Aricie fait entendre
que ces voeux n'étant pas libres
ils ne sont pas dignes des Dieux ; les Prêtresses
de Diane se rangent de son parti,
Phédre fait sonner la Trompette pour
punir leur désobéïssance ; les Prêtresses
invoquent les Dieux pour la punir ellemême
de la violence qu'elle veut leur
faire. Diane descend au bruit du Tonnerre
, comme fille de Jupiter ; ce qu'elle
fait connoître par ces Vers , addressez à
ses Prêtresses :
售
Vous voyez Jupiter se déclarer mon Pere;
Sa foudre vole devant moy.
La Déesse après avoir rassuré ses Prêtresses
, menace Phedre de la vangeance
des Dieux , et prend Hippolyte et Aricie
sous sa protection . Elle remonte dans le
ciel. Les Prêtresses rentrent dans le Temple
; Hippolyte emmene Aricie. Phédre
abandonne à ses transports jaloux, qu'el¬
le fait connoître par ces Vers :
Que voi -je ? contre moi tous les Dieux soat
armez !
Ma Rivale me brave! Elle suit Hippolyte !
Fiij
Ah !
2238 MERCURE DE FRANCE
Ah ! plus je voi leurs coeurs, l'un pour l'aptres
enflammez *
Plus mon jaloux transport s'irrite ,
Que rien n'échappe à ma fureur , &c.
Arcas vient annoncer que Thésée es
descendu dans les Enfers : Il s'exprime
ainsi :
La terre sous ses pas ouverte .'
A favorisé ses efforts ;
Et d'affreux heurlemens , sortis des sombre
bords ,
Du plus grand des Mortels , m'ont confirmé la
perte
J
Anone fait entendre à Phédre qu'elle
peut aimer sans crime , et concevoir de
l'espérance, en offrant son Thrône à Hippolyte,
Phédre se livre à un espoir si flatteur.
Au II Acte, le Théatre représente l'entrée
des Enfers. Thésée tourmenté par
une Furie , expose ce qui s'est passé par
çes Vers :
Dieux! n'est- ce pas assez des maux que j'ai souf
ferts ?
J'ai vuPirythous déchiré par Cerbere ;
J'ai vu ce Monstre affreux , trancher des jours
si chers ,
Sans daigner dans mon sang, assouvir sa coferes
J'enOCTOBRE
17388 · 1239
J'attendois la mort sans effroi ,
Et la mort fuyoit loin de moi.
La Furie conduit Thésée au pied du
Thrône de Pluton : Thésée dit à ce Me
narque des Enfers :
Inéxorable Roy de l'Empire infernal ',
Digne Frere , et digne Rival ,
Du Dieu qui lance le tonnerre ,
Est-ce donc pour vanger tant de Monstres di
vers ,
Dont ce bras a purgé la Terre ,
Que l'on me livre en proye aux Monstres des
Enfers
Pluton
Si tes Exploits sont grands , voy quelle en est la
gloire ,
Ton nom sur les trépas remporte la victoire ;
Comme nous il est immortel ;
Mais , d'une égale main , puisqu'il faut qu'on
dispense ,
Et la peine et la récompense ;´
J'attends plus de Pluton qu'un tourment érernel.
Pluton reproche à Thésée le coupable
projet qu'il a formé avec Pirythoüs d'enlever
Proserpine. Thésée se justifie autant
qu'il lui est possible . Pluton le renvoie au
Tribunal des trois Juges des Enfers.Cette
Filij Scene
246 MERCURE DE FRANCE
Scene est sans contredit la plus belle de
la Tragédie , tant du côté du Poëte que
de celui du Musicien.
Pluton invite toutes les Divinitez infer
nales à le vanger. Thésée revient , suivi
de la Furie vangeresse ; ne pouvant revoir
que par le secours de la mort. Il
l'implore ; les Parques lui parlent ainsi ;
son ami
Du Destin le vouloir suprême ,
Amis entre nos mains la trame de tes jours ;
Mais le fatal Ciseau n'en peut trancher le cours
Qu'au redoutable instant , qu'il a marqué lui
même.
i..
Thésée ne pouvant obtenir la mort ,
implore Neptune son Pere , et lui deman
de l'exécution du serment qu'il a fait de
l'exaucer trois fois : Neptune lui ayant
ouvert la route des Enfers , il le prie de
l'en retirer. Mercure vient de la part du
Dieu des Mers ; il obtient le retour de
Thésée sur la terre , mais avant qu'il´en
sorte , il ordonne aux Parques de lui réveler
le sort que l'avenir lui garde. Ces
trois Déesses lui parlent ainsi .
Quelle soudaine horreur ton destin nous ins
pire !
Où cours-tu, malheureux Tremble, frémi d'ef
froi ;
Tu sors de l'infernal empire ,
Pou
OCTOBRE . 1733. 2241
Pour trouver les Enfers chez toi.
Ce Oracle remplit Thésée d'effroi au
Sujet de Phédre et d'Hippolyte ; qui sono
ce qu'il a de plus cher chez lui. Mercure
lui ouvre le chemin , pour remonter sur
la terre. Thésée dit en partant :
Ciel ! cachons mon retour, et trompons tous les
yeux.
Ce projet de se cacher à tout le mon
de, prépare le coup de Théatre qu'on doit
voir dans l'Acte suivant.
Le Théatre représente au III.Acte, une
partie du Palais de Thésée , sur le rivage
de la Mer.
Phedre prie Venus de lui être favorable.
Enone vient lui dire qu'Hippolyte
qu'elle a mandé , va se rendre auprès
d'elle . 漏
Hippolyte dit à Ph'dre que ce n'est
que pour obéir à ses ordres qu'il vient lui
montrer encore un objet odieux . Phédre
lui fait entendre qu'elle ne l'a jamais haï
qu'en apparence : Hippolyte se flatte de
ne l'avoir plus pour ennemie , et lui pro
met en récompense de tenir lieu de Pere à
son fils : Phédre trompée par le sens équivoque
de cette promesse , lui dit tendrement
&
Fv Hip
$ 242 MERCURE DE FRANCE
Vous pouviez jusques - là vous attendrir poun
y moi !
C'en est trop , et le Thrône , et le Fils er
Mere ,
Je range tout sous votre Loy.
Hippolyte lui répond qu'il borne toute
son ambition à regner sur le coeur d'Aricie.
Phédre détrompée par ces mots , ne
peut plus se contenir ; elle jure la mòrt
de sa Rivale. Au nom de Rivale, Hippolyte
saisi d'horreur s'écrie :
Terribles Ennemis des perfides humains ;
Dieux , si promts autrefois à les réduire en po
dre ,
Qu'attendez- vous ? Lancez la foudre
Qui la retient entre vos mains ?
Phédre au désespoir , lui dit :
Ah ! cesse par tes voeux d'allumer le tonnerre ;
Eclatte ; éveille-toi ; sors d'un honteux repos §
Rends toi digne Fils d'un Héros ,
Qui de Monstres sans nombre, a délivré la terres
El n'en est échappé qu'un seul à sa fureur ;
Frappe ; ce Monstre est dans mon coeur.
Phédre ne pouvant obtenir la mort
qu'elle demande à Hippolyte, se jette sur
son Epée , Hippolyte la lui arrache,Thé
séc
OCTOBRE. 1733. 2243
sée arrive et trouve son Fils l'Epée à la
main contre sa femme; il se rappelle aussi-
tôt la prédiction des Parques , ce qu'il
fait connoître par ces mots :
O'trop fatal oracle !
Je trouve les malheurs que m'a prédits l'Enfer.
Il interroge Phédre, qui le quitte après
lui avoir dit :
L'Amour est outrage ;
Que l'Amour soit vange
Hippolyte interrogé à son tour , n'ose
lui révéler sa honte , et lui demande un
exil éternel. Thésée ordonne à Enone de
ne lui rien cacher. Enone pour sauver
les jours et la gloire de la Reine , parle
ainsi à Thésée :
Un désespoir affreux ; ..... pouvez - vous l'ígnorer
Vous n'en avez été qu'un témoin trop fidelle
Je n'ose accuser votre Fils ...
Mais la Reine ... Seigneur , ce fer armé contre
elle ;
Ne vous en a que trop appris , &c.-
Un amour funeste , &c,-
Thésée n'en veut pas sçavoir davanta
ge ; livré à son désespoir , il invoque
B vj
Neptu
2244 MERCURE DE FRANCE
Neptune et lui demande la mort d'Hippolyte
; une Troupe de Matelots qui
viennent rendre graces à Neptune du retour
de leur Roy , obligent Thésée de se
retirer, et forment le Divertissement qui
finit ce troisiéme Acte.
Au IV Acte le Théatre représente un
Bois consacré à Diane.
,
Hippolyte expose dans un Monologue
ce qui s'est passé dans l'entr'Acte , c'està-
dire , l'exil où son Pere l'a condamné.
Aricie vient se plaindre à Hippolyte
du sort qui va les separer ; Hippolyte ,
pour excuser Thésée , lui dit qu'il a demandé
lui- même cet exil , qu'elle impute
à la rigueur de son Pere. Aricie lui
répond :
Votre exil me donne la mort ,
Et c'est vous seul , ingrat , qu'il faut que j'es
accuse !
Quel soupçon ? ... Dieux puissans , faites que
je m'abuse.
Hippolyte pour se justifier de l'incons
tance dont elle l'accuse , lui fait entendre
qu'une raison secrette lui a fait demander
cet exil dont elle se plaint ; il la prie
de ne lui en pas demander davantage ; cependant
quelques mots qui lui échappent
, quoique ménagez avec art , lui em
disent
OCTOBR E. 1733. 2245*
disent assez pour lui faire pénétrer cet
odieux mystere ; il l'invite à le suivre
dans son exil en qualité d'Epouse ; elle
consent à lui donner sa foy ; ils prient
Diane de vouloir bien former leur nouvelle
chaîne. Un bruit de Cors leur annonce
l'arrivée d'une Troupe de Chasseurs
et de Chasseresses ; ils conviennent
ensemble de les prendre pour témoins
de leurs sacrez sermens ; cependant ils ne
veulent point troubler des jeux qui sont
chers à Diane leur Protectrice : Ces Chasseurs
forment une Fête qui a paru des
plus brillantes. La Fête est interrompue
par une tempête; la Mer en courroux jette
sur le rivage un Monstre furieux. Hippolyte
va le combattre ; le Monstre blessé
vomit du feu et de la fumée , & c. Tout
étant dissipé , Arice éperduë de ne voir
plus ni Hippolyte ni le Monstre tombe
évanouie ; les Chasseurs trompés par la
disparition d'Hippolyte le croient mort
ils déplorent son sort. Phedre appellée
par leurs cris , arrive ; elle leur demande
la cause de leurs plaintes ; ils lui annoncent
la mort d'Hippolyte , par ces deux
Vers :
pa
Un Monstre furieux , sorti du sein des Flots ;
: Vient de nous ravir ce Héros.
Phedre
2246 MERCURE DE FRANCE
Phédre s'accuse elle-même d'une mort
qu'elle impute à son imposture ; agitéo
de remords , elle croit entendre le tonnerre
, voir trembler la terre , et les Enfers
s'ouvrir sous ses pas ; elle finit l’Acte
par ces Vres :
›
>
"
Dieux cruels , vangeurs implacables
Suspendez un courroux qui me glace d'effroi ş
Ah ! si vous êtes équitables ,
Ne tonnez pas encor sur moi ;
La gloire d'un Héros que l'imposture opprime &
Vous demande un juste secours ;
Laissez-moi révéler à l'Auteur de ses jours ,
Et son innocence , er mon crime.
Au VeActe , le Théatre ne change qu'à
la troisiéme Scene. Les deux premieres
Scenes sont employées à apprendre aux
Spectateurs que Phédre est morte aux
yeux de Thesée , après avoir justifié Hippolyte
, comme elle l'a promis à la fin de
PActe précédent. Ce malheureux Pere
veut se précipiter dans la Mer : Neptune
Pen empêche et lui apprend que son Fils
a été sauvé par Diane. Il lui annonce que
le Destin dans le temps qu'il alloit servir
son aveugle colere , à daigné l'affranchir
de son serment. Il ajoute que ce Maître
des Dieux a ordonné en même temps
qu'un
1
1
OCTOBRE 1733. 2247
qu'un Pere si injuste soit privé pour jas
mais de la vuë d'un Fils si vertueux.
1
On a retranché ces deux premieres
Scenes qui produisoient quelque irrégula
rité contre l'unité de lieu , par le chan
gement de Scene dans le même Acte.
L'Auteur avoit prévenu l'objection dans
sa Préface; mais le Public ne s'y étant pas
prêté , il n'a pas balancé à le satisfaire.
L'Acte commence présentement par
le changement de Lieuson voit un nuage
transporter Aricie dans la Forêt qui porte
son nom ; comme elle croit avoir vû
périr Hippolyte , elle se livre toute entiere
à sa douleur , qu'elle fait éclater par
un Monologue des plus touchans , tandis
qu'elle est ensevelie dans une profon
de tristesse ; une Troupe de Bergers et de
Bergeres invitent Diane à descendre des
Cieux. Au nom de Diane , Aricie , malgré
sa douleur mortelle, sent ranimer son
zele pour la Divinité , à qui elle s'est dévouée
dès sa plus tendre enfance.
La Déesse promet un nouveau Maître
aux Peuples , pour prix de leur zele ; elle
leur ordonne d'aller préparer les plus
beaux Jeux pour le recevoir ; elle arrête
Aricie prête à se retirer. Ala voix de
Diane , les Zéphirs amenent Hyppolyte
qu'elle leur a confié , après l'avoir sauvé
du
E248 MERCURE DE FRANCE
du Monstre ; ces tendres Amans passent
tout d'un coup de la plus mortelle dou
leur à la joye la plus vive. Diane leur
rend compte de tout ce qui s'est passé au
sujet de Thesée et de Phédre . Voici comme
elle s'explique :
Neptune alloit servir une aveugle vangeance ;
Quand le Destin , dont la puissance ,
Fait trembler les Enfers, et la Terre et les Cieux,
A daigné l'affranchir d'un serment odieux ;
Qui faisoit périr l'innocence .
Phédre , aux yeux de Thésée a terminé son sort,
Et t'a rendu ta gloire en se donnant la mort.
Les Peuples d'Aricie viennent célébrer
la fête du couronnement d'Hippolyte et
d'Aricie , par leurs Chants et par leurs
Danses.
On à trouvé la Musique de cet Opéra
un peu difficile à exécuter , mais par l'habileté
des Simphonistes et des autres Musicions
, la dificulté n'en a pas empêché
l'exécution . Les Principaux Acteurs , tant
chantans , que dansans ,s'y sont surpassez.
La DellePetitpas s'y est distinguée par un
ramage de Rossignol qu'on n'a jamais
porté si loin . Le Poëte n'a pas démenti ·
ses Ouvrages précedens ; et le Musicien a
forcé les plus séveres critiques à convenir
que
C
OCTOBRE. 1733. 2249
que dans son premier Ouvrage Lyrique .
li a donné une Musique mâle et harmonieuse
; d'un caractere neuf; nous
voudrions en rouvoir donner un Extrait,
comme nous faisons du Poëme , et faire
sentir ce qu'elle a de sçavant pour l'ex-.
pression dans les Airs caracterisez , les
Tableaux , les intentions heureuses et
soutenues, comme le Choeur et la Chasse
du 4 Acte ; l'Entrée des Amours au Prologue
; le Choeur et la Simphonie du To
nerre; la Gavotte parodiée que chante la
Delle Petitpas au ier Acte ; les Enfers du
2e Acte , l'Image effrayante de la Furie
avec Thesée et le Choeur,&c. Au 3me Ac
te , le Monologue de Thesée , son invocation
à Neptune , le Frémissement des
= Flots. Le Monologue de Phedre dâns
l'Acte suivant. Celui d'Aricie , dans le S
la Bergerie , & c.
le premier Octobre la premiere
Représentation de la Tragédie nouvelle ,
intitulée : Hippolyte et Aricie. Le Poëme
est de M.le Chevalier Pellegrin , et la Musique
de M. Rameau. Le premier est déja
connu par plusieurs Ouvrages applaudis ;
et le second vient de faire voir par son
coup d'essai , dans ce genre de Musique,
qu'il peut égaler les plus grands Maîtres.
L'accueil favorable que le public a fait à
cet Opéra en fait esperer de nombreuses
Représentations : En voici l'Extrait.
L'Auteur du Poëme déclare dans sa Préface
que c'est
pour
authoriser
le caractere
qu'il
donne
à Diane
dans
la Piéce
, qu'il
a
fait
son
Prologue
. Hygin
lui en a fourni
la Fable
. Le Théatre
représente
la Forêt
d'Erymanthe
, si fameuse
par
un des trayaux
d'Hercule
. Diane
le fait
connoître
F par
1234 MERCURE DE FRANCE
par ces Vers , qu'elle addresse à ses Nym
phes et aux habitans des Bois.
Vous êtes dans ces mêmes lieux ,
Où sur un monstre furieux ,
Vn fils de Jupiter , remporta la victoire ;
Mais un monstre plus fier le soumit à son tour g
Du plus grand des Héros vous surpassez l
gloire ,
Quand vous triomphez de l'Amour.
L'Amour ne peut souffrir que Diane
le bannisse de ses Forêts ; il vient lui demander
raison de cet outrage ; Diane invoque
Jupiter son Pere,et le prie de con-
Armer le don qu'il lui a fait de l'Empire
des Forêts ; Jupiter descend au bruit du
tonnerre,et annonce à Diane que le Destin
ordonne que l'Amour regne par tout,
avec cette restriction , qu'il n'exercera sa
puissance sur les sujets de Diane qu'un
seul jour de l'année ; il ajoute que ce jour
doit être éclairé par le flambeau de l'Hymen.
Diane obéit aux Loix du Destin ;
elle ne veut pas pourtant être témoin
d'une Fête si favorable à l'Amour ; elle
annonce le sujet de la Tragédie , par ces
Vers :
Hippolyte , Aricie , exposés à périr ,
Ne fondent que sur moi leur derniere esperances
conOCTOBRE.
1733. 2235
Contre une injuste violence ,
C'est à moi de les secourir.
L'Amour entreprend de consoler les
sujets de Diane de l'absence de leur Souveraine
, par les plus doux plaisirs. Il ap
pelle par ces Vers ,les Jeux et les Amours.
Regnez , aimables jeux , regnez dans ces Forêts,
Qu'à mes voeux empressez votre zêle réponde :
Si vous, tendres Amours , faites voler ces traits ,
D'où dépend le bonheur du monde.
Cet ordre produit une Fête aussi affec
tueuse que brillante : Le Prologue finit
par ces quatre Vers , conformes aux vofontez
suprêmes du Destin; c'est l'Amour
qui parle
Par de nouveaux plaisirs , couronnons ce grand
jour ,
Au Temple de l'Hymen il faut que je vous guide
,
Qu'à cette heureuse Fête , avec lui je préside;
Que son flambeau s'allume aux flammes de l'A }
mour.
Le Théatre représente au premier Acte
de la Tragédie , un Temple consacré à
Diane.
Aricie,Princesse du Sang des Pallantides ,
expose sa situation par ce Monologue.
Fij Tem2236
MERCURE DE FRANCE
> Temple sacré , séjour tranquille
Où Diane aujourd'hui doit recevoir mes voeux
A mon coeur agité daigne servir d'azile ,
Contre un amour trop malheureux ¿
Et toi , dont malgré moi , je rappelle l'image ,
Sher Prince , si mes voeux ne te sont pas offerts;
Du moins j'en apporte l'hommage
A la Déesse que tu sers,
Temple sacré , & c,
Hyppolite vient assûrer Aricie de l'in
dignation que lui inspire la violence que
Phédre lui fait par l'ordre que Thesée son
Pere lui en a donné à son départ de Tréséne
; il déplore son sort d'une maniere
qui le fait soupçonner d'être Amant ;
Voici comment il le fait connoître.
Dans un Pere irrité , confondez -vous son Fils
Et comptez- vous mon coeur entre vos ennemis
& c.
Je pourrois vous hair quelle injustice extreme
!
Je sens pour vous une pitié ,
Aussi tendre que l'amour même."
: Cette déclaration a paru bien ménagée
de part et d'autre.
Les Prêtresses de Diane forment la Fêe
de ce premier Acte,
Phodre
OCTOBRE.´´ 1733.´´ £ 237ì
Phedre vient ensuite féliciter Aricie
sur la gloire qu'elle va acquerir en s'unissant
aux Immortels , par les voeux
qu'elle doit offrir à Diane. Aricie fait entendre
que ces voeux n'étant pas libres
ils ne sont pas dignes des Dieux ; les Prêtresses
de Diane se rangent de son parti,
Phédre fait sonner la Trompette pour
punir leur désobéïssance ; les Prêtresses
invoquent les Dieux pour la punir ellemême
de la violence qu'elle veut leur
faire. Diane descend au bruit du Tonnerre
, comme fille de Jupiter ; ce qu'elle
fait connoître par ces Vers , addressez à
ses Prêtresses :
售
Vous voyez Jupiter se déclarer mon Pere;
Sa foudre vole devant moy.
La Déesse après avoir rassuré ses Prêtresses
, menace Phedre de la vangeance
des Dieux , et prend Hippolyte et Aricie
sous sa protection . Elle remonte dans le
ciel. Les Prêtresses rentrent dans le Temple
; Hippolyte emmene Aricie. Phédre
abandonne à ses transports jaloux, qu'el¬
le fait connoître par ces Vers :
Que voi -je ? contre moi tous les Dieux soat
armez !
Ma Rivale me brave! Elle suit Hippolyte !
Fiij
Ah !
2238 MERCURE DE FRANCE
Ah ! plus je voi leurs coeurs, l'un pour l'aptres
enflammez *
Plus mon jaloux transport s'irrite ,
Que rien n'échappe à ma fureur , &c.
Arcas vient annoncer que Thésée es
descendu dans les Enfers : Il s'exprime
ainsi :
La terre sous ses pas ouverte .'
A favorisé ses efforts ;
Et d'affreux heurlemens , sortis des sombre
bords ,
Du plus grand des Mortels , m'ont confirmé la
perte
J
Anone fait entendre à Phédre qu'elle
peut aimer sans crime , et concevoir de
l'espérance, en offrant son Thrône à Hippolyte,
Phédre se livre à un espoir si flatteur.
Au II Acte, le Théatre représente l'entrée
des Enfers. Thésée tourmenté par
une Furie , expose ce qui s'est passé par
çes Vers :
Dieux! n'est- ce pas assez des maux que j'ai souf
ferts ?
J'ai vuPirythous déchiré par Cerbere ;
J'ai vu ce Monstre affreux , trancher des jours
si chers ,
Sans daigner dans mon sang, assouvir sa coferes
J'enOCTOBRE
17388 · 1239
J'attendois la mort sans effroi ,
Et la mort fuyoit loin de moi.
La Furie conduit Thésée au pied du
Thrône de Pluton : Thésée dit à ce Me
narque des Enfers :
Inéxorable Roy de l'Empire infernal ',
Digne Frere , et digne Rival ,
Du Dieu qui lance le tonnerre ,
Est-ce donc pour vanger tant de Monstres di
vers ,
Dont ce bras a purgé la Terre ,
Que l'on me livre en proye aux Monstres des
Enfers
Pluton
Si tes Exploits sont grands , voy quelle en est la
gloire ,
Ton nom sur les trépas remporte la victoire ;
Comme nous il est immortel ;
Mais , d'une égale main , puisqu'il faut qu'on
dispense ,
Et la peine et la récompense ;´
J'attends plus de Pluton qu'un tourment érernel.
Pluton reproche à Thésée le coupable
projet qu'il a formé avec Pirythoüs d'enlever
Proserpine. Thésée se justifie autant
qu'il lui est possible . Pluton le renvoie au
Tribunal des trois Juges des Enfers.Cette
Filij Scene
246 MERCURE DE FRANCE
Scene est sans contredit la plus belle de
la Tragédie , tant du côté du Poëte que
de celui du Musicien.
Pluton invite toutes les Divinitez infer
nales à le vanger. Thésée revient , suivi
de la Furie vangeresse ; ne pouvant revoir
que par le secours de la mort. Il
l'implore ; les Parques lui parlent ainsi ;
son ami
Du Destin le vouloir suprême ,
Amis entre nos mains la trame de tes jours ;
Mais le fatal Ciseau n'en peut trancher le cours
Qu'au redoutable instant , qu'il a marqué lui
même.
i..
Thésée ne pouvant obtenir la mort ,
implore Neptune son Pere , et lui deman
de l'exécution du serment qu'il a fait de
l'exaucer trois fois : Neptune lui ayant
ouvert la route des Enfers , il le prie de
l'en retirer. Mercure vient de la part du
Dieu des Mers ; il obtient le retour de
Thésée sur la terre , mais avant qu'il´en
sorte , il ordonne aux Parques de lui réveler
le sort que l'avenir lui garde. Ces
trois Déesses lui parlent ainsi .
Quelle soudaine horreur ton destin nous ins
pire !
Où cours-tu, malheureux Tremble, frémi d'ef
froi ;
Tu sors de l'infernal empire ,
Pou
OCTOBRE . 1733. 2241
Pour trouver les Enfers chez toi.
Ce Oracle remplit Thésée d'effroi au
Sujet de Phédre et d'Hippolyte ; qui sono
ce qu'il a de plus cher chez lui. Mercure
lui ouvre le chemin , pour remonter sur
la terre. Thésée dit en partant :
Ciel ! cachons mon retour, et trompons tous les
yeux.
Ce projet de se cacher à tout le mon
de, prépare le coup de Théatre qu'on doit
voir dans l'Acte suivant.
Le Théatre représente au III.Acte, une
partie du Palais de Thésée , sur le rivage
de la Mer.
Phedre prie Venus de lui être favorable.
Enone vient lui dire qu'Hippolyte
qu'elle a mandé , va se rendre auprès
d'elle . 漏
Hippolyte dit à Ph'dre que ce n'est
que pour obéir à ses ordres qu'il vient lui
montrer encore un objet odieux . Phédre
lui fait entendre qu'elle ne l'a jamais haï
qu'en apparence : Hippolyte se flatte de
ne l'avoir plus pour ennemie , et lui pro
met en récompense de tenir lieu de Pere à
son fils : Phédre trompée par le sens équivoque
de cette promesse , lui dit tendrement
&
Fv Hip
$ 242 MERCURE DE FRANCE
Vous pouviez jusques - là vous attendrir poun
y moi !
C'en est trop , et le Thrône , et le Fils er
Mere ,
Je range tout sous votre Loy.
Hippolyte lui répond qu'il borne toute
son ambition à regner sur le coeur d'Aricie.
Phédre détrompée par ces mots , ne
peut plus se contenir ; elle jure la mòrt
de sa Rivale. Au nom de Rivale, Hippolyte
saisi d'horreur s'écrie :
Terribles Ennemis des perfides humains ;
Dieux , si promts autrefois à les réduire en po
dre ,
Qu'attendez- vous ? Lancez la foudre
Qui la retient entre vos mains ?
Phédre au désespoir , lui dit :
Ah ! cesse par tes voeux d'allumer le tonnerre ;
Eclatte ; éveille-toi ; sors d'un honteux repos §
Rends toi digne Fils d'un Héros ,
Qui de Monstres sans nombre, a délivré la terres
El n'en est échappé qu'un seul à sa fureur ;
Frappe ; ce Monstre est dans mon coeur.
Phédre ne pouvant obtenir la mort
qu'elle demande à Hippolyte, se jette sur
son Epée , Hippolyte la lui arrache,Thé
séc
OCTOBRE. 1733. 2243
sée arrive et trouve son Fils l'Epée à la
main contre sa femme; il se rappelle aussi-
tôt la prédiction des Parques , ce qu'il
fait connoître par ces mots :
O'trop fatal oracle !
Je trouve les malheurs que m'a prédits l'Enfer.
Il interroge Phédre, qui le quitte après
lui avoir dit :
L'Amour est outrage ;
Que l'Amour soit vange
Hippolyte interrogé à son tour , n'ose
lui révéler sa honte , et lui demande un
exil éternel. Thésée ordonne à Enone de
ne lui rien cacher. Enone pour sauver
les jours et la gloire de la Reine , parle
ainsi à Thésée :
Un désespoir affreux ; ..... pouvez - vous l'ígnorer
Vous n'en avez été qu'un témoin trop fidelle
Je n'ose accuser votre Fils ...
Mais la Reine ... Seigneur , ce fer armé contre
elle ;
Ne vous en a que trop appris , &c.-
Un amour funeste , &c,-
Thésée n'en veut pas sçavoir davanta
ge ; livré à son désespoir , il invoque
B vj
Neptu
2244 MERCURE DE FRANCE
Neptune et lui demande la mort d'Hippolyte
; une Troupe de Matelots qui
viennent rendre graces à Neptune du retour
de leur Roy , obligent Thésée de se
retirer, et forment le Divertissement qui
finit ce troisiéme Acte.
Au IV Acte le Théatre représente un
Bois consacré à Diane.
,
Hippolyte expose dans un Monologue
ce qui s'est passé dans l'entr'Acte , c'està-
dire , l'exil où son Pere l'a condamné.
Aricie vient se plaindre à Hippolyte
du sort qui va les separer ; Hippolyte ,
pour excuser Thésée , lui dit qu'il a demandé
lui- même cet exil , qu'elle impute
à la rigueur de son Pere. Aricie lui
répond :
Votre exil me donne la mort ,
Et c'est vous seul , ingrat , qu'il faut que j'es
accuse !
Quel soupçon ? ... Dieux puissans , faites que
je m'abuse.
Hippolyte pour se justifier de l'incons
tance dont elle l'accuse , lui fait entendre
qu'une raison secrette lui a fait demander
cet exil dont elle se plaint ; il la prie
de ne lui en pas demander davantage ; cependant
quelques mots qui lui échappent
, quoique ménagez avec art , lui em
disent
OCTOBR E. 1733. 2245*
disent assez pour lui faire pénétrer cet
odieux mystere ; il l'invite à le suivre
dans son exil en qualité d'Epouse ; elle
consent à lui donner sa foy ; ils prient
Diane de vouloir bien former leur nouvelle
chaîne. Un bruit de Cors leur annonce
l'arrivée d'une Troupe de Chasseurs
et de Chasseresses ; ils conviennent
ensemble de les prendre pour témoins
de leurs sacrez sermens ; cependant ils ne
veulent point troubler des jeux qui sont
chers à Diane leur Protectrice : Ces Chasseurs
forment une Fête qui a paru des
plus brillantes. La Fête est interrompue
par une tempête; la Mer en courroux jette
sur le rivage un Monstre furieux. Hippolyte
va le combattre ; le Monstre blessé
vomit du feu et de la fumée , & c. Tout
étant dissipé , Arice éperduë de ne voir
plus ni Hippolyte ni le Monstre tombe
évanouie ; les Chasseurs trompés par la
disparition d'Hippolyte le croient mort
ils déplorent son sort. Phedre appellée
par leurs cris , arrive ; elle leur demande
la cause de leurs plaintes ; ils lui annoncent
la mort d'Hippolyte , par ces deux
Vers :
pa
Un Monstre furieux , sorti du sein des Flots ;
: Vient de nous ravir ce Héros.
Phedre
2246 MERCURE DE FRANCE
Phédre s'accuse elle-même d'une mort
qu'elle impute à son imposture ; agitéo
de remords , elle croit entendre le tonnerre
, voir trembler la terre , et les Enfers
s'ouvrir sous ses pas ; elle finit l’Acte
par ces Vres :
›
>
"
Dieux cruels , vangeurs implacables
Suspendez un courroux qui me glace d'effroi ş
Ah ! si vous êtes équitables ,
Ne tonnez pas encor sur moi ;
La gloire d'un Héros que l'imposture opprime &
Vous demande un juste secours ;
Laissez-moi révéler à l'Auteur de ses jours ,
Et son innocence , er mon crime.
Au VeActe , le Théatre ne change qu'à
la troisiéme Scene. Les deux premieres
Scenes sont employées à apprendre aux
Spectateurs que Phédre est morte aux
yeux de Thesée , après avoir justifié Hippolyte
, comme elle l'a promis à la fin de
PActe précédent. Ce malheureux Pere
veut se précipiter dans la Mer : Neptune
Pen empêche et lui apprend que son Fils
a été sauvé par Diane. Il lui annonce que
le Destin dans le temps qu'il alloit servir
son aveugle colere , à daigné l'affranchir
de son serment. Il ajoute que ce Maître
des Dieux a ordonné en même temps
qu'un
1
1
OCTOBRE 1733. 2247
qu'un Pere si injuste soit privé pour jas
mais de la vuë d'un Fils si vertueux.
1
On a retranché ces deux premieres
Scenes qui produisoient quelque irrégula
rité contre l'unité de lieu , par le chan
gement de Scene dans le même Acte.
L'Auteur avoit prévenu l'objection dans
sa Préface; mais le Public ne s'y étant pas
prêté , il n'a pas balancé à le satisfaire.
L'Acte commence présentement par
le changement de Lieuson voit un nuage
transporter Aricie dans la Forêt qui porte
son nom ; comme elle croit avoir vû
périr Hippolyte , elle se livre toute entiere
à sa douleur , qu'elle fait éclater par
un Monologue des plus touchans , tandis
qu'elle est ensevelie dans une profon
de tristesse ; une Troupe de Bergers et de
Bergeres invitent Diane à descendre des
Cieux. Au nom de Diane , Aricie , malgré
sa douleur mortelle, sent ranimer son
zele pour la Divinité , à qui elle s'est dévouée
dès sa plus tendre enfance.
La Déesse promet un nouveau Maître
aux Peuples , pour prix de leur zele ; elle
leur ordonne d'aller préparer les plus
beaux Jeux pour le recevoir ; elle arrête
Aricie prête à se retirer. Ala voix de
Diane , les Zéphirs amenent Hyppolyte
qu'elle leur a confié , après l'avoir sauvé
du
E248 MERCURE DE FRANCE
du Monstre ; ces tendres Amans passent
tout d'un coup de la plus mortelle dou
leur à la joye la plus vive. Diane leur
rend compte de tout ce qui s'est passé au
sujet de Thesée et de Phédre . Voici comme
elle s'explique :
Neptune alloit servir une aveugle vangeance ;
Quand le Destin , dont la puissance ,
Fait trembler les Enfers, et la Terre et les Cieux,
A daigné l'affranchir d'un serment odieux ;
Qui faisoit périr l'innocence .
Phédre , aux yeux de Thésée a terminé son sort,
Et t'a rendu ta gloire en se donnant la mort.
Les Peuples d'Aricie viennent célébrer
la fête du couronnement d'Hippolyte et
d'Aricie , par leurs Chants et par leurs
Danses.
On à trouvé la Musique de cet Opéra
un peu difficile à exécuter , mais par l'habileté
des Simphonistes et des autres Musicions
, la dificulté n'en a pas empêché
l'exécution . Les Principaux Acteurs , tant
chantans , que dansans ,s'y sont surpassez.
La DellePetitpas s'y est distinguée par un
ramage de Rossignol qu'on n'a jamais
porté si loin . Le Poëte n'a pas démenti ·
ses Ouvrages précedens ; et le Musicien a
forcé les plus séveres critiques à convenir
que
C
OCTOBRE. 1733. 2249
que dans son premier Ouvrage Lyrique .
li a donné une Musique mâle et harmonieuse
; d'un caractere neuf; nous
voudrions en rouvoir donner un Extrait,
comme nous faisons du Poëme , et faire
sentir ce qu'elle a de sçavant pour l'ex-.
pression dans les Airs caracterisez , les
Tableaux , les intentions heureuses et
soutenues, comme le Choeur et la Chasse
du 4 Acte ; l'Entrée des Amours au Prologue
; le Choeur et la Simphonie du To
nerre; la Gavotte parodiée que chante la
Delle Petitpas au ier Acte ; les Enfers du
2e Acte , l'Image effrayante de la Furie
avec Thesée et le Choeur,&c. Au 3me Ac
te , le Monologue de Thesée , son invocation
à Neptune , le Frémissement des
= Flots. Le Monologue de Phedre dâns
l'Acte suivant. Celui d'Aricie , dans le S
la Bergerie , & c.
Fermer
Résumé : Hypolite et Aricie, Extrait, [titre d'après la table]
Le 1er octobre, l'Académie Royale de Musique a présenté la première représentation de la tragédie en musique 'Hippolyte et Aricie'. Le poème est de M. le Chevalier Pellegrin et la musique de M. Rameau. Le public a accueilli favorablement cet opéra, laissant espérer de nombreuses représentations. Le prologue, inspiré par Hygin, se déroule dans la forêt d'Érymanthe. Diane y évoque la victoire d'Hercule sur un monstre et l'invincibilité de l'amour. Jupiter descend et annonce que l'amour régnera partout, sauf un jour par an, éclairé par le flambeau de l'Hymen. Diane, obéissant au destin, quitte la scène. Dans la tragédie, Aricie, princesse des Pallantides, expose sa situation dans un monologue. Hippolyte assure Aricie de son indignation face à la violence de Phèdre, ordonnée par Thésée. Phèdre félicite Aricie sur sa future gloire, mais Aricie refuse ces vœux forcés. Diane descend et menace Phèdre, protégeant Hippolyte et Aricie. Phèdre, jalouse, se livre à ses transports. Arcas annonce que Thésée est descendu aux Enfers. Thésée, tourmenté par une Furie, expose ses malheurs à Pluton, qui le renvoie devant les juges des Enfers. Thésée implore Neptune, qui lui permet de revenir sur terre. Les Parques révèlent à Thésée que les Enfers l'attendent chez lui. Au troisième acte, Phèdre prie Vénus. Hippolyte, venu sur ordre de Phèdre, refuse ses avances. Phèdre, déçue, jure la mort d'Aricie. Thésée arrive et, rappelant la prédiction des Parques, ordonne à Enone de révéler la vérité. Enone accuse Phèdre d'amour funeste. Thésée, désespéré, invoque Neptune pour la mort d'Hippolyte. Au quatrième acte, Hippolyte, en exil, expose sa situation à Aricie. Ils décident de se marier et prient Diane. Une tempête apporte un monstre marin. Hippolyte combat le monstre, mais disparaît. Aricie, évanouie, est secourue par Phèdre, informée de la mort d'Hippolyte. Dans le cinquième acte, il est révélé que Phèdre est morte après avoir innocenté Hippolyte devant Thésée, son père. Thésée, désespéré, tente de se suicider mais est arrêté par Neptune, qui lui annonce qu'Hippolyte a été sauvé par Diane et que Thésée est puni pour son injustice. La scène change ensuite pour montrer Aricie, qui pleure la perte d'Hippolyte. Diane apparaît, ramène Hippolyte à la vie et les unit avec Aricie. La musique de l'opéra est décrite comme difficile mais bien exécutée, avec des performances remarquables des acteurs et musiciens. Le poète et le musicien sont loués pour leur travail, notamment pour les airs caractéristiques, les tableaux et les chœurs.
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244
p. 2291-2296
RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Début :
Son Altesse Sérénissime partit d'Anet avec la Princesse sa fille, accompagnée [...]
Mots clefs :
Dreux, Hôtel de ville, Duchesse du Maine, Princesse, Officiers, Église, Jeunes gens, Honneur, Bourgeoisie, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
RECEPTIONfaite à S. A.S. Madame
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
La Duchesse du Maine , par la Ville de
Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement
, Receveur des Tailles de l'Election
de Dreux.
Save
On Altesse Sérénissime partit d'Anet
ec la Princesse sa fille , accompagnée
d'un grand nombre de personnes du
premier rang , le 23. Septembre dernier ,
er arriva ici sur les 4. heures du soir ;
elle fut saluée à une lieüe de la Ville
par une Compagnie de jeunes Gens qui
s'étoient réunis pour aller au - devant
d'Elle , ayant un Trompette à leur tête ;:
ils étoient parfaitement bien montez
er la maniere dont ils avoient orné leurs
chevaux donnoit un air de galanterie à
cette Troupe, qui satis fit beaucoup S.A.S.
Ils la suivirent jusqu'à Dreux autour de
sa Caleche , laquelle étoit précedée par
les Officiers de sa Maison , et suivie des
Carosses des personnes qui l'accompa
groient.
y
Avant que d'entrer dans la Ville , le
Maire et les autres Officiers de la Ville ,
Hvj por
2192 MERCURE DE FRANCE
portant le Dais sous lequel S. A. S. de- ´
voit marcher jusqu'à l'Eglise , eurent
l'honneur de la complimenter et de fui
présenter avec les Clefs de la Ville , les
présens ordinaires de vins exquis et de
Confitures seches.-
S. A. S. entra dans Dreux , au milieu
d'un concours de peuple extraordinaire
et au bruit des Tambours et de
toutes les Cloches. Elle s'arrêta encore
pour recevoir les complimens du Bailliage
et des autres Corps de Judicature ;
elle répondit aux Harangues avec cette
dignité et cette délicatesse d'esprit si
connues de tous ceux qui ont l'honneur
de l'approcher. Elle fut conduite après
ces cérémonies à l'Eglise principale qui
est située sur le lieu le plus éminent de
la Ville où est aussi le Château des
anciens Comtes de Dreux .
La Princesse trouva sur son passage
toute la Bourgeoisie en haye et sous les
armes ; et de distance en distance elle
passoit sous des Arcs de Triomphes ,
dont la décoration exprimoit la joye qui
devoit regner dans une pareille Fête.
Les Chanoines de la Collegiale vinrent
la recevoir et la conduisirent jusqu'à
leur Eglise , où elle arriva environnée
de tous les Corps de la Ville . Après
s'être
1
OCTOBRE . 1733. 2193
·
s'être placée au milieu du Choeur , on
chanta le Te Deum , qui fut précédé
d'th Motet , dont l'execution parut satisfaire
S. A. S. Après les cérémonies de
l'Eglise, elle fut conduite dans une grande
Salle du Château , où l'on avoit élevé
un Théatre. Elle vit représenter par des
jeunes gens choisis de la Ville , la Tragédie
d'Oedipe , de M. de Voltaire , qui
fut suivie de Momus Fabuliste , de M.Fuzelier
. Ces deux Pieces furent assez bien
représentéss pour mériter les éloges de
S. A. S. Dans l'intervalle des deux Pieces
il y eut une petit Divertissement en Musique
, qui fut parfaitement executé et
dont voici les paroles.
Volez plaisir's heureux , enchantez nos esprits ,
Sçavantes filles du Permesse ,
Protegez nos Jeux et nos Ris ;
Quepartout on y reconnoisse,
Le goût et la délicatesse
Que vous ne prodiguez qu'à vos seuls Favoris
Volez plaisirs heureux , enchantez nos esprits.
La Fille de Condé vient embellir ces Rives ,
Druides accourez , vous , Nimphes fugitives ,
Qui vous ressouvenez d'avoir vû dans ces Lieux,
Briller ses illustres Ayeux ,
Aux accens de ma voix soyez plus attentives.
Celebrez ce jour prétieux,
L'ai
2294 MERCURE DE FRANCE
L'aimable esperance
Soutient nos désirs ,
Puissent nos plaisirs '
Et notre constance •
Fixer sa présence ;
Soyons les Rivaux ,
Des charmes de Sceaux .
La brillante Aurore
Montre ici ses feux ,
La naissante Flore
Y charme les yeux ;
Zéphir qui l'adore
La suit en ces lieux ,
Et les rend encore
Plus délicieux.
Chantons et repetons sans esse ,
Velez , plaisirs , &c..
Après la Comédie , S. A. S. fue
conduite , au bruit des Tambours , dans
la Maison la plus riante et la plus commode
de toute la Ville , où son logement
étoit préparé ; elle retrouva sur
son passage la Bourgeoisie sous les arfaisant
une double haye. Elle vit
avec plaisir les illuminations ingénieuses
dont tous les Habitans avoient orné leurs
Maisons. La Princesse passa sous de nouveaux
-Arcs de -Triomphe , que les Offciens
OCTOBRE..
ciers de Ville avoient eu
illuminer avec beauboup d'are
Elle se mit à table , et dans le meme
temps on servit par son ordre , un grand
soupé à l'Hôtel de Ville , où les Officiers
de Ville et tous les Corps de Judicatute
furent invitez . Après le souper on com
mença le Bal , que S. A. S. voulut bien
honorer de sa présence. Les Dames de
la Ville et des environs y vinrent en
Masque , habillées avec beaucoup de goût
et de magnificence. Les Danses durerent
jusqu'à quatre heures du matin , que la
Princesse et les Dames qui l'accompagnoient
, se retirerent. Le Bal cessé , tou
te la Bourgeoisie continua de monter la
Garde chez elle , et n'a point cessé jusqu'à
son départ de lui donner des mar
ques de son respect et de son attache
ment.
Le lendemain 24. S. A. S. fut occupée
à visiter les Eglises et les Monasteres de
cette Ville , laissant partout des marques
de sa libéralité. Elle vint ensuite
à l'Hôtel de Ville , les Officiers la complimenterent
de nouvean , et eurent
T'honneur de lui présenter une Collation
composée des plus beaux fruits de
La saison . La Princesse revint chez elle
où le divertissement déja donné fut exé,
cutê
CURE DE FRANCE
T
eau , accompagné de beaud'autre
Musique, S. A. S. retourna
à Anet le 25 , marquant une extrême
satisfaction d'avoir trouvé dans la
Ville de Dreux tous les coeurs si remplis
de respect et d'amour pour elle.
La compagnie de jeunes gens qni avoit
été audevant de la Princesse , se trouva
dans le même équipage à la Porte de la
Ville , dans le dessein de l'accompagner
jusqu'à Anet. S. A.S. leur sçût bon gré de
cette disposition et leur permit seulement
de la conduire à une lieuë de la Ville . Ils
revinrent à Dreux , où après avoir fait uu
grand souper dans l'Hôtel de Ville , ils
donnerent le Bal aux Dames , pour ter
miner cette galante fête .
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Résumé : RECEPTION faite à S. A. S. Madame la Duchesse du Maine, par la Ville de Dreux. Extrait d'une Lettre de M. Clement, Receveur des Tailles de l'Election de Dreux.
Le 23 septembre, la Duchesse du Maine, accompagnée de la Princesse sa fille et de nombreuses personnalités, arriva à Dreux vers 16 heures. Elle fut accueillie à une lieue de la ville par une compagnie de jeunes gens bien montés et galamment vêtus, qui la suivirent jusqu'à Dreux. À l'entrée de la ville, le maire et les officiers municipaux lui présentèrent les clés de la ville, des vins et des confitures, et la conduisirent sous un dais jusqu'à l'église principale. La Duchesse fut acclamée par une foule nombreuse et reçut les compliments des autorités locales. Après un Te Deum à l'église, elle assista à des représentations théâtrales au château, incluant 'Œdipe' de Voltaire et 'Momus Fabuliste' de Fuzelier, entrecoupées de musique. Le soir, elle fut conduite à sa résidence, où elle admira les illuminations et les arcs de triomphe. Un grand souper et un bal masqué suivirent, durant lesquels la Duchesse dansa jusqu'à quatre heures du matin. Le lendemain, elle visita les églises et monastères de la ville, distribuant des marques de sa libéralité. Elle quitta Dreux le 25 septembre, satisfaite de l'accueil reçu, et fut escortée par les jeunes gens jusqu'à une lieue de la ville. Ces derniers organisèrent un souper et un bal pour clôturer la fête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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245
p. 2310-2329
Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier, Mathieu François Molé, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Mathieu-François Molé, Bonne-Félicité Bernard, Maison de Molé, Samuel Bernard, Justice, Salon, Arcades, Arcade, Marbre, Balance, Yeux, Armes, Bas-reliefs, Chevalier, Couronne, Attributs de la justice, Panneaux, Bassin, Colonne, Devise
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texteReconnaissance textuelle : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
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Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
Fermer
Résumé : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1733, Mathieu François Molé, Chevalier et Seigneur de Champlatreux et Luzarches, Conseiller du Roi et Président du Parlement, a épousé Bonne-Félicité Bernard. Cette dernière est la fille de Samuel Bernard, Chevalier et Conseiller d'État, et de Pauline Félicité de Saint Chamant. La famille Molé est l'une des plus anciennes et illustres du Parlement, ayant fourni plusieurs grands hommes au siècle précédent, notamment Mathieu Molé, Procureur Général, Premier Président du Parlement et Garde des Sceaux de France. Mathieu Molé, mentionné dans le texte, est le sixième Président à Mortier de sa famille. La fête organisée par le Chevalier Bernard à l'occasion de ce mariage a été aussi magnifique que celle célébrée le 16 août précédent pour le mariage de la Marquise de Mirepoix. Elle a commencé par un concert suivi d'un souper à neuf heures dans une nouvelle salle du jardin, décorée par le Chevalier Servandoni. La décoration extérieure représentait un ancien palais avec une arcade et des fenêtres ornées. La décoration intérieure, nommée le Salon de Thémis, était ornée de figures allégoriques et de bas-reliefs représentant les attributs de la justice. Le salon, de dimensions imposantes, était décoré de colonnes et de figures de femmes symbolisant divers aspects de la justice. Les bas-reliefs et médaillons étaient l'œuvre du peintre curlandois André. Le salon, considéré comme l'un des plus beaux depuis Polidore de Caravage, est percé de douze arcades, chacune ornée de rideaux de satin vert garnis d'or. L'arcade du fond, en forme de niche, est peinte en marbre précieux et ornée de congélations en or. Elle abrite une fontaine avec des coquilles dorées et des jets d'eau formant une cascade abondante. La niche est surmontée d'une ancre d'argent et d'une étoile lumineuse de cristal, symbolisant les armes de M. Bernard. Le salon est richement meublé avec des buffets pour la distribution de vin et de liqueurs, des tribunes avec des balustrades dorées, et des galeries lambrissées et tapissées. Les arcades sont décorées de damas cramoisi galonné d'or, et la frise ainsi que les colonnes sont en brèche violette. Les ornements de l'architrave et de la corniche sont en or, suivant l'ordre ionique. Des cartouches d'armes et des devises dorées en relief sont présents au-dessus des arcades. Le plafond, élevé de 25 pieds, est composé de travées en compartiments alignés d'une colonne à l'autre, ornés de guirlandes de fleurs et de roses dorées. La décoration a été réalisée par le sieur Pietre, et les sculptures par le sieur Chouasse. Une table en fer à cheval, utilisée lors d'une précédente noce, est placée au milieu du salon. L'illumination est assurée par de nombreux lustres et girandoles, et des corps de symphonie jouent pendant le souper. Après le souper, les convives se rendent à l'église Saint-Eustache pour la célébration du mariage, accompagnée de musique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
246
p. 2369-2380
MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
Début :
La question est proposée en ces termes : Si les Musiciens peuvent et doivent [...]
Mots clefs :
Musique, Plain-chant, Goût, Musiciens, Composition, Règles, Ouvrages, Office, Offices, Anciens, Nouveaux, Chant ecclésiastique, Maîtres, Antiphonaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
MEMOIRE sur la question proposée
dans le Mercure de Juin 1733. seconde
Partie , pag. 1410.
LA
A question est proposée en ces teres
mes : Si les Musiciens peuvent et doivent
être écoutez, et suivis dans les raisonnemens
qu'ils tiennent sur le Plain - chant
ou chant d'Eglise , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les manieres dont il
est varié dans les Eglises différentes ; et s'ils
en sont juges tout- à -fait compétens et irréfragables
? S'il n'y a pas deux extrêmitez à
éviter ; l'une de ne les croire juges en rien
l'autre de les crcire juges en tout , et en quoi
donc ils peuvent être consultez et écoutez ?
>
Il ne me seroit pas aisé de répondre à
toutes les parties de cette question . Je ne
suis pas instruit de tous les raisonnemens
que tiennent les Musiciens sur le Plainchant.
Il peut y en avoir de mauvais , il
peut aussi y en avoir de bons ; il y a quel-'
que chose que je n'entends pas bien dans
ce qui suit , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les différentes maniéres
dont il est varié dans les différentes Eglises.
Je m'en tiendrai donc à la derniere partie
de la question , que je réduits à ces
ter
2370. MERCURE DE FRANCE
termes fort simples , jusqu'à quel point on
doit déférer à l'autorité des Musiciens en
matiére de Chant Ecclesiastique ?
C'est un préjugé presque universellement
répandu , que la science du Plainchant
est inséparable de celle de la Musique
, et que tout homme qui est assez
hable pour réussir dans la composition
des Piéces de Musique d'Eglise , réussira
à plus forte raison à composer du Plainchant,
qui est sans comparaison plus simple
et plus aisé ; ainsi dès qu'il s'agit de
mettre en chant de nouveaux Offices , it
est ordinaire qu'on en charge quelques
Musiciens , et qu'on adopte leurs Ouvrages
sans beaucoup d'examen : Je dis sansbeaucoup
d'examen, mais je pourrois dire
absolument , sans examen ; car on croit
ne pouvoir rien faire de mieux , que de
s'en rapporter entierement au goût et au
jugement de ce qu'on appelle les Gens
du métier.
A la faveur de ce préjugé , les Musi
ciens se sont emparez presque par tout du
Chant Ecclésiastique,ils l'ajustent à leurs
idées ; ils changent , ils ajoûtent , ils retranchent
tout ce qu'il leur plaît , et leur
goût décide seul dans les choses mêmes
où les régles et les usages de l'antiquité
devroient seuls être écoutez et suivis.
Pour
NOVEMBRE. 1733. 2371.
Pour sçavoir si le préjugé commun est
bien fondé , il n'y a qu'à prendre la pluspart
des Chants nouveaux , qui sont de
la composition des Musiciens , et examinet
s'ils sont selon les regles et dans le
goût de l'ancien Plain- chant , ou Chant
Grégorien ; car c'est à ces deux choses ,
les regles et le goût, qu'il faut faire attention
dans l'examen des Ouvrages de
Plain chant ; et c'est sur ce pied là qu'on
doit juger de leur mérite.
Premiérement , les regles de la composition
y sont elles exactement suivies &
Conserve t on à chaque Ton ses proprié
tez? Y fait-on sentir la différence du Ton
Plagal ou Pair , d'avec l'Authente ou Impair
? Les chûtes et les repos quadrent-ils
avec la ponctuation? Les Antiennes et lest
Modes de psalmodie sont- ils en proportion
réciproque ? Le Chant est - il varié
selon la diversité des Piéces et selon ce qui
est propre à chacune? Y voit- on une dif
férence bien marquée , non seulement entre
les Antiennes et les Répons , entre
les Chants de la Messe et ceux des autres
Offices ; mais encore entre les diverses ,
Parties de la Messe , dont chacune a sa
propriété , et, pour ainsi dire , son gé
nie particulier
Secondement , la Mélodie de ces nouvelles
SEA
372 MERCURE DE FRANCE
velles Piéces est- elle dans le goût de l'antiquité
et dans celui des Chants modernes
, dont les Auteurs se sont attachez à
prendre pour modéles les Ouvrages des
anciens Maîtres ? A- t'elle la gravité , la
simplicité , la modestie , la douceur que
tout le monde admire dans les Chants
des Offices du Saint Sacrement , ( 1 ) de la
Trinité , et dans plusieurs autres ? Du
moins en approche - t-elle ? Et peut - on
dire, en comparant ces nouvelles compositions
avec les anciennes, que quoiqu'elles
leur soient inférieures en beauté, il paroît
néanmoins que leurs Auteurs ont
travaillé dans le même goût.
Voilà , si je ne me trompe , les princi
pés suivant lesquels nous devons juger
des nouveaux Ouvrages de Plain- chant.
Si tous , ou du moins la plûpart , y sont
conformes; je souscris au sentiment commun
; et je reconnois avec plaisir que la
composition du Plain - chant ne peut- être
dans de meilleures mains que dans celles
de nos Musiciens. Si au contraire ces Ouvrages
montrent le plus souvent dans
leurs Auteurs une ignorance inexcusable
( 1 )Je regarde principalement eet Office comme
il est aujourd'hui dans l'Antiphonaire de Paris , où
l'on a été attentif à faire quadrer les repos des
Chant avec la ponctuation de la Lettre.
ou
NOVEMBRE . 1733. 2371
ou un mépris formel des régles ; si j'y vol
regner une dépravation de goût, qui tend
évidemment à faire disparoître des Offices
divins l'ancien Chant Grégorien , pour
y substituer une composition guindée et
bizarre , qui n'est ni Plain- chant ni Musique
; j'en conclurai que c'est mal-à- propos
qu'on défére sans discernement une
autorité absolue aux Musiciens dans cesmatieres,
Qu'on prenne donc les Offices
propres
de la Paroisse de S. Eustache , du Séminaire
des Bons Enfans , de S. Etienne du
Mont , les nouveaux Chants qu'on a
insérez dans le Rituel de Paris , l'Office
des Morts du prétendu nouveau Manuel
de Beauvais , dont le Chant est d'un
tres-habile Maître de Musique . Qu'on
prenne l'Antiphonaire de l'Ordre de Cluny
, qui est de la composition de Nivers,
le Graduel du même Ordre , qu'on imprime
actuellement ; les nouvelles Hymnes
de l'Antiphonaire , et plusieurs Proses
du Graduel de Rouen, Qu'on examine
, sans prévention , tous ces Ouvrages
de Plain - chant moderne , et qu'on les
compare avec l'ancien Chant ; je m'assure
qu'il n'y a personne parmi ceux qui s'y
connoissent tant soit peu , à qui la diffe
rence , ou plutôt l'opposition de l'un à
Pau2374
MERCURE DE FRANCE
l'autre ne saute aux yeux . Les uns pêchent
contre les régles , les autres contre le bon
goût , plusieurs contre les deux ensémble.
Il me seroit aisé de justifier par des
exemples ce que j'avance ; mais ces sortes
de démonstrations ne peuvent se faire
qu'en représentant les Piéces mêmes , qui
ne peuvent entrer icy . J'y renvoye donc
ceux qui sçavent les régles et qui ont étudié
le vrai caractére du Plain- chant.
Il paroît d'abord étonnant que des
gens nourris dès l'enfance dans l'étude et
dans l'exercice du Chant , contribuent
plus que tous les autres à le gâter. Cependant
rien n'est plus vrai , et il n'est pas ,
ce me semble , bien difficile d'en appercevoir
les raisons ; elles se tirent du génie
même de la Musique moderne et de l'éducation
qu'on donne aux Enfans de
Choeur dans les Maîtrises ou Ecoles de
Chant , d'où sont sortis la plupart des
Musiciens.
Le Plain- chant et la Musique ont les
mêmes principes , et , pour ainsi dire , la
même origine et le même berceau ; mais
à cela près , ils se ressemblent fort peu ,
sur tout dans ces derniers temps , où la
Musique , qui autrefois ne différoit guére
du Plain-chant que par la mesure et
l'harmonie , est aussi différente d'ellemême
NOVEMBRE . 1733. 2375
même, que la seroit une femme, qui après
avoir paru dans le monde , vétuë et coëffée
très- simplement et avec une contenance
modeste et sérieuse , se montreroit
parée de riches étoffes , la tête chargée
des ornemens les plus recherchez , avec
-la démarche affectée , et les airs enjouez
-d'une Coquette.
Doit-on être surpris que des Gens qui
sont élevez dans l'estime et dans le goût
-d'une telle Musique , qui passent toute
leur jeunesse à l'étudier , et à s'y perfectionner
; qui enchérissént les uns sur les
autres pour trouver de nouveaux raffinemens
dans cet Art ; doit - on , ' dis -je , être
surpris que de telles gens ne puissent
communément revenir à cette noble sim,
plicité , qui fait le caractére essentiel du
Plain - chant. Les idées de Musique dont
ils sont pleins , se présentent à chaque
moment ; tout se montre à eux sous cette
forme. S'ils s'abandonnent à leur génie ,
ils ne peuvent produire qu'un Chant
musical . S'ils font effort pour se contraindre
, leur composition se sent presque pár
tour de la gêne où est leur esprit , elle
est dure , inégale et n'a rien de cet air
aisé , simple et naturel , qu'on admire
dans les Chants anciens ; marchant sans
régle , sans dessein, sans autre art qu'une
froide
1376 MERCURE DE FRANCE
•
froide expression , qui consiste le plus
souvent à appliquer au hazard certains
tons sur certaines paroles , sans s'embar
rasser de l'effet que cela peut produire ,
avec ce qui peut précéder ou ce qui suit.
Je m'imagine voir un Cheval fougueux
à qui l'on tient la bride courte ; son allure
n'a rien de réglé , il va à droit , à gau
che , il avance , il recule , parce qu'il est
contraint et qu'on ne lui permet pas de
suivre sa fougue. Une imagination livrée
de longue main à ses caprices et exercée ,
pour ainsi dire , à des sauts périlleux , se
trouve à la gêne , lorsqu'on veut la faire
marcher d'un pas égal dans un chemin
droit et uni; elle s'échappe , malgré qu'on
en ait , ou , si elle est retenuë , tous ses
mouvemens sont forcez et de mauvaise
grace.
D'ailleurs les Musiciens sçavent peu les
regles et les respectent encore moins ; ils
les sçavent peu , parce qu'on n'a pas eu
soin de les en instruire, et qu'eux- mêmes
tout occupez de leur grand objet qui est
la Musique , négligent de les apprendre.
Il y a à la tête de l'Antiphonaire Parisien
plusieurs observations tres-utiles , sur tout
en ce qui regarde les usages de l'Eglise de
Paris ; mais il y a tres - peu de gens , même
parmi les Maîtres , qui prennent la peine
de
NOVEMBRE. , 1733. 2377
de les lire. Celui qui a composé le Chant
du Propre de S. Germain l'Auxerrois ,
està Paris depuis près de trente ans, chargé
d'apprendre le Chant aux Enfans , et c'est
peut-être le plus sçavant Musicien qu'il
yait en France. Il ne paroît pas cependant
qu'il ait jamais lû les observations
dont je parle ; ou , s'il les a lûës , il s'est
peu soucié de les réduire en pratique ;
car ces Messieurs traitent le Plain- chant
cavalierement , et ne se mettent pas fort
en peine de marcher sur les traces des anciens
Maîtres. Ils cherchent de nouvelles
routes et des beautez d'un autre genre ;
et dédaignant d'être de bons et de judicieux
imitateurs , ils deviennent de mauvais
originaux.
Il y a donc peu de Musiciens , même
parmi les Maîtres , à qui on puisse confier
sûrement la composition du Chant
Ecclésiastique ; et un homme tel que feu
M. l'Abbé Chastelain , Auteur de l'Antiphonaire
Parisien , qui avec quelque
teinture de Musique , a bien étudié et
médité les bons Ouvrages de Plain- chant,
et qui s'est rempli des justes et nobles
idées des anciens Maîtres , est plus capaẻ
ble de faire d'excellentes compositions
dans ce genre , que plusieurs de ceux qui
passent pour les meilleurs Musicien ,
C Ja
2378 MERCURE DE FRANCE
4
ges
Je ne prétens pas , au reste , les récuser
absolument pour juges dans cette matiére;
et je suis bien éloigné de penser qu'il
ne doivent pas être consultez ; ils sentent.
parfaitement les beautez d'une Piéce de
Chant ; ils ne sont pas moins que nous ,
passionnez admirateurs des bons Ouvraanciens
et modernes . L'Office du saint
Sacrement , l'ancien Office de la Trinité ;
le Chant Parisien de l'Hymne Deus tuorum
militum , celui du dernier Répons de
l'Office nocturne du Samedi Saint ; l'Antienne
, Qui docti fuerint ; les Répons de
l'Office des Morts ; les Hymnes O quam
glorifica . Ave maris stella.Ut queant laxis;
les Proses Veni sancte Spiritus. Mittit ad
Virginem , et plusieurs autres Piéces les
charment et les enlevent, J'ai oui dire
que le fameux Lully ne trouvoit rien de
plus beau ni de plus touchant que la
modulation si simple de la Préface de la
Messe . La bénédiction du Cierge Paschal
, selon l'usage de Rouen , paroissoit
à un habile Organiste de la Cathédrale
de cette Ville un chef d'oeuvre inimitable.
J'ajoûte que la Musique donne à co
Messieurs une grande délicatesse de dis
cernement pour appercevoir dans ur-
Piéce , de petites négligences qui échaj:
pent à d'autres moins habiles qu'eux da
la science des sons, }
NOVEMBRE . 1733. 2379
Ils sont donc en état de juger par le
sentiment et le goût du mérite d'une
Piéce ; et par conséquent on doit les consulter
pour ce qui regarde la mélodie et
profiter de leurs avis.
Je suis même persuadé qu'il y a des
Musiciens , dont l'heureux génie réünit
ensemble le goût du Plain - chant et celui
de la Musique, sans mélange et sans confusion
. Il est bien sûr qu'avec la connoissance
de l'histoire du Chant et des anciens
usages, et l'attention aux Régles, de
tels Musiciens feroient de très - beaux
Ouvrages dans le genre de Chant Ecclésiastique.
Mais je persiste à croire que la qualité
de Musicien et d'habile Musicien , ne
donne point par elle- même à ceux de cette
profession la capacité de bien composer
en Plain- chant , ni le droit de juger
souverainement de ces matiéres. Qu'ils
donnent leurs avis , à la bonne heure ,
sur les compositions des autres , pour ce
qui ne dépend que d'un certain goût que
la Musique peut donner.Mais on ne peut,
sans risque d'altérer le Chant Ecclésiastique,
ni leur abandonner la composition
des nouveaux Offices , ni s'en rapporter à
leur jugement dans les choses qui dépendent
de la connoissance des régles et des
Cij
usi2330
MERCURE DE FRANCE
usages ; à moins qu'ils n'ayent fait preuve
qu'ils sçavent ces régles , qu'ils les respectent,
et qu'ils sont capables d'une compo
sition sage , modeste , grave , conforme
au génie et au goût des Anciens.
Par M ***
dans le Mercure de Juin 1733. seconde
Partie , pag. 1410.
LA
A question est proposée en ces teres
mes : Si les Musiciens peuvent et doivent
être écoutez, et suivis dans les raisonnemens
qu'ils tiennent sur le Plain - chant
ou chant d'Eglise , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les manieres dont il
est varié dans les Eglises différentes ; et s'ils
en sont juges tout- à -fait compétens et irréfragables
? S'il n'y a pas deux extrêmitez à
éviter ; l'une de ne les croire juges en rien
l'autre de les crcire juges en tout , et en quoi
donc ils peuvent être consultez et écoutez ?
>
Il ne me seroit pas aisé de répondre à
toutes les parties de cette question . Je ne
suis pas instruit de tous les raisonnemens
que tiennent les Musiciens sur le Plainchant.
Il peut y en avoir de mauvais , il
peut aussi y en avoir de bons ; il y a quel-'
que chose que je n'entends pas bien dans
ce qui suit , s'ils sont en état de raisonner
et d'être crûs sur les différentes maniéres
dont il est varié dans les différentes Eglises.
Je m'en tiendrai donc à la derniere partie
de la question , que je réduits à ces
ter
2370. MERCURE DE FRANCE
termes fort simples , jusqu'à quel point on
doit déférer à l'autorité des Musiciens en
matiére de Chant Ecclesiastique ?
C'est un préjugé presque universellement
répandu , que la science du Plainchant
est inséparable de celle de la Musique
, et que tout homme qui est assez
hable pour réussir dans la composition
des Piéces de Musique d'Eglise , réussira
à plus forte raison à composer du Plainchant,
qui est sans comparaison plus simple
et plus aisé ; ainsi dès qu'il s'agit de
mettre en chant de nouveaux Offices , it
est ordinaire qu'on en charge quelques
Musiciens , et qu'on adopte leurs Ouvrages
sans beaucoup d'examen : Je dis sansbeaucoup
d'examen, mais je pourrois dire
absolument , sans examen ; car on croit
ne pouvoir rien faire de mieux , que de
s'en rapporter entierement au goût et au
jugement de ce qu'on appelle les Gens
du métier.
A la faveur de ce préjugé , les Musi
ciens se sont emparez presque par tout du
Chant Ecclésiastique,ils l'ajustent à leurs
idées ; ils changent , ils ajoûtent , ils retranchent
tout ce qu'il leur plaît , et leur
goût décide seul dans les choses mêmes
où les régles et les usages de l'antiquité
devroient seuls être écoutez et suivis.
Pour
NOVEMBRE. 1733. 2371.
Pour sçavoir si le préjugé commun est
bien fondé , il n'y a qu'à prendre la pluspart
des Chants nouveaux , qui sont de
la composition des Musiciens , et examinet
s'ils sont selon les regles et dans le
goût de l'ancien Plain- chant , ou Chant
Grégorien ; car c'est à ces deux choses ,
les regles et le goût, qu'il faut faire attention
dans l'examen des Ouvrages de
Plain chant ; et c'est sur ce pied là qu'on
doit juger de leur mérite.
Premiérement , les regles de la composition
y sont elles exactement suivies &
Conserve t on à chaque Ton ses proprié
tez? Y fait-on sentir la différence du Ton
Plagal ou Pair , d'avec l'Authente ou Impair
? Les chûtes et les repos quadrent-ils
avec la ponctuation? Les Antiennes et lest
Modes de psalmodie sont- ils en proportion
réciproque ? Le Chant est - il varié
selon la diversité des Piéces et selon ce qui
est propre à chacune? Y voit- on une dif
férence bien marquée , non seulement entre
les Antiennes et les Répons , entre
les Chants de la Messe et ceux des autres
Offices ; mais encore entre les diverses ,
Parties de la Messe , dont chacune a sa
propriété , et, pour ainsi dire , son gé
nie particulier
Secondement , la Mélodie de ces nouvelles
SEA
372 MERCURE DE FRANCE
velles Piéces est- elle dans le goût de l'antiquité
et dans celui des Chants modernes
, dont les Auteurs se sont attachez à
prendre pour modéles les Ouvrages des
anciens Maîtres ? A- t'elle la gravité , la
simplicité , la modestie , la douceur que
tout le monde admire dans les Chants
des Offices du Saint Sacrement , ( 1 ) de la
Trinité , et dans plusieurs autres ? Du
moins en approche - t-elle ? Et peut - on
dire, en comparant ces nouvelles compositions
avec les anciennes, que quoiqu'elles
leur soient inférieures en beauté, il paroît
néanmoins que leurs Auteurs ont
travaillé dans le même goût.
Voilà , si je ne me trompe , les princi
pés suivant lesquels nous devons juger
des nouveaux Ouvrages de Plain- chant.
Si tous , ou du moins la plûpart , y sont
conformes; je souscris au sentiment commun
; et je reconnois avec plaisir que la
composition du Plain - chant ne peut- être
dans de meilleures mains que dans celles
de nos Musiciens. Si au contraire ces Ouvrages
montrent le plus souvent dans
leurs Auteurs une ignorance inexcusable
( 1 )Je regarde principalement eet Office comme
il est aujourd'hui dans l'Antiphonaire de Paris , où
l'on a été attentif à faire quadrer les repos des
Chant avec la ponctuation de la Lettre.
ou
NOVEMBRE . 1733. 2371
ou un mépris formel des régles ; si j'y vol
regner une dépravation de goût, qui tend
évidemment à faire disparoître des Offices
divins l'ancien Chant Grégorien , pour
y substituer une composition guindée et
bizarre , qui n'est ni Plain- chant ni Musique
; j'en conclurai que c'est mal-à- propos
qu'on défére sans discernement une
autorité absolue aux Musiciens dans cesmatieres,
Qu'on prenne donc les Offices
propres
de la Paroisse de S. Eustache , du Séminaire
des Bons Enfans , de S. Etienne du
Mont , les nouveaux Chants qu'on a
insérez dans le Rituel de Paris , l'Office
des Morts du prétendu nouveau Manuel
de Beauvais , dont le Chant est d'un
tres-habile Maître de Musique . Qu'on
prenne l'Antiphonaire de l'Ordre de Cluny
, qui est de la composition de Nivers,
le Graduel du même Ordre , qu'on imprime
actuellement ; les nouvelles Hymnes
de l'Antiphonaire , et plusieurs Proses
du Graduel de Rouen, Qu'on examine
, sans prévention , tous ces Ouvrages
de Plain - chant moderne , et qu'on les
compare avec l'ancien Chant ; je m'assure
qu'il n'y a personne parmi ceux qui s'y
connoissent tant soit peu , à qui la diffe
rence , ou plutôt l'opposition de l'un à
Pau2374
MERCURE DE FRANCE
l'autre ne saute aux yeux . Les uns pêchent
contre les régles , les autres contre le bon
goût , plusieurs contre les deux ensémble.
Il me seroit aisé de justifier par des
exemples ce que j'avance ; mais ces sortes
de démonstrations ne peuvent se faire
qu'en représentant les Piéces mêmes , qui
ne peuvent entrer icy . J'y renvoye donc
ceux qui sçavent les régles et qui ont étudié
le vrai caractére du Plain- chant.
Il paroît d'abord étonnant que des
gens nourris dès l'enfance dans l'étude et
dans l'exercice du Chant , contribuent
plus que tous les autres à le gâter. Cependant
rien n'est plus vrai , et il n'est pas ,
ce me semble , bien difficile d'en appercevoir
les raisons ; elles se tirent du génie
même de la Musique moderne et de l'éducation
qu'on donne aux Enfans de
Choeur dans les Maîtrises ou Ecoles de
Chant , d'où sont sortis la plupart des
Musiciens.
Le Plain- chant et la Musique ont les
mêmes principes , et , pour ainsi dire , la
même origine et le même berceau ; mais
à cela près , ils se ressemblent fort peu ,
sur tout dans ces derniers temps , où la
Musique , qui autrefois ne différoit guére
du Plain-chant que par la mesure et
l'harmonie , est aussi différente d'ellemême
NOVEMBRE . 1733. 2375
même, que la seroit une femme, qui après
avoir paru dans le monde , vétuë et coëffée
très- simplement et avec une contenance
modeste et sérieuse , se montreroit
parée de riches étoffes , la tête chargée
des ornemens les plus recherchez , avec
-la démarche affectée , et les airs enjouez
-d'une Coquette.
Doit-on être surpris que des Gens qui
sont élevez dans l'estime et dans le goût
-d'une telle Musique , qui passent toute
leur jeunesse à l'étudier , et à s'y perfectionner
; qui enchérissént les uns sur les
autres pour trouver de nouveaux raffinemens
dans cet Art ; doit - on , ' dis -je , être
surpris que de telles gens ne puissent
communément revenir à cette noble sim,
plicité , qui fait le caractére essentiel du
Plain - chant. Les idées de Musique dont
ils sont pleins , se présentent à chaque
moment ; tout se montre à eux sous cette
forme. S'ils s'abandonnent à leur génie ,
ils ne peuvent produire qu'un Chant
musical . S'ils font effort pour se contraindre
, leur composition se sent presque pár
tour de la gêne où est leur esprit , elle
est dure , inégale et n'a rien de cet air
aisé , simple et naturel , qu'on admire
dans les Chants anciens ; marchant sans
régle , sans dessein, sans autre art qu'une
froide
1376 MERCURE DE FRANCE
•
froide expression , qui consiste le plus
souvent à appliquer au hazard certains
tons sur certaines paroles , sans s'embar
rasser de l'effet que cela peut produire ,
avec ce qui peut précéder ou ce qui suit.
Je m'imagine voir un Cheval fougueux
à qui l'on tient la bride courte ; son allure
n'a rien de réglé , il va à droit , à gau
che , il avance , il recule , parce qu'il est
contraint et qu'on ne lui permet pas de
suivre sa fougue. Une imagination livrée
de longue main à ses caprices et exercée ,
pour ainsi dire , à des sauts périlleux , se
trouve à la gêne , lorsqu'on veut la faire
marcher d'un pas égal dans un chemin
droit et uni; elle s'échappe , malgré qu'on
en ait , ou , si elle est retenuë , tous ses
mouvemens sont forcez et de mauvaise
grace.
D'ailleurs les Musiciens sçavent peu les
regles et les respectent encore moins ; ils
les sçavent peu , parce qu'on n'a pas eu
soin de les en instruire, et qu'eux- mêmes
tout occupez de leur grand objet qui est
la Musique , négligent de les apprendre.
Il y a à la tête de l'Antiphonaire Parisien
plusieurs observations tres-utiles , sur tout
en ce qui regarde les usages de l'Eglise de
Paris ; mais il y a tres - peu de gens , même
parmi les Maîtres , qui prennent la peine
de
NOVEMBRE. , 1733. 2377
de les lire. Celui qui a composé le Chant
du Propre de S. Germain l'Auxerrois ,
està Paris depuis près de trente ans, chargé
d'apprendre le Chant aux Enfans , et c'est
peut-être le plus sçavant Musicien qu'il
yait en France. Il ne paroît pas cependant
qu'il ait jamais lû les observations
dont je parle ; ou , s'il les a lûës , il s'est
peu soucié de les réduire en pratique ;
car ces Messieurs traitent le Plain- chant
cavalierement , et ne se mettent pas fort
en peine de marcher sur les traces des anciens
Maîtres. Ils cherchent de nouvelles
routes et des beautez d'un autre genre ;
et dédaignant d'être de bons et de judicieux
imitateurs , ils deviennent de mauvais
originaux.
Il y a donc peu de Musiciens , même
parmi les Maîtres , à qui on puisse confier
sûrement la composition du Chant
Ecclésiastique ; et un homme tel que feu
M. l'Abbé Chastelain , Auteur de l'Antiphonaire
Parisien , qui avec quelque
teinture de Musique , a bien étudié et
médité les bons Ouvrages de Plain- chant,
et qui s'est rempli des justes et nobles
idées des anciens Maîtres , est plus capaẻ
ble de faire d'excellentes compositions
dans ce genre , que plusieurs de ceux qui
passent pour les meilleurs Musicien ,
C Ja
2378 MERCURE DE FRANCE
4
ges
Je ne prétens pas , au reste , les récuser
absolument pour juges dans cette matiére;
et je suis bien éloigné de penser qu'il
ne doivent pas être consultez ; ils sentent.
parfaitement les beautez d'une Piéce de
Chant ; ils ne sont pas moins que nous ,
passionnez admirateurs des bons Ouvraanciens
et modernes . L'Office du saint
Sacrement , l'ancien Office de la Trinité ;
le Chant Parisien de l'Hymne Deus tuorum
militum , celui du dernier Répons de
l'Office nocturne du Samedi Saint ; l'Antienne
, Qui docti fuerint ; les Répons de
l'Office des Morts ; les Hymnes O quam
glorifica . Ave maris stella.Ut queant laxis;
les Proses Veni sancte Spiritus. Mittit ad
Virginem , et plusieurs autres Piéces les
charment et les enlevent, J'ai oui dire
que le fameux Lully ne trouvoit rien de
plus beau ni de plus touchant que la
modulation si simple de la Préface de la
Messe . La bénédiction du Cierge Paschal
, selon l'usage de Rouen , paroissoit
à un habile Organiste de la Cathédrale
de cette Ville un chef d'oeuvre inimitable.
J'ajoûte que la Musique donne à co
Messieurs une grande délicatesse de dis
cernement pour appercevoir dans ur-
Piéce , de petites négligences qui échaj:
pent à d'autres moins habiles qu'eux da
la science des sons, }
NOVEMBRE . 1733. 2379
Ils sont donc en état de juger par le
sentiment et le goût du mérite d'une
Piéce ; et par conséquent on doit les consulter
pour ce qui regarde la mélodie et
profiter de leurs avis.
Je suis même persuadé qu'il y a des
Musiciens , dont l'heureux génie réünit
ensemble le goût du Plain - chant et celui
de la Musique, sans mélange et sans confusion
. Il est bien sûr qu'avec la connoissance
de l'histoire du Chant et des anciens
usages, et l'attention aux Régles, de
tels Musiciens feroient de très - beaux
Ouvrages dans le genre de Chant Ecclésiastique.
Mais je persiste à croire que la qualité
de Musicien et d'habile Musicien , ne
donne point par elle- même à ceux de cette
profession la capacité de bien composer
en Plain- chant , ni le droit de juger
souverainement de ces matiéres. Qu'ils
donnent leurs avis , à la bonne heure ,
sur les compositions des autres , pour ce
qui ne dépend que d'un certain goût que
la Musique peut donner.Mais on ne peut,
sans risque d'altérer le Chant Ecclésiastique,
ni leur abandonner la composition
des nouveaux Offices , ni s'en rapporter à
leur jugement dans les choses qui dépendent
de la connoissance des régles et des
Cij
usi2330
MERCURE DE FRANCE
usages ; à moins qu'ils n'ayent fait preuve
qu'ils sçavent ces régles , qu'ils les respectent,
et qu'ils sont capables d'une compo
sition sage , modeste , grave , conforme
au génie et au goût des Anciens.
Par M ***
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Résumé : MEMOIRE sur la question proposée dans le Mercure de Juin 1733. seconde Partie, pag. 1410.
Le texte discute de la question de savoir si les musiciens doivent être écoutés et suivis dans leurs raisonnements sur le plain-chant ou chant d'Église. L'auteur reconnaît qu'il n'est pas suffisamment informé pour répondre à toutes les parties de la question et se concentre sur la portée de l'autorité des musiciens en matière de chant ecclésiastique. Le mémoire critique un préjugé selon lequel la science du plain-chant est inséparable de celle de la musique. Les musiciens sont souvent chargés de composer de nouveaux offices sans examen approfondi, car on croit qu'ils sont les mieux placés pour cette tâche. Cependant, l'auteur affirme que les musiciens modifient souvent le chant ecclésiastique selon leurs propres idées, au détriment des règles et des usages anciens. Pour évaluer la validité de ce préjugé, l'auteur propose d'examiner les chants nouveaux composés par les musiciens en fonction des règles et du goût de l'ancien plain-chant grégorien. Il souligne l'importance de respecter les propriétés de chaque ton, la ponctuation, la proportion des antiennes et des modes de psalmodie, ainsi que la variété du chant selon les pièces et les offices. L'auteur conclut que si les nouveaux ouvrages de plain-chant respectent ces principes, il reconnaîtra l'autorité des musiciens. Sinon, il estime que leur autorité ne doit pas être déférée sans discernement. Il cite plusieurs exemples de chants modernes qui montrent une ignorance des règles ou un mépris des traditions. Le mémoire explique également que les musiciens, formés dans la musique moderne, ont du mal à revenir à la simplicité du plain-chant. Leur éducation et leur goût pour la musique moderne influencent leurs compositions, les rendant souvent guindées et bizarres. Enfin, l'auteur reconnaît que certains musiciens peuvent avoir un goût pour le plain-chant et la musique, et qu'ils peuvent être consultés pour juger de la mélodie. Cependant, il insiste sur le fait que la qualité de musicien ne garantit pas automatiquement une compétence en matière de plain-chant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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247
p. 2461-2462
Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
Début :
M. Aubert, Intendant de la Musique de S. A. S. M. le Duc, vient de donner au Public sa sixiéme [...]
Mots clefs :
Musique, Public, Symphonie, Musettes, Violons, Hautbois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
M. Aubert, Intendant de la Musique de S. A.S.
M. le Duc , vient de donner au Public sa sixiéme
suite du Concert de Symphonie ; cet Ouvrage
est fait exprès pour les Musettes et pour les
Vielles , et peut cependant s'executer , ainsi que.
les cinq précédentes Suites , par les Violons ,
Flutes et Hautbois. L'Auteur donnera à la fin
du present mois un Livre nouveau intitulé , les
Amusettes , contenant six Amusettes ou Sonatilles,
pour les Vielles, Musettes, Violons , Flutes , et
Hautbois , avec la Basse- Continuë. Cette OEuvre
pourra s'executer sur le Clavecin, Dessus et Basse,
en forme de Pieces . On trouve tous cesOuvrages à
la Regle d'or , ruë S. Honoré , à la Croix d'or , ruë
du Roule et chez l'Auteur , rue S. Honoré , visà-
vis la ruë de Grenelle , aux Dames de France,
M. Michel , Chanoine et Maître de Musique
de la Sainte Chapelle de Dijon , a fait chanter
devant le Roy , tous les jours depuis le 23 Octobre
jusqu'au 31. differens Motets , qui ont été
goutez géneralement de toute la Cour et des
Connoisseurs.
Il doit donner au Public incessamment quelques
uns de ses Ouvrages , qui sont actuellement sous
presse ; sçavoir, un Motet à grand Choeur , executé
devant le Roy , et des Leçons de Jeremie à
une , à deux et à trois voix , avec Symphonie et
Sans Symphonie , tant pour les Communautez
Religieuses
2462 MERCURE DE FRANCE
Religieuses , que pour les Chapitres , avec quelques
Observations curieuses ; et se débiteront
à l'Ordinaire chez les sieurs Boivin et le Cler ,
Paris.
Premier Livre de Sonnates , pour le Violoncelle
composé par M. Barriere , Ordinaire de l'Académie
Royale de Musique. Il se vend chez
Boivin , rue S. Honoré , et chez l'Auteur ,
rue des Poulies.
Le sieur Chedeville , cadet , a donné à la Musette
, des augmentations de tours , par le moyen
desquels ceux qui jouent de cet kastrument , peuvent
executer toute sorte de Musique en la transposant
dans le mode convenable. Ces Musettes
descendent en C , sol , ut , en bas , et montent en
G , Ré , Sol de la seconde octave ; elles permettent
de jouer un air entier par accords , et leg
tours d'augmentation s'articulent d'autant
Imieux qu'ils sont tous indépendans les uns des
autres : le grand Chalumeau est tout à l'ordinai
re ; il n'y a de changement que dans la forme du
petit Chalumeau , dont les clefs sont posées et
arrangées avec tant d'art , qu'il faudra peu d'étude
pour en faire usage.
Il vient de donner aussi au Public les Danses
amusantes , son quatrième Livre ; OEuvres pour
la Musette , Vielle , Flute , Hautbois et Violons.
Il demeure dans le petit Cloitre S. Opportune
vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or..
M. le Duc , vient de donner au Public sa sixiéme
suite du Concert de Symphonie ; cet Ouvrage
est fait exprès pour les Musettes et pour les
Vielles , et peut cependant s'executer , ainsi que.
les cinq précédentes Suites , par les Violons ,
Flutes et Hautbois. L'Auteur donnera à la fin
du present mois un Livre nouveau intitulé , les
Amusettes , contenant six Amusettes ou Sonatilles,
pour les Vielles, Musettes, Violons , Flutes , et
Hautbois , avec la Basse- Continuë. Cette OEuvre
pourra s'executer sur le Clavecin, Dessus et Basse,
en forme de Pieces . On trouve tous cesOuvrages à
la Regle d'or , ruë S. Honoré , à la Croix d'or , ruë
du Roule et chez l'Auteur , rue S. Honoré , visà-
vis la ruë de Grenelle , aux Dames de France,
M. Michel , Chanoine et Maître de Musique
de la Sainte Chapelle de Dijon , a fait chanter
devant le Roy , tous les jours depuis le 23 Octobre
jusqu'au 31. differens Motets , qui ont été
goutez géneralement de toute la Cour et des
Connoisseurs.
Il doit donner au Public incessamment quelques
uns de ses Ouvrages , qui sont actuellement sous
presse ; sçavoir, un Motet à grand Choeur , executé
devant le Roy , et des Leçons de Jeremie à
une , à deux et à trois voix , avec Symphonie et
Sans Symphonie , tant pour les Communautez
Religieuses
2462 MERCURE DE FRANCE
Religieuses , que pour les Chapitres , avec quelques
Observations curieuses ; et se débiteront
à l'Ordinaire chez les sieurs Boivin et le Cler ,
Paris.
Premier Livre de Sonnates , pour le Violoncelle
composé par M. Barriere , Ordinaire de l'Académie
Royale de Musique. Il se vend chez
Boivin , rue S. Honoré , et chez l'Auteur ,
rue des Poulies.
Le sieur Chedeville , cadet , a donné à la Musette
, des augmentations de tours , par le moyen
desquels ceux qui jouent de cet kastrument , peuvent
executer toute sorte de Musique en la transposant
dans le mode convenable. Ces Musettes
descendent en C , sol , ut , en bas , et montent en
G , Ré , Sol de la seconde octave ; elles permettent
de jouer un air entier par accords , et leg
tours d'augmentation s'articulent d'autant
Imieux qu'ils sont tous indépendans les uns des
autres : le grand Chalumeau est tout à l'ordinai
re ; il n'y a de changement que dans la forme du
petit Chalumeau , dont les clefs sont posées et
arrangées avec tant d'art , qu'il faudra peu d'étude
pour en faire usage.
Il vient de donner aussi au Public les Danses
amusantes , son quatrième Livre ; OEuvres pour
la Musette , Vielle , Flute , Hautbois et Violons.
Il demeure dans le petit Cloitre S. Opportune
vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or..
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Résumé : Nouveaux ouvrages de Musique. [titre d'après la table]
M. Aubert, Intendant de la Musique de Son Altesse Sérénissime, a présenté la sixième suite du Concert de Symphonie, composée pour les musettes et vielles, mais adaptable aux violons, flûtes et hautbois. Il publiera bientôt 'Les Amusettes', contenant six amusettes ou sonatilles pour divers instruments, y compris le clavecin. Ces œuvres sont disponibles à la Régle d'or, rue Saint-Honoré, à la Croix d'or, rue du Roule, et chez l'auteur. M. Michel, Chanoine et Maître de Musique de la Sainte Chapelle de Dijon, a interprété divers motets devant le Roi du 23 au 31 octobre, appréciés par la Cour et les connaisseurs. Il prévoit de publier un motet à grand chœur et des Leçons de Jérémie pour différentes voix, disponibles chez Boivin et le Cler à Paris. M. Barrière, Ordinaire de l'Académie Royale de Musique, a composé un Premier Livre de Sonnates pour le violoncelle, vendu chez Boivin et chez l'auteur. Le sieur Chedeville, cadet, a innové la musette en ajoutant des augmentations de tours, permettant de transposer la musique dans le mode convenable. Il a publié les 'Danses amusantes', son quatrième livre, pour divers instruments. Il réside dans le petit Cloître Saint-Opportune, vis-à-vis la rue des Lombards au Lion d'or.
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248
p. 2463-2464
Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
Début :
L'Opera d'Hippolyte & Aricie continuë avec beaucoup de succès & paroît [...]
Mots clefs :
Chanter, Symphonie, Coeurs
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texteReconnaissance textuelle : Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
'Opera d'Hippolyte & Aricie continue
avec beaucoup de succès & paroît
toujours plus goûté ; nous avons crû
qu'on en verroit ici un Air avec plaisir
on l'a transposé afin qu'il pûr être chanté
sans interruption de symphonie. L'Auteur
du Poëme y a ajouté quelques vers
qui servent à remplir les notes de symphonie
, qui n'étoient , qui n'étoient pas à la portée de
la voix ; en voici les paroles : C'est la gran
de Prétresse de Diane qui les chante .
Dieu d'Amour , pour nos aziles
Tes tourments ne font pas faits ;
Tous les coeurs Y font tranquilles ,
Tes efforts font inutiles ,
Tu n'en peux troubler la paix ;
De tes chaînes ,
De tes peines ,
Nous ne nous plaindrons jamais .
Tes allarmes ,
Ont des charmes ,
Pour qui manque de raifon ;
Mais nos ames ,
De tes flammes ,
Reconnoissent le poison
Vaj
2464 MERCURE DE FRANCE
Va ; fui ; perds l'espérance ;
Wa ; fui loin de nos coeurs ;
Contre notre indifference ,
Tu n'as point de traits vainqueurs.
avec beaucoup de succès & paroît
toujours plus goûté ; nous avons crû
qu'on en verroit ici un Air avec plaisir
on l'a transposé afin qu'il pûr être chanté
sans interruption de symphonie. L'Auteur
du Poëme y a ajouté quelques vers
qui servent à remplir les notes de symphonie
, qui n'étoient , qui n'étoient pas à la portée de
la voix ; en voici les paroles : C'est la gran
de Prétresse de Diane qui les chante .
Dieu d'Amour , pour nos aziles
Tes tourments ne font pas faits ;
Tous les coeurs Y font tranquilles ,
Tes efforts font inutiles ,
Tu n'en peux troubler la paix ;
De tes chaînes ,
De tes peines ,
Nous ne nous plaindrons jamais .
Tes allarmes ,
Ont des charmes ,
Pour qui manque de raifon ;
Mais nos ames ,
De tes flammes ,
Reconnoissent le poison
Vaj
2464 MERCURE DE FRANCE
Va ; fui ; perds l'espérance ;
Wa ; fui loin de nos coeurs ;
Contre notre indifference ,
Tu n'as point de traits vainqueurs.
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Résumé : Air noté d'après le nouvel Opera. [titre d'après la table]
L'opéra 'Hippolyte & Aricie' connaît un grand succès. Un air a été transposé pour éviter les interruptions. La grande prêtresse de Diane ajoute des vers exprimant son rejet de l'amour. Elle affirme que l'amour est inutile et que les âmes reconnaissent son poison. Elle ordonne à l'amour de fuir et de ne pas troubler leur paix.
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249
p. 2466-2469
« Le 11. Novembre, Fête de S. Martin, l'Academie Royale de Musique, donna [...] »
Début :
Le 11. Novembre, Fête de S. Martin, l'Academie Royale de Musique, donna [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Vienne, Naples, Théâtre-Français, Comédiens-Français, Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 11. Novembre, Fête de S. Martin, l'Academie Royale de Musique, donna [...] »
E Novembre , Fête de S. Martin ,
L'Academie Royale de Musique, don
na le premier Bal public qu'on donne
tous les ans à pareil jour , et qu'on con
tinuë pendant differens jours jusqu'à l'Avent.
On les réprend ordinairement à la
Fête des Rois jusqu'à la fin du Carnaval.
Le 17.la même Académie donna la 21 .
Représentation de l'Opera d'Hippolyte et
Aricie , dont il a été parlé , et le 19. Elle
remit au Théatre Issé , Pastorale Heroique
, qui n'avoit pas été reprise depuis
le mois de Septembre
1719. Cette Piece, dont le Poëme est de feu M. de la Mothe,
et la Musique de M. d'Estouches
Sur-
Intendant
de la Musique
du Roi , est
reçue du Public avec de grands applaudissemens
; la Dlle le Maure y jouë le
principal
rolle ; les autres sont aussi parfaitement
bien remplis
: Nous en parle
tons
NOVEMBRE. 1733. 2467
tons plus au long. On n'a pas cessé les
Représentations d'Hippolyte et Aricie , on
joue actuellement cette Piece tous les
Jeudis.
On apprend de Vienne , qu'on y a représenté
devant la Cour Imperiale l'Opera
de Demophon , avec un grand succès
le 4. de ce mois .
On apprend aussi de Londres , qu'on
y a représenté devant le Roi et la Famille
Royale, avec un fort grand succès, lenou
vel Opera de Semiramis.
Le 1. Octobre , on représenta à Naples
sur le Théatre de S. Barthelemy , le nouvel
Opera intitulé , Il Pastor Sfortunato.
Le Théatre François n'a rien donné de
nouveau depuis assez long - tems ; on a
seulement remis au Théatre depuis peu ,
une ancienne Comedie en vers et en cinq
Actes , de feu M. Dancour , intitulée La
Trahison punie , dans laquelle il y a un
rôle de Suivante , rempli autrefois par
Mlle Desmarres , dont la Dlle d'Angeville,
sa Niéce , rappelle aujourd'hui parfaitement
le souvenir , à la grande satisfaction
des Spectateurs.
Le 23. de ce mois on donna enfin sur
CO
1458 MERCURE DE FRANCE
ce Théatre la premiere Représentation
d'une Piece en un Acte , en Vers de M.
de Boissy , intitulée le Badinage, que nous
avons déja annoncée, et depuis long- tems
promise , elle est dans le goût des autres
Parodies de cet Auteur. La critique de
celle - ci , bien plus severe que badine
tombe sur le nouvel Opera d'Hyppolite
et Avicie.
Le 3. Novembre les Comediens François
représenterent à Fontainebleau Esope
à la Cour , et Crispin Médecin.
Le s . Heraclius , et le Rendez- vous .
Le 9. L'Avare , et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 11. L'Andrienne , & Crispin bel
esprit.
Le 16. La Tragedie de Guftave et le
Dédit.
Le 18. L'Ecole des Maris et les Bourgeoises
de Qualité.
Les Comediens Italiens , représenterent
fur le même Théatre , la Comedie du
Prince malade , ou les Jeux Oylmpiques ,
ornée de quatre Intermedes , qui fut suivie
des Effets du Dépit.
Le 14. Les Quatre Semblables , Comedie
du sieur Dominique qui fut fort goutée ,
et l'Ecole des Meres.
Le
NOVEMBRE. 1733. 2469
Le 21. Arlequin apprentif Philosophe , et
la petite Piece d'Arlequin Voleur.
Le 29. Novembre , les Comediens Italiens
firent l'ouverture de leur Théatre à
Paris, après leur retour de Fontainebleau,
par la Comedie de Timon le Misantrope,
par la petite Piéce du Retour de tendresse.
Le 30. ils donnerent une petite Piece
nouvelle d'un Acte , en Vaudevilles, avec
des divertissemens de chants et de danses
intitulée Hyppolite et Aricie , Parodie de
Opera qui porte le même nom ; on ca
parlera plus au long.
L'Academie Royale de Musique, don
na le premier Bal public qu'on donne
tous les ans à pareil jour , et qu'on con
tinuë pendant differens jours jusqu'à l'Avent.
On les réprend ordinairement à la
Fête des Rois jusqu'à la fin du Carnaval.
Le 17.la même Académie donna la 21 .
Représentation de l'Opera d'Hippolyte et
Aricie , dont il a été parlé , et le 19. Elle
remit au Théatre Issé , Pastorale Heroique
, qui n'avoit pas été reprise depuis
le mois de Septembre
1719. Cette Piece, dont le Poëme est de feu M. de la Mothe,
et la Musique de M. d'Estouches
Sur-
Intendant
de la Musique
du Roi , est
reçue du Public avec de grands applaudissemens
; la Dlle le Maure y jouë le
principal
rolle ; les autres sont aussi parfaitement
bien remplis
: Nous en parle
tons
NOVEMBRE. 1733. 2467
tons plus au long. On n'a pas cessé les
Représentations d'Hippolyte et Aricie , on
joue actuellement cette Piece tous les
Jeudis.
On apprend de Vienne , qu'on y a représenté
devant la Cour Imperiale l'Opera
de Demophon , avec un grand succès
le 4. de ce mois .
On apprend aussi de Londres , qu'on
y a représenté devant le Roi et la Famille
Royale, avec un fort grand succès, lenou
vel Opera de Semiramis.
Le 1. Octobre , on représenta à Naples
sur le Théatre de S. Barthelemy , le nouvel
Opera intitulé , Il Pastor Sfortunato.
Le Théatre François n'a rien donné de
nouveau depuis assez long - tems ; on a
seulement remis au Théatre depuis peu ,
une ancienne Comedie en vers et en cinq
Actes , de feu M. Dancour , intitulée La
Trahison punie , dans laquelle il y a un
rôle de Suivante , rempli autrefois par
Mlle Desmarres , dont la Dlle d'Angeville,
sa Niéce , rappelle aujourd'hui parfaitement
le souvenir , à la grande satisfaction
des Spectateurs.
Le 23. de ce mois on donna enfin sur
CO
1458 MERCURE DE FRANCE
ce Théatre la premiere Représentation
d'une Piece en un Acte , en Vers de M.
de Boissy , intitulée le Badinage, que nous
avons déja annoncée, et depuis long- tems
promise , elle est dans le goût des autres
Parodies de cet Auteur. La critique de
celle - ci , bien plus severe que badine
tombe sur le nouvel Opera d'Hyppolite
et Avicie.
Le 3. Novembre les Comediens François
représenterent à Fontainebleau Esope
à la Cour , et Crispin Médecin.
Le s . Heraclius , et le Rendez- vous .
Le 9. L'Avare , et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 11. L'Andrienne , & Crispin bel
esprit.
Le 16. La Tragedie de Guftave et le
Dédit.
Le 18. L'Ecole des Maris et les Bourgeoises
de Qualité.
Les Comediens Italiens , représenterent
fur le même Théatre , la Comedie du
Prince malade , ou les Jeux Oylmpiques ,
ornée de quatre Intermedes , qui fut suivie
des Effets du Dépit.
Le 14. Les Quatre Semblables , Comedie
du sieur Dominique qui fut fort goutée ,
et l'Ecole des Meres.
Le
NOVEMBRE. 1733. 2469
Le 21. Arlequin apprentif Philosophe , et
la petite Piece d'Arlequin Voleur.
Le 29. Novembre , les Comediens Italiens
firent l'ouverture de leur Théatre à
Paris, après leur retour de Fontainebleau,
par la Comedie de Timon le Misantrope,
par la petite Piéce du Retour de tendresse.
Le 30. ils donnerent une petite Piece
nouvelle d'un Acte , en Vaudevilles, avec
des divertissemens de chants et de danses
intitulée Hyppolite et Aricie , Parodie de
Opera qui porte le même nom ; on ca
parlera plus au long.
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Résumé : « Le 11. Novembre, Fête de S. Martin, l'Academie Royale de Musique, donna [...] »
En novembre 1733, l'Académie Royale de Musique organise des bals publics annuels à partir de la fête de Saint-Martin jusqu'à l'Avent, et des représentations reprennent à la fête des Rois jusqu'à la fin du Carnaval. Le 17 novembre, l'Académie présente la 21e représentation de l'opéra 'Hippolyte et Aricie'. Le 19 novembre, elle remet en scène 'Issé', une pastorale héroïque acclamée. Des succès sont notés à Vienne avec 'Demophon' et à Londres avec 'Semiramis'. À Naples, 'Il Pastor Sfortunato' est représenté le 1er octobre. Le Théâtre Français joue 'La Trahison punie' avec la Dlle d'Angeville. Le 23 novembre, 'Le Badinage' critique 'Hippolyte et Aricie'. Les Comédiens Français jouent à Fontainebleau, tandis que les Comédiens Italiens représentent des comédies à Paris, dont 'Arlequin apprenti philosophe' et 'Timon le Misantrope'. Le 30 novembre, les Comédiens Italiens ouvrent leur théâtre parisien avec une parodie de 'Hippolyte et Aricie'.
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250
p. 2515-2516
« Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Début :
Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...]
Mots clefs :
Concert, Comte, Prince, Fontainebleau, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
E Comte de Charolois , le Comte
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
de Clermont , le Prince de Conti , le
Prince de Dombes et le Comte d'Eu qui
étoient à l'armée d'Allemagne , sont arrivez
à Fontainebleau.
Le Roy a donné à l'Abbé Dandelot la
place d'Aumônier de S. M. vacante par
la nomination de l'Abbé de Choiseul à
l'Evêché de Châlons sur Marne.
S. M. a nommé Ministres d'Etat le
Maroshal Duc d'Estrées , et le Duc d'Antin.
Le Roy et la Reine partirent de Fontainebleau
le 24 de ce mois , après midi.
leurs Majestez allerent coucher au Chareau
de Petit- Bourg, d'où elles arriverent
le 26 au soir à Versailles.
Le premier de ce mois , Fête de la
Toussaints , il y eut Concert Spirituel au
Château des Tuilleries , On y chanta
l'Exurgat Deus , Motet de M. de la Lan
de
2515 MERCURE DE FRANCE
de , qui fut suivi d'un autre à deux voix ,
chiné avec beaucoup de précision par
les Dlles Errement et Petit-Pas;il est de la
composition du Sr le Maire.
Le Sr Jéliot en chanta un autre à voix
seule , du St Mouret qui fut fort applaudi
par une tres nombreuse assemblée.Le
Concert fut terminé par le Dominus regnavit
, précédé de differens Concerto,tresbien
exécutez.
$
Le 2 , il y eut Concert François , on y
exécuta la Chasse du Cerf. Divertissement
du Sr Morin. La Dlle Petitpas chanta le
Rôle de Diane , avec beaucoup d'applaudissement
, et le Sr Cuvilier , différents
Récits qui firent beaucoup de plaisir . Le
Concert finit par le De profundis , de M.de
la Lande , à cause de la Fête des Morts ,
lequel fut précédé d'un Carrillon func
bre , exécuté
par toute la Symphonic.
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Résumé : « Le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le [...] »
Au cours d'un mois, plusieurs nobles, dont le Comte de Charolois, le Comte de Clermont, le Prince de Conti, le Prince de Dombes et le Comte d'Eu, sont arrivés à Fontainebleau après avoir servi dans l'armée d'Allemagne. Le Roi a nommé l'Abbé Dandelot Aumônier de Sa Majesté, succédant à l'Abbé de Choiseul, promu à l'Évêché de Châlons-sur-Marne. Le Maréchal Duc d'Estrées et le Duc d'Antin ont été désignés Ministres d'État. Le Roi et la Reine ont quitté Fontainebleau le 24 du mois pour se rendre à Versailles, en passant par le Château de Petit-Bourg. Le 1er du mois, à l'occasion de la Toussaint, un Concert Spirituel a été organisé au Château des Tuileries, avec des œuvres de M. de la Lande, du Sr le Maire et du St Mouret. Le 2, un Concert Français a eu lieu, avec des performances de la Dlle Petitpas, du Sr Cuvilier et de M. de la Lande.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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